Publié par Tribune de Genève (http://www.tdg.

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Ils réclament en silence lʼabolition de la viande
RASSEMBLEMENT | Manifestation, hier à midi au centre-ville, de lʼassociation GenèvAnimaliste

© | Deuil silencieux, hier à 12 h 15, au pied de la rue de la Cité. A la mémoire des 1750 animaux tués chaque seconde. PASCAL FRAUTSCHI | 25.05.2011 | 23:59 Ils se sont donné rendez-vous ce mercredi à midi au pied de la rue de la Cité, devant la fontaine, lieu très prisé des amoureux au centre-ville. Ils, ce sont les militants des droits des animaux. Tout de noir vêtus pour la circonstance. Elle se veut solennelle: un deuil silencieux de soixante minutes, à la mémoire des 400 milliards de poissons et des 56 milliards dʼanimaux terrestres qui sont tués chaque année pour leur chair, rappellent les organisateurs. Ensemble, ils ont sorti la calculette et se présentent debout derrière des panneaux aux chiffres en effet édifiants. Cette «boucherie planétaire» représente quand même 105 000 exécutions dʼanimaux par minute et 1750 par seconde que lʼon respire. Un tract distribué aux passants à lʼheure du repas de midi rappelle que «maltraiter et tuer autrui par plaisir ou par habitude ne relève pas du domaine légitime de la liberté individuelle». Le message public est inégalement entendu. Un jeune garçon sʼarrête, lit les pancartes et lâche, vaguement ironique, à ses camarades: «Ce genre de manif me donne envie de manger un hamburger. Tous au McDo!» Un sans domicile fixe, tirant sa valise à roulettes, corrige à sa manière désillusionnée: «Je suis végétarien depuis trente ans dʼexistence. Ce choix mʼa valu de ne plus pouvoir mʼasseoir à la table de mes proches, de perdre mes amis et de me retrouver à la rue.»

La rue, justement, cʼest elle qui recrute, dans le cadre de la Semaine mondiale pour lʼabolition de la viande (SMAV). Lʼassociation GenevAnimaliste est à lʼorigine de cette action. Parmi ses membres actifs, Alexandra Brutsch, jeune femme au discours qui nʼa rien de querelleur. «Notre but nʼest pas de choquer les gens et de les harceler. Nous aimerions que notre mouvement soit reconnu et quʼil gagne en légitimité aux yeux de la population. Il est aujourdʼhui tout à fait possible pour les humains de vivre sans consommer des produits dʼorigine animale. Cʼest même une chose saine et diététiquement recommandable. Je suis pour ma part née végétarienne. Ma mère lʼétait déjà. Jʼai le souvenir lointain dʼune langue de bœuf un jour de cantine scolaire. Je nʼai plus jamais mangé de viande depuis lors. Jʼutilise volontiers cet autre exemple: la plupart des gens sont contre la corrida. Ils condamnent le plaisir festif dʼassister à la mise à mort du taureau. Ils devraient, de la même façon, renoncer au plaisir gustatif de le manger.» Actu
Source URL (Extrait le 30.05.2011 - 22:25): http://www.tdg.ch/geneve/actu/reclament-silence-abolition-viande2011-05-25