Le drame romantique appartient au genre du théâtre. V. Le drame romantique s inspire d un fait historique.

ü Il ne respecte pas la règle de temps ni de lieu mais bien l unité d action. ü Il tient compte de la règle de la vraisemblance. Attention : la règle de la vraisemblance n a pas la même définition pour un auteur d un drame romantique que pour un auteur d une tragédie classique. Lauteur du drame romantique estime que le non respect de l unité de temps et de lieu traduit la vraisemblance car une action a sa durée et son lieu propre tandis que l auteur d une tragédie classique estime, lui, que le respect de l unité de temps et de lieu traduit justement la vraisemblance ! ü Il ne tient pas compte de la règle de la bienséance. ü Il adopte le mélange des genres : tragédie et comédie. ü Nous avons un héros dramatique : le héros dramatique est un individu original, qui évolue et dont le destin est illustré par la pièce. Il est un marginal. Le héros dramatique est porté par ses désirs, ses défis. Contrairement à la tragédie classique, le héros a l espoir de changer le cours de son destin. Mais il rencontre la fatalité : il est sacrifié par l histoire et meurt. Les qualificatifs du héros dramatique : solitaire, supérieur, incompris, qui communique avec la nature, qui vit un amour impossible, engagé politiquement, qui réfléchit mais n agit pas, qui a le sens de l honneur, qui se suicide à la fin de l oeuvre. ü Le double but du drame romantique : représenter le passé historique et souligner le rôle de

et Don Carlos. roi d'Espagne et futur Charles Quint. parfois. L'une de ses attaques a mal tourné. acte III. Don Gomez. qui court droit au but qu'il rêva. fuis !. Tous se brise.. un aristocrate proscrit. je descends et jamais ne m'arrête. Hernani. Fuis ma contagion. sans le vouloir. Car je dois être seul. Tout me quitte .Victor Hugo. s'est réfugié dans le maquis et fomente avec ses compagnons des complots pour tuer Don Carlos et venger ainsi son père. Un homme comme sont tous les autres. Je descends. tout meurt. Malheur à qui me touche ! Oh ! Fuis ! Détourne-toi de mon chemin fatal ! Hélas. Une voix me dit : "Marche !" et l'abîme est profond. Ne te fais pas d'aimer une religion ! Oh ! par pitié pour toi. prends le roi! C'est bien. Mais je me sens poussé D'un souffle impétueux. un être Intelligent. HERNANI : Doña Sol. un vieil homme qui est aussi son oncle. Tu me crois peut-être. Tout ce qui n'est pas moi vaut mieux que [ moi ! Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne. prends l'enfer. haletant. Détrompe-toi. qu'elle aime également. je te ferai du mal ! . Hernani.. il est temps qu'à la fin ton tour [ vienne. j'ose tourner la tête. prends le duc. Je suis une force qui va ! Agent aveugle et sourd de mystères funèbres ! Une âme de malheur faite avec des ténèbres ! Où vais-je ? Je ne sais. d'un destin insensé. scène 2 Doña Sol est aimée de trois hommes : Hernani. Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond ! Cependant. à l'entour de ma course farouche. Si.

flamands. Tous voulant dévorer leur voisin éperdu. j'en ai fait le compte. L'Espagne est un égout où vient l'impureté De toute nation. pour vos plaisirs. en vingt ans. des aïeux. songez-y. mais pas d' uvres. Perdu trois cents vaisseaux. Babel est dans Madrid. reîtres. Quant aux grands. routiers.. Guerre entre les couvents.Nous avons sur la mer. pour vos filles de joie. Le peuple. À sué quatre cent trente millions d'or ! Et ce n'est pas assez ! Et vous voulez. et qu'on pressure encor. Le peuple misérable. et c'est ainsi ! Portant sa charge énorme et sous laquelle il ploie. messieurs.. tout seigneur à ses gages À cent coupe-jarrets qui parlent cent langages.. Vont battant le pays et brûlant la moisson. Comme si c'était peu de la guerre des princes. sardes. Morsures d'affamés sur un vaisseau perdu ! Notre église en ruine est pleine de couleuvres . mes maîtres ! .. Tout se fait par intrigue et rien par loyauté. Ruy Blas (III. Ah ! J'ai honte pour vous ! au dedans. Pour vous. L'escopette5 est braquée au coin de tout buisson. où Dieu met ses colères. guerre entre les provinces. Génois. sans compter les galères ! Et vous osez ! . L'herbe y croît.2) .

pensifs et paresseux. -je plaignais le malheur de l'Espagne . En méditations sur le sort des humains . Si bien qu'un jour. crédule à mon génie. Ami. J'espérais tout du sort ! -et puis je suis de ceux Qui passent tout un jour. -une montagne De projets . Je croyais. Oh ! Quand j'avais vingt ans. tu m'as connu. J'avais je ne sais quelle ambition au c ur. mourant de faim sur le pavé. marchant pieds nus dans les chemins. le résultat. J'opposais cent raisons à ton rire moqueur. je croyais tout réel. Je me perdais. A quoi bon travailler ? Vers un but invisible Je marchais. où j'en ai trouvé : Dans la fainéantise et dans l'ignominie. A regarder entrer et sortir des duchesses. pauvre esprit. tu le vois : -un laquais ! . Devant quelque palais regorgeant de richesses.. J'ai ramassé du pain.. Je jetais mes pensées Et mes v ux vers le ciel en strophes insensées. qu'au monde je manquais. J'avais bâti des plans sur tout. tout possible.RUY BLAS Tu sais. frère.

. Et modeste d'ailleurs. Devenir un petit grand homme dans un rond. être blême.. merci ! non. merci ! Travailler à se construire un nom Sur un sonnet. peut-être. À tel voyage. . auquel on pense. .Et que faudrait-il faire ? Chercher un protecteur puissant. Et se dire sans cesse : « Oh. au lieu d'en faire d'autres ? Non. Bref. Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! Puis. dédaignant d'être le lierre parasite. par hasard.ou faire un vers ! Travailler sans souci de gloire ou de fortune. Rêver. quand il vous plaît. Mettre. merci ! Mais. son feutre de travers. se battre. pour un non. être seul. Et naviguer. Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ? Être terrorisé par de vagues gazettes. mais tout seul ! Cyrano deBergerac II. Préférer faire une visite qu'un poème.. des fruits. Ne pas monter bien haut. passer. s'il advient d'un peu triompher. chanter. avoir peur. merci ! Se pousser de giron en giron. Ne pas être obligé d'en rien rendre à César. Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ? Non. Sois satisfait des fleurs. même des feuilles. se dire : mon petit. être libre. 8. rire. Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce. pourvu que je sois Dans les petits papiers du Mercure François » ?. prendre un patron. Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite. Avoir l' il qui regarde bien. la voix qui vibre.. dans la lune ! N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît. merci ! Calculer. avec des madrigaux pour rames. Non. Pour un oui. Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul. se faire présenter ? Non. merci ! non. Rédiger des placets. Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ? Non.

on peut trouver en lui le meilleur des serviteurs. [ ] Suis-je un Satan ? Lumière du ciel ! je m en souviens encore. Ne mets pas la main là-dedans. Tout ce que j ai à voir. comme on peut voir aussi qu il se roule sur les cadavres. je regardais autour de moi. L humanité souleva sa robe. J avais commencé à dire tout haut que mes vingt années de vertu étaient un masque étouffant . et que la langue avec laquelle il lèche son maître sent la charogne à une lieue. mais non sans la lumière. je cherchais les visages qui me donnaient du c ur. comme un enfant de dix ans dans l armure d un géant de la Fable. Je sais parfaitement qu il y en a de bons . mais non pas sans le bien . sois-en persuadé. et que les monstres seuls le portaient au front. j ai écouté et j ai guetté. PHILIPPE Le mal existe.Musset. et me montra sa monstrueuse nudité. et je me suis dit : Pour qui est-ce donc que je travaille ? Lorsque je parcourais les rues de Florence. et je vis qu à mon approche tout le monde en faisait autant que moi . Quand j ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne. c est me faire injure. . LORENZO Tu ne veux voir en moi qu un mépriseur d hommes . je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice. Je connais la vie. mais à quoi servent-ils ? que font-ils ? comment agissent-ils ? Qu importe que la conscience soit vivante. c est que je suis perdu. J observais comme un amant observe sa fiancée en attendant le jour des noces. celui-là en profitera-t-il ? Je suis entré dans les boutiques . si tu respectes quelque chose. ô Philippe ! j entrai alors dans la vie . J ai recueilli les discours des gens du peuple. J ai vu les hommes tels qu ils sont. avec mon fantôme à mes côtés. Je croyais que la corruption était un stigmate. Lorenzaccio Acte III. scène 3 LORENZO Je me suis réveillé de mes rêves. comme l ombre existe. rien de plus. moi. Je te dis le danger d en faire. j ai vu l effet que produisait sur eux la tyrannie . et je me demandais : Quand j aurai fait mon coup. et c est une vilaine cuisine. et que les hommes n en profiteront pas plus qu ils ne me comprendront. si le bras est mort ? Il y a de certains côtés par où tout devient bon : un chien est un ami fidèle . J attendais toujours que l humanité me laissât voir sur sa face quelque chose d honnête.

et de lettres Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot ! Eussiez-vous eu. Vous n'en eûtes jamais un atome. Cyrano I. Me servir toutes ces folles plaisanteries. car Je me les sers moi-même. mon cher. .Voilà ce qu'à peu près. l'invention qu'il faut Pour pouvoir là. vous m'auriez dit Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit : Mais d'esprit. 4.. ô le plus lamentable des êtres. avec assez de verve Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve. d'ailleurs. Que vous n'en eussiez pas articulé le quart De la moitié du commencement d'une. devant ces nobles galeries.

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