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Associations Et Societes Secretes Sous La Deuxieme Republique 1848 1851 d Apres Des Documents Inedits Tchernoff J 1872

Associations Et Societes Secretes Sous La Deuxieme Republique 1848 1851 d Apres Des Documents Inedits Tchernoff J 1872

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Sections

HS ^

X

n.

r\

'-

ASSOCIATIONS
ET

SOCIÉTÉS SECRÈTES
SOUS LA DEUXIEME REPUBLIQUE

ASSOCIATIONS
ET

SOCIÉTÉS SECRÈTES
SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
18 48-1 851

D'APRÈS DES DOCUMENTS INÉDITS

J.

TCHERNOFF

Ancien charsré de cours à l'iniversité d"Aix.

LES CLUBS ET LES SOCIÉTÉS SOCS LA DEUXIEME BÉPlBLI'Jl E
CIRCULAIRES DU GARDE DES SCEAUX
ET DU MINISTRE DE l'IXTÉRIEUR

CERCLES ET SOCIÉTÉS DES COURS DAPPEL

DE MONTPELLIER, NÎMES, LYON, PARIS, RENNES, METZ
LES SOCIÉTÉS SECRÈTES EN ALGÉRIE

RAPPORT OFFICIEL SUR LE MOUVEMENT DÉMAGOGKjCE ANTÉRIEUR AU 2 DÉCEMBRE 1851

PAKIS
FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR
ANCIE.NNK LIBRAIRIE GERMER BAILLIÈRE ET
108,
U c'

ULKVA

li

U

S

A NTI

(J

ER

.M

AIX

,

1

S

1905
Tous droits
reseT\cs.

Digitized by the Internet Archive
in

2010 with funding from
University of

Ottawa

http://www.archive.org/details/associationsetsoOOtche

ASSOCIATIONS
ET

SOCIÉTÉS SECRÈTES
SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
(1848-1851)

INTRODUCTION
LES CLUBS ET LES SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
I.

Observations générales.
L'évolution de la législation sur les sociétés et les clubs.

II.

m. La

pratique administrative du gouvernement de Louis Bonaparte.

I

Les documents inédits que nous livrons à
jettent

la

publicité

une nouvelle lumière sur

la portée

de l'action répu-

blicaine sous la

deuxième république.

La

révolution de Février a été rarement étudiée dans ses
et ses origines lointaines. Elle est et elle

causes profondes
était surtout,
la

dans

l'esprit

de notre génération,

l'eiret

de

malheureuse politique de Guizol, qui avait j)n)voqué une

crise de
par- là

mécontentement sourd dans

le

pays, et avait

facilité

un coup de main heureux, tenté avec succès par
et

une poignée de républicains à Paris,
vince, docile

acceplé par

la

pro-

aux ordres de

la

capitale.

Des éludes plus

récentes ont montré
les esprits h
i.

le travail

souterrain qui avait [)réparé

l'avènement d'un nouvel état de choses \

187Û, Paris,

V. Georges Weill, Histoire du parti républicain en France. 1814. F .Mcan. et Tchernoff, Le parti républicain sous lu Monar-

chie de Juillet, 1901.
TCIIEII.NOKK
i

'2

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

On

a pu entrevoir sous

la

surface unie

et,

en apparence,

tranquille de la vie sociale de i830 à 1848 des courants

d'opinion qui devaient

faii-e

éclater les cadres

étroits

du

i-égime censitaire pour frayer la voie au suffi-age universel.
Il

est vrai

que

la

propagande saint-simoniennc

et celle

du

fouriérisme, l'extension de l'école icarienne, pendant cette période,

avaient frapj)é tous les historiens.

M. Thureau-

Dangin, dans son Histoire de la monarchie de Juillel,
croit

devoir souligner cette agitation sociale à laquelle,
il

d'ailleurs,

attribue le succès
dit-il, et

du coup

d'Etat.
le

Ces écoles

philosophiques,
lui,

beaucoup d'autres

répètent avec
jiro-

avaient habitué les esprits à l'idée d'une autorité

videntielle, exerçant

des attributions des plus étendues,
prête
t\

procédant par

la

voie dictatoriale,

sacrifier la

liberté individuelle et ses j)lus nobles aspirations

aux ques-

tions de i)ien-élre

économique

et matériel. C'était, disait-

on, le jacobinisme appli(|ué à l'économie sociale, qui devait

conduire au césai'isme.

Expliquer ainsi
la

le

coup

(ll'^lat,

(''(«si

mal comprondi-c

portée profonde de l'action républicaine sous la monarla

chie de Juillet et sous

deuxième république. Xon,

il

cs(

faux d'atïii'mer que

l'ith'al

républicain, sous la monarchie

de

Juillet,
;

iniplitiuail

le

sacr'ifice

de rin(H\i(hi

et

d(>

sa

liberté

il

n'est pas exact histoi'iquement de dire

que

l'acet

tion républicaine,

sous

la

deuxième république, préparait
pi'o|)agan(le cl de
et

appelait le cou|i d'Etat. C'est tout le contraire

(|ui est \\\\\.

Le déveK)pptMn(Mit de

hi

l'action

démo-

cratiques impli(iuait, en
tralisation, dont

fait

en droit, une véritable décenétait le

l'épanouissement des associations
(hi parti

svmi)tôme incontestable. L'histoire

lépublieain de
hvs in-

1830 à

18î)l

a

|)oui'

but

et

pour résultat d'habituer

dividus à s'organisiM', à grou|)er

Icmu's (>ll'orts. à foi'mer (h\s

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈML RÉPUBLIQUE

3

associations ayant les objets et les buts les plus variés.

Les textes qui vont être reproduits

et

qu'on peut rattacher

utilement aux documents qui nous fournissent des rensei-

gnements sur

la féconde activité

des sociétés sous la mo-

narchie de Juillet,

montrent d'une façon irréfutable la
et

magnifique explosion du mouvement sociétaire
ratif

coopé-

provoqué par

la révolution

de Février \ Ce mouvement
dit

visait essentiellement,

nous l'avons

et

nous insistons
le

sur cette idée, à la décentralisation dans

sens vrai

et

profond de ce mot.

11

tendait

non à cacher à

l'individu

l'importance des problèmes qu'il aurait à résoudre, mais

à l'inciter à collaborer à la solution des questions que les
conditions nouvelles du
inquiet

miheu

social posaient à l'esprit

d'un

avenir meilleur.

C'est

de ce

mouvement
énergique

qu'était sorti le suffrage universel, protestation

contre

le

régime censitaire qui

limitait

arbitrairement la

tâche du pouvoir et le concentrait entre les mains d'un
petit

nombre
que
le

d'élus.- C'était afïirmer

un paradoxe que de
était

dire

gouvernement de Louis-Philippe
moins
dictatorial

moins

centralisateur,

que celui de

la

deuxième

république, parce que les

hommes
le

de Février s'étaient
et

occupés des questions relatives à l'assistance
nisation

à l'orgas'était

du

travail.

Mais

régime censitaire ne

nullement désintéressé de ces questions. Seulement, au
lieu d'entreprendre
il

de les résoudre,

il

les avait niées, et
lois

avait renforcé cette négation

par des

électorales

qui empêchaient les classes ouvrières d'exprimer légale-

ment

leurs

vœux

et leurs aspirations,

par des

lois

surtout

relatives

aux réunions

et associations qui

ne permettaient
collectif
et

pas aux intéressés de tenter, par un

effort

1.

V. Tchernoff, op.

cit.,

ch.

ii,

iv, v, \i.

4

ASSOCIATION^: KT SOCIKTKS SIXRKTKS

conscient, la solution
étudiés et écloiivs
pai*

dos problèmes urgents qui, mieux des discussions |)ubliqucs. luu'aienl

pu s'imposci" plus facilement à l'opinion moyenne du pays
légal.

Au

contr-air-e, le parti
la

républicain, se rendant compte
sini posait au |)Ouvoii', faisait
celte idée fondamenlale

de l'importance de
pc'nélr'er

lâche

fpii

dans
le

res|)ril

de

la

masse

que seul

suffrage univei'sel, appelant tons les inléi-essés

à l'étude des questions qui les préoccupaient, j)Ou\ait

eonet

liibuer à la conciliation des divers intérêts en présence,

donner satisfaction
ciaux.

à la fois

aux

intérêts polititpies et so-

Le
tique,

suffi'age universel n'était i)as,

pour

le parti

démoeiamais

un simple déj)lacement des forces

sociales,

surtout un appel à l'individu libre et alVranchi, pour organiser

lui-même sa

proj)!'!'

destinée. Aussi, à peine le sud'rage

universel
tés se

est-il établi (|ue,

dans toute
et

la

France, des socié-

conslitucMit

pour

('ludiei*

discuter les problèmes
politicpies.

posés j)arles nouvelles conditions
tés

Et ces sociéles

ne faisaient que continuer' l'œuvr-e comrrrencée par

sociétés républicaines sous la monairbie de Juillet. Seule-

ment

elles pou\aienl,
libi'e, et

au début,

S(>

pi'cxhiire

dans une a.tmo(]u

sphèr'e plus

songeaient moins au eoml)at

à l'étudi'
rvloui'

et à ^organi^atiorr

juscpTau

moment où un nouveau

offensif

de

la l'éaction allait les i-éduii-e
dei-rritM'

à la défensive.
i-t

C'est sous ce

aspect (pic les jour'nées de mai
connaiti-e.

de juin nous

les

firent

L'évocation du s|)ectie

rouge, qui n'était que par
le

la
(K^

lutte

des classes ér-igée en

dogme

gouvcrnemiMit

Louis Bona|)arte, avait entière-

ment

ol)scui'ci les esprits.

On
une

di'-nonvail les sociétés ivpu-

blicaines

coimne foyers des conspirations, non pas que
constituât
\éi'itable

leur

présence

menace pour
n'était

la

paix publiipie,

mais

par'cc

que Tcspril public

pas

CLUBS ET
fait

.SOCIIÎTÉS

SOLS LA DLUXILML RÉPUBLIQUE

5

au spectacle des groupements d'individus discutant
le

librement les questions que, jusqu'à cette époque, seul

pouvoir se réservait
s'occupant de
la

le droit

de résoudre.

Une

association
la

transformation

de la propriété, de

réorganisation delà famille, était un véritable défi aux habi-

tudes traditionnelles
travailler pour tout

:

seul le

gouvernement devait penser

et

le

monde. Tandis que

la logique intime

du suffrage universel poussait inévitablement
grouper pour l'étudier préalablement,
frayaient de l'activité

les

hommes
s'ef-

appelés à voter à exprimer une opinion déterminée, à se
les

gouvernants
le

même

provoquée par

jeu normal
à

des institutions républicaines.

Et on assiste alors

un

spectacle singulièrement curieux et instructif.
cains, renonçant à l'habitude de voir dans le
le seul et vrai

Les républi-

gouvernement

représentant de leurs aspirations, dans la

capitale le seul refuge de la pensée démocratique, orga-

nisent la propagande en formant des comités, en créant des

journaux, en instituant des associations philanthropiques ou
autres, font appel à toutes les classes sociales, à la bourgeoisie,

aux j)aysans

et

aux classes ouvrières, aux
et ce sont ces

villes

comme aux campagnes,
lindividu, qu'on dénonce

hommes

qui multi-

plient leurs appels à la libre volonté, à l'esprit éclairé

de

comme

désirant la dictature et la

guerre sociale.
Et ce sont précisément les

hommes

dits

de l'ordre, qui
:

préparent

le

coup d'Etat inconsciemment, mais sûrement

en détruisant toutes les organisations
confondant
le droit

républicaines, en

de réunion avec

le di'oit d'association,

en inti'oduisant

le délit

élastique de société secrète, et sur-

tout en jetant le discrédit sur l'association elle-même. C'est

à

cette constatation
législatifs

que vont nous conduire l'étude des
régissaient les

textes

qui

associations

et

les

6

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

clubs, SOUS la
fit

deuxième république,

et surtout l'usage

qu'en

radminislration de Louis Bonaparte.

II

Commençons
lesquelles
les

d'abord par préciser les conditions dans
lois

différentes

que nous allons rappeler
conséquence immé-

furent votées.

La révolution de Février

avait pour

diate l'abolition des restrictions légales

ou administratives

qui frappaient le droit de réunion, puisque c'est à l'occasion

du

conflit

élevé par ce droit qu'elle

a\ait
la

éclaté.

Ce

n'était

pas

seulement l'application de

théorie

révolutionnaire qui, avec la disparition d'une constitution,

exige une confirmation pour les
législatives liées à

principales dispositions
:

un ordre de choses disparu

c'était

surtout la conséquence logique de l'avènement de la république et de l'établissement du suffrage universel. Etait-il
possible d'appeler les citoyens à voter, à exprimer une opi-

nion raisonnée sur les

hommes
la

et les choses,

sans leur conet la

férer le droit de se réunir."* Puis,

pendant

la

tourmente

secousse provoquées par

Révolution, dos liommes se
l'action défail-

présentent spontanément pour remplacer
lante

du gouvernement

trop faible, trop instable

pour

faire

face à tous les besoins multiples et urgents

du moment.
et

Us ont besoin de se réunir pour
la

agir.

Enfin

surtout,

République,

c'était la

liberlc',

c'est-à-dire

l'abolition

des entraves imposées par

le

gouvernement

censitaire à la
d'afTlr-

démocratie

et

rempéchant de se produire librement,

mer

ses droits, de formuler les
étouffés. Api'ès

vœux

et

les

aspii-ations

longtemps

un régime de silence prolongi'.

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
c'est
le

7

besoin

moral qui

est

le

plus

bel attribut

de

Ihomme, montrant par

son invincible résistance à l'op-

pression, son désir perpétuel d'être libre. Les

membres du
des sociétés
passées,

gouvernement provisoire, tous anciens
républicaines,

affiliés

exaspérés par

les

persécutions

favorisèrent et tolérèrent, dès le début, les innombrables

réunions, sociétés et cercles qui se formèrent aussitôt après
la

chute du gouvernement monarchique.

Mais ceux qui
la veille,

allaient user des libertés qui dataient

de

n'en avaient pas l'habitude.

On

venait de quitter

les

barricades pour se rendre dans les clubs, parfois on

emportait avec soi des armes.

Par

même, pour une

certaine catégorie

d'hommes
con-

politiques, les citoyens qui allaient assister
et

aux réunions,

ceux qui avaient combattu sur

les barricades, se

fondaient, en inspirant la

môme

crainte pour la stabilité

du nouveau régime.
avait là

On

oubliait

complètement

qu'il

y
la
et

deux générations

différentes,

l'une qui ne datait

que de 1848, enthousiaste, généreuse, s'enivrant à
parole des auiés, sans en
l'autre

accepter

toutes les idées,

qui descendait des carhoiiari de la Restauration,
la

des sociétés secrètes de

monarchie de

Juillet.

Les pre-

miers, les jeunes, avaient été appelés à la vie par le suffrage universel;
ils

venaient aux réunions pour s'instruire,

séduits par la nouveauté

du cadre.

Ils

n'étaient pas cons-

pirateurs de métier. Les autres,

petite minorité,

avaient

conservé

les
le

habitudes de langage de la Révolution

de

1793 dont
parait de

souvenir hantait leurs imaginations.

On

s'em-

leurs paroles, de leurs gestes, on les colportait

afin d'en faire

un épouvantail pour effrayer

la

masse de

la

bourgeoisie et pour déterminer une réaction légale contre
la législation trop libérale

au début.

X

ASSOCIATIONS ET SOClCTtlS SECRETES
D'abord, c'est
le

gouvernement provisoire lui-mO-me qui
le

adresse une pioclamation aux clubs,
inviter leurs

21

février,

pour

membres

à ne pas se rendre en

armes dans

les réunions. Voici les

termes de cette proclamation bien

instructive.
«

La république
la

vit

de liberté et de discussion. Les

clubs sont pour

république un besoin, pour les citoyens

un

droit.

Aussi

le

gouvernement provisoire
eux sur

s'est-il félicité

de voir,

sur les divers points de la capitale, les citoyens s'assembler pour conférer entre
les

questions les plus

élevées de la politique, sur la

nécessité de donner à la

république une impulsion énergique, vigoureuse et féconde.

Le gouvernement provisoire protège
Mais,
si la

les clubs.

liberté des clubs est
la

une des plus inviolables
qui
dc'libèi'ont
vi\

conquêtes de

Ri'volution,

les clubs
la

armes peuvent compromettre
la lutte

liberli' elie-inéine,

exciter

des passions et en

faire sortir la

guerre

civile...
'.

La meilleure sauvegarde de

la liberté, c'est la libei'té

»
le

Puis survinrent les joui'nées de mai

et

de juin, dont

sens ne fut compris par personne, à cette époque.

On

se

trouva en présence d'une masse ouvrière qu'on n'axait

jamais aperçue jusqu'alors
profondeur' du travail

-.

On

ne se doutait pas de

la

(|ui s'op(''i'ait

dans

les es|)rilsou\ rioi's.
les l)ar'rica(les

On
où,

les avait
fusil

entrevus vaguement à li-avers
ils

sur l'épaule, risquant leui'vie,

s'étaient

rangés

du côté de rop|)Osilion, pour combalti'e d'abord Charles X,
puis Louis-Philipi)e.

On

les avait

défendus en

18;?i-,

au

procès d'avril, mais après 1848, ces ouvriers s'avisèrent de
l'nid. (lu
avril 1848. Sireij, 1848. Lois. p.
of/iciel.iU,

1.
11°

l'.i

:>'i,

liullt-tiii

-il.
-. iM.

Lcvassour.

Ilisloire

des classct

nin-rii-res,

I.

Il,

:î'

cdil.

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE

9

demander

rorg-anisalion

du

travail,

le

droit

au

travail,

l'abolition de

limpôt sur

les boissons. Ili allèrent

même

jusqu'à proposer une nouvelle économie

sociale. Alors les

sympathiques blousiers apparurent sous un nouvel aspect.

La presse provinciale

disait

que

les ouvriers avaient scié

tout vivants des gardes nationaux, qu'on avait trouvé sur

quelques barricadiers des

billets portant «

bon pour une
combattre

femme du faubourg Saint-Germain.
pour sauver
la société.

» 11 fallait les

La
le

dissolution des ateliers avait été voulue et

préparée

par les

hommes

de l'ordre pour avoir l'occasion d'écraser
d'une conspiration

prétendu foyer

permanente'.

On

l'avait fait

avec énergie. Les modérés y voyaient la défaite
:

de
fut

la

république rouge

les républicains,
l'efTet

et Jules

Simon

du nombre,

—y

virent
le

d'une conspiration bona-

partiste.
allait

Seulement,

spectre rouge une fois évoqué, on
les républicains.

en user pour supprimer

Tout groule

pement républicain ne pouvait avoir pour but que
versement de
était

ren-

la

société.

Toute

réunion de républicains
juillet

forcément suspecte d'anarchie. Le décret du 28

sur les clubs, voté dans une intention libérale, va disparaître,
loi

d'abord suspendu, finalement abrogé. Puis vient
juillet

la

du 15

18o0,

elle

aussi bientôt modifiée. Plus

tard, arrive enfin et surtout, la praticpie administrative Cfui

avait rendu nulles et vaines les lois en vigueur, pour leur

substituer l'arbitraire le plus

absolu.

Si l'on

examine de

près les textes législatifs de l'époque, les travaux préparatoires,

on peut y deviner

li'tat

desprit

(jui

apparut nette-

ment plus

tard et qui continuait jusqu'alors à faire voir

sous un faux aspect les sociétés secrètes de 1848 à 18o2.
1.

Assemblée

V. Spuller et Ranc. dans les arlicles Assemblée consliluanlo. législative de VEncijclopédie générale, 1868.
:

10

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Voyons, en

effet,

ce texte.
juillet

11

est,

en apparence, bien
il

li-

béral, le décret

du 28

1848, mais

ne faut pas se

fier

à la lettre.

11

faut,

en pénétrant l'esprit du lég'islatour, devi-

ner sa pensée véritable, qu'il ne prend d'ailleurs pas soin

de bien dissimuler.

Il

ne s'applique pas seulement,

comme

on
11

le croit

d'habitude, aux clubs et aux n'-unions publiques.
les lois relatives

réforme

aux

sociétés, et, disons-le tout

de suite, dans un sens

restrictif.

Le décret du 28
:

juillet

distingue quatre catégories de groupements

Les clubs

dont

la

formation est libre sous les conditions précisées
1

par les articles

à

12 sur lesquels nous revitMidrons;
rigoureusement
intei'diles;

2° les sociétés secrètes, qui sont 3° les cercles

ou réunions n'ayant pas un but

jjoli/iqtte,

qui peuvent être formés librement, sous la seule condition

d'une déclaration préalable; 4° les rôun'ions politiques non
publiques qui ne peuvent exister qu'avec une permission

de

l'autorité municij)ale.

Le principal

résultat de ce décret paraît être la liberté

accordée aux clubs. Mais qu'on ne s'y trompe pas.

Le premier mouvement de l'Assembli'e
tait

législative la por(v.

vers la suppression radicale des clubs

j)i-oposition

du représentant Paul Sevestre, séance du 8 juin, Mo/ii/nir

du

D).

Mais on

était trop

près des journées de février, et on
At. Coquerel, reconnaître

dut, pai" l'organe

du rapporteur
di'oil

que

« l'exercice

de ce

individuel, ivnfermé dans de
le

jusUvs limilcvs (|uc lui

impose

iK'voir social, oll'rc le plus
» [v.

fécond développement de la vie politique

Séance du

22

juillet,

Moniteur du

23). C'était la théorie républicaine,
l'inli'rieur veillait, et le |)rin-

mais M. Sénard, ministre de
cipe admis fut
enloui'i"'

de nombrtnises
fi

et significatives pré-

cautions, dont les articles 3 à

contiennent l'énumération.
Art. 3.

Voici

comment

ils

s'expriment

:

— Les clubs seront

.

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
publics
blicité
et

11

ne pourront dans aucun cas restreindre

la

pu-

par aucuns moyens directs ou indirects, ni se cons-

tituer

en comité secret. Pour assurer cette publicité, un

quart au moins des places sera réservé aux citoyens étran-

gers au club. Les femmes

et les

mineurs ne pourront être
Les séances des clubs ne

membres d'un club
pour
la

ni

y

assister.

pourront se prolonger au delà de l'heure fixée par l'autorité
fermeture des lieux publics.

Art. 4,



:

L'autorité qui aura reçu la déclaration pourra

toujours

désigner, pour assister aux clubs,

un

fonction-

naire de l'ordre administratif ou judiciaire.

Ce

fonctionnaire

y prendra une place spéciale à son choix...
Art. o.
fin

Un

procès- verbal sera dressé et signé à la
il les membres du bureau noms des membres qui auront fait partie
:

de chaque séance par tous
1° les

contiendra

du bureau;
à la séance.
Art. 6.

2" le

résumé exact de

tout ce qui se sera passé

— Les membres du bureau

ne peuvent tolérer

la discussion
et

d'aucune proposition contraire à l'ordre public

aux bonnes mœurs, ou tendant à provoquer... des dé.

nonciations contre les personnes ou attaques individuelles.

Xous verrons que
liberté des chibs.
effet,

cet article anodin réduisait à néant la

Au moment
que
«

de

la discussion, »

il

avait, en

été

entendu,
.

l'ordre public

voulait

dire
:

« l'ordre social »
«

Le rapporteur

avait dit textuellement ceci
la

Citoyens représentants, dans

pensée de

la

commis-

sion, les (h'oits sacrés de la famille et de la propriété sont

compris dans ces mots

:

«

Ordre public.

»

Personne ne

peut comprendre l'ordre public sans la famille et sans la
propriété. » ^Séance

du 2o

juillet,

Mo)iiL,2Q.) Grâce à

celte conception large de l'ordre public, toute discussion
relative à la famille et à la propriété pouvait

motiver des

J^

12

ASSOCIATIONS KT SOCIETliS SECRKTIiS

poursuites cl utic condamnalicjn.

De sou

côté, la disposition

visant les attaques individuelles était une agg'ravation de
la législation

existante.

On

ne voulait pas se contenter

di'

la loi

du 17 mai 1819 qui punit
Il

les attaques contre les par-

ticuliers.

résultait

de ladoplion de
par

rainendenieul

du

représentant

de

Saint-Priest

rAssemhlée

consti-

tuante qu'une attaque qui pourrait ne pas
l'application de la loi de
181Î),

lomher sous
îii

comme

ne constituant

menace, ni injure, ni diffamation,

pourrait

néanmoins,

comme simple

dénoîiciation ou

comme

atlat/ae indici-

duelle, entraîner l'application des peines énoncées par le
décret, par cela seul qu'elle se serait pi'oduite dans un club.

On comprend également que, avec appréciation sévère, môme mesurée,
ou politique pouvait exposer un
judiciaire.

cette disposition. \\\w

d'un acte administratif

orateui" à
de*

une poursuite
dans
le

On

ne sera pas surpris
cpii

l'encontrei-,

décret, railiclc 7

cherche

;\

conjuri'r le

danger d une

action combinée par les clubs de Paris. Cet article porte ce

qui suit

:

Sont interdits: « les i-apports, adresses

et

toutes

autres conununicalions de club à club, les dt'putations ou

délégations de commissairvs faites
soit l'objet

pai-

un club.

(|url

que

de

la

mission des

déput(''s

ou déh-gut-s.

» X'oilà

les principales dispositions régissant les clubs, c'est-à-dire

des

['('Unions politiipuvs

pahrKjnrs. Vouv ce qui concerne

les réa/no/is polil njuc^

mm

pN/)/i(/a('s. clics sont traitées

par

le

décret

si

elles

ne sont pas autorisées,

comme
fort

di*s

sociétés secrètes,

quand

même

leurs
la

membres ne

d(''passe-

raicnt pas vingt pei'sonnes.

Dans

discussion

écbliante

qui se produisit ù ce proj)Os éclata une confusion iMitre les

réunions et les sociétés secrètes.
discussion, disait

«

(Juand

le

dvoW

(\c

libi'c

M. Sénard, ministre de
la

lintc'rieur est
|)ui,»licité,

donné à une réunion sous

condition de

de

CLUB.> ET SOCIETES SOUS LA

DEUXIEME REPUBLIQUE

13

quel intérêt sont donc les

réunions secrètes? Sous une

législation qui appelle des citoyens à se réunir au grand

jour, sous le regard

même

de l'autorité, en face de tous,
le

avec un décret qui consacre
parler

club public, pourquoi nous

du

droit de

cinq ou
»

quinze personnes de former

des socirlrs secrètes?
vait cesser

La réunion en question ne pousi elle

de devenir secrète que
,

obtenait l'autori-

sation de l'administration

c'est-à-dire si sa ligne de con-

duite

ol)lcnait

l'approbation

du

gouvernement.

Ainsi

ap[)arait la

pensée de défiance qui inspirait

le législateur

à

l'égard de toute action collective ayant

un

objet politique.

On

avait posé le principe de la liberté des clubs afin de

renfermer toute l'action politique dans des cadres précis
elle

ne pourrait se mouvoir que sous la surveillance

rigoureuse d'une administration soupçonneuse. D'ailleurs,
allant jusqu'au bout
fut
le

dans

la voie

de cette suspicion, dont

frappée d'a\ancc toute action républicaine collective,

représentant de la Xièvre, Du[)in proposait d'interdire
i'(''union

toute

non publique,
il

politi(|ue

ou non, car certai-

nement,

disait-il, «

s'agira seulement de cacher la réu-

nion politique, de

la

masquer sous une autre
ou
20). Etant

qualification

:

toute distinclion devient impossible

illusoire » (v.

séance

du

2.");

Moniteur du

donné cet

état d'esprit,

pour conserver une certaine valeur au droit de réunion
organise par
le

décret du 28 juillet 1848,

il

aurait fallu

préciser ce qu'on entendait par matière politique, ce qui

ne
fut

fut |)as fait.

En

l'absence de cette précision, la porte

ouverte à l'arbitraire, et des réunions furent déclarées

politiques

non par suile de

la

nature des discussions qui

avaient eu lieu

parmi ses membres, mais à cause des
composaient.

idées politiques présumées de ceux qui les

On

personnalisait le groupe en lui assignant

comme

but

U

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

collectif ce qui devait constituer raspiration intime

de ses

membres.
Mais ce qui
était

beaucoup plus grave,

c'était la

dispo-

sition intentionnellement

vague visant les sociétés secrètes.
demandait Flocon à
séance

On

sétait refusé, de parti pris, à la définir. « Qu'enlend-on
?

par société, société secrète

la

du 26

juillet.

Est-ce

la

permanence? Est-ce
?

la périodicité?

Est-ce l'engagement qui la constitue
lui fut

donnée, malgré

le rejet

De la réponse qui d'un amendement qui con»

sacrait formellement cette thèse

les

Assemblées ont de

ces pudeurs

il

résultait

que tout club, toute réunion
la

qui n'auraient jms fait

déclaration requise par

le

décret devaient être considérés

comme une société secrète.
faites

Cela se dégageait nettement des observations
rapporteur cl des paroles prononcées par
le

par

le

représentant

Baze qui dénotaient bien
« .Nous

la

pensée intime

chi It'-gislateur.

avons pensé,

disait cet orateur,

que

les différents

articles de la loi, leur coordination, leur déduction logique,

indiquent suffisamment ce que nous voulions frappei-, dans
cet article de la
loi

qui dit...

;

je maintiens

que

cet article,
la

dans ses termes,
qu'il

est suffisant

pour tracer au jury
lui

marche
:

aura à suivre quand on
est-il

posera cette question
fait

«

L'accusé

coupable d'avoir
effet,

partie d'une société
la loi,

secrète? »

— En

dans

les

premiers articles de

nous indiquons ce

(jue c'est

cpiune réunion ou un club; nous

l'assujettissons à faire

une déclaration préalable de son exis-

tence; nous l'assujettissons à une publicité complète de ses
actes, à

une surveillance rendue
à l'autoritt-

facile

par

la

connaissance
de

qui est donnée
la

du

local,

du

lieu, tle l'heure

réunion
;

:

voih\

ce que c'est qu'une n'union politique

publique

une réunion qui n'aura

pas ces caractères,

composera ce que nous appelons société secrète, par un

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE

15

mot qui n'a pas besoin d'avoir sa

définition, c'est-à-dire,

comme on
monde?

le disait,

un ensemble, une réunion de personnes

associées dans un but

[Rires et bruits.)

commun, c'est-il clair pour tout La société secrète, dans la
est

le
loi

actuellement en discussion est donc prise par opposition à
la société

publique,
les

telle qu'elle

organisée et régleloi.

mentée par

douze premiers articles de la
28.)

(Séance

du 21
Il

juillet,

Moniteur du

est

difficile

d'imaginer une plus déplorable confuet le

sion

entre le droit de réunion

droit

d'association.

Mais du moins

allait-on se contenter

de

la confusion entre

la société secrète et la

réunion publique?

Au

moins, dans

la

circonstance, pour rendre palpable le délit de société
il

secrète,

aurait fallu le

fait

matériel de la réunion.

Eh

bien, non! le

même

décret suppose une autre catégorie de

sociétés secrètes qui ne

comporte pas de réunions, mais

qui suppose l'affdiation.

En

se plaçant à ce

nouveau point de

vue, et sans s'apercevoir de la contradiction contenue dans
les différentes parties

du

décret, un représentant disait

:

«
la

La

société secrète
est

n'existe

pas toujours en réunion
l'un

;

réunio-n

même, au

contraire,

des caractères

qu'elle fuit avec soin. » (Séance

du 26

juillet,

Moniteur

du

27.)

Sans doute, on

allait

pendant quelque temps se

protéger par l'intervention indispensable
celle-ci allait

du jury, mais
aux
tribu-

disparaître pour céder la place
tard, l'affiliation
suffisait

naux correctionnels. Plus
secrète,
ainsi

à une société

largement comprise,
la

à

elle

seule

pour motiver
à Gayenne.

transportation on Afrique, à Lambessa,
2'^

Le décret du

juillet

contenait en

germe

et

préparait la pratique administrative

du coup

d'Etat,

moins

par la rigueur de ses dispositions que par la suspicion dont
il

frappait les sociétés républicaines.

Une

société secrète,

16

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
n'est pas

dans lopinion publique,
illt'-gale,

simplement une réunion
le

mais une réunion d'individus rêvant

massacre
les

et le pillage.

On

prélait

aux mystérieux

alïllit'-s

pires

projets.

En

attendant, on allait déjà entraver la formation

d'associations

comme

les conférences

des étudiants
ce sujet
le

et

des

avocats. « On' vous a parlé, disait à

ministre

de l'intérieur, M. Sénard, des citoyens, des étudiants, qui
voudraient se réunir pour s'éclairer, pour étudier, pour discuter ensemble des questions politiques...

Si

dos jeunes
|)as

gens voulaient causer entre eux,

ils

ne fonderaient

des

sociétés permanentes; et s'ils en veulent fonder

une avec

de bonnes

et

loyales intentions,

ils

n'hésiteront pas euxl'autorité.
»

mêmes

à se

placer sous
juillet.]

la

sauvegarde de

(Séance du 27

La franc-maçonnerie semblait seule
«

échapper à cette réglementation sévère.

.Nous en

sommes
pas

venus à nous
sujet,

dire, faisait

remarquer

le

rapporteur à ce

que

la

franc-maçonnerie

ne constituait

une
pas
Flo-

société secrète.

Lue

société qui a

un secret,

n'est

pour cela une société secrète

». D'ailleurs,

ajouta

M.

con, l'autorité surveille directement les réunions de francs-

maçons
let.

et

a toujours droit d'y pénétrer. (Séance du 26 juil27.)

Moniteur du
le

Nous aurons

l'occasion de constater
t\

plus tard que

gouvernement eut

user souvent de sa
fois

surveillance sur les loges qui furent plus d'une

suspend'anar-

dues quand leurs membres paraissaient suspects

«

chisme

».

\'oilà
il

l'économie du décret du 28

juillet

1818.

On

sait

qu
loi

ne resta pas longtemps en vigueur.
le

Une

du 19-22 juin i8t9 autorisa

gouvernement
un an.
devait

à interdire les clubs et les autres réunions |)endanl

Après l'expiration de ce

délai,

un projet de

loi

èlre présenté ù l'Assemblée

législative

pour réglementer
les

l'exercice

du

droit

de réunion,

mais

pouvoirs dont

CLUBS ET SOCIETES SOUS L\ DEUXIEME REPUBLIQUE
le

17

gouvernement

fut investi

d'abord à

titre

exceptionnel

furent renouvelés le 6 juin I80O et le 21 juin I80I. Enfin,

nprès

le

coup d'Etat,

le

décret du 25 mars-2 avril 1852

al)rogea celui du 28 juillet 1848,

— exception
ainsi

faite

natu-

rellement deTarticle 13 concernant les sociétés secrètes
et
fit


du

revivre, à l'égard des réunions et des associations, les

articles

291

à

2*.H

du Code pénal

que

la

loi

10 avril 1834.

Les sociétés de secours n'eurent pas un meilleur
sinon en droit, du

sort,

moins en

fait.

Elles devaient,

tout

d'abord, jouir de

la

plus grande liberté.
l'intérieur

En
vante
«

efîet,

une circulaire du ministre de
('«gai-d

du

31 août 1848 s'exprimait à leur
:

de

la

manière sui-

Citoyen préfet, jusqu'à
juillet

la

promulgation
de

du décret
mutuels

du 28

1848,

les

sociétés

secours

ne pouvaient s'établir sans l'autorisation ministérielle, mais
aujourd'hui ces sociétés se trouvent implicitement comprises dans l'exception de l'article 14

du

dé'cret et

demeune

rent libres de toutes

foi'nialités

préliminaires.

Elles

sont

môme

pas soumises ù l'action de l'autorité municipale,
soient l'occasion des
l'intérieur-

à moins qu'elles ne
tuelles.

réunions habi-

Le dépai'tement de
m'en soumettre

n ayant donc plus

à s'occuper

des sociétés de l'espèce, vous devez cesser à
les statuts.

l'avenir de

Toute intervention
dites

de la

part de

l'administration,

relativement aux
la

sociétés, serait
(]ue le décret

désormais contraii-e à
juillet leur

nouvelle position

du 28

a

faite. »

Mais déjà

la loi

du 8 mars, o

et

lo juillet I80O revenait

sur cette liberté, illimitée en apparence, en soumettant
les

sociétés

de

secours à

une

réglementation

j)récise.

C'était

moins celte
TCIIKI'.NOKI'

réglementation

que

l'espiil

qui
'2

la

18

ASSOCEAÏIONS ET SOCIKÏKS SECRKTES

dictée qui semblait

dangereux pour

la destinée

de cette

catégorie d'associations.

Et cet esprit apparaissait déjà
l'intérieur

dans
let

la

circulaire
et

du ministre de
Voici

du
les

2"i

juil-

1850

dont nous retrouvons
la justice.

le texte

dans

Archives
fait

du ministère de

le

document qui

en
la

môme
loi

temps connaître
:

les principales dispositions

de

de I80O

Paris, le 25 juillet

1850.

Monsieur

le l'i-éfet

',

La

loi

sur les sociétés de secours mutuels vient d'être
elle

promulguée;

a pour but de déterminer les conditions

au\(jucllcs ces associations

pourront

être

reconimes

et

déclarées établissements (ruIiliU' publique. Sous ce rapport,
j'ai

lieu

de

croire

qu'elles

seront de la

paît

de M.

le

ministi'e

du conimei'ce

l'oljjet

d'instructions spéciales qui
;

vous parviendront ultérieurement
à traiter la question au seul
la sécurité publique.

je

me

borne aujourd'hui
et

jîoint

de vue de l'ordre

de

La

loi

envisage

les sociétés

de secours selon qu'elles

ont été déclarées établissements d'utilité publicpie ou selon
qu'elles existeront librement et sans avoir sollicité
l'autorisât
il

ou reçu

m

ministérielle.

Sous

le i)remiei' point
e'.

de vue,

elles jouissent

de certains

avantages déterminés
dont je
suffit
(le

d'une jiroteclion administrative

n'ai

point en

ce

moment

à

me
i-cs

préoccuper
a\antages
ci

:

il

constater

(ju'cMi
loi

échange de

de

cette j)rolection, la

a voulu ([ue les sociétés de secours

mutuels, dûment autorisées, fussent soumises t\des mesures

de surveillance
1.

et ù

une sorte de

tutelle.
Ministère de l'iulérieur.

.Icf/i/cc?

<lii

intniitlcre ile la Justice.

Ij'i

V.

CLUBS ET SOCIETES SOUS LA DEUXIEME REPUBLIQUE

19

Cette situation vous permettra d'empêcher les abus qui

pourraient se produire dans

le sein

de ces sociétés ou de

mettre un terme à ceux qui vous seraient signalés. Je
n'insiste pas à cet

égard puisque ce point devra être réglé

ultérieurement par un règlement d'administration publique.
Je

me

hAte d'en venir aux sociétés de secours mutuels
:

non autorisées

celles-là

surtout, au

point

de vue de

l'ordre, devront éveiller votre attention.

Aux

termes du décret du 28

juillet

1848, elles peuvent

se former de plein droit et sans avoir besoin de soumettre

leurs règlements à l'autorité.

Au

premier aperçu, on serait tenté de croire que

la

plus grande partie de ces associations s'empresseront de

renoncer à leur

état d'isolement et à solliciter

du gouver-

nement une
qui seront

autorisation régulière et

un appui fructueux,

autant de garanties de bonne gestion et de

durée.

Cela sera

vrai,

on doit

1

espérer, des sociétés de secours

qu'aucune arrière-pensée politique ne dirigera ou qui ne
subiront aucune influence occulte et malveillante.

Mais

les associations

de secours qui, sous ce prétexte,

auront pour but réel de discipliner la classe ouvrière, de
la

placer sous la surveillance de comités dirigeants, de

servir elles-mêmes d instruments ou de centres à propa-

gande

anti-sociale, à

une pensée de haine ou de division

entre les diverses classes de citoyens, les associations de
celte nature, dis-je, affecteront, selon toute apparence,

de

se maintenir dans leur indépendance actuelle et de se tenir

en dehors de tout contact avec
Or, Monsieur
le

l'autorité.

Préfet,

l'article

12 de la
(le

loi

actuelle

permet au gouvernement de dissoudre
entendu]
celles

Conseil d'état

de ces prétendues

sociétés

dé secours

20

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

mutuels qui seraient ainsi sorties de leur condition avouée,

ou qui auraient frauduleusement géré leurs fonds.
L'article 13 veut, en outre, qu'à la fin de
les sociétés

chaque année,
disposition est

de secours mutuels

(et

cette

générale) adressent aux préfets un compte rendu de leur
situation et

un

état

de l'emploi des fonds de secours.
ces deux dispositions,
:

En combinant
i**

vous

serez

en

mesure de vous assurer sans cesse

Du nombre
De

des sociétés de secours mutuels, autorisées

ou non, qui existent dans votre département.
2"
la fidélité

avec laquelle ces associations se conforde demeurer étrangères à

ment à
la

la loi qui leur prescrit

politique et de consacrer leurs épargnes à des

œuvres

de bienfaisance mutuelle.

Dans

cette

situation,

Monsieur

le

Préfet,

il

vous sera

désormais possible de provoquer

la

dissolution des pré-

tendues sociétés de secours mutuels qui s'écarteraient de
leur

but et

seraient,

jiour

l'autorité

et

pour

les

bons

citoyens,
fjui

une cause d'inquiétude. Crl/cs de

ces sociétés

refuseraient d'ohtonpérvr à l'arrêté qui les aura dis-

soutes devraient être poursuivies et punies des peines
édictées

par

l'article

1:J

du décret du

'^S juillet

l^fS

contre

les sociétés secrètes.
les

J'ajouterai que la loi nouvelle veut que

poursuites
les trihu-

en pareilles matières, soient intentées devant

naux

correct iitnnrls, tandis que

le

décrri dr

i^\^ éri-

geait qu'elles fussent soumises

au

jurf/.

Vous ne perdrez

pas de vue

le

grave changement que
et

la législtition subit

à cet égard,

vous vous concerterez, au besoin, avec
vé-

MM.

les

procureurs de la république pour assurer le
loi.

cut ion de ta

Dans

le

cas où des doutes se présenteraient à voire

CLUBS ET SOCIETES SOUS
esprit,

LA.

DEUXIEME REPUBLIQUE
la
loi

21

pour ce qui concerne l'application de
1830,
je

du
en

15

juillet

me

ferai

un devoir de

les résoudre,

vous adressant des instructions spéciales.
Agréez,
etc.

Le jninUtre de
Signé
:

l'intérieur,

J.

Barochr.
:

Pour expédition
Le
cJief de la division de la

Sûreté générale.
:

Signé
Il

X.

mérite d'être signalée

y a dans cette circulaire une tendance d'esprit qui il y a non seulement la crainte
:

de voir

les sociétés

de secours se transformer en foyer de
irré-

propagande républicaine, mais aussi une opposition
ductible venant

du pouvoir à

toute tentative de la

part

des individus d'essayer

de résoudre par leurs propres
touchant à l'économie so-

efforts les différentes questions
ciale.

Une

société de secours qui se constituerait en

vue

de venir en aide aux ouvriers en grève ou réduits au

chômage
tituerait

sortirait

de

la catégorie
Il

prévue par
avait là
la

la loi et

consd'une

une société secrète.

importance capitale.
organisation
inégalités

y Condamner
rejeter

un

fait

société de

secours,

pacifique,

comme moyen
les

de supprimer les
ouvriers vers les

sociales,

c'était

syndicats,

pures

organisations

de combat. Une société

qui serait chargée de servir des secours à ses

membres en

même
que

temps

qu'elle aurait à soutenir des grèves, serait

beaucoup plus circonspecte qu'un syndicat qui n'a en vue
la lutte.

L'exemple des associations anglaises
Il

l'avait

surabondamment démontré.

y

a, d'ailleurs,
les

quelque
graves

chose de plus dans la tentative de résoudre

conflits sociaux à l'aide des sociétés de secours. C'est la

22

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SliCRKTES

possibilité

de

faire participer à

la

mt^mc œuvre toutes

les

classes de la société. L'antagonisme social apparaît beau-

coup moins grave quand l'ouvrier
de secours figurer à côté de
tant
rlu

voit

dans une société
le la

lui le

bourgeois,
s'affirmer

représensolidarité

patronat,

quand
de parti

il

xo'd

sociale

en face d'une iniquité économique. L'Assemblée
avait,
pris,

législative

intentionnellement, par

crainte du spectre rouge, écarté ces solutions pacifiques,

refusant d'organiser un

moyen

pci-iiianenl, i)erinellanl

aux

classes ouvrières de discipliner et d'organiser leurs efforts

pour

le

cas où un conflit d'un intérêt vital et durable vien-

drait à les mettre
la

aux

prises avec les patrons.

Lorsque

à

séance du 5

juillet

I80O,

le

représentant Dabeaux, eut
venir- (Mr

proposé de permettre aux sociétés de secours de
aide aux travailleirr-s en cas de
travail, et
la
il

chômage
qrr"il

,

cessation

de

jirgea utile de rappeler
drr dr-oil

n'y avait pas

moindr'c affirmation

au livwail, de di\er's côtés
!

des cris retentirent « Que l'ouvrier épargne

»

Et pourtant

M. Dabeaux

leur citait

un exemple

nous en verrons

beaucoirp d'autrvs,
oir

qu'il a\ ail

sous les yerrx. à Touloirse
K\s repr'c'seri-

irn

«

cer'cle

philaiilliropicpu^ coniprcMianl

lanls de toutes les classes » donnait des secours,

même
local

(mi

cas de chômage
et ouvriervs

et cessation

de

tr-avail,

et ofr

bour-geois
(|iri

se côtoyaient

chms

les salorrs
V()K)rrté.

du

réunissait tous les
firl

hommes de bonne
urK^
soci('tt''

Cet appel

rre

pas (Mileridu
l)irt

cl

i\c

s(>cour's i)rganisée
poirr- arrar'chi(|rre,

dans donc

ce

devait passer' inévitablemenl

répirblicaine; à ce titre, elle ne devait j)as man(|uer d'étr-e
fraj)pée

de dissolution, d'étrv poursuivie

comme

société

secrète.

CLLBS ET SOCŒTÉS SOUS LA DEUXIÈML: RÉPUBLIQUE

23

III

La
les

défiance, la suspicion, la crainte qui perçaient dans

travaux préparatoires et avaient trouvé parfois une exloi,

pression timide dans la

apparurent avec brutalité et
la

sans
Il

la

moindre réserve dans

pratique administrative.

y

a de l'attitude draconienne de

Tadministration une
le

double explication. D'abord, c'est que
nistratif

personnel admi-

n'ayant subi que des modifications partielles, on se

trouvait en pivsence des magistrats et des fonctionnaires
qui, élevés sous

un régime de

restriction légale, de prohi-

bition absolue, appliquaient les nouvelles lois

dans

l'esprit

des anciennes traditions.
l'égime, n'arrivait pas à

Ce

personnel, datant de l'ancien
la portée

comprendre

de

la

Révonoului

lution

:

la

moindre licence de langage

l'efîra^^ait, les

velles doctrines politiques et sociales constituaient

pour

des hérésies. Em.OUivier a sous
le

fait

remarquer quelque part que,
tel point

précédent régime, on redoutait à

l'usage

du

droit de réunion

qu'un patron se voyait

souvent en-

travé dans le désir de réunir chez lui les ouvriers afin de

discuter

ensemble des questions

d'intérêt
la

commun. En
loi, il

dehors de cette psychologie dont

cause se trouve dans

l'âme du fonctionnaire appelé à apphquer la

y

avait,

depuis l'avènement au pouvoir du prince Louis Bonaparte,
le

ferme désir d'arriver à

la

suppression radicale de toute
d'Etat

organisation républicaine.
avait

La préparation du coup

commencé par

l'anéantissement des associations dé-

mocratiques.
^'oici

de nombreux
et

faits

témoignant de

l'état

d'esprit

de l'administration
Napoléon.

des desseins du gouvernement de

l'i

AsXtClATIONS

r.T

SOCIETKS SECRKTKS
ISi-H,
le

Au mois do
r\iris,

iioveml)r('

procureur

(>vi)i'i'al

à

propose au garde des sceaux de poursuivre

le

reprr-

senlant Emile OHivier. pour avoir dit à la réunion ôleclorale de la rue Mouiïelard
j)ar

que

la Conslilulion a (Hé votée

une

(^lKinii)re étoufiee

par des élections monarchiques.

« C'est, disait ce magistral,

évidemment attaquer
un

la lorce

morale de cette

loi

fondamentale: c'est mémo,
lois'.
»

ajoulaif-il.

provoquera
gine

la

désobéissance des

Si

pi-ocui'cur

général marque des tendances aussi inquiétantes, on s'imal'état

dâmc dun

simple commissaire de police. L'un
et op|)ose sa pliiloso-

d'eux nous raconte ses impressions
j)hic

à celle de lorateur qu'il venait d'enlendi-e.
niait l'existence

Ce

dernier,

précisément,

de Ditui

et

faisait l'éloge

de

Robespierre qui

ne passe pas j)ourlanl
ces propos,
le

pour un

alli(''e.

Après avoir

lelati-

commissaii-e indigné qui
el

n'avait jamais entendu une
|)ublifpie
sur-

conférence conti-adicloire
:

l'existence

de Dieu ajoute

<(

Tolérer plus

longtemps l'existence d'un
tissement de
dire
la société.

pareil état, c'est vouloii' l'anéan|)Oui"i-ait i)lus

Dans un peu, on ne

que Tliomme

est
est

un animal raisonnable, car pour moi

celui qui nie
telle

Dieu

une brute'.

»

Ce

n'es! pas

seulemeni

opinion

parliculiéi'c*

qui clutque les commissaires de

police,

mais

tout, la tenue

même

de

la

réunion, l'attitude

de l'auditoire, l'adluencc; c'est pour eux un monde entiè-

rement nouveau. Le moindre geste leur paraît criminel.
Ils

se plaignent de ne |)ou\oir, dans leuis pi-ocès- verbaux,

rcndr'c entièrement l'impression qu'ils

éprouvent ^ Etant
innocente réui'.>

donnée, cette mentalité des agents,
1.

la j)lus

Arcinves nationales

IIB'". Cal)iiu'l

du

iirocurrurf^'/MH rai,

nov. 1818

V. Archives nalionales. Rap. ilii conim. de police de la Rousse k l.yon, le ±1 oelohre 1848, IJU'" IT.J.
2.
1

Commune
orl.

3.

V. Archives nalionales.
147:5.

l'aniuel de la

Cour d'appel. 1"

1858.

nn'"

CLUBS ET SOCIETES

:îOLS

LA DEUXIEME REPUBLIQUE

£5

nion devient suspecte et criminelle.
torique,
fait

Un

simple exposé his-

par un professeur clans un de ses cours devient
lise

une provocation aux désordres. Qu'on

à ce sujet les
fait

documents
doyen de
la

relatifs

à la fermeture d'un cours

par

le

Faculté des lettres à Bordeaux.
le

Le IG janvier I80I
Bordeaux
«

procureur général de
la justice

la

cour de
:

écrit

au ministre de

ce qui suit

J*ai

eu l'honneur de vous transmettre un extrait d'un

rapport de

M.

le

commissaire de police à Bordeaiix sur
d'histoire

une séance d'un cours

de M. Rabanis, profes;

seur à la Faculté des lettres de Bordeaux

j'ai

eu déjà

l'occasion de signaler les graves inconvénients des dissertations politiques

du professeur de

la

Faculté à M. le

recteur de l'Académie de Bordeaux. Ces cours n'ont d'autre
utilité

que

celle

de donner à ces messieurs une tribune
Ils

pour développer leurs systèmes politiques.

n'ont des

auditeurs qu'à celte condition. C'est une des anomalies de
notre gouvernement

que cette création

faite

en pleine

monarchie de chaires destinées à enseigner l'insurrection
contre tous les
pouvoirs...

Elles continuent

contre les
la

pouvoirs républicains l'œuvre
chie. » Vuilà.

commencée contre
le

monar-

pour

le

procureur. Voici

rapport du com-

missaire.
«
Il

y

avait aujourd hui

chambrée complète au cours ou
Les
et

plutôt

au club du citoyen Kabanis.

corporations

ouvrières
recueilli

comme

toujours

y dominent,
Il

M. Rabanis a

avec joie les applaudissements de cette partie de
n'y a

l'assemblée qu'il tient tant à captiver.

pour les

quatre cinquièmes que des
principes socialistes...

hommes
soir,
il

entièrement voués aux
a traité les règnes de

Ce

il

Henri
à

11,

Henri

lll.

Henri IV,

avait largement matière
;

l'ossorl

qu'il voulait

donner à sa faconde

il

s'en est

26

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
:

donné
fait

les

généraux, les pr-inccs de Tépoquc... avaient
faire

bloquer Paris pour y

mourir de faim
la

le

peuple

si

excellent qui a toujours

fait

Thonneur de

France. »

Le commissaire elle procureur
tion

étant d'accord, la sancétait

ne

tarda

pas

à

suivre.

M. Rabanis

révoqué
afin

comme
faire

comme comprendre aux hommes qui
do^'en et suspendu

professeur «

de

seraient tentés de s'é-

carter de la ligne

du devoir que

le

gouvernement saura

toujours réprimer les fauteurs de désordre \»

La
et le

terreur et la crainte se propageaient par contagion,

procureur de

la

République de Caen pouvait

écrii-e

dès

le

IG juillet 1848 les lignes suivantes qui caractérisent
ihi

très bien l'opinion pul)li(pie
écrivait-il, est

moment.

«

L'iiupiiélude,

entretenue dans

la poi)ulafion

par diverses

causes.

Indépendamment des nouvelles
et

fabri(pi(''es

par

la

malveillance

pi'opagées parla peur,

il

y en

a qui, lancées

uniquement

pai'

de mauvais plaisants j)our s'amuser des
arrivent

personnes timides,

quelquefois à
bi'uils

prendi'c

imc

importance
secrètes

réelle.

Tels sont les

de pré[)arations

de

barricades,

d'organisation

d'une i)ande

de

coriimunistes armés, de désignation de maisons

mar(]ui''i\s

avec des croix pour-

le pillage, etc., etc.

On

ne peut trop

s'étonner de la facilité avec laqu(>lle on pai-vint quelquefois,

dans

le

seul but de dénigrement, à préoccuper sans

cause

réelle,

jusqu'à des

honnnes gra\es-

».

Le

terrain ainsi prépai-('\ l'administi'alion de .Xapoléon,

en jouant habilement du spectre rouge, j)ouvail procéder
trancpiillement à
la

suppression

de

toutes les

réunions

1.
(l(*

la

V. Sur tous ces dobals. Archives du ministère de la juslicc rour d'appel do IJordeaux. k" lOjuiii IS.'il, 42P).
jiiillol

PanimM

2.

V. Archives Jiationales, Cacn, IG

ISiS.

Haiiporl du i'ror. do

la lU'jt.

sur

lï'lal

moral do Caon.

\W

Ii7;5.

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME REPUBLIQUE
républicaines. Voici encore quelques

27

documents qui nous

montrent

et la

nature des réunions poursuivies et les prola circonstance.

cédés usités dans

Montpellier,

le lo

décembre

1849.

Monsieur
Il

le

Garde des sceaux

',

existe à Prades

une réunion politique

et

publique qui

tient ses

séances dans une ancienne chapelle appartenant

à la ville et

connue sous

le

nom

de Salle du Rosaire. Les

membres de
les jours à
ils

cette société se réunissent

dans ce local tous

cinq heures du soir, après Tarrivée du courrier,

v font en
il

commun
que

la

Irdure du journal La Réforme,
développés
et

dont
tés.

paraît

les articles sont

commen-

M. Bonnet, avoué,

autrefois président
et

du club, actuel-

lement conseiller municipal,
les fonctions

en cette quahté remplissant

de maire, est un des membres les plus assi-

dus.

Les dimanches,

les ouvriers et les habitants de la

camvont

pagne assistent en grand nombre à

cette réunion,

ils

ensuite colporter chez eux les doctrines dangereuses qui

y

sont exposées, et ainsi s'établit une propagande funeste et

de nature à entretenir l'agitation dans les esprits.

Dès que mon
ces
avis
faits,
il

substitut de Prades a eu connaissance de
le

sest concerté avec M.
a été de provoquer de

sous-préfet,
le préfet

et leur

commun

M.

du dépar-

tement en vertu du décret du 19 juin 1840, un arrêté pro-

nonçant rinterdiction de celte réunion.
Il serait

douteux que des poursuites judiciaires obtins;

sent un heureux résultat
1.

d\\bovd M.

le

maire a autorisé

Arcfiives nationales. BB'", 1473. Cours d'appel de Montpellier.

28

ASSOCIATIONS ET SOCIKTES SKCRi:TES
il

CCS réunions;
côté,
si

assiste n

toutes les séances;

duu

autre

la lecture

relative

du journal est certaine, aux commentaires l'est beaucoup
sans doute

la question

)noins

;

le

commissaire de police ne peut rien affirmer à cet égard,
et

l'on aurait

toi't

de compter sur

le

témoi-

gnaji^e

des assistants. Enfin, sous un autre point de vue,
et ses

celte réunion n'a point de chefs connus,

membres

ne figurent sur aucune

liste.
j'ai

A
la

raison de toutes ces circonstances,

dû a|)pi'ou\er

mesure qui a eu pour objet de
un
ari'été

j)rovo(juer de la part de

l'autorité préfectorale

qui interdise la réunion.

J'espère que cette mesure suffira pour mettre un terme aux

abus

qu(> je viens

de vous signaler. En cas d'infraction à
lieu.

l'arrêté,

des poursuites auiaicMit

Daignez agiéer, de.

Le procureur tjènéral\
Siiiiié
:

X.

RoMiios,

le

1:!

juin

I.Si'.t.

Monsi(MU'
J'ai

le

darde des

scc>au\

",

l'honneur
(|ui

(i'ai)pelei"

voliv attention sur les

faits

sui(h>

vants

ont causé une cer'laine énu)tit)n dans la \ille

Nantes.
i'ail

un(^
1(>

lettre public-e
i'''

dans

\c

joiunal

le

Xationul

tir

Ouest

d(^

ce mois, M. (lur-pin, ancien eoinmissaii-e
|)rovisoii"e

du gOMNt'rnement
socialisl(>s à

dans

le

Morbihan,

in\itait les
à
faiic

organiser une

|)ropagan(K'

(K'.^lini'e

pénétrer leurs doctrines dans les campagnes.
\.

Voic-i la rcpoiisi'

lii^rcs

politiques est un club

du minisUTo. « Tiuito et tombe sous
i6".)30'>).

riMinion s(iccn|)anl do ina-

rappllealioii île la

loi

»

2.

Arctùves nationales. BB'*, 1473

Cours d'appel de Hennés

CLLBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME REPUBLIQUE
Déjà
le

29

lundi précédent, une réunion inspirée par la

même
lieu

pensée, mais composée surtout d'ouvriers, avait eu
les prairies

dans

de Mauves, à la porte de Xanles; on
le

en avait annoncé une seconde pour

3 juin et on avait

choisi pour théâtre de cette démonstration la petite ville

de Xort, arrondissement de Chàteaubriant, mais
tructions données par

les ins-

moi aux magistrats de
le

cet arrondis-

sement pour assurer
inutiles, la

maintien de Tordre public ont été

réunion ayant été tenue à Doulon, près des

prairies de

Mauves.

11

s'y trouvait environ

200 personnes,
sous-ofTiciers.

parmi lesquelles on remarquait quelques

Dans ces deux circonstances, M. Guépin, en
exaltation
les souffrances

qualité de

président, a prononcé des discours empreints d'une grande
:

des classes pauvres, les réforla nécessité

mes que
l'action

l'éclame leur intérêt,

de combattre

du clergé qui

pervertit l'opinion publique par son
et les enfants, telles sont les idées

influence sur les
qu'il

femmes

a

développées
délit.

.sans

foute/ois se rendre coupable

d'aucun

Depuis cette époque, on a pris pour prétexte dune nouvelle démonstration politique la
le mai'i était

mort de M"^ Rocher dont

commissaire général du gouvernement provi-

soire dans les cinq départements de la Bretagne; les obsè-

ques de cette dame ont été suivies

le 7 juin

par une foule

assez nombi-euse; tordre n// a pas été un instant troublé.

Cette circonstance avait

fait

ajourner la troisième réunion,

mais M. Guépin ne paraît pas avoir renoncé à son projet.

Dans un

('ciit

émané de

lui et

dunt l'administration muniil

cipale de Xantes a autorisé la vente publique,
«

fait

appel

au patriotisme des citoyens réunis pour causer ensemble
des grands intérêts de
Si les
la

«

patrie. »

réunions de

la prairie

de Mauves se renouvelaient

30

ASSOC[ATIONS ET SOCIETES SECRETES
la

avec une certaine périodicité, sur
l'assistance des

convocation ou avec

de les

mômes personnes, considérer comme les séances

n'y aurait-il pas lieu

successives d'un club

tenu en plein air et de les soumettre aux précautions de
police et

aux mesures répressives indiquées dans
1848.
prier,
faire

le

décret

du 28

juillet

Jai l'honneur de vous
sceaux, de vouloir bien

Monsieur
si

le

Garde des

me

connaître
cas,

vous approu-

vez cette opinion. Dans tous
serait intentée qu'après

ks

aucune poursuite ne

un avertissement préalable donné

au président

et

aux membres du bureau.
instructions

Telles sont les

que

j'ai

cru devoir trans-

mettre à

mon

substitut à .Nantes en attendant les vôtres.

Je suis, etc.

Le procureur général^
Signé
:

X...

VatU,

11-

4 février 1850.

Monsieur

le

Ministre et cher collègue',

M.

le

préfet de police

m'informe que des réunions clanet

destines, très

peu nombreuses,

composées de personnes
la ville

les plus exaltées

du

parti

anarchique ont lieu dans
f(»rt

du Puv, à des époques indéterminées, mois
chées,
et

rappro-

dans des locaux divers désignés pour chaque

nouvelle convocation.
Il

n'est pas

douteux que ces réunions n'aient un carac-

tère politique.

Les personnes qui en

font partie sont notoiet elles se

rement connues pour leurs opinions avancées,

cachent j)eu pour proj)ager au dehors leurs doctrines anli1.

Avchhes nalionales. BB",

1473 (6930

»).

.Ministère do liiilérieiu.

CLUBS ET SOCIETES SOUS LA DEUXIEME REPUBLIQUE
sociales. C'est là,

31

du

reste,

que se combineraient

et s'éla-

boreraient les matériaux du journal démagogique

UAmi

du Peuple.
Mais ces réunions n'ont
la nuit, et ]M. le
le préfet

lieu qu'à

une heure avancée de
par

procureur de

la république, consulté

sur la possibilité de faire envahir par la police les

locaux aOectés à ces assemblées au

moment

des réunions,

signale la disposition de la Constitution de l'an Ylll qui

déclare inviolable pendant la nuit le domicile des citoyens.
Il

importe cependant essentiellement d'arrêter dans sa

source un principe de désordre dangereux.
Je viens donc vous prier de

me

faire

connaître

si les lois

ne fourniraient pas
les

d'ailleurs,
s'agit.
le

quelque moyen d'atteindre

réunions dont

il

Agréez, Monsieur
rance de

Ministre et cher collègue, l'assu-

ma

haute considération.

Le ministre de r intérieur.
Signé
:

Sénard.

Et ce ne sont pas seulement des réunions ayant un but
politique qui sont l'objet de la rigueur de l'administration.

Toute espèce de réunion pouvait être exposée à
sion administrative. x\insi,
il

la répres-

s'était
:

formé en janvier 1850

des sociétés à Montmorency

c'étaient des sociétés chan-

tantes, dites Goguettes. Elles éveillèrent

immédiatement

les

soupçons de l'administration, car

il

y

avait naturellement
faisait sérieu-

quelques républicains. Le procureur général

sement observer que dans ces réunions qui se tenaient, en
général,
le soir, parfois

au

clair

de

la lune, les chefs

exer-

çaient une grande infhience sur les assistants surtout ceux

du sexe féminin.
pourraient
^sc

((

Or, ajoutait-il, de cette influence les chefs
» d'où
la

servir contre l'ordre

conclusion

32

ASSOCIATIONS KT SOCIETKS SECRÈTES
fallait

quil

interdire

aux gens

le droit

de s'amuser au olair
'.

de

la

lune pour les empêcher de conspirer

Les sociétés de secours ne pouvaient pas échapper au son
des réunions publiques, pas plus que tout autre mode de
«groupement.

A leur

égard, on procédait simplement

:

on

les

frappait en bloc. Elles étaient suspectes, en principe, parce
fju'elleS étaient

généralement composées de républicains.
les

Cela n'avait rien de surprenant pour

hommes qui
lu,

avaient

suivi de près l'évolution des idées démocratiques où l'idée

coopérative occupait
le

la

première place. C'était

peut-être

meilleur, le plus décisif démenti

aux prétentions jacobines
ils

<|n'on pi'èlait

aux républicains. Xon seulement,

Jugèrent

possible de résoudre les conllits sociaux j)ar l'association,
mais#ils crurent par le

même moyen

pou\oir j)arvenirpacirétablissement d une

lirpiementà

la

réforme de

la société, à

liarmonie parfaite entre

le capital, le salaire et le talent.

A

Paris, après la dissolution de la

commission de Luxem-

bourg, une fédération des ouvriers essaya de reprendri",
sans la participation du gouvernement, les idées coopératives (\\ù devaient vaincre jnir leur propre \ertu toutes les
difficultés

économiques

et sociales. Il
et

analogues en province

les

y eut des tentatives documents concernant les
essentiellement piftifique:

associations lyonnaises en domienl des exemples*.

Ce mouvement coopératif
il

était

im|)liquait chez les associés la conscience

de l'impossibi-

bilité

de réformer

la société

par des mesures dictatoriales
organisation

et instantanées,

la

nécessité d'une

perma-

nente, destinée à réformer la sociétt' par une action régulière et

durable, ayant pour point de ilépait l'action orgaproc. général de

1.

Arcliiies nationales. 12 janvier 18j0. Parqiiol

ilii

la C.
2.

dap. de

Paris. BH'» 1473.
cti.
\
;

TchernolT. Louis Blanc,

infra,

cli. iv.

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE

33

ée des individus. Et la confiance dans cette action était
le

qu'on

la croyait

capable de résoudre non seulement

les

problèmes de l'économie nationale, mais ceux aussi de

la vie internationale.

En même temps que
on

le

mouvement
de
la

coopératif devait concilier les différentes classes
société,
il

devait

aussi,

s'étendant d'un pays à

un

autre, mettre fin
sentir à tout le

aux

rivalités internationales,

en faisant

monde Tliarmonie

universelle des lois éco-

nomiques.

L humanité

associée était au

sommet de

l'édifice était

dont la base reposait sur logroupement local. Cet idéal

bien différent de celui du gouvernement de Napoléon. Aussi
les

sociétés

de secours

devaient-elles être

supprimées,

d'autant plus que par la permanence de leurs cadres, elles
offraient

un excellent moyen de propagande démocratique.
suit,

Le document qui
tient

rédigé après le coup d'Etat, con-

des détails rétrospectifs sur l'attitude antérieure de

l'administration à l'égard des sociétés de secours et des

vues sur

les

mesures à appliquer dans

l'avenir.

Ces

sociétés furent souvent assimilées
affiliés,

aux sociétés

se-

crètes et leurs

en vertu de

l'article

2 du décret

du 8 décembre
si

18.j1,

envoyés à Cayenne ou en Algérie

lesdites

sociétés donnaient le

moindre prétexte à une

poursuite pour agitation politique.

Voici

le

document en question qui

se trouve dans les

Archives du ministère de la Justice

et porte

comme

titre

:

Observations

suit

les sociétés dk secours mutuels
'

TRANSFORMÉES EN SOCIÉTÉS POLITIQUES
«
Il

est permis de croire

que

la

plupart des sociétés

philanthropiques formées depuis I8i8, sous les
1.

noms de

oO. P. Arcli. minisl. justice.

TCIIEHNOI'K

3

3i

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECrtÈTES
de secours mutuels, de
sociétés

sociétés

fraterrelles,

boutiques pour la vie à bon murc/té
sociétés politiques déguisées.

ne sont que des

L'opinion imiforme des membres

q,
,

Ick^.
tfs^'

imposent,
"ne

et

qui appartiennent à la démagogie la

e laisse
^.

peu de doutes à

cet égard.
les

Rapport de presque tous

procureurs génv.

yix.

En

tout cas, on a signalé les efforts tentés de tous côtés
la fin

depuis

de I80O pour transformer en sociétés poli-

tiques les associations de cette natui'e.

Des loges maçonniques ont également

sul)i

ce mouve-

ment de transformation.
Uapporls reçus dAiniens, août I80O; Paris, io octobre 1850; Limoges, lo juin iSoO; Colmar, 10 décembre 18'iO; Agen, G dcconibre 1849; Toulouse, 20 septembre 1850.
'.'>

^ [".

Pour se convaincre du but anarcbi(|ue dans
'18,

lequel ont été fondées, depuis 18
tés

la

plupai-t

des sociéle

de secours mutuels,

il

suffit

de parcourir

premier
fait, le
'.

paruqruphe du travail sur

les

sociétés secrètes

la no\enibre I80I, au l" bureau des affaires ciimini'lles
l'artout

on voit que ces sociétés sont placées sous linla

lluencc et

direction du

patli

(b'-magogique. Plusieurs

sont signalées

comme

les eadri's

d'une armée prête
lui

fi

se

lever i)Our l'insurrection, au premier signal qui
<lonné. C'est ù
(.Nord), à

sera

Reims (Marne),

fi

Tourcoing

et ù Roubai.x

Limoges

(llaul(^-^'ienne) et à

Lvon
la

(Hliône)
la

que
plus

ces associations sont surtout établies de
formidable.

manière

Cet
\.

état

de choses a donné
ot sc].

lieu à

un arrêté gént'ral

pris

Voir ce travail p, 270

CLUBS ET StiCIÉTKS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
à la
fin

35

de 1850 par

le

préfet de VUérault qui a cru devoir
les sociétés

frapper de dissolution toutes

philanthropi-

ques formées depuis 1848 dans ce département.

Rap^
d
C'ii

.t
t

mensuel du procureur général de Montpellier
août 1850.

qui faisait dire également au procureur généle

ral

'

^ix

que

seul

remède à

la situation

serait la ferle

meture de ces nombreuses sociétés politiques qui, sous

nom menteur de

sociétés de bienfaisance ne sont que des
,

foyers de propagande et d'agitation.

Rapport mensuel du

15

octobre 1851.

Nous avons
fin

dit

plus haut que c'est principalement de la
la

de 18o0 que date

propagation des sociétés politiques
de sociétés de secours mutuels, et

déguisées sous
la

le titre

transformation des sociétés soi-disant philanthropiques

en sociétés politiques.
C'est à
cette date qu'on voit les

sociétés de secours

mutuels

pulluler
et

dans

les

arrondissements
et les associations

d'Amiens
pour
la vie

(Somme)
à

de Laon (Aisne),

bon marché ou boutiques sociétaires se former dans
et

les

arrondissements de Saint-Quentin

de Vervins.

Rapports mensuels du procureur général d'Amiens du
20

décembre

1850, 16 janvier,

10 février et 10

mars

1851.

Dans

le

département du Pas-de-Calais, notamment dans

l'arrondissement de Boulogne, on signale l'apparition des
sociétés de secours mutuels sous le

nom

de Oldfellow

et

qui paraissent être des foyers de démagogie.

Rapport mensuel du procureur général de Douai du
12 août 1851.

A

Nancy,

à Toul, à Lunéville (Meurthe), existent

ou se

3G

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

réorganisent des sociétés de bienfaisance ou de secours

mutuch

sous rinflucnce du

j)ai'li

dt-magogiquo.
i^ifénéral

Rapport mensuol du procureur
2

do .Nancy des

octobre

iSiiO et 2

janvier
et

ISiil.

A
sous
tés,

Tours (Indre-et Loire)

dans plusieurs cantons, des

sociétés de secours /nutue/s s'établissent à la mO'me époque,
la direction

des plus ardents démocrates, et ces sociéi'

comme par
[{apport
(lu

effet

d'un mot d'ordre, tendent toutes à

devenir politiques.
procureur pfénéral d'Orléans des
(i

3 (léceml)re

ISoU. G janvier et

août IHol.

Le
que

(i

août 1851,

le

procureur général de Colmar annonce

les associations ouvrières

commencent à

s'introduire

dans son ressort, à Colmar, à Schlcsladt, à Strasbourg.
Rapport mensuel du
(1

août

18:11.

Le
tion

même
la

magistrat ajoute

(|u'il

s'opère une transforma-

dans

société de fdi'/ifuisance et que la polili(|U(^ la

envahie.
Rapport du procureur général de C.ohnar du
18ol.
10

décembre

Il

en est de
la

même

dans

les

départements de Saône-et-

Loire et de

Haute-Marne.
8 janvier

Rapport du procureur général de Dijon des
et 12

mars
il

ISi)!.

Dans

l'Ouest,

s'organise aussi des sociétivs de seeours
pi'ocureur gén» rai de Rennes, ne
Tinsui'-

mutuels dont

le but, dit le

semble être autre que de prépai'er des cadrvs pour
rection.

Le

nommé

Tisseul,

commis-voyageur de

la

déma-

gogie, procède ù celte organisation ù Ancenis et ailleurs.

Rapport mensuel du procureur général de Rennes des
!''

février et

'.i

décemhrt"

is:»!.

CLUBS ET SOCIETES SOUS LA DEUXIEME REPUBLIQUE

37

Les procureurs généraux de Caon, de Nîmes

et

de

Limoges signalent également
ressorts.

cette tendance

dans leurs
,

Ce
de
la

dernier magistrat annonce que, dans le département

Haute- Vienne, les agents du parti démagogique orga-

nisent des sociétés de secours mutuels sous tous les titres
et

par tous les

mo3'ens

s'introduisent

dans celles qui

existent déjà et cherchent à les transformer en associations
politiques par des aiïilialions secrètes.
Il

ajoute que les
et

sociétés signalées jusqu'à présent sont au

nombre de 22

que

le

chiffre des

adhérents qui les composent dépasse

2.000.

Rapport de Caen du 14 mai 1851 de Nîmes du 18oi; de Limoges du 9 novembre 1851.
;

7 février

Ce vaste
M.

travail

de transformation n'avait pas échappé à

l'administration, ainsi
le

que

l'attestent plusieurs

dépêches de

ministre de l'intérieur.

Dépêche du ministre de l'intérieur du 24 n" 59 et du 7 juin 1851 n» 249
!•

février 1851

r>.

La
deux
13

sollicitude de ce ministre à ce sujet est établie par

circulaires

adressées

aux préfets

les

15 mars et

juillet

1830 (n°39p).
Les
sociét(''S

I

2.

politiques déguisées sous le titre
et

de

sociétés

philanthropiques,
j)er(lant

ces dernières qui
caractère
juillet

de-

viennent politiques en

leur

primitif,

tombent sous
les assimile

la répression

de

la loi

du 28

1848 qui

aux sociétés secrètes.
cas, c'est l'article 15 de
;

Dans ces deux
leur est applicable
d'assises. Si,

cette

loi

qui

et la répression a|)parlient

aux cours

au contraire, l'association réellement philan-

thropicjue s'occupe en

môme temps

de politique,

la

répres-

38

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

sion

ne so trouve plus dans

le

décret du

'2H

juillet

1848,

étranger aux sociétés de bienfaisance, mais dans

la loi

du

45

juillet

18o0, spéciale pour les sociétés de cette nature
répression est appliqui-e par les tribunaux

(art. \2], et cette

de police correctionnelle, en cas de contravention aux arrêtés

de dissolution pris par les préfets avec

l'avis

du conseil

d'État.

Dossier 182

i>.

La

législation actuelle a
il

donc prévu

et

réprimé

les faits

dangereux dont

s'agit.

On

ne pouvait donc guère se

plaindre que de rinsufïisance des peines; mais le récent

décret qui vient d'être rendu,

le

8 décembr-e

1S."»1,

par

M.

le

Président de la République
aiïilic'S

et

qui soumet à la déporfait

tation facultative les

aux

sociétés secrètes a-t-il

disparaître cette ol)jection? C'est ce qu'il convient d'exa-

miner.

Les

articles 14
les

et

15 du décret du 28 juillet 1848 qui
suivre pour l'établissement
/li

prescrivent

formalités à

des

sociétt's

no'n jio/i/iqifcs

pidiliqucs. et des

sociétés
(pii

politiques

non

publiques,

renvoient,

pour

la

peine

doit servir de sanction à leurs dispositions, à l'article 13 (hi

même

déci'ef relatif

aux socir/rs sccrrfcs.
loi

L'article 12 de la

du

1'»

juillet

I8')() (|ui

dileiul

aux

sociétés de bienfaisance de sortir de leur objet, renvoie

égalenuMit au
11

même

ai-tielc^

\'.\

du

(It'crel dt^

hSiiS.
la

y a donc une sorte d'assimilation, pour
il

ixnalilé

du
les

moins, des trois sortes de sociétés dont
cas prévus avec les sociétés secrètes.

s'agit

dans

Mais cette assimilation
supplétive ajoutée
fi

suffit-elle
V.\

pour que

la

pénalité
|)ar celui

l'article

du décret de 1818

du 8 décembre 18ol

soit

de plein droit appliquée aux indi-

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
vidus qui auront
fait

39

partie d'un cercle

ou d'une société
et

philanthropique qui, contrairement à son objet
se sera occupée de matières politiques
?

à la

loi,

Une
tée

pareille

conséquence semble' aller au delà de

la

por-

du nouveau décret.
effet,

En

tout individu qui s'affilie
il

ou reste
;

affilié

à une

société secrète sait à quoi

s'expose

il

encourt volontai-

rement

la déportation.

Mais voici un honnête citoyen qui devient membre d'une
société
licite.

non politique ni publique ;
Tout à coup
et

il

croit faire
les

une chose

à

son

insu,
le

co- sociétaires

viennent à s'occuper de pohtique,

décret du 8 octobre

I80I
11

lui sera-t-il

applicable?

n'en peut être ainsi.
serait excessif et ce serait injuste.

Ce

Bien plus, on peut affirmer que l'application du nouveau
décret aux sociétaires qui se seraient occupés de politique
serait de

même

excessive et dépasserait le but que ce décret

a voulu atteindre.

Comment

!

voilà des

hommes

qui se

sont associés dans un but de distraction et ont formé un
cercle
;

un jour

ils

ont la fantaisie de s'abonner à des

journaux ou de
politiques
;

faire

en
ils

commun

des lectures d'écrits
loi,

sans doute
les

contreviennent à la

mais

poui'rait-on

punir de déportation, sans une
?

rigueur

vraiment draconienne
Il

est vrai qu'en ce qui
loi

concerne

les sociétés

de bienfaide

sance, réglées par la
l'article

du

l'j

juillet

I80O,

la pénalité

12

ne

peut

atteindre

les

sociétaires

qu'autant

qu'ils ont

contrevenu à Yarrété de dissolution prononcé
Ici

par l'autorité administrative.

les sociétaires

sont pré-

venus par

cet arrêté, et

on peut

les plaindre s'ils s'expo-

sent volontairement aux peines

de

l'article

\'\

du décret

4U

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

de 1848, en reconstituant une société frappée de dissolution.
S'il

en

était ainsi

pour

les autres

sociétés légales qui

seraient sorties des limites de leur objet en s'occupant de
politique ou auraient
fait

de

la politique leur

occupation

exclusive, Tinjustice ou l'excès disparaîtrait aussitôt.

Xe

serait-ce

donc pas
du

le

cas d'ajouter au décret du 8 oc:

tobre 18ol une disposition conçue à peu près en ces termes

Les dispositions
ôlre appliquées

discret

du 8 octobre

I8.")l

pourront

aux membres des socirtés non politiques

ni publiques, des sociétés politiques non publiques autorisées par les articles li et
ainsi
l'i

du décret du 28

juillet

18t8

que des sociétés
le

piiilantln'0j)i(|ues
ils

ou de

secours

mutuels, dans

cas où

auraient contrevenu à l'arrêté
(|ui

de l'autorité administrative
tion

aura pi-ononcé

la dissolu-

de

la société.

Une
«
à

autre disposition conij)létcrait celle qui précède on
:

statuant que

Les sociétés de secours mutuels qui n'ont pas demandé

être déclarées établissements d'utilité publique, seront

tenues,
rie,
la

comme

celles qui sont

dans cette dernière catég'ola

à faire, au maire de la

commune, dans
2 du

quinzaine de

proniulgalion du pi'ésent décret, une déclaralii)n aj)puvée
j)rescrites

des pièces

par

l'article

l'èj^^-UMUcnl

d'admi-

nistration publique
«

du lijuin

18."»l.

Pareille déclaration

précédera à lavonir rétablisse-

ment de

toute société

li])re

de secours mutuels.

»

Au moyen
l'autorité

de cette double disposition qu'on pourrait

encore compléter parla présence facultative d'un agent de
municipale à toutes les réunions, les sociétés de
la

secours mutuels qui ne sont |)our
sociétés j)aliti(pies, les cercles, les
assujetties

plui)arl

(pie

des

cbambrées,

etc., seraieni

aux dispositions du décret du 8 décembre l8ol

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE
d'une manière certaine,
et
il

41

leur serait difficile de dissi-

muler

les contraventions

que ce décret devra frapper.

Objectiox

Une
té,

objection sera peut-être faite

:

le décret

du 8 dé-

cembre i8ol donnant à l'administration une
elle sera libre

si/nple facul-

de ne l'appliquer

qu'aux membres de

véritables sociétés secrètes.

Cet exercice

facultatif

de la déportation doit être ren-

fermé dans ses limites d'autant moins contestable que ce
droit est exhorbitant

du

droit

commun.
cette épée de
la société

En

outre, et à

un autre point de vue,
suspendue sur

Damoclès sera

ainsi

de tout genre

frappant d'un fâcheux discrédit les véritables sociétés phi-

lanthropiques dans lesquelles on redouterait d'entrer à rai-

son des dangers qu'une peine

mal

définie ferait courir,

au moins en apparence.

Or
ment

il

est intéressant

de soutenir

et

d'encourager cette

institution de bienfaisance, tout
les

en réprimant énergique-

abus qu'on peut en

faire.

11

suffit

de parcouiir

les

décisions

des commissions

mixtes pour constater immédiatement que toutes espèpes

de sociétés purent exposer leurs membres, sans aucun acertissemcnt préalable, à
Ainsi devaient
associations.
la transportation.

succomber

les

clubs,

réunions

et

les

Mais ce n'étaient pas
profit

les seuls
les
le

modes de

groupements que mirent à
leur-

républicains pour

propagande.

On

a déjà vu dans

document précé-

dent que les loges maçonniques s'étaient également attiré

42

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
de Tadministration étant envisagées

la sévérité

comme

fovers de propagande républicaine.

Une

loge maçonnique

de Lyon

offre ce détail

curieux que, de création plus ré-

cente, elle était animée de sentiments plus démocratiques

que

les autres et contenait

parmi ses membres M. Murât,

père de M. Murât, un des fondateurs de Ylntcrnntlonah'.
à Paris, en 1864, également
affilié

aux loges maçonniques.
des loges maçonredoutables
et

Mais quelque grande que

fût l'activité

niques, ces dernières n'étaient pas aussi

aussi suspectes pour l'administration que les cercles et les

chambrées particulièrement développées dans
pour eux
des sociétés secrètes aux moindres réunions,

le

Midi. C'est

qu'on avait étendu plus tard l'application

du

délit

qui avaient eu lieu dans des domiciles privés.

même à celles On avait
il

aussi atteint tous les cercles suspects avant 18oi, mais
les

chambrées, ayant

comme

refuge

le

domicile privé,

fallut attendre le coup d'Etat pour les anéantir. Les rap-

ports relatifs à l'exécution du décret du 8

décembre

18.'")!

nous montrent sur

le vif

comment on procéda pour
et
d(>

extirper

ces groupements volontaires

phisieurs fois séculaires

dans

le

Midi de

la

France. N'ayant pas

prouves précises

à la charge des accusés, on no trouva rien de mieux que

de procéder à

la transportalion

on masse de tous ceux
los
|)lus

(jui,

ayant l'habitude de se réunir, élaionl

aptes à se

concerter i)our une action (H)mmun(\ Lo
société secrète appliqué
sultat

dolil

élastique de
ré-

aux chanibrc'os a\ail ou pour
lioiilt>

l'inculpation do

millo iiuli\iilus dans lo seul

département de llléraull.

Le coup d'Etat balaya

tout,

détruisit

toute

ébauche

d'organisation collective. Désormais l'individu n'avait qu'à
se soumettre sans réserve à l'autorité

du pouvoir

central,

lui laissant le soin exclusif do voilK'r sur ses destinées.

CLUBS ET SOCIÉTÉS SOUS LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE

4i

IV
Il

résulte suffisamment des explications fournies et des
cités et rappelés
les

documents

que

les appréciations officielles
le

contenues dans
sens de l'action

documents de l'administration sur

républicaine ne doivent être acceptées

qu'avec les plus expresses réserves. Mais cette remarque
faite, l'histoire

des associations, qui marque l'activité jour-

nalière

du

parti républicain, est

une des principales sour-

ces de l'histoire delà deuxième Répubhqae. Les documents
officiels

qui vont être présentés ont une importance d'au-

tant plus

grande

qu'ils

portent

non seulement sur

Paris,

qui, pendant

longtemps accaparait
la

l'attention de l'historien,

mais aussi sur toute
1.

France \

utilement les documents officiels qui vont suivre rapports des procureurs généraux sur Texécution du décret du S décembre 1851. Il y eut alors, en apparence, une nouvelle enquête sur les sociétés secrètes: mais, après la lecture des documents qui se trouvent dans ce volume, on comprendra que l'enquête ordonnée après le coup d'Etat était uniquement destinée à englober tous les républicains militants dans la même accusation pour pouvoir les transporter en Algérie. On rapprochera également des documents que nous publions, l'article publié dans la Revue du 1j décembre 1904 sous le titre Fiches sea-èles du coup d'Èlat de fSlô. On y constatera ce que nous avons déjà dit que l'affiliation préfiumée à une association, dite secrète,

On comparera
les

avec

entraînait

immédiatement la transportation. Nous remercions MM. de Lassalle, Paul Lévy, des Archives du Ministère de la justice, M. Caron et tout particulièrement M. Schmidt pour
facilité

nous avoir

nos recherches.

CHAPITRE PRExMIER
CIRCULAIRES DU GARDE DES SCEAUX ET DU MINISTRE
DE
L

INTÉRIEUR RELATIVES AUX SOCIÉTÉS SECRÈTES

Paris, le 29 juillet 1848.

Monsieur
Il

le

procureur général %

résulte des renseignements qui parviennent
les

au gou-

vernement que

agitateurs

se

sentant impuissants à

attaquer la république à force ouverte, s'efforcent de pré-

parer contre elle une guerre sourde et incessante. Les sociétés secrètes se

réorganisent soit à Paris, soit dans les

départements où

des émissaires

sont envo^'és pour fo-

menter de nouveaux troubles.
Celte situation appelle toute votre vigilance. Les préfets
ont été avertis par M.
le

ministre de l'intérieur de ces

menées anarchiques

et

s'empresseront de
faits

vous donner

connaissance de tous les

susceptibles d'être soumis à

l'appréciation de la justice.

Je compte sur votre zèle et

votre fermeté pour exercer, de votre côté, la plus active

surveillance sur
l'ordre social
et

ces intrigues
la

qui
et

menacent à

la

fois

république

pour provoquer en

même

temps,

s'il

ya
bien

lieu, toutes les

mesures qui pourraient

amener

la juste punition

de leurs auteurs.
rendre compte, sur-lo-ehamp, de
(OOSO''»).

Vous voudrez
i.

me

Archives nationales, BB", 1473

Ministère de

la justice.

46

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
faits

tous les
tives.

qui se rattacheraient à ces criminelles tenta-

Je vous prie dadresscr imnictliatement des instructions
à

vos substituts pour appeler leur attention sur cet objet

et

vous assurer de leur concours.

Vous voudrez

bien m'accuscr réception de cette lettre.
le

Recevez, monsieur

procureur, etc.
/a Jus/ ire.
:

Le ministre de

Signé

Marii:.

Paris, le 29 juillet 1848.

Citoyen préfet',
Je suis informé par
le

préfet de j)olice

que des émisdépartements
société

saires sont partis de Paris pour aller

dans

les

organiser des ventes secrètes

affiliées à la

mère

des Droits de l'homme. Déjà ces émissaires ont recruté en
province un certain nombre de prosélytes qui travaillent sans relâche à répandre leurs principes anarchiques. Nous
savons, par expérience, quel danger ofTrcnt ces sociétés
liées, constituant
affi-

une armée nombreuse, disciplinée,

et

prête à se lever au premier signal donné par ses chefs.

Tne

surveillance active et de tous les instants est donc

d'une nécessité absolue.
C'est principalement
les émissaires

dans

les

villes industrielles

que

de l'anarchie espèrent organiser leurs phasurtout
])armi
les

langes

;

c'est

ouvriers

des

grandes

fabriques

qu'ils s'efforcent
la

de proj>ager leurs doctrines

subversives de
1.

propriété et de l'ordre social.
1473.

Archives nationales BB'".

Minisl(?re

do

l'inloricur.

Ciivii-

lairc.

CIRCULAIRE DU GARDE DES SCEAUX
J'appelle votre surveillance la plus active sur ces

47

ma-

nœuvres
secrètes.

et je

vous invite à

faire

observer avec soin les

tentatives qui auraient lieu pour reconstituer les sociétés

Vous vous
la

concerteriez, au besoin, avec le protri-

cureur de

république pour appeler la sévérité des
actes que la loi réprouve.
ferai part

bunaux sur des
préfet de police

En

ce qui
le

me

concerne, je vous

des avis utiles que
et

citoyen

m'adressera

qui seraient de nature à

intéresser votre administration,

Vous voudrez

bien, citoyen préfet,

me

tenir informé de
recueillir,

toutes les indications que vous parviendrez à

dans votre circonscription, sur
secrètes.

la

formation des sociétés
éclairer le
les

Ces renseignements me serviront à

préfet de police

ou ceux de vos autres collègues dans

départements desquels ces coupables menées auraient des
ramifications.

Je compte à
vigilance
*.

cet égard sur votre

dévouement

et votre

Salut et fraternité.

Le ministre de

l'intérieur,
:

Signé
1.

J.

Sénard.

elles se multiplièrent

Les circulaires furent les premières à provoquer des enquêtes, avec lavènement de Louis Bonaparte et une bonne partie des rapports sur l'état moral des départements fut consacrée aux
sociétés secrètes.

CHAPITRE
CERCLES ET SOCIETES DU

II

RESSORT

DE

LA

COUR D'APPEL DE
L

MONTPELLIER

DÉPARTEMENTS DE LAUDE, DE
.

AVEYRON, DE

L'HÉRAULT, DES PYRENEES-ORIENTALES

Montpellier, le 10

mars

1831.

Monsieur

le g-arde

des sceaux \
qu'il

Ce

n'est pas sans

quelque peine

ma

été possible

de recueillir les renseignements nécessaires pour satisfaire

aux prescriptions de votre dépêche du 10 décembre ayant
pour objet
les cercles et lieux

de réunion existant dans
tt,

le

ressort de la cour d'appel de Montpellier,

malgré tous

mes

soins,

quelques-uns de ces renseignements sont

demeurés incomplets parce que mes substituts n'ont pu en
découvrir partout les éléments.
Je pense néanmoins que
le

rapport que

j'ai

à vous sou-

mettre contiendra des détails sulïisants pour qu'il vous soit
possible d'apprécier l'influence

bonne ou mauvaise de ces

diverses sociétés

et,

par suite, les mesures dont elles pourl'intérêt

raient être l'objet

au point de vue de

général

et

de la permanence de l'ordre public.
1.

pellier.

Archives du ministère de la justice, o9. Parquet du procur. générai.
TcHF.ltNOFK

P.,

cour

il'apjji'l

de Mont-

4

50

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

Départemknt

I)K

i/AinK

Arrondissement de Carcassonne.

A
les

Carcassonno,

il

existe

un cercle fréquenlé par 8 ou 10

artisans

démagogues
:

qui se réunissent, le soir, pour lire
et la

journaux

la

République

Presse.
la révolution

La fondation de ce cercle remonte à
Février et les chefs ont
ticle
satisfait

de

aux prescriptions de

l'ar-

14 de

la loi
fr.

du 28

juillet

1848. La rétribution que l'on

paie est de

2o par semaine. La police exerce une sur-

veillance incessante sur tout ce qui se rattache à l'exis-

tence de cette réunion, et l'autorité supérieure administrative

avec laquelle je

me

suis concerté plusieurs

fois

au

sujet de ce cercle pense qu'il n'a pas assez d'importance

pour qu'on prononce sa dissolution, ou qu'on cherche, ce
qui i)ourrait offrir encore quelques difTîcultés, à établir qu'il

a un caractère essentiellement politique et que, par suite,
il

est en contradiction

avec

la loi précitée. L...

A
et

('.onques, le 3

décembre dernier, un sieur Louis

deux

artisans, tous trois j)artisans des doctrines sociafait

listes,

ont

à l'autorité nnniicipale de cette

connnune

la

déclaration de l'ouverlui'e d'un cercle où l'on se propose

de jouer, de
vées.

lire les

journaux
'2

et
fr.

de causer d'aiïaires pri-

La
fr.

rétribution est de
'\0

pour

le droit

d'entrée et

de

par mois.

On
nion

ne reçoit point encore de journaux dans cette réu(pii

compte
d»*

très jieu de

membres

:

mais

les

opinions

démagogiques
qu'elle n'ait

ses fondatcnn-s ne permettent pas de douter
jmlilique. Elle sera très

un but essentiellement

activcnjent surveillée et dissoute au besoin par l'adminis-

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER
tration supérieure,
s'il le fallait,

51

conformément aux mesures

judiciaires prescrites par la loi

du 28

juillet

1848.

A
pour
lière,

Mas-Cabardès, quelques jeunes gens se réunissent
lire le
ils

journal du Peuple dans une maison particu-

s'y rendent encore,

mais ne reçoivent plus de

journal.

A

Montréal, est une société de bienfaisance sous l'invo-

cation de saint Michel, dont Tunique objet paraît être de
fournir

aux

sociétaires

malades des secours en argent, des
d'un médecin.

remèdes

et l'assistance

Cette société se compose presque exclusivement d'artisans,

d'ouvriers

et

de cultivateurs.

Aucun

journal n'y

pénètre et la politique en est bannie jusqu'à présent.

Dans

le

canton de Peyriac,

la

commune

de Cannes a son

cercle fréquenté par des artisans et des ouvriers marbriers.

On y

joue aux caries et au billard. La politique peut quel-

quefois faire les frais de la conversation, mais l'autorité n'a

pas à s'en inquiéter.

Arrondissement de Nar bonne.

On compte dans
démocratique
Réunion.
,

la ville

de Xarbonne quatre cercles. Le
cercle légiliniisle, le cercle
et

cercle jjhilharmoniqiie, le
le

cercle
il

du commerce

en dehors du
le

chef-lieu à Sigean

en est un cinquième,

cercle de la

La

plus

nombreuse

et la plus

ancienne de ces sociétés

est celle qui porte la

dénomination de cercle philharmo-

nique. Elle se compose de plus de cent membres fournissant une cotisation annuelle de 50 francs.

Avant 1818, ce cercle
cune couleur
politique.

n'avait, à

proprement parler, auréunion

C'était

une simple

de

^2

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

causerie.

Toutes

les

opinions

venaient s'y

confondre.

Depuis 18i8, sa couleur politique a été plus nettement
accusée. Les opinions ardentes lont successivement déserté
et

presque tous ses membres appartiennent, maintenant,
parti

aux diverses nuances du
de Narbonne
le

modéré. Le maire de

la

^

ille

préside en ce
lig;ne

moment.
le

Vient en seconde

par son rang d'ancienneté,

cercle légitimiste, appelé aussi

mlon
il

des nobles. Dix-neuf
n'a pas de président,

membres seulement en
un

font partie,

secrétaire quasi perpétuel le dirige.

Ce

secrétaire est

aujourd'hui M. Pevres, premier adjoint au maire de \ar-

bonne. Le cercle légitimiste est peu suivi. Créé après

les

événements de
vieilles

IH.'iO,

il

ne se soutient que par suite de

habitudes contraclées. Certaines personnes contile

nuent d'v verser leur cotisation sans

fréquenter.

KUes

donnent leur préféi-ence au cercle philharmonique.

Cependant, à certains jours donnés,
avec sa couleur
point de subir
et ses influences.

il

semble renaître
sur
le

On

dit qu'il est

une transformation dans ses règlements. La
fr.

cotisation annuelle serait réduite de 50

à 2o

fr.,

les

admissions y deviendraient plus

faciles.

Le cercle démocratique a
est de 18

été

fondé au mois d'octo-

bre 1848. La cotisation annuelle versée par ses
fr.,

membres
trvsorii'r

un président, un secrétaire

et

un

sont chargés de son administration. Le but de celte réunion
est tout à
fait

politique. Ses salons sont ouverts à tous les

ouvriers qui se présentent.

Pendant quelques mois

il

avait servi de j)oint de ralliele

ment à d'autres sociétés créées dans
n'existent j)lus.

même

esprit et fjui

Ses membres sont au nombre de

''>2.

Le cercle dn commerce

s'établit

un mois plus tard que

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER
le

53

précédent. La cotisation

y

est la

môme. Son

organisales

est calquée sur celle

du cercle démocratique. Toutes
des

opinions modérées ont concouru à sa fondation.

Des membres du cercle philharmonique
du cercle
légitimiste en font encore partie.

et
Il

membres

a pour objet

de contrebalancer

Tinfluence

du

cercle

démocratique.

80 personnes appartiennent à cette société.

Le

cercle de la

Réunion à Sigean

n'est,

à proprement
la classe

parler qu'un café approprié
aisée de cette

aux convenances de

commune.

Arrondissement de Limoux.
Il

y

a dans l'arrondissement de

Limoux un

cercle litté-

raire fondé depuis de longues années, au chef-lieu, où se

réunissent les personnes les plus notables et la plupart des
fonctionnaires.

La môme

ville

possède, en outre, six sociétés de secours

mutuels dont

la création

remonte à sept à huit ans
le

et

qui

ont, toutes, reçu

une autorisation émanée de M.

ministre

de l'intérieur. Elles sont connues sous les dénominations
qui suivent
:

r

Société de Saint-Martin, autorisée
;

le

l®'

septem-

bre 1843

2" Société de

Saint-Laurent, autorisée

le

21 mars

18H;
;

T Société de Saint-Joseph, autorisée le 19 octobre 1844
4° Société

de Saint-Roch, paroisse Notre-Dame, auto-

risée le 2") avril

184o

;

Société de Saint-Roch, paroisse

Saint-Martin,
;

ou

cercle des agriculteurs, autorisée le 27 août 1845
G" Société

du Très Sainl-Sacrement, autorisée

le 1

1

sep-

tembre 1840.

.

54

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
Trois sociétés de

môme

nature, ont été tout

récemment
:

établies à Alet, à Quillau et à Chalabre, savoir

A
A

Alet, Y association fraternelle et charitable ,

sous

rinvocation de saint André.
(Quillau,

Yassociation de prr voyance mutuelle, sous
la sainte

rinvocation de

Croix.

A
le

Chalabre, enfin, la société de secours mutuels, sous

patronage de saint Pierre.

Les statuts sont à peu près les
sociétés de
et

mômes que ceux

des

Limoux

;

ils

ont été soumis à l'administration

approuvés par

elle.

Toutes ces associations ont un

l)ut

purement philanthro-

pique et n'ont pas jusqu'ici dévié de l'esprit qui a présidé
à leur fondation.

Leurs ressources provenant de cotisations
faire

mensuelles ou de dons volontaires sont einj)loyées à

soigner les malades et les vieillards et à payer les frais de
sépulture des

membres décédés.

Arrofidissement de Caslelnaudanj.

On
ils

ne compte dans cet arrondissement

(juc liois cercles

;

ont leur siège à Castelnaudarx
L'autorisation qui leur a été donnée est antérieure
i\

la

Révolution de février. Ces trois réunions ont chacune leur

règlement connu de

raiitoritt'"

et

sous les

titres

de salon

littéraire, salon Saint-Pierre, cercle de la rille, elles ont

un
et

môme
du

but de délassement.

On y consomme
et

de

la bière

café,

on y

lit

les

journaux

on s'y

livre à des jeux
il

de société. Pour être rcru dans une do ces réunions,
faut être présenté i)ar

un des membres

et réunir

presque

toutes les voix.

La détestable composition des

cafés généralement fré-

COL'R D'APPEL

DE MONTPELLIER

55

quentés par les personnes d'une éducation au moins douteuse a donné lieu à la création
réunissent, encore

de ces cercles où

se

aujourd'hui,

la

plupart des fonction-

naires publics et les citoyens les plus honorables.

Leur existence

est loin d'être

dangereuse.
n'est point

Le personnel démagogique de Castelnaudary
assez

nombreux pour quil puisse former des réunions
ne
le voit

semblables.

On
bonne

que dans

les cafés et lieux publics

d'où la

société s'est retirée.
la politique n'est

Dans

les cercles dont je viens

de parler,

pas exclue des conversations

mais
article

elle

ne fournit nature à aucune délibération.

Ln

exprès du règlement

l'interdit et cette règle paraît

n'avoir jamais été enfreinte.

Départfmen't de l'Aveyron
Arrondissement de Rodez.

On
deux

ne connaît

dans l'arrondissement de

Rodez que
est appelé

cercles. Ils sont établis

au

chef-lieu.

L'un

le cercle, l'autre les

maçons. Cette dernière dénomination

dérive sans doute de ce qu'il

y

eut là, à

une autre époque,
font partie
si

une loge maçonnique. Les principales autorités
de la société dite
le

cercle et la très

grande majorité,

ce n'est la totalité de ses

membres, appartient notoirement
modéré y
en majorité,

au

parti

modéré. La société des maçons est un peu moins
le parti

homogène, mais

est

et les

démagog'ues ne sauraient y trouver ni un centre d'action,
ni

un point de ralliement.
Ces deux sociétés existent depuis longtemps,
elles sont

munies d'autorisations

léorales.

56

ASSOCIATIONS KT SOCIETES SECRKTLS

Leurs dépenses se bornent à des

frais

de loyer

et

d'abon-

nement aux journaux, payés au moyen de
lions annuelles.

faibles cotisa-

On

s

y

li\re à

quelques amvres de charité.

An'ondissenvnl de Ville fraiicJw.
Il

y

a

deux cercles à Villefranchc
compos('' de
12(1

:

lun appelé Salon

Panfiis.sas,

membres environ, payant
l'i

chacun une rétribution annuelle de

francs, se recrutant

par rélection, fondé en l'an VIII ou Tan
('lé

X

et a toujours

fréquenté par les foncliomiaires de l'ordre administratif

et

de ror(h-e judiciaire.

Un y

lit

les joui iiaux,

on y joue,
très

on y prend du café, etc. Les personnes qui s'y réunissent professent en

Jurande majorité des opinions parfaitement sag'cs, ce n'est
(|ue

rarement

et

en très

petit

nombre que

s'y rendent des
et

brouillons, contraints à obi^;erver les
s'y livrer à

convenances

à ne

aucune

excentricil(''.
(

L'auti'e cercle

appelé so( ir/r du

oinuicri

c.ouwvi depuis

rpiinze ans à

p(Hi près,

comprend une centaine de mem(1

bres

(|ui

paient

une rétribution annuelle de 3 ou
des brochures
l'opinion qui
;

francs.

On y lit aussi les journaux et somme de la l)ière et du caft'-.
celle di\s
hoinni(>s
si

on y condoniinc est

y

dorche.

11

ne m'a pas été possible de

constater
légale.

ces deux cercles oui obtenu une autorisation
a toujours

La conduile observée dans ces réunions

élé régulière et l'aulorité locale les patronne hautement.

A
lions

Decazeville, est une société dont les

une rétribution annuelle. que dans

On

s'y livre

membres paient aux mêmes distracla

les cercles

de Villefranche.

influente se

compose des employés de

La majorité Compagnie des

COUR

DAI'I'EL DE

MONTPELLIER

hl

houillùres et fonderies de l'Averron, dont les opinions poli-

tiques sont honnêtes et modérées.

M. Cabrol en

est le directeur.

Arrondhsemeat de Millau.

A Millau,

le

cercle

du commerce
d'ateliers,

est autorisé.

Il

se

com-

pose d'éléments divers de fonctionnaires, de propriétaires,

de fabricants, de chefs

de fds de famille,
;

la plu-

part très intéressés au maintien de l'ordre public

mais on
qui, par

y

rencontre aussi quelques-uns de ces

hommes
ils

intérêt, sont les

ennemis de tout gouvernement. Ceux-là ne
;

fréquentent pas les salons de lecture

se réunissent

toujours dans le local appelé la buvette. Cependant les
discussions, les relations

y

sont convenables.
œil par les ouvriers qui le

Ce

cercle est

vu de mauvais

considèrent

comme une

sorte d'asile

du privilège où se conêtre hosils

certent, disent-ils, les
tiles.

mesures qui peuvent leur

A

l'époque où les esprits étaient plus exaltés,
le

menaçaient d'en incendier

local.

Cette irritation est
l'au-

moins vive aujourd'hui surtout depuis qu'un arrêté de
torité

municipale soumet

le

cercle

aux mômes mesures de

police qui sont appliquées
Il

aux autres lieux publics.

y a de

plus à Millau de nombreuses associations phi:

lanthropiques

les tanneurs, les gantiers, les

pompiers, les

anciens militaires, les chapeliers, etc., se réunissent quelquefois dans une des salles du palais de justice pour payer

leurs cotisations et pour discuter leurs intérêts.

Ces associations ne sont
mutualité charitable
;

établies

que dans des vues de
est tout à fait étran-

la politique
et

y

gère

;

elles

sont autorisées

soumises

à

de

sévères

règlements.

58

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

Arrondissement de

Sai/if-A/frlrjtic.

Dans

cet arrondissement, sont

deux cercles

:

l'un à SaintIls

Affrique, l'autre à

Camarès,

l'un et l'autre autorisés.

existent, le premier dit le cercle littéraire depuis plus de

dix ans; le second sans dénomination propre depuis le

mois de mars 1849 seulement. Le cercle littéraire de SaintAfTrique est

composé de fonctionnaires publics

et

des habi-

tants les plus considérables de la ville.
11

a toujours conservé sa physionomie primitive. Parfaiet
inofTensif,
il

tement paisible

ne

compte

(ju'un

petit

nombre de

sociétaires; on ne s'y occupe de politique

que

par forme de causerie.
11

s'y trouve pourtant des

hommes de nuances

diverses,

mais tous intéressés également au triomphe des principes
conservateurs et vivant en très bonne harmonie.

Les dépenses de cet établissement n'ont d'autre objet

que

le loyer, l'éclairage, le

chaulTage

et

raboimemenl à

quelques journaux.

Le cercle de Camarès a

la

môme
les

physionomie

et

les

mômes

allures. Peut-ôtre

môme

conversations s'y ren-

ferment-elles plus étroitement (Micore dans les limites des
intérêts privés

ou purvnient locaux.
loin de présenter le

En somme,
quillil(''.

moindre danger, ces
et do. tran-

réunions sont au contraire une garantie d'ordre

Je

(lois

ajouter qu'à Saint-AlTrique,

il

s'est

formé depuis
le litre

quelque temps une espèce d'ajpsocialion sous
jières

des

de famille,

dont

le

personnel est composé des

citoyens les plus honorables, qui se sont j)roposés de faire,

par souscription, les fonds nécessaires à

la

construction

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER
(l'un

59

nouveau collège,

le

local actuel affecté

aux études

secondaires étant jugé insuffisant.

Arrondissement cCEspalion.

Deux
ditions,

sociétés sont établies dans les plus modestes con-

Tune à Espalion,

l'autre à Saint-Geniez.

Le cercle d'Espalion
dans cette
aujourd'hui.

a été fondé en 1822 et autorisé en

1827. Presque tous les fonctionnaires qui se sont succédés
ville

en ont été membres

;

il

en est de

même

La

cotisation annuelle et individuelle est de

25 francs, plusieurs journaux y sont en lecture.

A

Saint-Geniez aussi,

le

cercle est fréquenté

par les

hommes

les plus honorables.

La

lecture des journaux et

quelques parties de cartes sont les seules distractions permises. Etabli dans une des salles de l'Hôtel de
autorisé administrativement.
^'ille,
il

est

Département de i/Hérault
Arrondissement de Montpellier.
11

existe à MontpeUier,

indépendamment de plusieurs

sociétés politiques dont ce rapport contiendra la statistique
la

plus exacte possible, quatre cercles, savoir

:

La grande
la

loge dans les
la |)lus

dépendances de
soit

l'hôtel

\evet; c'est
lieu

réunion
elle

nombreuse qui

au chef-

du ressort;

n'a

aucun caractère

politique. Elle

comporte environ 200 membres malgré l'élévation du prix
d'abormcment. Presque toutes
ville,

les

personnes notables de la
font partie.
et j)lusieurs

un grand nombre de magistrats en
reçoit

On y

absolument tous

les

journaux

60

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SCERÈTES

recueils lilléraires; on
les oj)inions

y rencontre des hommes de
elle est

toutes

mt^mc avancées; cependant
légitimistes.
l;i

générale-

ment composée de

Le

cercle, appelé de

triple alliante qui a son siège

au passage Bruyas. Cette réunion
caractère politique;
le

n"a

non plus aucun
s'élève à

nombre de

ses

membres

100 environ; on y compte parmi eux des négociants, des
fonctionnaires, des magistrats.

Là également,
politiques,

se trouvent confondues toutes les
parti

nuances
:

mais l'ancien

conservateur
et

y domine

on

y

reçoit

beaucoup de journaux

quelques recueils

litté-

raires.
3*^

La

pelite hxjp qui se tient rue de l'Argenterie. Elle
les réunions précédentes, elle

est

moins nombreuse que
i)lus

ne

compte pas
au

de

liO

membres, mais tous appartiennent
une société politique à
ne s'y tiou\e qu'une

parti légitimiste. Elle n'est pas

proprement parler, mais

comme

il

opinion, les conversations

y deviennent facilement généles matières politi-

rales et se portent naturellement sur

ques. C'est là que se rendent habituellement les chefs de
la

Montagne Blanche.
i"

Le cercle appelé Mont/tlaisir se réunissant place de
Il

la

Comédie.

n'est jias plus

nombreux que
non plus,

\ix

pe/ite loge:

ses

membres appartiemicnt

tous à l'opinion républicaine
là,

modérée.

On

ne trouve pas
société

les

cai'actères

essentiels d'une

j)olilique.

Mais cette unanimité

de sentiments
la

et d'appréciations doit
le terrain

amener fréquemment
et

conversation sur

des affaires

des intérêts

|)ublics.

Ces
dans

qnati'c cercles sont fort anciens. Ils onl. poui'

raison d'être, ce besoin incessant de se voir et de se réunir
(pii est
Ils

les

mœurs du

|)ays.

sont administrativemenl autorisés.

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER
Outre ces quatre cercles
n'est pas dangereux, on
inoffensifs et

61

dont

le

maintien

compte dans l'arrondissement de

Montpellier un assez grand nombre de sociétés qui appellent plus spécialement la surveillance de l'administration et

du ministère public.

Dans
au

le

canton de Castrier,

il

en est quatre, dont deux
la

chef-lieu.

La première appelée

Cavette, qui se tient

chez un sieur Mercier, cabaretier, n'est composée que de
socialistes. Elle était

peu nombreuse

il

y a quelque temps

encore. Elle exerçait une influence dangereuse.

Le départ du
La seconde

sieur Oudier qui en était l'âme ne lui laisse

plus que la plus minime partie de son importance.
a été créée pour combattre les doctrines de

la Cavette. C'est

une société de bienfaisance placée sous

le

patronage d'hommes honorables, qui, dirigée par des sentiments véritablement philanthropiques,
sont parvenus à
lieu. Elle

grouper autour d'eux environ 18U habitants du

rend de véritables services moyennant une cotisation de
fr.

25 par mois. Les secours sont donnés aux sociétaires

malades, on vient en aide ainsi à ceux qui ont des besoins.
Il

s'établit entre les chefs et les sociétaires

une commu-

nauté d'idées qui assurent aux principes d'ordre l'avantage

dans

cette

commune; aucune de

ces deux sociétés, du reste,

n'a d'autorisation.

A

Saint-Geniès est aussi une société de secours mutuels
()0

qui n'est pas autorisée. Elle compte environ
Elle a
lion

membres.

une organisation complète; on y perçoit une cotisafr. 25 par quinzaine. 11 ne paraît pas que des de
Sans y recevoir de journaux, on s'y occupe

idées philanthropiques soient le but essentiel et unique de
celte société.

de politique

et la direction qui appartient surtout à

un sieur

Trogot, son vice-président, est nécessairement mauvaise,

62

ASSOCIATIONS ET

SOCIliTliS
le

SECRETES

car cet

homme

est

connu comme

chef du parti socialiste

dans cette commune.

La plus

daii<^ereuse des sociétés

du canton de Castrior
est signalée

est celle de Baillargues. Cotte

commune

par

son mauvais esprit. La société de Baillargues a une organisation

complète, un

président, un

vice-président, des

commissaires. Elle a un local spéciak^ncnt alTecté à ses
réunions dans un café.
est

Une

rétribution

(h-

l'r.

'2',\

j)ar

mois

affectée
la

à l'abonnement aux journaux toujoui's pris
la

dans

couleur

plus avancée. Elle a évidemment un but

essentiellement politique, car on a toujours refusé d'y ad-

mettre les personnes dont les opinions trop peu socialistes

ne présentaient pas une garantie suffisante. L'administration

municipale est l'âme de cette société qui, du

l'este,

n'est

pourvue d'aucune autorisation. Elle se donne,
de ces associations,
le titre

comme
celle

la pluj)art

de sociétés de bien-

faisance, quoiqu'elle ne s'occupe d'aucune

œuvre de
de ce

nature.

Le canton de

(>etle

ne comj)i'end que

la

\

ille

nom

qui compte plus de 20 000 âmes. Celte poj)ulation est en

grande partie composée
industries

d'ouvi-ier'sapi)arl(Mianl

aux diverses

du

port, tels

que

les portefaix, les cliarpcMitiers,

les marins, les tonneliers.

Tous ces ouvriers sont organisés

en corporations diverses, existant depuis très longtemps.

A

l'époque où elles ont pris naissance, elles ne pouNaiiMil
:

avoir qu'un but pliilanlln'ojjicpie

celui de venir

au secours

des sociétaires malades ou nécessiteux. Elles ont toutes un
lieu

de réunion. Elles sont autorisées: leurs statuts sont
l'objet

approuvés. Aucune d'elles n'a jamais été

de |H)ur-

suiles judiciaires à part celle des tonneliers. Celle-ci n'est

pas restée dans ces derniers temps dans les limites de son
organisation
;

elle s'est

môléc aux événements politiques

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER
et

a pris une part assez fâcheuse aux scènes de désordre

qui ont affligé la ville de Cette. Cette corporation est fort

nombreuse. Elle compte,

dit-on, plus de

200 membres
la

et

des

hommes de
ciles.

toutes les opinions,

mais

masse

est

maudiffi-

vaise et sera toujours à redouter dans les

moments

A

côté de ces corporations existent la société

du Ballon

et le cercle des Travailleurs.

La

société

du Ballon remonte

à dix-huit

mois. Elle a

été autorisée par Fadminstration municipale. Elle a

pour

but la bienfaisance. Le
environ,
pris

nombre des
les

sociétaires est de
sociales,

500

dans toutes

conditions

mais

appartenant tous à Topinion légitimiste.

Chaque
une

sociétaire paie, en entrant,

une

rétribution, puis

cotisation mensuelle.

Le

tiers

du produit estafTectéaux
la salle

frais d'administration,

au loyer de

de réunion, au

salaire

du concierge
titre

et

les deux-tiers restant sont distri-

bués à
travail.

de secours aux sociétaires malades ou privés de
elle

En général

s'est

montrée soumise dans ses

rapports avec

l'administration municipale.

La
il

politique

n'est pas étrangère à ses discussions;

mais

n'en parait

rien au dehors et,

dans

les jours
Il

de crise, aucune manifes-

tation n'est partie de ce point.
la disposition

va
le

plus, elle s'est mise à

de l'autorité pour

maintien de l'ordre.
paraît pas être organisé
il

Le cercle des Travailleurs ne
dans des vues aussi pacifiques,

doit son origine à des
j)arti

hommes connus, comme

chefs du

démocratique
il

et

cette origine est toute nouvelle. Elle a été inaugurée

y a

quelques semaines à peine. Elle se réunit tous
se présente

les soirs et

comme

ayant un caractère de bienfaisance en

affectant à des secours

une partie des cotisations que four-

nissent ses

membres.

64

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Jusqu'à présent

elle

a

fait

peu de progrès;
pris

clic

ne compte

pas encore plus de 30
plus obscures.

membres
elle

dans

les classes les
l'aide
lo

On pense qu
elle

ne se soutient qu'à

de secours étrangers
but dans lequel

et cette circonstance

indique assez

a été fondée. Elle doit rfre observée
elle

avec soin, car en se développant

pouri-ait revêtir

un

caractère dangereux à Cette, surtout, où se trouvent agglo-

mérés tant de ferments de troubles.

Le
tés

chef-lieu seul

du canton de Ganges possède
un

trois socié-

ayant

toutes incontestablement

caractère

poli-

tique.

La

société dite la

Ji'iiiic

Frain

c,

autorisée |)ar l'adest

ministration locale.

Dans cette réunion

venue se fondre

l'ancienne société des Travailleur^^, dissoule en septembre
dernier, par arrêté préfectoral. Elle appartient à l'opinion

démocratique

la

plus avancée. Elle compte environ

loO

membres, parmi lesquels plusieurs hommes très dangereux.
Elle est organisée et administrée pai" un bureau, les sociétaires

ne sont pas soumis à une cotisation régulière.
(|u'elles

Il

est

pourvu aux dépenses à mesure

ont lieu, par une

répartition égale entre eux. Les joiii-naux (ju'on reçoit sont
la

Presse et

le

Suffrage universel, organe du
11

j)arti

socia-

liste

dans

le

déj)artement.

n'y a pas de jour de réunion
le

indiqué. C'est

principalement

samedi

et

le

dimanche

qu'elles sont le jilus nombreuses.

On y

boit cl

on y mange

comme dans
2"

presque toutes

les

réunions de ce génie, au

moins dans ce pays.

La

société des

Amis

réunis dont

l

existence légale est

antérieure à I8t8 faisait déjà, à celte é|)oque, une opposition très vive

au gouvernement. Depuis

les

événements de
:

février, elle est restée

dans

la

même

voie

ses doctrines

sont aujourd'hui celles du plus extrême socialisme. Elle

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER compte 100 membres environ,
nistre;

elle

05

a un bureau qui l'admi-

on y reçoit

le

National.

La

société dite Patriotique , dont Forigine

remonte à

dix-huit mois à peu près. Déjà dissoute une fois par l'autorité préfectorale,

elle vient
;

de se reformer avec, l'assenti-

ment de la mairie

elle se

compose d'une vingtaine de

jeune gens dont quelques-uns appartiennent à des familles
honorables quoiqu'ils professent des opinions exaltées
;

elle

ne parait au moins jusqu'ici

présenter

aucun danger

sérieux. Elle se réunit rarement et ne reçoit pas de jour-

naux.

Le canton de Frontignan n'a que cinq communes,
lieu seul a

le

chef-

quelque importance.

On y trouve deux

sociétés,

Tune autorisée comme
l'autre

société de bienfaisance en

1849,

connue sous

le

nom

de société des Montagnards.

Chacune
y
boit,

d'elles se réunit

dans un local qu'elle loue.

On

on y parle politique. La première appartient à l'opinion légitimiste, la seconde à l'opinion socialiste. Elles
n'ont ni l'une ni l'autre aucune importance sérieuse.

A
deux

Villeneuve,

même

canton, sont également établies

sociétés qui, toutes deux, ont pour objet la bienfai-

sance. Elles sont étrangères à la politique.
Toutefois, celte fondes.

commune

présente des divisions pro-

Un

café tenu par

un sieur Xavier Vassas. homme
se
fait là

violent et dangereux, est le lieu de réunion de tous les

démagogues du pays.
nuelle, mais
il

Il

une propagande

conti-

n'y a aucune organisation, aucune

affiliation.

Le

sieur Vassas reçoit tous ceux qui se présentent chez lui.
lieu est

Ce

dangereux surtout à raison des mauvaises pasde Lunel ne présente pas

sions du chef de l'établissement.

La

ville

le

spectacle des divi-

sions politiques que l'on remarque ailleurs.
TCIIEIINOI-I-

Le

parti
5

déma-

66

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
est

gogiquc y

peu nombreux
de
la

et réduit

à s'effacer.

La

pres-

que

totalité

population est

légitimiste.

Pendant

long-temps, des

hommes sages
utile.

avaient exercé sur cette

population une inlluence

Mais, aux dernières élections

municipales, l'opinion extrême l'emporta et le conseil élu

ne compta plus que des membres appartenant à

la

Mo/i-

tagnc hlanche. Le maire actuel, jt'une

homme

très intelli-

gent, est un des plus avancés dans cette voie et contribue

à y maintenir la population. Sous sa direction

et

sous celle

de ses amis,

il

s'est

formé une société considérable qui

compte
Ils

îj

à 000 membres.

se réunissent dans une maison isolée à l'entrée de la
ils

ville

;

ont une organisation complète.

On

n'y reçoit que
poli;

YEtoile du

Gard

et la

Gazette do Francf. Le but

tique de cette société ne peut être douteux pour persomie

on

croit

même

quelle a des ramifications dans les cantons

voisins et qu'à certains jours, elle en reçoit les délégués.

Je n'ai pu, du reste, obtenir
assez vagues.

i\

ce sujet, que des indications
sociét»'-

A

côté de celte
il

dont

la

nuance

est

déjà

si

avancée,
(|ui

en est une autre, légitimiste aussi, dite

des purs,

n'a guère

qur

"(•

membres

et

qui s'est sépa-

rée de lautre uniquement pour no j)as se soumettre h la
direction de ses chefs.

Les doctrines qu'elle professe, sont
être

les

mêmes

et

peut-

plus vives encore.

Les communes qui environnent
de Sainl-Just tranche dans
Il

Lunel sont sans importance.

Parmi
le

elles, le petit village

tableau par sa nuance socialiste.
fait

y

a là des réunions

de cabarets où se
société

une propagande active; mais aucune
Marsillargues est aussi une comhabitée par des démocrates

proprement

dite.

mune presque exclusivement
ardents.

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER
L'esprit général
chef-lieu, l'on

67

du canton de Mauguio

est

mauvais.

Au

compte cinq sociétés ou centres de rendez-

vous divers. Ce sont moins des associations dans l'acception rigoureuse

du mot, que des réunions formées de gens

ayant

même

opinion pour boire,

manger

et agiter

chacun

à son point de vue, des questions politiques.

Deux de ces réunions appartiennent
tique avancée;
elles n'ont pas

à l'opinion démocra-

de dénomination, elles ne
affiliés

sont pas très nombreuses, l'une compte GO

environ,

Tautre 70. Elles sont quelquefois visitées par les démocrates

de Montpellier, qui y font de

la

propagande

et c'est

sous l'influence de ces agents, que, dans un.
elles pourraient devenir

moment donné,
les

dangereuses. Dans un autre local,

se rendent habituellement au

nombre de 40 environ,

hommes

sages et modérés du pays, ceux qui, par leur

position, se rattachent

aux idées d'ordre. Enfin,

les légitiils

misies ont deux lieux de rendez-vous. Dans l'un

sont

40 à 50, dans l'autre 70 environ. Quoique séparées l'une de
l'autre, ces

deux réunions obéissent aux mômes influences.
a

La commune de Lausargues
société blanche, société modérée.

sa société

rouge,

sa

La première

est la plus

nombreuse,

elle

compte près de loO membres. C'est une

association politique dans toute l'acception

du mot. Elle a
par l'admi-

une organisation complète. Elle
nistration
fort

est autorisée
partie. C'est

municipale qui en

fait

un centre
les socié;

dangereux, en communication constante avec

tés de Montpellier.

La seconde
La

est

peu nombreuse

elle est

calme

et

les

membres

qui la composent ne manifestent

aucune
tance.

exaltation.

troisième est absolument sans impor-

Le canton de Mèze

est le plus

mauvais de l'arrondisse-

ment. Le chef-lieu surtout présente les éléments de discorde

08

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

les plus

dangereux

et, clans

un jour de danger,

celte

popu-

lation se livrerait à tous les excès.
11

existe à

Mèzc deux

sociétés.

Le cercle démocratique

composé de 38 membres, tous démagogues déterminés. Ce
cercle, autorisé par l'administration municipale qui appartient à celte

nuance, a un président

et

des commissaii'es.

On y

reçoit le

Su //'rage

iini verse/.

Les dépenses sont peu
cotisations.

considérables et se paient au

moyen de

La

seconde société appelée de Secof/rs imituels a été autorisée
l)ar

la

préfecture.

Celle société a une organisation qui

mérite une sérieuse attention.
EUvi

comprend presque toute
de ses

la classe

ouvrière

et

le

nombre

membres

s'élève à plus de COO.

Les socié-

taires sont
la

embrigadés

et

divisés

jkii'

fractions de 20 sous

conduite d'un chef général.
les opinions

En

a|)parcnce. elle n'a rien

de politique, mais

de gauche que Ton y professe
\

sont de nature à inspirer des craintes sérieuses sur la
qu'elle suivrait dans des circonstances difTiciles.
11

oie

est incontestable

du

reste, qu'elle s'occupe réellement

d'œuvres de charité et qu'elle soulage beaucoup de malheureux.

Une

société semblable existe dans la

commune

de Montla

l)azin, elle

renferme tous
elle est

les

éléments di'mocraliques de
le

commune; mais

heureusement dirigée par
oiïit^

des-

ser\aiit de la j)ar()isse qui

(luehiues garanties.

A Gigean
ivunion

il

y

a,

sinon une société, du moins un lieu de

pour

les

démagogues de
l'on

la

commune
et

;

c'est

comme
réunion

partout,

un café où
que

va boire
est

parler politique.
(h'

L'adjoint de cette
et
il

connnune
lui

un

(l<\s

inlhicnls

vvWc

ne

j)eut

donnoi- une direction fâcheuse.

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER

69

Cantons d'Aniane, de Claret, des Matelles
et

de Saint -Martin de Londres.

Eloignées des grands centres de population, les

commugénéral,

nes qui forment ces cantons, sont moins exposées aux
influences
aussi, elles
est

d'une

propagande dangereuse.

En

ne sont pas considérables. L'esprit de parti y
et

moins passionné, on s'y occupe peu de politique
la

beaucoup au contraire de travaux de
ne trouve-t-on pas
tant de mal.
là,

campagne. Aussi

de ces réunions qui, ailleurs, font

Ville de Montpellier.

Il

y

a à Montpellier quatre sociétés autres que le cercle
parlé déjà, appartenant à l'opinion démocratique

dont

j'ai

avancée.

2"
3**

La société des Jeunes qui se réunit rue Salze. La société dite des Serruriers qui a son siège à La La
société de

Paulet.

U Ormeau,
du

rue neuve Jaoul.

société

du Jeux de Paume, rue du Manège.

Elles sont toutes sous la direction des
ici

hommes connus
moyen
plus
les

pour être

les chefs

parti socialiste.

Elles ont, chacune, un local qu'elles louent au

d'une rétribution.
et le

On

n'y reçoit pas de journaux.
les réunions

Le samedi
sont

dimanche, parlicuUèrement,

nombreuses.

On y

boit,

on y mange, on y discute
cause démocratique

matières politiques.

On y admet

tous ceux qui s'y rendent
et

dans l'espoir de les gagner à

la

sociale. Toutes ont été successivement fermées par arrêté

de l'autorité administrative

;

mais aucun signe extérieur

70

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

n'ayant pu faire reconnaître leur caractère politique, elles
se sont reformées.

Elles

sont toujours exactement surveillées.

Dans

les

temps calmes, ces réunions sont peu nombreuses; on n'y
voit
elles
Il

aucune trace d'agitation

;

dans

les

moments

difficiles,

peuvent devenir des centres dangereux.
est

incontestable que toutes les sociétés de Montpel;

lier

ont des rapports avec celles des environs

mais
et

elles

ne correspondent entre elles que par des envoyés,

Ton a

aucun moyen d'empêcher leurs rapports
les traces.

ni d'en constater

A

côté de ces quatre sociétés, celle de Saint-Roch qui se
légitimistes, s'occupe

compose exclusivement de
de charité. Elle
heureuse
fait

d'œuvres
mal-

beaucoup de bien dans
sous
la direction

la classe

et est placée

d'hommes
utile.

qui, à

cet égard, lui

donnent une impulsion

Toutefois,

outre sa destination philanthropique, elle a un but politique
aussi.

Tous ceux qui en

font partie, et le

nombre en
et

est

grand, professent les doctrines de ses chefs

ces chefs

sont dévoués au principe de l'hérédité monarchique dans la

branche ahiée des Bourbons.

A

un jour doiuié, cette société
contre important pour

pourrait fournir les éléments d'un
l'opinion qu'elle représente.

Les communes rapprochées de

la

ville

se

ressenleni

presque toutes de ce voisinage. Les passions y sont plus
ardentes, les divisions plus profondes.

A

Cournonterral,

il

est

deux

sociétés qu'il importe de

signaler. L'une est rouge, désignée sous le

FanJoK,

l'autre est
île

blanche jjorlanl

le

nom de société nom de société (/a
est et sera

chemin

fabriques. La première est en communication
la

avec les sociétés de Monlepellier,

deuxième

toujours un obstacle à la conciliation des

hommes modérés.

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER

71

A
tré

Lavérune,
les

les idées socialistes ont
Il

profondément péné-

dans

masses.
est

y
les

a

une société imbue de ces

opinions.

Elle

composée

d'hommes ardents

sans

cesse en rapports avec
l'Hérault,

démocrates du chef-lieu de

Montferrier présente les
existe de

mêmes

éléments;

là,

aussi,

il

mauvaises passions qui se produisent dans

la

société démocratique qui s'y réunit.

Enfin, Pignan a

deux

sociétés rouges et
suis

un plus grand

nombre de blanches. Je me

convaincu en bien des

occasions que les deux sociétés démocratiques étaient en
rapport direct avec celles de Montpellier, car, chaque
fois

que quelque événement politique se produit, on voit leurs
agents en mouvement. Les sociétés légitimistes sont calmes
aujourd'hui,
elles

ont obtenu ce qu'elles voulaient

:

le

changement de leur municipalité. Toutes ces
révélé

sociétés ont

leur

existence,

ou par une déclaration en forme

légale ou par des actes extérieurs qui ne laissent

aucun

doute sur leur siège, leur tendance, leur but. Dans toutes,

on

est uni

par un lien

commun,

la politique.

Arrondissejneut de Béziers.

A

Béziers existent deux cercles

:

Le premier composé

à peu près exclusivement de conservateurs au plus de 200
;

nombre de

il

s'appelle le Salon.
:

Le deuxième plus spé-

cialement formé de légitimistes

c'est la

Loge

L'existence de ces deux cercles remonte déjà à quelques

années.

Ils

sont les seuls de l'arrondissement auxquels

l'autorisation

administrative intervenue sous l'empire de
ait

l'ancienne législation

donné une existence

légale.

On

trouve en outre à Nissan, canton de Capestang un

72

ASSOCIATIONS
form*'

I^T

SOCIÉTÉS StCRÈTES

Salon récemment

d'htjmmes honorables
vingtaine.

do loule

opinion, au nombre d'une

A

Florensac une réunion des principaux

propriétaires

remontant à de longues années.

A
A

Monlagnac, un cercle dans

les

mêmes
hommes

conditions que

le pr('C'''dent.

Roujan

trois cercles

formés des

marcpiants du

pays, divisés par coterie plutôt que par opinions politiques.

A

-Xefîiès,

même
deux

canton de Roujan, deux cercles plus
qui
se

nombreux composés d'un personnel honorable,
divise aussi en
coteries.

A

Magalas,

même

canton, un cercle.

A
A

Pczenas, un cercle ou salon nombreux où toutes les

opinions sont confondues. Servian, deux petits cercles composés, l'un des con-

servateurs, l'autre des légitimistes

du pays, tous hommes
pai-

d'ordre par intérêt non moins (juo

tempérament.

A

Puissalicon, dans

le

même

canton, une réunion égale-

ment bien composée. Tous ces cercles sont uniquement consacrés à
des
la lecture

journaux ou

au délasscmcMil de ceux

(pii

les

com-

posent. Leurs receltes provenant de cotisations annuelles,

sont destinées au paiement des abonnements aux journaux,

du lover des salons, du

salairi'

des concierges.

Aucun

d'eux ne présente de caractère politique ni de danger pour
la société.

Aussi, bien que ceux de Béziers aient été seuls autorisés,

on n'a guère à se préoccuper de l'existence des autres.
An'nmli^srnirnf de Lndrrc.
11

n'v a jamais eu aucun cercle ou réunion quelconque
le

permanente dans

canton de Caviar

et

de Lunas. Dans

COLR DAl'PEL DE MONTPELLIER
ceux de Lodève, Clermont
et

73

Gignac,

les sociétés qui s"y

sont formées peuvent être divisées en trois classes.

Des cercles proprement Des

dits,

où Ion se réunit tous

les jours 2"

dans un but de pur délassement.
sociétés réellement philanthropiques et d'assis-

tance mutuelle.
3"

Des

sociétés ayant le

même

but apparent, mais où

l'on s'occupe

de politique.
catégorie

Dans
Lodève
1"
:

la

première

doivent être

rangés

;

à

Le fjrand Cercle fréquenté par des hommes
la société,

d'ordre,

appartenant à la haute classe de

composé de

70 membres qui payent chacun une cotisation annuelle de

40 francs employée à couvrir

les

dépenses que nécessite

cette réunion de création très ancienne.
2"

Le

cercle dit Société de
;

l

ordre

et

de la paix créé et

autorisé en 1831

il

réunit oO personnes prises parmi les

fonctionnaires, les anciens militaires et les commerçants.

La

cotisation est de 10 francs par an.

3"

Le cercle appelé de^
les

artistes réunis qui se recrute à

peu près dans

mêmes

conditions que

le

précédent.

Il

compte 80 membres qui versent une somme annuelle de
G francs chacun
;

il

a une très ancienne existence.

A
'1"

Clermont

:

1"

Le

cercle de Jacf^ues Ferrant compose-

de o6 membres pris dans la haute bourgeoisie.

Le cercle des Répalilicains, démembrement du cercle

Ferrant,
(Cette réunion ne présente

aucun danger,

il

n'v a pas

de démagogues.)
3**

L'ne société sans

nom formée
et

par 30 jeunes gens de

la classe

moyenne,

se

réunissant sans but politique, ne

recevant aucun journal, jouant

buvant.

74 i°

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Le cercle Bonapartiste qui compte 30
Saint-André

sociétaires,

tous chefs d'établissements industriels.

A

:

V Le cercle du

Balcon composé des gens
2'),

riches de la localité au

nombre de

tous âo^és.

Le

cercle des jeunes fjens à peu près en
fils

nombre égal

à celui du Balcon et composé des
celui-ci.

des

membres de
ne peuvent

Toutes ces sociétés sont autorisées,
faire

elles

concevoir aucune inquiétude.

des centres où se
l'autorité

pourrait
utile

Ce sont au contraire rencontrent les hommes d'ordre et où peut-être dans des moments critiques,
il

trouver un

concours.
convient de comprendre

Dans
à
1° ho.

la
:

deuxième catégorie,

Lodève

Société des tisserands formée et autorisée en iS30
('

et

composée de 180 ouvriers qui versent chacun
2° Celle des

francs

par an.

pareurs de draps^ autorisée en 1828

cl

comprenant
3° Celle

(53

membres;

cotisation G

fr.

60.
et

des anciens militaires créée
'JO

autorisc'e

en

1837. Comptant actuellement
cliacun par an 7
fr.

membres

qui donnent

2(1.

A Clermont
1"

:

La Société militaire de
La Société
sur

hic n [aisance

comprenant

104 membres.
2"

dite des travailleurs de terre.
;

La Société des aînés composée de 247 membres
le

elle est
rejeter-

point de se dissoudre, la majorité voulant
la

de son sein

politique qui s'v est introduite avec
veil-

un ancien pn'sident de club. L'administration devra
ler à ce

que

la fraction

qui suivra le

chef socialiste ne

puisse pas se reconstituer.

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER

75

Ces réunions purement philanthropiques ont une
réelle et les fonds

utilité

communs

reçoivent la destination indi-

quée par

le

but de leur institution.
:

Dans

la troisième catégorie se classent
:

A
11

Lodève

La Société
fr.

des fileurs, autorisée

le

mars 1833,

elle

compte dans son

sein 130 ouvriers qui

paient une cotisation de 7

20 par an.

La Société des teinturiers autorisée depuis 1848 et composée de 50 membres avec une cotisation de 6 francs.
Ces
sociétés ne se réunissent
AI. le

que chaque trimestre avec
maire
et

l'autorisation spéciale de

en présence de

M.

le

commissaire de police.

Leurs membres fréquentent habituellement deux cafés
ils

s'occupent de politique.

On

croit qu'ils correspon-

dent avec quelque comité directeur, qu'ils sont organisés

par décuries

et centuries, qu'ils

versent une partie de leur

cotisation dans l'intérêt de la

propagande anarchiste.

A

Clermont

:

La Société des Cadets composée de 150
pour
la

membres,

socialistes

})lupart, qui,

gênés par

les

précautions et la surveillance
leurs

que

l'autorité

exerce sur
café
qu'ils

réunions,

se

donnent rendez-vous dans un
Lodève.

comme

leurs camarades de

On

suppose

sont organisés

comme ceux-ci

et qu'ils font le

même

emploi

d'une partie de leurs fonds communs.
Si cette organisation et cet emploi de fonds étaient suf-

fisamment indiqués,

l'autorité administrative pourrait leur

retirer l'autorisation et les contraindre à se dissoudre.

Ces associations soumises aux précautions de
lance que
j'ai

surveil-

signalées ne trouvent pas, dans leurs réule

nions spéciales, l'occasion de se concerter pour
réalisent quelque bien
;

mal

;

elles

mais

les

membres

qui les
le

com-

posent et qui sont déjà

liés

par des rapports dont

but est

76

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

la bienfaisance, se retrouvent
liers

dans

les cafés et

dans les ate-

où une grande

liberté leur est laissée. C'est là qu'ils
et

peuvent s'exciter rrciproqueinent
triomphe de leurs opinions.

se concerter pour le

Arro/tdissc/)ii'/i/

de S(iinl-Pon<.
n'existe pas de cercles.

Dans

cet arrondissement

il

Les

anarchistes

se voient dans les
ils

cabarets,

cafés

et lieux

publics quand

ont à s'entendre. C'est là qu'ils nour-

rissent leurs sentiments et leurs espérances par la lecture

des journaux

et

des brochures à leur convenance et par
politiques.
hi Ils

leurs entretiens

sont soumis à hi surveil-

lance

commune que

police exerce sur les établissements

qu'ils fréquentent.

Dkpartkment dus Pyhknkks-Ouikmm.ks
Arrondisscini'iil de Pt'riiiijnaii.

La

ville

de Perpignan

est

celle

(1(>

tout le ressort qui
Il

compte

le

plus de cercles et de lieux de réunion.
aussi

en est

plusieurs

dans divers cantons de cet arrondissela statistique.
.'i't

ment. Le tableau ci-après en fournit
N'ille

de Perpignan.

1"

Cercle de Ldlim-ic

mi-mbres)

sans but politique.
2"

Salon Desarnaiid,

l-i

membres.

(]e salon

est

com-

posé d'hommes appartenant généralement au parti démagogique, on y parle politique, on y
socialistes.
'.\°

lit

diveis journaux

Salon

AlU'i/re.
le

L'J

membres. Ce sont
;

di>s

chefs

du

parti

rouge dans

département

on affirme que certains

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER

77

d'entre eux ont une correspondance secrète avec les dé-

magogues de

la

capitale,

correspondance

qu'ils

commu-

niquent aux deux autres sociétés des deux arrondissements

des Pvrénées-Orientales.

Ce
les

salon n'a été fondé que dans

un but
i""

politique,

on y

lit

journaux

les plus exaltés.

Franc-maçonnerie de Lunioii,
Franc-maçonyierie
de

160 membres sans

but politique.

Saint-Jean-des-Arts,

180

membres, bien que Ton y compte des hommes
listes, cette

ultra-socia-

loge est sans but politique.

Q" Société lyrique^

\2 membres sans but politique.

7° Parterre^ rue de l'Aloès, lo tique.

membres, sans but

poli-

^^ Parterre, esplanade de la Préal,

25 membres, sans

but politique.
9° Société des

tailleurs^ 75

membres. Société philanjournal la Répu-

thropique, elle est composée de personnes appartenant toute

au

parti

du désordre. On y colporte
que

le

blique universelle et autres écrits séditieux.
duit parfois des personnes
l'on dit être

On y
de

intro-

des ouvriers
la

venus de

l'intérieur et qui
socialiste.

voyagent pour

faire

pro-

pagande

10" Société des cordonniers, 35

membres.

11° Société des menuisiers, 27 membres.

(Mêmes observations pour
12° Salon Molinier, 19

celle des tailleurs).

membres sans

but politique.

13° Société Saint-Michel, 800 membres. Celte société

de secours mutuels avait été créée dans des intérêts d'ordre,

mais divers membres ont voulu y introduire la politique. Elle est en majeure partie maintenant composée de légitimistes et hostile au

gouvernement.
fr.

La

cotisation est de

50 par mois; mais beaucoup

78

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
et

de propriétaires

de riches

k'-gilimisles ont fait
1

des dons

à la société. Elle a en caisse

500 francs.
politique.

14° Salon Santipérij. lu
s^

membres sans but

15° Société de jardiniers. 87 membres, fondée en 1835,
elle n'a

pas de but

j)olitique.

16° Parterre, rue de la Lanterne, 12

membres.

Il

v a

des

hommes

très

dangereux

;

on s'y occupe de politique.

On y
que de

tient les

propos les plus anarchiques; on n'y parle de
la

la guillotine,

destruction de la famille, de la

religion,

de

la

propriété.

On y

lit

toute espèce d'écrits

incendiaires.

17° Parterre, rue du

Gommier, 25 membres, même
li

observation que pour
IS" Parterre, rue

le

précédent;

Savonnerie,

membres, sans but

politique
11)°

;

Parterre, rue Potière,
;

l'.^

membres sans

but poli-

tique
20'^

Parterre, rue de l'Arsenal, 12 membres, sans but

politique;
'li"

S((/nn, rue Fonlaine-.Xeuve,

15

membres, sans but

politique;

22° Parterre, esplanade de
bres, sans but politique;

la

porte de Canet, 15

mem-

23° Société de la fraternité, chiffre
bres.

olTiciel,

GOO mem-

Celle société philiinthropique est composée d'ambitieu.x,

de gens ruinés, d'iiommes tarés, de journaliers, de toute
profession
et alin
;

elle n'a été

fondée que dans un intérêt politique
res|)ril

de maintenir dans

d'hommes égarés

et qui

auraient pu revenir au bien, ces idées révolutionnaires qui
infectent les classes inférieures ù Perpignan.

Elle ne

comprend

|)as

seulement

les (JUO

membres avoués

COUR D'APPEL DE MO>-TPELLIER
dans
la déclaration faite

79

au secrétariat de

la mairie.

Plus

de 2 000 individus en font partie.
C'est une des réunions les plus dangereuses dont les
chefs ont des rapports
sociétés

fréquents avec ceux

des autres

démagogiques du département.
de 60 centimes par perqu'elle peut avoir en caisse 1

La
sonne.

cotisation mensuelle est

On suppose

000 francs

environ en ce moment.

Canton
Elne.

est

de Perpignan.

— Une première

société prétendue de bienfaisance

composée d'indi\idus de toute profession, au nombre de
190 socialistes exaltés. La proximité de Perpignan
en rapports continuels avec leurs amis de cette
les

met

ville.

Une
avec
la

autre, fondée sur des

bases analogues, composée

de 160 légitimistes exaltés. Aussi est-elle en lutte ouverte
précédente; lune
et l'autre,

au moven d'une

coti-

sation mensuelle, viennent au secours de leurs

membres

malades.

Canton de Rivesaltes.
Rivesaltes.
Il

1"

Société de cultivateurs, loo membres.

n'est nullement question de politique

dans aucune des
ce

sociétés qui

existent

dans

les

communes de
et

canton.

Elles ne reçoivent

aucun journal

ne s'occupent simple-

ment que des

intérêts de leurs associations

composées de

membres appartenant aux
3° Société des

divers partis;

2° Société des travailleurs,

oO membres;
,

proprié taires -agriculteurs

136

mem-

bres
4"

;

Société des ouvriers, 60 membres.

80

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRKTl.S
Saint-Laurenl-dc-la-Salanquc.

["

Sociétc drs

//tari/t.<.

80 membres;
2"

Socic/e t/'i/idicidusde toute profession, l.'imembivs.

Saint-Hyppolitc.
aussi 70 membres.
Claira.

— Société de gens de toute profession,
de gens de toute profession.

— Société

100

membres.
Toreilles.

Société

de

gens

de toute jnofrssiun,

120 membres,
Salses.

— Société

des cultivateurs, 78 meml)rcs.

Canton de Thuir.
Thiiir.
l''

Société de bienfaisance, 300 membres.
la

Les habitants notables de
cette société.

commune
cei'Iains

font

paitie

de

On compte parmi eux
Mais
il

les plus hoiniôtes arti-

sans

et journaliers.

en est

dont

les prin-

cipes sont mauvais. Cette société, du reste, n'existe guère

que sur ses contrôles,

elle

ne se réunit presque jamais;

2° Société dite agricole.,

100 membres

;

elle n'est

autre

chose que rancien club. Elle n ponr pi'ésident un sienr
i\apoléon Tignèn.'s (frère de l'cx-commissain' de
jKtlice

de

ce nom), elle s'assemble très rarement.

Chaque

sociétaire
;

dépose entre

les

mains du trésorier sa cotisation
'iO

3° Société dite des jtaurres,

membres appartenant
rouges
et se réu-

aux classes

les plus infimes. Ils sont tous

nissent chaque jour pour boire, jouer, manger, et parler
politique.

liages.

1"

Société dite des jiaurres,

iiO

membres.

Celle

soci(''té,

établie depuis cin(| ans en\ iron,
le

compte dans
et le cui('.

ses rangs quelques bons proprii'taires,
Elle ne s'occuj)e pas
di^

maire

polilicpie;

COLR DAPPEL DE MONTPELLIER
2" Société de

SI

bienfaisance dite des riches,
l^""

G5

mem-

bres. Elle est établie depuis le

janvier 18ui. Elle com-

prend

les meilleurs propriétaires, l'adjoint,
fait

par opposition

au maire, en
tique.

partie.

Elle ne s'occupe pas de poli-

Le partage des vacants de
Fourques.

la

commune de Bages

a

produit une division profonde entre ces deux sociétés.

— Société
la

de bienfaisance^ 30 membres.
les

Les individus qui

composent se réunissent tous

jours pour boire et pour manger.
cordier,
aussi.
est

Le président qui
ses

est
le

un

rouge

;

plusieurs de

membres

sont

Toutefois,

ils

s'occupent très peu de politique.

Canton de Millas.
Millas.

Cercle

Mando, 20 membres. Ce
la politique,
le

cercle,

complètement étranger à

se

compose des

notables de la ville qui reçoivent

Journal des Débats,
Il

l'Assemblée nationale, et

le

Journal du département.

nV
aux

a d'autre cotisation que celle nécessaire pour faire face
frais.

Corbère.
réunit

Société de Corbère, 100 membres. Elle se
les

nombreuse
le

dimanches

et

jours de

fcte. Elle est

patronnée par

maire,

M. Llech, homme

d'ordre, possé-

dant une fortune considérable. Elle n'a aucun but politique ni
et

môme

philanthropique. C'est un lieu de réunion

de délassement pour les ouvriers et les cultivateurs

honnêtes, on y boit, on

y

joue à moindres frais

et

plus

tranquillement qu'au cabaret.
Pézilla-de-la-Rivière.

— L'ancien club de
ait là

Pézilla est dis-

sous depuis longtemps, quoiqu'il n'y
TCIIERNOFF

aucune société
6

82

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
il

organisée,

y

reste

un noyau de 12 fanatiques, prêls à
correspondent verbalement avec les

agir au premier signal. Ils entraîneraient à leur suite 150

ou 180 partisans.

Ils

démagogues de Perpignan.
Corneilla-do-la-Rivière.
Pézilla. Toutefois,
la

Même
celle

observation que pour

situation politique de Corneilla est

encore plus mauvaise que

de Pézilla.

On

peut en

juger par ce

fait

que

la liste électorale

nouvelle qui comet

prend 244 électeurs en com[)lc 200 rouges
seulement.

88 modérés

Canton de La tour.

H
le

n'existe

dans ce canton aucun cercle, aucune sociéU'
les habitants d'Estagel qui est

(Taucunc espèce. Cependant,

bourg

le

plus peuplé de cette circonscription, sont en
et socialistes; ils

grande majorité des répul)licains exaltés
journaliers avec les chels du parti l'ouge

doivent être, par quelques-uns de leurs chefs, en rapports
ri

Perj)ignan.

Canton de Saint-Paul.
Il

n'(\\islc

dans cr canton,

le

plus ('loigné de IVipignan,
les

aucune

socii-té,

aucun cercle (raucune espèc(\ Tous
l'état

établissements dont

précède, sont autorisés adminis-

trativement. J'aurais voulu pouvoir indiquer pour
la

chacun

date de cette autorisation obtenue. J'ai dû m'en abste-

nir parce

que

je n'ai

pu

me

proein-iM- à

cet

égard des renne
tient

seignements assez précis. Dans

les mairies, on

point assez exactement note de ces décisions et les recher-

ches

faites

dans les bureaux de

la préfecture

de Perpignan

ont été infructueux.

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER

83

Arrondissement de CéreL
Sept

cercles ou sociétés.

communes de Ce
;

cet arrondissement

possèdent des
Céret; 2" Arles4°

sont celles de

:

1''

sur-Tech
î3°

Saint- Laurent-de-Cerdans;
6""

Soride

;

Maureillas;

Port-Vendres; 7° Collioure. Parmi ces

réunions est un cercle de délassement que- Ton trouve à
Céret.
Il

se

compose d'environ 20 membres:
la plus

il

est

au point

de vue politique de

complète insignifiance.

Trois sociétés de bienfaisance et de secours mutuels

sont en outre établies dans cette ville, savoir

:

la

Société

des ouvriers, celle des travailleurs et celle

du Château.
au
24
fé-

L'origine des deux premières est antérieure

vrier 1848; elles sont composées, l'une de 64, et l'autre

de 90 membres, qui paient une cotisation hebdomadaire

de 2o centimes. Elles ne se sont point écartées de leur but primitif qui
était

purem.ent philanthropique

;

la

pre-

mière a cependant une tendance démagogique assez pro-

noncée;
opinions.

la

seconde renferme des individus de toutes

les

La Société du Château
tique. Elle a été fondée

paraît surtout a^ oir
les

un but

poli-

dans

premiers mois de 1849

comme

centre de ralliement contre les menaces des démaet

gogues de Céret

des

environs,

et

se

compose de
fr.

250 membres qui paient une

cotisation mensuelle de

oO.

Bien qu'elle renferme dans son sein des
luuit à toutes les

hommes

appartea une

nuances du

parti

de l'ordre,

elle

tendance légitimiste. Ces sociétés donnent des secours à
leurs malades et paient les frais

funéraires de ceux qui
Elles ne reçoivent

meurent sans ressources
pas de journaux.

sufïisantes.

84

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

Les sociétés de bienftiisance de Sainl-Laurent-de-Ccrdans
et la
et d'Arles-sur-Tecli,

comprennent,

la

première, 100.

deuxième, environ 2o0 membres. Elles ont été fonet

dées dans un but analogue à celle du Château à Cérel,

dans

les

mêmes

conditions.

Comme
On

cette dernière aussi, elles ont
et |)liilaiillii'opiqut'.

un double point

de vue politique

doit reconnailre

quelles ont rendu de véritables serl'agilalion

vices dans des

communes que

révolutionnaire

avait j)rofond('-menl remuée.

Soride a deux sociétés. La première, dt'signée sous

le

nom

de Société de bienfaisance, est exclusivement com-

posée d'individus appartenant au parti de Tordre et compte

7o membres. La seconde. fond('e en 18 il) en
à la
îiG

oi)pi)sition

première,

membres.
est

nommée Société fraternelle. Elle a Dans Tune comme dans l'auli-e, chaque
est
astri-itit

sociétaire
(I

à

unc^

cotisation hebiiomadaire de

fr. 2:i.

Bien quincontcstablomeiit chacune délies

ait

surtout

un but

politique, elles sont utiles à la classe ouvrière et à

celle des cultivateurs.

qu'aucune
tination

Uu compte rendu des receltes et des déjienses, il ressort somme imjiortanle n'a été détournée de sa despour être
aj^plicpiée à îles

œuvres de propagande
1" dé-

révolutionnaire.

En
.702

elTet,

il

a été distribue- en secours d«puis le
IS.'iO

cembre 1840 jusqu'au 1" décembre
fr.

une somme de

i").

Ce

chiiïre est

un peu supérieur au produit des
à

cotisations;

mais cha(|ue membre étant tenu

une mise

d'enti'ée dont le

minimum

est

de

'1

Irancs. les ressources

n'ont pas

manqué.

La

société de bienfaisance de Soride a. pendant le cours

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER
de
la

85

môme
30.

période, distribué en secours

une somme de

602

fr.

La Société fraternelle

est

vraiment démagogique, sans
limites
elle

qu'elle atteigne néaimioins

aux

du socialisme. Quant
est légitimiste,

à la Société de bienfaisance,

mais

d'une nuance peu prononcée.

La Société de
madaire de
fr.

Maitrcillas se compose exclusivement de

laboureurs, de journaliers qui paient une cotisation hebdo2o. Elle n'a

aucune importance

politique,

quoique tous les habitants de cette

commune

appartiennent

sans exception au parti révolutionnaire. Elle reçoit des

secours de l'administration départementale.

La Société de Port-Vendres
d'hommes
est celle

se

compose en majorité
si elle

d'ordre. Sa

nuance

politique,

en a une,

d'un républicanisme modéré.

Elle ne s'écarte

point de sa destination purement philanthropique.

Je dois en dire autant de celle de CoUioure. Ces deux
sociétés sont très nombreuses, à raison

même

de l'absence
je

presque complète de drapeau
crois

politique.

Cependant,

que

la Société

de Collioure est animée d'un esprit

républicain peu marqué.

Arrondissement de Prades.
Il

n'y a dans cet arrondissement que quatre sociétés de

bienfaisance,

deux à Prades, deux à Catlar.
:

Les sociétés de Prades sont

l'Union hanianilaire ou

société de bienfaisance mutuelle des ouvriers de Prades et
la

Société fraternelle de secours.
Celles de Catlar, sont
:

\ Association pkilanthroiniiue
et la

ou Société
(le

d assistance

mutuelle,

Société fraternelle

secours des

lial)itants

de Catlar.

86

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
IS Assoclaùon philanthropiq III' a les

mômes

statuts

que
la

ï Union hunianitaire de Pradcs:

clic a été

fondée sous

même

influence, elle poursuit le

môme

but.

La Société fra-

ternelle de Catlar est la copie exacte de celle qui existe

à Prades sous la

même

dénomination.

En un mot,
Ces quatre

les

deux sociétés de Catlar ne sont que des

succursales de celles de Prades.
sociétés sont légalement établies, et l'admi-

nistration les a tolérées et les tolère.

V Union

humanitaire a

été fondée en avril 18 iO. Elle
est dirigée par les

compte à peu près 300 membres. Elle
socialistes les plus fervents de ce pays.

Le nommé

Grill,

conducteur des ponts

et

chaussées, révoqué à cause de

ses opinions exaltées, en est le président. Son organisation
est la

môme que

celle des sociétés secrètes. Elle est divisée

en section de dix membres, gérée par un comité composé
d'un président, deux vice-présidents, de trois secrétaires
et

d'un trésorier. Sa mission apparente n'est pas politique
réalité la bienfaisance qu'elle

;

mais en

prétend exercer n'est

que

le préti'xte

dont

elle se

couvre. Organiser les forces

du socialisme, étendre son action, en se tenant constam-

ment en rapport avec
mais en secret à
la

les ouvriers, travailler

avec

activité,

propagande de toutes

les

utopies de

cette école, voilà son

œuvre

principale, l'ormée après la
elle n'en est (pie la tradi-

fermeture des clubs de Prades,
tion

vivante.
aussi.

Ses chefs sont

les

mômes, ses

affiliés

les

mômes

La Société
])rcmiers

fralernclli'

ilr

Prudes n'existe que depuis
faire

les

mois de iStO. Créée pour
/iii//ianifaire,
elle

contre-poids à
le

VI niiui

est

devenue

centre

des

hommes
à
l.")0

d'ordre et de modération. Elle ne compte que 110
et

membres

se

compose des meilleurs citoyens de

.

COUR DAPPEL DE MONTPELLIER

87

Prades. Le président du tribunal de première instance,

M.

Saleta, en est le président.

Tout ce qui précède s'apdite pJii-

plique aux

deux sociétés de Catlar. L'Association
le

lanthropique est

digne pendant de YUnion humanitaire
calquée sur celle

et la Société fraternelle' àa Catlar est

de Prades.

En résumé,

les

deux sociétés humanitaires

et philanthro-

piques, ne sont que des clubs déguisés, tandis que les
sociétés fraternelles de Prades et de Catlar en forment la

contre-partie.

Les sociétés fraternelles emploient utilement
blement leur argent,
encourager
inférieures.
les autres

et charita-

ne s'en servent que pour

la paresse et

perpétuer la corruption des classes

Les bons ouvriers, les bons pères de famille, sont
liés

afli-

aux sociétés

fraternelles.

Les mauvais ouvriers,

les

hommes

sans avenir sont les plus chauds sectaires
et

de

YUnionlmmanitaire
L'existence de

de V Association philanthropique
et

YUnion humanitaire

de Y Association

philanthropique est un danger.
L'existence des sociétés fraternelles peut être
utile.

Dans
avec

un moment
de
la

difficile,

celles-ci concourraient à la

défense

société,

celles - là

en saperaient

les

bases

ardeur.
Telle est, monsieur le garde des sceaux, la situation des

choses à cet égard, dans ce ressort.
mal. Le bien,
l'extirper.
il

11

y

a

du bien
il

et

du

faudrait le maintenir, le mal,

faudrait

Quels sont

les

moyens

à prendre dans ce but?

On

ne

peut les puiser actuellement que dans les dispositions de la
loi

du 28
Mais

juillet

18 18.
a-t-elle

celte loi

suffisamment armé

le

pouvoir?

88

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

Elle interdit les sociétés secrètes. Elle n'astreint les cercles
et

réunions non publiques, formées dans un but non poli-

tique, qu'à la condition de faire connaître à l'autorité

munifon-

cipale le local, l'objet de la réunion, et les

noms des

dateurs,

administrateurs et directeurs.

C'est une simple

déclaration à faire.
Elle en autorise la fermeture immédiate à défaut de cette

déclaration ou en cas de fausse déclaration, et des poursuites judiciaires contre les contrevenants.

Elle assujettit les réunions

non

jjit/j/lques

dont

le

but

serait politique à l'obligation d'obtenir

une permission préaToutefois

lable délivrée aussi

par

l'autorité municipale.

l'administration peut toujours révoquer ces permissions et
faire

fermer

les

réunions qui

n'en seraient

pas

î

pour-

vues.

En

cas de contravention,
était

si

l'autorité

municipale en
l'être, si

France

constituée

comme

elle devrait

dans

une de ses dispositions subséquentes
au jury
les infractions à celles

la loi

ne déférait point
d'analyser,

que

je

viens

cette loi serait sulïisante.

Mais, dans

la plupart

des

communes de

ce ressort au

moins,

le

choix des officiers municipaux est l'œuvre des

partis extrêmes, et l'autorité municipale ne refuse point les

permissions demandées,

môme

par ceux qui n'ont pas

adopté son drapeau parce qu'elle veut être en droit de
l'accorder à ceux dont la bannière est la sienne.

Là,

même

oîi

cette autorité est

aux mains des hommes
dilïicile.

d'ordre, elle se montre p,énéral(Mnent peu
l'élection, elle veut
sc>

Issue de

maintenir au pouNoir que l'élection
elle est pleine

peut

lui ravir et

presque toujours,

de ména-

p^emenls pour les fractions ardentes des populations qu'elle
adminisli'e,

dans l'espér'ance qu'elle paralvsera par ses

COUR D'APPEL DE MONTPELLIER
condescendances l'opposition qui
le

S9

lui serait faite

de ce côté,

jour des luttes électorales.

Les réunions non publiques avouant un but politique

y trouvent donc un appui
lu

et

nulle surveillance.

administration peut toujours retirer les autorisations
elle entre

accordées, soit; mais, en usant de cette faculté,

en

lice

avec

l'autorité municipale, elle

en agrandit ainsi en plus

l'influence, tandis qu'elle se dépopularise de plus
et

perd par conséquent de la sienne.

Ses décisions, d'ailleurs, ne sont pas toujours respectées,
et alors
il

faut nécessairement recourir à des poursuites.

Mais
tat

c'est le

jury qui juge

;

or

il

absout.

Ce

dernier résulla

est

fatal.

L'administration succombe devant

cour

d'assises.

La réunion triomphante
une permission nouvelle

obtient de l'autorité municipale
et

se reconstitue

sur ses anfière

ciennes bases, plus forte qu'auparavant et
impunité.
Il

de son

n'y a qu'un remède, à
:

mon
ou

sens, à appliquer à cette
loi;
il

cause de désordre

c'est la

réforme de la

faudrait

que

les déclarations à faire

les autorisations

à obtenir,

suivant les cas, ne pussent être reçues ou accordées que

par l'administration supérieure
préfets.
11

:

Les préfets
la

et les

sous-

faudrait, en outre,

que

connaissance de toutes

les contraventions fût

attribuée

aux tribunaux de police

correctionnelle. Tant qu'on n'aura pas pris ce parti, la
société ne sera pas

complètement préservée des dangers

que présentent certaines réunions.
Toutefois, et en attendant que les esprits soient disposés

à accepter ces sages modifications à la

loi

du 28

juillet, jo

pense que, malgré son insullisance,

elle devrait être

rigou-

reusement appliquée

et

qu'il

serait

opportun de recom-

90

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
droit,
tel

mander à radministration d'user de son
faiblesse, et elle a

quel,

partout où besoin serait. Son inaction absolue est réputée

pour conséquence Tencouragement des

factieux.

Daignez agréer,

etc.

Le procureur général,
Siffné
:

X...

CHAPITRE
(DÉPARTEMENTS

III

CERCLES ET SOCIÉTÉS DU RESSORT DE LA COUR D'APPEL DE NIMES
:

GARD, VAUCLUSE, LOZÈRE, ARDÈCHE,

Nimes.

le 3 février 1851.

Monsieur

le

Garde des sceaux \

Par votre dépêche du 5 décembre dernier, vous m'avez
prescrit de
ciés sur le

vous fournir des renseignements circonstan-

nombre,

le

caractère

et la légalité

de diverses

réunions qui existent dans
tion de cercles.

mon

ressort sous la

dénomina-

Je

me

suis

empressé de réclamer auprès de mes substi-

tuts, et j'ai

l'honneur de vous faire parvenir les déclara-

tions qui m'ont été transmises

au sujet de ces

établisse-

ments surveillés par

l'autorité administrative et judiciaire.

Gard.

Arrondissement de Nîmes

Canton d'Aiguë morte s. Dans
le

canton d'Aiguemortes on compte
la

trois réunions,

deux dans

ville

môme,

la

troisième

à Saint-Laurent
il

d'Aigouses. Celles d'Aiguemortes se sont formées,
déjà longtemps, avec l'assentiment de l'autorité.
1. Archives du minislère de la justice. Parquet.

y a
pre-

La

59, P.

Cour d'appel de Nimes.

S2

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
et les plus

mière se compose des gens les plus riches
rables
partie.

honofont

du pays. Les principaux fonclionnaircs en

La seconde
de l'une
cl

est

formée surtout d'artisans. Les membres

de Tautrc réunion sont attachés aux idées

d'ordre et de conservation.
d' Aigouses,

La

société de

Saint-Laurent

qui remonte à cinq ans, se

compose des mômes
esprit

éléments, a le

môme caractère
aucune

et le

môme

que

celles

du chef-lieu de canton.
breuse,

Comme

celles-ci elle est

peu nom-

ne prend

dénomination

parliculière et,

quoiqu'elle ne s'occuj)e point de matières politiques, elle
paraît exercer
blicpie.

une heureuse influence sur l'opinion pu-

Canton

d' Ara/non.

Les cercles du canton d'Arainon sont
des symptômes
existe trois
;

loin i\c

présiMiteiil

aussi rassurants.

A Aramon môme,

en

le

plus nombreux, dit cercle de l'Ordre, est
la

formé d'une partie de

bourgeoisie et des cultivateurs;

ses tendances sont légitimistes.

Le second,

(|ui

se

nomtnc

Société de secours, et que l'Ordre désigne sous le
la

nom de
esl

Montagne,
une

est

composé de républicains plus ou moins
et

ardents.
d'assurerla

Le but avoué de l'une
niulualili'
le

de l'autre réunion
les

de secours entre

membres
et

qui

composent, mais

but réel est électoral
fort

|)olilique.

Ces deux réunions sont
agitent ('gaiement le
di^|)uis la lu''|>ul)lique.

ennemies l'une de
C(\s

l'autre

t^t

|)avs.

sociétés

n'existent

(|iie

Enlin

la

troisième réunion, compostée

seulement de bourgeois,
et

existe»

depuis plus de vingt ans
Elle est ex('lusi\ein(Mit

ne s'occupe point de

polititiue.

légitimiste.

COUR DAPl'EL DE
Trois
cercles
existent

>;i.MES

93

j)ar'eillement

à Montfrin à

peu

près correspondants à ceux d'Aramon.
est le cercle

Le plus nombreux

Démocratique.

Il

se

compose de 400 membres,
secret est de peser le

porte le

nom

de Société de secours, mais n'est appelé vulla

gairement que

Montagne. Son but

plus possible sur les élections.
affilié

On

a lieu de croire qu'il est
a

à d'autres sociétés, car Ton remarque qu'il

annoncé

souvent à l'avance les événements politiques importants.
11

excitait

beaucoup

le

pays, mais

il

a été fermé au mois

de novembre dernier par arrêté de M.

le préfet.

Lcccrc/e dit du Jardin moins nombreux, est formé degens
les plus riches

de

la

commune

et professe

des opinions con-

servatrices.

Son règlement défend
la société

toute discussion politique

et religieuse. Enfin,

de Y Ordre qui se compose
être

d'hommes du peuple, jaloux de ne pas
ceux qui fréquentent
sont légitimistes.
la

confondus avec

Montagne. Ces deux dernières

Naguère

il

y

avait

deux cercles à ^'allabrègues à peu

près égaux en nomi)re. Le cercle Démocratique qui a été

fermé au mois de novembre par ordre préfectoral
cercle Légitimiste qui existe toujours.

et

le

Enfin, à

Comps,

il

existe
la

un cercle Démocratique en

tout

semblable à ceux de
Il

même

couleur du reste du canton.

est

peu nombreux

et

exerce peu d'infiuence.

Canton de Beaucaire.

A
sous

Beaucaire,
le

il

s'était établi
et

en 1848

et

1849, des cercles

nom
il

de Grande

Petite

Montagne. Eu outre de
dénomina-

ceux-là

existait six autres sociétés portant des

tions de divers saints formées

dans un but d'humanité. Le
d'elles était,

nombre des membres de ciiacune

ou plutôt

94

ASSOCIATIONS HT SOCIETES SECRÈTES

variait de

20 à 100

et la cotisation était

de

1

franc

par

mois. Leur composition, quant à l'opinion, était assez mêlée,

quoique

le parti

rouge y

fût peut-être

en majorité

;

mais

on

restait fidèle

au but de

l'institution,

c'étaient véritable-

ment des

sociétés de secours.
il

A

côté de ces cercles plus ou

moins démocratiques,

y

avait

deux autres réunions, Tune
toutes
les

de 100 à 120 membres,

hommes de

classes,

à opinions mélangées, légitimistes et conservateurs, l'autre
dit

de

la

Concorde Ac 90 à 100 membres, formée déjeunes
légitimistes.

gens tous

A

la suite

de

la dévastation
le

de ce

cercle, le G janvier 18o0,

un arrêté de M.

maire de Beaules

caire suspendit tous les cercles.

Les membres qui

com-

posaient ayant afïlué dans les divers cafés de la ville, un

nouvel arrêté de ce magistrat du Kî novembre

dernier

réglementa, d'après de nouvelles bases, cette sorte d'établissements.

La commune de Jonquières possède deux
nombre
b.

cercles d'un

peu près égal. Le premier se compose d'indivi-

dus, tous attacliés aux principes d'oy^Z/r. Les deux tiers des

membres du second

sont conservateurs^

le tiers

restant est

démocratique on roucje

[Mir rsjtrit d'opposition
sui-j)Ius

an maire.
VOrdre
compte

Les deux cercles sont au

autorisés l'un et l'autre.

La commune de Fourques
et

a aussi son cercle de

son cercle Démocratique
le

rouge. Le
à

prenîier

100 membres,

second de

"JO

GO seulement.

Toutes

les sociétés

du canton de Beaucaire sont des
i\

sociétés de secours mutuels

un fianc de rétiibution par
et

mois. Les malades y sont loyalement servis

rétribués

de

1 fr.

50 par jour pondant loule

la

durée de

la

maladie.

On

croit

que des propagateurs d'anarchie j)arcourent de
petites

temps à autre ces

communes

;

mais

les

cercles de

l'Ordre ne sont jamais visités par personne.

COUR D'APPEL DE NIMES

95

Canton de Saint-Gilles.
Les cercles
établis à Saint-Gilles sont

au nombre de 18

ou 19, aucun n'est régulièrement autorisé, mais tous sont
étrangers à la politique et n'offrent aucun danger jiour
Tordre.

Dans

la

commune de Générac, on

avait signalé

il

y

a

quelque temps une réunion de jeunes gens dévoués aux
idées démocratiques^ mais Finstruction judiciaire qui a eu
lieu à

son égard paraît en avoir amené

la dissolution.

Canton de Saint-Mamcrt.

Le canton de Saint-Mamert
le

est l'un des plus travaillés

par

radicalisme.

Au mois

d'août

1830, les
et

communes de
lors,
il

Charensac, Caveyrac, Saint-Cosmc

Saint-Mamert avaient
s'en est

chacune son cercle Démocratique. Depuis

formé un dans chacune des communes de Fons, de Gajan,
de Pérignargues, de Crespian et de Combas.

Moulezan, jNlontmirat
encore.

et

Saint-Bauzely n'en ont point
le

En

général ces cercles sont connus sous

nom

de cercles Démocratiques, de cercles des Montagnards,
des Tracailleurs.
l'on

Aucun

n'est autorisé.

Les dépenses que
reçoit

y

fait
;

sont fort peu de chose.

On y

un journal

on y chante des chansons démagogiques, les salles sont ordinairement décorées dVwô/èmes de la liépiisocialiste
hliqiie rotige. L'objet principal

de ces réunions est é\ine faut pas oubhcr que

demment
Nîmes,
la

la

poUtique

;

mais

il

dans ce canton,
l'esprit

comme dans

tous les autres,
le

comme

à
et

de secte religieuse est

premier mobile

principale cause de toutes ces oppositions.

96

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Canton de Sommières.

A

Sommières

il

existe

deux sociétés remontant à l'année

1830. La première compte parmi ses

membres

les

princi-

paux habitants catholiques,

et est

toute dévouée à l'ordre.

La seconde
il

est formée

de républicains avancés. En 1848,
les principes

s'en est formé

une troisième qui professe

socialistes et mérite d'être surveillée,

La commune d'Ai^ues-X'ives possède deux
plus

cercles.
le

Le
et

nombreux compte, parmi
Il

ses

membres,

maire

l'adjoint.

est démocratique mais opposé au désordre. La

cotisation est de six centimes par semaine.
cle,

Le second cer-

beaucoup moins considérable, appartient aux opinions
Il

les plus radicales.

y

a eu division entre eux. Les pre-

miers sont des aristocrates pour les derniers.

Les deux cercles
cratique de
la suite la

dit l'un

des Travailleurs l'autre

Démo-

commune de Congvnies
(hi

ont été dissous à

de l'arrestation
.

serrurier Coudoup^nou (affaire

de Lyon

A

CalvissoM,

il

à l'hùtel

du Midi

et celui

y a plusieurs cercles, celui qui se réunit qui est au café César Verdier proexagérées
et

fessent les opinions démocralirjues les plus
agitent tout le pays.

Canton de Vaavert.
Le
chef-lieu

du canton de ^'au^ert possède
Bienfaisance qui
s'est

dt^puis

1849

une société

dite de

plus tard scindée

en deux. Les plus chauds

et les i)lus

ardents en politique

ont quitté le cercle Boissier et se sont installés au café

Accido, l'un
socialistes,

et l'autre

de ces cerclc>s j)rofessent des idées

aucun

n'est

légalement autorisé.

COUR D APPlîL DE NIMES

97

Le

Ca3'Iar

compte

trois

réunions; celle des Cannes, chez
et

Beausson, aubergiste, de 35 membres
est prépondérante. Celle des

dont rinfkience

Chasseurs montagnards, de
de la Jeunesse d'une beau-

60 membres,

et enfin le cercle

coup moins grande importance.
Elles datent de 1842, 1846 et

1848

;

aucune n'a

fait

de

déclaration et n'est autorisée.

Toutes se distinguent par

l'exaltation de leurs opinions radicales.

U
bli

existe depuis

longtemps à Gallargues des réunions
;

de plaisir qui sont sans aucun danger

mais

il

s'y est éta-

en outre, depuis peu, des cercles qui sont de véritables

foyers de démagogie.

Le Cercle Bistoquet,
;

2;')

membres,

les plus ardents

du
in-

j)arti

2° société de la

Montagne, oUmembres. Son nom
;

dique assez ses tendances
de 1845, est autorisée
et

ha Jeune France^
1)0

celle-ci date

compte de

ù 100

membres,

opi-

nions socialistes très avancées, dans les trois sociétés. Les
opinions de cette

commune sont en
y

général très exagérées.
il

A

Vergèze,

il

a plus de modération,
dit

s'y

est

formé

cependant depuis peu un cercle
dépasse déjà
le

des Trarailleurs qui

chiffre

réduit de la cotisation
celte réunion,

de 150 membres. Le prix très amène tous les jeunes gens dans
faisaient partie

une foule d'individus qui
et

du

cercle

modéré

conservateur.

C'est

encore

un foyer

d'idées socialistes.

Codognan possède un

cercle en tout semblable sous le
11

nom de
rée

Cercle des Travailleurs ou de la Montagne.

est

composé de 50 membres et se réunit dans une pièce décod'emblèmes en harmonie avec son
esprit qui est des

plus socialistes.

Une

des sociétés les plus violentes du canton de X'auverl

est celle fondée à Bcrnis
TcnEiiNOFC

au Château, en

1841).
7

98

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
Elle fut aulorise'e sur sa

déclnralion qu'elle ne serait
a

point

politique,

mais

elle

singulièrement changé de

caractère. Elle n'avait d'abord que Iomemi)res, mais elle
s'est

augmentée depuis

d'à

peu près autant de jeunes

gens.

Les deux sociétés qui existent encore à Uchaud, chez
Ravier, dit
Ilissard,

en vertu d'une déclaration

faile

en

février 18"i0. et l'autre à ^^.., dite sof/V/é do la liicnfai-

sance se dislinguent toutes

les

deux par un républicanisme
de cercles est assuréa li'eiile-cin(| en
loul.

ardent, sans cependant toucher encore au socialisme.

EiiHu

le

heu où

l'on voit le |)lus
il

ment

la ville

de .\imes;

y en

Vingt se composent de membres professant des opinions
légitimistes
;

neuf sont formés d'hommes ù opinions mélanet

gées; quad-e sont sociaMs/cs

deux ap|)arliennenl

à la

nuance
cercle

des

n'ittihlicdiii^

ficafirrs

non

sncialistes.
vi

Le

du Drni/ nafio/ia/, celui de YAiizicr
réitnis ont été dissous,
il

enhn des
pai*

Amis

y

a

quelques mois,

divers arrèhVs de

^L

le préfet

du Gard. Les deux i)rcmiers

étaient légitimisles, le troisième socialiste.

AlUlONniSSKMF.NÏ DU \'l(iAN

Canhui

ilti

\'h/(i/).

La Loge viganaise. Cette
politique, elle existe depuis

société n'a pas

un caractère
et

de longues années

a été

autorisée légalement. Elle est composée d'environ 80
bres,

mcm--

parmi

les(juels

figurent

plusieurs

fonctionnaires

publics.
2"

VAssocKilion fraternelle,

maison

d'Alzon.

Cette

société présidée par

M. Louis d'Assas,

adjoint à la mairie

COUR D'APPEL DE MMES

99

du Vigan
nion

s'est constituée

non politique par sa déclaration

du 6 septembre 1848,
légilimiste

Elle

comprend

la généralité

de l'opi-

modérée.

Son nombre jadis

illimité "se

compose aujourd'hui de loO menibres environ.
Elle prend parfois

un caractère

politique,

notamment

toute les fois qu'il s'agit d'élections. Elle est

composée de

pères

de famille et d'artisans paisibles.

Sa dépense ne

porte guère que sur le loyer

du

local et le prix de quel-

ques journaux.
3"

La Réunion cVAniis, maison M...,

se

compose généet

ralement de chefs ouvriers au nombre de 60 environ,
est présidée
jjar

le

sieur Chabal, maître serrurier, elle
juillet

s'est constituée

non politique par sa déclaration du

1849. Elle compte quelques

membres dont

les opinions

sont très avancées, mais qui ne v'ont pas cependant au
socialisme.
4"

Le Cercle d'Amis

est

composé de négociants
politique par sa

et

d'indus-

triels et

compte 50 membres, tous anciens conservateurs.

Elle s'est constituée

non

déclaration du

18 octobre 1848.
Elle n'a jamais
o"

donné

lieu à

aucune

plainte,

La Franche Amitié.
les opinions

Elle se
;

compose de 15 jeunes
pas pohlique
et

gens de toutes
fait

elle n'est

a

sa déclaration le 31 octobre 1850.

Canton de Saint-Hippolyte.

Le Cercle

d'-s

Travailleurs, déclaré non politique le
la

1" mars 1850, sous

dénomination de Société de secours
le

mutuels. H a été dissous par un arrêté de M.
Saint-Hippolyte,

maire de
il

en date du 4 novembre 1850, mais

existe encore sous l'apparence d'un café.

Les hommes

les

10Ù

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

plus exaltés de l'opinion démagogique avaient présidé à la
création
n'était

de cette associnlion, dont

le

caractère politique

pas contestable. Le nombre de ses

membres

s'élela

vait

à 4o0, tous recrutés

dans

les

rungs inférieurs de

population.

Le Cercle Démocratique. Cette réunion compte envi-

ron 100

membres

apj)artenant à l'opposition démocratique.
11

Elle a été certainement formée dans un but politique.

a

eu pour résultat de modérer, en

la

contrebalançant, l'action

du cercle des Travailleurs.
3° L'Association de secours

mutuels^ fondée en 18o0
la

et

dont les statuts ont été déposés à

sous-préfecture du
est

Vigan

le

27 septembre dernier. Elle

composée de

117 membres de toutes conditions

et pi'ofessions, aj)parte-

nanl à toutes les nuances du parti modéré et conservateur,

mais particulièrement au

pai'ti

légitimiste. Elle est réelle-

ment une
tique.

société de secouis mutuels, s'occupe

peu de

poli-

On

assure que l'autorité pouri-ail compter sur son

concours en cas de nécessité. Sa création a été une sorte
de réaction contre
l'esprit qui a j)résidé

à

la

formation des

deux aulics

cercles.

Canton de Lasallc.

Aucun
dissoute
le

cercle n'existe dans ce canton.
Pliil/iarniu/ii(/ue qui existait à Lasalle a été

La Société
j)ar

raulorilé iulmiiiislralixc vu

même temps que

Cercle des

T racaille urs de Sainl-Ilippolyte.
Canton de Quissac.

i"

La Société du Quai

existe régulièrement depuis le
cotisation.

11 avril 1841.

moyennant une

Le

cafetier four-

COUR D'APPEL DE NIMES
nit à toutes les

101

dépenses de

de ses membres est de 06.
et le

Wer, journaux, etc. Le nombre On y reçoit la Presse, le Siècle
L'opinion démocratique se

National. Le plus grand nombre de ses membres

s'occupent peu de politique.

trouve en majorité. Pris individuellement, les sociétaires
sont fort éloignés des idées socialistes, mais lorsqu'ils sont

réunis et placés sous l'influence des journaux,

et

de quel-

ques meneurs étrangers à
ner aux idées do désordre.

la localité, ils se laissent entraî-

La Société du Pont
National
;

est

composé de 34 membres,

elle

reçoit le

son organisation et ses tendances poli-

tiques sont à peu près identiques à celle de la Société

du

Quai.

Le Cercle des Tracaillrursdi

été dissous

en novembre

dernier, lors
il

du transport de l'autorité judiciaire à Quissac;

n'existe plus aujourd'hui.
Il

s'est

formée à Saint-Théodorit une réunion qui a
Il

fait

sa déclaration et s'est constituée non politique.

paraît

certain qu'elle s'occupe des soins de recueillir des secours

en faveur des familles de détenus. Elle sera l'objet d'une
active surveillance.

Canton de Sauve.

Le Cercle des Travailleurs de Sauve dissous
s'est reconstitué le

le

4 no-

vembre dernier
voisin.
Il

lendemain dans un local

vient d'être dissous de

nouveau par un arrêté

récent de

M.

le préfet.

Cette réunion formée, présidée et

inspirée par le sieur Emile

Fcrmand, anarchiste des plus
plus

dangereux,

est sans contredit la plus violente et la

révolutionnaire de toutes celles qui existent dans cet arron-

dissement
excès.

et serait

capable de se hvrer aux plus graves

102
Il

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
est

urgent

que

le

gouverncmenl
êli'C faite

fasse

droit

à

la

demande

qui vient de lui

par M.

le préfet

du Gard

de dissoudre la garde nationale de cette

localité.

Le Cercle des travailleurs de Durfort, composé de 71 membres, créé et présidé par le sieur Emile Fermand,

comme
celui-ci.

celui de
Il

Sauve

n'est en réalité qu'une

annexe de
celui de

vient d'être dissous en

môme temps que

Sauve
il

et celui

de Logrians par M.

le préfet. L'arrêté

dont

s'agit, sera

mis incessamment à exécution dans ces deux

localités.
3''

Le Cercle des travailleurs de Logrians dont

il

vient

d'être parlé n'est,

comme

celui de Durfort, qu'une succur11

sale de celui de Sauve.

y a

allilialion

enti-e

ces trois

cercles.
Il

existe à

Sauve

trois autres cercles

composés de nota-

bilités

de
le

la ville;

Tune

est démocratique, l'autre conserIls

vateur,

troisième légitimiste.

n'ont pas d'ailleurs de

but politique suffisamment caractérisé.

Canton de Sumrne.
Le Cercle démocratique ù Saint-Laurent-le-Minier
est

composé de 3u membres;
questions politiques.
lieu à
Il

il

reste

peu

j)rès éli-anger

aux

Il

existe régulièrement et n'a

donné

aucune

plainte.

s'est

formé quelques autres réunions sur divers points
elles n'ont
j)oint

du canton de Sumène, mais
tique.

de but poli-

Dans
Trêves

les

cantons d'Alzon, Saint-Andrv, de \'alborgne.
il

et ^'alleraugues,

n'existe

aucune réunion ayant

un caractère politique.

cour dappkl de nimks

103

Arrondissement d'Alais

Canton d'Alais.
Il

existe dans la ville d'Alais

deux moitiés qui se sont

constituées après avoir rempli les formalités matérielles

exigées par la
(\e

loi.

L'une des deux sociétés a pris

le titre

Cercle démocratique; l'autre s'appelle Cercle des Ira-

lailleurs.
et

Ces deux cercles ne formaient jadis qu'une seule
la minorité,
le

même

réunion; mais une scission s'étant déclarée parmi

ses

membres,

composée des plus ardents, se
démocrates

sépara pour former

Cercle des travailleurs.

Ces deux

sociétés sont fréquentées par des
ils

exaltés de la localité; néanmoins,

vivent d'une manière

assez paisible, se soumettant aux ordres et à la surveillance

de

l'autorité, et

ne font aucune manifestation contraire aux

lois.

A l'époque

de la découverte du complot de L} on, une
se

certaine agitation

manifesta dans

les

deux cercles.

C'étaient des allées et des venues continuelles; mais cette

émotion a cessé depuis que
espérances s'évanouir.

les

démagogues ont vu leurs

La

situation pécuniaire de

ces deux cercles paraît peu
est hors d'état

prospère. Le plus grand

nombre

de contriet les chefs

buer aux cotisations exigées parles règlements

sont fatigués des sacrifices qu'ils ont été obligés de faire
jusqu'ici.

Le nombre des

sociétaires des

deux réunions peut

se porter à 4 ou oOO environ.

En résumé,
piil

ces deux sociétés sont dangereuses par l'es-

qui les anime; mais dans ce

moment,

elles

sont im-

puissantes pour troubler l'ordre; elles sont d'ailleurs l'objet

104

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
la

d'une surveillance
locale.

plus active de

la

j)ati

de

l'aulorili'

Canton fl'Anduze.

A

Anduze,

il

existait

un Cercle dê/nocratirjne asseznomle

breux qui a été dissous par voie administrative vers
d'octobre dernier.

mois

Depuis celte époque,
réunion de ce genre.

il

n'existe dans ce canton

aucune

Canton de Barjac.
11

s'est formé,

il

\

a

doux mois en\

ii'on,

une Socièfr

f^emocra//ç'«e qui est composée d'un très petit M()iid)re de

membres;

elle n'a

aucune chance de réussite
le

et

ne parait

pas devoir jeter de profondes racines dans

pays.

Canton de (jrnolhac.

Un

cercle

dit

de l'Union scst formé
Il

il

v a peu de temps

au chef-lieu de ce canton.

est

composé de 20 membres qui
cercle qui ont été soumis à
;

sont connus pour être les démocrates les plus exaltés delà

commune. Les

statuts de ce

l'autofilé administrative sont insignifiants

mais laulorilé

locale pariu't croire

que

celte société constitue

un

\

éritable

club.

Des renseignements ont
je pr()vo(|iierai
li"()nl

»''lé

dotnanch's à

cpii

{\o

droit, et
pai'ai-

ultérieiMHMUcnl leUes nuvsurc's

(|ni

me

nécessaires.

Canton de Lrd'nptan.

La

situation de ce canton, sous ce ra|)poit. parait devoir

appeler d'une manière spéciale ratlention de Taulorih''.

.

COUR D'APPEL DE NIMES
Lédignan.
Il

105

existe au premier étage cVune

maison ap-

partenant au sieur Jourdan et au-dessus du Café républi-

cain

une, société "dite la

Fraternelle qui correspond

avec

les autres sociétés

du canton. Le personnel de ce cercle
formé
aussi au
chef-lieu

passe pour être très dangereux.

Boucoiran.

11

s'est

de cette

commune un cercle composé
Aigremont.

d'individus qui appartiennent

à l'opinion ultra-démocratique

On

signale l'existence d'une société qui tien-

drait ses séances chez

un sieur Loubatière, adjoint de

la

commune. Elle est fréquentée par les démagogues.
Canton de Saint-Jean-du-Gard.
Il

existe au chef-lieu

un cercle

dit

démocratique qui
Il

est le rendez-vous des socialistes de la localité.

paraît

que

cette société constituerait

un véritable club. Le nombre

des sociétaires se porte, dit-on, à 400.
les

On

n'y reçoit que

journaux

très

avancés, et les

effigies

de Barbes, de

Ledru-Rollin et de Robespierre tapissent les murs de la
salle.

Ce

cercle n'a jamais été [autorisé
et

si

ce n'est parla

présence du maire

de quelques conseillers municipaux.

La

fermeture de ce cercle est indispensable.

Canton de Vézénobre.
II

s'est

formé

trois cercles

démocratiques dans ce can-

ton.

L'un au chef-lieu, l'autre au nord,

le

troisième à Brignon.

Le

parti

rouge a de

la force

dansées

localités.

Cependant,
n'auront

l'on

croit

généralement que
et

ces associations

qu'une existence éphémère,
agricoles

que

le

retour des travaux

amènera leur désorganisation.

lOG

ASSOCIATIONS ET SOCŒTÉS SECRÈTES

.VimONOISSEMCNT d'UzÈS

Canton dr Uag)iols.
1° le

Cercle Blac/ih-c, autorisé parle niiiiistrede riiih-rieur

10 mars 1847. But avoué, lectures de journaux, jeux et

consommations. Les sociétaires sont au nombre de 60
environ.

Leurs tendances politiques paraissent sages

et

modérées.
2° Cerclr dti cafc

du Coimncrcc, autorisé par M.

le

mi-

nistre le

28 février 1831). But avoué: Lcctuies des journaux

jeux

et

consommations.

Cette réunion, au nombre de 70, est composée de républicains modérés, de

montagnards
les plus

et

de quelques

légiti-

mistes. Elle pai'aît subir l'induence des idées socialistes.

Cependant,
sont
rctii'és.

les

membres

avancés de ce parti se

Cavillargues. Société de secours sans aucune autorisation.

Son but avoué
dans
le

serait la bienfaisance,

son but secret,

la politique

sens des idées demagogi(]ues. Les meet judiciaire

sures

pi'ises

par l'autorité a(lminislrali\e
Il

ont

désorganisé celte société.
lef,

existait des

sociétés à (^ado-

Chusclan

et

Laudin.

l'ar suiU^

des mesuies pi-ovoipiées

pai' l'autorité supérieui'C, elles

ont (Hé désorganisées.

C (in ton de Siiint-Chaptes.

A

Saint-Cliaptes

1"'
:

Corel r ou café i/irz Fitrsticr, sans
:

autorisation.

But

avou(''

Lecture des journaux

et

consom:

mations. Tendance politique bonne.
20.
2° Cercle de la Fraternité ,
v[i.\h\'\

Nombre des membres

en 18t8, sans autorisa-

.

COUR DAPPEL DE NIMES
tlon.

107

But

secret, triomphe

du socialisme. Le nombre des

sociétaires est de 40.
3° Cercle

de l'Union, fondé en 1849, sans autorisation.

Rut

secret, la propagation des idées socialistes.

Le nombre

approximatif des

membres

est

de 38.

Ca)ilon de Lussan.
Il

n'en

n'existe pas dans

ce canton qui

mérite d'être

signalé.

Canton du Pont-Saiïit-Esprit
Pont-Saint-Esprit. Cercle sans dénomination particulière,

fondé en 1848. sans autorisation. Tendances hostiles au

gouvernement. Le nombre approximatif des membres
de 300.

est

Canton de Remoidins.
Remoulins. Société dite de secours inutueU, fondée en
1850, autorisée
le

10 février 18o0,

par M. Gilly, maire,

révoqué depuis. Secours au moyen de cotisations mutuelles.

But

secret, triomphe des principes

démagogiques. Nombre

approximatif des membres, 71.

Fournès. Société de Bons-Secours, fondée en avril 1848,
autorisée par le maire, le 21 avril 18o0. But avoué,
faisance.

bienactuel.

But secret,

hostile

au

gouvernement

Tendances

politiques socialistes.

Saint-Ililaire-d'Ozillan. Société qui n'est désignée sous

aucun nom. C'est une
elle n'est

coterie électorale fondée en août 1848,

pas autorisée. Son but est de contrarier l'autorité
lui

municipale, et de

préparer une défaite aux élections

108

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

prochaines. Tendances politiques légitimistes.
la

Membres qui

composent, 80 environ.
Pouzilhac.

Société économique, fondée en mai IHoU,

sans autorisation.
politiques hostiles

But avoué,

la bienfaisance.

Tendances

au gouvernement. Elle

est

composée de

8

membres environ.

Canton de Hoqucmaiirc.
11

n'existe pas

dans ce canton de société proprement
les

dite.

Mais

il

y

a, d'après

renseignements fournis, une
fait

société dite
active.
11

des

MonKif/nards qui

une propagande

va

des chefs connus àRoquemaure. à Sainl-Lau-

rent-des-Arbres et à Landun. Les

membres
recueillis.

seraient

nom-

breux d'après

les

renseignements

Canton dlzis.
Uzès.
déclaré à
1"

Cercle de
la

la

Hrnriissiuive,

établi

en

1848,

mairie le 6 octobre
soci<'t('.

18 18.

But, lecture de

journaux
les

et

jeux de

Tendances politiques bonnes;
en 18 tO, dt'claré
et

membres

sont au

nombre de 40 environ.
ïou(U''
i^

2" Cercle

na/iona/

la

mairie le

10 mai 18t9. But, lectures de journaux

jeux de société.

Tendances politiques bonnes.
70 membres.
3" Cercle

Il

est

composé d'environ

on droit national, fonde on
i8.">0.
;

I8.j0, dé-clari'la

la

mairie

le

20 juin

But,

préparei-

eandidatiiie

de

M.

le

Lourdonai

tendances

h'-gilimistes.

4" Société dite de Saint-Patient, t'iablie en juillet 1850.

But avoué,

la

bienfaisance.
est

Tendances

légitimistes.

Le

nombre des membres

de 440 environ. Celle société eût

COUR DAPPEL DE NIMES

109

exercé une grande influence sur les élections municipales
et cantonale, si la nouvelle loi n'avait frappé

de déchéance

un grand nombre de
déclarée à
faisance.

ses

membres.

Saint-Quentin. Société de Sainf-Patieni ^ fondée en 184(1,
la

mairie

le

4 janvier 1850. But avoué,
légitimistes.

la bien-

Tendances politiques
environ,

Elle

a 200

membres

môme

observation que pour la

même

société établie à L'zès.

Canton de Vi/leneuve-Lt;z-Av?gnon.
Villeneuve. 1° Société dite de la Montagne, fondée en

1848, sans autorisation. Son but

est

le

triomphe de la

démocratie

la plus

avancée, avec tendance très marquée

pour

les idées socialistes. Elle est

composée de 30 membres

environ.
2" Cercle national
,

fondé en septembre 1841). Autorisé
est

par

]M. le préfet

du Gard. Son but

de combattre Tin[)olitiques

fluencc des idées anarchiques.

Ses tendances

sont

le

maintien d'une république modérée. Le nombre n'est
il

pas déterminé,

est de

30 environ.

3° Cercle de secoars établi en 1842, autorisé par le
le

maire

18

novembn;

184."').

Son but

est la
Il

bienfaisance. Ses

tendances politiques sont bonnes.

est

composé d'environ

30 membres.

Vaucllsf..

Ahuondissemiînt u'Apt

Canton d'Apt.
Trois cercles connus sous
le

nom

de réunion Reboulier,

Roubion

et

Dufour.

110

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
poli-

Les deux premières ne s'occui)ent nullement de
tique.
11

est

autrement de

la troisième.

Tous

les sociétaires

sont d'ailleurs des pères de familles intéressés à l'ordre et
fort paisibles.

Canton de Cordes.

H
Il

existe

un cercle

clans

la

commune

de Rouslillon.

a été

fornK'

avec l'autorisation de

l'autoritt'

munici-

pale.

Les membres appartiennent à l'opinion
avancée; mais
ils

démocratique

ne se sont jamais livrés à des manifes-

tations répréhensibles et

mon

substitut est d'avis qu'il n'y
la

a pas lieu d'en provoquer, quant à présent,
tion.

dissolu-

Canton dr Bonnicux.
Il

n'y existe

plus

que deux cercles;

l'im
i)as

dit

de la

Chambre,

établi à

Bonnicux, l'autre qui n'a

de déno-

mination j)articulière, fondé à Menci'bes.
Ils

n'ont l'un et l'autre aucun caractère politique.

Plusieurs réunions avaient été créées sur divers points

du canton de Bonnicux, à
nant à l'opinion socialiste

la suite

de

la

révolution

de

février sous l'influence et la direction des
la

honmies apparte-

plus exagérée. Elles ont été
le |)réfct

dissoutes par les arrêtés de

AL

de \'aucluse. Les
fi

membres de

l'une de ces associations ayant contrevenu

l'arrêté préfectoral

en se réunissant de nouveau dans leur
le

ancien local ont été j)Oursuivis devant
police

tribunal de simple
à

du canton de Bonnicux
été-

et

condamnés
pai* les

l'amende;

un poin-voi en cassation a

formé

inculpés qui se

sont abstenus, d'ailleurs, de se réunir, depuis la décision

dont

il

a été l'objet.

COUR D'APPEL DE XLMES

111

Canton de Pertuis.
Il

y a dans retendue de ce canton
:

trente-six cercles réla

partis de la manière suivante

ving'tdans

commune

cle

Pertuis, quatre dans la

commune

de

la

Tour-d'Aig'ues, trois
celle

dans

celle

de Saint-Martin-de-la-Brasque, deux dans
trois

de la Bastidonne,

dans celle de Cabrière-d'Aigues,

un dans
Jouans
Il

celle d'Ansouis,

un dans

celle

de la Bastide-de-

et

deux dans

celle

de Beaumont.

en est plusieurs qui n'ont pas été régulièrement auto-

risés.

La

très

grande majorité des membres qui
la

les

composent

appartiennent à ro[)inion démocratique

plus avancée.

Un

certain

nombre

professent des idées socialistes.

Lorsqu'il
rales,
ils

y

a lieu de procéder à des opérations électo-

reçoivent le

mot d'ordre
faites

et

votent

avec en-

semble.

Les dépenses qui sont

dans

le sein

de ces réu-

nions sont en général des dépenses de consommation.

On y
besoin.
Il

prélève aussi une cotisation qui est employée à
affiliés

donner des secours à ceux des

qui sont dans le

est nécessaire
il

que tous ces cercles soient sévèrement
que plusieurs d'entre eux fussent

surveillés, et

serait utile

fermés.

Canton de Cadenct.
Les cercles sont au nombre de trente-six dans ce canton.
Il

y en

a dix dans
le

la

seule

commime
et

de Cadenet, ceux

connus sous

nom

de la Trcf/îe

de ta Bienfaisance^

112

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
inofîensii's ot

sont composés on tolalilé dliomincs

sans opi-

nions politiques.

Los huit aulrosdils:
Tdhlt' i()n(li\ la

les

Solda/s, /es Jni/irs. l'Elnilr, hi
les

Henonimée,

Lanciers, la

.]l/ssi()/i

et la

Basoche, ont un but
sés de socialistes.

polili(iiio v\

sont ^'ônéraliMUoiil

compo-

Un

arrêté,

émanant de
la

lauloi'ilé a(lminislrati\o,

a pro-

noncé récemment

lormoture do deux cliambi-ées, appe-

lées la Congoiirde et Les

Pompiers, où se réunissaient
la ré|)ul)li(iuo

les

hommes

les plus

compromis do

roug'c

dans

la localité.

Huit coi'clcs existent dans
le

la

connnunodo (]ucuron. Dans
les

y en est sept dans lesquels politiques sont sévèrement interdites.
il

nombre

discussions

Le Imilicme, présidé
dance
ti'ès

|)ar

un sieur Chaiirrl, a une tenet

marqu(''e

aux idées démagoj^'iquos

doit être

surveillé avec attention par Taulorité.
Ti'ois cercles ont été

formés dans
le

la

commune

de Tour-

marin;

ils

sont connus sous

nom

de cercle des Vieux,

des Militaires cl de Saint -And ré. Les (Kmix premiers s'oc-

cupent pou do
11

polilicpio.

on est auti'omont de
lait

la

l'éunion

Sai/it-A/idre, dans
tlu lieu.

laquelle se sont

inscrire tous les

démagoo-nes

Toutefois,

aucune manifestation
ou\orts dans

condamnable ne

peut

encore leur élie reprochée.
()uatr(^ cei'cles sont
la

comnnnie

d(^

Lauris,

celui
Ils

c/f'N

Vieu.r, de C ha n te- Vêpres,
(h'

liai ala et

Compagnies.
étrangers

sont composés
il

nu inbres

fort inolfensils,
faiic^

à la |)olilique;

convi(Mit toutefois de
fait

une exception

pour

le

quatrième au(|uol se sont

agi'éger les

démo-

crates pi'ononcés de cette connnune.
sibles jusqu'à présent.

Ils

se sont montrés pai-

COL'R

DAPPEL DE NIMES

113

A

Vaug-ines. un seul cercle bien composé ne s'occupant

pas de politique.

On compte

cinq cercles dans la
:

commune

de Villelaure

;

quatre d'entre eux, ceux

Antoine, Joseph, Vincent

et

André' sont restés jusqu'à ce jour étrangers à la politique.

Le cinquième,

celui

de Saint-Mathieu, composé de

8U membres est composé d'individus professant des idées
socialistes.

Celte réunion a été fermée par arrêté
cluse; ses
affiliés

du

préfet de

Vau-

ont cherché à se réunir sous une autre
local.
le triils

dénomination différente dans un nouveau

Poursuivis à raison de cette contravention devant

bunal de police du canton,

ils

ont été condamnés, mais

ont formé un pourvoi en cassation contre le jugement qui
les a frappés.

Ce pourvoi

a été accueilli et les contrevele

nants ont été renvoyés devant

tribunal

de police du

canton d'Apt qui n'a pas prononcé.

En apprenant
devant
la

le

succès du recours qu'ils avaient formé
cassation,
ils

Cour de
le

ont continué à se réunir

comme
J'ai

par

passé.

transmis à
faire

mon

substitut des instructions positives
ils

afin

de

constater chacune des contraventions dont

se rendront coupables.

Arrondissement o'AvKiNON

Canton d'Avifjnon.
Les cercles fondés dans cet arrondissement sont au nombre
de trente deux.

Le nombre des membres composant chacune de ces
réunions n'a pu être fourni d'une manière exacte.
TCHERNOFF
S

114

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Chaque membre
quand
il

est

soumis à une colisalion mensuelle,
le

est

dans l'impossibililé dVn acquitter

monlant.

la colisalion est

payée par ceux des sociétaires qui sont
pécuniaire plus avantageuse.
points

dans une

siliialitJii

Ces trenle-deux cercles sont répartis sur divers de l'arrondisse ment de la manière suivante
:

Canton
1"

d'Acif/ziou.
le
.'i

Cercle rèjjuhlkain, l'ondé
;

février

1849: socia-

liste

2° Cercle des Trarnitlfurs. lundé le
listc;
'.\°

">

mars 184U

:

s(.)cia-

Cercle de /'hid/fs/rie, fondé
;

le

:2(»

a\

lil

IX'iO

:

sucia-

liste

4° Cercle de la
socialiste
;

Fralemitc, fundé

le '11

octobre

I

S."»u

:

5° Cercle ISriO
()"
:

de la

Jeti/ir

(/luire,

fondé

le

27 novembre

socialiste.
\'ieille

Cercle de la
:

ijluire,

fondé

le

27 noxembie

18o0

socialiste;

1" Cercle idiilan/hroiiuiue, à Moi'ièi'es,

fondé

le

21

dt'-

cembrt'

184*.)

:

socialiste:

8" Cercle

\

èrilahle
:

na/i(in<d,

à

Morières,

IVindi'-

le

21 novembre 1841)
'.)"

démocr'ati(pie:
l'ordre, tonde le IW avril
18-')(l
:

Cercle des
;

Anus de

légitiiiiisle
10'

Cercle Solre-l)anie. fondé
;

le

1(»

avril IS-'id

:

lé-gili-

miste

H"

Socii'ti'

de
le

ri'iiiiin

(Kjruide
18*i(l
:

ri

Société des San'<;

Gvne, fondée

14 décembre

légilimislc
le
(>

12° Cercle national, à

Morières. fondé

mai I8i9

:

légitimiste

;

COUR D'APPEL DE NIMES

115

13" Cercle national, à ^^lonfrafet, fondé le 15 avril 18o0
légitimLsle.

:

14° Cercle catholique, fondé le 13 avril 1849

:

légili-

misle

:

tendance religieuse
l

et

de bienfaisance;
le

13° Cercle de

Union oucricre, fondé
;

8 juin 1849

:

tendance scientifique

16° Société philarmoniquc,

fondée

le

1"

juillet

1849

:

tendance musicale

et

d'amusement;
bienfaisance mutuelle, fondée
le

17" Association de

15 septembre 1848

:

tendance de bienfaisance.

Canton de Bédarrides.
Bédarrides.

Cercle ou Société de bienfaisance,
:

fondé

le

25

avril

1850

socialiste;

2' Cercle

établi

chez M. Jabouin,
;

rue de la Place,
légitimistes,

fondé

le

25 septembre 1850

mélange de

orléanistes et républicains modérés.
Sor-gues.

Cercle de bienfaisance, fondé

le 5 jan-

vier 1851
'2"

:

socialiste;
le

Cercle de l'U?iion, fondé

9 octobre 1849

:

légiti-

miste.

Canton de Cacaillon^.
Cheval blanc.
1850
:

Cercle de rCnion, fondé le 13 mai

modéré;
fondé
le

2° Cercle des Pères,
liste
;

octobre 1850

:

socia-

1. Je n'ai pas cru devoir faire figurer dans ce travail un cercle légitimiste qui a existé longtemps à Cavaiilon sous le nom de cercle d'Aigremont, pas plus qu'un autre cercle ultra-démocratique par le

motif que ces deux sociétés ont été fermées par mesure adminis.rative à cause de désordres graves dont elles étaient de\enues l'occasion et qui ont donné lieu à des poursuites judiciaires.

116

ASSOCIATIONS LT SOCIÉTÉS SECRÈTES

3° Cercle
socialiste.

de la Civilisation, fondé

le

19 décembre 1850:

Cnumonl.
18oU
:

Cercle des Vrais amis^ fondé

le

IG avril

légitimiste.

Cantmi de
Lislc.

Liste.

Cercle de la Fraternité,
veille
le
:

fond(''

le

22 dé-

cembre 1848, républicains delà
2"

socialiste;
l8i-0
:

Cercle de la Concorde, fondé

22 décembre

socialiste;
3° Cercle

de la S,,rf/ar, fondé

le

1)

juillet

18oU

:

légiti-

miste.
Saint- Saturnin.
jiifjae,

\"

Sociétc nationale
18t'.)
:

et jjliila/tt/iro-

fondée

le

10 avril

républicains et

socia-

listes

;

2' Cercle de

l'Union,

fondé

le

li

mai 18:jU:

légiti-

miste.

Saumancs.

Cercle de

la

Pair, fondé

le

lu juillet

I8i<.): légitimiste.

Le Thor.
L'gitimiste.

Cercle national, fondé

le

l'i

février

1849

:

Cantitn de Carpentras [nord et sad).

Le cercle
qui était
le

le

plus dangereu.x de tout l'arrondissement et

quartier général de tous les autres, existait à
le titre

Carpentras, sous
rendez- vous

de Cercle national. C'était
et

le

des

démuc raies
il

des socialistes les plus

avancés.

Il

a été fi'rmé

y

a

environ un mois et demi

par arrêté de M.
anciens

le préfet

de \'aucluse. Aujourd'hui, ses

membres

sont dispersés dans divers cafés du parti

COUR DAl'PKL
rouge.
Ils

DL:

NIMES
:

117

cherchent à se réunir de nouveau

mais leur réor-

ganisation ne s'est pas encore réaUsée.
Sarrians.

Il

existe chez le sieur Breton Biaise,

une

Société dite
vidus du

parti

Monta f/narde, composée d'environ 300 indidémocratique. On y reçoit deux journeaux
:

la République et la

Démocratie de

Vaucluse. Elle n'est

pas autorisée. Elle pourrait être facilement dissoute par
voie administrative.
Loriol.
lité

— Le cercle du
le

parti

rouge existe dans

la loca-

sous

nom de
Il

Bienfaisance.

En

réalité,

son caracles

tère est politique.

est fréquenté par des

démocrates

plus avancés.
taire

Le

sieur Cardon, instituteur privé et secré-

de la mairie, signalé par l'exaltation de ses opinions,
Il

est à la tète.

n'est pas autorisé

comme

cercle politiciue,
la clôture.

et l'autoiité administrative pourrait

en opérer

Monteux.

— Le

cercle le plus avancé de cette localité

est tenu par le sieur

Gauthier

:

c'est le foyer
"i

de toutes les
le

idées anarchiques dans celte ville de
parti

000 âmes, où

rouge

est en majorité.

Le commissaire de
portraits des

police

y

a enlevé dernièrement les
étaient exposés.

condamnés de Bourges qui y
été fermé,
la suite
il

Le Cercle Blanc a
miste.
existe encore

y

a environ un mois
légitile

par arrêté préfectoral, à
Il

d'une manifestation

une autre réunion connue sous

nom de

Cercle Gauthier.

Ses membres professent aussi

l'opinion légitimiste. Je vais

me

concerter avec l'autorité

administrative dans le but de faire dissoudre celte réunion
qui n'a pas satisfait aux exigences de
la loi.

Les autres communes de ces deux cantons ont aussi
leur cercle Blanc et Rouge,
pacifique
public.
et

mais leur caractère

est plus

leur

existence est compatible avec l'ordre

418

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

Canton de Murntoirn/i.
Mormoiron.

— Le Cercle

démocrate

établi chez le sieur

Acliard est compose
les nuits

d'hommes

très exaltés.
Il

en réunion nombreuse.

est

autorisé

On y passe comme
effet

cer'cle ordinaire.

Son existence produit un mau\ais

dans
tive.

le

pays.

Il

pourrait ctie dissous par voie administra-

Malemort.
litique

Il

existe
le

dans cette

localité

un cercle po-

désigné sous
parti

nom de

Cercle national, composé

d'hommes du

rouge

les |)lus exaltés.
le
|)réfet.

lia été dissous jjar ariôlé de M.
cette ancieiHie société se i-éunil

L'écume de
du cabaret
t-t

dans une

salle

du sieur Jacques où

l'on rcruit la liéjjtdjlirj/n'

le

Démo-

crate de Vauclnse, mais en se conformani aux arrêtés de
police pour la surveillance de la

gendarmerie

et

la sortie

des lieux publics.

Dans

les autres

communes du

canlon,

il

n'existe

aucun

cercle de nature à a|)peler l'attention de l'autorité administrative ou judiciaiiv.

Can/iin de Per/ies.

Pernes.

Il

existe à Perncs

un cercle compose- d'hommes
sous
et le

apjjarleiiant

au parti

dt'nioer'aiiciue

nom de

Cercle

national.

La réunion

n'est

que tolérée
mais

non autorisée par
pas en hosti-

l'administration municipale,
lité

elle n'est

avec l'ordre

|)ublic.
le

Velleron.

— Cette commune dont
|)arti

caractère politique
dits.

est très avancé, n'a pas de cercles proprement

Les

hommes du

rt)uge,

(>n

grande

majorilt"' (buis

ce pays,

\onl dans les caft's

ou eabarels, qui quoi(]ue

i)ublics

ne

COL'R D'APPEL

DE NI.MES

119

sont fréquentes que par des personnes de cette couleur.

Les autres communes du canton, Saint-Didier, Lebauss
et la

Roque-sur-Pernes, sont

fort paisibles, restent

presque

étrangers à la politique et n'ont pas de cercles.

Canton de Suull.
C'est
tout à
le

canton

le

plus calme de Farrondissement,
la politique.

Il

est

fait

en dehors de

Aussi

il

n'existe

aucun

cercle de nature à intéresser Tordre public.

Arrondissement d'Orange
Toutes les réunions ayant un

but

politique

formées

dans cet arrondissement à
Février sous
la

la

suite

de

la révolution

de

qualification

de

cercles

démocratiques,
la civilisation,

cercles de travailleurs, cercle national

ou de

ont cessé d'exister depuis plusieurs mois, soit parce que
l'autorité administrative les a dissoutes, soit

parce que les

éléments qui avaient pu rendre leur création possible ont
disparu.

Dans

la

plupart des

communes de

l'arrondissement

d'Orange, les adeptes de chaque opinion politique ont
adopté un café ou un cabaret dans lequel
sent pour
ils

se réunis-

y

lire

les

journaux.

Aucune

cotisation, n'est

imposée aux individus qui fréquentent ces établissements,

aucun

statut

ne les

lie

les

uns aux autres. Ces lieux
ils

appartiennent complètement au public et
l'objet

peuvent être
la police

d'une surveillance

facile

de

la part

de

ou

des agents de l'autorité.
Il

n'existe dans toute l'c-tonduo de l'arrondissement

que

120

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

quatre cercles qui ont été régulièrement autorisés; un à

Malons

et trois à

Orange.

Celui de Malons est composé de gens dévoués aux idées
d'ordre et de conservation sociale.
Il

n'a

aucun caractère

politique.

Les cercles d'Orange

ont été également fondés avec Tautorisation de l'autorité

compétente, et sont connus sous les noms de Cercle du

commerce, du prof/rès

et

du

droit natio/uil. Les deux

premiers n'ont point de caractère politique. Leurs membres
sont très inofîcnsifs et professent des opinions très mod('rées.

Le Cercle national
miste
tique.

est

composé d'un nombre consil'opinion
légiti-

dérable d'adhérents appartenant tous à
la

plus prononcée.

Il

a un but évidemment poli-

Les

frais d'entretien

sont payés par quelques

membres

qui subviennent à toutes les dépenses et pa^'ent pour ceux qui se trouvent indigents ou qui éprouvent tout au moins

quelque

difficulté

pour solder leur cotisation.

Lozère.

— Arrondissf.mknt

di:

Mr.Nni:

Deux cercles seulement existent dans cet arrondissement, l'un à Mende et l'autre à Lanuo2:ne.
Ni l'un
politique.
Ils

ni

l'autre

n'offre

le

caractère

d'une

n'union

sont composés de fonctionnaires

publics,

de

jiro-

priétaires et de négociants qui ne s'y rendent

chercher

la

distraction

que

l'on

que pour y se procure dans les éta-

blissements de cette nature.

Un

rapport parvenu au parquet de .Minde a

fait

con-

COUR D"APPEL DE NIMES
naître

121

qu'un sieur Benoit, notaire

et

maire
et à

à Yillefort

réunissait quelquefois dans sa maison

des époques

plus ou moins éloignées un certain
professant

nombre de personnes
très
la

des opinions

démagogiques

exaltées

et

appartenant aux départements du Gard, de

Lozère et de

rArdèclie. Les ordres ont été donnés à reffet d'établir une
surveillance -rigoureuse autour de cette

maison dans

le

but de vérifier l'exactitude de ces renseignements.

Arrondissement de Florac
Ily a également deux cercles dans l'arrondissement de
Florac, au chef-lieu de l'arrondissement, l'autre dans la

commune

de Meyrueis.
pris le titre

Le premier a

de Cercle démocratique nacar-actère politique.

tional; il a évidemment un

Son

exis-

tence a été notifiée

'à l'autorité

administrative qui ne lui a

concédé qu'une autorisation

[)rovisoire.
Il Il

Le
est

chiffre

des membres s'élève actuellement à 80.

n'était à l'époque

de sa formation, que de 30 membres.

composé

de chefs ouvriers,
petits

de quelques clercs, d'un

certain

nombre de

propriétaires, enfin de quelques

notables de Florac, au

nombre de quatre ou cinq
et autre

seule-

ment.

Les portraits de Barbes, Raspail
la

condamnés de

haute cour sont affichés dans les

appartements où se

réunissent les sociétaires qui doivent être surveillés avec
soin.

Le cercle
est

établi à

Mcyrueis a pris également

le

nom de

Cercle démocratique.
Il

composé d'éléments semblables à ceux du cercle

122

ASSOCIATIONS ET SOCIIOTES SECRKTKS
Florac
et

de

on y

professe

les

mêmes
et
il

opinions

poli-

tiques.
Il

est d'ailleurs en pleine

décadence
la

est

à la veille

de se fermer par suite de

position de ses

membres

qui

n'ont pas pu solder les d(''penses opérées jusipi'à ce jour.

AuHO.NDISSli.MKNT

I)K

MaUVKJOLS

Mon

substitut près ce

Irilnnial

me

fait

connaître qu'il

n'existe pris,

dans l'étendue de son arrondissement, un seul

cercle ayant un caractère politique.

AllDKC.IIE.

— Ahi'.ondisskmkm

i)i:

LvumcNTiKiiK

Quatre cercles seulement ont été fondés

cl

sont ou\ei'ls

actuellement dans celte partie du département.
gentière
et

Un

à Lai-

(rois

au \'ans. Us sont cMilièrement composés
ù l'ordre et

d'hommes dévoués

aux

lois;

ils

n'ont
.

pas de

couleur politique. Us sont régulièrement autorisés

AiUioM)issi:.Mi:M'

ni:

Toi knon

U

existe

un ou

plusieui's cercles

dans

le chef-lieu

de

chacun des 12 cantons dont se compose cet arrondisscnieid.

Ces réunions
généralement
tien

sont

de pur

délassement

;

elles

sont

comj)osées

d'hommes
La

intéressés Tau
est

main-

de la paix publique.

polit icpie

étrangère à

COUR DAPPEL DE NIMES
leur
loi.

123

organisai ion.

Ils

son(

autorisés

conformément à

la

Dans quelques circonstances, des
dans
la
le

efforts ont été tentés

but

d'organiser des sociétés démagogiques sous
efforts sont

dénomination de cercles; mais ces
suite

demeurés

sans résultat par

du défaut d'éléments propres à

favoriser de semblables réunions.

C'est ainsi que le seul cercle
constitué dans le chef-lieu de
se dissoudre de

démagogique qui

se soit

Tournon a

été contraint de

lui-même après quelques semaines d'exis-

tence.

AUUONDISSKMENT DE PrIVAS

Deux
sont en
Ils

cercles

dans lesquels

se

trouvait

confondues
d'ordre

toutes les professions libérales et où les

hommes

immense

majorité, ont été établis à Privas,

sont autorisés depuis plusieurs années.
la

Semblables réunions existent à
Saint-Andéol
et

Voulte

et

à

Bourg-

sont

composés également de

sociétaires

intéressés et dévoués à la paix publique.
Il

a été formé récemment dans

la

dernière de ces deux

villes

une réunion qui a

pris le titre de Cercle national.
s'}'

On y

a(hnet gratuitement tous les ouvriers qui veulent

présenter et qui sont de la sorte soustraits aux mauvaises

habitudes des cabarets.

Ce

cercle s'est formé avec le con-

cours de l'autorité locale.

M.

le prélet

de l'Ardèche a

fait

opérer,

il

y a plusieurs
à

mois, la clôture de deux prétendus cercles démocratiques
fondés, a|>rès la
ré\'olution

de Février, à Aubenas

et

Privas,
listes

cl

qui étaient composés exclusivement

de sociatous les

ardents, disposés à obéir

aveuglément

à

lf>4

ASSOCIATIONS KT SOCIETES SECRETES
cliefs et

ordres qui leur auraient élc transmis par leurs

capables de se livrer aux plus graves excès.

Une

organisation occulte

lie

encore les membres
doivent ôlre
l'objet

affiliés

de celte ancienne société.

Ils

d'une

surveillance rigoureuse et persévérante.

Je suis avec respect, etc.

Le procnrcf/r
Sis:né
:

(jhu'-ral,

CHAPITRE

IV

SOCIÉTÉS ET ASSOCIATIONS DANS LE DEPARTEMENT DU RHONE
ET SPÉCIALEMENT A LYON

SOCIETES-SECRETES'

Ferrandiniers

et Renégates.

Lvon

qui

possède

aujoiircrhui

une

population

de

177. OOU âmes, compte environ 7o.0Û0 personnes occupées

aux travaux de

la soie,

30.00U

métiers

battent en

ce

moment pour
ait

confectionner les plus belles étoffes qu'on

vues au monde.

Lyon, comme on

le voit, n'a

donc à proprement parler

qu'une industrie, car à côté de ces ouvriers se trouvent
toutes
les

personnes qui négocient

les

travaux dont je

viens de parler, et ce cbiiTre est encore considérable, ces

négociants habitués à l'aisance, je dirai
sont en o-énéral
intéressés outre

même
et

au luxe,

mesure

tiennent les

ouvriers à leur égard dans un état de dépendance tel que

ceux-ci ne sont réellement que des esclaves,

de

une

haine terrible qui s'envenime chaque jour et qui a donné
lieu à la création

de toutes les sociétés secrètes qui causent

1. Archives nationales, BB". 1473. Rapport du commissaire central de police du 20 septembre 1849.

126

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTKS SECRÈTES

tant de

mal

clans le

déparlement du Rhône

et

dans

les

lieux

ci

tcon voisins.

18-JO trouva la ville

de Lyon avec ses ouvriers

affiliés,

comme

la

majeure partie de ceux des autres grandes

cités,

aux sociétés de compagnon nai^-e.
Les

Compagnons du Decoir,

Les Renards de la Lihcrtv.

Les Drcorans,
Les hons Dri/Irs,
avaient leurs
il

hommes parmi
les

les

ferrandiniers. Jusque-là

n'y avait

rieti

de politique, des associations de secours
paysans, les
infirmes et
les

mutuels pour

malades

étaient le but réel de la section dite des Ferrandiniers.

Mais peu apiês
gèrent, tout
prit

les journ(''(\s

de

Juillet les
;

choses chanle

une couleur

|)olilique

sainl->inio-

nisme,

les

idées

phalanslériennes
celle

qui

fment

prèchées

appelèrent au
jusque-là,

communisme
contre ceux

masse d'ouvriers qui,
la

avail

vécu Ir-anquillement, on
qui

monta, on
on
lui
fit

Texaspéi-a déjà

j)ossé(laienl,
la

remarquei- que les négociants qui

faisaient

travailler

étaient riches et qu'elle ne possédait rien. Celle

remarque

produisit refTel
séparèr-enl,
le

le

plus déplorable,

les

ferramliniers se

nom

gén( ri(pie
;

l'appelant leur piofession

devint un signe polilicpu'

il

y

eut les fei-randiniers

e[

les

renégats.

Los ferrandiniers
qu'ils ne

s"unii'(Mil,

se coalisèrent el con\inrent

travailleraient (pi'à des condilions de tarif (piils

fixèrent
ciants.

eux-mêmes
pour

et

ipi'ils

lir-iMit

connaître aux négo|>osilionoù
ils

Les renégafs restèrent dans
tout
le

la

étaient,

ils Ir-availlèrenl

monde

à

des prix débattus

entre le connnerçant

et l'ouvrier.

DÉPARTEiMEiNT DU lillONE ET LYON

127

Celle
fort

séparation

causa pendanl longiemps des rixes
et plusieurs fois les tribu-

graves entre ces ouvriers,

naux
relles.

el la cour d'assises eurent à

gémir de leurs que-

Les choses conlinuèrenl
1834,

ainsi

jusqu'aux journées d'avril

naquit

le

mutualisme.

Mulut'Uisme.

Comme
tarif

je Tai expliqué, les ferrandiniers avaient fait

un

du

[)rix

des laçons dont

ils

ne voulurent pas se des-

saisir.

Ce

tarif les

privant souvent de travail, puisque les
les

renégats prenaient
sur la place,
ils

commandes

qui étaient

demandées
à cet

convinrent entre eux de se tendre récipro;

quement des
effet
il

sccour-s lorsqu'ils seraient sans travail
Cju'ils

fut

convenu

verserpient

2.j

centimes par
fabri-

mois par métier battant, puis 25 centimes par pièce
quée.

Ces secours mutuels permirent
et ils réussirent.

à

un grand nombre de

ferrandiniers de faire de la propagande parmi les renégats,
Il

y eut fusion au mois
fabricants.

d'avril i834_, tous

se déclarèrent mutuellisles, tous adoptèrent le

même
les

tarif

que njetèrent
tuelistes

les

C'est alors

que

mu-

sortirent avec
:

l'étendard de la révolte portant

ces mots
tant.

Vivre

c/i

/raiail/a/it,

on mourir en combat-

Les mutuellisles battus par l'armée, condamnés

i)ar la

Cour des pairs,
tuèr-ent,

redevinrent à

j)eu

près ce qu'ils étaient

auparavant, c'est-à-dii-e que les feri'andiniers se reconstimaintinrent
leur, lai'if,

se

tendirent des secours

et luttèrent

de nouveau avec les négociants et les rené-

gats.

128

ASSOCIATIONS ET SOCIIiTES SECRETES
ainsi jusqu'en 1848.

Los choses diirèrcnl
vrai de dire

Pourtant

il

est

que

les partis politiques travaillaient
et

sourde-

ment ces ouvriers
embrigadant ])armi
les

les

unissaient

de nouveau eu les
/es

les

sociétés

secrètes,
et

Familles^
les

Saisons,

les

Droits de

l'homme

mémo

Carbo-

nari.

On

verra {|uc Tœuvre de ces deux dcrnièics so-

ciétés fut d'établir celle des ^'oraces
soie.

parmi

les ouvriers

en

Février

18i8 trou\a

les ferrandiniers et

les renégats,

à peu près disposés à oublier encoi'e leurs guei-i-es inlestines^,

on

les excita de

nouveau contre

les

négociants

et

tous
les

se déclarèrent muluelistes, seulement on distingua

mutuelistes de

1834 d'aNOc

les

nouveaux, (^nix-ci
les autres

n'étaient encore guère
traire étaient les

que des Loups,

au con-

Compagnons du
chef de ceux-ci,

devoir.

Cornu

était le

Yallier le chef des nouveaux.

Les mutuelistes

fu-ent

de nouveaux prosélytes dans

la

banlieue, dans le département, et

même

dans

les arrondis-

sements de Trévoux (Ain), Villefranche (llhône), Vienne
et la

Tour-du-Piu

(Isère).

Ils firent |)lus,

sortant des sociétés

du compagnonnage,

et liés

seulement par un serment en raj)port avec celui des
ils

compagnons,

attirèrent ceux-ci ù eux, de sorte qu'au|)ai'mi les muluelislcvs un{> forte partie

jourd'hui on trouve

des menuisiers, chai-pentiers,

sei'ruriei's,

charrons, etc.

Aujourd'hui

la

corporation des mutuelistes,

organisée

comme

celle des

charbonniers, par

dixième,
<.\\\c

centième,
indiquées

millième, etc., compte (huis les localités

j'ai

au moins 23 à 30 UOO adeptes. C'est une armée des plus
dangereuses, c'est
le

socialisme entièrement organisé, et

pour eux

le

socialisme c'est la communauté.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
Leurs ressources sont toujours
approximativement.
30 000 métiers battant par mois.
. . .

\-2^

les

mêmes

et

les

voici

7 7

300 500

tV.

Une pièce par mois sur chaque métier.
Total par mois

15 000

fr.
fr.

Par an
Il

180 000
le voit

y a comme on

de quoi

faire

de

la

propagande

socialiste.

1"

Commandement du mutuellisme.
>i

V'

A

l'indication tu te rendras.
fois

Une

par mois strictement.

Connaissance de tout prendras

Pour ne prêcher comme ignorant.
3''

Lorsque tu indiqueras
Fais-le toujours franchement.

4*"

Egoïste point ne seras

»

De

fait

ni

de consentement.
tu rendras

La réciproque

A
^f

les frères justement.

Quand en
Lorsqu'un

fonctions tu seras

Exécute bien nos règlements.
7"
traître tu

apercevras

Observe-le soigneusement,
8"*

A
Au
Le

tes frères le déclareras
le

Sans
i)"

moindre ménagement,

mutuellisme tu tien Iras

Et aux devoirs pareillement.
10"

secret ne dévoileras

En songeant
TCIIEII.NOFK

bien à ton serment.

130

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

2"

Les devoirs de l'homme

et

du citoyen.

On

a vu à

hxon

les ferrandiniers séparés des renégats

depuis 1830 jusqu'en

1834, mais dans cet intervalle

la

presse, les utopistes avaient créé des sociétés secrètes, et
la plus fortement constituée était
dite

sans aucun doute celle
;

des Droits de

Thommc

et

du citoyen

elle

amena
les

à clK*

les mutuellistes

ou plutôt les ferrandiniers, car

renégats
et

n'en tirent point partie, et c'est en 1832, cette société

celles dites alors des Saisons et des Familles qui mirent les

armes aux mains des ouvriers.

En 1834, nom

elle était

toujours sur pied et

même

plus forte-

ment encore

qu'elle ne l'avait été

précédemment, car son
et s'ap-

resta attaché

aux mutuellistes qui s'appelèrent
l'horinnc.

pellent encore

Miilueh droits de
:

Les chefs étaient alors Lagrange.
Depuis
Droits
listes,
(le

Geiry, Vincent, Caussidière,

la défaite

des ouvriers on 1834,
citoyen,

la

société dos

l'homme

cl du-

comme

celle des Mutuelc'est l'avonc-

a sommeillé à

peu près jusqu'en 1840,

ment du

ministère

du 13 mars,
la

c'est la
la veille

Marseillaise,

chantée alors dans toute

France à

d'une guerre

avec l'Anglelerro

(|ui

la

reconstitueront.

Gerrv

et \'incent Guillaume firent de

nombreux prosé-

lytes et ariivôront ainsi complotant jusqu'en 1848.

La

révolution

de Février les trouva tous j)arfaitement

organisés, tous d'accord marchant au

même point, à

l'anéan-

tissement

(le

la propriété, et

poussant à

la guoi'rc tout

co

qui ne possède pas contre ce qui possède.

Les chefs,
étaient les

alors, de

la

société des Droits de lliomnie

nommés CastoL G.

Vincent, Bernard, Barrot,

.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
Murât, Yallier;
peler les
ils

131

créèrent les sections dont je vais rap-

noms

qui existent encore aujourd'hui, mais qui
:

n'ont pas eu de réunions depuis le lo juin
1° L'Egalité,

27" 28" 29" 30" 31°

La Persévérante,

2"
3"

La

Liberté,
Fraternité,

La

La
La

Sohdarité,

5° L'Unité, 6°

La Génératrice, La Socialiste, La Probité, La Sparlacus,

Vérité,

32" LIntrépide, 33" L'Indépendante,

L'Union,

8° L'Avenir,

34° Le Vengeur, 35°
36" 37" 38"

10"

La Justice, La Fécondité, La Concorde, La Force, La Montagne,
La Jeune Montagne,

La Légale,
La Dévouée,

11"

12°
13°
14"

39"

La Démocrate, La Spartiate, La Loyauté,
La
Bienveillante,

4U" L'Equitable,

15" L'Honneur,

41°

16°
17° 18"

La Sagesse,
La Prudente, La
Sévérité,

42° L'Humanité, 43"

La Propagande,

44" L'Intégrité,
45"

19" L'Indomptable,

La Vertu,

20° L'Exacte,
21" 22" 23°

46°

La Généreuse,

La Courageuse,

47" L'Incorruptible,
48" L'Immortelle, 49"

La La

Belliqueuse,

La Valeureuse,
Sincérité,

La Révolutionnaire
Genis).

(St-

24°

23° La Vraie Répubhque, 26°

50"

La Moralité
bane)

(Villeur-

La

Vigilante,

La

société des Droits de

l'homme compose

[sic)

aujour-

d'hui dans la

même circonscription que j'ai indiquée environ

132

ASSOCIATIONS ET SOQETES SECRÈTES

6 000 personnes, mais ces 6 000 individus ne sont pas tous
à njouter aux 30 000 mutuellisles, car beaucoup de ceux-ci
font partie de la société des Droits de r/ionwie.

Tout au plus

il

y

a 2 000

membres de

la société

des

Droits de l'homme
Mutuellistes.

qui ne font pas partie de la société des

3° Les Carbonari.

L'aore-lomération Ivonnaise, l'arrondissement de
(Isère)

Vienne

et

celui

de

Saint-Etienne (Loire)

comptent des

liommes, au nombre de 2 oOO environ, qui appartiennent

aux carbonari,

ils

sont en général ce qu'il

y

a de plus

résolu et de plus capable, politiquement parlant, de toutes
les actions.

Martin Bernard

est leur chef

dans

la

Loire

;

Bcrlholou leur chef dans l'Isère;

Calés dans

le

Rhône,
n'est

Les carbonari n'existaient pas en 1830 à Lyon, ce

qu'en 1834, après les événements, qu'une société secrète
appelée loge des

Amis de

la

vérité,

ayant pour chef

Tourrès, que les charbonniers s'organisèrent.

La

sévérité de leur serment, la surveillance

que

les fon-

dateurs de cette société organisèrent, le caractère
la

mou

de

population,

ses

principes

anarchiqucs,

empêchèrent

longtemps cette société de se recruter.
Mais par
trouva des
le
fait

seul des difficultés qui naissaient, on

hommes
fit

d'une trempe rare,
le

et

ce qu'il

y
et

avait

dhommcs
les

de plus énergiques dans

département

dans

environs se

recevoir carbonari.

Cette société, ennemie jurée de toute royauté, contribua
le j)lus,

malgré

le petit

nombre de ses

adej)les,

au renverse-

ment des gouvernements.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

133

Au mois
Dans
que toutes eux

de Février 1848

elle

commandait

partout.

l'insurrection de Juin elle a
les autres.

donné beaucoup plus

Les carbonari se soutiennent par des cotisations entre
et

par les droits de réception.
est

Leur organisation
millième, etc., etc.

comme
ils

par dixième,

centième,

Les carbonari sont seuls,
sieurs sociétés,
il

ne font point partie de pluqu'ils envoient des
ils

est certain

seulement

délégués dans les autres sociétés secrètes, mais
reçoivent pas chez eux.

n'en

Les Saisons.

Cette société avait tenté de se reformer à Lyon, au mois

de février 1848; plusieurs jeunes gens employés dans les

magasins avaient

fait

à cet

effet

des efforts près du club
ils

central, Tavocat Morellet les patronnait, mais
réussi.

n'ont pas

Les Familles.
de cette association qui n'avait

11

en a été de

môme

trouvé d'écho pendant quelques semaines que parmi les
ou\riers des
chantiers

nationaux

et

parmi

les

gardes

mobiles.

Un

sieur

Cagneux, rédacteur du journal
mis à
la tête

la

Tribune du

peuple^

s'était

des Familles qui ont aban-

donné leur

chef.

G"

Les Fédérés.
parti

Au

1" mars 1848, un

composé de vieux soldats

et

de jeunes gens se réunit, pendant quelques semaines, pour

13*

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
l'autorité, ils

former une société de défenseurs de
sèrent

compo-

un

bataillon qu'ils appelèrent le bataillon sacré, et

vinrent avec tous les autres s'installer dans la cour de rhôtcl de ville, mais
ils

tombèrent de suite,

il

n'y avait rien

de sérieux, de véritablement organisé.

T

L'Ordre {amis de

P).

Cette société, formée au mois de mai 1848 par ce qu'il
avait de plus honorable dans le département

y
et

du Rhône
et

dans

les environs,

réunit bientôt

iOOOO adeptes

reçut

dans son sein
dans toutes

tout ce

que

la poj)ulation avait

de respectable

les classes

de

la société.
et

Son serment prêté sur un poignard

sur l'évangile a

quelque chose sous ce rapport qui se rapproche du carbonari.

Son but
de

est le

maintien de Tordre
la propriété.

et le

respect des lois

la famille et

de

Sa création

n'est

que l'œuvre de

la

propre conservation
100,

de ses membres qui se réunissent aussi par 10,
1

000, etc.

Son
capacité

chef
et

suprême,

M.

Barret,

négociant,
est

comme
rare.

comme homme

énergique

un

sujet

S" Voraccs.

La corporation des Voraces,
des ramifications dans tout
puis aussi dans l'Ain
cl

qui est réellement aujour-

d'hui une société secrète et des plus dangereuses, qui a
le

département, surtout à Givors,

dans llsère, se compose dindi-

vidus de tous états, pris surtout dans ce qu'il y a do plus
infime dans la société, peu de ses

membres appartiennent

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
dans ce moment aux autres sociétés
listes
;

135

c'est

dans

les

mutue-

à peine
les

que Ton rencontre surtout encore quelques Yoraces, y en a-t-il dans les Droits de l'homme, point dans
très exclusifs,

Carbonari qui sont

comme

je Tai dit.

Les Voraces comptent environ 8 000 adeptes. Leurs chefs principaux sont
:

Parrat, Perret, Guillet,

Vincent, Maréchal, Rey, Delpalette, etc.

Ce

sont chez les Voraces tous

hommes

d'action, tous
ils

mendiants, gens sans aveu, condamnés

hbérés, etc.,

ne

sont socialistes ou plutôt communistes que dans Tespoir
d'arriver au pillage, au vol, au viol, à l'incendie.

En

184G, les
qui

Voraces n'existaient pas,
minaient
le

les

sociétés
étaient

secrètes

déjà

gouvernement

l'objet d'activés poursuites et

cherchaient en conséquence

tous les
police.

moyens de

se

soustraire

aux recherches de

la

C'est alors que

Bernard, Barret, Vincent

et d'autres

chefs des Mutuellistes et des Droits de l'Iiomme créèrent la
société des Voraces

ou plutôt

qu'ils se

donnèrent ce
les cabarets,

nom
gar-

pour avoir l'occasion de se réunir dans
gottes et autres lieux publics. Pour
politiques et

masquer ces menées
la

pour empêcher toutes recherches de

part

de

la

pohce

ils

exigèrent des débitants que le vin leur fût
et

vendu au

litre

non à

la bouteille.

Ostensiblement voilà

tout ce qu'alors paraissaient être les Voraces,

une réunion

d'individus qui ne voulaient plus boire au cabaret autre-

ment qu'au
Mais

litre.

la vérité c'est qu'ainsi les Mutuellistes, les Droits
et se faire

de

l'homme pouvaient s'entendre facilement
les

passer

mots d'ordre,

les ordres

du jour,
les

etc.

Les ouvriers,

les terrassiers,

mauvais garnements

qui fréquentaient les cabarets adoptèrent cette mesure et

136

ASSOCIATIONS KT SOCIÉTÉS SKCRKTES

se

nommèrent
foi,

aussi voraces. Ceux-ci jusque-là étaient de
les

bonne
tirer

mais

meneurs sentant

le parti qu'ils allaient

d'une pareille organisation s'enlendii-ont avec Vincent,
et

Maréchal, Manfault

autres, et

firent

des voraces une

sérieuse société secrète.
chefs prenant le

Des bureaux

furent organisés, des furent

nom de Grand-Parrain
(in

nommés, un

serment

fut

prêté et bientôt vers la

de 18t7, les voraces

remplissaient tous les lieux pubhcs.

Mes
faits.

rapports d'alors aux autorités établissent tous ces

Février 1848 trouva donc encore là un levier puissant

de désordre.

Résiinir.

()uarante

mille individus au
et

moins se trouvent donc
les

dans

le

département

dans

environs, liés par des
établi,

serments qui tendent à détruire tout gouvernement

40 OÛO individus sont voués au désordre, au socialisme, à
la

communauté, à tous
le

les

mauvais
ils

instincts

de gens qui
j)il-

ne voient que
lage.

moment où
i(M)(M)

pourront se livrer au

Et contre ces

indixidus

une seuK^ société est
il

vouée au bien,

celle des Anii^ de l'Ordre, forlr

est vrai

dans

[sic)

son

personnel
et

mais

composée

en

général
volée de
l'i

d'hommes peureux

qui partii'out

comme une
loiil
fail

pigeons au premier coup,

comme
fail

ils

le

juin.

Chacune des quatre
membres.
<(

Sociétés,

}h(tinlHslrs, Ih'oi/s dr
|)ivler

riioinmc, CarhoïKiri, ]'or(icrs.

ce serment à ses

Je jure sur l'établissement 'de
fidèle

la

loge,
lois

vente, bureau

«

ou Section) d'être toujours

aux

de loi-dre. Je

DÉPARTEMliNT DU RHONE ET LYON
«

137

jure de ne jamais révéler les secrets qui pourront m'être

« confiés. » « Je jure
« société. »

de verser

mon sang pour

le

soutien de la

« «

Je jure de secourir tous les frères dans le besoin. » Je jure de ne jamais attenter à Thonneur des

femmes

« et
«

des

filles

des frères, afin d'être fidèle aux vertus que la

démocratie m'impose...
«

Et

si

je deviens parjure à

mon serment que

je sois tué

« et brûlé,
«

que mes cendres volent aux vents pour servir
les frères.

d'exemple à tous
«

Je jure sur

mon honneur,
et

sur

ma femme
le

et

mes
je

« enfants « la
c(

présents ou à venir de mourir pour

soutien de

démocratie socialiste,

pour preuve de

ma fidélité,

vais signer volontairement

ma mort
:

si

je trahis. »

Ces

sociétés ont pour insignes
le

Les Mutuellistes,

ruban rouge

et bleu,

pour recon-

naissance, rimmortelle.

Les Droits de l'homme, un ruban rouge
reconnaissance
Toeillet.
le

et vert,

pour

Le Carhonari,

ruban rouge, bleu

et noir et

pour

reconnaissance un charbon.

Les Voracei^, un brassard rouge, ceinture rouge, pour
reconnaissance
la violette.

Lyon,

le

20 septembre 1849.

Le commissaire central de police,
Signé
:

X...

,

138

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

II

RAPPORT SUR LES ASSOCIATIONS AYANT UN CARACTÈKE POLITIQUE A LYON

Vues législatives sur

la matière
Lyon,
le

-i janvier 1850.

Monsieur

le

Garde des sceaux

*

Conformément à vos dépêches du 27 décembre dernier
et 12

de ce mois,

j'ai

Thonneur de vous rendre compte de
auxquelles raulorilé
judiciaire

Tétat des investigations
s'est livrée

sur

la situation

des associations politiques ou

pouvant avoir un sujet politique à Lvon.

Une
c'est

réflexion

générale doit dominer tout ce rapport,
ce sujet, d'un secours presque

que

la j)olice a été, à

nul pour l'autorité judiciaire.

Les indications qu'elle a

fournies ne sont pas sorties des termes généraux qu'offrait

on quelque sorte
parce que tous

la notoriété

publique. Elle désignait \ncn,

le

savaient, les diverses associations poli-

tiques qui s'étaient fondées à

Lyon

et qui

étaient secrètes
le

selon la définition de la

loi,

mais nullement dans

sens

usuel du mot

;

elle

nommait quelques-uns de
et

leurs chefs

qui étaient pai-faitemenl connus

donnait des é\ aluations

hypothétiques sur

le

nombre de

leurs membi'cs.

A

cela et

à un historique des circonstances dans lesquelles ces associations étaient nées se bornait
li^

tribut

(|u"ell(^

pouxait

apporter à l'autorité. Pas
I.

le

moindre de
i6'J30»).

ct's

Inchces qui
d'apix'l

Archives nationales, BB", 1173

Paniuel delà cour

de Lyon, direction.

DEPARTEMENT DU RHONE ET LTOX

139

permettent de diriger à propos des poursuites judiciaires;

aucun renseignement sur
les

les papiers, les

correspondances,
;

séances, les actes

compromettants des associations
elles

aucun moj'en d'arriver contre
police n"a pas donné, par
qu'elle

à une preuve quel-

conque, à un témoig'nage, à une pièce de conviction. La

un seul rapport

particulier, plus

ne mettait dans

la feuille quotidienne

de chronique

qui est adressée à cinq des principaux fonctionnaires de

Lyon.

A

quoi tenait cette impuissance de sa part
?

?

Etait-

ce simple impéritie

Etait-ce

mauvaise volonté inclinée à
?

ne pas se brouiller avec les partis de désordre
défaut de

Etait-ce
le

moyens

insuffisants d'action

?

Quoique

choix

ne
il

soit

pas très net à

faire entre ces diverses suppositions,

parait

y

avoir justice à reconnaître, autant

du moins

que

les assertions

du commissaire central de
que
et,

police méri-

tent créance à cet égard

la police secrète
il

manque des
la

allocations nécessaires

;

est é\'ident

que

police

secrète est la seule voie qui puisse guider les poursuites

contre les associations. Je m'entretiens avec
missaire
extraordinaire
préfet

M.

le

comsujet
et

du Rhône sur

ce

important.

Une bonne

constitution de la

pohce à Lyon

dans ses alentours appelle aujourd'hui au plus haut degré
l'attention

du gouvernement.

Je joins à

mon

rapport, monsieur le

Garde des sceaux,
la situation telle

copie de la dernière note qui a été remise par la police sur
les sociétés secrètes. Cette note

résume

qu'elle était

au mois de septembre l'année dernière. Alors,

par un calcul dont je crois les bases assez hasardées, la

pohce croyait pouvoir porter à 40 000

le

nombre des
et

affihés

aux

sociétés secrètes. Cette troupe

du désordre

du mal

se serait principalement répartie entre les quatre associations sui% antes
:

140

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

V
2"
3'^

Les Mutitellistes

;
;

Les Droits de l homme Les Cuî'bonai'i
;

4"

Les Voraces.

Depuis quelques mois, à
police,

admeUrc

les

assertions de

qu'aucun

fait

précis n'a mis encore ù

môme

de

contrôler, ces sociétés secrètes seraient en travail de se dis-

soudre pour composer deux grandes associations plus puis-

samment

inspirées de l'esprit révolutionnaire à savoir la
et la

Démocratie fraternelle
engagés sous
nelle.

Solidarité.

Ce sont les
se

anciens
seraient

Voraces qui, en cherchant à se recruter,
le

drapeau nouveau de

la

Démocratie fraterallées se fondre

Les autres sociétés secrètes seraient

dans

la Solidarité.

Et XixSolidarité OMVAxi ceci de particulièrement dangereux

que non seulement

elle

absorberait des sociétés secrètes
elle se

préexistantes, mais que, de plus,

rattacherait de

fortes associations industrielles d'ouvriers, afin

de jeter un

jour toutes ces forces massivement réunies dans le

même

mouvement de bouleversement
C'est, monsieur le

politiciue.

Gai'des des sceaux,

celte

seconde
préoc-

face de la question des associations ù

Lyon

qui

me

cupe

le plus.

Quelles que menaçantes que puissent être les

associations occultes qui ont pour but unique et avoué la
politique,
il

y

a contre elles des
il

moyens de

répression; la

législation les procure, et

ne s'agit que de se servir avec

habileté des ressorts de

j)olice

pour être mis en mesure

de

les

employer. Mais, les associations industrielles dont

la politique est l'Ame

au sein de notre population ouvrière
;

sont autrement résistantes

vis-à-vis d'elles l'autorité est
faire

beaucoup

j)lus

désarmée.

Comment

pour interdire à

des ouvriers, en quelipie nombre

(ju'ils

soient,

du moment

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
qu'ils
civile,

141
loi

invoquent

le

principe de liberté illimitée de la

de former entre eux une association pour un objet
?

quelconque de commerce ou d'industrie
ciation

Puis, cette assoles

une

fois constituée,

comment empêcher que
le

passions politiques qui lui ont donné naissance ne cher-

chent leur satisfaction
utilisé à autre

et

que
le

bien des sociétaires ne soit
?

chose que

but de la société

est le

péril

de ces associations

industrielles.

En temps

ordi-

naire, elles

nous feraient assister uniquement à une expéplus
oîi

rience

intéressante sous

dun

rapport

d'économie

pohtique.

Dans

le

temps

nous sommes, ce caractère de

l'expérience n'est plus que secondaire et ce qui doit frapper
le plus,

ce qu'il

y a en

cela de véritablement important,
industrielles, constituées parle

c'est

que

les petites

armées

principe

d'association,

deviennent
la

immédiatement des

armées pohtiques livrant à
soldats
et

première insurrection leurs

attirant,

dans

le

plus incandescent foyer, les
la paix

mauvaises passions aujourd'hui écumantes contre
publique.

Dès mon arrivée à Lyon
porter sur l'affaire de
qu'il n'y avait
efforts
ici

et

après les soins que

j'ai

eu à
su

linsurreclion du lo juin,

j'ai

aucune tâche qui réclamait plus les
le

diligents

de l'autorité que de combattre

mal

résultant des associations.
J'ai appris,
était resté

non sans étonnement, qu'un

petit

Luxembourg

en permanence dans notre cité jusqu'à la fin de mars

l'année dernière.

Ce

centre dangereux d'agitation de la popu-

lation ouvrière avait été depuis longtemps détruit à Paris qu'il
existait

encore à Lyon. Quelques détails montreront comle

bien dut en être favorisé

mouvement

moitié

industriel,

moitié politique qui entraînait alors les ouvriers à former

des associations. L'ne commission, prenant exemple sur ce

142

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES"
faisait

que

M. Louis Blanc dans
Son

la capitale, s'était établie

;

elle avait

pour objet de régler d'une façon générale
président était l'avocat

l'or-

gahisalion du travail.
rellet

Mo-

aujourd'hui représentant du peuple. Parmi ses

mem-

bres se trouvaient l'instituteur Grinand,
ral

conseiller génél'un des

du Rhône, condamné par contumace comme

chefs de l'insurrection

du lo

juin, le négociant Grillet qui

avait administré la mairie quelque
tion

temps après

la révolu-

de Février,

et

le

médecin Fraisse, qui

est

encore

adjoint au maire de

Lyon.

A

l'instar

de ce qui se prati-

quait à Paris, des délégués, pris dans les divers corps
d'états, assistaient

aux séances de

la

commission, partici-

paient à ses travaux et reconnaissaient son espèce de droit

de juridiction. Dès

le principe, la

commission

s'était saisie

de toutes les questions de salaire, de durée du travail, et
d'association entre les travailleurs.

On

lui

soumettait les
;

prétentions des ouvriers avant d'en venir à les réaliser

tous les règlements ou contrats, relatifs aux points ci-des-

sus spécifiés, étaient déférés à son examen, afin qu'elle
devînt arbitre des intérêts respectifs, et maîtresse de faire
prévaloir,

dans

le

sens de seg théories ou de ses affec-

tions de parti,

une règle générale. Cette sorte d'empire

incontesté avait, d'ailleurs, une apparence officielle. Les

séances de la commission se tenaient dans un édifice com-

munal,

le palais Saint-Pierre,

non point par une simple
mais sous son patronage
tacite.

tolérance de l'administration,

avoué, qu'avait ensuite continué une aj>probation

Cet

état

de choses avait

même

été consacré p;ir un vole

au conseil général du Rhône qui, dans sa session de 1848,
avait consenti une allocation de fonds spéciale pour sub-

venir aux dépenses de

la

commission

et l'aider

dans son
le Préfet

œuvre. Ce

fut l'honorable

administration de

M.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

14S

Tourangiii qui, seulement en mars 1849, au bout d'une

année, mit

fin

à ce régime perturbateur des libres condi-

tions de rindustrie.

L'un des

effets

de

la

commission Lyonnaise,

dite

Com-

mission d'organisation du travail, fut de provoquer
tion de

la créa-

grandes associations d'ouvriers, sous des statuts
les

à peu près

mêmes

et

ramenés tous à un
Pendant que

essai d'applile

cation des doctrines socialistes.

socialisme

du Luxembourg n'enfantait à Paris que des phrases de
rhéteur ou la tyrannie turbulente et anarchique des ateliers

nationaux,
disciplinait

le

socialisme du

palais

Saint-Pierre à

Lyon

mieux
voir,

ses adeptes et visait à des résultats,

vous

allez le

monsieur

le

Garde des sceaux, d'une

nature plus pratique et d'une combinaison plus savante.
Je profitai des circonstances où
la

Lyon

était alors,

dans

procédure

qui s'instruisait contre les insurgés

de juin

pour prescrire, sinon des poursuites, au moins

les recher-

ches d'une information judiciaire relativement à des associations industrielles d'ouvriers qui

avaient pu jouer un

certain rôle dans les événements.

Mon

dessein était

de
l'in-

découvrir la part que ces associations avaient prise à

surrection et d'éclairer leurs affinités politiques, ou en tout

cas d'explorer l'intérieur entièrement inconnu de leur exis-

tence et de leurs opérations.

Les sociétés qui ont

été

soumises ainsi à un examen
:

judiciaire sont les trois suivantes

1° l'association frater-

nelle

di'

l'industrie française
; 3° l'association

; 2"

la société des travail-

leurs unis

démocratique des industries
par des
raisons

réunies.

Elles composent,
à
l'heure,

qui
Il

seront

déduites tout
vient d'y

une classe

distincte.

con-

adjoindre d'autres sociétés d'ouvriers pénétrées
esprit
,

du

même

établies

à

peu

près

sur

les

mêmes

144

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
et

bases

qui

sont

notamment

:

4"

l'association

fra;

ternelle

des ouvriers menuisiers de la ville de

Lyon

5° l'association

générale des tailleurs de pierre du Hhône,

puis quelques sociétés d'une organisation qui n'est guère

qu'ébauchée parmi

les autres ouvriers

du bâtiment,

tels

que

les

maçons,

les plâtriers, les serruriers et les vitriers.

Un

autre groupe à part est celui G" des associations

des

unis, des façonnés, des velours,

qui se rapportent â la

fabrication des étoffes de soie et qui sont assises sur

une

subvention du gouvernement, au
tion

moyen d'une

participa-

au fonds de

trois millions

voté par l'Assemblée consti-

tuante pour encourager les associations ouvrières. Enfin

une place

doit être réservée

dans cette nomenclature

aux 114 sociétés de bienfaisance mutuelle, comj)osées en
général d'ouvriers,
(|ui

existent à

Lyon

et

que parait

gagner de plus en plus un
Je dois dire d'abord, M.

esprit politique.
le

Garde des sceaux, que Y insvertu de
si

truction judiciaire faite en

mes ordres a

été

infructueuse quant à son objet légal,

ce n'est sur deu.\

points qui ont cependant leur valeur. Quelques renseigne-

ments apprenaient que
au Kj juin,
Rousse,

le

matin du jour de l'insurrection,

un tambour

avait

parcouru

la ville

de

la

Croix-

en invitant

les

citoyens à descendre en

armes

dans

la

rue et à se réunir dans les magasins des associa-

lions socialistes, c'est-à-dire

ceux des

trois

premières asson'a

ciations

que

je viens de

désigner.

Ce

fait

pu être

qu'incomplètement

éclairci.

La procédure,

tout

en établis-

sant qu'un tambour avait donné le signal de l'insurrection

dans

les

termes qui viennent d'être

rapportés, n'a

pu

recueillir

aucune

preuve à

la

charge des associations

mêmes. Mais,
trer quel

le fait

n'en reste pas moins
offert

pour démon-

appui naturel est

à l'insurrection par les

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
associations

145

du genre de

celles dont
la

il

s'agit,

ou du moins

combien

les

promoteurs de

guerre civile savent y trousinistres

ver un levier pour l'accomplissement de leurs
entreprises. L'instruction a révélé aussi qu'un
n''

Travers,

secrétaire de l'association démocratique des industries réunies, se serait enfui après les journées

de juin, en empor;

tant plusieurs mille francs pris dans la caisse de la société

la procédure se poursuit, pour ce chef d'abus de confiance,

contre Travers qui continue d'être

fugitif.

Tels sont les
ait

deux seuls points par lesquels l'information

touché à
uti-

des cas possibles d'incrimination légale. Sa principale
lité

aura été de mener dans l'intérieur des associations les
faire voir

pas de l'autorité, de

ce qui s'y pratique et de
et

donner quelques

faits

curieux

exacts, propres, avec
il

d'autres, à témoigner de quel intérêt
tion

est

que

la législa-

ou des règles sévères de police obvient au danger de
nouveaux, qui marquent une étape
route du socialisme.

ces établissements

dans

la

Maintenant,

monsieur

le

Garde des sceaux,

je

vais

entrer dans des détails relatifs à l'organisation et à la situalion d'affaires

de chacune des associations mentionnées

plus haut.

§ 1.

— Association fraternelle de l'Industrie française.
tête

Le programme imprimé en
cette institution et

des statuts de cette

société, fait connaître clairement la

pensée qui a présidé à

aux autres

institutions semblables.
fait

On

y

lit

:

«

La

révolution de Février a

naître des espé-

rances qui ne se sont pas réalisées.

Au

lieu

de venir puissamil

ment en aide aux classes
et le

souffrantes,
les

comme
a

le

devait

pouvait,
TCHEIINOKF

le

gouvernement

laissées livrées,
10

116

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

comme

par

le passé,

aux monopoleurs, aux agioleurs, aux

usuriers, à tout le désordre enfin d'une concuirence insen-

sée et fratricide

Les travailleurs ont

dû chercher en euxils

mêmes un remède
l'association

à leurs

maux
et

l'ont

trouvé dans
la transla fra-

c'est d'elle

que nous attendons

formation
ternité

morale de l'homme
L'association

l'avènement de

par

corporation

ou

pour

une

industrie spéciale porte avec elle
et d'isolement

un cachet d'exclusivisme
de
la solidarité et

que repousse

la doctrine

de

la fraternité universelles

L'association générale

est la seule qui puisse offrir d'une

manière

facile et certaine

les avantages dont sont privés les travailleurs

nous
à notre
la

avons cherché à réaliser ce programme, en assignant
entreprise
le

but le plus vaste qu'ait jamais poursuivi

pen-

sée

humaine

nous n'avons pas voulu,

comme dans les

sociétés financières, admettre le partage des bénéfices.

11

importe que les bénéfices restent indéfiniment capitalisés,

pour accroître sans cesse
les créations successives

le

fonds social et rendre possibles

de magasins et d'ateliers

«Ces

déclarations sont on ne peut plus nettes. Si on s'associe, ce
n'est

pas pour poursuivre

le

but ordinaire des sociétés de
entre associés. Les
tiail
(pii

commerce ou de finance,
leur est

le profit réparti

associations que nous considérons présentent ce

commun que

les associés

y renoncent au

j)artage

des bénéfices. Telle y est
caractéristique.

même

la stipulation essentielle el
Ils

Les associés ont en vue autre chose.
autour duquel

veulent

la

capitalisation indéfinie des bénéfices afin
ils

d'at-

teindre le but véritable

n'éiiaississenl

pas

le

moindre nuage. Ce but manifesté clairement par

eux, c'est de sujjpléer par un
voir
c\

moyen

qui est en leur pouet,

l'avortemenl de

hi

révolution de Février,

comnK^

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
ils le

147

disent, d'arriver de

magasin en magasin,

d'atelier

en

atelier, à l'ère bienheureuse de la transformation morale

de l'homme et au triomphe de la solidarité et de
nité universelles.

la frater-

Le socialisme
il

est

complètement à nu dans
affaire

ces principes, et

est visible

que nous avons

au

socialisme pur de Louis Blanc.

On

reconnaît, en

effet, le

système fameux des
currence
et

ateliers se débarrassant de toute con-

sur lesquels toute la vie sociale
l'Etat.

doit

s'or-

donner dans
Il

est

bon de remarquer que

l'acte des statuts

de l'Asso-

ciation fraternelle de l'industrie française, en se formant

sous ces auspices porte la date du 21 janvier 1849.
Voici
le

résumé des

statuts

:

L'objet de l'Association consiste dans l'achat, la confection, la

vente ou l'échange de tous objets quelconques,

mobiliers et immobiliers,

travaux

et

industries de

tout

genre

(art.

2).

Ce

n'est rien moins, à ce qu'on voit,

que

l'accumulation

de tous les

commerces

et

de toutes les

industries et que l'ensemble en quelque sorte des opérations possibles de la vie civile.

La durée de
neuf ans

la société

doit être de

quatre-vingt-dix-

(art. 6).
:

Le fonds social se compose
divisé en

l°d'un capital de 200 000

fr.,

200 000 actions de un franc chacune, lequel

pourra être augmenté par de nouvelles émissions d'actions
;

de la

somme que
le

le

gouvernement attribuera à
que l'Assemblée natio(art.

la Société

dans

prêt de 3 millions

nale a voté pour les associations
fait

7}.

L'association

évidemment par

un appel aux masses populaires,

afin

de pouvoir réaliser les premiers essais d'application

des doctrines socialistes. Quel est l'homme de ce parti qui
refusera son concours,

quand

il

n'en

coûte qu'un franc

148

ASSOCIATIONS KT SOCIETES SECRKTES
?

pour devenir actionnaire
les

Quels sont surtout tlans ce parti

hommes avant
la

la

plus petite aisance qui pourront se
les actions sont

tenir

en dehors de rexpérienee, alors que
portée de tout
il

mises à

le

monde

et

à

si

bas prix

?

com-

mercialement

n'y a rien de sérieux dans ces associations

qui se forment à un iranc par action et avec renonciation

au partage des bénéfices. Politiquement,

elles recèlent

un

grand danger.

Logiquement,

il

n'est

permis d'y

voir-

qu'une souscription déguisée au

profit

du socialisme

et

un

moyen détourné de fonder une

association politique.
le

L'action remise au sociétaire contre

versement de un
est

franc, n'est pas transférable (art. 9) ce qui
elle n'est

plus
iU'

fort,

pas Iransmissible aux héritiers.

En

cas

décès

du

titulaire, ses héritiers

n'y auront aucun droiJ, de

même
d'opi-

qu'aux bénéfices qu'elle aura pu pro<luirc (même

article).

Les conjurés

socialistes évitent ainsi

qu'un

homme

nion différente et ce qu'ils appellent un faux frère se glisse

dans leurs rangs. Et qu'est-ce que ces actions,

quelle

valeur représentent-elles, quand la mort des titulaires primitifs les am'anlil, cl
(jue

ceux-ci, pour pouNoir pi-endre

paît lors de l'expiration de la société au partage
social, devraient se (latter d'une longévité

du fonds

de Mathusalem
!

étendue à plus de quatre-vingt-dix-neuf années
se

Ces actions
et

prennent donc avec un abandon implicite

complet

de leur valeur. Elles ne sont qu'une forme empruntée pour
pouvoir demeurer dans
le lien

d'une association

j)lus poli-

tique fiu'induslriellc et faire un don à un essai de socialisme.

Quant aux
sont à faire.

opi'ralions de

la
fiùt

sociélc',

deux remarques

— La société ne
du
a à

crédit à personne; toutes

ses ventes se font au comptant (art. 3);
elle

quand

elle

vend,

veut palper
elle

nutnc-i-aire.
:

C'est

tout

(hlft-rent

quand

payer

elle

réclame alors crédit à autrui.

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
Pour
faciliter,

149

dit-elle, les

échanges

et la circulation, elle

émettra des

billets

au porteur, remboursables à vue, mais

seulement en marchandises, produits ou services d'industrie
;

elle se

réserve de payer avec ces billets une partie
faits

des fournitures, services ou travaux
taires

par les socié-

(môme

art. 3).

Par son organisation,

la société

est

merveilleusement

disposée à exercer une action politique. Cette organisation

comprend

:

1"

une assemblée générale des actionnaires
3"

;

2 un comité directeur;

des comités industriels en nombre

égal à celui des industries exploitées.

L'assemblée générale des actionnaires doit avoir lieu de
plein droit, chaque année, à une époque fixe. Elle peut être

convoquée aussi par
on ce que

le

comité directeur

(art.

14). Ceci

encore est un sujet de sérieuse considération. Imagine-tserait la tenue pacifique
oîi

de ces assemblées de
venir par milliers des

fervents socialistes,

pourraient
?

actionnaires à

un franc
la

Les questions qu'on y débattrait
avec laquelle
la

indépendamment de

passoin de sectaire

cites seraient soulevées, seraient, à

une époque comme

nôtre, politiques au premier chef, puisqu'elles rouleraient

sur

le

taux des salaires, les conditions du travail, les inté-

rêts des ouvriers.

arrivaient au

Que serait-ce si de pareils meetings moment où la fureur déchaînée des partis ou
?

bien quelque complication politique créerait au gouverne-

ment de graves embarras
socialisme disserter

Peut-il convenir de laisser le

en

pleins

champs ou sur
s'arrêterait

la place

publique, au

nombre de

plusieurs milliers crallidés réunis

dans une entreprise

commune? où

même

le

nombre de ces
que
le capital

singuliers actionnaires
la société se

à un franc, alors

de

découpe en doux cent mille
peut

actions de

cette

espèce? Qui

n'pondre qu'ils

ne

150

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRETES

seraient pas de 10, lo, 20 mille socialistes et plus? Assu-

rément, à en juger par les dernières élections, la population
ouvrière de

Lyon

et

de Sainl-Eliennc pourrait donner au
Il

delà d'un chiffre semblable.

y

a

ici,

monsirur

le

Garde

des sceaux, un
duit

fait

de

la

plus haute importance qui se proà

pour la première

fois et qui,

mon

avis, nécessiterait

impérieusement des mesures de législation, sur lesquelles
j'aurai l'honneur de proposer quelques idées à la fin de ce

rapport.

Un
laire

comité directeur

(le

mot

est

emprunté au vocabu-

des associations politiques) doit metlioen branle toute

la société ^art. 12, 18, 19, etc.).

Ses attributions sont

défi-

nies et ont l'extension la plus large. Entre autres, je note
qu'il règle les

régimes intérieurs

et extérieurs (art. 23).

Cela comprend à peu près tout ce que

l'on veut.

Des comités

industriels, sous la

dépendance du comité

directeur, sont ensuite formés au sein de
(art.

chaque industrie
Les

24). Us impriment
le

la

marche

à cette industrie, après
coiuitt' directeur.

avoir reçu

mot d'ordre général du

détails de cette organisation prouvent,
la vie industrielle

déplus en plus, que

de l'association se subordonne à son

esprit politique

et qu'il

ne s'agit que

d'opérer pour la

cause révolutionnaire
triel se

du socialisme;

car, l'intétét indus-

trouve relégué dans les comités spéciaux au second
l'essentiel

plan

:

de

l'affaire,

le

point central d'où tout le
le hi

mouvement
à
la fois

se distribue, est

dans
dont

comité

directeur,

sorte de conseil à

deux
le

fins,

mission semble être

de préparer

socialisme et d'arranger l'insurrec-

tion.

En appendice de
dustrie.

cette organisation, les statuts constil'in:

tuent ou plutôt promettent une caisse des invalides de

Le fonds de dotation de

la caisse doit se

composer

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

151

d'une retenue de 2 p. 100 sur tous les salaires accordés
la société
le
;

dans

2° des

amendes qui pourront

être pronon-

cées par

comité directeur contre

les fonctionnaires,

em-

ployés ou ouvriers pour

manque de
au

service ou

infraction

aux règlements

(art.

28 etsuiv.).
ainsi, est

La

société, instituée

nom

collectif à

Fégard

des fondateurs et de leurs successeurs dans Fadministration, et

en commandite à l'égard des adhérents. Les adhé-

rents n'y risquent que leur pièce de

un

franc.

Le

chef, le

grand meneur de

cette association, auquel
et

est déférée la signature
(art. 34) est le sieur

de la raison sociale Chaboud

C"

Chaboud, membre du conseil muniElle a ouvert à

cipal de la ville de

Lyon.

L'association est en pleine activité.

Lyon quatre magasins fort achalandés où se fait un commerce de détail d'épiceries, de boulangerie, de boucherie, de charbons et de bois. Sa propriété est incontestable.

Un

inventaire produit au 2 avril, pendant T instruc-

tion judiciaire, attestait déjà à cette

époque un bénéfice
pourtant

de près de 4 000 francs.

Le nombre des actions soumissionnées
alors

n'était

que de

1

680.
le

Mais on s'explique parfaitement
prise industrielle semblable.
11

succès d'une entre-

repose tout entier sur la
partie

certitude de la clientèle.

Une

considérable de la

population ouvrière vient s'approvisionner de préférence

aux magasins de ces associations. Bien des causes y contribuent
:

c'est

l'engouement de

la

nouveauté, c'est

la S3'^m-

pathie politique, c'est l'opinion du bon marché, c'est, à ce

que je crois aussi,

le

bon marché

réel.

La

société achète à
et elle

des conditions très favorables de ses fournisseurs,
se contente sur ses reventes en détail

du plus minime béné-

152
fice

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRETES
;

personne n'y

est

intéressé à faire autrement, ni ses

employés, ni ses fondateurs qui sont

hommes
elle

à vues exclu-

sivement politiques.

11

en résulte pour
des

un avantage

marqué sur

les autres détaillants

mômes marchanactions.
et

dises. L'opération financière est aussi toute simple et per-

met presque de

se passerdu capital

du montant des

La

société

obtenant crédit de ses fournisseurs en gros

ne faisant sa vente au détail qu'au comptant, chaque jour
sa caisse se remplit de manière à lui donner les

moyens de

se liquider vis-à-vis de ses fournisseurs et d'entretenir ses

approvisionnements. Le procédé de crédit se combine avec
la certitude

de

la clientèle

:

cela

suflit

pour ménager de

bonnes

afTaires.
le
i\

Voici précisément, monsieur

Garde des sceaux, ce
tenir envers ce

qui rend fort difficile la conduite
d'associations.
Si,

genre

d'une part, tout y annonce un esprit,
et

une portée d'influence

môme un mode
pi'ospérité.

d'action politi-

ques, d'autre part tout y montre les habitudes d'un com-

merce régulier
on
est
ctnii

et

en voie de

Si, d' une

part,

du péril qui pcnt en rcsulter pour

la sécul'uti-

rité pid)ligue, d'autî'e part
lité

on ne peut méconnaître

pop}(laivc de ces

commerces

entre/iris à l'aide

du

principe d'association, sans cujtidité, ni désir de lucre

pour fournir à
vrier et

lu

conso?nmation journuliére de l'ouest

du pauvre. L'entreprise

donc malfaisante

d'un côté, l/ie/> faisante de l'autre. La déiruire absolu-

ment pourrait
fait serait

être inijirudent, autant (jue la tolérer tout à
définilive, sauf

dangereux, (".omme, en

de rares

exceptions, l'intérôt personnel soutient seul les établisse-

ments humains
dont
il

et

que

les associations

de l'espèce de celles
j)lus

est parlé portent en
et

elles-mêmes
peut-ôtre le

d'un germe

de dissolution

de ruine,

i)arti

auquel

hi

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
sagesse

153

du gouvernement voudra

s'arrêter, vis-à-^^s

de

ces faits nouveaux, consistera-t-il à les régulariser, à leur

imposer des restrictions
11

et

des garanties.
les

me

reste à

mentionner que

employés divers de

Y Association fraternelle de l'Industrie française rec^oivent

un

salaire de 3 francs par jour, dont

une partie leur

est

remise en bons de marchandises. Les fonctions des
bres des comités sont gratuites
(art.

memn'y a

19

et 24}. Il

donc point à soupçonner

ici

l'escroquerie, le désir de vivre
justice n'aule zèle

aux dépens d'un
raient

parti.

Les poursuites de la

pas à pénétrer par cette ouverture. C'est

exclusif et le fanatisme désintéressé de la secte, autant du

moins qu'un pareil désintéressement puisse s'admettre,
qui ont noué
le lien

de l'association.
je suis entré sur cette

Les développements où
société

première

me

permettront d'être plus bref dans l'analyse des
est le

autres.

Le type en

même.

11

serait superflu
les

de

faire

un commentaire qui ne pourrait que reproduire
observations.

mêmes

I

2.

Société' des

Travailleurs u/u<.
l'article o

Le but de
tuts,

la société,

expliqué par

des sta:

est toujours

la pierre philosophale
et

du socialisme

mettre en harmonie la production

la

consommation au

moyen d'un système d'échange des produits. Le capital social est fixé à 100 000 francs et
en 100 OOO actions de
1

il

se divise

franc chacune
:

(art.

ii];

ce capital

pourra être élevé indéfiniment

1"

par de nouvelles émis-

sions d'actions; 2" par les deux tiers des bénéfices résultant de l'exploitation générale de la société.

Le

tiers

res-

tant des bénéfices sera capitalisé pendant trois ans, et. à

iji

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
il

cette époque,

sera employé au soulagement des vieilet

lards,

des

infirmes

à

l'éducation

des

enfants

des

actionnaires.

La

société des Travailleurs unis se trouve

donc

édifiée

sur les

mêmes

bases que celle qui vient d'être analysée.
1

On y
La
(art.

retrouve les actionnaires à
la renonciation

franc et la stipulation

fondamentale de
société

aux bénéfices.

est contractée

pour une durée de cinq ans
fait

37

,

mais cette durée ne

évidemment que
tiers

limiter

une période
de

d'essai, sans quoi la constitution

d'une caisse
bénéfices

bienfaisance
la
fin

au
de

moyen

d'un

des
serait

obtenus à

la troisième

année

un leurre

tiop chimérique.
Ici

encore

:

Les actions ne sont pas transférables

^art.

9).

La
1

société

émet des

bons ou

billets
elle

d'échange

de

franc

payables en marchandises,
(art
.

ne vend qu'au

comptant
Et,

1

et 21;.

sous d'autres noms, on rencontre un système des

comités

semblable à

celui exposé
la

tout

à l'heure.

Une
les

gérance centrale administre

société,

en se reliant

gérances spéciales qui peuvent être formées pour chaque
industrie.
Il

doit

y

avoir de
1

même

des assemblées générales des
3*3).
:

actionnaires à

franc (arl. 28 et

Suivent quelques institutions particulières

un conseil

de surveillance, qui contrôle rathninislration des gérances
générale
et

spéciales; un conseil de famille, qui a pour
et,

mission de concilier les différends entre les associés,
enfin,
les

un conseil de

travail

chargé d'émettre ses vues sur
et les

règlements

relatifs

au travail

perfectionnements
21),

à introduire dans les diverses industries (arl.

30

et

31).

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

loo

La

société est, à l'instar de la précédente, en
et

nom

col-

lectif entre les fondateurs,

en commandite pour tous
(art.

ceux qui adhèrent par prise d'action
fondée aussi dans
le

1). Elle

a été

courant de janvier 1840.

L'instruction judiciaire a constaté
dernier, environ
1

qu'au mois

d'août

300 actions de

la société

des Travail-

leurs unis avaient été placées.

Florissante

comme
elle

ï Association fraternelle de l'Industirait,

trie française,

en

ligne

de

bénéfices,

une

somnfie de 6 000 francs.
Elle avait à débits

Lyon

et et

à la Croix-Rousse six magasins ou

de denrées

de marchandises nécessaires à

la

consommation journalière des familles d'ouvriers. On y vendait du bois, du charbon, du vin, du pain, des épiceries;
on y trouvait aussi un bazar des petits objets mobiliers
de la
et
le

menue

quincaillerie qui

peuvent entrer

dans

ménage d'un ouvrier ou d'un
salaire de 2
fr.

artisan plus

ou moins

aisé.

Les employés de chacun de ces magasins touchaient un
oO par jour. Les boulangers étaient seuls
paj^ait

payés plus cher. Le salaire se
et le tiers

deux

tiers

en argent

restant en billets d'échange ou bons de

mar-

chandises.

Le régime de
la prospérité
la

l'état

de siège avait, un moment, enrayé

de ces établissements. Trois des magasins de

CroLx-Rousse, signalés

comme ayant

servi de lieux de

réunions aux insurgés de Juin, avaient été fermés par
ordre de l'autorité mihlaire. Forcée de s'arrêter par suite

de

la cessation partielle

de ses ventes au détail, la société
était

des Travailleurs unis en
en liquidation,
et
elle

môme venue
lui

à se déclarer

avait

envoyé à

l'autorité

une pro-

testation contre les

mesures qui

avaient porté le coup

de sa ruine. Mais, depuis, sur

la

demande des créanciers

lo6
cl

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
fournisseurs

de

la

société,

les

magasins

se

sont

ouverts, l'ancien roulement a repris, et les affaires de la
société paraissent s'être relevées des atteintes d'un préju-

dice passager dû aux causes qui viennent d'être dites.
Si j'en crois les

documents de

la police,

les fauteurs

de

l'association,

ceux qui y

inculqueraient le plus ardem-

ment

le

plan socialiste et politique, seraient les
la

nommés
et

Cornu, ancien maire révoqué do

Guillolièrc, Million
ville,

membre du
rât, adjoint

conseil municipal de la

môme

Modé-

de cette municij)alilé.

§

3.

Association di'inocralique des Imlusirirs
réunies.

A

quelques variantes près, les statuts de

\

Associa/ inn

drmocratiquc des Industries réunies ne

font

que

repi'o-

duire ceux rapportés plus haut de V Association fraternelle

de l'Industrie française. Cette ti-oisième société est absolu-

mont oi'ganiséo sur
mité
déi'isoire,

les

mêmes

bases

:

actions d'une mini-

abandon des bénéfices, durée de quatrepar

vingt-dix-neuf ans, émission de billets d'échange ou de

bons de

marchandises,

administï'alion

un

comité

directeur et des comités industriels, assemblée générale

des actionnaires, constitution

dune

caisse des invalides

de l'industrie,

etc., etc.

La seule
(pii

différence saillante, c'est

que

le

fonds social,

est aussi de

200 000 francs, se divise en 100 000 actions
(art.
'1

de 2

francs chacune

7).

L'invention n'a
1

consisté

qu'à mettre les actions à

francs au lieu de

franc.

h' Association démocru/itfue des Industries réunies (hxW

du

'^

avril 18

il).

Elle a

commencé par Touverlure d'im

café dit dc'tnocra-

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
tique à L^on. Je signalerai, en passant,

157
le

monsieur

Garde

des sceaux,

le

danger

qu'il

y

a à permettre l'exploitation

de cafés ou de cabarets au moyen de sociétés constituées
par parcelles d'action de
S'il est licite
1

franc, 2 francs

ou plus.

à quelques centaines de personnes ou

mémo

à des milliers d'associés de s'unir ainsi, sous
soire d'actionnaires,

le titre déri1

moyennant un déboursé de

franc ou

de 2 francs, pour ouvrir un café qui est un lieu continuel

de réunion, ce que l'on aura, en

même temps

que

le café,
il

ce sera un club, et un club de la pire espèce; car

ne

pourra être soumis qu'à une surveillance tout à

fait fictive

de
le

l'autorité, et le socialisme

y

tiendra en parfaite liberté

cénacle de ses associations. Je ne comprendrais pa&-qtre

de prétendus actionnaires, qui ne font vraiment pas acte
sérieux de société commerciale, pussent, par la création

d'un café ou d'un cabaret, c'est-à-dire d'une salle

tou-

jours ouverte de réunion, éluder aussi facilement les dispositions des
drait, à
lois

sur les associations politiques.

11

fau-

mon

avis,

que

la

loi

prohibât l'exploitation de

cafés ou de

cabarets par des associations pareilles, ou,
droit de clore ces

du moins, qu'en cas d'abus reconnu, un
Après
le café

établissements fût expressément reconnu à l'autorité.

démocratique, l'association dont
institué

il

s'agit

dans ce paragraphe, a
cherie,
Il

une boucherie. Cette bouréussi.
le fonc-

promptement achalandée, a complètement
a,

y

pour cette association, à remarquer que
le

tionnement ou

succès a été

même

indépendant
vrai dire, on
le

d'im
s'est

capital fourni par les actionnaires.
])assé

A

de capital

et la

mise en branle par

crédit a été
saisi

suffisant(\

Le

registre à souche des actions,

dans

l'instruction judiciaire, a fait voir, en efîet,

que 60 actions

seulement avaient été retirées;

le

produit de 120 francs

458

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

qu'elles avaient

donné n'avait pu

être

pour

la société

une

ressource, c'est donc

le crédit qui a tout

fait.

Ceci vérifie

ce que

j'ai

exposé plus haut, à savoir que

la fortune

de

ces établissements dépendait en entier de la clientèle

em-

pressée des ouvriers, combinée avec
pris

l'usage du

crédit

pour

soi et refusé

aux autres.
association

Les moteurs de
Drivon,

celte

sont

les

nommés
membre

membre du
la

conseil municipal de Lyon, et Edanf,

membre de
du conseil

même général. On

municipalité

et,

en outre,

peut mesurer, par ses indications
la

personnelles,

une partie de

puissance du socialisme

lyonnais. C'est dans les rangs
locale

môme

de l'administration

que

l'on

a vu les trois associations, calquées sur

les théories
11

de Louis Blanc, recruter leurs chefs.
d'ailleurs,

n'y a point à s'étonner,

de trouver

les

efforts

du

parti socialiste s'éparpillant ici

dans

la création

de

trois

associations par actions à

1

franc

et

2 francs
tout

quand

l'intérêt

du

parti

paraîtrait

commander de
Ces
trois

embrasser dans une société

unique.

associa-

tions ne se nuisent pas, ne se font pas
elles.

concurrence entre
et la Guillolière,

L'une exploite spécialement Lyon
Croix-Rousse,
et la troisième

l'autre la

vend des objets de
le

consommation autres que ceux qui composent merce des deux premières. Celte
prétentions d'amour-propre
chefs.
et
et

com-

(li\ersilé

sei't

aussi les

d'impoi-tance des différents
ridenlité des

Quant
les

à l'action polili(|ue,

doctrines

du but
Ces

met assez facilement d'accord.
premières associations se
i\

trois

rapportent,

ainsi

que je
(pii,

l'ai dit,

une classe

i\

paît,

(^cst le socialisme
fait

sans distinction de métiers ou d'états,

appel à

tous ses adeptes pour les enrôler dans des associations et

placer celles-ci sous

la

[)rotection

de

boutiques à bon

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
marché
d'objets nécessaires à la population laborieuse

159

ou

pauvre. Dans ces associations, les fondateurs font œuvre
gratuite et les actionnaires sont

des

bailleurs

d'oboles

renonçant à tout
celui

profit

pécuniaire

pour ne jouir que de
la

d'être politiquement associés et de servir

cause

socialiste.
le

Les associations dont

je vais parler,

monsieur

Garde des sceaux, sont aussi écloses sous

le souffle

du
:

socialisme, mais elles présentent un tout autre caractère

dans

celles-là, le lien est sérieux entre associés; les asso-

ciés sont les ouvriers d'une

même

corporation;

ils

cher-

chent

tous

leur

profit

pécuniaire,

en
ils

même temps
espèrent des

qu'abusés par les rêves du socialisme,

miracles politiques avec l'emploi du principe d'association.

§4.

— Association

fraternelle des ouvriers menuisiers
ville

de la

de Lyon.

Cette association, remontant aux premiers mois qui ont
suivi la Révolution a fait

approuver ses statuts par

la

com-

mission d'organisation du travail de Lyon le 7 août 1848.

Le préambule de ces
Elle se forme parce
((

statuts
«

annonce sa

foi

politique.

que

la victoire

de Février va enfin
».

couronner de succès

les efforts

du socialisme

Ses

statuts, assez indigestes et confus

dans leurs dispositions,

témoignent cependant une volonté réfléchie de s'associer

pour chercher
de

le

bien de chacun dans un meilleur exercice

la profession

commune.
un
atelier qui

La
le

société est destinée à fonder
d'atelier

prendra

nom

modèle

(art.

1).

On

voit rinflucncc directe

des idées de M. Louis Blanc.

Chaque sociétaire

est astreint

aux obligations suivantes

qui cette fois ont trait à une société sérieuse.

11

doit

100

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

faire

une mise de fonds de cent francs

(art.

7j

.

Il

doit

verser une colisalion mensuelle de deux francs

(art.

il).

Il

doit enfin

apporter à l'atelier les outils nécessaires
(art.

pour son travail particulier

9).

La

société est établie

pour quatre-vingt-dix-neuf ans.

Si

une modification dans nos lois le permet elle se constituera
à perpétuité et alors son capital svra indissoluble et inalié-

nable

(art. 3).

Faute de cette existence perpétuelle, lors de

sa liquidation, le capital social devra être employé à la

fondation

d'un établissement de secours pour les travail-

leurs invalides de la corporation des menuisiers (art. 2).

Ces clauses respirent manifestement
Mais, voici ce qui par
le

le

socialisme.

partage annuel des bénéfices,
socialistes,
fiiit

avec une certaine

teinte

encore d'idées

reparaître la société véritable. Les
ainsi
:

bénéfices se di\iscnt

4/u sont alloués aux sociétaires par égale portion
1/5 restant s'emploie conmie ci-dessous;

;

i/2u au gouvernement, à

titre

dimpùl;

1/25 destiné à fonder une caisse de secoui-s pour les
vieillards, etc.
;

1/25 j)our fonder une bancpic mutuelle entre toutes les
associations dos dilférentes corporations et
les

soutenir

contre

le

chômage;
les sociétaires qui

2/25 en primes d'encouragement poui-

se seraient signalés par leur talent et leur
travail.

dévouement au

Du
La

reste,

chaque sociétaire

tra\aillanl à

l'atelier
(art.

doit

recevoir 3

francs j)our sa journée

de

tr-avail

31).

société s'administre

par un bureau composé

d'un

directeur, d'un sous-directeur, d'un trésorier, d'un secrétaire et

d'un secrétaire-adjoint

cl

par un conseil de famille

.

DEPARTEMENT DU RHOXE ET LYON
qui doit s'interposer

161

comme

médiateur dans

les contesta-

tions entre associés (art. 12, 24 et suivants;.

Le premier dimanche de chaque mois,
générale des
trois mois,
il

il

y a assemblée
et,

membres delà
doit être

société

'art.

42^\

tous les

convoqué une assemblée générale
lui

de toute la corporation des menuisiers de Lyon, pour
faire apprécier,

par

le

tableau des opérations de la société,

les

avantages de l'association.
^'iennent d'ailleurs attester

Des dispositions morales
les ouvriers

que

menuisiers ont cédé à un socialisme honnête

qui se nourrirait d'illusions et non de pensées de désordre.

— Le citoyen
offrir

qui voudra faire partie de la société devra
et

toutes les garanties de probité, de moralité
la paresse, le vol et

de

bonne conduite. L'ivrognerie,
ralité seront

l'immo(art. o)

autant de motifs suffisants d'exclusion

Celui qui,

pouvant

travailler,

ne

le

ferait

pas, par

paresse ou mauvaise volonté, sera chassé de la société

comme un
Une

lâche et un voleur
etc.

(art.

45

.

Des rèoles

sao-es

concernent les apprentis,

société ordonnée ainsi ne

menace pas
L'intérêt

la

paix pu-

bhque au

même

degré que celles dont nous avons précéla

demment examiné
domine dans
part des ouvriers

structure.

professionnel
voit

celle-ci la

tendance politique.

On y
:

de

la

d'un corps d'état une tentative sincère
le socia-

de combinaisons propres à améliorer leur sort
lisme n'est là que dans
aspiration
le lointain,

comme
il

l'objet

d'une

vague

et

généreuse. Cependant,
réel réside

ne faut pas

se le dissimuler,

un danger

encore dans de

pareilles associations. Elles

peuvent s'électriser des anti-

pathies de classes et des passions pohtiques; beaucoup et
la plupart peut-être

de ceux qui les composent livrent leur

intelligence et leur
TCHERNOFK

cœur en pâture au mauvais journalisme
11

162

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
à toutes ses excitations. Dans un

et sont dociles

moment

de troubles,

il

y

aurait à craindre le rôle actif

que pour-

raient jouer ces phalanges d'associations ouvrières. Si ce
n'est pas

une conjuration,

c'est

du moins un instrument
décisive en

politique pour le désordre. L'expérience des réunions qui

ont un caractère populaire

'est
si

d'ailleurs trop

PVance, pays où s'exaltent

volontiers la parole et l'action,

pour qu'on ne
V a
à

soit

pas frappé des graves inconvénients qu'il

laisser
et

des ouvriers

convoquer périodiquement

par centaines

par milliers les

pour délibérer sur ce qui

les intéresse

hommes de leur profession en commun, à grand
il

appareil des discours dans lesquels
table de rencontrer la politique. Si

est
le

vraiment iné\

i-

donc

gouvernement,
ainsi

ce qui semble devoir être, tolérait les associations

formées entre ouvriers qui se

flallent

d'organiser

le travail

dans des conditions plus avantageuses à leurs

intérêts,

notre législation aurait le plus tôt possible à réglementer et
à corriger par de sages garanties ces ordres de faits nou-

veaux qui renferment un danger pour
Je ne

la sécurité

publique.

me préoccuperais, monsieur le Garde des sceaux, que
crois pas

du présent pour ces dernières associations. Je ne
à leur avenir. Je suis intimement convaincu

que de jour

en jour

elles

pi-rdronl

de leur prestige aux
|)as

yeux des
ra[)iile

ouvriers, et que le moiiienl n'est

loin

où un

déclin les mènera h leur terme. L'expérience conclut déjà

dans ce sens pour
Lijon.

la Socic'fc

fraternelle des menuisiers de

Le dévouement

sociétaire

y

est

en baisse. Dans

le

principe l'association comptait jusqu'à 300

membres

cl
fin

semblait faire voile vers de brillantes destinées. Vers la

de l'année dernièr'c, ce pei'sonnel avait dimirmé de moitié.

Le désenchantement

contiruie. Mais, je
l'état

manque de

rensei-

gnements précis sur

actuel de l'association.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

163

§ 5,

— Association générale
statuts

des tailleurs de pierres

du

Rhône.
Les
de V Association générale des tailleurs de

pierre du Rhône ont été élaborés et rédigés par la com-

mission d'organisation du travail de Lyon.

Un

procès-

verbal imprimé du 22 septembre 1848, au bas duquel se trouve la signature de M. Morellet, aujourd'hui représentant

du peuple, en
société

fait foi.

Cette

remonte

comme

la

précédente à

l'an-

née 1848.

Un programme
maximes
«
«
«

qui

précède
lit
:

les
«

statuts

déploie

les

socialistes.

On y

Quelle a été la cause

première de la misère toujours croissante des travailleurs
?

Quel a

été le principe

de toutes nos dissensions
la

?

— L'égoïsme, l'individualisme,
qui a porté

hideuse concurrence

«
«

l'homme à

se croire lui seul l'humanité tout
les autres

entière, et à ne voir

dans

hommes qu'un

obs-

« «

tacle ou un objet d'exploitation. Le temps est venu de

mettre

fin

à un

état

de choses aussi

déplorable...

o

L'esprit

infus

de

ces sortes

d'associations est par là

clairement révélé. Malgré l'innocence politique apparente

de statuts qui n'ont

l'air

que de discipliner

le travail

dans

une profession, on se targue d'entreprendre

la

démolition

du

vieil

ordre social.
société doit être de 09 ans (art. 4).

La durée delà Chaque

sociétaire doit faire le
(art. 7).

versement d'une

somme

de six cents francs

L'intervention de la commission lyonnaise a

amené un
caisse
vieil-

grand luxe de
fraternelle

fraternité et de solidarité.
les

Il

y a une

pour assister

malades, les veuves, les

164

ASSOCIATIONS KT SOCIKTliS SECRtTES
et les

lards

orphelins de rassociation

(art. oO). Il

y

a aussi

une caisse

de

solidarité

ou de garantie mutuelle des

diverses associations ouvrières contre le chômage. Celte
disposition, dont l'analogue existe
nuisiers, mérite qu'on la

dans

la société

des me-

remarque. Elle signale une tenles ouvriers

dance à former une sorte de pacte général entre
des diverses industries.
gravité
:

Chose qui

aurait

une incontestable

ce n'est pas un simple acte de bienfaisance récic'est la lutte

proque qu'on pratique,
nise,
c'est
le

de classe qu'on orgadicter, par

moyen qu'on prépare de
maitr-es.

des

coalitoins sur la plus vaste échelle, la loi
d'indusli-ie,

aux entrepreneurs

aux

aux négociants.
la

Les bénéfices doi\ent être répartis de
vante
:

manièi'e sui-

7o

p.

KM) à partager en parties égales entre tous les

associés;

10 p. 100 à la caisse fratei-nellc

;

10 p. 100 à la caisse de solicUii-ité;
•')

p.

100 pour rim|)ôt au gouvci'noment
reconnaît surtout
la

(art.

GG).

On

main de

h\

commission lyonl'association
et

naise dans la manièi'e dont le

mécanisme de

a été monté. Des séries de rpiinze sociétaires au moins

de vingt-cinq au plus sont placées chacune sous
tion

la direc-

tlun président

;^arl.

20

et

2\

.

Les présidents des

séries

forment en se

léunissant

un comité représentatif
élit

(art. 23).

Ce

comité re|Mésentatif
cillanci^
et

une gérance
et
2»Si.

et

une

commission de sur\

art.

2'i

La gérance,

composée dun gérant
la société
;

de deux sous-géi'ants, administre

la

commission de surveillance contrôle toutes
em-

les opérations, et, entre autres atti-ibutions, elle doit «
«

ployer tous les moyens possibles d'amélioivr
la position

le

sort et

«

des associé--,

soil

par ra|)port à

la vie

ou aux

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
«
se

165

jouissances matérielles, soit sous le rapport des jouis-

sances

de

Tesprit

et

des

facultés

intellectuelles.

»

(art. 47).
Il

est inutile d'insister sur la destination militante et

en

quelque sorte Fidonéité à Faction politique de ces séries
par quinze ou vingt-cinq fortement reliées entre
elles

au

moyen du comité

représentatif.

Le socialisme révolution-

naire perce dans tout cela.

Heureu.sement, la société des tailleurs de pierre n'a pas
meilleure fortune que
politique soutient
celle des menuisiers.

La passion
anormales
et

un moment ces
le

institutions

quand

elle

les

abandonne,

sentiment professionnel est
dont je viens de

impuissant à

les faire durer. L'association

retracer l'esprit et les règles paraît se débattre dans les
étreintes de sa

décadence

et

de sa

fin.

Autant aurais-je à en dire d'autres associations ouvrières

du

môme
de

genre qui ont eu à peine une assiette sérieuse.
socialistes,

Cependant, sous l'influence des prédications
l'esprit

la population ouvrière

continue à se tourner avec

force vers les idées d'association, et Finsuccès de ces pre-

mières expériences ne devrait pas être une raison de ne
point parer à

un ordre de

faits

dangereux qui tend évidemrègle
particulière
doit

ment à
leurs
rales

se reproduire.

Une

être

imposée à ces sociétés d'ouvriers, à cause du nombre de

membres,
que
l'état

et

surtout à cause des assemblées géné-

actuel de la législation leur permet de conle

voquer. Sans quoi,

socialisme, car c'est lui

qui est le

moteur de toutes ces

enlropi-ises,

demeure en possession de
de réunion, c'est-à-

la liberté d'association et

de

la liberté

dire des

moyens de mettre

ses armées en

campagne.

166

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

I 6.

— Association
et

dite des unis, des

façonnés

des velours.
o juillet

Le décret de rAsscmblée constituante du
a mis à
la disposition

1818

du gouvernement

trois millions

pour
la

servir à cncourag'er les associations entre ouvriers.

Sur

demande de

rautorité locale, provoquée elle-même par les

sollicitations pressantes

tribunal et de la
2(10

du conseil des prud'hommes, du chambre de commerce, une subvention de
été accordée à
le

000 francs a

une société dont
formait

le

sieur

Féhx Martin

était

chef et qui se

entre des

ouvriers pour créer à

Lyon un comptoir d'achat et de vente
soie.

de soie à ouvrer

et

de vente d'étoffes de

Les

coi'ps représentants

légaux du commerce qui avaient

pesé de leur influence sur l'administration, en la détermi-

nant à

faire

doter une société d'ouvriers en soie de celte

subvention considérable, avaient sans doute obti à loxi-

gence des temps.
utile

Ils

parraissent avoir pensé aussi qu'il était
le

d'expérimenter

système

si

préconisé des associaétait

tions ouvrières et

que l'expérience
le lest

d'avance condam-

née à échouer, malgré

de

la

subvention. La lc(;on

même

aurait été, selon eux, d'autant plus décisive qu'une

riche subvention n'aurait pas pu sauver de pareilles associations de leur perte.
(^iHait, à ce
l'allocation

que je

crois,

un mauvais calcul. Moyennant
faite, la

qui lui a été

société

du sieur Félix

Martin ades chances, au moins temporaires, de réussite. Le
capital de subvention couvrira ses pertes et l'exiguité de

ses bénéfices et donnera

une puissance de vie plus ou

moins longue au renouvellement de ses opérations. D'autres
sociétés d'ouvriers se constituent
d(''ji^

pour

recueillir la

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
faveur
égale

167

d'une prélibation sur

le

fonds des

trois

millions.

Le mouvement qui emporte
irriter

les esprits

dans ce

sens contribue à

une

plaie
la

locale,

à augmenter
et

l'antagonisme existant
celle des négociants.

entre

classe

des ouvriers

On

n'en est que plus porté à regarprivilégiés

der ceux-ci

comme

des

fils

du

capital, des forla

bans du commerce, des ennemis naturels de
ouvrière avec lesquels
il

population

faut viser à

rompre tous rapports.

Le socialisme trouve assurément son compte dans ces passions qui s'exaltent. Les associations ouvrières formées avec

dessubventions du gouvernement sont d'ailleurs, tout impré-

gnées d'idées qui
tique. Ajoutez

les disposent à

exercer une action poli-

que dans une nombreuse population ouvrière
succès de ces entreprises ou

comme
tout le

celle

que Lyon renferme, on ne peut subventionner
le

monde, ce qui rend

leur apparence de succès beaucoup plus nuisible que leur

complet échec ne peut être profitable.

Il

n'y a guère que

du mal à attendre de
serait- elle-même

pareils essais. L'expérience contraire

un enseignement?
foi

Comme

si

les

partis

acceptaient de bonne

ce juge et faisaient faute d'expli-

cations ou d'assertions mensongères pour récuser ses sentences.

Quoiqu'il en

soit,

M. Félix Martin a obtenu pour
l'industrie et la politique.

lui

et

pour ses associés une subvention de 200 000 francs.

M.

Félix Martin
il

cumule

Après
la

Février,
société

avait été

un des principaux fondateurs de
la

secrète de

mutualité générale
11 s'est

constituée en

l'honneur du sociahsme.
le sieur

adjoint

comme

soua-gérant

Ennemond

Brosse, dont les titres révolutionnaires

ne sont pas moindres. Celui-ci avait été membre du comité
exécutif qui gouverna
taire

Lyon après

le

24 Février,

et secré-

de la commission d'organisation du travail du palais

168

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

Sainl-Pierre. C'est

un des coryphées de noire socialisme.
les sieurs

Aux événements
été tous

de 1849,

Martin

et

Brosse ont

deux

arrêtés, puis relâchés en l'absence de faits

spéciaux

propres à justifier contre eux une prévention.

D'après les rapports parvenus à

mon

parquet,

le sieur

Félix Martin, cherchant des associés, se serait adressé de

préférence à laristrocratie,

il

est vrai,
la

du moment, à d'andes sociétés
ordinaire des

ciens condanint^s politiques, à
secrètes.
11

séquelle
le local

les aurait réunfs

dans

loges de mutuellistes.
but,
il

En

leur exposant son plan et son

leur aurait dit que chaque ouvrier associé recevrait
suffisante

une somme
vie, et

pour

les besoins

journaliers de la
la distribution

que tout l'excédent des recettes sur

ainsi opérée et sur le solde des frais

généraux d'adminisle

tration,

se

capitaliserait

j)Our accroître

fonds social.
caracté-

C'est,

comme

ce ra|)port

le fait voir, la stipulation
le

risli(|ue

des associations formées sur

pivot

du socialisme.
le

Aussi, les documents de police ajoutent-ils que
Félix Martin se serait écrié
«
:

sieur

«

Nous aurons

une véri-

table association socialiste qui fera bientôt sentir tous

« ses effets. »

La subvention du gouvernement
observer, en bonnes mains.
Il

est,

à ce qu'on peut

paraît qu'on pétitionne
la

pour avoir encore 100 000 francs
\'oici

déplus de
drait
.

caisse

du Trésor.

comment on

s" \

pren-

Les ouvriers se seraient distribués en

trois asso-

ciations,

une des unis ou

étoffes unies,

une des façonnés

et

une troisième des velours. Les deux premièies se partageant lasubventionaccordéc auraientchacune 1 00 000 francs
et
la

troisième demanderait que.
lui

pour

Iciiii-

h\

balance

égale on

donniM lOOOOO francs à son tour.

Si lassociaet

tion (les unis a

dans ses chefs,

les sieurs

Martin

Brosse,

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
des notabilités socialistes,
il

169

en est de

même

de ses deux

jumelles. L'association des façonnés est dirigée par le sieur

Drivon,

membre du

conseil municipal de L3 on et l'un des
l'association

fauteurs les plus actifs de

démocratique des

industries réunies. L'association des velours reconnaît pour

chef

le sieur

Cornu, maire révoqué de
le

la Guillotière. le

Selon moi, Monsieur

Garde des sceaux,
pour

gouver-

nement

doit s'arrêter le plus tôt possible,

dans cette voie
des

des subventions

perdues

la

cause véritable

ouvriers et utilisées uniquement par le socialisme.

Je ne dirai rien des statuts des associations dont je traite

sous ce paragraphe.

Comme

condition

de la subvention

fournie, le pouvoir s'est réservé la surveillance sur les opé-

rations de ces sociétés. L'autorité administrative possède

sur ce point les informations qui l'intéressent.
Je

me

bornerai à faire ressortir que d'après les statuts,
affdiés à ces associations sont organisés

les ouvriers

par
si

séries

ou groupes de vingt-cinq. Ce cadre qui se prête
la délibération

bien à
été

occulte et à l'action, est celui qui a

savamment

conseillé parla

commission du palais Saintdont nous nous

Pierre à l'une des sociétés industrielles

occupions tout à l'heure.
lance de
la police

On

conçoit combien la surveil-

devient illusoire pour suivre les

mou-

vements qui se passent
de
vingt-cinq, cachant

inaperçus dans ces escouades
le

lieu

de leurs réunions. L'ne

délibération peut ainsi

s'engager parmi plusieurs mille
circuler rapidement au sein
il

ouvriers et un mot d'ordre

d'une vaste association, sans qu'au dehors

y

paraisse.

Impossible de mettre des agents de police à

la piste

de

chacun de ces tronçons qui s'agitent
se rejoindre en

à part et qui
et

peuvent
le

un corps vigoureux

énorme, quand

signal d'agir aura été donné. Les notes de police fournies

170

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

sur quelques-unes de ces réunions qui ont pu être observées, parlent des quêtes qui

s^

font et

dun

objet qu'on

semble y avoir en vue au delà de l'objet apparent de Tassociation. Il va à prendre sérieusement garde à ces associalions où la fourmilière des associés se distribue en séries

:

encore est un danger contre lequel

il

importe de se pré-

munir.

§ 7.

— Sociétés ouvrières de bienfaisance à Lyon.
sociétés.

Lvon compte 184 de ces
Je ne
leui-

Elles ont une encaisse de 130

000 francs.

ménage une

place dans cette revue générale

des forces des associations ouvrières à Lyon, que parce que
la police,

dont l'opinion est très affirmative à cet égard,

signale l'esprit de leur institution se dénaturant complète-

ment au

profit

de

la politique.

Je crois qu'il

y

a erreur

ou tout au moins exagération

singulière dans ces appréciations.

Le régime auquel ces
sur la distribu-

sociétés de bienfaisance sont assujetties, les contient assez

pour qu'elles ne puissent enter
tion des secours
;

la politicjue

et la police

aura sans doute confondu

les dispositions personnelles

d'un grand nombre des

mem-

bres des associations avec l'esprit et la ligne d'action sup-

posés de ces associations même.
Quoifju'il en soit celte opinion de la j)olice mérite d'être
recueillie.

Le symptôme
Il

reste,

si

sa valeur

n'a pas

été

exactement relevée.
prit politique

n'est pas inutile de connaître l'es-

généralement dominant dans ces associations
(|ui

ouvrières qui ont l'habitude de se réunir;
elles

lèvent parmi

des cotisations

et

qui ont en caisse plus de cent mille

francs.

DÉPARTEMliNT DU RHONE ET LYON
Tel
est.

171

Monsieur

le

Garde des sceaux, Taspect

plein

de
se

périls peut-être

que présentent à Lyon

les associations

recrutant dans la population ouvrière.

Nulle part on n'a étudié de plus près les applications dont
le principe d'association était susceptible

pour seconder

les

passions politiques dans ce qu'elles ont de pire, de plus
hostile à tout ordre et à toute société.

On

ne s'en tiendra pas

là,

ces procédés terribles de réfera servir

volte et de désorganisation, on les

incessam-

ment à

accroître la puissance funeste de la presse.

Des

essais viennent d'être tentés

que

le

régime

d'état

de siège

a heureusement réduits à néant. Mais l'état de siège levé,

on recommencera infaiUiblement.

On constituera par actions
de journaux

d'un franc des sociétés pour l'exploitation
socialistes;

nos ouvriers se feront ainsi entrepreneurs de
les classes populaires se surexciteront
elles vivront
le

publicité

;

des pasà l'état

sions pohtiques les plus violentes;

permanent de complot;

le

journal sera
il

manifeste quoti;

dien d'une masse à laquelle
tions politiques renaîtront

appartiendra

les associa-

avec bien plus de danger sous

forme d'assemblées d'actionnaires de journaux; en un mot,
le

journal se fera multitude, se fera peuple,
il

il

pourra dire

:

Je m'appelle légion;
il

conspirera dans l'arrière-boutique,

fera parler le fanatisme

haineux de sa soldatesque à un

franc jusqu'à ce qu'il lui plaise de la lancer dans la rue.

Comment
Les

faire

pour enrayer

le

mal?
Elles ont
les sti-

lois actuelles

n'y peuvent rien. Elles n'ont pas prévu

l'abus qui se ferait ainsi
laissé

du contrat de

société.

aux parties contractantes toute
le

latitude

pour

pulations de droit civil que

contrat de société comporte,
soit

comme

le

taux quelque bas qu'il

des actions, l'affecta-

tion des bénéfices à l'accroissement

du fonds

social, etc.

172

ASSOCIATIONS ET SOCILTliS SECRKTES

C'est donc une question de législation qui se pose au
sujet d'une

forme nouvelle du

contrat de société, dont
et

ravcnenient des doctrines socialistes
tiques aciuelles vont accréditer le

nos

mœurs

poli-

dangereux usage.

Le principe de solution de
ci
:

la

question
la

me

j)arait celui-

il

faut

une intervention de

puissance publique pour

j)OU\oii'

sui)primer dans leur oi'iginc des associations qui
la paix

menacent
dustrie et
le

de l'Etat ou

la situation

normale de

l'in-

du commerce, ou pour pouvoir

surveiller dans

cours de leur existence, celles de ces associations qui, se
licite et

rapportant à un but
dustrie, risqueraient
titution,

sérieux de commei'ce et d'inle

néanmoins, par

de dégénérer en un danger public.
èlrv

mode de leur consEn d'autres
la suite

termes, le Gouvernement doit

mis dii-ectement en de

mesure
la

soit d'interdire, soit

de contrôler. C'esl

grande règle que

l'intérêt

privé doit céder à l'inlérél noni-

public, règle dont notre droit commercial offre de

'breuses applications.

La

société

anonyme,

telle

que nos

lois l'ont

organisée,
s'\'

en est un exemple. En examinant les prescriptions qui
rattachent, ne trouve-l-on pas. Monsieur
le

Garde des
dans ce rap-

sceaux, un l\pe

cpii

conviendrait parfaitenu'iit aux associa-

lions ouvrières dont je ni'occuiH' spin-iaieini-nt
port.

Pourquoi

la

sociiHé

anonyme,

sousli'aile à l'enipire libre

des conventions, ne peut-elle exister (iiiau uiuytMi d'une
autorisation
trôle

du gouvernement

et est-elle

soumise au con-

permanent de

l'autorité pul)lique ?

raisons
«
<(

M. Ueynaud de Saint-Jean-d'Augély, en indicpiait les « Ces sociétés, disait-il. sont un moyen d'asso:

cier la médiocr-ité

même

et

presque

la pauvi-eté

aux avansouvent.

lages des gr'andes sj)éculations..., mais,

tr'op

,

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
« des associations

173

mal combinées dans leur origine ou mal
des administrateurs, altéré

« gérées dans leurs opérations, ont compromis la fortune
«
«

des actionnaires

et

momen-

tanément
publique.

le crédit général,
Il

mis en

péril la tranquillité

«

a donc été reconnu... que l'intervention du
»

« o^ouvernement était nécessaire...

Or, la plupart de ces motifs existent avec plus de puis-

sance encore pour les associations ouvrières, dont nous

avons dessiné
1"

le

mécanisme.
le

Ces associations donnent

plus énergique point d'aploi

pui aux coalitions d'ouvriers prévues par la
elles

pénale, et

menacent par

de suspendre

le travail,

de porter

atteinte

aux capitaux engagés dans

les opérations

du com-

merce
dit
;

et d'introduire les plus

graves perturbations du cré-

2" Elles révèlent

un danger

particulier

dans

les

émis-

sions de papier auxquelles elles recourent pour suppléer à
l'exiguité d'un fonds social qui se

compose d'actions à un

franc ou à deux francs

Le défaut de

solvabilité réelle de tous leurs gérants et

le défaut d'intérêt

de

la part d'actionnaires à

mises de fonds
les plus

qui ne sont pas sérieuses,

y doivent encourager

téméraires entreprises;

Ce

qui est la considération essentielle, la minimité des

actions à un franc ou

un peu plus

fait

que

la société

n'ap-

partient pas à des actionnaires, mais bien plutôt à un parti

qui veuf s'en servir pour ses
torité

fins, et l'intervention

de l'au-

est

alors

appelée

par une des plus impérieuses

nécessités de préserver la tranquillité publique;
îj"

Par

la force

des

faits,

il

y

a des clauses qui se glis-

sent dans

les statuts de pareilles sociétés et qu'il

y

a un

haut intérêt de police à interdire, parce que donnant des

174

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
délits, et

moyens de commeltre des
vue d'une propagande

conçues non pour une

expérimentation loyale du principe d'association, mais en
socialiste, elles

ne constituent que
établi.

des machines de guerre contre l'ordre

Des raisons de

la

même
et

nature que celles qui justifient

l'intervention de l'autorité publique

dans

la formation des

sociétés

anonymes anonymes
il

même

des raisons supérieures en
la

importance à celles-ci réclameraient donc que
sociétés
fut

forme des
si

imposée aux associations

perni-

cieuses dont
pas,
certes,

est question

dans ce

travail.

On

ne niera

que près du rapprochement de ces pièces
et

vingt sols, l'accumulation des bras
tiques ne fasse naître autant de

des passions poliet

dangers

ne prescrive
et

autant de garanties que l'accumulation des capitaux
l'irresponsabilité persoiuiellc

dans

les sociétés

anonymes.

Quoi de plus conforme aux bases de
cial

noti'e droit

commer-

que d'appeler

ici

la tutelle
si

du gouvernement? Quel

commerçant plus anonyme, que
Voilà, Monsieur le

celle réflexion m'est permise,

l'actionnaire à vingt sols?

Garde des sceaux,
cpiant

le

remède que
il

je

proposerais

:

soumettre les associations dont

s'agit,

aux

règles des sociétés

anonymes,
forme

à l'intervention du

gouvernement,
l'autorisation
tion

c'est-à-dire l'examen par le conseil dÉtat,
la

dans
et la

^l'un

règlement d'administra-

publique

surveillance administrative.

De

la sorte.
la

Sans inscrire dans
f|u'('\pU)ile
l'espi'it

h'gislalion

de ces jM'ohibitions
par
simj)le
la

dv partis, on

proscrii'ail

jurisprudence du Conseil d'Etat, les pactes dont

paix

publique reçoit un
prévoir en détail
:

dommage
tels

direct et qu'il est dillicile de

(|ue la

création

de cafés ou de

journaux

socialistes par ces

menus

actionnaires à quelques

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

173

francs, les cadres cForganisalion distribués par séries, les

clauses de renonciation aux bénéfices, les partages égalitaires

quelque

soit le

montant de chaque associé,

etc.

On

tracerait certaines conditions qui sont d'une
la

extrême

importance pour
naires.

tenue

des

assemblées

des action-

On
soit

préposerait aux associations un surveillant légal,
.

qu'on

nommât

près d'elles

comme

cela se pratique

pour

les sociétés

anonymes, un commissaire du gouverstatus, soit

nement chargé de contrôler l'exécution des
cette surveillance fut confiée

que

aux

préfets,

avec faculté de

nommer

des délégués^ etc.

Enfin, on aurait une sanction de Tintérêt public dans le

pouvoir de retirer, en cas d'abus, l'autorisation accordée.

Ce moyen
cace.

semblerait aussi politique que simple et

effi-

Quelques pénalités

le

compléteraient.

Il

conviendrait

d'assimiler à des sociétés secrètes et de faire tomber
telles

comme

sous

le

coup de

la loi les associations

du type prévu du type, dans
en pareille

qui se seraient établies sans l'autorisation requise.

Toute
la

la difficulté est ici

dans

la définition

détermination légale des caractères qui,
,

matière

rendraient obligatoire

la

forme administrative

suivie pour les sociétés

anonymes.

Je crois, Monsieur
lieu

le

Garde des sceaux,
:

qu'il

y

aurait

de s'arrêter à ceci

un minimum de

la

quotité des

actions et un

maximum du nombre

des actionnaires.

Ce
par

sont des caractères précis et tranchés qui se prêtent parfaitement à une définition légale.

La

loi s'édicterait,

exemple, pour

les sociétés

par actions qui compteraient

plus de 100 actionnaires ou des actionnaires en

nombre
ou de

indéterminé et dans lesquelles

le

montant de

l'action

176

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

la

mise de fonds de

chaque associé

serait

inférieur

à

200 francs.

A coup

sûr, toutes les associations qui seraient comprises
la loi, seraient celles

dans de semblables prévisions de

qui

auraient pour objet très secondaire ou à peine sérieux
l'intérêt industriel et
le socialisme

commercial

et

pour principal mobile

ou

la politique.

En terminant
sieur le

ce rapport,

il

me

rcsle à

vous

i)ri('r,

Monla lon-

Garde des sceaux, de vouloir bien excuser

gueur de ces développements, en considération de l'importance de la matière qui y est traitée.
Veuillez agréer, etc.

Le Procureur Gcnèrul,
Signé
:

X...

m
RAPPORT DE LA SOCIÉTÉ DES MUTUELLISTES
Lyon,
le 17 juillet ISjO.

Monsieur

le

Procureur général \
et la

La surveillance

répression des sociétés secrètes m'a
les

paru toujours l'un des devoirs
position dillicile

plus impérieux de la

que

j'ai

acceptée en

prenant

la direction

de ce

i)ar(|uet.
polic(>

La

nous

parlait

fn'quemmenl des menées

et

du

travail incessant des associations occultes qui entretiennent
l'agitation

dans

le sein

de nos j)opulations ouvrières

;

mais

elle s'avouait

impuissante ù saisir les preuves juridiques

1.

Archives nalioiiulex \iiV, 1473.

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON

177

de ces œuvres ténébreuses. Elle voyait des groupes d'individus se former dans des lieux publics
nait le but et le caractère
;

elle

soupçon-

de ces réunions, mais sous les

apparences de ces assemblées de buveurs rapprochées par
le

hasard ou par des relations professionnelles

elle

ne poudite.

vait constater l'existence d'une association

proprement

Dans

l'état

d'observation où ces rapports nous plaçaient,,

nous attendions l'occasion de pénétrer plus avant dans
l'intérieur des sociétés secrètes. L'occasion s'est présentée.

Les démarches

et les relations

de certains

hommes

notoi-

rement engagés dans

les

menées

politiques nous

ayant

autorisé à faire diverses visites domiciliaires nous n'avons

pas tardé à acquérir les preuves de l'existence d'un certain

nombre de
ainsi

sociétés secrètes et de l'affdiation de ces

mêmes
C'est

individus à plusieurs de ces sociétés.

que
et

j'ai

été

amené à poursuivre depuis
simultanément
la

quinze

jours

presque

société

des

M/duellistes, la loge des
politique

A?ms

des

hommes,

association
et

formée sous

le

voile d'une loge

maçonnique

divers individus appartenant à la société des Voraces où à
celle des
J'ai

Charbonniers.

l'honneur de vous adresser aujourd'hui un rapport

particulier sur la société des Mutiiellistes.

Fondé en 1828
ne
s'être

'au

mois de juin)

le J/;////^///.')V?zç parait

annoncé d'abord que

comme une

de ces sociétés

de compagnonnage destinées à établir des rapports d'assistance mutuelle entre ouvriers

delà même
d'atelier

profession.
la

Mais cette association de chefs
de Lyon ne

de

fabrique

tarda pas sous l'influence des événements jmli-

tiques et des écrits socialistes à prendre
et

un dévelop[)emcnt
la tranquillitc'

un caractère des plus inquiétants pour

publique.
TCHERNOFF
12

178

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
sein

C'est de son
tables qui ont

que sortirent ces coalitions redoules conflits sanglants

amené

de novembre

1831

et

d'avril

1834, et qui, en développant chez les

ouvriers tous les instincts de l'envie, ont excité cette haine

profonde, cet antagonisme passionné qui leur

fait

envisa-

ger
Si

les fabricants

comme

d'irréconciliables ennemis.
industrielles

aucune des populations

n'a été aussi

profondément affectée par

les doctrines socialistes

que

celle

de Lyon c'est qu'aucun terrain n'avait été aussi bien préparé
à recevoir ces dangereuses

semences que
le travail

le sol

lyonnais

labouré depuis longtemps par

des sociétés secrètes.

Quelles qu'aient été, donc, les intentions des fondateurs

du Miituellisme

le

caractère politique de cette association
;

ne peut plus être mis en discussion

il

est écrit

en traces

sanglantes dans riiisloirc de nos vingt dernières années.

Aussi

le sort

du MtilucUi^mc

a-t-il

été

constamment on

rapport avec la situation politique du pays.
L'insurrection de

183 i, née au cœur du Mutiicllisme
fait

ayant été vaincue, l'association se trouva dissoute de
et

pendant plusieurs années on

put

croire

qu'elle ne se

reformerait plus.

Mais à

la

faveur des dissensions poli-

tique, les débris de la société so rapprochèrent, et,
le

dans

sous

commencement de le nom d'ateliers

l'année IStT, les sections connues
se

reconstituèrent et se
les

réunirent

pour reprendre l'œuvre interrompue par

événements.

Divers documents originaux, notamment
sis

les i)apiers sai-

chez les inculj)és Brunot

et

Massuil

nous apjirennent

qu'à celte époque la société reprit une nouvelle et ardente
aclivil(''.

l'ne

commission

fut

nommée

poui"

reviser les

règlements de rancienne association. Cette commission

proposa au ban fratorncl

(c'est ainsi

qu'on

nomme

les

comices généraux de

l'association)

des statuts

formant

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
deux chapitres dont
le

179

premier,

intitulé dispositions

et

obligations fondamentales, indique dans des termes d'une
certaine élasticité, le but de Tinslitution
et

du devoir mutuel,

dans

le

second, sous

le titre

de formation du devoir,

règle les conditions d'admission dans la société, le

mode

des réceptions

et initiations, et enfin les et

prérogatives du

ban fraternel, du conseil administratif
lier.

des chefs d'ate-

La commission de
de
la création

revision propose aussi de reprendre
les

l'ère

du Mutuellisme fondé, disent

docu-

ments dont nous avons parlé, en 1828.

Ces diverses propositions furent admises. Les documents
joints à l'instruction

nous fournissent à ce sujet

les détails
(l'In-

suivants

:

trente ateliers dont les

noms

sont indiqués

telligent, le \'igilant, le Social, l'Ardent, etc.) prirent part

au vote. Le nombre
était

total des

de 460, celui des votants
le

fut

membres de Fassociation de 3H. Il y eut deux
l'ère

votes distincts,

pi-emier sur le projet de règlement, le

second sur
faible

le projet

de reprendre

du mutuellisme.

Si

que

fût

la minorité

sur cette dernière question elle

indiquait

néanmoins que

les votants

en avaient compris et

discuté toute la partie. C'était bien l'héritage de 1831 et

de 1834

qu'il s'agissait d'accepter.

On

n'en doutera pas
les déli-

tout à l'heure. Quoi qu'il en soit

nous voyons que

bérations qui suivent portent, en abrégé, la date

trième dimanche du quatrième mois de l'an
suivant toute apparence correspond

du quaXIX, ce qui,

au mois de septem-

bre 1847, l'ère du Mutuellisme
juillet

commençant au mois de
Mutuellistes dans les
il

1828.
la

Avant de suivre

société des

divers actes de sa vie secrète jusqu'à ce jour,

convient

de s'arrêter un moment sur
organisation.

les principes et le

but de son

180

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
la

Les statuts présentés par
la

commission de revision à
ont
été autographiés.

sanction

du ban

fraternel

La

société en effet a possédé une presse autograpliique secrète,

à l'aide de laquelle

le

conseil administratif faisait distril'association les projets, états

buer à tous
de dépenses

les

membres de

et autres

communications quelle avait à leur
:

transmettre. L'article 1" do ces statuts porte
« « « «

«

le

devoir

mutuel
de

est

une

institution fondée par des chefs d'atelier

la fabrique d'étoffes

de soie de Lyon

et

de ses envi-

rons, dans le but d'amélioror leur position piiysiquc et

morale. » Suivant

l'article 2"
:

«

les

membres de

l'assoles

« eiation
« «

s'engagent

à

pratiquer constamment
et

principes d'équité,

d'ordre

de

fraternité; 2"

à

unir

leurs efforts pour obtenir de leur main-d'œuvre un sa:

« laire raisonnable
«
« «
«

3° à diHruire les

abus qui existent en
;

fabrique ainsi que ceux qui existent dans leurs ateliers

à se prêter mutuellement tous les objets et ustensiles

nécessaires à leur profession excepté ceux qui s'allèrent

rapidement par l'usure
leur industrie,

"»°
;

à s'indiquer tout co qui est
les

« relatif à
«
«
«

principalement

maisons de

commerce

qui

auraient

des commandes, les prix de

façon des divers articles, les ouvriers à placer ainsi que
les meilleurs j)rocédés

de montage en

;

G"

i\

s'assister

mutuelde

«

lement

de bons

conseils

toutes circonstance,
et

«
« « «
«

visites et consultations

en maladies

événements malgraves
et

heureux enfin de secours dans

les accidents

imprévus qui priveraient un
tence,
étant
etc.

frère

de tous moyens d'exis:

»

L'aiticle i ajoute

«

L.»

devoir mutuel
et

une association purement philanthropique
tout

indusi\

«
«

liielle.

membre

qui

tenterait

do l'entraîner
sera
l'autr»*

des

démonstrations

politi(jues

ou
à

religieuses

exclu.

«

Toute discussion ayant

trait

Tune ou à

de ces

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

181

« matières est formellement interdite dans les réunions. »

Quoique destinés à rester secrets ces

statuts sont

conçus

dans des termes qui peuvent autant que possible calmer
les légitimes inquiétudes

de

l'autorité, s'ils

venaient à être

découverts. Mais ces déclarations en faveur du but tout

philanthropique de l'association, ces protestations de respect

pour

la légalité et d'opposition

à toute manifestation poli-

tique ne suffisent pas pour

dissimuler les dangers et la

portée réelle de l'association. C'est dans les

mêmes termes
et

ou à peu près que l'association
cependant
elle avait jeté
!

s'était

formée en 1828

dans

la cité les

éléments d'une

affreuse guerre civile

La

véritable pensée des régénéra-

teurs

du Mutiiellisme

se révèle d'ailleurs quelles

que soient
le

les précautions de style de leur

règlement

;

par

mys-

tère dont

ils

couvrent leurs œuvres, par l'acceptation qu'ils

font

de l'héritage de l'œuvre de leurs devanciers et la

reprise d'un ère

marquée par

les faits politiques les

plus

graves, enfm par les actes

mêmes

de l'association que les

pièces saisies nous ont permis de connaître.

Le Mutuellisrne
lement secrète

est resté, en effet,

une société essentiel-

et les

souvenirs de son histoire étaient assez

récents pour qu'on soit autorisé à dire qu'il constituait une

de ces associations occultes que
nationale

le

décret de l'Assemblée

du 28

juillet

1848,
la

art.

13

a prohibé

comme

incompatibles avec l'ordre et

tranquiUité publiques.
et

Voyez comme
d'échapper à

tout

y

est

mystérieux

organisé en vue

la surveillance

de

l'autorité.

La

société est

divisée en ateliers dont les

membres

se connaissent seuls

entre eux et qui sont subdivisés aussitôt que leur

nombre
concou-

ne permet plus de se réunir sans attirer l'attention. Les

membres de

l'association,

individuellement,

ne
le

naissent pas les chefs ou patrons qui composent

182

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
d'adminislration. Ceux-ci ne

scil

communiquent avec

les

simples associés que par lintermédiaire des chefs d'atelier,

desquels seuls

ils

sont connus. Les délibérations sont

secrètes,

aucune

sig-nalure

nominale

n'est donnée,
atelier et

chaque
sous

associé a
la

un numéro d'ordre dans son
qu'il

c'est

forme de ce numéro

témoigne de son adhésion à

telle

ou

telle

proposition.
conseil administratif transmet
il

Quand un membre du
mot d'ordre émis
tions

un

j)ar le conseil,

adresse ses communicale

au chef

d'atelier

en signant simplement

Patron.
l'in-

Nous en avons un exemj)le dans une
dence
l'esprit et le caractère

pièce saisie chez

culpé Manent, pièce importante parce qu'elle met en évi-

de l'association.

C'est

un ordre de convocation pour une réunion ordonLa pièce porte
et

née en mémoire des martyrs de novembre 1831 morts
pottr notre sainte cause
!

cet épigraphe,

témoignage

à la fois

de l'association

des étranges pré-

tentions liltéraii-es inspirées à nos ouvriers pai" les lectures
socialistes
:

II

est (les jours cjue le

temps dans sa course

No peut

faire oublier la source.

elle est signée le

Patron

et se

termine par ces mots

:

dis-

crétion absolue, l'ne note mise au

bas de cet ordre de
cpiil

convocation

jin'venail

\c

Uvve Manent

y aurait

le

lendemain
frère

soir chez

Rey. une réunion j)rovoquée
jiai'aît

|)ar le

Cornu. Cette circonstance

devoir faire

i'a|ipor-

ter

la

date de celte jjièce au mois de no\cmbiv 1819,
le

époque où

sieur

Cornu

était

revenu de

la

Suisse où

il

s'était réfugié

après les événements de juin.
la société se font d'ailleurs
le

Les réceptions dans
précautions
et

avec des

de mystérieuses formules que

règlement

DEPARTEMENT DU RHO-NE ET LYON
autographié ne
fait

183

pas connaître.

Il

y

a un initiateur en

chef et cinq initiateurs adjoints qui ont la faculté d'appeler
autant de

membres

qu'ils jugent à

propos pour veiller à

Fintérieure à rextérieur du lieu des cérémonies.
C'est à l'aide de ces relations mystérieuses, de ces enga-

gements

secrets, de ces excitations mutuelles

que

les asso-

ciés s'exaltent

dans leurs idées

et se pressent les

uns

les

autres vers un but mal défini dans les statuts écrits mais

constamment

ofTert

à leur imagination et qui n'est autre

qu'une révolution sociale.

Les tendances de

la

société

à s'immiscer, malgré les
la politique active

termes de ses statuts dans les actes de
se trahissent d'ailleurs
sociales.

par quelques-unes

des dépenses

Les associés s'imposent des cotisations dont
est réglé

le

montant

par les délibérations des ateliers
:

et

un

article

du

règlement porte que
(i

« tous les

membres du devoir

sont

tenus de se soumettre aux sacrifices imposés par
rêt général, toutefois après

l'inté-

((

un vote du ban fraternel.

»

On

a trouvé chez l'inculpé

Manent plusieurs exemplaires
1849.

d'un état de dépenses de

On y

voit

figurer

une
une
430

somme
autre
(après

de 40 francs pour

frais

du comité

électoral^

de 20 francs pour
les

la

détention du frère

Cornu

événements de

juin),

une autre

enfin de

francs pour les frères ayant été en prévention.

La nature de
ment
vile

pareilles

dépenses

fait

ressortir assez vive-

l'esprit et les

tendances de l'association. La société
ci-

qui célébrait par des agapes le souvenir de la guerre

de novembre 1831,

encourageait par

des secours

d'argent ceux de ses
participé

membres mis en prévention d'avoir au mouvement insurrectionnel de juin 1849!
l'esprit et

Ajoutons qu'on peut juger de

de

la

portée de

18i

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

Tassociation par les tendances politiques et uniformes de ses

membres. Chez tous ceux des inculpés qui ont
chansons ou portraits socialistes

été l'olijot de

perquisitions judiciaires on a trouvé des écrits, des journaux,
et révolutionnaires.

Après

la révolution

de

Février-, le Mulueliisr/ie,

absorbé

par les événements politiques, s'efface au milieu des préoccupations et de l'anxiété publiques. Chose étrange
rêvait au retour de l'ordre et au travail
régulier.
!

il

Et

le

commencement de Tannée 1840
passions sur lesquelles

le

retrouve

comme nous

l'avons indiqué, rassemblant ses sections, réchauffant les
il

s'appuie et se développant à la

faveur

même

des ressources que l'industrie ravivée pro-

cure à ses

affiliés.

Le nombre des
18i7

ateliers qui n'était

que de 30 à

la fin

de

s'est élevé à 41 à la fin

de

184'J. C'est

ce que cons-

tate les états

de recettes

et

dé'penses trouvés chez

Mancnt
et

lesquels nous donnent le
le

nom de chacun

dis ateliers

montant de leurs versements dans

la caisse centrale.

La

plupart des inculpés prétendent que la socié'té a été
fait,

dissoute, de

par les événements de juin 1841)
la
(i"

et

par

la

mise en
n'est
Il

étal

de siège de

ch vision militaire.

Mais ce

pas
est

là toute la vérité.
le

évident que

Mnfuc/Iis/ne

s'csi senti

menacé par
il);

la victoires

des défenseurs de Torche en juin 18
et

les réu-

nions sont devenues rares
11

beaucoup moins nombreuses.
fut

paraît

que

la

presse

de l'association

j)rudenunent

détruite à cette époque. C'est au

moins ce qui résulte des
le
fait

déclarations de plusieurs des inculpés, et

semble

confirmé par cette circonstance que les états de dépenses
postérieurs à la mise en état de siège sont manuscrits.

La

société se dissimule avec le plus de précautions possible,

mais

elle n'a

pas cessé pour cela d exister. Nous en avons

.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
la

185

preuve irrécusable dans

les

comptes rendus administra-

tifs

déjà cités, et dans lesquels figurent des dépenses etTec-

tuées depuis l'insurrection de juin et à l'occasion de cette
insurrection.

On

voit portée

dans ces états une

somme de
Le
de

18 francs pour les funérailles du

frère Cab^e de l'atelier

Franc. Or, nous savons par
19 mai 18o0.
le

les déclarations

de quelques-

uns des inculpés que ces funérailles ont eu
la Pentecôte,

lieu le jour

En résumé,
de
[la loi

Matuellisme

est,

au premier chef, une de
l'article

ces sociétés secrètes expressément prohibées par

13

du 28

juillet

1848. Son esprit, ses actes en font
qui,

une de ces associations

sans arborer ostensiblement

un drapeau
publique

politique, entretiennent chez leurs affdiés des

passions et des tendances irréconciliables
et

avec

la

paix

directement

contraires à

l'intérêt

même

des

ouvriers qu'elles entraînent vers les perturbations sociales

ils
Il

ne rencontreraient que désastres

et misères.

y

a donc lieu de poursuivre la dissolution de cette société
la légalité et

au double point de vue de

de

l'intérêt public.

Les éléments de
ils

l'instruction sont à

peu près complets,
délit,

paraissent mettre en évidence

un double

celui

d'association secrète et celui d'avoir tenu

une imprimerie

clandestine
tion
délit

et
et

d'avoir distribué des imprimés sans indica-

du nom

de

la

demeure de l'imprimeur. Ce dernier
les
la

quoique imputable à tous
appartenait à

inculpés, puisque la
société,
et

presse clandestine

pèsera plus

particulièrement sur les

nommés Deloche

Baudrand qui

ont été successivement détenteurs et gérants de la presse

Reste à examiner devant quelle juridiction les inculpés
devraient être renvoyés.

L'un des deux

délits, celui relatif

au fonctionnement de

la presse clandestine, serait de la compétence

du tribunal

186

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

correctionnel. Mais

comme

il

se lie intimement au

délit

principal, celui d'association secrète, la presse ayant servi

surtout à l'organisation et au développement de la société
muluelliste,
aurait lieu
il

semble qu'à raison de
les

la connexilé,

il

y

de déférer

deux

délits à la

même

juridiction.

Quelle sera cette juridiction?

La

vérité m'oblige à dire

que

la

composition actuelle du

jury de Lyon ne présente point les garanties suffisantes
d'impartialité
les

pour juger un procès de cette nature. Outre

obstacles qu'une bonne justice rencontrerait dans les
il

tendances générales et politiques du jury,
craindre que
venirs
et

y

aurait

à

le

caractère particulier de

l'afTaire,

les sou-

les haines locales qu'elle

réveillerait,

ne pla-

çassent une partie des jurés lyonnais dans luic situation
fausse et compromettante.

La

gravité de l'accusation, au point de Aue de Tordre

public, justifierait à

mon

avis, le renvoi

de

l'affaire

devant

un conseil de guerre. L'état de siège a eu pour but de
vaincre
les

obstacles

que

le

rétablissement complet

de

l'ordre rencontre
la

dans

la situation

morale

et

politique de

population lyonnaise. Or, au

nombre de ces

obstacles,

il

faut placer les associations secrètes qui ont été et qui sont

encore une des causes les plus puissantes de
tion

la

perturba-

dans laquelle notre population a été

jetée.

Ce

serait

donc se conformer au vœu du législateur que d'employer
les ressources légales

de

l'état

de siège à

la répression et

à la dissolution du

MutucUismc.
Le procure mt/e

la Hêinibliqiie,
:

Signé

X...

Pour copie conforme

:

Le /irocarcur genrra/,
Signé
:

X...

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON

187

IV
RAPPORT SUR LES SOCIÉTÉS SECRÈTES SUR LESQUELLES LE 2» CONSEIL DE GUERRE PERMANENT DE LA 6= DIVISION MILITAIRE A EU A STATUER PENDANT LES MOIS DE SEPTEMBRE ET DOCTOBRE 1830 (DEMANDÉ PAR M. LE MINISTRE DE LA
GUERREj.

LES MUTUELLISTES

^

{Extrait de la réplique du commissaire du Gouvernement].

Nous avons soumis au tribunal

militaire les délits d'as-

sociation secrète, de possession d'une presse clandestine
et

de distribution des produits de cette presse.

Pour nous,
dence que

il

est établi

jusqu'au dernier degré d'évipar ses statuts et

la société des mutuellistes,

ses formes, avant et depuis le décret

du 28

juillet

1848,

était et est restée essentiellement secrète, et doit tomber

sous l'application de

l'article
dit
:

13 de ce décret.
l'exisloi

La défense nous a
de 1848?

mais vous ne prouvez point

tence de cette société depuis la promulgation de la

Eh

quoi!

ose-t-on

nier l'existence des

nom-

breuses pièces de conviction saisies au domicile des pré-

venus, leurs aveux devant
confirmés aux débats.

les

magistrats instructeurs et

La défense a encore
une instruction habile
sagacité
?

dit

au conseil que l'aveu des accusés

ne devait pas être pris en considération. Et pourquoi donc
et

des débats conduits avec une rare

Ces formes

n'ont-elles été introduites

que pour

1.

Al chives nationales

\iB'*,

1473.

188

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

protéger les accusés contre l'accusation, non, Messieurs,
elles ont été instituées

pour que

la
le

lumière se fasse. Ces
caractère de la plus

aveux

n'onl-ils

pas,

au surplus,

complète spontanéité.

Pourquoi
'2H juillet

donc

les

Mutuellistes

après

le

décret

du

18i8 qui leur permettait d'exister
ont-ils
Ils

comme

société
et

industrielle

continué d'admettre leurs formes
avaient

usages secrets.

sans doute des raisons bien

puissantes. C'est une appréciation sur laquelle nous appe-

lons toute l'attention du conseil.

Le

2" conseil a

rendu un jugement par lequel tous

les

prévenus ont été acquittés. Ce résultat déplorable n'a été

dû qu'aux prescriptions de
des votes
le

l'article

31 de

la loi

du 13 brula

maire an V. Deux accusés ont été condamnés par
rité

majo-

et

absous par

la

minorité de faveur.

Malgré

respect dû à la chose jugée, les convictions du
;

ministère public n'ont pas été modifiées par ce jugement
et la société

des mutuellistes est restée pour

lui,

la

mère
aux

des autres sociétés secrètes qui fourmillent à Lyon. C'est
à son action puissante, par
le

nombre de

ses adeptes,

moyens
public.

faciles

de réunir ses membres par fraction qu'elle

doit de pouvoir fiivoriseï- tous les projets hostiles

au repos

Le jugement du conseil de guerre n'ayant
prononcer
l'existence,
contre*
il

i-ien

eu à

une

socié'té

dont

il

n'a

pas reconnu
administrative

serait urgent

que

l'autorité

vint la dissoudre de droit, car elle ne l'est point de fait.

Elle vit dans l'ombre.

departement du rhone et lyon

189

Société des amis des hommes
(sous le voile

maçonnique de

loge).

[Réquisitoire du commissaire du Gouvernement.)

Messieurs du conseil,

Le sieur Murât, ancien gérant du Censeur, ancien président de la Société des droits de

mandat de perquisition à
d'instruction d'Oran
cette ville.

Thomme, fut Tobjet d'un son domicile émané du juge

par suite du complot découvert en

La

perquisition opérée le 25 juin dernier,

amena

la saisie

de diverses pièces se rapportant à une loge maçonnique
établie

à Caluire, sous

la

dénomination des Amis des

hommes.
Pourquoi, au milieu de tant de loges maçonniques existantes a-t-il

pu en

être fondé

une nouvelle,

loin

de la

ville,

loin de l'habitation

du plus grand nombre de ses mem-

bres

:

le

tableau de la loge contenant une grande quantité

de noms d'hommes dont les opinions les avaient signalés à
l'attention de la police,

vint

donner

la

conviction que la

loge des
politique.

Amis des hommes

avait été fondée dans

un but
dans

les

La Bévue maçonni(jue qui bureaux du journal auquel
la

s'écrit et se distribue

est attaché le sieur

Murât,

l'un des inculpés,

prouve que, depuis quelque temps, on
franc-maçonnerie dans
la politique

cherche à entraîner

active en tentant de persuader aux francs-maçons que c'est

en vain qu'ils essaient de développer des sentiments généreux,
si les

loges ne suivent pas exactement la nouvelle

impulsion qu'on veuf leur donner.

190

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

D'autres perquisitions, faites chez les principaux bres

memamené
le

de

la

loge

des

Amis des hommes,

ont

la saisie

de pièces de toute nature qui constatent

but

politique de cette loge.

Chez presque tous

les

prévenus on a trouvé des

écrits

émanant de ces hommes qui aspirent à une révolution
sociale, et qui emploient tous les

moyens pour y

parvenir.

On

a saisi chez le sieur Berger, vénérable de la loge, des
la société.

preuves certaines du but de

.Nous allons reproduire une partie de ces pièces, quoique
la lecture

du dossier vous

les a déjà fait connaître
telle

;

mais

leur caractère leur

donne une

importance qu'on ne
conseil.

saurait trop les remettre sous les

yeux du

Ce sont des demandes
baux d'enquêtes
de
la loge qui
faites

d'initiation,

ou des procès- ver-

sur des néophytes, par les

membres

en étaient chargés.
écrits

Le plus grand nombre de ces
sentiments qui inspiraient
et
et les

met à jour,

et les

démarches des aspirants
la loge.

ceux qui motivaient leur admission dans

Une demande,
tions mutuelles,

(jui

j)arait

récente, et qui a pour objet

l'admission d'un sieur RafTin, l'un des gérants des associa-

connu à
est

la

Croix-Rousse pour s'occuper
lui

de menées politiques,
« « «

formulée par

en ces termes

:

Citoyens, ayant appris qu'une loge est fondée par des

démocrates dans

la

commune de
membre de
:

Caluire, je viens près

de vous pour vous demander

l'initiation
la

de cette loge. »

Le

sieur Ilussache,

loge présente ainsi par

écrit le candidat
«

Poncet

«

Etant intimement unis par nos

idées (In/wcratiqiics et sociales, le profane

André Poncet

«
«

(adresse

et

profession)

vient vous prier de vouloir bien
»
:

le |)résenter

dans votre loge.
s'adressait

In

sieur

Roche

à la loge ainsi qu'il suit

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON
«
«

191

Ayant eu connaissance qu'une loge maçonnique
formée à la Croix-Rousse
et

s'était

sachant que ladite loge est
je

«
«

formée sur des bases démocratiques, ma demande d'initiation. »

viens vous faire

Une

autre note, fournie pour l'admission du sieur Murât
le

en énumérant ses qualités

recommande comme un

excellent patriote et ajoute que tant qu'il a été gérant du

Censeur,

il

a été irréprochable, tant sur sa position poli-

tique que sur sa vie particulière.

On

connaît la politique

du Censeur.

Le sieur Josserand exprime le désir que le sieur Murât soit promptement admis, c'est, dit-il, un démocrate très
avancée Tout
le

monde

connaît

le

sieur Murât,

ancien

gérant du Censeur, ancien président de la Société des
droits de

l'homme, aujourd'hui sous

le

coup d'une condam;

nation pour distribution d'écrits,

non autorisés

et

indé-

pendamment de la prévention qui l'amène devant vous, il paraît compromis dans le complot d'Oran dont les fils ont
été saisis à son domicile, ils ont fait connaître
est

que Murât

un conspirateur de profession.
est encore désigné

11

comme un

des chefs de la Société

des Carbonari. Mais revenons aux pièces que nous devons

comme nous
L'enquête

l'avons dit remettre sous vos yeux.
faite

sur Berthet dit que c'est un bon républi-

cain; une autre pièce de

même

nature présente Brunet

comme

un démocrate
que tous

très avaticé.

Bénisson, dans une enquête peu favorable à l'aspirant

Fournas

dit

les

renseignements ont été

à

son

avantage, à r exception des faits socials qiiil ne serait

guère avancé.
Il

fallait

donc avoir des opinions
la

socialistes

pour être

admis dans

loge des Atnis des

hommes. On ne s'étonnera

192

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

donc pas de réloignement des loges maçonniques pour
celle-ci.

Les vénérables des deux loges de

la

Croix-Rousse ont

déclaré que les honneurs ordinaires avaient été refusés à
celle des

Amis des hommes. L'un d'eux

a dit que cette loge

passait pour démocrate.

Le sieur Rey-Sézanne, qui
dans
les poursuites, a

avait d'abord été comj)romis
fait

suffisamment
à

comprendre

qu'il

s'est retiré

de la loge

cause de

l'esprit politique qui

l'anime.

Le caractère

particulier de la loge des

Amis

des

hommes

se reconnaît dans

un

écrit

de

la

main du sieur Berger, son

vénérable. C'est

le

brouillon d'une lettre qu'il a écrite dans

les circonstances

que nous allons rapporter, brouillon qui
Pivre qui

se trouve avec les papiers saisis chez cet inculpé.

En

vertu des règlements maçonniques,

le sieur

avait été rayé de la loge de Moulins,

pour n'avoir pas
être

acquitté ses cotisations, n'aurait pas
celle des

admis dans

Amis

des

hommes, ce

fut l'objet

des observations

des autres loges, mais
les

comme

on

tenait à

conserver parmi

amis des

hommes

le

sieur Pivre, le vénérable Berger,
la

écrivit à l'un des

membres de

loge de Moulins pour obte-

nir

un

certificat attestant

faussement que Pivre

y

avait élé

reçu

comme
:

artiste et

dispensé de ses cotisations.

Voici cette pièce sur laquelle nous appelons toute votre
attention
'<

Connaissant l'attachement que
Pivre,
notre

vous portez à votre

ami

jeune atelier des

Amis

des

hommes,

Orient de Caluire, étant connu
liste,
il

comme

républicain socia-

n'est pas

de petites misères que les loges aristocraciierchcnt à nous faire éprouver.

tiques de

Lyon ne

On

a appris que Pivre navail pas d'exeat de sa mère loge

départemi:nt du rhone et lyon
et

193

maintenant on
qu'il ait

voudrait

me

forcer

à

le

renvoyer

malgré

rendu de véritables services aux Amis des

hommes, etc. » Une autre pièce non moins importante,
ger, prouve à quelles
liste

saisie

chez Ber-

mains

était confiée l'éducation socia-

dans

la loge

de Caluire. Cette pièce est entièrement
c'est

de

la

main de Berger,
Il

un programme

d'initiation

au

grade d'apprenti.

se termine par ces paroles qui

ne

lais-

sent dans vos esprits aucun doute sur l'institution de la

loge
«

;

Puissions-nous sous ses intentions glorieuses, voir
la

le

bonheur de
démocratique

franc-maçonnerie régénérer

et

devenir
fassent

et sociale et

que tous

les

maçons ne

qu'un faisceau.
11

»

n'est pas étonnant, qu'avec
la

un

tel esprit,

plusieurs

membres de
promis dans

loge des

Amis

des

hommes

aient été
et

com-

les

événements de juin 18i9,

que quatre
^

d'entre eux se soient expatriés et aient été

condamnés par

contumace, pour avoir participé à l'insurection.

Ce
et

sont les

nommés Tanneux,
il

Bourat, Bernard-Baret
les pièces qui sont

Sery, dont

est question

dans

sous

vos yeux.

La loge, après
taire, les

avoir vu son local visité par l'autorité mili-

insignes en usage dans ses cérémonies saisies, se
la nécessité,

trouva dans
s'assimiler,
et

pour en obtenir

la restitution,

de

en apparence, aux autres loges maçonniques,
la radiation

de leur accorder, sur leur demande,

des

quatre

membres condamnés, Mais
ne
fut

les

documents vous

apprennent que celte radiation
et qu'elle

fut faite

de mauvaise grâce,

pas motivée par la part prise à l'insurrecle

tion

par ces individus, mais sur

défaut de paiement de

leurs cotisations.
TCIIEUNOIT

13

194

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
ses sympathies à ces condamnés,

La loge a conservé

un
le

procès-verbal de séance trouvé chez Berger indique que
tronc de bienfaisance de ce jour,

sur

la

proposition

de

Berg^er lui-même, a été destiné au frère

Tanncux

qui se

trouve en exil par suite de TinsurFcction de juin 1840.
L'esprit politique de la loge est encore dévoilé par

deux

autres pièces trouvées chez Berger
ttunent

:

la

première est

le les-

du prévenu Mazin, épreuve maçonnique
Je
»

qu'il a

subie lors de sa réception.

main porte

:

«

Ce testament écrit et signé de sa donne mon sang pour la république
est

démocratique.

La seconde
à

une

série

de toasts portés

ou à porter dans un banquet,
mière santé. Premier feu
:

elle est ainsi
hi

conçue

:

«

Pre-

répultlique liutnanitaire
et

pour tous; deuxième
ses défenseurs.

feu

:

à sa durée

aux représentants
usage de
pas

C'est en vain que Berger nie qu
cette pièce, et n'en eùt-on pas
fait

il

ait été fait

usage

elle n'en a

moins

été discutée, ainsi qu'il

la

dit,

ce qui vient encore

corroborer l'accusation.

Tous ces documents

établissent très clairement

que

la

loge des Afiiis drs Jionmies s'est foiniée dans un but politique,

pour servir une cause
d'un

j)olilique,

en donnant à des

hommes
tenir,

même

parti le

moyen de

se voir et de s'entre-

de développer

la j)assion (|ui les

pousse à seconder

les tentatives (Ui j)arti socialiste.

Si

la

j)lupart

des

membres de

la loge

des

Amis

des

/idNtmrs n'avaient eu vue que de s'associer aux travau.x

maronniques,

n'était-il

pas plus naturel que ceux des préquartier Saint-Georges

venus qui habitent

la Coquillière, le

ou

celui de la Métropole, se présentassent

aux loges

éta(|ui

blies

dans leur quartier

|)lulôl cpie d'aller

chercher celle
?

est allée se

cacher au delà de

la

Croix-llousse

Mais non,

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON

195

d'autres vues les inspiraient, d'autres liens les unissaient,
et

vous

les connaissez maintenant. les

Indépendamment de ce qui
vention, plusieurs

met aujourd'hui en pré-

des membres

ont appartenu à la société

des Droits de l'homme.

Murât
affiliation

et

Gervais auront avant peu à répondre sur leur
et

au Carbonarisme.^ Desmares, Xaudet

Pivre font

partie de la gérance des Travailleurs unis qui

fait

une proles

pagande

socialiste des plus actives. Prost a

commandé

Voraces, vous avez à son dossier plusieurs exemplaires de
l'Appel au peuple, placards provoquant à la guerre civde,

émanés d'un comité de défense
doute chargé de

et

que Prost

était

sans

faire afficher. B... doit

appartenir encore
a trouvé chez lui

à une autre société secrète, dont on

un cachet portant Timage d'une
phyrgien, avec cette légende
Savoie), le témoin

liberté coiffée

du bonnet
la

Département de

Haute-

Rey

recevait chez lui les rendez- vous

particuliers dont on ne voulait pas faire part à la loge, c'est

à ce qui résulte d'une note saisie qui nous indique que
c'est

chez lui que seront reçues les explications du néophyte

Josserand cadet, sur lequel on n'avait pas eu des renseisrnements satisfaisants.

Tout ne se passait donc pas en loge

?

En somme

la loge

des
le

Amis
été

des

hommes
si

est

un de

ces foyers secrets que

socialisme est

habile à créer.
les

Son caractère politique vous a
ments
saisis
:

démontré par

docu-

ces documents vous prouvent la

commu-

nauté d'opinions des membres de cette association secrète,
les

noms de

ces
c'est

membres,
dans un

leurs antécédents, tout vous

prouve que

en vue de cette communauté d'opinions
lieu éloigné afin

qu'ils se sont réunis

d'échapper à

une surveillance que l'isolement de leur

local

ne permettait

196

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
qu'il leui- fût facile
Il

pas de rendre active sans

de s'en aper-

cevoir par conséquent de l'éluder.
trop de ces foyers incendiaires,
il

n'existe à

Lyon que

y en a sous toutes les
le

formes.

Il

est

temps de rendre à

la société entière, inces-

samment menacée par
sécurité dont elle a
si

ces menées occultes,

lepos

et la

grand besoin.
vainement couverte

La

société secrète de Caluire se sera

du manteau de la fi-anc-maçonneiùe pour se soustraire aux
exigences du décret du 28
juillet

i848.

Vous arracherez

ce voile menteur et vous aurez con-

couru à l'ordre par votre verdict, bien plus encore qu'en
renversant des bariicades,
cai"

ces sociétés en préparent

l'emploi dans l'ombre, mais grâce à vous elles ne s'élève-

ront pas.

Vous avez entendu des accusés vous
raient au
raires

dire qu'ils ne ligu-

tableau de la loge

que comme

nuMnbres honola

pour avoir prêté leurs diplômes pour

fondation

de la loge.

Nous avons maintenu
que

l'accusation à

leui'

égard, parce
a

comme

fondateur d'une société secrète
pénalité plus forte.

le législateur

réservé pour eux une

Vous
let

lirez allenlivcnienl.

Messieurs,
le

le

décret du 28 juilfait

I8i8; vous y verrez que
Il

législateur en a

une

loi

préventive.

a voulu arrêter les projets de ceux qui couil

vent les larves de l'insurrection,
l'eslent

n'a pas voulu

qu'ils

impunis,

et

vous

écrasertv. tous

ceux

(|ui

se

li-ou\-eiit

sur votre route. C'est
contre les

p()ur'(|uoi

vu

la

procédure instruite
il

dénommés, attendu

(pie

de l'instruction
le

résulte

qu'ils ont fait partie

d'une société secrète sous

déguise;

nuMit de loge maçonnicpu^ des

Amis

des

Iio/ii/zirs

attendu

que

toute société secrète est prohibée par les dispositions
déci-el

du

du 28

juillet

18i8, ivquérons qu'il plaise

au

.

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON

197

Conseil de leur faire Tapplication de laiiicle 13 du dit
décret.

Le
28

2^

Conseil a condamné quinze des accusés à des

peines différentes suivant l'échelle établie par le décret du
juillet

1848,

et

en prenant pour base Tarticle 13 dudit

décret.

Ce jugement a

été infirmé par le conseil

de revision qui,

se préoccupant de sonder la

cause

et la

jugeant a émis un

considérant en ces termes
«

:

La question

ainsi posée,

X. prévenu d'avoir
dite

fait

partie

Lyon d'une hommes, ayant
à
let

société secrète,

loge

des

amis

des
juil-

existé avant et après le décret

du 28

1848,

est-il

coupable? ne constituant

ni

crime ni

délit,

annule, etc. »

Cette société

commeje

l'ai

démontré dans

le réquisitoire

a cherché, à l'abri des formes maçonniques, à se constituer en société politique, et
le local
il

est à

peu près constant que

de Caluire, à des jours et heures qui n'étaient conélus, servait

nus que des
Plusieurs

aux conciliabules
la

politiques.

membres de

loge ont figuré dans le procès

des mutellistes, d'autres dans celui des voraces.
Cette société doit donc être dissoute

comme
dont
elle

la

précé-

dente et

le

suprême Conseil maçonnique ne peut
lui

faire autre-

ment que de

retirer les constitutions

a abusé.

Les Voraces
livquisitoirc dit

commhsaire du goucerncnœnf
Voraces, dont lorigne paraît
assez

La

société

des

récente, née, inter pociila, et ayant pris d'abord le litre

pour emblème, ne tarda pas à simmiscei' dans

la

politique

198

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

active. Ses faits et gestes à
qu'il soit besoin

Lyon

sont trop connus pour

de les énumérer devant vous, chacun a

encore
torité

le

souvenir des exactions commises au

nom

de l'auet les

quils avaient usurpée.

On

voit

les

métiers

moulins brûlés,
rivière.

les contributions

imposées aux bateaux en

Aussi, après la soumission apparente de ceux de ses

membres

qui s'étaient mis en éWdence, dût-on surveiller

avec une attention toute particulière tous ceux qui étaient
signalés pour faire partie de cette société qu'on savait n'être
point dissoute de
fait.

L'autorité fut enfin informée en juin ISoO

que des réula

nions de voraces avaient lieu tous les samedis dans

gargote du cabarelierLutaud, ruedeConstantineà laCroi.x-

Rousse, établissement

fermé par ordre.

Pendant

trois

semaines consécutives, cet établissement
l'on acquit la certitude

fut surveillé,

et

que

le

samedi
qui

était

bien le jour de

réunion,

ce jour-là
fort

les

volets

restaient d'habitude

ouverts

lard, se fermaient à l'heure de la séance, ce

qui est suffisamment prouvé par toutes les dépositions et

notamment par Le

les contradictions qui ressortent particulièet

rement des interrogatoires de Lutaud
local était bien choisi
lieu

de Piciion.
;

pour une réunion secrète

en

premier

une maison fermée par

l'autorité, qui devait

supposer ses ordres exécutés, puis une

salle

n'ayant de

vue que sur une cour intérieure

ci

ayant plusieurs issues

ouvertes sur difl'érenles rues adjacentes.

La

police, bien édifiée sur la réunion
la

du 22 juin dernier,
;

aposla ses agents autour de

maison désignée
la

l'heure

donnée primitivement
la soirée et

était

neuf lieures, mais

beauté de

peut-être des mesures de sûreté firent ajourner
le

à dix heures

moment où

les frères

devaient s'assembler.

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
Voilà ce qui explique la présence de femmes

199

et d'enfants,

présence qui d'après les

accusés, ne permettait pas de

s'occuper de politique. Si la police eut été informée du

changement d'heure de

la réunion,

elle

n'eut envahi

le

local qu'à cette heure nouvellement fixée et elle eut eu sous
la

main un plus grand nombre des membres de

la société.

A

l'arrivée des agents, une vingtaine d'individus étaient

attablés, l'un d'eux donnait lecture
c'était

du journal

la Presse,

sans doute pour préparer l'ouverture de la séance.
inutile, car

Peine
tation

on va procéder immédiatement à

l'arresl'éta-

de quinze des individus qui se trouvaient dans
ils furent fouillés et

blissement;

une perquisition
firent

fut faite

au domicile du sieur Lutaud. Ces actes
des papiers
et

découvrir

des lettres qui ne laissaient aucun doute sur

l'existence de cette société secrète.

Nous

allons faire passer sous les

yeux du Conseil

les

principales pièces. Quoique la lecture en ait été déjà faite,
l'accusation
point faire

y attache une importance

trop réelle pour ne

tous ses efforts pour que vous partagiez ses

convictions.

C'est d'abord une lettre signée Lutaud, Clapot et Colosse

adressée à un sieur François Fabre à Paris, écrite avec
l'assentiment des frères voraces.

Vous
dans

connaîtrez la valeur
faits

de ce correspondant dont
presse figure aujourd'hui

la

condamnation pour
les
:

de

môme

journaux arrivés

de Paris, voici les termes de cette
«
.

lettre

Cher compère

et ami,

«

Avec
peux

l'assentiment des frères V..., je
te faire part
il

me

décide à
je crois,

l'écrire

pour

d'une proposition, que,
est des

tu ne

refuser, car

personnes à qui l'on n'ose

dire ce qu'on pense.

200
«

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
C'est pour celte raison que je m'adresse à
toi

plutôt

qu'à tout autre, car dans les circonstances graves où nous

nous trouvons nous avons besoin d'hommes dévoués à
cause
d'Etat

la

de la démocratie,

compromise par nos liommes

qui compromettent chaque jour la république.

A

cet effet,

nous voudrions que

lu puisses,

avec

le

concours

des personnes dont lu sais être sûr de leur opinion, former
t\

Paris un noyau \'

pour pouvoir correspondre direcet directe,

tement par une voie sûre

par les personnes que

vous placeriez à

la tôle

de chaque bureau.

Cher compère, aujourd'hui nous avons besoin des hommes dévoués qui fassent abnégation de ce qu'ils ont de
plus cher au

monde pour

participer,

par quel moyen
le

dont nous

auroiis do besoin^

pour

maintien

de

la

constitution qui est la base fondamentale

de nos institu-

tions et l'avenir de tous les peuples. Ainsi, i)ar la réponse

que

lu feras,

nous pourvoirons à l'envoyer

les statuts

de

la société ainsi

que tout ce que vous aurez de besoin.

Salut el

fiatei-nité.

Signé

:

Lutaud, Colosse
lettre,

et

Clapot.

»

11

résulte pleinement de cette

que

les inculpés

disent ne pas avoir envoyée, parce qu'elle était trop

cométait

promettante, que

la

société est organisée, qu'elle a des
s'il

statuts et qu'elle cherche à se recruter; et,

nous

permis de devancer une nouvelle instruction qui se prépare,

nous vous

fei'ions

connaître les statuts
le

de

cette

société,

nous vous dirions

nom de

leur auteur, les

noms

de 300 voraces

d'élites qui

composent

les di'curies el les

centuries organisées.
l'ne seconde lettre
est

celle qu'adivssait

le

prévenu

Couzamu,

aujourd'hui soldat au 20* léger, appartenant à

DÉPARTEMENT DU RHONE ET LYON
la société sous le

201
il

nom

de kève belle-conduite;

sollicite

des secours,

il

se plaint de ce que ses premières lettres
et, s'il

sont restées sans réponses,

a été insoumis, c'est
11

pour favoriser

le

but de la société.
(la

termine en souhai-

tant que cette année
frères

lettre est

du 18 mai iSoG;, ses

aient

une meilleure chance que l'année dernière.
manuscrits qui prouvent jusqu'à l'évddence
qui animent les prévenus.

Les autres papiers sont des recueils de chansons socialistes et autres

les sentiments

On

a retrouvé

aussi l'arrêté du général Gémeau, en date du 31 décem-

bre 1849, qui ferme l'établissement Lutaud. Cet arrêté
était

connu de tous

les habitants

de la Croix-Rousse,

et

c'est

en vain que les accusés viennent vous dire qu'il ne

se rapportait qu'à la partie de l'établissement dite salle de
billard.
Il

leur

fallait

bien un

moyen

d'expliquer leur présence

dans celte maison

interdite,

à une heure avancée, autrela société

ment leur

qualité
laissait

connue de membres de

des

Voraces ne
nissait.

aucun doute sur
vous
ne

le

but qui les réulaisserez

Mais, messieurs,

vous

pas

induire en erreur par une allégation de cette nature qui
n'est

qu'une mauvaise

défaite

qui vnent naturellement

tomber devant ces paroles de Clapot à Dugelay, au mo-

ment où
Après

l'on prenait les

noms des
les

individus arrêtés

:

Tu

dois être inscrit

comme

autres puisque tu es le chef.

avoir établi
était

ainsi

que

la

réunion du samedi
dite

22 juin

bien celle d'une

société secrète,
le

des

}'oraces, et qu'il est

reconnu par
fait

plus grand nombre des

individus

qu'ils

ont

partie

de cette société,
les faibles

nous

n'avons plus qu'à
rière lesquels

faire

tomber

remparts der-

chacun d'eux cherche à se retrancher.

202

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
fait

Le commissaire du gouvernement
chacun des inculpés,

connaître

ici

les

moyens de défense invoqués pendant
il

Tinstruclion par
:

termine en disant

Vous avez dernièrement rendu un jugement (dans l'affaire de la Société des amis des hommes) qui a frappé au
cœur
les sociétés secrètes
:

tous les

gens de bien ont

applaudi au verdict que vous avez prononcé.
laisserez pas, Messieurs, votre
tion de la société secrète des
délit

œuvre

imparfaite.

Vous ne Une frac-

Voraces a

été saisie en flagrant

de réunion, dans une maison frappée d'interdiction.
la

Vous

condamnerez sans merci, au moment où

celte

association lève de

nouveau

la tète,

au moment où

comme

nous l'avons

dit

en commençant elle vient de se donner

une constitution.

Vu
du 28

la

procédure instruite conlre

les

dénommés, nous
\'.\

requéi'ons contre eux Tapplication do Tarlicle
juillet

du décret

1848.
fait

Le

conseil a

application à cinq des inculpés de la

pénalité édictée par le décret

du 28

juillet

18t8.

On
y
de
ont

voit d'après le réquisitoire et les
fait droit,

condamnations qui
été prise en

qu'une section

di^

Voraces a

flagrant délit de réunion et
(l(''linquants n'a

que

si

un plus grand nombre
c'est

pas été arrêté,

que

les

agents de

la police ont, |)ar lrt)p

de précij)itation, emj)èché la réunion

de se compléter.
Cette société paraît organisée
tables, elle doit
Si des
èti-o
i\

Lyon surdos bases redouêtre

l'objet

d'une surveillance constante.

mesures de répression pouvaient
il'iii(|ui(''luilo

employées
il

sans occasionnel'
urgent
l'ont

dans

la

population,

serait

d'arrêter los pi'ogtôs
les j)iècos

de cette association qui,

comme

prouvé

du procès, cherche à s'étendre au
naissance.

dehors de la

ville

elle a pi'is

DEPARTEMENT DU RHONE ET LYON

203

Les cinq condamnés ne se sont point pourvus en revision,

on

doit

penser que c'est sur

l'avis

des chefs qui ont

pu craindre qu'une nouvelle procédure ne mît à jour de
nouveaux
faits.

Le commissaire du gouvernement près
le
2*^

conseil de guerre

permanent de

la %" division

militaire,
Sio-né
:

X...

CHAPITRE V
SOCIÉTÉS ET CLUBS DU RESSORT DE LA COUR D'APPEL DE PARIS

I

LES CLUBS A PARIS

Dans

le

«

Travail sur

le

mouvement démagogique,

antérieur au 2 décembre » qui est imprimé à la fin de
ce livre, on trou\cra
la

mention des principales sociétés

secrètes avant fonctionné dans le ressort de Paris.

Mais

à côté

des associations,

il

y

eut plus spécialement
fait

à Paris un
toire

mouvement

clubiste tout à

intense. L'his-

des clubs antérieurs au décret du 28 juillet 1848 est

relativement connue.

On

leur attribua

un

rôle important

dans
taté
le

les

événements des journées de mai.
et

On

avait cons-

que leur nombre à Paris

dans

la banlieue

depuis

24 février jusqu'au 30 mars
Ils

s'élevait

au moins à cent

quarante-cinq.
catives

sont énumérés dans les pièces justifila

du rapport de

commission d'enquête nommée

après les journées de juin \
1.

la liste

Voir également la Gazette des tvUninaux du 21 août 1848. Voici de ces clubs d'après les documents cités.
Statistique générale des clubs de Paris et de la banlieue au 30 mars 1848.

Amis

fraternels, rue Saitit-Ilonoré, 219; président. Brige. Avenir, faubourg Saint-.Vntoine: i)résident. Baudin. Comité central (élection), bazar Bonne-Nouvelle: président, Lescure.

Démocratique, faubourg Montmartre, 60: président, Cisset.

206

ASSOCIATIONS KT SOCIÉTÉS SECRÈTES
jilus varies.

Ces clubs avaient un caractère des

Toutes

les opinions, toutes les nuances, on peut dire toutes les

Droit de l'homme,
Villain.

Conservatoire des

arts

et

métiers: président,

Comité démocratique, rue de l'Ouest. 16: président, Véry. L'égalité, salon de Mars; président. Bûchez de Cublize. Egalité et Fraternité, rue des Fossés-Saint-Victor. 45: président, Mangin. Emancipation des peuples, cité d"-\ntin, 29; président, Suan. Fraternel des Amandiers; président, Lahaye. Fraternité universelle, rue du Bac, 75: i)résident, Bouin. Institut oratoire de Paris, rue Duphot, ii; président, E. Lambert. Jacobins, rue de Seine-Sainl-Germain, 51 président, Christian. Jacobins, faubourg du Roule (école communale), rue delà Harpe, 43; président, Buchez-Milton. Cercle de la Liberté, rue J.-J.-Rousseau, 19: président, Desserne. Maçonnique, au Prado, quai au.x Fleurs: président, Monlonnet. Montagne, au Petit-ChAteau-Rouge, Montmartre; président, Dulaurrier. Progrès, rue Neuve-Coquenard |)résident, Hubert. Prévoyants, rue de l'.Vrcade, 60: président, E. Grégoire. Progrès, à Montmartre: président, Deligny.
: ;

Neuve-Chabrol (salle Chabrol); président, Gaillardin. Républicain, faubourg du Roule (école chrétienne): président, Moussard. République (dit), à 'Vaugirard: président, Gugnot. République centrale, au Prado; président, Rigaud. Roivin, rue Lenoir, faubourg Saint-.\ntoine: président, Yasselin. Républicain, au.x Batignolles, rue de la Santé, 4; président, Froissard. j)résident, Société des Droits de l'homme, à l'école de Médecine
Religieu.x, rue
;

Lherilier (de l'.Vin), Grandménil. Société centrale démocratique: président, Guinard.

Société républicaine, rue Paradis-Poissonnière, 20; président. Maillard.

Société fraternelle centrale, salle Valentino; président, Cabel. Société républicaine centrale, au Conservatoire; président, lîlangin. Union des travailleurs: président, Laurent-Mouton. Travailleurs, salle Chabrol, marché Saint-Laurent président, Feillatre. Rue Traversière-Sainl-.Vntoinc, faubourg Sainl-.\nloine; i>résidenl, Borain. l'nion républicaine, rue Jacob, l.'i: président, .\llairac. Union polytechnique, salle de l'Opéra jirésidenl, Cordier. Assemblée nationale. Chaussée-d'.Vnlin, 49 bis.
:

;

rue du Dragon. Vieux-.Vugustins. Ouvriers allemands, rue Sainl-Denis, café Picard.
I>'.\bl)aye,

.\s.sociation italienne.

Société des amis de l'ordre, îi itellev ille. Butte des Moulins, rue Saint-Ilonoré, chap. de l'Assomi)lion. Bouquet (12* arrond.), rue de Pontoise.

COUR D'APPEL DE PARIS
nationalités

207

y

étaient représentées. Tolérés et
ils

encouragés sévèrement

par

le

gouvernement provisoire,

furent

traités après l'invasion

de l'Assemblée. Les deux princi219.

Des bureaucrates, rue Saint-Honoré, De Bercy, port de Bercy.
Commerçants-Locataires, rue de

l'.Vrcade, 60.

Commerce, boulevard Bonne-Nouvelle (salle des Faubourg Saint-Denis, faubourg Saint-Denis.

concerts).

Club ('2» arrond.). Palais National. Club (II" arrond.), rue Saint-Antoine, 104. Club ,10° arrond.), faubourg Saint-Denis, café du Nord. Club (12" arrond.), aux Sourds-Muets. Club du 27 février. Club, rue Fontaine-Saint-Georges, 8. Club (barrière du Main). Comité central républicain, rue Notre-Dame-des-Victoires, 5. Central du Travail, rue des Trois-Bornes, 16. Condamnés politiques, salle Yalentino; président. Barbes. Commission instituée pour la défense des principes républicains, rue Blanche, 25. Club grande salle de l'Institut, grande salle de l'Institut. Club du 2 mars, à la Sorbonne. Charonne. Démocratique, faubourg Montmartre, o. Le Démocrate. Démocratique allemand, rue ^lontmartre, 64. Démocrates fraternels, rue Traversiére-Charonne, 19. Démocratique, quartier Montorgueil. L'Ecole de droit. De l'Etoile, au jardin de Provence, avenue de la porte Maillot. Delà Franchise, rue des Ecluses-Saint-Martin, 16. De la Fraternité, rue du Cherche-Midi, 68. De la Fraternité, au centre du Faubourg-Saint-.\nloine. Fraternel, rue Traversiére-Saint-Antoine. Gardes Nationaux, boulevard Montmartre, 10. Garde nationale, passage Jouffroy, 10.
Gravillion. Gentilly. barrière d'Italie, 60, à Gentilly. Des Halles, rue de la Poterie, halle aux Draps.

Des Hommes libres, rue Saint-Honoré, Des Indépendants. Des Lyonnais, rue de Provence, 30. Gens de Maison, salon de Mars. De Neuilly.

210.

Popincourt dit des Vigilanls. rue .\melot, Popincourt, rue de la Roquette, 80.

60.

Des Polonais.
Progrès démocratique, rue Nouve-Coquenard, impasse de
l'Etoile.

Des Publicistos, passage

Joull'roy,

aux

Tuileries.

208

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
et

paux clubs (Blanqui
lution

Raspail) furent l'objet d'une dissoavait-elle justifié cette
Il

immédiate.
?
11

Leur violence

mesure

est

permis d'en douter.

semblerait que les

Des Provençaux, boulevard Bonne-Nouvelle, salle des SpectaclesConcerts. Patriotique (7« arrond.), salle Molière. Populaire (10« arrond.), salon de Mars. Des Quinze-Vingt, faubourg Saint-Antoine, au.\ Quinze-Vingt. De la Révolution. Républicain (dili. rue Madame (Kcole des filles). Liberté des élections républicaines, rue Neuve-Saint-Georges, 10. Républicaines socialistes, rue de Beaune, 2. Républicain, chaussée Clignancourt (chaussée des Brouillards). Patriotique de l.Atelier. Unitaire de Propagande. Société démocratique des libre-penseurs, à l'Assomption (Chapelle Sainte-Hyacinthe, rue Saint-llonoré). Société démocratique de Montargis. Société démocratique (3' arrond.). Société démocratique de Moniroupe. Société démocratique |5' arrond. |. Société de la Fraternité, rue des Deu.\-Boules. Société Popincourt. Société démocratique à la Villette. à la Villette. De la Sorbonne, rue des Grés. Société républicaine socialiste, rue de Beaune. 2Soufflot.

Suisses.

Saint-Georges, rue Perrier.

1,

Du Triomphe.
Typograpiiique.
Travailleurs libres, rue du Vert-Bois. 10. Des Droits des travailleurs, Flache. président, rue de
d'Antin, 49.
la

Chauséo-

Marais

(les

travailleurs).

Unité républicaine, boulevard du Temple, 24 (salle De l'Union, rue de Condé, Iti.

dAngouléme)

Union des Clercs.
Union. Fridaulf, président, à
la

Sorbonne.

De

,Ieune-M(intagne, Michelot, président, quartier Sorbonne. Ras|>ail. Raspail, pré-^idenl. Saiiit-l'ublic, Rousseau, président, rue Saint-I.azare. 106. Républicain protestant. Cuquerel. Pasteur, président. Jeunes-Etudiants, au Palais de Justice. Lot-et-Garonne, a école de Médecine. Travail social, place Saint-Louis-d'Antin, au collège. Blancs-Maiiteau.x, rue des Itlancs-Manteau.x, 11. Médical, Clarial. président, rue du Sentier, 3. Fraternité des Peuples, Uelesluck. président.
la
1

COUR DAPPEL DE PARIS

209

écarts de langage qui se produisaient à la tribune étaient

beaucoup moins le
la dernière

fait

des chefsque celui des républicains de

heure qui croyaient devoir renforcer leur style

pour masquer leur conversion récente aux idées avancées.
11

y

avait

même
le

des

hommes qui
le

devaient plus tard prêter

leur appui à l'Empire et qui avaient débuté dans les clubs

en affichant

jacobinisme
soit,
il

plus farouche.

Quoi

qu'il

en

est difficile

de se rendre compte du

ton qui dominait dans les^ clubs et de juger de leur influence

par les quelques professions de
journaux'
.

foi

qu'ils inséraient

dans

les

11

n'en est pas de

même des clubs ayamt fonctionné

Travailleurs-socialistes, président, Louis Blanc. Salnt-Leu, président, Lebègue.

LEspérance, passage du Bras-d'Or, faubourg Saint-Antoine
dent, Gustave Robert.

;

prési-

Amis des noirs, rue du Carrousel, état-major de la Garde nationale président, Bissette. Du Rhône, prés la chapelle de l'Assomption.
Révolutionnaire. Club de la Garde mobile, à l'Ecole militaire; président, Gibis. Comité gênerai des électeurs de la Seine, boulevard Bonne-Nouvelle

;

;

président. Gaillard. De la Conciliation, rue du Carrousel, état-major de la Garde nationale; président, Tourreil. Club, rue des Mathurins-Saint-Jacques, hôtel Cluny. Club des clubs, président. Deplanque.
la Somme. Compagnons du devoir réuni. De Passy, au Ranelagh, président, Tard.

De

Montagne, à Passy, président. Grivois.
1. Voici l'exemple d'une délibération du club de la Garde nationale mobile. (Procès-verbal de laséance du o avril.) «La séance est ouverte à 5 heures et close à 9 heures moins un quart. a. Dissertation sur les droits de l'homme et sur la devise Liberté, égalité, fraternité. Le citoyen Marstel, caporal au 34», a argumenté avec force sur tous ces points son résumé est un morceau achevé de diction et de républicanisme. L'assemblée lui a voté des remerciements à Yunanimilé. b. Quel serait le service des citoyens si l'Assemblée nationale venait à marcher dans les erremens slationnaires, et n'extirpait pas d'une manière radicale tous les abus; en un mot si elle n'était pas républi caine dans la plus large acception du mot? A Vunanimité : L'insurrection, l'insurrection étant dans ce cas le plus saint et le plus sacré des
:
;

devoirs.
TCIIERNOFF

i4

210

ASSOCIATIONS ET SOCŒTliS SECRETES
le

depuis

décret

du 28

juillet

1848, qui avait introduit

l'usage des procès- verbaux dressés par les commissaires

de police. Ces procès-verbaux
quels
ils

et la

correspondance aux-

donnèrent lieu nous permettent de reconstituer

assez facilement la physionomie des clubs.

On

fera à ce propos plusieurs observations.

Ces clubs comprenaient rarement plus de quatre ou cinq
cents personnes.

Les violences de langage qu'on leur

reprochait se rapportaient toutes à de prétendues attaques

contre la propriété et la religion.

Parmi
vue,

les

principaux orateurs figuraient peu d'hommes en
retrouve parmi les plus violents quelques-uns
rallier ù l'Empire.

et l'on

de ceux qui devaient plus tard se

On remarquera que
l'expédition de

le

langage des clubs n'annonce en

rien la tentative d'insurrection de juin 1840,

provoquée par

Rome.

D'ailleurs, de l'ensemble des docu-

le devoir du gouvernement de la République française actuel de la Pologne? Doit-il intervenir immédiatement ou attendre les événements? .1 i unanimité : Intervenir immédiatement. 4° Les conseils de discipline institués dans les com|)agnies, en vertu de l'arrêté du Gouvernement provisoire (pii constitue la garde natio nale mobile, doivent-ils être le résultat du sort, ainsi ((ue le porte le De l'élection. décret, ou celui de lélection? A l'unanimité b» Est-il nécessaire qu'il revienne, quant i)résent, des régiments de ligne tenir garnison à Paris? L'assemblée est prévenue que la solution de cette question nous a été demandée par le club de l'émancipation des peuples. La discussion a été des plus animées et remise au lendemain, vu l'heure avancée. G» Nous renouvelons la demande que déjà nous avons eu l'honneur de faire au club central, de nous prêter son assistance par tous les moyens en son pouvoir, de nous tenir au courant de toutes les questions que nous devons traiter, surtout celles qui sont les plus opportunes. 7" Si nous entrions en campagne, serait-il urgent que les volontaires soient armés de fusils à percussion ? Oui! à l'unanimité. Fait en séance, à l'école militaire, le o avril ISiS.

Quel esl
l'étal

dans

:

i'i

Le présiaent, signé Le vice-président, signé: Reynard;

:

Gibon;
Grinfeld.
»

Le secrétaire, signé

:

COUR D'APPEL DE PARIS ments
et postérieurs

211
il

au

le

28

juillet

1848,

résulte

que

la

vie des clubs n'avait plus l'activité de la période précé-

dente. Cette activité passa dans les sociétés dites secrètes.

Quand on ne peut

plus discuter, on conspire.

Paris, ce 23

septembre 1848.

Monsieur
J'ai

le

procureur général \
la

l'honneur

de répondre à

demande que vous
les

m'avez adressée aujourd'hui d'un rapport sur
dont la récente ouverture
prescriptions
s'est faite

clubs

conformément aux

du 28

juillet dernier.

Us sont au nombre de

sept.

Clubs non poursuivis Le club de
Le club de
la salle
la rue

du Vie ua:- Chêne, rue Mouffetard, 69
,

;

Saint-Antoine

me Saint-Antoine,
rue

104

;

Le club du Manège de
d'Antin, 49 bis
;

Fitte,

de

la

Chaussée-

Le club Saint-Jean, rue Saint-Jean, 17; Le chib Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, rue SainteCroix-de-la-Bretonnerie, 12;

Le club du bazar Bonne-Nouvelle boulevard Bonney

Xouvelle;

Le club du Salon de Mars, rue du Bac Le club de la salle du Vietix-Chéne, le club de la rue Saint- Antoine, le club du Manège de Fitte el le club du
;

1.

BB'", 1473.

Tribunal de première instance du département de la Seine, A. N. Tous les documents relatifs aux Clubs de Paris ai)|)artienséries BB*' 1473, 1474.

nentaux

212

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
été jusqu'à ce jour
l'ordre.
dti

Salon de Mars, n'ont

signalés par

aucune manifestation contraire à

Tous cependant, à l'exception du club
Fille, se
torité, et

Manège de

recommandent

à la vigilante surveillance de l'au-

par l'exaltation politique bien connue de leurs
et

fondateurs, et par leurs tendances socialistes,
tains précédents.

par cer-

Le

clif/j (If

la salle

du Vieux-Chêne
et

et le

club de la rue

Saint-Antoine ne sont qu'un seul
séances quatre jours de
jours dans un autre.
11

môme

club tenant des
lieu, et trois

la

semaine dans un

s'appelait avant les journées

de juin

le

club de l'Union

et tenait ses

séances à

la

Sorbonne.

Un
naître

rapport de police en date de ce jour

me

fait

con-

que ce club se préoccupe en ce moment de
écoles
socialistes.

la fusion

des

différentes

Toutes marcheraient
et

désormais armées du
drapeau, à
peuple.
la

môme programme

sous

le

môme
au

conquête des améliorations

promises

Le club Suiul-Jean
cluzes,

a j)0Ui' fondaltuir-s les sieurs Deles-

Longepied

et Gornille.
est

Le club du Salon de Murs, dont l'ouverture
récente esl l'ancien club des Droits de ilwnune.

toute

Cl.UBS POURSUIVIS

Le club Sainte- Croir-de-lu- Bretonnerie

et

le

club
les

Bonne-Nouvelle ont déjà appelé sur leurs fondateurs
sévérités de la justice.

Le

sieur Di^lbrouck, archileclo, président du club Sai/ttepai-

Croix-dc-la-Bretonnerie, vient d'être,
la

ordonnance de

Chambre du conseil, du IG septembre courant, renvoyé

COUR D'APPEL DE PARIS
devant
la

213

chambre craccusation, sous prévention
la

d'avoir

dans

la

séance du 19 août, excité les citoyens à
les

haine ou

au mépris

uns des autres,

et

outragé dans la séance du

22 août plusieurs membres de l'assemblée nationale à raison
de Texercice de leurs fonctions.

Le

sieur Couture, vice-président, est par la

môme

ordon-

nance, mis en prévention d'attaque contre
la propriété.

le

principe de

Les sieurs Couture, HNsay

et

Levy

sont,

comme mem-

bres du bureau, prévenus d'avoir toléré les discours proférés les 19 et

22 août par

le

sieur Delbrouck.

Enfin les sieurs Hysay et Levy sont, au

même

titre,

pré-

venus d'avoir

toléré la discussion de propositions contraires

à l'ordre public ou tendant à provoquer à des actes déclarés

crimes ou

délits.

Le

sieur Bernard,

homme

des lettres, président du

clith

Bonne-Nouvelle, a été d'abord poursuivi devant le tribunal
correctionnel pour une

double

infraction

au décret du

28

juillet dernier.

Il

a été acquitté par

la 6®

chambre

le

21 courant.

Le môme individu
tion

est en ce

moment soumis
le

à l'instruc-

sous la double inculpation d'avoir, dans les séances
et

des 8, 10

14 septembre courant excité

mépris ou

la

haine des citoyens les uns contre les autres, et toléré des
propositions tendant à provoquer des actes déclarés crimes

ou

délits.

L'instruction touche à son terme, et va être incessam-

ment communiquée au ministère
Agréez, Monsieur
le

public.

procureur général, l'assurance de

mon

respect.

Le procure Kv de
Signé

la
:

République,

X...

214

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

24 septembre.

A Monsieur
Monsieur
le

le

ministre de la justice

',

ministre,

Convaincu de
animés d'un

la nécessité

cVune surveillance

et
ils

d'une
sont

répression actives à Tégard des clubs,

quand

esprit hostile à Tordre public, j'ai

donné des
;

instructions dans ce sens au procureur de la République
je

viens de provoquer de lui l'envoi d'un bulletin pério-

dique sur les poursuites qu'il aura cru devoir intenter
contre certains d'entre eux.
J'ai

l'honneur de vous envoyer

ce bulletin et la lettre du procureur de la République qui
contient des explications plus détaillées.

Un membre du gouvernement, Monsieur le ministre de l'intérieur, me faisait dernièrement une observation sur la
marche
mait à
lente

que

le

parquet de

l'^

instance de

la

Seine impri-

la

poursuite des délits imputables aux clubs, ajoutant

qu'avec une marche plus rapide on arriverait quarantehuit heures après le délit à la suspension

du club incriminé.

Cette observation emprunte de la gravité au caractère de
la

personne de qui

elle

émane. Elle a
;

été produite, je pense,

au sein du conseil des ministres
de

elle nécessite

une réponse

ma
En
la

i)arl,

et la deinaii(I(>

d'instructions spéciales.

lait, le

procureur de

la

république n'a pas cru devoir,
la loi

dès

première application de

sur les clubs, arriver
droit

aux rigueurs extrêmes, en dehors du

commun.
le

En

outre, le procès-^erbal

oITiciel

du commissaire de
club

police, quant

aux discours coupables prononcés dans
était

Bonne-Xouvclle,
d'assurer
d.

vague

et

incomplet,

le

besoin

môme

la

répression du délit nécessitait une instruction.

l'avqucl de la cour d'nppel de l'uris. Cabinet du procureur général.

COUR D'APPEL DE PARIS

215

Quant à

la

suspension, à la fermeture provisoire du club,
et

par simple ordonnance de la chambre du conseil
réquisitions

sur les

du ministère public,

cette

mesure, parfois
juillet dernier,

nécessaire, légitimée par le décret

du 28

me

paraît

néanmoins, par sa gravité, mériter Texamen du

gouvernement lui-même quant à l'opportunité de son application.

Les parquets placés sous

ma

direction feront toujours

leur devoir; je crois remplir le mien. Monsieur le ministre,

en faisant
et

la distinction

des actes de juridiction ordinaire

des mesures gouvernementales.

Dans

l'état

de notre Société, la fermeture des clubs

avant jugement

me
il

paraît

essentiellement une
le

mesure

gouvernementale;

en peut résulter pour

gouverne-

ment des embarras

et

des nécessités qu'un simple chef de

parquet ne doit pas spontanément créer, parce qu'il n'est
pas assez haut placé pour embrasser toutes les consé-

quences d'une pareille mesure.
Je viens donc vous prier. Monsieur le ministre, de

me

tracer la ligne de conduite que j'aurais à suivre et à prescrire à
tale

mes

substituts,

pour

le

cas où les clubs de la capià de nouvelles poursuites

notamment s'exposeraient
délits

pour

politiques,

sous quelles

conditions

et

dans

quelle mesure.

La fermeture

provisoire de ces clubs devrait-

elle ôtre requise.^
fût

Xe
?

serait-il

pas nécessaire qu'il vous en

d'abord référé

Veuillez agréer, etc.

Le procureitr général.
Signé
Paris, 24
1. II
:

X...

septembre 1848

'.

Le dossier porte l'annotation suivante
a prescrit l'envoi

:

d'un bulletin périodique. Le ministre de la justice s'est plaint de la lenteur des poursuites. Justification.

âl6

associations et sociétés secrètes

Club du vieux chêne; Xégessité d'une mesure énergique
26 septembre 1848.

Monsieur
J'ai

le minisire,
le

l'honneur de vous envoyer
la

Bulletin du parquet

de première instance do

Seine

(n°

du 2o sej)tombre) qui
procureur

vous

fera connaître la poursuite intentée par le

de la république contre trois orateurs du Club du Vieux
chêne
et

contre

le

président de ce club, à l'occasion d'at-

taques coupables contre l'Assemblée nationalt%
principe de la propriété, et d'excitations à
la

contre le

haine des

citoyens les uns contre les autres.

Ce Club du Vieux

chêne, placé dans un quartier qui a
(le

été le foyer le plus actif de l'insurrection de juin

fau-

bourg Saint-Marceau), dirigé dans un
violence
contre
et d'excitation

esprit

habituel de

à la haine contre la bourgeoisie et
l'ordre,

le

gouvernement défenseur de

me

paraît

un danger public qui appelle une mesure extraordinaire;

mon

avis est qu'il importe de lui appliquer la faculté réserl'article 11

vée au pouvoir judiciaire par
clubs, la

du décret sur

les

fermeture immédiate

et provisoire. Toutefois, cette

mesun^ qui implique une résolution de
une matière
délicate,

liaule

police

en
ôfre

me

paraît

mériter

de vous

d'abord soumise.
Si l'avis

que

j'ai

émis obtient votre assentiment je don-

nerai imédiatement des ordres au procureur de la répu-

blique pour qu'il saisisse sans délai la

chambre du conseil

de

la

poursuite

intentée contre

les clubis/es

du

]'ieu.r

Procès-verbaux incomplets et nécessité d'inslniclion. Quant à la fermeimmédiate c'est une mesure gouvernementale: un chef de parquet n'est pas assez haut placé pour en embrasser toutes les conséquences.
ture

Demande

d'instructions.

COUR D'APPEL DE PARIS
Chêne,
et qu'il requière la

217

fermeture provisoire de ce club.

Agréez, etc.

Le 'procureur général,
X...

Rapport sur les clubs
Paris, le 30

septembre 1848.

Monsieur
Je croirais
votre

le

procureur général^,
à

manquer
l'état

mon

devoir,

si

je

ne signalais à

attention

actuel

des clubs, et les difficultés

presque insurmontables qu'entraîne l'exécution du décret.

Les clubs rouverts aujourd'hui par
étaient

suite de déclarations,

aux nombre de

six, lors le dernier bulletin

que

j'ai

eu l'honneur de vous adresser.

A

ce nombre,

il

faut ajouter aujourd'hui

un club ouvert
dit

rue Saint-Honoré, n° 319, celui de la rue du Bac
la Révolution,
le

de

club du marché Saint-Laurent, n'étant

autre que

le

club du boulevard Bonne-Nouvelle, ne doit

pas figurer en double emploi.

La physionomie de ces clubs
ne veut se renfermer dans
le

est la

même; aucun d'eux
et

cercle des discussions pure-

ment

constitutionnelles

ou politiques. Tous prêchent
les doctrines,

prêchent avec violence
la société doit être

en vertu desquelles

renouvelée.
reprocherais de l'oublier, que la réoul'af-

J'ajoute, et je

me

verture de ces clubs, la nature de leurs prédications,

fluence et l'ardeur des spectateurs, appartenant la plupart

aux classes ouvrières,

jettent

dans
à

la cité

une inquiétude
difficile,
la

profonde, et tendent chaque jour
1.

rendre plus

Parquet du tribunal de première instance du de'parlement de

Seine. Archives nationales BB", 1473.

218

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
retour de la confiance,

le

du commerce

et

du

travail.

Les dispositions du décret, éludées
lieu, à

et violées,

donneront

chaque instant, à des

difficultés nouvelles.

Je vous

demande
(art. 2)

la

permission de n'en citer que deux

exemples.

Le décret

défend de restreindre
et indirect ».

la « publicité

par

aucun moyen direct
effet

Mesure sage, qui a pour
le

de placer
!

les

clubs sous l'œil et sous

contrôle

du

public

Les directeurs des clubs n'en élèvent pas moins
tention de percevoir

la

pré-

un

droit d'entrée à la porte de
les citoyens

chaque

club, sauf à

eux à exonérer

reconnus

comme

nécessiteux.

De même
décret,
fin
ils

encore, malgré les prescriptions formelles du
croient pouvoir se dispenser
le

de rédiger à

la

de chaque séance

procès-verbal, sous prétexte d'imlà

possibilité,

rendant par

fort illusoire
loi.

l'une des disposi-

tions les plus utiles de la

A cet égard, le tribunal correctionnel est saisi,
directe

sur citation

donnée à

ma requête,

de

la

connaissance de ces deux

questions, qu'il sera appelé à juger la semaine prochaine.
J'ai

dû vous signaler ces deux exemples ne
difficile

fût-ce

que

pour montrer ce que peuvent avoir de

ou d'im-

puissant, dans les mains de l'autorité, les garanties dont
le

décret sur les clubs a voulu l'armer.

Je n'ai rien dit encore de
celle sur laquelle
et

la pi'incipale

de ces garanties

on a semblé compter, pour régulariser

modérer, en quelque sorte au miheu d'une foule ardente,

l'exercice

du

droit

de réunion; je veux parler de

la pré-

sence du fonctionnaire cliargé de représenter l'autorité
publique, et de constater les délits et les contraventions.

Tous

les

commissaires de police sont unanimes pour

COUR D'APPEL DE PARIS
attester ce qu'a de difficile, et
le rôle qui leur est

21»

pour ainsi dire d'impossible
le décret.

imposé par

Obligés de se recueillir, inhabiles la plupart à un travail

de reproduction,

ils

voient fuir, en quelque sorte devant

leurs regards, les provocations les plus audacieuses et les

plus provocatrices, sans avoir pu les fixer par écrit.

Eux-mêmes

reconnaisse fit, d'ailleurs, que
les clubs,

le talent

de

ceux qui dirigent
leur conscience,

en trompant leur surveillance

com.me magistrats^ ne jjeut parvenir cependant à tromper

comme

citoyens amis des lois.
fait qu'affaiblir le

Voilà les difficultés dont je n'ai

tableau,
et

sur lesquelles j'insiste cependant, parce

que l'ensemble
effet

l'imminence de ces

difficultés,

peuvent avoir pour

de

rendre illusoires, la surveillance de l'autorité, et l'action de lajustice.

La plupart des
de poursuites.
Je citerai
le

clubs, à peine rouverts, sont déjà l'objet

Club du Vieux chêne, rue Mouffetard, oud'une déclaration du 2 septembre 1848,
requis, en vertu de l'article 11
et

vert, par suite

contre lequel
la

j'ai

du décret,
jugement

fermeture immédiate
la

provisoire qui a été ordonnée

par

chambre du
de
l'affaire.

conseil,

en attendant

le

définitif

Vous voudrez bien remarquer, comme un
tiel,

point essen-

que

le

club de la rue Mouffetard n'était qu'un déet

membrement

une sorte de succursale d'un club ouvert
n**

précédemment rue Saint-Antoine,
dirigés par les

104, les deux clubs

mômes hommes,

fonctionnant à des jours
les

différents étaient destinés à

propager

mêmes

doctrines

dans

les quartiers Saint-Antoine et

Saint-Marceau.

Pour que vous

puissiez avoir, monsieur le

procureur

général, une idée de ces doctrines, je cite textuellement

220

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
exti-ails
:

quelques
d'hui
«

du procès-verbal que je reçois aujour-

même

11

ne peut y avoir société entre

le capitaliste et

Tou-

«

vrier, car le capitaliste
«

commet un

\o\.

Les voleurs sont

les propriétaires.

Le spéculateur
Mandrin se

est

«
«
«

voleur, et les spéculateurs résistent à l'organisation du
travail,

de

même

que Cartouche

et

récrie-

raient

contre

l'organisation

d'une

gendarmerie pour

«

réprimer leurs vols. »
Aujourd'hui, je requiers la fermeture immédiate
et pro-

visoire de ce club, poursuivi

pour excitation à
et

la

haine des

citoyens, les uns contre les autres,
la propriété.

pour attaques contre

La chambre du

conseil va statuer sur

mon

réquisitoire,

par une ordonnance spéciale.

Un
suites

club

dit

Club Sainte-Croix, existant rue Saintedes pourhaine des

Croix-de-la-Bretonnerie est également l'objet

du ministère public, pour excitation à

la

citoyens les uns contre les autres, et pour attaques contre
la propriété.

J'ajoute

que

les clubs

non poursuivis pour délits,
le

l'ont élé

pour contraventions,
Laurent, et celui de

et je cite la

club du marché Saintn" 310, tous pris

rue Saint-llonoré,

deux voués

d'ailleurs, ainsi

que leurs directeurs ont

soin de le faire connaitie, à la j)ropagation des doctrines
dites socialistes.

C'est

une observation

difjno de

remarque,

(fue

parmi

les

clubs à peine rouverts,

il

n'en est

pas un qui

n'ait été déjà

l'objet de i'atteii/ion et des poursuites
et

du /ninistcre public ;
le

pas un encore qui n annonce bien haut
fondateurs de renouveler
la société
dit

parti pris par

ses

en la bouleversant.

Je n'excepte pas un club

de

la

Révolution, fondé

COUR DAPFEL DE PARIS
SOUS
le

221

patronage

et

sous les inspirations de M. Barbes,

transporté aujourd'hui rue du Bac, et qui ne semble avoir
rien perdu, d'après ce
et

que j'apprends, de sa véhémence

de son ardeur originelles.
Je n'ai pu agir contre ce club, par la raison qu'il no

m'est arrivé, ni rapport, ni procès-verbal, et que ce silence

de

la part

de l'autorité réduisait

la justice

à l'inaction.

Les rapports que

je reçois à l'instant

même

ne m'auraient

pas permis d'agir à cause du vague des énonciations.
Voilà, monsieur le procureur général, les observations

que

j'avais à

vous soumettre

:

observations que vous vou-

drez bien apprécier et sur lesquelles les pouvoirs publics

auront à aviser.
Veuillez agréer, monsieur le procureur général, etc.

Le procureur de

la

République
X...

',

Paris,

1'=^

octobre 1848.

A

Monsieur
le

le

ministre de la justice-,

Monsieur

ministre,
appelait,

La réouverture des clubs à Paris
:

sur les

\. Le dossier porte l'annotation suivante Six clubs rouverts, plus celui de la rue Saint-ilonoré 319, et celui de la Révolution fondé sous le patronage de Barbes, prédication anarcliiste, renouveler la société en la bouleversant, loi violée ou éludée, 1" (publicité) droit d'entrée, sauf à exonérer les nécessiteux; 2» (procèsverbal) absence de procôs-verbal sous prétexte d'impossibilité, 3° (présence du commissaire) ce magistrat ne peut sténographier, dès lors, énonciations vagues qui ne permettent ])as d'agir. Obtenue fermeture immédiate du club du Vieiix-Chône, succursale du club Saint-Antoine (mêmes doctrines propagées par les mêmes hommes à jours dilférents, dans les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau). Requis fermeture du club Saint-Antoine (à raison d'un discours cité que vous verrez aux extraits) poursuite contre le club Sainte-Croix. pas un, qui, à peine rouvert, ne soit poursuivi, sinon pour délit au moins pour contravention.

2.

Parquet de

la

cour d'appel de

l'aris.

Cabinet du procureur général.

222

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
qu'ils

dangers

peuvent

faire courir à
J'ai

Tordre public,
le

mon
la

attention toute

spéciale.

engagé

procureur de
les

république à réunir,
qu'il aurait
et

dans un rapport,

observations

pu

faire

sur le détestable esprit de ces réunions,

sur les difficultés de la constatation des délits qui s'y
la parole. J'ai

commettent par

l'honneur de vous adresser

ce rapport, auquel je crois devoir joindre quelques observations.

Dès
sible,

à présent les clubs inquiètent
et jettent

la

population pai-

de dangereuses inspirations

parmi des

hommes

aigris par la misère et l'insuccès de leurs tenta-

tives contre l'ordre établi.

Les factieux qui

les organisent,

paraissent vouloir les multiplier, afin de tenir partout la

bourgeoisie en échec.
Mouffelard,
établir

Au

club

du

\

ieux-C/u'ne,

rue

on a fortement

insisté sur la nécessité d'en
la

48 semblables, un dans chaque quartier de

capitale. Si ce projet se réalise ou quelque chose d'appro-

chant,

la surveillance

des clubs déjà dilhcile, avec

le

personnel actuel des commissaires de police, deviendra
impossible ou illusoire.

La grande
et

difficulté

qu'éprouvent les commissaires de

police, c'est de saisir textuellement les discours violents

coupables prononcés dans
et

les clubs.

Ils

s'en tiennent

souvent à une analyse pAle
d'apprécier
la criminalité

incomplète qui ne permet pas
et

des attaques

des provocations.

Ne

serait-il

pas possible d'adjoindre à chaque commis-

saire de police surveillant
le travail

un club, un sténographe dont

contrôlé par
?

le

commissaire deviendrait l'élément
il

du procès-verbal
d'une complète

alors seulement,

y

aurait certitude

fidélité

dans

la

reproduction des paroles

déférées à la justice.

La

justice fera son devoir pour

ramener

les clubistcs

au

.

COUR D'APPEL DE PARIS
respect des lois
;

223

mais

il

paraît

si

évident que ces

hommes

ne se réunissent pas pour profiter d'un droit légitime, mais

pour recruter des ennemis
contre
le

et

des

soldats d'insurrection

gouvernement

et la société,
le

que

le

gouvernement

aura bientôt à aviser, je

pense, à des

moyens exception-

nels pour prévenir les effets désastreux que la propagation

du communisme par
produire.
J'ai

la voie

des clubs ne tarderait pas à

l'honneur de vous adresser. Monsieur
le

le ministre,
fait

avec

rapport sur les clubs,

le

bulletin

qui

con-

naître les dernières poursuites intentées.

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, etc.

Le procureur général \

Note sur les clubs
^

-

Moyen

d'établir en justice l'identité d'un club

et reparaissant sous

fermé par ordonnance un nouveau nom dans un nouveau local.

Le décret sur
(art.

les

clubs,

du 28

juillet

1848, édicté
des

12)

une peine d'emprisonnement

et la privation

droits civiques,

pour un certain temps, en cas de réunion

d'un club, après la dissolution ou suspension prononcée
Plusieurs

clubs ont été provisoirement fermés,
la

par

ordonnances de
l'article 11.

chambre du conseil conformément à

Pour ceux qui essaient de revivre, en changeant de
1. Le dossier porte l'annotation suivante Envoi d'un rapport Les anarchistes veulent quarante-liuit clubs, un dans chaque quartier, surveillance des commissaires de police déjà insuffisante deviendrait
:

:

la

nulle.

cités
2.

Les discours analysés dans les rapports, devraient être textuellement pour l'être utilement, adjoindre un sténographe au commissaire.
Archives nationales BB", 1474.

224

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
et

local

de nom,

il

semble que

la

lettre

et l'esprit

de

l'article

12 permettront de les atteindre,
les fois

et

qu'une converra

damnation interviendra, toutes
l'intention d'éluder
la loi et la
l'objet.

que

le tribunal

frauduleusement
le

les prescriptions

de

mesure judiciaire dont

club aura déjà été

En
nel

effet, le titre distinctif, le

choix du local,

le

person-

même du
les

bureau ou des fondateurs, ne sont pas, à
éléments essentiels qui caractérisent
l'i/idi-

eux seuls,

vidualité d'un club.
Il

y

faut joindre la fréquence

ou

la périodicité

des réu-

nions, le

programme
du

politique

que

le

club produit implicides questions mises

tement ou explicitement,
à l'étude
les

la spécialité

jour, la doctrine habituellement professée par

mômes

orateurs

,

etc., etc. Toutefois,

casera tou-

jours une

question d'appréciation délicate que celle de

l'identité entre le club

précédemment fermé

et celui qui

sera poursuivi à nouveau.

Pour assurer

le

succès de la poursuite,
la

il

importera de

démontrer qu'on retrouve dans

seconde réunion plu-

sieurs des éléments signalés plus haut, qui existaient dans
la

première

;

ainsi, le

môme

président ou des

membres du

bureau appartenant au club fermé, une dénomination semblable ou rappelant la première, les

mêmes
mêmes

orateurs habid'auditeurs
et

tuellement

entendus,

le

môme noyau

d'adeptes, les

mêmes

doctrines, les

sujets à l'ordre

du jour.

Des instructions ont
commissaires de police,
ils

été
afin

données dans ce sens aux que dans leurs procès-verbaux,

recueillent et constatent tous les indices qui serviront

à établir l'identité, au point

de vue de

la loi interrogée

de bonne foi

et

dans son

esprit.

Ce

sera, en effet,

une

COUR DAPPEL DE PARIS
question de bonne
foi

225
il

pour

la

solution de laquelle
et le

faut

bien compter sur les lumières
trats.

bon

esprit des

Magis-

9 octobre 184«.

Une

poursuite

de

ce

genre

pourra

être

dirigée

incessamment.

Un
^

sieur Merlieux était président

du club

du Vieux-Chêne
lettres
Il

qui a

été fermé.

Il

a depuis signé des

de convocation pour une nouvelle réunion de club.

soutiendra, sans aucun doute, que celui-ci est parfaite-,
distinct

ment

du premier.

11

faudra examiner

s'il

convient

d'engager

la question,

sur cette situation particulière.

Bulletin des parquets du 25 septembre 1848

Etat des clubs

:

Procès-verbal de la séance du club du Vieux-Chêne,

tenue

le

23 septembre, rue Mouffetard, n° 67.
les discours

On

remarque dans
:

des orateurs les pas-

sages suivants

1" Stigmatisez ces conventionnels de la plaine, ces cra-

pauds du marais qui, successivement, ont

trahi la

Répu-

blique, l'Empire, la Restauration et la dynastie de Juillet
(offense contre l'Assemblée nationale, art. 2

du décret du

11 août 1848). 2°

La bourgeoisie, après avoir
le

aidé à affaiblir l'aristole

cratie, s'est réunie à l'aristocratie

pour opprimer
la

peuple.

Constamment
décret du
3"

peuple a été opprimé par

bourgeoisie
(art. 7

(excitation à la haine et

au mépris des citoyens)

du

H

août 1848).
qui

L'homme
TCHEKNOFF

accapare

la

propriété est un voleur
lii

226

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
la

(attaque contre le principe de
décret).

propriété) (art. 3

du

même

Réquisitoire de ce jour 2o
suites contre les

septembre, à

fin

de pour-

nommés

Piboin, Bocquet, Barnabe, sur
et

ces divers chefs d'inculpation,

contre Merlieux, président

du

club, pour avoir toléré la discussion de propositions

contraires à Tordre public.

BlLLETIN DU PAROIRT DU 29 SEPTEMBRE 1848
Réquisitoire à
fin

de fermeture immédiate

et provisoire

du club du Vieux-Cfu'ne contre lequel des poursuites sont exercées (art. 11 du déci-et du 28 juillet dernier).
L'ordonnance de
recevra aujourd'hui
la

chambre du

conseil est rendue

et

même

son exécution.

Citation directe du sieur Bei'nard, président

du cluh

Chabrol (ancien club du bazar Boimc-Nouvclle), pour
contravention à
l'article 3
la j)ublicité

du décret du 28

juillet dernier,

en restreignant

des séances dudil club par un
la

moj'en indirect, consistant dans

perception d'une rétri-

bution de lu centimes pour l'admission des citoyens étrangei's audit club.

Bulletin du 30 septembre
Réquisitoire à
fin

de poursuites

et

de feiinetuie immé-

diate et provisoire

du club Saiut-Antoiiir.
le

On
//

remai-que dans
:

discours du sieur \'idal les

i)as-

sages suivants

ne peut y avoir socir/r mire
;

le

capitaliste et Fou-

rrier

car

le capitaliste

commet un
le vol,

vol.

Les voleurs sont

les proj)riêtaires.
c'est

La

spéculation

donc

le

spéculateur est

COUR D'APPEL DE PARIS
voletir
:

227

aussi les spéculateurs résistent-ils à ï organisatravail, de

tion

du

même
vols.

que Cartouche

et

Mandrin

se

seraient récriés contre l'organisation d'une gendarmerie

pour réprimer leurs
uns contre

(Excitation à la haine ou au mépris des citoyens les
les autres.)
le

Attaque contre
Articles 3 et 7

principe de la propriété.

du décret du 11 août 1848.
la

L'ordonnance de

chambre du

conseil,

conforme au

réquisitoire, est rendue, et sera exécutée à la prochaine

séance du club.
Citation
directe

en

police

correctionnelle

pour

le

6 octobre du sieur Chauvelot, président du club Saint-

Honoré.

Pour avoir

restreint la publicité des séances

en deman-

dant aux citoyens étrangers au club, pour leur admission,

une rétribution de 10 centimes.

Pour défaut de procès-verbal résumant tous

les inci-

dents de la séance.
Articles 3 et o

du décret du 28

juillet dernier.

Paris, le 2 octobre 1848.

Monsieur
J'ai

le

procureur général.

l'honneur de vous signaler deux passages de disla

cours tenus à

séance du club Chabrol (ancien club du

bazar Bonne-Nouvelle), du 30 septembre dernier.

Le

sieur Bernard, président, a dit à propos de la séance
:

du jour de l'Assemblée nationale
1.

la patrie est

en danger,
la

Parquet du tribunal de prcmiC-rc instance du département de

Seine.

228

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
la

on a osé déclarer à rAssemblée nationale

guerre à

la

République
...

qu'ils appellent rouge...

Les hommes du National ne voulaient autre chose
positions, exploiter la République à
la

que de se créer des

leur profit pour arriver à

présidence, aux ministères,
le

aux ambassades. Qu'importe,

peuple les surveille, et

il

saura renverser les ambitieux; tenons-nous, serrons-nous,
et

nous parviendrons à être
...

les maîtres de la position...
la
fait

Xous

aussi,

nous sommes de
couleur ne nous

République rouge,
pas peur...

nous
...

la voulons, la

(En parlant du général Lamoricicre\ quand vous

insulterez le peuple, nous

vous rappellerons que vous

aviez,

accepté l'ignominieuse mission de ministre de Louis-Philippe, qu'en Afrique
et

vous n'avez su qu'enfumer des Arabes
saltimbanque devant
le

plavcnticr

comme un
le

les

fils

de

Louis-Philippe; aujourd'hui, avec

monarchique Thiers,

vous conspirez contre
arriver à
...

chef du pouvoir exécutif pour

le

remplacer...
le

(En parlant du peuple), vous avez laissé partir

monarque parjure en l'abandonnant

à ses remords, et sans

exercer aucune vengeance contre ces aristocrates qui se
sont engraissés de vos sueurs, le peuple triomphant ne sait

que pardonner,
de
faire le

et c'est

encore ce que je vous demanderai

jour où

la

République sociale sera proclamée.
sera

IVous

avons un manifeste qui

signé et cxpédi»'
afin {\c

demain pour Toulouse, où se rend un de nos amis
pousser
le

peuple ù des manifestations socialistes.
Coiu'tois a dit
:

Le citoyen

On

avait aboli des impôts,

on
fait

les a tous rétablis.

Lorsque l'Assemblée nationale ne
au peuple
;

pas son devoir,

c'est

ri

faire

le sien;

c'est

le

pauvre

qui

paie

l'impôt

l'impôt
il

proportionnel

établi

aujourd'hui est injuste et

ilh'-gal,

faut protester.

COUR DAPPEL DE PARIS
D'après un rapport que M.
le préfet

229

de police m'a com-

muniqué

et qui n'a ni la régularité, ni l'authenticité le

du prcqu'on
!

cès-verbal que je viens d'anal3'ser,
aurait dit à propos

président Bernard
:

du banquet de Toulouse
!

On

dit

a crié

:

A

bas l'Assemblée nationale
ici

A

bas Cavaignac

Eh!
Il

qu'importe, moi-même!...

l'orateur s'est arrêté,

laissant

aux auditeurs
:

le soin
le parti

de deviner sa réticence.

a ajouté

«

Hors

de

la

Sainte-Montagne, quels
vos ennemis?

sont les représentants qui ne

soient

Les

ministres eux-mêmes, gens sans moyens, à idées fausses,

comme

celles

du général Cavaignac, homme ambitieux

et

sans talents,

comme

son collègue Lamoricière

;

tous

deux

demandent ce que
irons

c'est

que

le

sociaUsrae

;

avant peu nous
la

leur apprendre.

Quant à vous, citoyens, ayez

dignité de la haute mission qui vous est confiée,

songez

que vous êtes

le peuple, et

que par conséquent l'Assem-

blée et les ministres ne sont que vos ennemis. Songez bien

qu'à vos yeux le général Cavaignac ou un garde
pêtre sont à peu près la

chamau

même

chose. »
c'est

C'est à vous, monsieur le procureur général,

pouvoir exécutif à apprécier jusqu'à quel point
toujours croissante des orateurs des clubs,
et la paix

la violence

menace

l'ordre

pubhque.
à l'instruction les
délits

J'ai déféré

contenus dans
la

les

passages sus-énoncés, en requérant de

Chambre du
Chaexé-

conseil la fermeture immédiate et provisoire du club
brol.

L'ordonnance sera rendue aujourd'hui

même

et

cutée avant la première séance du club.

Agréez, monsieur

le

procureur général, l'assurance de

mon

respect.

Signé

:

X...

230

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Banque du peuple
Paris, 8 octobre 1848.

Monsieur
J'ai

le ministre', le bulletin

l'honneur de vous adresser

des poursuites
soir par le

pour

délits politiques, qui la

m'a

été

envoyé hier

procureur de

République.

Le
d'être

véritable caractère

de

la

réunion qui prend pour

motif la Constitution

de la banque du peu^de mérite
je

examiné de près,

vous

ferai

connaître ultérieure-

ment ce que
pects et de

j'aurai constaté à cet égard.
le

Recevez, monsieur

Ministre, l'expression de

mes

res-

mon

attachement.

Le procureur général,
X...

Paris, lo 1" juin 1849.

BULLKTIN DU
Clubs.

I>.\R(JUET

Club de
31 mai.

la salle lioisin,

faubourg* Sainl-Antoiiio.

IC»'.^;

— Abbi' de Monf
les
If

louis, président;

oOO auditeurs.

M. Saint-Féréol,
met que
en

représcMilant de
la

Saùne-i^t-Loire, prose metlritiit
ils

républicains de

Montar/ne

communauté arec

peujde. prés dut/url

rie ndn>itt

puiser de nouvelles forces jtour la lutte.

Le sieur Maigne, représentant de
une
1.

la

Ilaule-Loire....
les

lutte devient

chaque jour plus imminente...
Paris. Cabinet

pay-

Parquet de

la

courdappel de

du procureur général.

COUR D APPEL DE PARIS
sans savent
pressurent.

231

comme

les

ouvriers que les classes riches les

L'abbé de Montlouis

lit

une

lettre

prétendue d'un soldat

du 48% en garnison à Mâcon, annonçant que son régiment
va à
Chàlons pour désarmer
la

garde nationale,

que

60 000 vignerons de Mâcon

offrent leurs services à la

garde

nationale, que le 49^ a refusé de

marcher
il

(cris frénétiques

de Vive l'armée),
posé à en

et

que

le

48^ dont

fait

partie, est dis-

faire autant.

Le procureur de
rir

la

République voudrait pouvoir requé-

une information contre l'abbé de Montlouis pour publialarmantes.

cations de fausses nouvelles

Mais ce

délit

n'existe plus dans nos lois depuis l'abrogation de la loi

du

9 novembre 1813... lacune à signaler!

Paris, les 3 et 4 juin 1849.

Bulletin du parquet
Chihs ou réunions.

Club- conférence du sieur Jules Lèche callier, saUe

de la Fraternité, rue Martel, 9; 1" juin.
J.

— 300

assistants.

Lèche vallier
le

dit

:

«

Le socialisme

est le

communisme

de transition,
saire. »

communisme
le

est sa fin logique et néces-

Un

autre orateur,

sieur Malapert a parlé, ce qui

donne

à cette réunion le caractère non équivoque de club.

N- B.

Le procès-verbal du commissaire de police
LcchevaUier poursuivi

n'étant pas suffisamment explicite, le commissaire de police

sera
(s'il

mandé au Parquet,
y

et le sieur

a lieu), pour contravention

aux formalités ou condi-

tions prescrites à l'égard des clubs.

232

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
2"

Club du salon Bagache, rue de Sèvres, 49, à VauSieur Baune,
président;

girard!

2 juin.

tOO

per-

sonnes.

Le
1er

sieur

Baune

a dit

:

«

Le peuple ne
;

doit plus s'rbranle

que comme un seul

homme

ses chefs sont dans

comité démocratique socialiste
presse
et

et

parmi

les

hommes de

la

delà Montaj^ne. Quand des mesures seront prises
le

par eux,

peuple devra toujours les suivre.

Club Roisin, faubourg Saint- Antoine, 1G9.

— Abbé
la

de Montlouis, président; 2 juin.

— 200

personnes.

Labbé de Monllouis
ministres,

a parlé avec colère des nouveaux

de

la

mise en accusation du président de

Bépublique, etc. (procès- verbal trop peu explicite, recom-

mandation sera
plus de soin).

faite

au commissaire de police d'y apporter

Paris, le 8 juin 1849.

Blllltin nr parquet
Clu/fs

ou î'rufuons.

Club du salon Hagachc, rue de Sèvres, iO, à Vau-

girard; 7 juin.
diteurs,

— Pn'sidenl
:

:

Lt'O

Barbes.

'.\

ou 400 au-

Genillier
« « « «
((

dit

«

Les représentants actuels ne peuvent
peuple,
lui

opérer les réformes réclamées en faveur du
parce qu'ils vont profiter de leur majorité pour
les droits

ravir
vrai

qu

il

a conquis en Février...
di*

S

il

était

qu'une seconde attaque
les
Italiens,

nos soldais cul
est

lieu

contre

la conduite

du peuple

foute tracée^

«
«

dans vn article de

la Constitution, et les représentanls

doivent demander' innnédialement {arrestation

de la

COUR DAPPEL DE PARIS
«

233

mise en accusation du présidefit

et dire

au peuple de

«

défendre son droit.

»
la

On
sociale
2"

a
!

crié

:

Vive

République

démocratique

et

Club de

la salle Roisin,

faubourg Saini-Antoine, 169
président.

;

7 juin.

— Abbé de Montlouis,

300 ou 350

assistants.

Le
11

sieur Marie parle

de la nécessité pour les Monta-

gnards, d'ouvrir un grand club à linstar des Jacobins.
in\ite l'Assemblée à

envoyer des délégués pour leur en

faire la proposition.

Le

sieur Hizay se plaint de Vindifférence des

démo-

crates et déplore que les clubs soient en quelque sorte
déserts. «
Il

faut, dit-il,

envoyer des délégués auprès des
les

membres de
un club qui
eux. »

la

Montagne en

sommant

d'avoir à ouvrir

serait toujours présidé

par cinq ou six d'entre

Le sieur Charles annonce que V armée française a
battue à

été

Rome.
Turgard ajoute qu une partie de V armée fran-

Le

sieur

çaise est passée

aux Romains.
9).

Citation au sieur Jules Lechevallier ^Club-conférence sur
l'histoire

du socialisme, rue Martel,
la
"i"

Devant
12 juin.

Chambre

correctionnelle,

pour

le

mardi

Prévention de restriction à la publicité de la séance

du

1^"^

juin pour la perception cVune rétribution à l'en-

trée.

(Voir

le

Bulletin du parquet d'hier).

234

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Paris, les 10 et

11

juin

ISi'.i.

Bulletin di parquet
Clubs ou réunions.
i^ 8 juin.

Ouverture du

c///i5' ^///

Casino, cliaussre Mrnilas-

monlant, à Belleville.
sistants.

— Sieur Macé, président. — 200
un
sieur Régnier).
Il

Macé
tiqué le
cri

a parlé seul (avec

a lu

et cri-

message du président. La séance a

été levée

au

de

:

Vive la Rrpublique démocratique et sociale!

2° 9 juin.

Club du salon Bagache, rue de Sèvres, 49,

à Vaugirard.

Sieur Léo Barbés, président

;

iOO audi-

teurs (dont un très petit
rard).

nombre seulement de Vaugi-

Le
et

sieur Potcl donne de prétendues nouvelles de

Rome,
mis

annonce que cette fois encore nos soldats ont
et

été

en déroute,

que beaucoup ont déserté
le

le

dn/jjeau

français pour suivre

drapeau iCune autre république.
le

Si nos soldats ont déserté, cest qu'ils ont vu que

dra-

peau français
Napoléon.

était souillé

par l'homnw

(jui

s'appelle

Le

sieur Ilcrvel...
j)(niple, et

((

République,

c'est la la

souveraineté
i\\\

dun
...

vous n'avez pas craint de
s'est />rése/ité.

donner

pre-

mier aventurier qui
((

\'ous allez avoir besoin

de toute votre énerç/ie.
:

Il

faut attendre que vos Montagnards vous disent
faire

Vous

nous avez envoyés pour
la

des

lois et

non pour anéantir

République.
i° 9 juin.

»

Club de

la

salle Hoisin,

faubourg Sainl-

Anloine, 1G9.
sonnes.

— Abbé de Montlouis,

président; 800 per-

COUR D'APPEL DE PARIS

235

Le

sieur

Nathan Lévy

:

«.

Il

y aura une

lutte, elle sera

terrible... Si

nous succombons, beaucoup des nôtres dissi,

paraîtront; mais

comme

je l'espère,

nous sommes vain-

queurs, nous conserverons ce que nous avons conquis. Le

manifeste du président ne mérite que

le

mépris. »

Le

sieur Garnier

annonce

qu'il

a été avec Tabbé de

Montlouis auprès des membres de la

Montagne dont deux
antila

seulement les ont reçus assez légèrement dans une

chambre.
festât.

« Ils allaient

demander que
«

Montagne
est

se

mani-

La Jeune Montagne Le sieur Armand Lévy
on
est
allé

n'a été jusqu'ici qu'un mythe. »

:

La trahison

consommée; Nous
Réputemps
!

«
« «

assassiner la République romaine.

avons

le droit

de dire à un fonctionnaire de

la

blique qu'il a trahi la Répubhque, et Bonaparte est fonctionnaire...

«

Louis

XVI

a conspiré, et peu

de

«

s'écoula entre le retour de

Varennes

et l'expiation

»

Copie du procès-verbal du commissaire de police du
QUARTIER DU JaRDIN DES PLANTES, EN DATE DU 25 MARS

1849

'.

Club du Vieux-Chêne, rue Mouff'elard, 69.

La séance
quart.
11

est ouverte

par

le sieur Pilatte

à 8 heures un

débute par

la lecture

de l'un des évangiles selon

Ma-

thieu.

Puis

il

invoque

l'esprit

de Jésus-Christ

et

lit

plusieurs

strophes de louanges à Dieu.
Il

explique ensuite

le

but de ses conférences

:

la vérité

par Jésus-Christ.
1.

Archives nationales, BB'», 1473

(6')30'^).

.

236
II

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

ne se dissimule pas que dans un certain monde on

taxera de témérité ses efforts pour attaquer une autorité
religieuse
l'Etat;

soutenue par
il

le

pouvoir

civil

et

salariée

par

mais

ne se découragera pas; ce qu'il veut, c'est

former des disciples de Jésus-Christ.
Il

n'est ni

un prêtre,

ni

un chef de secte;

il

est l'écho

de

l'Evangile.

Les prêtres,
les prêtres
Il

dit-il,

ne parlent pas, nous parlerons-nous;
la vérité,

ne disent pas

nous

la dirons.

se plaint de Fiinmobilité de rÉglise romaine.
le

Les païens avaient
l'Eglise

dieu de limmobihté,

le

dieu Terme,

semble

s'être

vouée au culte de ce Dieu, à Timmomille erreurs, elle en a pris
elle s'est pétrifiée

biUté

elle s'est
le

emparée de
le

dans
et

paganisme, dans

judaïsme
de

est

devenue incapable
Il

produire aucun bien
la voir entrer

aux

hommes
Il

faut

renoncer à

dans

la voie

des réformes.
fait

ressortir l'énormité des jirélcntions de la papauté
la

au pouvoir temporel. Pendant longtemps,

papauté a pos-

sédé un domaine temporel. Le pape, un vice-Dieu sur la
terre, prétendait à la

couronne royale
le

!

Tout à coup une

révolution s'accomplit,

peuple

romain se donne une

forme de gouvernement,
blique

la
la

meilleure selon moi, la Répu-

On

a crié que

papauté

était

perdue

si

les

Ro-

mains n'étaient contraints de se courber do nouveau sous

un joug honteux,
des baïonnettes.

et le vicaire

de Dieu demande une armée,

Quand une
à

Eglise en est venue

\h, elle est

tombée

et

vouée

une honte éternelle!
Désespérons
d'elle à

[app/auilissonents]

jamais

L(^

pape Pie IX,

le

meil-

leur des papes, ce réformateur n'a pu rien faire.
11

compare ensuite

et assimile

au sort des réformateurs

COUR D'APPEL DE PARIS

237

du moyen âge,

le sort

des réformateurs présents
;

ceux-

ont été persécutés, emprisonnés

ceux-ci seront persé-

cutés
elle

TEgiise romaine est dans les temps passés

ne changera

de

forme que lorsqu'elle s'écroulera

comme un
rations.
S'il

vieux bâtiment qui ne peut plus subir de répa-

considère le protestantisme de nos jours,
Il

il

ne con-

çoit

pas de meilleures espérances
le xvi^

rend justice, cepen-

dant au progrès que dans
luttes

siècle

amenèrent
Calvin,

les

des

réformateurs,
la

des

Luther, des

des

Zwingle, contre
Il

domination papale.

faut

une Eglise nouvelle par des temps nouveaux
religion nouvelle

non une

non un Evangile nouveau,
le

non une révélation nouvelle, mais pour
il

vin de la vérité,

faut des vaisseaux neufs.
Il

s'élève contre cette idée reçue qu'on naît catholique,

qu'on naît protestant; on n'est réellement né à une croyance

que lorsqu'on a pu discerner
voit le

la vérité

des erreurs
il

11

monde plongé dans
dit

le

mal,

il

s'y noie,

y

périt.

On

que l'Europe est chrétienne

elle est

pourrie

dans son catholicisme, dans son protestantisme.

A monsieur
Monsieur
J'ai le

le tninislre

de la justice

'.

ministre et cher collègue,
:

l'honneur de vous transmettre en communication
à


lui

Deux rapports adressés
le

M.

le préfet

de police pour
fait

rendre compte du cours
sieur

de sciences sociales que

publiquement à Paris
2'

Dameth.
^I. le

Deux autres rapports également adressés à

pré-

1.

Archives nationales, BB'*, 1473. Ministre de l'intérieur. Sûreté géné-

rale.

238
fet

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

de police,

et

ayant

trait

à un prétendu

cours du vrai

christianisme que

fait le

sieur Pilale.
l'ar-

Une

lettre

que vient de m'écrirc à ce sujet M.

chevêque de Paris.
Il

résulte de la lecture de cette lettre et des divers rap-

ports que vous trouverez ci-joints que, par une interprétation,

selon moi, erronée, des dispositions des lois
droit

qui
se

régissent le

d'association,

quelques

citoyens

croient fondés à ouvrir des cours publics sur des matières
rclig'icuses

ou sociales,

sans avoir obtenu l'autorisation

préalable du gouvernement.

Cependant
les clubs,

le

décret du 28 juillet dernier, concernant

ne

me semble
ainsi,
la

pas avoir attribuer ce droit aux

citoyens.
S'il

en

était

liberté

absolue de

fonder

des

chaires de socialisme présenterait de bien graves inconvénients.

Avant de donner Tordre au

préfet de police de faire fer-

mer les cours dont

il

s'agit, je désirerais savoir si les

ma-

gistrats judiciaires reculeraient

devant

l'invitation

de secon-

der les mesures que prendrait à cet égard l'autorité administrative.

Je vous prie de bien vouloir
à ce sujet et de
jointes.

me

répondre jiromptement
les pièces ci-

me

renvoyer en

môme temps

Agréez, monsieur

le

ministre et cher collègue, l'assu-

rance de

ma

haute considération.

Le

nii/us/rc de

l

inlvrivur,

Signé

:

G. Duk.\ure.

COUR DAPPEL DE PARIS

23&

Paris, le 21 octobre 1848.

A monsieur
Monsieur

le

ministre de l'intérieur.

le ministre

^

J'apprends de divers côtés qu'il vient de s'ouvrir dans
le

faubourg Saint-Marcel, rue Mouffetard, 69, une espèce
cours populaire où, tous les mardis et vendredis de
soir, le sieur Pilate,

de

chaque semaine, à huit heures du

sous

prétexte d'enseigner le vrai christianisme, déclame contre
le

sacerdoce

et excite

contre lui la haine et le mépris.

Une

centaine

d'hommes

et

30 ou 40 femmes,

d'enfants assistent à cette réunion et

accompagnés y applaudissent les
de
faire sur-

dangereuses paroles du professeur.
Je viens vous prier, monsieur
veiller cette
le ministre,

assemblée

et

de donner des ordres pour qu'elle
la loi.

se conforme

aux sages prescriptions de

Nous partageons
moins

toutes les craintes légitimes qu'inspirent

les clubs politiquas.

Les clubs religieux
et

ne doivent pas ne doute point,

fixer Tattenlion de l'autorité
le

je

monsieur
prendre

ministre,

que vous ne vous empressiez de
fin

les

mesures nécessaires pour mettre
j'ai

au dé-

sordre que

l'honneur de vous signaler,

s'il

existe réel-

lement

*.

Agréez, monsieur
pée de

le ministre,

avec l'expression antici-

ma

reconnaissance, celle de

ma

bien haute consi-

dération.

Signé:
1.

-j-

M. D. Auguste, archevêque de Paris'.

a). Archevêché de Paris. De nouveaux rapports ne me permettent pas de conserver moindre doute à cet égard.

Archives nationales, BB", 1473 (6930

2.

le

Î40

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Copie d'un rapport du

commissaire de police du quar-

tier DU Jardin des plantes en date du iï octobre'

Hier au soir a eu
69,
la

lieu,

dans

le

local, rue

Mouiïelard,

première séance, depuis

la

clôture du

club du

Vieux-Chêne, du cours devrai christianisme professé sous
forme de conférences par
rue Saint-Lazare, 34.
le

sieur

Léon

Pilate,

demeurant

La séance ouverte
1)

à H

heures un quart, est terminée à

heures

et

demie.

L'assistance était peu nombreuse, elle se composait de

ioO à 200 auditeurs, parmi lesquels,
les

comme

à l'ordinaire,

femmes

et les enfants étaient en majorité.

L'orateur, après avoir expliqué brièvement les causes

de

la

suspension momentanée de ses conférences, a rappelé
il

que, aux dernières séances,

était

parvenu ù

la fin

du

christianisme primitif, c'est-à-dire avait traité l'histoire des

croyances
resté au
Il

et

du

culte des premiers chrétiens et en était

commencement du

iT siècle.

a continué sur ce point.
parallèle la simplicité
le

U met en
pères avec

du culte de nos premiers

luxe qui graduellement s'introduit dans les

cérémonies religieuses.

La

caste sacerdotale, le luxe des églises, la

pompe dos
riiuililih-

('•«ilisos
il

naissent do la décadence du

vi'ai
il

chrislianisme.

attaque le célibat des prêtres,
caste sacerdotale,
il

démontre

de

la

fait

remarquer ses empiétements

progressifs, la dominatian aristocratique qu'elle s'arroge.

1. Archives nationales, IJB'". chrislianisme. Le S' Pilalc.

1173 (fi030»). Réunions. Cours de vrai

COUR D'APPEL DE PARIS
Il

541

suit enfin,

pas à pas,

les diverses

phases de

la

supréma-

tie

du

clergé naissant.
été,

Tel a
soir.

en résumé, l'objet de la conférence d'hier

J'avais cru devoir, par

mesure de précaution

faire

exer-

cer une surveillance inostensible aux abords de la localité.

Lc commissaire de police,
Sis'né
:

X...

II

SOCIÉTÉ^ DE BIENFAISANCE

;ET

DE COMPAGNONNAGE jREIMS)'
septembre ISaO.

Paris, le 3

Monsieur
Parla
le

le

ministre,
fait

lettre

que vous m'avez

l'honneur de

m'é'Ciit'e

30 août dernier, vous exprimez l'opinion
les

qu'il devient

urgent de dissoudre

corporations rémoises, dont les

menées
12 de

politiques paraissent bien constatées et avant

de

faire à cette association

dangereuse l'application de l'article
1850,

la loi

du 15

juillet

vous

me

manifestez le

désir de savoir où en est l'instruction judiciaire

commen-

cée à Reims contre ses principaux membres.
Je m'empresse de vous faire connaître que l'instruction

dont
seil

il

s'agit est terminée, et bien
n'ait

que

la

chambre du conla

du tribunal de Reims
suis,

pas encore statué sur

prévention, je

dès à présent, en mesure de vous
investigations de la

.signaler les principau.x résultats des

justice.
1.

Archives nationales. BB", 1473. Parquet de
TCHER.VOFF

la

courd'appel de Pari;.
16

242

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

Les corporations rémoises ont été fondées

comme

socié-

tés d'assistance mutuelle ou de bienfaisance. Mais leurs

statuts indiquent clairement qu'elles ont surtout

pour objet

d'organiser et d'entretenir l'antagonisme
ouvrière
et celle

entre la classe

des fabricants, et de subvenir à toutes les

éventualités de cette lutte. Ainsi, l'on voit que la
litc

mutuasti-

d'assistance est toujours avec
les

le

plus grand soin

pulée pour
les cas

cas de

chômage ou de grève ; jamais pour
le

de maladie, d'infirmité, de vieillesse. Les statuts

montrent
de
les

même

que

pouvoir d'ordonner des grèves
et c'est

et

rendre obligatoires est organisé,
et

pour ces

extrémités prévues

préparées que sont recueillis et réser-

vés les secours mutuels.

Le procès, jugé dans
aucun doute, bien
de

le

mois de décembre 1849 par

la

cour d'assises de Soine-el-Marne, n'a laissé à cet égard
qu'il se soit

lonniné par Tacquittemont

tous les accusés.
L'association dont l'origine se composait
:

1

'

des corpo-

rations de

chaque corps

d'état

ayant chacune son règle-

ment;

:2"

d'un comité central composé de leurs présidents

et délégués,

ayant pour mission do leur indiquer

la direc-

tion et l'unité.

Cette association avait fondé, pour

faciliter

son action,
;

un journal ayant pour
ouvertement

litre

-.L'Association

licmoise

le

caractère de ce journal a toujours été essentiellement et
poli ti( pie.
la

L'instruction actuelle a foui'ni

preuve

(pie

li>

journal

qui a cessé de paraître en juin [H'M) n'a subsisté, dès son
origine et jusque-lii,
<pi

à

l'aide

des ressources que

lui

fournissait l'association au
tifs
.

moyen des abonnements
Melun
avait

collec-

des corporations.
déjà démontré

L'instruction du procès de

COL'R

DAPPEL DE PARIS

243

par

la saisie

des procès- verbaux du comité central que

Taction de Tassociation était dirigée par le

nommé

Bressy

dans un but exclusivement politique.
Ainsi à l'époque des élections générales du 13 mai 1849,
le

comité central

s'était

transformé en
et

comité électoral

sous la présidence de Bressy,
porations
avaient

à cette occasion les cor-

envoyé

au chef-lieu

du département

vingt-cinq de leurs délégués pour prendre part à une réu-

nion électorale préparatoire.

Un
faites

registre

récemment

saisi, et
titre
:

qui

était

tenu par

le

gérant du journal, avait pour

Collectes qui ont été
la

parmi
et

les

Démocrates pour

propagande des
frais.
:

journaux
pour

pour subvenir aux autres
dont
il

Parmi les
le

frais

s'agit,

on voit figurer

609 francs

voyage des vingt-cinq délégués envoyés au chef-

lieu lors des élections
2"

du 13 mai 1849.
propagande de 11 oOO numéros du

Le

tirage pour la

journal fondé par les corporations.
3"

Une

note ou facture de 563 francs pour frais de bulle-

tins et autres

imprimés.

4° Plusieurs

sommes

à divers, sous ce titre

:

donné

à....

pour

faire

de

la

propagande.

Le
dons

total

des dépenses afférentes à ce dernier objet s'élève
et

à 2 088 francs,
collectifs

parmi

les recettes

on

voit

figurer

les

de dix des corporations qui toutes d'ailleurs

contribuaient par l'action centralisée de leur journal.

Tels sont les

faits

antérieurs aux poursuites

commen-

cées en juin 1849.

A

dater de ces poursuites,
et

le

Conseil central par prul'action de l'autorité, crut

dence,

pour mieux échapper à
et prit

devoir se transformer
des corporations.

le

nom

de

Conseil central

244

ASSOCIATIONS ET SOCIliTKS SECRETES
celte

A

époque

et

sous l'influence de l'action dirigeante
fut
fait

du conseil central un appel

aux corporations pour

subvenir par des cotisations individuelles aux besoins des
familles des détenus arrêtés le 16 juin.

Une commission que
de secours pou)'
vict'unes politiques fut

les quittances qualifient
soil

Cofnmission
soit

les faynillcs^

des détenus,

des

nommée pour
le

répartir le résultat

de ces collectes qui

s'est élevé à

808 francs.
caractère politique

Cet acte donne au Conseil central
que
lui

donnaient déjà les éléments de sa constitution, ses

traditions son origine et son but.

Le Conseil central
longue durée.
tion des chefs
Il

n'eut pas

sous ce

titre

inie
la

très

y

a lieu de croire

que pondant

déten-

du

parti l'action militante est

restée
le

comme
dénoue-

en suspens. Mais après l'acquittement, qui

fut

ment du procès jugé

à Melun, ceux-ci songèrent ù réorgaet

niser avec activité les corporations;
atteintes de l'autorité,
ils

pour échapper aux

cherchèrent des bases nouvelles.
la

Le conseil central devint
règlement nouveau. Mais

Chamhre du

travail avec un

l'identité

d'association, d'orga-

nisation et de but n'est pas douteuse.

Elle résulte
la

du personnel môme autant que
des
élections

le

comporte
la
le

mobilité

essentielle

par

lesquelles

Chandu'C du travail se renouvelle;
secrétaire de
la

ainsi,

par exemple,
le secrétaire

Chajnbre du travail a été

du

Conseil central^ ainsi encore l'un des accusés de Melun,

membre de l'ancien comité central,
de
la

est aujourd'hui

membre

commission de présidence

^de la

Chanihrc du travail.

Ainsi enlin les rédacteurs et gérants du journal qui prenaient part aux délibérations du Comité central, et qui ont
été impliqués

dans

le

procès de Melun.

j>artici|)onl h celles

de

la

Chambre du

travail.

COUR D'APPEL DE PARIS

245

Une

cotisation mensuelle de 5 centimes par

membre des
ordiregis-

corporations ^environ 1700)
naires de la
tres,

forme les

ressources

Chambre du

travail.

Par l'examen des
a alloué une

on trouve que sur ce fonds

elle

somme
et

de 223 francs aux

nommés

Lecarap, gérant du journal

Moret pour
ont
fait

les frais faits

en février 1850, du voyage qu'ils
cette

à

Melun pour

se faire juger à

époque par

suite de la distraction

prononcée à leur égard au mois de

décembre précédent.

La

saisie

des procès-verbaux de la

Chambre du

travail

n'a pas permis de constater le but politique de cette association.

On

doit

penser que

la saisie

précédemment opérée,

de ceux du comité central ont imprimé à leur rédaction un
caractère de réserve et de prudence devenu nécessaire pour

échapper à des poursuites
de prévoir.

qu'il était,

dès

le

début, facile

Le but
tain.

politique de l'association ne paraît pas
les

moins certendances

Tout indique son origine, ses traditions,

et l'esprit

de ses membres. C'est évidemment une organi-

sation toute prête et

un instrument tenu en réserve pour
au gouvernement.
la

servir suivant les circonstances et préparer le succès des

menées

les plus hostiles

Mais toute morale, en l'absence de documents précis,
certitude acquise de ce caractère de

l'association ne peut

conduire judiciairement ses
tion. L'instruction dirigée

membres devant une

juridicet

contre eux doit se terminer,

sera prochainement terminée suivant toute vraisemblance,

par une ordonnance de non-lieu.
C'est pour moi, monsieur le ministre, une raison de plus

de penser que la solution des difficultés soulevées par l'existence
et

les

tendances des

corporations

rémoises est
loi

aujourd'hui dans l'application de l'article

12 de la

du

246

ASS0C1ATI0>'S ET SOCIETES SECRETES

lo juillet iSoO. Je crois cette application non seulement
possible mais immédiatement nécessaire. Loin
rier la

de contra-

marche de

la Justice,

elle

complétera les résultats
les

de

son action, et protégera

désormais

associations

ouvrières de Reims contre les suggestions qui tendaient à
la

détourner des habitudes de calme

et

d'ordre

si

néces-

saires

au

travail et sans

lesquelles

il

n'y a pas pour les

ouvriers de bien-être assuré et possible.

Agréez,

etc.

Pour
Le

le

procureur gêné rai

t

substitut délégué

Signé

:

X.

CHAPITRE

VI

SOCIÉTÉS ET ASSOCIATIONS DU RESSORT DE LA COUR D'APPEL

DE RENNES ILOIRE-INFÉRIEURE ET FINISTÈRE;

COUR DE REiNNES
SOCIÉTÉ FRATERNELLE UNIVERSELLE DE NANTES

Rennes, 22 novembre

1830.

Monsieur
Il

le

garde des sceaux.

existait à

Nantes, depuis quelques mois, une associale

tion

connue sous

nom

de Boulangerie sociétaire, ayant
le

pour but avoué, de procurer aux ouvriers
prix inférieurs

pain à des

aux prix

courants

"

;

des

tisserands

des

Hauts pavés

et

de la place de Vianne, d'autres ouvriers
la

encore auraient eu, les premiers,
tion.

pensée de cette créa-

Dans un ouvrage, récemment publié à Nantes, par
docteur Guépin, sous
le titre

le

de Philosophie du socialisme,
le

ou Etude sur

les

transformations dans

monde

et l'hu-

manité

-,

l'auteur proposait l'établissement d'une boulan-

gerie sociétaire, d'une meunerie, d'une boucherie, d'une
épicerie,

pour arriver à la suppression

de

toutes

les

1.

Arcfdves nationales. BB", 1473.

la Loire-Inférieure a fait citer devant docteur Guépin, professeur de l'Ecole secondaire, à raison de cet ouvrage.
2.
lui le

Le Conseil académique de

248

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

saperfétations, de tous les parasitismes des vi/Ies. Ces
établissements ne présenteraient bientôt, suivant Tauleur,

qu'une masse de consommateurs associés pour se procurer à bas prix et
le

mieux

possible, la nourriture, les

cêtements

et l'abri.

^
d'octobre der;

La Boulangerie
maire,
nier, l'autorisation

sociétaire de Nantes, autorisée par le

demanda au commencement du mois
de
construire
trois

nouveaux fours

j'apprends que cette autorisation n'a pas été accordée.

La Boulangerie
violation
elle créait

sociétaire semblait être, en réalité, une

du décret du

14 juin 1813 sur
les

la

boulangerie,
la ville

d'immenses dangers;

boulangers de

de

Nantes avaient réclamé, — La Cour de cassation
les

avait

rendu

24

juillet et

1*'

décembre 1848 des arrêts qui
Boulangerie
sociétaire

conduisaient à

dénier

à la

de

Nantes son droit d'exister. Le tribunal de police de
de Nantes avait rendu, en 1840
bre de jugements dans
le

la ville

et

18oU, un grand nom-

môme

sens.
la lec-

Un

rapport du commissaire central de police et
lait

ture des journaux de Nantes m'ayant
les périls

apercevoir tous

d'une institution qui

d'ailleifrs

ne

me

semblait
\'\

pas régulièrement établie,
ce mois, à
tèi-e

j"in\itai

mon

substitut, le
le

de

me

faire parvenir,

avec son avis sur

carac-

social et politique

de

la

Boulangerie sociétaire de

Nantes, les règlements de cette association, les comptes

rendus par

les administraieurs

en assemblées générales,

une copie
en 1849

littérale

des jugements de simple police rendus

et 18")0,

une copie de
la

la protestation

des boulan-

gers de Nantes contre^
aussi savoir
si

nouvelle boulangerie. Je désii'ais

l'autorisation de construire trois

nou\eaux

fours avait été accordée par l'autorité municipale.

Le

I')

novembre mon

substitut

m'annonçait pour

le

COUR DAPPEL DE RENNES

249

dimanche

17,

une réunion des sociétaires de

la

boulan-

gerie, qui devait
rité s'était

donner

lieu à

de vives discussions, Tauto-

mise en mesure.

Mon

substitut

me

faisait

connaître,
détail,

en

même

temps,

qu'il aurait à m'entretenir,

avec

d'une association

formée à Nantes sous
verselle et dont les

le

nom

de Société Fraternelle uni-

statuts

renfermaient des dispositions
;

qui

lui

semblaient
les

dangereuses


la

encore,

les

chefs,

comme
de

principaux directeurs de

Boulangerie sociédémocrates

taire, étaient
la ville

comptés parmi

les plus ardents

de Xantes.
la
le

La réunion des membres de

Boulangerie sociétaire
17.

en assemblée générale, eut lieu

Deux commissaires
commissaire central

de police y assistaient. M. Guibert, adjoint au maire, spécialement chargé de la pohce, et
le

avaient pris les mesures nécessaires
l'ordre.

pour

le

maintien de

Tout se passa, sinon avec calme, du moins sans
et

tumulte

sans trouble.
la société et

Il

s'agissait

de la reddition des

comptes de

de la formation du bureau. La
altercation

discussion fut très vive, une
entre

violente s'éleva

M. Guépin

et

Rocher
bureau

:

après de longs discours, la
(ils

majorité des

membres présents

étaient en

tout

180),

renversa

l'ancien

dans

lequel

étaient

entrés

quelques
tels

hommes d'opinion

avancée, mais très honorables,

que M. Daniel Lacombe, membre du conseil de l'ordre,
remplaça par des membres de
la

et les

Société Fraternelle.

En

réalité les

deux

associations n'en font qu'une et toutes

deux, elles sont livrées aux mains des

hommes

signalés

comme les
Par
la

plus dangereux de la ville de Xantes.

suite des réclamations élevées contre l'existence
la société,

de
le

Boulangerie sociétaire, un membre de
le titre

sieur Praud, avait reçu delà mairie

de boulanger;

2oO

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
il

en cette qualité

était astreint à

toutes les obligations im-

posées aux boulangers par

le

décret de

1813

;

la société

se trouvant ainsi assimilée à
était

une boulangerie ordinaire,
la

soumise aux investigations de
(ces et

police.

La majorité

des votants s'éleva contre

arrangements nouveaux
refusa de se soumettre
fait, la

qu'elle traitait de tyranniques

aux prescriptions municipales. Informée de ce
de Xantes délibéra sur
taire et se
la position

mairie

de

la

Boulangerie sociéla

montra disposée à en prononcer

dissolution.

En

cas d'inaction de ce côté, ce qui paraissait bien peu

prol)abIe,

M.
le

le préfet aurait agi

de lui-même.

L'ordre

plus parfait n'avait cessé de régner à Xantes.

On

désirait la

chute de

la

boulangerie sociétaire, autant que

la dissolution

de

la Société Fraternelle.

L'attention du parquet avait été appelée dans les derniers

jours

d'octobre

dei'nier,

par

le

commissaire

central

tle

police, sur l'existence de la Société Fraternelle universelle,

laquelle, sous les apparences d'une

socic'lt'

de bienfaisance

ne se

serait,

en

réalité,

occupée que de politique.
le

Le o novembre, M.
gnementssur
tant à

|)rocureur de la République à

Tours demandait, à son collègue de Xantes, des renseila

Société Fraternelle de cette

ville, laquelle,

disait-on, était en relation avec

une société

pareille

exis-

Tours

;

la

Société de Tours se compose elle-même

d'individus connus par l'exaltation de leurs opinions

déma-

gogiques,

et

quoiqu'on
i\

n'ait

pu encore réunir de docu-

ments précis

cet égard, tout indique qu'elle n'est réelle-

ment qu'une
Sur
le

société politique.
s'est
fait

vu de ces indications, mon substitut

représenter les statuts de la Société fraternelle de Xantes,

déposés h

la

mairie dès

le

'.)

février 18t9; ces statuts ren:

ferment des dispositions dangereuses

dans

les articles 33,

COL'R

DAPPEL DE RENNES

231

35

et 71,

une cotisation

est organisée entre les sociétaires

pour fournir une indemnité aux ouvriers qui refuseraient
de se sou))iettre
d'ateliers ; c'est,

aux réductions proposées par
en réalité, un fonds

les chefs

commun

destiné à

solder les

coalitions possibles des

ouvriers contre les

maîtres. L'ensemble des statuts porte une suite de dispositions

qui,

tout en

donnant à cette

société

la

couleur

d'association de bienfaisance, laissent percer le but politique qui a inspiré ses fondateurs.

Le 6 octobre dernier, un banquet
parles membres de
la

fut

célébré à Xantes

Fraternelle pour célébrer l'anniver;

saire de la fondation de la société

dans ce banquet, plu-

sieurs

discours ont
:

été

prononcés,

un entr'autres par

M. Guépin
œuvre

le

discours de M. Guépin est évidemment une

politique,
les

on y parle aux

sociétaires, de Paris et de
et

Lyon qui ont

yeux fixés sur eux

qui se demandent

ce qu'ils ont fait

pour la démoci'atie. En présence des renseignements fournis par
il

la police

renseignements vagues,
sion,

est vrai, et

dépourvus de précique
la

mais très

affirmatifs sur ce point

Fraternelle

s'occupait de politique, en présence des termes des statuts
et

du discours de M. Guépin,

la

durée plus longtemps pro-

longée de la Société Fraternelle devenait un danger pour
Tordre public.

Mon

substitut

appela,

sur ce point,
et conféra,

mon
à ce

attention, par sa lettre
sujet,

du io de ce mois
de

avec M,

le préfet

la Loire-Inférieure.

Dans ces circonstances
tut reçut

et le

17 du courant,
et

mon

substi-

un mandat d'amener
le
:

de perquisitions émané

du parquet de Lyon contre
tation

docteur Guépin. Toute hésiil

devenait impossible
le

était

évident que

si

Ton

mettait à exécution

mandat d'amener décerné contre
la fois et

M. Guépin, sans agira

simultanément contre

les

-2b2

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
la

membres de
sible la
Il

Fraternelle, on s'exposait à rendre impos-

découverte de documents d'un haut intérêt politique.
urg'ent

devenait

de dissoudre adniinistrativement

la

Société Fraternelle et de faire en

môme temps

opérer, aux

termes de

l'article

10 du code d'Instruction criminelle, des

perquisitions chez les fondateurs et les principaux

mem-

bres de la Fraternelle.

La

voie administrative était préfé-

rable parce que jusqu'alors aucune preuve directe n'était
recueillie,

qu'on n'avait

môme

pas

la liste

authentique des
il

membres de
que

la société et

que, dans tous les cas,

fallait

la société fut dissoute

aux termes de

l'aiticle

15

du

décret du. 28 juillet 18i8, ou au moins que l'autorisation

de se réunir
la justice

lui fut retirée

par l'administration, avant que

pût intervenir d une manière convenable;

mon

substitut écrivit à

M.

le préfet

en ce sens, après avoir eu
Il

avec

lui

une conférence préalable.

était

urgent d'agir

sans retard,

parce qu'il ne dépendait pas du parquet de
Gu(''j)in
si

suspendre l'exécution du mandat lancé contre M.
et

que,

cependant, tout pouvait être compromis,
n'étaient pas simultanées.

les

deux opérations

M.

le préfet pai'tao-cant celte la

opinion
v{

prit, le 17, le

un arrêté

pour dissoudre

Fratcrnelh'

charoca

commissaire

central de faire des
teurs et (les

perquisitions au domicile des fondala saisie

membres du bureau, pour opérer
.le

de

toutes pièces tendant à démontrer qu'en réalité cette société
n'est

qu'une association politique,

n'ai

pas besoin de

vous dire que ces membres figurent au nombre des démocrates nantais les plus exaltés.

M.
dans

le préfet avait désin"' (|u'il fut

sui-sis

jusqu'au lende-

main, à l'exécution du mandai décerné contre M. (juépin,
la crainte

que

|)en(lant la
fût

journée du lundi 18, quella

que émotion populaire no

suite

des perquisitions

COUR DAPl'EL DE RENNES
opérées chez
lui.

233

M.

le prétet insistait surtout,

pour deman-

der cette remise de quelques heures,
matérielle de
jour,
la

sur Timpossibilité
le

tout préparer

pour que, dès

matin de ce

dissolution de la Fraternelle et les perquisitions
lui,

ordonnées par

eussent lieu, en

même temps

que

la

visite domiciliaire

chez M. Guépin.

Le 19 au matin,
de Lyon.

on

s'est transporté

chez M. Guépin.

en vertu du mandat de perquisitions et d'amener transmis

On

n'a trouvé chez

M. Guépin aucun document

important, et aux termes du mandat, son arrestation n'a pas

être opérée.

Dans
tité

l'après-midi

du

même

jour, 19,

une grande quan-

de pièces saisies chez les 25 principaux

membres de
temps
lui
il

la

Société Fraternelle était remise au parquet, et le lende-

main,

mon

substitut m'annonçait

que

si

le

avait

manqué pour
d'être saisi,
il

bien apprécier les documents dont
lui paraissait,

venait

cependant probable

qu'il aurait

à requérir une information.
L'effet

des

mesures prises d'un

commun

accord par

Tautori^é administrative et l'autorité judiciaire a été excellent, l'opinion

publique

les

a hautement approuvés.
le

J'apprends, à l'instant, que

dépouillement des

nom-

breux dossiers provenant des perquisitions opérées en vertu
de
des
l'arrêté

de M. le préfet du 17 novembre, au domicile membres du bureau et des fondateurs de la Société

fraternelle universelle de Nantes, a donné la preuve que
cette société s'occupait de politique.
être requises contre ses principaux

Des poursuites vont
incul-

membres comme
délit

pés de s'être immiscés dans une société non publique, politique, sans s'être fait régulièrement autoriser,

prévu

par

l'article

io du décret du 28

juillet

1848.
la société.

Un registre

de copie de

lettres, saisi

au siège de

2o4

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

contient

un

certain

nombre de

lettres et

documents adresque
cette société

sés à la Société Fraternelle, qui constate
était

en rapport avec des sociétés du
;

même

genre existant
tout

à Tours et à Indret

que ces diverses
d'ateliers

sociétés,

en

s'occupant

de la création

sociétaires,

avaient

aussi un but politique bien manifeste.
L'ne adresse de la Société de

Xantes à M. Proudhon

et

une réponse de ce

socialiste à

une association, une

lettre

signée Biarnès et d'autres pièces, consignées sur les pro-

cès-verbaux de

la société,

viennent démontrer

le

but

et la
'

portée politiques de la Société Fraternelle. Ces divers docu-

ments remontent au mois de septembre
cette époque,

i8lt)

;

depuis

un grand nombre de

lettres adressées à la

Société Fraternelle contiennent encore de la politique; ces
lettres

ne sont pas encore toutes dépouillées

;

mais celles

déjà lues font voir que la Fraternelle ou,

au moins, les

membres de son bureau n'ont pas cessé de s'occuper de politique jusqu'au moment de sa dissolution; la preuve la
plus complète existe dans
le

compte rendu du banquet du

G octobre, cité dans l'arrêté préfectoral du 17 courant.
L'n

grand nombi'c de

lettres

foi-t

curieuses, toutes rela-

tives à ricarie et
sies chez

au socialisme

le

plus avancé, ont été saila société
;

un sieur Roiné, membre de
ces lettres

quelquesvont
se

unes de

remontent à 1848,

les dernières
;

jusqu'aux premiers jours de novembre
trouve
la
;

li\,

encore,

pivuve que Roiné se

livrait ù

une active propa-

gande

ces lettres contiennent des renseignements qui ne

sont pas sans impoitance. Rien

ne prouve, jusqu'à présoit

sent, que cette correspondance ne

pas j>ersonnelle au

sieur Roiné et qu'on puisse jienser que la Société Fratrr-

nelle en

ait

eu connaissance.

Un

fait

sur lequel je crois devoir, dès aujourd'hui, appe-

COUR D'APPEL DE RENNES

2S3

1er votre alleiilion, c'est Texistence constatée à Indret, arron-

dissement de Paimbœuf, d'une société pareille à celle de

Nantes

et

correspondant avec
les

elle.

Cette

société figure

dans tous

procès- verbaux

des séances de la Société
;

nantaise jusqu'à ces derniers jours

il

n'est pas possible

de douter qu'elle

ait pris

part à toutes les opérations de la

Société de Ayantes; elle doit donc,
soute, et ses

membres
la

seront

comme elle, être disexposés aux mêmes poursuites
;

que ceux de
il

Société nantaise. M. le préfet est averti

jugera sans doute nécessaire de prononcer
la

la dissolution
il

de

Société d'Indret et d'ordonner

comme
des

l'a

fait

à

Nantes, des perquisitions au domicile

membres du

bureau
saisie

et

des fondateurs de cette société, afin d'opérer la
et

des registres sociaux

de la correspondance.
fait

Les pièces dépouillées au Parquet ont
le sieur
le

connaître que

Guillemain est président de cette Société d" Indret,

sieur Danion, secrétaire et le sieur Rousseau, trésorier.
le préfet

M.

a été invité à vouloir bien, dans le cas où

il

rendrait un arrêté de dissolution contre la Société d' Indret,
faire

remettre au Parquet de Nantes, avec une expédition

de cet arrêté, toutes les pièces qui auront été saisies chez
les

membres du bureau d'indret,
s'il

afin

que ces derniers soient

compris,

y

a lieu,

dans

la poursuite relative

aux

mem-

bres du bureau de Nantes.

Rien jusqu'ici, n'a établi que cette
tions,

affaire eut

des rela-

même

éloignées, avec le complot de L3^on; les per-

quisitions opérées auront eu

pour

effet,

du moins, de

faire

connaître à la justice toute l'organisation secrète du socia-

lisme dans la Loire-Tnférieure. Jusqu'à présent, je vois

dans

les

documents

saisis,

un procès à intenter à une

société secrète et rien de plus.

Une étude

plus approfondie
si

des nombreuses pièces déposées au Parquet, montrera

2o6

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

cette appréciation est vraie,
les

ou

si l'on

doit rencontrer

ici

éléments d'une poursuite plus grave.
sociétaire
a cessé d'exister; par suite
le

La Boulangerie
des incidents de
sieur
la

réunion du 17. M.

maire a retiré au

Praud son brevet de boulanger
des

et défense a été faite
S'il

à la Boulangerie de fonctionner

plus longtemps.

est

contrevenu à cette défense,
dressés et suivront
leui-

procès-verbaux seront

cours ordinaire.
à la Boulangerie sociétaire
:

Tous

les

documents

relatifs

vont ôtre examinés avec soin
sera requise,
distincte, en
s'il

et

une instruction judiciaire

y

a lieu, contre celte société qui, bien que
la

apparence, de

Société Fraternelle, semble

avoir eu, cependant, avec celle-ci, des liens fort intimes.

Je ne terminerai pas ce rapport, monsieur

le

garde des

sceaux, sans vous faire connaître que
s'est

lu

police de .Nantes

comportée dans toutes ces
et

affaires,
le

avec une grande

prudence
tral et les

une grande habileté. M.

commissaire cen-

commissaires d'arrondissomonl méritent de vous

être signalés, en cette occalion,

dune manière

spécial.

Le jtrocureur général.
Signé
:

X...

H.Minos.

I(>

\t juin 1819.

Monsieur
J'ai l'iionneur

le

ministre

',

de vous informer qu'un certain nombre
à

de

cilovens se réunissent chaque jour
h\ ville

une heure

fixe

dans un champ voisin de
pour V
ple.
lire

de ChAleauhn
le

(Finistère),

en

commun
h

et

à haute voix

Journal du peuX Evangile du

VAlnuuuu

répuhH( ain
Bll'",
UT.'Î.

de

IHi*.),

\.

Ar/iives iialionales.

Cour d'opprl de Rennes. Parquet du

procureur général.

COUR DAPPEL DE RENNES

237

peuple, par Alphonse Esquiros, VEcangilc répuhlkain,
par rinstituteur Malardier
et autres

brochures sociahstes.

Ces réunions sont composées d'une centaine d'ouvriers
qui semblent dirigés par
ses idées
exaltées. C'est

un nommé Robinet, connu par
un

homme
la

doué d'une certaine mais que sa

intelligence et qui a reçu quelque éducation,

mauvaise conduite a plongé dans

plus complète misère.

Quoique ces réunions n'aient pas jusqu'à présent essentiellement troublé l'ordre, l'opinion publique s'en est
et a

émue

cru voir dans cet essai de club en plein vent une

ramification

avec

d'autres associations

dont

l'initiative partirait

d'un centre

de même genre commun dans un but

d'opposition et de propagande socialiste.
L'autorité administrative a cru devoir s'en occuper aussi
et

depuis

le

8 juin, le commissaire
Il

de police s'y rend

chaque

soir.

a constaté dans un de ces procès-verbaux
lui

des injures que
lequel a été

aurait adressées
cité

le

nommé
fait

Robinet,

immédiatement

pour ce

en police cor-

rectionnelle. J'ai

approuvé cette poursuite dont j'aurai l'honconnaître les résultats.

neur de vous

faire

Chaque
et le

soir les

personnes qui reviennent de ces lectures

rentrent ensemble dans la ville en chantant la Marseillaise

Chant du Départ. Ces scènes inquiètent vivement

la

population paisible de Châteaulin.
fois

On que depuis qu'elles ont commencé à
chefs
d'ateliers et
aller.

a remarqué toute-

devenir bruyantes,

les

quelques ouvriers

môme

se

sont

abstenus d'y

J'aurais voulu trouver dans la législation quelque disposition

répressive, mais les lois

du 10 décembre 1830

et

10 février 1834 ne s'occupent que des crieurs et chanteurs

pubhcs

et

ne réglementent que l'exercice de leur profes-

sion sur la voie publique. Aussi en présence de l'article 8
TCHERNOFF
17

258

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
la constitution et et

de

du décret du 28

juillet

1848 qui n'a
il

pas prévu

prohibé les réunions de celte nature,

m'a

semblé que

l'autorité judiciaire devait se

borner à

les faire

surveiller, sauf à faire
délits qui pourraient s'y Si

punir sévèrement les auteurs des

commettre.
le

vous pensiez, monsieur

garde des sceaux,

qu'il fût

nécessaire de prendre d'autres mesures, je m'empresserais

de

me

conformer à vos intentions.

Je suis, etc.

Pour
le

le

procureur cjvnéral empêche,

premier avocat général,
Signé
:

X...

CHAPITRE
^
-

VII

sociétés et associations du ressort de la cour d'appel
de metz (metz-rethel)

Extrait du rapport de m. le procureur général de metz

DU 14 MAI 1850 SUR l'état moral et POLITIQUE DE SON
RESSORT \
Associations.

La seule

association qui eut à Metz
liostile

un caractère
était

poli-

tique et vraiment

au Gouvernement

l'Union

des travailleurs, fondée et dirigée par quelques individus
bien connus

comme

socialistes. Elle se

composait d'environ
cette opinion

400 associés qui représentaient l'élément de
dangereuse dans
déjà,
la classe ouvrière

de Metz. \"ous savez
l'inculpation de

Monsieur

le

Garde des sceaux, que

société secrète,

ou du moins, organisée sans autorisation,
établie

dans un but politique, quoique moralement

par

l'information, n'a pas été étayée par des preuves ou \iTé~

sompiions Judiciaires qui aient paru suffisantes pour une
prévention dont
le

jury aurait été

le

juge

définitif.

La

chambre du
un

conseil a donc rendu, avec raison,

une ordon-

nance de non-lieu. Mais cette poursuite a eu, du moins,
résultat

heureux pour

la

paix publique

;

la

suppression

administrative de V Union des travailleurs à qui sur les

1.

Archives nationales, BB'", 1473 (6930

«).

260

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

injonctions

du

préfet, le

maire provisoire a retiré l'autori-

sation de se réunir dans

une

salle

de riiùtel de

ville.

Dans

les Ardcniies,

une poursuite dirigée par

le par(|uot

de Rctliel contre une association analogue à celle de Melz
et

connue sous

le

nom

dAssoriafio/i frdtcrnvllc des ou-

vriers

fileurs et peigneiirs, a eu les

mêmes

résultats

:

point de preuves judiciaires d'un délit polili(juc, mais retrait

d'une salle de

riiùtel

de
11

ville, dite
tvst

l'Arquebuse, où se réuc'est le pin'si-

nissait rassocialioii.

à

remarquer que

dent

même de
!('

cette association qui a déclaré
qu'il renon(^ait

spontanément
Il

au maire de Rethel
a regret
lut

au local en question.
\ouIu que

depuis sa di-mar-che

et aurait

la salle

de nouveau mise à sa disposition, mais

l'autoritc-

numi-

cipale s'y est définitivement refusée.

A

l'occasion de ces

faits,

une observation de M.
monsieur

le

juge

de paix du canton de Juniville m'a été transmise paru mériter aussi votre altcntitm,
sceaux. Dans ce canton où
les petits cultivateurs ont
la le

et

ma

garde des

propriété est très morcelée,
faire

une tendance prononcée ù
et à

cause comnuuu^ avec
ner* les

la

masse des ouvriers

abandon-

hommes

(It'voués à ror'dr't\ Je suis eon\aincu,(|uarit

à moi, que cette disposition iniiuiilaiilc des petits cultivaleur-s

s'amenderait
j'ai

facilement

sils

trouNaient,

par

des

moyens que
mis en
facilités

eu l'occasion de signaler en ISiS, déjà

pr'atique

dans un arrondissement du

lias-Uliin,
les

des

pour emprunter à un taux modérv
ils

modiques
qir'ils

sommes dont
peuvent se
tant

ont besoin pour-

leur-s

achats et

ne

pr-ocuriM' dt>puis tr"op
usur'air-es.

longtemps qu'en suppor-

des intérêts
le

Dans

cour-arit

d a\ril.

il

> est

ioiiiu-

à

Ri>llu>l

une

Société de secours mutuels,

(pii

compte

|)ar-mi

ses fonda\ ille.

teurs les persormes les plus honor'ables de cette

COL'R
J'ai

DAPPEL DE METZ

261

eu l'honneur de vous entretenir déjà, monsieur

le

garde des sceaux, d'une grève qui avait éclaté parmi
ouvriers de Sedan
et

les

qui s'est terminée pacifiquement.

La

conduite de ces ouvriers a été constamment exempte de
tous désordres et
ils

ont protesté de leur résolution de ne
qui les

pas mêler

la

politique à la question des salaires

séparait de leurs maîtres.

Mais

les incitations

de quelques meneurs socialistes,

et

surtout, je crois,

du rédacteur en chef du Républicain des
naître

Ardennes, ont

fait

dans

le

courant d'avril deux asso-

ciations nouvelles

parmi

les ouvriers

de l'arrondissement

de Sedan. L'une qui s'organise à Vrigues-au-Bois, se compose d'ouvriers ferronniers, mécontents de leurs salaires et
qui ont l'intention de fabriquer pour leur propre compte.

Dans les conditions favorables où
des matières premières,
possible et

se trouvent placés les
et la

ouvriers de cette industrie pour leur outillage
le

valeur

succès de cette entreprise est

même

probable; mais elle doit être dirigée par
la position
et les

un sieur Sulbertaux dont
loin
d'offrir

opinions sont

des garanties.

A

Sedan même, à côté d'une Société de secours mutuels,
et

qui a des personnes honorables

vraiment charitables à
titre
à.'

sa tête, s'en est formée une autre sous le
^

Associa-

tion onvricre de Se dan. dont les chefs apparents sont des

ouvriers

remuants

et

animés

dun mauvais

esprit.

Son
et

règlement est emprunté à celui des ouvriers de Reims

renferme plusieurs articles qui trahissent une pensée politique. Les ouvriers seuls

peuvent faire partie de l'associa-

tion et doivent recevoir une indemnité de

3 francs par
l

jour,

s'ils

viennent à faire partie du jurtj ;

association
les

s'e?ir/af/e

sur llionneur à prêter aide à toutes
Il

associa-

tions mutuelles.

n'a pas été permis de douter qu'elle

282

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

cachait un but différcnl

de celui a^oué, lorsqu'on a vu

récemment
sortir

lors

de Télection des candidats prud'hommes,

de l'urne les noms des chefs de cette société. Le

parquet de Sedan, cela va sans dire, les surveille active-

ment.

Les ouvriers de l'arrondissement de Vouziers sont aussi
travaillés par les influences socialistes.
Il

s'est

organisé à

Attigny une association mutuelle ou caisse de secours qui

compte parmi ses membres M. Léon Robert, ancien
sentant du peuple,
il

reprt'-

prétend,

me mande mon

substitut,

donner
le

ses co-associés la direction qui lui sera inspirée par

National.

Mais

je le crois déjà

dépassé à son point de vue; car

le

triangle égalitaire figure avec

une exei-gue analogue au

début des livrets
Il

et

règlement de l'association.

y

a plus, une mention mensongère que l'on fera dis-

paraître a été

imprimée en

tôte

des exemplaires du règle-

ment qui porte que

l'association a été autorisée

par

le

ministre de l'intérieur à la date du 30 [janvier iSoO, or,
celte date est celle d'une lettre seulement de
préfet de Vouziers qui indiquait

^L

le

sousles

au maire d'Atligny

conditions auxquelles pourrait être accordée l'autorisation
sollicitée

par cette association.

On

peut juger aussi de son
dit

esprit par

une déclaration de son président qui a

derréu-

nièrement au sous-préfet que, quand un lien
nirait

commun
jxil

tous les éléments démocrali(|ues,

le

de terre,

briserait le pot de fer.

A
des

\'ouziers même, s'est organisée aussi, sous riniluence mômes manœuvres démagogiques, une association de

secours mutuels qui a calqué son règlement sur cehii de
l'association
livrets

d'Attigny

et

qui a

fait

préc(''der

aussi ses

de l'empreinte du triangle égalitaire.

COUR DAPPEL DE METZ

263

M.

le

maire de Vouziers avait autorisé les fondateurs à
;

se réunir dans la salle de la justice de paix

mais con-

vaincu que

le

but véritable d'une pareille réunion ne pou-

vait point se concilier avec la dignité

de

la justice, ^I. le

juge de paix a refusé positivement de laisser envahir son
prétoire,
et

force a été

aux associés de se réfugier au
la halle.

nombre de 32 dans un grenier de
pour
faire sortir les orateurs

Là en présence
la politique,

d'un commissaire de police qui a eu bientôt à intervenir

du domaine de

un

scrutin a conféré la présidence à l'abbé

Many, prêtre

interdit et trop
cités socialistes.

connu dans

les

Ardennes par ses excentri-

Sur sa proposition, on a adopté une mesure

qui tendait à dissimuler l'emploi d'une partie des recettes

dont la destination serait sans doute politique.

Une seconde

réunion a eu lieu depuis,

il

ne s'y est trouvé que douze

personnes, parce qu'il s'agissait ce jour-là de payer préa-

lablement

la cotisation

mensuelle. Malgré
il

la

propagande

active des chefs

du

parti,

y

a eu peu

d'affiliations et les

habitants de la campagne, dans les

communes mêmes

qui

suivaient habituellement l'impulsion de ces chefs, leur ont

presque tous cette

fois,

refusé leur adhésion.

Mon

substitut près le tribunal de Vouziers est

convaincu
et politique

que depuis quelque temps, la situation morale
de cet arrondissement
été
s'est plutôt

améliorée qu'elle n'a pas

compromise par

les tentatives socialistes.

Metz,

le 6

février ISoO.

Monsieur
Lors d'une

le

garde des sceaux

',

visite faite,

dans ces derniers temps, par

les

membres d'une
1.

société ouvrière de

Reims à ceux d'une

Archives nationales, BB", 1473. Parquet de la cour d'appel de Metz.

264

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

autre société ouvrière de Rethel (Ardennes), dans le but

de frafcniiser
de ces deux
dont
firent

ci d'établii-

des rajtports entre les ouvriers
il

villes

voisines,

fut

prononcé des discours
la localité et à

mention certains journaux de

propos desquels je crus devoir donner à
le tribunal
l'effet

mon

substitut prés

de

l'''

instance de Retliel des instructions à

d'exercer

une surveillance toute spéciale sur

la

société ouvrière établie au chef-lieu de sa résidence. Je lui

demandai des renseignements sur
société créée dans

le

caractère de cette

un but apparent de secours mutuel,

derrière lequel on pouvait craindre qu'il n'y eut un but
politique secret.

Les renseignements que

j'ai

reçus de

mon

substitut
Il

sem-

blent indiquer que je ne m'étais pas tronipé.

en résulte

que, dans les premiers jours d'avril 1849, l'ancien président
et

un autre membre de

la

société

des droits

de

l'homme de Rethel, formèrent entre
ville

les ouvriers

de cette

une nouvelle société qui compte aujourd'hui deux à

trois cents

membres environ

et à laquelle ils

donnèrent

le

nom

d'Association fraternelle.

L'organisation de cette société est régulière. Ses statuts

ne renfei-ment rien
l'association
serait

d'ilhcite

;

ils

indiquent que le but de

d'unir les ouvriers

dans un

intérêt

commun, de
de fraternité
ateliers

leur inspirer des sentiments de solidarité et
et

de redresser ce qui dans les règlements des

ne

serait pas entièrement

conforme avec

la

morale

et la justice.

Pour arriver

à ce but, la société

nonunc un conseil d'adêtre pris en dehors

ministration dont les

membres peuvent
est

de la classe ouvrière, lequel
les

chargé de prendre toutes
la

mesures nécessaires pour animer progressivement
soit

suppression des abus,

par voie de pétition à

faire

COUR D'APPEL DE METZ

265

adresser par la société à qui de droit, soit par tout autre

moyen.
Les fonds de Fassociation formés au moyen d'une
sation mensuelle de
1

coti-

franc par sociétaire ont une desti-

nation qu'il importe de signaler. Les ouvriers renvoyés des
ateliers

par injustice, reçoivent

1

fr.

50 par jour. Ceux

appelés à siéger au conseil des prud'hommes, au conseil

municipal ou au jury, reçoivent, les premiers

1

franc par

jour, les seconds 2 francs et les derniers 3 francs par jour.

L'emploi des fonds de cette association

fait

voir très clai-

rement que ses fondateurs, indépendamment de leur but
caché, avaient au moins pour but ostensible de développer,

parmi

les ouvriers,

l'amour des fonctions gratuites plus ou

moins politiques

et l'esprit

d'antagonisme avec

les fabri-

cants ou chefs d'ateliers.

Ces

dispositions

démontraient assez que Y Association

fraternelle ne pouvait être assimilée aux sociétés industrielles

ou de bienfaisance dont l'établissement se trouve

affranchi par le paragraphe 2 de l'article 14 de la loi

du

28

juillet

1848 des formalités imposées aux sociétés d'une

autre nature.

Aussi V Association fraternelle
à la maii'ie de Rethel,

fit-elle, le

o avril 1849,
le

la déclaration

exigée par

parafît

graphe 1" de

l'article

14 précité, et depuis lors,

elle

toujours connaître quarante-huit heures à l'avance, confor-

mément
sition

à l'article 2 de la

môme

loi, le

jour

et l'heure

de

ses réunions qui se tenaient dans un local mis à sa dispo-

par l'autorité municipale
assisté,

et

auxquelles a constam-

ment

sans réclamations de la part de la société, un

commissaire de police délégué par cette

môme
il

autorité.

Les choses étaient dans cet
s'était

état et

paraît qu'on ne
les

jamais occupé d'objets politiques dans

réunions

iiO

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
la

de l'Association fraternelle, lorsqu'à

séance du 23 dé-

cembre dernier,

le

président de cette société (un sieur

Charlier;, se coiffa d'un bonnet rouge entouré d'un crêpe

noir qu'il conserva pendant toute la durée de la séance.

C'est
porté à

le

27 janvier dernier seulement que ce
connaissance par

fait

fut

ma

mon

substitut près le tribunal

de Rethel qui, en
qu'il n'y a

me

le signalant,

m'exprime

la

pensée
délit

pas

lieu

de poursuivre Charlier à raison du
il

bien caractérisé d'ailleurs dont

s'est

rendu coupable,

dans

la crainte

d'un acquittement aux assises des Ardennes
et à cet

ne donne à cet acte

homme un

retentissement et

une importance

qu'ils n'ont

pas à ses yeux.

Je n'ai point partagé, à cet égard, l'opinion de
titut, et

mon

subs-

sans prendre, dès à présent, un parti surla poursuite

à exercer contre Charlier devant les assises des Ardennes,
raison

du port public d'un signe extérieur de ralliement

à ou de l'exposition dans une réunion publique d'un

sym-

bole propre à propager l'esprit de rébellion et à troubler la

paix publique
j'ai

(art. G, n"'

2

et

3

du décret du

i 1

aoùl 1848),

pensé

qu'il

y

avait lieu de recourir

immédiatement à

des mesures énergiques autorisées par cette démonstration politique.
et

Ces mesures ont pour objet de rechercher
s'il

de découvrir,

est possible, la

preuve do l'existence

à'iine société secrète existant à côté et à l'abri de r-4.s*'0-

ciation fraternelle, peut-être

môme

à l'insu de la plus

grande partie de ses membres, mais profitant de l'organisation régulière de cette association pour cnn-gimonter et
discijjliner

dans un but dilférent de celui indiqué par

les

statuts,

des ouvriers dont on emj)loie peut-être aujourdont on emploierait, à un jour donné, les
le

tlhiii l'argent et

personnes pour amener
socialisme.

triomphe de

la

démagogie

et

du

COUR DAPPEL DE METZ

267

En conséquence,
bunal de Rethel à
trésorier, peut-être
seil

j'ai

invité

mon

substitut près le tri-

faire

chez

le président, le secrétaire et le

même
de

chez certains

membres du confraternelle

d'administration

V Association
le

des

visites domiciliaires
les

dans

but d'y rechercher et
listes,

d^ saisir

correspondances, papiers,

registres et autres docu-

ments qui pourraient

être de nature à révéler le véritable

caractère de V Association fraternelle, ou bien l'existence

d'une société secrète fonctionnant à côté ou en dehors de
cette association. J'ai surtout
ploi des fonds

recommandé l'examen de
le

l'em-

de cette association, qui, depuis

mois d'avril

1849, a dû recevoir deux à trois mille francs dans sa caisse.
J'ai
soit

aussi invité

mon
le

substitut à

se mettre en rapport

directement, soit par l'intermédiaire de M. le préfet des
sous-préfet de l'arrondissement avec
d'elle le refus

Ardennes ou de M.
l'autorité

municipale de Rethel pour obtenir

du

local mis à la disposition de Y Association fraternelle et celui

de

la

permission devenue, selon moi, nécessaire, après la déle droit

monstration de Charlier, pour avoir

de

faire

des réu-

nions dont

il

n'est plus

guère possible de déguiser aujour15 de la
loi

d'hui le but politique

(art.

du 28

juillet

1848).

Enfin,

j'ai

donné avis à M.
j'ai

le préfet

des Ardennes des

mesures que
magistr-at

prescrites à

de vouloir' bien

mon substitut, en priant ce me prêter son concours pour

leur accomplissement en ce qui touche le refus à obtenir

de l'autorité municipale de Rethel.
J'aurai l'honneur,

monsieur

le

garde des sceaux, de vous
affaire.

rendre compte des suites de cette
Je \o\\s prie d'agréer, etc.

Le premier avocat général
faisant -fonctions de procureur général,

Signé

:

X...

268

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Metz,

le 13 février IS.'.O.

Monsieur

le

garde des sceaux,

Un mol que
de Relhel
le

j'ai

reçu de

mon

substitut près le tribunal

jour

même

où je vous adressais

ma dépèche

du 6 de ce mois concernant l'Association fraternelle de
Rethel, m'ayant
fait

présumer que j'aurais à vous transafTaire, j'ai retardé

mettre d'autres détails sur cette
ce jour, l'envoi de
connaître
crites.
le

jusqu'à

mon

rapport dans l'espoir de vous faire

résultat

des perquisitions que j'avais pres-

Un malentendu que j'ai
tacle à l'exécution des

peine à m'expliquer, a mis obs-

mesures judiciaires pour lesquelles
au parquet de Uelhel des
ins-

j'avais cependant adressé

tructions très détaillées.

— Je

viens d'en transmettre de
et

nouvelles qui, je l'espère, seront mieux comprises
suivies que les j)remières.

mieux

Quant au
de
la part

refus de local et de permission de réunions à
j'ai renconti'é,

obtenir de l'autorité municipale de Relhel,

de celle autorité, une résistance que je m'efforsi

cerai de vaincre,

c'est possible.

J'aurai l'honneur, au surplus, de vous tenir au courant

des suites de celte

affaire.

Je vous prie d'agréer,
l'assurance de

monsieur

le

garde des sceaux,

mon respectueux dévouement.
Lr
jtr entier

avocat

ijéiirral,

faisant fonctions de procureur générai,
Siffné
:

\...

CHAPITRE

VIII
'"-

LES SOCIÉTÉS SECRÈTES EN ALGÉRIE

LES SOCIÉTÉS SECRÈTES EN ALGÉRIE
Alger, le 10 septembre 1850.

Monsieur
Je terminais
politique

le

garde des sceaux.
l'affaire

mon

rapport au 3 de ce mois, sur

d'Oran, en vous faisant connaître que j'avais

enfin obtenu, sur les sociétés secrètes d'Alger, des rensei-

gnements précis de nature à rendre certains
la surveillance

les effets

de

dont ces sociétés avaient été Tobjet.

Voici, monsieur le ministre,

comment
(n°

j'ai

obtenu ces

renseignements.

Par mon rapport du 20 août
de vous
rendre compte

498),

j'ai

eu l'honneur d'un
sieur

de

l'interrogatoire

R
le

,

maître mécanicien du bateau à vapeur de l'Etat,

Vautour. Cet

homme
et

m'avait été signalé

comme

affilié

aux sociétés secrètes

comme chargé
et d'Alger.
i093;i
'').

de la corresponle laissai

dance entre celles d'Oran

Je

tranjjrocu-

1. Archives nallonules, BR'", 1473 reur général.

Algérie, Parquet

du

Le dossier porte l'annotation suivante ministre de la guerre inviter M. le procureur général à me faire connaître les noms des sociétaires dans un rapport, afin que je puisse les communiquer au préfet de police qui sera ainsi mis en position d'étudier les relations de ces démagogues avec la transmettre copie à M. le préfet de police et le prier de mélroi)ole me donner tous renseignements comi)lé.Tientaires f|u'il pourrait avoir à
2.
:

A communiquer au

indi(|uer.

270

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
et,

quillement partir d'Alger,

par le télégraphe, je donnai

Tordre à

mon

substitut
cet

démarches de

dOran homme dès

de s'assurer des moindres
le

moment de

l'arrivée

du

bateau, et de s'emparer, le cas échéant, de ses papiers et

de sa personne,

etc.

Mes

instructions
fut

ayant été ponctuellement exécutées,

R
fut

interrogé.

Mais

les perquisitions
le

auxquelles

il

procédé n'eurent point tout

résultat

que j'en atten-

dais.

R
me

cependant, se crut sérieusement compromis,
le

et,

dès son retour à Alg'cr,
voir pour
Il

commandant du Vautour

vint

me

parler en faveur de son maître mécani-

cien.

me

le

présenta

comme un homme

recomraandable

par ses antécédents,
caractère.

par sa manière de servir, par son
les qualités

Convaincu que, quelles que fussent
il

de cet homme,

n'en était pas moins au courant de ce

qui se passait entre les Carbonari d'Alger et ceux d'Oran,
je voulus le voir et je demandai au

commandant do me
de sa famille

.l'envoyer

le

lendemain.
m'informai de
la position
ici.

Le

soir

même je

€t de la manière dont elle vivait

J'acquis ainsi la conlui faire

naissance de quelques particularités qui devaient
croire que j'en savais, sur son compte,
je

beaucoup plus que

ne
Il

lui

en disais.

se présenta à moi, le lendemain, avec le ton, les

ma-

nières, le

langage d'un

homme

qui peut avoir

commis

une imprudence, mais qui n'est pas capable d une mauvaise action. Je le gardai deux heures, après lesquelles
il

se décida à
tions
:

me

dire tout ce qu'il savait,

mais à deux condi-

La première,
que
je tenais

c'est
lui

que ses anciens amis ne sauraient pas
ce qu'il
allait

de

me

dire;

LES SOCIÉTÉS SECRÈTES EN ALGERIE

271

La seconde,
des

c'est qu'il

ne serait pas poursuivi, à raison
révéler, auxquels d'ailleurs
il

faits qu'il allait

me

ne

croyait pas avoir pris une part criminelle.

J'accédai à ses propositions, et voici les aveux qu'il
fit.

me

Je puis presque exactement reproduire son langage,

parce que, dès qu'il m'eut quitté, j'écrivis tout ce qu'il
venait de
«

me dire

:

Lorsque je fus conduit, presque malgré moi devant
voulurent
m'affilier
et

« les personnes d'Oran qui
«

à

leur

société,

on

me

posa des questions,

mes réponses

«

furent loin de satisfaire ceux qui
(c

me

les adressaient.

Ainsi,

on

me demanda
de

si

j'assassinerais quelqu'un

«

dans

l'intérêt

la société, et je

répondis

:

x\on, sur

un

«

ton qui excita des
«

murmures.
:

On

insista
la

cependant en disant

Et

si c'était le
?

Prési-

« «

dent de
fut

République

qu'il fallait tuer

— Ma réponse
;

encore négative,
si

«

Mais,

tu

étais

désigné
;

par

la société

si

lu étais
était le

« «
«

choisi
résultat

par tes frères

si

enfin

ta désignation
le

de l'élection

?


la

Je

ne

ferais

pas davan-

tage.
«

Ah

!

tu

ne
est

te

soumettrais pas à l'élection
voix de Dieu.

?

— La voix

«
« «

du peuple

cependant

— Je répondis
sur
le

en manifestant

mon

indignation que je n'écoutais que

ma consciemce. « On me demanda
dans
le

aussi

si

je

tirerais

peuple,

«
«

cas d'une nouvelle révolution.
fidèle à

Je répondis

que je resterais
«

mon
les

drapeau.

Et

si

tu voyais

dans

rangs opposés ton père, ton

«

frère, tirerais-tu

donc sur eux?
l'air.

— Je

répondis que dans

«

ce cas je tirerais en
«

Après ces réponses on hésita beaucoup à

me

recevoir.

272 « «

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

Mais on

était allé si loin

qu'on jugea plus prudent de
et je fus rcru.
le font les

m'admcltro que de ni'exclure
«

Au

lieu

de

me
la

dire,

comme

francs-macons,

«
« «

que

l'on

n'avait voulu

que m'éprouver, on

me

reprocha,
rpii

au contraire,

faii)lcsse

de mes réponses, ce

me
du

donna beaucoup à
«

réfléciiir.

En

sortant, je causai avec

M. Vidal,
lui

le

propriétaire

« café voisin, qui
« « «

me

dit

qu'on

avait proposé aussi

d'entrer dans celle société,
rien faire.
Il

et je lui conseillai

de n'en
je

me demanda
répondre
:

des explications

et

me

bornai
«

lui

n'y allez pas.
\'idal

Le lendemain matin, étant retourné chez

pour

«
«

lui faire

mes adieux,
le

il

insista

pour que

je

ne manquasse
lui réj)lus

pas de venir
pondis
:

voir à

mon

prochain voyag-e. Je

«

Après ce qui

s'est passé, je

ne reviendrai

« à
« « «
« «

Oran.

De

retour

à Alger,

je

trouvai

le parti réj>ublicain

exaspère' par la présentation

du

pi'ojct

de

loi

sur

le suf-

frage universel, et je ti-ouvai tout disposés à entrer dans
la société secrète
là,

ceux de mes amis qui avaient, jusque-

toujours refusé d'en faire partie.

« « « «
«

J'appris alors qu'il existait à Alger, trois de ces socié-

tés.

L'une qui avait été organisée

et

diiigée par

un
qui

nommé
était

Maggiolo, maîtie menuisier, qui avait été l'un
la

des fondateurs de

Mr/nidlse société d'Oran

et

«
«

venu à Alger pour y en fonder une semblable, ("e Maggiolo est un homme si exalté et si compromettant,

que

la société n'a

point réussi.

On

s'en est retiré

quand
une
plus

«
<(

on a pu juger des mauvaises intentions du directeur.

En

sorte qu'elle

se trouve
(jui

ivduite aujourd'hui

à

((

quinzaine de

membres

ne se réunissent

même

«

depuis longtemps. Maggiolo a voulu alors entrer dans

LES SOCIETES SECRÈTES EN ALGERIE
« «
ce

273

la nôtre,

mais nous ne voulûmes pas
le

le recevoir,

parce

que nous

considérâmes eu avec
en
lui
lui

comme

trop dangereux. Moiet je

même,

j'ai

de très vives discussions,
et

«
ce

l'ai fort irrité

prouvant publiquement,

en prélui la

sence de nos amis, qu'avec des

hommee comme
qu'il
faisait

« «
ce

République ne se consoliderait pas,
de mal à
la

plus

République que ses adversaires

les plus dé-

clarés, etc

Maggiolo

affecte, aujourd'hui,

de vivre

ee

tout à

fait retiré, d'être indifférent
si

à tout ce qui se passe,
la

<e

mais,
est

on

le surveille bien,
le

on acquerra
a

preuve
le

qu'il
petit

ce

toujours

même,

qu'il
et

sous

la

main

ce

nombre de
et prêt à

ses adhérents,

qu'au premier

moment

c'

favorable on le verrait accourir,

armé jusqu'aux dents,
parvenu à
il

ce

profiter des désordres qu'il serait

ce

créer.

On

appelle ces gens-là la Société Maggiolo,
:

ce

faut les appeler
ce

la

bande à Maggiolo.

La seconde

société, celle de laquelle j'ai consenti à

ce

faire partie,

ne se compose que de républicains très
Ils

ce

avancés,

sans doute, mais ennemis des désordres.
Ils

(c

tiennent tous à l'abolition de la peine de mort.

ne

ce

sont pas communistes,
Ils

mais d'ailleurs

ils

sont rouges.
prêts à

«
ce

marcheraient avec Ledru-Rolhn

et seraient

seconder de tout leur pouvoir, l'action d'un commissaire

« extraordinaire qui se présenterait
ce

au

nom

de

la

Mon-

tagne.
ce

Les membres principaux de

cette Société sont

:

(Je
ral,

donne une copie de
substitut

la liste

à M.

le

gouverneur géné-

— à mon
Depuis
la

et

au commissaire central de

police à Alger).
ce

découverte du complot d'Oran, ajoute

R

,

ce

cette Société

ne se réunit plus. Trois de ses membres

<c

ayant été arrêtés, les autres craignent
TCHEKNOFF

même de

se saluer,
18

274
«

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

de peur de se compromettre. Je crois qu'ils ont tous

«
«

reconnu

l'inutilité et

Timprudence de Sociétés

pareilles,

et je crois

bien que celle-ci a cessé d'exister. Si elle se

«
«

réunissait, de

nouveau, je

me

ferais

un devoir de vous

en prévenir.
«

Enfin

il

y

a

une troisième

société, la plus
dii-igée

dangereuse
sieur l'illon.

'

«
«

de toutes, c'est celle qui est

par

le

Mais à bien dire, ce n'est pas une société, c'est une

«

compagnie secrètement recrutée par son
a Pillon est

capitaine.

un homme

si hai)ile,

si

entreprenant, mais

« « «

si

exalté et

si

dangereux
et

qu'il a fait

peur à tous

les

gens

un peu raisonnables,
dans notre
société.

qu'on a refusé de l'admettre
la

Chez nous on ne voudrait pas de
qu'il pourrait,

« guerre civile. Pillon, lui, voudrait la voir déjfi déclai-ée. «
« «
«
«
Il

y

pousserait

tant

il

la

commencerait

avec joie sans regarder aux

moyens. C'est un Irans-

porté de juin qui paraît avoir joué un grand rôle sur les

barricades de Paris

et

que, pour

ma

|K\rt,

je crois ca-

pable de tout.
«

Lorsque

le

complot d'Oran

fut et

découvert,

et
il

suiloiit

«

après l'arrestation de Mai-lin
café

de Dernier,
Il

\inl
disait

au
en

«

Gay pour
:

se

moquer de nous.

nous

«

ricanant

« êtes si
«
«
<(

J'espère bien que vous y passerez tous, vous adroits vous autres !... Si vous m'aviez admis, cela

ne vous serait pas arrivé. Je vous aurais monliv com-

ment on
viennent

s'organisait sans

danger

et

de

la

manière

la

plus redoutable pour l'ennemi.

Dites-leur donc

qu'ils

«
«

me
!

surprendi-e moi et

mes

associés! Dites-leur

donc

qu'ils

viennent saisir
\'os
affiliés

mes

contrôles et
sont

mes
niais

procès-

«

verbaux

d'Oran

des

ou des

« traîtres. «

Vous

autres,

vous ne vous vendrez pas mais
êtes des niais,

vous serez

livrés.

Vous

qui vous défiez

LES SOCIÉTÉS SECRETES EN ALGERIE
«
(c

275
Il

des bons et qui ne savez pas distinguer les mauvais.
faut agir

de manière à n'être jamais à la disposition
d'un lâche ou d'une bête.
effet,

«

d'un
«

traître,

PiUon, en

ne procède pas

comme

les autres.
il

Il

« n'a jamais à faire qu'à
« «

une seule personne. Quand

l'a
il

bien observée et qu'il croit pouvoir l'entreprendre,
finit

par

lui

demander

si

elle

veut faire partie de sa
lui

« société.
«
«
dit-il,

On

ne connaîtra pas plus votre admission,
celle

que vous ne connaîtrez

n'avez de rapport qu'avec moi. Le
serez appelés que par moi; et

des autres. Vous moment venu vous ne

«
<(

au milieu de démocrates
vous convient de
faire

« « « «

quand vous me trouverez comme vous, vous verrez s'il comme eux. En attendant vous
jamais

recevrez de moi seul les avis, les nouvelles, les confi-

dences nécessaires,

bien sûr ainsi de

n'être

compromis.
«

On

dit

que

la

compagnie de Pillon se compose actuelil

« «
ce

lement de près de 200 hommes, parmi lesquels

y a
il

un grand nombre de
ceux qui
Il

militaires.

Ce

qui doit donner beau-

coup d'action à cet homme,
traite
lui

c'est la

manière dont

« «
« «

appartiennent ou ceux qu'il veut
la

gagner.

tient

une espèce de café-restaurant sur

roule de Saint-Eugène sous le
qu'il

nom

de la Réserve.

a incorporés ne payent pas toujours leur

Ceux consomma-

« lion, et, «
«

quand
ils

ils

payent,

il

leur est

fait

une remise.

De

plus,

jouissent, dans l'établissement, de toutes les
les

facilités et

de tous

agréments

qu'il

comporte.

On

se

«
«

demande même
dont
il

d'où viennent à

Pillon les

ressources
position

dispose, pour agir de la sorte; car sa

«
«

n'était

pas brillante dans les premiers temps de son

arrivée en Afrique.

En résumé,

cet

homme

est

encore

«

beaucoup plus à redouter que Maggiolo,

et je crois

que

:27G

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
c'est sur lui surtout

«

que

doit s'exercer la

plus active et

« la plus constante surveillance. »

Je
j)art

me

suis empressé,

monsieur
le

le

ministre, de faire
et
il

de tous ces détails à M.

Gouverneur général,

s'est trouvé qu'ils concordaient parfaitement avec les ren-

seignements qui étaient parvenus à sa connaissance par
des voies certaines.
11

paraît
et

donc que

R

a été sincère
tirer parti

dans ses révélations,

que nous pourrons
nous
faire

de

celles qu'il pourrait avoir à

encore.
le

Malheureusement,
militaires
affdiés
il

il

n'a pas

pu me fournir
laquelle
il

nom

des

à

la société à

a lui-même

appartenu. Mais

m'a promis qu'à son retour du voyage
il

qu'il fait actuellement,
S'il

essayerait de se les procurer.

sur\cnait, ou
(jui

si

j'apprenais quelque chose de nou-

veau,

me

parût digne de

quelque

intérêt, je

m'em-

presserais, monsieur le garde des sceaux, de le porter à

votre connaissance. Je vous prie, monsieur
le

garde des sceaux.

Le procureio'
Siuné
:

(/('nérfi/,

X...

Maggiolo'

est

arri\é à Alger

le

lli

juin

i8iS, porteur

d'un passeport déUvré par M.

le préfet
el

de police de Paris.

A

peine

arrivi'.

il

demanda
ci-t'-er

obtint de

M.

le

directeur
la

iTi-néral

lautoiisation de

l'association
cl

connue sous

dénomination des Ouviins du temple

de i/iionanitê.

L'ancien local des traxaux publics, rue des Lolophages
fui
il

mis à sa

dis|iosilion j)Our les n'-unions

de

la Socit'l»'-

dont

était le chef.

Mais bientôt, j'eus

la

certitude que celle

I.

Archives nationales. BU". l473iC93a»;.

LES SOCIETES SECRETES EN ALGERIE

277

Association n'élait qu'une Société secrète où Ton n'était

admis qu'à

l'aide

d'attouchements mystérieux

et

de mots
Direc-

de passe. J'en

instruisis aussitôt

verbalement M.

le

leur général qui

manda, en ma présence,
et

le sieur

Mag-

giolo et le prévint qu'il lui retirait

l'autorisation déjà

donnée

et le local qu'il avait

mis

à sa disposition.

Maggiolo voulut essayer de nier l'exactitude des renseignements que je venais de fournir à M.
général. Mais ses efforts furent vains;
j'étais
il

le

Directeur

reconnut que

bien informé,

et

M.

le

Directeur général ordonna

que

les clefs

de l'ancien local des travaux publics seraient

remises à l'Administration.
Ainsi,

dès son

début,

V Association des ouvriers du

temple

et

de rhumanité a été détruite à Alger.
fait

C'est alors que Maggiolo a

plusieurs voyages soit à

Oran,

soit

à Bougie, pour prôner sa candidature

comme

représentant du peuple à l'Assemblée nationale, candidature dans laquelle
il

a échoué, parce qu'il avait pour conlui a

current M. Warnier, mais qui
bre de suffrages.

donné un grand nom-

C'est sans doute dans ces divers voyages, qu'il a donné
la

première impulsion à ces Associations qui

ont pris

ensuite
fiaritos,

un

si

grand développement sous
:

le

nom

de Carbo-

asant pour mot de passe

Droit mi tracail.

— L heure
et

est

sonnée.
l'a,

L'échec de sa candidature à l'Assemblée nationale

pendant longtemps, dégoûté
politiques auxquelles en
rallier.

éloigné de toutes réunions
il

1849,

avait

voulu encore se
et

Informé de ses nouvelles démarches
fis

de ses pron'ignorais
l'écart.

pos, je le

surveiller, et le
projets.
II

prévins que je

aucun de ses

me

promit de se tenir à

278

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
il

Jusqu'en février dernier

a été fidèle à ses 'engagements,

mais alors les démagogues d'Alger voulant marcher sur
les

mêmes

traces que leurs camarades d'Oran, l'entraî-

nèrent et tentèrent d'organiser à Alger une Société ayant
les

mômes principes que celles d'Oran, Ce fut à cette époque que Maggiolo
il

se perdit dans l'es-

prit

de ses confrères en démagogie parce que, voulant
fil

obtenir une concession,

quelques démarches auprès

de l'autorité. Le droit de se présenter à la Société pendant

quelque temps

lui fut retiré.
et
il

Cette interdiction vient d'élre levée,
raît tel qu'il était

Maggiolo repaest

en 1848. Seulement,

aujourd'hui

d'une prudence

telle, qu'il

sera difficile d'arriver à cons-

tater sa participation

au

délit

imputé aux sociétés secrètes.

Maggiolo
dant

est parti le i

octobre pour Cherchell, s'y ren-

pai- terre.

Des renseignements parvenus à
était

la police disaient qu'il
et faisait partie

à

Lyon aux événements de 1831,
était

du

GO" de ligne.
Il

y

aussi en

i83i,

s'occuj)anl beaucouj) de poli-

licpie et
|)orl.
11
il

(hstribuant lui-même des brochures

y ayant

rap-

y

était

môme

avant les événements de 18)U auxquels

a pris une part aussi active que. possible.

CHAPITRE

IX
2 DÉ-

TRAVAIL SUR LE MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

CEMBRE DATÉ DU 1 DÉCEMBRE 1851. — RÉSUMÉ DES DOCUMENTS JUDICIAIRES CONSERVÉS AUX ARCHIVES DE LA DIRECTION
CRIMINELLE

TRAVAIL SUR LE MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU 2 DÉCEMBRE
DATÉ DU
1'-''

DÉCEMBRE 1831^

Résumé des documents judiciaires conservés aux Archives de la direction criminelle.

SOCIÉTÉS SECRÈTES
§
1^'.

— Origine et

développement des sociétés secrètes
décembre

DEPUIS 1848 jusqu'au 2

Sociétés SECRÈTES APRÈS LE 24 février 1848.
la révolution

— Après

de Février 1848, les sociétés secrètes qui exis-

taient alors devinrent des clubs, d'après la faculté qu'elles

puisaient dans la législation de l'époque.

Après la du 28
juillet

loi

du 28 juillet 1848.

Lorsque

la loi

1848 organisatrice des clubs eût imposé, par

son article 4, à ces réunions la présence d'un commissaire

de police,

et

eût interdit, par l'article 7, les aiïiliations de

club à club, les sociétés secrètes commencèrent à se refor-

mer
1
.

à

mesure que

les clubs tombaient en désuétude.

dans

Minislère de la justice. Quelques pages de ce tra% ail ont été publiées la Pairie du mois de décembre 18bl, pour justifier le coup d'Etat.

280

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
loi

Après la
tion,

du

1'.)

juin

1840.
loi

Ajjiès la présenta-

en avril 1840, du projet de

qui interdisait les clubs,
et

considérés
les

comme

réunions permanentes,

qui n'eut que

deux premières lectures, l'Assemblée nationale vola,

à

titre d'essai, la loi transitoire
1*"^

du 19 juin 1849, dont Tarla faculté d'interdire

licle

accordait au

Gouvernement

les clubs.

Ce

fut alors
et

que

les Sociétés secrètes se multiplièrent

de

tous côtés

sous toutes les formes. Abusant du droit d'as-

sociation consacré

par

la loi

du 28

juillet

1848, elles se

cachèrent presque partout sous les ajjpaiences d'une société

non

j)olitique

légalement autorisée. Dans les contrées méri-

dionales de la France, elles prirent principalement le

nom
du

de cercles
pays,
et

et

de chambrées. Dans

les auti'cs

parties

même

dans

le

Midi, ce

fui-enl

des sociétés dites

Fraternelles ayant pour but apparent les secours mutuels
entre ouvriers.

Sur plusieurs points,

elles

dissimulèrent
le

leur existence en s'enveloppanl du mystère

plus absolu.

La
plets

Chancellcr-ic n'a pas de renseignements assez

com-

pour

qu'il soit possible

de présenter

le

tableau exact

de toutes les sociétés secrètes dont l'existence a été reconnue. Outre qu'elles ne
lui ont

pas été signalées toutes,

plusieurs ont dû subir des transformations qui nous ont
échappe"'.

iNous ne pourrons donc qu'énumérer, avec le plus d'ordre
qu'il

nous sera possible,

les principales sociétés secrètes,
les sociétés politiques

ou, ce qui revient au

môme,

non

autorisées qui ont été signalées au ministère de la justice.

Pour

éviter la confusion, nous diviserons les ressorts de

Cours d'appel en cinq groupes, en dehors desquels nous
laisserons les ressorts de Bastia et d'Alger-.

Le groupe du Nord comprendra

les

22 dt'partcments

MOUVEME>'T DÉMAGOGIQUE ANTERIEL'R AU

2

DECEMBRE

281

composant
Metz,

les 7 ressorts
et

de Douai, Amiens, Rouen, Caen,

Nancy

Paris

;

Le deuxième groupe, du Centre, comprendra

les

13 dé-

partements qui composent les 4 ressorts d'Orléans, Bourges,

Riom

et

Limoges;
les 8

Le groupe de Y Est comprendra

départements comet

posant les 3 ressorts de Colmar, Besançon

Dijon;

Le groupe du Midi comprendra

les

30 départements

dépendant des 9 ressorts de Bordeaux, Lyon, Grenoble,

Agen, Pau, Toulouse, Montpellier, Xîmes
ments dépendant des
tiers.

et

Aix

;

Enfin, le groupe de V Ouest comprendra les il départe3 ressorts

de Rennes, Angers

et

Poi-

Nous

allons successivement passer en revue les sociétés
été

secrètes dont Texistence a

signalée

dans ces cinq
et

groupes de départements, ainsi que dans Y Algérie
la Corse.

dans
»

Groupe du Nord
Ressort de Douai.

Vers

la fin

de 1849, les ouvriers de Lille (Nord) foret

maient soixante Sociétés, portant divers noms but
était

dont

le

ostensiblement difTérent, mais qui s'occupaient

toutes de pofitique.

Tourcoing

et

Roubaix (Nord)

étaient

dans une situation

à peu près semblable. Les ouvriers de ces deux grands

centres industriels étaient embrigadés dans la Société fraternelle des Fileurs, existant

dans chacune de ces

villes et

qui, à cette époque,

a été fiappée de dissolution par des

arrêtés

du

préfet.
géii.

(Rapp. mens, du proc.

ào Douai des

11 et 19

dé-

cembre

1849.)

282

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

A

Tourcoing, les chefs de

la Société

Fraternelle dissoute

cherchèrent à se réunir à une des nombreuses Sociétés de
secours mutuels alors existantes,
toine, dont la dissolution a été
la Société

de Saint-An-

également prononcée.
ISIiO.)

(Rapp. mens, du 6 février
Il

s'est

formé depuis, à Lille (Nord),

et

dans certaines

localités voisines,

des Associations secrètes qui ne ré vent

que violence

et pillage.

(Kapp.

mens,

du proc. gcn. de Douai,

12

novem-

bre 1851.)

Un

arrêté

du

préfet

du Xord i)rononça également
établi

la dis-

solution

du Cercle du Xord

à

Douai,

et

où des

ouvriers s'occuj)aicnt de matières

j)oliti(jucs.

Dans

le

département du Pas-de-Calais, on signala des

Sociétés de secours mutuels établies dans l'arrondissement

de Boulogne, sous

le

nom

de Old-Fellows,

et qui parais-

saient être des foyers de

démagogie.

(Rapp. mens, du 12 avril 1851 et rapp. du proe. de la République de Boulogne du 4 octobre 1851, n°375P.)

On demande

la dissolution

des Sociétés de secours
les

mu-

tuels et de celle de

Musique, où

hommes

de désordre

occupent les positions principales.
(Rapp. mens, du proc. gén. de Douai, du 12 novembre 1851.)

Ressort (l'Atnicns.

Dans l'arrondissement d'Amiens (Somme)
ouvriers se sont mulliplit''es vei's la

et

dans celui
cnli-e

de Laon (Aisne), les Sociétés de secours mutuels
fin

de

IS'iO.
et

Dans les arrondis.senuMils de Saint-Quentin

de \'crvins

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
(Aisne),
il

2

DECEMBRE
la vie

28d

se forme des Associations

pour

à bon

marché ou boutiques
qu'elles sont fondées

sociétaires.
le

On

est porté à croire

dans

dessein de réunir les

hommes

de désordre

et

de les

tenir prêts pour une attaque contre

Tordre social.
(Rapp. mens, du proc. gén. d'Amiens des 20 décem-

bre 1850, 16 janvier 1831, 10 février 1851 et 10 mars
1851.)

A

Château-Thierry (Aisne),
s'étaient

le préfet fait

fermer la loge
poli-

maçonnique où
tiques.

établis

des

conciliabules

(Rapp. mens, du proc. gén. du

5

août 1850.)

Ressort de Rouen.

La

société dite Solidarité Républicaine, fondée à Paris

en janvier 1849, s'établit également à Rouen et au Havre
(Seine-Inférieure).

Des condamnations

judiciaires

frap-

pèrent les principaux

membres de ces

associations.
février 1849.)

(Rapp. du proc. gén. des

5, 7 et 8

Des Associations
s'établirent aussi à

fraternelles

pour

la vie à

bon marché

Rouen.

(Rapp. du 27 février 1850.)

En

ce moment, de nombreuses afTiUations aux Sociétés

S*^crètes existent

dans

les

ateliers.

Les délégués de ces

Sociétés se réunissent et reçoivent le

mot d'ordre de ces
Des meneurs,

Sociétés, qu'ils reportent dans les décuries.

qui parcourent le pays, assistent à ces réunions.

On

dit

que dans ces derniers temps

elles ont été présidées

par

des représentants montagnards.
(Rapp. mens, du 2 septembre 1851.)

284

ASSOCIATIONS ET SOCŒTDS SECRETES

Un

liomnie a livré au

procureur de

la

République de

Rouen 2 kilogrammes de poudre provenant d'une fabrique
clandestine et renfermée dans des bouteilles soigneusement
cachetées.
Il

avait reçu ces niunilions
affiliés.

comme

chef d'une

section de dix

D'autres munitions ont été saisies

chez

trois

inculpés arrêtés.
et il

(Rapp. des 10

octobre

ISiil. n" 3621'.)

Ressort de Cacn.

A Cacn

(Calvados), se sont établis l'Association philanle

thropique des ouvriers et
(Uapp. du proe.

Cercle du Calvados.
du
19

jjén.

décembre

1849.)

On

s'eiïorce d'étendre

aux cantons ruraux de l'arrondisla

sement de Caen l'organisation de
sociétés.

première de ces

(Rapp. du

IIJ

avril ISiiO.)

L'Association philanthropique

a

fini

par être frappée

d'un arrêté de dissolution.

Le S

juillet

IH.'il),

le

procureur général annonce qu'on
à loule la i'i'ance.

cherche, suivant un mot d'ordre donne

à reconstituer la société de la Solidai'ité réj)ublicaine sous

un autre nom.
l'ne Société secrète dite la

Hohc du

Christ, est l'objol

d'une pour-suite à (]aon.
(Rapp.
(lu

août

18:i0.)

Ressort de Metz.

A

Metz (Moselle), l'Union des

tr-availleur-s existe
fait

depuis

longtemps.

A

r<'poqu(> de févr-ier IX'M). ollo a

un appel

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
aux démocrates
afin d'obtenir

2

DÉCEMBRE

285
et

une cotisation permanente

hebdomadaire de 10 centimes, pour arriver au but vers
lequel tendent toutes
socialistes.
les

associations

démagogiques

et

A

Charle^"ille

et

à Rethel (Ardennes), se sont formées

des Associations fraternelles. Celle de Rethel est en com-

munication avec une société ouvrière semblable existant à

Reims (Marne).
Les tendances de ces sociétés sont dangereuses.
(Rapp. mens, des 7 février I8o0 et lo janvier 1851.)

Une
et

Association ou^•rière s'est formée à Sedan (Ardennes)
auti-e

une

à Yrignes-aux-Bois,

même
la

arrondissement.
sont formées

A

Attignies et à ^'ouziers (Ardennes) se

des Associations de secours mutuels;

première compte

parmi ses membres M. Robert, ex-constituant.
(Kapp. mens, du 14 mai 1850.)

A
1

Sedan

(Ardennes;
et

,

V Épicerie

sociétaire

compte
sont des

4U0

adhérents

assure à ses

chefs,

qui

ouvriers socialistes, une influence qui n'est pas sans danger.
(Rapp. du 12 avril 18ol.)

Plusieurs Associations ouvrières et ce qu'on appelle des

Auberges
et

socialistes se sont établies à

Sedan (Ardennes)

dans

les environs.

(Rapp. mens, du 4 octobre 1851.)

S'il

va

lieu

de croire que

le parti

du désordre

reste tou-

jours organisé dans les arrondissements de Rethel et de

Vouziers (Ardennes), du moins

il

n'y manifeste plus d'auil

cune manière

cette organisation, et

n'y existe plus de

286

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
des Associations politiques

vestiges apparents

de

toute

nature qui s'y étaient formées.
(Rapp. mens, du 4 octobre J8oi.)

Ressort de Nancy.

Cercle socialiste à Nancy (Meurlhe).
(Rapp. du
1'^''

février,

1'=''

et 4

mars

18o0.)

A

Dieuze, à Vie (Meurthe), des Associations fraternelles

se sont formées dans un but réel d'insurrection.
(Rapp.
(lu
i'""

février,

l*^""

et 4

mars

18o0.)

A

Bar-lc-Duc (Meuse), une Société analogue de secours

mutuels existe également.
(Rapp.
(iu r*' février,
1*^''

et 4

mars

1850.)

Le parquet de Bai-le-Duc pense que la blicaine n'a pas cessé d'exister. En tous
rapports établis par émissaires entre les

Solidarité l'épu-

cas, il y a des démagogues de
etc.

Nancy

et

ceux de Toul, Pont-à-Mousson, Epinal,

Des du

inductions portent h croire qu'on cherche 5 organiser en

émeutiers pour
31 mai.
(Rapp.

i8o2

les

électeurs i-ayés

par

la

loi

(lu 2

sepl. ISliO.)

A

Verdun (Meuse),

le

pai-li

montagnard a une organiet

sation permanente,

des réunions périodiques

d'acli^os

correspondances avec Paris.
(Rapp.
(lu 3

mai

ISiiO.)

On

croit ù l'existence

d'une Socic-lé secrète à Reiniro-

mont (Vosges).
Les sociétés de bienfaisance ou de secours mutuels

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
existent

2

DÉCEMBRE
localités.

287

ou se réorganisent dans diverses
elles sont

A

Nancy, à Toul, à Lunéville,
parti

sous Tinfluence du

démagogique.
(Rapp. du 2 décembre 18o0 et 2 janvier 1851.)

En mars

18oi, l'existence

et le

mouvement des

Sociétés

secrètes se révèlent, dans le ressort, avec une remarquable

simultanéité.
(Rapp. du
!"•

avril 18"J1.)

Au commencement
dans
le

d'octobre

1851

,

]M.

Walferdin,

ancien constituant, est venu à Bourbonne pour former,

département,

des brigades de démagogues qui

auraient des chefs pour correspondre entre eux.
(Rapp. du 22 octobre 18ol. N° 374 P.)

Dans

le ressort

de Nancy, et particulièrement dans

le

département des Vosges, l'organisation du parti

socialiste

en Sociétés secrètes se complète avec un ensemble digne
d'éveiller la sollicitude

du Gouvernement.

Les conciliabules qui se tenaient antérieurement à Lutzelbourg (Meurthe), sous la présidence de M. Flocon, ont
lieu,

avec plus de mystère, dans

les bois.

(Rapp. mens, du proc. gén. de bre 18ol.)

Nancy du

5

novem-

Dans ce rapport,
fasse

le

procureur général demande qu'on

une

loi

plus sévère contre les Sociétés secrètes.

(Voir surles réunions secrètes de Lutzelbourg (Meurthe)
le

ressort de

Colmar

ci-après).

Ressort de Paris.
11

doit

exister

à

Pai-is

un grand nombre de Sociétés
possède
sans

secrètes, sur lesquelles l'Intérieur

aucun

288

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
la

doute des renseignements fournis par les rapports de
police.

A

la fin

de 1849, ces Sociétés se reconstituèrent

avec une grande activité. Les principaux meneurs, récem-

ment amnistiés, furent

les

principaux agents de cette réor-

ganisation. Les chefs des clubs ont constitué, dans chaque

arrondissement, un centre dont les délégués forment

le

gouvernement révolutionnaire du socialisme

et qui est

en

rapport permanent avec les réfugiés de Suisse et de Londres.

(Rapp. du proc. gén. de Rennes du 29décemljre 1849.)

Un grand nombre
plupai-t

de rapports signalent Tcxistencc à

Paiis d'un comité directeur qui serait en relation avec la

des Sociétés des départements.

C'est à Paris que s'est oi'ganisée, en janvier 1840, une
association,
dite Solidarité

rrpublicainc, destinée à

la

piopagandc.
et

Elle

était

présidée

par Martin

Bernard,
et

avait ses

bureaux de propagande rue Coquillière, 15,
i.

rue des Bons-Enfants,

On

a constaté ses alliliations à

Saint-Quentin (Aisne), à Bordeaux (Gironde), à Issoudun
(Indre),

à

Marseille

(Bouches-du-Rhône),
à

ù

Tarascon
et

(môme département),
Havre
Loire), à Poitiers, à

Nîmes (Gard), à Rouen
îl

au

(Seine-lnfér-ieure),

Chalon-sur-Saône (Saùne-etet

Loudun

dans

les locaUtés

du dépar-

tement de

la

Vienne, à Niort (Deux-Sèvres), à Rochefori
i\

(Charente-lnféricur-e),
el-Chcr-), à
judiciair'cs

Orange

(\'aucluse),

i\

Blois i^Loir-

Tours

(^Indre-et-Loirv).

Des condamnations
la ruine

en grand nombre assurèi'cnt

de cette

vaste Association.

Une
et

Société fondée à i'aris sous
la direction
le

le litre

de Comité central

de liésistance, sous
Faure,
et

des représentants Greppo

dans

sens des idées communistes, vient

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
d'être l'objet de poursuites et de

2

DÉCEMBRE

i\S9

condamnations par

suite

de

la publication

de ses bulletins révolutionnaires,
1'.)

(Rapp. du préfet de police du 10 juillet 18al, n° 125
Il

en a été de

même
:

d'un comité de réfugiés allemands,

établi à Paris

avec des projets communistes.
Complots.)

(Voir ci-après

Une

Société secrète, dite l'Union des

communes,

établie

à Paris, a été connue par l'arrestation du

nommé
le

Mazas,

son agent de propagande, arrêté à Toulouse
bre 18o0.
(Dossier
n*^

21

novem-

35 V.)

Dans
tagne,

le

courant de novembre 1851, on a découvert aux
près Paris, une société dite la Jeune

BatignoUes,

Mon-

affiliée

aux Sociétés de

même nom

dans

les dépar-

tements du centre.
(Journal
la Patrie.)

A

Reims (Marne), une formidable association de corps
propage
les plus

d'états

dangereuses doctrines dans pluElle organise
la

sieurs

communes de Tarrondissement.
la

classe ouvrière et

tient

prête à

obéir

à

un signal

donné.
(Rapp. des G février
et

17 avril ISoO.)

Le sieur Bressy, chef de
pondance avec
18ol.)

cette Association, est en corres-

les comités

de Londres

et

de Paris.

(Rapp. mens, du proc. gén. de Paris du 29 novembre

Un

décret présidentiel

a

prononcé

la

dissolution des

Sociétés de secours mutuels établies à Reims, d'abord
TCIIEHNOFK
1!)

290

ASSOCIATIONS ET SOCŒTES SECRETES
le tiU-e

SOUS

de Corporations réunies, puis sous celui de
trarail.

Chambres du

(Rapp. du 15 février 18oi.)

A

Chnlons-sur-Mai-ne, une Société fraternelle de secours

mutuels a été formée.
(Rapp. du
l«''juin 1850.)

A

Joigny

(Yonne),

la

loge

maçonnique, qui
le

n'était

qu'un club déguisé, a été suspendue par

grand Oiùcnt

de France sur Tinvitalion du ministre de
(Rapp. du 25 octobre 1850.)

l'inlérieui'.

A

Provins (Seine-et-Marne), les socialistes de l'arron-

dissement, au nombre de 3 à 400, se sont organisés en

une Société

secrète, divisée par sections de onze et cori-esles sociétés

pondant avec

de Paris.

(Rapp. du

K) février 1851.)

Les arrondissements d'Auxerre, d'Avallon, de Joigny
sont organisés de manière à se mettre en insurrection au

premier signal venu de Paris.
(Rapp. du
11

septembre

1851.)

Dans Tarrondissement de Joigny, do nouvelles Sociétés secrètes paraissent organisées et conlinuenl leurs menées
souterraines.
(l'aris 19 avril 1851, et 11

septembre

1851.)

A
nisait

Bléncau,

le

juge do

pai.x

a été informé qu'on orgales

une Société secrète dont
dans
la

ivunions devaient se

tenir

commune

do (^iiamcovrais. Ces réunions,
le soup(,'on,

sans doulc poui' ne pas éveiller

ne devaient

jamais se composer de plus de cinq membres.
(Rapp. mens, de Paris,
Il

septembre

1851.)

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

291

L'état des cantons de Bléneau, Saint-Fargeau et Saint-

Sauveur (arrondissement de Joigny
Les
affiliés

s'est

encore empiré.

se concertent

pour une prochaine insurrection.

(Rapp. du proc. gén. de Paris du 10 novembre 1831,
n-^

383 P.)
les

Depuis plusieurs mois,
gique se sont abstenus de

meneurs du

parti

démagol'exis-

faire

de l'agitation; mais

tence de leurs sociétés secrètes prend de jour en jour une

extension alarmante.

Des réunions secrètes viennent de
environs de Coulommiers, de

se manifester
et

dans

les

Meaux

de Rueil.

Rapp. du 2* octobre

ISol.)

Une

Société secrète,
et

qui n'est autre que la Xouvelle-

Montagne

qui paraît s'être d'abord organisée dans la
et

Nièvre, s'est étendue dans l'Yonne

se propage autant
Elle a

que possible dans toutes
été

les

communes de France.
arrondissement
de

découverte à

Villemer,

Joigny

(Yonne).
(Rapp. du proc. gén. de Paris du 12 septembre 1851, n*^ 338 P.)

Groupe du Centre
Ressort d'Orléans.

A

Blois,

le

Cercle de

la

solidarité

démocratique

de

Loir-et-Cher, servant de centre

aux menées anarchiques,

a été dissous par arrêté préfectoral,
(Rapp. du 28 décembre 1849.)

Ce
Paris;

Cercle
le

était

afTdié à la

Propagande orale fondée
était l'intermédiaire.

à

nommé

Jean Benoit

(Rapp. du 28 décembre 1849.]

292

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

A

Tours (Indre-cl-Loire)

la

Société fraternelle est en
(Loire-lnférieuit?)
;

correspondance avec celle de Nantes
elle a été dissoute

par arrêté préfectoral du lomars I80I.
17 P.)

(Dossier,

n*'

Dans

la

même

ville

et

dans

plusieurs

cantons,

des

Sociétés de secours mutuels s'établissent sous la direction

des plus ardents démocrates,
l'effet

et

ces Sociétés,
toutes

comme

par

d'un mot d'ordre, tendent

à devenir poli-

tiques.

(Rapp. des

3

décembre

1830, 6 janvier et 6 avril iSoi.)

Les Sociétés secrètes qui existent h Montargis

(Loiret^

se soni, dans ces derniers temps, mises en rapport avec
les Sociétés de Paris.
11

se

fait

partout un travail tendant à

transformer les sociétés de bienfaisance en sociétés politiques, afin d'organiser ainsi

une aimée toute prête

et

toute

disciplinée.
11

en

est

de

même

dans l'arrondissement de

Toui-s.

La

Société de secours et la loge maçonnique de Montargis

sont détournées de leur but.
(Rapp. des 6 février et 4 avril 1851
.)

La

justice

recherche une
les

fabrication

clandestine
et

de

poudre dans
(Loiret).

cantons de Chàteauroux

de Montargis

(Rapp. du 2 octobre 1851.

et n- 131 P.)

Dans

la

commune de
voisines, on

Chàtillon-sur-Loing et dans les

communes

soupçonne l'existence de Sociétés
but politique

secrètes s'organisant dans un

autant

que

dans un but de pillage.
Jtapp. du 30 oclul)re ISol.
n'

131 P.)

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
L'existence

2

DÉCEMBRE

233

de

ces

Sociétés

secrètes

est

aujourd'hui

connue.
(Rapp. mens, du 7 novembre 1851.)

Dans
(Loiret),

le

canton de Briare,
affiliations se

arrondissement

de Gien

des

font à la Société secrète de la

Jeune Montagne.
(Rapp. du proc. gén, d'Orléans du 21 novembre 1851, no389 P.)

Ressort de Bourges.

A

Cosne

(Nièvre), une Société secrète avait des ramifi-

cations à Donzy,

à Saint-Amand, à la Charité, vers

le

10 décembre 1850.

Le

préfet de la Nièvre a dissous les

Sociétés de secours mutuels à Saint-Amand, à Sancerre, à

Sancoins, à Dun-le-Roi, à Henrichemont et partout où
leur attitude trahissait de coupables projets.

Les Sociétés de secours mutuels pullulent notamment
dans
les

arrondissements de Sancerre

et

de Saint-Amand.

Le

préfet les a dissoutes.

(Rapp. du proc. gén. des 5 février et 6 mai 1831.)

Embrigadement de

la

population ouvrière dans des

afli-

lialions multipliées sous le

nom

de Sociétés fraternelles.

Cotisations régulières.
(Rapp. du 2 août 1851.)

Un

double mot d'ordre a été évidemment donné
:

aii.v

Sociétés secrètes

préparer

la lutte,

mais ne rien compro-

mettre jusqu'à l'engagement géuéral.
(Rapp. 21 août 1851.)

Plus de doute sur l'existence d'une Société secrète ou

294

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
et

de Sociétés secrètes plus ou moins distinctes,
breuses
affiliations

de nom-

pratiquées ou tentées dans les cantons
cl

de Xérondes, Laguerche, Baugy, Sancoins
(Cher).

Sancergues

(Kapp. du 4 octobre 1851,

n^-

8167 joint à 347

P.)

12 octobre 18^^1, soulèvement des
et

communes de Précy

autres sur les deux rives de la Loire, dans les départeet

ments du Cher
et

de

la Nièvre.
faites

Des

distributions de poudre

de balles avaient été

aux insurgés. Les Sociétés
qui a été énergique-

secrètes étaient

Tâme du mouvement
des

ment réprimé
(Rapp.
n'^

à sa naissance.

du proc.

géii.

14

cl

18

octobre

1851,

366 P.)
est le centre insurrectionnel

Le comité de Xevers qui

des départements du centre, a écrit au comité de Lyon

pour rinformer qu'on ne pouvait retenir
tions et lui

l'élan
le

des popula-

demander

si

Lyon seconderait

mouvement.
n"^

(Rapp. du proc. gén. du 24 oclobro 1851.

366

P.)

Par

suite

de l'instruction relative ù l'insurrection du
a
fait

Val de
tantes.

la Loire, la justice

des découvertes impor-

Dans l'arrondissement de Saint-Amand, dans ceux
partout on

de Sancerre, de Bourges (quoique moins envahi), à Xevers,
à.

Cosne, à Clamecy, à Chàteau-Chinoii,

a

trouvé

mêmes manœuvres, même
et

initiative,
:

mêmes

ser-

ments

pour dernier mot d'ordre
.

meurlrc

et inllnijc

au

prf'//tier su/ mil

Ces

sociétés se rattachent à des comités

supérieurs de Paiis ou de
et

Lyon ou

d'autres grands contres,

paraissent appartenir à la

société

de

la

Jeune Mon-

tagne.
(Rapp. mens, du proc. jrén. do Boufi^'os. du
l'-'^

dé-

tombre

lb51

.)

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
Ressort de Riom.

2

DECEMBRE

295

Dans
rentes

le

Puy-de-Dôme,

les

anciennes

affiliations

des

Sociétés secrètes avec les comités parisiens sont peu appa;

mais des conjectures permettent de penser qu'elles

ne sont pas encore rompues.

A

Thiers, on pense que les

anarchistes se sont soigneusement classés dans les cadres

d'une organisation militaire.
(Rapp. mens, du 8 février
1850.)

Dans

le

Cantal lui-môme, des réunions se sont formées

dans des maisons particulières. Le parti anarchique s'organise dans les villages et les

hameaux

les plus reculés.

(Rapp. mens, du 8 février 1861.)

Dans

l'Allier, à

Moulins, une information sérieuse est
les ramifications

dirigée contre

une Société secrète dont

paraissent s'étendre à

l'arrondissement de

Gannat.

Le

procureur de
de

la

Répubhque de Gannat

croit à l'existence

trois Sociétés secrètes

dans cet arrondissement.

L'une, à Saint-Pourçain, reste d'un club sorti de la
révolution de février, autorisée depuis à titre de Société

philanthropique, et depuis interdite, agit clandestinement

sous la présidence d'un sieur Gobert, instituteur révoqué,
le

chef

le

plus actif et le plus intelligent du socialisme

dans l'arrondissement.

La deuxième,
sidée par

à ChantcUe, d'ancienne création, est pré-

un sieur Baraud.
à

La
dont

troisième,

Gannat,

d'une

organisation

toute

récente, a pour président un sieur Bassin,
la famille fait

homme

ruiné

une propagande active.
5

(Rapp. des

mai

et

10

décembre

18o0.

Voir aussi

dossier 39 P.)

296

ASSOCIATIONS KT SOCIETES SECRÈTES
Issoire

A

(Puy-de-Dôme), on

croit à l'existence

de secl'arron-

tions révolutionnaires organisées

au chef-lieu de

dissement.
(Happ. du
5

mai

I80O.)

Dans

le

Puy-de-Dôme,

les

meneurs

socialistes

cherchent
dite Ali-

à organiser à

Clermont une sorte d'Association,
le

mentation sociétaire, dont
(Rapp. du 10

but serait politique.

mars

ISiii.)

A

Montluçon
afïiliée

(Allier),

se

trouve organisée une Société
ville serait

secrète

à celle

du Cher. La

partagée en

quatre quartiers, chacun sous

la direction

d'un chef qui,

réuni à ses collègues, formerait un comité d'action. Cette
société disposerait de

400

alliliés

bien disciplinés, et aurait

une correspondance active avec un

grand

nombre de

communes de

l'arrondissenient.
n^'

(Happ. du 20 octobre 1851,

300,

1'.)

Ressort de Limoges.

A

Limoges (Haute- Vienne),
Union
est

la

Loge maçonnique de
;

la

Pai'failc

un

véi'itable

club

un arivlé

j)réfectoral

vient d'en ordonner la fermeture.

On

a fondé, en mai

IH'iO,

une Association des ouvriers

porcclainiers qui paraît avoir un but socialiste.

(Happ, mens, dos

i:i

juin l«:)Ot>t 7 juin 18"il.)

Etablissement
i.\{y

i\

Limoges d'une Société secrète au moyen
Les
un
sont

la ci'éalion

du

joui'ual le Travaillviir rr/it/ù/icdi/t.

actions

d'un

franc

représentées

chacune

par

cachet ou

linibi-e

gravé distribué aux sociétaires.
10 avril 18!)1.)

(^Happ.

meus, du

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU

2

DECEMBRE

297

Association des ouvriers cordonniers de Limoges, sous
prétexte de travail en

commun, mais
Des perquisitions
et

inspirée
faites

par des
chez les

démagogues connus.

nommés Barraud,

Pourrai

Mourrin, membres de cette

société, ont fait découvrir des

armes
ii"

et

des munitions.

(Rapp. du 24 mai 1851

,

178 P.)

Groupe de l'Est
Ressort de Colmar.

En

Alsace,

les

Sociétés secrètes procèdent presqu'au

grand jour. Le

comité

directeur

siège

au

bureau

du
par

journal de l'opposition, qui reçoit l'impulsion de Paris et la

donne, dans sa
la

localité,

par ses articles quotidiens
afTidés

et

propagande orale que ses

exercent dans les cafés
reliées entre

et les brasseries.

Les communes rurales sont

elles

par des

affiliations

que favorisent

les

membres des

municipalités ou les otriciers de la garde nationale apparte-

nant au parti exalté.
(Rapp. mens, du lo décembre 1849.)

A

Strasbourg (Bas-Rhin), M. Flocon est rédacteur en

chef du Démocrate du Rhin.

A

Colmar (Haut-Rhin), M. Schmith

est

rédacteur en

chef du Volks-Repuhlic.

Les Associations d'ouvriers offrent en ce moment (janvier 1851) des dangers sérieux.

La

Société des Imprimeurs

sur étoffe, dont le siège est à Saint-Denis (Seine), et qui

couvre

la

France de son réseau, a une succursale à Mul-

house Haut-Rhin).
(Rapp. mens, du 8 lévrier ISjI.)

298

ASSOCIATIO>'S ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
îi

Les Associations ouvrières commencent
dans
le ressort.

s'introduire
:

A

Strasbourg,

il

y en

a

deux

celle

des

ébénistes marchands de meubles, et celle des cordonniers.

A

Shlestadt et à Colmar,

quelques ouvriers bottiers
leurs

et

cordonniers ont

également quitté

patrons

pour

s'orgraniser en Société fraternelle. 'o

(Rapp. mens, du G août

ISiil.)

Une
le

Société secrète, paraissant avoir des rapports avec

comité de Londres, a été organisée dans l'arrondisse^llaut-Rliin)

ment d'Altkirch
Methua.

par

un Allemand

nommé

(Rapp. du G octobre 18ol, n^ 8167, A.)

Le 13

juillet

1851, une réunion secrète a eu lieu dans

les ruines

d'un chAleau, près de Lutzelbourg (Meurlhe),

sous la présidence de M. Flocon, rédacteur en chef du

Démocrate du Hliin
du 1" août

;

24 personnes y assistaient.

(Rapp. mens, de Colmar du 6 août iSol, el de
18ol. dossier n" 218
l*.)

Nancy

Les conciliabules qui sont tenus à Lutzelbourg, sous
dii-ection

la

de M. Flocon, ont

lieu,

avec plus de mystère,

dans

les bois.

(Rapp. mens, de Nancy du

!j

novembre

ISiil.)

lirssnr/ de Ih'sdiiron.

Les Sociétés ouvrièr'es s'établissent dans

le ressort

:

A A

Besançon (Doubs), Société

fraternelle des ouvriers

en

bAtiments;

Beaunie (Doubs), Société mutuelle

ch^s traAailUnu's.

Des associations

politiques semblables, sous la forme de

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE

AN'TÉRIELTl

AU

2

DÉCEMBRE

299

Sociétés de secours mutuels, s'établissent dans le Jura,

particulièrement la Société dite des Travailleurs unis,

A

Dôle

(Jura),

le

nombre des

affiliés

aux Sociétés

secrètes est de 300 à 400 environ.

A

Arbois,

il

y

a des conciliabules composés de

déma-

gogues exaltés au nombre de oO environ.

On soupçonne que
Salins et à Polionv.

des réunions semblables existent à

(Rapp. mens, des 4 janvier, 3 février et 10 août 1850, et rapp. du 18 mars 1850, n*^ 6933 A.)

Les démagogues viennent de former, dans

les

trois

départements du ressort, une nouvelle Société secrète, au
sein d'une secte ancienne et fort répandue, sous le

nom de

Bons-Cousins. Cette société existe à Besançon (Doubs), à

Yesoul (Haute-Saône)
par
le Préfet.

et

à Dôle (Jura)

.

Elle a été dissoute

(Rapp. mens, du 6 octobre 18o0; rapp. du 10 octobre 1850, n° 6933 A; rapp. mens, du 9 octobre 1851.)

A
des

Lons-le-Saunier (Jura),

la Société

des

Amis de
il

l'Ordre

a été en

permanence

le 11

novembre

IS.oO;

parait

que

membre sont armés. La Société des droits de l'homme
,

existe

toujours dans

l'arrondissement de Poligny (Jura
sieur Bergère, pharmacien.
Il

elle a

pour chef

le

y

a recrudescence d'activité dans les ventes de char-

bonnerie du Jura.
Il

s'opère une transformation dans
et

les
;

Loges maçonla politique les

niques

dans

les Sociétés

de bienfaisance

envahit.
(Rapp. mens, du 10 décembre 1850.)

L'ancienne

Société

des

Droits

de l'homme travaille

.

300

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
activité,

sourdement, mais avec

au succès de

la

candida-

ture de Ledi'u-Rollin à la présidence delà République.

(Rapp. mens, du 8 .scptoiiibrc

181)1.)

fies!<ort (le

Dijon.

A Auxonne
d'aider à la

(Gôto-d'Or),

il

s'est

formé une Société
le véritable

fra-

ternelle de secours

mutuels, dont
sociale.

but serait

propagande

A
but.

Yitteaux, arrondissement de

Semur

(Côte-d'Or), une

pareille société fraternelle tend à s'organiser

dans

le

môme

A

Ghâlon (département de Saône-ct- Loire) on parle de

l'organisation d'une Société secrète

composée des anciens

débris de la Solidarifr républicaine

A

Bruaillcs, arrondissement de

Louhans,

même

dépar-

tement, des réunions politiques clandestines ont eu lieu.
(Uapp. du 6 févrior 1850. n"8 107 A.)

A

Précy-sous-Thil,

arrondissement

de Semur

(Côte-

d'Or), on cherche à organiser une

Société d'assurances

mutuelles pour

le

cas de maladie ou d'accident. La com-

position exclusivement démocratique
ter le vrai but

du comité

fait

suspec-

do cette société.
U()V(Miil)ro 18")0.1

(Uapp. mous, du 18

Dans

le

département de Saône-et-Loiro.

il

s'établit

do

nombreuses Sociétés de secours nuituols
anarchistes.

fondt-os

par les

A Chaumont

et à

Langres (Haute-Marne),

les Sociétés

de secours mutuels

récemment dissoutes par un décret

veulent se reconstituer.
(Rapp. du 8
,iauvi(M- l8ol. n" 8 107 A.)

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Des
ao-ents socialistes

2

DÉCEMBRE

301

ont

tente"'

de créer à Ciiaumont

(Haute-Marne) une nouvelle Association de secours

mu-

tuels qui devait diviser la ville en douze quartiers; l'autorité s'y est

opposée.

(Rapp- mens, du 12 mars 1861.)

Une procédure

sui\de à Dijon contre le

nommé

Malsalley,
fait

inculpé de fabrication clandestine de poudre,

penser

que les Sociétés secrètes dijonnaises dirigent cette fabrication.

(Rapp.

du proc.

gén.

des 10 et 2o

octobre

1851.

n- 131 P.)

Une

Société de secours

mutuels vient de se former à
(

Recey, arrondissement de ChâtiUon

Côte-d'Or;

,

sous

le

patronage de M. Marlet, socialiste influent.
(Rapp. mens, du
1851.)
11

octobre 1851

et

du

18

novembre

L'ne Société secrète existe à

Bourbon-Lancy, arrondis-

sement de Charolles (Côte-d'Or).
(Rapp. mens, du proc. gén. de Dijon, du 10 novembre
1851.)

Groupe du Miiu
Ressort de Borchaux.

Sur plusieurs points du département de

la

Gironde,

il

se
la

forme de prétendus Cercles destinés à servir de centre à
propagation des idées socialistes,
tout préparé
fectorau.x
et à

donner un auditoire

aux missionnaires du

parti.

Des arrêtés préils

en ont supprimé plusieurs, mais

se reprodui-

sent sous une autre forme.
(Rapp. mens, des
1"^'

février et G mar.s 1850.)

302

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
préfet de la

Le

Gironde a ordonné

la clôture
:

des Sociétés

politiques déguisées sous les

noms de

Café de Sarges, à

la

Réole;

Cercle démocratique, à Gérons;

Cercle

littéraire,

à Lesparre.

(Uapp. mens, du 6 avril I80O.)

Le
de la

préfet de la
dit

Dordogne a

fait

fermer à Périgueux un
centre de l'agitation

Cercle

des Ouvriers., qui

était le

ville.

(Rapp. mens, du 30 novembre 1830.)

Ressort de Lyon.
Sociétés politiques de

Lyon

:

l°Les Mulacllistes, fondés en

183(1, réunissant 25.(100

à 30.000 afTiliés dans le département du Rhône, et notam-

ment à Lyon, dans Tarrondissemcnt de Trévou.x
dans l'arrondissement de Villcfrancho (Rhône)
de Vienne

et et

(Ain),

dansccu.x

de

la

Tour-du-Pin

Isère).

Les Droits de l'hoïnnw, formés en 1830
alïiliés

à i83i, réu-

nissant 2.000

dans

les

mômes localités. Indépendamfont

ment de ce nombre, 4.000 MulucUisles
lie

également par-

de cette société.
3"

Les Carbona7'i, introduits ù Lyon
est de

1834,

dont

le

nombre

2.o00 dans l'agglomération lyonnaise, dans

l'arrondissement de ^'ienne (Isère) et dans celui de Saint-

Etienne (Loire).

Les Voraces, fondés en i8tG, recrutés de mendiants,
au nombre de 8.000 dans
à (jivoi's,
le

de condamnés libérés, clc,

déparlement du Rhône, surtout
tements de l'Ain
et

dans

les

dépar-

de

l'Isère.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Ces quatre Sociétés secrètes tendent à
deux nouvelles Sociétés plus

2

DÉCEMBRE

303

se fondre dans
:

fortes et plus puissantes

La Démocratie fraternelle composée des Voraces,
Solidarité, composée des trois autres Sociétés.

et la

Associations industrielles ayant toutes un caractère politique et fonctionnant

sous un Comité directeur dit FOrga-

nisation du travail, présidé par le sieur Morellet, représentant, et qui a été dissous

par

le préfet

:

Association fraternelle de l'Industrie française.
;

2° Société des Travailleurs réunis
3° Association

démocratique des industries réunies

;

4" Association fraternelle des
ville

Ouvriers Menuisiers de la

de Lyon.
Association générale des
tailleurs

de

pierre

du

Rhône;
6° Association des cuirs, des façonnés, des velours;

1 1

4 sociétés ouvrières de bienfaisance.

(Kapp. mens, des i'^'' décembre 1849 et et rapp. du 23 janvier 1830.)
Il

11

janvier 1850,

faut ajouter à ces associations ouvrières,

que

la Soli-

darité tend à centraliser celles des Cordonniers-Bottiers
et

des Fabricants de châles.
(Rapp. mens, du 11 janvier 1850.)

Une

nouvelle Association

fraternelle
le

des Travailleurs

unis de l'Ouest, s'est établie dans

quartier Saint-Paul,

un des plus pauvres de Lyon,
(Happ. mens, du
7 février 1850.)

Réorganisation à Lyon des Carbonari,
les ventes de la Savoie et

et relations

avec

du Piémont.

(Rapp. du

21

juin 1850.)

:5Ô4

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

A
et

Lyon, nouvelle Société secrète
le

dite

de Propagande,
Aes,

formée d'après

modèle da l'ancienne Société

Saisons,

ayant pour but de répandre

les écrits socialistes

parmi

les ouvriers.

A

Villefranche (Rhône), des réunions

démale

gog:iques, appelées groupes, et organisées à l'instar de l'Association secrète do

Lyon ont toujours

lieu

dans

but

d'entretenir l'agitation.
(Rapp. mens, du 27 (léccmbrc iSSO.)

A

la fin

de I80O, des poursuites curent lieu contre

trois

Sociétés secrètes de

Lyon

;

Les MutucUistes, acquittés

le

Les Amis des Hommes, condamnés
Et les Voraces, condamnés
le 11

20 septembre 1850; le 1" octobre I80O;
octobre 18'JU.

C'est la juridiction militaire qui a statué sur ces poursuites.
(N0 8729, A.)

L'Association de

la

Xouvellc-Montagne, organisée pour

relier les Sociétés secrètes

dans

les

départements du sudle

ouest de la France, était en relation avec
teur de Lyon,

comité direc-

comme

avec ceux de Paris

et

de Londres.

(Rapp. du proc. de
tion des

la République de Lyon surlinstrurcomplots de Lyon, n" 9262. A.)

A Bourg
Homme'^
tagne.

(Ain), organisation de la Société

secrète des

li/)res,

nouvelle secte de conspirateurs socialistes

qui parait tenir du carbonarisme et de la Xouvelle-Mon-

("elle société, qui s'étend à
ol

Lyon,

était

munie d'armes
Miclialon.

de poudre.

On

trouva au domicile du

nommé

un des
de
la

atTiliés à \'illars,

des ustensiles propres h fabriquer

poudre.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

305
le 2^

Les principaux membres ont été condamnés par
conseil de guerre de la 6^ division militaire.

(Rapp. mens, du proc. g-én. de Lyon du 3 juillet 1851 Gazette des Tribunaux du 16 octobre 18ol.)

;

A

Lyon,

les Sociétés secrètes continuent leur

œuvre sougouverne-

terraine. Elles ont réalisé

une espèce d'entente pour ce but
actuel,

commun
ment

:

Renversement du pouvoir

direct par le peuple.

(Rapp. mens, du 2 août 1851.)

La

ville

de

Pont-de-Vaux

(Ain)
fait

est le

centre

d'une

Société secrète dans laquelle on

des collectes pour les

condamnés
comptes.

politiques.

Elle

a un caissier qui tient ses

(Rapp. mens, du 8 octobre 1851.)

Ressort de Grenoble.

Le réseau des Associations
le ressort.

politiques s'étend

sur tout
radi-

On

croit

que
sont

les chefs des
affiliés

Républicains

caux de Valence
caine.

à

la

Solidarité républi-

Dans plusieurs communes de l'arrondissement de Vienne
(Isère), qui

touchent à
le

la ville

de

la Guillotière

(Rhône) et

semblent en être
des
affiliations

prolongement,

les Sociétés secrètes ont

avec les Droits de l'homme

et les

Voraccs

de Lyon.
(Rapp. mens, du 9 janvier 1850)

Des pièces

saisies,

en avril 18o0, sur

le

nommé

Henri,

condamné
la

politique, de passage à

Dôle (Jura), donnèrent

preuve d'une vaste Société secrète ou de plusieurs SociéTCIIERNOFI-

20

306

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
secrètes

tés

communiquant entre
Ximcs
et surtout

elles,

établies

dans

le

ressort d'Aix, de

de Grenoble.
la

Dans

le

même moment,

un rapport du procureur de

République de Die

Drome) donnait des renseignements
et qui paraissait

sur une Association politique de Montag^nards, organisée

dans cet arrondissement

avoir un centre

principal à Montélimart. Cette Association, qu'avaient indi-

quées

les pièces saisies

sur Henri,

était la

Société de la

Nouvelle Montagne.
(Rapp. du proc. gén. de Besançon, du 13 avril 1850. Rapp. du proc. gcn. de Grenoble, du 23 avril 1850.)

La Société de

la

Xouvelle-Montagne

est établie à

Gre-

noble. Son but est d'établir des sections dans toutes les com-

munes
Il

rurales

du département en vue d'une
à Grenoble,

insurrection.

existe

aussi,

une société secrète des
relations avec les Francs-

Francs-Hommes, qui a cessé ses

Hommes
dans
le

des autres départements, par suite de dissidence
but politique
et

avec-

laquelle les

Montagnards

tendent à se fusionner.

A

Voiron

(Isère),

il

existe également

une Société dilc
le

Société de Résistance. C'est à Voiron qu'a été fixé

centre

d'où partira l'insurrection du département de

l'Isère.

A
cinf|

\'ienne (Isère),

il

y a deux Ventes de (Charbonniers
de Résistance.
est organisée

el

réunions de

la Société

La Société des

Montagnards

dans

la

Drome;
dans
les

elle reçoit

chaque jour de nouveaux adeptes. C'est

cantons de

Romans

et

du Bourg du Péage que
et la

cette Société est la plus

nombreuse

mieux organisée.
Xvons.
-6

Les chefs correspondent, non seulement avec Valence,

mais encore avec Die, Montélimart, Crcsl
(Lettre
1851.)

et

du ministre de

l'intérieur,

du

septembre

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

307
tra-

L'arrondissement de Montélimart est profondément
vaillé

par les sociétés secrètes.
(Rapp. mens, du proc. gén. du
I'^'"'

juin 1830.

Société secrète découverte à Ghantemerle (Drôme).
(Rapp. du proc. gén. du
11

octobre 1851, n° 369

P.)

Société secrète à Larnage et à Cliavannes,

arrondissele

mentde Valence, département delà Drôme, dont
Chabon, fabricant de
être l'organisateur.
tuiles réfractaires

nommé

à Larnage, paraît

(Rapp. du proc. gén. de Grenoble, du 4 décembre 18ol,
no 414, P.)

Les Sociétés secrètes enveloppent

le

^département de la

Drôme

tout entier.

Peu considérables

et stationnaires

dans

l'arrondissement de Nyons, elles sont en force et en progrès

dans celui de Die dans celui de ^Montélimart,
;

elles

main-

tiennent leur prépondérance et les cantons de l'arrondisse-

ment de Valence
leur propagande,

,

demeurés jusqu'à présent à
être entamés.
la

l'abri

de

commencent à

Dans

le

département de

l'Isère,

propagation de ces

sociétés rencontre des obstacles dans le caractère prudent

des habitants; sauf quelques exceptions,

il

ne s'en trouve

guère que dans
sieurs

les

principaux centres de population. Pluet

communes des arrondissements de Bourgoin
les

de

Vienne correspondent avec
Les
de
Il

agitateurs lyonnais.

Les
et

ouvriers de Vizille sont en communication avec
Paris.
affiliations

Lyon

Voiron

paraissent avoir

une

importance particulière.
tions des Droits de
niers.
l^a

y a à Vienne
et

même

des sec-

l'Homme

des ventes de Charbon-

Xouvellc-iNIontagne,

réunie

aux

Francs-Hommes,

308

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

fonctionne à Grenoble,

elle

doit

tenir,

vers le 4 mai,

une réunion générale.
(Rapp. du 19 avril iSoi.)

Dans

l'Isère,

il

se trouve des opposants,

des concilia-

bules, des
l'Isère,

Sociétés secrètes; mais tout cela reçoit, dans
le

l'empreintede cet esprit de réserve qui est
la

carac-

tère

de

population.

Des quatre arrondissements dont se compose le département de
la

Drùme,

celui de Die

semble

le

plus profondé-

ment

travaillé parle socialisme révolutionnaire.

A

Crest

et

à

Bourdeaux,

arrondissement de Die,

la

population appartient à peu près tout entière aux opinions

extrêmes.

Malgré l'empire qu y exercent
hostile à toute autorité.

les

Sociétés secrètes,

l'arrondissement de Montélimart paraît moins radicalement

Des sociétés secrètes semblent ajourner leur explosion
jusqu'en 1852.
ganisation.

En

attendant, tout se passe en essais d'or-

On
la

assure que quelques affdiations insurrectionnelles de
leur ramification dans l'Isère.

Drùme essayent détendre

(Rapp. mens, du 8 octobre i8ol.)

Ressort dWfjen.

Aucune Association
pendant
il

n'a été signalée

dans

le ressort.

Ce-

existe à

Condom (Gers\ une

loge maçonnique

fréquentée par les chefs de l'opposition.
(Rapp. mens, du 6 décembre
1849.)

Les démagogues sont nombreux dans l'arrondissement

.

.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
de

2

DECEMBRE

309

Condom

(Gers)

;

ils

s'y trouvent organisés en Sociétés

secrètes.

(Rapp. mens, du

!•='

octobre 1851.)
socialiste travaille

A Condom,
et

le parti

sourdement,

à Nogaro notamment, la police a été informée qu'il

}

avait des réunions politiques tenues en secret.
se réunissent la nuit, tantôt

Ces

sociétés

dans un

lieu, tantôt

dans un

autre, sur

une convocation instantanée.

(Rapp. mens, du 31 octobre 1851.)

Ressort de Pau.

Aucune

société secrète n'est signalée dans ce ressort.
l'attention

Cependant
Pyrénées)

de l'autorité a été éveillée par

le

caractère de certains Cercles existant à

Bayonne (Basses

Ressort de Toulouse.

Etablissement d'un cercle à Castres (Tarn-et-Garonne)

Dans

le

Tarn, on signale à Albi un Cercle démocratique
la

composé d'hommes dévoués à
socialistes.
Il

propagande

des idées

a été dissous par le préfet.

(Rapp. mens, du 25 février 1850.)

A

Moissac (Tarn-et-Garonne), un
la

arrêté

du

préfet

a

ordonné la fermeture de
des motions politiques.

Loge maçonnique, où

l'on faisait

(Rapp. mens, du 26 septembre 1850.)

A

Toulouse (Haute-Garonne), radmiinstrali(jn a fermé
la

le

Cercle de

rue du Mai, qui était un foyer de démagogie.

(Rapp. mens, du 14 décembre 1850.)

310

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
Société politique sous la forme d'un journal, existait
les actionnaires

Une
daire
été

à Toulouse, entre

de

la

revue hebdomaIcg-al

du journal r Emancipation.

Ce moyen

avait

employé pour reconstituer, sous une forme

différente, le

Cercle de l'Union démocratique, récemment dissous.
(Rapp. du proc. gén. du 30 juillet 1851, n^ 269,
P.)

Le procureur de
faits

la

République d'Albi signale
le

les efforts

pour organiser dans

canton

de

Réalmont une

Société de Secours mutuels donl les statufsr évèlent un but
politique.

(Rapp. mens, du 6 octobre 1831.)

Ressort de Montpellier.

A

(^arcassonne (Aude^,

il

s'est^

organisé,

en octobre

1849, sous les auspices du journal

la Fraternité, une

Association d'ouvriers qui doit avoir un but politique.
;Rapp. mens, du 13 décembre 1849.)

Dans l'Aveyron,
Comités
dans
les

la

propagande secrète se

fait

par des

établis,

sous

prétexte de prochaines élections,

arrondissements

de Rodez,

d'Espalion

et

de

Milhau.
Jlapp. mens, du 13 décembre 1849.)

Quehpics Sociétés nouvelles onl \u
sort.

le

jour dans

le res-

A
nité.

Perpignan (Pyrénées-Orientales),

création

par les

exaltés d'une société de bienfaisance dite de la Frater-

(Rapp. mens, du

11

avril ISIiO.)
le préfet

A

la

suite

de manifestations séditieuses,

de

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

311

l'Hérault a ordonné la fermeture de toutes les Sociétés for-

mées à Montpellier depuis 1848.
(Rapp. mens, du 24 août 1830.)

A Montpellier,
substituer

il

semble que

le parti socialiste

cherche à
des

aux prédications dans

les lieux publics

Sociétés secrètes composées d'un petit
sûrs.

nombre

d'affdiés

(Rapp. mens, des 10 et 14 octobre 1830.)

Nomenclature exacte
posant
le ressort

et détaillée

de tous
les

les

Cercles et

lieux de réunion existant

dans

départements comquiparaissent avoir

de Montpellier,
le

et

une couleur politique dans
Aude.

sens radical.

— Dans

l'Aude

:

Les Cercles de Carcassonne, au nombre de

trois,

dissous

comme

foyers de propagande;

Le Cercle de Conques;
(Rapp. mens, du 9 mai 1831
.)

Hérault.

— Dans l'Hérault
.

:

La Société

établie à Castries sous le

nom

de la Cavctte.
:

La La

Société de secours mutuels de Saint-Geniès
Société de Baillargues, dite de bienfaisance^

La Société des Tonneliers, de Cette; Le Cercle des Travailleurs, de la même ville La Société de la Jeune-France, deGanges;
Celle des Amis-Réunis, de la

;

La La

Société patriotique, de la

môme ville môme ville;

;

Société des Montagnards, de Frontignan

;

Deux Sociétés établies à Mauguio; La Société de Lansargues
;

312

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

Le Cercle démocratique
de Mèze
;

et la

Société de secours mutuels

La
Le

Société de Montbazin
café de

;

Gigean
:

;

A Montpellier
La

La Société des Jeunes

;

Société des serruriers

;

La Société de l'Ormeau;
Et celle du Jeu de paume;

La

Société Fanjon, à Cournonterral;

La Société deLavérune;

La Société démocratique de Montferrier;

Deux

Sociétés

rouges à Pignan, qui sont en rapport

direct avec celles de Montpellier;

A

Lodève

:

La Société des Fileurs;
Celle des Teinturiers;

A

Glermont,

la Société

des Cadets.

Pyrénées-Orientales.

— A Perpignan

:

Le salon Désarnau Le salon Allègre
;

:

La Société des Tailleurs;
Celle dos Cordonniers;

Celle des Menuisiers;

Le

Parterre, rue de la Lanterne

;

Le Parterre, rue Dugommiers;

La Société de

la Fraternité.

La

Société de Bienfaisance dElne.
agricole et la société des pauvres,
;i

La Société

Tluiir.

l'ne Société de secours mutuels, à CtTol.

La Société fraternelle de Sorède.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Celle de Maureillas.

2

DÉCEMBRE

313

L'Union humanitaire de Prades.
L'Association philanthropique de Catlar.

Indépendamment de ces
aucune couleur
et

Sociétés,

il

existe

un grand
et

nombre de Sociétés de secours mutuels autorisées
jusqu'ici
politique.
Il

n'ayant

y a aussi bon nombre

de sociétés

de Cercles légitimistes.

(Kapp. général du proc. gén. du 10 mars 1851.)

A

Cette (Hérault), deux Sociétés nouvelles viennent de

s'établir

dans

les cafés

Brau

et

Bassas.

(Uapp. mens, du 7 mai

18'J1.)

Parallèlement aux procédures sur les actes de rébellion
à la gendarmerie

marche l'information générale contre

les

Sociétés secrètes. Les

principaux foyers d'association et
les

de propagande récemment découverts sont

communes

de Bédarieux,

les Aires,

Roujan, Caux, Puymisson, Ma-

galas, Puissabion et Villeneuve.

(Rapp. du 27 mai 1851. n^ 173, P.)

V Association

des

Montagnards

s'est

formée à Béziers
Société

(Hérault) et dans les environs, des débris d'une

secrète dite des Travailleurs réunis^ dissoute par arrêté
préfectoral; elle correspond, par ses chefs, avec les orga-

nisations formées dans les principales villes de France, à

Paris, à Lyon, à Toulouse, à Montpellier.
(Lettre

— 347, P.; — N» 33,
N<'

et

du ministre de l'intérieur du 6 septembre 1851. du proc. gén. de Montpellier, du 27 mai 1850.

P.)

Toute l'attention doit être concentrée désormais sur

le

sourd travail des Sociétés secrètes dans ce pays. Les me-

314

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
tous leurs

neurs démagogiques ont évidemment tourné
efforts vers les

campagnes.
3

(Rapp. du

octobre 1851.

N«>

8167, A.)

Poursuite, à Béziers, contre des Sociétés secrètes découvertes ù Villeneuve-lcs-Béziers, à Boujan et à Saint-Thi-

béry. Révélations sur les formalités de Tiniliation.
(llapp.

des G et lo mai 1851, n" 153 P;

voir aussi

n°i!02 P.)

A

Castelnaudary (Aude), l'exaltation démagogique est
cl (|ui

entretenue par une réunion autorisée s'occuper de politique.
(Rapp. du 3 octobre 1851
.)

ne devait pas

La poursuite du complut
dans

dit

des

l*yrénées-Oi-ientales

paraît établir Texistence de Sociétés secrètes très actives
les

arrondissements de Perpignan, de Prades

et

de

Céret. Des conciliabules noctui-nes (enus

dans

la

cam-

pagne sur
but

différents points paraissent avoir eu

pour double

l'initiation

des nouveaux

affiliés et la

détermination des

moyens d'exécution du complot.
(Rapp. du proc. gén. du 10 seplcnil)rc 1851.
n'^

233 P.)

Une

Société secrète a été découverte à Berlou, arronest

dissement de Saint-Pons (Hérault). Une instruction

commencée sur
découvertes.

ce point et a

déji\

donné

lieu à

quelques

(Rapp. des 30 sepleml)re. 16 et 20

o(l()i)re

IS'.ll. n'^

326 P.)

Des Sociétés secrètes

se sont organisées dans lairon;

disscmcnt de Sainl-Pons (Hérault)
les airdiés.
(Ra|)i). nions,

la justice

recherche

du

10

nnvenibre

1851.)

MOLVEME>'T DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

315

Une
san,

Société secrète a également été découverte à Xis-

canton de Capestang",

département

de

l'Hérault.

97

initiations s'y étaient opérées
;

en six semaines. L'asso-

ciation s'armait

elle

avait

une fabrique clandestine de

poudre, etc.
(Rapp. du 24 juin 1851, no 73 P.)

Ressort de Xîmes.

Les pièces saisies à Dole (Jura
Henri ont
fait

sur le détenu politique

connaître que des Sociétés secrètes, établies
et

dans

les

arrondissements d'Avignon

d'Orange (Vaule

cluse), se reliaient

au grand réseau qui enveloppe tout

midi de la

France. Toutes ces Sociétés étaient mises en
le

rapport avec

comité central de Paris

et les

unes avec

les autres par

des agents porteurs des instructions. Elles
et

devaient se procurer des armes
signal de l'insurrection.

attendre de Paris le

(Rapp. du proc. gén. du 6 mai 1850,

n'^

8729 A.)

Bientôt
oîi

il

n'existera plus une seule

commune du
le titre

ressort

ne se trouvent organisées une ou plusieurs de ces réu-

nions non publiques, autorisées sous

trompeur de

Sociétés de bienfaisance, de concorde, de fraternité, etc.,

dans lesquelles on ne s'occupe que de politique. Dans l'Ardèche, dans une partie du département de \'aucluse,
plus grand
le

nombre de ces Cercles sont composés de montade socialistes. Ce sont de véritables clubs plus
été supprimés.
1831.,)

gnards

et

dangereux que ceux qui ont

;Rapp. mens, du 7 février

A

Cadenet (Vaucluse), on a découvert une Société se-

crète fort dangereuse, dite la Société de la

Cougourdo

et

316

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

dont les

membres

sont soupçonnés d'avoir formr

le projet

d'assassiner le commissaire de polïce, projet dont l'exécution a été tentée.

(Rapp. mens, du 8

mars

I81i0.)

Dans

le

département de Vauclusc,

la vaste et

ancienne

organisation des

Chambrées

est exploitée par les

meneurs

socialistes qui les ont converties

en véritables clubs.

(Happ. nions, du 10 avril ISoO.)

A Nîmes
faire

(Gard), une Société secrète avait pour objet de
le

triompher

socialisme à l'aide d'une milice dont

l'organisation déjà
suite a

commencée
le

a été poursuivie

;

la

pour-

échoué devant

jury.

Même

résultat à l'égard d'une Société secrète établie à
titre inoffensif.
A.)

Uzès, sous un

(Kapp. du 22 avril 1830, n''G933. Irtlrc

Poursuites dirigées contre

la

Société du Droit national
la

du

Yigan,

la Société

démocratique de Cavillargues,

Société

des Travailleurs de Saint-Laurent-le-Minier.

Dans l'arrondissement d'Apt,
à se reconstituer.

les

Chambrées cherchent

(Rapp. mens, dos 10 ol 22 août 18o0.)

Etat général des Sociétés politiques de couIchu" radicale»
existant dans le ressort de Nîmes.

Gard.

— Le Cercle de

la

Montagne, à Aramon

;

Le Cercle démocratique,
Les Cercles de Grande
caire
;

dit h\

Montagne, à Montfrin

;

Le Cercle démocratique do Comps;
et

Petite-Montagne, ù

Beau-

Le

(^.ercle

démocratique

(!(>

Jon(|iiicios

;

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
:

2

DÉCEMBRE

317

Le Cercle démocratique de Fourques Cercles démocratiques des Montagnards
leurs dans les

et

des TravailSaint-

communes de Clarensac, Caveyrac,

Colme, Saint-Mamers, Fons, Gajan, Parignargues, Crespian et

Combas

;

Deux

Sociétés à

Sommières
;

:

Tune de républicains

avancés, l'autre de socialistes

Deux Cercles à Aigues-Vives Tun démocratique,
:

l'autre

socialiste

;

Le Cercle des Travailleurs

et le

Cercle démocratique à
;

Congéniès, tous deux dissous par

le préfet

Deux Cercles
Calvisson
;

très radicaux et qui agitent tout le pays, à

La

Société de bienfaisance de ^'auvert, qui s'est scindée

en deux Cercles professant des opinions socialistes;
Trois réunions à Caviar
:

celle des

Camus,
la

celle des

Chasseurs-Montagnards,
radicales exaltées
;

et le

Cercle de

Jeunesse, toutes

A

Gallargues
la

:

le

Cercle Bristiquet,
;

la

Société de la

Montagne,

Jeune France

Le Cercle des
gnan;

Travailleurs, à Vergèze
la

;

Le Cercle des Travailleurs ou de

Montagne, à Cado-

La Société de Bernis-au-Château, lune des
du pays;

plus \'iolentes

La

Société de la Bienfaisance, à ^'estris

;

Celle d'Uchaud.

A

Nîmes, sur 3o cercles, 4 sont
;

socialistes et 9 d'opi-

nions mélangées
socialiste des

les autres sont légitimistes.

Le Cercle
par arrêté

Amis
et

réunis et les deux Cercles légitimistes

du Droit national
préfectoral.

de

l'Alizier ont été dissous

318

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

A

Saint-Hippolytc,

le

Cercle des Travailleurs (Société
le préfet) et le

de secours mutuels dissoute par
mocratique.

Cercle dé-

A

Quissac

:

la Société

du Quai,

la Société

du Pont,

le

Cercle des Travailleurs (qui a été dissous).

Le Cercle de Saint-Théodorit. Le Cercle des Travailleurs de Saint-Sauve, présidé par

M. Emile Fermand, anarchiste des plus dangereux,
dissous deux
livrer
fois

déjt\

par

le préfet et qui serait

capable de se

aux plus graves excès.
celui

Le Cercle des Travailleurs de Durfort, annexe de
de Saint-Sauve.

Le Cercle des Travailleurs deLogrian, également annexe
de celui de Saint-Sauve.

Le Cercle démocratique, Le Cercle démocratique
Alais.

à Saint-Laurcnt-lo-Minier.

et le

Cercle des Travailleurs, à

Le Cercle démocratique dWnduzc, dissous par

arrêté.

La Société démocratique de Barjac.
Le Cercle de l'Union,
à

Génolhac.

La Société
pond avec

dite la Fraternelle, à Lodignan, qui corres-

les autres Sociétés

du canton.

Le Cercle do Boucoiran. Le Cercle d'Aigremont.

Le Cercle démocratique de Saint-Jean-du-Gard,
tuant un véritable chib,

consti-

dont

les

membres

sont envi-

ron

i(l(l.

Le Cercle démocratique de Vézenobres.
Celui de Xers.
Celui de Brignon.

Le Cercle du

caf*'

du Commerce,
î\

à

Bagnols,

La Société de secours,

Cavillargues.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Le Cercle de
Saint-Chaptes.
la Fraternité et le

2

DÉCEMBRE

319

Cercle de l'Univers, à

Le Cercle du Pont-Saint-Esprit. La La La La La
Société de secours mutuels, à Remoulins.
Société de bon secours, à Fournès.

Société économique de Pouzilhac.
Société des Montagnards, à

Roquemaure.

Société de la Montagne, à Villeneuve-lès- Avignon,

Vaiicluse.

— Le Cercle de Roussillon, de
le

l'opinion

démo-

cratique avancée.

36 Cercles dans

canton de Pertuis, dont

:

A Pertuis A la Tour-dAigues A Saint-Martin-de-la-Brasque A la Bastidonne A Cabrières-dAigues

20
4
.

.

3

2 3
1
1

A Ansouis A la Bastide-de-Jouans A Beaumont
Total égal

2

36

La

très

grande majorité des

affdiés
;

appartiennent à
ils

l'opinion démocratique la plus avancée
politique.

s'occupent de

A

Cadenet, 8 Cercles socialistes

:

les Soldats, les

Jeunes,

l'Etoile, la

Table ronde,

la

Renommée,

les Lanciers, la

Mission, la Basoche.

Un

Cercle, présidé par le sieur Chauvel, à Cucuron.

Le Cercle Saint-André, à Loumarin. Le Cercle de Cbampagnie,
à Lauris.
à Villelaure, dissous par

Le Cercle de Saint-Mathias,

arrêté préfectoral, mais se réunissant depuis.

320

ASSOCIATIONS ET SOCÎÉTÉS SECRÈTES

Dans

le

canton d'Avignon
;

:

Le Cercle Républicain

Le Cercle des Surveilleurs

;

Le Cercle de Tlndustrie
Le Cercle de

;

la Fraternité la

;

Le Cercle de Le Cercle de

Jeune Gloire

;

la Vieille Gloire. et
le

Le Cercle Philanthropique
tional, à Morières.

Cercle Véritable-Na-

Le Cercle ou Société de bienfaisance,

à

Bédarides.

Le Cercle de
le

bienfaisance, à Sorg'ues.
le

Le Cercle de Sères,
canton de Cavaillon.

Cercle de

la Civilisation,

dans

Le Cercle de
dans
le

la

Fraternit»', le

Cercle de

la

Concorde,

canton de Tlsle.
et

La Société nationale
turnin.

philanthropique,

à

Saint-Sa-

A
La

Carpontras,

le

Cercle national, centre do tous ceux
et qui a été dissous

de Tarrondissemcnt

par

le préfet.

Société Montagnarde, do Sarrians.

Le Cercle de Bienfaisance, à Loriol. Le Cercle tenu par le sieur Gauthier, Le Cercle Démocrate,
Le Cercle National,
à

à

Monteux.

Mormoiron.

à Maleniort.

Le Cercle

National, à Pernes.

Pans les cantons de Pernes et d'Orange, les Nota. anciens Cercles ont été dissous: les affihés se réunissent dans les cafés.

Loznr.

— Le Cercle démocratique

et National, à Florac.

Le Cercle démocratique, à Meyrueis.
Vauclusc.

— Des Cercles

démocratiques, à Privas

et

à

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
Aubenas, ont été fermés par
organisation
occulte
lie

2

DECEMBRE
;

321

l'autorité administrative

une

encore entre

eux

les

anciens

membres.
(Rapport du
3 février 1831,,
n'^

31 P.)

Les Cercles démagogiques
fermés.

dits des

Travailleurs ont été

Dans

le

Gard, peu de Sociétés politiques ont échappé

aux mesures prises par l'administration ou ordonnées par
les tribunaux.

(Rapp. mens, des 14 janvier et 25 février 1831.)

L'instruction

du complot de Laurac (Ardèche) a

fait

connaître des Sociétés secrètes organisées dans l'arrondis-

sement de Largentière, notamment à Laurac
sions.

et

aux As-

(Rapport des 2 et

3

septembre 1831,
établi

n^ 297 P.)

Dans TArdèche,

il

s'est

un comité révolution-

naire qui correspond avec Nîmes et Valence.

Une

Société secrète est établie dans le canton de Vallon,

et les affiliés se réunissent

à Sala vas.

Une manufacture clandestine de poudre existait à BourgSaint-Andéol. La fabrication n'a pas été arrêtée par la
condamnation prononcée à Privas
(Lettre
;

l'entrepôt est à Loriol.

du ministre de

l'intérieur

du

6

septembre

1831.)

Ressort

dAix.

A

Aix

et

à Marseille (Bouches-du-Rhône), les anciens

clubs sont remplacés par des Cercles, où l'on s'occupe de
politique.

A

Aix

:

Cercle des Malcontents, Cercle démocratique,

Cercle républicain.
TCUERNOFP
21

3-22

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES
Marseille
:

A
fet
;

Cercle Paradis, dissous par arrêté du préla

on a fabriqué de
affiliés

poudre
;

et

des armes clicz dos

individus

à cette Société
;

Cercle Marbeau

Cercle des Xervi.

Dans

les petites villes et

dans

la

campagne, ce sont des
et

clunnhrées se tenant dans des maisons privées

échop-

pant ainsi à toute surveillance.

A Digne (Basses- Alpes),
la direction

il

existe

une Société secrète sous

de Langomazino.

A

Valensolle et à Gréoux (arrondissement de Digne),
Solidarité des travailleurs,
divisée

association dite

en

centuries et en décuries et destinées à former l'armée républicaine.
(Happ. mens, des 10 cl 18 décembre 1849 et du 5 juin
1851.)

Les Sociétés de secours mutuels de Valen-solle, d'Oraison
et

des Mées (Basses-Alpes) sont des foyers de propagande

anarchique.
(Uapp. du l'roc. gén. (I".\ix,(lu7 déc-embro
1851.)

Les

partis son!

toujours organisés dans les Cercles et

les Chambrées

qui

ont

remplacé

les

clubs.

est

le

danger.

Les

pi'éfels

du Var

et

des Basses-Alpes ont déjà pris des
ces réunions. Le

arrêtés pour fermer quelques-unes de
préfet des

Bouchcs-du-Rhône vient de fermer également
fi

un cercle

Marseille

;

mais

il

est obligé d'agir

avec une

grande réserve, dans cette
ces Cercles existent
et

\ille et à

Aix, où plusieurs de
j)olilique.

s'occupent évidemment de

(Uapp. nions, du 17 janvier 18o0.)

.

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
Le nombre des Chambrées
arrêtés de dissolution.
Il

2

DECEMBRE
par suite

323

a diminué

des

V a encore des Cercles

et

des Chambrées dans

le

can-

ton de la Ciotat (Bouches-du-Rhône)

A

Forcalquier (Basses-Alpes),

le

21 janvier a été célébré
;

par des banquets dans les Chambrées

elles ont été fer-

mées.

Dans l'arrondissement de Toulon
ont

[Var;, les

Chambrées

commis du désordre
les

;

elles ont été fermées.

Dans l'arrondissement de Brignolles
de Drao-uiû-nan Yar
.

(Var) et dans celui

Chambrées sont nombreuses. Les

plus dangereuses, celles de Belgentier, ont été fermées.

Dans l'arrondissement de Tarascon (Bouches-du-Rhône),
les

communes de Sénac
afTdiés

et

d'Orgon ont des Cercles poHtile

ques

ensemble. Dans
lit

canton de Tarascon,

il

ya

plusieurs Sociétés où on

les

journaux anarchiques. Dans

cet arrondissement, les Sociétés pohtiques, organisées sous
le titre

de Cercles ou de Chambrées, produisent les plus
effets.

déplorables

A

Arles (Bouches-du-Rhône),

le

Cercle des Travailleurs

est fréquenté

par les socialistes les plus exaltés.

(Rapp. mens, du 14 février 1850, et rapp. mens, du
16

novembre

1851.)

A

Meyrargues Bouches-du-Rhône\ deux Cercles pohti-

ques sont poursuivis faute de déclaration.

Dans l'arrondissement de Forcalquier (Basses-Alpes),
huit individus obéissant à

les

Sociétés secrètes se sont fractionnées par section de sept à

un mot d'ordre commun.

A Gréoux

(Basses-Alpes), la plupart des

membres de

la

Société dissoute se réunissent dans un cabaret.
(Rapp. mens, du 12 mars 1850.)

;52t

ASSOCIATIONS ET SOCIKTKS SECRÈTES
Auriol fBouchcs-du-Rhùne),
il

A
A
pas

y

a une Société rouge.

(Rapp. mens, du la mai 1850.)

Saint-Remy

et surtout à

Château-Renard

et à

Orgon

(Bouches-du-Rlîône), les Socit'lés politiques ne prennent
la

peine de se déguiser. Le fléau des Sociétés politiques,
le
titre

déguisées sous

de Sociétés de bienfaisance, de
est la

Secours mutuels, ou ménu' de Sociétés religieuses,

cause première du fanatisme, des haines invétérées qui, à

Tarascon

et à Arles, ont
IG

de

si

déplorables
iJSoUet

effets.

(Rapp. mens, du

novembre

du

14

mai 1831.

Les Sociétés secrètes existent toujours. Leur existence
a été démontrée à Toulon
ci

à

Draguignan (Var)
de ces deux

;

une
ce

information a lieu dans
sujet.

la |)remière

villes à

(Rapp. du 10

dt''(cnii)ie

1850 et dossier n" 2

I*.)

Dans l'arrondissement de Hrignolles (Var),
semble
toriti-

l'agitation
l'au-

s'être concentrée
fait

dans

les

Chambrées. Aussi

en a

fermer im gr-and nombre.
ilii

(Rapp. meus,

17 Juin 1851.)

Les Cercles

et les

Chambrées

sont toujours la
et

|)laie

des

petites localités

de rarnMuhssement d'Aix

de BrignoUes

(Var).
(I\app.

mens, du

août 1851.)
.si

Le remède

à la siliialimi

rail

la

fermeture de ces
le

nom-

breuses Sociétés politi(iues qui, sous

nom monteur de

Sociétés de bienfaisance, ne sont (|ue des foyers de propa-

gande

et d'agitation.

(Rapp. n)cns. du

i:>

octohre 1851.)

A

Aix (Bouches-du-Rhône\ on a découvert une Société

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
politique ayant de Taffinité avec
celle

2

DÉCEMBRE

323

de la Jeune-Mon-

tagne. Elle est déguisée sous

le titre

de Société de secours

mutuels, et composée d'environ loU membres divisés par
sections, dont

une se compose exclusivement de
au nombre de quinze.

militaires

de

la garnison

(Rapp. du Proc. gén. du 17 février 1851, n° b4 P.)

A

Maussane,

arrondissement

d'Arles

(Bouches-du-

Rhône), on a découvert une Société formée par les anarchistes pour s'assurer des secours mutuels en cas de con-

damnations judiciaires.
(Lettre du ministre no 220 ]\)

de lintérieur du

18 juin

18ol,

A
il

Marseille, l'organisation

du

parti socialiste continue

;

se groupe autour

du Cercle Paradis, qui

est dirigé lui-

même

par un comité dont les

membres

sont inconnus.

(Rapp. mens. d'Aix, du 13 avril 1851.)

Le Cercle de
meture a donné

la

Garde-Freinet, arrondissement de Draété fermé par

guignan (Var), a

un arrêté du

préfet.

Sa

fer-

lieu à

une grave rébellion.

(Rapp. du Proc. gén. des 30 «epfemhre et 25 octol)re 1851, n"

31S P.)

Ghoui'k de l'Ouest
Ressort
(Je

Hp/ihcs.

Association fraternelle des Travailleurs, pour les ouvriers

cordonniers,

fondée
ville.

à

Rennes

(llle-et-Vilaine)

,

par un

avocat de cette
(Ka[)|).

du

i-

janvier 1850.)

326

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

A

Nantes (Loire-Inférieure), on pense que des Sociétés

secrètes ont été organisées.

(Rapp. du

!«'

juin 18aO.)

A Rennes, Cercle de la rue Saint-Georges. A Loudéac (Cùles-du-Xord), Société des Travailleurs.
(Rapp. mens, des
1'^''

août,

i'"'

septembre

et 31 octo-

bre 18o0.)

Organisation de Sociétés de secours mutuels, dont

le

but ne semble être autre que de préparer des cadres pour
le

jour de l'insurrection.
la

Le

sieur Tilleul,

commis-

voyageur de
Sociétés.

démagogie, a

été

chargé d'établir ces

A

Ancenis (Loire-lnféricurc), un individu a fondé une
fraternelle universelle,

Société

sous

le

nom de
ISoi.)

l'Ancé-

nienne, pour abriter des
(Rapp. mens, des

manœuvres
l'"""

politiques.

février et 3

mars

A

Nantes,

la Société Fraternelle,

présidée par

le

sieur

Merrien, est dissoute. Elle se reforme en Société de secours
mutuels, sous
le le

nom

de Société Nantaise.

A

Rennes,

Cercle des Travailhun-s s'étend.
31 juillet cl 30 sepl(Mnl)re 1851.)

(Rapp. mens, des 2 et

En novembre

18ol, sous riiilhience du sieur Morhéry,
la

ex-constiluanl, et d'autres meneurs,
vailleurs Vie Rennes,

Société des Trai()

composée

(reiiviron

membres,

semble se ranimer.
(llapp.

mens, du Vvuc. gén.

di'

lUnni's du 30 novem-

bre 18ol.)

On
nom

pense que avec

la Société Fraternelle

de Nantes avait des
le

affinités

les Sociétés

connues dans

Midi sous

le

de Jeune-Montagne.

— On

craint qu'au jour de la

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
lutte,
et

2

DÉCEMBRE

327

on ne trouve dans l'Ouest des cadres tout préparés
le

des chefs désignés d'avance pour suivre

mot d'ordre

parti de Paris et de

Lyon.

(Rapp. mens, du 31 août 1851.)

Ressort d'Anf/ers.

A

Chalonnes (Maine-et-Loire)
il

et

à

Château-Gontier

(Mayenne),

existe des Sociétés soi-disant charitables et

qui sont soupçonnées d'être politiques.
(Rapp. mens, du 10 décembre 1849.}

A

Angers (Maine-et-Loire), une Société de secours muvouloir,

tuels dite la Fraternité, parait

sous des dehors

philanthropiques, cacher un but et une organisation politiques.

(Rapp. mens, du 2 septembre 1830.)

A Saumur (même
cupée
àe,

département), l'autorité

s'est

préoc-

réunions politiques ayant lieu à jour
la

fi.xe,

dans
sous-

une taverne de
officiers

Grande-Tasse,
et

et

où Ton

attirait les

de

la

garnison

des cavaliers de l'école.

— Ces

réunions ont cessé subitement depuis les poursuites.
(Rapp. mens, du 31 mai 1850.)

Une

lettre saisie

au domicile du sieur Masson, un des
de l'arrondissement de Troyes
a beaucoup de Carbonari à
18of
,

démagogues

les plus exaltés
qu'il
-T

(Aube), annonce
(Rapp. du

y

Saumur.

septembre

voir

n'^

321, P.)

Un

arrêté

du

préfet de la Sarthe a dissous
le

une Société
de l'Or-

musicale connue à la Ferté-Bernard sous

nom

phéon,

et qui servait

de prétexte à des réunions politiques.

(Rapp. mens, du 10 mai 1851.)

328-

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

Ressort de Poitiers.

A Loudun

(Vienne), réunion des

hommes de

\cy

Solida-

rité répiihlicaine,

chez un sieur Briant.

A

Fontenay (\'cndée), associations d'ouvriers chanteurs.
le sieur Joly, aubergiste,

Autre réunion chez
écrits

pour Hre

les

envoyés de Paris.
Niort

A

(Deux-Sèvres},

association qu'on

soupçoiiu»'

d'être formée par les rédacteurs de

ÏOEil du peuple. Elle
;

serait divisée en décuries et centuries

les

décurions et les
cafés
et

centurions
cabarets.

seraient

convoqués

dans

les

les

(Rapp. du 9 mars 1850.)

A Loudun
le litre

(Vienne), une Société qui s'était formée sous

d'Association philanthropique de secours mutuels,
'^

a été interdite j)ar arrêté du

août 1850, pour s'être occu-

pée de pohtique.
(Rapp. du 13 août
18*50).

Dans

la

même

ville,

il

s'est

reformé une Société philan-

thropique dûment déclarée.
(Rapp. du 8 lévrier
18">1.)

A
Ils

Loudun,

les socialistes font

de nombreuses recrues.
la

Des citoyens bien posés y
ont des conciliabules.

afflueni et font
croit
î\

propagande.

On

une Société secrète.
IS'il'».

(Rapp. nuMis. du 9 seplonibrc cl du 9 novombre

Le Cercle des Ecoles,
arrêté préfectoral

établi

;\

Poitiers, a été formé par

comme s'occupantde
du

pohtique.

(Rapp.

nicn.s.

srjjtcMiihro ISiil.)
cl

La

lettre saisie

au domicile de M. Masson,
d'Angers), cite

dont

il

a

été parlé plus

haut (ressort

la

Rochelle

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE A>"TÉRIEUK AU
(Charente-Inférieure)
pris naissance.

2

DÉCEMBRE

3i9

comme

le lieu

le

carbonarisme a

(Dossier n° 321 P.)

Algérie
Alger.

En

1848,

le

sieur Maggiolo, arrivé de Paris

avec un

passeport du préfet de police Caussidière, organisa à Alger,

dans l'ancien local des Travaux publics, rue des Lotophages,

une

Société secrète

connue
et

sous

la

dénomination

des

Ouvriers du temple

de Thumanité. Cette Société ne

subsista que peu de temps.

Maggiolo forma ensuite des associations qui, sous
de
Carbonaritos, ont pris un

le

nom

grand développement en
:

Algérie, et qui avaient pour
vail; l'heure est sonnée.

mot de passe
Alger

Droit au tra-

X la fin de

18o0,

il

existait à

trois Sociétés secrètes

:

Celle qui a été organisée par Maggiolo. qui était égale

lement

fondateur de celle d'Oran

;

elle est réduite
;

à une

quinzaine de
2"

membres

qui se réunissent rarement

Une

Société composée

de républicains très avancés
;

qui marchaient avec

Ledru-Rollin

cette

Société

ne se

réunit plus depuis le complot d'Oran, où trois de ses

mem-

bres se trouvèrent compromis;
3"

La

Société dirigée par le sieur Pillon, ancien trans-

porté de Juin, et qui est la plus dangereuse de toutes. Les
affiliés,

qui paraissent être au

nombre de 200, ne con-

naissent que Pillon, leur seul initiateur et ne doivent obéir

qu'à

lui.

(Rapp. du
i\°»693;i

l'roc.

gén. d'Alger, du 10 septembre 1850.

A

el 9103 A.)

330

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

Ovan.

Une

Société carbonarique a été fondée à Oran, en mai ou

juin 1848, sous le

nom

de Famille ou Enfonts de Car-

thage. Ses

affiliés

s'appellent Bons-Cousins-Carbonari. Elle

est divisée en ventes de 10 individus.

Chaque vente

est présidée

par un grand maître.

Dix ventes forment un décastère.

Les décastères sont sous
qui existe en Algérie.

la direction

de

la

vente suprême

La vente suprême

est

sous

la

direction de

la

grande

vente universelle, dont le siège est à Paris.

Aux

termes des statuts, chaque sociétaire devait avoir

un costume consistant en une blouse avec capuchon et des armes (fusil et poignard). Des cotisations mensuelles
alimentaient les finances de la Société.
C'est cette Société qui a été accusée du complot d'Oran

en juin 1850.
(Rapp. du Proc. gén. du IS juin 1850 et du Proc. de la République d'Oran du 9 juillet suivant. iN" 9103 A.)
Elle a vraisemblablement des affiliations en Algérie
et

des rapports avec les Sociétés do Lyon et de Paris; mais
l'instruction n'a recueilli
cet objet.

aucun renseignement précis sur

A

Mostaganem, une Société secrète a essayé de se
de
garnison.

for-

mer en
officiers

août 1851, et d'attirer à elle des soldats et sousla
Il

paraît

que ces tentatives n'ont

pas eu de résultat.
(Doss. n» 299 P.)

MOm^EMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DECEMBRE

331

Corse
Ressort de Bastia.

Aucune

Société secrète n'a été signalée dans cette

île,

dont les habitants sont restés, jusqu'ici, complètement étrangers aux passions politiques.

Le tableau qui précède n'énumère
toutes les Sociétés secrètes existantes.
les
11

pas,

sans doute,

ne contient,

comme
les
le

paragraphes suivants, que
objet,

les

renseignements qui ont

été fournis, sur cet

par les rapports de
la

MM.

procureurs généraux ou par

correspondance de M.

ministre de l'intérieur et de M. le préfet de police.

Pour donner son véritable sens à
tableau, d'un

l'insertion,

dans ce

nombre considérable de Sociétés de secours
il

mutuels ou philanthropiques,
quer que, vers
le

convient de faire remarles Sociétés

commencement de 1851,

de

ce genre se transformèrent pour la plupart, et
l'effet

comme

par

d'un mot d'ordre général, en Sociétés pohliques.
est constaté par

Ce
mi-

mouvement
nications de

un grand nombre de commuet

MM.

les

procureurs généraux

de M.

le

nistre de l'intérieur à qui le

même

fait

avait été également

signalé parles préfets des départements.
(Rapp. mens, des Proc. gén. d'Aix des 16 novembre 1850 et 15 octobre 1851, de Nancy des 2 décembre
1850 et 2 janvier 1851, d'Orléans du 6 janvier 1851, de Nimes du 7 février 1851, de Caen du 5 avril 1851, de Limoges du 9 novembre 1851. Lettre du ministre de l'intérieur du 24 février 1851. N'^ 59 P.)

Dès

lors, les Sociétés

philanthropiques ndiquées

comme

332

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

politiques, sont

devenues de véritables Sociétés secrètes
articles 13 et 15

aux termes des

du décret du 28

juillet

1848, qui assimilent à
politique

une Société secrète toute Société

non autorisée.

!^

2.

— Affiliation et rapports des sociétés secrètes
kntre
ei.i.es

Il

résulte de plusieurs passages

du paragraphe précédent

que des relations existent entre des Sociétés de

même

ori-

gine. Ainsi l'on a vu que, dans le ressort de Montpellier,

deux

socialistes établies à

Pignan étaient en rapport avec
les

celles de Montpellier, et
et

que

Cercles politiques de Senac
le

d'Orgon, arrondissement de Tarascon, dans
affiliés

ressort

d'Aix, étaient

lun

à l'autre.

L'association de la Solidarité républicaine, dont le centre
était à Paris et qui avait

des succursales dans plusieurs
affilia-

départements, est un exemple plus frappant de ces
tions.

La
la

Société de la Jeune-Montagne, établie dans le midi de
et

France

sur laquelle s'appuyait
r»''cent

le

complot dit de Lyon

en fournit un exemple plus

encore.

L'instruction relative à l'insurrection

du

\'al

de

la

Loire

a démontré que les Sociétés secrètes qui enlacent

le

dépar-

tement de

la

Nièvre sont en étroite communication avec

les Sociétés

du Cher.
(lu

(Rapp.
n<^

Proc.

iréii.

de Houriros, du 20 octobre 1851.

30tj P.)

Ces
sent
;\

Sociétés, ainsi qu'on la déjà
la

vu plus haut.

|)araiset

similitude

des formules, des serments

des

signes de reconnaissance, se rattacher 6 ce qu'on appelle

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
la

2

DÉCEMBRE

333

Jeune-Montagne,

et

dépendre hiérarchiquement des co-

mités supérieurs de Paris, de Londres ou d'autres grands
centres.
(Rapp. mens, du Proc. gén. de Bourges,

du

!<='

dé-

cembre

1851.)

D'un autre
1830, M.
le

côté, voici ce qu'écrivait, le

12

décembre

Procureur général d'Aix, au sujet des Sociétés
:

secrètes de Toulon (Yar)
«

L'information qui s'instruit à Toulon suit son cours.

Elle

emprunte surtout son importance à
Toulon

la

circonstance

que l'organisation sérieuse des Sociétés secrètes qui existent à
est parfaitement

conforme à

celle des Sociétés

qui existent à

Lyon

et

dans d'autres départements. C'est

partout une division des Sociétés par sections, des formalités
d'initiation
et

des serments analogues. Si l'organisation

de toutes ces Sociétés est semblable, on ne peut guère douter
(|ii"il

n'y

ail

aussi identité dans le but qui est le renverseet la ruine

ment du Gouvernement
(Dossier n"
2 P.)

de tout ce qui existe. »

Bien plus, de fortes présomptions portent à croire que
des rapports existent entre
tés secrètes qui ciétés
le

plus grand

nombre des Socié-

couvrent

le

pays, ou plutôt que ces So-

ont des rapports avec un comité central établi à

Paris qui les dirige par des mots d'ordre.
11

faut,

néanmoins, remarquer que

les Sociétés
le

rouges

du Midi paraissent plutôt en rapport avec
tral

Comité cen-

de Lyon. Elles reçoivent aussi des avis des représen-

tants

montagnards du Midi.
(Rapp. du préfet de l'Ain, du 29 juin 1850, n° 9103 A.).

«

Les relations de Société à Société s'entretiennent prinle

cipalement, dit AL

procureur général de Nîmes, dans un

334

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

rapport du G mai I80O sur les Sociétés secrètes du Midi,

au moyen

d'affiliés

allant

d'un lieu à un autre porter les
croit être certain
il

instructions des chefs.

On

que

le

mot

d'ordre part de Paris pour Lyon, où

est

reçu par un

chef supérieur qui

le

transmet ensuite de la

même
dit

manière

dans

les

départements voisins. »
le

Ce que M.
établies
«

procureur général de Nîmes

pour

les

Sociétés secrètes

du Midi semble s'appliquer aux Sociétés
de
la
le

dans

les autres parties
dit

France.

Dans

la Haute-Loire,

M.

procureur général de
avril 1851, les

Riom, dans son rapport mensuel du o
des mendiants

com-

munications ont lieu par l'intermédiaire des vagabonds,
et

des ouvriers qui j)arcourent
»

la

F'rance,

sous prétexte de chcrclier du lta\ail.

Voyages d'agents

secrets.

Fréquemment, ces espèces de commis-voyageurs de
démagogie ont
été signalés, et
il

la

serait trop

long de
:

les

nommer Un se

tous.

11

suffira d'en citer

quelques-uns
Henri,

rappelle le

nommé

F^rançois

sur lequel
re-

furent saisies, en février 1850, un grand

nombre de

commandations émanées de présidents de Sociétés secrètes

du Midi

et adressées

aux principaux démagogues du pays
été arrêté

que ce condamné devait traverser. Henri avait
à Chalon-sur-Saône, et
il

se rendait à Paris. C'était
le

un de

ces agents qui voyagent pour

compte de

la

démagogie.

Le nommé Benjamin
i8oi, voyageait sous

Tilleul, arrêté
le

à Brest le 5

mars

j)rétexte
le

apparent de recueillir
;

des abonnements au journal
qu'cMi dit

Proscrit

mais voici ce

M.

le

procui'cur géïK'i'al
1(S."»I

de Hennés, dans son
:

rapport du iM

lV'\rier

(^n"

ii, P.)

MOUVEiMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
« Je suis tenté

2

DÉCEMBRE

335

de penser que Tilleul, ami de Charles

Dolescluze, et dont le séjour coïncide

avec l'organisation

d'une Société de bienfaisance à Ancenis, lieu intermédiaire
entre Nantes et Angers, n'est venu à Rennes que dans

un
du

but analogue,

et

que

l'on veut continuer l'organisation

socialisme à l'aide de prétendues Sociétés de secours qui

ne sont, en

réalité,

que des cadres préparés pour

l'insur-

rection et la révolte. »
« Tilleul

est

en

effet siornalé O

comme un
»

ao'ent fort actif O

du comité révolutionnaire de Londres.
Jean-Baptiste Billon, ancien

condamné

politique, arrêté

à Bourgoin

(Isère),
et

en février 18oi, sous prévention de

vagabondage

de vol, avait de nombreuses relations avec

un grand nombre de membres ou de chefs de Sociétés
secrètes.
relations.
Il

était

porteur de papiers qui tous attestaient ces
rédi-

Les termes dans lesquels ces pièces étaient

gées, et surtout les empreintes des cachets qu'on remarquait sur quelques-unes d'elles, leur donnaient une grande
similitude avec les papiers qui avaient été saisis, dans le

courant de l'année précédente, sur
Henri, à Dôle.
«

le

nommé

François

Billon, ajoute le procureur général de Grenoble,
juillet

dans

«

son rapport du 7

18ol
assez

(n° 90, P.),

me
ce

paraît être

«

un de ces individus,
voyagent de
ville

nombreux en

moment,

« qui

en

ville,

rendant probablement

« quelques services clandestins
« «

aux Associations secrètes
entretenant ainsi les rap-

pour leur correspondance

et

ports des unes avec les autres. »

Ces
de

affihations,

entretenues par les voyages d'agents

secrets, sont encore prouvées par la similitude des

moyens

reconnaissance

appartenant à un grand nombre de
points

Sociétés sur tous les

de

la

France. Ces moyens

336

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

consistent dans les sceau.r dont elles se servent, dans les

formules du serment

et

des initiations, ainsi que dans les

signes de convention et les mots de passe.

Sceaux.

On
ont

vient de voir que les chefs des sociétés secrètes qui
soit

recommandé

Henri, soit Billon à leurs frères et
ils

amis, se servaient d'un sceau dont
preinte sur les pièces

déposaient l'em-

émanées d'eux
était

et qu'ils se

gardaient
et

bien de signer.
portait des
le

Ce

sceau

d'une forme oblongue
terreur
:

emblèmes

d'égalité et de
la

l'équerre,

niveau, le compas,

hache

et

le

faisceau de licteur

surmonté du bonnet phrygien.
(Rapp. du proc. gén. de Grenoble du sur le complot de Valence.)
9

décembre

1850.

On

retrouve ce

même

sceau dans l'instruction relative
Grill,

au complot de Lyon. Le prévenu

membre du Cercle

des Travailleurs de Nîmes, avait envoyé à Congeniès, à

Codognan,

à

Sau\e

et

dans

quali'c autres

communes des
le

environs de Nimes, un sceau semblable, que possédait

Cercle des Travailleurs.
(Uapp.

du proe. de la du complot de Lyon,

llép.

de Lyon sur l'iiislruelion

cliap. 1'% | i".)

For nulles
Les formules

d'initiation.

d'initiation et

de serment paraissent aussi
j)our

ronnnuncs
ne pas dire

à

un gi-and nombre de Sociétés secrètes,

à la totalité.
i\

C'est dans mie poursuite relative
établie au Puv-Sainl-Martin,
la
tin

une Société secrète
(\o

département
faites

la

Drùme, à

de I8o0, que des révélations

par les témoins

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Rebourcel,

-2

DÉCEMBRE

337

Faure

el

Jaufert firent d'abord connaître la
:

formule d'initiation suivante
« L'initié, les

yeux bandés,
et

est placé à

genoux sur

«

deux couteaux en croix

sur deux pièces de o francs,

« et le dialogue suivant s'engage entre lui et l'initiateur:
« Désires-tu être afTdié à la Société

« tu de ne jamais

révéler les

— Oui. — Prometspromets. secrets? — Je
?

le

« Jures-tu d'obéir à tous les ordres qui te seront donnés,
«

lors

même

qu'ils te prescriraient

de tuer ton semblable?
ta

«
« «

— Je

le jure.

— Que sens-tu sous

main?

deux couteaux et deux pièces de 5 francs.
sont placés là pour t'apprendre que
si

— Je sens — Ces objets

l'appât de l'argent

« t'engageait à trahir la Société, elle t'en punirait par la
«
«

mort.

En

ce moment, on débande les yeux au récipienaffiliés

daire et

deux anciens

saisissant les couteaux les
:

« brandissent sui-

sa tête,

en disant

Oui,
et

le

frère qui
la lui

« vendrait nos secrets mériterait la moit,

nous

« ferions subir. »

(Rapp. du proc. gén. de Grenoble du 4 novembre 1851, iT^eOSJ A, sur la Société secrète du Puy-Saint-Martin;
et

du

9

déceml^re 1830, n° 6933 A, sur la Société du

Buis.)

Ces formes

d'initiation se rencontrent partout les

mômes,

à quelques légères différences près.

On

les retrouve

dans

les Sociétés secrètes

de l'arrondis-

sement de Béziers (Hérault), révélées par la déposition du
témoin Tabouriech, de Villeneuve-lès-Béziers.
<Rapp. du proc. gén. de Montpellier des 6 el 15 mai 1851, n^ lo3 P, sur les Sociétés secrètes de Toulon (Var) et de .Marseille (Rouches-du-Rtiône). Dossier!*,
n"^ 2 et 133.)

Elles se trouvent aussi dans les initiations aux Sociétés
TCHERNOFF
22

338

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

secrètes de Boujan et de Saint-Tibéry. dans le

même
,

ar-

rondissement de Béziers (n" 202 P)
à la

;

dans

la

réunion tenue
le

Brouzala,

près

d'Argelès (Pyrénées-Oi'ientales];

10 avril 1831 (rapp.

du proc.

gén.

de Montpellier

du

16 septembre 1831, n" 233 P); dans la Société secrète de

Berlou, arrondissement de Saint-Pons (Hérault) (rapp. du

même

magistrat du 20 octobre

1831, n" 32G P)

;

dans

la

Société secrète découverte à Chantemerle (Drôme).
(Dossier n" 369 P.)

C'est la

même

formule qui est employée dans

le

\ar

et

dans toutes

les Sociétés

de

la

Jeune-Montagne qui existent

par toute la France.
(Lettre du ministre de rintérieiir du 6 septembre 1851

sur les Sociétés secrètes du Midi, n"

2'J7 P.)

Celte formule servait ('gaiement aux initiations de

la

Société secrète découverte à Largentièro, département de

l'Ardèche, à l'occasion des troubles de Laurac.
(Hap. du proc. gén. de Nimes du 3 septembre 18ol,
n-^

297 P.)

Enfin on

la

ictrouve encore dans les Sociétés secrètes du
lo

déparlement du Cher qui nronl

mouvement de Précy

au commencement d'octobre dernier.
(Rapp. du proc.
17
i^fén.
n''

de Bourges des 4 oclolire et
8167 A.)

novembre

1851.

Une
l'aulr-e,

auli'e

formule diiiiliation, plus sauvage encore que
la

a été trouvée dans une perquisition faite à
;

\'acbe.

canton de N'alence (Drôme)
<(

en voici

le texte

:

Dis-moi citoyen, quelles sont

les raisons qui

l'amènent

ici ?

«

Dis-moi, citoyen; on m'a
la

dit

que

tu

nous avais dénon-

cés ù

justice

:

est-ce

vi'ai ?

MOUVEME>'T DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
«

2

DECEMBRE
et

339

Maintenant que tu as
le

les

yeux bandés

les
toi

mains
;

attachées derrière

dos, nous

sommes maîtres de

mais

nous voulons, avant
«
Si,

tout, examiner...

par exemple, ton père ou ton frère ne se trouvait
te

pas de ton parti,
« «

vengerais-tu
te serait-il
dit

?

lui tirerais-tu

dessus

?...

Cependant, ne

pas possible de
le préfet fait

le faire ?...

Maintenant, on nous

que

circuler des

listes

pour

la prolongation

de la présidence; la signerais-

tu

l'

«

Sil

te fallait

prendre les armes pour défendre
?

la

Ré-

publique, les prendrais-tu
« «
«

Tu veux donc
Il

être républicain, à ce qu'il parait

?

nous

faut

de ton sang; viens, que nous

le tirions.

Je jure sur ces armes, symbole de l'honneur, de ser-

vir la

République démocratique

et sociale,

et

de mourir

pour

elle, s'il le faut.

« Je jure, en outre, haine et
et

vengeance à tous
que de jamais

les rois

à tous les royalistes,

et

que mes

entrailles deviennent
faillir à

plutôt la pâture des bêtes féroces

mon serment
« «

1

Je

le

jure trois

fois

!

Je jure, sur

mon

honneur, au

nom
et

de

la sainte

cause

pour laquelle je viens d être reçu, de marcher, en tout
lieu,

avec mes frères de

la

Montagne,
!

de prêter aide

et

assistance à tous les démocrates
« Je le jure trois fois,^au

nom du

Christ rédempteur!
17

(Rapp.
18ol,

du proc. gén. de Grenoble du
n'^

novembre

391 P.)

Signes de reconnaissance. Mots de passe.

Des signes
les
affiliés

particuliers de reconnaissance existent entre

appartenant à une

même

Société secrète.

Ils

340

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

consistent ou dans la manière de se saluer en s'abordant,

ou dans des signaux d'avertissement ou de reconnaissance.

On

trouve un exemple de ces moyens de reconnaisla Société

sance dans
affiliations

de

la

Nouvelle-Montagne, dont

les

ont été

reconnues

dans

le

département de

l'Yonne

et

le conseil

membres ont comparu devant de guerre de Lyon. Un membre qui en rencontre
dont plusieurs
:

un autre
reprend

dit
:

V heure ? l'autre répond
;

:

Sonnée. Le premier
:

Nouvelle
n" 338 P.)

on doit

lui

répondre

Montagne.

(Rapp. du proc. gén. de Paris du 12 septenibre 18oi.

Le comité
les Sociétés

dirigeant sent quelquefois la nécessité défaire

circuler, par des agents,

un mol de passe qui

relie toutes
et

dans une sorte de communauté de pensée
circonstance décisive.

d'action,

dans une

Le complot de Lyon donne un exemple frappant de celto pratique. Le mot do j)asse qui servit aux affiliés j)uur se
reconnaître indiquait
la
et

rendait, pour ainsi dire, flagrante

pensée de l'insurrection projetée.
unicersel! — Lyon!
la
Il

Ce mot de
le

passe était:
Midi.
11

Su //'rage
llhùne.

parcourut

fut

donné aux sections de
11

Jeune-Montagne des Bouches-dules affiliés

circula aussi parmi
la

du

^'ar. Enfin,

on

le

constata dans

Drômc

et

dans

le

Gard.

(Uapp. du proc. gén. de Lyon du 31 mars 1851 sur linstruclion du roniplot de Lyon, n"^ 9202 A.

Dans une Société
Drôme),
et

secrète découverte
affiliée

à Cliantemerle

qui paraît

aux autres Sociétés du déil

partement,
lion!

le

mot

(le

passe

était,
!

— Courage! —
f|ue

y

a

deux ans

:

Alt en-

Urôme

(Dossier n" 3C9P.)

Depuis

ravorlemenl du complot de Lyon

a reporté

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

341

vers une occasion plus lointaine les espérances et les projets de l'anarchie, été distribué

un nouveau mot de passe semble
Marianne.
cité plus haut,
fait

avoii-

aux comparses du mouvement à venir; ce
est
:

nouveau mot

Dans un rapport déjà
général de Montpellier
établies
la

où M.

le

procureur

connaître les Sociétés secrètes

dans son ressort, ce magistrat, après avoir donné

formule de la réception des frères, indique en ces termes

le signe

de reconnaissance entre

affiliés

:

« «
«

Connaissez-vous la mère Marianne?

»

demande-t-on

au récipiendaire.
a du bon vin.
»

— Oui,

doit

répondre ce dernier; elle

(Rapp. du proc.
iSol n° 347 P.)

gén. de Montpellier du 4 octobre

Dans

les papiers saisis sur le

nommé Léon
le 8

Salva,

Tun
la

des démagogues les plus ardents du département de
Seine-Inférieure, arrêté au

Havre

octobre dernier, on

trouva une lettre signée Faure, du Rhône, du 10 août

1831, et qui est ainsi conçue

:

«

Paris, 10 août 1831.

«

Citoyen, veuillez, je vous prie, m'excuser de n'avoir

pu

satisfaire à votre

demande

;

les

nombreuses occupations

que nous avons eues pour nous organiser avant notre départ m'en ont empêché.
«

Soyez

mon

interprète, je

vous

prie,

auprès de nos
le

coreligionnaires politiques, pour exprimer

vif regret

que j'éprouve de n'avoir pu
Havre,
soit

me

trouver parmi eux, soit au

dans votre

petite ville,

pour participer au banen buvant à la

quet fraternel et communier avec eux,
santé de la Marianne. »
(Dossier n° 3G3 P.

Cour de Rouen.)

342

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

La

signification de ce

mot populaire

la

Marianne

parait

destinée à rappeler l'idée de la république démocratique et
sociale.

On

le

trouve employé dans

le

môme

sens aux

extrémités les plus opposées de la France, du côté de
Montpellier
et

du côté du Havre,

et

il

est infiniment pro-

bable qu'il apparaîtra sur bien
diaires,

d'autres points

intermé-

où l'avenir viendra confirmer
il

les conjectures

aux-

quelles

donne

lieu.

§ 3.

— RaPPOUTS des

sociétés secrètes ÉTABLIES EN FRANCE

AVEC LES COMITÉS DE LONDRES ET LES RÉFUGIÉS POLITIQUES

DE LA SUISSE

Londres.

Dès

le

27 décembre 1840,

le

journal de Xantes, l'Étoile
:

du

peujjle, publiait les renseignements suivants
«

Paris, 23

décembre

1849.

((

Les Sociétés

seci'èles

se

réorganisent avec beaucoup

d'activité; leurs principaux

meneurs, qui ont

été

récem-

ment amnistiés, sont
Les
clicfs

les

agents de cette réorganisation.

des clubs, qui avaient été établis d;\ns chaque

arrondissement de Paris, ont constitué dans chacun de ces
arrondissements un centre, dont les délégués forment
le

gouvernement

révolutioiuiaire

du socialisme. Ce gouver-

nement
listes

est

en rapport j)ermanent avec les réfugiés socia-

en Suisse et à Lpndres. »
(Uapp. du proc.
no 6933 A.)
gcii.

do lionnes, du 29 docoinliro 1849.

Les réfugiés de toutes nations
formé des comités nationaux.

établis à

Londres ont

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Ainsi
il

2

DÉCEMBRE

343

V a dans

cette ville

:

La

Société des Proscrits démocrates socialistes français.
le

Ce

comité a publié,
11

10 novembre

1830,

un manifeste
le

aux démocrates.
18ol.

en a publié encore un autre

11 août

Le comité démocrate
18o0,
et qui a

socialiste des Réfugiés allemands.

Ily a aussi un comité d'agitation allemande, fondé en août

pour but

la destruction

des gouvernements

de l'Allemagne.
,

La
La
dition

Société démocratique hongroise.
section de la démocratie polonaise.
italien. Etabli

Le comité national
de

à Londres après l'expéSaf/i et

Rome,
Il

il

a pour
le

membres Mazzini,

Montechi.
feste

a publié,

11

septembre 1850, un mani-

aux

Italiens et ouvert

un emprunt de 10 millions de
4 juillet 1849. Soixante-

livres italiennes par

un décret du

quatre représentants de la Montagne, à Paris, ont souscrit

à cet emprunt.
(Journal La République, des 21 et
28 ootobre, des 17,

24 et 25 novembre, et

du

21 février 1851

;

décembre 1850; National, rapport du préfet de police d'août
du
9

1851, n''384P, et dossier n° 311 P.)

Au-dessus de ces comités, un comité central européen
a été fondé, à la
zini,
fin

de 1850, par

MM.

Ledru-Rollin, Maz-

Darntz

et

Ruge.
Proscrit,

La Voix du
Les
adhéré.

journal publié à Saint-Amand

(Nord), est son moniteur universel, divers comités

étrangers établis à

Londres ont

Le comité central a des agents qui voyagent pour

la

pro-

pagande et pour ses communications avec

les autres

comités

établis sur le continent. C'est lui qui régularise l'action de

344

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTKS SECRÈTES
le

tous vers

but

commun,

qui est

le

renversement, par

l'insurrection, des

gouvernements existant dans l'Europe

continentale.
11

parait avoir des ramifications et des correspandanls à

Brunswick, Berlin.

Francfort,

Bruxelles,

Dijon,

Lille,

Genève, New-YorU, Londres.
(Rapp.

du préfet de police daoùllSol.

n- 384 P.)

Un système de
Douvres
était

télégraphie clandestine entre Calais et

sur

le point

de

s'établir,

dans

le

premier mois

de 1851, quand

les tentatives faites

dans ce but parle sieur

Longepied, anarchiste bien connu, furent arrêtées par l'autorité judiciaire.

(Dossier

n'^

1G7 P.)

Snifisr.

Le nombre des réfugiés
le

est loujouis considérable
les plus

dans

canton de Genève. Les appréciations
le chiiïre

modérées

portent

des réfugiés politif[ues français, allemands

et italiens qui résident soit à

Genève,

soit

dans

les t-am-

pagnes

environnantes, à plus detiOO. lis entretiennent

une

ror/'cs/jondafice ac/irc

avec

les

j)rincipaux

foyers révo-

lutionnaires et

notamment avec
prix;,

Paris. Lontlies,
irén.

Lyon.
b

(Rapp. mens, du
18ol.)

de Lyon du

octobre

La connivence des
de Lyon

réfugiés de Suisse dans

le

complot
afTaire.

est établie j)ar l'insti-uction
le

de cette grave

Le

itj

octobre IH'iO,

chef du complot Gont, accompagné
avait pris part

du représentant Amédée Bruys, qui

aux

conférences de Mi\con, alla saboucher avec les réfugiés,
leur

donna connaissance du|)lan

et

des moyens de

la

cons-

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
piration, et paraît avoir

2

DECEMBRE

345

obtenu leur concours au mouveétait

ment insurrectionnel qui

proche.

(Rapp. du proc. gén. de Lyon du 31 mars 1851.)

On

pourrait citer une foule de rapports des procureurs
et

généraux

de M.

le

général de Castellane, établissant
choisis

qu'à tous les

moments

pour un mouvement en
loi

France, notamment à l'époque du vote de la
les

du 3i mai,
la frontière

émigrés de Suisse étaient prêts à franchir

pour se joindre aux insurgés de France.
(Dossier des réfug-iés de Genève n° 8003 A.)

En

ce

moment

encore,

ils

sont organisés militairement

et prêts à entrer

en France, au premier signal.

(Happ. mens, du proc. gén. de Lyon, du 8 octobre Dépêche télégraphique du général de Castel1851 lane, du 28 octobre 1851.)
.

§ 4.

Complots
au

Si les différentes circonstances qui ont été rappelées

paragraphe 2 sont autant de symptômes frappants de la
connivence des Sociétés secrètes,
qu'elles ont faits
la simultanéité

des efforts

pour arriver, dans différentes occasions,
qu'elles se proposent, c'est-à-dire à l'insur-

au but

commun

rection et au renversement de ce qui existe, vient déposer

encore plus énergiquement de cette entente des Sociétés
entre elles.

Sans vouloir évoquer des souvenirs trop éloignés
rappeler
la

et

part active et principale

que

les
l'i

clubs ont

prise dans les

mouvements du
il

10 a\iil. du

mai

et

des

journées de juin 1848,

suffira

de rappeler des
fut

faits

con-

temporains. X'a-t-on pas vu, à l'époque où

présentée

346
la loi

ASSOCIATIONS ET SOClLTliS SECRÈTES

du 31 mai iSoO, ce pétitionncment universel éclater,
traînée

comme une
de toutes

de poudre, à
les

la

voix du journal

le

Peuple répétée par
les parties
suffit

échos des journaux anarchiques
la

de

France

?

L'influence des jour-

naux ne

pas pour expliquer cette démonstration qui
partout avec
d'action.
les

s'est produite

mômes

caractères et les

mêmes moyens
nœuvres ne
S'il

Une

pareille uniformité

de ma?

décèle-t-elle pas Tac lion des Sociétés secrètes

en est besoin, l'ensemble des rapports des procu-

reurs généraux viendra compléter la démonstration.

Dès

le

o avril I80O,

M.

le

procureur général de Riom
il

annonce qu'à Ambert (Puy-de-Dôme),

s'est
le

formé un

comité de salut public apj)elé à prendre,
la direction

cas échéant,

de l'arrondissement.

A

Issoire

(Puy-de-Dôme), des sections révolutionnaires

sont organisées.

Le comité de
le

la Société

de Chantolle a

reçu des lettres qui annoncent

jour de l'insurrection et

désignent les victimes qui doivent être livrées à l'incendie,

au pillage

et à l'échafaud.
(lu

(Rapp.

proc. i^én. de

Riom du

b

mai I80O.)
est

Dans
aux

les Pyrénées-Orientales, le

mot d'ordre

donné

socialistes d'attendre

un signal de Paris pour opérer,
la

non pas un simple changement de gouvernement, mais
révolution sociale
la

plus radicale.
\icn.

(Rapp. du proc.

do .Muulpcllior du

3

mai

IS'jO.)

La

fausse nouvelle d'un soulèvement
et

;\

Paris est répanj)ar le

due sur plusieurs points
journal
le

notanmient à Toulouse

Réformateur.
iréu.

(Rapp. des proc.

Toulouse du

14

de Riom du mai I8b0.)

\1

niai

18bO et de

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
Sur tous
les

2

DÉCEMBRE

347

points, l'attitude

des socialistes annonce

une prochaine insurrection.
(Rapp. des proc. gén. d'Aix, lo mai; Nîmes, 12 mai et 17 juin; Grenoble, 15 mai; Limoges, 16 et 17 mai» Toulouse, 18 mai; Montpellier, 17 et 31 mai; Dijon, 31 mai; Orléans, 23 mai et 4 juin; Colmar, 3 juin;

Rouen, 13 juin 1830.)

Le jour dé Tinsurrection
tantôt

est fixé tantôt

au 20 ou 21 mai,

au 24 du

même

mois.

(lîapp. des proc. gén. de Montpellier

du

21

mai

et

de

Lyon du 20 mai

1830.)

Des poudres

et autres

munitions, ainsi que des armes,

sont découvertes sur un très grand

nombre de
mai

points.

(Rapp. des proc. gén. de Besançon, 16 mai; Lyon,
8 juin; Montpellier, 17,
22, 27

et 14 juin

;

Paris,

20 mai; Aix,

1'^'',

4 et 27 juin; Limoges, 15 juin 1830.)
et Fattitude

Mais

le

vote de la
fait

loi

du 31 mai
le

du gouver-

nement ont
changé
la

contremander

mouvement

projeté et ont

guerre des rues en une guerre de pétitions.
des proc. gén. de Riom, 4 juin; de Rouen,

(Rapp.

13 juin; d'Aix, 14 juin; de Besançon, 24 juin 1850.)

Ces

dispositions insurrectionnelles donnèrent lieu à plu-

sieurs instructions criminelles
l'Hérault), à

à Béziers (département de

Oran

(Algérie) et dans le département de la

Drômc.

Complot de Béziers.

Dans

la

première de ces

localités, la Société secrète

des

Montagnards

qui avait été reconstituée depuis quelque

temps dans

la prévision

d'une insurrection à Paris, devait,
la rue.

au premier signal, descendre en armes dans

A

la

.

348

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

tête

de cette Société se trouvaient

les

cinq commissaires

initiateurs sous les ordres

immédiats desquels marchaient
10

des
chefs

centurions

commandant chacun
et

décurions ou

d'escouade.

Celte association comptait, à Béziers,
s'étendait

près

de (iOÛ

membres
affiliés

à

l'infini

dans

les

campagnes. Sur
tive par

la révélation faite à l'autorité

administrafit

un des

principaux, révélation qui
et

con-

naître l'organisation

complète

les projets
la

de

la Société

des Montagnards,
fit,

le

procureur de

République de Béziers
des

le

26 mai 1850, procéder à

l'arrestation
et

nommés

Relin, Chalon,

Guilhem etVie, fondateurs
recherches de
ateliers

commissaires

initiateurs de celte Société secrète.

En même temps,

les

la police

ont dé-

montré l'existence de plusieurs

de fabrication de

munitions de guerre dans l'arrondissement de Béziers.
(Uapp. du proc. gén. de Montpellier du 27 mai IboO,
11"

33. P.

1

L'all'aire

de ce complot de Béziers, renvoyée par

la

cour
la

de cassation, pour cause de suspicion légitime, devant

cour d'assises des Bouches-du-Rhône, n'a pas encore été
jugée.

Complot

d Oran
une Société secrète,
dite

\

Oi-an

(Algérie),

existait

Famille ou Enfants de Carthage, et dont les alliUés s'appelaient

Bons Cousins. Cette

Société, dont l'organisation
le

a été indiquée plus haut, formée par sections sous

com-

mandement d'un
insurrection
le

chef, devait prendre les
i\

armes
le

le

21 mai

IHoO, quand serait reçu
en France.

Mers-el-Kébir

signal d'une

Des nouvelles contraires reçues

21

firent

ajourner cette prise d'armes.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

349

Une

lettre
et

du 31 mai,
complot

écrite

de Lyon au

nommé

Arnault

à Oran,

remise par erreur à M. Arnoult, juge d'instrucet l'existence

tion, révéla le

de

la Société secrète

qui en était l'âme. Les

aveux du sieur André Arnault,
de Carthage

principal accusé, firent connaître les détails de l'organisation de la Société secrète des Enfants
et

du

complot par

elle

formé.
lieu le comj)lot

Le procès auquel donna
jugé
21

d'Oran a été
d'Oran,
le
le

en

première

instance
et

par

le

tribunal
la

octobre IS.dO,
février

en appel par

cour d'z41ger,
été

22

18ol. La plupart des accusés ont

condamnés
et affi-

à des peines plus ou moins sévères pour complot
liation à

une Société secrète
a
été

;

le sieur

André Arnault,

prin-

cipal

accusé,

frappé

notamment de

sept ans

de

réclusion.
(Voir dossier du complot

dOran

n° 9103 A.)

Complot de Valence.

Une
existait

lettre

du
fit

préfet

du département de

la

Drùme, du

31 mai 4850,

connaître au ministre de l'intérieur qu'il
la

dans son département un vaste complot contre

société et le

gouvernement. Le but des conspirateurs
;

était

de renverser ce qui existe

leurs
Ils

moyens,

le

refus de

l'impôt et l'insurrection armée.

s'engageaient sous ser;

ment à marcher au premier
des riches.

signal

leur

récompense

devrait être l'abolition des impôts et le partage des biens

Par l'ordre de M.

le

garde des sceaux, des procédures

furent dirigées dans les tribunaux des quatre arrondisse-

ments de
tement.

la

Drôme

contre les Sociétés secrètes du déparil

De ces diverses procédures,

résulta

que

:

330

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES

Dans l'arrondissement de Montélimart,

il

existait

:

Un

Société de Montagnards dont l'un des sièges
;

était à

Montélimart

Une
2"

association politique avec affdiation, serment et signe
;

de ralliement, sur plusieurs points de l'arrondissement

Dans l'arrondissement de Xyons
Nyons;

:

Une

Société politique, déguisée sous le

masque d'une

Société de secours mutuels, à

Une semblable
3"

société au Buis.

Dans l'arrondissement de Valence:
politiques à

Des Sociétés
la

Mirmande

et

àCliousclat, sous

direction de

M. de Saint-Prix, Plusieurs membres de
faits

ces Sociétés ont participé activement soit aux
rébellion qui

de
à

ont eu lieu à Saulce (canton de

Loriol}

l'occasion de l'arrestation du

nommé

Martin.

alTilié

comme

eux auxdites Sociétés,
dont
le

soit

à

la prise

d'armes de Cliousclat,

but était de s'opposer à l'arrestation des individus

compromis.

Dans l'arrondissement de Die:
Société secrète établie au Puy-Saint-Martin, et dont

La

la révélation a été faite

par

le

nommé

Rebourcel.

Ces

instructions semblent établir,

en outre,

que

les

Sociétés seciètes de la
établie sous le

Drùme se rattachent à l'association nom de la Xouvelle-Montagne, dont une
Grenoble
et

section existe

i\

qui paraît avoir des succur-

sales à Rives et à V(»iron, chefs-lieux de canton de l'arron-

dissement central de

l'Isère.

Toutefois

celte

association,

comme
dans

toutes celles qui ont pénétré dans ce dernier dépar-

tement, ne semblent pas
les

y compter de nomi)reux adeptes
iiuhistrielles.

masses, hors des localités
la

Dans

Drôme, au

contraire, les

campagnes ont

été

fortement entamées par la propagande.

,

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

351

Les procédures, qui paraissent se réduire aune inculpation d'affilKition

à des Socictés secrètes^ ont été dévolues
Il

à la juridiction militaire par suite de Tétat de siège. a été de

en

même

de l'instruction relative aux

faits

graves

qui s'étaient passés dans le canton de Loriol.
(Rapp. du proc. gén. de Grenoble du 9 décembre 1830^
no 34 P.)

Les troupe ayant désarmé
à raison des
faits

le

canton de Loriol (Drôme)
il

de rébellion dont

vient d'être parlé,

une partie des individus compromis
département de l'Ardèche.
Réunis en bandes dans
tement,
ils

s'est réfugiée

dans

le

les

montagnes boisées du dépar-

inquiètent les environs de Baix,

commune
mobile

de

l'arrondissement

de

Privas.

Une

colonne

de

300 hommes

et

de 20 gendarmes a été formée par les

ordres du ministre de la guerre, en juin 1851, pour poursuivre ces bandes qui avaient attaqué la gendarmerie à

coups de

fusil

dans

la

commune
16

de Grane (Drôme).

(Rapport du proc. gén. de Grenoble du
n» 155 P. et

du

nistre de la

5 mai 1851, mai 1851, n^ 8167 A. Lettre du miguerre du 25 juin 1851, n° 155 P.)

Les

faits

graves révélés par les instructions relatives
et

aux complots de Béziers, d'Oran
faire juger,

de Valence, purent
les dispositions

avec une certitude complète,

insurrectionnelles des Sociétés secrètes à cette époque.
justice souleva

La

un coin du

voile qui couvrait et qui

couvre

encore cette sorte de complot permanent.

Les plans dont l'exécution
manifestés encore dans
éclater,

fut alors

ajournée se

sont

d'autres occasions. Epiant,

pour

une circonstance favorable,

les Sociétés se laissent

entraîner de temps en

temps à des tentatives

isolées qui

sont ou des imprudences commises par des

membres

trop

352

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

impatients dagir, ou des essais tentés avec intention pour

allumer une insurrection plus générale.

Le complot qui
4

faillit

éclater en
fixée

mai parut remis au
la

novembre 1850, époque

pour

reprise des tra-

vaux de l'Assemblée nationale. Les renseignements survenus de tous côtés en
Ainsi
naître
yi.

font preuve.
fait

le

procureur général de Montpellier

con-

que

des dépèches nombreuses
les

ont été expédiées

dans toutes
dans cette

communes
de toutes

voisines j)Our la
les

concentration

ville

souscriptions destinées à

acheter des armes et à les mettre aux mains des légionnaires qui n'en avaient pas. Le sceau de
la

Société donne,
lettres. l"n café

au
est

lieu

de signatures, Taulhenticité à ces
la

un des points désignés pour
d'adeptes.

réunion

d'un

cei'taiii

nombre
Ces

pr-éparatifs

des Sociétés secrètes font conclure
tentative

ce

magistrat

qu une nouvelle

se prépare

contre

l'ordre public.

(Rapp. mens, des proc. c^én. de Montpellier du 10 octobre 1850, de Besançon, du 16 octobre 1850. et de

Colmar, du

3

du

même

mois.)

Mais des événements plus
cette

significatifs

viennent

j)orter

démonstration jusqu'à

l'évidence.

Le complot de
complot

Lyon, qu'on pourrait

à plus juste titre aj)peler le
faillit

des Sociétés secrètes du Midi,

éclater dans les premiers

jours de novembre, et les événements contemporains du
Bourzet, de ^'illeneuve-de-Berg,
et

de Bourg-Saint-Andéol
le

de Flaviac (Ardèche),

ainsi

que

cowphtt

dit

du

Sutl-

Offcsf, firent voir

que l'insurrection ne devait pas se borqu'elle
le

ner à Lyon, mais

devait
Midi.

s'étendre

comme une
événements

traînée de poudre à tout
11

est inutile d'insister

loniï:uemenl sur ces

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
qui ont eu un grand retentissement
;

2

DÉCEMBRE
suffira

333

il

nous

de

rappeler que les préparatifs

faits

par
le

le parti

démagogique

pour l'insurrection préparée pour

mois de tnai, n'a^^ant
le projet
il

pas été mis en usage à celte époque, Gent conçut

hardi de les utiliser au profit d'une conspiration dont
serait
le

chef.

Une

organisation

insurrectionnelle

des

quinze départements formant la partie sud-est de la France,

grâce à

la

connivence des nombreuses Sociétés secrètes de
et affiliées

montagnards répandues dans ces départements
entre elles sous le
tions

nom

de Jeune-Montagne
se

;

des disposi-

établies

pour que l'insurrection

communiquât
et

rapidement dans l'Est vers Besançon, Dijon

Golmar

et

dans

le

Sud-Ouest, vers Gahors, Toulouse et Bordeaux,
;

d'où elle s'étendrait au reste de la France

des intelligences

pratiquées avec les réfugiés établis en Suisse, qui devaient
se joindre

aux insurgés français
Gard, dans

;

des approvisionnements

de poudre dans les départements de Saône-et-Loire, de
l'Ardèche, du
la

Gamargue, à

Marseille,
;

à

Toulon

et

sans doute sur beaucoup d'autres points
la

des

embauchages opérés dans
à l'insurrection réuni

troupe; un congrès général

des délégués des départements qui devaient prendre part
le

29 juin, à Valence, pour
et

nommer
le

un commandant général,
partie

un autre congrès à Mâcon,

30 septembre suivant, pour se mettre d'accord avec unç
des représentants de la Montagne
:

tels

paraissent

avoir été le plan et les
tion.

moyens principaux de cette conspiralégislative,

Les conspirateurs étaient disposés à agir à l'époque
en profitant habile-

du retour de l'Assemblée

ment des

difficultés qui s'étaient élevées,

pendant

les dcila

nicrs temps de la prorogation,

entre le

Président de

République

et la

commission de permanence.

L'arrestation de Gent, opérée le 2t octobre, et qui fut
TCHERNOKF
23

3,4

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

suivie de celle de ses complices principaux,

empêcha

le

complot d'éclater.
Toutefois l'impulsion
police signalèrent, le 7
était

donnée. Les rapports de
l'arrivée à

la

novembre,

Lyon de deux

délégués des Sociétés secrètes de l'Ardèche, envoyés pour
informer celles de

Lyon que

les

campagnards de l'Ardèche,
d'armes

en proie à

la plus

grande effervescence, ne voulaient pas,
Gent, renoncer à
la j)rise
le

malgré

l'arrestation de

projetée et que
ils

s'élant préparés pour

12 novembre,
résolution

étaient déterminés
lieu

à

se

soulever.

Cette

donna
se

à l'incident de F/rttmc (où 8 individus armés

rassemblent,

dans
sur

la

nuit

du 12 au 13 novembre,
du
département),

pour

marcher

Privas,

chef-lieu

ainsi qu'au soulèvement des habitants de Bourg- Saint-

Andiuil (Ardèche)
endroit, au

le

18 du

même

mois. Dans ce dernier
l'adjoint arrêté par le

moment du
la

déj)art de

procureur de

République de Privas assisté de 00

hommes

de troupe, des barricades furent élevées,
fusil fui'ent
le

des coups de

échangés entre

les soldats et les émeuliers, et

sang coula.
(Uiipp.

du

|)roc. irén.

du proc. gén. de Lyon du 31 mars 1851 de Nîmes, au dossier n"22. P.)
la

;

rapp.

Les auteurs de

rébellion de IJourg-Sainl-AncK'ol ont

été jugés par la cour d'assises
le

du département de l'Ardèche
cette

3 août 1851.
affaire,
le

Linchdgence que monti'èrenf, dans
jury et
la coui-

grave

elle-même, a été sévère-

ment appréciée par

l'opinion publique.

jlapp. du proc. gén. de

Nimes du

\\

août 18ol

;

u"^

22,

(^)uanl

au complot de Lyon,
à cause
(\c

il

a

été déféré

i\

la juridic-

tion

mililaii-e

l'état

de siège, après toutefois

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
qu'on en eût
la
distrait,

-2

DÉCEMBRE

3oo

pour défaut de connexité
et

suflfisante,

cause des journalistes d'Agen

autres inculpés de la

catégorie diiedu Sud-Ouest, hedeuxième c.onseiiàe guerre
siégeant à

Lyon

a statué sur cette grave affaire, le 28 août

1831, avec cette sévérité, tempérée de modération, que les

tribunaux militaires apportent ordinairement dans ces sortes
d'affaires.

Quant aux inculpés de

la catégorie

du Sud-Ouest, renils

voyés devant la cour d'assises de Lot-et-Garonne,
été acquittés, à

ont

Texception d'un seul, qui a été condamné

pour complot.
Ainsi se sont révélés devant la justice du pays la criminelle tentative qu'on a appelée le
faits

complot de -Lyon

et les

accessoires qui

s'}'

rattachaient plus ou

moins

directe-

ment.

La découverte du complot de Lyon
dans
les

jeta la consternation
il

rangs du parti révolutionnaire. Cependant
il

se

remit promptement de son découragement, et
à s'organiser
et

continua

à s'armer en silence, pour être en mesure

d'agir en 18o2, ou

môme

de profiter des éventualités favooffrir

rables

que pourraient

lui

les

divisions

du

parti

modéré. Les rapports politiques de cette époque
ces dispositions secrètes.
les ventes clandestines
tivité.
Ils

font foi de
et

ajoutent que la fabrication

de poudre semblent redoubler d'acrapp. mens, du

^Voir

notamment
du

le

proc.

g-én.

de

Dijon,

8 janvier 1851.)

Le

Î7Ï01

d'ordre est de s'abstenir de toute démonstration
et d'attendre le signal.
;

compromettante
Uiom,

(Happ. mens, du proc. gén. d'Orléans, du 4 avril 1851
5 avril;

Lyon, 23

avril.)

Cependant

les

démagogues ne perdent aucune occasion

.

3o6

ASSOCIATIONS ET SOCŒTES SECRETES

d'agiter la population et de
funérailles

compter leurs ndlK-rents. Les
but
;

des

alïiliés

servent à ce dernier

elles

deviennent Toccasion

de manifestations

si

nombreuses,

que M.

le

général de Caslellane se voit obligé de les interspécial.
établis

dire par

un arrêté

Des banquets sont
tion
;

dans une intention dagitamettent en communication
concertent
la lutte
;

les Sociétés secrètes se

les

meneurs se réunissent

et se

Saint-Etienne doit s'unir à

Lyon dans

extrême

que rêvent les agents du socialisme. Des relations acii\es
ont lieu entre ces deux centres, également préparés à la
révolte.

Des intelligences existent entre
réfugiés politiques de Genève.

le

pays de Gex

et

les

En

Suisse, on paraît compter
et

sur un soulèvement prochain dans ce pays
(Ka|)[).

en
-l'A

Italie.
t!s!i|.)

mens, du

pi'dc. ^l'ii.

de Lyon, du

avril

Le

parti

démagogique,

dit \c

pi-ocureurgt'-néral d'Ang(Ms,
et

en vue des éventualités de politique générale,

notaiii-

ment de 185

2, a

commencé une cami)agne
du
il

nou^elle.

(Uai)|). nuMis.

mar.s

ISiil.)

La

publication du

septième bulletin du comité central
les précédents,

de résistance émanant, connue
secrète qui a pour chef
r(''pou\aiil('

d'une SociiHé

le ré|iul)licain le

Greppo, avait semé
(U\s

en

dévelop|)ant

plan

révolutionnaires
furent

pour
roi)jet

I8.')2.

Plusieurs

membi-es

de cette Société

d'une poursuite judiciaii'c pour détention de presse

clandestine; cinq d'entre eux furent

condamnés par
18.')!.

arrêt

de

la

cour d'assises du

2(1

no\einl)re

[Gazette des Tribuiuiu.r

du

11 iU)V(Miil)r(\ n"

I2"'>,

V.)

Cependant des

bruits d'une insurrection prochiiine, lixée

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU

2

DECEMBRE

357

au 4 mai 1831, sont mis en circulation, sans doute pour
entretenir l'ardeur des sectaires.

(Rapp. mens, du proc. gén. d'Aix, du lo avril 18ol de Montpellier, du 26 avril 18ol, n'M27, P.: d'Angers, du
;

l'^'"

mai 1851;
;

26 avril 1831
i'^'

— lettre du général de Rostolan, du — lettre du général de Castellane, du

mai

18ol.)

Complot

dit des Pijrénées-Orientales.

Ces
le

projets avaient pris

une extension redoutable dans
de Céret. Des
et

département des Pyrénées-Orientales, particulièrement
les

dans

arrondissements de Perpignan

et

réunions nocturnes avaient lieu dans les champs,

Tobjet

des délibérations qui y étaient agitées semblait être de
fixer définitivement
affiliations,

au 4 mai l'exécution du complot. Des
et

des serments

des projets sinistres occupaient

ces réunions, et les rumeurs qui circulaient à cet égard
frappaient d'épouvante les citoyens paisibles.

Une

instruction fut dirigée contre les auteurs
cette procédure,

présumés

du complot. Par
gique
la plus

où se trouvèrent impli-

qués onze individus appartenant tous à l'opinion démagoavancée, les
faits

de Société secrète s'occu-

pant de matières poUtiques, organisée pour se tenir prête à
tout événement, délibérant sous la direction de ses chefs

sur les moyens d'action à employer pour assurer le triomphe

du socialisme, furent prouvés jusqu'à l'évidence contre
plupart des inculpés
;

la

mais

il

est

probable que l'accusation
à' un fait soit

devra se restreindre aux proportions
tion

d'affilia-

aux

Sociétés secrètes,
les

quoiqu'il

moralement

démontré pour

magistrats qu'il y avait un complot.

(Kapp. du proc. gén. de Montpellier des 1''' juillet, 4 et Voir aussi dossier 16 septembre 18'il, n" 233, P.

n» 144 P.)

358

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
sinistres pressentiments,

Malgré ces
troublé
le

Tordre ne

fut

pas

4

mai I80I.

Un mot
fut

d'ordre prescrivant de s'abstenir jusqu'en 1852

adressé de nouveau aux démocrates.
(Rapp. mens, du proc gén

de

-Aluntpeilier,

du

3

de Dijon, du 8 juillet 1851 septembre 1851, et de Limoges,

;

du

13

du

même

mois.)
la

Le
gande

parti,

toutefois, continue ses préparatifs
;

;

propa-

agit

avec plus de perfidie

les

meneurs se réunissent

dans des conciliabules secrets

et se concertent.
;

(Kapp. des proc. gén. de Bourges, du 2 septembre d'Aix et de Dijon, du 8 septembre I80I.)

Sur plusieurs points mémos, on annonce que
rection au premier signal de Paris.

les révolu-

tionnaires sont organisés de manière à se mettre en insur-

(Rapp. mens, des proc. gén. du

11

de Rennes, du

31

août de
la

la

même

septembre année
)

18!)1.

et

Cependant

les

travaux de

campagne rendaient

les

habitants étrangers à ces intrigues souloi'raincs.

Le mouvement imprimé de toutes parts aux
pour
la re vision

pétitions

de

la Constitution,

dans

les

mois de juin,
le

juillet et

août I80I, vint raffermir dans les villes
jiarli

courage

des iiommes du

modéré.
faisaient

Malgré

le

calme que ces circonstances
les Sociétés secrètes

régner

à la suifaci>

du pays,

n'en continuaient

pas moins leurs préparatifs. Quchpics événements en donnèrent
la

preuve ù diverses reprises
la

:

Le 30 juin 1851, dans
crate

nuit, le sieur

Larger, démo-

ardent,

régisseur

d'uii
atlii'ail

domaine aj»partenant au
dans
un conciliabule de
et

re|)résentant

Crémieux,

Société secrète, tenu à Drane, des sous-oHiciers

soldats

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
du 13® régiment

2

DÉCEMBRE
dans

359
le

d'Infanterie de ligne, en garnison

canton de Crest (Drôme),

pour entraîner ces militaires
le

dans .une insurrection prochaine dont

département de
fait

TArdèche devait

être le centre.
et

On

leur avait

prêter le

serment de se révolter
s'était

de tuer leurs

officiers.

Larger
la

annoncé à ces

militaires

comme

étant

envoyé par
et

Montagne, de Paris, pour organiser Tembauchage
su rrection.

Tin-

Ces

tentatives

d'embauchage parvinrent à

la

connais-

sance du général Lapène, à qui elles avaient été révélées par des militaires qui en avaient été
l'objet.

Le sieur Lar-

ger

fut arrêté
il

pendant

les

débats du procès du complot de

Lyon, où

avait été appelé en qualité de témoin. D'autres

arrestations suivirent celle

du

principal

inculpé, et une
faits.

instruction judiciaire fut la conséquence de ces

(Rapp. du proc. gén. de Lyon du 9 septembre 1851
n° 307, P.)

;

Complot de rEmancipation de Toulouse.
Dans
le

courant de juillet suivant, une prétendue Société

d'actionnaires, qui en réalité n'était qu'une Société secrète

déguisée, stipula du journal rEmancipation, de Toulouse

(Haute-Garonne), l'abandon au profit de l'association

dun

numéro par semaine,
était

celui

du dimanche, pour

le

répandre

gratis dans les ateliers.

Le but avoué de

cette entreprise

de coordonner les forces du parti démagogique en vue

d'éventualités prochaines, et la revue

hebdomadaire du

journal VEmancipation était l'instrument de ces menées.

Dans une
on trouva

saisie pratiquée à cette occasion

parla justice,
Joly
à

une

lettre

écrite par le

représentant

^L Mule, ancien
et

constituant, datée de Paris le 11 mai 1851,
lisait
:

dans laquelle on

360
«

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
C'est en 1852 seulement que la lutte doit s'ouvrir.
la

On

devra alors voter

constitution

à la main, s'organiser

pour cela, non pas pour forcer

les portes

du collège

et se

retirer ensuite paisiblement ciiez soi,

mais marcher en corps

sur

le chef-lieu

du département

et

y proclamer de nouveau

la révolution triomphant de ses ennemis. »

L'instruction évoquée par la cour d'appel avait d'abord

soupçonné un complot se rattachant à celui de Lyon
elle

;

mais

paraît avoir

réduit

l'inculpation

au

délit

de Société

secrète, et la lettre qui précède expliquerait jusqu'à
tain

un cer-

point

l'état

d'expectative

dans lequel

les

aflihés à

cette Société auraient

jugé à propos de se renfermer jus-

qu'en 1852.

Xous devons
témoin,
le

ajouter qu'il résulte de la déposition d'un

sieur Moardès, ancien ministre de l'intérieur des
les alliliés avaient à leur dis-

Etats de
position
lulle

Bade en 1848, que
de
la

poudre

et

des munitions pour soutenir la
le

qu'ils

voulaient

entreprendre contre

gouverne-

ment.

Un supplément
(Uapp.
:\

d'instruction a lieu sur ce |)oint im-

portant.
(lu

proc. L'en, de Toulouse des 22 juillet. 29 juillet,

août

el

27 septembre

i8:>l,

iv 2G9, P.)

Rèhellions.

Pendant

le

cours de l'année

IS.'ii, les

actes de rébellion

contre la gendarmerie se
les

multij)li»''rent.

principalement dans
tel

départements de l'Héraut

et

de l'Ardèche, à

point

qu'on pouvait les

attribuer à un système ayant pour but

d'habituer la poinilalion rurale à se mesurer contre les gen-

darmes.

Dans r.Vrdèche,

les félos votives célébrées

dans

les

com-

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
mîmes

2

DECEMBRE

361

rurales furent les occasions saisies pour ces sortes

de rixes.
(Dossiers no'
297, P, et
6,

P., 5 A2, 194,
P,

A2

et 115 P.,

pour

le res-

sort de Montpellier, et dossiers n^^ 21, P, 22, P, 24, P,
32;3,

pour

le

ressort de Nîmes.)

La

plus grave de ces rébellions contre la gendarmerie a

eu lieu à Laurac, arrondissement de Largentière, départe-

ment de l'Ardèche,
pendant
la

le

10 août 1831. Neuf gendarmes qui

étaient chargés de maintenir Tordre dans cette

commune

durée de

la fête votive,

y

furent assaillis par une

foule considérable

d'individus appartenant

presque tous

aux communes

voisines, et dont plusieurs étaient armés.
et

Couverts de blessures

de contusions,
et

ils

furent délivrés

par une colonne de gardes nationaux,

deux brigades de

gendarmerie, en
de
la

tète

desquelles marchaient le procureur

République

et le sous-préfet

de Largentière.

L'instruction dont cette scène déplorable fut Tobjet, et

qui a été évoquée par la cour d'appel de Nîmes, a

fait

découvrir que les

nommés Mazoux

et

Lemaire, chefs d'une
la

Société secrète qui comprend presque toute
rurale de l'arrondissement de Largentière,

population

avaient eux-

mêmes

organisé l'attaque dirigée contre la gendarmerie.
d'arrêt délivrés contre ces

Des mandats

deux meneurs

ne purent malheureusement pas être remenés à exécution.

Cette instruction s'est rattachée aux poursuites pour affiliation

aux Sociétés secrètes de l'arrondissement de Largenpour des placards incendiaires afiichés dans
les

tière et à celles

cette ville
faits

pendant

événements. Elle a démontré que

les

ont été moins graves qu'on ne l'avait annoncé d'abord.
(Dossier
(Ilapp.
n'^

297 P.

— Cour de
14

Nîmes.)

mens, du

octobre

ISIii.)

362

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRÈTES

tcutativc d'assassinat sur le

La répression des troubles de Laurac fui suivie d'une gendarme Tournaire.
[Uapp. mens, du 14 octobre I80I.)

Un

di'cret

présidentiel

du 12 septembre 1851
le

a,

j)ar

suite de ces

événements, déclaré
de siège,

département de l'Ar-

dèchc en

élat

(Moniteur

du

14

septembre

18)ii.)

La période de prorogation de l'Assemblée nationale, du 13 août au 4 novembre 1851, s'est écoulée au milieu d'un
calme
parfait.

Les votes presque unanimes des conseils
la revision

généraux en faveur de

de

la

Constitution, en

inspirant de la confiance au parti de l'ordre, avaient contribué,

avec

le silence

de

la

tribune parlementaire, à celle

bonne
graves
Il

situation. Toutefois ce

temps de trêve
par
ici.

et surtout le

dernier mois
qu'il

furent

troublés

quelques événements

importe de rapporter

s'était

formé à Paris, depuis quelque temps, un comilé
appartenant
était

composé de réfugies allemands,
communiste deWcitling ce comilé
;

à l'école

en l'elalionssuivies
et

avec un comité central siégeant à Londres
est d'introduire le

dont

le

but

système communiste en France, en Alleetc. L'association paraît

magne, en Belgique, en Suisse,
être

répandue ù Londres, New- York, Pbiladelj)hie, Paris,

N'alenciennes, Dijon, Lausanne, Besançon, L\on, etc.

De
les

nombreuses arrestations
de celte association
de
l'Etat.

et perquisitions,

faites

dans

derniers jours d'août 18oi, firent connaître l'organisation
et ses projets

menaçanls

|)our la sûreté

Une

instruction judiciaire en fut la suite, ainsi
et

que l'expulsion de Paris

des déparlements, par voie
(|ui

administrative, de tous les étrangiM-s

n'auraient

pas

obtenu un permis de résider en b'rance.
(Dossier n° 330 P.)

MOUVEMENT DEMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
Dans
à
les

2

DECEMBRE

363

premiers jours d'octobre, une proclamaiion du
établi à

Comité révolutionnaire du Midi,

Lyon,

fut

adressée

un démagogue de Grenoble
le

et

sans doute à beaucoup

d'autres. Cette pièce appelait le peuple

au combat

et

lui

annonçait cjue

comité ne donnerait pas d'ordre, mais
l'exemple en marchant
le

qu'il donnerait le signal et

pre-

mier.
Il

Ce

bulletin a circulé à

Lyon

et à Villefranche

(Rhône).

devait être suivi plus tard d'un

deuxième

bulletin

émaet

nant également du Comité révolutionnaire du Midi
a été placardé dans les rues de

qui

Lyon au milieu de novem-

bre 1851.
(Dossier n°3ôl, P.
;

rapp. mens, du proc. gén. de Lyon

du

12

novembre

1851.) fut affichée

Une proclamation de même nature
Tarn] dans
« « Peuple,
la nuit

à

Mazamet
:

du 8 au 9 novembre. En
:

voici le texte

Premier rulletin

Ton

veille

pour

toi.

Seulement

tiens-toi prêt;

l'heure de la délivrance approche... Ouvriers des villes et

des campagnes, tous ceux qui soufTrez enfin, qu'au premier
signal chacun soit debout pour reconquérir ses droits.
le

Vous

pouvez...

Ce que

le

peuple veut, Dieu

le

veut! Souve-

nez-vous que tous

les travailleurs sont frères, et le

triomphe

de votre sainte cause est assuré.
« ]'ive la

Répuhlirjue démocratique et sociale
«

!

Le Comité

centr.vl de résistance. »

(Kapp. du proc. gén. de Toulouse, du 13 novembre
1851. n- 392, P.)

Vers

la

môme

époque, on répandit dans les
(Isère)

communes
le riche.

du canton sud de Grenoble
laire

une adresse ou circucontre

non signée, où

le

pauvre

était excité
n'^

(Rapp. du 24 novembre 1851,

309, P.)

36i

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
fut afTichéà

Le 27 novembre, un placard séditieux
met
(Tarn).

Maza:

Cette

pièce,

commençant par ces mots
villes

Deuxième
se joindre

bulletin,

invitait les travailleurs

des champs à

aux ouvriers des

pour

la

prociiaine insur:

rection. \'oici

comment
la fera.

elle se

terminait

«

La besog-ne
la ville et

sera grande.
la

L'union seule des ouvriers de

de

campagne
«

Bientôt vous fraterniserez et vous scellerez ainsi votre
fois sainte.
!

union mille
«

Vive la République sociale
« Lt;

COMITK CENTRAL DE RÉSISTANCE.
ircn.

»

(Kapp. du proc.

de Toulouse du 29 novembre 1851.

n"412, P.)

Le

7

octobre

1851, l'exécution

d'un mandat d'arrêt
la

contre un
tive

nommé

Martin, impliqué dans
le

procédure rela-

au banquet donné

5 du

môme

mois au représentant

Sartin, souleva

ùCommentry, arrondissement de Montlule

ron (Ailier, un attroupement de douze cents ouvriers qui
attaquèrent
la

gendarmerie. Cette rébellion, qui,

lende-

main

8, s'attaqua

aux magistrats venus sur
l'arriN

les lieux |)»)ur
di*

instruire,

ne céda qu'à

éo de nond)reux renforts

troupes.
L'instruction n'a j)as encore constaté, dans cette rébellion, l'action des

Sociétés secrètes.
le

Toutefois,
la

a\ant les

troubles de

Commentry,

procureur de

Républicjue de

Monlluçon avait

été informé, par

son collègue de Saintsecrètes dans ce
à
Saint-. \inand
1

Amand

(Clier),

de l'existence de

Soci(''lés faite

dernier département.

L'instruction
le

révélait des alTlliations avec

département de
de

.Mlier et

notamment avec
recherches de

l'arrondissement

Montluvon.

Les

la police judiciaire

ne permet liMit pas de

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU

2

DÉCEMBRE

3Co

douter que l'association du Cher n'ait pénétré dans

l'ar-

rondissement de Montluçon. Ainay-le-Château,
voisine

commune

du Cher,

paraît être

un des principaux centres
de la propa-

d'affiliation,

mais Montluçon
ville serait

serait le chef-heu

gande. La

partagée en quatre quartiers, cha-

cun sous
formerait

la

direction d'un chef qui, réuni à ses collègues,
d'action.

un comité
autant de
serait

Chaque

quartier aurait, sui-

vant son importance, cinq ou sept brigadiers qui
deraient
divisions secondaires,

commande ces

et l'un

brigadiers

délégué

comme

rapporteur par chaque

quartier auprès du comité central.

Cette organisation, dont la police croit

connaître

les

principaux chefs, disposerait d'environ 400 affdiés bien
disciplinés, et

une correspondance active avec un grand
grossirait con-

nombre de communes de l'arrondissement
tiendraient

sidérablement ces forces que des inspections fréquentes

constamment en

haleine.

(Kapp. du proc. gén. de Rioni, des 9 et 20 octobre 18ol. n" 360 P.)

Comme
Un

il

vient d'être dit, la justice était à la recherche
le

des Sociétés secrètes existant dans
rapport de
jM.
,

département du Cher.

le

procureur général de Bourges, du

23 septembre 18ol

annonçait que, depuis plus de six mois,
s'était

une surveillance particulière

exercée sur

la partie

de ce département qui compose les cantons de Xérondes,
la
et

Guerche

et

Sancoins (arrondissement de Saint- Amand),
;

de Sancergucs (arrondissement de Sancerrc)

que

la

conviction était acquise de l'existence, dans cette partie du

département, de Sociétés secrètes cherchant à se ramifier
le

plus possible, et que les propos les plus odieux et les
les plus atroces

menaces des vengeances

pour 1852 étaient

tenus de tous côtés. C'était une vaste franc-maçonnerie

366

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES
qui, très générale

politique

dans

la classe ouvrière, avait

pénétré parmi les paysans et dans les fermes.
tion et le

pillage étaient

son but.
et

La destrucmanœuvres pour Ses

l'embauchage des simples
ses affiliations et
el ses

des peureux, les formules de

du serment, ses signes de reconnaissance
était

mots de passe, tout
(Rapp.
n''

connu.

du proc. gcn. de Boiiii,'^cs du 23 sept. l8oi. 347 P, et rapp. mens, du niènie magistrat, du

4 oct. 1851, n» 8167 A.)

Insurrection du Val de la Loire.

Quelques personnes, soupçonnées de

faire partie

de ces

Sociétés secrètes, et particulièrement le sieur Desmoineaux,

ancien maire de
arrêtées,
et

la

commune

de Précy (Cher), ayant été

un grand nombre

d'habitants de celle
et

commune

de celles de Jussy, Beiïes, Argenvières
soulevèrent dans la nuit du
fusils,

Sainl-Léger-

le-Petit se

11

au 12 octoet

bre 18oi. Ces bandes, armées de

de fourches

de

bâtons, se portèrent, par groupes détachés, sur Sancerre,

pour y délivrer les prisonniers. Les habitants de Sancerre firent assez bonne contenance,
et Tai-rivée

des autorités civiles, ju(hciaires et militaires
suffisantes permit de faire

du déparlement avec des forces
des arrestations.

Trois des émeutiers arrêtés en premier lieu cl amenés

;^

Sancerre avaient des pistolets chargés jusqu'ù
des poignards et des munitions. Dans
(Ui

la

gueule,

la luiit

du 13 au it
se |)or-

même

mois, les habitants des

mêmes communes

tèrent en

armes sur Précy où

étaient les prisonniers ai'iê-

tés la veille.

Ces bandes

se dispersèrent sans attendre les

troupes envoyées contre elles.

La cour de Bourges ayant évoipié

l'affaire, le

magistral

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
instructeur
fit

'2

DÉCEMBRE

367

procéder à de nombreuses arrestations

et

à

dos perquisitions qui

mirent

à jour l'organisation

des

Sociétés secrètes dans ce pays.
L'instruction
fît

connaître que les Sociétés secrètes qui
la

enlacent

le

département de
celles

Nièvre sont en étroite comet

munion avec
Précy
Xevers,
le

du Cher,

que

le

mouvement de

et surtout

celui de Beffes avaient été délibérés à

11 octobre,

dans une réunion de démagogues

délégués des divers cantons.

Une dépêche de M.
à

le

général de Castellane, adressée
le

M.
«

le

général Renault,
:

23 octobre 1851, contenait

cette note

Le comité révolutionnaire de Xevers qui
qu'il

dirige Tin-

surrection des départements du centre a écrit à celui de

Lyon

ne pouvait retenir

la

population,

demandant

si

à Lyon on la seconderait, n
(Rapp. du proc. gén. de Lyon, des tobre 1851, n-^ 366 P.)
12, 16, 18, 20, 24 oc-

La
Cher

tentative de jacquerie, qui a été réprimée dans le
et

dans

la Nièvre, a

donné

lieu à

un arrêté de M.

le

Président de la République qui a déclaré ces deux départe-

ments en

état

de siège.
la

Le journal

Constitutioji,

d'Orléans,

du 22 octola

bre 1851, voulut attribuer les troubles du Val de des excitations suspectes.

Loire à

Une
la

lettre

de FélLx Pyat, adressée

aux citoyens du Cher
tituer
«

et

de

Nièvre, s'est chargée de res-

aux

faits

leur véritable sens.

On y

lit

ce passage

:

Vous

souffrez pour
la liberté

un crime de générosité, pour avoir
aux
captifs,

voulu rendre

comme vous
:

voudriez

rendre la patrie aux proscrits.
tous vos frères vous crient par
(Journal
la

Eh

bien! prisonniers, exilés,

ma

voix

Patience. »

Patrie

du

12 noveniljre 1851.)

368

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRÈTES
si

Les Sociétés secrètes,
la Nièvre,

répandues dans

le

Cher

et

dans

sont des instruments toujours prêts à servir les

agitateurs et les anarchistes.

En

explorant ces Sociétés, on

trouve, sinon des preuves juridiques, au moins la conviction profonde d'un

immense complot au

profit et

pour
ni

le

triomphe des rouges, n'importe sous quel prétexte,
quelle date précise, mais pour 1852.

à

Projeta des anarchistes pour i8'J2.

Ce complot,
fixée

qui a t'clalé partiellement et avant l'heure
la Loire, est

dans

le

Val de

signalé de tous les points

de

la

France parles rapports des procureurs généraux.
(Rapp. mens, du proc. gén. de Bordeaux, du 31 juillet 1851, et rapp. des 15 et IG juillet 18ol. 0-^9-290 A:

d'Angers, du 4 août 1851; de Besançon, des 8 .septembre et 9 octobre 1«51 de Lyon, du 8 septembre 1851, et du général Castellane du 4 novembre 1851 de Rennes, du 31 juillet 1851 de Riom, du
: ,
: :

rapp. du proc. gén. de Toulouse, du 29 juillet 1851, n° 209 P rapp. du proc. gén de Paris, du 10 novembre 1851.
2 août 1851 ;de Douai,

du

12

novembre

1831

;

;

.

n"
4

383 P; rapp. du proc. gén. de Montpellier, du

septembre

1851.

ir-'

333 P.)

Voici quelques-unes des déclarations les plus explicites
à cet égard
«
:

Le

lt>

août

1H."»1, à

Pierre-sur-Haute, des délégués des
11

trois

départements ^Rhùne, Loire, Ain) se sont réunis.

a

été arrêté qu'en

1852 on devrait voter en masse, sans tenir

compte de
tant

la loi

du 31 mai,

et

que tous

les bulletins {por-

un nom ineonstilutionnel

.seraient déchirés.
tlu

(Rapp. mens, du pruc. gén. de Lyon, bre 1851.)
«

8

septem-

Dans une

lettre

du

l-"»

juillet

18.*)1,

adressée par Del-

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTERIEUR AU
mas, ouvrier
cordonnier à Perpignan
,

2

DECEMBRE

369

au représentant

Guitter, et qui a été saisie dans Taffaire

du complot des

Pyrénées-Orientales,

le

13 mai 18o2, est désigné,

comme
celui

devant être
le

le

jour palingénésiquc des nations,
le

peuple frappera

dernier coup, où
etc. »

la

mitraille et les

pavés seront son pétitionnement,

(Rapp. du 4 septembre 1831, par
Montpellier, n^ 333
1'.)

le

proc.

gén. de

Enfin, dans une lettre écrite le 11 mai 18-Jl, de Paris,

parle représentant Joly au sieur Mule, ancien constituant,
et saisie
/^a^/o/i,

dans

la

procédure relative à
le

l'affaire
:

de VEnidnci-

on trouve

passage suivant

« C'est

en 18o2 seulement que

la lutte

doit

s'ouvrir;

on

-devra alors voter, la constitution à la
la porte
soi,
et

main; s'organiser

pour cela, non pas pour forcer
retirer ensuite paisiblement

du collège

et se

chez

mais marcher en corps

sur

le

chef-lieu

du département

y proclamer de nou»
juil-

veau

la révolution

triomphante de ses ennemis.

(Dép. télégr. du proc.
let

gén. de Toulouse, du 20

1831.^269

P.)
fait

Le procureur général de Toulouse
dans son ressort,
les

connaître que,

démagogues

font courir le bruit qu'en

1852 toutes

les dettes seront abolies, et ce bruit est telle-

ment

pris

au sérieux que des débiteurs poursuivis devant
de paix ont demandé terme
ils

les juges

et délni

jusqu'à cette
loi.

époque, en disant qu'alors
(Uapp. mens,

seraient libérés {)ar la

du proc. gén. de Toulou.se, du
n'^

19 ne -

vemhre

ISol.

8107 A.)
les

On annonce également que
Ferté, arrondissement de

démagogues de La

Langies (Haute-Marne^, annonle

cent ouvertement pour 18o2
TCHLU.NOFF

succès de l'agression vio24

370

ASSOCIATIONS ET SOCIETES SECRETES

lente qui leur livrera le pouvoir.

On

ajoute qu'en cas de

conflagration, Truieute recruterait dans ce canton quelques

bandes de mauvais sujets dirigés par des chefs.
(Ilapp.

mens, du proc, gén. de Dijon, du

10 noveni-

l)rc 18j1.)

A Redon

(Ille-et- Vilaine),

les

agenis

du

socialisme

apostenl des émissaires dévoués pour diriger au besoin les

personnes gagnées à leur cause.

A

Saint-Malo,

le

bruit

a couru que Ledru-Rollin et
et qu'ils

Louis Blanc étaient à Jersey

espéraient s'emparer

de Saint-Malo, au moyen du secours qu'ils ti'ouveraient

dans

les

démagogues de

cette ville.
31

(Rapp. mens, de Rennes, du
.\iort

octobre 1851.)

(Deux-Sèvi-es)
la

recèle
le

une organisation prête ù

l'emploi de

force

dans

sens démocratique.

(Rapp. mens, du proe. gén. de Poitiers du bre 1851 .)

novem-

Dans
protège
la léle

le le

département des Basses-Alpes,

le parti

rouge

nommé Avy,

forçat libéré, qui doit se metti-e à
et

d'une bande, en cas d'insurrection,

exécuter

les

victimes désignées à la mort par les démoci-ates. Le

j)ro-

cureur de
désignées.

la

République

est

une des premières victimes

(Rapp.
n^'

(lu

|)roc.
2.)

gén.

(l'.Vi.x,

du

-iC)

noveml)re 1851.

li(.. .\.

On
délai

voit par ce qui précède

que

/r

mois de mai

\H'\'2

est assigné

pour l'exécution du complot ; mais

c'est

le

extrême, car d'autres indications représentent cette

exécution

comme

plus pi'ochaine.
di^

Ainsi, un rapport du maire

Sandillon, adivssé au prole

cureur de

la lu'[)ubli(jue

d'Orléans,

11

novembre IHoi,

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
constate que le

2

ÛÉCEMRRE

371

nommé Xoyon,

teinturier

dans cette der-

nière ville, aurait tenu, le 30 octobre dernier, le propos

suivant chez le sieur Sintex, chirurgien à Sandillon, en
faisant connaître les projets des sociétés secrètes.
«

lui

On

devait, à

un jour donné, qui

était proche, s'emet

parer des curés, se rendre maître des églises
tocsin.

sonner

le

A

ce signal, les

affiliés

des campagnes devaient se

porter chez tous les notaires et détruire par le feu les actes
d'obligation, et de là se livrer au pillage et à l'incendie des

propriétés
entretenait

des

aristocrates.

Cet individu

ajoutait

qu'il

une correspondance suivie avec

les réfugiés de

Londres. »
(Rapp. duproc. gén. d'Orléans, du
n» 386 P.)
11

novembre

18ol.

A

Bléneau (Yonne], où domine
a
fait

le

parti socialiste,
affiliés

un

révélateur

connaître que les

aux Sociétés

secrètes avaient le projet d'assassiner prochainement les

gendarmes de

la

brigade de cette

ville et les trois seuls

représentants du parti de l'ordre qui s'y trouvaient. Dans
le

parc de Bléneau, appartenant à M. de Thorn, ex-maire
ville,

de cette

on aurait procédé à des affdiations,

et

on

serait prêt à agir d'ici à quelques jours.

hommes de Saint-Privé, sur sur 2oO hommes de Rogny. Une femme de Bléneau aurait
tiU

On compte sur 20U hommes de Bléneau et
dit

dernièrement que dans

quinze jours on devait se battre.
(Happ. du proc. gén. de Paris, du 10 novembre 1851.
n'^

383 P.)
la

Le procureur de

République de Saint-Etienne (Loire),

magistrat ordinairement bien informé, rend compte en ces

termes des dispositions des anarchistes dans

la ville et

dans

larrondissement

:

372

ASSOCIATIONS ET SOCIKTES SKCRKTKS
«

Nos

socialistes se

pivoccupcnt peu de ridée de Inoinpensent, généralement,
quoi-

pher par

le suffrage universel. Ils

que

les élections n'auront

pas

lieu. Ils s'attendent à
le

que incident qui sera pour eux

signal d'une

ijri^^o

d ar-

mes. Ordre a été donné de se tenir prêt.

Au

milieu des

discussions qui vont s'ouvrir au sein de l'Assemblée, dès

(junne circonstance favorable se présentera,

inie insur-

rection générale pourra éclater. Jamais la confiance de la

démagogie dans un prochain succès n'a
(Rapp. mens, du proc.
l)rel85l.)

été si grande.

»

gôn. de Lyon, du 12 novein-

Ajoutons que

le

31 octobre 1851 aurait lieu, à Paris,
le

une réunion de socialistes où se serait trouvé
tant

repn-senles sieurs

Emile de

(lii-ai'din,

et

où auraient assisté
et

Bussy

et iVuht'il-lloche,

cnvovés de Reims

de \'ilrv

(Marne). Après y

a\'oir résolu qu'il serait

formé dans cha-

que arrondissement un comité de cinq membres qui corrcsj)ondrait avec un délégué de cha(|ue canton, on aurait

en outre décidé

qu'il

fallait

attendre

la

grande date du
la

29

«r/-//,

Jour où l'on se lèverait en masse dans toute
et

France, sans autre mot d'ordre;

que,

si

le

président ou
sur-

l'Assemblée tentait un coup d'Etat, on se lèverait

un

mot d'ordre envoyé exprès.
(I\;i|)|).

(lu

proc. i;én. de i'aiis,

du

17 novcMiibre 1851,

n"

;t9() I'.)

Dans

le ressort

de Montpellier, ceux qui semblaient avoir
18;)2

ajourné jusqu'en
disent-ils,

toutes leurs espérances comptent,
|)lus

sur un succès

prochain. Maintenant

ils

se

promettent dal teindre

1(Mii'

but avant l'c'poquc aupai'a\ant

déterminée dans leurs conciliabules.

Dans l'arrondissement de

Ixodez (Avevron), on atlii'me

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
que
les

2

DÉCEMBRE

373

meneurs s'appliquent à calomnier l'armée auprès
et

des habitants de la campagne

à les convaincre que son

concours

est acquis à

l'œuvre du socialisme.

(Rapp. du proc. gén. de Montpellier, du 10 novembre 1851, n<^8i67 A.)

A
vers
«
«
ce

Saint-Ouen, canton de Lamarche (Vosges),
disait

le

sieur

Arquet, coutelier,
le

au

nommé
18.j1
:

Jacquet,

manœuvre,

milieu de

novembre

«

Jacquet, nous som-

mes une bande
rons derrière.
fait

qui se forme, seras-tu des nôtres? Toi,

tu iras clancher les portes; nous autres,
»

nous marche-

Le

même

individu est poursuivi pour

avoir

la

même

proposition à plusieurs individus, en

parlant de la révolution qui allait avoir lieu.
(Rapp. du proc. gén. de Nancy, du 25 novembre 1831.)

Du

reste, ce

complot ne paraît pas devoir se borner à
qui,

la

France. Le comité central européen

de Londres,

dirige l'exécution de ses projets insurrectionnels dans tous
les

pays de l'Europe, a adressé de nombreuses circulaires

à ses émissaires. Celle du l"aoùt 18ol résume toutes les
autres. Elle contient la résolution prise par le comité central et portant

que la révolution devra éclater prochaine-

ment.

Il

y

est enjoint,

aux membres de
listes

l'association, d'en-

voyer sans délai des

des dépota
et

dannes

et

des

caisses publiques en Allemagne

en France, de former

sous main des tribunaux révolutionnaires, de choisir les

hommes pour
des
listes

mettre à

la tête, et d'établir,

d'un autre côté,
la révo-

d'ennemis du peuple qui, aussitôt après
être

lution Si

commencée, doivent
cette circulaire

mis à mort.
le

ne démontrait pas suffisamment

complot qui

est prêt d'éclater sur

l'Europe entière, pour v

dotruire les gouvernements étal)lis et les remplacer par des

374

ASSOCIATIONS ET SOCIÉTÉS SECRETES
cette

gouvernements révolutionnaires,

preuve résulterait
:

complètement des deux pièces suivantes
«
«
Il

Aux démocrates allemands

!

vient de se former, à Londres,
le

un Comité allemand

d'agitation, dont
tous les

but est de chercher à détruire, par
il

moyens dont
les

est

permis de se servir sous

les lois

de TAngleterre,

gouvernements de l'Allemagne qui
IS'aples

égalent et surpassent celui de
leurs violations du

par leurs cruautés,

droit et de la justice.
il

Le Comité ne se

borne pas à discuter;
«

travaille,

il

agit.

Chacun des membres

est

chargé d'une partie spéciale

de l'agitation.
«

Pour prévenir toute imputation malveillante,
n'a pas rinlcnlion d'être un

le

Comité

déclare qu'il

gouxernomenl

secret de T Allemagne.
«

Le Comité a chargé
la direction

le

citoyen

Tausman

(de Vienne)

de

générale

et lui

a donné des pleins pouvoirs

pour tout ce qui concerne
«

les affaires extérieures.

Londres,

lîj

août 1851. »
:

Au nom du Comité
Fii.vNCK,

Joseph FicKLER, de Constance; docteur Gustave
de N'ienne; Aniand
G(h:(;c.,

de Bade;

Daniel IIehtli:, delà Bavière rhénane; Arnold

RuGE, de

la

Prusse; Pranck Riual, de Bade.
la

Et à ce manifeste est annexée
établit
les

pièce suivante, qui
le

rapports du
:

Comité allemand avec

Comité

central européen
«

Le Comité
le

d'agitation

allemand reconnaît
le

la

place

qu'occuj)e

citoyen lUige dans

Comité central euro-

péen.

MOUVEMENT DÉMAGOGIQUE ANTÉRIEUR AU
<c

2

DÉCEMBRE

375

En

vertu des pleins pouvoirs qui

me

sont conférés par

l'acte ci-dessus, j'invite tous les

Allemands habitant TEule

rope et l'Amérique, qui sont d'accord avec
tation,

Comité

d'agi-

de

me

faire

parvenir leurs conseils, leurs proposi-

tions, leurs
«

dons en argent, périodiques ou extraordinaires.

Londres, K3 août 1831.
«

Tausman, de Vienne.

»

De son côté, le Comité italien de Londres ayant, comme on l'a vu plus haut, contracté un emprunt de 10 millions,
le

Comité central européen donne à cette opération son
:

approbation particulière par l'arrêté suivant
«
«

Le Comité central démocratique européen,
Connaissance prise des documents
le

relatifs

à l'emprunt
ita-

de 10 millions de francs émis par
lien,
«
((

Comité national

Considérant

Que

les

hommes

de tous pays sont frères, et que

les'

différents peuples doivent s'entr'aider, selon leurs pouvoirs,

comme
«

les citoyens

du

même

Etat;

Que

celui

qui opprime une seule nation se déclare

l'ennemi de toutes;
«

Que

les rois, les aristocrates,