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Décentralisation à Madagascar (Banque mondiale - 2004)

Décentralisation à Madagascar (Banque mondiale - 2004)

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Ce livre revient sur les 10 premières années de décentralisation à Madagascar. Comme ce fut le cas dans d'autres pays en voie de développement, en particulier en Afrique, le processus de décentralisation à Madagascar a connu de brusques inflexions et fait face à des périodes d'incertitude. Ceci explique pourquoi Madagascar, en dépit de son expérience dans le domaine de la décentralisation, reste un pays fortement centralisé avec seulement 3 ou 4 pour cent des dépenses exécutées au-dessous du niveau central et très peu de prérogatives décentralisées au niveau local. Malgré les nombreux obstacles structurels à la décentralisation dans les pays pauvres, le cas de Madagascar offre de nombreuses leçons positives, lesquelles semblent indiquer le potentiel du processus de décentralisation. Cette étude fournit une analyse détaillée des finances des gouvernements locaux et développe une méthodologie visant à évaluer les besoins de financement locaux (méthodologie de déficit financier local). Sur la base de cette analyse, l'étude souligne les nombreux avantages qu'il y aurait à simplifier les dispositions administratives et les relations fiscales qui s'appliquent dans le domaine de la gestion décentralisée à Madagascar. Au lieu d'une stratégie de décentralisation ambitieuse, ce livre suggère un certain nombre de réformes, qui - quoique modestes - amélioreraient clairement le fonctionnement de la structure actuelle. Ces réformes comprennent: (i) un transfert complet des compétences locales (limitées) aux communes, en particulier pour la collecte des recettes locales ; (ii) une augmentation des transferts aux communes rurales afin de rendre égales les allocations par habitant dans toutes les communes - rurales et urbaines et (iii) l'affectation des revenus à un seul échelon de collectivité publique, avec pour exception certains types spécifiques de taxes (telles que les taxes sur les ressources naturelles).
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World Bank 2004
Ce livre revient sur les 10 premières années de décentralisation à Madagascar. Comme ce fut le cas dans d'autres pays en voie de développement, en particulier en Afrique, le processus de décentralisation à Madagascar a connu de brusques inflexions et fait face à des périodes d'incertitude. Ceci explique pourquoi Madagascar, en dépit de son expérience dans le domaine de la décentralisation, reste un pays fortement centralisé avec seulement 3 ou 4 pour cent des dépenses exécutées au-dessous du niveau central et très peu de prérogatives décentralisées au niveau local. Malgré les nombreux obstacles structurels à la décentralisation dans les pays pauvres, le cas de Madagascar offre de nombreuses leçons positives, lesquelles semblent indiquer le potentiel du processus de décentralisation. Cette étude fournit une analyse détaillée des finances des gouvernements locaux et développe une méthodologie visant à évaluer les besoins de financement locaux (méthodologie de déficit financier local). Sur la base de cette analyse, l'étude souligne les nombreux avantages qu'il y aurait à simplifier les dispositions administratives et les relations fiscales qui s'appliquent dans le domaine de la gestion décentralisée à Madagascar. Au lieu d'une stratégie de décentralisation ambitieuse, ce livre suggère un certain nombre de réformes, qui - quoique modestes - amélioreraient clairement le fonctionnement de la structure actuelle. Ces réformes comprennent: (i) un transfert complet des compétences locales (limitées) aux communes, en particulier pour la collecte des recettes locales ; (ii) une augmentation des transferts aux communes rurales afin de rendre égales les allocations par habitant dans toutes les communes - rurales et urbaines et (iii) l'affectation des revenus à un seul échelon de collectivité publique, avec pour exception certains types spécifiques de taxes (telles que les taxes sur les ressources naturelles).
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Dans un système décentralisé, les fonctions de contrôle peuvent être analysées selon trois dimensions:

(i) L'objet du contrôle: Le contrôle peut être exercé sur des collectivités décentralisées ou sur
des administrations déconcentrées.
(ii) Les mécanismes de contrôle: Contrdle vertical par des services centraux d'inspection ou
contrôle horizontal par l'instance délibérante et/ou par les bénéficiaires (surtout dans les
cas de collectivités décentralisés).
(iii) Le type de contrôle: Contrôle de légalité des procédures et des décrets ou contrôlefinan-
cier sur l'utilisation des fonds publics.

Les paragraphes suivants portent sur les conséquences du vide réglementaire actuel sur le cadre
du contrôle des collectivités décentralisées. Ils comportent aussi une brève description du système
de contrôle actuel des services déconcentrés. Une étude plus complète du système de contrôle mal-
gache est proposée dans le récent CFAA.

Le contrôle exercé sur les collectivités décentralisées

L'efficacité du régime de contrôle des collectivités décentralisées est particulièrement affectée par
les incertitudes légales et réglementaires actuelles. La Constitution de 1998 avait (re)défini le
régime de contrôle des collectivités territoriales dans le cadre du transfert de compétences aux pro-
vinces. Elle considérait les communes et les régions comme des sous-unités des provinces, et, par
conséquent, les provinces étaient chargées de définir les fonctions de contrôle des collectivités en
dépendant. Aujourd'hui la destitution de fait des provinces a stoppé ces initiatives de réforme
légale et laissé dans le vide la réforme du régime de contrôle.

Le contrôle vertical. Comme c'est le cas dans nombre d'autres pays procédant à une décentralisa-
tion, les mécanismes de contrôle vertical ont été affaiblis par l'institution des collectivités commu-
nales et provinciales. La décentralisation ayant commencé dans le milieu des années 90, le seul
contrôle systématique exercé sur les collectivités territoriales est celui de légalité (effectué par le
sous-préfet, avec l'aide du DAA). Les dispositions relatives au contrôle financier varient selon de
type de communes (voir Tableau 1.3.). Il n'y a un contrôle financier externe que pour les grandes
communes (exercé à travers un réseau de responsables déconcentrés du Trésor) mais pas pour la
majorité des petites communes rurales. Des vérifications financières peuvent être effectuées par le
service interne d'inspection (IGE).
À l'étape actuelle, la plupart des mécanismes de contrôle vertical sont inefficaces pour de
multiples raisons. Le contrôle de légalité est empêché par les incohérences et incertitudes du
cadre légal régissant les droits et responsabilités des communes. Les fonctions de contrôle et véri-
fication financiers sont rarement assurées en raison d'un manque de capacité au niveau local et de
la faiblesses des dépenses effectuées par les collectivités locales. En outre, l'absence de tribunaux
administratifs et financiers déconcentrés rend difficile la répression et la résolution des conflits

DÉCENTRALISATION A MADAGASCAR

19

Contrôle

Contrôle financier.

Contrôle financier.

de légalité

comptabilité

décisions de dépense

Communes urbaines

Préfet / sous-préfet

Trésor public

Conseil municipal

Communes rurales

Sous-préfet / DAA

Trésor public (délégué local)

Conseil municipal

(première catégorie)

Communes rurales

Sous-préfet / DAA

Contrôle interne par la

Conseil municipal

(deuxième catégorie)

commune elle-même

entre collectivités locales et organes de contrôle et rend le système de contrôle vulnérable aux
immixtions politiques.

Le contrôle horizontal. Étant donné les faiblesses du système de contrôle vertical actuel, il est urgent
de renforcer les mécanismes de contrôle vers le haut et de responsabilisation horizontale. Le
contrôle horizontal officiel sur les décisions de dépenses et les pratiques comptables (Contrôle d'op-
portunité et de régularité) est théoriquement exercé par le conseil municipal. Mais, dans la pratique,
ce contrôle est souvent limité par l'insuffisance de la formation qu'ont reçue les membres du conseil
et par les conflits politiques entre ces derniers et leur maire. Le développement de mécanismes de
responsabilisation horizontale plus informels, au moyen par exemple de la société civile et des popu-
lations locales, ne fait que commencer. Cependant, il est maintenant exigé des collectivités locales
qu'elles impliquent la population locale dans la planification et le suivi des plans de développement
local (voir chapitre 3). La formation permanente par des projets de développement communautaires
ainsi qu'une évaluation des mécanismes locaux de responsabilisation (actuellement prévue) devrait
permettre de clarifier comment ces mécanismes pourront être renforcés ultérieurement.

Le contrôle sur les services déconcentrés des ministères d'exécution

Le contrôle sur les services déconcentrés des ministères d'exécution se limite essentiellement à un
contrôle financier vertical. Cette prépondérance des mécanismes de contrôle vertical est typique-
ment présente dans les pays africains (voir Ndegwa 2003), où les structures de l'Etat fournissent
la plupart des services publics. Au sein de cette structure de contrôle vertical, le Contrôle des
dépenses engagées (CDE) et la Commission centrale des marchés (CCM) opèrent un contrôle
interne, s'assurant que les engagements de dépense sont conformes aux crédits budgétaires et que
les marchés sont passés régulièrement. L'Inspection générale d'Etat (IGE) est le corps de vérifica-
teurs publics et a un mandat très large qui porte également sur les entreprises publiques.
Dans la pratique, la plupart de ces fonctions de contrôle sont handicapées par des procédures
lourdes et une préférence donnée aux contrôles a priori (au stade des engagements budgétaires) au
détriment des contrôles a posteriori. On a donc des preuves persistantes de déperditions de fonds
publics dans les services déconcentrés des ministères d'exécution où les faites sont surtout dues à des
passations de marchés à des tarifs supérieurs au prix du marché et/ou à l'incapacité à faire parvenir les
biens acquis aux établissements locaux destinataires. Ceci est particulièrement vrai pour les services de
district des secteurs de la santé et de l'enseignement, où sont gérés la plupart des fonds déconcentrés.'3

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