Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique

Centre Universitaire de Béchar
Département de Génie Civil

















Eléments de

Mécanique des Sols









Berga Abdelmadjid










Année Universitaire 2003 - 2004



Présentation



Ce cours est destiné aux étudiants de 3
ème
année de génie civil et hydraulique. Il
présente les éléments fondamentaux de mécanique des sols aux étudiants non initiés
avec cette discipline. Le document ne représente pas un substitue aux multiples
ouvrages généraux ou spécialisés du domaine, mais son auteur souhaite qu'il constitue
une synthèse conduisant le lecteur à saisir les grandes lignes de la matière, à
s'intéresser aux problèmes posés ainsi que sentir le besoin d'approfondir les
connaissances par la voie noble de l'auto-apprentissage. L'ouvrage comporte le
nécessaire pour faire le calcul pratique en terme de principes, méthodes, formules,
tables et abaques. Dans ce contexte, il représente un aide mémoire couvrant les
chapitres du programme officiel, et laissant à l'auditeur l'occasion de se concentrer sur
les notions de base plutôt que copier à la hâte des formules et expressions peux
significatives. L'enseignant, se trouvera libérer de la nécessité d'écrire au tableau la
majorité de ce qu'il prononce, il aura alors l'occasion de se concentrer sur l'aspect
physique et conceptuel. Malheureusement, ayant fixé comme objectif une synthèse
dans la matière, beaucoup de concepts, théories et méthodes restent peux développées
et nécessitent un espace plus large pour une mise en valeur correcte. L'intéressé est
alors invité à approfondir les notions diverses à travers la consultation d'une liste
bibliographique proposée à la fin de l'ouvrage. Le document est organisé en chapitres.
Chaque chapitre expose le cours, accompagnés dans la mesure du possible par des
exemples dont la résolution ce fait pendant les conférences. Une série d'exercices
résolus et de problèmes supplémentaires est proposée à la fin du chapitre. Pour que le
module soit un espace d'échange bilatéral, des travaux seront proposés aux étudiants
pour couvrir à travers des recherches bibliographiques des thèmes particuliers et sont
vivement encouragés à les présenter sous forme d'exposés publiques. Les intérêts
pédagogiques, scientifiques et relationnels seront parmi les retombées immédiats de
cet approche. Sans aller plus loin, notons que la disponibilité du document ne doit
décourager l'étudiant à assister au cours orale, car jamais un écrit ne peut remplacer
l'apprentissage de main de maître. Enfin, s'agissant de la première version du
document, je serrai reconnaissant au lecteur ses corrections de l'écrit, ses remarques,
ainsi que ses suggestions.


A. Berga

Béchar, le 22 Mai 2003


Table des matières

Thème page

Notations

Chapitre 1: Introduction générale 10

1.1 Objet de la mécanique des sols. 10
1.2 Disciplines de la mécanique des sols. 10
1.3 Historique. 11
1.4 Quelques grands projets. 12
1.5 Plan du cours. 12


Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols 14

2.1 La formation des sols. 14
2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche. 14
2.3 Structure des sols. 14
2.4 Analyse granulométrique. 15
2.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols 20
2.5.1 Masses et poids volumiques 20
2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative 22
2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation. 23
2.6 Propriétés des particules fines. 23
2.6.1 Propriétés colloïdales 23
2.6.2 Surface spécifique. 24
2.6.3 Limites d'Atterberg. 24
2.6.4 Famille minéralogique. 26
2.6.5 Activité. 28
2.6.6 Sensitivité. 28
2.7 Classification des sols. 28
2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS) 29

Exercices du chapitre 34


Chapitre 3: Compactage 38

3.1 Introduction 38
3.2 Définitions 38
3.3 Théorie du compactage 39
3.4 Essais au laboratoire 39
3.5 Matériel de compactage 40
3.6 Procédés spéciaux de compactage 40
3.7 Spécifications et contrôle du compactage sur le terrain 41
Thème page

Exercices du chapitre 43

Chapitre 4: L'eau dans les sols 44

4.1 Introduction 44
4.2 Généralités 44
4.2.1 Capillarité 44
4.2.2 Retrait et gonflement des sols 45
4.2.3 Action du gel 45
4.3 Dynamique de l'écoulement 45
4.3.1 Hypothèses 45
4.3.2 Conservation de la masse 45
4.3.3 Charge hydraulique (Equation de Bernoulli) 45
4.3.3 Gradient hydraulique 46
4.3.4 Loi de Darcy pour l'écoulement à une dimension 46
4.3.5 Généralisation aux écoulements à 2 et 3D 47
4.4 La Perméabilité des sols 47
4.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au Laboratoire 48
4.4.1.1 Perméamètre à charge constante 48
4.4.1.2 Perméamètre à charge variable 48
4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site 48
4.4.3 Formules empiriques 49
4.4.3.1 Formule de Hazen 49
4.4.3.2 Formule de Taylor 49
4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale 50
4.5 Principe de la contrainte effective 50
4.5.1 Loi de Terzaghi 50
4.5.2 Loi de Skempton 51
4.5.3 Loi de Bishop 51
4.5.4 Cas d'écoulement linéaire 51
4.6 Effet Renard 52
4.7 Force d'écoulement 52
4.8 Réseaux d'écoulement 53
4.9 Contrôle des écoulements 54

Exercices du chapitre 56


Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges
extérieures 60

5.1 Introduction 60
5.2 Charge concentrée verticale, problème 3D 60
5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie 62
5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie 62
5.5 Charge uniformément répartie 62
5.5.1 Cas de surface circulaire 62
Thème page

5.5.2 Cas de bande rectangulaire 62

5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur 64
5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée 67

5.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie 67
5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de
longueur infinie 69
5.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière 69
5.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie 70
5.12 Théorie de Westergaard 70

Exercices du chapitre 73


Chapitre 6: Tassement, Compressibilité et Consolidation 74

6.1 Introduction, le tassement 74
6.2 Composantes du tassement 74
6.3 Compressibilité 75
6.4 Consolidation 77
6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation 78
6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place 79
6.7 Calcul des tassements primaires 80
6.7.1 Méthode globale 80
6.7.2 Calcul des tassements instantanés 81
6.7.3 Calcul des tassements de consolidation 82
6.8 Vitesse de consolidation 84
6.8.1 Introduction 84
6.8.2 Phénomène de la consolidation 84
6.8.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle 85
6.8.3.1 Les hypothèses 85
6.8.3.2 Mise en équations 86
6.8.3.3 Résolution 86
6.8.3.4 Degré de consolidation 87
6.8.3.5 Degré de consolidation moyen 88
6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation 91
6.9.1 Méthode de Casagrande 91
6.9.2 Méthode de Taylor 92
6.10 Détermination du coefficient de perméabilité 93
6.11 Evaluation de la compression secondaire 93
6.11.1 Définition 93
6.11.2 Hypothèses 93
6.11.3 Calcul du tassement secondaire 93
6.12 Tassements admissibles et précautions à adopter 94

Exercices du chapitre 96
Thème page

Chapitre 7: Rappels de mécanique des milieux continus 100

7.1 Introduction: mécanique des milieux continus 100
7.2. Les forces 101
7.3 Champ de contrainte
7.3.1 Postulat d'Euler Cauchy 101
7.3.2 Vecteur de contrainte 101
7.3.3 Tenseur de contrainte 101
7.4 Propriétés du tenseur de contrainte 102
7.4.1 Equation d'équilibre 102
7.4.2 Conditions aux limites 102
7.4.3 Symétrie 102
7.4.4 Rotation des axes 103
7.4.5 Contraintes principales 103
7.4.6 Invariants 103
7.4.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique 104
7.4.8 Convention de signe en mécanique des sols 104
7.4.9 Etat plan de contrainte 104
7.4.10 Equation d'équilibre en coordonnées sphériques 105
7.5 Cercle de Mohr 105
7.5.1 Construction directe 105
7.5.2 Construction inverse 107
7.5.3 Pôle des faces 107
7.5.4 Tricercle de Mohr 108
7.5.5 Etats particuliers de contraintes planes 108
7.5.6 Ellipsoide de contrainte 109
7.6 Champ de déformation. 109
7.6.1 Mouvement, déplacement et déformation 109
7.6.2 Tenseur de déformation infinitésimale 110
7.7 Propriétés du tenseur de déformation 110
7.7.1 Conditions de compatibilité 111
7.7.2 Conditions aux limites 111
7.7.3 Dilatation volumique 111
7.7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques 112
7.8 Relation contrainte-déformation. 112
7.8.1 Position du problème de mécanique des solides 112
7.8.2 Bilan des équations et des inconnues 112
7.8.3 Résolution 113
7.8.4 Lois constitutives 113
7.8.5 Elasticité linéaire 113
7.8.6 Autres lois constitutives 114
7.9 Critères de plasticité 117
7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques 118

Exercices du chapitre 119


Thème page

Chapitre 8: Résistance des sols au cisaillement 124

8.1 Introduction. 124
8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb. 124
8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement. 125
8.3.1 Essai de cisaillement directe 125
8.3.2 Essai triaxial 126
8.3.3 Essais spéciaux 127
8.3.4 Essais sur site 128
8.4 Cheminement des contraintes. 128
8.5 Résistance des sables au cisaillement. 130
8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé. 130
8.5.2 Sable saturé en cisaillement non drainé. 131
8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement 133
8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges
cycliques. 135
8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement. 154
8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé 154
8.6.2 Comportement à l'essai triaxial consolidé non drainé 155
8.6.3 Comportement à l'essai triaxial non consolidé non drainé. 160
8.6.4 Essai de compression simple 161
8.6.5 Variation de la pression interstitielle 161
8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur les
argiles normalement consolidées 166
8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur
les argiles surconsolidées 168
8.6.8 Application des cheminements des contraintes sur certains problèmes 170

Exercices du chapitre 172


Chapitre 9: Pression latérale des terres 176

9.1 Introduction 176
9.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation
latérale 176
9.3 Essais sur la poussée des terres 177
9.4 Etats de l'équilibre limite 178
9.4.1 Définition 178
9.4.2 Equilibre de Rankine 178
9.4.2.1 Hypothèses 178
9.4.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la surface libre 178
9.4.2.3 Equilibres inférieur et supérieur 178
9.4.2.4 Contrainte sur la facette verticale 179
9.4.2.5 Lignes de glissement 179
9.4.2.6 Distribution des contraintes 180
Thème page

9.4.3 Equilibre de Boussinesq 182
9.4.3.1 Hypothèses 182
9.4.3.2 Poussée sur un écran 183
9.4.3.3 Calcul du coefficient de Poussée 183
9.4.3.4 Etude de la solution 186
9.4.4 Cas de milieu pulvérulents non pesant chargés 193
9.4.5 Cas des sols cohérents (théorème des états correspondants) 198
9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée 199
9.5.1 Théorie de Rankine 199
9.5.1.1 Introduction 199
9.5.1.2 Etat actif 199
9.5.1.3 Etat passif 200
9.5.1.4 Poussée due à une surcharge uniforme 201
9.5.1.5 Cas de surface libre inclinée 201
9.5.2 Théorie de Coulomb 202
9.5.2.1 Introduction 202
9.5.2.2 Etat actif 203
9.5.2.2.1 Sol pulvérulent 203
9.5.2.2.2 Sol cohérent 204
9.5.2.3 Etat passif 205
9.5.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel) 205
9.5.4 Construction de Culmann 206
9.5.4.1 sol pulvérulent non chargé 206
9.5.4.1.1 Etat actif 206
9.5.4.1.2 Etat passif 207

Exercices du chapitre 208


Chapitre 10: Reconnaissance des sols 210

10.1 Introduction. 210
10.2 Essais de laboratoire 210
10.2.1 Introduction 210
10.2.2 Essais physiques 211
10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques 211
10.2.4 Essais hydrauliques 211
10.2.5 Essais mécaniques 211
10.3 Essais sur place 211
10.3.1 Introduction 211
10.3.2 Reconnaissance des sols 212
10.3.2.1 Introduction 212
10.3.2.2 Méthodes géophysiques 212
10.3.2.2.1 Prospection électrique 212
10.3.2.2.2 Prospection sismique 212
10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie 212
10.3.2.3 Les sondages 212
Thème page

10.3.2.3.1 Prospection géologique 212
10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique 212
10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques 213
10.3.4 Essais mécaniques 213
10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table 213
10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique 213
10.3.4.3 Scissomètre 213
10.3.4.4 Rhéotest 213
10.3.4.5 Pressiomètre 213
10.3.4.6 Essai de pénétration au cône 214
10.3.4.7 Essais de battage 214
10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T) 214
10.3.4.7.2 Pénétromètre statique 214
10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique 214


Chapitre 11: Solutions de quelques exercices 216


Références bibliographiques


Notations



Alphabet minuscule

a Constante, dimension
a
v
Coefficient de compressibilité
b Constante, dimension
c Compacité, cohésion
c
w
Contrainte d'adhérence massif-écran
d Déformation volumique
det Déterminant d'une matrice
d' densité déjaugée
d
d
densité sèche
d
h
densité humide
d
s
densité de la phase solide
ds Distance infinitésimale
e Indice des vides, vecteur unitaire
e
c
Indice des vides en fin de consolidation
e
crit
Indice des vides critique
e
max
Indice des vides dans l'état le plus lâche
e
min
Indice des vides dans l'état le plus dense
e
p
Indice des vides à la fin de consolidation primaire
f Fonction de charge, fonction
f
v
Force de volume
g Accélération terrestre, fonction
h Hauteur, charge hydraulique, épaisseur
h
c
Ascension capillaire
i Gradient hydraulique
k Coefficient de perméabilité, vecteur unitaire
k
0
Coefficient de poussée des terres au repos
k
q
Coefficient de la poussée latérale due à une surcharge
k
x
, k
y
Coefficients de perméabilité suivant x et y
l Longueur d'un chemin, vecteur unitaire
m Paramètres, vecteur unitaire
m
s
Masse de la phase solide
m
t
Masse totale
m
v
Coefficient de changement de volume
n Porosité, paramètre, nombre de carreaux, vecteur unitaire normal
n
i
Composante de vecteur unitaire normal
p
a
Poussée active
p
p
Poussée passive
p
s
Poids de la phase solide
p
t
Poids totale
p
w
Poids de l'eau
q Débit, charge répartie
r Vecteur position, rayon d'un cercle
r
m
Rayon du ménisque
r
sc
Taux de surconsolidation
s
m
contrainte moyenne
t Temps, vecteur contrainte
tr Trace d'un tenseur
t
i
Composante de vecteur contrainte
t
p
Temps de 100 % de consolidation
u Pression interstitielle, vecteur ou composante déplacement
u
a
Pression de l'air
u
c
Pression capillaire
v Vitesse, vitesse de décharge, composante de déplacement
v
s
Volume de la phase solide
v
t
Volume total
v
v
Volume des vides
v
w
Volume de l'eau
w Masse, composante de déplacement
x, x' Coefficient, distance
z Altitude, profondeur

Alphabet majuscule

A Activité, aire d'une section, paramètre de la pression interstitielle
B Dimension, paramètre de la pression interstitielle
A
c
Aire de contact
C Coefficient, matrice de passage
C
c
Coefficient de courbure, indice de compression
C
ce
Indice de compression modifié
C
r
Indice de recompression
C
re
Indice de recompression modifié
C
u
Coefficient d'uniformité
C
v
Coefficient de consolidation
C
w
Résultante de l'adhérence massif-écran
C
α
Indice de compression secondaire
C
αe
Indice de compression secondaire modifié
D Profondeur d'influence (consolidation dynamique)
D
x
Diamètre du tamis correspondant à x % de tamisa cumulé
E Tenseur de déformation, module de Young
E
ij
Composante du tenseur de déformation
E' Module oedométrique
F Force de volume
F
a
Résultante de la poussée active
F
i
Composante de force de volume
F
p
Résultante de la poussée passive
H Hauteur, épaisseur
H
dr
Longueur de drainage
I Facteur d'influence
I
i
Invariant d'un tenseur
I
c
Indice de consistance
I
d
Indice de densité
I
L
Indice de liquidité
I
p
Indice de plasticité
K Coefficient de pression des terres
K
0
Coefficient de poussée des terres au repos
K
a
Coefficient de la poussée active
K
ac
Coefficient de la poussée active due à la cohésion
K
aq
Coefficient de la poussée active due à une surcharge
K

Coefficient de la poussée active due au poids des terres
K
p
Coefficient de la poussée passive
K
pc
Coefficient de la poussée passive due à la cohésion
K
pq
Coefficient de la poussée passive due à une surcharge
K

Coefficient de la poussée passive due au poids des terres
K
q
Coefficient de la poussée latérale due à une surcharge
K
γ
Coefficient de la poussée due au poids des terres
L Dimension
M Masse
M
t
Masse totale
P pression, force totale de contacte, force concentrée
P' Force effective de contacte
Q Débit
R Distance radiale, lecture micrométrique, Réaction
R
e
Nombre de Reynolds
S Tenseur déviateur, tassement, fonction
S
c
Tassement de consolidation
S
d
Tassement différentiel
S
i
Tassement instantané
S
ij
Composantes du tenseur déviateur
S
r
Degré de saturation
S
p
Tassement primaire
S
s
Surface spécifique, tassement secondaire
S
t
Sensitivité, tassement total
T Tension, tension capillaire, tenseur de contrainte, facteur temps
T
arg
Teneur en argile
U, U
z
Degré de consolidation
U
moy
Degré de consolidation moyen
V Vitesse moyenne, volume
V
0
Volume initial
V
s
Volume de la phase solide
V
t
Volume total
W Teneur en eau, poids propre
W
L
Limite de liquidité
W
P
Limite de plasticité
W
R
Limite de retrait
W
op
Teneur en eau optimale
Z Profondeur


Symbole minuscule

α Angle, scalaire, inclinaison d'un écran par rapport à l'horizontale
α
0
inclinaison d'une surcharge
α
r
inclinaison du plan de rupture
β Angle, inclinaison de la surface libre d'un massif
γ' Poids volumique déjaugé
γ
d
Poids volumique sec
γ
h
Poids volumique humide
γ
s
Poids volumique des grains solides
γ
sat
Poids volumique du sol saturé
γ
w
Poids volumique de l'eau
δ Angle, angle de frottement massif-écran
δij Symbole de Kronecker
λ Valeur propre, coefficient de Lamé, inclinaison d'un écran par rapport à la
verticale
µ Coefficient de Lamé
ν Coefficient de Poisson
ε Angle, déformation
ε, ε
ij
Tenseur ou composante de petite déformation
ε
m
Déformation moyenne
ε
p
Déformation plastique
ε
v
Déformation verticale
η Coefficient de viscosité
θ Angle de position
ρ Masse volumique, distance radiale
ρ' Masse volumique déjaugée
ρ
d
Masse volumique sèche
ρ
h
Masse volumique humide
ρ
s
Masse volumique des grains solides
ρ
w
Masse volumique de l'eau
σ Contrainte normale, contrainte normale totale, tenseur de contrainte
σ
1
σ
2
σ
3
Contrainte principales
σ
eq
Contrainte équivalente
σ
h
Contrainte horizontale
σ
m
Contrainte moyenne
σ
n
Contrainte normale
σ
r
, σ
f
Contrainte normale à la rupture
σ
s
Contrainte seuil
σ
z
Contrainte verticale
σ
ij
Composante de tenseur de contrainte
σ
rr
, σ
θθ
Composante de contrainte dans un repère polaire ou cylindrique
σ' Contrainte normale effective, contrainte dans un nouveau repère
σ'
3c
Contrainte latérale effective de confinement
σ'
3crit
Contrainte latérale effective critique
σ'
p
Contrainte verticale de préconsolidation
σ
v
Contrainte verticale
σ'
vc
Contrainte verticale de consolidation
σ'
v0
Contrainte verticale due au poids des terres
τ Résistance, contrainte tangentielle totale
τ
ij
Composante tangentielle de tenseur de contrainte
τ
m,
τ
max
Contrainte tangentielle maximale
τ
r
,

τ
f
Contrainte tangentielle à la rupture
τ' Contrainte tangentielle effective
φ Potentiel de vitesse, angle de frottement interne
φ' Angle de frottement interne (analyse en contraintes effectives)
ψ Angle entre la direction de σ
1
et un rayon polaire
ω
β
, ω
δ
, ω
α0
Angle

Symbole majuscule, opérateur

∆ Variation, Laplacien
∇ Opérateur Nabla (différentiel)
ċ (point) Vitesse de c
, Dérivée partielle

Autres enrichissements

Gras Vecteur, tenseur, matrice

















Chapitre 1:

Introduction générale



1.1 Objet de la mécanique des sols.
1.2 Disciplines de la mécanique des sols.
1.3 Historique.
1.4 Quelques grands projets.
1.5 Plan du cours.






Chapitre 1

Introduction générale



1.1 Objet de la mécanique des sols

Les ouvrages utilisent le sol autant qu’un élément de l’infrastructure qui
transmet la charge globale de l’ouvrage vers une couche du sol suffisamment stable et
résistante. De ce fait, la réussite de l’ouvrage relève de la réussite du projet de
fondation. Selon le type de l’ouvrage et son mode de conception, le sol peut constituer
une base d’appuis pour l’ensemble de l’ouvrage tel que route, tunnel, barrage poids,
mur de soutènement, aérodrome, ou un point d’appuis pour quelques éléments
seulement tel que bâtiment, pont, barrage en arc ..etc. La mécanique des sols (et des
roches) est la science qui regroupe l’ensemble des connaissances et des techniques qui
permettent

D’identifier les caractéristiques qui régissent le comportement mécanique du sol.
L’analyse de l’interaction sol-structure
La réalisation correcte des ouvrages enterrés.

A titre indicatif, la mécanique des sols traite les problèmes relatifs aux
fondations diverses, ouvrages de soutènement, remblais et structures en terre, stabilité
des pentes et talus, route, piste d’atterrissage, tunnels, mines…


1.2 Disciplines de la mécanique des sols

Afin de réaliser les objectifs citées ci-dessus, plusieurs disciplines seront
nécessaires.

1.2.1 Géologie du terrain
L’étude de la géologie du terrain est d’une grande importance. En effet, elle
permet d’identifier les différentes couches du sol, leurs épaisseurs et leurs pendages
ainsi que la présence éventuelle de nappe d’eau souterraine. D’autre part, l’étude
géologique des couches présentes donne des descriptions qualitatives du sol, répond
sur quelques questions relatives à l’histoire du dépôt et permet d’orienter les
recherches préliminaires.





Eléments de Mécanique des Sols

11
1.2.2 Caractéristiques physico-chimiques
L’étude des caractéristiques physiques et chimiques des sols a montré sa grande
utilité pour la prédiction ou l’interprétation du comportement du sol. La majorité de
ces propriétés sont déterminées par des essais au laboratoire ou sur site.

1.2.3 Etude hydraulique
En présence d’eau, l’étude de la perméabilité des différentes couches s’impose
pour estimer la résistance du sol dans les conditions les plus défavorables et le risque
au glissement. La détermination du niveau de stabilisation et l’étude du régime
d’écoulement permet de choisir le matériel de pompage et d’épuisement, comme il
permet de parer aux phénomènes des sables boulants. La détermination de la nature
chimique de l’eau souterraine permet de prévoir le mode d’étanchéité des structures
enterrées.

1.2.4 Caractéristiques mécaniques
L’analyse du comportement mécanique des sols repose sur les conclusions des
disciplines précédentes ainsi que sur des essais de laboratoire ou sur site. Cette
discipline permet de déterminer la résistance du sol et sa capacité portante, et par
conséquent le choix du mode de fondation et les dimensions des éléments enterrés.
Enfin, elle permet de prévoir de façon quantitative la déformation ou tassement du sol
sous la charge de l’ouvrage.

1.2.5 Recherche théorique et modélisation numérique
Dans le but de la compréhension des phénomènes physiques complexes,
plusieurs théories ont été développées. Elles décrivent les problèmes posés par des
modèles mathématiques rigoureux dont la résolution fait recours aux techniques
informatiques et numériques de plus en plus avancées et occupe une large partie de la
recherche actuelle dans ce domaine.

1.2.6 Conception et mise en œuvre
Ce sont les techniques acquises pour la conception et la réalisation des ouvrages
enterrés. Elle prend en compte l’étude des coûts des différentes solutions possibles.
Autre que le savoir faire, la réglementation en vigueur doit être suivie pas à pas pour
garantir les conditions de sécurité que ce soit pendant la réalisation ou au cours de
l’exploitation de
l’ouvrage.

1.3 Histoire de la
mécanique des sols

On peut
suivre l’évolution
de la mécanique des
sols à travers son
apparition autant
qu’une science à
part entière et le
développement de ses grandes théories (voir le tableau ci-contre).
Siècle Auteur Théorie
18
ème
Coulomb Résistance au cisaillement
Collin Rupture dans les talus d’argile
Darcy Ecoulement de l’eau à l’intérieur du sable
Rankine Pression des terres sur les murs de
soutènement


19
ème

Gregory Drainage horizontal, remblai compacte avec
contrefort pour stabiliser la pente des
tranchées de voies ferrées
Atterberg Limites de consistance de l’argile
Terzaghi Premier manuel moderne de mécanique des
sols

20
ème

Casagrande Essais sur la limite de liquidité
12
Chapitre 1: Introduction générale
1.4 Quelques grands projets de mécanique des sols à travers le monde

Le sujet se prête à une recherche bibliographique intéressante. Il est
constamment proposé aux étudiants de différentes promotions autant que travail à
exposer.


1.5 Plan du cours

Le chapitre deux est consacré à la description macroscopique, la composition
minéralogique, structure et caractéristiques physiques des sols ce qui permet d’établir
des systèmes de classification des sols. Le chapitre trois s’intéresse à l’amélioration
des caractéristiques du sol par compactage, et présente les essais Proctor lié au
problème. Dans le quatrième chapitre on étudie l’eau dans le sol, la perméabilité du
sol, la loi de Darcy régissant l’écoulement de l’eau dans le sol, les réseaux
d’écoulement, la contrainte verticale due au poids des terres et la notion de la
contrainte effective. Le chapitre cinq donne les résultats pratiques pour l’étude de la
distribution des contraintes dues aux charges extérieures. Le sixième chapitre expose
de façon détaillée le calcul du tassement du sol sous charge extérieure, l’étude de la
compressibilité et de la vitesse de consolidation du sol. Le chapitre sept est relatif à
l’étude de la résistance des sols au cisaillement pour lequel les notions fondamentales
de mécanique des milieux continus, et l’utilisation du cercle de Mohr seront rappelés.
Le chapitre huit présente en détail les différentes théories associées à l’équilibre limite
et abouti au calcul pratique de la pression latérale des terres.

Eléments de Mécanique des Sols

13











Chapitre 2:

Caractéristiques physiques des sols



2.1 La formation des sols.
2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche.
2.3 Structure des sols.
2.4 Analyse granulométrique.
2.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols
2.5.1 Masses et poids volumiques
2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative
2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation.
2.6 Propriétés des particules fines.
2.6.1 Propriétés colloïdales
2.6.2 Surface spécifique.
2.6.3 Limites d'Atterberg.
2.6.4 Famille minéralogique.
2.6.5 Activité.
2.6.6 Sensitivité.
2.7 Classification des sols.
2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS)






Chapitre 2

Caractéristiques physiques des sols



2.1 Formation des sols
La terre est recouverte d’une couche plus ou moins solide de roches basaltiques et
granitiques d’une épaisseur de 10 à 40 km. Au dessus se trouve le sol. Il s’agit d’une mince
couche d’épaisseur variable de matériaux non consolidés à cause des effets géologiques tels
que les altérations qui provoquent la désintégration des roches en petites particules.
L’altération physique comprend le gel et dégel, variation de température, et activité humaine,
animale ou végétale. Comme altération chimique on site l’oxydoréduction et la carbonatation.
On peut considérer l’érosion autant qu’une altération mécanique.

2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche
Le sol est un matériau hétérogène et anisotrope comportant des minéraux et des
matériaux organiques. La présence de l’air et de l’eau font du sol un matériau complexe à
effet du temps. Son comportement est non linéaire et irréversible d’où la nécessité de
combiner essais en laboratoire et en place, analyse théorique et modélisation, expérience
cumulée et bon jugement pour la réussite d’une étude géotechnique.

2.3 Structure des sols
Le sol est un matériau constitué de particules. Les dimensions de ces particules
peuvent être uniformes ou variées allant des cailloux de 10 cm et s’étendant jusqu’aux
particules fines de moins du micron. Autre que la grosseur des grains, les particules possèdent
d’autres caractéristiques telles que forme, texture et structure élémentaire.

2.3.1 Grosseur des grains
Lorsque le sol est constitué de grains de dimensions variables, l’analyse
granulométrique (voir ci-dessous) permet d’étudier la répartition des particules selon leurs
grosseurs. Toutefois, on peut commencer par une description grossière à l’œil nu (Tab. 2.1).

2.3.2 Forme
Il s’agit de la description de la forme géométrique du grain (Fig. 2.1).

2.3.2.1 Particules cubiques ou sphériques.
Elles prédominent dans les sols à gros grains. Pour une description plus précise, on utilise les
adjectifs : arrondies, sous-arrondies, angulaires et sous-angulaires.

2.3.2.2 Particules en plaquettes
Typique des sols à grains fins.

2.3.2.3 Particules en bâtonnets où aiguilles.
Cette forme est moins répondue dans le sol.

Eléments de Mécanique des Sols
15



Propriété

Graviers, Sables Silt Argiles
Grosseur
Gros grains, visibles à
l'œil nu

Grains fins
invisibles à l'œil nu

Grains fins
invisibles à l'œil nu
Caractéristiques
Granulaire
Pulvérulents
Non plastiques
Granulaire
Pulvérulents
Non plastiques

Cohérents
Plastiques


Effet de l'eau

Peux d'importance Important Très important

Effet de la distribution
granulométrique

Important
Sans grande
importance
Sans grande
importance


Tab. 2.1: Propriétés texturales des sols.

2.3.3 Texture
Pour sa description on utilise les adjectifs polie, mate, douce, rugueuse, striée, givrée.

2.3.4 Structure élémentaire
Les particules de toutes dimensions et toutes formes s’arrangent dans le sol pour
former des structures variées. Les particules des sols à gros grains ont un arrangement
élémentaire de sorte que chaque grain est solidement installé entre ses voisins telles les
structures élémentaires extrêmes (la plus compacte et la plus lâche), structure dense, structure
lâche et structure en nid d’abeille (Fig. 2.2). Dans les argiles, on peut trouver des structures en
nid d’abeille et structure floconneuse qui sont moins résistantes (Fig. 2.3). Les sols relevant
de ce dernier type posent des problèmes redoutables tels que gonflement et tassement. Les
grains d’argile en forme de plaquettes, peuvent s’arranger de plusieurs façons (Fig. 2.4).
Lorsque le sol comporte des grosseurs de grain variables (grosse ou fine), les arrangements se
diversifient entre agrégats, amas et matrices (Fig. 2.5).

2.4 Analyse granulométrique
C’est l’étude au laboratoire de la répartition des grains d’un sol selon leurs dimensions.
L’essai se fait en suivant un mode opératoire bien précis. Pour les sols grossiers, on effectue
un tamisage tandis que pour les particules très fines l’essai se fait par sédimentométrie. En
général, l’interprétation des résultats se fait en dressant la courbe du tamisat cumulé en
fonction du diamètre des grains (Fig. 2.6). Dans ce contexte, on introduit des coefficients
permettant la description de la répartition granulométrique: le coefficient de courbure C
c
et le
coefficient d'uniformité C
u
.


Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
16

Fig. 2.1 : Quelques formes typiques de grains grossiers
arrondie sous-arrondie angulaire sous-angulaire
Structure élémentaire dense
n = 0,26
Structure élémentaire lâche
n = 0,48
structure dense structure lâche structure en nid d'abeille
Fig. 2.2 : Arrangement de sols à grains grossiers

Eléments de Mécanique des Sols
17

structure en nid d'abeille structure floconneuse

Fig. 2.3: Arrangement de sols à grains fins
arrangement de plaquettes arrangement de groupement de
d'argile plaquettes d'argile

Enchevêtrement d'amas d'argile
Fig. 2.4: Différents arrangements de plaquettes d'argile

(d'après introduction à la géotechnique)

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
18
matrice de particules argileuses enchevêtrement d'amas d'argile avec
inclusions de silt
matrice de particules granulaires matrice partiellement discernable
entre particules


Fig. 2.5: Arrangement de particules solides de différentes grosseurs

(d'après introduction à la géotechnique)
grains de silt et de sable plaquettes de silt et grains de sable

Eléments de Mécanique des Sols
19


arrangement de sable ou silt avec un liant
arrangement d'agrégat régulier arrangement d'agrégat régulier
avec des grains de sable ou silt avec une matrice de particules fines
agrégats irréguliers agrégats irréguliers
retenus par un liant formant un nid d'abeille


Fig. 2.5 : (suite) Arrangement de particules solides de différentes grosseurs

(d'après introduction à la géotechnique)

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
20
1 E - 3 0 , 0 1 0 , 1 1 1 0 1 0 0
0
2 0
4 0
6 0
8 0
1 0 0
P
o
u
r
c
e
n
t
a
g
e

d
e

p
a
s
s
a
n
t

e
n

m
a
s
s
e
D i a m è t r e d e s g r a i n s [ m m ]


Fig. 2.6: Exemple de courbes granulométriques



Coefficient d’uniformité C
u
.
Il est défini par : C
u
Granulométrie
1 A une seule grosseur
1 – 2 Très uniforme
2 – 5 Uniforme
5 – 20 Peu uniforme
> 20 Très étalée


10
60
u
D
D
C = (2.1)

Il sert à la description de la granulométrie (Tab.
2.2). D
x
est par définition le diamètre du tamis
dont le tamisat cumulé est égal à x %.
Tab. 2.2: Echelle de granulométrie selon C
u


Coefficient de courbure C
c

Il est défini par :

60 10
2
30
c
D . D
D
C = (2.2)

On considère que lorsque C
u
est supérieur à 4 pour les graviers, et supérieur à 6 pour les
sables, alors 1 < C
c
< 3 donne une granulométrie bien étalée.

Exemple 2.1
A l’aide des courbes granulométriques ci-dessous (Fig. 2.6), déterminer les valeurs
respectives du coefficient d’uniformité et du coefficient de courbure.

air m
a
≈ 0
eau m
w

grains v
s

air v
a

eau v
w

2.5 Caractéristiques physiques communes aux
différents sols
grains m
s


2.5.1 Masses et poids volumiques
Un sol en place est un complexe constitué en général
de trois phases : solide, liquide et gaz (Fig. 2.7). Fig. 2.7 : volume élémentaire
d’un sol

Eléments de Mécanique des Sols
21
. On appelle masse volumique apparente ou tout simplement masse volumique, la masse par
unité de volume du sol considéré :

t
t
h
v
m
= ρ (2.3)

. La masse volumique sèche est la masse de la matière sèche contenue dans l’unité de
volume :

t
s
d
v
m
= ρ (2.4)

Dans la majorité des questions, c’est le poids volumique qui intervient, notons donc p
i
le
poids associé à la masse m
i
, d'où les définitions:

γ
h
le poids volumique (apparent)

t
t
h
v
p
= γ (2.5)

γ
d
le poids volumique sec

t
s
d
v
p
= γ (2.6)

γ
w
le poids volumique de l’eau

w
w
w
v
p
= γ (2.7)

γ
s
le poids volumique des grains solides

s
s
s
v
p
= γ (2.8)

γ' le poids volumique déjaugé. C'est le poids apparent des grains solides baignant dans l’eau.
On montre qu’il est donné par :

γ' = γ
sat
- γ
w
(2.9)

où γ
sat
est le poids volumique apparent du sol saturé.

Parfois on utilise les densités par rapport à l’eau :

d
h
la densité humide

w
h
h d
γ
γ
= (2.10)

d
d
la densité sèche

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
22
w
d
d d
γ
γ
= (2.11)

d
s
la densité des grains solides

w
s
s d
γ
γ
= (2.12)

d’ la densité déjaugée

w
'
' d
γ
γ
= (2.13)

Remarque 2.1
La densité des gains solides varie peu. Cette conclusion est le fait que l’Aluminium et
le Silicium sont les éléments dominant dans les sols. Ces deux éléments simples ont des poids
atomiques voisins (26,98 et 28,09 respectivement). Ainsi la plupart des minéraux constitutifs
des sols ont une densité des grains solides située entre 2,4 et 2,9.

2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative (indice de densité)

2.5.2.1 Porosité et compacité
La porosité est le rapport du volume des vides (eau et air) au volume total du sol.

t
v
v
v
n = (2.14)

Dans un volume égale à l’unité, les grains solides occupent le volume 1-n dit compacité.

c = 1 – n

2.5.2.2 Indice des vides
C’est le rapport du volume des vides au volume des grains solides

s
v
v
v
e = (2.15)

cette définition aboutit aux relations

e 1
e
n et
n 1
n
e
+
=

= (2.16)

2.5.2.3 Densité relative ou indice de densité
Elle est définie par l’expression

min max
max
d
e e
e e
I


= (2.17)

où e
min
est l’indice des vides correspondant à l’état le plus compact.
e
max
est l’indice des vides correspondant à l’état le plus lâche.

Eléments de Mécanique des Sols
23
e est l’indice des vides du sol en place.
L’indication de l’indice de densité permet d’avoir une idée sur l’état de tassement d’un sol
donné : I
d
= 0 pour l’état le plus lâche (e=e
max
) et I
d
=1 pour l’état le plus compact (e=e
min
).

W Etat du sol
0 - W
R
Solide sans retrait
W
R
– W
P
Solide avec retrait
W
P
– W
L
Plastique
≥ W
L
Liquide
2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation
2.5.3.1 Teneur en eau
C’est le rapport du poids de l’eau au poids de la
matière sèche

Tab. 2.3: Echelle de teneur en eau.
s
w
p
p
w = (2.18)

Selon la teneur en eau du sol naturel on le classe comme résumé ci-contre (Tab. 2.3).

2.5.3.2 Degré de saturation
C’est le rapport du volume occupé par l’eau au
volume total des vides
S
r
Etat du sol
0 Sec
1 – 25 Peu humide
25 – 50 Humide
50 – 75 Très humide
100 saturé

v
w
r
v
v
S = (2.19)

Le degré de saturation permet de classer le sol
comme indiqué sur (Tab. 2.4).
Tab. 2.4: Echelle de saturation.

Exemple 2.2
Considérons un sol caractérisé par : La masse volumique totale est égale à 1,76 g/cm
3
, la
masse volumique des grains solides est égale à 2,7 g/cm
3
et la teneur en eau est de 10 %.
Calculer les valeurs de :
La masse volumique du sol sec, l’indice des vides, la porosité, le degré de saturation et la
masse volumique du sol saturé.
La masse volumique de l’eau est prise égale à 10
3
kg/m
3
= 1 g/cm
3
.

2.6 Propriétés des particules fines
Dans le sol, les particules fines et particulièrement les
argiles possèdent des caractéristiques spécifiques par rapport
aux grosses particules. Ces propriétés jouent de grands rôles
dans le comportement mécanique des sols.

2.6.1 Propriétés colloïdales
De nombreuses propriétés des argiles peuvent
s’expliquer sur la base des phénomènes physico-chimiques qui
se produisent à la surface des grains. En effet, chaque particule
d’argile est chargée d’électricité négative sur sa surface
extérieure. L’eau contenue dans le sol est alors soumise à un
champ électrique près de la surface des grains. Les molécules de l’eau au voisinage des grains
n’ont plus les propriétés physiques de l’eau normale : c’est de l’eau liée ou solide. Alors
chaque grain est enveloppé dans un film d’eau de nature spéciale dite eau adsorbée dont
l’épaisseur est de l’ordre de cinq millimicrons (Fig. 2.8). Cette eau a des effets négligeables
sur les sables et les limons, mais elle a un rôle essentiel dans le comportement des argiles. On
conclut que le comportement du sol fin peut être sensiblement modifié par la présence d’ions
eau
adsorbée
eau
interstitielle
grain
solide
Fig. 2.8 : Eau interstitielle
et eau adsorbée

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
24
de divers types dans l’eau interstitielle. C’est pourquoi on précise souvent la nature du cation
qui prédomine dans les couches adsorbées. D’autre part, cela montre que la surface extérieure
du grain joue un rôle principal dans le comportement de l’argile. Ce rôle est accentué par
l’énorme développement de la surface du grain par rapport à sa masse. On est donc amené
tout naturellement à définir la surface spécifique ou surface du grain contenu dans l’unité de
volume ou de masse.

2.6.2 Surface spécifique
Elle est définie par le rapport entre la surface d’un solide et sa masse ou son volume.
Dans ce cours on retiendra :

volume
surface
SS = (2.20)

Exemple 2.3
Calculer les surfaces spécifiques de cubes de côtés égales respectivement à 1cm, 1mm
et 1 µm.

On constate que lorsqu’on tente de mouiller la surface extérieure des cubes ci-dessus,
il faudrait dix fois plus d’eau pour mouiller la surface d’un grain cubique de 1 mm de côté
occupant le même volume solide qu’un grain cubique de 1 cm de côté. De ce fait, les grosses
particules ont des surfaces spécifiques plus faibles que les petites particules. En partant de ce
principe, on peut s’attendre à ce que les teneurs en eau des sols à grains fins soient plus
élevées que celles des sols à grains grossiers, lorsque touts les autres facteurs, tels l’indice des
vides et la structure sont identiques.

2.6.3 Limites d’Atterberg
Les argiles forment des pâtes dans lesquelles chaque grain est relié aux grains voisins
par des forces de cohésion dues à la présence des couches adsorbées. La consistance qui en
résulte dépend en grande partie de la teneur en eau du matériau. On distingue alors trois états
de la consistance des argiles : états liquide, plastique et solide (Fig. 2.9). A l’état liquide, les
grains sont indépendants les uns des autres, le mouvement relatif entre les particules est aisé.
A l’état plastique, les grains sont plus rapprochées et ont mis en commun leurs couches d’eau
adsorbées. Lorsqu’il y a mouvement, les grains restent attachés les uns aux autres sans
s’éloigner. A l’état solide, les distances inter-granulaires sont encore plus petites. Les grains
arrivent même au contact en quelques points chassant ainsi l’eau adsorbée. Les frottements
internes sont alors importants. La transition d’un état à l’autre est très progressive.
Néanmoins, on utilise de façon pratique les limites d’Atterberg :

Limite de liquidité W
L

Elle sépare l’état liquide de l’état plastique.

Limite de plasticité W
P

Elle sépare l’état plastique de l’état solide.

Limite de retrait W
R

Elle caractérise l’apparition du phénomène de retrait.


Eléments de Mécanique des Sols
25

Fig. 2.9 : Etats de consistance d’un sol
Etat solide
Etat plastique
Etat liquide

Ces limites sont mesurées sur le mortier, c.à.d. la fraction de sol qui passe le tamis
d’ouverture égale à 0,40 mm.
En comparant la teneur en eau d’un sol donné aux limites d’Atterberg déterminées
précédemment sur un échantillon du même sol, on obtient des indications fondamentales sur
son comportement mécanique. Autrement dit, ces limites décrivent certains comportements
critiques (Fig. 2.10). Sur la base de ces limites, on défini les indices suivant :

Indice de plasticité I
P

Il mesure l’étendu du domaine de plasticité du sol. Il s’exprime par :

I
P
= W
L
– W
P
(2.21)

Cet indice occupe une grande place en géotechnique (Fig. 2.11). Casagrande a montré que
l’indice de plasticité est une fonction linéaire de la limite de liquidité :

I
P
= a W
L
– b (2.22)

Où a et b sont des constantes. Deux autres indices caractérisent la structure d’une argile de
teneur en eau égale à W. Ils sont l’indice de consistance et l’indice de liquidité.

Indice de consistance I
c

Il est défini par

P
L
c
I
W W
I

= (2.23)

Indice de liquidité I
L

Il est défini par


c
P
P
L I 1
I
W W
I − =

= (2.24)


Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
26

r
é
s
i
s
t
a
n
c
e

r
é
s
i
s
t
a
n
c
e

déformation
w > w
L
w ≈ w
L

w ≈ w
p

w < w
p

Fig. 2.10 : Relation entre limites d’Atterberg et comportement mécanique
Etat Fragile Mi-solide Plastique Liquide
Teneur en eau W
R
W
p
W
L

Indice de liquidité I
L
< 0 I
L
= 0 I
L
= 1 I
L
> 1

w
r
é
s
i
s
t
a
n
c
e

déformation déformation

2.6.4 Famille minéralogique
2.6.4.1 Classification
Les propriétés physiques des couches adsorbées dépendent aussi de la nature du
minéral qui constitue le grain. L’étude des couches adsorbées et des minéraux argileux est
importante pour bien comprendre le comportement des argiles que la granulométrie seule ne
saurait expliquer. C’est ainsi que nous classons les minéraux argileux en différents groupes :
famille, espèce et variété. Les trois familles les plus connues sont la kaolinite, la
montmorillonite et l’illite.

2.6.4.1.2 La kaolinite
Les argiles de la famille de la kaolinite sont les constituants essentiels de la plus part
des argiles utilisées en céramique. Leur surface spécifique ne dépasse pas 20 à 30 m
2
/mg. Les
phénomènes de surface sont donc peu intenses. Autrement dit, ces minéraux sont relativement
inactifs. La formule chimique de cette famille est du type Si
2
Al
2
O
5
(OH)
4
pour une demi-
maille, elle est donc assez riche en alumine.

2.6.4.1.3 La montmorillonite
Les sols de la famille de la montmorillonite peuvent absorber de l’eau dans des
proportions considérables, donnant lieu à des gonflements caractéristiques. Ceci est dû au fait
que les liaisons d’un feuillet à l’autre sont faibles à cause de la structure floconneuse, et l’eau
pénètre facilement entre les feuillets. D’autre part, la surface spécifique de cette famille est
élevée, elle peut dépasser 150 m
2
/g, ce qui donne une grande importance aux phénomènes de
surface. La montmorillonite est alors une famille de minéraux argileux actifs. La formule
chimique des montmorillonites est du type Si
4
Al
(2-x)
Mg
x
O
10
(OH)
2
x(cations
échangeables)nH
2
O.

2.6.4.1.4 L’illite
Les argiles de la famille de l’illite sont parmi les minéraux les plus répondus à la surface de la
terre. La structure de l’illite est analogue à celle des micas, mais la matière est beaucoup plus
finement divisée. La formule chimique pour une demi-maille de l’illite est de la forme Si
(4-
x)
Al
x
Al
2
O
10
(OH)
2
xK.


Eléments de Mécanique des Sols
27

2.6.4.2 Identification des minéraux argileux dans un sol
2.6.4.2.1 Diffraction des rayons x
C’est une méthode de comparaison des spectres de diffraction de l’échantillon avec les
spectres des minéraux connus. Cette méthode ne donne qu’une idée très approximative de la
nature et la quantité des minéraux présents dans le sol.

2.6.4.2.2 Analyse différentielle thermique
Elle se fait par chauffage continu d’un échantillon dans un four électrique en présence
d’une substance inerte de référence. La structure particulière des minéraux argileux
déterminera des variations thermiques à des températures bien définies pour des minéraux
donnés. Les variations enregistrées peuvent ensuite être comparées avec celles de minéraux
connus.

2.6.4.2.3 Microscopie électronique
Ce procédé présente des difficultés d’interprétation et ne permet pas d’obtenir des
données quantitatives.

2.6.4.2.4 Méthode de Casagrande
C’est une démarche simplifiée basée sur les limites d’Atterberg. Il s’agit de placer sur
l’abaque de plasticité de Casagrande (Fig. 2.11) les points correspondant à l’échantillon et de
comparer sa position avec celle des minéraux connus. Cette méthode peut donner autant de
renseignements pertinents que n’importe quelle analyse de haute précision.

Fig. 2.11: Abaque de plasticité de Casagrande et position des minéraux argileux les plus connus

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
28
2.6.5 Activité
Les valeurs des limites de liquidité et de plasticité dépendent en tout premier lieu de
l’importance relative des grains les plus fins au sein du mortier (l’ensemble des grains de
dimension inférieure à 0,4 mm). Par définition, l’activité est le rapport de l’indice de plasticité
exprimé en % à la teneur en argile exprimée en % :

ileuse arg fraction
I
A
P
= (2.25)

La teneur en argile dite aussi fraction argileuse est le rapport du poids des grains secs de
dimension inférieure à deux micromètre au poids total du mortier :

t
arg
M
) m 2 ( M
T
µ < Φ
= (2.26)

L’activité est caractéristique du minéral constituant
les particules fines. Lorsque la teneur en argile est
assez forte, les grains de dimensions supérieures à
deux micromètres sont noyés dans l’argile et ne se
touchent pratiquement pas. Les limites d’Atterberg
du sol considéré sont donc celles des particules
d’argiles, on peut admettre donc que les grains de
dimensions supérieures à deux micromètre ne retiennent pratiquement plus d’eau. L’échelle
d’activité généralement utilisée est la suivante (Tab. 2.5).
Activité Nature de l’argile
< 0,75 Inactive
[0,75 – 1,25] Normale
> 1,25 active
Tab. 2.5: Echelle d'activité

2.6.6 Sensitivité
Une argile naturelle qui est manipulée à teneur en eau constante s’amollit en général
au cours de l’opération. On appelle sensitivité de l’argile le rapport de ses résistances à la
compression simple avant et après remaniement.

) remaniée ( τ
) acte (int τ
t remaniemen après simple n compressio la à ce tan résis
t remaniemen avant simple n compressio la à ce tan résis
S
r
r
t = = (2.27)

Une échelle de sensitivité est proposée dans (Tab. 2.6), mais en général, les argiles dont la
teneur en eau naturelle est voisine de la limite de
liquidité sont assez sensibles. La perte de
résistance peut avoir deux causes : la destruction
de la structure acquise par l’argile au cours de la
sédimentation ou la perturbation des couches
adsorbées. La première cause est irrécupérable, par
contre la seconde peut être restituée dès que la
manipulation cesse car l’argile retrouve en partie sa cohésion initiale.
Sensitivité Nature de l’argile
[2 – 4] Normale
]4 - 8] Sensible
> 8 Très sensible
Tab. 2.6: Echelle de sensitivité

2.7 Classification des sols
La classification des sols est un moyen de créer des catégories de sol permettant de
prédire leurs comportements. En général, le simple examen visuel permet de donner un nom
au matériau : marne bleu, argile jaune, sable fin,…Il faut toutefois compléter cette indication
par :

. Une analyse granulométrique.

Eléments de Mécanique des Sols
29
. Détermination des limites d’Atterberg.
. Teneur en eau, masse volumique.
. Indice de densité pour les sols pulvérulents.
. Résistance à la compression simple pour les sols cohérents.

Ces renseignements permettent à l’ingénieur d’identifier les sols et par conséquent de
se faire une idée sur leurs comportements. Il existe plusieurs systèmes de classification des
sols. Leur inconvénient est qu’ils ne sont pas applicables dans touts les cas des applications.
Parmi les causes de leur limite d’usage c’est qu’ils ne considèrent comme critères de
classification que quelques paramètres si ce n’est pas un seulement tel que classification
selon:
. l’analyse granulométrique.
. l’analyse granulométrique et les limites d’Atterberg.

Nous allons examiner comme exemple de système de classification, le système USCS.

2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS)
Il a été conçu en 1952 par le professeur Casagrande, le bureau de réclamation (U.S) et le corps
des ingénieurs (armée U.S). Il est applicable : aux projets de fondation, aux barrages ainsi
qu’aux pistes d’atterrissage et autres types d’ouvrages. Le principe de base de l’USCS
consiste à (Tab. 2.7-9, Fig. 2.12):
. classer les sols à gros grains (sables et graviers) d’après leurs granulométries.
. classer les sols à grains fins (silts et argiles) d’après leurs comportements plastiques.

Exemple 2.4
A partir des résultats de l’analyse
granulométrique et d’essais de limites de consistance
suivant, classer le sol étudié selon le système USCS.
n° de tamis Passant [%]
4 99
10 92
40 86
100 78
200 60

W
L
= 20 %, W
P
= 15 %, I
P
= 5

Exemple 2.4

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
30







Composante de sol Symbole
Grosseur
[mm]
Blocs aucun > 300
Cailloux aucun [300 – 75]
Grossier [75 – 19]
Gravier
Fin
G
[19 – 4,75]
Grossier [4,75 – 2,0]
Moyen [2,0 – 0,425]
Sols à grains
grossiers
Sables
Fin
S
[0,425 – 0,075]
Silts M < 0,075
Sols à grains
fins
Argiles C < 0,075
Sols organiques O sans
Tourbes Pt sans





















Tab. 2.7: Classification USCS des sols d'après la grosseur des grains

Eléments de Mécanique des Sols
31

Catégorie Symbole Description
Identification sur terrain
(fraction à grosseur < 75 mm)
GW
Gravier bien étalés, mélange
graviers-sables, peu ou pas de
particules fines
Gamme granulométrique étendue, nombre
élevé de grains de grosseurs intermédiaires gravier propre
avec peu ou pas
de particules
fines
GP
Graviers uniformes, mélange
graviers-sables, peu ou pas de
particules fines
Grosseur prédominante ou gamme
granulométrique étendue mais faible
représentation de certaines grosseurs
intermédiaires
GM
Graviers silteux, mélange
gravier-sable-silt
Particules fines non plastiques ou de faible
plasticité
G
r
a
v
i
e
r
s


(
+

5
0

%

d
e

l
a

f
r
a
c
t
i
o
n

g
r
o
s
s
i
è
r
e

e
s
t

r
e
t
e
n
u
e

s
u
r

t
a
m
i
s

4
)

gravier
contenant
beaucoup de
particules fines
GC
Graviers argileux, mélange
gravier-sable-argile
Particules fines plastiques
SW
Sables bien étalés, sables
graveuleux, peu ou pas de
particules fines
Gamme granulométrique étendue, nombre
élevé de grains de grosseurs intermédiaires sable propre
avec peu ou pas
de particules
fines
SP
Sables uniformes, peu ou pas de
particules fines
Grosseur prédominante ou gamme
granulométrique étendue mais faible
représentation de certaines grosseurs
intermédiaires
SM Sables silteux, mélange sable-silt
Particules fines non plastiques ou de faible
plasticité
S
o
l
s

à

g
r
a
i
n
s

g
r
o
s
s
i
e
r
s

(
+

5
0

%

e
s
t

r
e
t
e
n
u
e

s
u
r

t
a
m
i
s

2
0
0
)

S
a
b
l
e
s


(
+

5
0

%

d
e

l
a

f
r
a
c
t
i
o
n

g
r
o
s
s
i
è
r
e

p
a
s
s
e

l
e

t
a
m
i
s

4
)

sable contenant
beaucoup de
particules fines
SC
Sables argileux, mélange sable-
argile
Particules fines plastiques

Identification de la fraction passant le
tamis n° 40

Résistance
au broyage à
sec
Résistance
aux
vibrations
Ténacité
ML
Silts inorganiques et sables très
fins, poussière de roche, sables
fins silteux ou argileux, siltes
argileux peu plastiques
Aucune à
légère
Rapide à
lente
Aucune
CL
Argiles inorganiques de plasticité
faible à moyenne, argile
graveleuse, argiles sableuses,
argiles silteuses
Moyenne à
élevée
Aucune à très
lente
Moyenne
Silts et Argiles
(W
L
< 50 %)
OL
Silts organiques et argiles
silteuses organiques de faible
plasticité
Légère à
moyenne
Lente Légère
MH
Silts inorganiques, sables fins
micasés ou diatomés
Légère à
moyenne
Lente à
aucune
Légère à
moyenne
CH
Argiles inorganiques de plasticité
élevée, argiles grasses
Elevée à très
élevée
Aucune Elevée
S
o
l
s

à

g
r
a
i
n
s

f
i
n
s

(
+

5
0

%

p
a
s
s
e

l
e

t
a
m
i
s

2
0
0
)

Silts et Argiles
(W
L
> 50 %)
OH
Argiles organiques de plasticité
moyenne à élevée, silts
organiques
Moyenne à
élevée
Aucune à très
lente
Légère à
moyenne
Sols fortement organiques Pt
Tourbes et autres sols fortement
organiques
D'après couleur, odeur, contenance
spongieuse, structure fibreuse
Tab. 2.8: Classification USCS des sols (d'après Robert D.H., William D.K.: Introduction à la géotechnique)

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
32







C
u
> 4 et C
c
dans [1 – 3]
Sol ne répondant pas à tous les critères de
GW
Au dessous de la
ligne A ou I
p
< 4
Au dessus de la
ligne A et I
p
> 7
Sol au dessus de la
ligne A et 4 < I
p
< 7
utiliser le double
symbole
C
u
> 6 et C
c
dans [1 – 3]
Sol ne répondant pas à tous les critères de
SW
Au dessous de la
ligne A ou I
p
< 4
Utiliser la
courbe
granulométrique
pour vérifier les
fractions
estimées lors de
l'identification
sur le terrain
Déterminer les
pourcentages de sable et
de gravier à partir de la
courbe granulométrique.
Suivant le pourcentage de
particules fines (les
passants du tamis 200) on
classe les sols grossiers de
la façon suivante
- 5 % de fines: GW, GP, SW, SP



+ 12 % de fines: GM, GC, SM, SC



fines entre [5 – 12]%: Cas limite,
double symbole
Au dessus de la
ligne A et I
p
> 7
Sol dans la zone CL-
ML, 4 < I
p
< 7,
utiliser le double
symbole
Tab. 2.9: Critères de classification au laboratoire (système USCS)

Eléments de Mécanique des Sols
33
Fig. 2.12: Abaque de plasticité de Casagrande et position de différents types de sols

Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
34

Exercices du chapitre 2


Analyse granulométrique



Exercice 1
module passoire [mm] refus [g]
1 100 78
2 80 43
3 63 89,6
4 50 115,3
5 40 423,5
6 31,5 72
7 25 438,9
8 20 702,1
9 16 1,7
10 12,5 3,1
11 10 5,8
12 8 8,0
13 5 10,4
14 4 2,0
15 3,15 0,3
16 2,5 2,5
17 2 1,1
18 1,6 2,7
19 1,25 0,0

On pratique une analyse
granulométrique sur un échantillon de sol
sec. A la fin de l'opération de tamisage, on
effectue les opérations de pesées des refus
dans chaque passoire. Les résultats sont
résumés sur le tableau 1 ci-contre.


1. Compléter le tableau.
2. Tracer la courbe granulométrique du
sol en question.
3. Calculer le coefficient d'uniformité et
le coefficient de courbure.
4. Classer le sol sous étude.





Exercice 2

Refaire le même exercice
précédent pour une analyse
granulométrique dont les résultats sont
résumés sur le tableau 2 ci-contre.
module passoire [mm] refus [g]
1 12,5 0
2 10 14
3 8 9,2
4 5 29,3
5 4 35,2
6 3,15 47,2
7 2,5 63,3
8 2,0 126,8
9 1,6 155,6
10 1,25 167,2
11 1,0 236,0
12 0,8 273,2
13 0,63 240,4
14 0,5 219,2
15 0,4 180,8
16 0,315 120,0
17 0,25 55,2
18 0,2 16,4
19 0,16 5,2
20 0,125 1,2
21 0,1 0,8
22 0,08 0,6
23 fond 3,2

















Chapitre 2 : Caractéristiques physiques des sols
35


Caractéristiques physiques des sols


Exercice 3: Justifier les relations suivantes:

1. a) e = n / (1- n ) b) n = e / (1+ e )

2. a) w = e S
r
γ
w
/ γ
s
b) e
sr
= w γ
s
/ γ
w
c) n
sr
= w / ( γ
w
/ γ
s
+ w )

3. γ
h
= γ
s
(1 - n ) + γ
w
S
r
n 4. γ
d
= γ
s
(1 - n ) = γ
s
/ ( 1 + e )

5. S
r
= w / ( γ
w
/ γ
d
- γ
w
/ γ
s
) 6. γ
h
= γ
s
( 1 + w ) / ( 1 + e )

7. γ
h
sr
= γ
d
+ γ
w
n 8. γ
d
= γ
h
/ ( 1 + w )

9. e = V
t
γ
s
/ P
s
- 1 10. γ' = ( γ
s
- γ
w
) (1 - n )


Exercice 4: Un échantillon d'argile saturée a une masse de 1230 g. Après passage à l'étuve, sa
masse n'est plus que 983 g. Le constituant solide des grains a une densité de 2,7. Calculer: La
teneur en eau, l'indice des vides, la porosité, la densité humide ainsi que le poids volumique.

Exercice 5: Un échantillon de sol a une masse de 128 g et un volume de 58,4 cm
3
. La masse
des grains est de 120,5 g. Le constituant solide des grains a une densité de 2,6. Calculer: La
teneur en eau, l'indice des vides et le degré de saturation.

Exercice 6: Un sable quartzeux pèse à l'état sec 15 kN/m
3
. La densité du quartz est 2,66.
Calculer à la saturation, le poids volumique humide et la densité humide.

Exercice 7: Un échantillon d'argile est placé dans un récipient en verre. La masse totale de
l'échantillon humide et du récipient est de 72,49 g. Cette masse est ramenée à 61,28 g après
passage à l'étuve. La masse du récipient est de 32,54 g. La densité du constituant solide est
2,69.
a) On suppose que l'échantillon est saturé. Calculer: La teneur en eau, la porosité, l'indice des
vides, la densité humide et la densité déjaugée.
b) Le volume initiale de l'échantillon est de 22,31 cm
3
. On demande: Le degré de saturation
réel et les nouvelles valeurs des densités.













Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols
36

Classification des sols


Exercice 8 : Classer les sols suivants selon le système USCS:

passant [%]
Diamètre du Tamis
[mm]
sol 1 sol 2 sol 3 sol 4
4,75 97 100 100 24
2,0 90 100 97 18
0,425 40 100 90 10
0,15 8 99 81 5
0,075 5 97 70 3
D
60
[mm] 0,71 28
D
30
[mm] 0,34 9
D
10
0,18 5
W
L
[%] 124 49
W
P
[%]
n.p.
47 24
n.p.


Exercice 9 : Selon le système USCS, classer le sol caractérisé par: 100 % des particules passe
le tamis n° 4 et 25 % sont recueillis sur le tamis n° 200. Les particules fines ont une plasticité
moyenne à faible, une dilatance nulle à très lente et une résistance du matériau sec moyenne à
élevée.

Exercice 10 : Classer le sol dont 65 % des particules sont retenues par le tamis n° 4 et 32 %
sont retenues par le tamis n° 200. On donne C
u
=3 et C
c
=1.

Exercice 11 : Classer le sol dont la totalité des particules passe par le tamis n° 4 et 90 %
passent le tamis n° 200. Les particules fines ont le comportement suivant: résistance du
matériau sec: faible à moyenne. dilatance : modérée à rapide. W
L
= 23 % et W
P
= 17 %

Exercice 12 : Classer le sol dont 5 % des particules sont retenues par le tamis n° 4 et 70 %
passent le tamis n° 4 mais sont retenues par le tamis n° 200. Les particules fines ont une faible
plasticité et une dilatation élevée.

Chapitre 2 : Caractéristiques physiques des sols
37


















Chapitre 3:

Compactage



3.1 Introduction
3.2 Définitions
3.3 Théorie du compactage
3.4 Essais au laboratoire
3.5 Matériel de compactage
3.6 Procédés spéciaux de compactage
3.7 Spécifications et contrôle du compactage sur le terrain






Chapitre 3

Compactage



3.1 Introduction
Le sol en place est probablement très compressible, très perméable et de faible
consistance. Dans le cas où le choix d’un autre site pour l’ouvrage est impossible, la
solution possible reste la stabilisation du sol : c.à.d, l’amélioration des propriétés du
sol en question. Ceci peut se faire par plusieurs méthodes :

Procédé chimique
Par malaxage ou injection de produits chimiques dans le sol tels que ciment Portland,
Chaux, Asphalte, Chlorure de Calcium ou de Sodium, résidus de pâtes et papiers.

Traitement thermique
Par chauffage du sol.

Procédé électrique
En appliquant un courant électrique au sol.

Procédé mécanique
Se résolu principalement au compactage et densification.

Autres procédés
Par rabattement de nappe pour réduire les pressions interstitielles, ou pré charge et
chargement temporaire pour réduire les tassements. Les procédés et le matériel de
compactage constituent un thème descriptif favorisant des travaux bibliographiques
très utiles pour l'étudiant. Pour cette raison, beaucoup de détailles dans ce chapitre
n'ont pas étés exposés laissant cette possibilité à l'étudiant à travers des recherches
dirigées.

3.2 Définitions
Le compactage est l’ensemble des opérations mécaniques (apport d’énergie
mécanique), qui conduisent à accroître la densité d’un sol. En faisant, la texture du sol
est resserrée ce qui réduit les déformations et tassements et augmente la compacité du
sol et améliore sa capacité portante. Les ouvrages couramment concernés par le
compactage sont les remblais routiers, les barrages en terre et les aérodromes. La
densification mécanique du sol peut entraîner :

Modification de la granulométrie.
Modification de la teneur en eau.
39
Eléments de Mécanique des Sols

Réduction ou élimination des risques de tassement.
Augmentation de la résistance du sol et la stabilité du talus.
Amélioration de la capacité portante.
Limitation des variations de volume causées par gel, gonflement et retrait.

3.3 Théorie du compactage (théorie de Proctor)
Proctor a montré que le
compactage est fonction de quatre
paramètres : la masse volumique du sol
sec, la teneur en eau, énergie de
compactage et type de sol
(granulométrie, minéralogie,…).
γ
d
/ γ
w

Fig. 3.1 : courbe de compactage
d
d max

w
op

W [%]
Versant humide Versant sec
Lorsque la teneur en eau est
élevée, l’eau absorbe une importante
partie de l’énergie de compactage sans
aucun profit, par contre lorsque la teneur
en eau est faible, l’eau a un rôle
lubrifiant important, et la densité sèche
augmente avec la teneur en eau (Fig.
3.1).
Les courbes de compactage
varient avec la nature du sol (Fig.
3.2). Elles sont très aplaties pour les
sables qui leur compactage est donc
peu influencé par la teneur en eau.
Les matériaux de ce genre constituent
les meilleurs remblais.
Lorsque l’énergie de
compactage augmente, le poids
volumique optimal s’accroît et la
teneur en eau optimale diminue (Fig.
3.3).
sable
Argile sableuse
Sable argileux
Argile plastique
W [%]
γ
d
/ γ
w

Fig. 3.2 : influence du type de sol

3.4 Essais en laboratoire
d
1

d
2

d
3

S
r
= 1
W [%]
e
1
<

e
2
<

e
3

e
2

e
3

e
1

γ
d
/ γ
w

On utilise dans ces essais deux moules
différents :

Moule Proctor :
pour les matériaux suffisamment fins
pour lesquels ( Φ ≤ 5 mm).

Moule CBR :
pour les matériaux à éléments plus gros
pour lesquels ( 5 ≤ Φ ≤ 20 mm).

Fig. 3.3 : influence de l’énergie
de compactage
Avec chaque moule on peut effectuer
deux essais différents :

40
Chapitre 3 : Compactage
Essai Proctor normal :
Dans lequel, l’énergie de compactage est relativement faible et correspond à un
compactage modéré. Il est utilisé pour l’étude des remblais en terre.


Essai Proctor modifié :
Dans ce cas, l’énergie de compactage est plus importante. Il est utilisé pour l’étude
des sols de fondation (routes, pistes d’aérodromes,…).

3.5 Matériel de compactage
Dans les procédés courants de compactage, on utilise

Vibration :
Pour les sols pulvérulents et granulaires, le compactage efficace se fait par vibration
en utilisant : plaque vibrante manuelle, rouleau vibrant autopropulsé, rouleau à pneus
et grosse masse en chute libre.

Pilons à air comprimé :
Pour le compactage des couches de faibles épaisseurs.

Dames à explosion (grenouille)
pour les terrains cohérents ou non de faible surface.

Pilons de 2 à 3 tonnes
montés sur grue roulante, est utilisé pour tous les terrains mais ne sont intéressants
que pour les faibles surfaces.

Rouleaux lisses :
sont utilisés pour les terrains cohérents non argileux.

Rouleaux à pneus :
pour le compactage des terrains non cohérents.

Rouleaux à pieds de mouton :
pour les terrains cohérents. En particulier il est indispensable pour les terrains
argileux.

Engins vibrant (rouleaux, sabots,…) :
pour les sols à gros grains (sables et graviers).

3.6 Procédés spéciaux de compactage
Dans le cas de couches à grandes épaisseurs, on utilise des procédés de
compactage dynamique tels que :

3.6.1 Compactage par explosifs

Explosifs ponctuels :
41
Eléments de Mécanique des Sols

pour les sols pulvérulents le compactage se fait par création d’une onde de choc de
compression.

Explosifs linéaires :
pour les sols cohérents le compactage se fait par mise en place de pieux sableux.

3.6.2 Compactage par vibroflottation
Le procédé consiste à la génération de contraintes et déformations alternées
d’ou réarrangement des grains.

Tubes en vibration :
se pratique pour les matériaux très perméables.

Colonnes ballastées :
les colonnes sont formées de matériaux pulvérulents compactés. Elles sont pratiquées
dans les sols cohérents.

3.6.3 Consolidation dynamique
Elle est valable pour tout type de sol. Il s’agit de transmettre des chocs de forte
énergie à la surface du sol à traiter (chute libre d’une masse de 10 à 30 tonnes
exceptionnellement 140 tonnes d’une hauteur de 15 à 30 m). La profondeur
d’influence est définie par Léonard et coll. (1980) grâce à l’expression :
h w
2
1
D = [m] (3.1)
où w est la masse tombante exprimée en tonne métrique, h est la hauteur de chute en
mètre.

3.7 Spécification et contrôle du compactage sur le terrain
Les paramètres déterminant la qualité du compactage dépendent en général du
type de l’ouvrage à édifier. On peut trouver des conditions sur :

La masse volumique du matériau sec
Sa teneur en eau
Propriétés géotechniques (mécaniques, perméabilité, retrait et gonflement).

Il y a deux catégories de spécifications pour les travaux de terrassement :
spécifications du produit fini (cas de routes et bâtiments) et spécifications de la
méthode employée.

Spécification du produit fini
On impose la compacité relative définie par :
max d
site d
. R . C
ρ
ρ
= (3.2)
où ρ
d site
représente la masse volumique du matériau sec obtenue sur site, ρ
d max
est la
masse volumique du matériau sec obtenue en laboratoire.



42
Chapitre 3 : Compactage
Spécification des méthodes de compactage
On précise le type et le poids du rouleau qui sera utilisé, le nombre de passages
nécessaire et épaisseur des couches de sol, grosseur maximale des granulats.

43
Eléments de Mécanique des Sols

Exercices du chapitre 3

Le compactage

Exercice 1
Deux échantillons 1 et 2 du même sol ont été compactés au même poids volumique
sec γ
d
=19,6 kN/m
3
mais à des teneurs en eau respectives w
1
=4% et w
2
=12%. Le poids
volumique des particules solides est γ
s
=27 kN/m
3
.
a. Porter sur un graphique (γ
d
, w) la courbe de compactage du sol
b. Déterminer pour chaque échantillon, le degré de saturation et le poids volumique.
c. L'échantillon 1 est amené à saturation sans changement de son volume qui est de
243 cm
3
. Déterminer le volume d'eau nécessaire.

Exercice 2
Dans le but de définir les conditions de compactage d'une argile sableuse pour un
chantier de remblai routier, des essais Proctor normal ont été réalisés et ont permis de
dresser le tableau ci-dessous.
a. Quelle serait la teneur en eau optimale de compactage à adopter.
b. Le matériau a un poids volumique γ=18,7 kN/m
3
et un poids volumique sec γ
d
= 17
kN/m
3
. Déterminer le volume d'eau à ajouter par mètre cube de matériau pour être à
l'optimum Proctor normal.

w (%) 10,7 12,1 13,8 15,4 16,7 17,7
γ
d
[kN/m
3
] 16,2 17,7 18,8 18,8 18,1 17,0


Exercice 3
L'essai Proctor modifié a donné pour une grave argileuse les résultats suivants:

w (%) 3,00 4,45 5,85 6,95 8,05 9,46 9,9
γ
d

w
1,94 2,01 2,06 2,09 2,08 2,06 2,05

a. Construire la courbe de compactage Proctor et déterminer les caractéristiques de
l'optimum. Calculer le degré de saturation correspondant à l'optimum Proctor. On
prendra γ
s

w
=2,65.
b. Calculer le pourcentage d'air a que contient un sol de porosité n et de degré de
saturation S
r
. Dans le plan de Proctor, trouver l'équation des courbes lieu des points
représentatifs des états du sol ayant le même pourcentage d'air. En déduire l'équation
de la courbe de saturation. Caractériser cette courbe.




Chapitre 4:

L'eau dans les sols



4.1 Introduction
4.2 Généralités
4.2.1 Capillarité
4.2.2 Retrait et gonflement des sols
4.2.3 Action du gel
4.3 Dynamique de l'écoulement
4.3.1 Hypothèses
4.3.2 Conservation de la masse
4.3.3 Charge hydraulique (Equation de Bernoulli)
4.3.3 Gradient hydraulique
4.3.4 Loi de Darcy pour l'écoulement à une dimension
4.3.5 Généralisation aux écoulements à 2 et 3D
4.4 La Perméabilité des sols
4.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au Laboratoire
4.4.1.1 Perméamètre à charge constante
4.4.1.2 Perméamètre à charge variable
4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site
4.4.3 Formules empiriques
4.4.3.1 Formule de Hazen
4.4.3.2 Formule de Taylor
4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale
4.5 Principe de la contrainte effective
4.5.1 Loi de Terzaghi
4.5.2 Loi de Skempton
4.5.3 Loi de Bishop
4.5.4 Cas d'écoulement linéaire
4.6 Effet Renard
4.7 Force d'écoulement
4.8 Réseaux d'écoulement
4.9 Contrôle des écoulements





Chapitre 4

L’eau dans les sols



4.1 Introduction

L’eau, de part qu’il entre dans la constitution des sols, sa présence est l’origine
de plusieurs phénomènes caractérisant le sol tels que capillarité et pression
interstitielle. D’autre part, l’eau a un effet directe sur le comportement des sols fins
(voir limites d’Atterberg). Elle est un facteur important dans la plupart des problèmes
géotechniques telles que gonflement, gel, percolation, tassement, glissement…A titre
statistique, les pertes de vies humaines causées par la rupture de barrages et digues
(par érosion interne) sont plus importantes de toute
perte causée par les autres types de rupture
d’ouvrages de génie civil. Les pertes matérielles et le
coût d’entretient des structures sous sols gonflants
sont les plus importantes que les dommages causés
par inondations, ouragans, tornades et tremblements
de terres.
r
m

h
c

T
α
d

4.2 Généralités

- h
c
π d
2
ρ
w
g /4 = π d T cosα
u
c
= h
c
ρ
w
g

Fig. 4.1: Ménisque et relation entre
tension capillaire T et pression
capillaire u
c


4.2.1 Capillarité
C’est un phénomène qui découle de la
tension superficielle des fluides. Cette tension se
développe à l’interface de matériaux différents (Fig.
4.1). Elle est la cause des phénomènes de retrait des
sols fins. Dans les sols, les ménisques capillaires
retiennent les particules liées entre elles, le
phénomène est appelé cohésion apparente. La
capillarité contribue ainsi à augmenter les forces de
contact et améliore la résistance par frottement entre
les particules. En géotechnique, on suppose que le
diamètre effectif des pores est à près égal à 20 % du
diamètre effectif (D
10
) des grains. La capillarité
permet aussi de pratiquer des fouilles et excavations
dans les sables fins et les sols très fins humides (par
capillarité), mais l’équilibre qui y règne est très
instable.
r
m

σ'
σ'
r
m

Fig. 4.2 : Cohésion apparente

45
Eléments de Mécanique des Sols

4.2.2 Retrait et gonflement des sols
Retrait et gonflement ont une grande importance sur les caractéristiques des
sols à grains fins. Lorsque les tensions capillaires sont plus fortes que la cohésion ou
la résistance à la traction du sol, les fissures dues au retrait apparaissent. Les endroits
fissurés représentent des zones faibles susceptibles de réduire de façon importante la
résistance, la stabilité et la capacité portante. Le gonflement est un phénomène
complexe. Son importance dépend des minéraux argileux présents, de la texture et de
la structure du sol. Dans la pratique, les trois facteurs responsables des dommages dus
au gonflement sont : la présence de Montmorillonite, une teneur en eau voisine de la
limite de plasticité W
p
et la présence d’une source d’eau à proximité.

4.2.3 Action du gel
La formation du gel dans le sol peut avoir des conséquences importantes. Le
volume du sol peut augmenter de 10 %. Les lentilles et plaquettes de glaces peut
provoquer un soulèvement du sol et endommager ainsi les structures superficielles
légères, activation des tassements différentiels, enfin elle peut augmenter la teneur en
eau du sol. Les actions antigel peuvent se résumer dans : l’utilisation des membranes
imperméables, assainissement et drainage de l’eau, l’ajout d’additifs chimiques, et
l’utilisation d’isolants thermiques telles que mousse.


4.3 Dynamique de l’écoulement

4.3.1 Hypothèses
En géotechnique, l’eau se présente dans des conditions permettant de formuler
les hypothèses suivantes :
. Vitesse d’écoulement très faible.
z = 0
A
2
, v
2
,
P
2
, z
2
A
1
, v
1
,
P
1
, z
1

. Régime permanent et laminaire.
. L’écoulement est à une ou deux
dimensions.
. Le fluide est considérée parfait c.à.d
non visqueux et incompressible.

4.3.2 Conservation de la masse
Fig. 4.3 : Ecoulement d’un fluide
La loi de conservation de la masse
fluide pour un écoulement laminaire (Fig. 4.3)
se réduit à l’équation de débit:

Q = A
i
v
i
= constante (4.1)


4.3.3 Charge hydraulique (équation de Bernoulli)
Tous les sols sont plus ou moins perméables. Ce phénomène se manifeste avec
des intensités très différentes. A titre d’exemple, la vitesse d’écoulement de l’eau dans
le sable pour un gradient hydraulique égal à l’unité, descend rarement au-dessous de
quelques centimètres par heure alors que pour les argiles, cette vitesse ne dépasse pas
quelques centimètres par an. Nous nous intéressons aux régimes permanents c.à.d
dans le cas où les particules fluides suivent des trajectoires invariables au cours du
46
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
temps appelés lignes de courant. Le long d’une ligne de courant (Fig. 4.3), la pression
et la vitesse du fluide suivent une certaine loi. Dans le cas des fluides parfaits
(incompressibles et non visqueux) en mouvement sous la seule action de la pesanteur,
on utilise le théorème de Bernoulli pour les fluides réels qui exprime que la charge
hydraulique décroît car le mouvement dissipe de l’énergie par frottement fluide-fluide
ou fluide-sol :

h
z
g
p
g
v
2
1
z
g
p
g
v
2
1
2
w
2
2
2
1
w
1
2
1
∆ + +
ρ
+ = +
ρ
+ (4.2)

Où v est la vitesse d’écoulement, p pression, z altitude, g accélération terrestre, ∆h
représente la perte de charge hydraulique entre les deux sections d’étude. Dans le cas
particulier de l’infiltration de l’eau dans le sol, les vitesses d’écoulement sont si
faibles que l’on peut négliger dans l’expression de la charge hydraulique le terme
v
2
/2g. Dans la pratique, on mesure la pression au delà de la pression atmosphérique
qui est prise comme origine des pressions. Alors la charge hydraulique est mesurée
par l’altitude du niveau atteint par le liquide dans un tube piézométrique placé au
point considéré.

4.3.4 Gradient hydraulique
C’est un paramètre définissant la
variation de la charge par unité de longueur
parcourue (Fig. 4.4). Il joue un grand rôle dans
l’écoulement de l’eau dans le sol :

l
h
parcourue longueur
e arg ch de iation var
i


− = − = (4.3)

4.3.5 Loi de Darcy pour l’écoulement à une
dimension
La loi de Darcy est une relation de
proportionnalité entre la vitesse de décharge v
dite aussi vitesse fictive et le gradient
hydraulique i. Le coefficient de proportionnalité
est le coefficient de perméabilité k. A une
dimension elle s’écrit :
u

γ
w
z
1 dA
z = 0
dl
dq
dh
Fig. 4.4 : Définition du gradient
hydraulique

v = k i (4.4)

Cette relation est la base de tous les calculs de l’hydraulique souterraine. La vitesse de
décharge v est par définition le débit par unité d’aire, c.à.d c’est le rapport du débit
observé q à la surface totale A :

A
q
v
dA
dq
v = ⇔ = (4.5)



47
Eléments de Mécanique des Sols

La vitesse de décharge v est reliée à la vitesse moyenne V par la relation
approximative :
Zone de
transition
turbulent laminaire
i
v

v = n V (4.6)

n étant la porosité. La loi de Darcy est valable dans
la majorité des sols, car l’écoulement est à faible
vitesse et en régime laminaire (Fig. 4.5). Elle
donne d’excellents résultats pour les faibles
nombre de Reynolds R
e
défini par


ρ η
=
/
d v
Re
(4.7)

Fig. 4.5 : Validité de la loi de
Darcy
mais elle devient de moins en moins précise
lorsque le nombre de Reynolds dépasse la valeur
de 2.

4.3.6 Généralisation de la loi de Darcy aux écoulements à 2 et 3D
La généralisation de la loi de Darcy en milieu homogène et isotrope est
relativement facile : il suffit de considérer que le gradient hydraulique et la vitesse de
décharge sont des vecteurs colinéaires :

) h k ( d a gr h d a gr k v − = − =
r r r
(4.8)

on postule alors l’existence d’un potentiel de vitesse φ tel que

φ = - k h (4.9)
z
,
y
,
x
v v
v
z y
x

ϕ ∂
=

ϕ ∂
=

ϕ ∂
= (4.10)

Lorsque le liquide est incompressible, la conditions de continuité donne :

0
z y x
v
v
v z
y
x
=


+


+


(4.11)
soit
∆ φ = 0 (4.12)

qui est une équation de Laplace. Ainsi la fonction ou h est harmonique.


4.4 La perméabilité des sols
La perméabilité du sol à l’eau est affectée par la forme des grains, leur
grosseur, la structure du sol, sa constitution pétrographique, la porosité ou l’indice des
vides, le degré de saturation, le gradient hydraulique, le diamètre effectif des pores qui
influence la hauteur d’ascension capillaire, le cheminement des vides à travers le sol,
la température et les caractéristiques propres au fluide telles que densité et viscosité.
48
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Dans le cas de massif homogène et isotrope, la perméabilité est la même dans toute
les directions. On définit alors un seul paramètre dit coefficient de perméabilité
mesurable par différents essais.

4.4.1 Mesure du coefficient de
perméabilité au laboratoire
Il existe deux essais propres à la
mesure du coefficient de perméabilité :
perméamètre à charge constante et
perméamètre à charge variable. On peut
aussi mesurer ce coefficient par essai
oedométrique ou triaxial dans l’étude fera
l’objet de chapitres ultérieures.
Q
A
l
∆h
Fig. 4.6 : Perméamètre à charge
constante

4.4.1.1 Perméamètre à charge constante
La quantité d’eau recueillie (Fig. 4.6)
pendant l’intervalle de temps t est

Q = A v t

v = k i = k ∆h/l
h
2

h
1

l
a
A
Q
dh

ce qui donne

t A h
l Q
k

= (4.13)

où [Q] = m
3
, [A] = m
2
, [∆h] = m et [k] = ms
-1


4.4.1.2 Perméamètre à charge variable
Le coefficient de perméabilité est donné par la
relation (Fig. 4.7):

) ( ln
t A
l a
k
h
h
2
1

= (4.14)

où ln désigne le logarithme naturel à base e. ∆t est
la durée de mesure c.à.d
Fig. 4.7 : Perméamètre à charge
variable
∆ t = t
2
– t
1


4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site (formule de Dupuit)
la mesure se fait au cours d’un essai de pompage (Fig. 4.8). La formule se base sur la
loi de Darcy et le débit recueilli à travers la surface latérale du puit de pompage

Q = v t A
l
==> v = Q / ( t A
l
)

49
Eléments de Mécanique des Sols

avec la définition du gradient
hydraulique et de la surface latérale
massif imperméable
Q
h
2
h
1

h
0

r
r
2
r
1
r
0

Fig. 4.8 : Essai de pompage

i = dh / dr et A
l
= 2 π r h

il vient

dr
dh
k
A t
Q
l
=

par intégration entre les rayons r
1
et r
2
,
on obtient la formule de Dupuit

r
r
h h
1
2
2
1
2
2
log
k
t
Q −
π = (4.15)

Exemple 4.1
Un échantillon cylindrique de sol de 73 mm de diamètre et de 168 mm de hauteur est
soumis à un essai de perméabilité à charge constante égale à 750 mm. Après une
minute, on recueilli 945,7 g d’eau (de température égale à 20 °C et d’indice de vides
de 0,43). Calculer le coefficient de perméabilité k.

Exemple 4.2
Pendant l’essai de perméabilité à charge variable, on obtenait les mesures suivantes :
a = 625 mm
2
, A = 1073 mm
2
, l = 162,8 mm
h
1
= 1602 mm, h
2
= 801 mm, t = 90 s.
Calculer le coefficient de perméabilité.

4.4.3 Formules empiriques
Il existe des formules empiriques permettant le calcul du coefficient de perméabilité
en fonction de caractéristiques diverses.

4.4.3.1 Formule de Hazen
Elle est valable pour les sables propres (sable contenant moins de 5 % de particules
passant le tamis n° 200) dont le diamètre effectif D
10
est compris entre 0,1 et 3,0 mm.
De plus, cette formule n’est utile que pour les valeurs de K ≥ 10
-5
ms
-1
:

k = C D
10
2
(4.16)

où [k] = ms
-1
, [D
10
] = mm, 0,004 ≤ C ≤ 0,012

4.4.3.2 Formule de Taylor
Elle sert au calcul de la valeur du coefficient de perméabilité pour des indices de vides
différents de ceux aux quels les essais ont été faits :

2
3
2
2
1
3
1
2 1
e 1
e C
e 1
e C
k k
1
+
÷
+
= ÷ (4.17)
50
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Les coefficients empiriques C
1
et C
2
dépendent de la structure du sol. Pour les sables
on prendra C
1
≈ C
2
. La relation suivante est aussi très utile dans le cas des sables
(avec C’
1
≈ C’
2
) :

2
2
2
2
1
1 2 1 e ' C e ' C k k ÷ = ÷ (4.18)

4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale des terrains stratifiés
Lorsque le terrain est composé de plusieurs couches de perméabilités différentes, il est
possible de calculer un coefficient de perméabilité équivalente pour un massif fictif
supposé homogène. Mais il faut distinguer le cas d’un écoulement horizontal d’un
écoulement vertical.

4.4.4.1 perméabilité équivalente horizontale
Le débit total est la somme des débits dans chaque
couche (Fig. 4.9) :
H
3

H
v
3

v
2

v
1

H
2

H
1

Fig. 4.9 : Perméabilité
moyenne horizontale

i k
H
H v .... H v
v h
n n 1 1
=
+ +
= (4.19)
d’où
k
h
H = Σ ( k
hi
H
i
) (4.20)

4.4.4.2 perméabilité équivalente verticale
La continuité de la vitesse de décharge (Fig. 4.10)
implique
H
3

H
2

H
1

H v
Fig. 4.10 : Perméabilité
moyenne verticale

v = v
1
=….= v
n
= k
v1
i
1
=…= k
vn
i
n
= k
v
i (4.21)

d’où

=
i vi
i
v
k k
H H
(4.22)


4.5 Principe de la contrainte effective
Les différentes phases qui forment un sol saturé ou non ne sont pas régies par les
mêmes lois. L’étude des phases gazeuse ou liquide relève de la mécanique des fluides
ou de l’hydraulique. Pour l’étude de résistance et de déformation de la phase solide,
nous utilisons la pression effective c.à.d la pression réellement appliquée sur le
squelette solide. On considère ainsi que le comportement mécanique du sol ne dépend
que des contraintes effectives. Cette notion fut introduite par Terzaghi et est connue
sous le nom de postulat de Terzaghi ou principe des contraintes effectives qui est un
principe très important en géotechnique.

4.5.1 Loi de Terzaghi
Dans le cas de sols à deux phases solide-gaz ou solide-liquide, on défini la contrainte
effective par :

σ = σ' + u τ = τ' (4.23)

51
Eléments de Mécanique des Sols

où σ (respectivement τ) est la contrainte totale normale (respectivement tangentielle).
σ’ (respectivement τ’) est la contrainte effective normale (respectivement
tangentielle). u est la pression interstitielle du fluide. σ’ ne peut être mesurée mais
seulement calculée.

4.5.2 Loi de Skempton
P
P'
u
u
Fig. 4.11 : Formule de
Skempton
Elle analyse les forces de contact entre deux grains
solides (Fig. 4.11) :

P = P' + (A – A
c
) u
d’où
σ = σ' + (1 – a) u , a = A
c
/ A (4.24)

On remarque de cette formule que la loi de Terzaghi est
le cas limite de la loi de Skempton.

4.5.3 Loi de Bishop
Dans le cas de sol à trois phases solide, liquide et gaz, la formule de Bishop est la plus
valable :

σ = σ' + u
a
– x (u
a
– u
w
) (4.25)

dans laquelle u
a
(u
w
) représente la pression du gaz (respectivement du liquide). x est
un coefficient empirique qui dépend du degré de saturation : x est nul pour les sols
secs et est égal à l’unité pour les sols saturés. Entre ces deux extrémités x est
déterminé par expérimentation.

M
d
H
Exemple 4.3
Calculer la contrainte effective au point M (Fig.
4.12)

4.5.4 Cas d’écoulement linéaire descendant ou
ascendant
En présence d’écoulement linéaire il faut tenir
compte de la force de volume f
v
due au gradient
hydraulique : Fig. 4.12 : Exemple 4.3

f
v
= i γ
w


Ainsi la contrainte effective pour un écoulement descendant devient :

σ' = (γ' + i γ
w
) d (4.26)

et pour un écoulement ascendant elle s’écrit

σ' = (γ' - i γ
w
) d (4.27)


52
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Exemple 4.4
Soit un échantillon de sol dans les deux configurations 1 et 2 (Fig. 4.13). Calculer
pour chaque cas : σ, σ' et u. On donne ρ
sat
= 2,0.10
3
kg/m
3
.


4.6 Effet Renard (ou des sables boulant)
Lorsqu’il y a écoulement ascendant, il y a
diminution graduelle des forces
gravitationnelles. A l’état critique de ce
phénomène, le sol entre dans un état de
boulance dans lequel la contrainte effective
est égale à zéro. Le gradient hydraulique
associé à l’apparition de ce phénomène est dit
gradient hydraulique critique i
c
. Il est défini
par :


γ
γ
=
ρ
ρ
=
w w
c
' '
i
(4.28)

avec (voir formulaire)


e 1
'
w s
+
ρ − ρ
= ρ (4.29)

ρ
s
étant la masse volumique des grains solides, il
vient

) 1 (
e 1
1
i
w
s
c

ρ
ρ
+
= (4.30)

Exemple 4.5
Trouver la charge h qui produira un état de
boulance (Fig. 4.14), et le gradient hydraulique
critique. On donne ρ
sat
= 2. 10
3
kg/m
3
.
z = 2 m
H = 5 m
1
niveau B
2
Fig. 4.13 : Exemple 4.4
niveau A
M M
niveau A
l = 5 m
h
w
= 2 m
h
M
A = 1 m
2

Fig. 4.14 : Exemple 4.5

4.7 Forces d’écoulement
Les forces d’écoulement sont présentes dans toute asse de sol soumise à un gradient
hydraulique. La force d’écoulement est une force volumique d’intensité f
v
telle que :

f
v
= i γ
w
(4.31)

elle agit dans la direction de l’écoulement.

Exemple 4.6
Considérons les données et les résultats de l’exemple 4.5. Calculer la force volumique
d’écoulement lorsqu’il y a boulance. Calculer la force d’écoulement au niveau A.

53
Eléments de Mécanique des Sols

4.8 Réseaux d’écoulement
Il s’agit de l’étude de l’infiltration de l’eau dans le sol. Lorsque l’écoulement
permanent se fait dans un milieu isotrope (la perméabilité est même dans toutes les
directions), le problème est régi par l’équation :

∆ φ = 0 (4.32)

ou φ est dit potentiel d’écoulement et représente la charge hydraulique. Ce problème
peut être résolu graphiquement par l’établissement d’un réseau d’écoulement composé
de lignes de courant et de lignes équipotentielles (Fig. 4.15). Le procédé est
relativement simple. Il suffit de suivre les règles suivantes :

- Une frontière imperméable est une ligne de courant.
- Les lignes équipotentielles partent de la frontière imperméable suivant un angle
droit.
- L’intersection entre une ligne de courant et une ligne équipotentielle se fait sous un
angle droit.
2

m

couche imperméable
1
2

m

lignes
d'écoulement
lignes
équipotentiel
∆q
∆q
∆q
∆q
canal
d'écoulement
3
0

m

∆l
a
L = 40 m
x
Fig. 4.15 : Réseau d’écoulement
sous un barrage

Le réseau se dessine de façon à obtenir des mailles de tailles différentes mais de forme
carrée.

Dans un réseau d’écoulement, le gradient hydraulique peut être calculé par différence
finie :

i = (φ
2
- φ
1
) / dl (4.33)

54
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Le débit par canal d’écoulement est donné par :

∆q = v a = k i a = k ∆h a / ∆l = k h a / (b N
d
) (4.34)

où ∆q est le débit par canal d’écoulement par unité de temps et par unité de longueur
transversale, h est la différence de potentiel dans le système totale (chute de charge),
(a,b) sont les dimensions de la maille où a est la largeur du canal d’écoulement et b est
la longueur du chemin d’écoulement. N
d
est le nombre de chutes de potentiel. Ainsi,
le débit total par unité de longueur transversale est

q = N
f
∆q = k h (a/b) (N
f
/ N
d
) (4.35)

où N
f
est le nombre de canaux d’écoulement.

Exemple 4.7
Soit le réseau d’écoulement ci-contre (Fig. 4.15). La longueur transversale du barrage
est de 120 m. Calculer le débit de fuite lorsque le coefficient de perméabilité est égal à
20.10
-6
ms
-1
. Calculer le gradient hydraulique de sortie au point x. Trouver la
distribution des pressions d’eau sous le radier du barrage.

Remarque 4.1
Dans le cas de massif anisotrope, le problème est régi par l’équation :

0 k k
y x
2
2
y
2
2
x =

ϕ
+

ϕ
∂ ∂
(4.36)

où k
x
et k
y
sont les coefficients de perméabilité dans les directions x et y
respectivement.


4.9 Contrôle des écoulements

Pour prévenir l’érosion interne sous les structures, il faut veuillez à ce que le gradient
hydraulique soit strictement inférieur au gradient hydraulique critique, notamment
pour les sols pulvérulents et particulièrement les silts. Pour y parvenir, on peut :
. Vue l’impossibilité d’interdire l’infiltration de l’eau sous la structure, il faut allonger
les chemins d’écoulement pour augmenter les pertes de charge ce qui se traduit par
une baisse du gradient hydraulique dans les zones critiques.
. Soulager la pression de soulèvement sous la structure, à l’aide de puits de décharge
ou drains convenablement mis en place.
. Utiliser les filtres de protection. Ils sont constitués par des couches de matériaux
granulaires placées sur des sols moins perméables Ces filtres permettent l’écoulement
de l’eau sans subir de pertes importantes de charge. Les caractéristiques de ces filtres
sont précisées grâce à des études expérimentales. Les quatre principaux critères pour
les filtres de protection sont les suivants (USACE, 1986) :

Critère de perméabilité Critère de rétention
Critère d’épaisseur Critère pour les fentes et écrans
55
Eléments de Mécanique des Sols


Critère de perméabilité
Le matériau composant le filtre doit être plus perméable que le matériau à protéger dit
base.

Critère de rétention
Les vides du filtre devront être suffisamment petits pour empêcher les particules de la
base d’y pénétrer.

Critère d’épaisseur
La couche filtrante doit être suffisamment épaisse pour assurer la répartition uniforme
de toutes les dimensions de particules à travers tout le filtre.

Critères pour les fentes et écrans
Les filtres et trous doivent être suffisamment petits (même en interposant une couche
filtrante supplémentaire) pour que les particules du filtre ne puissent pénétrer dans les
tuyaux de drainage.

56
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
Exercices du Chapitre 4

L’eau dans les sols

Exercice 1
Un échantillon de sol a une hauteur de 15 cm et un diamètre de 5,5 cm. Soumis à la
pression d’une hauteur d’eau de 40 cm, évacue 40 g d’eau en 6 secondes. Calculer le
coefficient de perméabilité du sol en question.

Exercice 2
Un massif de sol est constitué de trois couches horizontales de même épaisseur. Les
coefficients de perméabilité sont 10
-3
cm/s, 10
-2
cm/s et 10
-3
cm/s. Calculer les
coefficients de perméabilité horizontale et verticale.

Exercice 3
Calculer la contrainte effective au point M de profondeur D. Le niveau de la nappe est
situé à la profondeur d (<D). Le sol au dessus de la nappe est saturé par capillarité. On
donne :
D=3,6 m; d=1,2 m; γ
sr
=20,3 KN/m
3
.

Exercice 4
Une couche d’argile submergée a une épaisseur de 15m. Sa teneur en eau est de 54%.
La densité des grains est de 2,78. Calculer la contrainte verticale effective à la base de
la couche.

Exercice 5
Un sable est formé de grains solides de densité égale à 2,66. La porosité dans l’état le
plus léger est de 45%. Dans l’état le plus dense elle est de 37%. Quel est le gradient
hydraulique critique pour ces deux états.

Exercice 6
Considérons un réseau d'écoulement dans le plan. Montrer que la perte de charge est
constante dans le canal d'écoulement lorsque les mailles sont de forme carrée.

Exercice 7
Soit la réserve d'eau de la figure 1. Tracer:
Les trajectoires des particules liquides L
1
,L
2
,L
3
,L
4
.
Les lignes équipotentiel passant par les points p
1
,p
2
,p
3
.

Exercice 8
Considérons le réseau d'écoulement de la figure 2. Calculer:
Le coefficient de perméabilité moyenne.
La vitesse de décharge aux points A et B.
La pression de l'eau au point C.

Exercice 9
Soit le barrage de la figure 3. Tracer un réseau d'écoulement
Calculer le gradient hydraulique aux points A et B.
57
Eléments de Mécanique des Sols

Estimer la contrainte verticale due au poids du béton armé aux points A et B.
Calculer la contrainte effective en ces même points.
Formuler vos remarques à propos de la sécurité de ce projet.


sol imperméable
Figure 1
Figure 2
58
Chapitre 4 : L’eau dans les sols
3

m

1
5

m

4
5

m

45 m
sol imperméable
Figure 3
59
Eléments de Mécanique des Sols
















Chapitre 5:


Distribution dans le sol des contraintes
dues aux charges extérieures



5.1 Introduction
5.2 Charge concentrée verticale, problème 3D
5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie
5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie
5.5 Charge uniformément répartie
5.5.1 Cas de surface circulaire
5.5.2 Cas de bande rectangulaire
5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur
5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée
5.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie
5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie
5.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière
5.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie
5.12 Théorie de Westergaard





Chapitre 5

Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures



5.1 Introduction

P
x
y
z
σ
rr

σ
θθ

θ
r
Nous avons vu à la fin du chapitre précédent la méthode
de calcul des contraintes dans les massifs de sol due au poids
propre des terres. Les calculs distinguent le cas de couches
partiellement saturées du cas de couches saturées avec ou sans
mouvement de l’eau. Dans le présent chapitre nous allons
étudier les résultats des théories de calcul des contraintes dans le
sol dues aux charges extérieures telles que poids des ouvrages,
les charges d’exploitation et le poids des équipements sur
chantier.
Fig. 5.1 : Charge
concentrée verticale

σ
z
/ σ
0

θ [°]
σ
0
= σ
z
(θ = 0)
1
0,49
0,18
30 45
5.2 Charge concentrée verticale, problème en 3D
(Problème de Boussinesq)

Les hypothèses de calcul sont

. un domaine à 3D semi-infini (Fig. 5.1).
. Milieu élastique, non pesant sans aucune force de volume,
isotrope et homogène.
Fig. 5.3 : Distribution de
σ
z
en fonction de θ
. Plan supérieur horizontal.
. La charge extérieure est concentrée, verticale.

La contrainte verticale due à la charge extérieure concentrée est
donnée par la solution de Boussinesq :


ρ π
π
= θ = σ
5
3
5
2
z
z
cos
z 2
2
P 3 P 3
(5.1)

On remarque que la contrainte σ
z
est indépendante des propriétés du
massif de sol. Pour le calcul rapide de la contrainte, on peut utiliser
un abaque approprié (Fig. 5.2). La contrainte verticale dans le sol
vari avec la position dans le sol du point de calcul (Fig. 5.3). Les
courbes d’égale pression sont comme indiquer ci-contre (Fig. 5.4).
Fig. 5.4 : Courbes
iso-contraintes σ
z


61
Eléments de Mécanique des Sols


Fig. 5.2: Calcul par abaque de la contrainte transmise au sol par une charge
extérieure concentrée (d'après introduction à la géotechnique). N
B
pour la
théorie de Boussinesq, N
w
pour la théorie de Westergaard
62
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
x
M
σ
z

R
z
y
θ
q
5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur
infinie

La solution est due à Flamant (Fig. 5.5).

θ
π
=
σ cos
R
q 2
3
z
(5.2)
Fig. 5.5 : Charge
uniforme linéaire
5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de
longueur infinie et de largeur finie
θ
2

θ
1

θ
x
B
q
z
y
x

La bande se présente comme indiquer ci-contre (Fig.
5.6). On se basant sur la solution de Flamant, on
obtient l’expression :






 θ

θ
+
θ

θ
π
=
σ
2
2 sin 2 sin
) (
q
1 2
1 2 z
(5.3)

5.5 Charge uniformément répartie

Soit q l’intensité de la charge répartie (Fig. 5.7). La
solution est basée sur la solution de Boussinesq :
Fig. 5.6 : Charge uniforme sur
une bande de longueur infinie
dA
cos
z
2
q 3
A
5
2
z
θ

π
=
σ
(5.4)
θ
z
σ
z

M
dA
A
q
q dA

La contrainte dépend de l’aire A de répartition de la charge q.

5.5.1 Cas de surface circulaire
La contrainte verticale en un point situé à la verticale du
centre de la surface circulaire uniformément chargée (Fig.
5.8) est

Fig. 5.7 : Charge
uniformément répartie
σ
z
= q (1 - cos
3
θ
0
) (5.5)

Pour le calcul de la contrainte en un point loin de la
verticale, il existe des abaques basées sur la méthode des
facteurs d’influence (Fig. 5.9).
θ
0

z
M
R

5.5.2 Cas de bande rectangulaire
La contrainte verticale au sein d’un massif à la verticale
d’un des sommets (Fig. 5.10) est donnée par

σ
z
= q I(m,n) (5.6)

Fig. 5.8 : Charge uniforme répartie
sur une surface circulaire
m = a/z n = b/z
et
63
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 5.9: Calcul de la contrainte due à une charge uniforme répartie sur une surface
circulaire. (d'après Introduction à la géotechnique)
64
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures


) 1
n 1 m
(
2
n m
1
n m
n m
)
1
n m
n m
( arctg
2
1
n) I(m,
)(
2
2
2 2
2 2 2 2
+ +
+ +
+ +
+
+ +
π
= (5.7)

L’expression ci-dessus montre
que les paramètres m et n sont
interchangeables. Il est possible
de tirer le facteur I d’après des
abaques (Fig. 5.11).
σ
z

z
b
a
D
B
A
I
4
I
3

I
2
I
1

C

Pour un point M situé à l’intérieur
de la zone chargée ou à son
extérieur, on ne peut calculer la
contrainte verticale que par des
combinaisons élémentaires (Fig.
5.12,13).
Fig. 5.12 : Cas
de point interne
Fig. 5.10 : Surface rectangulaire
chargée uniformément
= - - +
M M M M
M

Exemple 5.1
On applique une contrainte superficielle uniforme de 117 kPa
sur une semelle rectangulaire de 3×4 m. On demande de
calculer la contrainte verticale:
1. sous le coin M de la semelle à une profondeur de 2m.
Fig. 5.13 : Cas de point de calcul externe à la surface
chargée
4m
N
3 m
1m
3m
O
M
Exemple 5.1
2. sous le centre N de la semelle à la profondeur de 2m.
3. sous le point O à la profondeur de 2m.

q
σ
z

b a
5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur
Au dessous de l’axe de symétrie (Fig. 5.14), on peut utiliser
la méthode des facteurs d’influence :

σ
z
= q I(a/z, b/z) (5.8)

où I est tiré d’après une abaque appropriée (Fig. 5.15).

Fig. 5.14 : Distribution
trapézoïdale de grande longueur
65
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 5.9: Calcul de la contrainte sous le coin d'une surface rectangulaire chargée uniformément.
(d'après introduction à la géotechnique)
66
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Fig. 5.15: Calcul de la contrainte sous un remblai de longueur infinie. (d'après
Introduction à la géotechnique)
67
Eléments de Mécanique des Sols

Exemple 5.2
6m 6m 5m 5m
Soit le remblai routier de hauteur h = 3 m (Fig. 5.16).
La masse volumique moyenne du matériau est égale à
2,0.10
3
kg/m
3
. Calculer la contrainte verticale sous le
centre à la profondeur z = 6 m.

Lorsque l’on désire calculer la contrainte en un point
loin de l’axe de symétrie (Fig. 5. 17) on peut procéder par superposition, ce qui
donne :
Fig. 5.16 : Exemple 5.2

[ ] ) ( x ) ( b ) ( ) b a (
a
q
2 1
1 2
2 1
2 1
z ε

ε
+ β − β +
ε
+
ε
− β + β +
π
=
σ
(5.9)
-
q
1

2
b

q
0

2
(
b
)

a
+
=
2
(
a
+
b
)

q
M
x
ε
2
ε
1

β
2

β
1

a b b a
z
x
Fig. 5.17 : Cas de charge trapézoïdale isocèle répartie sur une largeur infinie
5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande
q
L
B
Q
O
rectangulaire de longueur limitée

On calcul la contrainte au droit de l’un des coins (Fig.
5.18). On peut calculer par facteur d’influence :

Fig. 5.18: Cas de charge
triangulaire de longueur limitée
σ
z
= q I(L/z, B/z) (5.10)

σ
z

z
y
C
B
x
a
b
x
q
0

A
β
θ
2

θ
θ
1

Le facteur I est tiré d’après une abaque
(Fig. 5.19).

5.8 Charge triangulaire répartie sur
une bande rectangulaire de longueur
infinie

Le point de calcul peut être quelconque
(Fig. 5.20). L’analyse est basée sur la
solution de Flamant. Tout calcul fait, la
contrainte verticale sera donnée par :

Fig. 5.20 : Charge triangulaire répartie sur
une bande de longueur infinie
68
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Fig. 5.19: Calcul de la contrainte sous le coin d'une surface rectangulaire sollicitée par
une charge triangulaire. (d'après Introduction à la géotechnique)
69
Eléments de Mécanique des Sols







+ −


θ

θ
π
=
σ
z
) b a (
) b a ( z b
) ( a
b
q
2
2 1 2
0
z
(5.11)

Nous pouvons utiliser une abaque basée sur le facteur d’influence :

σ
z
= q
0
I(m, n) (5.12)

où I est tiré d’après une abaque ou donné par :







− + +


− +
π
=
n 2 1
n m
) 1 n ( m
n
n m
m
arctg n
1
I
2 2 2 2
(5.13)

5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de
longueur infinie

Le point de calcul peut être quelconque (Fig.
5.21). On peut procéder par superposition de la
solution précédente d’où

[ ] ) ( x ) ( b
b
q
1 2 2 1
0
z
β − β + β + β
π
=
σ

M
β
2

β
1

z
O
x
A B
q
0

2b
(5.14)


Fig. 5.21 : Charge triangulaire
symétrique répartie sur une bande
de longueur infinie
5.10 Charge uniformément répartie sur une
surface irrégulière

On utilise l’abaque de Newmark (Fig. 5.22), selon la démarche suivante :

1. La profondeur de calcul de la contrainte verticale est prise égale à la distance OQ
de l’abaque, ce qui donne une échelle graphique pour tracer la surface chargée.
2. On trace selon l’échelle ainsi obtenue, le contour de la surface irrégulière sur un
papier transparent.
3. Le point au droit duquel on veut calculer la contrainte est placé au centre de
l’abaque. Le point de calcul peut être à l’intérieure ou à l’extérieure de la surface
chargée. On superpose alors la surface dessinée à l’abaque.
4. On dénombre le nombre n de carreaux de l’abaque situés à l’intérieur de la surface
chargée.
5. La contrainte verticale au point considéré est donnée par :

σ
z
= n I q (5.15)

où I est un coefficient d’influence caractéristique de l’abaque, q est la charge
uniforme.



70
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Exemple 5.3
Une charge uniforme de 250 kPa est appliquée sur la surface montrée ci-contre (Fig.
5.23). Calculer la contrainte au point O à la
profondeur de 80 m.


5.11 Charge quelconque répartie sur une
bande de longueur infinie

On peut utiliser une méthode graphique basée
sur le damier de Giroud (Fig. 5.24):

1. Dessiner sur un calque la charge à une
échelle telle que la profondeur z = AA' à
laquelle on veut calculer la contrainte verticale
soit égale au segment P'P du damier et que la charge maximale est P.
60 m 40 m 20 m
10 m
20 m
40 m
O
Fig. 5.23 : Exemple 5.3
2. Placer le calque sur le damier en faisant coïncider AA' et PP'.

3. Compter le nombre n de cases (blanches et noires) du damier recouvertes par le
profil de la charge

4. La contrainte verticale est donnée par :

σ
z
= n I q (5.16)

où I est une caractéristique de l’abaque.


5.12 Théorie de Westergaard
La solution de Boussinesq est basée sur un comportement élastique linéaire du
massif de sol. Cette solution ne s’applique pas aux dépôts naturels de sol où il peut
exister plusieurs couches de natures différentes. Dans ce cas, la solution de
Westergaard est la plus appropriée. Cette théorie repose sur l’hypothèse qu’un sol ne
se déforme que dans le sens vertical en absence de tout mouvement latéral à cause de
la présence de couches minces parfaitement rigides. Pour le calcul pratique, on
trouvera des abaques semblables à ceux de la théorie de Boussinesq (Fig. 5.2).
71
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 5.22: Abaque de Newmark pour le calcul de la contrainte sous une surface
horizontale quelconque chargée uniformément. (d'après Introduction à la
géotechnique)
72
Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures
Fig. 5.24: Abaque de Giroud pour le calcul de la contrainte sous une bande de
longueur infinie soumise à une charge quelconque. (d'après Mahé)
73
Eléments de Mécanique des Sols


Exercices du chapitre 5

Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures

Exercice 1
z
y
x
R
e

R
i

α
q
Exercice 1
Une charge verticale uniforme d'intensité q est répartie sur une
surface horizontale en forme de disque plat d'ouverture α, de
rayons intérieur R
i
et extérieur R
e
. Calculer la contrainte verticale
au point M.

Exercice 2
Calculer la contrainte verticale en un point M situé à la verticale
du centre d'une surface circulaire uniformément sollicitée par une
charge d'intensité q.

F
C
A E
Exercice 3
Retrouver la solution de Flamant.

Exercice 4
Retrouver la solution dans le cas d'une charge uniforme sur une
bande de longueur infinie et de largeur B. Exercice 5

Exercice 5
R
q
z' z
M'
M
Une semelle de fondation de 12m de côté et de 20cm
d'épaisseur supporte une surcharge de densité uniforme de
0,78daN/cm
2
. Calculer la composante verticale de la
contrainte supplémentaire résultant de ces charges dans un
plan situé à 24m sous la surface libre et à la verticale des
points ACE et F. On prendra la densité du béton égale à 2,5.

Exercice 6
Faites le même exercice précédant en supposant que la charge
est concentrée au centre de la semelle.
Exercice 7
Exercice 7
Calculer la contrainte verticale aux points M et M
'
. On
donne :
q
4
q
3
q
2
L
4
L
3
L
2
L
1

z' z
q
1
R = 5 m, z = z
'
= 10 m, q = 60 kN/m
2


Exercice 8
Calculer la contrainte verticale aux points M et M
'
. On
donne :
L
1
= 5 m, L
2
= 3 m, L
3
= 4 m, L
4
= 1 m,
z = z
'
= 10 m,
M' M
q
1
= 50 kN/m, q
2
= 30 kN/m, q
3
= q
4
= 20 kN/m

Exercice 8





Chapitre 6:


Tassement, Compressibilité et Consolidation



6.1 Introduction, le tassement
6.2 Composantes du tassement
6.3 Compressibilité
6.4 Consolidation
6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation
6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place
6.7 Calcul des tassements primaires
6.7.1 Méthode globale
6.7.2 Calcul des tassements instantanés
6.7.3 Calcul des tassements de consolidation
6.8 Vitesse de consolidation
6.8.1 Introduction
6.8.2 Phénomène de la consolidation
6.8.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle
6.8.3.1 Les hypothèses
6.8.3.2 Mise en équations
6.8.3.3 Résolution
6.8.3.4 Degré de consolidation
6.8.3.5 Degré de consolidation moyen
6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation
6.9.1 Méthode de Casagrande
6.9.2 Méthode de Taylor
6.10 Détermination du coefficient de perméabilité
6.11 Evaluation de la compression secondaire
6.11.1 Définition
6.11.2 Hypothèses
6.11.3 Calcul du tassement secondaire
6.12 Tassements admissibles et précautions à adopter






Chapitre 6

Tassement, compressibilité et consolidation



6.1 Introduction, le tassement

Le sol est un amas complexe, c’est un matériau irréversible à cause des
déformations permanentes, son comportement est généralement non linéaire. Les
déformations peuvent être instantanées ou différées introduisant une dépendance au
temps. Les tassements sont par définition les déformations verticales du sol sous
l’action des sollicitations diverses. Le tassement peut s’effectuer vers le bas ou vers le
haut c.à.d un gonflement (pendant les excavations par exemple). Les causes du
tassement sont :

. La compression de l’air et de l’eau interstitielle. Pour le calcul des tassements on
suppose que le sol est saturé, de plus on ne tient pas compte de la compressibilité du
fluide interstitiel.
. La déformation des grains de sol qui est généralement négligeable en Génie civil.
. Expulsion de l’air et évacuation de l’eau interstitielle qui constitue la cause
principale dans l’étude des tassements.

Les tassements peuvent être uniformes ou différents d’un point à l’autre selon la
nature du sol en place. Les tassements des sols non saturés sont presque instantanés
tandis que dans les sols saturés, ils peuvent s’étendre sur quelques secondes dans les
sols sableux-graveuleux, jusqu’à plusieurs dizaines d’années dans les argiles peut
perméables. Le calcul des tassements est nécessaire pour vérifier la conformité des
structures vis-à-vis des conditions de sécurité et de service.


6.2 Composantes du tassement

Le tassement total d’un sol se décompose en tassement primaire et tassement
secondaire. Le tassement primaire a deux composantes, un tassement immédiat et un
tassement différé associé à la consolidation. D’où la formule globale :

S
t
= S
p
+ S
s
= S
i
+ S
c
+ S
s
(6.1)

Par définition, le tassement immédiat est indépendant du temps, tandis que les
tassements de consolidation et le tassement secondaire sont des fonctions du temps.
En général, le tassement immédiat est évalué en se basant sur la théorie d’élasticité.
Le tassement de consolidation se produit dans les sols à grains fins présentant un
75
Eléments de Mécanique des Sols

faible coefficient de perméabilité. La vitesse de tassement dépend du taux
d’évacuation de l’eau interstitielle c.à.d de la perméabilité. Dans ces conditions, le
tassement de consolidation peut se prolonger pendant des mois, des années ou même
des dizaines d’années. Le tassement secondaire se produit à contrainte effective
constante, sans variation de la pression interstitielle, on le définit alors comme un
phénomène de fluage du sol.


6.3 Compressibilité

C’est l’étude de la relation
contrainte-déformation du sol. L’étude de
la compressibilité unidimensionnelle peut
se faire par des essais à l’oedomètre (Fig.
6.1). L’expérience montre que la
compressibilité des sols ne suit pas la loi
de l’élasticité linéaire ni même celle de
l’élasticité non linéaire. La relation
contrainte-déformation peut être
représentée par plusieurs courbes (Fig.
6.2-5): La déformation verticale est
exprimée en fonction de la contrainte
effective σ'
v
(ou logσ'
v
), où bien, l’indice
des vides e est exprimé en fonction de la
contrainte effective σ'
v
(ou logσ'
v
). Dans
la majorité des essais oedométriques on
trace la courbe e(logσ'
v
) dont la forme
caractéristique est comme montrer ci-
contre (Fig. 6.2). La courbe est composée
de quatre zones :
Cellule oedométrique
zone AB : dite zone de recompression.
Dans cette zone les tassements sont faibles
à cause de la présence de l’eau dans
l’échantillon.
zone BC : C’est une zone de transition. La
contrainte à partir de laquelle se produit la
transition est dite contrainte de
préconsolidation et est notée σ'
p
. Elle représente la contrainte verticale maximale due
au poids des terres à la quelle cet échantillon a déjà été soumis dans son passé
géologique. Au delà de cette contrainte, le sol est très compressible même pour de
petites variations de la contrainte.
Fig. 6.1: œdomètre
(d'après Costet et Sanglerat)
zone CD : dite de compression vierge, dans laquelle la variation de l’indice des vides
est proportionnelle à la variation du logarithme de la pression effective appliquée.
zone DE : où la courbe tend vers une asymptote horizontale.
76
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
Fig. 6.2 : Courbe de compressibilité
e(log σ'
vc
)

C
r
: indice de recompression

C
c
: indice de compression
log σ'
vc

C
re

C
ce

logσ'
vc

ε
v

m
v

σ'
vc

ε
v

a
v

σ'
vc

Fig. 6.3 : Courbe de compressibilité
e(σ'
vc
)

a
v
: coefficient de compressibilité

e
C
c

C
r

E
D
C
B
A
e
Fig. 6.4 : Courbe de compressibilité
ε
v
(σ'
vc
)

m
v
: coefficient de changement de volume
(m
v
= 1/E')
Fig. 6.5 : Courbe de compressibilité
ε
v
(log σ'
vc
)

C
re
: indice de recompression modifié

C
ce
: indice de compression modifié
77
Eléments de Mécanique des Sols


Dans la zone de compression vierge, le coefficient de proportionnalité est appelé
indice de compression C
c
tel que


σ ∆

− =
log
e
Cc
(6.2)

Ce coefficient permet le calcul du module oedométrique E'.


6.4 Consolidation

Lorsqu’un sol fin est sollicité, son
tassement évolue dans le temps. Cette évolution
est liée à la vitesse d’évacuation de l’eau
interstitielle c.à.d à la perméabilité du sol. Ce
phénomène est appelé consolidation et se défini
donc par l’étude de la vitesse de tassement. On
peut illustrer le phénomène de consolidation par
le modèle analogique suivant (Fig. 6.6). Le
ressort correspond au squelette solide. L’eau du
cylindre représente l’eau libre dans le sol. Le
manomètre indique la pression interstitielle u
0
.
Lorsque la soupape est fermée, l’application de
l’incrément de charge ∆σ entraîne sa
transmission intégrale à l’eau, le manomètre
doit indiquer u
0
+∆σ. Lorsque la soupape est
ouverte, l’eau s’évacue lentement, en même
temps, la pression interstitielle diminue. La
diminution de la pression interstitielle est
reprise par le ressort qui se comprime au fur et
à mesure. A l’équilibre, l’eau ne s’écoule plus
du cylindre, la pression de l’eau redevient
hydrostatique, le ressort est soumis à la charge
σ
v
+∆σ. Ce modèle permet de représenter ce
que se produit dans les sols cohérents chargés.
Au début, la sollicitation est transmise à l’eau
sans qu’il y est changement dans la contrainte
effective. Graduellement, l’eau est expulsée, le
squelette de sol reprend la variation de
contrainte, tandis que la contrainte effective
augmente. Au bout d’un certain temps fonction de la perméabilité du sol, la pression
hydrostatique en excès devient nulle et la pression interstitielle reprend la valeur
qu’elle avait avant l’incrémentation du chargement. L’étude de la consolidation peut
se faire à l’oedomètre sous charge constante. Sur la courbe représentative de cet essai
(Fig. 6.7) on distingue deux branches sensiblement rectilignes. La branche BC
représente la zone de consolidation primaire qui est due à la résistance offerte à
l’évacuation de l’eau en excès. La branche CD caractérise la consolidation secondaire
u
0

σ
v
+ ∆σ
u
0
+∆u
σ
v
+ ∆σ
t = 0
u
0

σ
v

t = t
1
t = t
2
>> t
1

Fig. 6.6 :Modèle de consolidation
tassement secondaire
tassement primaire
t
∆h
D
C
A
B
Fig. 6.7: Tassement primaire et
tassement secondaire
78
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
qui est le résultat du réarrangement progressif de la structure du sol. L’intersection des
prolongements de BC et DC se fait au point A. Par définition, ce point détermine la
fin du tassement primaire. Dans les problèmes pratiques, l’étude de la consolidation
revient à déterminer la courbe de variation du degré de consolidation en fonction du
temps U(z, t) défini par :


) z ( S
) t , z ( S
) t , z ( U = (6.3)

où S(z, t) est le tassement à la profondeur z et au temps t, S(z) est le tassement final à
la profondeur z.


6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation

La contrainte de préconsolidation
σ'
p
est déterminée d’après un essai de
compressibilité par la construction
graphique de Casagrande sur la courbe
e(logσ'
v
) (Fig. 6.8):
σ'
p

log σ'
vc

T
B'
H
B A
e

. Soit A le point où le rayon de courbure
est minimal.
. On trace la droite horizontale AH à partir
de A.
. A partir de A, on trace la tangente AT au
début de la courbe de compression vierge.
. On trace la bissectrice AB' de l’angle
HÂT.
. On prolonge la portion rectiligne de la
zone de compression vierge jusqu’à son
intersection en B avec la bissectrice AB'.
Fig. 6.8 : Détermination de la contrainte de
préconsolidation
. Le point B correspond à la contrainte de
préconsolidation σ'
p
.

On peut avoir plusieurs cas selon les valeurs relatives de σ'
p
et la contrainte effective
actuelle due au poids des terres σ'
v0
:

Sol normalement consolidé
La contrainte de préconsolidation est égale à la contrainte due au poids des terres :

σ'
p
=

σ'
v0


Sol surconsolidé
Lorsque les deux contraintes sont telles que

σ'
p
>

σ'
v0


79
Eléments de Mécanique des Sols

on définit alors le taux de suconsolidation par :

'
'
0 v
p
sc r
σ
σ
= (6.4)

Sol sous-consolidé
lorsque

σ'
p
<

σ'
v0


Ce cas est généralement rare et n’est pas permanent. En effet, on ne peut le trouver
que dans les sols déposés récemment par un processus géologique ou par intervention
humaine. Le sol en question n’a pas encore atteint son équilibre avec le poids des
terres. La pression interstitielle est alors supérieure à la pression hydrostatique.


6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place

La valeur de la contrainte de préconsolidation est influencée par plusieurs
facteurs liés à l’expérimentation tels que le degré de remaniement de l’échantillon, le
rapport d’augmentation de la charge (qui doit être inférieur à 1 pour les argiles molles
et sensibles), et la durée de chaque chargement (qui est de l’ordre de 24 heures). C’est
pourquoi au laboratoire, on obtient des courbes de recompression dont la pente est
légèrement inférieure à la pente de la courbe de compression vierge sur le terrain.
Schmertmann a mis au point une méthode graphique pour évaluer la pente de la
courbe de compression vierge pour le sol en place. Pour corriger la courbe de
compression vierge au laboratoire on procède de la façon suivante :

6.6.1 Pour une argile normalement consolidée

. On évalue la contrainte de préconsolidation
σ'
p
par la construction de Casagrande.
log σ'
vc

σ'
p

F
0,42 e
0
P
2

P
1

e
0

e
. On calcule l’indice des vides initiale e
0
. On
trace la ligne horizontale passant par e
0
et
s'arrêtant au niveau de σ'
p
. On obtient alors le
point P
1
(Fig. 6.9).
. On trace une horizontale à partir du point
correspondant à 0,42 e
0
. Au point
d’intersection de cette droite et du
prolongement de la courbe de compression
vierge en laboratoire. Ainsi on définit le point
P
2
.
. On relie les deux points caractéristiques P
1

et P
2
par une droite F.
. La pente de cette droite définie l'indice de
compression C
c
du sol sur site. De même, la
droite F représente la courbe de compression vierge sur le terrain.
Fig. 6.9 : Construction de Schmertmann
pour un sol n.c.

80
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
6.6.2 Pour une argile surconsolidée

. On trace la ligne horizontale passant par e
0
et
s’arrêtant au niveau de σ'
p
d’où le point P
1
.
(Fig. 6.10).
e
e
0

0,42 e
0

σ'
p

P
1

P
3

σ'
v0

P
2

. A partir du point P
1
, on trace une droite
parallèle à la courbe moyenne chargement-
déchargement et s’arrêtant au niveau de la
contrainte de préconsolidation σ'
p
, d’où le point
P
2
.
. L’intersection du prolongement de la courbe
de compression vierge avec la droite
horizontale passant par 0,42e
0
donne le point
P
3
.
. La droite P
1
P
2
donne l’indice de
recompression, et la droite P
2
P
3
donne l’indice
de compression vierge, tout deux sur le terrain.
Fig. 6.10 : Construction de Schmertmann
pour un sol s. c.


6.7 Calcul des tassements primaires

6.7.1 Méthode globale
On peut faire un calcul global du tassement en considérant la variation des
caractéristiques mécaniques du sol en fonction de l’état de contrainte. Pour un élément
de volume parallélépipédique, de hauteur dz, le tassement infinitésimal sous la
contrainte verticale appliquée σ
z
est donné par :

' E
dz
ds
z σ
= (6.5)
où E' est une caractéristique mécanique du matériau dite le module oedométrique,
dépendant à la fois de la profondeur z et de la contrainte σ
z
. En un point donné de
profondeur z
0
, le tassement est donc :


) z '( E
dz ) z (
z
)
z
( s
z
0
0
σ
=


(6.6)

Pour un sol constitué d’une seule couche de faible épaisseur égale à 2h, on pourra
admettre que le module oedométrique E' est constant et que la répartition de la
contrainte verticale σ
z
est linéaire. Dans ces conditions, le tassement de la couche est
donné par :

' E
) ( h
s
2 z 1 z σ

σ
= (6.7)

où σ
z1
est la contrainte verticale due à la surcharge à la surface de la couche, σ
z2
est la
contrainte verticale due à la surcharge à la base de la couche. Dans le cas général de
massif constitué de multi-couches ou d’une seule couche de grande épaisseur, le
81
Eléments de Mécanique des Sols

calcul pratique des tassements se fait de telle sorte que l’on puisse admettre pour
chaque couche une répartition linéaire de σ
z
et un module oedométrique E' constant.
Le tassement global est enfin la somme des tassements de l’ensemble des couches.

Remarque 6.1

Le module oedométrique est aussi appelé le module tangent. On peut le déterminer
d’après les essais oedométriques ou triaxiaux en traçant la relation effort-déformation.
Pour un incrément de charge ∆σ à partir de l’état (σ, e), on peut utiliser l’expression :

) 1 log(
C
e 1
' E
c
σ
σ ∆
+
σ ∆ +
= (6.8)

Quelques fois, E' est remplacé par le module sécant. Les essais permettant le calcul de
E' doivent se faire dans des conditions non drainées puisque le tassement immédiat se
produit avant toute consolidation. On appelle alors le module oedométrique, le
module en conditions non drainées E
u
. Toutefois, il faut souligner que le calcul du
module E
u
est fortement influencé par le remaniement des échantillons. Lorsque nous
voulons évaluer le tassement par composantes, les calculs relèvent de plusieurs
théories étant donné que les composantes de tassement sont de natures différentes.

6.7.2 Calcul des tassements instantanés

Dans les milieux saturés, on peut admettre que ce tassement se produit à
volume constant. On peut le calculer on se basant sur les formules de Boussinesq. A
titre d’exemple, au voisinage d'une semelle flexible uniformément chargée, le
tassement est donné par :

I
E
1
B q
S
2
i
ν

= (6.9)

Dans laquelle on prendra ν=0,5. B est la dimension caractéristique de la semelle. Le
coefficient d’influence I dépend de la forme de la semelle et de la position du point de
calcul (Tab. 6.1)

Coefficient d’influence
Forme de la semelle Dimensions
Centre Coin Moyenne
Carrée - 1,12 0,56 0,95
L/B=2 1,53 0,77 1,30
L/B=3 1,78 0,89 1,52
L/B=5 2,10 1,05 1,83
Rectangulaire
L/B=10 2,58 1,29 2,25
Circulaire - 1,0 0,64 0,85
Tableau 6.1 : Coefficient d’influence I pour la formule (6.9)

Lorsqu’il s’agit d’une semelle rigide, le coefficient d’influence est plus petit.


82
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
6.7.3 Calcul des tassements de consolidation

Au cours de la consolidation du
sol, l’élément de volume se déforme.
Etant donné que les grains sont
indéformables (par hypothèse), le volume
solide reste inchangé (Fig. 6.11). En
fonction de l’indice des vides, on écrit :
∆H
V
s

V
v

V
s

V
v
0

H
0


Fig. 6.11 : Principe de calcul du tassement
te tan Cons
e 1
V
V
t
s
=
+
= (6.10)

pour une surface transversale égale à l’unité, il vient :


e
e
1
h
h
e
1
h
V
0
0
0
0
s
∆ + +
∆ +
=
+
= d'où
e 1
e
h
h
0 0
v
+

=

=
ε


ce qui nous permet de calculer le tassement S de l’échantillon :

h
e
1
e
h S
0
0
+

= ∆ = (6.11)

Exemple 6.1
Une couche de sol possédait les caractéristiques suivantes : épaisseur égale à
10m, indice des vides égal à 1,0. Après la construction d’un remblai, la couche s’est
consolidée. L’indice des vides final n’était que de 0,8. Calculer le tassement de la
couche de sol.

L’utilisation pratique de l’expression (6.11) ci-dessus dépend de la plage de
l’incrément de contrainte par rapport à la contrainte de préconsolidation.

6.7.3.1 Sol normalement consolidé

Le tassement de consolidation S
c
se calcule pour la zone de compression vierge. Selon
la courbe effort-déformation utilisée, on exprime le tassement de consolidation par
l’une des formules suivantes :

)
'
'
log(
e
1
H
C S
1
2
0
0
c c
σ
σ
+
= (6.11.a)
)
'
'
log( H
C S
1
2
0
ce c
σ
σ
= (6.11.b)
)
' '
(
e
1
H
a S 1 2
0
0
v c σ

σ
+
= (6.11.c)
)
' '
(
H m S 1 2 0 v c σ

σ
= (6.11.d)

où σ'
2
= σ'
1
+∆σ, les indices C
c
, C
ce
, a
v
, m
v
sont relatives à la zone de compression
vierge.
83
Eléments de Mécanique des Sols


Remarque 6.2

1. Avantages des courbes ε
v
(log σ'
v
) ou ∆h(log σ'
v
):
. Simplifier le calcul des tassements sans connaître e
0
.
. Déterminer la contrainte de consolidation σ'
vc
pendant l’essai.
. Pour deux échantillons, les courbes e(log σ'
v
) peuvent être très différentes à
cause de e
0
, par contre les courbes ∆h(log σ'
v
) peuvent être similaires.

2. Lorsque le sol est un multicouches, le tassement de consolidation sera la somme
des tassements de chaque couche :


=
=
n
1 i
ci
c
S
S
(6.12)

6.7.3.2 Le sol est surconsolidé

On peut avoir deux cas : σ'
v0
+ ∆σ'
v
≤ σ'
p
ou σ'
v0
+ ∆σ'
v
≥ σ'
p


6.7.3.2.1 La contrainte effective finale est inférieure à la contrainte de
préconsolidation ( σ'
v0
+ ∆σ'
v
≤ σ'
p
)

On peut utiliser les expressions (6.11) en prenant le soin de remplacer les coefficients
de la zone de compression vierge par ceux de la zone de recompression C
r
ou C
re
:

)
'
'
log(
e
1
H
C S
1
2
0
0
r c
σ
σ
+
= (6.13.a)
)
'
'
log( H
C S
1
2
0
re c
σ
σ
= (6.13.b)

6.7.2.2.2 La contrainte effective finale est supérieure à la contrainte de
préconsolidation ( σ'
v0
+ ∆σ'
v
≥ σ'
p
)

Le tassement de consolidation sera la somme de deux parties : un tassement relatif à la
zone de recompresssion, et un tassement relatif à la zone de compression vierge :

]
'
) '
'
(
'
log[
e
1
H
C
]
'
)
' '
(
'
log[
e
1
H
C S
p
v 0 v p
p
0
0
c
0 v
0 v p 0 v
0
0
r c
σ
σ −
σ ∆
+
σ
+
σ
+
+
σ
σ

σ
+
σ
+
=

soit,

)
'
'
log(
e
1
H
C
)
'
'
log(
e
1
H
C S
p
v 0 v
0
0
c
0 v
p
0
0
r c
σ
σ ∆
+
σ
+
+
σ
σ
+
= (6.14)

En terme d’indice de recompression modifié, il vient :

84
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
)
'
'
log(
H C
'
'
log H C
S
p
v
0 v
0 ce
0 v
p
0 re
c
σ
σ ∆ +
σ
+
σ
σ
= (6.15)

Exemple 6.2

Pendant un essai de consolidation, nous avons
relevé les mesures (e, σ'
vc
) portées sur le
tableau ci-contre. L’indice des vides initial est
de 0,725. La contrainte due au poids des terres
est de 130 kPa.
e '
vc σ [kPa]
0,708 25
0,691 50
0,670 100
0,632 200
0,635 100
0,650 25
0,642 50
0,623 200
0,574 400
0,510 800
0,445 1600
0,460 400
0,492 100
0,530 25

1. Construire la courbe de consolidation du type
e (log σ'
vc
).

2. Estimer le rapport de surconsolidation.

3. Déterminer l'indice de compression et
l'indice de recompression pour le sol en place.

4. Sachant que cet essai est représentatif
d'une couche d'argile de 12m d'épaisseur,
déterminer le tassement de consolidation
pour une contrainte supplémentaire de
220 kPa.

5. Formuler les équations de la courbe de compression vièrge et de la courbe de
rebondissement pour le déchargement commençant à 1600 kPa.


6.8 Vitesse de consolidation

6.8.1 Introduction

La compression secondaire joue un rôle important dans le cas des tourbes et
des sols fortement organiques, tandis que dans les argiles inorganiques, la
consolidation primaire est la composante majeure du tassement. La compression
secondaire se produit après la dissipation de toute pression interstitielle excédant les
conditions hydrostatiques. Le processus se déroule donc à pression effective
constante. Nous allons nous consacré à des théories servant à l’évaluation des taux de
consolidation ou vitesse de tassement primaire et secondaire des sols à grains fins.

6.8.2 Le phénomène de la consolidation

Nous pouvons simuler le phénomène par un modèle analogique comme le
montre fig. 6.12. Lors du chargement d’une couche de sol saturé, la contrainte
supplémentaire ∆σ due au chargement est immédiatement transmise à l’eau qui
développe une pression interstitielle en excès ∆u = ∆σ. A mesure que le temps passe,
85
Eléments de Mécanique des Sols

l’eau est évacuée, et se produit un transfert graduel de la contrainte de l’eau vers le
squelette de sol : la contrainte effective augmente et la surpression interstitielle
diminue.
Lorsque le temps tend vers
l’infini, la surpression interstitielle ∆u est
totalement dissipée, et la contrainte
effective correspond à σ'
v0
+∆σ. Dans le
cas d’une couche de sol drainée sur ces
deux faces, la surpression interstitielle
n’est pas uniforme le long de l’épaisseur.
Au voisinage des faces drainées, l’eau
s’évacue plus rapidement qu’à l’intérieur
de la couche, ce qui donne des
répartitions non linéaires de la pression de
l’eau et de la contrainte effective. En
effet, la vitesse d’évacuation de l’eau est
liée physiquement au gradient
hydraulique :

z
u
l
h
i
w
∆ γ

=

= (6.16)

Or l’écoulement qui se produit
exactement au centre de la couche est nul
car le gradient ∆u/∆z est nul. Près des
extrémités, le gradient tend vers l’infini et
c’est à cet endroit que l’écoulement est le
plus rapide. Le phénomène décrit ci-
dessus s’appelle consolidation. Le
tassement global de la couche de sol est
proportionnel au volume d’eau expulsée.
Cette quantité d’eau évacuée ainsi que la
variation de l’indice des vides sont
proportionnelles à la surpression
interstitielle dissipée. La théorie de la
consolidation est un modèle mathématique pour l’étude des tassements. En mécanique
des sols, la théorie la plus adoptée repose sur l’hypothèse d’une consolidation
unidimensionnelle, elle a était développée initialement par Terzaghi K. dans les
années 20 du siècle dernier.
σ'
v0
+∆σ
Monôcouche

0
t
z ∆σ
σ'
v0 ∆u ∆σ'
Pression
z
σ'
v0 ∆u ∆σ'
0

∆σ
σ'
v0
+∆σ
t
Pression
Multi-couche
Fig. 6.12: Modèle analogique de
consolidation d'un massif de sol

6.8.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle

La théorie traite le cas d’une couche d’argile compressible comprise entre
deux couches de matériaux poreux très perméables (Fig. 6.13).

6.8.3.1 Les hypothèses

La théorie est basée sur les hypothèses suivantes :
86
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation

. La couche de sol compressible est homogène.
Sable
Sable
Argile
z
H = 2h
. La couche est complètement saturée.
. Les grains solides et l’eau interstitielle sont
incompressibles.
. La loi de Darcy est valable.
. La compression de la couche et l’évacuation de
l’eau se font dans une seule direction.
. La couche de sol est drainée sur une ou deux
faces (haute et basse).
Fig. 6.13: Couche de sol
compressible en consolidation
. Les déformations sont petites dans le sol.
. Le coefficient de compressibilité a
v
et le
coefficient de perméabilité k demeurent constants pendant la consolidation (loi
linéaire d’où l’hypothèse suivante).
. Absence de compression secondaire.

6.8.3.2 Mise en équation

L’équation de Terzaghi représente la formulation de la continuité de
l’écoulement de l’eau interstitielle. Tout calcul fait, elle est donnée par l’expression

t
u
z
u
C
2
2
v


=


(6.17)

où u est la pression interstitielle de l’eau, z la variable de profondeur, t la variable
temps. C
v
est dit coefficient de consolidation. Il est donné par :

a
e
1
k
C
v
0
w
v
+
γ
= (6.18)

Quoi que cette équation n’a été formulée que pour la consolidation unidimensionnelle,
on peut montrer qu’elle pourrait être dérivée pour les problèmes à consolidation
tridimensionnelle.

Les conditions aux limites sont les suivantes :

. Au début du chargement, la pression interstitielle en excès est égale à l’augmentation
de la contrainte totale ∆σ, ce que nous décrirons par :

à t = 0 : ∆u = ∆u
i
= ∆σ = (σ'
2
- σ'
1
)

. La couche d’épaisseur H est drainée sur ces deux faces, soit :

pour z = 0 et z = H nous avons ∆u = 0

6.8.3.3 Résolution

La solution est exprimée sous forme de séries de Fourier :
87
Eléments de Mécanique des Sols


) T ( f ) Z (
f
)
' '
( u
2
0 n
1 1 2 ∑

=
σ

σ
= ∆ (6.19)

où f
1
et f
2
sont deux fonctions. ∆u est la pression interstitielle en excès, le facteur de
profondeur Z et le facteur temps T, sont des paramètres sans dimension :

Z = z / H
dr
(6.20)

où H
dr
est la longueur du chemin de drainage, on la prend égale à l'épaisseur de la
couche H pour un drainage sur une seule face et est égale à H/2 lorsque la couche est
drainée sur ces deux faces.

face seule une sur drainée couche une pour
drainée doublement couche une pour
H
2 / H
Hdr



=
H
t
C
T
2
dr
v
= (6.21)

Dans le calcul pratique à la place de (6.19), on utilise des abaques pour le calcul
rapide. Ces abaques sont basés sur la notion du degré de consolidation.

6.8.3.4 Degré de consolidation
∆e
σ'
∆σ' = ∆u
i

σ'
2
σ'
1

e
1

e
2

a
v

σ'
e
e

Nous avons vu dans la section 6.4 que pour
l'ingénieur, l'étude de la vitesse de tassement se
conclut par la définition du degré de
consolidation, c.à.d le taux de la consolidation
achevée au temps t et à la profondeur z, par
rapport à la consolidation finale à la même
profondeur z (formule 6.3). En fonction de
l’indice des vides, le degré de consolidation est
défini au temps t et à la profondeur z par la
relation :
Fig. 6.14: Courbe de compressibilité

e e
) t ( e
e
) t (
U
2 1
1
z


= (6.22)

où e
1
(respectivement e
2
) représente l’indice des vides initial (final). En terme de
contraintes et de pressions interstitielles, il vient (Fig. 6.14):


u
u
1
u
u
u
'
'
'
' '
'
'
U
i i
i 1
1 2
1
z


− =

∆ − ∆
=
σ ∆
σ
− σ
=
σ

σ
σ
− σ
= (6.23)

∆u étant la variation de la pression interstitielle à t = 0. En effet, nous avons:

σ' = σ'
1
+ ∆σ' = σ'
1
+ ∆σ - ∆u = σ'
1
+ ∆u
i
- ∆u
88
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
d'où σ' - σ'
1
= ∆u
i
- ∆u

Alors (6.23) donne:

) T ( f ) Z (
f
1
U
2
0 n
1 z ∑

=
− = (6.24)

dont la solution est donnée pour une couche doublement drainée par Taylor (Fig.
6.15)

Exemple 6.3
Une couche d’argile a 12m d’épaisseur. Elle est drainée sur ces deux faces. Trouver le
degré de consolidation et la pression interstitielle en excès après 5 ans de chargement,
aux profondeurs de 3, 6, 9 et 12m. On donne C
v
=8,0.10
-8
m
2
s
-1
, ∆σ=100 kPa.

6.8.3.5 Degré de consolidation moyen

Le degré de consolidation a un caractère local. Pour avoir une idée sur la
consolidation de la couche entière, on introduit le degré de consolidation moyen défini
par :




σ
σ

σ
σ
=
H
0
2
H
0
2
H
0
moy
dz ) t , z ( '
'
H
1
dz ) z (
'
dz ) t , z ( '
) t (
U
(6.25)

en fonction de la surpression interstitielle, il vient :





σ
− ≈
σ

− =
H
0
2
H
0
2
H
0
moy
dz ) t , z ( u
'
H
1
1
dz ) z (
'
dz ) t , z ( u
1 ) t (
U
(6.26)

Dans ces expressions, l’approximation est due à la contrainte effective finale σ'
2
: est-
elle constante ou variable sur toute la hauteur de la couche ?. Dans la pratique il existe
des abaques donnant le degré de consolidation moyen en fonction du facteur temps.
Dans (Fig. 6.16) on suppose une distribution linéaire des pressions interstitielles
initiales en fonction de la profondeur. Ceci constitue la seule restriction lors de
l’utilisation de ces abaques. Par ailleurs, il existe des relations approximatives de
T(U
moy
) comme celles proposées par Casagrande (1938) et Taylor (1948) :

% 60
U
pour
% 60
U
pour
)
U
100 log( 933 , 0 781 , 1
)
100
U
(
4
T
moy
moy
moy
2 moy
>
<







− −
π
= (6.27)
89
Eléments de Mécanique des Sols





















Fig. 6.15: Degré de consolidation pour un point dans une couche
doublement drainée (d'après introduction à la géotechnique)
90
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
Fig. 6.16: Relation U
moy
(T) dans différents échelles
(d'après introduction à la géotechnique)
91
Eléments de Mécanique des Sols


dont les relations inverses sont :

% 60
U
pour
% 60
U
pour
10
1
T
2
U
moy
moy
933 , 0
T 781 , 1
moy
>
<








π
=

(6.28)

Exemple 6.4
Soit une couche d’argile doublement drainée. Calculer le degré de consolidation à
Z
1
=0,1 et Z
2
=1 pour T=0,05. Calculer le degré de consolidation moyen de la couche.

Enfin, nous pouvons relier le degré de consolidation moyen au tassement par
l’expression :

S
) t ( S
) t (
U
c
moy
= (6.29)

où S(t) est le tassement au temps t, S
c
est le tassement final de consolidation primaire.

Exemple 6.5
Soit une couche d’argile molle doublement drainée et d’une épaisseur égale à 12m.
On suppose que la couche est normalement consolidée. Calculer le temps nécessaire
pour que le tassement de la couche soit égal à 0,25m. On donne : e
0
=0,62 ; σ'
v0
=110
kPa ; ∆σ'=100 kPa ; C
v
=8.10
-8
m
2
s
-1
; C
c
=0,25.

Exemple 6.6
Une couche d’argile a une épaisseur de 10m et est drainée sur une seule face. En 3,5
ans, elle présente un tassement de 90 mm. Calculer le tassement de consolidation
finale et déterminer le temps nécessaire pour atteindre 90% de cette valeur. On
donne : C
v
=0,544.10
-6
m
2
s
-1
.


6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation C
v


Ce coefficient figure dans l’équation différentielle de consolidation (6.17-18),
et dans la définition du facteur temps (6.19). En réalité, le coefficient de consolidation
dépend du rapport d’augmentation de la charge, du niveau de la contrainte appliquée,
qu’elle excède ou non la contrainte de préconsolidation. Expérimentalement, le calcul
de C
v
est basé sur l’expression (6.19). Il existe deux méthodes graphiques associées à
un essai oedométrique classique.

6.9.1 Méthode de Casagrande

On considère l’espace (R(t), log(t)), où R(t) représente la lecture micrométrique de la
variation de la hauteur de l’échantillon en fonction du temps t. La méthode consiste à
92
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
déterminer R
50
et t
50
correspondant à 50 % de consolidation. Pour cela, on suit les
étapes ci-dessous (Fig. 6.17):

R
. On trace les tangentes aux deux
branches linéaires de la courbe.
R
1

R
2

R
0

t
2
= 4 t
1

t
1
t
p

R
100

log t
. On détermine le point P
1
(t
p
, R
100
)
défini par l’intersection des deux
tangentes. Il défini le temps de la fin
de consolidation primaire t
p

correspondant à U
moy
= 100 %.
. On choisi deux temps t
1
et t
2

quelconques mais dans un rapport de
1 à 4 (t
2
= 4t
1
) et on prend leurs
lectures micrométriques R
1
et R
2
.
. On reporte au dessus de R
1
la
distance égale à R
2
- R
1
. On définit
ainsi la lecture initiale R
0
= R
1
- (R
2
-
R
1
).
Fig. 6.17: Méthode de Casagrande pour le
calcul de C
v

. On recommence le procédé pour
plusieurs valeurs de t
1
pour obtenir une valeur moyenne de R
0
aussi exacte que
possible : R
0
= R
2
- (R
3
- R
2
).
. On calcul alors R
50
= (R
0
+ R
100
) / 2, d’où l’on détermine t
50
(R
50
).
. On calcul C
v
d’après (6.19) dans laquelle on prendra

P
1

R
0,15 d
R
90

(t
90
)
1/2

d
R
0

d
1
d
2

(t)
1/2

T = 0,197 et t = t
50
(associés à U
moy
= 50%).
H
dr
= (H
dr
)
moy
= H
moy
/2, où H
moy
= (H
0
+ H
f
) / 2

6.9.2 Méthode de Taylor
On considère l’espace R( t ). La méthode
consiste à déterminer R
90
et t
90
correspondant à
90 % de consolidation. Pour cela, on suit les
étapes ci-dessous (Fig. 6.18):

. On trace la droite d
1
tangente à la partie initiale
de la courbe R( t ).
. L’intersection de la droite d
1
avec l’axe R
donne R
0
.
. A partir de R
0
, on trace une deuxième droite d
2

dont les abscisses sont égales à 1,15 fois les
abscisses de d
1
.
. L’intersection de la droite d
2
avec la courbe
correspond à P
1
(R
90
, t
90
).
. On applique la formule (6.19) en utilisant t
90
et
T = 0,848 associés à U
moy
= 90%,
Fig. 6.18: Méthode de Taylor pour
le calcul de C
v

H
dr
= (H
dr
)
moy
.

Généralement, cette méthode donne des valeurs de C
v
légèrement supérieures aux
valeurs données par la méthode de Casagrande.
93
Eléments de Mécanique des Sols

6.10 Détermination du coefficient de perméabilité

Lors d’un essai oedométrique, connaissant C
v
, on calcule le coefficient de
perméabilité k à partir de (6.18) soit :

e
1
a C
k
0
v
w
v
+
γ
= (6.30)


6.11 Evaluation de la compression secondaire

6.11.1 Définitions

La compression secondaire est le changement de volume qui se produit au delà
de la consolidation primaire. Elle se produit sous une contrainte effective constante,
c.à.d après que toutes les pressions interstitielles en excès soient dissipées. Il s’agit
donc d’un phénomène de fluage. Sur le terrain, il est impossible de départager le
tassement de consolidation primaire de la compression secondaire. Dans la zone de
compression secondaire, on définit l’indice de compression secondaire C
α
par :

t log
e
C


=
α
(6.31)

où ∆e est la variation de l’indice des vides pendant l’intervalle ∆t.

et l’indice de compression secondaire modifié C
αe
par :

e
1
C
C
p
e
+
=
α
α
(6.32)

où e
p
est l’indice des vides au début de la portion linéaire de la courbe e(log(t)), c.à.d.
l’indice des vides à la fin de la consolidation primaire.

6.11.2 Hypothèses

On admet les hypothèses suivantes :
. C
α
est indépendant du temps.
. C
α
est indépendant de l’épaisseur de la couche de sol.
. C
α
est indépendant du rapport d’incrémentation de la charge.
. le rapport C
α
/C
c
est à peu près constant pour un grand nombre d’argile normalement
consolidées dans la gamme des contraintes que l’on rencontre dans les applications
courantes. (la valeur moyenne de C
α
/C
c
est de l’ordre de 0,05).

6.11.3 Calcul du tassement secondaire

On peut utiliser l’équation de base

94
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
H
e
1
e
S 0
0
s
+

= (6.33)

dans laquelle on prendra

∆e = C
α
∆(logt). H
0
= H
i
- S
i
- S
c
la hauteur de la couche à la fin de la consolidation
primaire. H
i
étant l’épaisseur initiale de la couche, S
i
est le tassement instantané, S
c
est
le tassement de consolidation. e
0
= e
p
est relatif à la fin de la consolidation primaire

Exemple 6.7

Soient les données relatives à la vitesse de déformation pour un incrément de
charge de 40 à 80 kPa. On suppose que le tassement de consolidation est de 300 mm et
qu’il se produit au terme d’une période de 25 ans. L’épaisseur de la couche
compressible est de 10 m. L’indice des vides initial est de 2,855. La hauteur initiale de
l’échantillon est égale à 25,4 mm. La lecture micrométrique initiale est de 12,7 mm.
On suppose que la vitesse de
déformation de l’échantillon de laboratoire est à
peu près la même que celle du dépôt
compressible. Calculer le tassement secondaire
qui se produira entre 25 et 50 ans
t [min] R [mm]
initiale 12,7
0 11,224
0,1 11,151
0,25 11,123
0,5 11,082
1,0 11,019
1,8 10,942
3,0 10,859
6 10,711
10 10,566
16 10,401
30 10,180
60 9,919
100 9,769
180 9,614
300 9,489
520 9,373
1350 9,223
1800 9,172
2850 9,116
4290 9,053


6.12 Tassements admissibles et précautions à
adopter

Les tassements uniformes ne sont pas en
général préjudiciables. Par contre, les
tassements différentiels peuvent provoquer des
désordres graves : dislocation de maçonnerie,
fissures dans les bétons, rotation d’ensemble
..etc. Les tassements uniformes ou absolus sont
considérés admissibles lorsqu’ils peuvent être
absorbés sans inconvénient par la structure.
Ceci peut être réalisé par des constructions très
souples ou des constructions très rigides. Pour
les constructions courantes, on limite les
tassements différentiels S
d
aux valeurs
suivantes :
Exemple 6.7


armé béton en structures les pour
) armé béton le que le adaptab plus ( maçonnerie la pour
1000
L
600
L
Sd





≤ (6.34)

L étant la portée séparant deux appuis pour lesquels on effectue le calcul.
95
Eléments de Mécanique des Sols

Les précautions à adopter visent à minimiser autant que possible les tassements tout
en prenant garde des sols gonflants. De point de vue réglementaire, il existe des
normes précisant les valeurs limites des tassements (Tab. 6.2).


Type de mouvement Condition Tassement maximal
drainage correcte 15 à 30 cm
facilité d'accès 30 à 60 cm
Tas. uniforme sous mur en maçonnerie 2 à 5 cm
Tas. uniforme sous poutraison 5 à 10 cm
Tassement total
Tas. uniforme sous silos, cheminée, radier 8 à 30 cm
stabilité de cheminée et tour 0,004 B
circulation d'engin 0,01 L
stabilité d'empilage 0,01 L
stabilité de machine à tisser 0,003 L
stabilité de turbo-générateur 0,0002 L
Stabilité de grue sur rail 0,003 L
Renversement
Ecoulement de l'eau dans les étages 0,01 à 0,02 L
parer à la fissuration de mur de brique 0,0005 à 0,001 L
parer à la fissuration de poutre en B.A. 0,0025 à 0,004 L
parer à la fissuration de voile en B.A. 0,003 L
parer à la fissuration de poutre continue en acier 0,002 L
Tassement
parer à la fissuration de poutre simple en acier 0,005 L

Tab. 6.2: Tassements admissibles (d'après Costet et Sanglerat)

96
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
Exercices du chapitre 6

Tassement, compressibilité et consolidation

Exercice 1 :
Pendant un essai de consolidation sur une
argile non remaniée, nous avons obtenu les
données ci-contre.
Pression [kPa] Indice des vides
20 0,953
40 0,948
80 0,938
160 0,920
320 0,878
640 0,789
1280 0,691
320 0,719
80 0,754
20 0,791
0 0,890
a. tracer le graphique de la pression en
fonction de l'indice des vides sur une échelle
semi-logarithmique et sur une échelle
arithmétique.
b. Formuler les équations de la courbe de
compression vierge et de la courbe de
rebondissement pour un déchargement
commençant à 1280 kPa.
c. Quels sont les indices de compression
modifié et de rebondissement de ce sol.
d. Evaluer la contrainte à laquelle cette argile a été préconsolidée.

Exercice 2
Pendant un essai de consolidation, nous avons
relevé les mesures (e, σ'
vc
) portées sur le
tableau ci-contre. L’indice des vides initial est
de 0,725. La contrainte due au poids des terres
est de 130 kPa.
e '
vc σ [kPa]
0,708 25
0,691 50
0,670 100
0,632 200
0,635 100
0,650 25
0,642 50
0,623 200
0,574 400
0,510 800
0,445 1600
0,460 400
0,492 100
0,530 25

1. Construire la courbe de compressibilité du
type e (log σ'
vc
).

2. Estimer le rapport de surconsolidation.

3. Déterminer l'indice de compression et
l'indice de recompression pour le sol en place.

4. Sachant que cet essai est représentatif
d'une couche d'argile de 12m d'épaisseur,
déterminer le tassement de consolidation
pour une contrainte supplémentaire de
220 kPa.


Exercice 3 :
On doit construire un édifice sur une couche de 6 m d'argile qui présente les
caractéristiques suivantes: e
0
= 0,96; C
c
=0,22. La contrainte moyenne actuelle due au
poids des terres est de 120 kPa. La contrainte moyenne dans l'argile, après la
construction de l'édifice, sera de 270 kPa. On suppose que le sol est normalement
97
Eléments de Mécanique des Sols

consolidé. On suppose que la contrainte moyenne due à l'édifice ne varie pas avec la
profondeur.
a. Evaluer le tassement instantané de la couche d'argile sous la charge de l'édifice
pour une semelle carrée de côté b = 1m. Le module de Young est E = 200 kPa.
b. Evaluer le tassement de consolidation de la couche d'argile produit par la charge
de l'édifice.

Exercice 4 :
Le facteur temps pour une argile en voie de consolidation est de 0,2.
a. Quel est le degré de consolidation à z/H
dr
égale respectivement 0,25 0,5 et 0,75.
b. Quel est le pourcentage de consolidation moyen de la couche drainée aux deux
extrémités.

Exercice 5 :
Sachant qu'on prévoit un tassement total de consolidation de 1 m pour la couche du
problème 3, évaluer le tassement qui s'est produit lorsque le facteur temps était de 0,2
et de 0,7.

Exercice 6 :
Si la couche d'argile de l'exercice 3 avait présenté un drainage simple, les valeurs
calculées pour U
z
auraient-elles été différentes. Dans l'affirmative, de quel ordre serait
cette différence.

Exercice 7 :
Porter sur un graphique la pression interstitielle en excès en fonction de la profondeur,
en considérant un drainage simple. Supposer que l'argile repose sur un schiste
imperméable.

Exercice 8 :
A partir du sol et des conditions de chargement indiqués aux exercices 3 et 4, calculer
le délai nécessaire pour obtenir un tassement de 0,1 0,25 et 0,4 m respectivement en
tenant compte d'un drainage simple et d'un drainage double.


Exercice 9 :
En se servant de la solution de l'équation de consolidation donnée sous forme de
séries, calculer au dixième près le pourcentage de consolidation moyen U
correspondant à des facteurs temps égales à 0,2 0,5 et 0,9 respectivement, et pour un
facteur temps tendant vers l'infini. Vérifier les calculs à l'aide des équations T(U)
données par Casagrande et Taylor.

Exercice 10 :
Un dépôt d'argile a 12 m d'épaisseur moyenne et semble drainé à sa base. Le
coefficient de consolidation de l'argile a été estimé à 10
-8
m
2
/s. Le tassement final est
estimé à 1,2 m sous les charges appliquées sur le terrain.
a. Combien de temps serait nécessaire pour obtenir des tassements de 400 et 700
mm.
b. Quel tassement pourrait-on prévoir après 5 10 et 50 ans.
98
Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation
c. Combien de temps sera nécessaire pour atteindre le tassement final de 1,2 m.

Exercice 11 :
Les données relatives à la vitesse de
consolidation présentées ci-contre correspondent
à l'incrément de charge de 20 à 40 kPa. La
hauteur initiale de l'échantillon est de 25,4 mm et
on a placé des pierres poreuses dans les parties
supérieure et inférieure de l'appareil d'essai.
Temps [mn] Lecture micro-
métrique [mm]
0 4,041
0,1 3,927
0,25 3,879
0,5 3,830
1 3,757
2 3,650
4 3,495
8 3,282
15 3,035
30 2,766
60 2,550
120 2,423
240 2,276
505 2,184
1485 2,040
Déterminer le coefficient de consolidation par les
méthodes relatives aux courbes log(t) et (t)
1/2
respectivement. Comparer les résultats obtenus
par les deux méthodes.


Exercice 12 :
A l'aide des données de l'exercice 10, estimer
l'indice de compression secondaire et l'indice de
compression secondaire modifié, sachant que:

e
0
= 2,6 H
0
= 25,4 mm ρ
s
= 2750 Kg/m
3

à t = 0, e = 1,74 H = 19,28 mm
à t = 1485 mn, e = 1,455 H = 17,28 mm

Exercice 13 :
Une couche d'argile normalement consolidée de 20 m d'épaisseur supportera une
charge de 100 kPa répartie sur une grande surface. La couche d'argile est recouverte
d'un remblai granulaire (ρ = 2000 Kg/m
3
) de 3 m d'épaisseur. Sous l'argile, on trouve
un gravier sableux dense. La nappe phréatique se situe à la limite supérieure de la
couche d'argile dont la masse volumique déjaugée est de 900 Kg/m
3
. On a effectué
des essais de consolidation sur des échantillons de 22 mm d'épaisseur, à double
drainage et on a obtenu t
50
= 9 mn pour un incrément de charge similaire à celui qui
sera appliqué sur le terrain.
Calculer la contrainte effective à une profondeur de 18 m sous la surface, 4 ans après
la mise en place de la charge.

Exercice 14 :
A l'aide des données de l'exercice 12, déterminer le pourcentage de consolidation
moyen de la couche d'argile après 4 ans.

Exercice 15 :
A l'aide des données de l'exercice 12, calculer la contrainte effective à une profondeur
de 18 m sous la surface, 4 ans après la mise en place de la charge, en supposant cette
fois que la couche est à drainage simple vers le haut. Commenter.

Exercice 16 :
Déterminer le coefficient de perméabilité moyen de l'argile, corrigé à 20 °C et mesuré
pendant l'incrément suivant:
99
Eléments de Mécanique des Sols


σ
1
= 150 kPa, e
1
= 1,3
σ
2
= 300 kPa, e
2
= 1,18
hauteur de l'échantillon = 20 mm
double drainage
temps pour atteindre 50 % de consolidation = 20 mn
température ambiante = 23 °C

Exercice 17
Soient les données relatives à la vitesse de déformation pour un incrément de charge
de 40 à 80 kPa. On suppose que le tassement de consolidation est de 300 mm et qu’il
se produit au terme d’une période de 25 ans. L’épaisseur de la couche compressible est
de 10 m. L’indice des vides initial est de 2,855. La hauteur initiale de l’échantillon est
égale à 25,4 mm. La lecture micrométrique initiale est de 12,7 mm.
On suppose que la vitesse de
déformation de l’échantillon de laboratoire est à
peu près la même que celle du dépôt
compressible. Calculer le tassement secondaire
qui se produira entre 25 et 50 ans
t [min] R [mm]
initiale 12,7
0 11,224
0,1 11,151
0,25 11,123
0,5 11,082
1,0 11,019
1,8 10,942
3,0 10,859
6 10,711
10 10,566
16 10,401
30 10,180
60 9,919
100 9,769
180 9,614
300 9,489
520 9,373
1350 9,223
1800 9,172
2850 9,116
4290 9,053

Chapitre 7

Rappels de mécanique des milieux continus


7.1 Introduction: mécanique des milieux continus
7.2. Les forces
7.3 Champ de contrainte
7.3.1 Postulat d'Euler Cauchy
7.3.2 Vecteur de contrainte
7.3.3 Tenseur de contrainte
7.4 Propriétés du tenseur de contrainte
7.4.1 Equation d'équilibre
7.4.2 Conditions aux limites
7.4.3 Symétrie
7.4.4 Rotation des axes
7.4.5 Contraintes principales
7.4.6 Invariants
7.4.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique
7.4.8 Convention de signe en mécanique des sols
7.4.9 Etat plan de contrainte
7.4.10 Equation d'équilibre en coordonnées sphériques
7.5 Cercle de Mohr
7.5.1 Construction directe
7.5.2 Construction inverse
7.5.3 Pôle des faces
7.5.4 Tricercle de Mohr
7.5.5 Etats particuliers de contraintes planes
7.5.6 Ellipsoide de contrainte
7.6 Champ de déformation.
7.6.1 Mouvement, déplacement et déformation
7.6.2 Tenseur de déformation infinitésimale
7.7 Propriétés du tenseur de déformation
7.7.1 Conditions de compatibilité
7.7.2 Conditions aux limites
7.7.3 Dilatation volumique
7.7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques
7.8 Relation contrainte-déformation.
7.8.1 Position du problème de mécanique des solides
7.8.2 Bilan des équations et des inconnues
7.8.3 Résolution
7.8.4 Lois constitutives
7.8.5 Elasticité linéaire
7.8.6 Autres lois constitutives
7.9 Critères de plasticité
7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques





Chapitre 7

Rappels de mécanique des milieux continus



7.1 Introduction: mécanique des milieux continus

La mécanique des solides a pour objectif d’étudier de manière mathématique
rigoureuse le comportement des solides, essentiellement le comportement mécanique,
c.à.d : la réponse des solides aux sollicitations extérieures. Cette réponse est
caractérisée par la transmission des efforts à l’intérieur du solide, les déplacements
des points du solide et la déformation de la matière. Les solides sont donc
déformables, ce qui différencie essentiellement cette science de la mécanique
rationnelle qui étudie le mouvement des solides rigides. La mécanique des solides est
une science très vaste. Une hypothèse usuelle est d’admettre que le solide est continu.
On se limite alors au point de vue macroscopique et on parle de mécanique des
milieux continus. Cette branche s’applique d’ailleurs aussi bien aux fluides qu’aux
solides, la distinction étant souvent délicate. Donc cette science ignore le détail de la
structure moléculaire ou atomique de la matière, qu’elle suppose uniformément
répartie dans l’espace.
On peut diviser en quatre catégories les disciplines de la mécanique des
milieux continus permettant d’aboutir à un ensemble complet d’équations rendant en
principe possible la résolution de tout problème :

. Cinématique
Elle étudie le mouvement du solide en terme de déplacement, vitesse,
déformation,…et fournit des relations à caractère géométrique.

. Mécanique
C’est l’étude des forces (gravitationnelle, électromagnétique,…) où s’introduit
le concept très important de la contrainte.

. Lois de la physique
Essentiellement mécanique et thermodynamique : équilibre, lois de Newton,
conservation de l'énergie, conservation de la matière.

. Lois constitutives
Ce sont les lois caractérisant le comportement physique de la matière, et
reliant les variables des trois disciplines précédentes

Dans ce chapitre, nous présenterons les éléments de base de la mécanique des
milieux continus en vue de l'appliquer en mécanique des sols. Nous établissons les
équations de la théorie de l’élasticité qui caractérise le comportement le plus simple
des milieux continus.
101
Eléments de Mécanique des Sols


7.2 Les forces

En mécanique des milieux continus on
distingue deux types de forces extérieures (Fig.
7.1):

7.2.1 Les forces de volume
Elles agissent sur les éléments de
volume du corps, telles les forces
gravitationnelles, électromagnétiques,
d’inertie. On désignera par F
i
(i=1,2,3) les
composantes de ces forces par unité de
volume.
p
r
d = dV F
r
F
v
dV
= p
r
d A d T
v

dA
T
v
Fig. 7.1: : Types des forces extérieures

7.2.2 Les forces de surface (ou traction)
Ce sont les forces de contact superficielles, agissant sur la surface libre
limitant le corps, telle la pression atmosphérique. On désignera par T
i
(i=1,2,3) les
composantes de ces forces par unité de surface.


7.3 Champ de contrainte

7.3.1 Postulat d'Euler-Cauchy
Sur toute surface de coupe dans un
solide, il existe un champ de vecteurs
contrainte t de nature semblable aux tractions
de surface, tel que l’ensemble des forces
élémentaires de contact tdA assure la
transmission globale des forces s’exerçant
entre les deux fragments (Fig. 7.2). Cette
définition exprime le principe des contraintes
d’Euler et Cauchy.

dA
n
r
t
r
σ
τ
Fig. 7.2 : vecteur contrainte
7.3.2 Vecteur de contrainte
Si n est la normale unitaire extérieure à la facette élémentaire dA (Fig. 7.2), les
composantes de t sur cette normale, et sur le plan de dA sont dites contrainte normale
σ et contrainte tangentielle τ et constituent les composantes du vecteur contrainte dans
le repère local propre à la facette. Comme tout autre vecteur, nous pouvons
décomposer le vecteur contrainte dans un repère quelconque dans l'espace.

7.3.3 Tenseur de contrainte
Le vecteur contrainte t varie certes d’un point à l’autre du corps, mais, en un
point donné, il varie également avec l’orientation de dA. On dit que t est conjugué ou
associé à dA ou à n. Par conséquent, l’état de contrainte en un point d’un corps n’est
pas défini par un seul vecteur contrainte. Puisque cet état doit être invariant pour
l’observateur, l’état de contrainte n’est pas donc une grandeur vectorielle, mais d’un
niveau supérieur. Les formules fondamentales de Cauchy

102
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
t
i
= σ
ij
n
j
(7.1)

montrent que l’état de contraintes en un point (c.à.d le vecteur contrainte t sur une
facette d’orientation quelconque n) est entièrement défini par la connaissance des
composantes de vecteurs contrainte agissant sur trois plans deux-à-deux orthogonaux
en ce point. On groupe les neuf composantes des trois vecteurs dans une matrice notée
σ
ij
ou σ:

σ = (σ
ij
) = = (7.2)

σ σ σ
σ σ σ
σ σ σ
33 32 31
23 22 21
13 12 11

zz zy zx
yz yy yx
xz xy xx
σ τ τ
τ σ τ
τ τ σ


7.4 Propriétés du tenseur de contrainte

7.4.1 Equation d'équilibre
Il existe trois équations différentielles expriment l’équilibre d'un volume
infinitésimal d'un solide. On peut les trouver sous l'écriture :

σ
ij,j
+ F
i
= 0 dans V

soit, (7.3)

div(σ) + F = 0 dans V

où F représente les forces de volume.

Exemple 7.1
En absence des forces de volume, vérifier si le champ de contrainte suivant satisfait
les équations d'équilibre.

σ
11
= y
2
+ ν (x
2
– y
2
); σ
12
= -2 ν xy; σ
13
= 0
σ
22
= x
2
+ ν (y
2
– x
2
); σ
23
= 0
σ
33
= ν (x
2
+ y
2
)

7.4.2 Conditions aux limites
En chaque point de la surface limitant le milieu continu étudié (Fig. 7.1,2), les
tractions de surface T
i
dA doivent faire équilibre aux forces de contact t
i
dA, ce qui
donne :

T
i
= σ
ij
n
j
sur dV

(7.4)

où n est le vecteur unitaire normal à la surface extérieure dV. Ces équations
expriment les conditions à la surface ou conditions aux limites. On dit aussi qu’elles
représentent les équations d’équilibre en surface.

7.4.3 Symétrie
on démontre l’équation :

103
Eléments de Mécanique des Sols
σ
ij =
σ
ji
(7.5)

Alors, le tenseur de contrainte σ
ij
est symétrique. Par suite, l’état de contrainte en un
point d’un milieu continu ne dépend plus que de six composantes :

σ
11
, σ
12
, σ
13
, σ
22
, σ
23
, σ
33


7.4.4 Rotation des axes
Lorsque les coordonnées (x,y,z) et (x',y',z') d’un point quelconque dans deux repères
différents sont liées par :

x' = C x (7.6)

où C
ij
désigne le cosinus directeur de l’angle de l’axe x'
i
par rapport à l’axe x
j
, le
tenseur de contrainte σ' dans le repère (X',Y',Z') s’obtient par la loi de transformation
des tenseurs d'ordre 2 :

σ' = C σ C
T
(7.7)

Exemple 7.2
L'état de contrainte en un point est donné par le tenseur ci-
contre. Pendant une rotation des axes, les vecteurs unitaires
du nouveau repère sont donnés par:


= σ
1 0 3
0 0 4
3 4 2

e'
1
= (1/3) (2e
1
+ 2e
2
+ e
3
)
e'
2
= (1/√2) (e
1
- e
2
)
trouver le tenseur de contrainte dans le nouveau repère.

7.4.5 Contraintes principales
Pour l'état de contrainte en un point donné, il existe certaines facettes sur
lesquelles le vecteur contrainte t est purement normal , c.à.d que les contraintes
tangentielles sont nulles. Le tenseur de contrainte devient une matrice diagonale. Ses
composantes sont appelés contraintes principales. On les calcule par la résolution du
problème aux valeurs propres λ, et des vecteurs propres n:


ij
- λ δ
ij
) n
j
= 0 (7.8)

δ
ij
étant le symbole de Kronecker.

Exemple 7.3
Calculer les contraintes principales du tenseur de contrainte:

= σ
0 0 0
0 3 , 0 75 , 4
0 75 , 4 65 , 7

7.4.6 Invariants
Ce sont les coefficients de l'équation caractéristique qui
représente le développement du problème ci-dessus (7.8):

(7.9) 0 I I I
3 2
2
1
3
= + λ − λ + λ −
σ σ σ

Ils sont donnés par les relations suivantes
104
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

) ( tr I
1
σ =
σ
| | { } ) ( tr ) ( tr
2
1
I
2 2
2
σ σ − =
σ
(7.10)
) det( I
3
σ =
σ

En notation indicielle ils s’écrivent :

σ =
σ
1
I
ii

=
σ
2
I
2
1

ii
σ
jj
– σ
ij
σ
ij
] (7.11)
det(σ =
σ
3
I
ij
)

Exemple 7.4
Déterminer les invariants du tenseur de contrainte de l'exemple 7.3

7.4.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique
On appelle contrainte normale moyenne la quantité :


3
1
I
3
1
1 m
= = σ
σ

xx
+ σ
yy
+ σ
zz
) (7.12)

qui est un invariant. On peut alors écrire le tenseur de contrainte σ en la somme de
deux tenseurs :

σ
ij
= σ
m
δ
ij
+ S
ij
(7.13)

δ
ij
étant le symbole de Kronecker. Le premier tenseur σ
m
δ
ij
où toutes les contraintes
normales sont égales et les contraintes tangentielles nulles caractérise un état de
contrainte hydrostatique ou sphérique. Le second tenseur dit tenseur déviateur s’écrit :

S
ij
= σ
ij
- σ
m
δ
ij
(7.14)

Exemple 7.5
Calculer le tenseur sphérique et le tenseur déviatorique de l'état de contrainte de
l'exemple 7.3

7.4.8 Convention de signe
En mécanique des sols et géotechnique, on considère positive les contraintes de
compression.

7.4.9 Etat plan de contrainte
Il y a un état plan de contrainte en un point, quand le vecteur contrainte est situé
toujours dans un même plan, quelle que soit la facette considéré. Soit OXY ce plan,
alors :

σ
zz
= 0 ; σ
xz
= σ
zx
= 0 ; σ
yz
= σ
zy
= 0

105
Eléments de Mécanique des Sols
d’où

(7.15)

σ σ
σ σ
= σ
0 0 0
0
0
yy yx
xy xx

Toutes les équations établies précédemment restent valables pour l’état plan : il
suffit de faire varier les indices de 1 à 2 ou de supprimer toute quantité où intervient
l’indice 3 ou z.

7.4.10 Equation d'équilibre en coordonnées cylindriques
Le système d’équations différentielles exprimant l’équilibre de l’élément de volume
s'écrit sous la forme:

0 F ) (
r
1
z r
1
r
r rr
rz r rr
= + σ − σ +

σ ∂
+
θ ∂
σ ∂
+

σ ∂
θθ
θ


0 F
r
2
z r
1
r
r
z r
= + σ +

σ ∂
+
θ ∂
σ ∂
+

σ ∂
θ θ
θ θθ θ
(7.16)

0 F
r
1
z r
1
r
z zr
zz z zr
= + σ +

σ ∂
+
θ ∂
σ ∂
+

σ ∂
θ


où F
r
, F
θ
et F
z
sont les composantes de la force de volume.


7.5 Cercle de Mohr

7.5.1 Construction directe
α
σ
1

σ
α
τ
σ
2

B
A
O
n
t
y'
x'
X
2

X
1

Supposons connues les contraintes et les
directions principales d’un état plan de contrainte.
On désire trouver les composantes σ et τ du
vecteur contrainte t agissant sur une facette
d’orientation quelconque. Considérons les axes
principaux x
1
et x
2
comme des axes de référence
(Fig. 7.3). La normale de la facette oblique fait un
angle α avec les axes principaux. Soient x' et y'
des axes locaux attachés à la facette obtenus par
une rotation d’angle α à partir des axes
principaux x
1
et x
2
. Le tenseur de contrainte dans
le repère x' y' s’obtient à partir du tenseur de
contrainte dans le repère x
1
x
2
par la
transformation :
Fig. 7.3: Construction directe

σ' = C σ C
T


où la matrice de passage vaut dans ce cas :

106
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus


(7.17)

α α −
α α
=
) cos( ) sin(
) sin( ) cos(
c
d’où

) ( sin ) ( cos
2
2
2
1 11
α σ + α σ = σ′ = σ
) sin( ) cos( ) (
1 2 12
α α σ − σ = σ′ = τ

Eliminant α entre les deux équations, on trouve :

) 2 cos(
2 2
2 1 2 1
α
σ − σ
+
σ + σ
= σ
) 2 sin(
2
2 1
α
σ − σ
− = τ

Posons


2
a
2 1
σ + σ
= et
2
r
2 1
σ − σ
= (7.18)

Alors on écrit :

et (7.19) ) 2 cos( r a α = − σ ) 2 sin( r α = τ −

soit

(σ - a)
2
+ τ
2
= r
2


Dans un système d’axes (σ, -τ) cette
équation est celle d’un cercle de rayon r
centré sur l’axe des σ à l’abscisse a (Fig.
7.4). Ce cercle dit cercle de Mohr, permet
une représentation graphique de l’état de
contrainte. Il a les propriétés suivantes :

a
r
σ
σ
2
σ
1

σ


1. Lorsqu’une facette tourne d’un angle
α par rapport aux directions
principales, elle tourne de 2α dans le
cercle de Mohr. Il en découle que
deux facettes perpendiculaires sont
représentées par deux points
diamétralement opposés.
τ
Fig. 7.4: Cercle de Mohr
2. La contrainte tangentielle maximale
est donnée par :

107
Eléments de Mécanique des Sols

2
2 1
max
σ − σ
± = τ (7.20)

Elle se produit sur des facettes inclinées de
4
π
± par rapport aux facettes principales.

Exemple 7.6
Soit l'état de contrainte représenté ci-contre (en kPa). Représenter les
vecteurs contrainte agissant sur l'élément. Déterminer l'état de
contrainte sur le plan faisant un angle de 26° par rapport à
l'horizontale. Calculer la contrainte tangentielle maximale et le plan sur lequel elle
agit.


= σ
2 0
0 10

7.5.2 Construction inverse
τ
τ
xy

α
σ
xx

σ
α
τ
σ
yy

B
A
O
n
y'
x'
Y
X
Supposons connu l’état plan de contrainte
en un point O. Cet état est donné par les
composantes σ
xx
, σ
yy
et σ
xy
agissant sur deux
facettes orthogonales (Fig. 7.5). On désire trouver
graphiquement les contraintes et les directions
principales : σ
1
, σ
2
et α
1
, α
2
ainsi que les
contraintes σ et τ agissant sur une facette
d’orientation quelconque α. Graphiquement on
obtient ces informations par le cercle de
Mohr (Fig. 7.6):

1. On construit un système d’axes (σ, -τ).
Fig. 7.5: Problème inverse
2. Sur l’axe des σ on porte d’abord les points
a(σ
xx
, 0) et b(σ
yy
, 0). Le centre O du cercle
sera le milieu de ab.
x(σ
xx

xy
)
σ
2





2

σ
1

σ
τ
y(σ
yy
,-τ
xy
)
c(σ,τ)

1

3. On porte τ
xy
au droit de a ce qui donne le
point x(σ
xx
, τ
xy
). Le rayon du cercle est la
droite Ox. Le point x est représentatif de la
facette origine x, de sorte que le rayon Ox
sert d’origine pour mesurer les angles.
4. Le cercle coupe l’axe des σ aux points A et B
qui donnent les contraintes et les directions
principales σ
1
, α
1
et σ
2
, α
2
.
5. En portant l’angle 2α, on obtient le point c(σ,
τ) représentatif d’une facette d’orientation α.
Fig. 7.6: Construction inverse

Exemple 7.7

= σ
3 , 0 75 , 4
75 , 4 65 , 7
L'état de contrainte en un point est donné par le tenseur ci-
contre (en kPa). Trouver les contraintes principales et leurs
directions par rapport à l'horizontale.

7.5.3 Pôle des faces
Le processus analytique de calcul de l'état de contrainte pour une orientation
donnée est souvent fastidieux à cause des angles doubles. On lui préfère une
construction graphique basée sur un point unique sur le cercle de Mohr, appelé pôle
108
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
ou origine des plans. Toute droite passant par le pôle coupe le cercle de Mohr en un
point qui définit l'état des contraintes sur un plan dont l'inclinaison est la même que
celle de la droite. Cela permet de déterminer le pôle lorsque l'état de contrainte est
connu et inversement, déterminer l'état de contrainte pour une orientation quelconque
lorsque le pôle est connu.
[kPa]
20°
π
h

2
2
10
Exemple 7.8
Trouver le pôle des facettes dans l'état de contrainte ci-
contre. Trouver 'état de contrainte sur la facette
horizontale.

7.5.4 Tricercle de Mohr
Exemple 7.8
Les composantes σ et τ du vecteur
contrainte agissant sur une facette d’inclinaison
quelconque sont les coordonnées d’un point P
situé dans l’aire hachuré de la représentation
graphique ci-contre (Fig. 7.7), dite tricercle de
Mohr. On déduit du tricercle que la contrainte
tangentielle maximale est représentée par le
rayon du plus grand des trois cercles :

σ
3

C
σ
2

B
σ
1

A
P(σ, τ)
σ


2
2 1
max
σ − σ
± = τ (7.21)

Fig. 7.7: Tricercle de Mohr
Elle agit sur les facettes contenant l’axe principal
x
2
et bissectrice des axes x
1
et x
3
.


7.5.5 Etats particuliers de contraintes planes

σ
σ
1

σ
σ

σ
σ
σ
σ
1
= σ
2
= σ
σ
2

σ
2
σ
2

σ

Fig. 7.9: Traction pure
σ
1

σ
1

Fig. 7.8: Compression pure

7.5.5.1 Compression pure (Fig. 7.8)

σ
=
0 0
0
1
σ

7.5.5.2 Traction pure (Fig. 7.9)

σ
=
2
0
0 0
σ

7.5.5.3 Etat hydrostatique de
compression (Fig. 7.10)

où σ > 0

σ
σ
=
0
0
σ

Fig. 7.10: Etat hydrostatique de
compression
109
Eléments de Mécanique des Sols


7.5.5.4 Etat hydrostatique de traction (Fig. 7.11)

σ
σ
σ
σ
σ
1
= σ
2
= σ

σ
où σ > 0

σ −
σ −
=
0
0
σ

7.5.5.5 Cisaillement pure (Fig. 7.12)

Fig. 7.11: Etat hydrostatique de
traction
où σ > 0

σ −
σ
=
0
0
σ

σ
σ
σ
σ
σ
1
= σ σ
2
= - σ


7.5.6 Ellipsoïde de contrainte
En un point P d’un solide, à chaque
orientation de la facette correspond le
vecteur contrainte :
Fig. 7.12: Cisaillement pure
t = σ n

où n est le vecteur unitaire normal à la facette. Soient t
x
, t
y
et t
z
les composantes du
vecteur contrainte t et k, l, m les cosinus directeurs de n dans le repère des contraintes
principales. Dans ce repère, l’expression ci-dessus donne :

t
x
= σ
1
k ; t
y
= σ
2
l ; t
z
= σ
3
m (7.22)

avec

k
2
+ l
2
+ m
2
= 1 (7.23)

soit

1
t
t
t
2
3
z
2
2
y
2
1
x
=
|
|
.
|

\
|
σ
+
|
|
.
|

\
|
σ
+
|
|
.
|

\
|
σ
(7.24)

C’est l’équation d’un ellipsoïde nommé ellipsoïde des contraintes au point P.
Elle signifie que pour tout plan d’inclinaison quelconque passant par P, le lieu
géométrique des extrémités de tous les vecteurs contraintes t obtenus lorsque
l’orientation de la facette varie, est la surface de l’ellipsoïde représentée par l’équation
(7.23). Les demi-axes de cette ellipsoïde sont les contraintes principales au point P.


7.6 Champ de déformation

7.6.1 Mouvement, déplacement, déformation
On appelle mouvement d'un solide, son changement de configuration exprimé par la
transformation:
110
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

x'(x) (7.25)
où x' sont les coordonnées d'un point
quelconque dans la configuration finale, x
étant les coordonnées du même point dans la
configuration initiale. Alors le déplacement
d'un point P du solide, est le vecteur u défini
par (Fig. 7.13):

u = pp' = op' – op = x' – x (7.26)

La déformation est une mesure du
déplacement relatif entre les différents
points du solide. Généralement, on l'associe
à la variation du carré de la distance entre
deux points infiniment voisin.
C'
ds'
q'
p'
ds
q
p
u
x
3,
x'
3

x
2,
x'
2

x
1,
x'
1

C
Fig. 7.13: Mouvement, déplacement et
déformation

7.6.2 Tenseur de déformation infinitésimale
La définition ci-dessus des déformations, permet d'écrire:

ds'
2
– ds
2
= 2 E
ij
dx
i
dx
j
(7.27)

où ds est la distance infinitésimale entre deux points voisins, E
ij
est le tenseur de
déformation. Il est donné par l'expression:

]
x
u
x
u
x
u
x
u
[
2
1
]
x
x
x
x
[
2
1
E
j
k
i
k
i
j
j
i
ij
j
'
k
i
'
k
ij




+


+


=
δ





= (7.28)

pour les petites transformations, il se réduit au tenseur des déformations
infinitésimales ε
ij
donné par:

]
x
u
x
u
[
2
1
i
j
j
i
ij


+


=
ε
(7.29)

ou sous la forme intrinsèque


ij
= {grad (u) + [grad (u)]
T
}
grad (u) = ∇ u
T
(7.30)
∇ = < ∂/∂x ∂/∂y ∂/∂z >

Exemple 7.9
Calculer le champs de déformation associé au champ de déplacement:
u = < u v w> avec
u = x
2
+y
2
; v = yz; w = xz

7.7 Propriétés du tenseur de déformation
Les propriétés de symétrie, rotation des axes, déformations principales,
invariants, tenseur déviateur et tenseur sphérique, convention de signe, le cercle de
111
Eléments de Mécanique des Sols
Mohr, sont semblables à celles exposées pour le tenseur de contrainte. On se
contentera dans cette section à discuter les propriétés propres au tenseur de
déformation.

7.7.1 Conditions de compatibilité
Les conditions d'existence du champ de déplacement duquel découle le champ de
déformation sont dites équations de compatibilité ou équations de Saint-Venant. Ce
sont les conditions d'intégrabilité du champ de déformation. Physiquement, elles
signifient que le champ de déformation ne peut être arbitraire. Théoriquement, elles
sont au nombre de trois, mais pour simplifier l'écriture, on utilise habituellement six
équations:

0
x x x x x x x x k i
jl
2
l j
ik
2
j i
kl
2
l k
ij
2
=
∂ ∂
ε ∂

∂ ∂
ε ∂

∂ ∂
ε ∂
+
∂ ∂
ε ∂
(7.31)
soit,

0
y
x
2
x y
xy
2
2
yy
2
2
xx
2
=


ε ∂


ε ∂
+

ε ∂

0
z
y
2
y z
yz
2
2
zz
2
2
yy
2
=


ε ∂


ε ∂
+

ε ∂

0
x z
2
z x
zx
2
2
xx
2
2
zz
2
=
∂ ∂
ε ∂


ε ∂
+

ε ∂
(7.32)

0 ]
y x z
[
x z y
zx yz xy
xx
2
=

ε

+

ε



ε



+
∂ ∂
ε ∂

0 ]
z y x
[
y x z
xy zx yz yy
2
=

ε

+

ε



ε



+
∂ ∂
ε ∂

0 ]
x z y
[
z y x
yz xy zx zz
2
=

ε

+

ε



ε



+
∂ ∂
ε ∂


Exemple 7.10
Vérifier les conditions de compatibilité du tenseur de déformation donné par:

ε
xx
= x
2
; ε
xy
= y
2
+ z
2
; ε
xz
= xz
ε
yy
= 0; ε
yz
= x; ε
zz
= y
2


7.7.2 Conditions aux limites
Ce sont les conditions de liaison d'appui. On les exprimes par:

u
i
= ū (7.33)

où ū est le déplacement imposé.

7.7.3 Dilatation volumique
C'est la variation de volume par unité de volume:

112
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
d = (v' – v ) / v = tr(ε) = 3 ε
m
(7.34)

Un milieu continu est dit incompressible quand sa déformation ne s'accompagne
d'aucun changement de volume.

7.7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques
Il s'exprime par

r
u
rr


=
ε
)
v
u (
r
1
θ ∂

+ =
εθθ

z
w
zz


=
ε

)] v
u
(
r
1
r
v
[
2
1
r

θ ∂

+


=
εθ
)
z
u
r
w
(
2
1
zr


+


=
ε
(7.35)
)
z
v w
r
1
(
2
1
z


+
θ ∂

=
εθ


7.8 Relation contrainte-déformation

7.8.1 Position du problème de mécanique des solides
Soit un solide de volume V, de frontière Γ, soumis à un ensemble de forces
surfaciques T et volumique F
v
(Fig. 7.1). Sur la portion Γ
u
de la surface extérieure, le
champ de déplacement est imposé. Dans la configuration déformée du solide, il
apparaît un champ de déplacement u et un champ de contrainte σ qu'il s'agit de
déterminer en tout point du solide.

7.8.2 Bilan des équations et des inconnues
Dans les sections précédentes, nous avons établi en chaque point :

3 équations d'équilibre (1)
6 équations déformations-déplacement (2)
3 équations de compatibilité (3)

D'autre part, les inconnues du problème sont:

3 composantes de déplacement
6 composantes de déformation
6 composantes de contrainte

Le bilan ci-dessus montre qu'au moins, trois équations supplémentaires sont
nécessaires. Il existe en réalité des équations additionnelles dites lois constitutives ou
lois de comportement qui sont

6 relations contraintes – déformations (4)

Ces équations représentent la réponse du solide aux sollicitations. Une réponse qui
dépend étroitement du matériau constituant le solide. Finalement, on dispose en
chaque point du solide, 18 équations et 15 inconnues. Ainsi, théoriquement, le
problème de mécanique des solides dispose d'une solution.

113
Eléments de Mécanique des Sols

7.8.3 Résolution
Lorsqu'on adopte les contraintes σ et les déformations ε autant qu'inconnues
(au nombre de 12), on utilise les équations (1), (3) et (4). Les déplacements u seront
calculés à posteriori. Si on prend pour inconnue σ, ε et u, on utilise les équations (1),
(2) et (4). Les équations (3) deviennent inutiles. Autrement, il existe une deuxième
alternative à cette formulation mixte. Elle consiste à décrire le problème avec un seul
type d'inconnues cinématiques ε et u ou statiques σ. Lorsque nous exprimons le
problème en contraintes, nous obtenons les équations de Beltrami-Michel:

0
F
1
1
F F
) 1 (
ij l , l i , j j , i ij , ll ij
=
δ
ν −
ν +
ν + + +
σ
+
σ
∆ ν + (7.36)

Lorsque nous exprimons les équations en déplacement, on abouti aux équations de
Navier ou équations de Lamé:

(λ+u) grad (div u) + u ∆u + F = 0 (7.37)

7.8.4 Lois constitutives
Comme il a été dit ci-dessus, ce sont les relations entre contrainte ( au sens
généralisées : contrainte, taux de contrainte, incrément de contrainte,…) et
déformations (au sens généralisées : déformation, taux de déformation, incrément,…).
Elles sont de la forme:

σ
ij
= f(ε
kl
) (7.38)

dont la loi inverse s'écrit

ε
ij
= f(σ
kl
) (7.39)

Lorsque les fonctions f et g sont linéaires, il viendra:

σ
ij
= C
ijkl
ε
kl
(7.40)

ou bien

ε
ij
= D
ijkl
σ
kl
(7.41)

7.8.5 Elasticité linéaire
Dans ce cas les déplacements sont des mouvements relatifs entre les atomes. Les
déformations sont alors réversibles. La plupart des matériaux sont élastiques aux
températures ordinaires lorsque les sollicitations ne sont pas trop élevées. La relation
de comportement est la célèbre loi de Hook. Il s'agit d'une dépendance linéaire entre
les contraintes et les déformations. Lorsque la déformation est instantanément
réversible, le solide est dit parfaitement élastique.

7.8.5.1 A une dimension
Elle est donnée par la relation simple:

σ = E ε et ε = σ / E (7.42)
114
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

où E est le module de Young.

7.8.5.1 A trois dimensions
La généralisation de la loi de Hook pour le problème à trois dimensions s'écrira:

E ε
ij
= (1 + ν) σ
ij
– ν σ
ll
δ
ij
(7.43)

ou

σ
ij
= λ ε
ll
δ
ij
+ 2µ ε
ij
(7.44)

dans lesquelles, E est le module de Young, ν est le coefficient de Poisson, λ et µ sont
les coefficients de Lamé et sont donnés en fonction de E et ν par les relations:

ε
σ
λ = ν E / [(1 + ν) (1 - 2ν)] et

(7.45)
µ = E / [2 (1 + ν)]

Les coefficients E, ν, λ et µ sont des caractéristiques du
matériau, constantes et indépendantes de l'état d'évolution
du matériau. Les relations (7.42-44) sont représentées par
des courbes droites passant par l'origine (Fig. 7.14).
Fig. 7.14: Elasticité linéaire

7.8.6 Autres lois constitutives
Plusieurs types de comportements ne peuvent être décrits par l'élasticité
linéaire. Leurs relations sont plus ou moins complexes et font intervenir la vitesse de
chargement, le temps ainsi que l'histoire de chargement. citons à titre d'illustration
quelques types de comportement.

7.8.6.1 Elasticité non linéaire
σ
ε
La relation contrainte-déformation n'est pas
linéaire, mais les déformations sont réversibles (Fig. 7.15).
Les matériaux hyperélastiques (caoutchouc) sont des
exemples de cette famille de comportement. Un exemple
de lois de comportement est la relation:

T = α
0
I + α
1
B + α
2
B
2
(7.46)

où T représente le tenseur de contrainte de Cauchy, B est
le tenseur de déformation de Cauchy-Green. α
i
sont des
scalaires.
Fig. 7.15: Elasticité non linéaire

7.8.6.2 Comportement Visqueux
C'est le cas de fluides réels (Newtoniens) et des liants bitumineux aux hautes
températures. A une dimension, la contrainte est donné par une relation de la forme

ε η = σ & (7.47)

115
Eléments de Mécanique des Sols
η est dit coefficient de viscosité.

7.8.6.2 Viscoélasticité
Le déplacement est du à la perturbation de la liaison
inter-moléculaire. Les déformations sont réversibles
mais avec un retard (Fig. 7.16). Le domaine
d'application couvre les polymères thermoplastiques au
voisinage des températures de fusion, les polymères
organiques, le caoutchouc, le béton frais sans
vieillissement et les métaux proches de la température
de fusion, le bois sous faible sollicitation. Dans la loi
constitutive apparaît l'influence de la vitesse de
déformation. A une dimension on écrira:
t
t
ε = cte
ε
ε
σ
σ = cte
σ

corps de Maxwell
η
σ
+
σ
= ε
E
&
&
(7.48)
corps de Kelvin ε η + ε = σ & E

7.8.6.3 Plasticité
La plasticité est liée au glissement relatif des cristaux
ou dislocation. Une partie des déformations sont alors
irréversibles et appelés déformations plastiques. La
plasticité intervient pour les sols et les roches dans les
conditions ambiantes, les métaux pour des sollicitations
élevées ou pour des températures pas trop élevées tel
qu'en mise en forme des métaux, aciers à faible teneur
en carbone. La loi constitutive est une loi d'évolution
impliquant les vitesses généralisées. En plasticité
parfaite, le solide reste indéformable jusqu'à un seuil de
contrainte. Au delà de cette limite, la contrainte reste
constante quelque soit le niveau des déformations (Fig.
7.17). Un exemple d'une loi unidimensionnelle de cette
famille s'écrit:
Fig. 7.16: Comportement
visco-élastique
σ
e

ε
σ

| σ | < σ
s
dε = dε
e

Fig. 7.17: Solide rigide-
parfaitement plastique
(dε
e
= 0 pour le solide rigide-plastique)
(7.49)
| σ | = σ
s
dε = dε
e
+ dε
p


σ
e

σ
ε
où σ
s
est un seuil de contrainte, dε
e
est la déformations
élastique, dε
p
est la déformation plastique (irréversible).

7.8.6.4 Elastoplasticité
Le solide a initialement un comportement élastique. Au
delà d'un certain seuil, le comportement devient plastique.
Dans la phase plastique la réponse dépend du matériau :
plasticité parfaite, à écrouissage, avec assouplissement
(Fig. 7.18-20). A titre d'illustration, la loi de
comportement peut s'écrire:
Fig. 7.18: Solide élastique
parfaitement plastique
116
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

f < 0 dε = dε
e

(7.50)
a
a
e
e
ε
σ
e

σ
f = 0 et f dε = dε 0 =
&
e
+ dε
p
,
σ ∂

λ = ε
f
p &
où f est la fonction de charge ou critère de plasticité,
λ est un multiplicateur positif.

7.8.6.5 Viscoplasticité
Les déformations irréversibles et l'effet du temps
(influence de la vitesse de déformation) sont
prépondérants. Le comportement du solide est
traduit par les phénomènes de fluage et relaxation
(Fig. 7.21). Ce comportement intervient aux
températures plus élevées. A titre d'illustration, la loi
suivante appartient à cette famille de comportement:
Fig. 7.19: Solide élastoplastique avec
écrouissage (e) ou assouplissement (a)
ε
σ
σ
e

σ < σ
s
: σ = E ε
corps de Bingham (7.51)
σ ≥ σ
s
:
ε
+
σ
= ε
p
E


où σ
s
est une contrainte seuil, ε
p
est la déformation
plastique. Fig. 7.20: Exemple de
comportement réel
ε
t
σ
t
έ
ε
σ
Fig. 7.21: Comportement élasto-viscoplastique

7.8.6.6 Endommagement, rupture et fissuration
rupture
ε
σ
e

σ
Dans certains matériaux non métalliques n'apparaît pas
des déformations plastiques. La détérioration correspond plutôt
à des décohésions ou microrupture telle que décohésion des
agrégats-liant dans le béton, décohésion fibre-matrice dans les
composites. Dans le milieu continu apparaît de micro-cavité
interne ou des fissurations externes avec concentration de
contraintes. La loi de comportement est semblable à l'élasticité
avec un module de Young dépendant d'une variable décrivant
l'état d'endommagement (Fig. 7.22-24).
Fig. 7.22: comportement
fragile



117
Eléments de Mécanique des Sols


ε
p
≈ 10 à 100 %
ε
ε
σ
σ








Fig. 7.24: Endommagement par
fatigue
Fig. 7.23: Endommagement ductile


7.9 Critères de plasticité
σ
3

σ
2

σ
1

L'écoulement des matériaux aura lieu
quand l'état de contrainte ou de déformation
sort du domaine admissible. Il existe
plusieurs fonctions décrivant les limites de ce
domaine, elles sont appelées critères de
rupture. A titre indicatif, pour les métaux on
utilise les critères de Tresca ou de Von
Mises. Pour les sols, il convient d'utiliser le
critère de Mohr-Coulomb ou le critère de
Drucker-Prager.
Fig. 7.25: Critère de Tresca
7.9.1 Critère de Tresca
C'est un critère de cisaillement. Il est
exprimé sous la forme :

f = sup
i≠j
(| σ
i
– σ
j
|) – σ
s
= 0 (7.52)

Il s'agit de l'équation d'un prisme (Fig.
7.25).

7.9.2 Critère de Von Mises
La plasticité aura lieu quand la contrainte
équivalente atteint le seuil de plasticité σ
s
,

soit:

f = σ
eq
- σ
s
= 0 (7.53)

où σ
eq
est dite contrainte équivalente de Von Mises.
Dans l'espace des contraintes principales, (7.53)
représente l'équation d'un cylindre de rayon égal à
(2/3)
1/2
σ
s
(Fig. 7.26).
τ
φ
c
σ
Fig. 7.26: Critère de Von Misès
σ
1

σ
3

σ
2


7.9.3 Critère de Mohr-Coulomb
C'est un critère de résistance au cisaillement. Il
s'adapte aux matériaux frottants ou granulaires. Dans
Fig. 7.27: Critère de Mohr-Coulomb
118
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus
le repère locale, il est exprimé par:

τ = ± (c + σ tg φ) (7.54)

(σ, τ) sont les contraintes dans le repère
local, c est dite cohésion, φ est l'angle de
frottement interne. Le domaine admissible
est représenté ci-contre (Fig. 7.27).



7.9.4 Critère de Drucker-Prager
C'est un critère tridimensionnel caractérisé
par l'influence de la contrainte
hydrostatique:

(1/k
d
) || s || + s
m
tg φ ≤ c (7.55)
σ
3

σ
2

σ
1

Fig. 7.28: Critère de Drucker-Prager

où k
d
est un paramètre, || s || est la norme euclidienne du tenseur déviatorique de
contrainte. s
m
est contrainte moyenne ou hydrostatique. Dans l'espace ((1/k
d
) || s ||, s
m
),
le critère est représenté par un cône d'axe || s || = 0, d'ouverture égale à 2φ, et de
sommet localisé au point (0, c/tg φ ) comme c'est représenté ci-contre (Fig. 7.28).


7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques

L'aspect énergétique des systèmes mécaniques sont des formulations très utiles en
calcul des structures. Ce sont des principes basés sur la notion d'énergie ou du travail
des forces sur les déplacements. Dans ce contexte on classe les matériaux en solide
conservatif c.à.d sans perte d'énergie dans un cycle fermé de transformation, et solide
dissipatif pour lequel, une perte d'énergie aura lieu à cause de phénomènes non
réversibles. Le sujet est très vaste et sort du cadre de ce module, néanmoins on peut
rappeler les mots clés suivants: énergie mécanique, théorème de conservation de
l'énergie mécanique, principe des travaux virtuels, potentiel de déformation et lois
d'état, potentiel de dissipation et lois complémentaire, loi de normalité, surpotentiel,
bipotentiel …etc. Derrière ces mots clés se cache des notions fondamentales pour la
modélisation des structures. Le sujet nécessite une formulations mathématique et
numérique qui sont largement exposées dans une bibliographie abondante dans le
domaine.
119
Eléments de Mécanique des Sols

Exercices du chapitre 7

Rappels de mécanique des milieux continus

Champ de contrainte

Exercice 1 : Donner la forme générale du tenseur de contrainte dans chacun des cas
suivant:

τ
τ


σ
σ
σ
σ
σ
σ
σ
σ
b
x
2

x
2

x
2

x
2

x
1

x
1

x
1

x
1

x
3

x
3

x
3

x
3

c
a
d



















Exercice 2 : Un état de contrainte est donné par le tenseur ci-contre
(MPa). Déterminer le vecteur contrainte sur un plan dont la
normale est dans la direction 2e
1
+2e
2
+e
3
. Déterminer le module des
contraintes normale et tangentielle sur ce plan.
2 -1 3
-1 4 0
3 0 -1

Exercice 3 : Soit le tenseur de contrainte ci-contre où c est une
constante. Trouver les valeurs et directions principales au point
(1,2,4). Déterminer le tenseur déviateur S et ses valeurs
principales

Exercice 4: Pour l’état plan de contrainte, déterminer: Les
invariants du tenseur de contrainte. Les contraintes principales. Les directions
principales.
0 0 - cy
0 0 cx
-cy cx 0

Exercice 5: Calculer les contraintes normale et tangentielle pour la direction
trisectrice des axes principaux du tenseur de contrainte.





120
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus


Champ de déformation

Exercice 6: Soit le champ de déplacement u = <u v w> tel que

u = cx
1
x
2
, v=cx
1
x
2
, w=2c(x
1
+x
2
)x
3

Calculer le tenseur de déformation, le déviateur de déformation et la dilatation
volumique.

Exercice 7: Soit le champ de déplacement

u = ky
2
, v=w=0

Trouver le champ de déformation.

Exercice 8: Soit le tenseur de déformation donné par:

ε
11
= k
1
x
2
, ε
22
= -k
2
x
2
, ε
33
= -k
2
x
2

Trouver le point où la déformation volumique est nulle.

Exercice 9: Un solide élastique possède les propriétés suivantes: Le module de Young
E=210000 daN/cm
2
. Le coefficient de Poisson ν=0,3. Le champ de contrainte est
donné par:

σ
xx
= cx
2
, σ
yy
= cx
1
, σ
zz
= 0
σ
xy
= 0, σ
xz
= -cx
2
, σ
ys
= cx
1


La constante c=0,5. Calculer le tenseur de déformation au point (1,2,-3).
121
Eléments de Mécanique des Sols


Cercle de Mohr
σ
B

σ
A

α


Exercice 10 : Soit les contraintes exercées sur l’élément ci-contre.
Calculer la contrainte normale σ et tangentielle τ sur un plan
incliné à α=35° par rapport à l’horizontale. On donne σ
A
= 52 kPa,
σ
B
= 12 kPa.


Exercice 11 : Soit l’élément de l’exercice 1. Cette fois,
l’élément a subit une rotation β par rapport à l’horizontale.
Trouver les contraintes σ et τ sur le plan incliné de α par
rapport à la base de l’élément. On donne : σ
A
= 52 kPa, σ
B
= 12
kPa, α = 35° et β = 20°.
σ
B

σ
A

α
β
6
4
+2
α
4
-2
-2


Exercice 12 : Soit les contraintes agissant sur l’élément
ci-contre (Mpa). Evaluer :
a. σ et τ pour α=30°.
b. σ
1
et σ
3
.
c. L’orientation des plans principaux.
d. La contrainte tangentielle maximale et l’orientation du
plan sur lequel elle agit.



Exercice 13 : Deux plans π
a
et π
b
sont sous-tendus par un
angle inconnu θ. Sur le plan π
a
, agit les contraintes σ
a
=10
kPa et τ
a
=2 kPa. Le plan π
a
est incliné de α=15° par rapport
à l’horizontale. Les contraintes appliquées sur le plan π
b

sont : σ
b
= 9 kPa et τ
b
= -3 kPa. Trouver :
π
a

2
10
π
b

θ
-3
9
α π
h

- 2
8
4
α
- 2
2
2
4
8
6
+2
a. Les contraintes principales ainsi que leurs orientations.
b. Les contraintes appliquées sur le plan horizontal.
c. L’angle formé par les plans π
a
et π
b
.




Exercice 14 : Soit les contraintes appliquées sur l’élément
ci-contre. Trouver la valeur et la direction des contraintes
principales majeure et mineure. On donne α=45°.

122
Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

Exercice 15 :
L'état des contraintes dans un solide est défini par les valeurs suivantes : σ
1
= 9000
kN/m
2
en compression et σ
3
= 2000 kN/m
2
en tension. A partir du cercle de Mohr,
déterminer la contrainte normale et la contrainte tangentielle sur un plan incliné à 10°
par rapport au plan sur lequel s'applique la contrainte principale mineure. Vérifier le
résultat analytiquement.

Exercice 16 :
En un certain point critique d'une poutre d'acier, la contrainte de compression sur un
plan vertical est de 126 MPa et la contrainte de cisaillement est 34,5 MPa, II n'y a pas
de contrainte normale sur le plan horizontal. Trouver les contraintes qui s'appliquent
sur les plans principaux et l'orientation par rapport à l'horizontale des plans sur
lesquels elles s'appliquent.

Exercice 17 :
Pour l'élément montré ci-contre (contraintes
en Mpa).
a) Trouver la valeur des contraintes
inconnues σ
h
et τ
h
sur un plan horizontal;
b) Trouver l'orientation de contraintes
principales à l'aide d'un croquis de détail;
5 3
2
2
20°
51°
109°
π
h

c) Indiquer l'orientation des plans de cisaillement maximal et minimal.
123
Eléments de Mécanique des Sols










Chapitre 8

Résistance des sols au cisaillement



8.1 Introduction.
8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb.
8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement.
8.3.1 Essai de cisaillement directe
8.3.2 Essai triaxial
8.3.3 Essais spéciaux
8.3.4 Essais sur site
8.4 Cheminement des contraintes.
8.5 Résistance des sables au cisaillement.
8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé.
8.5.2 Sable saturé en cisaillement non drainé.
8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement
8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques.
8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement.
8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé
8.6.2 Comportement à l'essai triaxial consolidé non drainé
8.6.3 Comportement à l'essai triaxial non consolidé non drainé.
8.6.4 Essai de compression simple
8.6.5 Variation de la pression interstitielle
8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur les argiles
normalement consolidées
8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur les argiles
surconsolidées
8.6.8 Application des cheminements des contraintes sur certains problèmes






Chapitre 8

Résistance des sols au cisaillement



8.1 Introduction

En géotechnique, on s’intéresse d’avantage à la résistance au cisaillement, car
dans la majorité des situations, la rupture dans le sol est produite par l’application de
contraintes de cisaillement excessives.


8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb
τ
r

σ
r


Mohr a émis l’hypothèse que la contrainte de
cisaillement à la rupture sur le plan de rupture est fonction
unique de la contrainte normale sur ce plan (Fig. 8.1):

Fig. 8.1: Plan de rupture
τ
r
= f(σ
r
) (8.1)

Indépendamment de Mohr, Coulomb a mis au point un appareil pour mesurer la
résistance au cisaillement des sols. Il a constaté que cette dernière est fonction de deux
paramètres dépendant où pas des contraintes : ce sont l’angle de frottement interne ϕ
(comparable à la résistance au glissement des solides) et la cohésion intrinsèque c,
d’où l’équation de Coulomb :

τ = σ tg ϕ + c (8.2)

Toutefois, il faut noter que ni c ni ϕ ne sont des propriétés intrinsèques du matériau
mais elles dépendent des conditions qui prévalent l’essai. Le critère de Mohr-
Coulomb représente le couplage des relations (8.1,2) :

τ
r
= σ
r
tg ϕ + c (8.3)

Expérimentalement, la relation entre les contraintes tangentielle et normale à la
rupture peut être représentée par une courbe non linéaire dite courbe intrinsèque. Cela
signifie que la relation (8.3) n’est qu’une linéarisation de cette courbe, et que cette
linéarisation n’est valable qu’à l’intérieur d’une certaine plage de contraintes. Le
critère de Mohr-Coulomb est très utile dans l’analyse de la stabilité des pentes et talus.
Pour un sol donné, l’identification de la courbe intrinsèque se fait par une série
d’essais de cisaillement. Pour chaque essai, on détermine le couple (σ
r
, τ
r
) à la
rupture et on trace le cercle de Mohr associé à cet état. L’ensemble des cercles de
125
Eléments de Mécanique des Sols

Mohr à la rupture permet de tracer
dans le plan τ(σ) une courbe
enveloppe des contraintes de
cisaillement à la rupture. Cette courbe
dite enveloppe de rupture de Mohr
caractérise la relation f entre la
contrainte normale et la contrainte de
cisaillement toutes deux à la rupture
(Fig. 8.2). Pour l’un des cercles de
Mohr à la rupture, le point de tangence
entre le cercle et l’enveloppe de
rupture détermine l’inclinaison du plan
de rupture dans l’élément considéré
(hypothèse de rupture de Mohr). On montrera que l’inclinaison du plan de rupture α
r

par rapport au plan sur lequel s’applique la contrainte principale majeure est donné
par :
τ
σ
τ
r
= f(σ
r
)
Fig. 8.2: Courbe enveloppe

α
r
= ϕ/2 + π/4 (8.4)


8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement

8.3.1 Essai de cisaillement directe
C’est un essai économique, rapide et
simple. L’échantillon est placé dans la
boite à cisaillement (Fig. 8.3). Celle ci
est divisée en deux parties séparées par
un plan horizontal. Une partie est fixe,
l’autre est mobile dans le plan
horizontal. Une charge normale
constante P est appliquée sur
l’échantillon. Au cours de l’essai, on
mesure la force de cisaillement T de
même que le déplacement horizontal δ et
vertical ∆H. On peut alors calculer la
contrainte normale σ
n
= P/A et la
contrainte de cisaillement τ = T/A, A
étant l’aire de l’échantillon. En traçant les courbes ∆H(δ), on remarque une
augmentation de la hauteur de l’échantillon indiquant que le sols se dilatent pendant
leurs déformations. Cet essai permet la détermination des caractéristiques de
résistance des sols : l’angle de frottement interne ϕ et la cohésion c. Au début de
l’essai, lorsque la force normale P est appliquée seule, le plan horizontal est un plan
principal. Des qu’on applique la force tangentielle T, ce plan cesse d’être principal.
On dit qu’il y a rotation des plans principaux. L’essai n’est indicatif que pour des
conditions de drainage complet. D’autre part, le plan de rupture prédéfini (horizontal)
dans l’essai ne correspond pas toujours au plan de plus faible résistance où à la
direction critique sur le terrain.
Fig. 8.3: Boite de Casagrande pour le
cisaillement directe

126
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Exemple 8.1
Un essai de cisaillement directe est
effectué sur un échantillon d’une
argile modérément dense de
cohésion c = 18 kPa. Au début de
l’essai, on avait σ
n
= 65 kPa et K
0

= ( σ
h
/ σ
v
)
au repos
= 0,5. A la
rupture, τ
r
= 41 kPa.
Pierre
pporeuse

1. Tracer les cercles de Mohr pour
les conditions initiales et à la
rupture, puis déterminer ϕ.
Déterminer :
2. Les contraintes principales à la
rupture.
3. L’orientation du plan de rupture.
4. L’orientation du plan principal
majeure à la rupture.
5. L’orientation du plan de
contraintes de cisaillement
maximales à la rupture.

8.3.2 Essai triaxial
Il est développer pour contourner
les limites de l’essai de
cisaillement directe. Quoi qu'il est
plus complexe, il est le plus approprié. En effet, on contrôle mieux les conditions de
drainage et il n’y a pas de rotation des plans principaux. De plus, le plan de rupture
peut être quelconque. L’échantillon étant de forme cylindrique, on suppose que les
contraintes appliquées aux extrémités de l’échantillon sont des contraintes principales
(Fig. 8.4). Selon le cheminement des contraintes et des conditions de drainage, il
existe trois modes opératoires que nous résumons dans le tableau 8.1 ci-dessous:
Fig. 8.4: Cellule triaxiale

L’essai triaxial permet une
évaluation meilleure des
variations de volume. Dans ce
contexte, on acceptera les
définition suivantes :
Cheminement des
contraintes
Conditions de
drainage
Symbole de
l’essai
Non consolidé Non drainé UU
Consolidé Non drainé CU
Consolidé Drainé CD
Tab. 8.1:Essais triaxiaux
. L’obliquité est par définition le rapport

τ
r
/ σ
r
(8.5)

. La résistance mobilisable τ
m
est la résistance maximale que peut offrir le matériau,
d’où le coefficient de sécurité :

f
s
= τ
m
/ τ
appliquée
(8.6)

127
Eléments de Mécanique des Sols

. Les relations d’obliquité sont les expressions ci-dessous permettant le mettre en
relation, les contraintes principales et l’angle de frottement interne :

σ
+
σ
σ

σ
= ϕ
r 3 r 1
r 3 r 1
sin
ϕ −
ϕ +
=
σ
σ
sin 1
sin 1
r 3
r 1

(8.7)
)
2 4
( tg
2
r 1
r 3
ϕ

π
=
σ
σ

)
2 4
( tg
2
r 3
r 1
ϕ
+
π
=
σ
σ


soit en fonction des contraintes effectives :

)
2
'
4
( tg
' sin 1
' sin 1 2
'
r 3
'
r 1
ϕ
+
π
=
ϕ −
ϕ +
=
σ
σ

(8.8)
σ
1r
- σ
3r
= σ'
3r
(σ'
1r
/ σ'
3r
- 1)

Exemple 8.2
Un essai triaxial CD est effectué sur un sable. La pression cellulaire est de 100 kPa, et
la contrainte axiale à la rupture est de 200 kPa.

1. Tracer le cercle de Mohr initial et celui de la rupture.
σ
radiale

σ
torsion

σ
axiale

2. Evaluer ϕ en supposant que c = 0.
3. Estimer la contrainte de cisaillement à la rupture sur le plan de
rupture et trouver l’inclinaison du plan de rupture dans
l’échantillon.
4. Déterminer l’orientation du plan d’obliquité maximale.
5. Déterminer la contrainte de cisaillement maximale à la rupture
τ
max
et l’inclinaison du plan sur lequel elle agit.
6. Calculer la résistance au cisaillement mobilisable sur ce plan
et le coefficient de sécurité correspondant.
Fig. 8.5: Essai sur
cylindre évidé

8.3.3 Essais spéciaux
Il existe d’autres essais de laboratoire pour l’étude de la résistance des sols au
cisaillement. Parmi ces essais on peut citer :
σ
h

σ
2

σ
2

σ
v

Essai sur cylindre évidé.
L'échantillon en forme d'un cylindre évidé est
soumis à une torsion (Fig. 8.5).

Fig. 8.6: Essai en déformation plane

128
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Essai en déformation plane
L'échantillon de forme prismatique est fixé à ces extrémités (Fig. 8.6).

σ
yy

σ
zz

σ
xx

Essai triaxial vrai
L'échantillon est de forme cubique. Il est soumis à u système
de contraintes triaxiales indépendantes (Fig. 8.7).

Essai de cisaillement annulaire.
L'échantillon de forme annulaire est soumis à une contrainte
de cisaillement sur un plan fixe (Fig. 8.8).
Fig. 8.7: Essai triaxial vrai
Essai de cisaillement simple.
L'échantillon est initialement cylindrique, de
diamètre maintenu fixe au cours de l'essai. Il
est soumis à une contrainte de cisaillement
relativement homogène pour éviter les
concentrations de contraintes (Fig. 8.9).
échantillon
partie mobile
partie fixe anneau de
confinement
8.3.4 Essais sur site
Les essais sur site ont l’avantage
d’étudier le sol intacte. Pour les argiles molles
on peut effectuer des essais au scissomètre
où le pénétromètre à cône hollandais. Pour
les matériaux granulaires, on peut effectuer
des essais de pénétration standard. Pour les
sols loessiques, il existe la sonde de
cisaillement Iowa. Pour approfondir
d’avantage le domaine des essais sur place il
convient de revoir la bibliographie
correspondante.
Fig. 8.8: Essai de cisaillement annulaire
σ
h
= K
0
σ
v

(avant cisaillement)
τ
h

σ
v

Fig. 8.9: Essai de cisaillement simple


8.4 Cheminement des contraintes
Point de contrainte
σ
1
σ
3
p
q
τ
σ

On a vu que l’état de contrainte en un point est
représenté par un cercle de Mohr dans un
système de coordonnées (σ, τ). On peut
remarquer que le cercle peut être représenté par
son centre et son rayon. Alors, l’état de
contrainte en un point peut être représenté par un
seul point de contrainte (Fig. 8.10) dont les
coordonnées sont :
Fig. 8.10: Point de contrainte

p = ( σ
1
+ σ
3
) / 2 et q = ( σ
1
- σ
3
) / 2 (8.9)

plus généralement, on prendra :

129
Eléments de Mécanique des Sols

p = ( σ
v
+ σ
h
) / 2 et q = ( σ
v
- σ
h
) / 2 (8.10)

q
p
τ
σ
Ainsi, une succession d’états de contrainte sera
représentée par une courbe joignant
l’ensemble des états de contrainte (Fig. 8.11)
au lieu de la représentée par l’ensemble des
cercles de Mohr associés. Le lieu de ces points
contrainte s’appelle le cheminement des
contraintes et il est représenté sur un
diagramme p - q. Remarquons que nous
pouvons représenter ce cheminement en
contrainte totales ou effectives et ceci sur le
même diagramme. C’est au professeur T.W.
Lambe du MIT que revient le mérite de mètre
en évidence la grande utilité du cheminement
de contrainte.
Fig. 8.11: Cheminement de contrainte

Exemple 8.3
A partir de l’état initial σ
h
=

σ
v
, représenter le cheminement des contraintes dans les
cas suivant :

A : ∆σ
h
=

∆σ
v

B : ∆σ
h
=

∆σ
v
/2
C : ∆σ
h
= 0, ∆σ
v
augmente
D : ∆σ
h
= - ∆σ
v
E : ∆σ
h
diminue, ∆σ
v
= 0
F : ∆σ
h
augmente, ∆σ
v
diminue
130
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
8.5 Résistance des sables au cisaillement

La résistance des sols au cisaillement constitue l'un des aspects les plus
importants en mécanique des sols. Dans l'aspect expérimental du sujet nous nous
sommes basés sur l'ouvrage "Introduction à la géotechnique" dont nous avons puisé
essais et exemples sans noter sur les illustrations leurs origines.

8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé
L'étude de la résistance des sables au cisaillement se fait par des essais triaxiaux. La
rupture peut être définie de différentes façons: Lorsqu'on détecte une différence
maximale entre les contraintes principales (σ
1
– σ
3
)
max
, c'est ce qu'on fait le plus
souvent, ou lorsqu'on détecte un rapport maximal entre les contraintes principales
effectives (σ'
1
/ σ'
3
)
max
. Enfin, si on obtient τ = (σ
1
– σ
3
) /2 à une déformation axiale
quelconque. A la rupture les relations suivantes sont applicables:

)
2
'
4
( tg
' sin 1
' sin 1
)
'
'
(
2
max
3
1
ϕ
+
π
=
ϕ −
ϕ +
=
σ
σ
(8.11)

où φ' est l'angle de frottement interne effective. Dans l'essai triaxial drainé, nous
avons
σ
σ
=
σ
σ
3
1
3
1
'
'
(8.12)

ce qui donne
) 1
'
'
(
'
3
1
3 3 1

σ
σ
σ
=
σ

σ


et à la rupture
) 1 )
'
'
( (
'
3
1
max
r 3 3 1

σ
σ
σ
=
σ

σ
(8.13)

Les courbes
caractéristiques
sont comme
indiquer ci-
contre (Fig.
8.12). Au cours
de l'essai,
l'échantillon
lâche se
déforme en
barillet tandis
que l'échantillon
dense se brise
souvent le long
d'un plan orienté
à environ 45°+ φ'/2 sur l'horizontale. Théoriquement, e
cl
et e
cd
devraient être égaux à
e
e
crit

e
cl
e
cd

e
l
e
d

∆V = 0
sable lâche (l)
sable dense (d)

1
– σ
3
)
ult


1
– σ
3
)
max

σ
1
– σ
3

σ
1
– σ
3

Fig. 8.12: Comportement du sable saturé en cisaillement drainé
131
Eléments de Mécanique des Sols

e
crit
. De même, les valeurs de (σ
1
– σ
3
)
ult
devraient être identiques dans les deux cas de
sable lâche ou dense. On attribue habituellement ces écarts au manque de précision
dans la mesure des indices des vides finaux ou à la distribution non uniforme ders
contraintes au sein de l'échantillon. Casagrande a désigner l'indice des vides critiques
e
c
comme l'indice des vides pour lequel on atteint un plateau horizontal dans la courbe

1
– σ
3
)(ε). Le comportement des sables lâches ou denses dépend des paramètres
suivants: le déviateur de contrainte (σ
1
– σ
3
), la déformation ε, la variation de volume
∆V, l'indice des vides critiques e
crit
, indice de densité relative I
D
et pression de
confinement σ
3
. Nous allons nous consacré à l'étude de la pression de confinement qui
influe en particulier sur la variation de volume ∆V.

8.5.1.1 Influence de la pression de confinement
Pour cela on effectue des essais triaxiaux sur des échantillons dans les mêmes
conditions sauf que σ
3
est variable. On observe que la résistance au cisaillement
augmente avec cette contrainte. Sous de faibles contraintes de confinement, la
déformation volumique d'un sable lâche est positive, il se produit une dilatation
identique au comportement d'un sable dense (Fig. 8.13). Lorsque la déformation
axiale augmente, la déformation volumique diminue. Pour les sables denses, on
observe de fortes augmentation de volume (dilatation) aux faibles pressions de
confinement. Lorsque ces contraintes augmentent, les sables denses affichent un
comportement similaire à celui des sables lâches (diminution de volume) (Fig. 8.14).
L'étude de la relation entre la déformation volumique à la rupture et l'indice des vides,
se fait à partir d'essais effectués pour un même indice des vides initial mais sous des
contraintes cellulaires (de confinement) différentes. On constate que pour une
contrainte cellulaire donnée, la déformation volumique diminue proportionnellement à
l'augmentation de l'indice des vides (Fig. 8.15). Par définition, l'indice des vides
critique est l'indice des vides à la rupture pour lequel la déformation volumique est
nulle. De la même façon, on peut étudier la variation de e
crit
en fonction de la pression
de confinement, en portant les valeurs du graphique e
crit
(σ'
3 crit
). Pour un indice des
vides donné, on appelle contrainte de confinement critique σ'
3 crit
, la contrainte
cellulaire σ'
3 c
pour laquelle la déformation volumique à la rupture est nulle. Aussi,
nous pouvons étudier la relation entre la déformation volumique à la rupture et la
pression de confinement pour différentes valeurs de l'indice des vides après
consolidation e
c
(Fig. 8.16). On pourra faire la même étude en utilisant les graphiques
(Fig. 8.15). Fig. 8.17 permet de résumer les relations représentées en Fig.8.15 et Fig.
8.16. Enfin, Fig. 8.17a et Fig. 8.17b peuvent être combinées pour constituer un seul
graphe tridimensionnel dit diagramme de Peacock (Fig. 8.18) permettant la prédiction
du comportement du sable pour tout indice des vides après consolidation e
c
et à
n'importe quelle contrainte de confinement σ'
3 c
. Chaque point dans ce diagramme doit
demeurer dans le plan WKP, d'où la possibilité des différentes prédictions du
comportement.

8.5.2 Sables saturés en cisaillement non drainé
L'essai de cisaillement triaxial non drainé se caractérise par rapport à l'essai drainé par
l'absence de variation de volume pendant le chargement axial – quoi que l'échantillon
aura tendance à changer de volume -. Il résulte alors une pression interstitielle positive
qui entraînera à son tour une diminution de la contrainte effective. Grâce au
diagramme de Peacock, nous pouvons prédire le comportement non drainé des sables
132
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.13: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés sur un sable
lâche
à partir de leur comportement drainé lorsqu'on connaît les tendances aux variations
de volume telles qu'elles sont idéalisées sur le diagramme (Fig. 8.19), (Tab. 8.2).

Exemple 8.4
On effectue un essai triaxial CD sur un sol granulaire. A la rupture, σ'
1
/σ'
3
= 4. La
contrainte effective mineure à la rupture est de 100 kPa.
1. Calculer φ'.
2. Quelle est la différence entre les contraintes principales à la rupture.
3. Mettre en graphique le cercle de Mohr et l'enveloppe de rupture.


133
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.14: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés sur un sable dense

Exemple 8.5
Un échantillon de sable est caractérisé par: σ'
3 crit
= 0,4 Mpa et e
c
= e
crit
= 0,8. Décrire
le comportement drainé et non drainé sachant que l'indice des vides après
consolidation à σ'
3 c
= 0,4 Mpa est: a) 0,85. b) 0,75
On suppose que le sable en question suit le comportement donné dans Fig. 8.15-16.

8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement
Parmi lesquels on peut citer (Tab. 8.3)
134
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Indice des vides à la fin de la consolidation e
c

Fig. 8.15: Courbes typiques d'essais triaxiaux drainés. Influence de la contrainte de confinement

. L'indice des vides ou l'indice de densité relative.
. Forme des particules.
. La distribution granulométrique.
. La rugosité de la surface des particules.
. La présence de l'eau.
. La contrainte principale intermédiaire.
. La grosseur des particules.
. Le degré de surconsolidation.

Comme les sables sont des matériaux frottant, ces facteurs influent également sur
l'angle de frottement interne. En règle générale, la résistance au cisaillement augmente
proportionnellement à l'indice de densité relative (Fig. 8.20). Elle est inversement
proportionnelle à l'indice des vides e qui est le facteur le plus important. Les effets de
la densité relative, la forme des grains, la granulométrie et la grosseur des particules
sur la variation de l'angle de frottement interne φ sont résumés ci-contre (Tab. 8.4).
De façon générale, tout autre facteur étant constant: φ augmente avec l'angularité des
particules et avec leurs rugosités. φ augmente avec l'étalement de la granulométrie.
Par contre, la grosseur des grains ne semble pas avoir une influence significative sur
φ. Les sables humides ont φ de 1 à 2 degrés plus faibles que les sables secs. La
surconsolidation n'a pas une influence notable sur φ. A propos de l'influence de la
135
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.16: Exemples de courbes typiques pour l'étude de l'influence de l'indice de
vides initial
contrainte principale intermédiaire, il existe une relation empirique qui constitue une
limite inférieure, entre l'angle de frottement interne obtenu par essai triaxial φ
tx
et
l'angle de frottement interne obtenu par l'essai en déformation plane φ
dp
:

φ
dp
= 1,5 φ
tx
– 17° pour φ
tx
> 34°
(8.14)
φ
dp
= φ
tx
pour φ
tx
≤ 34°


Fig. 8.21 établi quelques corrélations entre φ' et quelques paramètres physiques. Cette
figure et Tab. 8.4 sont très utiles pour évaluer les caractéristiques de frottement des
matériaux granulaires avant même d'effectuer des essais de laboratoire. Ces
indications peuvent suffirent pour la conception de petit projets.

8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques
Les sables lâches saturés soumis à des chocs ou à des déformations importantes
avaient tendance à diminuer de volume. Ceci est à l'origine d'une augmentation
positive de la pression interstitielle. Cette variation de la pression interstitielle se
traduit par une diminution des contraintes effectives dans le sol. Lorsque la pression
interstitielle devient égale à la contrainte effective qui s'exerçait avant la perturbation,
le sable perd toute résistance. On dit qu'il est en état de liquéfaction: dans une coulée,
le sable se comporte essentiellement comme un liquide visqueux et son angle de
frottement de repos n'excèderait pas quelques degrés. Ce phénomène pouvant
provoquer de grands dégâts, il faut en tenir compte dans l'étude des projets de
construction. On remarquera que les déformations à l'origine de la liquéfaction
136
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.17: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés. Relation
idéalisée entre les déformations volumiques, la contrainte de confinement et l'indice
des vides critique
peuvent être causées par des sollicitations statiques (augmentation des contraintes
statiques) mais peuvent aussi être causées par des charges dynamiques telles que:
battage de pieux, circulation d'engins, présence de machines rotatives, les vagues de
tempêtes ou les tremblements de terre. Ces derniers peuvent causer la liquéfaction de
très vastes dépôts naturels de sable lâches. Les liquéfactions engendrant des
glissement de type coulée sont classées selon la susceptibilité du sol en trois types
allant de l'écoulement rapide à la liquéfaction progressive (Tab. 8.5). Les sables de
compacité moyenne à élevée sont caractérisés par la mobilité aux charges cycliques.
Ces dernières engendrent des déformations importantes qui provoquent à leur tour une
augmentation des pressions interstitielles. Alors, lorsque l'intensité et la durée de ces
charges cycliques sont suffisantes, et si elles sont appliquées dans des conditions de
masse volumique et de pression de confinement isotropes, elles peuvent entraîner
aussi la liquéfaction de sable de compacité moyenne à élevée. Nous pouvons aborder
l'étude du comportement des sables sous charges cycliques en examinant les résultats
d'essais au cours desquels on observe une liquéfaction sous des contraintes statiques
137
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.18: Diagramme de Peacock
(Fig. 8.22,23). Ces essais montrent que la liquéfaction peut se produire même sous
contraintes statiques. Ce comportement peut s'expliquer par le concept de l'indice des
vides critique et peut être prédit à l'aide du diagramme de Peacock. On peut aussi
effectuer des essais triaxiaux à chargement cyclique pour l'étude de liquéfaction des
sables lâches. Le comportement caractéristique est donné ci-contre (Fig. 8.24). Fig.
8.25,26 montrent le comportement des sables denses lors d'essais triaxiaux cycliques.
D'autres facteurs peuvent influencer le comportement des sables saturés autre que la
contrainte de confinement et l'indice de densité relative. Il s'agit par exemple: du
mode de préparation des échantillons, l'histoire des déformations cycliques
antérieures, le coefficient des terres au repos K
0
ainsi que le rapport de
surconsolidation. A présent, que ce passera-t-il avec les sables denses, qui initialement
ont une tendance à se dilater? Quoi que le sujet est relativement complexe, des
chercheurs imminents ont montré que les sables denses suivent le comportement de
mobilité aux charges cycliques plutôt que le phénomène de liquéfaction (Fig. 8.27-29,
Tab. 8.6). La veuille continue est primordiale dans ce domaine, par exemple en
effectuant des relevés des pressions interstitielles sur site, observation de l'érosion et
des petits glissements. Les mesures de prévention des ruptures par liquéfaction sont
du type augmentation de la densité du sol en place en remplaçant les sols lâches ou en
les compactant, la mise en place d'une surcharge pour augmenter la contrainte
effective ou le rabattement en permanence du niveau de la nappe phréatique.

138
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
138
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement

Fig. 8.19: Cercles de Mohr pour des de compression triaxiale drainés et non
drainés
139
Eléments de Mécanique des Sols

Tab. 8.2: Résumé des essais triaxiaux drainés et non drainés
140
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.20: Exemples de cercles de Mohr et enveloppes de rupture pour les essais
triaxiaux drainés illustrant les effets de l'indice des vides
141
Eléments de Mécanique des Sols

Tab. 8.3: Facteurs influençant l'angle de frottement interne
142
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.4: Angle de frottement interne des sols pulvérulents
143
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.21: Corrélation entre l'angle de frottement interne effectif en compression
triaxiale et la masse volumique du sol sec
144
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.5: Glissement de type coulée dans les sols
145
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.22: Comparaison entre quelques essais triaxiaux
146
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.23: Cercles de Mohr en contraintes totales et en contraintes effectives (es. triaxiaux CU,CD)
147
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.24: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux cycliques sur un sable
lâche
148
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.25: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux cycliques sur un sable
dense
149
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.26: Relation générale entre la contrainte cyclique maximale et le nombre de
cycles nécessaires pour causer la rupture
150
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.27: Diagramme d'état illustrant le potentiel de liquéfaction
151
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.28: Diagramme d'état illustrant les lignes d'état permanent de déformation
152
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.6: Différence entre la liquéfaction et la mobilité cyclique
153
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.29: Indices et propriétés des sables
154
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement

Le comportement des argiles dépend en particulier de l'histoire
des contraintes subies par le sol, c.à.d de l'état de consolidation
ou de surconsolidation. Comme nous l'avons fait lors de l'étude
des sables, nous allons considéré les essais CD, CU et UU.
σ
hc

σ
vc
+ ∆σ

8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé (CD)
On consolide d'abord l'échantillon sous une contrainte
compatible avec le problème à résoudre. Une fois la
consolidation est atteinte, on autorise le drainage. Le
chargement se fait à un taux suffisamment lent pour qu'il n y ait
pas de pression interstitielle induite par le
cisaillement. Dans l'essai de compression axiale,
les contraintes de consolidation sont
généralement isotropes où σ
v
= σ
h
= σ'
3c
dite
contrainte de confinement (Fig. 8.30). On
applique la contrainte axiale soit en augmentant
la charge sur le piston par incréments (essai à
charge contrôlée), soit à l'aide d'une presse
mécanique qui comprime l'échantillon à un taux
de déformation constant (essai à déformation
contrôlée). Au cours de l'essai CD, les pressions
interstitielles sont toujours nulles. Les figures
(Fig. 8.31) ci-contre représentent les courbes
typiques effort-déformation d'une argile
compactée. L'échantillon surconsolidé présente
une plus grande résistance que l'échantillon
normalement consolidé. D'autre part, la rupture
de l'échantillon surconsolidé aura lieu à une
déformation axiale beaucoup plus faible que pour
le sol normalement consolidé. On remarque que
le comportement drainé est analogue à celui des
sables: les argiles surconsolidées augmentent de
volume pendant le cisaillement tandis que les
argiles normalement consolidées diminuent de
volume. Ainsi on dira que les argiles
surconsolidées (respectivement normalement
consolidées) se comportent comme les sables
denses (respectivement sables lâches). Comme le
montre le diagramme (Fig. 8.32), la valeur de la
cohésion effective c' est différente de zéro pour
les argiles surconsolidées. Par contre, on suppose
généralement que la valeur de c' pour les argiles
normalement consolidées non cimentées est
nulle. Avant la contrainte de préconsolidation, la
branche de l'enveloppe de rupture de l'échantillon
surconsolidé est au-dessus de l'enveloppe de
Fig. 8.30: Consolidation
isotrope σ
vc
= σ
hc

nc
sc
ε
v

∆V
σ'
3
= cte
normalement c. (nc)
surconsolidée (sc)
ε
v

∆σ
Fig. 8.31: Courbes typiques de l'essai
CD sur une argile
φ'
nc
sc
E
D
C
B
A
τ
σ'
Fig. 8.32: Diagramme de τ(σ')
σ'
p

155
Eléments de Mécanique des Sols

rupture de l'échantillon normalement consolidé.
La branche supérieure est dite bosse de
préconsolidation. Cette augmentation de
résistance de l'échantillon surconsolidé peut
s'expliquer par l'histoire de contrainte et de
déformation de l'échantillon. En effet, l'indice
des vides d'un échantillon surconsolidé est plus
petit que pour un échantillon normalement
consolidé (Fig. 8.33). Les essais triaxiaux CD
sont particulièrement indiqués dans le cas de
barrage en terre avec écoulement permanent,
lorsqu'il s'agit d'assurer la stabilité à long terme
des talus d'excavation dans les argiles molles
ou argiles raides (Fig. 8.34). Cependant, en
pratique, les essais triaxiaux CD ne sont pas
utilisés de façon courante sur les argiles. En
effet, il est nécessaire de choisir un taux de
déformation suffisamment lent pour s'assurer
qu'il n'y a pas de pression interstitielle induite
dans l'échantillon à faible perméabilité. Alors,
en dehors des problèmes pratiques tels que
fuites, la durée nécessaire pour amener
l'échantillon à la rupture peut varier entre une
journée et plusieurs semaines. Par conséquent,
les essais CU sont plus pratiques pour obtenir
les paramètres de résistance en contraintes
effectives, car il est possible de mesurer la
pression interstitielle induite dans ces essais.
Aussi, ils sont indiqués pour l'étude du
comportement à long terme.
F
E
D
C
B
A
σ'
e
Fig. 8.33: Indice des vides d'un échantillon
n. c. et d'un échantillon surconsolidé
u
0

u
s.c
s.c
n.c
ε
v

ε
v

n.c
n.c
s.c à σ'
hc
faible
s.c à σ'
hc
élevée
σ'
1
/ σ'
3

∆σ
ε
v


8.6.2 Comportement à l'essai consolidé non
drainé
Cet essai peut servir à la fois pour les
analyses en contraintes totales et en contraintes
effectives. L'échantillon est d'abord consolidé
(à soupapes ouvertes) puis amené à la rupture
sans drainage. Au cours de l'essai, on mesure
les pressions interstitielles induites de façon à
calculer les contraintes effectives. Comme pour
l'essai CD, l'essai CU peut être contrôlé en
charge ou en déplacement. Les tendances aux
variations de volume (quoi qu'elles sont
empêchées) induisent les variations de la
pression interstitielle (positive ou négative). La
pression interstitielle positive se développe
généralement dans les argiles normalement
consolidées.
Fig. 8.35: Courbes typiques de l'essai
triaxial CU sur une argile
156
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.34: Exemples d'analyses CD sur des argiles
157
Eléments de Mécanique des Sols

Cela indique une tendance à la contraction (consolidation) de l'échantillon. Si
l'échantillon a tendance au gonflement, la variation de la pression interstitielle induite
est négative, c.à.d que la pression interstitielle diminue et peut devenir même
négative, c.à.d inférieure à la pression atmosphérique. Les pressions interstitielles
négatives se développent généralement dans les argiles surconsolidées. Généralement,
afin d'assurer la saturation complète de l'échantillon, on lui applique une contre
pression u
0
. Les courbes typiques ∆σ(ε
v
) = u(ε
v
) = (σ'
1
/σ'
3
) (ε
v
) sont comme montrer
ci-contre (Fig. 8.35). Pour cet essai, nous pouvons tracer les cercles de Mohr à la
rupture en contraintes totales ou en contraintes effectives. D'où nous pouvons obtenir
l'enveloppe de rupture de Mohr. Dans le cas d'une argile normalement consolidée, le
cercle de Mohr en contraintes effectives est à gauche du cercle de Mohr en contraintes
totales. L'enveloppe passe par l'origine et on peut considérer que c et c' sont nulles, φ
est plus faible que φ' : φ ≈ φ'/2 (Fig. 8.36). Pour une argile surconsolidée, la pression
interstitielle diminue de sorte que le cercle de Mohr en contraintes effectives est à
droite du cercle de Mohr en contraintes totales. φ' est moins élevée que φ (Fig. 8.37).
La définition des paramètres de Mohr-Coulomb en contraintes effectives devrait
inciter à la prudence au moment de l'interprétation. On doit se demander quel critère
de rupture à été utilisé et comment les paramètres de Mohr-Coulomb ont été obtenus
(d'après le critère (σ'
1
/σ'
3
)
max
ou (σ'
1
- σ'
3
)
max
). En effet on pourra obtenir des valeurs
de c' et φ' différentes d'un critère à l'autre (Fig. 8.38). Par contre ce problème ne se
pose pas l'ors d'une analyse en contraintes totales (la rupture est définie à (σ
1
- σ
3
)
max
).
Fig. 8.36: Cercles de Mohr à la rupture et enveloppes de rupture en contraintes
totales (T) et effectives (E) pour une argile nc.
158
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.37: Cercles de Mohr à la rupture et enveloppes de rupture en contraintes
totales (T) et effectives (E) pour une argile sc.
Fig. 8.38: Influence du critère de rupture sur l'enveloppe de rupture
159
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.39: Exemples d'analyses CU sur des argiles
160
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Les essais triaxiaux CU sont exécutés pour résoudre les problèmes de stabilité sans
possibilité de drainage tels que: vidange rapide d'un barrage en terre, de talus de
réservoir et de canaux (Fig. 8.39). Mais ils peuvent aussi être utilisés dans les
problèmes pratiques décrit dans la section des essais CD. Pendant le déroulement de
l'essai CU, l'application d'une contre pression serait une bonne garantie pour assurer la
saturation complète de l'échantillon. D'autre part, il faut veuillez à empêcher toute
fuite pendant l'essai. Les taux de chargement (en force ou déplacement) seront
relativement lents de sorte que les pressions interstitielles enregistrées aux extrémités
de l'échantillon seront les mêmes que celles qui règnent dans le plan de rupture. Les
essais CU sont particulièrement utiles pour l'étude du comportement à court terme.

Exemple 8.6
Une argile normalement consolidée est consolidée à 150 kPa, puis cisaillée en
compression axiale sans drainage. A la rupture, la différence entre les contraintes
principales est de 100 kPa et les pressions interstitielles sont de 88 kPa. Evaluer les
paramètres de résistance de Mohr-Coulomb en contraintes totales et en contraintes
effectives a) analytiquement. b) graphiquement. Mettre en graphique les cercles de
Mohr en CT et en CE et les enveloppes de rupture. Calculer (σ'
1
/σ'
3
)
r
et (σ
1

3
)
r
.
Evaluer l'angle théorique du plan de rupture dans l'échantillon.

8.6.3 Comportement à l'essai non consolidé non drainé UU
Dans cet essai, l'échantillon est placé dans la cellule triaxiale et le drainage n'est pas
effectué dès le début. Par conséquent, l'échantillon n'est pas consolidé et le
cisaillement se produit dans ces
conditions. Généralement, on ne mesure
pas les pressions interstitielles et l'analyse
se fait en terme de contraintes totales.
Avant le déroulement de l'essai, sur les
échantillons non remaniés existe une
pression interstitielle négative dite
résiduelle (capillaire). Elle est le résultat
du relâchement des contraintes pendant
l'échantillonnage. Les contraintes totales
étant nulles, il en résulte des pressions
interstitielles négatives. Au début de
l'essai, l'application de la contrainte de
confinement engendre dans l'échantillon
une pression interstitielle positive ∆u
c
qui
sera égale à la pression de confinement
appliquée σ
c
. Et toute augmentation de la
contrainte de confinement isotrope est
reprise par la pression interstitielle étant
donné que l'échantillon est saturé, les
grains solides et l'eau interstitielle sont
incompressibles et enfin il n'y a pas de
consolidation secondaire. Par conséquent,
l'indice des vides et la contrainte effective
demeurent inchangés. Les courbes effort-
intacte de sensibilité très élevée
∆σ
intacte de sensibilité moyenne
ε
v

remanié et compactée
Fig. 8.40: Courbes typiques de l'essai
triaxial UU sur une argile
échantillon saturé à 100 %
φ = 0 τ
r
= C
τ
σ
tot

Fig. 8.41: Enveloppe de rupture de Mohr
pour les essais UU sur une argile saturée
161
Eléments de Mécanique des Sols

déformation de l'essai UU ne sont pas très différentes de celles de l'essai CU ou CD,
comme le montre les courbes ci-
contre (Fig. 8.40). Pour les
échantillons non remaniés, la portion
initiale de la courbe correspondant
au module tangent initial est
fortement influencée par la qualité
des échantillons. La sensibilité agit
également sur la forme des courbes.
L'enveloppe de rupture pour les
essais UU effectués sur les argiles
saturées à 100% est une droite
horizontale (Fig. 8.41). Sur les
argiles partiellement saturées,
l'enveloppe de rupture est courbe dans sa partie initiale. Au cours de l'essai,
l'échantillon se saturera et l'enveloppe devient une droite horizontale. En contraintes
effectives, il n'y a qu'un seul cercle de Mohr à la rupture car la contrainte effective à la
rupture est indépendante des pressions de confinement totales appliquées (Fig. 8.42).
Les essais UU s'appliquent à certaines conditions critiques rencontrées dans la
conception d'ouvrages. C'est le cas où les charges externes sont appliquées si
rapidement que les pressions interstitielles en excès n'ont pas le temps de se dissiper et
où la consolidation ne peut se produire durant la période de chargement (Fig. 8.43).
σ, σ'
T
τ
C' = 0
φ = 0
E
C
φ'
Fig. 8.42: Cercle de Mohr à la rupture en
contraintes totales et en contraintes effectives

8.6.4 Essai de compression simple
On peut procéder à un essai de compression simple sur les sols argileux pour obtenir
la résistance UU en contraintes totales. Il s'agit alors d'une variante particulière de
l'essai UU où la pression totale de confinement est nulle. En terme de contraintes
effectives, l'essai de compression simple est semblable à l'essai UU. Par conséquent,
la résistance sera la même dans les deux cas.

8.6.5 Variation de la pression interstitielle
Il est souvent nécessaire d'évaluer la variation ou l'excès de la pression interstitielle
∆u(∆σ
1
, ∆σ
2
, ∆σ
3
) engendrée lors d'une variation du chargement ∆σ non drainé. Dans
la pratique, on exprime cette relation à l'aide des paramètres de pression interstitielle
(proposés en 1954 par Prof. A.W. Skempton):

B
C
C
n
1
1 u
sq
v 3
=
+
=
σ


(8.15)

où ∆σ
3
est la variation de la pression cellulaire σ
c
, n est la porosité, C
v
est la
compressibilité des pores, C
sq
représente la compressibilité du squelette solide. Le
paramètre B exprime la variation de la pression interstitielle résultant d'une variation
de la pression cellulaire en absence de drainage.

Cas de sols saturés
Nous avons C
v
= C
w
et C
w
/C
sq
= 0, car la compressibilité de l'eau est très faible par
rapport à la compressibilité du squelette, d'où:
162
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Fig. 8.43: Exemples d'analyses UU sur des argiles
163
Eléments de Mécanique des Sols

1
u
3
=
σ


(8.16)

Cas de sols secs
Il vient C
v
/C
sq
Æ ∞, car la compressibilité de l'air est beaucoup plus élevée que celle
du squelette de sol, d'où:

0
u
3
=
σ


(8.17)

les sols partiellement saturés ont des valeurs de B comprises entre 0 et 1 selon le
degré de saturation. La relation B(S
r
) est une fonction non linéaire et dépend entre
autres du type de sol et du niveau de sollicitation (Fig. 8.44). La relation ci-dessus de
B est très utile. En effet, dans un essai triaxial, elle permet de vérifier si l'échantillon
est complètement saturé ou pas (Tab. 8.7). Lorsque nous appliquons une contrainte de
cisaillement ou un déviateur de contrainte ∆σ = ∆σ
1
– ∆σ
3
, la relation liant ∆u à ∆σ
pour les sols élastiques est (Skempton):

∆u = (B/3) (∆σ
1
– ∆σ
3
) (8.18)

Tab. 8.7: Valeurs théoriques de B pour différents sols
Mais les sols sont généralement inélastiques et le coefficient de 1/3 n'est pas
applicable. On le remplace par un paramètre noté A dit deuxième paramètre de
Skempton. Lorsqu'il y a à la fois, une variation de la contrainte moyenne et une
variation de la contrainte de cisaillement, on combine les expressions (8.15) et (8.18)
pour obtenir une relation générale:

164
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
∆u = B [∆σ
3
+ A (∆σ
1
– ∆σ
3
)] (8.19)

dite équation de Skempton. Dans les conditions non drainées, elle régit la variation de
la pression interstitielle en fonction de la variation des contraintes totales. Le
paramètre A dépend à divers degrés: du niveau de la déformation axiale, de l'intensité
de σ
2
, du rapport de surconsolidation, de l'anisotropie et du remaniement de
l'échantillon. (Tab. 8.8) donne quelques valeurs de A à la rupture, noté A
r
. L'équation
de Skempton et ses paramètres sont très utiles dans la pratique. Au-delà d'un seuil
critique, l'excès de pression interstitielle peut être à l'origine d'une rupture. Le cas
échéant, on peut prévoir une construction en plusieurs phases pour permettre de
dissiper lentement la pression interstitielle en excès. Pour les essais triaxiaux les plus
courants, le paramètre A est défini en fonction de l'augmentation des contraintes
principales par:

A
ac
= ∆u /∆σ
v
A
lc
= ∆u /∆σ
h

(8.20)
A
ae
= 1 - ∆u /∆σ
v
A
le
= 1 - ∆u /∆σ
v


où l'on désigne ac: compression axiale, ae: extension axiale, lc: compression latérale
et le: extension latérale. D'aures parts, on peut montrer que:

A
ac
= A
le
et A
ae
= A
lc

Tab. 8.8: Quelques valeurs caractéristiques de A
f
pour différents sols
165
Eléments de Mécanique des Sols

Fig. 8.44: Paramètres de pression interstitielle B en fonction du degré de saturation pour quelques sols
166
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement

Pour tenir compte de la contrainte principale intermédiaire, Henkel propose une
équation des pressions interstitielles plus générale:

∆u = B (∆σ
oct
+ a ∆τ
oct
) (8.21)


σ
oct
= (1/3)( σ
1
+ σ
2
+ σ
3
)
(8.22)
) ( ) ( ) (
3
1
1 3
2
3 2
2
2 1
2
oct σ

σ
+
σ

σ
+
σ

σ
=
τ


a est appelé le paramètre des pressions interstitielles de Henkel. En fonction de A, il
est exprimé par:


3
2
a
3
1
A + = en compression triaxiale (ac et le)
(8.23)

3
2
a
3
2
A + = en extension triaxiale (ae et lc)

Comme le voit, pour les matériaux élastiques a = 0 car A = 1/3 en compression
triaxiale et A = 2/3 en extension triaxiale.

8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur des
argiles normalement consolidées
L'application de contrainte de consolidation anisotrope modéliserait plus fidèlement
les conditions qui prévalent sur le terrain (K
0
≠ 1). Des cheminements de contraintes
autres que la compression axiale (tel que lors de chargement de fondation sur semelles
ou remblais) peuvent simuler des conditions de sollicitations. Ainsi, l'extension
latérale simule la poussée des terres, l'extension axiale reproduit les cas de
chargement lors d'excavation tandis que la compression latérale s'applique à la butée
comme celle s'exerçant aux bords d'un ancrage (Fig. 8.45). Remarquons enfin que,
souvent les applications pratiques sont caractérisées par des problèmes plans.
Cependant on continue d'appliquer toujours les résultats des essais triaxiaux (symétrie
de révolution) à des problèmes de déformations planes.

Exemple 8.7
Les courbes σ(ε) et ∆u(ε) de la figure ci-contre (Exemple 8.7) ont été obtenues à partir
d'un essai de compression axiale sur l'échantillon d'une argile normalement
consolidée. Tracer les cheminements de contraintes totales et des contraintes
effectives pour cet essai. Déterminer les paramètres de Mohr-Coulomb. On prendra σ
3

égale à 150 kPa.
167
Eléments de Mécanique des Sols

Exemple 8.7
168
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur des
argiles surconsolidées
Les argiles surconsolidées ont généralement une valeur de K
0
= σ
v

h
supérieure à
l'unité. Alors, le point de départ des cheminement de contrainte se situe sous l'axe des

Fig. 8.45: Quelques cas pratiques de stabilité sur le terrain et leur simulation par
des essais triaxiaux
169
Eléments de Mécanique des Sols

contraintes hydrostatiques (K
0
= 1). Par rapport aux argiles normalement consolidées,
les argiles surconsolidées ont un cheminement des pressions interstitielles différent. A
part ces deux remarques, les mêmes principes restent applicables aux argiles
surconsolidées.

Exemple 8.8
On effectue un essai de compression triaxiale consolidé non drainé sur un échantillon
d'argile dont la contrainte de préconsolidation σ'
p
est de 800 kPa, ce qui correspond à
un rsc de 10. La figure ci-contre (Exemple 8.8) donne les résultats obtenus. On
effectue un autre essai CU sur la même argile avec le même rsc et, par conséquent, la
même valeur de σ'
c
. Dans ce dernier essai, on ne maintient pas la contrainte latérale
constante mais on l'augmente proportionnellement à la contrainte axiale de sorte que
∆σ
3
= 0,2 ∆σ
1
(voir figure). On suppose que les résultats donnés à la figure sont
valables, quelle que soit la façon de modifier les contraintes majeures en compression,
à savoir que σ
1
et σ
3
augmentent au cours de l'essai. Prédire le comportement du
deuxième essai CU. Calculer les inconnues du tableau ci-dessous (Tab. 8.9), pour des
déformations de 0; 0,5; 2,5; et 7,5 %. Tracer le TSP et le ESP pour cet essai.
Tab. 8.8
Exemple 8.8
170
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Tab. 8.9

8.6.8 Application des cheminements de contrainte à certains problèmes de génie
Avec des échantillons de mauvaise qualité due à un mauvais échantillonnage, la
résistance au cisaillement non drainée mesurée en laboratoire est beaucoup plus faible
que la résistance sur le terrain. Dans le cas de chargement de fondation sur les argiles
normalement consolidées, la fin de la construction est la période la plus critique. Les
conditions ultérieures de stabilité s'améliorent avec le temps. Pour les argiles
surconsolidées soumises à un chargement (fondation), les conditions à long terme
deviennent moins sécuritaires après la dissipation de la pression interstitielle. Le
déchargement engendre des pressions interstitielles négatives. Pour une excavation
dans les argiles normalement consolidées, les conditions à long terme sont plus
critiques. Enfin, (Tab. 8.10) résume quelques cas de conditions critiques de stabilité.

171
Eléments de Mécanique des Sols

Tab. 8.10: Conditions critiques pour la stabilité des argiles saturées
172
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
Exercices du chapitre 8

Résistance des sols au cisaillement

Exercice 1:
Dans un essai de cisaillement direct sur un échantillon de sable pulvérulent, la
contrainte normale verticale agissant sur l'échantillon est de 300 kN/m
2
et la
contrainte tangentielle horizontale à la rupture est de 200 kN/m
2
. En supposant une
distribution uniforme des contraintes dans la zone de rupture et une enveloppe de
rupture rectiligne avec c = 0, évaluer à l'aide du cercle de Mohr, la valeur et la
direction des contraintes principales à la rupture. Expliquer pourquoi l'essai de
cisaillement direct ne permet pas de déterminer les contraintes principales dans un
échantillon pour lequel la contrainte de cisaillement est inférieure à la contrainte de
rupture.
Exercice 2:
Deux essais courants de compression triaxiale CD sont effectués sur un sable sec
dense à grains angulaires, à un même indice des vides. La contrainte cellulaire dans
l'essai A est de 100 kPa, et de 400 kPa dans l'essai B; on maintient ces contraintes
constantes tout au long de l'essai. A la rupture, les essais présentaient des contraintes
déviatoriques de 400 kPa (essai A) et de 1700 kPa (essai B).
a) Tracer, pour les deux essais, les cercles de Mohr au début et à la rupture.
b) Déterminer φ en supposant que c = 0.
c) Quelle est la contrainte de cisaillement à la rupture, sur le plan de rupture, dans les
deux essais?
d) Déterminer l'orientation théorique du plan de rupture dans chaque échantillon.
c) Quelle est l'orientation du plan d'obliquité maximale? .

Exercice 3:
Quel est l'indice des vides critique du sable de la rivière Sacramento pour une
contrainte de confinement de 1,5 MPa?
Exercice 4:
Quelle est la contrainte de confinement critique du sable de la rivière Sacramento pour
un indice des vides de 0,75?

Exercice 5:
Considérons le comportement du sable de la rivière Sacramento caractérisé par σ'
3crit
égale à 0,4 MPa et e
c
= e
crit
= 0,8. Décrire le comportement drainé et non drainé de ce
sable sachant que l'indice des vides après consolidation à σ'
3crit
= 0,4 MPa est de a)
0,85 et de b) 0,75.

Exercice 6:
Considérons le comportement du sable de la rivière Sacramento pour e
crit
= 0,6 et
σ'
3crit
= 1,6 MPa. Décrire le comportement drainé et non drainé de ce sable sachant que
173
Eléments de Mécanique des Sols

l'indice des vides est maintenu à 0,6 mais qu'on applique à l'échantillon une contrainte
σ'
3c
de a) 1,5 MPa et b) de 1,7 MPa.
Exercice 7:
Soit un essai triaxial drainé effectué sur le sable, où σ'
3crit
= 150 kPa et (σ'
1
/ σ'
3
)
r
égale
à 3,7. Quelles seront les valeurs de : a) σ'
1r
b) (σ
1
– σ
3
)
r
c) φ'

Exercice 8:
On suppose que l'échantillon de l'exemple 7 est cisaillé dans des conditions non
drainées à la même contrainte totale cellulaire (150 kPa). La pression interstitielle
induite à la rupture ∆u
r
est de 70 kPa. Déterminer :
a) σ'
1r
b) (σ
1
- σ
3
)
r

c) φ en termes de contraintes totales d) l'angle du plan de rupture α
r
.

Exercice 9:
Soit le sable de l'exemple 8 mais pour lequel la contrainte cellulaire est maintenant de
300 kPa. Déterminer ∆u
r
.

Exercice 10:
Une argile normalement consolidée est consolidée à 150 kPa, puis cisaillée en
compression axiale sans drainage. A la rupture, la différence entre les contraintes
principales est de 100 kPa et les pressions interstitielles sont de 88 kPa. Evaluer les
paramètres de résistance de Mohr-Coulomb en contraintes totales et en contraintes
effectives, a) analytiquement et b) graphiquement. Mettre en graphique les cercles
de Mohr en contraintes totales et en contraintes effectives et les enveloppes de
rupture, c) Calculer (σ'
1
/ σ'
3
)
r
puis (σ
1
/ σ
3
)
r
. d) Evaluer l'angle théorique du plan de
rupture dans l'échantillon.

Exercice 11:
On effectue un essai de compression simple sur une argile molle. L'échantillon, taillé
dans une carotte non remaniée, a un diamètre de 35 mm et une hauteur de 80 mm. La
charge appliquée à la rupture sur l'anneau de charge était de 14,3 N et le déplacement
axial, de 11 mm. Calculer la résistance à la compression simple et la résistance au
cisaillement de l'échantillon d'argile molle.

Exercice 12:
Les courbes σ – ε et ∆u - ε de l'exemple 8.7 ont été obtenues à partir d'un essai de
compression axiale sur l'échantillon d'argile normalement consolidée de l'exemple 8.6.
Tracer les cheminements en contraintes totales et en contraintes effectives pour cet
essai. Déterminer les paramètres de Mohr-Coulomb.


Exercice 13:
On doit construire sur un dépôt d'argile molle organique situé au nord de la Suède un
remblai de grandes dimensions dans un court laps de temps. La section transversale et
174
Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement
le profil géotechnique sont
donnés à la figure ci-contre.
Supposer que K
0
= 0,6; A =
0,35 avant la rupture et A
r
à
la rupture est égal à 0,5
(d'après Holtz et Holm,
1979). Déterminer le TSP, le
(T - U
o
)SP et le ESP pour un
élément de sol situé à 5 m
sous le centre du remblai.
argile silteuse organique
w = 140 %
I
L
= 160
I
p
= 105
élément
ρ = 1,3 kg/m
3

ρ = 1,24 kg/m
3

ρ = 2,1 kg/m
3

4 m
1 m
2,75 m
17 m
11 m

Exercice 14:
Deux échantillons identiques d'une argile normalement
consolidée et saturée (même w, e etc.) sont consolidés
isotropiquement (K = 1) et cisaillés sans drainage. Dans l'essai
A en compression axiale (AC), la pression cellulaire est
maintenue constante tandis que la contrainte axiale est
augmentée jusqu'à la rupture. L'échantillon B est amené à la
rupture par extension latérale (LE) où la contrainte axiale est
maintenue constante tandis que la pression cellulaire est réduite
jusqu'à atteindre la rupture. Les données relatives à l'effort-
déformation et à la pression interstitielle de l'essai A sont présentées au tableau ci-
contre.
ε (%) ∆σ /σ'
c
∆u/σ'
c

0 0 0
1 0,35 0,19
2 0,45 0,29
4 0,52 0,41
6 0,54 0,47
8 0,56 0,51
10 0,57 0,53
12 0,58 0,55
a) Calculer et mettre en graphique les courbes d'effort-déformation et de pression
interstitielle-déformation de l'essai A.
b) Mettre en graphique les cheminements TSP et ESP pour les deux essais.
c) Evaluer φ' et φ
T
pour les deux essais.
d) Démontrer que la courbe d'effort-déformation de l'essai A (AC) est identique à
celle de l'essai B (LE).
e) Etablir les données de pression interstitielle-déformation pour l'essai B à partir du
cheminement de contrainte LE.

Exercice 15
On effectue un essai de compression triaxiale consolidé non drainé sur un échantillon
d'argile dont la contrainte de préconsolidation (σ'
p
est de 800 kPa, ce qui correspond à
un rsc de 10. La figure de l'exemple 8.8 donne les résultats obtenus. On effectue un
autre essai CU sur la même argile avec le même rsc et, par conséquent, la même
valeur de σ'
c
. Dans ce dernier essai, on ne maintient pas la contrainte latérale
constante mais on l'augmente proportionnellement à la contrainte axiale de sorte que
∆σ
3
= 0,2 ∆σ
1
(voir figure). On suppose que les résultats donnés à la figure de
l'exemple 8.8 sont valables, quelle que soit la façon de modifier les contraintes
majeures en compression, à savoir que σ
1
et σ
3
augmentent au cours de l'essai. Prédire
le comportement du deuxième essai CU.
a. Calculer les inconnues du tableau 8.9, pour des déformations de 0, de 0,5; de 2,5 et
de 7,5 %.
b. Tracer le TSP et le ESP pour cet essai.
175
Eléments de Mécanique des Sols

Exercice 16:
Soit le remblai de l'exercice 13. Des essais de compression triaxiale ont donné c
'
=7kPa
et φ' = 23°. Construire l'enveloppe de rupture et déterminer si le remblai sera stable.




Chapitre 9

Pression latérale des terres

9.1 Introduction
9.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation
latérale
9.3 Essais sur la poussée des terres
9.4 Etats de l'équilibre limite
9.4.1 Définition
9.4.2 Equilibre de Rankine
9.4.2.1 Hypothèses
9.4.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la surface libre
9.4.2.3 Equilibres inférieur et supérieur
9.4.2.4 Contrainte sur la facette verticale
9.4.2.5 Lignes de glissement
9.4.2.6 Distribution des contraintes
9.4.3 Equilibre de Boussinesq
9.4.3.1 Hypothèses
9.4.3.2 Poussée sur un écran
9.4.3.3 Calcul du coefficient de Poussée
9.4.3.4 Etude de la solution
9.4.4 Cas de milieu pulvérulents non pesant chargés
9.4.5 Cas des sols cohérents (théorème des états correspondants)
9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée
9.5.1 Théorie de Rankine
9.5.1.1 Introduction
9.5.1.2 Etat actif
9.5.1.3 Etat passif
9.5.1.4 Poussée due à une surcharge uniforme
9.5.1.5 Cas de surface libre inclinée
9.5.2 Théorie de Coulomb
9.5.2.1 Introduction
9.5.2.2 Etat actif
9.5.2.2.1 Sol pulvérulent
9.5.2.2.2 Sol cohérent
9.5.2.3 Etat passif
9.5.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel)
9.5.4 Construction de Culmann
9.5.4.1 sol pulvérulent non chargé
9.5.4.1.1 Etat actif
9.5.4.1.2 Etat passif





Chapitre 9

Pression latérale des terres



Expansion Compression
Fig. 9.1 : Variation de K en fonction de
la déformation
K
K
p

K
a

K
0

9.1 Introduction

L'analyse de la pression latérale des terres est d'un aspect très important en
mécanique des sols. Les applications sont très diverses et s'étendent du
dimensionnement des ouvrages de soutènement jusqu'à l'étude de la stabilité des
pentes et des talus. Les hypothèses généralement admises sont un état de déformation
plane et un comportement rigide-parfaitement plastique car l'écoulement par
cisaillement se produit à contrainte constante.


9.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation latérale

L'état des contraintes dans le sol n'est
pas hydrostatique: la contrainte horizontale ou
latérale n'est pas égale à la contrainte verticale.
En mécanique des sols, la contrainte latérale
totale est définie en fonction de la contrainte
verticale totale par la relation:

σ
h
= K σ
v
(9.1)

où K est dit coefficient de la pression des
terres. Puisque les contraintes totales peuvent
changer selon le degré de saturation du sol, le
coefficient K n'est pas constant pour un sol
donné. C'est pour cette raison que nous
écrivons cette relation en terme de contraintes
effectives:

σ'
h
= K
0
σ'
v
(9.2)

K
0
est le coefficient des terres au repos. Il est indépendant de l'état de saturation du
massif. Il est constant pour une même couche de sol et une même masse volumique.
De ce fait, ce coefficient est très important pour l'analyse de stabilité et la conception
des différents ouvrages. Lorsque le sol subit des déformations, on parle de coefficient
de pression latérale tout court. La variation de ce coefficient en fonction des
déformations latérales est montrée ci-contre (Fig. 9.1). On peut remarquer que la
177
Eléments de Mécanique des Sols

déformation latérale nécessaire à la mobilisation de la poussée passive est beaucoup
plus grande ( 2 à 4 % pour les sables denses, de 10 à 15 % pour les sables lâches) que
la déformation nécessaire à la mobilisation de la pression active (de l'ordre de 0,25 et
1 % respectivement). Le coefficient K
0
peut être déterminer expérimentalement par un
essai triaxial pendant lequel on empêche toute déformation latérale. D'autres part, on
peut trouver des relations analytiques donnant K
0
en fonction des propriétés du sol. A
titre d'exemple, Jaky propose la relation:

K
0
= 1 - sin ϕ' (9.3)

Mayne et Kulhawy proposent l'expression suivante pour les sols surconsolidés en
phase d'expansion seulement:

K
0
= (1 - sin ϕ' ) (rsc)
sin ϕ'
(9.4)

où rsc est le taux de surconsolidation. Dans la littérature on trouvera des études sur la
corrélation entre K
0
et diverses autres paramètres tels que indice de plasticité, degré
de sur consolidation …etc.

9.3 Essais sur la poussée des terres
9.3.1 Etat actif
Soit un massif de sol semi infini avec une
surface horizontale et un écran vertical lisse. Le sol
est supposé homogène et isotrope. Dans ces
conditions, les contraintes σ
z
et σ
x
sont des
contraintes principales (Fig. 9.2). Supposons que l’on
effectue un déplacement de l’écran loin du massif. Ce
déplacement est équivalent à une expansion du sol, ce
qui induit une diminution de σ
x
(cette diminution est
fonction des déformations latérales dues au
déplacement). Si le déplacement de l’écran est assez
suffisant, σ
x
atteint une valeur minimale
correspondant à un état d’équilibre plastique dans
lequel le cercle de Mohr touche l’enveloppe de rupture. Puisque σ
x
diminue, elle
représente donc la contrainte principale mineure σ
3
. La contrainte verticale σ
z
sera la
contrainte principale majeure σ
1
. La contrainte est σ
3
dite pression active
Fig. 9.2 : Etat actif
σ
1

σ
3

x
z
déplacement

9.3.2 Etat passif
Supposons que l’on déplace l’écran vers le
massif de sol (Fig. 9.3) . La contrainte σ
x
croit
jusqu’à ce qu’un état d’équilibre plastique soit
atteint. Dans ces conditions, σ
x
devient la
contrainte principale majeure et σ
z
sera la
contrainte principale mineure σ
3
. σ
x
maximum est
atteinte lorsque le cercle de Mohr devient tangent
à l’enveloppe de rupture. La contrainte horizontale
est dite pression passive
σ
1

σ
3

x
z
déplacement
Fig. 9.3 : Etat passif
178
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

9.4 Etat de l'équilibre limite

9.4.1 Définition
C'est l'état d'équilibre qui précède immédiatement la
rupture, il s'agit donc d'un équilibre plastique. Plusieurs
modèles sont disponibles pour le traitement du sujet.

9.4.2 Equilibre de Rankine
9.4.2.1 Hypothèses
La théorie de Rankine traite le cas d'un massif semi-
infini de sol pulvérulent, non chargé. Le massif est
incliné d'un angle β par rapport à l'horizontale. Le massif
est entièrement en équilibre plastique. On suppose que
l'état de l'équilibre limite est le même pour touts les
points situés à la même profondeur.

9.4.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la
surface libre
Considérons une facette d'aire élémentaire dA, parallèle
à la surface libre et située à la profondeur z (Fig. 9.4). La
contrainte sur la facette équilibre le poids du parallélépipède
ABCD. Ainsi, le vecteur contrainte t est vertical et a pour
intensité:
Fig. 9.4 : Massif à surface libre
inclinée
β
t dA
z
A
B
C
M
D

t = γ z cos β

Les forces agissant sur les faces latérales sont égales et
opposées. On conclut que la contrainte sur un plan parallèle à la
surface libre est verticale. Ceci veut dire que l'inclinaison de la
surface libre ne peut dépasser l'angle φ (Fig. 9.5).

9.4.2.3 Equilibres inférieur et supérieur
A partir de l'état de contrainte au point M sur la facette parallèle à la surface libre, le
cercle de Mohr permet de
déterminer l'état de contrainte au
même point pour une facette
d'orientation quelconque. Le
vecteur contrainte t au point M sur
la facette parallèle à la surface libre
est représenté par la droite OE
d'obliquité β (Fig. 9.6). Par le point
E, il ne peut passer que deux
cercles limites tangents à la droite
de Coulomb. Chaque cercle
représente un équilibre limite
possible au point M. Le cercle C
1

représente un état d'équilibre dit
β
contrainte
σ
τ
φ
E'
2



E'
1

Fig. 9.5 : Etat de
t n
M
β
β ≤ φ
O
Fig. 9.6 : Cercle de Mohr à
l’équilibre limite
β
C
1

C
2

E
t
179
Eléments de Mécanique des Sols

inférieure. Le cercle C
2
est associé à un état d'équilibre dit supérieur.

9.4.2.4 Contrainte sur la facette verticale
Sur le plan de Mohr, la contrainte sur une facette
verticale au point M se déduit de l'état de contrainte
sur la facette parallèle à l'horizontale par une
rotation égale à π - 2β dans le sens des aiguilles
d'une montre (Fig. 9.7) : c.à.d le point E'
1
pour
l'équilibre inférieur et E'
2
pour l'équilibre supérieur.
On peut montrer que l'obliquité de la contrainte sur
la facette verticale est égale à + β, c.à.d que la
contrainte sur la facette verticale est parallèle à la
surface libre. Son intensité peut varier entre deux
limites qui sont associées aux deux états d'équilibre
limite.
β
v
M
Fig. 9.7 : Calcul de la contrainte
sur la facette verticale
O
σ
φ
β
E'
1

E'''
1

E''
E
1

C
1

E'
σ
1
σ
3



γ
ω
β

τ
π/2 - β

9.4.2.5 Lignes de glissement
9.4.2.5.1 Equilibre inférieur
Précisons tout d'abord la direction de
la facette sur laquelle agit la contrainte
principale mineure σ
3
. D'après Fig.
9.8, l'angle entre la facette verticale
E'
1
et la facette sur laquelle agit σ
3
est
δ tel que:

ω
β
= β + 2δ (9.5)
d'où
δ = (ω
β
- β)/2 d'autre part,
on a:
Fig. 9.8 : Equilibre inférieur
2δ = γ - 2β = π/2 - ϕ - 2β soit δ = π/4 - ϕ/2 - β

ce qui donne

β + δ = β + π/4 - ϕ/2 - β = π/4 - ϕ/2 (9.6)

d'où l'angle ω
β
est tel que

sin ω
β
= C
1
E' / E'E'
1
= C
1
E'' / C
1
E'
1
= C
1
E'' / R
sin ϕ = C
1
E'''
1
/ OC
1
= R / OC
1
===> R = OC
1
sin ϕ
sin β = C
1
E'' / OC
1
===> C
1
E'' = OC
1
sin β

d'où

sin ω
β
= sin β / sin ϕ (9.7)

180
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
ce qui permet de tracer le schéma ci-contre
(Fig. 9.9). On conclut alors que les deux
directions de glissement sont symétriques par
rapport à la direction d'action de σ
1
:

ψ = ± (π/4 - φ/2) (9.8)

9.4.2.5.2 Equilibre supérieur
On trouve des résultats analogues: le point E'
2

représente l'état d'équilibre sur la facette
verticale. L'angle entre la facette verticale et la
facette sur laquelle agit σ
1
est δ tel que:
β
Fig. 9.9 : Plans de glissement
π
σv

π
σ1

π
σ3

π
v

π
h

π
r2

π
E'1

π
r2


2δ = ω
β
+ β soit δ = (ω
β
+ β)/2

c.à.d que l'angle entre la direction d'action
de σ
3
et la facette verticale est δ. D'autre
part, on a:

α = π/4 + ϕ/2 (9.9)

Ainsi, les deux directions de glissement
font un angle de π/4 + φ/2 avec la
direction de σ
3
, c.à.d que là aussi, l'angle
entre les directions de glissement et la
direction d'action de σ
1
sont
σ
φ
β
C
2

σ
1
σ
3

τ
ω
β




E'
2

Fig. 9.10 : Equilibre supérieur
± (π/4 - φ/2)

Il en résulte que les
lignes de
glissement sont des
droites d'orientation
fixe dans tout le
milieu. Le réseau
des lignes de
glissement est donc
formé de deux
familles de droites
parallèles se
coupant sous
l'angle π/2 – φ (Fig.
9.11,12).
Fi
Expansion Compression
σ
1

π/4 – φ/2
β β
π/4 – φ/2
σ
1

g. 9.11 : Lignes de glissement
pour l'équilibre inférieure
Fig. 9.12 : Lignes de glissement
pour l'équilibre supérieure

9.4.2.6 Distribution des contraintes
A titre d'illustration, on examinera le cas de l'équilibre inférieure. Nous voulons
calculer la contrainte au point M(r, θ) sur la facette dont le plan est porté par OM (Fig.
9.13). Nous avons: σ
θθ
(r, θ), σ

(r, θ) et α (r, θ). La facette considérée fait avec la
181
Eléments de Mécanique des Sols

facette verticale l'angle θ. On dresse alors le
cercle de Mohr correspondant (Fig. 9.14).
L'obliquité α du vecteur contrainte t ne dépend
que de θ. En effet:

tg α = P'P / OP' où

P'P = R sin γ = τ
m
sin (2θ + ω
β
- β) et
OP' = σ
m
- τ
m
cos (2θ + ω
β
- β)

avec

sin ϕ = τ
m
/ σ
m
ce qui donne:

tg α = [sin ϕ . sin (2θ + ω
β
- β)] / [1 - sin ϕ . cos (2θ + ω
β
- β)] (9.10)
β
τ
t
σ
σ
m

φ
τ
m

o
c
c'
ω
β
+ β
ω
β

ω
β

ω
β


δ
γ
E
E'
P
E''
Fig. 9.13 : Distribution des
contraintes
β
θ
β
r
o
z
M
α
σ
θθ

- τ


t
n

Ainsi, dans la théorie de Rankine,
l'obliquité des contraintes sur un
écran d'inclinaison quelconque ne
dépend que de φ et β.
. L'angle α est alors indépendante
de r: les facettes portées par une
ligne droite dans le massif
subissent des contraintes de
même obliquité (Fig. 9.15).
Calculons à présent σ
θθ
. Nous
avons:

σ
θθ
= OP' = OC – CP'

= σ
m
– R cos γ

sin ϕ = R / σ
m
il vient

R = σ
m
sin ϕ

d'où

σ
θθ
= σ
m
[1 - sin ϕ . cos (2θ + ω
β
- β)] (9.11)
Fig. 9.14 : Cercle de Mohr en équilibre inférieur
β
α
θ
Fig. 9.15 : Contrainte le long d'un
rayon polaire

Calculons σ
m
. Dans le triangle CC'E, on a:

sin (ω
β
+ β) = τ / τ
m
= t sin β / τ
m



sin ω
β
= sin β / sin ϕ ==> sin β = sin ϕ sin ω
β

et

182
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
τ
m
= σ
m
sin ϕ
Fig. 9.16 : Equilibre limite
inférieure : poussée
déplacement
σ
1

σ
3

σ
1

σ
3

Fig. 9.17 : Equilibre limite
supérieure : butée
déplacement

ce qui donne

sin (ω
β
+ β) = t sin ω
β
/ σ
m
===>

σ
m
= t sin ω
β
/ sin (ω
β
+ β)

remplaçant t par sa valeur, il vient:

σ
m
= γ z cos β . sin ω
β
/ sin (ω
β
+ β)

et

z cos β par r cos (θ - β)

on obtient

σ
m
= γ r cos (θ - β) . sin ω
β
/ sin (ω
β
+ β)

et finalement

σ
θθ
= K

γ r (9.12)

avec


K

= sin β cos (θ - β) [1 - sin ϕ . cos (2θ + ω
β
- β)] / [sin ϕ sin (ω
β
+ β)]

On conclue alors que la distribution des contraintes dépend de r et est triangulaire le
long d'une droite tracée dans le massif. le coefficient K

(β, φ, θ) est un coefficient de
poussée (Fig. 9.16,17).

Remarque 9.1
La théorie de Rankine est relativement simple mais ses applications sont limitées. En
effet, les lignes de glissement observées sur site ne sont pas droites. De plus, dans le
cas de massifs limités par des parois on constate que la rugosité de l'écran joue un rôle
important. Finalement, l'obliquité des contraintes sur l'écran est une caractéristique du
frottement du massif et de l'écran, alors que dans la théorie de Rankine, elle ne dépend
que de l'obliquité de la surface libre et de l'angle de frottement interne.

9.4.3 Equilibre de Boussinesq
9.4.3.1 Hypothèses
La théorie de Boussinesq est un schéma général permettant de prendre en compte le
frottement sol-écran. Initialement, on suppose que le sol est un matériau pulvérulent
en équilibre limite sous son propre poids (la prise en compte de la cohésion et des
forces extérieures viendra par la suite). Le massif est limité par deux plans: la surface
libre et un écran latéral. Sur l'écran, l'obliquité δ des contraintes est imposée. On
183
Eléments de Mécanique des Sols

admet une distribution triangulaire des contraintes sur chaque rayon polaire, c.à.d que
l'obliquité est constante et que l'intensité de la contrainte est proportionnelle à la
position radiale r (résultat de la théorie de Rankine).

Fig. 9.18 : Convention de signe
σ
θθ

θ
+

r
β
+

λ
+

δ
+

P
9.4.3.2 Poussée sur un écran
Sur la facette portée par le rayon polaire (Fig. 9.18), la
contrainte normale σ
θθ
est de la forme:

σ
θθ
= r f(θ)

cependant, f peut dépendre des autres paramètres β, λ,
δ, φ et γ. Par convention, on posera

σ
θθ
= K
γ
γ r

où K
γ
ne dépend que de β, λ, δ et φ, il est appelé
coefficient de poussée des terres. Il existe deux
équilibres: un équilibre de poussée (état actif) et
un équilibre de butée (état passif). Sur l'écran, le
vecteur contrainte (Fig. 9.19) à une intensité
donnée par:
Fig. 9.19 : Poussée sur un écran
β
λ
δ
σ
θθ

θ
t
n
h
t = σ
θθ
/ cos δ

la poussée totale sur le mur a pour intensité:

2
h
cos
K
dr t P
2
h
0
γ
δ
= =
γ



et a pour obliquité δ. Le point d'application de P se
situe au tiers inférieur de h.
β
λ
θ
Fig. 9.20 : Calcul de K
γ

ψ
σ
1

σ
rr

σ


σ
θθ


9.4.3.3 Calcul du coefficient de poussée K
γ

9.4.3.3.1 Système des équations différentielles
Puisque l'équilibre est limite, d'après (9.11) il vient
(Fig. 9.20):

σ
θθ
= σ
m
[1 - sin ϕ cos 2ψ]

(2ψ est équivalent à γ dans Fig. 9.14, σ
rr
est l'état de
contrainte qui fait l'angle π/2 par rapport à l'état de
contrainte σ
θθ
)

σ
rr
= σ
m
[1 + sin ϕ cos 2ψ]
(9.13)
σ

= σ
m
sin ϕ sin 2ψ

184
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Comme le montre (Fig. 9.14), l'angle ψ est l'angle que fait σ
1
avec le rayon polaire. ψ
est ψ(θ) car l'obliquité de la contrainte sur le rayon polaire est constante. σ
θθ
est
proportionnelle à r quand θ est fixe. σ
m
est aussi de la forme:

σ
m
= r g(θ) (9.14)

D'après (9.13,14), nous avons les relations

σ
rr,r
= σ
rr
/ r et σ

= σ

/ r

et les équations aux dérivées partielles d'équilibre

σ
rr,r
+ σ
rθ,θ
/r + (σ
rr
- σ
θθ
)/r = γ cos θ
(9.15)
σ
rθ,r
+ σ
θθ,θ
/r + 2 σ

/r = - γ sin θ

θ
β
λ
ψ
σ
1

Fig. 9.21 : Conditions aux
limites
A
B
C
r
M
donnent

σ
rθ,θ
+ (2σ
rr
- σ
θθ
) = γ r cos θ
(9.16)
σ
θθ,θ
+ 3σ

= - γ r sin θ

La forme de ces équations montre que σ
rr
, σ
θθ
, σ

et donc
σ
m
sont proportionnelles à γ. Posons

σ
m
= γ r S(θ) (9.17)

Le problème consiste donc à rechercher les fonctions S(θ)
et ψ(θ) qui définissent complètement le tenseur de
contrainte. Tenant compte de (9.13,17), (9.16) donne:

S

= [ S sin 2ψ - sin (2ψ+ θ)] / (cos 2ψ - sin ϕ)
(9.18)
ψ

+1 = [ cos θ - sin ϕ cos (2ψ+ θ) – S cos
2
ϕ] / [2S sin ϕ (cos 2ψ - sin ϕ)]

9.4.3.3.2 Conditions aux limites
Pour pouvoir intégrer les équations différentielles précédentes, il faut éliminer les
constantes d'intégration. Ceci à l'aide des conditions aux limites. Ainsi, on a (Fig.
9.21):

Sur la surface libre (segment AB)

σ = 0, σ
m
= 0 d'où

S(θ = π/2 + β) = 0

dψ/dθ +1 doit vérifier (avec θ = π/2 + β)

185
Eléments de Mécanique des Sols

sin β - sin ϕ sin (2ψ + β) = 0

en effet, puisque le dénominateur de dψ/dθ +1 est nul, il faut que son numérateur le
soit aussi, ce qui implique l'expression ci-dessus. Autrement:

sin (2ψ+ θ) = sin β / sin ϕ = sin ω
β


soit

2ψ = ω
β
- β ou 2ψ = π – (ω
β
+ β) (9.19)

On vérifiera aisément que ces deux valeurs de ψ
correspondent à celles trouvées dans l'étude de
l'équilibre de Rankine. Rappelons que celle-ci est
l'angle que fait le rayon polaire ( ou σ
rr
) avec σ
1
.
Puisque les deux directions de glissement font l'angle
± (π/4 - φ/2) avec σ
1
(Fig. 9.22), on se rond compte
que le rayon polaire est situé à l'intérieur du petit angle
entre les lignes de glissement lorsque ψ < π/4 - φ/2.
C'est le cas où 2ψ = ω
β
- β. En effet, on a:
π
r2

ψ
σ
1

r
Fig. 9.22 : Plans de rupture
π/4 - φ/2
-(π/4 - φ/2)
π
r1


- (π/2 - ϕ) ≤ ω
β
- β ≤ π/2 - φ ∀ |β| < ϕ (9.20)

Lorsque 2ψ = π - (ω
β
+ β), la surface libre est située hors de ce même petit angle.

Sur l'écran (Segment AC)
L'obliquité des contraintes sur l'écran est imposée:

tg δ = - σ

/ σ
θθ
= - sin ϕ sin 2ψ / (1 - sin ϕ cos 2ψ) (9.21)

ce qui donne

sin (2ψ - δ ) = - sin ω
δ
(9.22)



sin ω
δ
= sin δ / sin ϕ, - ϕ ≤ δ ≤ ϕ, - π/2 ≤ δ ≤ π/2,

on a alors les deux valeurs possibles de ψ:

2ψ = - (ω
δ
- δ) ou bien 2ψ = ω
δ
+ δ - π (9.23)

Comme précédemment, on peut montrer que l'écran est situé dans le petit angle des
lignes de glissement lorsque 2ψ = - (ω
δ
- δ) et il est situé hors de ce même petit angle
lorsque 2ψ = ω
δ
+δ-π . Quant à S, elle est inconnue sur l'écran. On a donc quatre
couples de valeurs de ψ sur la surface libre et sur l'écran, mais elles ne sont pas tous
mécaniquement possibles. en définitive, on ne peut poser que deux problèmes
distincts:
186
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

Problème de poussée
. Sur la surface libre:

θ = π/2 + β S = 0 2ψ = π - (ω
β
+ β)

. Sur l'écran

θ = λ 2ψ = - (ω
δ
- δ)

Problème de butée
.Sur la surface libre

θ = π/2 + β S = 0 2ψ = ω
β
- β

.Sur l'écran

θ = λ 2ψ = ω
δ
+ δ - π

9.4.3.3.3 Résolution
Le problème est mathématiquement bien posé. Il reste à calculer S sur l'écran, ψ et S
sur les différents rayons polaires. Ceci relève du calcul numérique dont les résultats
sont présentés sous forme de tables telles que celles de Caquot et Kérisel (Tab. 9.1,2).

Remarque 9.2
Seul un équilibre de Rankine peut régner entre la surface libre et la première ligne de
glissement de cet équilibre. On peut donc distinguer deux zones dans le massif: une
zone en équilibre de Rankine (δ = 0) commandée par la surface libre, et une zone en
équilibre de Boussinesq commandée par l'écran. Ces deux zones se raccordent le long
de la première ligne de glissement de l'équilibre de Rankine.

9.4.3.4 Etude de la solution
9.4.3.4.1 Variation de K
γ

. K

décroît lorsque δ augmente.
. La poussée minimale (équilibre le plus défavorable) correspond à δ = φ.
. Dans le cas de l'équilibre le plus défavorable de Boussinesq, l'obliquité δ est toujours
voisine de φ. Dans l'équilibre de Rankine, δ décroît rapidement et s'annule sur l'écran.
. Pour la butée, l'équilibre le plus défavorable (butée maximale) correspond à δ = - φ.
K

décroît quand δ diminue en valeur absolue.
. Dans le cas de l'écran vertical, β influe fortement la poussée et notamment la butée.
. La poussée diminue lorsque φ augmente.
. La butée varie proportionnellement à φ.

187
Eléments de Mécanique des Sols


α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
0 1.11 0.943 0.832 0.756 0.704 0.669 0.650 0.641 0.641
0
10 1.41 1.20 1.06 0.982 0.937 0.922 0.900 0.895 0.890
0 1.09 0.917 0.801 0.720 0.664 0.626 0.601 0.586 0.577 5
10 1.45 1.23 1.08 1.00 0.951 0.936 0.920 0.900 0.890
0 1.07 0.911 0.787 0.702 0.642 0.600 0.570 0.549 0.533
10
10
10 1.53 1.29 1.13 1.05 0.991 0.966 0.950 0.940 0.935
0 1.02 0.850 0.735 0.651 0.589 0.541 0.504 0.472 0.438 0
10 1.27 1.04 0.893 0.782 0.701 0.643 0.595 0.555 0.516
0 1.00 0.828 0.709 0.622 0.557 0.507 0.467 0.433 0.395 5
10 1.28 1.04 0.885 0.764 0.679 0.612 0.560 0.516 0.442
0 1.00 0.821 0.695 0.603 0.536 0.484 0.442 0.405 0.365 10
10 1.32 1.07 0.889 0.758 0.663 0.591 0.536 0.489 0.473
0 1.02 0.826 0.691 0.596 0.525 0.470 0.425 0.385 0.342
15
15
10 1.38 1.11 0.903 0.760 0.657 0.581 0.522 0.471 0.420
0 0.937 0.767 0.647 0.559 0.490 0.434 0.387 0.341 0.290
10 1.15 0.920 0.765 0.653 0.568 0.500 0.441 0.387 0.329
0
20 1.44 1.17 1.01 0.901 0.822 0.781 0.759 0.749 0.732
0 0.921 0.748 0.626 0.536 0.465 0.409 0.361 0.314 0.263
10 1.14 0.915 0.754 0.634 0.546 0.474 0.414 0.360 0.301
5
20 1.47 1.19 1.03 0.907 0.840 0.786 0.763 0.741 0.736
0 0.924 0.742 0.614 0.520 0.448 0.391 0.342 0.295 0.243
10 1.17 0.926 0.751 0.626 0.531 0.457 0.396 0.340 0.280
10
20 1.51 1.23 1.06 0.937 0.855 0.812 0.776 0.767 0.748
0 0.942 0.745 0.610 0.512 0.438 0.379 0.328 0.280 0.229
10 1.21 0.949 0.756 0.622 0.523 0.446 0.383 0.325 0.265
15
20 1.59 1.29 1.11 0.982 0.895 0.837 0.813 0.789 0.769
0 0.970 0.759 0.614 0.511 0.434 0.372 0.319 0.270 0.217
10 1.29 0.984 0.771 0.626 0.521 0.441 0.375 0.315 0.253
20
20
20 1.72 1.39 1.18 1.04 0.951 0.888 0.848 0.821 0.800
0 0.859 0.688 0.568 0.478 0.406 0.346 0.293 0.241 0.184
10 1.03 0.814 0.661 0.549 0.462 0.389 0.327 0.267 0.203
0
20 1.25 1.00 0.818 0.681 0.569 0.480 0.401 0.326 0.249
0 0.848 0.674 0.552 0.459 0.387 0.327 0.275 0.223 0.168
10 1.03 0.810 0.648 0.532 0.443 0.370 0.308 0.249 0.186
5
20 1.27 1.00 0.824 0.673 0.557 0.462 0.381 0.307 0.230
0 0.851 0.671 0.542 0.448 0.374 0.313 0.261 0.210 0.156
10 1.05 0.814 0.645 0.523 0.431 0.356 0.294 0.235 0.173
10
20 1.31 1.03 0.830 0.673 0.548 0.449 0.367 0.292 0.216
0 0.866 0.672 0.540 0.441 0.365 0.304 0.251 0.200 0.146
10 1.09 0.828 0.647 0.520 0.423 0.347 0.284 0.225 0.164
15
20 1.37 0.107 0.853 0.678 0.545 0.441 0.357 0.282 0.206
0 0.896 0.685 0.542 0.439 0.361 0.298 0.244 0.193 0.139
10 1.14 0.856 0.658 0.521 0.420 0.342 0.277 0.217 0.156
20
20 1.45 1.12 0.886 0.688 0.545 0.438 0.351 0.274 0.198
0 0.925 0.725 0.552 0.443 0.361 0.296 0.240 0.187 0.134
10 1.22 0.920 0.676 0.528 0.423 0.341 0.273 0.212 0.151
25
25
20 1.56 1.20 0.929 0.708 0.554 0.439 0.349 0.270 0.192
0 0.787 0.617 0.497 0.406 0.333 0.272 0.218 0.165 0.108
10 0.929 0.717 0.569 0.460 0.373 0.301 0.239 0.180 0.116
20 1.12 0.861 0.683 0.546 0.438 0.353 0.276 0.207 0.135
30 0
30 1.38 0.107 0.899 0.765 0.684 0.610 0.561 0.500 0.434

Table 9.1 : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids des
terres K

(D'après Chen)

188
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
30








α [°]
5 0 0.778 0.606 0.484 0.392 0.319 0.258 0.154 0.099
10 0.932 0.715 0.559 0.446 0.359 0.287 0.226 0.168 0.108
20 1.12 0.861 0.678 0.536 0.426 0.338 0.263 0.125
30 1.39 1.09 0.912 0.776 6.694 0.619 0.570 0.507 0.428
10 0 0.781 0.604 0.477 0.383 0.309 0.248 0.196 0.145
10 0.946 0.720 0.557 0.439 0.349 0.277 0.216 0.159 0.100
20 1.16 0.881 0.681 0.532 0.419 0.328 0.252 0.184 0.117
30 1.43 1.14 0.934 0.795 0.712 0.634 0.570 0.506 0.426
15 0 0.798 0.607 0.475 0.378 0.302 0.242 0.189 0.138 0.087
10 0.972 0.728 0.558 0.437 0.343 0.270 0.209 0.152 0.095
20 1.19 0.900 0.695 0.532 0.414 0.321 0.245 0.177 0.111
1.51 1.18 0.968 0.823 0.738 0.657 0.590 0.524 0.442
20 0 0.821 0.618 0.479 0.377 0.299 0.237 0.184 0.134 0.083
10 0.750 0.566 0.437 0.341 0.266 0.204 0.147 0.091
20 1.25 0.943 0.712 0.539 0.414 0.318 0.240 0.172 0.106
30 1.59 1.01 0.885 0.773 0.688 0.618 0.549 0.448
25 0 0.862 0.638 0.487 0.380 0.299 0.235 0.180 0.130 0.080
10 1.08 0.785 0.442 0.342 0.265 0.201 0.143 0.087
20 1.35 1.00 0.739 0.550 0.418 0.318 0.238 0.169 0.103
30 1.74 1.35 1.11 0.820 0.729 0.654 0.564 0.473
30 0 0.900 0.770 0.501 0.302 0.236 0.179 1.27 0.078
10 1.17 0.829 0.602 0.453 0.347 0.266 0.200 0.141 0.085
20 1.47 1.08 0.776 0.568 0.321 0.238 0.167 0.100






0.205
0.194
0.093





30

1.01
1.24
0.581


0.940

0.387
0.425
30 1.88 1.46 1.19 1.01 0.882 0.783 0.701 0.604 0.489
0 0 0.717 0.551 0.433 0.343 0.271 0.211 0.158 0.107 0.057
10 0.837 0.634 0.491 0.383 0.299 0.230 0.171 0.115 0.060
20 0.986 0.741 0.572 0.443 0.342 0.261 0.191 0.128 0.066
30 1.18 0.895 0.703 0.558 0.434 0.331 0.240 0.160 0.084
5 0 0.711 0.542 0.424 0.333 0.260 0.201 0.149 0.101 0.052
10 0.843 0.629 0.483 0.372 0.289 0.220 0.162 0.108 0.056
20 1.01 0.741 0.568 0.435 0.333 0.250 0.182 0.120 0.060
30 1.20 0.904 0.708 0.557 0.426 0.320 0.230 0.151 0.078
35









10 0 0.717 0.543 0.418 0.326 0.253 0.194 0.143 0.095 0.049
10 0.849 0.635 0.480 0.368 0.282 0.213 0.155 0.103 0.052
20 1.02 0.759 0.569 0.430 0.326 0.243 0.175 0.115 0.057
30 1.22 0.923 0.720 0.560 0.422 0.312 0.222 0.145 0.074
15 0 0.731 0.546 0.417 0.322 0.248 0.189 0.138 0.091 0.046
10 0.876 0.643 0.481 0.365 0.277 0.208 0.150 0.098 0.049
20 1.05 0.775 0.575 0.430 0.322 0.238 0.170 0.110 0.054
30 1.27 0.975 0.753 0.567 0.421 0.308 0.216 0.140 0.070
20 0 0.755 0.557 0.420 0.322 0.246 0.186 0.135 0.088 0.044
10 0.915 0.664 0.488 0.367 0.275 0.205 0.147 0.095 0.047
20 1.11 0.800 0.592 0.434 0.322 0.235 0.166 0.107 0.052
30 1.36 1.02 0.781 0.580 0.424 0.306 0.214 0.137 0.068
25 0 0.791 0.575 0.430 0.325 0.246 0.185 0.133 0.086 0.043
10 0.968 0.692 0.501 0.371 0.276 0.204 0.145 0.093 0.046
20 1.17 0.847 0.610 0.443 0.323 0.235 0.165 0.105 0.050
30 1.44 1.08 0.819 0.598 0.429 0.307 0.213 0.134 0.066
30 0 0.846 0.601 0.442 0.331 0.249 0.185 0.132 0.085 0.042
10 1.04 0.730 0.519 0.379 0.280 0.205 0.144 0.092 0.044
20 1.27 0.908 0.637 0.455 0.329 0.237 0.164 0.103 0.049
30 1.60 1.15 0.870 0.623 0.438 0.310 0.213 0.133 0.064
35 0 0.928 0.634 0.460 0.341 0.254 0.187 0.132 0.084 0.041
10 1.12 0.783 0.545 0.392 0.287 0.208 0.145 0.091 0.044
20 1.41 0.989 0.676 0.473 0.337 0.241 0.166 0.103 0.048


30 1.75 1.29 0.951 0.656 0.457 0.318 0.216 0.134 0.064

Table 9.1 (suite): Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids
des terres K


189
Eléments de Mécanique des Sols


α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
40
0
0 0.649 0.491 0.374 0.287 0.217 0.160 0.111 0.065 0.024
10 0.760 0.556 0.421 0.316 0.237 0.172 0.118 0.069 0.025
20 0.874 0.643 0.482 0.358 0.266 0.191 0.129 0.075 0.026
30 1,38 0.762 0.577 0.429 0.316 0.226 0.150 0.086 0.029
40 1.22 0.920 0.751 0.614 0.511 .0.443 0.364 0.277 0.160
5 0 0.645 0.486 0.368 0.279 0.210 0.153 0.105 0.061 0.022
10 0.759 0.553 0.415 0.310 0.230 0.166 0.112 0.064 0.023
20 0.879 0.644 0.479 0.352 0.259 0.183 0.123 0.070 0.024
30 1.03 0.770 0.579 0.426 0.309 0.218 0.143 0.081 0.027
40 1.25 0.941 0.769 0.628 0.524 0.439 0.361 0.274 0.157
10 0 0.654 0.485 0.364 0.275 0.205 0.149 0.101 0.058 0.021
10 0.767 0.562 0.413 0.305 0.225 0.160 0.108 0.061 0.022
20 0.894 0.651 0.480 0.349 0.254 0.178 0.118 0.067 0.023
30 1.05 0.786 0.586 0.425 0.305 0.212 0.139 0.078 0.026
40 1.29 0.973 0.769 0.650 0.542 0.455 0.374 0.273 0.155
15 0 0.664 0.490 0.365 0.272 0.201 0.145 0.098 0.056 0.020
10 0.783 0.571 0.415 0.304 0.221 0.157 0.105 0.059 0.021
20 0.937 0.666 0.486 0.349 0.251 0.175 0.115 0.065 0.022
30 1.07 0.811 0.590 0.426 0.304 0.209 0.135 0.075 0.024
40 1.35 1.02 0.804 0.657 0.567 0.459 0.377 0.286 0.154
20 0 0.690 0.503 0.367 0.273 0.200 0.143 0.096 0.054 0.019
10 0:822 0.585 0.421 0.306 0.220 0.155 0.103 0.057 0.020
20 0.975 0.688 0.496 0.352 0.250 0.173 0.113 0.063 0.021
30 1.11 0.846 0.610 0.434 0.305 0.208 0.133 0.073 0.023
40 1.43 1.08 0.849 0.693 0.578 0.485 0.399 0.290 0.155
25 0 0.717 0.518 0.376 0.276 0.200 0.143 0.095 0.053 0.018
10 0.860 0.607 0.431 0.310 0.221 0.155 0.1.01 0.056 0.019
20 1.03 0.729 0.511 0.359 0.252 0.173 0.112 0.061 0.020
30 1.17 0.892 0.637 0.445 0.309 0.208 0.132 0.072 0.023
40 1.53 1.15 0.908 0.741 0.617 0.518 0.409 0.297 0.156
30 0 0.765 0.543 0.388 0.281 0.203 0.143 0.094 0.052 0.018
10 0.927 0.643 0.447 0.317 0.224 0.156 0.101 0.055 0.019
20 1.10 0.772 0.532 0.369 0.256 0.174 0.112 0.061 0.020
30 1.24 0.953 0.681 0.463 0.314 0.210 0.133 0.071 0.022
40 1.67 1.25 0.984 0.802 0.668 0.559 0.442 0.321 0.160
35 0 0.840 0.576 0.405 0.289 0.207 0.145 0.094 0.052 0.017
10 1.02 0.690 0.470 0.327 0.230 0.158 0.102 0.055 0.018
20 1.22 0.840 0.562 0.383 0.263 0.177 0.113 0.060 0.020
30 1.33 1.03 0.727 0.480 0.324 0.214 0.134 0.071 0.023
40 1.84 1.38 1.08 0.881 0.733 0.589 0.463 0.335 0.164
40 0 0.946 0.598 0.428 0.302 0.214 0.148 0.096 0.052 0.017
10 1.09 0.738 0.500 0.342 0.238 0.162 0.103 0.055 0.018

20 1.38 0.931 0.604 0.402 0.273 0.182 0.114 0.061 0.019

30 1.50 1.17 0.792 0.512 0.338 0.221 0.136 0.072 0.023


40 2.07 1.55 1.21 0.985 0.817 0.654 0.513 0.353 0.171


Table 9.1 (suite): Table de Caquet et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au
poids des terres K


190
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
10 0 0 1.58 1.44 1.38 1.37 1.42 1.54 1.74 2.06 2.60
10 1.87 1.69 1.62 1.61 1.68 1.81 .2.05 2.45 3.11
5 0 1.61 1.50 1.45 1.48 1.56 1.71 1.96 2.36 3.03
10 2.05 1.87 1.80 1.81 1.90 2.08 2.39 2.89 3.74
10 0 1.66 1.56 1.54 1.58 1.68 1.87 2.16 2.64 3.45
10 2.19 2.01 1.95 1.98 2.10 2.32 2.70 3.31 4.35
15 0 0 1.75 1.62 1.57 1.59 1.70 1.91 2.24 2.78 3.70
10 2.08 1.92 1.88 1.93 2.07 2.32 2.74 3.43 4.61
5 0 1.78 1.68 1.67 1.74 1.89 2,15 2.57 3.24 4.40
10 2.27 2.13 2.10 2.18 2.36 2.69 3.22 4.10 5.62
10 0 1.84 1.77 1.79 1.89 2.08 2.40 2.90 3.72 5.13
10 2.46 2.32 2.32 2.43 2.66 3.07 3.72 4.81 6.69
15 0 1.91 1.87 1.91 2.04 2:27 2.64 3.23 4.20 5.87
10 2.63 2.50 2.52 2.66 2.95 3.44 4.22 5.52 7.79
20 0 0 1.92 1.81 1.79 1.86 2.04 2.37 2.91 3.78 5.32
10 2.29 2.17 2.18 2.30 2.56 2.98 3.68 4.85 6.91
20 2.78 2.62 2.62 2.77 3.09 3.63 4.50 5.98 8.63
5 0 1.98 1.90 1.92 2.04 2.30 2.72 3.39 4.49 6.45
10 2.52 2.41 2.45 2.63 2.96 3.51 4.40 5.90 8.57
20 3.14 2.99 3.02 3.24 3.65 4.35 5.49 7.42 10.9
10 0 2.05 2.01 2.08 2.26 2.58 3.09 3.91 5.27 7.69
10 2.75 2.67 2.75 2.98 3.39 4.08 5.19 7.05 10.4
20 3.52 3.37 3.45 3.73 4.26 5.13 6.57 9.01 13.4
20 15 0 2.14 2.14 2,26 2.49 2.88 3.49 4.47 6.11 9.P4
10 2.99 2.93 3.05 3.34 3.85 4.68 6.02 8.29 12.4
20 3.90 3.77 3.89 4.25 4.90 5.97 7.73 10.7 16.4
20 0 2.26 2.29 2.44 2.71 3.17. 3.89 5.04 6.95 10.4
10 3.22 3.19 3.34 3.70 4.30 5.29 6.95 9.65 14.0
20 4.26 4.15 4.32 4.77 5.55 6.83 8.94 12.5 18.9
25 0 0 2.14 2.05 2.06 2.18 2.46 2.98 3.81 5.23 7.80
10 2.54 2.46 2.53 2.76 3.18 3.88 5.02 6.99 10.6
20 3.15 3.04 3.14 3.44 4.00 4.91 6.43 9.06 13.9
5 0 2.21 2.15 2.22 2.42 2.82 3.47 4.53 6.33 9.64
10 2.81 2.75 2.88 3.19 3.74 4.63 6.11 8.66 13.4
20 3.58 3.50 3.66 4.07 4.80 5.99 7.98 11.4 17.8
10 0 2.30 2.29 2.42 2.72 3.22 4.02 5.34 7.60 11.8
10 3.08 3.07 3.27 3.76 4.36 5.49 7.35 10.6 16.6
20 4.04 4.00 4.24 4.78 5.70 7.23 9.75 14.1 22.4
15 0 2.41 2.46 2.67 3.05 3.66 4.64 6.25 9.02 14.2
10 3.39 3.43 3.69 4.20 5.05 6.44 8.74 12.7 20.2
20 4.54 4.55 4.87 5.55 6.70 8.59 11.7 17.2 27.4
20 0 2.56 2.67 2.94 3.40 4.13 5.31 7.23 10.6 16.8
10 3.72 3.80 4.13 4.76 5.80 7.47 10.4 15.3 24.5
20 5.07 5.12 5.55 6.38 7.79 10.1 14.5 21.4 34.5
25 0 2.74 2.89 3.21 3.76 4.62 6.00 8.26 12.2 19.5
10 4.05 4.18 4.59 5.34 6.57 8.54 12.0 17.8 29.7
20 5.60 5.71 6.23 7.24 8.90 11.6 16.8 25.0 40.4


Table 9.2: Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au poids des
terres K

(d'après Chen)
191
Eléments de Mécanique des Sols


α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
30 0 0 2.37 2.31 2.37 2.57 3.00 3.78 5.08 7.37 11.7
10 2.82 2.79 2.95 3.34 4.01 5.12 7.00 10.3 16.8
20 3.57 3.54 3.79 4.32 5.25 6.79 9.43 14.2 23.3
30 4.41 4.42 4.76 5.68 6.74 8.82 12.4 18.8 31.3
5 0 2.46 2.44 2.57 2.88 3.49 4.49 6.16 9.13 14.8
10 3.13 3.15 3.40 3.92 4.79 6.24 8.70 13.1 21.6
20 4.07 4.12 4.48 5.19 6.42 8.46 11.9 18.2 30.4
30 5.19 5.26 5.76 6.79 8.39 11.2 16.0 24.5 41.3
10 0 2.57 2.61 2.82 3.29 4.06 5.32 7.44 11.2 18.5
10 3.47 3.55 3.91 4.58 5.70 7.56 10.7 16.4 27.4
20 4.66 4.78 5.27 6.21 7.79 10.4 14.9 23.0 38.9
30 6.07 6.23 6.90 8.02 10.3 14.0 20.1 31.3 53.2
5 0 2.72 2.83 3.16 3.75 4.71 6.27 8.92 13.7 22.9
10 3.85 4.02 4.50 5.34 6.75 9.08 13.0 20.2 34.1
20 5.31 5.52 6.17 7.37 9.37 12.7 18.4 28.7 48.7
30 7.05 7.32 8.21 10J 12.6 17.2 25.0 39.2 66.0
20 0 2.91 3.11 3.55 4.27 5.44 7.36 10.6 16.4 27.8
10 4.29 4.54 5.15 6.20 7.94 10.8 16.1 25.2 42.9
20 6.03 6.35 7.18 8.68 11.2 15.3 23.0 37.0 63.0
30 8.14 8.54 9.68 12.3 15.1 20.8 30.5 49.0 82.0
25 0 3.15 .3.44 3.97 4.85 6.25 8.55 12.5 19.5 33.2
10 4.77 5.11 5.86 7.14 9.24 12.7 19.1 30.1 51.4
20 6.81 7.25 8.29 10.1 13.1 18.1 27.5 44.0 78.5
30 9.32 9.87 11.3 14.4 17.9 25.0 37.6 60.0 100.
30 0 3.42 3.77 4.41 5.45 7.10 9.80 14.4 22.7 38.8
10 5.26 5.70 6.60 8.13 10.6 15.1 22.2 35.1 60.3
20 7.62 8.18 9.44 11.6 15.2 21.4 32.8 54.0 94.0
30 10.5 11.2 13.0 16.7 20.8 29.0 44.0 72.4 122.
35 0 0 2.67 2.64 2.76 3.07 3.69 4.87 6.92 10.7 18.3
10 3.14 3.19 3.47 4.07 5.20 6.90 10.0 15.9 27.7
20 4.06 4,14 4.60 5.56 7.03 9.66 14.3 23.0 40.9
30 5.17 5.37 6.10 7.40 9.50 13.3 20.0 32.7 56.0
5 0 2.78 2.81 3.01 3.47 4.37 5.91 8.60 13.6 23.7
10 3.50 3.63 4.05 4.86 6.25 8.61 12.8 20.6 36.5
20 4.66 4.88 5.53 6.60 8.79 12.3 18.6 30.4 54.5
30 6.14 6.49 7.50 9.20 12.2 26.4 43.6 78.4 17.2
10 0 2.92 3.02 3.34 4.01 5.19 7.17 10.7 17.2 30.4
10 3.92 4.14 4.74 5.81 7.61 10.7 16.1 26.4 47.4
20 5.39 5.75 6.64 8.20 10.9 15.6 23.8 39.4 71.3
30 7.29 7.82 9.00 11.2 14.7 21.2 34.1 56.9 110.
15 0 3.10 3.29 3.77 4.67 6.16 8.68 13.1 21.5 38.6
4.40 5.55 6.93 9.24 13.2 20.2 33.5 60.6 10 4.76
20 6.25 6.77 7.94 10.0 13.5 19.5 30.1 50.3 91.6
30 8.63 9.41 11.0 13.8 18.5 27.0 43.5 73.0 138.
20 0 3.33 3.64 4.32 5.44 7.31 10.5 16.1 26.6 48.2
10 4.97 5.48 6.49 8.24 11.2 16.1 26.0 43.5 79.2
20 7.23 7.96 9.48 12.0 16.5 24.1 38.7 66.0 118.
30 10.2 11.2 13.4 17.0 23.2 34.5 55.0 96.0 175.
25 0 3.63 4.10 4.94 6.33 8.63 12.5 19.4 32.5 59.2
9.75 19.5 97.7 10 5.63 6.30 7.58 13.4 31.7 53.4
20 8.35 9.32 11.2 14.2 20.0 29.4 46.8 81.0 148.
30 11.9 13.3 16.2 20.8 29.0 43.0 70.0 122. 225.
30 0 4.01 4.61 5.64 7.33 10.1 14.8 23.2 39.0 71.4
10 6.36 7.21 8.79 11.4 15.8 24.2 38.0 64.3 118.
20 9.59 10.8 13.2 16.8 23.2 35.0 57.5 98.0 188.
30 13.9 15.7 19.0 24.5 34.8 52.5 86.0 150. 285.

Table 9.2 (suite) : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au
poids des terres K

192
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

α [°]
φ [°] δ [°] β [°]
50 60 70 80 90 100 110 120 130
35 35 0 4.42 5.15 6.38 8.39 11.7 17.2 27.1 45.8 84.1

10 7.14 8.18 10.1 13.2 19.2 28.4 44.8 75.8 139.

20 10.9 12.4 15.2 19.7 28.3 43.0 69.0 122. 225.

30 16.0 18.1 22.0 28.5 40.0 22.6 102. 180. 350.
40 0 0 2.98 3.01 3.22 3.67 4.60 6.41 9.70 16.1 29.8

10 3.51 3.66 4.13 5.04 6.68 9.58 14.9 25.5 48.3

20 4.65 4.88 5.66 7.20 9.68 14.3 22.8 39.8 70.0

30 6.11 6.59 7.70 10.0 14.0 21.0 34.2 60.5 110.

40 7.97 8.30 9.80 12.8 19.2 30.3 52.0 91.0 162.

5 0 3.12 3.22 3.54 4.21 5.56 7.97 12.4 21.1 39.9

10 3.94 4.20 4.87 6.14 8.35 12.3 19.6 34.2 65.6

20 5.38 5.84 6.94 9.0 12.4 18.7 30.5 53.9 102.

30 7.35 8.12 9.60 12.5 18.2 28.1 46.4 82.9 150.

40 9.89 10.5 12.6 16.5 25.0 41.1 68.0 132. 230.

10 0 3.30 3.49 3.96 4.96 6.76 9.94 15.8 27.6 52.8

10 4.46 4.87 5.81 7.50 10.4 15.7 25.6 45.2 87.8

20 6.29 7.01 8.53 11.2 15.9 24.4 40.3 72.0 135.

30 8.87 10.0 12.0 16.2 23.6 37.0 61.8 111. 210.

40 12.3 13.5 15.3 21.8 33.0 52.5 90.0 165. 315.

15 0 3.53 3.84 4.55 5.91 8.25 12.4 20.2 35.6 69.0

10 5.06 5.68 6.95 9.19 13.1 20.0 33.0 59.0 115.

20 7.42 8.44 10.5 14.0 20.3 31.5 52.6 94.7 185.

30 10.7 12.3 15.7 20.8 31.0 48.5 81.1 147. 280.

40 15.2 17.0 21.0 29.0 47.0 70.0 120. 225. 430.

20 0 3.82 4.30 5.31 7.06 10.1 15.4 25.5 45.5 88.9

10 5.80 6.68 8.35 11.2 16.3 25.3 43.0 80.0 155.

20 8.77 10.2 12.8 17.3 70.0 25.6 40.2 127. 250.

30 12.9 15.2 19.5 26.4 41.0 63.0 106. 190. 350.

40 18.7 21.4 27.0 37.9 60.0 94.5 164. 295. 550.

25 0 4.21 4.92 6.23 8.45 12.3 19.1 31.8 57.3 113.

10 6.70 7.87 10.0 13.7 20.1 31.6 56.0 102. 201.

20 10.4 12.2 15.7 21.5 32.0 50.6 88.5 165. 300.

30 15.6 18.5 23.8 33.0 49.0 78.0 132. 248. 450.

40 22.8 27.0 35.0 49.0 74.0 120. 210. 375. 700.

30 0 4.71 5.67 7.31 10.1 14.8 23.3 39.3 71.1 140.

10 7.75 9.26 12.0 16.6 24.6 40.0 69.7 127. 251.

20 12.2 14.6 19.0 26.5 39.5 64.0 114. 220. 400.

30 18.7 22.5 29.0 44.0 62.0 100. 170. 315. 600.

40 27.7 36.5 43:0 60.0 93.0 150. 260. 475. 920.

35 0 5.33 6.52 8.54 11.9 17.8 28.2 47.7 86.6 171.

10 8.95 10.8 14.2 19.9 30.0 50.0 88.0 160. 320:

20 14.4 17.4 22.8 32.5 50.0 82.0 150. 290. 600.

30 22.2 26.9 34.5 48.5 75.0 120. 210. 388. 760.

40 32.0 38.5 51.0 72.0 108. 177. 310. 565. 1120.

40 0 6.01 7.45 9.88 13.9 20.9 33.3 56.6 103. 204.

10.2 10 12.6 16.6 23.4 36.0 59.4 101. 190. 365.

20 16.6 20.3 26.8 38.5 59.5 100. 184. 360. 780.

30 26.0 31.7 40.5 56.8 91.0 150. 265. 485. 950.

40 36.5 44.0 59.5 82.0 125. 215. 375. 700. 1330.


Table 9.2 (suite) : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au
poids des terres K


193
Eléments de Mécanique des Sols

9.4.3.4.2 Obliquité δ

Les lignes de glissement
diffèrent des lignes
droites. Sans commettre
une grande erreur, on
peut dire qu'elles
correspondent à des arcs
de spirales
logarithmiques (Fig. 9.23,24)

L'écran doit avoir un
fruit inférieur au fruit du
rayon polaire sur lequel
les contraintes atteignent
l'obliquité δ dans
l'équilibre de Rankine.
Fig. 9.23 : Lignes de
glissement en poussée
Fig. 9.24 : Lignes de glissement en butée
Pôle
Pôle
9.4.3.4.3 Lignes de
glissement


9.4.4 Cas de milieu pulvérulent non pesant chargé

9.4.4.1 Définition
L'hypothèse d'un milieu non pesant est admise lorsque l'effet de la surcharge est
prépondérant par rapport au poids propre. Aussi, nous allons voir que pour les milieux
cohérents, cette hypothèse est nécessaire pour pouvoir appliquer le théorème de
superposition des états d'équilibre.

9.4.4.2 Equilibre de Rankine
On considère donc un milieu pulvérulent indéfini non pesant soumis à sa surface libre
à l'action d'une surcharge d'intensité constante q et d'obliquité α
0
. On constate que
l'état de contrainte est le même pour tous les points du milieu. Par conséquent, le long
d'une droite tracée dans le massif, on trouve que le vecteur contrainte sur une facette
portée par cette droite a une obliquité et une intensité constantes. Pour la
détermination des directions principales et des directions de glissement on retrouve
des résultats identiques à ceux de l'équilibre des milieux pesants à condition que la
direction de la surcharge joue le rôle de la direction du poids (la verticale). Les lignes
de glissement sont des droites.

9.4.4.3 Généralisation de l'équilibre de Rankine
On considère un massif pulvérulent non pesant, limité par une surface libre rectiligne
inclinée de β par rapport à l'horizontale et par un écran rectiligne faisant un angle λ
avec la verticale. La surface libre supporte une surcharge d'intensité q et d'obliquité
α
0
. On admettra que le long d'un rayon plaire, les contraintes agissant sur ce rayon
polaire ont une obliquité et une intensité constante, d'autre part, le vecteur contrainte
sur l'écran doit avoir une obliquité δ. On montre que σ
m
et ψ ne dépendent que de θ,
et les équations d'équilibre donnent:
194
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
σ
rθ,θ
+ σ
rr
- σ
θθ
= 0
(9.24)











ce qui implique
σ
θθ,θ
+ 2 σ

= 0

Vu ces équations ainsi que les conditions aux limites, sur l'écran on a:
σ
θθ
= K
q
q (9.25)
K
q
est un coefficient de pression latérale (poussée ou butée) qui dépend de β, λ, δ, φ et
α
0
. L'intensité t de la contrainte sur l'écran est:
t = k
q
q (9.26)
k
q
= K
q
/ cos δ
Les tables de l'Herminier et Absi permettent d'éviter les calculs lourds et fournissent
les coefficients K
q
et k
q
(Tab. 9.3).
9.4.4.4 Calcul des coefficients de pression latérale K
q
et k
q

On posera
σ
m
= q S(θ) (9.27)

d'autre part, on a:
σ
rr
= σ
m
[1 + sin ϕ cos 2ψ]
σ
θθ
= σ
m
[1 - sin ϕ cos 2ψ]
σ

= σ
m
sin ϕ sin 2ψ

remplaçons ces expressions dans les équations d'équilibre:
σ
rθ,θ
+ σ
rr
- σ
θθ
= 0
σ
θθ,θ
+ 2 σ

= 0

on obtient alors
sin ϕ sin 2ψ S

+ 2 S sin ϕ cos 2ψ (1+ ψ

) = 0
(9.28)
(1 - sin ϕ cos 2ψ) S

+ 2 S sin ϕ sin 2ψ (1+ ψ

) = 0

Puisque le système linéaire est homogène, il y a deux possibilités. Soit la solution est
triviale:
S

= 1+ ψ

= 0 (9.29)

195
Eléments de Mécanique des Sols

196
Chapitre 9 : Pression latérale des terres

S = constante et ψ + θ = constante
(cette solution correspond à l'équilibre de
Rankine), soit le déterminent est nul. Ceci
donne:



d'où
α
0
≠ φ et δ ≠ φ
Fig. 9.25: Lignes de glissement sous


cos 2ψ = sin ϕ

soit

ψ = ± (π/4 - ϕ/2) (9.30)

Le système se réduisant à une seule équation,
la première équation différentielle s'écrit alors
sous la forme:
S

+ 2S ctg 2ψ = 0
(9.31)
S

± 2S tg ϕ = 0

dont l'intégration donne:
S = S
0
exp[± 2 tg ϕ (θ - θ
0
)] (9.32)

Les lignes de glissement se classent en deux
familles. La première est formée des faisceaux
de rayons polaires. La deuxième est formée de
spirales logarithmiques homothétiques qui
coupent les différents rayons polaires sous
l'angle π/2 - φ: on donne le nom de l'équilibre
de Brandtl à cette cinématique (Fig. 9.25). La
solution générale s'obtient par la juxtaposition de
zones en équilibre de Rankine avec des zones en
équilibre de Brandtl.
charge uniforme
q
q S
1

φ
α
0
2ψ c
ω
α0

σ
τ
q
α
0

θ
2

θ
1

ε
π/2-φ
v
1
1
2
Zone 1: en équilibre inférieure de Rankine
Zone 2: en équilibre de Prandtl
Fig. 9. 26: Zone voisine de la surface libre
q S
2

k
aq
q
τ
c
δ
ω
δ

σ

9.4.4.4.1 Poussée
Le calcul du coefficient de poussée active des
terres du à la charge q k
aq
s'opère de la façon
suivante: l'état de contrainte dans les zones (1) de
l'équilibre de Rankine est comme montrer ci-
contre (Fig. 9.26,27). On montrera (voir §
9.4.2.6) que:
Fig. 9. 27: Zone voisine de l'écran
σ
m1
= q S
1
= q sin ω
α0
/ sin (α
0
+

ω
α0
)
σ
m2
= q S
2
= k
aq
q sin ω
δ
/ sin (ω
δ
- δ)

197
Eléments de Mécanique des Sols


S ω
α0
/ sin (α

ω





on en tire l'expression de k





9.4.4.4.2 Butée

1
= sin
0
+
α0
)
(9.33)
S
2
= k
aq
sin ω
δ
/ sin (ω
δ
- δ)

On vérifiera aussi que
θ
1
= π/4 - ϕ/2 + (ω
α0
+ α
0
)/2 + β
(9.34)
θ
2
= π/4 - ϕ/2 - (ω
α0
- δ)/2 + λ

d'autre part, (9.31) avec ψ = - (π/4 - φ/2) dans la zone de Brandtl donne:

dS / S = 2 tg ϕ dθ

soit
S
2
/ S
1
= e
2 tg ϕ (θ2 – θ1)
= S
2
= S
1
e
-2 tg ϕ ε
(9.35)

ε = θ
1
– θ
2
= (ω
α0
+ α
0
)/2 + (ω
δ
- δ)/2 + β - λ
A partir de (9.33,35) et les relations
sin ω
α0
= sin α
0
/ sin ϕ et sin ω
δ
= sin δ / sin ϕ (9.36)
aq

k
aq
= [(cos δ - sin ϕ cos ω
δ
) / (cos α
0
+ sin ϕ sin ω
α0
)] e
-2 tg ϕ ε
(9.37)

Quelques cas particuliers peuvent être cités
. Surcharge verticale (α
0
= β)
k
aq
= [(cos δ - sin ϕ cos ω
δ
) / (cos β + sin ϕ sin ω
β
)] e
-2 tg ϕ ε
(9.38)

2ε = (ω
δ
- δ) - (ω
β
- β) - 2λ
. Surcharge normale à la surface libre (α
0
= 0)
k
aq
= [(cos δ - sin ϕ cos ω
δ
) / (1 + sin ϕ)] e
-2 tg ϕ ε
(9.39)
avec
2ε = (ω
δ
- δ) + 2 (β - λ)

La butée se traite de la même façon, sauf que cette fois ψ = π/4 - φ/2. Dans le cas
particulier d'une surcharge verticale et une surface libre horizontale, on trouve:
198
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
k
pq
= [(cos δ + sin ϕ cos ω
δ
) / (1 - sin ϕ )] e
2 tg ϕ ε
(9.40)
avec
2ε = - (ω δ) - 2λ

Les sols cohérents ne relèvent ni du schéma
de Rankine ou de Boussinesq ni du schéma
de Brandtl. On peut montrer que l'étude d'un
milieu cohérent peut se ramener à l'étude
d'un milieu pulvérulent correspondant. Ceci
apporte une grande simplification lors de
l'étude des milieux complexes. Soit le
schéma ci-contre (Fig. 9.28) représentant
l'état de contrainte dans un milieu cohérent
(1). Alors, l'étude de ce milieu peut se faire
par l'étude d'un milieu équivalent
pulvérulent (2) de même angle de
frottement interne obtenu par une
translation égale à H = c ctg φ le long de
l'axe des σ, d'où le théorème des états
correspondants:
Théorème
2. Pour calculer les contraintes normales agissant en un point donné et sur une facette
donnée du milieu cohérent, on retranchera de la contrainte fictive calculée en 1
agissant au facette une contrainte normale constante
d'intensité H = c ctg

δ
+
9.4.5 Théorème des états correspondants
Fig. 9.28 : Etats correspondants
H =
c ctg φ
H
σ' = σ + H
τ' = τ
σ
τ
τ'
σ' σ
c
(1)
(2)

1. Pour calculer le tenseur des contraintes au sein d'un milieu cohérent homogène en
équilibre plastique, on calculera d'abord le tenseur des contraintes au sein d'un milieu
fictif de même forme géométrique, pulvérulent, homogène, en équilibre plastique et
de même angle de frottement interne. Sur la frontière règnerons des conditions
déduites des conditions réelles.
même point sur la
φ.
même
A titre d'exemple, Tab. 9.4 donne quelques cas d'applications




Milieu cohérent

Milieu pulvérulent fictif














Tab. 9.4: Exemples d'application du théorème des
états correspondants
q q + c ctgφ
q
α
0

α
0

q
q + c ctgφ
199
Eléments de Mécanique des Sols

9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée

9.5.1 Théorie de Rankine (1857)
9.5.1.1 Introduction


9.4.1.2 Etat actif
La contrainte σ
comme suit :

Rankine considère l’état de
l’équilibre plastique limite (tout
juste avant la rupture). Cette
théorie satisfait la solution de la
borne inférieure de l’analyse
limite. L’état de contrainte est
alors représenté par le cercle de
Mohr à la rupture (Fig. 9.29). Les
plans de rupture sont inclinés de
θ = ± (45°+ϕ/2) (9.41)

par rapport au plan principal majeure (Fig. 9.30).
Lorsqu’une masse de sol est caractérisée par une
contrainte principale qui agit dans la même direction
en tout point, il se forme un réseau de plans
d’écoulement dit lignes de glissement, également
inclinés par rapport aux plans principaux.
3
dite pression active est calculée
D’après le cercle de Mohr précédent, il vient :
) ctg c 2 (
2
1
2
2
ctg c
r
sin
3 1
3 1
3 1
ϕ + σ + σ
σ − σ
=
σ + σ
+ ϕ
= ϕ (9.42)
σ
1
- σ
3
= (σ
1
+ σ
3
+ 2c ctg ϕ) sin ϕ (9.43)
ϕ +
ϕ −

ϕ +
ϕ −
σ = σ
sin 1
sin 1
c 2
sin 1
sin 1
1 3 (9.44)
posons
)
2
45 ( tg
sin 1
sin 1
K
2
a
ϕ
− ° =
ϕ +
ϕ −
= (9.45)

Il vient alors

dit coefficient de la pression active. Et puisque σ
1
est due
au poids des terres à la profondeur z
σ
1
= γ z (9.46)
Fig. 9.29 : Cercle de Mohr à l’équilibre limite
τ
σ
φ
C
τ
r


φ
σ
1
σ
3

θ = 45° + φ/2
Fig. 9.30 : Lignes de
glissement
θ
σ
1

σ
1

σ
3
σ
3

Fig. 9.31 : Etat actif de
Rankine lignes de glissement
θ

σ
3
= p
a
= K
a
γ z – 2c (K
a
)
1/2
(9.47)
200
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Pour un sol submergé, on utilise k
a
(ϕ') et la
cohésion effective c' au lieu de la cohésion totale c.
Les lignes de glissement (Fig. 9.31) font un angle
Fig. 9.32 : Diagramme de la
pression active
2c
ka

k
a
γ H - 2c
ka

z
0
= 2c / (γ
ka
)
H
z
0

+

2

(
H



z
0
)

/
3

F
a


θ = 45° + ϕ/2

avec l’horizontale. La distribution de p
a
le long de
la profondeur est comme schématisé ci-contre (Fig.
9.32). Le diagramme de la zone [0 – z
0
] est souvent
négligé dans le calcul. La résultante de la pression
active par mètre linéaire de largeur est :

) z H ( K
2
1
dz ) z ( p F
0
2
a
H
a a
z0
− γ = =


Elle agit au deux tiers de (H-z
0
) au dessous de la
profondeur z
0
.

θ

Exemple 9.1
Calculer la résultante de la poussée active sur un
mur vertical de 5 m de hauteur retenant un massif
horizontal de sable caractérisé par un poids volumique de
17 kN/m ent interne de 35°.

La contrainte horizontale dite pression passive sera
calculée d’après l’expression (9.43) par:

3
et un angle de frottem
9.4.1.3 Etat passif
Fig. 9.33 : Etat passif de
Rankine lignes de glissement

ϕ −
ϕ +
+
ϕ −
ϕ +
σ = σ
sin 1
sin 1
c 2
sin 1
sin 1
3 1 (9.48)

Posons
)
2
45 ( tg
sin 1
sin 1
K
2
p
ϕ
+ ° =
ϕ −
ϕ +
= (9.49)
dit coefficient de la pression passive. Et on écrit
(9.48) sous la forme

σ
1
= p
p
γ z + 2c (K (9.50)


avec la verticale. La distribution de la pression passive le long de la profondeur est
comme montrer ci-contre (Fig. 9.34). La résultante par mètre linéaire de largeur est
kp

k
p
γ H
H
H / 3
H / 2
F''
p

F'
p

Fig. 9.34 : Diagramme de la
pression passive
2c

p
= K
p
)
1/2

dans laquelle on utilise k(ϕ') et la cohésion effective
c' pour le sol submergé. Les lignes de glissement
(Fig. 9.33) font un angle
θ = 45° + ϕ/2


201
Eléments de Mécanique des Sols

F F
F
' '
p
'
p
p + =
2
p
'
p
H K
2
1
F
γ =
H K c 2
F
p
' '
p
=

F' agit à la profondeur 2H/3, F'' agit à la
profondeur H/2.

9.5.1.4 Poussée due à une surcharge uniforme
Exemple 9.2

On admet que les poussées active et
passive agissent parallèlement à la surface libre
(Fig. 9.37). La contrainte normale à la facette
latérale est

σ σ
v
cos β = γ z cos β (9.51)
Le coefficient de poussée active est donné par :
q
H
x
z
On suppose que le massif est non pesant
(Fig. 9.35). La contrainte σ
z
augmente de q
quelque soit la profondeur z. Alors, la pression
latérale augmente de :
Fig. 9.35 : Massif chargé
uniformément
K
a
q dans le cas actif
K
p
q dans le cas passif
quelque soit la profondeur. La distribution
correspondante est comme montré ci-dessous
(Fig. 9.36).
F
aq

F
pq

k
p
q k
a
q
H / 2 H / 2

Remarque 9.3
. La théorie de Rankine ne tient pas compte de la
rugosité de l’écran qui est supposé lisse.
. En présence d’eau, il faut tenir compte de la
poussée hydrostatique de l’eau.


Calculer la résultante de la poussée active
sur un mur vertical de 5 m de hauteur retenant un
massif horizontal de sable caractérisé par un
poids volumique de 17 kN/m
3
et un angle de
frottement interne de 35°. Le niveau de la nappe
phréatique est à –2 m de la surface libre. Le poids
volumique du sol saturé est de 20 kN/m
3
.
9.5.1.5 Cas de massif à surface libre inclinée
avec un angle β
g. 9.36 : Poussée du à une surcharge
uniforme
Etat actif Etat passif
β
z
σ
z

σ
l

Fi
z
=

Fig. 9.37 : Massif à surface libre
inclinée
202
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
ϕ − β + β
ϕ − β − β
=
cos
cos cos
cos
cos cos
K
2
2
2
2
a (9.52)
Pour un sol purement cohérent (c=0), la pression active sera

p
a
σ
a
γ z cos β (9.53)

Etat de contrainte
σ
v
β
β
σ
z

a
= K
z
= K

et agit parallèlement à la surface libre inclinée. De même, le
coefficient de poussée passive est

ϕ − β − β
ϕ − β + β
=
cos
cos cos
cos
cos cos
K
2
2
2
2
p (9.54)


et la poussée passive s’écrit
p
p
= K
p
γ z cos β

Elle agit parallèlement à la surface libre du massif incliné. Lorsque la cohésion est
non nulle, on peut faire recours au procédé graphique basé sur le cercle de Mohr pour
calculer les poussées active et passive (ceci peut constituer un exercice intéressant).

Remarque 9.4
Lorsque β = ϕ le raisonnement précédent abouti à des résultats incompatibles avec la
réalité.


9.5.2 Théorie de Coulomb (1776)
9.5.2.1 Introduction
La théorie de Coulomb est basée sur l’équilibre
d’un coin de sol situé entre l’écran et une surface
quelconque de glissement (Fig. 9.38). Les forces
agissant sur le sol sont évaluées à l’état de l’équilibre
limite. Dans cette théorie, le frottement entre l’écran et
le sol est pris en compte. L’angle de frottement écran-
sol est noté δ. Dans le cas d’un sol cohérent, une
caractéristique d’adhésion écran-sol c
w
peut être aussi
prise en compte. Vu le phénomène de frottement, la
ligne de glissement est courbe au voisinage de la base
du mur, mais la théorie de Coulomb suppose des
droites de glissement. Dans le cas de la poussée active,
la courbure est faible ce qui fait que l’erreur de
l’approximation est minime. Ceci est aussi vrai dans le
cas de la poussée passive lorsque δ < ϕ/3. Lorsque δ > ϕ/3, l’erreur devient plus
grande. Lorsque δ = 0, le sol est horizontal et l’écran est vertical les théories de
Rankine et de Coulomb coïncident.
Fig. 9.38 : Coin de Coulomb
écran
massif
surface de
glissement
coin

203
Eléments de Mécanique des Sols

9.5.2.2 Etat actif
Fig. 9.39 : Théorie de Coulomb. Etat actif
β
C
A
W
H
P
θ
α
δ
φ
R
B
H
9.5.2.2.1 Sol pulvérulent (c=0)
Soit le coin de sol caractérisé par (Fig. 9.39) :
. Une surface extérieure inclinée de β par rapport à
l’horizontale.
. L’écran fait l’angle α avec l’horizontale.
. Le plan de glissement BC fait l’angle θ avec
l’horizontale.

W : poids propre du massif de sol.
R : résultante de la réaction sur le plan de glisseme
Connaissant le poids propre W et les directions
d’action des forces, on dresse le diagramme de
l’équilibre limite (Fig. 9.40), d'où on montre que:
l'angle (W,P) = π – α – δ

P(W, θ)
Elle correspond donc à ( car W=W(θ))
. La rugosité du mur est l’angle de frottement mur-
sol notée δ.
Tout au début du glissement, le coin du sol était
sous l’équilibre des forces suivantes :
P : résultante de la réaction de la poussée sur le
mur.
nt.
γ
γ
1

γ
1

R
P
W
θ
π/2 - θ
φ
γ
α
α
1

α
1

δ
écran
γ
1
= π – [ (π/2 - θ) + (π/2 + φ) ] = θ – φ


l'angle (W,R) = θ – φ
ce qui permet de calculer la poussée P. La
poussée active P
a
est la valeur maximum de

α
1
= π/2 – [ π - α ] = α - π/2
γ = π/2 – (δ+ α
1
) = π – α - δ
Fig. 9.40 : Diagramme de l’équilibre
des forces
0
P
=
θ ∂

(9.55)

Ceci est équivalent à essayer plusieurs plans de glissement, d’évaluer à chaque fois P
et ne garder pour P
a
que la valeur maximale. Tout calcul fait on abouti à

H
K
2
1
P
2
a a γ = (9.56)
avec










β − α
β − ϕ δ + ϕ
+ δ + α
α ϕ − α
=
) sin(
) sin( ) sin(
) sin(
sin ) sin(
K
2
a (9.57)

204
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Dans la théorie de Coulomb, on suppose que la résultante P
a
agit à deux tiers de la
profondeur de l’écran. Il existe des tableaux donnant K
a
pour différentes valeurs de ϕ
et δ, et des valeurs particulières de α et β.

9.5.2.2.2 Sol cohérent
9.5.2.2.2.1 Cas général
Dans ce cas, il faut tenir compte de la
cohésion c et de l’adhérence sol-mur notée
c
w
(Fig. 9.41). On admet l’existence d’une
zone fissurée de profondeur z
0
. Le long de
cette zone, on néglige l’effet des cohésions c
et c
w
. Les forces agissantes sont :
W : le poids propre du coin de sol.
P : la résultante de la réaction du mur sur le
sol
C
w
: résultante due à l’adhérence mur-sol :
C
w
= c
w
. EB
R : la réaction sur le plan de glissement.
C : la résultante d’adhésion sue le plan de
glissement : C = c . BC
Les directions d’action de ces forces sont
tous connues, on construit comme
précédemment le diagramme des forces. La
poussée active correspond à la satisfaction de (9.55).
Fig. 9.41 : Théorie de Coulomb.
Etat actif. Sol cohérent
H
β
C
W
P
θ
α
δ
φ
R
B
A
E
z
0

D
C C
w


9.5.2.2.2.2 Cas d’un mur vertical et un sol horizontal
Dans le cas général d’un sol (c, ϕ), la pression latérale à la profondeur z est
donnée par :


p
a
= K
a
γ z – K
ac
c (9.58)
avec K
a
donné par (1.18) et

)
c
c
1 ( K 2 K
w
a ac + = (9.59)

la cohésion c est remplacée par c' pour un drainage complet et c
u
dans le cas non
drainé.
La profondeur des fissures z
0
correspond à p
a
= 0, d’où

2 H
k
c c 1 c 2
z
a
w
0 ≤
γ
+
= (9.60)





205
Eléments de Mécanique des Sols

9.5.2.3 Etat passif
On suivra le même raisonnement
précédent tout en tenant compte des remarques
suivantes (Fig. 9.42):
. R fait un angle ϕ au dessus de la normale au
plan de glissement.
l’angle entre W et P est : π - α + δ
La résultante des pressions passives est le
minimum de P(θ) (eq. 9.55). Elle est donnée par :
Fig. 9.42: Théorie de Coulomb.
Etat passif
H
β
W
P
θ
α
δ
φ
R
. P fait un angle δ au dessus de la normale à
l’écran.
. On montre que
l’angle entre W et R est : θ + ϕ

H K
2
1
P
2
p p
γ = (9.61)












β − α
β + ϕ δ + ϕ
− δ − α
α ϕ + α
=
) sin(
) sin( ) sin(
) sin(
sin ) sin(
K
2
p (9.62)



où K
Pour des valeurs particulières de α et β, il existe des tableaux donnant K
p
pour
différentes valeurs de ϕ et δ.
Dans le cas général d’un sol (c, ϕ), la pression latérale passive à la profondeur z est
donnée par l’expression :
p
p
= K
p
γ z + K
pc
c (9.63)
p
est donné par (1.23) et

)
c
c
1 ( K 2 K
w
P Pc + = (9.64)

Rappelons que les théories précédentes introduisent une approximation sur la
forme de la surface de glissement qui est prise plane. Dans l’état passif, cette
simplification surestime la résistance du sol notamment pour les grandes valeurs de
l’angle de frottement interne. Dans ce cas on recommande l’utilisation des tables de
Caquot et Kérisel basées sur la théorie de Boussinesq. Les auteurs admettent des
surfaces de glissement en forme de spirale logarithmique et dérivent la pression
latérale active ou passive par intégration des équations différentielles de l’équilibre.
Les résultats sont présentés sous forme de tables numériques.
9.5.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel)



206
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
9.5.4 Construction de Culmann
9.5.4.1 Introduction
Elle a été développée par Karl Culmann (1875). Son but est la détermination du
plan de glissement ainsi que l’intensité de la poussée active ou passive. Le massif peut
être stratifié ou homogène mais l’angle de frottement interne doit être le même pour
tout le massif. Nous présentons la construction pour le cas d’un sol pulvérulent, la
méthode peut être étendue au cas général d’un sol cohérent chargé….

9.5.4.2 Sol pulvérulent non chargé
9.5.4.2.1 Poussée active
1. On choisira une échelle appropriée pour schématiser le massif de sol et l’écran AB
(Fig. 9.43).
2. A partir du point A, tracer la droite AC faisant l’angle ϕ au dessus de l’horizontale.
3. Tracer la droite de référence AD faisant l’angle ψ avec la droite AC. ψ est l’angle
que fait la poussée active P
a
avec la verticale.
4. Tracer plusieurs plans hypothétiques de glissement : AB
1
, AB
2
,….
5. Déterminer le poids W pte des différents sols si le
massif n’est pas homogène.
6. Choisir une échelle de forces, et reporter les poids sur la droite AC : W
à AW
10. Tracer la droite EF parallèle à AD. Le plan de rupture sera AE, et coupe la surface
libre en R. La longueur de EF donne l’intensité de la poussée active P
de forces choisie. (si plusieurs points E
i
existent, celui qui sera retenu correspond au
maximum de E
i
).
i
de chaque tranche tenant com
1
correspond
1
, W
2
correspond à W
1
W
2
et ainsi de suite.
7. A partir des points W
i
sur AC, tracer les droites W
i
E
i
parallèles à la droite de
référence AD. La droite W
i
E
i
coupe la ligne de glissement Ab
i
au point E
i
.
8. Joindre les points E
i
par une courbe lisse dite courbe de Culmann.
9. Tracer la droite parallèle à la ligne AC et tangente à la courbe de Culmann. Le point
de tangence sera noté E. (si la courbe de Culmann n’est pas régulière, il peut exister
plusieurs droites tangentes à la courbe et parallèles à AC).
a
selon l’échelle
i
F

Fig. 9.43 : Construction de Culmann pour le calcul de la poussée active
δ
P
a
= EF
B
B
1

B
2

B
3

B
4

B
5

Plan de rupture
P
a

ψ
ψ
v
A
D
E
C
H φ
F
Courbe de Culmann
W
1

W
2

W
3
W
4

W
5

E
1

W
1

E
5

E
4
E
3

E
2

W
2

W
3

W
4

W
5

207
Eléments de Mécanique des Sols

9.5.4.2.2 Poussée passive
. La droite AC fait l’angle ϕ au
dessous de l’horizontale.

δ
B
P
p

ψ
ψ
v
A
D
C
Fig. 9.44 : Construction de Culmann pour le calcul de
la poussée passive
H
φ
Le procédé reste le même, toutefois
il faut que (Fig. 9.44)
. L’angle ψ est mesuré comme
indiquer sur la figure.
208
Chapitre 9 : Pression latérale des terres
Exercices du chapitre 9



Considérons le massif de sol caractérisé par (voir schéma): surcharge: q = 50 kN/m
sol , h , c' ϕ γ
1
= 18 kN/m
1. Tracer le diagramme des pressions actives et passives selon la théorie de Rankine.

1. Déterminer la distribution de la pression des terres sur l'écran vertical (voir figure).

Exercice 5:
2. Préciser le plan de rupture le plus probable. On donne:


ϕ γ ϕ γ
3
, c


Pression latérale des terres

Exercice 1:
Considérons un massif de sol à surface libre horizontale (voir figure) caractérisé par:
H = 9,5 m, c = 0, ϕ = 25°, γ =18,64 kN/m
3
. Calculer la poussée active due au poids
des terres.

Exercice 2:
1. Calculer le diagramme des pressions des terres sur l'écran vertical schématisé sur la
figure. La surface libre du massif fait l'angle β avec l'horizontale.
2. Calculer la résultante des pressions et son point d'application.
On donne: H = 9,5 m, β = 15°, ρ = 1,9. 10
3
Kg/m
3
, ϕ = 25°

Exercice 3 :
2

1
: un sable. h
1
= 6 m
3
= 4,5 m
1
= 0, '
1
= 38°,
3

sol
2
: une argile saturée. h
2
= 3 m, c'
2
= 10 kN/m
2
, ϕ'
2
= 28°, γ
sat2
= 20 kN/m
3


2. Calculer les résultantes des poussées et leurs points d'application.
Exercice 4 :
2. Calculer la résultante des poussées et son point d'application. On donne:
H = 8 m, h = 4 m, γ = 20 kN/m
3
, c' = 8 kN/m
2
, ϕ' = 27° c
w
/c' = 0,5; δ/ϕ' = 2/3

1. Calculer la résultante des pression des terres sur l'écran schématisé sur la figure.
H = 12 m, L = 2 m, γ = 20 kN/m
3
, λ = 15°, β
1
= 22°, ϕ = 30°, δ = ϕ/3

Exercice 6:
1. Calculer le diagramme des poussées horizontales totales sur l'écran vertical
schématisé sur la figure.
2. Calculer les résultantes et leurs points d'application. On donne:
L
1
= 3 m; L
2
= 4,5 m; L
3
= 4 m; L
4
= 1,5 m; q = 10 kPa.
1
= 33°,
1
= 18 kN/m
3
,
2
= 14°,
2
= 21 kN/m
2
= 24 kPa
δ = 0 pour la poussée et -2ϕ/3 pour la butée.


209
Eléments de Mécanique des Sols
















Exercice 2
H
β
Exercice 1
H








Exercice 3
q
Sol 1
Sol 2 h
2

h
1

h
3



Exercice 4
H
h














Exercice 6
q
Sable
Argile L
3

L
2

L
4

L
1






λ



Exercice 5

β
1

β
1

H
L L L L













Chapitre 10

Reconnaissance des sols

10.1 Introduction.
10.2 Essais de laboratoire
10.2.1 Introduction
10.2.2 Essais physiques
10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques
10.2.4 Essais hydrauliques
10.2.5 Essais mécaniques
10.3 Essais sur place
10.3.1 Introduction
10.3.2 Reconnaissance des sols
10.3.2.1 Introduction
10.3.2.2 Méthodes géophysiques
10.3.2.2.1 Prospection électrique
10.3.2.2.2 Prospection sismique
10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie
10.3.2.3 Les sondages
10.3.2.3.1 Prospection géologique
10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique
10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques
10.3.4 Essais mécaniques
10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table
10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique
10.3.4.3 Scissomètre
10.3.4.4 Rhéotest
10.3.4.5 Pressiomètre
10.3.4.6 Essai de pénétration au cône
10.3.4.7 Essais de battage
10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T)
10.3.4.7.2 Pénétromètre statique
10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique






Chapitre 10

Reconnaissance des sols



10.1 Introduction
La reconnaissance des sols est une phase fondamentale dans la réussite d'un
projet de construction. La détermination des caractéristiques du sol avant les travaux
de constructions conduit à la planification des taches de façon ordonnée et
complètement organisée. Le coût de cette reconnaissance sera récupéré par la
réalisation du projet dans les meilleurs délais, au coût minimum et dans les meilleurs
conditions de sécurité que ce soit pendant la construction ou durant l'exploitation de
l'ouvrage. Inversement, une construction de projet important sans étude de sol peut se
solder par des surprises désagréables ou fatales. A titre d'exemple, un sol peux
résistant supporte mal les engins de chantier, ce qui retarde les travaux et nécessite des
aménagements supplémentaires du chantier. Un sol très compressible peut nécessiter
dans le futur une reprise sous œuvre ou stabilisation et renforcement du sol. Le sol
gonflant peut se solder par une catastrophe notamment pour les logements
individuelles c.à.d au propriétaire généralement incapable de supporter le coût de
réhabilitation. La présence inattendue de d'eau conduit à la remontée de l'humidité, à
la réduction de la capacité portante, ainsi que le risque de l'agressivité de l'eau au
béton armé. En définitif, les problèmes qui risquent de surgir pendant la réalisation de
l'ouvrage, à court terme ou à long terme ne peuvent être énumérés dans cette
introduction. Des références plus spécialisées peuvent être consultées pour des détails
approfondies des pathologies de construction. Le chapitre n'a pour bute que la
présentation d'une synthèse très brève des procédés généraux de reconnaissance et
d'identification des sols. Dans ce contexte aussi, les références spécialisées sont
indispensables pour examiner plus profondément les principes, les modes opératoires
le matériel et les interprétations. D'autre part, des recherches bibliographiques sont
vivement conseillées au lecteur afin d'approfondir les différents aspects et notamment
le côté pratique du sujet.


10.2 Essais de laboratoire

10.2.1 Introduction
Il s'agit d'essais effectués au laboratoire sur des échantillons remaniés ou intactes
convenablement conservés. Généralement on classe ces essais dans trois grands
groupes: essais physiques, essais chimiques et essais mécaniques.



211
Eléments de Mécanique des Sols

10.2.2 Essais physiques
Les essais physiques ont pour but la détermination des caractéristiques physiques des
sols telles que: répartition granulométrique des grains, poids volumiques, densités,
teneurs en eau, degré de saturation, teneur en eau optimale, limites d'Atterberg,
indices de plasticité, de consistance et de liquidité, porosité, indice des vides et indice
de densité, teneur en argile, activité et surface spécifiques. Les essais permettant la
détermination des propriétés ci-dessus sont normalisés. A titre d'exemple ont peut
citer l'analyse granulométrique par tamisage ou par sédimentométrie, pesée
hydrostatique, mesures de volumes, détermination de la teneur en eau et des limites de
consistance, essai Proctor, essai au bleu de méthylène. La documentation spécialisée
dans ce domaine doit être consultée pour les détails des procédures et des
interprétations.

10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques
Ils ont pour but la détermination de la composition chimique et minéralogique du sol,
la présence d'impuretés, de substance agressives, et nature chimique de l'eau adsorbée.
La détermination de la famille minéralogique du sol est d'une grande importance, car
elle peut déceler des comportements spécifiques tel que les sols gonflants, les sols
organiques et les sols nuisibles. Ces caractéristiques peuvent être déterminés par les
méthodes d'analyse chimique conventionnelles ou récentes donc plus ou moins
coûteuses telles que diffraction des rayons x, analyse spectroscopique, microscopie
électronique, analyse thermique différentielle, ou par des méthodes indirectes telles
que abaque de Casagrande et surface spécifique.

10.2.4 Essais hydrauliques
Les caractéristiques hydrauliques en géotechnique concernent principalement la
détermination de la perméabilité des sols, mesure de la succion, présence de la nappe
phréatique et sont débit dans le cas d'un écoulement d'eau. Les essais associés sont le
perméamètre à charge constante ou à charge variable, méthode du papier filtre.
Quelques essais sont exécutés sur place. Comme nous le savons, la vitesse de
tassement est étroitement liée à la perméabilité du sol, donc elle nous renseigne sur la
durée nécessaire à la consolidation du sol sous l'ouvrage.

10.2.5 Essais mécaniques
Ils ont pour but la détermination des caractéristiques mécaniques principalement la
cohésion, l'angle de frottement interne, contrainte de préconsolidation, indices de
compression et de gonflement et capacité portante. Les essais associés sont à titre
d'exemple, essai de cisaillement directe à la boite de Casagrande, essai triaxial et essai
œdométrique.


10.3 Essais sur place

10.3.1 Introduction
Les essais sur place permettent la détermination des caractéristiques du sol dans les
conditions naturelles, c.à.d dans les conditions réelles de résistance.


212
Chapitre 10 : Reconnaissance des sols
10.3.2 Reconnaissance des sols
10.3.2.1 Introduction
Elle permet de localiser les différentes couches du sol, leurs stratification et leurs
pendages, la présence de galerie souterraines ou de l'eau.

10.3.2.2 Méthodes géophysiques
Elles fournissent des informations globales sur l'assiette de construction.

10.3.2.2.1 Prospection électrique
Elle est basée sur l'envoi dans le terrain d'un courant électrique et la mesure de la
différence de potentiel dans le sol entre deux points. La prospection peut être
profonde (verticale) ou superficielle (horizontale ou en couverture). Le calcul de la
résistivité du sol permet d'avoir des informations globales sur l'épaisseur et la nature
de chaque couche grâce à des tables existantes. D'autre part, la technique permet la
mesure de la teneur en eau.

10.3.2.2.2 Prospection sismique
Elle repose sur le principe de propagation des ondes sismiques dans le sol. La vitesse
de propagation dépend de la nature (principalement la compacité) de la couche
traversée. L'onde sismique est générée par des chocs mécaniques (par dame ou
marteau) communiqués au sol. Ainsi l'appareillage consiste à la mesure de la célérité
de l'onde sismique grâce à la quelle on peut établir une identification de la nature du
sol.

10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie
On connaît que le champ de la pesanteur en un point est directement lié à la
répartition des masses au voisinage du point. La méthode repose sur ce principe et
consiste à mesurer avec une grande précision, la variation de l'accélération terrestre.
L'interprétation des résultats permet la découverte des anomalies telles que cavités
souterraines, tranchées, galeries ..etc.

10.3.2.3 Les sondages
Les sondages sont des opération de forage dans le sol avec ou sans carottage
(prélèvement d'échantillon). Dans le cas sans carottage, l'opération est accompagnée
par un programme de mesure et enregistrement de différents paramètres tels que
vitesse d'avancement, poussée de la sondeuse, pression du fluide de perforation,
vibration du train de tige ..etc.

10.3.2.3.1 Prospection géologique
Souvent, le sondage carotté donne lieu à des observations directes par les géologues
du profil du sol. Ceci permet d'étudier de plus près la stratification des couches, leurs
histoire de dépôt, et leurs compositions chimiques.

10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique
Dans ce cas, le sondage permet le forage de puit atteignant la nappe phréatique. La
reconnaissance hydrologique comprenne l'utilisation de piézomètre pour la
détermination de la surface piézométrique, la pression interstitielle et la courbe de
rabattement. L'essai Lefranc (par pompage ou injection) permet la mesure de la
213
Eléments de Mécanique des Sols

perméabilité locale d'un sol en place. Dans l'essai Lugeon, on peut obtenir des
informations sur la circulation de l'eau dans les roches, sur l'état de fissuration de ces
roches, la possibilité de colmatage ou de décolmatage de ces fissures. L'essai de
pompage permet la mesure de la perméabilité globale du sol par pompage ou
d'injection de l'eau. D'autres méthodes existent pour la détermination de la
perméabilité sur place. A titre d'information on peut citer les perméamètres Ménard, et
les essais de perméabilité à l'air.

10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques
Dans beaucoup de situations, par crainte de l'altération des échantillons prélevés, ou
par le besoins immédiat à des informations, on souhaite effectuer des essais sur place
pour la détermination de quelques caractéristiques physiques du sol. A titre
d'exemple, le pénétro-gamma densimètre permet la mesure de la masse volumique par
diffusion Gamma. Cependant la majorité des essais effectués sur place sont relatifs à
l'aspect mécanique c.à.d la résistance du sol.

10.3.4 Essais mécaniques
10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table
Ils donnent des informations très intéressantes mais généralement lents et coûteux.
Dans la pratique ils sont réservés aux pieux uniquement. L'essai à la table n'est
indicatif que pour les massifs homogènes.

10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique
Ils permettent la détermination des caractéristiques dynamiques des sols telles que
module d'élasticité dynamique, le module de cisaillement dynamique, le taux
d'amortissement dynamique ainsi que la variation de la pression interstitielle. Les
essais in situ se basent sur la mesure de la célérité des ondes de volume et de
cisaillement dans des forages spéciaux.

10.3.4.3 Scissomètre
C'est un essai de cisaillement par torsion visant le calcul de la cohésion des argiles
molles saturées.

10.3.4.4 Rhéotest
C'est un essai permettant de déterminer les caractéristiques mécaniques du sol en
place. Pendant le cisaillement du sol par torsion, on mesure la contrainte tangente et
la contrainte normale ce qui permet de tracer la courbe intrinsèque par une série de
mesures. Alors, on peut dire que c'est un essai comparable à l'essai de cisaillement
directe mais effectué sur place.

10.3.4.5 Pressiomètre
Il consiste à l'application d'une pression latérale sur le sol. Les mesures permettent de
tracer la variation de volume du sol en fonction de la pression appliquée. On arrive
ainsi à déterminer le module pressiométrique, la pression de fluage et la pression
limite qui caractérisent la nature du sol. Les résultats pressiométriques permettent le
calcul de portance des fondations de tout type ainsi que les tassements immédiats.


214
Chapitre 10 : Reconnaissance des sols
10.3.4.6 Essai de pénétration au cône
Il permet de mesurer la résistance au cisaillement en fonction de la profondeur
d'enfoncement d'un cône dans le sol sous son propre poids.

10.3.4.7 Essais de battage

10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T)
Un carottier est enfoncé dans le sol sous étude. Pendant l'essai on compte le nombre
de coups nécessaire pour l'avancement du carottier sur une certaine profondeur. Ces
indications permettent la détermination des facteurs de la capacité portante ou même
donner directement la pression admissible d'une semelle. D'autres interprétations
peuvent s'offrir selon la nature du terrain.

10.3.4.7.2 Pénétromètre statique
Ce sont des appareils qui consistent à enfoncer, à vitesse lente et constante, de tiges à
l'aide d'un vérin. Ils permettent de mesurer séparément la résistance de la pointe, le
frottement latéral ainsi que la cohésion. Ces essais s'appliquent pour le calcul des
fondations superficielles ou profondes, et pour le contrôle du compactage à grande
profondeur.

10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique
Sur le principe du S.P.T., un train de tiges est enfoncé dans le sol par la chute libre
d'une masse (mouton). Dans cet essai le matériel est plus simple mais plus robuste.
Les résultats des essais donnent le nombre de coups pour un enfoncement donné, soit
la résistance de la pointe déduite de la formule des Hollandais. Il existe variétés de
pénétromètres dynamiques, les détails peuvent êtres consultées dans des références
spécialisées.
215
Eléments de Mécanique des Sols






















Chapitre 11

Solutions de quelques exercices







Chapitre 11

Solutions de quelques exercices



Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols


Exercice 2
La courbe granulométrique est tracée comme ci-contre. D'où on tire:

d
10
= 0,4 mm
0,01 0,1 1 10
0
20
40
60
80
100
P
o
u
r
c
e
n
t
a
g
e

d
e

p
a
s
s
a
n
t

e
n

m
a
s
s
e
Diamètre des grains [mm]
d
30
= 0,61 mm
d
60
= 1,1 mm

ce qui donne

C
u
= 2,75 et C
c
= 0,85

Il s'agit donc d'un sable propre
moyen et grossier noté SP.


Exercice 4
Utilisant les définitions des
caractéristiques demandées on
trouve:
w = 25%; e = 0,675; n = 0,403; d
h
= 2,01; γ
h
= 19,72 kN/m
3



Exercice 8
Pour le sol 1 la classification se fait comme suit: Le sol est à grains grossiers, un
sable. Mais il s'agit d'un cas limite (voir Tab. 2.10). On utilise alors le double symbole
(SM ou SC) avec (SW ou SP). D'après la courbe granulométrique, on obtient:
D
60
=0,71 mm; D
30
=0,34 mm; D
10
=0,18 mm, C
u
= 3,9 et C
c
= 0,91 d'où: une
granulométrie peu étalée. Il s'agit donc d'un sol SP-SM: un sable silteux à
granulométrie peu étalée.

217
Eléments de Mécanique des Sols


Chapitre 3: Le compactage

Exercice 1
a. La courbe a la forme ci-contre, elle
possède notamment un maximum.
w [%]
12 4
γ
d
[kN/m
3
]
19,6

b. Nous utilisons les expressions

S
r
= w / ( γ
w
/ γ
d
- γ
w
/ γ
s
)
γ
h
= γ
d
( 1 + w )

ce qui donne

S
r1
= 295 % et S
r2
= 87,5 %
γ
h
= 20,38 kN/m
3
et γ
h
= 21,95 kN/m
3


c. Le volume d'eau à ajouter est

∆V
w
= V
wf
– V
wi
avec V
w
= S
r
V
v


le volume des vides est donné par

V
v
= V
t
– V
s
où V
s
= P
s
/ γ
s


Appliquant ces formules sur l'état initial et l'état final, on obtient comme application
numérique

∆V
w
= 47,37 cm
3


218
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices

Chapitre 4: L'eau dans le sol


Exercice 1
Il s'agit d'un essai à charge constante. Utilisant la formule directe associée à l'essai, il
vient: k= 0,11 cm/s.


Exercice 2
Le but de l'exercice est de calculer la perméabilité moyenne horizontale et verticale.
L'application numérique est directe et donne: k
h
= 0,4 10
-2
cm/s, k
v
= 1,43 10
-2
cm/s.

Exercice 3
La contrainte totale au point M est donnée par: σ
M
= γ
sr
D
La pression interstitielle est donnée par σ
uM
= (D-d) γ
w

Alors, la contrainte effective au point M est σ'
M
= σ
M
- σ
uM
= (γ
sr
– γ
w
) D + dγ
w

L'application numérique donne σ'
M
= 49,5 kPa.
219
Eléments de Mécanique des Sols


Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures


Exercice 1
La solution élémentaire est donnée par la solution de Boussinesq:


zM
= 3qdA cos
5
θ/ 2πz
2

avec
dA = α r dr et r = ztg θ

Tout calcul fait, on trouve

σ
zM
= q α (cos
3
θ
i
– cos
3
θ
e
) /2π

formule dans laquelle, θ
i
(respectivement θ
e
) correspond à R
i
(respectivement R
e
).


Exercice 5
La charge totale uniforme q appliquée au sol est égale à la surcharge appliquée
augmentée de la charge due à la semelle. Le calcul rapide se fait par abaque. Le calcul
de la contrainte au droit du point A est directe car il s'agit d'un calcul sous un coin de
la semelle. Sous le point C, il faut superposer la solution correspondant à quatre
surfaces dont chacune a le point C comme coin. Sous les autres points, le
raisonnement est pareil. L'application numérique donne:

q = 83 kPa, σ
zA
= 7 kPa, σ
zC
= 9 kPa


Exercice 6
Maintenant la charge totale de l'exercice 5 est concentrée au centre de la semelle. On
utilise la solution de Boussinesq. Le calcul est directe. A titre d'exemple, l'application
numérique donne:

σ
zE
= 2,9 kPa, σ
zF
= 1,5 kPa
220
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
Chapitre 6: Tassement, compressibilité et consolidation


Exercice 2
1. La courbe de compressibilité est tracée sur la page suivante.
2. La construction de Casagrande donne une contrainte de préconsolidation égale à
170 kPa. Le sol est donc sur-consolidé. Le taux de surconsolidation est r
sc
= 1,3. Pour
le tracé de la courbe de compressibilité pour le sol en place on utilise la construction
de Schmertmann à trois points.
3. Dans la zone de compression vierge on obtient C
c
= 0,261.
Dans la zone de recompression on obtient C
r
= 0,025
4. Dans les conditions de l'exercice, le tassement de consolidation est composé de
deux parties. Une partie calculée dans la zone de recompression, la deuxième étant
calculée dans la zone de compression vierge. Tout calcul fait, on obtient S
c
= 0,6 m.

Exercice 3
1. Dans la formue du tassement instantané, on prendra q = 150 kPa correspondant à la
charge de l'édifice, le coefficient de Poisson est égale à 0,5 car le tassement instantané
se fait sans changement de volume (pas d'évacuation de l'eau). Le facteur d'influence
est tiré du tableau donné dans le cours I=1,12. Tout calcul fait on trouve S
i
= 0,63m.
2. Le calcul du tassement de consolidation est directe et est égal à S
c
= 0,24m.

Exercice 10
a. La relation entre le tassement et le temps est établie grâce à la notion du degré de
consolidation moyen. Le tassement de consolidation S
c
étant connu, la solution se fait
dans le sens S(t), U
moy
, T et finalement le temps t, d'où pour s(t) = 0,4 m on trouve la
durée nécessaire t = 39,26 ans.
b. Dans cette question on fait le chemin inverse au précédant : temps t, facteur temps
T, U
moy
et finalement s(t). Ainsi pour t = 5 ans, on trouve s(t) = 14,4 cm.

Exercice 17
Le calcul du tassement secondaire nécessite le détermination de c
α
. dans la zone
correspondant à la période 25 à 50 ans. A partir des données expérimentales on trace
la courbe e(log t) comme montrer sur la page suivante. D'où les valeurs e
p
= 2,373 et
c
α
= 0,053. Ainsi, le tassement secondaire relatif à la période 25 à 50 ans est
d'intensité S
s
= 0,047 m.
221
Eléments de Mécanique des Sols


Solution de l'exercice 2
222
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices

Solution de l'exercice 17
223
Eléments de Mécanique des Sols

Chapitre 7: Rappels de mécanique des milieux continus


Exercice 2
a. Le vecteur contrainte sur une facette est donné par la relation vectorielle t = σ n, où
n est le vecteur unitaire normale à la facette. Appliquant cette relation pour le cas
proposé, on trouve:

n = < 2/3 2/3 1/3 >

t = < 5/3 2 5/3 > [MPa]

b. La contrainte normale à la facette σ est donnée par le produit scalaire entre le
vecteur contrainte conjugué à la facette t et la normale n: σ = t
T
. n. Connaissant σ, on
peut calculer la contrainte tangentielle τ à la facette d'après l'équation || t ||
2
= σ
2
+ τ
2
.
où || t || représente la norme euclidienne de t. L'application numérique donne:

σ = 3 MPa et τ = (5)
1/2
/ 3 Mpa

Exercice 3
La résolution du problème de valeurs et vecteurs propres donne:
a. contraintes principales: σ
1
= c (5)
1/2
σ
2
= 0 et σ
3
= - c (5)
1/2

b. directions principales:

n
1
= < 2/(10)
1/2
1/(10)
1/2
- 1/(10)
1/2
>

n
2
= < 2/(5)
1/2
1/(5)
1/2
0

>

n
3
= < 2/(10)
1/2
- 1/(10)
1/2
1/(2)
1/2
>

c. Puisque la contrainte moyenne σ
m
est nulle, le tenseur déviateur est égal au tenseur
total: S = σ. Ainsi, les valeurs principales de S sont égales aux valeurs principales de
σ.

Exercice 6
On trouve

x
2

(x
1
+ x
2
)/ 2
x
3
(x
1
+ x
2
)/ 2
x
1
x
3
x
3
x
3
2(x
1
+ x
2
)

ε = c
le tenseur de déformation




-x
1

(x
1
+ x
2
)/ 2
x
3
(x
1
+ x
2
)/ 2
-x
2
x
3
x
3
x
3
x
1
+ x
2

ε
D
= c
le tenseur déviateur de déformation




224
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
La dilatation volumique d est le changement de volume par unité de volume, il est
donné par l'expression

d = tr(ε) = 3c (x
1
+ x
2
)

Exercice 10
Les exercices relatifs au cercle de Mohr ont l'avantage de se résoudre rapidement
grâce à la construction graphique. C'est ce que nous allons considérer dans cet
exercice et les exercices suivants. Connaissant les contraintes principales, on procède
dans le présent exercice à la construction directe du cercle de Mohr, par suite on
répond à la question.

τ
σ
225
Eléments de Mécanique des Sols


Exercice 11
Dans cet exercice le même problème précédent se pose. Sauf que dans cet exercice
apparaît l'intérêt de la notion du pôle de cercle de Mohr.

226
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
Exercice 12
1 cm

1 MPa
227
Eléments de Mécanique des Sols

Chapitre 8: Résistance des sols au cisaillement

Exercice 1
a. Le point de coordonnées (σ
n
, τ
r
) appartient à la courbe intrinsèque et au cercle
limite à la fois. D'autre part, puisque le sol est un sable pulvérulent, la cohésion est
nulle. L'ensemble de ces information permet de tracer la droite intrinsèque et le cercle
de Mohr à la rupture. Graphiquement on trouve:
Les contraintes principales σ
1
= 680 kPa , σ
3
= 200 kPa
Les directions principales α
1
= 28 °, α
3
= 107,5 ° par rapport à l'horizontale
Angle de frottement interne φ = 34 °

b. Lorsque la contrainte de cisaillement est inférieure à la contrainte de rupture, le
cercle de Mohr correspondant n'est pas unique car il n'est pas tangent à la droite
intrinsèque. L'information fournie par l'essai de cisaillement directe ne permet pas de
tracer le cercle de Mohr de l'état de contrainte.

Exercice 2
a1. Cercles de Mohr aux débuts des essais: l'état de contrainte est isotrope donc nous
avons σ
h
= σ
v
= σ
cell
. Les cercles de Mohr se réduisent aux points σ
h1
=

σ
3
1

pour l'essai
A et σ
h2
=

σ
3
2

pour l'essai B.
a2. Cercles de Mohr à la rupture: Dans l'essai triaxial, on suppose que les contraintes
σ
h
et σ
v
appliquées sur l'échantillon sont des contraintes principales, d'où la
construction directe des cercles de Mohr. Ainsi on a:

pour l'essai A :
σ
3
r1

= σ
h
1
et σ
1
r1

= σ
d
r1
+ σ
3
r1

ce qui donne σ
1
r1

= 500 kPa
pour l'essai B :
σ
3
r2

= σ
h
2
et σ
1
r2

= σ
d
r2
+ σ
3
r2

ce qui donne σ
1
r2

= 2100 kPa

d'où la construction graphique des cercles de Mohr à la rupture.

b. Graphiquement, on trouve φ = 43 °

c. Toujours graphiquement, on obtient:

τ
r1
= 150 kPa, σ
r1
= 165 kPa

τ
r2
= 630 kPa, σ
r1
= 690 kPa

d. Puisqu'il s'agit du même sol, la courbe intrinsèque est la même pour les deux essais,
le plan de rupture est orienté de même dans les deux essais. Par rapport au plan
horizontal l'inclinaison du plan de rupture est β = 66 °.

e. On trouve


r

r
)
max
= 0,91 pour les deux essais
228
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
229
Eléments de Mécanique des Sols

Exercice 3
Pour σ'
3c
= 1,5 MPa on obtient e
c
= 0,62

Exercice 4
Pour e
i
= 0,75 on obtient σ'
3crit
= 0,7 MPa


Exercice 6

a) Pour σ'
3c
= 1,5 MPa et e
i
= 0,6

Comportement drainé
Le point sur la courbe e
i
= 0,6 et correspondant à σ'
3c
= 1,5 MPa affiche une
augmentation de volume (∆V/V
0
> 0). L'échantillon augmente de volume. Puisque
l'essai est drainé, la pression interstitielle ne diminue pas.

Comportement non drainé
L'échantillon à tendance a tendance à augmenter de volume mais il sera empêché. La
pression interstitielle chute car l'essai est non drainé. Ceci n'est possible qu'avec une
augmentation de la pression de confinement σ'
3c
.

b) Pour e
i
= 0,6 et σ'
3c
= 1,7 MPa

Comportement drainé
L'échantillon diminue de volume, la pression interstitielle ne varie pas car l'essai est
drainé.

Comportement non drainé
L'échantillon a tendance à diminuer de volume mais il sera empêché du fait que l'essai
est non drainé. Ceci n'est possible qu'avec une diminution de la pression de
confinement σ'
3c
, c.à.d une augmentation de la pression interstitielle.
230
Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices
Chapitre 9: Pression latérale des terres

Exercice 1
La pression latérale est donnée par

σ
a
(z) = K
a
γ z
σ
a
(H)
F
a

H / 3
H
Exercice 1

dans laquelle on peut utiliser la solution de Rankine (δ =
0), d'où

K
a
= (1 – sin φ) / (1 + sin φ) = 0,406

L'application numérique donne:

σ
a
(H) = 71,9 kPa

La distribution de la pression est triangulaire et a pour
résultante la poussée

F
a
= 0,5 σ
a
(H) H = 341,5 kN/mètre de largeur

Son point d'application agit à la profondeur Z
F
= 2H/3 = 6,3 m


Exercice 2
On peut toujours utiliser le schéma de Rankine. Lorsque
la surface libre du massif est inclinée, on calcul la
pression latérale par l'expression:
β
β
σ
a
(H)
F
a

H / 3
H

σ
a
(z) = K
a
γ z cos β

Cette pression agit parallèlement à la surface libre. K
a

est le coefficient de poussée active due au poids des
terres, il est fonction de φ et β. La résultante de cette
pression est

F
a
= 0,5 σ
a
(H) H = 0,5 K
a
γ H
2
cos β

Exercice 2
qui agit à H/3 de la base du massif. L'application
numérique donne:

K
a
= 0,49 γ = 18,64 kN/m
3
σ
a
(H) = 83,81 kPa
F
a
= 398 kN/ml
231
Eléments de Mécanique des Sols



Références bibliographiques


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Présentation

Ce cours est destiné aux étudiants de 3ème année de génie civil et hydraulique. Il présente les éléments fondamentaux de mécanique des sols aux étudiants non initiés avec cette discipline. Le document ne représente pas un substitue aux multiples ouvrages généraux ou spécialisés du domaine, mais son auteur souhaite qu'il constitue une synthèse conduisant le lecteur à saisir les grandes lignes de la matière, à s'intéresser aux problèmes posés ainsi que sentir le besoin d'approfondir les connaissances par la voie noble de l'auto-apprentissage. L'ouvrage comporte le nécessaire pour faire le calcul pratique en terme de principes, méthodes, formules, tables et abaques. Dans ce contexte, il représente un aide mémoire couvrant les chapitres du programme officiel, et laissant à l'auditeur l'occasion de se concentrer sur les notions de base plutôt que copier à la hâte des formules et expressions peux significatives. L'enseignant, se trouvera libérer de la nécessité d'écrire au tableau la majorité de ce qu'il prononce, il aura alors l'occasion de se concentrer sur l'aspect physique et conceptuel. Malheureusement, ayant fixé comme objectif une synthèse dans la matière, beaucoup de concepts, théories et méthodes restent peux développées et nécessitent un espace plus large pour une mise en valeur correcte. L'intéressé est alors invité à approfondir les notions diverses à travers la consultation d'une liste bibliographique proposée à la fin de l'ouvrage. Le document est organisé en chapitres. Chaque chapitre expose le cours, accompagnés dans la mesure du possible par des exemples dont la résolution ce fait pendant les conférences. Une série d'exercices résolus et de problèmes supplémentaires est proposée à la fin du chapitre. Pour que le module soit un espace d'échange bilatéral, des travaux seront proposés aux étudiants pour couvrir à travers des recherches bibliographiques des thèmes particuliers et sont vivement encouragés à les présenter sous forme d'exposés publiques. Les intérêts pédagogiques, scientifiques et relationnels seront parmi les retombées immédiats de cet approche. Sans aller plus loin, notons que la disponibilité du document ne doit décourager l'étudiant à assister au cours orale, car jamais un écrit ne peut remplacer l'apprentissage de main de maître. Enfin, s'agissant de la première version du document, je serrai reconnaissant au lecteur ses corrections de l'écrit, ses remarques, ainsi que ses suggestions. A. Berga Béchar, le 22 Mai 2003

Table des matières
Thème Notations Chapitre 1: Introduction générale 1.1 Objet de la mécanique des sols. 1.2 Disciplines de la mécanique des sols. 1.3 Historique. 1.4 Quelques grands projets. 1.5 Plan du cours. Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols 2.1 La formation des sols. 2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche. 2.3 Structure des sols. 2.4 Analyse granulométrique. 2.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols 2.5.1 Masses et poids volumiques 2.5.2 Porosité, indice des vides et densité relative 2.5.3 Teneur en eau et degré de saturation. 2.6 Propriétés des particules fines. 2.6.1 Propriétés colloïdales 2.6.2 Surface spécifique. 2.6.3 Limites d'Atterberg. 2.6.4 Famille minéralogique. 2.6.5 Activité. 2.6.6 Sensitivité. 2.7 Classification des sols. 2.7.1 Système de classification unifié des sols (USCS) Exercices du chapitre Chapitre 3: Compactage 3.1 Introduction 3.2 Définitions 3.3 Théorie du compactage 3.4 Essais au laboratoire 3.5 Matériel de compactage 3.6 Procédés spéciaux de compactage 3.7 Spécifications et contrôle du compactage sur le terrain 10 10 10 11 12 12 14 14 14 14 15 20 20 22 23 23 23 24 24 26 28 28 28 29 34 38 38 38 39 39 40 40 41 page

Thème Exercices du chapitre Chapitre 4: L'eau dans les sols 4.1 Introduction 4.2 Généralités 4.2.1 Capillarité 4.2.2 Retrait et gonflement des sols 4.2.3 Action du gel 4.3 Dynamique de l'écoulement 4.3.1 Hypothèses 4.3.2 Conservation de la masse 4.3.3 Charge hydraulique (Equation de Bernoulli) 4.3.3 Gradient hydraulique 4.3.4 Loi de Darcy pour l'écoulement à une dimension 4.3.5 Généralisation aux écoulements à 2 et 3D 4.4 La Perméabilité des sols 4.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au Laboratoire 4.4.1.1 Perméamètre à charge constante 4.4.1.2 Perméamètre à charge variable 4.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site 4.4.3 Formules empiriques 4.4.3.1 Formule de Hazen 4.4.3.2 Formule de Taylor 4.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale 4.5 Principe de la contrainte effective 4.5.1 Loi de Terzaghi 4.5.2 Loi de Skempton 4.5.3 Loi de Bishop 4.5.4 Cas d'écoulement linéaire 4.6 Effet Renard 4.7 Force d'écoulement 4.8 Réseaux d'écoulement 4.9 Contrôle des écoulements Exercices du chapitre Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures 5.1 Introduction 5.2 Charge concentrée verticale, problème 3D 5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie 5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie 5.5 Charge uniformément répartie 5.5.1 Cas de surface circulaire

page 43 44 44 44 44 45 45 45 45 45 45 46 46 47 47 48 48 48 48 49 49 49 50 50 50 51 51 51 52 52 53 54 56

60 60 60 62 62 62 62

3.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle 6.2 Cas de bande rectangulaire page 62 5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie 5.12 Théorie de Westergaard Exercices du chapitre Chapitre 6: Tassement.1 Introduction.1 Introduction 6. Compressibilité et Consolidation 6.2 Phénomène de la consolidation 6.8.1 Méthode de Casagrande 6.4 Degré de consolidation 6.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur 64 5.5 Degré de consolidation moyen 6.2 Calcul des tassements instantanés 6.2 Composantes du tassement 6.7 Calcul des tassements primaires 6.8.8.3.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie 5.11.1 Méthode globale 6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation 6.8.1 Définition 6.8.3.2 Hypothèses 6.10 Détermination du coefficient de perméabilité 6. le tassement 6.3 Compressibilité 6.5.8.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière 5.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation 6.7.7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée 67 5.8.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place 6.9.3.1 Les hypothèses 6.4 Consolidation 6.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie 5.11.9.7.2 Mise en équations 6.3 Résolution 6.7.3 Calcul des tassements de consolidation 6.2 Méthode de Taylor 6.11 Evaluation de la compression secondaire 6.8 Vitesse de consolidation 6.8.3 Calcul du tassement secondaire 6.3.12 Tassements admissibles et précautions à adopter Exercices du chapitre 67 69 69 70 70 73 74 74 74 75 77 78 79 80 80 81 82 84 84 84 85 85 86 86 87 88 91 91 92 93 93 93 93 93 94 96 .Thème 5.11.

4.4.4 Tricercle de Mohr 7.9 Critères de plasticité 7.1 Construction directe 7.6 Ellipsoide de contrainte 7.6 Autres lois constitutives 7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques Exercices du chapitre page 100 100 101 101 101 101 102 102 102 102 103 103 103 104 104 104 105 105 105 107 107 108 108 109 109 109 110 110 111 111 111 112 112 112 112 113 113 113 114 117 118 119 .5.3.7 Propriétés du tenseur de déformation 7.3 Symétrie 7.6.2.8.3 Dilatation volumique 7.2 Vecteur de contrainte 7.Thème Chapitre 7: Rappels de mécanique des milieux continus 7.3 Tenseur de contrainte 7. déplacement et déformation 7.8 Relation contrainte-déformation.8.4 Rotation des axes 7.1 Introduction: mécanique des milieux continus 7.2 Conditions aux limites 7.3 Résolution 7.4.7.5 Contraintes principales 7.5.1 Position du problème de mécanique des solides 7.8.7.3 Champ de contrainte 7.3 Pôle des faces 7.4.5.4 Propriétés du tenseur de contrainte 7.7. Les forces 7.8.3.6 Invariants 7.1 Conditions de compatibilité 7.4.3.6.10 Equation d'équilibre en coordonnées sphériques 7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques 7.4 Lois constitutives 7.9 Etat plan de contrainte 7.1 Mouvement. 7.5 Cercle de Mohr 7.7.8.1 Postulat d'Euler Cauchy 7.1 Equation d'équilibre 7.4.5.8 Convention de signe en mécanique des sols 7.6 Champ de déformation.4.2 Tenseur de déformation infinitésimale 7.4.4.5 Etats particuliers de contraintes planes 7.5 Elasticité linéaire 7.8.5.5. 7.4.2 Conditions aux limites 7.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique 7.2 Bilan des équations et des inconnues 7.2 Construction inverse 7.

6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement.6.4 Essai de compression simple 161 8.2.3.6 Distribution des contraintes 172 176 176 176 177 178 178 178 178 178 178 179 179 180 .6.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques.1 Introduction.3 Essais de résistance des sols au cisaillement.2.5.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation latérale 9.5 Résistance des sables au cisaillement.4. 135 8.4 Essais sur site 128 8.6.5.2.4.4. 125 8.5.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb.3.4. 131 8.4.2.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé 154 8.2 Sable saturé en cisaillement non drainé.2.5 Variation de la pression interstitielle 161 8.3 Essais spéciaux 127 8.8 Application des cheminements des contraintes sur certains problèmes 170 Exercices du chapitre Chapitre 9: Pression latérale des terres 9.1 Introduction 9. 130 8.3 Essais sur la poussée des terres 9.6.4.3 Comportement à l'essai triaxial non consolidé non drainé.Thème Chapitre 8: Résistance des sols au cisaillement page 124 8.4 Etats de l'équilibre limite 9. 154 8. 124 8.5 Lignes de glissement 9.6.6. 160 8. 130 8.6.1 Essai de cisaillement directe 125 8.2 Comportement à l'essai triaxial consolidé non drainé 155 8.2 Contrainte sur une facette parallèle à la surface libre 9.1 Définition 9. 128 8.3.4.3 Equilibres inférieur et supérieur 9.1 Hypothèses 9.2 Essai triaxial 126 8.4 Cheminement des contraintes.4.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur les argiles surconsolidées 168 8.1 Sable saturé en cisaillement drainé.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement 133 8.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur les argiles normalement consolidées 166 8.3.4 Contrainte sur la facette verticale 9.2 Equilibre de Rankine 9.6. 124 8.2.

5.2 Théorie de Coulomb 9.3 Calcul du coefficient de Poussée 9.4 Poussée due à une surcharge uniforme 9.5.2 Etat actif 9.5.3.2.4.2.2 Essais de laboratoire 10.5.1 Etat actif 9.5.3.2.2.2.5.4 Cas de milieu pulvérulents non pesant chargés 9.2.5.2.1.3.5.1 Introduction.3.4.2.2 Etat passif Exercices du chapitre Chapitre 10: Reconnaissance des sols 10.2 Sol cohérent 9.3 Les sondages page 182 182 183 183 186 193 198 199 199 199 199 200 201 201 202 202 203 203 204 205 205 206 206 206 207 208 210 210 210 210 211 211 211 211 211 211 212 212 212 212 212 212 212 .1 Sol pulvérulent 9.5.2.5 Cas de surface libre inclinée 9.2.2 Méthodes géophysiques 10.1 Introduction 9.2.5.1 Introduction 10.1.3.1.1 Hypothèses 9.5.1.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée 9.5 Cas des sols cohérents (théorème des états correspondants) 9.2.4.Thème 9.2 Poussée sur un écran 9.1.3.1 Prospection électrique 10.1.1 Introduction 10.4.2.2.4.2.5.2.3 Equilibre de Boussinesq 9.5.3 Essais sur place 10.1 sol pulvérulent non chargé 9.4.3 Essais chimiques et minéralogiques 10.1.4.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel) 9.5.2.2.2 Essais physiques 10.5.2.4 Construction de Culmann 9.4.3.1 Théorie de Rankine 9.3.2 Etat actif 9.4 Essais hydrauliques 10.3.3 Etat passif 9.4.3.1 Introduction 9.2 Reconnaissance des sols 10.3.5 Essais mécaniques 10.3.3 Etat passif 9.2.4.4 Etude de la solution 9. 10.1 Introduction 10.5.2.5.2 Prospection sismique 10.3 Prospection par micro-gravimétrie 10.

2.3.3.2 Reconnaissance hydrologique 10.3 Pénétromètre dynamique Chapitre 11: Solutions de quelques exercices Références bibliographiques page 212 212 213 213 213 213 213 213 213 214 214 214 214 214 216 .4 Essais mécaniques 10.2.3 Essais sur les caractéristiques physiques 10.4.1 Essai de pénétration normalisé (S.T) 10.5 Pressiomètre 10.3.4.1 Prospection géologique 10.3.3.3.3.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table 10.2 Pénétromètre statique 10.3.4.3.3.3.2 Essais pour le sol sous action dynamique 10.4.4 Rhéotest 10.3.P.7 Essais de battage 10.3.Thème 10.4.7.4.7.3.4.4.3.3.6 Essai de pénétration au cône 10.4.3 Scissomètre 10.4.7.

ky l m ms mt mv n ni pa pp ps pt pw q r rm rsc sm t tr ti tp u Constante. épaisseur Ascension capillaire Gradient hydraulique Coefficient de perméabilité. fonction Force de volume Accélération terrestre. fonction Hauteur. cohésion Contrainte d'adhérence massif-écran Déformation volumique Déterminant d'une matrice densité déjaugée densité sèche densité humide densité de la phase solide Distance infinitésimale Indice des vides. paramètre. vecteur unitaire Masse de la phase solide Masse totale Coefficient de changement de volume Porosité. nombre de carreaux. charge hydraulique. vecteur unitaire Indice des vides en fin de consolidation Indice des vides critique Indice des vides dans l'état le plus lâche Indice des vides dans l'état le plus dense Indice des vides à la fin de consolidation primaire Fonction de charge. rayon d'un cercle Rayon du ménisque Taux de surconsolidation contrainte moyenne Temps. dimension Coefficient de compressibilité Constante. vecteur contrainte Trace d'un tenseur Composante de vecteur contrainte Temps de 100 % de consolidation Pression interstitielle. vecteur unitaire Coefficient de poussée des terres au repos Coefficient de la poussée latérale due à une surcharge Coefficients de perméabilité suivant x et y Longueur d'un chemin. dimension Compacité. charge répartie Vecteur position. vecteur ou composante déplacement .Notations Alphabet minuscule a av b c cw d det d' dd dh ds ds e ec ecrit emax emin ep f fv g h hc i k k0 kq kx. vecteur unitaire Paramètres. vecteur unitaire normal Composante de vecteur unitaire normal Poussée active Poussée passive Poids de la phase solide Poids totale Poids de l'eau Débit.

paramètre de la pression interstitielle Dimension. épaisseur Longueur de drainage Facteur d'influence Invariant d'un tenseur Indice de consistance Indice de densité Indice de liquidité Indice de plasticité Coefficient de pression des terres Coefficient de poussée des terres au repos Coefficient de la poussée active Coefficient de la poussée active due à la cohésion Coefficient de la poussée active due à une surcharge Coefficient de la poussée active due au poids des terres Coefficient de la poussée passive Coefficient de la poussée passive due à la cohésion Coefficient de la poussée passive due à une surcharge Coefficient de la poussée passive due au poids des terres Coefficient de la poussée latérale due à une surcharge Coefficient de la poussée due au poids des terres Dimension Masse Masse totale pression. module de Young Composante du tenseur de déformation Module oedométrique Force de volume Résultante de la poussée active Composante de force de volume Résultante de la poussée passive Hauteur. aire d'une section.ua uc v vs vt vv vw w x. x' z Pression de l'air Pression capillaire Vitesse. vitesse de décharge. indice de compression Indice de compression modifié Indice de recompression Indice de recompression modifié Coefficient d'uniformité Coefficient de consolidation Résultante de l'adhérence massif-écran Indice de compression secondaire Indice de compression secondaire modifié Profondeur d'influence (consolidation dynamique) Diamètre du tamis correspondant à x % de tamisa cumulé Tenseur de déformation. paramètre de la pression interstitielle Aire de contact Coefficient. composante de déplacement Volume de la phase solide Volume total Volume des vides Volume de l'eau Masse. matrice de passage Coefficient de courbure. profondeur Alphabet majuscule A B Ac C Cc Cce Cr Cre Cu Cv Cw Cα Cαe D Dx E Eij E' F Fa Fi Fp H Hdr I Ii Ic Id IL Ip K K0 Ka Kac Kaq Kaγ Kp Kpc Kpq Kpγ Kq Kγ L M Mt P Activité. distance Altitude. force concentrée . composante de déplacement Coefficient. force totale de contacte.

volume Volume initial Volume de la phase solide Volume total Teneur en eau.P' Q R Re S Sc Sd Si Sij Sr Sp Ss St T Targ U. tassement total Tension. tension capillaire. tenseur de contrainte. εij εm εp εv η θ ρ ρ' ρd ρh ρs ρw Angle. tassement secondaire Sensitivité. coefficient de Lamé. angle de frottement massif-écran Symbole de Kronecker Valeur propre. inclinaison de la surface libre d'un massif Poids volumique déjaugé Poids volumique sec Poids volumique humide Poids volumique des grains solides Poids volumique du sol saturé Poids volumique de l'eau Angle. facteur temps Teneur en argile Degré de consolidation Degré de consolidation moyen Vitesse moyenne. lecture micrométrique. inclinaison d'un écran par rapport à la verticale Coefficient de Lamé Coefficient de Poisson Angle. déformation Tenseur ou composante de petite déformation Déformation moyenne Déformation plastique Déformation verticale Coefficient de viscosité Angle de position Masse volumique. Réaction Nombre de Reynolds Tenseur déviateur. tassement. distance radiale Masse volumique déjaugée Masse volumique sèche Masse volumique humide Masse volumique des grains solides Masse volumique de l'eau . poids propre Limite de liquidité Limite de plasticité Limite de retrait Teneur en eau optimale Profondeur Symbole minuscule α α0 αr β γ' γd γh γs γsat γw δ δij λ µ ν ε ε. fonction Tassement de consolidation Tassement différentiel Tassement instantané Composantes du tenseur déviateur Degré de saturation Tassement primaire Surface spécifique. scalaire. Uz Umoy V V0 Vs Vt W WL WP WR Wop Z Force effective de contacte Débit Distance radiale. inclinaison d'un écran par rapport à l'horizontale inclinaison d'une surcharge inclinaison du plan de rupture Angle.

ωδ. Variation. contrainte dans un nouveau repère Contrainte latérale effective de confinement Contrainte latérale effective critique Contrainte verticale de préconsolidation Contrainte verticale Contrainte verticale de consolidation Contrainte verticale due au poids des terres Résistance. σf σs σz σij σrr. angle de frottement interne Angle de frottement interne (analyse en contraintes effectives) Angle entre la direction de σ1 et un rayon polaire Angle Symbole majuscule. matrice . τf τ' φ φ' ψ ωβ. tenseur. τmax τr. opérateur ∆ ∇ ċ (point) . contrainte normale totale.σ σ1 σ2 σ3 σeq σh σm σn σr. Laplacien Opérateur Nabla (différentiel) Vitesse de c Dérivée partielle Autres enrichissements Gras Vecteur. contrainte tangentielle totale Composante tangentielle de tenseur de contrainte Contrainte tangentielle maximale Contrainte tangentielle à la rupture Contrainte tangentielle effective Potentiel de vitesse. σθθ σ' σ'3c σ'3crit σ'p σv σ'vc σ'v0 τ τij τm. tenseur de contrainte Contrainte principales Contrainte équivalente Contrainte horizontale Contrainte moyenne Contrainte normale Contrainte normale à la rupture Contrainte seuil Contrainte verticale Composante de tenseur de contrainte Composante de contrainte dans un repère polaire ou cylindrique Contrainte normale effective. ωα0 Contrainte normale.

4 Quelques grands projets. 1.2 Disciplines de la mécanique des sols. 1.1 Objet de la mécanique des sols. 1.Chapitre 1: Introduction générale 1.5 Plan du cours. 1.3 Historique. .

A titre indicatif. le sol peut constituer une base d’appuis pour l’ensemble de l’ouvrage tel que route. piste d’atterrissage. répond sur quelques questions relatives à l’histoire du dépôt et permet d’orienter les recherches préliminaires. En effet. De ce fait. 1. la réussite de l’ouvrage relève de la réussite du projet de fondation. La mécanique des sols (et des roches) est la science qui regroupe l’ensemble des connaissances et des techniques qui permettent D’identifier les caractéristiques qui régissent le comportement mécanique du sol. . Selon le type de l’ouvrage et son mode de conception. mines… 1.etc.1 Objet de la mécanique des sols Les ouvrages utilisent le sol autant qu’un élément de l’infrastructure qui transmet la charge globale de l’ouvrage vers une couche du sol suffisamment stable et résistante. D’autre part. tunnels. L’analyse de l’interaction sol-structure La réalisation correcte des ouvrages enterrés. remblais et structures en terre. la mécanique des sols traite les problèmes relatifs aux fondations diverses. ouvrages de soutènement.2. tunnel. elle permet d’identifier les différentes couches du sol. plusieurs disciplines seront nécessaires. barrage en arc . mur de soutènement.Chapitre 1 Introduction générale 1. barrage poids.. ou un point d’appuis pour quelques éléments seulement tel que bâtiment. leurs épaisseurs et leurs pendages ainsi que la présence éventuelle de nappe d’eau souterraine. route.2 Disciplines de la mécanique des sols Afin de réaliser les objectifs citées ci-dessus. l’étude géologique des couches présentes donne des descriptions qualitatives du sol. pont. stabilité des pentes et talus. aérodrome.1 Géologie du terrain L’étude de la géologie du terrain est d’une grande importance.

5 Recherche théorique et modélisation numérique Dans le but de la compréhension des phénomènes physiques complexes. Cette discipline permet de déterminer la résistance du sol et sa capacité portante. Elles décrivent les problèmes posés par des modèles mathématiques rigoureux dont la résolution fait recours aux techniques informatiques et numériques de plus en plus avancées et occupe une large partie de la recherche actuelle dans ce domaine. Autre que le savoir faire. 1. comme il permet de parer aux phénomènes des sables boulants. 1. elle permet de prévoir de façon quantitative la déformation ou tassement du sol sous la charge de l’ouvrage. la réglementation en vigueur doit être suivie pas à pas pour garantir les conditions de sécurité que ce soit pendant la réalisation ou au cours de l’exploitation de Siècle Auteur Théorie l’ouvrage. La détermination du niveau de stabilisation et l’étude du régime d’écoulement permet de choisir le matériel de pompage et d’épuisement.3 Histoire de la mécanique des sols 19ème Coulomb Collin Darcy Rankine On peut Gregory suivre l’évolution de la mécanique des Atterberg sols à travers son 20ème Terzaghi apparition autant qu’une science à Casagrande part entière et le développement de ses grandes théories (voir le tableau ci-contre).4 Caractéristiques mécaniques L’analyse du comportement mécanique des sols repose sur les conclusions des disciplines précédentes ainsi que sur des essais de laboratoire ou sur site. ème 18 1.2 Caractéristiques physico-chimiques L’étude des caractéristiques physiques et chimiques des sols a montré sa grande utilité pour la prédiction ou l’interprétation du comportement du sol.11 Eléments de Mécanique des Sols 1. Elle prend en compte l’étude des coûts des différentes solutions possibles. plusieurs théories ont été développées.2. La détermination de la nature chimique de l’eau souterraine permet de prévoir le mode d’étanchéité des structures enterrées. l’étude de la perméabilité des différentes couches s’impose pour estimer la résistance du sol dans les conditions les plus défavorables et le risque au glissement.6 Conception et mise en œuvre Ce sont les techniques acquises pour la conception et la réalisation des ouvrages enterrés.2. Enfin.2.2. remblai compacte avec contrefort pour stabiliser la pente des tranchées de voies ferrées Limites de consistance de l’argile Premier manuel moderne de mécanique des sols Essais sur la limite de liquidité . La majorité de ces propriétés sont déterminées par des essais au laboratoire ou sur site.3 Etude hydraulique En présence d’eau.2. et par conséquent le choix du mode de fondation et les dimensions des éléments enterrés. 1. 1. Résistance au cisaillement Rupture dans les talus d’argile Ecoulement de l’eau à l’intérieur du sable Pression des terres sur les murs de soutènement Drainage horizontal.

. Le chapitre trois s’intéresse à l’amélioration des caractéristiques du sol par compactage.4 Quelques grands projets de mécanique des sols à travers le monde Le sujet se prête à une recherche bibliographique intéressante. l’étude de la compressibilité et de la vitesse de consolidation du sol. Le sixième chapitre expose de façon détaillée le calcul du tassement du sol sous charge extérieure. la loi de Darcy régissant l’écoulement de l’eau dans le sol. la contrainte verticale due au poids des terres et la notion de la contrainte effective. et présente les essais Proctor lié au problème. et l’utilisation du cercle de Mohr seront rappelés. la composition minéralogique. Le chapitre huit présente en détail les différentes théories associées à l’équilibre limite et abouti au calcul pratique de la pression latérale des terres. Dans le quatrième chapitre on étudie l’eau dans le sol. 1. Il est constamment proposé aux étudiants de différentes promotions autant que travail à exposer.5 Plan du cours Le chapitre deux est consacré à la description macroscopique.12 Chapitre 1: Introduction générale 1. la perméabilité du sol. Le chapitre sept est relatif à l’étude de la résistance des sols au cisaillement pour lequel les notions fondamentales de mécanique des milieux continus. Le chapitre cinq donne les résultats pratiques pour l’étude de la distribution des contraintes dues aux charges extérieures. les réseaux d’écoulement. structure et caractéristiques physiques des sols ce qui permet d’établir des systèmes de classification des sols.

13 Eléments de Mécanique des Sols .

6.3 Limites d'Atterberg.2 Porosité.3 Teneur en eau et degré de saturation.7 Classification des sols.1 La formation des sols.3 Structure des sols.7.6 Sensitivité.5. 2. 2. 2.6.2 Surface spécifique.1 Système de classification unifié des sols (USCS) .1 Masses et poids volumiques 2. 2.1 Propriétés colloïdales 2.4 Famille minéralogique.5. 2.5. 2.4 Analyse granulométrique.Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols 2.6. indice des vides et densité relative 2.6. 2.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche. 2. 2. 2.6.6 Propriétés des particules fines.6.5 Activité.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols 2. 2. 2.

sous-arrondies.1 Formation des sols La terre est recouverte d’une couche plus ou moins solide de roches basaltiques et granitiques d’une épaisseur de 10 à 40 km. Comme altération chimique on site l’oxydoréduction et la carbonatation. Autre que la grosseur des grains. 2.2. On peut considérer l’érosion autant qu’une altération mécanique.3. expérience cumulée et bon jugement pour la réussite d’une étude géotechnique. Il s’agit d’une mince couche d’épaisseur variable de matériaux non consolidés à cause des effets géologiques tels que les altérations qui provoquent la désintégration des roches en petites particules. on peut commencer par une description grossière à l’œil nu (Tab. Toutefois.Chapitre 2 Caractéristiques physiques des sols 2. et activité humaine. Au dessus se trouve le sol.1). analyse théorique et modélisation. 2.2. variation de température.2 Forme Il s’agit de la description de la forme géométrique du grain (Fig. angulaires et sous-angulaires. texture et structure élémentaire.2.3. 2. 2. 2. L’altération physique comprend le gel et dégel.3 Particules en bâtonnets où aiguilles. Son comportement est non linéaire et irréversible d’où la nécessité de combiner essais en laboratoire et en place. l’analyse granulométrique (voir ci-dessous) permet d’étudier la répartition des particules selon leurs grosseurs.3. les particules possèdent d’autres caractéristiques telles que forme. Elles prédominent dans les sols à gros grains.1 Grosseur des grains Lorsque le sol est constitué de grains de dimensions variables.3. Pour une description plus précise.3. 2. 2. Les dimensions de ces particules peuvent être uniformes ou variées allant des cailloux de 10 cm et s’étendant jusqu’aux particules fines de moins du micron.3 Structure des sols Le sol est un matériau constitué de particules. on utilise les adjectifs : arrondies. .2 Particules en plaquettes Typique des sols à grains fins. 2. La présence de l’air et de l’eau font du sol un matériau complexe à effet du temps.2 Principales caractéristiques du sol et de la roche Le sol est un matériau hétérogène et anisotrope comportant des minéraux et des matériaux organiques.1). 2.1 Particules cubiques ou sphériques. animale ou végétale. Cette forme est moins répondue dans le sol.

2. structure dense. amas et matrices (Fig. douce.3).3. l’interprétation des résultats se fait en dressant la courbe du tamisat cumulé en fonction du diamètre des grains (Fig. les arrangements se diversifient entre agrégats.3. En général. 2. on introduit des coefficients permettant la description de la répartition granulométrique: le coefficient de courbure Cc et le coefficient d'uniformité Cu. 2. . 2. 2.6). Lorsque le sol comporte des grosseurs de grain variables (grosse ou fine). striée.2). 2. 2. Sables Gros grains. givrée. 2. L’essai se fait en suivant un mode opératoire bien précis. 2. Dans les argiles. on peut trouver des structures en nid d’abeille et structure floconneuse qui sont moins résistantes (Fig.4 Structure élémentaire Les particules de toutes dimensions et toutes formes s’arrangent dans le sol pour former des structures variées. visibles à l'œil nu Granulaire Pulvérulents Non plastiques Peux d'importance Silt Grains fins invisibles à l'œil nu Granulaire Pulvérulents Non plastiques Important Sans grande importance Argiles Grains fins invisibles à l'œil nu Cohérents Plastiques Très important Sans grande importance Grosseur Caractéristiques Effet de l'eau Effet de la distribution granulométrique Important Tab.4 Analyse granulométrique C’est l’étude au laboratoire de la répartition des grains d’un sol selon leurs dimensions. Dans ce contexte.4). mate. rugueuse.3 Texture Pour sa description on utilise les adjectifs polie.15 Eléments de Mécanique des Sols Propriété Graviers. peuvent s’arranger de plusieurs façons (Fig.5). Les sols relevant de ce dernier type posent des problèmes redoutables tels que gonflement et tassement. Les grains d’argile en forme de plaquettes. on effectue un tamisage tandis que pour les particules très fines l’essai se fait par sédimentométrie.1: Propriétés texturales des sols. Les particules des sols à gros grains ont un arrangement élémentaire de sorte que chaque grain est solidement installé entre ses voisins telles les structures élémentaires extrêmes (la plus compacte et la plus lâche). Pour les sols grossiers. structure lâche et structure en nid d’abeille (Fig.

48 Structure élémentaire dense n = 0.16 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols arrondie sous-arrondie angulaire sous-angulaire Fig. 2.26 structure dense structure lâche structure en nid d'abeille Fig.1 : Quelques formes typiques de grains grossiers Structure élémentaire lâche n = 0.2 : Arrangement de sols à grains grossiers . 2.

3: Arrangement de sols à grains fins arrangement de plaquettes d'argile arrangement de groupement de plaquettes d'argile Enchevêtrement d'amas d'argile Fig. 2.17 Eléments de Mécanique des Sols structure en nid d'abeille structure floconneuse Fig. 2.4: Différents arrangements de plaquettes d'argile (d'après introduction à la géotechnique) .

2.5: Arrangement de particules solides de différentes grosseurs (d'après introduction à la géotechnique) .18 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols matrice de particules argileuses enchevêtrement d'amas d'argile avec inclusions de silt grains de silt et de sable plaquettes de silt et grains de sable matrice de particules granulaires matrice partiellement discernable entre particules Fig.

5 : (suite) Arrangement de particules solides de différentes grosseurs (d'après introduction à la géotechnique) .19 Eléments de Mécanique des Sols arrangement de sable ou silt avec un liant arrangement d'agrégat régulier avec des grains de sable ou silt arrangement d'agrégat régulier avec une matrice de particules fines agrégats irréguliers retenus par un liant agrégats irréguliers formant un nid d'abeille Fig. 2.

alors 1 < Cc < 3 donne une granulométrie bien étalée. et supérieur à 6 pour les sables.2) On considère que lorsque Cu est supérieur à 4 pour les graviers.1 A l’aide des courbes granulométriques ci-dessous (Fig.5 Caractéristiques physiques communes aux différents sols 2.2). 2. air va eau vw grains vs air ma ≈ 0 eau mw grains ms Fig. 2. 2.20 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols P o u rc e n ta g e d e p a s s a n t e n m a s s e 100 80 60 40 20 0 1 E -3 0 .1) Il sert à la description de la granulométrie (Tab. Coefficient de courbure Cc Il est défini par : Cc = 2 D30 D10. déterminer les valeurs respectives du coefficient d’uniformité et du coefficient de courbure. Il est défini par : Cu = D60 D10 (2. 2.2: Echelle de granulométrie selon Cu (2. 2.D60 Cu 1 1–2 2–5 5 – 20 > 20 Granulométrie A une seule grosseur Très uniforme Uniforme Peu uniforme Très étalée Tab. liquide et gaz (Fig.5. Exemple 2. 2. 2.7).7 : volume élémentaire d’un sol .6).1 1 10 100 D ia m è tre d e s g ra in s [ m m ] Fig. Dx est par définition le diamètre du tamis dont le tamisat cumulé est égal à x %.6: Exemple de courbes granulométriques Coefficient d’uniformité Cu.0 1 0 .1 Masses et poids volumiques Un sol en place est un complexe constitué en général de trois phases : solide.

notons donc pi le poids associé à la masse mi. On montre qu’il est donné par : γ' = γsat . la masse par unité de volume du sol considéré : ρh = m t vt (2.9) dd la densité sèche . On appelle masse volumique apparente ou tout simplement masse volumique.21 Eléments de Mécanique des Sols .10) (2. C'est le poids apparent des grains solides baignant dans l’eau.5) γd le poids volumique sec γd = ps vt (2.γw où γsat est le poids volumique apparent du sol saturé.7) γs le poids volumique des grains solides γs = ps vs (2. d'où les définitions: γh le poids volumique (apparent) γh = pt vt (2.3) . c’est le poids volumique qui intervient. La masse volumique sèche est la masse de la matière sèche contenue dans l’unité de volume : ρd = ms vt (2.8) γ' le poids volumique déjaugé.6) γw le poids volumique de l’eau γw = pw vw (2. Parfois on utilise les densités par rapport à l’eau : dh la densité humide dh = γh γw (2.4) Dans la majorité des questions.

5.13) Remarque 2. .4 et 2.2 Indice des vides C’est le rapport du volume des vides au volume des grains solides e = vv vs (2. Ainsi la plupart des minéraux constitutifs des sols ont une densité des grains solides située entre 2. emax est l’indice des vides correspondant à l’état le plus lâche. c=1–n 2. les grains solides occupent le volume 1-n dit compacité.2.98 et 28.5.22 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols dd = γd γw (2.1 Porosité et compacité La porosité est le rapport du volume des vides (eau et air) au volume total du sol.11) ds la densité des grains solides ds = γs γw (2.14) Dans un volume égale à l’unité.2 Porosité.9.2.17) où emin est l’indice des vides correspondant à l’état le plus compact.5. n = vv vt (2. Ces deux éléments simples ont des poids atomiques voisins (26.3 Densité relative ou indice de densité Elle est définie par l’expression Id = emax − e emax −emin (2.12) d’ la densité déjaugée d' = γ' γw (2. Cette conclusion est le fait que l’Aluminium et le Silicium sont les éléments dominant dans les sols. indice des vides et densité relative (indice de densité) 2.16) 2. 2.5.2.09 respectivement).1 La densité des gains solides varie peu.15) cette définition aboutit aux relations e= n 1− n et n= e 1+e (2.

5.7 g/cm3 et la teneur en eau est de 10 %.6 Propriétés des particules fines Dans le sol. L’eau contenue dans le sol est alors soumise à un champ électrique près de la surface des grains. On conclut que le comportement du sol fin peut être sensiblement modifié par la présence d’ions .8). Cette eau a des effets négligeables sur les sables et les limons. Ces propriétés jouent de grands rôles dans le comportement mécanique des sols. la masse volumique des grains solides est égale à 2.3.2 Degré de saturation C’est le rapport du volume occupé par l’eau au volume total des vides Sr = v w vv (2.1 Propriétés colloïdales eau De nombreuses propriétés des argiles peuvent adsorbée s’expliquer sur la base des phénomènes physico-chimiques qui se produisent à la surface des grains.2 Considérons un sol caractérisé par : La masse volumique totale est égale à 1. 2.6. Sr 0 1 – 25 25 – 50 50 – 75 100 Etat du sol Sec Peu humide Humide Très humide saturé Tab.23 Eléments de Mécanique des Sols e est l’indice des vides du sol en place. 2. 2. l’indice des vides. mais elle a un rôle essentiel dans le comportement des argiles. Alors chaque grain est enveloppé dans un film d’eau de nature spéciale dite eau adsorbée dont l’épaisseur est de l’ordre de cinq millimicrons (Fig. 2.3.5.5. Selon la teneur en eau du sol naturel on le classe comme résumé ci-contre (Tab.4). Exemple 2. le degré de saturation et la masse volumique du sol saturé.18) W 0 .19) Le degré de saturation permet de classer le sol comme indiqué sur (Tab. la porosité.3). grain solide eau interstitielle 2.8 : Eau interstitielle d’argile est chargée d’électricité négative sur sa surface et eau adsorbée extérieure.4: Echelle de saturation.76 g/cm3.3: Echelle de teneur en eau. Les molécules de l’eau au voisinage des grains n’ont plus les propriétés physiques de l’eau normale : c’est de l’eau liée ou solide. 2. L’indication de l’indice de densité permet d’avoir une idée sur l’état de tassement d’un sol donné : Id = 0 pour l’état le plus lâche (e=emax) et Id=1 pour l’état le plus compact (e=emin). 2.3 Teneur en eau et degré de saturation 2. 2.WR WR – WP WP – WL ≥ WL Etat du sol Solide sans retrait Solide avec retrait Plastique Liquide Tab. les particules fines et particulièrement les argiles possèdent des caractéristiques spécifiques par rapport aux grosses particules. 2. Calculer les valeurs de : La masse volumique du sol sec. 2. La masse volumique de l’eau est prise égale à 103 kg/m3 = 1 g/cm3. En effet.1 Teneur en eau C’est le rapport du poids de l’eau au poids de la matière sèche w= pw ps (2. chaque particule Fig.

les grains sont indépendants les uns des autres. Lorsqu’il y a mouvement. La transition d’un état à l’autre est très progressive. cela montre que la surface extérieure du grain joue un rôle principal dans le comportement de l’argile. D’autre part.9). On constate que lorsqu’on tente de mouiller la surface extérieure des cubes ci-dessus. En partant de ce principe. Les grains arrivent même au contact en quelques points chassant ainsi l’eau adsorbée. Ce rôle est accentué par l’énorme développement de la surface du grain par rapport à sa masse. Dans ce cours on retiendra : S S = surface volume (2.3 Calculer les surfaces spécifiques de cubes de côtés égales respectivement à 1cm. 2. Néanmoins.2 Surface spécifique Elle est définie par le rapport entre la surface d’un solide et sa masse ou son volume. 2. les grains sont plus rapprochées et ont mis en commun leurs couches d’eau adsorbées. On distingue alors trois états de la consistance des argiles : états liquide. il faudrait dix fois plus d’eau pour mouiller la surface d’un grain cubique de 1 mm de côté occupant le même volume solide qu’un grain cubique de 1 cm de côté. A l’état plastique. 1mm et 1 µm. 2. . le mouvement relatif entre les particules est aisé. lorsque touts les autres facteurs. on utilise de façon pratique les limites d’Atterberg : Limite de liquidité WL Elle sépare l’état liquide de l’état plastique. Les frottements internes sont alors importants.6. On est donc amené tout naturellement à définir la surface spécifique ou surface du grain contenu dans l’unité de volume ou de masse. La consistance qui en résulte dépend en grande partie de la teneur en eau du matériau.20) Exemple 2. les grosses particules ont des surfaces spécifiques plus faibles que les petites particules. tels l’indice des vides et la structure sont identiques. De ce fait. on peut s’attendre à ce que les teneurs en eau des sols à grains fins soient plus élevées que celles des sols à grains grossiers. A l’état solide.3 Limites d’Atterberg Les argiles forment des pâtes dans lesquelles chaque grain est relié aux grains voisins par des forces de cohésion dues à la présence des couches adsorbées. Limite de retrait WR Elle caractérise l’apparition du phénomène de retrait. les grains restent attachés les uns aux autres sans s’éloigner.24 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols de divers types dans l’eau interstitielle.6. plastique et solide (Fig. A l’état liquide. C’est pourquoi on précise souvent la nature du cation qui prédomine dans les couches adsorbées. les distances inter-granulaires sont encore plus petites. Limite de plasticité WP Elle sépare l’état plastique de l’état solide.

ces limites décrivent certains comportements critiques (Fig. 2. 2. 2.9 : Etats de consistance d’un sol Etat solide Ces limites sont mesurées sur le mortier. Sur la base de ces limites. Deux autres indices caractérisent la structure d’une argile de teneur en eau égale à W.40 mm. la fraction de sol qui passe le tamis d’ouverture égale à 0.22) Où a et b sont des constantes. En comparant la teneur en eau d’un sol donné aux limites d’Atterberg déterminées précédemment sur un échantillon du même sol.23) Indice de liquidité IL Il est défini par I L = W − WP = 1 − Ic IP (2. Casagrande a montré que l’indice de plasticité est une fonction linéaire de la limite de liquidité : IP = a WL – b (2. on obtient des indications fondamentales sur son comportement mécanique. c.à. Ils sont l’indice de consistance et l’indice de liquidité. on défini les indices suivant : Indice de plasticité IP Il mesure l’étendu du domaine de plasticité du sol.10).11).d.24) .21) Cet indice occupe une grande place en géotechnique (Fig. Indice de consistance Ic Il est défini par Ic = WL − W IP (2. Il s’exprime par : IP = WL – WP (2. Autrement dit.25 Eléments de Mécanique des Sols Etat liquide Etat plastique Fig.

1.6. La formule chimique pour une demi-maille de l’illite est de la forme Si(4x)AlxAl2O10(OH)2xK.4 Famille minéralogique 2. Les trois familles les plus connues sont la kaolinite.10 : Relation entre limites d’Atterberg et comportement mécanique 2. 2.3 La montmorillonite Les sols de la famille de la montmorillonite peuvent absorber de l’eau dans des proportions considérables. 2.4. la montmorillonite et l’illite. .6.26 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols Etat Fragile Mi-solide Teneur en eau WR Indice de liquidité IL < 0 Plastique Wp IL = 0 w ≈ wp WL IL = 1 Liquide IL > 1 w résistance résistance w < wp w ≈ wL résistance w > wL déformation déformation déformation Fig. donnant lieu à des gonflements caractéristiques.1.4. elle peut dépasser 150 m2/g.1 Classification Les propriétés physiques des couches adsorbées dépendent aussi de la nature du minéral qui constitue le grain. La formule chimique de cette famille est du type Si2Al2O5(OH)4 pour une demimaille.4.1. la surface spécifique de cette famille est élevée. D’autre part.2 La kaolinite Les argiles de la famille de la kaolinite sont les constituants essentiels de la plus part des argiles utilisées en céramique. Autrement dit. La montmorillonite est alors une famille de minéraux argileux actifs. mais la matière est beaucoup plus finement divisée.4. La structure de l’illite est analogue à celle des micas. 2. Leur surface spécifique ne dépasse pas 20 à 30 m2/mg. Les phénomènes de surface sont donc peu intenses. ces minéraux sont relativement inactifs. 2. espèce et variété.6.6. elle est donc assez riche en alumine. C’est ainsi que nous classons les minéraux argileux en différents groupes : famille. L’étude des couches adsorbées et des minéraux argileux est importante pour bien comprendre le comportement des argiles que la granulométrie seule ne saurait expliquer.6. Ceci est dû au fait que les liaisons d’un feuillet à l’autre sont faibles à cause de la structure floconneuse. La formule chimique des montmorillonites est du type Si4Al(2-x)MgxO10(OH)2x(cations échangeables)nH2O.4 L’illite Les argiles de la famille de l’illite sont parmi les minéraux les plus répondus à la surface de la terre. et l’eau pénètre facilement entre les feuillets. ce qui donne une grande importance aux phénomènes de surface.

6.2 Analyse différentielle thermique Elle se fait par chauffage continu d’un échantillon dans un four électrique en présence d’une substance inerte de référence. Il s’agit de placer sur l’abaque de plasticité de Casagrande (Fig.2.4 Méthode de Casagrande C’est une démarche simplifiée basée sur les limites d’Atterberg. Les variations enregistrées peuvent ensuite être comparées avec celles de minéraux connus. 2.1 Diffraction des rayons x C’est une méthode de comparaison des spectres de diffraction de l’échantillon avec les spectres des minéraux connus.6. 2. La structure particulière des minéraux argileux déterminera des variations thermiques à des températures bien définies pour des minéraux donnés.2.2 Identification des minéraux argileux dans un sol 2.4.4.11) les points correspondant à l’échantillon et de comparer sa position avec celle des minéraux connus. 2.11: Abaque de plasticité de Casagrande et position des minéraux argileux les plus connus . Fig. Cette méthode peut donner autant de renseignements pertinents que n’importe quelle analyse de haute précision.2. Cette méthode ne donne qu’une idée très approximative de la nature et la quantité des minéraux présents dans le sol. 2.4.3 Microscopie électronique Ce procédé présente des difficultés d’interprétation et ne permet pas d’obtenir des données quantitatives.4.6.4.6. 2.27 Eléments de Mécanique des Sols 2.2.6.

.6. Une analyse granulométrique. 2.8] Sensible de la structure acquise par l’argile au cours de la >8 Très sensible sédimentation ou la perturbation des couches Tab.6). 2. On appelle sensitivité de l’argile le rapport de ses résistances à la compression simple avant et après remaniement. on peut admettre donc que les grains de dimensions supérieures à deux micromètre ne retiennent pratiquement plus d’eau. sable fin. par contre la seconde peut être restituée dès que la manipulation cesse car l’argile retrouve en partie sa cohésion initiale.25) La teneur en argile dite aussi fraction argileuse est le rapport du poids des grains secs de dimension inférieure à deux micromètre au poids total du mortier : Targ = M(Φ < 2 µm) Mt (2.25 active deux micromètres sont noyés dans l’argile et ne se touchent pratiquement pas.…Il faut toutefois compléter cette indication par : .5). 2. L’échelle d’activité généralement utilisée est la suivante (Tab. 2.26) L’activité est caractéristique du minéral constituant Activité Nature de l’argile les particules fines.25] Normale assez forte.28 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols 2.75 – 1. le simple examen visuel permet de donner un nom au matériau : marne bleu. l’activité est le rapport de l’indice de plasticité exprimé en % à la teneur en argile exprimée en % : A= IP fraction arg ileuse (2. argile jaune. 2. La première cause est irrécupérable.4 mm).6: Echelle de sensitivité adsorbées. La perte de [2 – 4] Normale résistance peut avoir deux causes : la destruction ]4 . St = résistance à la compression simple avant remaniement τ r (intacte) = résistance à la compression simple après remaniement τ r (remaniée) (2.5 Activité Les valeurs des limites de liquidité et de plasticité dépendent en tout premier lieu de l’importance relative des grains les plus fins au sein du mortier (l’ensemble des grains de dimension inférieure à 0. les argiles dont la teneur en eau naturelle est voisine de la limite de Sensitivité Nature de l’argile liquidité sont assez sensibles. En général. les grains de dimensions supérieures à > 1. 2. Par définition.6. Lorsque la teneur en argile est < 0.27) Une échelle de sensitivité est proposée dans (Tab.75 Inactive [0.5: Echelle d'activité du sol considéré sont donc celles des particules d’argiles. Les limites d’Atterberg Tab.7 Classification des sols La classification des sols est un moyen de créer des catégories de sol permettant de prédire leurs comportements.6 Sensitivité Une argile naturelle qui est manipulée à teneur en eau constante s’amollit en général au cours de l’opération. mais en général.

2.4 . . Nous allons examiner comme exemple de système de classification. .29 Eléments de Mécanique des Sols . Fig. le système USCS. WP = 15 %.7.12): . masse volumique. Il existe plusieurs systèmes de classification des sols.S). le bureau de réclamation (U. . Le principe de base de l’USCS consiste à (Tab. classer le sol étudié selon le système USCS.7-9. Résistance à la compression simple pour les sols cohérents. classer les sols à grains fins (silts et argiles) d’après leurs comportements plastiques. Teneur en eau. Ces renseignements permettent à l’ingénieur d’identifier les sols et par conséquent de se faire une idée sur leurs comportements. aux barrages ainsi qu’aux pistes d’atterrissage et autres types d’ouvrages. l’analyse granulométrique et les limites d’Atterberg. 2.1 Système de classification unifié des sols (USCS) Il a été conçu en 1952 par le professeur Casagrande. IP = 5 n° de tamis 4 10 40 100 200 Passant [%] 99 92 86 78 60 Exemple 2. Indice de densité pour les sols pulvérulents. Leur inconvénient est qu’ils ne sont pas applicables dans touts les cas des applications.S) et le corps des ingénieurs (armée U. . . classer les sols à gros grains (sables et graviers) d’après leurs granulométries. Exemple 2. Parmi les causes de leur limite d’usage c’est qu’ils ne considèrent comme critères de classification que quelques paramètres si ce n’est pas un seulement tel que classification selon: . l’analyse granulométrique. Détermination des limites d’Atterberg. Il est applicable : aux projets de fondation. WL = 20 %.4 A partir des résultats de l’analyse granulométrique et d’essais de limites de consistance suivant. 2.

075] M C O Pt < 0.0] S [2.425 – 0.30 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols Composante de sol Blocs Cailloux Grossier Gravier Fin Sols à grains grossiers Sables Grossier Moyen Fin Sols à grains fins Silts Argiles Sols organiques Tourbes Symbole aucun aucun G Grosseur [mm] > 300 [300 – 75] [75 – 19] [19 – 4.075 < 0.75] [4.425] [0.0 – 0.7: Classification USCS des sols d'après la grosseur des grains . 2.075 sans sans Tab.75 – 2.

poussière de roche. peu ou pas de élevé de grains de grosseurs intermédiaires particules fines Grosseur prédominante ou gamme Sables uniformes. odeur. sables Gamme granulométrique étendue. structure fibreuse Tab. argiles silteuses Silts organiques et argiles silteuses organiques de faible plasticité Silts inorganiques. gravier-sable-silt Graviers argileux.8: Classification USCS des sols (d'après Robert D. contenance spongieuse..: Introduction à la géotechnique) . gravier-sable-argile mélange Particules fines non plastiques ou de faible plasticité mélange GP gravier contenant beaucoup de particules fines GM GC Particules fines plastiques (+ 50 % de la fraction grossière passe le tamis 4) sable propre avec peu ou pas de particules fines SW Sables bien étalés. sables fins silteux ou argileux. siltes argileux peu plastiques Argiles inorganiques de plasticité faible à moyenne. nombre graveuleux. mélange Gamme granulométrique étendue.K. William D. peu ou pas de représentation de certaines grosseurs particules fines intermédiaires Graviers silteux. argiles grasses Argiles organiques de plasticité moyenne à élevée. mélange sable-silt Particules fines non plastiques ou de faible plasticité Sables SP sable contenant beaucoup de particules fines SM SC Sables argileux. argiles sableuses. argile graveleuse. peu ou pas de granulométrique étendue mais faible particules fines représentation de certaines grosseurs intermédiaires Sables silteux.H. nombre graviers-sables. 2. sables fins micasés ou diatomés Argiles inorganiques de plasticité élevée. mélange granulométrique étendue mais faible graviers-sables. peu ou pas de élevé de grains de grosseurs intermédiaires particules fines Grosseur prédominante ou gamme Graviers uniformes. mélange sableParticules fines plastiques argile Identification de la fraction passant le tamis n° 40 Résistance au broyage à sec Résistance aux vibrations Rapide à lente Aucune à très lente Lente Lente à aucune Aucune Aucune à très lente Ténacité Sols à grains fins (+ 50 % passe le tamis 200) ML Silts et Argiles (WL < 50 %) CL OL MH Silts inorganiques et sables très fins. silts organiques Tourbes et autres sols fortement organiques Aucune à légère Moyenne à élevée Légère à moyenne Légère à moyenne Elevée à très élevée Moyenne à élevée Aucune Moyenne Légère Légère à moyenne Elevée Légère à moyenne Silts et Argiles (WL > 50 %) CH OH Pt Sols fortement organiques D'après couleur.31 Eléments de Mécanique des Sols Identification sur terrain (fraction à grosseur < 75 mm) Catégorie Graviers (+ 50 % de la fraction grossière est retenue sur tamis 4) gravier propre avec peu ou pas de particules fines Symbole GW Description Sols à grains grossiers (+ 50 % est retenue sur tamis 200) Gravier bien étalés.

4 < Ip < 7.5 % de fines: GW. Au dessus de la utiliser le double symbole ligne A et Ip > 7 Utiliser la courbe granulométrique pour vérifier les fractions estimées lors de l'identification sur le terrain Déterminer les pourcentages de sable et de gravier à partir de la courbe granulométrique. Suivant le pourcentage de particules fines (les passants du tamis 200) on classe les sols grossiers de la façon suivante . GC. SM. SW. 2.9: Critères de classification au laboratoire (système USCS) .32 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols Cu > 4 et Cc dans [1 – 3] Sol ne répondant pas à tous les critères de GW Au dessous de la Sol au dessus de la ligne A ou Ip < 4 ligne A et 4 < Ip < 7 Au dessus de la utiliser le double symbole ligne A et Ip > 7 Cu > 6 et Cc dans [1 – 3] Sol ne répondant pas à tous les critères de SW Au dessous de la ligne A ou Ip < 4 Sol dans la zone CLML. double symbole Tab. SC fines entre [5 – 12]%: Cas limite. GP. SP + 12 % de fines: GM.

33 Eléments de Mécanique des Sols Fig. 2.12: Abaque de plasticité de Casagrande et position de différents types de sols .

6 3.5 10 8 5 4 3.2 63. 3.25 0.2 0.6 115.6 167.2 16.4 219. Classer le sol sous étude.0 10.2 180.8 0.8 155.63 0.3 35.1 5.315 0.3 423.5 2 1.5 1.08 fond refus [g] 78 43 89.9 702. A la fin de l'opération de tamisage.4 5.8 120. Tracer la courbe granulométrique du sol en question.0 1.6 1.5 10 8 5 4 3.125 0. module 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 module 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 passoire [mm] 100 80 63 50 40 31.7 0.25 1.5 25 20 16 12.1 1. 4.3 2. Calculer le coefficient d'uniformité et le coefficient de courbure.15 2.2 236.0 55.2 Exercice 2 Refaire le même exercice précédent pour une analyse granulométrique dont les résultats sont résumés sur le tableau 2 ci-contre.0 273.16 0.2 1.2 29.5 0.3 126.5 2. on effectue les opérations de pesées des refus dans chaque passoire. 1.0 refus [g] 0 14 9.2 240.1 2.4 0.5 72 438.8 8.4 2. Les résultats sont résumés sur le tableau 1 ci-contre.25 passoire [mm] 12.6 1.2 0.8 0.0 0. .1 0. Compléter le tableau. 2.7 3.2 47.0 0.34 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols Exercices du chapitre 2 Analyse granulométrique Exercice 1 On pratique une analyse granulométrique sur un échantillon de sol sec.15 2.

sa masse n'est plus que 983 g.1 4. La densité du constituant solide est 2. Exercice 5: Un échantillon de sol a une masse de 128 g et un volume de 58. γd = γh / ( 1 + w ) 10.n ) a) w = e Sr γw / γs b) n = e / (1+ e ) b) esr = w γs / γw c) nsr = w / ( γw / γs + w ) γh = γs (1 .7. La masse du récipient est de 32.4 cm3. Cette masse est ramenée à 61. Exercice 7: Un échantillon d'argile est placé dans un récipient en verre.n ) + γw Sr n Sr = w / ( γw / γd . l'indice des vides.n ) Exercice 4: Un échantillon d'argile saturée a une masse de 1230 g. Calculer: La teneur en eau. La masse des grains est de 120. b) Le volume initiale de l'échantillon est de 22. l'indice des vides. Calculer: La teneur en eau. Calculer à la saturation. Exercice 6: Un sable quartzeux pèse à l'état sec 15 kN/m3.6. 3. 2. Après passage à l'étuve. le poids volumique humide et la densité humide. Le constituant solide des grains a une densité de 2.n ) = γs / ( 1 + e ) 6.54 g. Le constituant solide des grains a une densité de 2. 7.66.69.28 g après passage à l'étuve.γw ) (1 . La densité du quartz est 2. la densité humide et la densité déjaugée. a) On suppose que l'échantillon est saturé. Calculer: La teneur en eau. γd = γs (1 . 9. La masse totale de l'échantillon humide et du récipient est de 72. γ' = ( γs . On demande: Le degré de saturation réel et les nouvelles valeurs des densités. a) e = n / (1.γw / γs ) γhsr = γd + γw n e = Vt γs / Ps .35 Chapitre 2 : Caractéristiques physiques des sols Caractéristiques physiques des sols Exercice 3: Justifier les relations suivantes: 1. l'indice des vides et le degré de saturation.5 g. γh = γs ( 1 + w ) / ( 1 + e ) 8. . la porosité.49 g.31 cm3. la porosité. la densité humide ainsi que le poids volumique. 5.

p. On donne Cu=3 et Cc=1. Exercice 10 : Classer le sol dont 65 % des particules sont retenues par le tamis n° 4 et 32 % sont retenues par le tamis n° 200. . WL = 23 % et WP = 17 % Exercice 12 : Classer le sol dont 5 % des particules sont retenues par le tamis n° 4 et 70 % passent le tamis n° 4 mais sont retenues par le tamis n° 200. Exercice 9 : Selon le système USCS.p.18 n. classer le sol caractérisé par: 100 % des particules passe le tamis n° 4 et 25 % sont recueillis sur le tamis n° 200. une dilatance nulle à très lente et une résistance du matériau sec moyenne à élevée. Les particules fines ont une faible plasticité et une dilatation élevée. dilatance : modérée à rapide.75 2.36 Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols Classification des sols Exercice 8 : Classer les sols suivants selon le système USCS: passant [%] Diamètre du Tamis [mm] 4.0 0.425 0.15 0.34 0.71 0. Les particules fines ont le comportement suivant: résistance du matériau sec: faible à moyenne.075 D60 [mm] D30 [mm] D10 WL [%] WP [%] sol 1 97 90 40 8 5 0. Les particules fines ont une plasticité moyenne à faible. 124 47 49 24 sol 2 100 100 100 99 97 sol 3 100 97 90 81 70 sol 4 24 18 10 5 3 28 9 5 n. Exercice 11 : Classer le sol dont la totalité des particules passe par le tamis n° 4 et 90 % passent le tamis n° 200.

37 Chapitre 2 : Caractéristiques physiques des sols .

5 Matériel de compactage 3.4 Essais au laboratoire 3.6 Procédés spéciaux de compactage 3.2 Définitions 3.Chapitre 3: Compactage 3.3 Théorie du compactage 3.1 Introduction 3.7 Spécifications et contrôle du compactage sur le terrain .

beaucoup de détailles dans ce chapitre n'ont pas étés exposés laissant cette possibilité à l'étudiant à travers des recherches dirigées. 3. très perméable et de faible consistance. La densification mécanique du sol peut entraîner : Modification de la granulométrie. En faisant. . Ceci peut se faire par plusieurs méthodes : Procédé chimique Par malaxage ou injection de produits chimiques dans le sol tels que ciment Portland.1 Introduction Le sol en place est probablement très compressible. l’amélioration des propriétés du sol en question. Procédé mécanique Se résolu principalement au compactage et densification. ou pré charge et chargement temporaire pour réduire les tassements. Pour cette raison. la solution possible reste la stabilisation du sol : c. les barrages en terre et les aérodromes.à. Procédé électrique En appliquant un courant électrique au sol. la texture du sol est resserrée ce qui réduit les déformations et tassements et augmente la compacité du sol et améliore sa capacité portante. Traitement thermique Par chauffage du sol.Chapitre 3 Compactage 3. Asphalte. Dans le cas où le choix d’un autre site pour l’ouvrage est impossible. qui conduisent à accroître la densité d’un sol. Chaux. Autres procédés Par rabattement de nappe pour réduire les pressions interstitielles. résidus de pâtes et papiers.2 Définitions Le compactage est l’ensemble des opérations mécaniques (apport d’énergie mécanique).d. Les ouvrages couramment concernés par le compactage sont les remblais routiers. Chlorure de Calcium ou de Sodium. Les procédés et le matériel de compactage constituent un thème descriptif favorisant des travaux bibliographiques très utiles pour l'étudiant. Modification de la teneur en eau.

Elles sont très aplaties pour les Argile sableuse sables qui leur compactage est donc peu influencé par la teneur en eau. Les courbes de compactage γd / γw Argile plastique varient avec la nature du sol (Fig.2 : influence du type de sol 3. sable Les matériaux de ce genre constituent les meilleurs remblais. Lorsque l’énergie de compactage augmente. le poids W [%] volumique optimal s’accroît et la teneur en eau optimale diminue (Fig. Lorsque la teneur en eau est élevée. par contre lorsque la teneur en eau est faible.3 : influence de l’énergie de compactage .1 : courbe de compactage augmente avec la teneur en eau (Fig.…). Limitation des variations de volume causées par gel.2).3 Théorie du compactage (théorie de Proctor) Proctor a montré que le γd / γw compactage est fonction de quatre paramètres : la masse volumique du sol sec. 3. l’eau a un rôle wop lubrifiant important.4 Essais en laboratoire On utilise dans ces essais deux moules différents : Moule Proctor : pour les matériaux suffisamment fins pour lesquels ( Φ ≤ 5 mm). Fig. 3. Avec chaque moule on peut effectuer deux essais différents : d3 d2 d1 γd / γw Sr = 1 e1 < e2 < e3 e3 e2 e1 W [%] Fig. et la densité sèche Fig. 3.3). minéralogie. Amélioration de la capacité portante. 3.1). gonflement et retrait. Augmentation de la résistance du sol et la stabilité du talus.39 Eléments de Mécanique des Sols Réduction ou élimination des risques de tassement. Moule CBR : pour les matériaux à éléments plus gros pour lesquels ( 5 ≤ Φ ≤ 20 mm). 3. énergie de dd max compactage et type de sol (granulométrie. la teneur en eau. Sable argileux 3. 3. l’eau absorbe une importante Versant sec Versant humide partie de l’énergie de compactage sans W [%] aucun profit.

on utilise Vibration : Pour les sols pulvérulents et granulaires. on utilise des procédés de compactage dynamique tels que : 3.1 Compactage par explosifs Explosifs ponctuels : . 3. Pilons de 2 à 3 tonnes montés sur grue roulante. Rouleaux à pneus : pour le compactage des terrains non cohérents.5 Matériel de compactage Dans les procédés courants de compactage.6. pistes d’aérodromes. est utilisé pour tous les terrains mais ne sont intéressants que pour les faibles surfaces.40 Chapitre 3 : Compactage Essai Proctor normal : Dans lequel. Il est utilisé pour l’étude des remblais en terre. rouleau à pneus et grosse masse en chute libre. l’énergie de compactage est relativement faible et correspond à un compactage modéré. En particulier il est indispensable pour les terrains argileux. Engins vibrant (rouleaux. l’énergie de compactage est plus importante. rouleau vibrant autopropulsé. Pilons à air comprimé : Pour le compactage des couches de faibles épaisseurs. 3. le compactage efficace se fait par vibration en utilisant : plaque vibrante manuelle. Il est utilisé pour l’étude des sols de fondation (routes.6 Procédés spéciaux de compactage Dans le cas de couches à grandes épaisseurs.…). Rouleaux à pieds de mouton : pour les terrains cohérents. Rouleaux lisses : sont utilisés pour les terrains cohérents non argileux.…) : pour les sols à gros grains (sables et graviers). Dames à explosion (grenouille) pour les terrains cohérents ou non de faible surface. sabots. Essai Proctor modifié : Dans ce cas.

6.7 Spécification et contrôle du compactage sur le terrain Les paramètres déterminant la qualité du compactage dépendent en général du type de l’ouvrage à édifier. Explosifs linéaires : pour les sols cohérents le compactage se fait par mise en place de pieux sableux. Spécification du produit fini On impose la compacité relative définie par : ρd site C. Elles sont pratiquées dans les sols cohérents. Tubes en vibration : se pratique pour les matériaux très perméables. perméabilité. Colonnes ballastées : les colonnes sont formées de matériaux pulvérulents compactés. retrait et gonflement). On peut trouver des conditions sur : La masse volumique du matériau sec Sa teneur en eau Propriétés géotechniques (mécaniques.1) D = 1 w h [m] 2 où w est la masse tombante exprimée en tonne métrique.2) ρd max où ρd site représente la masse volumique du matériau sec obtenue sur site. 3. 3. .R.3 Consolidation dynamique Elle est valable pour tout type de sol. Il s’agit de transmettre des chocs de forte énergie à la surface du sol à traiter (chute libre d’une masse de 10 à 30 tonnes exceptionnellement 140 tonnes d’une hauteur de 15 à 30 m). = (3. (1980) grâce à l’expression : (3. 3. h est la hauteur de chute en mètre. La profondeur d’influence est définie par Léonard et coll.6.2 Compactage par vibroflottation Le procédé consiste à la génération de contraintes et déformations alternées d’ou réarrangement des grains. ρd max est la masse volumique du matériau sec obtenue en laboratoire.41 Eléments de Mécanique des Sols pour les sols pulvérulents le compactage se fait par création d’une onde de choc de compression. Il y a deux catégories de spécifications pour les travaux de terrassement : spécifications du produit fini (cas de routes et bâtiments) et spécifications de la méthode employée.

le nombre de passages nécessaire et épaisseur des couches de sol. grosseur maximale des granulats.42 Chapitre 3 : Compactage Spécification des méthodes de compactage On précise le type et le poids du rouleau qui sera utilisé. .

65. w (%) γd [kN/m3] 10. Calculer le pourcentage d'air a que contient un sol de porosité n et de degré de saturation Sr.7 18. a.2 12. Quelle serait la teneur en eau optimale de compactage à adopter. w) la courbe de compactage du sol b.4 18.43 Eléments de Mécanique des Sols Exercices du chapitre 3 Le compactage Exercice 1 Deux échantillons 1 et 2 du même sol ont été compactés au même poids volumique sec γd=19. Déterminer le volume d'eau nécessaire. Déterminer pour chaque échantillon.05 2. b. L'échantillon 1 est amené à saturation sans changement de son volume qui est de 243 cm3.46 2. En déduire l'équation de la courbe de saturation.45 2. On prendra γs/γw =2. c.1 17.8 16.00 1. Le poids volumique des particules solides est γs=27 kN/m3.09 8. Exercice 2 Dans le but de définir les conditions de compactage d'une argile sableuse pour un chantier de remblai routier.7 16. Déterminer le volume d'eau à ajouter par mètre cube de matériau pour être à l'optimum Proctor normal.7 kN/m3 et un poids volumique sec γd = 17 kN/m3. b.05 a.1 17. Caractériser cette courbe.0 Exercice 3 L'essai Proctor modifié a donné pour une grave argileuse les résultats suivants: w (%) γd /γw 3.6 kN/m3 mais à des teneurs en eau respectives w1=4% et w2=12%.7 17. Le matériau a un poids volumique γ=18.8 18.7 13.8 15.9 2. Construire la courbe de compactage Proctor et déterminer les caractéristiques de l'optimum.94 4.06 6.85 2. des essais Proctor normal ont été réalisés et ont permis de dresser le tableau ci-dessous. .08 9. Calculer le degré de saturation correspondant à l'optimum Proctor.01 5.06 9. Porter sur un graphique (γd. le degré de saturation et le poids volumique. Dans le plan de Proctor. a.95 2. trouver l'équation des courbes lieu des points représentatifs des états du sol ayant le même pourcentage d'air.

4.4.5.1 Perméamètre à charge constante 4.3 Formules empiriques 4.9 Contrôle des écoulements .5.3 Action du gel 4.3.2 Formule de Taylor 4.4.4 La Perméabilité des sols 4.5.1 Hypothèses 4.1 Capillarité 4.2 Perméamètre à charge variable 4.4.4.2 Conservation de la masse 4.3 Loi de Bishop 4.2.3 Gradient hydraulique 4.1 Formule de Hazen 4.3.6 Effet Renard 4.1.1 Introduction 4.3 Charge hydraulique (Equation de Bernoulli) 4.7 Force d'écoulement 4.5 Généralisation aux écoulements à 2 et 3D 4.5.4 Loi de Darcy pour l'écoulement à une dimension 4.2 Généralités 4.5 Principe de la contrainte effective 4.8 Réseaux d'écoulement 4.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site 4.3.4.1 Loi de Terzaghi 4.3.2 Retrait et gonflement des sols 4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au Laboratoire 4.3 Dynamique de l'écoulement 4.Chapitre 4: L'eau dans les sols 4.1.4.2 Loi de Skempton 4.3.2.3.2.3.3.4.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale 4.4 Cas d'écoulement linéaire 4.

1). ouragans. percolation.2 Généralités 4. Elle est la cause des phénomènes de retrait des sols fins. tassement.1: Ménisque et relation entre tension capillaire T et pression capillaire uc rm σ' σ' rm Fig. l’eau a un effet directe sur le comportement des sols fins (voir limites d’Atterberg).Chapitre 4 L’eau dans les sols 4. de part qu’il entre dans la constitution des sols. Dans les sols. Elle est un facteur important dans la plupart des problèmes géotechniques telles que gonflement.2 : Cohésion apparente . Cette tension se développe à l’interface de matériaux différents (Fig. glissement…A titre statistique. . mais l’équilibre qui y règne est très instable. le phénomène est appelé cohésion apparente. on suppose que le diamètre effectif des pores est à près égal à 20 % du diamètre effectif (D10) des grains. tornades et tremblements de terres. D’autre part.1 Capillarité C’est un phénomène qui découle de la tension superficielle des fluides. Les pertes matérielles et le T coût d’entretient des structures sous sols gonflants sont les plus importantes que les dommages causés hc par inondations. sa présence est l’origine de plusieurs phénomènes caractérisant le sol tels que capillarité et pression interstitielle. 4. La capillarité permet aussi de pratiquer des fouilles et excavations dans les sables fins et les sols très fins humides (par capillarité). les pertes de vies humaines causées par la rupture de barrages et digues (par érosion interne) sont plus importantes de toute perte causée par les autres types de rupture α rm d’ouvrages de génie civil. 4. gel. les ménisques capillaires retiennent les particules liées entre elles. 4.1 Introduction L’eau. En géotechnique. d 4.hc π d2 ρw g /4 = π d T cosα uc = hc ρw g Fig. La capillarité contribue ainsi à augmenter les forces de contact et améliore la résistance par frottement entre les particules.2.

d dans le cas où les particules fluides suivent des trajectoires invariables au cours du . l’eau se présente dans des conditions permettant de formuler les hypothèses suivantes : .3. Le fluide est considérée parfait c.2. . assainissement et drainage de l’eau. A1.2 Conservation de la masse La loi de conservation de la masse fluide pour un écoulement laminaire (Fig. Le volume du sol peut augmenter de 10 %. v1.3 Charge hydraulique (équation de Bernoulli) Tous les sols sont plus ou moins perméables. activation des tassements différentiels.3 Dynamique de l’écoulement 4. Ce phénomène se manifeste avec des intensités très différentes. Nous nous intéressons aux régimes permanents c. 4. Les lentilles et plaquettes de glaces peut provoquer un soulèvement du sol et endommager ainsi les structures superficielles légères.3. les trois facteurs responsables des dommages dus au gonflement sont : la présence de Montmorillonite. l’ajout d’additifs chimiques. Vitesse d’écoulement très faible.à. z2 .3. v2.2. 4.2 Retrait et gonflement des sols Retrait et gonflement ont une grande importance sur les caractéristiques des sols à grains fins. z1 dimensions. 4.d non visqueux et incompressible. .à. Son importance dépend des minéraux argileux présents. L’écoulement est à une ou deux P1. Les actions antigel peuvent se résumer dans : l’utilisation des membranes imperméables. une teneur en eau voisine de la limite de plasticité Wp et la présence d’une source d’eau à proximité. enfin elle peut augmenter la teneur en eau du sol. Régime permanent et laminaire. z=0 4.45 Eléments de Mécanique des Sols 4. Dans la pratique. A titre d’exemple.1 Hypothèses En géotechnique.3) se réduit à l’équation de débit: Q = Ai vi = constante Fig. Le gonflement est un phénomène complexe. les fissures dues au retrait apparaissent.1) 4. Les endroits fissurés représentent des zones faibles susceptibles de réduire de façon importante la résistance. la stabilité et la capacité portante. et l’utilisation d’isolants thermiques telles que mousse.3 Action du gel La formation du gel dans le sol peut avoir des conséquences importantes. de la texture et de la structure du sol. A2. cette vitesse ne dépasse pas quelques centimètres par an.3 : Ecoulement d’un fluide (4. la vitesse d’écoulement de l’eau dans le sable pour un gradient hydraulique égal à l’unité. 4. Lorsque les tensions capillaires sont plus fortes que la cohésion ou la résistance à la traction du sol. descend rarement au-dessous de quelques centimètres par heure alors que pour les argiles. P2.

Le coefficient de proportionnalité est le coefficient de perméabilité k. ∆h représente la perte de charge hydraulique entre les deux sections d’étude. Dans le cas particulier de l’infiltration de l’eau dans le sol.4). A une dimension elle s’écrit : v=ki Fig. g accélération terrestre. Le long d’une ligne de courant (Fig. Dans la pratique.3). on utilise le théorème de Bernoulli pour les fluides réels qui exprime que la charge hydraulique décroît car le mouvement dissipe de l’énergie par frottement fluide-fluide ou fluide-sol : 2 2 1 v1 + p1 + z = 1 v 2 + p2 + z + ∆h 1 2 2 g g ρw 2 g g ρw (4. les vitesses d’écoulement sont si faibles que l’on peut négliger dans l’expression de la charge hydraulique le terme v2/2g.4 Gradient hydraulique C’est un paramètre définissant la variation de la charge par unité de longueur parcourue (Fig.46 Chapitre 4 : L’eau dans les sols temps appelés lignes de courant. p pression.3. Alors la charge hydraulique est mesurée par l’altitude du niveau atteint par le liquide dans un tube piézométrique placé au point considéré.4 : Définition du gradient hydraulique (4.d c’est le rapport du débit observé q à la surface totale A : v = dq dA ⇔ v = q A (4. 4. z altitude.5) . la pression et la vitesse du fluide suivent une certaine loi. La vitesse de décharge v est par définition le débit par unité d’aire.à. 4.3) u — γw dl z1 dA z=0 dh dq 4.3.4) Cette relation est la base de tous les calculs de l’hydraulique souterraine.2) Où v est la vitesse d’écoulement. 4. Dans le cas des fluides parfaits (incompressibles et non visqueux) en mouvement sous la seule action de la pesanteur. Il joue un grand rôle dans l’écoulement de l’eau dans le sol : i=− variation de charge = − ∆h longueur parcourue ∆l (4. 4. on mesure la pression au delà de la pression atmosphérique qui est prise comme origine des pressions. c.5 Loi de Darcy pour l’écoulement à une dimension La loi de Darcy est une relation de proportionnalité entre la vitesse de décharge v dite aussi vitesse fictive et le gradient hydraulique i.

la porosité ou l’indice des vides. le cheminement des vides à travers le sol. 4. Elle donne d’excellents résultats pour les faibles nombre de Reynolds Re défini par vd Re = η / ρ (4.3.7) Zone de transition laminaire turbulent v Fig. 4.11) (4. 4. La loi de Darcy est valable dans la majorité des sols.12) soit ∆φ=0 qui est une équation de Laplace.9) (4.47 Eléments de Mécanique des Sols La vitesse de décharge v est reliée à la vitesse moyenne V par la relation approximative : i v=nV (4. le gradient hydraulique.6 Généralisation de la loi de Darcy aux écoulements à 2 et 3D La généralisation de la loi de Darcy en milieu homogène et isotrope est relativement facile : il suffit de considérer que le gradient hydraulique et la vitesse de décharge sont des vecteurs colinéaires : r r r v = − k grad h = grad (− k h) on postule alors l’existence d’un potentiel de vitesse φ tel que φ=-kh ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ v x = ∂x . la température et les caractéristiques propres au fluide telles que densité et viscosité.8) (4. car l’écoulement est à faible vitesse et en régime laminaire (Fig. 4. . le diamètre effectif des pores qui influence la hauteur d’ascension capillaire. Ainsi la fonction ou h est harmonique. le degré de saturation.6) n étant la porosité.10) (4. la conditions de continuité donne : ∂ vx ∂ v y ∂ vz =0 + + ∂z ∂x ∂y (4.5). leur grosseur. la structure du sol. v y = ∂y .5 : Validité de la loi de Darcy mais elle devient de moins en moins précise lorsque le nombre de Reynolds dépasse la valeur de 2. sa constitution pétrographique.4 La perméabilité des sols La perméabilité du sol à l’eau est affectée par la forme des grains. v z = ∂z Lorsque le liquide est incompressible.

1. ∆t est la durée de mesure c. [A] = m2.4.à. La formule se base sur la loi de Darcy et le débit recueilli à travers la surface latérale du puit de pompage Q = v t Al ==> v = Q / ( t Al) . [∆h] = m et [k] = ms-1 4.1 Perméamètre à charge constante La quantité d’eau recueillie (Fig. 4.6 : Perméamètre à charge constante où [Q] = m3. 4.14) où ln désigne le logarithme naturel à base e.8). 4.1 Mesure du coefficient de perméabilité au laboratoire Il existe deux essais propres à la mesure du coefficient de perméabilité : perméamètre à charge constante et perméamètre à charge variable. la perméabilité est la même dans toute les directions. On peut aussi mesurer ce coefficient par essai oedométrique ou triaxial dans l’étude fera l’objet de chapitres ultérieures.4. 4. 4.1.4.4. On définit alors un seul paramètre dit coefficient de perméabilité mesurable par différents essais. 4.7): k= al ln ( h1 ) A ∆t h2 Q l A a (4.7 : Perméamètre à charge variable 4.2 Perméamètre à charge variable Le coefficient de perméabilité est donné par la relation (Fig.13) h1 h2 dh ∆h l A Q Fig. 4.d ∆ t = t 2 – t1 Fig.6) pendant l’intervalle de temps t est Q=Avt où v = k i = k ∆h/l ce qui donne k= Ql ∆h A t (4.48 Chapitre 4 : L’eau dans les sols Dans le cas de massif homogène et isotrope.2 Mesure du coefficient de perméabilité sur site (formule de Dupuit) la mesure se fait au cours d’un essai de pompage (Fig.

De plus. Exemple 4. 4.1 Formule de Hazen Elle est valable pour les sables propres (sable contenant moins de 5 % de particules passant le tamis n° 200) dont le diamètre effectif D10 est compris entre 0. Après une minute.1 et 3. Calculer le coefficient de perméabilité k.17) .7 g d’eau (de température égale à 20 °C et d’indice de vides de 0.3. h2 = 801 mm. on obtient la formule de Dupuit − Q = π k h2 h1 t log r 2 2 2 Q r0 r1 r2 r h1 h0 massif imperméable Fig. Calculer le coefficient de perméabilité.3 Formules empiriques Il existe des formules empiriques permettant le calcul du coefficient de perméabilité en fonction de caractéristiques diverses.49 Eléments de Mécanique des Sols avec la définition du gradient hydraulique et de la surface latérale i = dh / dr et Al = 2 π r h il vient Q = k dh t Al dr par intégration entre les rayons r1 et r2.15) r1 Exemple 4. 0. on obtenait les mesures suivantes : a = 625 mm2.4.3.2 Pendant l’essai de perméabilité à charge variable.004 ≤ C ≤ 0. t = 90 s.4. 4. [D10] = mm.1 Un échantillon cylindrique de sol de 73 mm de diamètre et de 168 mm de hauteur est soumis à un essai de perméabilité à charge constante égale à 750 mm.2 Formule de Taylor Elle sert au calcul de la valeur du coefficient de perméabilité pour des indices de vides différents de ceux aux quels les essais ont été faits : k1 ÷ k2 = 3 C2 e3 C1 e1 2 ÷ 1 + e1 1 + e2 (4.16) 4. on recueilli 945.8 mm h1 = 1602 mm.0 mm.8 : Essai de pompage h2 (4. A = 1073 mm2.4. cette formule n’est utile que pour les valeurs de K ≥ 10-5 ms-1 : k = C D102 où [k] = ms-1.43).012 (4. l = 162. 4.

à.4 Perméabilité moyenne fictive verticale et horizontale des terrains stratifiés Lorsque le terrain est composé de plusieurs couches de perméabilités différentes. nous utilisons la pression effective c.9) : v = d’où kh H = Σ ( khi Hi ) (4.. 4.19) H3 4..23) . on défini la contrainte effective par : σ = σ' + u τ = τ' (4.22) Fig. La relation suivante est aussi très utile dans le cas des sables (avec C’1 ≈ C’2) : 2 k1 ÷ k2 = C'1 e1 ÷ C'2 e2 2 (4.4.18) 4.= vn = kv1 i1 =…= kvn in = kv i d’où H = ∑ Hi (4.5 Principe de la contrainte effective Les différentes phases qui forment un sol saturé ou non ne sont pas régies par les mêmes lois.d la pression réellement appliquée sur le squelette solide. + v n H n = kh i H (4.2 perméabilité équivalente verticale La continuité de la vitesse de décharge (Fig.50 Chapitre 4 : L’eau dans les sols Les coefficients empiriques C1 et C2 dépendent de la structure du sol.10 : Perméabilité moyenne verticale 4. On considère ainsi que le comportement mécanique du sol ne dépend que des contraintes effectives.1 perméabilité équivalente horizontale Le débit total est la somme des débits dans chaque couche (Fig. 4. 4. Pour l’étude de résistance et de déformation de la phase solide. il est possible de calculer un coefficient de perméabilité équivalente pour un massif fictif supposé homogène. 4.4.5. L’étude des phases gazeuse ou liquide relève de la mécanique des fluides ou de l’hydraulique.4.21) H1 H2 H3 v H kv i k vi (4..10) implique v = v1 =….20) Fig.4. 4. Cette notion fut introduite par Terzaghi et est connue sous le nom de postulat de Terzaghi ou principe des contraintes effectives qui est un principe très important en géotechnique. 4.4.1 Loi de Terzaghi Dans le cas de sols à deux phases solide-gaz ou solide-liquide. Mais il faut distinguer le cas d’un écoulement horizontal d’un écoulement vertical. Pour les sables on prendra C1 ≈ C2.9 : Perméabilité moyenne horizontale H1 H2 v1 v2 v3 H v1 H1 + .

2 Loi de Skempton Elle analyse les forces de contact entre deux grains solides (Fig. σ’ ne peut être mesurée mais seulement calculée.5. 4. la formule de Bishop est la plus valable : σ = σ' + ua – x (ua – uw) (4.12) 4. Exemple 4.5. σ’ (respectivement τ’) est la contrainte effective normale (respectivement tangentielle). u est la pression interstitielle du fluide.5.25) dans laquelle ua (uw) représente la pression du gaz (respectivement du liquide). 4.3 Loi de Bishop Dans le cas de sol à trois phases solide. Entre ces deux extrémités x est déterminé par expérimentation.24) On remarque de cette formule que la loi de Terzaghi est le cas limite de la loi de Skempton.3 . Fig.26) H d M Fig.51 Eléments de Mécanique des Sols où σ (respectivement τ) est la contrainte totale normale (respectivement tangentielle).i γw) d (4.11 : Formule de Skempton 4.3 Calculer la contrainte effective au point M (Fig. x est un coefficient empirique qui dépend du degré de saturation : x est nul pour les sols secs et est égal à l’unité pour les sols saturés.4 Cas d’écoulement linéaire descendant ou ascendant En présence d’écoulement linéaire il faut tenir compte de la force de volume fv due au gradient hydraulique : fv = i γw Ainsi la contrainte effective pour un écoulement descendant devient : σ' = (γ' + i γw) d et pour un écoulement ascendant elle s’écrit σ' = (γ' . 4. 4. a = Ac / A (4.12 : Exemple 4. liquide et gaz. 4.27) (4.11) : u P u P' d’où P = P' + (A – Ac) u σ = σ' + (1 – a) u .

6 Considérons les données et les résultats de l’exemple 4. σ' et u. Fig. Le gradient hydraulique associé à l’apparition de ce phénomène est dit gradient hydraulique critique ic.14 : Exemple 4. 103 kg/m3. (4. On donne ρsat = 2.4 2 ρs étant la masse volumique des grains solides.52 Chapitre 4 : L’eau dans les sols Exemple 4.6 Effet Renard (ou des sables boulant) Lorsqu’il y a écoulement ascendant. il y a diminution graduelle des forces gravitationnelles.4 Soit un échantillon de sol dans les deux configurations 1 et 2 (Fig. A l’état critique de ce phénomène. 4. le sol entre dans un état de boulance dans lequel la contrainte effective est égale à zéro. Calculer pour chaque cas : σ. Calculer la force volumique d’écoulement lorsqu’il y a boulance.5.31) . Exemple 4.103 kg/m3. 4.30) niveau A h hw = 2 m l=5m M A = 1 m2 Exemple 4.28) niveau B z=2m H=5m M niveau A M 1 Fig.13 : Exemple 4.5 4. 4. 4. On donne ρsat = 2.0.13).14). 4. et le gradient hydraulique critique.7 Forces d’écoulement Les forces d’écoulement sont présentes dans toute asse de sol soumise à un gradient hydraulique.5 Trouver la charge h qui produira un état de boulance (Fig. Il est défini par : ρ' γ' ic = ρ = γ w w avec (voir formulaire) ρ' = ρs − ρw 1+ e (4.29) (4. La force d’écoulement est une force volumique d’intensité fv telle que : fv = i γw elle agit dans la direction de l’écoulement. il vient ρs 1 ic = 1 + e ( ρw − 1) (4. Calculer la force d’écoulement au niveau A.

33) 2m x .8 Réseaux d’écoulement Il s’agit de l’étude de l’infiltration de l’eau dans le sol.Les lignes équipotentielles partent de la frontière imperméable suivant un angle droit. Il suffit de suivre les règles suivantes : . le problème est régi par l’équation : ∆φ=0 (4.15 : Réseau d’écoulement sous un barrage Le réseau se dessine de façon à obtenir des mailles de tailles différentes mais de forme carrée.15). Ce problème peut être résolu graphiquement par l’établissement d’un réseau d’écoulement composé de lignes de courant et de lignes équipotentielles (Fig. 4. 4. .53 Eléments de Mécanique des Sols 4.32) ou φ est dit potentiel d’écoulement et représente la charge hydraulique. Dans un réseau d’écoulement.L’intersection entre une ligne de courant et une ligne équipotentielle se fait sous un angle droit. le gradient hydraulique peut être calculé par différence finie : i = (φ2 .φ1) / dl (4. L = 40 m 12 m canal d'écoulement ∆q ∆q a ∆l ∆q 30 m ∆q lignes d'écoulement lignes équipotentiel couche imperméable Fig. Le procédé est relativement simple. .Une frontière imperméable est une ligne de courant. Lorsque l’écoulement permanent se fait dans un milieu isotrope (la perméabilité est même dans toutes les directions).

Pour y parvenir. il faut allonger les chemins d’écoulement pour augmenter les pertes de charge ce qui se traduit par une baisse du gradient hydraulique dans les zones critiques. Vue l’impossibilité d’interdire l’infiltration de l’eau sous la structure. Nd est le nombre de chutes de potentiel.34) où ∆q est le débit par canal d’écoulement par unité de temps et par unité de longueur transversale. .7 Soit le réseau d’écoulement ci-contre (Fig.54 Chapitre 4 : L’eau dans les sols Le débit par canal d’écoulement est donné par : ∆q = v a = k i a = k ∆h a / ∆l = k h a / (b Nd) (4. Ainsi. à l’aide de puits de décharge ou drains convenablement mis en place. 4. Utiliser les filtres de protection. on peut : . Les caractéristiques de ces filtres sont précisées grâce à des études expérimentales. Soulager la pression de soulèvement sous la structure. notamment pour les sols pulvérulents et particulièrement les silts. Calculer le gradient hydraulique de sortie au point x.35) (4. il faut veuillez à ce que le gradient hydraulique soit strictement inférieur au gradient hydraulique critique. Calculer le débit de fuite lorsque le coefficient de perméabilité est égal à 20. Trouver la distribution des pressions d’eau sous le radier du barrage. le problème est régi par l’équation : 2 2 ϕ ϕ kx ∂ 2 + ky ∂ 2 = 0 ∂x ∂y (4. h est la différence de potentiel dans le système totale (chute de charge). Les quatre principaux critères pour les filtres de protection sont les suivants (USACE. le débit total par unité de longueur transversale est q = Nf ∆q = k h (a/b) (Nf / Nd) où Nf est le nombre de canaux d’écoulement.b) sont les dimensions de la maille où a est la largeur du canal d’écoulement et b est la longueur du chemin d’écoulement. .15).10-6 ms-1. 1986) : Critère de perméabilité Critère d’épaisseur Critère de rétention Critère pour les fentes et écrans . La longueur transversale du barrage est de 120 m. (a.36) où kx et ky sont les coefficients de perméabilité dans les directions x et y respectivement.9 Contrôle des écoulements Pour prévenir l’érosion interne sous les structures. Exemple 4. Remarque 4. Ils sont constitués par des couches de matériaux granulaires placées sur des sols moins perméables Ces filtres permettent l’écoulement de l’eau sans subir de pertes importantes de charge. 4.1 Dans le cas de massif anisotrope.

.55 Eléments de Mécanique des Sols Critère de perméabilité Le matériau composant le filtre doit être plus perméable que le matériau à protéger dit base. Critère d’épaisseur La couche filtrante doit être suffisamment épaisse pour assurer la répartition uniforme de toutes les dimensions de particules à travers tout le filtre. Critères pour les fentes et écrans Les filtres et trous doivent être suffisamment petits (même en interposant une couche filtrante supplémentaire) pour que les particules du filtre ne puissent pénétrer dans les tuyaux de drainage. Critère de rétention Les vides du filtre devront être suffisamment petits pour empêcher les particules de la base d’y pénétrer.

Dans l’état le plus dense elle est de 37%.5 cm. La vitesse de décharge aux points A et B. La porosité dans l’état le plus léger est de 45%. Sa teneur en eau est de 54%.3 KN/m3. Exercice 8 Considérons le réseau d'écoulement de la figure 2.L2. Calculer le coefficient de perméabilité du sol en question. Soumis à la pression d’une hauteur d’eau de 40 cm. évacue 40 g d’eau en 6 secondes. Exercice 2 Un massif de sol est constitué de trois couches horizontales de même épaisseur. Quel est le gradient hydraulique critique pour ces deux états.L3.p3. Exercice 6 Considérons un réseau d'écoulement dans le plan. La pression de l'eau au point C. Tracer: Les trajectoires des particules liquides L1.78.L4. d=1.2 m. La densité des grains est de 2. Montrer que la perte de charge est constante dans le canal d'écoulement lorsque les mailles sont de forme carrée. Calculer les coefficients de perméabilité horizontale et verticale. Exercice 7 Soit la réserve d'eau de la figure 1. Exercice 5 Un sable est formé de grains solides de densité égale à 2. On donne : D=3.56 Chapitre 4 : L’eau dans les sols Exercices du Chapitre 4 L’eau dans les sols Exercice 1 Un échantillon de sol a une hauteur de 15 cm et un diamètre de 5. Le sol au dessus de la nappe est saturé par capillarité. Le niveau de la nappe est situé à la profondeur d (<D).6 m. Exercice 3 Calculer la contrainte effective au point M de profondeur D.66. Calculer: Le coefficient de perméabilité moyenne.p2. Les lignes équipotentiel passant par les points p1. Calculer la contrainte verticale effective à la base de la couche. 10-2 cm/s et 10-3 cm/s. . γsr=20. Exercice 9 Soit le barrage de la figure 3. Les coefficients de perméabilité sont 10-3 cm/s. Exercice 4 Une couche d’argile submergée a une épaisseur de 15m. Tracer un réseau d'écoulement Calculer le gradient hydraulique aux points A et B.

Formuler vos remarques à propos de la sécurité de ce projet. Calculer la contrainte effective en ces même points.57 Eléments de Mécanique des Sols Estimer la contrainte verticale due au poids du béton armé aux points A et B. sol imperméable Figure 1 Figure 2 .

58 Chapitre 4 : L’eau dans les sols 45 m 15 m 45 m 3m sol imperméable Figure 3 .

59 Eléments de Mécanique des Sols .

2 Cas de bande rectangulaire 5.12 Théorie de Westergaard .2 Charge concentrée verticale.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie 5.5.6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur 5.5 Charge uniformément répartie 5.7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée 5.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie 5.5.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie 5.1 Cas de surface circulaire 5.1 Introduction 5. problème 3D 5.Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures 5.4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie 5.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière 5.9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie 5.

isotrope et homogène.4).1 : Charge concentrée verticale σz/ σ0 1 σ0 = σz(θ = 0) 0. on peut utiliser un abaque approprié (Fig. Pour le calcul rapide de la contrainte. . les charges d’exploitation et le poids des équipements sur chantier. Les courbes d’égale pression sont comme indiquer ci-contre (Fig. . La contrainte verticale dans le sol vari avec la position dans le sol du point de calcul (Fig. 5.3). non pesant sans aucune force de volume. Plan supérieur horizontal. La contrainte verticale due à la charge extérieure concentrée est donnée par la solution de Boussinesq : σz = 3P 2 cos5 θ = 3P z 5 2π ρ 2 πz 3 (5.18 30 45 θ [°] Fig. verticale.4 : Courbes iso-contraintes σz . problème en 3D (Problème de Boussinesq) Les hypothèses de calcul sont . un domaine à 3D semi-infini (Fig.2 Charge concentrée verticale. 5. . 5. 5.1) On remarque que la contrainte σz est indépendante des propriétés du massif de sol.Chapitre 5 Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures 5. Dans le présent chapitre nous allons étudier les résultats des théories de calcul des contraintes dans le sol dues aux charges extérieures telles que poids des ouvrages. La charge extérieure est concentrée. 5.1).1 Introduction Nous avons vu à la fin du chapitre précédent la méthode de calcul des contraintes dans les massifs de sol due au poids propre des terres.3 : Distribution de σz en fonction de θ 5. 5.2). Fig. P x y θ r σrr z σθθ Fig. 5.49 0. Les calculs distinguent le cas de couches partiellement saturées du cas de couches saturées avec ou sans mouvement de l’eau. Milieu élastique.

2: Calcul par abaque de la contrainte transmise au sol par une charge extérieure concentrée (d'après introduction à la géotechnique). NB pour la théorie de Boussinesq. Nw pour la théorie de Westergaard .61 Eléments de Mécanique des Sols Fig. 5.

5.62 Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures q x θ z R σz M 5. 5. 2q 3 σz = πR cos θ 5. 5.5.1 Cas de surface circulaire La contrainte verticale en un point situé à la verticale du centre de la surface circulaire uniformément chargée (Fig. 5. On se basant sur la solution de Flamant.cos3θ0) (5.5).5.4) σz = ∫ cos θ dA 2π z 2 A z Fig. 5.6).4 Charge uniforme répartie sur une bande de longueur infinie et de largeur finie La bande se présente comme indiquer ci-contre (Fig. 5.2) Fig.9).6) R θ0 M z Fig. La solution est basée sur la solution de Boussinesq : 3q 5 (5.3) θ2 θ1 5. 5.5) dA A θ z σz M Fig.n) m = a/z n = b/z (5.10) est donnée par où et σz = q I(m.2 Cas de bande rectangulaire La contrainte verticale au sein d’un massif à la verticale d’un des sommets (Fig.3 Charge linéaire uniforme répartie sur une longueur infinie La solution est due à Flamant (Fig.8 : Charge uniforme répartie sur une surface circulaire .7 : Charge uniformément répartie Pour le calcul de la contrainte en un point loin de la verticale.5 Charge uniformément répartie Soit q l’intensité de la charge répartie (Fig.7). 5. il existe des abaques basées sur la méthode des facteurs d’influence (Fig. 5. 5. 5.8) est σz = q (1 .5 : Charge uniforme linéaire q B x x θ y (5. 5. on obtient l’expression : q sin 2 θ2 − sin 2 θ1  σz = π  (θ2 − θ1) +  2   y (5.6 : Charge uniforme sur une bande de longueur infinie q dA q La contrainte dépend de l’aire A de répartition de la charge q.

9: Calcul de la contrainte due à une charge uniforme répartie sur une surface circulaire. 5.63 Eléments de Mécanique des Sols Fig. (d'après Introduction à la géotechnique) .

on peut utiliser la méthode des facteurs d’influence : σz = q I(a/z. .12. 5. 5.13 : Cas de point de calcul externe à la surface chargée 4m Exemple 5. 5.14 : Distribution trapézoïdale de grande longueur où I est tiré d’après une abaque appropriée (Fig. 5. sous le centre N de la semelle à la profondeur de 2m. On demande de calculer la contrainte verticale: 1. on ne peut calculer la contrainte verticale que par des combinaisons élémentaires (Fig. 5. Il est possible de tirer le facteur I d’après des abaques (Fig.64 Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures mn )+ I(m. sous le coin M de la semelle à une profondeur de 2m. sous le point O à la profondeur de 2m. 5.11).12 : Cas de point interne Fig. 3. 5. b/z) (5.7) C I1 I2 A b a B I4 I3 z σz Fig.8) 3m 1m N 3m M O Exemple 5. 2.14). n) = 1 arctg( 2 2π m + n2 + 1 L’expression ci-dessus montre que les paramètres m et n sont interchangeables. Pour un point M situé à l’intérieur de la zone chargée ou à son extérieur.1 On applique une contrainte superficielle uniforme de 117 kPa sur une semelle rectangulaire de 3×4 m.10 : Surface rectangulaire chargée uniformément = - - + M M M M M Fig.13).15).6 Charge surfacique trapézoïdale de grande longueur Au dessous de l’axe de symétrie (Fig. 5.1 a b q σz Fig. mn m2 + n 2 + 2 2 m2 + n2 + 1 (m2 + 1)(n + 1) D (5. 5.

65 Eléments de Mécanique des Sols Fig.9: Calcul de la contrainte sous le coin d'une surface rectangulaire chargée uniformément. 5. (d'après introduction à la géotechnique) .

5. (d'après Introduction à la géotechnique) .66 Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures Fig.15: Calcul de la contrainte sous un remblai de longueur infinie.

5. 17) on peut procéder par superposition. On peut calculer par facteur d’influence : σz = q I(L/z. L’analyse est basée sur la solution de Flamant. Tout calcul fait.67 Eléments de Mécanique des Sols Exemple 5.16 : Exemple 5. ce qui donne : q σz = πa [(a + b) (β1 + β2) − b (ε1 + ε2) + x (β2 − β1 + ε1 − ε2) ] a b b a q ε2 β2 x z M q0 ε1 β1 x 2(a+b) 2(a+b) = 2b - Fig. 5. 5. la contrainte verticale sera donnée par : y σz C z O (5.8 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie Le point de calcul peut être quelconque (Fig.103 kg/m3. B/z) Le facteur I est tiré d’après une abaque (Fig. 5. 5.18).0.17 : Cas de charge trapézoïdale isocèle répartie sur une largeur infinie 5. 5. 5. 5.2 (5.9) q1 Fig.10) Fig.2 Soit le remblai routier de hauteur h = 3 m (Fig. 5.16).20 : Charge triangulaire répartie sur une bande de longueur infinie .7 Charge triangulaire répartie sur une bande rectangulaire de longueur limitée q L B Q On calcul la contrainte au droit de l’un des coins (Fig. 5. Calculer la contrainte verticale sous le centre à la profondeur z = 6 m.19).20). La masse volumique moyenne du matériau est égale à 2. 6m 5m 5m 6m Lorsque l’on désire calculer la contrainte en un point loin de l’axe de symétrie (Fig.18: Cas de charge triangulaire de longueur limitée a b x q0 A θ1 θ θ2 β B x Fig.

5.19: Calcul de la contrainte sous le coin d'une surface rectangulaire sollicitée par une charge triangulaire.68 Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures Fig. (d'après Introduction à la géotechnique) .

15) où I est un coefficient d’influence caractéristique de l’abaque.14) z 5. On dénombre le nombre n de carreaux de l’abaque situés à l’intérieur de la surface chargée. La contrainte verticale au point considéré est donnée par : σz = n I q (5. 4. le contour de la surface irrégulière sur un papier transparent. selon la démarche suivante : 1. . 5.21 : Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande de longueur infinie On utilise l’abaque de Newmark (Fig.13) 5.69 Eléments de Mécanique des Sols q0  b z (a − b)  σz = πb  a (θ2 − θ1) − 2 (a − b) + z 2    Nous pouvons utiliser une abaque basée sur le facteur d’influence : σz = q0 I(m. 5. On peut procéder par superposition de la solution précédente d’où q0 σz = πb [b (β1 + β2) + x (β2 − β1) ] 2b B O β2 β1 M q0 A x (5.10 Charge uniformément répartie sur une surface irrégulière Fig. 3.12) (5. On trace selon l’échelle ainsi obtenue. La profondeur de calcul de la contrainte verticale est prise égale à la distance OQ de l’abaque. 2. 5. q est la charge uniforme.22).9 Charge triangulaire symétrique répartie sur une bande rectangulaire de longueur infinie Le point de calcul peut être quelconque (Fig. 5. On superpose alors la surface dessinée à l’abaque. Le point de calcul peut être à l’intérieure ou à l’extérieure de la surface chargée.11) (5. n) où I est tiré d’après une abaque ou donné par : m ( n − 1)  − 2 I = 1  n arctg 2 m2 2 π m + n − n m + n + 1 − 2n    (5.21). ce qui donne une échelle graphique pour tracer la surface chargée. Le point au droit duquel on veut calculer la contrainte est placé au centre de l’abaque.

3 échelle telle que la profondeur z = AA' à laquelle on veut calculer la contrainte verticale soit égale au segment P'P du damier et que la charge maximale est P. (5. la solution de Westergaard est la plus appropriée. 5.23 : Exemple 5. Placer le calque sur le damier en faisant coïncider AA' et PP'. 5.12 Théorie de Westergaard La solution de Boussinesq est basée sur un comportement élastique linéaire du massif de sol.3 Une charge uniforme de 250 kPa est appliquée sur la surface montrée ci-contre (Fig. Calculer la contrainte au point O à la profondeur de 80 m. Pour le calcul pratique. Dessiner sur un calque la charge à une Fig. 5.16) .24): 20 m 10 m 20 m O 40 m 60 m 1.2). 5. Dans ce cas. La contrainte verticale est donnée par : σz = n I q où I est une caractéristique de l’abaque. Cette solution ne s’applique pas aux dépôts naturels de sol où il peut exister plusieurs couches de natures différentes. Compter le nombre n de cases (blanches et noires) du damier recouvertes par le profil de la charge 4.70 Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures Exemple 5. on trouvera des abaques semblables à ceux de la théorie de Boussinesq (Fig. 3.23). Cette théorie repose sur l’hypothèse qu’un sol ne se déforme que dans le sens vertical en absence de tout mouvement latéral à cause de la présence de couches minces parfaitement rigides. 5. 40 m 5.11 Charge quelconque répartie sur une bande de longueur infinie On peut utiliser une méthode graphique basée sur le damier de Giroud (Fig. 2.

71 Eléments de Mécanique des Sols Fig. (d'après Introduction à la géotechnique) . 5.22: Abaque de Newmark pour le calcul de la contrainte sous une surface horizontale quelconque chargée uniformément.

(d'après Mahé) .72 Chapitre 5 : Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures Fig.24: Abaque de Giroud pour le calcul de la contrainte sous une bande de longueur infinie soumise à une charge quelconque. 5.

L2 = 3 m. Calculer la contrainte verticale au point M. On donne : L1 = 5 m. q = 60 kN/m2 Exercice 8 Calculer la contrainte verticale aux points M et M'. L3 = 4 m. Exercice 4 Retrouver la solution dans le cas d'une charge uniforme sur une bande de longueur infinie et de largeur B.5.78daN/cm2. Exercice 7 Calculer la contrainte verticale aux points M et M'. Exercice 2 Calculer la contrainte verticale en un point M situé à la verticale du centre d'une surface circulaire uniformément sollicitée par une charge d'intensité q.73 Eléments de Mécanique des Sols Exercices du chapitre 5 Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures Exercice 1 Une charge verticale uniforme d'intensité q est répartie sur une surface horizontale en forme de disque plat d'ouverture α. q3 = q4 = 20 kN/m y Ri α Re q x z Exercice 1 A C E F Exercice 5 q R z' z M M' Exercice 7 q1 q3 q2 q4 L4 L3 L2 L1 z' M' z M Exercice 8 . q2 = 30 kN/m. Calculer la composante verticale de la contrainte supplémentaire résultant de ces charges dans un plan situé à 24m sous la surface libre et à la verticale des points ACE et F. On donne : R = 5 m. z = z' = 10 m. de rayons intérieur Ri et extérieur Re. Exercice 3 Retrouver la solution de Flamant. On prendra la densité du béton égale à 2. q1 = 50 kN/m. L4 = 1 m. Exercice 5 Une semelle de fondation de 12m de côté et de 20cm d'épaisseur supporte une surcharge de densité uniforme de 0. z = z' = 10 m. Exercice 6 Faites le même exercice précédant en supposant que la charge est concentrée au centre de la semelle.

2 Calcul des tassements instantanés 6.1 Introduction 6.3 Calcul des tassements de consolidation 6.2 Phénomène de la consolidation 6.3 Compressibilité 6.3 Calcul du tassement secondaire 6.2 Mise en équations 6.4 Consolidation 6.2 Méthode de Taylor 6.8.7.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation 6.11.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place 6.3.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle 6.9.8.11. Compressibilité et Consolidation 6.7.3.4 Degré de consolidation 6.11 Evaluation de la compression secondaire 6.5 Degré de consolidation moyen 6.8 Vitesse de consolidation 6.2 Hypothèses 6.3.8.7.11.8.1 Méthode globale 6.1 Méthode de Casagrande 6.7 Calcul des tassements primaires 6.12 Tassements admissibles et précautions à adopter .3.3 Résolution 6.9. le tassement 6.8.3.8.8.Chapitre 6: Tassement.2 Composantes du tassement 6.1 Introduction.1 Les hypothèses 6.10 Détermination du coefficient de perméabilité 6.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation 6.1 Définition 6.8.

tandis que les tassements de consolidation et le tassement secondaire sont des fonctions du temps. Les tassements des sols non saturés sont presque instantanés tandis que dans les sols saturés. le tassement immédiat est évalué en se basant sur la théorie d’élasticité.1) Par définition. Le calcul des tassements est nécessaire pour vérifier la conformité des structures vis-à-vis des conditions de sécurité et de service. La déformation des grains de sol qui est généralement négligeable en Génie civil. Pour le calcul des tassements on suppose que le sol est saturé. . compressibilité et consolidation 6. En général. le tassement immédiat est indépendant du temps.à. La compression de l’air et de l’eau interstitielle. Les déformations peuvent être instantanées ou différées introduisant une dépendance au temps. D’où la formule globale : St = Sp + Ss = Si + Sc + Ss (6. son comportement est généralement non linéaire. jusqu’à plusieurs dizaines d’années dans les argiles peut perméables. Le tassement primaire a deux composantes. . Les tassements sont par définition les déformations verticales du sol sous l’action des sollicitations diverses. le tassement Le sol est un amas complexe.1 Introduction. Le tassement de consolidation se produit dans les sols à grains fins présentant un .2 Composantes du tassement Le tassement total d’un sol se décompose en tassement primaire et tassement secondaire. ils peuvent s’étendre sur quelques secondes dans les sols sableux-graveuleux. 6. Les causes du tassement sont : . Expulsion de l’air et évacuation de l’eau interstitielle qui constitue la cause principale dans l’étude des tassements. un tassement immédiat et un tassement différé associé à la consolidation. de plus on ne tient pas compte de la compressibilité du fluide interstitiel.d un gonflement (pendant les excavations par exemple). c’est un matériau irréversible à cause des déformations permanentes.Chapitre 6 Tassement. Les tassements peuvent être uniformes ou différents d’un point à l’autre selon la nature du sol en place. Le tassement peut s’effectuer vers le bas ou vers le haut c.

où bien.75 Eléments de Mécanique des Sols faible coefficient de perméabilité. La courbe est composée de quatre zones : zone AB : dite zone de recompression. La vitesse de tassement dépend du taux d’évacuation de l’eau interstitielle c. La relation contrainte-déformation peut être Cellule oedométrique représentée par plusieurs courbes (Fig. L’étude de la compressibilité unidimensionnelle peut se faire par des essais à l’oedomètre (Fig. zone CD : dite de compression vierge. . le tassement de consolidation peut se prolonger pendant des mois. Dans cette zone les tassements sont faibles à cause de la présence de l’eau dans l’échantillon. l’indice des vides e est exprimé en fonction de la contrainte effective σ'v (ou logσ'v).1: œdomètre zone BC : C’est une zone de transition.2-5): La déformation verticale est exprimée en fonction de la contrainte effective σ'v (ou logσ'v). L’expérience montre que la compressibilité des sols ne suit pas la loi de l’élasticité linéaire ni même celle de l’élasticité non linéaire. le sol est très compressible même pour de petites variations de la contrainte.3 Compressibilité C’est l’étude de la relation contrainte-déformation du sol. Dans ces conditions. 6. Elle représente la contrainte verticale maximale due au poids des terres à la quelle cet échantillon a déjà été soumis dans son passé géologique. La (d'après Costet et Sanglerat) contrainte à partir de laquelle se produit la transition est dite contrainte de préconsolidation et est notée σ'p. 6. 6. on le définit alors comme un phénomène de fluage du sol. Le tassement secondaire se produit à contrainte effective constante.à. Dans la majorité des essais oedométriques on trace la courbe e(logσ'v) dont la forme caractéristique est comme montrer cicontre (Fig. dans laquelle la variation de l’indice des vides est proportionnelle à la variation du logarithme de la pression effective appliquée. 6.1).2). zone DE : où la courbe tend vers une asymptote horizontale. Au delà de cette contrainte. 6.d de la perméabilité. Fig. sans variation de la pression interstitielle. des années ou même des dizaines d’années.

76 Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation

e A Cr B C Cc D

e

av E log σ' vc

σ'vc Fig. 6.3 : Courbe de compressibilité e(σ'vc)
av: coefficient de compressibilité

Fig. 6.2 : Courbe de compressibilité e(log σ'vc)
Cr: indice de recompression Cc: indice de compression

εv

εv Cre mv Cce

σ'vc Fig. 6.4 : Courbe de compressibilité εv(σ'vc)
mv: coefficient de changement de volume (mv = 1/E')

logσ'vc Fig. 6.5 : Courbe de compressibilité εv(log σ'vc)
Cre: indice de recompression modifié Cce: indice de compression modifié

77 Eléments de Mécanique des Sols

Dans la zone de compression vierge, le coefficient de proportionnalité est appelé indice de compression Cc tel que
∆e Cc=− ∆logσ

(6.2)

Ce coefficient permet le calcul du module oedométrique E'.
σv

6.4 Consolidation Lorsqu’un sol fin est sollicité, son tassement évolue dans le temps. Cette évolution est liée à la vitesse d’évacuation de l’eau interstitielle c.à.d à la perméabilité du sol. Ce phénomène est appelé consolidation et se défini t=0 donc par l’étude de la vitesse de tassement. On σv+ ∆σ peut illustrer le phénomène de consolidation par σv+ ∆σ le modèle analogique suivant (Fig. 6.6). Le ressort correspond au squelette solide. L’eau du u0 +∆u u0 cylindre représente l’eau libre dans le sol. Le manomètre indique la pression interstitielle u0. Lorsque la soupape est fermée, l’application de l’incrément de charge ∆σ entraîne sa transmission intégrale à l’eau, le manomètre t = t1 t = t2 >> t1 doit indiquer u0+∆σ. Lorsque la soupape est ouverte, l’eau s’évacue lentement, en même Fig. 6.6 :Modèle de consolidation temps, la pression interstitielle diminue. La diminution de la pression interstitielle est B reprise par le ressort qui se comprime au fur et t à mesure. A l’équilibre, l’eau ne s’écoule plus tassement primaire du cylindre, la pression de l’eau redevient hydrostatique, le ressort est soumis à la charge A C D σv+∆σ. Ce modèle permet de représenter ce que se produit dans les sols cohérents chargés. tassement secondaire Au début, la sollicitation est transmise à l’eau ∆h sans qu’il y est changement dans la contrainte effective. Graduellement, l’eau est expulsée, le Fig. 6.7: Tassement primaire et tassement secondaire squelette de sol reprend la variation de contrainte, tandis que la contrainte effective augmente. Au bout d’un certain temps fonction de la perméabilité du sol, la pression hydrostatique en excès devient nulle et la pression interstitielle reprend la valeur qu’elle avait avant l’incrémentation du chargement. L’étude de la consolidation peut se faire à l’oedomètre sous charge constante. Sur la courbe représentative de cet essai (Fig. 6.7) on distingue deux branches sensiblement rectilignes. La branche BC représente la zone de consolidation primaire qui est due à la résistance offerte à l’évacuation de l’eau en excès. La branche CD caractérise la consolidation secondaire
u0

78 Chapitre 6 : Tassement, compressibilité et consolidation

qui est le résultat du réarrangement progressif de la structure du sol. L’intersection des prolongements de BC et DC se fait au point A. Par définition, ce point détermine la fin du tassement primaire. Dans les problèmes pratiques, l’étude de la consolidation revient à déterminer la courbe de variation du degré de consolidation en fonction du temps U(z, t) défini par : U(z, t) = S(z, t) S(z) (6.3)

où S(z, t) est le tassement à la profondeur z et au temps t, S(z) est le tassement final à la profondeur z. 6.5 Détermination de la contrainte de préconsolidation La contrainte de préconsolidation σ'p est déterminée d’après un essai de compressibilité par la construction graphique de Casagrande sur la courbe e(logσ'v) (Fig. 6.8): . Soit A le point où le rayon de courbure est minimal. . On trace la droite horizontale AH à partir de A. . A partir de A, on trace la tangente AT au début de la courbe de compression vierge. . On trace la bissectrice AB' de l’angle HÂT. . On prolonge la portion rectiligne de la zone de compression vierge jusqu’à son intersection en B avec la bissectrice AB'. . Le point B correspond à la contrainte de préconsolidation σ'p.
e A B H B' T

log σ'vc σ'p Fig. 6.8 : Détermination de la contrainte de préconsolidation

On peut avoir plusieurs cas selon les valeurs relatives de σ'p et la contrainte effective actuelle due au poids des terres σ'v0 : Sol normalement consolidé La contrainte de préconsolidation est égale à la contrainte due au poids des terres : σ'p = σ'v0 Sol surconsolidé Lorsque les deux contraintes sont telles que σ'p > σ'v0

79 Eléments de Mécanique des Sols

on définit alors le taux de suconsolidation par :

rsc

=

σ'p σ'v0

(6.4)

Sol sous-consolidé lorsque σ'p < σ'v0 Ce cas est généralement rare et n’est pas permanent. En effet, on ne peut le trouver que dans les sols déposés récemment par un processus géologique ou par intervention humaine. Le sol en question n’a pas encore atteint son équilibre avec le poids des terres. La pression interstitielle est alors supérieure à la pression hydrostatique. 6.6 Prédiction de la courbe de consolidation pour le sol en place La valeur de la contrainte de préconsolidation est influencée par plusieurs facteurs liés à l’expérimentation tels que le degré de remaniement de l’échantillon, le rapport d’augmentation de la charge (qui doit être inférieur à 1 pour les argiles molles et sensibles), et la durée de chaque chargement (qui est de l’ordre de 24 heures). C’est pourquoi au laboratoire, on obtient des courbes de recompression dont la pente est légèrement inférieure à la pente de la courbe de compression vierge sur le terrain. Schmertmann a mis au point une méthode graphique pour évaluer la pente de la courbe de compression vierge pour le sol en place. Pour corriger la courbe de compression vierge au laboratoire on procède de la façon suivante : 6.6.1 Pour une argile normalement consolidée . On évalue la contrainte de préconsolidation e σ'p par la construction de Casagrande. P1 e0 . On calcule l’indice des vides initiale e0. On trace la ligne horizontale passant par e0 et s'arrêtant au niveau de σ'p. On obtient alors le point P1 (Fig. 6.9). F . On trace une horizontale à partir du point correspondant à 0,42 e0. Au point d’intersection de cette droite et du prolongement de la courbe de compression 0,42 e0 P2 vierge en laboratoire. Ainsi on définit le point P2. σ'p log σ'vc . On relie les deux points caractéristiques P1 Fig. 6.9 : Construction de Schmertmann et P2 par une droite F. pour un sol n.c. . La pente de cette droite définie l'indice de compression Cc du sol sur site. De même, la droite F représente la courbe de compression vierge sur le terrain.

on trace une droite parallèle à la courbe moyenne chargementdéchargement et s’arrêtant au niveau de la contrainte de préconsolidation σ'p.10 : Construction de Schmertmann pour un sol s.10).7 Calcul des tassements primaires 6. 6.42e0 donne le point P3. (6. on pourra admettre que le module oedométrique E' est constant et que la répartition de la contrainte verticale σz est linéaire. On trace la ligne horizontale passant par e0 et s’arrêtant au niveau de σ'p d’où le point P1. compressibilité et consolidation 6. 6.42 e0 σ'v0 σ'p P3 Fig. A partir du point P1. L’intersection du prolongement de la courbe de compression vierge avec la droite horizontale passant par 0.7) où σz1 est la contrainte verticale due à la surcharge à la surface de la couche.5) E' où E' est une caractéristique mécanique du matériau dite le module oedométrique. le tassement est donc : ∞ (z)dz s(z0) = ∫ σz E'(z) z0 e e0 P1 P2 0. et la droite P2P3 donne l’indice de compression vierge. le . c. de hauteur dz. .1 Méthode globale On peut faire un calcul global du tassement en considérant la variation des caractéristiques mécaniques du sol en fonction de l’état de contrainte. Pour un élément de volume parallélépipédique. . Dans le cas général de massif constitué de multi-couches ou d’une seule couche de grande épaisseur.6. tout deux sur le terrain. σz2 est la contrainte verticale due à la surcharge à la base de la couche. 6. d’où le point P2.7. En un point donné de profondeur z0.80 Chapitre 6 : Tassement. le tassement de la couche est donné par : s= h (σz1 − σz2) E' (6. La droite P1P2 donne l’indice de recompression. .6) Pour un sol constitué d’une seule couche de faible épaisseur égale à 2h. dépendant à la fois de la profondeur z et de la contrainte σz. le tassement infinitésimal sous la contrainte verticale appliquée σz est donné par : dz ds = σz (6. Dans ces conditions. (Fig.2 Pour une argile surconsolidée .

6.25 0. On peut le déterminer d’après les essais oedométriques ou triaxiaux en traçant la relation effort-déformation. au voisinage d'une semelle flexible uniformément chargée. les calculs relèvent de plusieurs théories étant donné que les composantes de tassement sont de natures différentes. B est la dimension caractéristique de la semelle. Toutefois. . On appelle alors le module oedométrique.7. A titre d’exemple. on peut utiliser l’expression : ∆σ E' = 1+e Cc log(1+ ∆σ) σ (6.81 Eléments de Mécanique des Sols calcul pratique des tassements se fait de telle sorte que l’on puisse admettre pour chaque couche une répartition linéaire de σz et un module oedométrique E' constant. Le coefficient d’influence I dépend de la forme de la semelle et de la position du point de calcul (Tab.56 L/B=2 1.2 Calcul des tassements instantanés Dans les milieux saturés. Lorsque nous voulons évaluer le tassement par composantes. Remarque 6. on peut admettre que ce tassement se produit à volume constant.12 0. Pour un incrément de charge ∆σ à partir de l’état (σ.95 1. On peut le calculer on se basant sur les formules de Boussinesq.1 Le module oedométrique est aussi appelé le module tangent.52 1.58 1.89 Rectangulaire L/B=5 2. Le tassement global est enfin la somme des tassements de l’ensemble des couches.64 Tableau 6. E' est remplacé par le module sécant. e). 6.78 0.9) Dans laquelle on prendra ν=0.29 Circulaire 1.83 2.0 0. Les essais permettant le calcul de E' doivent se faire dans des conditions non drainées puisque le tassement immédiat se produit avant toute consolidation. le tassement est donné par : 1− ν Si = q B E I 2 (6.1) Forme de la semelle Coefficient d’influence Centre Coin Carrée 1.30 1.85 Lorsqu’il s’agit d’une semelle rigide.9) Dimensions Moyenne 0. le module en conditions non drainées Eu.5. il faut souligner que le calcul du module Eu est fortement influencé par le remaniement des échantillons.1 : Coefficient d’influence I pour la formule (6.10 1.8) Quelques fois.53 0. le coefficient d’influence est plus petit.05 L/B=10 2.77 L/B=3 1.

En fonction de l’indice des vides. Après la construction d’un remblai.8.c) (6. L’indice des vides final n’était que de 0. on écrit : Vt Vs = 1+e = Cons tan te (6. on exprime le tassement de consolidation par l’une des formules suivantes : σ' H Sc = Cc1+ 0 log( 2) e0 σ'1 σ' Sc = Cce H0 log( 2) σ'1 H Sc = a v1+ 0 (σ'2−σ'1) e0 Sc = m vH0 (σ'2−σ'1) (6. Etant donné que les grains sont indéformables (par hypothèse).11) ci-dessus dépend de la plage de l’incrément de contrainte par rapport à la contrainte de préconsolidation.11.a) (6.11. indice des vides égal à 1. l’élément de volume se déforme. Selon la courbe effort-déformation utilisée. av.11 : Principe de calcul du tassement pour une surface transversale égale à l’unité.11) Exemple 6. 6. il vient : h h + ∆h Vs = 1 + 0 = 1 + 0 + ∆ e e0 e0 d'où ε v = ∆h = ∆e 1 + e0 h0 ce qui nous permet de calculer le tassement S de l’échantillon : S = ∆h = ∆e h 0 1+e0 (6.1 Une couche de sol possédait les caractéristiques suivantes : épaisseur égale à 10m.1 Sol normalement consolidé Le tassement de consolidation Sc se calcule pour la zone de compression vierge. mv sont relatives à la zone de compression vierge. 6. compressibilité et consolidation 6. Cce.7. 6. la couche s’est consolidée.11.7.10) ∆H Vv Vs Vv0 H0 Vs Fig. les indices Cc. .11).d) où σ'2 = σ'1+∆σ.0.b) (6. le volume solide reste inchangé (Fig.3. Calculer le tassement de la couche de sol.82 Chapitre 6 : Tassement.3 Calcul des tassements de consolidation Au cours de la consolidation du sol.11. L’utilisation pratique de l’expression (6.

83 Eléments de Mécanique des Sols Remarque 6.3. le tassement de consolidation sera la somme des tassements de chaque couche : Sc = ∑ Sci i =1 n (6.1 La contrainte effective finale est inférieure à la contrainte de préconsolidation ( σ'v0 + ∆σ'v ≤ σ'p ) On peut utiliser les expressions (6. par contre les courbes ∆h(log σ'v) peuvent être similaires. Pour deux échantillons.7.7. et un tassement relatif à la zone de compression vierge : H Sc = Cr 1 + 0 log[ e0 σ'p + (σ'v0 + ∆σv − σ'p) σ'v0 + (σ'p − σ'v0) ] + Cc H 0 log[ ] 1 + e0 σ'v0 σ'p soit. 2.13. σ'v0+ ∆σv σ'p H H ) Sc = Cr 1+ 0 log( ) + Cc 1+ 0 log( σ'v0 σ'p e0 e0 (6. il vient : . .2.12) 6.14) En terme d’indice de recompression modifié.2 Le sol est surconsolidé On peut avoir deux cas : σ'v0 + ∆σ'v ≤ σ'p ou σ'v0 + ∆σ'v ≥ σ'p 6.2 La contrainte effective finale est supérieure à la contrainte de préconsolidation ( σ'v0 + ∆σ'v ≥ σ'p ) Le tassement de consolidation sera la somme de deux parties : un tassement relatif à la zone de recompresssion.b) 6. Simplifier le calcul des tassements sans connaître e0.7.2. les courbes e(log σ'v) peuvent être très différentes à cause de e0.11) en prenant le soin de remplacer les coefficients de la zone de compression vierge par ceux de la zone de recompression Cr ou Cre : σ' H Sc = Cr1+ 0 log( 2) σ'1 e0 σ' Sc = Cre H0 log( 2) σ'1 (6. Lorsque le sol est un multicouches.2 1.3.a) (6. Déterminer la contrainte de consolidation σ'vc pendant l’essai. . Avantages des courbes εv(log σ'v) ou ∆h(log σ'v): .13.2.

574 0.691 0. 1. . Le processus se déroule donc à pression effective constante. Estimer le rapport de surconsolidation.632 0. 4. Lors du chargement d’une couche de sol saturé. e 0.708 0.12. nous avons relevé les mesures (e.1 Introduction La compression secondaire joue un rôle important dans le cas des tourbes et des sols fortement organiques. A mesure que le temps passe. déterminer le tassement de consolidation pour une contrainte supplémentaire de 220 kPa.8. Nous allons nous consacré à des théories servant à l’évaluation des taux de consolidation ou vitesse de tassement primaire et secondaire des sols à grains fins.15) Pendant un essai de consolidation.8.2 σ'v0+ ∆σv σ'p + Cce H0 log( ) σ'v0 σ'p (6.642 0. Construire la courbe de consolidation du type e (log σ'vc). 6. 3.492 0. 6. Formuler les équations de la courbe de compression vièrge et de la courbe de rebondissement pour le déchargement commençant à 1600 kPa. 2.650 0.635 0.670 0.510 0. Sachant que cet essai est représentatif d'une couche d'argile de 12m d'épaisseur. L’indice des vides initial est de 0.2 Le phénomène de la consolidation Nous pouvons simuler le phénomène par un modèle analogique comme le montre fig. la contrainte supplémentaire ∆σ due au chargement est immédiatement transmise à l’eau qui développe une pression interstitielle en excès ∆u = ∆σ.8 Vitesse de consolidation 6. la consolidation primaire est la composante majeure du tassement.725. compressibilité et consolidation Sc = Cre H0 log Exemple 6. 6.530 σ'vc [kPa] 25 50 100 200 100 25 50 200 400 800 1600 400 100 25 5.623 0. σ'vc) portées sur le tableau ci-contre. Déterminer l'indice de compression et l'indice de recompression pour le sol en place. La compression secondaire se produit après la dissipation de toute pression interstitielle excédant les conditions hydrostatiques. La contrainte due au poids des terres est de 130 kPa. tandis que dans les argiles inorganiques.445 0.460 0.84 Chapitre 6 : Tassement.

la surpression interstitielle ∆u est σ'v0+∆σ totalement dissipée.8. Dans le cas d’une couche de sol drainée sur ces ∆σ deux faces. 6. Multi-couche Cette quantité d’eau évacuée ainsi que la variation de l’indice des vides sont Fig.16) σ'v0 ∆σ' ∆u Or l’écoulement qui se produit exactement au centre de la couche est nul car le gradient ∆u/∆z est nul. elle a était développée initialement par Terzaghi K. 6. Le tassement global de la couche de sol est proportionnel au volume d’eau expulsée. Au voisinage des faces drainées. la vitesse d’évacuation de l’eau est Pression liée physiquement au gradient hydraulique : z ∆σ i = ∆h = ∆u l γ w ∆z (6. la surpression interstitielle z σ'v0 ∆σ' ∆u n’est pas uniforme le long de l’épaisseur. le gradient tend vers l’infini et c’est à cet endroit que l’écoulement est le plus rapide. 6.85 Eléments de Mécanique des Sols l’eau est évacuée. et la contrainte Pression effective correspond à σ'v0+∆σ. Près des extrémités. l’eau s’évacue plus rapidement qu’à l’intérieur ∞ t 0 de la couche. et se produit un transfert graduel de la contrainte de l’eau vers le squelette de sol : la contrainte effective augmente et la surpression interstitielle diminue.1 Les hypothèses La théorie est basée sur les hypothèses suivantes : .13). dans les années 20 du siècle dernier.12: Modèle analogique de proportionnelles à la surpression consolidation d'un massif de sol interstitielle dissipée. ce qui donne des Monôcouche répartitions non linéaires de la pression de l’eau et de la contrainte effective. 6. la théorie la plus adoptée repose sur l’hypothèse d’une consolidation unidimensionnelle. Le phénomène décrit ci∞ t 0 dessus s’appelle consolidation.8. Lorsque le temps tend vers l’infini. En σ'v0+∆σ effet. La théorie de la consolidation est un modèle mathématique pour l’étude des tassements.3. En mécanique des sols.3 Théorie de Terzaghi pour la consolidation unidimensionnelle La théorie traite le cas d’une couche d’argile compressible comprise entre deux couches de matériaux poreux très perméables (Fig.

Sable . La couche est complètement saturée. La compression de la couche et l’évacuation de Sable l’eau se font dans une seule direction. La couche d’épaisseur H est drainée sur ces deux faces.2 Mise en équation L’équation de Terzaghi représente la formulation de la continuité de l’écoulement de l’eau interstitielle. compressible en consolidation . Les grains solides et l’eau interstitielle sont incompressibles. . La couche de sol est drainée sur une ou deux Fig. z .17) où u est la pression interstitielle de l’eau. Les conditions aux limites sont les suivantes : . 6. Il est donné par : 1 + e0 Cv = γk av w (6. Cv est dit coefficient de consolidation. Absence de compression secondaire.3.8. elle est donnée par l’expression 2 u Cv ∂ 2 = ∂u ∂t ∂z (6. La loi de Darcy est valable.86 Chapitre 6 : Tassement. . Le coefficient de compressibilité av et le coefficient de perméabilité k demeurent constants pendant la consolidation (loi linéaire d’où l’hypothèse suivante). z la variable de profondeur. ce que nous décrirons par : à t = 0 : ∆u = ∆ui = ∆σ = (σ'2 . la pression interstitielle en excès est égale à l’augmentation de la contrainte totale ∆σ. .18) Quoi que cette équation n’a été formulée que pour la consolidation unidimensionnelle.13: Couche de sol faces (haute et basse).8. on peut montrer qu’elle pourrait être dérivée pour les problèmes à consolidation tridimensionnelle.σ'1) .3. t la variable temps.3 Résolution La solution est exprimée sous forme de séries de Fourier : . compressibilité et consolidation . Au début du chargement. Les déformations sont petites dans le sol. La couche de sol compressible est homogène. 6. H = 2h Argile . . Tout calcul fait. soit : pour z = 0 et z = H nous avons ∆u = 0 6.

23) ∆u étant la variation de la pression interstitielle à t = 0. c.∆u = σ'1 + ∆ui . 6.19). Ces abaques sont basés sur la notion du degré de consolidation. il vient (Fig.3).4 que pour l'ingénieur.3. nous avons: σ' = σ'1 + ∆σ' = σ'1+ ∆σ .∆u . 6.8. on la prend égale à l'épaisseur de la couche H pour un drainage sur une seule face et est égale à H/2 lorsque la couche est drainée sur ces deux faces.22) e e1 ∆e e e2 σ' σ'2 σ'1 σ' ∆σ' = ∆ui Fig.87 Eléments de Mécanique des Sols ∆u = (σ'2 − σ'1) n =0 ∑ f (Z) 1 ∞ f 2 (T ) (6.14: Courbe de compressibilité av où e1 (respectivement e2) représente l’indice des vides initial (final).20) où Hdr est la longueur du chemin de drainage. En effet. En terme de contraintes et de pressions interstitielles.4 Degré de consolidation Nous avons vu dans la section 6. l'étude de la vitesse de tassement se conclut par la définition du degré de consolidation. on utilise des abaques pour le calcul rapide. le degré de consolidation est défini au temps t et à la profondeur z par la relation : e − e(t) Uz (t) = 1 − e1 e2 (6.14): σ'− σ'1 σ'− σ'1 ∆ ui − ∆u = = = 1 − ∆u ∆ui ∆ui σ'2 − σ'1 ∆σ' Uz = (6.21) Dans le calcul pratique à la place de (6.d le taux de la consolidation achevée au temps t et à la profondeur z. le facteur de profondeur Z et le facteur temps T. En fonction de l’indice des vides. par rapport à la consolidation finale à la même profondeur z (formule 6. 6. H dr =  H / 2 pour une couche doublement drainée  H pour une couche drainée sur une seule face  T = C v t2 H dr (6. sont des paramètres sans dimension : Z = z / Hdr (6.à.19) où f1 et f2 sont deux fonctions. ∆u est la pression interstitielle en excès.

16) on suppose une distribution linéaire des pressions interstitielles initiales en fonction de la profondeur. aux profondeurs de 3. t) dz 0 H 0 ∫ σ' ≈1− 2 (z) dz 1 ∆u(z. on introduit le degré de consolidation moyen défini par : H U moy (t) = ∫ σ' (z. Dans la pratique il existe des abaques donnant le degré de consolidation moyen en fonction du facteur temps. Pour avoir une idée sur la consolidation de la couche entière.σ'1 = ∆ui .15) Exemple 6. 6.0.10-8 m2s-1.933 log(100 − U moy)   pour U moy < 60 % pour U moy > 60 % (6. t) dz H σ'2 ∫ 0 H (6. il vient : H U moy (t) = 1 − ∫ ∆u(z. Par ailleurs. Trouver le degré de consolidation et la pression interstitielle en excès après 5 ans de chargement. ∆σ=100 kPa. compressibilité et consolidation d'où σ' .8.∆u Alors (6. Elle est drainée sur ces deux faces.5 Degré de consolidation moyen Le degré de consolidation a un caractère local. 6. 6.88 Chapitre 6 : Tassement.23) donne: Uz = 1 − ∑ f (Z) f n=0 1 ∞ 2 (T ) (6.3. l’approximation est due à la contrainte effective finale σ'2 : estelle constante ou variable sur toute la hauteur de la couche ?. 9 et 12m.3 Une couche d’argile a 12m d’épaisseur.781 − 0.26) Dans ces expressions. il existe des relations approximatives de T(Umoy) comme celles proposées par Casagrande (1938) et Taylor (1948) :  π ( U moy )2  4 100  T= 1.25) en fonction de la surpression interstitielle. Dans (Fig. t) dz 0 H 0 ∫ σ' ≈ 2 (z) dz 1 σ' (z. Ceci constitue la seule restriction lors de l’utilisation de ces abaques. t) dz H σ'2 ∫ 0 H (6. 6.27) .24) dont la solution est donnée pour une couche doublement drainée par Taylor (Fig. On donne Cv=8.

89 Eléments de Mécanique des Sols Fig.15: Degré de consolidation pour un point dans une couche doublement drainée (d'après introduction à la géotechnique) . 6.

90 Chapitre 6 : Tassement.16: Relation Umoy(T) dans différents échelles (d'après introduction à la géotechnique) . compressibilité et consolidation Fig. 6.

Calculer le degré de consolidation à Z1=0. La méthode consiste à . 6. Calculer le degré de consolidation moyen de la couche.05.5 ans. qu’elle excède ou non la contrainte de préconsolidation.19). Exemple 6. 6.19). et dans la définition du facteur temps (6. Exemple 6. En réalité.17-18).6 Une couche d’argile a une épaisseur de 10m et est drainée sur une seule face.933T   pour U moy < 60 % pour U moy > 60 % U moy (6. Cc=0.10-6 m2s-1. Sc est le tassement final de consolidation primaire. Expérimentalement. Il existe deux méthodes graphiques associées à un essai oedométrique classique. le calcul de Cv est basé sur l’expression (6. En 3. On suppose que la couche est normalement consolidée.0. On donne : Cv=0. ∆σ'=100 kPa . Enfin.91 Eléments de Mécanique des Sols dont les relations inverses sont :  2 T  π  =  781 − 1 − 101. elle présente un tassement de 90 mm.28) Exemple 6.9. log(t)).544. On donne : e0=0. Cv=8.4 Soit une couche d’argile doublement drainée.10-8 m2s-1 .25.5 Soit une couche d’argile molle doublement drainée et d’une épaisseur égale à 12m. nous pouvons relier le degré de consolidation moyen au tassement par l’expression : U moy (t) = S(t) Sc (6.1 Méthode de Casagrande On considère l’espace (R(t).25m. du niveau de la contrainte appliquée.62 .1 et Z2=1 pour T=0.9 Détermination expérimentale du coefficient de consolidation Cv Ce coefficient figure dans l’équation différentielle de consolidation (6. Calculer le tassement de consolidation finale et déterminer le temps nécessaire pour atteindre 90% de cette valeur. σ'v0=110 kPa . où R(t) représente la lecture micrométrique de la variation de la hauteur de l’échantillon en fonction du temps t. le coefficient de consolidation dépend du rapport d’augmentation de la charge.29) où S(t) est le tassement au temps t. Calculer le temps nécessaire pour que le tassement de la couche soit égal à 0.

.92 Chapitre 6 : Tassement. On applique la formule (6.R1. . L’intersection de la droite d1 avec l’axe R donne R0. R100) R2 défini par l’intersection des deux tangentes.197 et t = t50 (associés à Umoy = 50%).15 fois les abscisses de d1.848 associés à Umoy = 90%. On calcul alors R50 = (R0 + R100) / 2. . on suit les étapes ci-dessous (Fig. Hdr = (Hdr)moy. On reporte au dessus de R1 la distance égale à R2 . . on trace une deuxième droite d2 dont les abscisses sont égales à 1. 6.15 d (t90)1/2 d1 (t)1/2 d2 Fig. On trace la droite d1 tangente à la partie initiale de la courbe R( t ).(R2 calcul de Cv R1). Pour cela. On trace les tangentes aux deux branches linéaires de la courbe.19) en utilisant t90 et T = 0. d’où l’on détermine t50(R50). L’intersection de la droite d2 avec la courbe correspond à P1(R90.17: Méthode de Casagrande pour le ainsi la lecture initiale R0 = R1 . La méthode consiste à déterminer R90 et t90 correspondant à 90 % de consolidation. . t90). cette méthode donne des valeurs de Cv légèrement supérieures aux valeurs données par la méthode de Casagrande. A partir de R0. 6. compressibilité et consolidation déterminer R50 et t50 correspondant à 50 % de consolidation.18: Méthode de Taylor pour le calcul de Cv Généralement.19) dans laquelle on prendra T = 0.2 Méthode de Taylor On considère l’espace R( t ). R100 . On recommence le procédé pour plusieurs valeurs de t1 pour obtenir une valeur moyenne de R0 aussi exacte que possible : R0 = R2 . On calcul Cv d’après (6. On choisi deux temps t1 et t2 quelconques mais dans un rapport de 1 à 4 (t2 = 4t1) et on prend leurs log t lectures micrométriques R1 et R2. on suit les étapes ci-dessous (Fig. R0 R R R90 d P1 0.18): . Il défini le temps de la fin de consolidation primaire tp correspondant à Umoy = 100 %. R0 R1 . où Hmoy= (H0 + Hf) / 2 6. tp t1 t2 = 4 t1 . 6.17): .R2). 6. On détermine le point P1(tp. . .(R3 . On définit Fig. .9. Pour cela. Hdr = (Hdr)moy = Hmoy/2.

. c. connaissant Cv.à. on calcule le coefficient de perméabilité k à partir de (6.11.93 Eléments de Mécanique des Sols 6. Dans la zone de compression secondaire. .10 Détermination du coefficient de perméabilité Lors d’un essai oedométrique.3 Calcul du tassement secondaire On peut utiliser l’équation de base . Elle se produit sous une contrainte effective constante.31) (6. l’indice des vides à la fin de la consolidation primaire.18) soit : γ k = Cv w a v 1 + e0 6.32) (6. . on définit l’indice de compression secondaire Cα par : Cα = ∆ ∆e t log où ∆e est la variation de l’indice des vides pendant l’intervalle ∆t. Cα est indépendant du rapport d’incrémentation de la charge.05).1 Définitions La compression secondaire est le changement de volume qui se produit au delà de la consolidation primaire. c.11. et l’indice de compression secondaire modifié Cαe par : C Cαe = 1 + α ep (6. Cα est indépendant du temps. 6. le rapport Cα /Cc est à peu près constant pour un grand nombre d’argile normalement consolidées dans la gamme des contraintes que l’on rencontre dans les applications courantes.30) où ep est l’indice des vides au début de la portion linéaire de la courbe e(log(t)).2 Hypothèses On admet les hypothèses suivantes : . Cα est indépendant de l’épaisseur de la couche de sol. 6.à.11 Evaluation de la compression secondaire 6. Il s’agit donc d’un phénomène de fluage.11.d après que toutes les pressions interstitielles en excès soient dissipées. il est impossible de départager le tassement de consolidation primaire de la compression secondaire. (la valeur moyenne de Cα /Cc est de l’ordre de 0. Sur le terrain.d.

compressibilité et consolidation Ss = 1 ∆e H 0 + e0 dans laquelle on prendra (6.34) L étant la portée séparant deux appuis pour lesquels on effectue le calcul.. L’épaisseur de la couche compressible est de 10 m. Pour les constructions courantes.1 11.etc. On suppose que la vitesse de déformation de l’échantillon de laboratoire est à t [min] R [mm] peu près la même que celle du dépôt initiale 12.Si .25 0. les tassements différentiels peuvent provoquer des désordres graves : dislocation de maçonnerie. L’indice des vides initial est de 2. On suppose que le tassement de consolidation est de 300 mm et qu’il se produit au terme d’une période de 25 ans.Sc la hauteur de la couche à la fin de la consolidation primaire. .919 9.223 9.180 9. La lecture micrométrique initiale est de 12.123 11.855.0 6 10 16 30 60 100 180 300 520 1350 1800 2850 4290 Exemple 6. Sc est le tassement de consolidation.12 Tassements admissibles et précautions à adopter Les tassements uniformes ne sont pas en général préjudiciables.7 Soient les données relatives à la vitesse de déformation pour un incrément de charge de 40 à 80 kPa. e0 = ep est relatif à la fin de la consolidation primaire Exemple 6. La hauteur initiale de l’échantillon est égale à 25.942 10. Si est le tassement instantané.769 9. Hi étant l’épaisseur initiale de la couche. rotation d’ensemble .7 compressible. Ceci peut être réalisé par des constructions très souples ou des constructions très rigides.5 1.33) ∆e = Cα ∆(logt).116 9.401 10.7 mm. Par contre.224 qui se produira entre 25 et 50 ans 0.94 Chapitre 6 : Tassement. H0 = Hi .0 1.082 11.614 9.373 9. Les tassements uniformes ou absolus sont considérés admissibles lorsqu’ils peuvent être absorbés sans inconvénient par la structure.172 9.8 3.566 10.489 9. on limite les tassements différentiels Sd aux valeurs suivantes :  L  600 Sd ≤   L  1000 0.4 mm.053 pour la maçonnerie (plus adaptable que le béton armé) pour les structures en béton armé (6. Calculer le tassement secondaire 0 11.151 6.7 11.711 10.019 10. fissures dans les bétons.859 10.

003 L 0.001 L 0.005 L Renversement Tassement Tab.A.01 L 0.2: Tassements admissibles (d'après Costet et Sanglerat) . il existe des normes précisant les valeurs limites des tassements (Tab. uniforme sous poutraison Tas.003 L 0.003 L 0. De point de vue réglementaire.2). cheminée.A. 6. parer à la fissuration de voile en B.0025 à 0.004 B 0. 6.95 Eléments de Mécanique des Sols Les précautions à adopter visent à minimiser autant que possible les tassements tout en prenant garde des sols gonflants.004 L 0.0002 L 0.01 à 0. radier stabilité de cheminée et tour circulation d'engin stabilité d'empilage stabilité de machine à tisser stabilité de turbo-générateur Stabilité de grue sur rail Ecoulement de l'eau dans les étages parer à la fissuration de mur de brique parer à la fissuration de poutre en B.01 L 0.0005 à 0. parer à la fissuration de poutre continue en acier parer à la fissuration de poutre simple en acier Tassement maximal 15 à 30 cm 30 à 60 cm 2 à 5 cm 5 à 10 cm 8 à 30 cm 0. uniforme sous mur en maçonnerie Tas.002 L 0.02 L 0. uniforme sous silos. Type de mouvement Tassement total Condition drainage correcte facilité d'accès Tas.

La contrainte moyenne dans l'argile.635 0. Cc=0. σ'vc) portées sur le tableau ci-contre. On suppose que le sol est normalement Indice des vides 0. déterminer le tassement de consolidation pour une contrainte supplémentaire de 220 kPa. 1. 1280 b.791 0.920 0.623 0.642 0. 3.530 σ'vc [kPa] 25 50 100 200 100 25 50 200 400 800 1600 400 100 25 .948 0. sera de 270 kPa.754 0. 0 c. nous avons obtenu les 20 données ci-contre. après la construction de l'édifice.719 0.96. Déterminer l'indice de compression et l'indice de recompression pour le sol en place.789 0. La contrainte due au poids des terres est de 130 kPa. Quels sont les indices de compression modifié et de rebondissement de ce sol.691 0. tracer le graphique de la pression en 80 160 fonction de l'indice des vides sur une échelle 320 semi-logarithmique et sur une échelle 640 arithmétique.938 0. 4.708 0. L’indice des vides initial est de 0. 40 a.725.691 0. compressibilité et consolidation Exercices du chapitre 6 Tassement. Formuler les équations de la courbe de 320 compression vierge et de la courbe de 80 rebondissement pour un déchargement 20 commençant à 1280 kPa.96 Chapitre 6 : Tassement.953 0. Estimer le rapport de surconsolidation.890 e 0. Sachant que cet essai est représentatif d'une couche d'argile de 12m d'épaisseur.510 0.632 0.445 0.650 0.492 0. Exercice 3 : On doit construire un édifice sur une couche de 6 m d'argile qui présente les caractéristiques suivantes: e0= 0. compressibilité et consolidation Exercice 1 : Pendant un essai de consolidation sur une Pression [kPa] argile non remaniée.22.878 0. 2. La contrainte moyenne actuelle due au poids des terres est de 120 kPa. d.574 0. nous avons relevé les mesures (e. Construire la courbe de compressibilité du type e (log σ'vc). Evaluer la contrainte à laquelle cette argile a été préconsolidée.460 0. Exercice 2 Pendant un essai de consolidation.670 0.

7. Supposer que l'argile repose sur un schiste imperméable.1 0.97 Eléments de Mécanique des Sols consolidé. Le tassement final est estimé à 1. Quel est le pourcentage de consolidation moyen de la couche drainée aux deux extrémités. b.2. en considérant un drainage simple.4 m respectivement en tenant compte d'un drainage simple et d'un drainage double. Combien de temps serait nécessaire pour obtenir des tassements de 400 et 700 mm. Le coefficient de consolidation de l'argile a été estimé à 10-8 m2/s. Evaluer le tassement de consolidation de la couche d'argile produit par la charge de l'édifice. . évaluer le tassement qui s'est produit lorsque le facteur temps était de 0. a. Evaluer le tassement instantané de la couche d'argile sous la charge de l'édifice pour une semelle carrée de côté b = 1m. Quel est le degré de consolidation à z/Hdr égale respectivement 0. Le module de Young est E = 200 kPa. b. b. Dans l'affirmative. Exercice 7 : Porter sur un graphique la pression interstitielle en excès en fonction de la profondeur. et pour un facteur temps tendant vers l'infini. les valeurs calculées pour Uz auraient-elles été différentes.2 et de 0. Vérifier les calculs à l'aide des équations T(U) données par Casagrande et Taylor. Exercice 8 : A partir du sol et des conditions de chargement indiqués aux exercices 3 et 4.5 et 0. a.25 0. Exercice 4 : Le facteur temps pour une argile en voie de consolidation est de 0. Exercice 9 : En se servant de la solution de l'équation de consolidation donnée sous forme de séries.2 m sous les charges appliquées sur le terrain. Quel tassement pourrait-on prévoir après 5 10 et 50 ans.5 et 0.9 respectivement. Exercice 6 : Si la couche d'argile de l'exercice 3 avait présenté un drainage simple. a. Exercice 10 : Un dépôt d'argile a 12 m d'épaisseur moyenne et semble drainé à sa base. de quel ordre serait cette différence.25 et 0. On suppose que la contrainte moyenne due à l'édifice ne varie pas avec la profondeur. calculer au dixième près le pourcentage de consolidation moyen U correspondant à des facteurs temps égales à 0. Exercice 5 : Sachant qu'on prévoit un tassement total de consolidation de 1 m pour la couche du problème 3.75.2 0. calculer le délai nécessaire pour obtenir un tassement de 0.

184 2.28 mm à t = 1485 mn.879 3. Exercice 16 : Déterminer le coefficient de perméabilité moyen de l'argile.2 m. Exercice 12 : A l'aide des données de l'exercice 10. e = 1. La couche d'argile est recouverte d'un remblai granulaire (ρ = 2000 Kg/m3) de 3 m d'épaisseur.830 3. Calculer la contrainte effective à une profondeur de 18 m sous la surface. On a effectué des essais de consolidation sur des échantillons de 22 mm d'épaisseur. Exercice 14 : A l'aide des données de l'exercice 12.4 mm ρs = 2750 Kg/m3 à t = 0.74 H = 19. en supposant cette fois que la couche est à drainage simple vers le haut. sachant que: e0 = 2. Commenter.035 2. estimer l'indice de compression secondaire et l'indice de compression secondaire modifié.650 3.25 0.927 3. déterminer le pourcentage de consolidation moyen de la couche d'argile après 4 ans. à double drainage et on a obtenu t50 = 9 mn pour un incrément de charge similaire à celui qui sera appliqué sur le terrain. La nappe phréatique se situe à la limite supérieure de la couche d'argile dont la masse volumique déjaugée est de 900 Kg/m3.4 mm et on a placé des pierres poreuses dans les parties supérieure et inférieure de l'appareil d'essai. on trouve un gravier sableux dense.282 3. 4 ans après la mise en place de la charge.423 2.041 3.28 mm Exercice 13 : Une couche d'argile normalement consolidée de 20 m d'épaisseur supportera une charge de 100 kPa répartie sur une grande surface. compressibilité et consolidation c. La hauteur initiale de l'échantillon est de 25.455 H = 17. Exercice 11 : Les données relatives à la vitesse de consolidation présentées ci-contre correspondent à l'incrément de charge de 20 à 40 kPa. calculer la contrainte effective à une profondeur de 18 m sous la surface.766 2.495 3. Combien de temps sera nécessaire pour atteindre le tassement final de 1.757 3.276 2. Sous l'argile.6 H0 = 25.1 0. Exercice 15 : A l'aide des données de l'exercice 12. Déterminer le coefficient de consolidation par les méthodes relatives aux courbes log(t) et (t)1/2 respectivement. 4 ans après la mise en place de la charge.5 1 2 4 8 15 30 60 120 240 505 1485 Lecture micrométrique [mm] 4. corrigé à 20 °C et mesuré pendant l'incrément suivant: Temps [mn] 0 0. Comparer les résultats obtenus par les deux méthodes.040 . e = 1.550 2.98 Chapitre 6 : Tassement.

3 σ2 = 300 kPa. Calculer le tassement secondaire 0 11.566 10.082 11.99 Eléments de Mécanique des Sols σ1 = 150 kPa.116 9.223 9.151 0.123 11. L’épaisseur de la couche compressible est de 10 m.942 10.18 hauteur de l'échantillon = 20 mm double drainage temps pour atteindre 50 % de consolidation = 20 mn température ambiante = 23 °C Exercice 17 Soient les données relatives à la vitesse de déformation pour un incrément de charge de 40 à 80 kPa. La hauteur initiale de l’échantillon est égale à 25.25 0.8 3.053 .180 9. e1 = 1. L’indice des vides initial est de 2.0 1.7 compressible. On suppose que la vitesse de déformation de l’échantillon de laboratoire est à t [min] R [mm] peu près la même que celle du dépôt initiale 12.5 1.859 10.373 9. On suppose que le tassement de consolidation est de 300 mm et qu’il se produit au terme d’une période de 25 ans.019 10. La lecture micrométrique initiale est de 12.489 9.769 9.401 10.224 qui se produira entre 25 et 50 ans 0.1 11.4 mm.855.7 mm.0 6 10 16 30 60 100 180 300 520 1350 1800 2850 4290 11.172 9. e2 = 1.919 9.711 10.614 9.

4 Tricercle de Mohr 7.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique 7.3.1 Introduction: mécanique des milieux continus 7.1 Position du problème de mécanique des solides 7.8.3 Pôle des faces 7.8 Relation contrainte-déformation.3 Tenseur de contrainte 7.7.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques .Chapitre 7 Rappels de mécanique des milieux continus 7. Les forces 7.2 Conditions aux limites 7.3 Champ de contrainte 7.7.6.6 Invariants 7.3.5.5 Cercle de Mohr 7.2 Construction inverse 7.5.1 Mouvement.7 Propriétés du tenseur de déformation 7.4.8. déplacement et déformation 7.4.4 Propriétés du tenseur de contrainte 7.10 Equation d'équilibre en coordonnées sphériques 7.8.8 Convention de signe en mécanique des sols 7.7.5.8.2 Vecteur de contrainte 7. 7.4.2.5 Contraintes principales 7.4.4.6 Autres lois constitutives 7.5 Elasticité linéaire 7.1 Construction directe 7.4 Rotation des axes 7.5.2 Bilan des équations et des inconnues 7.2 Tenseur de déformation infinitésimale 7.9 Etat plan de contrainte 7.1 Postulat d'Euler Cauchy 7.3 Résolution 7.3.8.3 Symétrie 7.6.4.8.2 Conditions aux limites 7.4.1 Equation d'équilibre 7.4.7.3 Dilatation volumique 7.4. 7.5.6 Champ de déformation.4 Lois constitutives 7.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques 7.5.1 Conditions de compatibilité 7.6 Ellipsoide de contrainte 7.4.9 Critères de plasticité 7.5 Etats particuliers de contraintes planes 7.

déformation. . ce qui différencie essentiellement cette science de la mécanique rationnelle qui étudie le mouvement des solides rigides.1 Introduction: mécanique des milieux continus La mécanique des solides a pour objectif d’étudier de manière mathématique rigoureuse le comportement des solides. Cinématique Elle étudie le mouvement du solide en terme de déplacement. La mécanique des solides est une science très vaste. vitesse. Lois constitutives Ce sont les lois caractérisant le comportement physique de la matière. Nous établissons les équations de la théorie de l’élasticité qui caractérise le comportement le plus simple des milieux continus. On se limite alors au point de vue macroscopique et on parle de mécanique des milieux continus. lois de Newton. essentiellement le comportement mécanique. . électromagnétique. nous présenterons les éléments de base de la mécanique des milieux continus en vue de l'appliquer en mécanique des sols.d : la réponse des solides aux sollicitations extérieures. Donc cette science ignore le détail de la structure moléculaire ou atomique de la matière. Lois de la physique Essentiellement mécanique et thermodynamique : équilibre. Cette réponse est caractérisée par la transmission des efforts à l’intérieur du solide.à. Cette branche s’applique d’ailleurs aussi bien aux fluides qu’aux solides. et reliant les variables des trois disciplines précédentes Dans ce chapitre. conservation de la matière. qu’elle suppose uniformément répartie dans l’espace.…et fournit des relations à caractère géométrique. Une hypothèse usuelle est d’admettre que le solide est continu. c. la distinction étant souvent délicate. les déplacements des points du solide et la déformation de la matière. .…) où s’introduit le concept très important de la contrainte. On peut diviser en quatre catégories les disciplines de la mécanique des milieux continus permettant d’aboutir à un ensemble complet d’équations rendant en principe possible la résolution de tout problème : .Chapitre 7 Rappels de mécanique des milieux continus 7. . Les solides sont donc déformables. conservation de l'énergie. Mécanique C’est l’étude des forces (gravitationnelle.

2).2 Vecteur de contrainte Si n est la normale unitaire extérieure à la facette élémentaire dA (Fig.2).101 Eléments de Mécanique des Sols 7.3 Tenseur de contrainte Le vecteur contrainte t varie certes d’un point à l’autre du corps.2. 7. Puisque cet état doit être invariant pour l’observateur. Les formules fondamentales de Cauchy .1 Postulat d'Euler-Cauchy Sur toute surface de coupe dans un solide. les composantes de t sur cette normale. Comme tout autre vecteur.3 Champ de contrainte 7. On dit que t est conjugué ou associé à dA ou à n.3. telles les forces gravitationnelles.1: : Types des forces extérieures 7.3. Par conséquent. il existe un champ de vecteurs contrainte t de nature semblable aux tractions de surface. tel que l’ensemble des forces élémentaires de contact tdA assure la transmission globale des forces s’exerçant entre les deux fragments (Fig. 7. 7. On désignera par Fi (i=1.1): 7.3) les composantes de ces forces par unité de volume. mais d’un niveau supérieur. Cette définition exprime le principe des contraintes d’Euler et Cauchy. r n r t σ τ dA Fig. 7.2. telle la pression atmosphérique.2 Les forces de surface (ou traction) Ce sont les forces de contact superficielles. 7.2 Les forces En mécanique des milieux continus on distingue deux types de forces extérieures (Fig. On désignera par Ti (i=1.1 Les forces de volume Elles agissent sur les éléments de volume du corps. agissant sur la surface libre limitant le corps. v T r v d p = T dA dA dV v F r r d p = F dV Fig.3) les composantes de ces forces par unité de surface.3. 7. d’inertie. l’état de contrainte n’est pas donc une grandeur vectorielle. électromagnétiques. nous pouvons décomposer le vecteur contrainte dans un repère quelconque dans l'espace. 7. en un point donné. l’état de contrainte en un point d’un corps n’est pas défini par un seul vecteur contrainte.2. et sur le plan de dA sont dites contrainte normale σ et contrainte tangentielle τ et constituent les composantes du vecteur contrainte dans le repère local propre à la facette.2. il varie également avec l’orientation de dA. mais.2 : vecteur contrainte 7.

1. 7.4.1 En absence des forces de volume. Exemple 7.4. On groupe les neuf composantes des trois vecteurs dans une matrice notée σij ou σ:  σ 11  σ = (σij) = σ 21 σ 31  σ 12 σ 22 σ 32 σ 13  σ xx   σ 23  = τ yx σ 33   τ zx   τ xy τ xz   σ yy τ yz  τ zy σ zz   (7.1) montrent que l’état de contraintes en un point (c. σ11 = y2 + ν (x2 – y2).à.2) 7.d le vecteur contrainte t sur une facette d’orientation quelconque n) est entièrement défini par la connaissance des composantes de vecteurs contrainte agissant sur trois plans deux-à-deux orthogonaux en ce point. σ33 = ν (x2 + y2) σ12 = -2 ν xy.4 Propriétés du tenseur de contrainte 7.4) où n est le vecteur unitaire normal à la surface extérieure dV. ce qui donne : Ti = σij nj sur dV (7. σ22 = x2 + ν (y2 – x2). 7. div(σ) + F = 0 dans V où F représente les forces de volume.3) 7.j + Fi = 0 soit.2 Conditions aux limites En chaque point de la surface limitant le milieu continu étudié (Fig.102 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus ti = σij nj (7.4. les tractions de surface TidA doivent faire équilibre aux forces de contact tidA.3 Symétrie on démontre l’équation : . On peut les trouver sous l'écriture : σij. vérifier si le champ de contrainte suivant satisfait les équations d'équilibre. Ces équations expriment les conditions à la surface ou conditions aux limites.1 Equation d'équilibre Il existe trois équations différentielles expriment l’équilibre d'un volume infinitésimal d'un solide. σ13 = 0 σ23 = 0 dans V (7. On dit aussi qu’elles représentent les équations d’équilibre en surface.2).

7. σ13. σ22.8)  7.z') d’un point quelconque dans deux repères différents sont liées par : x' = C x (7. le tenseur de contrainte σij est symétrique. il existe certaines facettes sur lesquelles le vecteur contrainte t est purement normal .4.4. Par suite.65 4. Exemple 7.3 0  0 0  0   (7.y.Y'. les vecteurs unitaires du nouveau repère sont donnés par: e'1 = (1/3) (2e1 + 2e2 + e3) e'2 = (1/√2) (e1 . σ23. On les calcule par la résolution du problème aux valeurs propres λ.103 Eléments de Mécanique des Sols σij = σji (7.6 Invariants Ce sont les coefficients de l'équation caractéristique qui représente le développement du problème ci-dessus (7. Le tenseur de contrainte devient une matrice diagonale.e2) trouver le tenseur de contrainte dans le nouveau repère. Ses composantes sont appelés contraintes principales. le tenseur de contrainte σ' dans le repère (X'.2 L'état de contrainte en un point est donné par le tenseur cicontre. σ12. Pendant une rotation des axes.5 Contraintes principales Pour l'état de contrainte en un point donné.3 Calculer les contraintes principales du tenseur de contrainte: 7.λ δij ) nj = 0 δij étant le symbole de Kronecker.7) 2 4 3  σ = 4 0 0   3 0 −1   (7. σ33 7.d que les contraintes tangentielles sont nulles.75 0  σ =  4. c.8): σ σ − λ3 + I1 λ2 − I σ λ + I 3 = 0 2 (7.z) et (x'. et des vecteurs propres n: (σij .y'.75 0.5) Alors.Z') s’obtient par la loi de transformation des tenseurs d'ordre 2 : σ' = C σ CT Exemple 7.6) où Cij désigne le cosinus directeur de l’angle de l’axe x'i par rapport à l’axe xj. l’état de contrainte en un point d’un milieu continu ne dépend plus que de six composantes : σ11.à.9) Ils sont donnés par les relations suivantes .4.4 Rotation des axes Lorsque les coordonnées (x.

σxz = σzx = 0 . Le second tenseur dit tenseur déviateur s’écrit : Sij = σij .4.4. Le premier tenseur σm δij où toutes les contraintes normales sont égales et les contraintes tangentielles nulles caractérise un état de contrainte hydrostatique ou sphérique. quelle que soit la facette considéré.104 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus σ I1 = tr (σ) 1 [ tr(σ) ]2 − tr(σ 2 ) Iσ = 2 2 σ I 3 = det(σ) { } (7.8 Convention de signe En mécanique des sols et géotechnique.σm δij (7.14) Exemple 7. On peut alors écrire le tenseur de contrainte σ en la somme de deux tenseurs : σij = σm δij + Sij (7.9 Etat plan de contrainte Il y a un état plan de contrainte en un point. 7. quand le vecteur contrainte est situé toujours dans un même plan.10) En notation indicielle ils s’écrivent : σ I1 = σii 1 I σ = [σii σjj – σij σij ] 2 2 σ I 3 = det(σij ) (7.4.3 7.7 Tenseur déviateur et tenseur sphérique On appelle contrainte normale moyenne la quantité : σm = 1 σ 1 I 1 = (σxx + σyy + σzz ) 3 3 (7. alors : σzz = 0 .11) Exemple 7.3 7.12) qui est un invariant.5 Calculer le tenseur sphérique et le tenseur déviatorique de l'état de contrainte de l'exemple 7. Soit OXY ce plan.13) δij étant le symbole de Kronecker.4 Déterminer les invariants du tenseur de contrainte de l'exemple 7. on considère positive les contraintes de compression. σyz = σzy = 0 .

10 Equation d'équilibre en coordonnées cylindriques Le système d’équations différentielles exprimant l’équilibre de l’élément de volume s'écrit sous la forme: ∂σ rr 1 ∂σ rθ ∂σ rz 1 + + + (σ rr − σ θθ ) + Fr = 0 ∂r ∂z r ∂θ r ∂σ θr 1 ∂σ θθ ∂σ θz 2 + + + σ θr + Fθ = 0 ∂r ∂z r ∂θ r ∂σ zr 1 ∂σ zθ ∂σ zz 1 + + + σ zr + Fz = 0 ∂r ∂z r ∂θ r (7.4.5 Cercle de Mohr 7.1 Construction directe Supposons connues les contraintes et les directions principales d’un état plan de contrainte.16) où Fr. 7. 7.15) Toutes les équations établies précédemment restent valables pour l’état plan : il suffit de faire varier les indices de 1 à 2 ou de supprimer toute quantité où intervient l’indice 3 ou z. On désire trouver les composantes σ et τ du vecteur contrainte t agissant sur une facette d’orientation quelconque.5. La normale de la facette oblique fait un angle α avec les axes principaux.105 Eléments de Mécanique des Sols d’où σ xx  σ = σ yx  0  σ xy σ yy 0 0  0 0  (7. 7. Le tenseur de contrainte dans le repère x' y' s’obtient à partir du tenseur de contrainte dans le repère x1 x2 par la transformation : σ' = C σ CT où la matrice de passage vaut dans ce cas : y' X2 B t τ α σ n x' α σ1 X1 O σ2 A Fig. Considérons les axes principaux x1 et x2 comme des axes de référence (Fig.3: Construction directe .3). Fθ et Fz sont les composantes de la force de volume. 7. Soient x' et y' des axes locaux attachés à la facette obtenus par une rotation d’angle α à partir des axes principaux x1 et x2.

7. permet une représentation graphique de l’état de contrainte. 2.17) d’où ′ σ = σ 11 = σ 1 cos 2 (α) + σ 2 sin 2 (α) ′ τ = σ 12 = (σ 2 − σ 1 ) cos(α) sin(α) Eliminant α entre les deux équations.19) -τ r σ2 2α σ σ1 σ a τ Fig.106 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus  cos(α) sin(α)  c=  −sin(α) cos(α) (7.18) Alors on écrit : σ − a = r cos(2α) soit (σ . 7.4: Cercle de Mohr . Ce cercle dit cercle de Mohr. Il en découle que deux facettes perpendiculaires sont représentées par deux points diamétralement opposés. Il a les propriétés suivantes : 1. -τ) cette équation est celle d’un cercle de rayon r centré sur l’axe des σ à l’abscisse a (Fig. on trouve : σ= σ1 + σ 2 σ1 − σ 2 + cos(2α) 2 2 σ − σ2 τ=− 1 sin( 2α ) 2 Posons a= σ1 + σ 2 2 et r= σ1 − σ 2 2 (7.4).a)2 + τ2 = r2 Dans un système d’axes (σ. La contrainte tangentielle maximale est donnée par : et − τ = r sin(2α) (7. Lorsqu’une facette tourne d’un angle α par rapport aux directions principales. elle tourne de 2α dans le cercle de Mohr.

On porte τxy au droit de a ce qui donne le point x(σxx. 0) et b(σyy.5). On désire trouver graphiquement les contraintes et les directions principales : σ1.2 Construction inverse Supposons connu l’état plan de contrainte en un point O.6): 1. 2. 0). Trouver les contraintes principales et leurs directions par rapport à l'horizontale.75   0.6 10 0  Soit l'état de contrainte représenté ci-contre (en kPa). τxy).5.3   7. 7. α2 ainsi que les contraintes σ et τ agissant sur une facette d’orientation quelconque α. α1 et σ2.107 Eléments de Mécanique des Sols τ max = ± σ1 − σ 2 2 (7. On construit un système d’axes (σ.7 L'état de contrainte en un point est donné par le tenseur cicontre (en kPa).  7. 3.65 σ =   4.3 Pôle des faces Le processus analytique de calcul de l'état de contrainte pour une orientation donnée est souvent fastidieux à cause des angles doubles. 7. 5. appelé pôle .20) π par rapport aux facettes principales. α2. on obtient le point c(σ. En portant l’angle 2α. Graphiquement on obtient ces informations par le cercle de Mohr (Fig.-τxy) c(σ. 4 Elle se produit sur des facettes inclinées de ± Exemple 7. σyy et σxy agissant sur deux facettes orthogonales (Fig. Cet état est donné par les composantes σxx. y' Y B τ α τ σ n x' α σxx τxy O A σyy X Fig. Le centre O du cercle sera le milieu de ab. Déterminer l'état de  0 − 2   contrainte sur le plan faisant un angle de 26° par rapport à l'horizontale. -τ).75  4. 7. 7.5.τxy) σ1 σ τ Fig.6: Construction inverse Exemple 7. τ) représentatif d’une facette d’orientation α. Le point x est représentatif de la facette origine x. Calculer la contrainte tangentielle maximale et le plan sur lequel elle agit. On lui préfère une construction graphique basée sur un point unique sur le cercle de Mohr.5: Problème inverse y(σyy. 4. σ2 et α1. 7. Représenter les σ =   vecteurs contrainte agissant sur l'élément. de sorte que le rayon Ox sert d’origine pour mesurer les angles. Sur l’axe des σ on porte d’abord les points a(σxx. Le cercle coupe l’axe des σ aux points A et B qui donnent les contraintes et les directions principales σ1.τ) σ2 2α 2 2α 2α 1 x(σxx. Le rayon du cercle est la droite Ox.

5.8: Compression pure σ σ= 1 0 0  0 σ2 σ2 σ2 -τ σ 7. 7.10) σ 0  σ=   0 σ Fig.8) σ1 Fig.8 Trouver le pôle des facettes dans l'état de contrainte cicontre. 7.9: Traction pure de σ σ -τ σ1= σ2 = σ où σ > 0 σ σ σ Fig.5.5.5. Trouver 'état de contrainte sur la facette horizontale.5. 7.2 Traction pure (Fig.5. 7. 10 Exemple 7. Cela permet de déterminer le pôle lorsque l'état de contrainte est connu et inversement.8 [kPa] πh -τ P(σ. τ) σ3 C σ2 B σ1 A σ (7.10: Etat hydrostatique de compression . 7.4 Tricercle de Mohr Les composantes σ et τ du vecteur contrainte agissant sur une facette d’inclinaison quelconque sont les coordonnées d’un point P situé dans l’aire hachuré de la représentation graphique ci-contre (Fig. Toute droite passant par le pôle coupe le cercle de Mohr en un point qui définit l'état des contraintes sur un plan dont l'inclinaison est la même que celle de la droite.5 Etats particuliers de contraintes planes 7. déterminer l'état de contrainte pour une orientation quelconque lorsque le pôle est connu. On déduit du tricercle que la contrainte tangentielle maximale est représentée par le rayon du plus grand des trois cercles : τ max = ± σ1 − σ 2 2 2 2 20° Exemple 7.3 Etat hydrostatique compression (Fig.9) 0 0  σ=  0 σ 2  7.1 Compression pure (Fig. 7. 7.7). 7.5.21) Fig. 7. dite tricercle de Mohr.5.7: Tricercle de Mohr -τ σ σ1 σ1 Elle agit sur les facettes contenant l’axe principal x2 et bissectrice des axes x1 et x3. 7.108 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus ou origine des plans.

24) C’est l’équation d’un ellipsoïde nommé ellipsoïde des contraintes au point P. 7.12) σ 0  σ=   0 − σ σ Fig. déformation On appelle mouvement d'un solide. Dans ce repère.5. Les demi-axes de cette ellipsoïde sont les contraintes principales au point P. le lieu géométrique des extrémités de tous les vecteurs contraintes t obtenus lorsque l’orientation de la facette varie. 7.109 Eléments de Mécanique des Sols 7. l’expression ci-dessus donne : tx = σ1 k . t z = σ3 m (7.5. à chaque orientation de la facette correspond le vecteur contrainte : t=σn σ σ Fig.5.6 Ellipsoïde de contrainte En un point P d’un solide. l.1 Mouvement.22) (7. Elle signifie que pour tout plan d’inclinaison quelconque passant par P.12: Cisaillement pure où n est le vecteur unitaire normal à la facette.11) − σ 0  σ=   0 − σ où σ > 0 σ σ -τ σ σ1= σ2 =σ σ 7. Soient tx. 7.5.11: Etat hydrostatique de traction -τ σ σ σ2= .4 Etat hydrostatique de traction (Fig.23)  t   + z  =1 σ    3  2 2 (7.23).5 Cisaillement pure (Fig.5. son changement de configuration exprimé par la transformation: . m les cosinus directeurs de n dans le repère des contraintes principales.σ σ1= σ où σ > 0 7. est la surface de l’ellipsoïde représentée par l’équation (7.6. ty et tz les composantes du vecteur contrainte t et k. avec k2 + l2 + m2 = 1 soit t  tx    + y σ  σ  1  2 2 t y = σ2 l . 7.6 Champ de déformation 7. déplacement. 7.

Il est donné par l'expression: ∂ uj ∂ u ∂ u ∂u ∂ x' ∂ x' Eij = 1 [ ∂ k ∂ k − δij ] = 1 [ ∂ i + ∂ + ∂ k ∂ k ] 2 2 xi x j xj xi xi x j (7.27) où ds est la distance infinitésimale entre deux points voisins.2 Tenseur de déformation infinitésimale La définition ci-dessus des déformations.7 Propriétés du tenseur de déformation Les propriétés de symétrie. rotation des axes. il se réduit au tenseur des déformations infinitésimales εij donné par: ∂ uj ∂u εij = 1 [ ∂ i + ∂ ] 2 xj xi ou sous la forme intrinsèque 2εij = {grad (u) + [grad (u)]T } grad (u) = ∇ uT ∇ = < ∂/∂x ∂/∂y ∂/∂z > Exemple 7. invariants.13): u = pp' = op' – op = x' – x (7.25) q' x3. Alors le déplacement d'un point P du solide. 7. 7. Eij est le tenseur de déformation. le cercle de (7. est le vecteur u défini par (Fig. x étant les coordonnées du même point dans la configuration initiale. tenseur déviateur et tenseur sphérique.13: Mouvement.6. w = xz 7. permet d'écrire: ds'2 – ds2 = 2 Eij dxi dxj (7.28) pour les petites transformations. convention de signe.30) (7. Généralement. on l'associe à la variation du carré de la distance entre deux points infiniment voisin. 7.26) (7. x'1 Fig. v = yz.110 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus x'(x) où x' sont les coordonnées d'un point quelconque dans la configuration finale. x'3 q ds p C x2. x'2 x1.29) .9 Calculer le champs de déformation associé au champ de déplacement: u = < u v w> avec u = x2+y2. déformations principales. déplacement et déformation ds' u p' C' La déformation est une mesure du déplacement relatif entre les différents points du solide.

Physiquement. sont semblables à celles exposées pour le tenseur de contrainte. 7. Ce sont les conditions d'intégrabilité du champ de déformation.1 Conditions de compatibilité Les conditions d'existence du champ de déplacement duquel découle le champ de déformation sont dites équations de compatibilité ou équations de Saint-Venant. on utilise habituellement six équations: 2 2 ∂ εij ∂ ε jl + ∂ εkl − ∂ εik − =0 ∂x k ∂x l ∂x i ∂x j ∂x j ∂xl ∂x i ∂x k 2 2 (7.33) .32) − 2 ∂ε ∂ε ∂ ∂ εyy + ∂ [ yz − εzx + xy ] = 0 ∂z ∂y ∂z ∂x ∂y ∂x 2 ∂ε ∂ε ∂ − ∂ εzz + ∂ [ εzx − xy + yz ] = 0 ∂x ∂z ∂x ∂y ∂z ∂y Exemple 7.3 Dilatation volumique C'est la variation de volume par unité de volume: (7. elles sont au nombre de trois. εxz = xz εzz = y2 7. elles signifient que le champ de déformation ne peut être arbitraire. 7.7.7. mais pour simplifier l'écriture.7. Théoriquement.2 Conditions aux limites Ce sont les conditions de liaison d'appui. εxy = y2 + z2. εyz = x.111 Eléments de Mécanique des Sols Mohr.10 Vérifier les conditions de compatibilité du tenseur de déformation donné par: εxx = x2. On se contentera dans cette section à discuter les propriétés propres au tenseur de déformation.31) soit. 2 ∂ εxx + ∂ εyy − 2 ∂ εxy = 0 ∂ x2 ∂x ∂y ∂ y2 2 2 ∂ εyy ∂ 2 εzz ∂ εyz + =0 2 − 2 ∂y ∂z ∂ z2 ∂y ∂ εzz + ∂ εxx − 2 ∂ εzx = 0 ∂ x2 ∂ z2 ∂z ∂x 2 ∂ ∂ ∂ − ∂ εxx + ∂ [ εxy − εyz + εzx ] = 0 ∂y∂z ∂x ∂z ∂x ∂y 2 2 2 2 2 (7. On les exprimes par: ui = ū où ū est le déplacement imposé. εyy = 0.

Ainsi.1). soumis à un ensemble de forces surfaciques T et volumique Fv (Fig. Dans la configuration déformée du solide. 7.34) Un milieu continu est dit incompressible quand sa déformation ne s'accompagne d'aucun changement de volume. le champ de déplacement est imposé. théoriquement.8 Relation contrainte-déformation 7. 7. .112 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus d = (v' – v ) / v = tr(ε) = 3 εm (7. Une réponse qui dépend étroitement du matériau constituant le solide.8. les inconnues du problème sont: 3 composantes de déplacement 6 composantes de déformation 6 composantes de contrainte Le bilan ci-dessus montre qu'au moins. Sur la portion Γu de la surface extérieure. le problème de mécanique des solides dispose d'une solution. de frontière Γ.8. il apparaît un champ de déplacement u et un champ de contrainte σ qu'il s'agit de déterminer en tout point du solide.1 Position du problème de mécanique des solides Soit un solide de volume V.7. Finalement.35) 7. 18 équations et 15 inconnues. Il existe en réalité des équations additionnelles dites lois constitutives ou lois de comportement qui sont 6 relations contraintes – déformations (4) Ces équations représentent la réponse du solide aux sollicitations. 7. trois équations supplémentaires sont nécessaires. nous avons établi en chaque point : 3 équations d'équilibre (1) 6 équations déformations-déplacement (2) 3 équations de compatibilité (3) D'autre part.2 Bilan des équations et des inconnues Dans les sections précédentes.4 Tenseur de déformation infinitésimale en coordonnées cylindriques Il s'exprime par εrr = ∂u ∂r εθθ = 1 (u + ∂v ) r ∂θ εzz = ∂w ∂z εθr = 1 [ ∂v + 1 ( ∂u − v)] r ∂θ 2 ∂r εθz = 1 ( 1 ∂w + ∂v ) 2 r ∂θ ∂z εzr = 1 ( ∂w + ∂u ) ∂z 2 ∂r (7. on dispose en chaque point du solide.

Lorsque la déformation est instantanément réversible. le solide est dit parfaitement élastique.42) . on utilise les équations (1). ij + Fi. j + F j. La plupart des matériaux sont élastiques aux températures ordinaires lorsque les sollicitations ne sont pas trop élevées.39) (7. La relation de comportement est la célèbre loi de Hook. taux de contrainte.3 Résolution Lorsqu'on adopte les contraintes σ et les déformations ε autant qu'inconnues (au nombre de 12). 7. Il s'agit d'une dépendance linéaire entre les contraintes et les déformations.8.38) 7. Si on prend pour inconnue σ. il existe une deuxième alternative à cette formulation mixte.5. nous obtenons les équations de Beltrami-Michel: (1 + ν) ∆σij + σll.4 Lois constitutives Comme il a été dit ci-dessus. taux de déformation. on abouti aux équations de Navier ou équations de Lamé: (λ+µ) grad (div u) + µ ∆u + F = 0 (7.8.8. l δij = 0 1− ν (7.36) Lorsque nous exprimons les équations en déplacement.113 Eléments de Mécanique des Sols 7.…). i + ν 1 + ν Fl. Les déplacements u seront calculés à posteriori. (3) et (4). Elles sont de la forme: σij = f(εkl) dont la loi inverse s'écrit εij = f(σkl) Lorsque les fonctions f et g sont linéaires. il viendra: σij = Cijkl εkl ou bien εij = Dijkl σkl (7.…) et déformations (au sens généralisées : déformation. ce sont les relations entre contrainte ( au sens généralisées : contrainte. on utilise les équations (1).8. Autrement.5 Elasticité linéaire Dans ce cas les déplacements sont des mouvements relatifs entre les atomes.41) (7. Les équations (3) deviennent inutiles. Les déformations sont alors réversibles.40) (7.37) 7. Elle consiste à décrire le problème avec un seul type d'inconnues cinématiques ε et u ou statiques σ.1 A une dimension Elle est donnée par la relation simple: σ=Eε et ε=σ/E (7. (2) et (4). Lorsque nous exprimons le problème en contraintes. ε et u. incrément de contrainte. incrément.

7.1 Elasticité non linéaire La relation contrainte-déformation n'est pas linéaire. 7. et (7.6.47) . Un exemple de lois de comportement est la relation: T = α0 I + α1 B + α2 B2 (7.42-44) sont représentées par des courbes droites passant par l'origine (Fig. Les relations (7. λ et µ sont des caractéristiques du matériau. Les matériaux hyperélastiques (caoutchouc) sont des exemples de cette famille de comportement.2ν)] µ = E / [2 (1 + ν)] Les coefficients E.8.44) (7. E est le module de Young.43) dans lesquelles. ν. ν est le coefficient de Poisson.8.6 Autres lois constitutives Plusieurs types de comportements ne peuvent être décrits par l'élasticité linéaire.14).114 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus où E est le module de Young.45) σ ε Fig. A une dimension.1 A trois dimensions La généralisation de la loi de Hook pour le problème à trois dimensions s'écrira: E εij = (1 + ν) σij – ν σll δij ou σij = λ εll δij + 2µ εij (7.14: Elasticité linéaire 7. λ et µ sont les coefficients de Lamé et sont donnés en fonction de E et ν par les relations: λ = ν E / [(1 + ν) (1 . 7.8.8.15: Elasticité non linéaire σ où T représente le tenseur de contrainte de Cauchy.5. 7. 7. 7.2 Comportement Visqueux C'est le cas de fluides réels (Newtoniens) et des liants bitumineux aux hautes températures. B est le tenseur de déformation de Cauchy-Green.15). le temps ainsi que l'histoire de chargement. mais les déformations sont réversibles (Fig.46) ε Fig. citons à titre d'illustration quelques types de comportement. constantes et indépendantes de l'état d'évolution du matériau. la contrainte est donné par une relation de la forme & σ = ηε (7. αi sont des scalaires.6. 7. Leurs relations sont plus ou moins complexes et font intervenir la vitesse de chargement.

17). la loi de comportement peut s'écrire: σ σe ε Fig.49) où σs est un seuil de contrainte. En plasticité parfaite. A titre d'illustration.2 Viscoélasticité Le déplacement est du à la perturbation de la liaison inter-moléculaire. 7.6.8. Au delà de cette limite. Les déformations sont réversibles mais avec un retard (Fig.16). La loi constitutive est une loi d'évolution impliquant les vitesses généralisées. 7. le caoutchouc. Le domaine d'application couvre les polymères thermoplastiques au voisinage des températures de fusion. le béton frais sans vieillissement et les métaux proches de la température de fusion. dεp est la déformation plastique (irréversible). Dans la phase plastique la réponse dépend du matériau : plasticité parfaite.48) σ ε = cte t σ ε ε σ = cte 7. Une partie des déformations sont alors irréversibles et appelés déformations plastiques.18-20). 7. les métaux pour des sollicitations élevées ou pour des températures pas trop élevées tel qu'en mise en forme des métaux. à écrouissage.6. A une dimension on écrira: corps de Maxwell corps de Kelvin & & ε= σ + σ E η & σ = Eε + ηε (7. Dans la loi constitutive apparaît l'influence de la vitesse de déformation. avec assouplissement (Fig. Au delà d'un certain seuil. dεe est la déformations élastique. 7. le solide reste indéformable jusqu'à un seuil de contrainte. les polymères organiques. le bois sous faible sollicitation. le comportement devient plastique. 7.17: Solide rigideparfaitement plastique (7. 7.3 Plasticité La plasticité est liée au glissement relatif des cristaux ou dislocation.18: Solide élastique parfaitement plastique .16: Comportement visco-élastique σ σe ε Fig.8. 7. Un exemple d'une loi unidimensionnelle de cette famille s'écrit: | σ | < σs dε = dεe (dεe = 0 pour le solide rigide-plastique) | σ | = σs dε = dεe + dεp t Fig.115 Eléments de Mécanique des Sols η est dit coefficient de viscosité. 7. aciers à faible teneur en carbone. la contrainte reste constante quelque soit le niveau des déformations (Fig. La plasticité intervient pour les sols et les roches dans les conditions ambiantes.6.8.4 Elastoplasticité Le solide a initialement un comportement élastique.

22: comportement fragile .50) & & f = 0 et f = 0 dε = dεe + dεp. 7. 7.21). La loi de comportement est semblable à l'élasticité avec un module de Young dépendant d'une variable décrivant l'état d'endommagement (Fig.5 Viscoplasticité Les déformations irréversibles et l'effet du temps (influence de la vitesse de déformation) sont prépondérants.6 Endommagement. la loi suivante appartient à cette famille de comportement: corps de Bingham σ < σs : σ = E ε dε = dεe σ e e σe a a ε Fig. σ ε ε Fig.22-24). εp = λ ∂f ∂σ où f est la fonction de charge ou critère de plasticité. rupture et fissuration Dans certains matériaux non métalliques n'apparaît pas des déformations plastiques.51) σ ≥ σs : ε = σ + ε p E où σs est une contrainte seuil.8. 7. 7. Ce comportement intervient aux températures plus élevées. Le comportement du solide est traduit par les phénomènes de fluage et relaxation (Fig. La détérioration correspond plutôt à des décohésions ou microrupture telle que décohésion des agrégats-liant dans le béton.6. εp est la déformation plastique. 7.6. 7.20: Exemple de comportement réel σ έ t t ε Fig.19: Solide élastoplastique avec écrouissage (e) ou assouplissement (a) σ σe (7. σ rupture σe ε Fig.8.116 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus f<0 (7. A titre d'illustration. λ est un multiplicateur positif.21: Comportement élasto-viscoplastique 7. 7. Dans le milieu continu apparaît de micro-cavité interne ou des fissurations externes avec concentration de contraintes. décohésion fibre-matrice dans les composites.

9.23: Endommagement ductile Fig.27: Critère de Mohr-Coulomb . 7.1 Critère de Tresca C'est un critère de cisaillement. Dans l'espace des contraintes principales. Il existe plusieurs fonctions décrivant les limites de ce domaine. 7. soit: f = σeq .9. il convient d'utiliser le critère de Mohr-Coulomb ou le critère de Drucker-Prager. Dans φ c σ Fig. Pour les sols.9.24: Endommagement par fatigue ε 7. elles sont appelées critères de rupture.53) σ1 Fig. pour les métaux on utilise les critères de Tresca ou de Von Mises. 7.3 Critère de Mohr-Coulomb C'est un critère de résistance au cisaillement. 7. (7. σ2 7.53) représente l'équation d'un cylindre de rayon égal à (2/3)1/2 σs (Fig.52) σ3 σ2 σ1 Fig. 7. 7. A titre indicatif. 7.117 Eléments de Mécanique des Sols σ σ εp ≈ 10 à 100 % ε Fig. Il est exprimé sous la forme : f = supi≠j (| σi – σj |) – σs = 0 (7.26: Critère de Von Misès τ où σeq est dite contrainte équivalente de Von Mises.25).2 Critère de Von Mises La plasticité aura lieu quand la contrainte équivalente atteint le seuil de plasticité σs. Il s'adapte aux matériaux frottants ou granulaires.26). 7.25: Critère de Tresca σ3 Il s'agit de l'équation d'un prisme (Fig.9 Critères de plasticité L'écoulement des matériaux aura lieu quand l'état de contrainte ou de déformation sort du domaine admissible. 7.σs = 0 (7.

54) σ3 (σ. et solide dissipatif pour lequel. le critère est représenté par un cône d'axe || s || = 0. néanmoins on peut rappeler les mots clés suivants: énergie mécanique.27). et de sommet localisé au point (0. loi de normalité. 7. bipotentiel …etc. sm).4 Critère de Drucker-Prager C'est un critère tridimensionnel caractérisé par l'influence de la contrainte hydrostatique: (1/kd) || s || + sm tg φ ≤ c σ1 Fig. surpotentiel. théorème de conservation de l'énergie mécanique.10 Aspects énergétiques et thermodynamiques L'aspect énergétique des systèmes mécaniques sont des formulations très utiles en calcul des structures. potentiel de dissipation et lois complémentaire. Le sujet nécessite une formulations mathématique et numérique qui sont largement exposées dans une bibliographie abondante dans le domaine. Dans l'espace ((1/kd) || s ||. φ est l'angle de frottement interne. c/tg φ ) comme c'est représenté ci-contre (Fig. 7. Le domaine admissible est représenté ci-contre (Fig. Dans ce contexte on classe les matériaux en solide conservatif c. potentiel de déformation et lois d'état. || s || est la norme euclidienne du tenseur déviatorique de contrainte.118 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus le repère locale.55) où kd est un paramètre. Le sujet est très vaste et sort du cadre de ce module.à. 7. Derrière ces mots clés se cache des notions fondamentales pour la modélisation des structures. τ) sont les contraintes dans le repère local. d'ouverture égale à 2φ.28). sm est contrainte moyenne ou hydrostatique.d sans perte d'énergie dans un cycle fermé de transformation. c est dite cohésion. 7. une perte d'énergie aura lieu à cause de phénomènes non réversibles. σ2 7. principe des travaux virtuels.28: Critère de Drucker-Prager (7.9. . Ce sont des principes basés sur la notion d'énergie ou du travail des forces sur les déplacements. il est exprimé par: τ = ± (c + σ tg φ) (7.

Déterminer le module des contraintes normale et tangentielle sur ce plan. Déterminer le tenseur déviateur S et ses valeurs principales 2 -1 3 -1 4 0 3 0 -1 0 0 -cy 0 0 cx . . déterminer: Les invariants du tenseur de contrainte.2.119 Eléments de Mécanique des Sols Exercices du chapitre 7 Rappels de mécanique des milieux continus Champ de contrainte Exercice 1 : Donner la forme générale du tenseur de contrainte dans chacun des cas suivant: x3 σ x3 σ a x3 σ σ σ c x1 x2 x2 τ τ x2 x1 x1 x3 b σ 3σ σ 3σ x1 σ d x2 Exercice 2 : Un état de contrainte est donné par le tenseur ci-contre (MPa). Les contraintes principales.cy cx 0 Exercice 4: Pour l’état plan de contrainte. Exercice 5: Calculer les contraintes normale et tangentielle pour la direction trisectrice des axes principaux du tenseur de contrainte. Exercice 3 : Soit le tenseur de contrainte ci-contre où c est une constante. Trouver les valeurs et directions principales au point (1. Les directions principales. Déterminer le vecteur contrainte sur un plan dont la normale est dans la direction 2e1+2e2+e3.4).

Exercice 7: Soit le champ de déplacement u = ky2. Exercice 9: Un solide élastique possède les propriétés suivantes: Le module de Young E=210000 daN/cm2. σxy = 0. v=cx1x2. ε33 = -k2x2 Trouver le point où la déformation volumique est nulle.120 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus Champ de déformation Exercice 6: Soit le champ de déplacement u = <u v w> tel que u = cx1x2. w=2c(x1+x2)x3 Calculer le tenseur de déformation. Le coefficient de Poisson ν=0. σyy = cx1. . σzz = 0 σys = cx1 La constante c=0.3. v=w=0 Trouver le champ de déformation. ε22 = -k2x2. Le champ de contrainte est donné par: σxx = cx2.2.5. Calculer le tenseur de déformation au point (1. Exercice 8: Soit le tenseur de déformation donné par: ε11 = k1x2.-3). le déviateur de déformation et la dilatation volumique. σxz = -cx2.

121 Eléments de Mécanique des Sols

Cercle de Mohr Exercice 10 : Soit les contraintes exercées sur l’élément ci-contre. Calculer la contrainte normale σ et tangentielle τ sur un plan incliné à α=35° par rapport à l’horizontale. On donne σA= 52 kPa, σB = 12 kPa. Exercice 11 : Soit l’élément de l’exercice 1. Cette fois, l’élément a subit une rotation β par rapport à l’horizontale. Trouver les contraintes σ et τ sur le plan incliné de α par rapport à la base de l’élément. On donne : σA = 52 kPa, σB = 12 kPa, α = 35° et β = 20°. Exercice 12 : Soit les contraintes agissant sur l’élément ci-contre (Mpa). Evaluer : a. σ et τ pour α=30°. b. σ1 et σ3. c. L’orientation des plans principaux. d. La contrainte tangentielle maximale et l’orientation du plan sur lequel elle agit.

σA

α

σB

σA

α σB β 6 +2 -2 α 6 -2 +2

4

4

Exercice 13 : Deux plans πa et πb sont sous-tendus par un angle inconnu θ. Sur le plan πa, agit les contraintes σa =10 kPa et τa=2 kPa. Le plan πa est incliné de α=15° par rapport à l’horizontale. Les contraintes appliquées sur le plan πb sont : σb= 9 kPa et τb = -3 kPa. Trouver : a. Les contraintes principales ainsi que leurs orientations. b. Les contraintes appliquées sur le plan horizontal. c. L’angle formé par les plans πa et πb.

πa πh πb

2

10

α θ -3 9

8 4 -2 2 4

Exercice 14 : Soit les contraintes appliquées sur l’élément ci-contre. Trouver la valeur et la direction des contraintes principales majeure et mineure. On donne α=45°.

2 -2 8

α

122 Chapitre 7 : Rappels de mécanique des milieux continus

Exercice 15 : L'état des contraintes dans un solide est défini par les valeurs suivantes : σ1 = 9000 kN/m2 en compression et σ3 = 2000 kN/m2 en tension. A partir du cercle de Mohr, déterminer la contrainte normale et la contrainte tangentielle sur un plan incliné à 10° par rapport au plan sur lequel s'applique la contrainte principale mineure. Vérifier le résultat analytiquement. Exercice 16 : En un certain point critique d'une poutre d'acier, la contrainte de compression sur un plan vertical est de 126 MPa et la contrainte de cisaillement est 34,5 MPa, II n'y a pas de contrainte normale sur le plan horizontal. Trouver les contraintes qui s'appliquent sur les plans principaux et l'orientation par rapport à l'horizontale des plans sur lesquels elles s'appliquent. Exercice 17 : Pour l'élément montré ci-contre (contraintes 2 en Mpa). 2 a) Trouver la valeur des contraintes inconnues σh et τh sur un plan horizontal; 20° b) Trouver l'orientation de contraintes principales à l'aide d'un croquis de détail; c) Indiquer l'orientation des plans de cisaillement maximal et minimal.

3 109° 51° πh

5

123 Eléments de Mécanique des Sols

Chapitre 8 Résistance des sols au cisaillement

8.1 Introduction. 8.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb. 8.3 Essais de résistance des sols au cisaillement. 8.3.1 Essai de cisaillement directe 8.3.2 Essai triaxial 8.3.3 Essais spéciaux 8.3.4 Essais sur site 8.4 Cheminement des contraintes. 8.5 Résistance des sables au cisaillement. 8.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé. 8.5.2 Sable saturé en cisaillement non drainé. 8.5.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement 8.5.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques. 8.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement. 8.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé 8.6.2 Comportement à l'essai triaxial consolidé non drainé 8.6.3 Comportement à l'essai triaxial non consolidé non drainé. 8.6.4 Essai de compression simple 8.6.5 Variation de la pression interstitielle 8.6.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur les argiles normalement consolidées 8.6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur les argiles surconsolidées 8.6.8 Application des cheminements des contraintes sur certains problèmes

2) : τr = σr tg ϕ + c (8. L’ensemble des cercles de . Cela signifie que la relation (8.3) Expérimentalement. Pour chaque essai. 8. il faut noter que ni c ni ϕ ne sont des propriétés intrinsèques du matériau mais elles dépendent des conditions qui prévalent l’essai.2 Critère de rupture de Mohr-Coulomb Mohr a émis l’hypothèse que la contrainte de cisaillement à la rupture sur le plan de rupture est fonction unique de la contrainte normale sur ce plan (Fig. on s’intéresse d’avantage à la résistance au cisaillement.3) n’est qu’une linéarisation de cette courbe. 8. Le critère de Mohr-Coulomb est très utile dans l’analyse de la stabilité des pentes et talus. Pour un sol donné.1 Introduction En géotechnique. l’identification de la courbe intrinsèque se fait par une série d’essais de cisaillement. 8. on détermine le couple (σr.1): τr = f(σr) (8. Coulomb a mis au point un appareil pour mesurer la résistance au cisaillement des sols.1) σr τr Fig. Le critère de MohrCoulomb représente le couplage des relations (8. et que cette linéarisation n’est valable qu’à l’intérieur d’une certaine plage de contraintes.1.2) Toutefois. car dans la majorité des situations. τr ) à la rupture et on trace le cercle de Mohr associé à cet état. d’où l’équation de Coulomb : τ = σ tg ϕ + c (8. Il a constaté que cette dernière est fonction de deux paramètres dépendant où pas des contraintes : ce sont l’angle de frottement interne ϕ (comparable à la résistance au glissement des solides) et la cohésion intrinsèque c.Chapitre 8 Résistance des sols au cisaillement 8. la rupture dans le sol est produite par l’application de contraintes de cisaillement excessives.1: Plan de rupture Indépendamment de Mohr. la relation entre les contraintes tangentielle et normale à la rupture peut être représentée par une courbe non linéaire dite courbe intrinsèque.

3: Boite de Casagrande pour le cisaillement directe contrainte normale σn = P/A et la contrainte de cisaillement τ = T/A. 8. Celle ci est divisée en deux parties séparées par un plan horizontal. rapide et simple.3 Essais de résistance des sols au cisaillement 8.125 Eléments de Mécanique des Sols Mohr à la rupture permet de tracer τ dans le plan τ(σ) une courbe τr = f(σr) enveloppe des contraintes de cisaillement à la rupture.1 Essai de cisaillement directe C’est un essai économique. Cet essai permet la détermination des caractéristiques de résistance des sols : l’angle de frottement interne ϕ et la cohésion c.4) . On montrera que l’inclinaison du plan de rupture αr par rapport au plan sur lequel s’applique la contrainte principale majeure est donné par : αr = ϕ/2 + π/4 8. L’essai n’est indicatif que pour des conditions de drainage complet. le plan de rupture prédéfini (horizontal) dans l’essai ne correspond pas toujours au plan de plus faible résistance où à la direction critique sur le terrain. le plan horizontal est un plan principal.2: Courbe enveloppe rupture détermine l’inclinaison du plan de rupture dans l’élément considéré (hypothèse de rupture de Mohr). L’échantillon est placé dans la boite à cisaillement (Fig. l’autre est mobile dans le plan horizontal. lorsque la force normale P est appliquée seule. Pour l’un des cercles de Mohr à la rupture. le point de tangence entre le cercle et l’enveloppe de Fig. 8. D’autre part. A étant l’aire de l’échantillon. 8. Des qu’on applique la force tangentielle T. On peut alors calculer la Fig. Cette courbe dite enveloppe de rupture de Mohr caractérise la relation f entre la σ contrainte normale et la contrainte de cisaillement toutes deux à la rupture (Fig. (8. Au début de l’essai. Une partie est fixe. on remarque une augmentation de la hauteur de l’échantillon indiquant que le sols se dilatent pendant leurs déformations. Une charge normale constante P est appliquée sur l’échantillon. Au cours de l’essai. On dit qu’il y a rotation des plans principaux.2). on mesure la force de cisaillement T de même que le déplacement horizontal δ et vertical ∆H.3. 8. ce plan cesse d’être principal. En traçant les courbes ∆H(δ).3).

L’échantillon étant de forme cylindrique. De plus. Dans ce contexte.3. A la rupture. 8. Quoi qu'il est plus complexe.5) .6) .126 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Exemple 8. En effet. le plan de rupture peut être quelconque. La résistance mobilisable τm est la résistance maximale que peut offrir le matériau.4: Cellule triaxiale Il est développer pour contourner les limites de l’essai de cisaillement directe. 8.1 ci-dessous: L’essai triaxial permet une évaluation meilleure des variations de volume. Pierre pporeuse 8. Au début de l’essai.1:Essais triaxiaux Symbole de l’essai UU CU CD . 3. il est le plus approprié. 1.1 Un essai de cisaillement directe est effectué sur un échantillon d’une argile modérément dense de cohésion c = 18 kPa. Selon le cheminement des contraintes et des conditions de drainage.2 Essai triaxial Fig. 4. il existe trois modes opératoires que nous résumons dans le tableau 8. Déterminer : 2. L’orientation du plan de contraintes de cisaillement maximales à la rupture. on suppose que les contraintes appliquées aux extrémités de l’échantillon sont des contraintes principales (Fig. L’orientation du plan principal majeure à la rupture.5. Les contraintes principales à la rupture. τr = 41 kPa. d’où le coefficient de sécurité : fs = τm / τappliquée (8. on avait σn = 65 kPa et K0 = ( σh / σv)au repos = 0. L’obliquité est par définition le rapport τr / σr (8.4). 5. L’orientation du plan de rupture. on contrôle mieux les conditions de drainage et il n’y a pas de rotation des plans principaux. puis déterminer ϕ. Tracer les cercles de Mohr pour les conditions initiales et à la rupture. on acceptera les définition suivantes : Cheminement des contraintes Non consolidé Consolidé Consolidé Conditions de drainage Non drainé Non drainé Drainé Tab. 8.

1) Exemple 8. Estimer la contrainte de cisaillement à la rupture sur le plan de rupture et trouver l’inclinaison du plan de rupture dans l’échantillon. Déterminer l’orientation du plan d’obliquité maximale. L'échantillon en forme d'un cylindre évidé est soumis à une torsion (Fig. Calculer la résistance au cisaillement mobilisable sur ce plan et le coefficient de sécurité correspondant. La pression cellulaire est de 100 kPa. Déterminer la contrainte de cisaillement maximale à la rupture τmax et l’inclinaison du plan sur lequel elle agit.8) σ1r . 5. σ2 σh Fig. 2. Les relations d’obliquité sont les expressions ci-dessous permettant le mettre en relation. Parmi ces essais on peut citer : Essai sur cylindre évidé. et la contrainte axiale à la rupture est de 200 kPa.6: Essai en déformation plane σv σ2 .7) (8.5: Essai sur cylindre évidé 8.σ3r = σ'3r (σ'1r / σ'3r . Tracer le cercle de Mohr initial et celui de la rupture. les contraintes principales et l’angle de frottement interne : − sin ϕ= σ1r σ3r +σ3r σ1r σ1r =1+sin ϕ σ3r 1−sin ϕ σ3r =tg 2( π − ϕ) 4 2 σ1r σ1r =tg 2( π + ϕ) 4 2 σ3r soit en fonction des contraintes effectives : ' σ1r =1+sin ϕ' = tg 2( π + ϕ') ' 4 2 σ3r 1−sin ϕ' (8.3. 3. σtorsion σaxiale σradiale Fig. 8. Evaluer ϕ en supposant que c = 0. 6. 1. 8.2 Un essai triaxial CD est effectué sur un sable.127 Eléments de Mécanique des Sols . 4. 8.3 Essais spéciaux Il existe d’autres essais de laboratoire pour l’étude de la résistance des sols au cisaillement.5).

128 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Essai en déformation plane L'échantillon de forme prismatique est fixé à ces extrémités (Fig. Essai de cisaillement simple.6).4 Essais sur site Les essais sur site ont l’avantage Fig. σyy Fig. Essai de cisaillement annulaire.σ3 ) / 2 (8. 8. Pour approfondir (avant cisaillement) d’avantage le domaine des essais sur place il convient de revoir la bibliographie Fig. Alors. on prendra : . Pour les matériaux granulaires.8: Essai de cisaillement annulaire d’étudier le sol intacte.9) plus généralement. On peut remarquer que le cercle peut être représenté par son centre et son rayon.8). 8.3. 8. 8.10) dont les coordonnées sont : p = ( σ1 + σ3 ) / 2 et q anneau de confinement partie fixe τ Point de contrainte σ3 p σ1 σ Fig. L'échantillon de forme annulaire est soumis à une contrainte de cisaillement sur un plan fixe (Fig.9). 8. 8. Pour les σh = K0 σv sols loessiques. τ). l’état de contrainte en un point peut être représenté par un seul point de contrainte (Fig. Il est soumis à u système de contraintes triaxiales indépendantes (Fig. Essai triaxial vrai L'échantillon est de forme cubique. 8. on peut effectuer τh des essais de pénétration standard. L'échantillon est initialement cylindrique.9: Essai de cisaillement simple correspondante. Pour les argiles molles on peut effectuer des essais au scissomètre σv où le pénétromètre à cône hollandais.10: Point de contrainte q = ( σ1 .7: Essai triaxial vrai partie mobile échantillon σzz σxx 8. de diamètre maintenu fixe au cours de l'essai. Il est soumis à une contrainte de cisaillement relativement homogène pour éviter les concentrations de contraintes (Fig.4 Cheminement des contraintes On a vu que l’état de contrainte en un point est représenté par un cercle de Mohr dans un système de coordonnées (σ. il existe la sonde de cisaillement Iowa. 8. 8. 8.7).

∆σv = 0 ∆σh augmente. ∆σv augmente ∆σh = .q. 8.129 Eléments de Mécanique des Sols p = ( σv + σh ) / 2 et q = ( σv .11) au lieu de la représentée par l’ensemble des cercles de Mohr associés.σh ) / 2 τ (8.3 A partir de l’état initial σh = σv. 8. σ q p Fig.10) Ainsi. une succession d’états de contrainte sera représentée par une courbe joignant l’ensemble des états de contrainte (Fig. Le lieu de ces points contrainte s’appelle le cheminement des contraintes et il est représenté sur un diagramme p .∆σv ∆σh diminue. Remarquons que nous pouvons représenter ce cheminement en contrainte totales ou effectives et ceci sur le même diagramme.W.11: Cheminement de contrainte Exemple 8. C’est au professeur T. Lambe du MIT que revient le mérite de mètre en évidence la grande utilité du cheminement de contrainte. ∆σv diminue . représenter le cheminement des contraintes dans les cas suivant : A: B: C: D: E: F: ∆σh = ∆σv ∆σh = ∆σv/2 ∆σh = 0.

l'échantillon ∆V = 0 lâche se sable lâche (l) déforme en barillet tandis e ecd ecl que l'échantillon el ed ecrit dense se brise souvent le long Fig. A la rupture les relations suivantes sont applicables: 1 + sin ϕ' ϕ' = tg2 ( π + ) ( σ'1 )max = 1 − sin ϕ' 4 2 σ'3 (8. Théoriquement. ou lorsqu'on détecte un rapport maximal entre les contraintes principales effectives (σ'1 / σ'3)max.130 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement 8. nous avons σ'1 = σ1 (8.13) Les courbes caractéristiques σ1 – σ3 σ1 – σ3 sont comme (σ1 – σ3)max indiquer cicontre (Fig. Enfin.5.1 Sable saturé en cisaillement drainé L'étude de la résistance des sables au cisaillement se fait par des essais triaxiaux. Au cours (σ1 – σ3)ult de l'essai.12) σ'3 σ3 ce qui donne σ' σ1 − σ3 = σ'3 ( 1 − 1) σ'3 et à la rupture σ' σ1 − σ3 = σ'3r (( 1) − 1) σ'3 max (8. si on obtient τ = (σ1 – σ3) /2 à une déformation axiale quelconque.11) où φ' est l'angle de frottement interne effective. 8. Dans l'aspect expérimental du sujet nous nous sommes basés sur l'ouvrage "Introduction à la géotechnique" dont nous avons puisé essais et exemples sans noter sur les illustrations leurs origines. ecl et ecd devraient être égaux à . 8. c'est ce qu'on fait le plus souvent. La rupture peut être définie de différentes façons: Lorsqu'on détecte une différence maximale entre les contraintes principales (σ1 – σ3)max.5 Résistance des sables au cisaillement La résistance des sols au cisaillement constitue l'un des aspects les plus importants en mécanique des sols.12: Comportement du sable saturé en cisaillement drainé d'un plan orienté à environ 45°+ φ'/2 sur l'horizontale. Dans l'essai triaxial drainé. sable dense (d) 8.12).

17b peuvent être combinées pour constituer un seul graphe tridimensionnel dit diagramme de Peacock (Fig. 8. On observe que la résistance au cisaillement augmente avec cette contrainte. 8.8. De même. 8.13). 8. la déformation volumique diminue proportionnellement à l'augmentation de l'indice des vides (Fig. 8. De la même façon. On attribue habituellement ces écarts au manque de précision dans la mesure des indices des vides finaux ou à la distribution non uniforme ders contraintes au sein de l'échantillon.18) permettant la prédiction du comportement du sable pour tout indice des vides après consolidation ec et à n'importe quelle contrainte de confinement σ'3 c. indice de densité relative ID et pression de confinement σ3.2 Sables saturés en cisaillement non drainé L'essai de cisaillement triaxial non drainé se caractérise par rapport à l'essai drainé par l'absence de variation de volume pendant le chargement axial – quoi que l'échantillon aura tendance à changer de volume -. Enfin.131 Eléments de Mécanique des Sols ecrit.15).15). on appelle contrainte de confinement critique σ'3 crit. On constate que pour une contrainte cellulaire donnée. L'étude de la relation entre la déformation volumique à la rupture et l'indice des vides. la déformation volumique diminue. Lorsque ces contraintes augmentent. 8. On pourra faire la même étude en utilisant les graphiques (Fig.1 Influence de la pression de confinement Pour cela on effectue des essais triaxiaux sur des échantillons dans les mêmes conditions sauf que σ3 est variable. on observe de fortes augmentation de volume (dilatation) aux faibles pressions de confinement.17a et Fig.1. Fig. Grâce au diagramme de Peacock. Il résulte alors une pression interstitielle positive qui entraînera à son tour une diminution de la contrainte effective. se fait à partir d'essais effectués pour un même indice des vides initial mais sous des contraintes cellulaires (de confinement) différentes. Chaque point dans ce diagramme doit demeurer dans le plan WKP.17 permet de résumer les relations représentées en Fig. Aussi. la variation de volume ∆V. Nous allons nous consacré à l'étude de la pression de confinement qui influe en particulier sur la variation de volume ∆V. Sous de faibles contraintes de confinement. il se produit une dilatation identique au comportement d'un sable dense (Fig. la déformation ε. Fig.16). les valeurs de (σ1 – σ3)ult devraient être identiques dans les deux cas de sable lâche ou dense. l'indice des vides critique est l'indice des vides à la rupture pour lequel la déformation volumique est nulle.5. 8. 8. les sables denses affichent un comportement similaire à celui des sables lâches (diminution de volume) (Fig. la contrainte cellulaire σ'3 c pour laquelle la déformation volumique à la rupture est nulle. 8.15 et Fig.5.14). Par définition. Pour les sables denses. d'où la possibilité des différentes prédictions du comportement.16. l'indice des vides critiques ecrit. nous pouvons prédire le comportement non drainé des sables . 8. Le comportement des sables lâches ou denses dépend des paramètres suivants: le déviateur de contrainte (σ1 – σ3). Pour un indice des vides donné. 8. en portant les valeurs du graphique ecrit(σ'3 crit). on peut étudier la variation de ecrit en fonction de la pression de confinement. la déformation volumique d'un sable lâche est positive. Casagrande a désigner l'indice des vides critiques ec comme l'indice des vides pour lequel on atteint un plateau horizontal dans la courbe (σ1 – σ3)(ε). Lorsque la déformation axiale augmente. nous pouvons étudier la relation entre la déformation volumique à la rupture et la pression de confinement pour différentes valeurs de l'indice des vides après consolidation ec (Fig. 8.

8.2). 8. . Quelle est la différence entre les contraintes principales à la rupture. σ'1/σ'3 = 4. (Tab. La contrainte effective mineure à la rupture est de 100 kPa. Exemple 8. 3. Calculer φ'. 1. 2.19). A la rupture. Mettre en graphique le cercle de Mohr et l'enveloppe de rupture.132 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig. 8.13: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés sur un sable lâche à partir de leur comportement drainé lorsqu'on connaît les tendances aux variations de volume telles qu'elles sont idéalisées sur le diagramme (Fig.4 On effectue un essai triaxial CD sur un sol granulaire.

5 Un échantillon de sable est caractérisé par: σ'3 crit = 0.3 Autres facteurs influençant la résistance des sables au cisaillement Parmi lesquels on peut citer (Tab.8. 8.14: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés sur un sable dense Exemple 8. 8.4 Mpa est: a) 0.133 Eléments de Mécanique des Sols Fig. Décrire le comportement drainé et non drainé sachant que l'indice des vides après consolidation à σ'3 c = 0.15-16.85. 8. 8.4 Mpa et ec = ecrit = 0.5.3) .75 On suppose que le sable en question suit le comportement donné dans Fig. b) 0.

. ces facteurs influent également sur l'angle de frottement interne. Elle est inversement proportionnelle à l'indice des vides e qui est le facteur le plus important. la granulométrie et la grosseur des particules sur la variation de l'angle de frottement interne φ sont résumés ci-contre (Tab. 8.4). La distribution granulométrique.20). la résistance au cisaillement augmente proportionnellement à l'indice de densité relative (Fig. Forme des particules. la grosseur des grains ne semble pas avoir une influence significative sur φ. La contrainte principale intermédiaire. φ augmente avec l'étalement de la granulométrie. . . . . En règle générale. A propos de l'influence de la . . Les sables humides ont φ de 1 à 2 degrés plus faibles que les sables secs.134 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Indice des vides à la fin de la consolidation ec Fig. Comme les sables sont des matériaux frottant. 8. L'indice des vides ou l'indice de densité relative. Les effets de la densité relative. La surconsolidation n'a pas une influence notable sur φ. tout autre facteur étant constant: φ augmente avec l'angularité des particules et avec leurs rugosités. . La présence de l'eau. De façon générale. La rugosité de la surface des particules. La grosseur des particules. Par contre. la forme des grains.15: Courbes typiques d'essais triaxiaux drainés. Influence de la contrainte de confinement . Le degré de surconsolidation. 8.

Cette figure et Tab. On dit qu'il est en état de liquéfaction: dans une coulée.5 φtx – 17° φdp = φtx pour φtx > 34° pour φtx ≤ 34° (8. le sable perd toute résistance. Ces indications peuvent suffirent pour la conception de petit projets. Ceci est à l'origine d'une augmentation positive de la pression interstitielle. Lorsque la pression interstitielle devient égale à la contrainte effective qui s'exerçait avant la perturbation. le sable se comporte essentiellement comme un liquide visqueux et son angle de frottement de repos n'excèderait pas quelques degrés. 8. il existe une relation empirique qui constitue une limite inférieure. On remarquera que les déformations à l'origine de la liquéfaction . Ce phénomène pouvant provoquer de grands dégâts. 8.21 établi quelques corrélations entre φ' et quelques paramètres physiques. 8. entre l'angle de frottement interne obtenu par essai triaxial φtx et l'angle de frottement interne obtenu par l'essai en déformation plane φdp: φdp = 1.16: Exemples de courbes typiques pour l'étude de l'influence de l'indice de vides initial contrainte principale intermédiaire.4 sont très utiles pour évaluer les caractéristiques de frottement des matériaux granulaires avant même d'effectuer des essais de laboratoire.4 Liquéfaction et mobilité des sables saturés soumis à des charges cycliques Les sables lâches saturés soumis à des chocs ou à des déformations importantes avaient tendance à diminuer de volume.14) Fig.5. 8. il faut en tenir compte dans l'étude des projets de construction. Cette variation de la pression interstitielle se traduit par une diminution des contraintes effectives dans le sol.135 Eléments de Mécanique des Sols Fig.

136 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig. Ces dernières engendrent des déformations importantes qui provoquent à leur tour une augmentation des pressions interstitielles. lorsque l'intensité et la durée de ces charges cycliques sont suffisantes. la contrainte de confinement et l'indice des vides critique peuvent être causées par des sollicitations statiques (augmentation des contraintes statiques) mais peuvent aussi être causées par des charges dynamiques telles que: battage de pieux. Les sables de compacité moyenne à élevée sont caractérisés par la mobilité aux charges cycliques. circulation d'engins. 8. 8.17: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux drainés. elles peuvent entraîner aussi la liquéfaction de sable de compacité moyenne à élevée. Ces derniers peuvent causer la liquéfaction de très vastes dépôts naturels de sable lâches. Les liquéfactions engendrant des glissement de type coulée sont classées selon la susceptibilité du sol en trois types allant de l'écoulement rapide à la liquéfaction progressive (Tab.5). Relation idéalisée entre les déformations volumiques. Nous pouvons aborder l'étude du comportement des sables sous charges cycliques en examinant les résultats d'essais au cours desquels on observe une liquéfaction sous des contraintes statiques . Alors. et si elles sont appliquées dans des conditions de masse volumique et de pression de confinement isotropes. présence de machines rotatives. les vagues de tempêtes ou les tremblements de terre.

qui initialement ont une tendance à se dilater? Quoi que le sujet est relativement complexe. .18: Diagramme de Peacock (Fig. La veuille continue est primordiale dans ce domaine. Les mesures de prévention des ruptures par liquéfaction sont du type augmentation de la densité du sol en place en remplaçant les sols lâches ou en les compactant. D'autres facteurs peuvent influencer le comportement des sables saturés autre que la contrainte de confinement et l'indice de densité relative. la mise en place d'une surcharge pour augmenter la contrainte effective ou le rabattement en permanence du niveau de la nappe phréatique.23). 8. que ce passera-t-il avec les sables denses. Ces essais montrent que la liquéfaction peut se produire même sous contraintes statiques. le coefficient des terres au repos K0 ainsi que le rapport de surconsolidation. 8. On peut aussi effectuer des essais triaxiaux à chargement cyclique pour l'étude de liquéfaction des sables lâches.6). des chercheurs imminents ont montré que les sables denses suivent le comportement de mobilité aux charges cycliques plutôt que le phénomène de liquéfaction (Fig. Ce comportement peut s'expliquer par le concept de l'indice des vides critique et peut être prédit à l'aide du diagramme de Peacock.137 Eléments de Mécanique des Sols Fig.22.25. l'histoire des déformations cycliques antérieures. 8. Le comportement caractéristique est donné ci-contre (Fig.27-29. 8. observation de l'érosion et des petits glissements. par exemple en effectuant des relevés des pressions interstitielles sur site. Tab.26 montrent le comportement des sables denses lors d'essais triaxiaux cycliques. 8. Il s'agit par exemple: du mode de préparation des échantillons. 8. Fig.24). A présent.

138 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig.19: Cercles de Mohr pour des de compression triaxiale drainés et non drainés . 8.

139 Eléments de Mécanique des Sols Tab. 8.2: Résumé des essais triaxiaux drainés et non drainés .

8.20: Exemples de cercles de Mohr et enveloppes de rupture pour les essais triaxiaux drainés illustrant les effets de l'indice des vides .140 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig.

141 Eléments de Mécanique des Sols Tab.3: Facteurs influençant l'angle de frottement interne . 8.

4: Angle de frottement interne des sols pulvérulents . 8.142 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Tab.

8.143 Eléments de Mécanique des Sols Fig.21: Corrélation entre l'angle de frottement interne effectif en compression triaxiale et la masse volumique du sol sec .

8.5: Glissement de type coulée dans les sols .144 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Tab.

22: Comparaison entre quelques essais triaxiaux . 8.145 Eléments de Mécanique des Sols Fig.

146 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig. triaxiaux CU.23: Cercles de Mohr en contraintes totales et en contraintes effectives (es.CD) . 8.

147 Eléments de Mécanique des Sols Fig. 8.24: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux cycliques sur un sable lâche .

148 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig.25: Exemples de courbes typiques d'essais triaxiaux cycliques sur un sable dense . 8.

26: Relation générale entre la contrainte cyclique maximale et le nombre de cycles nécessaires pour causer la rupture . 8.149 Eléments de Mécanique des Sols Fig.

27: Diagramme d'état illustrant le potentiel de liquéfaction . 8.150 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig.

8.151 Eléments de Mécanique des Sols Fig.28: Diagramme d'état illustrant les lignes d'état permanent de déformation .

152 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Tab.6: Différence entre la liquéfaction et la mobilité cyclique . 8.

8.153 Eléments de Mécanique des Sols Fig.29: Indices et propriétés des sables .

8. Avant la contrainte de préconsolidation. on autorise le drainage. Comme nous l'avons fait lors de l'étude des sables.32). c.31) ci-contre représentent les courbes typiques effort-déformation d'une argile sc compactée.6 Résistance des sols cohérents saturés au cisaillement Le comportement des argiles dépend en particulier de l'histoire des contraintes subies par le sol. Une fois la consolidation est atteinte. 8. Par contre. Les figures (Fig. 8. la Fig. 8. D'autre part. la rupture de l'échantillon surconsolidé aura lieu à une nc déformation axiale beaucoup plus faible que pour le sol normalement consolidé. Dans l'essai de compression axiale. la valeur de la C E sc cohésion effective c' est différente de zéro pour D les argiles surconsolidées. σvc + ∆σ σhc 8. On remarque que le comportement drainé est analogue à celui des Fig. L'échantillon surconsolidé présente une plus grande résistance que l'échantillon εv normalement consolidé. nous allons considéré les essais CD. On σ'3 = cte applique la contrainte axiale soit en augmentant la charge sur le piston par incréments (essai à normalement c.32: Diagramme de τ(σ') branche de l'enveloppe de rupture de l'échantillon surconsolidé est au-dessus de l'enveloppe de . (nc) charge contrôlée). soit à l'aide d'une presse mécanique qui comprime l'échantillon à un taux de déformation constant (essai à déformation εv contrôlée).30: Consolidation chargement se fait à un taux suffisamment lent pour qu'il n y ait isotrope σvc = σhc pas de pression interstitielle induite par le ∆σ cisaillement.à.d de l'état de consolidation ou de surconsolidation. Le Fig. 8. CU et UU.30). 8. Comme le φ' montre le diagramme (Fig. on suppose B nc généralement que la valeur de c' pour les argiles A σ' normalement consolidées non cimentées est σ'p nulle.6.1 Comportement à l'essai triaxial consolidé drainé (CD) On consolide d'abord l'échantillon sous une contrainte compatible avec le problème à résoudre.154 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement 8. les contraintes de consolidation sont surconsolidée (sc) généralement isotropes où σv = σh = σ'3c dite contrainte de confinement (Fig.31: Courbes typiques de l'essai sables: les argiles surconsolidées augmentent de CD sur une argile volume pendant le cisaillement tandis que les argiles normalement consolidées diminuent de volume. les pressions ∆V interstitielles sont toujours nulles. Au cours de l'essai CD. Ainsi on dira que les argiles τ surconsolidées (respectivement normalement consolidées) se comportent comme les sables denses (respectivement sables lâches).

35: Courbes typiques de l'essai triaxial CU sur une argile .c à σ'hc faible εv u n. 8. Les tendances aux variations de volume (quoi qu'elles sont empêchées) induisent les variations de la pression interstitielle (positive ou négative).33: Indice des vides d'un échantillon n.c à σ'hc élevée n. ils sont indiqués pour l'étude du comportement à long terme. on mesure les pressions interstitielles induites de façon à calculer les contraintes effectives. Par conséquent.34). En effet. les essais triaxiaux CD ne sont pas utilisés de façon courante sur les argiles.2 Comportement à l'essai consolidé non drainé Cet essai peut servir à la fois pour les analyses en contraintes totales et en contraintes effectives. La pression interstitielle positive se développe généralement dans les argiles normalement consolidées. en pratique.6. il est nécessaire de choisir un taux de déformation suffisamment lent pour s'assurer qu'il n'y a pas de pression interstitielle induite dans l'échantillon à faible perméabilité. La branche supérieure est dite bosse de préconsolidation. Cependant.c u0 s. Comme pour l'essai CD. Aussi.c n. Les essais triaxiaux CD sont particulièrement indiqués dans le cas de barrage en terre avec écoulement permanent. Cette augmentation de résistance de l'échantillon surconsolidé peut s'expliquer par l'histoire de contrainte et de déformation de l'échantillon. les essais CU sont plus pratiques pour obtenir les paramètres de résistance en contraintes effectives.c s. 8. Au cours de l'essai. Alors. 8. l'indice des vides d'un échantillon surconsolidé est plus petit que pour un échantillon normalement consolidé (Fig. lorsqu'il s'agit d'assurer la stabilité à long terme des talus d'excavation dans les argiles molles ou argiles raides (Fig. e A B D C E F σ' Fig.c εv σ'1/ σ'3 s. l'essai CU peut être contrôlé en charge ou en déplacement. 8.155 Eléments de Mécanique des Sols rupture de l'échantillon normalement consolidé. et d'un échantillon surconsolidé ∆σ s. car il est possible de mesurer la pression interstitielle induite dans ces essais.33). la durée nécessaire pour amener l'échantillon à la rupture peut varier entre une journée et plusieurs semaines. L'échantillon est d'abord consolidé (à soupapes ouvertes) puis amené à la rupture sans drainage. en dehors des problèmes pratiques tels que fuites. En effet.c εv Fig. c. 8.

34: Exemples d'analyses CD sur des argiles .156 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig. 8.

36). Dans le cas d'une argile normalement consolidée. c.à. est plus faible que φ' : φ ≈ φ'/2 (Fig. Généralement. D'où nous pouvons obtenir l'enveloppe de rupture de Mohr. nous pouvons tracer les cercles de Mohr à la rupture en contraintes totales ou en contraintes effectives.37). afin d'assurer la saturation complète de l'échantillon.d que la pression interstitielle diminue et peut devenir même négative. φ' est moins élevée que φ (Fig. 8.36: Cercles de Mohr à la rupture et enveloppes de rupture en contraintes totales (T) et effectives (E) pour une argile nc. φ Fig.35).d inférieure à la pression atmosphérique. Pour une argile surconsolidée.à. Pour cet essai. Les pressions interstitielles négatives se développent généralement dans les argiles surconsolidées. la variation de la pression interstitielle induite est négative. L'enveloppe passe par l'origine et on peut considérer que c et c' sont nulles.σ3)max). Si l'échantillon a tendance au gonflement. En effet on pourra obtenir des valeurs de c' et φ' différentes d'un critère à l'autre (Fig. 8.σ'3)max). c.38). La définition des paramètres de Mohr-Coulomb en contraintes effectives devrait inciter à la prudence au moment de l'interprétation. la pression interstitielle diminue de sorte que le cercle de Mohr en contraintes effectives est à droite du cercle de Mohr en contraintes totales. 8. On doit se demander quel critère de rupture à été utilisé et comment les paramètres de Mohr-Coulomb ont été obtenus (d'après le critère (σ'1/σ'3)max ou (σ'1 .157 Eléments de Mécanique des Sols Cela indique une tendance à la contraction (consolidation) de l'échantillon. Les courbes typiques ∆σ(εv) = u(εv) = (σ'1/σ'3) (εv) sont comme montrer ci-contre (Fig. 8. . Par contre ce problème ne se pose pas l'ors d'une analyse en contraintes totales (la rupture est définie à (σ1 . on lui applique une contre pression u0. 8. le cercle de Mohr en contraintes effectives est à gauche du cercle de Mohr en contraintes totales.

Fig. 8.37: Cercles de Mohr à la rupture et enveloppes de rupture en contraintes totales (T) et effectives (E) pour une argile sc. 8.158 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig.38: Influence du critère de rupture sur l'enveloppe de rupture .

8.159 Eléments de Mécanique des Sols Fig.39: Exemples d'analyses CU sur des argiles .

6 Une argile normalement consolidée est consolidée à 150 kPa. Avant le déroulement de l'essai. Pendant le déroulement de l'essai CU. Les courbes effort- . Généralement. l'échantillon n'est pas consolidé et le cisaillement se produit dans ces ∆σ conditions. 8.41: Enveloppe de rupture de Mohr consolidation secondaire. Par conséquent. l'application de la contrainte de triaxial UU sur une argile confinement engendre dans l'échantillon τ une pression interstitielle positive ∆uc qui sera égale à la pression de confinement échantillon saturé à 100 % appliquée σc. Evaluer l'angle théorique du plan de rupture dans l'échantillon. Et toute augmentation de la φ=0 τr = C contrainte de confinement isotrope est reprise par la pression interstitielle étant donné que l'échantillon est saturé. Calculer (σ'1/σ'3)r et (σ1/σ3)r. Par conséquent. l'application d'une contre pression serait une bonne garantie pour assurer la saturation complète de l'échantillon. Evaluer les paramètres de résistance de Mohr-Coulomb en contraintes totales et en contraintes effectives a) analytiquement. Exemple 8. les σtot grains solides et l'eau interstitielle sont incompressibles et enfin il n'y a pas de Fig. D'autre part. Mettre en graphique les cercles de Mohr en CT et en CE et les enveloppes de rupture. la différence entre les contraintes principales est de 100 kPa et les pressions interstitielles sont de 88 kPa. Les essais CU sont particulièrement utiles pour l'étude du comportement à court terme. il en résulte des pressions interstitielles négatives. Au début de Fig. puis cisaillée en compression axiale sans drainage. A la rupture. Les contraintes totales εv étant nulles.6. Mais ils peuvent aussi être utilisés dans les problèmes pratiques décrit dans la section des essais CD.3 Comportement à l'essai non consolidé non drainé UU Dans cet essai.39). il faut veuillez à empêcher toute fuite pendant l'essai. Elle est le résultat du relâchement des contraintes pendant intacte de sensibilité très élevée l'échantillonnage. sur les échantillons non remaniés existe une pression interstitielle négative dite remanié et compactée résiduelle (capillaire). de talus de réservoir et de canaux (Fig. pour les essais UU sur une argile saturée l'indice des vides et la contrainte effective demeurent inchangés. 8. l'échantillon est placé dans la cellule triaxiale et le drainage n'est pas effectué dès le début. 8. Les taux de chargement (en force ou déplacement) seront relativement lents de sorte que les pressions interstitielles enregistrées aux extrémités de l'échantillon seront les mêmes que celles qui règnent dans le plan de rupture. 8. on ne mesure intacte de sensibilité moyenne pas les pressions interstitielles et l'analyse se fait en terme de contraintes totales.40: Courbes typiques de l'essai l'essai. b) graphiquement.160 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Les essais triaxiaux CU sont exécutés pour résoudre les problèmes de stabilité sans possibilité de drainage tels que: vidange rapide d'un barrage en terre.

Au cours de l'essai. 8. Par conséquent. ∆σ3) engendrée lors d'une variation du chargement ∆σ non drainé. 8. En contraintes effectives. E σ. Dans la pratique. En terme de contraintes effectives.41). Le paramètre B exprime la variation de la pression interstitielle résultant d'une variation de la pression cellulaire en absence de drainage.43). Pour les τ échantillons non remaniés.5 Variation de la pression interstitielle Il est souvent nécessaire d'évaluer la variation ou l'excès de la pression interstitielle ∆u(∆σ1. Skempton): ∆u = 1 =B ∆ σ3 n 1 + Cv Csq (8.6. 8.42). Cas de sols saturés Nous avons Cv = Cw et Cw/Csq = 0. comme le montre les courbes cicontre (Fig. car la compressibilité de l'eau est très faible par rapport à la compressibilité du squelette. l'enveloppe de rupture est courbe dans sa partie initiale. l'échantillon se saturera et l'enveloppe devient une droite horizontale.15) où ∆σ3 est la variation de la pression cellulaire σc. on exprime cette relation à l'aide des paramètres de pression interstitielle (proposés en 1954 par Prof.6.4 Essai de compression simple On peut procéder à un essai de compression simple sur les sols argileux pour obtenir la résistance UU en contraintes totales. ∆σ2. σ' L'enveloppe de rupture pour les C' = 0 essais UU effectués sur les argiles Fig. la résistance sera la même dans les deux cas. n est la porosité. Sur les argiles partiellement saturées.W. 8. 8. La sensibilité agit T également sur la forme des courbes. l'essai de compression simple est semblable à l'essai UU. Cv est la compressibilité des pores.40). la portion φ' initiale de la courbe correspondant au module tangent initial est φ=0 C fortement influencée par la qualité des échantillons. 8.161 Eléments de Mécanique des Sols déformation de l'essai UU ne sont pas très différentes de celles de l'essai CU ou CD. Csq représente la compressibilité du squelette solide. Il s'agit alors d'une variante particulière de l'essai UU où la pression totale de confinement est nulle. Les essais UU s'appliquent à certaines conditions critiques rencontrées dans la conception d'ouvrages. il n'y a qu'un seul cercle de Mohr à la rupture car la contrainte effective à la rupture est indépendante des pressions de confinement totales appliquées (Fig. 8. d'où: .42: Cercle de Mohr à la rupture en saturées à 100% est une droite contraintes totales et en contraintes effectives horizontale (Fig. C'est le cas où les charges externes sont appliquées si rapidement que les pressions interstitielles en excès n'ont pas le temps de se dissiper et où la consolidation ne peut se produire durant la période de chargement (Fig. A.

43: Exemples d'analyses UU sur des argiles .162 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Fig. 8.

d'où: ∆u = 0 ∆ σ3 (8.163 Eléments de Mécanique des Sols ∆u = 1 ∆ σ3 (8.44). la relation liant ∆u à ∆σ pour les sols élastiques est (Skempton): ∆u = (B/3) (∆σ1 – ∆σ3) (8. car la compressibilité de l'air est beaucoup plus élevée que celle du squelette de sol. une variation de la contrainte moyenne et une variation de la contrainte de cisaillement. 8. dans un essai triaxial. La relation B(Sr) est une fonction non linéaire et dépend entre autres du type de sol et du niveau de sollicitation (Fig. 8. Lorsque nous appliquons une contrainte de cisaillement ou un déviateur de contrainte ∆σ = ∆σ1 – ∆σ3. elle permet de vérifier si l'échantillon est complètement saturé ou pas (Tab.16) Cas de sols secs Il vient Cv/Csq ∞.7). Lorsqu'il y a à la fois.17) les sols partiellement saturés ont des valeurs de B comprises entre 0 et 1 selon le degré de saturation. on combine les expressions (8. On le remplace par un paramètre noté A dit deuxième paramètre de Skempton.15) et (8.7: Valeurs théoriques de B pour différents sols Mais les sols sont généralement inélastiques et le coefficient de 1/3 n'est pas applicable. En effet. La relation ci-dessus de B est très utile.18) pour obtenir une relation générale: . 8.18) Tab.

Le paramètre A dépend à divers degrés: du niveau de la déformation axiale.164 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement ∆u = B [∆σ3 + A (∆σ1 – ∆σ3)] (8.8) donne quelques valeurs de A à la rupture. Au-delà d'un seuil critique. 8. de l'intensité de σ2. l'excès de pression interstitielle peut être à l'origine d'une rupture. noté Ar. lc: compression latérale et le: extension latérale.8: Quelques valeurs caractéristiques de Af pour différents sols . L'équation de Skempton et ses paramètres sont très utiles dans la pratique. elle régit la variation de la pression interstitielle en fonction de la variation des contraintes totales. (Tab. Dans les conditions non drainées. on peut montrer que: Aac = Ale et Aae = Alc Tab. de l'anisotropie et du remaniement de l'échantillon. du rapport de surconsolidation. le paramètre A est défini en fonction de l'augmentation des contraintes principales par: Aac = ∆u /∆σv Aae = 1 . ae: extension axiale. on peut prévoir une construction en plusieurs phases pour permettre de dissiper lentement la pression interstitielle en excès.∆u /∆σv Alc = ∆u /∆σh Ale = 1 . 8. D'aures parts. Pour les essais triaxiaux les plus courants.20) où l'on désigne ac: compression axiale.19) dite équation de Skempton.∆u /∆σv (8. Le cas échéant.

44: Paramètres de pression interstitielle B en fonction du degré de saturation pour quelques sols .165 Eléments de Mécanique des Sols Fig. 8.

il est exprimé par: A= 1+a 2 3 3 A = 2+a 2 3 3 en compression triaxiale (ac et le) (8. Henkel propose une équation des pressions interstitielles plus générale: ∆u = B (∆σoct + a ∆τoct) où σoct = (1/3)( σ1 + σ2 + σ3) τoct = 1 (σ1 − σ2) + (σ2 − σ3) + (σ3 − σ1) 3 2 2 2 (8. 8. Exemple 8.7 Les courbes σ(ε) et ∆u(ε) de la figure ci-contre (Exemple 8. l'extension latérale simule la poussée des terres.6.166 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Pour tenir compte de la contrainte principale intermédiaire. . En fonction de A. 8.23) en extension triaxiale (ae et lc) Comme le voit. Tracer les cheminements de contraintes totales et des contraintes effectives pour cet essai.7) ont été obtenues à partir d'un essai de compression axiale sur l'échantillon d'une argile normalement consolidée. Déterminer les paramètres de Mohr-Coulomb. Des cheminements de contraintes autres que la compression axiale (tel que lors de chargement de fondation sur semelles ou remblais) peuvent simuler des conditions de sollicitations.6 Cheminement des contraintes durant un chargement non drainé sur des argiles normalement consolidées L'application de contrainte de consolidation anisotrope modéliserait plus fidèlement les conditions qui prévalent sur le terrain (K0 ≠ 1). On prendra σ3 égale à 150 kPa.22) a est appelé le paramètre des pressions interstitielles de Henkel. pour les matériaux élastiques a = 0 car A = 1/3 en compression triaxiale et A = 2/3 en extension triaxiale.21) (8. souvent les applications pratiques sont caractérisées par des problèmes plans. Remarquons enfin que.45). Cependant on continue d'appliquer toujours les résultats des essais triaxiaux (symétrie de révolution) à des problèmes de déformations planes. Ainsi. l'extension axiale reproduit les cas de chargement lors d'excavation tandis que la compression latérale s'applique à la butée comme celle s'exerçant aux bords d'un ancrage (Fig.

7 .167 Eléments de Mécanique des Sols Exemple 8.

45: Quelques cas pratiques de stabilité sur le terrain et leur simulation par des essais triaxiaux .6.7 Cheminement des contraintes pendant un chargement non drainé sur des argiles surconsolidées Les argiles surconsolidées ont généralement une valeur de K0 = σv/σh supérieure à l'unité. 8. Alors. le point de départ des cheminement de contrainte se situe sous l'axe des Fig.168 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement 8.

la même valeur de σ'c. Exemple 8. ce qui correspond à un rsc de 10. 8. 0. par conséquent. La figure ci-contre (Exemple 8. on ne maintient pas la contrainte latérale constante mais on l'augmente proportionnellement à la contrainte axiale de sorte que ∆σ3 = 0. les mêmes principes restent applicables aux argiles surconsolidées. à savoir que σ1 et σ3 augmentent au cours de l'essai. Tab. Prédire le comportement du deuxième essai CU.5. pour des déformations de 0.8 Exemple 8. A part ces deux remarques. Tracer le TSP et le ESP pour cet essai. Calculer les inconnues du tableau ci-dessous (Tab.9). On effectue un autre essai CU sur la même argile avec le même rsc et. 8.8 . On suppose que les résultats donnés à la figure sont valables.5. 2. quelle que soit la façon de modifier les contraintes majeures en compression.2 ∆σ1 (voir figure). Par rapport aux argiles normalement consolidées.8) donne les résultats obtenus. Dans ce dernier essai.8 On effectue un essai de compression triaxiale consolidé non drainé sur un échantillon d'argile dont la contrainte de préconsolidation σ'p est de 800 kPa. et 7.169 Eléments de Mécanique des Sols contraintes hydrostatiques (K0 = 1). les argiles surconsolidées ont un cheminement des pressions interstitielles différent.5 %.

(Tab. 8. 8.6. Pour une excavation dans les argiles normalement consolidées. la fin de la construction est la période la plus critique.10) résume quelques cas de conditions critiques de stabilité. Dans le cas de chargement de fondation sur les argiles normalement consolidées.170 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Tab. Enfin. Pour les argiles surconsolidées soumises à un chargement (fondation). les conditions à long terme deviennent moins sécuritaires après la dissipation de la pression interstitielle. Les conditions ultérieures de stabilité s'améliorent avec le temps. les conditions à long terme sont plus critiques. .9 8. Le déchargement engendre des pressions interstitielles négatives.8 Application des cheminements de contrainte à certains problèmes de génie Avec des échantillons de mauvaise qualité due à un mauvais échantillonnage. la résistance au cisaillement non drainée mesurée en laboratoire est beaucoup plus faible que la résistance sur le terrain.

10: Conditions critiques pour la stabilité des argiles saturées . 8.171 Eléments de Mécanique des Sols Tab.

Décrire le comportement drainé et non drainé de ce sable sachant que . la valeur et la direction des contraintes principales à la rupture. En supposant une distribution uniforme des contraintes dans la zone de rupture et une enveloppe de rupture rectiligne avec c = 0.6 MPa. Exercice 6: Considérons le comportement du sable de la rivière Sacramento pour ecrit = 0.4 MPa et ec = ecrit = 0. La contrainte cellulaire dans l'essai A est de 100 kPa. pour les deux essais.6 et σ'3crit= 1. dans les deux essais? d) Déterminer l'orientation théorique du plan de rupture dans chaque échantillon. les cercles de Mohr au début et à la rupture. et de 400 kPa dans l'essai B.172 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement Exercices du chapitre 8 Résistance des sols au cisaillement Exercice 1: Dans un essai de cisaillement direct sur un échantillon de sable pulvérulent.5 MPa? Exercice 4: Quelle est la contrainte de confinement critique du sable de la rivière Sacramento pour un indice des vides de 0. b) Déterminer φ en supposant que c = 0.85 et de b) 0.8.75? Exercice 5: Considérons le comportement du sable de la rivière Sacramento caractérisé par σ'3crit égale à 0. les essais présentaient des contraintes déviatoriques de 400 kPa (essai A) et de 1700 kPa (essai B).75. c) Quelle est l'orientation du plan d'obliquité maximale? . Exercice 2: Deux essais courants de compression triaxiale CD sont effectués sur un sable sec dense à grains angulaires. Décrire le comportement drainé et non drainé de ce sable sachant que l'indice des vides après consolidation à σ'3crit= 0. Expliquer pourquoi l'essai de cisaillement direct ne permet pas de déterminer les contraintes principales dans un échantillon pour lequel la contrainte de cisaillement est inférieure à la contrainte de rupture. Exercice 3: Quel est l'indice des vides critique du sable de la rivière Sacramento pour une contrainte de confinement de 1. c) Quelle est la contrainte de cisaillement à la rupture. à un même indice des vides.4 MPa est de a) 0. évaluer à l'aide du cercle de Mohr. a) Tracer. on maintient ces contraintes constantes tout au long de l'essai. la contrainte normale verticale agissant sur l'échantillon est de 300 kN/m2 et la contrainte tangentielle horizontale à la rupture est de 200 kN/m2. sur le plan de rupture. A la rupture.

173 Eléments de Mécanique des Sols l'indice des vides est maintenu à 0. où σ'3crit = 150 kPa et (σ'1 / σ'3)r égale à 3.3 N et le déplacement axial. Exercice 12: Les courbes σ – ε et ∆u . Evaluer les paramètres de résistance de Mohr-Coulomb en contraintes totales et en contraintes effectives. L'échantillon.6. A la rupture. c) Calculer (σ'1 / σ'3)r puis (σ1 / σ3)r. Exercice 11: On effectue un essai de compression simple sur une argile molle. la différence entre les contraintes principales est de 100 kPa et les pressions interstitielles sont de 88 kPa. Exercice 10: Une argile normalement consolidée est consolidée à 150 kPa. de 11 mm. Exercice 13: On doit construire sur un dépôt d'argile molle organique situé au nord de la Suède un remblai de grandes dimensions dans un court laps de temps. taillé dans une carotte non remaniée.7. puis cisaillée en compression axiale sans drainage. La pression interstitielle induite à la rupture ∆ur est de 70 kPa.7 ont été obtenues à partir d'un essai de compression axiale sur l'échantillon d'argile normalement consolidée de l'exemple 8.7 MPa. Exercice 9: Soit le sable de l'exemple 8 mais pour lequel la contrainte cellulaire est maintenant de 300 kPa. Exercice 7: Soit un essai triaxial drainé effectué sur le sable.5 MPa et b) de 1. Déterminer ∆ur. Mettre en graphique les cercles de Mohr en contraintes totales et en contraintes effectives et les enveloppes de rupture. La charge appliquée à la rupture sur l'anneau de charge était de 14. Quelles seront les valeurs de : a) σ'1r b) (σ1 – σ3)r c) φ' Exercice 8: On suppose que l'échantillon de l'exemple 7 est cisaillé dans des conditions non drainées à la même contrainte totale cellulaire (150 kPa). La section transversale et .ε de l'exemple 8. Calculer la résistance à la compression simple et la résistance au cisaillement de l'échantillon d'argile molle. a un diamètre de 35 mm et une hauteur de 80 mm.6 mais qu'on applique à l'échantillon une contrainte σ'3c de a) 1. d) Evaluer l'angle théorique du plan de rupture dans l'échantillon. Tracer les cheminements en contraintes totales et en contraintes effectives pour cet essai. Déterminer : a) σ'1r b) (σ1 . Déterminer les paramètres de Mohr-Coulomb.σ3)r c) φ en termes de contraintes totales d) l'angle du plan de rupture αr. a) analytiquement et b) graphiquement.

Dans l'essai 2 0.75 m 1m 4m ρ = 1. b.8 sont valables. a. 1979). Supposer que K0 = 0. a) Calculer et mettre en graphique les courbes d'effort-déformation et de pression interstitielle-déformation de l'essai A.) sont consolidés 1 0.19 isotropiquement (K = 1) et cisaillés sans drainage. à savoir que σ1 et σ3 augmentent au cours de l'essai. c) Evaluer φ' et φT pour les deux essais.58 0. e) Etablir les données de pression interstitielle-déformation pour l'essai B à partir du cheminement de contrainte LE.5 %.29 A en compression axiale (AC). e etc. Prédire le comportement du deuxième essai CU. La figure de l'exemple 8. Calculer les inconnues du tableau 8.5.56 0. par conséquent. la pression cellulaire est 4 0. Exercice 15 On effectue un essai de compression triaxiale consolidé non drainé sur un échantillon d'argile dont la contrainte de préconsolidation (σ'p est de 800 kPa. Tracer le TSP et le ESP pour cet essai. de 0. On effectue un autre essai CU sur la même argile avec le même rsc et. Dans ce dernier essai. pour des déformations de 0. On suppose que les résultats donnés à la figure de l'exemple 8.24 kg/m3 ρ = 1.1 kg/m3 Exercice 14: ε (%) ∆σ /σ'c ∆u/σ'c Deux échantillons identiques d'une argile normalement 0 0 0 consolidée et saturée (même w.47 8 0. on ne maintient pas la contrainte latérale constante mais on l'augmente proportionnellement à la contrainte axiale de sorte que ∆σ3 = 0. L'échantillon B est amené à la 10 0. .52 0. Les données relatives à l'effortdéformation et à la pression interstitielle de l'essai A sont présentées au tableau cicontre.5 (d'après Holtz et Holm.9. de 2.2 ∆σ1 (voir figure).55 maintenue constante tandis que la pression cellulaire est réduite jusqu'à atteindre la rupture.6.3 kg/m3 élément 17 m argile silteuse organique w = 140 % IL = 160 Ip = 105 ρ = 2.8 donne les résultats obtenus.41 maintenue constante tandis que la contrainte axiale est 6 0.53 rupture par extension latérale (LE) où la contrainte axiale est 12 0.57 0.35 0.54 0. b) Mettre en graphique les cheminements TSP et ESP pour les deux essais.51 augmentée jusqu'à la rupture. A = 0. quelle que soit la façon de modifier les contraintes majeures en compression.5 et de 7.174 Chapitre 8 : Résistance des sols au cisaillement le profil géotechnique sont donnés à la figure ci-contre.45 0. ce qui correspond à un rsc de 10. Déterminer le TSP. 11 m 2. d) Démontrer que la courbe d'effort-déformation de l'essai A (AC) est identique à celle de l'essai B (LE). le (T .Uo)SP et le ESP pour un élément de sol situé à 5 m sous le centre du remblai. la même valeur de σ'c.35 avant la rupture et Ar à la rupture est égal à 0.

Des essais de compression triaxiale ont donné c'=7kPa et φ' = 23°. Construire l'enveloppe de rupture et déterminer si le remblai sera stable.175 Eléments de Mécanique des Sols Exercice 16: Soit le remblai de l'exercice 13. .

5 Cas de surface libre inclinée 9.4.4.5.3.4.1.4.3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel) 9.3.5.1 sol pulvérulent non chargé 9.1 Hypothèses 9.5.5.4 Construction de Culmann 9.4.2 Equilibre de Rankine 9.2.1.2.5.2.1 Etat actif 9.3 Essais sur la poussée des terres 9.4.2.5.2.Chapitre 9 Pression latérale des terres 9.3 Etat passif 9.2 Etat actif 9.1 Sol pulvérulent 9.1.2.3.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation latérale 9.2.5.2.4.5 Cas des sols cohérents (théorème des états correspondants) 9.4 Contrainte sur la facette verticale 9.3 Etat passif 9.2 Contrainte sur une facette parallèle à la surface libre 9.4.2 Etat actif 9.4 Etude de la solution 9.2.1.4.2 Etat passif .4 Cas de milieu pulvérulents non pesant chargés 9.2.4.2 Sol cohérent 9.4.4.4 Etats de l'équilibre limite 9.3 Calcul du coefficient de Poussée 9.3.2.1.2.4 Poussée due à une surcharge uniforme 9.1.5.5.6 Distribution des contraintes 9.4.5.1 Introduction 9.4.3 Equilibre de Boussinesq 9.1 Introduction 9.4.2.4.5.5.4.2 Poussée sur un écran 9.5.1 Introduction 9.1 Hypothèses 9.3 Equilibres inférieur et supérieur 9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée 9.1 Théorie de Rankine 9.5.1 Définition 9.5.2 Théorie de Coulomb 9.4.5 Lignes de glissement 9.1.5.5.

9. on parle de coefficient de pression latérale tout court. Lorsque le sol subit des déformations.1 : Variation de K en fonction de la déformation (9. Les applications sont très diverses et s'étendent du dimensionnement des ouvrages de soutènement jusqu'à l'étude de la stabilité des pentes et des talus. Il est indépendant de l'état de saturation du massif. On peut remarquer que la . Il est constant pour une même couche de sol et une même masse volumique. C'est pour cette raison que nous écrivons cette relation en terme de contraintes effectives: σ'h = K0 σ'v Fig. De ce fait.1) K Kp K0 Ka Expansion Compression où K est dit coefficient de la pression des terres.1). En mécanique des sols. ce coefficient est très important pour l'analyse de stabilité et la conception des différents ouvrages.1 Introduction L'analyse de la pression latérale des terres est d'un aspect très important en mécanique des sols.2 Pression des terres au repos et relation pression latérale-déformation latérale L'état des contraintes dans le sol n'est pas hydrostatique: la contrainte horizontale ou latérale n'est pas égale à la contrainte verticale. 9. le coefficient K n'est pas constant pour un sol donné.2) K0 est le coefficient des terres au repos.Chapitre 9 Pression latérale des terres 9. Les hypothèses généralement admises sont un état de déformation plane et un comportement rigide-parfaitement plastique car l'écoulement par cisaillement se produit à contrainte constante. 9. Puisque les contraintes totales peuvent changer selon le degré de saturation du sol. La variation de ce coefficient en fonction des déformations latérales est montrée ci-contre (Fig. la contrainte latérale totale est définie en fonction de la contrainte verticale totale par la relation: σh = K σv (9.

9. on peut trouver des relations analytiques donnant K0 en fonction des propriétés du sol. σx atteint une valeur minimale correspondant à un état d’équilibre plastique dans lequel le cercle de Mohr touche l’enveloppe de rupture. 9. elle représente donc la contrainte principale mineure σ3.3 : Etat passif . D'autres part.3.3) . 9. les contraintes σz et σx sont des σ1 contraintes principales (Fig. σx devient la contrainte principale majeure et σz sera la contrainte principale mineure σ3. Le coefficient K0 peut être déterminer expérimentalement par un essai triaxial pendant lequel on empêche toute déformation latérale. Si le déplacement de l’écran est assez Fig.177 Eléments de Mécanique des Sols déformation latérale nécessaire à la mobilisation de la poussée passive est beaucoup plus grande ( 2 à 4 % pour les sables denses. La contrainte σx croit jusqu’à ce qu’un état d’équilibre plastique soit atteint.2 : Etat actif suffisant.sin ϕ' (9. Dans ces conditions.2). ce qui induit une diminution de σx (cette diminution est fonction des déformations latérales dues au déplacement). de 10 à 15 % pour les sables lâches) que la déformation nécessaire à la mobilisation de la pression active (de l'ordre de 0. 9. Supposons que l’on z effectue un déplacement de l’écran loin du massif. σx maximum est atteinte lorsque le cercle de Mohr devient tangent à l’enveloppe de rupture. La contrainte est σ3 dite pression active 9. La contrainte verticale σz sera la contrainte principale majeure σ1. Dans la littérature on trouvera des études sur la corrélation entre K0 et diverses autres paramètres tels que indice de plasticité. degré de sur consolidation …etc.3) Mayne et Kulhawy proposent l'expression suivante pour les sols surconsolidés en phase d'expansion seulement: K0 = (1 .3. La contrainte horizontale est dite pression passive déplacement σ3 σ1 z x Fig. 9. Jaky propose la relation: K0 = 1 . Le sol x est supposé homogène et isotrope.4) où rsc est le taux de surconsolidation. Puisque σx diminue. Dans ces déplacement conditions.1 Etat actif Soit un massif de sol semi infini avec une surface horizontale et un écran vertical lisse.sin ϕ' ) (rsc)sin ϕ' (9.2 Etat passif Supposons que l’on déplace l’écran vers le massif de sol (Fig. Ce σ3 déplacement est équivalent à une expansion du sol. A titre d'exemple.25 et 1 % respectivement).3 Essais sur la poussée des terres 9.

9.2.2 Contrainte sur une facette parallèle à la Fig.1 Hypothèses La théorie de Rankine traite le cas d'un massif semiinfini de sol pulvérulent. La n t β contrainte sur la facette équilibre le poids du parallélépipède ABCD.2.6). 9. On conclut que la contrainte sur un plan parallèle à la surface libre est verticale. Par le point E E.4 : Massif à surface libre inclinée surface libre Considérons une facette d'aire élémentaire dA. 9.5 : Etat de contrainte 9. Le massif est incliné d'un angle β par rapport à l'horizontale. β A D z B t dA C M 9. il ne peut passer que deux C1 cercles limites tangents à la droite C2 de Coulomb. 9.4. le vecteur contrainte t est vertical et a pour intensité: M β t = γ z cos β Les forces agissant sur les faces latérales sont égales et opposées. 9.4.4.4. le cercle de Mohr permet de τ déterminer l'état de contrainte au même point pour une facette d'orientation quelconque. β≤φ Fig. parallèle à la surface libre et située à la profondeur z (Fig. 9. 9. il s'agit donc d'un équilibre plastique.178 Chapitre 9 : Pression latérale des terres 9.4). Le cercle C1 représente un état d'équilibre dit . non chargé.1 Définition C'est l'état d'équilibre qui précède immédiatement la rupture.6 : Cercle de Mohr à représente un équilibre limite l’équilibre limite possible au point M.4. On suppose que l'état de l'équilibre limite est le même pour touts les points situés à la même profondeur.4 Etat de l'équilibre limite 9. Le E'2 vecteur contrainte t au point M sur E'1 2β φ la facette parallèle à la surface libre σ 2β est représenté par la droite OE β O t d'obliquité β (Fig. Plusieurs modèles sont disponibles pour le traitement du sujet.5).2 Equilibre de Rankine 9.2. Le massif est entièrement en équilibre plastique.3 Equilibres inférieur et supérieur A partir de l'état de contrainte au point M sur la facette parallèle à la surface libre. Ainsi. Ceci veut dire que l'inclinaison de la surface libre ne peut dépasser l'angle φ (Fig. Chaque cercle Fig.

6) soit δ = π/4 .β)/2 on a: 2δ = γ .2.ϕ/2 . D'après Fig.β d'autre part.2.2β ce qui donne β + δ = β + π/4 .4.2β = π/2 .à. Le cercle C2 est associé à un état d'équilibre dit supérieur.7 : Calcul de la contrainte sur la facette verticale E' E'1 φ σ3 O β C1 σ1 σ (9. 9. 9.4 Contrainte sur la facette verticale Sur le plan de Mohr. 9.7) : c.ϕ/2 d'où l'angle ωβ est tel que sin ωβ = C1E' / E'E'1 = C1E'' / C1E'1 = C1E'' / R sin ϕ = C1E'''1 / OC1 = R / OC1 ===> R = OC1 sin ϕ sin β = C1E'' / OC1 ===> C1E'' = OC1 sin β d'où sin ωβ = sin β / sin ϕ (9.7) (9.2β dans le sens des aiguilles d'une montre (Fig. Fig.β β Fig.1 Equilibre inférieur Précisons tout d'abord la direction de la facette sur laquelle agit la contrainte principale mineure σ3.5) E1 . la contrainte sur une facette verticale au point M se déduit de l'état de contrainte sur la facette parallèle à l'horizontale par une rotation égale à π . 9.ϕ .d que la contrainte sur la facette verticale est parallèle à la surface libre. c.2.à.ϕ/2 . On peut montrer que l'obliquité de la contrainte sur la facette verticale est égale à + β.179 Eléments de Mécanique des Sols inférieure. 9.5.5 Lignes de glissement 9.8.4. Son intensité peut varier entre deux limites qui sont associées aux deux états d'équilibre limite.d le point E'1 pour l'équilibre inférieur et E'2 pour l'équilibre supérieur. 9. l'angle entre la facette verticale E'1 et la facette sur laquelle agit σ3 est δ tel que: ωβ = β + 2δ d'où δ = (ωβ .β = π/4 .4.8 : Equilibre inférieur τ E'''1 E'' ωβ 2β 2δ γ v M π/2 .

à.4.11 : Lignes de glissement pour l'équilibre inférieure Fig.φ/2) (9. 9.6 Distribution des contraintes A titre d'illustration. Nous voulons calculer la contrainte au point M(r.11. Le réseau des lignes de glissement est donc formé de deux familles de droites parallèles se coupant sous l'angle π/2 – φ (Fig. Nous avons: σθθ (r.2.180 Chapitre 9 : Pression latérale des terres ce qui permet de tracer le schéma ci-contre (Fig.9) E'2 ωβ φ β Ainsi. on examinera le cas de l'équilibre inférieure. D'autre part.5.à. θ) sur la facette dont le plan est porté par OM (Fig.12). 9.9). σrθ (r. c. θ).2 Equilibre supérieur On trouve des résultats analogues: le point E'2 représente l'état d'équilibre sur la facette verticale. 9.12 : Lignes de glissement pour l'équilibre supérieure 9. L'angle entre la facette verticale et la facette sur laquelle agit σ1 est δ tel que: 2δ = ωβ + β soit δ = (ωβ + β)/2 τ πr2 πσ3 π πr2 E'1 Fig. θ).φ/2) Il en résulte que les lignes de glissement sont des droites d'orientation fixe dans tout le milieu.d que là aussi. 9. les deux directions de glissement font un angle de π/4 + φ/2 avec la direction de σ3. 9. l'angle entre les directions de glissement et la direction d'action de σ1 sont ± (π/4 . 9. Expansion β σ3 2α 2δ 2γ σ1 C2 σ Fig. 9.4.10 : Equilibre supérieur Compression β σ1 π/4 – φ/2 π/4 – φ/2 σ1 Fig. La facette considérée fait avec la .9 : Plans de glissement c. On conclut alors que les deux directions de glissement sont symétriques par rapport à la direction d'action de σ1: ψ = ± (π/4 . on a: α = π/4 + ϕ/2 (9.13).8) πv β πσv πh πσ1 9. θ) et α (r.d que l'angle entre la direction d'action de σ3 et la facette verticale est δ.2.

dans la théorie de Rankine.14).β)] / [1 .τm cos (2θ + ωβ .14 : Cercle de Mohr en équilibre inférieur il vient β α Fig. on a: sin (ωβ + β) = τ / τm = t sin β / τm où et sin ωβ = sin β / sin ϕ ==> sin β = sin ϕ sin ωβ (9. cos (2θ + ωβ .10) ωβ 2θ δ ωβ γ o β t c E'' ω β c' ωβ + β σ E σm Fig. .τrθ M z Fig. cos (2θ + ωβ .15).13 : Distribution des contraintes t α σθθ n tg α = [sin ϕ . 9. Nous avons: σθθ = OP' = OC – CP' = σm – R cos γ sin ϕ = R / σm R = σm sin ϕ d'où σθθ = σm [1 .β)] Ainsi. L'obliquité α du vecteur contrainte t ne dépend que de θ.15 : Contrainte le long d'un rayon polaire . On dresse alors le cercle de Mohr correspondant (Fig. Dans le triangle CC'E.β) avec sin ϕ = τm / σm ce qui donne: et β o θ β r . 9. L'angle α est alors indépendante de r: les facettes portées par une ligne droite dans le massif subissent des contraintes de même obliquité (Fig.sin ϕ . l'obliquité des contraintes sur un écran d'inclinaison quelconque ne dépend que de φ et β.β) OP' = σm . Calculons à présent σθθ. En effet: tg α = P'P / OP' où P'P = R sin γ = τm sin (2θ + ωβ .sin ϕ . 9.β)] Calculons σm.11) θ τ τm P φ E' (9.181 Eléments de Mécanique des Sols facette verticale l'angle θ. 9. 9. sin (2θ + ωβ .

Initialement. l'obliquité δ des contraintes est imposée. θ) est un coefficient de poussée (Fig. dans le cas de massifs limités par des parois on constate que la rugosité de l'écran joue un rôle important.β)] / [sin ϕ sin (ωβ + β)] On conclue alors que la distribution des contraintes dépend de r et est triangulaire le long d'une droite tracée dans le massif. il vient: σm = γ z cos β . On . Sur l'écran. sin ωβ / sin (ωβ + β) et finalement σθθ = Kaγ γ r avec (9.1 La théorie de Rankine est relativement simple mais ses applications sont limitées. 9.β) [1 .17).4.16. Remarque 9. l'obliquité des contraintes sur l'écran est une caractéristique du frottement du massif et de l'écran. En effet. Le massif est limité par deux plans: la surface libre et un écran latéral.β) on obtient σm = γ r cos (θ . le coefficient Kaγ(β.182 Chapitre 9 : Pression latérale des terres τm = σm sin ϕ ce qui donne sin (ωβ + β) = t sin ωβ / σm σm = t sin ωβ / sin (ωβ + β) remplaçant t par sa valeur. alors que dans la théorie de Rankine.16 : Equilibre limite inférieure : poussée déplacement σ1 ===> σ3 Kaγ = sin β cos (θ .3.1 Hypothèses La théorie de Boussinesq est un schéma général permettant de prendre en compte le frottement sol-écran.17 : Equilibre limite supérieure : butée déplacement σ1 σ3 Fig.12) Fig. De plus.4. 9. 9. on suppose que le sol est un matériau pulvérulent en équilibre limite sous son propre poids (la prise en compte de la cohésion et des forces extérieures viendra par la suite). 9. elle ne dépend que de l'obliquité de la surface libre et de l'angle de frottement interne. φ. sin ωβ / sin (ωβ + β) et z cos β par r cos (θ .sin ϕ . les lignes de glissement observées sur site ne sont pas droites. cos (2θ + ωβ .β) . Finalement.3 Equilibre de Boussinesq 9.

3. Par convention.4. 9. 9.1 Système des équations différentielles Puisque l'équilibre est limite.3.14.3.13) . λ. δ.à.2 Poussée sur un écran Sur la facette portée par le rayon polaire (Fig. d'après (9.19) à une intensité donnée par: t = σθθ / cos δ la poussée totale sur le mur a pour intensité: P= h n δ+ θ+ λ + r σθθ P Fig. λ. σrr est l'état de contrainte qui fait l'angle π/2 par rapport à l'état de contrainte σθθ) σrr = σm [1 + sin ϕ cos 2ψ] σrθ = σm sin ϕ sin 2ψ β θ λ σrθ σθθ ψ Fig. Le point d'application de P se situe au tiers inférieur de h.3 Calcul du coefficient de poussée Kγ 9. c. φ et γ.18).4. 9. f peut dépendre des autres paramètres β.20): σθθ = σm [1 . le vecteur contrainte (Fig. 9.3. 9. 9. Sur l'écran.4. la contrainte normale σθθ est de la forme: σθθ = r f(θ) cependant. il est appelé coefficient de poussée des terres.20 : Calcul de Kγ σ1 σrr (9.183 Eléments de Mécanique des Sols admet une distribution triangulaire des contraintes sur chaque rayon polaire.sin ϕ cos 2ψ] (2ψ est équivalent à γ dans Fig. δ et φ.11) il vient (Fig. on posera σθθ = Kγ γ r où Kγ ne dépend que de β.d que l'obliquité est constante et que l'intensité de la contrainte est proportionnelle à la position radiale r (résultat de la théorie de Rankine). β+ 9. Il existe deux équilibres: un équilibre de poussée (état actif) et un équilibre de butée (état passif).18 : Convention de signe β θ λ t δ σθθ ∫ t dr = cos δ γ h 2 0 h Kγ 2 Fig. 9.19 : Poussée sur un écran et a pour obliquité δ. 9.

σθθ.14) et les équations aux dérivées partielles d'équilibre σrr.17) Fig. on a (Fig.2 Conditions aux limites Pour pouvoir intégrer les équations différentielles précédentes.18) ψ.sin (2ψ+ θ)] / (cos 2ψ . 9. il faut éliminer les constantes d'intégration.σθθ) = γ r cos θ σθθ.sin ϕ cos (2ψ+ θ) – S cos ϕ] / [2S sin ϕ (cos 2ψ . 9.σθθ)/r = γ cos θ σrθ.21 : Conditions aux limites B A β θ (9.r + σθθ.4.θ = [ S sin 2ψ .16) donne: S.15) (9.21): Sur la surface libre (segment AB) σ = 0. σrθ et donc σm sont proportionnelles à γ. l'angle ψ est l'angle que fait σ1 avec le rayon polaire.14).16) λ M ψ σ1 C r Le problème consiste donc à rechercher les fonctions S(θ) et ψ(θ) qui définissent complètement le tenseur de contrainte.θ + 3σrθ = . ψ est ψ(θ) car l'obliquité de la contrainte sur le rayon polaire est constante.θ +1 = [ cos θ .13.r = σrr / r et σrθ = σrθ / r (9.sin ϕ) 2 (9. (9. Ainsi.γ sin θ donnent σrθ. Posons σm = γ r S(θ) (9. Ceci à l'aide des conditions aux limites.θ/r + (σrr . 9.θ/r + 2 σrθ/r = .θ + (2σrr .3. σm est aussi de la forme: σm = r g(θ) D'après (9.γ r sin θ La forme de ces équations montre que σrr.3. σθθ est proportionnelle à r quand θ est fixe.184 Chapitre 9 : Pression latérale des terres Comme le montre (Fig. nous avons les relations σrr.13.17). σm = 0 d'où S(θ = π/2 + β) = 0 dψ/dθ +1 doit vérifier (avec θ = π/2 + β) .sin ϕ)] 9.14). Tenant compte de (9.r + σrθ.

elle est inconnue sur l'écran.(ωδ .β ou 2ψ = π – (ωβ + β) π/4 . la surface libre est située hors de ce même petit angle. 9.φ/2. 9. Rappelons que celle-ci est l'angle que fait le rayon polaire ( ou σrr ) avec σ1.β. mais elles ne sont pas tous mécaniquement possibles.20) Lorsque 2ψ = π . (9.φ ∀ |β| < ϕ r Fig.(π/2 . Autrement: sin (2ψ+ θ) = sin β / sin ϕ = sin ωβ soit 2ψ = ωβ . en définitive.δ ) = .(ωβ + β).δ) et il est situé hors de ce même petit angle lorsque 2ψ = ωδ+δ-π .φ/2 -(π/4 . on a alors les deux valeurs possibles de ψ: 2ψ = .σrθ / σθθ = . ce qui implique l'expression ci-dessus. En effet.ϕ) ≤ ωβ .22 : Plans de rupture (9. on se rond compte que le rayon polaire est situé à l'intérieur du petit angle entre les lignes de glissement lorsque ψ < π/4 . C'est le cas où 2ψ = ωβ . Quant à S.21) Comme précédemment.β ≤ π/2 . puisque le dénominateur de dψ/dθ +1 est nul.19) On vérifiera aisément que ces deux valeurs de ψ correspondent à celles trouvées dans l'étude de l'équilibre de Rankine.sin ϕ cos 2ψ) ce qui donne sin (2ψ .185 Eléments de Mécanique des Sols sin β .sin ωδ où sin ωδ = sin δ / sin ϕ.φ/2) ψ π r1 σ1 π r2 (9.22) (9.sin ϕ sin (2ψ + β) = 0 en effet.ϕ ≤ δ ≤ ϕ.π/2 ≤ δ ≤ π/2. on a: . on peut montrer que l'écran est situé dans le petit angle des lignes de glissement lorsque 2ψ = .sin ϕ sin 2ψ / (1 . Puisque les deux directions de glissement font l'angle ± (π/4 .π (9. il faut que son numérateur le soit aussi.22). On a donc quatre couples de valeurs de ψ sur la surface libre et sur l'écran.(ωδ .δ) ou bien 2ψ = ωδ + δ . .φ/2) avec σ1 (Fig. on ne peut poser que deux problèmes distincts: . Sur l'écran (Segment AC) L'obliquité des contraintes sur l'écran est imposée: tg δ = .23) .

4. β influe fortement la poussée et notamment la butée. ψ et S sur les différents rayons polaires. Sur la surface libre: θ = π/2 + β . Dans le cas de l'équilibre le plus défavorable de Boussinesq. Dans l'équilibre de Rankine. On peut donc distinguer deux zones dans le massif: une zone en équilibre de Rankine (δ = 0) commandée par la surface libre. Remarque 9.(ωδ .3.186 Chapitre 9 : Pression latérale des terres Problème de poussée . La poussée minimale (équilibre le plus défavorable) correspond à δ = φ. l'équilibre le plus défavorable (butée maximale) correspond à δ = .2 Seul un équilibre de Rankine peut régner entre la surface libre et la première ligne de glissement de cet équilibre.π S=0 2ψ = ωβ . . Dans le cas de l'écran vertical. Il reste à calculer S sur l'écran.3. l'obliquité δ est toujours voisine de φ. Ces deux zones se raccordent le long de la première ligne de glissement de l'équilibre de Rankine. . . et une zone en équilibre de Boussinesq commandée par l'écran. Sur l'écran θ=λ Problème de butée . . 9. Kaγ décroît lorsque δ augmente. .4. 9. Kpγ décroît quand δ diminue en valeur absolue.δ) S=0 2ψ = π . La butée varie proportionnellement à φ.3.β 2ψ = . .4. La poussée diminue lorsque φ augmente. δ décroît rapidement et s'annule sur l'écran.3.2).Sur l'écran θ=λ 2ψ = ωδ + δ .4 Etude de la solution 9.φ.3 Résolution Le problème est mathématiquement bien posé.1. .1 Variation de Kγ .Sur la surface libre θ = π/2 + β .4.(ωβ + β) 9. Pour la butée. Ceci relève du calcul numérique dont les résultats sont présentés sous forme de tables telles que celles de Caquot et Kérisel (Tab.

855 0.272 0.936 0.935 0.357 0.45 1.37 0.650 0.473 0.04 0.748 0.389 0.23 0.742 0.552 0.929 1.14 1.596 0.223 0.27 0.591 0.548 0.736 0.542 0.801 1.893 0.751 1.56 0.265 0.676 0.187 0.950 0.29 0.678 0.460 0.434 15 0 5 10 15 20 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 30 0 Table 9.15 1.622 0.828 1.438 0.203 0.296 0.284 0.545 0.328 0.304 0.520 0.943 1.756 1.438 0.789 0.207 0.764 0.401 0.814 1.645 0.812 0.341 0.828 0.679 0.135 0.735 0.704 0.251 0.218 0.280 0.282 0.663 0.669 0.907 0.850 1.243 0.826 1.23 0.414 0.292 0.387 0.748 0.851 1.19 0.274 0.433 0.549 0.830 0.521 0.156 0.474 0.557 0.467 0.760 0.776 0.06 0.614 0.173 0.00 0.263 0.732 0.07 1.504 0.107 0.11 1.156 0.151 0.966 0.107 70 0.658 0.653 0.581 0.626 0.462 0.441 0.446 0.536 0.04 0.889 0.920 1.20 0.480 0.356 0.438 0.406 0.595 0.210 0.12 0.647 0.165 0.00 0.614 0.688 0.249 0.982 0.626 0.423 0.03 0.786 0.216 0.294 0.395 0.622 0.44 0.409 0.626 0.848 1.641 0.280 0.937 0.568 0.270 0.21 1.546 0.490 0.05 1.840 0.12 1.14 1.822 0.901 0.821 1.459 0.861 0.651 0.516 0.17 1.520 0.925 1.741 0.489 0.888 0.439 0.449 0.341 0.187 Eléments de Mécanique des Sols φ [°] 10 δ [°] 0 5 10 β [°] 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 30 α [°] 50 1.353 0.769 0.516 0.200 0.569 0.04 0.610 0.903 0.647 0.186 0.982 0.917 1.361 0.512 0.241 0.586 0.673 0.523 0.866 1.325 0.497 0.810 1.342 0.146 0.374 0.683 0.970 1.235 0.915 1.387 0.782 0.814 1.134 0.448 0.405 0.13 0.511 0.267 0.528 0.924 1.462 0.273 0.1 : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids des terres Kaγ (D'après Chen) .22 1.168 0.848 0.25 0.821 0.373 0.239 0.290 0.443 0.577 0.759 0.00 1.420 0.685 0.767 0.225 0.370 0.116 0.365 0.471 0.448 0.546 0.661 0.270 0.442 0.07 0.896 1.781 0.555 0.372 0.536 0.51 0.688 0.525 0.717 0.192 0.217 0.725 0.642 0.441 0.787 0.541 0.108 0.315 0.39 0.29 1.589 0.708 0.937 1.984 1.277 0.420 0.349 0.886 0.500 0.664 0.29 0.756 0.856 1.05 0.308 0.406 0.00 0.549 0.301 0.423 0.634 0.600 0.643 0.41 1.47 0.691 0.911 1.922 0.818 0.800 0.671 0.533 0.951 0.859 1.759 0.641 0.523 0.695 0.684 100 0.379 0.991 0.367 0.536 0.240 0.431 0.832 1.745 0.569 0.531 0.59 0.951 0.38 0.626 1.301 0.351 0.787 1.198 0.507 0.478 0.885 0.949 1.346 0.229 0.672 0.307 0.193 0.425 0.441 0.837 0.765 90 0.612 0.521 0.360 0.02 1.767 0.347 0.522 0.702 1.298 0.03 1.276 0.895 0.929 0.542 0.443 0.206 0.249 0.38 60 0.771 1.900 0.532 0.32 1.853 0.09 1.31 0.11 0.674 0.340 0.18 0.899 80 0.375 0.441 0.470 0.02 1.327 0.540 0.568 0.940 0.442 0.457 0.434 0.439 0.03 0.342 0.921 1.749 0.72 0.253 0.545 0.942 1.465 0.657 0.342 0.329 0.890 0.275 0.813 0.319 0.434 0.709 0.920 0.758 0.554 0.396 0.385 0.890 0.53 1.720 1.139 0.610 110 0.27 1.673 0.570 0.763 0.560 0.293 0.20 0.937 0.184 0.383 0.212 0.45 0.295 0.365 0.314 0.920 1.244 0.559 0.484 0.557 0.561 120 0.180 0.261 0.387 0.230 0.391 0.926 1.603 0.11 0.327 0.438 0.06 0.765 1.754 1.00 1.500 130 0.361 0.895 0.217 0.472 0.701 0.900 0.681 0.326 0.09 1.648 0.361 0.03 1.381 0.617 0.01 0.601 0.333 0.313 0.824 0.17 0.08 0.164 0.28 1.552 0.

120 0.209 0.048 0.318 110 0.134 0.086 0.280 0.550 0.424 0.60 0.551 0.602 0.132 0.091 0.299 0.177 0.050 0.940 0.147 0.150 0.946 1.720 0.02 1.159 0.39 0.418 0.392 0.27 0.11 0.145 0.084 0.634 0.437 0.951 80 0.928 1.306 0.74 0.134 130 0.545 0.443 0.052 0.791 0.057 0.138 0.342 0.046 0.047 0.085 0.821 1.164 0.318 0.171 0.302 0.460 0.457 100 0.429 0.201 0.422 0.052 0.01 0.282 0.915 1.16 1.453 0.166 0.837 0.610 0.103 0.01 1.266 0.216 0.543 0.592 0.708 0.246 0.145 0.601 0.08 1.287 0.41 1.331 0.044 0.263 0.607 0.049 0.876 1.187 0.066 0.539 0.781 0.151 0.084 0.501 0.59 0.323 0.484 0.09 0.098 0.44 0.590 0.128 0.137 0.715 0.125 0.175 0.135 0.201 0.240 0.276 0.250 0.060 0.20 0.558 0.368 0.15 0.379 0.19 1.367 0.566 0.182 0.100 0.08 1.717 0.536 0.101 0.972 1.24 0.213 0.066 0.575 0.043 0.078 0.434 0.47 1.01 1.819 0.989 1.277 0.249 0.092 0.106 0.180 0.261 0.277 0.318 0.191 0.140 0.443 0.365 0.654 0.923 0.236 0.778 0.133 0.052 0.885 0.934 0.442 0.581 0.083 0.557 0.01 0.19 0.426 0.238 0.664 0.310 0.042 0.638 0.634 0.559 0.325 0.606 0.208 0.254 0.414 0.433 0.783 0.623 0.287 0.773 0.711 0.060 0.712 1.145 0.570 0.481 0.044 0.477 0.337 0.783 0.299 0.186 0.103 0.629 0.205 0.319 0.185 0.246 0.235 0.213 0.881 1.103 0.172 0.194 0.170 0.064 10 15 20 25 30 35 0 5 10 15 20 25 30 35 Table 9.506 0.643 0.211 0.158 0.064 0.107 0.307 0.473 0.455 0.567 0.155 0.968 0.226 0.130 0.108 0.371 0.532 0.750 0.568 0.569 0.378 0.08 0.237 0.100 0.17 1.046 0.507 0.434 0.720 0.11 1.43 0.095 0.208 0.377 0.166 0.730 0.216 120 0.111 0.258 0.05 1.36 0.692 0.115 0.383 0.657 0.271 0.248 0.162 0.703 0.439 0.200 0.241 0.322 0.145 0.132 0.383 0.739 1.194 0.564 1.442 0.656 90 0.728 0.800 1.041 0.078 0.328 0.331 0.302 0.635 0.253 0.968 1.341 0.149 0.152 0.230 0.770 0.265 0.843 1.46 0.343 0.870 0.213 0.299 0.473 0.12 1.847 1.235 0.322 0.242 0.861 1.424 0.204 0.975 0.107 0.882 0.093 0.475 0.604 0.049 0.117 0.321 0.00 1.491 0.143 0.054 0.275 0.681 0.895 0.322 0.776 1.775 0.986 1.329 0.572 0.829 1.347 0.14 0.108 0.057 0.575 0.619 0.437 0.270 0.266 0.35 1.049 0.185 0.380 0.342 0.091 0.238 0.204 0.618 0.110 0.759 0.115 0.312 0.27 0.480 0.216 0.598 0.731 0.421 0.425 0.333 0.849 1.326 0.103 0.546 0.688 0.35 0.322 0.02 0.820 0.168 0.448 0.188 Chapitre 9 : Pression latérale des terres φ [°] 30 δ [°] 5 β [°] 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 α [°] 50 0.320 0.678 0.442 0.341 0.417 0.676 0.741 0.169 0.1 (suite): Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids des terres Kaγ .095 0.414 0.087 0.143 0.220 0.095 0.248 0.235 0.637 0.557 0.570 0.138 0.091 0.349 0.932 1.088 0.943 1.435 0.18 0.196 0.189 0.205 0.549 0.238 0.27 1.179 0.618 0.426 0.558 0.542 0.326 0.712 0.160 0.483 0.908 1.338 0.755 0.88 0.070 0.141 0.068 0.044 0.420 0.501 0.167 0.056 0.230 0.862 1.430 0.557 0.798 0.147 0.22 0.093 0.343 0.240 0.479 0.785 1.418 0.430 0.29 70 0.430 0.446 0.25 1.634 0.184 0.087 0.099 0.289 0.144 0.488 0.252 0.776 0.308 0.532 0.568 1.04 1.75 60 0.105 0.133 0.372 0.823 0.695 0.080 0.51 0.309 0.487 0.580 0.489 0.846 1.912 0.321 0.694 0.085 0.524 0.245 0.428 0.243 0.701 0.214 0.426 6.741 0.904 0.604 0.260 0.900 1.222 0.738 0.205 0.074 0.237 0.12 1.753 0.781 0.165 0.184 0.359 0.519 0.560 0.900 1.154 0.419 0.795 0.387 0.729 0.333 0.392 0.189 0.17 1.18 0.438 0.134 0.717 0.

023 0.892 1.421 0.607 0.491 0.272 0.021 0.203 0.095 0.207 0.08 0.511 0.251 0.055 0.425 0.738 0.273 0.840 1.061 0.096 0.786 0.067 0.38 1.881 0.598 0.67 0.208 0.026 0.024 0.25 0.221 0.984 0.113 0.065 0.651 0.383 0.118 0.22 1.019 0.03 1.059 0.02 1.061 0.054 0.143 0.455 0.112 0.53 0.071 0.143 0.443 0.364 0.208 0.029 0.480 0.224 0.11 1.327 0.304 0.482 0.310 0.309 0.429 0.145 0.792 1.402 0.273 0.342 0.409 0.139 0.173 0.060 0.058 0.057 0.941 0.05 1.017 0.024 0.316 0.693 0.07 60 0.172 0.690 0:822 0.645 0.019 0.29 0.210 0.17 1.302 0.428 0.154 0.250 0.162 0.023 0.562 0.220 0.086 0.023 0.157 0.072 0.021 0.256 0.439 0.388 0.359 0.654 0.542 0.306 0.118 0.644 0.155 0.053 0.160 0.654 110 0.367 0.266 0.214 0.445 0.562 0.020 0.413 0.604 0.113 0.817 100 0.055 0.846 1.650 0.143 0.463 0.145 0.022 0.908 0.321 0.578 0.290 0.421 0.200 0.369 0.153 0.101 0.164 0.610 0.143 0.1 (suite): Table de Caquet et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée active du au poids des terres Kaγ .098 0.860 1.985 90 0.946 1.717 0.10 1.115 0.022 0.225 0.920 0.316 0.026 0.112 0.061 0.155 0.513 120 0.772 0.020 0.210 0.305 0.173 0.55 70 0.405 0.532 0.08 0.212 0.25 0.17 1.628 0.643 0.874 1.352 0.238 0.237 0.579 0.352 0.415 0.205 0.056 0.543 0.690 0.21 80 0.305 0.069 0.358 0.174 0.486 0.377 0.0.305 0.733 0.567 0.022 0.894 1.376 0.374 0.155 0.136 0.024 0.218 0.123 0.287 0.338 0.020 0.273 0.762 0.071 0.108 0.230 0.281 0.571 0.182 0.589 0.094 0.201 0.33 1.177 0.643 0.094 0.259 0.35 0.22 0.426 0.840 1.727 1.297 0.018 0.849 0.15 0.252 0.183 0.075 0.02 0.511 0.156 0.114 0.38 1.349 0.052 0.559 0.023 0.078 0.314 0.157 0.585 0.765 0.160 0.431 0.769 0.368 0.953 1.480 0.263 0.614 0.426 0.03 1.770 0.353 130 0.150 0.759 0.310 0.019 0.221 0.148 0.020 0.361 0.84 0.518 0.500 0.072 0.879 1.214 0.155 0.178 0.973 0.43 0.276 0.802 0.434 0.132 0.025 0.289 0.1.524 0.135 0.160 0.021 0.335 0.133 0.275 0.486 0.512 0.309 0.018 0.365 0.503 0.019 0.070 0.485 0.279 0.056 0.01 0.364 0.769 0.103 0.063 0.189 Eléments de Mécanique des Sols φ [°] 40 δ [°] 0 β [°] 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 α [°] 50 0.027 0.741 0.729 0.064 0.277 0.160 0.479 0.226 .073 0.020 0.112 0.018 0.666 0.649 0.374 0.760 0.191 0.065 0.804 0.023 0.442 0.129 0.061 0.767 0.490 0.061 0.075 0.156 0.518 0.751 0.24 1.590 0.133 0.576 0.022 0.286 0.975 1.927 1.017 0.230 0.317 0.399 0.447 0.496 0.811 1.081 0.274 0.055 0.553 0.688 0.668 0.38 0.556 0.111 0.637 0.166 0.105 0.415 0.783 0.349 0.209 0.134 0.103 0.324 0.096 0.586 0.459 0.052 0.171 5 10 15 20 25 30 35 40 Table 9.105 0.931 1.102 0.101 0.577 0.149 0.03 1.664 0.463 0.657 0.200 0.50 2.018 0.681 0.617 0.254 0.470 0.09 1.217 0.937 1.07 1.052 0.221 0.158 0.023 0.304 0.175 0.485 0.

64 13.29 6.95 9.68 2.87 7.56 1.5 34.77 2.38 1.94 3.17 2.92 2.32 1.51 4.29 3.67 3.72 3.23 4.99 3.45 1.80 10.77 2.50 3.10 1.90 1.45 3.02 2.64 3.62 1.8 11.42 3.40 3.65 2.32 1.88 3.59 6.45 2.44 2.2.89 2.57 8.19 4.88 3.87 1.6 15.190 Chapitre 9 : Pression latérale des terres φ [°] 10 δ [°] 0 5 10 β [°] 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 0 10 20 α [°] 50 1.71 2.89 4.67 3.34 4.29 2.78 4.47 10.75 3.54 1.92 1.65 12.08 4.23 80 1.91 2.69 4.93 1.04 6.79 2.43 4.44 2.89 5.49 3.66 1.98 3.55 3.12 2.26 3.54 11.57 4.14 2.7 6.02 5.55 2.07 2.46 1.87 2.63 6.77 2.55 2.95 1.98 2.0 18.77 2.74 2.15 2.4 7.68 2.69 5.74 2.4 9.02 6.91 2.88 4.57 10.7 40.07 2.79 4.4 13.5 19.80 1.90 2.13 5.21 2.2 20.90 100 1.06 2.53 6.30 3.63 5.93 3.02 12.80 3.4 14.58 1.10 1.61 4.97 3.62 5.31 2.47 6.79 2.35 3.4 15 0 5 10 15 20 0 5 10 20 15 20 25 0 5 10 15 20 25 Table 9.58 3.06 6.81 2.3 21.4 14.18 2.36 2.74 4.8 24.52 1.05 2.81 1.69 2.05 9.90 3.34 7.98 4.63 2.43 2.74 3.6 14.49 3.72 4.19 4.75 6.14 2.91 2.57 1.86 2.0 130 2.31 7.59 5.47 4.78 2.81 5.78 3.61 1.72 5.22 4.07 1.42 3.8 120 2.52 2.74 11.36 2.4 14.72 3.91 5.89 2.90 7.35 9.8 25.22 4.46 3.14 2.4 10.19 6.21 4.03 3.32 2.14 2.4 12.73 2.95 8.41 2.32 2.70 4.00 2.32 6.50 2.41 3.13 3.33 8.30 2.38 3.02 7.75 2.15 2.23 6.1 9.98 5.82 3.05 3.20 5.43 3.49 4.98 1.07 2.24 2.60 60 1.04 2.24 90 1.70 4.84 2.22 2.56 3.52 3.90 3.48 1.1 6.61 2.27 1.99 2.87 1.24 2.29 3.62 6.08 2.10 3.18 4.22 2.81 4.49 7.66 2.23 4.05 1.44 1.45 8.66 5.08 1.98 3.01 2. 4.37 2.85 4.54 2.69 1.00 8.37 1.78 1.53 3.18 5.68 1.11 7.13 1.34 4.2: Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au poids des terres Kpγ (d'après Chen) .70 4.23 10.75 3.58 1.92 2.18 1.76 6.55 3.73 5.01 6.52 3.26 3.09 2.60 3.90 2.08 5.44 8.67 3.37 2.22 2.7 7.13 5.70 2.54 3.95 2.26 2.30 5.05 1.45 2.62 1.79 5.16 2.42 1.13 6.63 1.26 12.87 2.83 2.06 2.60 10.66 2:27 2.05 2.76 3.76 5.80 5.89 2.45 4.62 1.34 7.54 1.91 8.24 2.26 2.9 9.81 1.98 3.40 4.69 10.15 2.68 5.7 17.74 .0 16.4 16.39 4.05 6.07 4.25 2.4 17.91 3.6 110 1.15 2.44 3.78 3.74 4.39 4.2 17.08 1.18 2.4 16.81 3.08 2.50 1.70 2.5 8.11 3.32 1.71 70 1.36 5.85 5.5 29.39 4.39 2.56 2.72 3.04 2.24 4.2 27.00 2.80 7.6 22.91 3.8 16.29 10.57 3.59 1.05 5.6 13.01 1.46 3.40 5.88 1.2 10.62 1.89 2.09 4.14 2.43 4.9 7.27 4.46 3.35 3.71 3.64 3.04 2.19 1.96 3.27 7.26 2.04 2.11 8.76 4.56 3.17.99 9.42 5.96 2.66 2.5 5.20 5.05 4.25 8.99 4.30 2.9 7.75 3.49 5.64 6.58 2.70 3.67 2.P4 12.04 2.87 2.94 4.68 4.40 5.50 1.63 3.66 11.

0 23.01 5.76 2.15 4.19 2.7 20.4 16.25 9.1 34.2 37.9 34.5 100.0 4.0 120 7.13 13.19 4.08 7.76 2.9 4.02 3.1 6.2 5.54 .3 110.61 10.0 72.12 5.0 122.77 9.15 7.50 4.16 4.4 23.07 4.24 13.2 5.29 4.83 4.1 23.82 4.74 3.1 54.0 26.74 6.4 30.20 4.0 6.8 21.19 7.45 8.3 18.30 9.3 14.85 7.3.46 11.62 10. 175.0 9.82 3.9 16.14 3.81 9.14 2.58 6.5 37.42 8.2 79.76 3.05 2.57 3.2 16.5 19.55 4.7 15.9 60 2.3 4.57 3.94 11.14 10.01 6.0 80 2.87 3.0 30.60 6.48 13.0 10.02 5.1 13.0 14.5 27.44 13.5 2.0 150.47 4.4 47.8 15.5 66.6 17.95 3.9 14.50 3.0 96.9 53.75 7.2 16.39 4.17 10.8 23.70 8.0 4.57 4.4 43.8 24.37 2.2 30.44 10.1 18.56 7.36 10.48 5.3 31.86 8.5 29.43 12.88 3.0 31.49 3.61 7.2 4.21 3.64 3.34 4.5 78.5 19.49 4.5 16.03 8.6 15.68 12.5 50.8 34.8 23.47 4.14 5.20 7.47 4.64 5.2 20.2 24.5 18.48 7.57 3.77 5.8 5.13 11.3 20.10 4.2 22.5 54.19 6.0 6.91 5.8 8.72 3.42 2.92 13.0 13.4 25.50 4.25 6.79 13.6 30.07 5.78 3.23 10.4 20.3 73.0 33. 5 10 5 20 25 30 35 0 5 10 15 20 25 30 Table 9.35 8.9 56.5 86.4 39.9 20.1 17.10 6.02 4.0 32.86 6.92 10.08 12.10 10.2 97.75 14. 188. 130 11.79 6.1 24.16 9.7 40.85 5.77 5.13 4.0 18.25 9.2 20.8 60.29 4.32 3.68 2.63 13.4 41.60 12.75 9.5 90 3.58 11.0 122.79 12.42 5.7 17.1 25. 285.32 7.5 12.5 11.2 34.59 13.7 3.1 44.41 6.79 4.46 3.91 8.3 4.7 36.37 2.5 53.1 26.82 3.18 9.8 100 3.92 5.0 2.0 38.0 49.32 6.27 6.2 16.44 5.2 16.80 15.9 63.0 29.0 64.8 24.1 20.4 6.3 4.94 7.4 10.2 5.8 7.20 11.8 3.35 11.11 7.4 4.4 56.54 4.7 6.96 11.77 6.7 16.37 10J 4.81 3.2 8.03 9.2 26.40 3.70 11.9 23.4 31.3 98.191 Eléments de Mécanique des Sols φ [°] 30 δ [°] 0 β [°] 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 0 10 20 30 α [°] 50 2.2 (suite) : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au poids des terres Kpγ .29 11.1 8.4 118. 71.4 10.9 7.7 46.33 9.31 2.5 110 5.4 78.6 138.90 9.3 4.2 38.7 16.53 7.6 5.2 3.34 7.5 33.3 14.32 5.90 3.66 6.55 7.67 6.68 13.0 6.9 21.1 21.75 5.20 8.12 6.00 3.6 26.0 17.6 20.34 4.2 4.2 51.3 5.55 12.49 6.6 16.50 6.70 7.25 8.31 11.07 2.2 8.2 18.10 3. 18.18 11.7 13.54 6.0 7.78 6.4 14.24 8.21 8.3 20.29 3.3 13.0 52.8 18.68 3.60 9.2 7.7 14.4 38.11 4.4 71.55 5.40 4.64 9.52 7.1 43.5 30.4 5.0 23.8 9.97 7.4 25.05 5.0 10.3 94.63 4.06 5.0 22.61 12.79 8.1 23.01 5.3 17.60 9.24 12.7 70 2.4 43.3 27.61 3.6 91.63 5.2 19.21 10.7 35.0 10.31 7.14 5.0 19.5 16.32 3.17 2.37 12.92 3.8 70.4 81.36 9.44 7.44 8.66 13.81 8.92 5.07 5.2 28.23 2.67 3.71 6.7 148.2 15. 38.29 6.91 4.00 9.94 11.7 66.25 8.93 10. 38.37 2.27 9.37 6.2 35.0 27.27 6.16 8.39 7.32 13.2 2.33 11.6 30.63 8.97 5.33 4. 225.6 43.0 19.1 15.00 4.6 14.8 44.41 3.0 8.63 3.87 6. 39.0 57.37 10.14 4.44 3.76 6.2 118.26 2.5 12.8 42.4 22.0 60.8 15.4 29.49 9.88 6.2 7.64 8. 59.7 39. 48.79 3.15 4.56 10.17 8.2 32.26 7.41 2.0 14.66 6.0 32.2 19.79 10.6 16.7 18.24 13.5 7.6 21.40 6.01 4.1 48.78 5.1 27.06 5.5 27.7 15.7 55.6 60.69 5.1 14.82 3.5 23.79 3.0 82.

1 31.0 70.4 4.6 45. 760.56 8.2 18.1 34.6 6. 265.0 36.0 120.0 12. 700.6 40.66 4.0 15.3 61.7 28.95 10. 950. 210.5 60 5. 365.0 5.3 40.35 9.94 15.5 12. 45.4 15.1 32.95 14. 16. 260.1 41.88 6.8 60.51 4.7 28. 1330.35 12.0 88.2 3.5 39.8 40.8 75.49 4.1 139. 375.0 15. 920. 9.0 43:0 8. 250.42 10.0 102. 300.0 21.4 26.94 9. 23.3 25.53 5.3 17. 130 84. 56.4 22.21 6.4 20.30 4.60 12.8 90.0 52. 388.0 2.0 90 11.3 31.3 40. 170. 230.52 10. 225.0 150.70 14.5 33.29 8.6 22.5 16.0 15.54 14.3 69.0 106.2 63.0 52.7 27. 47.9 23.0 12.06 11.0 9.8 25. 150. 360.30 6.58 14.5 91.8 34.9 22.66 7.6 50.0 4. 204.9 38. 565. 251.2 19.30 3.2 53. 25.2 21.41 9. 35.45 12.68 14.50 11.9 155.4 15.2 16.0 20. 69.7 5.0 19.4 43.0 49. 225.2 50. 430. 180.5 27.0 13. 177.33 8.5 80 8.8 56.4 38.20 10. 39.39 13.3 21.0 7.1 25.1 16.7 44.20 5.11 7. 33. 220.9 23. 103.0 108. 375.0 6.0 14.0 20.5 91.26 14.0 29.7 24.7 19.2 18.2 25.5 48.59 8.3 26.3 3.2 21.3 4.18 12. 88.0 30.98 3.0 60. 164.2 22.6 33.4 18. 190.14 9.80 8.2 32.2 33.6 26. 475.94 5. 100 17.8 5. 550.2 15.6 20.0 15. 31.1 20.19 14.8 24.22 4.5 43.4 18.0 60.80 3.2 (suite) : Table de Caquot et Kérisel pour le calcul du coefficient de poussée passive du au poids des terres Kpγ .8 34. 485.5 80.0 50.0 22.5 3. 162. 40 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Table 9.84 5.2 28.6 81.8 87.0 82. 113.31 12.7 147.96 5.8 122.7 21. 150.0 94.25 13.84 8.4 37.1 44. 52.45 13.87 12.01 3.04 7.87 7.6 101.1 15.22 4.5 51.8 35.4 68.6 30.01 10.75 12. 165.5 70.5 59.60 6. 295. 29.0 11.3 102.9 36.7 114.8 4.01 10. 400.9 19.6 26.0 94. 27.5 3. 315.3 70.0 7.8 30.97 3.87 6.0 5.21 6.42 7.5 62. 248.0 10.9 8.0 111.9 16. 20.3 7.0 125.3 59.3 20.15 8. 110 27.7 21.9 82.0 8.53 12.0 31.192 Chapitre 9 : Pression latérale des terres φ [°] 35 δ [°] 35 β [°] 0 10 20 30 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 0 10 20 30 40 α [°] 50 4.82 5.14 10.0 19.4 25.1 16.9 32.4 100.0 17.46 6.9 65.5 56.6 22.8 4. 210.1 9.70 10.8 19. 600.0 74.0 115. 350.13 5.0 64.77 12.44 12.0 127.3 18. 39.35 12.89 3. 185.70 9.06 7.6 59.0 12.2 17. 150.65 6.5 46.5 19.68 8.6 3.6 39. 120 45.2 5.38 10.8 17. 450. 350.2 52.81 8. 780.8 82. 57.2 16. 28.0 10. 280.8 69.5 7.3 31.5 15.4 19.0 59.23 10. 320: 600.0 3.76 10.7 4.6 102.7 23.12 10.3 40.2 28.8 48.0 47.5 48. 140. 86. 190.38 7.0 110.8 135.2 72. 171.88 16.0 49.0 70 6.97 12. 71.7 88.0 12.1 127.71 7.96 7.2 22.31 8. 315.9 18.5 27.9 132.6 41.0 120.0 75.5 36.1 3.91 9.5 72. 210. 184.1 120. 290.6 78.92 7.5 6.67 5.7 15. 215.0 93.6 160.0 6.5 3.0 13.4 37.5 4.67 9.68 9.5 132.5 44.0 6. 201.0 100.8 29.0 4.6 26.87 12.55 6. 310. 165. 1120.54 4. 700.68 10.12 3.

1 Définition L'hypothèse d'un milieu non pesant est admise lorsque l'effet de la surcharge est prépondérant par rapport au poids propre. On admettra que le long d'un rayon plaire. on trouve que le vecteur contrainte sur une facette portée par cette droite a une obliquité et une intensité constantes.4. 9.2 Obliquité δ L'écran doit avoir un fruit inférieur au fruit du rayon polaire sur lequel les contraintes atteignent l'obliquité δ dans l'équilibre de Rankine.23 : Lignes de peut dire qu'elles glissement en poussée correspondent à des arcs de spirales logarithmiques (Fig. Par conséquent.4.24 : Lignes de glissement en butée 9. 9.4. Pôle 9.3.4.4. on Fig.3 Généralisation de l'équilibre de Rankine On considère un massif pulvérulent non pesant. Les lignes de glissement sont des droites. limité par une surface libre rectiligne inclinée de β par rapport à l'horizontale et par un écran rectiligne faisant un angle λ avec la verticale. Sans commettre une grande erreur.193 Eléments de Mécanique des Sols 9.2 Equilibre de Rankine On considère donc un milieu pulvérulent indéfini non pesant soumis à sa surface libre à l'action d'une surcharge d'intensité constante q et d'obliquité α0. 9. et les équations d'équilibre donnent: .4. Aussi.24) Pôle Fig.3 Lignes de glissement Les lignes de glissement diffèrent des lignes droites. nous allons voir que pour les milieux cohérents.3.4 Cas de milieu pulvérulent non pesant chargé 9.23. d'autre part. On constate que l'état de contrainte est le même pour tous les points du milieu.4. On montre que σm et ψ ne dépendent que de θ.4. Pour la détermination des directions principales et des directions de glissement on retrouve des résultats identiques à ceux de l'équilibre des milieux pesants à condition que la direction de la surcharge joue le rôle de la direction du poids (la verticale).4. le vecteur contrainte sur l'écran doit avoir une obliquité δ.4. les contraintes agissant sur ce rayon polaire ont une obliquité et une intensité constante. 9. cette hypothèse est nécessaire pour pouvoir appliquer le théorème de superposition des états d'équilibre.4. La surface libre supporte une surcharge d'intensité q et d'obliquité α0. 9. le long d'une droite tracée dans le massif.

24) (9. il y a deux possibilités. φ et α0. L'intensité t de la contrainte sur l'écran est: t = kq q kq = Kq / cos δ Les tables de l'Herminier et Absi permettent d'éviter les calculs lourds et fournissent les coefficients Kq et kq (Tab.σθθ = 0 σθθ.θ + 2 σrθ = 0 Vu ces équations ainsi que les conditions aux limites.θ + 2 σrθ = 0 on obtient alors sin ϕ sin 2ψ S. δ.29) (9. sur l'écran on a: σθθ = Kq q (9. 9. Soit la solution est triviale: S.26) .θ = 0 ce qui implique (9. λ.θ + 2 S sin ϕ cos 2ψ (1+ ψ.θ = 1+ ψ.3).σθθ = 0 σθθ.θ) = 0 (1 .4 Calcul des coefficients de pression latérale Kq et kq On posera σm = q S(θ) d'autre part.θ + σrr .28) (9. 9.sin ϕ cos 2ψ) S.4.27) (9.θ) = 0 Puisque le système linéaire est homogène.4.θ + 2 S sin ϕ sin 2ψ (1+ ψ.θ + σrr .sin ϕ cos 2ψ] σrθ = σm sin ϕ sin 2ψ remplaçons ces expressions dans les équations d'équilibre: σrθ. on a: σrr = σm [1 + sin ϕ cos 2ψ] σθθ = σm [1 .194 Chapitre 9 : Pression latérale des terres σrθ.25) Kq est un coefficient de pression latérale (poussée ou butée) qui dépend de β.

195 Eléments de Mécanique des Sols .

4. La première est formée des faisceaux de rayons polaires.ϕ/2) (9.6) que: σm1 = q S1 = q sin ωα0 / sin (α0 + ωα0) σm2 = q S2 = kaq q sin ωδ / sin (ωδ .31) Zone 1: en équilibre inférieure de Rankine Zone 2: en équilibre de Prandtl Fig. 9. 9.196 Chapitre 9 : Pression latérale des terres S = constante et ψ + θ = constante (cette solution correspond à l'équilibre de Rankine).φ: on donne le nom de l'équilibre de Brandtl à cette cinématique (Fig.25). 9.δ) d'où δ ωδ c σ q S2 Fig.2.1 Poussée Le calcul du coefficient de poussée active des terres du à la charge q kaq s'opère de la façon suivante: l'état de contrainte dans les zones (1) de l'équilibre de Rankine est comme montrer cicontre (Fig. la première équation différentielle s'écrit alors sous la forme: S.30) 1 α0 q 1 π/2-φ ε θ2 v θ1 2 α0 ≠ φ et δ ≠ φ Le système se réduisant à une seule équation. 27: Zone voisine de l'écran .26.4. La deuxième est formée de q S1 spirales logarithmiques homothétiques qui coupent les différents rayons polaires sous Fig.θ ± 2S tg ϕ = 0 dont l'intégration donne: S = S0 exp[± 2 tg ϕ (θ . 9.27). 26: Zone voisine de la surface libre l'angle π/2 . Ceci donne: cos 2ψ = sin ϕ soit ψ = ± (π/4 .32) (9.4.θ0)] (9.25: Lignes de glissement sous charge uniforme τ q φ α0 2ψ ωα0 σ Les lignes de glissement se classent en deux familles. 9. On montrera (voir § 9. La solution générale s'obtient par la juxtaposition de τ zones en équilibre de Rankine avec des zones en équilibre de Brandtl. kaq q c 9.θ + 2S ctg 2ψ = 0 S.4. soit le déterminent est nul.

δ) .2λ .2 Butée La butée se traite de la même façon.33) (9.δ)/2 + λ d'autre part.39) 9.φ/2.δ)/2 + β .197 Eléments de Mécanique des Sols S1 = sin ωα0 / sin (α0 + ωα0) S2 = kaq sin ωδ / sin (ωδ .ϕ/2 .δ) On vérifiera aussi que θ1 = π/4 .31) avec ψ = .φ/2) dans la zone de Brandtl donne: dS / S = 2 tg ϕ dθ soit où S2 / S1 = e2 tg ϕ (θ2 – θ1) = S2 = S1 e-2 tg ϕ ε ε = θ1 – θ2 = (ωα0 + α0)/2 + (ωδ .(π/4 .(ωβ .4.37) (9.λ) et sin ωδ = sin δ / sin ϕ (9.sin ϕ cos ωδ) / (1 + sin ϕ)] e-2 tg ϕ ε 2ε = (ωδ . Dans le cas particulier d'une surcharge verticale et une surface libre horizontale.4.34) (9.ϕ/2 + (ωα0 + α0)/2 + β θ2 = π/4 .35) (9. sauf que cette fois ψ = π/4 .λ A partir de (9.β) .sin ϕ cos ωδ) / (cos α0 + sin ϕ sin ωα0)] e-2 tg ϕ ε Quelques cas particuliers peuvent être cités .(ωα0 .33.35) et les relations sin ωα0 = sin α0 / sin ϕ on en tire l'expression de kaq kaq = [(cos δ .4. Surcharge verticale (α0 = β) où kaq = [(cos δ .36) (9.sin ϕ cos ωδ) / (cos β + sin ϕ sin ωβ)] e-2 tg ϕ ε 2ε = (ωδ .δ) + 2 (β .38) (9. on trouve: . (9. Surcharge normale à la surface libre (α0 = 0) avec kaq = [(cos δ .

9.4.4 donne quelques cas d'applications Milieu cohérent q Milieu pulvérulent fictif q + c ctgφ q α0 α0 q q + c ctgφ Tab. d'où le théorème des états correspondants: τ (1) (2) τ' c σ σ' σ H= c ctg φ σ' = σ + H τ' = τ H Fig. pulvérulent. Soit le schéma ci-contre (Fig.5 Théorème des états correspondants Les sols cohérents ne relèvent ni du schéma de Rankine ou de Boussinesq ni du schéma de Brandtl.4: Exemples d'application du théorème des états correspondants . Sur la frontière règnerons des conditions déduites des conditions réelles. 9.(ωδ + δ) . on calculera d'abord le tenseur des contraintes au sein d'un milieu fictif de même forme géométrique.28) représentant l'état de contrainte dans un milieu cohérent (1). homogène.sin ϕ )] e2 tg ϕ ε 2ε = . Tab.28 : Etats correspondants Théorème 1. Alors. 9. Pour calculer les contraintes normales agissant en un point donné et sur une facette donnée du milieu cohérent. A titre d'exemple. en équilibre plastique et de même angle de frottement interne. l'étude de ce milieu peut se faire par l'étude d'un milieu équivalent pulvérulent (2) de même angle de frottement interne obtenu par une translation égale à H = c ctg φ le long de l'axe des σ.198 Chapitre 9 : Pression latérale des terres avec kpq = [(cos δ + sin ϕ cos ωδ) / (1 . On peut montrer que l'étude d'un milieu cohérent peut se ramener à l'étude d'un milieu pulvérulent correspondant.2λ (9. Pour calculer le tenseur des contraintes au sein d'un milieu cohérent homogène en équilibre plastique. on retranchera de la contrainte fictive calculée en 1 agissant au même point sur la même facette une contrainte normale constante d'intensité H = c ctg φ. Ceci apporte une grande simplification lors de l'étude des milieux complexes. 9. 2.40) 9.

46) θ Fig.29 : Cercle de Mohr à l’équilibre limite par rapport au plan principal majeure (Fig.1 Théorie de Rankine (1857) 9. 9.4.1.41) σ1 τ τr C φ σ3 φ 2θ σ1 σ θ = 45° + φ/2 Fig.30 : Lignes de glissement D’après le cercle de Mohr précédent. L’état de contrainte est alors représenté par le cercle de Mohr à la rupture (Fig. 9.5. Lorsqu’une masse de sol est caractérisée par une contrainte principale qui agit dans la même direction en tout point.45) 1 + sin ϕ 2 dit coefficient de la pression active. il se forme un réseau de plans d’écoulement dit lignes de glissement. 9.30). Cette théorie satisfait la solution de la borne inférieure de l’analyse limite.1 Introduction Rankine considère l’état de l’équilibre plastique limite (tout juste avant la rupture).47) .2 Etat actif La contrainte σ3 dite pression active est calculée comme suit : σ3 θ σ3 σ1 Fig. 9.5 Calcul pratique de la poussée et de la butée 9. Et puisque σ1 est due au poids des terres à la profondeur z Ka = σ1 = γ z Il vient alors σ3 = pa = Ka γ z – 2c (Ka)1/2 (9.σ3 = (σ1 + σ3 + 2c ctg ϕ) sin ϕ σ3 = σ1 posons 1 − sin ϕ − 2c 1 + sin ϕ 1 − sin ϕ 1 + sin ϕ (9.42) 1 − sin ϕ ϕ = tg2 (45° − ) (9. il vient : σ1 − σ3 2 r = sin ϕ = 1 (σ1 + σ3 + 2c ctgϕ) c ctgϕ + σ1 + σ3 2 2 σ1 .31 : Etat actif de Rankine lignes de glissement (9.5. Les plans de rupture sont inclinés de θ = ± (45°+ϕ/2) (9.1.44) (9. 9.43) (9. 9.29).199 Eléments de Mécanique des Sols 9. également inclinés par rapport aux plans principaux.

34 : Diagramme de la pression passive avec la verticale. 9.2c ka Fig.200 Chapitre 9 : Pression latérale des terres θ = 45° + ϕ/2 avec l’horizontale. 9. Les lignes de glissement (Fig. 9.32 : Diagramme de la pression active Elle agit au deux tiers de (H-z0) au dessous de la profondeur z0. Le diagramme de la zone [0 – z0] est souvent négligé dans le calcul.1 Calculer la résultante de la poussée active sur un mur vertical de 5 m de hauteur retenant un massif horizontal de sable caractérisé par un poids volumique de 17 kN/m3 et un angle de frottement interne de 35°.34). La distribution de pa le long de la profondeur est comme schématisé ci-contre (Fig. 9. 9.49) H θ F''p F'p H/2 H/3 dit coefficient de la pression passive.1. La résultante de la pression active par mètre linéaire de largeur est : Fa = ∫ pa(z) dz = 1 Ka γ (H − z 0 )2 2 z0 H H Fa ka γ H . 9.4.48) Fig. Et on écrit (9. La résultante par mètre linéaire de largeur est z0 + 2 (H – z0) /3 Pour un sol submergé. Les lignes de glissement (Fig.33) font un angle θ = 45° + ϕ/2 Fig. La distribution de la pression passive le long de la profondeur est comme montrer ci-contre (Fig. 9.3 Etat passif La contrainte horizontale dite pression passive sera calculée d’après l’expression (9.33 : Etat passif de Rankine lignes de glissement 2c k p 1 + sin ϕ ϕ = tg2 (45° + ) 1 − sin ϕ 2 (9.31) font un angle 2c ka z0 = 2c / (γ ka ) . 9. on utilise ka(ϕ') et la cohésion effective c' au lieu de la cohésion totale c.32). Exemple 9.48) sous la forme σ1 = pp = Kp γ z + 2c (Kp)1/2 (9.43) par: σ1 = σ3 Posons Kp = 1 + sin ϕ + 2c 1 − sin ϕ 1 + sin ϕ 1 − sin ϕ (9.50) kp γ H dans laquelle on utilise k(ϕ') et la cohésion effective c' pour le sol submergé.

1.5 Cas de massif à surface libre inclinée avec un angle β On admet que les poussées active et passive agissent parallèlement à la surface libre (Fig.35).4 Poussée due à une surcharge uniforme On suppose que le massif est non pesant (Fig.36 : Poussée du à une surcharge uniforme β z σz σl Le coefficient de poussée active est donné par : Fig. Exemple 9.2 Calculer la résultante de la poussée active sur un mur vertical de 5 m de hauteur retenant un massif horizontal de sable caractérisé par un poids volumique de 17 kN/m3 et un angle de frottement interne de 35°.5. 9. La contrainte normale à la facette latérale est σz = σv cos β = γ z cos β (9.37).3 .1. 9. En présence d’eau. 9. F'' agit à la profondeur H/2. La distribution correspondante est comme montré ci-dessous (Fig. . La théorie de Rankine ne tient pas compte de la rugosité de l’écran qui est supposé lisse. Le niveau de la nappe phréatique est à –2 m de la surface libre. Alors.5.51) H q x z Fig. Remarque 9. 9.35 : Massif chargé uniformément Faq H/2 Fpq H/2 ka q Etat actif kp q Etat passif Fig. la pression latérale augmente de : Ka q dans le cas actif Kp q dans le cas passif quelque soit la profondeur. il faut tenir compte de la poussée hydrostatique de l’eau. 9.36).201 Eléments de Mécanique des Sols Fp = F'p + F'p' 2 ' Fp = 1 Kp γ H 2 '' Fp = 2 c Kp H F' agit à la profondeur 2H/3.37 : Massif à surface libre inclinée . Le poids volumique du sol saturé est de 20 kN/m3. 9. La contrainte σz augmente de q quelque soit la profondeur z. 9. 9.

Fig. la pression active sera pa = Ka σz = Ka γ z cos β (9. De même. une caractéristique d’adhésion écran-sol cw peut être aussi prise en compte.38).4 Lorsque β = ϕ le raisonnement précédent abouti à des résultats incompatibles avec la réalité.2.52) Pour un sol purement cohérent (c=0). Dans le cas d’un sol cohérent.54) et la poussée passive s’écrit pp = Kp γ z cos β Elle agit parallèlement à la surface libre du massif incliné. 9.53) σz β σv et agit parallèlement à la surface libre inclinée. mais la théorie de Coulomb suppose des droites de glissement. Dans cette théorie. Lorsque la cohésion est non nulle. 9. on peut faire recours au procédé graphique basé sur le cercle de Mohr pour calculer les poussées active et passive (ceci peut constituer un exercice intéressant). Ceci est aussi vrai dans le cas de la poussée passive lorsque δ < ϕ/3.2 Théorie de Coulomb (1776) 9. 9. L’angle de frottement écranglissement sol est noté δ. le sol est horizontal et l’écran est vertical les théories de Rankine et de Coulomb coïncident.5.5. le coefficient de poussée passive est Kp = cos β + cos β − cos2 ϕ cos β − cos β − cos2 ϕ 2 2 β Etat de contrainte (9. Lorsque δ > ϕ/3. le frottement entre l’écran et surface de coin le sol est pris en compte. la ligne de glissement est courbe au voisinage de la base du mur.1 Introduction La théorie de Coulomb est basée sur l’équilibre d’un coin de sol situé entre l’écran et une surface écran quelconque de glissement (Fig. Lorsque δ = 0. Remarque 9. . l’erreur devient plus grande. Dans le cas de la poussée active. Les forces massif agissant sur le sol sont évaluées à l’état de l’équilibre limite. Vu le phénomène de frottement.38 : Coin de Coulomb la courbure est faible ce qui fait que l’erreur de l’approximation est minime.202 Chapitre 9 : Pression latérale des terres Ka = cos β − cos β − cos2 ϕ cos β + cos β − cos2 ϕ 2 2 (9.

. 9.R) = θ – φ ce qui permet de calculer la poussée P. Tout calcul fait on abouti à Pa = 1 Ka γ H 2 2 (9.56) 2 avec     sin(α − ϕ) sin α Ka =  sin(ϕ + δ) sin(ϕ − β)  sin(α + δ) +   sin(α − β)   (9. 9. θ) Elle correspond donc à ( car W=W(θ)) ∂P = 0 ∂θ δ γ P α1 α1 α écran R γ γ1 W π/2 . .40). C A β W H δ P α R φ θ B Tout au début du glissement. d’évaluer à chaque fois P et ne garder pour Pa que la valeur maximale.π/2 γ = π/2 – (δ+ α 1) = π – α . .39 : Théorie de Coulomb.θ) + (π/2 + φ) ] = θ – φ α 1 = π/2 – [ π . d'où on montre que: l'angle (W. Connaissant le poids propre W et les directions d’action des forces.2. L’écran fait l’angle α avec l’horizontale. Etat actif P : résultante de la réaction de la poussée sur le mur. le coin du sol était H sous l’équilibre des forces suivantes : W : poids propre du massif de sol.α ] = α .2 Etat actif 9.5. R : résultante de la réaction sur le plan de glissement.55) Fig. La poussée active Pa est la valeur maximum de P(W.P) = π – α – δ l'angle (W.57) . on dresse le diagramme de l’équilibre limite (Fig.δ (9.40 : Diagramme de l’équilibre des forces Ceci est équivalent à essayer plusieurs plans de glissement.2. Une surface extérieure inclinée de β par rapport à l’horizontale.203 Eléments de Mécanique des Sols 9. 9.2. Le plan de glissement BC fait l’angle θ avec l’horizontale. La rugosité du mur est l’angle de frottement mursol notée δ.5. 9.1 Sol pulvérulent (c=0) Soit le coin de sol caractérisé par (Fig. Fig.39) : .θ φ γ1 θ γ1 = π – [ (π/2 .

EB α R : la réaction sur le plan de glissement.58) (9.1 Cas général Dans ce cas. et des valeurs particulières de α et β.2.18) et Kac = 2 K a (1 + c w ) c (9. 9. La poussée active correspond à la satisfaction de (9.2. on néglige l’effet des cohésions c E et cw.2.59) la cohésion c est remplacée par c' pour un drainage complet et cu dans le cas non drainé. B θ C : la résultante d’adhésion sue le plan de glissement : C = c . ϕ).41 : Théorie de Coulomb.2. Sol cohérent tous connues.5. Le long de A C cette zone. la pression latérale à la profondeur z est donnée par : pa = Ka γ z – Kac c avec Ka donné par (1. 9. 9.2. On admet l’existence d’une β z0 zone fissurée de profondeur z0.5. Les directions d’action de ces forces sont Etat actif.55).2. on suppose que la résultante Pa agit à deux tiers de la profondeur de l’écran.2 Sol cohérent 9.204 Chapitre 9 : Pression latérale des terres Dans la théorie de Coulomb. Il existe des tableaux donnant Ka pour différentes valeurs de ϕ et δ. Les forces agissantes sont : W W : le poids propre du coin de sol. La profondeur des fissures z0 correspond à pa = 0.60) . Cw C P : la résultante de la réaction du mur sur le H sol Cw : résultante due à l’adhérence mur-sol : δ R φ P Cw = cw .5. il faut tenir compte de la D cohésion c et de l’adhérence sol-mur notée cw (Fig.41). d’où z0 = 2c 1 + cw c ≤ H2 γ ka (9.2. 9.2 Cas d’un mur vertical et un sol horizontal Dans le cas général d’un sol (c. BC Fig.2. on construit comme précédemment le diagramme des forces.

205 Eléments de Mécanique des Sols 9.42): .62) Pour des valeurs particulières de α et β. 9. . Dans ce cas on recommande l’utilisation des tables de Caquot et Kérisel basées sur la théorie de Boussinesq. Dans l’état passif. Dans le cas général d’un sol (c. 9.α + δ l’angle entre W et R est : θ + ϕ La résultante des pressions passives est le minimum de P(θ) (eq.61) Fig. P fait un angle δ au dessus de la normale à l’écran. Les résultats sont présentés sous forme de tables numériques.23) et K Pc = 2 K P (1 + c w ) c (9. la pression latérale passive à la profondeur z est donnée par l’expression : pp = Kp γ z + Kpc c où Kp est donné par (1.63) (9.55). On montre que l’angle entre W et P est : π .2. ϕ).3 Théorie de Boussinesq (Tables de Caquot et Kérisel) Rappelons que les théories précédentes introduisent une approximation sur la forme de la surface de glissement qui est prise plane. Etat passif où     sin(α + ϕ) sin α Kp =  sin(ϕ + δ) sin(ϕ + β)   sin(α − δ) −  sin(α − β)   2 (9.42: Théorie de Coulomb. . Elle est donnée par : 2 Pp = 1 Kp γ H 2 β W H P δ R φ α θ (9. Les auteurs admettent des surfaces de glissement en forme de spirale logarithmique et dérivent la pression latérale active ou passive par intégration des équations différentielles de l’équilibre. il existe des tableaux donnant Kp pour différentes valeurs de ϕ et δ. .5.5. cette simplification surestime la résistance du sol notamment pour les grandes valeurs de l’angle de frottement interne.64) 9. 9.3 Etat passif On suivra le même raisonnement précédent tout en tenant compte des remarques suivantes (Fig. R fait un angle ϕ au dessus de la normale au plan de glissement.

5. la méthode peut être étendue au cas général d’un sol cohérent chargé….1 Poussée active 1. et coupe la surface libre en R. 2.43).4.4 Construction de Culmann 9.1 Introduction Elle a été développée par Karl Culmann (1875).2. (si plusieurs points Ei existent. 4. 8. La droite WiEi coupe la ligne de glissement Abi au point Ei. Choisir une échelle de forces. Tracer plusieurs plans hypothétiques de glissement : AB1. Le point de tangence sera noté E.….2 Sol pulvérulent non chargé 9. Déterminer le poids Wi de chaque tranche tenant compte des différents sols si le massif n’est pas homogène. 9. Tracer la droite parallèle à la ligne AC et tangente à la courbe de Culmann. 7.4. A partir des points Wi sur AC. On choisira une échelle appropriée pour schématiser le massif de sol et l’écran AB (Fig. 9. Tracer la droite de référence AD faisant l’angle ψ avec la droite AC. 9. 3. Nous présentons la construction pour le cas d’un sol pulvérulent. Plan de rupture B2 B W1 E1 B1 W2 E2 B3 W5 W3 E3 W4 E4 E5 Courbe de Culmann B4 B5 E δ Pa ψ v A ψ D W2 W4 C W5 F W3 φ W1 H Pa = EF Fig.4. et reporter les poids sur la droite AC : W1 correspond à AW1. ψ est l’angle que fait la poussée active Pa avec la verticale. Tracer la droite EF parallèle à AD. 6.5. W2 correspond à W1W2 et ainsi de suite. 10. Joindre les points Ei par une courbe lisse dite courbe de Culmann. A partir du point A. il peut exister plusieurs droites tangentes à la courbe et parallèles à AC). tracer la droite AC faisant l’angle ϕ au dessus de l’horizontale. celui qui sera retenu correspond au maximum de EiFi). 5. (si la courbe de Culmann n’est pas régulière. Son but est la détermination du plan de glissement ainsi que l’intensité de la poussée active ou passive. 9.206 Chapitre 9 : Pression latérale des terres 9.43 : Construction de Culmann pour le calcul de la poussée active . La longueur de EF donne l’intensité de la poussée active Pa selon l’échelle de forces choisie.5. Le massif peut être stratifié ou homogène mais l’angle de frottement interne doit être le même pour tout le massif. AB2. Le plan de rupture sera AE.5. tracer les droites WiEi parallèles à la droite de référence AD.

5. 9. L’angle ψ est mesuré comme indiquer sur la figure.2 Poussée passive Le procédé reste le même. La droite AC fait l’angle ϕ au dessous de l’horizontale. δ B Pp ψ v A ψ D Fig. .2. 9. toutefois il faut que (Fig.207 Eléments de Mécanique des Sols 9.4.44) .44 : Construction de Culmann pour le calcul de la poussée passive H φ C .

208 Chapitre 9 : Pression latérale des terres

Exercices du chapitre 9 Pression latérale des terres Exercice 1: Considérons un massif de sol à surface libre horizontale (voir figure) caractérisé par: H = 9,5 m, c = 0, ϕ = 25°, γ =18,64 kN/m3. Calculer la poussée active due au poids des terres. Exercice 2: 1. Calculer le diagramme des pressions des terres sur l'écran vertical schématisé sur la figure. La surface libre du massif fait l'angle β avec l'horizontale. 2. Calculer la résultante des pressions et son point d'application. On donne: H = 9,5 m, β = 15°, ρ = 1,9. 103 Kg/m3, ϕ = 25° Exercice 3 : Considérons le massif de sol caractérisé par (voir schéma): surcharge: q = 50 kN/m2 sol1: un sable. h1 = 6 m, h3 = 4,5 m, c'1 = 0, ϕ'1= 38°, γ1 = 18 kN/m3 sol2: une argile saturée. h2 = 3 m, c'2 = 10 kN/m2, ϕ'2 = 28°, γsat2 = 20 kN/m3 1. Tracer le diagramme des pressions actives et passives selon la théorie de Rankine. 2. Calculer les résultantes des poussées et leurs points d'application. Exercice 4 : 1. Déterminer la distribution de la pression des terres sur l'écran vertical (voir figure). 2. Calculer la résultante des poussées et son point d'application. On donne: H = 8 m, h = 4 m, γ = 20 kN/m3, c' = 8 kN/m2, ϕ' = 27° cw/c' = 0,5; δ/ϕ' = 2/3 Exercice 5: 1. Calculer la résultante des pression des terres sur l'écran schématisé sur la figure. 2. Préciser le plan de rupture le plus probable. On donne: H = 12 m, L = 2 m, γ = 20 kN/m3, λ = 15°, β1 = 22°, ϕ = 30°, δ = ϕ/3 Exercice 6: 1. Calculer le diagramme des poussées horizontales totales sur l'écran vertical schématisé sur la figure. 2. Calculer les résultantes et leurs points d'application. On donne: L1 = 3 m; L2 = 4,5 m; L3 = 4 m; L4 = 1,5 m; q = 10 kPa. ϕ1 = 33°, γ1 = 18 kN/m3, ϕ2 = 14°, γ2 = 21 kN/m3, c2 = 24 kPa δ = 0 pour la poussée et -2ϕ/3 pour la butée.

209 Eléments de Mécanique des Sols

β H H

Exercice 1 Exercice 2 q

h3 Sol 1 Sol 2 Exercice 3

h h1 H

h2

Exercice 4

q β1 β1 L1

λ H L4 L L L L

Sable Argile

L2

L3

Exercice 5

Exercice 6

Chapitre 10 Reconnaissance des sols
10.1 Introduction. 10.2 Essais de laboratoire 10.2.1 Introduction 10.2.2 Essais physiques 10.2.3 Essais chimiques et minéralogiques 10.2.4 Essais hydrauliques 10.2.5 Essais mécaniques 10.3 Essais sur place 10.3.1 Introduction 10.3.2 Reconnaissance des sols 10.3.2.1 Introduction 10.3.2.2 Méthodes géophysiques 10.3.2.2.1 Prospection électrique 10.3.2.2.2 Prospection sismique 10.3.2.2.3 Prospection par micro-gravimétrie 10.3.2.3 Les sondages 10.3.2.3.1 Prospection géologique 10.3.2.3.2 Reconnaissance hydrologique 10.3.3 Essais sur les caractéristiques physiques 10.3.4 Essais mécaniques 10.3.4.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table 10.3.4.2 Essais pour le sol sous action dynamique 10.3.4.3 Scissomètre 10.3.4.4 Rhéotest 10.3.4.5 Pressiomètre 10.3.4.6 Essai de pénétration au cône 10.3.4.7 Essais de battage 10.3.4.7.1 Essai de pénétration normalisé (S.P.T) 10.3.4.7.2 Pénétromètre statique 10.3.4.7.3 Pénétromètre dynamique

Chapitre 10

Reconnaissance des sols

10.1 Introduction La reconnaissance des sols est une phase fondamentale dans la réussite d'un projet de construction. La détermination des caractéristiques du sol avant les travaux de constructions conduit à la planification des taches de façon ordonnée et complètement organisée. Le coût de cette reconnaissance sera récupéré par la réalisation du projet dans les meilleurs délais, au coût minimum et dans les meilleurs conditions de sécurité que ce soit pendant la construction ou durant l'exploitation de l'ouvrage. Inversement, une construction de projet important sans étude de sol peut se solder par des surprises désagréables ou fatales. A titre d'exemple, un sol peux résistant supporte mal les engins de chantier, ce qui retarde les travaux et nécessite des aménagements supplémentaires du chantier. Un sol très compressible peut nécessiter dans le futur une reprise sous œuvre ou stabilisation et renforcement du sol. Le sol gonflant peut se solder par une catastrophe notamment pour les logements individuelles c.à.d au propriétaire généralement incapable de supporter le coût de réhabilitation. La présence inattendue de d'eau conduit à la remontée de l'humidité, à la réduction de la capacité portante, ainsi que le risque de l'agressivité de l'eau au béton armé. En définitif, les problèmes qui risquent de surgir pendant la réalisation de l'ouvrage, à court terme ou à long terme ne peuvent être énumérés dans cette introduction. Des références plus spécialisées peuvent être consultées pour des détails approfondies des pathologies de construction. Le chapitre n'a pour bute que la présentation d'une synthèse très brève des procédés généraux de reconnaissance et d'identification des sols. Dans ce contexte aussi, les références spécialisées sont indispensables pour examiner plus profondément les principes, les modes opératoires le matériel et les interprétations. D'autre part, des recherches bibliographiques sont vivement conseillées au lecteur afin d'approfondir les différents aspects et notamment le côté pratique du sujet. 10.2 Essais de laboratoire 10.2.1 Introduction Il s'agit d'essais effectués au laboratoire sur des échantillons remaniés ou intactes convenablement conservés. Généralement on classe ces essais dans trois grands groupes: essais physiques, essais chimiques et essais mécaniques.

les sols organiques et les sols nuisibles.2. c.2 Essais physiques Les essais physiques ont pour but la détermination des caractéristiques physiques des sols telles que: répartition granulométrique des grains. . Les essais permettant la détermination des propriétés ci-dessus sont normalisés. teneur en argile. Comme nous le savons. Les essais associés sont à titre d'exemple. essai triaxial et essai œdométrique. mesures de volumes.211 Eléments de Mécanique des Sols 10. 10. l'angle de frottement interne.4 Essais hydrauliques Les caractéristiques hydrauliques en géotechnique concernent principalement la détermination de la perméabilité des sols.2. microscopie électronique. Les essais associés sont le perméamètre à charge constante ou à charge variable. essai Proctor. la vitesse de tassement est étroitement liée à la perméabilité du sol. et nature chimique de l'eau adsorbée. indice des vides et indice de densité. de consistance et de liquidité. car elle peut déceler des comportements spécifiques tel que les sols gonflants. porosité. Quelques essais sont exécutés sur place.5 Essais mécaniques Ils ont pour but la détermination des caractéristiques mécaniques principalement la cohésion. limites d'Atterberg. la présence d'impuretés. pesée hydrostatique. analyse thermique différentielle.3 Essais sur place 10. donc elle nous renseigne sur la durée nécessaire à la consolidation du sol sous l'ouvrage. degré de saturation. de substance agressives.d dans les conditions réelles de résistance. analyse spectroscopique. La documentation spécialisée dans ce domaine doit être consultée pour les détails des procédures et des interprétations. essai de cisaillement directe à la boite de Casagrande.3. méthode du papier filtre.3 Essais chimiques et minéralogiques Ils ont pour but la détermination de la composition chimique et minéralogique du sol. indices de plasticité.1 Introduction Les essais sur place permettent la détermination des caractéristiques du sol dans les conditions naturelles.à. mesure de la succion. La détermination de la famille minéralogique du sol est d'une grande importance. Ces caractéristiques peuvent être déterminés par les méthodes d'analyse chimique conventionnelles ou récentes donc plus ou moins coûteuses telles que diffraction des rayons x. densités. teneurs en eau. ou par des méthodes indirectes telles que abaque de Casagrande et surface spécifique.2. essai au bleu de méthylène. contrainte de préconsolidation. 10. détermination de la teneur en eau et des limites de consistance. présence de la nappe phréatique et sont débit dans le cas d'un écoulement d'eau. indices de compression et de gonflement et capacité portante. 10. 10. teneur en eau optimale. activité et surface spécifiques.2. A titre d'exemple ont peut citer l'analyse granulométrique par tamisage ou par sédimentométrie. poids volumiques.

1 Prospection électrique Elle est basée sur l'envoi dans le terrain d'un courant électrique et la mesure de la différence de potentiel dans le sol entre deux points.. et leurs compositions chimiques.2.3.3.etc.2.2. le sondage permet le forage de puit atteignant la nappe phréatique. Le calcul de la résistivité du sol permet d'avoir des informations globales sur l'épaisseur et la nature de chaque couche grâce à des tables existantes.2. La vitesse de propagation dépend de la nature (principalement la compacité) de la couche traversée.2. poussée de la sondeuse. la variation de l'accélération terrestre. La reconnaissance hydrologique comprenne l'utilisation de piézomètre pour la détermination de la surface piézométrique.2 Reconnaissance des sols 10.1 Introduction Elle permet de localiser les différentes couches du sol.3. Dans le cas sans carottage.2 Prospection sismique Elle repose sur le principe de propagation des ondes sismiques dans le sol.2. 10. L'interprétation des résultats permet la découverte des anomalies telles que cavités souterraines. La méthode repose sur ce principe et consiste à mesurer avec une grande précision. tranchées. l'opération est accompagnée par un programme de mesure et enregistrement de différents paramètres tels que vitesse d'avancement. 10. Ainsi l'appareillage consiste à la mesure de la célérité de l'onde sismique grâce à la quelle on peut établir une identification de la nature du sol.2. 10..3. vibration du train de tige . la technique permet la mesure de la teneur en eau. D'autre part.212 Chapitre 10 : Reconnaissance des sols 10.3 Prospection par micro-gravimétrie On connaît que le champ de la pesanteur en un point est directement lié à la répartition des masses au voisinage du point.3. Ceci permet d'étudier de plus près la stratification des couches.etc. 10.2.2.3. L'onde sismique est générée par des chocs mécaniques (par dame ou marteau) communiqués au sol.3 Les sondages Les sondages sont des opération de forage dans le sol avec ou sans carottage (prélèvement d'échantillon). 10. la présence de galerie souterraines ou de l'eau. leurs histoire de dépôt. 10. galeries . leurs stratification et leurs pendages.3.1 Prospection géologique Souvent.2 Méthodes géophysiques Elles fournissent des informations globales sur l'assiette de construction. 10.3.3. pression du fluide de perforation.2. le sondage carotté donne lieu à des observations directes par les géologues du profil du sol.2 Reconnaissance hydrologique Dans ce cas.2.3. L'essai Lefranc (par pompage ou injection) permet la mesure de la .3. La prospection peut être profonde (verticale) ou superficielle (horizontale ou en couverture). la pression interstitielle et la courbe de rabattement.

4. Alors.4.4 Essais mécaniques 10.3 Essais sur les caractéristiques physiques Dans beaucoup de situations. L'essai de pompage permet la mesure de la perméabilité globale du sol par pompage ou d'injection de l'eau. Dans la pratique ils sont réservés aux pieux uniquement.3. A titre d'exemple. Dans l'essai Lugeon. ou par le besoins immédiat à des informations. .4 Rhéotest C'est un essai permettant de déterminer les caractéristiques mécaniques du sol en place. le taux d'amortissement dynamique ainsi que la variation de la pression interstitielle. 10.4. la possibilité de colmatage ou de décolmatage de ces fissures. le pénétro-gamma densimètre permet la mesure de la masse volumique par diffusion Gamma.3 Scissomètre C'est un essai de cisaillement par torsion visant le calcul de la cohésion des argiles molles saturées.4. 10.5 Pressiomètre Il consiste à l'application d'une pression latérale sur le sol. Les mesures permettent de tracer la variation de volume du sol en fonction de la pression appliquée. On arrive ainsi à déterminer le module pressiométrique. L'essai à la table n'est indicatif que pour les massifs homogènes. et les essais de perméabilité à l'air. 10.3. le module de cisaillement dynamique.à. on souhaite effectuer des essais sur place pour la détermination de quelques caractéristiques physiques du sol. 10. on peut dire que c'est un essai comparable à l'essai de cisaillement directe mais effectué sur place.3. D'autres méthodes existent pour la détermination de la perméabilité sur place.4.3. la pression de fluage et la pression limite qui caractérisent la nature du sol.213 Eléments de Mécanique des Sols perméabilité locale d'un sol en place. 10. sur l'état de fissuration de ces roches. on peut obtenir des informations sur la circulation de l'eau dans les roches.1 Essais de chargement à la plaque ou à la table Ils donnent des informations très intéressantes mais généralement lents et coûteux.2 Essais pour le sol sous action dynamique Ils permettent la détermination des caractéristiques dynamiques des sols telles que module d'élasticité dynamique. par crainte de l'altération des échantillons prélevés. 10. Les essais in situ se basent sur la mesure de la célérité des ondes de volume et de cisaillement dans des forages spéciaux.3.3. A titre d'information on peut citer les perméamètres Ménard. Les résultats pressiométriques permettent le calcul de portance des fondations de tout type ainsi que les tassements immédiats.d la résistance du sol.3. Cependant la majorité des essais effectués sur place sont relatifs à l'aspect mécanique c. on mesure la contrainte tangente et la contrainte normale ce qui permet de tracer la courbe intrinsèque par une série de mesures. Pendant le cisaillement du sol par torsion.

Ces indications permettent la détermination des facteurs de la capacité portante ou même donner directement la pression admissible d'une semelle. .1 Essai de pénétration normalisé (S.3.3 Pénétromètre dynamique Sur le principe du S.4.4. les détails peuvent êtres consultées dans des références spécialisées. Pendant l'essai on compte le nombre de coups nécessaire pour l'avancement du carottier sur une certaine profondeur. le frottement latéral ainsi que la cohésion.2 Pénétromètre statique Ce sont des appareils qui consistent à enfoncer.3.4.6 Essai de pénétration au cône Il permet de mesurer la résistance au cisaillement en fonction de la profondeur d'enfoncement d'un cône dans le sol sous son propre poids.7. à vitesse lente et constante. soit la résistance de la pointe déduite de la formule des Hollandais.7. Ces essais s'appliquent pour le calcul des fondations superficielles ou profondes.P. Ils permettent de mesurer séparément la résistance de la pointe. 10.3.3.T) Un carottier est enfoncé dans le sol sous étude. 10.214 Chapitre 10 : Reconnaissance des sols 10.. et pour le contrôle du compactage à grande profondeur. 10.P. Dans cet essai le matériel est plus simple mais plus robuste.4. de tiges à l'aide d'un vérin.7 Essais de battage 10.4. un train de tiges est enfoncé dans le sol par la chute libre d'une masse (mouton).T. Les résultats des essais donnent le nombre de coups pour un enfoncement donné.3. D'autres interprétations peuvent s'offrir selon la nature du terrain. Il existe variétés de pénétromètres dynamiques.7.

215 Eléments de Mécanique des Sols .

Chapitre 11 Solutions de quelques exercices .

dh = 2. n = 0.01.61 mm d60 = 1. 2.4 mm d30 = 0. Il s'agit donc d'un sol SP-SM: un sable silteux à granulométrie peu étalée. un sable.18 mm.72 kN/m3 0. . e = 0.91 d'où: une granulométrie peu étalée.403. Mais il s'agit d'un cas limite (voir Tab. 60 40 20 Exercice 4 Utilisant les définitions des caractéristiques demandées on trouve: w = 25%. D'après la courbe granulométrique. On utilise alors le double symbole (SM ou SC) avec (SW ou SP).75 et Cc = 0.85 Il s'agit donc d'un sable propre moyen et grossier noté SP.01 1 10 Diamètre des grains [mm] Exercice 8 Pour le sol 1 la classification se fait comme suit: Le sol est à grains grossiers. Cu = 3. γh = 19. D10=0.34 mm. D30=0.10).1 mm Pourcentage de passant en masse 100 80 ce qui donne Cu = 2.1 0 0. on obtient: D60=0.Chapitre 11 Solutions de quelques exercices Chapitre 2: Caractéristiques physiques des sols Exercice 2 La courbe granulométrique est tracée comme ci-contre. D'où on tire: d10 = 0.675.9 et Cc = 0.71 mm.

38 kN/m3 et γh = 21. La courbe a la forme ci-contre.5 % γh = 20. on obtient comme application numérique ∆Vw = 47.6 γd [kN/m3] w [%] le volume des vides est donné par Vv = Vt – Vs où Vs = Ps / γs Appliquant ces formules sur l'état initial et l'état final.95 kN/m3 c. b. elle possède notamment un maximum. Nous utilisons les expressions Sr = w / ( γw / γd .37 cm3 . Le volume d'eau à ajouter est ∆Vw = Vwf – Vwi avec Vw = Sr Vv 4 12 19.γw / γs ) γh = γd ( 1 + w ) ce qui donne Sr1 = 295 % et Sr2 = 87.217 Eléments de Mécanique des Sols Chapitre 3: Le compactage Exercice 1 a.

5 kPa. la contrainte effective au point M est σ'M = σM . Exercice 2 Le but de l'exercice est de calculer la perméabilité moyenne horizontale et verticale.43 10-2 cm/s. L'application numérique est directe et donne: kh = 0. . kv = 1. Exercice 3 La contrainte totale au point M est donnée par: σM = γsr D La pression interstitielle est donnée par σuM = (D-d) γw Alors. il vient: k= 0.4 10-2 cm/s.σuM = (γsr – γw) D + dγw L'application numérique donne σ'M = 49.218 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices Chapitre 4: L'eau dans le sol Exercice 1 Il s'agit d'un essai à charge constante. Utilisant la formule directe associée à l'essai.11 cm/s.

σzC = 9 kPa Exercice 6 Maintenant la charge totale de l'exercice 5 est concentrée au centre de la semelle. Le calcul est directe.9 kPa. Exercice 5 La charge totale uniforme q appliquée au sol est égale à la surcharge appliquée augmentée de la charge due à la semelle. Le calcul de la contrainte au droit du point A est directe car il s'agit d'un calcul sous un coin de la semelle. il faut superposer la solution correspondant à quatre surfaces dont chacune a le point C comme coin. A titre d'exemple.219 Eléments de Mécanique des Sols Chapitre 5: Distribution dans le sol des contraintes dues aux charges extérieures Exercice 1 La solution élémentaire est donnée par la solution de Boussinesq: avec dσzM = 3qdA cos5θ/ 2πz2 dA = α r dr et r = ztg θ Tout calcul fait. L'application numérique donne: q = 83 kPa. Le calcul rapide se fait par abaque. σzA = 7 kPa. Sous le point C. le raisonnement est pareil. On utilise la solution de Boussinesq. on trouve σzM = q α (cos3θi – cos3θe) /2π formule dans laquelle. θi (respectivement θe) correspond à Ri (respectivement Re). σzF = 1. l'application numérique donne: σzE = 2. Sous les autres points.5 kPa .

Une partie calculée dans la zone de recompression.220 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices Chapitre 6: Tassement. Dans la zone de recompression on obtient Cr = 0.24m.4 cm. le coefficient de Poisson est égale à 0. Exercice 17 Le calcul du tassement secondaire nécessite le détermination de cα. le tassement secondaire relatif à la période 25 à 50 ans est d'intensité Ss = 0. A partir des données expérimentales on trace la courbe e(log t) comme montrer sur la page suivante. on prendra q = 150 kPa correspondant à la charge de l'édifice. Exercice 3 1.6 m. Ainsi pour t = 5 ans.373 et cα = 0. Dans la zone de compression vierge on obtient Cc = 0. Exercice 10 a. Le facteur d'influence est tiré du tableau donné dans le cours I=1. D'où les valeurs ep = 2. Umoy et finalement s(t). Dans cette question on fait le chemin inverse au précédant : temps t. Le taux de surconsolidation est rsc = 1.3. le tassement de consolidation est composé de deux parties. T et finalement le temps t. dans la zone correspondant à la période 25 à 50 ans.63m. La construction de Casagrande donne une contrainte de préconsolidation égale à 170 kPa. d'où pour s(t) = 0. Tout calcul fait. compressibilité et consolidation Exercice 2 1. la solution se fait dans le sens S(t). Pour le tracé de la courbe de compressibilité pour le sol en place on utilise la construction de Schmertmann à trois points. Le sol est donc sur-consolidé. Tout calcul fait on trouve Si = 0.26 ans.025 4.261. La courbe de compressibilité est tracée sur la page suivante. Ainsi.4 m on trouve la durée nécessaire t = 39. 2. 3. on trouve s(t) = 14. . facteur temps T.5 car le tassement instantané se fait sans changement de volume (pas d'évacuation de l'eau). b.12. la deuxième étant calculée dans la zone de compression vierge.047 m. Dans les conditions de l'exercice. Le tassement de consolidation Sc étant connu.053. La relation entre le tassement et le temps est établie grâce à la notion du degré de consolidation moyen. 2. Le calcul du tassement de consolidation est directe et est égal à Sc = 0. on obtient Sc = 0. Dans la formue du tassement instantané. Umoy.

221 Eléments de Mécanique des Sols Solution de l'exercice 2 .

222 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices Solution de l'exercice 17 .

c (5)1/2 b. Connaissant σ. le tenseur déviateur est égal au tenseur total: S = σ. les valeurs principales de S sont égales aux valeurs principales de σ. où n est le vecteur unitaire normale à la facette. n. Appliquant cette relation pour le cas proposé. Puisque la contrainte moyenne σm est nulle. où || t || représente la norme euclidienne de t.1/(10)1/2 > 1/(5)1/2 0 > . contraintes principales: σ1 = c (5)1/2 σ2 = 0 et σ3 = . L'application numérique donne: σ = 3 MPa et τ = (5)1/2 / 3 Mpa Exercice 3 La résolution du problème de valeurs et vecteurs propres donne: a. directions principales: n1 = < 2/(10)1/2 n2 = < 2/(5)1/2 n3 = < 2/(10)1/2 1/(10)1/2 . La contrainte normale à la facette σ est donnée par le produit scalaire entre le vecteur contrainte conjugué à la facette t et la normale n: σ = tT. Le vecteur contrainte sur une facette est donné par la relation vectorielle t = σ n. Ainsi.1/(10)1/2 1/(2)1/2 > c. on trouve: n = < 2/3 2/3 1/3 > t = < 5/3 2 5/3 > [MPa] b. on peut calculer la contrainte tangentielle τ à la facette d'après l'équation || t ||2 = σ2 + τ2.223 Eléments de Mécanique des Sols Chapitre 7: Rappels de mécanique des milieux continus Exercice 2 a. Exercice 6 On trouve x2 (x1+ x2)/ 2 x1 x3 x3 x3 2(x1+ x2) le tenseur de déformation ε=c (x1+ x2)/ 2 x3 -x1 (x1+ x2)/ 2 -x2 x3 x3 x3 x1+ x2 le tenseur déviateur de déformation ε =c D (x1+ x2)/ 2 x3 .

on procède dans le présent exercice à la construction directe du cercle de Mohr. Connaissant les contraintes principales. C'est ce que nous allons considérer dans cet exercice et les exercices suivants.224 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices La dilatation volumique d est le changement de volume par unité de volume. τ σ . par suite on répond à la question. il est donné par l'expression d = tr(ε) = 3c (x1 + x2) Exercice 10 Les exercices relatifs au cercle de Mohr ont l'avantage de se résoudre rapidement grâce à la construction graphique.

225 Eléments de Mécanique des Sols

Exercice 11 Dans cet exercice le même problème précédent se pose. Sauf que dans cet exercice apparaît l'intérêt de la notion du pôle de cercle de Mohr.

226 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices

Exercice 12

1 cm 1 MPa

227 Eléments de Mécanique des Sols

Chapitre 8: Résistance des sols au cisaillement Exercice 1 a. Le point de coordonnées (σn, τr) appartient à la courbe intrinsèque et au cercle limite à la fois. D'autre part, puisque le sol est un sable pulvérulent, la cohésion est nulle. L'ensemble de ces information permet de tracer la droite intrinsèque et le cercle de Mohr à la rupture. Graphiquement on trouve: Les contraintes principales σ1 = 680 kPa , σ3 = 200 kPa Les directions principales α1 = 28 °, α3 = 107,5 ° par rapport à l'horizontale Angle de frottement interne φ = 34 ° b. Lorsque la contrainte de cisaillement est inférieure à la contrainte de rupture, le cercle de Mohr correspondant n'est pas unique car il n'est pas tangent à la droite intrinsèque. L'information fournie par l'essai de cisaillement directe ne permet pas de tracer le cercle de Mohr de l'état de contrainte. Exercice 2 a1. Cercles de Mohr aux débuts des essais: l'état de contrainte est isotrope donc nous avons σh = σv = σcell . Les cercles de Mohr se réduisent aux points σh1 = σ31 pour l'essai A et σh2 = σ32 pour l'essai B. a2. Cercles de Mohr à la rupture: Dans l'essai triaxial, on suppose que les contraintes σh et σv appliquées sur l'échantillon sont des contraintes principales, d'où la construction directe des cercles de Mohr. Ainsi on a: pour l'essai A : σ3r1 = σh1 pour l'essai B : σ3r2 = σh2 et et σ1r1 = σdr1+ σ3r1 σ1r2 = σdr2+ σ3r2 ce qui donne σ1r1 = 500 kPa ce qui donne σ1r2 = 2100 kPa

d'où la construction graphique des cercles de Mohr à la rupture. b. Graphiquement, on trouve φ = 43 ° c. Toujours graphiquement, on obtient: τr1 = 150 kPa, σr1 = 165 kPa τr2 = 630 kPa, σr1 = 690 kPa d. Puisqu'il s'agit du même sol, la courbe intrinsèque est la même pour les deux essais, le plan de rupture est orienté de même dans les deux essais. Par rapport au plan horizontal l'inclinaison du plan de rupture est β = 66 °. e. On trouve (τr/σr)max = 0,91 pour les deux essais

228 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices

b) Pour ei = 0.75 on obtient σ'3crit = 0.5 MPa et ei = 0.à. L'échantillon augmente de volume. c.229 Eléments de Mécanique des Sols Exercice 3 Pour σ'3c = 1. Comportement non drainé L'échantillon à tendance a tendance à augmenter de volume mais il sera empêché.7 MPa Comportement drainé L'échantillon diminue de volume.62 Exercice 4 Pour ei = 0.5 MPa affiche une augmentation de volume (∆V/V0 > 0). Puisque l'essai est drainé. .5 MPa on obtient ec = 0.d une augmentation de la pression interstitielle. Ceci n'est possible qu'avec une augmentation de la pression de confinement σ'3c. Comportement non drainé L'échantillon a tendance à diminuer de volume mais il sera empêché du fait que l'essai est non drainé.6 et σ'3c = 1. La pression interstitielle chute car l'essai est non drainé. Ceci n'est possible qu'avec une diminution de la pression de confinement σ'3c. la pression interstitielle ne diminue pas. la pression interstitielle ne varie pas car l'essai est drainé.7 MPa Exercice 6 a) Pour σ'3c = 1.6 et correspondant à σ'3c = 1.6 Comportement drainé Le point sur la courbe ei = 0.

5 σa(H) H = 341.5 σa(H) H = 0. il est fonction de φ et β.64 kN/m3 Fa = 398 kN/ml σa(H) = 83. La résultante de cette pression est Fa = 0.5 kN/mètre de largeur Son point d'application agit à la profondeur ZF = 2H/3 = 6.49 γ = 18.230 Chapitre 11 : Solutions de quelques exercices Chapitre 9: Pression latérale des terres Exercice 1 La pression latérale est donnée par σa(z) = Ka γ z dans laquelle on peut utiliser la solution de Rankine (δ = 0). Ka est le coefficient de poussée active due au poids des terres.3 m Exercice 2 On peut toujours utiliser le schéma de Rankine. L'application numérique donne: Ka = 0.406 L'application numérique donne: σa(H) = 71. d'où Ka = (1 – sin φ) / (1 + sin φ) = 0. on calcul la pression latérale par l'expression: σa(z) = Ka γ z cos β Cette pression agit parallèlement à la surface libre. Lorsque la surface libre du massif est inclinée.81 kPa 2 H Fa H/3 σa(H) Exercice 1 β H Fa H/3 β σa(H) Exercice 2 .9 kPa La distribution de la pression est triangulaire et a pour résultante la poussée Fa = 0.5 Ka γ H cos β qui agit à H/3 de la base du massif.

231 Eléments de Mécanique des Sols .

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