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PIECES NOTICES

pour servir à l’histoire d’Angoulins/Mer

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N° 3 - 3ème trimestre 2007.
Publication éditée par l’association Expression-Hist, histoire locale et valorisation du patrimoine angoulinois.

PIECES NOTICES
LE TESTAMENT DE ÉLIE LOUIS SEIGNETTE PREMIER MAIRE D’ANGOULINS par Denis Briand

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pour servir à l’histoire d’Angoulins Sommaire du numéro 3 - 3ème trimestre 2007

LES GABARET : TROIS GENERATIONS D’OFFICIERS DE LA MARINE DE LOUIS XIII A LOUIS XIV par Roberto Barazzutti LA PÊCHE À ANGOULINS EN 1727 : PUBLICATION DU PROCÈS-VERBAL DE L’INSPECTEUR DES PÊCHES par Denis Briand et Denis Lieppe L’INVENTAIRE DES MEUBLES ET ORNEMENTS APPARTENANT À LA FABRIQUE D’ANGOULINS (1691) par Denis Briand

LE TESTAMENT D’ÉLIE LOUIS SEIGNETTE PREMIER MAIRE D’ANGOULINS
par Denis Briand

Parmi un très important fonds d’archives inédites qui nous a été confié, j’ai pu extraire un document pour le moins singulier : il s’agit de l’original du testament olographe d’Elie Louis Seignette. Fameux négociant, gros propriétaire foncier angoulinois, ce personnage fut surtout, en marge de ses activités politiques dans les sphères rochelaises, le premier maire d’Angoulins. Rédigé le 25 fructidor de l’an XII (11 septembre 1804) son testament a été déposé quelques mois plus tard auprès de François Elie Bérigaud, notaire à la résidence du bourg d’Angoulins, par Mariette Varache, sa femme de chambre. Deux jours après le décès daté du 13 prairial de l’an XIII (1 juin 1805), la domestique se présente donc au notaire, à fin de lui remettre une petite enveloppe cachetée à la cire rouge et qui porte l’inscription “Paquet destiné à Monsieur François Elie Bérigaud notaire et qui doit lui être remis aussitôt mon décès, Angoulin”. Après ouverture, le notaire découvre une lettre qui lui est adressée, ainsi qu’une seconde enveloppe, cachetée de cinq cachets de cire rouge et portant l’inscription “Testament et dernières volontés d’Elie Louis Seignette demeurant Angoulin déposé chez Monsieur François Elie Bérigaud, notaire, pour être à la réquisition de Mariette Varache ma femme de chambre et qui ne pourra être ouvert qu’en présence dudit
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Briand, D. / Le testament de Elie Louis Seignette...

notaire et de trois de mes fils charnels, fait à Angoulins le 25e fructidor an XII - signé, E.L. Seignette”. Le mot destiné au notaire énonce : “Je m’adresse à vous comme à un ancien ami et comme à un homme public sur l’honnêteté duquel on peut compter. Ce paquet doit vous être remis aussitôt mon décès. Il a pour objet de vous prier de vous présenter aussitôt chez moi, pour demander que toutes les clefs vous soient remises, en ne laissant à la disposition de ceux qui pourront se trouver chez moi que le nécessaire. Vous ferez aussitôt avertir trois de mes fils charnels. Une fois réunis, vous pourrez leur rendre les dites clefs à moins que pour leur propre tranquillité et le nombre d’absents intéressés ils ne veulent faire intervenir le Juge de Paix. Quant à mon testament, que vous avez ci-joint et qui intéresse plusieurs de mes héritiers, il est destiné à vous rester en dépôt jusqu’à ce que Mariette Varache ma femme de chambre requiert que vous ayez la bonté de le faire connaître pour réclamer ses droits dans le cas où mes héritiers auraient négligé l’exécution d’un pareil testament qu’ils trouveront dans mon portefeuille. Dans ce dernier cas, cette pièce dont vous êtes porteur ne pourra être ouverte qu’en votre présence et trois de mes fils ou ceux qui pourraient les représenter, un seul ne pouvant faire pour deux. J’attend de notre amitié et de nos anciennes liaisons, votre exactitude à vous conformer à mes dernières intentions pour exécuter ponctuellement ce que je vous recommande. Je fais des voeux bien sincères pour votre bonheur et celui de toute votre famille, fait à Angoulins le 25 fructidor an 12. signé E.L. Seignette” Devant maître Bérigaud, trois des fils de Elie Louis Seignette, à savoir Gabriel Elie Louis l’aîné, Paul et Elisée ainsi que Mariette Varache, la domestique, a lieu l’ouverture du paquet cacheté... A l’intérieur, sur une feuille de papier timbré de la dimension de cinquante centimes, le testament, écrit de la main même d’Elie Louis Seignette, révèle : “Testament et dernières volontés de Elie Louis Seignette demeurant à Angoulins soussigné, Je crois à une cause première que je ne peux définir, il m’est impossible d’apprécier jusqu’à quel point l’auteur de toute chose s’occupe des hommes. Si leur conduite privée pouvait être dirigée par sa volonté, il serait coupable de toutes nos fautes. J’en conclue à l’inefficacité de
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la prière, la nature étant dirigée par des lois générales qui livrent les événements au hasard et aux fatalités, bonnes ou mauvaises. Je n’ai jamais redouté aucune peine éternelle. Je n’espère aucune récompense, notre passage dans ce monde est trop court pour que rien de ce qui arrive puisse être compassé en bien ou en mal éternel. Ainsi j’ai vécu, ainsi j’espère mourir. Après mon décès suit ce que je désire qu’on exécute ponctuellement. J’ai donné à mon fils aîné mon portrait et dans les temps d’une aisance factice m’a permit de faire pour lui plus que je n’ai pu pour aucun autre de mes enfants ce qui peut compasser ce que je destine à ses frères et j’espère qu’à cet égard il reconnaîtra la justice de mes dispositions. Cependant, je lui délègue comme d’usage dans notre famille, la vente et fabrication du sel Seignette. Je pense qu’il en trouvera de fabrique pour le reste de sa vie, il doit en payer la valeur à ses cohéritiers sur le prix de quatre francs le kilogramme. Je voue à l’eau probe et à l’ignornation ceux de mes héritiers qui pourraient chercher à mettre quelque obstacle à cette disposition. Je donne, à mon fils Paul, mes pistolets garnis d’argent Je donne, à mon fils Arzac, mon épée Je donne, à mon fils Pierre Elizée, ma montre et sa chaîne Je donne, à mon fils Séverin, ma canne à poignée d’or, ma broche de col, mes boutons de manche et tout autres petits meubles d’or ou d’argent à mon usage personnel, une paire de manchette de dentelle d’Alençon et une idem de Valenciennes et comme il est trop jeune et pas assez fortuné pour en faire usage lui même il en fera don à qui bon lui semblera. Toutes mes hardes et nippes à mon usage seront partagées entre mes fils Paul, Pierre Elizée et Séverin. Si l’un d’eux est absent à mon décès et pourvu d’une manière avantageuse, celui ou ceux présents disposeront de la totalité, mais dans aucun cas mes gendres n’auront rien à voir dans tout ce qui est à mon usage personnel. S’il n’y a avait aucun des trois de mes fils désignés à même de s’emparer de ce que je lui destine, le tout sera conservé pour être remis au premier à même de réclamer exécution des mes dernières volontés. Je déclare formellement qu’aucun des enfants qu’ai pu avoir Mariette Varache, fille de chambre à mon service, que j’ai toléré après différentes circonstances dans sa conduite, ne m’appartienne pas et n’ont aucun droit aux biens faits, que dans toutes autres circonstances
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je n’aurai pas manqué de leur faire. D’après son aveu, d’après celui de mon fils Pierre Elizée, j’ai donné quelques secours à un nommé Pierre déposé à l’hospice le 9 prairial an XII n°3025. Nourri par la nommée Favreau à St Rogatien dans les seules vues d’humanité et dans ce que m’a paru désirer Pierre Elizée. J’ai d’ailleurs lieu d’être satisfait des services que cette fille m’a rendu. En conséquence, je dispose en sa faveur et veut qui lui soit donné après ma mort, à elle Mariette Varache, un lit de siamoise bleue garni en dedans d’indienne piquée et doublée, sa couette, son traversin, trois matelas, couverte de laine, courtepointe, châlit. De plus, je veux que sa vie durant ma succession, soit obligé de lui servir annuellement dix livres de pain par semaine sa vie durant. Je lui donne en outre deux paires de draps de domestique de maison bons, douze serviettes communes, un couvert d’argent. Je l’invite au travail, seule circonstance qui puisse lui procurer le bonheur que je lui désire. Je me propose de prendre toutes les précautions ultérieures pour qu’aucun de mes héritiers ne soit lésé, mais Mariette Varache, à laquelle Mr Bouin seul m’a fait remarquer des qualités que je ne lui avais pas connues jusqu’alors, doit rester 40 jours chez moi après mon décès, payée et nourrie, pour avoir le temps de chercher un asile. Si quelques uns des mes héritiers manquaient aux égards dus à ma recommandation à cet effet, cette fille sera fondée à réclamer, contre eux, 150 livres de dommages et intérêts. J’ai éprouvé bien des adversités dans ma vie, mais aucune ne m’a été aussi pénible que les reproches que se sont permis quelques uns. Je leur pardonne et souhaite qu’ils finissent à cet égard leur carrière plus heureusement que moi qui était très éloigné par ma conduite de craindre pareil avanie. Il est des plaies qui ne cicatrisent jamais. Je regrette de ne pas laisser plus de fortune à mes enfants, mais je les prie de remarquer qu’ils auront chacun plus que je n’ai reçu de mes père et mère. Je fais des voeux bien sincères pour le bonheur de mes fils, de mes filles, de mes gendres et de mes petits-enfants. Je recommande à mon ami Arzac, qui parait dans l’aisance et le plus désintéressé, de s’occuper de ma succession pour que tout y soit fait avec équité et justice. Vous aurez un compte à rendre à Madame veuve Colonna et les résultats doivent présenter une dette d’environ 4000 livres qui lui sont
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bien légitimement dus, le seul reproche que j’ai à me faire est de ne l’avoir pas liquidée plus promptement et de mon vivant mais il y avait impossibilité. Il n’y aura que des dettes courantes et quelque argent dû à Arzac qu’il m’a prêté dans les moments de gêne dans laquelle je suis depuis dix ans. fait An goulins le 25 fructidor de l’an 12 signé E.L. Seignette” Ainsi s’ouvre donc la succession de ce célèbre angoulinois mort à 63 ans. Dès le lendemain, l’inventaire de ses biens, effets personnels ainsi que de ses titres et papiers débute. Il sera donc bientôt question pour nous d’aborder, dans un prochain article, le mobilier et le mode de vie d’Elie Louis Seignette. Nous découvrirons ainsi sa maison et nous ferons à cette occasion un intéressant passage dans l’atelier qui a autrefois servit à la fabrication des sels Seignette...

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LES GABARET : TROIS GENERATIONS D’OFFICIERS DE LA MARINE DE LOUIS XIII A LOUIS XIV
par Roberto Barazzutti de la Société Française d’Histoire Maritime

Dans une étude comparative sur les officiers généraux des marines anglais, hollandaises et européennes au temps de Louis XIV, une des spécificités françaises a été que le corps des officiers de marine attiraient des familles sur plusieurs générations. Ainsi on rencontre sur le 17ème et 18ème siècle plusieurs familles tels, les Valbelle, Forbin, Duquesne qui fournissent plusieurs officiers. La région de l’Aunis et de la Saintonge espace dont dépendait l’actuel département de la Charente a fourni plusieurs dynasties de marins parmi lesquels les Chadeau de la Clocheterie, mais certains atteignent des hautes fonctions. C’est le cas de la famille FORANT mais surtout des GABARET seigneurs d’Angoulins, Mathurin père, Jean et Mathurin fils. C’est leur carrière au sein de la marine qui est l’objet du présent article. I Mathurin Gabaret le précurseur des officiers de marine Les origines familiales des Gabaret dit de l’île de Ré restent obscures. Selon l’abbé Devert, les Gabaret descendent des vicomtes de Gabarret et de Gabardan une famille noble depuis le 11ème siècle originaire des Landes. Ces Gabaret du Laurageais se seraient appauvris lors des guerres du 13ème au 15ème siècle et ils commenceraient à armer des
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navires dès cette date. Vers 1550 une branche s’installe sur l’île de Ré. Pour l’abbé Michel Devert, la branche qui donne la dynastie d’officiers de marine serait celle dite Gabaret de Nojan à moins que ce ne soit encore un autre rameau qui reste à découvrir. Il faut savoir qu’à cette époque on rencontre d’autres Gabaret. Il y a par exemple plusieurs branches Gabaret sur l’île d’Oléron, comme les Saint George, les Saint Pierre et les Saint Denis des cousins de ceux de l’île de Ré qui donneront aussi des officiers de marine ou de navires : Louis maître de navire en 1603, Pierre Gabaret de Saint-George qui dirige comme son fils Alain des morutiers dans les années 1660 - 1669. Mathurin Gabaret naît en ou aux alentours de 1600, sans doute à Saint Martin de Ré. On sait peu de choses sur ses parents. Pour l’abbé Devert et René Carbonnet, il est fils de Mathurin un marchand bourgeois catholique armateur de navire. Il serait ainsi propriétaire en 1630 de la barque Gabrielle partie de La Rochelle pour l’Irlande. Mathurin Gabaret monte à l’adolescence sur un des navires de son père. Mais il choisit une autre vocation. A partir des années 1620, commence l’émergence d’une marine militaire française sous l’impulsion du duc de Vendôme puis du cardinal de Richelieu. Ainsi en 1621 on trouve Mathurin Gabaret comme enseigne de vaisseau sur le Saint Louis de Nantes d’un port de 400 tonneaux armés de 32 canons sous le commandement d’Isaac de Razilly. La commission d’enseigne de vaisseau est alors rare et temporaire. Ce qui fait que l’on retrouve donc Mathurin Gabaret ayant cette fonction en 1622 et en 1625 mais on ne sait rien sur 1623-1624. En 1626 il est sur le Vanguard et en 1627-1628 sur la Licorne toujours sous Isaac de Razilly. En 1629 il est nommé lieutenant de vaisseau toutefois il ne participe pas à la campagne du Maroc1. Le 2/6/1630 il épouse Marie Resnier ou Regnier du Clos fille Gabrielle Lefebure et de Jean Régnier Du Clos qui en 1636 servira comme capitaine de marine du roi avec comme enseigne son fils Nicolas. Est présent François Gabaret de la branche Saint-George d’Oléron capitaine de vaisseau en 1625 (Carbonnet et Devert). Mathurin et Marie Jamon auront un fils Jean que nous verrons par la suite. Mathurin se remariera par la suite le 2/11/1640 avec Marie Baron (morte avant 1654) fille de Michel et de Catherine Jamon d’où 2 fils: Nicolas né le 11/8/1641 (parrain Nicolas Jamon parente de Marie Jamon; marraine Anne Baron) et Mathurin II né et baptisé le 4/1/1644 (parrain René
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Macquin sieur de la Prée et marraine Marie Herbert). Mais revenons à la carrière de Mathurin. En 1630 il chasse les pirates des côtes et en 1631 aide Infreville dans son enquête puis en fin d’année il est capitaine d’un dragon volant2. Après on ne sait rien encore de son activité pendant 4 ans. Dirige t-il des navires de commerce ? Sans doute mais faute de preuve on ne peut l’affirmer. Cela lui est possible étant donné que les commissions d’officiers sont temporaires. En tout cas on le retrouve en 1636 capitaine du vaisseau Les Trois Moulins de 300 tonneaux (ou de la frégate la Gasconne selon une autre source). En 1638 Mathurin se trouve sur La Grande Frégate de Brest avec laquelle il participe à la force qui repousse le raid de Melchior de Barja sur Saint-Tropez. Puis en 1639 et en 1640 il se trouve sur la Princesse une frégate espagnole prise en 1638. Il se distingue à la bataille devant Cadix en 1640. En 1643 à la tête du Saint-Charles, il sera défiguré lors du combat devant Carthagène. En 1646, il est capitaine du StJacques un navire dunkerquois capturé l’année auparavant. Mathurin embarque son fils Jean avec lui comme enseigne. Il participe à la bataille d’Orbitello. Idem en 1647 où il accueille aussi Louis 13 ans un parent fils de Pierre capitaine marchand d’Oléron et de Renée Picart. Ensemble ils combattront et brûleront 3 navires espagnols devant Castellamare. En 1648 Mathurin avec Jean et Louis sont à bords sur la Lune puis en 1649 Le Navire Flamand. On constate qu’ici comme dans bien des cas, les relations familiales sont capitales pour avoir un emploi, prendre du service et apprendre le métier. Ici encore, il subsiste des lacunes où l’on a aucune information sur l’emploi exercé par Mathurin. Cela laisse libre choix à des suppositions et des hypothèses. Ainsi dans les archives espagnoles, il est mentionné un Gabaru agissant comme flibustier dans les années 1641-1642. Jean Pierre Moreau qui cite cela dans son ouvrage pense que cela doit être Mathurin Gabaret. Cela est fort possible car comme on le verra ci dessous les eaux américaines n’étaient pas inconnues pour Mathurin. De nombreux français naviguaient dans ces eaux sous drapeaux français ou étrangers notamment hollandais. Ainsi dans les années 1640, De Ruyter effectue plusieurs escales à La Rochelle avant de partir vers l’Afrique et les Antilles. Jacques et Job Forand serviront sur les flottes hollandaises de la WIC entre 1639-1648 comme je l’ai déjà indiqué dans un article3. Cette hypothèse de Mathurin agissant comme flibustier se confirme
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par l’expédition qu’il mène en 1650. Il arme en cette année le Phénix de 350 tonneaux et de 30 canons, Jean est alors lieutenant et Louis enseigne. Après la campagne contre les révoltés de Bordeaux, il parte en campagne dans les Indes Occidentales. Son armement est un armement en course. Mathurin finance une partie de l’armement: il possédait au début de l’année la 1⁄2 l’autre étant à Edouard Gould marchand irlandais, il lui rachète sa part le 11/8 et le 11/9 partage l’armement avec Noël Poitel (Actes Notariés de La Rochelle de Pierre Teuleron archives Charentes Maritimes Minutes Teuleron 3E1339). Il fait radouber ce navire avant la campagne par Pierre Moreau maître charpentier pour 450 livres par acte du 22/10/1650 et quitte La Rochelle avant le mois de décembre 1650. Il dirige son champs de chasse sur le Golfe de Mexique ou il semble être très actif allant jusqu’à couler un navire espagnol qui s’était réfugié à Sainte-Marthe. Il fait une ou plusieurs escales au Canada comme semble l’indiquer Nicolas Denys qui en parlant du Cap Salle en Acadie dit “ en y passant en 1651, j’y rencontrai Monsieur Gabaret, capitaine pour le Roy en la Marine qui était mouillé et revenait de course dans le Golfe de Mexique ”. Il ne retourne à La Rochelle qu’en octobre 1652 laissant Louis qui est encore quelques temps sur un navire corsaire comme lieutenant de 1653 à 1657. Ce dernier à son retour, en 1657, sera nommé lieutenant du vaisseau la Françoise commandé par feu Mathurin Gabaret. En 1653, Mathurin se retrouve sur la Lune qu’il a dirigé en 1648. Il rencontre près d’Arcachon 4 frégates espagnols, il en prend 3 mais il perd une frégate commandée par Queretat. Mathurin fait fonction de chef d’escadre en 1655 et lors de la naissance de son petit-fils Jean en 1656 il est indiqué étant chef d’escadre de Guyenne. Cette pratique est courante à cette époque de la marine Louis XIV. Des officiers émérites se trouvent désigner chef d’escadre par patente qui sont temporaires car seuls les commissions délivrées par le Grand-Maître de la Navigation donnent droit à une fonction définitive. C’est ainsi que Mathurin ne recevra une commission que le 30 avril 1663 qui sera confirmée le 12 novembre 1669 par le Roi à la suite du décès du dernier Grand Maître de la Navigation, le duc de Beaufort, et le rétablissement de l’Amiral de France. 1657 Mathurin arme et dirige la Française avec Jean comme capitaine en second, Louis (22 ans) lieutenant et Nicolas (15 ans) sont sur le navire. Avec 3 autres vaisseaux et 2 brûlots (capitaines Rabesnières12

Treillebois, Martel du Parc, Louis Pasdejeu et Guillaume Almeras, Ithier Guillon et Nicolas Gargot pour les brûlots) ils amènent l’ambassadeur au Portugal, du grain à Rosas et s’emploient à chasser les Barbaresques. Il rencontrera près de l’île d’Elbe2 navires dont il en coule 1. De 1658 à 1664, Mathurin emploiera avec lui tous ses fils, Jean, Nicolas et Mathurin II depuis 1659 à l’âge de 15 ans. Il participera notamment à l’attaque de Djidjelli (Gigery). En récompense de ses états de services, il est anobli le 26/4/1665 ainsi que ses fils. Il navigue jusqu’en 1670 mais en 1671 il tombe malade. Il s’en va prendre les eaux à Barèges. Il teste le 21/9/1671 à Dax (maître Cassagne mais document introuvable) et meurt le lendemain. Il est enterré dans la ville le 23/9. II Jean Gabaret : le zénith de la promotion sociale Jean est le fils de Mathurin et de sa première épouse Marie Regnier. Il naît non en 1623 comme certaines sources le disent4 mais le 5/6/1631 à St-Martin de Ré. Il meurt le 26/3/1697 à Rochefort mais sera inhumé le 28 dans l’église de la paroisse d’Angoulins. Il se marie le 16/5/1655 à St-Martin de Ré à Marie Jamon fille du sieur de Jaurelles, procureur fiscal en la baronnie de Ré. La famille d’Oléron est présente: Pierre et son fils Alain capitaines marchands père et frère de Louis. Il se remarie le 7/6/1688 à Longeves à Olympe de Cailhaut5. De son premier lit, il y aura Jean né St-Martin de Ré le 22/1/1656 enseigne de vaisseau puis capucin en 1682; Marie Anne née à StMartin le 16/7/1657 morte en bas age; Jeanne née à St-Martin de Ré le 31/3/1659; Mathurin né à St-Martin de Ré le 20/2/1661 vivant en 1679; Marie Anne née à St-Martin de Ré le 15/6/1664 épouse le 21/ 3/1692 à La Rochelle Jacques Lesmerie d’Eschoisy mais elle mourut peu de temps après la naissance en 1696 de son fils Jean Jacques6; Jules né le 31/1/1666 à St-Martin de Ré mort à La Rochelle le 22/ 1/1746 épouse Anne Bruneau le 18/7/1696 puis Jeannes Desbordes7; Marie Madeleine née à St-Martin de Ré le 23/7/1669, Marie Angélique 25/12/1672 née à La Rochelle abbesse de Sainte-Claire de la Rochelle morte le 7/11/1726. Jean Gabaret est le parrain le 22/1/1653 de Jean Duclan fils de Jacques et de Perrine Verignault. Il teste le 8/5/1653 en faveur de ses 2 frères (Bibliothèque de La Rochelle Mss 1842 minute Moreau année 1653) :
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il divise en 2 ses biens et déclare être de la religion catholique8. En 1655, à son mariage est présent son cousin Nicolas Regnier Du Clos capitaine de vaisseau, madame Bremeux sa femme, ainsi que les Gabaret d’Oleron Pierre et son fils André. Jean commence à servir sous son père sur un navire de guerre alors qu’au même âge son père servait sur navire marchands. Il est nommé capitaine de vaisseau 26/3/1653 (Source Laffilard) à l’âge de 22 ans ce qui est jeune pour l’époque (l’âge moyen à la nomination de capitaine de vaisseau au cour de la période 1643-1669 est de 32-33 ans). Il effectue plusieurs campagnes. En 1666, il est capitaine du SaintPhilippe ; en 1667 de la Vierge et en 1670 du Charente. En 1672, il est capitaine du Foudroyant. A bord de ce navire il se distingue aux batailles de Solebay (7 juin 1672) et de Schooneveldt (7 juin 1673). Il sera accusé lors de cette dernière bataille par Valbelle de ne pas être monté sur le Deventer, un navire hollandais. Il sera acquitté. Seignelay écrira pare la suite « Il a tout fait ce que l’on pouvait attendre de lui, et c’est le seul qui ait abordé un vaisseau ennemi. Il a remporté par là une grande réputation parmi les Anglais et je crois qu’il mérite quelque récompense ». Ce sera fait : il sera nommé chef d’escadre de Normandie le 16/12/1673. Le 3 janvier 1674 il reçoit du roi une pension de 2000 livres tournois ainsi que Preuilly d’Humières, Chateaurenault et Valbelle. En 1674, il patrouille dans la Manche et en 1675 commande la marine à Rochefort. En 1676 il participe à la campagne méditerranéenne de Duquesne. De 1677 à 1682, il mène plusieurs campagnes de protection de navires marchands en Méditerranée et dans les Antilles. En 1683 avec Preuilly d’Humières il porte secours au roi du Danemark. Il commande la marine à Rochefort en 1681, de 1682 à 1686 et en 1688. C’est au cour de la Ligue d’Augsbourg qu’il va acquérir le surnom de « Grand Gabaret ». En 1689 à bord du Saint Michel, il dirige l’avant-garde de la flotte sous la direction de Chateaurenault. Cette flotte est chargée de débarquer des troupes en Irlande pour soutenir Jacques II. Or la flotte française rencontre celle anglaise dirigée par Herbert à Bantry Bay. Le combat a lieu le 11 mai. Cela fut plus un engagement indécis qu’une franche victoire française. Le 1er novembre de la même année, Jean Gabaret est nommé lieutenant général des armées navales. Il participe ensuite aux batailles navales de Bévezier en 1690 sur l’Intrepide et à celle de Barfleur en 1692 sur la Perle ou il seconde Tourville. Mais en 1693 Lagos, il manœuvre
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mal et empêche une victoire totale sur le convoi anglo-hollandais. A la suite de cela, il ne naviguera plus. Il commandera alors la marine à Rochefort en 1694. Il sera fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis à la création de l’ordre en 1693 puis commandeur en 1696. III Nicolas et Mathurin II Gabaret et les autres Gabaret marins Nicolas commence sa carrière en mer auprès de son père et de ses frères comme on l’a vu. Il sera ainsi en 1665 lieutenant sur l’Etoile. Mais en 1667 il signe une quittance comme capitaine au régiment de Provence et en 1669 comme capitaine au régiment royal des Vaisseaux. Il se marie le 10 avril 1673 à la paroisse Saint Barthelemy de La Rochelle avec Marie Anne Grassineau. Il devient gouverneur de la Grenade en 1680, puis de la Martinique en 1689 et de Saint-Domingue et de la Tortue en 1711. Il meurt à Saint Domingue en 1712. Mathurin II seigneur des Marais né le 4/1/1644 mort le 1/11/1673 sur le navire le Vigilant. Après avoir débuté sous son père, on le retrouve en 1663 enseigne de vaisseau sur le Mercoeur, en 1665 sur la Royale. Lieutenant en 1666 sur le Jules, il deviendra en 1667 capitaine. Il dirige en 1668 la Princesse. Il participe à l’escadre de Perse parti en 1671. Une source indique qu’il meurt à Trinquemale en mai 1672 comme François Thiballier-Thurelles ainsi que Charles Certaines. Toutefois, en 1673, Mathurin II prévoit de se marier avec Jeanne Elisabeth Le Maignan famille nantaise installé à Oléron, il avait assisté au baptême de Louis neveu de Jeanne en 1670. Mais le 1/11/1673 sur le Vigilant il rencontre un navire de guerre espagnol et ne sachant pas que la guerre est déclarée, ils se battent près du Cap Prior. Mathurin II Des Marais ou Desmaretz meurt avec quelques autres officiers. Il possédait 1/3 d’Angoulins, 1 maison à La Rochelle, des marais salants à Ré et Angoulins, des navires avec ses frères et quelques bijoux. Il existe d’autres Gabaret qui ont servi comme marins. Dans son livre Enrique Otero Lana cite page 403 un Dionisio Gabaret ou Gabarret capitaine d’un corsaire espagnol en 1627. On a croisé aussi ce François Gabaret. Celui ci apparaît comme on l’a indiqué comme capitaine des vaisseaux du Roi en 1625 et 1633 et par la suite il croisera de nombreuses fois Mathurin Gabaret. Un document de 1656 indique qu’il a eu une fille de sa maîtresse. En 1636 il commande la frégate Gascogne 120 tonneaux. 1637 A la bataille de Leucate François
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Gabaret dirige la frégate La Mignonne. Une autre source indique un Gabaret le Petit ( ?). 1647 François commande alors l’Eminent. Il se rangera parmi les Frondeurs en 1650-1652. Il y a aussi ce Simon de Gabaret seigneur de Coustire fils d’Antoine et d’Anne de Rouch (Fouché selon Michel Vergé-Franceschi) né en Ariège mousquetaire qui demande son entrée dans la marine en 1676, épouse en 1690 Marie de Belair fille de Pierre capitaine de vaisseau. Il meurt en 1697 avec le grade de capitaine de frégate qu’il occupe depuis 1694. Il a le soutien de Jean Gabaret. Il y a aussi Jean Jacques Gabaret né en 1666 fils de Simon de Gabaret seigneur de Clarette et de Catherine de Vigier qui devient garde de la marine en 1682, pour servir ensuite dans l’infanterie. Ces personnages réalisent des carrières brèves souvent sans éclat. Ce n’est pas le cas de Louis Gabaret. Celui-ci est né vers 1634, un contemporain donc de Jean. Il appartient à la branche des SaintGeorges d’Oléron. De ses débuts en1647 jusqu’en 1659 il sert sous Mathurin excepté la période corsaire de 1653 à 1657. Il serait lieutenant de vaisseau en 1660. En tout cas, il occupe cette charge sur le Terron en 1662. Après avoir effectué deux campagnes en Méditerranée, il part en 1664 sur la Marie pour Cayenne amener des colons, des munitions et des vivres. Le 31 mars 1665 il est confirmé dans son grade de lieutenant de vaisseau. Le5 septembre 1666 il obtient une commission de capitaine de vaisseau. Il dirige en 1666 la Diligente et se trouve dans la flotte sous le commandement du duc de Beaufort. En 1668, capitaine de la Vierge il est envoyé à Amsterdam afin de surveiller la construction de navires pour le Roi. L’année suivante il croise dans la Baltique puis en 1671 capitaine du port de Rochefort. Durant la campagne de 1672-1673, il est de toutes les batailles et s’y distinguer. En récompense, le roi lui offre des pensions mais aussi l’anoblit en juin 1673. Il participe à la campagne de Duquesne en Méditerranée mais en 1677 il meurt des suites des blessures reçues devant l’attaque de Tabago. Il laisse une veuve Louise Auboyneau et trois enfants : - Louis 1669-1706 mort devant la Havane en tant que capitaine de vaisseau ; - Louise mariée à Morel d’Aubigny et mère du vice-amiral comte d’Aubigny ; - Pierre v 1674/75-1744 qui sera chef d’escadre en 1736.

IV Patrimoine d’une famille de marin La famille Gabaret n’est pas pauvre. Elle possède et acquiert plusieurs biens fonciers : la seigneurie de La Gabare ou Gabaré, le château de St-Martin ou maison de la Clerjotte, l’hôtellerie à l’Enseigne du Chêne Vert, au terrain des salières une villa nommé terroir des Gabarettes. La Clerjotte sera achetée à Jean Jamon des Jarnielles qui l’avait du marquis de La Clerjotte un protestant qui prêta sa demeure au duc de Buckingham en 16279. Cette propriété sera vendue par Jean avant 1675 à la fabrique de l’église Saint Martin de Ré. Le Chêne Vert est grevé d’une rente de 100 pour Gabaret et ses héritiers et sera vendu à Antoine Germignac pour 2000 livres avec la rente. Jean réalise plusieurs acquisitions. Le 16/2/1663 il est chez le notaire Alexandre Demontreau pour régler l’achat de marais salant acheté par devant Rochard notaire en l’île de Ré le 23/1/1657 ( ?). Il paye les 1087 livres 10 sols restant de l’amortissement de l’acquisition à Jean Geoffroy cabaretier à La Rochelle et sa femme (Minute Demontreau 3E320 F°30-31). Le 10/7/1667 Jean ou Mathurin achète une maison pour 5150 livres (Bibliothèque Municipale de La Rochelle, Fonds Kemmerer, manuscrits 1358 f°62). Mais l’achat sans doute le plus important est celui effectué par Mathurin qui peu de temps avant sa mort en 1671 acquiert la seigneurie Angoulins sans doute afin de compléter son rang de noble10. Cela sera complété en 1673 par l’acquisition par Jean Gabaret de l’hôtel du Pourtant le 20/1 qui devient en 1675 la seigneurie de Ceuzay. Ce patrimoine foncier est complété par des investissements maritimes. Le 10/12/1641 acte entre Cadot et Mathurin Gabaret (Carbonnet dit difficile à lire mais il est mentionné 300 billots de pierres de St..). Le 17/2/1653 Mathurin vend à La Rochelle un navire de près de 90 tonneaux pour 1800 livres à Guillaume Marian marchand de La Rochelle et Guillaume Cockril anglais résidant à La Rochelle (Minutes Moreau 1842 F°159-160). 1655 le 6/11 il donne procuration à Paul Girard marchand de La Rochelle avec qui il possède une barque la Mariaquesse prise par les biscaïens afin de racheter la barque. Archives Charentes Maritimes B 5663 pièce 69: document du 2/6/ 1657 comment faire les prises, les coutumes des partages par Ithier Guillon et Mathurin Gabaret. En 1662 le 15/3 acte entre Jean Gabaret et Jean Jamon concernant le
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navire la Paix (Archives Charentes Maritimes B 203) et le 17/2/1663 pour ce même navire avec Jean Jamon, Pierre Veidon capitaine acte chez Teuleron (Minutes Teuleron 3E1301 et B202 f°17). Le 4/9/1671 il vend la Marie (Charente-Maritime B5670 pièce 212). 1681 le 17/6 Jean conclu une affaire avec Pierre Simonneau charpentier pour un devis concernant la construction d’un brigantin dont le coût est de 2700 livres. Conclusion La marine française de l’ancien régime, la « Royale » comme l’on désigné les républicains est constituée de faits et d’acteurs qui restent fortement ignorée par le reste de la population. Des travaux récemment sur des officiers méconnus comme Ducasse ou Cassard par Hrodej ou certains plus célèbres comme Tourville et Bart révèlent de multiples facettes sur les personnes et l’environnement marin. Toutefois certains restent encore méconnus même auprès de spécialiste comme Montade, Thurelles, Des Augiers. Des zones d’ombres subsistent du fait des sources incomplètes ou de l’existence d’homonyme ce qui complique la tâche pour rétablir la vérité. Nous avons essayé dans cet article de présenter la famille Gabaret. Ceci n’est pas exempt d’erreur. Des travaux ultérieurs ainsi que la diffusion de certains ouvrages pourront combler cela. Un parallèle intéressant serait à faire avec la famille Forand tout aussi proche et si différente. Au moins parmi les points en commun aucun navires de guerre français n’a porté le nom de Forand ou de Gabaret, tout comme il n’y pas eu de Ducasse malgré le service rendu. Bibliographie Abbé Michel Devert “ Mathurin Gabaret chef d’escadre 1600 (?)1671 ”, édité en 1994, par Michel Devert, 40170 Mezos, 123 p, ill. C’est un résumé du livre de René Carbonnet “ Mathurin Gabaret 1600-1671 ”, René Carbonnet, 1987, Aulnays-sous Bois. Autre livres de Carbonnet “ Jean Gabaret 1631-1697 lieutenant-général ” 1992 et “ Mathurin II Gabaret capitaine de vaisseau 1644-1673 ” 1997. Moreau (Jean-Pierre), Pirates. Flibuste et Piraterie dans la Caraïbe et les Mers du Sud 1522-1725, Tallandier, 2006, 478 p.
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Villette-Mursay (Philippe), Mes Campagnes de Mer sous Louis XIV, introduction et présentation par Michel Vergé-Franceschi, Tallandier, Paris, 1991, 465 p Vergé-Franceschi (Michel), Les officiers généraux de la marine royale, thèse de doctorat d’Etat es lettres, Paris X-Nanterre, 1987, éditée à la Librairie de l’Inde, Paris, 7 volumes, 3547 p, 1990. Garnier (Hubert), « Marins de France au combat 1610-1715 », France Empire. Barazzutti (Roberto), “ Les officiers de la marine de guerre française au milieu du XVIIe siècle (1643-1669) ”, Chronique d’Histoire Maritime, I-1999, n°39, p 13-20. Barazzutti (Roberto), « Deux campagnes de course en Amérique dans les années 1650 : le capitaine Mathurin Gabaret et le chevalier Thimoléon Hotman de Fontenay » article consultable en ligne à l’adresse suivante «http://www.geocities.com/trebutor/Livre/3F/ 0311barazzutti.html» Barazzutti (Roberto), «Job Forant quelques précisions sur un marin méconnu! «Chronique d’Histoire Maritime. Mars 2005 n° 57-58 p 15-24. Le site le Diable Volant tenu par un érudit de la flibuste, Raynald Laprise et des informations transmises généreusement par Jacques Gasser. Notes Ces informations sur le début de carrière de Mathurin Gabaret n’apparaissent pas dans les listes établis en 1748 par Laffilard. 2 On désigne ainsi un petit navire rapide. 3 Voir dans la bibliographie. 4 Hubert Granier dans son livre Marins de France au combat 1610-1715 tome 2 et Michel Vergé-Franceschi, Tome 1 de sa thèse sur les officiers généraux. Toutefois ce dernier corrige cela dans son dictionnaire des personnages qui est en annexe des Mémoires de Villette-Mursay. 5 Elle est veuve d’André de Mazières seigneur de la Cave et de Voutron. Une autre source indique comme date de mariage 1678. Elle serait une huguenote mal convertie ce qui amènera quelques soucis avec Seigneulay. 6 Jean Jacques, né le 2 février 1696 est baptisé le 13 ou 18 juin 1696.
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Sa mère est dite alors décédée. Son parrain est Jean Gabaret et sa marraine Marie Anne Grastineau ou Grassineau. 7 Jules sera enseigne de vaisseau en 1682 puis lieutenant en 1689 et capitaine en 1693. Il se fait appeler le marquis d’Angoulins. Mais suite à un duel il lui est interdit en 1696 de porter son grade. Il se réfugie en Espagne ou il serait maréchal de camp de Philippe V. Ayant perdu une jambe au siège de Gibraltar en 1705, il serait mort peu de temps après selon Saint Simon. Pour Beauchet-Filleau et le dictionnaire de biographies françaises il serait rentré en France vers 1710-1716, serait nommé maréchal de camp en 1719 avec rang au 10/12/1710 et mort en 1746. 8 Cela pose le problème avec le fait que selon les historiens la famille serait protestante. Michel Vergé-Franceschi indique qu’il se converti en octobre 1689 d’ou sa promotion de lieutenant général. 9 Dans sa thèse sur les officiers généraux, Michel Vergé-Franceschi indique que cette terre avait appartenu à un frère de Mathurin mais qui étant protestant la vendit au sieur Jamon. La même allégation se trouve dans Huebrt Garnier. 10 Ici Michel Vergé-Franceschi se trompe quand il écrit dans sa thèse que cela provient de la dot d’Olympe Cailhaut.

Buste en marbre de Jean de Gabaret, écuyer, seigneur d’Angoulins de 1672 à 1697, par Chrystophe Veyrier. Il pourrait aussi s’agir de son père Mathurin. (Musée du Louvre, Paris - Cliché R. Michaud)

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LA PÊCHE À ANGOULINS EN 1727 : PUBLICATION DU PROCÈS-VERBAL DE L’INSPECTEUR DES PÊCHES
par Denis Briand et le concours de Denis Lieppe

Dans le second quart du XVIIIe siècle, François Le Masson du Parc, inspecteur général des pêches du poisson de mer, fut envoyé par ordre du Roi sur tout le littoral atlantique afin de comprendre les problématiques inhérentes à l’exploitation des ressources halieutiques. Le manuscrit de son inspection “paroisse après paroisse” est un document tout à fait exceptionnel. Nous le confirmant, Denis Lieppe, chercheur titulaire à la Sorbonne, nous indique que ces procès-verbaux de visite constituent non seulement un inventaire mais également une description sans équivalent des engins, outils et techniques de pêche. - Notons, au passage, que ce chercheur publie, dans un ouvrage à paraître en septembre 2007, l’ensemble des procès-verbaux concernant la pêche maritime sur les côtes du ressort des amirautés de Marennes, La Rochelle et des Sables d’Olonne, sous le titre : «Pêches et pêcheurs du domaine maritime et des îles adjacentes de Saintonge, d’Aunis et du Poitou, du nord de Bordeaux au sud de Nantes, au XVIIIe siècle» -.
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Briand, D. - Lieppe, D. / La pêche à Angoulins en 1727...

Dans les archives, nous retrouvons les travaux de François Le Masson du Parc parmi les collections des archives centrales anciennes de la Marine déposées aux Centre Historique des Archives Nationales à Paris, précisément aux pièces 18 à 24 de la série C5. Dans le détail de ce témoignage unique, trois folios nous intéressent tout particulièrement puisqu’ils concernent Angoulins. Voici ce que l’on peut en dire : En premier lieu, cette visite nous renseigne sur l’existence de deux types, bien déterminés, de pêches pratiquées sur le littoral angoulinois au début du XVIIIe siècle : la première, de loin la plus répandue, s’effectue à pied, qu’il s’agisse de la pêche de poissons au filet, ou de la pêche à la crevette pratiquée à la treille. La seconde est une pêche bien plus confidentielle puisqu’elle se pratique dans une enceinte maritime privative appelée écluse. Ce type de pêche, que nous nous sommes déjà employés à décrire plus en détail, consiste à emprisonner le poisson à marée descendante dans ces parcs délimités de murs de pierres sèches. A leur extrémité, des paniers tressés appelés bourgnes sont disposés afin de prendre le poisson. Disposées sur la banche, ces écluses enclavent donc une large portion de l’estran angoulinois. Le marché des ammodiations, révélé par nos dépouillements de minutes notariales, nous renseigne très bien sur le mode de faire-valoir indirect de ces pêcheries, attesté d’ailleurs ici par les différentes mentions d’occupation. Mais mis à part quelques vagues données dans ces actes de fermes d’écluses, aucune information géographique ne nous était alors connue pour l’Ancien Régime. Le document que l’on doit à Lemasson du Parc est donc, à ce titre, très précieux puisqu’en comparaison d’avec la cartographie que l’on connait de ces pêcheries pour le XIXe siècle, ce témoignage tend à nous apporter les informations nécessaires à la détermination des plus anciennes écluses connues à Angoulins. Mieux encore, la sixième d’entre elles nous donnerait une clef très précieuse concernant la localisation du port dit de “La Chenau neuve”, havre méconnu et disparu mais que nous n’avions pourtant pas hésité à placer à l’embouchure du coi de St-Jean-du-Sable dans un précédent article... Ce procès verbal ouvre donc de larges et belles perspectives de travaux à mener autour de la pêche à Angoulins, qui, au demeurant, reste très
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mal documentée avant le XXe siècle. Mais voyons sans plus tarder ce texte, avec ici restituée, in extenso, la partie du procès-verbal de 1727 qui concerne notre village (nous remercions d’ailleurs Denis Lieppe pour nous avoir communiqué la transcription de cet extrait) : Ayant fini nostre visite chez les pescheurs de Chastelaillon, nous, commissaire inspecteur susdit, suivi et guidé comme dessus, descendant le long du platin de sable aux bords de la mer, sommes venus dans la paroisse d’Angoulin. Il y a à la vérité un bateau mais toutes les pesches qui s’y pratiquent se font à pied, la coste commençant à devenir ferré et couverte de roches. Et ayant fait venir le sindic des matelots, nous nous sommes transportés avec luy dans les maisons des pescheurs où nous avons trouvé seulement des touillaux, des seines et des treuilleaux. Les folles ou rets à touils sont les vrayes demies-folles, ayant toutes le calibre diminutif des folles de l’ordonnance. Il y en a de trois sortes. Les plus larges mailles ont quatre pouces six lignes en quarré, les moyennes quatre pouces trois lignes et les plus serrées seulement quatre pouces aussy en quarré. Les mailles des seines que nous avons pareillement trouvées estre hors de service comme celles des pescheurs de Chastelaillon et dont ceux d’Angoulin nous ont assuré qu’ils ne se servoient plus depuis la deffense à eux faite par les officiers de l’amirauté de La Rochelle sont de trois diverses grandeurs. Les plus larges n’ont que huit lignes, les autres sept lignes et les plus serrées six lignes seulement en quarré. Les pescheurs ont aussy des trulots ou treuilleaux pour faire la pesche des chevrettes ou de la santée. Les mailles des sacs sont de trois sortes, depuis cinq lignes en diminuant jusqu’à trois lignes seulement. Ce sont ceux qui font les pesches comme les pescheurs d’Angoulin qu’ont peut nommer proprement des pescheurs de pied et comme ils sont voisins de La Rochelle, la plus part des pauvres gens s’occupent à cette pesche dont le produit qu’ils en retirent à la ville leur aide à payer une partie des tailles dont ils sont surchargés. Il y a à Angoulin huit écluses ou parcs de pierres de la même forme que ceux que nous avons trouvé autour de l’isle d’Oléron dont quelques25

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Briand, D. - Lieppe, D. / La pêche à Angoulins en 1727...

unes sont abandonnées et d’autres sont louées à des pescheurs qui les font valoir et attendu que la marée étoit alors montante, nous n’avons pu nous transporter dans ces écluses. Elles ont à la passe ou à l’égout des bourgnes et bourgnons comme nous en avons vu aux autres écluses, à la di fférence que le bout de la tonne ou bourgne qui s’engage dans la bourolle ou le bourgnon est placé sur le terrain et tout à plat, en sorte qu’il n’en peut pas résulter le même abus qu’aux gorres ou écluses dont les tonnes et l’égout des bouteilles sont élevés de quelques pieds au-dessus du terrain, en sorte qu’il s’en trouve quelques unes qui sont souvent élevées de deux à trois pieds au moins. Ainsy tout le fray qui a entré avec la marée dans la pescherie n’en peut jamais sortir. Comme il se trouve dans ces écluses des fosses ou claires où il reste toujours de l’eau, les pescheurs y font la pesche des chevrettes avec leurs petits treuilles. La première des écluses d’Angoulin allant de Chastelaillon à La Rochelle est placée sur la platerre du Ché, appartient au sieur Massé d’Angoulin, est occupée par le nommé Monier et néanmoins tombe en décadence. La deuxième écluse ou parc de pierres est placée au S.S.O. de la première, appartient au sieur Desmoulins, conseiller à La Rochelle, est occupée par le nommé Gigot. La troisième écluse ou pescherie de pierres sèches est joignant de la précédente, appartient à la dame Belletote et est occupée présentement par le nommé Simon Brisson. La quatrième écluse joignant encore la précédente appartient au sieur Gabaret, capitaine de vaisseau, est encore occupée par ledit Brisson. La cinquième écluse, voisine et contigue de la précédente, placée au S.S.O. appartient au sieur Curé d’Angoulin, est abandonnée. La sixième écluse ou parc de pierres est placée par le travers du port de Chenau, appartient au sieur Braguie, est abandonnée. La septième écluse est placée dans le platin de Chastelaillon visà-vis l’abbaye ; est nommée la petite Borgne ; appartient au sieur commandeur de Langon et est actuellement occupée par le nommé Henry Bessons. La huitième et dernière écluse d’Angoulin est joignant et contigue de précédente ; est nommée la grande Borgne ; appartient audit sieur commandeur et est occupée par ledit Bessons.
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Il y avoit encore autrefois sur cette coste diverses autres écluses qui ont esté abandonnées par les propriétaires depuis plus de quarante années. Ceux qui tiennent les pescheries du commandeur de Langon luy payent chaque année quinze livres pour chacune. Après laquelle visite finie, nous, commissaire inspecteur susdit, suivi et guidé comme dessus, sommes venus en la paroisse d’Estrées.

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L’INVENTAIRE DES MEUBLES ET ORNEMENTS APPARTENANT À LA FABRIQUE D’ANGOULINS (1691)
par Denis Briand

Le 12 avril 1691 le notaire de la baronnie de Châtelaillon vînt en la paroisse et châtellenie (1) d’Angoulins : A la demande de Michel Besson, premier fabriqueur (2), et de François Sauzeau, second fabriqueur, et en présence du prêtre curé d’Angoulins, René Loretz, André Cellier procéda à l’inventaire des “meubles et ornements servant à l’église de la paroisse d’Angoulins et qui appartiennent à la fabrique (3)”. Cette minute est plus que précieuse. En effet, du fait que les archives de la fabrique d’Angoulins pour l’ancien régime ne nous sont malheureusement pas parvenues, notre connaissance du mobilier décoratif et liturgique, pour cette période donnée, demeure assez lacunaire. Seuls quelques comptes-rendus de visites paroissiales peuvent nous éclairer. Vous allez le constater, l’inventaire que nous vous livrons ci-dessous est d’un apport rare, notamment en raison de la profusion de détails qu’il présente : Premièrement, un coffre de bois de chêne fermant à clef. A l’intérieur, s’y est trouvé une croix de cuivre, une bannière (4) de camelot (5) rouge ornée d’une croix de taffetas blanc, deux chandeliers de cuivre
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Briand, D. / L’inventaire des meubles et ornements appartenant à la fabrique...

assez grands et forts massifs, six chandeliers de noyer et un petit crucifix de cuivre dans une croix de bois. Sur le tabernacle, repose une petite croix d’étain. Puis sont mentionnés, au-dessus de l’autel, trois méchants tableaux. L’inventaire se poursuit en listant deux nappes ouvrées, six nappes plénières (6), une autre petite nappe pour servir aux communiants, six essuie-mains dont quatre sont usés. Sont mentionnés : un devant d’autel en taffetas rayé rouge, blanc et vert avec les parements des deux crédants (7) de même étoffe pour pendre au bout de l’autel, un autre devant d’autel rouge rayé de couleur d’aurore avec les parements de même étoffe pour mettre aux deux crédants. Suivent un linge plus long que large garnit à l’entour de toile et au-dedans d’ouvrage de fil à l’aiguille, un tour de dentelle de la longueur de l’autel et qui descend du haut en bas des deux bouts de l’autel. D’autres devant d’autel : un de moquette blanche, rouge et verte avec les deux parements de crédants de même étoffe ; un de satin couleur feuille morte ; un de damas blanc avec une frange se soie rouge et blanche et au milieu avec deux croix couronnées qui sont audessus de la frange ; un de toile brodée de soie rouge. Sont cités encore : une petite serviette ouvrée avec une croix dans un rond de fil au milieu, quatre pièces de toile avec une frange de fil blanc pour garnir le poêle (8) à porter le Saint-Sacrement, et une autre pièce de toile qui sert de ciel au dit poile ; une autre pièce de toile d’environ trois aulnes en partie de fil de broderie ; une autre pièce de toile qui a servit de pavillon à mettre sur l’autel qui est après derrière le tabernacle ; deux pavillons (9) à mettre sur le tabernacle, un de camelot violet garni de galon rouge et de frange couleur de citron, et un de moquette blanche, verte et rouge avec son galon de frange de même couleur ; quatre aubes (10), deux grosses sans dentelles, et les deux autres plus fines qui ont de la dentelle ; une autre aube de toile fine avec une dentelle ; deux surplis (11) de baptiste (12) sans dentelle : un fort usé et l’autre neuf avec de la dentelle devant ; un autre surplis en deux pièces qui n’a qu’une manche ; un devant d’autel de camelot violet fort vieux qui sert à couvrir l’autel ; plus un ciboire (13) d’argent doré, un soleil (14), deux calices (15) aussi d’argent doré par le dedans ; plus un missel (16) et deux autres forts usés ; plus trois livres à chanter : un psautier (17), un graduel (18) et un antiphoine (19) ; deux rituels (20) l’un à l’usage de La Rochelle et l’autre à l’usage de Bordeaux ; plus un morceau de métal de la cloche pesant
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environ 7 à 8 livres ; plus neufs chasubles (21) avec leurs étoles (22) et manipules (23) : un d’orfroi (24) à fleurs, deux de moquette rouge, blanche et verte, une noire, une violette, une de satin vert à petites fleurs, une rouge de camelot les deux dernières en camelot l’une l’autre en taffetas à fleurs ; plus sept voiles (25) : deux de moquette rouge, blanche et verte ; un de taffetas rouge ; deux de taffetas vert : un avec une frange blanche et verte et l’autre garni de petit galon mêlé de blanc, noir et vert ; un noir ; un violet. Enfin, quatre ceintures pour ceindre l’aube ; deux boîtes de fil blanc à mettre le pain, cinq corporaux (26) et environ deux douzaines de purificatoires (27). Plus deux enfils de métal pesant environ dix livres, un panier pour porter le pain béni, un tenébrier (?) couleur noire. Plus une petite charpente pour faire une chapelle pour le jeudi Saint ; une brunette (?) de drap noir ; le poile à porter les Saints Sacrements ; deux bassines de cuivre pour faire la quête dans l’église et finalement deux coissines (?) de moquette à mettre sur l’autel. (1) Angoulins est érigé en châtellenie depuis 1615 date à laquelle, dans le neuvième de la baronnie de Chatelaillon divise, à été créée la seigneurie d’Angoulins et de Jousserant - (2) membre de la fabrique - (3) conseil de laïcs chargés d’administrer les biens paroissiaux d’Angoulins. Par extension ce mot désigne l’ensemble des biens appartenant à l’église. (4) étendard religieux - (5) étoffe de poil ou de laine -(6) entières- (7) comprendre «crédences» c’est à dire les petites tables près de l’autel où l’on dépose les burettes - (8) dais - (9) petite tour d’étoffe - (10) long vêtement de toile blanche que portent les prêtres sous la chasuble - (11) vêtement de toile blanche plissée - (12) comprendre «batiste» : toile de lin très fine - (13) vase pour les hosties- (14) désigne un ostensoir - (15) vase sacré qui sert pour la consécration - (16 livre des prières dites par le prêtre - (17) recueil des psaumes/cantiques- (18) recueil de versets qu’on disait ou qu’on chantait - (19) comprendre «antiphonaire» : livre d’église qui contient les antiennes (verset qui se chante avant et après le psaume) - (20) livre qui contient les rites - (21) vêtement du prêtre porté en ornement sur l’aube - (22) ornement en forme de bande - (23) ornement au bras du prêtre - (24) étoffe tissue d’or - (25) pièces d’étoffes diverses- (26) pluriel de corporal : linge sacré qui reçoit les petits morceaux d’hostie - (27) linge pour essuyer le calice
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PNPSHA n°3, troisième trimestre 2007

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