Notes et schéma synoptique pour tenter de servir à la localisation du Castrum Allionis

Description de la forteresse médiévale de Châtelaillon Essai de détermination des éléments constituant le castrum et son environnement proche Protection des voies d’accès : l’exemple du donjon de Lileau.

Description du castrum

A

une représentation de l’ensemble perdu. Voici ces documents : La chronique de Richard (135), traduction de Michel Lemoine. «L’an 1130 de l’Incarnation du Seigneur, sous le règne en France du roi Louis, fils de Philippe, et le pontificat du pape Innocent, Guillaume, Duc d’Aquitaine et Comte du Poitou, frère de Raymond, prince d’Antioche, après avoir rassemblé frauduleusement des soldats à

vant de tenter de localiser physiquement l’entité féodale du Châtelaillon englouti, attardons nous un instant à décrire ce site : le récit d’un moine bénédictin du XIIe Siècle, deux gravures du XVIIe siècle, le rapport d’un historien rochelais ainsi que quelques mentions d’archives nous aiderons à nous forger

Châtelaillon, assiégea à l’improviste le camp lui-même. Celui-ci fut assiégé par terre et par mer aux ides d’Août. Isembert, prince de ce château, se voyant encerclé par un siège soudain et privé de ses soldats, éprouva une vive crainte. Il fut ordonné de dresser des tentes en hippodrome, depuis l’église SaintRomard jusqu’à l’entrée de la Porte de Poitiers, qui regarde vers l’Est. Vers le sud, le siège fut établi sur le

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Source : Carte postale collection Briand.

(fig.1, page ci-contre) “L’antienne forteresse de ... dicte le château de César comme il se voit à présent” par C. Chastillon. 1604.

littoral par ceux qui habitent au bord de la mer et ceux qui étaient venus avec une embarcation à l’aide du Duc. Ils établirent malgré tout leur siège depuis la porte susdite jusqu’à la porte des poissons, qui regarde du côté d’Oléron. Ce château est placé au-dessus de l’océan et est dépourvu de rivières, de forêts et de sources, à l’exception d’un seul puits situé à l’extérieur des remparts, au pied de la colline, et dont le nom est Pelenerte. Certes, dans ce château il y a de nombreux puits, mais leur eau n’est pas potable. Le château lui-même est fortifié de murailles et de tours, si bien qu’il ne craint guère les assauts des machines ou les attaques humaines, et qu’il est jugé impossible à prendre par des ennemis extérieurs, pour peu que ses habitants, pourvus de pain et d’eau, veuillent le défendre.» Les gravures de C. Chastillon Objet d’une estampe autrefois très controversée, le site médiéval de Châtelaillon se reconnaît désormais indéniablement grâce à l’excellente analyse développée par Pierre Clion (135). Conséquemment à la dissipation de ces doutes, nous pouvons nous appliquer à décrire la représentation. La gravure (136) (fig.1) figure donc la place forte ainsi que son environnement proche tels qu’on les voyait en 1604 : Tout d’abord, le château de César, ainsi qu’il est désigné dans l’intitulé, montre deux donjons. L’un est

assurément roman avec son élévation sur plan quadrangulaire. Aveugle à la base, quelques archères percent ses hauts murs. Il est couronné d’une terrasse ceinte d’un parapet crénelé. L’autre tour, qui lui est accolée, est bien différente puisque cylindrique et nettement plus haute. Elle adopte, pour sa part, un style architectural postérieur (137). Perchés sur un rocher dans un coin du site, ils dominent, d’un côté, la mer, d’un autre un rivage couvert de petites dunes et d’un troisième côté, une cité. Cette dernière, ceinturée de remparts ruinés, semble gardée par une série de tours qui flanquent la ligne des murailles ainsi que par un fossé qui longe le bas de cette enceinte. Dans l’espace fortifié, nous remarquons les vestiges d’une chapelle romane voûtée en berceau et renforcée d’arcs doubleaux (138). Toujours intra muros, dans le fond de la vue, une demi-douzaine de toits d’habitations apparaissent bien distinctement. Une seconde agglomération se trouve hors les murs, au pied même de l’escarpement de la forteresse. Composé d’une vingtaine de maisons hautes, ce hameau est comme partagé en deux par une voie centrale. Sur le côté, un chemin sinueux rejoint le château. Il vient d’une église que l’on observe au premier plan. Celle-ci est en forme de croix latine et possède un petit clocher carré accolé à l’un des bras de son transept. Un détail figurant sur une seconde gravure, dite de Sainct-Vivian (cf ci-

contre) (139), montre les mêmes lieux mais sous un angle différent. Notons que cette représentation, aussi signée par C. Chastillon, est postérieure à la première étant donné que la chapelle et les habitations intra muros sont déjà tombées à la mer. La vue montre, esseulés, les deux donjons du castrum perchés sur le rocher qui s’avance en mer. Sur la droite se dresse une petite tour. À l’extrême gauche, la petite église hors les murs de la première gravure se retrouve là encore, mais cette fois, sans son toit. Cet état, à cette époque, suggère qu’elle fut probablement détruite au cours des guerres de religions qui ravagèrent l’Aunis aux XVIe et XVIIe siècles. Quelque bande huguenote aura dévasté le lieu dans une fourchette que l’on peut figer entre 1604 et 1616. Ces douze années correspondant à la date de la première gravure -où l’église apparaît en bon état (peut-être déjà réparée de troubles précédents)jusqu’à la date de la mort de Claude Chastillon.

Extrait

‘‘Le château lui-

même est fortifié de murailles et de tours, si bien qu’il ne craint guère les assauts des machines ou les attaques humaines... ’’

(fig. 2) Extrait de la gravure “Sainct Vivian, près de la ville de Tonnay-Charante” par C. Chastillon.

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Source : P. Clion.

Extrait

‘‘les navires

estoient obligés d’abaisser leur teuf et pavillon en signe de soubmission et déférence... ’’

Le texte de l’historien rochelais Amos Barbot (140) “L’Aulnis (...) a heu pour son principal lieu, ville capitale et plus ancienne qui se puisse remarquer de toutes les places, Chastellaillon, à présent bourg désert et ruyné et le plus petit de tous ceulx estant de l’estendue dudit pays d’Aulnis; lequel lieu de Chastelaillon se recongnoist avoir esté ville tant par la veue et estat des lieux qui sont de présent, par les vestiges des ruynes qui en restent et se voyent jusques à ce jour, que par les tiltres et le procès-verbal de la visite qui s’est faicte de l’estat auquel toutes choses estoient il n’y a pas deux cents ans, et en l’année mil quatre cent trente, dont il se trouve des copies en quelque forme probante entre les tiltres qui sont pardevers les seigneurs qui possèdent maintenant le bourg et seigneurie de Chastelaillon ; laquelle ville ancienne de Chastelaillon et première de tout le pays d’Aulnis, selon l’estat de sesdits vestiges et ruynes et le susdit procèsverbal, avec le donjon qu’elle avoit pour sa retraite, retranchement et principale forteresse d’ycelle, qui se remarque aussi, estoient assis sur une motte de terre dont il paroist une partie aboutissant par l’ung de ses fronts à la mer qui l’avoisinoit et bornoit de trop près d’une part, ayant en cette part et descente vers ladite mer un port et havre ou se chargeoient les vins et aultres marchandises pour ledit païs, et de ce lieu se distribuoient ès environs et

provinces voisines, laquelle ville en oultre estoit tellement construicte et composée en son édifice et bastiment ancien, selon ce qui en appert par les vestiges en restant et par la teneur des susdicts procès-verbaux, qu’elle estoit fossoyée de bons et grands fossés de toutes parts, sauf du costé de ladite mer, ladite ville et son donjon ençainte et enfermée de bonnes murailles larges de plus de six pieds d’épaisseur, de cinq à six toises de haulteur pardessus lesdits fossés, ayant, ladite ville qui estoit de trois cent soixante-cinq brasses ou toises en sa grandeur, et ledit donjon qui estoit de soixante toises de circuit, séparé de ladite ville par fossés et pont levis, pour son embellissement et forteresse, quatorze belles et fortes tours pour le temps d’alors, rapportées par ledit procès-verbal ; sçavoir deux au portail de la principalle porte et entrée de ladite ville, du costé du ferme et de la terre, deux aultres à la porte par laquelle on sortoit de ladite ville au port et havre estant au pied et bas d’ycelle regardant le costé de la mer, plus deux aultres tours rondes de grandeur chacune par lededans de trois toises à l’entrée et pont levis pour entrer dans ladite ville dans ledit donjon ou chasteau d’ycelle, à l’ung des coins duquel donjon estoit la haulte et grosse tour qui paroit presque en tout son entier ayant de hault vingt toises, faisant six vingt pieds, et six estages dans les basses fosses d’ycelle, et le dessus de la voulte servant de garde-corps

qui, pour la deffense du lieu estoit fait à quarneaux avec maschecoulis et archières, ainsy qu’estoient les murs qui circuissoient ladite ville et donjon, à l’entour desquels murs estoient toutes les aultres tours, et principallement du costé de ladite mer vers lequel estoyt bastie l’église qui y estoit, le pan de laquelle faisoit ladite muraille audevant de laquelle pour marquer sa supériorité sur le païs et les costes qui en despendent, encore et comme le seul port et havre remarcable pour lors audit païs, tous les navires qui passoient estoient obligés, selon ledit procès-verbal, d’abaisser leur teuf et pavillon en signe de soubmission et déférence, à faulte de quoy ils estoyent arrêtés et amandables ; à l’approche de laquelle ville de Chastelaillon estoit de ce temps là, et qui en despendoit, une cyté pour parler selon le susdit invantaire, nommé Montmélian, qui estoyt entre Chastelaillon et l’isle d’Aix qui en despend et relève aussi, à laquelle cyté et à la dite isle on pouvoit aller par terre et à pied sec, de basse mer, en passant sur quelques pierres, selon que rapportent les anciens ouïs au susdit procès-verbal, et avoir veu gens qui de leur temps y avoient passé, ce qui faict grandement remarquer pour l’ancienne cognoissance du païs, quoy que les choses ne soyent plus ; cette cytée du tout mangée et consumée par la mer, sans marque ne vestige d’ycelle, et ladicte ville de Chastelaillon presque réduicte en mesme estat...”

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Mentions d’archives Un très précieux document du XVe siècle (141) conservé dans le pôle patrimoine de la Médiathèque Michel Crépeau à La Rochelle, dresse l’inventaire des revenus de la baronnie de Châtelaillon. Objet de divers travaux qui l’ont révélé (parmi lesquels nous distinguerons les deux principaux signés par Eric Birrier) ce document nous renseigne, grâce à une lecture très attentive de ses folios, sur une foule de détails qui concernent l’environnement proche de la forteresse. Nous pouvons ainsi apprendre l’existence : - de la garenne proche du château : “deux terres assises sur la garenne près de la tour” - de prisons : ”item les héritiers de Jehan Roy pour ses maisons dudit lieu assises près des vieilles prisons” - de douves : “raymond Bonneau pour son pré assis près des douhes” - d’une barbacane : “la vefve feu Phelippon Garderat, Guillaume Potet, pour leur terre de la Barbecanne” - d’une fontaine : “thomas Doulcet pour une pièce de pré assise sur la fontaine laquelle il fait en pré, tenant d’une part à la terre du curé et au chemin qui va du tombeau à ladite fontaine” - d’un tombeau : “les héritiers de feu Jehan Roy, pour une mothe et bocioux assis près du tombeau” - d’un cimetière : “feu Jehan Roy pour la terre appelé le Cymenterre”.

Localisation du castrum de Châtelaillon
En raison de la lacune des documents et donc sous la contrainte de l’imprécision, historiens et folkloristes ont continûment placé le site fortifié de manière très hasardeuse et sans preuve, soit sur le rocher du Cornard soit sur celui de la Turge. Outre ces vaines tentatives de situation, nous comptons trois véritables démonstrations raisonnées, avec essai de localisation à la clef : ■ D’abord, celle de Gilbert Mathieu, qui en 1955, proposa le site sur le rocher du Cornard (142). ■ Pierre Clion, encore, qui fait référence depuis 1996 avec son Étude sur la topographie du VieuxChâtelaillon (143). Ce travail, fondé en grande partie sur les données des Mémoires géographiques de Claude Masse (144), est, a priori, le plus convaincant car le mieux construit. Il place le castrum sis sur le rocher triangulaire dit de la Turge. Mais ces conclusions demeurent, malgré tout, insatisfaisantes en considération de pertinentes observations portées par Camille Gabet et ce dès 1975 (145) : ■ L’historien, qui liste de nombreux témoignages associant le château ruiné et le chemin de La RochelleRochefort, affirme sans détour qu’il faut “renoncer à croire que la forteresse de Châtelaillon s’élevait à la Turge ou au Cornard”. Toutefois, l’érudit ne put proposer une configuration précise des lieux,

seul un plan de situation publié par J. Flouret précise une localisation approximative. À notre tour nous avons tenté de situer le site féodal. Pour ce faire, nous avons donc reconsidéré le problème à la lumière des éclairages susdits. Aussi, nous avons conservé les séduisantes déductions de C. Gabet, mais encore, de nombreux points des antithèses de Pierre Clion et d’Éric Birrier, autre partisan d’un site campé sur le rocher de la Turge (146). Toutes ces observations, confirmées ou infirmées, ont précieusement servi à la construction de notre propre solution. Cette dernière se résume sur le schéma synoptique qui figure dans les pages suivantes et que nous allons tout de suite détailler point par point. De la sorte, nous tenterons d’établir les raisons ayant motivé l’emplacement des différents éléments de cette cartographie.
Les lettres majuscules et minuscules entre parenthèses renvoient aux deux schémas.

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-51 481 987 1453

Le château (A) Sur une précieuse carte levée par C.Masse (147), une mention manuscrite, annotée près du grand chemin de La Rochelle à Rochefort, nous renseigne sur l’emplacement des “Vestiges de la ville de Chatelaillon” laquelle “l’on tient avoir esté bastie autrefois par les Romains et estoit la principale des costes. En 1680, il y avait encore 5 tours en partie ruinées.” En replaçant, à l’échelle, le trait de côte, de cette carte, sur une

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(fig. 1, page ci-contre) Ruines disparues du castrum, du hameau et de l’église St-Jean. Voies d’accès et environnement proche en 1703. Document extrait de la carte de Claude Masse dite du 21e carré. Source : Service Historique de la Défense, département de l’armée de Terre - J10C 1293 f°10.

carte actuelle, nous pouvons aisément faire figurer le rivage de l’époque de Claude Masse (en jaune continu sur le plan), mais aussi et surtout l’emplacement des ruines citées par le cartographe. Le tracé de cette côte est déterminant puisque, par le truchement des récits et témoignages des contemporains des XVIIe et XVIIIe siècles, nous allons également pouvoir replacer, sur le schéma, la chronologie du délitement du site féodal. Voici de quoi elle retourne : ■ En 1613, Joseph Guillaudeau (148) raconte que “sur les trois heures du matin une quarte partie de la tour de Chatelaillon tomba par terre du côté du chemin”. ■ En août 1628, Jean de Besly narre dans une lettre : “il y aura demain trois sepmaines que je vei les restes de Chastelaillon, qui est encores remarquable par une haute tour, qui ressent bien son antiquité seigneuriale... (149). ■ Près de trente ans plus tard, en 1660, le père Arcère (150) témoigne de la présence des vestiges de sept tours et “de la maçonnerie des fossés du château qui se voyaient encore”. ■ En 1669, Claude Perrault indique “Chastelaillon qui est un petit hameau où il y a un chasteau ruiné qui est sur un coteau qui prend la mer. La moitié d’une des tours estoit tombée dans le chemin dont les pierres estoient jointes ensemble” (151). ■ Masse, lui même, précise en 1680 “on voyait encore les vestiges de tours et de murailles et des fossés profonds

qui les entouraient du côté des terres” (152). Il ajoute dans le même texte “...ce qui reste n’est qu’un tuf noir de 30 à 40 pieds de haut en quelque endroit au dessus du platin de la basse-mer, du moins ce qui estoit en 1680, où j’ai vu encore les vestiges d’une grosse tour du côté du Nord dont partie estoit tombée dans la mer et l’on voioit encore quelques parties de courtines et d’une haute tour avec des murs de bonne massonerie de 7 à 8 pieds d’épaisseur.” ■ Mieux, un acte daté de 1694 (153) relate “...nous estant transportés dans une maison qui est proche du rocher sur lequel estoit construit l’ancien chasteau du-dit lieu de Chastelaillon (...) et ayant considéré le lieu où estoit autrefois construit le chasteau de la baronnie nous aurions remarqué que la mer dans son flux et reflux couvre et découvre le terrain et n’y aurions point apperçu d’autres marques et vestiges du dit chastel que quelques masses de maçonnerie liées ensemble par la chaux et le sable, lesquels nous jugeons avoir servi à faire les voultes souterraines et qui sont restées au bord de la mer laquelle a aussi sappé de telle manière le dit rocher sur lequel estoit étably le dit chasteau que le dit rocher est presque entièrement abbatu et ruiné aussy bien que les maisons qui estoient autour du chasteau, de telle sorte que le dit bourg n’est présentement composé que de 4 à 5 maisons.” ■ À tout cela, on peut rajouter les mots de Masse en 1709 (154) “en 1700 les

fossés de ce château qui le séparent de la partie de l’isle qui subsiste et qui estoient profonds paraissaient encore en partie en leur entier par où estoit le grand chemin de Rochefort à La Rochelle et au grand hyver de 1709 tous les débris de la vieille tour qui estoient dans la mer et le reste de la contrescarpe furent achevés de détruire.” ■ Pour finir, citons une mention tirée du manuscrit de Colin publiée dans les éphémérides de Jourdan (155) à la date du 24 mars 1730 “tomba la dernière des sept tours qui estoient à Chastelaillon. Les six premières avoient été abattues par la mer, qui a miné la terre par dessous ; mais cette dernière est tombée de caducité.” Assurément, tous ces documents et témoignages historient une proximité immédiate entre les donjons et tours du château avec les chemins du XVIIe siècle. Camille Gabet nous invite à considérer que les témoignages ont été accumulés, attestant que les dernières ruines du château féodal se situaient à la fin du XVIIe siècle près de la côte. Les récits de plusieurs voyageurs signalent des massifs de maçonnerie tombés du château sur le vieux chemin de La Rochelle à Rochefort. Ces témoignages sont confirmés par Claude Masse qui positionne sur sa carte les ruines à l’extrémité du promontoire. Tous ces témoignages sont en contradiction avec les légendes, la tradition populaire et un ramassis d’historiettes qui tendent à situer la forteresse à la Turge ou au

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Extrait

‘‘l’histoire de la
fée Mélusine est révélatrice de la prise de conscience du phénomène d’érosion marine...’’

Cornard (156). C. Masse positionna effectivement, sur le bord de la côte qu’il dessine en 1698, les ruines observées par lui et en fit de même pour les chemins contemporains aux témoignages que l’on vient de citer. Étant donné qu’il est inutile de remettre en question la précision et la fiabilité des relevés du cartographe, dont les triangulations s’avèrent tout à fait exactes, nous ne pouvons espérer document plus parlant. Sans contredit, c’est donc au XVIIe siècle, juste après les deux gravures de Chastillon et la carte de Christophe Aytré Tassin (157) que la mer entama les dernières ruines du Châtelaillon médiéval. Les menées naturelles de Marais du l’océan sur les Pont de la Cabane falaises trouvèrent Pierre et de la donc là une fin au véritablebrûlée travail de sape commencé dès le bas MoyenÂge. À cette époque, en effet, la
Marais du Chay

fonction de résidence seigneuriale du château semble déjà abandonnée au profit de la valeur militaire et stratégique du site. Pour cette période, Éric Birrier rappelle que l’histoire de la fée Mélusine, qui serait responsable, selon la légende, de la destruction du Château, à la fin du XIVe siècle est donc très révélatrice car elle témoigne sans aucun doute de la prise de conscience du phénomène d’érosion marine qui avait déjà commencé son oeuvre (158). Les voies d’accès menant au site Calqués principalement sur la carte de Claude Masse, les chemins menant à la forteresse et que nous faisons figurer sur le schéma ci-dessous, ont fait preuve, par ailleurs, de leur indiscutable ancienneté. C’est pourquoi, nous nous contenterons
Salles/mer
Le Grand marais

Angoulins

St-Jean-du-Sable

Séchebouc
Marais de Séchebouc

simplement de les énumérer. Tout d’abord nous observons, dans l’axe Nord-Sud, la fameuse route “de La Rochelle à Rochefort” (a) qui empruntait le sable ferme du platin. Elle se dédoublait en un autre tracé (b) qui contournait les dunes au sud et au nord et les traversait au centre (159) assurant ainsi une autre possibilité de cheminement lors de la marée haute. Un second accès, au nord-est, était, lui, assuré par le chemin du cimetière des Sables (160)(c) passant par le HautRillon. Ce chemin venait d’un côté de Saint-Jean-des-Sables via l’îlot de Séchebouc par le vieux cordon littoral et de l’autre du “continent”. Côté Est enfin, un axe venant de PortPunay (e) passait au sud du prieuré Saint-Romard. Il rejoignait l’antique chaussée venant d’Angoute (161)(d) dite voie de Poitiers et ce, avant la falaise actuelle. Ne faisant plus qu’un, ils convergeaient en une desserte du château menant à la porte Poitevine entrée principale de la cité médiévale(G). Cet axe longeait la petite église (F) que l’on remarque au bas de la vue dessinée par Chastillon. Église St-Jean de Châtelaillon (F) Il s’agit de l’édifice figuré au premier plan de la gravure dite du Château de César par Chastillon. Dans les XVIIe et XVIIIe siècles, le lieu sert au culte. L’emplacement exact de l’édifice Thairé nous est connu. En effet, selon des distances citées en 1698, une savante déduction de P. Clion, incluant notamment la longueur de l’île de

Saint-Vivien

a

b

d
Le Vieux Châtelaillon

Angoute Marais de Voutron

e

Port-Punay

66

Voutron

Conception et réalisation : D. Briand.

c

Marais d'Angoute ou de Saint-Vivien

4
Châtelaillon, a pu, avec précision, nous aider à situer ce monument (F). Il se trouve à 100 toises (env. 200m) de la côte contemporaine des relevés effectués par C. Masse soit encore à près de 330m à l’ouest de St-Romard. Cet emplacement est tout à fait confirmé, par ailleurs, grâce à la carte de C.Masse qui figure ce monument et aussi au trait de la côte de cette même carte que nous avions préalablement rapporté par un calque proportionné sur un document cartographique actuel. C’est au milieu du XVIIIe s. que la menace de l’océan se précise. En 1748, P. Clion (162) relève, dans les minutes du notaire Savarit (163) que la cure dudit Chatelaillon estant située sur le bord du grand chemain qui conduit de La Rochelle à Rochefort, et ledit chemain ayant été ruiné par la mer au droit de laditte cure (...) partye des bâtiments et court de laditte cure auroit estée desmollis et jetter par terre pour élargir et agrandir ledit chemain. De plus, en 1763, un acte précise que la mer par l’agitation de ses flots a tellement frappé et esbranlé le rocher ou terrain sur le bord duquel se trouve présentement la cure et maison prebitériale dudit Chastelaillon, que pour peu de mauvais temps qu’il fasse elle tombera indubitablement à la mer et serait entièrement perdue et ruinée, le grand chemin pavé estan déjà partye tombé à la mer ainsy que partye du jardin de laditte curen où a très peu de distance il y a une grosse masse de

Petit glossaire de termes du Moyen-Âge
utilisés dans cet ouvrage

■ archère : fente pour un tir à l’arc. ■ barbacane : ouvrage fortifié, en avant de la porte d’un château. ■ cartulaire : ensemble de transcriptions de chartes effectué par des copistes. ■ castrum : terme hérité de l’antiquité et désignant une forteresse, ville fortifiée. ■ censier : registre des cens. ■ charte : acte écrit émanant de l’autorité seigneuriale ou religieuse. C’est le plus souvent des concessions de biens ou de droits. ■ château : site fortifié correspondant à un ancien ensemble défensif du type oppidum ou motte. Le phénomène castral se développe au Xe siècle. Châtelaillon en est la parfaite illustration : son château est construit en pierre. Il s’organise, autour du donjon quadrangulaire, en un ensemble de bâtiments protégés par une vaste enceinte crénelée, entourée d’un fossé et flanquée de tours (voir notre article). Il subira ensuite quelques aménagements et fortifications au fil des siècles. ■ châtelet : petit fort. ■ chevet : tête orientale de l’église. ■ chœur : avant d’une nef. ■ commanderie : domaine d’un ordre militaire religieux. ■ dénombrement : acte qui donne la composition, l’étendue et l’estimation des revenus d’un fief ou seigneurie. ■ dépotoir : fosse où se trouvent les objets et matériaux mis au rebut. ■ donjon : tour du seigneur, élément principal du système défensif castral. ■ douve : fossé en eau bordant la

fortification. ■ ferté : forteresse. ■ feudataire : synonyme de vassal. ■ fief : terre concédée par un seigneur à son vassal. ■ fouage : foyer. ■ hagiographique : relatif à un saint. ■ hôpital : établissement charitable qui accueille pauvres, pèlerins et malades selon le devoir de l’hospitalité. Il est dirigé par l’Eglise voire par des laïcs ou une confrérie. ■ motte : butte de terre artificielle entourée d’un fossé et d’un talus palissadé où est érigé un châtelet en bois.

D. Briand

■ nef : partie centrale d’une église. ■ oppidum : terme hérité de l’antiquité désignant un point fortifié. ■ terrier : registre des terres soumises au cens synonyme de censier. ■ transept : partie perpendiculaire à la nef qui comprend la croisée et deux bras. ■ vassal : personne qui relève d’un seigneur. ■ village : lieu d’habitat qui se développe sous la protection et l’autorité du château et autour de l’église paroissiale.

a

b c

A B H
Rocher de la Turge

C G

E

F

d
Le Vieux Châtelaillon

e

D

La Passe côte 1616 côte 1698 côte 1783

côte 1604

Rocher de la Jamble

Schéma synoptique de localisation du castrum et de son environnement proche
A B C D E F G H Donjons accolés Habitations intra muros Chapelle Saint-Nazaire Port Hameau hors les murs Église Saint-Jean Porte poitevine Porte des poissons Enceinte d’après C. Chastillon Enceinte supposée Littoral d’après la carte de C. Masse Littoral supposé Chemins anciens d’après C. Masse Rues et routes actuelles Tours du castrum Renvois de la partie textuelle

Aa

Conception et réalisation : D. Briand.

terre quy en est déjà séparée par une grande fante. Pourtant, jusqu’en 1778 les registres paroissiaux indiquent des inhumations dans le cimetière qui jouxte l’église. C’est en 1783 qu’un acte de notaire (164) nous informe que l’accès à l’église est interdit. Nous en déduisons qu’entre le témoignage de Masse et 1783, la côte connaît un recul d’exactement 100 toises soit à la vitesse moyenne de 2,50m par an. Considérant cela, est-il alors encore raisonnable de placer le castrum à la Turge ? Le château serait, dans ce cas, distant de près d’un kilomètre de l’église, soit à 800 mètres du rivage de 1698. Dans cette hypothèse, comment expliquer que la vitesse du recul du rivage entre 1604 (date de la vue de Chastillon) et 1698 (côte figurée par Masse) serait de plus de 8,50m par an contre 2,50m attestés entre 1698 et 1783 ? Échappant de peu à la destruction naturelle, l’église, qui tombe a l’eau, est démontée et reconstruite aux TroisCanons avec sa charpente intacte (165). La cloche sauvegardée de St-Jean-l’Évangéliste est aujourd’hui suspendue à un bâti de chêne disposé à côté de la porte de la sacristie de l’église d’Angoulins (fig. 1). Le petit hameau hors les murs (E) Ces habitations situées entre l’église et le château, siégeaient au pied même de l’escarpement de la forteresse. Pour s’en assurer et confirmer ce voisinage proche, référons nous aux registres de comptes de la Baronnie

de Châtelaillon (166) qui font état en 1470 d’une maison assise sur la douhe (douve) (167). Un acte de 1694 (168) évoque, lui aussi, une maison proche du rocher sur lequel estoit construit l’ancien chasteau. En 1604, sur la gravure de Chastillon, ce village est composé d’une quinzaine d’habitations. L’érosion de la falaise, après cette date a inexorablement gagné ces constructions. Le témoignage de C.Masse donnait, pour 1698, 9 maisons sur le bord du fossé. Dix ans plus tard, en 1709, ce même observateur écrit et l’on fut obligé de changer le grand chemin et il y eut 4 ou 5 maisons qui estoient sur le bord de ces fossés qui tombèrent. Ce fut ainsi la fin du hameau. La chapelle St-Nazaire (C) C’est l’édifice que l’on distingue en ruine sur la représentation de C. Chastillon, à l’intérieur de l’enceinte forte. Ce monument est bien la chapelle de Castro Julii attestée dans divers documents. Nous l’avons replacée tout contre les remparts comme l’indiquait Amos Barbot (“le pan de laquelle faisoit ladite muraille”). Elle est citée à maintes reprises du XIe siècle jusqu’au début du XVe siècle. Elle a finalement disparu en mer au début du XVIIe siècle, sans doute avant 1616, dans l’intervalle des deux gravures de Chastillon puisqu’elle est absente de la seconde représentation dite de Saint-Vivien. Une visite datée de 1639 parle de la pierre de l’autel de

Le port (D) C’est par la bien nommée porte des poissons (H) - citée par Richard le Poitevin et qui faisait face à l’île d’Oléron du côté sud - que l’on accédait au port de la cité (selon A. Barbot : la porte par laquelle on sortoit de ladite ville au port et havre). Le port est placé sur notre schéma respectant le kilomètre de distance qui le sépare de la côte de 1698 comme souligné par C. Masse: “je vis à 500 toises en mer des vestiges de murs au bout d’un rocher plat, où l’on dit qu’estoit le port” (170). Cet emplacement semble idéal : P. Clion, qui a lui aussi retenu ce lieu pour y placer le port le décrit de la sorte : “le plateau de la Jamble est séparé de la Turge par un chenal à fond vaseux qui mène à une sorte de bassin intérieur. (...) Ce chenal, encore apparent de nos jours en basse mer, est appelé par les pêcheurs à pied “La Passe”. Il est facile de reconnaître dans cet ensemble (...), bien abrité des vents de mer, l’ancien port.” (171) G. Musset, désireux d’apporter quelques renseignements topographiques, nous avertit de l’existence d’un site nommé le Grand Port. Celui-ci se trouve circonscrit entre le rocher de la Charge à l’ouest et les rochers et marais de la Janble à l’Est, plus à l’ouest encore se trouvait le rocher de la Turge (172). Notons

(fig. 2) La cloche de «Sainct Jehan de Chastelaillon» fondue en 1631 et telle qu’on la voit aujourd’hui dans l’église d’Angoulins.

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Photo. D. Bri and

l’église St-Jean-l’Évangéliste provenant de l’ancienne église ruinée par la mer (169).

Extrait

‘‘quatorze

belles et fortes tours... ’’

que l’emplacement du port, comme nous le voyons, contredit la position d’un château sur la Turge, hypothèse qui mettrait ce port au-devant du castrum c’est à dire à l’Est. La représentation de Chastillon l’aurait alors immanquablement fait figurer, étant donné l’orientation de la vue, état qui serait aussi à l’encontre du récit du moine Richard qui donne la porte des poissons vers Oléron et non vers l’Est. G. Musset rappelle, par ailleurs, que deux ports existaient certainement (...), le Grand port, dont le nom est resté à une sorte d’estuaire occupé aujourd’hui par des parcs à huîtres et le port Punés (173). En effet, un peu plus à l’Est, la toponymie de l’anse dite de Port-Punay indique que l’endroit devait offrir un second lieu d’atterrage voire une rade pour le mouillage des navires venant commercer avec le pays. Les tours de l’enceinte Sur la carte de Masse, cinq gros points sont figurés à côté même de la fameuse mention à laquelle nous nous référions dans le paragraphe sur l’emplacement du château. Nous pensons qu’il s’agit des restes des “5 tours en partie ruinées” que le cartographe royal aura voulu figurer. En étudiant leur disposition, il s’avère que quatre d’entres elles correspondent à la perspective offerte par la gravure du Château de César de C. Chastillon ainsi qu’aux situations données par le procès verbal d’Amos

Barbot : les deux de la porte Poitevine et les deux de l’entrée gardant le pont-levis du château. Nous en avons placé une autre au nord, dans l’angle de la cour du château, invisible car masquée sur la première gravure, mais comme on la voit bien sur la seconde. Elle correspondrait donc au cinquième point placé par C.Masse. Sans aller jusqu’aux 14 belles et fortes tours, une sixième a quand même été mise dans le lointain. Enfin, deux dernières (citées par A. Barbot) encadrant la porte des poissons ont été projetées à cet emplacement supposé. Une “ville” intra muros ? (B) À l’arrière plan de la gravure de 1604, nous devinons correctement, dans l’enceinte forte, quelques toits. Bien que nous ayons usé à plusieurs reprises du mot de “cité” pour désigner l’ensemble de ces habitations, nous pouvons nous interroger sur l’existence d’une véritable “ville” à l’intérieur des murs. Dès 1470, soit près de 130 ans avant la représentation de Chastillon, une maison est déjà signalée choite en la mer (174). Selon une vitesse moyenne de recul retenue de 2,50m par an, cela pourrait donner un emplacement extrême des habitations à 325 m plus à l’ouest des derniers toits apparaissant sur la gravure de 1604. L’urbanisation possible, qui s’insérerait dans une enceinte fortifiée de cette largeur, est conséquente. Nous sommes pourtant largement en deçà du chiffre de 365 brasses (710m) avancé par Barbot,

chiffre qu’il convient sans doute d’édulcorer en raison de la dimension romantique voire patriotique du récit de l’historien. En somme, l’entité urbaine que l’on pourrait caler dans cet espace, ressemblerait à un gros bourg fortifié confirmant l’appellation de castrum (agglomération fortifiée/ forteresse). Si cet ensemble a probablement existé dans l’enceinte, dans l’attente de preuves, il nous faut, avant tout, voir en ces lieux, la résidence et/ou la place forte des puissants seigneurs de Châtelaillon. &
Notes et bibliographie (134) Traduction de Michel Lemoine (CNRS) de “De Destructione Castri-Julii” in Addenda Chronico Richardi Pictaviensis, Rec. des hist. des Gaules et de la France, t. XII, p. 418. (135) Pierre Clion, Châtelaillon Fouras et les gravures de Claude Chastillon, in RSA t. XVII, pp. 61-69. (136) “L’antienne forteresse de ... dicte le château de César comme il se voit à présent” par C. Chastillon, 1604, BM Bordeaux, H264. (137) E. Birrier, La seigneurie de Châtelaillon aux XIVe-XVe siècles, maîtrise, Poitiers, 1992, où il donne ce donjon du XIVe Siècle. (138) P.Clion, Châtelaillon Fouras..., op.cit., p68 (139) Sainct Vivian, près de la ville de TonnayCharante, par C. Chastillon. (140) Amos Barbot, Inventaire des titres, chartes et privilèges de La Rochelle, de 1199 à 1575, publié par D. D’Aussy in AHSA, 1886, t. XIV. (141) MMCLR, Ms 2691 “Compte de recettes et de mises faictes par Mathurin Dussault, receveur de Châtelaillon pour très haut et très puissant seigneur Monseigneur le Comte du Dunois et de Longueville” (1470-1471). (142) Gilbert Mathieu, Le site géologique de l’ancienne cité de Châtelaillon (Castrum Allionis) et l’évolution de la côte d’Aunis, in Norrois, Revue de Géographie de l’Ouest et des

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Pays de l’Atlantique Nord, 1954. (143) P. Clion, Étude sur la topographie du Vieux-Châtelaillon, 1996. (144) C. Masse, Mémoires, MMCLR, Ms 31. (145) Camille Gabet, Notes sur l’histoire de Châtelaillon, in RSA, t.II, 1976 pp. 46-61. (146) Eric Birrier, La seigneurie..., op.cit. (147) levée en 1698 et dessinée en 1703 (SHAT) (148) Diaire de Joseph Guillaudeau, in AHSA t. XXXVIII, p. 50. (149) Lettres de J. de Besly, in AHP, t. IX, p. 287. (150) L.-É. Arcère, Histoire de la ville de La Rochelle et du pays d’Aulnis, La Rochelle, 1757, tome I, page 2. (151) Claude Perrault, Relation d’un voyage en Poitou, Aunis et Saintonge, in AHSA, t.XXVIII, p. 339. (152) Claude Masse, Mémoires, op.cit. (153) “Estimation de la baronnie de Chastelaillon” (1694) AD17 cote 1J 570.

(154) Claude Masse, Mémoires, op.cit. (155) E. Jourdan, Ephémérides historiques de La Rochelle, La Rochelle, Siret, 1861-1871 (156) C. Gabet, Les modifications des lignes du rivage de la région de Châtelaillon, in Roccafortis 2ème S. t.III n°8, p. 274. (157) publiée en 1634 une carte de C.Tassin “Carte générale de toutes les côtes de France : XXI, Coste de Xaintonge. coste d’Aunix” figure la “tour de Chastelaillon...” (158) E. Birrier, Petite histoire de Châtelaillon, La Rochelle, Rupella, 1996, p. 12 et p. 36. (159)C.Gabet, Les modifications...,op.cit. p273 (160) Cf notre paragraphe sur le cimetière des Sables où passe l’assiette d’un chemin GR (sur le tracé de l’actuelle rue G. Michaud) et voir P. Clion, Étude sur..., op. cit. (161) voir notre article sur Les indices de l’occupation gallo-romaine et S. Vacher, Série diagnostic, document final de synthèse, commune de Châtelaillon-plage, colline de Port-Punay, Inrap, mars 2003, p. 12.

(162) P. Clion, Étude sur..., op. cit. (163) ADCM - Notaire Savarit 3E 1915. (164) ADCM - Notaire Boucheron 3E 898. (165) plan du rapport préfectoral de 1834, réf vue in P. Clion, Étude sur..., op. cit. (166) MMCLR, Ms 2691, op. cit. (167) “Jehan Nau pour une pièce de terre assise devant sa maison, la douhe entre deux” (168) AD17 cote 1J 570. (169) Mémoire de l’abbé Cholet, in RCAM t.I p.40 suivant Registre des visites à la MMCLR (170) Claude Masse, Mémoires, op.cit. (171) P. Clion, Étude sur..., op. cit. (172) G. Musset, Richard le Poitevin, in BSAHSA t.III pp. 125-126. (173) G. Musset, Les ports francs, in RCAM, t. XVI, 1902-1904, p. 245. (174) MMCLR, Ms 2691, op. cit.

LE SAVIEZ-VOUS ?
Trois céramiques médiévales furent recueillies, en mer, à l’emplacement même du château féodal de Châtelaillon. La première pièce est un pichet, daté du XIVe-XVe siècle par Jean Chapelot, pêché sur le platin de Châtelaillon, entre la pointe du Cornard et la plage, par le sloop Le Galilée en octobre 1927 (selon le cartel à l’intérieur). Dépôt du musée d’Orbigny-Bernon, il siège dans une vitrine de l’Hôtel de ville de La Rochelle au premier étage. Il s’agit d’un élégant “pégau” figurant au n°6 de la planche VII d’une étude de David et Gabet intitulée La poterie médiévale saintongeaise saintongeaise. On remarque son originale forme trapue et son gros bec ponté. Il est décoré d’une large bande verticale. Deux autres céramiques, numérotées 4 et 5 dans le même travail, figurent aussi sur la planche septième. Ce sont deux urnes.

Source : MDOB - Photos D. Briand.

10 cm

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Dessins D. Briand. d’après P. David et C. Gabet

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