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2-2_securite_sociale_democratie

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II- La Caisse primaire de Sécurité sociale de Nantes 1945-1967

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“ En France comme ailleurs la Sécurité sociale est non pas seulement un moyen d’améliorer la situation des travailleurs, mais un élément dans la construction d’un ordre social nouveau. Elle est une conquête ouvrière au même titre que les réformes sociales de 1936. ”163

A) Une première caisse provisoire. De la désignation des administrateurs à l’élection. 1946-1947

a) Espoirs et controverses
Après la Libération du pays, l’heure est à la reconstruction. Au-delà des ruines à relever, cinq années de guerre dévastatrice imposent une réforme politique et sociale générale. Le sacrifice consenti pour obtenir la victoire, implique l’accès à une nouvelle citoyenneté dans un État providence revendiqué depuis 1789 en France et déjà installé en Angleterre par lord Beveridge quelques années plus tôt. C’est tout le champ social que doit agiter la vague des réformes : nationalisations d’entreprises, réformes de l’école, du logement, du syndicalisme, du système de santé... de la protection sociale sont à l’ordre du jour. En ce qui concerne cette dernière, l’article 1 de l’ordonnance du 4 octobre 1945 situe des objectifs qui dépassent largement ceux des assurances sociales qui précèdent. “ Il est institué une organisation de sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leur famille contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de familles qu’ils supportent. ”164 Il s’agit d’établir pour chaque citoyen une garantie universelle, obligatoire, assurée au moyen d’une répartition qui fonde un nouveau type de solidarité mettant en jeu de façon générale un principe de redistribution. La gestion de toutes les composantes de ce système doit être unifiée. L’accès aux soins y est maintenu dans le cadre d’un exercice libéral de la médecine, mais aux “ tarifs de responsabilité ”165 des assurances sociales doit désormais se substituer “ un tarif opposable ”166. Le coût des prestations doit désormais faire l’objet d’accords conventionnels avec les praticiens pour permettre le remboursement à 80 % de tous les assurés. Des cotisations proportionnelles aux salaires, dans la limite d’un plafond et à hauteur d’un pourcentage de 6 % pour les salariés et de 10 % pour les employeurs couvrent le financement de cette assurance universelle. L’État, s’il ne participe pas pécuniairement, intervient dans une mission de contrôle et de tutelle. L’ensemble des partenaires sociaux sont sollicités : au rapport de proximité direct des salariés avec leurs employeurs, se substituent “ des rapports triangulaires entre employeurs, salariés et institutions sociales ”167 .
163 164

.PIERRE LAROQUE, “ La Sécurité sociale de 1944 à 1951 ”, R.F.A.S. avril, juin 1971, p 11. .Ordonnance n° 45-2258 du 4 octobre 1945, Journal officiel, 6 octobre 1945, p. 6280. 165 .Les honoraires sont librement fixés entre praticiens et assurés, les caisses déterminent un prix de remboursement fixe des actes pris en charge. 166 .Honoraires et remboursements doivent être déterminés pour ne laisser à l'assuré que la prise en charge du ticket modérateur légal. 167 .JEAN-JACQUES DUPEYROUX, Droit de la Sécurité sociale, Dalloz, 1980, p. 102.

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86 86 - Avec la Sécurité sociale D’emblée les efforts pour décliner très concrètement en terme de protection sociale justice, égalité et fraternité ne vont pas sans questions. “ Très vite l’élan de solidarité fraternelle qui a marqué la fin de la guerre a tendu à s’affaiblir alors que les particularismes des catégories professionnelles et sociales reprenaient une forme nouvelle. ”168 Les bénéficiaires potentiels de cette réforme ne sont pas unanimes. Parmi eux certains contestent le modèle unique et universel qu’elle propose. Les agriculteurs et les professions non salariées revendiquent des régimes particuliers. Les fonctionnaires, s’ils soutiennent dans leur majorité cette réforme, hésitent pourtant à rejoindre la masse des salariés ; ils ne le feront que partiellement au sein de régimes spécifiques. Chez les salariés euxmêmes des intérêts se confrontent. A côté du modèle salarial ouvrier, prévalant dans l’époque qui précède, d’autres formes se développent désormais et entendent imposer des prérogatives. La propriété sociale liée à la production tend à générer des projets de garanties s’appliquant à chaque classe de salariés. “ Les réalisations de la Sécurité sociale peuvent ainsi s’interpréter comme l’apothéose d’un salariat au sein duquel le salariat non ouvrier a pris une place de plus en plus prépondérante. ”169 Les employés y occupent une place croissante. Les cadres et ingénieurs de leur côté revendiquent la spécificité de leurs statuts et de leurs avantages. Dès sa refondation, à la fin de 1944, la Confédération générale des cadres (C.G.C.) recueille une large adhésion170. Au sein des syndicats ouvriers, -à la C.F.T.C. dès 1944171, à la C.G.T. en 1948172-, on s’attache à fournir à ces catégories des structures particulières pour conserver leurs adhésions. Le plan de Sécurité sociale, s’il redistribue des places, perpétue l’affrontement de conceptions et d’intérêts divergents. Sur fond de nationalisations, la C.G.T., puissante et encore unitaire, se mobilise derrière cette réforme de la sécurité sociale. Ses objectifs rejoignent en partie ceux fixés par le conseil national de la résistance. De plus, en novembre 1945, la désignation d’Ambroise Croizat, responsable communiste et sidérurgiste C.G.T., à la succession d’Alexandre Parodi comme ministre du Travail, lève les dernières hésitations. Écartant ses souhaits d’étatisation du système et de financement par l’imposition des entreprises sur leurs profits en lieu et place de la cotisation des salariés, ce syndicat regroupe quelque 5 000 000 d’adhérents et aimerait réaliser autour de lui l’unité syndicale des centrales ouvrières. Ses propositions d’unité organique faites à la C.F.T.C., le 19 septembre 1944, se voient toutefois éconduites en raison de l’attachement de cette dernière à sa spécificité et à un pluralisme d’action et d’alliances. Des dissensions internes menacent même très vite son intégrité. Le 24 novembre 1944 une première scission était intervenue avec une sensibilité anarchiste très minoritaire rassemblée dans la Confédération Nationale des Travailleurs. La parution d’un premier numéro de Résistance ouvrière qui devient Force ouvrière en décembre 1945 manifeste un nouveau clivage, plus important, reconstituant l’ancienne division entre la C.G.T. et la C.G.T.U. d’avant 1936. L’hostilité de
168 169

.PIERRE LAROQUE, “ La Sécurité sociale de 1944 à 1951 ”, op. cit. .ROBERT CASTEL, Les métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1995, p. 376. 170 .Il s’agit d’une refondation, la C.G.C. ayant déjà connu une courte vie du Front Populaire à la dissolution générale des syndicats par Vichy. 171 .Fédération française des syndicats d'ingénieurs et cadres. 172 .Union Générale des ingénieurs et cadres.

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-sur ce qu’ils dénoncent comme l’engrenage d’un transfert social opéré sur la propriété. même si très peu de mutualistes deviennent. Le concept de caisse unique soumis à la tutelle de l’État représente pour leurs dirigeants historiques une intrusion dans leur mode d’action traditionnel. “ On pouvait craindre en ayant substitué à la notion de couverture des risques. lors de son XXIème congrès. 175 . 1976. l’hostilité patronale reste plutôt discrète pour quelques années encore. souligne le caractère indispensable de leur participation et leur responsabilité dans la réussite de ces avancées sociales. de la liberté de prescription.P.G. FOURNIER et N. que celle-là ne comporte d’autre frein que la satisfaction des besoins eux-mêmes toujours susceptibles d’expansion ”175. Etendue à la couverture des risques maladies.. les dispositions des ordonnances sur la Sécurité sociale173.T. 1955. le principe d’unicité de gestion qu’elles préconisent les heurte. Ces craintes patronales. plus qu’ils n’intègrent.N.S. Si elle confirme. dans les faits. Ambroise Croizat. La C. Colin.F. “ C’est au corps médical lui-même que relève pour une large part. Depuis plusieurs décennies pour les militants chrétiens l’intervention concrète dans le champ social est indissociable de l’engagement syndical. Du côté des praticiens. de l’entente individuelle sur les tarifs.Cf. invalidité.Ainsi formulées dans un rapport de l'UIMM (Union des industries métallurgiques et minières) publié en 1951 qui précise cette position. justiciables de l’épuration frappant les collaborateurs.M.A. A.F. largement identifiés à une droite politique conservatrice discréditée par son comportement entre 1940 et 1945. J. son accord pour un régime universel d’Assurances sociales. lors de sa prise de fonction. même si le 12 juin 1946 le C. à l’influence et aux orientations du parti communiste le motive. Ils constituent pourtant les partenaires incontournables de cette mise en place de l’assurance obligatoire. elle exprime son hostilité “à toute forme d’organisation sociale à base de contrainte et d’unitarisme et affirme son attachement à la formule démocratique et française de la liberté et du pluralisme des caisses d’Assurances sociales ”. HENRI GALANT. le 24 septembre 1945. la mise en place du nouvel ordre des médecins. Histoire politique de la Sécurité Sociale. Au travers de cette opposition.87 87 . Pourtant.. D’entrée.F. QUESTIAUX. Il s’agit d’un “ petit monstre auquel nous souhaitons une vie courte ” déclare même un de leurs représentants officiels. la répartition judicieuse des frais importants que la législation nouvelle fait supporter aux caisses. outre la relance rapide de la production industrielle celle-ci suppose leur franche collaboration. le Docteur Cibrié.C. vieillesse.Avec la Sécurité sociale nombreux syndicalistes C. voit le jour. fin du libre choix du praticien. Ils préfèrent une séparation de la couverture des risques et s’opposent à la mise en place d’élections pour constituer les conseils des nouvelles caisses. ” En ce qui concerne les employeurs. ils sortent affaiblis et subissent de fait. véritable instauration “ d’un capitalisme social ”174 se feront plus explicites après quelques années. le Secrétaire général de la C. A. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . ce sont toutes les craintes traditionnelles du corporatisme médical qui se trouvent réactivées : étatisation. En novembre 1945. accident et décès. Le traité du social. ne recueille pas l’assentiment général.C.T. dirigée par Gaston Tessier compte pour sa part un peu plus de 800 000 adhérents. Du côté de la mutualité.R. celle d’une redistribution des revenus. on craint des règlements de compte liés au soutien des responsables du mouvement à la 173 174 .M..N.

quelques clameurs montent du groupe des responsables : “ La Mutualité cambriolée.F. la responsabilité du régime de protection sociale des salariés de l’État. ”177 Le droit ouvert aux mutualistes de participer à la gestion des sections locales du régime obligatoire sera dans l’ensemble peu suivi d’effet..M. La protection sociale complémentaire depuis 1945. Si pour de nombreux militants de base la chose semble naturelle.C. 163-164.M. implique la reprise des personnels affectés aux caisses mutualistes. la fusion annoncée des caisses d’Assurances sociales dans une caisse unique de Sécurité sociale. président de la F. p. pp. président de la F. engagera en effet fermement la mutualité dans la défense de la sécurité sociale et saura négocier pour elle des avantages particuliers sans faire défection aux principes généraux de la “ révolution ” qu’elle instaure.O.le vote de la loi Morice.R. Celle-ci s’affirmera jusqu’à progressivement s’intégrer comme un élément constitutif de défense de la Mutualité.N.Placard FNMF diffusé dans toute la France après la publication de l'ordonnance sur la Sécurité sociale. concurrence d’autant plus redoutable qu’elle se réclamait de la Charte de la mutualité. LERS/IRTS. du nom du député maire de Nantes rapporteur du projet. autorisant les sections de sécurité sociale à répondre aux besoins en matière de complémentarité de réalisations sociales. cité par ROMAIN LAVIELLE. défendu par un autre nantais. solidarités.N.S. 177 .. et successeur de Léon Heller à présidence de la F.M. Concurrences. 1964.88 88 . Paris Hachette. mais leur confie par la loi du 9 avril 1947.. Au début de 1947. et la transmission des patrimoines accumulés durant quinze années de gestion.. dans les mêmes conditions que les sociétés mutualistes. Une opposition officielle affiche la crainte de voir le mouvement écarté du champ de la protection sociale.N.N. fonctionnaire des postes.F.A. le secrétaire général de la F.. A.S.. Jack Senet. La gestion des sections locales de sécurité sociale constituera pour les mutuelles de fonctionnaires le principal tremplin de leur remarquable essor. “ La loi Morice du 27 janvier 1947 reconnaît aux sociétés mutualistes la possibilité d’assurer la responsabilité de correspondants ou de sections locales. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . en 1950. comme si le succès d’une entreprise exigeait qu’en soient exclues les personnes expérimentées et bénévoles..M.F. “ La mutualité était prête à apporter son concours loyal et désintéressé à la sécurité sociale. les pouvoirs publics encouragent non seulement la création et le développement de grandes mutuelles au sein des administrations. Histoire de la Mutualité . On l’écarte délibérément de la réforme actuellement poursuivie. Désireux de s’assurer la participation des mutualistes de la fonction publique à la mise en œuvre du plan français de sécurité sociale.” s’exclamera Romain Lavielle. -reprenant l’accord conclu entre Henri Raynaud.JEAN-NOËL CHOPART et BERNARD GIBAUD. devant les sénateurs consacre l’adhésion des mutualistes au plan de sécurité sociale. à l’exception notable des mutuelles de fonctionnaires. Mais la disposition la plus substantielle de l’armistice signé entre la mutualité et les caisses de sécurité sociale concerne l’abrogation de l’article 39 de l’ordonnance du 4 octobre 1945. 86. Abel Durand. et Léon Heller. 1986.N.Avec la Sécurité sociale Charte du Travail. 176 . ”176 De plus.

“ La nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. “ Ceux qui auront la charge de l’application des systèmes français de sécurité sociale devront s’orienter non dans le sens de la paresse et de la stagnation.T. Pour lui. Les Cadres.N. PERRIN. Très vite ses perspectives “ n’ont plus pour unique finalité de préserver les plus vulnérables contre les risques de destitution sociale ” mais s’inscrivent dans la structure même de la rémunération. ”179 La loi du 22 mai 1946 confirme le principe de l’assujettissement obligatoire de tous les français à la Sécurité sociale. suscitant parfois la tentation de faire passer l’intérêt général après les avantages catégoriels181. En dépit des incertitudes exprimées. Éditions de Minuit. de la situation économique se trouve dans l’incapacité de travailler.89 89 . op. Benoît Frachon et Léon Jouhaux tentent de leur côté. des dynamiques spécifiques portent en effet la Sécurité sociale. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .M. opposé au régime des partis. Dans son préambule. Au plan politique. la nouvelle partition introduite par les ordonnances constitutives renvoie la mutualité à une complémentarité avec son organisation ainsi que vers de nouveaux champs sociaux d’innovation. insiste sur l’effet préventif de cette libération de l’angoisse du lendemain qu’elle doit instaurer. la protection de la santé. G. 1967. Elle garantit à tous. à la tête de la C. la controverse politique reprend ses droits. la sécurité matérielle. VII. notamment à l’enfant. cette réforme redynamise le mouvement : “La mutualité s’était enlisée et bureaucratisée dans les assurances sociales. Elle était devenue purement gestionnaire. Revue française de sociologie.. dans la Constitution de la IVe République de 1946.C. elle devient désormais le cadre normal de toutes les institutions d’entraide ”178. à raison de son âge. sur un principe d’obligation de prélèvement. 180 . 1982. le repos et les loisirs. A l’avenir. alors que sa vocation est de faire du neuf. au travers d’un vaste projet social formulé. un projet dynamique d’émancipation ouvrière et salariale doit inspirer ses acteurs. Sa vocation de redistribution des revenus pour “ compléter les ressources des travailleurs ou des familles défavorisées ”180 dépasse rapidement de simples objectifs assurantiels. “ Pour une théorie sociologique de la Sécurité Sociale dans les sociétés industrielles ”. Tout être humain qui. ” Après le temps de l’unité nationale réalisé à la Libération. a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens d’existence. qui permet la publication rapide des ordonnances constitutives. A. du fait de la généralisation des assurances sociales. comme salaire différé. Pierre Laroque.G. la Mutualité ne sera plus un organisme d’assurance maladie ou vieillesse.PIERRE LAROQUE entretien avec BERNARD GIBAUD.R. op. de son état physique ou mental. jouer un rôle de pionnier. cit..Avec la Sécurité sociale En attendant ces évolutions. mais de la vigueur et de la jeunesse.. p 104.A. un de ses fondateurs et son premier directeur. Le 20 janvier 1946 Charles de Gaulle. cit. avec le droit syndical et le droit de grève. 181 .Cf HENRI GALANT. quitte ses fonctions de chef du gouvernement. .Préambule à la constitution de la IVe république de 1946. cette dernière pose en effet les bases d’un nouvel État Providence. de garder les rangs 178 179 . à la mère et aux vieux travailleurs. le droit à la Sécurité sociale s’inscrit. pour la première fois. la formation d'un groupe social. Loin d’être un succédané des mesures d’assistance comme le dénoncent les préventions libérales.Alexandre Parodi. LUC BOLTANSKI.

bien avant celle portant sur leur santé (26 %) ou sur leur rémunération en tant que telle (15 %).Celle d'abord des anarcho-syndicalistes qui fondent la C. Mais l’impatience agite leurs troupes et les efforts d’apaisement social des responsables. Elle consiste tout d’abord dans le regroupement des cinq caisses d’Assurances sociales dans deux caisses primaires de Sécurité sociale : celle de Nantes et celle de Saint-Nazaire. associatifs s’impliquent dans le contrôle des étiquettes sur les étals des commerces. patrimoines.N. réserves financières. Plus de 300 logements en bois s’érigent à cette époque et d’autres sont prévus. ces soucis de subsistance quotidienne emplissent le quotidien des habitants mais aussi celui des militants de tous bords : syndicalistes. provoquent la scission182. Dans l’attente des opérations de fusion programmées. Comme dans beaucoup de villes françaises. doivent progressivement s’y intégrer. mobiliers.R.. la caisse départementale sert de caisse pivot pour l’engagement des dépenses des quatre autres caisses d’affinité. Cette mise en place sera donc l’autre axe de l’engagement militant du moment. Son conseil d’administration avalise les débits à effectuer sous forme d’avances184.. mais aussi prise en charge des assurés. b) Une réalité locale singulière À Nantes. Personnels. pour une lutte déterminée contre les profiteurs de la misère laissée par les années de guerre. l’ampleur du chantier entrepris et l’effort de productivité qu’il impose à tous les salariés qui s’y retrouvent impliqués sont désormais indissociables de l’attente d’une vie meilleure et d’une sécurité assurée. La défense des revendications salariales s’impose et en juillet 1946 une hausse de 18 % des salaires est obtenue de haute lutte. L’état de pénurie persistant après des années de privation.M. Leur objectif commun est de relancer une activité économique dévastée justifiant un effort particulier dont un blocage des salaires. En août une grève des postiers amène une augmentation de 25 % du salaire des fonctionnaires. le plan général nantais de reconstruction est confié à l’architecte Roux-Spitz. La mise en chantier de plus de 6854 réparations s’impose.T. Les bombardements ont aggravé des problèmes préexistants. 182 . se nourrir constitue alors la préoccupation de 49 % des français. sur les marchés.La Résistance de L’Ouest. déjà aigus en 1939. derrière les ministres communistes. 184 . Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .A.Conformément aux prescriptions de la circulaire de février 1946. gestion des cotisations et des prestations. . Des baraquements de fortune doivent être édifiés pour parer au plus pressé.C. Toute cette précarité. rend de plus en plus inacceptable l’éventualité de sacrifices supplémentaires. Bien au-delà des discours revendicatifs habituels.N.Avec la Sécurité sociale serrés. Non sans débats. ces problèmes d’approvisionnement se doublent d’une pénurie cruciale en matière de logement. 183 A. fruits espérés de la mise en place d’une protection sociale généralisée.90 90 . générant d’énormes besoins en ouvriers du bâtiment183. Il faut réparer provisoirement ou définitivement tout ce qui peut être habité pour reloger des milliers de sans abri. 5 novembre 1945.

. archives C. ”185 La réalité locale pourtant demeure très contrastée. ils s’opposent toutefois à l’organisation proposée et entendent défendre leurs caisses d’affinités et leurs œuvres. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . De nouveau Jean Raulo rend compte à Gaston Tessier. Etes-vous donc si satisfaits du dirigisme en matière de ravitaillement dans la politique des prix. qu’au cours du mois écoulé.A.Tract de la caisse familiale d'assurances sociales.F. la tempête passée. La colère du vieux responsable est à la hauteur du désaveu186. sans transition. faisant disparaître d’un trait de plume toutes les caisses d’assurances sociales. comme leurs dirigeants nationaux. Des administrateurs de la caisse primaire familiale d’assurances sociales de Nantes expriment dans un tract offensif. Le 7 mars 1946 le syndicat des employés des services sociaux souhaite lui aussi la participation au service régional des Assurances sociales. Un certain nombre des responsables de la rue de Bel-Air. et prétendra servir toutes les prestations à tous les travailleurs. L’UL de Saint-Nazaire n’a rien voulu entendre et en dépit des conseils du bureau de l’UD s’est décidée à fournir des hommes pour l’arrondissement de Saint-Nazaire ”. A. “ J’ai le devoir de vous informer. 15 juin 1995.M. d’accidents du travail. de ces turbulences internes. Partisans d’une sécurité sociale étendue.T. L’homme n’est tout de même pas une marchandise pour être ainsi traité.G.Avec la Sécurité sociale Le syndicat C. .T. de Loire-Atlantique. une caisse territoriale unique rassemblera obligatoirement tous les assurés obligatoires. les controverses se développent. Il s’agit d’une décision de stricte discipline. s’engage résolument dans ces réformes qu’il va très majoritairement encadrer.F. j’ai pendant 24 heures abandonné la présidence de l’union départementale de l’Union Nantaise des syndicats en protestation contre une nouvelle location de la partie de notre immeuble actuellement occupé par la caisse familiale d’assurances sociales à la caisse unique de sécurité sociale. “ Supprimant toute liberté d’association en matière de Sécurité sociale.T. départementale engage alors un débat interne difficile. en contradiction avec les positions nationales. Vichy en 1942 avec Belin n’avait pas rêvé mieux. sont sur la défensive. La C. “ L’UD s’abstient de participer à la gestion des organismes uniques de Sécurité sociale. L’Allemagne hitlérienne et l’Italie fasciste n’ont pas fait autre chose. négligeant les avis des techniciens malgré les difficultés de l’heure présente.C.de Loire-Inférieure. La RUSSIE démocratiquement totalitaire applique ce régime.R.D. derrière Auguste Penaud qui abandonne sa fonction de secrétaire départemental pour se consacrer complètement à cette installation de la sécurité sociale. Jean Raulo.F. Le 23 février 1946. leurs craintes des conséquences du plan de sécurité sociale. responsable C.91 91 .C. d’allocations familiales. le 2 avril 1946. la majorité de nos camarades s’étant prononcée pour une politique de la présence. informe Gaston Tessier des débats qui agitent ses troupes. dans le domaine de la production et de la répartition pour permettre l’introduction d’une pareille méthode dans la sécurité sociale.C. Au sein même de l’Union départementale. 185 186 .PIERRE FROMY.T.N. par-dessus la tête des législateurs.

187 188 . Sa capitulation appartient aujourd’hui à l’histoire et la société propriétaire de notre immeuble est enfin effectivement en nos mains. véritables traits d’union institutionnels.Registre des procès verbaux de la CPSS de Nantes. les cinq caisses existantes sont fondues en deux : l’une pour Saint-Nazaire et sa région.R. 4 juillet 1946. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . la caisse Départementale. à la banque de France et au service des chèques postaux188. de la mutualité de la rue de BelAir et du Crédit immobilier familial. une autre pour les comptes de “ disponibilités courantes ” à la même Caisse des dépôts.A. comme Alphonse Beillevaire. sous le nom de “ Caisse Primaire de Sécurité Sociale de Nantes ”.G. Elle couvre tout le département de LoireInférieure moins la circonscription de Saint-Nazaire. le Conseil d’administration de la caisse primaire de Sécurité sociale de Nantes189 est installé par Jean Acis. contre la volonté unanime de tous les dirigeants et militants de nos unions. se range en effet derrière Jean Raulo. en raison des réserves exprimées par la C. qui s’engagera dans l’administration de la CAF et dans celle de la Maison Familiale.C.F. Le 19 avril 1946. Un des bureaux payeurs de la sécurité sociale de la caisse de Nantes fonctionne bien alors au 10 rue de Bel Air. Ce conseil est composé de partenaires qui travaillent ensemble de longue date.. Une partie des militants C.187 ” Avec cette mise en place. en tant qu’ancien président de la caisse primaire familiale et ancien administrateur de la caisse départementale. assure seule la représentation du collège des salariés et y occupe une place importante. d’un côté et de l’autre. dans les différents conseils gérant les œuvres des militants chrétiens de la rue de Bel-Air. la réponse de Gaston Tessier se veut rassurante : “ vous avez bien fait et en cas de réquisition prévenez-moi ”. Beaucoup se retrouvent enfin. la Caisse Industrielle et Commerciale. 189 .T. l’autre pour Nantes et le reste du département. c) La mise en route de la caisse 1) Restructurer “ Une caisse primaire de Sécurité Sociale est créée à Nantes 9.C.92 92 . Léon Buerne siège au premier conseil de la caisse primaire d’assurance maladie de Nantes.M. rue de Bréa par l’arrêté du 17 janvier 1946.C. Une ouverture de compte pour les “ fonds disponibles ” est effectuée à la Caisse des dépôts et consignations. 27 avril 1946.Créée par un arrêté ministériel du 17 janvier 1946. le directeur régional. président de la société civile et immobilière. Ces discussions font long feu.N. archives CPAM de Nantes.T. Une autre partie semble plus sensible à l’action de Léon Buerne puis de Léger Magimel en direction de la sécurité sociale. . ” Devant la crainte évoquée d’une réquisition préfectorale.Réunion du Bureau.Avec la Sécurité sociale “ Cette décision avait été prise par Monsieur Buerne.T. Les statuts sont votés à l’unanimité.F. dès le mois de juillet 1946. Quoiqu’il en soit. Pour appliquer le nouveau plan de Sécurité sociale. la Caisse Familiale. A. La C. la Caisse le Travail et la Caisse Mutualiste disparaissent donc. à Nantes.

mademoiselle Leblanc –agent comptable de la caisse industrielle et commerciale-.Avec la Sécurité sociale Témoignage d’un administrateur C. ancien président de la caisse régionale.93 93 .S. ancien directeur de la Caisse Familiale. venait lui de la caisse Familiale de la Rue de Bel-Air. de Nantes. toutes nos décisions doivent passer devant la direction régionale qui peut les refuser et interroger la légalité de telle ou telle mesure. Monsieur Creuzé est élu à l’unanimité. quelques années après nos luttes de 1936.T. .G. devient directeur de la caisse primaire de Sécurité sociale de cette ville.M.G.G. Maître. Roland Vauge se révèle très pointilleux sur les textes.G. sousdirecteurs et agents comptables à mains levées. instituant sans doute dès sa naissance le “ trou de la sécu ”.A. ”190 Sitôt le conseil mis en place.C.. A. Ce directeur était syndiqué à la C. de deux représentants du personnel.Dont le fils faisait partie des otages fusillés après l'exécution du colonel Holtz. (18 sur 32) rend les choses aisées pour les syndicalistes. un employé aux guichets est recruté. est élu directeur adjoint à l’unanimité. Robert Bouet. Le directeur. de six patrons désignés par les organisations patronales. Alors qu’à Saint-Nazaire. je ne dirais pas que c’était un militant. ancien directeur de la caisse départementale. y siége à ce titre). Cette caisse était celle qui avait recueilli le plus d’adhérents de 1930 à 1946. joue sincèrement le jeu de l’unité. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .. tout surpris de me voir là.P. sous-directeur. de Nantes “ Ce premier conseil est un conseil désigné. Dans ce premier conseil. Mademoiselle Philippe –agent comptable de la caisse des Batignolles. est élu à l’unanimité directeur de la caisse primaire de Nantes. auréolé de son engagement courageux de résistant. Le président de ce premier Conseil d’administration est Auguste Péneau.G. Le conseil a des pouvoirs importants de gestion. Ancien secrétaire départemental de la C. Fernand Dosseul.T. les nouveaux flux économiques 190 191 .T. Pierre Fromy. juillet 1995. connaissant bien les problèmes de protection sociale en tant qu’ancien directeur de la caisse départementale des Assurances sociales.N. de décision. mais il avait sa carte. désignés par le syndicat des médecins. seul candidat. il succédera plus tard à Pierre Fromy comme Directeur de la caisse de Nantes. syndicaliste CFTC.. Il se compose de dix-huit salariés désignés par la C. les patrons qui y siègent n’ont pas été choisis “ parmi les plus durs ” : Huart de Châteaubriant. avec le soutien de Roland Vauge et de Léon Buerne. la majorité C. on procède à l’élection des directeurs. directeur de l’ancienne caisse départementale le Travail. Auguste Péneau est l’un des responsables réformistes qui.P. de désignation des cadres. Trois candidats se présentent au poste d’agent comptable : monsieur Creuzé –agent comptable de la caisse départementale191-. de deux personnes qualifiées (Abel Durand.S. Peu après l’ouverture de la caisse en 1946.S.GASTON JACQUET.S. de deux médecins : les docteurs Baron et Haureau. Cette exigence est indispensable.T. après 1936. mode de vote choisi à l’unanimité. Roland Vauge. de la C. seul candidat. Malgré le passif laissé dans la gestion assurances sociales. Il succédera à Roland Vauge comme directeur de la C. patron social des Forges de Basse-Indre.R.T. Pierre Fromy. C’était quelqu’un de valeur. De plus.

J’avais laissé cet emploi avant la guerre pour m’occuper de mes trois enfants. le directeur. Pour ne pas provoquer les gens parfois très démunis qui se présentaient aux guichets.R. bas et chapeau ! ”195 Avec la fusion des anciennes caisses. on n’avait pas le droit de se maquiller. ” 193 “ Je suis entrée en 1946 à la caisse. si les rapports étaient conviviaux. l’interdiction de se tutoyer était de règle. j’avais mon brevet. ”192 “ À la caisse départementale. J’avais travaillé aux assurances sociales avant-guerre. à Cambronne.C. Prudents. l’un des problèmes les plus ardus posés aux administrateurs de la caisse primaire. M. Témoignages “ Je suis rentrée en 1946 à la Familiale. A l’époque l’ambiance était très stricte..YVONNE JAVEL. Cela voulait tout dire. Une amie. rue de la Brasserie. à la caisse Mutualité. 9 mars 1999. On recrutait sur titre. j’ai été reçue par Pierre Fromy. sera celui du reclassement 192 193 . les nouveaux administrateurs résistent et décident de s’appuyer sur le statu quo pour développer progressivement l’action de la caisse. fondée de pouvoir. comme directeur. A. pas de maquillage ni bijoux.JEANNE et JACQUELINE CADIET.Avec la Sécurité sociale générés par ces réformes suscitent des convoitises. 2 décembre 1998. la caisse primaire de Nantes adopte ses statuts sur la base de la version type. Elle formait les guichetiers de Nantes. Les employés avaient droit à une ou deux blouses par an.. chapeau noir. courrier 22 mars 99. 194 . où restaient parfois des traces de vernis du week-end : “Bonjour Madame ! “..RAYMONDE QUEHEN. C’était un monsieur vêtu de noir.GISELE LAINE.N. monsieur Fromy me la retournait en me regardant mes ongles. Quand je lui serrais la main le lundi midi quand nous reprenions le travail.A. l’uniforme était de mise : nous portions toutes des blouses.. dirigée par monsieur Vauge. Les banques nationalisées proposent aussitôt des ouvertures de fonds à la caisse. un homme assez froid mais gentil. ”194 “ Nous souvenons de notre embauche à la caisse départementale. L’ambiance était joyeuse à cette époque : c’était la Libération. à la caisse Bel-Air. Il fallait être correcte et ne pas choquer les usagers. pas même de se mettre du rouge à lèvres. J’y ai fait par la suite l’école de guichetiers. je ne sais plus. L’agent comptable. Je ne sais pas combien nous étions de salariés au total. lorgnons : le premier contact ne fut pas très encourageant pour les jeunes filles timides de 18 ans que nous étions! Pour le personnel les tenues vestimentaires devaient être très strictes. et par Melle Leriche. 2 décembre 1998.M. nous étions répartis rue de Bréa. Les gros bijoux et le maquillage étaient interdits. faisait office de chef du personnel. J’arrive donc en 1946 rue de Bréa. Entre agents. Creuzé. c’était un monsieur. parue au Journal Officiel. Dès le 12 juin 1946. Madame Billot. dirigée par Melle Bargain. 195 . Pour mon entretien d’embauche. résistante et déportée à Ravensbruck m’avait incitée à me porter candidate.94 94 . Le directeur était Roland Vauge. C’était le ministère du travail avec monsieur Acis. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . .

c’est Mme Billot.) où la C.F.O. 196 197 . A son retour d’Allemagne. Clément Michel son directeur général jusqu’en 1969197.T. des professions libérales et divers ainsi que la Fédération française des syndicats chrétiens d’employés.G.F. la quasi-totalité des caisses vont s’y affilier. Elle a pour mission d’élaborer les statuts des personnels salariés des institutions. joue un rôle prépondérant d’une part. de gestion fut essentiel. Son CA mobilisera des hommes importants dans l’histoire de la Sécurité sociale.) et Jack Senet (mutualité).G. et personnels de service : employés aux écritures.tous ces agents ainsi que ceux des maisons d’assurances couvrant les accidents du travail. la passion de la solidarité. seule organisation syndicale impliquée initialement dans le nouveau régime. agents de maîtrise et cadres. Au sein des personnels. du crédit.N.Avec la Sécurité sociale des personnels.T. le directeur accompagne la délégation en tant que technicien. “ Un syndicat C.N. des personnels se met en place très vite.S. guichetiers. Malgré son caractère facultatif. poursuite d’une tradition des caisses d’assurances sociales et conséquence des engagements de 1939-1945.T.95 95 .T. Didier Motte (C. La F.S.C. Ce personnel se répartit entre personnels techniques. À la demande d’Auguste Peneau. Clément Michel.G. des subdivisions en catégories et en échelons sont établies référées à une convention négociée entre la Fédération des organismes de Sécurité sociale (F. en particulier les guichetiers. d’assurer une mission de conseil et de formation et de réaliser une cohérence juridique et sociale d’un ensemble qui sans sa coordination risque de rester dispersé et inefficace.R. de représenter les organismes de Sécurité sociale et de leur servir d’intermédiaires dans leurs démarches.. regroupe au tout début un grand nombre des salariés.G.P.M. des assurances.Convention collective du 16 octobre 1946. .S. Elle est administrée par un conseil élu nationalement à partir de candidatures émanant de l’ensemble des caisses qui désigne un bureau.G. techniciens et agents de maîtrise d’autre part196. se fait sentir.O.G.T.T.S.N. son passé de résistante fait que beaucoup de gens se regroupent spontanément autour d’elle par amitié ou en raison de cette histoire ” (…) “ Dès mon entrée rue de Bréa.N. le syndicat C. Son rôle en matière de conseil. Le syndicat alors. Henri Raynaud (C.) qui lui succédera en 1953 . Cette importante fédération est mise en place le 24 juin 1946 à Paris dans un congrès constitutif tenu à l’initiative de la C. C’était tout d’abord le syndicat majoritaire des personnels. travailleurs manuels très minoritaires.BERNARD GIBAUD. fait qu’il y a pléthore sur certains postes mais qu’une carence en personnel spécifiquement qualifié. Théo Braun (C.T. je me suis syndiquée à la C. A. Selon les fonctions et l’ancienneté. la Fédération des employés et cadres du commerce. une collègue estimée déportée pour motif politique. Association d’histoire de la Sécurité sociale.A. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . L’obligation de reprendre -sous le contrôle de l’inspection du travail. Les administrateurs nantais donnent tout de suite leur adhésion à cette création et y envoie ses représentants. d’organisation.) son premier président .C.

. en instance de fusion. “ Sous réserve du respect des droits des employés à reclasser. “ Une majorité de syndiqués C. invite les directeurs des caisses à ne pas réduire le temps de travail. Ils restent prioritaires sur les auxiliaires embauchés depuis le 1er juillet 1946. quarante auxiliaires sont embauchés. Ainsi.O. courrier du 22 mars 1999. il en faudrait deux cents vingt-neuf.T. Une telle mesure serait un précédent.N. 9 mars 1999. comme pour les anciennes caisses. Deux cents cinquante employés du service régional restent cependant à reclasser sur les huit caisses de la région. ”198 Très vite toutefois l’inscription grandissante des syndicats chrétiens dans le monde des employés et son engagement progressif au sein de la Sécurité sociale. Les autres caisses. membres de la commission de reclassement.96 96 .T. une demande d’Abel Durand.G. dans ces démarches de redéploiement des agents.U. plus spécialement chargés de l’immatriculation. Le conseil d’administration. le directeur. 201 .T. le secrétaire général de la caisse et tout le monde était à la C. Tout va alors s’effriter.T.RAYMONDE QUEHEN. Avec la fusion. issus largement de l’ancienne C. est partagé entre les exigences de l’administration du Travail. s’efforceront d’éviter l’absorption d’un nombre d’employés entraînant le licenciement d’auxiliaires embauchés depuis la fondation de la sécurité sociale.G.T. 200 . certains abus les mobilisent.M. les administrateurs. . 9 mars 1999. nous avons travaillé sans récriminations. les dimanche et lundi de Pâques.RAYMONDE QUEHEN.G. et hostiles aux assurances sociales jusqu’en 1936.Avec la Sécurité sociale Monsieur Vauge. étaient minoritaires. Du côté des personnels issus des 198 199 .JEANNE et JACQUELINE CADIET.R.A. d’une prime de fidélité au personnel qui vient de cette caisse est rejetée.T et le parti communiste. je suis restée à la C.G. Les militants du parti communiste. “Le passage d’une caisse à une autre sans changement de fonction et de lieu de travail ne justifie pas le paiement d’une prime.C. modifient cette donne. Il fait état de son embarras. au nom de la Caisse Industrielle et Commerciale. la réponse aux besoins propres en personnels de la caisse et l’engagement pris avec les salariés embauchés. afin d’assurer l’ouverture des guichets sans fermeture des bureaux.G. tout comme la scission en germe qui donne naissance quelques temps plus tard à la C. employeur composé majoritairement de syndiqués C. tout en demandant d’appliquer la majoration prévue au-dessus de 40 heures. il semble difficile de se référer aux besoins réels.Bureau du 22 août 1946.. de la Libération venait de la C. ”201 Par ailleurs. ”202 Par ailleurs. La caisse pivot décide donc du maintien des 45 heures..G. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .T. L’intégration de l’ensemble des personnels dans un statut commun nécessite des ajustements. ”199 Nonobstant ces divergences militantes.-F. monsieur Auneau. le ministre du Travail. à 40 heures. Sous l’effet d’une propagande amalgamant la C. La commission de reclassement n’ayant pu répondre à ce besoin. mais en quelques mois nous n’étions plus que 18 à adhérer. “ Lors de la mise en place de la sécurité sociale. cent quarante employés se regroupent dans la Caisse. constituée par des militants socialistes ou radicaux engagés dès l’origine dans les assurances sociales.G. se conforment elles aussi à cette décision. si la loi du 21 février 1946 fait passer l’horaire hebdomadaire de 45 heures. installer la caisse primaire constitue pour ces personnels un effort commun exceptionnel. A. ”200 C’est pourquoi. beaucoup vont se retirer.G.T.

97 97 - Avec la Sécurité sociale compagnies d’assurance gérant les accidents du travail, quinze employés sont retenus dans un premier temps par la commission de reclassement. Certaines compagnies, impliquées à contre cœur dans la réforme, profitent de l’occasion pour opérer des restructurations à bas prix. Ainsi, certaines nominations de chefs de service ne correspondent-elles pas aux fonctions réelles qu’ils sont en obligation d’assumer. Certains agents d’assurance de la branche incendie sont proposés au reclassement, à tort du point de vue des administrateurs de la caisse. D’autres, soumis au reclassement, sont maintenus en fonction dans leur entreprise... Un avis est envoyé pour que ces agents intègrent la caisse sous peine de perdre leur droit203. Enfin, particulièrement en ce qui concerne le reclassement des cadres, une négociation subtile d’équilibre des représentations selon les affinités syndicales doit s’opérer. M. Auneau, chef de succursale à Rezé, reçu en juin 1946 aux cours d’éducation économique et sociale, section sécurité sociale, est élu secrétaire général à l’unanimité moins une voix contre deux autres candidats venus de Paris et de la Roche-Sur-Yon. Léon Buerne exprime alors la crainte que le mandat de délégué syndical C.G.T. de M. Auneau n’amène de sa part une attitude partiale avec le personnel. Illustration des tensions accompagnant ces répartitions d’hommes et de fonction, au CA suivant, Monsieur Auneau présente alors une démission qui, finalement, ne sera pas entérinée. Au 15 novembre 1946, alors que près de 53 % de la population est désormais protégée par la sécurité sociale, la caisse compte 178 employés : 147 agents d’exécution, 3 agents de maîtrise, 28 cadres. Quand elle assurera toutes ses attributions, l’effectif indispensable est évalué à environ 320 agents. 2) Administrer L’administration des caisses primaires s’inscrit à la fois dans la continuité et dans l’innovation et appelle à une large concertation les administrateurs en place. Au plan national la F.N.O.S.S. joue son rôle d’harmonisation et de référence. Les administrateurs de Nantes, forts de leur expérience précédente, souhaitent qu’un relais soit institué au plan régional. Il existait une Fédération de l’Ouest des Caisses Départementales d’Assurances Sociales (regroupant les régions de Nantes, de Rennes, et de Rouen), l’une des premières créée en France : pourquoi ne pas recréer une telle structure régionale ou inter-régionale ?204 Fernand Ricou, secrétaire du livre C.G.T., émet quelques réserves. Cette idée doit être soumise à l’approbation de la F.N.O.S.S., qu’il convient de ne pas court-circuiter dans ses nouvelles missions. Gaston Jacquet, secrétaire de la métallurgie C.G.T., suggère de proposer à la F.N.O.S.S. de tenir ces conférences régionales sous sa présidence. Auguste Peneau, président de la caisse, lui aussi représentant de la C.G.T. et administrateur de la F.N.O.S.S., souligne l’intérêt des échanges d’expériences que cela permettrait. Il se charge d’informer la F.N.O.S.S. de ce projet. Au conseil d’administration du 22 février 1947, une circulaire de cet organisme répond à ces
202

.Exposé de PIERRE FROMY, directeur adjoint, sur les décisions prises par le Comité permanent de la commission régionale de reclassement du personnel. P.V. du CA du 9 novembre 1946. 203 .PV du CA du 18 décembre 1946. 204 .PV du CA de la CPSS de Nantes, 18 décembre 1946, archives de la CPAM de Nantes.

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98 98 - Avec la Sécurité sociale préoccupations. Elle précise que des réunions entre les caisses, sur le plan régional ou inter-régional, peuvent se tenir avec son concours. Elle informe en sus, que la caisse primaire du Mans et la Caisse d’allocations familiales de cette ville, ont, d’ores et déjà, passé un accord au terme duquel une communication réciproque est faite de la liste des assujettis, permettant un contrôle plus sérieux du paiement des cotisations et l’organisation en commun de services sociaux. Pour éclairer la richesse et la liberté de ces débats, il convient de souligner combien le type de représentation instituée dans les conseils constitue une rupture marquante. A des notables ou à des permanents syndicaux qui assuraient l’essentiel de la gestion des caisses d’assurances sociales s’adjoignent désormais de nombreux salariés en activité professionnelle. Chaque conseil se trouve devant la nécessité d’entreprendre une démarche d’un nouveau type qui ne peut se limiter à une gestion de l’acquis. Une autre culture de la représentation démocratique est en élaboration qui marque fortement les évolutions sociales en cours. Au quotidien, pour les entreprises, libérer les élus pour leur nouvelle tâche n’est pas toujours chose facile et acceptée. Gabriel Goudy, secrétaire de l’Union locale C.G.T., signale comment l’un des administrateurs, M Cormerais, employé à la maison Byrrh, se voit refuser les disponibilités horaires nécessaires pour assister aux réunions du conseil. Le directeur propose d’envoyer un courrier aux employeurs pour expliciter leur devoir. Un mois plus tard, le directeur de la maison Byrrh refusant toujours à son salarié l’autorisation nécessaire, Gabriel Goudy propose alors d’intervenir comme secrétaire des syndicats confédérés. M. Fonteneau, élu employeur, propose pour sa part une démarche personnelle de persuasion : le Conseil d’Administration approuve. Dans beaucoup de situations similaires, en raison même de l’innovation en jeu, la concertation prévaut. L’heure est à la construction. Sans tarder, pour permettre au conseil de faire face à des tâches dont chacun mesure l’ampleur et l’urgence, des commissions se mettent en place, associant des petits groupes d’administrateurs pour traiter rapidement les questions qui désormais se bousculent205. Les premières commissions Commission de contrôle : MM. Bazin, Bergerault, Gémot et Leray, Commission de longue maladie : MM. Ricou, Bain, Jacquet titulaires et 3 suppléants. Commission de placement : la commission de contrôle avec en plus la participation de Gabriel Goudy. Commission des locaux : MM. Goudy, Cails, Gernigou, Ramier, Maître et Jacquet. Commission des textes : le bureau en a la charge. Commission du personnel : MM. Ricou, Rolland, Gernigon, Lesquibe, Buerne, Bazin. Commission chargée du rapport aux praticiens et aux établissements hospitaliers (créée à la suggestion de M. Vauge) : MM Peneau, Durand, Ramier, Gendron, Lesquibe, Peignon. 3) Organiser

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.PV du CA de la CPSS de Nantes, 27 avril 1946, archives de la CPAM de Nantes.

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99 99 - Avec la Sécurité sociale Le 25 mai 1946 , après un historique de la caisse départementale d’assurances sociales à l’occasion duquel il rappelle ses différents stades d’évolution depuis 15 années et les tâches nouvelles qui attendent la sécurité sociale, Roland Vauge dresse l’état provisoire du déroulement de la fusion des caisses au sein de la caisse primaire. Une circulaire ministérielle sur l’organisation des caisses de sécurité sociale, adressée à tous les administrateurs, orchestre le processus. Concrètement, se posent tout d’abord le problème des locaux indispensables. La caisse de garantie accepte que la caisse départementale agrandisse les locaux de la rue de Bréa. Elle recommande l’achat de cet immeuble à la caisse des assurances sociales, administrée par la Fédération nationale des Mutuelles ouvrières, sise à Paris, rue de la Douane, n° 6 et 8. Cette proposition est retenue et rendue possible grâce à l’aide financière de l’Union Régionale. La caisse le Travail pour sa part met son immeuble, rue Désiré Colombe, à la disposition de la Sécurité sociale. Il abrite désormais les services de comptabilité de la Caisse primaire. Il est acquis de la même façon que toutes les caisses absorbées mettent leurs locaux à sa disposition. La ville de Nantes concède la moitié d’un bâtiment de la caserne Cambronne à l’usage de la caisse. Des locaux doivent s’installer à Rezé, mis à la disposition de la Sécurité sociale par la ville, ainsi qu’à Chantenay, Châteaubriant, Clisson et Ancenis dès que possible. Georges Maître, directeur des Forges, étudie pour sa part la possibilité de laisser à la disposition de la Sécurité sociale un local dans son entreprise à Basse-Indre. L’utilisation provisoire de baraquements pour ouvrir des bureaux payeurs doit être abandonnée, les Ponts et Chaussées s’opposent à une telle attribution à la sécurité sociale de moyens réservés aux sinistrés. Le besoin en locaux devient pourtant vite crucial. Bon gré mal gré, comme nous l’évoquions, “ la Caisse Familiale de la rue de Bel-Air, malgré certaines réticences de ses propriétaires, doit également mettre les locaux qu’elle possède à disposition de la Sécurité sociale qui doit prendre le bail contracté par la dite Caisse ”. Cette mise en commun des anciens locaux ne résout pas le problème que pose l’avenir de la réforme, “ le plan de sécurité sociale et son extension à d’autres institutions que les assurances sociales laisse prévoir des besoins beaucoup plus étendus ”. Dans un premier temps, le paiement des assurés se réalise dans les locaux de leurs anciennes caisses -sauf en ce qui concerne les assurés de l’ancienne caisse Le Travail qui sont servis au bureau payeur voisin de la mutualité. Chacun s’organise au mieux malgré le manque de locaux et une précarité qui touche aussi les équipements et le matériel. “ Je me rappelle avoir travaillé au centre Bel-Air, près de Talensac : l’ancienne caisse Familiale. Nous avions deux étages. La salle des guichets se trouvait au rez de chaussée et les autres à l’étage. Nous avions un seul lavabo pour trente employés. Pour le chauffage des locaux il y avait un poêle que le chef de centre allumait le matin. ”207 (…) “ Rue Arsène Leloup, ancien siège de la CRIFO, on partageait les locaux avec les allocations familiales. On avait une machine à écrire partagée entre la dactylo, la personne de la CAF et moi. Il fallait attendre que l’autre finisse son travail pour pouvoir commencer le sien. On faisait 48 heures chaque semaine. ”208 À l’ancienne
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.PV des CA de la CPSS de Nantes, 25 mai 1946, archives de la CPAM de Nantes. .JACQUELINE CADIET, courrier 22 mars 99. 208 .GISELE LAINE, 2 décembre 1998.

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il convient d’aller de l’avant progressivement. sans planification excessive. ”209 La répartition territoriale qui se dessine au fil de ces mises en place doit trouver un cadre. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .100 100 . mais pourrait être accordée à Clisson. j’ ai été affecté à la caisse de la Mutualité. Ce débat sur l’organisation confronte des propositions qui débordent largement les positionnements préconçus des uns ou des autres. Je n’ai pas entendu trop de réticences dans la mesure finalement où les gens n’ont pas été tellement déplacés. en élaborant l’organisation dans le creuset de l’expérience et des engagements : “ il faudra créer des sections au fur et à mesure que les possibilités le permettront.Avec la Sécurité sociale caisse mutualiste. Pour les villes comptant plus de 2000 inscrits. Pour Ancenis. conscient de l’ampleur des réalisations à venir. fort de l’expérience précédente des assurances sociales. il faut s’en remettre pour cela au directeur ”. ne fait-elle pas courir un risque de dilution du service ? Ces correspondants en effet ne peuvent pas être simultanément des agents payeurs. trop proche de Nantes.A. Les caisses d’usines des Chantiers de Bretagne et des Batignolles.M. “ A la fusion des caisses. cela n’a pas beaucoup changé. “ La tâche de ces employés est de plus en plus lourde. pragmatique et soucieux d’innovation. Pourquoi ne pas installer partout des correspondants ? Si une telle solution présente l’avantage de préserver une centralisation des décisions au niveau de la caisse primaire. les gens se présentaient au guichet. Ce souci de collaboration des responsables trouve en écho celui de personnels qui s’inscrivent dans ces réformes avec un sentiment de cohérence et de continuité. suggère d’associer la collaboration de fonctionnaires territoriaux dont le statut représente une sécurité. en continuité avec le service des assurances 209 .N. 9 novembre 1998. émet des réserves. C’était une pièce toute en longueur. d’autres assuraient un contrôle derrière. Leur rôle se limiterait donc à celui d’intermédiaires. Roland Vauge évoque deux possibilités : créer une section avec un conseil d’administration spécifique ou mettre en place des correspondants. “ pourquoi ne pas utiliser les employés de mairie comme correspondants ? ” Roland Vauge. ” Pour Gabriel Goudy. pour installer le bureau payeur de Désiré Colombe et se félicite que “ la bonne entente qui existait sur le plan des assurances sociales subsiste dans le cadre de la sécurité sociale ”. Le conseil pour sa part craint la désorganisation que pourrait provoquer une multiplication des instances de décision. de la même façon. qui ne regroupe pas encore 2000 assurés mais qui peut atteindre ce chiffre en associant plusieurs communes avoisinantes. Cette possibilité d’installer un CA dans ces succursales ne s’applique pas à Rezé. fonctionnent déjà en sections. ils ne pourraient pas accomplir de façon satisfaisante cette mission supplémentaire. pas toujours en capacité “ de fournir les renseignements qu’un bureau payeur peut procurer aux intéressés ”.YVES CHATEAU.C. il accepte le principe d’une telle éventualité. installée rue Désiré Colombe dans des locaux tant bien que mal réaménagés après les destructions des bombardements de septembre 1943. Les caisses sont restées tout un temps ce qu’elles étaient. on a peu senti à notre niveau le partage ou la redistribution des fonctions. directeur de cette caisse.R. à deux pas des anciennes caisses Le Travail. En ce qui me concerne. Selon lui. A. un agent les accueillait. Georges Maître. il ne faut pas s’effrayer d’avancer dans l’inconnu. Roland Vauge souligne le concours apporté par Jules Lucas.

présente de nombreuses difficultés liées à la surcharge d’activité des bureaux liée au défaut d’organisation. elles continuent à être gérées par leurs mutuelles respectives. Saint-Léger-des-Vignes. après une question de Gabriel Goudy : “ Pourquoi accepter ces sections d’usines autonomes et refuser à Rezé la création d’une section avec un conseil d’administration ? ” Pour Roland Vauge et Auguste Peneau cette délégation de gestion accordée aux caisses d’usine s’appuie sur des dynamiques historiques : ces caisses d’usines préexistaient à l’organisation de la Sécurité sociale. les caisses Familiales. Toute liberté est laissée aux assurés de passer par la section d’usine ou par un bureau payeur ordinaire. calculs du remboursement des médicaments : il y en avait à 40%. une succursale.M. ” 210 Durant toute cette période. Deux contraintes leur sont imposées. Saint-Sébastien. à fonctionner. elle accueille en effet tous les assurés du secteur. Évoquer la difficulté de ces mises en place ne doit pas masquer l’efficacité et le dynamisme de leur concrétisation. Malgré la formation d’une salariée accueillie en stage par la caisse. en effet. Leur conseil doit comporter les deux tiers de représentants salariés et les frais occasionnés par le fonctionnement de ces sections ne doivent pas dépasser 10 % des cotisations perçues. Grâce à un accès extérieur à l’usine. faisant office de bureau payeur. L’employé faisait tous les calculs à la main. elle aussi. Mutualiste et Industrielle et Commerciale fonctionnent comme succursales et bureaux payeurs de la Caisse primaire de SS.101 101 .18 novembre 1998 A. n’hésitent pas à aller constater sur le terrain l’évolution des files d’attente des assurés. Brains. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . il fallait les aider. Au 1er août 1946. Ces demandes sont assez systématiquement acceptées comme une facilité offerte aux salariés de régler sur place leurs dossiers. “ A cette époque beaucoup de gens ne savaient pas écrire. La succursale de Rezé est prête alors. L’idée est acceptée mais sa concrétisation devra prendre le temps de la préparation indispensable. L’accueil des usagers.YVONNE MULLER et LÉONE JARS.R. il faudra reculer l’ouverture de la section prévue le 4 novembre 1946. Intéressé par un tel service mixte. s’implante dans des locaux mis à sa disposition par l’usine des Batignolles. Pour les communes les plus éloignées. le comité d’entreprise des Chantiers de la Loire demande à se constituer lui aussi en section. les administrateurs. par contre celle de Rezé serait une création.N. Les assurés étaient répartis par tranche d’âge de naissance. 60%. Bouaye. Ce statut des caisses d’usine fait rebondir le débat sur les sections territoriales. soucieux de vérifier l’application et la pertinence de leurs décisions.A. les 210 . Vertou. Saint-Aignan. De nombreuses entreprises proposent enfin aux administrateurs de la caisse la désignation d’un correspondant d’entreprise. les Sorinières. On envisage d’y rattacher Bouguenais.C. à la nouveauté des tâches à assurer et à la complexité des demandes auxquelles il faut répondre. elle associe depuis les assurances sociales le statut de caisse d’usine avec une implantation territoriale. 80% et on devait aussi mentionner les non remboursables. Avec l’approbation du conseil d’administration. Si à Saint-Joseph.Avec la Sécurité sociale sociales qu’elles assuraient. le personnel en fonction n’étant pas “ suffisamment au courant ”. et le soulagement qui cela induit aux guichets des caisses souvent surchargés. calcul de la consultation au taux en vigueur à telle date.

À Nantes Auguste Peneau. 4) Centraliser ou déléguer ? L’aventure entreprise mobilise les énergies et engage profondément ses acteurs. Dans le bourg. C’est 4000 assurés supplémentaires estime-t-on qui pourrait être ainsi absorbés avec l’extension de cette organisation. M. Le 1er mars 1947. c’est l’ouverture de cette succursale. administrateur habitant ce secteur. Le 23 octobre 1946. ancien correspondant de la Caisse le Travail. Le 1er novembre 1946. L’élection d’un Conseil d’administration est envisagée. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Fernand Ricou et Alexandre Bazin sont désignés pour y siéger. En cas de résultat négatif. Le maire de Saint-Herblain. la caisse doit recourir aux services d’une correspondante. assure l’accueil des assurés. insiste sur l’urgence de la mise en route d’une implantation locale en raison du long délai de règlement des prestations qu’impose ce recours à une correspondante.A. Si Nantes et Saint-Nazaire disposent chacune d’une caisse primaire autonome. un comité de liaison inter-caisses s’impose entre les deux caisses. Seules les communes de Bouaye et Saint-Aignan se font prier. s’il s’oppose à un regroupement total de sa commune autour de ce bureau. accepte d’étudier un fractionnement pour y rattacher les quartiers que cela peut intéresser.N. de consulter la commission de reclassement. Derrière les problèmes d’organisation que cette longue énumération laisse deviner.C. s’ils “ retroussent leurs A. Roland Vauge propose qu’à l’usine des Forges. Archereau. Le conseil d’administration de la caisse décide donc de lancer un appel au personnel intéressé par une mutation et. Un local est mis à disposition par la mairie. Il ne manque plus que l’acceptation du maire pour mettre en place cette structure. Madame Barbero. chantier humain. À Ancenis. Le Rouzic. En attendant les dernières dispositions indispensables. on sent bien l’immense chantier entrepris. si cela s’avère nécessaire. désigné par l’UL des syndicats qui sera ratifié à l’unanimité. ce bureau payeur n’attend plus qu’une personne compétente pour fonctionner. Parfois. une correspondante. en raison de la difficulté rencontrée pour trouver des locaux. des locaux sis dans la caserne de cette ville sont mis à disposition de la Sécurité sociale. Châteaubriant devient pour sa part section locale. une salle de la bibliothèque municipale est mise à disposition de la caisse par la municipalité. ce qui porterait l’effectif du bureau de Rezé à environ 8000 assurés. le directeur recruterait un agent. chantier technique mais aussi chantier de tramage et de tissage d’un réseau de référence cohérent structurant l’ensemble du champ social départemental. M. l’ouverture de la succursale d’Ancenis est réalisée. Le 4 novembre 1946 l’ouverture du bureau payeur de Basse-Indre est effective.102 102 . Le principe d’une telle section est décidé pour Clisson.Avec la Sécurité sociale règlements peuvent s’effectuer par mandat. devienne correspondant d’entreprise de la Caisse primaire. MM Peneau et Ricou viennent installer son conseil.M. À Basse-Indre. En attendant. La plupart des communes répondent favorablement à l’idée d’un tel regroupement dont l’effectif prévu est de 3625 assurés. Le rattachement avec d’autres communes est aussitôt envisagé.R. Très vite les administrateurs nantais. y constate-t-on. les correspondants détournent les intéressés de cette solution par crainte de perdre leur emploi.

naît à Nantes de la dissolution de la mutuelle des P. depuis le 8 juin 1946 la loi garantit l’autonomie de leurs régimes sociaux. : F.C. est plutôt favorable aux correspondants : “ Il ne fallait pas s’orienter vers la gestion de nombreux bureaux payeurs par des mutuelles.S.T.T. ” Le Conseil avec prudence.O.T. Mauras présentait un rapport de portée nationale sur la centralisation des caisses.S. Abel Durand maintient son point de vue : “ La loi donne la possibilité d’étendre cette pratique ”.. À Nantes. administrateur de la F. M. présidée par Charles Gifard. signale qu’une résolution a été votée à cette conférence incitant à ne pas multiplier les sections d’entreprises. par ailleurs administrateur C.P. après la négociation nationale conduite sur la gestion de leurs sections par leur mutuelle.. entendent bien rester les responsables de la dynamique de leur action.A. Il y demandait de veiller à ne pas trop disperser leur gestion. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . et d’autoriser la création de la section des Ateliers et Chantiers de la Loire même si “ elle ne constitue pas en tant que tel un précédent ”. Les sections devront être maintenus si elles le désirent. Un contact reste à prendre “ afin d’arrêter avec eux les conditions de fonctionnement de leurs bureaux payeurs ”. destinées à légitimer ces sections. de la caisse primaire.G.F. Le 9 novembre 1946. En ce qui concerne les agents de l’État et ceux des principaux services et entreprises publiques.. l’ancienne législation des assurances sociales prévoit aussi leur existence : “ Nous n’avons pas contrevenu à la loi.O.G.T. il serait bon de limiter ce régime ”. à laquelle il assistait avec le président et le vice-président de la caisse.F.S.S.D.).-G. Dans cette conférence.) et plus tard Roger Ganne (P. : C.E. Cyprien Bourbin (M. Le 6 août 1946. Joseph Gombeaud (P.D. ils y joueront un rôle souvent déterminant211. Même s’il faut attendre 1958 en raison d’effectifs insuffisants.F.O.Maurice Brochet (E. beaucoup de dirigeants de ces sections siégeront dans les conseils successifs de la caisse primaire comme représentants syndicaux . de Loire-Inférieure.G. A.R.” Fernand Ricou.T.N.Avec la Sécurité sociale manches ” sans mesurer leurs efforts pour mettre en place la Sécurité sociale.T. comme l’auteur du rapport. ces organismes sont prévus par elle.M.T. Pour Gaston Jacquet.G. Tous les agents du gaz et de l’électricité s’y trouvent intégrés.N. Fernand Ricou. sous la présidence de Maurice Brochet. Ainsi les services de l’E. Abel Durand rappelle le droit. réserve sa position sur le rapport Mauras.103 103 .N.G.T. les sections d’entreprise doivent être autorisées à condition que leurs frais de gestion soient établis sur des bases raisonnables. Au conseil du 27 novembre 1946.D.G. avec le projet d’assurance universelle impulsé par les caisses primaires locales. Outre le fait que des négociations se poursuivent annonçant des mesures nouvelles.N.).-G. : C.T.T. “A propos des sections d’entreprise qui ont quelquefois fait suite aux caisses d’usine. Cette autorisation inaugure la coexistence des régimes particuliers de fonctionnaires au sein de sections locales autonomes fédérées à leurs structures nationales. pour la voir devenir section locale. Roland Vauge rend compte de la conférence de la F.). l’espace de la gestion de la 211 . pour gérer leur protection sociale. il se déclare opposé à cette pratique et préconise de les absorber définitivement en leur substituant les correspondants d’entreprise.T.T. la question soulevée divise.. Le conseil décide alors de maintenir l’existant (Batignolles et Chantiers de Bretagne).F : C. comme Maurice Brochet.D. la M. car c’est un droit qui a été réservé aux caisses Mutualistes qui peuvent les gérer. reçoivent-ils l’accord du conseil pour l’implantation d’une section locale.

au conseil du 22 février 1947 Pierre Fromy précise le mécanisme de l’affiliation des fonctionnaires à la Sécurité sociale. Tout groupement dont l'effectif et l'organisation permettent de remplir des missions plus étendue et le cas échéant.N.A.S. Au travers de la section locale. Article 2 Tout groupement d'au moins 100 membres peut être habilité à être correspondant pour ses membres. Ils soulignent le service rendu par ces correspondants “ et demande des heures d’ouverture de la caisse en rapport avec celles où les ouvriers peuvent disposer de leur temps ”. conforte par ailleurs l’action mutualiste.N. Forts de cette reconnaissance. la section mutualiste de l’Équipement devient correspondante de la sécurité sociale. des assurés sociaux ” souligne Auguste Peneau. Par contre. A. les compléments aux prestations de sécurité sociale et prend en charge certains personnels non couverts par la sécurité sociale. le rôle de section locale à circonscription territoriale doit être habilité à cet effet pour ses membres. Cette nouvelle législation. demandent le maintien de ces avantages. aux correspondants locaux ou d'entreprise et aux agents locaux ”. Les réactions ne tardent pas.M. Les correspondants en fonction avant la mise en place de la Sécurité sociale seront donc indemnisés.O. Alors que la loi Morice. Dans un premier temps. les syndicats ou les mutuelles gèrent la protection sociale des fonctionnaires.N. quelques semaines après la mise en place de la M.N. nationale212. L’action de ces agents est intéressante “ par le contrôle exercé sur les sociétaires qui sont.104 104 . aucun 212 .S. Suite à un courrier de l’Union départementale mutualiste. présidée par Cyprien Bourbin. une commission assure la coordination entre la caisse primaire et les sections concédées de fonctionnaires ou de services publics. contrôle des dépenses oblige.G. et la F.Le 8 décembre 1946. Le 1er janvier 1947. votée le 27 janvier 1947.E. une section est agréée en Loire Inférieure. un accord est trouvé au conseil du 8 février 1947.C.Avec la Sécurité sociale sécurité sociale de ses agents y est préparé.F. les administrateurs répondent qu’il s’agit d’un avantage accordé par les Mutuelles qui ne concerne pas la caisse.. “ Il peut être fait appel aux sociétés et unions de sociétés mutualistes pour l'accomplissement des différentes missions qui incombent aux sections locales. à la fois. Modification à l'ordonnance du 4 octobre 1945 sur l'organisation administrative de la sécurité sociale française Article 1 Article 6 de l'ordonnance .. comme celle de la société Mutualiste des établissements Saint-Gobain. “ qui proteste contre la suppression du paiement des correspondants des Sociétés mutualistes ”. Dès 1946. aboutissement d’une longue négociation entre la F.M. les correspondants des Sociétés mutualistes rétribués sous l’ancien régime des Assurances sociales. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . définit le cadre de leur inscription particulière à la gestion de la Sécurité sociale.R. Elle gère la sécurité sociale des personnels relevant du ministère de l’Éducation nationale.

Consciente de l’intérêt de cette proximité qu’ils permettent avec les assurés. au sein du conseil de ces caisses siègent des personnalités d’ordre divers. Le bureau décide donc de ne pas répondre par une polémique.7 à 9..C. Ce barème unique est fixé par la F.A. Dès lors si l’État contrôle leur gestion. il convient de ne pas rester muet et de développer une campagne d’information en direction des assurés. ” Ces cotisations constituent une charge obligatoire qui écrase les plus humbles ? “ Cette cotisation est passée de 1930 à 1945 à 8 % (4+4).M.ne comporte aucun fonctionnaire. ce qui est normal. La Sécurité sociale est-elle le gouffre étatique ou se perdent les impôts ? “ Les nouvelles caisses restent comme les précédentes des organismes privés et autonomes. Au bureau du 11 juillet 1946. A. Doit-il s’agir d’un correspondant payé par l’entreprise ? Payé par la caisse ? La question est renvoyée sans autre commentaire à la délibération du Comité d’entreprise de la société pour qu’elle définisse ses propositions. L’indemnité allouée est de 80 francs par semaine et de 3 francs par dossier constitué. Pour pouvoir prétendre à un tel agrément. constituent leur budget. du plan de Sécurité sociale213 pour combattre ces bruits.Avec la Sécurité sociale correspondant nouveau ne sera accepté sans un accord officiel de la Caisse primaire de Nantes. Le personnel -du directeur au garçon de bureau. Cependant. la défense de la sécurité sociale figure à un ordre du jour déjà chargé. représentant les assurés qui. la caisse incite les employeurs à favoriser leur mise en place au sein des entreprises.105 105 .14 A. En raison du caractère privé conféré aux caisses. L’argument est efficace et les demandes d’agrément affluent.R.N. d) Défendre la Sécurité sociale Dès ces premiers temps de fonctionnement. Leur action évite aux ouvriers et employés qui traitent leur dossier par ce moyen de perdre leur temps et facilite l’action de la caisse en désengorgeant ses guichets. reprenant des arguments hostiles à la réforme.N. par le versement de leurs cotisations. comme toute période de changement ou d’installation suscite des incertitudes.S. bureau CA de la caisse primaire de Nantes 1946 à 1975 9. au service. parfois génératrices d’échanges avec les entreprises. Ces critiques ne sont pas nouvelles. cette fois. elle est 213 . Roland Vauge reprend alors son activité de propagandiste. des peurs et parfois des erreurs. Ainsi une lettre de la direction de JJ Carnaud de Basse-Indre à la demande de désignation d’un agent de la Sécurité sociale pour assurer une permanence 2 ou 3 jours par semaine dans l’entreprise est assortie une série de questions. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . à toutes les autres missions du Conseil s’ajoute celle de faire face aux attaques qui se déchaînent contre la Sécurité Sociale. Il s’agit d’un taux identique à celui des correspondants locaux directement désignés par la caisse.CRA le Mans.G. Une campagne tendancieuse se développe dans le journal l’Avenir. une société mutualiste doit compter plus de 200 sociétaires.T. ” La Sécurité sociale outil politique et syndical d’un envahissement bolchevique ? “ Malgré l’importance de la représentation de la C.O. il est inexact de dire qu’il gère les caisses.S. elles ont été maintes fois entendues depuis 1930. les frais d’administration ne grèvent pas le budget de l’état.

A. un médecin de Saint-Brévin.A. défendre la Sécurité sociale implique aussi la recherche d’une collaboration responsable avec les praticiens. C’est le sens du soutien du conseil au projet de clinique chirurgicale mutualiste nantaise. directeur de la caisse de Sécurité sociale de Nantes. 17 janvier 1947. “ Les frais administratifs ne pouvant dépasser 10 % du montant des cotisations perçues. À la suite d’affirmations fallacieuses sur les frais de gestion de la caisse diffusées une manifestation organisée par les professions libérales et artisanales. voient leur arbitrage sollicité pour la répression d’abus signalés.La Résistance de L’Ouest. Dès leur accueil au sein du conseil. annoncé depuis le 2 juillet 1946. Fonds de majoration. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Si le caractère libéral de l’acte médical est maintenu. s’indigne contre ce projet dont “ il résulterait le choix exclusif d’un ou de plusieurs praticiens appointés. Tel de leurs confrères. est radié du conseil de l’ordre sur plainte de la caisse pour avoir pratiqué un accouchement en demandant 7000 francs. Dans le même esprit. les deux médecins représentants de l’ordre. Cette majoration n’est donc en tout état de cause nullement destinée à couvrir les dépenses administratives et il importe que le public en soit avisé. Elle passe par une fermeté étayée par un éventail de solutions alternatives. C’est pour cela qu’il était nécessaire de maintenir cette majoration de 30 %. d’autres mises au point s’imposent “ afin de renseigner l’opinion publique en toute objectivité ”. 215 .R. ne constitue pas une augmentation des cotisations concernant les accidents du travail – puisque cette majoration était déjà versée par les employeurs en sus des primes. c’est la plainte d’un assuré de Châteaubriant. au mépris de la liberté des adhérents ”216. D’autre part. après son refus de revenir sur ce prix exagéré. possédant un monopole absolu. il demeure évidemment nécessaire de couvrir la charge des majorations de rentes correspondant aux accidents antérieurs au 1 janvier 1947. le 24 juillet 1946.106 106 .M. ” “ Cette affirmation erronée. repose sur le fait qu’en matière d’accidents de travail une majoration de 30 % est prévue sur la cotisation fixée par les Caisses de Sécurité sociale.N.C. ” 215 Au-delà de l’action de communication en direction des assurés. La Résistance de l'Ouest du 27-28 juillet 1946. fonds de garantie doivent donc continuer à jouer leur rôle pendant une période assez longue. archives UMLA. un accord est réalisé entre la mutualité départementale et la caisse primaire pour la mise en place du tiers payant pharmaceutique avec la pharmacie mutualiste. 216 .Courrier du syndicat des médecins de Loire-Inférieure du 10 juillet 1946.Avec la Sécurité sociale actuellement de 12 % (6+6) plus 4% de cotisation pour le financement de la retraite des vieux travailleurs exclusivement à la charge de l’employeur. Le 23 octobre.ROLAND VAUGE. pour dépassement des 214 . Mais d’une part cette majoration de 30 %. les représentants des usagers que sont les administrateurs s’autorisent en cas d’abus à un droit d’ingérence dans la relation singulière du médecin et de son patient chaque fois que leur mandat l’exige. de même que celles des accidents dus à des risques de guerre ou de garantir la solvabilité des organismes ou entreprises débiteurs de rentes pour les accidents passés. ”214 Malgré ces explications les attaques ne désarment pas. conformément aux instructions ministérielles. les docteurs Baron et Haureau. les administrateurs nantais remarquent l’heureux effet sur les prix qui accompagnent de telles réalisations. fonds de solidarité. Alors que la section départementale des chirurgiens. il est inexact de prétendre que ce taux est de 30 %.

Dans ce dernier cas. la convention avec les médecins achoppe sur une question “d’accord ” -incontournable du conseil de l’ordre selon les médecins.S. Dans les trois jours qui suivent le médecin-conseil doit se mettre en rapport avec le médecin traitant aux fins de la désignation d’un expert. Ces problèmes de dépassements d’honoraires. avec parfois la complicité de leurs praticiens. Le 23 mars 1947. une commission des dépassements des tarifs médicaux est donc constituée sur le département avec les représentants du corps médical. la question revient à Nantes : à quand la signature d’une convention départementale ? Défendre la Sécurité sociale. pratiques rôdées dans le cadre des Assurances sociales.M. après l’élaboration d’un protocole d’accord national. 217 . la caisse primaire de sécurité sociale de Nantes précise la nature et les limites du contrôle médical auquel elle entend soumettre les assurés. adressée par lettre recommandée à la Caisse intéressée ou déposée contre récépissé aux guichets de celle-ci. pour la création d’une maison de soin par la caisse ainsi que sur les chiffres clé du FC et du K. Procédures de contestation ouvertes aux assurés L’assuré contestant une décision prise par le Médecin-Conseil concernant l’assurance maladie ou maternité doit présenter une demande écrite. Le docteur Horeau signale à ce sujet que des pourparlers sont en cours nationalement entre les représentants du corps médical et la F.107 107 . A. les docteurs Baron et Horeau. Auguste Peneau est désigné pour y représenter la sécurité sociale. plaident le droit de leur confrère à ce dépassement. A défaut d’accord.C. sous réserve de l’accord de la caisse de Saint-Nazaire. sont l’un des obstacles importants à la généralisation du remboursement des assurés à 80 % promis par les ordonnances. concédés exceptionnellement par le législateur217 mais aussitôt largement généralisés par les praticiens. c’est le directeur régional de la santé qui procède à cette désignation et dans les huit jours qui suivent la réception de sa désignation l’expert doit procéder à l’examen du malade. se pose la nécessité d’un accord durable entre le syndicat des médecins et le conseil d’administration de la caisse qui insiste sur l’urgence d’une convention. l’exercice de manœuvres frauduleuses ou de prétentions excessives.ou “ d’avis ” -suffisant selon les administrateurs de la caisse-. qui est examinée. En Loire-Inférieure.A. Elle porte à la connaissance du public les institutions de recours concernant les contestations d’ordre médical.O.R. au début de 1947. Au-delà des problèmes de fraude ou d’excès. c’est enfin continuer à combattre l’irresponsabilité des assurés eux-mêmes.. Les honoraires du médecin expert sont à la charge de la caisse sauf si la demande de l’assuré est reconnue par l’expert comme manifestement non fondée.N. Au bureau du 22 août 1946. Cette demande doit être accompagnée d’un certificat du médecin traitant indiquant la nature de l’affection ou de l’accident.N.S.Soit en raison des revenus du client soit en raison de la qualification exceptionnelle du praticien. La même procédure est applicable lorsque l’assuré conteste une décision d’ordre médical prise en matière d’assurance de longue maladie. Pour beaucoup trop d’entre eux. faire valoir leur droit à la protection devient. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . aux dépens des autres cotisants. Soucieuse toutefois de permettre aux situations litigieuses de pouvoir être prises en compte démocratiquement.Avec la Sécurité sociale tarifs fixés par arrêté.

M. sauf les accidents agricoles.. ces divergences deviennent un conflit. Gaston Jacquet attire l’attention des administrateurs sur son affirmation. de culture. contraire selon lui à l’esprit de la réforme.. les obstacles tellement divers. À Nantes. L’assujettissement obligatoire au régime général de Sécurité sociale de “ tous les français sans exception quels que soient la nature et le montant de leurs revenus ”. Il n’y a plus lieu désormais de faire une déclaration à la mairie.N. artisans. 1946 à 1975 9. les marins. A. Roland Vauge souligne la difficulté matérielle de cette intégration. Dès le 4 janvier 1947. comme sa nomination comme chef de service.CRA Bureau CPSS de Nantes.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Il affiche de plus des prétentions impossibles à suivre. Le chiffre de 100 employés demandés pour ce service paraît enfin à l’ensemble du bureau fortement exagéré218. sont installés à la caserne Cambronne. L’orientation affichée par la loi du 22 mai 1946 tendant à unifier les prestations sociales dans un seul régime connaît elle aussi une application contrastée.7 à 9. qu’il devient vite nécessaire de revenir sur certains objectifs de départ. Benoist. de mentalité. se heurte au poids des particularismes. ne va pas sans conflits de conception. toutes les déclarations d’accident du travail. Benoist menace de faire interpeller le 218 . Lors d’une conférence régionale axée sur l’immatriculation des assurés et sur cette prise en charge des accidents du travail. Fernand Ricou de son côté s’élève contre l’autonomie du secteur “ accident du travail ” au sein de la caisse que préconise le rapporteur. les services d’affiliation des assurés et de recouvrement des cotisations. nouveau responsable de ce service venu du secteur des assurances privées.108 108 . que les sinistres Accidents du travail toucheraient 40 % de l’effectif salarié. les fonctionnaires ou acceptés dans leur principe : agriculteurs. ” À partir de cette date.14 A. e) Premières évolutions 1) Le renoncement à l’idée de caisse unique La difficulté et la complexité de l’œuvre entreprise sont telles. M. Benoist persiste dans son exigence d’un service autonome alors que les dispositions de la loi prévoient une branche accident intégrée à la Sécurité sociale et sous la responsabilité de la direction de la caisse.C. L’installation de ce service. très exagérée à son avis. jusqu’alors assuré par les compagnies privées. réside dans l’insuffisance des locaux et le manque de personnel qualifié. sont à faire à la Caisse primaire de sécurité sociale. Au conseil de la caisse primaire de Nantes.Avec la Sécurité sociale Dans ce cas l’assuré doit accompagner la demande d’un certificat délivré par un médecin autre que celui ayant examiné le malade conjointement avec le médecin-conseil.R. L’échange se fait vif. “ Les difficultés rencontrées dans la majeure partie des caisses pour réaliser ce travail au 1er janvier 1947.A. 31 décembre 1946. professions libérales. Employés et salariés constituent la base du régime général. La loi du 30 octobre 1946 sur les accidents du travail prévoit leur prise en charge par la caisse primaire de Sécurité sociale à partir du 1er janvier 1947. suite au rapport de M. Des régimes particuliers sont maintenus pour les salariés des Mines. Dans un courrier recommandé à la direction de la caisse.

A. au fil de ces évolutions. Une semaine nous faisions un peu de dactylo.N. . Quand de Gaulle a instauré la Sécurité sociale. nous ne savions pas trop quels repères adopter. La loi du 22 août 1946 si elle définit l’évolution de ces prestations ne réalise pas cette unité. Monsieur Douet219 qui venait d’une compagnie d’assurances. J’ai dû recevoir mon avis de reclassement en 1946 et je suis entrée le 1er mars 1947 à la caserne Cambronne. La prise en charge des prestations familiales constitue un autre secteur de la protection sociale que l’ordonnance du 4 octobre 1945 prévoit d’intégrer à la sécurité sociale. On était beaucoup de reclassés. jusqu’en 1945. le témoignage des agents confirme la complexité de ce transfert intégrant la garantie de ce risque à la sécurité sociale.. C’est par ce biais que je suis entrée à la caisse le 1er mars 1947. Selon eux. Le prétexte avancé par leurs responsables pour justifier cette mesure implique la responsabilité de la Sécurité sociale.C.109 109 . une autre un peu de classement. des mises au point parfois s’imposent. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Nous venions de compagnies d’assurances diverses et dans notre nouvelle affectation. 2) allocation de salaire unique. Sans état d’âme cette décision est prise.M. ”220 Du côté des employeurs. pour mettre en cause l’application nantaise du plan de sécurité sociale. Du côté des guichets. les Ateliers et Chantiers de Bretagne déclassent les ouvriers âgés si l’examen médical auquel ils sont soumis fait apparaître une diminution physique. 3) allocations prénatales.A.O. ne constituent donc que des institutions provisoires destinées à être fusionnées dans les caisses primaires.Successeur de M. La loi du 22 août 1946 Elle établit la charte mettant en place quatre prestations de la branche famille : 1) allocations familiales à partir du second enfant. Tous les dossiers des assurances avaient été balancés en vrac. Il était impossible de travailler correctement faute de moyens. je ne sais pas trop quel classement d’ailleurs. Il n’y avait pas de machines à écrire pour tout le monde. BENOIST.Avec la Sécurité sociale Parlement par un ami avocat. la compagnie d’assurances Soleil.F. se séparer de ce collaborateur hostile.LUCIENNE RABREAU. c’était une pagaille terrible.F. sans conditions de ressources. “ Je travaillais dans une compagnie d’assurances privées.R. les accidents du Travail ont été pris en charge par cet organisme et le personnel reclassé des assurances affecté à ce service. A. L’indemnisation de quelques mois de salaire qu’elle coûtera à la caisse semblera à tous un compromis heureux. supervisait le service. depuis janvier 1947. 219 220 . Ainsi.I. Succédant aux anciennes institutions patronales regroupées dans la C. la caisse ne les prendrait pas en charge s’il leur arrivait un accident. mais les Chantiers seraient déclarés responsables. Après consultation de MM. 2 décembre 1998.R. les C. Le Conseil d’administration unanime récuse ces affirmations : de telles instructions n’ont jamais été fournies aux employeurs qui en sont les seuls auteurs. Ricou et Jacquet. C’était un peu la pagaille. Goudy.. Roland Vauge ne voit qu’une issue.

contrairement aux vœux initiaux.R. après 30 annuités. 40% du salaire.T.T. La première préconise de faire adhérer individuellement chaque caisse d’allocations familiales à la F. devient son président de 1947 à 1968. en les généralisant et en pourvoyant à leur 221 222 .O. C’est aussi celle du ministère du Travail et de la sécurité sociale et celle des concepteurs de la réforme.G. En ce qui concerne les retraites versées aux salariés âgés. par l’intermédiaire de la F. Le 18 janvier 1947.S. du 16 novembre 1946.C. les cotisations des actifs servent à payer chaque année les ayants droits. Lorsque le regroupement de ces filières est proposé au niveau national. deux thèses s’affrontent. Battant en brèche l’idée de caisse unique.110 110 .S.221 Le 25 novembre 1946. Roger Monnin.S.S.M.S. pour des mises en commun de moyens et de ressources humaines.N.N. Le 3 décembre 1946. l’assemblée des CAF décide la création d’une fédération autonome. car le plafond est bas ainsi que la durée de cotisation. pour le recouvrement des cotisations. la loi du 13 septembre 1946 institue pour le 1er janvier 1947 l’assurance vieillesse généralisée à toute la population.P. Des tensions en effet pèsent sur les rapports des gestionnaires des caisses d’allocations familiales fortement marquées par leur origine d’œuvre patronale et par l’investissement traditionnel en leur sein d’associations familiales d’origine confessionnelle. l’Union Nationale des caisses d’Allocation familiale (UNCAF) voit le jour.A. par définition ”223.Avec la Sécurité sociale 4) allocation maternité.O.F.S. certes faible en moyenne. Cette répartition est fondée sur la solidarité.N. Il s’agit d’un régime par répartition reversant. vice-président de l’ UNAF. Désormais. une branche famille s’implante désormais en toute autonomie et en toute compétence couvrant un large secteur social et éducatif. Ces dispositions prolongent de fait celles du 14 mars 1941. l’Assemblée générale de l’Union Nationale des Associations familiales222 émet le vœu que les caisses d’allocations familiales demeurent définitivement distinctes des caisses primaires de Sécurité Sociale. Fédération qui. La Sécurité sociale se voit pour sa part attribuer la couverture du champ sanitaire et social. important ministre de la Population ainsi que par l’ensemble des associations familiales.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .N.et défendue par Robert Prigent. A. Elle est défendue par la C. .R. et ceux des caisses de sécurité sociale plus nettement inspirés par les jeux de représentation syndicale entre salariés et employeurs.N. Même si des collaborations ne tardent pas à s’imposer. ce que permettent les statuts adoptés lors de son congrès constitutif agréés par le ministère du Travail.F. Son règlement intérieur serait alors modifié pour garantir aux caisses d’Allocations familiales au sein de cette Fédération..C.Assises de Paris des 19-20 octobre 1946. qui craint de voir se réinstaller les anciennes caisses de compensation patronales. et la C. “ les vieux travailleurs perçoivent immédiatement une pension.O. Elle propose la création d’une Fédération des caisses d’allocations familiales ayant une personnalité juridique propre.S.S. la possibilité de défendre avec toute l’efficacité nécessaire les problèmes qui leur sont particuliers. La seconde thèse est appuyée par le M. CAF et CPSS poursuivent désormais une histoire séparée.O. une fois constituée pourrait se confédérer en toute autonomie avec la F.

224 .. au plan national.C. gestionnaires du système de retraite.R. Ces mesures d’amélioration des retraites au profit des ingénieurs et des cadres mettront plusieurs années à s’étendre à l’ensemble des salariés224 dans le cadre de régimes particuliers inscrits dans des institutions de prévoyance225 ou dans celui d’organismes mutualistes. 45.F.S.) "L'œuvre collective. la caisse règle directement la clinique par virement postal.Avec la Sécurité sociale financement réel. En Loire Inférieure. s’installent tout d’abord dans le cadre des caisses régionales avant d’être dotées d’un statut autonome.R. n° spécial 1995. le 14 mars 1947. Par contre.N.S. l’AGIRC. C.S. Il est financé par une cotisation assise sur la partie de leur rémunération comprise entre le plafond fixé par le régime général et huit fois ce plafond.I. En cas d’incapacité de leur part. le financement établi par les seules cotisations doit faire face aux exigences liées à l’installation du système.R. La maîtrise des dépenses de santé au moyen des conventionnements constitue une des lignes d’action de cet effort.C. En raison même de la modicité de ces premières retraites de Sécurité sociale. C. Si très vite une convention nationale avec les médecins est établie. Elles donneront naissance à cinq grandes caisses. présenté pour le second semestre 1946 par le trésorier Alexandre Bazin. A.O.G. Gabriel Goudy en devient le président et Léon Saboureau. limite les avancées.T. la caisse régionale et la caisse primaire.M. son directeur. Là encore des particularismes ne tardent pas à s’afficher. une convention est conclue entre les cliniques. les positions nationales des représentants médicaux. Groupe Malakoff..O.. les frais de gestion de la caisse de Nantes dépassent largement les 10 % accordés. Espace social Européen.S. fait apparaître un 223 .N. le syndicat des médecins de Loire-Inférieure temporise et s’abrite derrière les péripéties que connaît avec les gouvernements successifs cet accord négocié avec la F. toutes issues de ce secteurs des retraites complémentaires et qui se sont élargies au secteur de la prévoyance dans son ensemble : C. Les assurés non accidentés du travail doivent payer les frais d’hospitalisation.A. p. ces institutions sont publiques et gérées paritairement. La complexité d’une conciliation entre les critères gouvernementaux.R. A. À Nantes.Institutions L4. 2) Équilibrer les comptes Dès l’origine la question de l’équilibre des comptes de la sécurité sociale constitue un enjeu fondamental. avec les médecins et les dentistes un tel accord se fait attendre.PASCAL BEAU (sous la dir. Le budget prévisionnel de la caisse primaire de Nantes. ancêtres des institutions L731-1 actuelles. les cadres créent un régime particulier.C.O.N. La nécessité de régler le passif laissé par les caisses d’Assurances sociales inaugure d’emblée le problème.I. Enfin ce financement des cotisations qui devait logiquement s’adapter aux évolutions de la conjoncture économique connaît une stagnation inquiétante. ancien directeur de la caisse vieillesse Touraine Mutualiste et syndicaliste C.111 111 . . avec les sages-femmes et les maisons de santé l’accord se réalise dans les meilleurs délais. instituant à leur bénéfice un système de retraite complémentaire. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .Arrêté du 27 mars 1962 qui sera suivi de la création de l'ARRCO.P. Les caisses régionales vieillesse. Aggravant cette incertitude sur les coûts médicaux et pharmaceutiques. et l’entente sur le plan local dans les contacts initiés entre la caisse primaire et les praticiens. 225 .. Au 30 décembre 1946. 50 ans de sécurité sociale".N. Ce nouveau régime interprofessionnel obligatoire instaure un système de retraite complémentaire par répartition.R. celles de la F.

président de la caisse régionale. suivant péniblement l’accroissement important du coût de la vie. des efforts de rationalisation de la gestion attendent son successeur. 226 227 . avec la caisse régionale. si minime soit-il. 1946 à 1975 9. La caisse enfin doit elle-même s’impliquer dans cette quête d’équilibre financier. Le président de la caisse primaire suivi par les administrateurs. La signature d’un tel contrat engage la responsabilité et la décision des administrateurs. l’achat de matériel avec l’entreprise Satas. Après le rapport d’Alexandre Bazin et de Pierre Ramier à leur retour de Rennes où ils ont pu étudier l’installation du centre mécanographe adopté par cette caisse. s’étonnent de cette atteinte à leurs prérogatives.A. chaque surcoût.CA du 22 mars 1947. Ces mises au point de principe effectuées. ignorant de cette démarche. exprime sa surprise et affirme “ qu’il n’a rien signé de son côté ”. C’est qu’après l’action pionnière d’implantation de la caisse du premier conseil. Les administrateurs décident alors de s’informer sur d’autres expériences pour étayer leur choix227.14 A. Réaliser des économies dans sa gestion constitue pour les administrateurs un souci quotidien. La rentrée des cotisations n’égale pas le nombre des assurés. Gabriel Goudy se déplace à Paris avec le directeur de la caisse régionale. 27 janvier 1947. La mauvaise foi des employeurs refusant de jouer honnêtement le jeu de la réforme est incriminée. Celle-ci traite en effet. l’agent comptable et deux administrateurs s’y rendent pour recueillir les renseignements utiles. bureau de la caisse de Nantes. une enquête est diligentée sur les coûts en frais de fonctionnement des trois sections pour analyser la répartition des charges qu’elles génèrent226. L’application stricte et sincère des prélèvements légaux suppose des moyens supplémentaires pour faire respecter leur obligation. peut avoir des effets exponentiels. Si ces irrégularités sont bien constatées.CRA le Mans. la décision d’achat des machines Satas est entérinée à l’unanimité.N. mais généralement ils sont relaxés par les tribunaux ”. le 22 février 1947. La précarité des ressources et l’importance de l’investissement à effectuer interdisent l’erreur. A cette même fin. . première d’une longue série. Il s’effectuera. avec la caisse régionale. Des précisions sont demandées sur les échéances et sur le délai nécessaire à l’obtention des licences d’importation. “ le bureau avait été chargé d’examiner les diverses possibilités et non de commander ”. Fromy et Auneau sont chargés de leur côté d’effectuer une inspection de ces sections d’usines pour vérifier la bonne application des consignes de gestion fournies. en bonne gestion. A. MM. Gaston Jacquet s’indigne. Cette installation est l’occasion d’une explication. Gabriel Goudy. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .Avec la Sécurité sociale écart disproportionné entre l’augmentation des salaires. le lancement du processus de mécanisation est décidé. pour abaisser les coûts de gestion.R. En raison même du nombre des assurés et de l’ampleur des masses budgétaires gérées.112 112 .C.7 à 9. les possibilités de contrainte sont faibles. La caisse de Rennes ayant réalisé une étude approfondie à ce sujet. C’est ainsi qu’à la veille des premières élections de 1947. L’organisation de la mécanisation de la caisse s’impose par exemple. Abel Durand de son côté “ proteste devant une décision qui met le Conseil devant le fait accompli ”.M. au nom des deux caisses. et celui des cotisations passant seulement de 18 millions à 20 millions de francs. plus de 25%. “ certains employeurs sont poursuivis.

vont représenter pour tous autant de moyens d’évaluation. constitue déjà l’un des problèmes les plus délicats soumis à la sagesse des administrateurs nantais.N.GASTON JACQUET. entraîne une augmentation des effectifs. Lors de la préparation des premiers textes fondamentaux qui devaient donner naissance au régime de sécurité sociale. On les connaissait. formulé dans une proposition législative par Robert Prigent. la décentralisation des services.O. De plus. expertises.S. ou tel chef de division. . Pierre Laroque était d’avis que les représentants des travailleurs salariés au conseil d’administration des caisses soient désignés par leurs organisations syndicales les plus représentatives.P.Avec la Sécurité sociale Dans l’œuvre impressionnante qui mobilise ces administrateurs.T.R.R. outre le maintien des caisses d’affinités.A.S. Les employeurs revendiquent pour leur part un strict paritarisme. Enfin.113 113 . le personnel recruté étant en majorité féminin. va constituer un soutien essentiel. De plus.O.C.. juillet 1995. De plus. d’orientation. Roland Vauge s’est plaint souvent de cet état de choses ”229. entreprise pour inscrire la caisse sur l’ensemble du territoire qu’elle couvre. alors que la question des reclassements est loin d’être close.T. sont soumises aux administrateurs de ce premier conseil... “ Le partage des postes d’encadrement en particulier ne s’est pas fait sans difficulté. certains services semblent avoir un effectif un peu pléthorique. l’aide apportée par la F. et par la C. Président de la commission spéciale chargée d’examiner le plan de sécurité sociale élaboré par l’administration centrale. La direction et le bureau souscrivent à ces observations.S. après trois jours passés à la caisse. qui.N. rapports. principale source d’économie possible et rapide en matière de frais de gestion.N. de contrôle de leurs efforts. devait être anticipée par une embauche indispensable. toute la question du contrôle des décomptes est à reprendre. A. un débat national s’était déjà développé à propos du choix de ces administrateurs. conseils. M. 228 229 . Toutefois.C.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .S. Selon lui. C’est ainsi que les conclusions d’un rapport d’un inspecteur de la F. l’application de la loi du 22 mai 1946. on avait travaillé avec : de bons cadres mais pas faits pour occuper ces postes. l’effectif passe en surnombre. On savait bien qui était tel directeur adjoint de la caisse Régionale. à la veille du premier scrutin électif qui doit le renouveler228. Avis. pour ajouter à ces difficultés. universalisant le bénéfice de la sécurité sociale. est alors vivement combattue par le M. le reclassement obligatoire des agents des anciennes caisses a parfois davantage été l’objet de tractations d’influence que d’évaluation de compétence et de besoins. Au fur et à mesure que la caisse s’organise de façon efficace. Sur 319 agents recensés au total. défend le principe d’une désignation par voie d’élection.M.G. Les coûts de gestion des effectifs. On faisait nommer les gens plus dans une négociation entre composantes syndicales que sur leurs compétences. 298 seulement sont en moyenne en activité effective. Cette option qui recueille l’accord de la C. 3) De la désignation au système électif Ceux-ci toutefois en ce printemps de 1947 vont se trouver largement mobilisés sur des réflexions plus structurales concernant leur statut. Le travail du service d’immatriculation s’en trouve réduit. or la multiplication des régimes particuliers a restreint sensiblement l’extension attendue. le secrétaire général indique un taux d’absences important.CA du 17 avril 1947.F. Ropagnol.

R. leur élection au scrutin proportionnel.A. n’est pas plus dangereux que l’étaient les assurances sociales il y a 16 ans et nos camarades qui en ont peur ne font certainement pas partie de la classe ouvrière qui est majeure et qui n’a pas peur de réformes.. par 90 voix et 84 abstentions (M. le témoignage de l’exception nazairienne trouve à Nantes des oreilles attentives. S. ce que ne manque pas d’exploiter la droite politique.A. formulées dans une circulaire.F. dictée par le contexte et le souci de se démarquer de critiques mettant en cause la légitimité des gestionnaires des caisses. À Nantes. le 31 juillet 1945. archives CFDT.R.P. le débat sur la sécurité sociale progresse. dans ce cas. “ Le plan de Sécurité sociale.. le 9 août 1946. rapport au président de l’UD. à la C. La Sécurité sociale se fera avec ou sans la C. 232 .. dans les Conseils provisoires des caisses.T..AMBROISE CROIZAT.230 invitent alors.C. Pour le conforter. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .Avec la Sécurité sociale La solution préconisée par la commission Laroque est adoptée par l’Assemblée consultative provisoire. ce système de nomination ne tarde pas à accumuler les critiques.C.T. “ L’abandon des caisses d’affinité ? Il suffit de regarder les taux d’adhérents aux anciennes caisses départementales pour constater qu’il ne s’agit pas d’une question essentielle pour les assurés ”.R.).C. ministre du Travail et de la Sécurité Sociale. L’ordonnance de 1945 entérine cette décision en instaurant le système de nomination des administrateurs par le ministère sur des listes présentées par les organisations syndicales. Dans le même temps. seront rejetées une première fois par un vote des députés.F. mais l’effort conscient des bénéficiaires eux-mêmes ”231.G. Les arguments présentés par les partisans de la participation sont autrement puissants que les autres et expriment une réalité de fait et non pas une abstention au nom de principes plus ou moins justifiés (. Pour le parti communiste comme pour la C. rejoignant en cela son collègue Robert Prigent. le gouvernement à substituer à cette désignation des administrateurs. devient même le défenseur de cette mutation. discours du 8 août 1946 à l’Assemblée Constituante . Les groupes de la majorité dans leur ensemble : M. 23 août 1946.T. ministre de la Population.F.I. ministre du Travail communiste. .114 114 .) Il est regrettable que la CFTC ait boudé depuis le début de la Sécurité sociale et il est encore plus regrettable que ses militants n’aient pas été renseignés 230 231 . Ses propositions. d’un commun accord. ” Son souhait conclusif est sans ambiguïté : il faut participer à l’élection des conseils et en attendant il faut participer aux conseils provisoires232. À l’usage.P.C.T.F. Il souhaite en effet associer les salariés plus étroitement à la gestion de leurs propres institutions “ de manière à ce que la sécurité sociale soit le fait non d’une tutelle paternaliste ou étatiste. il s’agit d’une évolution radicale. PLARD..C.O. et je me demande si on sauvegardera les principes en criant de l’extérieur ou en travaillant à l’intérieur. une circulaire.M. Ambroise Croizat. C’est le système qui s’applique pour l’installation des premiers conseils provisoires de 1946. et C. s’abstenir serait une victoire à la Pyrrhus aux dépens de la classe ouvrière : il vaut mieux participer et défendre nos idées. formalise ces propositions.F. P.T.F.. Plard. secrétaire adjoint du syndicat des services sociaux.. de plus. si imparfait soit-il.Nous sommes en 1946 au temps de la seconde assemblée constituante. A.N.. A. se prononce fermement pour une implication de la C.C. “ Un système de sécurité sociale voué à l’échec ? Ce n’est pas évident.

la C. Leur bénévolat est un critère d’économie important : les frais de gestion des Caisses primaires sont en moyenne de 6 %. l’équivalent de l’assemblée générale d’une mutuelle. A. c’est le parlement qui doit légiférer. ..Communiqué du service régional des Assurances sociales. au minimum ”235. Quinze mille adhérents C.A.R. Le syndicat ne compte pas moins de deux cent trente agents syndiqués à la Caisse de Sécurité sociale et à la Caisse d’allocations familiales et attend plus de 100 syndiqués supplémentaires au 1er janvier 1947 avec la mise en place des services Accidents du travail236. ”233 Ce ralliement s’assortit toutefois d’une exigence.C.Liaisons sociales. Pour appuyer cette demande.GILBERT DECLERCQ à M. Au plan administratif. Nouveaux enjeux Le but de ce scrutin est la constitution définitive d’une part des caisses primaires de Sécurité sociale et d’autre part de caisses d’Allocations familiales juridiquement autonomes. Pour éviter tous débats inutiles.C. courrier du 14 septembre 1946.Avec la Sécurité sociale et documentés sur la question de l’origine.G. celle de faire évoluer vers l’élection la désignation des administrateurs des caisses et reçoit à Nantes le soutien des administrateurs C. Les militants du syndicat chrétien entrent désormais de plein pied dans la réforme.T.N.G. La loi du 30 octobre 1946 établit que les représentants des employeurs et des salariés au conseil d’administration des caisses de sécurité sociale seront élus désormais par leur pairs dans des collèges distincts. Cette élection des administrateurs est prévue le 24 avril 1947237. Pour cela. participe désormais aux nouveaux conseils. il est décidé de s’orienter vers ce passage à l’élection des membres du CA des caisses de la Sécurité sociale et d’Allocations familiales. il est fait état de l’essor récent du syndicat. PONCET inspecteur du Travail.F. Au plan financier ces administrateurs auront à faire passer un souffle humain dans des règles qui ne peuvent être autrement qu’abstraites. “ Il est donc permis d’affirmer que. précise le directeur régional. le 4 septembre 1946. Dans le même temps. Un projet de loi prévoyant l’adoption de ce système électif est voté le 5 octobre 1946. aux responsables C.C. Jean Acis.M.C. 4 septembre 1962. Conformément à la circulaire du 9 Août 1946. “ la C. permanent de l'UD 26 août 1946.F.T. contrairement à ce qui est écrit trop souvent. après trois mois de discussion.T. 235 . les frais des compagnies assurant les accidents du travail sont de 26 à 29 %. 27 août 1946.T.115 115 . archives CFDT.G. 236 . les institutions françaises de sécurité sociale ont toujours été gérées avec le maximum 233 234 .T.COURRIER de l’UL de Saint-Nazaire à MARCEL PEYRAUD. ils ont charge d’organiser les caisses. un courrier de Gilbert Declercq au même directeur régional de la Sécurité sociale indique que suite à une entrevue avec Ambroise Croizat et Pierre Laroque. 237 .F. Leur pouvoir est limité.T.Archives CFDT. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .F. sont recensés sur le département. dont trois mille dans la région nazairienne. pour 3 délégués C. “ il a été demandé au ministre de fixer un délégué C. ceux des CAF de 3 %. Le 7 septembre 1946. abandonnera les sièges qui lui avaient été attribués suite à votre abstention ”234.T. Je l’ai dit à Gaston Tessier et je le maintiens.C.

Les élections de second degré par ces conseils élus. Ces Conseils d’administration comprennent une trentaine de membres.T.A. générateurs des ressources.C. Deux personnes enfin sont choisies par le ministère. dans les sections désignées par les maires ou dans les entreprises de plus de 100 assurés. De même le corps médical désigne par vote deux médecins et les CAF un représentant. Elle implique une participation matérielle en ce sens mais aussi une participation des travailleurs. des œuvres régionales. âgés au moins de 18 ans. est prise à partie par les représentants de la C.G.. Les 238 . L’approche de ce vote ravive les clivages. à la représentation des caisses pour définir les politiques à suivre et à l’utilisation de ces fonds238.G. Les trois-quarts sont élus par les salariés et le quart restant par les employeurs. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Il n’y a pas au monde un régime de Sécurité Sociale qui fonctionne avec des frais de gestion aussi faibles. du conseil de la caisse régionale dont le siège est à Nantes. ” Des efforts restent d’organisation à faire : files d’attente.F.R.C. rapprocher les institutions de Sécurité sociale de leurs bénéficiaires.C. La C.PIERRE LAROQUE : Le sens des élections de Sécurité sociale. A.N. en fonction de leurs travaux ou de leurs études en matière d’Assurances sociales. combattant la position hégémonique de son responsable national. .. président de la F. quatre listes sont présentées pour constituer le collège des travailleurs : celles de la C.S. L’élection s’opère par liste avec l’utilisation des restes proportionnellement au nombre de voix..T.M. f) Un nouveau CA élu Les premières élections aux caisses de sécurité sociale et d’allocations familiales se préparent. du Morbihan et du Maine et Loire. À Nantes. Sont électeurs dans la catégorie des “ Travailleurs ” tous les assurés sociaux. conférence faite le 21 mars 1947 aux services français d’information. Henri Raynaud. C’est la sécurité sociale qui doit aller aux travailleurs et non pas les travailleurs à la Sécurité sociale. Au plan de l’action sanitaire et sociale leur action doit se prolonger dans un large effort d’action sanitaire et social. Chaque caisse désormais est administrée par un conseil dont le rôle est de contrôler la légalité de la gestion et de développer des œuvres locales. de la Mutualité et des mouvements Familiaux.Les élections des administrateurs des deux caisses primaires autonomes installées à Nantes et à Saint-Nazaire. parmi des personnalités qualifiées. ou en accord avec d’autres caisses.F. Le personnel des caisses élit pour sa part un ou deux de ses membres pour l’y représenter. d’Indre et Loire.N.T. délais de paiement. de la C. Elles concernent pour la Sécurité sociale : .T.S.116 116 . de Vendée. Elle a sous son contrôle les caisses primaires de Loire Inférieure. Des bureaux de vote sont prévus dans les mairies.O.Avec la Sécurité sociale d’économie. hommes ou femmes.

47 % des voix. 21 541 voix. : 613 sièges 26.La Résistance de l'ouest.N. 7 749 858 inscrits et 5 790 148 votants. C. 15 206 voix .M.T. .O. garantie de sa ligne de conduite pour l’avenir ”.F. La Mutualité.G.G.T.27 % des voix 3 280 183 voix. En retour.117 117 . elle souhaite privilégier l’intérêt des familles au débat politicien.T. soulève la polémique du côté de la C. ”240 L’ampleur de cette participation témoigne de l’attachement acquis désormais par la majorité des citoyens au développement de leur protection sociale.F. Le 24 avril 1947. L’Union départementale des familles nombreuses est représentée sur la liste Mutualiste par Pierre Ramier. à une réforme que beaucoup de ses militants avaient combattus. “ entend établir un barrage contre la misère et entreprendre une action pour l’amélioration des assurances sociales ”. A. 47. : 5 sièges.T. emmenée désormais par Léger Magimel. Mutualistes : 4 sièges. le vote qui se déroule est un succès239. La C. car les électrices et les électeurs conscients de l’intérêt de cette consultation ont tenu à témoigner de leur attachement à cette cause.C.S.S. Exprimés : 70 246 Inscrits 93 571 Votants 73 119 239 240 .O.F.20 % des voix 287 973 voix. constitués de vieux mutualistes rompus aux questions des Assurances sociales ”. 5.T. A LA CAISSE PRIMAIRE DE NANTES C. 30.. met en avant “ la stricte neutralité politique de ses représentants.C.C.T.La Résistance de l'ouest. Le personnel en déplacement a regagné le siège de l’entreprise. font état de l’antériorité de leur engagement dans les assurances sociales. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . “ Isoloirs et bureaux placés dans les services les plus nombreux ont en quelques heures accueillis plusieurs milliers de suffrages.C. avec Gabriel Goudy à sa tête. 33 263 voix.G.G.78 % des voix. La C.F. 25 avril 1947. C. conduite par André Duhamel. l’utilisation par la C.N.S.T. d’opuscules édités par la F.T.G.F.S. : 9 sièges.. peu d’abstentions ont été relevées.C.C.T. Le Conseil décide d’adresser une lettre de protestation auprès de cet organisme qui a utilisé à son titre des opuscules de la F.R. 36 % des voix 1 458 475 voix Mutualistes : 144 sièges 9.75 % des voix. à l’intention des assurés et retrouvés estampillés de leur cachet. LES RESULTATS AU PLAN NATIONAL : 124 caisses. 25 avril 1947. C. Gaston Jacquet “ s’étonne de ce que l’Union Départementale des syndicats Chrétiens soit en possession de ces papiers et proteste contre le fait qu’elle y ait apposé le cachet de son organisation ”.Avec la Sécurité sociale militants C. dénonçant le ralliement opportuniste de la centrale C.N. 21. Les programmes électoraux s’affichent.T.A. souligne “ sa longue action dans le passé pour l’amélioration des Assurances sociales.17 % des voix 507 599 voix Listes familiales : 79 sièges. 75 % d’électeurs se présentent aux urnes. : 1384 sièges 59.

qu’en 1945 les caisses furent prêtes à fonctionner à la date prévue. largement utilisé par les électeurs lors de ce scrutin. ”242 Les élections des représentants des deux délégués des personnels confirment ce pluralisme. Qui plus est.G. La C..G. est ainsi écarté de l’action qu’il a engagée au sein de la Sécurité sociale. selon ses militants. le journal Force ouvrière.C. responsable communiste. militant historique de l’ancienne C. laisse un siège à la C.. et le parti communiste expriment désormais à haute voix leur hostilité à l’application du plan Marshall. la C. 15 juin 1995. comment. avec le chercheur Numa Murard. Gaston Jacquet..G. avaient donné la consigne à leurs gars. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Ce nouveau conseil. Malgré l’appel à tous ses adhérents : “ quelle que soit la raison de votre absence. ”241 Dans ce qui n’est encore que le lieu d’expression de désaccords profonds au sein de la C.T. La classe ouvrière n’a nullement oublié la peine et le dévouement admirables des militants confédérés. elle retrouve relégués dans un coin les noms de ceux qui pour elle sont des administrateurs éprouvés et consacrés. Réparer les injustices est le propre de la justice populaire. A. Il invite à cesser “ de pleurnicher sur la catastrophe qui a frappé les têtes de listes unitaires. tout à fait anticommuniste. J’étais deuxième de liste.118 118 .T. s’est révélée finalement ni plus ni moins coûteuse que celles qui devaient 241 242 .A.et la gestion de la C.T..F.PIERRE FROMY.G. il y avait une section syndicale C.G. sur le reste des voix. nous avons pu l’obtenir ”243. 243 .. . À Nantes.M. on peut noter toutefois. de me rayer sur la liste : je n’ai pas été élu.G. Le Rouzic en-tête. on lui propose des listes où avec étonnement..C. A Basse-Indre.R.GASTON JACQUET. l’écarte de la liste C.. 9 mars 1999. Même si les débats sur l’analyse de cette période restent vivaces.T. et voilà qu’un beau jour. “ notre premier élu l’a été sur la répartition des restes. “ c’est grâce à la C.T. explique le phénomène qui semblait anéantir nos camarades majoritaires ”.T. Gabriel Goudy était en premier.U.. J’ai par contre été désigné comme personne qualifiée à la caisse régionale invalidité. On n’avait pas suffisamment de voix pour avoir d’emblée un élu. “ En 1947. je suis resté sur la touche.G. comme dans tout le pays.G. Et cela plus que toutes les arguties. de l’économie française à l’ordre libéral américain. “ C’est désormais à un véritable petit parlement que nous avons affaire et quand il faut faire passer quelque chose. Les dirigeants. soumission..T.N. introduit une évolution notable par rapport au précédent où la suprématie de la C.Avec la Sécurité sociale Au plan politique.. à Nantes comme partout en France. sous la signature d’Henri Sinot commente au plan national cette situation.RAYMONDE QUEHEN.T..T. en situation de monopole jusqu’en 1947. juillet 1995. ces élections sont pourtant marquées par un contexte de tension où l’on sent poindre la crise.G.T. Il était possible de rayer les noms des candidats que l’on refusait. légitime réaction de nos camarades qui ne saurait surprendre les majoritaires eux-mêmes. la diplomatie s’impose. en matière décisionnelle était incontestée. Les répercussions locales de cette situation ne manquent pas. le droit de panachage.. même la maladie votre devoir est d’aller voter à la Caisse ou à la succursale dans laquelle vous travaillez ”.

Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . 244 244 . A. qu’en ce qui concerne l’unicité de sa gestion.Avec la Sécurité sociale suivre ” . cit. Espace social européen. L’une comme l’autre n’ont pas fini d’alimenter les débats. On peut aussi souligner l’échec relatif de cette “ révolution ” souhaitée par Pierre Laroque tant en ce qui concerne l’universalisation de son application. p.NUMA MURARD. in “ L'œuvre Collective ”.C.A.M.N. op.119 119 .R. 30.

des caisses primaires de Sécurité sociale. 28.A. . Dalloz. établissement public. établissement public est administrée par un conseil comprenant des représentants des caisses et des représentants des pouvoirs publics .JEAN JACQUES DUPEYROUX.le principe de l’élection. p. En 1947 s’organise le régime général246 : “ 1. sur l’intégration des régimes spéciaux dans le régime général.M. 246 . 247 245 .N. 2.Conseils d’administration Leur constitution est marquée par : . b) Des caisses régionales de sécurité sociale assurent une mission de contrôle et de représentation de l’administration centrale et du ministère . c) Une caisse nationale de Sécurité sociale.Avec la Sécurité sociale UN PREMIER BILAN En 1946. sur le principe de remboursement à 80% des frais médicaux réels245.une large prépondérance des représentants de salariés dans les conseils des caisses primaires et régionales. sur le principe de caisse unique. avec la même proportion trois quarts . assure notamment la trésorerie commune.Organismes a) Au plan départemental. 50 ans de sécurité sociale".R. dans la proportion de trois quarts un quart. par les employeurs de l’autre. A. b) Les caisses régionales sont administrées par des conseils comprenant essentiellement des administrateurs élus par les représentants des salariés et ceux des employeurs au sein du conseil d’administration des caisses primaires de la région. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . "L'œuvre Collective. on voit se succéder une série d’échecs relatifs ou d’ajustement : sur les perspectives d’extension des assurances sociales à toute la population. 1980.120 120 . N° Spécial Espace social Européen. d) La caisse nationale de la sécurité sociale. Droit de la Sécurité sociale. pour un quart des représentants des employeurs et pour le dernier quart des représentants des non salariés non agricoles (bénéficiaires de prestations familiales). 247 . a) Les caisses primaires de sécurité sociale sont administrées désormais par des conseils comprenant essentiellement des administrateurs élus par les assurés d’un côté.C.Cette organisation prévaudra jusqu'en 1967.PASCAL BEAU. des caisses d’allocations familiales et des unions de recouvrement des cotisations (services communs entre caisses primaires et caisses d’allocations familiales) s’installent . 1995. c) Les caisses d’allocations familiales sont administrées par des conseils dont la composition est originale : la proportion est pour une moitié des représentants des salariés.un quart.

G. et revendique une action syndicale autonome et démocratique. officialisée le 24 janvier 1948. A. recueillent l’adhésion d’une large majorité des français allant de la droite à la S.I. La C.I. exige en compensation l’instauration d’une échelle mobile des salaires. au sein de la C. Tandis que les fonctionnaires poursuivent la mise en place de leurs régimes particuliers. F.G.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . la C. L’année 1948 constitue un temps d’agitation sociale intense où l’on comptabilise mille quatre cents vingt-cinq grèves. 249 . le gouvernement conduit par Paul Ramadier navigue désormais sur des vagues de contestation et d’agitation sociale qui secouent tout le pays. une augmentation des prix de plus de 53 % est observée. 1947-1958 a) Organiser : 1947-1950 “ En 1946-1947. et la C. Les objectifs d’action ne manquent pas : pouvoir d’achat. le 248 .G.-F.N. de chômage. le 11 avril 1950. la période 1947-1950 voit se poursuivre l’organisation du régime.F. de conventions collectives. dans le département de Loire-Inférieure.T.T.T. En 1948 l’assurance vieillesse se dote de régimes propres aux catégories non salariées. la direction pour faire face. Une autre partition s’instaure dans le paysage syndical et marque le débat social.121 121 . CA du 12 janvier 1949. directeur de la Caisse de Nantes. Entre la fin de 1947 et le début de 1948. ” 248 L’unité nationale qui primait à l’époque de la Libération est désormais révolue.M.R.G. crise de Madagascar mobilisent dans un certain désordre les syndiqués de la C. En matière de Sécurité sociale. Au plan économique.ROLAND VAUGE. ceux de la C.C.Les ministres communistes sont révoqués le 5 mai 1947 suite à leur refus de voter la confiance au gouvernement.O. coûte que coûte.F.G.T. qui voit là des moyens pour reconstruire et relancer l’économie nationale. six millions et demi de grévistes.T. Elle s’insurge contre la politisation du syndicat C.O. à nos obligations devait improviser..T.M. ou de la C.T. la marche sur Nantes des métallurgistes de Saint-Nazaire marque un temps fort de ces mouvements.T.O.T. Force ouvrière se créée. nous devons de toute évidence aujourd’hui réorganiser. la division s’institutionnalise.C. dans des organisations autonomes et une généralisation progressive des retraites complémentaires s’opère au sein d’institutions de prévoyance et de sociétés mutualistes. Les 13-14 novembre 1947.A. Si les propositions d’aide américaine.G. treize millions de jours de grèves. Alors que le 11 février 1950 le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (S. Sur le plan syndical.C. ainsi qu’une dévaluation du franc de 80 %. archives de la CPAM de Nantes.G. préfèrent pour leur part l’instauration d’une baisse autoritaire des prix. la situation reste précaire. la C.F.Avec la Sécurité sociale B) L’essor du régime général.) est créé. guerre d’Indochine.G. Entre deux oppositions. -celle du Rassemblement du Peuple Français créé par Charles de Gaulle le 14 avril 1947 et celle du parti communiste249-. Les années 1949 et 1950 prolongent ces vagues d’agitation sur les problèmes de salaire. le parti communiste dénonce les contreparties qui selon lui s’ensuivront.. au travers du plan Marshall.

chef comptable des Etablissements Paris et dirigeant mutualiste expérimenté comme trésorier : tous les 250 . comme adjoint et de nommer Paul Guilbaud.A. Ramier. Gabriel Goudy propose alors de rétrograder Gaston Banguy régulièrement élu comme trésorier. Bangy MM.R. le travail commence pour certains.G.Avec la Sécurité sociale 23 septembre 1948 le parlement adopte la Sécurité sociale étudiante qui est confiée au syndicat étudiant. Fernand Ricou (C.E. Leur efficacité ayant imposé ces moyens de travail. l’U.T. Parallèlement. Le 30 juin 1947. C. Garnier M. Bilard. parfois contestée. le 13 mai 1947. Cette préoccupation inspire la composition du nouveau bureau. l’État exerce une influence grandissante. refuse le poste de trésorier adjoint qui lui est proposé. candidat de la mutualité. Magimel.N. trésorier de l’union mutualiste. Ricou. et ancien président de la caisse d’assurances sociales mutualiste. Maître. Celle gérant les conventionnements ainsi que les rapports avec les praticiens et avec les établissements hospitaliers est constituée de MM Ramier.)250 et M.). dans les délibérations des administrateurs des caisses et accroît son contrôle sur leur gestion.G. 1) Un nouveau conseil d’administration élu À Nantes les premières élections sociales ont renouvelé en partie le conseil précédent.C. Alexandre Bazin. ne pas compromettre la réforme dans des querelles partisanes est donc une préoccupation partagée. Perrocheau.)..T. qui crée une mutuelle. Magimel. Léger Magimel (C. Le Bot. directeur régional.. Paul Guilbaud. Chacun à conscience de la fragilité de ces institutions naissantes et des enjeux qu’elles représentent. Guegen. Bilard.F. Daniel.F.G. Melle Guillon et du Dr Jouon.T. et C. Viaud. Duguy (C. Celle administrant les accidents du travail est composée de MM Daniel. Gernigon. Pour réunir le maximum de compétences. avec le décret du 25 mars 1949.T.F. président de la caisse primaire.N. pour gérer ce système.T. marquant les priorités immédiates de ce nouveau conseil. Gernigon..M.C. Gueguen.T.F.) MM Bazin (Mutualité). deux commissions provisoires sont désignées. il est désormais constitué par les divers courants sociaux représentant les salariés. se poursuit pour les autres. Si des luttes de préséance sont réactivées par ce recours au système électif. Deniaud. la M.Il sera remplacé par Bilard à cette fonction après son élection à la présidence de la caisse régionale A.122 122 .T.G. Ricou. est élu à l’unanimité. Docteurs Duverger et Jouon Deux représentants (C. Maître. le souci d’efficacité prédomine. Employeurs Associations familiales Médecins Personnels Personnalités qualifiées MM Goudy. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Bergerault (Employeurs) sont élus vice-présidents et Gaston Banguy (C. Gringoire.C.N. Bourbin.) Sitôt installé.E. Rolland. Melle Guillon MM.G. Gombeaud.F. C.C.T. Duhamel et du Docteur Duverger. Installé sous la présidence de Jean Acis. Bergerault. trésorier.

Deniaud et Magimel. . s’il fait état de l’important travail accompli. 251 252 . Il fallait définir les rôles et il y eut de très mauvais couples. ”252 Poursuivant un engagement et un travail de représentation nationale initié par Auguste Peneau. “ Je garde le souvenir de réunions studieuses. Ricou et Bergerault sont élus administrateurs de la F. il y a eu besoin d’organiser.T. Il y avait un souci général de l’intérêt des assurés.N. 253 .MARCEL PEYRAUD. décideur ultime avant les contrôles de la caisse régionale et du ministère.C. Ricou. Ainsi le rapport Allex254 du 29 juillet 1947. Bilard. Cette implication devient vite. novembre 1998. Il y avait des tas de choses à régler.D.. ”253 Si des bases d’organisation désormais existent. “ Cette dernière commission est tenue de présenter au Conseil d’administration un rapport concernant les opérations effectuées au cours de l’année écoulée et la situation de l’organisme en fin d’année. 15 du décret du 29 avril 1947. ne serait-ce que le problème des personnels.123 123 .Avec la Sécurité sociale administrateurs se rangent derrière cette proposition. 9 mars 1999. En outre cette commission est tenue de procéder au moins une fois par an à une vérification de caisse et de comptabilité effectuée à l’improviste. 254 . d’orientation ? Quel est celui du directeur : “ je ne suis pas le porteserviettes. Dans ces commissions le souci de concertation est la règle. le service du public y prend presque toujours le pas sur le jeu des divergences partisanes. le directeur dépendait étroitement du conseil lui-même. Tout le champ d’activité de la caisse est ainsi découpé par ces organismes spécialisés qui ont pour fonction d’analyser les problèmes ressortissant de leur champ et de présenter des solutions rapides au bureau et à l’ensemble du conseil.N. Une autre est affectée à la coordination avec le régime des fonctionnaires . Bilard. A. Bourbin. La commission de contentieux sera désignée ultérieurement. Quel est le pouvoir du président.N.A. Goudy. des leçons peuvent commencer à se tirer.RAYMONDE QUEHEN.Du nom du contrôleur du ministère du Travail chargé de ce rapport. Mlle Guillon (C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . que ce soit patrons ou salariés qu’il y ait eu des gens contre les assurés sociaux. Une commission de longue maladie se compose de MM. le secrétaire-adjoint.S.G. une commission de contrôle est constituée de MM. son rôle est primordial. le pouvoir des conseils et le pouvoir des directeurs. Ricou.G. une culture particulière reste à constituer.M. Certains jouaient au P.. Bergerault.F. pour tous. Amice. Magimel. signale à la vigilance des administrateurs nantais certains points problématiques : le contrôle médical. Bergerault. Ricou. au plan politique.S.R. Le duo président et directeur a toujours été délicat. Joseph Gombeaud (C. MM.O. ”251 La commission du personnel se compose elle de MM. statutairement. avant que l’inventaire ne soit transmis au Ministère du travail et de la Sécurité Sociale. entendit-on souvent ”.T. “ Avec la F. Dans l’effort de rationalisation de la gestion entrepris. D’autant qu’à l’époque. À Nantes cela s’est joué correctement.O. Le conseil suivant.. en décembre 1947. son action est particulièrement sollicitée : les mesures concernant l’effectif des salariés semblent au cœur de la réorganisation qui s’annonce. Durand. Duhamel..C. à éplucher les dossiers et là on ne peut pas dire.S.S.) devient la secrétaire de ce conseil. Rolland.Art. elle réunit MM. une expérience déjà s’accumule.. indissociable de l’action locale.). Le Bot.

A.N.M. chaque agent ayant été affecté au poste où son expérience le rendait le plus utile. N° 44-02. la fusion des services des diverses caisses a été effective. N° 44-03 La Caisse primaire de la compagnie générale de construction de locomotives. le partage du patrimoine a été réalisé entre les caisses de Nantes et Saint-Nazaire.Avec la Sécurité sociale le contrôle des employeurs.R. La caisse primaire de l’union départementale des SSM de la Loire-Inférieure.. Le bilan et les comptes des caisses dissoutes ont été approuvés. Il appartient désormais aux nouveaux élus d’administrer l’existant et de le perfectionner au fil de l’expérience et des réglementations nouvelles qui se succèdent. La Caisse primaire des chantiers de Bretagne. A.. La Caisse primaire Le Travail. N° 44-05. Rapport Allex du 29 juillet 1947 La caisse primaire de sécurité sociale de Nantes a absorbé La caisse primaire départementale de Loire-Inférieure. N° 44-08. En ce qui concerne le personnel. N° 44-01 La caisse primaire familiale départementale des SSM de Loire-Inférieure. N° 44-06. La Caisse primaire mutuelle des ouvriers et employés des établissements Huard et Cie N° 44-10.C. N° 44-30. La Caisse primaire mutualiste et commerciale des Assurances sociales. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .124 124 .

125 125 . 2. 1. en partie à la succursale Bel-Air. Rue de Bréa pour le siège social et les services généraux (immeuble acquis par la caisse). La succursale Mutualité a conservé les assurés de la caisse primaire mutualiste de l’Union départementale (22 000 assurés). soit par virement à leur compte chèques postaux. a conservé l’effectif de celle-ci soit 20 000 assurés sur 30 000 (le solde est rattaché à SaintNazaire). Caserne Cambronne pour les Services immatriculations et cotisations et service accidents du Travail (locaux mis à disposition par la mairie de Nantes). Les remises de dossier sont effectuées chaque semaine ou chaque quinzaine. pour l’examen et le décompte des dossiers. lors du dépôt de dossiers suivants. accidents du Travail. La caisse est installée 9. Sept médecins contrôleurs attachés à la circonscription de la caisse ont examiné au cours des 4 derniers mois 3475 malades chaque mois.A. Les fonds sont remis aux correspondants soit en espèces. contre acquits. (locaux loués à la caisse le Travail). Ils reçoivent une provision égale aux dépenses de la A. longue maladie. La succursale Bel-Air. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . installée dans les locaux de la caisse Familiale. en partie au siège de la caisse régionale. radio). passage Leroy (invalidité. sont rattachés à la succursale Bel-Air. elle a absorbé en outre les assurés de la caisse industrielle et commerciale (18 000 assurés) et ceux de la caisse le Travail (7 000 assurés) en dehors de ceux qui se trouvent rattachés aux correspondants d’entreprise et aux correspondants mutualistes.R.M. Le contrôle médical est installé en partie dans les locaux de l’ancien contrôle inter caisse. place de l’Édit de Nantes. rue Désiré Colombe pour les services financiers. Les correspondants mutualistes sont rattachés à la succursale Mutualité.C.Avec la Sécurité sociale Le regroupement géographique des assurés n’a pas encore été réalisé totalement. Les correspondants d’entreprise sont munis d’une procuration générale.N. rue Désiré Colombe. Les correspondants d’entreprises .

L’ex-caisse industrielle et commerciale travaillait aussi sur dossier avec une fiche A. Les prestations sont réglées dans la presque totalité des cas sur-le-champ. Bel-Air : 25 000 assurés. On y observe de bons résultats : le service des prestations est effectué dans un temps minimum et les contestations d’ordre médical trouvent une réponse rapide grâce à la présence sur place d’un médecin-conseil permanent.126 126 . Les dossiers sont payés sur cette provision et les correspondants sont remboursés de leurs dépenses dès réception du bordereau accompagné des acquits et des pièces justificatives. Cette succursale a gardé le système des fiches de position de la caisse familiale. il est réglé alors par Chèque postal.C. Le Contrôle des employeurs emploie quatre contrôleurs qui viennent de la direction régionale au titre du reclassement. la caisse le Travail travaillait sur dossier avec un récapitulatif figurant sur les chemises des dossiers. une seule affaire a été jugée avec une sanction pénale pour l’intéressé.Avec la Sécurité sociale quinzaine.M. L’assuré peut aussi envoyer son dossier par la poste.R. Toutes ces entreprises ont fait l’objet de lettres de rappel restées sans réponse. Le temps d’attente moyen à Bréa est de 37 minutes. Au 30 Juin 1947. L’ancienne caisse de l’Union mutualiste avait des fiches de position. Treize assurés ont fait l’objet de poursuites correctionnelles. ainsi que 124 employeurs à versements mensuels. Il faut souligner l’urgence de leur tâche : d’après les indications du fichier régional. aucune poursuite n’est engagée mais plusieurs dossiers contentieux sont sur le point d’être transmis en vue de poursuites correctionnelles ou de procédures sommaires. Décentralisation du service prestations : Bréa : 115 000 assurés.A.N. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . 2900 employeurs à versements trimestriels ne cotisent pas. C’est la caisse la mieux installée mais se pose un problème de coordination du fait que les 3 caisses dont elle a pris en charge les assurés avaient des méthodes de travail et de classement très différentes. Mutualité : 50 000 assurés.

R. rappelle la complexité du débat déjà engagé avec la caisse régionale. le coût de ces décentralisations. n’élude plus désormais la confrontation constructrice sur les principes qui guident chaque sensibilité. la F. Tous les deux demandent une étude chiffrée sur le coût des sections locales. Quelques semaines plus tard. A.N. Va-t-on multiplier encore les instances de décision ? Rezé et Basse Indre selon lui doivent être gérées par le Conseil de la caisse primaire de Nantes. Rezé (parc municipal) : 12000 assurés Basse-Indre (mairie d’Indre) : 5000 assurés Châteaubriant (41. L’œuvre est en marche et l’urgence vitale des premières mises en place.. Après le temps de l’unanimité vient celui des débats. Briand) : 26 communes de l’arrondissement : 3000 assurés Ancenis (Caserne Rohan) : 2000 assurés.S. président de la mutuelle des fonctionnaires de l’Éducation Nationale. rue de la Brasserie) : 10 000 assurés.Avec la Sécurité sociale récapitulative par dossier. Rolland. de l’attribution de frais de gestion pour la section locale des enseignants. sur le modèle mutualiste.N. C’est l’occasion pour les mutualistes. Défenseur farouche de la gestion démocratique de proximité. “ où trop de démocratie met en péril la démocratie ”. 23 correspondants d’entreprise : 6000 assurés (pourparlers pour 11 correspondants supplémentaires) 11 correspondants mutualistes : 2000 assurés. André Duhamel et René Amice. Il met en garde contre des surcoûts inacceptables au moment où se posent des problèmes d’équilibre de la gestion qui vont amener des efforts d’économie. ancien agent général d’une Compagnie d’assurances.C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Le directeur souligne alors.R. la question rebondit. Bureau des fonctionnaires (direction régionale.O.S.127 127 . Accidents du travail : Ce service est placé sous les ordres d’un chef de service. rue Saint André.A. ces fiches très souvent ne sont pas à jour. Il dispose de 3 pièces et occupe 35 agents dont 33 viennent des Compagnies d’assurances. décide en effet de A. 2) Continuité et changement Le relais avec l’ancien conseil mobilise aussitôt le jeu de sa nouvelle pluralité. de son côté. d’exprimer à nouveau leur désaccord sur ce qu’ils considèrent comme des prétextes économiques. en accord avec la majorité des élus du conseil. Le débat toutefois rebondit avec la demande de Cyprien Bourbin. M.M. André Duhamel revient sur l’institution de conseils d’administrations pour des succursales importantes comme celle de Rezé. le gouvernement. La Mutuelle générale de l’enseignement. 24.

Cette situation ravive les questions. quel que soit leur avis sur le fond. Le Conseil précédent a parfois privilégié le fondement social de sa mission par rapport au légalisme de son action. A SaintNazaire cela a pu être compensé grâce à un avancement systématique de tous les salariés. Sans doute était-il alors difficile de faire autrement. Gaston Jacquet. L’importance de la caisse de Nantes et son nombre de salariés rend cette mesure impossible. les tarifs pratiqués par les médecins auraient laissé trop de la dépense à la charge des assurés. au nom des employeurs. la position du ministère peut être contestée. C’est ainsi qu’une mission est envoyée près de Pierre Laroque peut de temps après ces premières élections. qu’il serait anormal de baisser les A. (15 voix pour . La SSM “Les Vanniers”.Avec la Sécurité sociale fonctionner avec un personnel fourni par l’éducation nationale. la faute n’incombe pas aux salariés mais à une erreur d’interprétation. Ce cumul est entériné localement jusqu’en septembre 1949. Sur les dépassements de tarifs et d’honoraires.G. un retour aux tarifs fixés par voie d’autorité est majoritairement décidée. la Société Mutualiste RezéTrentemoult et l’Union des Travailleurs de France obtiennent chacune un correspondant. qui a rejoint le conseil en remplacement de M. André Duhamel précise la position légaliste des Mutualistes.A.4 contre : Goudy Amice . au gré des besoins et des évolutions poursuit pourtant sa construction.M.. dans la complexité de leurs appréciations.Gringoire. Centraliser les décisions et les moyens. Cette orientation amène des demandes de réajustements de la caisse régionale ou de l’administration centrale. plaide-t-on. L’application de la loi Morice n’a pas fini de générer le débat. un même type de problème agite le conseil et perdurera tout au long de ce mandat.N. il semble difficile de revenir en arrière. La caisse primaire. L’ancien conseil a outrepassé ses droits en augmentant localement les tarifs de remboursement. Le 3 novembre 1947. Le conseil sur le fond est unanime. on fête l’ouverture de la succursale de Clisson. et 1 abstention). généré par un cumul illégal de points Croizat et de points de titularisation liés au protocole d’accord du 7 novembre 1947.. De plus. Bertrand démissionnaire. s’oppose au nom de la C. Il porte sur un trop perçu par les salariés. Accepter une succession c’est aussi assumer un héritage. Paul Gringoire de son côté remarque. Concernant les personnels.Ramier . Des rajustements pourtant s’imposent. dans une telle section plutôt que des instituteurs ? Multiplier de telles caisses n’implique-t-il pas en effet à terme pour la Sécurité sociale de licencier une partie de son propre personnel. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . à toute diminution des salaires et a fortiori à toute retenue pour rembourser un trop perçu. A la demande du ministère et après un vote du conseil pour savoir si celui-ci se conforme à cette demande où reste dans l’illégalité.128 128 .R. La création d’une section locale de la Manufacture des tabacs est souhaitée. Pourquoi cette hâte des enseignants quand des textes sont à paraître ? Ne serait-il pas plus logique de placer des personnels de la Sécurité sociale. décentraliser les contacts avec les usagers semblent bien désormais le fil rouge qui va guider. l’ensemble des administrateurs tout au long de ce mandat. Pour Gabriel Goudy et André Duhamel. Les nouveaux élus se sentent solidaires avec leurs prédécesseurs. tout en s’attachant à négocier des accords acceptables. date où un rappel du ministère impose le retour à la règle.T. déjà en surnombre. ils se tiendront à la stricte application des décisions ministérielles.C. tout comme la mutuelle d’entreprise Brissonneau et Lotz.

le retrait des points Croizat s’effectue d’autorité sur la paye de janvier. essayaient de se faucher des places. sans résultat.N.R.A. une double sorte de fraude. Ceux-ci constatent par exemple dès leur prise de fonction qu’aucune maison de repos agréée n’existe en Loire-Inférieure. sans tenir compte de cette belle unanimité. nouvel épisode de la longue lutte des administrateurs de Nantes pour faire admettre la souveraineté de leurs décisions. Elle touche d’ailleurs 255 . Cela serait impossible dans toute entreprise privée. “ Les dockers continuent à travailler et échappent facilement au contrôle médical en signalant une reprise de travail au bout de huit jours par exemple et en rechutant quelques jours après. mais à deux heures souvent on y était encore. Des feuilles de maladie vierges sont signées par certains médecins. de nouvelles charges -la hausse des tarifs et la prise en charge de la longue maladie qui n’existaient pas à l’époque des caisses d’Assurances sociales. La question des contrôles constitue de plus en plus une préoccupation indissociable du traitement des déficits. Depuis la mise en place des caisses. Les abus de tous ordres sont bien en effet les premières économies qu’il appartient aux caisses de réaliser. Avant de doter la caisse d’une structure spécialisée. Il appartient à la caisse d’améliorer le contrôle médical. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Une démarche est effectuée. Ils racontaient des âneries. auprès de la caisse régionale pour supprimer tout effet de rétroactivité. Il y en avait toujours un dont le doigt s’était coincé quelque part. leurs arrêts et leurs reprises de travail successifs sèment la confusion. jamais contents de ce qu’ils avaient touché.18 novembre 1998. reste inscrite dans la mémoire d’anciens agents. Gabriel Goudy évoque l’absentéisme saisonnier généralisé comme une autre source importante de dépenses injustifiées. ”255 Au-delà de ces situations particulières d’indemnisation abusives. Ces abus impliquent tout d’abord les assurés eux-mêmes. Et c’était toujours “ c’est nous qui vous paye ”. Mais ils n’étaient pas méchants. Il appartient aux médecins de ne viser que des feuilles dûment remplies au préalable. le conseil va s’attacher à aménager l’existant en particulier dans le cadre de lits aménagés à cet effet dans les hôpitaux périphériques. Cette poursuite de l’œuvre entreprise nécessite enfin le traitement des problèmes soulevés par l’évolution du système. A. De nouvelles dispositions dont celles qui donnent au conseil l’initiative de création d’œuvres locales élargissent enfin la tâche des nouveaux élus. Le 9 février 1950 pourtant.C. il fallait les entendre.aggravent les difficultés sans que se dégagent des solutions appropriées. “ J’ai travaillé à l’ancienne caisse du Travail à Désiré Colombe. On confond la lutte légitime pour améliorer des conditions de travail parfois difficiles et l’indélicatesse poussant à abuser des nouveaux droits instaurés. ils avaient un accident du travail.M. Ils se rencontraient devant nos guichets. Le temps des congés voit par exemple une sérieuse augmentation de ces arrêts. ” La truculence des échanges avec ces assurés au statut particulier. Tous ces assurés se connaissaient et parlaient entre eux. Tous les samedis. C’était le folklore de la caisse.Avec la Sécurité sociale salaires et plus encore de demander un remboursement. D’autre part.YVONNE MULLER.129 129 . il y avait beaucoup de dockers. Ils discutaient entre eux. Le docteur Jouon observe par exemple que chez les dockers on constate. à son avis. jamais on n’a eu d’histoires. Ca fermait à 11 heures le samedi.

Les personnels sont dûment chapitrés. “ il estime que le corps des contrôleurs doit être placé sous une seule autorité ”.M. Tout en étant complaisant et affable. l’affrontement se poursuit. août 1948. étant régulièrement désavoués. Toutefois. doit s’effectuer désormais le soir. à leur engagement. Ce problème de perception des cotisations employeurs n’épargne d’ailleurs pas les sections locales de fonctionnaires. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .N. soumis aux instances régionales et nationales de contrôle. près de la moitié des petites entreprises restent redevables de leurs cotisations. les malades ayant souvent une autorisation de sortie l’après-midi. Les élus du collège salarié déplorent la difficulté rencontrée pour encaisser les cotisations dues. Cependant. En effet. 12 millions pour le 3ème trimestre 1948 pour les fonctionnaires excèdent largement les recettes. Le contrôle des assurés doit s’organiser plus efficacement. Les renseignements doivent être donnés brièvement mais avec précision. Les relations avec le corps médical enfin demeurent un problème toujours aussi difficile “ sujet toujours brûlant d’actualité malgré le nombre d’années qu’il est sans véritable solution ”. celui de la sanction s’impose. il est inutile de répéter plusieurs fois la même chose ou de sortir du sujet. 2893 seulement ont effectué un versement. Malgré le poids de ces problèmes ardus de gestion et d’organisation. Roland Vauge souligne que la caisse d’allocations familiales n’a pas encore étudié cette question. que l’adoption de mesures plus coercitives devient inévitable. administrateurs et personnels considèrent que cette promotion repose sur un effort interne axé sur l’accueil du public. il suffit de lui faire comprendre poliment que nous ne faisons qu’appliquer les textes réglementaires et ainsi la discussion est close. pour être plus efficace. les bons rapports pouvant exister sont souvent inopérants.130 130 . Pour le contrôle des employeurs. les accords réalisés. pour ces tâches comme pour leur relation aux usagers. d’avoir à insuffler un sens politique. le contrôle des arrêts de travail par les visiteurs. administrateurs et membres du syndicat médical se connaissent et ont déjà l’expérience du travail commun. A. Après le temps de l’explication et de la persuasion. Certes. Bien avant les grandes mesures d’humanisation des services qui seront déployées durant les années 1960. localement. Au 22 mai 1947. quatre contrôleurs travaillent désormais sur le terrain. En réponse à la suggestion de la caisse régionale d’organiser un corps commun d’agents contrôleurs avec la CAF. 6. La promotion de la Sécurité sociale plus que jamais doit se poursuivre.Caisse primaire de sécurité sociale de Nantes. 930 ont acquitté leurs cotisations et sur 5823 employeurs de moins de dix salariés recensés. Avec un nombre significatif d’employeurs. sur 1054 employeurs de plus de 10 salariés. Si l’assuré insiste plus qu’il ne convient. c’est un être humain qui souffre dans sa chair et souvent même dans son cœur. “ Les administrations ne sont pas excusables si elles ne versent pas les cotisations rapidement ”. archives CPAM de Nantes. Règlement intérieur de la succursale de Rezé.R.C. les administrateurs sont pénétrés de la nécessité. Ne pas oublier en tout état de cause qu’un assuré n’est pas une entité anonyme au milieu d’une masse également anonyme. ”256 Cette préoccupation sociale explique aussi l'obligation 256 . La lettre recommandée adressée aux employeurs défaillants semble si souvent sans effet. symbolique.A.251.000 francs.Avec la Sécurité sociale de façon importante les personnels féminins de la caisse elle-même. Cyprien Bourbin souligne que les dépenses. “ On doit toujours se monter serviable et d’une correction absolue.

Roland Vauge propose une série de conférences dans les succursales de Clisson. Les imprimés doivent être utilisés exclusivement pour l’usage auquel ils sont destinés . freine le contrôle médical. Comprendre ce travail pionnier suppose aussi de réévoquer son contexte matériel largement effacé des mémoires. La crise du papier. de Châteaubriant et d’Ancenis. mise en danger de l’économie et de l’industrie.R. Gombeaud. “ Les bijoux seront limités le plus possible et portés en tout état de cause avec discrétion. Pierre Fromy suggère des réunions cantonales avec les correspondants locaux. La Sécurité sociale n’a pas que des amis et ses détracteurs ne se privent pas de déverser des calomnies dont les thèmes se répètent : étatisation. ”257 Le message de la sécurité sociale doit en effet être compris par les usagers. au quotidien l’action de la caisse est une lutte constante pour pallier les pénuries. . Comment faire passer le message ? Même si d’ores et déjà. pose un problème aigu. coût. par exemple. un comité de liaison est installé entre les divers organismes issus des assurances sociales.Règlement intérieur de la succursale de Rezé. les parutions syndicales et mutualistes ouvrent amicalement leurs colonnes. MM. par MM.Règlement intérieur de la succursale de Rezé. MM. ”258 Enfin. un employé commet des dégradations. Bien loin de la gabegie que certains dénoncent alors. Elle retarde la modification du format des feuilles de maladie et des fiches de décompte. Cet effort de communication doit toucher le public le plus large. En vue du bon entretien du matériel et du mobilier toutes les défectuosités doivent être immédiatement signalées. on ne gaspillera pas le papier brouillon en se servant d’une page entière quand par exemple la 1/8 partie de cette page suffit. la caisse de Nantes charge une commission de réaliser des articles de presse et de diffuser l’information indispensable. En octobre 1947. des cours sur la sécurité sociale sont désormais institués. De plus. rattachée au centre hospitalier. Billard et Sambron la 257 258 . op. au moyen d’une réunion mensuelle est d’étudier les problèmes communs que pose l’application des textes réglementaires. cit. A la demande de la direction de l’École d’Assistantes sociales. investissements inutiles. Un grand vent d’organisation continue pourtant à souffler et le 9 janvier 1948. mais en raison du caractère particulier de nos organismes. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Elle est constituée.M.C. Ceci n’excluant pas une certaine recherche dans la tenue. Bazin.N. Tâche difficile. comment s’assurer de la fidélité et de la bonne place de ces diffusions dans la presse locale ? Pour faire passer le message. A. op. il faut proscrire toute exagération. Bergerault et Duhamel représentent la caisse primaire de Sécurité sociale de Nantes.131 131 . la rareté de l'essence dont la distribution doit être réduite de 80 %. s’il en est. Ricou. Il convient de veiller à la fermeture des robinets des lavabos et à l’extinction des lampes électriques dès que l’éclairage artificiel devient inutile. cit. “ Si accidentellement. Les couleurs vives pour les ongles sont rigoureusement interdites. il le signale à son chef direct. Son objet. en lien avec la direction. Duhamel et Plard. Des consignes sévères engagent le personnel à la vigilance la plus grande.Avec la Sécurité sociale de réserve déjà évoquée dans la tenue des salariés.A. son objet même et la complexité de ses règlements ne fournit pas spontanément matière à une lecture attractive dans les journaux quotidiens.

GEORGES CREMOIS. Le souci constant des Nantais de défendre leurs prérogatives reste indissociable de leur exigence attentive pour construire dans l’intérêt de leurs mandants le meilleur outil possible de Sécurité sociale. c’est le parti communiste. Quatre administrateurs quittent l’affiliation à la liste C. Dernière touche au décor de cette fin des années 1940.G. joue dans cette démarche le rôle de tiers.T. Au milieu des sollicitations multiples qui le mobilise.S.N. Vaillant en est le responsable. “ Les audits ? Ah ! Cyprien de la F.N. l’ambition de la démarche n’a sans doute d’égal que l’incompréhension ou les réticences de personnels largements tenus éloignés de la signification de ces enjeux.R.RAYMONDE QUEHEN. une Union Locale Force Ouvrière est créée à la Bourse du Travail de Nantes. De nombreux salariés de la caisse. ils sont régulièrement l’objet de l’examen le plus attentif des élus. Cet impact de F. Elle sera à la fois. Le 12 mai 1947 ce responsable national visite la caisse et entame aussitôt avec son adjoint.M. Dans un premier temps. A.Avec la Sécurité sociale caisse régionale.G. Il ne fallait plus d’archives . Je ne pouvais pas le voir. en janvier 1948. tête de liste C.T. 9 mars 1999.N.. il passait comme un président. La F. M. une observation qui très vite constitue un socle pour l’évolution qui va suivre.S. Elle sera l’œuvre de Georges Crémois. La partition du conseil s’en trouve bouleversée. derrière leur directeur Roland Vauge font de même. tout s’est effrité.S.O. Cyprien. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Alphonse Deniaud choisissent de placer leur représentation sous le mandat C.132 132 . un expert en évaluation. à la scission a reposé sur l’argumentation : FO est libre politiquement et la C. pour les élus de base.O. dès le 16 avril 1947.O.S. la réalisation d’une étude de fonctionnement. Vauge lui ouvrait les portes. : vous ne savez pas à qui il me fait penser : à Cohn Bendit ! Il s’appelait organisateur.S. Lucien Duguy. Commandités par le Ministère du Travail et la caisse régionale. Suite au rapport déjà évoqué de M. responsable de la F.N.T.G. ”259 b) Entre plan d’organisation et rapports. il ne fallait plus rien. 259 260 . on ne retrouvait plus rien ! Il fallait tout brûler. J’étais une simple employée mais j’étais stupéfaite. Joseph Gombeaud.. souvent cité comme plan Crémois.. la caisse de Nantes se transforme260 1) Observer L'effort d’organisation représente sans doute le cœur de l’action de ce premier conseil élu.A. demandée par la caisse de Nantes en 1947. Romagnol. .-F.O. Cette assimilation a fait beaucoup de tort.G. la caisse de Nantes perçoit l'intérêt de cette aide et demande à cet organisme.S. un soutien politique. d’expert engagé entre les pressions de l'administration centrale et de l'État et l'exigence de coordination de l'action locale de chaque caisse. un conseil en organisation.O. sera chargé de l'étude d’un plan d'organisation. ça m’a sidérée.C. même s’ils sont parfois fermement contestés. “ Après la scission avec FO. M. M.T. Gabriel Goudy. les nombreux rapports des contrôleurs ou inspecteurs de l’administration centrale qui désormais jalonnent l’histoire de la caisse constituent pour les élus des outils précieux.

avec en annexe de nombreux modèles d’imprimés. d’autres non relevées passent en profit et perte.YVONNE JAVEL.S. le rapporteur constate que l’effectif devrait être pour Nantes de 250 salariés. sans trop d’effets de décentralisations. 8 mars 1996. dès la communication de ce rapport pour étude aux chefs de succursale. sans trop d’absentéisme.N. “ 263 Ses effets d’ailleurs perdurent bien après la fusion et des reprises de personnels se trouvent régulièrement imposées en contradiction avec les recommandations du ministère du travail. les administrateurs remarquent que ces reclassements. Se référant à des normes du ministère évaluant que les caisses devraient fonctionner avec 1 salarié pour 800 assurés. auxquels une seule fiche de position a été substituée. La compression des personnels est en effet la première recommandation du rapport.ROBERT BOUET. ”264 Or ces nouveaux salariés.. On avait certains étonnements. Ils demandent à pouvoir tenir compte de la valeur des employés. Soulignant la nécessité de mettre une fin rapide à ces processus.JEANNE et JACQUELINE CADIET. Malgré la protection légale dont jouissent les reclassés. Ils soulignent qu’une telle estimation ne vaut que pour une caisse en situation optimale de fonctionnement. ceci fait ressortir en tous cas la nécessité de procéder à une sélection sévère du personnel ”. les plus menacés. sont.O. Son passage est associé pour moi à la disparition des gros dossiers remplis de nombreuses fiches “ position ” et d’archives. souligne M. or la caisse compte 320 agents. Ils insistent par ailleurs sur l’effet du reclassement. Je me rappelle M. Cyprien de la F. Les administrateurs dans une belle unanimité s’emploient alors à justifier l’existant.A. sans aucuns travaux annexes. qui n’ont pris que peu en compte les besoins concrets de la caisse.73 % et qui se 261 262 261 . 264 . la direction et le conseil refusent de traiter uniquement le problème dans le sens d’un licenciement des auxiliaires. ibidem. “ Il semble a priori que les erreurs en plus l’emportent sur les erreurs en moins . C’est l’occasion pour le directeur. déplore-t-on.R.M. Crémois. certaines sont régularisées.Avec la Sécurité sociale l’autodafé ! ” Malgré le choc des bouleversements associés à ces interventions émerge pourtant aussi le sentiment d’un certain soulagement. “ Il fallait recaser tout le monde : des négociations se sont passées poste par poste entre tous les partenaires des anciennes assurances sociales. courrier du 22 mars 1999. on voyait tel employé devenir cadre sans que l’on sache très bien pourquoi.C. 263 . c’est d’abord un rapport de 165 pages. paradoxalement les plus adaptés au travail demandé. A. .N. réceptionné en novembre 1947 et transmis officiellement au conseil le 5 décembre 1947. qualifiés. il y avait besoin de personnels spécifiques.S. sont aussi à l’origine de problèmes de compétence soulevés par le rapport au niveau des guichetiers. C’est ensuite. un débat qui va se développer de novembre 1947 à mars 1948. à la tête désormais de 328 agents dont le taux d’absentéisme s’élève à 7. pour nous préciser de nouvelles méthodes de travail.ROBERT BOUET. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .133 133 . 2 décembre 1998. Trop d’erreurs de caisse sont constatées. Cette observation du rapporteur justifie donc l’embauche des auxiliaires réalisée contre l’avis de l’administration centrale. “ Je me souviens de ces grands chambardements avec la descente de pontifes de la région parisienne. ”262 Ce qui désormais pour tous devient le plan Crémois. “ Au-delà de ces reclassements.

de Petit-Mars. si les frais de personnels semblent bien un des secteurs sur lequel le conseil puisse agir assez directement.R. le directeur réaffirme sa détermination de privilégier le licenciement des employés insuffisants ou médiocres. Roland Vauge souhaite surtout que le débat gestionnaire n’obère pas le projet social. vient le temps d’une première synthèse. la clef de voûte de l’organisation doit être l’organisation d’un fichier central.Avec la Sécurité sociale déclinent en 247 titulaires et 76 auxiliaires. Qu’en est-il du côté des recettes ? “ En fait pour le conseil. de Vallet. “ Quand se posent des problèmes de déficit. cotisations des personnels de maison. Des activités sans cesse en évolution liées au développement de la sécurité sociale (déclarations fiscales des praticiens. Dans son rapport. Dix employés sont embauchés à titre temporaire pour sa constitution dès janvier 1948.A. Si la situation l’y contraignait. c’est à dire au moins une année. La succursale de Clisson intègre désormais les communes d’Aigrefeuille-sur-Maine. il n’existe concrètement que peu de possibilités de compression. Des bureaux itinérants sont prévus dans un proche avenir pour obtenir un contact de proximité avec les assurés. le trésorier. A l’occasion de la présentation des résultats financiers 1946-1947. de Saint Mars du Désert.N. En ce qui concerne l'estimation des effectifs.. L’argument du fort taux d’absentéisme est balayé par le directeur qui souligne comment la compression des dépenses qui peut être obtenu en l’améliorant ne serait que minime. En ce qui concerne la mécanisation des services. du Pallet. L'objectif poursuivi de décentralisation implique par ailleurs l’exigence d’un travail de liaison et de coordination important qui mobilise des personnels. Sont rattachées à Ancenis les communes de Nort-sur-Erdre. Le 22 mars 1948. 2) Réduire des frais de gestion et les coûts de personnels La question de la réduction des dépenses a beau être retournée en tous sens. Elle peut s’opérer grâce à des départs en retraite non remplacés. Il tient à s’opposer à des conceptions qui deviendraient minimalistes pour le plan de sécurité sociale. elle a augmenté de 30 % depuis le début du rapport : les chiffres présentés alors sont donc déjà largement caduques.M. au fur et à mesure en s’adaptant aux réglementations et aux événements sans d'ailleurs avoir d'autre choix ”. deux problématiques peuvent être considérées : il faut trouver des dépenses à réduire ou des recettes à générer. Au delà des statistiques de référence. toute réduction du personnel doit attendre les effets de la mécanisation organisée au travers du plan Crémois.C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .134 134 . Crémois et Cyprien se voient opposer le caractère très spontané de l'histoire de la constitution de la caisse : “ on a fait au mieux. Les conclusions présentées par MM. Ces questions de gestion du personnel imprègnent les débats des élus. Les remarques des chefs de succursales sont confrontées aux observations du rapporteur.. de Remouillé. desTouches. de Mouzillon. A. le contact est rompu avec la société Satas suite au refus du ministère d’accorder les licences d’importation pour ce matériel. d’insister sur sa ferme résolution de se séparer en priorité des employés médiocres ou insuffisants. Tant bien que mal la décentralisation et le maillage du réseau territorial se poursuit. la charge de travail est croissante. chacun attend donc des analyses adaptées à cet existant pour s’orienter. Georges Crémois propose d’abandonner l’idée de machines à statistiques et insiste sur la nécessité de mettre en concurrence divers fournisseurs. de Maisdon-sur-Sèvre.) sont à l’origine de cet accroissement.

O. souligne l’augmentation excessive du poste appointements.R. beaucoup d'absentéisme. Il le fait d’autant plus fermement que.. en effet. n’ont pas déclaré les frais de gestion qui se rapportent aux accidents du travail. M. Un redressement est en cours. auquel assistent président et du directeur. liées à un effectif à nouveau qualifié de pléthorique. selon lui. lors cette même visite. le recrutement de cinq cadres dont l’embauche s’est faite à une époque où la commission de reclassement n’avait aucune proposition à faire en réponse aux besoins de la caisse de Nantes. leur taux.M. vieux militant rompu aux spéculations qui entourent souvent l'analyse statistique. trop de cadres. En novembre 1948. le reclassement de trois cadres venus du secteur des accidents du travail. Bergerault signale pour sa part qu’à la dernière estimation de ces frais. impose à la caisse de Nantes lors d'une visite surprise réalisée en leur absence.. Le niveau de ce poste budgétaire. d'une importance relative. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Nantes a l’un des pourcentages de frais de gestion le plus élevé ! Les administrateurs nantais n’acceptent pas une telle remise en cause de leur action. Elle remet en cause. Dans sa réponse. l’ensemble des administrateurs souhaite que ces explications soient présentées à tous par un délégué ou dans une déclaration publique. fait état des frais de gestion incontournables générés par toute entreprise de décentralisation des organismes.S. Certaines caisses.135 135 . Pierre Laroque lui-même.80 %. le coût important des effectifs ne génère pas toujours.pour le rapporteur la situation est inquiétante.C. La détermination du conseil est des plus fermes : ce dernier recrutement est confirmé et il est hors de question d’embaucher les trois cadres à reclasser. L’attente aux caisses semble un phénomène trop répandu. Les rapports statistiques du 30 juin 1948. La commission nationale d’enquête pour le reclassement.N. les rapports successifs de la caisse régionale insistent de façon répétitive sur le problème des effectifs. directeur national de la Sécurité sociale. Sur un autre plan. “ enfoncent le clou ”. Le rapport Doussin du 16 juillet 1948 dénonce le surnombre des salariés pour la Caisse de Nantes qui compte 356 employés. le président Alexandre Bazin exprime toute l’attention des administrateurs par rapport à cette difficulté.S. On compte trop de personnels par rapport aux cotisants. er Le rapport Dufour du 1 janvier 1949 désigne à nouveau des dépenses excessives. une qualité correspondante du service aux assurés. pour avoir de bons chiffres. Dans une belle unanimité. Leur travail d’organisation est une recherche d’innovation et de modernisation.Avec la Sécurité sociale le mutualiste Paul Guilbaud.A. objet fréquents de rationalisations scientistes pour masquer des intentions partisanes. Pour Gabriel Goudy. ne signifie pas forcément une mauvaise gestion mais elle peut aussi être la marque de la rigueur des comptes nantais. A. le conseil de la caisse aura beau jeu toutefois de dénoncer l’incohérence de l’administration centrale. Leur souci toutefois est de suivre davantage l’esprit que la lettre des textes et d’avoir comme objectif principal le respect de l’usager avant celui des quotas.N. un coût de productivité élevé. est en réduction. cités à la réunion du Conseil supérieur de la Sécurité sociale du 20 juillet 1948. il convient d’éclairer ces résultats par une approche concrète de la situation locale. profitant du congrès de la F. désormais de 12. suite aux aléas des reclassements.

Lille et Nantes sont sur une même ligne. Fernand Ricou présente les propositions de la C.C.trop d’employés.T.G. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . M.trop de cadres. Bergerault (employeurs). Lille et Rouen : trois caisses en phase d'organisation Si l’on compare le bureau Rouen-Est et le bureau Mutualité de Nantes. La F. Goudy (F. mais les conclusions de son rapport sont totalement concordantes avec les observations réalisées lors de la visite des Nantais aux caisses de Lille et de Rouen. Le conseil tient des réunions beaucoup plus nombreuses à Nantes que dans les deux autres caisses. En janvier 1949 après avoir rencontré leurs collègues des caisses de Lille et de Rouen. s’ils sont parfois fortement contestés. sans que soient A. Pour s’engager plus avant dans la réorganisation. la caisse de Nantes ne devrait pas compter plus de 213 employés au lieu des 300 qui existent.S. le conseil l'incite fermement à prendre en main et à traiter ces questions : “ toutes les autres caisses ont également rencontré des difficultés lors de la fusion des assurances sociales et de la sécurité sociale ”.T.). Amice (mutualité). Bilard (C. il y a les dossiers de trois caisses fusionnées. La visite de plusieurs autres caisses est alors programmée.F.T. précise-t-il. la différence avec Rouen tient sans doute à un supplément de travail côté nantais.136 136 . sur lesquels on travaille encore avec des méthodes différentes. on compte 50 % en plus d’effectif à Nantes. constituent toutefois pour les élus nantais des indicateurs importants. de la lenteur des décisions prises par la caisse après son rapport qui date de mai 1947.O.S. Bourbin (C. les élus nantais décident d'enrichir leur démarche de réflexion en se donnant des critères de comparaisons tirés d’autres expériences de terrain.C. En ce qui concerne les services financiers. M. Loin de vouloir court-circuiter l’action du directeur. Crémois s’étonne.O. dans ce bureau de la Mutualité. quelques éléments nouveaux enrichissent leurs débats : Nantes. . les administrateurs procèdent à la création d’une commission pour suivre ce travail.) et Guilbaud ( à titre consultatif comme trésorier du CA) la composent. + 30 % par rapport aux autres caisses. Avec la semaine de 45 heures et 25% d’absentéisme.M.Avec la Sécurité sociale Le plan Crémois.. Au nom des employeurs.des frais de gestion trop élevés. Au plan du service prestations dans son ensemble. alors que Rouen est plus décentralisé que Nantes. Pour peaufiner leur propre analyse et mieux être en mesure d’en développer une critique constructive.. L’analyse comparative confirme trois données sur lesquelles il faut agir : . Bergerault fait état d’une conversation qu’il a eue avec Georges Crémois à Paris.A.N.). n’a pas été sollicitée par les caisses de Rouen et de Lille. . l’effectif nantais est de trois fois supérieur.N. comme ces rapports successifs de la caisse régionale. qui souhaite l’instauration pour les salariés de la semaine de 42 heures. Ceci pose des questions sur l’organisation du travail.G. même si.R.

le salaire des personnels de Nantes est nettement plus élevé que celui de Lille et de Rouen. Fernand Ricou (C. dans les bureaux 265.G. Paradoxalement. la direction pour faire face. se rallie à ces propositions. participent à cette commission. M. Alphonse Deniaud (F. on sait que les économies possibles sont essentiellement réalisables sur les effectifs. Magimel (C.O. après ces mesures..A. qu’au 1 février 1949 on passerait à 42 heures. Crémois si des économies ne peuvent pas être faites sur d’autres chapitres.R. Si cela ne suffisait pas.M. On évoque la réorganisation et la définition indispensable des fonctions des cadres (Bergerault)..T. Chez les représentants syndicaux.C. ses fonctions de trésorier obligent. on appliquerait les 40 heures avant d’envisager le moindre licenciement. Si. A.G. jusqu’au mois de novembre 1949. MM. Roland Vauge tente une analyse dynamique de la situation qui engendre ce problème de sureffectifs.O. Bergerault (employeurs) insiste sur le fait qu’avec 42 heures. les fiches de rendement (Bergerault). les notes éliminatoires (Ricou). au centre de ces préoccupations.N. au terme de ces échanges.137 137 .Avec la Sécurité sociale changées les heures d’ouverture au public.) et Banguy (C. L’intersyndicale demande le passage des membres de la commission de réorganisation sur place. entre les élus employeurs et les représentants syndicaux un dialogue peu habituel s’ensuit traduisant la complexité du problème. Il est finalement décidé que deux délégués du CE participeraient à cette réflexion. c’est un éclaircissement des rapports entre élus et personnels qui s’amorce.T. Les personnels. Il demande que très vite la commission soumette des propositions de réorganisation à l’examen du Conseil.F. Stigmatisant une inquiétude partagée sur la situation de la caisse. Pourquoi tergiverser. les 42 heures sont une mesure de solidarité pour éviter des licenciements. Les employeurs sont réticents..C. le conseil décide.T. il préconise la semaine de 40 heures. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Léger Magimel au nom de la C. Bergerault insiste. Pour Léger Magimel.T. une place à part rassemblant personnels et syndicalistes non plus dans la défense d'intérêts catégoriels mais dans une 265 .G. On analyse les critères pouvant permettre des licenciements de personnels en excédent : la faute (Ricou). Joseph Gombeaud souhaite. Le directeur se voit fixer un délai de 10 mois.F. Pour éviter des licenciements. “ En 1946-1947. coûte que coûte. M.C.T. cela s’avère nécessaire. au nom de la C. souhaitent eux-aussi s’associer à la réforme entreprise. à nos obligations devait improviser. pour réduire les frais de gestion et Pierre Fromy est désigné pour conduire la réorganisation. Elle exige que les représentants du personnel au Comité d’entreprise qui doit être installé le 22 février 1949.) souhaitent leur présence . sur la priorité que constitue l'amélioration de la situation financière difficile de la caisse : “ Il ne suffit pas de s’occuper du bien-être du personnel. qu’avant de baisser les heures de travail on procède à une enquête pour voir avec M.F. nous devons de toute évidence aujourd’hui réorganiser ”.CA du 28 janvier 1949. il importe de prendre en compte l’intérêt des assurés sociaux ”.) pense pour sa part que cela n’est pas indispensable.) n’est pas hostile aux 40 heures et Paul Guilbaud insiste pour sa part. Il souhaite qu’aucune nomination de cadre n'intervienne et qu'un contrôle des coefficients et de la fonction de chaque employé soit réalisé.

font encore figure de vérité établie. MM. lorsqu’il établit au minimum 100 décomptes par jour ” et le centre idéal. Une répartition géographique autoritaire s’impose : l’assuré doit s’inscrire à la caisse de son secteur. L’inscription des assurés sociaux dans le bureau de leur choix.138 138 .A.T. juillet 1995. ”266 Aux problèmes de reclassement qui persistent. Les délégués au début avaient du mal à concevoir cette fonction. Pour Châteaubriant on compte 5 employés réalisant 47 dossiers par jour tandis qu’à Clisson on dénombre 3 employés assurant 37 dossiers par jour. Même si les femmes ont acquis désormais le droit de vote. Or. l’égalité au travail avec les hommes reste encore à gagner : l’idée d’un chef de famille homme qu’il faut privilégier.Avec la Sécurité sociale mission commune au service des assurés sociaux. constitue un risque de pluri-adhésion. était de concilier la défense des personnels et l'intérêt des assurés.O.R. La question sera finalement réglée par l’embauche de ces deux salariés par la caisse régionale. Par contre les salariés titulaires convoqués régulièrement devant la commission de discipline pour insuffisance ou faute professionnelle seront bien les premiers sur la liste des licenciables. celle de salariées femmes facteurs d’absentéisme. Rezé peut être le centre sud-Loire. la pratique du libre choix entraîne un coût du décompte trop élevé et non maîtrisable. On constate ainsi pour Ancenis. la commission propose de supprimer ces quatre succursales. les hommes sont gardés en priorité ainsi que les jeunes de façon à procurer à la caisse les cadres nécessaires à son avenir.S. pour Basse-Indre celle de 5 employés en charge de 87 dossiers par jour. sur toutes les embauches préalablement effectuées par la caisse. Si les choses qui se passaient pouvaient être préjudiciables à l’intérêt des assurés on s’appuyait alors sur l’avis autoritaire du directeur. c’est à dire rentable dans de bonnes conditions pour la caisse. soulignent les rapporteurs. Des personnels doivent être maintenus dans les divers lieux de façon souple pour assurer une réponse de proximité sans pour autant mobiliser une organisation trop lourde. Pour cela il convient de procéder à la mise en place d’un réseau territorial adapté et de rattacher ces succursales à des centres existants déjà ou à créer. Le point de vue de la C. Pour ne pas désorienter les assurés. en cas d’effectif complet. devrait accueillir 12 000 à 15 000 assurés sociaux. Roland Vauge donne lecture d’une lettre du ministère suite au refus de la caisse d’embaucher deux agents en reclassement.S. Partant de ce constat. à des jours fixes des agents se rendront dans les bureaux de Clisson 266 .N.G.C. De plus. Elle s'oppose au licenciement d’auxiliaires recrutés qui donnent satisfaction.M. mais la position particulière de la caisse concernant la compression des effectifs est réaffirmée. A. en terme d’efficacité.GASTON JACQUET. dressent un nouveau bilan de leur intervention pour la réorganisation de la caisse. Le 22 mars 1949. Ce courrier rappelle que leur embauche est une priorité absolue prévalant. la présence de 4 employés qui traitent 46 dossiers par jour. 3) La répartition territoriale des assurés Au conseil du 24 février 1949.N. Crémois et Cyprien de la F. Parmi les autres critères retenus. “ un centre n’est viable. vestige des caisses d’affinité. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . “ Il y a eu alors beaucoup de débats autour des décisions ou orientations qu’il fallait prendre. s’oppose désormais le projet de constituer une équipe efficace.

Cyprien séjourne à Nantes du 5 au 15 avril 1949.N. de positionner et de vérifier les opérations de caisse. Le 12 avril 1949 à 14 heures.R. Ancenis voit le transfert de son bureau payeur dans les locaux du contrôle médical. souligné par Georges Crémois.N. il est nécessaire de substituer aux contrôleurs pré-médicaux. il est capable d’effectuer. Cambronne. mais il devient incontournable de regrouper au siège tout ce qui ne concerne pas directement ce contact avec l’assuré pour opérer une centralisation de la gestion et des moyens.N. L’employé restant est nommé caissier secondaire : “ Employé responsable des fonds et valeurs qui lui sont confiés. le nouveau régime de répartition des assurés entre en vigueur.O.O.S.S.S. L'accueil des assurés doit être décentralisé pour assurer avec eux une proximité relationnelle. Au terme d’une longue discussion. Bréa. Châteaubriant conserve ses locaux où est transféré à l'inverse le contrôle médical. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . c’est “ le bout du monde ”. le président Bazin souhaite un vote sur les propositions Crémois car la commission doit poursuivre son travail : sans vote. 3) Le contrôle médical serait rattaché à chaque bureau payeur. l’implantation de ces succursales répond pourtant à un critère psychologique essentiel de présence et de proximité. Seuls les justiciables d’examens plus spécialisés seraient adressés au centre de diagnostic de Cambronne. Châteaubriant constitue par contre une entité bien particulière et autonome. les paiements de toutes les opérations courantes ”. les conseillers de la F. Ancenis par exemple est presque une banlieue de Nantes . travail ardu de manutention pour le déménagement et de reclassement. réceptionner les dossiers et faire préciser à l’assuré s’il souhaite être réglé par mandat ou lors d’un prochain passage. Un employé de la caisse serait installé à titre permanent à Ancenis et à Châteaubriant. Peut-on les transformer en bureau de sécurité sociale avec un seul permanent ? À Ancenis par exemple un guichetier peut traiter les dossiers quotidiens. Enfin. Pour Roland Vauge.C. Le transfert des dossiers dans les succursales est réalisé les 9-10-11-12 avril grâce à la contribution d’une centaine d’employés volontaires.M. les guichets sont fermés le lundi 11 et le mardi matin 12.Avec la Sécurité sociale ou d'ailleurs. repartent à Paris et mettent un terme à leur action : 1) S’attacher à rendre efficace le service des prestations en s’intéressant au groupement géographique de tous les assurés sociaux. Pour accompagner cette réorganisation M. “ A partir de ce jour les assurés sont invités à se faire régler à la succursale la plus proche.A. Pour cela.139 139 . Bel Air. Mutualité… Cet avis ne vaut pas pour les mutualistes rattachés à un correspondant d’entreprise ou mutualiste ou pour les fonctionnaires qui A. Les agents réintégrés au siège social gardent un coefficient de salaire correspondant à l’emploi qu’ils occupent. Peut-être d’autre services peuvent-ils se rapprocher de l’assuré ? Le principe directeur défendu par la F.S. est alors rappelé. Cette nouvelle répartition implique de prendre en compte des particularités locales. 2) Revoir le fonctionnement des succursales. 4) Les orientations issues du rapport Crémois Ces orientations sont acceptées à l’unanimité moins une abstention. un contrôle médical implanté dans les succursales. L’application de cette décision ne traîne pas. Pour Basse-Indre et Clisson une fermeture est à envisager. qui ne donnent pas satisfaction sur l’ensemble des caisses françaises.

. le service médical s’inscrit dans les succursales. D'autant plus que cette réorganisation s'accompagne de celle du fichier. de Nantes. avant que le 23 décembre. un contrôle centralisé permettant une coordination plus poussée de leur action et augmentant leurs moyens. 269 . Un rapport complémentaire en doit en traiter. d'être affecté à une succursale où il tiendrait une permanence une fois par semaine. A. et quelques réclamations. L’indexage des fiches employeurs permet désormais de déceler systématiquement ceux qui n’ont pas versé leurs cotisations. deux pièces sont louées au 7 de la rue de la Constitution.140 140 . cotisations. À Clisson le bureau payeur est désormais ouvert toute la journée du mardi et du vendredi. Le médecin-chef à l’inverse affirme que se déplacer n’est pas un problème pour les assurés. médecin-chef et les sept médecins conseils qu’il dirige268 préfèreraient au contrôle médical de proximité. de nouveaux transferts de services sont opérés. Une centralisation des archives à Cambronne est effectuée. Ces changements ne vont pas parfois sans réticences. proposent-ils.A. Finalement. Désormais. gain de place et de lisibilité. on se félicite de l'efficacité de l'opération réalisée. contentieux et contrôle se regroupent désormais dans un service unique installé au siège. mais très généralement. 17 et 18 décembre 1949.CA du 19 avril 1949. MM. D’avril à novembre 1949. Les 16.M.R. .. Ils constituent une protection pour les guichetiers et doivent permettre une canalisation du public limitant les attentes.N. Si le mouvement d'organisation est lancé. Chaque médecin toutefois accepterait. Ainsi le docteur Babin-Chevaye. archives C. le public afflue. 4 avril 1949. 4) Réorganiser et gérer le quotidien Un rapport de l’inspecteur Mariani269 porte un regard critique sur ces efforts. institué par une demande d’entente préalable obligatoire.. 267 268 . rue de Bréa. Les frais de gestion que cela génère influent fortement sur le déficit de la caisse.La Résistance de l'Ouest.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Parallèlement à ce contact facilité avec l'usager. Il suggère plutôt que ces derniers puissent s’adresser directement à un contrôle médical centralisé sans passer par les succursales.A. Le temps des lourds dossiers qu'il fallait éparpiller devant soi pour rechercher l'information souhaitée est révolu. Les travaux d’extension de Bréa sont terminés. rien n’est en place à Chantenay. est déjà en pleine restructuration. la totalité des informations utiles est contenue sur la fiche de position de chaque assuré. malgré cet avis des médecins. la réorganisation du service “ accidents du travail ” est lui aussi à l’ordre du jour.Rapport de la caisse régionale du 30 avril 1949.C. le service accidents du travail. Le directeur insiste sur la nécessité de cette décentralisation vers l’usager.. Le contrôle accru exigé sur les prestations les plus lourdes. Pour le service cotisation. Il y a bien quelques dossiers déclassés qui ne sont pas retrouvés. À Chantenay. l'enquêteur souligne “ deux petites choses ” : la non-application des majorations de retard et le manque de prospection pour déceler les employeurs non-inscrits. Alors que le manque de place se fait criant à Rezé. Breton et Crémois ne reviennent constater le travail effectué et dresser un bilan mitigé de ces restructurations. Par ailleurs. va nécessiter de leur part un maximum d'efficacité. à peine créé.Avec la Sécurité sociale continuent comme dans le passé.P. beaucoup reste encore à poursuivre. ”267 Dès la réouverture. Des guichets hygiaphones sont sur le point d’être installés.

S. le rapporteur les justifie par une analyse contextuelle de la situation nantaise. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . entassement des familles en raison des destructions causées par les bombardements. pour confirmer ce propos. Alexandre Bazin. MM.. vieilles maisons suintantes d’humidité.S. ” Leur vigilance est d’autant plus soutenue que pour le moment les améliorations trouvées dans la réorganisation en cours sont plutôt aléatoires.O. Dans l’attente du rapport sur les frais de gestion. ” Il épingle par contre l’inefficacité des contrôles administratifs et l’efficacité insuffisante du contrôle médical en matière de répression. Il fait alors appeler M.R. soucieux de garder le gouvernail de ces réformes et la direction. Pierre Fromy pose alors la question de confiance : “ le Conseil m’accorde-t-il le même crédit moral que lorsqu’il m’a confié la charge de la réorganisation ? ” Quels moyens d’agir alors lui donne-t-on ? La confiance en la direction est alors renouvelée pour autoriser des heures supplémentaires afin de résorber le retard. alcoolisme.N.141 141 . souhaite que l’on arrête des solutions concrètes et efficaces.Au 4ème trimestre 1948 : 93 948 règlements de dossiers. L’incident est clos mais l’ensemble des administrateurs expriment alors le souhait que les réunions de la commission soient plus fréquentes et ne soient pas convoquées seulement en fonction des présences ou absences de M. Cette mutation implique une double opération.. taudis.O. Le 13 mai 1949 à ce titre. Si ces problèmes persistent. présent au siège social. le conseil réserve son commentaire. pour des décomptes tapés à la machine qui permettent une lisibilité optimale tant pour les usagers que pour les personnels. cela n’est pas acceptable pour les assurés. Elle est à l’origine d’un échange entre les membres du conseil.S. Cyprien : “ la F.Avec la Sécurité sociale En ce qui concerne le niveau des prestations servies. Au 16 juin 1949. Ce souci de faire respecter les prérogatives des différents mandats et de définir les tâches respectives des 270 271 .C. doit mettre “ les points sur les i270 ”.A. plutôt que des justifications.M.N. Même si par rapport aux années précédentes.N. A. ce n'est pourtant pas faute d'évolution du travail.S. 9 296 dossiers sont en retard. a été sollicitée pour un conseil et non pas pour prendre en charge cette réorganisation qui est l’affaire du C. Roland Vauge lui rappelle alors que cette initiative et l’achat des machines à écrire étaient prévus dans le plan Crémois. Bangy et Anizon arguent des difficultés de la réorganisation qui amènent ces retards dans les dossiers mais Cyprien Bourbin. . il y a eu une augmentation sensibles des dossiers maladie271. marque une étape pour les salariés qui abandonnent désormais les écritures réalisées à la main. le président. “ Sans retenir des données démographiques identiques sur toutes les caisses de la région admettons un état sensiblement plus mauvais à Nantes : climat humide et malsain. Faut-il rappeler des retraités pour éponger le passif ? Faut-il autoriser soixante dix agents à des heures supplémentaires au-delà des 42 heures (sachant que le passage de 45 heures à 42 heures a amené 8 % d’économie sur les frais de gestion) ? Sentant poindre la mise en cause. Les guichetiers établissent des fiches manuscrites qu’ils transmettent ensuite à des dactylos. Gabriel Goudy déplore en effet que le conseil n’ait pas été consulté avant de réaliser les investissements en matériel qui étaient nécessaires à cette évolution.A. au premier trimestre 1949 : 113 646 dossiers traités. Cyprien de la F.CA du 8 juillet 1949.

” A.La réorganisation en cours. aux conclusions des inspecteurs.travaux . Lettre du président Bazin au Directeur Régional de la sécurité sociale après le rapport Mariani et Dufour 15 juillet 1949 “ Le conseil d’administration et la Direction savent parfaitement qu’un redressement s’impose tant au point de vue de la gestion qu’au point de vue des prestations. ” “ Il n’est pas douteux que par des mesures draconiennes.S.contrôle médical. dès maintenant à la réduction de nos dépenses de prestations et de gestion. ” . Si nous devions demain. la Caisse de Nantes a des réalisations à son actif. Mais il importe de ne pas oublier les difficultés innombrables qui ont du être surmontées en juillet 1946. pour créer la caisse primaire. ” . En matière de solidarité.M.C. En matière de maternité notamment nous pensons qu’il faut éviter d’appliquer des sanctions.. notamment quand les assurés ont omis certaines formalités.. en septembre 1949 un rapport des inspecteurs de la direction régionale. étudiées avec soin et appliquées comme il convient tendent. une telle politique nous paraîtrait déplorable. ” .“ Sur un plan plus général nous avons toujours pensé qu’il convenait d’appliquer les textes dans leur esprit et non à la lettre. Roland Vauge et l’ensemble du conseil réaffirment pour leur part que c’est l’esprit social qui doit guider le personnel des caisses dans leurs rapports avec les assurés.S. . pour son bon fonctionnement. mais une telle rigueur à l’égard des assurés qui sont déjà péniblement surpris par l’écart entre nos remboursements et leurs dépenses. Mes passages fréquents à la Caisse.N. opposer des refus systématiques.N. etc.G. les dépenses pourraient être notablement réduites.M.O.“ Je dois insister sur le fait que la tâche incombant à la direction est particulièrement lourde.. l'esprit doit prendre le pas sur la lettre..A. est chargé d’informer les inspecteurs de cette détermination du conseil. en sa qualité d’administrateur de la F..M. Alors qu’un décret ministériel du 25 mars 1949 renforce le contrôle de l’État sur les organismes de Sécurité sociale. Nous avons un important déficit de gestion mais ainsi que le soulignait l’un de mes collègues. ne pourrait qu’accentuer la campagne de dénigrement de la sécurité sociale. une application littérale des textes réglementaires.Avec la Sécurité sociale élus et des dirigeants salariés est l’une des préoccupations marquantes de cette période. oppose la caisse à ces inspecteurs exigeant.R. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .Lutte anti-vénérienne . et depuis cette date pour faire face à toutes nos obligations. ” Nous vous donnons l’assurance que les dispositions nécessaires.P. qui certes a pu être parfois trop libérale.I. . mais c’est aussi une question de principe qui oppose la caisse. MM.. le suivi très minutieux des statistiques.. . mes entretiens avec les uns et les autres me permettent de souligner que tous les problèmes se présentent à la fois : organisation intérieure avec les difficultés résultant d’une décentralisation aussi poussée que la nôtre conventions .Lutte anti turberculeuse . Alexandre Bazin.. le contrôle des prestations et des hospitalisations devraient produire des effets.142 142 .A. le président. Mariani et Dufour.

dans le cas d’un personnel essentiellement féminin.Avec la Sécurité sociale Le président. Où en est la réorganisation qui doit solutionner ces problèmes ? 272 273 . La résorption des retards doit être obtenue avant de remettre en route la réorganisation stoppée le temps des congés.CA du 29 septembre 1949.Conseil du 18 novembre 1949. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Embaucher ? Cela semblerait cohérent par rapport aux problèmes actuels de chômage. Il porte sur le redressement de la situation financière de la caisse et souligne toutes les pondérations que doit inciter l’attente des résultats de l’étude de la F..N.143 143 . Alexandre Bazin défend son directeur et souligne qu’il semble difficile. 50% de l’effectif s’est trouvé en congé à la même période. ” La difficulté de mener de front la charge quotidienne du service aux assurés et la mise en place de la réorganisation entamée amène de nouveaux échanges de points de vue273.P. “Il faut tenir compte que dans une certaine mesure. Une autre succursale importante sera choisie comme second lieu test. MM.R. il préfère l’embauche de personnels expérimentés.M. de répartir les congés sur cinq mois. ” Léger Magimel note cependant que pour les congés. Le rapport Gautron du 8 octobre 1949 semble tenir compte des arguments présentés à la direction régionale au nom du conseil par son président. Le directeur : “souligne les efforts particuliers accomplis par ses collaborateurs directs et par l’ensemble du personnel. Pour traiter les retards. suivant en cela la proposition de René Amice.S. il lui a été beaucoup demandé. Les retards dans le règlement des dossiers s’amplifient suite à des problèmes de recrudescence de maladies. Il signale les difficultés qui ne sont pas encore terminées et qui ne peuvent pas leur être imputées. . Paul Guilbaud souligne qu'à son point de vue l’embauche de jeunes pose la nécessité d’assurer leur formation ce qui prendrait du temps supplémentaire. rôle qui semble revenir aux différents syndicats. Les autres qui ne sont pas particulières à cette seule région. A. mais se heurterait au veto de la caisse régionale et de l’administration centrale. ce sont : l’alcoolisme (cette raison est en contradiction avec la première) . le bureau payeur des Batignolles propose d’expérimenter la mise en place des décomptes dactylographiés. de Nantes.A. En attendant. en particulier des jeunes.C. BAZIN Le bilan sur le fonctionnement272 ne cesse pas pourtant d'être inquiétant.P. archives de la C. André Duhamel fait observer pour sa part que depuis la diminution des horaires de travail.M. l’action de praticiens qui ne poussent pas le degré de conscience professionnelle assez loin et un certain désintéressement de la part des assurés dont l’éducation serait à faire.O.N. Ricou se prononcent pourtant en faveur d’heures supplémentaires : il faut traiter le problème technique du retard au plus vite. le déficit de la Caisse est irréductible pour plusieurs raisons : la première est que les habitants de Nantes se soignent. archives de la C.A. c’est la troisième fois que la direction demande des horaires supplémentaires. Faut-il revenir à 48 heures ? Embaucher ? Permettre des heures supplémentaires ? Mais que voudrait dire un tel retour en arrière ? Accorder des heures supplémentaires ? Le personnel est fatigué. Magimel.S. en partie hors des congés scolaires. de Nantes.A.M. Ses conclusions mesurées se veulent apaisantes. A.

mais de tels travaux sont incompatibles avec un bail d’un an qui stipule que les travaux d’aménagements ne seront en aucun cas remboursés à la caisse ”.T. MM Bazin. En attendant d’examiner la possibilité d’une reconduction de bail sur un temps plus long. M.A.G.N. Gringoire (employeur) d’établir un horaire de 45 heures ou de 48 heures selon les besoins de service et de procéder à des embauches s’il en était besoin. Des embauches à titre temporaire selon les besoins peuvent s’effectuer. est désormais sans retour. À la succursale Bel-Air. de Nantes. et pour répondre à l’urgence.144 144 . Madame le Docteur Jeanneau s’y joindra quand il sera question des travaux touchant les locaux. Larue la composent.Conseil du 10 mars 1950. Gringoire est d’accord.T. Ces moyens consistent d’abord en l’embauche immédiate d’agents masculins supplémentaires pour parer à l’absentéisme.T. Très vite des aménagements importants sont envisagés. Ces questions d’horaires apportant une solution aux retards. rend indispensable de nouveaux moyens pour terminer ce travail à la fin de 1950 : “ c’est inéluctable car les mesures prises s’imbriquent et s’impliquent de telle façon qu’on ne peut pas s’arrêter en chemin ”. Cyprien. L’action menée par les administrateurs. il s'agirait de 25 personnes au service de la réorganisation dont 15 sont d’ores et déjà engagées. 274 . Guégen.R. La proposition d’un moyen terme est alors faite par M.du maintien des 42 heures assorti d’une embauche selon les besoins se voit refusée par la majorité du conseil.A.F. Goudy. Un régime de 45 heures pour certains services est autorisé. la réparation du plafond du premier étage doit être effectuée. Malgré l’abstention de la C.. accepte de voter cette proposition si on limite l’horaire maximum à 45 heures.M. et de quelques mutualistes .Avec la Sécurité sociale Devant la diversité des avis exprimés un vote est proposé sur ces questions d’horaires. Pour Gaston Jacquet des précautions toutefois doivent être prises : “C’est une question de principe et ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un bâtiment appartenant à la C. la décision est reportée.C. conformément aux recommandations de M. Gabriel Goudy précise que F. malgré l’opposition de la C. et que des embauches soient effectuées si le besoin se manifeste.C. Une proposition de la C. Bangy. Le montant de ces transformations est estimé à une somme de 700 000 francs. la réorganisation peut se poursuivre. Guilbaud. une école de guichetiers est installée274.M. désormais engagée “ au milieu du gué ”.O. un chauffage central doit remplacer le vieux poêle à charbon. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . A..F. horaire spécifié par les textes ministériels. cette troisième proposition est retenue. doivent être trouvés. La charge de travail augmentée de 50 % depuis le début du rapport Crémois.G. En tenant compte de l’effectif. archives de la C. De nouveaux lieux. Une commission est créée pour étudier les achats de terrains et prévoir les travaux à venir. Des cours sont mis en place le lundi matin.C. La majorité des représentants syndicaux et mutualistes s’oppose au retour à la semaine de 48 heures pour tous les salariés. d'autres locaux. le rez-dechaussée doit être transformé : la création d’une grande salle est prévue.P. Mais l’exigence de présence et de compétence que supportent les personnels doit être assortie de possibilités de formation.T.

le cloisonnement de la salle du rez de chaussée en partie avec des cloisons hautes. l’esprit social très développé. pour un montant de 250 000 francs. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .A. les déficits ne sont pas pour l’essentiel le fait des caisses et de leurs administrateurs mais ils sont liés au poids des fléaux sociaux que sont la tuberculose.C. si l’on ne conteste pas la nécessité de cette rigueur accrue pour améliorer la collecte des recettes et sanctionner les dépenses abusives. ces travaux du premier étage sont votés à l’unanimité. c) Défendre la Sécurité sociale Cette construction de la sécurité sociale n’est pas seulement un travail d’organisation et de construction. maintient la position rigoureuse de cet inspecteur. Le service médical Bréa doit voir l’aménagement du premier étage pour les services médicaux des succursales Bréa et Mutualité. Un nouveau rapport de M. d’expliquer et de mettre en perspective le constat des chiffres et les divers niveaux des enjeux. Pour André Duhamel (Mutualité). alimentant de plus en plus insuffisamment le niveau des recettes de la protection sociale. Bergerault (employeur) de son côté souligne le développement d’une politique économique qui entretient un déséquilibre persistant entre les salaires.R. Ces travaux sont votés à l’unanimité. La caisse a souci de bien faire mais refuse les méthodes trop brutales. Pour une estimation de 775 000 francs. Cyprien ne sont pas suffisamment convaincants. Les suspicions qui en découlent sont douloureusement vécues par des administrateurs qui s’efforcent de comprendre. Mariani. Seule la réalisation des deux cabines est retenue. les 9 milliards de déficit constatés pour l’assurance maladie soulèvent des polémiques dont l'effet pèse sur les contrôles menés par l'administration centrale au sein des caisses : le premier argument de défense de la sécurité sociale c’est d’être inattaquable. on montre du doigt l’attitude de l’État incitant certaines dépenses qui se voient systématiquement imputées aux cotisations des assurés. C’est pourquoi en matière d’entente préalable par exemple les paroles ont été toujours jusqu’à ce jour plus sévères que les actes.145 145 . Deux raisons sont retenues à cela par le rapporteur. rendant compte d'une vérification du service prestations. Les efforts de la caisse sont soulignés. en partie avec des cloisons basses et deux cabines vitrées pour délimiter le bureau du chef de service accidents du travail et celui du chef de service cotisations semblent indispensables pour un total de 875 000 francs. le cancer et la syphilis qui devraient être pris en charge exceptionnellement par l’État. mais aussi son hésitation à adopter une politique de fermeté avec les usagers. en mai 1950. et les A. La proposition d’acheter un terrain à Rezé pour agrandir la succursale est par contre rejetée. les arguments de M. À Nantes.M. Au plan national. Au siège social rue de Bréa.Avec la Sécurité sociale À Cambronne. le percement d’une porte.N. pour le reste selon Gaston Jacquet et Paul Guilbaud. surtout chez les cadres supérieurs. la réfection des peintures et l’installation de deux hygiaphones sont envisagés. et les retards apportés dans le règlement des dossiers qui rendent difficile trop d’exigences dans l’autre sens. M.

2) Les charges sociales importantes demandées aux entrepreneurs se répercutent forcément sur les prix. . Elles gèrent désormais le risque accidents du travail . Roland Vauge reprend sa plume et exprime sa foi militante en la sécurité sociale dans les quotidiens régionaux pour tenter de “ mettre les pendules à l’heure ”. “ La caisse de Nantes ne possède qu’un immeuble.N.M. elles procèdent aux immatriculations et au recouvrement des cotisations. choisit de répondre de façon 275 276 .146 146 . opérations précédemment réalisées par le service régional.Avec la Sécurité sociale prix.A. le coût des prestations à assurer. ”277 C’est dans la presse mutualiste que le directeur de la caisse de Nantes. on ne s’en tient pas aux faits.R. Leur fonctionnement n’a donc aucune incidence sur le budget de l’État ”.C. On pourrait dire tant mieux pour eux se termine ce communiqué sauf que le coût de ces privilèges retombe sur tous les citoyens : “ 1) Des personnels moins bien payés doivent verser 6 % sur leur salaire. on ne tient pas compte de la vérité des chiffres. employeurs et deux médecins ces caisses sont des organismes autonomes et privés. refusant d’entrer dans des polémiques stériles. Vauge s’engage à publier chaque année. 8 mars 1948.Ibidem. on méconnaît encore souvent leur fonctionnement. Répondant à l’article précédent un groupe de chefs d'entreprises dénonce le montant des frais de personnels prélevés sur les cotisations.88 % de l’ensemble des dépenses (y compris les accidents du travail) ”. comprenant assurés. De plus. gérés par des conseils d’administration élus. on se laisse aller souvent à l’affabulation. Il bénéficie en plus d’avantages accessoires nettement supérieurs à ceux des entreprises privées ”276. “ Ce sont des organismes privés. “ Coûteuse la sécurité sociale ” entend-on de tous côtés. Chacun dès lors pourra voir qu’il ne s’agit pas “ d’une machine à prendre de l’argent et qu’en regard des cotisations encaissées. les services qu’elle rend sont inappréciables. comme il le faisait pour la caisse départementale d’assurances sociales. “ Le personnel de ces caisses perçoit des salaires plus élevés que des salariés privés à fonction égale.La Résistance de l'Ouest. 277 . Quand on parle des nouvelles caisses primaires de Sécurité sociale. article paru dans La Résistance de l'Ouest. celui de la rue de Bréa ”. seule source sur laquelle ces salaires des salariés de la Sécurité sociale peut être pris. A. ” titre leur article. Pour rendre tous ces aspects de la réalité plus clairs . les caisses primaires ont connu un accroissement sans précédent de leurs missions.ROLAND VAUGE. Pourtant. à ceux qui souffrent ”275. 27 avril 1948. Comme il l’a si souvent fait depuis 1930. il faut bien considérer qu’elle a regroupé toutes les caisses existant précédemment ”. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . En ce qui concerne l’accroissement de leurs effectifs. M. à l'inverse. alourdissant de plus en plus. Quand on dénonce leurs frais de gestion inconsidérés. “ Si la caisse de Nantes est passée de 150 en juin 1946 à 320 personnes actuellement.30 % des dépenses maladie et longue maladie et 11. les comptes de la caisse. avant-guerre. il y a les services rendus à la collectivité. “ Les dépenses administratives sont de 15. “ Des employeurs déclarent : les employés des caisses sont favorisés par rapport à ceux des entreprises privées. Ces mises au point provoquent très vite des réactions plus précises. Quand on glose sur leur richesse et leurs excédents de biens immobiliers.

ardent et confus pour certains. directeur de la caisse primaire de Nantes. Après les efforts de la mutualité. la mise en place des Assurances sociales. des patrons hostiles. l’avancée des Retraites Ouvrières et Paysannes. il tente de préciser les enjeux de cette réforme : “ Sécurité Sociale : ces mots évoquent bien des réactions contradictoires. la sécurité sociale a été et demeure le sujet de vives controverses. témoignant trop souvent d’une singulière ignorance de la réalité ”278. Ceux qui crient le plus fort au scandale d'ailleurs ne sont-ils pas souvent les mêmes qui n’hésitent pas à prendre chaque année 8 ou 10 jours d’arrêts en supplément de leurs vacances ? On pérore sur des personnels trop nombreux.R. 280 . il s’attache à réfuter l’une après l’autre les critiques. Réitérant les informations déjà dispensées. de la souffrance physique et morale de nos assurés.ROLAND VAUGE. le couperet doit parfois tomber. monstrueux appareil bureaucratique rébarbatif et coûteux pour d’autres encore. mystérieuses et obscures pour d’autres. celle des allocations familiales dont Nantes fut l’un des berceaux. “ Nous nous occupons.147 147 . A. mais combien de personnes se présentent chaque semaine au guichet ? On déplore des formalités trop complexes. Le Mutualiste de Bretagne n° 157. au sein de la communauté. Elle tente même de se concilier une part du mécontentement social qui monte : “ Sécurité sociale problème délicat de notre économie ”280. Au-delà de ces joutes par communiqués de presse interposés. il convient de mesurer la complexité de cette institution et la tragédie que représenterait pour beaucoup sa disparition. Citant Pierre Laroque. d’éloges hyperboliques ou de critiques hâtives. il était indispensable de réaliser une synthèse de tous ces acquis dispersés. 29 novembre 1948. les opposants se sont fait entendre : des salariés ne souhaitant pas payer de cotisations. ou pas de la même façon. Malgré le souci de convaincre plutôt que de sanctionner. “ La gestion de la sécurité sociale ” citant PIERRE LAROQUE. pour certains praticiens. pour certains assurés. 279 . le contrôle croissant que l'irresponsabilité de certains impose n’en est-il pas la cause ? S’il existe bien des économies à réaliser. La sécurité sociale n’est pas cet organisme bureaucratique occupé à aligner des chiffres que ses ennemis stigmatisent.Avec la Sécurité sociale plus détaillée. mai. après la polémique. mais combien ne se soigneraient pas.A. à l’inverse. avril.C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Certains d’entre eux se plaignent alors de cotisations élevées ? Ces mêmes employeurs n’assurent–ils pas leurs usines contre l’incendie en recherchant les meilleures garanties ? Comment dès lors peuvent-ils contester la nécessité de garantir ce capital humain qui les rend performantes ? Une autre catégorie d’opposants à ces réformes dénonce des prestations allouées insuffisantes ? Certes. Alors. machine de guerre à des fins politiques.ROLAND VAUGE. Avant même d’entreprendre cette mise en cohérence de ce patrimoine social. Ainsi en juillet 278 . après l’information. ibidem.M. juin 1948. ”279 L’argumentation des détracteurs de la sécurité sociale pourtant inlassablement se répète. Préface d'une brochure sur la Sécurité sociale éditée par l'Association nationale des assistantes sociales. pour certaines entreprises. l’action de défense de la sécurité sociale passe aussi dans les faits et mobilise salariés et administrateurs dans tout le département. sans elles.La Résistance de l’Ouest. Espoir immense.N. ses défenseurs tentent d’identifier les racines de ces réformes et de mettre en évidence le progrès qu’elles actualisent. “ Qu’en est-il d’une sécurité sociale qui semble si décriée ? ” Avant 1945 la notion de Sécurité sociale était peu répandue.

O.A.O. Leur rôle. Répondre oui. Au-delà des questions sur leur indemnisation. très vite leur utilité s’impose.S.N. véritables traits d'union et outils de cohérence parfois anticipateurs281. A.T. de Nantes.148 148 . d) L’action des sections locales et des correspondants En matière de protection sociale. archives de la C. la S.N.R. du 21 mars 1949. Cette extension a bien été votée par 21 voix contre 17. La C. étaient absents. l’information. trois administrateurs du syndicat F.A.M.S. des mutuelles. est-elle poursuivie devant les tribunaux : elle compte alors 17 millions de francs de retard de cotisations.Conseil du 13 mai 1949.A. 282 .C.O. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . la mutualité souhaite l’application de la loi Morice sans aucune extension.N. essentiel depuis l’époque des assurances sociales. et deux de la C. au moyen d'une délégation. c’est revenir aux caisses d’affinités voire même aux caisses professionnelles : c’est un danger certain et l’alourdissement du système de Sécurité sociale ”. sur le plan local. Ils avaient pourtant transmis par écrit leurs positions à leurs collègues mais le mandat qu’ils avaient donné à leurs colistiers pour les représenter a été refusé dans la procédure de vote. mais précisent ces syndicats. L'application de la loi MORICE pour les administrateurs Nantais QUESTION A : M. Un désaccord national entre la Mutualité et la F.S.C.G.Avec la Sécurité sociale 1949. l'activité des sections locales et des correspondants constitue des relais efficaces auprès des usagers.O. aux remboursements des fonds avancés auprès de la Sécurité sociale.S. suscitant une demande d’arbitrage auprès du Président de la section sociale du Conseil d’État.N. Pourtant c'est un débat national sur la portée et l’application de loi Morice encadrant ces gestions déléguées de la sécurité sociale. Le président Raynaud évoque pour ce vote une majorité factice.S.Bien avant la gestion en réseau entre la Sécurité sociale et la mutualité.S. sur leur statut. et F.O. sur l’interprétation de la loi Morice naît de ce vote. Au sein de la caisse de Nantes.. visant par son extension une mutualisation générale de la sécurité sociale y a été votée. au moyen d'une sorte de guichet unique proposant à l'assuré la totalité de ses remboursements et procédant ensuite.G. créant pour la première fois une majorité et une minorité au sein de la F. des correspondants mutualistes ou certaines sections locales avaient mis au point une gestion globale Assurance maladie et garanties complémentaires. le problème vient à l’ordre du jour282. s'inscrit au sein des entreprises.P. M Gringoire (employeurs) s'empresse alors de jouer les conciliateurs : “Si les 281 .M. Outre la présence de bureaux décentralisés déjà évoqués. BAZIN : “ Une société Mutualiste d’entreprise ou interentreprises peut-elle devenir section locale au sens des articles 6-7 de l’ordonnance du 4-10-1945. qui s'ouvre après le conseil d’administration de la F. l’action plus que jamais impose la proximité.O. André Duhamel précise alors que.T.N. Ses administrateurs décident alors de reprendre à leur compte le débat et de traiter le problème sous forme d’enquête en plusieurs questions sur lesquelles les élus doivent se prononcer.S. estiment qu'une application tendancieuse de la loi Morice. l’implantation.

F.O. E. or le présent débat autour de la loi Morice porte sur le régime général.D. 16 allée des Tanneurs à Nantes. 2 abstentions Alexandre Bazin précise que ce n’est pas un vote contre la loi que vient de réaliser le conseil de la caisse primaire de Nantes. A.. au demeurant d’ailleurs.” Gabriel Goudy. il s’agit bien d’un régime spécial. Ramier conteste ce particularisme et argue du fait que le Conseil a déjà tranché en accordant à E.N.D.C. C’est suite à cet accord que le conseil avait décidé la création de la section locale E. sur le régime des industries gazières : “Les sociétés électriques et gazières ont un régime spécial qui s’apparente à celui des fonctionnaires et que c’est par extension des dispositions relatives aux fonctionnaires. qu’une simple recommandation a été adressée aux caisses en vue de la création éventuelle des sections locales . est bien recensé sur le régime général dans les statistiques mensuelles.D.N. pour lui E.D.-G. des industries électriques et gazières (et son président M. souhaite laisser le débat se dérouler : “ nous devons appliquer cette loi.F. en fin politique. Une employée de la Caisse primaire est d’ailleurs affectée à cette section.D.F. président de la F.S. la caisse de Saint Nazaire avait pris une décision différente avec la mutuelle S. conteste ce point de vue. M.S. opiniâtre.F.O.E.F.-G. (et son président M. Marcel Paul). QUESTION C : A BAZIN : “Quel nombre minimum d’adhérents ayant opté pour leur rattachement à la section locale mutualiste doit grouper une société mutualiste pour pouvoir être agréée comme section locale compte tenu des nécessités d’une gestion normale ?”. Suite à un accord national entre la F. (Société Nationale d’Électricité).149 149 . mais contre les problèmes que créerait une extension de son application. Reynaud) et la C. regrette cette intervention de Ramier qui embrouille le débat et précise que cette décision du conseil correspond à une simplification. E.D.N.Avec la Sécurité sociale mutualistes ne demandent rien sur le plan local il n’y a pas lieu de discuter plus de l’application de la loi.-G.S.-G. BAZIN : “Dans l’affirmative les assurés mutualistes qui pourront opter pour cette section locale seront-ils seulement ceux qui travaillent dans la ou les entreprises considérées ?” Réponse : Oui à l’unanimité.A.S. RÉPONSE à la QUESTION A : 23 non.-G. QUESTION B : A. n’a jamais demandé la création de sections d’entreprises”.F.F. M.M.D. Alexandre Bazin. Gabriel Goudy. 5 oui (les employeurs. un instant évoqué semble un cas à part.D. devient de plein droit au plan national un régime spécial et échappe à la juridiction locale. M.R.A.D.F.D.F.G.F. Fernand Ricou cite la réponse d’Henri Raynaud.N. Ramier.C. mais comment l’appliquer ? ” Le cas d’E. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .F. Ramier insiste. rappelle qu’en mars 1947. la possibilité d’être section locale de Sécurité sociale. qui précisent : “sous réserve que cela soit conforme à la Loi Morice dont le sort sera fixé par des tiers arbitres”).S.

une section locale doit au moins compter 1500 adhérents pour être rentable.P. Pour 1949.Avec la Sécurité sociale Pour Léger Magimel.150 150 . L’action des correspondants.C.L. deux mutuelles restent débitrices de la caisse primaire. ait rappelé que le vote de leur groupe n'a pas d'autres implications qu’un libre exercice de leur mandat local. et la société Mutualiste. au nom des mutualistes.A. L’agent comptable rappelle que l’arrêté du 30 juin 1948 permet aux bureaux payeurs des Mutuelles d’usine de recevoir une remise de gestion de 10 % du prix de revient moyen du dossier payé par la caisse. en surnombre ?” Oui à l’unanimité. lui doivent 94 025 francs et les A. Ainsi M.B. QUESTION D : “Une section locale mutualiste peut-elle avoir la même circonscription que celle de la Caisse Primaire à laquelle elle est rattachée ?” 23 non : 5 oui :(employeurs) 2 abstentions : QUESTION E : A. du fait de cette création. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . 96 929 francs. BAZIN : “ La société Mutualiste doit-elle supporter les frais des premiers établissements nécessités par l’installation de la section de paiement ?” Oui à l’unanimité.C. BAZIN : “Une section locale mutualiste peut-elle être créée concurremment avec une section locale non-mutualiste déjà en fonctionnement ?” 28 non Pas de oui 2 abstentions QUESTION F : A. après l’arrêt des comptes.N. BAZIN : “Sous quelle condition de remboursement ?” Chaque demande devra être examinée par les deux parties. les A. Après qu'André Duhamel. ce débat devient l’occasion d’un bilan. Roland Vauge confirme son accord et 1500 est le chiffre retenu. tant en ce qui concerne les limites que les conditions de remboursement. A.C.M.R. Bangy évoque que des plaintes ont été A. bien qu'appréciée dans son ensemble. Par contre la caisse devra verser à la Mutuelle des Batignolles une somme de 68 105 francs : “ A l’unanimité l’Assemblée félicite la Mutuelle des Batignolles pour sa gestion économique ”. soulève quelques critiques. QUESTION G : A BAZIN : “La caisse primaire peut-elle consentir une avance sur ces frais ?” Oui à l’unanimité. “Dans quelle limite ? “ Selon l’entente réalisée entre la C. QUESTION H : A BAZIN : “La société Mutualiste qui crée une section locale doit-elle être tenue d’embaucher le personnel antérieurement en fonction à la Caisse primaire et qui se trouverait.

Il y avait parfois des frottements. e) La gestion du fonds d’action sanitaire et sociale Dans une gestion globale de plus en plus soumise aux contrôles de l'administration centrale et de l'État. C’était un fonds légal. A. Une législation encadrait son affectation sur certains domaines. même si. Au plan de l’action sociale. pour les projets importants. quels étaient les projets. la caisse régionale devait défendre le projet devant le conseil de la caisse nationale. entrant dans son champ. Il y avait aussi des affectations spécifiques de la caisse primaire et de la caisse régionale pour son emploi. tant par ses moyens que par son action. Le fonds d’action sanitaire et sociale283 “ Sa gestion était une fonction importante des caisses primaires et régionales. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . des contradictions. après une évaluation des projets et de l'action des associations.A. cela pose aussi aux élus la question du sérieux de leur choix. qui de son côté retournait la demande vers la caisse régionale. Certains types d’intervention peuvent d’ailleurs nécessiter la collaboration des deux systèmes. Cela provoqua les allées et venues de certains dossiers entre les deux caisses : la caisse régionale renvoyait au financement de la caisse primaire. Ces remarques soulignent que si parfois ces correspondants ne sont pas assez compétents pour répondre aux questions des assurés. la CAF joue un rôle comparable. Roland Vauge rappelle que “ le ministre a déclaré aux syndicats patronaux que les caisses sont tenues de rétribuer les correspondants d’entreprise ”. Un choix s'imposait : que font-elles. celle du fond d’action sociale va largement se référer à l'autorité et aux choix des administrateurs locaux. j’ai dit parfois qu'on n’était pas un distributeur de subventions.R. La gestion de ce fonds supposait un choix sur des objectifs sanitaires et sociaux : quels étaient les besoins. que la Sécurité sociale pouvait promouvoir en les finançant. quelle cohérence présente leur action avec nos projets en matière d’action et de prévention ? ” 283 .Entretien avec MARCEL PEYRAUD.N. il va constituer au plan sanitaire et social un pôle d’influence et de partenariat de la sécurité sociale vers les réseaux associatifs et une possibilité d’action importante sur l’évolution des équipements sanitaires. on ne pouvait pas permettre de diviser un budget par cinq purement et simplement. C’était le seul secteur laissé au pouvoir des administrateurs.151 151 .M. dans leurs diverses tendances. un pourcentage des cotisations affecté à la caisse.. celle de leur formation et enfin celle de leur juste rémunération. la lutte antialcoolique. C’est le cas à Blain “ où le correspondant manque totalement d’esprit social et d’amabilité ” à Rougé où l’on déplore “ une correspondante qui n’est pas à la hauteur ”. janvier 1999. Cela a été la lutte antituberculeuse.C.. Si cinq associations s'alignait sur un projet comparable. Outre son volume propre.Avec la Sécurité sociale recueillies à l’encontre de correspondants locaux.

152 152 - Avec la Sécurité sociale Dès sa création, les administrateurs nantais souhaitent étendre l’action de ce fonds d’action sanitaire et social284 : fourniture de layettes dans le cadre de la protection maternelle et infantile, aide aux vieux travailleurs, aux célibataires sans ressources, octroi de suppléments alimentaires pour éviter les carences ... leur semblent entrer dans les missions que ces moyens peuvent leur permettre de remplir. Le conseil décide donc d’accorder des suppléments alimentaires aux femmes enceintes et d’étendre le bénéfice des diverses prestations énumérées à tous ceux que la commission retiendrait après enquête sociale. En octobre 1948, un projet déjà ancien285 de centre régional de rééducation professionnelle, est mis en chantier par la caisse régionale de sécurité sociale sur le domaine de la Gaudinière. Son projet ? Des blessés de guerre, des accidentés du travail, des malades invalides, doivent changer de profession : comment les sélectionner, les reclasser, les reformer. “ Redonner à ceux que le sort a brutalement frappé la possibilité de gagner de nouveau leur vie honorablement sans être à charge à la société, en refaisant des hommes libres et indépendants ”286, telle est la vocation que la sécurité sociale entend voir assumer par une telle réalisation. P.M.I., politique du lait, lutte contre la tuberculose (aide à l’œuvre Graucher pour le placement d’enfants), lutte contre les maladies vénériennes, gymnastique médicale pour les enfants figurent parmi les champs d’application vers lesquelles la gestion de ce fonds ne tarde pas à s’orienter. A la fin de 1948, ce sont 3 millions de francs qui sont consacrés à la protection maternelle et infantile et 2 millions versés à l’office central des œuvres sociales. Pour d'autres types d'action, un partage de responsabilités doit s’opérer. Ainsi, répondant à une circulaire ministérielle demandant un subventionnement pour l’enfance inadaptée, une réunion de la caisse régionale en présence des représentants des allocations familiales287 renvoiet-elle ce problème aux CAF de la région qui prennent en main la poursuite de cette étude. Parfois ce partage devient œuvre commune. Ainsi se met à l’étude une contribution commune de la Sécurité sociale et de la CAF à l’aide aux mères288. Si chacun s’efforce de définir strictement ses attributions, le service des assurés reste bien le vecteur commun de ces implications. Au-delà de l’énumération des actions qui s’y engagent et des nouveaux moyens que beaucoup d’associations peuvent y trouver, c’est une définition moderne de l’action associative et de son implication citoyenne qui se trouvent générées.

f) Les conventions avec les hôpitaux
Le financement des hôpitaux n’est pas, comme aiment à le rappeler Léger Magimel ou André Duhamel289, affaire de sécurité sociale, “ c’est à
284 285

.Conseil du 9 juillet1948, archives de la C.P.A.M. de Nantes. .L’idée d’un tel établissement se discute depuis deux ou trois ans. 286 .La Résistance de l'Ouest du 1 septembre 1949. 287 .Réunion tenue le 8 septembre 1948. 288 .Réunion du comité mixte Sécurité sociale et Allocations Familiales du 21 avril 1949 (des représentants de la Caisse de Saint-Nazaire y assistaient). 289 .CA du 15 octobre 1948.

A.R.C.N.A.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet

153 153 - Avec la Sécurité sociale l’ensemble des contribuables de financer les hôpitaux, il n’y a pas que des assurés sociaux à être hospitalisés ”. Toutefois l'état de délabrement du parc hospitalier, lié en partie à la guerre, lié en partie au retard chronique pris en cette matière en France, vont faire que participer à l’équipement sanitaire et social du pays sera l’une des tâches que les administrateurs aux divers échelons d’organisation des caisses auront à cœur d’accomplir. Reconstruire290 et moderniser les hôpitaux au moyen de subventions et de prêts, veiller aux capacités d’accueil hospitalier, contrôler le bien fondé des hospitalisations et leur coût, veiller à l’adaptation et à la qualité des actes et des services qui sont fournis, sont des tâches qui incombent aux conseils des caisses de sécurité sociale. Ils représentent la garantie de la fourniture de soins appropriés pour les assurés et l’effort vigilant d’une maîtrise des coûts incontournable. Le moyen principal d’action des caisses vers ce secteur outre l'aide financière déjà évoquée, sera le conventionnement permettant la prise en charge ou non pour les assurés des frais occasionnés par les soins qu'ils y reçoivent. L’action de la caisse au travers des signatures de conventions peut être dissuasive. C’est ainsi qu’à l’hôpital d’Ancenis le conseil constate que de nombreuses opérations O.R.L. d’enfants sont réglées directement aux chirurgiens et que, alors que trois ou quatre enfants se succèdent sur un seul lit la même journée durant quelques heures après les interventions, l’hôpital facture une journée pour chacun. Exagération des tarifs des chirurgiens, exagération des facturations de l’hôpital : les administrateurs décident de retirer la convention à cet hôpital durant tout le temps où cette affaire ne sera pas réglée. Un mois après, le 9 juillet 1948, les choses sont revenues dans l’ordre et une nouvelle convention peut être signée avec l’hôpital d’Ancenis, sous réserve du remboursement des sommes trop perçues. Poussant ce contrôle jusqu’au service hôtelier, MM. Anizon et Duhamel souhaitent connaître pour ce même hôpital, la différence entre les menus de la salle commune et ceux de la clinique ouverte. L’action de la caisse en matière hospitalière peut être aussi incitatrice d’innovation et d’amélioration de la qualité des prestations. À l’hôpital de Châteaubriant une convention est signée. Au cours de la visite effectuée par Roland Vauge et Pierre Fromy, ce dernier signale l’impression pénible ressentie lors de leur visite, en particulier au service thoracique : chambres sans fenêtres, salle d’opération à l’hygiène douteuse. La clinique ouverte par contre donne une impression très favorable. Le président suggère que l’on propose à l’hôpital de créer un service de clinique ouverte pour ce genre d’intervention. Ces actions de conventionnement permettent le recensement et l'évaluation de l'équipement hospitalier installé sur le territoire de la caisse. La visite de l’hôpital de Guéméné-Penfao, construit en 1939, n’amène que des éloges. Il s’agit d’un hôpital de bonne qualité. Un service de maternité très confortable (chambre seule) y est toutefois fermé. La loi du 5 janvier 1948 fixant les tarifs des praticiens de clinique à 40 % des tarifs de ville, les médecins ne veulent pas pratiquer des accouchements à ce prix. Comme on ne peut pas pratiquer le remboursement de tarifs illégaux, les parlementaires sont saisis de cette question. Gabriel Goudy propose d’écrire à Pierre Laroque et à la F.N.O.S.S. pour demander la réouverture de cette clinique.
290

.Entreprise incontournable à Nantes et à Saint-Nazaire, où la guerre 1939-1945 a laissé des hôpitaux en ruines.

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154 154 - Avec la Sécurité sociale Les besoins en matière hospitalière sont criants, des conventions cliniques ouvertes sont signées avec l’hôpital du Loroux-Bottereau puis avec celui de Machecoul et celui de Nozay (fin 1949). Elles permettent aux praticiens libéraux le suivi individuel de leurs patients dans un cadre hospitalier agréé par la caisse. En décembre 1948, ce sont 46 millions de francs que la caisse de Nantes a consacrés en tout à l’équipement hospitalier. Il s’agit entre autres de 1 800 000 de francs pour le sanatorium de Maubreuil, de 1 660 772 francs pour celui de la Droitière, et le 10 décembre 1948, d’une subvention de 5 millions de francs accordée pour l’édification d’une clinique mutualiste à Nantes par l’Union départementale des Sociétés Mutualistes. Cette clinique de quarante-cinq lits sera ouverte à tous les chirurgiens. Léger Magimel déclare que de son côté, la caisse régionale qu’il préside a voté pour ce projet une subvention de 10 millions de francs. Il précise qu’en Gironde, trois cliniques chirurgicales mutualistes ont concouru à faire baisser les tarifs de façon importante. C’est la raison du soutien à cette initiative. Avec les remerciements de Paul Guilbaud, la subvention est votée à l’unanimité moins les quatre voix des administrateurs mutualistes qui se sont abstenus. Au niveau régional une des conditions de cette aide est la présence de deux administrateurs de la Caisse régionale au Comité de gestion de la clinique. André Duhamel fait connaître qu’il était bien dans l’intention de l’Union départementale Mutualiste de demander à la Caisse Régionale et à la Caisse Primaire de désigner plusieurs administrateurs pour représenter ces caisses au sein du dit comité de gestion. Ce déploiement de moyens suppose, au delà des visites d'inspection ponctuelles, des contrôles. Depuis le 15 novembre 1949, fonctionne au sein de la caisse un contrôle des hospitalisations. Il mobilise un médecin et une assistante sociale. L’assistante sociale se rend tous les jours au bureau des entrées du C.H.R. et prépare des fiches pour le médecin-conseil qui doit vérifier le bien fondé des frais et des thérapeutiques engagées pour chaque patient immatriculé et pris en charge par la caisse.

g) Les relations difficiles avec les praticiens
Les méandres infinies des négociations avec les syndicats médicaux constituent pour la caisse de Nantes, comme pour beaucoup de ses homologues, une histoire en soi, sur fond de mouvements sociaux et d’augmentation des prix considérable (plus 53 % en moyenne de hausse des prix industriels entre la fin de 1947 et le début de 1948, dévaluation du franc de 80 % le 24 janvier 1948, invention par l’État du tiers provisionnel permettant d’encaisser l’impôt par avance pour remplir ses caisses… ). Une convention est établie et signée le 1er mai 1947 (C = 130 et K = 100), elle est refusée par la commission nationale des tarifs. Alors qu’en janvier 1948, la négociation d’une convention médicale doit reprendre, le mécontentement des assurés se fait plus insistant. Ils protestent contre l’écart entre les tarifs médicaux pratiqués et les tarifs de remboursements de la caisse. Le syndicat médical se déclare prêt à collaborer à la lutte pour équilibrer la gestion des caisses : contre l’absentéisme, pour l’économie des prescriptions, pour la A.R.C.N.A.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet

S. Cette proposition est soumise à l’examen de la caisse régionale et une troisième convention est réalisée le 5 octobre 1948 (C = 200 et K = 150) : elle est homologuée et appliquée dès le 13 novembre 1948. la caisse maintient unilatéralement un statu quo : “ le Ministre du Travail ne s’oppose pas à ce que la caisse continue à appliquer jusqu à un nouvel accord.Avec la Sécurité sociale modération des actes médicaux et la stricte application des tarifs. le remboursement à 80 % des assurés et une gestion prévisionnelle plus sereine du budget de la caisse.S. A. ”291 Une nouvelle réunion avec le syndicat aura lieu le 16 avril 1948 à 11 heures. “ J’ai l’honneur de vous faire connaître que dans sa séance du 26 Février 1948. Le 1er octobre 1948.O.A.N. à nouveau. les médecins nantais dénoncent leur signature et demandent une augmentation de 20% des tarifs en vigueur. 291 292 . : “ 1) Que les honoraires médicaux soient fixés à des niveaux raisonnables.Courrier de la caisse régionale de Nantes au syndicat départemental des médecins. suivant l'exemple de leurs confrères.N. ” “ La dite commission n’ a pas cru devoir donner son approbation à ces tarifs. la commission nationale a examiné les tarifs inscrits dans la convention signée le 17 février 1948 entre votre syndicat et la Caisse Régionale de Sécurité Sociale de Nantes. Après entente et accord de la F.P. archives de la C. 2) Que ceux qui sont dus pour nos assujettis soient réglés directement par les caisses en tiers payant. Elle invite en conséquence les parties à reprendre des pourparlers en vue de l’élaboration d’une nouvelle convention comportant des tarifs plus modérés que ceux que vous lui avez soumis précédemment. les médecins nantais. de Nantes. le conseil de Nantes formule ses exigences dans une motion envoyée au ministre du Travail et à la F. Un mois plus tard.CA du 29 mars 1949.M.S. Chacun campe sur ses positions. La lecture d’un courrier de la caisse régionale sur des sanctions prises à l’encontre de médecins de la région parisienne attise les tensions. mais répugne à signer la convention raisonnable permettant leur juste rétribution. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . acceptent le modèle de convention adoptée à Saint-Nazaire sous réserve que la caisse de Nantes porte le tarif de la consultation à 150 francs au lieu de 145 francs.C.S.155 155 . sur ce relèvement.R. les administrateurs de Nantes se réjouissent qu’une convention établie avec les médecins nazairiens ait pu être agréée par la caisse régionale.N. Le 13 mai 1948. ” Le 8 septembre 1948. les médecins se dédisent à nouveau le 24 février 1949. Commence alors une longue série d'accords dénoncés à peine conclus par les praticiens nantais. pour éviter un blocage préjudiciable aux assurés.M. .O. à l’instigation de la Caisse primaire de Tours. la convention dénoncée par le syndicat des médecins ”292. Un nouveau refus de la commission nationale d’homologation anéantit à nouveau les espoirs. ceux-ci étant trop élevés. Dans un communiqué aux termes mesurés.A. Une seconde convention est établie le 17 février 1948 (C = 180 et K = 150) entre le syndicat départemental des médecins de Loire-Inférieure et la caisse primaire.

on se contente de part et d'autre de ce compromis. précise-t-il. attendez-vous à voir se créer des cabinets médicaux de la Sécurité sociale. il est en 1949 de 63. . Pour trouver au plus vite une solution durable à l'issue attendue des négociations en cours. l’ouvrier travaillait 60 heures en 1914 et 40 heures actuellement : ce qui en salaire net perçu chaque semaine met le salaire de 1949 à 114 fois celui de 1914.Paul Guilbaud signale que si la Caisse primaire acceptait les tarifs proposés par les médecins. Au conseil d'administration suivant de la caisse primaire de Nantes294. c’est à dire 225 fois le prix pratiqué en 1914. le docteur Chauveau annonce qu’il doit présenter la proposition de la Sécurité sociale au conseil d’administration du syndicat départemental des médecins. Léger Magimel. après déduction des 6 % de cotisation à la Sécurité sociale. l’augmentation de ces remboursements serait de 80 %. M. Faisant état des remboursements médicaux payés en 1949 à Nantes -107 000 000 francs. ce chiffre doit être corrigé si l’on prend le salaire hebdomadaire. du côté des administrateurs de la caisse sa réorganisation mobilise l’essentiel des énergies.N. soit une évolution de 133 fois. alors qu’en 1914 il était de 100. le trésorier.156 156 . il gagne de 50 000 à 60 000 francs. représentant. 2 francs.et les demandes des médecins de Nantes et de SaintNazaire qui exigent que le prix de leur visite soit de 450 francs.R. c’est qu’ils ne correspondent pas aux prix de la vie courante. sur lequel il est prélevé 6 % pour la Sécurité sociale. cela ferait 150 fois. dont les fonctions de président de la caisse régionale donne à la déclaration un poids particulier.85 francs. rappelle les vieilles recettes mutualistes et clôt le débat par un ultimatum. Un ingénieur chef de service gagnait 500 francs par mois en 1914. il met en relation l’évolution de l’indice pondéré des prix de détails -en 1949 de 13 310.Avec la Sécurité sociale Plusieurs mois durant.CA du 9 février 1950. Léger Magimel pour sa part rappelle qu’une convention a été décidée le 5 octobre 1948 mais jamais appliquée. soit un salaire net de 60 francs. Imperturbable. A.35 francs de l’heure.M. MM. Les docteurs Pasquier et Odiette font chorus pour défendre leurs confrères et souligner les liens entre ces problèmes et la situation économique du pays : si les tarifs ne sont pas appliqués. Mais. Regrettant qu’une convention médicale soit toujours en attente. Parallèlement le salaire de l’ouvrier de la métallurgie était en 1914 de 0. ” L'argument semble porter. ce prix était en réalité de 3 francs. Actuellement dans les cas les plus favorables. Paul Guilbaud poursuit sa démonstration. En janvier 1950. une évolution allant de 94 à 112 fois les tarifs de 1914. le contact avec le syndicat des médecins est renoué. Paul Guilbaud. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Guilbaud et Anizon proposent une indexation des tarifs sur l’indice des salaires.A.C. Dans son rapport. “ S’il n’y a pas d’accord. Le Docteur Pasquier proteste : en 1914.CA du 10 mars 1950. Gendron les 293 294 . tente d’éclairer le débat en retraçant la déjà longue histoire des tractations autour des honoraires médicaux auxquelles mutualistes et administrateurs de caisses d'assurances sociales se sont déjà employés293. c’est à dire une augmentation de 175 fois. soit 85 000 000 francs qu'il faudrait ajouter au total des dépenses.

Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Les personnels de leur côté réagissent avec indignation aux accusations proférées : “ les favorisés de la sécu. À Saint-Nazaire.R.A. i) Des personnels au centre de la réorganisation Conformément à la législation. autorisés en fonction de la notoriété du praticien. prix moyen horaire des chantiers navals de Nantes qui suivent les fluctuations des salaires et des prix. le corps médical de Loire-Inférieure persiste dans son refus de signer la convention proposée par la caisse primaire de Nantes. 10 mois de travail effectif pour 14 mois de salaires payés.M. “ Il serait à son avis.C. Parfois les débats auxquels ils participent.T. Paul Guilbaud propose une action en justice pour diffamation. la Convention qui est déjà signée prend en compte les cas de dépassements des horaires médicaux.Avec la Sécurité sociale alignerait bien pour sa part sur le taux “ de l’heure marine ”. “ dans le département jamais il n’a été possible de trouver un accord sur une convention avec les médecins ”. Déjà..) représentent le personnel au sein du conseil d'administration. Cyprien Bourbin déplore cette situation qui met les assurés dans la situation de devoir payer 850 francs la visite. le 22 février 1949 le premier comité d’entreprise de la caisse primaire de sécurité sociale de Nantes a été installé.. dont faut noter d’ailleurs qu’il se pose dans des termes analogues dans chaque département. c’est une pratique nouvelle qui s’instaure pour les personnels.G. on tarde à conclure et le mécontentement enfle. pour 160 francs remboursés.F. Chez les administrateurs de la caisse de Nantes. facile de calculer les tests servant de base à la fixation des honoraires des médecins ”.. depuis les élections de 1947. Alors qu’une convention des sages-femmes est en cours de négociation à Nantes et ne tarde pas à être réalisée sur la base de celle qui vient d’être conclue avec la caisse de Saint-Nazaire.. malgré des avancées. au mois de juin 1950. les plongent à l’articulation des problèmes d’administration de la caisse et de défense de leurs intérêts A. L’exaspération des élus de la caisse est à son comble.N. deux délégués (C. deux articles sont publiés pour corriger les inexactitudes qu’elle diffuse. souhaite que la dimension politique du problème soit bien mise en évidence. ès qualité. Malgré tous les efforts le temps de ce mandat ne suffira pas aux administrateurs nantais pour régler ce problème.157 157 . En réponse à cette affiche des médecins. et C. mutualistes. C’est aussi un apprentissage complexe de la distinction entre leurs liens militants avec certains de ces dirigeants syndicaux et cette nouvelle mission de représentation générale qui leur incombe au sein du CA.T. au delà des réactions d’indignation légitimes. entre élus patronaux. syndicalistes. les insinuations injurieuses y pleuvent contre les administrateurs et contre le personnel. Alexandre Bazin déplore une attaque du corps médical par voie d’affiche contre la Sécurité sociale. ” Léger Magimel. des services rendus et de la situation de fortune de l’assuré. conception libérale mettant en avant des intérêts particuliers ou conception de solidarité sociale où “ la sécurité sociale est une sorte de Mutualité obligatoire ”. Siéger.C. connaissant ce prix. Il s’agit d’un désaccord de conception fondé sur des points de vue opposés. Le conseil se rallie à cette proposition.

S.S.G.C. placée dans un foyer : cet homme ignorait l’existence de cette enfant placée là par sa mère. Outre les difficultés matérielles liées à un travail qui les plonge au cœur de l’effort d’organisation de la caisse. une petite fille de quelque mois. Ainsi en est-il le 10 mars 1950. souvent pris comme cible des attaques les plus virulentes contre la sécurité sociale.O. si besoin était. " La réorganisation dont ils furent les acteurs privilégiés constitue pourtant le fonds essentiel des souvenirs rattachés à cette époque. Il s’est avéré que cet homme était convoqué pour un de ses enfants. tient à l’unanimité à protester contre la décision du ministre du travail suspendant l’exécution du protocole d’accord conclu entre la F. quand la discussion s’engage sur le protocole d’accord sur les salaires proposé par la F. Témoignages295 " Il existait des paiements de bons de lait pour l’allaitement des enfants et des primes à l’allaitement qui étaient supérieures à ces bons pour favoriser l’allaitement maternel. Joseph Gombeaud. Il proteste violemment pour cette convocation qu’il ne comprend pas. -F.N.N. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . ils sont aussi confrontés au quotidien à des situations qui les rapprochent de certaines misères justifiant à elles seules. A. le ministère du Travail suspend l’application de ce protocole. Alors qu'une prime de 3000 francs est accordée pour les personnels. Ces personnels. la maman expliqua que ce grillage avait pour fonction de protéger l’enfant des rats qui circulaient dans l’appartement..S. Lors de l’une de ces enquêtes. l’enquêtrice trouva un bébé dont le berceau était recouvert d’un grillage.T. Il voit dans cette mesure une atteinte aux prérogatives des conseils d’administration ”. s'ils bénéficient d'un statut sensiblement meilleur que celui de nombreux autres salariés. le 28 février 1950.O. communiquée aux élus de la caisse primaire par Léger Magimel : “ Le conseil d’administration de la caisse Régionale sans vouloir prendre position sur l’opportunité d’une prime d’attente de trois mille francs au personnel et laissant à chacun de ses membres sa liberté d’appréciation à ce sujet. A sa question.158 158 .A. il y avait donc des enquêtes au domicile. 20 mars 99.N." " Un homme un jour est convoqué au guichet.S. L’apprentissage de 295 .O.RAYMONDE MULLER. pour la C. dans l'attente d'un accord. tiennent à faire connaître le poids réel et méconnu de leur fonction. propose un additif qui ne sera pas retenu : “ le CA de la Caisse Primaire de Nantes demande que soit pris en compte les revendications des personnels de cette caisse ”.Avec la Sécurité sociale catégoriels. Il s’élève contre l’interprétation faite par le ministre de la loi du 1 février 1950 sur les conventions collectives qui prévoyait notamment en son article 21 : que des accords sur les salaires pourraient être conclus librement dès sa promulgation. Pour éviter les fausses déclarations. C'est une motion identique à celle proposée par la caisse régionale préside par Léger Magimel qui sera adoptée. leur action. et les organisations syndicales signataires de la convention. chez l’une de ces familles qui habitait au Marchix. Une motion est alors adoptée par le Conseil Régional.R.M.

les “ c’est nous qui vous payons ”. il était vraiment impressionnant. Gaston Jacquet. la complémentarité d’action avec la caisse d’allocations familiales semble pourtant s’imposer.Avec la Sécurité sociale méthodes nouvelles.. des rapports cordiaux existaient entre agents. informatisation. très gentil ”. Si à l’époque on ne comprend pas toujours le sens de ces “ chambardements ”. Finalement “ les personnels dans leur majorité. en sentant bien que ces regrets portent aussi sur la jeunesse passée. C’est ainsi qu’on se rappelle.. réunions. font bien sentir la nécessité de l'évolution et du changement. On se rappelle aussi. “ un homme déterminé et compétent. . tout comme les files d’attente à chaque guichet. Quand j’ai été responsable du personnel. Léger Magimel.F. 296 297 .YVONNE JAVEL. Le 9 janvier 1948.. sauf au titre d’un militantisme personnel. on les connaissait quand on avait des choses à faire avec eux : secrétariat de direction. Les salariés n’étaient que peu touchés par le débat politique. j’ai eu l’occasion d’embaucher des stagiaires durant les vacances. même si le vouvoiement était de règle. sans trop d'aigreurs. Gabriel Goudy auréolé de son passé de résistant et de déporté. les yeux mi-clos pour mieux fouiller les mémoires. “ Les administrateurs. C’était plutôt du ressort d’administrateurs que la plupart connaissent peu.N. “ L’image du personnel a toujours été contestée.A. Elles ont pu blesser à l'époque. 2 décembre 1998. Plus tard cette image est restée. Fernand Ricou “ quelqu’un de très simple. A.YVONNE JAVEL. 2 décembre 1998. Sans doute parce nous n’étions ni publics ni privés.M. un homme de grand bon sens. mais très vite. 298 . ”297 Quelques figures un peu mythiques des administrateurs de cette époque émergent pourtant des mémoires. “ les bons à rien ” : on a connu. la précarité des installations et celle des moyens. Une nostalgie souvent persiste quand on évoque ces premiers temps où la précarité cohabite avec la richesse de l’expérience humaine.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet ...A. chacun en a pris son parti. ont été plus touchés par les grandes étapes d’évolution qui changeaient leur quotidien : fiches manuelles. Certains sont venus me dire après : “ qu’est ce qu’on travaille. “ On suivait chaque dossier de A à Z ”.159 159 .". mécanisation.”c’était l’humanité et la gentillesse personnifiée ”. les campagnes de presse et d’affiches sur les “ privilégiés de la sécu ”. 2 décembre 1998. la richesse des contacts personnels avec les assurés durant ces premiers temps de fonctionnement. ”298 i) Évolutions Si le grand projet de caisse unique de sécurité sociale est désormais écarté. un accord est trouvé avec la C.C. Les gros salaires.R. “ c’était un pur. la dimension politique de la Sécurité sociale et de ses enjeux semblent assez peu perçus. “ un homme de grande valeur et de grande tolérance ”. nous on pensait que tout le monde lisait des magazines ou faisait du tricot ! ”296 Paradoxalement pour beaucoup.. déménagements.. les mutations successives amènent l’ensemble des personnels à un horaire hebdomadaire plus proche des 48 heures que des 45 heures officiellement en vigueur.YVONNE JAVEL. délégations et commissions. On les mettait d’abord à des travaux de classements pour les informer. quand il tapait du poing sur la table.

la difficulté de recouvrer les cotisations des employeurs. Émile Decré. Deysson. les artisans emboîtent le pas et refusent l’adhésion à une assurance universelle. Faut-il créer un A.. sans conteste. lui aussi.G.160 160 .S. qui outre le fait de se connaître et de se respecter.S. en juillet de la même année. La circulaire F. Sans texte d’application à trois semaines de leur prise en charge.F. Une délégation d’étudiants est reçue en effet à la caisse souhaitant organiser leur régime. Il faut former les inspecteurs sécurité sociale à la législation des allocations familiales et inversement. C.A. Un des points problématiques de leur mandat reste. les trois derniers mois de l’année. sans doute grâce à l’intelligence d’hommes comme Goudy. La complexité de l’opération amène un report au 1er janvier 1949 de la date des contrôles communs. Des tournées en commun sont organisées pour assurer la transition.F. Tandis que les fonctionnaires bénéficient désormais de régimes particuliers. une société mutualiste départementale. le même Émile Decré.F.O.A. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .C. Gombeaud. Seul Léger Magimel vote contre.N. Le projet d’assurance maladie universelle.A. tout comme les salariés de l’agriculture. surent placer leurs convictions de bâtisseurs. relance la reprise du projet de ce contrôle commun des employeurs qui a tourné court.. Le 24 janvier 1949. Léger Magimel s'il partage ce point de vue. Une clause toutefois conditionne cet accord : un nombre de contrôleurs égal pour les deux caisses et un nombre équivalent de secteurs prospectés sous la responsabilité de chaque caisse doivent être établis. le 10 décembre 1948.. M.A. au service de l’œuvre commune entreprise. relative à la création d’un service commun d’encaissement des cotisations relance la reprise de pourparlers avec la C.M.A. Cette proposition est acceptée à la quasi unanimité. le conseil décide de faire établir des imprimés pour permettre leur immatriculation à compter du 1er janvier 1949. Un problème toutefois subsiste.F. avec la C.A. et Caisse primaire ont sans doute besoin de construire leur nouvelle identité avant de pouvoir travailler ensemble plus avant. La partition de F. prévus initialement le 1er octobre 1948.T. Jacquet..Avec la Sécurité sociale pour une coordination des contrôles. En Loire-Inférieure.A. invoquant la nécessité d’une réorganisation de la C. lors d’une réunion commune avec la C.F.R. souligne qu'une prise en charge comme celle des étudiants concerne l’ensemble des contribuables et non les seuls assurés sociaux du régime industriel qui supportent seuls les frais de cette affiliation : “ n’est-ce pas saboter la Sécurité sociale que d’agir ainsi ? ” À la veille de nouvelles élections.O. restés sur ces interrogations. cède aux particularismes. Roland Vauge est d’accord sur le plan économique mais sur le plan social se désintéresser des étudiants lui semble impensable. Considérations techniques et problèmes de répartitions de compétences ajournent à nouveau ces velléités de coordination. Alors que la loi du 1er février 1949 assure l’autonomie des C. président de la C.N. c’est un satisfecit relatif que peuvent s’accorder les administrateurs nantais malgré les problèmes de gestion que rencontre la caisse.F. 55 d’avril 1948. au dessus de leurs désaccords politiques. organisée en section. Ricou. estimant qu’avant d’affilier les étudiants il eut été logique d’assurer le financement des charges nouvelles qui en découle. le problème posé par le développement de ces particularismes est abordé. s’est faite sans trop de déchirements au sein de ce conseil. Après que Jean Acis eût présenté son successeur à la direction de la caisse régionale. est aussitôt créée à cette fin. suspend ce contrôle commun des employeurs à peine installé. Ils souhaitent gérer eux-mêmes leur Sécurité sociale..

à Nantes..M..S. Les débats qui entourent ces deuxièmes élections retraduisent largement les débats de ce mandat. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Votent au collège employeurs les personnes tenues à cotiser pour des salariés au titre des assurances sociales à la caisse primaire.S.O. une déclaration des médecins du 299 . Avec l'organisation progressive du système. toute marque sur un bulletin le rendant nul. l'expulsion annoncée des locaux de Cambronne. responsable de l’association d’aide aux mères dont les vingt cinq salariées demandent un relèvement de leurs tarifs horaires. questions d’adaptation à de nouveaux besoins. L’aventure est désormais bien lancée.A.Avec la Sécurité sociale corps de prospecteurs. Enfin. repose de façon incontournable le problème des locaux. A.N. Le temps passé à se rendre au vote est comptabilisé comme un temps de travail rémunéré. qui se pose : questions de moyens. C’est toute la question d'un réseau de professionnels intervenant au domicile des assurés.La Résistance de l'Ouest. quel statut leur seraient réservés ?.161 161 . Suite à un conventionnement avec la caisse.C. par une demande comme celle de Mme Dugast. L’élection a lieu cette fois sur des listes sans panachage. De nouveaux champs d’action sanitaire et sociale sont incités. leur déficit en formation par rapport à des évolutions de leur action soutenues par la F. pose un problème de fond : comment répondre aux demandes qui inexorablement les sollicitent. acteurs d'un nouveau mode d'action sanitaire et sociale.. les bureaux de vote sont situés désormais hors des lieux de travail.R... 12 mai 1950. ”299 Tirant les leçons du scrutin précédent. adjoints aux contrôleurs et choisi sur les effectifs existants : mais quelle fonction. Bien au-delà de la question salariale. Comme il est impossible de poursuivre la centralisation de la gestion et des moyens rue de Bréa où tout l'espace disponible est désormais occupé.N. les hommes et femmes âgés de 18 ans au moins et jouissant de leurs droits civiques. suite à une réorganisation préfectorale. par exemple. quel salaire. on sent poindre d'autres types de sollicitations en direction de la caisse. “ une véritable forêt de textes a étendu la sécurité sociale à la presque totalité de la population sur l’ensemble du territoire français.Elle a substitué à l’épargne individuelle une répartition des risques : le cotisant en bonne santé abandonne par obligation une partie de sa chance et paie pour celui qui est moins heureux. ne faut-il pas envisager de construire un nouveau siège plus adapté aux exigences nouvelles de l’action d'une entreprise désormais largement réorganisée ? j) Élections Les élections prévues le 8 juin 1950 laissent pour un temps en suspens le traitement de ces questions. Ainsi. Sont électeurs aux collèges de travailleurs (assujettis). comme les temps héroïques des installations de bric et de broc sont désormais du passé. La commission de réorganisation propose de se pencher sur cette question. questions de statuts. ces personnes sont payées comme femmes de ménage alors que leur action concrète les projette de façon croissante dans une action relationnelle et sociale.

sauf à Saint-Nazaire.A..F.Avec la Sécurité sociale département donne d’emblée à la campagne une tonalité offensive : “ Attaquer pour se défendre.T. Ils exigent enfin l’application de la loi Morice. Joseph Gombeaud. La C. Son projet reprend le programme général proposé au plan national par Henri Raynaud301 : ..T..T.. Fernand Ricou.. . . . Maurice Brochet. Gaston Bangy.162 162 . Ils rappellent et revendiquent le rôle de décideurs des conseils.L’allocation aux vieux travailleurs portée à 60 000 francs par an. Ils affichent une opposition sereine à l’emprise jugée paralysante de l’administration et souhaitent voir l’assouplissement de textes dont ils demandent la clarté. À Nantes cette liste est emmenée par Gabriel Goudy.F. les candidats pour siéger à ce conseil annoncent leurs programmes : Les Mutualistes -emmenés par André Duhamel.La prise en charge intégrale des accidents du travail figure de plus dans les garanties que les syndicalistes C. pour sa part. Cyprien Bourbin. De leur côté. souhaitent voir attribuées aux assurés sociaux.C. Pour la C.G.T.Le recul de 65 ans à 60 ans de l’âge donnant droit à une pension normale de retraite et à 55 ans pour les professions insalubres et les métiers pénibles. .G.D. Le Peuple. Lucien 300 .HENRI RAYNAUD.300 “ C’est la tactique employée par les dirigeants de la sécurité sociale qui s’inquiètent “ ENFIN ”de votre mécontentement . 1 au 8 mars 1950. Ils offrent leur expérience de gestionnaires historiques de la protection sociale au service de la loi et des assurés et réclament au moins 80% de prise en charge du coût des prestations médicales ou pharmaceutiques.. ils voient en effet leur réélection approcher… “ Ils cherchent à détourner votre colère en essayant de rejeter sur le corps médical l’échec catastrophique de leur gestion… “ La majorité des administrateurs que vous avez élus s’opposent aux rajustements nécessaires ”.M.L’éviction des “ patrons ” des conseils d’administration des caisses de sécurité sociale. 301 . le droit à la sécurité pour tous. l’amélioration et l’indépendance de la sécurité sociale ”. A. Archives C. Emmanuel Gendron. Joseph Anizon. Victor Lemarié. René Amice.. la mutualisation de la Sécurité sociale. sans abattement de zone et relèvement correspondant des pensions de retraite. conduisent une “ liste d’union pour l’amélioration de la Sécurité sociale et la gratuité complète des soins ”. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .La gratuité complète des soins médicaux et des produits pharmaceutiques y compris toute spécialité et tous soins dentaires de prothèses.présentent une liste de défense pour une Sécurité sociale humanisée..La suppression complète de toute avance de l’assuré social au médecin et au pharmacien.R.O. présente “ une liste d’entente pour la défense.N.G. .Affiche apposée dans les cabinets de consultations et quelques officines de pharmacie.. Léon Busson.

9 juin 1950.C. sont un succès de participation. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . avec comme tête de liste Paul Grégoire. Alphonse Deniaud. ” La confédération du travail indépendante emmenée par Léon Mémain souhaite la suppression des lenteurs administratives. “ On vit arriver des électeurs.R. et la restitution aux conseils de leur pleine responsabilité et autorité. sans atteindre les scores de précédentes. Une seule liste d’employeurs est présentée. Dénonçant l’opportunisme du syndicat C.N. par groupe. Constatant que le financement est en fait intégralement supporté par les salariés. Le supprimer serait anti-social. Elle s’oppose enfin à toute réduction de la couverture sociale et entend en particulier contrecarrer les menaces existant sur le petit risque : “ à partir de quand le petit risque non soigné devient-il gros risque ? De plus. A. il est hors de question d’accepter que les ressources des cotisants soient mélangées à celles de l’État. voir intégrer le risque chômage au régime général. Henri Chevet… Elle entend lutter contre la réaction toujours active à cette réforme et affirme que la sécurité sociale ne constitue pas une charge anormale sur les entreprises. souhaite la compression des dépenses.T. De nouveau ces élections.G. Pour la première fois les étudiants ont participé au vote. La distribution de leur carte d’électeur donna lieu à un petit incident technique. se regroupe derrière “ une liste d’action familiale pour la défense et l’amélioration de la Sécurité sociale ”. la réduction des frais de gestion. d’humaniser. elle entend faire obstacle à sa démagogie.elle déplore que les classes sociales les plus favorisées ne participent pas réellement à ce financement. Elle est conduite pour la caisse de Nantes par Léger Magimel.A.7 % de l’assurance maladie et 0. Elle apporte un nouveau partage du revenu salarial et non pas un nouveau prélèvement..163 163 . -la dite cotisation patronale n’étant en fait qu’une partie du salaire. qui à bicyclette.La Résistance de l'Ouest. Il était assez difficile de se rendre compte si les abstentions étaient nombreuses. d’assurer le remboursement immédiat à 80 et 100 % et de procurer une retraite correcte à tous. Les électeurs du collège des employeurs et des travailleurs indépendants sont venus voter les uns après les autres. Marcel Peyraud. Louis Guénégues. Elle défend la constitution dans les conseils d’une majorité indépendante de toute pression extérieure. il concerne pour 1/3 l’assuré et pour 2/3 le conjoint et les enfants.M. Il s’agit pour ses militants d’améliorer la Sécurité sociale. Ces cotisations en effet ne sont pas un impôt mais un salaire différé. que les employeurs en particulier souhaitent exclure pour réaliser des économies de gestion.Avec la Sécurité sociale Duguy. La C. qui à pied. On raconte que les dites cartes tombèrent dans une cuvette et qu’il fallut les faire sécher ? Tel est du moins l’explication compte du retard avec lequel elles furent distribuées. si elles se déroulent dans une certaine “ pagaille ”. Elle s’oppose à l’étatisation car pour ce syndicat. Elle exige que le petit risque. de simplifier. et l’existence de caisses autonomes décentralisées. ”302 302 .69 % des cotisations. améliorer de façon générale les prestations. Pierre Vaillant… Elle entend garantir une gestion autonome de la caisse. qui en camion ou en camionnette. il ne représente qu’un cinquième de l’absentéisme total et son coût représente 13. continue à être assuré.F.T. de gérer. Pierre Bilard. contribuer à simplifier les formalités.C.

908.686 voix..G. on a le sentiment d’une victoire : “ Force ouvrière ? Ca fait tout au plus 300 000 adhérents disaient les cégétistes récemment.G. 2 392.) : 206. 4 septembre 1962. les 15.I.2 % obtenus par la “ C.6% des suffrages. C’est donc bien un succès que dans de telles conditions.G.172. des élections politiques.6 % des voix et précisons : non seulement les voix du prolétariat des usines.T. conserve la première place. Liaisons sociales n° 77/62. exprimant le point de vue de la C.G. dans Syndicalisme..C. 33 sièges Divers (C.O. : 1.2% des suffrages.3% des suffrages. ait obtenu 43.O.G.067 voix. : 6585 C.G.F. 405 sièges C. : 2. qui intervient pour la première fois dans le scrutin.C. quatre. Henri Raynaud dans la Vie ouvrière constate que les adversaires de la C.suffrages exprimés 49152 C.. pré-scissionniste de 1947 ”.3% des suffrages. Au plan national304 Inscrits : 7.T.903 voix.7 %.T. la C. Ils ajoutaient “ nous à la C. nous en avons trois.C. : 832.T. La C. 5. ” À Force ouvrière. si F.O. votants 265. autonomes.G. Alors maintenant. 15.C.T. 43.T.. 875 sièges contre 919.T. Liste unique : suffrages exprimés 265 .1% des suffrages.3 % au lieu de 26. 536 sièges Mutualité : 609. 3. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .1 % des voix.T. des chantiers et des bureaux. 15 429 F.T.T. Du côté des organisations syndicales chacun semble satisfait. A. mais aussi les voix d’une multitude d’employés..T.067 à la C.F.164 164 . en lançant leur fameux mot d’ordre : “ le devoir national est d’évincer les communistes de la sécurité sociale ” ont fait de ces élections. la C.F.G.392.F.431 C.. a eu trois fois plus de suffrages qu’elle n’a d’adhérents. ce léger recul de 44 sièges pour 234 conseils d’administration ne peut être 303 304 .5% des voix obtenues.. la C.934 voix.262 .N.G. “ Ils ont mis tout en œuvre pour opérer sur cette base une division parmi les assurés sociaux.5% des suffrages.C. Au plan national. il faut savoir.-F.A. on se retrouve avec 58. cinq millions ? ” Les élections de la sécurité sociale ont donné 832 934 voix à F.G. 206 sièges Mouvements Familiaux : 289.O.votants : 50508 . 10-11 juin 1950.Avec la Sécurité sociale Les résultats de Nantes303 a) salariés : Inscrits : 71269 .2 % de la C. 11.M. elle conserve la seconde place mais avec seulement 21.T.O. 21.suffrages exprimés 5 503. Les observateurs soulignent que si l’on additionne aux 43.T.612 voix. n’est plus désormais la seule grande organisation concurrente de la C. : 12 223 Mutualité 12 227 Indépendants 2 780 b) Employeurs : Inscrits 705. exprime un sentiment de satisfaction analogue “ Si la double élection du 8 juin a donné à la C. un chiffre quasiment identique aux 59.R. 45 sièges.T.La Résistance de l’Ouest.C. si elle a perdu la majorité absolue. de cadres et de fonctionnaires jusqu’aux grades les plus élevés. ne peut faire moins ! ” Robert Vansieleghem.F.T. 968 sièges F.T.T.234 voix.G.

N.T. de l’équilibre de gestion à trouver. mobilise plus que jamais l'engagement militant et des compétences sans cesse plus développées. surtout lorsqu’on tient compte des circonstances dans lesquelles s’est déroulé le scrutin ”.Avec la Sécurité sociale considéré comme un échec pour la C.165 165 . Même si certains ont voulu le contester. A. 27. p.JACQUES DOUBLET.A. “ le chemin était étroit et plus que la refonte spectaculaire réclamée fréquemment. Entre les exigences de la réorganisation à poursuivre. la tâche qui attend ces derniers. juin 1971. “ elle tient bien la deuxième place parmi les organisations syndicales ”. 305 . de la défense du projet social des nouveaux élus qui la gère. “ fruits de la méditation et de la prudence ”. Pour réaliser ces évolutions.R. c'est d'efforts internes qu'il s'agissait305 ”. “ La sécurité sociale et son évolution ”. avril.M..F.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .. Pour préparer la possibilité de faire accepter les extensions repoussées. Il devient essentiel d'apporter au système des améliorations. à Nantes comme dans toutes les caisses de France. RFAS. la sécurité sociale doit s'intégrer désormais dans la vie du pays.C. Ces élections suivent d'un mois la proposition du 9 mai 1950 de Robert Schuman pour la création d’un “pool européen du charbon et de l’acier” : acte de naissance de l’Europe.C.

Avec la Sécurité sociale C) Préserver l’esprit social et traiter les problèmes financiers 1950-1955 “ Il est évidemment nécessaire de prendre des mesures pour éviter une faillite financière de la Sécurité sociale. de Nantes. L’extension de la sécurité sociale est à l’ordre du jour du mandat des nouveaux élus. c’est au tour des agents permanents des collectivités locales d’adhérer à l’assurance maladie et maternité. Le 1er novembre 1950.A. La situation inquiétante que connaissent les comptes de la Sécurité sociale appellent pourtant des décisions. le 16 mars 1951307. Après les étudiants qui battent le pavé suite à la réduction de près de moitié du budget de leur protection sociale. Le déficit de la sécurité sociale mobilise toujours plus l’inquiétude de ses défenseurs et les critiques de ses détracteurs : 45 milliards en 1950.166 166 . Après l’obligation de l’affichage du numéro d’immatriculation et des coordonnées de la caisse où les cotisations sont versées sur le bulletin de salaire (1951). . Le 1er avril 1951. se poursuit progressivement.M.. Faut-il entreprendre une réforme générale pour équilibrer la gestion du système ? Chaque tentative soulève des passions.Lorsque le 23 septembre 1948 fut décidé par le gouvernement l’extension aux étudiants du régime de Sécurité sociale. Pour les politiques. les grands invalides. Or le ministère de l’Education Nationale réduit un budget qui devrait être de 400 millions à 200 millions : la baisse de prestations et l'augmentation des cotisations qui s 'ensuit provoque la grève des étudiants dans toute la France. la levée partielle du secret professionnel imposé aux administrations locales et aux agents de Sécurité sociale ouvre la possibilité de créer des caisses de 306 307 . tout ce qui touche la sécurité sociale semble une question brûlante. ”306 a) Étendre la protection sociale et maîtriser les déficits de son financement L'évolution du système de protection sociale. si des réformes semblent s’imposer. le 7 janvier 1952. Son financement devait être assuré par la cotisation étudiante et par le budget de l’éducation nationale.R.A. des mesures s’imposent.. année après année.R.. les veuves et orphelins de guerre s’en voient ouvrir les portes. Si des contributions du Trésor public et les excédents des prestations familiales le couvrent.C. ce sont les mineurs du Pas-de-Calais qui s’insurgent contre l’imposition d’un ticket modérateur le 15 novembre 1951. De nouvelles mesures de contrôle pour garantir les versements des employeurs sont l’un des moyens choisis.. A. Le 1er avril 1952. En décembre 1952. Un projet de réforme de la sécurité sociale est l’une des causes du renversement du cabinet Pleven. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .N. 20 milliards de francs à la fin de 1951.P. le régime vieillesse agricole voit le jour. archives de la C. Antoine Pinay doit à son tour démissionner. après l'échec de la mise en place de l'assurance universelle recherchée par l'ordonnance de 1945.P. 12 juillet 1950. le groupe M. mais il ne faut pas que nous constations un jour une faillite morale.ROLAND VAUGE.M. conseil d'administration. ayant décidé de s’abstenir dans un vote de confiance sur la Sécurité sociale et les Allocations familiales.

origine d’un développement important de tout un pan de l’action sanitaire et sociale des caisses primaires déjà évoqué pour la caisse de Nantes. Suite au décès d’un enfant.C. le 20 mars 1954 voit se substituer la notion de rémunération à celle de salaire. La pratique des soins à domicile est encouragée. Enfin. à l’enfance en difficulté. ne connaît guère de relâche. En 1951 s’organise l’assistance aux privés d’emplois au moyen d’une assurance facultative et d’une allocation d’aide publique. Des gouvernements éphémères se succèdent. Mettre en synergie l’action générale des réformes entreprises en matière sanitaire et sociale est le troisième axe d’évolution proposé. l’appel de l’abbé Pierre en faveur des sans abris. Une vive polémique s’ensuit avec les syndicats de médecins. aux personnes âgées. Le projet exprimé d’instaurer des tarifs obligatoires.R.M. Au cours de l’été 1955. les pages des journaux s’emplissent à nouveau de bruits de guerre et d’un cortège de nouvelles tragiques. après les promesses suscitées par la paix retrouvée.N. Au plan économique.. les chantiers navals de Nantes et Saint-Nazaire sont le point de départ d’une série de grèves pour l’amélioration des salaires qui se propagent dans tout le 308 . Un autre axe de cette action est la maîtrise des coûts générés par le remboursement des prestations facturées par les praticiens. mort de froid sur un trottoir parisien. la grève des postiers.167 167 . A. le chômage. pour asseoir les cotisations : des interprétations restreintes émanant des employeurs. A propos des salaires base de financement du système. pourtant indispensable se fait attendre. les lendemains qui chantent attendus des efforts de reconstruction.. -suivis par l’ensemble des fonctionnaires (deux millions seront en grève nationalement). L’été 1953. locale ou générale. quelques semaines. en place quelques jours. il faudra attendre le 20 mai 1960 pour voir ces unions devenir obligatoire. impose sa prise en compte. Le 24 mai 1954. point crucial d'un système de protection social basé sur le salaire. sans être intégré pour l’instant dans les mesures générales de protection sociale. dénonce avec indignation le niveau de précarité qui règne dans le pays pour une fraction importante des citoyens. devra attendre 1960 pour pouvoir s’imposer. la priorité est donnée aux réponses en direction des handicapés. quelques mois. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . le projet de réforme de l’assurance maladie envisage une fixation contraignante des tarifs médicaux. Au plan national l'heure est à l’instabilité et à la division. réduisant souvent les cotisations salariales à une portion congrue. En Loire-Inférieure deux périodes marquent particulièrement les esprits.Avec la Sécurité sociale recouvrement et le droit reconnu d’imposer certaines contraintes (14 avril 1952)308. De la guerre d’Indochine à la reddition de Diên-Biên-Phu (le 7 mai 1954) ou de la guerre d’Algérie imminente au conflit Coréen. L’agitation sociale. La notion d’aide sociale s’y substitue à celle d’assistance. Alors qu’une réforme hospitalière. tout comme les grands rêves utopistes d’abolition de la misère échangés en 1945 sont désormais bien estompés. au cœur de l’hiver 1954.A. soutenue ou sporadique. évolutifs sous le double critère du coût de la vie et de la prospérité nationale. Une réforme du code de la santé publique est élaborée le 5 octobre 1953.et son comité d’action pour un front unique regroupant les différentes centrales syndicales est le moment mobilisateur d’engagements locaux spécifiques. Le contexte politique international laisse planer l’inquiétude.Après cette possibilité ouverte de créer des unions de recouvrement.

Émile Gauguet Docteurs Albert Pasquier et Donatien Odiette Pierre Ramier Paul Remaud et Louis Martin Lucien Duguy (F. leurs effets et leurs retombées.P.Avec la Sécurité sociale pays.N.C. René Amice. André Duhamel.M. de Nantes. Collège des salariés C. Victor Lemarié. de Paul Guilbaud et de M.I. Auguste Corbineau.) et Yves Le Naour (C.T. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . “ Nous déclarons que nous avons le désir de travailler en confiance avec vous. installe les nouveaux élus à la caisse primaire de Sécurité sociale de Nantes. ainsi que l’implication des administrateurs. archives de la C. Marcel Peyraud.G.A.C. constitue certainement un éclairage essentiel à la compréhension de leur engagement dans la gestion de la sécurité sociale de cette période. Joseph Anizon.R. Emmanuel Gueguen. A.C. Joseph Gombeaud.O. Roland Vauge exprime ses regrets après les départs d’Alexandre Bazin. dans leur déroulement.F. de défendre la sécurité sociale et de triompher de nos difficultés actuelles. Pierre Bilard. Si parfois nos conceptions ne sont pas les vôtres. s’il nous arrive de les défendre avec une certaine vivacité soyez persuadés que nous le ferons sans arrière-pensée en n’ayant en vue que l’intérêt de la Caisse primaire à laquelle nous sommes profondément attachés. Pierre Henri. chacun à leur place. : 6 C. Georges Maître. Il tient à accueillir les nouveaux élus dans leur diversité.F. : 5 F. Louis Guénégues.M.T. Gaston Bangy. Cyprien Bourbin. Maurice Brochet. : 2 Mutualité : 4 C.T. M. ”309 Le bilan de l’action 309 .T. Elles démarrent en août et se concluent le 4 octobre 1955 avec un accord signé par l’ensemble des syndicats augmentant les salaires de 12 % à 15 %. : 1 Collège des employeurs : 6 Médecins : 2 Associations Familiales : 1 Délégués du personnel : 2 Personnalités qualifiées : 2 Élus Fernand Ricou. b) Rupture et continuité Le 19 juin 1950. Ces évènements. Emmanuel Gendron Léger Magimel.CA du 12 juillet 1950.O.A. Bergerault. Léon Dusson Léon Mémain Paul Gringoire. même s’ils savent respecter de façon exemplaire leur mandat spécifique au sein du conseil.168 168 . Deysson. directeur régional.) Déjà quelques anciens ont passé le relais. Henri Chevet Gabriel Goudy.

G. Yves Le Naour. tel que cela est prévu dans l’ordonnance du 19 octobre 1945. traitant des problèmes des salariés de la caisse..est désigné comme secrétaire avec 25 voix et Louis Guénégues –C. il semble d’ores et déjà nécessaire de doubler le nombre de ses réunions. Victor Lemarié. dès la réunion de rentrée du 8 septembre 1950. La commission de la formation professionnelle est composée de Joseph Gombeaud. . Pour représenter la caisse au conseil du centre hospitalier régional.C. “ Il est évidemment nécessaire de prendre des mesures pour éviter une faillite financière de la sécurité sociale.le 2d vice-président avec 24 voix et Paul Gringoire -employeur. après cinq années. La commission de longue maladie est constituée de Fernand Ricou. Joseph Gombeaud – F. le trésorier adjoint avec 18 voix.C.F. Gabriel Goudy remplace Alexandre Bazin.. La commission de contentieux. André Duhamel. prévues désormais une fois tous les huit jours. la nouvelle équipe s’organise.. Devant le nombre croissant de bénéficiaires.. des employeurs : Georges Maître et Pierre Henry ainsi que Lucien Duguy et Pierre Ramier. Maurice Brochet –C. deux grands objectifs en direction des assujettis sont proposés par Pierre Bilard dans son discours de prise de fonction : . À la commission mixte Sécurité sociale et Allocations Familiales Pierre Ramier et André Duhamel représentent la Sécurité sociale. Louis Martin et Pierre Henry. Le conseil de discipline.G. Gabriel Goudy.C.169 169 .le 3e vice-président avec 18 voix.T. un représentant du Conseil A. Pierre Henry et le docteur Albert Pasquier.Avec la Sécurité sociale entreprise. Un nouveau rapport de l’inspecteur Mariani fournit l’occasion d’un éloge appuyé à l’adresse de l’équipe précédente et à celle de personnels et d’une direction dont l’esprit social est souligné. Complétant les perspectives présentées par le directeur lors de la séance d’installation. Fernand Ricou -C. La commission des accidents du travail accueille Yves Le Naour. comporte des représentants de chaque tendance syndicale : Marcel Peyraud. habituelle aux mois d’été. quel qu’en soit le moyen.R.N.O. ” Après une période d'activité ralentie.F.est élu à la présidence avec 14 voix. Georges Maître et le docteur Donatien Odiette. André Duhamel -Mutualité. Tandis que Cyprien Bourbin et Gabriel Goudy siègent à la commission d’étude du régime des fonctionnaires.comme secrétaire adjoint avec 24 voix. Emmanuel Gendron.devient le nouveau trésorier avec 25 voix et Pierre Henry. Fernand Ricou. Joseph Gombeaud et Fernand Ricou.A. André Duhamel. est flatteur. Son nouveau bureau est constitué : Pierre Bilard -C. Paul Remaud.M. Yves Le Naour et de Cyprien Bourbin. Louis Guénégues.Il est urgent de réduire le délai d’attente des assurés sociaux dans l’obtention de leurs remboursements. instance de recours de plus en plus sollicitée.T. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .T.T.Il convient d’arriver à un remboursement à 80 % des actes médicaux...est désormais le 1er viceprésident avec 25 voix. réunit des membres du collège des salariés : Marcel Peyraud et Cyprien Bourbin. Sans plus attendre les commissions sont recomposées. employeur. À la commission des conventions siègent Pierre Ramier. mais il ne faut pas que nous constations un jour une faillite morale. La tâche difficile qui attend les nouveaux élus est pourtant rappelée avec force par le directeur.

M. pour sa part. La mécanisation est en bonne voie. une machine logabax a été livrée au début du mois de septembre. l’action de cette caisse est rappelée. Plus largement. Des travaux enfin restent à effectuer à Bel-Air et à Basse-Indre. Ainsi. mais aussi soucieuse de conformité au droit et à la justice. Dans le cas d’une remise de dette le problème serait différent. le bureau et le conseil traitent désormais directement ces problèmes. A son avis. plutôt que celle de l’assuré. des fonctionnaires.Avec la Sécurité sociale d’administration de la caisse primaire. Une entrevue rapide doit être obtenue avec le maire.Liés à la caisse de Nantes. Emmanuel Gendron et Louis Guénégues sont du même avis : dans un tel cas la commission doit statuer en toute liberté sans tenir compte de la situation sociale de l’assuré. Désormais. des questions d’organisation continuent à se poser. La rigueur indispensable ne doit pas se retourner contre les assurés. Pierre Fromy fait le point sur la réorganisation conduite par le précédent conseil. la deuxième doit l’être fin novembre. des situations urgentes imposent des décisions. A. siège au Conseil de la Mutuelle des étudiants. L’éthique sociale guidant. la caisse n’a pas à savoir s’il s’agit d’un assuré riche ou pauvre. À Rezé. Au-delà de la situation particulière à Rezé déjà évoquée. L’effort à réaliser pour équilibrer la gestion est l’un des objectifs prioritaires auquel la nouvelle équipe doit répondre. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . "une cotisation. sur bien des plans. Dès ce premier conseil d'organisation. elle disparaît. fidèle au principe d’égalité mutualiste311. tout comme celles qui concernent la commission de liaison des caisses de Sécurité sociale de Loire-Inférieure et celles de la commission de la presse. avec Cyprien Bourbin comme suppléant. En marge de ces débats fondateurs. objets de débats approfondis et parfois de polémiques au sein du conseil et avec l’administration centrale.N. convient-il de tenir compte de la situation de famille de l’assuré et donc de procéder à une enquête sociale ? Pour André Duhamel. la question de nouveaux locaux à trouver reste à d’ordre du jour.R. De même en ce qui concerne la réorganisation. Cet équilibre n'est pourtant pas un pur objectif comptable. souhaite mettre en avant la responsabilité du médecin. la précarité des locaux installés dans des baraquements et dans une salle de classe ne peut plus rester sans solution.C. depuis l’origine. 310 311 . imprégnée de ce souci social et de commisération. En ce qui concerne l’ancienne commission des locaux. il traite directement ces questions. Le bureau du conseil prend en effet désormais une place politique essentielle. Yves Le Naour. Cela ne va pas sans prises de position très concrètes. dans le cas des prescriptions lourdes opérées sans entente préalable que traite la commission de recours gracieux. Les succursales de Bréa. il existe désormais 56 correspondants d’entreprises ou mutualistes. sujet d’actualité au cœur de la réorganisation. d’autant que l’expulsion des locaux Cambronne requise par la Préfecture se précise.170 170 . La mise en place des correspondants d’entreprise310 et de la succursale Bel Air sont en cours d’achèvement. reste à établir. Tel que formulé par le traditionnel. de Cambronne et de Rezé sont terminées. Une véritable jurisprudence. il convient de rembourser à l’assuré les frais engagés sans entente préalable puis de se retourner contre les praticiens. Léger Magimel.A. une prestation".

un contrôle permet de percevoir l’efficacité des sections locales d’entreprise et clarifie certaines inquiétudes exprimées sur leur coût. Le conseil suggère un temps de transition pour attendre l’intervention de la Caisse régionale qui doit établir l’actif et le passif. il est répondu favorablement aux sociétés mutualistes qui en font la demande. Les réclamations sont passées d’une cinquantaine par jour en juillet 1949 à moins d'une dizaine. Deysson. désormais constituée en section locale.E. demande sa dissolution et sa transformation en section locale.Avec la Sécurité sociale La situation des sections et des correspondants d’entreprises est en constante évolution. M. Le prix de revient du dossier aux A.. s’il en reste. la caisse des tramways. archives de la C. Le docteur Chauveau.N. aux A. Roland Vauge reprend cette déclaration et s’insurge.).CA du 16 janvier 1951.. La sécurité sociale. A. Les demandes d'habilitation de correspondants d'entreprise se succèdent : à la société Paris et à la société Georget. relativise le problème.L. alors que le prix de revient par dossier est pour la caisse de 145 francs. on souligne qu’il n’est pas cohérent d'alerter l’opinion sur les déficits et de continuer à multiplier les charges indues que représentent pour le régime général des prestations non financées. n’a qu’un règlement et un coffre-fort ”. souligne la responsabilité du ministère dans les problèmes rencontrés pour mettre au point une convention médicale.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . pour sa part.P. Ainsi la lecture d'une déclaration du docteur Glorieux au congrès de l’association médicale mondiale à New York. est l’occasion de réaffirmer les points de vue respectifs : “ Le médecin au lit de son malade a un cerveau et un cœur. “ c’est parce que les responsables de caisses de Sécurité sociale ont un cerveau et un cœur qu’ils appliquent avec souplesse les textes réglementaires ”312. c) Une évolution nécessaire dans le respect des principes fondateurs 312 . Par contre. toujours en pointe.171 171 . Par contre à la Mutuelle des étudiants (M.C. Le ministère refuse toute tarification illégale ou mettant en danger la gestion des caisses. de 136 francs et aux Batignolles..C.AM. Le 15 décembre 1950. Il engage les élus à se renseigner sur le refus du ministère d’agréer la convention proposée en Maine et Loire. la réponse à une demande de matériel est très mesurée. est de 156 francs.N.C. restent conflictuels en ce qui concerne la philosophie générale qui prévaut au conseil de la caisse de Nantes. de 119 francs.B. Grâce à l’aide la municipalité. Pour les assurés les retards des remboursements se trouvent considérablement diminués. Si l’on ne revient pas sur le bien fondé de ce régime..R. mais incite à la reprise des négociations. en déficit. directeur régional. en décembre 1950. Deux des questions urgentes qui se posaient au moment de l’installation de ce conseil sont en partie réglées dès la fin de 1950. elle. elle offre désormais des conditions d’accueil et de travail satisfaisante pour le début de l’année 1951.G. Les rapports avec le monde médical. malgré les bons contacts interpersonnels qui peuvent exister localement.A. de Nantes. Il a pu être trouvé une solution à la situation préoccupante de la succursale de Rezé.

Celle présentée par le ministre Pierre Garet315 soulève l’opposition la plus vive. Toutes ces positions gouvernementales semblent souvent s’appuyer sur les opinions conservatrices qui fleurissent au début des années 1950.O. p.. peut-on entendre “ Morale d’un catastrophe ” titre un article de Georges Duhamel dans le Figaro317 citant la presse à scandale “ sur la politique des châteaux318 et le personnel innombrable ”. en associant l’ensemble des partenaires d’installer une réforme ambitieuse. et de nombreux administrateurs de caisses commencent dès lors à faire preuve d’une extrême circonspection devant les réformes dont les projets circulent. ont presque nécessairement un caractère rigide et uniforme. de cette réforme et l’importance des organismes qui sont constitués à travers elle. Clément Michel (1914-1990) . opposées à la réforme. la F. Dans cet ouvrage Bernard Gibaud repère ces périodes successives de 1946 à 1952 et de 1953 à 1959. mettent à mal cette concertation. la préoccupation est “ de faire une application souple et vivante de dispositions qui.N. cit..Avec la Sécurité sociale 1) Préserver la représentation démocratique des usagers Après les incertitudes du départ. Le rapport du contrôleur général Gautron et de l’inspecteur Dufour du 24 avril 1951 portant sur le fonctionnement de la caisse de 313 . et les caisses. cité par BERNARD GIBAUD. in BERNARD GIBAUD.C. p.BERNARD GIBAUD. À la caisse de Nantes.. in BERNARD GIBAUD op. suscite d’autres enjeux. conférence de presse du 21 mars 1947 sur le sens des élections de la Sécurité sociale du 24 mars 1947. 12 septembre 1951. 315 . le conseil entend désormais défendre sa pleine légitimité à représenter les assurés qui l’ont élu. 39. 36.PIERRE GARET fut ministre de la Sécurité sociale du 8 mars 1952 au 8 janvier 1953. BERNARD GIBAUD. selon les termes de Pierre Laroque.S.M. Les campagnes de dénigrement et de mise en question redoublent.39.S. désignée par Bernard Gibaud comme le temps de la coopération.N. cette évolution s’exprime dès 1951 par une réaction grandissante face au poids de la tutelle administrative étatique qui se fait plus pesante. “ Les administrateurs élus par les bénéficiaires ne sont pas absolument qualifiés pour gérer les deniers publics avec toute la rigueur désirable ”316.172 172 .S.de faire passer un souffle humain dans des règles qui ne peuvent être autre chose qu’abstraite ”314. 316 .Courrier reproduit dans le Monde du 1er décembre 1950.O. op. il s’agissait. Désormais.PIERRE LAROQUE. le seul moyen trouvé par les responsables politiques pour faire face à la crise. La vigilance contre les abus en est l’un des aspects.. 38. Le souci d’équilibre financier et l’hétérogénéité des points de vue des gouvernants qui se succèdent. Jusqu’alors.O. à propos de l'achat par les caisses de Sécurité sociale ou d'allocations familiales de demeures historiques au moment de la Libération. in : Notes documentaires et études n° 575. ne tarde pas à succéder le temps du soupçon313. par leur nature. le succès. dans le sillage de la F.. 14 septembre 1951.La passion de la solidarité. op. cit. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .S. A. c’est l’établissement de mesures restrictives portant sur les prestations.S.N.A. 1993. La F. même relatif. cit.Le Figaro. ibidem.R. p.N. La défense de ce pouvoir de représentation face au ministère du travail et à l’administration centrale s’y associe désormais fermement. À une période de confiance relative entre l’administration. 317 . Il les fait suivre de ce qu'il désigne comme le temps de la rupture (1960 à 1967). 318 Campagne lancée dans le Populaire. Association pour l'histoire de la sécurité sociale. 314 .. conjuguant sauvetage du patrimoine architectural et action sanitaire au service de l'enfance défavorisée. p. Dans cette étape constitutive. Pour beaucoup de défenseurs de la sécurité sociale. On s’interrogera à son sujet pour savoir s’il était ministre de la sécurité sociale ou celui des médecins.S.

Pour leur part les élus C. conteste l’idée même d’une telle subordination par rapport à l’administration de tutelle.S. Ils dénoncent une tendance à légiférer. les rapporteurs Gautron et Dufour font état du raidissement du conseil de Nantes contre la tutelle administrative. semble-t-il.N. Ils récusent enfin les pouvoirs très larges accordés au bureau et aux commissions.A. exige l’application ferme de l’article 52 : les employeurs ne s’acquittant pas des cotisations sont débiteurs des prestations versées. Il lui faut quinze jours pour traiter un dossier. “ Les administrateurs C. le plus gros chapitre des dépenses. à partir de ce qui est constructif. en dehors de ses attributions. En ce qui concerne les hospitalisations. il appartiendra au chef du bureau des méthodes de la F. A.T. préfèrent proposer. un contrôle des entrées et sorties.O. pourtant. la surveillance des arrêts de travail est nécessaire pour réduire leur importance. des lignes de propositions.C.M.T. Il contient une critique assez sévère de la réorganisation.C.F. sans doute y a-t-il trop de dossiers transmis à ce service. d’autres sont contestables ou erronées : le C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . ” Louis Guénégues expose les objections de la C.N.T. Trois grands chapitres poursuivent-ils méritent un traitement : . “ Ce rapport contient des critiques relatives à la politique du C. de bureaux et de commissions. en regrettant qu’il soit aussi difficile de faire la part de ce qui est l’autorité des élus et de celle de la direction. Enfin la C. doit répondre. Suite à l’examen des procès verbaux de conseils d’administration. Certaines critiques émises dans ce rapport sont justifiées.C.F. “Sur le plan administratif. ” Ce rapport soulève des tollé. la justification des temps de séjour sont incontournables.Celui des risques constitue le premier.F. Gabriel Goudy présente une note du syndicat F. à la direction de déplacer une partie de ses responsabilités sur ces dernières.S.A. dont les pouvoirs étendus laissent craindre que le Conseil en tant qu’entité administrative se soit dessaisi en leur faveur d’une trop large part de ses attributions. Le contrôle médical est surchargé. les conseillers “peuvent et doivent exprimer librement leur opinions sur les décisions que cette administration impose ”. auxquelles il appartiendra aux administrateurs de répondre.F. demandant de ne pas laisser ces affirmations sans suite.173 173 .F. soulignée en particulier à propos du questionnaire réalisé sur l’application de la loi Morice.Avec la Sécurité sociale Nantes constitue un temps charnière de cette contestation. on constate parfois que le conseil d’administration a laissé percé des sentiments d’hostilité à l’égard de l’administration de tutelle et marqué son opposition par une attitude obstinée inconciliable avec les principes de subordination auxquels il se trouve astreint ”. pour ses militants.C. “Le nombre inusité des commissions a permis. concernant ce rapport. La C. de répondre ainsi qu’à la direction et au bureau. après avoir étudié le rapport de MM.C. Ils affirment “ qu’il est impossible de concevoir autrement le rôle d’un administrateur élu et bénévole ”.O. Elle admet la nécessité d’un contrôle mais.A. Ils demandent donc que ces phrases soient retirées du rapport.T.C. ” Ils soulignent leur opposition au second paragraphe de ce rapport sur “ l’hostilité à l’égard de l’administration de tutelle ” qui serait celle des administrateurs de Nantes et sur leur “ attitude obstinée inconciliable avec les principes de subordination auxquels il se trouve astreint ”. Les négligences concernant l’entente préalable pour certaines prestations doivent être sanctionnées.R.T. Gautron et Dufour se sont réunis pour confronter leurs opinions à ce sujet.

Le ministre recevra donc la réponse au rapport. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . En ce qui concerne les effectifs.N.C.C. Il convient à leur avis d’éviter des actions redondantes : la F. Une lettre de protestation est envoyée le 4 octobre au ministre du Travail. Il convient selon lui d’insister auprès de lui. beaucoup trop élevé.Les problèmes de gestion des personnels ne doivent plus offrir de prise à la critique. Pierre Henry et Auguste Corbineau s’abstiennent sur cette question. M. Pour le président Ricou par contre en désaccord avec son collègue de la C. Cette circonspection ravive le mécontentement nantais.S.S.174 174 . A. Au-delà des circonstances particulière entourant ce rapport. il convient de lui répondre au plus vite ”. L’avis du ministre pouvant différer de celui du contrôleur. Seuls. L’absentéisme. les employeurs Emmanuel Guéguen. Les auxiliaires au-delà de six mois doivent être titularisés. Les contrôles doivent être renforcés et la plus grande rigueur doit être observée pour que chaque extension de la protection sociale trouve bien le financement correspondant à son application.A. la lettre du ministre ne donne pas satisfaction. dans leur lutte contre le contrôle excessif de l’État. dans sa réponse. Pour André Duhamel. En janvier 1953. Deysson.O.S. directeur régional.N. contre les effets du décret relatif au contrôle de l’État sur les entreprises publiques a déjà été adressée aux parlementaires du département. il paraît préférable d’envoyer une réponse au rapport. il vaut mieux ne pas provoquer l’intervention autoritaire du ministre. les administrateurs affirment leur soutien à la F. “jusqu’à ce que Monsieur le Ministre nous fasse connaître ce que veut dire le mot “subordination” employé par monsieur le contrôleur général à l’égard du Conseil d’administration ”.N. . La plupart des caisses.G. une lettre de protestation de la F.. éprouvent cette suspicion sur le projet politique du gouvernement à l'égard de la sécurité sociale.S.A.Les recettes sont en effet le second chapitre à traiter.M. a déjà réagi. avant ces six mois la direction doit impérativement se débarrasser de ceux qui ne donnent pas satisfaction. Emmanuel Gendron préfère attendre en l’absence de faits nouveaux. les caisses primaires sont donc invitées à lui répondre pour exprimer leur point de vue. derrière la F. et à l’U.O.S.C. et de l’U.S. il vaut mieux à leur avis défendre son point de vue plutôt que de s’attirer une injonction ministérielle. dans une lettre adressée aux parlementaires.R.O. doit enfin trouver un traitement. Le 29 novembre 1951.T.S.N.S. En septembre 1952.N. 1 contre et 12 s’abstiennent. Pour Louis Guénégues et Léger Magimel par contre.Avec la Sécurité sociale . rien n’a changé. il devient urgent de résorber l’excédent et donc de ne plus embaucher et de ne plus autoriser d’heures supplémentaires.F.N.A. prêche la soumission : “ le Ministre a signé ce courrier.F..O. Les administrateurs subordonnent leur réponse à ce rapport à une prise de position de fond du ministre sur le différend opposant la caisse à ses contrôleurs. ce conflit dépasse la caisse de Nantes. le ministre se contente d’indiquer qu’à ce stade ce rapport ne représente que l’avis du contrôleur général. Les représentants salariés maintiennent néanmoins leur suggestion : ce sont les deux fédérations elles-mêmes qui demandent aux administrateurs d’écrire de leur côté aux parlementaires de leur région pour obtenir l’abrogation des dispositions en cause. À une proposition de Louis Guénégues de maintenir la protestation mais de transmettre les réponses 9 élus votent pour.N.

Pierre Laroque a précisé que la caisse nationale de Sécurité sociale ne dispose que d’un mois de ressources pour faire face aux avances sollicitées. En juin 1954. Gabriel Goudy souhaite qu’une audience soit demandée au ministre et Louis Guénégues pense qu’il serait utile. c’est d’examiner les décisions prises pour voir si elles sont conformes à la loi. s’élève contre le veto du directeur régional par rapport à l’utilisation des budgets d’action sanitaire et sociale votée par le CA.C. de Joseph Gombeaud.N.N. Un courrier de février 1955 signé par le directeur régional informe le conseil de la caisse primaire qu’après le troisième rapport de l’inspecteur Mariani. N’étant pas au courant de l’arrêté d’annulation de l’embauche d’agents d’exécution et du désaccord avec la caisse régionale sur les coefficients de 11 cadres. il s’engage à demander le A. La Sécurité sociale est en situation critique et. Il pense qu’une action d’envergure se prépare contre la caisse de Nantes et qu’une entrevue avec le ministre pour tout le bureau doit être obtenue d’urgence. Tous deux dénoncent le fait que toutes les décisions du C. de rencontrer le directeur régional pour connaître son point de vue. pour lesquels il ne partage pas l’avis de la caisse primaire. une lettre ministérielle ravive ces tensions. Monsieur Deysson. Roland Vauge trouve décevant que le ministre ne tienne aucun compte de ce qui a été fait à ce jour. sont désavouées par le ministère et la direction régionale. de Roland Vauge et de Pierre Fromy. Marcel Peyraud exprime alors une inquiétude qui situe le problème bien au-delà de blessures de susceptibilité que peut provoquer ce courrier.A. mettent en cause les restes à recouvrer des organismes de Sécurité sociale et augmentent les pouvoirs de substitution des directeurs régionaux de la sécurité sociale. fait part de son étonnement : le rôle d’une direction régionale.Avec la Sécurité sociale En janvier 1954. Il rapporte. Elle alerte les caisses et les incite à défendre leurs prérogatives.R. elle bloque 8 500 000 francs sur les chapitres salaires du personnel. à titre d’information. la tension se ravive. les propos tenus au conseil d’administration de la Caisse nationale où il siège. Fernand Ricou lui fait chorus.M. la lutte fait long feu. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . En mars 1955. le directeur régional. de Louis Guénégues. Qui plus est. Elle critique la lenteur de la mise en place d’une union de recouvrement souhaitée par la caisse depuis longtemps. soutenu par Marcel Peyraud. Avec la caisse régionale. Une lettre de protestation est aussitôt adressée au directeur régional.S. Pour enfoncer le clou. la F. Le ministre calme le jeu.O. informe les administrateurs de sa démarche auprès du ministre du Travail pour défendre l’autonomie de gestion des caisses. André Duhamel. Gabriel Goudy et Fernand Ricou s’associent.S. Témoignage de la méfiance qui prédomine dans les rapports avec l'administration centrale et l'État. mais on préfère attendre la réponse du ministre avant de réagir plus avant. au cours de cette réunion. mais estime pour sa part que ce qui se prépare est de portée nationale. le ministre Paul Bacon reçoit une délégation de la caisse de Nantes composé de Fernand Ricou. Le conseil est tout aussi péniblement surpris des critiques adressées qu’il juge injustifiées. les décrets du 20 janvier 1955 concernant le contrôle des marchés de travaux et de fournitures au compte des organismes de Sécurité sociale. En effet. auparavant.A. il demande au ministre de se prononcer sur quarante-cinq cas soumis au reclassement.175 175 . Cette délégation est accompagnée de délégués du personnel de chaque organisation syndicale à titre auditif.

Association des vieux de France U. A. 2) Faire front À la caisse de Nantes.. UD C.F.. ”319 Dès 1952....O..F.F. Marcel Peyraud et Gabriel Goudy regrettent que ce vœu n’ai pas été transmis aux autres syndicats pour étudier une position commune.D.S.. UD C.S. Le coude à coude de ces militants dans le quotidien de l’action commune cimente des liens et. sans doute. Association des Papillons blancs.D.-C. Associations des Vieux Travailleurs CFTC/CFDT.F.T. C. Association des veuves civiles. de la conscience humaine.P. l’unanimité du Conseil 319 . que les biens portants payent pour les malades.N.E. P. A. M.T. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . F. vingt quatre s’abstiennent. U. Il donnera personnellement une réponse aux questions posées..R. Comité départemental “ Vie libre ”.F. les gens en activité pour les retraités. Association des Paralysés de France .S. un phénomène extraordinaire.C. le 19 septembre 1952.. Ainsi. mais arriver à cette mutualisation d’une partie aussi importante des revenus.Avec la Sécurité sociale dossier à la direction générale pour l’étudier personnellement.N. Association des veuves de guerre.. me semble au niveau de la culture. A. au peuple ouvrier.G. Ce cartel de défense de la Sécurité sociale réunira progressivement : SYNDICATS U. alors que sur le fond.GILBERT DECLERCQ.G. présente un vœu pour défendre la Sécurité sociale qui sera mis aux voix à la caisse primaire de Nantes. des représentations sont devenues communes à la classe.A. alors que l'U. le cartel de défense de la sécurité sociale..R. s’est affirmée au travers des organisations des travailleurs.N.F. Cette culture s’est profondément enraciné dans la vie.G.Cette valeur particulière du peuple ouvrier.T.G..E./C.. je ne dis pas que chaque salarié en a eu conscience.F...F. Amicales des anciens stagiaires de la Gaudinière. A. Au-delà de divergences d’appartenance.M. de la Mutualité. Ce dernier concrétise le besoin ressenti d’unité d’action qui est l’un des traits marquants des mouvements sociaux de Loire Inférieure tout au long des années 1950. A.E.C..F. 31 mars 1995.176 176 . Consentir cela dans un accord global avec les organisations syndicales. Quatre élus votent pour l’adoption du vœu. forge une culture. A.. “ C’est formidable de penser qu’un peuple a accepté que le tiers de son revenu soit mutualisé. F. ces luttes rassemblent très largement les élus du collège des salariés.G. .F.A.D.D. Union Féminine civique et sociale. F.D.-F.T. Fédération des mutilés du Travail MOUVEMENTS FAMILIAUX ORGANISMES SOCIAUX Cette solidarité affirmée n’est pas pour autant un abandon des positions respectives ou des stratégies particulières. Fédération nationale des malades infirme et paralysés. C.F.T.C.F.E.N. malgré leurs différences et parfois leurs affrontements.C.. les divers acteurs du collège des salariés se retrouvent dans un groupement.

N. Roland Vauge annonce que des contrôles resserrés se mettent en place dans leur direction. les moins enclins. un des premiers employeurs mis en cause. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . d’un patron mais d’un collecteur qui centralise les cotisations de près de 500 employeurs : quelle aide pour la caisse ! La décision de la commission met fin unilatéralement qui plus est à une acceptation tacite de ces retards : “nous nous sommes demandés s’il n’y a pas lieu d’y voir une prise de position hostile des services administratifs de la caisse à l’égard de l’enseignement libre ”. un vœu de l’U. a collecté dans le sien. mutualiste chevronné. Adresse aux employeurs 320 . les actions concrètes. Une des causes persistantes du déséquilibre des caisses est constituée depuis l’origine des assurances sociales par la mauvaise grâce de nombreux employeurs à s’acquitter des cotisations qui reviennent à leurs salariés. à certains moments.F. interrompu suite à certains problèmes de restructuration interne. La C.C. en particulier vers les employeurs de gens de maison. l’organisation s’affine. Ces efforts d’organisation portent leur fruit.T.S.O. les luttes quasi quotidiennes ne manquent pas. Pour Joseph Anizon. oublier les bannières respectives pour se mobiliser dans des actions unitaires sur des objectifs communs. Six secteurs sont déterminés dès le mois de décembre : chacune des caisses contrôle trois secteurs tant pour l’organisation de la tournée que pour l’émission des demandes de contrôle. Le 15 juin 1951.M. Il ne s’agit pas. mutualiste concernant les tarifs médicaux. selon elle. ce cartel augure la capacité affirmée du mouvement social départemental de savoir. A ce même conseil.P.C. A. pour défendre la Sécurité sociale. La Caisse d’allocations familiales de Nantes souhaite en effet reprendre le contrôle commun des employeurs.R. la direction régionale de la Sécurité sociale affirme sa résolution de ne pas laisser persister ces anomalies.A. sur fond de guerre scolaire entre école privée320 et l’école publique sera la direction départementale de l’enseignement libre. Bon gré mal gré. Tant bien que mal l’affaire se règlera.N. cette action va se donner de nouveaux moyens. à assumer leur dette.D. Dès le 1er janvier 1952.A.177 177 . ce contrôle serait facilité si les salariés se voyaient notifier le relevé des sommes versés pour eux par leur employeurs. dans son fichier ne détenant que 10 % des coordonnées des employeurs que la C. dans La Résistance de l’Ouest du 16 août 1954. Six secteurs géographiques hors Nantes et six secteurs nantais se voient délimités. dans le jeu parfois subtil d’alliances durables ou circonstancielles et des distinguo qu’imposent la complexité du débat local. Dès 1951 suite aux premiers rapports réalisés sur les comptes de la caisse primaire de Nantes.F.Largement orchestrée depuis Luçon pour "l'école libre" par l'évêque de Vendée Mgr Cazeaux. Plus largement.S. semble-t-il.S. Le 19 septembre 1952.Avec la Sécurité sociale exprime sa confiance à la F. la C. défend pour sa part cette direction de qui la commission de recouvrement exige le paiement des cotisations en retard.S. 3) Contraindre les employeurs à cotiser La défense de l'émancipation conquise au sein des conseils n’est pas seulement l’objet d’une affirmation de principe. est déclaré inopportun en raison de négociations qui sont en cours (Léger Magimel). Les fichiers sont rapprochés.

décès. allocations familiales.C.A.A. Le 24 septembre 1954. En Loire-Inférieure. 2° s’expose à des sanctions pénales résultant d’une infraction constatée par les agents de contrôle (poursuite devant le Tribunal de simple police ou devant le tribunal correctionnel. Désormais. 4) Maîtriser le coût des prestations Le second axe d’action projeté pour l’équilibre de la gestion des caisses est constitué par le problème récurrent du conventionnement des coûts des honoraires et des prestations.F. la caisse de Saint-Nazaire souhaite une succursale nazairienne pour le recouvrement. “ L’attention de ces employeurs est appelée d’une façon toute particulière sur les obligations qui leur incombent afin d’assurer à leur personnel les garanties résultant de cette législation (assurance maladie.N. vieillesse. malgré les bonnes volontés exprimées et l'efficacité évidente que cela instaurerait.F. “ L’employeur qui ne se conforme pas à ces dispositions : 1° engage sa responsabilité civile dans le cas où un salarié serait privé de ce fait du bénéfice de prestations. accidents du travail). Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . instituant une coopération distincte avec la C.M. maternité. ceci sans préjudice des majorations des cotisations tardives. s’oppose à une telle union limitée à la seule caisse de Nantes. invalidité. partisan d’une union départementale. des tarifs sont appliqués par la caisse. La Caisse de Nantes souhaite alors conclure un accord isolé avec cet organisme .Avec la Sécurité sociale “ Il a été constaté que certains employeurs notamment en ce qui concerne le personnel des hôtels.A. : 200 K : 200 K : 200 D : 150 Chirurgie ns Radiologu es Chirurgie ns dentistes A. la C. Un courrier est transmis pour avis à la direction régionale. notamment en ce qui concerne les accidents du travail. l’employeur pouvant être condamné alors au remboursement des prestations servies ou à servir.178 178 . cafés et restaurants omettaient encore soit d’immatriculer leurs salariés soit d’acquitter le versement des cotisations obligatoires de Sécurité sociale. “ Pour remédier à cet état de chose le contrôle des employeurs va être intensifié ”.C.. le projet d’union de recouvrement destiné à faciliter ce contrôle butte sur les particularités locales. bon gré mal gré : Médecins C : 350 à 400 V : 450 à 500 K : 200 P.R. malgré toutes les difficultés rencontrés.

Pierre Laroque consulté confirme l'impossibilité d'une telle initiative. archives de la C.N. En cas de dépassements. comme pour les problèmes d’entente préalable. . propose alors un texte de communiqué. “ En l’absence de convention avec le corps médical ces tarifs de responsabilité qui sont en même temps des tarifs d’autorité sont gérés par 321 322 .A. En cas de dépassement la caisse Primaire se tient à la disposition des assurés en vue d’une action éventuelle devant les juridictions compétentes. cette affiche devra attendre septembre pour être diffusée. les tarifs applicables ont été fixés par la commission Nationale d’homologation ”. Il annule systématiquement les décisions de la commission de recours gracieux choisissant fréquemment la souplesse en faveur des assurés. Seuls les deux médecins votent contre.C. André Duhamel.179 179 . Dans un tel cas désormais. Léger Magimel propose que soient réalisés des articles de presse informant les usagers les tarifs agréés par la caisse. de Nantes. On ne peut dès lors que recommander aux assurés de s’adresser à la caisse pour demander conseil.A.P.A.CA du 15 juin 1951. mutualiste. Le 20 février 1951. “ En l’absence de convention entre le Corps médical de la LoireInférieure (l’arrondissement de Saint-Nazaire excepté) et la caisse primaire de Sécurité sociale de Nantes. Ils le peuvent aussi devant la justice civile. Les arguments s’échangent. En civil ? En professionnel ? André Duhamel propose qu’un communiqué à insérer soit rédigé par le bureau en ce sens.M. Doit-on afficher la position de la caisse primaire de Sécurité sociale alors que l'accord sur une convention est toujours en instance ? Un projet d’affiche est alors rédigé.CA du 12 juillet 1951.. à leurs risques et périls. “nous pouvons alors leur conseiller de demander l’assistance judiciaire”. L’idée que la caisse se substitue de cette façon aux assurés pour attaquer les médecins contrevenants doit être abandonnée. Comment engager raisonnablement des dépenses qu’on ne décide pas ? Les consignes du ministère à ce propos sont fermes. les administrateurs haussent le ton pour évoquer le problème des bulletins d’entente préalable “ systématiquement oubliés ” par certains médecins. le médecin recevra un courrier l’en informant. Une question que l'on croyait réglée reste en suspens. Ces tarifs dits d’autorité sont opposables à des demandes d’honoraires plus élevées des médecins. systématiquement.“ La caisse ne peut rembourser que 80 % ou 100 % de ces tarifs selon les cas. archives de la C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . les assurés ne seront pas remboursés et.Avec la Sécurité sociale Engageant un jeu complexe d’échanges entre négociations locales et l’agrément régional ou national. A. la Convention D 165 conclue à Nantes avec les dentistes est rejetée par la commission d’homologation.R. de Nantes. Cette temporisation donne le temps de réfléchir sur la légalité de cette décision.M.P. Suite aux doutes émis par Gabriel Goudy sur la légitimité d’une telle action. ” Congés obligent. Alors que le conflit avec les médecins rebondit322 on s’interroge. Le conseil d’administration de la caisse primaire321 trouve le procédé " cavalier " et décide pour sa part de s’attaquer aux médecins.. il pense que la caisse peut se substituer aux assurés pour attaquer les médecins contrevenants.M. Seuls les assurés sociaux peuvent ester en justice devant les juridictions professionnelles. En fonction de quel critère ? En pénal ? Ce n’est pas un délit que de demander certains prix.

” Paul Gringoire. En cas de dépassement la caisse se tient à la disposition des assurés pour intervenir le cas échéant devant la juridiction professionnelle.. Ils sont les suivants pour la caisse Primaire de Nantes : Nantes Campagne Consultation 280 francs 250 francs Visite 350 francs 300 francs Visite de Nuit 875 francs 750 francs Visite du Dimanche 625 francs 525 francs P. la majorité des médecins s’était déclarée hostile à toute convention.N.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Pour la plupart des administrateurs il n’y a pas à hésiter.A. ils apposent désormais un papillon ainsi libellé : “Assurés sociaux. Sa proposition recueille l’accord de la majorité du Conseil. en 1950 : -Total des prestations payées pour soins médicaux et chirurgicaux : 26 milliards -Total de frais de gestion des caisses : 24 milliards.M. moins les deux médecins et Pierre Ramier (contre) et André Duhamel (abstention).. Non seulement en juin 1950..C.R.C.devant les juridictions compétentes. Ces tarifs dits d’autorité sont les suivants.Avec la Sécurité sociale la commission nationale d’homologation. Retenez deux chiffres . (Actes de petite chirurgie) 190 francs 170 francs K (Actes de Chirurgie) A. Et concluez : budget : 525 milliards ! ” Texte final du communiqué : “ Le Conseil d’administration de la Caisse primaire de sécurité sociale de Nantes communique : En l’absence de convention entre le corps médical de Loire-Inférieure (arrondissement de Saint-Nazaire excepté) et la caisse primaire de Sécurité sociale de Nantes. pour sa part préfère une autre formulation.” Fernand Ricou quant à lui propose de lancer une campagne d’affiches pour accompagner et appuyer ce communiqué. ce bras de fer avec le corps médical est bien une lutte sur des principes. À votre caisse on vous remet un tract fort habilement rédigé. les tarifs applicables ont été fixés par la commission nationale d’homologation.180 180 . mais sur leurs ordonnances. les tarifs applicables ont été fixés par la commission nationale d’homologation. Ils sont opposables a des demandes d’honoraires des médecins supérieurs à ceux ci-dessus. Léger Magimel propose de modifier la dernière phrase “. “ Aucune convention n’ayant été passée entre le corps médical et la caisse primaire. ” Poursuivant cette étude de texte. employeur.

• En cas de dépassement la caisse se tient à la disposition des assurés en vue de les conseiller pour une action éventuelle devant les juridictions compétentes. Du coté des dentistes la négociation est ardue. Plainte est aussi déposée au parquet et devant la juridiction professionnelle pour le médecin. oubliée à un guichet. M. En février 1954. M. Elle n’a jamais été possible en Loire-Inférieure du fait du syndicat des dentistes. la sécurité sociale actuellement ”. Soucieux de la mettre en place. M. il lui a semblé pouvoir convaincre le syndicat mais il s’est heurté au conseil de l’ordre des dentistes dont les membres ont refusé de siéger à cette commission. Le contrôleur prémédical. ce rapport conflictuel avec les praticiens se joue aussi au quotidien.” La majorité du conseil approuve ce communiqué à l’exception du docteur Odiette (qui vote contre) et du docteur Pasquier (qui s'abstient). Au delà des échanges de communiqués et de guerre d'affiches. s’il en était besoin. Rouxel pour sa part interroge l’assurée. Ainsi retrouve-t-on par hasard.. par des pratiques de connivences entre les praticiens et les assurés. acceptent de ne porter plainte qu’après que le docteur Ballet du Conseil de l’ordre ait été saisi de l’affaire.Avec la Sécurité sociale 180 francs 180 francs Accouchements simples 6000 francs 6000 francs Accouchements gémellaires 7000 francs 7000 francs Indemnité Kilométrique 25 francs 25 francs . La fraude étant manifeste. précise qu’en ce qui concerne les dépassements d’honoraires une commission de dépassement devrait exister. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . • Ces tarifs dits d’autorité sont opposables a des demandes d’honoraires plus élevés des médecins. La convention du 5 avril 1949 se voit même dénoncée le 29 A. • La caisse ne peut rembourser que 80 % ou 100 % de ces tarifs selon les cas. Tourrès font un rapport après avoir entendu le médecin et les pharmaciens.. une plainte est déposée au parquet contre l’assurée. à l'exception de Marcel Peyraud et de Louis Guénégues très soucieux d’appliquer à tous le même niveau de sanction.N.. Sauvaget accompagné de M. Les administrateurs à la majorité. au dépens du “ monstre sécurité sociale ”. la faute semblant moins grave au directeur en ce qui les concerne. Tourres frappé par l’abondance de médicaments prescrits par le docteur X et retirés chez deux pharmaciens ouvre une enquête.R.A. apprécieront. les rapports entre la caisse et les praticiens. par courtoisie : “ ceci compte tenu des excellents rapports existant entre le docteur Ballet et les Assurances sociales d’autrefois.. elles. c'est une affaire d’escroquerie qui vient pimenter. à l’une de ses clientes : “ J’ai mis trois visites de plus pour compenser vos bas ”. Drake.M. Une plainte enfin est déposée devant la juridiction professionnelle pour les pharmaciens.181 181 . une lettre du docteur B. dentiste conseil.C.. M. Le conseil souhaite pourtant une stricte égalité de traitement pour tous et demande que chaque plainte arrive devant les instances juridiques qui.

Le Grand tournant de la médecine libérale. Il marque l’aboutissement de discussions laborieuses reprises depuis décembre 1951. une mutation va s’opérer au sein de la Commission Nationale des Tarifs. La valeur du D est pourtant maintenue à 165. outre un contrôle incitatif du montant des honoraires.N.S.HENRI HATZFELD.M. composées de représentants de la F. A. Le bureau. In BERNARD GIBAUD..N. Je n'ai jamais eu connaissance par exemple qu'un client qui ne pouvait pas payer.BERNARD GIBAUD. apprécie cette situation comme le début d’une prise de responsabilité de l’État dans ce dossier complexe. même si celui-ci demeure encore. Ces médecins salariés constituent donc selon eux une menace pour l’esprit même de leur corporation. à l’exception de Marcel Peyraud soutenant l'action des médecins du travail.Clément Michel.op. Il prévoit le remboursement effectif à 80 % des frais médicaux et chirurgicaux.C..N. La référence au principe d’opposabilité est une victoire pour la F..O. ”324 Cet accord reste à examiner et à approuver par l’assemblée nationale. un courrier du conseil de l’ordre du 29 octobre 1954.O. et de la C. et la C.A. 101. cit. “ Les médecins reconnaissent pour la première fois que les tarifs d’honoraires appliqués aux assurés doivent être connus et respectés. 323 Médecine sociale et ordres professionnels. Pour les caisses.S. Au cœur de ces débats. un protocole est signé entre la F.S. p. recherche et obtient une entente avec la C.F. directeur de la F. ce qui pour ma part m'est souvent arrivé.S. 1963. la F. se montrent pointilleux sur la question des honoraires qui établissent la distinction entre leur profession et la relation commerciale ou laboriale : “ on nous paye pas.O.Docteur L. Au plan national toutefois. on nous honore et même si nous avons été souvent mal honorés.R.N. 44. Clément Michel.M.S. Clément Michel. p. les Éditions Ouvrières.Avec la Sécurité sociale juillet 1953 . c'est une dimension fondamentale de nos rapports avec nos clients . Aux négociations avec les praticiens libéraux ne tarde pas à s’ajouter le débat sur le statut de leurs collègues salariés. une convention avec la clinique mutualiste est signée et la mise en place du tiers payant pharmaceutique est à l’étude.. 323 .F. cit. En contrepartie ces tarifs seront indexés sur l’échelle mobile des salaires. au plan national.S.182 182 . se voyait refuser des soins ou poursuivre en justice"325.op.. À Nantes. un principe théorique. décision assortie de l’incitation à reprendre des négociations rapidement. pour longtemps. ils représentent une alternative précieuse en cas de désaccord irrémédiable. Pour autant.S.S. contre l’avis des représentants de l’administration.M.S.S. Rompant “ l’alliance implicite qui la liait jusqu’ici à l’administration ” .M.T.O.S. 325 . 44. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .N.N. ancien président du syndicat médical et du conseil de l'ordre du département d'Indre et Loire..S.S. La caisse refuse alors au syndicat des médecins de fournir les ordonnances incriminées. nous les médecins.O. pense que la caisse ne peut pas s’immiscer dans cette affaire qui concerne l’ordre des médecins et la médecine du travail.p. informe d’une plainte concernant certains médecins du travail qui réalisent des ordonnances au bénéfice d’ouvriers assurés sociaux.. Beaucoup d’entre eux..F. 324 .N. Le 18 février 1953. Un décret est aussitôt publié donnant droit au gouvernement de refuser la décision de la C.

P. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .R.Entente directe entre malade et médecin en matière d’honoraires . .. .Comité de défense et de liaison des dispensaires et Centres de santé.. A. Le président du Conseil départemental de la Seine écrira même : “ La Charte médicale et ses quatre principes. Le problème des dépenses pharmaceutiques impose une limite de ces fournitures en quantité -on cite des prescriptions de vingt-sept tubes de médicaments. sauvegardant la moralité professionnelle. 327 .Libre choix du médecin par le malade .M.A. . le code de déontologie et ses articles... qui prévoit la non application des principes d’entente directe et de paiement direct en matière d’honoraires en pareil cas.Avec la Sécurité sociale L’ordre des chirurgiens dentistes et les cabinets sociaux dentaires326 Le code de déontologie des professions médicales (art. ”L’entente directe ne s’oppose en rien au développement de la médecine sociale”. archives de la C. c’est aussi la question d’une pédagogie de la consommation médicale et pharmaceutique qui est évoquée327. 5) énonce 4 principes sur lesquels s’appuient l’opposition des médecins et des dentistes au conventionnement et à la mise en place de centres de médecine sociale. . C’est sur cette base que les ordres des médecins ou des dentistes récusent la légitimité de leurs confrères exerçant en dispensaires et en centre de santé. Une fois encore l’ordre des dentistes refuse de se plier aux décisions à la Haute Cour.C. art. Le 18 juillet 1949. 5. du Mans. “ce mode de rémunération est effectivement le seul qui garde à l’exercice de la profession dentaire sa dignité et son indépendance”.Paiement direct des honoraires par le malade au médecin. la Cour de Poitiers la déclare inacceptable. Cet arrêt est récusé par le conseil national de l’ordre des dentistes le 4 mai 1952 n’admettant que l’entente directe. Un autre argument des praticiens a été réfuté par le Conseil d’État. ” Au fil de ces débats.et en temps de prescription -il convient d’user de bons de renouvellement pour 326 . Le 1er décembre 1950. un avis du conseil d’État repousse cette affirmation. L’arrêt Chaigneau du 29 janvier 1954 confirme cette position de droit. le Conseil Régional de Paris prend le contre-pied de l’arrêt Privat et Rousset sur le paiement forfaitaire et le contre-pied de l’arrêt Chaigneau sur le partage d’honoraire.A. le 19 janvier 1954. Archives Mutualité de Loire-Atlantique.N. celui consistant à mettre en avant la prohibition légale des partages d’honoraires entre praticiens et non praticiens. Cette entente directe est la marque de la confiance entre praticiens et malades et des institutions de médecine sociale qui ne peuvent “souhaiter qu’il y soit substitué une activité de mercenaire qui ne facilite en définitive que la partie “administrative” de la médecine sans égard pour la qualité des soins reçus”. 30 avril 1954 (14 p. en toute illégalité : Arrêt Rousset et Privat du Conseil d’État des 6 janvier 1950 et 27 avril 1951 : la rémunération forfaitaire d’un praticien attaché à une institution de médecine sociale est parfaitement régulière en application du Code de déontologie.M.183 183 ..).CA du 25 juin 1954. agonisaient sur les autels mutualistes qu’étayait le bovinisme complice du conseil d’État.Liberté des prescriptions du médecin .

Malgré les progrès et les évolutions qui s’amorcent. Dans cette réunion la position de la caisse primaire est catégorique. Dès février 1955.O. Il lui est donc impossible de se baser sur un contrôle direct. ne doivent pas être les victimes du bras de fer engagé par les professionnels de santé avec les instances régionales ou nationales de gestion de la sécurité sociale comme avec les gouvernements successifs. va connaître des deuils. Là encore. Marcel Peyraud entre au bureau comme secrétaire adjoint et est nommé administrateur au CA de la F. si les médecins-conseils ne sont pas en mesure d’assurer les contrôles utiles au sein du service traumatologie. Le 14 septembre 1951. Au cours d’un conseil tenu à la fin de 1954. Une réunion s’organise le 10 janvier 1955 grâce au président de la commission administrative du C.M. mais seulement sur les renseignements qu’on accepte de lui communiquer. le rapport aux praticiens constitue bien une zone d’extrême tension où la caisse primaire de Nantes. il n’y aura pas de prises en charge de délivrées.A. le coût des prises en charge hospitalières.N. est élu à la présidence de la caisse. Le 28 janvier 1955. Alexandre Bazin. Le professeur Miraillé.. Développer les moyens et impulser A. auquel il faut associer la poursuite de la remise en état des hôpitaux. Fernand Ricou.R. entouré de quelques “ grands anciens ” comme Gabriel Goudy ou Léger Magimel. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . s’il l’a toujours reçu courtoisement..Avec la Sécurité sociale limiter le gaspillage des médicaments remboursés non consommés.S. oriente prioritairement son action sur la défense des assurés sociaux. le docteur Morinière évoque le nécessaire et difficile contrôle qu'exigent les hospitalisations. circonstances douloureuses propres à toute histoire qui se perpétue. Il dénonce une difficulté croissante par exemple pour contrôler le service de traumatologie du C. Ceuxci. Louis Guénégues devient premier vice-président de la caisse.) souligne qu’en même temps que la responsabilité des praticiens. s’affirme le sentiment d'une lutte à mener. suivi de peu.H.H. premier président élu de la caisse primaire disparaît lui-aussi.N. tout en déplorant de plus en plus ouvertement l’impossibilité de conclure dans une négociation locale les conventionnements indispensables. un refus de prise en charge est opposé à quatre dossiers du service traumatologie pour lesquels le médecin-conseil n’a pu exercer son contrôle. sous des prétextes d'éthique médicale. c’est celle des assurés qui font pression pour avoir les médicaments les plus récents et les plus chers qui se trouve aussi engagée.O. si la loi et les conventions ne peuvent s’appliquer. et ce sera la position constante des administrateurs de cette caisse dans leur ensemble. 5) Limiter le coût des hospitalisations Annonçant sans doute l'urgence de réformes hospitalières toujours repoussées.C.S. Joseph Gombeau (F. pour que les griefs de la Caisse puissent être exposés. le 18 septembre 1953 par Auguste Peneau. le premier président. Une relève cependant s’affirme.R.184 184 .R. son responsable. d) Une réorganisation à poursuivre Ce second conseil. le président Bilard décède. le 25 octobre 1951. inquiète le Conseil de la caisse de Nantes. s’oppose à toute visite dans les salles de malades.

C’est ainsi que les habitants du quartier du Rond Point de Paris329.N. ainsi que les services de l’assistante sociale affectée au centre qui se propose de renseigner les assurés et de collecter leurs dossiers toute la semaine.M. Huit mille m2 de terrain sont alors proposés. Les assurés n’auront pas à passer par le café. Léger Magimel. une salle d’attente est proposée aux assurés. son siège resterait à part. au 8. Un courrier du président de l’Union des familles nombreuses à Fernand Ricou appuie cette demande.. par ailleurs président de cette caisse régionale vieillesse. Les jours qui suivent Fernand Ricou.P.I.P. ne vaut-il pas mieux acheter un terrain et construire des bâtiments adaptés ? Pourquoi ne pas faire un siège commun avec la caisse vieillesse et la direction régionale propose Léon Mémain. suivant en cela les directives du ministère. La crainte de la direction régionale d’une utilisation trop directe des remboursements qui y seraient effectués prévaudra pourtant et cette ouverture ne sera pas autorisée. Au Pont du Cens en bas de la côte. souhaite garder ses distances et que. Un immeuble est mis en vente par la société Philips. pour construire un bâtiment qui pourrait accueillir la direction Régionale.AM. et par Louis Guénégues ? Finalement. dans un ancien local de la C. il permettrait son extension. Des réticences s'expriment : plutôt qu'un nouveau "bricolage".O.S. du Mans. Comme il ne peut y avoir qu’un 328 329 . Seules les caisses vieillesse et primaire se partageraient donc ce bâtiment.S. deux fois par semaine. .I.. centrer cette action constamment sur le service des assurés sont les orientations prioritaires de ces relais. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . 1) Développer des moyens et des dynamiques • Des lieux pour agir Désormais la caisse primaire est organisée en secteurs géographiques. L'affaire est rondement menée.CA du 4 mai 1951.C.R. président de la caisse régionale vieillesse.CA du 15 juin 1951. la préfecture précise son projet de regrouper ses services administratifs : il faut évacuer Cambronne. Contigu au siège social rue de Bréa. Pierre Laroque.M.A. une permanence est ouverte. Outre l’ouverture d’un guichet.185 185 .F. dans chacune des mairies. président de la C. Elle pourrait se tenir. approuvé par Gabriel Goudy. archives de la C. Le départ programmé de Cambronne engage le conseil328 à envisager l'acquisition de nouveaux locaux. du Mans. En juillet 1951. route de Paris. pour cela. président de la caisse régionale. Parallèlement des assurés dont les demandes sont rapportées par leurs représentants. à Doulon.Avec la Sécurité sociale les dynamiques d’une action la plus large.P. proposent-ils. la Caisse régionale Vieillesse et la Caisse Primaire. souhaitent bénéficier d’une permanence. archives de la C. sont reçus par le directeur de la Sécurité sociale. Le conseil en accepte l’idée. place Bretagne. place Bretagne. insistent sur leur désir d'une gestion de proximité. propriété des centres sociaux nantais qui abrite aussi un centre de P. c’est à cette proposition qui a le mérite de pouvoir coordonner au mieux l’investissement avec les projets et les besoins actuels de la caisse que l’ensemble du conseil se rallie. précise que la direction régionale. Des bureaux payeurs s'ajoutent progressivement à l’existant. dans une salle attenante à un café. et Gabriel Goudy. une pièce est mise à la disposition de la Sécurité sociale.R. En janvier 1951 à Chantenay.A.M. A. qui donne son accord pour entreprendre la construction d’un immeuble regroupant les deux caisses. deux fois par semaine.

Avec la Sécurité sociale propriétaire. dans les contacts avec les assurés. le 21 juin 1949. réglés là aussi la séance suivante.C.N. Le 24 avril 1953. Pour Roland Vauge.B. rue de Bréa pourra être vendu ou loué à la caisse régionale..C.. Pierre Laroque enfin accrédite le principe que l’administration qui s’installera à Cambronne en remplacement de la caisse primaire. la caisse primaire sera pour sa part locataire.A. Au printemps 1955. l’extrême délabrement. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Le 9. Les choses dès lors.C. Ceux-ci ont alors été utilisés au moment de la mise en place de la Sécurité sociale. Dans l’attente de ce nouveau siège le réseau de proximité de la caisse poursuit son extension. le conseil rappelle l'originalité et l'enracinement historique de l'action de ces bureaux payeurs des trois mutuelles d’usine.M. alors que la mairie procède aux expulsions des locataires des vieux immeubles de la place Bretagne.186 186 .M. avenue Janine. Le 17 mars 1952 un nouveau bureau payeur est mis en service boulevard du Massacre. Dans ces bureaux. Le conseil accepte cette installation sur la base d’un loyer annuel de 30 000 francs.N. le règlement n’est pas effectué à la présentation des dossiers mais seulement lors de la permanence suivante. Sèvres. pour participer à une 330 .L.A. Un tel bureau rendrait service “ à toute une population laborieuse. mais également pour le Douet . gérés par les sociétés de secours mutuels.Courrier du 17 décembre 1951. non seulement pour Saint-Jacques. de Nantes. Seuls les assurés de cette succursale peuvent s’adresser à ce bureau ainsi qu’à celui de la Morrhonnière. etc.S. dans un local de la compagnie des tramways. • Des correspondants et des sections locales qui s’adaptent L’ancienne réticence de la F. voisin de celui prévu pour la poste et la trésorerie générale. la commission des immeubles de la caisse nationale de Sécurité sociale donne un avis positif pour qu’un projet préliminaire soit présenté et que des fonds soient engagés à cet effet. Le terrain appartient déjà en partie à la ville de Nantes. Deux sections d’usine étaient déjà attachées à la gestion des Assurances sociales : les Batignolles et les A. on pouvait concevoir leur disparition mais “ une telle mesure eut été inélégante ”.R.” Le 18 septembre 1953. rattaché à la succursale Bel-Air.S. La demande de la caisse vieillesse sur les conditions de cession de ce site.C. et Batignolles en correspondants de la sécurité sociale. en 1946. obtient d’emblée un avis très favorable du conseil municipal de Nantes330. Un agentPayeur de Rezé viendrait sur place deux-demies journées par semaine pour recevoir les dossiers.B. s'enchaînent.. c’est au centre social de Pirmil. A. A. la Sécurité sociale “aura contribué à la suppression des taudis de la place Bretagne” dont ses agents avait eu l’occasion de mesurer. archives de la C. il lui appartiendra totalement par voie d’expropriation. Le 29 mars 1951..les administrateurs se félicitent. et du Ministère à l’encontre des sections locales ne désarme pas. c’est à Basse-Indre que s'installe un centre de paiement.O. suscitant un débat animé chez les élus nantais. le conseil prend à l’unanimité une décision de principe dans ce sens. qu’un bureaupayeur est prévu sur la proposition des centres sociaux nantais. Le 2 février 1952. la caisse vieillesse qui a un compte de gestion excédentaire assumera cette réalisation. Déjà.P. Elles se transformèrent alors en bureaux payeurs d’usine.. indemnise la caisse pour les travaux effectués.. un avis du conseil d’Etat préconisait la transformation des bureaux d’usine A. et du pont du Cens au centre social. Le 27 juillet.

à Nantes. pour garantir un minimum de démocratie dans les décisions qui doivent se prendre. un courrier arrive à la Caisse primaire établissant un compromis. Dufour. Les représentants syndicaux et mutualistes sollicitent donc Fernand Ricou pour les accompagner dans la seconde phase de leur démarche. Une lettre de protestation est aussitôt envoyée au ministère.C.. administrateur C. il serait incompréhensible de priver ces habitants d'un service qui fonctionne à la satisfaction générale. ces mutuelles ne s’inscrivent pas dans une circonscription territoriale.B. Leur conviction sera communicative puisqu'ils emportent l’agrément du conseil pour que soient maintenus leurs bureaux payeurs d'usine.R. intéressés par cette proximité avec ses salariés demanda à son tour l'installation un tel bureau quelques temps plus tard. 2) A..A. c'est chose faite. Le découpage territorial se substitue maintenant aux caisses d’affinités et.C. Les Batignolles en effet couvrent. Inspecteur Régional. seraient dans cette situation en envisageant l'extension de leur statut en mutuelles territoriales accueillant des assurés étrangers à l’entreprise. André Duhamel. Les correspondants mutualistes.N. c'est à dire la délégation au ministère. Alors que la direction régionale conseille une fusion des sections locales A. cette notion de service de proximité a évolué. Les Chantiers de la Loire. réaffirment leur attachement à ces sections locales. 2) Réglementaire : la nécessaire application des textes.Avec la Sécurité sociale décentralisation jugée nécessaire. 1) Les Batignolles ne sont pas visées par l’avis du conseil d’État du 21 juin 1949 : il s’agit bien d’une mutuelle territoriale. Dès lors. le conseil souhaite laisser André Duhamel rencontrer ces mutuelles d'entreprises. dans cette réunion. Victor Lemarié. et A.L. souhaite réunir et informer les correspondants mutualistes d’entreprises et les délégués syndicaux. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .C.M. Les A. Soucieux de règlement concerté. Ce fait sera soumis à la direction régionale approuve Roland Vauge. sur onze agents.187 187 ./A.C. Désormais pourtant.G. Ils sont employés comme agents payeurs permanents dans l’entreprise. les problèmes liés à leur suppression peuvent être considérés sous trois aspects : 1) Psychologique : la commodité qu’elles représentent pour les assurés de l’usine. Il souligne qu'au moment où l'on installe un peu partout des bureaux payeurs. trois sont déjà reclassés comme salariés de la Sécurité sociale.C. Par ailleurs la situation nantaise ne répond pas à celle définie par le Conseil d'État. (Pierre Henry) proposent alors une ouverture de leurs services aux habitants de la Prairie aux Ducs. après une enquête de la direction régionale effectuée par M.L.C.T. 3) Financier : les supprimer génère-t-il ces économies de gestion qui mobilisent désormais tous les efforts ? En ce qui concerne leur personnel. qui observe toutefois que ce n’est pas la situation des deux autres bureaux d’usines dont l’accueil se limite aux personnels de l’entreprise.B.. aux A. Le 14 avril 1951.L. et trésorier de cette mutuelle approuve avec force. une circonscription territoriale qui accueille plus de 500 cotisants extérieurs à l’entreprise. Le 15 juin 1951. pour le Conseil d’état. au nom des mutualistes. on poursuit la résistance aux pressions centralistes. A A.B.C. depuis l'époque des assurances sociales. Fernand Ricou propose qu’en cas de refus une délégation lui succède.

C’est un directeur soulagé qui en juin 1951 présente le bilan de fonctionnement de sa caisse. montre que ces dispositions amènent un décongestionnement appréciable de succursales surchargées ”. à l’exception des réserves émises par Léger Magimel. Une section locale est créée. Un contrôle de la direction régionale à ce sujet est en cours. Le 10 juillet 1953. L’exemple de cette ouverture territoriale des sections locales fait école. souhaite qu’elles puissent avoir suffisamment de remise pour fonctionner rationnellement.C.N. Le 12 juillet 1951.C. l'incontournable Georges Crémois présente quelques conclusions provisoires aux élus. Fernand Ricou est autorisé par le conseil à participer à cette démarche. Finalement le 29 novembre 1951. des A.A. Le 28 janvier 1955.P. La réorganisation entreprise suppose que la décentralisation géographique devienne intégrale. Elle implique aussi que le problème des locaux soit traité avec une énergie accrue les mois qui viennent. Cette autorisation sera renouvelée si aucune difficulté ne se présente sur le plan administratif. le chef du service des méthodes de la F. voient leur statut de section locale confirmé à compter du 1er janvier 1952. À nouveau l’accord est unanime.S. Les guichets de A. Là aussi. c’est que la Compagnie des Tramways mette à disposition de la C. À cette même date.C. plusieurs fois par semaine.P. elle “ aurait ainsi plus de force ” ajoute Marcel Peyraud. c’est le personnel de L’O. l’accord du Conseil est suspendu à la condition que la mairie mette à la disposition de la caisse un bureau payeur ouvert sur le quartier : “ l’expérience conduite avec la Compagnie de Tramways. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .M.M. un local.Avec la Sécurité sociale l’unanimité.B. un local est mis à la disposition de la caisse par la mairie deux fois par semaine pour recevoir les assurés du quartier. après une longue évaluation sur le coût en frais de gestion des Mutuelles d’usine. Là aussi le critère permettant cet agrément.A.L.. approuvé par l'ensemble du conseil. Pour cela. et des A. après avis favorable de la direction régionale. La mairie de Nantes voit son personnel municipal titulaire affilié au régime général à compter du 1er janvier 1952. ouvert sur tout le quartier de la Morrhonnière. Trois années d’efforts ont porté leurs fruits : il n’arrive plus que dix lettres de réclamation par jour. Elle demande la création d’une section locale “ en vue d’éviter des déplacements à son personnel ”. la succursale de Basse-Indre doit être transformée en bureau payeur. puisque le personnel du bureau de bienfaisance et celui de la caisse de crédit municipal expriment aussitôt le désir de recevoir les prestations en nature de la section locale créée par la société de secours mutuels des employés et ouvriers municipaux. Cette section connaît des débuts prometteurs. ainsi que les mutuelles d’usines. Pierre Henry. le conseil autorise la caisse des tramways à se constituer en section locale pour une période d’une année.R. les mutuelles d’entreprises des Batignolles. Toutes ces sections locales d’entreprises s’imposent désormais de plein droit comme des acteurs de la gestion de la sécurité sociale de Loire-Inférieure.H. (7 personnes) qui se rattache à cette section locale du personnel municipal.S.O. la caisse du Tramway demande à devenir section locale.188 188 . voyant dans ces agréments une main mise des mutualistes ou des syndicats majoritaires sur la gestion de la protection sociale. • Poursuivre la réorganisation : entre décentralisation des relations et centralisation des moyens Le 29 mars 1951.M.N.L.

N.O. En matière d'équilibre de gestion. après des entretiens avec la direction régionale souhaite rencontrer Pierre Fromy. “ Nous ne sommes pas les plus mal placés à propos du rendement ” argumentent les représentants de la caisse. sous l’influence de la direction régionale on parle de centralisation -en particulier celle des services des décomptes et de paiements différés.M. M.O.S. Ce même mois de mai 1952. en particulier en ce qui concerne le paiement différé. M. • de transformer la succursale de Basse-Indre en bureau payeur permanent.S.S. le rapport Gautron. sont d’ailleurs d’accord sur l’idée que l’équilibre financier passe par un moyen : la centralisation des services de gestion. coordinateur de la restructuration en cours. directeur général adjoint de la sécurité sociale. Clément Michel. exprime quelques réticences.N. Le service des prestations n’ayant pas assez d’agents au travail. directeur de la F. précise le rapporteur. dont une assistante chef. alors que la F. Clément Michel. Le temps passant. demande à consulter le budget administratif de la caisse. la caisse primaire prend en charge leurs frais. En ce qui concerne les effectifs.S.. Le chiffre moyen de soixante décomptes à traiter avait été établi. représentant des personnels au C. directeur de la F. Une dactylo est affectée au secrétariat du service social par la caisse primaire qui la salarie. Un local provisoire est mis à leur disposition dans l’ex-caserne Cambronne. l’ordre de priorité du travail est fixé comme suit : • les règlements aux guichets.C.S.N.A. attachées à la caisse primaire sont regroupées en mars 1951 dans un service géré par la caisse régionale qui les rétribue. remue le fer dans la plaie et dénonce un statu quo en matière de déficits qui restent “ à l’état endémique ”.S. Ce constat commande des modifications de structure qui seules permettraient une plus judicieuse répartition des postes de responsabilité. L’accueil est cordial. • les règlements par chèques. mais les agents envisagent ce chiffre comme un chiffre plafond. A. Il est demandé à la caisse de Nantes : • de traiter le problème des cadres. Barin et Crémois de la F. témoignage de leur intérêt pour faire évoluer la situation. qui souhaite recevoir les représentants de la caisse de Nantes. Michel. remis en mai 1952. Cremois pense qu’on observe un ralentissement du rendement des personnels.A.. MM. Il le communique à Francis Netter. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .. même si l’ombre du déficit persistant plane.S.R.S. s’élève contre ce point de vue : “ les salariés ne plafonnent pas à soixante décomptes puisque ce chiffre a été dépassé ”.O. • de réduire le nombre des contrôleurs de décomptes. Les processus de décentralisation ont créé une structure lourde.N. au printemps 1952. Après le souci de proximité de 1946. • le remboursement des mémoires au Centre Hospitalier Régional.Avec la Sécurité sociale renseignement installés et l’implantation de bureaux payeurs urbains ont considérablement réduit les attentes. Il n’est pas du seulement à un surnombre des personnels ou à problème d’inefficacité.N. Remaud. Les responsables de la caisse.O.189 189 . Dès le mois suivant. des logiques d’évolution s’imposent. Les six assistantes sociales. rendent visite aux Nantais. pour l'informer de leurs résultats.

on prenne le temps de parler de l’ensemble du problème ”. Malgré l'absence des médecins. Creuzé. et deux ans après. Le reste des opérations se fait au siège social. l’assemblée se prononce sur la centralisation du service “Prestations”.S. qu’il y a deux ans il s’était opposé à l’achat des vingt machines indispensables pour dactylographier les décomptes. Bouet. plus d’inspecteurs de succursales. Gabriel Goudy rejette l’idée qui en est retirée de supprimer les quatorze dactylos facturières pour reprendre la réalisation des décomptes à la main. M. mais complètes et susceptibles d’améliorer la situation A.O.O. Un choix pourtant a été fait.R.A. une délégation -composée de trois élus : Fernand Ricou. En octobre 1952.N. rendu en décembre. le conseil doit trancher : le service médical devra s’aligner sur cette décision souligne Louis Guénégues.Avec la Sécurité sociale • le règlement des mémoires aux collectivités dans la mesure du possible. en septembre 1952 les administrateurs reprennent l’analyse comparative avec la caisse de Rouen de taille similaire et déjà visitée.S. et s’il y a eu de menues divergences entre la direction et les organisateurs. une des variables essentielles de cette caisse par rapport à celle de Nantes. Le 27 janvier 1953.M. plus de moniteurs. suppose une centralisation totale des moyens de gestion de la caisse primaire qui ne sera possible qu’au moment de l’installation dans l’immeuble de la place Bretagne. Roland Vauge reste lui aussi favorable à cette frappe des décomptes qui amène un gain de lisibilité et d’efficacité : “ des décomptes illisibles ce sont des recherches en plus ! ” Néanmoins la caisse de Nantes étant soumise à un budget limitatif. Là-bas. Il y a un service central et des sections spécialisées. Les projets de centralisation proposés par la direction ont deux mobiles : les uns sont financiers. devient vite des plus vifs. “ de telles économies de bout de chandelles ” sont inacceptables.N. l’assuré se présente au guichet de la succursale où il est réglé.190 190 .N.S.S. De ce fait il n’y a pas de secrétariat au service des prestations. élaborons un plan d’ensemble. les autres techniques. M.O. chargée d’établir un rapport. ajoute-t-il. C'est pourquoi. Pierre Henry à son tour s'enflamme. Le débat sur le rapport réalisé après cette visite. Ce projet n’est pas en désaccord avec les orientations proposées par la F. supprimer ces quatorze postes serait un moyen de limiter les coûts. démocratiquement../F. Toujours soucieux de faire prévaloir leurs solutions. Les succursales n'exécutent que les décomptes.se rend à nouveau à Rouen. De plus le plan du bureau des méthodes de la F. S'opposant à toute dérive circonstancielle.T. Il n'est donc pas suspect en cette affaire d'être un partisan militant de cette option. Louis Guénégues. ce sont les locaux : la caisse de Rouen possède en effet des locaux conçus et construits pour ses besoins. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . rationnellement. Il proteste d’autant plus librement. Roland Vauge préconise en attendant de “trouver des solutions moins spectaculaires. constatée avec regret par Cyprien Bourbin.C. pas encore construit. il dénonce le manque de persévérance dans les projets engagés. Cette réflexion leur semble susceptible de constituer un bon outil pour évaluer les réformes proposées par la direction régionale. Pour Fernand Ricou et Pierre Fromy. et de trois techniciens : Pierre Fromy. plus de contrôleurs principaux.G. il insiste pour : “qu’avant de procéder à une réforme. les principes généraux que ces derniers ont posés semblent bons. au nom du groupe C. Cyprien Bourbin.

il convient de ne pas retomber dans les erreurs des décisions hâtives prises après les visites des caisses de Lille et de Rouen et qui sitôt prises durent être révisées. formation professionnelle. Au bilan de 1953. on réunisse mutuelles et sections locales pour traiter avec elle cette question. Une part importante de ces résultats provient sans conteste de l'engagement des personnels. Sa prudence toutefois ne convaincra pas et vingt administrateurs votent la mise en acte du plan de regroupement. Le vieux militant F. un principe doit s’appliquer : une section locale ne doit pas revenir plus cher qu’un centre de paiement.191 191 .C. Bouet./F. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .. on a peu suivi : A. implique cette “ foi du charbonnier ”.N. ” Ces restructurations marquent. ils sont aussi les acteurs les plus sollicités de ces bouleversements successifs. dans des baraquements provisoires. “ Les mutuelles n’ont peut être pas suivi le même rythme et le conseil doit décider d’une position par rapport à elles ”.A. s’adaptent confiants dans les orientations décidées. dont la direction a décelé l’intelligence et apprécié les capacités. ils s’appliquent. “Nous déclarons qu’il ne nous est pas possible de voter des transformations de structure dont nous ne connaissons pas la portée et le coût ”.O. évolution des techniques.T. ces efforts se traduisent par une baisse importante du prix de revient du dossier. placé sous la responsabilité de M.G. le directeur régional. Cette année. c’est à dire dans quelques mois. se forment. sera confirmé dans son grade le 1er janvier 1954. un retour au vœu initial du médecin chef : désormais tous les médecins-conseils se regroupent à Cambronne et doivent passer à des heures et dates déterminées dans les succursales.S. S’ils sont souvent des cibles qui se voient citées régulièrement parmi les responsables du gouffre financier de la protection sociale. René Amice souhaite qu’avant toute autre mesure. “ Les évolutions de la Sécurité sociale.. déménagements de service. présent à ce conseil. Gabriel Goudy interroge le lien entre les projets présentés par la direction et le plan d’ensemble issu du travail de Georges Crémois. ce sont elles qui devront rembourser des trop perçus en frais de gestion. Gabriel Goudy hausse le ton : “Est-ce que cette insistance veut dire que la réorganisation a été un échec complet et qu’elle n’entend en avoir aucune responsabilité ? ” .O. au nom de la C. fait part de sa circonspection à l'égard d'emballements qui constituent trop souvent des “ fuites en avant ”.O. Pour Pierre Fromy intraitable..S.N. et celui des accidents du Travail rue Désiré Colombe. La salle du rez de chaussée de la rue de Bréa se voit désormais affectée au service des prestations centralisées. Pourquoi le déficit de 22 millions de 1951 est-il passé à 2 millions en 1952 ? L’objectif est bien d’aller vers un mieux. l'exigence doit désormais s’étendre aux partenaires comme la mutualité pour les sections locales. A nouveau. Ce plan débute en avril 1953 avec le transfert du service cotisation place Viarme. poursuit-il.R. Marcel Peyraud rappelle pour sa part qu’avant toute autre considération. Nouvelles méthodes. À son sujet.M. La complexité même des évolutions du système et des pressions qu'il subit. la réorganisation devant être complètement achevée à cette époque. La direction renvoyant au seul Conseil la décision prise de faire appel au bureau des méthodes de la F.Avec la Sécurité sociale actuelle ”. en ce qui concerne l’organisation du contrôle médical. Il précise que c’est dans un esprit de sagesse qu’il a proposé la fin de l’année pour le confirmer dans son emploi.. souligne “ que ce jeune agent rentré depuis quelques années à la caisse.

Avec la Sécurité sociale j’étais sténodactylo dans le service de Monsieur Douet. Alors que le rapport Crémois. en juin 1951 les administrateurs constatent que ce besoin en effectifs s'accroît sans cesse mais que les recommandations de compression des personnels des organisateurs comme de l'administration centrale persistent.ÉLIANE GUIGNEUX. L'autorité des administrateurs s'impose. beaucoup d’agents en effet ont des coefficients supérieurs à la fonction qu’ils occupent. responsable du service des accidents du travail. on sait bien que les projets de rationalisation budgétaire s'ils passent par le regroupement des moyens.580 000 décomptes en 1951 et 120 agents au service prestations. le Médecin-conseil chef prend fait et cause pour les personnels. “ Le personnel apparaît surmené et présente des troubles de mémoire et de tension. Celui de 1952 voit encore s’accroître le nombre des dossiers et réduire l’effectif : 176 agents. Les quota d'experts ou de décideurs centraux s’appuient par contre sur des états des lieux dépassés dès qu'ils sont officiellement publiés. préconise la remise en ordre des coefficients des personnels. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . effet rétroactif des transactions souvent troubles. perçus comme des censeurs pour les avancées salariales souhaitées ou les embauches supplémentaires demandées. laissent planer la menace de rendements accrus et de réduction d’effectif. À Louis Guénegués demandant si dans certains services il n’existait pas une propension à profiter de ces arrêts. en particulier en ce qui concernait les cadres. les élus du personnel recommandent la confiance dans la direction et dans les directives du conseil. le bilan de 1951 fait état de 71.A. Le bureau adopte une règle 331 332 .N. De plus. En 1952 le taux est de 25 %. 10 novembre 1998. ” Le changement et ses contraintes pèsent lourds sur les agents et même si la comparaison avec l'efficacité de la caisse Rouen332 suscite des questions. Monsieur Cremois avait fixé par ailleurs un taux d’absentéisme de 20 % : 8 % pour les congés annuels et 12 % pour d'autres causes. Il signale que les contrôles effectués sur les arrêts de maladie des agents permettent de constater.825 dossiers supplémentaires avec le même effectif minimal de 187 agents. celles-ci doivent chercher leurs réponses ailleurs que dans le laxisme de l’encadrement ou l’incurie des personnels. qui présidèrent au reclassement obligatoire des agents des assurances sociales et des sociétés d'assurances. Du fait du reclassement. basé sur l'année 1950. A. .331 ” Entre les salariés et leur encadrement la cohésion est de mise. 2) Gérer des ressources humaines À ce propos. ils étaient justifiés. on faisait notre travail et les administrateurs s’occupaient des questions d’orientation. en perpétuel mouvement. que dans leur immense majorité.C. le 29 mars 1951. Malgré quelques réserves sur les fiches de position et le retrait des archives des succursales. Un courrier du comité d’entreprise adressé au terme de la centralisation des prestations et lu par le président Fernand Ricou en témoigne. Leur constat repose sur le contact qu’ils recherchent de ses réalités.R.192 192 . à la surprise des médecins contrôleurs.M. Les personnels partagent la méfiance des administrateurs à l’égard de la caisse régionale et de l’administration centrale. En janvier 1952 s’entame donc le difficile débat sur la régularisation des coefficients des “ cadres non encadrants ”. L’autre volet d’action proposé par Monsieur Crémois. détermine pour 547 491 dossiers un besoin de 187 agents + une marge de 9 agents soit 196 agents.

Roland Vauge souligne la difficulté de cette gestion. et F. Une déclaration commune des trois syndicats exige que ces décisions soient suspendues et qu’une réunion se fasse avec les délégués. sur son importance. L’application des règles conventionnelles. Très vite pourtant. Parfois exacerbés par les aléas des problèmes d’organisation interne. Le directeur régional est informé de la difficulté à trouver un accord.T.F. et de F. Auneau. Pour les administrateurs ces problèmes de gestion des ressources humaines commencent à devenir une charge lourde mobilisant de façon croissante les conseils.O. R. le C. souvent dans une certaine contradiction.C. Dix huit de ces nouveaux agents renforcent le service des prestations. les salariés auxiliaires compétents menacés. la C.F.T.T. accepte finalement l’embauche de vingt et un agents. Ces embauches sont effectuées pour le temps que prendra la centralisation du service prestations. il a souhaité traiter le problème sans embauches jusqu’ici.A. après beaucoup d’échanges contradictoires.A. une violente mise en cause par la C.T. les administrateurs ont parfois du mal à coordonner leur suivi.M. attend des propositions.193 193 . administrateur patronal. est renvoyée devant le bureau. Devant la complexité de ces questions. Le 3 mars. du secrétaire général. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . une entrevue a lieu entre le président.G.C.F. Les baisses de salaires enregistrées pourraient être compensées par une prime qui diminuerait au fur et à mesure que l’ancienneté ou les échelons feraient remonter les rémunérations. muet. il attend de savoir ce qui va se mettre en place à l'occasion du recouvrement commun prévu avec la CAF. Les administrateurs s’étonnent : pourquoi ne sont-il pas informés au fur et à mesure de ces problèmes pour pouvoir en comprendre la logique ? Des questions fusent sur l’absentéisme. Cette mise en cause a pour fondement la A.G. après examen du retard et de la charge de travail. au nom du principe du maintien des avantages acquis.Avec la Sécurité sociale simple : l'application d'un coefficient identique pour un travail identique. refusent pour leur part tout arbitrage.C. les syndicats de salariés de la caisse la C.T.C. ceux de la C. réagissent sur le principe même de ce réajustement. les reclassés parfois inadaptés à leur emploi mais inamovibles : toutes ces questions s’entrecroisent. Deysson est obtenue. sur ses motifs. le manque d’effectif dans certains services. le 10 juillet 1952. Après consultation de l’avocat de la caisse primaire.. qui doit libérer un certain nombre d’agents. Sa politique à l'égard des personnels est jugé laxiste et fondée sur le critère “de rien faire et laisser dire ”.R.O. Maître Douroux. Malgré des effectifs réels inférieurs à ceux envisagés par Georges Crémois en 1950 pour une charge de travail supérieure.. Entr’autres choses.G. le directeur et les délégués du personnel sur ce problème des coefficients. est rapportée au conseil par Léger Magimel. pour résorber dix huit mille dossiers en retard. un vote du conseil annule la décision précédente et charge le service du personnel de négocier avec les délégués représentants le personnel. L’autorisation immédiate du directeur régional M. L’inspecteur principal Dufour de la direction régionale. adopte à l’unanimité le principe d’un embauchage immédiat et provisoire de trente et un agents maximum. La question. le traitement des sureffectifs.T. Émile Gauguet.N. Le 19 septembre 1952. Le délégué C. ancien délégué C.. Ainsi. des clivages idéologiques entre les personnels font surface. Certains salariés menacent de se pourvoir devant le tribunal civil et la jurisprudence en la matière semble bien indiquer qu’ils y obtiendraient gain de cause.

Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Fondamentalement pourtant la tension constante avec la direction régionale mobilise davantage que ces péripéties de la vie interne de l'entreprise. à la requête des délégués salariés le C. aucun d'entre eux ne peut prétendre à l’assurance invalidité. de contacts humains. Les cadres en exercice.A.194 194 . M. avalise la demande d’embauche de vingt sept agents. ils peuvent donc se pourvoir devant la juridiction compétente. Pour MM. Remaud absent lors de ce débat).S. concernant un problème de congés pris par le secrétaire et cumulés avec d'autres jours fériés. Le 2 juillet 1954.F. le conseil absout monsieur Auneau de toute faute. au cours d’un entretien avec le directeur régional au cours duquel une audience a été demandée au ministre. le directeur régional renvoie la question à sa hiérarchie. il sera A. Sur la question récurrente des salaires.M. pour l'ensemble des personnels le besoin de formation devient incontournable. En ce qui concerne les salariés à productivité réduite. adresse un courrier à la F. bons techniciens. Les futurs cadres seront recrutés parmi ces techniciens. Louis Guénégues remarque avec dépit que. “ cela laisserait entendre une subordination des administrateurs à cette administration ? ” Un courrier est alors envoyé aux auxiliaires en fonction depuis plus de six mois pour leur faire savoir que le 24 avril 1953. pour que soit appliqué la loi sur les conventions collectives de février 1950 permettant la libre discussion des salaires.C.S. le ministre du Travail a promulgué un arrêté d’annulation de la décision du conseil. de relations avec le personnel. le conseil ne trouve rien de répréhensible dans un départ en congé du secrétaire général le 12 juillet au soir en raison des fêtes.O. La raison gestionnaire doit se taire devant des exigences humaines bien plus fondamentales. “Je vous informe dès à présent que je me bornerai à effectuer la simple transmission de votre correspondance à l‘Administration supérieure ”.R. moins 6 voix contre (C. Les chefs de service formeront désormais les employés aux archives et aux écritures pour en faire des techniciens spécialisés dans leur domaine.T. si leur place doit être préservée. une nouvelle fois. Quatorze administrateurs sont pour. bénéficieront eux de mise à niveau sur les problèmes d’autorité. pour la caisse. un nouveau problème ne tarde pas à perpétuer et à réactiver le conflit. M. autorité naturelle de leur action. Alors qu’un rapport de M.N. il serait inhumain de se séparer d’agents qui ont vieilli et sont tombés malades au service de la caisse.N. Un programme à l'intention des salariés est présenté par Pierre Fromy. en janvier 1953.Avec la Sécurité sociale plainte d’un délégué C. Après examen de l’affaire. A l’unanimité. qui constituent un poids selon lui injustifié.A. À bout d’arguments.) et une abstention (M. ne sont pas responsables de l’existence de jours fériés ". Les administrateurs dans leur majorité s’étonnent de cette attaque et de la démarche de ce délégué : "les agents. Gombeaud et Goudy que les convictions militantes enflamment. fussent-ils des cadres de direction.F.C. Deysson attire l’attention de ses visiteurs sur le cas des agents à productivité réduite.T. le CA avait décidé de leur titularisation mais que la direction Régionale ayant opposé son veto à cette décision. Une affaire chassant l'autre.C. S’ils le jugent utile. Pour ces cours. En même temps que ces questions de statut et de salaire. le 24 mai 1953. ravivé en la circonstance par un refus de titulariser des auxiliaires. six s’abstiennent. Mariani. on déplore ce conflit persistant.

N. “Il faut penser à la marche de la caisse mais aussi et surtout aux assurés sociaux.M. on ne peut alors décemment sanctionner des agents engagés dans une action de solidarité à l'incitation même du conseil employeur. alors qu’on recommande aux assurés de se faire régler par chèque pour éviter l’attente au guichet. Ainsi. Il en existe un à la Mutualité. partout ailleurs la place et le personnel font défaut. A. Chaque problème rapporté concernant les assurés déclenche des vérifications. Remaud. MM.S. il semble pourtant difficile de réinstaller les guichets de renseignement. Pasquier. en juin 1954. Martin. de Nantes. une assistante sociale ayant déposé entre temps un certain nombre de dossiers qui avaient été décomptés en priorité..C.A.195 195 . CA du 24 avril 1953. il faut la prendre dans son ensemble. Memin. S’abstiennent : Guénégues. il est possible que des difficultés surgissent sur un autre point. s’y oppose. Duhamel. Employeur. Si nous avons eu des difficultés à mettre en place certains principes présentés par la F. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . finalité principale de leur mandat. Goudy. car tout se tient. Finalement.C. Duguy. Le C.O. Au conseil du 18 septembre 1953. Ricou. Pour André Duhamel et les mutualistes il semble incontournable de les payer. Busson. localement contre. Gueguen. Pierre Fromy. De plus. Devant la place occupée par ces questions de personnel des questions commencent à agiter certains élus qui souhaiteraient centrer davantage leur action sur la représentation des assurés. le délai d’attente au 333 .M.T. Gendron. Les salariés devront donc supporter le prix de leur action revendicative. ”333. Contre le paiement : Clevet. nationalement pour la grève. a soutenu cette grève contre les attaques gouvernementales. archives de la C. Pour autant ce souci des élus de nouer des liens positifs avec les assurés est pris très au sérieux. le conseil doit aussi parfois décider. Marcel Peyraud signale qu’un assuré social arrivé à la succursale de Cambronne à 13 heures 45 n’a vu son dossier réglé qu’à 16 heures 45. Baudeau et Goudy proposent le rétablissement d’un guichet “Renseignements” dans les centres de paiement. mobilise fréquemment l’attention des élus soucieux d’œuvrer à la satisfaction des bénéficiaires.ANDRE DUHAMEL. et risquer l'impopularité.N. 3) Le service des assurés Un premier niveau de préoccupation concerne les conditions d’accueil des assujettis.S. Grégoire. Pour le paiement de ces journées on trouve : Gombeaud.A. Gabriel Goudy fait par ailleurs remarquer comment.P. pour éviter l’attente inutile aux assurés venus seulement chercher un imprimé.. Brochet. Cais. l'envoi du dit chèque peut parfois prendre plus de six semaines ! Régulièrement cette question revient. Si on touche à quelque chose. Ce qui pourrait sembler une question d'organisation du ressort du directeur et de l’encadrement. un vote devra départager les élus. Au conseil du 29 mars 1951. le débat porte sur le paiement de jours de grève : “ Doit-on payer les jours de grèves des personnels ? ” La C. Le 27 novembre 1953.Avec la Sécurité sociale fait appel à des concours extérieurs.. Amice. Cette remarque entraîne un véritable débat sur l'accueil des usagers.R. Peyraud.F. c’est que des modifications avaient été demandées sur plusieurs chapitres sans se préoccuper des incidences de ces rectifications sur l'ensemble”.A. par exemple. rappelle un principe de cohérence : “Lorsqu’on institue une méthode de travail. Magimel. Le conseil applaudit unanime ces initiatives.

A. Le décret du 5 mai 1951 334 est à ce titre accueilli très favorablement. Le contrôle des assurés malades. Selon le docteur Lamaillé en revanche. Au conseil suivant. 2) Pour l’assurance maladie. Les salariés doivent désormais présenter pour toute demande de règlement de prestation en espèces. à moins qu’il y ait contestation de la part de l’assuré. Roland Vauge procède-t-il personnellement à une enquête. sur la proposition de Louis Guénégues. 1) Pour l’assurance de la longue maladie.M. comporte enfin toujours autant d'obstacles. En outre. • Le nom et la qualification professionnelle de l’assuré • le montant de la rémunération brute • Les déductions opérées.Publié au J. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . la direction s'engage là aussi à y effectuer une enquête. 3) La troisième question porte sur le délai de carence de trois jours qui sera retenu lors de la présentation de chaque feuille de maladie. trois critères sont mis aux voix concernant les constatations de guérison. Cette attestation obligatoire comporte : • Le nom et adresse de l’employeur ou raison sociale de l’établissement . en février 1953.R. M. deux des visiteurs sont assermentés pour procéder à la visite des malades. Un tel contrôle doit toutefois se fonder sur des règles claires. il peut certifier à Fernand Ricou qu'il ne s'agit pas là d'un problème institutionnel. ce sont les professeurs de médecine qui s’y refusent plus que les administratifs. A. Pour Gabriel Goudy.196 196 . l’assuré doit faire constater sa guérison par son médecin traitant et fournir un certificat de guérison. hospitalisés au C.H. le contrôle des dossiers permet au médecin chef de déterminer s’il y a eu guérison apparente. à la demande du médecin chef..R. Défendre ces droits passe enfin par un contrôle qu’ils doivent accepter.C. Ces propositions sont acceptées à l’unanimité moins l’abstention d’André Duhamel. ce sont bien les administratifs qui font obstacle : ils 334 . • Le montant de la rémunération nette. • Les périodes et nombres d’heures de travail auxquelles s’appliquent la paie • Le montant des versements effectués aux Assurances sociales. défendre les droits des assurés et améliorer le service de la caisse reste un souci constant. • Le n° d’immatriculation de l’établissement et l’organisme où sont versées les cotisations .O. les attentes constatées n’excèdent pas une heure. Suite au décret du 18 février 1951. du 10 mai 1951. Fondamentalement.N. Mémain évoque pour sa part des attentes à la caisse de Bel-Air de 1 heure à 1 heure 30. Ainsi. c’est au médecin-conseil qu’il appartient de dire s’il y a eu guérison apparente ou réelle.T. Après des tests aux moments les plus forts.Avec la Sécurité sociale centre mutualiste atteignant plusieurs heures selon l’UD C. alors que Gabriel Goudy affirme ne pas y avoir attendu plus de vingt minutes.G.. une attestation établie par l’employeur les renseignant ainsi que la caisse sur les versements effectués sur leur compte par celui-là. dès l’instant qu’il y a une interruption de soins de plus d’un an.

“ Il faut souligner le rôle que va prendre le fonds d’action sociale géré par les caisses pour la reconstruction et la modernisation des services hospitaliers mais aussi pour le subventionnement d’actions de protection maternelle et infantile. sous cet aspect.. Pour Pierre Henry. problème posé par l’insatisfaction actuelle des individus et des groupes sociaux ? Ce qui inspire cette action sociale. . pour se rapprocher de la justice sociale et. la gestion. Or sur trente neuf carnets distribués par jour seuls un ou deux feuillets sont revenus. parce que “ pénétrant un peu trop dans la vie des familles “. (chances de sécurité. son application soulève des objections. Ce document en effet doit être remis au médecin ou au centre de consultation qui doivent remplir le feuillet détachable et le renvoyer au service médical de la caisse. sens de la dignité humaine. un effort.197 197 . ”335 À défaut d'un système universel couvrant l'ensemble des risques. santé) les autres moraux. plus que l’expression de la mauvaise volonté des uns ou des autres. (alimentation. ce qui en est la base. Le docteur Pasquier dénonce la complexité de ce carnet dans sa forme. vêtement. peut relever de l’inadaptation des moyens ou de problèmes d’éthique.A. Parfois la difficulté de contrôler. s’ébauche une orientation d’ensemble pour tendre à résoudre le problème social.M. territoriaux. fait obligation aux caisses de délivrer à toute femme enceinte un carnet de maternité et un carnet médical. XIe congrès de l'association nationale des assistantes sociales à Tours. logement. qui est en cause. mais bientôt de cette diversité.R. C’est ainsi que. janvier 1999. associatifs. De l’étude de ces niveaux de vie se dégagent deux groupes de besoins. faire le plein de malades pour augmenter les recettes...C. les uns matériels. 1012 novembre 1955.N. possibilités d’expansion de la personnalité de chacun). Action sociale Pierre Laroque336 L’action sociale se présente en premier lieu comme la juxtaposition d’une multitude d’actes pour tendre à la satisfaction de certains besoins humains individuels ou familiaux. un désir. A. contre l’alcoolisme. pour atténuer les injustices. 335 336 . et son caractère “ délicat ”. de lutte antituberculeuse. 4) L’action sanitaire et sociale En lien avec la Caisse d’Allocations familiales. privés.H. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . les services d’aides à domicile ou d’aides financières exceptionnelles accordées à des assurés.Avec la Sécurité sociale n’ont qu’un objectif.R.I.PIERRE LAROQUE. l’action sociale postule un problème moral.MARCEL PEYRAUD. mais elle comporte aussi une notion de relativité car elle se base sur la comparaison de ce qui est de ce qui devrait être dans le niveau de vue des familles et des individus. c'est bien un rôle complémentaire essentiel qui y est assuré.M.. anticancéreuse. et avec les divers partenaires sociaux publics. si l’ordonnance du 2 novembre 1945 sur la P. pour développer la gymnastique corrective pour les enfants scolarisés. c’est une notion plus ou moins confuse de justice. la Caisse s’oriente désormais vers une action d'envergure en direction des principaux besoins sociaux inventoriés. c’est le fonctionnement même du C.

une intervention extérieure pour satisfaire à ces besoins. Cette prise de conscience se fait souvent avec un changement de structure. ce qui va à l’encontre du but recherché. à son aboutissement. élever. La situation change quand l’homme prend conscience de besoins nouveaux par comparaison avec d’autres milieux. Nulle part le mouvement ouvrier n’est parti des plus déshérités . de concevoir des remèdes. L’action sociale. À son point d’arrivée. D’autre part. Hiérarchie. d’autres familles. susciter.198 198 . la mise en œuvre de l’action sociale est une intervention collective de plus en plus poussée qui risque d’amoindrir la personnalité. d’une part l’insuffisance individuelle ou familiale et. par ses aspirations à une dignité supérieure. On en retire des notions très différentes de minimum d’existence. Cette prise de conscience devient génératrice de mouvements populaires profonds et ces forces collectives donnent toute leur signification à la multitude d’actes variés qui concrétisent l’action sociale. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . de même chez les peuples sous-alimentés. Cet équilibre dépend de la conception qu’on se fait de la hiérarchie sociale. à son origine. La structure familiale des populations peu évoluées est conçue pour satisfaire les besoins essentiels et élémentaires de ses membres . d’autre part. Comment concilier l’intervention anonyme et l’individualisation de cette intervention A. ses vieillards. dignité des individus sont des éléments déterminants de l’orientation sociale et s’il est essentiel de constater ce qui est suffisant. d’étouffer l’individualité. elle assure la sécurité individuelle et collective. de chaque milieu. il est le fait de l’élite. de décider si le niveau de vie d’une catégorie apparaît suffisant ? À première vue.N. Les éléments vraiment déshérités sont incapables de juger de leur situation. l’effort propre. il semble que ce serait aux intéressés eux-mêmes. ses malades. repose sur les éléments intellectuels.R. d’autres pays. La réalité est toute autre. ceux qui n’ont pas ce niveau de vie souhaitable. les esprits d’avant garde qui font prendre conscience aux autres de l’insuffisance de leur situation. En quoi consiste-t-elle ? Comment va-t-elle se manifester ? ” … Connaissance des besoins individuels et inscription des cas individuels dans un ensemble économique et social sont des vecteurs essentiels … “ L’action sociale a pour but de développer. sociales et morales de chaque pays.M.A. précision qui n’est généralement pas nécessaire.Avec la Sécurité sociale La confrontation de ce qui est et de ce qui devrait être donne des résultats nécessairement différents suivant les conditions économiques. comment se présente cette amélioration des besoins de divers ordres ? On constate. il est difficile de le fixer avec précision et de bien déterminer le but qu’il faut atteindre. de sécurité et l’appréciation de ce qui devrait être se fait de manière relative. par comparaison avec d’autres individus. dans le souci d’assurer un équilibre suffisant entre ces individus et ces familles.C. Pour faire face à ces besoins nouveaux une intervention extérieure est nécessaire. elle entretient ses enfants. de la dignité des individus. d’élever en dignité. des cadres . de se borner à guider l’effort individuel. À qui incombe de juger. matérielle et morale.

un peu méconnues. le lactarium nantais.A. Abel Durand. Outre des prestations plus classiques. ” Des réalisations concrètes très vite s'observent.N. son président.199 199 . La presse fait un large écho auprès des assurés de ces possibilités d’intervention de la Sécurité sociale. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .O. L’Action sanitaire et sociale de la Sécurité sociale339 Les prestations extra légales des Assurances sociales : la moitié environ des ressources destinées à l’action sanitaire des caisses primaires est affecté aux prestations supplémentaires. la commission d’action sanitaire et sociale bénéficie d’un solde créditeur.S.S. C’est ici que s’insère le rôle du travailleur social. retourne un courrier précisant que la caisse primaire doit connaître les objectifs et les projets de la région pour pouvoir y inscrire les siens337. A. 339 .La Résistance de l’ouest. élection des administrateurs aux caisses de sécurité sociale) . dans le cadre de prestations supplémentaires fournies aux assurés. souligne l’importance de ce poste de l’éducation sanitaire en matière de protection maternelle et infantile. le département et l’état et l’allégement de la Sécurité sociale. En 1948 la propriété est achetée à l'œuvre des orphelins d'Auteuil. Une circulaire de la F. En décembre 1951.C.N.Avec la Sécurité sociale À ce problème on ne peut trouver de solution qu’en appelant individus et familles à participer à l’effort accompli à leur profit : • participation collective par la manifestation d’une solidarité (groupements mutualistes.M. Fernand Ricou.R. Ces moyens nouveaux sont aussi sollicités par le conseil général. Le premier janvier 1952. un communiqué de la caisse rappelle dans les journaux suivants. Le souci de garder l’autonomie de cette action et de veiller au respect des attributions de chacun.La Gaudinière constituera par exemple la réalisation d'un projet de l'UD mutualiste repris par la caisse régionale de Sécurité sociale de réaliser un centre de rééducation des mutilés du Travail. en 1953. l’assistance dans laquelle les administrateurs souhaitent trouver une place dans la répartition établie en 1934 entre les communes.. Une subvention de 7 000 000 de francs est accordée au Centre hospitalier régional pour la remise en état des locaux de pédiatrie. Elles sont destinées à venir en 337 . quand une lettre de la caisse régionale exprime le désir de connaître les projets de la caisse primaire. le premier dans un ville de province bénéficie d’un prêt de 2 100 000 francs de la Sécurité sociale. • appel à l’effort individuel en fournissant aux individus les moyens de résoudre leur propres problèmes. oblige parfois à négocier pour se coordonner avec les autres partenaires.La Résistance de l'Ouest 14-15 mars 1953. tant dans la reconstruction de l’hôtel dieu que dans ces multiples aménagements de première nécessité dont ces installations actuelles ”338. 338 . “ l’effort accompli par la sécurité sociale. En avril 1950 l'autorisation de création est obtenue des ministères. Le centre ouvrira ses portes en octobre 1955. 26 juillet 1954. son président. souligne en mars 1953 les trois problèmes importants qui l’occupe : l’aide à la construction qui pour les élus de la caisse n’est pas la vocation de la sécurité sociale. Comme ce partenariat était un peu oublié par les chroniques élogieuses de la presse locale sur cette réalisation. du 29 décembre 1951.

Ce sont des conventions passées entre les Caisses et les services spécialisés d’aide familiale qui détermineront les conditions et le taux de remboursement de ces prestations. • Participation aux frais d’enseignement dans les centres de réadaptation et de rééducation professionnelle agréés des assurés titulaires d’une pension d’invalidité ou bénéficiaires de l’assurance longue maladie. engagés par les assurés ou ayants droits qui doivent se rendre en dehors de leur résidence pour subir un examen médical ou suivre un traitement. Cette liste est limitative. des indemnités journalières de maternité. c’est à dire avec application du ticket modérateur. De plus le comité technique d’action sanitaire et sociale a donné son accord pour ajouter trois nouvelles prestations supplémentaires. appartenant à la catégorie des artistes du spectacle. • Octroi d’une indemnité pour frais funéraires en cas d’absence de bénéficiaires de l’allocation décès. • Attribution aux assurés sociaux et à leurs ayants droits légaux après la période légale de six mois et au maximum jusqu’ à la fin de la troisième année suivant la première constatation médicale de maladie. Ces prestations ne sont pas attribuées aux malades bénéficiaires de l’A. • Attributions aux assurées sociales. atteignant le montant des frais funéraires de la plus basse catégorie. des prestations en nature de l’assurance maladie. • Participation aux frais de l’aide familiale apportée en cas de maladie ou d’accouchement. 23 de l’ordonnance du 19 octobre 1945 et aux ayants droits des assurés morts pour la France.M.A. • Participation.M. assumés les frais funéraires. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . au plus tôt.M. par des organisations agréées par les caisses aux femmes ayant au foyer au moins trois enfants de moins de 14 ans (y compris celui en gestation). aux frais d’hospitalisation de la mère qui allaite un enfant hospitalisé. s’il est établi médicalement qu’ils ne peuvent recevoir sur place les soins nécessités par leur état et si le médecin-conseil a donné son accord préalable. aux futures mères et aux jeunes enfants. ni de l’assistance médicale gratuite (A.) • Attribution de layettes et de nécessaires d’accouchement aux mères et distribution de suralimentation aux mères qui allaitent. Ces prestations ne sont accordées qu’aux malades qui ne bénéficient ni de l’assurance longue maladie. A. et qui ont en fait.G.R. dans les conditions de l’assurance maladie. • Attribution de prestations en nature de l’assurance maladie (c’est à dire avec application du ticket modérateur) aux ayants droits non visés par l’art. ni de l’assurance invalidité. dès qu’il y a pour elles impossibilité constatée d’exercer leur profession et.N.C.Avec la Sécurité sociale aide après enquête aux assurés dont la situation constitue un cas social. en faveur des personnes à qui aucune succession.G. • Participation aux frais de transports et de séjour non pris en charge au titres des prestations légales. à partir de la vingt et unième semaine précédant la date présumée de l’accouchement.200 200 . n’est laissé par les assurés décédés.

Les frais divers consacrés à l’éducation sanitaire et à la lutte antituberculeuse passent de 10 à 5 % : ces postes sont plutôt du domaine de la caisse Nationale. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . privées ou associatives. attribution de prestations en nature de l’assurance longue maladie aux assurés sociaux et ayants droits visé par l’art. après avis de la commission. de réadaptation fonctionnelle.M.Avec la Sécurité sociale • Prise en charge de tout ou partie du ticket modérateur en cas d’hospitalisation dépassant un mois des assurés qui ne sont pas en mesure de bénéficier de l’A. le 17 décembre 1954. Ces prestations sont attribuées pour une période de six mois. au-delà de prestations extra légales ci avant décrites. et pour lesquels le traitement permet d’espérer la récupération fonctionnelle.G. Le pourcentage concernant le service social est ramené de 25 à 10 %. Au delà de son action propre en matière de maladie. la “ Sécu ” c'est une politique sanitaire et sociale infléchissant l'ensemble des actions menées sur ce secteur.. les administrateurs de la Caisse primaire de Sécurité sociale dressent la liste des nombreux conseils d’associations où ils siègent. C’est ainsi par exemple que. Les moyens à mettre en œuvre dépassent les possibilités des caisses primaires. Les caisses primaires sont de plus invitées à réserver 20 à 30 % de leur budget à l’équipement sanitaire (dépenses initialement soumises à la caisse régionale). • Participation aux frais de transport engagés par la personne accompagnant un enfant bénéficiaire de l’assurance maladie. ni aux personnes susceptibles de bénéficier des dispositions de l’art. 1 de la loi du 31 décembre 1949. renouvelable par décisions ultérieures.R. En mai 1955. 15 % seront dévolus à la protection maternelle et infantile. ou dans les services spéciaux des hôpitaux publics. accident. • Après expiration de la période de trois années suivant la première constatation de maladie. Toutefois elles ne peuvent être accordées ni aux assurés sociaux qui ont droit à l’assurance invalidité. 12 % peuvent de plus être attribués en secours dans les conditions suivantes : non ouverture des droits aux prestations supplémentaires pour couverture des frais ou indemnisation des conséquences directes d’une maladie. Le comité a ramené les prestations supplémentaires à 45 %. vieillesse.. d’un accident du travail. qui doit se rendre dans une établissement de cure ou de prévention si le médecinconseil estime que l’enfant ne peut voyager seul en raison de son état ou de son âge. En 1952 le comité technique avait fixé le pourcentage de ressources qui devaient être affectées à chacune des formes de leur action sanitaire et sociale. moyen incontournable de contrôler l’usage des subventions qu’elle octroye à ces structures et d’orienter leur esprit et leurs A.N. 23 de l’ordonnance du 19 octobre 1945 hospitalisés dans des établissements privés régulièrement agréés.A. La contrepartie de cette activité devient très vite la participation grandissante des élus aux diverses instances d’action sociale publiques.201 201 . Ce secours ne peut être renouvelé sans l’intervention d’une nouvelle décision.C.M. la direction régionale sollicite la désignation d’un représentant de la Sécurité sociale aux commissions d’aide sociale constituées dans chaque canton par la préfecture.

Des orientations nationales définissent bien des principes généraux d’action maintes fois répétés mais qui ont du mal à s'imposer. des cliniques. Une limite de 20 % de dépassement par rapport à la préparation magistrale pour les produits pharmaceutiques semble raisonnable. Un recouvrement plus efficace des cotisations auprès des employeurs semble toujours d'actualité. En mars 1951. provoque un accroissement des charges inévitablement supérieur aux ressources qui elles stagnent. Outre la participation aux conseils des hôpitaux. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Pour l’Assurance Vieillesse. rue d’Argentré à Nantes .en ne générant pas pour d'augmentations de ressources équivalentes. à 8 500 000 assurés en 1951.C. souligne comment les dépenses de maladie ne sont fixées que par le volume des prescriptions médicales. 17. e) Les déficits et les réformes Au premier plan des nombreux rapports de la caisse régionale concernant la caisse de Nantes. Le nombre des assurés a connu une croissance importante. il semble naturel de limiter la contribution des caisses et de “ mettre à la charge des collectivités locales certaines dépenses hospitalières ”340. A. 6 rue général Leclerc à Nort-sur-Erdre. Ils occupent en effet deux sièges à la Société nantaise d’aide aux mères de famille : 4. deux sièges aussi à l’Association de l’aide familiale.202 202 . rue du Moulin à Nantes. Paul Bacon. 16 janvier 1951. ministre du Travail souligne le déséquilibre permanent depuis 1945 entre les charges et les ressources des diverses branches de la Sécurité sociale.M. Imposer une base modérée pour les honoraires des médecins reste un enjeu de négociation avec leurs syndicats.R.N.A. la réduction des déficits demeure la préoccupation constante. Le constat effectué. de lutte antituberculeuse ou anti alcoolique. à ceux d'associations d'aide aux mères. le débat sur la Sécurité sociale est lancé au palais Bourbon. un siège à l’Association d’aide aux auxiliaires médicales et aux travailleuses familiales. le coût des prestations et leur nature ont connu aussi une extension importante. Un très large secteur de la Sécurité sociale est fixé par des dispositions légales qui absorbent la plus grande partie des fonds : seuls 25 milliards sur un total de 450 milliards sont affectés à des dépenses autres que les prestations légales. Dans son intervention. il passe de 6 300 000 assurés en 1938 au plan national. on 340 . c'est tout le champ à venir de l'action à domicile où désormais les représentants de la caisse “ auront leur mot à dire ”. à l'image de beaucoup d'autres caisses primaires de France.Avec la Sécurité sociale pratiques. 22 rue du général Leclerc à Ancenis.La Résistance de l'Ouest. La dynamique de généralisation du système qui étend progressivement à d’autres bénéficiaires les garanties -ou augmente les prestations acquises. place Saint Pierre à Nantes. 1. lors de l’examen du déficit de 30 milliards déjà enregistré. deux sièges à l’Association Populaire de l’aide familiale. En ce qui concerne les hôpitaux. Audelà de cet accroissement des effectifs. tout comme une plus juste appréciation des prestations offertes aux assurés et un contrôle très resserré sur les frais de gestion des caisses. deux sièges à la Fédération départementale des Associations locales d’aides familiales rurales de la Loire-Inférieure.

après les propos tenus devant les députés. on assiste à un accroissement des dépenses de soins considérable. par les problèmes de personnel. En Loire-Inférieure les organisations syndicales avec l’ensemble des organismes qui composent le cartel de défense de la sécurité sociale s’emparent du problème. Le prix de la consultation a peu augmenté.A. d’accidents du travail et d’Allocations familiales : pour les seuls départements de la Seine et de la Seine et Oise. C'est pourquoi. Il ne s’agit donc pas d’un défaut d’organisation. on les évalue à 108 milliards.La Résistance de l'Ouest. celle-ci doit être maintenue mais d'un juste équilibre à imposer. . comparativement. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . En 1949. Les solutions envisagées pour l’instant pour le combler consistent en une proposition de transfert à la caisse agricole d'une charge d’environ 20 milliards d’allocations pour les vieux travailleurs de l'agriculture. 26 novembre 1951.M. en une limitation du prix des médicaments et en un allongement de la durée d’affiliation ouvrant les droits à l’assurance maladie341. Leur articulation jusqu’alors repose essentiellement sur la bonne volonté. en une prise en charge par le budget de l’état des prestations familiales servies à la population inactive. en 1950.6 % de 1949 à 1950. On remarque par contre l’absence de références fonctionnelles claires susceptibles de structurer les rapports du conseil d’administration avec la Direction pour l’administration de la caisse. mais à des carences qu’il faut traiter.8 %. Paul Bacon se montre rassurant. on enregistre 113 milliards 159 millions de francs d’arriérés au 1er décembre 1950.203 203 . Les indemnités journalières ne varient par contre dans le même temps que de 4. La création d’une branche longue maladie qui n’existait pas en 1938.17-18 mars 1951.La Résistance de l'Ouest 27-28 octobre 1951. Les frais pharmaceutiques progressent de 37. Au conseil de la caisse primaire de Nantes. A. Pour l’assurance maladie. Le déséquilibre de la Sécurité sociale y est présenté comme un effet du décalage entre les salaires et les prix : les cotisations sont liées aux salaires et les prestations dépendent des prix. Le ministre souligne le scandale des arriérés d’Assurances sociales. l'amitié 341 342 . au travers de la réorganisation. Enfin les employeurs traînent des pieds pour régler les cotisations.La Résistance de l'Ouest. Il ne s’agit pas de déficits liés à des problèmes de mauvaise gestion conclut le ministre. Les fraudes par ailleurs doivent être réprimées et on commence à dénoncer comme des charges indues les recettes défaillantes d’autres régimes qui doivent être supportées par les cotisants du régime général.342 Soulever les problèmes de déficits suscite aussitôt une inquiétude des assujettis redoutée par " les politiques ". la mauvaise rentrée des cotisations et la prise en charge par le régime général de charges afférentes aux régimes particuliers ont contribué à creuser le déficit. Une conférence se tient à la Bourse du Travail. “ Il n’est pas question de réduire les prestations aux assurés ” déclare-t-il à propos des réformes que chacun pressent indispensable. On souligne la place importante occupée. en une prise en charge de certaines dépenses par les collectivités locales. en 1951. l'heure est à l'introspection.C.R. elles passent à 95 milliards .N. Le séjour en hôpital coûte 50 ou 60 fois ce qu’il coûtait en 1938. 343 . De telles financements doivent être pris en charge par l’État343. les dépenses de maladie représentent une dépense de 78 milliards 298 millions . mais leur fréquence s’est multipliée.Avec la Sécurité sociale passe de 21 milliards en 1946 à 128 milliards en 1951. depuis 1938.

204 204 - Avec la Sécurité sociale et la confiance réciproque. Depuis 1930, aucun texte ne précise ce que doivent être les attributions respectives des élus et des directeurs. Au risque de voir un prochain rapport de l’administration centrale les accuser d’outrepasser leurs attributions en légiférant, un conseil de décembre 1951 propose à l’unanimité qu’un prochain bureau travaille sur cette question. Nationalement quelques mesures timides s’annoncent, amorce de réformes dont chacun s’accorde sur la nécessité tout en en redoutant les effets. Un barème de sanction est établi pour les assurés en infraction : arrêts de travail injustifiés, absence au moment du contrôle, non réponse à la convocation du contrôle médical. Les responsables politiques qui se succèdent voient toutes leurs tentatives de réforme désavouées, symbole du climat de méfiance qui s’est progressivement installé : “ le temps du soupçon ”344. Le 31 janvier 1952, le conseil interministériel, sous la présidence d’Edgard Faure, reprend pourtant “ la patate chaude ”. Un allègement de plusieurs milliards doit être obtenu par un reclassement des allocataires vieillesse du régime agricole dont un bon nombre est indûment pris en charge par le régime général. Le contrôle et l’accélération des recouvrements à l’égard des débiteurs de la Sécurité sociale sont simplifiés grâce à la mention sur le bulletin de paye du N° d’immatriculation à la Sécurité sociale de l’employeur. Les économies réalisées sur le prix d’hospitalisation, sur le contrôle de la consommation des produits pharmaceutiques, l’instauration de la vignette automobile pour constituer un fonds de solidarité pour les personnes âgées sans ressources doivent aussi améliorer l’existant. Les cotisations patronales sont augmentées de 1 %. La loi de finances du 14 avril 1952 prévoit enfin la possibilité d'un recouvrement en commun des cotisations avec les CAF. Ces projets, en même temps que l’hostilité de syndicats, soulèvent celle des associations familiales. Réformer la gestion des caisses ne doit pas, selon elles, porter atteinte à leur autonomie ou à leur statut privé. Le recul des droits qu’ils laissent prévoir345 soulève l’inquiétude. L’introduction de distinctions pour l’âge du départ en retraite, proposée par le ministre du travail, M. Garet semble ouvrir une brèche dans les protections acquises. -“ Je pense qu’il y a lieu de réorganiser l’échelle des âges de retraite en tenant compte non plus seulement des statuts et de la tradition mais du caractère plus ou moins pénible de l’activité ”346-. À Nantes et dans la région, l’ensemble des administrateurs salariés des caisses refuse fermement ces perspectives. Une assemblée régionale présidée par Fernand Ricou, vice-président de la caisse régionale, en l’absence de Léger Magimel, malade, réunit plus de cent administrateurs résolus. Le financement de la Sécurité sociale selon eux ne peut pas être l’impôt, mais les charges sociales générées par le travail des salariés. Deux facteurs laissaient présager le déficit dont chacun se plaint, l’évolution démographique (plus de naissances et moins de décès) et les progrès d’une médecine de plus en plus accessible à tous. “ Pour des dépenses vouées à un accroissement progressif pour les deux raisons évoquées auxquelles s’ajoute la hausse du coût de la vie, on a des recettes indexées à des
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.BERNARD GIBAUD, op. cit. .L'ouverture de prestations après 240 heures effectives dans le semestre écoulé au lieu de 60, la demande d’agrément pour la prise en charge de certains antibiotiques, l'agrément du ministère de tutelle pour les conventions collectives concernant les personnels des caisses. 346 .La Résistance de l'Ouest, 4 novembre 1952.

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205 205 - Avec la Sécurité sociale salaires qui stagnent. On a de plus toléré des frais d’hospitalisation excessifs, des prix pharmaceutiques mal contrôlés, la possibilité laissée à certaines catégories sociales de cotiser seulement quand elles y ont intérêt, le maintien de charges étrangères au régime général de Sécurité sociale, par exemple l’allocation aux vieux travailleurs agricoles. ” Tous ces élus refusent l’idée d’un pouvoir administratif qui supplanterait celui des conseils. Ils refusent aussi de laisser au Trésor public le soin de percevoir les cotisations. Ils refusent enfin des inégalités liées aux régimes spéciaux alors que le gouvernement envisage d’en créer un supplémentaire pour les cadres. “ Les remèdes au déficit se trouvent dans ceux qui sont apportés à ses causes ci avant énumérées et non dans une étatisation de la Sécurité sociale. ” Améliorer les prestations, donner une responsabilité accrue aux conseils et relever les allocations familiales sont autant de pouvoir d’achat supplémentaire pour les familles et autant de critères de relance d’une économie dont la prospérité est selon eux un facteur d’équilibre pour la protection sociale. L’U.N.A.F. enfin, s’élève avec énergie contre l’idée d’une cotisation par l’impôt347. Les résultats des comptes de 1952 indiquent toutefois le creusement inexorable, semble-t-il, de ce que déjà les commentateurs divers commencent à désigner comme “ le trou de la sécu ”. En matière d’assurances sociales, les ressources sont de 384 milliards 107 millions, dont 365 milliards 643 millions au titre des cotisations du régime général, 11 milliards 832 millions au titre des cotisations du régime des fonctionnaires et 5 milliards 877 millions au titre des régimes divers. Les dépenses enregistrées sont elles de 416 milliards 750 millions. L’écart constaté est de 32 milliards de déficits, couverts par l’excédent des caisses d’Allocations familiales. Le 3 octobre 1953, Paul Bacon est contraint à un nouveau rééquilibrage des comptes. Le relèvement de 10 % des allocations familiales, arbitré par Joseph Laniel, remet en cause la possibilité de couverture du déficit de l’assurance sociale par l’excédent des allocations familiales. Les diverses recettes à générer pour le redressement, telles des incantations, sont à nouveau évoquées : accélérer les recouvrements, appliquer les cotisations à des salaires mieux définis, mettre en place de pouvoirs de contrainte, développer l’emploi et les salaires et donc accroître la masse des salaires payés… Les chiffres de 1953 annoncés en septembre 1954 dénotent pourtant une aggravation du problème. Le déficit de la branche Assurances sociales est passé à 37 milliards 574 millions, la branche accidents du travail connaît pour sa part un déficit de 407 millions. Les Allocations familiales des salariés bénéficient d’un excédent de 40 milliards 337 millions, celle des employeurs et travailleurs indépendants de 655 millions. Cet accroissement des charges provient essentiellement une fois encore des assurances maladie et longue maladie. Cette présentation des comptes est l’occasion d’analyser l’évolution des fluctuations la santé des français. “ Compte tenu du décalage existant entre la maladie de l’assuré et le remboursement des prestations sur les caisses, de l’ordre d’un mois, on peut dire que les maladies nécessitant un arrêt de travail et la visite du médecin au domicile de l’assuré se situent plus particulièrement dans la seconde moitié de l’hiver alors que les
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.La Résistance de l'Ouest, 28 novembre 1952.

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206 206 - Avec la Sécurité sociale interventions chirurgicales sont plus fréquentes au printemps et en automne et les soins dentaires au printemps et au début de l’été ; les consultations au domicile du praticien s’étalent plus régulièrement sur toute l’année. ”348 Cette réforme dont l’on ne cesse de parler sans la voir apparaître mobilise toujours autant toutes les craintes. Aussi le 20 octobre 1954, Louis Paul Anjoulat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, calme le jeu. “ On a prêté au gouvernement de multiples programmes de réforme de cette institution. Les inquiétudes que certains ont exprimées à ce propos sont excessives. Le gouvernement n’a pas encore arrêté définitivement de programme de réforme. ” Soulignant la tâche essentielle des représentants des assujettis dans les conseils, il précise pourtant leur mission, “ gérer n’est pas légiférer, c’est travailler de concert avec le législatif et l’exécutif ”. La vieillesse selon lui “ n’est pas un risque à prendre en charge, c’est une charge collective à assumer ”. Le projet d’une réforme hospitalière pointe son nez, le ministre annonce sobrement qu’il réfléchit à un système de médecin hospitalier plein temps349.

f) Interpréter les textes
Face à ce débat politique national, à Nantes comme au sein de la plupart de caisses, outre leur tâche de gestionnaire les administrateurs doivent savoir s'exercer à l'analyse juridique. Au fur et à mesure des réformes annoncées, amorcées, revues et corrigées, c’est un appareil législatif extrêmement complexe qui s’élabore, à partir duquel il faut évaluer les problèmes pratiques que posent les assurés. Ces textes, il faut en prendre connaissance, les interpréter, en tirer les leçons utiles pour arriver à des décisions susceptibles de servir au mieux l’intérêt des bénéficiaires et acceptables pour la majorité du conseil comme pour l’administration de tutelle. Une tâche importante des élus nantais, comme de tous leurs homologues, est donc de s’employer à établir les références indispensables à la conduite de leur action. Régulièrement des techniciens de la caisse, dans une véritable action de formation permanente, viennent leur présenter la quintessence des principaux décrets, lois ou règlements. Ainsi lors d’un conseil de janvier 1951, M. Rouxel, spécialiste juridique de la caisse, vient-il présenter l’arrêt du 28 juin 1949 du Conseil d’État, concernant l’immatriculation des conjoints d’employeurs et l’application de la loi du 13 mai 1948. Le Conseil d’État, à la demande du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, précise : 1) Les règles posées par la législation de la Sécurité sociale sur l’assujettissement des salariés au régime général ne sont pas modifiées, 2) la demande d’une déduction fiscale par le chef d’entreprise du salaire de sa conjointe est sans influence sur l’assujettissement de celle-ci à la Sécurité sociale, 3) pour que le conjoint d’un chef d’entreprise soit considéré comme salarié au sens des dites législations :
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.Rapport du ministre du Travail et de la Sécurité sociale au président de la République, septembre 1954. 349 .La Résistance de l'Ouest, 20 octobre 1952.

A.R.C.N.A.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet

l’examen de chaque cas d’espèce.N. mais dans celui d’une collaboration apportée par le conjoint. Au cours d’une conférence régionale.R. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Devant les commissions du contentieux et de la sécurité sociale. Deux affaires l’ont mis aux prises l’une avec un avocat et l’autre avec un médecin. la caisse de Nantes a été l’une des premières à défendre son point de vue au regard de cette question. la perception d’un salaire normal (preuves de comptabilité à l’appui) . qui ne constitue qu’un accomplissement naturel de l’un des devoirs respectifs des époux rappelés par les articles 2 et suivants du code civil. Rouxel s'efforce d'amener les élus du conseil. l’immatriculation systématique . aussi bien de Sécurité sociale que d’Allocations familiales devait être amenée à adopter une politique en la matière.C. est de garantir que des salariés A. avait fait connaître leur position au sujet de l’immatriculation des conjointes d’employeurs. Connaître le contenu d'un texte est une chose. C’est ce dernier système qui est adopté par la caisse de Nantes qui met au point un processus de traitement des dossiers.M. les critères à retenir permettant l’immatriculation sont donc les suivants : une participation à l’entreprise effective à titre professionnel et constant (une enquête le détermine) . un lien de subordination qui reste souvent difficile à établir (le critère essentiel retenu par les commissions de contentieux est constitué par l’expérience du mari dans l’exercice de la profession). en tirer des critères de décision ou d'action est l'autre dimension à laquelle M. Pour la caisse de Nantes.Avec la Sécurité sociale • il est nécessaire qu’il exerce à titre professionnel et constant une activité dans l’entreprise. mais bien la prise en compte des problèmes de financement. Sur ces interprétations. de nombreux conflits éclatent entre les caisses et les employeurs au sujet desquels la jurisprudence est divisée. • qu’il perçoive un salaire normal. l’aide du conjoint en particulier pour certaines corporations (boulangers. En un an. en date du 25 novembre 1949. Il en résulte d’une façon indiscutable que les caisses ne sont pas tenues d’immatriculer les conjointes de tous les employeurs qui en font la demande mais bien au contraire. Celui-ci est remis au chef du service cotisation puis soumis au directeur qui statue. Ces décisions ne sont pas des mesures catégorielles ségrégatives précisent les élus. Quarante six rejets ont été confirmés. les caisses. qu’existe entre lui et le chef d’entreprise une relation d’autorité d’employeur à employé.207 207 . c’est à dire analogue à celui que percevrait une personne étrangère à la famille du chef d’entreprise. un ordre de mission est établi pour la réalisation d’un rapport circonstancié. À chaque demande. qu’elles doivent examiner et exiger que des preuves sérieuses soient apportées par les demandeurs Cette question étant particulièrement importante chaque caisse. une demande a été acceptée. charcutiers…) n’entre pas dans le cas de louage de service définissant le salariat. de novembre 1949 à décembre 1950. quarante sept affaires ont été examinées par la commission gracieuse de la caisse. bouchers. la caisse a estimé qu’il n’y avait pas contrat de louage de service.A. présentant trois types de réponses possibles : le rejet systématique des demandes . sans nier la participation de la conjointe à la profession du mari. Dans les deux cas. Ils estiment en effet que leur fonction de représentants des assurés du régime général. Si la loi permet aux chefs d’entreprises de faire une telle demande.

350 incite à la création entre les caisses de Sécurité sociale et d’allocations familiales sur le plan local. paye donc la journée de l’arrêt de travail même dans le cas où cet arrêt. Malheureusement. . du 14 septembre 1951.M. et non la caisse primaire.208 208 . La victime et ses ayants cause sont tenus de supporter la différence. artisans et professions libérales seront mises à égalité avec celle des travailleurs salariés. dans beaucoup de cas.N. la caisse de Nantes maintient le paiement par décade. Ce texte en effet “ apporte un tel luxe de précisions qu’à certains égards. chef du service accidents du Travail présente en septembre 1951 l’application. constatent les administrateurs. ” Le président Bilard souligne que quelques soient les difficultés. définies par l’arrêté du 8 juin 1951. ne suit pas immédiatement l’accident pourvu qu’il lui soit consécutif. Conformément à l’article 52 la caisse prend en charge les frais d’hospitalisation occasionnés par un tel accident à hauteur des tarifs correspondants aux malades payant de la catégorie la plus basse pour un établissement public et dans la limite de son tarif de responsabilité dans le cas d’un établissement privé -sauf en cas d’urgence ou de circonstances exceptionnelles. Pour coordonner ces réflexions. l’application trop large de cette loi du 13 mai 1948 risque de provoquer un déséquilibre des caisses. les administrateurs de la caisse doivent appliquer la loi. Selon les administrateurs. “ Cette situation ne cessera que lorsque les prestations familiales des travailleurs indépendants commerçants. tant en première instance qu’en appel.C. il semble que les commissions du contentieux et de la sécurité sociale. Il s’agit en effet. en terme de règlement intérieur. C. Dans le même ordre de réflexion. L’employeur.Circulaire 445 du 6 décembre 1950. les séjours en clinique sont facturés plus 350  351 . et aussi paradoxal que cela puisse paraître du point de vue juridique. sans vouloir régler le problème de leur participation à l’assurance universelle.Avec la Sécurité sociale au revenu moyen modeste ne payent pas pour d’autres souvent mieux lotis. LOUET. celles-ci en arrivent à modifier totalement non pas la lettre mais l’esprit même de la loi du 30 octobre 1946 sur les accidents du travail ”351. longue maladie. des prestations et indemnités servies en matière d’Accidents du travail. de professions libérales et artisanales.S. La règle appliquée à Nantes est la prise en charge intégrale des frais. vieillesse) et des allocations familiales au titre salarié. En conclusion. la F. A. pour M. qui. pour permettre aux élus de déterminer la politique particulière de la caisse dans le respect des lois. de commissions mixtes de contentieux destinées à examiner en commun la situation de certaines personnes au regard des législations de la Sécurité sociale. La majorité de ces demandeurs se trouvent être en effet des familles de plus de trois enfants.O. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .S. L’exercice n’est pas une simple information générale prévient-il. prononcent d’office l’immatriculation systématique tout comme d’ailleurs les caisses d’Allocations familiales.A.A. M Louet. tentent de trouver une façon de bénéficier de tous les avantages de la sécurité sociale pour le conjoint et les enfants (maladie.N. invalidité.M.R. Si l’article 31 permet le règlement des indemnités au moins deux fois par mois. Rouxel. L’article 9 définit désormais la journée de travail comme celle au cours de laquelle débute la séance de travail où se produit l’accident même si celui a lieu après 0 heures.

quinze ont été refusées. Outre la régression constituée par cette disposition. Ce même comité de longue maladie devient aussi le décideur des rééducations professionnelles qui peuvent être accordées sur demande des intéressés. Le conseil s’incline tout en soulignant que ce texte pénalisera dans certains cas les blessés du travail hospitalisés en clinique. on note que sur cinquante prises en charges.Avec la Sécurité sociale chers mais sont plus courts. au conseil du 29 juillet 1955 une affaire de fraude en matière d’accident du travail à Châteaubriant est à l'ordre du jour. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Les heures sont inscrites sur la feuille d’accident de travail. ” Souvent. La majorité des administrateurs souhaitent maintenir cette gratuité pour l’assuré.A. Un assuré A. dans une réunion du Centre hospitalier régional présidée par le maire. elle même renvoyée à la caisse à la fin du traitement par la victime : comment dès lors exercer à bon escient un contrôle ? En cas de contestation du caractère professionnel de l’accident la caisse primaire en réfère à la caisse régionale. les seuls traitements pris en charge.C.209 209 . celleci met entre trois semaines et trois mois (ou plus) pour répondre.R. g) À la veille des élections Malgré de nouvelles élections qui approchent. elle est inapplicable dans l’état des textes. Au mois de juin 1955. L’article 61 précise qu’il appartient par contre à la caisse de décider du bénéfice d’une réadaptation fonctionnelle. On peut mesurer au travers de ces exemples. la base jurisprudentielle qui va permettre l’action quotidienne des caisses au service des assurés. souligne le docteur Lequesne ne s’est pas présenté. Cette fermeté a été efficace et Marcel Peyraud reconnaît qu’on a abouti à une solution. Là encore les élus s’insurgent. conformément à l’article 71. Gabriel Goudy pour sa part aimerait que l’attention des représentants de la commission administrative de l’hôpital soit attirée sur ces écarts de temps de séjour. Celui ci va constitue au fil de leur expérience et au fur et à mesure de l’élaboration de l’appareil législatif encadrant la sécurité sociale.N. le souci de concilier rigueur et vocation sociale de l’action de la caisse ne cède en rien. limites fixées par la caisse ou par le praticien quant elles sont liées à des raisons thérapeutiques. La commission longue maladie est chargée à l’avenir de statuer sur les cas qui se présenteraient. l’incessant travail d’exégèse et de réflexion qu'implique l'action de ces administrateurs salariés ou employeurs. alors que l’article 117 préconise une réponse immédiate. Ainsi. Ceci oblige à verser à titre provisoire à l’assuré des prestations au titre “ maladie ”. observent les élus. Le directeur rappelle pourtant que la caisse doit appliquer les textes réglementaires. C'est pourquoi il incite le Médecin Chef et le service médical à se montrer désormais plus large. cas qui pour le moment. L’article 103 et 104 sur le contrôle médical soumet désormais l’assuré à des limites de temps de sortie.M. l’ont été durant la période d’incapacité temporaire. la rigueur indispensable est tempérée par l’examen des situations particulières. "Il faut mettre tout en œuvre pour régulariser la situation quitte à appliquer les mêmes sanctions en cas de récidives. Il sera demandé à la caisse régionale de réduire autant que possible ces délais.

. tendant à généraliser les fermetures d’usines.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . de se limiter à une sanction morale ? Tous les mandats détenus de notre caisse peuvent lui être retirés ainsi que.A.C. Le 23 septembre 1955. supporteront les frais.” Cette motion est votée par 19 voix et 2 abstentions (Georges Maître et le docteur Albert Pasquier). représentant la Sécurité sociale à l’hôpital de Châteaubriant et dans la commission d’aide sociale de ce canton. • Espère que des solutions honorables seront rapidement apportées à tous les conflits en cours.R. P. après l’été agité qu’ont connu les régions nantaise et nazairienne. D.. une inspection sérieuse des installations soit faite par les comités d’Hygiène et de Sécurité afin d’éviter les accidents qui pourraient se produire. l’amélioration des ressources de la sécurité sociale. il a fait passer cet accident comme accident du travail.M. avant d’être plâtré.N. enfin. Homme honorablement connu. • Constate que de telles méthodes ruinent les efforts faits par la sécurité sociale notamment en matière de prévention. Le CA donne son accord unanime pour prendre une telle décision. Cette fraude a été possible toutefois avec l’aide de M.. travaillant aux établissements Huart a été victime d’un accident le 4 mai à son domicile. Huart l'établissement des déclarations d’accidents du travail de son entreprise. en particulier. pensait n’avoir un arrêt de travail que de quelques jours.. par ailleurs maire de Châteaubriant.210 210 . la caisse primaire reprend une motion de la caisse régionale sur ces événements. Pour toucher des indemnités. après l'accord de M. qui a charge d’enfants et éprouve de grosses difficultés dans son ménage. • Après avoir examiné les conditions dans lesquelles se déroule le mouvement revendicatif engagé par les salariés des principales villes de la région pour obtenir le relèvement de leurs salaires et par voie de conséquence. pleine de mesure. ne conviendrait-il pas avec l’accord de son employeur. Une sévère admonestation et une mention au dossier suffiront. des mesures de sécurité et. préposé des établissements Huart. A. • Condamne sévèrement les brutalités dont ont été victimes les ressortissants des Caisses et dont plusieurs resteront marqués dans leurs corps par des blessures qui en font des infirmes définitifs et dont les caisses chargées de la gestion des fonds des Assurés sociaux. “Le conseil d’administration de la caisse régionale de Sécurité sociale réuni en Assemblée ordinaire le 20 septembre 1955.. Il apparaît difficile compte tenu des renseignement recueillis d’exercer des poursuites pénales contre cet assuré plâtré pour de longs mois. • S’élève avec force contre les méthodes qui. Ce vieil employé de la maison Huart. • Conscient de la large mission sociale qui lui incombe. qui dirigea de 1930 à 1946 la Caisse d’Assurances sociales de ces établissements. privent les salariés de leurs ressources et par répercussion la Sécurité sociale de la rentrée des cotisations. qui. s’est laissé apitoyé par la situation de M.Avec la Sécurité sociale D. marquant une solidarité majoritaire avec de tels mouvements sociaux qui engagent une part importante de ses assujettis.. • Demande qu’au moment de la réouverture des entreprises qu’il espère immédiate.

La Voix des Travailleurs. insiste sur la nature universelle du droit à la sécurité sociale pour tous et souhaite une fiscalisation de la sécurité sociale. Il doit constituer une redistribution des revenus et des richesses dans un objectif de solidarité nationale.N.S. A. on peut s’attendre en effet à une baisse de 100 à 120 millions de francs d’entrées en cotisations du fait des usines fermées par rapport à l’an dernier à la même époque. novembre 1955. une coordination accrue avec un ministère des affaires sociales.G. une sécurité sociale qui assure un revenu de remplacement ”353. g) Les élections du 17 novembre 1955 La préparation de ces élections suspend un temps l'action commune et plonge à nouveau les administrateurs dans les débats sur leurs sensibilités spécifiques. La gratuité et l’amélioration des prestations. la situation des assurés lock-outés vis à vis de la Sécurité sociale suscite une attention empreinte de solidarité. Celle-ci peut être interrompue par la maladie. du 16 juin 1948. On rappelle alors que le ministre du Travail confirme la non-application de l’article 80 quater de l’ordonnance du 19 octobre 1945 en cas de grève ou de lock-out. Elle dénonce.A. Une indemnisation substantielle tendra à atténuer pour la famille. Il convient d’appliquer les instructions données par la circulaire 182 S. Après les grèves. Son programme préconise un nouveau plan de Sécurité sociale qui assure un revenu de remplacement et qui protége les travailleurs contre l’arbitraire. et leur donner des ressources suffisantes pendant l’interruption de travail.O. revendique un véritable régime de Sécurité sociale offrant un niveau de vie décent à tous les travailleurs empêchés de travailler.I. un minimum retraite de 60 % du S. Il en va de même pour la maternité. 800 millions sont attendus pour 1955 à la même période.C. F.F.Elle revendique “ une sécurité sociale qui garantit la santé. ”352 À Nantes. . La C.Guide supplément à la Voix des Travailleurs. l’insuffisance des prestations et l’immobilisme politique.211 211 . une liste d’action familiale et mutualiste est conduite par Marcel Peyraud….R. stigmatisant le lien endémique entre la gestion des caisses et l’activité économique.T. relative à la détermination des droits des bénéficiaires des législations de Sécurité sociale ayant interrompu leur travail au cours d’une grève. Alors qu’en septembre octobre 1954 : 924 millions de cotisations étaient versées.C. La sécurité Sociale dans ce cas doit les indemniser des dépenses supplémentaires occasionnées par cet état. “ La sécurité sociale a pour but essentiel de garantir à tous les travailleurs leur capacité de gain. Enfin.M. la couverture des besoins familiaux et la couverture des charges pour les traitements en maintenant le libre choix du praticien.Avec la Sécurité sociale Les retombées de ces évènements ont des conséquences concrètes importantes. les difficultés financières résultant du décès du travailleur. Elle étend cette revendication à une hygiène préventive du logement. la gestion par les élus des assujettis. Ces objectifs exigent la participation à ce régime de toutes les classes sociales. novembre 1955. et l’indemnisation 352 353 . “ le problème de la SS est lié à un changement de la politique économique et sociale ”.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .

À Nantes la liste est conduite par Fernand Ricou. Avril 1955. insistent sur le libre choix du médecin.N. d’amélioration et d’extension de la Sécurité sociale. une assurance chômage financée par l’État à partir d’un prélèvement sur les bénéfices bruts des entreprises industrielles et commerciales et des entreprises agricoles importantes et une indemnisation minimum équivalente à 75 % du S. Cette liste a été constituée de manière à représenter toutes les catégories professionnelles établies sur l’ensemble de la circonscription de la caisse. présente un programme de défense. l’amélioration des traitements et la chasse aux patrons mauvais payeurs pouvant amener le prélèvement.G. .G. “ Dossier spécial Sécurité sociale ” et n° 78. sur sa compétence et sur son indépendance.A. Reprenant d'anciennes positions historiques.G.F.I. la C. directeur de la coopérative des pharmaciens de l’ouest et représentant des syndicats de pharmaciens. au travers de positions de l’U.I. artisanales.C. Ils s’élèvent contre le dirigisme qui pèse sur la sécurité sociale et sur la philosophie ouvrière qui l'anime consistant à faire constater l’insuffisance de couverture plutôt que de rechercher la restriction de la consommation ou la diminution des dépenses. Institut Confédéral d’étude et de formation syndicales . Dégagés de toutes préoccupations étrangères aux buts même de la sécurité sociale et forts de son expérience -“ n’a-t-elle pas groupé dans ses caisses de 1930 à 1945 environ la moitié des assurés sociaux pour l’ensemble de la France.C..G.S.Avec la Sécurité sociale du risque chômage s’imposent. Le syndicat des cadres se présente pour la première fois à Nantes356. si besoin. sont exigées. un remboursement réel à 80 % et propose l’avance des dépenses pour les familles modestes. André Duhamel. septembre 1955. La C. sur les bénéfices bruts des entreprises sont revendiquées. La Mutualité pour sa part cible sa campagne sur sa neutralité. 16 novembre 1955. ses représentants ne pourront qu’orienter les conseils vers des solutions à la fois empreintes de dynamisme et de sagesse. industrielles et commerciales présidé par Paul Gringoire. “ Alors que la production de richesses et de biens de toute sorte va sans cesse croissant. La participation de l’État au règlement du déficit de la Sécurité sociale. “ Dossier électoral ”. la liste d’Union des employeurs est conduite par Jean Martin. La liste nantaise est conduite par René Burgelin.G.. des masses de gens sont en 354 355 . cette liste est emmenée par Gabriel Goudy. A. 355 À Nantes.Formation. Elle est approuvée par le comité de liaison et d’action des professions libérales. Gabriel Memain conduit à nouveau celle de la C. comme ils n'avaient pas vraiment eu l'occasion de le faire depuis 1945. 356 . à nouveau. constituée avec des indépendants.A.T.N.M Calvez fut élu.“354.C.212 212 . N°74.. Les associations familiales. La gratuité des prestations. Celui-ci reprend les grandes lignes de celui présenté en 1950 en y adjoignant les lignes essentielles issues du 23e congrès confédéral de 1953. Roger Grivaud conduit enfin une liste de défense des assujettis à la Sécurité sociale pour la C.G.La Résistance de l'Ouest. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . souhaite qu’on aille vers la suppression de la cotisation ouvrière. pharmacien.R. À Nantes. Ils souhaitent équilibrer ou supprimer certaines prestations.M. Confédération Générale des Indépendants. conduit à Nantes cette liste. n'avait présenté une liste qu’à Saint-Nazaire.En 1950 la C.T.M. Les représentants employeurs reprennent pour leur part de la voix.

la création d'une caisse nationale de retraite assurant des retraites suffisantes et un même régime pour tous les salariés à 55 ans et une caisse nationale chômage. 195 5 CG T FO Fran ce Voi x 2 873 800 1 081 400 1 396 400 695 600 695 600 451 500 % Nan tes Voi x 25 412 6 élus 10 922 2 élus 25 897 6 élus 11 220 2 élus % 43 31. Dans le même temps la C. des demi chômeurs en quête d’illusoires occasion de travail… “ En plus de ses attributions classiques.4 6.7 357 .7 3 852 1 élu 4.9 10.S.I.9 31.G.La Résistance de L'Ouest.4 13. souhaite agir pour supprimer le chômage et la misère grâce à la distribution d’un revenu social ou sursalaire national. A.Avec la Sécurité sociale même temps rejetés de la société et privés du nécessaire : quatre millions d’économiquement faibles. h) Les résultats Pour la caisse primaire de Nantes 108 979 salariés sont désormais inscrits. 15 novembre 1955.R. écoles ou cantines proches des lieux de travail.2 13.213 213 . Le 17 novembre 1955.A.C.M. sur des bulletins sans panachage ni ratures. Elle se prononce pour une diminution du temps de travail afin d’assurer du travail à tous357.4 CFT C Mut ualit é Mut ualit é Div ers 20. 84 189 ont votés dont 2 831 non validement : 81 358 se sont valablement exprimés.8 10.N. on vote à la proportionnelle dans soixante dix sept bureaux. les candidats de cette liste proposent deux rôles essentiels pour la Sécurité sociale . des chômeurs.2 16. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .

A.M.N.C. bien qu'à égalité de sièges. A. le taux des votants reste toujours important..R. en ce qui concerne le nombre de voix. Si l’enthousiasme des premiers votes est un peu retombé.C. devance la C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .G.214 CG C Uni on et frate rnité 214 . À Nantes. pour la première fois.T. Ces élections sociales semblent bien entrées désormais dans la culture des assurés sociaux.F.T. La liste obtient 5 sièges.Avec la Sécurité sociale 4 055 1 élu 638 1 élu 5 En ce qui concerne le collège employeur. la C. sur 5632 inscrits on enregistre 4199 votants et 3973 suffrages exprimés valides.

op. de cet échec semble liée au fait qu’une 358 .S. 7 février 1957. Une autre explication.215 215 .. et la C. en ce qui concerne les évolutions de la sécurité sociale.. In BERNARD GIBAUD. à son point de vue.S.N.. examen de santé.N.F.S.360.O. politique celle-là.M.F.S. En tentant de venir à bout de l’opposition au conventionnement des médecins libéraux qui rend impossible la prise en charge à 80 % pourtant stipulée par les textes.N. 359 .S.O. Très vite. pour faire approuver les grandes lignes du projet d’harmonisation et de limitation des honoraires proposé par Albert Gazier. à la fin de l’année 1956 il doit renoncer à la contrainte judiciaire qu’il comptait exercer sur les praticiens contrevenants. 1963.S. Cela n’empêche pas l’assemblée générale de la C.C. Il se heurte à forte partie. A.R.A. ”358 D) Entre méfiance et espoirs. de la nature exceptionnelle de certaines consultations. prend la direction du gouvernement. L’arrivée d’Albert Gazier au ministère des affaires sociales rassure de nombreux salariés. séance du 23 décembre 1955. Il propose alors de lui substituer l’arbitrage de l’ordre professionnel. Il n'est plus question pour eux. avec cinquante deux pour cent des médecins participants le refuser. 274. en raison de la formation ou de la réputation du médecin. de décembre 1956.S. il installe une commission composée des représentants des médecins. et des représentants salariés à l'égard de l’État. du 18 février 1953. Malgré le soutien des représentants des salariés. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . À la période de suspicion de la F. il trouve sur sa route l’opposition efficace des syndicats de médecins. Le grand tournant de la médecine libérale. Table ronde organisée par le Figaro réunissant toute les parties en cause..S. et de l’administration pour faire aboutir la politique conventionnelle initiée par le protocole d’accord entre la F. Guy Mollet. son président.I.M. dans le sens que l’on parlera moins de reclassement du personnel et de coefficients pour s’occuper davantage de problèmes concernant les assurés : action sanitaire et sociale.FERNAND RICOU Installation du nouveau conseil de la caisse de Nantes.O. Leur opposition porte essentiellement sur la question des dépassements d’honoraires.O.. cit.HENRI HATZFELD. p. de se contenter du système qui pour les médecins consiste à dire :“ que les caisses remboursent quelque chose et laissez nous pour le reste nous débrouiller avec le malade ”359. de la F. 360 .M. Les éditions ouvrières. secrétaire général de la S.Avec la Sécurité sociale 1955-1960 : “ Ce nouveau conseil aura une tâche plus intéressante.F... Son objectif est de prendre en compte les aspirations des assurés sociaux. une dynamique de consolidation au milieu des tensions a) Les chemins difficiles de la démocratie Les élections législatives du 2 janvier 1956 amènent un changement de majorité politique. malgré le souhait du docteur Monier. succède une embellie.CLEMENT MICHEL.. plus constructive que celle assurée de 1950 à 1955. Clément Michel. Ses origines syndicalistes semblent de nature à susciter une autre approche des problèmes de protection sociale.N.

op. Le 28 septembre 1958 une nouvelle constitution est votée.C.R. Les ordonnances du 29 décembre définissent une réforme hospitalière et accroissent les pouvoirs du gouvernement en matière de sécurité sociale.. désormais. Envers et contre tout pourtant. la Ve république est née.op. A.N.N. En matière de Sécurité sociale. Désormais celui-ci peut se substituer “ aux organismes de caisses pour imposer et réduire certaines prestations et établir un tarif de responsabilité en matière d’honoraires ”364. un fonds de solidarité alimenté par la vignette automobile est instauré pour permettre aux caisses de limiter la situation de pénurie où se trouve de nombreuses personnes âgées.. À un esprit de négociation où beaucoup ne voyait que de l'indécision.. Les évènements dès lors s'enchaînent.I.N.S. Les médecins qui avaient refusé l’entente collective se voient imposer l’entente individuelle. évolution de bon sens : l'assurance maladie génère un accroissement sans précédent de la demande de soins et représente en même temps une garantie forte pour les médecins de “ se voir honorer ” pour leurs prestations. 4e phase.F. “ une lente évolution des esprits ” qui va permettre dans bien des cas des accords concrets363. répugnait à faire preuve d'autorité face au corps médical. à partir de 1957 le désarroi est tel que l’instabilité pourtant habituelle de la vie politique de la IVe République prend une allure de déroute et d’effondrement institutionnel. Le 27 décembre. succède l'autorité.M. et avec elle avec la majorité des administrateurs salariés. les ASSEDIC sont créées par une convention interprofessionnelle entre C. en novembre 1956.T. commence à étendre la protection complémentaire en matière de retraite aux salariés non-cadres. archives orales de la Sécurité Sociale .S.S.HENRI HATZFELD.A. N° hors série septembre. et organisations syndicales de salariés. La première étape en est le décret du 26 août 1959 autorisant le ministre du travail à exercer tous les pouvoirs de la commission nationale des tarifs jusqu’au 2 janvier 1960. Entre temps. Le 29 mai 1958. cit. cit.G. En 1957 l’U. Elles seront gérées paritairement dans une structure autonome et ne s'intègrent pas. cit. l'idée d'un accord indispensable sur le montant des honoraires s'impose.. le franc est dévalué et le franc lourd institué. “ L 'œuvre Collective ” Espace social Européen. Evolution de sens : même si tout ce qui peut rappeler l'échange commercial reste honni dans le rapport médecin patient. René Coty appelle Charles de Gaulle à la présidence du Conseil.361. alors que la guerre d’Algérie monte en intensité et en horreur. p. le gouvernement tranche. p 168.216 216 . Enfin. Le 21 décembre.. dans le système de Sécurité sociale.. 21 novembre 1975 in BERNARD GIBAUD op.Avec la Sécurité sociale partie du gouvernement Guy Mollet soutenait les médecins ou.P.R. rompant avec une période de réformes sans cesse annoncées et rarement concrétisées. une nouvelle mentalité s’introduit dans le corps médical.5 % des suffrages. Pour reprendre la périodisation établie par Bernard Gibaud362. Sur le plan politique.O. 58.octobre 1995.N. comme le prévoyaient les ordonnances de 1945.BERNARD GIBAUD. 364 . une série de mesures se sont succédées. l’invasion de la Hongrie par l’union soviétique réinstalle le parti communiste et la C. Le 31 décembre. cet échec du projet Gazier marque le temps de la rupture entre l’État et la F. Clément Michel. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . pour le moins. Le 16 juillet 1956. de Gaulle est élu président avec 78. 363 .CLEMENT MICHEL. dans une situation de marginalité qui rappelle celle qui avait succédée à l’accord germano-soviétique avant la dernière guerre. Parfois le 361 . Le grand tournant. 362 .

F. Gabriel Brunner (commerçant). une nouvelle répartition des pouvoirs au niveau de chaque organisme marquant une forte démutualisation du système . Stanislas Billard. . Marcel Peyraud.F. (1) Indépendants (1) Employeurs (5) Administrateurs MM. comme avec la franchise pharmaceutique qui devra être abandonnée.C.T.. mais le plus souvent on impose comme avec les décrets Bacon du 12 mai 1960 qui instaurent trois éléments essentiels : “ un important effort de regroupement des régimes salariés général ou spéciaux sous l’autorité du ministre du Travail et celui des finances . Le Bot (C. constitue une source d'inspiration pour de nouvelles réformes et la base d’un projet patronal en matière de sécurité sociale visant à l’inscrire dans une perspective d'économie libérale. le directeur régional. Fernand Dehaye (épicier). René Teillard.F. “ La nécessité de la Sécurité Sociale est indiscutable. M.G. Joseph Anizon M.T.G.). Gabriel Goudy. Maurice Serain. “ L 'œuvre Collective ” . rapport d’experts sur les obstacles de l’expansion économique de la France.A.T. Pierre Charles MM. Maurice Brochet. A.G. cit.T. Fernand Ricou. Groupes C.C.G. un nouvel aménagement des rapports entre la sécurité sociale et le corps médical ”365./FO) MM. (6) C.R.T. Remaud (C. Jean Martin (Pharmacien).C.N. André Duhamel.Avec la Sécurité sociale gouvernement doit reculer. publié le 20 septembre 1960.) Union et Fraternité (1) Personnel Personnalités 365 366 . Le rapport Rueff-Armand. Louis Guénégues.217 217 .Rapport du CNPF.T./FO (2) Mutualité (2) C. René Claise (directeur du centre collectif d’apprentissage des métaux de Nantes). Joseph Gombeaud MM. Duguy (C. Roger Grivaud M . 64. Georges Buissonnière. Elle ne doit pas non plus décourager les individus et les groupes de prendre leur part de responsabilité en face des risques fondamentaux de l’existence./FO). ”366 b) La préoccupation sociale des nouveaux administrateurs nantais Le 26 novembre 1955. Deysson procède à l’installation du conseil d’administration.C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .G. Jean Josnin MM. M.C. 1965. MM. Henri Goineau. p. Jules Moreau (artisan menuisier). (6) C. Gaston Jacquet. Gabriel Memain MM. Pajot (C. Mais son extension incontrôlée ne doit pas compromettre le développement économique.M. La sécurité sociale et son avenir : pour une politique adaptée à l'expansion économique et au progrès social.T. Roger Ganne. op.

218 218 - Avec la Sécurité sociale qualifiées (2) Médecins Associations Familiales MM. Daniel Hervouet, Albert Pasquier M. René Burgelin

Les administrateurs procèdent ensuite aux élections de second degré destinées à élire les représentants de la caisse régionale. Marcel Peyraud succède à la présidence de cette caisse à Léger Magimel et Gabriel Goudy retrouve la présidence de la caisse régionale vieillesse et invalidité. D’emblée Gaston Jacquet, au nom de la C.G.T., adopte une position offensive. On n'oublie pas dans les rangs syndicaux les déclarations de campagne des employeurs. La violence et l'intensité des évènements du printemps et de l'été, marqués par la mise à sac de la délégation patronale et par la mort de Jean Rigollet, questionne ce syndicat sur la légitimité de la représentation patronale dans la gestion de la protection sociale des salariés. À la phase de coopération précédente succède sans contexte un durcissement des positions. “ Le grand clivage de la C.G.T. avec tous les autres : jamais de report sur toute candidature soutenue par les patrons : nous ne mélangions jamais nos voix à celle des patrons. ”367 À la C.F.T.C., les luttes unitaires de l’été ont effacé un certain nombre de réticences : une identité ouvrière s’affirme. “ Le monde du travail a découvert qu’il était, non seulement une classe mais un peuple. Un peuple avec des liens. Ces liens étaient tissés dans les réalités objectives, celles du travail et ces liens venaient de ce qu’il se savait dépendant des entreprises. Je crois que c’est ce qui a créé un degré de fraternité, de solidarité, exceptionnel. ”368. Désormais au delà des désaccords philosophiques, politiques, qui persistent, on ne recule pas pour l’unité d’action. Cette évolution est bien perçue du côté de la C.G.T. : “ Avec Marcel Peyraud, tête de liste de la C.F.T.C., nous avons rarement eu des problèmes importants. Je crois qu’il était sensible à nos positions sans pour autant les partager en tous points ”369. Gilbert Declercq, secrétaire de l’Union départementale C.F.T.C., est contraint, devant les tollé des employeurs et de certains militants, de mettre les points sur les i pour défendre cette cohérence d’action et réfuter le “ soi disant complot communiste de L.I. ”370.. Les positions particulières de la C.F.T.C. sont connues et claires, aucune rumeur se saurait arrêter son engagement en faveur des ouvriers et des salariés, avec tous ceux qui œuvrent dans ce sens. Les deux élus du syndicat C.G.T.-F.O., Charles Goudy et Joseph Gombeaud, sont des personnalités qui en raison de leur histoire et de leur engagement, bénéficient d’une considération amicale de la part des autres élus, représentants salariés. La plupart de ces hommes ont œuvré et milité ensemble et malgré les divergences amenant la scission de 1948, avec la C.G.T. ou malgré le vieux fonds anticlérical opposant militants marxistes ou anarcho-syndicalistes et militants chrétiens : le dialogue reste constant. Le 23 décembre 1955, le président par intérim, doyen d’âge, Fernand Ricou, adresse des souhaits de bienvenue au nouveaux élus. Ils sont empreints du souci de transmettre un relais dans l’action entreprise. “Le
367 368

.GASTON JACQUET, juillet 1995. .GILBERT DECLERCQ, 31 mars 1995. 369 .GASTON JACQUET, ibidem. 370 .Courrier de GILBERT DECLERCQ, 1er décembre 1955, archives CFDT.

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219 219 - Avec la Sécurité sociale nouveau conseil aura une tâche plus intéressante, plus constructive que celle assurée de 1950 à 1955, dans ce sens que l’on parlera moins de reclassement du personnel et de coefficients pour s’occuper davantage de problèmes concernant les assurés : action sanitaire et sociale, examen de santé. ” Il annonce à cette occasion son retrait du conseil dans un an “ du fait de sa mise à la retraite ”. La rapide mise au travail du nouveau conseil, avant même l’élection du bureau définitif, avalise ces propos. Des orientations se définissent en matière d’action et de prévention. Des subventions sont versées chaque année aux œuvres antivénériennes, antituberculeuses, à la P.M.I.. Leur masse est en augmentation constante, sans qu’il soit possible en retour de connaître les actions effectivement réalisées. “D’un commun accord les caisses primaires de Nantes et Saint-Nazaire ont décidé de réduire leur participation dans l’espoir que par ce moyen, les services intéressés arriveraient à nous fournir des renseignements. ” Un débat sur la lutte antialcoolique, premier mal social en Loire-Inférieure selon le docteur Hervouet, s'engage : les cirrhoses et les troubles mentaux qui leur sont liés coûtent chers à la Sécurité sociale. Marcel Peyraud entend pour sa part désigner des responsabilités avant de financer des actions : “ Tout pendant que l’État n’aura pas pris des mesures énergiques au plan national, il n’est pas question d’en faire plus ”. Gaston Jacquet approuve ce point de vue : “ Nous devons nous attacher à la suppression des causes mêmes de l’alcoolisme et ceci dépasse le cadre de la Sécurité Sociale ”. Roger Ganne nouvel élu C.G.T. souhaite pour sa part “ que des subventions soient accordées à condition qu’une information précise soit faite sur leur utilisation ”. M. Josnin de la C.G.T. partage l’inquiétude du docteur Hervouet : “ ce problème a des conséquences sur les enfants, si la Sécurité Sociale ne s’en occupe pas, ce n’est pas le gouvernement qui le fera ”. Les problèmes d’organisation continuent à solliciter les échanges. Le conseil371 s’oppose ainsi à la demande de la société Mutualiste du personnel de la police de Nantes pour former une section locale. Cette mutuelle en effet ne compte pas mille adhérents (ce qui est la base fixée par la loi) et une dérogation compliquerait des choses. Le 6 février 1956, le conseil procède à l’élection du bureau. Gaston Jacquet présente Fernand Ricou pour la présidence pour la C.G.T., M. Le Bot présente Louis Guénégues pour la C.F.T.C.. Sur 25 votants : 14 votent pour Louis Guénégues qui est élu, tandis que 8 votent pour Fernand Ricou, 3 votent blancs. er Les groupes salariés proposent alors Fernand Ricou C.G.T. comme 1 vice-Président, Joseph Gombeaud F.O. comme 2d vice-président et André Duhamel (Mutualité) pour une 3ème vice-présidence sollicitée aussi par le groupe employeur. Après un vote, la proposition des salariés est retenue. Maurice Brochet (C.G.T.) est ensuite élu comme secrétaire, Le Bot (C.F.T.C.) comme secrétaire adjoint, Jean Martin (employeur) comme trésorier et René Claise (employeur) comme trésorier adjoint. On procède alors dans la foulée à l’élection des différentes commissions. André Duhamel n’aura pas toutefois la possibilité d’assumer longtemps ce nouveau mandat. Le 24 février 1956, René Amice le remplace, suite à son décès, comme administrateur et troisième vice-président. Le président
371

.À la majorité moins trois abstentions parmi lesquelles celle de Joseph Anizon -mutualiste.

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220 220 - Avec la Sécurité sociale souligne l’action de ce militant mutualiste issu du syndicalisme chrétien : “durant 29 années, il a donné le meilleur de lui-même à la Mutualité. Malgré les responsabilités qui lui incombaient, dès 1930, à la création des assurances sociales il est présent. Cela jusqu’à sa mort puisque 3 jours auparavant il assistait à la commission d’action sociale ”. Les employeurs réagissent vivement à leur mise à l'écart démocratique. Se sentant évincés des responsabilités, ils obtiennent pourtant l’élection d’un quatrième vice-président, Jean Martin. En contrepartie, Le Bot (C.F.T.C.) devient alors trésorier.

c) Répondre aux besoins des assurés
Le bureau à peine en place, la question du prix de journée accordé à la clinique mutualiste, très inférieur à celui des autres cliniques, vient à l’ordre du jour. Marcel Peyraud rappelle alors la position de la caisse régionale : il est impossible de déroger, l’UD de la Mutualité doit procéder à un recours devant la commission des prix. Gaston Jacquet pour sa part trouve anormal que le prix de journée de la clinique mutualiste soit inférieur aux 1 400 francs accordés aux autres cliniques. “Il craint des incidences fâcheuses pour l’assuré. ” Le conseil dans son ensemble n’est pas hostile à l’alignement sur les autres prix de journées mais attend pour statuer le passage devant la commission des prix. En matière d’action sanitaire et sociale, le problème de la prise en charge des convalescents n’a toujours pas trouvé de solution. Rien n'existe pour répondre à ce besoin, quel établissement pourrait les accueillir ? Reprenant le débat précédent, Marcel Peyraud insiste sur l'urgence de la mission qui attend en ce domaine le nouveau conseil. “ Nous avons de nombreux problèmes à résoudre. Aujourd’hui le problème des convalescents, demain après étude- il faudra s’attaquer aux fléaux sociaux (alcoolisme, cancer, tuberculose). ” Les prestations maladie doivent elle-même évoluer. La demande de soins ouverte par l'action de la Sécurité sociale ne peut laisser sans réponse ou refuser de prendre en compte des besoins nouveaux. Ainsi le 30 mars 1956, un vœu de la caisse de Nantes concernant la prise en charge des appareils dentaires a été transmis par la caisse régionale au secrétaire d’État au Travail et à la Sécurité sociale, suite à un constat de carence de la commission des procédures gracieuses réunie le 17 janvier 1956. Enfin, émissaires et porte-paroles de la politique de la caisse, des représentants sont désignés pour siéger dans toutes les structures associatives que celle-ci subventionne. Outre le maillage autour de la sécurité sociale que cela réalise, cela va contribuer à lever certains préventions ou en tout cas à bâtir certains ponts, entre le syndicalisme C.G.T. et F.O., celui de la C.F.T.C. et une action associative longtemps marquée par l'empreinte patronale ou caritative et souvent soupçonnée de détourner de l'action syndicale. “ L’unité syndicale nous a appris au contact avec les autre syndicats à nous situer dans le monde ouvrier et à dissocier progressivement notre engagement de la croyance religieuse. Nous avons A.R.C.N.A.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet

221 221 . le concours d’aides ménagères peut devenir utile et indispensable. . 17. Gabriel Goudy. “ sans toutefois réserver 372 . Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . M. L'embauche d'un médecin est décidée pour coordonner ce programme qui ne limite en rien pour l'assuré. imposent une telle évolution. Goineau et Mémain. consistent dans “ les soins aux enfants. Pierre Fromy rappelle les instructions du Ministère du Travail concernant l’emploi des aides familiales et la participation financière importante de la caisse au fonctionnement de ces associations. les achats.C. la liberté de choisir son médecin traitant. à l’exception des gros travaux tels que lessives familiales et frottages des parquets ”.Société nantaise de l’aide aux Mères de famille. 22 rue du Général Leclerc à Ancenis. Le programme d’action sanitaire élaboré en 1955 prévoyait des examens de santé gratuits à certaines périodes de la vie. “ trois fiches sont réalisées : une pour l’Institut National d’Hygiène Social. remplir la mission de santé publique de la caisse auprès des assurés et limiter les coûts de santé en matière de longue maladie et d’hospitalisation. la préparation des repas. Il ambitionnait le développement d’un système de prévention généralisé. ”372 . .Avec la Sécurité sociale largement fait découvrir à nos partenaires la richesse de l’action associative et le rôle fondamental que nos épouses y jouaient. questionne la confidentialité de cet examen : “ la fiche serat-elle transmise à l’employeur ? ”.N. Burgelin. Au conseil du 27 avril 1956 l’application de ces mesures soulève le débat. Pour la majorité des élus de Nantes. le lavage du linge d’enfant. 4. place Saint-Pierre à Nantes : Louis Guénégues. A.R. Leurs attributions. désormais répertoriées. comme à la caisse.Association Populaire de l’aide familiale. MM. Leur action doit permettre le maintien d’une structure familiale stable dans des familles éprouvées par les aléas de la vie pour limiter autant que possible l’état de souffrance de ses membres et préserver leur autonomie. Lorand. et 60 000 étaient atteintes d’affections insoupçonnées. rue du Moulin à Nantes : Gaston Jacquet. soucieux que la protection des salariés ne soit pas dissociée de leurs droits fondamentaux.A. le raccommodage.Fédération Départementale des Associations locales d’aides Familiales rurales de Loire-Inférieure. “ En région parisienne sur 1 million de personnes examinées . Pour de gros travaux. la troisième pour l’assuré ”. Il tient à informer le conseil de l’efficacité des premiers tests réalisés dans le cadre de cette mesure de prévention. 6. . Ces projets d’action sanitaire et sociale ne se limitent pas à ces examens préventifs. 31 mars 1995.GILBERT DECLERCQ. rue du Général Leclerc à Nortsur-Erdre.Association Populaire familiale. 1.M. l’autre pour le médecin conseil de la caisse. le ménage. Pierre Fromy confirme que ce problème a été pris en compte.Association d’aide aux auxiliaires médicales et aux travailleuses familiales. 90 000 ont du subir des examens supplémentaires. ” Tous les administrateurs décident de réaliser ce programme et soulignent comment ce dépistage précoce de problèmes de santé bénéficie à l’assuré. . Rue d’Argentré à Nantes. M.

Avec la Sécurité sociale l’attribution des prestations supplémentaires aux familles employant cellesci au détriment des familles faisant appel aux travailleuses familiales ”. Elle se développe parfois dans le débat comme le 30 mars 1956 où la F. une aide financière au titre de secours puisse être accordée. Le rôle des correspondants mutualistes est redéfini. la centralisation des moyens et la décentralisation des contacts avec les assurés se poursuit.S. et 1 aide de plus de 12 ans d'ancienneté.C. 374 .. les regroupent. Le 6 juin 1958. 4 aides de plus de 2 ans. il y a encore peu de temps. La direction propose que. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . les 9 administrateurs de la C.222 222 . Joseph Gombeaud exprime sa satisfaction devant cette demande. Elle ne trouvera jamais à Nantes de concrétisation. Nantes en compte 159 000. Ils renseignent les assurés sociaux. Un correspondant payeur doit être désigné à Varades. lieu de résidence de 5 à 6000 personnes. Le 29 mai 1956. l’extension de ces services et leur coût. A. Pourquoi cette injustice malgré la représentation importante qu’ils assurent au sein de cet organisme ? Fernand Ricou.F. cette association emploie 7 aides de moins de 2 ans de présence. Ils constituent les dossiers de leurs adhérents.R.Élus à l’assemblée générale des 23-24 mai 1956. refuse le classement en 1ère catégorie de la caisse de Nantes qui doit s’opérer en principe à partir de 150 000 cotisants alors qu’au 31 décembre 1955. De plus Strasbourg. et les 2 administrateurs de la mutualité qui le constituent pour les salariés . il est décidé d'agrandir le bureau payeur de Basse-Indre et de supprimer le bureau payeur d’Ancenis remplacé par un correspondant payeur. émise il y a quelques années. le conseil n’a pas les éléments pour la traiter.G. les 8 administrateurs F. que la caisse primaire constitue elle-même un corps d’aides ménagères. Elle marque une pérennisation et une professionnalisation de structures où. Nancy. choix de pas concurrencer un secteur associatif largement issu d'un mouvement familial particulièrement actif.O.A. Coulée de la Grive. d) Organiser l’action Même si désormais la réorganisation ordonnancée autour du plan de Georges Crémois est bien avancée. dans un local de l’Association des centres sociaux. En avril 1957. souci des administrateurs de ne pas alourdir la gestion de leur caisse. Localement. transmettent 373 . Le développement de cette action connaît des développements importants. Cette attribution de l’aide ménagère doit rester exceptionnelle. pose toutefois la question de la participation des familles à leur financement.T.S. on ne travaillait pas plus de 3 ans en moyenne 373. Gabriel Goudy et Marcel Peyraud siègent en effet à son conseil national374 parmi les 17 administrateurs de la C. l’association populaire des aides familiales rue du Moulin revendique le droit d'attribuer des primes d’ancienneté à ses aides familiales.M. quand le nombre d’heures dépasse la centaine.O. 4 aides de plus de 4 ans.. 2 aides de plus de 10 ans. M. Toulouse dont le nombre de cotisants est bien inférieur à Nantes ont été agréées ! Les nantais s’indignent.N.T. Duguy rappelle la vieille idée. la dynamique d’adaptation et d'évolution de la caisse à sa mission se poursuit. Au début de 1956 s’ouvre un bureau payeur intermittent au Chêne des Anglais. 1 aide de plus de 6 ans. 1 aide de plus de 8 ans. Cette question est repoussée : n’étant pas à l’ordre du jour.À cette date.C.N.

les associations familiales. Il dresse.C.F. et Sécurité sociale. Vient aussi le temps pour Roland Vauge de préparer son prochain départ en retraite.N. Le secrétaire d'État préconise par ailleurs la mise en place d'unions de recouvrement entre les caisses de Sécurité sociale et C. Celle-ci associe la caisse primaire. de Nantes. Annecy et Chambéry. L’action du Conseil ne devient légitime qu’en cas de litige ou sur des questions de principe. Seul un contrôle commun des employeurs a pu fonctionner entre C. En 1945 en tant que futur directeur de la caisse primaire. La direction et les délégués statuent sur les problèmes qui ont trait au personnel. un état des projets en cours. Le président rappelle que tous les efforts dans ce sens ont échoué à Nantes. par 21 voix sur 28.. sous réserve de l’agrément du ministre.A. Pierre Fromy est élu.C.M. même si une part importante de la dépense reste à la charge des assurés.G. Enfin. perçoivent les fonds nécessaires et payent les adhérents. 1 nul et 6 abstentions au poste de directeur.O. une délégation peut être instituée pour la part correspondant aux fournitures prévues au tarif de Sécurité sociale. pour Roland Vauge. organisme qui se substituait à la caisse départementale. insiste pour que les administrateurs ne passent plus leur temps à traiter des questions relatives au personnel mais qu’ils se penchent plutôt sur les problèmes ayant trait à l’action sanitaire et sociale. lors de l'une de ses ultimes participations au conseil.375 ” Le 5 décembre 1956. Désormais. CA du 26 octobre 1956.T.S. à un accord avec les pharmaciens permettant son application au premier janvier 1958 pour les assurés sociaux du département.R. Louis Guénégues présente le nouveau fonctionnement instauré dans ce sens. Le 28 septembre 1956 l’examen de la circulaire Minjoz et des orientations de la F.-F.T. la Mutualité et les Syndicats de pharmaciens et d’opticiens du département. Robert Bouet est proposé comme directeur 375 .N. en ce qui concerne le problème ardu du reclassement.G. un homme s’impose Pierre Fromy. la C. Le Secrétaire d’État au Travail..O. la C. Un vœu est adressé par la caisse au ministère pour limiter les marges de dépassement des opticiens. aboutit.223 223 . où l'on souhaite clore définitivement cette étape. nous avons travaillé ensemble au Conseil d’administration de l’Union des caisses d’Assurances sociales de la Loire-Inférieure dont j’étais le vice-président tandis qu’il assumait les fonctions de Secrétaire Adjoint. rejoignant en cela le souhait inaugural de Fernand Ricou le jour de l'installation du conseil. j’ai eu des entretiens avec les directeurs des caisses dissoutes et M Fromy est devenu mon collaborateur. la C.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .A. La négociation du tiers payant pharmaceutique.T.ROLAND VAUGE. après bien des négociations.P. Ces conventionnements avec les syndicats de pharmaciens et d’opticiens sont annoncés officiellement dans une conférence de presse le 8 janvier 1958.S.F. conformément à ces souhaits.F. En ce qui concerne son remplacement. après une visite à la caisse du Mans. Pour cette même date une convention est passée avec les opticiens. Fort de ces directives.M. une délégation s’est rendue à Mâcon. Pour avancer la préparation des plans de l’immeuble Bretagne. le 5 novembre 1957.A. archives de la C. permet aux administrateurs de faire le point sur leur mission. tout semble clair à ce jour à Nantes.Avec la Sécurité sociale aux caisses les dossiers pour règlement. De nouveaux locaux sont en chantier pour installer le siège de la caisse.A. A.. “ Je connais Pierre Fromy depuis 1932.

la précarité du lieu. ont facilité ma lourde tâche au poste que j’occupais parmi vous.M. même s’il a servi a désengorger les autres locaux.ROLAND VAUGE. Les caisses primaires. de Nantes. le recouvrement des cotisations. après ces années de patiente construction. il n’est pas douteux que nous devons encore perfectionner nos méthodes.A. 378 . semble essentiel pour les administrateurs. “ Je garderai toujours un excellent souvenir de ceux qui. s'il en était besoin. des Inspecteurs de la direction Régionale. à tous les échelons de la hiérarchie. Le changement de direction est aussi le moment de faire évoluer le fonctionnement ou les pratiques. le contentieux.”377 Il adresse pour finir à tous les employés qui ont partagé cette aventure l’expression très cordiale de sa sympathie.ROLAND VAUGE cité dans L'Éclair. dont l’ancienneté dans ce conseil ne pousse pas à des négociations 376 377 . exige que la situation ne reste pas sans solution. nous avons improvisé. Mais il ne faut pas perdre de vue que tant en 1930 qu’en 1945.C. Pour redresser ensuite l’état de fait engendré par de telles improvisations. comme d‘ailleurs en 1930 les caisses d’assurances sociales. On demande aux intervenants de faire preuve de clarté et de discipline (Maurice Brochet).Avec la Sécurité sociale adjoint par 21 voix et 1 voix pour M. un long débat a lieu sur les compte rendus des procès verbaux. le rapport Pamphile de décembre 1956 rappelle.224 224 . Les notes doivent être prises littéralement par les sténos souhaite pour sa part Marcel Peyraud. Louis Guenégues demande qu’elles soient transcrites et remises au secrétaire. 29 décembre 1956. Les délégués des personnels mettent à l’ordre du jour la situation des agents dont l’indice avait été baissé en 1952 à l’époque des budgets limitatifs : ce type de limite n’existe plus et un jugement rendu à Bordeaux contre la caisse de cette ville constitue un nouvel élément susceptible de faire reconsidérer ce dossier. “On peut ainsi disposer d’un candidat connaissant bien les problèmes de la caisse. Le 28 décembre 1956 après un éloge chaleureux de Louis Guénégues “ sur celui qui se montra pendant vingt-six ans un directeur compréhensif sachant partager et résoudre les difficultés et créer autour de lui une ambiance agréable ”376. ”378 Mais les hommes passent et l’œuvre se poursuit. CA du 28 décembre 1956. Rouxel. il faut des années d’efforts persévérants.A. “ Des imperfections. Après ces congratulations.. alors que pour un candidat venant de l’extérieur une mise au courant plus ou moins longue s’impose ”.R. des lacunes voire même certains errements ont été relevés par des contrôleurs généraux. l’énumération des tâches à accomplir. Le directeur. En ce qui concerne les interventions au nom des groupes. Il y rappelle avec humilité l’aventure que constitua son engagement dans la construction de la protection sociale moderne. 19 décembre 1956. le contrôle. . Roland Vauge prononce un émouvant discours d’adieu. Ce choix d’un recrutement interne. Des installations urgentes sont à réaliser : le service de l’encaissement est toujours installé dans un baraquement en bois place Viarme. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . L’immatriculation. De vieilles questions ressurgissent. A. plus récemment par la commission de contrôle. Le 25 janvier 1957. notamment notre service cotisations. n’ont pas été organisées après de sérieuses études techniques mais dans les moindre délais des services ont été créés.P.M. Le président s’oppose à l’usage d’un magnétophone.N.LOUIS GUÉNÉGUES cité dans La Résistanee de l'Ouest. archives de la C..

S. que des questions d’ordre général et de principe et celles qui concernent les assurés sociaux. propose que le président et le directeur puissent traiter directement le tout-venant gestionnaire.A. Finalement.R.S.F. “Considérant que depuis la création de la Sécurité sociale. la nomination d’Albert Gazier par Guy Mollet au ministère des affaires sociales laisse l’espoir d’une entente collective avec le syndicats médicaux et permet d'augurer une avancée sur les questions de conventionnements d’honoraires.N. ” Répondant à Gabriel Memain qui aimerait voir les tarifs de province s’aligner sur ceux de Paris. on est partagé. Roger Ganne et Marcel Peyraud préfèrent pour leur part exprimer très vite et très fort la ferme volonté des administrateurs des caisses de voir ce problème se résoudre. “ Si le gouvernement et les responsables à tous les échelons voient que ce problème est encore agité cela ne pourra qu’aider à aller plus vite. environ 30 % plus élevés. insiste pour qu’un passage en 1ère catégorie soit entériné. insiste pour que ne soient traitées au C.N. les abstentions de M Jean Martin (Employeur). à la caisse de Nantes.Avec la Sécurité sociale d’impétrant. rappelle que la F.O. à la majorité. le bureau est reconduit.S. Le 1er mars 1957.M. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . moyens financiers et humains supérieurs pour la caisse.N. Voeu du 23 Novembre 1956 Voté avec 20 voix pour.. pour permettre une évolution heureuse des problèmes de financement de la sécurité sociale. même si les administrateurs ont bien conscience des menaces que font peser sur lui l’opposition virulente des praticiens et l’hésitation de nombreux politiques.O.S. Louis Guénégues. déterminante pour la suite de ce projet.M. 85 % des médecins devront appliquer les tarifs.. Les administrateurs salariés se mobilisent à Nantes sur ces problèmes. e) Le projet Gazier Depuis le début de 1956. et le ministre des affaires sociales fixant la proportion des médecins “ dérogataires ” à 15 % ”.N. Désormais. la caisse primaire de Nantes adopte le vœu suivant. sur l’opportunité d’affirmer son soutien au projet d'Albert Gazier. l’assemblée tripartite entre la C.M. la F. du docteur Albert Pasquier et de Gabriel Memain.O.C.S. les honoraires des praticiens n’ont pas permis aux organismes Sociaux de respecter l’esprit A. Marcel Peyraud s’indigne : ce n’est pas le problème ! La seule chose qui importe c’est le remboursement à 80 % de l’assuré.A. fondamentaux selon eux.S.S.225 225 .F. A la veille de l'assemblée générale décembre 1956 de la C. Gabriel Goudy propose que l'on attende les résultats des négociations entre les médecins et le ministre. Il est impératif de ne pas l’encombrer des questions de gestion quotidiennes des personnels.S. les élections aux différentes commissions et aux différentes délégations s’opèrent et une nouvelle demande à la F. “ ainsi que cela est prévu.

Honoraires médicaux et sécurité sociale379 La situation actuelle fait que le remboursement des honoraires médicaux fixé par l’ordonnance de 1945 à 379 . et le corps médical que des accords avaient été pris entre ces deux organismes et que jusqu’à ce jour ils n’ont pas abouti.S.O.S. ne s’émeuvent pas.M.S.O. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .Avec la Sécurité sociale des textes de 1945 sur la Sécurité sociale à savoir : remboursements aux assurés sociaux à 80% des frais engagés.C. aucune poursuite ne peut être engagée.N. d’accepter le projet Gazier lors de l'AG de décembre 1956.S. C'est parce qu'ils ne sont pas d’accord avec le projet Gazier que ces médecins trouvent toutes sortes de critiques à apporter.Numéro spécial de La revue de la Sécurité sociale.N.N. A. et le corps médical entériné par le parlement ne serait pas réalisé que le gouvernement décide le relèvement des tarifs d’autorité en tenant compte des honoraires pratiqués ”Considérant ”Demande La réponse des médecins ne traîne pas. d'attendre les directives de la F. 48 p.S. On décide.S.226 226 .S. F.R. sans plus de polémiques. une inquiétude réelle plane et une action nationale d’information est entreprise pour venir à bout de ce que l’on considère à la F.O.F. accoutumés désormais à ces diatribes. mars 1957. Le conseil d’administration au cas où la signature avant la fin de l’année d’un accord entre la F. que.S.M. Après le refus majoritaire de la C. Les administrateurs. ”Considérant que depuis 1953 des contacts ont été engagés par la F.N. Cette réserve toutefois a des limites. soit de la part des assurés sociaux soit de la part des conseils d’administration des organismes de sécurité sociale. par ailleurs assurés sociaux : 41 milliards pour soigner les assurés sociaux 44 milliards pour gérer la sécurité sociale.S. comme la mauvaise foi des médecins. et très vite une affiche se voit apposée dans chaque salle d’attente sous les yeux de leurs patients.N.N.A.O.S.O.S.

.Avec la Sécurité sociale 80% n’est en fait que de 40 à 50% . pour moitié l’indice du pouvoir d’achat du salaire horaire. Pour cela les tarifs doivent être connus et appliqués. -cLe véritable désaccord porte sur les dérogations : Le projet Gazier n’admet plus de dépassements sauf s’il s’agit de médecins nommément connus ayant exprimé le désir de figurer sur une liste dite de “ dérogataires ”. -bLes tarifs de référence sont égaux ou supérieurs à ceux librement fixés par les syndicats médicaux. : C.. F. Qui pourrait accepter aujourd’hui l’inquisition de son praticien avant de savoir les tarifs qui s’appliqueront à lui ? Les circonstances particulières. Ces conventions sont soumises à l’approbation des instances administratives pouvant se substituer aux parties.N.S.F. ne signifient rien : visites longues. A. clause particulière prévue par l’ordonnance de 1945 mais totalement détournée n’est plus acceptable. et C. Les critères de variations sont pour moitié l’indice officiel du coût de la vie.G.C. instituant de leur point de vue une distinction entre médecine de riches et médecine de pauvres.N.A.227 227 . dernière cause de dérogation instituée.M. L’Ordre des médecins est chargé de juger les infractions.G. une liste établie par des professionnels se substituant au fait “de laisser chaque praticien juge de sa propre notoriété dans le clair-obscur du “colloque singulier” ”. Pour de nombreux médecins le tarif conventionnel s’impose seulement pour les économiquement faibles..S. C’est pour ne pas laisser se perpétuer la sous-consommation médicale d’une large catégorie sociale que le projet Gazier reçoit l’approbation unanime des administrateurs de la Sécurité sociale.F.T. Or cette liste ne fait que rendre public un état de fait et donc permettre au patient de choisir en toute connaissance de cause.T. Ce n’est pas chose nouvelle : la procédure de fixation des tarifs figure dans l’ordonnance de 1945 et le protocole d’accord F.O.O.C. mais refusent l’existence d’une liste préalable. Les médecins trouvent justifiés le dépassement pour les médecins ayant une notoriété particulière.M. C. de 1953 : -aElle implique la signature de conventions collectives entre les Caisses de Sécurité sociale et les syndicats départementaux de médecins.R. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet ./C.S. La situation de fortune du malade.C.

10 de l’ordonnance du 19 octobre 1945.228 228 . et la C. 1/3 représentants du corps médical. En cas de désaccord avec la caisse régionale ou de refus d’homologation les tarifs conventionnels ou d’autorité s’imposent. Quelques semaines après ce protocole la C.M. demande une augmentation des tarifs. Des clauses de dépassement (voir supra) sont tolérées.O. mais “une telle liberté est absolument incompatible avec le fonctionnement normal de la sécurité sociale alors que la couverture des frais de maladie est rendue de plus en plus nécessaire par les progrès de la médecine ellemême”.S.R. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . un protocole d’accord est conclu entre la F. A. comment cela peut-il être évalué en terme de tarifs ? La vérité c’est qu’un certain nombre de médecins veulent garder la libre fixation individuelle des tarifs. Pour le projet Gazier tout cela doit être affaire de nomenclature.. réalisation d’une convention soumise à l’homologation d’une commission nationale : 1/3 de représentants des caisses de Sécurité sociale.M. 1947 Le 13 février 1947. En ce qui concerne l’exigence particulière du malade. Un commission paritaire départementale (S. 1/3 représentants des Ministères du travail.A. Le conseil de l’ordre régional et en dernier recours national juge les infractions.F. pour eux les tarifs Sécurité sociale sont trop bas. Les syndicats médicaux proposent des tarifs à la caisse régionale. L’histoire des honoraires médicaux depuis 1945 1945 Art.S. et syndicat de médecins) peut ordonner des remboursements de trop perçu aux assurés.S.Avec la Sécurité sociale à heures particulières.N.F..S.S.C. Ces dispositions se sont heurtées au refus des médecins de se conventionner. Après discussion... de la santé publique et de l’Économie nationale.N.M. Cela n’a rien de condamnable en soi. opérations spécialement délicates.

C.A. 2) Le déclenchement d’une campagne d’information du public . 3) Le dépistage par les Caisses de tous les dépassements des tarifs .S. 5) La mise en œuvre de tous les moyens pour obtenir du Parlement le vote d’un texte de loi permettant le respect de l’ordonnance du 19 octobre 1945.. En octobre 1947. et la C.N.S.F.S.229 229 .M.S. 6) La mise à l’étude par les Caisses de projets de réalisation de centres collectifs de soins.R.O.N. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .F. Celles qui sont signées sont rarement appliquées.S.F.G. renvoyant les conventions à la négociation départementale soumise pour la signature des syndicats médicaux à l’approbation de la C. un nouveau protocole d’accord est réalisé entre la F. L’A..F. des caisses accepte une augmentation de 15% sur les tarifs retenus le 18 juin. 4) Elle souhaite obtenir la possibilité légale pour les médecins de s’engager à titre individuel à respecter les tarifs légaux .S. La Confédération demande l’application des clauses de variation du protocole. 1948 Le 18 juin 1948. refuse de limiter cette augmentation aux chiffres de l’accord de juin : tout accord national devient impossible.M. Le 26 octobre 1947 la C.M. Sitôt cet accord un nouveau relèvement des salaires est autorisé. En conséquence elle demande : 1) Un retour à la stricte légalité en matière de fixation de tarifs . La C.M. dénonce unilatéralement le protocole qu’elle juge inapplicable nationalement.O.M.S.S. 1950 Peu de convention départementales sont conclues : 25 sont présentées à l’homologation en décembre 1949. Le résultat est que le taux de ticket modérateur réellement A.Avec la Sécurité sociale Le 30 septembre 1947 de nouveaux coefficients et un relèvement de 10% des tarifs d’autorité sont proposés par la F. l’assemblée générale des caisses de Sécurité sociale constate le blocage que les syndicats de médecins opèrent depuis 16 ans pour faire échec aux dispositions législatives.N.

230 230 .O.P. 48 conventions sont homologuées sur la base du protocole du 4 janvier 1950. se bornant à recommander à ses adhérents l’application de ses tarifs syndicaux aux populations les moins aisées et la modération dans les prescriptions : “ prescrire tout ce qui est nécessaire. Le 16 janvier 1950 la Confédération reprend sa signature.S. Le ministère contraint de se positionner annule certaines décisions de la commission d’homologation. se résout à demander à la commission d’homologation des tarifs d’accepter la signature de toutes les conventions conclues.S.G. Devant cet état de fait.N. dans son A.M. A la demande de la F.P. mais rien que ce qui est nécessaire ”. Malgré toute les demandes le gouvernement pour sa part s’abstient de prendre position sur les carences du corps médical.O.N.R. Beugniez (M..S. même si souvent. La C. le Parlement se saisit pour la première fois du problème. du 17 décembre 1950 refuse de s’engager avec les caisses de Sécurité sociale. le 5 décembre 1950. 1951 C’est le statu quo.) président de la Commission du Travail de l’Assemblée Nationale.A. et pour permettre aux usagers d’être remboursés normalement. Sans exprimer les arguments présentés sur le rapport Gazier.S.S. même en dépassement des tarifs précédemment négociés. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .C. les conventions signées ne sont pas appliquées. les syndicats médicaux rejettent toute collaboration réelle avec les organismes de Sécurité sociale. la F. A. par le groupe socialiste. L’incitation faite aux caisses primaires de négocier avec les syndicats départementaux de médecins porte ses fruits. En mai 1950. Meck (M.M.R.Avec la Sécurité sociale appliqué tourne autour de 50 % au lieu des 20 % prévus par les ordonnances. Des propositions de loi sont faites par le groupe communiste.R. par M.) et par M.F. Le 4 janvier 1950 un accord sur un protocole augmentant la dépense annuelle au titre des honoraires médicaux de 13 milliards de francs est obtenu. peu d’accords départementaux sont réalisés.N.

A.N. Le ministre peut faire appel d’une convention ou d’une décision de la commission nationale paritaire devant un Comité Supérieur des tarifs composé de magistrats.231 231 .O.N.S.N.S. la compose. Projet de loi N° 4.F.S. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .S. les caisses acceptant elles de prendre comme base de remboursement les tarifs syndicaux de février 1952 assortis d’un critère de variation déterminé.O. en l’absence d’accord.G. de créer leurs centres médicaux.M. Son rôle n’est pas d’approuver toutes les conventions mais de statuer à la demande d’un des partis.S. Malgré leur satisfecit. jusqu’au mois de mai 1956 aucune conclusion n’est rendue par les pouvoirs publics à ce protocole.S. L’écart entre les deux points de vue subsiste intégralement. Dans celui-ci : La commission nationale des tarifs est supprimée et remplacée par la Commission Nationale Paritaire : 3 représentants des professionnels. 1952 Le 28 janvier 1952 a lieu une première réunion.C. 1953 Le 18 février 1953 est conclu un protocole d’accord entre la F.N.O. et la Confédération le 12 mars 1953. Ce comité décidera des tarifs en cas d’impossibilité d’une A.S.S.295. qui sera un protocole de référence soumis aux pouvoirs publics par une délégation F. les positions de principe des médecins n’ont pas bougées.O. le 15 décembre 1951 l’A. Le 11 février 1952 se tient une seconde réunion traitant du problème des tarifs opposables.” Cette solution semble représentée par le projet Gazier. on s’apercevrait que rien n’a changé depuis plus de 30 ans et qu’il n’y a aucun espoir d’aboutir à une solution en dehors d’une prise de position formelle des pouvoirs publics sur une solution législative équitable mais précise. puis de 1930 à 1945 entre les caisses d’assurances sociales et les Syndicats de médecins. les médecins allant même dans leur assemblée du 15 mai 1952 jusqu’à exiger l’arrêt de tout accord conventionnel.S.M. et la C. “S’il avait été possible de retracer les discussions qui se déroulèrent de 1927 à 1930 dans les Assemblées parlementaires. les 13-14 décembre 1951 préconise le droit pour les caisses. Les points de vue restent inconciliables.N.S.Avec la Sécurité sociale Alors que l’assemblée générale des caisses de Sécurité sociale. des C. 3 représentants de la F.M. décide de reprendre des pourparlers avec la F.F.R.

M.N. laissant le choix entre le remboursement de l’assuré ou le règlement direct du praticien. Grande-Bretagne : La gratuité des soins s’applique. le dimanche ou les jours fériés pour éviter les abus. Israël : Les soins sont gratuits pour l’assuré Italie : Selon l’organisme il est procédé soit au règlement direct au praticien ou au remboursement des frais à l’assuré. en dehors de quelques caisses comme celle des agents de l’État et des agents des Chemins de fer. Comparaisons Internationales Allemagne : Le règlement des honoraires est effectué directement aux médecins par les organismes d’Assurances sociales.C. En cas d’hospitalisation 16 % des frais sont facturés au titre de contribution au coût de l’alimentation. Espagne : Les soins sont gratuits en dehors de quelques soins spéciaux remboursés. ou de titres et de spécialisation du praticien. Japon : Les prestations médicales sont allouées sous forme directe. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .Avec la Sécurité sociale convention ou devant une décision inapplicable de la commission paritaire. La liste des médecins dérogataires doit être publiée pour que les assurés en aient une claire connaissance. Une participation est demandée à la première A.232 232 . Chili : Les soins sont gratuits. Autriche : Le médecin est payé directement par les caisses de Sécurité sociale. La nomenclature peut établir des majorations de tarifs en raison d’états pathologiques particuliers du malade. Grèce : Il existe des dispensaires dispensant des soins gratuits. Dans les soins dentaires certaines participation au coût du matériel utilisé sont demandées. En cas d’urgence les honoraires sont payés au médecin et remboursés. Danemark : Les soins sont gratuits en dehors de participations minimes pour les soins la nuit.A. Il existe la possibilité dans ce dernier cas de s’adresser à des établissements d’organismes où les soins sont alloués sous forme directe.R.

C. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . supprimant toute émulation et envie de perfectionnement ? Sur le libre choix du médecin par l’assuré ? Est-ce un choix de s’entendre dire que l’assuré ne sera pas remboursé s’il choisit un médecin dérogataire ? Pourquoi le médecin se verrait-il refuser des frais de déplacement “ alors que l’ouvrier plombier verra ses déplacements largement rémunérés ” ? Le secret professionnel ? La nomenclature rigide des tarifications des actes médicaux et les feuilles de maladie donneront une lisibilité totale. Pérou : Généralement le soins sont réalisés sous forme directe. URSS : Les soins médicaux sont directs et gratuits. Après une conférence régionale extraordinaire tenue le 20 mars 1957 pour affirmer l’attachement des administrateurs de la Sécurité sociale au projet Gazier. Nouvelle-Zélande : Il existe des prestations aussi bien sous la forme directe qu’avec remboursement.M. La nonapplication des 80 % remboursés ? A qui la faute ! Le projet entend respecter les libertés syndicales ? Alors que signifie la déclaration d’Albert Gazier sur la nécessité “ de renoncer à des habitudes traditionnelles qui sont respectables ” ? Ne va-t-on pas vers une médecine à prix fixe en supprimant l’entente directe. L’assuré doit participer au coût des soins médicaux.233 233 .A. à qui veut sur la situation des patients. les médecins du syndicat de Loire-Atlantique affûtent leurs attaques. Ils déplorent leur mise à l'écart de cette réunion et déplorent les interprétations erronées des administrateurs locaux. provoquant le nivellement par le bas de la profession. la plus importante des libertés pour le médecin.N. Turquie : En principe les soins sont octroyés directement. Portugal : Le soins sont sous forme directe. À Nantes à l’attente tranquille des premiers temps succèdent des attitudes plus offensives.R. Suisse : L’application se fait selon les organismes même si la loi fédérale prescrit le système direct.Avec la Sécurité sociale consultation médicale et pour les personnes à charge de l’assuré pour tous les soins. Prônant l’exemple pour les employeurs nantais. Mexique : Les prestations sont directes. le syndicat des médecins du département de Loire Inférieure signale que leurs homologues A. Pays-Bas : Les soins sont prodigués sous une forme directe.

N. la mutualité. Ils entendent. est diffusé. alors que les remboursements ne portent que sur 80 % de 320 francs.F.Avec la Sécurité sociale de la caisse primaire centrale de sécurité sociale de la région parisienne ont refusé pour leur part de s’associer au vote en faveur du projet Gazier380. les trois centrales syndicales ouvrières.C.M. le 13 avril 1957 les élus de la caisse primaire de Nantes prennent le relais de la caisse régionale. Le Bot estime que désormais l’heure est à la lutte. de la C. accompagné d’un courrier du président Louis Guénégues. Ils affirment l’attachement de tous les participants de cette réunion au projet Gazier et communiquent l'insistance commune que les 80 % de remboursement soient immédiats et que les ressources nécessaires soient générées sans porter atteinte aux fonds destinés à l’Assurance Vieillesse et aux allocations familiales. de la fédération des malades et de toutes les caisses de Sécurité sociale.F.234 234 . l’association des paralysés de France. consultations et visites oscillent entre 500 francs et 900 francs. Les Docteurs Pasquier et Hervouet y représentent le corps médical. reclasser c’est une mission importante à laquelle la Sécurité sociale doit contribuer. sans s’impliquer ni s’investir réellement : rééduquer.A. Elle réunit le bureau de la caisse primaire. l’U. Marcel Peyraud invite à la plus grande détermination. Il ne faut pas hésiter à se montrer plus agressif. le point de vue des médecins ”.M. précise-t-on.. “Il en résulte que le personnel n’a pas eu connaissance de ce tract édité à l’intention des assurés sociaux”. Des tracts d’information sur le projet Gazier ont été détruits dans une entreprise par la direction et par une assistante sociale d’entreprise. prix tarifé pour une visite.C. suite à la demande de la F. Forts du soutien de toutes les organisations syndicales ouvrières. Un tract pour informer les assurés. 25 mars 1957. de la F.F. Le 5 avril 1957. en tant que président de la caisse régionale. la fédération nationale des malades infirmes et paralysés. prix tarifé pour une consultation.G. à toutes les caisses de France une journée d’action est organisée : À 10 heures 30 une réunion du bureau de la caisse la débute pour une dernière mise au point du programme de la journée. Sur le secteur de la caisse de Nantes. Une réunion d’information sur le projet Gazier est organisée par ses soins. réadapter..Ouest-France.N. la confédération générale des cadres. La somme restant à charge des assurés peut donc aller dans certains cas jusqu'à 70 % de la dépense engagée.. 380 . souligne-t-on. aucune convention n’a pu être appliquée durablement depuis la mise en application de la sécurité sociale. Des faits parlants sont rapportés. À Nantes..R.A.. A. Le 7 mai 1957. Cette résolution à l'encontre de certains employeurs demeure au centre du long échange sur la réadaptation fonctionnelle qui suit.A. “ À propos du projet Gazier. la caisse régionale vieillesse et invalidité et la C. tout régenter à leur profit. et 80 % de 256 francs.D. mais il faudrait aussi obliger les employeurs à accueillir une certain nombre de “ diminués physiques ” et à s'impliquer pratiquement dans une protection sociale qu'ils veulent gérer pour mieux la vider de son contenu. M.S. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet ..S. La Sécurité sociale doit se positionner par rapport au projet Gazier et ne pas laisser les médecins dire n’importe quoi sur le libre choix.O. Le soutien offensif apporté aux médecins par certains employeurs laisse percevoir d’autres objectifs plus larges à ce combat. l’entente directe.N.

S.N. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . il faut à son avis être prudent et prendre une telle décision dans la plus grande concertation.O.N.O. on oppose parfois à leur intérêt particulier. Jean Martin exprime alors sa crainte au nom des assurés. d’établir une statistique pour savoir qui se présente aux guichets le samedi matin. En juillet 1957.N. je n’étais pas dans mon rôle. de ne pas mettre les administrateurs des Conseils en porte à faux sur ces questions. Marcel Peyraud rappelle toutefois que. c’est le syndicat F. la révision de la classification actuelle du personnel datant du 1er juillet 1954. le conseil ne peut pas traiter seul le problème des salaires en raison du nombre des caisses. Il m’a fait remarquer qu’en amenant ces questions. seul temps disponible pour beaucoup. Il se rallie à l’avis de Marcel Peyraud pour que soit envoyé un courrier à la F. 381 381 .Avec la Sécurité sociale À 14 heures 30. qui interpelle le conseil sur la revalorisation des salaires. Pour ma part. Gabriel Goudy appuie de son côté la recommandation de la F. obtenant l’accord de l’assemblée.RAYMONDE QUEHEN. À 18 heures. bien qu’employeur. Ceux-ci ne pourront plus alors se présenter le samedi matin aux caisses.S. 1 voix contre et 2 abstentions la semaine de 5 jours sera décidée. Pour Roger Ganne.A. Gaston Jacquet propose alors. en précisant l’accord du conseil de Nantes pour que les salaires soient revalorisés. Gaston Jacquet. Le rôle du délégué au sein du conseil est parfois difficile. Gaston Jacquet ne peut être que d’accord avec ces revendications. à Saint Nazaire on fera de même.S.A. le 7 juin 1957 par 16 voix pour. l'intérêt commun qu'ils sont censés défendre. À 17 heures.F.S. ” Au printemps 1957. j’étais comme administrateur de la caisse pas pour défendre le personnel. f) La difficile fonction d’employeur La tonalité résolument politique que peut prendre l’action des administrateurs et la part prise désormais par la direction et par le président à cette lutte. A. “ Le directeur n’appréciait pas qu'on amène ces questions.R.O.S.T. Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer sur la semaine ne peut-on pas envisager la solution de l’expédition de leur dossier par la poste.C.N. le conseil est l’employeur et peut décider. souhaite pourtant répondre favorablement à cette demande des délégués.O. Finalement. une réunion est organisée avec les parlementaires de la circonscription de la caisse de Nantes.C.S. Marcel Peyraud est plus circonspect. ma conviction était claire : “ je suis administrateur représentant le personnel donc bien dans mon rôle ". n'effacent pas pour les personnels l'engagement pour leur propre protection salariale. pour pouvoir traiter la question en juin. une conférence de presse fera le bilan des informations recueillies. la majorité du personnel se prononce par vote pour la semaine de 5 jours et la fermeture du samedi et dimanche. sont chargées de traiter ces questions sur le plan national en menant des négociations avec les syndicats.G. et l’U.235 235 ..N. 9 mars 1999. la révision de grille hiérarchique. La F. au nom des administrateurs C.M. une réception par le préfet est prévue.

Que faire ? M Remaud. Les représentants F. par Roland Vauge. Le 6 août 1957. sévèrement s’il le faut.C. Pourquoi alors ne pas détacher un médecin de la caisse régionale à cet effet ? Roger Ganne refuse cet argument.Avec la Sécurité sociale Parfois les questions sont plus futiles. Une position de conciliation est souhaitée par Marcel Peyraud.N. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . c’est une radioscopie par an et une visite pour l’employé malade depuis plus de trois mois. alors qu’il existe un médecin du travail et un médecin conseil pour les salariés de la caisse comme pour tous les autres salariés. représentant le personnel. et à regret. déclarant les trois candidats incompétents pour la A. mais pour ces heures de récupération.T. Il convient de rappeler. Le 27 septembre 1957. président et direction. c’est une complication et c’est un surcoût. Parfois les questions d'embauche soulèvent de difficiles débats.R.G. le vendredi 16 août . Lors ce même conseil. de la récupération ou non d’un temps d'une heure accordé pour assister au départ du tour de France. un troisième médecin. il convient "de passer l’éponge" et de clore l’incident : 94 heures ne valent pas un incident majeur au sein de la caisse. De très longs échanges opposent et confrontent pour tenter d’accorder les préoccupations sociales de la majorité des administrateurs à l’égard des salariés et le service des assurés. À l’unanimité. Les revendications du personnel ne s'éteignent pas pour autant et dénotent probablement un souci de s'affirmer face à une direction de Pierre Fromy. Il porte sur une demande.A. aux salariés “ qu’ils ne doivent pas oublier que les Caisses de Sécurité sociale sont des organismes sociaux à gestion démocratique et non à gestion capitaliste ”. un long débat succède aux questions de salaire.236 236 .. “ c’est le travail de la direction de déceler les “brebis galeuses “ et de prendre des sanctions ” pourquoi chercher à s'abriter derrière une expertise médicale ? Par huit votes pour. Céder à cette demande compromettrait l’autorité du directeur.. mais pas forcément plus faciles à régler. Le 3 avril 1958 la question de l’absentéisme revient sur le tapis lors de l’ordre du jour du conseil. sans doute plus autoritaire que celle pratiquée avant lui avec hauteur et discrétion. le directeur et les employeurs.M. Ce sera la décision finale : 5 administrateurs souhaitent que ce temps soit récupéré. dans une telle situation. se rangent sans nuance du côté des délégués. il y ait plus d’éléments pour décider. s’abstient de se prononcer sur l’un quelconque des trois candidats en raison des conditions d’examen et des rumeurs qui ont filtré sur les délibérations du jury. Roger Ganne est d’accord. Le conseil persiste dans son refus : le médecin conseil n’est pas dans son rôle en exerçant un tel contrôle. le médecin du travail. il convient d’annuler toute récupération. 8 s’y opposent et 6 s’abstiennent sur cette question. suite à l’examen d’admission d’un nouveau comptable. le conseil refuse d’accorder ce pont et demande qu’on comptabilise le nombre de dossiers traités le 16 août pour qu’à l’avenir. exprime sa surprise en entendant parler de l’intervention sollicitée d'un médecin contrôleur. neuf contre et six abstentions le conseil refuse à la direction la possibilité de faire intervenir un médecin contrôleur. Une position de refus de principe est adoptée par le président.O. le conseil est entièrement consacré à répondre à la demande du personnel d'obtenir un pont. or pour tous les employés. Pierre Fromy explique que cela ne concerne qu'une partie du personnel qui prend quatre vingt ou quatre vingt dix jours par an.T.G. et C. En raison de l’incompréhension qui règne en cette affaire entre personnel. concernant quatre vingt quatorze agents. le groupe C.

N. comptable. Bomy. de carence d’archivage amenant la perte de la trace de certains dossiers réglés383… L'étude de ces rapports. janvier 1958. . au nom des mutualistes René Amice exprime sa lassitude382. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .A. Au travers de deux rapports successifs sur le service prestations. Les charges seront réparties entre les employeurs et la Sécurité sociale au prorata du temps passé et un ajout des versements patronaux concernant le régime de retraite ou les congés payés sera effectué. Non seulement le conseil perd son temps à lire ce rapport mais en plus il va lui falloir rédiger des réponses. Passant outre. ils constatent en effet une perte de retraite complémentaire pouvant aller jusqu’à 10 % et une perte du nombre d’heures supplémentaires majorées à 25 ou 50 %. un critère d’évaluation essentiel s’affirme : le service des assurés. courrier du 31 mars 1958. octobre 1957-janvier 1958 et rapport BOURY octobre 1957. pour le quota d’heures réalisés dans les limites du plafond. L'une des perspectives majeures de ces dynamiques d’organisation est sans contexte le nouveau siège prévu place Bretagne. les administrateurs rappelle un principe. de créer une section locale est acceptée. A.R.). Parfois. “ Le directeur n’a jamais été informé des reproches émis par l’inspecteur de la caisse régionale et celui-ci n’a semble-t-il absolument pas cherché les raisons des anomalies qu’il constatait. “ Je maintiens que les sections locales mutualistes ne sont pas une charge pour la caisse primaire . Alors que l’entreprise Huart se voit doter d’un correspondant. Les estimations de M.M. Tandis que le 6 décembre 1957 la demande de la mutuelle des P. elles peuvent et doivent se suffire à elles-mêmes avec le prix de revient de la caisse. Les mutuelles d’entreprise sont toujours l'objet d'une attention vigilante.C.237 237 . le 2 mai 1958.T. le conseil majoritairement retient M. Malgré le défraiement des entreprises qui les salarient.T. Bomy dans cette fonction. la caisse n’a pas à payer les dossiers plus chers que le coût de leur traitement par ses services. enfin. l'attention des administrateurs est à nouveau attirée sur des problèmes de délais de règlements excessifs par voie postale.Rapport PRIET. g) L’attente d’un nouveau siège place Bretagne La dynamique lancée depuis le plan de Georges Crémois poursuit ses effets. malgré une appréciation globale satisfaisante.RENE AMICE à LOUIS GUÉNÉGUES. Le ministre du Travail accepte la solution suggérée par les Chantiers de l’Atlantique d’un calcul d’indemnisation sur un salaire moyen calculé à l’heure pour les horaires et mensuel pour les mensuels. Le 3 avril 1958 un courrier de M Deysson du 31 mars 1958 fait le point sur l’indemnisation des administrateurs pour leur perte de salaire.T. un déficit est constaté aux Chantiers de la Loire où 3 salariés traitent 58 dossiers jours alors que deux suffiraient. ” Gaston 382 383 . par 15 voix pour et 5 abstentions.Avec la Sécurité sociale fonction visée. pour le calcul des prix de revient du dossier sont sous-estimés. c'est leur propre statut que les administrateurs sont amenés à défendre. ” Mais au cœur des objectifs de changement. Le prix de revient des sections locales mutualistes doit être déterminé dans leur réalité.C. provoque l’exaspération de Georges Buissonnière (C.F.

Les archives et les stocks représentent 650 m2 de surface occupée. La caisse actuelle fonctionne avec 3 800 m2 de locaux à Nantes et 420 m2 hors de Nantes.Avec la Sécurité sociale Jacquet pour sa part est satisfait des réponses proposées à ce rapport. place Bretagne. La réalisation de ces nouveaux locaux doit prendre encore au moins 7 ou 8 ans : le relogement des habitants du Marchix n’est pas terminé et la démolition des immeubles sera suivi d’importants travaux de déblaiement avant de pouvoir construire. Après la centralisation dans l’immeuble de la place Bretagne. de mauvaises conditions de confort et d ‘hygiène des employés. La caisse traite les dossiers de 22 500 employeurs et de 154 000 assurés. selon lui. Du côté des assurés le mouvement journalier peut toucher 1 850 personnes avec des pointes horaires dépassant 350.A. sous réserve du respect de la règle : même service. celui de l’information des assurés sur les ententes préalables et la rigueur à avoir en ce qui concerne les médecins prescripteurs. voilà la situation actuelle ! Les besoins estimés en surface sont de 9 900 m2. la caisse invalidité et la caisse primaire y répondrait.M. Une centralisation des moyens devra s’opérer place Bretagne pour tous les services administratifs de la caisse.238 238 . constitue un problème plus important. Le développement des bureaux payeurs intermittents sera recherché dans toute la mesure du possible. Toutes les évolutions et les orientations à venir se trouvent toutefois largement suspendues au grand projet parachevant le travail d’organisation accompli : la construction d’un siège social. ce dernier bâtiment pourrait abriter les services examens de santé. mais s’inquiète davantage de ce qui. la prudence est de règle pour le budget 1958. Vu ce délai. Un problème d’encadrement. A Nantes ses services sont répartis sur 3 sites (Bréa. conçu pour répondre aux besoins de la caisse. la construction rapide d’un immeuble dans la cour rue de Bréa et un projet de construction rue Maurice Sibille doivent être envisagés. 350 personnes.R.N. enfin. Cinq centres de paiements sont établis en 3 lieux ainsi que 8 bureaux semi-permanents à Nantes et 7 hors de Nantes. L’état des lieux souligne les espoirs attachés à ces projets. Viarme) auxquels il faut ajouter ceux des sections locales. installés dans des emplacements judicieux afin de servir au mieux la population. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . de mauvais accueil des assurés. L’étroitesse des locaux devient cruciale pour un personnel qui comprend en 1958.C. Cambronne. avec la mise en fonctionnement d’un important centre de paiement. Le bloc prévu place Bretagne englobant la caisse vieillesse. alors que les grèves générales ont causé la perte de quelques 120 millions de valeurs en cotisations. h) Action sociale A. les sections locales et les correspondants d’entreprises seront favorisés. Quarante voitures automobiles et quatre-vingt véhicules à deux roues constituent le parc de véhicules. même coût. En janvier 1958. Un projet de restructuration générale est à l'étude élaboré en fonction des possibilités offertes par ces nouveaux locaux. Une décentralisation des relations sera effectuée simultanément au moyen de centres de paiements périphériques.

”384 À la caisse de Nantes. Le 27 septembre 1957. rue Arsène Leloup à Nantes. d’institutions. Le problème des honoraires médicaux n'est pas réglé mais une dynamique est désormais impulsée amenant l’État à substituer aux projets d’entente collective des mesures autoritaires amenant une multiplication des efforts de conventionnement locaux. Le grand tournant de la médecine libérale. ses administrateurs siègent sur tout le territoire départemental dans les conseils d’hôpitaux.C. En effet. un projet de création de centre d’examens de santé et de 384 . propriété de l’hôpital ou des travaux importants seraient à réaliser avec l’aide de la Sécurité sociale ne constitue-t-elle pas un lieu adapté ? Les bâtiments de Laënnec nécessitent eux aussi des aménagements et peut-être de nouvelles affectations. Au-delà de ces engagements successifs de la caisse déterminés par son conseil. Le 7 mars 1958. 175. l’Institut médico-pédagogique des frères de Saint Jean de Dieu.239 239 . Le problème des convalescents dont le séjour au centre hospitalier est très onéreux pour la caisse est aussi à l’ordre du jour. aboutissement d’une réflexion sur ce thème menée pendant plusieurs conseils. d’associations..Avec la Sécurité sociale L’ampleur de ces actions d'organisation. “ En ce qui concerne la caisse primaire de Nantes nous avons un avantage sur certains organismes. Pierre Fromy propose d’attribuer à chaque centre un quota dans le cadre duquel les agents pourraient présenter des cas. op. Pour le réemploi des “ diminués physiques ”. p.HENRI HATZFELD. depuis quelques années. serait désormais les retrouver. Avant toute décision. reprenant une proposition de Roger Ganne. dans la plupart des endroits clef où se débattent et où s’orientent les questions sanitaires et sociales d’une Loire-Inférieure devenue après 1957 Atlantique. souhaite qu’un bilan des besoins de la région soit établi. l’objectif d’Albert Gazier reste d’actualité. i) Coûts de santé : de l’entente collective aux mesures autoritaires Le retour au pouvoir du général de Gaulle marque la fin des attentes reposant sur le projet Gazier. A. une contribution de la caisse primaire est décidée en faveur du comité départemental de liaison et de coordination des services sociaux . Retracer leur biographie. Comment mettre à la disposition des usagers une médecine valable à des tarifs qui seraient effectivement remboursés à 80 %. ” C’est ce lent mouvement qui va dominer la question et transformer la victoire des ultras et des notables sur le projet Gazier en une victoire à la Pyrrhus. L’utilisation des fonds de secours existant soulève le problème de l'information : comment faire connaître aux usagers les possibilités offertes par ce fonds interroge Gaston Jacquet. ne fait pas pour autant oublier les projets d'action sanitaire et sociale de la caisse. une convention est signée avec trois instituts médico-pédagogiques : l’Institut Notre Dame des Enfants.M. Des solutions radicales sont envisagées.N. une réunion est prévue avec les délégués patronaux.A. le président.R. dans les diverses commissions préfectorales ou territoriales. cit. la Papotière et l’Institut médico-pédagogique de Gesvre à Treillères. La propriété de la Seilleraye. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet ..

Actuellement. la commission paritaire de conciliation pourrait étudier les cas où ces dépassements peuvent jouer. Pour Roger Ganne. qui compromet le climat d’entente. Cette détermination. sous le seul contrôle Charles de Gaulle. nous invitons les détracteurs de mauvaise foi à effectuer incognito une visite des services ”. se considérant autorisé à " parler très sévèrement de ces médecins désirant être hors convention. Deux points restent toutefois en litige. les choses semblent pouvoir s'améliorer avec les médecins du département. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . ” Cinquante quatre millions de francs sont disponibles à cet effet. C’est aussi le refus de la F.Avec la Sécurité sociale diagnostics a été étudié. seraient un élément modérateur par rapport à la position du corps médical. rendu par M Pellenc le 27 juin 1958. inquiète les élus salariés." j) Administrateurs en lutte A. pouvant aussi jouer le rôle de centres de soins. La mise en cause des régimes particuliers effectuée par le rapporteur est le premier pas avant vers les atteintes au régime général. Roger Ganne se fait plus politique.R. de tels centres. semble devoir bénéficier d'un accord proche. d’en appeler en masse aux salariés devant le rapport de la Cour des comptes. le laxisme des salariés. pour qu’ils puissent bénéficier des dépassements prévus. celui concernant les médecins hors convention.N. Le docteur Pasquier affiche un scepticisme un peu inquiet : “ encore faudrait-il trouver des médecins pour ces centres ! ” Roger Ganne est sans inquiétude à ce sujet et insiste sur le tournant historique que cela représenterait..S. le 1er septembre 1958.C. plus que jamais unitaires dans le cartel de défense de la sécurité sociale. Antoine Pinay. le ministre tout puissant des Finances.O. ceux qui essayent d’entasser des capitaux et ceux qui apportent leur savoir au patient. Cette méfiance n'est pas infondée si l’on considère sa récente déclaration de Compiègne où il se propose de “ réduire les dépenses sociales d’une manière effective et durable en procédant notamment à la réforme profonde du fonctionnement de la sécurité sociale ”.G.T. bloquant toute conclusion. ” Lors d’une conférence de presse tenue au nom de la C. à l’heure actuelle il y a beaucoup de jeunes médecins qui seraient prêts à dispenser leur science si on leur fournit les moyens nécessaires et le matériel pour soigner les malades. à la mairie de Nantes. Le premier. les frais de gestion dispendieux des caisses -à peine de 8% pourtant à Nantes par rapport à l’ensemble des cotisations encaissées-. ce rapporteur étale tous les poncifs historiques inventés pour dénigrer la sécurité sociale : les abus des assurés.N. celui concernant les spécialistes non reconnus. L’échec du projet Gazier. Dans ce document très officiel.240 240 . D’ici quelques temps.S. “ Il y a deux espèces de médecins. nous espérons avoir une réponse nous aurons alors une décision à prendre. du fougueux et théâtral administrateur C. ce sont en partie les atermoiements du gouvernement de Guy Mollet subordonnant la réforme à des économies internes au lieu de lui apporter un financement.A. L'obstination de 4 ou 5 praticiens risque de faire échouer toute la convention déplore le président Guénégues. “ En ce qui concerne la légende des employées aux limes à ongles et au tricot. semble partagée par l’ensemble des partenaires salariés ou associatifs. Mais c’est surtout le second. En octobre 1958.G.M.T. nous sommes arrêtés sur la question du terrain.

de la caisse de Nantes réagit à cette loi de finances par une motion très résolue signée de son président Louis Guénégues : “ .C.de recevoir les soins appropriés à leur état de santé.S. Du rang des administrateurs salariés la clameur monte : “ La Ve République a rogné la sécu ! ” Dès sa séance du 2 janvier 1959. Le conseil d’administration. là où l’on souhaitait une réforme prenant en compte les questions d’organisation.N. que les ressources du régime général de la Sécurité sociale pour les salariés du Commerce et de l’industrie ne soient pas détournées de leur affectation et soient réservées aux seuls bénéficiaires du régime ”.N. du rôle des C.O. organisée à la F. les administrateurs de la caisse de Nantes doivent prendre les décisions nécessaires après ces ordonnances.241 241 . entre présidents et directeurs de caisse. par les travaux du comité Rueff. l’application de l’ordonnance du 19 octobre 1945 dans le domaine des honoraires médicaux.S. le 23 janvier précédent. membres du CA de la F. Constatant l’accroissement du chômage partiel ou total Réprouve : la création d’un franchise de 3000 francs par assuré et par semestre sur les produits pharmaceutiques.. soupçonne-t-on. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . et ceux de la Caisse Nationale.A. Inspirées.N.O. Il y fut question des mesures gouvernementales et du discrédit jeté par certains “ politiques ” sur la Sécurité sociale. à l’unanimité. à la caisse primaire de Nantes.A.S. et de la vérité à rétablir sur “le gouffre” de la Sécurité sociale.Avec la Sécurité sociale Comme le laissait prévoir certaines craintes. En second point d'ordre du jour. la majorité par contre ne le serait qu’à un chiffre inférieur aux 80 % actuels. Elle fait tout d'abord le compte rendu de la rencontre. Le 30 janvier 1959.S.M. elles réduisent les remboursements pharmaceutiques et instituent une franchise de 3000 F. de redistribution des pouvoirs et de maîtrise des coûts. Demande : le maintien du remboursement à 80 % de tous les produits pharmaceutiques.A l’heure où la récession économique se fait de plus en plus sentir dans notre pays et tout particulièrement dans notre département A l’heure où bon nombre de salariés du commerce et de l’industrie voient leur pouvoir d’achat réduit de 20 % par la diminution du nombre d’heures de travail. une réunion exceptionnelle rassemble ses élus.R. on trouve les ordonnances du 31 décembre 1958 portant loi de finances. à défaut. la réduction envisagée en outre du remboursement des dits produits pharmaceutiques puisque si certains seraient remboursés à 90 %. fortement perçues comme un recul par les représentants des salariés. par l’acceptation des conventions signées avec le corps médical ou. Le conseil d’administration s’élève contre de telles mesures qui ne permettront plus aux familles -et notamment aux vieux travailleurs. par le relèvement des tarifs d’autorité opposables.A. A. le C.

N.A.R.que la Sécurité sociale est un gouffre et que l’État doit subventionner ce gouffre. de la S. des produits pharmaceutiques dont certains atteignent des sommes élevées.T. “ Il est vrai qu’en 1951 et en 1956. l’État a été amené à consentir une avance de 76 milliards à la Caisse Nationale. “ Les administrateurs doivent prendre conscience de tout ceci. de la Marine. A. accidents du Travail. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .N.M. “ Le financement de l’ensemble des risques Assurances sociales et Allocations familiales est assuré par les seules cotisations ouvrières et patronales et -contrairement à ce qu’a déclaré le gouvernement.C.C.”. les prestations familiales sont servies par les caisses d’allocation familiales.aucun gouvernement n’a voulu se pencher sur le problème d’ensemble et réaliser un véritable plan social de la Nation. sans tenir compte de l’amélioration sans cesse croissante des procédés de soins.on s’aperçoit à l’examen de l’ensemble des recettes.P. que les assurances sociales et accidents du travail. le président Louis Guénégues retrace un historique se voulant une mise au point sur la Sécurité sociale : “ La Sécurité sociale a été créée en 1945. “ Si l’on veut être objectif. “ Il convient de préciser que cette avance avait été faite : pour 13 milliards destinés au régime des fonctionnaires pour 33 milliards destinés au budget des prestations familiales agricoles. vieillesse ou décès. mais cette avance a été remboursée en totalité au Trésor à la fin de 1958.ne garantit que 2 millions de ressortissants.. de la R. L’excédent des 7 années de 1951 à 1958 (pour laquelle il ne peut être fait qu’une estimation) est de l’ordre de 49 milliards malgré les exercices 1951 . en réalité. car on essaie de démontrer -et actuellement de façon plus précise.F. un minimum vital étant assuré à tous. mais celui-ci ne constitue pas une préoccupation majeure. vieillesse.Avec la Sécurité sociale Dans un silence attentif et avec beaucoup de gravité. certains régimes particuliers ont été institués : notamment régime des Mines. on est obligé de reconnaître que l’examen du seul risque assurance sociale fait apparaître un déficit. mais un excédent de recettes.1954 et 1957 déficitaires. Jamais en effet . de chômage. d’accident. que le régime des seuls salariés du Commerce et de l’Industrie.et on ne peut que le regretter . “ La sécurité sociale n’a été. caisses régionales vieillesse. “ Il faut toutefois remarquer que l’ensemble de ces régimes particuliers ..242 242 . alors que 10 millions sont couverts par le régime général. actuellement président de la République. quel que soit le risque abattu sur l’individu ou la famille. par l’intermédiaire des caisses primaires. aboutirait à une redistribution du revenu national. par ordonnance du Chef du gouvernement de l’époque. des Clercs de notaire.. “ Celui-ci garantit les risques : maladie et maternité. ” “ Le déficit des Assurances sociales provient en partie du fait que les recettes sont basées uniquement sur l’assiette des salaires. Les promoteurs de l’institution avaient pensé qu’elle s’étendrait à l’ensemble de la France.A. alors que cela est inexact. soit par suite de maladie. de la thérapeutique nouvelle. Successivement. ainsi que les allocations familiales laissent non pas un déficit. caisse régionales invalidité.

en Sécurité sociale si la cotisation demeure inchangée pour le salarié. Vieillesse. demain.N. en raison de la cotisation ouvrière de 6% et probablement en raison de toute la ventilation des risques : maladie.757. Avec l’article 76.000 francs 7. “ On serait tenté de se réjouir de l’amélioration dans le domaine de la rentrée des cotisations en Sécurité sociale.000 francs 80.50 %.000 francs. le plafond est porté de 50. appareils modernes constituent une amélioration importante de sa situation et de son devenir pour le malade. les statistiques à établir.000 francs 236.R. le gouvernement peut prendre désormais toutes mesures de caractère réglementaire. ” Le président insiste ensuite longuement sur les risques que font encourir ces mesures qui aggravent une situation déjà difficile.M. c’est d’une part. les salariés des caisses sont l’objets d’exigences incessantes émanant des gouvernements successifs : les rapports à fournir.021. qui d’ailleurs n’a pas été respectée.. mais l’alignement avec l’impôt de l’assiette des salaires retenus en Allocations familiales fait craindre que. Il souligne enfin le coup de force du gouvernement sur les caisses qui s’opère au travers de cette loi : avec l’article 20.N.I.000 à 55. sans limite.243 243 . analysant cette loi de finances et fait part des réalisations de la caisse de Nantes en matière d’actions sanitaires et sociales depuis 1946 : Subventions accordées à divers organismes Prestations supplémentaires Équipement sanitaire : subventions Équipement sanitaire : prêts P.en Allocations familiales on enregistre une diminution de 16. que les économies ne soient pas faites aux dépens des assurés qu’ils représentent. On aboutirait alors aux mêmes erreurs que celles constatée avec le rapport Rueff. ce soit le percepteur qui retienne les cotisations de Sécurité Sociale. il convient de mentionner les nouveaux barèmes de calcul des cotisations : . Soit au total 5. moyens modernes de soins..617. le diminution de la mortalité.. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . ni aucune évaluation. Si cela n’a pas déjà été fait.O.000 francs 26.391.S.. .S.75 à 12 % sur l’ensemble des salaires. eux. il précise que dans les nouvelles mesures.320 francs 116. sans avoir à recueillir l’avis d'organes dont la consultation est actuellement obligatoire. ” Louis Guénégues invite ensuite ses collègues à consulter le document de la F.Avec la Sécurité sociale " Amélioration de l’hospitalisation.A. Cet accroissement des charges de travail est sans contrepartie.049. Des assurés hésitent déjà à se soigner.autant d’évolutions importantes à mettre à l’actif de la sécurité sociale. celle de l’employeur passe de 10 à 12. créant une commission composée uniquement de hauts fonctionnaires chargés de définir un programme d’économies susceptibles d’être réalisées immédiatement dans la sécurité sociale. comme l’impôt cédulaire –5 %. on substitue des technocrates aux administrateurs élus soucieux.M.320 francs Poursuivant son intervention. A. les progrès en ce qui concerne le traitement des aliénés. " Les progrès par rapport à la tuberculose.207.C.

rapport des 16 et 17 janvier 1959.244 244 . La détermination des administrateurs est pourtant toujours 385 .F.MARC DEGAS.R.Avec la Sécurité sociale Conformément au décret du 7 janvier. A.A.N. un premier bilan des conséquences des réformes intervenues depuis l’ordonnance du 28 décembre 1958 est réalisé. Les prix des charges sociales étant répercutés par les employeurs sur les prix de revient. s’oppose résolument à ce que l’on mêle la gestion des deux régimes Assurance maladie et Allocations familiales. tant dans l’industrie que dans le commerce.F.O. pour trouver les mesures nécessaires au rétablissement d’une situation normale. Le contrôle médical échappe donc désormais au contrôle des caisses et de leurs Conseils. Marcel Peyraud pense que le déficit et ses causes devraient être revus chaque année. Au plan local déplore Louis Guénégues. une dépense de gestion de 10 millions supplémentaires.N. Marcel Peyraud et Roger Ganne sont d’accord : pour ce dernier c’est le gouvernement qui a forcé la main à la F.S. Par ailleurs. le débat se développe. Au milieu de cette solidarité combative des organisations des représentants des assurés. Au grand dam de leurs partenaires syndicalistes.S.O. pour qu’elle accepte et propose d'utiliser une nouvelle fois l’excédent C. pour les associations familiales. Avec à leur tête un inspecteur général de la santé publique. archives MLA. Le remboursement des produits pharmaceutiques à des taux différents. Après cette intervention passionnée du président. le salarié est appelé à payer pour partie la cotisation patronale. Les mesures particulières applicables aux cures thermales. Certes les questions de ses élus ne manquent pas.M.S.N. Dans cet exposé offensif les médias ne sont pas oubliés. pour combler le déficit de la Sécurité sociale. Pour les médecins conseil. elle appréhende un glissement du débat vers une lutte politique qui heurterait sa tradition de neutralité.. semble plus préoccupées d'adapter d’une part la gestion de ses mutuelles aux nouvelles dispositions instituées. Tandis que le 6 mars 1959 l’ensemble du conseil félicite Marcel Peyraud pour sa nomination au bureau de la F. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .G. La limitation des tarifs des consultations et visites médicales. la Mutualité est silencieuse. René Burgelin. le journal l’Éclair fait passer les gestionnaires de la Sécurité sociale pour les responsables de mesures qui s’imposeraient au gouvernement en raison de leur incurie. La C. Ces salariés insiste-t-on cotisent d’ailleurs deux fois. comme le font les Mutuelles à chaque bilan. Les répercussions indispensables pour la mise en place de ces mesures provoquent pour la caisse de Nantes. en matière de contrôle médical est constitué “ un comité des sages composés des plus éminents professeurs qui s’attacheraient désormais à définir une doctrine des traitements les plus efficaces et les plus économiques ”. Il convient d’expliquer au grand public et aux militants les vraies raisons des problèmes actuels. mais la F. Les fonds doivent être redistribués aux gens qui cotisent.M. soumission à l'inéluctable et adaptation à ses effets semblent de règle385.C. L’application d’une franchise de 3000 francs.T.A.N.S. c’est la fin d’une mission sociale et le début d'un glissement vers un statut de médecin gendarme. souligne pour sa part les dangers d'une fiscalisation du système permettant des utilisations discrétionnaires par l’État des budgets constitués par les cotisants.

accompagné de 2 personnes. accident du travail. la franchise de 3000 francs sera supprimée. et un meeting doit être tenu par le cartel des allocations familiales et de la sécurité sociale le 18 avril 1959.S. allocations familiales).N.245 245 . Constatent : que les protestations ont amené le gouvernement à revenir sur les décisions injustes de décembre 1958.O. alors que les ressources de l’institution proviennent des seuls revenus salariaux des travailleurs du commerce et de l’industrie et non des ressources budgétaires contre l’interdiction faite au CA d’informer les assurés sociaux et de donner son appréciation sur les mesures prises par le gouvernement.A.N.S. Les initiatives se multiplient à tout niveau. Le cartel national de défense des prestations familiales et sociales RAPPELLE que le 30 mai dernier 800 délégués venus de 59 départements réunis à Paris à son appel. avaient réclamé à l’unanimité : Suppression dès le 2d trimestre 1959 de la franchise de 3000 francs en matière de remboursement de produits pharmaceutiques.Avec la Sécurité sociale aussi entière. L'information qu’on y recueille donne aux administrateurs le sentiment d’une première victoire : le gouvernement recule. Ce cartel se réunit le lundi 16 mars 1959 et décide d’élargir son action. Même avec le général de Gaulle au pouvoir. toucher à la sécurité sociale mobilise les foules. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Protestent : contre le droit de veto du ministre des finances de s’opposer aux améliorations de prestations.S. Un dossier doit être transmis à la F.M. er l’augmentation de 10 % des Allocations familiales à compter du 1 août 1959.R.N. Dénoncent : les informations tendancieuses laissant croire à un déficit alors que les chiffres du Ministère du Travail font apparaître un excédent de 81 milliards (Assurances sociales. Des comités locaux ou de quartier la prolongent et comptent bien faire de cette journée départementale d’action et de protestation du samedi 18 avril 1959 un moment important de la lutte entreprise. des 12-13 juin à Angers Les représentants des caisses de Sécurité sociale réunis en Conférence régionale : Enregistrent avec satisfaction : er la suppression de la franchise à compter du 1 juillet 1959. Cette mobilisation départementale précède une journée nationale. Motion de la conférence régionale de la F. Le ministre du travail doit recevoir son président. Une conférence régionale des caisses de Sécurité sociale de la région se tient à Angers les 12 et 13 juin 1959.O.C.S. Augmentation provisionnelle et immédiate de 20 % de l’ensemble des prestations familiales. Demandent : A.

: Roger Ganne et Gaston Jacquet. la question de la reconstruction de l’hôpital est soulevée. et le conseil Supérieur de la sécurité sociale pour recueillir leurs avis et suggestions . A.G.A. Le projet de mise en place d’un centre d’examen de santé est relancé. Les fonctions techniques à l’Adjoint de direction.H. sous-directeur à la F. la fixation rapide d’un remboursement à 80 % des honoraires médicaux.246 246 .C. par voie d’autorité ou de conventionnement. de se préparer.R.S. Il souligne l’action très profitable d’un service documentation. avec une nouvelle énergie.O. Girard.S.F.N. Deux points lui semblent actuellement importants : les problèmes immobiliers et le secrétariat technique.N.S. : Gabriel Goudy.O.S.C. Collège employeur : MM. ramène au traitement des affaires internes.Avec la Sécurité sociale l’abrogation des mesures restrictives à l’égard des assurés sociaux.F. Pour la construction du siège de la place Bretagne : toutes les autorisations sont désormais réunies.S.R.H. Insistent : pour qu’avant toute décision concernant la sécurité sociale le gouvernement consulte la F.G. L’organigramme fonctionnel des salariés est réélaboré : Les fonctions administratives incombent au directeur. Renouvellent leur opposition à la transformation du régime général de Sécurité sociale en organisme d’assistance et leur attachement aux principes actuels de la gestion des caisses par des administrateurs démocratiquement élus par les assurés sociaux. Mutualité : M. pensent qu’il faut “pousser“ cette étude. Le C.M. Claisse.A.R. Tout cela n'empêche pas la mise en place prochaine de l’U. le rétablissement des remboursements pharmaceutiques minimum à 80 %. après une année de lutte. il faut insister près de la Municipalité et du Remembrement pour accélérer la démolition des vieux immeubles. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Plus fondamentalement.T.F. Buissonnière. Roger Ganne tout comme Gaston Jacquet./F. : Louis Guénégues et M. Brunner et Dupau Collège salarié : C. il n’est pas question d’utiliser ainsi un pavillon subventionné aux 2/3 par la Sécurité sociale pour une autre finalité. permettant aux administrateurs de mieux saisir l’ensemble de la politique de la sécurité sociale. d’utiliser une partie du pavillon des préconvalescents pour installer un service des troubles graves de la respiration soulève les questions de Roger Ganne. et un avis défavorable du médecin inspecteur régional..R.T. Avec soulagement un sentiment d'aboutissement. C. C.T. Les représentants de la caisse au comité de gestion de cet organisme sont désignés à la séance du 3 décembre 1959. Une demande du docteur Bocquien du C. Anizon. Les fonctions financières à l’agent comptable Les fonctions de gestion au secrétaire général. en l'appliquant sur les besoins locaux en matière de prévention.O. aurait du prévoir de tels besoins.N. de façon à amener de nouveaux éléments pour reprendre cette question. Marcel Peyraud souhaite que conjointement à cet organigramme un programme d’action soit mis à l’étude. Il ne recueille qu’un avis tiède de M.

3) Pour la prévention la Sécurité sociale doit être au premier rang et multiplier les initiatives telle la distribution de boissons non-alcoolisée en entreprise : “ cela peut laisser espérer que dans les années à venir les apprentis ne boivent plus de vin sur leur lieu de travail : aux Batignolles de 4000 en 1956. Pour qu’elle soit efficace cette mesure doit être gratuite ”. 1) Des moyens existent pour détecter l’alcoolique. soutien). il se trouve peu de médecins volontaires. il appartient donc aux particuliers et aux associations de se prendre en main.. Gaston Jacquet estime qu'au vu des sommes qu’elle y a engagé. d’autant plus qu’il manque encore 2 milliards pour terminer les travaux. Gabriel Goudy rappelle quelques points d’histoire.H. 30 en 1958 et 23 les 9 premiers mois de 1959. la Sécurité sociale est habilitée à demander des comptes. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet . Trois grandes associations antialcooliques sont implantées : La Croix d’or est importante sur Nantes et en milieu rural La Vie Libre est importante sur la région nazairienne et marquée par l’influence syndicale La Croix Bleue mène des actions plus individuelles. Le 23 décembre 1959 les docteurs Le Seac’h et Morinière interviennent sur la lutte anti-alcoolique. Depuis 18 mois l’épuisement des crédits du ministère de la santé oblige la Commission administrative à réduire les projets de construction de hôpital.. à 8 milliards en constitue un second. Pour les soins ambulatoires. À Nantes existent deux alternatives pour qu’il se soigne : le traitement à domicile ou le traitement en clinique privée très onéreux.N. A.R. pour obtenir ainsi 2 milliards d’économie. propagande. Il dressent un tableau détaillé de la lutte engagée avec la caisse sur le plan local : sa guérison. 2) L’alcoolique est un malade.. S'il n’existe sans doute pas de malversations évidentes.A. sa prévention. Roger Ganne considère que 15 ans de délais pour construire un hôpital.C. Les moteurs de cette construction furent deux hommes : MM Roux Spitz. il faut souligner le rôle essentiel que jouent les associations (conférences.R. Le docteur Le Seac’h rappelle que le second dispensaire antituberculeux français a été fondé à Nantes en 1902. journalière depuis 1958. la création du premier organisme d’hygiène sociale remonte à 1917 mais il a fallu attendre 1945 pour que des textes réglementaires organisent en France la lutte contre la tuberculose : pour la lutte contre l'alcoolisme.M. l’architecte chargé de la reconstruction et le professeur Sourdille qui très pragmatiquement organisèrent la construction de façon à pouvoir y installer les services au fur et à mesure au mieux de l'évolution des besoins. À la Manufacture cette distribution.247 247 . permet de constater une diminution sensible des accidents du travail : 50 avant 1958. Un courrier sera adressé au président de la commission et ce point mis à l’ordre du jour d’un prochain Conseil. c’est un scandale et que passer d’un budget initial de 3 milliards et demi. le nombre de rations servies est passé à 16000 en 1957 et à 40 000 en 1958. Sur le plan pécuniaire : approvisionner 450 personnes en boissons nonalcoolisées revient à une journée d’hospitalisation pour un malade au C. Sitôt la mort de ces deux hommes des difficultés sont apparues.Avec la Sécurité sociale 40 % des fonds nécessaires sont prélevés sur les cotisations des assurés sociaux souligne Roger Ganne.

Pour le président. La protestation de la F. On se plaît alors à souligner que la Sécurité sociale est le seul organisme à financer cette affaire.C.O.S. elle. C’est là. la formation du personnel. a appris. Léon Duguy suggère de regrouper ces trois associations.O. le rôle des anciens buveurs.248 248 .S. s’il convient de ne pas repousser les services des pouvoirs publics s'ils veulent participer au mouvement. Marcel Peyraud fait part en effet de projets de réforme de la Sécurité sociale toujours d’actualité.S. il est bien entendu qu’ils n’auraient pas de place prépondérante à moins de s’engager financièrement.Avec la Sécurité sociale Les administrateurs soulignent leur embarras pour répartir des subventions à chacune. sans avoir à recueillir l’avis des organismes dont la consultation était jusqu’alors obligatoire. Le rôle du conseil supérieur est d’ores et déjà réduit : que lui restera-t-il ?. le 9 février 1960. une somme de modifications diminuent cette responsabilité de la gestion des intéressés eux-mêmes des affaires de la Sécurité sociale. la fixation du programme d’action sanitaire et sociale des caisses de Sécurité sociale et d’allocations familiales. l’emprise gouvernementale en matière de sécurité sociale. On craignait déjà que le gouvernement touche à certains principes de la Sécurité sociale sous prétexte d’économies et de meilleure gestion. Par voie non officielle. Mais le sujet semble bien lancé par l'intervention des médecins. L’article 76 : une commission composée de hauts fonctionnaires est instituée pour étudier un programme susceptible de réaliser des économies dans les organismes de Sécurité sociale. Le débat reprendra le 24 février 1960. comporte un décret 1 qui touche à la structure même de la Sécurité sociale. lors de l’attribution des subventions aux associations antialcooliques. Il souligne dans le cadre de ces associations. la F. Dans le projet de réforme. A. Organismes privés gérant un service public.N. la spécificité du système français de Sécurité sociale. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .S. “ la sécurité sociale ne souhaite pas se borner à être un bailleur de fonds ”.M. Le Ministre du Travail aurait dans ses attributions : . les caisses collectent les fonds des travailleurs dont la gestion est assurée par les intéressés eux-mêmes. sans plus. est restée sans effet : le ministre recevra ses représentants pour les informer. en particulier dans les entreprises.S.R.l’information des assurés sociaux.N.N. L’allusion n’est pas anecdotique. Le président propose de réunir un groupe d’étude à cet effet. n’a pas cessé. Les pouvoirs publics n’interviennent en aucune façon. Si le rapport de force établi sur la question de la franchise a été efficace. qu’un projet allait être présenté au Conseil Supérieur de la Sécurité sociale. Ce projet est l’aboutissement de ce que ces articles enclenchaient. Ce décret reprend deux articles de la réforme de 1958 qui déjà de l’avis de la F.O.A.S. posait problème : L’article 20 : le gouvernement pourrait prendre désormais toutes mesures de caractère réglementaire.N. Le docteur Le Seac’h répond que cela n’est pas nécessaire : “ il n’y a pas de concurrence entre elles mais une spécificité : chacune est utile à sa façon ”. Ce projet de réforme malgré certains aspects secondaires pouvant laisser croire en son opportunité et en son intérêt.

A.R.R. . Une lettre sera envoyée au ministère. le docteur Joubert émet des réserves : de telles conventions ont été refusées à Paris. Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .H. On devine les conflits que cela pourrait provoquer si un directeur refusait d’appliquer par exemple la politique décidée en conseil d’administration. Un versement d’honoraires complémentaires assurera un maximum annuel de 56.l’élaboration d’un service commun de mécanographie. a rejeté en bloc ce projet de réforme. La revendication y côtoie l’affirmation de l’exemplarité de l’action de salariés et de représentants d’assurés soucieux d’assumer leur pleine émancipation. Motion : Le Conseil d’administration de la Caisse Primaire de Sécurité Sociale de Nantes.le droit de licencier ces mêmes agents de direction et l’interdiction pour les conseils de le faire. .249 249 . Ce conventionnement implique un temps de présence déterminé et laisse au praticien la possibilité de poursuivre ses activités d’enseignement et de recherche. Devant cette mainmise de l’administration centrale sur la sécurité sociale..S. Il serait le premier à l’échelon régional. redoutées.S. de rejeter en bloc ce projet. une convention est conclue avec M.N. attendues.la création obligatoire d’unions de recouvrement allant devenir des caisses de recouvrement.l’agrément des agents de direction qui resteraient choisis par les CA mais sur une liste d’aptitude établie par le ministère.000 francs. elle est prévue pour le 12 mai.Avec la Sécurité sociale .. Marcel Peyraud pense qu’il est aussi du devoir de tous les administrateurs. Nedelec. La lutte pour les élus nantais.N. même si les textes ne sont pas encore parus. Il permettrait d’aboutir à d’autres réalisations de médecine à plein-temps dans un établissement hospitalier. C'est ainsi que le 6 mai 1960.C. professeur d’urologie au C. . Ils seraient recrutés dans un centre d’études supérieures remplaçant l’École nationale de Sécurité sociale. . Il est question. réuni en séance le 6 mai 1960 : A.la fusion par voie d’autorité des caisses Régionales et Vieillesse. la convention conclue avec le syndicat des médecins de Loire-Atlantique amène une motion peu habituelle dans sa forme et son contenu.l’affectation autoritaire des locaux appartenant à un organisme de Sécurité sociale. . En dépit de l’accord du professeur Nédélec. un accord expérimental.M. une réunion d’information et une conférence de presse seront organisées. Bien que l’on sente l’intensité des tensions à venir autour des réformes gouvernementales annoncées. Le conseil donne son accord pour appliquer cette convention. de plus. si elle est affaire de détermination.. de supprimer la commission Nationale des tarifs où nous avions un représentant au profit d’une commission interministérielle. la F. écartés de la gestion des caisses. pour un plein temps hospitalier. Le président insiste sur le fait que ce texte est un précédent attendu. est aussi affaire d'imagination et d'esprit d'innovation.O. Elle autorise une consultation privée dans le service hospitalier. . L’ouverture de l’URSAFF est désormais imminente.la fixation par décret des modalités de création et des attributions des unions et Fédérations de caisses.

Pays de la Loire – Jean-Luc Souchet .A. Désormais toutefois un virage est pris. regrettant qu’il n’en soit pas de même dans certains départements.Avec la Sécurité sociale satisfait du climat favorable existant actuellement entre le corps médical et la Caisse Primaire. La réforme se prépare dans le secret des cabinets et le 13 mai 1960. constatant l’urgence qu’il y a à ce que cet irritant problème reçoive une solution définitive à l’échelon national.N. sans que les conseils supérieurs aient pu à se prononcer. des décrets de réforme de la sécurité sociale sont publiés au Journal Officiel. climat qui a permis la mise en place d’une convention sur les honoraires médicaux encore en vigueur. insiste auprès du gouvernement pour qu’un accord intervienne très rapidement permettant les remboursement à 80 % de tous les honoraires médicaux supportés par les assurés sociaux. A. sans qu'aucune consultation n’ait eu lieu.250 250 .R.C. cette subordination des administrateurs aux décisions de l'État semble devenir la règle.M.

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