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Procédure civile

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Procédure civile

Bibliographie
Procédure civile, Gainchard chez Dalloz Droit judiciaire privé, Cadier, chez Litec Droit judiciaire privé, Héron et Le Bars, chez Montchrestien

Introduction
Différentes appellations de la procédure civile sont retenues. Certains auteurs parlent de droit judiciaire privé, d’autres parlent de droit processuel ou encore de procédure civile. Distinctions entre droit judiciaire privé, procédure civile et droit processuel - Le droit judiciaire privé a pour objet l’ensemble des R relatives à l’organisation et au fonctionnement du SP de la justice. Pour ce qui concerne la procédure civile au sens plus stricte, elle correspond à l’ensemble des actes ou des formalités dont l’accomplissement permet de conduire à un procès. Cette distinction entre droit judiciaire privé et procédure civile permet par ailleurs de distinguer ces deux matières du droit processuel. Le droit processuel est en une matière relativement récente et se fondait initialement sur une étude comparée des contentieux civils, pénales et administratifs. A l’heure actuelle, ce droit peut être assimilé désormais à l’analyse des sources communes à ces différents contentieux, que ces sources soient internes ou internationales, qu’elles soient consacrées dans un texte ou un ppe. Définition de la procédure civile - La procédure civil peut donc être défini de manière générale comme l’ensemble des règles applicables dans le cadre du déroulement d’un procès civil, qu’il s’agisse d’actions en justice, d’assignations ou encore de voies de recours. A partir de ces définitions, il faut procéder à deux remarques :  l’utilité de la procédure civile Cette matière se révèle essentielle pour l’exercice d’activité professionnelle en lien avec la justice.  la mauvaise réputation de la procédure civile Elle est généralement considérée comme une matière technique, complexe, parfois rébarbative et composée de règles parfois très pointilleuses. La procédure civile est composée de règles de procédure civile particulières qui présentent des subtilités mais très souvent aussi des justifications et généralement, les règles de procédure civile répondent à des exigences et à certains impératifs.

Section 1. Les sources de la procédure civile §1. Les sources nationales
A/ Les textes
La procédure civile relève essentiellement du pouvoir réglementaire et non législatif, par application des articles 34 et 37 de la Constitution. Les différentes réformes de la procédure civile ont donc été pour l’essentielle consacrées sous forme de décrets. Le CE apprécie la conformité des décrets qui déterminent les règles de procédure civile par rapport à la loi. Certains domaines relèvent toutefois du domaine de la loi par application de l’article 34 de la Constitution comme le statut des magistrats ou encore la création de nouveaux ordres de juridictions (ex : loi du 9 septembre 2002 instituant le juge de proximité) ou encore le domaine des voies d’exécution. Ces décrets modifient les textes du Code de Procédure Civile (CPC). Procédure civile - 1

La première codification de la matière date de 1806. En raison du caractère incomplet de ce code, une nouvelle codification a été adoptée dans la deuxième moitié du XXème. De 1970 à 1975, différents décrets ont donc réformé la matière et un décret du 5 décembre 1975 a permis le recours à une nouvelle codification et l’entrée en vigueur du Nouveau Code de Procédure Civile (NCPC). Ce code a été complété en 1981, notamment par le droit de l’arbitrage. Enfin, en 1991, une réforme importante des voies d’exécution a modifié différentes R du NCPC. Une loi du 20 décembre 2007 a modifié le nom du code désormais appelé à nouveau CPC. La procédure civile est également réglementée par le Code de l’organisation judiciaire qui contient essentiellement des R relatives à l’organisation et au fonctionnement des juridictions. L’une des particularités de ce code est d’avoir été très souvent modifié et depuis 1976, environ 40 réformes ont été adoptées. Ces textes modifiés du CPC sont également complétés par d’autres dispositions qui concernent la procédure mais ont été intégrées dans d’autres codes (ex : en matière civile, le CC contient différentes dispositions en matière familiale comme la détermination de la compétence du JAF dans certains domaines). L’une des particularités de la procédure civile réside dans cet éparpillement des textes.

B/ La jurisprudence
Les décisions de justice ont ponctuellement contribué à l’évolution de la procédure civile. Au niveau de la Cour de Cassation, la 2ème Chambre Civile est plus particulièrement compétente en matière de procédure civile. De plus, l’Assemblée Plénière ou différentes chambres mixtes se prononcent régulièrement en matière de procédure civile. Le CE également est amené à se prononcer sur certains domaines qui relèvent de la procédure civile. En effet, les R étant d’origines réglementaires, leur légalité peut être contestée devant le CE. De manière complémentaire, le CE a ponctuellement consacré certains ppes ou droits fondamentaux qui relèvent de la procédure civile. Enfin, le Conseil Constitutionnel se prononce régulièrement dans la matière, notamment pour consacrer lui aussi certains droits fondamentaux (notamment les droits de la défense) même si ces interventions se révèlent plus marginales.

C/ La doctrine
Dans un premier temps, la doctrine publiciste a contribué à l’évolution de la matière, en contribuant à une théorisation des R de procédure civile (ex : théorie de l’action en justice). Dans un second temps, la doctrine privatiste a contribué à l’évolution de la procédure civile et a contribué à sa modernisation notamment lors de l’adoption du CPC. La doctrine contribue à l’évolution de la procédure civile notamment lors de l’analyse des réformes ou encore dans l’analyse d’arrêt, mais aussi dans l’élaboration de rapports destinés à modifier, moderniser certains éléments de procédure civile. La procédure civile évolue enfin ponctuellement à la suite de l’adoption de rapports rédigés par des commissions présidés par un magistrat et composé d’universitaires et de praticiens.

§2. Les sources internationales
A/ Les règles internationales de procédure
Elles sont applicables à deux niveaux. En droit interne, elles permettent l’application par le juge fr de dispositions de nature internationale (ex : art 6 § 1 de la Convention Européenne qui énonce les différentes exigences du procès équitable). Les parties peuvent donc invoquer devant le juge interne une R d’origine internationale dotée d’applications techniques en matière de procédure civile. Si ces dispositions internationales ne sont pas respectées, il est possible de saisir la CEDH dès lors que les voies de recours internes sont épuisées.

B/ Les conventions internationales d’entraide judiciaire
L’objectif de ces conventions est d’assurer le règlement de conflit qui comporte un élément d’extranéité. Différentes conventions signées à Bruxelles ont par exemple directement concerné des R de compétence, des conflits de lois ou de juridictions en matière de droit patrimonial de la famille. Enfin, différents traités internationaux et non plus strictement européens ont vocation également à concerner la procédure civile (notamment des conventions de La Haye).

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Section 2. Les ppes directeurs du procès
Le CPC débute par différents ppes directeurs énoncés aux articles 1 à 23. Ces ppes ont vocation à s’imposer à tout type de contentieux. Ils concernent notamment le rôle conféré en pratique aux juges et aux parties. Parmi les différents ppes, deux s’imposent plus particulièrement : - le ppe dispositif - le ppe du contradictoire.

§1. Le ppe dispositif
Conformément à ce ppe, les parties à un litige peuvent déterminer l’objet de la matière qui sera traitée. Concrètement, les faits jugés nécessaires par les parties sont donc présentés au juge. La difficulté réside alors dans la détermination du rôle respectif des parties et du juge.

A/ Les parties et le ppe dispositif
Les parties maitrisent par ppe les différents aspects du procès car ce sont elles et elles seules qui tout d’abord ont la prérogative d’introduire l’instance (art 1 du CPC). De manière corrélative, le juge civil ne peut se saisir d’office sauf si la loi en dispose autrement. Par ex, en matière de justice des mineurs, le juge des enfants peut se saisir d’office, notamment dans le contentieux de l’assistance éducative. Cette interdiction de se saisir d’office s’applique également au niveau de la Cour de Cassation car certes elle est juge du droit mais sans que sa saisine ne puisse être appliquée d’office. De plus, les parties peuvent librement fixer les faits qui déterminent l’ensemble des prétentions (art 4 du CPC). En d’autres termes, le cadre du litige est donc fixé par les parties et le juge préalablement saisi doit se prononcer uniquement sur ce qui a été demandé. Cet objet du litige correspond donc à ce qui a été sollicité et le juge ne peut même pas modifier cet objet (=le juge ne peut pas statuer ultra petita ou infra petita). Par exception, dans certains domaines, le juge civil peut par application d’un texte statuer au-delà de la demande (ex : en matière de droit du divorce, le juge prononce le divorce et peut aller au-delà du simple divorce pour prononcer une prestation compensatoire). De même, les plaideurs, en matière civile, ont la charge des faits propres à fonder leurs prétentions (art 6 du CPC). Ainsi, seules les parties fixent non seulement le cadre du procès, mais aussi l’ensemble des éléments de faits nécessaires à la résolution du litige. A l’inverse, il est donc possible pour des parties à un litige de cacher, d’omettre certains éléments de faits et le juge civil, en ppe, ne peut pas chercher lui-même ces éléments. Il incombe enfin en ppe aux parties de prouver les faits nécessaires au succès de leurs prétentions (art 9 du CPC). Chaque élément de fait est donc démontré, prouvé, uniquement par les parties et le juge civil ne peut donc rechercher la preuve des faits en palliant la carence des parties.

B/ Le juge et le ppe dispositif
La mission du juge devrait en ppe être circonscrite à dire le droit pour un cas particulier. Les éléments de faits relèvent de la compétence exclusive des parties. Ce rôle respectif a d’ailleurs été affirmé dans un adage qui reprend la formule suivante : « da mihi factum, tidi dabo ius » cad « donne moi le fait, je te donnerai le droit ». Cette répartition initiale a été retenue dans le CPC mais les réformes récentes se sont écartées de cette distinction. En ce qui concerne les ppes directeurs du procès, il faut alors distinguer le fait et le droit. Les éléments de fait – Les différents éléments sont en ppe apportés par les parties et le juge ne peut fonder sa décision sur des faits qui ne sont pas dans le débat (art 7 al 1 du CPC). Le juge peut toutefois prendre en considération des éléments de faits, certes dans le débat, mais que les parties n’ont pas spécialement invoqués au soutien de leurs prétentions. L’article 7 al 2 du CPC précise en effet qu’il s’agit de faits (ex : reconnaissance de dette, témoignages, etc.) tirés du dossier, jugés secondaires par les parties et que le juge va utiliser pour fonder sa décision. On parle de faits adventices. De plus, le juge peut inviter les parties à fournir des explications, à apporter des éléments considérés nécessaires à la solution du litige (art 8 du CPC). Le juge peut donc s’immiscer dans le débat et demander que certains éléments de faits, non présents initialement, soient apportés. En ce qui concerne alors la preuve des faits invoqués, il appartient nécessairement aux parties d’apporter les éléments à l’appui de leur prétention. Le juge peut toutefois ne pas être Procédure civile - 3

simplement passif car il peut ordonner même d’office le recours à des mesures d’instruction (art 10 du CPC). En effet, le juge dispose de différents moyens qui vont lui permettre de démontrer la véracité des éléments invoqués (ex : recours à une expertise). Les éléments de droit – L’article 12 du CPC détermine les différentes missions susceptibles d’être confiées au juge. L’alinéa 1er de cet article précise que le juge tranche le litige conformément aux règles de droit qui lui sont applicables. Le juge statue donc en fonction des R de droit en vigueur sans qu’aucune considération d’équité ne puisse être expressément formulée dans la décision. Une décision qui se fonde sur la notion d’équité est nécessairement censurée soit par une juridiction d’appel, soit par la Cour de Cassation. Toutefois, certains textes notamment du CC autorisent le juge à statuer en fonction de considérations d’équité et les parties peuvent confier au juge la mission de statuer en amiable compositeur (art 12 al 4 du CPC). Le juge n’est pas tenu par la dénomination et donc la qualification juridique proposée par les parties. L’article 12 al 2 du CPC précise même que le juge doit donner ou restituer leur exacte qualification aux faits ou actes litigieux. Enfin, si un moyen de pur droit n’a pas été invoqué, le juge a la faculté de relever d’office ce moyen sauf s’il s’agit d’un moyen d’OP et dans cette dernière hypothèse, le juge a alors un devoir de relever d’office ce moyen.

§2. Le ppe du contradictoire
Ce ppe correspond à une manifestation particulière des droits de la défense. Il connaît des applications variées, notamment sous l’impulsion de l’article 6 § 1 de la CEDH, mais aussi au nom d’un ppe de loyauté qui tend ponctuellement à se développer en matière de procédure civile. Au nom de ce ppe, chaque plaideur est censé prendre en considération les aspirations, les attentes de la partie adverse. Au-delà du ppe du contradictoire, les droits de la défense n’ont cessés de se développer sous différentes formes (obligation de motiver les décisions de justice, ppe d’impartialité du juge, etc.). Le ppe du contradictoire n’est qu’une manifestation parmi d’autres des exigences qui relèvent des droits de la défense.

A/ Le respect du ppe du contradictoire par les parties
Au début de l’instance, c’est au nom d’une certaine loyauté des débats que l’article 14 du CPC énonce que nul ne peut être jugé sans avoir été entendu ou appelé. L’adversaire doit donc être informé qu’un procès a été intenté contre lui et il doit avoir la possibilité de faire valoir ses moyens de défense devant le juge. A ce titre, le plaideur dispose d’un délai minimum pour préparer ses arguments. Au cours de l’instance, l’article 15 du CPC impose aux parties de se faire connaître mutuellement les moyens de faits et de droit qu’elles invoquent. Ceci suppose concrètement que chaque partie communique à la partie adverse le document qui contient ces différents éléments. Ceci suppose l’échange des conclusions. De plus, les éléments de preuve doivent être nécessairement communiqués. Le respect de ces différentes exigences doit permettre à chaque partie d’organiser sa propre défense. Il faut donc que soit communiqué en temps utile l’ensemble de ces éléments afin que chaque partie puisse répondre aux prétentions adverses. Le non-respect de cette obligation est d’ailleurs sévèrement sanctionné car toute pièce ou document non-communiqué à la partie adverse sera considéré comme inexistant par le juge. Lors de l’audience, le ppe du contradictoire est essentiel et il va se traduire notamment par l’ordre de prise de parole qui est d’ailleurs réglementé.

B / Le respect du ppe du contradictoire par le juge
Le CPC prévoit et détermine les obligations qui incombent au juge: - faire observer le ppe du contradictoire. En d’autres termes, l’article 16 du CPC prévoit que le juge doit s’assurer que les parties ont bien respecté ce ppe dans le cadre de la communication des pièces et des conclusions notamment. Ce même juge peut, si nécessaire, enjoindre à ces mêmes parties la communication d’une pièce. A cet égard, l’alinéa 2 de l’article 16 précise que le juge ne doit retenir dans sa décision que les moyens, explications et documents invoqués par les partis, dès lors que ceux-ci ont été débattus contradictoirement. - respecter lui-même le ppe du contradictoire. De manière complémentaire, l’alinéa 3 de l’article 16 impose au juge la réouverture des débats s’il souhaite soulever d’office un moyen de droit. Cette exigence permet dès lors aux parties de présenter leurs observations dans le cadre d’un débat contradictoire. Procédure civile - 4

l’audience. La rédaction de l’assignation Différentes règles du CPC s’imposent pour déterminer les mentions obligatoires ainsi que les sanctions encourues. Chapitre 1. La procédure sans incident Selon une approche strictement chronologique. Non seulement les parties. L’article 648 du CPC prévoit ainsi l’obligation de préciser dans l’assignation la date de l’acte. le tribunal de commerce. être sans incident ou à l’inverse avoir certains incidents. mais aussi le juge. 1) Les mentions permanentes Le CPC détermine 3 catégories de mentions permanentes : . 1. qualifiée de procédure ordinaire devant le TGI. devant les prudhommes par ex). La procédure ordinaire devant le TGI La procédure qui s’applique devant cette juridiction peut. il est nécessaire de distinguer la procédure ppale.La première catégorie : comme pour tout acte d’huissier. A cet égard. le nom de l’huissier de justice et le nom du destinataire de l’assignation cad le défendeur. essentielle. Le décret de 1998 a donc eu pour objectif d’imposer une rédaction argumentée. . En effet. l’assignation permet de créer une relation particulière appelée également « le lien d’instance ». sont alors tenus de droits et obligations dans un rapport d’une nature strictement processuelle. L’instance L’instance correspond à la période qui débute avec l’assignation et qui continue jusqu’au prononcé d’une décision. avant 1998. l’instruction . l’article 56 du CPC précise que l’assignation doit contenir un exposé des moyens en fait et en droit. Cette assignation doit être signifiée par huissier à la personne du demandeur. Cette exigence a été intégrée dans le CPC par un décret du 28 décembre 1998. toujours comme pout toute assignation. Cet article a donc pour Procédure civile . De plus.Partie I . Section 1. de manière indépendante à la relation fondée sur le droit substantiel. a) Les mentions obligatoires On peut distinguer les mentions qui s’imposent de façon permanentes de mentions ponctuellement obligatoires. il convient de respecter toutes règles de formes expressément prévues par le CPC (art 648). En matière d’instance.5 . en fonction des circonstances.La deuxième catégorie : comme pour toute assignation. les éléments qui permettent d’identifier le requérant. on peut distinguer trois temps : l’introduction de l’instance . En Effet. l’objet de la dde doit être précisé. il convient d’indiquer la juridiction saisie devant laquelle l’affaire sera portée en précisant sa nature (ex : TGI ) et son siège (ex : de Montpellier).Les règles relatives au procès civil On peut distinguer d’une part l’instance et d’autre part les voies de recours qui interviennent au terme de l’instance. L’introduction de l’instance A/ L’assignation La forme la plus courante d’introduction de l’instance demeure l’assignation. Titre I. dès lors qu’intervient un litige. de procédures plus spéciales qui sont mises en œuvres devant certaines juridictions (devant le juge d’instance. §1. Cela déterminera le respect des règles de compétence d’attribution. l’assignation devant le TGI n’avait pas à contenir de manière impérative de tels éléments ou moyens en fait et en droit et donc certains plaideurs avaient parfois tendance à rédiger des assignations sans éléments juridiques et donc sans argumentation et sans motivation. justifiée juridiquement des assignations dès lors appelées « assignations qualificatives ».

L’assignation doit enfin indiquer au défendeur que s’il ne comparait pas. Le CPC énonce différents textes qui démontrent qu’il ne s’agit pas d’une simple formalité sous la forme d’une LR. En ppe. ce délai est de 15 jours devant le TGI (art 755). Le défendeur doit alors avoir un délai suffisant pour pouvoir organiser sa défense et donc constituer avocat. mais d’un véritable acte procédural.). l’huissier doit demander impérativement l’identité de la personne qui réceptionne l’acte au domicile ou éventuellement laisser un avis de passage. interrompt la prescription mais l’éventuelle nullité de l’assignation efface cette interruption. . en cas de contentieux en matière de construction immobilière. profession. B/ La comparution Dans le sens courant. Par exemple. mais ce délai se révèle sans incidence concrète car la constitution d’avocat peut intervenir en pratique jusqu’à la clôture des débats au moment de l’audience de plaidoirie (possibilité rappelée à l’article 784). les parties ne peuvent comparaître en personne. l’assignation devra alors mentionner l’existence d’un contrat d’assurance souscrit par le demandeur. si de telle signification à personne ou à domicile se révèlent impossible. Ces mentions (art 56-IV) sont destinées à permettre la publication de l’assignation au fichier immobilier. et elles doivent donc avoir recours à un avocat inscrit au barreau du tribunal où le procès est porté. Si l’huissier ne signifie pas l’acte selon cette modalité. le destinataire pouvant demander la copie de l’acte qui sera alors transmise à une étude plus proche dans un premier temps.L’huissier peut également remettre l’assignation au domicile du défendeur dès lors que la signification à personne est impossible (art 655). appelé « constitution d’avocat » qui contient les différentes mentions nécessaires pour l’identification du défendeur (nom. Cette sanction ne peut toutefois être prononcée que si deux conditions cumulatives sont respectées : . 2) Les mentions ponctuelles Ces mentions correspondent à différents éléments qui vont impérativement s’ajouter en fonction des circonstances et en particulier de la nature du litige et de son objet. il doit indiquer sur l’acte lui-même les diligences accomplies pour trouver le défendeur. certaines précisions doivent être apportées relatives à la présence d’un avocat. L’assignation. par ppe.La troisième catégorie : comme pour toute assignation devant un TGI. à savoir la nullité. . il n’a plus la possibilité d’invoquer une telle nullité et ce sur une première demande. devant un TGI. b) Les sanctions Les différentes mentions imposées lors de la rédaction d’une assignation doivent être formulées et ce à peine de nullité.Un texte doit avoir prévu la mention imposée mais aussi la sanction susceptible d’être prononcée. il s’expose à ce qu’un jugement soit rendu contre lui à partir des seuls éléments fournis par son adversaire. un préjudice doit être constaté pour celui qui invoque la nullité. En matière de procédure civile. l’huissier pouvait alors déposer l’acte en mairie après avoir laissé un avis de passage au domicile du destinataire. comparaître suppose qu’une personne soit tenue de venir et d’assister à une audience. . Ces impératifs se justifient par l’importance de l’enjeu et la volonté de préserver les intérêts du destinataire de l’acte.6 . L’article 752 précise que l’assignation doit de plus indiquer qu’il convient de respecter un délai pour accomplir la dde d’avocat (15 jours). soumis à différentes exigences. l’assignation doit comporter des mentions relatives à la désignation des immeubles. Dès lors que le défendeur qui a reçu l’assignation comparaît.L’assignation doit être remise à la personne même du défendeur (art 654 al 1). En effet. etc. Il s’agit alors d’une assignation à personne. il ne s’agit pas de la présentation d’un défendeur devant le tribunal. L’article 56 al 1 et l’article 648 dernier alinéa offrent des exemples de textes prévoyant cette nullité. par ppe. Procédure civile . La signification La signification est l’acte qui va permettre au défendeur à un procès civil d’être informé de l’existence d’un litige et par la même d’une assignation qui lui est destinée. . qui suppose concrètement que l’huissier remette l’acte entre les mains du défendeur. Dans cette hypothèse. car comparaître suppose que le défendeur choisisse un avocat dans le cadre de sa défense. En effet.Enfin.objectif d’imposer aux parties un travail supplémentaire au nom d’une coopération entre les parties et le juge. Depuis un décret du 28 décembre 2005. l’article 656 prévoit que l’huissier laisse uniquement un avis de passage au domicile et conserve au sein de son étude l’acte. La signification de l’acte doit donc être accomplie en respectant impérativement plusieurs exigences : . 2.De plus. Si le litige relève du droit de la responsabilité. l’assignation doit indiquer qu’il convient d’avoir recours à un avocat de manière impérative devant le TGI (art 751). L’avocat constitué est dès lors lié à son client par un contrat de mandat : il va devoir rédiger un document.

Le contenu des conclusions Devant un TGI. un délai d’enrôlement doit être respecté qui est de 4 mois.). En effet. Enfin. Le secrétariat greffe constitue ainsi un dossier qui est mis à la disposition du tribunal. le décret du 28 décembre 1998 a apporté des précisions essentielles énoncées à l’article 753.elle emporte élection de domicile par le plaideur au cabinet de son avocat (art 752). A cet égard. une copie de la constitution d’avocat doit être remise au secrétariat greffe lorsque l’avocat notifie ses conclusions en pratique (art 814 et s. Par ppe. 1. A/ Le rôle des parties Les parties doivent transmettre leurs prétentions au juge et aux parties adverses. deux points doivent être précisés. Enfin. A l’inverse. ainsi que la nature du litige en jeu. Cette exigence n’est qu’une application pratique et technique du ppe du contradictoire qui suppose un échange entre avocats. En effet. L’instruction de l’instance Il faut distinguer 2 catégories d’intervention : celle des parties et celle du juge. Il est possible en pratique de faire échec à ce délai de constitution d’avocat en demandant au président du tribunal l’autorisation d’assigner à jour fixe : dans cette hypothèse. dossier qui mentionne les pièces essentielles de la procédure. . si les délais sont respectés. De plus. la constitution emporte deux catégories de conséquences : . Cette mise au rôle suppose un dépôt au tribunal d’une photocopie de l’assignation par une des parties (généralement le ddeur). au rôle d’un tribunal. l’affaire est inscrite sur le registre général. Les différents chefs de dde et donc ce qui est sollicité auprès du tribunal doivent être précisés. à savoir l’argumentation sur laquelle le plaideur appuie ses prétentions. C/ La saisine du tribunal Cette saisine ne s’effectue pas par l’unique signature de l’assignation. sauf pour certains actes qui seront directement notifiés à la personne même du plaideur (art 671 et s. et donc un allégement des exigences procédurales est consenti. Le non-respect de ce délai est sanctionné par la caducité énoncé à l’alinéa 2 de cet article. à compter de l’assignation (art 757). En cas de prononcé de cette sanction de caducité. Il faut de plus un développement qui énonce les motifs. §2. Les conclusions doivent indiquer expressément qu’elles interviennent dans le cadre d’un contentieux et ont pour objet de répondre aux argumentations de la partie adverse. ce qui permet ainsi en pratique de conserver une trace des contentieux. âge. Le rôle correspond à un répertoire général tenu par le secrétariat greffe qui contient en particulier la date de la saisine. Ceci suppose que soit rédigé un document spécifique appelé conclusion et rédigé par les avocats. chaque plaideur doit déposer les conclusions auprès du secrétariat greffe du tribunal préalablement saisi. ces conclusions doivent permettre d’identifier les parties au procès (nom. signée par l’avocat.7 . Lorsque l’affaire préalablement enrôlée est transmise à une autre juridiction. une formalité supplémentaire doit être réalisée qui consiste en une inscription au rôle d’une juridiction. Cela se justifie en raison du caractère écrit de la procédure. l’affaire est rayée du rôle et l’assignation n’a plus d’effet et est considérée comme n’ayant pas interrompu la prescription. les conclusions doivent impérativement contenir les moyens de fait et de droit sur lesquels les prétentions sont fondées. les plaideurs doivent donc nécessairement transmettre leurs conclusions pour se faire connaître mutuellement leur argumentation. chaque affaire est donc « mise au rôle » ou « enrôlée ».la constitution d’avocat devra impérativement être adressée à l’avocat adverse. Procédure civile . le rôle. le nom des parties. En effet. Concrètement. Tous les actes procéduraux seront alors notifiés par acte du palais à l’attention de l’avocat préalablement choisi. chaque conclusion est nécessairement écrite. le dossier enrôlé est également transmis à cette autre juridiction nouvellement compétente. il s’agira alors d’un jugement réputé contradictoire.Si un jugement est prononcé sans que le défendeur ait accompli cette comparution. A cet égard.). En matière de conclusion. en contenant différentes informations. l’affaire présente un caractère d’urgence.). etc.

est réglementée aux articles 760 et suivants. les conclusions doivent contenir des éléments de faits et des éléments de droit. cette première hypothèse de « circuit court » est assez peu utilisée. Il en est ainsi lorsque le président du tribunal considère qu’un échange de conclusions entre les parties est nécessaire. le Procédure civile . Toute formule de renvoi ne satisfait donc pas aux exigences de l’article 753. les premières conclusions sont initialement rédigées par le ddeur. L’objectif du décret de 1998 était d’imposer aux avocats la rédaction de conclusions complètes.article 760 : le renvoi à l’audience peut tout d’abord être immédiat et il en est ainsi chaque fois que le défendeur ne comparaît pas ou quand les parties ont déjà échangé leurs conclusions ainsi que les pièces. L’affaire est alors généralement considérée comme assez simple et se trouve prête à être jugée. mis en œuvre en fonction de la complexité de l’affaire. un dernier échange peut intervenir dans le cadre des « dernières conclusions ». une instruction doit être effectuée dans le cadre d’un contentieux civil. En d’autres termes. En pratique. Dans cette première hypothèse. Ce premier échange est essentiel. car elle doit contenir les éventuelles contestations de compétence. les affaires portées devant un TGI sont généralement complexes et nécessitent concrètement l’intervention d’un magistrat spécialisé dans le domaine de l’instruction civil. afin que soient précisées les modalités des échanges de ces conclusions avant de renvoyer ensuite à l’audience de plaidoirie. et ce au début du procès (in lemine litis). L’application pratique de cette exigence ne correspond pas à un simple copier-coller. toute prétention non reprise dans les dernières conclusions sera désormais considérée comme abandonnée.8 . Les différentes catégories de conclusion Dans l’ordre chronologique. Le président rend alors une ordonnance de clôture et fixe la date à laquelle se tiendra l’audience des plaidoiries (qui peut même se tenir le même jour s’il n’y a vraiment aucune difficulté). le JAF aura pour mission de mettre en l’état l’affaire qu’il a jugé). 2. pour les affaires complexes.à l’inverse. 1. Ce décret de 1998 a donc instauré une nouvelle obligation pour les avocats de reprendre dans leurs dernières conclusions les prétentions et moyens préalablement invoqués dans les conclusions antérieures. avec deux possibilités : . En toute hypothèse. Le juge peut ainsi connaître de manière plus précise les argumentations juridiques invoquées par chaque partie.2. Il s’agit de « conclusions récapitulatives ». Il appartient donc à l’avocat de reprendre systématiquement dans ces dernières conclusions les prétentions antérieures. le président du TGI peut décider de renvoyer l’affaire à une audience dans le cadre de ce qui est appelé un circuit de court . précises. et un magistrat est alors plus particulièrement habilité à accomplir différents actes procéduraux qui correspondent à cette instruction : c’est le juge de la mise en état. c’est ce même juge qui exerce en pratique les fonctions de juge de la mise en état (ex : dans le cas d’un divorce. on peut à nouveau distinguer deux situations : . Le juge convoque a une seconde « conférence » les avocats. De tels éléments permettent de qualifier ces conclusions de « qualificatives ».pour les affaires simples (ex : divorce par consentement mutuel sans complexité particulière). On dit donc généralement que l’assignation vaut conclusion. Ensuite. L’instruction civile est en clair considéré comme terminée. dans le cadre d’un circuit court. En effet. L’avocat est donc censé rédiger de nouvelles conclusions qui ne doivent pas se limiter à de simples références aux conclusions antérieures. dans le cadre de l’assignation. En toute hypothèse. Pour les juridictions à juge unique. Le défendeur répond à l’assignation et rédige à son tour les premières conclusions. L’instruction par le juge de la mise en état a) Qui est le juge de la mise en état ? Le président du TGI peut renvoyer l’affaire devant un juge qui a pour mission de mettre en état une affaire civile jugée complexe. . Cela a été notamment rappelé par la Cour de Cassation dans un avis du 10 mai 2001. en particulier la réponse du défendeur. L’instruction sans renvoi à un juge de la mise en état (circuit court) L’instruction civile. qui permettent ainsi de faciliter le travail du juge.articles 761 et 762 : ils prévoient également un circuit court mais avec un délai sensiblement allongé. B/ Le rôle du juge Il existe deux modalités d’instruction du contentieux civil. Ce juge de la mise en état doit appartenir à la chambre à laquelle l’affaire a été attribuée. donc désormais imposée devant le TGI. C’est l’article 753 al 2 du CPC qui prévoit ces dernières conclusions.

. Le décret du 28 décembre 2005 a précisé que les différentes mesures désormais prises par ce juge de la mise en l’état avaient désormais autorité de la chose jugée.9 . Des réformes récentes (2004. 2005. Ce juge de la mise en état peut demander aux parties de conclure et il a également la possibilité de prendre ttes les mesures d’instruction (ex : communication d’une pièce détenue par l’une des parties ou un tiers). Le décret du 20 aout 2004 a précisé que ce juge de la mise en état pouvait statuer sur les incidents mettant fin à l’instance. le juge de la mise en l’état a été habilité en 1998 à invoquer les exceptions de procédure (ex : exception d’incompétence). cette disposition permet au juge de la mise en état. Les réformes récentes ont donc conféré désormais un rôle essentiel au juge de la mise en l’état.Il peut si besoin est rendre prématurément une ordonnance de clôture. sous peine de sanction pour les parties. 2008) ont modifié de manière substantielles les prérogatives du juge de la mise en l’état. Les décisions du juge de la mise en l’état sont appelées des ordonnances. et la date de prononcé de la décision. Si des différentes invitations formulées par le juge de la mise en état ne sont pas respectées.juge de la mise en état bénéficie d’une compétence exclusive en matière d’instruction civile dès lors qu’il a été saisi jusqu’à ce qu’il soit dessaisi. En effet. désistement d’instance) ou à titre accessoire en cas de transaction ou décès de l’une des parties. le juge de la mise en état dispose de 2 prérogatives : . que ce soit à titre ppal (ex : péremption. la date de la clôture des débats. Pour éviter un nombre trop importants de renvoi ou en raison de la défaillance de l’une des parties (qui n’a pas conclu par ex). ce même magistrat peut accorder des provisions et donc prononcer une mesure provisoire (ex : versements de dommages et intérêts). C’est à ce stade qu’une nouveauté a été intégré par le décret de 2005 à l’article 764 alinéa 2. Lorsque l’existence d’une obligation de nature civile n’est pas sérieusement contestable. Procédure civile . Ce calendrier contient notamment le nombre prévisible ainsi que la date des échanges de conclusions. De manière complémentaire. ce juge a pour fonction notamment de veiller au déroulement loyal des échanges au nom d’une bonne collaboration entre avocats (ex : le juge de la mise en état veille à la ponctualité des échanges et au respect du contradictoire). L’objectif de cette mesure est de permettre de déterminer dans le temps la durée de l’instruction civile. En effet. Par ex. la date de la clôture de la mise en état. Cette voie de recours s’exerce plus particulièrement en cas de prononcé d’une mesure provisoire (en matière de divorce en particulier) ou alors lorsque le juge de la mise en état statue sur une exception de procédure. En effet. sans que toutefois en 1998 ces décisions ne soient dotées de l’autorité de la chose jugée. Il s’agit alors d’une péremption de l’instance qui peut être soulevé directement devant le juge de la mise en état. le juge de la mise en état dispose de différentes missions essentielles en matière d’instruction civile. De plus. L’article 768-1 prévoit d’ailleurs que le juge de la mise en état peut si besoin est inviter les parties à mettre en cause tous les intéressés dont la présence lui paraît nécessaire à la solution du litige. ce même juge de la mise en état est doté d’un rôle d’administration de l’instruction civile. Elles sont susceptibles d’appel dans un délai de 15 jours à compter de leur notification (art 776). ce magistrat entend les parties et les avocats et a pour mission de les concilier (art 768 du CPC). pour assurer une rapidité de la résolution des contentieux. en renvoyant l’affaire devant le tribunal. caducité.il peut si besoin est prononcer une radiation du rôle d’une affaire lorsque les avocats s’abstiennent d’accomplir tt acte de procédure. d’établir un calendrier de la mise en état. ce juge peut exercer des mesures plus contraignantes sous la forme d’injonction notamment en fixant des délais afin qu’elles respectent leurs obligations. b) Quelles sont les attributions du juge de la mise en état ? Le premier travail de ce magistrat est de convoquer les parties pour une première audience de mise en l’état. dès le départ.

en particulier après la clôture des débats et quand l’affaire a été mise en délibérée. des arguments. En effet. notamment en cas d’intervention volontaire. Si le tribunal ou le président plus précisément n’a pas fixé dès l’origine la date de l’audience. qui peut être soulevée d’office par le juge.10 . Par exception. se trouvent confrontées devant le tribunal qui siège alors en formation de jugement. La difficulté pratique concerne le cas particulier du dépôt des pièces. alors cette révocation ne pourra être prononcée que par un tribunal dans sa collégialité. l’article 783 reconnaît la recevabilité de demandes postérieures à l’ordonnance de clôture. Il existe toutefois une nuance pour garantir le respect du ppe du contradictoire. c’est l’ordonnance de clôture qui fixe cette date. §3. Il s’agit alors d’une fin de non recevoir de la demande. de conclusions relatives aux loyers ou encore en cas d’une demande de révocation d’une ordonnance de clôture. L’ordonnance de clôture Le prononcé – L’ordonnance de clôture suppose que le juge de la mise en l’état ou le président considère que l’affaire est en état d’être jugé et à ce moment là. La Cour de Cassation d’ailleurs considère que le juge de la mise en l’état s’est au préalable assuré que les parties se sont communiquer les pièces. soit lorsqu’il est saisi par l’un des plaideurs. Cette mesure ne peut être prononcée qu’en cas de cause grave liée à un élément nouveau intervenu depuis le prononcé de l’ordonnance de clôture ou encore en cas d’intervention volontaire qui se réalise après le prononcé de l’ordonnance de clôture. En ppe. 1. Dès lors que la révocation de l’ordonnance de clôture est prononcée. Elle s’impose à un plaideur qui n’a pas accompli les actes de procédure dans le délai imparti (art 780). Procédure civile . L’audience C’est le moment où les parties. un plaideur a la possibilité de demander la révocation de l’ordonnance de clôture. mais si l’adversaire ne dispose pas du temps nécessaire pour se défendre. le juge de la mise en l’état peut cette clôture partielle. Cette évolution correspond en pratique à une tendance du droit judiciaire à confier des fonctions de plus en plus étendues à des juges uniques. le ppe du contradictoire est susceptible d’être violé. Le juge de la mise en l’état bénéficie de pouvoirs désormais très étendus. pour permettre au plaideur de répondre à des conclusions. Cette hypothèse est prévue à l’article 784 qui prévoit une liste limitative de cas de révocation. des demandes ou des moyens nouveaux (art 780 al 2). 2. Le décret du 28 décembre 2005 introduit une nouvelle mesure à l’article 780. En pratique. appelée « la clôture partielle ».C. le juge de la mise en l’état doit alors compléter son instruction et rend ultérieurement une nouvelle ordonnance de clôture. La clôture de l’instruction Le juge de la mise en l’état prononce des ordonnances spécifiques soumises à des règles particulières en cas de révocation. un tel dépôt tardif est recevable. soit d’office. les juges sont donc vigilants à cet égard pour considérer que certains documents doivent être écartés s’ils n’ont pas été déposés en temps utile et donc lorsque la partie adverse n’a pas eu le temps d’y répondre. Si la révocation intervient très tardivement. l’affaire est renvoyée à l’audience ultérieure qui sera l’audience de plaidoirie. Elle est simplement datée et signée par le juge sans formalité particulière. ce qui est assez récent. L’instruction est alors close mais uniquement à l’encontre du plaideur négligent qui ne peut plus conclure ou déposer de pièces. Cette clôture intervient à titre de sanction et peut être prononcée d’office par le juge ou à la demande d’un des parties. Ses effets – Cette ordonnance interdit en ppe aux parties de déposer de nouvelles pièces ou de nouvelles conclusions alors déclarées irrecevables. des conclusions peu de temps avant la clôture. par l’intermédiaire de leurs représentants. Cette ordonnance n’a pas à être motivée et par ailleurs n’est susceptible d’aucun recours. La révocation de l’ordonnance de clôture Plutôt que de déposer tardivement des pièces.

Ceci concerne les contentieux qui concernent plus spécialement la capacité. ce ppe a été consacré par le CE en tant que PGD au nom d’une garantie de bonne justice. L’ordre des interventions des avocats est déterminé par la loi avec dans un premier temps le demandeur puis le défendeur. L’article 71 du CPC prévoit trois moyens de défense qui peuvent être invoqués devant les tribunaux : . En ppe. Le président du tribunal peut d’ailleurs considérer que pour préserver l’intimité de la vie privée ou ne pas troubler la sérénité de la justice. L’oralité des débats Lors des plaidoiries.Les exceptions de procédure . Ce ppe de publicité est énoncé à l’article 6 §1 de la CEDH. il n’est donc plus possible de déposer des notes après la clôture des débats. les moyens et les prétentions et ainsi les éléments qui vont être évoqués pendant l’audience. l’article 22 du CPC prévoit que les débats sont publics sauf lorsque la loi exige qu’ils aient lieu en chambre du conseil. Se développe à cet égard le simple dépôt des dossiers de plaidoirie au moment de l’audience. De plus. Section 2. avec toutefois une nuance énoncée à l’article 445 : ce texte prévoit la possibilité de produire des notes en délibéré qui doivent impérativement être communiquées à l’adversaire. Ce rapport expose les faits.Au moment de l’audience. deux ppes doivent être respectés : la publicité des débats et l’oralité des débats. En toute hypothèse. Procédure civile . sauf exception. Le président qui est assisté par un huissier audiencier assure la police de l’audience. La publicité des débats L’instruction et le délibéré restent secrets. A l’inverse. L’avis de l’auteur du rapport n’est pas communiqué afin de garantir l’objectivité des débats. La procédure avec incident On peut distinguer deux catégories d’incidents relatifs ou non à la preuve. Après les plaidoiries. B. l’importance des plaidoiries tend à être limitée dans le procès civil. les avocats vont exposer leurs moyens et prétentions afin de convaincre le tribunal. Les incidents non relatifs à la preuve En matière de procédure civile. il existe trois catégories d’incidents.Les défenses au fond. . A. l’audience doit avoir lieu en chambre du conseil. §1. En cas de présence du ministère public. même si l’affaire évoquée ne les concerne pas. La formule « en chambre du conseil » suppose l’absence de publicité et correspond en pratique à l’audience dite à huis-clos en matière pénale. L’article 433 précise également que les débats sont publics et ce. un rapport est d’abord présenté devant le tribunal par le président de la chambre ou par un autre juge (généralement en pratique le juge de la mise en l’état qui établit un rapport qui est certes écrit mais présenté oralement à l’audience avant les plaidoiries) selon l’article 785. L’objectif est de rendre plus efficace les débats oraux au moment de l’audience.Les fins de non-recevoir. il reste soumis à cet ordre en fonction de sa qualité (demandeur ou défendeur au procès). Le public a donc la possibilité d’assister aux débats. l’état des personnes ou encore le divorce. Il existe toutefois certaines pratiques prévues par les textes qui consistent à faire tenir l’audience de plaidoirie devant un seul ou deux magistrats membres de la formation collégiale.11 . Le public ne peut donc pas manifester son approbation ou sa désapprobation au déroulement de l’audience. L’article 440 du CPC prévoit d’ailleurs que le président peut mettre fin aux plaidoiries lorsqu’il estime que la juridiction est suffisamment éclairée. mais comme la procédure reste écrite. cette audience a lieu devant la formation de jugement qui sera amenée à délibérer. l’audience est soumise à un ppe de publicité. A cette étape. L’oralité des débats s’impose devant le TGI. En droit interne. le juge prononce la clôture des débats et le tribunal se retire pour délibérer.

Le juge ne pourra statuer sur le fond tant que le contredit est en cours. toutes deux potentiellement compétentes. L’exception d’incompétence – Elle est invoquée par un défendeur comme argument procédural lorsqu’il considère que la juridiction saisie n’était pas celle régulièrement compétente. 1. Seule toutefois l’exception de connexité peut-être soulevée à tout moment. soit par le juge en particulier dans le cadre de la mise en l’état. En ce qui concerne les voies de recours. Selon une règle de portée générale. Dès lors que le défendeur conclut au fond (donc qu’il répond aux arguments du demandeur). il ne pourra plus ultérieurement se prévaloir d’une telle exception. le demandeur ne peut donc plus agir avant le terme de ce délai. Toutefois. Il faut que l’exception soit par ppe relever dès le début du litige avant toute défense au fond. La mise en œuvre de l’exception Conditions – Différentes exigences doivent être respectées.A. la désignation de la juridiction compétente doit alors intervenir. L’article 100 du CPC prévoit cette règle. Ce moyen de défense est invoqué par le défendeur notamment en cas de défaut de qualité ou d’intérêt pour agir. il est tenu de rédiger des conclusions qui développent les arguments relatifs à l’exception. L’exemple type a été relevé par la Cour de Cassation dans un arrêt de la Chambre mixte du 14 février 2003 relatif à la portée des clauses de Procédure civile . Effets – Le tribunal ou le juge de la mise en l’état peut tout d’abord rejeter l’exception de procédure invoquée par le défendeur. 2. L’exception de connexité – Elle est invoquée lorsque deux juridictions doivent statuer sur deux affaires différentes entre lesquelles il existe un lien. Le fait d’invoquer une telle exception a pour effet de retarder l’issue du litige ce qui peut susciter la suspicion. il sera alors impossible pour le tribunal de statuer au fond. A l’inverse. Ce recours doit être invoqué dans un délai de 15 jours à compter de la décision du tribunal et a par ppe un effet suspensif. La procédure reprend alors son cours et la juridiction saisie devra alors statuer. si l’exception de procédure est retenue. Le défendeur qui invoque une telle exception agit au niveau strictement procédural. Le cours de l’instance est simplement suspendu afin de laisser au défendeur un délai pour accomplir certains actes. Les divers cas d’exception Il existe plusieurs formes d’exception de procédure prévues par le CPC aux articles 73 et suivants. Ces exceptions peuvent être soulevées soit par les parties. de non-respect des délais de prescription ou de forclusion ou enfin en cas de non-respect de l’autorité de la chose jugée. l’appel n’est pas possible tant que l’affaire n’a pas été jugée au fond. Les compétences d’attribution ou de lieu doivent être ainsi respectées. L’exception de nullité – Elle intervient afin de remettre en cause un acte de procédure dès lors qu’un vice de forme ou de fond est au préalable constaté (ex : si le formalisme de l’assignation n’a pas été respecté). En pratique.12 . Les fins de non-recevoir Il s’agit d’un moyen de défense par lequel le défendeur s’oppose à la demande et souhaite qu’elle soit déclarée irrecevable. Dans cette hypothèse. L’article 122 du CPC énonce une liste de fins de non-recevoir qui n’est pas exhaustive. une voie de recours particulière peut être utilisée appelée le contredit. la juridiction saisie la seconde devra se dessaisir au profit de la première. Les exceptions de procédure L’exception de procédure est constituée par tout moyen qui tend soit à faire déclarer une procédure irrégulière ou éteinte. Cette exception invoquée par le défendeur permet ainsi de faire juger les deux affaires ensemble au nom d’une meilleure organisation de la justice. L’exception dilatoire – Elle est admise lorsque le défendeur démontre le bénéfice d’un délai d’attente. Quand ce délai est invoqué. soit à suspendre le cours de cette procédure. lorsque le juge n’a statué que sur la compétence. Pour le défendeur en particulier. Le demandeur peut alors être obligé de renouveler sa demande sans pour autant que soit abordé le fond du litige. Le juge peut donc reconnaître en fonction des circonstances de telles fins de non-recevoir. L’exception de litispendance – Cet argument intervient lorsqu’un même litige et donc une même affaire est portée devant deux juridictions différentes. B. on peut distinguer deux situations.

C. La présence de ce tiers s’effectue donc a priori devant le TGI et non a posteriori lors de l’exercice d’une voie de recours. Elle peut prendre deux formes différentes : o L’intervention volontaire à titre ppal Le tiers intervenant invoque ici un droit propre et formule des prétentions distinctes de celles dont la juridiction est déjà saisie. communique les pièces et sera tenu de conclure. En effet. Procédure civile . Si l’une des parties agit en justice en dépit d’une telle clause. Il peut toutefois arriver qu’un tiers vienne s’associer à un procès ce qui a pour incidence au niveau procédural de mettre en œuvre une intervention. L’intervenant n’invoque donc pas devant le juge une prétention qui lui est propre. . Dans ces deux formes. Ex : Une victime demanderesse assigne l’auteur du dommage et sollicite également une tierce personne en qualité de co-auteur.13 - . Le tiers devient alors partie au procès.Elles peuvent être invoquées en tout état de cause par les parties . l’article 332 du CPC prévoit que le juge peut inviter les parties à mettre en cause tous les intéressés dont la présence lui paraît nécessaire à la résolution du litige.médiation ou de conciliation. Il existe deux catégories d’intervention : L’intervention volontaire Elle suppose qu’une personne s’associe à une instance déjà engagée par d’autres personnes car elle considère que ses propres intérêts sont susceptibles d’être affectés. La défense qui invoque cette fin de non-recevoir met en œuvre une notion à caractère mixte. Exemple : Les syndicats ou les associations qui vont valoir en justice des R de droit interviennent volontairement à titre accessoire en complément des prétentions déjà invoquées. L’intervention suppose qu’un tiers soit tenu de prendre part au lien d’instance dès lors que les prétentions des parties démontre l’existence d’un lien suffisant avec ce tiers. les fins de non-recevoir sont proches de l’exception de procédure (ces deux arguments consistant à faire déclarer irrecevable une demande et ce sans examen au fond dès lors que certaines conditions de l’action ne sont pas respectées comme l’intérêt à agir ou la prescription par exemple) et sont également proches de la défense au fond (car elles entrainent toutes deux un échec définitif de la demande formulée au préalable). Les fins de non recevoir établis ainsi par le juge présente deux particularités : . L’objectif est de faire condamner ce tiers pour ainsi lui rendre opposable la décision de justice. Les incidents relatifs au lien d’instance 1. Exemple : En matière de responsabilité civile. participe au débat. En effet. une première victime sollicite une réparation à titre de demandeur initial et une seconde initialement tiers intervient dans l’instance o L’intervention volontaire à titre accessoire Il s’agit alors pour l’intervenant d’appuyer les prétentions d’une partie lors du développement de ses arguments. il s’agit au niveau procédural de demandes « incidentes » qui peuvent être admises en tout état de cause. L’initiative de l’intervention peut être également suggérée par le magistrat.Le juge a parfois l’obligation de relever d’office la fin de non recevoir dès lors qu’elle présente un caractère d’ordre public (ex : non-respect des délais). la Cour de Cassation considère qu’il s’agit d’un cas supplémentaire de fin de non-recevoir de l’action en justice exercée à tort. L’intervention forcée Elle concerne des situations dans lesquelles l’une des parties a une instance en cours appelle une personne en l’obligeant à intégrer le rapport juridique d’instance. Les incidents affectant l’étendue du lien d’instance A/ Les incidents qui concernent les personnes Les parties sont prioritairement concernées par le lien d’instance.

o L’intervention justifiée par une mise en cause ayant pour but la déclaration d’un jugement ou d’un arrêt commun. Il n’est pas nécessaire de produire une nouvelle assignation pour formuler ces ddes. Ce défendeur invoque une prétention personnelle afin d’obtenir un avantage. ce qui suppose qu’un plaideur est pris l’initiative d’un procès. 2. Si l’intervention forcée intervient en appel. L’intervention forcée peut intervenir à n’importe quel moment de la procédure. soit qu’elle soit liée au prononcé d’une décision de justice. l’intervention forcée est mise en œuvre dans deux cas : o L’intervention forcée justifiée par une mise en cause aux fins de condamnation L’objectif est alors d’imposer à un tiers une décision de justice généralement à titre de sanction. . Exemple : En matière de droit des contrats. soit l’interruption du lien d’instance. Si aucun lien n’est constaté entre la dde initiale et la dde additionnelle. Procédure civile . le juge a la possibilité d’écarter la dde additionnelle. Le déroulement normal du lien d’instance n’est alors que stoppé. l’article 4 al 2 du CPC prévoit que les prétentions des parties sont fixées par l’acte introductif d’instance. Cette dde introductive d’instance peut contenir différentes sollicitations auprès d’un juge. Formellement. elle doit être justifiée par une évolution du litige. Cette dde complémentaire doit se rattacher à la première dde. Le défendeur soumet au juge une nouvelle demande au-delà du simple rejet de la dde initiale. Ces 2 ddes incidentes peuvent être invoquées dès lors qu’existe un lien de connexité entre les prétentions en cause. mais uniquement d’apporter des éléments qui expriment ces demandes au sein des conclusions. La suspension de l’instance – Il y a suspension de l’instance quand survient un évènement qui fait obstacle à la poursuite de l’instance. En effet. Une partie au litige peut ainsi avoir intérêt à ce que la décision de justice soit opposable à un tiers déterminé.Les demandes reconventionnelles . Le défendeur devient donc finalement à son tour demandeur dans le cadre du contentieux civil. En ppe.En pratique. Ceci suppose la réalisation d’évènements étrangers à la situation personnelle des parties. par laquelle la prétention antérieure est nécessairement modifiée. Ce même défendeur dans le cadre de ses moyens de défense peut invoquer une demande reconventionnelle portant sur la nullité du contrat par exemple. Ce même texte précise toutefois que l’objet du litige peut être modifié par des demandes incidentes et donc le contentieux civil est composé de demandes initiales potentiellement complétées par des demandes incidentes qui peuvent prendre deux formes différentes : . Les incidents affectant l’existence du lien d’instance A/ Les incidents qui affectent provisoirement le lien d’instance Il s’agit d’évènements qui ont pour effet soit la suspension. les ddes additionnelles s’effectuent dans le cadre d’un échange des conclusions. B/ Les incidents qui concernent l’objet du débat L’objet du débat est déterminé par la demande initial.Les demandes additionnelles. L’objectif est de permettre au tiers de préparer ses arguments au titre du ppe du contradictoire. l’instance ainsi constituée par cette demande initiale est liée par un ppe de l’immutabilité du litige. car la disparition de l’évènement permet la reprise de l’instance.14 . L’article 377 du CPC prévoit deux catégories de suspension selon que la suspension est fondée sur un cas prévu par loi. Enfin le tiers directement concerné par l’intervention doit être appelé en temps utile pour faire valoir ainsi sa défense. Les demandes additionnelles (art 65 du CPC) – Elles correspondent à une prétention nouvelle formulée par le demandeur ou le défendeur. notamment afin de ne pas modifier la compétence de la juridiction saisie initialement. Les demandes reconventionnelles (art 64 du CPC) – Une telle demande est formulée par ppe par le défendeur qui ne se contente pas de contester la dde initiale. en particulier lorsque le chef de la demande initiale est augmenté ou diminué. un défendeur a arrêté l’exécution d’un contrat et ceci lui a été reproché.

Cette sanction s’impose donc souvent en raison de la passivité des parties. ce retrait n’est donc pas une sanction et correspond à une mesure d’administration judiciaire qui permet de limiter les contentieux. L’interruption de l’instance – Par opposition à la suspension. l’instance reprend donc. Au terme du sursis à statuer. en cas de suspension de l’instance. La suspension liée à une décision du juge – Cela arrive dans trois hypothèses : o Le sursis à statuer : Selon l’article 378 du CPC. Cette sanction procédurale est prononcée par un juge lorsque les parties ou l’une des parties n’accomplit pas les actes de procédure. En ppe. Causes automatiques : o La majorité d’une des parties . o Le retrait du rôle : C’est la conséquence d’un accord des parties. suite à l’interruption. il faut que cet évènement soit antérieur à l’ouverture des débats (art 371 du CPC). La reprise de l’instance peut être volontaire. En effet. l’instance n’est que suspendu et son rétablissement est donc possible sur l’initiative de l’une des parties ou des deux. l’instance a été nécessairement arrêté et il y aura lien de reprendre l’instance après la modification qui a du intervenir. de lui faire part de leurs intentions et de leurs initiatives en vue de reprendre l’instance. Ces évènements entrainent une rupture du lien d’instance. Causes non automatiques : Elles supposent le recours à une notification à la partie adverse de la réalisation d’un évènement déterminé : o Le décès de l’une des parties dès lors que l’action en justice est transmissible . l’interruption résulte d’évènements qui affectent la situation personnelle des parties (ou de leurs représentants). Le juge peut demander aux parties. Ces différents évènements ont pour effet de paralyser l’instance. Après une interruption. la disparition de sa cause permet la poursuite de l’instance. En cas de retrait du rôle. sur l’initiative des parties ou du juge. Ce retrait suspend l’instance dès lors toutefois qu’un consentement des parties est constaté (l’objectif étant de contribuer à une conciliation entre ces mêmes parties). Pour que l’instance soit interrompue.La suspension liée à un texte – La suspension de l’instance peut être expressément prévue par une disposition qui devra être automatiquement appliqué par le juge (ex : art 81 du CPC qui concerne la compétence du juge = lorsque le juge par ppe se déclare incompétent pour des raisons procédurales. la décision d’un juge qui prononce un sursis à statuer suspend le cours de l’instance pour le temps ou jusqu’à la survenance de l’évènement que la décision détermine. L’instance est suspendue le temps du contredit. Les causes d’interruption sont prévues à l’article 369 : il peut s’agir de causes d’interruption automatiques et non automatiques. Procédure civile . Cette interruption de l’instance emporte interruption des délais de péremption. la décision de première instance constitue une mesure suspensive qui ne dessaisit pas le juge. Ceci concerne notamment le recours à une question préjudicielle prévu à l’article 49 du CPC. et il doit alors attendre que la CA se soit prononcé sur cette compétence dès lors qu’un contredit a été formé). o La cessation de fonction de l’avocat (ou de l’avoué lorsque la représentation est obligatoire) . o Le passage sous un régime d’incapacité . Il ne s’agit toutefois que d’une suspension de l’instance. o L’effet du jugement qui prononce le règlement judiciaire ou la liquidation des biens. Contrairement à la radiation. Pour que l’instance reprenne. le juge ne peut pas statuer au fond. La question préjudicielle suppose que la juridiction initialement saisie considère qu’une autre juridiction est susceptible de statuer o La radiation : Il s’agit d’une mesure d’administration judiciaire qui a pour finalité de sanctionner le comportement de l’une des parties. Une loi promulguée le 25 janvier 2010 consacre la suppression de la fonction d’avoué. un texte prévoit le sursis à statuer.15 . il faut un rétablissement de l’affaire cad une nouvelle mise au rôle dès lors que les parties justifient l’accomplissement des diligences requises. Dans certains cas.

Il arrive parfois que cette extinction soit le fait d’autres évènements qui arrivent à titre accessoire ou ppal. .Le désistement d’action du ddeur ou du défendeur en cas de dde reconventionnelle : Il met fin au lien d’instance et donc aux droits susceptibles d’être invoqués.B/ Les incidents qui affectent définitivement le lien d’instance En ppe. . cette mesure permet de sanctionner les plaideurs qui se désintéresseraient de l’affaire. mais uniquement à l’instance déjà entamée. L’instance s’éteint à titre accessoire par rapport à l’action initial – C’est le cas lorsqu’une des parties ou les deux ont finalement décidé de mettre un terme au droit d’action. l’instance s’éteint par une décision de justice. L’article 287 du CPC prévoit que si l’une des parties qui dénie l’écriture qui lui est attribué ou si elle Procédure civile . La jurisprudence a aussi précisé que le délai de 2 ans devait courir à compter de l’accomplissement des dernières diligences. qqe soit la nature du litige qui intervient en première instance (en appel. §2. La diligence suppose la réalisation de tout acte qui permet une progression de l’affaire. 1. Les incidents relatifs à la preuve Cela concerne l’écrit.La péremption d’instance : Pour réduire les instances excessivement longues.L’acquiescement à la dde : elle suppose que l’une des parties reconnait le bien fondé des prétentions de l’autre et met fin à l’instance. La difficulté a concerné la définition de la notion de diligence. le plaideur ne renonce pas définitivement à son droit d’agir. Il peut en pratique s’agir d’actes de procédure mais aussi plus généralement de tte initiative qui constitue une diligence (ex : une simple lettre). en cas de désistement d’instance. L’article 386 réglemente les modalités de cette péremption. . les règles seront différentes). A/ La contestation des actes sous seing privé Deux procédures peuvent être exercées : la vérification d’écriture et le faux en écriture privée. Pas de caducité sans texte. . le juge peut donner force exécutoire à l’acte. Ceci peut résulter de plusieurs situations : . A l’inverse.La caducité de la citation : Elle est prévue à l’article 406 du CPC qui impose que cette mesure soit déterminée par la loi. le juge à un rôle très limité car il ne fait que constater l’extinction de l’instance. Les incidents relatifs à l’écrit Ils interviennent quand l’un des plaideurs conteste l’origine ou la validité d’un écrit. Il convient de distinguer le désistement d’instance du désistement d’action : le désistement d’action se révèle plus grave pour les plaideurs car il constitue au niveau procédural un acte unilatéral de renonciation au droit d’agir. . Il appartient alors aux parties au litige d’invoquer cette péremption.Les actions non transmissibles au décès de l’une des parties : Elles sont automatiquement éteintes. L’instance s’éteint à titre ppal – Cela arrive dans différents cas prévus à l’article 385 du CPC : . le juge ne pouvant la relever d’office. Dans ces différentes situations. L’exemple type est celui de l’assignation non enrôlée dans le délai imparti de 4 mois. Le délai de péremption est fixé à 2 ans et suppose qu’aucune diligence n’ait été accomplie pendant ce délai.Le désistement d’instance : Il s’agit d’une renonciation du ddeur qui abandonne le procès sans attendre le jugement. et doté d’un effet définitif. La vérification d’écriture – Cette procédure intervient quand une partie produit un écrit qui est contesté par son adversaire. les mesures d’instruction et le serment. L’affaire en jeu pourra recommencer ultérieurement. L’acquiescement au jugement peut intervenir lorsque l’adversaire renonce aux voies de recours.La transaction : c’est un contrat nommé du Code Civil qui suppose des concessions réciproques mettant fin au litige. qqe soit la matière en jeu. notamment en cas d’accord des parties. Il prononce alors une décision de dessaisissement avec une nuance : si les parties concernées le souhaitent. Ce désistement est systématiquement possible.16 . Les règles procédurales qui ont vocation à s’appliquer dépendent de la nature de l’écrit contesté.

o Si à l’inverse. etc. B/ La contestation des actes authentiques La procédure particulière qui peut être invoqué pour un acte authentique est la procédure d’inscription de faux. Cette procédure suppose la remise de l’acte contesté au secrétariat greffe du tribunal. . Si le TGI rejette la pièce considérée fausse. le demandeur. Le ministère public doit également être informé selon l’article 303. De manière chronologique. est celui contre lequel une personne risque d’invoquer l’acte.déclare ne pas reconnaitre celle qui est attribué à son auteur. Le faux en écriture privé – Cette procédure suppose qu’un écrit sous seing privé soit produit par une des parties. dder l’intervention d’un technicien (expert en graphologie par ex). La vérification peut intervenir à titre incident au cours d’une procédure déjà engagée. il est procédé à l’examen de l’écrit litigieux en appliquant les dispositions relatives à la vérification d’écriture. Les mesures d’instruction Elles sont prévues aux articles 143 et s. lorsque le juge souhaite obtenir une précision non apportée par les parties (ex : expert en matière médicale). o Si le défendeur déclare ne pas vouloir se servir de l’écrit. dans le cadre d’un contentieux déjà existant. Cette procédure relève de la compétence exclusive du TGI.Si le faux est invoqué en cours d’une instance autre. elles demeurent de la compétence de la juridiction saisie préalablement. La procédure s’achève. le juge doit donner acte de cette déclaration au demandeur. A l’inverse. Le demandeur est celui qui souhaite utiliser un acte qui est pourtant contesté. enquête. le juge doit alors mettre en œuvre les dispositions relatives à la vérification d’écriture. car ce ministère public est susceptible d’exercer des poursuites pénales. A/ Les R générales s’appliquant aux mesures d’instruction Ces R ont pour caractéristique d’être présentes qqe soit la mesure d’instruction prononcée par le juge (expertise. Son adversaire prétend que l’acte a été contrefait. On peut alors distinguer deux hypothèses : . on peut distinguer 3 temps : Le prononcé des mesures d’instruction : Trois précisions doivent être apportées : o Le moment du prononcé d’une mesure d’instruction civile Ces mesures sont adoptées généralement en cours de procès. le jugement doit être mentionné en marge de l’acte reconnu comme faux. l’assignation doit mentionner les moyens constatant le faux et faire sommation au défendeur de déclarer s’il entend ou non faire usage de l’acte prétendu faux et falsifié. De plus le faux suppose une manœuvre frauduleuse. Ponctuellement. le défendeur ne comparait pas ou déclare devant le juge vouloir se servir de l’écrit. Pour les vérifications à titre incident. lors d’un faux en écriture privée. L’article 285 du CPC précise que la vérification d’écriture à titre ppal relève de la compétence exclusive du TGI. 2. des informations relatives aux demandes des parties.17 . Certains éléments permettent alors de distinguer cette procédure de faux en écriture privé de celle de vérification d’écriture. En effet. il appartient alors au juge de vérifier l’écriture à moins qu’il ne puisse statuer sans en tenir compte. Les R applicables prévues par les textes sont plus contraignantes pour un acte authentique car elle suppose la mise en cause d’un officier public. face à la contestation du défendeur. dispose alors de différentes mesures pour assurer cette vérification : il peut dder par exemple au défendeur de produire d’autres documents pour servir de comparaison. la dde de vérification d’écriture peut aussi être formulée à titre ppal. Le juge. le recours à une mesure d’instruction peut être accompli sur un Procédure civile . Si le contentieux se présente devant une juridiction d’exception. un sursis à statuer doit intervenir jusqu’à ce qu’un jugement sur le faux soit rendu par le TGI. Il convient d’exposer lors de ces dépôts les moyens invoqués en vue de l’établissement du faux. faire rédiger sous sa dictée un texte au défendeur. Les différentes R du CPC relèvent de l’instruction civile et ont vocation à s’appliquer devant toutes les juridictions de l’ordre judiciaire. attestation. Il convient d’introduire une instance pour confirmer qu’un acte déterminé émane bien de telle personne en sollicitant une vérification d’écriture. et peuvent être demandés par le juge afin qu’il puisse obtenir des précisions.).Si le faux est demandé à titre principal. contrairement à la vérification d’écriture.

les parties devant impérativement être représentés par leurs avocats. Ce même juge peut donc. en pratique. Elle ne s’impose donc pas au juge et les parties peuvent donc être confrontés à un refus d’une telle dde (ex : expertise demandée par une partie à des fins dilatoires). Chaque plaideur demeure tenu prioritairement d’apporter la preuve des faits qu’il prétend. le juge qui a au préalable ordonné la mesure d’instruction doit toujours garder le contrôle de l’exécution de cette mesure. une simple mention doit être apportée. Même si le juge qui ordonne la mesure ne l’exécute pas personnellement. Par ppe. et figurée sur un registre. même s’il n’est pas partie ppale. Les mesures d’instruction qui sont exécutées devant la juridiction (= au sein même de la salle d’audience) le sont en audience publique ou en chambre du conseil. en fonction des R applicables au litige. A l’égard du dossier concerné par la mesure. L’article 152 du CPC indique que la décision qui ordonne la mesure n’a pas à être notifiée aux parties. Enfin. Cette mesure d’instruction est qualifié de mesure « in futurum » (art 145 du CPC). Si les parties ou des tiers doivent apporter leur concours à la mesure d’instruction. le juge apprécie l’opportunité de la mesure demandée. indépendamment du jugement au fond. la mesure d’instruction doit être exceptionnelle et donc elle n’intervient que de manière accessoire. si besoin est. Il appartient d’ailleurs aux parties de prendre en charge les frais engendrés par l’instruction. l’appel et même le pourvoi en cassation ne peuvent être exercées contre ces décisions. le décret du 28 décembre 2005 a prévu que la décision qui ordonne l’instruction doit indiquer la date à laquelle l’affaire sera rappelée afin qu’elle soit examinée. o - L’exécution des mesures d’instruction Selon l’article 155 du CPC. - B/ Les différentes mesures d’instruction On peut distinguer 4 catégories de mesures relevant du procès civil : La comparution personnelle des parties En ppe. En effet. ne pas attendre le terme de la mesure d’instruction et mettre un terme au litige sur le fond indépendamment de la mesure. la mesure concerne prioritairement le juge qui souhaite ainsi obtenir des éléments complémentaires d’informations. Dans ce cas là. o L’origine de la mesure d’instruction Elle peut être ordonnée d’office par le juge ou demandée par l’une des parties. Enfin. en ce qui concerne les voies de recours contre une mesure d’instruction. L’article 146 al 2 précise d’ailleurs qu’en aucun cas le recours à une mesure d’instruction peut être ordonné pour suppléer la carence d’une partie dans l’administration de la preuve. Pour accélérer l’instruction. ils font alors l’objet d’une convocation. la décision par laquelle est ordonnée une mesure d’instruction n’a pas pour incidence de dessaisir le juge. Ce texte est justifié car le recours à une mesure d’instruction se révèle en pratique parfois particulièrement onéreux. il doit opter pour ce qui est le plus simple et le moins onéreux (art 147 du CPC). Il peut si nécessaire se déplacer pour procéder personnellement à une mesure d’instruction ou en contrôler l’exécution. Les conséquences des mesures d’instruction A l’égard du juge. Le ministère public peut également être concerné et donc informé de la réalisation de la mesure d’instruction. le juge chargé de l’exécution de la mesure fixe les dates et lieux des opérations. il en garde toutefois le contrôle comme par exemple en matière d’expertise.18 . Deux conditions sont nécessaires : cette mesure d’instruction in futurum suppose un motif légitime afin de conserver ou d’établir la preuve d’éléments de faits dont pourrait dépendre un futur procès et il faut de plus qu’un simple préjudice éventuel soit invoqué par le demandeur. le TGI peut statuer sans avoir au préalable entendu les parties. A l’inverse. une ordonnance de requête ou de référé est alors prononcée par le juge qui a sollicité l’instruction.éventuel litige nécessairement futur. une comparution personnelle de ces mêmes parties peut être Procédure civile . Le coût de la mesure d’instruction Lorsque le juge décide le prononcé d’une telle mesure. Dans cette seconde hypothèse.

Il appartient en effet au juge de tirer toutes les conséquences des déclarations formulées par les parties.19 - o . même si c’est rare. Si par exemple. elle doit « déposer ». Ceci concerne plus précisément les parents ou alliés (notamment les enfants) qui peuvent refuser de témoigner. Hormis ces hypothèses. de leur absence ou encore du refus de répondre. Le document doit enfin indiquer qu’il est établi en vue de sa production en justice et l’auteur de cette attestation doit avoir connaissance que tte fausse attestation l’expose à des sanctions pénales. Le juge. L’enquête L’enquête au sens civil et procédural correspond à une audition des témoins. L’article 206 du CPC prévoit différents cas qui permettent à des personnes déterminées d’invoquer un intérêt légitime. Cette contre-enquête suppose que la preuve contraire puisse être apportée par témoin. le juge peut ainsi entendre les parties mais les indications apportées et le comportement de ces mêmes parties n’est pas significatif. son identification. une copie de l’attestation doit être remise aux deux parties. soit à la dde des parties. le juge peut donc se transporter personnellement sur les lieux. l’article 179 du CPC prévoit que le juge peut prendre une connaissance personnelle des faits litigieux et procéder ainsi à des constatations. Les déclarations des tiers Le recours à une preuve testimoniale est réglementé aux articles 199 et suivants. L’attitude positive ou négative des parties peut être considérée par le juge comme équivalent à un commencement de preuve par écrit (art 198). mais il existe des dispenses de témoigner. des évaluations. En pratique. Concrètement.sollicitée devant le tribunal. prévue aux articles 204 et s. Le juge peut ainsi soit d’office. la contre-enquête est par ppe de droit. ou encore le conjoint même divorcé. En matière civil. devant le même juge. ce même juge conserve toujours la possibilité de procéder par voie d’enquête en auditionnant l’auteur de l’attestation. des éléments indiquant les liens de parenté. comme les parties peut provoquer le témoignage d’un tiers. Le juge bénéficie ainsi d’une appréciation directe qui doit impérativement respecter le ppe du contradictoire. Afin de respecter le contradictoire. Il recueille ainsi leurs déclarations par un procédé appelé l’enquête. Aux termes des vérifications personnelles. du CPC. En ce qui concerne les csq d’une telle comparution. De plus. prononcer une telle dde de comparution. un procès verbal doit être dressé par le juge (art 182). d’alliance. le juge n’est pas tenu par les différentes indications apportées par les attestations et donc en pratique. notamment la date et la signature de l’auteur. il ne peut intervenir que si les parties sont présentes. o Les attestations écrites L’article 202 du CPC définit l’attestation comme un écrit qui contient les éléments de fait auxquels l’auteur de l’attestation a assisté ou qu’il a personnellement constaté. celui qui refuse de témoigner s’expose à une condamnation à payer une amende civile. Lorsqu’une personne est légalement requise dans une enquête. L’intervention des tiers peut prendre la forme d’une attestation écrite ou à l’inverse d’une intervention orale dans le cadre d’une enquête. Cet écrit doit contenir différentes indications. un juge opère personnellement des vérifications dans un contentieux entre voisins. ou de communauté d’intérêt avec le bénéficiaire de l’attestation. De telles attestations très fréquentes en pratique peuvent être produites spontanément par les parties ou à l’inverse à la dde du juge. Les vérifications personnelles du juge En toute matière relevant du procès civil. Le juge souhaite en effet parfois obtenir des précisions et affirmer ainsi sa conviction initiale. La comparution des parties est exécutée conformément à ce que souhaite le juge qui détermine le jour et l’heure de l’intervention des parties. Procédure civile . La déposition s’impose en ppe. Le juge peut déclarer admissible la preuve par témoins ou présomptions qui veut compléter ce commencement de preuve par écrit. lorsqu’une enquête est ordonnée pour tenter d’établir la réalité des faits. le défendeur peut également citer ses propres témoins et ce sans autorisation particulière du tribunal. des appréciations ou des reconstitutions qu’il estime nécessaire.

sans avis à formuler concernant les conséquences de droit ou de fait qui peuvent en résulter (art 249). Le juge accepte ou refuse. En effet. Dans ce cadre. pendant le déroulement du témoignage. l’expert doit rédiger un rapport écrit et fixer un délai aux parties pour leur permettre de formuler des observations. Plusieurs exemples : le juge doit entendre les témoins séparément. Ce même juge fixe également des délais dans lesquels l’expert doit donner son avis. interpeller ou chercher à influencer les témoins (art 214). Il s’agit alors d’une intervention ponctuelle à l’audience d’une tierce personne appelée « amicus curiae ». ce qui suppose que soit dressé un PV. En pratique toutefois. 1.Le CPC précise les modalités de mise en œuvre du témoignage. technologie de pointe voire même domaine juridique). ou à obtenir une conciliation des parties. dans l’ordre qu’il détermine. Le juge reste par ppe libre dans le choix du technicien et dans la délimitation de sa mission. le technicien formule un avis qui n’a pas vocation à donner une solution juridique. C/ les mesures d’instruction effectués par un technicien On peut distinguer des R communes et d’autres spécifiques en fonction de chaque technicien. L’article 248 prévoit de plus que ce même technicien ne peut recevoir de rémunération sous quelque forme que ce soit de la part des parties (pour garantir une impartialité de ce technicien). un technicien peut être sollicité. l’article 246 du CPC précise que le juge n’est pas lié par les constatations et conclusions du technicien. Les R communes à tous les techniciens Pour certains contentieux qui se révèlent complexes. Certaines R essentielles doivent être respectées dans le cadre de l’expertise. les parties ne doivent pas interrompre. De plus. Un tel recours doit demeurer exceptionnel et s’impose pour éclairer le juge tenu de mettre un terme à un litige. En pratique. Comme pour tout magistrat. le technicien préalablement désigné peut être récusé par les parties (art 234). Il appartient au juge de prendre connaissance du rapport de l’expert. les parties peuvent soumettre au juge des questions qu’elles souhaiteraient voir poser au témoin. Procédure civile . 2. Ces témoins doivent prêter serment avant de s’exprimer. sans que l’avis formulé n’ait vocation à s’imposer à lui. physique. Enfin. Cette consultation prend la forme ensuite d’un écrit déposé dans le dossier. o Les expertises Elles interviennent quand sont ddées à un technicien les conséquences d’un fait pour lesquelles des recherches sont nécessaires. En pratique. o Les consultations Elles supposent que soit interrogé un technicien spécialisé dans un domaine précis. Il s’agit tout d’abord du ppe du contradictoire.20 . il existe toutefois des listes de personnes habilitées à intervenir en qualité de technicien. Les R spécifiques à chaque catégorie de technicien On peut distinguer trois catégories de technicien susceptibles d’intervenir dans un contentieux civil : o La constatation Le juge a la possibilité de dder à une personne déterminée de simplement constater certains faits et ce. les témoins restent à la disposition du juge jusqu’à la clôture des débats et leurs dépositions doivent être consignées dans un PV contresigné par les témoins. De plus. Il appartient au juge de décider à qui incombe la charge de la rémunération du technicien. ceci relève généralement du rôle de l’huissier qui intervient sous la forme d’un constat et un tel technicien peut alors intervenir et communiquer toute information écrite ou orale. Le juge peut entendre une personne particulièrement compétente sur un domaine pour obtenir des explications de fait et de droit. Ce domaine nécessite des investigations complémentaires qui se révèlent complexes (chimie. La décision qui ordonne le recours à l’expertise doit tout d’abord être motivée en énonçant les circonstances qui rendent nécessaires l’expertise (art 255). ou éventuellement d’une intervention orale à l’audience. pour laquelle un PV est dressé.

La Cour de Cassation s’est justement prononcée en matière d’assignation à jour fixe à l’égard d’une affaire pour laquelle l’assignation avait été affectée d’un vice de forme car le jour indiqué dans l’assignation était un jour férié. il rend une ordonnance qui fixe la date de l’audience. . Un tel serment décisoire peut faire l’objet d’un recours indépendamment de la décision au fond. En effet. . la preuve est faite au profit de son adversaire. Les procédures spéciales Différentes procédures spéciales particulières s’appliquent. Il faut que l’assignation indique à peine de nullité les jours et heures de l’audience fixée par le Président pour l’appel de l’affaire devant une chambre déterminée. Chapitre 2. soit devant le TGI. Procédure civile . - - - Le défendeur doit être informé. Le serment supplétoire est lui déféré d’office par le juge. Section 1. la dde d’une telle assignation doit être présentée au Président par l’intermédiaire d’une requête qui expose les motifs de l’urgence. Les procédures spéciales affectant le TGI Ces procédures sont mises en œuvre devant le tribunal lui-même ou devant le Président du TGI. en cas d’assignation à jour fixe. si elle refuse.21 . il est toutefois possible de faire échec à un tel délai en demandant au Président du TGI une autorisation d’assigner à jour fixe devant le TGI. de plusieurs éléments énoncés dans l’assignation : . A l’inverse. la preuve est faite à son profit. Cette procédure d’assignation à jour fixe repose sur le constat d’une situation d’urgence. Le serment Le serment décisoire est par ppe déféré par une partie à une autre. comme en matière de référé. jugée compétente pour mettre un terme au litige. Le fond du litige doit donc être tranché dès lors que différentes conditions sont respectées : Il faut que l’affaire soit en état d’être jugée sous peine de faire l’objet à l’inverse d’un renvoi à la mise en état ce qui s’oppose alors au critère de l’urgence . sans qu’aucun délai de comparution n’ait à figurer dans l’assignation contrairement à l’assignation ordinaire. Les procédures spéciales devant le TGI lui-même A/ La procédure d’assignation à jour fixe En ppe. En effet. l’assignation à jour fixe aura pour incidence le prononcé d’une décision de justice définitive et non provisoire. Lorsque la dde est acceptée par le Président. Il doit s’assurer qu’un temps suffisant s’est écoulé depuis l’assignation pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense. l’assignation doit être signifiée par l’huissier de justice à la personne du défendeur.le défendeur doit communiquer avant la date de l’audience les pièces dont il compte faire état . et vise les pièces justificatives (art 788 al 2) .3. contient les conclusions du ddeur. Il existe toutefois des différences par rapport au référé.le défendeur a la possibilité de prendre connaissance auprès du greffe d’une copie des pièces visées dans l’assignation. lequel défendeur doit disposer d’un délai suffisant pour organiser sa défense. §1. Si cette personne accepte de prêter serment. Il faut que le jour fixé corresponde à un jour pendant lequel le tribunal siège. Dans certains cas. Il faut qu’une autorisation préalable soit délivrée par le Président du TGI. soit devant d’autres juridictions. Le juge a d’ailleurs recours à cette mesure lorsqu’il souhaite obtenir un complément de preuve dès lors que les éléments déjà apportés sont jugés insuffisants.l’obligation de constituer avocat .

Les conditions d’ouverture de cette procédure doivent être réunies. cette procédure est assez rarement mise en œuvre (ex : divorce ou adoption).La mesure ordonnée ne doit pas se heurter à une contestation sérieuse sur le fond du droit. Les procédures spéciales concernant le Président du TGI Deux procédures relèvent de la compétence particulière du Président : la procédure de référé et la procédure sur requête. Les cas spéciaux – L’article 809 du CPC prévoit deux catégories de cas : . soit pour prévenir un dommage imminent. Elles sont prévues aux articles 808 et 809 concernant le TGI mais sont transposables à toutes les juridictions. Ces mêmes parties doivent alors constituer avocat et la requête vaut conclusion. Cette formule est suffisamment large pour concerner une pluralité de solutions. Si le défendeur n’a pas constitué avocat. L’article 57 du CPC précise le contenu de cette requête et en particulier les différentes mentions comme le nom des parties. soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. De telles circonstances permettent de présumer une urgence à saisir le juge. le Président de la Chambre qui a été saisi peut fixer une autre audience ou renvoyer l’affaire devant le juge de la mise en l’état. .L’alinéa second de cet art prévoit lui-même deux catégories de référé en cas d’existence d’une obligation non sérieusement contestable : o Le référé provision : Le Président du TGI peut accorder en référé une provision à un créancier si l’obligation n’est pas sérieusement contestable (ex : attribution à titre de provision de dommages et intérêts après une action en responsabilité civile). §2. doit avoir des effets limités dans le temps. l’indication de la juridiction saisie ainsi que les éléments de droit et de fait qui sont sources de difficultés. . o Le référé injonction : Le président du TGI peut imposer avec ce référé le respect d’une obligation non sérieusement contestable. Le domaine de la procédure de référé On peut distinguer deux catégories de cas. Le cas général – L’article 808 du CPC prévoit le domaine général du référé qui suppose le respect de deux conditions cumulatives : . leur identification. La mesure ainsi prononcée. 1. B/ La requête conjointe Il s’agit d’un mode spécial d’introduction d’instance qui suppose un acte commun dans lequel les parties soumettent leurs prétentions au tribunal. La mise en œuvre de cet acte impose un minimum d’accord entre les parties. Cette injonction est parfois accompagnée d’une condamnation sous astreinte. lorsque l’affaire notamment est trop complexe. le Président peut utiliser la procédure de renvoi à l’audience immédiatement ou ordonner une réassignation du défendeur. La constatation de l’urgence n’est ici pas nécessaire et le seul critère prévu par le texte réside dans les caractères de l’obligation invoquée par le créancier. ces juges devant indiquer dans leur décision le constat de cette urgence. Cette urgence suppose que tout retard dans le prononcé d’une décision aura des conséquences gravement préjudiciables pour les intérêts de l’une des parties. L’objectif est d’ordonner l’exécution de l’obligation de faire ou de ne pas faire.Il faut une situation d’urgence qui correspond à une question de fait appréciée par les juges du fond.L’alinéa premier de cet art prévoit que le juge peut ordonner des mesures conservatoires.22 .Si le défendeur a constitué avocat. En cas de nécessité. A/ La procédure de référé Toutes les juridictions ont le pouvoir d’ordonner des mesures en référé. Procédure civile . l’affaire est plaidée immédiatement dans l’état où elle se trouve même en l’absence de conclusions du défendeur. de manière raisonnable. Cette absence de contestation sérieuse correspond à l’évidence : ce qui ne peut pas faire de doute. par essence provisoire. En pratique.

l’avocat bénéficie d’un monopole d’assistance et de représentation. les fonctions de juge des référés sont exercées par un jute doté de compétences déterminées (ex : le JAF qui peut être saisie en référé en matière d’autorité parentale). Procédure civile . Il existe deux modes de renvoi de l’affaire exercés par le juge des référés : o Le juge des référés peut renvoyer l’affaire à la formation collégiale en état de référé (art 487). En pratique. La décision prononcée en référé est une décision dotée de l’exécution provisoire dite de droit. L’instance qui va donc être tenu de statuer reste une instance de référé et le jugement ne sera plus rendu par un juge unique (le Président du tribunal) mais par une formation collégiale. . une assignation d’heure à heure peut être accomplie. le tribunal de commerce ou encore le tribunal paritaire des baux ruraux. 3. Si les parties veulent être assistées ou représentées. Le juge des référés peut donc ordonner l’exécution et l’éventuel appel n’est pas suspensif. Par exception. Différents décrets depuis peu ont étendu le recours à cette passerelle au sein d’autres juridictions notamment le tribunal d’instance (avec le juge d’instance en référé). Le déroulement de la procédure de référé Cette procédure suppose en ppe la saisine du Président du TGI. Il s’agit ainsi d’une assignation dite « à jour fixe ». Ce renvoi doit être demandé par l’une des parties. Au jour de l’audience. Par exception et en raison de la situation d’urgence. Au niveau technique. Le juge peut alors renvoyer l’affaire à une autre audience pour qu’il soit statué sur le fond.2. Il s’agit d’un mécanisme de la passerelle qui permet un gain de temps car les plaideurs obtiennent la saisie d’une juridiction qui va statuer en urgence rapidement et se prononce sur le fond du droit.Il peut statuer en prononçant une ordonnance de référé si il considère que le défendeur a pu organiser sa défense . Elle suppose une saisine du Président du tribunal pour une audience spéciale qui ne respecte pas les jours généralement déterminés d’audience de référé (art 485 al 2). il ne s’agit que d’une décision provisoire qui pourra être ultérieurement contestée. Il s’agit donc d’une exception à l’art 1 du CPC qui impose que seules les parties peuvent introduire l’instance. le juge doit s’assurer que le défendeur a eu suffisamment de temps pour organiser sa défense.Il peut renvoyer l’affaire sans statuer. qui toutefois ne statue pas sur le fond. L’absence de contradictoire constitue donc l’une des particularités essentielles de la procédure sur requête prévue à l’article 493. Cette procédure débute par une assignation qui doit respecter la forme et le contenu du droit commun de l’assignation tout en précisant le jour et l’heure de l’audience. les parties ont donc la possibilité de saisir le juge du ppal en invoquant une demande identique à celle présenté devant les juges des référés à titre provisoire. en fonction d’une audience particulière dite « de référé ». Cette procédure de renvoi exercée d’office par le juge ou à la dde des parties est mise en œuvre en raison de l’enjeu du litige. Il faut toutefois en pratique que chaque partie ait disposée d’un temps suffisant pour préparer sa défense. La décision en référé est susceptible d’être frappée d’appel dans le délai de 15 jours. l’ordonnance du juge des référés emporte saisine du tribunal de manière automatique sans avoir à assigner à jour fixe. Il appartient alors au juge des référés de fixer la date d’audience qui va permettre de passer d’une procédure de référé à une procédure ordinaire. La décision prononcée par le juge des référés peut être accompagnée d’autres mesures comme une condamnation sous astreinte ou une condamnation au paiement des dépens. Les parties comparaissent ensuite personnellement sans avoir recours à un avocat de manière impérative. o Le juge des référés peut estimer qu’il y a certes urgence qu’on statue mais sans qu’il puisse véritablement apprécier la dde présentée. Le Président du tribunal a alors deux possibilités : .23 . En effet. La décision de référé Lorsqu’une ordonnance de référé est prononcée elle ne bénéficie pas de l’autorité de la chose jugée. Les deux décisions ne seront donc pas liées. B/ La procédure sur requête Dans la procédure sur requête. par ppe. le requérant n’assigne pas une partie adverse.

le juge fixe un délai au conciliateur pour accomplir la mission. ou éventuellement un officier public. Une copie de cette ordonnance est toutefois laissée à la personne à laquelle elle est opposée art 495 al 3). notamment en droit de la filiation. même partielle. Le greffier convoque les parties qui doivent se présenter personnellement devant le juge. Ce même tiers a toutefois la possibilité de saisir en référé le juge qui a rendu l’ordonnance sur requête afin d’obtenir une modification ou une rétractation de cette ordonnance sur requête (art 497).  Soit la tentative de conciliation est un échec. Le domaine des ordonnances sur requête recoupe pour l’essentiel le domaine des ordonnances de référé avec toutefois une distinction : le référé est nécessairement contradictoire alors que la requête est par ppe unilatérale. La tentative de conciliation préalable devant le juge Cette conciliation intervient lorsque le juge lui-même n’a pas désigné un conciliateur ou lorsque les parties ont refusé l’intervention judiciaire. le Président peut ordonner sur requête toute mesure urgente en fonction des circonstances. Section 2. en matière d’injonction de payer ou lors du recours à une mesure d’instruction.Le requérant de la requête peut être débouté de sa dde. aux fins de jugement. Dans ce cas. 1. Le Président du tribunal préalablement saisie rend une ordonnance sur requête qui doit également être motivée. Cette ordonnance est exécutoire sur minute. et si cette ordonnance cause préjudice à un tiers qui pourra avoir accès à une copie de l’ordonnance. en fonction du but poursuivi. La procédure ordinaire A/ L’introduction de l’instance Il existe plusieurs modes d’introduction de l’instance devant un TI. si le requérant obtient gain de cause. ce tiers ne pourra pas interjeter appel. Les procédures spéciales devant le tribunal d’instance §1. Ceci signifie que l’ordonnance doit être exécutée à la seule vue de la présentation de l’originale sans qu’il soit nécessaire de notifier l’ordonnance. La procédure à fin de conciliation Il s’agit d’une phase facultative qui suppose que le demandeur en ait expressément manifesté la volonté.24 . En effet.1. Ce conciliateur convoque les parties et au terme de sa mission. l’ordonnance sur requête peut avoir deux incidences : .A l’inverse. Ce préliminaire de conciliation peut prendre 2 formes différentes : o La tentative de conciliation préalable devant un conciliateur de justice Le juge peut en effet désigner un tiers conciliateur et les parties ont alors 15 jours pour faire connaitre leur acceptation. Elle doit être présentée par un avocat. il informe le juge du résultat :  Soit une conciliation. Il peut faire appel dans le délai de 15 jours à compter du prononcé de l’ordonnance. 2. les parties peuvent demander au juge que soit constaté leur accord dans un PV. . Les extraits de ce PV valent alors titre exécutoire. La mise en œuvre de cette procédure sur requête intervient lorsque la loi l’a prévu ou lorsque le président considère qu’il faut ordonner des mesures urgentes en fonction des circonstances qui exigent qu’elles ne soient pas prises contradictoirement. le tiers qui se voit opposer l’ordonnance doit pouvoir ainsi organiser sa défense. Le conciliateur établie alors un constat d’accord signé par les parties et qui sera susceptible d’homologation par le juge à la dde des parties. En effet. Si les parties acceptent cette désignation. le greffe indique aux parties qu’elles ont la possibilité de saisir la juridiction compétente et ce. Le législateur prévoit ponctuellement le recours à une telle procédure gracieuse. Le déroulement de la procédure sur requête La requête est présentée au préalable au Président du tribunal en étant motivée et en contenant les différentes pièces qui justifient la dde. est obtenue. o Procédure civile .  En cas de conciliation. Le domaine de la procédure sur requête Selon les articles 812 et 813 du CPC.

il convient donc d’indiquer le lieu de la saisine du tribunal. Cet acte introductif d’instance prévoit les conditions dans lesquelles le défendeur peut se faire assister ou représenter. le juge d’instance ayant la possibilité d’ordonner des mesures d’instruction. Procédure civile . §2. Les prétentions des parties sont notées dans un dossier ou consignées dans un PV. Les procédures particulières Il existe deux procédures spécifiques aux TI. 2. une ordonnance est rendue et elle est signifiée au débiteur. Même si ces éléments ne sont pas apportés par les parties. La requête conjointe Comme devant le TGI. le juge d’instance peut mettre en demeure les parties de produire dans un délai déterminé tous les documents ou justifications nécessaires. Les parties sont ensuite convoquées par LRAR et cette convocation vaut citation pour le défendeur. 5. le nom des parties. à titre d’information complémentaire. La présentation volontaire des parties En cas d’accord. Lorsque la créance a une cause contractuelle. ni dans son montant.Il peut prendre une injonction de payer pour la somme retenue. les parties peuvent exposer leurs prétentions au sein d’une requête conjointe (art 845). le créancier peut demander au juge que l’ordonnance soit revêtue de la force exécutoire et la décision ainsi rendue produit tous les effets d’un jugement contradictoire. L’article 844 du CPC précise que le juge. B/ Le déroulement de l’instance La procédure est par ppe orale (art 843 al 1). deux situations peuvent être envisagées : . les parties peuvent introduire ensemble l’instance en se présentant volontairement devant le juge d’instance pour faire ainsi juger leurs prétentions (art 845). Cette déclaration mentionne les éléments d’identification des parties. ainsi que les éléments de fait et de droit invoqués.Soit l’affaire n’est pas en état d’être jugé et le dossier sera renvoyé à une audience ultérieure. La déclaration au greffe L’article 847-1 prévoit une saisine simplifié du tribunal d’instance qui peut résulter d’une simple déclaration remise et adressée au greffe du tribunal. Si besoin est. L’assignation à toute fin L’assignation est dite à toute fin car elle suppose la recherche d’une conciliation et à défaut le prononcé d’un jugement. L’assignation est délivrée au moins 15 jours avant la date de l’audience (art 837 du CPC). le juge peut passer outre et statuer. Ce document signé vaut alors assignation. Elle est mise en œuvre lorsque le créancier sollicite le recouvrement d’une créance non contestable.Soit l’affaire est en état d’être jugé et l’audience a lors lieu immédiatement . 4. peut inviter les parties à fournir des explications jugées nécessaires pour la solution. Dans ce cas. l’injonction relève de la compétence du TI.25 . Un simple PV constate cette présentation commune des parties. Il est alors procédé selon les modalités de la représentation volontaire des parties. Le tribunal d’instance est alors automatiquement saisi et une phase initiale de conciliation doit débuter. Cette assignation contient les mentions requises pour toute assignation (art 56 du CPC). l’affaire est alors transmise pour une phase contentieuse avec la possibilité pour les parties éventuellement d’obtenir que l’affaire soit jugée immédiatement. . 3. En cas d’échec. La présence de l’avocat n’est pas obligatoire et le juge peut si besoin est ne pas statuer immédiatement mais inviter les parties à fournir des explications nécessaires. Si le débiteur ne s’oppose pas à l’ordonnance. Comme dans toute assignation. Il s’agit d’une procédure qui permet d’obtenir aisément un titre exécutoire. Une phase préalable de conciliation reste alors obligatoire et le juge ne tranche le litige qu’en cas d’échec de la conciliation. Une phase préalable de concertation est mise en œuvre et après l’échec de cette phase. ni dans son ppe (ex : charges de copropriété). Le juge a en effet deux possibilités : . la convocation doit mentionner les conséquences d’un défaut de comparution. A/ L’injonction de payer Cette procédure est prévue aux articles 1405 et suivants du CPC. Pour ce défendeur. Il appartient alors au créancier de présenter une requête auprès du greffe du TI du domicile du débiteur. l’objet du litige ainsi qu’un exposé sommaire des motifs.

Pour un jugement rendu en premier et dernier ressort. Le jugement est caractérisé par sa diversité et par ses effets. Section 1. L’intérêt de cette distinction concerne essentiellement l’exercice des voies de recours qui dépendent directement de la qualification retenue. l’appel peut être exercé à la suite d’un jugement contradictoire ou réputé contradictoire. le constat de l’inexécution et éventuellement les dommages et intérêts demandés. Au sens strict. lorsque le jugement est rendu par défaut seule l’opposition est susceptible d’être mise en œuvre. Le jugement ordinaire ou le jugement d’expédient Le jugement ordinaire suppose un litige entre les parties qui doit être tranché par le juge. cette ordonnance est notifiée aux parties par le greffe. Ceci signifie que son absence doit lui être imputable (art 473).26 . Le jugement est rendu par défaut dans deux cas : . le jugement correspond à tte décision prononcée par une juridiction. de faire naitre un débat contradictoire entre le créancier et le débiteur. L’issue de l’instance Chapitre 1.Il peut accepter la dde.Si le défendeur n’a pas été cité à personne . Il appartient au tribunal d’indiquer cette caractéristique du jugement. Le requérant peut alors mettre en œuvre les voies de recours qui relèvent du droit commun. la CA peut alors décider si un appel est éventuellement recevable. l’appel s’avère impossible. La requête doit contenir la nature de l’obligation. Il en est ainsi lorsque les parties à un litige décident de passer une convention (ex : une transaction) pour mettre un terme à leurs différents. le juge rend une ordonnance portant injonction de faire non susceptible de recours. §3. Cette opposition a pour incidence. Ponctuellement.Il peut rejeter la dde et il appartient alors au créancier de mettre en œuvre les voies de recours qui relèvent du droit commun. Deux possibilités pour le juge d’instance : . pour effet. par ppe. Ceci concerne les litiges d’un faible montant (inférieure à 4000 €). certains jugements sont susceptibles d’être prononcés alors même qu’un accord a été obtenu entre les parties. En effet. A l’inverse. Au-delà de 4 000 € le jugement est rendu en premier ressort et l’appel peut alors être interjeté. si le défendeur ne comparait pas. La diversité de jugements §1. à l’inverse. celui-ci dispose d’une voie de recours particulière appelé l’opposition à ordonnance d’injonction de payer. Ce seuil est par ailleurs différent pour le Conseil des Prud’hommes. le défendeur n’a pu ignorer l’existence d’un litige puis d’un jugement. Le jugement contradictoire.Si l’appel se révèle irrecevable. Cette convention peut être appréciée par le juge qui a alors la possibilité de conférer à la Procédure civile . - Titre II. Il en est ainsi lorsque le défendeur ne comparait pas alors même qu’il a été cité à personne ou que le jugement est susceptible d’appel. A l’inverse. Cette disposition se justifie car les frais liés à l’appel seraient supérieurs à l’instance d’appel. . . En cas d’erreur commise en première instance. le jugement réputé contradictoire et le jugement par défaut Le jugement est qualifié de contradictoire lorsque le défendeur a comparu à l’instance. Cette ordonnance fixe l’objet de l’obligation ainsi que les délais et les modalités de son exécution. Dans ce cas. ce terme désigne les solutions retenues par les juges de 1ère instance. Dans ces 2 cas. Afin de protéger les intérêts du débiteur (qui n’est pas partie au procès). Le jugement Au sens large. §2. B/ L’injonction de faire Les articles 1425-1 et suivants du CPC prévoient la possibilité de demander à un TI l’exécution en nature d’une obligation née d’un contrat conclu entre les personnes non dotées de la qualité de commerçant.Il peut rejeter la dde. le jugement est réputé contradictoire. Le jugement en premier ressort et celui en premier et dernier ressort Le critère de distinction entre ces 2 types de jugement réside dans la faculté d’interjeter appel de la décision rendue en première instance. Cette R s’applique au TGI et au TI. Par ailleurs.

Le recours en interprétation sollicité par l’une des parties permet au juge de préciser une décision et l’interprétation apportée doit alors s’incorporer au jugement. le ppe d’un dessaisissement du juge est écarté.27 . ce même dessaisissement du juge est ponctuellement contesté dans des cas prévus par le CPC. Cette autorité est acquise dès le prononcé d’une décision de justice. §1. §4. contrairement au jugement définitif. En conséquence. même juge peut à nouveau statuer. Pour un jugement mixte. Ce jugement n’a pas au ppal autorité de la chose jugée (et ne dessaisit pas le juge). une fin de non recevoir. Ce même jugement peut également statuer sur une exception de procédure. Le non respect d’une telle autorité est par ppe sanctionné par la fin de non recevoir. Cette distinction est essentielle dans deux domaines : . le juge dès lors qu’il statue épuise son pouvoir de juger et donc son pouvoir juridictionnel. Section 2. L’autorité de la chose jugée L’autorité de la chose jugée correspond à une présomption de vérité attachée par la loi à un acte juridictionnel. notamment en dotant l’accord d’une certaine autorité. ce qui justifie qu’il soit impossible de soumettre deux fois le même litige à un même juge. donc le recours à une assignation et un débat contradictoire. Enfin. Il en est ainsi en cas d’opposition lorsque le défendeur est défaillant qui ne comparait pas. dans certains cas ponctuels. Un tel jugement. le juge n’est pas dessaisi lorsqu’une tierce opposition est exercée par un tiers qui n’était pas une partie au litige initialement. en cas de recours en révision exercé lors d’une fraude à la loi. §5. Une requête en rectification peut alors être formée. le juge ne peut revenir sur sa décision dès lors qu’elle a été rendue même si les parties souhaitent que ce même juge statue à nouveau. Ainsi. le jugement gracieux n’est prononcé qu’en l’absence de tout litige dès lors qu’une requête a été déposée. Le jugement contentieux ou gracieux Le jugement contentieux présuppose la présence d’un litige. Ces exceptions concernent tout d’abord les cas dans lesquels certaines voies de recours particulières peuvent être exercées. Enfin. le jugement avant dire droit qui concerne les mesures d’instruction ou provisoires ne dessaisissent pas le juge (art 483). Cette autorité n’est pas reconnue à un jugement dire droit. par exception. L’article 481 al 2 du CPC prévoit expressément ces 3 exceptions au dessaisissement du juge. De même. dessaisit le juge de la contestation qu’il tranche. Ils ne peuvent en ppe être frappés d’un recours avant et indépendamment du jugement sur le fond.convention une force exécutoire. dès son prononcé. a dès son prononcé autorité de la chose jugée. Ceci concerne le juge préalablement saisi de plusieurs demandes qui oublie de statuer sur l’une de ces demandes. A l’inverse.L’autorité de la chose jugée ne concerne que le jugement définitif. définitif ou mixte Le jugement définitif est celui qui a pour objet de trancher tout ou partie du ppal. . l’appel n’est possible que pour le ppal et non pour la partie du jugement qui n’affecte pas le fond. Toutefois. Le dessaisissement du juge En ppe. §2. Le jugement avant dire droit est celui qui se contente d’ordonner une mesure d’instruction (ex : une expertise) ou une mesure provisoire (ex : attribution d’une provision à titre de dommages et intérêts). Le recours peut être exercé par une partie devant le même juge alors non dessaisi lorsque cette partie prétend que le jugement est entaché d’une erreur matérielle. Cette autorité est expressément prévue à l’article 1350 du CC. Le jugement d’expédient permet donc au juge de consacrer l’entente et de donner ainsi force exécutoire à ce qui a été convenu. Le jugement mixte suppose que le juge tranche une partie du ppal dans sa décision tout en ordonnant une mesure d’instruction ou une mesure provisoire. ou encore un incident. les jugements avant dire droit ne sont pas susceptibles d’un appel immédiat. Le jugement avant dire droit. Le juge n’est également pas dessaisi lorsqu’une omission de statuer est invoquée devant lui (art 463). Procédure civile . le juge alors n’apparaissant que comme un témoin solennel de l’acte conclu. L’article 481 du CPC énonce d’ailleurs que le jugement. prévue à l’article 462.Pour les voies de recours. Les effets du jugement On peut distinguer 3 effets spécifiques. dit définitif.

On a donc une décision qui va s’imposer au plaideur. Il impose notamment aux plaideurs de procéder à un examen approfondi de tous les moyens de droit susceptibles d’être invoqués. De plus. A l’inverse. Cette possibilité antérieure à 2006 constituait une garantie d’accès au juge au nom du ppe du contradictoire. il est par ppe doté de l’autorité de la chose jugée.28 . Il ne Procédure civile . l’autorité de la chose jugée ne s’applique pas si la personne n’est pas doté de la même qualité lors d’un second procès (ex : personne qui intervient dans un premier procès en qualité de tuteur alors que dans un second procès elle intervient en son nom propre). En effet.Cause. B/ Les effets de l’autorité de la chose jugée Ils peuvent être envisagés à deux niveaux : les parties et les tiers.Partie . Avant un arrêt d’Assemblée Plénière du 7 juillet 2006. Cette autorité s’identifie alors avec la force obligatoire de la décision et la chose jugée est tenue pour vrai. A l’égard des parties – Cette autorité suppose que le plaideur dont le droit a été reconnu et affirmé dans un jugement peut se prévaloir de la décision et de tous les avantages qui en découlent. il est alors doté de la force de chose jugée. lorsqu’un jugement ordonne une mesure provisoire. dès qu’un jugement est rendu.Objet . Cette présomption de vérité écarte toute possibilité pour les parties de soumettre le litige à un nouveau tribunal. A l’inverse. une fin de non recevoir ou un incident. Les conditions relatives aux décisions concernées par l’autorité de la chose jugée L’autorité de la chose jugée ne concerne pas tous les jugements. lorsque ce même jugement n’est plus susceptible d’une voie de recours suspensive. Il n’y a pas par exemple identité d’objet pour la victime d’un préjudice qui dde réparation tout d’abord pour un préjudice moral. ou une mesure d’instruction et donc dans le cadre d’un jugement avant dire droit. la Cour de Cassation considérait que le jugement de fondement juridique équivalait à un changement de cause. L’Assemblée Plénière. En effet. L’identité d’objet – Elle suppose que l’objet de la dde soit le même et ce pour tendre aux mêmes fins. l’objectif étant ainsi de réduire les contentieux en limitant les cas dans lesquels de nouvelles demandes pourraient être formulées. Cette conception de l’identité de cause contribuait à un risque d’encombrement des juridictions car les plaideurs avaient toujours la possibilité de saisir un nouveau juge sur un autre fondement. La chose jugée représente même une fin de non recevoir à tte éventuelle demande future formulée par les mêmes parties avec un objet identique. si ce fondement est différent. A l’inverse. . L’identité de cause – Elle supposait initialement que le fondement juridique de la dde soit le même.A/ Les conditions 1. . * Cette décision de 2006 est à l’origine d’un nouveau ppe de concentration des moyens. et ce pour des mêmes faits. 2. ont autorité sur le point qu’ils tranchent. l’autorité de la chose jugée ne doit en ppe pas intervenir. cette autorité ne s’attache qu’au dispositif de la solution et non aux motifs. Cette présomption de vérité est complétée d’une présomption de validité qui évolue avec le temps. L’identité de partie – Elle nécessite que les parties étaient déjà présentes ou représentées lors d’un premier jugement. le juge peut revenir sur ce qui a été prononcé. Les conditions de fond de l’autorité de la chose jugée L’article 1351 du CC précise que l’autorité de la chose jugée suppose la réunion de trois identités cumulatives : . Ces différents jugements qui ne concernent pas le fond du litige ne sont pas dotés de l’autorité de la chose jugée. seuls les jugements définitifs qui tranchent le fond du droit ainsi que ceux qui statuent sur une exception de procédure. Ensuite. tout en étant dotées d’une qualité déterminée. le 7 juillet 2006 a donc opéré un revirement essentiel en considérant qu’il incombait désormais au demandeur de présenter dès l’instance relative à la première dde l’ensemble des moyens que ce demandeur estime de nature à fonder cette demande. puis ultérieurement pour un préjudice physique.

Ces jugements sont opposables aux tiers et prennent effet uniquement à partir du moment où ils sont rendus. Ils permettent de réer une situation juridique nouvelle.faut donc pas confondre l’autorité de la chose jugée inhérente à chaque décision dès lors qu’elle est rendue. Pour certains jugements. Ce jugement a ainsi une portée limitée car il ne fait que consolider un droit préexistant (ex : reconnaissance d’un droit de ppté). Ceci signifie que le jugement ne peut créer des droits et des obligations au profit ou à l’encontre des tiers. §1. A ce titre. Cette notification s’effectue par acte du palais. Cette notification d’un jugement s’effectue en ppe par un acte d’huissier par voie de signification (art 675 et s. L’effet déclaratif ou constitutif de l’acte juridictionnel Les jugements peuvent être classés en deux catégories en fonction des effets dont ils sont dotés. A l’égard des tiers – En dépit de la présomption de vérité. Les jugements à effet constitutif . Or. Section 3. Procédure civile . B/ Les destinataires de la notification La notification permet d’informer les parties lors de la mise en œuvre d’une signification à personne. De plus. Enfin. la notification n’est pas dotée de la même importance (ex : le jugement de condamnation qui fait l’objet d’une exécution volontaire de l’adversaire . §3. La notification s’effectue de manière plus simple par une lettre adressée par le secrétariat greffe du tribunal ou à la vue de la minute du jugement. L’acte de notification doit indiquer pour chaque partie les délais et les modalités pour l’exercice d’une voie de recours. La notification A/ Les modalités de la notification Le seul prononcé d’une décision garantie par ppe l’obtention d’un titre exécutoire (art 501).). Tel est le cas par ex du jugement rendu en matière gracieuse ou en matière prudhommales ou par un juge de l’exécution. le jugement va devenir irrévocable lorsqu’il ne sera plus susceptible d’une voie de recours extraordinaire (ex : le pourvoi en Cassation). L’exécution du jugement La notification est le moyen utilisé pour porter les actes à la connaissance des personnes concernées. En effet. le jugement est qualifié d’opposable aux tiers. Les actes procéduraux sont « notifiés ». La date des effets d’un jugement déclaratif doit alors remonter au jour de la constitution de la situation juridique. Ceci concerne le jugement qui par ppe ne peut être exécuté que si l’autre partie a bien été informée. Le juge peut ordonner si besoin est la notification de la décision à certains tiers auxquels cette décision pourrait éventuellement faire grief. la décision exécutoire sur minute). Les jugements à effet déclaratif – Les jugements ont un effet déclaratif lorsque le juge en appliquant le droit se limite à reconnaitre et donc à déclarer des droits mis en avant dans les prétentions des parties.D’autres jugements ont à l’inverse un effet constitutif. cette autorité se révèle relative envers les tiers. le jugement ne peut pas être ignoré dans l’ordonnancement juridique car il créé une situation juridique qui doit être respectée par les tiers. La notification est un acte essentiel car c’est elle qui marque le point de départ de l’exercice des voies de recours. dès qu’elle est rendue et publiée doit donc être respectée par les tiers. pour laquelle plus aucun appel n’est possible (art 500 du CPC). un acte complémentaire s’impose et prend la forme d’une notification. le simple prononcé d’un jugement ne peut par ppe suffire. le tiers lésé par la décision pourra en fonction des circonstances exercer une voie de recours spécifique : la tierce opposition. A ce titre. sont également les destinataires d’un jugement préalablement rendu. Cet article précise que le jugement est exécutoire à partir du moment où il passe en force de chose jugée. Toute décision de justice. Toutefois. avec la force de chose jugée.29 . les représentants et en premier lieu les avocats. Ce formalisme s’impose en raison de l’importance de l’acte concerné : un jugement qui opère notamment un dessaisissement du juge.

Procédure civile . certains premiers présidents considéraient qu’ils pouvaient intervenir même sans texte pour arrêter une exécution provisoire lorsque le jugement était manifestement défectueux ou frappés d’un excès de pouvoir. La notification non accomplie dans ces délais sera jugée comme non avenue et le jugement perdra alors ses effets. Pour un jugement rendu par défaut. La partie qui a été condamnée peut solliciter que soit différée l’exécution. et ce. Cette possibilité offerte au juge doit toutefois être nuancée. L’exécution provisoire du jugement A/ Les conditions de l’exécution provisoire Les décisions susceptibles d’appel ne peuvent en ppe être exécutées à titre provisoire.- C/ Les délais de notification Les délais varient en fonction de la nature du jugement : Pour un jugement contradictoire. A l’inverse. Cette pratique jpdentielle a été confirmée par un décret du 20 août 2004 qui a modifié l’article 524 du CPC. L’alinéa 6 de ce texte prévoit désormais que le premier président a la possibilité d’arrêter l’exécution provisoire de droit. Selon cet article. ce même délai de 6 mois s’applique (art 478). Ceci suppose que le plaideur obtienne du juge qu’il puisse consigner des fonds pour garantir le paiement de la condamnation. dans d’autres circonstances. B/ Les limites à l’exécution provisoire Afin de protéger la partie adverse qui risquerait de subir les effets d’une telle exécution provisoire. la prescription de droit commun s’applique pour les délais de notification (30 ans à compter de la date du jugement et donc de son prononcé). et ce dans deux cas : o Lorsque l’exécution provisoire risque d’entrainer des csq manifestement excessives . le recours à une exécution provisoire est certes possible mais il ne peut être mis en œuvre que de manière facultative dès lors qu’il est ordonné par le juge (art 515 du CPC). Ceci résulte du caractère suspensif du délai d’appel ainsi que de l’appel lui-même. Il appartient donc au SP de la justice d’assurer l’effectivité de la décision en prévoyant les modalités de la notification. il n’y a pas eu de citation à personne. même lorsque l’exécution provisoire est de droit. c’est donc au juge d’apprécier les circonstances. En l’état actuel du droit. Un juge par exemple peut imposer à un plaideur de fournir un contrat de cautionnement ou une hypothèque pour garantir la restitution des sommes préalablement versées. En effet. Le ddeur n’a alors pas à solliciter l’exécution et le juge n’est pas tenu de l’indiquer (ex : ordonnances prononcées en référé ou sur requête qui sont exécutoires sur minute selon l’article 514 al 2 . Une proposition formulée en 1997 était à l’époque favorable à une inversion du ppe et à la reconnaissance d’une exécution immédiate de toutes les décisions de justice. En pratique. La réforme de 2004 a étendu les pouvoirs du premier président et ainsi limité les cas d’exécution provisoire. dans certains cas. l’exécution provisoire de la décision des premiers juges est expressément écartée par les textes (ex : un divorce ne peut pas être prononcé à titre provisoire). Pour le jugement réputé contradictoire.30 - - . Il appartient alors au juge de fixer la nature et l’étendue des modalités de cette garantie. En effet. le juge a le pouvoir d’ordonner l’exécution provisoire chaque fois qu’il l’estime nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire. Dans certains cas. o Lorsqu’une violation du ppe du contradictoire ou de l’article 12 du CPC est constatée. l’exécution provisoire a pu être ordonnée mais cette même exécution peut sous certaines conditions être arrêté par le premier président de la CA et ce conformément à une pratique judiciaire développé initialement en l’absence de texte. certaines exigences particulières sont prévues par les textes : L’exécution provisoire peut être subordonnée par le juge à la constitution d’une garantie réelle ou personne fournie par le bénéficiaire de cette exécution. l’exécution provisoire se révèle de plein droit alors même que le jugement n’est pas passé en force de chose jugée. attribution d’une pension alimentaire dans le cadre d’une procédure de divorce). §2. L’article 478 prévoit un délai plus bref de 6 mois à compter du jugement.

En effet. Les voies de recours ordinaires Selon l’article 527 du CPC. L’appel Il est défini à l’article 542 du CPC.Chapitre 2. les décisions qui statuent sur la seule compétence ne font pas l’objet ne font pas l’objet d’un appel mais d’une voie Procédure civile . L’exercice de ces voies de recours suppose le prononcé préalable d’une décision de nature juridictionnelle. 4°/ Il faut que l’appel ne concerne pas uniquement la compétence de la juridiction saisie au premier degré. En effet. l’appel correspond à une voie d’annulation qui permet alors de censurer des jugements irréguliers lors de la mise en œuvre d’une procédure d’appel. Le recours à un appel correspond à une manifestation classique du double degré de juridictions. Il faut donc que le juge ait statué dans le fond du droit dans son dispositif. 3°/ La décision attaquée doit être une décision rendue en premier ressort selon la valeur du litige qui doit être supérieure à 4 000 €. 2°/ Pour qu’un appel soit ouvert. d’autres voies de recours sont qualifiées d’extraordinaires (art 579 du CPC). En ce qui concerne les textes relatifs à l’appel.31 . Il existe deux catégories de voies de recours qui dépendent en particulier du caractère suspensif ou non des mesures retenus. il faut distinguer deux voies de recours ordinaires pouvant être exercées par tout plaideur non satisfait d’une décision de justice : l’appel et l’opposition. §1. A/ Les conditions de l’appel 1. Il s’agit en pratique d’une voie de recours ordinaire très largement mise en œuvre. Un appel ne peut donc pas être interjeté immédiatement contre une décision avant dire droit. il faut impérativement que la décision attaqué ait eu pour effet de dessaisir le juge qui a rendu le jugement. La mise en œuvre des voies de recours impose le respect de différentes conditions parmi lesquelles des délais qui varient en fonction de la décision attaquée. tandis qu’à l’inverse. L’objectif d’un appel est en ppe de recourir à une voie de réformation ayant pour objet de remédier aux imperfections d’un jugement tout en permettant un réexamen en fait et en droit du litige. différentes réformes récentes ont modifiés les textes du CPC et notamment deux décrets du 9 décembre 2009 et 28 décembre 2010. Plus ponctuellement. Les conditions de fond Quant à la décision attaquée – Quatre précisions doivent être apportées : 1°/ L’appel n’est recevable que lorsqu’un acte juridictionnel est prononcé. A l’inverse. Le jugement n’est susceptible d’appel que s’il tranche une partie ou le ppal alors que les mesures avant dire droit ne sont pas susceptibles d’appel. la mesure d’administration judiciaire). Les jugements pour lesquels la valeur du litige est inférieure sont rendus alors en premier et dernier ressort et ne sont donc pas susceptibles d’appel. Cette voie de recours tend à faire réformer ou annuler un jugement rendu par une juridiction de premier degré. Section 1. Les voies de recours extraordinaires et essentiellement le pourvoi en Cassation ne sont pas suspensives d’exécutions contrairement aux voies de recours ordinaires. Cette condition suppose par ppe que l’appel ne puisse être recevable que contre le jugement qui tranche un litige dans son dispositif. L’acte non juridictionnel n’est pas susceptible d’appel (ex : le PV de conciliation . Les voies de recours L’exercice d’une voie de recours est un moyen juridique mis à la disposition d’un plaideur pour faire examiner à nouveau les données d’une affaire. l’article 539 du CPC précise que certains délais de recours sont dits ordinaires. les décisions non juridictionnelles ne sont pas susceptibles d’une telle voie de recours (ex : les décisions relatives à l’administration judiciaire prise par un magistrat).

l’appel provoqué suppose la réalisation d’une situation complexe non limitée à deux personnes. Il est également possible de mettre en cause un tiers de manière tardive devant une CA. L’appel provoqué Selon l’article 549 du CPC. dans certains contentieux portant sur la compétence l’appel reste la seule voie susceptible d’être exercée (l’ordonnance de référé. Quand il y a au moins 3 parties en première instance. en raison de l’exécution sans réserve d’un jugement. Procédure civile . L’intervention peut tout d’abord être volontaire lorsque le tiers accepte de renoncer au double degré de juridiction dès lors qu’il y a un intérêt (art 554). A l’inverse. Ce demandeur en appel n’est pas nécessairement le même qu’en premier instance. A l’inverse.de recours simplifié appelé « le contredit ». a la possibilité d’interjeter appel d’une décision en particulier lorsque l’OP est mis en cause. - Enfin. l’intimé peut rester passif mais il a également la possibilité de former une sorte de dde reconventionnelle. L’appelant ne doit pas avoir renoncé à l’appel qu’il s’agisse d’une renonciation expresse ou qu’elle résulte d’une renonciation implicite. il existe une situation particulière qui concerne les tiers qui souhaiteraient être présents pour la première fois dans un contentieux civil devant la CA. Ce demandeur doit respecter différentes conditions (également présentes d’ailleurs en première instance) prévues à l’article 546 du CPC : L’appel appartient par ppe à toute partie qui y a un intérêt dès lors que celle-ci n’y a pas renoncé. Il s’agit alors d’une intervention forcé qui prive l’intervenant de tout droit à un double degré de juridiction. La troisième partie non concernée initialement par l’appel ppal peut à son tour prendre part au procès devant la CA si un appel provoqué est interjeté par l’appelant ppal ou par l’intimé. les décisions du juge de l’exécution) mais pour toutes les autres décisions. L’intérêt à agir Il est constaté lorsque l’appelant a succombé au moins partiellement en première instance.32 . lorsque le juge statue sur la compétence sans mettre un terme au litige sur le fond. En fait. Cette formule permet donc de relever 3 conditions : o La qualité à agir Elle suppose que le demandeur en appel ait été partie ou représenté en première instance. seul le contredit peut être formé devant une CA afin de contester la décision des premiers juges et ce dans un délai de 15 jours à compter du prononcé de la décision contestée. Une telle demande correspond à une deuxième catégorie d’appel prévue à l’article 548 du CPC. Le CPC réglemente les modalités de cette intervention. L’auteur de l’appel a été nécessairement débouté d’un chef de ses demandes lors d’un premier jugement. Si l’appel ppal est déclaré irrecevable. L’appel incident est donc exercé par l’intimé contre l’appelant. Admettre une telle présence « en cause d’appel » s’oppose en pratique au respect du double degré de juridiction. o o - L’appel incident A la suite d’un appel ppal. Le ministère public. celui qui a obtenu en totalité ce qu’il demandait (ex : en termes de réparation dans un contentieux civil) n’a plus la possibilité d’interjeter appel. Cette voie de recours correspond à une sorte de riposte après qu’un appel ppal ait été interjeté. Il existe donc différentes catégories d’appel susceptibles d’être interjeté : L’appel ppal C’est celui qui est interjeté par le demandeur devant la CA. celui qui ne possède pas cette qualité à agir ne peut interjeter appel et doit former une autre voie de recours : la tierce opposition. Le défendeur en appel est qualifié quant à lui d’intimé. l’appelant ppal peut n’avoir exercé un appel ppal que contre l’une des parties. l’ordonnance du juge conciliateur en matière de divorce. même en matière civile. Certes. Cet appel provoqué permet ainsi en ppe d’appeler une partie ainsi présente devant la CA. Quant aux parties – Celui qui interjette appel qualifié d’appelant forme un appel ppal. il est possible qu’un tiers puisse intervenir devant une CA sans pour autant avoir participé au procès en premier instance. L’appel incident et l’appel provoqué sont liés à l’appel ppal et peuvent être formées en tout état de cause et à tout auteur de la procédure. les appels incidents et provoqués vont être également déclarés irrecevables. Ces mêmes appels ont un sort qui est lié à celui de l’appel ppal.

A l’inverse il convient de respecter un délai maximum qui est en ppe d’un mois à compter de la signification de la décision. Procédure civile . une seule fonction. Une copie des conclusions est également remise au secrétariat-greffe avec justification de leur notification (art 909). Qqe soit la durée. Il existe ponctuellement des délais plus courts pour certaines décisions comme les ordonnances du JAF. adresse) ainsi que l’identification de l’intimé. le jugement contesté et l’indication de la CA qui sera saisit de l’affaire. La saisine de la CA La réforme de 2004 a modifié cette saisine. 2.33 - - . Une inscription au rôle devait donc ultérieurement être accomplie (dans un délai de 2 mois sous peine de caducité).Le non respect de ce double degré de juridiction justifie en pratique que soit exigé à l’article 555 un élément supplémentaire légitimant l’intervention forcée. En effet. L’évolution du litige (qui est donc l’élément supplémentaire) doit justifier l’intervention et par la même l’atteinte au respect du double degré de juridiction. l’appel accompli sans respecter les délais rend irrecevable cette voie de recours. Au niveau de la CA. il existe une limite concernant cette notification. Une telle exigence a été appliquée par la Cour de Cassation au nom d’une bonne administration de la justice et du ppe de sécurité juridique même si en pratique il s’agit d’une limite au droit d’accès au juge et au double degré de juridiction. La réforme de 2004 a donc permis une simplification de la procédure en supprimant la dde postérieure à la déclaration d’appel. le décret du 28 décembre 1998 avait à l’époque intégré deux nouveautés : o Les conclusions d’appel doivent formuler expressément les prétentions de la partie ainsi que les moyens de fait et de droit sur lesquels chacune de ces prétentions ait fondée (art 954). Le délai est alors de 15 jours. Le décret du 9 décembre 2009 a prévu à l’article 902 que le greffier pouvait désormais adresser un exemplaire de la déclaration d’appel à chacun des intimés avec l’indication de l’obligation de constituer avoué (et bientôt avocat donc). Cette disposition prive alors une partie d’exercer un appel contre un jugement au préalable non notifié. la déclaration d’appel vaut désormais dde d’inscription au rôle. celles rendues sur requête ou sur référés. En ce qui concerne le contenu même de ces conclusions. Les conditions de procédure La loi de décembre 2010 a consacré le ppe d’une fusion des professions d’avoués et d’avocats. Les avocats recevront les injonctions des magistrats ainsi que les différentes modalités de la mise en état. 3. les conclusions doivent être notifiées à tous les représentants constitués. Il s’agit d’un acte signé par les représentants de l’appelant qui contient impérativement différentes mentions très complètes relatives à l’appelant (nom. Ce délai court à compter de la notification du jugement. la notification du jugement doit avoir été accomplie dans le délai de 2 ans à compter de son prononcé (art 528-1). l’acte d’appel (la déclaration d’appel) n’avait pas pour effet d’opérer saisine de la CA. Depuis 2004. Les conditions de délai Il n’existe par ppe aucun délai d’attente donc on peut interjeter appel d’une décision dès son prononcé. Il s’agit d’éléments de faits ou de droit nouveau qui justifie la mise en œuvre d’une intervention. L’ensemble du dossier concerné est donc fourni à la CA et ce à la dde du greffier auprès du tribunal qui a préalablement statué. A partir de 2012. on peut distinguer 4 temps : La déclaration d’appel L’appel ppal est introduit par une simple déclaration d’appel déposé au greffe de la cour selon l’article 901. Les conclusions Elles sont signées par l’avoué et notifié au représentant de la partie adverse. La Cour de Cassation a précisé que l’évolution du litige ne correspondait pas à une évolution liée à des considérations strictement économiques (arrêt d’Ass. Plen. de 2005). La saisine de la CA est donc concomitante à l’acte introductif d’instance représenté par la déclaration d’appel. de tels délais s’appliquent aussi bien pour la partie qui notifie que pour la partie adverse. Une telle irrecevabilité doit d’ailleurs être relevée d’office par le juge en tant que R d’OP. Avant 2004. Par ppe. Il appartient donc à l’avoué de qualifier juridiquement les éléments de faits ainsi que tous les arguments de droit au sein de conclusions dites qualificatives. En cas de pluralité de demandeur ou de défendeur. celle d’avocat aura pour mission de représenter les parties et d’accomplir les différents actes procéduraux devant les CA. Enfin.

L’objectif est d’éviter l’encombrement des CA et par la même d’accélérer l’instance d’appel.34 . A contrario toute exécution d’un jugement pourtant frappé d’appel serait considérée comme nulle.o Les parties doivent reprendre dans leurs dernières conclusions les prétentions et moyens antérieurs au sein de conclusions récapitulatives. le conseiller de la mise en l’état peut radier l’affaire. Le conseiller de la mise en état intervient ainsi pour purger le dossier de tout vice de procédure afin qu’il soit en état d’être jugé sur le fond par la chambre préalablement saisie. Les pouvoirs du conseiller de la mise en état sont toutefois limités : il ne peut intervenir que dans le cadre de l’instance d’appel. - La mise en état devant la CA Il existe devant les CA une procédure similaire à celle en vigueur devant les tribunaux de première instance. A l’inverse. Cette radiation privera alors l’appel de tout effet suspensif. Procédure civile . le déféré. L’article 911 du CPC confère différents pouvoirs à ce conseiller pour statuer sur la recevabilité d’un appel. Cet effet suspensif est prévu à l’article 539 du CPC comme particularité inhérente aux voies de recours ordinaires. Cet effet suspensif présente un inconvénient : il tend ponctuellement à inciter les plaideurs à la mise en œuvre d’une telle voie de recours afin de retarder l’exécution d’un jugement défavorable. L’effet suspensif Ppe de l’effet suspensif . 1. Un tel effet se justifie car l’appel a pour objet un réexamen en fait et en droit d’une affaire et ce. Les conclusions qualifiées d’ultimes doivent donc récapituler les différents moyens préalablement présentés durant l’instance d’appel. est exceptionnellement ouvert pour permettre de contester par simple requête la décision du conseiller de la mise en état. le jugement passe en force de chose jugée dès lors qu’il n’est plus susceptible d’un recours suspensif. En effet. si ces moyens ne sont pas repris et donc non récapitulés. Ce recours. Le conseille de la mise en état exerce d’ailleurs les mêmes pouvoirs de contrôle que le juge de la mise en état. Il ne peut donc intervenir et statuer que sur les exceptions de procédure et les incidents relatifs à l’instance d’appel. A contrario. le juge considérera ces anciens arguments comme abandonnés. en cas de non respect du délai. En effet.Le délai pour interjeter appel mais aussi l’exercice de cette voie de recours ont pour effet de suspendre l’exécution de la décision attaquée. en tant que voie de réformation. En ce qui concerne l’intimé. il dispose d’un délai de 2 mois pour conclure à compter de la notification des conclusions de l’appelant. de constater l’extinction de l’instance ou encore de prononcer une mesure provisoire en matière de divorce. il conviendra d’attendre l’arrêt sur le fond. La Cour de Cassation considère également que les ordonnances de la mise en état n’ont pas autorité de la chose jugée au ppal. Cette même voie de recours peut être mise en œuvre lorsque le conseiller de la mise en état s’est prononcé sur une exception de procédure. L’objectif est d’imposer une certaine diligence aux parties présentes en appel. Ce déféré est ainsi apprécié par la chambre préalablement saisie et l’arrêt alors rendu par la CA n’est pas susceptible d’un pourvoi en cassation immédiat sauf s’il met fin à l’instance car dans les autres circonstances. l’appel permet de différer le moment où un jugement devient exécutoire. B/ Les effets de l’appel L’appel est doté de différentes catégories d’effet qui demeurent spécifiques par rapport aux autres voies de recours. Par ppe. l’alinéa 2 de l’article 914 prévoit que de telles ordonnances peuvent être déférées par simple requête à la Cour (=chambre saisie) dans les 15 jours du prononcé de l’ordonnance lorsque la décision du conseiller de la mise en état a eu pour effet de mettre fin à l’instance. L’article 501 du CPC prévoit également que le jugement est exécutoire à partir du moment où il passe en force de chose jugée. Le décret du 9 décembre 2009 a prévu que désormais. la Cour de Cassation a précisé que le conseiller de la mise en état n’était pas compétent pour statuer sur l’exécution d’une procédure relative à la première instance. l’appelant devait déposer ses conclusions dans un délai de 3 mois (et non plus 4) suivant la déclaration d’appel (futur art 908). Par exception. Ses ordonnances ne sont susceptibles d’un recours qu’avec le jugement pour le fond (art 914 al 1).

Le non-respect de l’exigence énoncée à l’article 534 (interdiction des demandes nouvelles en appel) est sanctionné par une fin de non-recevoir (= peine d’irrecevabilité). Cette proposition avait pour objectif de renforcer l’importance des jugements de première instance en augmentant leur autorité car l’appel ne serait alors plus suspensif. L’effet suspensif du délai d’appel comme de l’appel lui-même n’empêche pas les parties de procéder à des actes conservatoires (ex : inscription d’une hypothèque judiciaire). Différentes exigences pratiques ont donc incité à tolérer des tempéraments au ppe en fonction de l’évolution du litige. Cette fonction respecte le double degré de juridiction car l’effet dévolutif permet de déférer aux juges du second degré la connaissance d’un litige déjà examiné au premier degré. l’objectif étant de respecter le ppe du double degré de juridiction.Les limites de l’effet suspensif – La première limite concerne le cas dans lequel la décision attaquée est assortie d’une exécution provisoire prévue aux articles 524 et suivants du CPC. il ne peut être dévolu en appel plus qu’il n’a été jugé au premier degré. l’appelant peut reprendre dans ses prétentions tous les arguments évoqués en première instance ou à l’inverse limiter son appel à certains chefs du jugement. Cet effet dévolutif de l’appel revêt par ppe un caractère impératif et le juge d’appel doit statuer sur le litige qui lui est soumis. De manière négative toutefois. Cette exécution provisoire est soumise au contrôle du premier Président de la CA. Il faut dès lors opérer une sous-distinction car la CA est saisie par une déclaration d’appel qui opère effet dévolutif. Cette chose jugée en première instance est remise en cause par l’acte d’appel. L’effet dévolutif Le ppe – L’effet dévolutif de l’appel signifie que l’exercice de ces droits de recours remettent la chose jugée en question devant une juridiction d’appel pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit. Procédure civile . L’article 562 du CPC précise que cet acte d’appel détermine l’étendue de la dévolution et ce même texte indique que si cet acte d’appel initial ne détermine par l’étendue de la dévolution. L’application trop stricte de la prohibition des demandes nouvelles en appel a parfois été contestée car elle interdit l’apport de tout élément nouveau devant une CA. correspondant à la csq ou à un complément des arguments invoqués à titre ppal devant la cour (ex : une demande de prestation compensatoire peut intervenir pour la première fois en appel en matière de contentieux du divorce). Il est donc possible très ponctuellement de formuler des demandes nouvelles non traitées en première instance. Le ppe demeure aujourd’hui celui de l’effet suspensif de l’appel qui garantie le double degré de juridiction. l’appel n’est alors plus limité à certains chefs de demande. En d’autres termes. L’appelant formule une demande qui se révèle accessoire. 2. En conséquence – La CA est par ppe saisie dans la double limite de l’immutabilité des litiges et des prétentions des parties dans l’acte d’appel. La CA statue donc en fait et en droit. L’article 566 du CPC permet quant à lui aux parties d’expliquer devant une CA les prétentions virtuellement comprises dans les prétentions soumises aux premiers juges. l’article 555 considère que les prétentions ne sont pas nouvelles dans certaines conditions. le plaideur est amené à mieux formuler sa demande par rapport à la formulation retenue en première instance. Cette possibilité transforme alors la voie d’appel qui n’est plus une voie de réformation mais une voie d’achèvement du litige. différents éléments nouveaux non présentés en première instance sont ponctuellement recevables en appel. Ainsi. Les parties en raison de l’effet dévolutif ne peuvent soumettre de nouvelles prétentions en appel. Il n’existe pas dans le CPC de définition de la notion de demande nouvelle. Or. cet effet dévolutif doit se distinguer de l’objet même du litige qui sera apprécié devant le juge d’appel. Cet objet du litige est déterminé non par l’acte d’appel initial (déclaration d’appel) mais par les conclusions des parties déposées devant le juge.35 . En d’autres termes. Cet article prévoit également que l’appelant peut ajouter des demandes accessoires secondaires aux prétentions initiales. cette voie de recours correspondant alors à une voie de réformation. Cette sanction n’est pas d’OP. En d’autres termes. Certains projets de modification de la procédure civile étaient favorables à une inversion du ppe en retenant une ppe d’exécution de plein droit de la décision de première instance.

L’objectif de cette disposition est de permettre au juge d’apprécier les circonstances et de considérer qu’au nom d’une bonne justice. L’effet dévolutif s’applique alors car le juge d’appel devra non seulement apprécier le vice mais aussi statuer sur le fond du litige. Les textes prévoient toutefois des exceptions.Lorsque le jugement porte sur une exception de procédure mettant fin à l’instance. Le pouvoir d’évocation permet à la CA de se prononcer non seulement sur la nullité de l’acte de procédure. il peut alors solliciter une annulation devant une CA. L’effet dévolutif et le pouvoir d’évocation – La CA dispose parfois d’une possibilité d’évocation qui va lui permettre de se comporter comme si elle statuait en tant que juge de première instance. tout jugement qqe soit la juridiction saisie peut faire l’objet d’une opposition. §2. Cette voie de rétractation permet donc de saisir le même juge afin que le litige soit à nouveau tranché.36 . une solution définitive soit retenue. un appel peut être interjeté contre cette exception. L’effet dévolutif et l’appel-nullité . Le recours à ce pouvoir d’évocation se justifie généralement par la volonté de régler rapidement certains litiges. L’affaire a certes été soumise au juge de première instance mais le jugement prononcé s’est révélé incomplet et donc le litige n’a été tranché que partiellement. Or. Ces éléments d’un litige non tranchés ne vont faire l’objet d’une appréciation sur le fond qu’une seule fois devant la CA. Deux cas de mise eu œuvre de ce pouvoir existent : . des demandes reconventionnelles sont jugées recevables en cause d’appel (art 567 du CPC). contre une décision du tribunal des affaires de la sécurité sociale ou encore pour certains jugements rendus en matière de procédures collectives.De plus. le pouvoir d’évocation permet d’interjeter appel sur autorisation du premier président. le recours à l’appel dans le cadre d’un pouvoir d’évocation contribue à considérer cette voie de recours non comme une voie de réformation mais davantage comme une voie d’achèvement car le juge d’appel tranche un litige qui n’a pas été connu intégralement par les juges du premier degré. Finalement. L’article 568 du CPC prévoit un tel pouvoir d’évocation alors même qu’en ppe un tel jugement avant dire droit n’est pas susceptible d’appel immédiat.Lorsque l’appelant estime que le jugement rendu est irrégulier. l’opposition ne peut être formée contre une ordonnance du juge de la mise en état. Procédure civile . statue alors sur la totalité de la décision alors que le jugement préalablement rendu n’était qu’un jugement avant dire droit et ordonner une mesure d’instruction. A/ Les conditions 1.Cette voie de recours peut être invoquée lorsque l’une des parties considère que le jugement attaqué est affecté d’un vice grave (ex : violation d’un ppe fondamental de procédure). L’objet de l’opposition est d’obtenir une rétraction du jugement par la juridiction qui a elle-même prononcée cette décision. .La CA est parfois saisie d’un appel. . Cette possibilité correspond au pouvoir d’évocation qui déroge au ppe du double degré de juridiction. Il existe deux catégories d’appel-nullité : .Cette voie de recours peut intervenir en dépit de l’absence d’un appel lorsqu’elle se révèle adaptée aux circonstances (cas où l’appel est écarté ou non prévu par un texte). Ces différents tempéraments viennent ainsi limiter la portée du double degré de juridiction. Conformément à l’article 70 du CPC. L’opposition (articles 571 et suivants) L’opposition est également une voie de recours ordinaire. mais qui est doté d’un caractère subsidiaire par rapport à l’appel. il faut qu’existe un lien direct entre la dde initiale et la dde reconventionnelle. mais aussi de trancher le litige au fond alors même que ce litige n’a pas été apprécié en première instance (art 568). Notamment. Il s’agit alors de demandes formulées se rattachant aux prétentions initiales et sur lesquels le défendeur invoque un argument qui s’oppose à la dde ppale. lorsque le jugement se révèle mixte (= avant dire droit pcq il prononce une mesure d’exécution tout en statuant sur certains éléments du litige). Les conditions de fond Il faut réunir deux conditions : 1°/ Un jugement doit avoir été rendu En ppe.

il existe une procédure particulière dite « de relevé de forclusion ». 3°/ En ce qui concerne le contenu de l’opposition : Cette voie de recours doit préciser les moyens de défense invoqués par le plaideur défaillant (art 574). 2. le premier jugement rendu par défaut conserve sa totale efficacité. En pratique. Si une opposition est formée dans ce délai. En pratique. l’acte d’opposition a pour incidence de prolonger l’effet suspensif et ce. 2°/ En ce qui concerne les modalités de l’opposition : L’opposition doit être exercée dans les mêmes formes que la dde initiale mise en œuvre devant la juridiction qui a rendu le jugement par défaut. dès lors qu’elle a été au préalable condamnée. Ceci suppose toutefois qu’une exécution provisoire n’ait pas été ordonnée.2°/ Ce jugement doit avoir été rendu par défaut La finalité de l’opposition est de permettre à un plaideur d’obtenir la rétractation d’un jugement après avoir été jugé par défaut. C’est d’ailleurs cette condamnation qui constitue pour ce plaideur l’intérêt à agir. Procédure civile . Il s’agit d’une obligation de motivation qui s’impose afin que cette opposition ne constitue pas un simple moyen dilatoire dans le but de retarder l’exécution d’un jugement. Ceci consiste dans la possibilité pour un plaideur qui n’a pas eu connaissance du litige en temps utile de saisir en référé le président de la juridiction qui a préalablement statué. En pratique.37 . l’objectif est de garantir au plaideur le respect du double degré de juridiction dès lors que l’appel se révèle impossible. Les effets du jugement rendu sur opposition Lorsque l’opposition a été rejetée – Le recours à une opposition peut être jugée irrecevable. B/ Les effets de l’opposition On peut les envisager sous 2 aspects : Les effets de l’acte d’opposition . Seule cette partie défaillante (= qui n’a pas comparu). Les conditions de forme Plusieurs éléments se révèlent particulier : 1°/ En ce qui concerne les délais : L’opposition doit par ppe être exercée dans un délai d’un mois à compter de la notification. L’opposition permet donc de remettre en question devant le même juge les points jugés par défaut pour qu’ils soient à nouveau statuer en fait et en droit. le délai d’opposition se révèle suspensif. En csq. le jugement par ppe ne peut être exécuté qu’à l’expiration du délai d’opposition (1 mois). Les effets du jugement rendu sur opposition - 1. si l’opposition est formulée devant une juridiction pour laquelle la représentation est obligatoire (ex : TGI). . Sur opposition. un jugement est rendu par défaut dans deux cas : . Dans ces 2 cas. l’affaire est alors instruite selon les R applicables devant la juridiction qui a rendu la décision frappée d’opposition (art 576) 2. cette voie de recours doit être faite par notification entre avocats (art 573 al 1er). ce même plaideur n’a pas eu connaissance de la décision préalablement rendue.L’appel s’est révélé irrecevable. pendant toute la durée de l’instance d’opposition. L’effet dévolutif – Cet effet dévolutif est prévu à l’article 572 al 1er. par ex pcq elle est non respectueuse des délais ou pcq elle est non fondée en droit. Dans ce cas. Les effets de l’acte d’opposition L’effet suspensif – En tant que voie de recours ordinaire.Le défendeur n’a pas été cité à personne . En d’autres termes. peut exercer ses droits de recours. Cette demande formulée en référé dite de relevé de forclusion doit être formée dans un délai d’un an à compter de la notification du jugement. Dans cette hypothèse. le lien d’instance recommence et les prétentions des plaideurs s’apprécient en fonction de la demande initiale. le défendeur qui n’a pas été cité à personne initialement peut ne pas avoir reçu le jugement. En d’autres termes.

si l’exécution provisoire du jugement attaqué avait été ordonnée et poursuivie (ex : paiement de dommage et intérêts). témoignages ou serments judiciaires déclarées faux depuis le jugement. . Procédure civile . Lorsque le jugement est toutefois frappé d’un vice grave. En effet. . cette décision doit toutefois être une décision juridictionnelle. Section 2. Ce recours est donc le seul qui permette à un plaideur de revenir sur un jugement lorsqu’en particulier les délais pour exercer les autres voies de recours sont expirés. §1.Le recours en révision. il a été recouvré des pièces décisives qui avaient été retenues par le fait d’une des partie (= l’une des parties retient un document essentiel pour la résolution du litige) . il faut que la décision susceptible d’un recours en révision soit passée en force de chose jugée. . Selon l’article 595. Le recours en révision La mise en œuvre d’un recours en révision tend à faire rétracter un jugement passé en force de chose jugée afin qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit (art 593 à 603). Les voies de recours extraordinaires Les articles 579 et suivants du CPC réglementent les différentes voies de recours dites extraordinaires. En pratique.Lorsque l’opposition est reconnue comme justifiée et fondée – Dans ce cas.S’il a été jugé sur des pièces reconnues ou judiciairement déclarées fausses depuis le jugement . dans ces différents cas. Le recours en révision n’est possible que dans les circonstances suivantes : . Ce recours est susceptible d’être mis en œuvre alors même que le délai du pourvoi en cassation n’est pas expiré. Un recours en révision peut être formé contre un jugement de première instance rendu en dernier ressort ou contre un arrêt de CA. En csq. En d’autres termes. Le demandeur qui avait obtenu gain de cause lors du premier jugement est alors exposé à devoir verser des dommages et intérêts au défaillant qui a obtenu rétractation. le recours en révision n’est admis que si l’auteur de cette voie de recours n’a pas pu faire valoir la cause invoquée. le premier jugement est rétracté (art 571 al 1). . Ainsi. A/ Les conditions du recours en révision On compte 4 catégories de condition : 1°/ Les conditions relatives aux décisions concernées : Si en ppe. il s’agira d’une décision exécutoire pour laquelle les recours suspensifs sont expirés (art 520). la révision peut être demandée.Si la décision a été prononcée à la suite d’une fraude de la partie au profit de laquelle elle a été rendue . Les causes de révision sont définies par la loi et ont un caractère limitatif. le pourvoi en cassation n’est pas en ppe suspensif d’exécution.Si depuis le jugement. L’une des ppales particularités de ces voies de recours réside dans l’aspect en ppe non suspensif d’exécution de l’exercice de ces voies de recours. De plus. un recours en révision peut donc potentiellement être cumulé avec un pourvoi en cassation.S’il a été jugé sur des attestations. Le CPC prévoit plus particulièrement trois cas de voies de recours extraordinaires : . . En effet. La révision d’une décision de justice ne peut donc être demandée pour d’autres motifs que ceux prévus par le CPC. Cette voie de recours suppose que le jugement préalablement rendu ait été obtenu à la suite d’une manœuvre frauduleuse.La tierce opposition . dernier alinéa. En d’autres termes.Le pourvoi en cassation . tte décision de justice est potentiellement concernée.38 . La mise en œuvre de ces voies de recours doit être au préalable prévue et réglementé par un texte (art 580). cette première décision rendue par défaut est remplacée par le second jugement rendu sur opposition. les actes d’exécution éventuellement effectués sont réputés non avenus. Ce caractère résulte de la nature même du recours en révision qui est un recours extraordinaire. dès lors qu’un grief lié à l’exécution provisoire a été constaté. les actes non juridictionnels ne sont pas susceptibles d’un recours en révision (ex : mesures d’administration judiciaire) selon l’article 537 du CPC. le recours en révision n’est ouvert finalement qu’au plaideur victime du comportement de la partie adverse ou de circonstances non invoquées dans la décision contestée. Il faut impérativement que le recours en révision soit légitimé par l’un des différents cas d’ouverture prévus à l’article 595 du CPC.

Le recours en révision ne peut par ppe être introduit que contre un jugement passé en force de chose jugée. n’ont en ppe aucun intérêt à exercer des voies de recours. 4°/ Conditions relatives aux modalités procédurales : La juridiction seule compétente pour connaître d’un recours en révision est la juridiction qui a au préalable rendu la décision attaquée. Si la cause de révision est connue avant l’expiration des délais de recours ordinaires. elle permet uniquement aux tiers de faire rejuger l’affaire en fait et en droit. peu importe la juridiction qui a été saisie au préalable et ce. Cette exigence résulte de la nature même du recours en révision qui tend à faire rétracter un jugement précédemment rendu. à l’exception des arrêts de la Cour de Cassation. La rétractation du jugement entraine ainsi l’annulation de toute décision qui a pu être la suite ou l’application du jugement rétracté. La tierce opposition (articles 582 et suivants) Par ppe. le demandeur à l’action en révision. Il n’existe pas d’instance et de particularité procédurale B/ Les effets du recours en révision Le jugement qui admet le bien fondé du recours en révision a pour effet de rétracter le jugement attaqué. ces derniers peuvent essayer d’éviter une telle opposabilité. la rétractation concernera toutes les parties. les juridictions de droit commun comme celles d’exception rendent donc des décisions en premier ressort ou à charge d’appel qui peuvent être frappées d’un recours en tierce opposition. L’article 597 précise que ttes les parties présentes lors du jugement attaqué doivent être appelées à l’instance en révision. les tiers ne sont pas liés par la chose jugée. la décision de justice étant opposable aux tiers. Le demandeur à l’action en révision doit donc avoir qualité à agir mais aussi démontrer un intérêt à agir. 3°/ Les conditions relatives aux délais : L’article 596 fixe à deux mois le délai pendant lequel le recours en révision doit être formé. Ce délai court à compter du jour où le requérant a eu connaissance de la cause de révision qu’il invoque. A/ Les conditions de la tierce opposition 1°/ Les décisions susceptibles d’une telle voie de recours : L’article 585 du CPC retient une conception large des décisions concernées : tout jugement est par ppe susceptible d’une tierce opposition. Les juges statuent sur le fond du litige ce qui permet de retenir un effet dévolutif. Le recours en révision étant une voie de rétractation (et non de réformation). soit directement. Procédure civile . En effet. Concrètement. Il en est ainsi lorsqu’un chef du jugement. Il existe à ce titre une voie de recours spécifique qui ne peut être exercée que par ces tiers : la tierce opposition. doit solliciter la présence de toutes les parties. soit indirectement par représentation. L’instance en révision qui se déroule devant la même juridiction doit alors suivre les exigences procédurales de cette juridiction. contrairement aux parties. A peine d’irrecevabilité. Ainsi. En csq. la Cour de Cassation a considéré que l’obligation d’impartialité (art 6 §1 de la CEDH) n’est pas contesté lorsque des mêmes magistrats statuent après un recours en révision alors même qu’ils se sont prononcés lors du jugement attaqué. si la loi n’en dispose pas autrement. Cette R se justifie car ttes les parties déjà concernées doivent pouvoir invoquer leur argument lors d’une instance en révision. il importe peu que cette partie au jugement attaqué ait été demandeur. C’est alors par la voie de recours ordinaire (=l’appel) que le jugement doit être attaqué. Toutefois. Cette voie de recours extraordinaire n’a pas pour objet une remise en cause de la chose jugée entre les parties. Si le jugement attaqué est rétracté. Les juges qui ont été dans un premier temps abusés sont dans un second temps invités à revoir leur jugement tout en étant mieux éclairés.2°/ Les conditions relatives aux parties : Le recours en révision ne peut être ouvert qu’aux personnes qui ont été parties au jugement.39 . §2. En pratique. Le jugement qui va être prononcé au terme du recours en révision résulte d’une autre instance par rapport au jugement attaqué (art 598 al 2). défendeur ou même intervenant volontaire ou forcé. La rétractation peut toutefois être partielle (art 602).

la tierce opposition doit être formée devant la juridiction dont émane le jugement attaqué.40 . Il faut que ce tiers puisse donc justifier d’un préjudice causé par cette décision attaquée. Concrètement cette voie de recours peut être exercée sauf disposition contraire dans les 30 ans à compter du jugement si la tierce opposition est formée à titre ppal (art 586 al 1). Cette voie de recours est incidente lorsqu’elle est formée au cours d’une instance contre une décision dont l’un des plaideurs entend se prévaloir contre son adversaire (cette adversaire n’ayant pas été partie à la décision). lorsqu’une tierce opposition est formée.Lorsque la décision par exception a été notifiée aux tiers. même sur les points remis en cause. Par cette notification. Ce même jugement attaqué conserve toutefois ses effets entre les parties. en cas d’admission de la tierce opposition. L’article 590. De plus. Cette disposition permet donc à un plaideur dont le droit a été reconnu par une juridiction. et à l’égard des tiers non opposants. dans deux cas particuliers. de mettre rapidement le jugement obtenu à l’abri d’une éventuelle tierce opposition. 3°/ Les délais : Par ppe. mais qui craint de voir contester son droit par un tiers. des délais plus brefs s’appliquent : . prévoit toutefois que le juge saisit sur tierce opposition a la possibilité de suspendre l’exécution du jugement attaqué. La jurisprudence a précisé que cet effet dévolutif se limitait aux éléments qui avaient été tranchés initialement. notamment lorsque l’action en justice est limitée à certaines personnes. En ce qui concerne le déroulement de l’instance. 4°/ Les exigences procédurales : La tierce opposition peut être exercée à titre ppal ou être incidente. il est soumis aux R applicables à la procédure suivie devant la juridiction concernée. En ce qui concerne le résultat de la tierce opposition on peut distinguer deux situations : .Il existe différents textes du CPC qui limitent la durée pour la mise en œuvre d’une tierce opposition.En cas d’échec. le tiers n’a pas été informé directement par la décision qui ne lui a pas été notifiée. Pour eux. après expiration du délai de 2 mois. La tierce opposition est de plus dotée d’un effet dévolutif : elle permet de faire juger à nouveau les éléments d’une décision critiquée. la tierce opposition ne pourra plus être formée. Par dérogation. Il s’agit donc bien d’une voie de rétractation qui permet de contester une décision antérieurement rendue. La décision rendue après une tierce opposition peut à son tour faire l’objet d’une voie de recours.Il existe toutefois certaines restrictions ponctuellement prévues par les textes. Procédure civile . par exception. le plaideur oblige le tiers à agir immédiatement car bien évidemment. 2°/ Les personnes susceptibles de former la tierce opposition : L’article 583 al 1 prévoit que tte personne qui y a intérêt peut former une tierce opposition. Il existe toutefois un statut particulier pour les ayant-cause et les créanciers.A l’inverse. . l’art 583 al 2 prévoit qu’il est possible d’exercer une tierce opposition en cas de fraude à leurs droits. 5°/ Les effets de la tierce opposition : La tierce opposition est dépourvue d’effet suspensif. la tierce opposition est ppale quand elle est formée en dehors de tout procès en cours. ils ne disposent plus que d’un délai de 2 mois à compter de cette notification pour exercer la tierce opposition (art 586 al 3). . A l’inverse. La longue durée d’un tel délai se justifie car les tiers ont pu ignorer l’existence de la décision et ils n’en ont connaissance qu’au jour où la partie qui en bénéficie en poursuit l’exécution. le jugement attaqué doit être maintenu . le jugement attaqué est alors rétracté et se révèle inopposable aux tiers opposants. Ce même texte prévoit toutefois une restriction : l’auteur du recours ne doit pas avoir été partie ou représenté au jugement attaqué.

A cet égard. tte personne peut former un pourvoi en cassation dès lors qu’elle a été partie ou représentée lors de la décision frappée du pourvoi. l’auteur du pourvoi doit en outre avoir intérêt et qualité à agir (il faut qu’une décision qui lui est défavorable ait été rendue). Il concerne toute décision gracieuse comme contentieuse sous la forme d’un jugement de premier instance ou d’un arrêt de CA. Deux grandes catégories de cas d’ouverture à cassation existent : o Certains cas d’ouverture sont destinés à sanctionner le non respect de la R de droit. la Cour de Cassation a une mission essentielle d’assurer l’égalité et la prééminence du droit en imposant. Il existe différents cas d’ouverture à cassation qui assurent donc un contrôle de cette motivation. A l’inverse.  En outre. La Cour de Cassation reproche à ces juridictions du fond de ne pas avoir appliqué les différentes conditions énoncées dans un texte de manière globale. o La Cour de Cassation contrôle également la motivation préalablement retenue par les juges du fond. De plus. il appartient aux parties concernées par la décision attaquée d’être présente devant la Cour de Cassation. Il faut prendre ce terme de jugement au sens large. Les articles 606 et suivants prévoient les différents jugements susceptibles d’un pourvoi. Pourvoi formé une partie – Deux précisions : La détermination des parties concernées Par ppe. L’article 605 prévoit qu’il n’est envisageable que contre un jugement. Ce n’est pourtant pas ce que l’on pourrait imaginer car cette cassation correspond en fait techniquement à une insuffisance de motivation retranscrite dans la décision des juges du fond. 2°/ Conditions relatives aux parties à l’instance au pourvoi : En ppe. Toutefois. La mise en œuvre procédurale des pourvois en cassation doit respecter différentes R prévues par le CPC. par exception. Ce texte ne précise pas les différents cas d’ouverture susceptibles d’être invoqué à l’appui des prétentions d’un pourvoi.41 - . Elle est facile à identifier car elle contient généralement un visa qui énonce le texte violé ainsi qu’une solution de portée générale mentionnée en début d’arrêt. et ce à titre ppal (= pas de tierce opposition). la Cour de Cassation exerçant une fonction disciplinaire. Par exception. un tiers ne peut intervenir en cours d’instance par une intervention qu’elle soit forcée ou volontaire. La Cour de Cassation ne se prononce pas sur le fond de l’affaire mais a pour mission d’apprécier le raisonnement juridique retenu dans la décision attaquée.  Le cas ppal d’ouverture à cassation fondé sur le non respect de la R de droit correspond à la violation de la loi (= « cassation pour violation de la loi »). Un contrôle de la légalité de la décision est ainsi opéré. la cassation peut être liée à une mauvaise interprétation de la loi ou à un défaut de qualification.  Par exemple. La détermination des cas d’ouverture à cassation L’article 604 du CPC précise uniquement que le pourvoi en cassation tend à faire censurer par la Cour de Cassation la non-conformité du jugement par rapport aux R de droit.§3. Le pourvoi en cassation Cette voie de recours a pour objet d’harmoniser la jurisprudence des juridictions du fond. Il faut aussi que cette décision attaquée tranche tout le ppal ou éventuellement une seule partie. Il faut pour cela des circonstances exceptionnelles (art 327). Comme pour toute action en justice. Procédure civile . A/ Les conditions du pourvoi en cassation 1°/ Conditions quant à la décision attaquée : Toute décision rendue en dernier ressort est susceptible d’un pourvoi. le tiers ne peut qu’appuyer une prétention d’une des parties par une intervention volontaire alors à titre accessoire. Une telle cassation pour défaut de base légale est donc par ppe suivie d’une 2nde décision rendue sur le fond par une juridiction de renvoi. une décision avant dire droit par exception ne peut être contestée indépendamment du jugement qui clôture l’instance. le procureur général de la Cour de Cassation a la possibilité de former un pourvoi. la Cour de Cassation peut censurer la décision des juges du fond pour défaut de base légale.

le ministère public a la possibilité de prendre part à un procès. Cette censure n’aura aucun effet à l’égard des parties (toujours soumises à la décision attaquée) et la décision de la Cour de Cassation est donc dotée finalement d’une portée essentiellement doctrinale. par ppe. Procédure civile . peut décider de saisir la Cour de cassation pour contester une décision rendue par des juridictions du fond qu’il s’agisse d’un jugement. tte juridiction doit impérativement motiver sa décision et l’absence totale de motivation doit donc être censurée. 4°/ Conditions relatives à la procédure : Les articles 973 et suivants du CPC précisent les différentes exigences procédurales du pourvoi en cassation. le représentant devant la Cour de Cassation est un auxiliaire de justice particulier. Le non respect du délai de 4 mois est sanctionné par la déchéance qui ferme toute possibilité de saisir la Cour de Cassation. Ce mémoire contient les indications cad les moyens de droit invoqués au soutien du pourvoi. - 3°/ Conditions relatives aux délais : Le pourvoi en cassation doit être formé dans le délai de 2 mois à compter de la notification de la décision attaquée (art 612). En effet. Dans certains cas. Sous certains aspects. En effet. la procédure du pourvoi se révèle plus simple que celle pour les juridictions du fond car de nouveaux faits et en ppe de nouvelles demandes ne peuvent être présentées. en matière de contentieux civil. Au même moment. le ministère public peut former un pourvoi en cassation dans deux cas : Le pourvoi dans l’intérêt de la loi Dans certains litiges. L’objectif est d’obtenir une annulation de la décision directement liée à un excès de pouvoir des magistrats. Des avocats au conseil détiennent ainsi un monopole devant la Cour de Cassation. Le pourvoi pour excès de pouvoir Le ministère public. le demandeur doit déposer dans les 4 mois de sa déclaration un mémoire ampliatif. ce même greffe demande communication du dossier à la juridiction qui a rendu la décision attaquée. Après l’enregistrement de cette déclaration du pourvoi. le greffe informe le défendeur d’avoir à constituer avocat au conseil. Ils rédigent donc les conclusions et plaident pour leurs clients. Pourvoir formé par le ministère public – Ponctuellement. Ensuite. Ces avocats ont la double mission de représentation et d’assistance. au nom de l’intérêt de la loi et donc de l’intérêt général (ex : arrêt du 31 mai 1991 sur les mères porteuses ayant donné lieu à un pourvoi du ministère public dans l’intérêt de la loi). Le ministère public peut même être dans certains contentieux partie ppale et à ce titre là. Ceci correspond à un défaut de motif sanctionné par la Cour de Cassation. les juges du fond disposent d’un pouvoir discrétionnaire qui leur permet de ne pas avoir à motiver une décision. Le pourvoi est formé au niveau procédural par une déclaration au greffe de la Cour de Cassation. De manière complémentaire. De plus. En pratique.42 . Il ne faut pas confondre le pouvoir discrétionnaire et le pouvoir souverain. d’un arrêt ou d’une simple mesure d’administration judiciaire (qui ne sont en outre pas susceptibles d’un recours par les parties). Le défendeur dispose quand à lui d’un délai de 2 mois à compter de la signification du mémoire du demandeur pour remettre au greffe un mémoire en défense. Il existe des délais plus brefs pour certaines matières comme pour le droit du divorce ou celui des procédures collectives. Cette annulation a vocation à s’imposer aux parties (contrairement au pourvoi dans l’intérêt de la loi). il lui est possible de former un pourvoi en cassation (ex : annulation de mariage . Cette déclaration doit contenir différentes mentions et notamment préciser l’évolution éventuelle de la procédure d’exécution. la décision du juge du fond a pu violer un texte mais sans qu’un pourvoi ne soit formé contre la décision. adoption). Il convient toutefois de respecter certaines contraintes devant la Cour de Cassation liées au caractère écrit avec représentation obligatoire de cette procédure du pourvoi. Dans cette hypothèse. à la dde du Garde des Sceaux. le Procureur Général près la Cour de Cassation a la possibilité de saisir la Cour de Cassation pour faire censurer la décision. la cassation peut être prononcée pour une absence totale de motivation. la grande majorité des affaires ne fait pas l’objet d’une plaidoirie.

Il prévoit que le premier Président à la Cour de Cassation peut décider de retirer du rôle une affaire en opérant une radiation à la demande du défendeur si le demandeur ne justifie pas la raison pour laquelle la décision attaquée n’a pas été exécuté. - Procédure civile . La Cour de Cassation a ponctuellement condamné les plaideurs en fonction de l’évolution du droit même si cette évolution porte atteinte à la sécurité juridique. Il existe également une mesure relativement récente qui permet d’inciter les parties à exécuter la décision attaquée prévue par l’article 1009-1 du CPC. le pourvoi est doté d’un effet suspensif pour certaines matières (ex : divorce . Certains éléments de droit peuvent toutefois être invoqués dans les moyens en raison éventuellement d’une évolution législative.Dès lors que les mémoires sont déposés. Il doit s’agir de moyens d’OP ou de pur droit. Les moyens de droit nouveaux ne sont pas en ppe recevables devant la Cour de Cassation. En ce qui concerne justement les moyens de droit soulevés devant la Cour de Cassation.43 . B/ Les effets du pourvoi Absence d’effet suspensif – En tant que voie de recours extraordinaire. Par exception. le CPC apporte une double précision : La Cour de Cassation peut étendre sa saisine en soulevant d’office un moyen de droit dont les particularités sont énoncées à l’article 620 du CPC. filiation). L’objectif de ce texte est de sanctionner le plaideur négligent afin de faire exécuter la décision rendue. Absence d’effet dévolutif – La cour de Cassation ne rejuge pas l’affaire préalablement tranchée et par ppe elle n’est saisie que sur les points de droit soulevé par les parties. Seuls les éléments de droit sont abordés. le premier Président de la Cour de Cassation attribue l’affaire à une chambre et le Président de la Chambre désigne un conseiller rapporteur. le pourvoi en cassation et le délai pour former ce pourvoi ne sont pas suspensifs. moyens pour lesquels le ppe du contradictoire doit être respecté. Ces particularités justifient l’absence d’effet dévolutif car la totalité de la chose jugée n’est pas remise en question. La décision attaquée doit donc être exécutée dès sa signification.

Partie II. est un mode de règlement des litiges qui suppose le recours à une ou plusieurs personnes privées choisies par les parties en raison de leurs compétences ou de leur autorité dans un domaine particulier. Les sources de l’arbitrage En droit interne – Un décret du 14 mai 1980 avait intégré dans le CPC différentes R relatives aux différentes modalités de recours à un arbitrage. §1. Les particularités de l’arbitrage Distinction entre arbitrage et conciliation – La conciliation est un mode de règlement des différends qui supposent qu’un accord soit intervenu avec l’intervention d’un tiers conciliateur.La compétence technique des arbitres : Elle constitue un avantage pour résoudre certains litiges (ex : en matière de brevets ou de marques) . §2. Les R relatives à l’arbitrage L’arbitrage. Il s’agit d’un mode conventionnel de règlement des litiges alors que l’arbitrage correspond à un mode judiciaire de nature contentieuse. Distinction entre arbitrage et transaction – La transaction est une convention signée par les parties qui acceptent des concessions réciproques. ne s’impose pas aux parties.44 . l’arbitre a pour objectif de résoudre un contentieux entre deux parties. En effet. D’autres dispositions ont également vocation à s’appliquer qu’il s’agisse de conventions internationales mais aussi de décisions prononcées par des institutions spécialisées dans le domaine de l’arbitrage. L’arbitrage quant à lui met un terme à un conflit en prononçant une décision qui s’impose aux personnes concernées. l’arbitrage présente certains inconvénients. En dépit de ces avantages.La procédure d’arbitrage est moins formaliste. En ce qui concerne l’arbitrage international – Un décret du 12 mai 1981 a réglementé cette matière. . Les attraits et inconvénients de l’arbitrage – L’arbitrage présente différents attraits : . Procédure civile . Distinction entre arbitrage et expertise – L’expertise est un moyen d’obtenir un examen par une personne compétente d’un litige ou d’un point particulier. l’expert a vocation à donner son avis sans être tenu de se prononcer sur la résolution du litige. La décision rendue par l’arbitre est appelée sentence arbitrale. en particulier le coût imposé par le recours à un tribunal arbitral. La solution obtenue au terme de la conciliation est par ppe acceptée par les parties. Le droit interne a ensuite été réformé par un décret du 13 janvier 2011 et l’ensemble du droit de l’arbitrage interne est désormais codifié aux articles 1442 et suivants du CPC.La confidentialité : L’arbitrage est apprécié dans le domaine des affaires en raison de l’absence de publicité. A l’inverse. Ce document. Cet accord est consigné dans le PV de conciliation signé par les parties. de manière générale. contrairement à la sentence arbitrale.

un certain formalisme prévu à l’article 1443 du CPC doit être respecté. pour compromettre. Le recours à ces 2 catégories de convention suppose le respect de R de capacité. la clause compromissoire étant valable « dans tous les contrats conclus à raison d’une activité économique ». . En effet. un ppe d’autonomie de la clause a été retenu. En effet. ppe consacré par le décret du 13 janvier 2011 à l’article 1447 du CPC. De plus. Le ppe de la transmission de la clause compromissoire a été admis par les juges au nom d’une garantie de son efficacité. Avant 2011.Le compromis : L’alinéa 3 précise que le compromis est la convention par laquelle les parties à un litige né soumettent ce litige à un arbitrage.Titre 1. Cette autonomie concerne plus particulièrement le cas dans lequel le contrat ppal est annulé mais la convention d’arbitrage potentiellement maintenue. Procédure civile . Plus généralement. l’ensemble des R est codifié aux articles 1442 à 1449 du CPC. De manière plus générale. la clause compromissoire était interdite en matière civile sauf si la loi en disposait autrement. il est impossible de compromettre sur des droits dont les parties n’ont pas libre disposition. par ppe. Désormais. etc. Les R spécifiques à la cause compromissoire Avant 2001. En effet.). le CPC distinguait très nettement les R concernant la clause compromissoire et celle concernant le compromis lui-même. Les mineurs ainsi que les majeurs sous tutelle ou curatelle ne peuvent donc pas compromettre.La clause compromissoire : C’est celle par laquelle les parties à un contrat s’engagent à soumettre à arbitrage les litiges qui pourraient naître relativement à ce contrat. tte personne doit être dotée de la pleine capacité juridique. La jurisprudence a donc décidé dans un premier temps pour les clauses compromissoires qu’une telle stipulation était valablement transmise (notamment dans une chaine de contrats). le litige soumis à un arbitre doit concerner un domaine spécifique. divorce. La convention d’arbitrage C’est la convention par laquelle des parties à un litige décident de recourir à l’arbitrage. De manière complémentaire. par ppe. La loi du 15 mai 2001. Les stés civiles professionnels peuvent par ex désormais avoir recours à une convention d’arbitrage. Désormais. L’article 1443 précise que cette convention d’arbitrage peut résulter d’un échange des écrits. Chapitre 2. l’article 2060 du CC précise justement des domaines dans lesquels il est interdit de compromettre (filiation. De plus. l’article 2061 a été modifié et désormais un élargissement du domaine de l’arbitrage a été retenu. la prohibition du recours à l’arbitrage concerne les matières qui intéressent l’OP. On peut quand même distinguer deux catégories de R. Chapitre 1. tout le secteur économique civil et susceptible d’être concerné par le recours à l’arbitrage.45 . Les R communes à la clause compromissoire et au compromis d’arbitrage L’article 1442 définit ces deux modalités de recours à un arbitrage : . à peine de nullité la convention d’arbitrage doit être écrite. selon l’article 2059 du CC.

A défaut. un arbitre supplémentaire doit impérativement être choisi par les parties ou désigné par un centre permanent d’arbitrage ou à défaut par un juge. Le procès arbitral est caractérisé par un tribunal spécifique et par une procédure réglementée. Le tribunal arbitral peut voir sa compétence écartée lors d’une fin anticipée de sa mission. l’article 1481 précise que la sentence doit respecter un formalisme (indiquer le nom des arbitres et des parties. En effet.L’arbitre est compétent pour mettre un terme au litige mais aussi pour régler les incidents de procédure. une fin anticipée de la mission de l’arbitre peut Procédure civile . Ce délai légal peut être prorogé par un accord des parties. différentes R communes doivent être respectées : . L’arbitre qui a eu connaissance d’une de ces causes de récusation doit informer les parties qui pourront accepter de maintenir le tribunal arbitral préalablement constitué. Les pouvoirs des arbitres L’article 1478 du CPC précise que l’arbitre tranche le litige conformément aux R de droit. celui des représentants. Alors que cette convention est dominée par sa nature commerciale. La durée de la compétence du tribunal est fixée d’un commun accord par les parties dans la convention. Le procès arbitral La convention d’arbitrage organise la résolution du litige qui oppose les parties. Les conditions de constitution de ce tribunal – Le tribunal arbitral peut être constitué d’un arbitre unique ou de plusieurs arbitres.Titre 2. doivent nécessairement mettre un terme au contentieux et dispose à ce titre de différents modes de résolution des litiges. . Même lorsque l’arbitre statue dans le cadre de l’amiable composition.L’article 1480 précise que la sentence prononcée doit recueillir la majorité des voix. L’ensemble de ces éléments doivent être respectées à peine de nullité de la sentence. Section 2. Dans cette hypothèse. D’ailleurs. Il appartient par ppe à l’arbitre d’accepter sa mission de manière expresse ou tacite La désignation des arbitres – Par ppe. De plus. dès lors qu’ils acceptent. La constitution de ce tribunal Le CPC réglemente les conditions de constitution de ce tribunal et la désignation des arbitres. L’arbitre doit par ppe appliquer le droit en vigueur mais les parties peuvent permettre à ce même arbitre d’écarter la R de droit pour statuer en fonction de considération d’équité en tant qu’amiable compositeur. l’arbitre peut être récusée et les R de la récusation applicables à l’égard des juges concernent également les arbitres (art 341). le procès arbitral est fortement marqué par sa nature juridique. La convention d’arbitrage peut éventuellement désigner une PM (notamment une institution d’arbitrage). L’arbitre est en ppe une personne physique qui jouit pleinement de ses droits (art 1450 al 1). Si les parties nomment un nombre pair d’arbitre. notamment les problèmes de compétence éventuellement soulevés. Le tribunal arbitral Section 1. la motivation de la décision et sa date.46 . il demeure tenu de motiver sa sentence et donc de justifier la solution retenue. l’article 1444 prévoit la possibilité de se référer à un règlement d’arbitrage pour opérer cette désignation.Enfin. l’article 1463 prévoit que le tribunal arbitral est compétent pendant 6 mois à compter de sa saisine. Que l’arbitre statue en droit ou en équité. Délais et durée . . Les arbitres désignés. il doit s’agir d’un nombre impair (art 1451).Les pouvoirs de l’arbitre sont encadrés dans une certaine durée. Les parties peuvent déterminer les modalités de cette désignation. la clause compromissoire ou le compromis doit désigner le ou les arbitres du tribunal arbitral. Dans ce dernier cas. Chapitre 1. la PM limite son intervention à l’organisation de l’arbitrage (art 1450 al 2).

Enfin. En pratique. 12 et suivants du CPC. par ppe. Par ppe. comme le juge étatique.résulter d’une révocation (art 1458). C’est le tribunal arbitral lui-même qui détermine la procédure arbitrale. à l’unanimité (art 1458 toujours). En pratique. la procédure arbitrale peut être entièrement écrite ou à l’inverse totalement orale voire partiellement écrite et partiellement orale. règlent les litiges dans le cadre d’une procédure sans être tenu des différentes R qui s’appliquent aux tribunaux. L’article 1464 al 2 effectue d’ailleurs un renvoi aux différents ppes directeurs du procès énoncés aux articles 4 à 10. le décès de l’arbitre met fin à la mission arbitrale. La communication des pièces et conclusion Elle est organisée dans le cadre du procès arbitral. L’arbitre peut aussi enjoindre une partie à produire des éléments de preuve. Il appartient alors aux arbitres lors de ces différentes réunions de rédiger des PV de réunion qui contiennent le déroulement de ces débats. L’affaire est alors mise en délibéré et aucune dde ne peut alors être formée. L’arbitre peut notamment entendre les parties mais aussi tte personne concernée par le litige. a la possibilité d’ordonner d’office ttes les mesures d’instruction légalement admissibles (application de l’art 10 du CPC). l’arbitre. Chapitre 2. Les différentes R qui s’appliquent au juge étatique ne concernent pas en ppe le tribunal arbitral. Les R applicables à cette procédure L’article 1464 du CPC précise que les arbitres. décès). l’arbitre ou le tribunal arbitral peut également ordonner tte mesure conservatoire qu’il juge opportune (art 1468). Cette sentence arbitrale peut faire l’objet d’une voie de recours. des réunions sont organisé par les arbitres dans le cadre d’un débat oral. Même si cette liberté se révèle essentielle en pratique. l’arbitre peut dder l’intervention d’un expert ou ordonner une descente sur les lieux. les parties produisent des conclusions dans le cadre d’une procédure écrite et de manière complémentaire. Le délibéré arbitral Il intervient au terme de l’instruction. L’instruction Elle doit être menée par l’ensemble des arbitres. Section 2. la sentence arbitrale doit s’appliquer aux différentes parties concernées. 11 al 1. depuis le décret du 13 janvier 2011 que les parties et les arbitres agissent avec célérité et loyauté dans la conduite de la procédure. La procédure arbitrale Section 1. les parties peuvent avoir renoncé à la mise en œuvre d’un appel au sein même de la convention d’arbitrage. les juges ne sont pas pour autant dispensés de respecter certains ppes directeurs du procès. Si ce contenu n’est pas contesté. Le déroulement de la procédure On peut distinguer 4 temps : La saisine de l’arbitre Elle s’effectue conjointement par les parties. la sentence peut faire l’objet d’une voie de recours devant une CA si son contenu est contesté. l’instance arbitrale prend fin sauf convention particulière des parties qui prévoit la nomination d’un nouvel arbitre. Les parties ont la possibilité de déterminer les R de procédure dans le cadre de la convention. Dès lors qu’elles ne l’ont pas fait. Procédure civile . L’article 1467 précise que le tribunal arbitral procède aux actes d’instruction. récusation.47 - - - . généralement. Enfin. La loyauté et la célérité sont des ppes essentiels en matière de procédure civile désormais expressément applicable à l’arbitrage. Il convient au préalable que soit formulée une dde de saisir. ni aucun moyen soulevé. Le délibéré est secret et il appartient à l’arbitre de prononcer alors une sentence arbitrale. L’art 1464 al 3 précise enfin. mais l’effet même lié à cette saisine résulte de l’acceptation par l’arbitre de sa mission. Dans le cadre de l’instruction. Dans ces différentes hypothèses (révocation. Un arbitre (ou l’ensemble du tribunal) peut en effet être révoqué par les parties et ce. Plus généralement. Le droit de l’arbitrage est caractérisé par une certaine liberté conférée aux parties comme à l’arbitre.

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