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Laplace - Oeuvres Complètes Tome VI

Laplace - Oeuvres Complètes Tome VI

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Laplace, Pierre-Simon de (1749-1827). Oeuvres complètes de Laplace. 1878.

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ŒUVRES
COMPLÈTES

DE LA PLAGE.

ŒUVRES
COMPLÈTES

DE

LAPLACE,
PUBLIÉES SOUS LES AISPICES

LES VI M>

SECRÉTAIRES

PERPÉTUELS.

TOmE SIXIÈME.

PARIS,
GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
DE L'ECOLE POLYTECHNIQUE, DU BUREAU DES LONGITUDES.

SUCCESSEUR

DE MALLET-BACHELIER. 55.

Ouai des augustins,

M DCCCLXXXIV

EXPOSITION
DU

SYSTÈME

DU

MONDE;

PAR

M. LE MARQUIS

DE LAPLACE,

pair de France; Grand Officier de la Légion d'honneur; l'un des quarante de l'Académie française; de l'Académie des Sciences; Membre du Bureau des Longitudes de France; des Sociétés royales de Londres et de Gottingue; des Académies des Sciences de Russie, de Danemarck, de Suéde, de Prusse, des Pays-Bas, d'Italie, etc.

SIXIÈME

ÉDITION.

PARIS,
BACHELIER, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
DU BIREAU DES LONCITIDES,

QUAI DES AUGUSTIXS, N° 55. 1835

AVERTISSEMENT
DE LA SIXIÉMU ÉDITION.

L'Auteur s'occulrail de la réimpression de ccl Ouvrage, lorsqu'il fut enleve au monde savant; plusieurs notes de sa main onl pu être recueil lies dans celle nouvelle édition, dont il corrigeait encore des éprouves dans Ies derniers jours de sa maladie néanmoins ce travail était peu avancé. M. rlc Laplace avail plusicurs fois exprimé dans sa société particulière cette pensée, que l'on ne pouvait lrol se défendre d'apporter Ucs corrections au\ Ouvrages des savanls après leur mort; il disait cluc c'était en altérer l'origine, souvent au détriment de la pensée première de l'auteur, toujoursau préjudice de l'histoire de la Science. On a respecté scrupuleusement celle opinion, en reproduisant dans celle sixième édition du Système du Monde le lexte exact et fidèle de la précédente, aux chargements près que l'autcur avait pu faire lui-même. Sculement trois chapitres du Livre IV, qu'il avait jugé à propos de supprimes dans la cinquième édition, se relrouvenl dans celle-ci, savoir !e Chapitre XII, De la Stabilité de l'équitibre des mers; le Cliapilre XVII, Réflexions sur la loi de la pesanteur universelle; et enfin le Chapitre XVIII, De l'atlractron moléculaire. I)ans l'Avertissement qui précède cetle derrière édition, M. de Laplacc annonçait l'intention de réunir ces principaux résullals de l'application de l'Analyse aux plrénomènes dus à l'action moléculaire différerete de l'attraction unirerscele, clui venaient de recevoir une grandie extension, pour en faire le sujet d'un 'railé spécial, à la suite de l'Exposiciore du Système du Monde. Le temps ne lui ayant pas permis de réaliser ce projet, il était naturel de rélablir dans la nouvelle édition ces Chapitres, lels qu'ils étaient dans la quatrième; c'est ainsi qu'ils forment de nouveau les Chapitres XI, XVII et XVIll du Livre IV. On a pensé cluc ce n'était en aucune façon déroger au principe émis par l'auteur lui-même, dont il est question

VIII

AVERTISSEMENT

1)E LA SIXIÈME

ÉDITION.

plus haut, et que l'on complétait par là cet Ouvrage d'une manière ulilc autant qu'intéressante pour la Science. Dans ccuc édition, comme ans la précédente, la division décimal est apd pliquée à l'angle droit et au jour, dont l'origine est fixée à minuit les mesures linéaires sont rapportées au mètre et lcs températures au thermomètre à mercure, divisé en 100°depuis la tempéralurc de la glace fondanle jusqu'à celle de l'eau bouillante, sous une pression équivalenle à celle d'une colonne de mcrcurc haulc de 0m,76 et à zéro de température, sur le parallèle de 50°.

DES MATIÈRES TABLE
COINTENUES DANS LE SIXIÈME VOLUME.

AVERTISSEMENT. Exposition du système du Monde.

VII 1

LIVHE DES
CUAPITRE I. Du mouvement — Du Soleil et

APPARENTSDES CORPS f.ÉI.ESTES.
diurne de ses mouvements. de mesure. do la Luno, do ses de phases et des éclipses. du eiel. 3 G 16 23 3 10 42 et ses de son anneau. 46

CHAPITRE II. CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE III. 1\ V. VI. VII.

Du temps et — Des mouvements — Des planètes — — De Jupiteret — De IX. Saturno, — D'Uranus do et,

en particulier, De ses de ses et

Mercure

et de Vénus.

Mars. satellites. satellites de

CHAPITRE VIII. CHAPITR CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE CHAPITRE face, X. XI. XII. XIII. XIV.

satellites. et Vesta 51

— Des — Du —

Junon l'allas, planètes télescopiques, mouvement des planètes autour du Solcil Des comètes. étoiles la ligure décimal et de de des et du leurs mouvements

i; 58 à sa

— Des

et du XV.

systèmo Du

la Terre, do la variation et mesures poids reflux do la mer, ou des

do la pesanteur variations

sur64

CHAPITRE figure. CHAPITRE

flue

diurnes

de

sa 87

XVI.

— De l'atmosphère

tcrrc;lro

et des

réfractions

aslronomiques.

LIVRE

lI.

DES MOUVEMEXTS ÉELS DES CORPS CÉLESTES. R Terre. 112 CUAPITRE —Du mouvement do rotation do la I. Du mouvement do la Terre (lui Soleil 115 CHAPITRE Il. CHAPITRE III. Des apparences duc3 au mouvement do la Terre I2; IV. Des lois du mouvement (les planètes autour du Soleil et do la figure CHAPITRE do leurs orl)ites 127

TABI,E

DES

MATIÈRES. rages

CHAPITRE V. tour CHAPITRE VI.

De la figure des orbes des comètes el des lois de leur mouvement du Soleil. Des lois du mouvement des satellites autour do leurs planètes

au13i 142

LIVRE

III.

DES LIOS DU MOUVEMENT. CHAPITRE I. Des forces, de leur composition et de l'équilibre d'un point mairiel.. Du mouvement d'un point matériel. CHAPITRE II. CHAPITRE III. Dj l'équilibre d'un système do corpus. IV. CHAPITRE Del'équilibre des fluides. CHAPITRE — Du mouvement d'un système de corps. V. 152 155 172 182 187

LIVRE

IV.

Po DE LA THÉORIE DE LA PESANTEURUNIVERSELLE. Du principe de la pesanteur universelle. CHAPITRE I. CHAPITRE — Des perturbation du mouvement elliptique des planètes. II. CHAPITRE Il[. Dus masses des planètes et de la pesanteur à leur surface 1\ CHAPITRE Des perturbations du mouvement elliptique des comètes. CHAPITRE —Des pertubations V. du mouvement de la Lune. VI. Des perturbations des satellites de Jupiter. CHAPITRE VII. Des satellites de Saturne et d'Uranus. CHAPITRE VIII. Do la figure de la Terre et des planètes, et de la loi de la apesanteur CHAPITRE à leur surface. CHAPITRE IX. —Do la figure do l'anneau do Saturne. CHAPITRE X. Des atmosphères des corps célestes. XI. Du flux et reflux (le la mer. CHAPITRE CHAPITRE XII. Do la stabilité do l'équilibre des mers CHAPITRE XIII. Des oscillations dc l'atmosphère CHAPITRE XIV. Do la précession des équinoxes et dc la nutation do l'avo do la Terre CHAPITRE X\ — De la librition do la Lune. CHAPITRE XVI. Des mouvements propres de3 étui les CHAPITRE XVII. RéOexions sur la loi de la pesanteur universelle. CHAPITRE XVIII. De l'attraction moléculaire 203 214 22fi 232 23; 255 265 267 290 293 296 317 319 325 334 339 341 349

LIVRE

r.

PIIÉCIS DE I:IIISTOIIIE DE L'ASTRONOMIE. CHAPITRE I. CHAPITRE Il. Arabes. De Astronomie ancienne, jusqu'à la fondation do l'école d'Alexandrie. Do l'Astronomio depuis la fondation do l'école d'Alexandrio jusqu'aux 395 409

TABLE CHAPITRE III. rope.

DES

MATIÈRES.
Pages

De l'Astronomie depuis Ptolémée jusqu'à son renouvellement en Eu-

420

CHAPITRE IV. —De l'Astronomie dans l'Europe moderne. 431 CHAPITRE V. —De la découverte la pesanteur de universelle. 454 CHAPITRE—Considérations le Système Monde sur les VI. sur du et futursde l'Astronomie. 474
NOTE I. 487

NOTE
NOTE NOTE NOTE NOTE

II.
III. IV. V. VI.497

490
491 492 495

NOTE VII et dernière.

EXPOSITION
DU

SYSTÈME I 1i,'

DU MONDE.

Me vero Quarmn Accipiant,

dulces anlc omnia primum sicra fero, ingcnli perculsus cœdique vias et sidera

Musæ, amoro monstrent.

VIRC.. Gcorg.,

lib.

II.

De toutes Ic Irlus la long

les sciences enchaînement vue les du états ciel

naturelles,

l'Astronomie

est celle

qui

présente loin embrasse Pour y de de la lois au de

de découvertes. ;1 la vue et les générale du

Il y a extrêmement par laquelle du on monde.

première

aujourd'hui parvenir, siècles, Terre, principe

passés observer dans lois leurs des

futurs astres apparences

Système un

il a fallu reconnaître s'élever aux

pendant

grand

nombre réels

les mouvements planétaires

mouvements

et do ces enfin

de la pesanteur complète détails.

universelle, de tous Voilà de ces pu naître

redescendre les phénomènes t'esprit

de ce principe jusque dans dans l'As-

à l'explication leurs moindres

célestes humain

ce que

a fait la manière

tronomie. simple d'offrir qu'il que dont

L'exposition elles ont

découvertes et se succéder

et de aura

la plus avantage méthode l'objet

le double et la vraie C'est

un grand faut suivre

ensemble dans proposé

de vérités des

importantes lois

la recherche dans

de la nature.

je me suis

cet Ouvrage.

OEuvres

de L.-

VI.

1

LIVRE PREMIER.
DES MOUVEMENTS APPARENTS DES CORPS CÉLESTES.

CHAPITRE PREMIER.
DU MOUVEMENT DIURNE DU CIEL.

Si pendant vert, chaque on suit instant.

une avec

hclle

nuit,

et dans

un lieu

dont

l'horizon on le voit

soit découchanger à

attention Les étoiles

le spectacle s'élèvent vers l'orient, ou

du ciel,

s'abaissent; d'autres

quelques-unes disparaissent vers

commencent l'occident Ourse, vements

à se plusieurs,

montrer telles jamais

que l'étoile l'horizon respective

polaire dans

et les étoiles

de la grande ces mou-

n'atteignent divers,

nos climats. ces astres qu'ils parait sont

Dans reste plus

la position

de tous petits

la même; près d'un

ils décrivent point points vement horizon imagine Déjà que

des cercles l'on conçoit

d'autant immobile.

plus Ainsi raison, entier

le ciel pôles

tourner

sur deux ce mousur notre que l'on

fixes nommés, il emporte est le pote

par cette le système boréal

du monde, et dans Le pôle élevé le pùle pôle opposé,

des astres:

ou septentrional; se nomme

au-dessous plusieurs pendant ceux L'examen

de l'horizon, questions le jour qui

austral

ou méridional. à résoudre. durant ceux des Que

intéressantes les aslres que

se présentent nous voyons

deviennent D'où tiennent

la nuit? qui dis-

commencent attentif des

à paraitre? phénomènes la lumière elles

Où vont fournit des étoilcs

paraissent? simples mesure

réponses à

à ces questions. que l'aurore

Le matin,

s'affaiblit brillantes.

augmente;

le soir,

deviennent

plus

4

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

;1mesure que le crépuscule diminue; ce n'est donc point parce qu'elles cessent de luirc, mais parce qu'elles sont effacées par la vive lumière des Crépuscules et du Soleil, que nous cessons de les apercevoir. L'heureuse invention du télescope nous a mis à portée de vérifier cette explication, en nous faisant voir les étoiles au moment mème où le Soleil est le plus élcvé. Celles qui sont assez près du pôle pour ne jamais attendre l'Irorizon sont constamment visibles. Quant aux étoiles qui commencent à se montrer à l'orient pour disparaître à l'occident, il est naturel de penser qu'eues continuent de décrire sous t'horizon le cercle clu'elles ont commencé à parcourir au-dessus et dont l'horizon nous cache la partie inférieure. Cette vérité devient sensible quand on s'avance vers le nord; les cercles des étoiles situées vers cette partie du moudc se dégagent de plus en plus de dessous l'liorizon; ces étoiles cessent enfin de disparaître, tandis que d'autres étoiles, situées au midi, deviennent pour toujours invisibles. On observé le contraire en avançant vers le midi; des étoiles qui demeuraient constamment sur l'horizon se lèvent et se couchent alternativement, et de nouvelles étoiles, auparavant invisibles, commencent à paraître. La surface de la Terre n'est donc pas ce qu'elle nous semble, un plan sur lequel la voûte céleste est appuyée. C'est une illusion que les premiers observateurs ne tardèrent pas à rectifier par des considérations analogues aux précédentes; ils reconnurent bientôt que le ciel enveloppe de tous côtés la Terre, et que les étoiles y hrillent sans cesse, en décrivant chaque jour leurs différents cercles. On verra dans la suite l'Astronomie souvent occupée a corriger de semblables illusions et à reconnaître les objets réels dans leurs trompeuses apparences. Pour se former une idée précise du mouvementdes astres, on conçoit, par le centre de la Terre et par les deux hôles du monde, un axe autour duquel tourne la sphère céleste. Le grand cercle perpendiculaire à cet axe s'appelle équateur; les petits cercles que les étoiles décrivent parallèlement à l'équateur, en vertu de leur mouvement diurne, so nomment parallèles. Le zénith d'un observateur est le point du ciel que sa verticale va rencontrer; le nadir est le point directement opposé. Le

LIVRE I. —CHAPITRE I.

5

méridien est le grand cercle qui passe par le zénith et les pûlcs; il partage en deux également l'arc clécrit par les étoiles sur l'horizon, et lorsqu'elles l'attcigncnt, elles sont à leur plus grande ou à leur plus petite liautcur. Enfin l'horizon est le grand cercle perpendiculaire à la verticale, ou parallèle à la surface de l'eau stagnante dans le lieu de l'ohservateur. La hauteur du pôle tient le milicu cnire la plus grande et la plus petite hauteur des étoiles qui ne se couchent jamais, ce qui donne un moyen facile de la déterminer; or, en s'avançant directement vers le lole, on le voit s'élever à fort peu près proportionnellement à l'espace parcouru; la surface de la Terre est donc convexe, et sa figure est peu différente d'une sphère. La courbure du gtohe terrestre est sensible a la surface des mers; le navigateur, en approchant des côtes, aperçoit d'abord leurs points les plus élevés, et découvre ensuite successivement les parties inférieures que lui dérobait la convexité de la Terre. C'est encore à raison de cette courbure que le Soleil, à son lever, dore le sommet des montagnes avant que d'éclairer les plaines.

6

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE II.
DL SOLEIL ET DE SES MOUVEMENTS.

Tous leste;

les mais

astres plusieurs parce

participent ont

au mouvement

diurne propres conduire pour

de clu'il

la sphère est important

cé-

des mouvements seuls nous que,

de suivrc, du vrai d'un couvrir points gements varier minons

qu'ils

peuvent

à la connaissance l'éloignement ainsi, pour dé-

système on

du monde. l'observe

De même

mesureur

objet,

de deux

positions il faut

différentes, la considérer de ses lois, Sur dans

ln mécanisme de vue,

de la nature,

sous dans

divers

et observer qu'elle par ceux

le développement nous des que présente.

les chanfaisons déter-

du spectacle les phénomènes avec soin tous ainsi par

la Terre, le ciel,

nous nous

expériences; nous offrent

les mouvements ses réponses

célestes. à l'analyse, nous élever

En interrogeait nous aux C'est nomhre mières nues. Le Soleil vement pendant sons. Les pouvons, phénomènes à découvrir possible

la nature

et soumettant d'inductions bien les

une suite généraux

ménagées, particuliers

dont

tous

faits

décrivent. au plus petit preincon-

ces grands que doivent

phénomènes tendre êtres nos nous

et à les réduire efforts; seront car

les causes

et la nature

intime

des

éternellement

a un mouvement On reconnaît nuits, spectacle situées se perdent

propres

dirigé

en sens par

contraire le spectacle avec

du du les

mouciel saiun cn-

diurne. les

ce mouvement qui change

et se rcnouvcllc et qui

étoiles lui,

sur la route bientôt dans

du Soleil,

se couchent

peu après

sa lumière

et reparaissent

LIVRE

1.

CHAPITRE

il.

7

suite avant son lever; cet astre s'avance donc vers cllcs, d'occident en orient. C'est ainsi que l'on a suivi longtemps son mouvement propre, qui maintenant petit être déterminé avec une grande précision, en observant chaque jour la hauteur méridienne du Soleil et le temps qui s'écoule entre son passage et ceux des étoiles au méridien. Ces observations donnent les mouvements propres du Soleil dans le sens du méridien et dans le sens des parallèles, et la résultante de ces mouvements est le vrai mouvement de cet astre autour de la Terre. On a trouvé de cette manière que le Soleil se meut dans un orbe que l'on nomme écliptique,et qui, au commencement de 1801, était incliné de 26°,07315 à l'équateur. C'est à l'inclinaison de l'écliptique sur l'ccluatcur qu'est due la différence des saisons. Lorsque le Soleil atteint par son mouvement annuel l'équateur, il le décrit à fort peu près en vertu de son mouvement diurne, et ce grand cercle étant partagé en deux également par tous les horizons, le jour est alors égal à la nuit sur toute la Terre. On a nommé, par cette raison, équinoxes les points d'intersection de l'équaleur avec l'écliplique. A mesure que le Soleil, en partant de l'équinoxe du printemps, s'avance dans son orbe, ses hauteurs méridiennes sur notre horizon croissent de plus en plus; l'arc visilrlc des parallèles qu'il décrit chaque jour augmente sans cesse, et fait croit) la durée des jours, jusqu'à ce que le Soleil parvienne à sa plus grande hauteur. A cette époque, le jour est le plus long de l'anuéc, et comme vers le maximum les variations de la hauteur méridienne du Soleil sont insensibles, le Soleil, à ne considérer que cette hauteur dont dépend la durée du jour, parait slationnairc; ce qui a fait nommer solstice d'été ce point du d'été. maximum. Le parallèle que le Soleil décrit alors est le trophique Cet astre redescend ensuite vers l'équateur, qu'il traverse de nouveau dans l'équinoxe d'automne, et de la il parvient à son minimum de hauteur ou au solstice d'hiver. Leparallèle décrit alors par le Soleil est le tropique d'hiver, et le jour qui lui réhoncl est le plus court de l'année. Parvenu à ce terme, le Soleil remonte vers l'équateur et revient, à l'équinoxe du printemps, recommencer la même carrière.

8

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

Telle est la marche constante du Soleil et des saisons. Le printemps est l'inlorvalle compris entre l'équinoxe du printemps et le solstice d'été; l'intervalle de ce solstice à l'équinoxe d'automne forme l'été; l'intervalle de l'équinoxe d'automne au solstice d'hiver forme l'automne; enfin l'Itivcr est l'intervalle du solstice d'hiver à l'équinoxc du printemps. La présence du Soleil sur l'horizon étant la cause de la chaleur, il semble que la température devrait être la même en été qu'au printemps, et dans l'hiver qu'en automne. Mais la température n'cst pas un effet instantané de la présence du Soleil elle est le résultat de son action longtemps continuée. Elle n'atteint son maximum dans le jour qu'après la plus grande hauteur de cet astrc sur l'horizon; elle n'y parvient dans l'année qu'après la plus grande hauteur solsticiale du Soleil. Les divers climats offrent des variétés remarquables, que nous allons suivre de l'équateur aux pôles. A l'équateur, l'Itorizon coupe en deux parties égales tous les parallèles; le jour y est donc constamment égal à la nuit. Le Soleil s'élève à midi jusqu'au zénith dans les équinoxes. Les hauteurs méridiennes de cet astre dans Ics solstices sont les plus petites et égales au complément de l'inclinaison de l'éclihtique à l'équateur; les omhres solaires ont alors des directions opposées, ce qui n'arrive point dans nos climats, où elles sont toujours, à midi, dirigées vers le nord; il y a donc, ;1 proprement parler, deux hivers et deux étés chaque année sous l'équateur. La même chose a lieu dans tous les pays où la hauteur du pôle est moindre que l'obliquité de l'écliptique. Au delà, le Soleil ne s'élevant jamais au zénitli, il n'y a plus qu'un hiver et un été dans l'année; le plus long jour augmente et le plus court diminue à mesure que l'on avance vers le luilc, et lorsque le zénillt n'en est éloignc que d'un angle égal à l'oltlicluité de l'écliptique, le Soleil ne se couche point au solstice d'été, il ne se lève point au solstice d'hiver. Plus près du pôle encore, le temps de sa présence et celui de son absence sur l'horizon vers les solstices surpassent plusieurs jours et même plusieurs mois. Enfin, sous le pôle, l'horizon étant

LIVREI. —CHAPITRE II.
l'équateur côté il est nuit de de dans même, l'équateur l'autre l'année. plus inégalité particulièrement dans les la marche intervalles huit que qui jours du Soleil. séparent de plus, D'abord le Soleil que côté est toujours il est au-dessus constamment il n'y a donc quand il est du même quand et une le pôle; de l'équateur; au-dessous qu'un jour

9

Suivons serve une

on obet du du

les équinoxes de l'équinoxe à celui

les solstices printemps printemps; vations pide qu'il d'été. ment

il s'écoule à celui

environ

d'automne,

de ce deruicr n'est fait donc

équinoxe

le mouvement précises

du Soleil ont

pas uniforme. qu'il est

Des obserle lllus d'hiver, le solstice et seuleson trenteraet

et multipliées point lent décrit dans de l'orbite dans

connaître situe vers

dans

un

solaire

le solstice vers point, de

est le Illus Le Soleil 1°,0591

le point

opposé dans pendant

de l'orbite, le premier le cours

par jour

1°,1327 ainsi, en plus moyenne.

le second; varie,

l'année, cent

mouvement

journalier

et en moins,

de trois

six dix-millièmes Cette dans ment variation

de sa valeur produit,

en s'accumulant, Pour les

une

inégalité la loi, périodiques, angles

très

sensible

le mouvement pour avoir que, à chaque

du Soleil. celles les de sinus

en déterminer inégalités des angles exprimant célestes,

et généraleon peut les ils sont de cette ma-

toutes et les

considérer mêmes propres nière cuité

cosinus ces En

redevenant

circonférence ces

dont

augmentent, donc

à représenter toutes qu'à

inégalités. des

les inégalités les démêler L'inégalité solaire, entre que

mouvements elles

il n'y les angles

a de diffidont elles

et à déterminer considérons de la faire ainsi

dépendent. révolution du Soleil

nous

se rétablissant dépendre qu'en elle du

à chaque mouvement dans à fort de

il est

naturel

et de ses multiples. de sinus à deux dépendants termes, dont

On trouve

l'exprimant se réduit,

une série peu près,

de ce mouvement, le premier du et dont le premier, Soleil

est proportionnel au point de son environ

au sinus orbite

la distance vitesse quinze double est fois

moyenne la plus moindre

angulaire grande, que

ou sa

le second, est

quatre-vingtau sinus du

proportionnel

de cette

distance.
VI. 2

OE«vres de L.

10 Les mesures distance mètre dans grande, lorsque

EXPOSITION du diamètre est

DU SYSTÈME apparent

DU MONDE. nous prouvent que sa

de cet astre comme

à la Terre augmente un rapport ce diamètre cette vitesse

variahle, suivant

sa vitesse loi que

angulaire. cette vitesse, est

Ce diamais la plus

et diminue deux fois

la même

moindre.

Lorsque on ne ainsi

la vitesse que

est de 6035",7; est la plus petite

l'observe sa grandeur

de 5836",3 moyenne est

de 5936",0. La distance du Soleil à la Terre suit étant réciproque loi que à son la diminution diamètre de ce

apparent, diamètre. près

son accroissement On nomme périgée

la même

le point le point

de l'orbite oppose

ou le Soleil astre

est le plues

de la Terre, C'est diamètre son diamètre pour

et apogée

on cet que

en est le plus a le plus le second

éloigné. grand point,

dans

le premier et

de ces la plus

points grande sont

le Soleil dans

apparent apparent

vitesse; à leur

et sa vitesse le mouvement

minimum. de l'éloidu sa

Il suffit, gner

diminuer Mais

apparent produisait

du Soleil, seule

de la Terre. solaire,

si celte

cause

la variation constante, son grand; diamètre

mouvement vitesse apparent. donc un

et si la vitesse diminuerait dans un dans fenet

réelle

du

Soleil rapport fois

était que plus

apparente Elle

le même rapport

diminue

dans réel Par

deux

il y a lorsqu'il et de comme

ralentissement de la Terre.

le mouvement composé

de cet astre,

s'éloigne

de ce ralentissement angulaire que diminue

l'augmentation le carré est à fort du Soleil,

de la distance, augmente,

son mouvement en sorte

de la distance peu près

son produit du diamètre mouvement

par ce carré apparent journalier,

constant. aux

Toutes observations

les mesures de son

comparées ce résultat. par

confirment Imaginons nous petit Terre vement faire comme

les centres rayon l'aire

du

Soleil du

et de la Terre il est par facile ce rayon

une

droite que

que le ta

nommerons secteur est ou

vecteur tracée

Soleil; un jour

de voir autour

dans

de

proportionnelle apparent

au produit du Soleil.

du carré Ainsi

de ce rayon aire d'un

par le mouet croit était

journalier entière tracée

cette

est constante, rayon fixe,

par le rayon des jours

vecteur,

à partir

te nombre

écoutes

depuis

l'époque

où le Soleil

LIVRE sur ce rayon; Soleil comme

1.

CHAPITRE par son rayon de son

Il.

Il

les aires décrites au foyer

vecteur sont donc propordoit être admis ce que

et sa distance

mouvement

une loi fondamentalc

de sa théorie,

du moins jusqu'à

noits obligeant de le modifier. on marque de jour en jour la Si, d'après les données précédentes, position et la longueur du rayon vecteur de l'orhe solaire, et que l'on lasse passer une courbe par les extrémités de tous ces rayons, on les observations que cette courbe est un peu allongée dans le sens de la droite qui, passant par le centre de la Terre, joint les points de la plus grande et de la plus petite distance du Soleil. Sa ressemblance avec l'ellipse verra ayant fait naître la pensée de les comparer entre elles, on a reconnu leur identité; d'où l'on a conclu que l'orbe solaire est une ellipse dont la centre rle la Terre occupe un des foyers. L'ellipse est une de ces combes fameuses, dans la Géométrie ancienne et moderne, sous le nom de secrions coniques. Il est faciale de la décrire, en fixant à deux points invariables, que l'on appelle foyers, les extrémités d'un fil tendu sur un ltlan par une pointe qui glisse le long de ce fil. L'ellipse tracée par la pointe dans ce mouvement est visiblement allongéc dans le sens de la droite qui joint les foyers et yui, prolongée de chaque côté jusqu'à la courbe, forme le grand axe dont la longueur est la même que celle du fil. Le petit axe est la droite menée par le centre perpendiculairement au grand axe, et prolongée de chaque côté jusqu'à la courbe; la distance du centrc à l'un des foyers est l'excentricité de l'ellilse. Lorsque les deux foyers sont réunis au même point, l'ellihse est un cercle; en les éloignant, elle s'allonge de plus en plus, et si, leur distance mutuelle devenant infinie, la distance du foyer au sommet le plus voisin de la courbe reste finie, l'ellipse devient

une parabole. L'ellipse solaire est peu différente d'un cercle; car l'excès de la plus grande sur la moyenne distance du Soleil à la Terre n'est, comntc on dix-millièmes de cette distance. Cet que cent soixante-huit excès est l'excentricilé indielle-même, dans laquelle les observations l'a vu,

12 quent d'un une siècle. avoir

EXPOSITION diminution fort

I)U lente

SYSTÈMK et :1 peine

hL'

MONDE. dans l'intervalle

sensible

Pour cevons soit du

une juste

idée

du

mouvement

elliptique

du Soteit, dont

con-

un point

mû uniformément et dont de et que plus,

sur une circonférence le rayon que ce soit point égal et

le centre périgée enégal

celui Soleil; du

de la Terre, supposons, périmée mouvement tourne meut périgée

à la distance le Soleil du

partent soit

semble

le mouvement du Soleil. autour inégale, d'ellipse, le rayon augmenté le Soleil avec du des vecteur jusqu'à

angulaire Taudis

point

au moyen du point se

angulaire

que le rayon le rayon toujours, proportionnels point, certaine et fait limite, Alors, la seconde tour

vecteur du la aux avec lui

uniformément d'une manière

de la Terre. en formant

vecteur avec

Soleil distance temps.

et les arcs d'abord avoir quand

secteurs du une

Il devance qui, après

un angle nue

dimi-

et redevient vecteurs

nul

est son axe. devance

apogée. Dans

les deux moitié celui du que où de du était

rayons de

coïncident le rayon avec vecteur

le grand point

l'ellipse,

à son

Soleil, dans

et forme la première

lui des angles la même

qui sont distance du du

exactement angulaire Soleil Soleil

les mêmes du périgée, axe celui

moitié, avec dont l'on

il revient l'ellipsc. point est

coïncider L'angle ce que

le rayon le rayon

vecteur vecteur

et le grand devance Son

nomme

èquation du siècle 1801. du du

du centre. actuel, Il diminue autour dans

maximum

de 2°,13807 commençant siècle. elut ;1 ce

au commencement le premier janvier angulaire

c'est-à-dire de 53" de

au minuit environ par

Le mouvement de la durée mouvement

point Soleil

la Terre

se con-

de la révolution l'équation du

son orbite.

En ajoutant angulaire intéressant mais le peu

centre, équation que

on a le mouvement est un problème

du Soleil. d'analyse, d'excentricité qu'il est

La recherche qui ne peut de l'orbe facile axe de réduire de

de cette être résolu

par approximation; a des séries

solaire

conduit

très convergentes,

en Tables. solaire mouvement du Soleil. n'est pas annuel fixe dans d'environ le ciel; il a,

Le grand relativement dans le même

l'ellipse un celui

aux étoiles, sens que

36" et dirigé

LIVRE L'orbe solaire

I.

CHAPITRE

II.

13

se rapproche sensiblement de l'équateur on peut évaluer à 148" la diminution séculaire de son obliquité sur le plan de ce grand cercle. Le mouvement du Soleil ne représente elliptique pas encore exacleur grande précision a fait apercevoir de petites inégalités, dont il eut été presque impossible, par les seules observations, de reconnaître les lois. Ces inégalités sont ainsi modernes; qui redescend des causes aux phénomènes, et qui sera l'objet du Livrc IV. La distance du Soleil à la Terre a intéressé dans tous les temps les ils ont essayé de la déterminer observateurs; par tous les moyens que et le plus simple est celui que les géomètres emploient pour mesurer la distance des objets terrestres. Des deux extrémités d'une base connue, on observe les angles que forment avec elle les rayons visuels de l'objet, et indiqués. de deux angles droits, on a l'angle forme cet anglc est ce que l'on nomme papar ces rayons à leur concours rallaxe de l'objet, dont il est facile ensuite d'avoir la distance aux extrémités choisir de la base. Un transportant cette méthode au Soleil, il faut la base la plus étendue que l'on puisse avoir sur la Terre. Imadeux observateurs placés sous le même méridien et observant du centre en retranchant leur somme l'Astronomie a successivement Le plus naturel du ressort de cette branche de l'Astronomie tement les observations

ginons à midi la distance

du Soleil au pôle boréal la différence des deux distances observées sera l'angle sous lequel on verrait de ce centre la droite qui joint les observateurs; la différence des hauteurs du pôle donne cette droite en parties du rayon terrestre; il sera done facile d'en conclure l'angle sous lequel on verrait du centre du Soleil le demi-diamètre de la Terre.

Cet angle est la parallaxe horizontale du Soleil; mais il est trop petit pour être déterminé avec précision par cette méthode, qui peut seulement nous faire juger que cet astre est au moins éloigné de neuf mille diamètres terrestres. Nous verrons dans la suite les découvertes astronomiques avoir sa parallaxe, fournir des que l'on de 26", 54 dans sa moyenne moyens sait maindistance

beaucoup plus précis pour tenant être, à fort peu près,

14 à la Terre, terrestres. On observe irrégulièrc étendues;

EXPOSITION d'où it résulte

DU SYSTÈME que cette

DU MONDE. est de 23984 noires d'une rayons forme

distance

à la surface

du Soleil

des taches

et changeante. elles sont nombreuses et fort Quelquefois on en a vu dont la largeur égalait quatre ou cinq fois cette de la Terre. D'autres fois, mais rarement, le Soleil parait pur et sans Souvent les taches solaires sont pendant des années entières. entourées de pénombres, environnées elles-mêmes de parties plus lumineuses que le reste du Soleil, et au milieu desquelles on voit ces et disparaître. La nature des taches est encore ignoun phénomène rée; mais elles nous ont fait connaître remarquable, celui de la rotation du Soleil. Au travers des variations qu'elles éproutaches vent dans leur position et dans leur grandeur, on démêle des mouvcments réguliers, exactement les mêmes que ceux des points corresà cet astre, dans le pondants de la surface du Soleil, en supposant sens de son mouvement autour de la Terre, une rotation sur un axe On a conclu, rotation de l'observation du Soleil est se former taches

presque perpendiculaire l'écliptique. suivie des taches, que la durée d'une d'environ

entière

solaire est invingt-cinq jours et demi, et que l'équateur cliné de 8° au plan de l'écliptique. Les grandes taches du Soleil sont presque toujours comprises dans une zone de sa surface, dont la largeur, mesurée sur un méridien sopas au delà de 34° de chaque côté de son équateur; on en a cependant observé à 44° de distance. On aperçoit, surtout vers l'équinoxe du printemps, une faible lumière visible on a donné avant le lever ou apres le coucher du Soleil, et :1 laquelle le nom de lumière zodiacale. Sa couleur est blanche et sa laire, ne s'étend

est cette d'un fuseau dont la base s'appuie sur l'équaligure apparente teur solaire tel on verrait un sphéroïde de révolution fort aplati dont seraient les mêmes que ceux du Sole centre clic plan de l'équateur leil. Sa longueur parait quelquefois sous-tendre un angle de plus de 100°. Le nuide qui nous réfléchit cette lumière doit être extrêmement rare, puisque l'on voit les étoiles au travers. Suivant l'opinion la plus

LIVRE I.

— CHAPITRE Il.

15

générale, ce fluide est l'atmosphère même du Soleil; mais cette atmosphère est loin de s'étendre à d'aussi grandes distances. Nous proposerons à la fin de cet Ouvrage quelques conjectures sur la cause, jus-' qu'a présent ignorée, de cette lumière.

16

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MOND E.

CHAPITRE III.
DU TEMPS ET DK SA MESURE.

Le temps suite

est pour

nous dont

l'impression nous est dans qu'en sommes propre plusieurs passant point

que laisse certains à lui scrvir

dans que

la mémoire l'existence

une a été

d'événements

successive. corps d'un lieux animé de

Le mouvement pas être autre

de mesure,

car,

un

ne pouvant endroit

lieux

à la fois,

il ne parvient par décrit, et les tous les

à un

successivement de la ligne est qu'il

intermédiaires. de la même ligne

Si, à chaque force, son

il est parties

mouvement te temps

uniforme, employé

cette

peuvent

mesurer

à les

parcourir. dans oscillations On peut céleste, convenu les retours forment les des

Quand

un pendule,

à la fin de chaque semblables, peut

oscillation, les durées par

se retrouve de leur de ces

circonstances sont aussi dans les mêmes, employer lesquelles usage,

parfaitement et le temps à cette tout pour et au

se mesurer les révolutions on

nombre. la sphère

mesure égal;

parait cet objet, même

mais

est

unanimement dont

de faire au jours Dans puis lequel embrasse pris durée Soleil entre

du mouvement ou au

du Soleil, même

méridien et

équinoxe

solstice

les années. la vie civile, jusqu'au reste le jour coucher au-dessous de entre du est l'intervalle du Soleil; de de temps la nuit qui s'écoule de-

le lever

est le temps Le jour c'est

pendant

le Soleil toute deux

l'horizon. diurne

astronomique le temps Il surpasse comla si le sui-

la durée midis ou

la révolution deux qui minuits forme instant

consécutifs. le jour qu'une

d'une traverse

révolution le méridien

ciel, au

sidéral; étoile,

car le jour

même

LIVRE

1.

CHAPITRE

III.

17 propre, par d'une année

vant il y reviendra plus tard en vertu de son mouvement en orient, et dans l'espace lequel il s'avance d'occident il passera qu'en une fois de moins que l'étoile au méridien.

On trouve ainsi

la durée du prenant pour unité le jour moyen astronomique, jour sidéral est de 0,99726957. Les jours astronomiques ne sont pas égaux deux causes, l'inégalité du mouvement propre du Soleil et l'obliquité produidc l'écliptique, sent leurs différences. L'effet de la première cause est évident; ainsi au solstice d'été, vers lequel le mouvement du Soleil le jour astronomique approche lllus du jour sidéral ver, où ce mouvement est le plus rapide. Pour concevoir l'effet de la seconde cause, il faut est le plus lent, qu'au solstice "d'hiobserver

l'excès du jour astronomique sur le jour sidéral n'est du qu'au vement propre du Soleil, l'apporté à l'équateur. Si, par les extrémités du petit arc que le Soleil décrit sur l'écliptique clans un jour et par les pôles du monde, on imagine deux grands cercles de la sphère ceest le mouvement qu'ils interceptent journalier du Soleil rapporté à l'équateur, et le temps que cet arc met :1 traverser le méridien est l'excès du jour astronomique sur le jour siteste, l'arc de l'équateur est que, dans les équinoxes, de l'écliptique, dans le rapport du plus petit que l'arc correspondant au rayon; dans les solstices, il est cosinus de l'obliquité de l'écliptique déral; plus grand dans le rapport du rayon au cosinus de la même obliquité; le jour astronomique est donc diminue dans le premier cas et augmenté dans le second. avoir un jour moyen indépendant de ces causes, on imagine un second Soleil mu uniformément sur l'écliptique, et traversant toujours que le vrai Soleil le grand axe de l'orbe ce qui fait disparaitre du mouvement solaire, l'inégalité propre du Soleil. On fait ensuite disparaitre l'effet de l'obliquité de l'écliptique, en imaginant un troisième Soleil passant par les équinoxes aux mêmes instants que le second Soleil, et mû sur l'équaleur, de manière que les distances augutaires Œuvresde L. —n. de ces deux Soleils :1 l'équinoxe du printemps 3 aux mêmes instants Pour or il est visihle l'arc de l'équateur

que mou-

18 soient retours moyen ces vrai

EXPOSITION constamment consécutifs astronomique. et le temps au menés en temps, l'on méridien. par les égales

DU SYSTÈME entre elles.

DU MONDE. compris entre deux le jour de du deux Soleil, un jour,

L'intervalle au se par

de ce troisième Le temps

Soleil moyen

méridien par

forme

mesure

le nombre des retours entre

retours, Soleil

vrai

se mesure de

le nombre intercepte

L'arc centres

l'équaleur Soleil

méridiens et réduit est ce que Le jour origine. la seconde de coup rons l'heure lrlus dans

du vrai

et du troisième entière pour

a raison équation

de la circonférence du temps. heures, et

nomme

se divise L'heure en 60 en cent

en vingt-quatre

l'on

fixe

à minuit

son

est divisée tierces, minutes, pour etc.

en 60 minutes, Mais la division

la minute du jour

en Go secondes, en dix heures, beau-

de la minute les usages

en cent

secondes et nous

est

commode cet Ouvrage. Soleil

astronomiques,

l'adopte-

Le second tours

que

nous

venons

d'imaginer

détermine et les solstices

par

ses

re-

à l'équateur

et aux tropiques au même la grandeur que est les

les équinoxes équinoxe actuelle le Soleil l'année

moyens. forme L'ob-

La durée l'année servation aux

de ces retours tropique, a rait dont

ou au même est de 365j, met plus de qui sur

solstice 2422419. temps

conuaitre

à revenir l'année un Soleil, mouvede les

mêmes de

étoiles:

ce temps Ainsi ou

sidérale, ont

surpasse l'écliptique du

tropique mouvement par ment lequel

0j,014119. rétrograde ils décrivent astre dans

équinoxes

contraire

au mouvement un arc égal

propre

chaque l'intervalle n'est peu

année

au moyen

de cet Ce

de 0j,014119, pas exactement la longueur lrlus courte

et par conséquent le même dans tous tropique;

154",63. siècles, elle est

mouvement rend un de

ce qui

inégale

de l'année qu'au

maintenant

13" environ

temps

d'Hip-

parque. C'est commencer noxe tives les ;1 l'un des équinoxes Son partagerait opérations du jour ou l'un placée des solstices qu'il d'été convient de

l'année.

origine,

au solstice sur deux

ou à l'équiconsécuainsi usage

d'automne, les mêmes

et répartirait et les commençait mêmes

années elle

travaux; suivant

aurait

inconvénients

à midi.

J'ancien

LIVRE des astronomes.

I.

— CHAPITRE III.

H)

du printemps, L'équinoxe époque de la renaissance de la nature, semble devoir être pareillement cette du renouvellement de l'année; mais il est aussi naturel de la faire commencer au solstice célébra comme l'époque de la renaissance du que l'antiquité Soleil, et qui sous le pote est le milieu de la grande nuit de l'année. Si l'année civile était constamment de 365 jours, son commenced'itiver, ment anticiperait et il parcourrait d'environ sans cesse sur celui de la véritable en rétrogradant les diverses saisons, 1508 ans. Mais cette année, qui fut autrefois tropique, dans une période année

l'Égypte, ôte au calendrier l'avantage d'attacher mêmes saisons, et d'en faire des époques remarquables turc. On conserverait en considérant cet avantage, l'origine précieux de l'année comme

en usage dans les mois et les fêtes aux

pour t'agricutaux habitants des camun phénomène

pagnes,

astronomique que l'on fixerait, par le calcul, au minuit qui précède le solstice ou l'équinoxe, et c'est ce que l'on a fait en France à la lin du dernier siècle. Mais alors, les années bissextiles ou de 3G6 jours s'intercatant suivant une loi très compliquée, il serait difficile de décomposer en jours un nombre la confusion sur l'histoire l'année, d'années, quelconque et sur la chronologie. ce qui répandrait de D'aillcurs l'origine de d'avance, deviendrait

que l'on a toujours besoin de connaitre incertaine et arbitraire, de minuit d'une quanlorsqu'elle approcherait lité moindre que l'erreur des tables solaires. Enfin, l'ordre des bissextiles

avec les méridiens, ce rlui formerait un obstacle à changerait l'adoption si désirable d'un même calendrier par les différents peuples. En voyant, en effet, chaque peuple compter de son principal observatoire les longitudes géographiques, tous à faire dépendre d'un même année? Il faut rlonc abandonner artificiel, d'intercatation peut-on méridien croire qu'ils s'accorderont le commencement de leur et recourir :1 un mode

ici la nature,

tous est celui que Jules qui consiste à intercaler

mais régulier et commode. Le palus simple de César introduisit rlans le calendrier romain, et une bissextile

tous les quatre ans. Mais si la courte durée de la vie suffit pour écarter sensiblement t'origine des années égyptiennes du solstice ou de l'équinoxe, il ne faut qu'un petit

20 nombre années posée.

EXPOSITION de siècles juliennes, Dans pour ce qui opérer rend

DU SYSTÈME le même indispensable en à rendre

DU MONDE. dans t'originc des

déplacement une adoptèrent

intercalation une,

plus comremarquable année bissexfois, tro-

le XIe siècle, Elle

les Perses se réduit

par son exactitude. tile qu'à pique. sept

la quatrième

fois de suite,

et à ne faire Cela

ce changement, la longueur de 0j, qu'il l'origine grégorien réduire objets ans, est

la huitième de l'année que

la cinquième de

année.

suppose seulement en sorte

365j6 33, plus

grande

0001823

l'aimée nombre

déterminée rlc sièeles mode mais siècles, intercaler de la fin longueur plus logie tous grande

par les observations, pour déplacer

faudrait de

un grand l'année

sensiblement

civile. exact;

Le

dintercaltion il donne ce qui plus

du calendrier de facilité pour

un peu les

moins années

en jours

et les

est l'un

des principaux tous les quatre

du calendrier. en supprimant la fin du quatrième

Il consiste la bissextile siècle. La

une bissextile de chaque de l'année que siècle

pour la rétablira suppose

que cela

est dc 365j27100 ou de 355j,242500, Mais si, en suivant encore dans une cet l'ana-

la véritable d'intercalalion, ans,

de 0j,0002581. on supprime

de ce mode les quatre de

bissextile intervalle, ce qui par inlon-

mille l'année

ce qui de

les réduit

à 969

la longueur approche

sera

ou de 365j,2422500, 365j969/1000 de 365,2422419, la différence, laissent déterminée

tellement que les

de la longueur l'on peut

les observations, rertitude gueur que

négliger elles-mêmes n'est

vu la petite sur la vraie constante.

observations qui d'ailleurs

de l'année,

pas rigoureusement mois est fort ancienne égaux

La division universelle. jours, de jours tière dans

de l'année Quelques

en douze ont

et presque et de trente suffisant en-

peuples

suppose par

tes mois d'un

et ils ont complété complémentaires. les douze jours mois,

l'année, D'autres

l'addition ont

nombre

peuples

embrassé Le système

l'année

en les rendant nalurcllcmcnt

inégaux. à leur

des mois décades. le quan-

de trente Cette tième doublent qui

conduit donne Mais

division à chaque les jours

en trois instant

période du mois.

la facilité à la lin

de retrouver de l'année, aux

complémentaires do la décade, ce On

l'ordre alors

de choses des

attaché

divers

jours

nécessite

mesure

administratives

embarrassantes.

EIVRE 1.

CHAPITRE III.

21

obvie à cet inconvénient, par l'usage d'une petite période indépenlIantedes mois et des années telle est la semaine,qui, depuisla plus hante antiquité dans laquelle se perd son origine, circule sans interruhtion à travers les siècles, en se mêlant aux calendriers successifs des différents peuples. Il est très remarquablequ'elle se trouveidentiquement la même sur toute la terre, soit relativement à la dénomination de ses jours, réglée sur le plus ancien système d'astronomie, soit par rapport à leur correspondance au même instant physique. C'est peut-être le monumentle plus ancien et le plus incontestabledes connaissanceshumaines; il parait indiquer une source communed'où elles se sont répandues; mais le systèmeastronomique qui lui sert de base est une preuve de leur imperfectionà cette origine. Il était facile, lorsqu'on reforma le calendrier grégorien,de fixerau solstice d'hiver le commencementde l'année, ce qui aurait fait concourir l'origine de chaque saison avec le commencementd'un mois. Il était facile encore de rendre ltlus régulière la longueur des mois, en donnant vingt-neufjours à celui de février dans les annéescommunes, et trente jours dans les bissextiles, et en faisant les autres mois a)tcrnativement de trente-un et de trente jours il eut été commode de les désigner tous par leur rang ordinal. En corrigeant ensuite, commue on vient de le dire, l'intercalation adoptée, le calendrier grégorien n'eût laissé presque rien à désirer, Maisconvient-il de lui donner ce degré de perfection? Il mesemblequ'il n'eu résulterait pasassezd'avantages pour compenser les embarras qu'un pareil changement introduirait clansnos habitudes, dans nos rapports avecles autres peuples, et dans la chronologie, déjà trop compliquée par la multitude des ères. Si l'on considèreque cecalendrier est maintenantceluide presque toutes les nations d'Europe et d'Amérique, et qu'il a fallu deux siècles et toute l'influence de la religion pour lui procurer cette universalité, on soutira qu'il importe de lui conserver un aussi précieuxavantage, aux dépens même d'une perfection qui ne porte pas sur des points essentiels. Car le principal objet d'un catendricr est d'offrir un moyen simple d'attacher les événements la série des jours, et, par un mode

22

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE

tacite d'inlcrcalation, de fixer dansla mêmesaison l'origine de l'année, conditions qui sont bien rempliespar le calendrier grégorien. Dela réunion de cent annéeson a forme le siècle,la plus longue période employéejusqu'ici dans la mesure du temps; car l'intervalle qui nous sépare des plus anciens événementsconnus n'en exige pas encore de plus grandes.

UVRE1.

CHAPITRE IV.

23

CHAPITRE IV.
DES MOUVEMENTS DE LA LUNE, DE SES PHASES ET DES ÈCUPSES.

Celui la Lune, qu'elle commc

de tous dont

les astres les phases

qui offrent

nous

intéresse

le hlus du tous

après

le Soleil

est

une division chez

temps

si remarquable La Lune a, La durée

a été primitivement le Soleil,

cn usage

les peuples. en orient.

un mouvement sidérale durée modernes dans peu se sans ce grand en les était n'est

propre de

d'occident

de sa rcvolution tle ce siècle; des ment cette

27j,321661423 la même,

au commencement et la comparaison incontestableCette qui iraen

pas toujours avec

observations une

les ancienne mouvement la plus la suite

prouve

accélcratioil encore parvenue,

le moyen depuis par

de la Lune. ancienne des temps. éclipse Mais

accélération, nous t-elle soit

sensible développer cesse, que ou les

en croissant C'est un très

s'arrèlcra-l-cllc observations de siècles. nous ne

pour

se changer apprendre

retardement? qu'après vcrte

peuvent

nombre devançait,

Heureusement a fait connaitre

la découqu'elle moyenne est an-

de sa cause,

périodique. glaire noxe

An commencement à l'équinoxe tlu mouvement moyen Ilans Son

de ce siècle, du printemps, propre

la distance et comptée était

de la Lune dans le sens temps

de cet cllui124°,01321,

de cet astre, Royal

à minuit, La Lune occupe aires un

l'Ohservaloire un orbe rayon

de Paris. dont le centre de la Terre des de

se meut des près foycrs.

elliptique vecteur

trace

aulour

de ce point distance

à peu

proportionnelles étant prise pour

aux temps. unité, grande

La moyenne l'excenlricité équation

cet astre

à la Terre

de son ellipse du centre égale à

est 0,0548442,

ce qui

donne

la plus

21

EXPOSITIONnu SYSTÈMEDU MONDE.

6°'9854; elle parait être invariable. Le périgée lunaire a un mouvement direct, e'est-a-dire dans le sens du mouvement propre du Soleil; la durée de sa révolution sidérale était; au commencementdu siècle, de 3232j,575343, et sa moyenne distance angulaire à l'éyitinoxe du printemps était 295°,68037. Son mouvementn'est pas uniforme; il se ralentit pendant que celui de la Lunes'accélère. Les lois du mouvement elliptique sont encore loin de représenter les observationsde la Lune elle est assujettie un graud nombre d'inégalités qui ont des rapports évidentsavec la position du Soleil. Nous allons indiquerles trois principales. La ltlus considérableet la première que l'on ait reconnueest celle que l'on nomme évection. Cette inégalité, qui dans son maximums'élèveà I°,4907, est proportionnelle au sinus d'un angle égal au double de la distance de la Lune au Soleil, moinsla distance angulaire de la Lune à son périgée. Dansles oppositionset dans les conjonctions de la Luneavec le Soleil, elle se confond avec l'équation du centre, qu'elle diminue constamment. Par cette raison, les anciens observateurs, qui ne déterminaientles éléments de la théorie lunaire qu'au moyen des éclipses et dans la vue de prédire ces phénomènes, trouvèrent l'équation du centre de la Luneplus petite que la véritable, de toute la quantité de l'éveclion. On observeencoredans le mouvementlunaire une grande inégalité, qui disparail dans les conjonctionset dans les oppositions de la Lune au Soleil, ainsi que dans les points où ces deux astres sont éloignés entre eux du quart de la circonférence. Elle est à son maximum et s'élèveà 0°.6611, quand leur distance mutuelle est de 50°; d'où l'on a conclu qu'elle est proportionnelle au sinus du double de la distance de la Luneau Soleil. Cette inégalité, que l'on nomme rariation, disparatissantdans les éclipses, elle n'a pu être reconnue par l'observation de ces phénomènes. Enfin le mouvementde la Lune s'accélère quand celui du Soleil se rateutit, et réciproquement, d'où résulte une inégalité connue sous le nom d'équation annuelle, el dont la loi est exactement la même que

1.

CHAPITRE centre du

IV.

25 contraire. se et dans considérer annuelle du l'orbe une Soleil,. solaire confond, te calcul séparéde la Par une petite à

celle

de

l'équation qui dans avec de ces

du son

Soleil, est centre il est

avec de du indifférent

un 0°,2074, Soleil,

signe

Cette dans de

inégalité, les éelipses,

maximum du

l'équation phénomènes, équations, pour en ou accroître

l'instant ment théorie cette trop l'orbe Cet tion ils ont ces

de l'équation du

deux lunaire,

de

supprimer l'équation donnèrent ils en

centre à

raison, grande lunaire, orbe avec un est elle,

les

anciens

astronomes comme de de l'évection. 5°,7185à nomme

excentricité, à raison

assignèrent

trop

incliné l'on

l'éclilairlue; nœuds, ou ne contrainre par la On de sont

ses pas à celui suite appelle l'éclihtique, elle

points fixes de des la

d'intersecdans Lune, le cicl; mouque ascendant vers le pôle la

que

mouvement est facile en lequel la

rétrograde de reconnaitre

vement Lune celui boréal, vers était, moyenne 15°,46117; siècle. le au

qu'il rencontre dans et pôle

étoiles nœud

traversant Lunc s'élève cclui La durée du ascendant le mouvement à sinus dans sa est du plusieurs du son plus

l'éclipliquc. au-dessus dans d'une siècle, à lequel

nœud

descendant

s'abaisse sidérale et printemps ratentit la de la plus Lune de s'élève du mais malgré de

au-dessous, des la nœuds distance était siècle grande au l'orbe à même l'inclinaison les varia0°,1627 angle Soleil, est de en est

austral. commencement du nœud mais

révolution de 6793j,39108, du se dont

l'équinoxe des nœuds inégalités, de la distance

Il

est

assujetti au

proportionnelle et s'élève à I°,8102

double

maximum. grande

L'inclinaison inégalité, au des qui cosinus nœuds; siècles,

pareillement dans dont moyenne tions son dépend parait séculaires L'orbe corps les d'un positions OEuvres

variante; maximum, l'inégalité constante du et n'ont à dans successives de I. — VI. la plan

proportionnelle mouvement dans de les différents

l'écliptique. les de la réalité Terre. orbes que Pour une cette du les Soleil parabotcs le par orbite, et de décrites mouvement toutos dont les te tous les par

lunaire célestes

généralement pas plus de on de son

projectiles corps

surface

représenter ligne ligne menée est son

l'espace,

imagine centre;

26
plan tives meut. du corps

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.
fixe ou variable et par est celui qui autour passe par deux on positions consécuen mouvele point le conçoit

duquel

Au lieu d'envisager jeter, par la pensée, et sa hauteur que les

ainsi sur

le mouvement un plan fixe,

d'un et

corps,

on peut

le prode

déterminer Cette les méthode Tables

sa couï'hc fort des

projection est celle

au-dessus

de ce plan. dans

simple mouvc-

astronomes

emploient

ments

célestes. apparent de la Lune lunaire change d'une manière dans analogue la plus petite avait aux

Le diamètre variations distance

du mouvement de la Lune

il est de 5438" dans

grande

à la Terre, auxquels donne

et de 6207"

sa plus du Soleil

distance. éclralyé égale sous un leurs peu qua-

Les mêmes par sa petitesse, Ainsi, de 5823", sont

moyens, ont

la parallaxe

la parallaxe distance serait le vue rapport

moyenne astre un ces

de la Lune, nous de parait 21332"; ou, tunairc

10661". angle

à la mème la Terre donc trois est dans

où cet sous de

angle nombres

diamètres près,

à très est

comme

à onze, que

et le volume du un globe des des

dn globe terrestre.

rante-neuf

fois moindre de la Lune

celui

Les phases frappants. avec et qui tion nuent qu'elle Lune, un En faible devient cet

sont

phénomènes rayons mesure du

célestes Soleil, qu'elle elle s'en

les

plus

se dégageant croissant, un cercle astre. Quand de qui

le soir

reparait éloigne,

augmente de lumière, elle s'en précédente les rayons

entier ensuite leur dans vers

lorsqu'elle approche,

est en opposises phases jusqu'à de qu'clIc dont la dimice la

avec

suivant se plonge

le degré le matin

augmentation, solaires. indique

Le croissant évidemment

constamment

dirige

le Soleil,

en emprunte largeur distance rique. Le retour sur uairc. celui du croit

sa lumière, à très peu

et la loi de la variation près proportionnellement au Soleil, nous

de ses phases, au sinus prouve qu'elle verse

de la

angulaire

de la Lune

est sphé-

des

phases

dépend que

de l'on

l'excès nomme

du

mouvement

de

la Lune lu-

Soleil,

excès

mouvement de cet astre,

synodique

La durée

de la révolution

synodique

ou la période

LIVRE I.

CHAPITRE IV.

27

de ses conjonctionsmoyennes, est maintenant de 29j,530588716; elle est à l'année tropique à très peu près dans le rapport de 19 à 235, c'està-dire que dix-neufannées solaires forment environdeux cent trentecinq mois lunaires. Les syzygics sont les points de l'orbite où la Lune se trouve en conjonction ou en opposition avec le Soleil."Dansle premier cas, la Lune est nouvelle; elle est pleine dans le second. Les quadratures sont les points ou la Lune est éloignée du Soleil de 100°ou de 3oo°, comptés dans le sens de son mouvementpropre. Dans ces points, que l'on nomme premier et second quartier de la Lune, nous voyons la moitié de son hémisphère éclairé. A la rigueur, nous en apercevons un peu plus; car lorsque l'exacte moitié se découvre à nous, la distance angulaire de la Lune au Soleilest uu pcu moindre que 100°.A cet instant, que l'on rcconnaitparce que la ligne qui sépare l'hémisphère éclairé de l'hémisphère obscur parait être une ligne droite, le rayon mené de l'observateurau centre de la Luneest perpendiculaire à celui qui joint les centres de la Lune et du Soleil. Ainsi, dans le triangle forme par les droites qui joignent ces centreset l'œil de l'observateur, l'angle à la Luneest droit, et l'observation donne l'angle à l'observateur; on peut donc déterminer la dis lancedu Soleil la Terre en parties de la distancede la Tertreà la Lune. Ladifficulté defixer avecprécision l'instant où nous voyonsla moitié du disque éclairé de la Lune rend cette méthode peu rigoureuse on lui doit cependant les premières notions justes que l'on ait eues du volume immense du Soleil el de sa grande distance à la Terre. L'explication des phases de la Lune conduit à celle des éclipses, objet de la frayeur des hommesdans les temps d'ignorance, et de leur curiosité dans tous les temps. La Lunene peut s'éclipser que par l'interposition d'un corps opaque qui lui dérobe la lumièredu Soleil, et il est visible que ce corps est la Terre, puisque les éclipsesde Lune n'arrivent jamais que dans ses oppositions, ou lorsque la Terre est entre cet astre et le Soleil. Le globe terrestre projette derrière lui, relativement au Soleil, uu cône d'ombre dont l'axe est sur ta droite qui joint les

28

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

centres du Soleil et de la Terre, et qui se termine au point où les diamètres apparents de ces deux corpsseraient les mêmes.Ces diamètres, vus du centre de la Lune en oppositionet dans sa moyenne distance, sont à peu près de 5920"pour le Soleil, et de 21322"pour la Terre; ainsi le cône d'ombre terrestre a une longueur au moins trois fois et demie plus grande que la distancede la Lune la Terre, et sa largeur aux points où il est traverse par la Lune est environ huit tiers du diamètrc lunaire. LaLuneserait donc éclipsée toutes les foisqu'elle serait en opposition au Soleil, si le plan de son orbe coïncidait avec l'écliptique; mais, en vertu de l'inclinaison mutuelle de ces plans, la Lune dans ses oppositions est souvent élevée au-dessusou abaisséeau-dessous du cône d'ombre terrestre, et elle n'y pénètre que lorsqu'elle est près de ses nœuds. Si tout son disque s'enfonce dans l'ombre de la Terre, l'éclipsé de Lune est totale; elle est partielle, si ce disque n'y pénètre qu'en partie, et l'on conçoit que la proximité de la Lune1\ses nœuds, au moment de l'opposition, doit produire toutes les variétés que l'on observedans ces éclipses. Chaque point de la surface de la Lune, savantde s'éclipser, perd successivement la lumière des diverses parties du disque s'olaire. Sa clarté, diminue donc graduellement, cl s'éteint au moment où il pénètre dans l'ombre terrestre. On a nommépénombre l'intervalle dans lequel cette, diminution a lieu, el dont la largeur est égale au diamètre apparent du Soleil vu du centre de la Terre. La durée moyenne d'une révolulion du Soleil, par rapport au nœud de l'orbe lunaire, est de 346j,619851; elle est 1\la durée d'une révolution synodique de la Lune, fort peu près, dans le rapport de 223 à 19. Ainsi, après une période de 223 mois lunaires, le Soleil et la Lune se retrouvent à la même position relativementau nœudde l'orbe tunairc; les éclipses doivent donc revernirà peu près dans le même ordre, ce qui donne, pour les prédire, un moyeusimple qui fut employé par les anciens astronomes. Maisles inégalités des mouvements du Soleil et de la Lune doivent produire des différences sensibles; d'ailleurs, le retour de ces deux astres à la même position par rapport

LIVRE 1.

CHAPITRE IV.

29

au nœud, dans l'intervalle de 223 mois;' n'est pas rigoureux; et le: écarts qui en résultent changent à la longue l'ordre des éclipses ob, scrvées pendant une de ces périodes. La forme circulaire de l'ombre terrestre dans les éclipses de Lune rendit sensible aux premiers astronomes la sphéricité très approchée de la Tore; nous verronsdans la suite la théorie lunaire perfectionnée offrir le moyenpeut-être te plus exact pour en déterminer l'aplatissement. C'est uniquement dans les conjonctions du Soleil et de la Lune. quand ce dernier astre, en s'interposant entre le Soleil et la Terre. nous dérobe la lumière du Soleil, que nous observons les éclipses solaires. Quoique la Lune soit incomparablementplus petite que le Soleil, cependant elle est assez près de la Terre pour que son diamètre apparent diffère peu de celui du Soleil; il arrivc même, à raisol des changements de ces diamètres, qu'ils se surpassent alternativement l'un l'aulre. Imaginons Ies centres du Soleil et de la Lune sur une mono droite avec l'mil de t'observateur il verra le Soleil éclipsé. Si le diamètre apparent de la Lune surpasse celui du Soleil, l'éclipse sera totale; mais si ce diamètre est plus petit, l'observateur verra un anneau lumineux, formé par la partie du Soleil qui déborde le disque de la Lune, et alors l'éclipse sera annulaire. Si le centre de la Lune n'est pas sur la droite qui joint l'observateur et le centre du Soleil, la Lune pourra n'éclipser qu'une partie du disque solaire, et l'éclipse sera partielle. Ainsi les variétés des distances du Soleil et de la Lune au centre de la Terre, et celles de la proximité de la Lune à ses nœuds, au moment de ses conjonctions, doivent en produire de très grandes dans les éclipses de Soleil. Aces causes se joint encore l'élévalion de la Lune sur l'horizon, élévation qui change la grandeur de son diamètre apparent, et qui, par l'effet de la parallaxe lunaire, peut augmenter ou diminuer la distance apparente des centres du Soleil et de la Lune, de manière que, de deux observateurs éloignés entre eux, l'un peut voir une éclipse de Soleil, qui n'a point lieu pour l'autre observateur. En cela, les éclipses de Soleil diffèrent des éclipses de

30 Lune, lieux qui

EXPOSITION sont les mêmes où elles l'ombre coteaux la vue c'est autour probablement convenir Soleil du et

DU SYSTÈME et arrivent sont d'un les visibles. nuage plaines, dont au

DU même

MONDE. instant pour tous les

de la Terre souvent les

On voit rapidement qu'elle de ses aperçoit pâle, étendue

emloorté et jouissent des éclipses une

par les vents dérober ceux aux qui

parcourir spectateurs

atteint limites alors et qui

Soleil,

sont

au

delà On

l'image du

exacte

totales

de Solcil. d'une Soleil; s'est

disque est

lunaire l'atmosphère

couronne même et du l'on

lumière car son par est

ne peut du

à cellc

de la Lune, que cette

assure

les éclipses presque

et des étoiles

dernière

atmosphère

insensibte. dont on vers peut concevoir la Lune environnée et si, comme rares, à mesure infléchit cela doit

L'atmosphère les rayons être, sont les plus

lumineux couches élevées,

le centre

de cet astre, sont plus

atmosphériques ces rayons, courhe

qu'elles de ltlus

en y pénétrant, concave donc horizon, émanes vers de voir d'un

s'infléchissent sa surface. un angle astre leur ils astre que

en plus teur serait

et décrivent sur la Lune

une

Ln observaque l'on lorsqu'il nomme

placé placé

ne cesserait de son Les rayons

au-dessous

réfraction après vant Ainsi l'astre, avoir une un

horizontale. rase courbe second

de cet

vu à l'horizon, route y sont en décriparvenus. à dans

la surface semblable observateur encore,

de la Lune, à cette placé en vertu

continuent par laquelle

derrière

la Lune,

relativement

l'apercevrait lunaire. par l'est

de l'inflexion n'est

de ses rayons point

l'atmosphère augmenté cet astre et, que sur par

Le diamètre de son tard elle que

de la Lune atmosphère; si cette plus

sensiblement éclipsée par point, en sorte

la réfraction dune plus raison, de des

une étoile

atmosphère tôt est d'être

n'existait éclipsée,

la même

cesse

l'influence ht durée

l'atmosphère éclipses du

lunaire Soleil

principalement étoiles à peine par

sensible la Lune. Des celle

et des ont fait

observations influence, horizontale moins mille

précises et l'on s'est

et multipliées assure pas 5". qu'à Cette

soupçonner

la surface réfraction,

de la Lune sur la

la réfraction Terre, est au est

n'excède fois plus

grande;

l'atmosphère

lunaire,

si elle

existe,

LIVRE I. donc d'une rareté extrême

— CHAPITRE

IV.

31

mons dans nos meilleures qu'aucun vivre sur la Lune, conclure des

et supérieure à cette du vide que nous formachines pneumatiques. De là nous devons animaux terrestres

ne pourrait respiter et et que, si clic est habitée, ce ne peut être que par des animaux d'une autre espèce. Il y a lieu de penser que tout est solide à sa surface; car les grands télescopes nous la présentent comme une masse l'explosion aride, sur laquelle des volcans. on a cru remarquer les effets et même

Bouguer a trouve, par l'expérience, que la lumière de la pleine lune est environ trois cent mille fois plus faible que cette du Solcil: c'est la raison pour laquelle cette lumière, rassemblée au foyer des plus grands miroirs, ne produit point d'effet sensible sur le thermomètre. On distingue, surtout près des nouvelles lunes, la partie du disque lunaire qui n'est point éclairée par le Soleil. Cette faible clarté, que l'on éclairé nomme lumière cendirée, est duc à la lumière que l'hémisphère et ce qui le prouve, c'est qu'elle est plus sensible vers la nouvelle lune, quand une plus grande partie de est dirigée vers cet astre. Un elfel, il est visible que cet hémisphère la Terre offrirait à un observateur placé sur la Lune des phases semde la Terre réfléchit sur la Lune, blables à celles que la Lune nous présente, plus forte terrestre. lumière, à raison de la plus mais accompagnées d'une grande étendue de la surface

Le disque lunaire présente un grand nombre de taches invariables, que l'on a observées et décrites avec soin. Elles nous montrent que cet astre dirige toujours vers nous à peu près le même hémisphère; il tourne donc sur lui-même, dans un temps égal celui de sa révolution autour de la Terre; car si l'on imagine un observateur placé au centre de la Lune, supposée transparente, il verra la Terre et son rayon visuel se mouvoir même point doit tourner autour ce rayon traverse toujours au il est évident que ce point à peu près la surface lunaire, en même temps et dans le même sens que la Terre, aul'observation suivie du disque lunaire fait apercevoir de de lui, et commc

tour de l'observateur. Cependant

32 légères

EXPOSITION variétés

DU SYSTÈME

DU MONDE.

dans ses apparences; on voit les taches s'approcher et de ses bords. Celles qui en sont très voisines s'éloigner alternativement et reparaissent en faisant des oscillasuccessivement, disparaissent lions périodiques, que l'on a désignées sous le nom de libration de la Lune. Pour se former une juste idée des causes de ce phéprincipales nomène, il faut considérer que le disque de la Lune, vu du centre de d'un cercle du globe lunaire par la circonférence à son rayon vecteur c'est sur le plan de ce cercle que perpendiculaire se projette l'hémisphère de la Lune dirige vers la 'ferre el dont les apparences Lune était à chaque surface, sont liées au mouvement de rotation, de rotation de cet aslrc. Si la sans mouvement révolution dont toutes lunaire, son rayon vecteur traccrail, la circonférence d'un grand cercle sur sa la Terre, est terminé

se présenteraient successivement à uous. Mais en même temps que le rayon vecteur tend à décrire celle le globe lunaire, en tournant, circonférence, ramène toujours à fort peu près le même point de sa surface sur ce rayon, et par conséquent le même hémisphère vers la Terre. Les inégalités du mouvement de la Lune produisent de légères variétés dans ses apparences; car, son mouvement de rotation ne participant point d'une manière sensible à ces il est variable relativement à son rayon vecteur, qui va rcndans différents

les parties

le globe lunaire fait points; donc par rapport à ce rayon des oscillations aux inécorrespondantes et qui nous dérobent et nous découvrent galités de son mouvement, alternativement quelques parties de sa surface. Mais le globe lunaire a une aulrc libration en latitude, perpendiculaire à celle-ci, el par laquelle les régions situées vers les pôles de rotalion de ce globe disparaissent et reparaissent alternativement. Pour concevoir

inégalités, contrer ainsi sa surface

ce phénomène, supposons l'axe de rotation perpendiculaire à l'écliptique. Lorsque la Lune sera dans son nœud ascendant, ses deux visible. A mepôles seront aux bords austral et boréal de l'hémisphère sure qu'elle s'élèvera sur l'écliptique, le pôle boréal et les régions qui en sont très voisines disparaitront, tandis que les régions voisines du de plus en plus jusqu'au moment ou pôle austral se découvriront

LIVRE I.

— CHAPITRE IV.

33

l'astre, parvenu à sa plus grande hauteur Uorcale, commencera à revenir vers l'écliptique. Les phénomènes précédents se reproduiront alors dans un ordre inverse, et lorsque la Lune, parvenue à son nœud descendant, s'abaissera sous l'écliptique, le pôle boréal présentera les phénomènes que le loôlc austral avait offerts. L'axe de rotation de la Lune n'est pas exactement herpeùclicùlaire à l'écliptique, et son inclinaison produit des apparences que l'on peu) concevoir en supposant la Lune niuc sur le plan mêmede l'écliptique, de manière que son axe de rotation reste toujours parallèle luimême. Il est clair qu'alors chaque pôle sera visible pendant une moitié de la révolution de la Lune autour de la Terre et invisible pendant l'autre moitié, en sorte que les régions qui en sont très voisines seronl alternativement découvertes et cachées. Enfin, l'observateur n'est point au centre de la Terre, mais à sa surface c'est le rayon visuel mené de son œil au centre de la Lune, qui détermine le milicu de son hémisphère apparent, et il est clair qu'à raison de la parallaxe lunaire, ce ravun coupe la surface de la Lune dans des points sensiblement différents suivant la hauteur de cet aslre sur l'horizon. Toutes ces causes ne produisent qu'une libration apparente dans lu globe lunaire; elles sont purement optiques, et n'aflectent point son mouvement réel de rotation. Ce mouvement peut cependant être assujetti à de petites inégalités; mais elles sont trop peu sensibles pour avoir été observées. Il n'en est pas de même des variations du plan de l'équateur lunaire. L'observation assidue des taches de la Lune fit reconnaitre à Dominique Cassini que l'axe de cet équaleur n'est point perpendiculaire a l'écliptique, comme on l'avait suhhoscjusqu'alors, et que ses positions successives ne sont point exactement parallèles. Ce grand aslronome fut conduit au résultat suivant, l'unc de ses plus belles découvertes, et qui renferme toute la théorise astronomique de la libration réelle de la Lune. Si, par le centre de cet astre, on conçoit un premier plan perpendiculaire à son axe de rotation, plan qui se confond avec
OEuvres de L. VI. 5

31

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

celui de son équateur; si, de plus, on imagine par le même centre un second plan parallèle à celui de l'éclipticjuc, et un troisième plan qui soit celui de l'orbe lunaire, en faisant abstraction des inégalités périodiques de son inclinaison et des nœuds, ces trois plans ont constamment une intersection commune; le second, situé entre les deux autres, forme avec le premier un angle d'environ 1°,67, et avec le troisième un angle de 5°, 7155.Ainsi les intersections de l'équateur lunaire avec l'écliptique, ou ses nœuds, concident toujours avec les nœuds moycns de l'orbe lunaire, et, comme eux, ils ont un mouvement rétrograde dont la période est de 6793j,39108. Dans cet intervalle, les deux pôles de l'écluatcur et de l'orlre lunaire décrivent de petits cercles parallèles à l'écliplique, en comprenait son hôle entre eux, de manière que ces trois pôles soient constamment sur un grand cerclc de la sphère céleste. Des montagnes d'une grande hauteur s'élèvent à la surface de la Lune; leurs ombres, projetées sur les plaines, y forment des taches qui varient avec la position du Soleil. Aux bords de la Ilartie éclairéc du disque lunaire. les montagnes se présentent sous la forme d'unie dentelure, qui s'étend au delà de la ligne de lumière, d'une quantité dont la mesurc a fait connaitre quc lcur hauteur est au moins de 3000'°. On rcconnait, par la direction des ombres, que la surfacc de la Lune est parsemée de profondes cavités semblables aux bassins de nos mers. Ennn cette surface partait offrir des traces d'éruptions volcaniques la formation de nouvelles taches, et des étincelles observée plusieurs fois dans sa partie obscure semblent même y indiquer des volcans en activité.

LIVRE

1.

CHAPITRE

V.

35

CHAPITRE V.
DES PLANÈTES, ET EX PARTICULIER DE MERCURE ET DE VÉNUS.

Au milieu céleste constante, dans dont astres, Mars, qu'on l'allas, cope. delà tances dans dont est

de ce nombre parsemée, dix astres, et qui toujours

infini gardent

de

points entre

étincelants eux une

dont

la voûte à peu près

position

visibles

quand suivant

ils ne sont des lois fort

point

hlongés

les rayons la recherche auxquels Jupiter peut Junon Les deux les

du Soleil, est on un

se meuvent des

compliquées. Ces Vénus, parce Cérès, au télesan

principaux

objets

de l'Astronomie. sont haute Mercure, antiquité, Uranus, est point duc du

a donné

le nom connus à la

de planètes, la plus

et Saturne, apercevoir et Vesta, premières limites; Les de est

dans vue

simple

ensuite, récente

dont

la découverte planètes les autres

ne s'écartent s'en de que parties Soleil éloignent ces

Soleil

de certaines angulaires. une zone

à toutes corps sont

les discompris et

mouvements céleste en deux jamais du on

tous l'on

la sphère divisée

a nommée par

zodiaque, l'écliptique. Lorsqu'il les en

la largeur ne

égales au delà

Mercure commence du

s'éloigne

de 32°. dans

à paraitre les éloigné le

le soir, jours

le distingue il s'en

à peine dégage

rayons plus. et

crépuscule; s'être intervalle, mais plus que

suivants,

de plus vers aux

après cet

d'environ mouvement

25° du Soleil, de Mercure,

il revient rapporté

lui. étoiles,

Dans est

direct; n'est ensuile

lorsqu'on de 20°,

se rapprochant il parait

du Soleil,

sa distance

a cet aslrn devient Soleil, et

stationnaire, continue

et son mouvement du

rélrograde.

Mercure

de se rapprocher

36

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

linit par se replonger pendant quelque

le soir dans

temps invisible, comme du Soleil. Son mouvement est rétrograde, rayons et s'éteignant avant sa disparition; mais la planète, parvenue à 20° de distance, est de nouveau stationnaire, et reprend un mouvement direct; elle con-

ses rayons. Après y être demeuré on le revoit le matin, sortant de ces

tinue de s'éloigner du Soleil, jusqu'à la distance de 25°; ensuite elle s'en rapproche, se replonge le matin dans les rayons de l'aurore et reparait bientòl le soir, pour reproduire les mêmes phénomènes. L'étendue des ltlus grandes digressions de Mercure ou de ses plus grands écarts de chaque côté du Soleil varie depuis 18° jusqu'à 32°. La durée sition de ses oscillations au Soleil entières varie ou de ses retours à la même porelativement L'arc pareillement depuis 106 jusqu'à de sa rétrogradation est d'environ 15°, et sa mais il y a de grandes différences entre En général le mouverétrogradations.

moyen durée moyenne est de 23 jours; ces quantités dans les diverses ment de Mercure

130 jours.

il n'a pas lieu exactement sur le est très compliqué; la planète s'en écarte au delà de 5°. quelquefois plan de l'écliplique; Il a fallu sans doute une longue suite d'observations pour reconde deux astres que l'un voyait alternativement le matin du Soleil; mais, et le soir, s'éloigner et se rapprocher alternativement naitre comme l'un ne se montrait la même jamais planète enfin que c'était leil. Le diamètre que l'autre n'eût disparu, on jugea de chaque côté du Soqui oscillait l'identité

apparent de Mercure est variable, et ses changements ont des rapports évidents à sa position par rapport au Soleil et à la direction de son mouvement. Il est à son minimum quand la planète se plonge le matin dans les rayons solaires ou quand le soir elle s'en il est à son maximum dégage; quand elle se plonge le soir dans ces rayons ou quand elle s'en dégage le matin. Sa grandeur moyenne est de 21", 3. de sa disparition le soir à sa réapparidans l'intcrvallc Quelquefois, tion le matin, on voit la planète se projeter sur le disque du Sotcit, sous la forme d'une tache noire qui décrit la corde de ce disque. On la re-

LIVRE connaît à sa position,

1.

CHAPITRE

Y.

37

apparent, et à son mouvement à ceux qu'elle doit avoir. Ces passages de Merrétrograde,'conformes cure sont de véritables du Soleil, qui nous prouéclipses annulaires vent que cette planète en emprunte sa lumière. Vue dans de fortes elle présente des phases analogues aux phases de la Lune, luncttes, variable suivant dirigées comme elles vers le Soleil, et dont l'étendue, la position de la planète par rapport au Soleil et suivant la direction de son mouvement; répand une grande lumière sur la nature de son orbite. La planète Vénus offre les mêmes phénomènes que Mercure, avec cette différence que ses phases sont beaucoup plus sensibles, ses oscillations plus étendues et leur durée plus considérable. Les lllus grandes digressions moyenne tivement 53°, et la durée depuis 5o° jusqu'à de ses oscillations ou de son retour à la même position relaau Soleil est de 584 jours. La rétrogradation commence ou de Vénus varient

ou à son diamètre

la planète, en se rapprochant le soir du Soleil ou en s'en éloignant le matin, en est distante d'environ 32°. L'arc de sa rétrogradation est de 18° à peu près, et sa durée moyenne est de 42 2 jours. Vénus ne se meut point exactement sur le plan de l'écliplique dont finit, quand elle s'écarte de plusieurs quelquefois degrés. Les durées des passages de Vénus sur le disque solaire, observées à

de grandes distances sur la Terre, sont très sensiblement différentes, par la même cause qui fait différer entre elles les durées de la même éclipse du Soleil, dans divers pays. En vertu de la parallaxe de cette planète, les divers observateurs disque dont ils lui voient plus Dans le passage qui eut lieu en 1769, la différence des durées observées à Otaili, dans la mer du Sud, et à dans la Laponie suéCajanebourg, doise, surpassa quinze minutes. Ces durées pouvant être déterminées avec une grande précision, leurs différences donnent fort exactement la rapportent décrire des cordes à différents points de ce ou moins longues.

la parallaxe de Vénus, et sa distance à la Terre au mopar conséquent ment de sa conjonction. Une loi remarquable, que nous exposerons à la suite des découvertes lie cette parallaxe à qui l'ont fait connaitre,

38

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

celle du Soleil et de toutes les planètes, ce qui donne à l'obscrvalion de ces passages une grande importance dans l'Astronomie. Aprèss'être succédé dans l'intervalle de huit ans, ils ne reviennent qu'après plus d'un siècle, pour se succétler encore tlans Ie court intervalle de huit années, et ainsi de suite. Les deux derniers passages sont arrivés le 5 juin 17G1et le 3 juin 1769. Les astronomes se sont répandus dans les lieux où il était le plus. avantageux de les observer, et c'est de l'ensemble de leurs observations que l'on a conclu la parallaxe du Soleil, de 27" dans sa moyenne distance à la Terre. Les deux prochaines passages auront lieu le 8 décembre 1874, cl le G décembre 1882. Les grandes variations du diamètre apparent de Vénus nous prouvent que sa distance à la Terre est très variable. Cette distance est la plus petite au moment de ses passages sur le Soleil, et le diamètre apparent est alors d'environ 189"; la grandeur moyenne de ce diamètre est, suirant Arago, de 52", 173. Le mouvement de quelques lacltes observées sur cette planète avait fait rcconnaitrc à Dominique Cassini sa rotation dans l'intervalle d'un peu moins d'un jour. Schrôter, par t'observation suivie des variations de ses cornes, et par celle de quelques points lumineux vers les bords de sa partie non éclairée, a confirmé ce résultat sur lequel on avait élevé des doutes. Il a fixéà oj, 973la durée de la rotation, et il a trouvé, comme Cassini, que l'équateur de Vénus forme un angle considérable avec l'écliptique. Enfin il a conclu de ses observations l'existence de très hautes montagnes à sa surface, et par la loi de la dégradation de la lumière, dans le passage de sa partie obscure à sa partie éclairée, il a jugé la planète environnée d'une atmosphère étendue, dont la force réfractive est peu différente de celle de l'atmosphère terrestre. L'extrême difficulté d'apercevoir ces phénomènes dans les plus forts télescopes en rend l'olrservation très délicate dans nos climals ils méritent toute l'allcntion des observateurs placés au midi, sous un ciel favorable. Maisil est bien important, lorsque les impressions sont aussi légères, de se garantir des effets de l'imagination, dui peut avoir sur elles une grande influence; car alors les images intérieures qu'elle fait

LIVREI. naitre modifient et transforment

— CHAPITRE souvent

V.

39 la vue des

ceHes que produit

objets. Vénus surpasse en clarté les autres planètes et les étoiles: elle est si brillante, qu'on la voit en plein jour, à la vue simple. quelquefois Ce phénomène, qui dépend du retour de la planète à sa même position de dix-neuf mois à peu par rapport au Soleil, revient dans l'intervalle près, et son lolus grand éclat se reproduit tous les huit ans. Quoique assez fréquent, il ne manque jamais d'exciter la surprise du vulgaire, qui, dans sa crédule ignorance, le suppose toujours lié aux événements contemporains les plus remarquables.

40

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITREVI.
DE MARS.

Les deux pagner autour nètes

planètes

que

nous autant

venons

de considérer et leur de cet

semblent moyen

accom-

le Soleil

comme est

de satellites, que celui

mouvement plaleurs pas de

de la Terre s'éloignent ont

le même

astre. angulaires; ne

Les autres mais

du Soleil avec

à toutes des

les distances rapports qui

mouvements douter Mars la durée 687 même jours; de son nous

le sien sur ces

permettent

influence parait

mouvements. d'occident en orient, sidérale synodique Soleil on est est ou d'environ autour à fort de son 780 à revoir, de la Terre peu près de la Son

se mouvoir de sa de sa

moyenne cette

révolution

révolution au

retour jours.

position est

relativement fort inégal

mouvement cette planète

quand

commence

le matin, est direct la un de

;1 sa sortie

des rayons peu dn

du Soleil, à peu,

ce mouvement et devient nul,

et le Plus planète mouvement l'opposition maximum, du Soleil, est

rapide; à .52°

il se ralentit de distance dont avec

lorsque dans

Soleil;

ensuite augmente vitesse,

il se change jusqu'au alors

rétrograde, de Mars diminue n'en son cet étal

la vitesse

moment

cet astre.

Cette

parvenue

à son

et redevient éloigné après la planète

nulle que avoir

lorsque de été 152°.

Mars,

en se rapprochant reprend 73 jours, d'enpar se

est plus direct,

Le mouvement pcndant

ensuite et dans viron plonger relient grandes

rétrograde un arc du

intervalle, En continuant dans

décrit

de rétrogradation Soleil, elle finit

)8°.

de se rapprocher Ces singuliers de Mars, la durée

le soir dans dans

ses rayons. les oppositions et dans

phénomènes avec des

se rcnouassez

toutes

différences

l'étendue

des rétrogradations.

LIVRE
Mars s'en mètre tance de son écarte apparent de la planète, ne se meut point de fort et où et les à il il peu

1.

CHAPITRE
dans degrés. il à a double du Soleil Mars, est de le Les

VI.
plan de l'écliptique; de la planète parallaxe La également de cette moyenne approche de même lieu derMars son

41
il diadis-

exactement plusieurs grandes; augmente s'élève près

quelquefois sont

variations à la la du Vénus

19",40 que Alors,

mesure

opposition, sensible,

56",43. de

devient existe les

cette et et de

Soleil. a

loi

qui entre nière

entre

parallaxes du Soleil déjà les plus de Mars par Des meut et est un sur autour peu fait derniers de et

parallaxes avait avant avec disque sa sa qu'il de 1j,02733,

de

t'observation manière Vénus sur

parallaxe solaire déterminée

connaitre passages précision. de

d'une de

approchée le Soleil, qui

la

parallaxe l'ont On ovale, qu'il fait une tique. que dans en

voit

le

changer rapport taches

forme au que Soleil; l'on

et

devenir ces

sensiblement phases à sa en prouvent surface orient, 33 de ont dans à l'éclipses ces précédent pôles, deux

suivant reçoit

position lumière. se

observe

connaitre période Son

lui-même d'un plus Suivant de 189 axe petit tes à

d'occident incliné dans mesures 194, le le de sens

66°,

diamètre celui sont de son

équateur. le rapport

d'Arago, diamètre

diamètres étant moyen

dans entre eux.

t

OEuvres

de L.

VI.

G

42

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU

MONDE.

CHAPITRE VII.
DE JUPITER ET DE SES SATELLITES.

Jupiter à fort 399 Avant éloignée augmente suite, peu

se meut près;

d'occident la durée de

en oriel,

dans

une

période est à celles

de 4332j,6 d'environ de Mars.

sa rév-olution

synodique

jours.

Il est assujetti

à des inégalités au Soleil, son

semblables et lorsqu'elle

l'opposition de cet de

de la planète astre de 128°,

est à peu près rétrograde; se ralentit la planète,, en il ense

mouvement

devient

vitesse nul, du

jusqu'au et reprend n'en

moment l'étal est est llus de

de l'opposition, direct distante 121 jours, lorsque que

devient

rapprochant

Soleil,

de 1280.

La durée

de ce mouvement tion dans est de 11°;

rétrograde mais des n'a

et l'arc

de rétrogradal'étendue et

il y a des différences rétrogradations exactement lieu

sensibles de Jupiter. dans le hlan

dans

la durée planète écarte

diverses pas

Lc mouvement de l'écliptique;

de cette elle s'en

quelquefois à la surface entre

de 3 ou 4 degrés. de Jupiter elles plusieurs bandes obscures, senenclore de cette ;1

On remarque siblement d'autres planète,, l'écliptique, unes rotation ne sont de ces

parallèles taches, dont

et à l'écliptique; a fait connaitrc un axe presque

on y observe la rotation

le mouvement en orient, sur

d'occident

pcrpcndicutairc ions de quelquesles durée

et dans une période taches et

de 0j,41 377.

Les variât dans lieu

les différences mouvements a Jupiter; avec

scnsihlcs donnent elles

de la qu'elles

conclue point que les très

de leurs adhérentes vents agitée.

de croire être vitesses,

paraissent

autant dans

de une

nuages

transportent

différentes

atmosphère

LIVRE

1.

CHAPITRE

VII.

43

quelquefois Jupiter est, après Vénus, la plus brillante des planètes; même il la surpasse en clarté. Son diamètre apparent est le plus grand qu'il est possible dans les oppositions, ou il s'élève à 141",6; sa granmais il n'est pas deur moyenne est de 113",4 dans le sens de l'équateur; aplatie à ses pôles égal dans tous les sens. La planète est sensiblement de rotation, et Arago a trouve, par des mesures très précises, que son celui de son équateur, à fort peu diamètre dans le sens des pôles est près, dans le rapport de 167 à 177. On observe autour de Jupiter quatre petits astres qui l'accompagnent sans cesse. Leur configuration ils oscillent de change à tout moment; entière des oscillachaque côté de la planète, et c'est par l'étendue celui tions que l'on détermine leur rang, en nommant premier satellite est la moins étendue. On les voit quelquefois dont l'oscillation passer sur le disque de Jupiter et y projeter leur ombre, qui décrit alors une corde de ce disque Jupiter et ses satellites sont donc des corps opaques, éclairés par le Soleil. En s'interposant entre le Soleil et Jupiter, les satell i tes forment par leurs ombres sur cette planète de véritables éclipses de Soleil, duit sur la Terre. L'ombre parfaitement semblables à celles que la Lune 1roau Soleil

derrière que Jupiter projette donne l'explication d'un autre phénomène sentent. On les voit souvent

lui relativement que les satellites

disparaître, quoique de la planctc; le troisième et le quatrième reparaissent du quelquefois, même côte de ce disque. Ces disparitions sont entièrement semblables aux éclipses de Lune, et les circonstances ne qui les accompagnent à cet égard aucun doute. On voit toujours les satellites disparaitrc du côté du disque de Jupiter opposé au Soleil, et par conséquent du même côté que le cône d'ombre qu'il ils s'éclipsent projette; plus près de ce disque, quand la planète est plus voisine de son opposition: cnfin, la durée de tcurs éclipses répond exactement aux temps qu'ils doivent employer à traverser le cône d'ombre de Jupiter. Ainsi les satellites se meuvent d'occident en orient, aulour de celte planète. L'observation de leurs éclipses est le moyen le plus sûr pour déterlaissent

nous préloin encore du disque

U

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

On a d'une manière précise les durées de tours révolutions sidérâtes et synodiques autour de Jupiter, en comparant des éclipses éloignées d'uïi grand intervalle et observées près des oppositions de la planète. On trouve ainsi que le mouvement des satelmincr leurs mouvements. lites de Jupiter est presque circulaire et uniforme, puisque cette hypothèse satisfait d'une manière approchée aux éclipses' dans lesquelles nous voyons cette planète à la même position relativement au Soleil; on peut donc déterminer tous ICS instants la position des satellites vus du centre de Jupiter. De là résulte une méthode simple et assez exacte pour comparer entre elles les distances de Jupiter et du Soleil à la Terre, méthode qui manquait aux anciens astronomes; car la parallaxe de Jupiter étant insenaihlc à la précision même des observations modernes ct lorsqu'il est le plus près de nous, ils ne jugeaient de sa distance que par la durée de sa révolution, en estimant plus éloignées les planètes dont la révolution est plus longue. Supposons que l'on ait observé la durée entière d'une éclipse du troisième satellite. Au milieu de l'éclipse, le satellite vu du centre de Jupiter était, à très peu près, en opposition avec le Solcil; sa position sidérale, telle qu'on l'eût observée de ce centre et qu'il est facile de conclure des mouvements de Jupiter et du satellite, était donc alors la même que celle du centre de Jupiter vu de celui du Soleil. L'observation directe ou le mouvement connu du Soleil donne la position de la Terre vue du centre de cet astre; ainsi en concevant un triangle formé par les droites qui joignent les centres du Soleil, de la Terre et de Jupiter, on aura l'angle au Soleil; l'observation directe donnera l'angle à la Terre; on aura donc, à l'instant du milieu de l'éclipse, les distances rectilignes de Jupiter à la Terre et au Soleil, en parties de la distance du Soleil à la Terre. On trouve par ce moyen que Jupiter est au moins cinq fois plus loin de nous que le Soleil, quand son diamètre apparent est de 1 13",4. Le diamètre de la Terre ne paraîtrait que sous un angle de 10",4 à la même distance; le volume de Jupiter est donc au moins mille fois plus grand que celui de la Terrc.

LIVRE Le diamètre pas mesurer le temps qu'ils les observations les différences apparent exactement

I. —CHAPITRE VII. étant insensible,

45 on ne peut

de ses satellites

leur grosseur. On a essaye de t'apprécier par emploient à pénétrer dans l'ombre de la planète; mais offrent à cet égard de grandes variétés, que produisent dans la vue des observateurs,

dans la force des lunettes,

dans l'état de l'atmosphère, la hauteur des satellites sur l'horizon, leur des hémisphères distance apparente à Jupiter et te changement qu'ils La comparaison nous présentent. de l'éclat des satellites est indépendante des quatre premières causes, qui ne font qu'altérer proportionnellement leur lumière; elle peut donc nous éclairer sur le retour des taches que le mouvement de rotation de ces corps doit offrir successivement à la Terre, et par conséquent sur ce mouvement lui-même. Herschel, qui s'est occupe de cette recherche délicate, a observé qu'ils alternativement en clarté, circonstance se surpassent très propre à faire juger du maximum et du minimum de leur lumière, et en comparant ces maxima et minima avec les positions mutuclles de ces astres, comme la Lune, dans un qu'ils tournent sur eux-mêmes, temps égal à la durée de lcur révolution autour de Jupiter, résultat que Maraldi avait déjà conclu, des retours satellite, pour le quatrième d'une sur son disque dans ses passages sur la des corps célestes affaiblit les phénoplanète. Le grand éloignement mènes que tcurs surfaces présentent, au point de les réduire à de très légères variétés de lumière, qui échappent à la première vue, et qu'un rend sensibles. Mais on ne long exercice dans ce genre d'observations a tant d'empire, l'imagination extrême, pour ne pas se tromper sur l'exisni s'égarer sur les causes dont on les fait délequel sur même tache observée il a reconnu

doit employer ce moyen, qu'avec une circonspection tcnce de ces variétés, pendre.

46

EXPOSITION

DU SYSTÈME

D,U MONDE.

V CHAPITRE III.
DE SATURNE, DE SES SATELLITES ET DE SON ANNEAU.

Saturne 10759 jours;

se

meut la durée

d'occident de

en

orient

dans

une est

période de 378

de jours.

sa révolution à fort peu semblables rétrograde près

synodique dans

Son mouvement, est Mars assujetti

clui a lieu inégalités

le plan des

de l'écliptique, mouvements lorsque du Solcil; et l'arc de de la

à des

à celles ou est finit

et de Jupiter. avant

Il devient

de l'être de 121°

lllanètc, la durée

ou après

son opposition,

distante

de cette

rétrogradation est d'environ

est à peu près 70. Au moment

de 139 jours, de l'opposition, moyenne

sa rétrogradation mètre viron de Saturne 50".

le diaest d'en-

est à son

maximum;

sa grandeur

Saturne présente un phénomène unique dans le système du monde. On le voil souvent au milieu de deux petits corps qui semblent lui adhérer, et doit la ligurc et. la grandeur sont très variantes quclyucfois ils se transforment dans un anneau qui semble entourer la planète; d'autres fois ils disparaissent entièrement, et Saturne alors parait rond comme les autres planètes. En suivant avec soin ces singulières apparences, et en les combinant avec les positions de Saturne relativemenl au Soleil et a la Terre, Iluygens a reconnu clu'elles sont produites par un anneau large et mince qui environne le glohc de Saturne, dont il est sépare de toutes parts, et qui dans son mouvement reste parallèle à lui-même. Cet anneau, incliné de 31°,85 au hlan de l'écliptique, nc se présente jamais qu'obliquement à la Terre, sous la forme d'une ellipse dont la largcur, lorsqu'elle est la plus grande, est à peu près

LIVRE

I.

CHAPITRE

VIII.

47

la moitié de sa longueur. L'ellipse se rétrécit de plus en plus, à mesure que le rayon visuel mené de Saturne à la Terre, s'ahaisse sur te hlan de l'anneau, dont l'arc postérieur finit par se cacher derrière la planète, tandis que l'arc antérieur se confondavec elle; mais son ombre, projetée sur le disque de Saturne, y forme une bande obscure que l'on aperçoit dans de fortes lunettes, et qui prouve que Saturne et son anneau sont des corps opaques éclairés par le Soleil. Alors on ne distingue plus que les parties de l'anneau qui s'étendent de chaque côté de Saturne; ces parties diminuent peu à peu de largeur; elles disparaissent enfin quand la Terre est dans le plan de l'anneau, dont l'épaisseur est trop mince pour être aperçue. L'anneau disparaît encore quand le Soleil, venant à rencontrer son plan, n'éclaire que son épaisseur. Il continue d'être invisible, tant que son hlan se trouve entre le Soleil et la Terre, et ilne rcltarait que lorsque le Soleil et la Terre se trouvent du mème côte de ce plan, en vertu des mouvements respectifs de Saturne et du Soleil. Le plan de l'anneau rencontrant l'orbe solaire à chaque demi-révolution de Saturne, les phénomènes de sa disparition et de sa réapparition se renouvellent peu près tous les quinze ans, mais avec des circonstances souvent différentes il peut y avoir dans la même année deux disparitions et deux réapparitions, et jamais davantage. Dans le temps ou l'anneau disparait, son épaisseur nous renvoie la lumière du Soleil, mais en trop petite quantité pour être sensible. On conçoit cependant que pour l'apercevoir, il sullil d'augmenter la force des télescopes. C'est ce qu'Ilerschel a éprouvé; il n'a jamais cessé de le voir, lorsqu'il avait disparu pour les autres observateurs. L'inclinaison de l'anncau sur l'écliptique se mesure par la plus grande ouverture de l'ellipse qu'il nous présente; la position de ses nœuds avec le hlan de l'écliptique se conclut tacitement de la position de Saturne, quand l'apparition ou la disparition de l'anncau dépend de la rencontre de son hlan par la Terre. Tous les phénomènes de ce genre qui donnent la même position sidérale des nœuds ont donc lieu par cette rencontre; les autres viennent de la rencontre du même

48

EXPOSITION

DU SYSTÈME DU MONDE.

plan par le Soleil; on peut ainsi reconnaître par le lieu de Saturne, lorsque l'anncau réparait ou disparait, si ce phénomène dépend de la rencontre de son plan par le Soleil ou par la Terre. Quand ce plan passe par le Soleil, la position de ses nœuds donne celle de Saturne vu du centre du Soleil, et alors on peut déterminer la distance rectiligne de Saturne à la Terre, comme on détermine celle de Jupiter au moyendes éclipses de ses satellites. Dans le triangle formé par les trois droites qui joignent les centres du Soleil, de Saturne et de la Terre, on a les angles à la Terre et au Soleil; d'où il est aisé de conclure la distance du Soleil à Saturne, en parties du rayon de l'orbe solaire. On trouve ainsi que Saturne est environ neuf fois et demie plus éloigné de nous que le Soleil, quand son diamètre apparent est de 50". Le diamètre apparent de l'anncau, dans la moycnnc distance de la planète, est, d'après les mesures précises d'Arago, égal à 118",58; sa largcur apparente est de 17",858. Sa surface n'est pas continue; une bande noire, qui lui,est concentrique, la sépare en deux parties qui paraissent formcr deux anneaux distincts, dont l'extérieur est moins large que l'intérieur. Plusieurs bandes noires aperçues par quelques observateurs semblent même indiquer un plus grand nombre d'anneaux. L'observation de quelques points brillants de l'anneau a fait connaître à Hcrschct sa rotation d'occident en orient, dans une période de 0j,437, autour d'un axe perpendiculaire à son plan et passant par le centre de Saturne. On voit autour de cette planète sept satellites se mouvoir d'occident en orient dans des orbes presque circulaires. Les six premiers se meuvent ;1fort peu près dans le plan de l'anncau; l'orhc du septième approche davantage du plan de l'cclipticlue. Quand ce satellite est à l'orient de Saturne, sa lumièrc s'affaihlil au point de le rendre très difficile à apercevoir, ce qui ne peut venir que des taches qui couvrent l'hémisphère clu'il nous présente. Mais pour nous offrir constamment dans la même position ce phénomène, il faut que ce satellite, en cela semblable à la Lune et aux satellites de Jupiter, tourne sur lui-mèmc dans un temps égal à celui de sa révolution autour de Saturne. Ainsi

LIVRE
l'égalité nérale Les est au du des durées de rotation des de au que à le celui que et vient lui les que sa de la ont Saturne plan

I.
et

CHAPITRE VIII.
de révolution parait être une loi

49
gé-

mouvement

satellites. ne de sont pas égaux plus plan. en Si entre petit, l'on eux; d'un compare avec autour le par de du de beaucoup plus son petit équacelui onzième cet qui

diamètres

perpendiculaire moins,

l'anneau dans on tourne se ce que du système peut

parait ce

diamètre de

situé Jupiter,

aplatissement de de tcur. directes, comme orient, de à la peu vraisemblance, ses diamètres, Herschel qui tous et rotation près

conclure,

Saturne l'anneau confirmer connaitrc

rapidement meut résultat la rotation planétaire, qui diffère dans

que de fait

plan des

observations Saturne d'occident a lieu, en la durée les deux durée soit plus tourpeu près. à peu

mouvements durée Jupiter. et tandis elles-mêmes observé son équateur. est Il de est

0j,428, assez

ce

peu que pour cette

de

remarquable d'un demi-jour, qui leur d'un de Saturne

même,

au-dessous que les dans la

grosses nent

planètes, toutes sur

planètes l'intervalle surface

sont jour

inférieures 11 fort cinq bandes

Ilerschel près parallèles

a encore

OEuvres

de I.

— \'1.

7

50

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE IX.
D'URANUS ET UE SES SATELITES.

La planète vateurs. nier, mais bientôt une dans ce

Uranus

avait

échappé

par sa petitesse siècle, comme

aux

anciens

obser-

Flamsteed, le dernier, n'est après, qu'en

à la fin de l'avant-dernier l'avaient 1781 déjà observée

Mayer une son

et Le Monétoile; et est

petite

qu'Herschel cet astre avec Jupiter

a reconnu soin,

mouvement, assriré Uranus qu'il

en suivant Comme autour 30689 de

on s'est

vraie

planète. en orient d'environ le plan

Mars,

et Saturne, La durée

se meut sidépeu lorsil

d'occident rale près que, finit du est dans avant

de la Terre. jours; son

de sa révolution qui à être a lieu à fort

mouvement, commence est

l'écliptique, la planète après

rétrograde du Soleil;

l'opposition, quand, est

:1 115° de distance la planète, de 115°.

de l'être Soleil, n'en

l'opposition, que

en se rapprochant de sa rétrograest de 4°. mouvediamètre six

plus

éloignée

La durée

dation Si ment, apparent satellites

est à peu près l'on juge

de 151 jours,

et l'arc par

de rétrogradation la lenteur planétaire. à 12". Suivant des

de la distance être très aux petit confins

d'Uranus du

de son Son

il doit est

système

et s'élève autour

à peine

Herschel, orbes

se meuvent

de cette :1 peu de très ont forts

planète, près au

dans plan

presque Il

circulaircs faut, eux, teurs. sont pour

et perpendiculaires les apercevoir,

de l'écliptique. deux seuls d'entre observaautres orbes

télescopes; par sur

le second Les trop

et le quatrième,

été reconnus a publiées les leur

d'autres les quatre

observations peu nombreuses pour assurer

qu'Herschel pour

déterminer

éléments existence.

de leurs

et même

incontestablement

LIVRE. CHAPITRE 1 X.

51

CHAPITRE . X
DES PLANÈTES TÉLESCOPIQUES CÉRÈS, PALLAS, JUNON ET VFST\.

Ces quatre fortes couverte connue Olbers, lieu, eux, temps connaitrc leurs lions lunettes. que en en comme ils sont écoulé avec

planètes

sont

si petites jour

qu'on

ne peut

les voir qu'avec par Pallas en 1803; de ces en orient Mais astres

de

Le premier Piazzi par fit,

de ce siècle

est remarquable Cérès.

la défut reenfin ont

:1 Palerme, Junon Vesla.

de la planète le fut par

)8o2 1807, ceux

Olbers;

Harding

a reconnu des autres

Les mouvements d'occident el rétrogrades. de ces de leurs que planètes

p)anetes, directs

comme )e peu de

alternativement depuis précision

la découverte les durées

ne permet

pas de de

révolutions les durées

et les lois de leurs

mouvements. sidérales sont sonl

Seulement peu

on sait

révoludes trois

différentes quatre plus courte

entre

elles, tiers

et que celles la durée Pallas les peut

premières lution du et,

d'environ parait

ans et deux d'une plus

de la révos'éloigner planètes, le zo-

de Yesta de

année. que

plan pour

l'écliptique

beaucoup

anciennes

embrasser

ses écarts,

il faut

élargir

considérablement

diaque.

52

DU SYSTÈMEMONDE. DU EXPOSITION

CHAPITRE XI.
DU MOUVEMENT DES PLANÈTES AUTOUR DU SOLEIL.

Si l'homme qu'une

s'était

borné

à recueillir et jamais

des faits, il n'eût entre

les Sciences connu eux,

ne seraient lois leurs en plus

nomenclature C'est

stérile, en comparant

les grandes

de la nature. rapports étendus dans montre

les faits à des à découvrir Alors

en saisissant de toujours plus

et en qu'il

remontant

ainsi

phénomènes ces lois,

est enfin

parvenu variés.

empreintes lui a des doi-

leurs un

effets petit qu'il éclorc,

les plus nombre avait

la nature,

en se dévoilant, à la foule ceux qu'elles

de causes observés; s'est effets, que encore une

donnant

naissance

phénomènes vent faire

il a pu déterminer assuré que rien

et lorsqu'il leurs

ne trouble dans s'est

l'enchail'avenir, offerte du monde s'est pour élevé expliqu'une maà

nement

de ces causes des

il a porte doit

ses regards développer du

et la série sa vue. que

événements uniquement

le temps dans

C'est

la théorie suite d'efforts qu'il planétaires mais

Système heureux,

l'esprit

humain,

par

longue

;1 cette quer ébauche nière les

hauteur. apparences imparfaite

La première des

hypothèse

a imaginée n'a du

mouvements théorie;

être

de cette ces apparences, que,

en représentant le moyen subir elle les se

d'une

ingénieuse

elle a donné en lui faisant

de les soumettre modifications que dans le

au calcul, l'observation vrai système

et l'on verra

a successivement de l'univers. les apparences est qui leur des

indiquées,

transforme

Ce que remarquable changement

mouvements de l'étal

ptanctaircs direct que

offrent à l'état

de plus

changement être

rétrograde, de deux mou-

ne peut

évidemment

le résultat

LIVRE I.

CHAPITRE XI.

53

vements alternativement conspiranls et contraires. L'hypothèsela plus naturelle pourles expliquer est celle qu'imaginèrentles anciens astronomes, et qui consiste à faire mouvoirdans lesens direct les trois planèles supérieures sur des épicycles dont les centres décrivent, dans le même sens, des cercles autour de la Terre. Il estvisible qu'alors, si l'on conçoit la planète au point de sou épicyclele plus bas ou le plus voisinde la Terre, elle a danscette position un mouvementcontraire à celui de l'épicycle quitoujours est transporté parallèlement à lui-même;ensupposant donc que le premier de ces mouvementsl'emportesur le second, le mouvementapparent de la planète sera rétrograde et à son maximum. Au contraire, la planète étant au point le lilus élevé de son épicycle,les deux mouvementsconspirent et le mouvementapparent est direct et le plus grand possible. Un allant de la premièreà la seconde de ces posilions, la planète continue d'avoir un mouvement apparent rétrograde, qui diminue sans cesse, devient nul; et se change dans un mouvement direct. Maisl'observation fait voir que le maximumdu mouvementrétrograde a constammentlieu au moment de l'opposition de la planète avec le Soleil; il faut donc que chaque épicycle soit décrit dans un temps égal à celui de la révolution de cet astre, et que la planète soit à son point le lrlus bas lorsqu'elle est opposée au Soleil. Alors on voit la raison pour laquelle le diamètre apparent de la planète en opposition est à son maximum.Quant aux deux planètesinférieures, qui ne s'écarlent jamais du Soleil au delà de certaines limites, on peut également expliquer lcurs mouvementsalternativement directs et rétrogrades en les supposant mues, dans le sens direct, sur des épicycles dont les centres décrivent, chaque année et dans le même sens, des cercles autour de la Terre, et en supposant, de plus, qu'au moment où la planète atteint le pointle plus bas de son épicycle, elle est en conjonction avec le Soleil. Telle est l'hypothèse astronomique la plus ancienne, et qui, adoptée et perfectionnée par Ptolémée, a pris le nom de cet astronome. Rien n'indique, dans cette hypothèse, les grandeurs absolues des cercles et des épicycles; les apparences ne donnent que les rapports de

54

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

leurs rayons. Aussi ptoléméene parait pas s'être occuhé de rechercher les distances respectives des planètes à la Terre; seulement il supposait plus éloignées les planètes supérieures, dont la révolutionest plus longue il plaçait ensuite au-dessousdu Soleil l'épicycle de Venus,et plus bas celui de Mercure. Dansune hypothèseaussi indéterminée, on ne voit point pourquoi les arcs de rétrogradation des planètes supérieures sont il'aulant plus petits qu'elles sont pltis éloignées, et pourquoi les rayons mobiles des épicycles supérieurs sont constamment parallèles au ravon vecteur du Soleil et aux rayons mobiles des deux cercles inférieures. c.parallélisme, que Kepleravait déjà introduit dans C l'hypothèse de Ptolémée, est clairement indiqué par toutes les observations du mouvementdes planètes, parallèlement et perpendiculairement à l'écliptique. Maisla cause ticces phénomènesdevient évidente, si l'on conçoit ces éhicycles et ces cercles égaux à l'orbe du Soleil. Il est facilc de s'assurer que l'lyhollièsc précédente, ainsi modifiée, revient à faire mouvoiroutes les planètes autour du Soleil, qui, dans sa t révolutionréelle ou apparente autour de la Terre, emporte les centre de leurs orbites. Une disposition aussi simple du systèmeplanétaire ne laisse plus rien d'indéterminé, et montre avec évidencela relation des mouvementsdirects et rétrogrades des plauètcs avec le mouvementdu Soleil. l;lle fait disparaitre de l'lypothèse de Ptolémée les cercles et les épicyclesdécrits annuellement par les planètes, et ceux qu'il avait introduits pour expliquer leurs mouvementsperpendiculairesà l'éclihtique. Les rapports que cet astronomiea déterminés entre les rayons des deux épicycles inférieurs et les rayons des cercles que leurs centres décrivent expriment alors les moyennes distances des planètes au Soleil, en parties de la distance moyenne du Soleil à la Terre, et ces mêmes rapports, renversés pour les planètes supérieures, expriment leurs moyennesdistances au Soleil ou à la Terre. La simplicité de cette hypothèsesuffirait donc seule pour la faire admettre; mais les observations que nous devons au télescope ne laissent aucun doute a son égard. On a vu précédemment que les éclipses des satellites de Jupiter dé-

LIVRE I. — CHAPITRE XI.

55

terminent la distance de cette planète au Soleil, et il en résulte qu'elle décrit autour de lui un orbe presque circulaire. On a vu encore que les apparitions et les disparitions de l'anneau de Saturne donnent sa distance à la Terre, environ neuf fois et demie plus grande que cellc de la Terre au Soleil, et, suivant les déterminations de Ptoléméc, ce rapport est à fort peu près celui du rayon de l'orbite de Saturne au rayon de son épicycle, d'où il suit que cet épicycle est cgal à l'orbite solaire, et qu'ainsi Saturne décrit à peu près un cercleautour du Soleil. Les phases ohscrvécs dans les deux planètes inférieures Prouvent évidemment qu'elles se meuvent autour du Soleil. Suivons, en effet, le mouvement de Vénus et les variations de son diamètre apparent et de ses phases. Lorsque, le matin, elle commence à se dégager des rayons du Soleil, on l'aperçoit, avant le lever de cet astre, sous la forme d'un croissant, et son diamètre apparentest à son maximum; clic est donc alors plus près de nous que du Soleil, et presque en conjonction avec lui. Son croissant augmente et son diamètre apparent diminue, à mesure qu'elle s'éteigne du Soleil. Parvenue 5o° environ de distance de cet astre, elle s'en rapproche en nous découvrantde plus en plus son hémisphère éclairé; son diamètre apparent continue de diminuer jusqu'au moment où elle se plonge le matin dans les rayons du Soleil. A cet instant, Vénus nous parait pleine, et son diamètre apparent est :1son minimum; elle est donc, dans cette position, plus loin de nous que le Soleil. Après avoir disparu pendant quelque temps, cette planète réparait le soir, et reproduit, dans un ordre inverse, les phénomènes qu'elle avait montrés avant sa disparition. Son hémisphère éclairé se détourne de plus en plus de la Terre; ses phases diminuent, et en même tempsson diamètre apparent augmente mesure qu'elle s'éloigne du Soleil. Parvenueà 5o°environde distance de cet astre, clle revient vers lui ses phases continuent de diminuer, et son diamètre d'augmenter, jusqu'à ce qu'elle se plonge de nouveau dans les rayons solaires. Quelquefois, dans l'intervalle qui sépare sa disparition du soir de sa réapparition du malin, on la voit, sous la forme d'une tache, se mouvoirsur le disque

56

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

du Soleil.'Il est clair, d'après ces phénomènes, que le Soleilest à peu près au centre de l'orbite de Vénus, clu'il emporte en mêmetemps a qu'il se meut utour de la Terre. Mercure nousoffre des phénomènes semblables à ceux de Vénus; ainsi le Soleil est encore au centre de son orbite. Nous sommesdonc conduits, par Ics apparences des mouvementset des phasesdes planètes, à cc résultat général, savoir, que touscesastres se meuventautour rla Soleil,qui, dans sa révolutionréelleou apparente autour de la Terre,parait cmporlerles foyers leursorbites.Il est remarde quable que ce résultat dérive de l'hypothèse de Ptolémée, en y supposant égaux à l'orbe solaire les cercles et les épicycles décrits chaque année dans cette hypothèse, (lui cesse alors d'être purement idéale et propre uniquement à représenter à t'imagination les mouvementscéiestes. Au lieu de faire tourner les planètes autour de centres imaginaires, elle place au loyer de leurs orbites de grands corps, qui, par leur action, peuvent les retentir sur ces orbites; et elle nous fait ainsi entrevoir les causes des mouvementscirculaires.

LIVRE

1.

CHAPITRE

XII.

57

CHAPITRE XII.
IIKS COMÈTES.

Souvent mentent raissent. accompagnés fois dans extrême, deur. mière

on aperçoit de grandeur Ces astres, d'une une queue

des

astres

qui,

d'abord

très

peu

visibles, et enfin

augdispa-

et de vitesse, que l'on nomme qui,

ensuite

diminuent, sont

comètes, en croissant,

presque

toujours quelquerareté profonde ludes La les

nébulosité, d'une l'on des voit grande les

se termine

étendue, étoiles suivies

et qui doit être travers son longues

d'une

puisque L'apparition a, pendant

immense trainées

comètes

de ces les hommes,

longtemps,

effrayé dont

toujours sont

frappés inconnues.

événements lumière éclipses

extraordinaires des Sciences et beaucoup a dissipé d'autres

les causes

leur

ces vaines phénomènes

terreurs,

que les comètes, dans

inspiraient

les siècles

d'ignorance. Les diurne que Leurs comètes du ciel, ce ne sont mouvements participent, et cela, point joint des comme tous les astres, au parallaxe, notre mouvement fait voir

à la petitesse engendrés

de leur dans

météores sont point,

atmosphère. lieu dans tous

propres

très compliqués; comme ceux

ils ont des planètes,

les sens, d'occident

et ils n'allèctent en orient,

la direction

et des plans

peu inclinés

;1 l'écliptique.

OEuvres

de A.

8

38

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE XIII.
DES ÉTOILES ET DE LEURS MOUVEMENTS.

La parallaxe plus astres deur forts

des

étoiles

est

insensible; à des les

lcurs points télescopes

disques, lumincux augmentent des

vus dans en cela,

les ces

télescopes, des La par

se réduisent hlanètes, petitesse le par est des peu dont du

different apparente. surtout

la granétoiles est

diamètre

apparent mettent

prouvée, dans indique vivacité titesse gnées elles mêmes; leurs

de temps

qu'elles n'étant

à disparaitre seconde, La peéloi-

occultations ce diamètre

la Lune, au-dessous

et qui,

pas d'une

que

de cinq étoiles,

secondes comparée beaucoup

de degré. à leur plus point par

de la lumière apparente, de nous leur clarté et commc que que nous les du

plus

brillantes

porte planètes,

à croire

qu'elles

sont

et qu'elles qu'elles petites

n'empruntent sont sont lumincuses assujetties entre

comme elles-

Soleil,

mais

les étoiles les plus il est très

les plus brillantes

aux mêmes elles une sont poside la

mouvements tion même gros, constante, nature, et placés

et conservent que de corps tous

vraisemblable autant

ces astres plus

et que plus des étoiles,

ce sont

lumineux,

ou moins solaire.

ou moins variations que l'on

loin au delà périodiques nomme

des limilcs dans

du système

On observe de plusieurs

l'intensité changeantes. a coup,

de la lumière Quelqueet disparaître étoile observée elle sur-

pour presque Telle fut

cela tout

fois on a vu des après avoir hrillé

étoiles du plus

se montreur vif éclat.

la fameuse En peu

en 1572, passa

dans

la constellation des plus et elle hclles

de Cassiopée. étoiles seize

de temps, même;

la clarté

et de Juliter mois après

sa lumière sans

s'aflaiblit

ensuite,

disparut

sa découverte,

LIVRE I. —CHAPITRE XIII.

59

avoir change de place dans le ciel. Sa couleur éprouvades variations considérables elle fut d'abord d'un blanc éclatant, ensuite d'un jaune rougeâtre, et enfin d'un blanc plombé. Quelle est la cause de ces phénomènes Des taches très étendues que les étoiles nous présentent ? périodiquement, en tournant sur elles-mêmes, à peu près comme le dernier satellite deSaturne, et peut-être l'interpositionde grands corps opaques qui circulent autour d'elles expliquent les variations périodiques des étoiles changeantes. Quant aux étoiles qui se sont montrée presque subitement avec une très vive lumière pourdisparaitre ensuite, on peut soupçonner avec vraisemblance que de grands incendies, occasionnés par des causes extraordinaires, ont eu lieu à leur surface, et ce soupçon se confirmcpar le changement de leur couleur, analogue à celui que nous offrent, sur la Terre, les corps que nous voyonss'enflammer et s'éteindre. Une lumière blanche, de figure irrégulière, et à laquelle on a donné le nom de voie lactée, entoure le cicl en formede ceinture. On v découvre, au moyen du télescope, un nombre prodigieux de petites étoiles, qui nous paraissent assez rapprochées pour que leur réunion forme une lumière continue. On ohserve encore, dans diversesparties du ciel, de petites blancheurs que l'on nomme nébuleuses, t dont plue sicurs semblent être de la même nalure que la voie lactée. Vues dans le télescole, elles offrent égalcmenl la réunion d'un grand nombre d'étoiles; d'autres ne présentent qu'une lumièrc blanclreet continue; il est très probable qu'elles sont forméesd'une matière lumineuse très rare, répandue en amasdiversdans l'espace céleste, et dont la condensation successive a produit les étoiles et toutes les variétés qu'elles présentent. Les changements remarquables que l'on a observés dans quelques nébuleuse, et particulièremcnt dans la belle nébuleuse d'Orion, s'expliquent d'une manière heureuse dans cette hypothèse, et lui donnent une grande vraisemblance. L'immobilitérespective des étoilesa déterminé lesastronomies leur à rapporter, comme à autant de points fixes, les mouvements propres des autres corps célestes; mais pour cela il était nécessaire de les

60 classcr, tagé encore et voici alin

EXPOSITION de les en divers avec reconnaître, groupes

DU SYSTÈME et c'est d'étoiles, la position dans

DU MONDE. cette vue que l'on a par-

le ciel avoir

nommés des étoiles

constellations. sur la sphère

Il fallail céleste,

précision'

comment

on y est parvenu. par un les deux poles du que monde l'on et par a nomme le centre cercle L'arc d'un

On a imaginé, astre naison, compris qui est est quelconque, et qui entre boréale près.

grand

cercle,

de décli-

coupe

perpendiculairement et le centre l'équateur ou australe, suivant

l'équateur. de l'astre mesure

de ce cercle

sa déclinaison, du pôle dont il

la dénomination

le plus Tous

les astres il faut, pour

situés pour

sur

le même teur

parallèle position, compris Cet arc,

ayant un entre compte c'est-à-dire ainsi, et par

la même élément.

déciOn

naison, a choisi naison dans orient, astres

déterminer

nouvel

cela

l'arc du

de l'équateur printemps. propre

le cercle de cet

de décliéquinoxe en des

et l'équinoxe le sens est est du

mouvement l'on

du Soleil,

d'occident la position leur déclinaison.

ce que déterminée

nomme par leur d'un

ascension ascension astre,

droite droite

La hauteur donne

méridienne

comparée

à la hauteur

du po)e, de

sa distance droite

à l'équateur ofl'rail plus

ou sa déclinaison. de dillicultés aux

La détermination anciens astronomes,

son ascension à cause étoiles

de l'impossibilité au Soleil. aux La Lune étoiles, ils

oh ils étaient pouvanl s'en être servirent

de comparer comparée, comme droite du

directement le jour, d'un au

les Soleil,

et la nuit, pour mesurer

intermédiaire et des étoiles, dans son

la difference aux

d'ascension propres La théorie celle antres.

Soleil

01 ayant l'intervalle ascension auxquelles parque stance. en

égard des droite, ils forma

mouvements

de la Lune du Soleil de quelques C'est par dont

et du Soleil ensuite

observations.

donnant étoiles ce nous

ils en conclurent rapporfèrent les catalogue on donna de en

principalcs, qu'Hipconnaisméthode, l'on peut

moyen ayons à celte que

le premier après, au lieu

d'étoiles plus

Longtemps

de précision Vénus,

employant,

la Lune, plein jour

la planète et dont lellt

quelquefois un court

apercevoir intervalle

le mouvement, inégal que

pendant le mou-

de temps,

est plus

et moins

LIVRE I. voment lunaire. fournit Maintenant

CHAPITRE XIII.

61

une mesure

que l'application du temps très précise,

du pendule aux horloges nous pouvons déterminer

directement, astronomes,

et avec une exactitude la différence

bien supérieure a celle des anciens d'ascension droite d'un astre et du Soleil par

le temps écoulé entre leurs passades au méridien. la position des astres On peut, d'une manière semblable, rapporter à l'écliptique, utile dans la théorie de la ce qui est principalement Lune et des planètes. cercle perpendiculaire Par le centre de l'astre, au plan de l'écliptique, cercle de latitude. L'are de ce cercle, compris entre l'astre, mesure sa latitude, qui est boréale ou australe, nomination on imagine un grand et que l'on nomme et l'écliptique suivant la dé-

l'arc de l'éclipdu pùlc situé du même côté de l'écliptique. tique, compris entre le cercle de latitude et l'équinoxe du prmtemps, et compté de cet équinoxe, d'occident en orient, est ce que l'on nomme dont la position est ainsi déterminée par sa lonlongitude de l'astre, de que, l'inclinaison gitude et par sa latitude. On conçoit facilement étant connue, la longitude et la latitude d'un l'équateur à l'écliptique astre peuvent se déduire de son ascension droite et de sa declinaison observées. la variation des étoiles Il ne fallut que peu d'années pour reconnaitre Bientot on remarqua qu'en chanen ascension droite et en déclinaison. la même geant de position relativement à l'équateur, plies conservaient latitude, et 'on en déclinaison autour que leurs variations ne sonl dues qu'a un mouvement Ou peut immobiles, en conclul cn ascension droite et commun de ces astres

des pôles de l'écliplique. rialions en supposant les étoiles

encote

ces vareprésenter et en faisant mouvoir au-

tour de ces poles ceux de l'equateur. Dans ce mouvement, l'inclinaison de l'équateur à l'écliptique reste la même, et ses nœuds ou les équiuniformément de 154",63 par année. On a vu prénoxes rétrogradent cédemment des équinoxes rend l'année que cette rétrogradation un peu plus courte que l'année sidérale; ainsi la différence sidérale droite trodes

pique deux années, ascension

et tropique, et les variations des étoiles eu et en déclinaison de ce mouvement, dépendent par J

C2

EXPOSITION

DU SYSTÈME

nu

MONDE.

lequel le pôle de l'équateur décrit annuellement un arc de 154",63 d'un petit 'cercle de la sphère céleste, parallcle à l'ccliptidue. C'est en cela que consiste le phénomène connu sous le nom de precession des équinoxes. La précision dont l'Astronomie lion (les lunettes aux instruments moderne est relevable à l'applicaet à cclle du pen-

astronomiques, dule aux horloges, a fait apercevoir de petites inégalités périodique clans l'inclinaison 'de l'éuateur à l'éclipiqnc et dans ta procession des équinoxes. Bradley, qui les a découvertes et qui les a suivies avec un soin extrême pendant plusieurs années, en a reconnu la loi, qui peut être représentée de la manière suivante On conçoit le pote de l'équateur, mu sur la circonférence d'une petite cllilsc tangente à la sphère céleste, et dont le centre, que l'on peut regarder comme le pole moyen de l'équateur, décrit uniformément, chaque annéc, 154",63 du parallèle à l'écliptique sur lequel Il est situé. Le grand axe de cette cllipse, toujours dans le plan d'un cercle de latitude, répond à un arc de ce grand cercle de 59",56, et le La situation du 30. petit axe répond à un arc de son parallèle de 111" vrai pole de l'éyuatcur sur celle ellipse se détermine ainsi. On imagine sur le plan de l'ellipse un petit cercle, qui a le même centre et dont le diamètre est égal au grand axe. On conçoit encore un rayon de ce cercle, mu d'un mouvement unciforme et rétrograde, de manière que ce rayon coïncide avec la moitié du grand axe la plus voisine de l'écliptique, toutes les fois que le nœud moyen ascendant de l'orbite lunaire coïncide avec l'équinoxe du printemps; enfin, de l'extrémité de ce rayon mobile, on abaisse une perpendiculaire sur le grand axe de l'ellipse. Le point où cette perpendiculaire coupe la circonférence clliptique est le lieu du vrai pùle de l'équateur. Ce mouvement du pôle s'appelle nutation. Les étoiles, en vertu des mouvemenls que nous venons de décrire, conservent entre elles une position constante; mais le grand observateur à clui l'on doit la découverte de la nutation a reconnu dans tous ces astres un mouvement général el périodique, qui altère un peu

LIVRE leurs positions

1.

CHAPITRE

XIII.

63

ce mouvement, il faut Pour se représenter respectives. une petite circonféimaginer que chaque étoile décrit annuellement rence parallèle à l'écliptique, dont le centre est la position moyenne de l'étoile et dont le diamètre vu de la Terre sous-tend comme et qu'elle se meut sur celle circonférence orbite, de manière cependant plus que le Soleil soit constamment en se projetant sur la suravancé qu'elle de 100°. Cette circonférence, face du ciel, parait sous la forme d'une cllipsc plus ou moins aplatie te petit axe de suivant la hauteur de l'étoile au-dessus de l'écliptique, est au au grand axe comme le sinus de cette hauteur périodique rayon. De là naissenl toutes les variétés de ce mouvement des étoiles que l'on nomme aberration. l'ellipse étant Indépendamment ont des mouvements de ces mouvements très particuliers, remarIls ont été jusqu'ici principalement temps a rendus sensibles. mais deux étoiles des plus brillantes; quables dans Sirius et Areturus, des mouvetout porte à croire que les siècles suivanls développeront menls semblables dans les aulres étoiles. généraux, lents, mais étoiles plusieurs que la suite des un angle de 125", le Soleil dans son

64

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE XIV.
DE I.A FIGURE DE ET LA DU TERRE, SYSTÈME UE LA VARIATION DES DE POIDS LA ET PESANTEUR MESURES. A SA SunFACE DÉCIMAL

Revenons nous qu'elle vers son oui est

du appris

ciel sur

sur ses

la Terre, dimensions

et voyons cl'sur

ce que sa ligure.

les

observations On a déjà vu

à très

peu retient opposés,

près

sphérique;

la pesanteur, quoique

partout dans des

dirigée les licw antres, toune sonl

centre,

les corps ou

à sa surface, les uns

diamétralement ils aient jours relatifs Du habite, des

antipodes Le ciel car

à l'égard

positions de

contraires. la Terre;

et les étoiles

paraissent

au-dessus qu'a moment

l'élévation

cl rabaissement

la direction où l'homme dut les

de la pesanteur. eut reconnu a mesurer tentatives dont dans la sphéricité ses dimensions; sur l'histoire cet objet nous du globe qu'il

la curiosité que bien

le porter premières

il est donc remontent a conserve physiques mesures de la dans mais on soit, rela ;1 le et

vraisemblable des temps

antérieurs ont été

à ceux perdues

souvenir, morales

et qu'elles que la Terre

les réyolutions

a éprouvées. soit entre ont cette fait

Les rapports elles,

de plusieurs la longueur

de la Irlus haute circonférence des temps fort

antiquité,

soit avec non

terrestre, anciens, de hase en précise que

conjecturer a été complet l'Asie. dont en

seulement

que, connue, dont en

longueur

exactement de mesures, Quoi on ait vers qu'il une

qu'elle, trouve première certaine dernicr

a servi des

;1 un système Egypte de

vestiges mesure

et dans la Terre exécuta

connaissance

est cette siècle,

Picard depuis

France

la fin de l'avantfois. Celle opéra-

el qui

a élé vérifiée

plusieurs

LIVRE

1.

CHAPITRE

XIV.

65

tion est facile à concevoir. En s'avançant vers le nord,-on voit le pôle s'élever de plus en plus; la hauteur méridienne des étoiles situées au nord augmente, et celle des étoiles situées ait midi diminue; quelquesunès même deviennent invisibles. La première notion de la courbure de la Terre est due sans doute à l'observation de ces phénomènes, qui ne pouvaient pas manquer de fixer l'attention des hommes dans les premiers âges des sociétés,' où l'on ne distinguait les saisons et leurs retours que par le lever et par le coucher des principales étoiles, comparés à ceux du Soleil. L'élévation ou la dépression des étoiles fait connaître l'aiyle que les verticales, élevées aux extrémités de l'arc parcouru sur la Terre, forment au point de leur concours; car cet angle est évidemment égal à la différence des hauteurs méridiennes d'une même étoile, moins l'angle sous lequel on verrait du centre de l'étoile l'espace parcouru, et l'on s'est assuré que ce dernier angle est insensible. Il ne s'agit plus ensuite que de mesures cet espace. Il serail long et pénible d'appliquer nos mesures sur une aussi grande étenduc; il est beaucoup plus simplc d'en lier, par une suite de triangles, les extrémités a celles d'une base de 12000mou i5ooo' et, vu la précision avec laquelle on peut déterminer les angles de ces triangles, on a très exactement sa longueur. C'est ainsi que l'on a mesuré l'arc du méridien terrestre qui traverse la France. La partie de cet arc, dont l'amplitudc est la centième partie de l'angle droit, et dont le milieu répond à 5o° de hauteur du pôle, est de 100000mà fort peu près. De toutes les figures rentrantes, la figure sphérique est la plus simple, puisqu'elle ne dépend que d'un seul élément, la grandeur de son rayon. Le penchant naturel à l'esprit humain de supposer aux objets la forme qu'il conçoit le plus aisément le porta donc à donner une forme sphérique à la Terre. Mais la simplicité de la nature ne doit pas toujours se mesurer par celle de nos conceptions. Infiniment variée dans ses effets, la nature n'est simple que dans ses causes, et son économie consiste à produire un grand nombre de phénomènes, souvent très compliqués, au moyen d'un petit nombre de-lois générales. La figure de la Terre est un résultat de ces lois qui, modifiées par deL. VI. OEuvres 9

66

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

mille circonstances, peuvent l'écarter sensiblement de la sphère. De petites variations observées dans la mesure des degrés en France indiquaient ces écarts; mais les erreurs inévitables des observations laissaient des doutes sur cet intéressant phénomène, et l'Académie des Sciences, dans le sein de laquelle cette grande question fut vivement agitée, jugea avec raison que la différence des degrés terrestre, si elle est réelle, se manifesterait principalement dans la comparaison des degrés mesurés à l'équateur et vers les pôles. Elle envoya des académiciens à l'équateur même, et ils y trouvèrent le degre du méridien plus petit que celui de France. D'autres académiciens se transportèrent au nord, ou ils trouvèrent un degré plus grand. Ainsi l'accroissement des degrés des méridiens, de l'équateur aux pôle, fut incontestablement prouvé par ces mesures, et l'on en conclut que la Terre n'est point exactement sphérique. Ces voyages famew des académiciens français ayant dirigé vers cet objet l'attention des observateurs, de nouveaux degrés des méridiens furent mesurés en Italie, en Allemagne, en Afrique, dans l'Inclc et en Pensylvanie. Toutes ces mesures concourent à indiquer un accroissement dans les degrés, de l'cquateur aux hôlcs. Le Tableau suivant présente Ics valeurs des degrés extrêmes mesurés et du degré moyen entre le pote et l'équateur. Le premier a été mesuré au Pérou par bouguer et La Condamine. Le second est le résultat de la grande opération nouvellement exécutée pour déterminer la grandeur de l'arc qui traverse la France, de Dunkerque à Perpignan, et que l'on a prolongé au sud, jusqu'à Formcntcra; on l'a joint au nord avec le méridien de Grcenwich, en liant par des triangles les côtes de France à celles d'Angleterre. Cet arc immcnce, qui embrasse la septième partie de la distance du pote à l'équateur, a été déterminé avec une précision extrême. Les observations astronomiques et géodésiques ont été faites au moyen de cercles répétiteurs. Deux bases, chacune de plus de 12000m,ont été mesurées, l'une près de Mcluii, l'autre près de Perpignan, par un procédé nouveau, qui nelaisse aucune incertitude; et ce qui confirme la justesse de toutes les opérations, c'est que la

LIVRE

1.

CHAPITRE

XIV.

67

base de Perpignan, conclue de celle de Melunpar la chaine de triangles qui les unit, ne diffère pas d'un tiers de mèlre de sa mesure effective, quoique la distance qui sépare ces deux bases surpasse gooooo" Pour ne rien laisser à désirer dans cette opération importante, on a observé, sur divers points de cet arc, la hauteur du pôle et le nombre des oscillations d'un même pendule dans un jour, d'où l'on a conclu les variations des degrés et de la pesanteur. Ainsi cette opération, la plus exacte et la plus étendue que l'on ait entreprise en ce genre, servira de monument pour constater l'état des Sciences et des Arts dans ce siècle de lumière. Enfin le troisième degré est celui que M. Swanberg vient de mesurer en Laponie.

L'accroissement des degrés du méridien, quand la hauteur du pôle augmente, est sensible même dans les diverses parties du grand arc dont nous venons de parler. Considérons en effet ses points extrêmes, et le Panthéon à Paris, l'un des points intermédiaires. On a trouvé, par les observations

La distance de Greenwich au Panthéon donne 100135m,2 pour le degré dont le milieu correspond à 55°,73592 de hauteur du pôle; et par ta distance du Panthéon à Fermentera, on ne trouve que 99970m,3 pour le degré dont le milieu correspond à 48°,61804, ce qui donne 23m,167 d'accroissement par degré, dans l'inlervalle de ces deux points. L'cllilisc élant, après le cercle, la plus simple des courbes rentrantes, on regarda la Terre comme un solide forme par la révolution

68

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

d'une ellipse autour de son petit axe. Son aplatissement dans le sens des pôles est une suite nécessaire de l'accroissement observé des degrés -des méridiens, de l'équatcùr aux pôles. La pesanteur élanl dirigée suivant les rayons de ces degrés, ils sont, par la loi de l'équilibre des fluides, perpendiculaires à la surface des mers dont la Terre est en grande partie recouverte. Ils n'aboutissent pas, comme dans la sphère, au cenlre de l'cllipsoidc; ils n'ont ni la même direction, ni la même grandeur que les rayons menés de ce centrc à la surface, et qui la coupent obliquement partout ailleurs qu'aux pôles et à l'équateur. La rencontre de deux verticales voisines situées sous le même méridien est le centre du petit arc terrestre qu'elles comprennent entre elles; si cet arc était une droite, ces verticales seraient parallèles, ou ne se rencontreraient qu'à une distance infinie; mais à mesure qu'on le courbe, elles se renconlrent à une distance d'autant moindre que sa courbure devient plus grande; ainsi, l'extrémité du petit axe étant le point où l'ellipse approche le plus de se confondre avec une ligne droite, le rayon du degré du pôle, et par conséquent ce degrc luimême, est le plus considérable de tous. C'est le contraire à l'extrémité du grand axe de l'cllilse, à l'équateur, où, la courbure étant la plus grande, le degré dans le sens du méridien est le plus petit. En allant du second au premier de ces extrèmes, les degrés vont en augmentant, et si l'ellipse est peu aplatie, leur accroissement est à très peu près proportionnel au carrc du sinus de la hauteur du pôle sur l'horizon. Onnomme aplatissementou ellipticité d'unsphéroide elliptique l'excès de l'axe de l'équateur sur celui du pole, pris pour unité. La mesure de deux degrés dans le sens du méridien suffit pour le déterminer. Si l'on compare entre eux les arcs mesurés en France, au Pérou et dans l'Inde, et qui, par leur étendue, leur éloignement et par les soins et la réputation des observateurs, méritent la préférence, on trouve l'aplalisscment de l'cllilrsoide terrestre égal à 3:0' le demi-grand axe égal à 6376606m, et le demi-petit axe égal à 6356215m. Si la Terre était elliptique, on devrait obtenir à peu près lc même aplatissement en comparant deux à deux les diverses mesures des

LIVRE

1.

CHAPITRE

XIV.

69

degrés terrestres; mais leur comparaison donne à cet égard des différences, qu'il est difficile d'attribuer aux seules erreurs des observalions. Il parait-donc que la Terre n'est pas exactement un ellipsoïde. Voyons quelle est, dans l'hypothèse d'une figure quelconque, la nature des méridiens terrestre. Le plan du méridien céleste que déterminent les observations astronomiques passe par l'axe du monde et par le zénith de l'ohservateur, puisque ce plan coupe en parties égales les arcs des parallèles à l'écluateur, décrits par les étoiles sur l'horizon. Tous les lieux de la Terre qui ont leur zénith sur la circonférence de ce méridien forment le niéridien terrestre correspondant. Vu l'immense distance des étoiles, les verticales élevées de chacun de ces lieux peuvent être censées parallèles au plan du méridien céleste; on peut donc définir le méridien terrestre une courbe formée par la jonction des pieds de toutes les verticales parallèles au plan du méridien céleste. Cette courbe est tout entière dans ce plan, lorsque la Terre est un solide de révolution; dans tout autre cas, elle s'en écarte, et généralement elle est une de ces lignes que les géomètres ont nommées courbesà doublecourbure. Le méridien terrestre n'est pas exactemenl la ligne que déterminent les mesures trigonomélriques dans le sens du méridien céleste. Le premier côté de la ligne mesurée est tangent à la surface de la Terre et parallèle au plan du méridien céleste. Si l'on prolonge ce côté jusqu'à la rencontre d'une verticale infiniment voisine, et qu'ensuite on plie ce prolongement jusqu'au pied de la verlicale, on formera le second côté de la courbe, et ainsi des autres. La ligne ainsi tracée est la plus courte que l'on puisse mener sur la surface de la Terre, entre deux points quelconques pris sur cette ligne; elle n'est dans le plan du méridien céleste, et ne se confond avec le méridien terrestre, que dans le cas oit la Terre est un solide de révolution; mais la différence entre la longueur de cette ligne et celle de l'arc correspondant du méridien terrestre est si petite qu'cllc peut être négligée sans crreur sensible. Il importe de multiplier les mesures de la Terre dans tous les sens

70

EXPOSITION

DU SYSTÈME

I)U

MONDE.

et dans le plus grand nombre de lieux qu'il est possible. On peut à chaque point de sa surface concevoir un ellipsoïde osculateur qui se confonde sensiblement avec elle, dans une petite étendue autour du dans le sens des méripoint d'osculation. Les arcs terrestres mesurées diens et des perpendiculaires aux méridiens feront connaître la naturc et la position de cet ellipsoïde, qui peut n'être pas un solide dc révolut ionet varicr scnsihlementà de grandes distances. Quelle que soit la nature des méridiens terrestres, par cela seul que les degrés vont en diminuant des poles :1 l'équateur, la Terre est aplatie dans le sens de ses pcilcs,c'est-à-dire que l'axe des pôles est moindre que celui de l'équateur. Pour le faire voir, supposons que la Terre soit un solide de révolution, et représentons-nous le rayon du degré du pole boréal et la suite de tous ces rayons depuis le pôles jusqu'à l'écluatcur, rayons qui, par la supposition, diminuent sans cesse. Il est visible que ces rayons forment, par leurs intersections consécutives, une courbe qui, d'abord tangente à l'axe des potes au delà de l'équateur relativement au pôle boréal, tourne sa convexité vers cet axe, en s'élevant vers le plan de l'équateur, jusqu'à ce que le rayon du degré du méridien prenne une direction perpendiculaire à la première; alors il est dans ce plan. Si l'on conçoit le rayon du degré polaire flexible et enveloppant successivement les arcs de la courbe que nous venons de considérer, son extrémité décrira le méridien terrestre, et sa partie interceptée entre le méridien et la courbe sera le rayon correspondait du degré du méridien; cette courbe est ce que les géomètres nomment développéeu méridien. Considérons mainted nant commc le centre de la Terre l'intersection du diamètre de l'équateur et de l'axe du pôle; la sommedes deux tangentes à la développée du méridien, menées de ce centre, la première suivant l'axe du pôle et la secondesuivant le diamètre de l'éclualcur, sera plus grande que l'arc de la développée qu'elles comprcnncnt entre elles; or le rayon mené du centre de la Tcrre au pôlc boréal est égal au rayon du degré polaire moins la première tangente; le demi-diamètrede l'équateur est égal au rayon du degré du méridien à l'équateur plus la seconde tan-

LIVRE

L-

CHAPITRE

XIV.

71

gcnte; l'excès du demi-diamètre de l'équateur sur le rayon terrestre du pôle est donc égal à la somme de ces tangentes, moins l'excès du rayon du degré polaire sur le rayon du degré du méridien à l'équateur; ce dernier excès est l'arc même de la développée, arc qui est moindre que la somme des tangentes extrêmes; donc l'excès du demidiamètre de l'équateur sur le rayon mené du centre de la Tereau pôle boréal est positif. On prouvera de même que l'excès de ce dcmi-diamèlrc sur le rayon mené du ccntrc de la Terre au h6lc austral est positif l'axe entier des hôlcs est donc moindre que le diamètre de l'équatcur, ou, ce qui revient au même, la Terre est aplatie dans le sens des pôles. En considérant chaque partie du méridicn comme le développement d'un arc très petit de sa circonférence osculatrice, il est facile de voir que le rayon mené du centre de la Terre à l'extrémité de t'arc la plus voisine du hôle est plus petit que le rayon mené du même centre à l'autre extrémité, d'où il suit que les rayons terrestres vont en croissant des pôles à l'équateur, si, comme toutes les observations l'incliquent, les degrés du méridien augmentent de l'équateur aux looles. La différence des rayons des degrés du méridien au loolcet à l'équateur est égale à la différence des rayons terrestres correspondants, plus à l'excès du double de la développée sur la somme des deux tangentes extrèmcs, excès clui est évidemment positif; ainsi les degrés des méridiens croissent de l'équatcur aux pôles, dans un plus grand rapport que celui de la diminution des rayons terrestres. Il est clair que ces démonstrations ont encore lieu dans le cas où les deux hémisphères boréal et austral ne seraient pas égaux et semblables, et il est facile de les étendre au cas où la Terre ne serait pas un solide de rcvotution. On a élevé des principaux lieux de la Franche,sur la méridienne de l'Ohservatoire de Paris, des courhes tractées de la même manière que cette ligne, avec cette différence que le preniier côlé, toujours langent à la surfacc de la Terre, au lieu d'être parallèle au plan du méridien céleste de l'Observatoire de Paris, lui est perpendiculaire. C'est par la

72

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONADE.

longueur de ces 'courbes et par les distances de l'Observatoire aux points ou elles rencontrent la méridienne que les positions de ces lieux ont été déterminées. Ce travail, le plus utile que l'on ait fait en Géographie, est un modèle que les nations éclairées s'empressent d'imiter et qui sera bientôt étendu à l'europe entière. On ne peut pas fixer par des opérations géodésiques les positions respectives des lieux séparés par de vastes mers, et il faut alors recourir aux observations célestes. Laconnaissance de ces positions est un des plus grands avantages que l'Astronomie nous ait procures. Pour v parvenir, on a suivi la méthode dont on avait fait usage pour former le catalogue des étoiles, eu concevant sur la surface terrestre des cercles correspondants à ceux que l'on avait imaôinés dans le ciel. Ainsi l'axe de l'équateur céleste traverse la surface de la Terre dans deux points diamétralement opposés, qui ont chacun à leur zénith un des pôles du monde, et que l'on peut considérer comme les pôles de la Terre. L'intersection du plan de l'équateur céleste avec cette surface est unc circonférence qui peut étre regardée comme l'équateur terrestre; les intersections de tous les plans des méridiens célestes avec la même surface sont autant de lignes courbes qui se réunissent aux lôlcs, et qui sont les méridiens terrestres, si la Tcrre est un solide de révolulion, ce que l'on peut supposer en Géographie sans erreur scnsihle. Enfin, de petites circonférence tracées sur la Terre, parallèlement à l'équateur, sont les parallclcs terrestres, et celui d'un lieu quelconque répond au parallèle céleste qui passe à son zénith. La position d'un lieu sur la Terre est déterminée par sa distance à l'équateur ou par l'arc du méridien terrestre compris enlre l'équateur et son parallèle, et par l'angle que forme son méridien avec un premier méridien, dont la position est arbitraire et auquel on rapporte ainsi tous les autres. Sa distance à l'équateur dépend de l'angle compris entre son zénitlr et l'équateur céleste, et cet angle est évidemment égal à la hauteur du pôle sur l'horizon cette hauteur est ce que l'on nomme latitude en Géographie. La longitude est l'angle que le méridien d'un lieu fait avec le premier méridien; c'est l'arc de l'équateur

LIVRE

1. — CHAPITRE

XIV.

73

Ellc est orientale ou occidentale, compris entre les deux méridiens. l'orient ou à l'occident suivant que le lieu est du premier méridien. L'observation de la hauteur du pôle donne la latitude; la longitude se détermine au moyen d'un phénomène céleste observé à la fois sur dont on cherche la position respective. les méridiens Si le méridien d'où l'on compte les longitudes est à l'orient de celui dont on cherche la longitude, y parviendra plus tôt au méridien céleste; si, par exemple, l'angle formé par les méridiens terrestres est le quart de la circonférence, ta différence entre les instants du midi sur ces mésera le quart du jour. Supposons donc que, sur chacun d'eux, on observe un phénomène qui arrive au même instant physique pour tous les lieux de la Terre, tel que le commencement ou la lin d'une ridiens la différence des heures de Lune ou des satelli tes de Jupiter; les observateurs, au moment du phénomène, sera au que compteront la eirjour entier comme l'angle formé par les deux méridiens est éclipse conférence. Les éclipses de Soleil et les occultations des étoiles par la Lune fournissent des moyens plus exacts pour avoir les longitudes, par la précision avec laquelle on peut observer le commencement ou la lin le Soleil

de ces phénomènes ils n'arrivent pas, à la vérité, au même instant physique pour tous les lieux de la Terre; mais les éléments du mouvement lunaire sont suffisamment différence. connus pour tenir compte exactement de cette

Il n'est pas nécessaire, la longitude d'un lieu, que pour déterminer le phénomène céleste observé l'ait été sous te premier méridien; il suffit qu'on l'ait observé sous un méridien dont la position à l'égard du premier méridien soit connue. C'est ainsi qu'en liant les méridiens les uns aux autres, on est parvenu :1 déterminer la position respective des points les plus éteignes de la Terre. Déjà les longitudes et les latitudes été déterminées par des observations reurs sur la situation et l'étendue été corrigées; du commerce d'un grand nombre de lieux ont eront de grandes astronomiques; des pays anciennement connus

on a fixé la position des nouvelles contrées que l'intérêt et l'amour des sciences ont fait découvrir. Mais quoique OEuvres L. VI. de 10
J

74 les voyages accru encore. ferment des nos

EXPOSITION entrepris connaissances dans

DU SYSTÈME ces derniers

DU temps il reste

MONDE. aient considérablement à découvrir renque

géographiques, et celui

beaucoup

L'intérieur des pays

de l'Afrique immenses, et

de la Nouvelle-Hollande inconnus; contradictoires livrée des nous sur jusqu'ici pour n'avons

entièrement souvent

relations

incertaines desquels attend leur position. et la latitude sur la Terre; de

beaucoup au hasard fixer irré-

d'autres, des

il l'égard

la Géographie, l'Astronomie

conjectures,

lumièrcs

vocablemcnt La longitude tion d'un lieu une du

ne suffisent il faut joindre

pas pour à ces qui

déterminer deux ordonnées

la posihoriau-

zontales dessus utile

troisième des des

ordonnée mers. C'est

verticale, ici que

exprime

sa hauteur trouve

niveau

le baromètre

sa plus in-

application; répandront que

observations sur la figure a déjà

nombreuses de la Terre données sur

et précises en hauteur ses deux

de cet les

strument lumières sions. C'est pour

mêmes dimen-

l'Astronomie

autres

principalement que celle sur les astres des lieux

au navigateur, et sa boussole, oit il doit

lorsqu'au qu'il

milieu importe

des

mers

il n'a sa

guide

de eonnaitrc qui

position, contrent servation

aborder

et des

écueils sa latitude

se renpar l'oh-

sa route.

Il peut

aisément

connailrc

de la hauteur répétiteur Mais un

des astres; ont donné

les heureuses :1 ce genre

inventions d'observations mouvement manière

de l'octant une exacse les

et du cercle titude

inespérée. dans

le ciel, peu

en vertu près de

de son

diurne, tous

présentant points auquel sa vitesse dans vées,

jour

la même navigateur

de son

parallèle, Pour

il est difficile suppléer de son aux

au

de fixer célestes,

le point il mesure sa marche obserdépart. meuvent la nuit, par que son les

il répond.

observations

et la direction des parallèles, sa cette

mouvement;

il en conclut avec au à des aux

le sens

et, en la comparant relativement t'expose

ses latitudes lieu de son qui pendant éloigné

il détermine de funestes, côtes C'est ou pour

longitudes méthode

L'inexactitude lui devenir près estime. des

erreurs vents

quand des bancs

il s'abandonne dont à l'abri

il se croit

encore

le mettrc

de ces dangers

qu'aussitôt

LIVRE

I.

CHAPITRE

XIV.

75

ont pu faire espérer des méthodes progrès des arts et de l'Astronomie se sont à la mer, les nations commerçantes pour avoir les longitudes de diriger par de puissants les vues des empressées encouragements savants et des artistes sur cet important objet. Leurs vœux ont été des montres marines, et par l'extrême remplis par l'invention précision à laquelle on a porte les Tables lunaires, deux moyens bons en et qui deviennent encore meilleurs en se prêtant un mueux-mêmes, tuel appui. Une montre et qui, bien réglée dans un port dont la position est connue, sur un vaisseau, conserverait la même marche. transportée

indiquerait à chaque instant l'heure que l'on compte dans ce port. Cette heure étant comparée à celle que l'on observe à la mer, le rapport de leur différence au jour entier serait, comme on l'a vu, celui de la différence d'avoir des longitudes à la circonférence. Mais il était difficile de pareilles montres; les mouvements du vaisseau. irréguliers de la température et les frottements dans des machines aussi délicates étaient inévitables autant et très d'obstacles

les variations sensibles

à leur exactitude. On est heureusement qui s'opposaient parvenu à les vaincre, et à exécuter des montres qui, pendant plusieurs mois, contrès peu près uniforme, et qui donnent ainsi le servent une marche le plus simple d'avoir les longitudes à la mer; et comme ce moyen est d'autant plus précis que le temps pendant lequel on emproie ces montres sans vérifier leur marche est plus court, elles sont moyen la position respective des lieux fort voipour déterminer sins elles ont même 11cet égard quelque avantage sur les observations dont la précision n'est point augmentée astronomiques, par le peu des observateurs. d'éloignement très utiles éclipses des satellites de Jupiter, qui se renouvellent fréquemau navigateur un moyen facile de connaître sa lonment, offriraient la mer: mais les tentatives gitude, s'il pouvait les observer que l'on a faites pour surmonter les difficultés qu'opposent à ce genre d'obserLes vations tueuses. les mouvements La Navigation ont été jusqu'à présent infrueet la Géographie ont cependant retire de grands du vaisseau

76

EX POSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

avantages de ces éclipses, et surtout de celles du premier satellite, dont on peut observer avec précision le commencement ou la fin. Le les emploie avec succès dans ses relâches; il a besoin, à la navigateur vérité, serait de connaître t'hcurc laquelle connu, la même vue sous un méridien éclipse qu'il observe la différence des heures

la dinercnce que l'on compte sous les méridiens de leurs longitudes. Mais les Tables du premier satellite de Jupiter, de nos jours, donnent pour le méricousiderablement perfectionnées dien de Paris les instants de ses éclipses avec une précision presque mêmes. égale à celle des observations L'extrême difficultté d'observer sur mer ces éclipses courir aux autres phénomènes célestes, parmi lesquels rapide a forcé de rele mouvement

puisque est ce qui détermine

des de la Lune est le seul qui puisse servir à la détermination terrestres. La position de la Lune, telle qu'on l'observerait longitudes du centre distances ment de la Terre, peut aisément se conclure de la mesure de ses au Soleil et aux étoiles; les Tables de son mouvcl'heure

que l'on compte sous le premier méridien lorsque l'on y observe la même position, et le navigateur, en la à l'heure qu'il compte sur le vaisseau au moment de son comparant détermine sa longitude par la différence de ces heures. observation, de cette Pour apprécier l'exactitude qu'en vertu de l'erreur de l'observation, méthode, on doit considérer le lieu de la Lune, déterminé

angulaires donnent ensuite

ne répond pas exactement à l'heure désignée par par l'observateur, son hortoge, et qu'en vertu de l'erreur des Tahtes, ce même lieu ne sous le se rapporte pas à l'heure correspondante qu'elles indiquent la différence de ces heures n'est donc pas celle que premier méridien; et des Tahtes rigoureuses. une observation donneraient Supposons que dans cet inl'erreur commisse sur ccltc différence soit d'uue minute; tervalle, 40' de l'équateur sur la longitude c'est l'erreur corsespassent au méridien; du vaisseau, et qui, à l'écluateur, est d envielle mais clic est moindre sur les parallèles d'ailleurs, des distances plusieurs de

podante ron 40000m;

multipliées peut être diminuée par des observations la Lune au Solcil et aux étoiles, et répétées pendant

jours,

LIVRE pour compenser et détruire et des Tables. senation Il est visible

1.

CHAPITRE

XIV. les erreurs

77 de l'ob-

les unes par les autres

à que les erreurs sur la longitude, correspondantes sont d'autant moindres que le celles des Tables et de l'observation, mouvement de l'astrc est plus rapide; ainsi les observations de la Lune à celles de la Lune apogée. Si périgée sont, à cet égard, préférables l'on employait le mouvement du Soleil, treize fois environ plus lent que celui de la Lune, les erreurs sur la longitude seraient treize fois d'où plus grandes; dont le mouvement il suit que, de tous les astres, la Lune est le seul soit assez prompt pour servir à la détermination à la mer; on voit donc combien il était utile d'en per-

des longitudes fectionner les Tables. Il est à désirer

au lieu de rapque tous les peuples de l'Europe, porteur au méridien de leur premier observatoire les longitudes géograà les compter d'un même méridien donné par la phiques. s'accordent nature elle-même, sûrement dans tous les temps, pour le retrouver dans leur géographie, la même uniformité que et leur arithmétique, uniformisé qui, déjà leur calendrier présentent formerait étendue aux nombreux objets de leurs relations mutuelles, Cet accord introduirait, de ces peuples drivers une immense famille. Ptolémée avait fait passer son premier méridien par les Canaries, comme étant la limite occine subsiste dentale des pays alors connus. Celle raison de préférence Mais l'une de ces ilcs nous plus depuis la découverte de l'Amérique. offre un des points les plus remarquables de la Terre, par sa hauteur et par son isolement, le sommet du pic de Ténériffe. On pourrait prendre, sou méridien avec les Hollandais, terrespour origine des longitudes astropar un très grand nombre d'observations aux principaux observatoires. Mais nomiques, sa position relativement soit que l'on convienne ou non d'un méridien commun, il sera utile aux siècles à venir de connaitre leur position avec exactitude par rapport au sommet de quelques leur hauteur et leur solidité, charpente immense montagnes toujours reconnaissables par telles que le mont Blanc, qui domine la et inaltérable de la chaine des Alpes. tres, en déterminant,

78

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

Un phénomène très remarquable, dont nous devons la connaissance est la variation de la pesanteur à la suraux voyages astronomiques, Cette force singulière anime dans le même lieu tous a leurs masses, et tend à leur imprimer les corps proportionnellement dans le même temps des vitesses égales. Il est impossible, au moyen d'une balance, de rcconnaitre ses variations, affectent puisqu'elles le corps que l'on pèse et le poids auquel on le compare; également mais on peut les déterminer en comparant ce poids une force constante telle que le ressort de l'air à la même température. Ainsi, en dans divers licw un manomètre rempli d'un volume d'air transportant dont la tension élève une colonne de mercure dans un tube intérieur, il est visible que, le poids de cette colonne devant toujours faire équilibre au ressort de cet air, sa hauteur, lorsque la température sera ta dont elle indiquera même, sera réciproque à la force de la pesanteur les variations. Les observations consequemment encore un moyen très précis pour les déterminer; ces oscillations est l'une moindre. du pendule offrent car il est clair que doivent être plus lentes dans les lieux on la pesanteur Cet instrument, dont l'application aux horloges a été face de la Terre.

des principales causes des progrès de l'Astronomie moderne et de la Géographie, consiste dans un corps suspendu à l'extrémité d'un fit ou d'une verge mobile autour d'un point fixe placé à l'autre extréde sa situation verticale; un peu l'instrument en l'ail fait de petites oscillabandonnant ensuite l'action de la pesanteur, tions, qui sont à très peu près de la même durée, malgré la différence des arcs décrits. Cette durée dépend de la grandeur et de la figure du mité. On écarte suspendu, de la masse et de la longueur de la verge; mais les géomètres ont trouvé des règles générales pour déterminer, par l'observation des oscillations d'un pendule composé de figure quelconque, la longueur d'un pendule don) les oscillations auraient une durée corps connue. et dans lequel la masse de la verge serait supposée nulle par à cette du corps considère comme un point infiniment dense.

rapport C'est ce pendule idéal, nommé pendule simple, que l'on a rapporté toutes les expériences du pendule, faites dans divers lieux de la Terre.

LIVRE Richer,

I.

— CHAPITRE XIV.

79

envoyé en 1672 à Caycnne par l'Académie des Sciences pour trouva que son horloge, réglée y faire des observations astronomiques, à Paris sur le temps moyen, retardait chaque jour Cavenne, d'une sensible. Celte intéressants observation donna la première quantité de la pesanteur à l'équaleur. Elle a preuve directe de la diminution été répétée avec beaucoup de soin dans un grand nombre de lieux, en tenant compte de la résistance de l'air et de la température. Il résulte de toutes les mesures observées du pendule secondes, qu'il augmente de l'équateur aux pôles. En prenant pour unité la longueur du pendule qui fait, à l'OLservatoirc de Paris, cent miHc oscillations par jour, on a trouvé sa lonau niveau des mers, tandis qu'en gueur égale à 0,99669 à l'équateur à 74°, 22 de hauteur du pôle, on l'a observée égale I,00137. très exactes et très multipliées, a trouve Borda, par des expériences de Paris la longueur prise pour unité et réduite au qu'a l'Observatoire vide est de 0m,741887. Laponie, des longueurs du pendule, en allant de l'équateur aux pôles, est sensible même sur les divers points du grand arc du méridien qui traverse la France, comme on le voit par le Tableau suivant, des expériences Arago et Mathieu résultat nombreuses et précises faites par MM. Biot, L'accroissement

à Dunkerque et à Bordeaux donnent, par l'interpolation, 0m,7416274 pour la longueur du pendule à secondes, sur les côtes de France, au niveau de la mer, à 50° de hauteur du pôle. observées Cette longueur et celle du degré du méridien, dont le milieu répond au même point, serviront à retrouver nos mesures, si par la suite des temps elles viennent à s'altérer.

Les longueurs

80

EXPOSITION L'accroissement du pendule

DU SYSTÈME offre moins sa soit plus du mesure, que moins les

DU MONDE. de régularité rapport lllus causes des tacite yuc carrés celui des

degrés

du

méridien; du pôle,

il s'écarte soit que

des sinus des de En sur prend de

de la hauteur degrés, prête

que cette

moins

à l'erreur, produisant

perturbatrices sur la pesanteur. jusqu'à que, si présent l'on

la régularité comparant cet pour objet unité

de la Terre entre dans elles divers

d'effet faites trouve

toutes lieux du

les observations de la Terre, pendule on

la longueur aux pôles

à l'équateur,

son accroissement le carré

l'équateur

est égal

au produit

de 51/10000 par

du sinus

de la latitude. On a remarque lion dans encore, au moyen au sommet nombre du des pendulé, hautes une petite diminuBouguer Il a trouve exprimée de ce dimia

la pesanteur, objet

montagnes, au Pérou. de la mer de 2857m étant

fait sur cet que, par

un grand

d'expériences niveau élevé

la pesanteur l'unité, elle est

à l'équateur 0,999249

et au à Quito,

au-dessus Cette

niveau, nution ment

et 0,998816 de la pesanteur

sur le Pichincha, des donne hauteurs lieu

à 4744m toujours

de hauteur. très que petites

relativediminue

ail rayon

terrestre

de penser

celte

force

considérablement Les riable observations et facile

à de grandes du retrouver comme pendule, dans

distances en tous

du centre fournissant les temps,

de la Terre. une ont tongucur fait voir les naître inval'idée

de l'employer prodigieux peuples, modes de mais pour

mesures en

universelle. usage, nation, non

On ne peut seulement divisions chez

le nombre différents et incom-

mesures dans

la même

leurs

bizarres

les calculs,

la difficulté

de les conuailre qui en résultent grands l'adoption services d'un

et de les compadans que système le commerce, les gouvernede mesures au mesure qui calcul, fonda-

reer, enfin sans ments dont et qui mentale

t'embarras comme rendre

et les fraudes l'un des plus

regarder puissent les

à la société

divisions

uniformes

se prêtent la moins

le plus arbitraire

facilement d'une

dérivent indiquée

de la manière par la nature réunirait son

elle-même. à l'avantage suivi par

Un peuple d'en les

se donnerait les premiers dont il

un semblable fruits celui

système de voir

recueillir autres

exemple

peuples,

LIVRE ainsi l'emporte tous furent de des de les les cet

1.

CHAPITRA car sur s'opposent

XIV.

81 de et sursenti. à nouveau commisplusieurs

deviendrait la monte Tels charger système saires membres L'identité aucun mesures parer la les facilité doute en raison

le

bienfaiteur; à la longue qui qui

l'empirc les

lenl, jalousies au bien

mais

irrésistible,

nationales, généralement constituante Le des de

obstacles motifs important

déterminèrent objet l'Académie est par le le résultat zèle

l'Assemblée des du et les Sciences. travail lumières

poids

et

mesures secondés

l'Académie, de la du sur parties

Représentation calcul les décimât avantages décimale; des mêmes multilllicalions opérations encore au

Nationale. et de il de ta suffit. et sur moyen et les des peu celui des nombres de s'cn divisions entiers, toutes convaincre, complexes facilité dont l'usage n'est leur eut aussi de mesures a des la on extrêmepoint entiers les fie laisse de comavec qui peut

division pour des

espèces de

difficultés des t plus par

nombres logarithmes, coûteux,

devient rendre, ment divisible rend lui aurait aurait d'exiger nombres, quelle perdu tique, ne de très procurer

grande des

instruments A la et L'addition vérité, par

simples notre quatre, de deux un avec l'échelle les produits

populaire. par usuels. cet trois

échelle deux diviseurs

arithmétique que caractères

simplicité suffi pour

nouveaux changement le système

avantage;

mais rejeté

considérable qu'on lui

été

infailliblement n'aittcurs, l'on ce qui retienne surpasse décimale qui de donc faire point dans d'une fut on du qu'offre de 1.. VI. donna pendule la le

subordonne, que

duodécimale deux étendue proportionnée. a donné naissance les doigts :1 deux de

l'inconvénient onze mémoire, premiers à on aurait la-

l'ordinaire est bien

l'échelle l'avantage celui balança l'uniformité toutes La à question

Enfin, à notre de et on de cette ses la pour résolut divisions mesure

probablement servir à à adopter système mesure réduite nom et nature de celle pour la

arithmémain. mettre de les décriuniverOn

numération la entier division des linéairc au mètre. du fixer méridien l'unité choix

décimale, mesures, et de

dériver males. selle La paux

même ainsi le

laquelle

longueur moyens OEovres

sont des II

les mesures

deux

princilinéaires.

82

EXPOSITION DU SYSTÈMEi)U MONDE.

Indépendants l'un et l'autre des révolutions morales, ils ne peuvent éprouverd'altération sensible que par de très grands changementsdans la constitution physique de la Terrc. Le premier moyen, d'un usage facile, a l'inconvénient de faire déprendrela mesure de la distance de deux élément qui lui sont hétérogènes, ta pesanteur et le temps,dont la division est d'ailleurs arbitraire, et dont on ne pouvaitpas admettre la division sexagésimalepour fondement d'un systèmedécimal de mesures. On se détermina donc pour le second moyen, qui parait avoir été employé dans la plus haute antiquité, tant il est naturel i l'homme de rapporter les mesures itinéraires aux dimensions mêmesdu globe qu'il habite, en sorte clu'en se transportant sur ce gtohe, il connaisse, par la scule dénominalion de l'espace parcouru, le rapport de cet espace au circuit entier de la Terre. On trouve encoreà cela l'avantage de faire correspondre les mesures nautiques avecles mesures célestes. Souvent le navigateur a besoin de déterminer l'un par l'autre le chemin (lll'll décrit et l'arc céleste compris entre les zénithsdes lieux de son départ et de son arrivée; il est donc intéressant que l'une de ces mesures soit l'expression de l'autre, à la différence près de leurs unilés. Mais pour cela, l'unitc fondamentale des mesures linéaires doit ètre une partie aliquote du méridien terrestre, qui correspondre l'une à des divisionsde la circonférence.Ainsi le choix du mètre fut réduit à cclui de l'unité des angles. L'angle droit est la limite des inclinaisons d'une ligne sur un plan, et de la hauteur des ohjcts sur l'horizon; d'ailleurs, c'est dans le prcmiter quart de la circonférence que se forment les sinus et généralement toutes les ligues que la Trigonométrie emploie et dont les rapprls avec les rayons ont été récluilsen Tables; il était donc naturcl de prendre l'angle droit pour l'unilé des aigles, et le quart de la circonférence pour l'unité de leur mcsure. On le divisa en parties décimales, et pour avoir des mesures correspondantes sur la Terre, on divisadans les mêmes parties le quart du méridien terrestre, cc qui a été fait dans l'antiquité; car la mesure de la Terre citée par Aristote, et dont l'origine est inconnue, donne iooooo stades au quart du méridien, Il ne

LIVRE 1.

CHAPITREXIV.

83

s'agissait plus que d'avoir exactement sa longueur. Ici deux questions se présentaient à résoudre. Quel est le rapport d'un arc du méridien, mcsuré à une latitude donnée, au méridien entier? Tous les méridiens sont-ils semblables?Dansles hypothèses les plus naturcllcs sur la cond stitution du sphéroïde terrestre, la différence. es méridiensest insensihlc, et le degré décimal dontle milieu répond à 50°de latitude est ta centième partie du quart du méridien; l'errcur de ces hypothèses ne pourrait influer que sur les distancesgéographiquesoùelle n'est d'aucune importance. On pouvait donc conclure la grandeur du quart du méridien de celle de l'arc qui traverse la France depuis Dunkerque jusqu'aux Pyrénées, et qui fut mesuré en 1740 par les Académiciens français. Mais une nouvelle mesure d'un arc plus grand encore,faite avec des moyens plus exacts, devant inspirer en faveur du nouveau système des poids et mesures un intérêt propre à le répandre, on résolut de mesurer l'are du méridicn terrestre, compris entre Dunkerque et Barcelone. Ce grand arc, prolongé au sud jusqu'à Formcntera et au nord jusqu'au parallèle de Greenwich, et dont le milieu répond à très peu près au parallèle moyen entre le pôle et l'équalcur, a clonnéla longucur du quart du méridien égal à 5130740toises. On a pris la dix-millionième partie de cette longucur pour le mètre ou l'unilé des mesures linéaires. La décimale au-dessus eût été trop grande; la décimale au-dessous trop petite, et le mètre, dont la longueur est de 0T,513074, remplace avec avantage la toise et l'aunc, deux rlc nos mesures les plus usuelles. Toutes les mesures dérivent du mètre de la manièrc la plus simple les mesures lincaires en sont des multiplcs et des sous-mullihlcs décipaux. L.'unitédes mesures de capacité est le cube de la dixièmepartie du mètre on lui a donné le nom de litre. L'unité des mesures suherficielles pour le terrain est un carré dont le côté est de 10 mètres elle se nomme are. Ona nommétée unvolumede boisde chauffageégal à unmètrc cubc. s L'unité de poids, que l'on a nomméegramme, est le poids de la mil-

84
lionième maximum repondpoiutau du l'eau ment solide. thermomètre. commence

EXPOSITIONDUISYSTÈMEnu MONDE.
partie d'un mètre cube d'eau distillée dans le vide, et à son ne de densité. degré Par une singularité de la congélation; ce maximum

remarquable, mais au-dessus,

vers 4 degrés température, à l'accroissefluide à l'état les à l'état plus de suite cireux il en réla pile de dans l'on poids

Un se refroidissant à se dilater qu'elle de nouveau, dans

au-dessous

de cette ainsi

et se prépare passage une

de volume On

reçoit l'eau

son étant amener

de l'état des

a préfère et celle

comme peut

substances facilement par d'un

homogènes, pureté._M. d'expériences de cuivre, suite que

que

l'on

le lrlus

Le Fèvrec-Gineau délicates dont la que

a déterminé

le gramme, spécifique avec un soin

une longue cylindre

sur la pesanteur le volume

il a mesuré supposée conserve

extrême; de

livre, l'on

la vingt-cinquième à la Monnaie Le poids est de Paris, de 1000 donc

partie

50 marcs le rapport nomme de marc Pour mètre chargés dans

est au gramme grammes, que

de 489,5058 kilogramme multipliée conserver ou par

à l'unité. livre

décimale,

égal

à la livrc

2,04288. de tongueuret exécutes ces mesures sous les de poids, yeux par de des eux, Paris. des étalons du

les mesures

et

du

kilogramme,

commissaires sont déposes

de déterminer les Archives

et vérifiés

Nationales

et à l'Observatoire qu'à un degré

Les étalons

du mètre on a choisi

ne le représentent celui des ne de la glace

déterminé le plus

de température fixe et le plus du kilopresles l'a à se-

fondante

comme

indépendant gramme sion temps donne, condes; Toutes surtout unité sa

modincations son

de l'atmosphère. poids Pour que dans

Les élalons le vide, le mètre du grand

représentent de être

ou à une dans arc

insensible sans

l'atmosphère. de recourir son

retrouver

tous qui

obligé

il la mesures

il importait cet objet

de fixer a été

rapport par Borda

à la longueur de la manière sans cesse décimales. partie au

du pendule la plus

rempli étant

précise. il était à son et des

les mesures important

comparées

à la monnaie, On a donne s'appelle franc les

de la diviser d'argent; centime. de cuivre

en parties sa dixième On a rapporté

le nom

de frane partie

décime, valeurs

centième

pièces

de monnaie

et d'or.

LIVRE 1.

CIIAPITIIE XIV.

85

Pour faciliter le calcul de l'or et de l'argent fin contenus dans les pièces de monnaie, on a fixé l'alliage au dixième de lèur poids, et l'on a égalé celui du franc à 5 grammes. Ainsi, le franc étant un multiple exact de l'unité de poids, il peut servir à peserles corps, ce qui est utile au commerce. Enfin, l'ttniforroilé du système entier des poids et mesures a exigé que le jour fut divise en dix heures, l'heure en cent minutes, et la minute en cent secondes. Cette division, qui va devenirnécessaireaux astronomes, est moins avantageuse dans la vie civile, où l'on a peu d'occasions d'employer le temps comme multiplicateur ou comme diviseur. La difficulté de l'adapter aux horloges et aux montres, et nos rapports commerciaux en horlogerie avec les étrangers ont fait suspendre indéfiniment son usage. On peut croire cependant qu'à la longue la division décimale du jour remplacera sa division actuelle, qui contraste trop avec les divisions des autres mesures pour n'être pas abandonnée. Tel est le nouveau système des poids et mesures, que les savants ont offertà la ConventionNaliouale, qui s'est empressée de le sanctionner. Ce système, fondé sur la mesure des méridiens terrestres, convient également à tous les peuples. Il n'a de rapport avec la France, que par l'arc du méridien qui la traverse. Maisla position de cet arc est si avantageuseque les savants de toutes les nations, réunis pour fixerla mesure universelle, n'eussent point fait un autre choix. Pour multiplier les avantages de ce système et pour le rendre utile au monde entier, le Gouvernement fiançais a invite les puissances étrangères à prendre part à un objet d'un intérêt aussi généra!. Plusieurs ont envoué à Paris des savants distingués, clui, réunis aux commissairesde l'Institut National, ont déterminé par la discussion des observationset des expériences les unités fondamentalesde poids et de longueur, en sorte que la fixation de ces unités doit être regardée comme un ouvrage commun aux savants qui y ont concouru et aux peuples qu'ils ont représentés. Il est donc permis d'espérer Ilu'un jour ce système, qui réduit toutes les mesures et leurs calculs l'échelle et aux opéraJ

86

EXIOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

fions les plus simples de l'arithmétique décimale, sera aussi généralement adopté que le systèmede numérationdont il est le complément, et qui sans doute eut à surmonter les mêmes obstacles que les préjugés et les habitudes opposent à l'introduction des nouvelles mesures; mais une fois introduites, ces mesures seront maintenues par ce même pouvoir, qui, joint à celui de la raison, assure aux institutions humaines une éternelle durée.

LIVRE I.

CIIAI'ITRE XV.

87

CHAPITRE XV.
DU FLUX ET DU REFLUX DE LA MER OU DES VAWATIONS DIURNES DE SA FIGURE.

Quoique depuis animent, jour nom par

la Terre

et les l'étal la qui

fluides

qui

la recouvrent l'équilibre change périodiques, une un les chose ciel

aient des à chaque

du

prendre qui les du le

longtemps cependant des

convient de la mer et C'est

forces

figure

instant sous étonnante la vive se

oscillations et reflux dans un

régulières de la mer.

connues vraiment serein,

de flux

que de voir, tion avec de cette

temps masse

calme fluide,

et par dont

agitabriser

grande contre

flots

viennent invite pour

impétuosité

les rivages. pénétrer il faut dans tous

Ce spectacle ta cause; avant ses tout détails. il faut mais

à la réflexion ne pas s'égarer les lois causes de ce

et l'ait naitre dans de vaines

le désir

d'en

hypothèses, et le suivre en altérer

connaitre Mille considérer des causes moyens par

phénomène, telles grand venant apercevoir son pouvant nombre

accidenun

la marelle, afin que,

à la fois passagères

d'observations,

les effets résultats encore, chacun

à se détruise que les des cela ne

mutuellement, effets réguliers.

les

ne laissent combinaien éviétant la probaOn sont

Il faut mettre Les

une

avantageuse Mais

observations, suffit point.

de ces effets des observations

dence. toujours bilité sent, d'autant et c'est plier

résultats

susceptibles que il est plus ce qui, ces erreurs que,

d'erreurs, sont pour

il est nécessaire renfermées une même dans des

de connaitre limites ces plus

données. limites

vrai,

probabilité, sont

rapprochées dans tous

que les

les observations temps, Mais a porté

nombreuses, à multi-

les observateurs général

les faits

et les expériences.

cet aperçu

ne détermine

88

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONADE.

pas le degré de précision des résultats; il ne fait point connaître le nombre des observations nécessaires pour obtenir une probabilité déterminée. Quelquefois même il a fait rechercher la cause de phénomènes qui n'étaient dus qu'au hasard. Le Calcul des probabilités peut sent faire apprécier ces objets, ce qui rend son usage de la plus haute importance dans les sciences physiques et morales. Au commencement du dernier siècle et sur l'invitation de l' Academie des Sciences, on fit dans nos ports un grand nombre d'observalions des marées; elles furent continuées chaque jour à Brest, pendant six années consécutives. La situation de ce port est très favorable ;1ce genre d'observations. Il communique avec la mer par un vaste et longcanal, au fond auquel le port a été construit. Les irrégularité du mouvementde la mer ne parviennent ainsi dans ce port que très affaiblies, à peu près comme les oscillations que les mouvements du vaisseau impriment à la colonne de mercure d'un baromètre sont atténuées par un étranglement du tube de cet instrument. De plus, les marées étant fort grandes à Brest, les variations accidentelles n'en sont qu'une faible partie, et si l'on considère spécialement, comme je l'ai rait, les excès des hautes mers sur les basses mers voisines, les vents, cause principale des irrégularités du mouvementde la mer, ont sur les résultats peu d'influence, parce que, s'ils élèvent une haute mer, ils soulèvent à peu près autant la basse mer qui la suit, ou qui la précède. Aussi l'on remarque dans ces résultats une grande régularité, pour peu que l'on muttiptie les observations. Frappé de cette régularité, je priai le gouvernementd'ordonner que l'on fit dans le port de Brest une nouvelle suite d'observations des marées, pendant une période entière du mouvementdes nœuds de l'orbite lunaire. C'est ce que l'on a bien voulu entreprendre. Cesobservationsdatent de l'année 1806, et elles ont été continuées, chaque jour, sans interruption. Un discutant toutes ces observations par la méthode dont je viens de parler, je suis parvenu aux résultats suivants, qui ne laissent aucun doute. La mer s'élève et s'abaisse deux foisdans chaque intervalle de temps

LIVRE

I.

CHAPITRE la est

XV.

89 au n,o35o50; est de méridien ainsi

compris rieur. tervalle en marée. intervalle. mum vers ou ces la La varie phases des les même syzygie suit ment tite. de est de Ce France, Plus basse hauteurs la basse sorte

entre L'intervalle moyen qu'il Le

deux

retours moyen de

consécutifs ces retours mers où

de

Lune de

supél'in-

entre y a des

deux jours ta

pleines solaires basse toutes

consécutives l'on à n'observe peu

0j,517525, seule cet maxila marée de-

qu'une également d'un de

moment Comme

de dans

mer les

divise grandeurs et aux

près

susceptibles la diminution des

d'un limites haute

minimum, sont ou de la la

l'accroissement proportionucts basse pleine et ses est mer. mer variations la plus elle plus mais haute un d'uue Pareillement, la troisième à peu des jour pleine n'est

carrés

temps

écoulés

puis

hauteur chaque de nouvelles quadratures. de la la

pas ont grande

constamment un vers et à rapport le temps la n'a point en troisième

la évident des plus

même; avec pleines petite lieu que, marée le

elle les cl vers jour si qui au la la mopeports

jour, Lune;

elle

lunes/ensuite La syzygie, au plus la pleine momeut grande. mer, s'observe les heures lorsqu'elle Nous pleines

diminue marée et

devient

Brest après, la

demi mer, si marée la

sorte

arrive la

quadrature qui la suit dans fort elle la

arrive est tous différentes. descend demi-somme du celte la

plus les

phénomène quoique la mer de mer dans plus considère mers étant mer s'élève

près marées est

également y pleine, soient plus totale au-dessus moyenne est de d'environ

dans

la des

suivante. deux

nommerons mers La des les attention

mairée

consécutives, valeur équinoxes, quadratures. ces celui des cet que il les résulte modifie de ces résultats, passages astre marées que

niveau totale elle

de

intermédiaire. les syzygies dans avec

marée 5m,50;

à Brest, de moitié Si des dlien, principale faibles lement naturel l'on hautes soit

esl

petite

on de a sur

voit la ce

que Lune

le

nombre au mérila plus pareilIl est

égal soit Mais

à

supérieur, influence.

inférieur, de ce

phénomène sont inl1ue lunaire.

quadratures le Soleil

que sur de OEuvres

les ce penser de L.

marées phénomène, que VI.

svzyies, et chacune qu'il

l'influence influences, si

elles

existaient 12

90 séparément, celle

EXPOSITION produirait de l'astre une marée un

DU SYSTÈME système au méridien, composée mer solaire de

nu

MONDE. dont la période serait

marées et que dans vers

du passage produit

le mélange

de ces deux mer lu-

systèmes nairc mer

laquelle

la haute

correspond solaire vers

à la haute les quadratures. du Soleil elles

les syzvgies,

et à la basse

Les déclinaisons quable des tales pandue noxialcs sur

et de la Lune diminuent de les

ont marées

une

influence

remar-

les marées; elles

totales

des syzygies les marées torééquinombre Lalande, solstices. que le Calquestion

équinoxes des

augmentent des solstices. les

la même Ainsi

quantité

quadratures que est les marées

l'opinion dans

généralement les d'un syzygies grand

sont par

plus

grandes

confirmée Cependant cette élevée opinion :1 une

la discussion plusieurs savants, parce

exacte

d'observations. ont révoqué s'est

et spécialement vers quelques ici

en doute, hauteur

que,

la mer cul des

considérable. pour

C'est décider

probabilités

devient des que la

nécessaire marées.

cette aux

importante ce Gâtent,

de la théorie on et des trouve marées

Un appliquant des marées

observations équiune sur

supériorité

syzygies avec des

noxialcs probabilité lesquels

quadratures plus grande aucun

solsticiales que doute. influe Tout d'une étant et cette

est indiquée

beaucoup on

de la plupart

faits

ne se permet de la Lune des marées

La distance sur la grandeur

:1 la Terre totales. avec rapport. pareillement

manière égal

très

sensible elles

d'ailleurs,

augmentent mais leil nière C'est totales vient demi est qu'à dans

et diminuent un plus grand

le diamètre

la parallaxe des distances mais

lunaires, du Sod'une ma-

Les variations sur les

à la Terre beaucoup

influent moins

marées,

sensible. vers les maxima de connaitre de leur des du maximum marées et vers les minima leur suit des marées variation. d'un jour voisines jusse On et

principalement qu'il est que

intéressant l'instant

la loi de à Brest totales

de voir

la syzygie; proportionnelle celui

la diminution au carré mer

qui

en sont cet

temps

écoulé

depuis

instant, totale

de la basse

intermédiaire

à laquelle

la marée

rapporte.

LIVRE I. Près de l'instant ture, l'accroissement du minimum

CHAPITRE

XV.

91

temps écoulé depuis diminution des marées totales Les déclinaisons sur ces variations stices n'est

qui suit Il'un jour et demi la quadrades marées totales est proportionnel au carré du il est à fort peu près double de la cet instant; vers leur maximum. très sensiblement

du Soleil et de la Lune influent la diminution

trois qu'environ l'accroissement des marées vers dante vers les syzygies des équinoxes; les quadratures est deux fois lllus grand dans les équinoxes que dans les solstices. encore Mais t'influence des distances La diminution plus considérable que cette des déclinaisons. des marées syzygies est presque trois fois plus grande vers le périgée de la Lune que vers son apogée. On observe encore, entre les marées du matin et du soir, de petites différences, qui dépendent des déclinaisons du Soleil

des marées vers les syzygies des solde la diminution cinquièmes correspon-

de la Lune à la Terre est

et de la Lune, et

Pour les rcqui disparaissent lorsque ces astres sont dans l'équateur. il faut comparer les marées du premier et du second jour connaitrc, les marées, très voisines alors après la syzygie ou après la quadrature; du maximum laissent ou du minimum, apercevoir On trouve ainsi qu'à varient facilement fort peu d'un jour à l'autre et la différence des deux marées d'un

Brest, dans les syzygies des solstices du matin du premier et du second jour après la syzygie sont plus petites que celles du soir de 1/6 de mètre à peu près; elles sont plus grandes de la même quantité dans les syzygies des sold'audans les quadratures de l'équinoxe stices d'hiver. Pareillement, même jour. d'été, les marées du premier et du second jour après la celles du soir de 1 de mètre à peu près; elles quadrature, surpassent sont plus petites de la même quantité dans les quadratures de l'équinoxe du printemps. tomne, les marées du matin, Tels sont, en général, les phénomènes que les hauteurs des marées offrent d'autres dans nos ports leurs intervalles phénoprésentent mènes que nous allons développer. Quand la pleine mer a lieu à Brest au moment de la syzygie, elle

92

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

suit l'instant de minuit ou celui du midi vrai de 0j,1780, suivant qu'elle arrive le matin oule soir. Cet intervalle, très différent dans des ports même fort voisins,'est ce que l'on nommeétablissement duport, parce qu'il détermine les heures des maréesrelatives aux phases de la Lune. La pleine mer qui a lieu ;1Urest au moment de la quadrature suil l'inslant de minuitoucelui duinidi vrai, de 0j,358. La marée voisine de ta syzygie avance ou retarde de 270s pour chaque heure dont elle précède ou suit la syzygie; la marée voisinede la quadrature avance ou retarde de 502spour chaque heure dont elle précède ou suit la quadrature. Les heures des marées syzygies ou quadratures varient avec les distances du Soleil et de la Lune la Terre, et principalement avec les distances de la Lune. Dans les syzygies,chaque minute d'accroissement ou de diminution dans le demi-diamètreapparent de la Lune fait avancer ou retarder l'heure de la pleine nier de 354s. Ce phénomène a également lieu dans les quadratures, mais il y est trois fois moindre. Les déclinaisons du Soleil et de la Lune influent pareillement,sur les heures des marées syzygies et quadratures. Dans les syzygies des solstices, l'heure de la pleine mer avance d'environ une minute et demie; elle retarde de la mumc quantité dans les syzygies des equinoxes. Au contraire, dans les quadratures des équinoxes, l'heure de la marée avance d'environ huit minutes, et elle relarde de la même quantité clansles quadratures des solstices. On a vu que le retard des maréesd'un jour l'autre est de o',o35o5 dans son état moyen, en sorte que, si la marée arrive 0j, r après le minuit vrai, clic arrivera le lendemain matin h 0j,13505. Mais ce retard varie avec les phases de la Lune. Il est le plus petit qu'il est possible, vers les syzyics, quand les maréestotales sont à leur maximum, et alors il n'est que de 0j,02723. Lorsque les marées sont à leur minimum ou vers les quadratures, il est le plus grand possible et s'élève à 0j,05207. Ainsi la différence des heures des marées correspondantes aux momentsde la syzygieet de la quadrature, et qui,

LIVRE

I.

CHAPITRE

XV.

93

par ce qui précède, est 0j,20642, augmente pour les marées qui suivent de la même manière ces deux phases, et devient peu près égale un quart de jour, relativement au maximum et au minimum des marées. Les variations des distances du Soleil et de la Lune à la Terre, el

celles de la Lune, influent sur les retards des marées principalement d'un jour a l'autre. Chaque minute d'accroissement ou de diminution dans le demi-diamètre apparent de la Lune augmente ou diminue ce retard de 258s, vers les syzygies. Ce phénomène les quadratures, mais il est trois fois moindre. Le retard a également lieu dans

des marées varie encore par la déclinaison des journalier deux astres. Dans les syzygies des solstices, il est d'environ une minute lllus grand que dans son élat moyen; il est plus petit de la même Au contraire, dans les quadratures des quantité dans les équinoxes. il surpasse sa grandeur équinoxes, moyenne près; il en est surpassé de la même quantité, solstices. que je viens d'exposer tions faites chaque jour à Brest, depuis Les résullats de quatre minutes a peu dans les quadratures des des observa-

ont été conclus

moment actuel. 1807 jusqu'au Il était intéressant de les comparer aux résultats semblables que j'avais tirés des observations faites dans le même port au commencement du dernier cord limites entre siècle. eux, J'ai trouvé leurs tous ces résultats petites différences dont les observations la nature :1 très peu près d'acétant comprises dans les sont

des erreurs

après un siècle d'intervalle, conforme à elle-même. Il suit

Ainsi, susceptibles. a été sur ce point retrouvée

de ce qui précède que les inégalités des hauteurs et des des marées ont des périodes très différentes intervalles les unes sont d'un demi-jour et d'un jour; d'autres d'un demi-mois, d'un mois, d'une celles demi-année et d'une année; d'autres enfin sont les mêmes des révolutions et du périgée de l'orbe tunairc sur les marées, de la par l'effet des déclinaisons à la Terre. des nœuds que dont

la position innue Lune et de ses distances

94

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

Ces phénomènes ont également lieu dans tous les ports et sur tous les rivages de la mer; mais les circonstances locales, sans rien change! aux lois des marées, ont une grande influence sur leur grandeur et sur l'heure de l'établissement du port.

LIVRE

1.

CHAPITRE

XVI.

95

CHAPITRE XVI.
DE L'ATMOSPHÈRE TERRESTRE ET DES RÉFRACTIONS ASTRONOMIQUES.

Un fluide à une équilibre 50°, du grande

élastique hauteur. du

rarc

et transparent comme dans tous

enveloppe les corps,

la Terre et son

et s'élève poids fait de

Il pèse mercure

à celui

le baromètre. fondante hauteur d'un d'où

Sur

le parallèle hauteur supposée

à la température baromètre au le poids

de la glace niveau de l'air des mers,

et à la moyenne qui pareil il suit s'abaisserait était peut volumc qu'en être

de 0m,76, clans de

est à celui à 10477,9; du baromètre

de mercure s'élevant alors près

le rapport 10m,4779,

de l'unité la hauteur

à très partout

peu

de 0m,001, sa hauteur ture étant

et que si la densité serait supposée lluides de 7963m. constante,

de l'almoshllèrc Mais sa l'air

la mème, sa tempéra-

est compressible; suivant une

densité, est

loi

générale qui le

des gaz comprime, inférieure, denses que l'on

et des

en vapeurs,

proportionnelle du baromètre.

au poids

et par

conséquent par qui

à la hauteur les couches de

Ses couches sont rares donc plus

comprimée que cclles-ci,

supérieures, plus en plus

deviennent de la Terre. lcur densité toutes vertical

à mesure en progéole faire

s'élève

au-dessus

Leur hauteur diminuerait en

croissant progression l'our

gression métrique, voir, riques renferme

arithmétique, si elles avaient, un canal

la même traversant

température. deux coucllcs la hlus

concevrons infiniment le canal,

atmosphéélevée, que

voisines. sera moins

La partie comprimée d'une enlre

de la couche que

la partie

correspondant de la petite étant

de la couche colonne d'air

la plus

basse,

quantité ces deux

égale parties.

au poids

interceptée

La température

9G supposée

EXPOSITION la même,

DU SYSTÈME

DU MONDE. des deux couches est

la différence

cette dernière difféà la différence proportionnelle rcncc est donc proportionnelle au poids de la petite colonne, et par au produit de sa densité par sa longueur, conséquent du moins, si l'on fait abstraction s'élève. de la variation Les deux couches de la pesanteur à mesure que l'on étant supposées infiniment voisines, la den-

de compression de leurs densités;

sité de la colonne inférieure;

peut être supposée la même que celle de la couche la variation différentielle de cette dernière densité est donc au produit de cette densité par la variation de la hausi l'on fait varier cette hauteur, de de la différentielle de la densité

proportionnelle teur verticale; quantités à la densité

par conséquent, toujours égales, le rapport elle-même

ce qui est la propriété caractédécroissante et dont tous les géométrique ristique d'une progression termes sont infiniment De là il suit que, les hauteurs des rapprochés. leurs densités dimiarithmétique, nuent en progression el tcurs logarithmes, soit typergéométrique, en progression boliques, soit tabulaires, décroissent arithmétique. On a tiré un parti avantageux de ces données pour mesurer les haude l'atmosphère étant leurs au moyen du baromètre, La température la supposée partout la même, on aura, par le théorème précédent, différence cient en hauteur de deux stations, constant la différence en multipliant par un coemdes logarithmes des hauteurs observées Une seule observation suffit pour déla zéro de température, la station station inférieure élevée et de était croissant en progression

sera constant,

couches

du baromètre terminer hauteur 0m,75999

à chaque ce coefficient.

station.

du baromètre

Ainsi l'on a vu qu'à élant 0m,76000 dans supérieure, cette

clans la station

0m,104779 au-dessus de la première. Le coefficient constant esl des logarithmes égal à cette quantité divisée par la différence laires des nombres 0,76000 et 0,75999, ce qui donne 18336m ce coefficient. Mais cette règle pour mesurer les hauteurs par le mètre exige diverses modifications La température de l'atmosphère à mesure que l'on s'élève.

donc tabupour baro-

que nous allons développer. n'est pas uniforme; elle diminue change à chaque

La loi de cette diminution

LIVRE 1.
instant; on peut à 3000°' chaleur très mais, évaluer par un résultat à 16° ou Or par son

CHAPITREXVI.
moyeu entre beaucoup d'observations. de la température les corps, se dilate

97
rotative par la

17° la diminution l'air, comme tous

de hauteur. et se resserve que, il varie

le froid,

et l'on a trouvé, étant représenté

par des expériences par l'unité à zéro de

précises,

votumc

température, peurs, avoir visible faut lrlus lion

comme pour

celui

de tous degré du

les gaz et de toutes thermomètre; des hauteurs; dans que il faut car

les vadonc il est il est

de 0,00375 égard que s'élever rare. de à ces pour

chaque dans

variations obtenir

le calcul abaissement

le même plus que

le baromètre, l'on traverse

d'autant Mais dans

la couche

d'air

l'impossibilité ce que l'on

de connaître peut faire de

exactement plus entre simple

la variaest de

sa température, cette deux température stations entre

supposer tures d'air rature devra plier autant vapeurs que nuent elles l'air des

uniforme que l'on

et moyenne

les tempérade la colonne

considère. augmenté

Le volume en raison de

comprise moyenne, être

elles

étant due

cette

tempé-

la hauteur dans 18336m

a l'abaissement rapport, plus

observé ce qui la fraction

du baromètre à multiprise Les denses dimi-

augmentée

le même par l'unité,

revient 0,00375

le coefficient de fois qu'il

y a de degrés répandues pression dans et

dans

la température étant température, tout étant

moyenne. moins elles égal

aqueuses a la même

l'atmosphère la même et comme,

la densité sont lrlus

de l'atmosphère, abondantes dans un chaque peu

d'ailleurs,

les grandes le nombre du des

chaleurs, 0,00375

on y aura égard qui exprime la que

en partie dilatation l'on

en augmentant de l'air assez pour bien donc soit

degré

thermomètre. observations

Je trouve en nombre,

satisfait

à l'ensemble faire parvenu, cel usage par

le portant du moins

à 0,004; jusqu'à sur teurs

on pourra ce que l'on

de ce dernier une longue dans

suite la

d'observations mesure des hau-

l'hygromètre, par

à introduire

instrument

le baromètre. nous avons supposé diminue la pesanteur un peu lorsqu'on due constante, s'élève, et l'on ce qui du a vu conbaro-

Jusqu'ici précédemment tribue encore

qu'elle

à augmenter

la hauteur

à l'abaissement

08 mètre l'on ainsi augmente

EXPOSITION l'on un aura peu égard

DU SYSTÈME à cette

DU MONDE. de la pesanteur, comparant un grand de si

diminution En

le facteur du dont baromètre

constant. faites a été

nombre plusieurs par

d'observations montagnes,

au pied mesurée

et au sommet avec exactitude

la hauteur

les moycns

trigonométriques, ayant égard

M. Ramond à la diminution à 18336m. du

a trouve

18393m,

pour les donne

ce facteur. mêmes 10477,9 reil

Mais en

de la pesanteur, Ce dernier mercure de facteur à celle

comparaisons pour

le réduisent

le rapport d'air sur

de la pesanteur le parallèle étant réduit connues an lieu de 50°, 0m,76.

d'un

paet

volume

à zéro niot

température, ont

la hauteur 10466,6 grand ployé mêlé tité lrlus

du pour

baromètre ce rapport mesures très sec,

MM.

et Arago

trouvé avec un cnr-

au même de mercure que celui grande de

parallèle, et d'air.

en pesant Mais

soin

des

ils ont est

de t'air d'une que l'on

de

l'atmosphère de vapeur

toujours quanest les rapba-

quantité détermine que l'air

plus

ou moins au moyen

aqueuse, cette peu vapeur

l'hygromètre; de

légère

dans ont dû,

le rapport

10 à 17 :1 fort donner que les

près; petit

expériences port entre

directes la pesanteur

par conséquent, et de l'air

un plus

du mercure

observations

rométriques. Pour romètrc faudrait beaucoup sihlc, corrige variation encore peut teur, effet, née l'élever quand

Ces expériences au nombre on n'a

réduisent que

à 18316m,6 donnent les

le facteur observations

18336m. du bail

18393m, point égard

à la variation de

de la pesanteur, une valcur est

supposer trop

:1 l'humidité grande; ainsi

moyenne la diminution

l'atmosphère de la pesanteur

sen-

même à très

dans peu

les

observations l'effet cette Il a été erreur moindre davantage une pression de qui

barométriques. cette dépend diminution;

Le facteur mais une doit

18393m autre influer que l'on

près

de la pesanteur, sur ce fadeur.

de la latitude, pour une latitude

détermine sensible; qu'à cette

supposer

de 5o°, sans est élcver

il doit tatitudc.

augmenter

a t'cquaen dondéterle à

où la pesanteur qu'il de faut s'y

Il est visible, d'une pression quantité est du moindre; pendule

pour plus

parvenir petite

l'atmosphère puisque dans doit

d'une

minée, coefficient

l'inlcrvallc donc

la pesanteur varier comme

de l'air la longueur

18393m

LIVRE I. secondes,

— CHAPITRE

XVI.

99

ou s'allonge suivant que la pesanteur augqui se raccourcit mente ou diminue. Il est facile de conclure de ce que l'on a dit précédemment sur les variations de cette longueur, qu'il faut ajouter à ce coefficient tude. aux hauteurs du baromètre une légère appliquer correction de la différence des températures du mercure dépendante du baromètre dans les deux stations. l'our bien connaître cette difféEnfin, un petit thermomètre à mercure dans la monture du baromètre, de manière que le mercure de ces deux instruments soit toujours à fort peu près à la même température. Dans la station la plus froide, le mercure est plus dense, et par cette cause, la colonne rence, du mercure qu'elle aurait du baromètre est diminuée, Pour la ramener si la température était la même qu'à chaude, il faut l'augmenter d'autant de fois sa 5550ieme partie qu'il y a de degrés de différence entre les températures du mercure dans les deux stations. Voici donc la règle qui me parait les hauteurs simple pour mesurer d'abord, station duit comme la plus froide; ensuite à la fois la plus exacte et la plus On corrigeta a par le baromètre. on vient de le dire, la hauteur du baromètre dans ta on ajoutera au facteur 18393m le propar le cosinus du double de la latitude. On multiainsi corrige par le logarithme tabulaire du rapport à la longueur la station la plus on enchâsse on doit le produit de 26m,164 par le cosinus du double de la lati-

de 26m,164

pliera ce facteur On de la plus grande à la plus petite hauteur corrigée du baromètre. enfin ce produit par le double de la somme des degrés du multipliera de l'air à chaque station, et thermomètre qui indique la température la somme donl'on ajoutera ce produit, divisé par 1000, au précédent; de la station supérieure au-dessus de nera à très peu près l'élévation du barosurtout si l'on a soin de faire les observations l'inférieure, mètre midi. L'air est invisible réfléchis par toutes en petites masses; mais les rayons de lumière, les couches de l'atmosphère, une improduisent à l'instant le plus favorable du jour et qui parait être celui du

100 pression une tain, teinte et qui

EXPOSITION sensible. de mcmc forme dans grande. est et c'est donc Ils le font couleur l'azur

DU SYSTÈME voir sur avec tous c'est une les

DU MONDE. conteur objets ainsi que qu'à bleue, aperçus nous une les que que nous qui dans ne répand le loinle plus

céleste nous voûte

voyons

brouillard ou moins

lequel Cette fort

sommes bleue,

plonges il laquelle elle n'est

distance

astres

semblent tersont

attachés, restre, placés. dance

près

de nous; distances que ces

l'atmosphère tous ces corps

à d'immenses solaires, et après s'étendant

an delà molécules

Les rayons avant

renvoient forment

en abonl'aurore et

le lever qui, que

le coucher à lllus

du Soleil,

le crépuscule, nous vées prouvent au nloills

de 20° de distance de l'atmosphère

de cet sont

astre, éle-

les molécules

extrêmes

de 60000m. distinguer et rapporter à leur nous vraie verrions de cette place les points comme que re-

Si l'œil

pouvait

de la surface une calotte

extérieure sphérique, un est sous pas plan fort

de l'atmosphère, formée tangent par

le ciel surface

la portion

trancherait mosphère paraîtrait ne puissions l'ayons l'horizon premier l'horizon, du ciel

;1 la Terre,

et comme au rayon surbaissée.

la hauteur

de l'atnous nous les il le a

petite

relativement d'une les voûte limites

terrestre, Mais

le ciel quoique cependant profondeur

la forme distinguer nous

de l'atmosphère, d'une plus grande Illus

qu'elle qu'au sens. qui que tel diviser depuis

renvoie, nous cause

venant devons

zénith, A cette contribue

la juger encore

étendue

dans

se joint

l'interposition apparente doit done élevé de

des objets de la partie nous paraitre

à augmenter au delà; d'une

la distance le ciel

nous que en

rapportons la calolle deux

surbaisse semble forme par un

sphère. égales zénith que,

Un astre la langueur la section si cette céleste

d'environ la courbe du

26° que ciel

parties jusqu'au

l'horizon vertical;

de la surface courbe apparente mais est un est ce

plan

d'où

il suit de comme

arc de son rapport du on

cercle, rayon varie Soleil

le rayon vertical avec les

horizontal à peu causes près

la voûte 3 est

à l'unité: Les grandeurs aux du point angles

de cette étant

illusion.

apparentes sous lesquels

et de la Lune

proportionnelles apparente

les aperçoit

et à la distance

du ciel auquel

on les

LIVRE rapporte, ils nous

1.

CHAPITRE

XVI. qu'au

101 zénith,

quoiqu'ils y soient Les rayons lumineux sphère;

lllus grands à l'horizon paraissent vus sous un hllis petit angle.

ne se meuvent pas en ligne droite dans l'atmoils s'infléchissent continuellement vers la Terre. L'observa-

les objets que dans la direction de là tangente à la teur, qui n'aperçoit courbe qu'ils décrivent, les voit plus élevés qu'ils ne le sont réellesur l'horizon alors mcmc qu'ils sont ment, et les astres paraissent abaissés les rayons du Soleil, l'atmode sa présence, et augsphère nous fait ainsi jouir plus longtemps mente la durée du jour, que prolongent encore l'aurore et le crépuscule. Il importait extrêmement aux astronomes de connaitre les lois et la quantité de la réfraction de la lumière dans notre atmosphère, le répour avoir la vraie position des astres. Mais avant de présenter sultat de leurs recherches sur cet objet, je vais exposer en peu de mots les principales propriétés de la lumière. En passant d'un milieu transparent dans un autre, un rayon lumineux s'approche ou s'éloigne de la perpendicutaire à la surface qui les sépare, de manière que les sinus des deux angles que forment ses directions, entrée dans avec cette perpendiculaire, le nouveau milieu, sont l'une avant, l'autre après quels son en raison constante, au-dessous. En infléchissant

que soient ces angles. Mais la lumière, en se réfractant ainsi, présente un sa nature. Un phénomène remarquable qui nous a fait reconnaître rayon de lumière solaire reçu dans une chambre obscure, après son forme une image oblongue passage à travers un prisme transparent, diversement colorée ce rayon est un faisceau d'un nombre infini de rayons de différentes coulcurs, que le prisme sépare en vertu de leur diverse suite et le rouge. Mais ici que sept espèces de rayons, il eu quoique nous ne désignions existe une infinité, qui s'en rapprochent par des nuances insensibles de couleurs et de réfrangibilité. Tons ces rayons, rassemblés au moyeu d'une lentille, font reparaître la couleur blanche du Soleil, qui n'est Le rayon réfrangibilité. le bleu, le vert, l'indigo, le plus réfrangible le jaune, l'orangé est le violet, en-

102
ainsi dans que des

EXPOSITION DU SYSTÉMEnu MONDE.
le mélange proportions rayon de toules déterminées. d'une couleur homogène est bien sépare que n'est des aulres, soient donc les point mais les couleurs simples ou homogènes,

Lorsqu'un il ne change réflexions une elle point et

ni de réfrangibilité, les réfractions de la lumière Cependant qu'il

ni de couleur, subit; par les sa

quelles couleur qu'elle

modification tient

milieux

traverse,

à sa nature.

la similitude En mèlant

de couleur

ne prouve rayons on de proMais les les

la similitude colorés une ainsi

de lumière. de l'image

ensemble

plusieurs par

dinercmment peut cette duit former image; un orangé

solaire

décomposée des

le prisme, simples

couleur

semblable du

à l'une rouge

couleurs

le mélange

et du jaune à l'orangé un

homogènes homogène. prisme que

semblable, des rayons

en apparence, du mélange les couleurs restent

la réfraction sépare rayons Les en et fait

à travers

nouveau tandis

reparaitre

composantes, inaltérables. à la rencontre à sa surface des

de l'orangé rayons

homogène

de lumière avec aux

se réfléchissent

d'un angles

miroir, de ré-

formant égaux

la perpendiculaire angles et les de pluie sur de un d'incidence. réflexions donnent calcul que

nexion Les dans

réfractions les gouttes fondée détails

les rayons

du

Soleil

suhisseut dont l'ex;1 1é-

naissance rigoureux

à l'are-en-ciel, qui est satisfait un des

plication, tous sultats les

exactement plus beaux

ce curieux

phénomène,

de la Physique. des corps décomposent et réfléchissent bleus, verts, la lumière l'autre etc., sous qu'ils toutes reçoivent; ils en

La plupart absorhent ils paraissent qu'ils sur renvoient. toute

une partie, rouges, Ainsi

les directions; des rayous

suivant du

les conteurs Solcil,

la lumière

blanche

en se répandant une infinie

la nature,

se décompose

et réfléchit

il nos yeux

variété Après lions près,

de conteurs. cette courlc digression La lumière, je reviens sur-la de l'air est, au moins réfraction et proportionnelle aux réfracpeu

astronomiques. indépendante

à très

de sa température

il sa densité.

LIVRE I.

— CHAFITRE

XVI.

J03

de la glace fondante, et En passant du vide dans l'air, à la température sous une pression mesurée par une hauteur barométrique de 0m, 76, un rayon lumineux se réfracte de manière que le sinus de réfraction comme l'unité est à 1,0002943321. est au sinus d'incidence Il suffit la route de la lumière travers l'atmosphère. donc, pour déterminer de conliaitrc la loi de la densité de ses couches; mais cette loi, qui dépend de leur chaleur, est très compliquée et varie à chaque instant du jour. L'atmosphère étant supposée partout à zéro de température, on a vu que la densité des couches diminue en progression géométrique; et l'on trouve par l'Analyse que, la hauteur du baromètre étant de 0m,76, la réfraction est alors de 7391" a t'horixon. Ellc ne serait en progression arithque de 5630" si la densité des couches diminuait métique et devenait nulle à la surface. La réfraction horizontale, que l'on observe d'environ 6500", est moyenne entre ces limites. Ainsi la loi de diminution de densité des couches atmosphériques tient :1 Un adoptant une hypothèse peu près le milieu entre ces progressions. on parvient à représenter à la fois qui participe des deux progressions, tontes les observations l'on s'élève dans du baromètre et du thermomètre ct Ics réfractions a mesure que sans astronomiques,

l'atmosphère quelques

recouvrir, comme

l'ont fait, à un fluide particulier physiciens réfracte la lumière. qui, mêlé :1 l'air atmosphérique, des astres sur l'horizon excède 11°, Lorsque la hauteur apparente ne dépend sensiblement que de l'élal du baromètre et du thermomètre dans le lieu de l'observateur, et elle est à fort peu à la tangente de la distance apparente de l'astre près proportionnelle au zénith, diminuée :1 cette distance, de 3 par la réfraction à la température de la glace fondante, du produit correspondante et la hauteur leur réfraction

sur la réIl résulte, des données précédentes de 0m, 76 du baromètre. fraction de la lumière en passant du vide dans l'air, qu'à cette température et quand la hauteur du baromètre est de 0m, 76, le coefficient qui, multiplié par cette tangente, donne la réfraclion astronomique, est de 187", 24; et ce qui est fort remarquable, la comparaison d'un la même vaconduit grand nombre d'observations astronomiques

104 leur,

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

que l'on doit ainsi regarder comme très exacte; mais elle varie comme la densité de l'air. Chaque degré du thermomètre augmente de 0,00375 le volume de ce fluide, pris pour unité à zéro de tempéra187",24 par l'unité lvlus le produit de 0,00375 par le nombre des degrés du thermomètre. De plus, la densité de l'air est, toutes choses égales d'ailleurs, proportionnelle a la hauteur du baromètre; il faut donc multiplier ce coefficient par le rapport de cette hauteur à 0m,76, la colonne de mercure étant réduite zéro de température. On aura, au moyen de ces données, une Table de réfraction très précise/depuis 11° de hauteur apparente jusqu'au zénith, intervalle astronomiques. la diminution servir mers. clair dans lequel se font presque Cette Table sera indépendante des couches toutes de loult' les observations hypothèse sur et elle pourra au niveau des il est ture; il faut donc diviser le coefficient

de densité

des ltlus hautes Mais la pesanteur varianl avec la hauteur qu'à la même

au sommet

atmosphériques, comme montagnes,

et la latitude,

n'indiquant

point plus petite dans les lieux ou la pesanteur

des hauteurs température, égales du baromètre une égale densité dans l'air, cette densité doit être est moindre. Ainsi le coeffi-

eient 187",24 déterminé pour le parallèle de 50° doit, à la surface de la Terre, varier comme la pesanteur; il fant ainsi en retrancher le produit de o", )3 par le cosinus du double de la latitude. La Table l'atmosphère dont on vient est partont de parler suppose que la constitution de et dans tous les instants la même c'est ce

que l'expérience a fait connaitre. On sait maintenant que notre air n'est point une substance homogène, et que sur 100 parties, il en consent 79 de gaz azote et 21 de gaz oxygène, gaz éminemment rcspia la combustion rable, nécessaire des corps el à la respiration des animaux, qui n'est qu'une combustion source de ta lente, principale chaleur animale; 3 ou parties dans 10000 d'air atmosphérique. cises cet air, pris dans toutes lointains, grandes sur sont répandues carbonique On a soumis à des analyses très priéles saisons, dans les climats les plus et à des la même hauteurs proportion plus des d'acide

les plus hautes montagnes, encore on a trouvé constamment

LIVRE
deux drogène, corps de ce qui l'atmosphère moyen, dont a étendu traverser de aux gaz azote le y plus sont et oxygène. rare de

I.
Une tous

CHAPITRE
légère les fluides ce pour

XVI.
remplie s'élève une équilibre. français, de gaz avec

105
hyles

enveloppe élastiques, qu'elle y demeurer

attachés, assez on doit son les peu

jusclu'à dense l'heureuse

rencontre en aux

couche Par

expérience et sa puissance la

savants s'élancer dans L'ascension

l'homme les airs,

domaine nuages et

il peut nature

dans hautes la plus à 7016m on de a trouta

interroger

les

régions utile

l'atmosphère, a été niveau parvenu. et qu'à 10h du

auparavant cette des Il a de M.

inaccessibles. Gay-Lussac, la lrlus qui

sciences du

s'est

élevé

au-dessus soit force vées de le encore

mers, mesuré,

hauteur à cette de de

grande

à laquelle l'intensilé qu'il de son de 0m, 60°.

hauteur, aimantée, Au moment

magnétique les mêmes vers

l'inclinaison la surface

l'aiguille

la Terre. du

départ 7652, Cinq inl'air et les il de n'a plus

Paris,

matin,

la hauteur 30°,7, et

baromètre

était ;1 cheveu

thermomètre après, 0m, à

marquait la lllus

l'hygromètre les rempli grand et celui

heures diquaient ces point basses Ce Glil Tables à donner sirer gente, mètre. objet, vapeur thèse tution en de

grande

élévation, Ayant un air

mêmes un soin des

instruments ballon l'analyse, couches de

3288, élevées, de

— 9°, il en

5 5 et 33°. a rait entre avec

couches reconnu de n'est entrer de

différence

cet

l'atmosphère. que les depuis haulcurs un demi-siècle du l'extrême et aux de baromètre précision instruments l'humidité égard de aux environ et que du que les astronomes dans maintenant faisait sa force de déont les

thermomètre l'on cherche

réfraclion; aux observations

d'Astronomie l'air sur

connaitre et s'il est

l'influence nécessaire aux de

réfrinl'hygrosur et de hypocet sa

d'avoir expériences

indications qui manquaient de leurs l'eau

Pour je suis sur d'autant des

suppléer parti la lumière palus corps,

directes que les

l'hypothèse sont

actions à

proportionnelles que intimes manière Dans des

densités, dans des rapport le

vraisemblable plus d'une densité.

changements que la réduction le hypothèse,

la constiliquides de leur

beaucoup point à leur

vapeurs, sur la

n'altèrent lumière

sensible cette

action

pourvoir 14

Œuvres de L. — VI.

106 réfringent prouve que l'on un

EXPOSITION de la vapeur rayon

DU SYSTÈME aqueuse en peut passant On réduit la densité rapport, répandue l'air sur dont elle être de

DU MONADE. conclu l'air trouve de la l'éfraction dans ainsi l'eau, que qu'é-

lumineux avec celui

réfraction ce pouvoir que cette la vade la

a mesurée surpasse

exactitude. de l'air égales,

réfringent peur; vapeur tion près l'effet confirme que qu'elle aussi de l'air mais,

à la

même densité surpasse que

à pressions dans

de l'air d'où dans

à peu près due

le même aqueuse de

il résulte l'atmosphère

la réfracest à peu et qu'ainsi M. Biot de Itlus a

à la vapeur que celle

la même

occupe est

la place, insensible. qui montrent par

de l'humidité ce résullat

de l'air par des n'influe la densité

la réfraction

expériences sur

directes

la température produit précis sur dans

la réfraction Enfin que

que

le chargement par un moyen

de l'air. s'est assuré

M. Arago, l'influence

qu'ingénieux, sa réfraction précédente la densité du allèrent les est

de l'humidité

insensible. une soit mers. atmosphère partout Mais parfaitement la même les vents à des calme, hauteurs

La théorie en sorte que

suppose de l'air des

égales

au-dessus

niveau cette

et les inégalités affecter d'une donne s'il maaux est des

de température nière sensible

hypothèse Quelque l'effet un

et peuvent perfection

réfractions.

que

l'on

instruments remarquable, observations, disparaître. s'élever qu'à

d'Astronomie, sera qu'il toujours faudra

de ces causes obstacle à la

perturbatrices, précision extrême pour cet effet

multiplier nous nombre la lumière

considérablement certains ('). surtout que

le faire ne peut

Heureusement un très petit

sommes

de secondes des astres,

L'atmosphère

affaiblit

à l'horizon,

Les recherches des physiciens sur les rétractions astronomiqnes offrent un exemple remarquable du danger des hypothèses, quand on les réaliso, au lieu de les regarder comme des moyens do soumettre les observations au calcul. Dominique Cassini, pour former une Table de réfraction, était parti do la supposition très simple d'uno densité constante do l'almosphère. Cette Table, fort exacte aux hauteurs où l'on observe presque toujours les astres, réaliser les choses dont on fait un fut adopléo par les astronomes. La tendance naturelle usago habituel fit croire généralement que, conformément à l'hypothèse do Cassini, les rémesure que l'on s'élèvo dans l'atmosphère. Cette croyance subsista fractions augmentent jusqu'au moment où Bouguer prouva, par un grand nombre d'observalions faites à Quito, élevé do 2800m au-dessus du niveau do la mer, quo les réfractions, loin d'être augmentées à cette hauteur, y étaient diminuées.

LIVRE I.

— CHAPITRE

XVI.

107

leurs rayons la traversent dans une plus grande étendue. II suit des expériences de Bouguer que, le baromètre étant a 0m, 76 de hauteur, si l'on prend pour unité l'intensité de la lumière d'un astre à son entrée dans l'atmosphère, son intensité, lorsqu'elle parvint à l'observalcur et quand l'astre est au zcnitll, est réduite à 0,8123. La hauteur de l'atmosphère serait alors de 7945m, si sa température était à zéro et si elle était partout également dense. Or il est naturel de penser que l'extinction d'un rayon de lumière qui la traverse est la même que dans ces hypothèse, puisqu'il rencontre le même nombre de molccules aériennes; ainsi une couche d'air de la densité précédente et de 7945m d'épaisseur réduit à 0,8123 la forcc de la lumière. Il est farilc d'en conclure l'extinction de la lumière dans une couche d'air de même densité et d'une épaisseur quelconque; car il est visible que, si de la lumière est réduite au quart en traversant une épaisseur donnée, une égale épaisseur réduira ce quart au seizième de la valeur primitive; d'où l'on voit que, les épaisseurs croissant en progressin arithmétique, l'intensité de la lumière diminue en progression géométrique; ses logarithmes suivent donc le rapport des épaisseurs. Ainsi, pour avoir le logarithme tabulaire de l'intensité de la lumière, lorsqu'elle a traversé une épaisseur quelconque, il faul mul0,09°2835, logarithme tabulaire de 0,8123, par le rapport tiptier de cette épaisseur à 7945m, et si la densité de l'air est plus grande ou plus petite que la précédente, il faut augmentes ou diminuer ce logarithme dans le même rapport. de la lumière des astres, relalil' à leur hauteur apparente, on petit imaginer le rayon lumineux mû dans un canal, et réduire l'air renfermé dans ce canal à la densité précédente. La longucur de la colonne d'air ainsi réduite déterminera l'extinction de la lumière de l'astre que l'on considère; or on peut supposer, depuis 12° de hauteur apparente jusllu'au zénith, la route de la lumièrc des astres sensiblement rectiligne, et l'on peut, dans cet intcrvalle, considérer les couches de l'atmosphère comme étant plancs et parallèles; alers l'épaisseur de chaque couche dans la direction du Pour déterminer l'affaiblissement l'intensité

108

EX POSITION

1)U SYSTÈME

DU MONDE.

dans le sens vertical comme la est à son épaisseur rayon lumineux de l'astre au zénith est au rayon. En sécante de la distance apparente et par le rapport de donc cette sécante par —0,0902835 multiltlianl la hauteur du baromètre à 0m, 76, en divisant ensuite le produit par l'unité plus 0,00375 multiplié par le nombre des degrés du thermode l'intensité de la lumière de l'astre. le logarithme de la lumière des astres au Cette règle fort simple donnera l'extinction sommet des montagnes et au niveau des mers, ce qui peut être utile, mètre, on aura des éclipses des satellites de Jupisoit pour corriger les observations de la lumière solaire au foyer des ter, soit pour évaluer l'intensité observer que les vapeurs réverres ardents. Nous devous cependant sur t'extinction de la pandues dans l'air influent considérablement lumière; astres la sérénité du ciel et la rareté de l'air rendent la lumière des nos plus vive sur les montagnes élevées, et si l'on transportait il n'est pas douteux grands télescopes sur le sommet des Cordillères, célestes qu'une atmoplusieurs phénomènes que l'on découvrirait sphère plus climats. L'intensité pend, ainsi épaisse et moins transparente rend invisibles dans nos

de la lumière

des astres

que leur réfraction, Si sa température était partout ta même, les logarithmes l'atmosphère. de la lumière seraient aux réfractions de l'inlensilé proportionnels divisées par les cosinus des hauteurs et astronomiques, apparcutes, alors cette intensité à l'horizon serait réduite environ a la quatre-milc'est pour cela que le Soleil, dont lii'mc partie de sa valeur primitive; soutenir l'éclat à midi, se voit sans peine à l'hoon peut difncitcment rizon. l'influence de notre On peut, au moyen de ces données, déterminer dans les éclipses. En réfractant les rayons solaires qui la atmosphère et comme traversent, elle les infléchit dans le cône d'ombre terrestre; la demi-somme des parallaxes du surpasse Soleil et de la Lune, le centre du disque lunaire, suppose sur l'axe de ce cône, reçoit des deux côtés de la Terre les rayons d'un même point la réfraction horizontale

à de très petites hauteurs déde la densité des couches élevées de

LIVRE I. de la surface du Solcil;

— CHAPITRE serait

XVI.

109

donc plus éclairé que dans la n'éteignait pas en grande partie la lapleine tune, si l'atmosphère Il résulte de l'Analyse appliquée mière qu'elle lui fait parvenir. aux données précédentes, qu'en prenant pour unité la lumière de ce pint dans la pleine lune, sa lumière est 0,02 dans les éclipses centrales o,oo3G ou six fois moindre environ dans les apogées, et seulement éclipses centrales périgées. S'il arrive donc alors, par un concours extraordinaire de circonstances, que les vapeurs absorbent une partie de cette faible lumière quand elle traverse l'atmosphère considérable pour arriver du Soleil à la Lune, ce dernier astre sera entièrement invisible. quoique éclipses. prouvc rayons L'histoire très rares, La couleur de l'Astronomie de cette rouge nous offre quelques exemples. totale de la Lune dans ses disparition

ce centre

que l'atmosphère de celle couleur,

du Soleil et de la Lune à l'horizon nous terrestre laisse un plus libre passage aux qui, par celle raison, est cette de la Lune

éclipsée. Dans les éclipses de Soleil, la lumière réfléchie par l'atmosphère terrestre diminue l'obscurité en Plaçons-nous, qu'elles produisent, et supposons les centres du Soleil et de la Lum' effet, sous l'équalcur, à notre périgée, le Solcil est apogée, on aura à très peu près le cas de l'obscurité la plus profonde, cl sa durée sera d'environ cinq minutes et demie. Le diamètre de l'ombre projetée sur la Terre sera les 221000 celui de la Terre, et six fois et demie moindre de que le diamètre de la section de l'atmosphère par le plan de l'horizon, du moins si l'on suppose la hauteur de l'atmosphère du égale à 1100 et il rayon terrestre, comme on l'a conclu de la durée du crépuscule, nous renvoie encore des rayons que l'atmosphère sensibles à de plus grandes hauteurs. On voit donc que le Soleil éclaire, dans ses éclipses, la plus grande partie de l'atmosphère qui est audessus de l'horizon. Mais clic n'est éclairée que par une portion du disque solaire, croissante à mesure que les molécules atmosphériques du zénith; dans ce cas, les rayons solaires traversant une s'éloignent ces moplus grande étendue de l'atmosphère pour arriver du Soleil est très vraisemblable zénith. Si, la Lune étant

110 léeules alfaiblis grandeur. crépuscule, à la disparition

EXPOSITION et de pour Leur là revenir laisser teinte, sur par

DU SYSTÈME réflcxion les

DU MONDE. ils sont assez

à l'observateur, étoiles de pronicre de ciel couleur

apercevoir participant tous

et de seconde rougeur qui, du

du

bleu une

et de la sombre,

répand subite

les objets remplit

jointe

du Soleil,

les animaux

de frayeur.

LIVRE

II.

CHAPITRE

1.

111

LIVRE II.
DES MOUVEMENTS RÉELS DES CORPS CÉLESTES.

Provchimur

portu,

teraque urbesque reecdunt. VIRG., Énéid.. liv. III.

Nous célestes,

venons et leur

d'exposer comparaison autour avec

les principales nous qui,

apparences

des

mouvements les planètes de la

a conduits clans

à mettre

en mouvement Terre, seraient nètes, centre On naître duction déterminer aux lois emporte

du Soleil, lui les foyers

sa révolution orbites.

autour

de leurs

Mais les apparences comme toutes les plale

les mêmes autour de tous scnt lequel et par les de ces du

si la Terre Soleil alors

était cet

transportée, astre serait,

au lieu

de la Terre,

les mouvements il importe cas nous

planétaires. aux a lieu allons, qui progrès dans en les de l'Astronomie Guidés de par conl'in-

combien

de ces deux l'analogie, mouvements mouvements.

la nature. comparant produisent,

les apparences. et nous élever

réels

112

EXPOSITION DU SYSTÈMEMONDE. DU

CHAPITRE PREMIER.
DU MOUVEMENT UE ROTATION UE LA TERRE.

Un réfléchissant lestes générale monde. loin étoiles lions sont assujettis,

sur

le mouvement on reconnaît

diurne évidemment

auquel

tous

les corps d'une

cé-

l'existence autour entre que

cause du

qui

les entrainc considère

ou qui parait que ces corps très éloignés des enfin, il sera

les cntraincr sont isolés

de l'axe eux,

Si l'on

et places et les

de la Terre, en des sont

à des dis lances beaucoup plus

différentes; que

le Soleil et que

la Lune, indiquent

les variachanlibrequ'une de rotasoit que

diamètres dans leurs

apparents distances, les sens, à tous

planètes que

de grands traversent

gements ment même tion. que

les comètes

le ciel dans cause Mais le ciel

tous

très difficilc un mouvement à nous de

de concevoir commun

imprime les astres

ces corps

se présentant autour

la même

manière, soit

les cntrainc en sens

de la Terre supposée sur elle-même,

immobile, il parait

la Terre plus

tourne

conlrairc ce dernier

beaucoup celui du

naturel

d'admettre une est est, apparence. un globe comme avec on

mouvement

et de regarder

ciel comme La Terre le Soleil centre de son 23000 poser

dont

le rayon

n'est

pas

de 7000000 plus gros.

mètres; Si son l'orbe juger d'environ de supsur de

l'a vu,

incomparablement son volume loin, d'où

coïncidait

celui

de la Terre, une il est N'est-il fois lrlus

embrasserait l'on de plus peut nous simple de

la Lune immense rayons au

et s'eteudrait grandeur; terrestres. que nous

d'ailleurs pas

éloigné

innnimcnt un masse

globe que

habitons dans une

mouvement aussi

rotalion

lui-même,

d'imaginer,

considbrabtc

et aussi

LIVRE II.
distante nécessaire immensc centrifuge? toutes On lentement cession est surface de Ainsi deurs, un rence, l'écliptique. Entrainés nous seau tous en ressemblons sur les comparant à qu'une la les objets mers. placés l'étendue petitesse apparence répandus et par celui les montagnes lesquelles de vient rotation d'occident semble se surface OEuvres meut verrait de L. — sur indiquer son le axe ciel dans la il Terre. l'appui presque en orient, dans CIl tourner de dans de par un au Il mouvement navigateur se croit du rivage vaisseau, sans des levées a vu ne que le pour Soleil, tourner le mouvement en pas astre la rotation que de celui Si de la un alors présente de le

— CHAPITRE
extrêmement jour pour des la Terre. pôle de autour le de contenir

I.
rapide la Terre? et balancer qui Quelle sa qui lui

113
serait force force sont

faudrait-il Chaque par

difficultés

semblables,

précédemment autour

l'équateur et que le au donc entraîne différents serait se réduit à de

paraît là

se résulte de

mouvoir la pré-

l'écliptique, Terre est répond

équinoxes.

immobile toujours se meut clic

pôle même alors

l'équateur point de les les leurs assujetti pôles astres. granà appapôles de la

mouvement,'puisqu'il terrestre et la sphère ce de

céleste mouvement lanl et leurs disparait terrestre de

sur tous par

l'écliplique, le système leurs mouvement si l'on

dans entier

corps, distances, et se

si

mouvements

encore une

général, suppose

qui l'axe

simple des

mouvoir

autour

commun que immobile, vaisseau et des il par son les

à vents et lui

tout

ce

qui

nous avec les se

environne, son vaiset Mais des mouvement Les ce les astres que mêmes nous le mon-

emportent le rivage,

montagnes mouvoir.

hors du son

paraissent et la que

plaines reconnait

hauteur leur réel.

tagnes n'est nombreux rivage raisons prouvent

produite t'espace sont s'assure par

mouvement sont au à notre

céleste rapport de la

égard et mouvement

navigateur, de son

réalité

L'analogie ments sont des de dirigés astres

ces toutes

preuves. les

On planètes, celui Jupiter, que

a

ohservé et la ces

des

mouve-

mouvements diurne plus observateur intervalle; 15 grogs

comme la moins Terre. d'un autour

révolution

beaucoup un dans cet

qu'elle, à sa

demi-jour; de lui

114 ce mouvement pas naturel

EXPOSITION du de ciel

DU SYSTÈME ne serait cependant

DU MONDE. qu'une apparence. que nous ccttc ses pôles. écarler toutes la Terre N'est-il obseranaOn les aux la pepar que la

penser

qu'il

en est de même confirme d'une Jupiter, qui

de celui

vons sur la Terre? logie, conçoit, parties ples sanlcur c'est que la

Ce qui Terre, que

manière

frappante

ainsi

que

est aplatie tend

en effet, d'un corps

la force axe

centrifuge de rotation, Cette et Tout force cette nous sur

de son

a dû abaisser doit encore

et l'élever

à l'équateur. terrestre, du pendule.

diminuer est constatée

à l'équateur

diminution porte donc

les observations Terre diurne sion bleue comme à travers par

à penser

a un mouvement du ciel semblable à laquelle un plan n'est

de rotation qu'une qui illusion nous

elle-même, produite parce

et que

la révolution illuvoûte

mouvement, comme une de s'est

:1 celle tons sur

représente sont attachés, Ainsi

le ciel

les astres lequel

et la surface l'Astronomie

la Terre élevée

il s'appuie.

les illusions nombre

des sens,

et ce n'a été qu'après el de calculs qu'il habite que

les avoir l'homme

dissipées enfin dans a

un grand

d'observations du globe

reconnu t'univcrs.

les mouvements

et sa vraie

position

LIVRE

II.

—CHAPITRE

II.

115

CIIAPITRE Il.
DU MOUVEMENT DE LA TERRE AUTOUR DU SOLEIL.

Maintenant, sion produite

puisque

la révolution

diurne

du

ciel

n'est

qu'une

illuque la

par la rotation annuelle du qu'une Solcil

de la Terre, emportant due

il est naturel avec lui

de penser toutes de

révolulion n'est

les planètes transition ne laissent

pareillement autour

illusion

au mouvement suivantes

de la Terre aucun doute

du Soleil.

Les considérations

:1 cet égard. du Soleil que celle celle-ci tout et de plusieurs de la Terre; autour le système entraîne supposer du planètes il est Soleil solaire. l'immobilité alors à Jupiter, Uranus donc que sont considérablement plus en simple mouvedans moude dix encore, qu'ils se de

Les masses plus grandes

beaucoup de mettre

de faire ment

mouvoir d'elle

autour

Quelle

complication Quel près

les mouvements vement fois plus pour rapide éloigné

célestes il faut

de la Terre! à Salurnc plus

que le Soleil, mouvoir du chaque Solcil

à la planète année Cette

distante tandis celle

les faire

autour complication

de nous, et

meuvent mouvements mouvement célestes

autour

rapidité

disparaissent conforme

par le mouvement à la loi générale des grands avec les sur suivant corps planètes elle-même

de translation laquelle ils sont

de la Terre, les petits voisins. corps

circulent de Jupiter,

autour la Terre elle

dont

L'analogie Ainsi d'un tème que

confirme et elle de Jupiter et la grosseur que

ce est

mouvement. accompagnée le sys-

tourne

satellite. solaire cette

Un observateur en mouvement illusion moins autour

la surface de lui

jugerait

de la planète N'est-il

rendrait

invraisemblable

pour la Terre.

116

EXPOSITION

Dtf SYSTÈME

DU MONDE.

pas naturel du penser que te mouvement de ce système autour de nous n'est semblabment qu'une apparences? Transportons-nous par la pensée :1la surface du Soleil, et de là contemplons la Terre et les planètes. Tous ces corps nous paraitront se mouvoir d'occident en orient, et déjà cette identité de direction est un indice du mouvement de la Terre; mais ce qui le démontre avec évidence, netes d'autant la loi qui existe entre les temps des révolutions des plaet lcur distance au Soleil. Elles circulent autour de lui avec c'est

plus de lenteur qu'elles en sont lllus éloignées, de manière que les carres des temps de lcurs révolutions sont comme les cubes de Icurs moyennes distances a cet astre. Suivant cette loi remarquable, la de la Terre, supposée en mouvement autour du doit être exactement celle de l'année sidérale. N'est-ce pas une

durée de la révolution Soleil,

preuve incontestable que la Terre se meut comme toutes les planètes, et qu'elle est assujettie ne serait-il aux mêmes loise? D'ailleurs pas Ilizarrc de supposer le globe terrestre, peine sensible vu du Soleil, immobile au milieu qui, lui-même, qui, pour retenir des planètes en mouvement autour de cet astre serait emporté avec elles autour de la Terre? La force

les planètes dans leurs orbes respectifs autour du ne doit-elle pas agir également sur Soleil, balance leur force centrifuge la Terre, et ne faut-il pas que la Terre oppose à cette action la même des mouvements Ainsi la considération planétaires centrifuge? observés du Soleil ne laisse aucun doute sur le mouvement réel de la force Terre. Mais l'observateur placé sur elle a, de plus, une preuve sensible dans le phénomène de t'aberration, qui en est une c'est ce que nous allons développer. siècle, que les éclipses des de cette planète et vers les oppositions ce qui lui lit soupçonner que la lumière Rœmer observa

de ce mouvement suite nécessaire Sur satellites retardent

la fin du dernier

de Jupiter avancent vers ses conjonclions,

pas dans le même instant de ces astres à la Terre, et qu'elle emploie un intervalle de temps sensible à parcourir le diamètre étant plus de l'orbe du Soleil. En effet, Jupiter, dans ses oppositions, d'une quantité égale à ce près de nous que dans ses conjonctions ne se transmet

LIVRE II. diamètre, les éclipses doivent mier cas que dans le second, traverser l'orbe solaire. répond si exactement refuser. Il en résulte la Terre. Présentement, direction un observateur

— CHAPITRE arriver

II.

117

pour nous lllus tôt dans le prede tout le temps que la lumière met à La loi des retards observés de ces éclipses

à cette hypothèse qu'il n'est pas possible de s'y que la lumière emploie 571s à venir du Soleil à immobile verrait les astres suivant la

de leurs rayons; mais il n'en est pas ainsi dans la supposition où il se meut avec la Terre, Pour ramener ce cas a celui de l'observateur en sens contraire en repos, il suflil de transporter lumière et à l'observateur lui-même, le mouvement aux astres, à leur

dont il est animé,

des astres; car c'est une ce qui ne change point la position apparente loi générale d'Optique, que, si l'on imprime un mouvement commun :1 dans tous les corps d'un système, il n'en rcsulte aucun changement leur situation lumineux Concevons donc qu'au moment ou un rayon apparente. va pénétrer dans l'atmosphère on lui donne, ainsi terrestre,

égal et contraire à celui de )'ohqu'à l'air et à la Terre, un mouvement et voyons quels phénomènes ce mouvement doit produire scrvatcur, dans la position apparente de l'astrc dont le rayon émane. On peut raire abstraction du mouvement de rotation de la Terre, environ soixante rois moindre :1 l'équateur même que celui de la Terre autour du Soleil; ici, sans erreur sensible, tous les rayons lumiparallèles à celui de

on peut encore supposer ncw que chaque point du disque d'un astre nous envoie, du centre de l'astre entre eux et au rayon qui parviendrait la Terre, si elle était transparente. à un observateur présenteraient Ainsi les phénomènes placé il ce dernier

que les astres centre, et qui

dépendent du mouvement de la lumière, combiné avec celui de la Terre, sont :1 très peu près les mêmes pour tous les observateurs répandus de la petite excentricité sur sa surface. Enfin, nous ferons abstraction de l'orbe terrestre. Dans l'intervalle Cela posé de 571s, que la lumière

emploie parcourir le rayon de l'orbe terrestre, la Terre décrit un petit arc de cet orbe, égal à G2",5; or il suit des luis de la composition des mouvements que, si par

118 le centre l'écliptique la direction mouvement

EX POSITION d'une éloilc

DU SYSTÈME

DU MONDE.

et dont

on imagine une pelile circonférence parallèle à le diamètre soutende dans le ciel un arc de 125", de la lumière, lorsqu'on le compose avec le en sens contrainre, rencontre celle

du mouvement de la Terre,

appliqué circonférence au point ou elle est coupée par un plan mené par les centres de l'étoile et de la Terre, tangenliellement à l'orbe terrestre; l'étoile donc paraitre se mouvoir sur celle circonférence décrire, chaque année, de manière qu'elle y soit constamment avancée de 100° que le Soleil dans son orbite apparente. doit moins

et la

Ce phénomène est exactement celui que nous avons expliqué dans te onzième Chapitre du premier Livre, d'après les observations de Bradley, et celle de sa cause. l'our rapporter les à qui l'on doit sa découverte étoiles à leur vraie position, il suffit de les placer au centre de la pelile circonférence leur mouvement annuel qu'elles nous semblent décrire; n'est donc qu'une illusion produite par la combinaison du mouvement de la lumière avec celui de la Terre. Ses rapports avec la position du Soleil pouvaient faire soupçonner mais l'expliqu'il n'est qu'apparent; cation précédente une démonstration Soleil, allant tation. L'aberration nètes, de la lumière affecte les positions du Soleil, des placl et des comètes, mais d'une manière différente, particuliers. Pour les en dépouiller et pour à chaque instant à tous imprimons le prouve avec évidence. Elle fournit en même temps sensible du mouvement de la Terre autour du

de même que l'accroissement des degrés et de la pesanteur, en de l'élluateur aux pôles, rend sensible son mouvement de ro-

des satellites

raison de leurs mouvements

avoir la vraie position des astres, les corps un mouvement égal et contraire à celui de la Terre, qui par là devient immobile. ce qui, comme nous l'avons dit, ne change ni ni leurs apparences. Alors il est visible leurs positions respectives n'est plus sur la direction qu'un astre, au moment où nous t'observons, du rayon lumineux qui vient frapper notre vue; il s'en est éloigné en vertu de son mouvement réel combiné avec celui de la Terre, qu'on lui suppose transporté en sens contraire. La combinaison ces deux mou-

LIVRE

Il.

CHAPITRE

IL

119

vemenls observée de la Terre, forme le mouvement apparent, que l'on nomme mouvement géocentrique. On aura donc la véritable position de l'astre, en ajoutant à sa longitude et à sa latitude géocentriques ohservées, son mouvement géocentrique en longitude et en latitude, dans l'intervalle de temps que la lumière emploie à parvenir de l'astre à la Terre. Ainsi, le centre du Soleil nous parait constamment moins avancé de 62",5 tlans son orbc que si la lumière nous parvenait dans un instant. L'aberration change les rapports apparents des phénomènes célestes soit avec l'espace, soit avec la durée. Au moment ou nous les voyons encore, ils ne sont déjà plus; il y a vingt-cinq ou trente minutes que les satellites de Jupiter ont cessé d'être éclipsés, quand nous apercevons la fin de leurs éclipses, et les variations des étoiles changeantes précèdent de plusieurs années les instants de leurs ohscrvations. Mais toutes ces causes d'illusion étant bien connues, nous pouvons toujours rapporter les phénomènes du système solaire, à leur vrai lieu et à leur véritable époque. La considération des mouvements célestes nous conduit donc à dé-

placer la Terre, du centre du monde oit nous la supposions, trompés par les apparences et par le penchant qui portc l'homme à se regarder comme le principal objet de la nature. Le globe qu'il habile est une planète en mouvement sur cllc-mèmc et autour du Soleil. Un l'envisagcant sous cet aspect, tous les phénomènes s'expliquent de la manière la Plus simule; les lois des mouvcments célestes sont uniformes; toutes les analogies sont observées. Ainsi que Jupiter, Saturne et Uranus, la Terre est accompagnée d'un satellite; elle tourne sur elle-même, comme Vénus, Maris, Jupiter, Saturne et probablement toutes les autres planètes elle emprunte comme elles sa lumière du Soleil, et se meut autour de lui dans le même sens et suivant les mêmes lois. Enfin la pensée du mouvement de la Terre réunit en sa faveur la simplicité, l'analogie et généralement tout ce tlui caractérise le vrai système de la nature.. Nous verrons, en la suivant dans ses conséquences, les phénomènes

120 célestes dont Terre

EXPOSITIO ramenés, ils sont acquerra les jusque

N DU SYSTÈME dans leurs plus

1)U MONDE. petits défaits, à une seule de loi la

développements toute peut

nécessaires. dont du grand

Le mouvement les vérités nombre physiques

ainsi et qui

la certitude résulter soit

sont

susceptibles, des phénomènes dépendre. haut degré

et de la variété on les fait à un plus fondée

expliques, branche

soit de la simplicité des sciences que la théorie naturelles du

des lois dont ne réunit du

Aucune

ces avantages

système

monde,

sur le mouvement Ce mouvement mesurer mètre

de la Terre. agrandit des l'univers corps C'est des à nos yeux; célestes, par orhes son une moyen il nous hase que donne, te pour dia-

les distances de l'orbe terrestre.

immense, l'on

a exactement le mouvement

détermine de la Terre, temps

les dimensions qui, par les

planétaires. dont il est

Ainsi cause, réels que

illusions

a pendant des planètes, si nous

longnous

retardé

la connaissance ensuite

des mouvements avec plus de précision Cependant on verrait et qui par donc aussi ne

les a fait été placés des étoiles, de l'orbe

connaitrc au foyer

eussions annuelle

de ces mouvements. sous est aux lequel

la parallaxe centre pas à six semblent cent

ou l'angle terrestre,

de leur s'élève

le diamètre secondes, être mille jointe point, mais autant au Il ne le fois à

insensible étoiles

même plus plus leur

relativement près de la Terre; que nous

leur

vif éclat

elles le Soleil. prouve et les

en sont Une

au moins prodigieuse qu'elles leur

deux

éloignées vive clarté, les

distance, n'empruntent du

évidemment satellites, lumière,

comme qu'elles de soleils nôtre, auffit, voir serait

planètes

lumière

Soleil, sont

brillent répandus

de leur dans èlrc les

propre

en sorte

qu'elles et qui,

l'immensité foyers placer

de l'espace, de

semblables planétaires. pour apparent

peuvent en effet, le Soleil

d'autant sur le plus lumineux

systèmes

de nous comme d'un l'immense

voisin dont

de ces astres, le diamètre

que

un astre trentième distance

au-dessous de

de seconde. des étoiles que que leurs mouvements pro-

Il résulte en ascension duites

droite

et en déclinaison de l'axe

ne sont

des apparences,

par le mouvement

de rotation

de la Terre.

Mais quelques

LIVRE

Il.

CHAPITRE

Il.

121

étoiles blable transporte comètes, mouvement

parassent qu'elles avec de même autour sont lui

avoir toutes dans que du

des

mouvements en mouvement, le planète système

propres, ainsi pnticr ses

et que des

il Ic

est

vraisemSolcil, et dans qui des son

l'espace chaque Soleil.

planètes

cntraine

satellites

OEuvret

de

L.

VI.

122

EXPOSITION

DU

SYSTÈME

1)U MONDE.

III. CHAPITRE
DES APPARENCES DUES AU MOUVEMENT DE LA TERRE.

Un point de nous de leurs autour sens

de

vue où

la comparaison les astres, que que l'on

des

phénomènes

célestes

vient identité tourne en clair Il n'y se qui,

placer,

considérons

et monlrons observe. Soit

la parfaite que le ciel sur

apparences de l'axe du du

avec celles monde, mouvement se présenteront ce que, au-dessus vont soit

la Terre du

tourne ciel

elle-même il est

contraire

apparent à nous

immobile,

que tous

les astres

de la même cas,

manière.

a de différence placer dans

qu'en

dans

le premier

ils viendraient terrestres,

successivement le second cas,

des divers au-dessous commun

méridiens d'eux. à tous tours

se placer étant

Le mouvement sa surface sont les

de la Terre qui

les corps

situés relatifs

à

et aux fluides mêmes d'un que

les recouvrent, était immobile. tout

mouvements dans comme

si la Terre

Ainsi, se meut

un vaisseau s'il retombe était au

transporté en repos; point mais, courbe la Terre, élevée, çoit pied plomb, Terre, d'où

mouvement lancé

uniforme, verticalement

un projectile il était rivage, parti

de bas en haut décrire

il parai),

sur te vaisseau, obliquement la vitesse au pied

une verticale; et décrit :1 la rotation d'une une de tour on condu

vu du

il se meut Cependant

à l'horizon réelle, qu'au duc

parabolique. étant un

peu

moindre on abandonne

sommet ;1 sa pesanteur,

si de ce sommet vertu

un corps réelle

qu'en

de l'excès il ne doit du peu sommet à l'est

de sa vitesse pas tomber

de rotation au point

sur celle

de la tour, qui mais part un

exactement va rencontrer L'analyse

oit le fil à de la effet

de la tour, de ce point.

la surface fait voir qu'en

LIVRE II. —CHAPITRE III.

123

son écart de ce point n'a lieu que vers l'est, qu'il est proportionnel :1 la racine carrée du cube de la hauteur de la tour et au cosinus de la latitude, et qu'à l'équateur il est de 21mm,953 pour 100mde hauteur. On peut donc, par des expériences très précises sur la chute des corps, rendre sensible le mouvementde rotation de la Terre. Cellesque l'on a déjà faites dans cette vue, en Allemagneet en Italie, s'accordent assez bien avecles résultats précédents; mais ces expériences, qui exigent des attentions très délicates, ont hesoin d'être répétées avec plus d'exactitude encore. La rotation de la Terre se manifesteà sa surface, principalementpar les effets (te la force centrifuge, qui aplatit le sphérOIdeterrestre aux pôles et diminue la pesanteur :1 l'équateur, deux phénomènesque les mesures du pendule et des degrés des méridiens nous ont fait connaîtra. Dans la révolution de la Terre autour du Soleil, son centre et tous les points de son axe de rotation étant mus avecdes vitesses égales et parallèles, cet axe reste toujours parallèle à lui-même; en imprimant à chaque instant aux corps célestes et à toutes les parties de la Terre un mouvement égal et contraire à celui de son centre, ce point restera immobileainsi que l'axe de rotation; mais ce mouvementimprimé ne change point les apparences de celui du Soleil; il ne fait que transporter cet astre, en sens contraire, te mouvement réel de la Terre: les apparences sont par conséquent les mêmes dans l'hypothèse de la Terre en repos et dans celle de son mouvementautour du Soleil. Pour suivre plus particulièrement 'identité de cesapparences, imaginonsun l rayon mené du ccnlre du Solcilcelui de la Terre; ce rayon est perpendiculaireau plan qui sépare l'hémisphère éclairé de la Terre de son hémisphèreobscur; le point dans lequel il traverse la surface de la Terre a le Soleil verticalement au-dessus de lui, et tous les points du parallèle terrestre que ce rayon rencontre successivementen vertu du mouvementdiurne ont à midi cet astre au zénith. Or, soit que le Soloil se meuve autour de la Terre, soit que la Terre se mcuve autour du Soleil et sur elle-même,son axe de rotation conservant toujours une situation parallèle, il est visible que ce rayon trace la même courbe

12i

EXPOSITION DU SYSTÈIfE DU MONDA.

sur la surface de la Terre; il coupe dans les deuxcas les mêmes parallèles terrestres, lorsque le Soleil a ta mêmelongitude apparente; cet astre s'élève donc également à midi sur l'horizon, et les jours correspondants sont d'une égale durée. Ainsi, les saisons et tes jourssont les mêmes dans l'hypothèse du repos du Soleil et dans celle de son mouvementautour de la Terre, et l'explication des saisons que nous avons donnée dans le Livre précédent s'applique égalementà la première hypothèse. Les planètes se meuventtoutes dans le mêmesens autour du Soleil, mais avec des vitesses différentes; les durées de leurs révolutions croissent dans un plus grand rapport que leurs distances à cet astre Jupiter, par exemple, emploie douze années ;1 peu près à parcourir son orbe. dont le ravon n'est qu'environ cinq fois ltlus grand que celui de l'orbe terrestre; sa vitesse réelle est donc moindre que celle de la Terre. Cettediminution de vitesse dans les planètes, à mesure qu'elles sont plus distantes du Soleil, a généralement lieu depuis Mercure, la plus voisine de cet astre, jusqu'à Uranus, la plus éloignée,et il résulte des lois quenous établirons bientôt que les vitesses moyennesdes planètes sont réciproquesaux racines carrées de leurs moyennesdistances au Soleil.. Considérons une planète dont l'orbe est embrassé par celui de la Terre, et suivons-la depuis sa conjonction supérieure jusqu'à sa conjonction inférieure. Son mouvement apparent ou géocentrique est le résultat de son mouvement réel combinéavec celui de la Terre, transporté en sens contraire. Dansla conjonctionsupérieure, le mouvement réel de la planète est contraire à celui de la Terre; son mouvement géocentrique est donc alors la sommede ces deux mouvements, et il a la même direction que le mouvementgéocentriquedu Soleil, qui résulte du mouvement de la Terre, transporte en sens contraire à cet astre; ainsi le mouvementapparent de la planète est direct. Dansla conjonction intérieure, le mouvement de la planète a la même direction que celui de la Terre, et, commeil est plus grand, le mouvementgéocentrique conservela même direction, qui, par conséquent, est contraire

LIVRE I1.

CHAPITREIII.

125

au mouvement apparent du Soleil; la planète est donc alors rélrodirect grade. On conçoit facilementque, dans le passage du mouvement au mouvement rétrograde, elle doit paraître sans mouvementou stationnaire, et que cela doit avoir lieu entre la plus grande clongation et la conjonction inférieure, quand le mouvement géocenlrique de la planète, résultant de son mouvement réel et de celui de la Terre appliqué en sens contraire, est dirigé suivantle rayon visuelde la planète. Ces phénomènes sont entièrement conformes aux mouvements observés de Mercureet de Vénus. l Lemouvementdes planètes dont lesorbes embrassent 'orbe terrestre a la même direction, dans leurs oppositions, que le mouvementde la Terre; mais il est plus petit et, en se composant avecce dernier mouvement transporté en sens contraire, il prend une direction opposée à sa direction primitive; le mouvementgéocentrique de ces planètes est doncalors rétrograde; il est dirent dans leurs conjonctions,ainsi que les mouvementsde Mercureet de Vénusdans leurs conjonctionssupérieures. En transportant, en sens contraire, aux étoiles le mouvementde la Terre, elles doivent paraitrc décrire chaque année une circonférence égale et parallèle à l'orbe terrestre, et dont le diamètre sons-tend dans le ciel nu angle égal à celui sous lequel on verrait de leur centre le diamètre de cet orbe. Ce mouvement apparent a beaucoupde rapport avec celui qui résulte de la combinaisondes mouvementsde la Terre et de la lumière, et par lequelles étoiles nous semblentdécrire annuellement une circonférence parallèle à l'écliptique, dont le diamètre sous-tendun arc de 125"; mais il en diffère en ce que les astres ont la même position que le Soleilsur la premièrecirconférence,au lieu que, sur la seconde, ils sont moinsavancésque lui de 100°.C'est par là que l'on peut distinguer ces deux mouvements,et que l'on s'est assuré que le premierest au moinsextrêmement petit, l'immensedistance où nous sommesdes étoiles rcndaut presque insensible l'angle que sous-tend le diamètre de l'orbe terrestre vu de cette distance. L'axedu monde n'étant que le prolongementde l'axe de rotation de

126

EXPOSITION DU SYSTÈME1)UMONDE.

la Terr e,on doit rapporter à ce dernier axe le mouvement des pôles de l'équateur céleste, indiqué par les phénomènesde la précession et de la nutation, exposes dans le Chapitre XIII du Livre Ier. Ainsi,en même temps que la Terre se meut sur elle-même et autour du Soleil, son axe de rotation se meut très lentement autour des pôles de l'écliptique, en faisant de très petites oscillations, dont la période est la même que celle du mouvementdes nœuds de l'orbe lunaire. Au reste, ce mouvementn'est point particulier àla Terre; car on a vu, dans le Chapitre IVdu Livrc 1er,que l'axe de la Lune se meut dans la même période autour des pôles de l'ectiptique.

LIVRE CHAPITRE Il. IV.

127

CHAPITRE IV.
DES LOIS DU MOUVEMENT DES PLANÈTES DE LEURS AUTOUR ORBITES. DU SOLEIL, ET DE L\ FIGURE

Rien dentes,

ne serait la position

plus des

facile

que

de calculer, pour un

d'après instant

les données quelconque,

précési leurs mais ils

planètes

mouvements sont assujettis plus importants au ces

autour

du Soleil

étaient très

circulaires sensibles,

et uniformes dont les lois sont fil qui

à des inégalités objets principe dans )curs au Soleil

un des nous reconil

de l'Astronomie général les des

et le seul

puisse Pour

conduire naître

mouvements que des effets observée nous

célestes. offrent les

lois

apparences

planètes, de la Terre, de l'orbe les dimen-

faut dépouiller et rapporter terrestre; sions

mouvements leur position

du mouvement des divers

points

il est

donc

nécessaire

avant mouvement Il du

tout

de déterminer

de cet orbe dans

et la loi du le Chapitre dont

de la Terre. Ier, que l'orbe apparent un des du

On a vu, Soleil mais est une

Livre

ellipse, étant

le centre

de la Terre il faut

occupe le mettre le

foyers: de du

le Soleil

réellement la Terre et, pour sur

immohite, sa

au foyer

l'ellipse Soleil

et ptaccr sera le même il suffira

circonférence;

mouvement

avoir

la position de deux

de la Terre droits

vue du centre la position de

du Soleil, cet astre. On -a vu manière trace réalité,

d'augmenter

angles

encore

que

le Soleil vecteur aires tracées qui

parait joinl

se mouvoir son centre aux

dans à celui temps;

son

orbe,

de

que

le rayon d'elle des sont

de la Terre mais, tout dans la

autour

proportionnelles autour du Soleil.

ces aires

En général, J

ce que

128

EXPOSITION I)U SYSTÈMEDU MONDE.

nous avons dit, dans le Chapitrecité, sur l'excentricitéde l'orbe solaire et ses variations, sur la position et le mouvementde son périgée, doit s'appliquer à l'orbe terrestre, en observant seulement que le périhélie de la Terre est a deux angles droits de distance du périgée du Soleil. La figure de l'orbe terrestre étant ainsi connue, voyonscommenton a pu déterminercellesde tous lesorbes planétaires. Prenons pour exemple la planète Mars, qui, par la grande excentricité de son orbe et par sa proximité de la Terre, est très propre à nous faire découvrirles lois du mouvement des planètes. L'orbe de Marset son mouvementautour du Soleilseraient connus, si l'on avait pour un instant quelconque l'angle que fait son rayon vecteur avec une droite invariable passant par le centre du Soleil, et la longueur de ce rayon. Pour simplifier ce problème, on choisit les positions de Mars dans lesquelles l'une de ces quantités se montre séparément, et c'est ce qui a lieu à fort peu près dans les oppositions, ou l'on voitcette planète répondre au mêmepoint de l'écliptique auquel on la rapporterait du centre du Soleil. La différencedes mouvements de Marset de la Terre fait correspondre la planète a divers points du ciel, dans ses oppositionssuccessives; en comparant donc entre elles un grand nombred'oppositions observées, on pourra découvrirla loi qui existe entre le temps et le mouvementangulaire de Mars autour du Soleil, mouvement l'on nomme héliocentrique. 'analyse que L offre pour cet objet diversesméthodes, qui se simplifient, dans tecas présent, par la considération que, les principales inégalités de Marsredevenant les mêmes;1chacune de ses révolutionssidérales, leur ensemble peut être exprimé par une série fort convergente de sinus d'angles multiples de son mouvement, série dont il est facile de déterminer les coefficients, au moyen de quelques observationschoisies. On aura ensuite la loi du rayon vecteur de Mars, en comparant les observationsde cette planète vers ses quadratures, où ce rayon se présente sous le plus grand angle. Dans le triangle formé par les droites qui joignent les centres de la Terre, du Soleilet de Mars, l'observation donne directement l'angle :1la Terre; la loi du mouvementhéliocen-

LIVRE

II.

CHAPITRE et Terre, la Terre ainsi aux tracer la

IV.

129

trique de Mars

de

Mars en

donne parties de

l'angle celui moycnnc de rayons

au de

Soleil, la de

l'on qui au

conclut lui-même Soleil.

te

rayon est

vecteur donné en

parties d'un la une Ce loi

de

la

distance nombre

La

comparaison fera connaître avec

grand de droite fut leurs

vecteurs

déterminés angles figure que idée ;1 l'un dans doute sur qu'ils de

variations invariable, et méthode l'orbe de de

correspondantes l'on à de pourra peu près il plaçant eut

forment l'orbite. reconnut comparer des foyers, l'hypothèse la vérité

par

une de celle

semblable l'heureuse le Soleil

Kepter de

l'allongement figure les d'un celle On Soleil, vitesse diminue plus rayon que carré double Soleil; le centre le petite vecteur, produit de du l'aire du l'époque par lois que le du son petit avec observations orbe

Mars; en

sa cl

l'ellipse, Tycho, ne lui

exactement laissèrent

représentées aucun

elliptique,

de

hypothèse. nomme et périhélie l'extrémité de a l'aphélie. on du rayon secleur décrit croit' la planète de de mouvement Ier, elles aux du observations sont des trouve mouvement vecteur que en Mars l'extrémité la autour que En le plus du grand axe C'est est la augmente, vitesse à aux son la au plus périhélie plus grande; et elle est voisine du la elle la du en Mars sorte par est autour passant jours les aux par du également planètes; de confirmées dont le centre du Soleil ces Soleil, tien Kepler corps Kepler, développées pour la établit les deux Terre. donc suiécoulés aires déle le du par

aphélie

éloignée. du Soleil vecteur celle est réciproque

que

angulaire ensuite à

mesure

rayon

comparant qu'elle

puissances carré, de

journalier est ce partant donc était Mars Mais, toujours rayon d'une comme sur sont

héliocentrique le trace, ligne le cette nombre même. chaque invariable des ainsi Ce

produit jour,

qu'il Soleil ou rayon

depuis crites Ces mêmes le était comme vantes, Les occupe Chapitre

ligne;

vecteur

proportionnelles

temps. étant les dans Il

mouvement du du de Livre les étendre

découvertes apparent ont autres

celles Il

naturel lois que orbes un OEuvres des

fondamentales toutes des les planètes fovers. —

mouvement ont

ellipses,

de L.

17

130

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU

MONDE.

Les aires décrites autour do ce centre par les rayons vecteurs des planètes sont proportionnelles aux temps employés à'lcs décrire. Ces lois suffissent pour déterminer le mouvement des planètes autour du Soleil; mais il est nécessaire de connaitre pour chacune d'elles sept quantités, que l'on nomme éléments du mouvement elliptique. Cinq de ces éléments rotatifs au mouvementdans l'ellipse sont io la durée de Il révolution sidérale; 20 le demi-grand axe de l'orbite, ou la movenne distance de la planète au Solcil; 3° l'excentricité, d'où résulte la plus grande équation du centre; 4° la longitude movenne de la planète à une époque donnée; 5° la longitude du périhélie à la même époque. Les deux autres éléments se rapportent à la position de l'orllite, et sont I° la longitude à une époque donnée des nœuds de l'orbite, ou de ses points d'intersection avec un Illan, que l'on suppose ordinairement être celui de l'écliptique; 2° l'inclinaison de l'orbite sur ce plan. Il y a clonc quarante-neuf éléments à déterminer pour les sept planète connues avant le siècle actuel. Le Tableau suivant présente tous ces éléments pour le premier instant de ce siècle, c'est-à-dire pour le Ier janvier 1801, a minuit, temps moyen à Paris. L'examen de ce Tableau nous montre que les durées des révolutions

des planètes croissent avec leurs moyennes distances au Soleil. Kehler chercha pendant longtemps un rapport entre ces durées et ccs distances après un grand nombre de tentatives, continuées pendant dixsept ans, il reconnut enfin que les carrés des temps des rcvolutions des planètes sont entre eux comme les cubes des grands axes de leurs orbites. Telles sont les lois du mouvement des planètes, lois fondamcntales qui; donnant une face nouvelle à l'Astronomie, ont conduit à la découverte de la pesanteur universelle. Les ellipses planétaires ne sont point inaltérables leurs grands axes paraissent être toujours les mêmes; mais leurs excentricités, Ieurs inclinaisons sur un plan fixe, les positions de leurs nœuds et de leurs périllélies sont assujetties à des variations qui, jusqu'à présent, semblent croître proportionnellement aux temps, Ces variations ne devenant bien

LIVRE sensibles séculaires. tions tions précision. On mouvements altéré, rent sensibles comparant ont et un remarque accroissement modernes, ce qui inégalités la points ont Enfin à de ces tout cause autour mouvements, plusieurs planètes, annonce principale du Soleil, et qui durée de été semble dont de l'orbite plus Jupiter minutes, soit que qui il du car on Soleil dans les remarque encore elliptiques a vu des des précédemment t'être. deux plus suite aucun sont sont

II. des doute pas pas assez

CHAPITRE elles lcur éloignées

IV.

131 nommées mais elles, pour et les les les

que Il modernes anciennes

par n'y a ne

la

siècles, sur

ont existence; entre exactes

été

inègalités obscrvaobservafixer avec

ne

suffisamment

inégalités planètes. que Mais ces

périodiques Celui le de la

qui Terre

troublent en elliptique est un

les

peu appa-

mouvement

parait les

inégalités planètes, aux

sont Jupiter

principalement et les Saturne. astronomes de Les résultat planètes le siècle suiplanète: qu'à inégalités de leurs la celui qui situaJupiter, obserconde En

grosses modernes dans la la

observations une diminution dans comparées indiquer les la celle

anciennes, de la rcvolution de donnent de longues. a le du paru Saturne. un

durée révolution elles, le sont de

de entre dans

vations traire, grandes précédent, vant ses les retours

mouvement fort Saturne

ces Dans

périodes révolution d'en l'on à Saturne et qui a

différente de la

compté

départ printemps des dépendre

rapides et

l'équinoxe éprouvent paraissent soit

d'automne. s'élèvent tion Ainsi, de la

entre dans fait existe altèrent le

elles, système

l'égard planétaire,

de

périhélies.

indépendamment dans des qui éléments orbes ellip-

mouvoir des

les causes la

planètes particulières longue les

tiques leurs ellipses.

troublent de leurs

TABLEAU

DU MOUVEMENT

ELLIPTIQUE

DES

PLANETES.

Durées

de

leurs

révolutions

sidérales.

Mercure. Vénusé

87,9692580 224,7007869

La Terre. Mars.

365,2563835 686,9786458

132

EXPOSITION

DU

SYSTÈME

DU

MONDE.

Jupiter.

4332,5848212

Uranus.

30686,8208296

Demi-grands

ares

des

orbites,

ou

distances

moyennes.

Mercure. Vénus. La Mars. Jupiter. Saturne. Uranus. Terre. 5,202776

0,3870981 0,7233316 1,0000000 1,5236923 9.5387861 19,182390
au are atr commencement de 1801.

Bapport

de

l'excentricité

demi-grand

Mercure. Vénus. La Mars. Jupiter. Saturne. Uranus. Terre

0,20551494 0,0686074 0,01685318 0,0933070 0,0481621 0,0561505 0,0466108
le minuit 18m, le à 31 décembre 1800

Longitude

moyenne et le

pour 1er

qui temps

sépare moyen

janvier

Paris.

Mercure.
Vénus.

182,15647
11,93259

La Mars.

Terre.

111,28179 71,24071

Jupiter.
Saturne. Uranus.
à la même

124,68251
150,35354 197, 55589
moyenne du périhélie, époque.

Longitude

Mercure.
Vénus.

82,6256
143,0349

La Terre. Mars. Jupier. Saturne. Uranus.

110,5571 369,3323 12,3810 99,0647 186,1500

LIVRE

Il.

CHAPITRE

IV.

13:J

Inclinaison

de

l'orbite

à l'ecliptique

au

commencement

de

1801.

Mercure. Vénus. La Mars. Jupiter. Saturne. Uranus.
du

7,78058 Terre. 2,05746 1,46029 2,77029 0,86063
nœud ascendant au commencement de 1801.

3,76807 0,00000

Longitude

Mercure. Vénus. La Mars. Jupiter. Saturne. Uranus.

51,0651 83,2262 Terre. 0,0000 53,3344 109,3762 124,3819 81,1035 les éléments

On ne peut des quatre lequel derables éléments mais

pas encore planèlcs

avoir

avec

précision

des

orbites depuis consiVoicl les

petites

nouvellement court; n'ont jusqu'à

decouvertes; d'ailleurs

le temps

on les observe qu'elles elliptiques ne doit

est trop

les perturbations été déterminées. satisfont une aux première

éprouvent qui,

pas encore présent, que comme

observations, éhauche de

que l'on

regardeur

la theorie

de ces

planetes.
Durées (les révolutions sidérales.

Cérès. Pallas. Junon. Vesta.

1681,3931 1686,5388 1592,6608 1325,7431

Demi-grands

ares

des

orbites.

Cérès Pallas. Junon. Vesta.

2,767245 2,772886 2,669009 2,36787

134

EXPOSITION
de

DU SYSTÈME
l'excentricité au

1)U MONDE.
axe.

Rapport

demi-grand

Cérès l'allas. Junôn. Vesta.

0,0;8439 0,241648 0,257848 0,089130
moyenne à minuit, commencement de 1820.

Longitude

Cérès. Pallias. Junon.
Vesta.

136,8461 120,3422 222,3989
309.2917

Longitude

du

périhélie,

à la

même

opoquc.

Cérès

Pallas. Junon.

163,4727

134,5754 59,5142
Inclinaison dc l'orbite à l'écliptique.

Cérès. Pallas

11,8044 38,4244

Junon.
Vesta. du nœud ascendant au commencement

14,5215
7,9287 rle 1810.

Longitude Cérès l'allas.
Junon.

0 87,6557 191,8416
190,1421

Vesta.

114,6908

LIVRE

II.

CHAPITRE

V.

135

V. CHAPITRE
DE LA FIGURE DES ORBES DES COMÈTES ET DES LOIS DE LEUR MOUVEMENT AUTOUR DU SOLEIL.

Le Soleil supposer disparaissant orbes, très sont au lieu allongés, visibles.

étant

au

foyer

des orhes des

planétaires, orbes des

il est

naturel Mais ces

de le astres leurs sont lis

pareillement après d'être s'être

au foyer montrés

comètes. mois

pendant

quelques commc ceux

au plus,

presque est

circulaires fort voisin des

des planète, dans laquelle

et le Soleil L'cllihsc,

de la partie qu'cllc

au moyen peut

nuanccs

présente divers;

depuis l'anades

le cercle Io-ic ellipses suivant par leurs Il est d'une

jusqu'à porte

la parabole, donc à mettre occupe que

représenter les comètcs foyers,

ces orbes en

nous dont les

mouvement y faire les aires temps. de son la

dans

le Soleil mêmes lois vecteurs

un

des

et à les que aux la durée axe de

mouvoir tracées

les planète,

en sorte

rayons presque

soient de

proportionnelle connaître le grand

impossible et par

révolution par les

comète,

conséquent

orbe, donc

observations déterminer temps décrite une donné. par

d'une

seule

de ses apparitions; l'aire que trace que

on ne peut son rayon

pas alors dans d'ellipse, avec cet un

rigoureusement Mais la comète on doit pendant

vecteur portion

considérer

la petite peut son

son apparition, peut calculer

se confondre dans

parabole,

et qu'ainsi s'il de était

l'on

mouvement

intervalle Suivant

comme les lois

parabolique. les secteurs planètes par les tracés sont temps entre dans le même temps les suret

Kepler, de deux divisées

par les rayons faces de leurs

vecteurs cllipses

eux comme

de leurs

révolutions,

136

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

les carrés de ces temps sont commeles cubes des demi-grands axes. Il est facile d'en conclure que, si l'on imagine une planète muedans un orbe circulaire dont le rayon soit égal à la distance périhélie d'une comète, le secteur décrit par le rayon vecteur de la comète sera au secteur correspondant décrit par le rayon vecteur de la planète dans le rapport de la racine carrée de la distance aphélie de la comète 11la racine carrée du demi-grand axe de son orbe, rapportqui, lorsque l'ellipse se change en parahotc, devient celui de la racine carrés de 2 à l'unité. On a ainsi le rapport du secteur de la comète celui de la planete fictive, et il est aisé, par ce qui précède, d'avoirle rapport de ce secteur à celui que trace dans le même temps le rayon vecteur de ta Terre. On peut donc déterminer pour un instant quelconque, à partir de l'instant du passage de la comète par le périhélie, l'aire tracée par son rayon vecteur, et fixersa position sur la parabolequ'elle est censée décrire. Il ne s'agit que de tirer des observationsles éléments du mouvement parabolique, c'est-à-dire la distance périhélie de la comète en parties de la moyenne distance du Soleil à la Terre, la position du périhélie, l'instant du passage par le périhélie, l'inclinaison de l'orbe à l'écliptique et la position de ses nœuds. La recherche de ces cinq éléments présente de Illus grandes difficultésque celledes élémentsdes planètes, qui, toujours visibles, peuvent être observées dans les positions les plus favorables à la détermination de ces éléments, au lieu que les comètes ne paraissent que pendant fort peu de temps, et presque toujours dans des circonstances où leur mouvementapparent est très complillué par le mouvement réel de la Terre, que nous lcur transportons en sens contraire. Malgré ces difficultés, on est parvenu par diverses méthodes déterminer les éléments des orbes des comètes. Trois observationscomplètes sont plus que suffisantespour cet objet; toutes les antres servenl à confirmerl'exactitude de ces éléments et la vérité de la théorie que nous venons d'exposer. Plus de cent comètes, dont les nombreuses observations sont exactement représentées par cette théorie, la mettent 11l'abri de toute atteinte. Ainsi les comètes, que

LIVRE

II.

CHAPITRE

V.

137

l'on a regardées pendant longtemps comme des météores, sont des astres semblables aux planètes; leurs mouvements et leurs retours sont rcglés suivant Ics mêmes lois que les mouvements planétaires. Observons ici comment le vrai système de la nature, en se développant, se confirmé de plus en plus. La simplicité des phénomènes célestes dans la supposition du mouvement de la Terre, comparée à leur extrême complication dans celle de son immobilité, rend la première de ces suppositions fort vraisemblable. Les lois du mouvement elliptique, communes alors aux planètes et à la Terre, augmentent beaucoup cette vraiseml)lance,-qui devient plus grande encore par la considération du mouvement des comètes, assujetti aux mêmes lois. Ces astres ne se meuvent pas tous dans le même sens, comme les planètes. Les uns ont un mouvementréel direct; d'autres ont un mouvement rétrograde. Les inclinaisons de leurs orbes ne sont point renfermérs dans une zone étroite, comme celles des orbes planétaires; elles offrent toutes les variétés d'inclinaison, depuis l'orbe couché sur le plan de l'écliptique, jusqu'à l'orbe perpendiculaire à ce plan. On reconnait une comète, quand elle reparaît, par l'identité des éléments de son orbite avec ceux de l'orbite d'une comète déjà observée, Si la distance périhélie, la position du périhélie et des nœuds, et l'inclinaison de l'orbite sont à fort peu près les mêmes, il est alors très probable que la comète qui parait est celle cluc l'on avait observée précédemment, et qui, après s'être éloignée à une distance ou elle était invisible, revient dans la partie de son orbite voisine clu Soleil. Les durées des révolutions des comètes étant fort longues,et ces astres n'ayant été observés avec un peu de soin que depuis deux siècles, on ne connait encore avec certitude cluc le temps de la révolution de deux comètes ( ') l'une est celle de 1759, que l'on avait déjà observée en 1682, 1 6o7et 1531. Celle comète emploie environ soixante-seize ans
do la 5' édition do Cet Ouvrage, en 1825, une troisième comète, (1) Depuis l'impression fois en 1772, puis en i8o5, fut reconnu en qui avait été vuo pour la première périodique 1826 par MM. Gambart et Hansen. Celle comète fait sa révolulion en six ans trois quartes; elle a été retrouvée et observée sur la fin do 1832; elle reviendra en 1819. ( Note de E.
OEuvres de L. VI. 1.

BOUVARD.)
18

138

EXPOSITION

DU

SYSTÈME

DU MONDE.

revernir à son périhélie; ainsi, en prenant pour unité la moyenne distance du Solcil à la Terre, le grand axe de son orbite est a peu près 35,9, et commc sa distance périhélie n'est que 0,58, elle s'éloigne du Soleil au moins 35 fois plus que la Terre, en parcourait une cllilse fort excentrique. Son retour au périhélie a été de treize mois plus long de 1531 à 1607 que de 1607 1\ 1682; il a été de dix-huit mois plus court de 1607 à 1682 que de i682 à 1759. Il parait donc que des causes semblables à celles qui altèrent le mouvement elliptique des planète troublent celui des comètes d'une manière encore plus sensible. L'orbite d'une comète, observée en 1818, a présenté des éléments si peu différents de ceux de l'orbite d'une comète observée en 1805, que l'on en a conclu l'identité de ces deux astres, ce qui donnerait une courte révolution de treizo ans, s'il n'y avait point eu de retour intermédiaire de la comète à son périhélie mais M. Encke, par la discussion des observations nombreuses de cet aslrc en 1818 et 1819, a reconnu que sa révolution est de 1203 jours à fort peu près; il en a conclu qu'elle devait reparaitrc en 1822, et, pour faeililcr aux observateurs les moyens de la retrouver, il a calculé la position clu'elle devait avoir à chaque jour de sa prochaine apparition. Les déclinaisons australes de la comète, dans cette apparition, rendaient ses observations presque impossibles en Europe. Heureusement elle vient d'être reconnue par M. Rumker, ohservateur habite, attire dans la Nouvelle-Hollande par M. le général Brisbane, gouverneur de Botany-Bay, et qui, lui-même excellent observateur, porte aux progrès de l'Astronomie l'intérèt le hlus actif et le plus éclairé. M. Rumker a observé la comète chaque jour depuis le a jusqu'au 23 juin 1822, et ses positions observées s'accordent si bien avec celles que M. Encke avait calculées d'avance, qu'il ne doit rester aucun doute sur ce retour de la comèleprédit par M.Hncke. La nébulosité dont ces comètes sont presque toujours environnées parait être formée des vapeurs que la chaleur solaire élève de lcur surface. On conçoit, en effet, cluc la grande chaleur qu'elles éprouvent vcrs leur périhélie doit raréfier les matières condensées par le froid qu'elles éprouvaient à Icurs aphélies. Celle chaleur est excessive pour

LIVRE

I1.

CHAPITRE

V.

139

les comètes dont la distance périhélie est très petite. Lacomète de 1680 fut, dans son périhélie, cent soixante-six fois plus près du Soleil que la Terre, et par conséquent elle dut en éprouver Une chaleur vingtsept mille cinq cents fois plus grande que celle qu'il communique à la tout porte à le penseur,sa chaleur est proportionnelle Terre, si, comme à l'intensité de sa lumière. Cette grande chaleur, fort supérieure à celle que nous pouvons produire, volatiliserait, selon toute apparence, Il plupart des substances terrestres. En observant les comètes avec de forts télescopes, et dans des circonstances où nous ne devrions apercevoir qu'une partie de leur hémisphère éclairé.' on n'y découdre point de phases. Une seule comèlc, celle de 1682, en a paru présenter à Hevelius et à La llirc. On verra. dans la suite, que les masses des comètes sont d'une petitesse extrême; les diamètres de leurs disques doivent donc être presque insensibles, et ce qu'on nomme leur noyau est, selon toute apparence, formé en grande partie des couches les plus denses de la nébulosité qui les cnvironne aussi Herschel, avec de très forts télescopes, est-il parvenu à reconnaitre, dans le noyau de la comète de 1811, un point brillant, qu'il a jugé avec raison être le disque même de la comète. Ces couches sont encore extrêmement rares, puisque l'on a quelquefois aperçu des étoiles au travers. Les queues que les comètes traincnt alrès elles paraissent être composées des moléculcs les plus volatiles que la chaleur du Soleil élève de lcur surface, et que l'imhulsion de ses rayons en éloigne indéfiniment. Cela résulte de la direction de ces traînées de vapeur, toujours situées au delà de la tête des comètes relativement au Soleil, et qui, croissant à mesure que ces astres s'en approchent, n'atteignent leur maximum qu'après le passage au périhélie. L'extrêmeténuité des molécules augmentant le rapport des surfaces aux masses, l'impulsion des rayons solaircs peut devenir sensible, et faire même alors décrire a peu près à chaque molécule un orbe hyperbolique, le Soleil étant au foyer de l'hyperbole conjuguée correspondante. Lasuite des molécules mues sur ces courbes, depuis la tête de la comète, forme une traînée

li0 lumineuse abandonne servation croissent On conçoit des molécules

EXPOSITION opposée au Soleil

DU

SYSTÈME peu orbite avec

1)U MONDE. au côté que ta comète ce que queues l'ohs'ac-

et un son

inclinée c'est,

en s'avançant nous peut que montre. fairë juger

dans

en effet,2 ces de lcurs

La promptitude de la rapidité

laquelle

d'ascension

molécules. et de densité les courbes la forme, combine la ces dans

les différences doivent

de volatilité,

de grosseur dans dans l'on

en produire apporte queues résulter de

de considérables de grandes des variétés Si

qu'elles longueur effets

décrivent,

ce qui des

et la largeur avec ceux et avec des nous qui

comètes.

peuvent

d'un

mouvement annuelle,'

de rotation on

ces astres la raison queues

les illusions

la parallaxe que leurs

entrevoit et leurs

singuliers présentent.

phénomènes

nébulosités

Quoique millions ment d'une celles par

les dimensions de myriamèlres, des étoiles

des queues cependant que l'on masses

des elles observe sont

comètes

soient

de plusieurs pas sensiblesont donc à

n'affaiblissent à travers; probablement elles effet

la lumière rareté

elles

extrême, petites avec l'ont

et leurs montagnes elle,

inférieures ne peuvent ainsi,

des plus leur renconlre qu'elles L'état largeur

de la Terre; aucun enveloppée,

y produire fois

sensible. sans sur avoir leur

Il est très été saperlongueur beauqu'une éloigna propour rares On sont un

probable çues. et leur coup étoile, dans duite

plusieurs innue entre

de l'atmosphère apparentes; que dans dans

considérablement les tropiques, Pingré elles

paraissent observé s'en illusion épais assez de ces l'étoile. queues

plus grandes qui très par paraissait peu des

nos climals. la queue Mais celte de notre

dit avoir

de la comète apparence

de 1769, était une assez

d'instants. nuages

légers lumière

atmosphère, queue,

intercepter pour laisser ne peut formées, million pas

la faible apercevoir attribuer

de celte

et cependant plus vive dont

la lumière aux molécules aussi

beaucoup

de vapeurs, dont

des

oscillations

rapides,

l'étendue

surpasserait

de mvriamclrcs. évaporables elles l'espace, d'une doivent, et comète après diminuant plusieurs ne doit à chacun retours, plus alors de ses

Les substances retours au périhélie, dans

se dissiper présenter

entièrement

la comète

LIVRE n.

CHAPITRE V.

141

qu'un noyau fixe, ce qui doit arriver plus promptement pour les comèles dont la révolution est plus courte. On peut conjecturer que celle de 1G82,dont la rcvolution n'est que de soixante-seize ans, et la seule à laquelle on ail jusqu'ici soupçonné des phases, approche de cet état de fixité. Si le noyau est trop petit pour être aperçu, ou si les substances évaporables qui restent à sa surfacc sont en trop petite quantité pour former par leur évaporation une tète de comète sensible, l'astre deviendra pour toujours invisible. Peut-être est-ce une des causes qui rendent si rares les réapparitions des comètes; peut-être encore cette cause a-t-elle fait disparaitre pour nous la comète de 1770, qui, pendant son apparition, a décrit une ellipse dans laquelle la révolution n'est eluc de cinq ans et demi, et qui, si elle a continué de la décrire. est, depuis cette époque, revenue sept fois au moins à son périhélie. Peut-être enfin est-ce par la même cause que plusieurs comètes, dont on prouvaitsuivre la trace dans le ciel au moyen des éléments de leurs orhiles, ont disparu plus tôt qu'on ne devait s'y attendre.

142

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE VI.
DES LOIS DU MOUVEMENT DES SATELLITES AUTOUR DE LEURS PLANÈTES.

Nous vement

avons du

exposé, de

dans

le Chapitre il

IV du Livre nous reste de Saturne

Itr, les lois du celles

moudu

satellite des prend

la Terre; de Jupiter,

à considérer et d'Uranus.

mouvement Si l'on supposé distances résolutions

satellites pour unité

le demi-diamètre distance à son

de l'équateur de la planète

de Jupiter, au Soleil, de les leurs

de 56",

702, à la moyenne des satellites seront

moyennés sidérales

centre

et les durées

IIstances

moyennes

Darees.

Premier saicllile. Deuxième salcllilc. Troisième saicllile Quatrième Les valles ciles durées des des saicllile. révolutions de leurs des durées

6,04853 9.62347 15,35024 26,99835 synodiques conjonctions de leurs En des

1, 769137788148 3,551181017849 7, 154552783970 16,688769707084 satellites, ou les interfa-

retours

moyennes révolutions leurs entre

à Jupiter, sidérales moyennes ces quantités

sont

à conclure

et de cette distances le beau des les eux

de la révolution aux durées rapport planètes carres comme que et des

de Jupiter, révolutions, avons

comparant on observe entre

de leurs nous leurs temps

vu exister

les durées au Soleil,

des révolutions c'est-à-dire sont que entre

moyennes des révolutions de leurs éclipses leurs

distances sidérales

des satellites au centre fourni aux

les cubes

moyennes des

distances ont

de Jupiter. astronomes l'on le

Les fréquentes moyen de suivre

satellites avec

mouvements

une précision

que

ne peut

LIVRE

II.

— CHAPITRE

VI.

143

pas attendre de l'observation de leur distance angulaire à Jupftcr. Elles ont fait connaître les résultats suivants L'ellipticité de l'orhe du premier satellite est insensihle; son plan coineide à très peu près avec celui de l'équateur de Jupiter, dont l'inclinaison à l'orhc de cette planète est de 4°,4352. L'ellipticité de l'orhc du second satellite est pareillement insensible; son inclinaison sur l'orhe de Jupiter est variable, ainsi que la position de ses nœuds. Toutes ces variations sont représentées à peu près, en supposant l'orbc du satellite incliné d'environ 5152" à l'équateur de Jupiter, et en donnant à ses nœuds sur ce plan un mouvement rétrograde, dont la période est de tarente années julienlies. On observe une petite elliplicilc dans l'orbe du troisième satellite; l'extrémité de son grand axe la plus voisine de Jupiter, et que l'on nomme périjove, a un mouvement direct, mais variable; l'excentricité de l'orbe est également assujettie à des variations très sensibles. Vers la lin du dernier siècle, l'équation du centrc était à son maximum et s'élevait à peu près à 2458"; elle a ensuite diminué, et vers 1777 elle était à son minimum et d'environ 949". L'inclinaison de l'orbe de ce satellite sur celui de Jupiter et la position de ses nœuds sont variables; on représente à peu près toutes ces variations, en supposant l'orle incliné d'environ 2284" sur l'équateur de Juliter, et en donnant à ses nœuds un mouvement rétrograde sur le lllan de cet équateur, dans une période du cent quarante-deux ans. Cependant les astronomes qui ont clétcrminc, par les éclipses de ce satellite, l'inclinaison de l'équateur de Jupiter sur le plan de son orbite, l'ont trouvée constamment de neuf ou dix minutes plus petite que par les éclipses du premier et du second satellite. L'orbe du quatrième a une ellipticité très sensible; son périjove a un mouvement annuel direct d'environ 7959". Cet orbe est incliné de 2°,7 environ a l'orbe de Jupiter. C'est en vertu de cette inclinaison que le qualrième satellite passe souvent derrière la planète, relativement au Soleil, sans être éclipsé. Depuis la découverte des satellites jusqu'en 1760, l'inclinaison a paru constante, et le mouvement annuel des

144

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

nœuds sur l'orbitc (le Jupiter a été direct et de 788". Mais depuis 1760 l'inclinaison a augmenté et le mouvement des nœuds a diminué de quantités sensibles. Nousreviendrons sur toutes ces variations, quand nous en développerons la cause. Indépendamment de ces variations, les satellites sont assujettis des inégalités qui troublent leurs mouvements elliptiques, et qui rendent leur théorie fort compliquée. Elles sont principalement sensibles dans les trois premiers satellites, dont les mouvements offrent des rapportes très remarquables. En comparantles temps de leurs révolutions, on voit que celui de la révolution du premier satellite n'est qu'environ la moitié de la durée de la révolution du second, qui n'est elle-même qu'environ la moitié de celle de la révolution du troisième satellite. Ainsi, les moyens mouvements angulaires de ces trois satellites suivcnt à peu près une progression sous-doublc. S'ils la suivaient exactement, le moyen mouvement du premier satellite, plus deux fois celui du troisième, serait rigoureusement égal à trois fois le moyen mouvement du second satellite. Mais cette égalité est incomparablement Irlus approchée que la progression elle-même; en sorte que l'on est porté à la regarder comme rigoureuse, et à rejeter sur les erreurs des observations les quantités très petites dont elle s'en écarte; on peut au moins affirmer qu'elle subsistera pendant une longue suite de siècles. Un résultai non moins singulier, et que les ohservations donnent avec la même précision, est que, depuis la découverte des satellite, la longitude moyenne du premier, moins trois fois celle du second, plus deux fois celle du troisième, n'a jamais différé de deux angles droits, que de quantités presque insensibles. Ces deux résultats subsistent également entre les moyens mouvements et les longitudes moyennes synodiques; car le mouvement synodique d'un satellite n'étant que l'excès de son mouvement sidéral sur cclui de la planète, si l'on substitue dans les résultats précédents les mouvements synodiques aux mouvements sidéraux, le moyen mouvement de Jupiter disparait, et ces résultats restent les mêmes. Il suit de

LIVREII.— CHAPITRE

VI.

145

là que, d'ici un à très grand nombre d'années au moins, les trois premiers satellites de Jupiter ne seront point éclipsés ;1la fois; mais. dans les éclipses simultanées du second et du troisième, le premier sera toujours en conjonction avec Jupiter; il sera toujours en opposition dans les éclipses simultanées du Soleil, produites sur Jupiter par les deux autres satellites. Les périodes et les lois des principales inégalités de ces satellites sont les mêmes. L'inégalité du premier avance ou retarde ses éclipses de 222', 5 dansson maximum. En comparant sa marche aux positions respectives des deux premiers satellites, on a trouvé qu'elle disparaît lorsque ces satellites, vus du centre de Jupiter, sont en même temps en opposition au Soleil; qu'elle croit ensuite et devient la plus grande lorsque le premier satellite, au montent de son opposition, est de .)0" plus avance que le second; qu'elle redevient nulle lorsqu'il est plus avancé de 100°; qu'au delà elle prend un signe contraire et retarde les éclipses, et qu'elle augmente jusqu'à 150° de distance entre les satellites, où elle est à son maximum négatif; qu'elle diminue ensuite et disparait à 200° de distance; enfin, que dans la seconde moitié de la circonférence elle suit les mêmes lois que dans la première. On a conelu de là qu'il existe, dans le mouvement du premier satellite autour de Jupiter, une inégalité de jo5o',G dans son maximum, et proporitonnelle au sinus du double de l'exeès de la longitude moyenne du la différence des premier satellite sur celle du second, excès égal longitudes moyennes synodiques des deux satellites. La période de cette inégalité n'est pas de quatre jours; mais comment, dans les éelipses du premier satellite, se transforme-t-elle dans une période de 4371,6592? C'est ce que nous allons expliquer. Supposons que le premier et le second satellite parlent ensemble de leurs moyennes opposition au Soleil. A chaque circonférence que décrira le premier satellite, en vertu de son moyen mouvement synodique, il sera dans son opposition moyenne. Si l'on conçoit un astre fictif dont le mouvement angulaire soit égal à l'excès du moyen mouvement synodique du premier satellite sur deux fois celui du second, OEuvres e L.—VI. d 19

146 alors

EXPOSITION le double satellites

DU SYSTÉME des les au sera éclipses, moyens

I)U

MONDE. synodiques égal à un mul-

de la différence sera, dans plus

mouvements

des deux tiple de

éclipses mouvement doue

du premier, de l'astre

de la circonférence, ce dernier satellite est égale mouvement dans ses

fictif;

le sinus du Sa péqui, est de précision

proportionnel et pourra de des une la

il l'inégalité représenter. fictif,

premier riode d'après 4371,6592; que par

à la durée

de la révolution synodiques avec

l'astre deux plus

durée

les moyens elle est

mouvements ainsi

satellites, grande

déterminée

l'observation du second cette ou

directe. satellite qu'elle les positions lorsclu'ils de plus soient ce retard satellites éclipses suit une loi semblable à cette du pre-

L'inégalité mier, Elle avec avance

différence, retarde aux

est constamment de 10595,2 des

de signe dans deux son

conlraire. maximum. on obau Soleil; jusqu'à

En la comparant serve qu'eHc ce que de ces distance ce terme qu'elle retarde les deux phénomènes; mutuelle

respectives sont

satellites,

disparait ensuite

à la fois

en opposition du second, de

cn plus éloignés

les éclipses entre eux

satellites que des

100° à l'instant nul qu'au elles qu'il de lorsque delà la de

diminue

et redevient enfin, dont

deux avancent

est de 200°; manière ces une

les éclipses retardé.

de la même de

avaient existe

précédemment dans dans le son

On a conclu du second est

observations inégalité et affectée moyenne du

mouvement maximum, au sinus

satellite proportionnelle

11920",7 d'un signe samou-

et qui de l'excès

contraire tellite vements sur

de la longitude excès égal

premier

cette

du second, des

à la différence

des moyens

synodiques partent dans en

deux ensemble

satellites. de leur opposition moyenne au Soleil,

Si tous deux le second qu'il conçoit, soit sur sera

son de

opposition son moyen

moyenne

à chaque

circonférence Si l'on

décrira

vertu

mouvement dont

synodique,

comme

précédemment, du moyen du

un astre mouvement alors

le mouvement du premier des moyens

angulaire satellite mouve-

égal à l'excès deux fois celui

synodique la différence sera, dans plus

second,

ments égale

synodiques à un multiple

des deux

satellites

les éclipses au mouvement

du second. de l'astre

de la circonférence,

LIVHE II.

— CHAPITRE VI.

147

fictif; l'inégalité du second satellite sera donc, dans ses éclipses, proau sinus du mouvement de cet astre fietif. On voit ainsi portionnelle la raison pour laquelle la période et la loi de cette inégalité mêmes que celles de l'inégalité du premier satellite. L'influence du premier satellite sur l'inégalité du second vraisemblable. second Mais, si le troisième sont les

est très

une inégalité pareille dans le mouvement du premier, c'est-à-dire au sinus proportionnelle du double de la différence des longitudes moyennes du second et du troisième satellite, cette nouvelle inégalité se confondra avec celle qui est due au premier satellite; car, en vertu du rapport qu'ont entre elles les longitudes des trois proniers satellites et que nous moyennes avons exposé ci-dessus, la différence des longitudes moyennes des deux plus au double de premiers satellites est égale à la demi-circonférence la différence des longitudes moyennes du second et du troisième satellite, en sorte que le sinus de la première différence est le même que le sinus traire. du double de la seconde différence, mais avec L'inégalité produite par le troisième satellite ment du second aurait ainsi le même signe et suivrait la même loi que il est donc fort probable que l'inégalité observée dans ce mouvement; du precette inégalité est le résultat de deux inégalités dépendantes mier et du troisième satellite. Si par la suite des siècles le rapport précédent d'avoir raient, les longitudes de ces trois satellites cessait moyennes maintenant se sépareconfondues, lieu, ces deux inégalités, déterminer leur valeur et l'on pourrait par les observations entre un signe condans le mouve-

du produit dans le mouvement il cette que le second semble produire

respective.

Mais on a vu que ce rapport doit subsister pendant très longtemps, et nous verrions dans le Livre IV qu'il est rigoureux. relative au troisième satellite dans ses éclipses, Enfin, l'inégalité

du second et du troisième, offre comparée aux positions respectives les mêmes rapports que l'inégalité du second, comparée aux positions satellites. Il existe donc, dans le mourespectives des deux premier vement du troisième l'excès de la longitude satellite, au sinus de une inégalité proportionnelle moyenne du second satellite sur cette du troi-

148
sième, un aslrc dont

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.
inégalité qui, dans son maximum, angulaire second troisième, proportionnelle du rapport le sinus qui est soit de 808". égal sur Si l'on du du conçoit moyen moyen satellite de le mouvement synodiques synodique scs éclipses, or, trois du du il t'exci's le tlu sinus existe double troisième tlu enlre

mouvements mouvement sera, dans

satellite l'inégalié au

mouvement les longitudes est, fitif dans

ce[ astre moyennes près, avons

fietif; des

en vertu satellites,

de ce mouvement du premier astre

au signe que nous ses éclipses des deux

le même considère.

que cclui Ainsi

du mouvement l'inégalité

du troisième lois que

satellite

a la même premiers

période satellites.

et suit

Ics mêmes

les inégalités

Telle est la marche lites sées de Jupiter, ensuite que dans

des principales Bradley un grand et des avait jour

inégalités entrevues Leur

des trois

premiers

satela expo-

et que Wargentin correspondance moyenne de corps, de et ces

ccllc

des

moyens semblent toute

mouvements faire

longitudes à part de ces

satellites selon

un systone par

trois sources

animés, lcurs

apparence,

des forces

communes,

communs

rapports. Considérons pour unité présentement le demi-diamètre distance au Soleil les satellites de (le et supposé et les durées de Saturne. cette, de 25", les de leurs Si nous planète, distances révolutions prenions vu de sa moyennes sidérales

moyennes des sont:

satellites

à son centre

Distnces

moyennes J

Durees

Premier

satellite.

3,351

0,94271

Deuxième salellite. Troisièmesatellite. Qualrièmesatellite. Cinquièmesatellite. Sixièmesatellite. Septièmesaiellile.

j,3oo 5,284 6,819 9,524 22,08I 64, 359

1,37024 1,88780 2,73948 4,5I749 I5,94530 79,32960

EII comparant les durées des révolutions des satellites à leurs moyennes distances au centre de Saturne, on retrouve le beau rapport découvert par Kepler relativement aux planètes, et que nous avons vu

LIVRE II. exister dans

— CHAPITRE

VI.

149

le système des satellites de Jupiter, c'est-a dire que les des satellites de Saturne sont entre carres des temps des révolutions eux comme les cubes de leurs planète. Lc grand moyennes distances au centre de cette

éloignement des satellites de Saturne et la server leur position n'ont pas permis de rcconnaitre l'ellipticilé orbites, et encore moins Ics inégalités de leurs mouvements.

d'obde leurs Cepen-

dant l'ellipticité de l'orbite du sixième satellite est sensible Prenons ici pour unité le demi-dianiètre d'Uranus, supposé de 6", vu les distances moyennes de la moyenne distance de la planète au Soleil des satellites à son centre et les durées de leurs révolutions sidérales sont, d'après les observations d'Herschel:

Premier satellite Deuxième satellite Troisième satellite Quatrième satellite Cinquième satellite Sixième satellite Ces durées, conclues a l'exception

13, 120 17,022 19,845 22,752 45,507 9I,008

5,8926 8,7068 10,9611 13,4559 38,0750 I07,6944

des plus grandes sont comme laquelle les carrés des temps des révolutions des satellites les cubes de leurs moyennes distances au centre de la planète, loi que les observations confirment à l'égard du second el du quatrième satel-

ont été de la seconde et de la quatrième, élongations observées et de la loi suivant

lite, les seuls qui soient bien connus; en sorte qu'elle doit être regardée comme une loi générale du mouvement d'un système de corps qui cireulent autour d'un foyer commun. les quelles sont les forces principales qui retiennent planètes, les satellites et les comètes dans leurs orbes respectifs? quelles forces particulières troublent leurs mouvements elliptiques? quelle Maintenant, cause fait rétrograder les équinoxes et mouvoir les axes de rotation de la Terre et de la Lunc'? par quelles forces enfin les eaux de la mer sontelles soulevées deux fois par jour? La supposition d'un seul principe

150 dont jesté ments toutes

EXPOSITION ces lois dépendent

DU SYSTÈME est digne des lois

DU

MONDE. et de la males mouveon entrevoit resavec

de la simplicité que présentent déjà même

de la nalure. célestes dans corps semble

La généralité en indiquer

l'existence;

ce principe pective évidence, des

les rapports du système connaître

de ces phénomènes solaire; mais pour

avec l'en

la position faire sortir

il faut

les lois

du mouvement

de la matière.

LIVRE III.
DES LOIS OU MOUVEMENT.

At nune

per

maria

ac

terras

sublimaque ratione mover I.

ca-li

Multa modis multis, varia Cernimus ante oculos.

LUCRET., lib.

Au milieu tinuellement le petit ments. ment que aussi nous temps; ont été

de l'infinie dans

variété

des

phénomènes

qui se succèdent

con-

les deux

et sur la Terre, que

on est parvenu suit dans

à reconnaître ses mouvenécessaireléger manière dont les

nombre Tout que leur

des

lois générales dans

la matière tout

obéit

la nature;

en dérive décrite est

aussi par

le retour

des saisons, emporter

et la courbe au hasard

l'atomc d'une

les vents certaine dépendons mais,

semblent que

réglée

les orbes cesse,

planétaires. aurait

L'importance

de ces lois, dans humain, tous

sans

du exciter trop ordinaire

la curiosité h l'esprit de

par une indifférence jusqu'au Galilée ses belles

elles siècle, du

ignorées à laquelle par

commencement jeta les premiers sur enfin laissent

l'avant-dernier

époque

fondements la chute réduit plus

de la science des corps,

mouvement, mètres, à des fection

découvertes ont ne

Les géoentière la per-

marchant formules de

sur ses traces, générales, qui

la Mécanique à désirer que

l'Analyse.

152

EXPOSITIONDU SYSTÈME DU MONDE

CHAPITRE PREMIER.
DES FORCES, DE LEUR COMPOSITION ET DE L'ÉQUILIBRE D'UN POINT MATÉRIEL

Un corps par dans rapport

nous

parait

en

mouvement que

lorsqu'il nous

change

de situation Ainsi.

à un système mû d'une

de corps manière

jugeons les corps

en repos. nous

un vaisseau lorsqu'ils

uniforme,

semblent parties.

se mouvoir Ce mouvement de meut ferre pour vement la nier, autour et les arrivcr

répondent que relatif; de

successivement car )e vaisseau de

il ses diverses se meut dont

n'est qui tourne

sur la surface le centre avec se la et

autour qui Pour

l'axe est un d'où un

la Terre, dans

du Soleil, planètes. enfin

lui-même concevoir nxes

emporté terme l'on espace

l'espace

à ces mouvements, puisse sans de compter homes, espace,

à des

points

le mouimmobile réel ou

absolu

des corps, à la matière.

on imagine C'est par

et pénétrable idéal, les que nous

aux parties

cet

rapportons en mouvement espace.

la pensée lorsqu'ils

la position répondent

des corps,

et nous à

concevons lieux

successivement

divers

de cet de cette

La nature corps connue.

modification d'un lieu sous dans

singulière, un autre, de force;

en vertu est

de laquelle toujours déterminer

un in-

est transporté

et sera

Elle a été désignée

le nom

on ne peut

que ses effets L'effet mouvement, qu'elle agissent tend dans d'une

et la loi de son action. force agissant sur un point matériel est de le mettre en

si rien à lui

ne s'y oppose. faire décrire, elles

La direction Il est visible

de la force que, si

est la droite deux forces si

le même

sens,

s'ajoutent

l'une

à t'autre.

et que,

LIVRE

III.

CHAPITRE

I.

153 vertu égales. un On angle quelde leur

elles

agissent en les

en

sens

contraire, qu'il de resterait deux prendra que directions si,

le

point en repos font

ne

se si entre

meut elles

qu'en étaient ellcs

différence, Si conque, par on forme sente, On la prend

sorte

directions leur résultante Géométrie, sur leurs sur la ces

forces une à partir des

direction du point pour

moyenne. de les concours

démontre, des forces, si l'on

seule

droites

représenter, sa diagonale

ensuite pour peut

droites et la

un

parallélogramme, leur substituer quelconque on peut donc eu résultante. leur

repré-

direction forces peut la à

quantité,

à deux on serait

composantes une force

résultante, deux une entre eux cela cette ligne du peut un rectangle se de force,

et

réci-

proquement dont deux dans par lignes dont senteront parallèlement Si sa la sur ce la force la elle autres un plan

substituer

autres force et situés mener, deux en

résullanle; à deux passe par de axes, la dans axes. sa la et

décomposer

harallèlcs qui

axes

perpendiculaires Il qui former Les la deux suint

direction. droite de

hour

première parallèles

extrémité à soit forces aux est à ces

représente sur ces côtés

rectangle repré-

cette

droite les

diagonale. lesquelles

proposée

décomposer

inclinée du

à point

un

plan où elle

donné rencontre

de

position, le plan,

en une de

prenant ligne celle

sur pour ligne à

direction, représenter, le hlan. hlan La

partir la

perpendiculaire la force qui, primitive menée dans

abaissée décomposée le plan,

de

l'extrémité

sera droite

perpendiculairement joint la force au et plan. en deux la perpenCette autres l'un parallèles se-

diculaire conde parallèles l'aulrc. à trois 1)c conque sant position harallèlcs OEuvres là forcc

sera

celle partielle

force peut axes force

décomposée elle-même dans être entre simhlc d'avoir sur autres entre eux, à un le

harallèlement se décomposer et

à Ainsi axes nait de chacune et

deux toute

situés peut

llan

perpendiculaires en trois autres

à

décomposée eux. la point parallèles il une est résultantc

perpendiculaires un forces rl'clles perpendiculaires au même 1' axe se moyen qui

U'un car trois que égale

nombre en

queldécompo-

agissent en trois

matériel; à clair seule,

axes toutes à la

donnés les somme 20 forces

de

réduisent

de

de L.

154 celles en qui

EXPOSITION agissent contraire. entre dans

DU SYSTÈME un sens, moins sera prend trois

DU MONDE. de celles par trois qui agissent perdirec-

la somme sollicite

sens

Ainsi elles,

le point et si l'on

forces

pendiculaires lions, si l'on diagonale tion, à partir forme

sur chacune droites pour

de leurs les

du point ensuite

de concours, sur ces droites

représenter, rectangle, la direc-

un parallélépipède pour qui la quantité agissent

de ce solide

représentera, les forces

et pour sur

la

la résultante que fait soient varier

de toutes le nombre, infiniment

le point. de ces forces. la posile point de chaque s'avance qui joint

Quels si l'on tion

la grandeur peu, d'une

et la direction manière par

quelconque, dont

du point, suivant

le produit sa direction

de la résultante

la quantité des produits dont

s'avance force suivant les deux doit cette être par

est égal à la somme La quantité est la projection

la quantité la direction positions prise

correspondante. d'une du point force sur

le point

de la droite cette

la direction

de la force; s'avance en sens

quantité de

négativement,

si le point

contraire

direction. l'état est d'équilibre, libre; s'il la résultante ne l'est pas, sur de toutes la résultante laquelle les forces doit être est nulle, pcrpendicuet alors, en si

Dans le point laire

à la surface

ou à la courbe peu dont

il est assujetti, le produit sa direction l'on suppose ou sur une la somme s'avance

changeant tante produit par est

infiniment la quantité donc

la position il s'avance nul, soit

du point, suivant que

de la résulest le point surface. nul ce

géncralcmcnt assujetti lorsque

libre, Ainsi de

soit qu'on dans chaque tion, tous

l'imagine les cas, par

sur une courbe l'équilibre dont peu est a lieu, le point de position,

des produits suivant

force

la quantité infiniment condition

sa direc-

en changeant si cette

est nulle,

et l'équilibre

subsiste,

remplie.

III. II. LIVRE CHAPITRE

155

CHAPITRE Il.
Dr MOUVEMENT D'UN POINT MATÉRIEL.

Un point renferme dans suite un

en repos

ne peut

se donner pour

aucun

mouvement, dans force un sens

puisqu'il plutôt

ne que et en-

pas en soi de raison autre. Lorsqu'il est

se mouvoir par meut force, une

sollicité il se

quelconque d'une aucune

abandonne dans c'est-à-dire sont

a lui-même, la direction qu'à

constamment s'il n'éprouve

manière résisde son

uniforme tance

de cette chaque

instant

sa force de

et la direction la matière l'on

mouvement dans c'est son état

les mêmes.

Cette

tendance

à persévérer nomme inertie

de mouvement

ou de repos

est ce que

la première du

loi du mouvement mouvement raison pour primitive; évidence. en que

des corps. ligne droite suit évidemment plutôt de son motrice doit à droite de ce qu'à

La direction qu'il gauche n'est connue, sans

n'y a aucune

le point mais

s'écarte

de sa direction pas de la même il est impossible A la vérité, il parait la loi d'inertie puisse nous imaginer. observons

l'uniformité lie la force si cette incapable d'altérer

mouvement étant in-

La nature yrrori étant incapable

de savoira un corps

force

se conserver aucun en

cesse.

de se donner celui qu'il

mouvement, sorte que

également

a reçu,

est au moins

la lilus naturelle conlirmée les

et la plus

simple

que l'on en effet, tuent viennent

Elle est d'ailleurs sur la Terre que porte que les

par l'expérience se s'y perpé-

mouvements qui

lilus

longtemps,

à mesure ce qui nous Mais

obstacles

opposent

à diminuer, toujours.

à croire de

que sans est

ces obstacles principaleun grand Ainsi

ils dureraient ment nombre remarquable de

l'inertie

la matière

daus n'ont

les mouvements point éprouve

célestes,

clui, depuis sensible.

siècles,

d'altération

156

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

nous regarderons l'inertie commeune loi de la nature, et lorsque nous observerons de l'altération dans le mouvement d'un corps, nous supposerons qu'elle est due à l'action d'une cause étrangère. Dans le mouvement uniforme, lés espaces parcourus sont proportionnels aux temps; mais le temps employé à décrire un espace déterminé est plus ou moins long, suivant ta grandeurde la forcemotrice. Cettedifférencea fait naitre l'idée de vitesse, qui, dans le mouvement uniforme, est le rapport de l'espace au temps employé à le parcourir. l'our ne pas comparer ensemble des quantités hétérogènes, telles que l'espace et le temps, on prend un intervalle de temps, la seconde, par exemple, pour unité de temps; on choisit pareillement une unité d'espace, telle que le mètre, et alors l'espace et le temps sont des nombres abstraits, qui expriment combien ils renferment d'unités de leur espèce; on peut donc les comparer l'un a l'autre. La vitesse devient ainsi le rapport de deux nombres abstraits, et son unité est la vitesse d'un corps qui parcourt 1 mètre dans une seconde. En réduisant de cette manière l'espace, le temps et la vitesse à des nombres abstraits, on voit que l'espace est égal au produit de la vitesse par le temps, qui conséquemment est égal à l'espace divisé par la vilesse. La force n'étant connue que par l'espace qu'elle fait décrire dans un temps détermine, il est naturcl de prendre cet espace pour sa mesure. Maiscela supposeque plusieurs forces, agissant à la foiset dans le même sens sur un corps, lui feront parcourir, durant une unité de temps, un espace égal à la sommedes espaces que chacuned'elles cût fait parcourir séparément, ou, ce (lui revient au même, que la force est proportionnelle à la vitesse. C'est ce que nous ne pouvonspas savoir a priori, vu notre ignorance sur la nature de la force motrice; il faut donc encore sur cet objet rccourir à l'expérience; car tout ce qui n'est pas une suite nécessairedu peu de données que nous avons sur la nature des choses n'est pour nous qu'un résultat de l'observation. La force peut être exprimée par une infinité de fonctions de la vitesse, qui n'impliquent pas contradiction. Il n'y en a point, par exemple, à la supposer proportionnelle au carré de la vitesse. Dans

LIVRE III. —CHAPITRE II.
cette hypothèse, par car, un il est nombre facile de déterminer de le mouvement forces, dont les d'un vitesses à partir qu'elles sollicité connues; leur

157
point sont de imsur ces droites droites ensuite ainsi déterminer que le qui pos-

quelconque sur pour

si l'on des

prend droites

les directions représenter matériel,

de ces forces, les vitesses et si l'on de

concours,

primeraient mêmes qui

séparément

au point du

détermine nouvelles ces

directions, entre représenter précède,

en partant elles tes on comme forces aura

même concours, les carrés des

soient

premières,

pourront par ce qui

elles-mêmes. la direction par que les de

En les composant la résultante, on peut

la droite mouvement exprime sibles,

qui

t'exprime. d'un point, Parmi quelle sur

On voit quelle toutes est cette qu'un

là comment soit

la fonction

de la vitesse

la force. examinons

fonctions de la nature. corps quel

mathématiquement

On observe couque rection corps légère se meut de cette et

la Terre

sollicité

par

une

force

quel-

de la même force

manière,

que soit l'angle du mouvement à laquelle très

que la dircecommun il répond. au Une

fait avec

la direction terrestre varier

;1 la partie

de la surface ferait suivant

différence du

à cet égard pendule,

sensiblement du dans plan tous

la durée vertical dans verle de

des oscillations lequel ticaux, il oscille, cette

la position que,

et l'expérience est exactement

fait voir la

les plans dont ressort, aux

durée est

même. soumis se meut, quelles

Dans

un vaisseau, d'un

mouvement la pesanteur, du vaisseau,

uniforme,

un mobile autre force,

à l'action relativement que soient comme système à l'un sera

on de toute de la même

parties du

manière, On peut

la vitesse une

vaisseau raIe des portés

et sa direction. mouvements d'un mouvement son

donc que si,

établir, dans un

loi généemforce quels fait sa

terrestres, commun,

de corps d'eux une

on imprime ou apparent du système

quelconque, que soient

mouvement

relatif général

le même, que

le mouvement avec cette

et l'angle

direction

de la force

imprimée. à la vitesse deux résulte corps de cette mus sur une d'eux loi supmême une

La proportionnalité posée droite rigoureuse; avec des car, vitesses

de la force si l'on égales,

conçoit

et qu'en

imprimant

h l'un

158

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

force qui s'ajoute à la première, sa vitesse relativement à l'autre corps soit la même que si les deux corps étaient primitivement en repos, il est visible que l'espace décrit par le corps en vertu de sa force primitive et de celle qui lui est ajoutéeest alors égal à la sommedes espaces que chacune d'elles eût fait décrire clans le même temps, ce qui suppose la force proportionnelle à la vitesse. Réciproquement,si la forceest proportionnelleà la vitesse, les mouvements relatifs d'un système de corps animes de forces quelconques sont les mêmes, quel que soit leur mouvementcommun; car ce mouvement, décomposéen trois autres parallèles à trois axes fixes, ne fait qu'accroître d'une même quantité lesvitessespartielles de chaquecorps parallèlement à ces axes, et comme la vitesse relative ne dépend que de la différence de ces vitesses partielles, elle est la même, quel que soit le mouvementcommunà tousles corps, Il est donc impossiblealors de juger du mouvement absolu d'un système dont on fait partie par les apparences que l'on y ohserve. C'est ce qui caractérise cette loi, dont l'ignorance a retardé la connaissancedu vrai système du monde, par la difficulté de concevoir les mouvements rotatifs des projectiles au-dessus de la Terre, emportée par un double mouvementde rotation sur elle-mêmeet de révolution autour du Soleil. Mais, vu l'extrême petitesse des mouvementsles plus considérables que nous puissions imprimer aux corps, eu égard au mouvement qui les emporte avec la Terre, il suffit, pour que les apparences d'un système de corps soient indépendantes de la direction de ce mouvement, qu'un petit accroissement dans la force dont la Terre est animéesoit à l'accroissementcorrespondant de sa vitesse dans le rapport de ces quantités elles-mêmes. Ainsi nos expériences prouvent seulement la réalité de cette proportion, qui, si elle avait lieu quelle que fut la vitesse de la Terre, donnerait la loi de la vitesse proportionnelle la force. Elle donnerait encore celte loi, si la fonction de la vitesse qui exprime la force n'était composée que d'un seul terme. Il faudrait donc, si la vitessen'était pas proportionnelle à la force, supposer que, dans la nature, lafonctionde la vitesse qui exprime la force est formée

LIVRE III. —CHAPITRE lI.

159

de plusieurs termes, ce qui est peu probable. Il faudrait supposer, de plus, que la vitesse de la Terre est exactement cette qui convient la proportion précédente, ce qui est contre toute vraisemblance. I)'ailleurs, la vitesse de la Terre varie dans les diversessaisons de l'année; environ plus grands en hiver qu'en été. Cette variation elle est de1/30 est plus considérableencore si, comme tout l'indique, le système solaire est en mouvement dans l'espace; car, selon que ce mouvement progressifest contraire au mouvementterrestre ou conspire avec lui, de grandes variations annuelles doiventen résulter dansle mouvement absolu de la Terre, ce qui devrait altérer la proportion dont il s'agit et le rapport de la force imprimée ;1la vitesse relative qu'elle produit, si cette proportion et ce rapport n'étaient pasindépendants de la vitesse absolue. Tous les phénomènescélestes viennent l'appui de ces preuves. La vitesse de la lumière, déterminée par les éclipses des satellites de Jupiter, se compose avec celle de la 'l'crre exactement comme dans la loi de la proportionnalité de la force à la vitesse, et tous les mouvements du système sotairc, calculés d'après cette loi, sont entièrement conformesaux observations. Voilàdonc deux lois du mouvement, savoir la loi d'inertie et cette de la force proportionnelle à la vitesse, qui sont données par l'observation. Elles sont les plus naturelles et les plus simples que l'on puisse imaginer, et sans doute elles dérivent de la nature mêmede la matière; mais, celle nature étant inconnue, ces lois ne sont pour nous que des faits observés, les seuls, au reste, que la Mécaniqueemprunte de l'expericnce. Lavitesseétant proportionnelleta force, ces deux quantités peuvent être représentées l'une par l'autre; on aura donc, par ce qui précède, la vitesse d'un point sollicité par un nombre quelconque de forces dont on connaît les directions et les vitesses. Si le point est sollicité par des forces agissant d'une manière continue, il décrira, d'un mouvementsans cesse variable, une courbe dont la nature dépend des forces qui la font décrire. Pour la déterminer, il

160
faut les nées considérer uns

EXPOSITION nr SYSTÈM DU MONDE.
la courbe et dans remonter finie. ses éléments, voir comment ils naissent des coordoninfinià la ce puisdes autres, expression l'heureuse et l'on sent de la loi d'accroissement précisément a procuré il est utile l'objet tant

à leur

C'est

du Calcul d'avantages

tésimal, Mécanique, sant

dont

découverte combien humain. un

de perfectionner

instrument avons agir

de l'esprit dans sans

Nous semble successives est dans ont

la pesanteur interruption.

exemple

journalier nous ignorons

d'nue

force

qui

A la vérité, par des intervalles étant d'une plus

si ses actions dont près les la durée mêmes

sont

séparées mais,

de temps, à très peu

insensible; cette préféré

les phénomènes et dans comme celle étant

hypothèse celle-ci,

action commode

continue, et plus

les géomètres simple. Déve-

loppons La l'étal corps petit; instant, du temps. Si l'on le temps L'élément ment que du

les lois de ces phénomènes. pesanteur du repos parait et dans à son degré de suite, agir celui action de de du la même manière sur les corps, instant, infiniment le second en raison dans un

mouvement.

Au premier de vitesse dans

abandonné un nouveau et ainsi

acquiert vitesse

un degré

s'ajoute que

au premier

en sorte

la vitesse

augmente

imagine et croisse

un

triangle lui,

rectangle, l'autre côté

dont pourra étant

un des

côtés

représente la vitesse. de de l'élé-

avec

représenter au produit l'élément ainsi

de la surface temps par fait du la

de ce triangle vitesse,

égal

il représentera cet espace sera

l'espace par la

la pesanteur entière

décrire; qui,

représenté d'un

surface côtés, vitesses tombe, vitesses, cend

triangle, clans

croissant

comme accéléré et les

le carré par

de ses les

fait voir que, augmentent en partant En

le mouvement les temps,

la pesanteur, dont des temps un unités du reste, corps

comme du repos, donc seconde, en

hauteurs le carré

le corps ou des des-

croissent par

comme l'unité

exprimant

t'espace

dont

dans

la première de neuf seconde t, 3, 5, 7,

il descendra trois secondes,

de quatre et ainsi croissant

en deux en sorte

secondes, qu'à chaque

unités

il décrira

des espaces

comme

les nombres

impairs,

LIVRE III.
L'espace chute, qu'un corps, pendant sa vitesse le corps un temps en vertu un temps ce produit décrirait par ainsi dans

CHAPITREII.
de la vitesse égal à sa durée, est le double en vertu de sa chute acquise serait de le produit la surface

161
à la fin de sa de du

ce temps triangle décrirait celui qu'il

mû uniformément égal à celui

de sa vitesses un espace

acquise de

double

a parcouru. de la vitesse acquise au temps est constant suivant servir à les pour que une même ces forces Le

Le rapport force sont double la force temps. espace. utiles absolues dans Sur autres l'autre, teur

accélératrice lllus ou moins

il augmente grandes; parcouru est égale égale

ou diminue, il peut donc

exprimer. par par

de l'espace accélératrice Elle Ces dans

étant

le produit

du temps divisé divisé

la vitesse, le carré du

à ce double au carré d'exprimer elles

espace

est encore trois diverses

de la vitesse les forces

par ce double sont valeurs elles, et

manières

accélératrices pas les

circonstances; mais

ne donnent leurs rapports

de ccs

forces, on n'a

seulement que

entre

la Mécanique un plan l'une, parallèle du lllan sur sont est les

besoin l'arlion

de ces

rapports. se décompose par en deux

incliné,

de la pesanteur au plan, est

perpendiculaire au plan, est

détruite primitive

sa résistance; comme la hau-

:1 la pesanteur Le mouvement mais espaces les

à sa longueur. plans inclinés, et aux

est donc et dans du qui les

uniformément espaces partemps lon:1

accélère courus suivant gucur. l'une

vitesses

aux vitesses dans

parcourus de la hauteur d'un

le même plan

la vcrticalc Il suit des

le rapport

à sa

de là que toutes

les cordes

cercle sont

aboutissent par l'aclioll

extrémités dans lancé

de son diamètre le même suivant une courbe tangente. verticales, conformément temps une

vertical

décrites

de la pesanteur Un projectile cesse, droite droite vant

que son diamètre. droite quelconque vers l'horizon s'en et rapporté il s'accélère venons écarte dont sans cette à cette sui-

en décrivant est par la première des lignes

conclave Son est

mouvement, mais nous

uniforme;

ces verlicales, donc

aux lois que de la courbe elles seront

d'exposer; prolongées aux
21

en élevant jusqu'à

de chaque tangente,

point

des verticales

la première
de L. — VI.

proportionnelles

carrés

OEuvres

162 des parties

EXPOSITION correspondantes Si la force la parabole de

DU SYSTÈME de celle projection alors tangente, est

DU MONDE. propriété dirigée avec les elle; qui caractérise la verticale les formules accélérés ou

la parabole. elle-même, du mouvement dans sont

suivant ainsi

se confond

parabolique la verticale. les lois

embrassent

mouvements

retardés Telles Il nous qu'elles

de la chute qu'il aux

des graves, était facile des cesse,

découvertes d'y parvenir;

par

Galilée. puisles génie

semble avaient qui

aujourd'hui échappé

mais, malgré un rare

recherches sans

philosophes, il fallait

) phénomènes pour

les reproduisaient dans ces phénomènes. 1er, qu'un

les démêler On a vu, dans

le Livre sans

point

matériel

suspendu forme

à l'extréle penpar sa à cet de même petites, arcs de proégal

mité dule

d'une simple.

droite

masse

et fixe à son autre de la verticale, à très peu

extrémité tend

Ce pendule, et cette est peu

écarte est

à y revenir

pesanteur, écart, s'il

tendance considérable. au même Ils

près deux

proportionnelle pendules très des

Imaginons instant, avec au

longueur, la situation portionnels au premier, décrits, cet de

et partant verticale.

des vitesses instant d'un second

décriront

premier

à ces vitesses. les vitesses

Au commencement seront retardées

instant,

proportionnellement primitives; les arcs

aux arcs décrits dans

et par conséquent seront des arcs donc

aux vitesses encore au

instant même

proportionnels troisième

à ces vitesses. instant,

Il en sera etc. la verarrien-

décrits

au quatrième, depuis les pendules Ils reviendront

Ainsi, ticale veront suite

à chaque seront donc vers

instant,

les vitesses aux moment par un

et les arcs

mesurés

proportionnels au même

vitesses à l'état

primitives; de repos. accéléré

la verticale leur

mouvement avait vitesse de

suivant

les mêmes

lois par lesquelles au même même d'osciller que instant de

vitesse leur côté

été retardée, primitive, la verticale, qu'ils est

et ils y parviendront Ils oscilleront de la

et avec l'aulre sans

manière

et ils éprouvent.

continueraient Il est visible à leur et par vitesse consé-

à l'infini

les résistances oscillations

l'étendue mais

de leurs la durée

proportionnelle est la même, qui

primitive; quent

de ces oscillations glandeur.

indépendante

de leur

La force

accélère

ou retarde

LIVRE III.

CHAPITRE II.

163

le pendule n'étant pas exactement en raison de l'arc mesuré depuis la verticale, cet isochronisme n'est qu'approche relativement aux petites oscillations d'un corps pesant, mû dans un cercle. Il est rigoureux dans la courbe sur laqucllc la pesanteur, décomposée parallèlement à la tangente, est proportionnelle à l'arc compté du point le plus bas, ce qui donne immédiatement son équation différentielle. Huygens, à qui l'on doit l'application du pendule aux horloges, avait intérêt de connaitre cette courbe et la manière de la faire décrire au pendule. Il trouva qu'elle est une cycloïde placée verticalement, en sorte que son sommet soit le point le plus bas, et que, pour la faire décrire à un corps suspendu à l'extrémité d'un fil inextensible, il suflit de fixer l'aulrc extrémité à l'originc commune de deux cycloldes égales à celle que l'on veut faire décrire, et placées verticalement en sens contraire, de manière que le fil, en oscillant, enveloppe alternativement chacune de ces courbes. Quelque ingénieuses que soient ces recherches, l'expérience a fail préférer le pendule circulaire, comme étant beaucoup plus simple et d'une précision suffisante, même à l'Astronomie. Mais la théoric des développées, qu'elles ont fait naitrc, est devenue très importante par ses applications au Système du monde. La durée des oscillations fort petites d'un pendule circulaire est au d'une hauteur égale au temps qu'un corps pesant emploierait à tombeur double de la longueur du pendule comme la demi-circonférence est au diamètre. Ainsi le temps de la chute le long d'un petit arc terminé par un diamètre verlical est au temps de la chute le long de ce diamètre, le ou, ce qui revient au même, par la corde de t'arc. comme quart de la circonférence est au diamètre; la droite menée entre deux points donnés n'est donc pas la ligne de la plus vile descente de l'un à l'autre. La recherche de cette ligne a excité la curiosité des géomètres, et ils ont trouvé qu'elle est une cycloïde, dont l'origine est au point le plus élevé. La longucur du pendule simple qui bat les secondesest au double de la hauteur dont la apesanteurfait tomber les corps dans la première seconde de leur chute comme le carré du diamètre est au carré de la

164 circonférence. précision, corps d'une

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

Cette longueur pouvant être mesurée avec une grande on aura, au moyen de ce théorème, le temps de la chute des hauteur déterminée,

beaucoup plus exactement que par des expériences directes. On a vu dans le Livre 1er que des expériences très exactes ont donné la longueur du pendule à secondes à Paris de que la pesanteur y fail tomber les corps de 3m,66107 dans la première seconde. Ce passage du mouvement d'oscillation, dont on peut observer avec une grande précision la durée, 0m,741887, au mouvement rectiligne on est encore redevable Les durées des graves est une remarque :1 Huvgcns. ingénieuse dont d'où it résulte

fort petites des pendules de longueurs différentes et animés par la même pesanteur sont comme les racines carrées de ces longueurs. Si les pendules sont de même tongucur et animés de pesanteurs les durées des oscillai ions sont récidifférentes, proques aux racines carrées des pesanteurs. C'est au moyen de ces théorèmes que l'on a détermine la variation de la pesanteur à la surface de la Terre et au sommet des montagnes. Les observations du pendule ont pareillement fait connaitrc que la ne dépend ni de la surface ni de la ngurc des corps, mais pesanteur qu'elle pénètre leurs parties les plus intimes, et qu'elle tend à leur imprimer dans le même temps des vitesses égales. Newton a fait osciller un grand nombre de corps différents Pour s'en assurer, de même poids, cl en les plaçant dans fût la il n'a

des oscillalions

soit parla figurc, soit par la matière, t'intericur d'une même surface, afin que la résistance de l'air même. Quelque précision qu'il ait apportée dans ses expériences, point

remarqué de différences sensibles entre les longueurs du pendule conclues des durées des oscillalions de ces corps; simple à secondes, d'ou il suit que, sans les résistances leur vitesse qu'ils éprouvent, acquise par l'action de la pcsanlcur serait ta même en temps égal. Nous avons encore dans le mouvement force agissant d'une manière continue. abandonnée à elle-même étant uniforme corps mû sur une circonférence d'une t'exempte Le mouvement de la matière circulaire

et rectiligne, il est clair qu'un tend sans cesse à s'éloigner du centre

LIVRE par la tangente.

III.

CHAPITRE II.

165

L'effort qu'il fait pour cela se nommeforce centrifuge, et l'on nomme force centrale ou centripète toute force dirigée vers un centre. la force centrale est égale et directeDans le mouvement circulaire, ment contraire à la force centrifuge; elle tend sans cesse à rapprocher et, dans un intervalle de temps te corps du centre de la circonférence, très courl, son effet est mesuré par le sinus verse du petit arc décrit. On peut, au moyen de ce résultat, comparera àla pesanteur la force centrifuge due au mouvement de rotation en vertu de cette de corps décrivent, de l'équateur terrestre. temps, un arc de 40",1095 de la circonférence Le rayon de cet équatcur étant 6376606m à fort peu près, le sinus verse de cet arc esL de 0m,0126559. Pendant une seconde, la pesanteur fait tomber les corps, à l'équateur, de 3m,64930; ainsi la force centrale pour retenir les corps à la surface de la Terre, et due à son mouvement de rotation, par conséquent la force centrifuge est à la pesanteur à l'équateur dans le rapport de l'unité à 286,4. La force centrifuge diminue la pesanteur, elles corps ne tombent à l'équaleur qu'eu vertu de ta différence de ces deux forces; en nommant donc gravité la pesanteur entière éprouve, la force centrifuge qui aurait lieu sans la diminution qu'elle à l'équatcur est à fort peu près 1/289de la de la Terre était dix-sept fois plus rapide, l'arc à l'équateur serait dix-sept 289 fois plus considérable; fois plus grand, et la force centrifuge de peser nécessaire de la Terre. A l'équateur rotation, dans chaque seconde les

gravité. Si la rotation décrit dans une seconde son sinus verse serait

serait donc alors égale à la gravité, sur la Terre à l'équateur.

et les corps cesseraient

En général, l'expression d'une force accélératrice toujours dans le même sens, est égale au double fait décrire, vlivisé par le carré du temps toute dans un intervalle

constante,

qui agit

de l'espace qu'elle force accélératrice,

de temps très court, peut être supposée constante et d'ailleurs agir suivant la même direction; l'espace que la force centrale fait décrire dans le mouvement circulaire est le sinus verse du petit arc décrit, et ce sinus est à très peu près égal au carré de t'arc, divisé par le diamètre; t'expression de celle force .est donc le carré de

166

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

l'arc décrit, divisé par le carré du tcmps et par le ravon du cercle. L'arc divisé par le temps est la vitesse même du corps; la force centrale et la force centrifuge sont donc égales au carré de la vitesse divisé par le rayon. Rapprochons ce résultat de celui que nous avons trouvé précédemmcnl, et suivant lequel la pesanteur est égale au carré de la vitesse accluisc clivisé par le double de l'espace parcouru suivant la vcrticale; nous verrous que la force centrifuge est égale à la pesanteur, si la vitesse du corps qui circule est la même que celle acquise par un corps pesant qui tomberait d'une hauteur égale à la moitié du rayon de la circonférence décrite. Les vitesses de plusieurs corps mus circulairement sont cbales aux circonférences clu'elles décrivent, divisées par les temps de leurs révolutions; les circonférencessont comme les rayons; ainsi les carrés des vitesses sont comme les carrés des rayons, divisés par les carrés de ces temps. Les forces centrifuges sont donc entre elles comme les ravuns des circonférences divisés par les carres des temps des révolutions. Il suit de là que, sur divers parallèles terrestres, la force centrifuge due au mouvement de rotation de la Terre est proportionnelle aux rayons de ces parallèles. Ces beaux théorèmes, découverts par Huygens, ont conduit Newton à la théorie générale du mouvement dans les courbes et à la loi de la pesanteur universelle. Un corps qui décrit une courbe quelconque tend à s'en écarter par la tangente; or on peut toujours imaginer un cercle qui passe par deux éléments contigus de la courbe, et que l'on nomme cercle osculateur: dans deux instants consécutifs, le corps est mûsur la circonférence de ce cercle; sa force centrifuge est donc égale au carré de sa vitesse divisé par le rayon du cercle osculateur; mais la position et la grandeur de ce cercle varient sans cesse. Si la courbe est décrite en vertu d'une force dirigée vers un point fixe, on peut décomposer cette force en deux, l'une suivant le rayon osculateur, l'aulre suivant l'élément de la courbe. La première fait

LIVRE à la du est l'origine les aircs corps; toujours de tracées la

111.

CHAPITRE

lI,

167 ou diminue variable. la vi-

équilibre tesse elle de si

force cette telle

centrifuge; vitesse que sont le les est

la

seconde donc décrites

augmente continuellement par aux autour le rayon

Mais autour

aires

recteur Récrproquement,

force par

proportionnelles rayon vecteur

temps. d'un point

fixe

croissent

comme ce point. du

les temps, Ces

la force qui les fait

décrire

est constamment dans la théorie

dirigée du

vers

propositions,

fondamenlales aisément peut être

Système

monde, La force de

se démontrent accélératrice chaque instant

de celle-manière. supposée lequel alors n'agir qu'au commencedu corps est

ment

pendant trace suivant, triangule au droite pendant du

le mouvement un petit triangle.

uniforme; cessail nouvel triangles hases crites égaux. d'agir

le rayon dans

vecteur t'instant

Si la force dans ces ce

le rayon égal

vecteur

tracerait puisque de

instant ayant

un nouveau leur sur une sommet même vitesse

au premier, fixe origine égales, que

deux leurs dé-

point

la force, étant

situées avec Mais

seraient des nouvel

comme nous

la même

instants instant

supposons

au commencement avec la force

la force

accélératrice la diagoforces. combinée Le

se combine nale du

langenlielle dont les décrit sans hase

du corps, côtés

et fait décrire ces force

parallélogramme que le rayon qu'il

représentent de cette de la force le rayon sur une

triangle est égal car ces lin du à cette instants rayon

vecteur cût décrit ont pour

en vertu l'action commune sont

à celui deux premier base;

accclcratrice vecteur droite égale de la

triangles instant, faire

et leurs

sommets

parallèle dans deux par ce Il dide

tracée égaux,

par le rayon et par

vecteur

est donc le secteur

consécutifs croit comme que cela

conséquent

décrit

le nombre n'a lieu fixe;

de ces instants que les hauteur. la force vecteur. très petit

ou comme

les temps. est venons

est visible rigée vers

qu'autant

la force triangles Ainsi,

accélératrice que nous

le point n'auraient aux temps vers

autrement, même que rayon un

considérer des aires stamment Dans intervalle

pas démontre du

la proportionnalité est dirigée con-

accélératrice

foriginc si l'on

ce cas,

imagine fort court;

secteur

décrit extrémité

pendant

un

de temps

que

de la première

de l'arc

168 de ce secteur

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

on mène une tangente a la courbe, et que l'on prolonge jusqu'à cette tangente le rayon mené de l'origine de la force à l'autre entre la courbe et extrémité de l'arc; la partie de ce rayon interceptée la tangente sera visiblement crire. En divisant le double aura l'expression la force centrale l'espace que la force centrale a fait déde cet espace par le carré du temps, on de la force; or le secteur est proportionnel au temps; est donc comme la partie du rayon vecteur inter-

ceptée entre la courbe et la tangente, divisée par le carre du secteur. A la rigueur, ta force centrale dans les divers points de la courbe n'est à ces quotients; mais elle approche d'autant plus pas proportionnelle de l'être que les secteurs sont plus petits, en sorte qu'elle est exacteà la limite de ces quotients. L'analyse différenment proportionnelle tielle donne cette limite en fonction du rayon vecteur, lorsque la nature de la courbe est connue, et alors on a la fonction de la distance à laquelle la force centrale est proportionnelle. Si la loi de la force est donnée, la recherche

qu'elle fait décrite présente plus de difficulté. Mais, quelles que soient les forces dont le corps toujours supposé libre est animé, on déterminera facilement de la manière suivante les équations différentielles de son mouvement. trois axes fixes perpendiculaires entre eux; la position du corps à un instant quelconque sera déterminée par trois coordonnées parallèles à ces axes. En décomposant chacune des forces Imaginons aux qui agissent sur le point en trois autres dirigées parallèlement mêmes axes, le produit de la résultante de toutes les forces parallèles à l'une des coordonnées du temps pendant lequel elle par l'élément à l'accroissement de la vitesse du corps parallèlement agit exprimera or cette vitesse peut être supposée égale à l'élément du divisé par l'élément du temps; la différentielle de la coordonnée quotient de cette division est donc égale au produit précédent. La concelle coordonnée; sidération blables; recherche des deux autres coordonnées fournit ainsi la détermination du mouvement égalités semdu corps devient une deux de ces équa-

de la courbe

de pure analyse, lions différentielles.

qui se réduit

à l'intégration

LIVRE

III.

CHAPTIRE.

II.

1C9

En général, l'élémènt du temps étant scipposéconstant, la différence seconde de chaque coordonnée, divisée par le carré de cet élément, représente une force qui, appliquée en sens contraire au point, ferait équilibre à la force qui le sollicite suivant cette coordonnée. En multipliant la différence de ces forces par la variation arbitraire de la coorclonnée, et ajoutant les trois produits semblables relatifs aux trois coordonnées/leur somme sera nulle par la condition de l'équililire. Si le point est libre, les variations des trois coordonnées seront toutes arbitraires, et, en égalant à zéro le coefficient de chacune d'elles, on aura les trois équations différentielles du mouvement du point. Mais, si le point n'est pas libre, on aura entre les trois coordonnéesune ou deux relations, qui donneront un pareil nombre d'équations entre leurs variations arbitraires. En éliminant donc à leur moyen autant de ces variations, on égaiera les coefficients des varialions restantes à zéro, et l'on aura les équations différentielles du mouvement, équations clui, combinées avec les relations des coordonnées, détermineront pour un instant quelconque la position du point. L'intégration de ces équations est facile quand la force est dirigée vers un centre fixe; mais souvent la nature des forces la rend impossible. Cependantla considération des équalions différentielles conluit à quelques principes intéressants de Mécanique, tels que le suivant. La différentielle du carré de la vitesse d'un point soumis à l'action de l'orcesaccélératrices est égale au double de la somme des produits due chaque force par le petit espace dont le point s'avance suivant la direclion de celte force. Il est aisé d'en conclure que la vitesse acquise par un corps pesant, le long d'une ligne ou d'une surface courbe, est la même que s'il tombait verticalement de la mêmehauteur. Plusieurs philosophes, frappés de l'ordre qui règne dans la nature et de la fécondité de ses moyens dans la production des phénomènes, onl pensé qu'elle parvient toujours à son but par lcs voies les plus simples. l;n étendant cette manière de voir à la Mécanique, ils ont cherclé l'éconumie que la nature avait eue pour objet dans l'emploi des forces et du temps. Ptoléméc avait-reconnu que la lumière réfléchie parvient
OEuvres de L. — VI. 22

170

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

e d'un point à un aulrc par le chemin le plus courut, t par conséquent dans le moinsde temps possible, en supposant la vitesse du rayon lumineux toujours la même.Fcrmat, l'un des ltlus beaux génies dont la France s'honore, généralisa ce principe, en l'étendant à la réfraction 1dela Itimièrc: Il supposa donc qu'elle parvient d'un point pris au dehors d'un milieu diaphane à un point intérieur dans le lemps le plus coitrt; regardant ensuite comme très vraisemblable que sa vitesse devait ètre plus petite dans ce milieu que dans le vide, il chercha dans ces hypothèses la loi de la réfractionde la lumière. En appliquant à ce et problème sa helle méthodede maximis rlc minimis, que l'on doit regarder comme le véritable germe du Calcul différentiel, il trouva, conformémentà l'expérience, queles sinus d'incidence et de réfraction devaient être dans un rapport constant plus grand que l'unité. Lamanière heureuse dont Newtona déduit ce rapport (le l'attraction des milieux lit voir à Maupertuis que la vitesse de la lumière augmente dansles milieux diaphanes, et qu'ainsi ce n'est point, comme Fermat le prétendait, la somme des quotients des espaces décrits dans le vide et dans le milieu et divisés par les vitesses correspondantes, mais ta somme des produits de ces quantités, qui doit être un ininimum. Euler étendit cette supposition aux mouvementsvariables à chaque instant, et il prouva par divers exemples que, parmi toutes les courbesqu'un corps peut décriré en allant d'un point à un autre, il choisit toujourscelledans laquelle l'intégrale drr produit de sa massepar sa vitesseci par l'élément de la cnrrrbeesl un minimum.Ainsi la vitesse d'un point mir dans une surface courbc, et qui n'est sollicité par aucune force, étant constante, il parvient d'un point à un autre par la ligne la plus courte de celle surface. On a nommé l'inlégrale précédente actionsd'un corps, et la réunion des intégrales semblables, relatives à chaque corps d'un système, a été nommée action du système. Euler établit donc que celle action est toujours un minimum, en sorte que l'cconomicde la nature consisteà l'épargncr c'est là ce qui constitue le principe la moindre de action, dont on doit regarder Enter comme le véritable inventeur, et que Lagrange ensuite a dérivé des lois primordiales du mouvement.

LIVRE Ce principe

III.

CHAPITRE

II.

171

n'est au fond qu'un résultat curieux de ces lois, qui, comme on l'a vu, sonl les plus naturelles et les plus simples que l'on puisse de l'essence même de la imaginer, et qui par la semblent découler matière. à toutes les relations mathématiquement possibles entre la force et la vitesse, pourvu que l'on substitue dans ce principe. au lieu de la vitesse, la fonction de la vitesse par laquelle la force est exprimée. Le principe être érigé en cause finale, mouvement, de la moindre et loin d'avoir action donne ne doit naissance donc point aux lois du Il convient

il n'a pas même contribue à leur découverte, sans laquelle on disputerait encore sur ce qu'il faut entendre par la moindre action de la nature.

172

EXPOSITION DU SYSTÈMEMONDE. DU

CHAPITRE III.
DE L'ÉQUILIBRE D'UN SYSTÈME DE CORPS.

Le cas deux

le plus

simple qui

de l'équilibre se rencontrent impénétrabilité deux anéantit si deux vitesses

de plusieurs avec

corps

est égales

celui

de

points

matériels contraires.

des vitesses mutuelle,

et dide la le

rectement matière même réduit nent

Leur de laquelle instant, Mais des

propriété pas occuper

en vertu lieu

corps

ne

peuvent leurs

au même du

évidemment corps opposées,

vitesses

et les viendes

à l'état

repos. avec

de masses quel Pour est

différentes le rapport

à se choquer aux masses,

vitesses blème, une

dans un

le cas de l'équilibre? de d'une second points vitesse matériels

résoudre

ce prorangés sur

imaginons même droite

système

contigus, dans

et animés un

commune

sa direction; matériels commune conet

concevons tigus, conlrairc quent mier point

pareillement sur

système et animés que

de points d'une vitesse

disposés

la même droite de

à la précédente, mutuellement

manière

les deux 11 est

systèmes clair que

se chosi le prechaque une partie chode la peut égale un du

en se faisant composé que

équilibre. d'un dans seul

système du second

n'était

point

matériel,

système

éteindrait

le point

choquant du

de sa vitesse quant vitesse substituer à ce produit. point matériel doit du

égale donc second

à la vitesse être, dans

de ce système;

la vitesse égale

point

le cas de l'équilibre, par le nombre un seul de ses point substituer égale au

au produit et l'on vitesse système

système

points, d'une

au premier On peut animé

système

animé

semblablement d'une vitesse

au second produit

de la vitesse

LIVRE

111.

CHAPITRE

III.

173

premier système par le nombre de ses points. Ainsi, au lieu de deux systèmes, on aura deux points qui se feront cquilihre avec des vitesses contraire, dont l'une sera lé produit de la vitesse du premier système par le nombre de ses points, et dont l'aulre sera le produit de la vi[esse des points du second système par leur nombre; ces produits doivent donc être égaux dans le cas de l'équilibre. La masse d'un corps est la somme de ses points matériels. On nomme quantité de mouvementle produit de la massepar la vitesse; c'est aussi ce que l'on entend par la force d'un corps. Pour l'équilillre de deux corps ou de deux systèmes de points matériels qui se choquent en sens contraires, les quantités de mouvement ou les forces opposées doivent être égales, et par conséquent les vitesses doivent être réciproques aux masses. Deux points matériels ne peuvent évidemment agir l'un sur l'autre que suivant la droite qui les joint l'action que lc premier exerce sur le second lui communique une certaine quantité de mouvement or on peut, avant l'action, concevoir le second corps sollicité par cette cluantité et par une autre égale et directement opposée; l'action du premier corps se réduit ainsi à détruire cette dernière quantité de mouvement; une quantité de mouvement égale et mais pour cela il doit employeur contraire, qui sera détruite. On voit donc généralement que, dans l'action mutuelle des corps, la réaction est toujours égale et contraire ;1 l'aclion. On voit encore que cette égalité ne suppose point une force particulière dans la matière; elle résulte de ce qu'un corps ne peut acquérir du mouvement par l'action d'un autre corps sans l'en dépouiller, de même qu'un vase se remplit aux dépens d'un vase plein qui communiqueavec lui. L'égalité de l'action à la réaction se manifeste dans toutes les actions de la nature le fer attire l'aimant comme il en est attiré on observe la même chose dans les attractions et dans les répulsions électriques, el même dans le développement des forces animales; car, quel que soit le principe nioteur de l'homme et des animaux, il est constant qu'ils reçoivent, par la réaction de la matière, une force égale et contraire il

174

EXPOSITION

DU SYSTÈME DU MONDE.

celles qu'ils lui communiquent, et qu'ainsi, sous ce rapport, ils sont assujettis aux mêmes lois que les êtres inanimés. La réciprocité des vitesses aux masses, dans le cas de l'équilibre, sert à déterminer le rapport des masses des différents corps. Celles des corps homogènes sont proportionnelles à leurs volumes, que la Géométrie apprend à mesurer. lfais tous les corps ne sont pas de même nature, et les différences qui existent, soit dans leurs molécules intégrants, soit dans Ic nombre et la grandeur des intervalles ou pores qui séparent ces molécules, en apportent de très grandes enlre leurs masses renfermées sous le même volume. La Géométrie devient alors insuffisante pour déterminer le rapport de ces masses, et il est indispensable de recourir a la Mécanique. Si l'on imagine deux globes de différentes matières, et que l'on fasse varier leurs diamètres jusqu'à ce qu'en les animant de vitesses égales et directement contraires, ils se fassent équilibre, on sera sur qu'ils renfermeront le même nombre de points matériels, et par conséquent des masses égales. On aura donc ainsi le rapport des volumes de ces substances à égalité de masse; ensuite, à l'aide de la Géométrie, on en nonclura le rapport des masses de deux volumes quelconques des Mais cette méthode serait d'un usage très pénible dans les comparaisons nombreuses qu'exigent à chaque instant les besoins du commerce. Heureusement la nature nous offre dans la pesanleur des corps un moyen très simple de comparer leurs masses. mêmes substances. On a vu, dans le Chapitre précédent, que chaque point matéricl dans le même licu de la Terre tend à se mouvoir avec la même vitesse par l'action de la pesanteur; la somme de ces tendances est ce qui constitue le poids d'un corps; ainsi les poids sont proporlionncls aux masses. Il suit de là que, si deux corps suspendus aux extrémités d'un fil, qui passe sur une houlie, se font équilibre lorsque les deux parties du fil sont égales de chaque côté de la poulie, les masses de ces corps sonl égale, puisque, lcndant à se mouvoir avec la même vitesse par l'action de la pesanteur, elles agissent l'unc sur l'autre comme si elles se choquaient avec des vitesses égales et directement contraires. On peut en-

LIVREIII.

—CHAPITRE III.

175

corc mettre deux corps en équilibre au moyend'une halâncc, dont les bras ct les bassins sont parfaitement égaux, et alors on sera sûr de l'égalité de leurs masses. On aura ainsi le rapport des masses de différents corps au moyen d'une balance exacte et sensible et d'un grand nombre de petits poids égaux, en déterminant le nombrede ces poids nécessaire pour tenir ces masses en équilibre. Ladensité d'un corps dépenddu nombre de ses points matériels renfcrmés sous un volume donné; elle est donc proportionnelle au rapport de la masse au volumc. Une substance qui n'aurait point de pores aurait la plus grande densité possible en lui comparant la densité des autres corps, on aurait la quantité de matière qu'ils renferment. Mais, ne connaissant point de substances semblables, nous nc pouvons avoir que les densités relatives des corps. Ces densités sont en raison des poids sous un même volumc, puisque les poids sonl proportionnels aux masses; en prenant ainsi pour unité la densité d'une substance quelconque, aune température constante, par exemple, le maximum de densité de l'eau distillée, la densité d'un corps sera le rapport de son poids à celui d'un pareil volume d'eau réduite à ce maximum. Ce pesanteur spécifique. rapport est ce que l'on nomme Tout cela semble supposer que la matière est homogène et que les corps ne diffèrent que lar la finurc cl la grandeur de leurs pores et de leurs molécules intégrantes. Il est cependant possible qu'il y ait des différences essentielles dans la nature même de ces molécules, et il ne répugne point au peu de notions que nous avons de la matière de supposer l'eslace céleste plein d'un fluide dénué de pores, et cependant tel qu'il n'oppose qu'une résistance insensible aux mouvement planétaires. On pourrait ainsi concilier l'inaltérabilité de ces mouvements, prouvée par les phénomèncs, avec l'opinion de ceux qui regardent le vide comme impossible. Maiscela est indifférent à la Mécanique, qui ne considère dans les corps que l'étendue et le mouvement. On peut alors, sans craindre aucune erreur, admettre l'homogénéité des éléments de la matière, pourvu que l'on entende par masses égales des masses qui, animées de vitesses égales et directement contraires, se font équilibre.

176

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

de l'équilibre et du mouvement des corps, on fait du nombre et de la figiirc des pores dont ils sont parsemés. abstraction en On peut avoir égard à la différence de leurs densités respectives, Dans la théorie les supposant formés de points matériels plus ou moins denses, parfaitement libres dans les fluides, unis entre eux par des droites sans dans les masse, inflexibles dans les corps durs, flexibles et extensibles corps élastiques corps offriraient et mous. Il est clair que, dans ces suppositions, les les apparences Les conditions de l'équilibre

qu'ils nous présentent. d'un système de corps peuvent toujours être déterminées par la loi de la composition des forces, exposée dans le Chapitre Ier de ce Livre. Car on peut concevoir la force dont chaque point matériel est animé appliquée au point de sa direction ou vont concourir ou qui, eu se composant qui la détruisent, avec elle, forment une résultante est qui, dans le cas de l'équilibre, anéantie par les points fixes du système. Considérons, par exemple, deux points matériels attaches aux extrémités d'un tcvicr inflexible, et supposons ces points sollicités par des forces dont les directions soient dans un plan passant par le )evier. En concevant ces forces réunies au leur résultante doit, honr l'écluipoint de concours de leurs directions, passer par le point d'appui qui peut seul la détruire, et, suivant la loi de la composition des forces, les deux composantes doivent être alors réciproques aux perpendiculaires menées du point d'appui sur leurs directions. libre, Si l'on imagine deux corps pesants attachés aux extrémités d'un levier inflexible, dont la masse soit supposée infiniment petite par rapport à celle des corps, on pourra concevoir tes directions parallèles de la pesanteur chaque réunies à une distance infinie; dans ce cas, les forces dont esl animé ou, ce qui revient au même, leurs poids être réciproques aux perpendiculaires medoivent, pour l'équilibre, nées du point d'appui sur les directions de ces forces; ces perpcndicucorps pesant laircs sont proportionnelles aux bras du levier; ainsi les poids de deux aux bras du tcvier auquel ils sont corps en équilibre sont réciproques attachés. les forces

LIVRE III.
Un qui peut mais attachée la s'y de il très petit poids faire manière pour fort cela, long par un on peut donc,

— CHAPITRE
au moyen poids du

III.
levier très et des machines

177

rapportent, cette faut, soit

équilibre soulever que le un

à un énorme du

considérable, avec un la le le gagne Mais ne peut faut du léger puissance fardeau, fardeau en

et l'on effort est et que une force, et on

fardeau levier qui pour ce les que

bras

auquel soulève élever l'on

rapport grand perd en

à celui espace temps dans

puissance hauteur. ce qui

parcoure Alors a lieu du

petite c'est peut qu'une curer

généralement temps à volonté, Dans on au les bras d'autres peut le

machines. que l'on

souvent employer se levier,

disposer force une

tandis

limitée. vitesse,

circonstances, y plus parvenir court. ou des au C'est la vitesse machines. des

où il moyen dans des

proen

grande

appliquant d'augmenter voir que

la puissance suivant consiste

la possibilité corps à mou-

besoins

la masse avantage

le principal du force, tevicr pour force l'équilibre les égaux doit force du pour fixe, la point faire esl par

La considération oment le produit dans forces d'appui la somme La tipliée moment passant Le rapport moments Les inllnic, qui de ce leur corps le d'une de cas sonl

a fait faire

naître

l'idée le du aux ces

moments. autour à sa

On d'un

nomme point, Ainsi, deux au point même.

tourner

système point

celte de

la distance d'un moments et contraires, être sur nulle un à celte tourner perpendiculaire d'un axe lrlan levier de

direction. duquel rapport revient à ce au point. fixe, l'on de

extrémités forces par qui

appliquées, être moments d'une distance force

doivent des

ou,

ce

relativement mené par est

projection par de par montent à un la la

un

point

mul-

projection, le système au

ce que autour

nomme qui,

l'axe

le point de point

plan. de à forces, par des

résultante ou des à un

nombre

quelconque est égal

quelconque, composantes. être supposées résultante donc un plan, le plan

la somme

semblables forces elles esl en parallèles sont parallèle; deux.

forces pouvant à

se

réunir égale

à une à leur

distance somme système à à une 23 et

réductibles en l'une

une

décomposant située situées dans dans

chaque l'autre seront

force

d'un

perpendiculaire réductibles J

les forces toutes plan, OEuvres de L — VI.

178 seule,

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

au plan. Il existe ainsi que toutes les forces perpendiculaires toujours un plan passant par le point fixe. et tel que la résultante des forces qui lui sont perpendiculaires est nulle ou passe par ce point; dans ces deux cas, le moment de celte résultante est ntll relativement

aux axes qui ont ce point pour origine, et le moment des forces du système par rapport à ces axes se réduit au moment de la résultante située dans le plan dont il s'agit. L'axe autour duquel ce moment est un maximum est celui qui est perpendiculaire à ce plan; et le moment des forces du système, relatif a un axe qui, passant par le point lixe, forme un angle quelconque avec l'axe du plus grand moment, est égal au plus grand moment du système, multiplié par le cosinus de cet angle; en sorte que ce moment est nul pour tous les axes situés dans Ic plan auquel l'axe du plus grand moment est perpendiculaire. La somme des carres des cosinus des angles formés par l'axe du plus entre grand moment et par trois axes quelconques perpendiculaires eux et passant par le point fixe étant égale à l'unilé, les carrés des trois sommes des moments de forces, relativement à ces axes, sont égaux au carré du plus grand moment. Pour l'équilibre d'un système de corps liés invariablement entre eux et pouvant se mouvoir autour d'un point fixe, la somme des moments des forces doit être nulle par rapport à un axe quelconque passant par ce point. Il suit de ce qui précède cette somme est nulle relativement si que cela aura lieu généralement, à trois axes fixes perpendiculaires entre eux. S'il n'y a pas de point fixe dans le système, il faut de plus, pour l'équilibre, que les trois sommes des forces décomposées parallèlement à ces axes soient nulles séparément. Considérons

un système de points pesants attaches fixement enentre eux et liés au semble, et rapportés à trois plans perpendiculaires En décomposant l'aelion de la pesanteur aux système. parallèlement intersections de ces plans, toutes les forces parallèles au même plan peuvent se réduire à une seule résultante, égale à leur somme. Les trois résultantes doivent concourir au même point, puisque, parallèle à un plan et relatives aux trois plans les actions de la pesanteur

LIVRE III. sur les divers lanle unique, ensuite leur points

— CHAPITRE

III.

179

elles ont une rcsuldu système étant parallèles, que l'o,n obtient en composant d'abord deux de ces forces, résultante avec une troisième, la résultante des trois

forces avec une quatrième, et ainsi du reste. La situation de ce point de l'inclinaison de concours par rapport au système est indépendante car une inclinaison plus ou des plans sur la direction de la pesanteur; moins grande ne fait que changer les valeurs des trois résultantes partielles, sans altérer leur position relative aux plans; en supposant donc ce point fixe, tous les efforts des poids du système seront anéantis dans point tème. toutes les positions qu'il peul prendre que l'on a nommé, par cette raison, en tournant autour de ce du syscentre de gravité

la position de ce cenlre tème déterminés par les coordonnées culaires

Concevons

et celle des divers points du sysparallèles à trois axes perpendi-

entre eux. Les actions de la pesanteur étant égales et parallèles, et la résultante de ces actions sur le système passant dans toutes ses positions par son centre de gravité, si l'on suppose cette résultante successivement de la résultante parallèle à chacun des trois axes, l'égalité à la somme des moments des composantes du moment donne l'une

parla masse enquelconque des coordonnées de ce centre, multipliée tière du système, égale à ta somme des produits de la masse de chaque Ainsi la détermination du point par sa coordonnée correspondante. centre de gravité, dont la pesanteur a fait naître l'idée, en est indéLa considération de ce centre, étendue à un système de corps pendante. pesants ou non pesants, libres ou liés entre eux d'une manière quelconque, est très utile clans la Mécanique. En généralisant le théorème que nous avons donne, :1 la fin du Chad'un point, on est conduit au théorème suivant,

pitre Ier, sur l'équilibre qui renferme de la manière libre d'uu système

la plus générale les conditions de l'équide points matériels animes par des forces quel-

conques. Si l'on change infiniment peu la position du système, d'une manière compatible avec la liaison de ses parties, chaque point matériel s'avan-

180 cera, dans

EXPOSITION la direction de cette

DU SYSTÈME qui

OU MONDE. d'une quantité position du point égale du sur

de la force direction

le sollicite, entre

à la partie point cette

comprise abaissée dans l'état dont

la première position la auquel

et la perpendiculaire direction. sorce dans Cela par pose,

de la seconde d'équilibre, le point

somme des

produits

de chaque s'avance nulle, que

la quantité

elle est appliquée si cette somme est C'est en cela dont il faut on est observer

sa direction

est nulle;

et réciproquement,

quelle que soit la variation consiste le principe Bernoulli. des

du système, vitesses Mais,

il est en équilibre. principe usage,

virtuelles, faire que

redevable de prendre

à Jean

pouren

négativement points en sens encore que qui,

les dans

produits

nous de

venons position

d'indiquer, du système, il faut point se ma-

relatifs s'avancent rappeler teriel En par force rection, par rents une

aux

le changement de la direction est le produit ferait prendre, point

contraire la force qu'elle la position

de leurs de la masse s'il du des était

forces; d'un libre.

par

la vitesse

lui

concevant lrois par

de chaque

système produits s'avance

déterminée de dans sera chaque sa di-

coordonnées la quantité lorsqu'on fonction ces

rectangles, dont te point

la somme qu'elle

sollicite

fait varier linéaire variations du des

infiniment variations entre

peu le système, des elles coordonnées des rapports, donc,

exprimée

de ses différésultant de

points; des

ont système;

la liaison rapports, la somme pour ficient qu'il de

parties

en réduisant au plus être nullc égaler restantes, variations petit pour

au moyen possible,

de ces dans

les variations précédente, ait lieu chacune qu'il à celles clans des y aura que

arbitraires qui tous doit

nombre l'équilibre,

il faudra, à zéro le coefautant

les sens,

séparément ce qui

variations de ces

donnera

d'équations réunies ront

arbitraires.

Ces équations. renferme-

donne

la liaison de son

des parties

du système,

toutes

les conditions deux états

équilibre. très distincts. du système primitive, absolue, elle n'est Dans ne l'un, font si l'on trouble que de pentites est que n'a

Il existe un peu

d'équilibre tous de

l'équilibre, autour stable.

les corps leur position est

oscillations serme soient ou

et alors si elle que

l'équilibre quelles si elle

Celte

stabilité du

a lieu relative,

les oscillations

système;

LIVRE III.

CHAPITRE III.

181

lieu que par rapport aux oscillationsd'une certaine espèce. Dans l'autre état d'équilibre, les corps s'éloignentde plus en plus de leur position primitive, lorsqu'on les en écarte. On aura une juste idée de ces deux états, en considérant une ellipse placéeverticalementsur un plan horizontal. Si l'ellipse est en équilibresur sonpetit axe, il est clair qu'en l'écartant un peu de cette situation, par un petit mouvementsur ellemême, elle tend à y revenir en faisant des oscillations, que les frottements et la résistance de l'air auront bientôt anéanties. Mais,si l'ellipse est en équilibre sur son grand axe, une foisécartée de cette situation, elle tend à s'en éloigner davantage et finit par se renverser sur son petit axe. La stabilité de l'équilibre dépend donc de la nature des petites oscillations que le système, troublé d'une manière quelconque, faitautour de cet étal. Pour déterminer généralementde quelle manière les divers étals d'équilibre stable ou non stable se succèdent, considérons une courbe rentrante placée verticalement dans une situation d'équilibre stable. Dérangée un peu de cet état, elle tend à y revenir; cette tendance varieà mesure que l'écartement augmente, et lorsqu'ele devient nulle, la courbe se retrouve dans une situation nouvelled'équilibre, mais qui n'est point stable, puisque la courbe, avant d'y arriver, tendait encore vers son premier étal. Au delà de cette dernière situalion, la tendance vers le premier état, et par conséquent versle second. devient négativejusqu a ce qu'elle redevienneencore nulle, et alors la courbe est dans une situation d'équilibre stable. Encontinuant ainsi. on voit que les états d'équilibre stable et non slahlc se succèdent allernativement, comme Ics maxima et les minima des ordonnées dans les courbes. Il est faciled'étendre le même raisonnement aux divers étals d'équilibre d'un système de corps.

182

I)U SYSTÈME DU-MONDE. EXPOSITION

CHAPITRE IV.
DE L'ÉQUILIBRE DES FLUIDES.

La propriété pressitbles, cules obéit est

caractéristique l'extrême facilité légère allons

des

fluides,

soil

élastiques, chacune éprouve

soit de leurs

incommoléplutôt de

avec

laclucllc qu'elle

à la plus autre. des Nous fluides,

pression done

d'un

côte

que d'un l'équilibre infini

établir

sur cette comme entre la force doit être

propriété formes d'un

les lois nombre

en les considérant mobiles que

de molécules d'abord librc car,

parfaitement de cette mobilité

elles. dont une molécule de

Il suit la surface surface l'une

d'un

fluide lui était

est animée inclinée,

perpendiculaire en deux

à cette autres,

si elle

en la décomposant à cette

perpendiculaire, en vertu de

et l'autre cette

parallèle force;

surface, est

la molécule donc perest

glisserait pendiculaire horizontale. fluide

dernière des eaux

la pesanteur qui que

;1 la surface Par contre la même une

stagnantes, la pression

par conséquent chaque

raison, doit d'une mesurée

molécule

exerce

surface

lui masse par

être

perpendiculaire. éprouve du une pression baromètre, fluide. et En petit. de ce

Chaque qui, qui dans peut

molécule l'atmosphère, l'être

intérieure est

fluide

la hauteur pour loul

d'une

manière comme environnant

semblable un prisme

aulrc

considérant la pression prisme, a chaque exerce sultenl sur trois qui

la molécule du fluide tendra, en

rectangle

infiniment aux faces

sera

perpendiculaire

par conséquent, vertu faces

à se mouvoir des

perpcndiculairement pressions que le fluide ré-

face,

de la différence opposées. De ces entre

les deux forces

différences elles, qu'il

de pressions faut combiner

perpendiculaires

LIVRE

III.

CHAPITRE la

IV.

183 Il

avec clure égale produits est gène; son

les que la

autres la

forces différentielle de

qui

sollicitent de la

molécule. est, multipliée de sa est est dans

est l'état par

facile

d'en d'équilibre,

con-

pression fluide,

densité chaque différence

la force

molécule par exacte, auquel

la

somme cette et somme

des

de une résultat

l'élément si le fluide

direction; incompressible parvenu le

donc

homo-

important sur forces de la la sont dislance de fluide différentielle différence la sa

Clairaut de la Terre. par centres est donc de la être pression, des

premier,

dans

bel Quand

ouvrage les

Figure produites

attractions, altiranls, le

qui produit

sont de

toujours chaque la de la denpres-

une force sité sion, est fluide dans chaque cette était de

fonction par de la

aux direction doit

l'élément molécule la une

une

différentielle alors une divisée fonction par couches sont les est si par de forces

exacte;

puisque égale dans toute à

cette de même

densité, la masse densité animent à lui couches

exacte. pression La la surface la ont résultante de

Ainsi est

toutes constante de toutes

les

lesquelles leur étendue. de sur Ces

qui

molécule surface, inclinée.

ces

couches glisserait,

perpendiculaire celle cette résultantc raison,

laquelle couches

molécule été

nommées,

niveau.

La densité la pression tion était libre

d'une

molécule

d'air

atmosphérique est à très

est

une

fonction une

de fonc-

et de la chalcur; au-dessus une fonction serait

sa pesanteur de la surface de cette

peu près

de sa hauteur pareillement de l'atmosphère

de la Terre. l'équation

Si sa chalcur de l'équila pression possible.

hauteur, différentielle serait

une équation

entre toujours

et la hauteur, Mais, dépend autres grande dans

et par la nature, de

conséquent la chaleur

l'équilibre des de diverses

parties du

de l'atmosphère Soleil, exciter et de dans mille cette

encore causes masse

la latitude, ou des

la présence qui souvent un

variahtes Iluide

constantes,

doivent tri's Iluide poids

mouvements

considérables. pesant un peut exercer par

En vertu une pression

de la mobilité beaucoup

de ses parties, plus par grande une large qu'un

que son surface cylindre

filet d'eau, presse hase

exemple, la base

qui se termine sur laquelle

horizontale, d'eau

autant et de

il repose,

de même

184

EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.

mêmehauteur. Pour rendre sensible la vérité de ce paradoxe, imaginons un vase cylindrique fixe, et dont )e fond horizontal soit mobile supposons ce vase rempli d'eau, et son fond maintenu eh équilibre par une force égale et contraire à la pression qu'il éprouve.Il est clair que l'équilibre subsisterait toujours'dans le cas où une partie de l'eau viendrait à se consolideret il s'unir aux parois du vase; car l'équilibre d'un système de corps n'est point troublé en supposant que, clanscet état, plusicurs d'entre eux viennent à s'unir ou à s'attacher à des points lixes. On peut donc formerainsi une infinilé de vases de ligures différentes, qui tousauront même fond et même hauteur que lé vase cylindrique, et dans lesquels l'eau exercera la même pression sur le fond mobile. En général, lorsqu'un fluide n'agit que par son poids, la pression qu'il exerce contre une surface équivaut au poids d'un prisme de ce fluide, dont la hase est égale à la surface pressée, et dontla hauteurest la distance du centre de gravite de cclte surface au plan de niveau du fluide. Un corps plongé dans un fluide y perd une partie de son poids égale au poids du volumede fluide déplacé; car, avant l'immersion, le fluide environnant faisait équilibre au poids de ce volume de fluide qui, sans troubler l'équilibre, pouvait être supposé former une masse solide; la résultante de toutes les actions du fluidesur cette massedoit donc faire équilibre à son poids et passer par son centre de gravité; or il est clair que ses actions sont les mêmes sur le corps qui en occupe la place; l'aetion du fluidedétruit donc une partie du poids de ce corps égale au poids du volume de fluide déplacé. Ainsi les corps pèsent moins dans )'air que dans le vide: la différence, très peu sensible pour la plupart, n'est point à négliger dans des expériences délicates. On peut, au moyend'une balance qui porte à l'extrémité d'un de ses fléauxun corps que l'on plonge dans un nuide, mesurer exactementla diminution de poids que ce corps éprouve dans celte immersion, et déterminer sa pesanteur spécifique ou sa densité relative à celle du fluide. Celle pesanteur est le rapport du poids du corps dans le vide à

LIVRE

III.

— CHAPITRE

IV.

t85

la le des

diminution fluide. corps, Pour qu'un il Il et de de faut faut du la C'est

de

ce ainsi

poids, que au plus

lorsque l'on maximum léger soit les sur sur une toutes qu'un a

le

corps

est les

entièrement pesanteurs de soit du l'eau en

plongé spécifiques distillée. il sa de cette la fluide portion résultante passe du fluide se il est par fluide

dans

détermine de densité fluide à celui de

comparées corps que de corps pesanteur et par le son plus soient

équilibre

surdedu des son sur

face, placé. fluide actions centre ce ces centres pour corps

poids que

égal centres même les de gravité la même de joindre la de la

volume de car du corps actions de pour Mais

gravité

verticale molécules toutes du les volume ligne

gravité, passe

la

résultante de sur la

centre être sur

déplace: les

résultantes de gravité

devant sont de On le centre conçoit élément que

même verticale.

détruire, nécessaire. aux

la

stabilité

l'équilibre, toujours gravité axe la

d'antres par à que de axe tous fluide du utile centre dans une vents. par il la les fleur la

conditions la règle

deux

précédentes. Si, nouant, de soit le chaque plus même par on

pourra de un de

déterminer section tel

suivante. d'un des corps produits à cet mené axe

d'eau somme

horizontal, section par à est du stable volume au-dessus tout le

carre autre

sa

distance

petite centre, surpasse de Cette

relativement

horizontal sens,

par cette

l'équilibre le gravité règle produit du est il des à parler la corps

dans de

lorsque par la de

somme du luulc. vaisseaux, résister mené dont de la Deux le soit Si face tale, plus centre

déplacé de la

hauteur ce vudes pour l'axe

gravité construction suffisante un vaisseau,

principalement importe vagues proue est d'en un est de et donner des celui

auxquels aux de on règle la vient efforts poupe de

stabilité Dans rapport est donc

auquel facilc,

la au

somme moyen

minimum;

précédente, fluides renfermés occupe le

déterminer dans un du vase, vase et

stabilité. disposent la surface de manière qui les

s'y que

que sépare

pesant horizontale. deux qui les fluides

fond

communiquent dans tube — VI est l'état fort

au d'équilibre, large;

moyen

d'un est à

tube très

recourbé, peu au-dessus près

la horizonde '1

sur-

sépare, le de I..

lorsque OEuvres

leurs

hauteurs

cette

.1

186

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.

surfacesont réciproques à leurs pesanteurs spécifiques. En supposant done à toute l'atmosphère la densité de l'air à la température de la glace fondante et comprimépar une colonne de mercure de 0m,76, sa hauteur serait de 7963m.lfais, parce que la densité des couchesatmosphériques diminue à mesure qu'elles sont plus élevées au-dessus du niveaudes mers, la hauteur de l'atmosphère est beaucoupplus grande.

LIVRE CHAPITRE Ill. V.

187

CHAPITRE Y.
m MOUVEMENT D'UN SVSTÈME DE CORPS.

Considérons férentes, On peut décomposés tesses lement par choc. ment des Icur Pour et qui,

d'abord mus

l'action sur une

de deux même

points

matériels viennent

de masscs à se rencontrer.

dif-

droite, avant

concevoir, de

immédiatement qu'ils qu'en aient vertu commune cette nous

le choc, vitesse seules

leurs

mouvements et deux vi-

manière telles

une d'elles

commune

contraires équilibre. acliou

ils se feraient points donc n'est subsister

mutuelpas altérée après de mouvela somme la l'on clues le

La vitesse mutuelle;

aux deux doit

vitesse observerons

la déterminer, points

que

la quantité vitesse, détruites, plus

des deux quantités des avec

en vertu

de cette dues

commune

de mouvement quantités des signes

aux vitesses avant

représente pourvu que

somme prenne aux des

de mouvement contraires mais, par dues

le choc, de

les quantités la condition aux vitesses

mouvement

vitesses quantités de

contraires;

de l'équilibre, détruites est est donc

la somme nulle; égale la à

de mouvement mouvement duc

quantité celle cette par qui

à la vitesse dans des

commune points;

existait

primitivement à la somme

les deux quantités

par conséquent, divisée

vitesse la somme

est égale des deux

de mouvement

masses. points celui matériels corps une est purement idéal; mais il est que, centres

Le choc facile si ces

de

d'y ramener corps

de deux suivant

quelconques, droite surfaces étaient entre passant

en observait par leurs

se choquent et perpendiculaire comme

de gravite l'un

à leurs masses donc

de contact, réunies eux

ils agissent le deux

sur l'autre

si leurs

à ces centres; comme entre

mouvement

se communique

alors

188

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.

points matériels dont les masses seraient respectivement égales à ces corps. Ladémonstrationprécédentesuppose qu'après le choeles deux corps doivent.avoir la mêmevitesse. On conçoit que ccla doit être pour les corps mous dans lesquels la communicationdu mouvementa lieu successivementet par nuancesinsensibles; car il est visible que, dès l'instant où )e corps choqué a la même vitesse que le corps choquant, toute actioncesseentre eux. Maisentre deux corps d'une dureté absolue le choc est instantané, et il ne parait pas nécessaire qu'après leur vitesse soit la même leur impénétrabilité mutuelle exige seulement que la vitesse du corps choquant soit la plus petite; d'ailleurs elle est indéterminée. Celle indétermination prouve l'absurdité, de l'hypothèse d'une dureté absolue. En effet, dans la nature, les corps les plus durs, s'ils ne sont pas élastiques, ont une mollesseimperceptible, qui rend leur action mutuelle successive, quoique sa durée soit insensible. Quand les corps sont parfaitementélastiques, il faut. pour avoir leur vitesse après le choc, ajouter ou retrancher, de la vitesse commune qu'ils prendraient s'ils étaient sans ressort, la vitesse qu'ils acquerraient ou qu'ils perdraient dans cette hypothèse car l'élasticité parfaite double ces effets, par le rétablissement des ressorts que le choc comprime; on aura donc la vitesse de chaque corps après le choc, en retranchant sa vitesse avant le choc du double de cette vitesse commune. De là il est aisé de conclure que la sommedes produits de chaque masse par le carré de sa vitesse est la même avant et après le choc des deux corps, ce qui a lieu généralement dans le choc d'un nombre quelconque de corps parfaitement élastiques, de quelque manièrc qu'ils agissent les uns sur les autres. Telles sont les lois de la communication du mouvement, lois que l'expérience confirme, et qui décrivent mathématiquement des deux lois fondamentalesdu mouvement que nous avons exposées dans le Chapitre II de ce Livre. Plusieurs philosophes ont essayé de les détermincr par la considérationdes causes finales. Descartes, persuade que

LIVRE III. —CHANTRE V.

189

dans la quantité de mouvement devait se conserver toujours la même l'univers, sans égard à sa direction, a déduit de cette fausse hypothèse de fausses lois de la communicationdu mouvement, qui sont un exemple remarquable des erreurs auxquelles on s'expose en cherchant à deviner les lois de la nature par les vues qu'on lui suppose. Lorsqu'un corps reçoit une impulsion suivant une direction qui passe par son centre de gravite, toutes ses parties se meuvent avec une égale vitesse. Si cette direction passe à côté de ce point, les diverses parties du corps ont des vitesses inégales, et de cette inégalité résulte un mouvement de rotation du corps autour de son centre de gravité, en même tempsque ce centre est transporté avec la vitesse qu'il aurait prise si la direction de l'impulsion eut passepar ce point. Ce cas est celui de la Terre et des planètes. Ainsi, pour expliquer le douh)e mouvement de rotation et de translation de la Terre, il suffit de supposer qu'elle a reçu primitivement une impulsiondont la direction a passeà une petite distance de son centre de gravité, distance qui, dans l'hypothèse de l'homogénéité de celle planète, est à peu près la cent soixantième partie de son rayon, Il est infiniment peu probable que la projection primitive des planètes, des satellites et des comètes ait passe exactement par leurs centres de gravité tous ces corps doivent donc tourner sur eux-mêmes.Par une raison semblable, le Soleil, qui tourne sur lui-même, doit avoir reçu une impulsion, qui, n'ayant point passé par son centre de gravité, le transporte dans l'espace, avec le système planétaire, moins qu'une impulsion dans un sens contraire n'ait anéanti ce mouvement, ce qui n'est pas vraisemblable. L'impulsion donnée à une sphère homogène, suivant une direction qui ne passe point par son centre, la fait tourner constamment autour du diamètre perpendiculaire au plan mené par son centre et par la direction de la force imprimée. Denouvelles forces qui sollicitent tous ses points et dont la résultante passe par son centre n'altèrent point le parallélisme de son axe de rotation. C'est ainsi que l'axe de la Terre reste toujours à très peu près parallèle à lui-même dans sa révolution autour du Soleil, sans qu'il soit nécessairede supposer avec Copernic J

190

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

un mouvementannuel des pôles de la Terre autour de ceux de l'écliptique. Si le corps a une figurequelconque, son axe de rotation peut varier à chaque instant; la recherche de ces variations, quelles que soient les forces qui agissent sur le corps, est le problème le plus intéressant de la Mécanique des corps durs, par ses rapports avecla Irécession des équinoxes et avec la lihration de la Lune. En le résolvant, on a été conduit à ce résultat curieux et très utile, savoir, que dans tout corps il existe trois axes perpendiculaires entre eux, passant par son centre de gravité, et autour desquels il peut tourner d'une manière unciforme et invariahle, quand il n'est point sollicité par des forces étrangères. Cesaxes ont été, pour cela, uoromés axes principauxde rotation.Ils ont celle propriété, que la somme des produits de chaque molécule du corps par le carré de sa distance à l'axe est un maximum par rapport à deux de ccs axes, et un minimum par rapport au troisième ('). Si l'on conçoit le corps tournait autour d'un axe fort peu incliné à l'un ou à l'autre des deux premiers, l'axe instantané de rotation du corps s'en écartera toujours d'une quantité très petite ainsi la rotation est stahte relativement à ces deux premiers axes; elle ne l'est pas relativement au troisième, et pour peu que l'axe instantané de rotation s'en écarte, il fera autour de lui de grandes oscillations. Un corps ou un système de corps pesants, de figure quelconque, oscillanl autour d'un axe fixeet horizontal, formeun pendule composé. Il n'eu existe point d'autres dans la nature, et les pendules simples dont nous avons parlé ci-dessus ne sont que de purs concepts géométriques propres à simplifier les objets. Il est facile d'y rapporter les dont tousles points sont attachésfixementensemble. pendules composés Si l'on multiplie la longueur du pendule simples,dont les oscillations sont de même durée que celle du pendule eomposé,par la massede ce dernier pendule et par la distance de son centre de gravité à l'axe d'oscillation, le produit sera égal à la sommedes produits de chaque molément.

celle u aiséde (1) 11 a dans phrase neinexactituderédaction le lecteurorrigera y que c
V. P.

LIVRE III.

CHAPITREV.

t91

cule du pendule composé par le carré de sa distance au même axe. C'est au moyende celle règle, trouvée par Huygcns,que les expériences sur les pendules composésont fait connaitrela longueur du pendule simple qui bat les secondes. Imaginons un pendule faisant de très petites oscillations dans un même plan, et supposonsqu'au momentoùil est le plus éloigné de la verticale, on lui imprime une petite force perpendiculaire au plan de son mouvement; il décrira une ellipse autour de la verticale. Pourse représenter son mouvement, on peut concevoirun pendule fictif qui continue d'osciller comme l'eût fait le pendule réel sans la nouvelle force qui a été imprimée, tandis que ce pendule réel oscille, en vertu de celte force, de chaque côté du pendule idéal commesi ce pendule fictifétait immobileet vertical. Ainsi le mouvementdu pendule réel est le résultat de deux oscillations simples, coexistantes el perpendiculaires l'une à l'autre. Cette manière d'envisagerles petites oscillationsdes corps peutêtre étendue à un système quelconque. Si l'on suppose le système dérange de son état d'équilibre par de très petites impulsions, et qu'ensuite on vienneà lui en donner de nouvelles, il oscillera, par rapport aux états successifs qu'il aurait pris en vertu des premières impulsions, de la même manière qu'il oscillerait par rapport à son état d'équilibre, si les nouvelles impulsions lui étaient seules imprimées dans cet état. Les oscillations très petites d'un système de corps, quelque composées qu'elles soient, peuvent donc être considérées comme étant formées d'oscillations simples, parfaitement semblablesà celle du pendule. En effet, si l'on conçoit le système primitivementen repos et très peu dérangé de son état d'équilibre, en sorte que la force qui sollicite chaque corps tende à le ramener au point qu'il occuperait dans cet état, et, de plus, soit proportionnclle à la distance du corps ce point, il est c)air que cela aura lieu pendant l'oscillation du système, et qu'à chaque instant les vitesses des différents corps seront proportionnelles à )curs distances à la position d'équilibre; ils arriveront donc tous au même instant à celle position, et ils oscilleront de la même manière

192 qu'un

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

pendule simple. Mais l'état de dérangement que nous venons de supposer au système n'est pas unique. Si l'on éloigne un des corps de sa position d'équilbre, et que l'on cherche les situations des autres corps qui satisfont aux conditions tion d'un degré égal au nombre eux, ce qui donne pour chaque simples on parvient à une équaprécédentes, des corps du système mobiles entre d'oscillations corps autant d'espèces

qu'il y a de corps. Concevons au système la première espèce et à un instant quelconque éloignons par la pensée tous d'oscillations, les corps de leur position, proportionnellement aux quantités relatives à la seconde espèce d'oscillations. En vertu de la coexistence des oscillations, aurait le système oscillera par rapport aux états successifs eus par la première espèce d'oscillations, comme il aurait son mouvepar la seconde espèce seule autour de son état d'équilibre; ment sera donc formé des deux premières espèces d'oscillations. On combiner peut semblablement et en continuant d'oscillations, la manière avec ce mouvement ainsi de combiner la troisième toutes espèce ces espèces de qu'il oscillé

la plus générale, on peut composer par la synthèse tous les mouvements possibles du système, pourvu qu'ils soient très petits. on peut, par l'analyse, décomposer les mouvements Réciproquement, la simples. De là résulte un moyen facile de rcconnaitrc stabilité absolue de l'équilibre d'un système de corps. Si, dans toutes les positions relatives à chaque espèce d'oscilla lions, les forces tendent les corps à l'état d'équilibre, cet état sera stahle; il ne le sera pas, ou il n'aura qu'une stabilité relative, si dans quelqu'une de ces positions les forces tendent à en éloigner les corps. Il est visible petits d'un dont les oscillations ;1 la fois, et souvent que cette manière système de corps peut sont le résultat en nombre infini. les mouvements très d'envisager s'étendre aux fluides eux-mêmes, d'oscillations simples, existantes à ramener en oscillations

On a un exemple sensible de la coexistence des oscillations très peun point de la surtites, dans les ondes. Quand on agite légèrement face d'une eau stagnante, on voit des ondes circulaires se former et s'étendre autour de lui. Un agitant la surface dans un autre point, de

LIVRE III.
nouvelles posent raient qu'on çoit aux et ondes à la surface sur se forment agitée cette parfaitement aux de impressions l'air, ondes, qui très se et se par les

— CHAPITRE
mêlent premières si dans l'oreille propagent elle leur le aux

V.
elles comme tranquille, Ce que rapport

193
se superelles en l'œil aux sans se sesorte aperou

premières; ondes, eût été

disposées les distingue

surface,

mélange. sent par

relativement vibrations font Le des principe

sons s'altérer

simultanément

distinctes. des de ces oscillations résultats lui donnent, On d'un simples, généraux de se que qui l'on plaisent doit à les de corps. dont

de la coexistence est la un

à

Daniel

Bernoulli, par et leurs analytique

l'imagination, phénomènes la Ces les Ainsi lormer qui plètes. nature dont plus les théorie

facilité changements des

qu'ils

représenter aisément de

successifs. oscillations

le déduit système

petites

oscillations intégrales les le

dépendent complètes

d'équations sont la somme

différentielles des intégrales tes les unes intégrales les

linéaires, particulières. aux autres particulières intégrales

oscillations mouvement

simples dn s'ajoutent

se superposent système, ensemble de suivre de de comme pour ainsi

pour

expriment Il les est

former dans les Celle

comde la

intéressant

phénomènes correspondance. fait l'un

vérités du

intellectuelles monde attachés ramener on leur de forces on peut comme d'une autre instant. loi de offrira aux à un a renfermé équilibre. corps

t'analyse. nombreux

le système grands

exemples, mathématiques. général le seul les principe lois

des

charmes de

spéculations principe dans Pour agissant

Il est ment virtuelles mouvement être chaque un instant des

naturel corps, les

du des

mouvevitesses le sans à dans dans com-

comme lois de système des mais

y parvenir, les uns sur

considérons les autres, changent vitesses qui détruite était d'en si a lieu au

d'un par

sollicités instant;

accélératrices. concevoir étant vitesse Si cette

Leurs chacune

vitesses de ces

quelconque, suivant de facile, des animés et

composée qui doit vitesse

de

celle être détruite

l'instant mencement il serait la vitesse n'étaient

ce second par corps la au que VI.

connue, conclure les corps

la décomposition instant; or

des il est ils

forces, clair se que, feraient J

second des

vitesses

détruites,

mutuelle25

OEuvres de L.

194 ment vitesses leurs tions équilibre;

EXPOSITION ainsi

DU SYSTÈME

nu

MONDE. les rapports restantes des et

les lois de l'équilibre aisé donc, d'en conclure

donneront

perdues, directions; successives

et il sera on aura du

les vitesses infinitésimale, et sa position

par l'analyse du système

les variaà tous les

mouvement

instants. Il est ctair pourra alors forces. Celte libre, et très géomètres savait qui manière on est de ramener principalement On aurait s'étaient les idées lieu les lois du mouvement à celles de l'équiest générale ail échappé si l'on aux ne toujours l'équilibre que, si les corps employer doit avoir sont animés de forces accélératrices, de vitesses; on mais et ces

la même lieu

décomposition entre les vitesses

détruites

dont

redevable d'être avant simples

à d'Alembert, qu'elle

lumineuse. qui

surpris lui de

occupés les plus à l'esprit le principe donnera C'est

Dynamique, presque

pas que s'offrent

sont

toujours

celles

les dernières encore à unir

humain. que nous venons d'exposer toute à celui

Il restait des vitesses dont moyen de corps Mécanique des elle

virtuelles, parait

pour

la Mécanique ce que Lagrange d'un

la perfection et par quelconque l'objet de la ce

susceptible, la recherche

a fait, système Alors

il a réduit

du mouvement

à l'intégration est rempli, Voici du imagine

des équations et c'est la manière

différentielles. pure simple

1\ l'Analyse la plus d'un fixes

à achever de former

la solution les équations

problèmes.

différentielles Si l'on un instant riel d'un

mouvement trois axes

système

quelconque. entre de chaque eux, point à ces et qu'à matéon penle

perpendiculaires la vitesse autres

quelconque système de

on décompose corps en vitesse trois

parallèles comme étant

axes,

pourra dant point

considérer cet instant;

chaque on pourra

partielle

uniforme

ensuite à l'un

concevoir, de ces axes,

à la fin de l'instant, de trois vitesses, qu'elle savoir

animé,

parallèlement dans cet instant, et de

de sa vitesse l'instant traire. suivant;

de la petite même de ces être

variation

reçoit en sens

dans con-

suivant, Les deux

cette

variation vitesses détruite

appliquée subsistent par

premières doit

dans

l'instant qui solli-

la troisième

donc

les forces

LIVRE citent

III.

— CHAPITRE

V. Ainsi,

195 en

le point et par l'action des autres points du système. des vitesses partielles concevant les variations instantanées

à ce point en sens contraire, point du système appliquées doit être en équilibre en vertu de toutes ces variations et des forces qui On aura, par le principe des vitesses virtuelles, les équal'animent. tions de cet équilibre, et, en les combinant avec celles de la liaison des du mouveparties du système, on aura les équations différentielles ment de chacun de ses points. Il est visible que l'on peut ramener de la même manière les lois du mouvement des fluides à celles de leur équilibre. Dans ce cas, les condidu système se réduisent à ce que le volume d'une molécule quelconque du fluide reste toujours le même, si le fluide est incompressible, et qu'il dépende de la pression suivant lions relatives une loi donnée, si le fluide est élastique et compressible. Les equaces conditions et les variations du mouvement du expriment les différences partielles des coordonnées de la molésoit par rapport au temps, soit par rapport aux coordonde ce genre d'équations olrre de grandes encore des fluides que dans quelques cas partipesants dans des vases, à la à la liaison des parties

de chaque le système

tiousqui fluide renferment cule, prises

nées primitives. L'intégration et l'on n'a pu y réussir difficultés, entiers théorie relatifs au mouvement du son et aux oscillations

de la mer et de t'atmosphere. La considération des équations différentielles du mouvement d'un de Mécanique système de corps a fait découvrir plusieurs principes très utiles, et qui sont une extension de ceux que nous avons présentés sur le mouvement Un point en ligne droite, s'il Dans un système de corps n'éprouve pas l'action de causes étrangères. agissant les uns sur les autres sans éprouver l'action de causes extéen ligne rieures, le centre commun de gravité se meut uniformément droite, et son mouvement posés réunis à ce point, médiatement en sorte appliquées, leur résultante restent constamment est le même que si, tous les corps étant suptoutes les forces qui les animent lui étaient imque la direction tes mêmes. et la quantité de d'un point, dans le Chapitre matériel se meut uniformément II de ce Livre.

196

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

On a vu que le rayon vecteur d'un corps sollicité par une force diaux temps. rigée vers un point fixe décrit des aires proportionnelles Si l'on suppose un système de corps agissant les uns sur les autres et sollicités par une force dirigée vers un quelconque point fixe, si de ce point on mène a chacun d'eux des rayons vecteurs, que l'on projette sur un plan invariable passant par ce point, ta somme des produits de la masse de chaque corps par faire que trace la projecd'une manière au temps. tion de son rayon vecteur est proportionnelle que consiste le principe de la conservation des aires. C'est en cela

S'il n'y a pas de point fixe vers lequel le système soit attiré et qu'il ne soit soumis qu'à l'action muutuelle de ses parties, on peut prendre alors tel point que l'on veut pour origine des rayons vecteurs. Le produit de la masse d'un corps par l'aire que décrit la projection de son rayon vecteur pendant une unité de temps est égal à la projection de la force entière de ce corps multipliée par la perpendiculaire abaissée du point fixe sur la direction de la force ainsi projetée; ce dernier produit est le moment de la force pour faire tourner le système autour au par le point fixe, est perpendiculaire des aires revient donc le principe de la conservation plan de projection à ce que la somme des moments des forces finies pour faire tourner le de l'axe qui, passant système autour d'un axe quelconque, qui dans l'état d'équilibre est nulle, vement. Présenté de cette manière, lois possibles On nomme entre passant parle point fixe, somme dans l'état de mouest constante convient à toutes les

ce principe la force et la vitesse

de chaque sur une courbe

force vive d'un système la somme des produits de la masse corps se meut corps par le carré de sa vitesse. Lorsqu'un ou sur une surface sans éprouver d'action étrangère, la même, puisque sa vitesse est constante. Si d'antres actions que leurs tractions de soit par l'entremise

sa force vive est toujours les corps d'un système n'éprouvent

soit immédiatement, el pressions mutuelles, et sans ressort, verges et de fils inextensibles est constante, à se mouvoir

dans le cas même ou plusieurs sur des lignes ou sur des surfaces

la force vive du système de ces corps sont astreints courbes. Ce principe,

LIVRE

III.

— CHAPITRE

V.

197

que l'on a nomme principe de la conservation des forces vives, s'étend à toutes les lois possibles entre la force cL la vitesse, si l'on désigne par du produit de sa vitesse /iurc vive d'un corps le double de l'intégrale de la force finie dont il est animé. par la différentielle corps sollicité par des forces quelconques, la variation de la force vive est égale a deux fois te produit de la masse du corps par la somme des forces accélératrices multipliées respectivement par les quantités élémentaires dont le corps s'avance vers leurs d'un système de corps, le double de la origines. Dans le mouvement somme de tous ces produits esl la variation de la force vive du système. du système, tous les corps arque, dans le mouvement rivent au même instant dans la position où il serait en équilibre en vertu des forcos accélératrices la variation de la force qui le sollicitent; vive y sera nulle, par le principe des vitesses virtuelles; la force vive sera donc alors à son maximum ou à son minimum. Si le système n'était mû que par une seule espèce de ses oscillations simples, les corps, en tendraient à y revenir si l'équilibre parlant de la situation d'équilibre, donc à mesure qu'ils s'en éloiest stable; leurs vitesses diminueraient et par conséquent la force vive serait, dans cette position, nn Mais si l'équilibre n'était point stable, les corps, en s'éloignant de cet état, tendraient à s'en éloigner davantage, et leurs vitesses tour force vive serait donc alors un minimum. De iraient en croissant; gncraient, maximum. là on peut conclure que, si la force vive est constamment un maximum au même instant à la position d'équilorsque les corps parviennent est stable, et qu'au conlibre, quelle que soit leur vitesse, l'équilibre traire, il n'a ni stabilité absolue, ni stabilité relative, si la force vive, un minimum. dans cette position du système, est constamment Enfin, on a vu, dans le Chapitre Il, que la somme des intégrales du produit de chaque force finie du système par l'élément de sa direction, est nulle, devient un minimum qui, dans l'étal d'équilibre, dans l'état du mouvement. C'est en cela que consiste le principe de la moindre action, principe qui diffère de ceux du mouvement uniforme somme du centre de gravite, de la conservation des aires et des forces vives. Concevons Dans le mouvement d'un

198

EXPOSITION

DU SYSTÈME

I)U MONDE.

en ce que ces principes sont de véritables intégrales des équations différentielles du mouvement des corps, au lieu que celui de la moindre action n'est qu'une combinaison singulière de ces mêmes équations. La force finie d'un corps étant le produit de sa masse par sa vitesse, et la vitesse multipliée par l'espace décrit dans un élément du temps étant égale au produit de cet élément par le carré de la vitesse, le principe de la moindre action peut s'énoncer ainsi l'intégrale de la force vive d'un système, multipliée par l'élément du temps, est un minimum, en sorte économie de la nature est celle de la force que la véritable vive. C'est aussi l'économic que l'on doit se proposer dans la construction des machines, qui sont d'autant plus parfaites qu'elles emploient moins de force vive pour produire un effet donne. Si les corps ne sont la force vive du système est par aucune force accélératrice, le système parvient donc d'une position à une aulre quelconstante; conque dans le temps le plus court. On doit faire une remarque de ces divers sur l'étendue importante sollicités principes. Celui du mouvement uniforme du centre des aires subsistent principe de la conservation par l'action mutuelle des corps, il survient des changements brusques dans leurs mouvements, et cela rend ces principes très utiles dans beaude gravité et le dans le cas même où,

mais le principe de la conservation des forces coup de circonstances; vivcs el celui de la moindre action exigent que les variations du mouvement du système se fassent par des nuances insensibles. Si le système éprouve des changements brusques par l'action mutuelle des corps ou par la rencontre d'obstacles, la force vive reçoit, à chacun de ces changements, une diminution égale 1\ la somme des produits de chaque corps par le carré de sa vitesse détruite, en concevant sa vitesse avant le changement décomposée en deux, l'une qui subsiste, l'autre qui est anéantie et dont le carré est évidemment égal à la somme des carrés décomposée entre eux. des variations parallèlement fait éprouver à la vitesse que le changement à trois axes quelconques perpendiculaires encore, eu égard au mouvement

Tous ces principes

subsisteraient

LIVRE

III.

— CHAPITRE

V.

199

relatif des corps du système, s'il était emporté d'un mouvement général et commun aux foyers des forces, que nous avons supposés fixes. Ils ont pareillement lieu dans le mouvement relatif des corps sur la Terre; car il est impossible, comme nous l'avons déjà observé, déjuger du mouvement absolu d'un système de corpus par les seules apparences de son mouvement relatif. le mouvement mutuelle du système et les variations qu'il de ses parties, la sommedes produits de Quels que soient éprouve par l'action

chaque corps par l'aire que sa projection trace autour du centre commun de gravité, sur un plan qui, passant par ce point, reste toujours est constante. Le lrlan sur lequel celte somme parallèle à lui-même, est un maximum conserve une situation parallèle pendant le mouvement du système; la même somme est nulle par rapport qui, passant par le centre de gravité, est perpendiculaire nous venons de parler, et les carrés de trois sommes semblables rclatives à trois plans quelconques menés par le centre de gravité et perentre eux sont égaux au carré de la somme, qui est un pendiculaires maximum. somme jouit encore de cette savoir, que la somme des projections des aires propriété remarquable, tracées par les corps les uns autour des autres et multipliées respectivement par le produit des masses des deux corps que joinl chaque rayon vecteur, sont parallèles. sur ce plan et sur tous ceux qui lui On peut donc ainsi retrouver ;1tous les instants un plan des points du système, conserve toupar l'un quelconque et comme, en y rapportant le mouveparallèle, deux des constantes arbitraires de ce mouvement naturel de choisir ce plan pour celui des au centre de gravite du système. est un maximum Le plan correspondant ;1 cette à tout plan à celui dont

qui, passant jours une situation ment

des corps, il est aussi disparaissent, coordonnées que d'en

fixer foriginc

LIVRE IV.
DE LA THÉORIE DE LA PESANTEUR UNIVERSELLE.

Opinionum

commenta

delet

dies,

naturæ

judicia

confirmat.

CIC.,De nat. deor.

Après nients

avoir èélestes pour

exposé et celles

dans

les Livres des forces

précédents causes qui

les motrices,

lois

des

mouveà les sys-

de l'action les

il reste corps suite du

comparer, tème solaire

reconnaître s'élever,

animent et par

les une

et pour

sans au

hypothèse général que

de raidont

sonnements elles dérivent.

géométriques, C'est avec dans

principe céleste tant

de la pesanteur les

l'espace de précision

s'observent quent difficile solaire, force blés, pour

le plus

lois de la Mécanique de circonstances en complide les démêler les corps et plus

les résultats encore séparés principale dans que lcur,s l'on

sur la Terre

clu'il

est difficile Mais

de les assujettir par dont d'immenses il est facile

au calcul. distances de calculer que des

du système d'une lroupetites tous dans les ce

et soumis les effets,

à l'actiun ne sont assez

mouvemenls ait pu embrasser des

respectifs, dans temps ici de

par des forces formules

géncralcs amener

changements système. mettre quer

que Il ne

la suite point et que

a produits causes

et doit

s'agit

vagues, modifie

impossibles à son gré pour

à souexpli-

à l'Analyse, les phénomènes. de pouvoir de ces l'existence. les phénomènes une seule

l'imagination

La loi de la pesanteur être réduite aux au calcul

universelle et d'offrir, le plus

a le précieux dans la compacon-

avantage raison stater tous

résultats

observations, que cette grande dans qui

sur moyen

d'en

On verra célestes de leurs et clu'elle
VI.

loi de la nature les plus n'en petits

représente détails; qu'il pré-

jusque inégalités a souvent

n'y a pas cision

découle

avec

une

admirable,
OEuvres .le L.

devancé

les observations,

en nous
26

202 dévoilant

EXPOSI-TION la cause de plusieurs qui,

DU SYSTÈME mouvements complication l'observation l'empirisme est un grand astres,

DU MONDE. singuliers, et leur seule entrevus extrême qu'après par

les astronomes, n'auraient nombre

mais

vu leur par

lenteur, un grand

pu être de siècles.

déterminés

Par son moyen, qui maintenant du mouvement seules

a été banni problème leurs

entièrement

de l'Astronomie, dont masses science nécessaire ries des les éléments sont doive pour divers dans les les

de Mécanique, figures et leurs que cette a été

des

arbitraires,

données La plus

indispensables profonde

tirer

des observations.

Géométrie

la solution phénomènes mon

de ce problème que les cieux

et pour nous céleste; Ouvrage,

en déduire présentent. je me en

les théoJe les ai

rassemblées à exposer route faire que sentir

Traité

de Mécanique de pour cela cet

bornerai indiquant

ici la d'en de

principaux

résultats ont suivie que

les géomètres les raisons,

y parvenir se peut,

et en essayant sans le secours

autant

l'Analyse.

LIVRE IV.

CHAPITRE

I.

203

CHAPITRE PREMIER.
UU PRINCIPE t)E LA PESANTEUR UNIVERSELLE.

Parmi des

les phénomènes et des des

du système semble dont autour sont qu'il il est

solaire, le plus animé.

le mouvement propre à nous

elliptique conduire a fait vecteurs condes à

planètes

comètes forces tracées

la loi générale naître planètes dans sans ment que

L'observation par les rayons aux que droite temps;

les aires et des

du Soleil

comètes

proportionnelles faut pour cela

or on a vu, qui détourne constamplanètes et

le Livre cesse vers

précédent,

la force soil

chacun t'originc vers des

de ces corps des Ic Solcil décrites rayons est

de la ligne vecteurs; donc par les une

dirigée des

la tendance suite nécessaire vecteurs

des comètes tionnalité ployés Pour mues carrés rayons tions; eux donc

de la proporaux temps em-

aires

rayons

à les décrire. déterminer dans des orbes vitesses orbes, par les les cubes la loi de cette tendance, s'éloigne supposons les planètes Les des

circulaires, réelles divisés

ce qui sont par alors

peu de la vérité. aux carrés de leurs sont

de leurs de ces mais, comme

proportionnels des temps

les carrés

révoluenlre sont

lois de Kepler, des mêmes

les carrés rayons;

de ces temps

les carrés

des vitesses que

réciproques

à ces rayons. corps par vers

On a vu précédemment

les forces les carrés les tencarrés des

centrales des vitesses dances rayons n'est

de plusieurs divisés

mus circulairement des circonférences sont donc

sont commc décrites; aux

les rayons le Soleil

des planètes de leurs pas orbes

réciproques Cette

supposés mais

circulaires. le rapport

hypothèse, des carrés J

il est vrai, des temps

rigoureuse;

constant

204

EXPOSITION

DU SYSTÈME

I)U MONDE.

des révolutionsdes planètes aux cubes des grands axes de leurs orbes étant indépendant des excentricités, il est naturel de penser qu'il subsisterait encore dans le cas où ces orbes seraient circulaires. Ainsi la loi de la pesanteur vcrs le Soleil, réciproque au carré des distances, est clairement indiquée par ce rapport. L'analogienous porte à penser que cette loi, qui s'étend d'une planète à l'autre, a également lieu pour la même planète dansses diverses distances au Soleil; son mouvementelliptique ne laisse aucun doute à cet égard. Pour le faire voir, suivons ce mouvementen faisant partir la planète du périhélie. Savitesseest alors a son maximum, et, sa tendanceà s'éloigner du Soleil l'emportant sur sa pesanteur vers cet astre, son rayon vecteur augmente et forme des angles obtus avec la direction de son mouvement; la pesanteur vcrs lc Soleil, décomposée suivantcette direction, diminue donc de plus en plus la vitesse, jusqu'à ce que la planète ait atteint son aphélie. A ce point, le rayon vecteur redevient perpendiculaire a la courbe; la vitesse est à àson minimum, et, la tendance à s'éloigner du Soleil étant moindre que la pesanteur solaire, la hlancle s'en rapprocheen décrivant la'seconde partie cleson cllilsc. Dans cette partie, sa pesanteur vers le Soleil accroitsa vitesse, commeauparavant elle l'avait diminuée; la planète se retrouve au lériliélic avec sa vitesse primitive et recommenceune nouvelle révolution semblable à la précédente. Maintenant, la courbure de l'ellipse étant la mêmeau périhélie et à l'aplrclic, les rayons osculateurs y sont les mêmes, et par conséquent les forces centrifuges dans ces deux points sontcommelescarrés des vitesses.Lessecteurs décrits pendantle même élément du temps étant égaux, les vitesses périhélie et aphélie sont réciproquement commeles distance correspondantes de la planète au Soleil les carrcs de ces vitesses sont donc réciproque aux carrés des mêmesdistances; or, au périhélie et à l'aphélie, les forces centrifuges dans les circonférencesosculatricessont évidemmentégales aux pesanleurs de la Planbtc vers le Soleil; ces pesanteurs sont donc en raison inverse du carré des distances à cet astre. Ainsi les théorèmes d'Huygens sur la forcc centrifuge suffisaient

LIVRE

IV.

CHAPITRE

1.

205

pour reconnaître la loi de la tendance des planètes vers le Soleil; car il est très vraisemblablequ'une loi, qui a lien d'une planète à l'autre, et qui se vérific, pour chaquc planète, au périhélie et à l'aphélie, s'étend à tous les points des orbes planétaires et généralement à toutes les distances du Soleil. Mais, pour l'établir d'une marnière incontestable, il fallait avoir l'expression de la force qui, dirigée vers le foyer d'unc ellipse, fait décrire cette courbe à un projectile; Newton trouva qu'en effet cette force est réciproque au carré du rayon vecteur. Il fallait encore démontrer rigoureusement que la pesanteur vers le Soleil ne varie d'une planète à l'autre qu'à raison de la distance à cet astre. Ce grand géomètre fit voir que cela suit de la loi des carrés des temps rles révolutions hroporlionncls aux cubes des grands axes des orbites. En supposant donc toutes les planètes en repos ;1la même distancesdu Soleil et abandonnées à Icur pesanteur vers son centre, elles descendiraient de la même hauteur en temps égaux, résultat que l'on doit étendre aux comètes, quoique les grands axes de leurs orbes soient inconnus car on a vu, dans le Livre II, que la grandeur des aires décrites par Ieurs rayons lecteurs suppose la loi des carrés des temps de leurs révolutions proportionnels aux cubes de ces axes. L'analyse, qui dans ses généralités embrasse tout cc qui peut résulter d'une loi donnée, nous montre que non seulement l'clliltsc, mais toute section conique peut être décrite en vertu de la force qui retient les planète dans leurs orbes; une comète peut donc se mouvoir dans une hyperbole; mais alors elle ne serait qu'une fois visible, et après son apparition elle s'éloignerait au delà des limites du système solaire, et s'approcherait de nouveaux soleils pour s'en éloigner encore, en parcourant ainsi les divers systèmes répandus dans l'immensité des cieux. Il est probable, vu l'infinie variété de la nature, qu'il existe des astres semblables; leurs apparitions doivent être fort rares, et nous ne devons observer le plus souvent que des comètes qui, mues dans des orbes rentrants, reviennent, à des intervalles plus ou moins longs, dans les régions de l'espace voisines du Soleil. Lessatellites éprouvent la même tendance que les planètes vers ce

206

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

grand corps. Si la Lune n'était pas soumise à son action, au lieu de décrire un orbe presque circulaire autour de la Terre, clic finirait bienet si ce satcllitc et ceux de Jupiter n'étaient pas tôt par l'abandonner; il en résollicités vers le Soleil suivant la même loi que les planètes. des inégalités sulterait dans leurs mouvements sensibles que l'observation ne fait point apercevoir. Les comètes, les planètes et tes satellites la même loi de pesanteur sont donc assujettis vers cet astre. En même temps que les satellites se meuvent autour de leur planète, le est emporté d'un mousystème entier de la planète et de ses satelliles vement commun dans l'espace, et retenu par la même force autour du Soleil. Ainsi le mouvement relatif de la planète et de ses satellites à peu près le même que si la planète était en repos et n'éprouvait cune action étrangère. .\ons nécessaire voilà donc conduits, sans aucune des lois des mouvements est au-

et par une suite hypothèse à regarder le centre du célestes,

Soleil comme

dans l'csle foyer d'une force qui s'étend indéfiniment en raison du carré des distances, el qui attire sempace, en diminuant blablement lous les corps. Chacune des lois de Kcptcr nous découvre

une propriété de cette force attractive la loi des aires proportionnelles aux temps nous montre qu'elle est constamment dirigée vers le centre des orbes planétaires nous prouve que du Soleil; la figure elliptique cette force diminue loi des carrés comme le carré de la distance des temps des révolutions grands axes des orbites nous apprend que la pesanteur de tous les corps cette vers le Soleil est la même à distances égales. Nous nommerons pesanteur vons, attraction solaire; car, sans en connaitrc dont la cause, par un de ces concepts supposer cette force produite le Soleil. Les erreurs les géomètres par un pouvoir attractif enfin la augmente; aux cubes des proportionnels

nous poufont souvent usage, qui réside dans

sont susceptibles et les petites altédes planètes laissant un peu d'incerrations du mouvement elliptique titude sur les résultats que nous venons tirer des lois de ce mouvement, en raison on peut douter que la pesanteur solaire diminue exactement dont les observations

LIVRE IN. inverse du carré des dislances.

CHAPITRE

1.

207

Mais, pour peu qu'elle s'écartât de cette des périhéloi, la différence serait très sensible dans les mouvements lies des orbes planétaires. Le périhélie de l'orbe terrestre aurait un de 200", si l'on augmentait seulement d'un dixmillième la puissance de la distance à laquelle la pesanteur solaire est cemouvement n'est que de 36",4 proportionnelle; réciproquement et nous en verrons ci-après la cause; la loi de suivant les observations, mouvement annuel au carré des distances est donc au moins exla pesanteur réciproque et sa grande simplicité doit la faire admettre, trêmement approchée, Sans doute tant que les observations ne forceront pas de l'abandonner. il ne faut pas mesurer la simplicité des lois de la nature par notre facililé à les concevoir; les plus mais, lorsque celles qui nous paraissent avec tous les phénomènes, nous somsimples s'accordent parfaitement mes bien fondés à les regarder comme étant rigoureuses. des satellites vers le centre de la planète La pesanteur sultat nécessaire de la proportionnalité des aires décrites rayons vecteurs nution de cette aux temps employés les décrire, force en raison du cane des distances est un ré-

par leurs et la loi de la dimi-

est indiquée de leurs orbes. Celte ellipticité est peu sensible dans par l'ellipticité les orbes des satellites de Jupiter, de Saturne et d'Urauus, ce qui rend de la pesanteur difficile à constater par le mouvement de chaque satellite. Mais le rapport constant des carrés des aux cubes des grands axes de leurs orbes temps de leurs révolutions l'indique avec évidence, en nous monlranl que, d'un satellite à l'autre, la loi de la diminution la pesanteur centre. vers la planète est réciproque au carré des distances son

nous manque pour la Terre, qui n'a qu'un satellite; on peut y suppléer par les considérations suivantes. La pesanteur s'étend au sommet des lllus hautes montagnes, et le peu de diminution hauteurs beaucoup y élrouvc ne permet pas de douter qu'à des plus grandes son action serait encore sensible. N'estde l'étendre jusqu'à la Lune et de penser que cet astre qu'elle vers la Terre, de même que

Celte preuve

il pas naturel est retenu dans son orbite par sa pesanteur

208

EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.

les planète sont maintenues dans leurs orbes respectifs par la pesanteur solaire? En effet, ces deux forces paraissent être de la même nature; cites pénètrent l'une et l'autre les parties intimes de ta matière elles animent de la même vitesse si leurs masses sont égales; car on vient devoir que la pesantcur solaire sollicitc également tous les corps hlacés à la mêmedistance du Solcil, comme la pesanteur terrestre les fait tomber dans le vide, en temps égal, de la même hauteur. Un projectile lancé horizontalement avec force, d'une grande hauteur, retomhe au loin sur la terre, en décrivant une courbe parabolique, cl, si sa vitesse de projection était d'environ 7000m dans une secoude et n'était point éteinte par la résistance de l'atmosphère, il ne retomberait point et circulerait comme un salellite autour de la Terre, sa force centrifuge étant alors égale à sa pesanteur. Pour former la Lune de ce projectile, il ne faut que l'élever à la même hauteur que cet astre et lui donner le même mouvement de projection. Mais ce qui achève de démontrer l'identité de la tendance de la Lune vers la Terre, avec la pesanteur, c'est qu'il suffit, pour avoir cette tendance, de diminuer la pesanteur terrestre suivant la loi générale des forces attractives des corps célestes. Entrons dans les détails convenahtcs à l'importance de cet objet. La force qui écarte à chaque instant la Lunc de la tangente de son orbite lui fait parcourir dans une seconde un espace égal au sinus verse de l'arc qu'elle décrit dans le même temps, puisque ce sinus est la quantité dont la Lune, à la fin de la seconde, s'est éloignéc de la direction qu'elle avait au commencement. On peut le déterminer par la distance de la Lune à la Terre, distance que la parallaxe lunaire donne en parties du rayon terrestre. Mais, pour avoir un résultai indépendant des inégalités du mouvement de la Lunc, il faut prendre pour sa parallaxe moyenne la partie de cette parallaxe indépendante de ces incgalités et qui correspond au demi-grand axe de l'ellipse lunaire. Brg a déterminé, par l'ensemble d'un grand nomhre d'observations, la parallaxe lunaire, et il en résultc que la partie dont nous venons de parler est de 10541", sur le parallèle dont le carré du sinus de latitude est 1/3,

LIVRE

IV.

CHAPITRE

I.

209

Nous choisissons ce parallèle, parce que l'attraction de la Terre sur les points correspondants de sa surface est, à très peu près, comme à la distance de la Lune, égale la masse de la Terre, divisée par le carré de sa distance à son centre de gravité. Le rayon mené d'un point quelconque de ce parallèle au cenlre de gravite de la Terre est de 6369809m; il est facile d'en conclure que la force qui sollicite la Lune vers la Terre la fait tomber, dans une seconde, de 0m,00101728. On verra ci-après que l'action du Soleil diminue la pesanteur lunaire de sa 358e partie; il faut donc augmenter de 1/338 hauteur précédente pour la rendre indéla pendante de faction du Soleil, et alors elle devient 0m,00102012. Mais, dans son mouvement relatif autour de la ferre, la Lune est sollicitée par une force égale à la somme des masses de la Terre et de la Lune divisée par le carré de Icur distance mutuelle; ainsi, pour avoir la hauteur dont la Lune tomberait dans une seconde par l'action seule de la Terre, il faut multiplier l'espace précédent par te rapport de la masse de la Terre à la somme des masses de la Terre et de la Lune; or l'ensemble des phénomènes qui dépendent de l'action de la Lune m'a donné sa masse égale à 1/75 celle de la Terre; en multipliant donc cet espace de on par 75/76, aura o"0010067 pour la hauteur dont l'attraction de la Terre fait tomber la Lune pendant une seconde. celle qui résulte des observations du Comparons cette hauteur pendule. Sur le parallèle que nous considérons, la hauteur dont la pesantcur fait tomber les corps dans la première seconde est, par le Chapitre XIV du Livre Ier, égale à 3m,65631; mais sur ce parallèle l'attraetion de la Terre est plus petite que la gravilé des deux tiers de la force centrifuge duc au mouvement de rotation a fcquateur, et cette force de est 1/288 la pesanteur; il faut donc augmenler l'espace précèdent de sa 432e partie pour avoir t'espace du à l'action seule de la Terre, action qui, sur ce parallèle, est égale à la masse de cette planète divisée par le carré de son rayon. La valeur de cet espace sera ainsi 3m,66477. A la distance de la Lune, il doit être diminue dans le rapport du carré du rayon du sphéroïde terrestre au carré de la distance de cet astre, et il est visible qu'il suffit pour cela de le multiplier par le carré du sinus
OEuvres rie L. V

i

27

210 de la parallaxe la hauteur de la Terre. differe

EXPOSITION lunaire la Lune ou de doit

DU SYSTÈME 10541"; tomber donnée de celle les faire qui on aura dans par

DU MONDE. donc 0m, 00100464 par pour

dont

une les

seconde expériences

l'attraction du pendule, directe altérer étant que dans dans dans de la les

Cette

hauteur, peu pour

extrêmement et,

résulte il

de l'observation ne faudrait variation

de la parallaxe, de 2" environ les limites le calcul, son orbite des

coincider, Une aussi

sa valeur erreurs

précédente.

petite

des observations que la force terrestre,

et des éléments principale affaiblie de la qui retisent

employés la Lune du carré qui, par pour

il est certain est Ainsi

la pesanteur

en raison pesanteur, est prouvée

distance. planète paraison montrée, celui

la loi de la diminution de plusieurs et des par

accompagnées de leurs pour

satellites, durées

la comest déavec du

distances la Lune,

de leurs

révolutions, mouvement

la comparaison de la Terre.

de son

des projectiles faites

à la surfacc des

Déjà les observations indiquaient cette

pendule, tion

au somme terrestre;

montagnes, mais elles

diminupour en

de la pesanteur la loi, fort

étaient

insuffisantes hautes montagnes il flllait loi très n'est

découvrir toujours éloigné pour

l'élévation par

du sommet

des lilus

étant un astre

petite

rapport la Lune, que

au rayon pour

de la Terre; rendre sur cette

de nous, nous

comme

sensible qu'un

et cas

convaincrc d'une force

la pcsantcur dans d'une ainsi que tout

la Terre

particulier Chaque nature sur que Soleil

répandue éclairc C'est

l'univers. nouvelle les lois de la

phénomène

lumière

et les confirme. avec fixer planète cela que

la comparaison lunairc nous

des expériences montre clairement de gravilé car du il

la pesanteur l'on doit

le mouvement l'origine dans des

distances de lcurs dont

aux centres forces la force

et des que

le calcul pour du

attractives; attractive

est visilrlc la même Une aux

a lieu celle nous qui

la Terre, Soleil

est de

nature forte

et des à étendre point

planètes. cette propriété de attractive satellites. que par ces leurs une

analogie mêmes ebmmune sont réunies

porte ne sont

planètes

accompagnées indique centres évidemment

La sphéricité molécules force qui,

a tous autour égales,

ces corps de les Icurs

de gravité, vers

à distances

sollicite

également

points.

LIVRE IV. —CHAPITRE1.

211

Cette force se manifeste encore dans les perturbations qu'elle fail éprouver aux mouvements planétaires; mais la considération suivante ne laisse sur son existenceaucun doute. On a vu que, si les planètes et les comètesétaient placées à la même distance duSoleil, leurs poids vers cet astre seraient Proportionnelsà leurs masses; or c'est une loi générale de la nature, que la réaction est égaleet contraire l'action tous ces corps réagissent donc sur le Soleil et l'attirent en raison de leurs masses; par conséquent ils sont doués d'une forcc attractive proportionnelle aux masses et réciproque au carré des dislances. Par le même principe, les satellites attirent les planètes et le Soleil suivant la même loi; cette propriété attractive est donc commune à tous les corps célestes. Elle ne trouble point le mouvementelliptique d'une planète autour du Soleil, lorsque l'on ne considère que leur action mutuelle. En effet, le mouvcmcnlrelatif des corps d'un système ne change point, quand on leur donne une vitesse commune; en imprimantdonc, en sens contriaire, au Soleil et à la planète le mouvementdu premier de ces deux corps et l'action qu'il éprouve de la part du second, le Soleil pourra être regarde comme immobile; mais alors la planète sera sollicilée vcrs lui par une force réciproque au carré des distances et proporlionnellcà lasomme de leurs masses; son mouvementautour du Soleil sera donc elliptique, et l'on voit, par le même raisonnement, qu'il le serait encore, en supposant le système de la planète et du Soleil emporté d'uu mouvement commun dans l'espace.Il est pareillement visible que le mouvement elliptique d'un satellite n'est point troublé par le mouvement de translation de sa llnnètc, et qu'il ne le serait point par l'action du Soleil, si cette action était exactementla même sur la planètc et sur le satellite. Cependant l'action d'une planète sur le Soleil influe sur la durée de sa révolution, qui devient plus courte quand la planète est plus considérable en sorte que le rapport du cube du grand axe de l'orbite au carré du temps de la révolution est proportionnel à la somme des masses du Soleil et de la planètes. Mais, puisque ce rapport est

212 à

EXPOSITION très

DU

SYSTÈME

DU

MONDE.

peu être vrai

près fort pour les

le

même eu

pour égard comparés de des

toutes à celle

les du

planètes, Soleil, planète corps. ne à chacune de la Terre; des de est conséquent donc leur ce

leurs qui est

masses égalec'est

doivent ment ce que La seulemcnt cules. chacune Si

petites satellitesles attractive volumes

à leur

principale

confirment propriété en le de

ces

différents célestes propre le centre dans très le qui différentes Soleil par

corps est sur résulterait et vcrs

appartient de leurs sans

pas niolcattirer

masse,

niais

elle

Soleil ses

n'agissait parties, plus il

que en

l'Océan

oscillations qu'on résultat le corps des Sosur à rapport petite qu'on le de la v

incomparablement ohserve; pesanteurs leil la sa si la en Terre masse; ccla suppose, de n'était raison la pesanteur de toutes de vcrs réagit pas n'allirait gravitc ce phénomènes qui de est

grandets de ces la Terre

celles le

molécules, respectives. de elle partie partie serait cette et

attirent clraqtic

Icurs le donc et si

masses centre sur une l'autre Terre

D'aillcurs planète l'attire

pèse il

proportionnellement suivant le quelque elle l'espace en est en même

de

la

Terre,

pas la

conimc mû dans

attirée, vertu

centre pesanteur, Les

inadmissible. célestes, comparés aux lois du mouvement, nous

conduisent les molécules el

donc

à ce grand

principe

de

la nature,

savoir, en raison l'on

que

toutes

de la matière au carrè

s'attirent cles la et

mutuellement, distances. cause les Déjà

des masses, dans

rèciroquement gravitation car,

entrevoit des

cette

universelle les planète elles suivraient Les satellites, par leur doivent

perturbatrice comètes un si elles dans mutuelle étant peu des

mouvements à leur

clliptiques action vement, lion du

soumises lois

réciproque, qu'elles Soleil. planètes

s'écarter

de ce mouqu'à l'ac-

exactement troublés attraction lois.

n'obéissaient mouvements celle

leurs

autour du Soleil,

de Ieurs s'écartent de chaque une masse

et par encore attraction,

pareillement corps à peu du céleste, près

de ces réunies

On voit par leur

que

les molécules doivent former action à

shlrérique, y produire que

et que tous

la résultanlc les phénomènes de

de lcur

la surface teur.

corps

doit

de la pesandes corps

On voit

pareillement

le mouvement

rotation

LIVRE IV. —CHAPITRE I.

213

célestes doit altérer un peu la sphéricité de leur figure el l'aplatir aux pôles, et qu'alors, la résultante de leurs actions mutuelles ne passant point exactementpar leurs centres de gravite, elle doit produire dans leurs axes de rotation des mouvementssemblablesà ceux que l'observation y fait apercevoir. Enfin on entrevoit que les molécules de l'Océan, inégalementattirées par le Soleil et la Lune, doivent avoir un mouvementd'oscillation pareil au !lux et reflux de la mer. Mais il convient de développer ces divers effets du principe général de la pesanteur, pour lui donner toute la certitude dont les vérités physiques sont susceptibles.

214

EXPOSITION DU SYSTÈMEMONDE. DU

CHAPITRE II.
DES PERTURBATIONS DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE DES PLANÈTES.

Si les planètes autour de lui elles il résulte, que les pour des

n'obéissaient orbes

qu'à

l'action Mais sur

du Soleil, elles

elles

décriraient les unes sur

elliptiques. également leurs font

agissent

les antres; diverses lions

agissent dans

le Soleil,

et de ces attractions des est perturbade

mouvements entrevoir, exactes des

elliptiques, et qu'il

observations avoir

nécessaire planétaires. moyens

déterminer La solution de l'Analyse, Heureusement du Soleil part de

des Tables

mouvements les aux

rigoureuse el nous

de ce problème sommes des forcés masses

surpasse de recourir des

actuels

approximations. eu égard celle

la petitesse

planètes

et le peu leurs orbites

d'excentricité donnent très

et d'inclinaison de grandes et

mutuelle facilités l'Analyse pour

de la plucet objet. délicate

Néanmoins, et la plus infini sont

il reste encore épineuse est

compliqué, pour

la plus dans

indispensable

démêler, sont

le nombre celles qui

des inégalités sensibles

auxquelles assigner du

les planètes leurs valeurs.

assujetties,

et pour

Les être

perturbations

mouvement classes elliptique inégalités soit très

elliptique distinctes et croissent séculaires. entre elles,

des les avec Les soit toutes ont

planètes unes une autres à l'égard les fois

peuvent les len-

partagées du on les

en deux mouvement a nommées

affectent extrême

éléments teur;

dépendent de leurs que ces

de la configuration nœuds et de leurs

des planètes, périhélies,

et se rétablissent les mêmes; elles

configurations lités périodiques,

redeviennent pour les

été nommées séculaires qui

inégasont

distinguer

des

inégalités

LIVRE IV. —CHAPITREII.

215

également périodiques, mais dont les périodes beaucoupplus longues sont indépendantes de la configurationmutuelle des planètes. La manière la plus simple d'envisager ces diverses perturbations consiste à imaginer une planète mue, conformémentaux lois du mouvement elliptique, sur une ellipse dont les éléments varient par des nuances insensibles, et à concevoir, en même temps, que la vraie planète oscille autour de cette planète fictive, dans un très petit orbe dont la nature dépend de ses perturbations périodiques. Considéronsd'abordles inégalités séculaires, qui, en se développant avec les siècles, doivent changer à la longue la forme et la position de tous les orbes planétaires. La plus importante de ces inégalilés est celle qui peut affecterles moyens mouvementsdes planètes. En comparant entre elles les observations faites depuis le renouvellementde l'Astronomie, le mouvement de Jupiter a paru lllus rapide, et celui de Saturne lllus lent que par la comparaison de ces mêmes observations aux observations anciennes. Les astronomesen ont conclu que le premier de ces mouvements s'accélère, tandis que le second se ralentit de siècle en siècle,et, pour avoir égard à ces changements, ils ont introduit dans les Tables de ces planètes deux équations séculaires croissantes commeles carrés des temps, l'une additive au moyen mouvement de Jupiter, et l'autre soustractive de celui de Saturne. Suivant Halley, l'éclualion séculaire de Jupiter est de 106" pour le premier siècle, à partir de 1700; l'équation correspondantede Saturne est de 256",94. Il était naturel d'en chercher la cause dans faction mutuellede ces planètes,les plus considérables enotre système. Euler, d qui s'en occupa le premier, trouva une équation séculaire égale pour ces deux planètes, et additive à leurs moyens mouvements, ce qui répugne aux observations. Lagrange obtint ensuite des résultats qui leur sont plus conformcs d'autres géomètres trouvèrent d'autres équations. Frappe de ces différences, j'examinai de nouveau cet objet et, en apportant le plus grand soin à sa discussion, je parvins à la véritable expression analytique du mouvement séculaire des planètes. En y substituant les valeurs numériques des quantités relatives

216

EXPOSITIONnU SYSTÈMEDU MONDE.

à Jupiter et à Saturne, je fus surpris de voir qu'elle devenait nulle. Je soupçonnaique cela n'était point particulier à ces planètes, et que, si l'on mettait cette expression sous la forme la plus simple dont elle est susceptible, en réduisant au plus petit nombre les diverses quantités qu'elle rcufcrmc, au moyen des relations qui existent entre elles, tousces termesse détruiraient mutuellement. Le calcul confirma ce soupçon, et m'apprit qu'en général les moyens mouvements des planètes el leurs distances moyennes au Soleil sont invariables, du moins quand on néglige les quatrièmes puissances des excentricitéset des inclinaisons des orbites et les carrés des masses perturbatrices, ce qui est plus que suffisant pour les besoins actuels de l'Astronomie. Lagrange a confirme, depuis, ce résullat, en faisant voir, par une très belle méthode, qu'il a lieu en ayant même égard aux puissances et aux produits d'un ordre quelconque des excentricités et des inclinaisons, et M. Poisson a fait voir, par une savante analyse, que le même résultat subsiste en étendant les approximations aux carrés et aux produits des masses des planètes. Ainsi les variations observéesdans les moyens mouvements de Jupiter et de Saturne ne dépendent point de leurs inégalités séculaires. La constance des moyens mouvements des planètes et des grands axes de leurs orbites est un des phénomènes les plus remarquables du système du monde. Tous les aulrcs éléments des ellipses planétaires sont variables; ces ellipses s'approchent ou s'éloignent insensiblement de la forme circulaire; leurs inclinaisons sur un plan fixe et sur l'ecliptique augmentent ou diminuent; leurs périhélies et Icurs nœuds sont en mouvement. Ces variations produites par l'action mutuelle des planètes s'exécutent avectant de lenteur que, pendant plusieurs siècles, elles sont à peu près proportionnelles aux temps. Déjà les observations les ont fait apercevoir on a vu, dans le Livre Ier, que le périhélie de l'orbe terrestre a présentement un mouvement annucl dirent de 36", et que la diminution séculaire de l'inclinaison de cet orbe à l'équateur est de 148". Euler a développé, le premier, la cause de cette diminution, que toutes les planètes con-

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

Il.

217

courent de leurs

maintenant orbes. du on ère Soleil Ces

à

produire de

par l'orbe

la

situation terrestre

respective ont à une je que des trouve cette chronologistes ne trop sont fait

des coïncider époque antérieure époque

plans le à laà astroplacent

variations avec l'équinoxe par Il celle Les est

périgée quelle notre nomique la création

du l'Analyse, remarquable ou la

printemps et que

peut de soit du et les

remonter 4089 à peu monde. observations la ans. près

plupart

observations modernes quantité des réunissent celle par des et de la ces l'un qui la

anciennes sont grands à

pas

assez pour

précises, fixer avec

rapprochées des existence de la les des

exactitude cependant

changements prouver de la leur loi

orbes et

planétaires; à faire voir universelle. et si

elles marche pourrait les leurs vraies

se est

que

leur On

dérive théorie, inégalités des palus

pesanobserplade les

teur vations nètes, obtenir Alors

donc, valeurs

devancer séculaires sûrs la suite moyens

assigner l'on avait le

masses,

sera on le

développement remonter planétaire offriront dans ses a aux par

inégalités aux on pourra et tous les le

par

des

temps.

pourra

pensée

changements prévoir géomètre passés et ceux

successifs que les

que siècles d'un ce

système à venir d'œil

éprouves; observateurs,

embrassera futurs de

coup système. Ici se

formules

états

présentent ont-elles Quelques-unes

plusieurs toujours des les orbes planètes? au produirait L'Analyse Je des sens autres, d'étroites n. été

questions et

intéressantes. seront-elles n'ont-elles peu La à peu toujours pas approché de coïncider des questions été

Les à

ellipses peu près

planétaires circulaires? ment des l'attraction

planètes ont

originairedu cercle, de

comètes des

dont autres

par

diminution de faire constante à ces

l'obliquité l'écliptique jours et diverses que, se quelles meuvent et périodiques plané28

l'écliplique avec nuits d'une que toutes inclinés et renfermées Œuvres de l'équateur, sur manière soient dans les

continuera-t-elle ce toute la qui Terre?

point l'égalité

des

répond suis parvenu par des inégalités en cela orbes

satisfaisante. les le uns masses même aux dans L.

à démonlrer seul peu séculaires sorte que le qu'elles excentriques sont

planètes, et dans leurs

peu

limites,

système

218 taire mais ne que fait

EXPOSITION qu'osciller très petite

DU SYSTÈME autour d'un état

DU MONDE. moyen dont il ne s'écarte ont jadonc qu'aun'a

d'une

quantité: presque

Les ellipses circulaircs; comète, système

des planètes d'où du

toujours cune égard lique

été et seront n'a l'action été

toujours primitivement

il sirit

planète qu'à

une du

moins

si l'on

mutuelle jamais inclinaison des orbes

des corps avec

planétaire.

L'cclipentière des

ne coïncidera de son

l'équateur,

et l'étendue 3°. étoiles

variations

ne peut planétaires

pas excéder et des

Les mouvements un jour vations emharras voir les

embarrasseront des obsercet

astronomes, séparées

lorsqu'ils par

chercheront intervalles il est

à comparer de temps. intéressant un Nous lolan avons

précises, commence

de longs sentir; ces

Déjà

à se faire

clonc

de pouinvariable exposé, un ne hlan sont soà

retrouver, conserve

au milieu toujours précédent, le

de tous une

changements, parallèle. simlle système pour de

ou qui

situation

la fin du Livre semblable soumis laire, clu'à donc dans

un moyen d'un

déterminer corps qui

mouvement mulucllc

leur

action

ce moyen,

appliqué

au système

la règle instant

suivante: quelconque, de ce avec centre point ce du des de ces et sur des dernier Soleil, orbes lignes des sur des un plan aux si passant nœuds l'on qui plan; par le centre ascendants sur ces les

« Si, à uu du des Solcil, orbes

on mcnc planétaires à partir des aux du

droites plan;

prend représentent si l'on

droites, tangentes ensuite aux carrées naisons système représentera plan elle

lignes ce

inclinaisons extrémités

suppose

masses

proportionnelles par de les leurs racines incli-

masses des

des

planètes

multipliées des orbes et

respectivement par les cosinus de gravité au

paramètres si l'on

enfin, de

détermine la droite de

le centre menée

de ce nouveau centre invariable jusqu'au du Soleil sur le

masses.

de ce point du de

la tangente et

l'inclinaison au delà

plan ce

clouné, y marquera

en la prolongeant la position

point »

ciel,

de soin nœud que auquel toujours

ascendant. la suite

Quclsque les orbes miné par

soient planétaires cette

les changements et le plan conservera

des siècles

amène le plan parallèle.

dans déterSa

on

les rapporte, une situation

règle

LIVRE IV. —CHAPITRE II.

219

position dépend, à la vérité," des masses des planètes mais elles seront bientôt suffisamment connues pour la fixer avec exactitude. En adoptant les valeurs de ces masses que nous donnerons dans le Chapitre suivant; on trouve que la longitude du nœud ascendant du plan invariable était de 114°,70008au commencement du dix-neuvième siècle, et que son inclinaison à l'écliptique était de 1°,7565, la même époque. Nous faisons ici abstraction des comètes, qui cependant doivent inlluer sur la position de ce plan invariable, puisqu'elles font partie du système solaire. Il serait facile d'y avoir égard par la règle précédente si leurs masses et les éléments de leurs orbes étaient connus. Mais,dans l'ignorance où nous sommessur ces objets, nous supposons les masses des comètes assez petites pour que leur action sur le système planétaire soit insensible; et cela parait fort vraisemblable, puisque la théorie de l'attraction mutuelle des planètes suffit pour représenter toutes les inégalités observéesdans leurs mouvements.Au reste, si l'action des comètesest sensible la longue, elle doit principalement altérer la position du plan que nous supposons invariable, et sous ce nouveau point de vue la considération de ce plan sera encore utile, si l'on parvient à reconnaitre ses variations, ce qui présentera de grandes difficultés. La théorie des inégalités séculaires et périodiques du mouvement des planètes, fondée sur la théorie de la pesanteur universelle, a été confirmée par son accord avec toutes les observations anciennes et modernes. C'est surtout dans la théorie de Jupiter et de Saturne que ces inégalités sont sensibles; elles s'y présentent sous une forme si compliquée et la durée de leurs périodes est si considérable qu'il eut fallu plusieurs siècles pour en détcrmincr les lois par les seules observations, que sur ce point la théorie a devancées. Après avoir reconnu l'invariabilité des moyens mouvements planétaires, je soupçonnai que les altérations observées dans ceuxde Jupiter et de Saturne venaient de l'action des comètes. Lalande avait remarque dans le mouvement de Saturne des irrégularités qui ne parais-

220

EXPOSITION

DU SYSTÈM

DU MONDE.

saient pas dépendre de l'action de Jupiter; il trouvait ses retours à l'écluitioxe du printemps plus prompts dans le dernier siècle que ses retours à l'équinoxe d'automne, quoique les positions de Jupiter et de Saturné, soit entre eux, soit à l'égard de leurs pcrihélies, fussent à peu près les mêmes.Lambert avait encore observé que le moyen mouvement de Saturne, qui, par la comparaison des observations modernes aux anciennes, paraissait se ralentir de siècle en siècle, semblait au contrainre s'accélérer, par la comparaison des observations modernes entre elles, tandis que le mouvement moyen de Jupier coffraitdes phénoumènesopposés. Tout cela portait à croire que des causes indépendantes de l'action de Jupiter et de Saturne avaient altéré leurs mouvements. en y réfléchissant davantage, la marche des variations observées dans les moyens mouvenients de ces deux planètes me parut si bien d'accord avec celle qui devait résulter de leur attraction mutuelle que je ne halailçai point à rejeter l'hypothèse d'une action étrangère. C'est un résultat remarquable de l'action réciproque des planètes que, si l'on n'a égard qu'aux inégalités qui ont de très lonbues périodes, la somme des masses de chaque planète, divisées respectivement par les grands axes de leurs orbes considérés comme des ellipses variables, est toujours à très peu près constante. De là il suit que, Ies carrés des moyens mouvements étant réciproques aux cubes de ces axes, si le mouvement de Saturne se ralcnlil par l'action de Jupiter, celui de Jupiter doit s'accélérer lar l'action de Saturne, ce qui est conforme à ce que l'on observe. Je voyais de plus que le rapport de ces variations était le même que suivant les observations. En supposant, avec Ilalley, le retardement de Saturne de 256",94 pour le puremier siècle, à partir de 1700, l'accélération correspondante de Jupier serait de 104",91, et Ilallcy avait trouvé 106",02 par les observations. Il était donc fort probable que les variations observées dans les moyens mouvements de Jupiter et de Saturne sont un effet de leur action mulucllc, et, puisqu'il est certain que cette action ne peut y produire aucunes inégalités, soit constamment croissantes, soit périodiques,

LIVRE mais d'une période n'y cause

IV.

CHAPITRE

II.

221

et qu'elle il était naturel considérable naissent

de la configuration de ces planètes, rotatives cette conuguration, que des inégalités de penser qu'il existe dans leur théorie une inégalité indépendante dont la période est fort longue et d'où

de ce genre, ces variations.

Les inegatites de cette espèce, quoique très petites et presque insensibles dans les équations différentielles, considérableaugmentent ntent par les intégrations, et peuvent acquérir de grandes valeurs dans l'expression de la longitude des planètes. Il me fut aisé de reconnaitre de semblables mouvements différentielles des inégalités dans les équations de Jupiter et de Saturne. Ces mouvements approchent

d'être et cinq fois le mouvement de commensurables, beaucoup Saturne est, à très peu près, égal à deux fois celui de Jupiter. De là je conclus que les termes tude moyenne de Saturne qui ont pour argument cinq fois la longimoins deux fois celle de Jupiter pouvaient devenir très sensibles par les intégrations, fussent multipliés quoiqu'ils des excentricités et par les cubes et les produits de trois dimensions des inclinaisons des orbites. Je regardai conséquemment ces termes comme une cause fort vraisemblable des variations observées dans les de ces planètes. La probabilité de cette cause et moyens mouvements de l'objet me déterminèrent à entreprendre le calcul l'importance pénible, nécessaire pour m'en assureur. Le résultat de ce calcul confirma I° qu'il existe dans la ma conjecture, en me faisant voir pleinement théorie de Saturne une grande inégalité de 8895",7, dans son maximum, dont la période est de 929 ans, et qui doit être appliquée au 2° que le mouvement de cette planète; de Jupiter moyen mouvement est pareillement soumis à une inégalité correspondante est à très peu près la même, mais qui, affectée d'un ne s'élève qu'à 3662",4. La grandeur des coefficients et la durée participent de leur dont la période signe contraire, de ces inégalités les mêmes elles dont elles

période ne sont pas toujours aux variations sécutaires des éléments des orbites

dépendent j'ai déterminé leur diminution séculaire.

avec un soin particulier ces coefficients et C'est à ces deux grandes inégalités, aupa-

222 ravant

EXPOSITION inconnues,

DU SYSTÈME

DU MONDE.

le ralentissement que l'on doit attribuer apparent de Saturne et l'accélération de Jupiter. Ces phénomènes apparente ont atteint leur maximum vers t5Go; depuis cette époque, les moyens de ces deux planètes se sont rapprochés des apparents véritables, et ils leur ont été égaux en 1790. Voilà pourquoi Halle)', en comparant les observations modernes aux anciennes, trouva le moyen mouvement de Saturne rapide que par la comparaison au lieu que ces dernières ont dans le mouvement de Saturne plus lent, et celui de Jupiter plus des observations modernes entre elles, à Lambert une indiqué et un retardement'dans accélération celui de Jumouvements

de ces phénomènes, dépiter, et il est remarquable que les quantités duites des seules observations par Ilallcy ct Lambert, soient à très peu près celles qui résultent des deux grandes inégalités dont je viens de parier. Si l'Astronomie cùt été renouvelée quatre siècles et demi auraient conplus tard, les observations présenté des phénomènes traires; les moyens mouvements que l'Astronomie d'un peuple assigne ;1 Jupiter et à Saturne peuvent donc nous éclaircr sur le temps ou les que les indiens ont déterminé de ces planètes dans la partie de la période des moyens mouvements où le moyen mouvement précédentes inégalité apparent de Saturne était le plus tent et celui de Jupiter le plus rapide; deux de leurs principales époques, dont l'une remonte à l'an 3102 avant l'ère chrétienne et dont l'autre se rapporte à l'an 1491, remplissent à peu près cette condition. Le rapport presque commcnsumble des mouvements de Jupiter et de Saturne donne naissance à d'autres très sensibles. La inégalités affecte le mouvement de Saturne; elle se confonplus considérable drait avec l'équation du centre, celte planète était exactement si cinq fois le moyen mouvement de égal au double de celui de Jupiter. siècle, a rendu les reque ses reconnu ne l'aelle été fondée. On trouve ainsi

C'est elle principalement qui, dans le dernier tours de Saturne à l'équinoxe du printemps retours à l'équinoxe d'automne. Un général, ces diverses inégalités et déterminé,

lrlus prompts

lorsque j'eus avec plus de soin qu'on

LIRE vait fait encore, tous celles

IV.

— CHAPITRE

II. au calcul, de ces deux

223 je vis pla-

les phénomènes nètes s'adapter d'eux-mêmes

que l'on avait déjà soumises observés dans le mouvement à la théorie;

ils semblaient

auparavant

faire exception à la loi de la pesanteur et maintenant. universelle, Tel a été le sort de ils en sont une des preuves les plus frappantes. cette brillante découverte de Newton, que chaque difficulté qui s'est élevée a été pour elle le sujet d'un nouveau triomphe, ce qui est le plus sur caractère du vrai système de la nature. Les formules auxles mouvements de Jupiter et quelles je suis parvent pour représenter lie Saturne satisfont avec une précision aux opposiremarquable tions de ces deux planètes, observées mes, au moyen des meilleures lunettes quarts de cerele; l'erreur des ans que les erreurs 4000". Ces formules tions mêmes, observations n'a jamais meilleures par les plus habiles astronoet des plus grands méridiennes atteint Tables 40", et il n'y a pas vingt quelquefois des observe-

encore, représentent de Flamsteed, les observations

surpassaient avec l'exactitude celles

des Arabes et les

citées par Ptolénmée. Cette grande précision, avec laquelle ont obéi les deux plus grosses planètes de notre système planétaire les temps les plus reculés aux lois de leur attraction mutuelle, prouve la stabilité de ce système, puisque Saturne, dont l'attraction de la Terre par le Soleil est environ cent fois moindre que l'attraction depuis depuis Hipparque jusqu'à par le même astre, n'a cependant éprouve, nous, aucune action sensible de la part des causes étrangères. ici de comparer les effets réels du rapport Je ne puis m'empêcher de Jupiter et de Saturne avec qui existe entre les moyens mouvements lui avait attribués. En vertu de ce rapport, ceux que l'Astrologie les mutuelles de ces deux planètes se renouvellent dans l'inconjonctions mais le point du ciel où elles arrivent tervalle d'environ vingt années;

à peu près d'un tiers du zodiaque, en sorte que, si la conjonction arrivc dans le premier point d'Ariès, elle aura lieu vingt ans vingt ans encore après, elle arriaprès dans le signe du Sagittaire; vera dans le signe du Lion, pour revenir ensuite au signe du Bélier à rétrograde 10° de distance de sa position primitive. Elle continuera ainsi d'a-

22t

EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.

voir lieu dans ces trois signes pendant près de deux cents ans; ensuite elle parcourra de la même manière, dans les deux cents années suivantes, les trois signes du Taureau, du Capricorne et de la Vierge; elle emploierapareillement deux siècles à parcourir les signes des Gémeaux, du Verseau et de la Balance; cnun dans les deux siècles suivants, elle parcourra les signes de l'Éerevisse, des Poissons et du Scorpion, pour recommencer après dans le signe d'Ariès. De là se compose une grande année dont chaque saison a deux siècles. On attribuait une température différente à ces diverses saisonsainsi qu'aux signes qui leur répondent; l'ensemble de ces trois signes se nommait trigone le premier trigone était celui du feu; le second, celui de la tore; le troisième, celui de l'air, et le quatrième, celui de l'eau. On conçoit que l"astrologie a du faire un grand usage de ces trigones, que Kcptcr lui-même a expliqués avec beaucoup de détail dans plusieurs Ouvrages. Mais il est remarquable que la saine Astronomie, en faisant disparaitre cette influence imaginaire du rapport qu'ont entre eux les moyens mouvements de Jupiter et de Saturne, ait reconnu dans ce rapport la source des grandes perturbations du système planétaire. La planète Uranus, quoique récemment découverte, offre déjà des indices incontestables des perturbations qu'elle éprouve de la part de Jupiter et de Saturne. Les lois du mouvement elliptique ne satisfont point exactement ses positions observées, et pour les représenter, il faut avoir égard à ses perturbations. Leur théorie, par un accord singulier, la place dans les années 1769, 1756 et 1690, aux mêmes points du ciel où Le Monnicr, Mayer et Flamsteed avaient déterminé la position de trois petites étoiles que l'on ne retrouve plus aujourd'hui, ce qui ne laisse aucun doute sur l'identité de ces astres avec Uranus. Les petites planètes que l'on vient de découvrir sont assujetties à de très grandes inégalités, qui répandront un nouveau jour sur la théorie des attractions célestes et donneront lieu de la perfectionner; mais il n'a pas encore été possible de rcconnaitrc ces inégalités par

LIVRE
les observations. dans du Soleil les Il n'y

IV. — CHAPITRE
trois siècles le après, que

II.
Copernic introduisit des

225
le

a pas

premier autour du de

Tables environ

astronomiques un qu'il ont conduit ces les soumettre naissent ont acquis de de siècle avait

mouvement Kepler par

planètes les lois

y fit entrer les

mouvement Tycho Brahe universelle. l'histoire ont des moyen, leurs mis à

elliptique, et qui

trouvées à la

observations de la gl'a-

Newton trois progrès au leurs

découverte jamais

vilation dans nous galités parce ravant se

Depuis des sciences, de qui Tables

époques, de calcul

mémorables infinitésimale

l'Analyse les

portée

nombreuses mutueHes. inattendue. maintenant

inéet Aupaelles est proobser-

planètes, les erreurs à un leurs petit écarts

attractions

une

précision minutes; et

étaient nombre sont

plusieurs de secondes, aux erreurs

réduisent que

souvcnt

il des

bable vations.

dus

inévitables

OEuvres de I.,

—,1.

29

226

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONADE.

CHAPITRE III.
DES MASSES DES PLAKÈTES ET DE LA PESANTEUR A LEUR SURFACE.

Le rapport cipal élément

de la masse de la théorie de doit dont celte

d'une des

planète

à celle

du Soleil fait

étant

le prinla

perturbations avec un grand

qu'elle nombre plus

éprouver, d'observations que C'est de Vénus,

comparaison très précises

théorie

le faire il est

connaitre la cause

d'autant sont

exactement

les ainsi de

perturbations que Mars, planètes manière l'on

palus considérables. des masses

a déterminé

les valeurs

suivantes Celles

de Jupiter (lui ont

et de Saturne. des satellites

de Jupiter encore être

et de Saturne déterminées

et des de la

peuvent

suivante. des théorèmes que la pesanteur vers sur la force d'un centrifuge, vers exposes sa planète même dans le Livre

Il résulte précèdent, sauteur satellite, moyenne sidérale. qui des

satellite comme

est à la pede l'orbe du

de la Terre divisé distance l'our par

le Soleil

le rayon

le carré de la Terre ces

du temps au Soleil, pesanteurs les multiplier font

de sa révolution divisée par

sidérale, le carré distance par

est à la

de l'année des corps

ramener

à la même respectivement et comme attractions, du rayon

les produisent, rayons des sont à cette divisé orbes

il faut qu'elles

les carrés égales de la pladu

décrire, à leurs le cube

à dislances la masse moyen

les masses nète est

proportionnelles du Soleil par comme du

de l'orbe

satellite, cube

le carre moyenne

temps

de sa révolution au Soleil, que l'on

sidérale, divisé par

est au le carré du

de la distance siderate. relativement

de la Terre suppose de

de l'année satellite

Ce résultat à cette

néglige

la masse de

la planète,

et la masse

la planète

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

III.

227

eu égard à cette du Soleil, ce que l'on peut faire sans erreur sensible; il deviendra plus exact si l'on y substitue, au lieu de la masse de la planète, la somme des masses de la planète et de son satellite, et au lieu de la masse du Soleil, la somme des masses du Soleil et de la planète, parce que la force qui retient un corps dans son orbite rotative autour de celui qui t'attire dépend de la somme de leurs masses. le résultat précèdent à Jupiter. Le rayon moyen de l'orbe tel que nous l'avons donne dans le Livre Il, paraidu quatrième satellite, trait sous un angle de 7964", 75, s'il était ohservé de la moyenne distance de la Terre au Soleil; le rayon du cercle renferme 636619", 8; Appliquons satcllite et de la Terre sont les rayons moyens des orbes du quatrième donc le rapport de ces deux nomgbres. La durée de la révolution sidérale du quatrième 365j.2564.
de Jupiter, d'exactitude, qui devient J'ai 1/3359,4 trouve, et celle

satellite

est de 16j,6890,

et l'année

sidérale

est de

En partant
cette

de ces données,
étant unité prise

on trouve 1/1067,09pour ta masse
pour unité. Il faut, de cette pour plus

du Soleil d'une

diminuer ainsi par

le dénominateur

fraction,

1/1066,09. le même égale procédé, à 1/19504. grosses planètes d'obtenir éprouvent avec par leurs préà mes la masse de Saturne égalc à

d'Uranus

Les perturbations attractions cision formules qu'il Tables ce les réciproques valeurs

que ces offrent

trois

le moyen

une grande

de leurs

masses. céleste un

M. Buvard, très grand

en comparant nombre

de la Mécanique avec un

d'observations de nouvelles pour il a

a discutées très exactes important,

soin

particulier, de Saturne

a construit et d'Uranus; dans planètes,

de Jupiter,

il a formé, lesquelles et, de ces

travail laissé vant

des équations les

de condition, masses les de ces

comme ccs

indéterminées

en résolmasses les élonou nous étonné du

équations,

il a obtenu

valeurs

suivantes

1/1070,5, 1/3512, gâtions sommes des

Si 1/17918. l'on

considère

la difficulté

de mesureur et l'ignorance on sera

satellites

de Saturne des orbes

et d'Uranns, de ces

de l'ellipticité

satellites,

228

EXPOSITION

DU SYSTÈME

I)U MONDE.

peu de différence qui existe entre les valeurs conclues de ces élongations et celles qui résultent des perturbations. Ces dernières valeurs sa masse et celles de ses satellites, embrassent pour chaque planète auxquelles il faut ajouter, pour Saturne, la masse de son anneau. Mais tout porte à croire que la masse de la planète est fort supérieure à celles des corps qui l'environnent, du moins cela est certain à l'égard de la Un appliquant mon Analyse des probabilités aux Terre et de Jupiter. équations de condition de M. Bouvard, on a trouvé qu'il y a un million à parier contre un que la valseur de la masse de Jupiter à laquelle il est parvenu n'est pas en erreur d'un centième de cette valeur, Il y a onxc mille à parier contre un que cela est vrai pour la masse de Saturne. de Les perturbations qu'Uranus produit dans le mouvement il faut attendre un plus grand nombre Saturne étant peu considérables, d'observations mais, pour avoir sa masse avec la même probabilité; il y a plus de deux mille cinq cents dans l'étal actuel des observations, n'est pas en erreur de sa à parier contre un que la valcur précédente partie. quatrième Les perturbations de Vénus que la Terre éprouve par les attractions les masses de ces et de Mars sont assez sensibles pour faire connaitre Tables du M. Burckhardt, à qui l'on doit d'excellentes deux planètes. a conclu les valeurs de Soleil, fondées sur quatre mille observations, ces masses égales 1/405871 et 1 2546320 de la manière suivante

la massc de la Terre. Si l'on On peut obtenir prend pour unité sa moyenne distance au Soleil, l'arc qu'elle décrit au pendant une seconde de temps sera le rapport de la circonférence rayon, divise par le nombre des secondes de l'année sidérale ou par 36525636", 1479565/1020 pour vers le Soleil autour rallèle la Terre I; en divisant son sinus le carré verse; c'est de cet arc par le diamètre, ta quantité dont ta Terre on aura tombe relatif

dans une seconde,

en vertu

de son mouvement

de cet astre. On a vu dans le Chapitre précédent terrestre dont le carré du sinus de latitude est fait tomber les corps dans une seconde

que, sur le pade l'attraction Pour

de 3m, 66477.

LIVRE IV. réduise cette attraction

— CHAPITRE

III.

229

;1 la moyenne distance de la Terre an Soleil, il faut la multiplier par le carré du sinus de la parallaxe solaire, et diviser le produit par le nombre de mètres que renferme cette distance: or le rayon 6369809m; laire, terrestre, en divisant le parallèle donc ce nombre sur est de que nous considérons, par le sinus de la parallaxe so-

1 supposée de 26",54, on aura le rayon moyen de l'orbe terrestre de la Terre, à exprime en mètres. Il suit de là que l'effet de l'attraction la distance la traction moyenne de cette planète au Soleil, est égal au produit de

le cube du sinus 3,66477/6369809 par

de 26",54;

il est par consé-

pour 1479560,8/1020l'effet de l'attraction masses

du Soleil

la même distance.

Les

du Soleil et de la Terre sont donc dans le rapport et 4,16856; d'où il suit que la masse de la Terre

des nombres est 1/354936

1479560,8

Si la parallaxe du Soleil est un peu différente de celle que nous venons de supposer, la valeur de la masse de la Terre doit varier comme le cube de cette parallaxe, compare à celui de 26",54. La valcur de la masse de Mercure a été déterminée en supposant les densités de cette planète leurs moyennes distances au Soleil, hypothèse, par son volume, et de la Terre réciproques à la vérité, fort préde la Terre.

caire, mais qui satisfait assez bien aux densités respectives de Jupiter et de Saturne; il faudra rectifier toutes ces valeurs, temps aura mieux ments célestes. fait connaitre les variations séculaires

quand le des mouve-

Masses

des

planètes,

celle

du

Soleit

étant

prise

pour

unité.

Mercure.

1/2025810 1/405871 Terre. 1/354936

Vénus.

La

J

230

EXPOSITION

DU

SYSTÈME

DU

MONDE.

Jupiter. 1 1070,5

Uranus. 1 17918

Les par volumes alors plus qui les

densités volumes, sont comme d'exactitude,

des et comme les

corps quand les

sont les cubes divisées

proportionnelles masses de leurs par les pour te que carré le sous-tend paraîtrait la de du la moyenne Terre est car le Jupiter, précises pôles au vu à la est parallèle même de sont à peu

aux près les des rayon sinus

masses sphériques, densités sont Mais, planète

divisée leurs donc pour celui est Soleil, 2966"; de à 26",54. solaire valcur la masse parallaxe. est de vu la

rayons; cubes le du

masses il au faut

rayons. d'une de latitude du angle un de angle du Cette et celle sa M.

prendre dont Ier, la Terre,

correspond On a vu, dans

parallèle le Livre à

demi-diamètre un sous densité 3,f)32G. le cube vu volume de de de de

de

sa

distance distance, facile prise d'en pour de croissent demi-diamètre au 702; Soleil, le

moyenne le ravon

mème Il étant est

terrestre que, celle

conclure unité, la

globe

indépendante la Terre Le stance à du sinus angle il serait 56",

parallaxe l'un de et

Soleil; comme de les par mesures ses

l'autre l'équateur

moyenne Arago, le le carré sous au de Soleil, Jupiter.

diégal rayon du un

est, demi-axe de Jupiter, est et,

suivant passant

53",497; dont distance la Terre

sphéroïde de de latitude 55",967, de

correspondant 1/3, serait vu Il de est la donc moyenne d'en

distance conclure

291",185.

facile

la

densité

égale On nètes; et les

0,99239. peut mais évaluations d'incertitude apparent de déterminer les erreurs de de dont leurs sur Saturne, la même les masses les manière de encore du sa la leurs densité diamètres susceptibles calcul. Si moyenne l'on des autres apparents répandent suppose au Soleil, le pla-

mesures sont résultats vu de

beaucoup diamètre

distance

LIVRE IV.

CHAPITREIII.

231

égal il 50", on aura o,55 pour sa densité, celle du Soleil étant toujours prise pour unité. En comparant les densités respectives de la Terre, de Jupiter et de Saturne, on voit qu'elles sont plus petites pour les planètes plus distantes du Soleil. Kepler parvint au même résultat par des idées de convenance cl d'harmonie, et il supposa les densités des planètes réciproques aux racines carrées de leurs distances. Mais il jugea, par les mêmesconsidérations,que le Soleil était le plus dense de tous les astres, ce qui n'est pas. La planète Uranus, dont la densité parait surpasser cette de Saturne, s'écarte de la règle précédente; mais l'incertitude des mesuresde son diamètre apparent et des Illusgrandes élongations de ses satellites ne permet pas de prononcer sur cet objet. Pour avoir l'intensité de la pesantcur la surface du Soleil et des planètes, considérons que, si Jupiter et la Terre étaient exactement sphériques et sans mouvementde rotation, les pesanteurs à leur équaleur seraient proportionnelles aux masses de ces corps divisées par les carrés de leurs diamètres; or, à la distance moyenne du Soleil à la Terre, le demi-diamètre de Jupiter serait vu sous un angle de 291",185, et celui de l'équateur terrestre paraîtrait sous un angle de 26",54; en représentant donc par l'unité le poids d'un corps à ce dernier équateur, le poids de ce corps transporté sur l'équateur de 1 Jupiter serait 2,716; mais il faut le diminuer d'environ/9, pour avoir égard aux effets des forces centrifuges dues à la rotation de ces plales corps nètes. Le même corps pèserait 27,9 à l'equateur du Soleil, et y parcourent 102mdans la première seconde de leur chute. L'intervalleimmense qui nous sépare de ces grands corps semblait devoir dérober pour toujours à l'esprit humain. la comatssance des effets de la pesanteur à leur surface. Mais l'enchainement des vérités conduit à des résultats, qui paraissaient inaccessiblesquand le principe donl ils dépendent était inconnu. C'est ainsi que la mesure de l'intensilé de la pesanteur à la surface du Soleil et des planètes est devenue possible par la découverte de la gravitation universelle.

232

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE IV.
DES PERTURBATIONS DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE DES COMÈTES.

L'action inégalités au périhélie. comètes mèmes, l'espace

planétaire principalement Halley

produit,

dans

le mouvement sur que et 1682 les intervalles les éléments

des

comètes,

des retours (les les dans

sensible remarqué 1607

de leurs des

ayant en 1531, qu'ils avait

orbites peu près qui,

observées il en conclut de

étaient à la même

à fort comète,

appartenaient fait deux mois

151 ans,

révolutions. plus longue crut

A la vérité, de avec 1531

la durée que l'at-

de sa révolution de 1607 traction avait celle devait de à 1682;

a été de treize mais ce grand

à 1607 que

astronome celle

raison

des planètes, pu occasionner action pendant

et principalement cette différence,

de Jupiter une

et de Saturne, estime vague de

et d'après

le cours

de la période relour de était

suivante, et

il jaugea

qu'selle

retarder ou au par

le prochain commencement elle-même, universelle,

de la comète, 1759. liée trop Cette

il le fixa à la fin était trop

1758

annonce

importante de la nier cilcr

elle dont

intimement vers

à la théorise du derpas exdes un

pesanteur siècle la

les géomètres les qui théorie

le milieu pour au ne

s'occupaient curiosité de

à étendre tous ceux d'une

applications, s'intéressaient qui déjà

progrès avec

sciences, grand

et en particulier nombre de phénomènes. devait des

s'accordait

Les astronomes, reparaitre,

incertains dès

de l'époque l'année des 1757 trois te

à laquelle est Clairaut, corps,

la comète qui l'un sa

la cherchèrent avait rcsolu

premiers a la

le problème des l'action altérations de

appliqua

solution avait

recherche par

que

mouvement

de la comète

éprouvées

Jupiter

et de

LIVRE
Saturne. que 618 dente, vers quantités reculer qui yeux forces ou jamais diction dans Après au jours leur avril, seulement de la masse paraitra négligées l'existence, Remarquons, comète, géomètres rente, qu'elle sternée le dans penser, lois daient des quatre trainait par les qui et dans les à au les une même passe pendant totalement de quelque M. Le la des ce le la jours et milieu Le durée plus qu'en d'avril négligées terme dans des des d'un 14 du novembre retour londue de dans

IV.

— CHAPITRE
il comète la période la comète en annonça à son à

IV.
l'Académie périhélie que à temps pouvaient d'ailleurs et pourrait qui être des du « serait dans son que les avancer qu'un à a comètes, pour sa des Scienee: d'environ la

233

1758, la

actuelle passerait même

précé-

conséquence 1759, dans mois réglions intervalles inconnues, planète géomètre comète dont de aussi ses Il

périhélie petites on corps nos des

observa approximations il remarqua

éloignées, longs, que trop eut passa il ses jusqu'au la au croyait calculs, 2!1

échappe soumis autres Soleil, de le 12 voir mars

aussi telles toujours

l'action distante satisfaction périhélie son Oairaut mars, s'il le (chapitre

être pré1759.

aperçue accomplie: limites nouvelle et il

erreurs revision

résultat a fixé

susceptible. ce passade à douze la va-

l'aurait de de distance Saturne bien et

avancé de

c'est-à-dire eût employé précédent. le grand la planète nombre

l'observation, dans l'on qu'a Oairaut,

donnée petite, si

Cette des Uranus.

différence quantités dont

considère pu était de le vue en avoir

l'influence de des siècle avait auparavant, elle répandit des Calixte la

temps

inconnue. l'esprit plus d'une 1456. dans qui vif humain, intérêt que parmi bien longue déjà de renverser publiques, était toujours et faisait quoique 3o se loin à de des cette les difféqueue con-

t'avantage le dernier

progrès a cacité été

astronomes,

manière La l'Europe, venaient

révolutions après succès et on ces le

la

terreur

rapides pape

Turcs, ordonna

Bas-Empire, lesquelles dans immuables. avec causes Œuvres régularité finales de L.

des les nature Turcs.

prières On obéit

conjurait d'ignorance, que ou ou du sans hasard,

comète que

et la

temps Suivant

les ordre et

phénomènes apparent, lorsqu'ils

arrivaient on les

succé-

dépendre chose

offraient

VI.

234 d'extraordinaire gardait Aux la o'aintc les Elles sens

EXPOSITION et semblaient autant

nu

SYSTÈME contrarier de la colère l'apparition de celles d'elles de nous

DU MONDE. l'ordre céleste. des qui ne que qu'en comètes traversent bouleverse les effets a succédé dans tous la Terre. de leur naturel, on les re-

comme frayeurs que,

de signes

qu'inspirait dans le grand planétaire, rapidement point

alors nombre

le système si

l'unc près

passent

attraction qu'elles possible. un petits que hasard

ne sont peuvent est si

à redouter; de funestes

ce n'est ravages,

choquant

la Terre quoique il faudrait corps aussi

y produire

Mais ce choc, d'un siècle,

si peu vraisemblable extraordinaire à l'immensité concevoir probabilité une longue pour

dans

le cours

la rencontre dans aucune

de deux lequel crainte

relativement l'on ne peut la petite pendant

de l'espace égard

ils se meuvent, raisonnable. peut, très en s'ac-

à cet

Cependant enmulant Il est facile le mouvement position des lruits entières sés,

d'une suite les effets

pareille de

rcnconlrc devenir sur

siècles,

grande. L'axe ancienne partie ou déet

de se représenter de rotation se précipiter et des animaux secousse tous

de ce choc

la Terre. leur une

changés, vers

les mers le nouvel

abandonnant équaleur, ce déluge

pour

grande

hommes

noves imprimée

dans

universel des

par la violente anéanties,

au globe

terrestre,

espèces renversi

les monuments que le choc

de l'industrie d'une comète

humaine a du

tels sont les désastres a été comparable a recouvert incontestables du Midi dépouilles moral, mille ont

produire, pourquoi

sa massc l'Océan marques les plantes trouve veauté au delà d'individus très

à celle

de la Terre. sur

On voit alors lesquelles

de hautes de son

montagnes, séjour, dans

il a laissé les animaux où l'on

des et re-

on voit comment les climats enfin

pu exister et leurs dont

du Nord, on explique

leurs

empreintes; les monuments humaine

la noupas

du monde de cinq

certains réduite

ne remontent à un petit occupée

ans.

L'espèce

nombre pendant le

et à l'étal

le plus

déplorable, conserver,

uniquement a dû les perdre progrès

longtemps

du soin

de se

entièrement de la civilisatout

souvenir tion

des sciences fait sentir

et des arts, de nouveau

et quand les eussent

en ont

besoins,

il a fallu

recomsur

mencer,

comme

si les

hommes

été placés

nouvellement

LIVRE la Terre. losophes aussi tant Quoi à ces terrible plus qu'il et Mais qu'il en soit

IV.

— CHAPITRE cause

IV. par être quelques rassuré de sont que la vie, sur

235 phiun

de cette

assignée on doit intervalle comètes

phénomènes, événement parait qu'ainsi l'homme que leur est a vu,

je le répète, pendant les masses choc ne le court des

d'au-

d'une des

petitesse révolutions

extrême, locales.

produirait disposé la plus dans toute

tellement en 1773,

à recevoir vive frayeur

l'impression se répandre sur la simple celles tant des il

de la craintc dans Paris

que

l'on

et de là se communiquer d'un Mémoire qui dans peuvent les lequel

la France, déterminait

annonce comètes est vrai les maux

Lalande approcher

observées que

le plus superstitions,

de la Terre terrcurs promptement.

les erreurs,

les vaines

et tous si

qu'entraine des sciences

l'ignorance venait

se reproduiraient à s'éteindre. aperçue très la première, singulier. aux lois du

la lumière Les conduit lement rabolique, comètes, une six de une

observations les astronomes tenté qui ils ont dans Lexell, manière courte

de la comète

en

'77°,

ont inutipades

à un résultat

Après avoir mouvement près son n'a pas celui

d'assujettir jusqu'alors enfin

ces observations avait représenté

à fort

peu

reconnu

qu'elle

a décrit

pendant

apparition surpassé satisfit Mais

ellipse, années. cette aussi

laquelle qui

la durée le premier des

de sa révolution lit cette curieuse de

remarque, la comète.

à l'ensemble durée fondées ne pouvait sur

observations admise

être

que d'après

des preuves des on l'a d'un

incontestables, observations comparée. prix, que

une discussion et des positions donc celle

nouvelle des étoiles

et approfondie auxquelles pour sujet

de la comète L'Institut M. Burckhardt au résultat doute. Une

proposa

discussion recherches il ne

a remporté, de Lexell, comète dont

et ses sur

l'ont doit

conduit

;1 fort peu près rester devrait savant aucun souvent 1770,

lequel

maintenant prompte observée ce double

la révolution elle revue. 1767 n'avait Pour et 1779

est point

aussi été

reparaitre

cependant point qu'en

et depuis Lexell

on ne l'a a remarque dont

expliquer cette

phénomène, approché distance

comète en

a fort 1767 ta

de Jupiter périhélie

l'allraction

puissante

a diminué à rendre

de son orbite,

de manière

cet astre

visiblu

23G

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

en 1770, d'invisible et ensuite a augmenté en qu'il était auparavant, 1779 cette même distance, au point de rendre la comète pour toujours invisible. Mais il fallait démontrer la possibilité de ces deux effets de de Jupiter, en faisant voir que les éléments de l'ellipse décrite par la comète pouvaient y satisfaire. C'est ce que j'ai fait, en soumettant cet objet à l'Analyse, et par ce moyen l'explication précédente est devenue vraisemblable. De toutes Terre, les comètes observées, a le plus approché de la dû en éprouver une action sensible, celle-ci l'attraction

aurait qui, par conséquent, si la masse de cet astre était comparable cette du globe terrestre. En supposant ces deux masses égales, l'action de la comète aurait accru de I 1612s la durée de l'année sidérale. Nous sommes certains, par les nombreuses des observations et comparaisons que MM. Delambre ont faites pour conslruirc leurs Tables du Soleil, que, desidérale n'a pas augmente de 3s; la masse de la puis 1770, l'année comète n'est donc pas 1/5000 celle de la Terre, et si l'on considère de que cet astre, en 1767 et 1779, a travcrsé le système des satellites de Jupiter sans y causer le plus léger trouble, on versa qu'elle est moindre encore. La petitesse des masses des comètes est généralement indiinsensible sur les mouvements du système quée par leur influence Ces mouvements sont représentés planétaire. par la seule action des corps de ce système avec une précision telle qu'on peut attribuer aux seules erreurs des approximations et des observations les petits écarts de nos meilleures nuées seules pendant éclairer Tables. Mais des observations très exactes, contipeuvent siècles et comparées la théorie, plusieurs ce point important du Système du monde. Burckbardt

LIVRE

m.

CHAPITRE

V.

237

CHAPITRE Y.
I)ES PERTURBATIONS DU MOUVEMENT DE LA LUNE.

La Lune mouvement actions infinie, leur leur port

est

Ü la fois

attitrée

par n'est corps.

le Soleil troublé

et par que par

la Terre;

mais

son des

autour sur

de la Terre ces deux eux

la différence à une

du Soleil il agirait mouvement serait à celle

Si le Soleil et suivant

était des

distance

sur relatif

également

droites par cette

parallèles; action, par la Lune qui rapest et la ltlus agit et sur ou inéla

ne serait Mais

done point

troublé quoique supposée du Soleil forme Ainsi sur

commune. de la Lune, plus

sa distance, pas être loin du

très

grande

ne peut près et

infinie; que

alternativement droite moins gaIement Lune, lunaire qui joint aigus avec

plus

la Terre,

son centre le rayon des

à celui vccleur dilections d'actions

Soleil

des angles le Soleil la Terre dans

terrestre. différentes il doit des

et suivant

et de cette des

diversité

résulter

le mouvement du Soleil prode au per-

inégalités ("est corps, que

dépendantes dans dont leur

positions que rigoureuse

respectives consiste surpasse

cl de la Lune. blème des trois mais

recherche

le fameux les forces

la solution

l'Analyse, Soleil, mettent délicate est

la proximité de sa masse par

de la Lune, par rapport

eu égard à celle

Ü sa distance de la Terre l'Analyse dont

et la petitesse de est résoudre nécessaire Leur

approximation. démêler est tous le point

Cependant les termes

la plus l'influence de celle des

pour discussion se propose

sensible.

le plus concourir

important

Analyse, Tables imaginer

lorsqu'on lunaires, un grand

de la faire son but

à la perfection On peut de mettre J

ce qui

doit

être

principal.

facilement en équation

nombre

de moyens

dincrents

238

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

le problème des trois corps; mais sa vraie difficulté consiste à distinet à déterminer exactement les guer dans les équations différentielles termes qui, quoique très petits en eux-mêmes, acquièrent une valeur ce qui exige un choix avansensible par les intégrations successives, des considérations délicates sur la nature des lageux de coordonnées, bien conduites et des calculs raits avec intégrales, des approximations soin et vérifiés plusieurs fois. Je me suis attache à remplir ces condilions dans ta théorie de la Lune que j'ai donnée dans ma Mécanique céleste, et j'ai en la satisfaction de voir mes résultants coïncider avec ceux de près de cinq que Mason et Bürg ont trouves par la comparaison mille observations de Bradley et de Maskelyne, et qui ont donné aux une précision Tables lunaires et à clu'il sera difficile de surpasser, sont principalement nautique laquelle la Géographie et l'Astronomie redevables de leurs progrès. On doit à Mayer. l'un des plus grands astronomes qu'il a, le premier, qui aient existé, la justice d'observer nécessaire pour cet important porté ces Tables au degré d'exactitude ils objet. Mason et Bürg ont adopté la forme qu'il leur avait donnée; ont rectifié les coefficients de ses inégalité, et ils en ont ajouté quelMayer a de plus, par l'invention ques autres indiquées par sa théorie. considérablement du ccrclc répétiteur, perfectionné par Borda, donné aux observations sur mer la même précision qu'il avait apportée dans les Enfin M. Burckhardt vient de perfectionner les Tables lunaires. une forme plus simple Tables lunaires, en donnant à leurs arguments leurs coefficients par l'ensemble et plus commode, et en déterminant modernes. de toutes les observations L'objet de ma théorie a été de montrer dans la seule loi de la pesanteur universelle la source de toutes et de me servir ensuite de cette les inégalités du mouvement lunaire, les Tables et pour en conclure plusieurs éléloi pour en perfectionner du Système du monde, tels que les équations sécuments importants laires de la Lune, sa parallaxe, la Terre, Heureusement, de son côté, travaillait et l'aplatissement de lorsque je m'occupais de ces recherches, Bürg, les Tables lunaires. Mon anaà perfectionner cette du Soleil équations nouvelles et très sensibles, et la

lyse lui a fourni plusieurs

LIVRE comparaison

IV.

— CHAPITRE V.

239

en a qu'il en a faite avec un grand nombre d'observations et a répandu un grand jour sur les éléments dont constaté l'existence, je viens de parler. des nœuds et du périgée de la Lune sont les prinLes mouvements que ce satellite éprouve. Une première cipaux effets des perturbations n'avait donné d'abord aux géomètres que la moitié du approximation Clairaul en conclut que la loi de l'attraction second deces mouvements. et qu'elle n'est pas aussi simple qu'on l'avait cru jusqu'alors, est composée de deux parties, dont la première, réciproque au carré des distances, est seule sensible Soleil, et dont la seconde, la distance Terre. diminue, aux grandes distances des planètes au croissant dans un Irlus grand rapport quand sensible à la distance de la Lune à la

devient

fut vivement attaquée par Buffon il se fonCette conséquence de la nalurc devant être les plus dait sur ce que, les lois primordiales simples, elles ne peuvent dépendre que d'un seul module, et leur exdoit pression ne peut renfermer qu'un seul terme. Cette considération la loi de l'attraction nous porter sans doute à ne compliquer que dans mais l'ignorance ou nous sommes de la nature de un besoin extrême; cette force ne permet pas de prononcer avec assurance sur la simplicité eut raison cette de son expression. Quoi qu'il en soit, le métaphysicien lui-même son erreur et fit fois vis-à-vis du géomètre, qui reconnut remarque, l'importante de la pesanteur donne conforme qu'en poussant le mouvement la loi plus loin t'approximation du périgée lunaire exactement

ce qui a été confirmé depuis par tous ceux qui se sont occupés de cet objet. Le mouvement que j'ai conclu de ma théorie ne diffère pas du véritable de sa quatre-cent-quarantieme partie; aux observations, la différence vement n'est pas d'un trois-cent-cinquantième à l'égard du moudes nœuds.

pour faire sentir les rapports Quoique l'Analyse soit indispensable de la Lune à J'action du Soleil de toutes les inégalités du mouvement combinée avec cette de la Terre sur ce satellite, cependant on peut, sans y recourir, expliquer les causes de l'équation annuelle de la Lune et de son équation séculaire. Je m'arrêterai d'autant plus volontiers à

240 les exposer qui doit jusqu'à

EXPOSITION que l'on en verra

DU naitre

SYSTÈME les plus

DU MONDE. grandes mais que inégalités la suite lunaires, des siècles

présent

ont été peu

sensibles,

développer

aux observateurs. avec une le Soleil, plus corps la Lune en est plus près que ta des la

Dans Terre, attractions pesanteur

ses conjonctions et en éprouve

action

considérable; tend donc

la différence alors dans à diminuer les oppositions que du ces

du Soleil de la Lune au Soleil, faiblement

sur ces deux vers la Terre.

Pareillement, plus éloigné des du

de la Lune en est plus donc cette produit divisé dratures, vecteur Terre; encore

ce satellite, attiré;

Soleil

la Terre, tend cas, le

la différence

actions Dans

Soleil deux

à diminuer

la pesanteur peu par près

de la Lune. la même,

diminution de la masse par le cube l'action lunaire, mais

est à très du Soleil

et égale du rayon à la Terre.

à deux

fuis lunaire les

le quotient du Soleil

de l'orbe Dans suivant

de ta distances du tend Soleil sur

qua-

la Lune, la

décomposée pesanteur n'est Ainsi, de

le rayon vers la

à augmenter de cette clans dans les

la Lune la moitié

l'accroissement qu'elle éprouve

pesanteur syzygies.

que

de la les ac-

diminution lions

de toutes

du Soleil une

sur la Lune, force moyenne,

le cours

de sa révolution le rayon

synodique, lunaire, du

il résulte qui diminue

dirigée

suivant

vecteur

la pesanteur

de ce satellite, par le

et qui est égale de ce rayon

à la moitié divise

produit

de la masse

du Soleil du Soleil

quotient

parte

cube de la dislance Pour observons près égale avoir

à la Terre. à la pesanteur dans de la Lune, nous

le rapport celte

de ce produit force, des qui la retient

que

son orbite,

est à très peu divisée par

a la somme distance égale

masses mutuelle,

de la Terre et que lrrès

et de la Lune, qui retient

le carré dans rarré exposée orbes temps dent lution

de leur

la force

la Terre par le

son orbite

à fort peu à la Terre. III, ces

la masse

du Soleil des comme par

divisée forces

de sa distance dans

Suivant deux divisés

la théorie sont

centrales, des des

le Livre

forces

les rayons les carres

de la Lune des

et du Soleil, de

respectivement d'où il suit que le carré du

révolutions

ces astres

le produit

précé-

est à la pesanteur sidérale de la

de la Lune Lune est

comme au carré

du temps de la

de la révorévolution

temps

LIVREIV. —CIIAPITRE V.

241

sidérale de la Terre; ce produit est donc à fort peu près de cette 1/179 pesanteur, que l'action moyenne du Soleil diminue ainsi de sa 358 partie. En vertu de celle diminution, la Lune est soutenue à une plus grande distancede la Terre que si elle était abandonnéeà l'action entière de sa pesanteur; le secteur décrit par son rayon vecteur aulour de la Terre n'en est point altéré, puisque la force qui la produit est dirigée suivant ce rayon. Maisla vitesse récllc et le mouvement angulaire de cet astre sont diminués, et il est flcilc de voir qu'en éloignant la Lune de manière que sa force centrifuge soit égale à sa pesanteur diminuée par l'action du Soleil, et que son rayon recteur décrive on secteur égal à celui clu'il eut décrit dans le même temps sans cette action, ce rayon scra augmenté de sa 358epartie et le mouvementangulaire sera diminue de1/179. Ces quantités varient réciproquement aux cubes des distances du Soleil à la Terre. Quandle Soleil est périgée, son action, devenue plus puissante, dilate l'orbe dela Lune; mais cet orbese contracte à mesure que le Soleil s'avance vers son apogée. La Lunedécrit donc une suile d'épicvcloïdes, dont les centres sont sur l'orbe terrestre, et qui se clilatentou se resserrent, suivant que la Terre s'approche ou s'éloigne du Soleil. De là résultedans son mouvementangulairc une inégalité semblableà l'équation du centre du Soleil, aveccette différence qu'elle ralentit ce mouvementquand celui du Soleil augmente, et qu'elle l'accélère quand le mouvementdu Soleil climinue, en sorte que ces deux équations sont affectéesd'un signe contraire. Le mouvementangulaire du Soleil est, comme on l'a vu dans le Livre Ier, réciproque an carré de sa distance dans le périgée, cette distance étant de1/60 lus petite p que sa grandeur moyenne, la vitesse angulaire est augmentée de130; la diminutionde 1/179 produitepar l'action du Soleildans le mouvement lunairc étant proportionnelle à l'augmentation du culle de la distance du Soleil à la Terre, elle est alors plus grande de ,'0; l'accroissement de cette diminution est donc la 358oc partie de ce mouvement. De là il suit que l'équationdu centre du Soleil est à l'équation annuelle 31 OEuvres VI. der I.. J

242

EXPOSITION DU SYSTEMEDU MONDE.

de la Lune comme du mouvementsolaire est à 1/3580 mouvement du 1/30 lunaire, ce qui donne 2398 pourl'équation annuelle. Elle est de environ plus petite, suivantles observations; cette différence dépend des quantités négligées dans ce premier calcul. Un cause semblableà celle de l'équation annuelle produit l'équation séculaire de la Lune. Halleya remarque le premier cette équation, que Dunthorneet Mayeront confirmée par une discussionapprofondiedes observations. Ces deux savants astronomes ont reconnu que le même moyen mouvement lunaire lie peut pas satisfaire aux observations moderneset aux éclipses observéespar les Chaldéenset par les Arabes. Ils ont essayé de les représenter, en ajoutant aux longitudes moyennes de ce satellite une quantité proportionnelle au carré du nombre des siècles avant ou après 1700. Suivant Dunthorne, cette quantité est de 30",9 pour le premier siècle; Mayer l'a faite de 21",6 dans ses premières Tables de la Lune, et l'a portée à 27",8 dansles dernières.Enfin, Lalande, par une discussion nouvcllc de cet objet, a été conduit au résultat de Dunthorne. Les observations arablesdont on a principalement fait usage sont deux éclipses de Solcilet une éclipse de Lune, observéesau Caire par Ebn-Junis vers la fin du xesiècle, et depuis longtempsextraites d'un manuscrit de cet astronome, existant dans la Bibliothèque de Leide. On avait élevé des doutes sur la réalité de ces éclipses; mais la traduction que Caussinvient de faire de la partie de ce précieux manuscrit qui renferme les observationsa dissipé ces doutes de plus, clic nous a fait connaitre vingt-cinq autres éclipses observées par les Arabes, et qui confirmantl'accélérationdu moyen mouvementde la Lunc.Il suint d'aincurs, pour l'établir, de comparer les observations modernes à celles des Grecset des Chaldéens.En effet, Dctambrc,Bouvardet B)rg ayant déterminé au moyen d'un grand nombre d'observationsdes deux siècles précédents le mouvementséculaire actuel, avec une précision qui ne laisse qu'une très légère incertitude, ils l'ont trouve de six ou sept cents secondes plus grand que par les observations modernes comparées aux anciennes; le mouvementlunaire s'est donc accéléré

LIVRE

IV.

CIIAPITRE

V.

243

depuis qui de le nous

les

Chaldéens, en sépare, eir quelle qui nous

et venant doute. est a

)es

observations à l'appui de

arabes, ce résultat,

faites il

clans est

l'intervalle impossible

révoquer

Maintenant universelle, de la Lune,

la fait

cause si bien

de

ce

phénomène? les son à nombreuses inégalité que,

La

gravitation inégalités

connaître de

rend-elle sont d'autant la loi des

également plus variations d'une n'est

raison intéressantes séculaires accélération

séculaire? si de l'on la

Ces y parLune temps.

questions vient, car on on sent par temps objet

résoudre du mouvement proportionnelle et ne

aura que les illimité. a

l'hypothèse astronomes,

au doit pas

admise à un Cet pendant tion du

qu'approchée

s'étendre

beaucoup

exercé infructueuses

les

géomètres; n'ayant fait Lune, rien

mais découvrir, soit qui avaient pour des l'expliquer, comètes, gravite. avec voir sans et faire par d'honneur considérer enfin la dans

leurs soit les

recherches dans figures altérer l'acnon sensiparti de eu de la de la corpe-

longtemps Soleil de son son à et ce et

des satellite

planètes et de

sur la

la Terre,

sphériques blement rejeter recours l'éther respondance santeur séculaire à une loi est

puisse pris

mouvement équation

moyen, séculaire;

quelques-uns d'autres, que l'action de célestes ne à dont cette la peut

le

avaient la résistance

divers la

moyens, transmission des autres parfaite, la Lune et se

tels

successive phénomènes que refuser l'on

la

Cependant théorie regret seule la grandeur à de parvenu l'esprit nouveau

si de

l'équation exception et la huce

théorie découverte, fait tant à je suis

générale des objets réflexion après

simple,

variété main. phénomène, vrir sa

qu'elle

embrasse, m'ayant déterminé tentatives,

Cette

quelques

à décou-

cause. séculaire de la Lune est due à l'action du Soleil sur ce satellite,

L'équation

combinèe Pour nous

avec

la variation une

séculaire

de l'excentricité cause,

de l'orbe rappelons-nous par

terrestre. que l'action les des

former de l'orbe son

idée juste

de cette

éléments planètes; son

de la Terre axe reste

éprouvent toujours fixe,

des altérations le même, mais

grand sur

son excentricité. et de son

inclinaison

un plan

la position

de ses nœuds

244

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

encore que l'action du Sopérillélie varient sans cesse. Rappelons-nous leil sur la Lune diminue de1/119 vitesse angulaire, et que son coefrisa cient numérise varie réciproquement au cubede la distance de la Terre au Soleil; or, en développant la puissance cubique inversede cette distance clansune série ordonnée par rapport aux sinuset aux cosinus du moyen mouvementde la Terre et de ses multiples, le demigralid axe de l'orbe terrestre étant pris Pour unité, on trouve que cette série conticnitun terme égal à trois fois la moitié du carré de l'excentricité de cet orbe; la diminution de la vitesse angulaire de la Lune renfermé donc le produitde ce terme par1/179 ecelte vitesse. Ce d produit se confondraitavec la vitesse moyenneangulaire de la Lune, si l'excentricité de l'orbe terrestre était constante; mais sa variation, quoique très petite, a une influence sensible à la longue sur le mouvement lunaire. Il est visite qu'il accélère ce mouvementquand l'excentricité diminue, ce qui a eu lieu depuis les observationsanciennes jusqu'à nos jours; cette accélérationse changeraen relardement, quand l'excentricité, parvenue à son minimum,cesserade diminuer pourcommenacer croitrc. à Dansl'intervalle de 1750 à 1850, le carré de l'excentricité de l'orbe terrestre a diminue de 0,00000140595; l'accroissement correspondant de la vitesseangulairc de la Lunc a donc élé 0,0000000117821de cette vitesse. Cet accroissement ayant eu lieu successivementet proportionnellement au temps, son effet sur le mouvementde la Lune a été de moitié moindre que si, clanstout le cours du sièclc,il eut été le même qu'à la fin; il fautdonc, pour déterminer cet effet ou l'équation séculaire de la Lune à la fin d'un siècleà partir de 1801, multihlicr le mouvement séculaire de la Lune par la moitiéd'un très petit accroissement de sa vitesseangulaire; or dans un sièclele mouvementde la Luneest de 5347405406"; on aura ainsi 31",5017 pour son équation séculaire. Tant que la diminution du carré de l'excentricité de l'orbe terrestre pourra être supposéeproportionnelle au temps, l'équation séculairede la Lune croîtra sensiblement comme le carré du temps; il suffiradonc de multiplier 31",5017 par le carré du nombre des siècles écoulés

LIVREIV. —CIIAPITREV.

245

entre le temps pour lequel on calcule et le commencement du XIXe siècle. Maisj'ai reconnu qu'en remontait aux observationschaldéennes, le terme proportionnel au cube du temps, dans l'expression en série de l'équation séculairc de la Lune, devenait sensible. Ce termeest égal à 0",057214 pour le premier siècle; il doit être multiplié par le cube du nombre des siècles à partir de t8ot, ce produit étant négatif pour les siècles antérieures. L'action moyenne du Soleil sur la Lune dépend encore de l'inclinaison de l'orbe lunaire à l'éclilttique, et l'on pourrait croire que, la position de l'écliptique étant variable, il doit en résulter dans le mouvement de ce satellite des inégalités séculairessemblablesà celle qu'y j'ai produitl'excentricité de l'orbe terrestre. Mais reconnu par l'Analyse que l'orhe luuaire est ramené sans cesse, par l'action du Soleil, à la même inclinaison sur celui de la Terre, en sorte que. les plus grandes et les Itlus petites déclinaisons de la Lune sont assujetties, en vertu des variationsséculaires de l'obliquité de l'écliptique, aux mêmeschangements que les déclinaisons semblables du Soleil. Cette constance Ilans l'inclinaison de l'orbe lunaire est confirmécpar toutes les observalions anciennes et modernes. L'excentricité de l'orbe lunaire et son grand axe n'éprouvent pareillement que des altérations insensiblespar les changementsde l'excentricité de l'orbe terrestre. Il n'en est pas ainsi des variations du mouvement des nœuds el du périgée lunaire. En soumettant ces variations à l'Analyse, j'ai trouvé que l'influence des termes dépendant du carré de la force perturbatrice et qui, comme on l'a vu, doublent le moyen mouvementdu périgée, est plus grande encore sur la variation de ce mouvement. Le résultat de cette épineuse Analystem'a donné une équation séculairc, triple de l'éiluation séculaire du moyenmouvementde la Lune et soustractive de la longitudemoyenne de son périgée, en sorte que le moyen mouvement du périgée se ralentit lorsquecelui de la Lune s'accélère. J'ai trouvé scmblablcmcnt, dans le mouvementdes nœuds de l'orbe lunaire sur l'éclipliquo vraie, une équation séculaire additive à leur longitude moyenneet égale à 735 millièmes de l'équation séculaire du

246

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

moyenmouvement. Ainsi le mouvementdes nœuds se ralentit comme celui du périmée,quand celui de la Lune augmente, et les équations s séculairesde ces trois mouvements ont constamment dans le rapport des nombres o,y35; 3 et I: Il est facile d'en conclure que les trois mouvementsde la Lune par rapport au Soleil, à son périgée et à ses nœuds vont cn s'accélérant et que leurs équations séculaires sont commeles nombres 1; 4 0,265. Lessiècles à venir développerontces grandes inégalités, qui produide ront un jour des variations au moins égales au1/10 la circonférence dans le mouvementséculaire de la Lune, et au fi de la circonférence dans celui du périgée. Ces inégalités ne sont pas toujours' croissantes elles sont périodiques, comme celles de l'excentricité de t'orbe terrestre, dont elles dépendent, et ne se rétablissent qu'après des millions d'années. Elles doivent altérer à la longue les périodes imaginées pour embrasser des nombres entiers de révolutions de la Lune par rapport à ses nœuds, à son périgée et au Soleil, périodesqui varient sensiblement dans les diverses parties de l'immense période de l'équation séculaire. La période lunisolaire de six cents ans a été rigoureuse à une époque à laquelle il serait facile de remonter par l'Analyse, si les masses des planètes étaient exactement connues; mais cette connaissance, si désirable pour la perfectiondes théories astronomiques. nous manque encore. HeureusementJupiter, dont on a bien déterminé la masse, est celle des planètes qui a le plus d'influence sur l'équation séculaire de la Lune, et les valeurs des autres masses planétaires sont assezapprochéespour que l'on n'ait point à craindre sur la grandeur de cette équationune erreur très sensible. Déjà, les observations anciennes, malgré leur imperfection, conlirmentces inégalités, et l'on peut en suivre la marche, soit dans les observations, soit dans les Tables astronomiques qui se sont succédé jusqu'à nos jours. On a vu que les anciennes éclipses avaient fait connailré l'accélération du mouvement de la Lune, avant que la théorie de la pesanteur en cût développéla cause. En comparant à cette théorie les observations modernes et les éclipses observéespar les Arabes, les

LIVREIV. —CIIAPITRE
Grees prenant, et et les Chaldéens, quand un trouve entre elles un des les accord qui parait on considère que laisse celle observations

247
suranciennes

l'imperfection encore où nous sur

l'incertitude

variations sur

de l'excentricité les masses de Vénus sera

de l'orbe et de Mars. une

de la Terre, Le

sommes

développement des équations des données les plus propres à déterminer surtout intéressant de vérifier

séculaircs

de la Lune

ces masses. de la pesanteur, lunaire, re-

Il était lativement de

la théorie de l'orbe que

à l'équation quatre

séculaire fois plus

du périgée grande

ou à celle du de em-

l'anomalie, mouvement. à seize

l'équation qu'il fallait

séculaire diminuer

moyen quinze ployé des égard rapide petit

Sa découverte

me fit juger séculaire avaient anciennes. ils ont dû un point et Brg du

minutes

le mouvement et qu'ils aux

actuel par

du périgée,

par les astronomes, observations à son de modernes

conclu

la comparaison n'ayant point eu trop trop

En effet, trouver moyen comptc ont périgée

équation même

séculaire, qu'ils

ce mouvement mouvement

assignaient ne tenaient

à la Lune, C'est

lorsqu'ils ce que

de son équation en déterau moyen a, de al-

séculaire. minant d'un plus,

MM. Bouvard séculaire actuel

confirmé, lunaire

le mouvement très grand nombre le même

d'observations mouvement par

modernes. les égard manière des trois

M. Bouvard

retrouve

observations a son équation incontestable. Tables équations de

les plus séculaire,

des Arabes, eiennes et par celles dont il a ainsi prouvé l'existence Les moyens mouvements indiquent de la Lune. faits par est

en ayant d'une

et les époques évidemment Les Tables cet point qu'il ces

l'Almageste des d'im-

et des Arabes mouvements menscs calculs

séculaires

de Plolémée et par nous

sont le résultat Nipparque.

astronome parvenu; avit

Le travail par le les qu'il d'obseril est done

d'Hipparque témoignage éclipses cherchait vations certain les

ne nous

savons grand

seulement,

de Ptolémée, plus

mis le plus

soin à choisir des déments et demi

avantageuses Ptolémée, ne changea qu'il nombre

à la détermination après que très dans dont deux peu siècles ces

connaitre. nouvclles, que ceux

éléments;

a employés d'éclipses

ses Tables il n'a

ont été déterminés que celles qui

par un très grand

rapporte

248

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

lui paraissaient les plus conformesaux résultats moyensqu'Hipparque et lui avaientobtenus. Les éclipses ne font bien connaître que Ic moyen mouvementsynodique de la Luneet ses distances à ses nœuds et à son périgée; on ne peut donc computer sur ces élémentsdans les Tables que de l'Almageste;or, en remontant à la première époque de ces Tables au moyen des mouvementsdéterminés par les seules observationsmodernes, on ne retrouve point les moyennesdistances de la Lune à ses nœuds, à son périgée et au Soleil, que ces Tables donnent à cette Les époques. quantités clu'il faut ajouter à ces distances sont à fort peu près celles qui résultent des équations séculaires; les éléments de ces Tablesconfirmentdonc à la fois l'existence de ces équations et les valeurs queje leur ai assignées. Lesmouvementsde la Lune par rapport à son périgée et au Soleil, plus lents dans les Tables de l'Almagesteque de nos jours, indiquent encore dans ces mouvementsune accélération, pareillement indiquée soit par les corrections qu'Albaténius, huit siècles après Ptoléméc, lit aux clémcnts de ces Tables, soit par les époques des Tables qu'Ebnv Junis construisait ers l'an mil, sur l'ensemble des observationsclralclcenncs,grecques et arabes. Il est remarquableque la diminution de l'excentricité de l'orbe terrestre soit beaucoupplus sensible dans les mouvementsde la Lunc que par elle-même.Cette diminution qui, depuis l'éclipse la plus ancienne dont nous ayons connaissance, n'a pas altéré de quinze minules l'équation du centre du Soleil, a produit une variation de z° dans la longitude de la l,unc et de 8° clans son anomalie moyenne; on pouvait à peine la soupçonner d'après les observations d'Hipparque et de Ptolémée; celles des Arabes l'indiquaient avec beaucoup de vraisemblance; mais les anciennes éclihscs, comparées à la théorie de la pesanteur, ne laissent aucun doute à cet égard. Cette réflexion, si je puis ainsi dire, des variations séculaires de l'orbe terrestre par le mouvement de la Lune, en vcrtu de l'action du Soleil, a lieu même pourles inégalités périodiques. C'estainsi que l'équation du centre de l'orbe terrestre rcparait dans le mouvementlunaire avecun signe con-

LIVREIV. —CHAPITRE V.

249

traire et réduite environau dixièmede sa valeur; pareillement'inégalité l causée par l'action lunaire dans le mouvementde la Terre se reproduit dans celui de la Lune, mais affaiblie :1 peu près dans le rapport d'un à deux. Enfinl'action du Soleil, en transmettant à la Lune les inégalités que les planètes font éprouver au mouvement de la Terre, rend cette action indirecte des planètes sur la Lune plus considérable que leur action directe sur ce satcllile. Ici nous voyonsun exemple de la manière dont les phénomènes, en se développant,nous éclairent sur tours véritables causes. Lorsque la seule accélération du moyen mouvementde ta Lune était connue, on pouvaitl'attribuerà la résistancede l'étherouà la transmissionsuccessive de la gravité. Mais l'Analysenous montre que ces deux causes ne peuvent produire aucune altération sensibledans les moyens mouvements des nœuds et du périgée lunaire, et cela sent suffiraitpour les exclure, quand même la vraie cause des variations observées dans ces mouvementsserait encore ignorée. L'accordde la théorie avecles observations nous prouveque, si les moyensmouvementsde la Lunesont altérés par des causes étrangères la pesanteur universelle, leur influenceest très petite et jusqu'à présent insensible. Cet accord établit d'une manière certaine la constance de la durée dujour, élément essentielde toutesles théories astronomiques.Si cette durée surpassait maintenant,d'un centièmede seconde, celle du temps d'Hipparque, la durée du siècle actuel serait plus grande qu'alors de 365s,25; dans cet intervalle, la Lunedécrit unarc de 534",6; le moyen mouvementséculaire actuel de la Luneen paraitrait donc augmente de cette quantité, ce qui augmenterait de 13",51 son équation séculaire pour le premier siècle, à partir de 1801, et qui, par ce qui précède, est de 31",5017. Lesobservationsne permettent pas de supposer une augmentation aussi considérable; on peut donc assurer que, depuis Hipparque, la durée d'un jour n'a pas varié d'un centième de seconde. Unedes équations les plus importantes de la théorie lunaire, en ce qu'elle dépend de l'aplatissement de la Terre, est relative au mouvementde la Luncen latitude. Cetteinégalité est proportionnelle u sinus a OEuvres — deI.. VI 32

250 de la longitude l'orbe dante l'une cules des libre lunaire, à celle

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE. d'une nutaton dans

vraie de ce satellite. produite que la Lune est par l'action produit

Elle est le résultat du sphéroïde dans notre

terrestre

et corresponde manière toutes entre serait des que

équateur, et si fixement entier vertu la Lune

de ces nutations de la Terre droites autour

la réaction étaient masse, de

de l'autre, liées

les moléelles par

et de la Lune et sans de gravité nntations,

inflexibles du centre ces deux

le système la Terre, qui anime elle en

en équiforces qui sa

produisent petitesse représenter au lieu naison peu entre nière vertu galité nœud mente ayant de

la force

compensant

par la longueur cette se inégalité

du levier en latitude, uniformément avec

auquel

scrait

attachée. que l'orbe avec sur par

On peut lunaire, une inclitrès

en conccvant sur l'écliptique conditions

mouvoir

constante,

se meut

les mêmes

un plan

incliné

à l'écliptique, et l'équateur, dans

et passant

constamment qui des

les équinoxes, d'une maen inéson l'augce qui. a

l'écliptique plus sensible

phénomène

se reproduit satellites planète.

les mouvements cousidérable de l'orbe avec coïncide

de Jupiter, Ainsi celle lorsque ellc

de l'aplatissement diminue ascendant lorsque cu lieu l'inclinaison coïncide ce nœud en 1755, les

de cette lunaire

à l'écliptique, du printemps; d'automne,

l'équinoxe avec trop

l'équinoxe

a rendu

grande

l'inelinaison de 1750 à 1760. faites précédente, a bien voulu, par un 6914; très

que

Mason En effet,

déterminée M. Bürg, long qui

par

observations

de Bradley

l'a déterminée et en ayant plus petite

par des observations égard à l'inégalité

pendant

un plus une

intervalle

a trouvé

inclinaison déterminer d'observations, employant vient

de 11"1 2. Cet astronome de celle égal inégalité à plus

à ma prière, nombre en

le coefficient

grand

et il l'a trouvé à cet objet un

24", grand

M. Burckhardt, d'observations, l'aplatissement

nombre résultai

encore 1/301,0 pour

de retrouver

le même

qui donne

de la Terre. On peut encore déterminer lunaire cet aplatissement qui au moyen dépend indiquée clic de l'inégalité du Mason de

du mouvement nœud l'avait de

en longitude, l'avait comme

de la longitude à Mayer, et

la Lune.

L'observation mais,

fixée

à 23", 7G5;

ne paraissait

pas résulter

LIVRE
la théorie Celle Terre. servations, à très latitude. sensible peu de la pesanteur, m'a fait voir

IV.

CHAPITRE
des

V.
la négligeaient. de

251

la plupart qu'elle

aslronomes cause par

théorie

a pour l'ont fixée,

l'aplatissement un grand nombre

la

MM. Burg

et Burckhardt ce qui donne par

d'ob-

:1 20",987, près Ainsi que

répond l'inégalité

à l'aplatissement précédente de ses

1/305,05, du

le même en rend dont elle

mouvement

la Lune,

l'observation

mouvements, de la Terre,

à l'Astronomie la rondeur inégalités ont sur

perfectionnée aux premiers

l'ellipticité Astronomes méritent toute

fit connaitre Les deux vateurs;

par ses éclipses. l'attention t'avantage dépendante elles qui, que de toutes seraient par des obserde donner des irrébeau-

précédentes les mesures d'une

elles

géodésiques manière était moins

l'aplatissement gularités coup plus

de la Terre

de sa figure. grandes cette vers que

Si la Terre suivant les

homogène,

observations, encore

conséquent. de

excluent la Lune de celle toutes

homogénéité. la Terre se compose fournit

Il en résulte

la pesanteur les molécules

des attractions une nouvelle

planète, les parties

ce qui

preuve

de l'attraction

de

de la matière. avec donne, les expériences comme on l'a peu du pendule vu dans près et les mesures le Chapitre 1er de

La théorie, des degrés ce Livre, valions observations Enfin, moyen distance soin que gue

combinée terrestres,

la parallaxe en sorte la que

de la Lune, l'on pourrait

à très

conforme

aux obserde ces

réciproquement

conclure

grandeur

de la Terre. peut être déterminée qui cela, avec dépend j'ai précision, de calculé au

la parallaxe d'une équation

solaire lunaire

en longitude, au Soleil. de cette ont trouvé Pour

la simple avec un

angulaire

de la Lune te coefficient et Burg j'en que

particulier

équation, par

et, en t'égalant la comparaison moyenne déduite d'une

à celui lon-

MM. Burckhardt série d'observations, la même

ai conclu

la parallaxe ont

du Soleil du dernier

de 26",58, passage

plusieurs

astronomes

de Venus. remarquable qu'un seulement la grandeur Astronome, ses sans sortir de son obsereût pu

Il est très vatoire, déterminer

en comparant exactement

observations

à l'Analyse, de la Terre,

et l'aplatissement

et sa

252 distance

EXPOSITION au Soleil

DU SYSTÈME

DU MONDE. a été le

est à la Lune, éléments

dont la connaissance

fruit de longs et pénibles voyages dans les deux hémisphères. L'accord des résultats obtenus par ces deux méthodes est une des preuves les plus frappantes de la gravitation universelle. Nos meilleures observations. Tables lunaires sont fondées sur la théorie et sur les Elles empruntent de la théorie les arguments des inégaseules. lités, qu'il eut été très difficile de connaître par les observations J'ai déterminé, dans mon Traite de Mecanique celeste, les coefficients de ces arguments d'une manière fort approchée; mais le peu de converet la difficulté de demeter, dans le nombre gence des approximations, des termes que l'Analyse développe, ceux qui peuvent acquérir une valeur sensible, rendent très épineuse la repar les intégrations La nature elle-même cherche de ces coefficients. nous offre dans les immense recueils obtenir d'observations de ces intégrations, si difficiles MM. Burckhardt et Burg ont employé à les déles résultats d'observahons, et ils ont ainsi donne Désirant d'en bannir une tout

par l'Analyse. terminer plusieurs milliers

h leurs Tables lunaires. précision empirisme et de voir discuter par d'autres grande délicats de la théorie

équations séculaires des Sciences qu'elle

géomètres plusieurs points auxquels je suis parvenu le premier, tels que les des mouvements de la Lune, j'obtins de l'Académie

pour le sujet de sou prix de Mathéproposerait, mastiques de l'année 1820, la formation par la seule théorie de Tables lunaires aussi parfaites que celles que l'on a formées par le concours de la théorie pièces ont été couronnées par l'avait accompal'Académie l'auteur de l'une d'elles, M. Damoiseau, les ont représentées gnée de Tables qui, comparées aux ohscrvations, de nos meilleures Tables. Les auteurs des deux pièces avec l'exactitude et séculaires des mouvements sur les inégalités périodiques de la Laine. Ils différent peu de mon résultat sur l'équation séculaire du mais, au lieu des nombres 1; 4; o,aG5 par lesquels moyen mouvement; les rapports des équations séculaires du mouvement de j'ai représenté s'accordent la Lune, nœuds, relativement ils ont trouvé au Soleil, les nombres au périgée de l'orbe 0,391. lunaire et à ses 1; 4,6776; M. Damoiseau et des observations. Deux

LIVRE

IV.

CHAPITRE

V.

253

dans sa pièce, avait donne le second de ces nombres :1 fort peu près égal il est parvenu à 4; mais, ayant revu ses calculs avec un soin particulier, au résultat de MM. Plana et Carlini, fort loin auteurs de l'autre leurs les approximations, à ceux que j'avais déterminés. Enfin, ces approximations préférables du périgée et des nœuds de leur ont donné les moyens mouvements conformes aux observations. l'orbe lunaire exactement ils ont porte Il suit incontestablement de ce qu'on vient de voir que la loi de est la cause unique de toutes les inégalités de pièce. Comme nombres paraissent

le grand nombre et l'étendue de ces inégalités et la proximité de ce satellite à la Terre, on jugera qu'it est de tous les corps célestes le plus propre à établir cette grande loi de la nature et la puissance de l'Analyse, de ce merveilleux instrument sans à l'esprit humain de pénétrer dans une lequel il eut été impossible théorie aussi compliquée, et qui peut être employé comme un moyen aussi certain elle-même. que l'observation des causes finales ont imaginé que la Lune avait pour l'éclairer pendant les nuits. Dans ce cas, la

la gravitation universelle la Lune, et si l'on considère

de découvertes,

Quelques partisans été donnée à la Terre nature n'aurait

point atteint le but qu'elle se serait propose, puisque souvent nous sommes privés à la fois de la lumière du Soleil et de celle de la Lune. Pour y parvenir, il cût sufi1t de mettre, à l'origine, la Lune en opposition avec le Soleil, dans le plan même de l'écliptique, à une distance de ta Terre égale à la centième partie de la distance de la Terre au Soleil, et de donner à la Lune et à la Terre des vitesses parallèles à leurs distances à cet astre. Alors la Lune, sans cesse proportionnelles en opposition au Soleil, eût décrit autour de lui une ellipse semblable à celle de la Terre; ces deux astres se seraient succédé l'un à l'autre sur l'horizon, sée, sa lumière D'autres et comme, à celle distance, la Lune n'eût point été éclipremplacé celle du Soleil.

aurait constamment

frappés de l'opinion singulière des Areadiens, qui se croyaient plus ancicns que la Lune, ont pensé que ce satellite était primitivement une comète, qui, passant fort près de la Terre, philosophes, avait été forcée par son attraction de l'accompagner. Mais, en remontant

254

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

par l'Analyse aux temps les plus reculés, on voit toujours la Lune se mouvoir dans un orbe presque circulaire, comme les planètes autour du Soleil. Ainsi ni la Lune, ni aucun satellite n'a été originairement une comète. La pesanteur à la surface de la Lune étant beaucoup plus petite qu'à la surface de la Terre, et cet astre n'ayant point d'atmosphère qui puisse opposer une résistance sensible au mouvement des projectiles, on conçoit qu'un corps, lancé avec une grande force par l'explosion d'un volcau lunaire, peut atteindre et dépasser la limite où l'attraction de la Terre commence à t'cmporter sur l'attraction de la Lune. Il suffit pour cela que sa vitesse initiale suivant la verticale soit de 2500m par seconde. Alors, au lieu de retomber et décrit autour d'elle sur la Lune, une orbite il devient un sateHitc de la Terre, plus ou moins allongée. dirigée qu'il aille ren-

Son impulsion primitive peut être tellement contrer directement il peut aussi ne l'atteindre terrestre; l'atmosphère car qu'après plusieurs et même un très grand nombre de révolutions; il est visible que l'action du Soleil, qui change d'une manière très sensihle les distances de la Lune à la Terre, doit produire, dans le rayon vecteur d'un satellite mû dans un orbe fort excentrique, des variations et peut diminuer à la longue la distance plus considérables, en sorte qu'il pénètre dans notre atmosphère. Ce périgée du satellite, avec une grande vitesse, éprouverait une très corps, en la traversant beaucoup forte résistance tement détoner, et finirait de l'air contre s'il renfermait sur la Terre; le frotpar se précipiter sa surface suffirait pour l'enflammer et le faire des matières propres à ces effets, et alors les aérolithes. des volcans il S'il on de bientôt

nous offrirait

tous les phénomènes que présentent était bien prouve qu'ils ne sont point des produits l'atmosphère et qu'il faut en chercher

la cause au delà, dans l'espace de céleste, l'hypothèse précédente, qui d'ailleurs explique l'identité composition observée dans les aérolithes par celle de leur origine, ne serait point destituée de vraisemblance.

LIVRE

IV.

CHAPITRE

VI.

255

CHAPITRE VI.
DES PERTURBATIONS DES SATELLITES DE JUPITER.

De tous sont miers

les satellites,

les plus

intéressants,

après

celui

de la Terre, les pre-

les satellites que

de Jupiter. a fait

Les observations découvrir dans

de ces les eieux, qu'un

astres,

le télescope siècles; de leurs

ne remontent et demi ils nous d'obont

pas à deux servations offert, gements le système tes produites des planètes par

on ne doit éclipses.

même compter Mais, dans

siècle

ce court

intervalle, tous

la promptitude le temps

de

leurs

révolutions, qu'avec une

les grands lenteur

chandans

que

ne développe dont celui des

extrême

planétaire, par leur

satellites sont les

est l'image. peu différentes qu'ont

Les inégalide celles entre eux

attraction

mutuelle cependant trois des

et de

la Lune; des

rapports satellites considérables,

les moyens ques-unes grande

mouvements de ces

premiers valeurs

donnent qui le Livre

à quelont une

inégalités sur sont toute à peu inégalités

influence

leur près

théorie.

On a vu,

dans

Il, que et qu'ils difféseule de des

ces mouvements sont rentes assujettis entre

en progression très scnsihlcs dans les les

sous-double, dont éclipses, les périodes, en une dans

à des elles,

se transforment, se présentent se sont, les

4371,659. satellites, Non

Ces inégalités comme elles

premières offertes

la théorie

premières, ces

aux observateurs. elle nous montre. de vraide satelsatel-

seulement ce que

la théorie les que dont

détermine

inégalités avec satellite l'action

de plus, semblance, deux lite,

observations l'inégalité l'une, ayant

indiquaient du pour second cause

beaucoup

savoir

est le résultat du premier du premier

inégalités, varie comme

le sinus

de l'excès

de la longitude

236

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

produite par l'action du troisième satellite, varie comme le sinus du double de l'excès de la longitude du second satellite sur celle du troisième. Ainsi le second satellite éprouve de la part du premier au troisième, une perturbation semblable à celle qu'il fait et il éprouve de la part du troisième une perturà celle qu'il fait éprouver au premier. Ces deux iné-

litc sur celle du second,

et dont l'autre,

éprouver bation semblable

galités se confondent dans une seule, en vertu des rapports qui existent entre les moyens mouvements et les longitudes moyennes des trois premiers satellites, et suivant lesquels le moyen mouvement du premier, plus deux fois celui du troisième, est égal a trois fois celui du second, moins trois fois celle du moyenne du premier satellite, est constamment second, plus deux fois celle du troisième, égale à la demi-circonférence. Mais ces rapports subsisteront-ils toujours, ou ne et la longitude sont-ils du second satellite, inégalités se sépareront-elles dans la suite des temps? confondues, aujourd'hui C'est ce que la théorie va nous apprendre. avec laquelle les Tables donnaient les rapports préL'approximation qu'approchés, cédents me fit soupçonner qu'ils sont rigoureux, et que les petites quanencore dépendaient des erreurs dont tités dont elles s'en éloignaient elles étaient susceptibles. Il était contre toute vraisemblance de suples trois premiers satellites poser que le hasard a placé originairement et dans les positions convenables à ces rapports, et il aux distances était extrêmement probable qu'ils sont dus à une cause particulière donc cette cause dans l'action mutuelle des satellites. je cherchai L'examen approfondi de cette action me fit voir qu'elle a rendu ces de nouveau, d'où je conclus qu'en déterminant rapports rigoureux; par la discussion d'un très grand nombre d'observations éloignées entre elles, les moyens satellites, mouvements on trouverait et les longitudes moyennes des trois encore plus de ces et les deux

premiers

assujetties. rapports auxquels les Tables l'ai eu la satisfaction de voir celte conséquence de la théorie confirmée avec une précision remarquable par les recherches que Delambre a faites sur les satellites de Jupiter. Il n'est pas nécessaire que ces rap-

qu'ils approchent doivent être rigoureusement

LIVREIV.

CHAPITRE VI.

257

ports aicnl eu lieu exactementà l'origine; il faut sculement que les mouvementset les longitudes des trois premiers satellites s'en soient peu écarlés, et alors l'action mutuelle de ces satellites a suffi pourles établir et pour les maintenir en rigueur. Maisla petite différenceentre eux et les rapports primitifs a donnelieu à une inégalité d'une étendue arbitraire, qui se partage entre les trois satellites et que j'ai désignée sons le nom de libration. Les deux constantes arbitraires de cette inégalité remplacent ce que les deux rapports précédents font disparaître d'arbitraire dans les moyens mouvementset dans les époques des longitudes moyennes des trois premiers satellites; car le nombre des arbitraires que rcufermc la théorie d'un système de corps est nécessairement sextuple du nombre de ces corps. La discussion des observations n'ayant point fait reconnaîtrecelle inégalité, elle doit être fort petite et même insensible. Les rapports précédents subsisteront toujours, quoique les moyens mouvementsdes satellites soient assujettis des équations séculaires. analogues à celle du mouvementde la Lune. Ils subsisteraient encore dans le cas mêmeoit ces mouvementsseraient altérés par la résistance d'un milieu éthéré, ou par d'autres causes dont les effets ne seraient sensibles qu'à la longue. Danstous ces cas, les équations séculaires de ces mouvementsse coordonnententre elles par faction réciproque des satellites, de manière que l'équation séculaire du premier, plus deux fois celle du troisième, est égale trois fois celle du second; leurs inégalités mêmes, qui croissentavec une extrême lenteur, approchent d'autant plus de se coordonnerainsi, que leurs périodessont plus longues. Cette libration, par laquelle les mouvementsdes trois premiers satellites se balancent dans l'espace suivant les lois que nous vcnons d'énoncer, s'étend à leurs mouvements(te rotation,si, commeles observations l'indiquent, ces mouvementssont égaux à ceux de révolution. L'attraction de Jupiter maintienl alors cette inégalité, en donnant aux mouvementsde rotation lesmêmeséquationsséculairesqui affectentles mouvementsde révolution.Ainsi les trois premiers satellites de Jupiter forment un systèmede corps liés entre eux par les inégalités et par les 33 OEuvres VI. deL.

258

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

rapports précédents, que leur action mutuelle maintiendrasans cesse, moins qu'une cause étrangère ne vienne déranger brusquement leurs mouvementset Icurs positionsrespectives.Telleserait une comètequi, traversant ce système, comme la première comète de 177° parait l'avoir fait, choquerait l'un de ces corps. Il est vraisemblable que de pareilles rencontres ont eu lieu dans l'immensité des siècles écoulés depuis l'origine du système planétaire; le choc d'une comète dont la masse eût été seulement la cent-millième partie de celle de la Terre aurait suffi pour rendre sensible la libration des satellites. Celle inégalité n'ayant point été reconnue, malgré tous les soins que Delambre a pris pour la démêler dans les observations, on doit en conclure que les massesdes comètesqui peuvent avoir rencontré l'un des trois satellites de Jupiter sont extrêmement petites, ce qui conllrme ce que nous avons déjà observésur la petitesse des massesdes comètes. Si l'on considère le peu de différence qui existe entre cinq fois le moyen mouvementde Saturne et deux fois celui de Jupiter, on voit qu'un légerchangement dans les distances moyennes primitives de ces deux planètes eut suffi pour la rendre nulle. Maiscela même n'était pas nécessaire cet objet; car l'attraction mutuelle des deux planètes cût rendu celle différence constamment nulle, dans le cas ou elle ne t'aurait pas été à l'origine, pourvu qu'elle eut été contenue dans d'étroites limites. L'Analyse fait voir que ces limites sont plus ou moins quatre dixièmesde la différenceobservée, et que, pour la faire tomber clansces limites, il suttirait d'augmenter de1/530 moyenne distancede la Saturne au Soleil et de diminuer de 1/1300 de Jupiter. Il s'en est celle donefallu hienpeu que les deux plus grossesplanètes du systèmesolaire aient offert un phénomèneanalogue à celui des trois premiers satellites de Jupiter, mais qui eut été bien plus compliqué par sa grande influencesur les variationsséculaires de leurs orbites. Les orbes des satellites éprouvent des changements analogues aux grandes variations des orbes planétaires; leurs mouvementssont pareillement assujettis à des équations séculairessemblables à celle de la Lune. Le développementde toutes ces inégalités par la suite des temps

LIVRE IV. fournira les données

CHAPITRE

VI.

259

les plus avantageuses des pour la détermination masses de satellites et de l'aplatissement de Jupiter. L'influence considérable de ce dernier élément sur les mouvements des nœuds fixe sa de précision que les mesures directes. On trouve par ce moyen le rapport du petit axe de Jupiter au diamètre de son équateur égal à 0,9368, ce qui diffère très peu du rapport de seize à dix-sept, que donnent, par un milieu, les mesures les plus précises de l'aplatissement de cette planète. Cet accord est une nouvelle preuve que la vers la planète principale se compose des des satellites pesanteur attractions de toutes ses molécules. L'un des plus curieux résultats de la théorie des satellites de Jupiter de leurs masses, connaissance est la connaissance que leur petitesse de mesurer leurs diamètres semblaient nous extrême et l'impossibilité interdire. J'ai choisi, de l'Astronomie, que les valeurs
Masses des

valeur avec autant

qui, dans l'état actuel m'ont paru tes plus avantageuses, et j'ai lieu de penser suivantes, que j'en ai conclues, sont fort approchées.
de celle de étant unité.

pour cet objet,

les données

satellites

Jupiter,

la

plallète

prise

pour

saicllile. Deuxième saicllile. Troisième saicllile. salellile. Quatrième On rectincra connaître Quelle tâche lytiques. savoir, du encore que soit ces valeurs, les variations la perfection à remplir pour la suite des

Premier

0,0000173281 0,0000232355 0,0000884972 0,0000426591 quand aura fait mieux

temps

séculaires

des orbites. il reste Tables l'astronome les formules indéterminées, différentielles l'aplatissement de ses nœuds. discuter un très de la maa exécuté une ana-

de la théorie, convertir trente des en

immense

Ces formules les vingt-quatre des

renferment arbitraires

et une constantes douze de ces équations astres,

mouvement

satellites,

les masses de son équaleur

de Jupiter, Pour grand nière avoir

l'inclinaison les valeurs d'éclipses propre

et la position il fallait

de toutes

ces inconnues, satellite, chaque

nombre la plus

de chaque

et les combiner élément. Delambre

à déterminer

260 ce travail sentent offrent

EXPOSITION important les

DU SYSTÉME grand succès,

DU MONDE. et ses Tables, des pour celles obscrvations avoir du qui repré-

avec le plus avec un moyen satellites

observations

l'exactitude sûr et facile par

mêmes,

au navigateur des

sur-le-champ, premier, la lon-

par les éclipses gitude des lieux

et surtout Voici

oit il atterrit. qui avec

les principaux

éléments que

de la théorie Delambre a

de chaque faite de mes

satellite, formules premier sur

résultent

de la comparaison

les observations. se meut fixe qui uniformément, passe avec une entre de ces inclil'édeux

L'orbe naison quateur derniers tions, Jupiter sible.

du

satellite un plan

constante, et l'orbite plans, égale n'est

constamment mutuelle est, plan est par ce plan peut suivant fixe

de Jupiter, dont l'inclinaison

par l'intersection respective de ce elle sur l'on même orbe, qui

les observaà l'équateur de insen-

à 3°,4352. que de 20",

L'inclinaison par la théorie; du satellite ainsi

conséquent est

L'inclinaison par les

de l'orbe observations; sur propre des orbes l'action orbe

pareillement le premier

insensible satellite reconnu

supposer

en mouvement d'excentricité

l'équateur à son

de Jupiter. seulement

On n'a point participe satellite; l'excentricité faiblement sensible à un

peu des excentricités car, propre mesure satellite tude dans en vertu à chaque qu'ils de

du troisième de tous

et du quatrième ces corps, plus

mutuelle sur

se répand Irlus

les autres, La seule le double sur celle

mais

en sont

éloignés. argument satellite

inégalité de l'excès

de ce

est celle

qui a pour

de la longiet qui produit une des et

moyenne le retour dont elle

du premier

du second,

de ses éclipses j'ai fait usage

l'inégalité pour avoir du

de 437j,659; les masses elle

clic des

est

données comme

satellites, la valeur

n'est avec du

due qu'à beaucoup premier

l'action

second,

détermine

de sa massc Les éclipses vement a mieux aujourd'hui venues très

d'exactitude. satellite de Jupiter ont fait découvrir le mou-

successif

de la lumière,

qu'ensuite que,

le phénomène la théorie

de l'aberration étant de-

fait connaitre. perfectionnée nombreuses, avec plus

Il m'a paru

de ce satellite étant

et les observations leur discussion devait encore

de ses éclipses déterminer t'observation

la quantité directe.

de l'aberration

de précision

que

LIVRE IV. Delambre

— CHAPITRE VI.

261

celle discussion :1 ma prière; il a a bien voulu entreprendre la même que trouve 62",5 pour l'aberration entière, valeur exactement Il est satisfaisant de voir un Bradley avait conclue de ses observations, accord tires de méthodes aussi difféparfait entre des résultats rentes. Il suit de cet accord que la vitesse de la lumière est uniforme En effet, la vitesse de dans tout t'espace compris par l'orbe terrestre. aussi la lumière, férence est celle qui a lieu sur la circonpar l'aberration, avec le mouvement de de l'orbe terrestre, et qui, se combinant donnée

La vitesse de la lumière, conclue des la Terre, produit ce phénomène. est déterminée par le temps que la éclipses des satellites de Jupiter, l'orbe terrestre; lumière emploie à traverser ainsi, ces deux vitesses étant les mêmes, gueur du diamètre vitesse la vitesse de la lumière est uniforme dans toute la londe l'orbe de la Terre. Il résulte même de ces éclipses est uniforme dans l'espace compris par l'orbe de Ju-

que cette

de cet orbe, l'effet de la variation piter; car, à raison de l'excentricité de ses ravons vecteurs est très sensible sur les éclipses des satellites, et la discussion tement de ces éclipses a prouvé que cet effet correspond du mouvement de la lumière. l'uniformité est une émanation exac-

Si la lumière vitesse

de leurs rayons exige qu'ils ne soient point une force qui soit la même, et que leurs mouvements sensiblement retardes par les attractions qu'ils éprouvent de la part des la lumière dans les vibrations Si l'on fait consister corps étrangers.

des corps lumineux, l'égalité de la soient lancés par chacun d'eux avec

de sa vitesse exige que la densité de d'un fluide élastique, l'uniformité soit proportiondu système planétaire ce nuide dans toute l'étendue nelle :1 son ressort. Mais l'extrême simplicité avec laquelle l'aberration et les phénomènes de la réfraction de la lumière, en passant la lumière en considérant d'un milieu dans un autre, s'expliquent rend celle hypothèse au des corps lumineux, comme une émanation des astres moins très vraisemblable. L'orbe du second satcllite constante, l'orbite se meut uniformément, avec une inclinaison l'équateur et et dont l'inclinaison entre

sur un plan fixe qui passe constamment de Jupiter, par leur intersection mutuelle,

262

EXPOSITION

DU SYSTÈME

nu

MONDE.

à cet équateur est de 201". L'orbe du satellite est incliné de 5152" à son plan fixe,1 et ses nœuds ont sur ce plan un mouvement tropique dont la période est de 29ans,9142; cette période est une des rétrograde, les masses des satellites. L'obqui m'ont servi à déterminer servation n'a point fait connaitre d'excentricité propre à cet orbe; mais il participe un peu des excentricités des orbes du troisième et du quatrième satellite. Les deux inégalités du second satellite principales données des actions du premier et du troisième; le rapport qu'ont dépendent entre elles les longitudes des trois premiers satellites réunit pour toujours ces inégalités en une seule, dont la période dans le retour des éclipses est de 437j,659, et dont la valeur est la troisième donnée que j'ai employée à la détermination L'orbe du troisième satellite naison constante, des masses. se meut uniformément, avec une incli-

sur un plan fixe qui passe constamment entre l'éet dont mutuelle, quatcur et l'orbite de Jupiter, par leur intersection l'inclinaison sur cet équateur est de 931". L'orbe du satellite est incliné de 2284" à son plan fixe, et ses nœuds ont sur ce plan un mouvement dont la période est de 141ans,739. Les astronomes tropique rétrograde, les orbes des trois premiers satellites en mouvement sur supposaient même de Jupiter; mais ils trouvaient une plus petite inclil'équateur naison à cet écluatcur sur l'orbite de la planète par les éclipses du troisième que par celles des deux autres. Cette différence, dont ils ignoraient la cause, vient de ce que les orbes des satcllites ne se meuvent constante sur cet equatenr, mais sur des point avec une inclinaison plans divers et qui lui sont d'autant plus inclinés que les satellites sont plus éloignés de la planète. La Lune nous offre un résultat semblable, comme on l'a vu clans le Chapitre précèdent; c'est de là que dépend dont la valeur donne l'aplatissement de l'inégalité lunaire en latitude, la Terre, plus exactement ridien. L'excentricité de l'orbe peut-être que les mesures satellite des degrés du mé-

présente des anomalies singulières, dont la théorie m'a fait connailrc la cause. Elles dépendent de deux équations du centre distinctes. L'une, propre à cet orbe, se

du troisième

LIVRE IV. rapporte 29010"; un périjove l'autre, dont le

— CHAPITRE mouvement

VI. annuel et sidéral

263 est de

comme une émanation de que l'on peut considérer satellite, se rapporte au périjove de l'équation du centre du quatrième ce dernier corps. Elle est une des données qui m'ont servi à déterminer les masses. Ces deux équations forment, en se combinant, une équation du centre et qui se rapporte à un perijove dont le mouvement n'est pas uniforme. Elles coïncidaient et s'ajoutaient en 1682. et leur somme s'élevait à 2458"; en 1777, elles se retranchaient l'unede l'autre que de 949". Wargentin essaya de représenter ces variations au moyen de deux équations du centre; mais, n'ayant pas rapporte l'une d'elles au périjove du quatrième satellite, il fut contraint par les observations celle d'une équation d'abandonner du centre son hypothèse, et il eut recours à variable ct dont il détermina les chanet leur différence n'était variable

ce qui le conduisit à peu près aux résulgements par les observations, tats que nous venons d'indiquer. Enfin l'orbe du quatrième satellite se meut uniformément, avec une inclinaison sur un plan fixe incliné de 4457" à l'équateur constante, de Jupiter, dernier satellite et qui passe par la ligne des nœuds Irlan et celui de l'orbite de la planète; de cet équateur, entre ce l'inclinaison de l'orbe du

à son plan fixe est do 2772", et ses nœuds sur ce plan ont un mouvement dont la période est de 531 ans. En tropique rétrograde vertu de ce mouvement, l'inclinaison de l'orbe du quatrième satellite sur l'orbite de Jupiter varie sans cesse. Parvenue à son minimum vers le milieu du dernier siècle, elle a été à peu près stationnairc et d'environ 2°, 7, depuis tG8o jusqu'en 1760, et dans cet intervalle ses nœuds sur l'orbite de Jupiter ont eu un mouvement Cette circonstance, que l'observation astronomes, qui l'ont employée longtemps avec succès dans les Tables de ce satellite; elle est une suite de la théorie qui donne l'inclinaison et le mouvement du nœud à très peu près les mêmes que les astronomes dernières sensible, avaient années dont trouvés par la discussion l'inclinaison de l'orbe direct de 8' à peu près. a présentée, a été saisie par les annuel

des éclipses. Mais dans ces a pris un accroissement très la loi sans le secours de

il eût été difficile de connailrc

264

EXPOSITION

DU SYSTEME

DU MONDE.

l'Analyse. Il est curieux de voir sorlir ainsi des formules analytiques ces phénomènes a fait entrevoir, singuliers que l'observation mais qui, résultant de la combinaison sont trop de plusieurs inégalités simples, en aient pu découvrir les lois. compliqués pour que les astronomes L'excentricité de l'orbe que celle des autres de 7959" c'est la cinquième miner les masses. du quatrième satellite est beaucoup plus grande orbes; son périjove a un mouvement annuel direct donnée dont j'ai fait usage pour déter-

Chaque orbe participe un peu du mouvement des autres. Les plans fixes auxquels nous les avons rapportés ne te sont pas rigoureusement; ils se meuvent très lentement avec l'écluateur et l'orbite de Jupiter, en mutuelle de ces derniers passant toujours par l'intcrscction plans, et en conservant sur l'équateur de Jupiter des inclinaisons qui, quoique de l'orbite de la planète variables, sont entre elles et avec l'inclinaison sur son équateur dans un rapport constant. Tels sont les principaux résultats de la théorie des satellites de Jude leurs éclipses. nombreuses Les piter, comparée aux observations observations de l'rntrée et de la sortie de leurs ombres Jupiter répandraient beaucoup de lumière cette théorie. Ce genre d'observations, jusqu'ici me parait devoir fixer leur attention; astronomes, contacts jonction satellites intérieurs des ombres doivent avec plus d'exactitude encore est maintenant assez avancée sur le disque de sur plusieurs éléments de trop négligé car il semble l'instant par les que les

déterminer

de la con-

que les éclipses. La théorie des pour que ce qui lui manque ne il detrès précises; puisse être déterminé que par des observations vent donc nécessaire d'essayer de nouveaux moyens d'observation, ou du moins férence. de s'assurer que ceux dont on fait usage méritent la pré-

LIVRE IV.

— CHAPITRE VII.

265

CHAPITRE VII.
DES SATELLITES DE SATURNE ET D'URANUS.

L'extrême leur cision planète; turbations. digne premiers l'orbe que du cela théorie leurs

difficulté si imparfaite révolutions

des

observations que l'on

des

satellites à peine

de Saturne avec quelque

rend pré-

connaît

et leurs inutile,

distances

moyennes

au centre

de cette leurs per-

il est donc Mais

jusqu'à de leurs

présent, orbes

de considérer présente un

la position

phénomène des six que

de l'attention satellites septième dépend retient

des géomètres paraissent s'en écarte être

et des astronomes. dans

Les orbes

le plan de l'anneau, Il est naturel en vertu

tandis

sensiblement. qui,

de penser aplatisde

de l'action

de Saturne, orbes tend

de son dans mais

sement, son

les six premiers L'action rapidement du Soleil

et ses anneaux à les en écarter; comme que

le plan

équateur. très

cet écart puissance satellite, des satell'écluaet qui sont plus au obser-

croissant du rayon Les orbes lites tcur sont

et à peu près sensible

la cinquième pour le dernier ceux

de l'orbe, des

il ne devient de Salurne des plans qui

satelliles sur

se meuvent passent leur

comme

de Jupiter, et l'orbite

constamment intersection que

entre mutuelle,

de la planète, plus inclinés Cette à cet

par

d'autant

équateur,

les satellites

éloignés dernier vations et

de Saturne. satellite, déjà faites;

inclinaison 24°,0, satellite nœuds

est considérable si l'on est sur s'en

relativement aux

et d'environ l'orbe annuel du

rapporte de 16°,96 plan

incliné

à ce plan, est de 940", ne peuvent

le mouvement ces qu'une observations

de ses étant fort très

le même ces

Mais être

incertaines, imparfaite.

résultats

approximation
VI.

OEuvres de L.

34

2GG

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

Nous sommes

moins instruits

Il parait seulement, d'après à celui de l'orbite vent tous sur un même plan, presque perpendiculaire une position semblable dans de la planète, ce clui indique évidemment de la le plan de son équateur. L'Analyse fait voir que l'aplatissement peu peut maintenir très planète, combiné avec l'action des satellites, dire près dans ce plan leurs orbes drivers. Voilà tout ce que l'on peut et leur petitesse, se refuseront sur ces astres, qui, par leur éloignement longtemps à des recherches lvlus étendues.

encore a l'égard des satellites d' Uranus. les observations d'Herschel, qu'ils se meu-

LIVRE

IV.

CHAPITRE

VIII.

267

CHAPITRE III. V
DE LA FIGURE DE LA TERRE ET DES PIANÈTES SURFACE. ET DE LA LOI DE LA PESANTEUR A LEUR

Nous appris tats

avons sur

exposé,

dans

le

Livre et des

1er, ce que planètes

les observations comparons

ont

la figure

de la Terre

ces résul-

avec ceux La gravité

de la pesanteur vers les planètes

universelle. se compose étaient des attractions et sans couches étant de toutes de sphédenses. quel-

lcurs

molécules. leur

Si leurs figure

masses

fluides

mouvement seraient les plus distance

rotation, riques,

et celles les plus

de leurs voisines

différentes du centre et au dehors

les couches

La pesanteur conque était serait réunie

à la surface exactement à son le Soleil. près les centre

extérieure la même de gravité,

à une entière

que si la masse propriété

de la planète en vertu agissent maté-

remarquable, et les satellites autant

de laquelle a très riels. A de figure cules est peu

les planètes, uns sur

les comètes comme

les aulres

de points

grandes

distances, les plus

l'attraction éloignées du

des point

molécules attiré que étaient une très

d'un et celle l'attraction réunies petite

corps des

de

quelconque les plus

molétotale à leur

voisines

se composent que si ces

de manière molécules comme

à peu

près

la même

centre

de gravité, ordre

et si l'on le rapport

considère

quantité au

du premier point lfais fère attiré, il est très

des dimensions aux quantités et pour ordre que

du corps près

à sa distance du second qui

ce résultat rigoureux

est exact pour

ordre. en dif-

la sphère,

un sphéroïde le produit

peu,

l'erreur

est du même

de son excen-

268 tricite attire.

EXPOSITION par le carré du rapport

DU SYSTÈME

DU MONDE. au point qu'il

de son rayon à sa distance

La propriété dont jouit la sphère, d'attirer comme si sa masse était réunie à son centre, contribue donc à la simplicité des mouvements célestes. Ellc ne convient pas exclusivement à la loi de la nature; elle à la simple proportionnelle et elle ne peut convenir qu'aux lois formées par l'addition distance, de ces deux lois simples. Mais de toutes les lois qui rendent la pesanteur nulle à une distance infinie, celle de la nature est la seule dans appartient laquelle la sphère a cette propriété. Suivant celle loi, un corps placé au dedans d'une couche sphérique, de la même épaisseur, est également attiré de toutes parts, partout en sorte qu'il resterait en repos au milieu des attractions qu'il éprouve. La même chose a lieu au dedans d'une couche elliptique dont les surfaces intérieure et extérieure sont semblables et semblablement situées. En supposant donc que les planètes soient des sphères homogènes, la pesanteur dans leur intérieur diminue comme la distance à leur centre; car l'enveloppc extérieure au corps attiré ne contribue point à sa ped'une sphère d'un santeur, qui n'est ainsi produite que par t'attraction or cette rayon égal à la distance de ce corps au centre de la planète; attraction est proportionnelle à la masse de la sphère, divisée par le carre de son rayon, et la masse est comme le cuhe de ce même rayon la pesanteur du corps est donc proportionnelle à ce rayon. Mais les couches des planètes étant probablement plus denses à mesure qu'elles sont plus près du centre, la pesanteur au dedans diminue dans un moindre rapport que dans le cas de leur homogénéité. Le mouvement de rotation des planètes les écarte un peu de la ligure la force centrifuge due à ce mouvement les renfle à l'ésphérique; quateur et les aplatit aux pôles. Considérons d'abord les effets de cet dans le cas très simple oit, la Terre étant une masse aplatissement la gravité serait dirigée vers son centre et réciproque fluide homogène, au carré sphéroïde de la distance terrestre à ce point. est un ellipsoide Il est facile de prouver qu'alors le de révolution; car, si l'on conçoit encore à la loi de l'attraction

LIVRE IV. deux colonnes fluides

— CHAPITRE

VIII.

269

l'unc au pôle et l'autre que ces deux colonnes

se communiquant à son centre et aboutissant à un point quelconque de sa surface, il est clair doivent se faire mutuellement équilibre. La dirigée au pôle;

force centrifuge n'altère point le poids de la colonne clic diminue le poids de l'autre colonne. Cette force est nulle au centre au rayon du parallèle de la Terre; à la surface, elle est proportionnelle mais elle n'est terrestre ou, à fort peu près, au cosinus de la latitude;

la gravité. Ces deux forces faipas employée tout entière :1 diminuer sant entre elles un angle égal à la latitude, la force centrifuge, décomest affaiblie dans le rapport posée suivant la direction de la gravité, du cosinus de cet angle ail rayon ainsi, à la surface de la Terre, la diminue la gravite sur un parallèle force centrifuge du quelconque à l'équateur par le carré du cosinus de produit de la force centrifuge la latitude; la valeur moyenne de celle diminution dans la longueur de la colonne fluide est donc la moitié de ce produit, et comme la force cenest ':9 de la gravité à l'équateur, cette valeur vité multipliée par le carré du cosinus de la latitude. quilibre, que la colonne, par sa longueur, compense elle doit donc surpasser la colonne du sa pesanteur; trifuge de est 1/378 la graIl faut, pour l'éla diminution de de pôle de 1/578 sa Ainsi les accrois-

multipliée par le carré da même cosinus. grandeur, sont proportionnels sements des rayons terrestres du pôle l'équateur à ce carré, d'où il est facile de conclure que la Terre est alors un ellipsoïde de révolution, dans lequel l'axe des pôles est à celui de l'équateur

comme 577 est 578. Il est visible que l'équilibre de la masse fluide subsisterait encore, en supposant qu'une partie vienne à se consolider, pourvu que la force de la gravite reste la même. la loi de la pesanteur :1 la surface de la Terre, nous observerons que la gravité à un point quelconque de cette surface est du centre; plus petite qu'au pôle, à raison du plus grand éloignement celle diminution est à très peu près le double de l'accroissement du elle est donc égale au produit de 1/289 la gravité par de rayon terrestre; diminue encore le carré du cosinus de la latitude. La force centrifuge Pour déterminer

270 la pesanteur, causes, 0,00694 l'équaleur On a vu, donnent sures

EXPOSITION de la même

DU quantité;

SYSTÈME ainsi, du

DU MONDE. par pôle la réunion a l'équateur de ces est deux à à

la diminution multiplié étant dans

de la pesanteur par le carré

égale

du cosinus

de la latitude,

la gravité

prise

pour

unité. les mesures plus grand dans des degrés que des méridiens les me-

le Livre

Ier, que

à la Terre

un aplatissement une

1/578,et que

du pendule

indiquent que

diminution cl égale donc ce qui

la pesanteur,

des pôles des n'est nous

à l'équateur, degrés

moindre

0,00694

à 0,0054; que

les mesures la gravité ce que

et du pendule vers

concourant point,

à Faire voir confirme qu'elle

pas dirigée avons lions

un seul

a posteriori se compose

démontré de toutes ce cas, qui mutuelle

précédemment, les molécules la loi dépend des

savoir, de la Terre.

des attrac-

Dans terrestre, dance recherche la plus

de la gravité elle-même deux

dépend

de

la figure la gravité. rend

du

sphéroïde dépenla

de la loi de inconnues Heureusement, rentrantes d'un

Cette très

quantités

difficile elliptique, satisfait

de la figure simple de tontes d'une les

de la Terre. les figures fluide

la figure après la sphère,

à l'équilibre dont stances. hypothèse deux axes toutes

masse

douée

mouvement au en

de rotation carré des de

et di-

molécules se contenta de

s'attirent de

réciproquement le supposer, de et

Newton

partant il trouva

cette les

et de celle de cette d'en

l'homogénéité sont entre

la Terre, 229

que

planète conclure

eux comme la variation points masse

est à 230. sur même en

Il est facile la Terre. mené

la loi de

de la pesanteur situés fluide sur un

Pour cela, du centre Toutes les

considérons

différents d'une

rayon

la surface couches eux ne qu'il elliptique par ce point.

homogène qui recouvrent

équilibre. l'un

elliptiques contribuent éprouve

semblables point est à sa

quelconque

d'entre des attractions sphéroïde passe

pesanteur, duc

et à l'atet

la résultante traction dont d'un

uniquement au sphéroïde semblables

semblable Les

entier

la surface

molécules attirent

el scmce

blablement point

placées

de ces correspondant

deux

sphéroïdes de la surface

respectivement proportion-

et le point aux

extérieure, des distances;

nellemenl

masses

divisées

par les carrés

les masses

VIII. LIVRE IV. —CHAPITRE
sont et les les comme carrés les cubes des dimensions sont semblables des deux des mêmes donc sphéroïdes, dimensions; des distances des comme les carrés semblables que les sont

271

attractions

molécules il suit

proportionnelles des deux sphé-

à

ces dimensions, rodes forces sont dans

d'où

attractions

entières

le même des aux

rapport points

et leurs que

directions nous

sont parallèles. sont

Les encore

centrifuges

deux mêmes les fluide. conçoit au pôle

considérons pesanteurs, comme

proportionnelles les résultantes au centre

dimensions; forces, sont

leurs donc

qui

sont

de toutes

leurs

distances

de la masse si l'on l'unc clair

Maintenant, du sphéroïde, il est décomposées

deux et

colonnes à un est

fluides point très peu

dirigées quelconque aplati,

du centre de la

l'autre

surface, tcurs

que, suivant que

si le sphéroïde les directions les pesanteurs dans à ces eux aux le même longueurs,

les pcsanà très donc infiniment corresdes coles

de ces colonnes totales; nombre les

seront

peu près longueurs petites pondantes lonnes les

les mêmes des

en partageant de poids des parties des

colonnes

proportionnelles seront par entre

parties

comme points

les produits de la surface fluides seront

longueurs

les pesanteurs entiers de ces doivent par

où elles donc

aboutissent; dans le même

poids

colonnes être

rapport.

Ces poids sont,

égaux

pour

l'équilibre; aux

les pesanteurs longueurs des co-

à la surface lonnes. Ainsi,

conséquent, de l'équateur surpasser

réciproques surpassant

le rayon au pòle que homogène doit

de 1/250 celui du pôle, à l'équateur. à l'équilibre a démontré l'équilibre très d'une par est une alors l'clà la

la pesanteur Cela masse très

de 1/230 pesanteur la satisfait Maclaurin que est

suppose fluide

la figure c'est de laquelle et que, quarts

elliptique ce que

belle

méthode,

il résulte si l'ellipsoïde du rapport

rigoureusement lipticité pesanteur, Au même d'équilibre; vements. équilibre, La est égale

possible à cinq

peu aplati, centrifuge

de la force

:1 l'équateur. mouvement mais plus de rotation ne peut durée que de répondent pas deux figures avec fluide différentes tous ces mouhomogène en est de

l'équilibre petite densité

subsister d'un densité

rotation

de même

la moyenne

de la Terre,

272

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.

oj, 1009,et cette limite varie réciproquement à la racine carrée de la densité. Quand la rotation est plus rapide, la massefluide s'aplatit à ses pûtes; par là, sa durée de rotation devient moindre et tombe dans les limites convenablesà l'état d'équilibre. Après un grand nombre d'oscillations, le tluidc, en vertu des frottements et des résistances qu'il éprouve, se fixe à cet étal, qui est unique et déterminé par le mouvement primitif, et, quelles que soient les forces primitives des molécules, l'axe mené par le centre de gravite de la masse fluide et par rapport auquelle moment des forcesétait un maximumà l'origine devient l'axe de rotation. Lesrésultats précédents fournissent un moyensimple de verifierl'hypothèsede l'homogénéitéde la Terre. L'irrégularité des degrés mesurés des méridiens laisse trop d'incertitude sur l'aplatissement de la Terre pour rcconnailrc s'il est tel à peu près que l'exige cclle hypothèse mais l'accroissementassez régulier de la pesanteur, de l'équateur aux pôles, peut nouséclairer sur cet objet. En prenant pour unité la pesanleur à l'équateur, son accroissementau pôle est 0,00435, dans le cas de l'homogénéité de la Terre; par les observationsdu pendule, cet accroissement est 0,0054; la Terre n'est donc point homogène. Il est, en effet, naturel de penser que la densité de ses couches augmente de la surface au centre; il est même nécessaire, pour la stabilité de l'équilibre des mers, que leur densité soil Illus petite que la moyenne densité de la Terre; autrement leurs eaux, agitées par les vents et par d'autres causes, sortiraient souvent de leurs limites pour inonder les continents. L'homogénéitéde la Terre étant ainsi exclue par les observations, il faut, pour déterminer sa figure, considérer la mer commerecouvrant un noyau dontles couchesdiminuent de densité du centre :1la surface. Clairaut a démontré, dans son bel Ouvrage sur la figure de la Terre, que l'équilibre est encore possible, en supposant une figure elliptique :1sa surface et aux couches du noyau intérieur. Dansles hypothèses les lllus vraisemblablessur la loi des densités et desellipticités de ces couches, l'aplatissement de la Terre est moindre que dans le cas de

LIVRE et

IV.

— CHAPITRE si la

VIII.

273 vers pôles le prise remarquable, du est noyau au-dessous l'accroissement lieu cet fois dans le même second. pour un est

l'homogénéité, point; grand il existe, l'accroissement que dans entre et dans la qui de et de toutes mer, a lieu la

plus

grand de la

que pesanteur cas et total de la

gravite de

était

dirigée aux dans

seul plus Mais

l'équateur que pesanteur rapport constitution

le

premier

plus de

petit la ce la la

l'accroissement l'ellipticité les autant dans

unité savoir que re-

à

l'équateur que, couvre celle total cas, et

Terre, sur de

hypothèses l'ellipticité le est cas de

Terre

entière autant

de

l'homogénéité, de que même la celui la et qui

pesanteur

au-dessus en sorte la à

a de à cinq

réciproquement; est la force toujours centrifuge 1/11512. donc la

somme égale à

accroissement la ce moitié qui, du pour

l'ellipticité de

rapport la Terre, En elliptique, nution lionncls de cette multipliée de la la

pesanteur

l'équateur,

revient supposant

figure de ses

des rayons des

couches et pôles et de

du la

sphéroïde pesanteur sont liés rayons égale à à et

terrestre la dimi-

l'accroisscment des au Terre, ellipticité par pesanteur de de du 1/115,2 la Terre, pendule. de la degrés carré de du manière la trois est sur des

méridiens cosinus que de la

:1 l'équateur ils lolal sont des est et à l'écluatcur peut degrés,

propor-

latitude,

l'ellipticité est égal à

l'accroissement totale degré de des l'équateur, degrés

diminution fois égal cette soit par le à

l'ellipticité total par l'elliples obserpour

l'accroissement multipliée déterminer soit donne par

la

pesanteur Ainsi mesures de de ces des

l'excès ticilé vations

ellipticité. les

l'on

L'ensemble pesanteur on ligure aux a

observations aux l'aplatissement est dans la mais joint

o,o05Í en de retranchant la cet y suppose,

l'accroissement cette Si quantité l'hypothèse doit des toutes une ce de la qui

l'équateur pour

pôles;

de 1/115.2, d'une satisfaire erreurs ces figure ne

1 301,8

Terre. aplatisau d'assemble

elliptique mesures des et un même plus étonnant,

nature, il à la

sement contraire, sujettir indiquer d'abord, larité

degrés; cela,

considérables, mesures de paraîtra des la à Terre point mers,

difficulté

méridien composée si des l'on

elliptique, qu'on ne l'avait

cru

considère continents et

l'irrégudes 35 îles

profondeur Je L. VI.

l'élévation

OEuvres

274 au-dessus sité des

EXPOSITION de leur eaux niveau,

DU SYSTÈME la hauteur substances des

DU MONDE. montagnes, qui sont et l'inégale à la surface den-

et des diverses

de celle

planète. l'our embrasser avec la plus grande généralité déterminer et formés quelconques; d'un de la théorie l'attraction couches il fallait fluide de la figure des variables encore sphéde déà leur la Terre, ar-

de la Terre r'oïdes figure terminer surface; d'un bitraire. qui peu

et des planètes, différents

il fallait

de la sphère suivant des lois

et de densité la figure car on doit

qui

convient

à l'équilibre les planètes

répandu comme

itnagincr

recouvertes, figure une mais aussi remarquable serait

fluide

en équilibre;

autrement pour

leur cet

entièrement ingénieuse, de

D'Alembert à un

a donné grand

objet

méthode elle manque

s'étend

nombre dans des Une

de cas; recherches équation

cette et qui

simplicité

si désirable

compliquées aux m'a

en fait le principal partielles le secours expressions sur des et relative

mérite. aux

différences sans aux

attractions

des sphéroïdes par

conduit,

des intégrations générales des

et uniquement rayons placés de des dans

des différentiations, de leurs à leur qui

sphéroïdes, leur

attractions surface ou

points

quelconques

intérieur,

au dehors,

des conditions

l'équilibre

des fluides des degrés aux facile soit degrés

les recouvrent, de ces

de la loi de la pesanteur fluides. ports pothèses vées Toutes très

et de la varialion sont liées

à la surface autres

ces quantités

les unes

par des raples hyobserAinsi en de

simples, que l'on

et il en résulte peut faire soit les pour

un moyen représenter des

de vérifier variations méridiens.

les des

de la pesanteur, dans et

mesures

Houguer, France révolution quateur

la vue de représenter ayant suppose

les degrés que des

mesures est du

en Laponie, un sphéroïde méridien,

l'équateur, sur lequel

la Terre degrés

l'accroissement

de l'édu sinus

aux pôles,

est proportionnel que celle

à la quatrième hypothèse ne

puissance peut pas

de la latitude, l'accroisscmcnt qui, qui suivant n'en

on trouve

satisfaire

à

de la pesanteur, les observations, que dans 27/100000 dont je viens

de l'équateur est égal à celle hypothèse. donnent

il Pello,

accroissement totale, et

de la pesanteur

serait

Les expressions

de parler

une

solution

directe

LIVRE IV. —CHAPITREVIII.

275

et générale du problème qui consiste à déterminer la figure d'une masse fluideen équilibre, en la supposant douée d'un mouvementde rotation et composéed'une infinitéde fluidesde densités quelconques, dont toutes les molécules s'attirent en raison des masseset réciproquement au carre des distances. M. Legendreavait déjà résolu ce problème par une analyse fort ingénieuse, en supposantla massehomogène.Dans l le cas général, le fluide prend nécessairement a figure d'un ellipsoïde de révolution,dont toutes les couchessont elliptiques et diminuent de densité, tandis que leur ellipticité croit du centre à la surface. Les limites de l'aplatissement de l'ellipsoïde entier sont 5/4 durapport et1/2 de la forcc centrifuge à la pesanteur à l'équaleur, la première limite étant relative à l'homogénéitéde la masse, et la secondese rapportant au cas où, les couches infinimentvoisines du centre étant infiniment denses, toute la masse du sphéroïde peut être considérée commeétant réunie à ce point. Dansce dernier cas, la pesanteur serait dirigée vers un seul point et réciproqueau carré des distances; la figure de la Terre serait donc celle que nous avons déterminée ci-dessus; mais, dans le cas général, la ligne qui détermine la direction de la pesanteur depuis le centre jusqu'à la surface du sphéroïde est une courbe dont chaque élément est perpendiculaireà la couchequ'il traverse. L'Analysedont je viens de parler suppose le sphéroïde terrestre entièrement recouvert par la mer; mais, ce fluide laissant à découvert une partie considérable de ce sphéroïde, cette Analyse, malgré sa généralité, ne représente pas exactementla nature, et il est nécessairede modifierles résultats obtenus dans l'hypothèse d'une inondation génératc. A la vérilé, la théorie mathématique de la figure de la Terre présente alors plus de difficultés; mais le progrès de l'Analyse, surtout dans cette partie, fournit le moyen de les surmonter et de considérer les continentset les mers tels que l'observationles présente. Ense rapprochant ainsi de la nature, on entrevoit les causes de plusieurs phénomènesimportantsque l'Histoirenaturelle et la Géologienous offrent, ce qui peut répandre un grand jour sur ces deux sciences, en les rattachant à la théoriedu système du monde. Voiciles principaux résultats

276

EXPOSITION des

I)U

SYSTÈME

DU

MONDE. le

de qui

mon établit

Analyse.

L'un

plus

intéressants l'hétérogénéité

est des

théorème du

suivant, sphénoïde

incontestablement

couches

terrestre

Si

à

la

longueur

du

pendule

à

secondes,

observée

sur

un

point

quel-

conque longueur l'Océan axe du

de la surface par la moitié déterminée pôle,

du

sphéroïde de la hauteur l'observation

terrestre,

on

ajoute

le produit du

de cette niveau de

de ce point du baromètre longueur d'une

au-dessus

par

et divisée par ainsi corrigée

le demisera, de

l'accroissement dans

de cette l'hypothèse

l'équaleur au-dessous à l'équateur port

aux pôles, d'une par

densité

de la Terre

constante

profondeur le carré centrifuge auquel qui j'ai a lieu est

peu considérable, de la latitude

le produit

de cette longueur du rap-

du sinus

et par cinq quarts

dc la force

à la pesanteur été conduit la surface généralement dont

à l'équateur par une

ou par 43/10000. éyuation différentielle homogènes que soient la Terre. de serait la peu la

Ce théorème, du premier différents densité Il est figure ordre de

des sphérodes vrai, recouvre point de quelles

la sphère,

de la mer remarquable du sphéroïde d'obtenir.

et la manière en ce qu'il terrestre

clic

en partie la connaissance ngurcs

ne suppose ni celle

la mer,

qu'il

impossible

Les expériences cordent grand à donner

du pendule, au carré

faites

dans

les deux

hémisphères, un coefficient

s'acplus

du sinus

de la latitude

et que 43/10000, à fort peu près Il est homogène donc dans que bien son les

de égal à 51/10000 la longueur par ces expériences On voit des couches de plus, terrestres

du pendule que la Terre comen

à l'équateur. n'est parant croissant point

prouve intérieur.

en les vont

à l'Analyse, de la surface avec

densités

au centre. laquelle suit la variation observée du sinus des longueurs du

La régularité pendule que gravité ces

secondes couches de la Terre,

la loi du carré disposées leur

de la latitude autour

prouve de et de

sont

régulièrement forme est peu

du centre elliptique

et que

près

révolution. L'ellipticité du sphéroïde terrestre peut être déterminée par la me-

LIVREIV. — CHAPITREVIII.

277

sure des degrés du méridien. Les diverses mesures que l'on a faites, comparées deux à deux, donnent des ellipticités sensiblement différentes, en sorte que la variation des degrés ne suit pas aussi exactement que celle de la pesanteurla loi du carré du sinus de la latitude. Cela tient aux secondes différentielles du rayon terrestre, que renferment les expressionsdes degrés du méridien et du rayonosculateur, tandis que l'expression de la pesanteur ne contient que les premières différentiellesde ce rayon, dont les petits écarts d'un rayon elliptique s'accroissent par les différentiationssuccessives.Maissi l'ou compare des degrés éloignés, tels que ceux de France et de l'équateur, leurs anomaliesdoiventêtre peu sensibles sur leur différence,ct l'on trouve par cette comparaisonl'ellipticité du sphéroïde terrestre égale à 1/308. Maisun moyenplus précis d'avoircette ellipticité consiste, comme on l'a vu précédemment,à comparer avec un grand nombre d'observationsles deux inégalitéslunaires dues a l'aplatissement de la Terre, l'une en longitude, et l'autre en latitude. Elles s'accordent à donner et, l'aplatissement du sphénode terrestre à très peu près égal à 1/305, ce qui est digne de remarque, chacune des deux inégalités conduit à ce résultat qui, connueon voit, diffère très peu de celui que donne la comparaisondes degrés de Franceet de l'équateur. La densité de la mer n'étant qu'un cinquième, à peu près, de la densité moyennede la Terre, ce fluide doit avoir peu d'influence sur les variations des degrés et de la pesanteur et sur les deux inégalités lunaires dont je viensde parler. Son influenceest encorediminuée par la petitesse de sa profondeurmoyenne, que l'on prouve ainsi. En concevant le sphéroïde terrestre dépouillé de l'Océan, et supposant que dans cet état sa surfacedeviennefluideet soit en équilibre, on aura son ellipticité en retranchant de cinq fois la moitié du rapport de la force centrifuge à la pesanteur à l'équateur le cocfficient queles expériences donnent au carre du sinus de la latitude dans l'expression de la longueur du pendule à secondes, cette longueur à l'équateur étant prise pour l'unilé. On trouve par là 1/304.8 l'aplatissement du sphéroïde pour terrestre, en négligeant la petite influence de l'action de la mer sur la

278

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

variation de h pesanteur. Le peu de différencede cet aplatissement à ceux que donnent les mesures des degrés terrestres et les inégalités lunaires prouvequc la surface de ce sphéroïde serait à fort peu près celle de l'équilibre, si elle devenait fluide. De là et de ce que la mer laisse a découvertde vastes continents, onconclut qu'elle doit être peu profonde,et que sa profondeurmoyenne est du mêmeordre que la hauteur moyennedescontinentset des îles au dessusde son niveau, hauteur qui ne surpassepas 1000m.Celle profondeur est donc une petite fraction de l'excès du rayon de l'équateur sur celui du pôle, excès qui surpasse 20000" Maisde mêmeque de hautes montagnes recouvrent quelques parties des continents, de même il peut y avoir de grandes cavités dans te bassin des mers. Cependant, il est naturel de penser que leur profondeur est plus petite que l'élévation des hautes montagnes, les dépôts des fleuveset les dépouilles des animaux marins entraines par les courants devant remplir à la longue ces cavilés. Cerésultat est importantpourl'Histoire naturelle et pour la Géologie. On ne peut douter que la mer n'ait recouvertune grande partie de nos continents, sur lesquels elle a laissé des traces incontestables de son séjour. Les affaissementssuccessifsdes iles d'alors et d'une partie des continents, suivis d'affaissementsétendus du bassin des mers qui ont découvert les parties précédemment submergées, paraissent indiques par les divers phénomènesque la surfaceet les couchesdes continents actuels nous présentent. l'our expliquer ces affaissemenls,il suffitde supposer ltlus d'énergie à des causes semblablesà celles qui ont produit les affaissementsdont l'histoire a conservéle souvenir. L'affaissement d'une partie du bassin de la mer en découvreune autre partie, d'autant plus étendue que la mer est moins profonde. Ainsi de vastes continents ont pu sortir de l'Océan sans de grands changementsdans la figure du sphérode terrestre. La propriété dont jouit cette figure, de différer peu de celle que prendrait sa surfaceen devenantnuide, exige que l'abaissementdu niveaude la mer n'ait été qu'une petite fraction de la différencedes deux axesdu pôle et de l'équateur. Toute hypothèse fondée sur un déplacement considérable des pôles à la surfacede la

LIVRE IV. —CHAPITRE VIII.

279

Terre doit être rejetée, comme incompatibleavec la propriété dont je viens de parler. On avait imaginé ce déplacement pour expliquer l'cxistence des éléphants dont on trouveles ossementsfossilesen si grande abondance dans les climats du nord, où les éléphantsactuels ne pourraient pas vivre. Mais un éléphant, que l'on suppose avec vraisemblance contemporaindu dernier cataclysme, et que l'on a trouvé dans une masse de glace bien conservé avecses chairs et dont la peau était recouverte d'une grande quantité de poils, a prouvé que cette espèce d'éléphants était garantie par ce moyen du froid des climats septentrionaux qu'elle pouvait habiter et même rechercher. La découvertede cet animal a donc confirméce que la théorie mathématique de la Terre nous apprend, savoir quedansles révolulionsqui ont changé la surface de la Terre et détruit plusieurs espèces d'animaux et de végétaux, la figure du sphéroïde terrestre et la position de son axe de rotation sur sa surface n'ont suhi que de légères variations. Maintenant, quelle est la cause qui a donné aux couches du sphéroïde terrestre des formes à très peu près elliptiques et de densités croissantesde la surface au centre; qui les a disposées régulièrement autour de leur centrecommunde gravité, et qui a rendu sa surface très peu différente de celle qu'il eût prise, si clic avait été primitivement fluide? Si les diverses substances qui composent la Terre ont eu primitivement, par l'clTetd'une grande chaleur, l'état fluide, les plus denses ont du se porter vers le centre; toutes ont pris des formes eltiptiqucs, et la surface a été en équilibre. En se consolidant, ces couches n'ont changé que très peu de figure, et alors la Terre doit offrir présentement les phénomènes dont je viens de parler. Ce cas a été amplement discuté par les géomètres. Maisla Terre homogènedans le sens chimique, ou formée d'une seule substance dans son intérieur, pourrait encore nous présenter ces phénomènes.On conçoit, en effet, que le poids immensedes couches supérieures peut augmenter considérablement la densité des couches inférieures. Jusqu'ici les géomètres n'ont point fait entrer dans )curs recherches sur la ligurc de la Terre la compressibilitédes substances dont elle est formée, quoique Daniel

280 Bernoulli, indiqué roide

EXPOSITION dans cette terrestre. sa pièce sur

DU SYSTÈME le flux

DU MONDE. de la nier, eût déjà

et le reflux de densité

cause

de l'accroissement que j'ai m'a fait

des couches

du sphéXI à

L'Analyse céleste,

appliquée voir qu'il

a cet objet, est possible

dans le Livre de satisfaire d'une

de la Mécanique

tous les phénomènes substance donne taire aux dans son

connus, intérieur. de cette

en supposant La loi des substance

la Terre densités pas

formée que

seule

la compression on ne peut

couches que

n'étant

connue,

à cet égard que

des hypothèses. des gaz croit reste proportionnellement la même. Mais cette à leur com-

On sait pression, rait que

la densité

lorsque

la température aux corps liquides

loi ne pade penser sont plus

pas convenir ces corps

et solide;

il est naturel qu'ils

résistent C'est,

d'autant ce que

plus

à la compression

comprimes. que le rapport densité, sité.

en en'et,

les expériences de la pression

confirment, à la différentielle croit avec

en sorte de la la denest le adoptée, la plus de se

de la différentielle d'être constant simple une

au lieu

comme

clans

les gaz, supposé

L'expression

la plus par

de ce rapport, constante. C'est

variable, j'ai

produit parce simple prêter mon

de la densité qu'elle ce que facilement réunit nous

la loi que

à l'avantage savons sur dans

de représenter la compression la recherche que de montrer de la Terre de cette

de la manière des corps, celui de

au calcul ce calcul

de la ligure que peut cette

la Terre; de avec si

objet

dans

n'étant intérieure dépendent

manière

considérer tous

ta constitution qui

se concilier du l'état

les phénomènes terrestre des clic

constitution, fluide. leur de s'en sur Dans

moins solide,

le sphéroïde l'adhérence tuelle, gulière écartée. Terre parait et

a été

primitivement extrêmement entière

molécules empêcherait aurait dans dans cette

diminue

compression la figure primitivement

muré-

la masse l'élat fluide,

prendre était

qu'elle Ainsi, comme

si elle même

hypothèse les autres, par

la constitution

de

la me

dans

toutes

la fluidité la régularité

primitive de

de la Terre

nécessairement de sa surface. l'Astronomie à la surface du

indiquée

la pesanteur

et de

la figure Toute la Terre

repose

sur

l'invariabilité terrestre

de et sur

l'axe

de rotation

de

sphéroïde

l'uniformité

de cette

LIVRE IV.
rotation. l'étalon toutes meut cation d'observer ces des époque, il parait les de peut ces latitudes observations, répondu donc corps corps que à du les autour du La durée temps; causes des télescope avec précision aucune ce très cet variation qui peu axe est axes est prouve près d'une il qui pôles aux est rcvolution donc peuvent de

— CHAPITRE VIII.
de la Terre autour d'apprécier élément. depuis L'axe l'époque a on être de point L'existence longtemps. rectangulaires, de est-elle eu alors partie aux rotation demeurant commune d'un conditions l'on tous et fait lixc fluide? des fait les aux La axes changer changements l'équilibre passer autour prendre J'ai méthode de qui, de cette être de que, la densité que de donne d'approximation de la mer très du n'a donné reconnu aux a. la surface d'axes On sait depuis terrestre; semblables que desquels invariable. corps condition principaux: l'axe de son l'influence terrestre où le l'appliaxe

281
est de se

bien altérer

important cet mais

l'écliptique; instruments les latitudes ne que au

astronomiques terrestres, puisse l'axe même

moyen dans erreurs cette

qui

attribuée rotation de

invariable. depuis

dans cun il

solides a trois uniformément,

connue principaux l'axe

cha-

autour

tourner cette la

Mais comme l'équilibre elle rotation. sibles, sont centre puisse face Livre ordonnée moyenne

propriété Terre, du la H s'agit est un sont fluide figure donc dans L'Analyse du librement, un pour les de

remarquable recouverts s'ajoute de la de

qui. de

change

surface, savoir l'axe prouve si,

lorsque parmi de que, terrestre rotation si un

de pos-

il

en

lequel

fluide près du il surle

invariables. de gravité

l'on axe

sphéroïde la état mer

duquel sur la dans

tourner du XI sphéroïde cité, suivant densité

pourra

toujours d'équilibre.

constant cet du rapport état,

déterminer puissances la Terre,

une

rapport

tl l'ap-

la

n'étant la profondeur

rend la mer Mais l'existenec

proximation de suffit état son d'en d'équilibre il peut le contour

convergente. ne permet la de est faire ccnlre de L. la naturel subira commun VI.

L'irrégularité pas possibilité La de position d'obtenir pour

et il d'un

approximation. assuré l'axe fixe tous est et un du de de les dans sphéroïde

reconnaitre

mer.

rotation changements lequel

étant

arbitraire, que passe l'on par OEuvres

penser position, gravité

parmi il en mer

cette de

l'axe qu'elle 3G

de

la

282 recouvre, cet état, roïde gelée entière.

EXPOSITION de manière cet axe que,

I)U SYSTÈME ce fluide étant

DU MONDE. en équilibre et congelé dans

soit un axe principal et de la mer; l'axe voir par sera

de rotation qu'en un tel axe axe

de l'ensemble rendant invariable est toujours

du sphécon-

terrestre sa

il est visible toujours qu'un

à la masse de

fluidité, Je fais

la Terre possible,

l'Analyse qui

et je donne ces équations

les équations

déterminent recouvre

sa position. en entier

En appliquant je suis

au cas où la mer

le sphéroïde,

parvenu
Si l'on

à ce théorème
imagine la densité de chaque couche du sphéroïde terrestre dimi-

nuée de la densité imaginaire, faisant axe sera

de la mer,

et si, par le centre principal

de gravité

de ce sphéroïde en cet sera

on conçoit tourner l'axe la Terre principal

un axe autour

de rotation la mer dont

de ce sphéroïde, étant en équilibre, dc gravité

de cet axe, entière,

de la Tare

le centre

celui du sphéroïde Ainsi, ment core, elle la mer

imaginaire. qui pas recouvre impossible en partie l'existence le sphéroïde d'un axe terrestre, principal, non seuleen-

ne rend

mais éprouvent,

par sa mobilité rendrait

et par les résistances un état permanent

que ses oscillations d'équilibre,

;1 la Terre venaient assez

si des causes

quelconques

à le troubler. profonde lourner imaginaire un axe pour recouvrir la surface autour venons de du sphéroïde des trois parler, axes chaMais la

Si la mer était terrestre, principaux cun de ces

en le supposant du sphéroïde axes serait

successivement dont nous de

principal

la Terre dans

entière.

stabilité

de l'axe aux est solide

de rotation deux axes

n'a lieu,

comme

un corps lesquels

solide, le

que

relativement d'inertie corps

principaux

pour

moment entre un d'axe que. Les avec axes par trois une de

un maximum et la Terre le corps

ou un minimum. cette différence, ne change de la mer surface, de rotation pas prend

Il y a cependant savoir qu'en changeant au tien

de rotation, ce changement, ligures même rotation que vitesse du

solide

de figure, une autre

la surface prend cette

figure.

en tournant autour ont des

successivement de chacun rapports des trois fort simples,

angulaire sphéroïde

imaginaire,

que je

LIVRE IV. détermine, et il résulte

— CHAPITRE

VIII.

283

de mon Analyse que le rayon moyen entre les au même point de rayons des trois surfaces de la mer, correspondants la surface du sphéroïde terrestre, est égal au rayon de la surface de la mer en équilibre sur ce sphéroïde privé de tout mouvement de rotation. J'ai discute, dans le Livre V de la Mécanique céleste, l'influence des

causes

intérieures

les vents,

de terre, telles que les volcans, les tremblements les courants de la mer, etc., sur la durée de la rotation de la

Terre, et j'ai fait voir, au moyen du principe des aires, que cette influence est insensible, et qu'il faudrait, pour produire un effet sensible, qu'en vertu de ces causes des masses considérables eussent été transportées ;1 de grandes distances, ce qui n'a point eu lieu depuis les temps bistoriques. Mais il existe une cause intérieure d'altération de la durée du et qui, vu l'importance de jour que l'on n'a point encore considérée, cet élément, mérite une discussion spéciale. Celle cause cst la chaleur terrestre. la Terre du sphéroïde Si, comme tout porte à le croire, entière a été primitivement fluide, ses dimensions ont diminue successa vitesse angulaire de rotation a augsivement avec sa température; et elle continuera mente graduellement, la Terre soit parvenue à l'état constant l'espace où elle se meut. ment de vitesse angulaire, de s'accroitre, jusqu'à de température Pour avoir une idée jusle de cet accroissece que moyenne de

que l'on imagine, dans un espace d'une tournant sur son donnée, un globe de matière homogène, température axe dans un jour. Si l'on transporte ce globe dans un espace dont la soit moindre d'un degré centésimal, et si l'on suppose que température sa rotation ni par la résistance d'un milieu, ni par le frottement, ses dimensions diminueront par la diminution de la tempéla longue il aura pris la température du nouvel rature, et lorsqu'à ne soit altérée

son rayon sera diminué d'une quantité, que je supposerai être ce 1/100000, qui a lieu à peu près pour un globe de verre et ce que l'on peut admettre pour la Terre. Le poids de la chaleur a été inappréciable dans toutes les expériences elle que l'on a faites pour le mesurer; espace, aucune variation sensible parait donc, comme la lumière, n'apporter dans la masse des corps ainsi, dans le nouvel espace, deux choses peu-

281

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

vent être supposées les mêmes que dans le premier, savoir, la masse du globe, et la somme des aires décrites dans un temps donné par chaLes molécune de ses molécules rapportées au plan de son équateur. du centre du globe, de 1/100000 leur distance à ce de étant proporpoint. L'aire qu'elles décrivent sur le plan de l'équateur, tionnelle au carré de cette distance, diminuerait donc fort peu près de 1/50000,si la vitesse angulaire de rotation n'augmentait pas; d'où il cules se rapprochent suit que, pour la constance de la somme des aires dans un temps donné, l'accroissement de celle vitesse et par conséquent la diminution de la durée de la rotation doivent être de telle est donc la diminution linalc de cette durée. rature Mais, avant de parvenir il son état final, la tempédiminue sans cesse, et Irlus lentement au centre qu'à

de cette diminution. que, par les observations comparées à la théorie de la chaleur, on pourrait déterminer l'époque où )e globe a été transporté dans )e nouvel espace. f.a Terre parait être dans un état semblable. Cela résulte des observations thermométriques et qui indiquent faites dans des mines profondes, de un accroissement chaleur très sensible, à mesure que l'on pénètre dans l'intérieur de la Terre. La moyenne des accroissements observés parait être d'un degré de 32m; mais un très grand nombre centésimal pour un enfoncement d'observations fera connaitre exactement sa valeur, qui peut n'être pas la même dans tous les climats Il était nécessaire, Terre, surface. de connaître C'est de la rotation de la pour avoir l'accroissement la loi de diminution de la chaleur du centre il la

du globe la surface, en sorte

ce que j'ai fait, dans le Livre XI de la Mécanique céleste, échauffé d'une manière quelconque CI de pour un globe primitivement d'une cause extérieure. La loi dont plus soumis à l'action échauffante

(') Imaginons, au-dessons d'un plateau d'une grande étendueet à la profondeur d'en\iron 3000m,un vaste réservoir d'eau entretenu par les eaux pluviales. Elles acquièrent à cette profondeur, par la chaleur terrestre, uno température a peu près égale à celle de l'cau bouillante. Supposons ensuite que par la pression des colonnesd'eau adjacentes, ou par les vapeurs qui s'élèvent du réservoir, les eaux remontent jusqu'à la hauteur de la partie infétieure du plateau d'où elles s'écoulent ensuite; elles formeront une source d'eau chaude imprégnée de substances solubles des couches qu'elle aura traversées ce qui donne une explicationvraisemblabledes eaux thermales.

LIVREIV. —CHAPITRE VIII.

285

il s'agit, que j'ai publiée en 1819dans le recueil de la Connaissance es d e Temps, t que M. Poissona confirméedepuis par une savante analyse, est représentée par une suite infinie de termes qui ont pour facteurs des quantités constantes successivementplus petites que l'unité, cl dont les exposants croissent proportionnellementau temps. La longueur du temps faitainsi disparaitrcces termesles uns après les autres, en sorte qu'avant l'établissement de la température finale, il n'y a de sensible qu'un seul de ces termes qui produit l'accroissementde températurc dans l'intérieur du globe.J'ai supposé la Terreparvenue ;1cet état, dont elle est peut-être encore fort éloignée. Mais, ne cherchant ici qu'à présenter un aperçu de l'influence de la diminutionde sa chaleur intérieure sur la durée du jour, j'ai adoplé cette hypothèse, et j'en ai conclu t'accroissement de la vitesse de rotation. Il fallait, pour réduire cet accroissement en nombres, déterminer numériquement deux constantes arbitraires, dépendantes l'une de la faculté conduetrice de la Terre pour la chaleur, l'autre de l'élévationde température de sa conchesuperficielle au-dessus de la température de l'espace qui l'environne.J'ai déterminéla première constante au moyen desvarialions de la chaleur annuelle à diversesprofondeurs, et, pour cela, j'ai fait usage des expériences de M. de Saussure, que ce savanta citées dans le n° 1422de son Voyage, dans les Alpes. Dans ces expériences, la vaà riation annuelle de la chaleur à la surface a été réduite à 1/12,la profondeur de 9m,6. J'ai suppose ensuite que, dans nos mines, t'accroissement de la chaleur est d'un degré centésimal pour un enfoncementde et que la dilatation linéaire des couches terrestres est de 1/100000 pour chaquedegré de température. Je trouve au moyende ces données que la durée du jour n'a pas augmente d'un demi-centièmede seconde centésimale depuis deux mille ans, ce qui est du principatement à la grandeur du rayon terrestre. A la vérité, j'ai supposela Terre homogène, et il esl incontestable que les densités de ses couchescroissent de la surfaceau centre. Mais on doit observer ici que la quantité de cbaleur et son mouvementseraient les mêmesdans une substance hétérogène, si, dans les parties

28G

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

des deux corps, lachaleur et la propriété de la conduire correspondants étaient les mêmes. La matière peut être ici considérée comme un véhiqui peut être le même dans des substances de densités différentes. Il n'en est pas ainsi des propriété dynamiques, qui de la masse des molécules. Ainsi nous pouvons, dans cet dépendent aperçu des effets de la chaleur terrestre sur la durée du jour, étendre à la Terre hétérogène les données sur la chaleur rotative à la Terre hode densité des couches du mogène. On trouve ainsi que l'accroissement sphéroïde terrestre diminue l'effet de la chaleur sur la durée du jour, effet qui, depuis seconde. Le terme Hipparque, n'a pas augmenté cette durée de 1/300de cule de la chaleur

dont dépend t'accroissement de la chaleur intérieure de la Terre n'ajoute pas maintenant un cinquième de degré à la température moyenne de sa surface. Son anéantissement, qu'une très longue suite de siècles d'êtres doit produire, ne fera donc disparaitre aucune des espèces du moins tant que la chaleur existantes, organisés actuellement du Soleil et sa distance à la Terre n'éprouveront point d'allé-

propre ration sensible. Au reste,

je suis fort éloigné de penser que les suppositions précédentes sont dans la nature; les valeurs observées des deux d'ailleurs, dont j'ai parlé dépendent de la nature du sol, qui dans diverses contrées n'a pas les mêmes qualités relatives à la chaleur. Mais l'aperçu que je viens de présenter suffit pour faire voir que les phénomènes observés sur la chaleur de la Terre peuvent se concilier avec le constantes de la théorie des inégalités que j'ai déduit de la comparaison séculaires de la Lune et des observations des anciennes éclipses, savoir résultat que, depuis Hipparque, la durée du jour n'a pas varié de 1/100 seconde. de Mais quel est le rapport de la moyenne densité de la Terre à celle d'une substance connue de sa surface? L'effet de l'attraction des mondu pendule et sur la direction du fil à plomb tagnes sur les oscillations la solution de ce problème intéressant. A la peut nous conduire les plus hautes montagnes sont toujours fort petites par rapport ;1 la Terre; mais nous pouvons approcher fort près du centre de Icur vérité,

LIVRE action,

IV.

— CHAPITRE

VIII.

287

et cela, joint à la précision des observations doit modernes, Les montagnes très élevées du Pérou rendre lcurs effets sensibles. semblaient propres à cet objet; Uougucr ne négligea point une obserdans son voyage entrepris pour la mesure des vation aussi importante, degrés du méridien niques et creux à raison trouve beaucoup moindre que celui auquel on devait s'attendre la diminution de la pcde leur grosseur. Cependant il a été sensible; sanleur au sommet du Pichincha aurait été 0,00149, sans l'attraction de la montagne, et elle n'a été observée que de 0,00118; l'effet de la déviation du fil à plomb par l'action d'une autre montagne a surpassé 20". M. Maskctync a mesure, depuis, avec un soin extrême un effet semblable il en produit par Faction d'une montagne d'Écosse; que la moyenne densité de la Terre est environ double de cette et quatre ou cinq fois plus grande que cette de l'cau de la montagne, résulte commune. rentes Cette curieuse observation mérite d'être dont la constitution intérieure montagnes cette densité par l'attraction de deux globes Cavendish a détermine d'un grand diamètre, el qu'il est parvenu à rendre senmétalliques Il résulte de ses expéau moyen d'un procédé fort ingénieux. riences que la densité moyenne de la Terre est à cette de l'eau à fort peu près dans le rapport de 11 à 2, ce qui s'accorde avec le rapport d'observations et d'expéaussi bien qu'on doit t'attendre précédent, sible riences aussi délicates. sur le niveau de la mer autour de la Terre un ici quelques considérations Je vais présenter de ce niveau. Imaginons et sur les réductions fluide très rare, répétée sur diffésoit bien connue. à l'équateur. Mais ces grands corps étant volcal'effet de leur attraction dans leur intérieur, s'est

partout de la même densité, très peu élevé, mais qui telle serait à fort peu cependant embrasse les Irlus hautes montagnes réduite h sa moyenne densité. L'Analyse fait près notre atmosphère des deux surfaces de la mer et de ce voir que les points correspondants En prolongeant fluide sont séparés par le même intervalle. donc, par la pensée, la surface de la mer au-dessous des continents et de la surface du fluide, de manière que les deux surfaces soient toujours sépa-

288

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

rées par cet intervalle, elle sera ce que je nomme niveau de la mer. C'est l'elliplicité de ces deux surfaces que les mesures des degrés déterminent c'est encore la variation de la pesanteur à la surface du fluide suppose,' qui, ajoutée à l'ellipticité de celle surface, donne une somme constante égale 5/2durapport de la force centrifuge à la pesanteur ;1 l'équateur. C'est donc à cette surface, ou à la surface de la mer prolongée comme on vient de le dire, qu'il faut rapporter les mesures des degrés et du pendule, observées sur les continents. Or on prouve du point du confacilement que la pesanteur ne varie sensiblement, au point correspondant de la surface du fluide supposé, qu'à raison de la distance de ces deux points, lorsque la pente jusqu'à la mer est On ne doit donc, dans la réduction de la longueur du peu considérable. tinent pendutc au niveau de la mer, avoir égard alors qu'à la hauteur audessus de ce niveau têt que nous venons de le définir. Pour rendre cela sensible l'Analyse recouvert par les résultats du calcul dans un cas que j'ai soumis à ('), concevons que la Terre soil un ellipsoïde de révolution en partie par la mer, dont nous supposerons la densité très

du petite par rapport à la moyenne densité de la Terre. Si l'ellipticité sphéroïde terrestre est moindre que celle qui convient à l'équilibre de la mer recouvrira terrestre sa surface supposée fluide, t'equateur jusqu'à une certaine latitude. Les degrés mesurés sur les continents, et augmentés dans le rapport de leur distance à la surface du fluide suppose, le rayon terrestre étant pris pour unité, seront ceux que l'on La longueur du pendule à secondes, dimià nuée suivant le double de ce rapport, sera cette que l'on observerait cette même surface, et l'ellipticité déterminée par la mesure des degrés en retranchant sera la même que l'on obtiendrait dc du rapport de mesurerait ;1cette surface, à la pesanteur à l'équateur, l'excès de la pesanteur la force centrifuge polaire sur la pesanteur équatoriale prise pour unité de pesanteur. la théorie précédente Appliquons à Jupiter. La force centrifuge, due au mouvement de rotation de cette planète, esl à fort peu près 1/12 de la (1) Livre XI du Traité de Mécaniquecéleste.

LIVRE
pesanteur trième homogène, petit seraient leur En à la ticité de ces axe, à son satellite on pris donc rapport le supposant surface, observée, couches déjà par son équateur, à son

IV.
du

— CHAPITRE
moins donnée de la de a 9,43; dont être si l'on dans son

VIII.
la II. en distance Si Jupiter ajoutant ces les donc deux du

289
quaétait à son axes

adopte le Livre

centre, le diamètre de

aurait pour dans

équateur précédente; Suivant n'est

unité, le rapport de 10

fraction 10 à 9,06. Jupiter

observations. pas homogène. du centre

est

celui formé

de couches doit dans analogie, par les de ces

les densités comprise nous des

diminuent entremet prouve du

ellipticilé tombant et, par

5/48. L'ellipl'hétérogénéité sphéroïde et qui tera été

limites, celle mesures

couches du pendule,

restre, confirmée de

reconnue les inégalités

la Lune

dépendantes

de

l'aplalissement

la Terre.

OEuvres de L. — VI.

37

290

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CHAPITRE IX.
DE LA FIGURE DE L'ANNEA DE SATURNE

L'anneau de deux

de Salurne

est,

comme d'une anneaux

on

l'a vu très

dans

le Livre Ier,

formé

anneaux

concentriques ces

mince

épaisseur. autour simple de cette de

Par quel planète? leurs par Il

mécanisme n'est

se souticnnent-ils par la

pas probable car alors leurs

que ce soit parties

adhérence sollicitées la

molécules; l'action

voisines

de Saturne, se seraient insensible, de la nature des

toujours des

renaissante clui, que par

de la pesanteur, une dégradation

longue auraient

détachées fini point gères. par

anneaux, ainsi

se détruire,

tous pour

les ouvrages résister donc cela

qui

n'ont étran-

eu les forces Ces anneaux

suffisantes se mais d'un

a faction sans lcur effort supposer à leur vers

causes

maintiennent il faut axe afin pour

et par

les seules

lois de l'équilibre; de rotation le centre lancée autour de Saturne, par leur un force

un mouvement et passant soil par ba-

perpendicutaire que leur due pesanteur

plan

la planète

centrifuge homogène, quelle doit

à ce mouvemenl. répandu cn forme pour d'anneau qu'il soit de leur le centre autour en équipesande la

Imaninons de Saturne, libre leur planète la section trice. sidérable libre en vertu vers

fluide

et voyons

être

sa figure

de l'atlracliol et de leur un plan par voir à

mutuelle force

de ses molécules, centrifuge. Si par

Saturnc

on fait passer de l'anneau fait rapport

perpendieulaire est ce que

à la surface je nomme de l'anneau centre

de l'anneau, courbe est gènèrapeu con-

ce plan que,

L'Analyse par

si la largeur au

sa distance quand

de Saturne, est une

l'élluiellipse

du fluide

est possible

la courbe

génératrice

LIVRE

I.

CHAPITRE

IX.

291

dont le grand axe est dirige vers le centre de la planète. La durée de la rotation de l'anneau est à peu près la même que cette de la révolution d'un satellite à la distance du centre de mu cireulairement l'ellipse génératrice, tiers pour l'anneau ce résultat, et cette duréc intérrieur. est d'environ quatre heures et un

auquel j'avais du nuide subsisterait encore en supposant L'équilibre l'ellipse génératrice variable de grandeur et de position dans l'étendue de la circonférence de l'anneau, pourvu que ces variations ne soient sensibles beaucoup plus grandes que l'axe de la section Ainsi, l'anneau génératrice. peut être supposé d'une largeur inégale dans ses diverses parties; on peut même le supposera double courbure. qu'à dislances Ces inégalités sont indiquées par les apparitions de et les disparitions l'anneau de Saturne, dans lesquelles les deux bras de l'anneau ont elles sont même nécessaires pour présenté des phénomènes différents; maintenir l'anneau en équilibre autour de la planète; car, s'il était parfaitement semblable dans tontes troublé par la force la plus légère, et l'anneau finirait par se précipiter Les anneaux dont Saturne est environné son équilibre serait d'un satellite, telle que l'attraction sur la planète. sont, ses parties, des

Herschel a confirmé, été conduit par la théorie

par l'observation de la pesanteur.

des par conséquent, solides irréguliers d'une largeur inégale dans les divers points de leur en sorte que leurs centres de gravité ne coïncident circonférence, pas avec leurs centres de figure. Ces centres de gravité peuvent être considérés Saturne, comme autant de satellites, à des distances angulaires qui se meuvent autour du centre de des inégalités des anneaux et dépendantes égales aux vitesses de rotation de leurs

avec des vitesses anneaux respectifs.

On conçoit que ces anneaux, celle du Soleil et des satellites centre

sollicités

par par leur action mutuelle, de Saturne, doivent osciller autour du

de cette planète et produire ainsi des phénomènes de lumière, dont la période embrasse plusieurs années. On pourrait croire que, ces anneaux obéissant à des forces différentes, ils boivent cesser d'être dans un même plan; mais Saturne ayant un mouvement rapide de rotaliun,

292

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

et le plan de son équateur étant le même que celui de l'anneau et des six premiers satellites, son aclion maintient dans ce plan le système de ces différents corps. L'action du Soleil et du septième salellite nc fait que changer la position du plan de l'équateur de Saturne, qui, dans ce mouvemcnl, entraîne les anneaux et Ies orbes des six premiers satelliles.

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

293

X. CHAPITRE
DES ATMOSPHÈRES DES CORPS CÉLESTES.

Un fluide un corps, sphère.

rare,

transparent, sur autour

compressible lui, de est

et élastique,

qui enviroune son une est, atmopareille relativeA mesure il devient plus qu'il est

en s'appuyant Nous concevons dont

ce que l'on corps pour les

nomme céleste tous,

chaque

atmosphère, ment que plus moins au Soleil le fluide

l'existence,

vraisemblable indiquée s'élève ressort, qui par

et à Jupiter, atmosphérique de son mais,

observations. du corps,

au-dessus le dilate de et

rare,

en vertu

d'autant

comprimé;

si les sans

parties cesse que rapport dans

sa surface finirait par

extérieure se dissiper

étaient dans

élastiques, l'espace; diminue qu'il C'est

il s'étendrait il est doue dans un

nécessaire grand de qu'il rareté doit être

le ressort que lequel

du fluide qui

atmosphérique le comprime, soit sans ressort. et

un Illus état

le poids

existe clans

ce fluide

cet état

à la surface doivent rotation,

de l'atmosphère. prendre au à la longue corps un

Toutes même

les couches

atmosphériques angulaire de

mouvement car

commun les unes les ce qu'il

qu'elles les aulres

environnent; et contre lents parfaite que corps que

le frollement du corps

de ces couches doit accélérer jusqu'à

conlre

la surface

mouvements y ait eutrc dans des

les plus eux tous une ceux du

et retarder égalité.

les plus Dans

rapides,

ces changements, la somme multipliées centre

et généralement des produits respectivement de gravité reste toujours

l'atmosphère et de son décrivent

éprouve, atmosphère,

molécules par leurs

les aires rayons en

autour sur

de leur le plan

conrmun

vecteurs

projetés

de l'équateur,

la même

29i temps

EXPOSITON

DU SYSTÈME

DU MONDE.

donc que, par une cause quelconque, l'atégal. En supposant ou qu'une partie se condense la surmosphère vienne à se resserrer, face du corps, le mouvemcut de rotation du corps et de l'atmosphère en sera accéléré; car les rayons vecteurs des aires décrites par les molécules de l'atmosphère primitive devenant plus petits, la somme des produits de toutes les molécules par les aires correspondantes ne peut pas rester la même, ;1 moins que la vitesse de rotation n'augmente. de l'atmosphère, le fluide n'est retenu que par sa pesanteur, et la figure de cette surface est telle que la résultante de la force centrifuge et de la force attractive du corps lui est perpendieulaire. est aplatie vers ses pôles et l'enlléc à son L'atmosphère mais cet aplatissement a des limites et, dans le cas ou il est équateur; le ltlus grand, le rapport 1Il's axes du pôle et de l'équateur est celui de deux à trois. ne peut s'étendre à l'équateur L'atmosphère que jusqu'au point ou la force centrifuge balance exactement la pesanteur; car il est clair le fluide doit se dissiper. Relativement au Soleil, ce point est éloigne de son centre du rayon de l'orbe d'une planète qui fait sa révolution dans un temps égal à celui de la rotation du qu'au donc pas jusqu'à l'orbe de Merelle ne produit point la lumière zodiacale qui cure, et par conséquent D'ailleurs cette atparait s'étendre au delà même de l'orbe terrestre. mosphère, dont l'axe des pôles doit être au moins les deux tiers de celui L'atmosphère de son équateur, est fort éloignée d'avoir la forme lenticulaire donnent à la lumière zodiacale. observations Le point que les Soleil. solaire ne s'étend delà de cette limite A la surface extérieure

où la force centrifuge balance ta pesanteur est d'autant Irlus près du corps que le mouvement de rotation est plus rapide. Un concevant que l'almosplrère s'étende jusqu'à cette timitc et qu'ensuite à la surface du par le refroidissement de rotation deviendra de plus en plus rapide, et corps, le mouvement la plus grande limite de l'atmosphère se rapprochera sans cesse de son abandonnera donc successivement, centre. L'atmosphère dans le plan elle se resserre et se condense

LIVRE

IV. — CHAPITRE

x.

295

des zones fluides qui continueront de circuler de son équrteur, aulonr du corps, puisque leur force centrifuge est égale à leur pesanteur; mais cette égalité n'ayant point lieu relativement aux molécules de l'atelles ne cesseront point de lui apparmosphère éloignées de l'équateur, tenir. Il est vraisemblable que les anneaux de Saturne sont des zones pareilles, abondonnées par son atmosphère. Si d'antres corps circulent autour de celui que nous considérons, ou si lui-même circule autour d'un antre corps, la limite de son atmoest le point où sa force centrifuge, réunie :1 l'attraction des balance exactement sa pesanteur; ainsi, la limite de corps étrangers, de la Lune est le point où la force centrifuge due à son l'atmosphère sphère mouvement jointe à la force attractive de la Terre, est en avec l'attraction de ce satellite. La masse de la Lune étant de rotation,

équilibre de 1/75 celle de la Terre,

ce point est donc éloigné du centre de la Lune de 1/9 environ de la distance de la Lune la Terre. Si il cette distance l'atmosphère, primitive de la Lune n'a point été privée de son ressort, c'est elle se sera portée vers la Terre, qui a pu ainsi l'aspirer la cause pour laquelle cette atmosphère est aussi peu

peut-être sensible.

296

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

CIIAPITRE I. X
DU FLUX ET DU REFLUX DE LA MER.

Newton la mer, selle.

a donné,

le premier, à son reconnu

la vraie grand

théorie

du flux

et du reflux

de

en la rattachant Kep)cr avait du Soleil bien

principe

de la pesanteur des eaux

univervers tenil n'a dans et ses la phiprésente par avec absolu les sa de

la tendance mais, pour

de la mer

les centres dance

et de la Lune; nécessaires qu'un aperçu

ignorant la soumeltre

la loi de cette au calcul, Galilée, étonnement dans été

et les méthodes sur cet objet

pu donner ses Dialogues regrets losophie par de

fort vraisemblable. exprime son

sur le Système ce que cet aperçu,

du Monde, qui

lui semblait des

ramener eût et

naturelle tel diurnes autour molécule qu'il

les qualités que Kepler. que Soleil,

oceultes

anciens, le Ilux

un homme

Il exptiqua de dans

le reflux combinée

changements révolution chaque testable

la rotation produit Son

la Terre,

du

te mouvement lui parut tellcment

de la mer.

explication l'une

incondu système Les dél'exmouve-

la donna dont

comme

de Copernic, couvertes plication mcnt des

la défense ont qui

lui

des preuves principales suscita tant de persécutions. l'aperçu de Kepter, de l'équilibre

ultérieures de Galilée, fluides. de Newton

confirmé répugne

et détruit et du

aux

lois

La théorie mathématiques un qui tiun fluide prend du

parut

en 1687, naturelle. la Terre, où

dans

son ouvrage

des la mer

Principes comme et l'acd'un

de la Philosophie densité instant supposant que

Il y considère qu'il il serait que cette recouvre

de même à chaque Soleil. En

totalement, sous celle

la figure ensuite

en équilibre ligure est

LIVRE. —CHAPITRE
ellipsoïde détermine donné son dirige dans et de révolution, des axes rotation. vers quand grand le le dont deux le grand axes par axe le est même par de

XI.
dirigé procédé la force vers le Soleil, qui lui

297
il

le rapport te rapport des de

avait de étant la mer à midi et au

de la Terre Le grand

aptatic axe la plus

centrifuge aqueux

mouvement constamment chaque port, le cet

l'ellipsoide grande hauteur doit lieu

Soleil, Soleil est

de

à l'équateur, doit avoir

arrive au lever

à minuit; de

plus astre. la Il est

abaissement

coucher

Développons son équilibre.

manière visible de entier à ces point de ces gravité du

dont que, de

le si

Soleil le Soleil la Terre

agit

sur animait

la mer de les des

pour forces molécules eaux et

troubler égales de le et la re-

parallèles mer, couvrent des par Une que mais rn eaux la le

le centre système obéirait ne différence de de est serait

et

toutes et

sphérode d'un

terrestre mouvement cet équilibre l'inégalité du à que se trouve que à s'en cette le

qui

forces

commun, n'est de Soleil, se séparer donc leurs en

l'équilibre altéré directions. plus sa attirée surface; diminue, avec la Terre; le la que

troublé; forces placée elle par sa et

par

molécule le centre y

la mer, la Terre;

au-dessous tend pesanteur, ainsi

est de

elle demi-jour qui du

retenue après,

cette en

tendance opposition de mais donc que, encore la du est

cette alors plus

molécule faiblement tend attachée donc

Soleil, surface de par Soleil reslre, près la

l'attire globe l'y

centre

terrestre retient et fort de simple suffit la

séparer; est

la pesanteur diminuée distance globe à très sur position leur du terpeu les

la molécule l'attraction à la Terre la

force de

solaire, étant

il est grande

facile

s'assurer au ces de deux l'action dans action

relativement clans

rayon cas du toute pour

diminution Une

pesanteur décomposition

même.

Soleil autre troubler

molécules de cet astre

de la mer par redevient

pour à ces

faire

voir

que, son

rapport

molécules, après un s'élève

équilibre La ainsi. un loi

la même laquelle un et dont cerele le des

demi-jour. et s'abaisse dont soit de la égal la peut se détermine représente totale, la basse 38 c'estmer

suivant

le mer

Concevons demi-jour, à la

vertical, diamètre hauteurs

circonférence à la marée et J de

à-dire,

différence

pleine

OEuvres de L. — VI.

298 supposons

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

;1 partir du point le plus que les arcs de cette circonférence, bas, expriment les temps écoulés depuis la basse mer; les sinus verses a ces temps: de la mer, qui correspondent baigne en temps égal des arcs égaux de cette marées boivent

de ces arcs seront les hauteurs ainsi la mer, en s'élevant, circonférence. Plus une mer est vaste, être sensibles.

plus les phénomènes des Dans une masse fluide, les impressions

à la masse entière; que molécule se communiquent l'action du Soleil, qui est insensible sur une molécule isolée, produit sur l'Océan des effets remarquables. Imaginons un canal courbé sur le fond de la mer et terminé à l'une de ses extrémités par un tube vertical, passe par qui s'élève au-dessus de sa surface et dont le prolongement le centre du Soleil. L'eau s'élèvera dans ce tube par l'action directe de de ses molécules, et surtout par la l'astre qui diminue la pesanteur dans le canal, et qui toutes font un pression des molécules renfermées effort pour se réunir au-dessous du Soleil. L'élévation de l'eau dans le de la mer est l'intégrale de ces euorts cette intégral du canal augmente, infiniment petits; si la longueur sur un plus long espace et sera lrlus grande, parce qu'elle s'étendra parce qu'il y aura plus de différence dans la direction et dans la quanextrêmes seront animées. On voit tité des forces dont les molécules tube au-dessus du niveau naturel de l'étendue des mers sur le phénomène par cet exempte l'influence des marées, et la raison pour laclnelle le flux et le reflux sont insensibles dans les petites mers, telles que la mer Noire et la mer Cas-

que rèçoit chac'est par là que

pienne. La grandeur les ondulations

locales des marées dépend beaucoup des circonstances de la mer, resserrées dans un détroit, peuvent devenir

la réflexion des eaux par les côtes opposées peut les fort grandes; fort petites augmenter encore. C'est ainsi que les marées, généralement dans nos ports. dans les iles de la mer du Sud, sont très considérables Si l'Océan dans serait recouvrait ses mouvements celui du passage de révolution,' un sphérode l'instant aucune résistance, du Soleil au méridien et s'il n'éprouvait de la pleine mer ou inférieur;

supérieur

LIVRE mais font fort large terres; se la il n'en est pas ainsi

IV.— dans

CHAPITRE la nature, et marées de ces

XI. les circonstances dans variétés, fort à son des ports

209 locales même un les

varier

considérablement avoir une

l'heure juste avec les la

des idée mer

voisins.;Pour canal il est

imaginons loin dans

communiquant visible que

et s'avançant qui ont sa suite cesse et Ces qui lieu longueur, de qui

ondulations dans formée

emhouchure en sorte ondes que en leur à prépoints canal par eaux. des On

propageront figure de sa qui dans point mais plus s'appliquer semblables, ces se

successivement surface se sera

toute d'une sans

grandes parcourront

mouvëment, longueur chaque cédantes seront peut ondes observe elles Pauxis, là mer, L'action celui l'action sodes le rayon respondants De Dans hauteur grand que

renouvelleront d'un un flux du et flux

l'intervalle du les canal heures de

demi-jour. un reflux,

ondes suivront

produiront les que lois les d'un

retarderont Ce la surface que

à mesure nous et de de leur et

éloignés aux

l'embouchure. dont le toutes loin des dans Amazones,

disons s'abaisse leurs

fleuves, malgré dans fort

s'élève contraire près

mouvement les rivières les grands

ondes

embouchure; au détroit de

propagent dans elles de produit lunaire permet de la de de la sont la

fleures,

rivière encore Lune l'action est les plus

à quatre-vingts

myriametrcsdc

sensibles. sur la du mer Soleil y produit mais Le superposés mer soit la peu un il est ellipsoïde plus allongé, de en des semblable parce ces sorte que ellipque corà

puissante.

d'excentricité l'un à l'autre,

concevoir de la

surface leurs les les

demi-somme

rayons

surfaces. princillales deux aux au de j est grands instants lever et variétés axes de au du flux cl du reflux et et de des et le lieu la de plus la mer. grande le Dans axe lever la de et plus les l'elau

là naissent les syzygies, de la mer

coïncident, midi coucher lunaire mer a donc des

arrive a lieu axe

minuit astres. petit au mers; est le

abaissement le grand solaire des arrive basses astres, aux mers.

quadratures, lipsode coucher mer des

l'ellipsoïde la pleine le minimum cL de donc

coïncident et elle de

pleines et de elle

basse

instants En

midi

minuit, l'action

maximum par la

exprimant

chaque

astre

300 différence

EXPOSITION des deux demi-axes que,

nu

SYSTÈME

DU

MONDE. qui lui est évidemment l'excès la mer de ces

de son ellipsoïde, si le port sur est situé mer

proportionnelle, de la plus somme quadrature ces excès vation rapport quelques et demi sur tous actions. par haute

on voil mer

à l'équateur, syzygie

syzygie

la basse

exprimera haute

des actions

lunaircs basse n'est

et solaires,

et l'excès

de la plus

sur la plus Si le port le carré

mer quadrature pas à l'équateur, de sa latitude. syzygies celle

exprimera il faut On peut

la différence multiplier par

du cosinus des de marées

donc,

l'obserle de

des hauteurs de l'action

et quadratures, du Soleil. ce rapport au centre astre étant Newton

déterminer conclut

la Lune faites

observations à l'unité. ces effets,

à Bristol

que

est celui

de quatre

Les distances l'action

des astres de chaque

de la Terre influent réciproque au cube

de sa distance. Quant observe d'une à l'intervalle qu'il syzygie est des pleines dans mers les d'un syzygies, que à son dans jour à l'autre, croit en Newton allant il

le lrlus

petit

qu'il

à la quadrature lunaire,

suivante, et qu'il qu'à est

le premier dans il

octant la qua-

est égal drature; au jour Sa valeur pleines inférieur. Tels marées, Mais point Newton

à un jour qu'ensuite lunaire, moyenne mers que

maximum suivant il reprend qu'il

il diminue, et qu'enfin, est de un dans jour

l'octant

redevient

égal

la syzygie, lunaire,

son minimum. y a autant supérieur de et

en sorte au

passages

de la Lune

méridien

seraient, si le Soleil

suivant

la théorie

de Newton, dans

les

phénomènes de l'équateur. mers

des

et la Lune

se mouvaient que

le plan hautes

l'observation au moment attribue

a fait connaitre même ce retard encore exacte que, sans de

les plus mais

n'arrivent après. qui à

la syzygie,

un

jour

et demi de

au mouvement temps,

d'oscillation si l'action des

la mer, venait par

se conserverait cesser. action pleines plus La théorie fait voir

quelque

astres

des ondulations les circonstances avec avec ne peut la syzygie

de la mer produites accessoires, et que Ainsi les

cette

plus hautes mers les

mers

coïncideraient coïncideraient

les pleines leur retard

basses

la quadrature. être attribué

sur les lui

instants

de ces phases

à la cause

que

Newton

LIVRE IV.

— CHAPITRE

Xi.

301

ainsi que l'heure de la pleine mer dans chaque assigne: il dépend, accessoires. Cet exemple nous monlrc combien port, des circonstances on doit se défier des aperçus même les plus vraisemblables, quand ils ne sont point vérifies par une rigoureuse analyse. la considération de deux ellipsoïdes Cependant l'autre peut encore représenter les marées, pourvu l'un :1 superposés que l'on dirige le

solaire vers un Soleil fietif, toujours égalegrand axe de l'ellipsode ment éloigné du vrai Soleil. Le grand axe de l'ellipsode lunaire doit être pareillement dirigé vers une Lune fictive, toujours également éloignée de la véritable, mais à une distance telle que la conjonction des deux astres fictifs n'arrive Cette considoation se meuvent qu'un jour et demi après la syzygie. de deux ellipsoïdes, étendue au cas ou les astres inclinés

l'équateur, ne peut se concilier Si le port est situé elle donne, vers avec les observations. l'équateur, le maximum des marées, les deux pleines mers du malin et du soir à des astres; seuletrès peu près égales, quelle que soit la déclinaison ment l'action de chaque astre est diminuée dans le rapport du carre du à l'unité. Mais, si le port a une lalilude, ces cosinus de sa déclinaison et quand la déclinaison des astres est égale à l'obliquité de l'écliptique, la marée du soir à Brest serait environ huit fois plus grande que celle du matin. Cependant les observations très multipliées dans ce port font voir qu'alors deux pleines ces deux marées y sont presque égales, et que leur plus grande différence n'est pas un trentième de leur somme. Newton attribue la petitesse de celte différence à la même cause par laquelle il avait expliqué mers pourraient être fort différentes,

dans des orbes

de la syzygie, savoir au le retard de la plus haute mer sur l'instant une mouvement d'oscillation de la mer, qui, suivant lui, reportant grande partie de la marée du soir sur la haute mer suivanle du matin, rend ces deux marées presque égales. Mais la théorie des ondulalions de la mer fait voir encore que celle explication n'est pas exacte, et que, ne sans Ics circonstances les deux marées consécutives accessoires, seraient égales que dans le cas où la mer aurait partout la même

profondeur.

302

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

des Sciences proposa la cause flux et du En 1738, l'Académie du reflux de la mer pour le sujet du prix de Mathématiques qu'elle décerna en 1740. Quatre pièces furent couronnées les trois premières, fondées sur le principe de la pesanteur universelle, étaient de Daniel BerLe jésuite Cavalleri, auteur de la avait adopté le système des tourbillons. Ce fut le dernier quatrième, honneur rendu à ce système par l'Académie, alors qui se remplissait noulli, déjeunes géomètres dont les heureux travaux devaient contribuer si d'Euler et de Maclaurin.

puissamment au progrès de la Mécanique céleste. Les trois pièces qui ont pour base la loi de la pesanteur universelle sont des développements de la théorie de Newton. Elles s'appuient non seulement sur cette loi, mais encore sur l'hypothèse adoptée par ce grand géomètre, savoir que la mer prend chaque instant la figure où elle serait en équilibre sous l'astre qui l'attire. La pièce de Bernoulli est celle qui contient les développements les plus étendus. Bernoulli attribue, comme Newton, le retard des maxima etminima dratures, à l'inertie des marées sur les instants des syzygies des eaux de la mer, et peut-être, partie de ce retard dépend du temps que l'action de la Lune emploie à se universelle parvenir à la Terre. Mais j'ai reconnu que l'attraction transmet les corps célestes avec une vitesse qui, si elle n'est pas infinie, surpasse plusieurs millions de rois la vitesse de la lumière. et l'on sait que la lumière de la Lune parvient en moins de deux secondes à la Terre. D'Alembert, dans son Traité sur la cause générale des vents, qui des entre et des quaune ajoute-t-il,

en 1746, le prix proposé sur cet objet par l'Académie remporta, Sciences de Prusse, considéra les oscillations de l'atmosphère produites du Soleil et de la Lune. Un supposant la Terre par les attractions

privée de son mouvement de rotation, dont il jugeait la considération inutile dans ces recherches, et supposant l'atmosphère partout également dense cl soumise l'attraction d'un astre en repos, il détermina les oscillationsdc ce fluide. Mais lorsqu'il voulut traiter le cas ou l'astre la difficulté du problème le força de recourir, est en mouvement, pour

LIVRE IV. —CHAPITREXI.

308

le simplifier, à des hypothèsesprécaires, dontles résultats ne peuvent pas même être considérés comme des approximations. Ses formules donnent un vent constant d'orient en occident, maisdont l'expression dépend de l'état initial de l'atmosphère; or les quantités dépendantes de cet état ont du disparaître depuis longtemps, par toutes les causes qui retabliraient l'équilibre de l'atmosphère, si l'action des astres venait a cesser; on ne peut donc pas expliquer ainsi les vents alizés. LeTraité de d'Alembertest remarquablepar les solutions de quelques problèmes sur le Caleul intégral aux différencespartielles, solutions dont il fit, unan après, l'applicationla plus heureuse au mouvementdes cordesvibrantes. Lemouvementdes fluides qui recouvrent les planètes était doncun sujet presque entièrement neuf, lorsque j'entrepris en 1772 de le traiter. Aide par les découvertes que l'on venait de faire sur le calcul aux différences partielles et sur la théorie du mouvementdes fluides, découvertes auxquelles d'Alembert eut beaucoup de part, je publiai, de dans les Mémoires l'Académiedes Sciences pour l'année 1775, les équationsdifférentielles du mouvement des nuides qui, recouvrantla Terre, sont attirés par le Soleil et la Lune. J'appliquai d'abord ces équations au problème que d'Alembert avait tenté inutilement de résoudre, celui des oscillationsd'un nuide qui recouvraitla Terre, supposée sphérique et sans rotation, en considérant l'aslrc allirant en mouvementautour de cette planète. Je donnai la solution générale de ce problème,quels que soientla densité du fluideet son état initial, en que supposant 1 même chaque molécule fluide éprouve une résistance proportionncllc à sa vitesse, ce qui me fit voir que les conditionsprimitivesdu mouvementsont anéanties à la longue par le frottement et par la petite viscosité du fluide. Maisl'inspection des équations différentielles me fit bientôt rcconnaitrc la nécessitéd'avoir égard au mouvementde rotation de la Terre. Je considérai donc ce mouvement, et je m'attachai spécialementà déterminer les oscillationsdu fluide indépendantes de sonétat initial et les seules qui soient permanentes. Ces oscillations sont de trois espèces, Celles de la première espèce sont

304

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

du mouvement de rotation de la Terre, et leur détermiindépendantes nation offre peu de difficultés. Les oscillations dépendantes de la rolation de la Terre, et dont la période est d'environ un jour, forment la seconde espèce; enfin la troisième espèce est composée des oscillations dont la période est à peu près derabtcment les autres dans oscillations, exactement d'un consi-' demi-jour. Elles surpassent nos ports. Je déterminai ces diverses

dans les cas ou cela se peut, et par des approximations très convergentes dans les autres cas. L'excès de deux pleines consécutives l'une sur l'autre, dans les solstices, mers dépend des oscillations espèce. Cet excès, très peu sensible à Brest, y serait fort grand suivant la théorie de Newton. Ce grand géomètre et ses successeurs comme je l'ai dit, cette différence entre attribuaient, leurs formules et les observations à l'inertie des eaux de la mer. Mais de la mer. l'Analyse me lit voir qu'elle dépend de la loi de profondeur Je cherchai done la loi qui rendrait nul cet excès, et je trouvai que la de la mer devait être pour cela constante. En supposant profondeur ensuite la figure de la Terre cllipique, ce qui donne pareillement à la mer une figure elliptique d'équilibre, je donnai l'expression générale des inégalités de la seconde espèce, et j'en conclus cette proposition de l'axe terrestre sont les savoir, que les mouvements remarquable, que si la mer formait une masse était contrairc à l'opinion des géomètres, bert, qui, dans son important ouvrage sur avait avancé que la fluidité de la mer lui mêmes solide avec la Terre; et spécialement la précession des équinoxes, ôtait toute influence sur ce ce qui de d'Alemde la seconde

la condition généMon analyse mc fil encore rcconnaitrc phénomène. de la mer. Les géomètres, en consiratc de la stabilité de l'équilibre avaient dérant l'équilibre d'un fluide placé sur un sphéroïde elliptique, un peu sa figure, il ne tendait à revenir à remarque qu'en aplatissant son premier état que dans le cas ou te rapport de sa densité à celle du de 5/3,et ils avaicnl fait de cette condition sphéroïde serait au-dessous de l'équilibre du fluide. Mais il ne suffit pas dans cette recherche de considérer un état de repos du fluide, très voisin de initial il faut supposer à ce fluide un mouvement l'état d'équilibre; celle de la stabilité

LIVRE IV.
quelconque le mouvement le très petit, reste problème de causes que grands, oscillations que mouvement de vents du est d'un alizés. baromètre demi-millimètre, les de et toujours sous la ce Terre quelconques, quantités si cette de attractions constant Les déterminer

— CHAPITRE
la condition

XI.
nécessaire limites. je de état la trouvai mer, d'équilibre, que pas l'Océan et de la les remplie. qu'elle Lune que ne l'on écarts ce pour En que, fluide, ne

305
que envisi la dés'en pourEnfin recouvre, peuvent observe je

contenu point de

dans vue

d'étroites général,

sageant densité rangé, écartera raient déterminai et je

moyenne par des

surpasse de très condition l'atmosphère du d'orient oscillations de petites

celle son

jamais être fort les trouvai le le la nom hauteur

petites, n'était sur Soleil en de

mais

produire sous dans à

occident, l'atmosphère

produisent donl l'attention l'étendue des

oscillations, et qui méritent

l'équateur

observateurs. Les de recherches les surface la mer, du et précédentes, observations sphérode l'on sent quoique des terrestre que les marées régulière grandes le L'expérience des marées au variétés des calcul ne difficulté au dues le et La utile milieu aux des sont du ports ces pas fort générâles, dans nos et irrégularités mouvement montre, des en sont ports. recouvcrlc de encore Elles loin supentièrecette eaux effet, surdont que dans très rapparce el empênommouvement propres attractions des causes que de en 39 la ces faire du à

représenter la par doivent n'est circonstances hauteurs Il les est el qu'en

posent ment face elle les les

modifier partie

considérablement recouverte. produisent heures de dont le seraient, Cependant, de forces de sur pas ces la moins problèmes, les la mer, elles des soumettre dépendent l'extrême

accessoires dans impossible les

considérables même variétés, connues,

prochés. que quand cherait breuses conserve indiquer Soleil à leurs et

circonstances même de du le elles résoudre.

problème

modifications ce rapports loi des rapports naturelle l'existence on peut

mouvement avec la nature la Lune n'est des les

circonstances, des la de la

qui forces mer.

produisent à vérifier

de ell'ols

recherche dans soit lois

ces

Philosophie vérifier effets;

solution causes,

directe soit OEuvres pour de L.

pour de leurs

déterminer — VI.

306 souvcnt heureux Dans être

EXPOSITION usage, el clic est,

DU SYSTÈME ainsi que le

DU MONDE. calcul des probabilités, humain. qui peut un

supplément la question

à l'ignorance présente, je suis

et à la faiblesse parti du principe

de l'esprit suivant,

utile

dans d'un ont

d'autres système disparu

occasions de corps, par dans lequel les conditions primitives éprouve, du est

L'état mouvement périodique

les résistances

que ce mouvement ce système. par une force

comme conclu

les forces qui animent que,

De là j'ai exprimée temps, croissant le signe

si la mer est sollicitée d'un angle qui croil

périodique. au angle sous

par

le cosinus un

proportionnellement par le cosinus d'un

il en résulte de la même cosinus

flux partiel, mais de très

exprime dont

manière,

la constante peuvent

renfermée être,

et le coefficient accessoires,

ce cosinus

en vertu dans

des circonstances l'expression L'expression développée autant

différents déterminés

des mêmes constantes que

de la force, des dans actions une série qui,

et ne sont du Soleil

par l'observation. peut être

et de la Lune de pareils

sur la mer cosinus.

convergente par

De In naissent des petites que l'on les les

de flux partiels, s'ajoutent un port. le Livre

le principe pour ce point

de la coexistence former de le flux total

oscillations, observe marées diverses produit dans dans

ensemble C'est sous

vue que j'ai Pour lier chaque

envisage entre nux dans elles

IV de la Mécanique des flux partiels, d'un astre j'ai

céleste.

constantes par l'action

considéré

connue le plan sont par du de propre les des étaient prode la

qui se meut

uniformément

de l'équateur; dus à l'action

les flux dont d'astres (tout

la période

est d'environ propre

un demi-jour est fort lent l'angle

le mouvement de

rapport cosinus rotation de l'astre, flux

au mouvement qui exprime

de rotation faction plus d'un

la Terre,

et comme

de ces astres un multiple des

est un multiple du mouvement

de la Terre,

ou moins

et que d'ailleurs astres auraient leurs que

les constantes les actions, mêmes

cosinus

qui expriment aux constantes propres à l'autre L'erreur

de deux

rapports

cosinus égaux,

qui expriment j'ai supposé

si les mouvements varient d'un astre

les rapports

portionnelement

à la différence

des mouvements

propres.

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

XI. sensible

307 sur les

cette hypothèse, s'il y en a une, n'a point d'influence résultats de mes calculs. principaux

Les plus grandes variations de la hauteur des marées dans nos ports sont dues à l'action du Soleil et de la Lune, supposés mus uniformément dans leurs orbites et toujours à la même distance de la Terre. Mais, pour avoir la loi de ces variations, nière il faut combiner les observations de maque toutes les autres variations C'est ce que l'on obtient en considérant au-dessus tures, des basses mers voisines, de leur résultat.

disparaissent les hauteurs dans

des pleines mers les syzygies ou les quadra-

prises en nombre égal vers chaque équinoxe et vers chaque solstice. Par ce moyen, les flux indépendants de la rotation de la Terre et ceux dont la période est d'environ un jour disparaissent, ainsi que les flux produits par la variation de la distance du Soleil à la Terre. En considérant doublant variation trois syzygies l'intermédiaire, de la distance ou trois quadratures et en consécutives, on fait disparaître les flux que produil la de la Lune, parce que, si cet astre est périgée

dans l'une des phases, il est à peu près apogée dans l'autre phase, et la est d'autant plus exacte que l'on emploie un plus grand compensation nombre d'observations. Par ce procédé, l'influence des vents sur le résultat presque nulle; car, si le vent élève la hauteur d'une pleine mer, il élève à peu près autant la basse mer voiC'esl sine, et son effet disparait dans la différence des deux hauteurs. ainsi qu'en ne présente combinant les observations de manière qu'un seul élément, on parvient ment tous les éléments des phénomènes. L'Analyse des probabilités fournit pour obtenir ces éléments une méthode plus sûre encore et que l'on peut désigner par le nom de méthode la plus avantageuse. Elle consiste à former entre les éléments y a d'observations. nombre On réduit, autant de condition qu'il d'équations les règles de cette méthode, le en que l'on détermine C'est parce procédé que M. Bouet la que leur ensemble à déterminer successivedes observations devient

de ces équations résolvant les équations ainsi réduites. vard a construil ses excellentes d'Uranus. Mais les observations

par à celui des éléments

de Jupiter, de Saturne des marées étant loin d'atteindre J

Tables

308

EXPOSITION

DU SYSTÈME astronomiques,

DU MONDE. le très grand nombre errcurs se compensent de

précision des observations celles qu'il faut employer

ne pour que leurs permet pas de leur appliquer la méthode la plus avantageuse. Sur l'invitation de l'Académie des Sciences, on fit. au commencement marées du dernier pendant siècle, dans six années le port de Brest, des observations consécutives. C'est à ces observations, des

bliées par Lalande, que j'ai comparé, La situation de ce port est très favorable à ce genre d'observations. Il avec la mer par un vaste canal, au fond duquel on l'a communique construit. Les irrégularités du mouvement de la mer parviennent ainsi dans le port très affaiblies, à peu près comme les oscillations que le mouvement d'un vaisseau produit dans le baromètre sont irrégulier atténuées fait au tube de cet instrument. D'ailpar un étranglement leurs, telles les marées n'en sont étant considérables à Brest, les variations accidenfaible partie. Aussi l'on remarque dans les qu'une observations de ces marées, pour peu qu'on les multiplie, une grande régularité, que n'altère point la petite rivière qui vient se perdre dans la rade immense de ce port. Frappé de cette régularité, je proposai au Gouvernement servations d'ordonner des marées, Brest une nouvcllc suite d'obque l'on fit et qu'elle fut continuée au moins pendant une des nœuds de l'orbite !unairc. C'est ce que l'on observations datent du

pudans le Livre cité, mes formules.

période du mouvement a entrepris. Ces nouvellcs née jour, 1806, et depuis sans interruption. quinze années suivantcs. tout ce qui intéresse raison de mon analyse

Ier juin de l'ancette époque elles ont été continuées chaque On a considéré celles de l'année 1807 et des

Je dois au zèle infatigable de M. Bouvard pour l'Astronomie les calculs immenses que la compaavec les observations

a exigés. Il y a employé Pour avoir les haulcurs des pleines mers près de six mille observations. et lcur variation, est proporqui près du maximum et du minimum tionnelle au carré du temps, on a considéré vers chaque équinoxe et vers chaque solstice noxe ou le solstice syzygie intermédiaire, trois syzygies consécutives, entre lesquelles l'équiétaient compris; on a doublé les résultats de la pour détruire les effets de la parallaxe tunairc.

LIVRE IV. —CHAPITRE XI.
On a pris dessus jour dans chaque mer syzygie du la hauteur du jour jours près de la pleine qui qui précède la suivent, de cet mer du soir de la basse même matin la syzygie, parce que

309
audu le

de la syzygie des marées

et des quatre tombe a peu

maximum

au milieu

intervalle.

Les observations lrlus une sûres somme

de ces hauteurs, exactes. des

faites

pendant pour

le jour, des dans aux des et de

Cil deviennent seize les années syzygies solslimers

et lllus des

On a fait jours somme les maxima

chacune

hauteurs pareille

correspondants relativement des soit hauteurs solsticialcs, L'inspection

équinoxiales ciales, près de et l'on des

et une

syzygies pleines

en a conclu soit près

syzygies

équinoxiales, de leurs

les variations ces hauteurs d'observations

ces hauteurs

maxima. la régularité

et de leurs dans le port les

variations de Brest. quadratures, que soir

montre

de ce genre

Dans seule basse suivent. nimum zygies intervalle Toutes naisons lues des

on a suivi a pris l'excès

un

procédé

semblable, mer du matin trois jours

avec

la

différence mer du

l'on du

de la haute

sur la qui la misypetit

jour

de la quadrature des marées lapide quadratures que

cl des

L'accroissement étant à partir beaucoup de !cur

à partir des

de leur marées

plus

la diminution

maximum,

on a du restreindre au carré évidence

à un lllus du temps. des

la loi de variation ces hauteurs

proportionnelle avec non

montrent

l'influence sur

déeliabsoet

du Soleil marées,

et de la Lune, mais encore avaient

seulement variations. en doute

les hauteurs

sur leurs révoqué

Plusieurs celle

savants,

spécialement qu'au attachés lieu

Lalande, de considérer

influence,

parce

un grand

ensemble isolées,

d'observations, par l'effet vers

ils s'étaient de causes

à quelques s'était

observations élevée

où la mer, hauteur des

accidentelles, Mais l'application

à une

grande

les solstices. aux résulde d'un

la plus suffit astres

simple pourvoir est

du Calcul que

probabilités

lais de M. Bouvard la déclinaison grand nombre des

la probabilité et bien

de l'influence à celle doute. maxima suivent

immense

supérieure aucun

de faits des

sur lesquels des

on ne se permet marées près

On a conclu, leurs minima,

variations dont

de leurs

et de les

l'intervalle

ccs maxima

et ces

minima

310 syzygies demi

EXPOSITION et les quadratures, peu près, ce qui m'ont

I)U SYSTÈME et l'on a trouvé

DU MONDE. cet intervalle d'accord le Livre aux avec d'un jour et

à fort

est parfaitement donne dans

ce que les

observations celeste. maxima des siècle, Le

anciennes même accord

IV de la Mécanique grandeurs des de ces

a lieu et par ces

relativement rapport aux

et de ces millima, à partir retrouvée dépend des de

variations que

hauteurs après un

marées s'est

points,

en sorte

la nature, dont

conformé constantes

à elle-même. renfermées

L'intervalle sous dus

je viens cosinus du Soleil des forces au mo-

de parler dans

les signes aux actions

les expressions

des deux

flux principaux correspondantes par

et de la Lune. sont ment qu'un le flux mum hantes d'un arrive différemment

Les constantes modifiées le flw après deux On se

de l'expression accessoires solaire, chaque ainsi retard

les circonstances précède lunairc le flux

de la syzygie, jour et demi ces

lunaire que, flux le flw

et ce n'est jour sur

retardant et produisent

solaire, des marées.

coïncident une

le maxides palus

formera

idée

juste

du

marées méridien

sur un

l'instant canal

de la syzygie, à l'embouchure et emploie

si l'on duquel

conçoit la plus

dans haute

le plan marée parvenir a lieu un dans acle

au moment

de la syzygie,

un jour

et demi semblable

au port situe dans

a l'extrémité qui l'aelion

de ce canal. multiplient des celeste de des astres

Une modification les cosinus, sur

les constantes dans

cl il en résulte J'ai donné

croissement Livre ment, quoique point ment

la mer.

IV de la Mécanique que j'avais trouvé

le moyen

de reconnaitre

cel accroisseanciennes; mais. sur qu'un ce élé-

1/10par marées des

les observations quadratures syzygies, grand l'existence

les observations avec aussi les observations délicat exigeait

s'accordassent j'avais nombre dit

marées plus

un bien ont à fort

d'observations.

Les calculs et l'ont porté

de M. Bouvard à un quart

confirme peu près

de cet accroissement La détermination des marées dont dépen-

pour la Lune.

de ce rapport les rapports dent de

est nécessaire véritables

pour

conclure du Soleil des

des observations et de la Lune équinoxes des

des actions de la procession En corrigeant dus

les phénomènes l'axe terrestre,

et de la nutation astres sur ta mer on trouve, de en

les actions

leurs

accroissements

aux circonstances

accessoires,

LIVRE IV.

CHAPITRE XI.

311

secondes sexagésimales, 9",4 pour la nutation,6", 8 pour l'équation lunaire des Tables du Soleil, cl la masse de la Lune /75de celle de la 1 Terre. Ces résullats sonl à très peu près ceux que donne la discussion des observations astronomiques.L'accorddes valeurs obtenues par des moyenssi divers est bien remarquable. C'est en comparant à mes formulcs les maxima et les minima des hauteurs observéesdes marées que les actions du Soleil et de la Lune sur la mer el leurs accroissementsont été déterminés. Lesvariations des hauteurs des marées près de ces points en sont une suite nécessaire; en substituant donc les valeurs de ces actions dans mes formules, on doit retrouverafort peu près les variations observées. C'est ce que l'on retrouve en effet. Cet accord est une grande confirmation de la loi de la pesanteur universelle. Elle reçoit une nouvelle confirmation des observationsdes marées syzygiesvers l'apogée el vers le périgée de la Lune. Je n'avais considère, dans l'Ouvrage cité, que la différencedes hauteursdes marées dans ces deux positions de la Lune. lei je considère de plus la varialion de ces hauteurs à partir de leurs maxima, et sur ces deux points mes formules représentent les observalions. Les heures des maréeset leurs retards d'un jour à l'autre offrentles mêmesvariétés que leurs hauteurs. M.Bouvarden a formédes tableaux pour les maréesqu'il avait employées dans la détermination des hanteurs. On y voit évidemment t'influence des déclinaisonsdes astres et de la parallaxe lunaire. Ces observations, comparées à mes l'ormulcs, offrent le même accord que les observationsdes hauteurs. On ferait sans doute disparaitre les petites anomalies que ces comparaisonsprésentent encore, en déterminant convenablement les constantes de chaque flux partiel; le principe par lequel j'ai lié entre elles ces constantesdiverses peutn'être pas rigoureusementexact. Peut-être encore les quantités que l'on néglige en adoptantle principe de la coexistence des oscillations deviennent sensibles dans les grandes marées. Je me suis ici contenté de noter ces anomalies )egcres, afin de diriger ceux qui voudront reprendre ces calculs, lorsquelesobservationsdes marées

312 que seront ne sont modifier

EXPOSITION l'on continue assez point les à Brest,

DU SYSTÈME et qui pour erreurs sont

DU MONDE. à l'Observatoire que Mais, porter ces royal, anomalies que loin de les

déposées ta certitude observations.

nombreuses dues principes aux

donner des fait

avant plus

dont j'ai

usage,

il faudra

approximations Enfin j'ai

analytiques. considère les le flux dont la période hautes est mers d'environ et de deux solsticiales; maximum dans un jour. basses j'ai le

En comparant mers consécutives

différences dans

de deux

un grand de ce flw

nombre et l'heure

de syzygies de son près,

déterminé port

la grandeur J'ai trouvé

de Brest.

1/3 de mètre, à fort peu le temps dont

pour sa grandeur, à Brest, l'heure ne soit du pas

de et 1/10 jour maximum 1/10 de ralriccs bien deur dans verte deur

environ

pour

il précède,

de la marée du deux les On où par était

semi-diurne. flux flw

Quoique

sa grandeur cependant

la grandeur de ces différemment des marées. même

semi-diurne, à peu près

les forces ce qui montre sur considère

génécom-

sont

égales,

circonstances n'en sera point

accessoires surpris,

influcnl si l'on

la granque,

le cas

la surface la mer,

de la Terre le flux diurne

serait

régulière

et recousi la profon-

entièrement de la mer

disparaîtrait

constante. accessoires semi-diurnes il n'y sont dans a chaque l'équateur. de Tonquin, peuvent encore faire très disparaître dans

Les circonstances un lités port les inégalités Alors astres du

et rendre jour qu'une C'est et dans

sensibles marée, qui l'on

les inegadisparait à

diurnes. les

lorsque Batsbam, du Sud.

ce que quelques

a observé îles de la mer

port

royaume

J'observerai, à la mer où l'on entière observe de

relativement

à ces circonstances, à des causes douter,

que les unes très par éloignées exemple,

s'étendent du que port les par

et se rapportent les marées;

on ne peut

ondulations

l'océan

Atlantique

et de la mer qui s'étend

du Sud, d'un port

réfléchies plc

la côte orientale n'aient une

de l'Amérique, influence

presque du

à l'autre, C'est qui de

grande

sur

les

marées

de Brest.

principalement sont à peu près

de ces circonstances les mêmes dans nos

que dépendent porls. Tel

les phénomènes parait être le retard

LIVRE

IV.

CHAPITRE la des observe peu la latitude dépend et distants du de même

XI.

313 circonstances détroits hauteurs eux. le rapport De là voisins, et il les suit

la plus

plus

haute rapprochées les des flux force à peut de ce

marêe du

sur port,

l'instant telles que des ports avec puisqu'il fort éloignées, que

de que l'on

syzygie. côtes

D'autres ou entre entre port, flux à un le des les

produisent heures qu'un parla pondants On deur Les termes leurs Mais ne

différences dans n'a le point,

marées, partiel qui des donc flux.

indiqué corres-

produit,

semblables autre signe

latitudes

hémisphère. et la gran-

déterminer

par

l'observation

phénomènes du distances la Lune est de soient car développement à la

des

marées, de

dont l'action seuls de divises

je

viens des astres, l'on Terre la

de

parler, divises

dépendent par le cuhe

des de

Terre,

les

que la par résultats des de

ait pour quatrième d'un

consillérés que les puissance grand

jusqu'ici. termes de d'obnombre des de sa

assez son

rapprochée action,

l'expression distance, servations; des observations

sensibles on sait, supplée moindres On peut par

dans la

les théorie défaut que

nombre que le

probabilités, précision dont théorie, une dans grande des limites de Terre, la et fait

à leur

connaître observation le nombre

inégalités est susceptible.

beaucoup

les par acquérir

erreurs cette

chaque assigner

même, pour est des de des sa

d'observations l'erreur donc par fester M. la la du pensé quatrième dans Bouvard. distance lunes ne el résultat que

nécessaires obtenu l'influence puissance l'ensemble Les flux donnent celles puissance Ils jour; grande encore à Brest de L.— les produisent observations probabilité, sans est aucun plus VI. des

probabilité données. Lune, se

que J'ai divises manipar cube des de nou-

renfermée termes distance de

l'action à la

pourrait discutées

nombreuses aux différence lunes. la un distance flux, discutées l'existence doute que lorsque dont sous Mais

observations termes entre ceux divises les qui une période ce de l'action sa ce de déclinaison point flux la

correspondants aucune pleines de

par marées ont pour

le

velles la ces tiers avec blissent la mer

diviseur entre un

quatrième marées. de une

mettent la

différence est de d'environ vue indiquent. Elles pour australe 40

partiel. Lune est

élaélever que

grande

OEuvres

314 lorsqu'elle lunaire

EXPOSITION est boréale, divisés par par

DU SYSTEME être

DU MONDE. dû qu'aux termes de l'action

ce qui ne peut

la quatrième que

puissance la recherche et les actions à l'impossibilité et

de la distance. des rapports du Soleil généreux et de la Lune entre sur

On voit

cet exposé des

les phénomènes la mer supplée différentielles pour grales; unique déterminer il en résulte cause

marées

heureusement de ce mouvement les fonctions une certitude

d'intégrer des données entrent dans

les équations nécessaires leurs ont intépour

l'ignorance qui

arbitraires entière

que ces astres,

phénomènes

l'attraction universelle. n'avait point

de ces deux

conformément

à la loi de

la pesanteur Si la Terre situé tion mer dans

de satellite nous l'heure,

et si son n'aurions, toujours s'élève. produit l'accord

orbe pour

était

circulaire

et l'ac-

le plan sur

de l'equateur, l'Océan, laquelle celle phases, que

reconnailre

du Soleil

la même, Mais l'action dans

de la pleine de la Lune, des va-

et la loi suivant

la marée du Soleil, et dont

en se combinant riétés ajoute inégalités deux que astres relatives une grande du

avec à ses

les marées les

avec

observations Toutes les

probabilité de

la théorie la déclinaison à un grand

de la pesanteur. et

mouvement, donnent a ainsi

de la distance

de ces

naissance fait connaitre que les

nombre mettent

de phénomènes, celle théorie des causes sur tous hors en

t'observation c'est

et qui variétés du Soleil

d'atteinte établissent suite

dans

l'aclion

l'existence.

L'action

et de

la Lune par

la mer, les phédes ;1

nécessaire célestes, elle

de l'attraction étant confirmée

universelle directement doute. sur

démontrée par

nomènes marées,

les phénomènes maintenant

ne doit d'évidence

laisser qu'il

aucun existe

Elle cet

est portée un

un tel degré entre dans les

objet

accord

unanime verses avec p!us

savants

instruits et dans

de ces phénomènes la Mécanique lJne longue pour suite rectifiera

et suffisamment en saisir les rapports encore

la Géométrie

la loi de préciscs fixera mènes marées

la pesanteur. que celles

d'observations, les éléments

qui ont été faites, qui sont dans

déjà connus, des phénoLes

la valeur jusqu'ici ne sont

de ceux

incertains les

et développera des

enveloppés pas moins

erreurs

observations. que

intéressantes

à connaitre

les inégalités

LIVRE IV. CHAPITRE I. X 315 des mouvements célestes. On a négligé pendant longtemps de les suivreavecune exactitude convenable,à causedesirrégularités qu'elles présentent; mais ces irrégularités disparaissent en multipliant les ohservations; leur nombre ne doit pas même être pour cela fort considérable à Brest, dont la position est très favorable l'observationde ces phénomènes. Il me reste à parler de la méthode déterminer l'heure de la made rée à un jour quelconque. Chacunde nos ports peut être considère, à cet égard, commeétant à l'extrémité d'un canal à l'embouchureduquel les marées partielles arrivent au moment mêmedu passage des astres au méridien, et emploient unjour et demi à parvenir à son extrémité, supposée plus orientale que son embouchure d'un certain nombre d'heures ce nombreest ce que je nommeheure fondamentale port. du On peut facilement la conclura de l'heure de l'établissement du port. en considérant que celle-ci est l'heure de la marée, lorsqu'elle coincide avec la syzygie. Le retard des marées d'un jour à l'autre étant alors de 2705s,ce retard sera de 3951spour un jour et demi; c'est la quantité qu'il faut ajouter à l'heure de l'établissement, pour avoir l'heure fondamentale.Maintenant,si l'on augmente les heures des marées à l'embouchure de quinze heures, plus l'heure fondamentale, on aura les heures des marées correspondantesdans le port. Ainsile problème se réduit à déterminer les heures des marées dans un lieu dont la longitude est connue, en supposantque les maréespartielles arrivent à l'instant du passage des astres au méridien. L'Analysedonne, pour cet objet, desformules très simples et facilesà réduire en Tables. Les grandes marées ont souvent produit, dans les ports et sur les côtes, de fâcheux effets, que l'on aurait prévenus, si l'on avait été d'avanceaverti de la hauteur de ces marées. Les vents peuvent avoir sur ces phénomènesune influence considérable, qu'il est impossible de prévoir. Maison peut prédire aveccertitude l'influencedu Soleil et de la Lune, et cela suffit le plus souvent pour se mettre ;1l'abri des accidents que les hautesmaréesdoiventoccasionner,lorsquel'impulsiondes vents se joint à l'action des causes régulières. Pour faire jouir les dé-

316

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

des Longiparlements maritimes de ce bienfait des sciences, le Bureau tudes publie chaque année, dans ses Éphémérides, le tableau des marées syzygies,en prenant pour unité leur hauteur moyenne dansles syzygiesdes équinoxes. J'ai insisté particulièrement sur le fluxet le reflux de la mer, parce qu'il est de tous les effets de l'attraction des corps célestes le plus près de nous et le plus sensible; d'ailleurs, il m'a paru très propre montrer commenton peut rcconnaitrc et déterminer par un grand nombre d'observations, même peu précises, les lois et les causes des phénomènes dont il est impossible d'obtenir les expressionsanalytiques par la formationet l'intégration deleurs équations différentielles. Tels sont les effetsde la chaleur solaire sur l'atmoshlrcrc,dans la production des vents alizés et des moussons, et clans les variations régulières, soit diurnes, soit annuelles, du baromètre et du thermomètre.

LIVRE CHAPITRE IV. XII.

317

CHAPITRE XII.
DE LA STABILITÉ DE L'EQUILIBRE DES MERS.

Plusicurs de Terre, quelquefois qu'elle les tend

causes agitent sorlir

irrégulières, la mer,

telles

que les vents à de grandes

et les tremblements hauteurs, et la font nous montre et sans

la soulèvent

de ses limites. son état genre

Cependant, d'équilibre,

l'observation

à reprendre de Soleil tout

et que les frottements par l'y ramener,

résistances du ou

Uniraient Cette dans

bientôt tendance le Livre peut

l'action ferme bililé lieu, que quelle

cl de la Lune. dont on a parlé d'un système

constitue III.

l'équilibre la sta-

stable,

On a vu que absolue, elle

de l'équilibre quel relative espèce que

de corps qu'il de son

être

ou avoir peut n'être De les

soit le petit

dérangement de la nature

éprouve éllranlenlcnt des mers? avec une des

et dépendre est

primitif. C'est ce que certitude; que

la stabilité

de l'équilibre apprendre infinie

observations car, céan tendre cause quoique éprouve vers

ne peuvent dans par son

pas nous

entière

la variété l'action

presque des causes on

ébranlements il paraisse cependant un ébranlement en plus

l'O-

irrégulières peut craindre

toujours qu'une qui,

état

d'équilibre, ne vienne

extraordinaire dans

à lui communiquer augmente

peu considérable au-dessus nomènes conditions d'examiner cet objet stable, des plus d'Histoire

son origine, montagnes,

de plus

et l'élève phéles et

hautes

ce qui expliquerait

plusieurs de rechercher

naturelle.

Il est donc intéressant absolue dans que

nécessaires si ces à l'Analyse,

à la stabilité conditions

de l'équilibre la nature. En

des mers, soumettant

ont lieu assuré

je me suis est moindre

l'équilibre densité

de l'Océan de la Terre,

est ce

si sa deusité

que la moyenne

31H

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

qui est fort vraisemblable; caril est nature) de penser que ses couches sont d'autant plus denses qu'elles sont plus voisinesde son centre. On a vu d'ailleurs que cela est prouve par les mesures du pendule et des des degrés des méridiens, el par l'attraction observée montagnes. La mer est donc dans un état ferme d'équilibre, et si, commeil est difficile d'en douter, elle a recouvertautrefois des continents, aujourd'hui tort élevésau-dessusde son niveau, il faulen chercherla cause ailleurs que dans le défaut de stabilité de son équilibre. L'Analysem'a fait voir encore que cette stabilité cesserait d'avoir lieu, si la moyennedensité de la mer surpassait celle de la Terre, en sorte que la stabilité de l'équilibre de l'Océan et l'excès de la densité du globe terrestre sur celle des eaux qui le recouvrentsontliés réciproquement l'un à l'autre.

LIVREIV.

CHAPITRE XIII.

3H1

CHAPITRE XIII.
DES OSCILLATIONS DE L'ATMOSPILÈRE.

Pour moshpère, assujettie tent vents peu leurs

arriver qui des

à l'Océan, l'action doit par conséquent

du Soleil en

et de la Lune éprouver

traverse cl

l'alêtre

t'influence

mouvements périodiques

semblables dans

à ceux la hauteur sont

de la mer. du

De là résulet des sont d'ailpas d'un

des variations dont

baromètre, Ces vents atmosphère n'est

la direction

et l'intensité

périodiques. dans une

considérables fort agitée

et presque l'étendue

insensibles

des oscillations même ou elle est

du baromètre la plus grande. céleste,

millimètre, J'ai toutes donné, ces

à l'équateur dans

le Livre et j'ai

IV de la Mécanique provoqué qu'il sur semble cet objet le plus

la théorie des

de ob-

variations, C'est

l'attention convenable

servateurs. ver lcs sont

à l'équateur dans

d'obserelles causes v

variations

la hauteur mais

du baromètre; les

non

seulement dus aux

les plus

grandes, y sont

encore petits.

changements comme les hauteurs accroitre

irrégulieres accessoires nos ports,

les plus

Cependant,

les circonstances des marées les oscillations du baromètre, dans de

augmentent elles peuvent que

considérablement semblablement les variations assureur est directe produit du Soleil

l'atmosphère,

ainsi

correspondantes par les observations. par les trois causes sur

et il est intéressant

de s'en

Le flux atmosphérique première la seconde mobile par vant est l'action est

suivantcs l'atmosphère

la

et de la Lune périodique

l'élévation la figure forces

et l'abaissement troisième varie enfin

de l'Océan,

base

de l'atmosphère; donll:1

est l'attraction Ces trois et de la Lune,

de ce fluide causes elles dériont,

la mer, des

périodiquement. du Soleil

mêmes

altraelives

320 ainsi ment que

EXPOSITION leurs effets, sur est donc lui,

DU SYSTÈME les mêmes périodes fondé aux

DU que

MONDE. ces des forces, marées. conforméLe flux

au principe

lequel

j'ai

ma théorie toisque flux de la

atmosphérique il est, par comme

soumis

mêmes de deux

le flux de l'Océan produits, La période et celle sur du l'un du flux ;1 est guider petites le les

la combinaison l'autre est par d'un

partiels Lune.

l'action

du Soleil,

l'action

flux atmosphérique lunaire Brest est étant d'un triple double

solaire demi-jour de celle

demi-jour L'action le flux

solaire,

lunaire. du Soleil,

de la Lune lunaire

la mer

atmosphérique doivent nous d'aussi

au moins dans

du flux solaire. des observations la manière

Ces considérations propres

le choix

à déterminer pour qui

quantités, plus qn'il

et dans est

de les combiner des causes

se souslrairc, produisent

possible, du

à l'influence baromètre. on observe,

grandes Depuis royal,

variation plusieurs

années,

chaque

jour,

à l'Observatoire à 9 heures et à 9 heures sexadu

les hauteurs du matin,

du baromètre à midi, faites observateur, a indiquer

et du thermomètre, après midi

gésimales soir. toutes grand sible. résultats L'excès Ces par

à 3 heures avec

observations, le même propres avec

les mêmes sont, par

instruments leur précision

et presque et par s'il leur

nombre, On voit

le flux

atmosphérique, diurne du baromètre pour observée,

est sendans les

évidence

la variation un seul hauteur la plus du petite, par six

de ces de la Itlus

observations; grande sur

mois

suffit

la manifester. qui répond du soir, observa-

baromètre qui répond

a 9 heures est lions à Paris faites

du malin, de 8/10de chaque du

à 3 heures moyen des

millimètre, pendant

le résultat années

jour baromètre heure,

consécutives. redevenant avec par chaque jour diurne faites

La hauteur la même qu'it

duc au flux solaire ce flux se confond être distingue

à la même

la variation

modifie,

et il n'en royal.

peut Il n'en

les observations

à l'Observatoire dues

est pas ainsi se réglant heures dont sur

des hauteurs les heures qu'après de parler,

barométriques lunaires, un ne rededemi-mois de favo-

au flux lunaire, les mèmes Les en

et qui, aux

viennent d'intervalle. demi-mois

mêmes

solaires

observations sont

je viens

comparées la plus

demi-mois,

disposées

de la manière

LiVRE IV.
rable ce flux pour arrive vers Ce il variations Mais, dans arrivée, de soit de de délicats doit faire de de midi de la le 3 flux indiquer à 9 le heures du flux du soir.

— CHAPITRE XIII.
Si, le jour par de exemple, la aura syzygie, lieu diurne second, du flux pas sa grandeur de chaque faire ces jour, usage phases du et le du la le maximum son jour premier différence atmosphéheures et 9 du l'heure heures soit des de minimum de la de

321
de

lunaire. malin Le donc

arrivera drature. jours; ces rique. lin son matin, syzygie, servations nombre aussi On

heures augmentera la Ic

contraire la diurne variation du

quaces de

diminuera sera

variation double de faut, les de ce

la

grondeur flux n'arrivant

lunaire à 9

maximum il

made du la ob-

syzygie, employer et la

pour

déterminer

observations du On soir, peut ou qui

barométriques faites également suivent à de la l'année. sans quantité que Plus est faites baromètre

de

3

heures

quadrature. qui el les une précèdent faire

jours jours, toutes ici rcconnailrc grandes

même

concourir

détermination

d'éléments

observations remarque une variations aussi du de

importante, petite baromètre. ces varialions

laquelle le les flux

il

serait

impossible au sont presque et dans milieu

lunaire.

observations il même est jour presque l'effet variations près, les en quoi-

rapprochées, nul le sur courl assez un

moins résultat

l'effet conclu de lenteur Voilà six

sensible; le varie

d'observations heures. ne pas le le Le

inlcrvalle de

toujours des diurnes qu'il moyennes si l'on y causes

avec

pour pourquoi est de toujours plusieurs

troubler résultat même millimètres à

sensiblement moyen fort dans années, des peu

régulières. de ait chaque des absolues comparait la année différences

hauteurs sorte que. d'une année, même

barométriques hauteur moyenne diurne à la véritable. de une On ne les

des moyenne de 3 heures

diverses de 9 du

heures soir d'une

du

matin autre

année on d'uu de jour, ainsi que aurait

à

la une

hauteur variation

souvent Il déduire entre

très importe

fautive, rlonc,

quelquefois pour faites nombre le au de flux moins 41 J

saigne très et petites de

contraire quantités, prendre

déterminer le même valeurs lunaire à trois

d'observations un grand déterminer chaque jour,

moyenne

obtenues. par un système de I..

peut

conséquemment faites

d'observations VI.

OEurrer

322 heures

EXPOSITION différentes, a bien du jour qui

DU

SYSTÈME au système sur ses

DU MONDE. suivi registres à l'Observatoire. les observations quadrajours le

conformément voulu même ces relever

M. Bouvard barométriques turc, qui Ier du jour les suivent.

de chaque phases les et

syzygie

et de chaque et second écoulées

précède Elles

des premier années

embrassent Ier octobre de midi

huit

depuis

octobre

1815 jusqu'au du matin,

t833.

J'ai employé du soir; pour

les obscrvalions je n'ai point le plus des conqu'il trois

de 9 heures sidère est

et de 3 heures du soir,

les observations I'intervalle heures

de 9 heures des

diminuer

possible

observations. plus et,

D'ailleurs, aux étant

celles heures éclairé qui peut disparait.

premières que celles mierc

ont été faites du soir,

exactement le baromètre

indiquées par la luvcnir de

de 9 heures dans

du jour

ces premières dont

heures.

la difl'érence sont éclairés

la manière parant qui

diverse

les instrumentes tes résultats jours, je

En com-

à mes

formules

de ces

nombreuses

observations pour et un la

correspondent du flux

à 1584 lunaire

trouve 1/18 de et trois le jour

millimètre heures

grandeur pour l'heure ici

atmosphérique, du soir, fait sentir de les

tiers

de son maximum surtout que se

de la syzygie. d'employer de la manière un très

C'est grand

la nécessité combiner pour

nombre

d'observations, et d'avoir des résultats lacluelle des causes une

la plus

avantageuse, que t'crreur sans

méthode

déterminer dans

la probabilité d'étroites lois souvent analytique limites, de la naen Médes

obtenus on est

est renfermée à présenter ce qui est dans ma

méthode ture

exposé

comme arrivé Théorie j'ai

les cncts J'ai

irrégulières, celle méthode aux diurne

téorologie. probabilités, anomalies ne peut

donne

En l'appliquant de la variation pas, sans

observations, du baromètre,

déterminé reconnu les le /lux

la loi des que l'on

et j'ai attribuer

quelque

invraisemblance, senles; il est diurne dans

résultats lunaire l'augce flux en plus sur l'at-

précédents atmosphérique mente dans

à ces

anomalies

probable dans des

que

diminue les

la variation mais

les syzygies, telles

qu'il que

quadratures, la bailleur monture à Paris.

limites

ne fait pas varier ou en moins, mosphère

du baromètre combien Quoique peu ces

de 1 18 de millimètre l'action résultats de la Lune aient

ce qui

est sensible

été conclus

LIVRE

IV.

— CHAPITRA

XIII.

323

de 4752 observations, la méthode dont je viens de parler fait voir que, pour leur donner une probabitite suffisante et pour obtenir avec exacil titude un aussi petit élément que le flux lunaire atmosphérique, L'un des principaux avanfaut ennuoyer au moins 40000 observations. tages de cette méthode est de faire connaître jusqu'à quel point on doit multiplier les observations pour qu'il ne reste aucun doute raisonnable sur leurs résultats. Il résulte mètre de la loi des anomalies de la variation diurne du baro-

il laquelle je suis parvenu qu'il y a unc probabilité égale à 1/2 ou de un contre un que la variation diurne de 9 heures à 3 heures du soir sera constamment positive par le résultat moyen de chaque mois J'ai prié M Bouvard d'exade 3o jours pendant 75 mois consécutifs. des 72 mois des six années écouIer janvier 1823, et d'où il a lées depuis le Ier janvier 1817 jusqu'au conclu la variation diurne moyenne égale à 0mm,801. Il a trouvé le résultat le plus probable, savoir, mois a toujours été positive. Quelle est sur le flux lunaire que la variation l'influence moyenne de chaque mincr si cela est arrivé pour chacun

respective des trois causes du flux atmosphérique à que j'ai citées? Il est difficile de répondre celte question. Cependant le peu de densité de la mer, par rapport a la un effet senmoyenne densité de la Terre, ne permet pas d'attribuer sible au changement de sa figure. Sans les circonstances périodique l'effet direct de l'action de la Lune serait insensible sous accessoires, il est vrai, une grande inunence sur la hauteur des marées dans nos ports; mais le fluide atmosphérique étant répandu autour de la Terre beaucoup moins irrégulièremcnt que la mer, leur influence sur le flux atmosphérique doit être nos latitudes. Ces circonstances ont, me que sur le flux de l'Océan. Ces considérations du flw lunaire atmosphépostent à regarder comme cause principale l'élévation et l'abaissement de rique, clans nos climats, périodiques la mer. Des observations faites chaque jour, dans les barométriques beaucoup ports ou la marée s'élève curieux de Météorologie. à une grande hauteur, cclairciraienl ce point moindre

324 Nous

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

produit stant d'orient entre

ici que l'attraction du Soleil et de la Lune ne remarquerons ni dans la mer ni dans l'atmosphère aucun mouvement conen occident; celui que l'on observe sous le nom de vents alizés, l'atmosphère a donc une autre dans

les tropiques, cause voici la plus vraisemblable. Le Soleil, que nous supposons, pour plus de simplicité, de l'équateur, y raréfie par sa chaleur les colonnes d'air an-dessus de leur véritable niveau; elles doivent donc

dans le plan et les élève retomber par de l'at-

leur poids, et se porter vers les potes dans la partie supérieure mais en même temps il doit subvenir dans la partie infémosphère rieure un nouvel air frais qui, arrivant des climats situés vers les Il s'établit ainsi pôles, remplace celui qui a été raréfié à l'équateur. deux courants d'air opposés, l'un dans la partie inférieure et l'autre dans la partie supérieure de l'atmosphère; or la vitesse réelle de l'air, duc à la rotation de la Terre, est d'autant moindre qu'il est lrlus près du pôle; il doit donc, en s'avançant vers l'équateur, tourner plus Icntement que les parties correspondantes de la Terre, et les corps placés à la surface terrestre boivent le frapper avec l'excès de leur vitesse et en éprouver, une résistance à leur moucontraire par sa réaction, vement pour l'observateur qui se croit immobile, l'air parait souffler dans un sens oppose ;1 celui de la rotation de la Terre, c'est-à-dire d'orient en occident c'est en effet la direction Ainsi, des vents alizés. Si l'on considère tontes les causes de l'alqui troublent l'équilibre duc à sa fluidité et à son ressort, l'insur son élasticité, quantité enfin alternativement, l'immense de rotation

mosphère, sa grande mobilité Hucncc du froid et de la ehaleur

de vapeurs dont elle se charge et se décharge les changements que la rotation de la Terre produit dans la vitesse rotative de ses molécules par cela seul qu'elles se déplacent dans le sens des méridiens, on ne sera point étonné de la variété de ses mouvements, qu'il sera très difficilc d'assujettir à des lois certaines.

LIVRE

IV.

CHAPITRE

XIV.

325

CHAPITRE XIV.
DE LA PRÉCESSION DES ÉQUI\0\ES DE LA ET TERRE.. DE LA NUTATION DE L'AXE

Tout aux

est lié dans les du

la nature,

et ses qui

lois générales les plus ses

enchantent disparates: et cet donne de au

les uns ainsi aplatissenaissance la pesanla

autres

phénomènes

semblent l'aplatit

rotation ment,

sphéroïde avec des

terrestre l'action équinoxes, du

pôles,

combiné

Soleil qui, avoir

et de la Lune, avant la découverte rapport

à la procession teur diurne universelle,

ne

paraissait

aucun

mouvement

de la Terre. que on diamètre sphère celte peut planète alors égal et dout soit un sphéroide comme et d'un épaisseur peuvent entre elles homogène étant formée renflé d'une qui reà

Imaginons son eqnateur: d'un celte

la considérer des pôles,

sphère couvre du

à l'axe

ménisque est

la lrlus de

grande

à l'équateur regardées leurs les

sphéroïde. autant dans

Les molécules de petites un temps lunes

ce ménisque

être

comme révolutions nœuds du

adhérentes à celui doivent de l'orbe en

et faisant de la Terre; par

égal

de la rotation donc lunaire, vertu de qui rétrograder

de

toutes comme il doit

leurs

orbites

l'action

Soleil,

les nœuds se

et de ces la liaison fait

mouvements de tous ces ses à

rétrogrades corps, points un

composer, dans

mouvement

le ménisque, mais elle

rétrograder adhérant rétrograde, de donc, t'cquatem par

d'intersection qu'il là, est

avec

l'écliplique; partage avec

ce ménisque, mouvement

la sphère qui, avec par

recouvre,

son

considérablement c'est-à-dire

ralenti; les équinoxes

l'intersection doivent

l'écliptiquè,

l'action

3326

EXPOSITION

DU SYSTÈME rétrograde.

DU MONDE. Essayons d'en approfondir situé dans le

du Soleil, avoir un mouvement les lois et la cause. Pour cela considérons l'action

du Soleil sur un anneau

Si l'on imagine la masse de cet astre distribuée plan de l'équateur. uniformément sur la circonférence de son orbe, supposé circulaire, il est visibvle que l'action de cet orbe solide représentera l'action moyenne élevés audu Soleil. Celle action sur chacun des points de l'anneau dessus de l'écliplique étant décomposée en deux, l'une située dans le à ce plan, il est facile plan de l'anncau et l'autre perpendiculaire voir que la résultante de ces dernières actions, rotatives à tous au même lrlan et placée sur le diamètre points, est perpendiculaire à la ligne de ses nœuds. L'action de l'orbe l'anneau perpendiculaire laire sur la partie de l'anneau inféricure blement une résultante perpendiculaire dans de ces de so-

à l'écliptique produit semblaau plan de l'anneau et située

du même diamètre. Ces deux résultantes la partie inférieure en le faisant mouvoir l'anneau de l'écliptique, tendent à rapprocher à l'écliptique diminuerait sur la ligne de ses nœuds; son inclinaison donc par l'action moyenne du Soleil cl ses nœuds seraient fixes, sans 1 mouvement de rotation de l'anncau en même temps que la Terre. une inclinaison constante à fectiptique. du Soleil clans un mouvement rétrograde ces nœuds donne une variation à l'inclinaison qui, sans la constance que nous supposons Mais ce mouvement conserve ici tourner à l'anneau

et change l'effet de l'action des nœuds; il fait passer à et il lui, serait dans l'inclinaison, qui serait changement, de manière le diamètre dans les nœuds. Pour infinide ses à la quelqui doit faisons varier que les plans

la raison de ce singulier ment peu la siluation de l'anneau, deux positions se coupent suivant concevoir ligne des nœuds.

On peut décomposer, conque. le mouvement de chacun de ses points en deux, l'un subsister seul dans l'instant suivant, fautrc perpendiculaire de l'anneau ces seconds rieure

perpendiculaire à la fin d'un instant

au plan de il est clair que la résultante et qui doit être détruit; mouvement relatifs à tous les points de la partie supésera perpendiculaire à son plan et placée sur le dia-

de l'anneau

LIVRE mètre

IV. — CHAPITRE

XIV.

337

ce qui a également lieu par que nous venons de considérer, Pour que celte résultante rapport ;1 la partie inféricure de l'anneau. soit délruite en par l'action de l'orbe solaire, et a lin que l'anneau, vertu de ces forces, soit en équilibre autour de son centre, il faut qu'elles soient contraires et que leurs moments par rapport à ce point soient égaux. La première de ces conditions exige que le changement de position supposé à l'anneau soit rétrograde; la seconde condition la quantité de ce changement et par conséquent la vitesse du mouvement de ses nœuds. Il est aisé de voir que cette rétrograde à la masse du Soleil, divisée par le cuhe vitesse est proportionnelle détermine de sa distance à la Terre et multipliée par le cosinus de l'obliquité de

l'éclilptique. Le plan de l'anneau, suivant un diamètre

dans deux positions consécutives, à la ligne des nœuds, perpendiculaire

se couplant il en résulte

est constanlc l'inde ces deux plans à l'écliptique que l'inclinaison clinaison de l'anneau ne varie donc point par l'action moyenne du Soleil. Ce que l'on vicnt de voir relativement à un anneau, l'Analyse le démonture par rapport un sphéroïde quelconque peu différent d'une moyenne du Soleil produit dans les écluinovcs un sphère. L'action à la masse de cet astre, divisée par le cube proportionnel de l'éclipde sa distance et multipliée par le cosinus de l'obliquité tique. Ce mouvement est rétrograde quand te sphéroïde est aplati à ses du sphéroïde; mais l'inelipôles; sa vitesse dépend de l'aplatissement mouvement de l'équateur à l'éclipiquc reste toujours la même. L'action de la Lune fait pareillement rétrograder tes nœuds de l'écluateur terrestre sur le plan de son orbite; mais, la position de ce plan et son inclinaison à l'équateur variant sans cesse par faction du Soleil, el naison le mouvement des nœuds de l'équateur sur l'orbite lunaire, rétrograde au cosinus de celle produit par l'action de la Lune, étant proportionnel en le supposant ce mouvement est variable. D'ailleurs, inclinaison, uniforme, vement il ferait varier, rétrograde suivant ta position de l'orbite lunaire, le moudes équinoxes et l'inclinaison de l'équateur à l'é-

328

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

eliptique. Uncalcul assez simple suffit pour voir que. de faction de la Lune, comlrinécavec le mouvementdu plan de son orbite,il résulte 10un moyen mouvementdans les équinoxeségal à celui que cet astre produirait,'s'il se mouvait sur le plan même de l'écliptique; 2° une inégalité soustractive de ce mouvement rétrograde et proportiolinelle au sinus de la longitude du nœud ascendant de l'orbite lunaire; 3° une diminution dans l'obliquité de l'éctiptique, prbportionnelle cosinus au du même angle. Ces deux inégalitéssont représentéesà la fois par le mouvementde l'extrémité de l'axe terrestre prolongé jusqu'au ciel, sur une petite ellipse, conformémentaux lois exposées dans le Chapilre XII'du Livre 1er,le graud axe de cette ellipse étant à son petit axe comme le cosinus de l'obliquité de l'écliptique est au cosinus du double de cette obliquité. On conçoit, par ce qui vient d'être dit, la cause de la précession des équinoxeset de la nulation de l'axe terrestre; mais un calcul rigoureux et la comparaisonde ses résultats avec les observations sont la pierre de touched'une théorie. Celle de la pesanteur est redevable à d'Alembert de l'avantage d'avoir été ainsi vérifiée relativement aux deux phénomènesprécédents. Ce grand géomètre a détermine le premier, par une très belle méthode, le mouvementde l'axe de la Terre, en supposant aux couches du sphéroïde terrestre une figure et une densité quelconques; et non seulemcnl il a trouvé des résullals conformes aux observations: il a de plus fait connaitre les vraiesdimensions de la petite cllipse que décrit le pôle de la Terre, sur lesquelles les observations de Bmdley laissaient quelque incertitude. Son Traité de la prècessiondeSéquinoxes,qui parut un an et demi alrès la découvertede Bradley sur la nutation de l'axe terrestre, n'est pas moins remarquable dans t'histoire de la Mécanique que cette découverte dans les annalesde l'Astronomie. Lesinfluences d'un astre sur le mouvementde l'axe terrestre et sur celui des mors sont proportionnellesà la massede l'astre divisée par le cube de sa distance à la Terre. La nutalion de cet astre étant uniquement due à l'action de la Lune, tandis que la procession moyennedes

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

XIV.

329

équinoxes est le résiillat des actions réunies de la Lune et du Soleil, il est visible que les quantités observées de ces deux phénomènes doivent donner le rapport de ces actions. En supposant, avec Bradley, la des équinoxes de 154",4, et l'étendue entière de égale à 55",G, on trouve l'action de la Lune à très peu près double 'de celle du Soleil. Mais une légère différence dans l'étendue de la nutation en produit une considérable dans le rapport des acprccession la nutation lions de ces deux astres. les plus précises donnent 58",02 pour cette étendue, d'où résulte 1/75 pour le rapport de la masse de la Lune à celle de la Terre. Les observations Les phénomènes de la procession nouvelle lumière sur la constitution nent une limite de l'aplatissement il en résulte que cet aplatissement et de la nutation une répandent ils donterrestre; annuelle

et elliptique, n'est pas au-dessus de 1/247,7,ce qui est conforme aux expériences du pendule. On a vu, dans le Chapitre VU, du rayon du sphéroïde terrestre des qu'il existe dans t'expression et sur la longnenr du pendule, tenues qui, peu sensibles en eux-mêmes les degrés des méridiens de la figure ellipentièrement des valeurs de la précestique. Ces termes disparaissent sion et de la nutation, et c'est pour cela que ces phénomènes sont écartent très sensiblement d'accord concilie dule avec les expériences donc les observations L'existence du pendule. de la parallaxe lunaire, et les phénomènes de ces termes celles du pende la préces-

du sphéroïde de la Terre, supposée

et des degrés des méridiens, sion et de la nutation. Quelles diverses lion,

que soient la figure cl la densité que l'on suppose aux couches de la Terre, qu'elle soit ou non un solide de révolu-

pourvu qu'elle diffère peu d'une sphère, on peut toujours assiavec lequel la précession et la gner un solide elliptique de révolution de Bouguer dont nutalion seraient les mêmes. Ainsi, dans l'hypothèse on a parlé dans le Chapitre VII et suivant laquelle les accroissements des degrés la latitude, élait à la quatrième puissance du sinus de les mêmes que si la Terre ces phénomènes sont exactement et un ellipsoïde d'une elliplicité égale il 1/183, l'on vicnl de voir que proportionnels 42 sont

OEuvres e L.— VI d

330 les observations

EPOSITION

DU SYSTÈME

nu

MONDE.

ne permettent pas de lui supposer une elliptieité plus donc avec celles du concourent grande que 1/247.7; ces observations pendule à faire rejeter cette hypothèse. On a supposé, dans ce qui précède, que la Terre est entièrement mais cette planète étant recouvote en grande partie par les eaux de la mer,3 leur action ne doit-elle pas changer les phénomènes de la précession et de la nutation? C'est ce qu'il importe d'examiner. solide; Les eaux de la mer cédant, en vertu de leur fluidité, aux attractions du Soleil et de la Lune, il semble an premier coup d'œil que leur réacles mouvements de l'axe de la Terre; qui se sont occupés après lui de ils sont même partis de négligée;

tion ne doit point influer sur aussi d'Atembert et tous les géomètres ces mouvements l'ont entièrement

là pour concilier les quantités observées de la procession et de la nutation avec les mesures des degrés terrestres. Cependant un plus profond examen de cette matière nous montre que la fluidité des eaux pas une raison suffisante pour négliger leur effet sur la procession des équinoxes; car, si d'un côté elles obéissent à l'action du Soleil n'est et de la Lune, d'un aulre côté la pesanteur les ramené sans cesse vers l'état d'équilibre et ne Icur permet de faire que de très petites oscillaet leur pression sur tions il est donc possible que, par leur attraction elles rendent, au moins qu'il en recevrait, s'assurer, par un raisonnement en partie, si elles venaient à à fort du

le sphéroïde qu'elles recouvrent, l'axe de la Terre les mouvements se consolider.

On peut d'ailleurs simple, que leur réaction est du même ordure que l'action Soleil et de la Lune sur la partie solide de la Terre. Imaginons

directe

que cette planète soit homogène et de même densité que la mer; supposons, de plus, que les eaux prennent à chaque instant la ligure qui convient il l'équilibre des forces qui les animent. Si dans ces hypothèses la Terre devenait tout à coup entièrement fluide, elle conserverait ment la même figure, et toutes ses parties se feraient mutuellel'axe de rotation n'aurait donc aucune tendance it se équilibre; et il est visible que cela doit subsister encore de cette masse formerait, en se consolidant, dans le cas où le sphérode

mouvoir, une partie

LIVRE IV.

— CHAPITRE

XIV.

331

que recouvre la mer. Les hypothèses précédentes servent de fondement aux théories de Newton sur la figure de la Terre et sur le flux et le reil est assez remarquable que, clans le nombre infini de celles que l'on peut faire sur les mêmes objets, ce grand géomètre en ait choisi deux qui ne donnent ni précession ni nutatio-n, la réaction des eaux détruisant alors l'effet de l'action du Soleil et de la Lune sur le noyau terrestre, quelle que soit sa figure. Il est vrai que ces deux et surtout la dernière, ne sont pas conformes il la nahypothèses, ture; mais on voit a priori que l'effet de la réaction des eaux, quoique différent de celui qui a lieu dans les hypothèses de Newton, est cependant du même ordre. Les recherches donné de la mer m'ont que j'ai faites sur les oscillations le moyen de déterminer cet effet de la réaction des eaux dans flux de la mer;

hypothèses de la nature; elles m'ont conduit à ce théorème remarquable, savoir que, quelles que soient la loi de la profondeur de la mer et la figure du sphéroïde qu'elle recouvre, les phénomènes de la prècession et de la nutation masse solide avec ce sphéroïde. Si le Soleil moyenne que l'action terrestre, minution sont lcs mêmes que si la mer formait seuls serait sur la Terre, constante; une

Il's véritables

et la Lune agissaient de l'écliptique a l'équateur

l'inclinaison mais on a vu

des planètes change continuellement et qu'il en résulte dans son obliquité

la position de l'orbe sur l'équateur une di-

par tontes les observations anciennes et modernes. La même cause donne aux équinoxes un mouvement annuel direct de ainsi la précession annuelle o",9659; produite par l'action du Soleil et de la Lune est diminuée de cette quantité par l'action des planètes, confirmée et, sans cette action, elle serait de 155",5927. Ces effets de l'action des de l'aplatissement du sphéroïde terrestre; planètes sont indépendants mais l'action du Soleil et de la Lune sur ce sphéroïde doit les modifier et en changer les lois. Rapportons à un plan fixe la position de l'orhe de la Terre et le Il est clair que l'action du Soleil mouvement de son axe de rotation. produira dans cet axe, en vertu des variations de l'écliptique, un mou-

332 vouent

EXPOSITION d'oscillation

DU SYSTÈME

DU MONDE.

avec cette différence que, analogue à la nutation, la période de ces variations étant incomparablement plus longue, que cette des variations du plan de l'orbe lunaire, l'étendue de l'oscillation

dans l'axe de la Terre est beaucoup plus grande que correspondante celle de la nutation. L'action de la Lune produit dans ce même axe une oscillation semblable, parce que l'inclinaison moyenne de son orbe sur celui de la Terre est constante. combinant donc, avec l'action Le déplacement de l'écliptique, du Soleil et de la Lune sur la Terre, en se

une variation dans son obliquité sur l'équâtcur, ende ce qu'elle serait en vertu de ce déplacement seul; l'étendue d'environ tière de cette variation serait, par ce déplacement, 12°, et l'action du Soleil et de la Lune la réduit du mouvement à peu près à 3°. La variation causes, des équinoxes, produite par les mêmes la durée de l'année tropique dans les différents siècles.

produit très différente

change Cette durée diminue

ce qui a lieu augmente, quand ce mouvement 13' qu'au et l'année actuelle est plus courte d'environ présentement, Mais cette variation dans la longueur de l'année temps d'Hipparque. par l'action du Soleil et de la qui sont encore restreintes terrestre. L'étendue de ces limites serait d'enviLune sur le sphéroïde ron 5005 par le déplacement 1205 par cette action. seul de l'écliptique, et elle est réduite à

a des limites,

Enfin, le jour lui-même, tel que nous l'avons de l'écliptiquc est assujetti par le déplacement du Soleil et de la Lune, théorie, mais qui seront la rotation vant cette théorie,

défini dans le Livre Ier, combiné avec l'action

à de très petites variations indiquées par la aux observateurs. Suitoujours insensibles de la Terre est uniforme, et la durée

résultat très important moyenne du jour peut être supposée constante, puisque cette durée sert de mesure au temps et aux pour l'Astronomie, révolutions des corps célestes. Si elle venait à changer, on le rcconou diminaitrait par les durées de ces révolutions, qui augmenteraient proportionnellement; cause aucune altération sensible. Cependant on pourrait nueraient mais l'action des corps célestes n'y con-

croire que les vents alizés, qui soufflent

EIVRE IV.

—CHAPITRE XIV.

333

slantment d'orient en occident entre les tropiques, diminuent la vitesse de rotation de la Terre par leur action sur les continents et sur les montagnes. Il est impossible de soumettre cette action à l'Analyse; heureusement, on peut démontrer que son influence sur la rotation (te la Terre est nulle, au moyen du principe de la conservation des aires. que nous avons exposé dans le Livre III. Suivant ce principe, la somme de tontes les molécules de la Terre, des mers et de l'atmosphère, multipliécs respectivement par les aires que décrivent autour du centre de gravité de la Terre leurs rayons vecteurs projetés sur le plan de l'équateur, est constante en temps égal. La chaleur du Soleil n'y produit point de changement, puisqu'elle dilate également les corps dans tous les sens; or il est visible que, si la rotation de la Terre venait à diminuer, cette somme serait plus petite; les vents alizés produits par la chaleur solaire n'altèrent donc point cette rotation. Le même raisonnement nous prouve que les courants de la mer ne doivent y apporter aucun changement sensible. Pour en fairc varicr sensiblement la durée, il faudrait un déplacement considérable dans les parties du sphénoïde terrestre. Ainsi, une grande masse transportée des pôles à l'équateur rendrait cette durée plus longue; elle deviendrait plus courte, si des corps denses se rapprochaient du centre ou de l'axe de la Terre. Mais nous ne voyons aucune cause qui puisse déplacer à de grandes distances des masses assez fortes pour qu'il en résulte une variation sensible dans la durée du jour, que tout nous autorise à regarder comme l'un des élémellts les plus constants du système du monde. Il en est de même des poinls où l'axe de rotation de la Terre rencontre sa surface. Si cette planète tournait successivement autour de divers diamètres formant entre eux des angles considérables, l'équateur et les pôles changeraient de ptacc sur la Terre, et les mers, en se portant vers le nouvel éuateur, couvriraient et découvriraient alternativement de hautes montagnes. Mais toutes les recherches que j'ai faites sur le déplacement des pôles de rotation à la surface de la Terre m'ont prouve qu'il est insensible.

334

EXPOSITION

I)U SYSTÈME

DU MONDE

XV. CHAPITRE
OELA LIBRATION DE LA LUNE.

Il nous

reste

enfin des

à expliquer nœuds de son est un

la cause équateur. peu aplatie

de la libration La Lune, à ses vers pour axe pôles; cette être

de la Lune en vertu mais planète.

et

du mouvement mouvement tion Lune

de son l'attracSi la

de rotation,

de la Terre était

a dû allonger et fluide, dont axe et

son elle

axe dirige prendrait, petit dirigé moyen,

homogène d'un ellipsoïde, le plus

en équilibre, par les pôles le

la forme

le plus serait l'axe

passerait la Terre, dans du plus moyen unité.

de rotation; plan serait plus axe, de

grand lunaire, aux

vers situé

et dans

l'équaleur

le même grand sur

plan, sur le

perpendiculaire petit axe serait

deux de axe

autres. l'excès étant

L'excès de pris axe l'axe pour

quadruple

le petit

cl environ

1/3761, le petit aisément du rayon que,

On conçoit de la dilection l'attraction pesanteur tation cette égale vert les ayant

si le grand qui joint

de la Lune

s'écarte

un peu

vecteur

son centre sur ce rayon,

à celui

de ta Terre, que la

terrestre ramène

tend

à le ramener vers

de même

un pendule eut été

la verticale.

Si le mouvement assez rapide pas été nous Mais révolution le grand pour dans pour

de rovaincre

de ce satellite tendance, à la durée successivement

primitivement

la durée de sa tous angulaires

de sa rotation révolution, les points de la force vecteur

n'aurait

parfaitement eut décou-

et leur

différence

de sa surface. et laquelle pas duc suffi de

l'origine, de la Lune

mouvements

rotation avec n'a

été peu différents, de son même rayon axe vers

axe de la Lune la tenqui.

s'éloignait dance du

surmontcr terrestre,

ce rayon,

à la pesanteur

LIVREIV. —CHAPITRE XV.

335

de cette manière, a rendu ces mouvements rigoureusementégaux; et de même qu'un pendule, écarte par une très petite forcede la verticale, y revient sans cesseen faisant de chaque côté de petites oscillations, ainsi le grand axe du sphéroïde tunairc doit osciller de chaque côté du rayon vecteur moyen de son orbite. De là résulte un mouvement de libration, dout l'étendue dépend de la différence primitive des deux mouvements annulaires de rotation et de révolution de la Lune. Cette lihralion est très petite, puisque les observationsne l'ont point fait connaitre. On voit donc que la théorie de la pesanteur explique d'une manière satisfaisante l'égalité rigoureuse des deux moyens mouvements angujaircs de rotation et de révolutionde la Lune. Il serait contre toute vraisemblancede supposer qu'à l'origine ces deux mouvementsout été parfaitement égaux; mais, pour l'explication de ce phénomène, il sulfit que leur différence primitiveait été très petite, et alors l'attraction de la Terre a établi la parfaite égalité que l'on observe. Le moyen mouvement de la Lune étant assujetti à de grandes inégalités séculaires qui s'élèvent a plusieurs circonférences, il est clair que, si son moyen mouvementde rotation était parfaitement uniforme. ce satellite, en vertu de ces inégalités, découvrirait successivementà la Terre tous les lroinls de sa surface; son disque apparent changerai) par des nuances insensibles, à mesure que ces inégalités se développeraient; les mêmesobservateurs le verraient toujours à très peu près le même, et il ne paraitrait sensiblementdifférerqu'a des observateurs séparespar l'intcrvallc de plusieurs siècles. Maisla cause qui a établi une parfaite égalité entre les moyens mouvements de rotation et de révolution de la Lune ùte pour jamais aux habitants de la Terre l'espoir de découvrir les parties de sa surface opposées à l'hémisphère qu'elle nous présente. L'attraction terrestre, en ramenant sans cesse vers nous le graud axe de la Lune, fait participer son mouvement de rotationaux inégalités séculaires de son mouvementde révolution, et dirigé constamment le mêmehémisphère vers la Terre. Lamême théo-

336

EXPOSITION

UL° SYSTEME

DU MONDE. dans

rie doit être étendue l'égalité planète.

à tous les satellites de rotation

des mouvements

lesquels on a observé et de révolution autour de leur

des nœuds de l'équateur Le phénomène singulier de la coïncidence de la Lune avec ceux de son orbite est encore une suite de l'attraction ce que Lagrangc a fait voir le premier, par une très belle analyse, qui l'a conduit à l'explication complète de tous les mouvoncnts observés dans )e sphéroïde lunaire. Les plans de l'équateur et de l'orbite de la Lunc et le plan mené par son centre parallèleà l'écliptique ont toujours a fort peu près la même interde l'écliptique séculaires section j'ai reconnu que les mouvements n'altèrent ni la concidence des nœuds de ces trois plans, ni lcur ment inclinaison moyenne, ment la même. Observons sister que l'attraction de la Terre maintient constamterrestre. C'est

ici que les phénomènes

pris la ligure qui luconvient à leur équilibre ils indiquent entre les axes du sphérode naire de plus grandes différences que celles qui ont lieu dans cette hyLes hautes montagnes, pothesc. que l'on observe à la surface de la une influence très sensible, Lune, onl sans doute sur ces phénomènes et d'autant plus grande que son aplatissement est fort petit el sa masse peu considérable. les moyens mouvements célestes à des assujettit ils sont toujours accompagnés conditions déterminées, d'oscillations, dont l'élendue est arbitraire: ainsi, l'égalité des moyens mouvements Quand de rotation lion réelle et de révolution de ce satellite. de la Lune est accompagnée la concidence Pareillement, d'une des lihranœuds la nature

avec l'hypothèse dans laquelle formée de couches de densités quelconques,

ne peuvent précédents la Lune, primitivement aurait

pas subfluide et

moyens de l'équaleur et de l'orbite bration des nœuds de cet équateur

d'une lilunaire est accompagnée autour de ceux de l'orbite, libraOn et

a échappe jusqu'ici aux observations. tion très petite, puisqu'elle a vu que la libralion réelle du grand axe de la Lune est insensibte,

LIVRE IV. nous avons observé, miers satcllites

— CHAPITRE

XV.

337 des trois preIl est très re-

dans le Chapitre VI, que la libration de Jupiter est pareillement insensible.

et pourrait marquable que ces librations, dont l'étendue est arbitraire soient cependant fort petites; ce que l'on peut attriêtre considérable, mêmes causes qui, dans l'origine,'ont bueraux établi les conditions Mais relativement aux arbitraires qui tiennent ail dont elles dépendent. des corps célestes, il est naturel de penser que, sans les attractions toutes leurs parties, en vertu étrangères, et des résistances des frottements qu'elles opposent à lours mouvemouvement auraient pris à la longue un état constant d'équiments réciproques, libre, qui ne peut exister qu'avec un mouvement de rotation uniforme en sorte que les observations ne doivent autour d'un axe invariable, plus offrir dans ce mouvement que les inégalités dues à ces attractions. C'est ce qui a lieu pour la Terre, comme on s'en est assuré par les oble même résultat servations les plus précises; s'étend à la Lune et probablement à tous les corps célestes. Si la Lune théorie masses a été rencontrée des chances, par quelque comète (ce qui, suivant la a dû arriver dans l'immensité des temps), leurs extrême; car le choc d'une comète de la Terre initial de rotation

ont dû être d'une

qui ne serait qu'un sensible la libration

eut sufli pour rendre réelle de ce satellite, qui cependant n'a pu être Cette considération, jointe à celles que aperçue par les observations. dans le Chapitre Ir, doit rassurer les astronous avons présentées nomcs qui peuvent craindre que les éléments de leurs Tables ne soient changés par l'action de ces corps. de rotation et de révolution de la Lune L'égalité des mouvements fournit versel, à l'astronome donne qui vent en décrire la surface un méridien uninature et facile à retrouver dans tous les temps.

petitesse cent-millième

parla de la Terre. avantage que n'a point la géographie dans la description Ce méridien est celui qui passe par les potes de la Lune, et par l'extrémité de son grand axe, toujours à fort peu près dirigé vers nous. Quoique cette extrémité
OEuvres de L. — VI.

ne soit distinguée

par aucune

tache,

cependant
43

338 on peut concide celle lion ligne des

EXPOSITION en fixer avec la la position ligne des

DU

SYSTÈME instant,

DU MONDE. en considérant lunaire, qu'elle quand La siluaaussi

à chaque nœuds avec

moyens le lieu

de l'orbite moyen a ainsi

concide

elle-même taches

de la Lune. été délerminée

principales que celle

de sa surface de lieux

exactement

de beaucoup

remarquables

de la Terre.

LIVRE

IV. — CHAPITRE

XVI.

339

CHAPITRE XVI.
DES MOUVEMENTS PROPRES DES ÉTOILES.

Après il nous pesanteur crire grands dues d'après étoiles. réels

avoir reste

considéré à examiner

les mouvements ceux doivent des étoiles,

des

corps qui unes

du système en vertu les aulres

solaire. de la

toutes, vers ont

universelle, immenses.

graviter

les

et déces

des orhes

Déjà les observations probablement sont en

fait reconnaitre des apparences

mouvements au mouvement les luis de

qui

partie

de translation l'Optique, nous

du système trausportous un grand sens,

solaire,

mouvement contraire

clue, aux

en sens leurs

Lorsque ayant lieu

l'on en considère daus tous du les

nombre,

mouvements dans de leurs que vers de l'exmoule sys-

ils doivent conclu

disparaitre

pression vements tème lation dans faites point

du mouvement propres observés. et de tout avec Mais

Soleil, C'est

de l'ensemble l'on a reconnu

ainsi

que

du Soleil d'Hercule, son orbite. à un

ce qui

l'environne au moins très

est emporté égale précises

la constella Terre

une

vitesse

à cette et très

des observations siècles d'intervalle, du système

multipliées, ce

ou deux

détermineront du monde. et des doubles: paraissent est peu sont étoiles,

exactement

important

et délicat

ce grand mouvement de particuliers dans plusieurs étoiles dans extrêmement les lunettes apparente rayon visuel. rapprochées, dont peut le

Outre

du Soleil étoiles qui

on en

observe deux qu'une Leur près un sur in-

on nomme n'en

ainsi

formcr

grossisement tenir une

considérable. à fort peu est des déjà

proximité le même

à ce qu'elles disposition de plus,

Mais réclle

semblable elles ont

dice de leur

proximité

et si,

mouvement

340 propres déclinaison, un système

EXPOSITION considérables il devient de deux et fort alors corps

DU SYSTÈME pou différents

DU MONDE. en ascension probable et ducs que droite et en forment difféde ré-

extrêmement très rapprochés, sont de leur

qu'elles les petites

rences volution sans

de leurs

mouvements d'elles

propres autour

à un mouvement commun

de chacune l'existence deux droite,

centre

de gravite; apsoit en

cela, des

simultanée étoiles soit et leurs en

de ces trois mouvements serait

choses, presque

la proximité égaux,

parente ascension hlable. d'une 6"; ont

déclinaison,

totalement ces trois sépare

invraisemconditions que de

La 61e du Cygne manière remarquable;

et sa suivante l'intervalle annuels;

réunissent qui depuis droite, les

n'est jusqu'à

Icurs été

mouvements 15",75

propres

Bradley 10",24 que ces

nous, en désont de

et 16",03

en ascension

et 9",56 deux

clinaison

il est donc

extrêmement tournent de quelques

probable autour siècles.

étoiles comniun

très rapprochées gravité, doubles une dans offrent

et qu'elles une période des résultats dans

de leur

centre

Plusieurs parvient on aura, l'un autour

autres

étoiles

semblables.

Si l'on

reconnaître par de le temps l'autre,

parallaxe

quelques-unes astres qui

de ces étoiles, les forment à la masse encore espace: avec sont fort étoiles, mouvements

de la rcvolution la somme Le de leurs

des deux masses ciel

rapportées nous un offre petit

du Soleil. groupes celui de des d'étoiles Pléiades.

spectacle

du

plusicurs tel est

brillantes Une que

resserrées

dans

disposition les étoiles qui

semblable de chaque les sépare de

indique groupe

beaucoup

vraisemblance relativement ont autour des à de siè-

rapprochées et qu'elles que

la distance leur cles centre

des autres gravite des

commun

la suite

fera connaître.

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

XVII.

341

CHAPITRE XVII.
RÉFLEXIONS SUR LA LOI DE LA PESABTEUR UNIVERSELLE.

En considérant peut les ranger

l'ensemble dans des les trois centres

des

phénomènes suivantes: des animent;

du système la première corps célestes la seconde des fluides autour dans cet a vu

solaire, embrasse autour

on

classes de qui

les mouvements foyers tout des forces

gravite les

des

principales la figure mouvements

comprend qui les re-

ce qui concerne enfin sont les

et les oscillations de ces corps C'est

couvrent de gravité avons suite

de leurs ordre qu'ils

centres que sont nous une

l'objet ces

de la troisième. phénomènes, de

explique nécessaire

divers

et l'on

du principe un grand dans

la pesanteur d'inégalités

universelle. qu'il eût

Ce principe été presque im-

a fait connaitre possible jettir les

nombre les

de démêler mouvements

observations; à des fondées règles sur que

il a fourni sûres

le moyen les

d'assuTables n'emqui de les des

célestes

et précises;

astronomiques, pruntent ne peuvent perfectionner observations

uniquement des

la loi de la pesanteur, les éléments ne doit arbitraires espérer la précision

maintenant pas être

observations connus, portant

autrement qu'en

et l'on loin

encore et celle

plus

à la fois

de la théorie. qui, par avail la simplicité entraîné avec laquelle des il asnousciences d'une on

Le mouvement explique tronomes, velle, qui les

de la Terre,

phénomènes du

célestes, principe de haut

les suffrages une confirmation dont les

a reçu l'a porte

la pesanteur degré

au

plus

d'évidence accroitre hypothèses J

physiques théorie

soient

susceptibles. le

On peut nombre des

la probabilité sur lesquelles

soit en diminuant

3'.2 l'appuie,

EXPOSITION

DU SYSTÈME

Du MONDE.

soit en augmentant le nombre des phénomènes qu'elle exa procuré ces deux avantages à plique. Le principe de la pesanteur la théorie du mouvement de la Terre. Comme il en est une suite nénouvelle à cette théorie; mais il n'ajoute aucune supposition dans les mouvements des astres, Copernic admettait pour expliquer la Terre trois mouvements distincls, l'un autour du Soleil, un autre de cessaire, révolution autour sur elle-même, enfin un troisième de ses pôles les fait déde la pesanteur à la Terre, suivant une dimouvement

de gravité. En vertu de ce elle tourne autour du Soleil et sur elle-même; elle a pris mouvement, une figure aplatie à ses pôles, et l'action du Soleil et de la Lune sur cette figure fait mouvoir lentement l'axe de la Terre autour des pôles La découverte de ce principe a donc réduit au plus de l'écliptique. sur lesquelles petit nombre possible les suppositions dait sa théorie. Elle a d'ailleurs l'avantage de lier cette fonCopernic théorie à tous

de ceux de l'écliptique. Le principe pendre tous d'un seul mouvement imprimé rection qui ne passe point par son centre

les phénomènes Sans elle, l'ellillticité des orbes plaastronomiques. les lois que les planètes et les comètes suivent dans leurs nétaires, mouvements autour du Soleil, ques, les nombreuses inégalités la précession des équinoxes, la nutation de l'axe terrestre, les mouvements de l'axe lunaire, enfin le flux et le reflux de la mer ne seraient isolés entre eux. C'est une chose que des résultats de l'observation, vraiment digne d'admiration que la manière dont tous ces phénomènes, au premier coup d'œil, fort disparates, découlent d'une qui semblent, même loi, qui les enchaîne au mouvement de la Terre, en sorte clue, ce mouvement raisonnements étant une fois admis, on est conduit à ces phénomènes. géométriques donc une preuve de son existence, et si l'on considère un seul qui ne soit ramené pas maintenant avec la plus grande que, cette loi déterminant les mouvements cours, par une suite de Chacun d'eux fournit inégalités séculaires de la Lune et des satellites leurs et périodide Jupiter,

qu'il n'y en a la loi de la pesanteur; la position et et dans tout leur phéno-

exactitude

des corps célestes, à chaque instant il n'est pas à craindre qu'elle soit démentie par quelque

LIVRE

IV. — CHAPITRE

XVII.

343

mènc jusqu'ici non observé; enfin que la planète Uranus et ses salellites, et les quatre petites llanèles nouvellement découvertes lui obéissent et la confirmcnt; il est impossible de se rcfuser à l'ensemble de ces preuves, et de ne pas convenir que ricn n'est mieux démontré dans la Philosophie naturelle que le mouvement de la Terre et le principe de la gravitation universelle en raison des masses et réciproque au carré des distancies. L'extrême difficulté des problèmes relatifs au système du monde force de recourir à des approximations qui laissent toujours à craindre que les quantités négligées n'aient sur lcur, résultats une influence sensible. Lorsque les géomètres ont été avertis, par l'observation, de celle influence, ils sont revenus sur lcur analyse; en la rectifiant, ils ont toujours retrouvé la cause des anomalies observées; ils en ont déterminé les lois, et souvent ils ont devancé l'observation, en découvrant des inégalités qu'elle n'avait pas encore indiquées. Les théories de la Lune, de Saturne, de Jupiter et de ses satellites offrent, comme on l'a vu, heaucoup d'exemples de ce genre. Ainsi l'on peut dire que la nature ellc-niéme a concouru à la perfection des théories astronomiques, fondées sur le principe de la pesanteur universelle c'est, à mon sens, l'une des plus fortes preuves de la vérilé de ce principe admirable. Ce principe est-il une loi primordiale de la nature? n'est-il qu'un effet général d'une cause inconnue? Ici l'ignorance ou nous sommes des propriétés intimes de la matière nous arrête, et nous ôte tout espoir de répondre d'une manière satisfaisante à ces questions. Au lieu de former sur cela des hypothèses, bornons-nous à examiner plus particulièrement la manière dont le principe de la gravitation a été employé par les géomètres. Ils sont partis des cinq suppositions suivantes, savoir, t° que la gravitation a lictt entre les plus petites molccules des corps 2° qu'elle est proportionnelle aux masses; 3° qu'elle est réciproque au carré des distances; 4° qu'elle se transmet dans un instant d'un corps à l'autre; 5° enfin, qu'elle agit également sur les corps en repos et sur

3t't

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE. se soustraire en partie

ceux qui, déjà mus dans sa direction, son activité.

semblent

La première de ces suppositions est, comme on l'a vu, un résultat nécessaire de l'égalité qui existe entre l'action et la réaction; chaque molécule de la Terre devant attirer la Terre entière comme elle en est par les mesures et du pendule car au travers des irrégudes degrés larités que les degrés mesurés semblent indiquer dans la figure de la Terre, on démêle, si je puis ainsi dire, les traits d'une figure régulière attirée. Celle supposition des méridiens d'ailleurs, et conforme à la théorie. Les deux inégalités du mouvement lunairc en longitude et en latitude, dues à l'ellipticité de la Terre, prouvent se compose des attractions encore que son attraction de tontes ses 'cnlin la même chose est démontrée molécules; pour Jupiter, par la sur les mouvements des nœuds grande influcncc de son aplatissement et des périjoves de ses satellites. de la force attractive La proportionnalité sur la Terre aux masses est démontrée est conurmee,

du pendule, dont les oscillations par les expériences sont exactement de la même durée, quelles que soient les substances que l'on fait osciller; elle est prouvée dans les espaces célestes par le rapport constant circulent autour leurs orbites. des carrés des temps de la révolution des corps qui d'un foyer commun aux cubes des grands axes de n'est point troublée L'action de la pesanteur par les la masse d'un système de corps, peuvent en intime. Ainsi les effervesla constitution

causes qui, sans changer altérer considérablement cences, le développement

la chaleur et les comdes gaz, l'électricité, binaisons produites par le mélange de plusieurs substances contenues ni après le son poids, ni pendant, dans un vaisseau ferme n'altèrent observé qu'une lame d'acier, après avoir mélange. On a pareillement été fortement aimantée, conserve le même poids qu'auparavant; l'égalité de l'action à la réaction et l'analogie en se développant blables phénomènes, corps célestes, ne font varier leur force attractive ments qu'ils produisent dans la position prouvent que dans la Terre et dans nous de semtous les

que par les changeautour dn des molécules

LIVRE
centre insensibles On absolu teur a vu, des de gravie' à de dans périhélies au des loi qui toutes de ces

IV. — CHAPITRE
corps, distances. Ier, avec orbes des quelle changements

XVII.
dont les effets deviennent

345

grandes le Chapitre des carré

précision indique et maintenant périhélies, est la la

le loi

repos de la

presque pesancondevons les parait disaten

planétaires distances,

réciproque la cause cette

que

nous nous

naissons regarder émanations même tances tractions raison blissent mière, riques du que

petits

mouvements étant d'un rigoureuse. centre. dont loi;

de ces Elle telles que se

comme partent les suivent

celle lumière;

de

toutes il

forces cette

l'action on

fait

apercevoir depuis peu

à des que les

sensibles et carré en leurs que se les

a reconnu et que qu'elles sur de est les leurs que,

répulsions des distances,

électriques en que étant les sorte

magnétiques toutes ces

décroissent forces

ne s'affaila lu-

propageant

parce mêmes autour la nature

s'étendent diverses foyers. si les

comme surfaces Une

quantités l'on de peut cette cet

sphépropriété de vitesses ils dé-

imaginer loi univers, ou à de

remarquable tous les corps à des

dimensions et leurs

de

leurs

distances

mutuelles proportionnellement, à celles les mêmes;

venaient criraient et qui masses leurs les

augmenter courbes

diminuer

entièrement seraient étant le le carré

semblables exactement

qu'ils car,

décrivent, les forces aux ou univers. qu'a de elles l'univers le ne sonl pouaux masses et les ordre, fila

apparences animent divisées

résultat des

d'attractions distances, aux elles

proportionnelles augmenteraient du peut nouvel

par

diminueraient On loi sont du vons sphères étaient gures du voit de en la

proportionnellement même nature. temps Ainsi de absolu et propriété leurs célestes négligeant que les ses qu'il celle

dimensions ne des

propriété

appartenir

apparences dimensions peut que avoir des

mouvements comme et

indépendantes mouvement observer la

absolues, dans rapports. t'espace,

nous loi

connaître de s'attirer cenlres. par

Cette comme encore surfaces et en les du

donne leurs

mutuellement Elle des lignes termine et des

si

réunies des moins corps en

orbes second les

leurs

perturbations

supposant

fluides. OEuvres de L. VI. 44

346

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

aucun moyen pour mesurer la durée de la propagation de la pesanteur, du Soleil avant une fois atteint parce que, t'attraction les planètes, cet astre continue d'agir sur elles comme si sa force atdans un instant aux extrémités du système tractive se communiquait Nous n'avons on ne peut donc pas savoir en combien de temps elle se planétaire; transmet à la Terre, de même qu'il eût été impossible, sans les éclipses le mouvedes satellites de Jupiter et sans l'aberration, de reconnaitre est pas ainsi de la petite différence qui peut exister dans l'action de la' pesanteur sur les corps et la grandeur de leur vitesse. Le calcul m'a l'ail suivant la direction ment successif de la lumière. Il n'en dans voir qu'il en résulte une accélération des planètes autour du Soleil et des satellites J'avais imaginé les moyens mouvements autour de leurs planètes. de la Lune, inexplicable Je trouvais

ce moyeu d'expliquer l'équation séculaire lorsque je croyais, avec tous les géomètres, qu'elle était admises sur l'action de la pesanteur. dans les hypothèses

que si elle provenait de cette cause, il fallait supposer :1la Lune, pour à sa pesanteur vers la Terre, une vitesse vers la soustraire entièrement le centre de cette planète au moins sept millions de fois plus grande seeutaire de la que celle de la lumière. La vraie cause de l'équation bien connue, nous sommes certains que l'actiLune étant aujourd'hui vite de la pesanteur est beaucoup plus grande encore, Cette force agi. comme infinie, et donc avec une vitesse que nous pouvons considérer du Soleil se communique que l'attraction dans un instant presque indivisible aux extrémités du système solairc. Existe-t-il entre les corps célestes d'autres forces que leur attraction nous devons en conclure mais nous pouvons du moins affirmer que Nous l'ignorons, Nous pouvons assurer également que tous ces leur effet est insensible. de la qu'une résistance jusqu'à présent insensible corps n'éprouvent mutuelle? tels que la lumière, les queues part des fluides qu'ils traversent, comètes et la lumière zodiacale. La masse du Soleil doit s'affaiblir par l'émission continuelle l'extrême ténuité de la lumière, cesse qu'il éprouve par des moyens des sans

de ses rayons. Mais, soit :1 cause de soit parce que cet astre réllare la perte il est certain que, inconnus, jusqu'ici

LIVRE IV. depuis deux millionième. La nature mille ans,

— CHAPITRE n'a

XVII. pas diminué d'un

347 deux

sa substance

nous offre, dans les phénomènces électriques et magnétiques, des forces répulsives qui suivent la même loi que la pesanteur universelle. Coulomb a fait voir, par des expériences très délicates, semblables se repoussent que tes points animés de deux électricités en raison inverse du carré de la distance, et qu'ils s'attirent suivant la En concevant les même loi, lorsque les électricités sont contraires. moparfaitement électricités opposées comme deux fluides différents, hiles dans les corps conducteurs et contenus par les surfaces des corps non conducteurs, en supposant ensuite que Ics molécules d'un même fluide se repoussent mutuellement fluide suivant la loi des attractions formules démontrer relatives ces attractions. et attirent célestes, les molécules de l'autre on peut leur appliquer les C'est ainsi que je suis parvenu dans un corps conducteur doit, à la surface, ou il se forme une

que le fluide électrique se porter en entier pour l'équilibre, l'ouche extrêmement mince contenue pulsion est nulle dans son intérieur;

par l'air qui l'enveloppe. Sa rémais à sa surface extérieure elle es).

l'épaisseur de la couche; la pression chaque point, proportionnelle qu'un de ses points extérieurs éprouve, et en vertu de laquelle il tend Sur un a s'échapper, est proportionnelle au carré de cette épaisseur. ellipsoïde quelconque, les deux surfaces extérieure et intérieure de la la surface de l'ellipsoïde: et concentriques et allongé, la tendance du fluide si l'ellipsoïde est de révolution à l'éyquateur dans s'échapper aux pôles est à sa tendance à s'échapper le rapport du carré du grand axe au carré du petit axe, ce qui donne l'ouche sont semblables Mais la disune explication mathématique du pouvoir des pointes. sur un corps de ligure quelconque ou tribution des fluides électriques sur plusieurs corps en présence les uns des antres est un problème d'une extrême difficulté, tiques très curieuses; tage de perfectionner par une Analyse des recherches analyqui peut donner lieu car la solution de ces questions difficiles a l'avan-

à la fois la Physique et l'Analyse. Déjà M. Poisson. la loi suiest parvenu à déterminer fort ingénieuse,

348 vant

EXPOSITION

DU SYSTEME

DU MOXDE.

laquelle l'électrieité présence l'une de l'autre. de Coulomb confirme doit au reste considérer

se répand à la surface de deux sphères en L'accord de ses résultats avec les expériences la justesse du principe qui leur sert de base. On toutes ces forces comme

des concepts mathématiques propres à les soumettre au cllcul, et non comme des qualités inhérentes aux molécules Il est possible qu'elles soient électriques. des résultantes d'autres forces analogues aux affinités, qui ne sont sensibles près du contact, mais dont par elle-mêmes qu'extrêmement est transmise à des disau moyen de fluides intermédiaires, l'action, lances sensibles, et en raison inverse du carré de ces distances. Les attractions fourniront, transmissions. des petits corps qui nagent à la surface des tiquidcs nous de ces dans le Chapitre suivant, un exemple remarquable

LIVRE

IV. — CHAPITRE

XVIII.

349

XVIII. CHAPITRE
DE L'ATTRACTION MOLÉCULAIRE.

L'attraction rable: solidité, l'abaissement ment toutes

disparait dans

entre leurs la dans

les

corps

d'une sous de une

grandeur infinité

peu

consideLa el

elle réparait

éléments refraction les

de formes. l'élévation et généralede forces de

la cristallisation, des liquides

la lumière, capillaires, le résultat de l'étude forces régit tient

espaces sont objets

les combinaisons est est un des soumise

chimiques principaux à l'empire

dont

la connaissance Ainsi l'une ments tion la matière d'elles,

la nature. attractives les mouve-

de diverses dans tout l'espace, ce qui dépend qu'a

s'étendant et des substances dont

indéfiniment corps qui célestes;

de la Terre intime des forces

à la constituprincipalement

les composent n'est sensible par ccltc

des autres ceptibles. lois n'être de leur

l'action

des

distances

imperles de

H est presque variation

impossible, avec la distance; près

raison,

de connaitre la propriété pour soumettre qui

beureusement du contact suffit

sensibles un

qu'extrêmement grand nombre

à l'Analyse pendent. cette

de phénomènes succinctement la théorie

intéressants les principaux mathématique

en déde

Je vais ici présenter et par

résultats

Analyse,

là compléter de la nature. qu'un

de toutes

les forces On a vu, dans dence mentale mière,

attractives dans

le Livre Ier, transparent, de

rayon

lumineux, de manière constante.

en passant que le sinus Celle du milieu qu'à par des

du vide d'inci-

un milieu

s'infléchit

est au sinus

réfraction est cette

en raison

loi fondasur la ludistances surface

de la dioptrique en supposant que

le résultat action

de l'action n'est sensible

imperceptibles.

Concevons,

en effet,

le milieu

terminé

une

350
plane; est attirée surface, côtés actions nétré vant

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.
il est visible qu'une molécule de tous distance de lumière, les côtés avant de la traverser, à cette les semblablement puisqu'a le même est donc dans une nombre dirigée de la perpendiculaire

sensible

de la molécule attirantes; perpendiculaire. continue

il y a de tous

de molécules suivant la molécule celle

la résultante Après d'être

de leurs avoir attirée pésuipar-

le milieu,

de lumière

une perpendiculaire parallèles que,

à la surface, à cette

et si l'on et d'une

imagine

le milieu

lagé en tranches petite, attirée férieures, l'était lion on verra étant

surface

épaisseur

infiniment à la molécule

l'attraction par de

des tranches d'un est

supérieures nombre égal

détruite la molécule

l'attraction lumière

de tranches comme

ilelle

précisément avant

attirée

à la même qu'elle dans et

distance est

de la surface, donc insensible, et

de la traverser; a pénétré devient

l'attrac sensialors

éprouve le

lorsqu'elle son mouvement du III, principe que

blement uniforme vation tesse rement la même, la vitesse du carré

milieu

diaphane, Maintenant exposé dans

recliligne. vives,

il résulte le Livre

de la conserde la vi-

des forces primitive

le carre

de la molécule du soit milieu, cette

de lumière, est augmenté

décomposée d'une

perpendiculaiquantité à cette toujours surface,

à la surface quelle n'est que point

vitesse. par l'action

Parallèlement du milieu; celui

altérée entière

l'accroissement de cette du vitesse rayon

de la vitesse sont donc

et par

conséquent de la direction parallèle son

elle-même lumineux. primitive milieu ment est

indépendants de la vitesse d'incidence;

primitive

Or le rapport forme le sinus

à la surface

à la vitesse dans le

rapport sinus

à la vitesse sont donc son

le sinus

de réfraction;

ces deux

réciproqueentrée dans

comme

les vitesses

de la lumière ils sont le carré

avant

et après conslale. de réfraction le vide, la densité

le milieu, de leurs par

et par conséquent carrés, divisée par

en raison du sinus dans par

La différence et multipliée l'action de ce

le carre sur

de la vitesse le rayon;

de la lumière en la divisant

exprime spécifique

du milieu milieu, Une fondue

on a son pouvoir surface avec courbe le plan

réfringent. qui termine au un point milieu où diaphane le rayon peut la traverse, être conparce

tangent

LIVREIV. —CHAPITRE XVIII.

351

que. l'action des corps sur la lumièren'étant sensible qu'à des distances imperceptibles, on peut négliger l'actiondu ménisque compris entre le plan tangent et la surface; on aura doue la direction du rayon dans le milieu, en élcvanl une perpendicutaire à cette surfacc au point où le rayon la rencontre, et en prenantles sinus d'incidence et de réfraction dans le même rapport que si la surface était plane. En passant d'un milieu dans un autre, la lumière s'y réfracte de manière que les sinus d'incidence et de réfraclionsont en raison constante; mais alors la réfraction n'est due qu'à la différencedes actions qu'elle éprouve de la part de ces milieux. Lorsqu'un rayon traverse plusieurs milieux transparents terminés par des surfaces planes et parallèles, savitesse dans chaquemilieuest égaleet parallèle à celle qu'il aurait prise s'il eut passé immédiatementdu vide dans ce milieu. Généralement, de quelque manière que le rayon lumineux parvienne du vide dans un milieu transparent, sa vitesse est la même. L'hypothèsed'une action insensible à des distancessensibles permet d'étendre ces résultats aux couches inlinimenl petites d'un milieu diaphane de densité variable. Au moyende ces principes, dont on est redevableà Newton, tous les phénomènes du mouvement de la lumière à travers un nombre quelconquede milieux transparents et dans l'atmosphère ont été soumis à des calculs rigoureux. Ces phénomènesne déterminent point la loi de l'attraction des corps sur la lumière; ils ne t'assujettissent qu'à la conditiond'être insensible à des distances sensibles. Un milieu diaphane agit d'une manière différente sur les rayons de diverses coulcurs. C'est en vertu de cette différence qu'un rayon de lumière blanche, en traversant un prisme transparent, se décompose dans une infinité de couleurs. L'inégalité des vitesses que l'on peut supposer aux divers rayons nesuffit pas pour expliquerles phénomènes observésdans la dispersion de la lumière; car alors cette dispersion serait la même pour tous les milieux qui réfractent également les rayons moyens, ce qui est contraire à l'expérience, qui seule peut la déterminer.

353

EXPOSITIONDU SYSTEMEDU MONDE.

On a tiré un parti très avantageuxde ces variétés dans la dispersion de la lumière à travers des lentilles de différentes espèces de verre, pour détruire les coulcurs dont les objets paraissent environnés dans les lunettes ordinaires, ce qui a procuré une grande perfection ces instrumentssi utiles à l'Astronomie. Leslois précédentes du mouvementde la lumière se modifientdans les cristaux diaphanes, et ta lumière y présente uit singulier phénomène, qui fut d'abord observédans le cristal d'Islande. Un rayon lumineux qui tombe perpendiculairement sur une face d'un rhomboïde naturel de ce cristal se divise en deux faisceaux l'un traverse le cristal sans changer sa direction; l'autre s'en écarte dans un plan parallèle au plan mené, perpendiculairement :1la face, par la ligne qui joint les deux angles solides obtus de ce rhomboïdeet qui, par conséquent, est également inclinéeaux côtésde ces angles. Cette ligne est ce que l'on nommeaxe du cristal, et l'on appelle sectionprincipale d'une facenaturelle ou artificielleun plan mené par cet axe perpendiculairement :1la faceet tout plan qui lui est parallèle. Ladivisiondu rayon lumineux a lieu relativement à une incidence quelconque; une partie suit la loi de la réfraction ordinaire; l'autre partie suit uneloi reconnue par Huygens. et qui, considéréecommeun résultat de l'expérience, peut être mise au rang des plus bellesdécouvertes de ce rare génie. Il y fut conduit par la manière ingénieusedont il envisageait la propagation de la lumière, qu'il concevaitforméedes ondulations d'un fluideéthéré. Il supposait, dans les milieuxdiaphanes non cristallises, la vitesse de ces ondulations plus petite que dans le vide et la mêmedans tous les sens. Mais, dans le cristal d'Islande, il imaginait deux espèces d'ondulations. La vitesse de la première était représentée, comme dans les milieux non cristallisés, par les rayons d'une sphère dont le centre serait au point d'incidence du ravon lumincux sur la facedu cristal; la vitesse de la seconde était variable et représentée par les rayons d'un ellipsoïde de révolution, altlali a ses pôles, ayant le mêmecentre que la sphère précédente, et dontl'axe de révolutionserait parallèle à l'axe dn cristal. Huygensn'assignait point

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

XVIII.

353

la

cause

de la

celle lumière ci-après, que laquelle

variété en sont présente Newton apprécié le

d'ondulations, passant d'un cristal

et

les dans

phénomènes un autre, et

singuliers dont Cela, nous joint est l'ont suivi Ainsi la

qu'offre parlerons aux cause n'ont celle furent tématiques ouvrages. d'expériences. moyen rnistal Enlin, riences et fait il

inexplicables la ct la sort pour la théorie plupart loi

dans des des

son ondes

hypothèse. lumineuses, qui

difficultés pour pas loi

géomètres y belles associées homme sa loi par a un ayant la à double loi avait lois

justement a éprouvé

qu'Huygens que avoir ce grand les été

attachée. de à des rempli grand fail, réfraction remarquable. Kepler, idées tous

même

qui sysses

longtemps dont Cependant

méconnues, malheureusement Huygens L'excellent

avait

vérifie

nombre un du

physicien diverses expériences

Wollaston sur

par

fort

ingénieux, il vient précises les de sur

d'Islande, Malus très

a

trouvées à faces entre cet

conformes égard naturelles elles balancer beaux à Malus et la à résullals une cI

cette

faire les

suite

nombreuse de le au la ce

d'expécristal, pardes Des crislal de

artificielles loi la d'Huygens mettre de s'étend

a constamment accord. certains, On ne comme directes

observé doit donc des ont fait

plus

pas lllus voir

nombre

plus

Physique. au

expériences roche. Voici subi une

qu'elle

maintenant double d'un différente,

un réfraction. cristal et des

phénomène Si un second de l'on

que place cristal manière

la

lumière à de que une la

présente distance même les matière sections le par si l'on soient par et fait le

après quelconque ou

avoir

au-dessous matière des fracté, sera des laires cristal Dans cristal dont les les se de faces soit la

d'une

disposé deux soit par que le les rayon

principales rayon premier tourner perpendicule premier l'un réle

opposées ordinairement, même en elles, sera positions divisera, intensités de L. — VI.

cristaux

soient

parallèles,

extraordinairement, le second; mais, principales ordinairement le second, rayon second être cristat, comme 45

manière sorte alors

cristaux, entre le

sections réfracté par chaque dans paraissent le

extraordinairement intermédiaires, à son entrée

réciproquement. du deux les carrés premier faisceaux du si-

émergent en

respectives

OEuvres

354
nus elles. cristal sincère montre qu'il en et du

EXPOSITION DU SYSTÈMEnu MONDE.
cosinus eut il de l'angle fait que les sections à Huygens la candeur principales ce phénomène qui caractérise font entre dans un le ami

Lorsqu'on d'Islande,

remarquer avec

convint, qu'il était essentiel Ce les

de la vérité, combien avait en

inexplicable

dans ses hypothèses, de la loi de

ce qui réfraction que la

il est déduite.

de les séparer indique à double une

phénomène cristaux

avec réfraction, partie

évidence reçoit

lumière,

traversant diverses et t'autre ne sont

deux ordices

modifications nairement, modifications du rayon par est

en vertu partie point à l'axe est

desquelles rompue

est rompue Mais

extraordinairement. elles sont relatives rayon autre cristaux

absolues; du cristal,

à la position rompu cristal, sont ordisi les pcrpcn-

rapport rompu

puisqu'un par des un

nairement sections diculaires Il serait attractives l'ait à l'égard mètre pour des

extraordinairement des faces opposées

principales entre bien elles.

deux

intéressant

de rapporter de molécule ordinaire; à remonter il faudrait celle des

la loi d'Huyens molécule, car c'est aux connaître ainsi que

à des

forces l'a

et répulsives

Newton que

de la réfraction sans chercher

à ce terme

le géoMais

s'arrête, résoudre milieux

causes

de ces forces.

ce problème, cristallisés, reçoit de toutes réflexion Cette

la forme

des molécules et les modiL'ignorance où la réde l'acnouvelle ne cl

molécules dans

de la lumière, ces milieux. que

fications nous

qu'elle

en pénétrant ces données extraordinaires application théorie qu'ils

sommes

ne permet

d'appliquer généraux théorie

fraction tion

et à la

les résultats m'a dont conduit l'accord dus à des à une avec

de ces forces.

de ce genre laisse aucun

de phénomènes, lieu de douter

l'expérience attractives

sont

forces

répulsives L'un celui tesse milieu minée, milieu. des

de molécule principes vives,

à molécule. les plus d'après généraux lequel qui de l'action de ces du carré sensiblement une elle direction forces est

des forces d'une

l'accroissement a pénétré pour dont

de la vidans un

molécule

de lumière,

diaphane, quelle

est constamment que soit d'ailleurs exprime,

le même la manière comme

déterdans ce

est entrée

Cet accroissement

on l'a vu, l'action

du milieu

LIVRE IV. —CHAPITREXVIII.

355

sur la lumière, et son expression doit être beaucoup plus simple que celle de la loi de réfraction extraordinaire, qui la renferme et qui dépend encore de la position de la face par laquelle le rayon lumineuxa pénétré dans le cristal. Ainsile problème de la réfractionse partage en deux autres le premier consiste à déterminerla loi de réfractioncorrespondante à une loi connue de l'action du milieu; le second a pour objet de ramener cette dernière loi à l'action réciproque des molécules du cristal et de la lumière. On vient de voir combien de données nous manquent pour le résoudre; mais le premier problèmepeutêtre résolu par le principe de la moindre action, indépendamment de ces données. Ce principe a généralement lieu dans le mouvement d'un point soumis à des forces attractives et répulsives. En l'appliquant à la lumière, on peut faire abstraction du très petit arc qu'elle décrit, en passant du vide dans un milieu diaphane, et supposer son mouvement uniforme, lorsqu'elle y a pénétré d'une quantité sensible. Le principe de la moindreaction se réduit donc alors à ce que la lumière parvient d'un point pris au dehors un point pris dans l'intérieur du cristal de manière que, si l'on ajoute le produit de la droite qu'elle décrit au dehors par sa vitesse primitive au produit de la droite qu'elle décrit au dedans par sa vitesse actuelle, la somme fait un minimum. Maintenant la direction de la vitesse est déterminée par les angles qu'elle formeavec deux axes perpendiculaires entre eux; la loi de l'action du milieu sur la lumière donne, par le principe des forces vives, sa vitesse lorsqu'elle a pénétré dans le milieu diaphane le principe de la moindre action donnera donc, entre les angles que font avec les deux axes ses directions avant et après son passage dans le milieu, deux équations diflérentiellcs qui déterminent la direction de la lumière réfractée, en fonctiondes angles formés parla direction primitive avecles deux axes. On aura ainsi la loi de ta rétraction extraordinaire, correspondante à celle de l'action du milieu sur la lumière. La loi d'action la plus simple est celle dont l'expression se réduit à une constante; on trouve alors, par la méthode précédente, que les

356

EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDE.

sinus de réfraction et d'incidencesont constamment dans le même rapport, ce qui esl conforme ce quel'on a vu. à Aprèsccttc loi vient celle dont l'expression ne renferme que la première et la seconde puissancedes sinus des angles que te rayon réfracte forme avec les deux axes. Relativement au cristal d'Islande, si l'on prend pour un des axes celui du cristal, comme cet axe est symétrique par rapport aux trois côtes qui le comprennent, il est facile de voir que l'expression précédentene doit dépendre que de l'angle qu'il fait avec la direction du rayon réfracté, et qu'elle doit se réduire à une constante, plus au produit d'une antre constante par le carré du sinus de cet angle. En la substituant dans les deux équations differentiettes du principe de la moindre action, on parvient exactement aux formules que donne la loi d'Huygens, d'où il suit que cette loi satisfait à la fois au principe de la moindre actionet à celui des forces vives, ce qui ne laisse aucun lieu de douter qu'elle est due à l'action de forcesattraclives et répulsivesdont faction n'est sensible qu'a des distances imperceptibles. Jusqu'ici cette loi n'était qu'un résultat de l'observation, approchant de la vérité dans les limites des erreurs auxquelles les expériences les plus précises sont encore assujetties; maintenant la simplicité de la loi d'action dont elle dépend doit la faireconsidérer comme une loi rigoureuse. Si l'on prend pour unité la vitessede la lumière dans le vide, la vitesse du rayon réfracte extraordinairementsera exprimée par une fraclion dont le numérateur est l'unité, et dont le dénominateur est le rayon de l'ellipsoïde d'Huygensuivant lequel la lumière se dirige, La s vitesse du rayon ordinaire dans le cristal est constante dans tous les sens et égale à l'unité divisée par le rapport du sinus de réfractionau sinus d'incidence. Huygens a reconnu, par l'expérience, que le demiaxede révolutiondeson ellipsoïdereprésente à fort peu près ce rapport, ce qui lie entre elles les deux réfractions, ordinaire et extraordinaire. Maisle principe de la continuité fait voir que cette liaison remarquable est un résultat nécessaire de faction ducristal sur la lumière, et qu'il dépend de la seule considération, qu'un rayon ordinaire se change en

LIVRE IV. —CHAPITRE XVIII.

357

extraordinaire lorsque l'on fait varier convenablement sa position par rapport à l'axe d'un nouveaucristal. En effet, si ce rayon est perpendiculaire à la l'ace de ce cristal coupéperpendiculairement son axe, il à est clair qu'une inclinaison infiniment petite de l'axe sur la face, produite par une section infinimentvoisinede la première, suffit pour faire du rayon ordinaire un rayon extraordinaire, et réciproquement. Cette inclinaison ne peut qu'altérer infiniment peu l'action du cristal et la vitessedu rayon dans son intérieur; cette vitesse est doncalors celle du rayon extraordinaire, et par conséquent elle est égale l'unité divisée par le demi-axede révolutionde l'ellipsoïde. Elle surpasse ainsi généralement celle du rayon extraordinaire, la différencedes carres de ces deux vitesses étant proportionnelle au carré du sinus de l'angle que l'axe formeavecce dernier rayon. Cette différencereprésente celle de l'aclion ducristal sur ces deux espèces de rayons; elle est la plus p grande, lorsque,le rayon incident sur une surface artificielle menée ar l'axe du cristal esl dans un plan perpendiculaireà cet axe; alors la réfraction extraordinaire suit la mêmeloi que la réfraction ordinaire: seulement, le rapport des sinus de réfractionel d'incidence, qui, dans le cas de la réfraction ordinaire, est le demi-petit axe de l'ellipsoïde, est égal au demi-grand axe dans la réfractionextraordinaire. Suivant Huygens, la vitesse du rayon extraordinaire dans le cristal de est exprimée par le rayon même l'ellipsoïde; son hypothèse ne satisfait donc point au principe de la moindre action. Maisil est remarquable qu'elle satisfasse au principe de Fermat, suivant lequel la Iumière parvient, d'un point pris au dehors ducristal, à un autre point intérieur dans le moins de temps possible; car il est visible que ce principe revient à celui de la moindre action, en y renversant l'expression de la vitesse. L'identilé de la loi d'Huygens avec le principe de Fermat a lieu généralement, quel que soil le sphéroïde qui, dans son hypothèse,représente la vitesse de la lumière dans l'intérieur du cristal, en sorte qu'elle donne toutes les lois de réfraction qui peuvent être dues à des forces attractives et répulsives. Maisle sphéroïdeelliptique satisfait auxphénomènesde douille réfraction observésjusqu'à présent, J

358

EXPOSITION DU SYSTÈMEI)U MONDH

en sorte qu'ici, comme dans les mouvementset la figure des corps célestes, la nature, en allant du simple au compose, fait succéder les formeselliptiques là formecirculaire. La loi de la réflexionde la lumière par les surfaces des cristaux diaphanes cristallises se déduit encoredes principes de la moindre action et des forcesvives; mais on peut la rattacher à la loi de la réfraction par les considérations suivantes. Quelle que soit la nature de la force qui fait rejaillir la lumière à la surfacedes corps, on peut la considérer comme une force répulsive, qui rend, en sens contraire, à la lumière la vitessequ'elle lui a fait perdre, de même que l'élasticité restitue aux corps, en sens contraire, la vitesse qu'elle a détruite; or on sait que, dans ce cas, le principe de la moindre action subsiste toujours. A l'égard d'un rayon lumineux, soit ordinaire, soit extraordinaire, réfléchi par la surface extérieure d'un corps, ce principe se réduit à ce que la lumière parvient d'un point à un autre par le chemin le plus court de tous ceux qui rencontrentla surface, puisque, en vertu du principe des forces vives, sa vitesse est la même avantet après la réflexion.La condition du chemin le plus court donne l'égalité des angles de rétlexion et d'incidence, dans un plan perpendiculaire à la surface, ainsi que Ptoléméel'a remarqué. C'est la loi générale de la réflexion à la surfacc extérieure des corps. Maislorsque la lumière, en entrant dans un cristal, s'est divisée en rayonsordinaire et extraordinaire, une partie de ces l'ayonsest réfléchie par la surface intérieure leur sortie du cristal, En se réfléchissant, chaque rayon, soit ordinaire, soit extraordinaire, se divise en deux autres, en sorte qu'un rayon solaire, en pénétrant dans le cristal, forme par sa réflexion partielle à la surface de sortie quatre faisceaux distiucts, dont nous allons déterminerles directions. Supposonsd'abord les facesd'entrée et de sortie, que nous nommerons première secondeface, parallèles. Donnonsau cristal une épaiset seur insensible et cependant plus grande que la sphère d'activité sensibledes deux faces. Dansce cas on prouvera, par le raisonnement précédent, que les quatre faisceauxréfléchisn'en formeront sensible-

LIVREIV. —CHAPITRE XVIII.

359

ment qu'un seul, situé dans le plan d'incidence du rayon générateur et faisant avec la première face l'anglc de réflexion égal à l'angle d'incidence. Restituonsmaintenant au cristal son épaisseur; il est clair que, dans ce cas, les faisceauxréfléchisaprèsleur sortie par la première face prendront des direclions parallèles à celles qu'ils avaient prises dans le premiercas; cesfaisceauxseront donc parallèlesentre eux et au plan d'incidence du rayon générateur; seulcment, au lieu d'être sensiblement confondus, comme dans le premier cas, ils seront séparés par des distances d'autant plus grandes que le cristal aura plus d'epaisseur. Maintenant,si l'on considèreun rayon quelconque intérieur, sortant en partie par la seconde face et en partie réfléchi par elle en deux Iaisceaux, le rayon sorti sera parallèle au rayongénérateur; car la lumière, en sortant du cristal, doit prendreunedirection parallèle à celle qu'elle avait en y entrant, puisque, les deux facesd'entrée et de sortie étant supposéesparallèles, elle élrouve en sortant l'aclion des mêmesforces qu'elle avait éprouvéesen entrant, mais en sens contraire. Concevons. par la direction du rayon sorti, un plan perpendicutaire à la seconde face, et dans ce plan imaginons, au dehors du cristal, une droite passant par le point de sortie et formantavec la perpendiculaire à la face, mais du côté oppose hla direction du rayon sorti, le même angle que cette direction; enfin concevonsun rayon solaire entrantsuivant cette droite dans le cristal. Ce rayon se partagera, à son entrée, en deux autres qui, au sortir ducristal par la première face, prendront des directions parallèles au rayon solaire avant son entrée par la seconde face. Elles seront visiblement parallèles aux directions des deux faisceaux réfléchis,ce qui ne peut avoirlieu qu'autant que les deux rayons dans lesquels se divise le rayon solaire en enlrant par la seconde face se confondent respectivement, dans l'intérieur du cristal, avec les directions des deux rayons réfléchis. Les formules rclativcs à la refraclion extraordinaire donnent les direclions des rayons dans lesquels le rayon solairc se divise; elles donneront donc aussi celles des deux faisceauxréfléchisdans l'intérieur du cristal.

360 Si les deux formules dans mière de

EXPOSITION faces du cristal

DU

SYSTÈME

DU MONDE. on aura, des deux par les face, par les rayons la pre-

ne sonT pas parallèles, les directions se divise les sortie mêmes par

de la réfraction le rayon On aura

extraordinaire, générateur par

lesquels face.

en pénétrant formules, la seconde

ensuite,

directions d'où l'on

chacun

de ces

rayons

à leur

conclura, solaires quatre quatre tions naire.

par la construction qui, rayons, faisceaux pénétrant dont du les rayon dans

précédente, le cristal par seront

les directions la seconde les mêmes par

des deux face. que cette

rayons

formeront celles face, des direc-

directions générateur, par par par les ces les

réfléchis de

qui

seront

données donc la ainsi, lumière

formules formules, surfaces nombre

la réfraction tous des les

extraordide

On aura de

phénomènes diaphanes. dont principes que dans les ces l'accord de

la réflexion M. Malus remarquable moindre nomènes taux sont

cristaux

a fait it cet égard avcc action les lois

un grand

d'expériences déduites des

précédentes, vives, achève

la

et des

forces

de démontrer de la lumière et répulsives.

phécris-

de la réfraction le résultat ce phénomène qui chacun des

et de la réflexion forces très attractives

Il a, de plus, par déen

observé tous

singulier en toute

de la réflexion sous

de la lumière d'incidence est polarisée, la réflexion dans le

les corps, pour que l'une

consiste d'eux,

ce que,

un angle réfléchie vu par

terminé sote

la lumière d'un objet,

des deux un

images

de leurs plan de sa

surfaces section limite a cette blit. surface lorsqu'elle L'aberration de la vitesse orbite; rayons cile,

travers principale, d'incidence. loi générale;

prisme

de cristal totalement; métaux l'image ont

d'Islande, elle paru qui

disparait Les seuls seulement polarisée

reparait jusqu'ici devrait de celle en entier

au delà faire disparaitre que

de cette exception s'affaila

La lumière polie

en sens corps

contraire est absorbée

réfléchit par le corps,

de tout sous des de leur

autre l'angle

tombe

de polarisation comme avec pour on

sur sa surface. l'a vu dans le Livre dans Il, son

étoiles lumière, donc à nous de

dépend,

combinée pas avec la même

celle tous

de la Terre ces astres,

elle ne serait parvenaient vu la petitesse

si leurs diffipar son

des vitesses

différentes.

Il serait

l'aberration,

de connaître

exactement

LIVRE IV. —CHAPITRE XVIII.
moyen lumière une ces sur différences; sa réfraction très précise Il suffit, d'une mais la grande dans influence un milieu les vitesses de fixer un de la vitesse diaphane respectives de verre qui de en passant pour pour lunette

361
la fournit des au en ma-

méthode

déterminer cela,

rayons devant résulte nière célestes que

lumineux. de l'objectif dans

prisme

et de mesurer des astres. directe On

la déviation a reconnu

la posilion

apparente de la lumière étaient voulu

de cette

que les vitesses et terrestres a bien

et réfléchie les mêmes. prière

de tous

les objets

exactement faire à ma

Les expériences aucun doute prouve

M. Arago

ne hissent

sur ce point la justesse La vitesse servateur, plus grande

de Physique, des formules de la lumière

important de l'aberration des étoiles tous

à l'Astronomie des astres. n'est de pas, l'orbe

en ce qu'il

relativement terrestre. à celui conspirent. d'un la vitesse dans

à un obElle est la

la même lorsque petite qui

dans son

les points

mouvement ces deux dans

est contraire mouvements relative de

de la Terre: Quoique ravon totale, lumice-

elle est la plus la différence neux ne s'élève elle

quand

en résulte qu'à

la vitesse environ

un cinq-millième

pendant

peut qui

produire traverse

des changements un prisme. point rayon Des

sensibles expériences

la déviation précises, en collest condu fluide

de la lumière faites clure

très on doit

par M. Arago, que la vitesse la en même,

ne les avant rotative d'un

rail apercevoir, lumineux

homogène par la nature produire par terrestres,

stamment qu'il met

et probablement dans nos

déterminée organes encore pour

mouvement Cette

la sensation l'égalité de

de lumière. vitesse qui, que

conséquence émanée des

parait astres

indiquée

de la lumière sans cela, serait lumineux et que limites que les

et des objets

égalité

inexplicable. lancent seuls la

Est-il une infinité

invraisemblable de rayons la vitesse doués est

de supposer de vitesses dans

les corps

différentes, certaines tandis

les ont

rayons

dont d'exciter qu'une

comprise de

propriété

la sensation chaleur lumineux, d'Herschel

lumière, N'est-ce

autres les corps

ne produisent chauds

obscure? par

pas ainsi ment spectre

que

deviennent expériences pas que

un accroissedu

de chaleur? sotairc
OEuvres de L.

et les belles ne
VI.

sur la chaleur émet
j

prouvent-elles

le Soleil

des
46

rayons

362 chauds

EXPOSITION invisibles,

DU SYSTÈME

DU MONDE.

rouges eux-mêmes, Les phénomènes me paraissent donner

moins réfrangibles dont plusieurs, que les rayons doués d'une plus grande vitesse. paraissent des étoiles de la double réfraction et de l'aberration

au système de l'émission de la lumière, sinon une certitude Ces phénoentière, au muins une extrême probabilité. mènes sont inexplicables d'un fluide dans l'hypothèse des ondulations éthéré. La propriété d'un rayon polarisé par un cristal, de singulière ne lllus se partager mier, indique sur les diverses sont, comme en liassant dans un second cristal parallèle au pred'un même cristal évidemment des actions différentes faces d'une molécule de lumière, dont les mouvements du mouvement des aux lois générales

on l'a vu, soumis

est le premier qui ait publié la vraie loi de la réfractioll cherordinaire, que Kepler et d'autres physiciens avaient inutilement chée. Huygens affirme, dans sa Dioptrique, qu'il a vu cette loi, présentée sous une autre avoir forme, dans un manuscrit à Descartes, constant été communiqué dernier a tiré le rapport Mais cette réclamation de Sncllius, et d'où peut-être, qu'on lui a dit ce ajoute-t-il, et d'incidence.

projectiles. Desrarles

des sinus de réfraction

tardive d'Huygens en faveur de son compatriote ne me parait pas sullisalltc pour enlever à Descartes le mérite d'une découverte que personne ne lui a contestée de son vivant. Ce grand l'unc., que la vitesse de géomètre l'a déduite de ces deux propositions la lumière parallèle à la surface d'incidence n'est altérée ni par la réflexion ni par la réfraction; dans l'autre, que la vitesse est différente les divers milieux plus la lumière. milieu dans un aulrc et plus grande dans ceux qui réfractent diaphanes, Descartcs en a conclu que si, dans le passage d'un

moins réfringent, l'inclinaison du rayon lumineux est telle que l'expression du sinus de réfraction soit égale ou plus grande que l'unité, alors la réfraction se change en réflexion, les deux étant égaux. Tous ces résultats sont angles de réflexion et d'incidence conformes à la nature; mais les preuves que Descartes en a données sont inexactes, et il est assez remarquable et lui soient qu'Huygens parvenus au moyen de théories incertaines ou fausses aux véritables lois

LIVRE E IV. de la réfraction longue fournit de la lumière.

— CHAPITRE Descartes

XVIII.

363

eut à ce sujet avec Fermat une querelle, que les Cartésiens prolongèrent après sa mort, et qui à Fermât l'occasioll heureuse d'appliquer sa belle méthode de

maximis et minimis

En considérant radicales. cet objet aux expressions sous un point de vue métaphysique, il chercha la loi de la réfraction et il fut très surpar le principe que nous avons exposé précédemment, Mais ayant trouvé que, pour sapris d'arriver il celle de Descartes. tisfaire à soin principe, la vitesse de la lumière devait être plus petite dans les milieux diaphanes que dans le vide, pendant que Descartes il se conla faisait plus grande, ce qui lui paraissait invraisemblable, firma dans la pensée que ta démonstration fautive. de ce grand géomètre était

On a vu, dans le Chapitre II du Livre III, comment le principe de au Fermât a conduit à celui de la moindre action, dont l'application rail décristallisés mouvement de la lumière dans les corps diaphanes pendre les lois de la réfraction et de la réflexion de celle de l'action de ce qui prouve que ce genre de phénomènes ces corps sur la lumière et place la loi d'Huyest le résultat de forces attractives et répulsives, gens au rang des vérités rigoureuses. En examinant avec attention les phénomènes aussi variés capillaires, que ceux du mouvement de la lumière, j'ai reconnu qu'ils dépendent comme eux de forces allraclivcs, qui cessent d'être sensibles aux plus à nos sens, et je suis parvenu, au moyen petites distances perceptibles à une analyse rigoureuse. de celle propriété sente, à les soumettre celui de l'aseenle principal de ces phénomènes, des liquides dans les tubes très étroits. sion et de la dépression Considérons d'abord Si l'on trempe dans une eau dormante le bout d'un tube cylindrique hauteur récide verre fort menu, l'eau s'élèvera dans ce tube, une proquement proportionnelle est de 1mm, et si l'intérieur l'eau au-dessus au diamètre du tube de sa cavilé. Si ce diamètre la hauteur de est très humecté,

du niveau sera de 30mm,5 :1 fort peu près, il la tempérades phénomènes ture de 10°. Tous les liquides présentent semblables, mais leurs élévations ne sont pas les mêmes; quelques-uns, au lieu de

3H s'élever,

EXPOSITION s'abaissent

DU SYSTÈME du niveau;

DU MONDE.

mais la dépression est toudu tube; cette dépresjours en raison inverse du diamètre intérieur sion est d'environ 13mm pour le mercure, dans un tube de verre dont le diamètre de la cavilé est de 1mm. Des tubes de marbre ou de toute autre s'ils sont très analogues aux précédents; étroits, les liquides s'y élèvent ou s'y abaissent réciproquement aux diamètres de leurs cavités. Dans les tubes et généralement dans les espaces capillaires, la surface du liquide est concave lorsqu'il s'élève au-dessus du niveau elle est convexe lorsqu'il s'affaisse au-dessous. Tous ces phénomènes ont lieu dans le vide comme en plein air; par ils ne dépendent ils conséquent, point de la pression de l'atmosphère; ne peuvent donc résulter que de l'attraction des molécules liquides les et par les parois qui les renferment. plus ou moins grande des parois n'a aucune influence L'épaisseur sensible sur ces phénomènes; l'élévalion ct la dépression des liquides dans les tubes capillaires sont toujours les mêmes, quelle que soit cette soient égaux. Les couépaisseur, pourvu que les diamètres intérieurs ches cylindriques qui sont à une distance sensible de la surface intérieure ne contribuent donc point à l'ascension du liquide, quoique dans chacune il doive s'élever au-dessus du prise séparément, niveau. Il est naturel de penser que leur action n'est point empêchée des couches qu'elles embrassent, et que les attracpar l'interposition d'elles, unes par les autres matière offrent des résultats

au-dessous

tions de ce genre se transmettent à travers les corps, ainsi que la pel'action des couches sensiblement sauteur; éloignées de la surface intérieure du tube ne disparait donc qu'à raison de leur distance au liquide, d'où il suit que l'aclion des corps sur les liquides, comme sur la lumière, n'est sensible qu'à des distances insensibles. Mais la force attractive agit d'une manière bien différente dans la des phénomènes et dans la réfraction de la luproduction capillaires mière. Ce dernier phénomène est dû à l'action entière des milieux et lorsqu'ils sont terminés par des surfaces courbes, comme on l'a vu, négliger l'action du ménisque que retranche diaphanes, on peut, un plan

LIVRE tangent ces surfaces,

IV.

— CHAPITRE

XVIII.

3G5

au licu que les phénomènes sont capillaires En effet, si, par l'axe d'un tube produits par l'action de ce ménisque. dans un vase plein d'eau, on imagine de verre plongeant verticalement au-dessous du tube, aille un canal infiniment étroit qui, se recourbant aboutir loin de ce tube, la surface de l'eau du vase, l'action de l'eau du tube sur l'eau que contient ce canal sera moindre que l'action de l'autre extrémité du canal; la l'eau du vase sur celle que renferme différence sera faction du ménisque aqueux que retrancherait un plan tangent au point le plus bas de la surface de l'eau du luhe, action qui tend évidemment à soulever le liquide du canal et à le maintenir suspour pendu en équilibre au-dessus du niveau. Il était donc nécessaire, de connaître l'action de semdes phénomènes capillaires, l'explication En appliquant ménisques. :1 ce théorème général: blables Dans toutes les lois où l'attraction à cet objet l'Analyse, je suis parvenu

n'est sensible qu'à des distances insensibles, l'expression analytique de l'action d'un corps liquide, terminé par une surface courbe, sur un canal intérieur infiniment étroit cl perpendiculaire ri cette surface dans un point quelconque, est composée de trois termes l'action supérieur aux deux autres, exprime le premier, incomparablement du corps, en le supposant terminé par un plan; le second est une qui a pour numérateur une constante dépendante de l'intensité et

fraction de la loi de la force attractive, et pour dénominateur le plus petit des rayons osculateurs de la surface à ce point; le troisième terme est une fraction qui est le a le même numérateur que la précédente, cl dont le dénominateur plus grand
Les rayons convexe, on doit cerait, l'intérieur prise pour

des rayons
osculateurs

ossculateurs de la surface au même point.
doivent être supposés Par action renfermé sur une positifs si la surface surle le canal située base est

et négatifs entendre en, vertu du

si elle est concave. que

du corps dans base celle

canal, exerdans étant

la pression de canal l'attraction

le liquide de ce corps,

perpendiculairement

à ses côtés,

unité. de ce théorème et des lois de l'équilibre des fluides, on

Au moyen

366
peut prendre un vase férences facilement une d'une

EXPOSITION I)U SYSTÈME nu MONDE.
obtenir masse tonne liquide donnée; du second l'équation animée différentielle par la pesanteur conduit dont est de à une de la figure que doit dans aux dif:1 toutes se réet renfermée équation se refuse l'équation par petite. une

l'Analyse ordre,

partielles

l'intégrale révolution, être intégrée est très

les méthodes duit mation ainsi aux

connues;

si la figure ordinaires, lorsque cylindriques d'un

différences fort

et peut

approxi-

convergente, dans les tubes

la surface

On trouve du liquide

que.

fort élroils, segment

la surface

approche intérieur de même

d'autant du tube

plus de cette est plus ces petit.

sphérique

que le diamètre tubes cylindriques de leurs des

Si dans sont

les divers

matière sont

segments du

semblables, des tubes; si l'on

les rayons or cette

surfaces segments ou l'action si, par raitre

en raison

diamètre évidente,

similitude que

sphériques du tube

paraitra cesse d'un d'être

considère

la distance en sorte que pa-

sensible

est imperceptible, on parvenait le même

le moyen égale

très

fort

microscope, que grandeur peut rayon cet si elle qu'à

à la faire

à 1mm, il est vraisemblable an diamètre du tube une

pouvoir de

amplifiant plusieurs comme sa sphère donc ou

donnerait mètres; étant

apparente être

la surface plane à très sensible; depuis n'étant cette

intérieure peu près,

du tube dans dans un

donc

considérée de

égal

à celui

d'activité s'élève quide surface trêmes, tivité

le liquide surface

intervalle était son dont aux près, il suit

s'abaisse plane. sur plans Au delà,

comme

ce lisa exd'actubes,

soumis d'un,

sensiblement segment

action les limites dans

lui-même, tangents

est celle étant sensible

sphérique, liquide à très d'où peu

ceux de la surface du tube, à leurs sont

de la sphère les divers

également sont

inclinés

parois,

que ces divers

segments

semblables. de ces résultats des diamètres. sa surface ci-dessus liquides Ainsi, devenant donne dans les la vraie tubes cause capillaires s'élève son action du de l'élévation en raison un le du

Le rapprochement et de inverse tube canal vase l'abaissement de leurs

quand alors

le liquide concave, que par

dans sur

cylindrique, dont sur

on a parlé le même

est moindre est,

l'action le théorème

liquide précédent,

canal

la différence

LIVRE IV.

— CHAPITRE

XVIII.

367

dont égale :1une constante divisée par le rayon du segment sphérique la surface est à très peu près celle du liquide; or, les segments étant semblables dans les divers tubes, leurs rayons sont comme les diamètres intérieurs dessus des tubes; celle différence du niveau, dont elle est la cause, du liquide ausont donc en raison inverse de et l'élévation

ces diamètres. du liquide intérieur est convexe, ce qui a lieu pour le mercure dans un tube de verre, l'action du liquide sur le canal sera plus grande que celle du liquide du vase; le liquide doit donc s'abaisser en raison diamètre de cette différence, intérieur du tube. el par conséquent en raison inverse du Si la surface

On peul donc, au moyen de l'élévation ou de la dépression observée d'un liquide dans un tube cylindrique capillaire d'un diamètre connu. déterminer celle du même liquide dans un tube capillaire d'un diamètre et si sa surface Mais, si le luhe n'est point cylindrique, quelconque. intérieure est celle d'un prisme quelconque vertical et droit, quelle sera l'élévation ou la dépression moyenne du liquides dans ce tube? La solution de ce problème semble exiger l'intégration de l'équation à la surface du liquide intérieur, intégration impossible dans l'état actuel de l'Analyse. celle équation, traitée par une méthode Heureusement, conduit à ce résultat remarquable, particulière, qui renferme cette solution et l'explication de beaucoup que soient la figure et les dimensions de phénomènes Quelles capillaires du prisme, le volume du liquide élevé

ou déprimé par l'action capillaire est proportionnel au contour de sa section inférieure faite par un plan horizontal. On peut le démontrer sans sous le point de vue suivant les effets de l'acAnalyse, en considérant lion capillairc. que le liquide s'élève dans un prisme vertical et droit il est clair que cela n'a lieu que par l'action des parois du tube sur le une première lame de liquide, liquide et du liquide sur lui-même; Concevons contigue aux parois, est soulevée par celle action; cette lame en soulève une seconde, celle-ci une troisième, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le poids du volume de liquide soulevé balance les forces attractives qui

368

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

tendent a l'élever davantage. Pour déterminer ce volume dans l'état d'équilibre, imaginons, à l'extrémité inférieure du tube, un second tube idéal dont les parois infiniment mincessoient le prolongementde la surface intérieure du premier tube, et qui, n'ayant aucune action sur le liquide, n'empêche point l'action réciproque du tube et du liquide. Supposonsque ce second tube soit d'abord vertical, qu'ensuite il se recourbe horizontalement, et qu'enfin il reprenne sa direction verticale, en s'élevant jusqu'à la surface du liquide et en conservant dans toute son étendue la même forme et la même largeur. Il est visible que. dans l'état d'équilibre du liquide, la pression doit être la mêmedans les deux branches verticales du canal composé du premier et du second tube. Maiscomme il y a plus de liquidesdans la première branche verticale, forméedu premier tube et d'une partie du second, que dans l'autre branche verticale, il faut que l'excès de pressionqui en résulte soit détruit par les attractions verlicales du prisme et du liquide sur le liquide contenu dans cette première branche. Analysons avec soin ces allraclions diverses. Considéronsd'abord celles qui ont lieu vers la partie inférieure du premier tube. Le prisme étant supposé vertical et droit, sa base est horizontale. Le liquide contenu dans le second tube est attiré verticalement vers le bas 1" par lui-même, 2° par le liquide environnant ce second tube. Maisces deux attractions sont détruites par les attractions semblables qu'éprouve le liquide contenu dans la seconde branche verticale du canal, près de la surface de niveau de la masse entière liquide; on peut donc en faire abstraction ici. Le liquide de la première branche vcrlicalcdu second tube est encore attiré verticalement par le liquide du premier tube; mais cette attraction est détruite par l'altraction qu'il exerce lui-même sur ce dernier liquide; on peut donc encore ici faire abstraction de ces deux attractions réciproques. Enfin, le liquide du second tube est attiré verticalement en haut par le premier tube, et il en résulte une force verticale, que nous désignerons force, et qui contribue détruire l'excès de pression dû à par première l'élévation du liquide dans le premier tube.

LIVRE
Examinons est 1° Il ne lui animé. est attiré impriment l'équilibre, liquide de voir et extérieur une sreonde distance du liquide, égal, à le la second les deux des de que tube effet, si par ce seconde tube masses masses Ieurs ces est ces force force. est est que qu'il attiré les n'en qui vcrlicalc Nous la en même sorte Il présentement éprouve par dans lui-même; aucun

IV. — CHAPITRE
les sa forces dont inférieure les attractions s'il le le liquide liquide inférieur réciproques point le tenir second vers ici les le que, compte. est du le

XVIII.
liquide les du premier suivantes: d'un l'on tube tube; deux Il de nous d'attraction tube leurs est cette peut, consolidé. mais liquides attiré par attraction désignerons relative et intensités de la

369
tube

partie mais

attractions réciproques

corps sans

mouvement, concevoir par

solide, premier du de second ces 3° et et la du que dans que loi

et

troubler a" vient détruisent liquide résulte par :1 la celles :1 volume mière nant tube; l'attraction la différence Ce

on se le

attractions faut environne dirigée observerons pour qu'elles sont car la ne même différent la

tube, bas si

molécules ne entre different elles

premier par le du intérieure

pour

intensités force; est

rapport liquide du épaisseur;

pre-

surface que la donc insensible n'en soient

intérieure surface que à par des aucune

environ-

premier mais

leur

devenant épaisseurs épaisseurs attiré

distances dans 4° par de ces à ce Enfin, ce tube.

sensibles, leurs le attracliquide Concecolonnes on ne mène

produit sensibles. en une d'une inférieure il est duc verticale n'y à

lions, du vons, verticales; un ylan

pourvu premier en

verticalement partagé dans

haut infinité de

liquide l'extrémité la

petites colonnes plan de force supérieure partie sur La une force le de est liquide ce donc

supérieure partie dans la celle l'attraction que celle dans du le du tube

horizontal, force par et il colonne et est verticale ce tube

produit verticale au du tube

aucune produite plan, sur égale entière renferme le la liquide première la

colonne; qui

a sa

donc partie cette

que que la même

visible est

de tube entier tube. tube l'attraction cette

du

colonne verticale qu'il tube égale sur à

semblablement produite est donc par égale dans

placée l'attraction à celle le

second

premier produit tube;

sur

que

renfermé

second

force

force. de L — VI. '1

OEuvres

370 En réunissant renferme résultante mière l'excès du force dans

EXPOSITION toutes

DU SYSTÈME les attractions branche de bas

DU MONDE. qu'éprouve du et égale canal, à deux on le liquide, aura une

verticales verticale en haut Cette de

la première dirigée une fois

verticale, moins

fois la prebalancer au-dessus

la seconde. du

résultante liquide

doit élevé par

de pression elle

dù au poids est donc égale

volume

niveau;

à ce volume l'action

multiplié du n'agit surface; elles tube que on

la pesanteur sensible colonnes ainsi comme seront au faire étant alors même.

spécifique qu'à du des liquide

du liquide. distances

Maintenant,

n'étant sur peut les

insensibles, voisines

le prisme de sa

extrèmement de la courbure sur un

abstraction développées égales

de ses parois, première

considérer force

plan; la

et la seconde ou, ce qui

au produit

de la largeur

de ce plan, du tube, ce qui du

revient

du contour qui des lume pourront attractions

de la base intérieure désigner, des par

par des les

coefficients intensités

constants, respectives de vo-

précède, tube et du

molécules dont

liquide, sera donc

à égalité

la résultante

on vient

de parler

proportiounelle élevé lui sera pa-

ce contour, reillement

et par conséquent proportionnel. entre les hauteurs au-dessus la base du

le volume

du liquide

La moyenne ricurc de son tionnelle

de tous du niveau

les points

de la surface

supé-

de ce liquide volume par

est le quotient cette par hauteur sa base. de sa base au carré raison inverse diffère intérieur. est est

de la division donc propor-

du prisme; divise

au contour est

prisme,

Si le prisme à son diamètre, hauteur Lorsque du point

un cylindre,

le contour

proportionne) la

et la base du

est proportionnelle est donc celle du en

du diamètre; du diamètre.

moyenne le prisme le plus les parois cette d'en surface conclurc

liquide

est très élroil, bas de la surface comme peu

hauteur liquide,

très peu de celle Si le liquide le verre, et il est du

mouillc alors facilc niveau, du tube;

du tube, est à fort que,

l'alcool près celle

et l'eau d'une

mouillent demi-sphère,

pour à celle hauteur

avoir de son ainsi

sa hauteur point corrigée ces

moyenne le plus

au-dessus diamètre

il faut cette

ajouter dernière

bas 1/6 du

est donc résultats

réciproque

au

diamètre

du tube.

M. Gay-Lussac

a confirmé

de la théorie

LIVREIV. —CHAPITREXVIII.
par un grand moyens volatiles, nombre très etc. constant dans du volume même est, de liquide, élevé au contour est d'expériences, précis, sur l'eau, faites l'alcool avec un soin extrême, densités, par des huiles à diverses

371
et les

Le rapport hase subsiste

de la dis-

le cas

où la courbure par exemple, que par

de ce contour un polygone l'action à celle du

continue,

lorsque

ce contour ne peut être une

rectiligne. tube vers ses d'ac-

Car ce rapport arêtes, tivité l'erreur port sont et

troublé étendue

seulement de èlrc

dans ses

égale

de la sphère

sensible doit

molécules;

cette

étendue on peut quelconques. aux

étant donc

imperceptible, étendre le rapces bases lignes ho-

entièrement à des prismes elles sont

insensible; de bases

précédent semblables,

Lorsque carrés à ces des lignes;

proportionnelles sont proportionnels

mologues, tours divisés

et leurs

conlours bases élevé des sont

les con-

par leurs du les liquide contours les bases

respectives sont

et, par conséquent, à ces lignes.

les hauteur

moyennes Lorsque même moitié

réciproques sont au des

bases égales

polygones de ces aux

circonscrits contours bases par

au la

cercle, du rayon

produit des

du ccrcle;

le rapport divisée la même

contours moitié. tous dont

est donc moyenne

le même, du liquide

et égal à l'unité élevé du est donc

par cette dans

La hauteur

ces tubes. l'un des côtés soit très fort la

Si la hase grand peu base

prisme très

est

un

rectangle

et l'autre près égal

petit,

le rapport par côté

du contour la moitié du

à la base petit côté.

sera Lorsque

à l'unité dont même dans

divisée ce petit que

est un cercle est donc celui le

est le rayon,

le rapport

du contour du li-

à la base quide peu est près

le précédent; cas la même. qui

l'élévation Le premier trempent

moyenne cas dans est

ces deux plans

à très

de deux

parallèles ainsi

le liquide du liquide cydes

par leurs entre deux

extrémités plans dont

inférieures; parallèles

la hauteur à cette égal avec dans

moyenne dans

est égale intérieur est

hauteur

un tube mutuelle

lindrique plans,

le rayon

à la distance l'expérience. un autre

ce qui place

est parfaitement verticalement

d'accord un prisme

Si l'on vertical,

prisme dans

creux

el

et que l'on

plonge leurs

extrémités

inférieures

uu liquide,

372

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

le volume de ce liquide élevé outre la surface extérieure du premier à la somme prisme et la surface intérieure du second sera proportionnel des conlours de leurs bases, l'une extérieure et l'autre intérieure. Ce théorème peut se démontrer en résulte que, si les bases par la méthode précédente. Il sont des polygones semblables, la Ilautcur facilement

moyenne du liquide élevé entre les hrismes est la même que dans un prisme semblable dont chaque còté de la hase intérieure est la différence des côtés correspondants des autres hases. prisme creux, qui par sa partie inférieure trempe dans un liquide, est oblique à l'horizon, le volume du liquide élevé dans le des prisme au-dessus du niveau, multiplié par le sinus de l'inclinaison Lorsqu'un arêtes du prisme, est constamment le même, quelle que soit cette inclinaison. En effet, ce produit exprime le poids du volume du liquide, aux côtés du prisme; ce poids ainsi déélevé, décompose parallèlement sur composé doit balancer l'action du prisme et du liquide extérieur action qui est évidemment ie liquide qu'il renferme, du prisme; la hauteur verticale toutes les inclinaisons quide élevé est donc constamment la même. la même moyenne dans du li-

de la force Il suit de ce qui précède que, si le double de l'intensité attractive du tube sur le liquide est moindre que celle du liquide sur du volume de liquide élevé au-dessus du niveau lui-même, l'expression donc alors en dépression; avec ainsi la les résultats précédents subsistent ce changement, toujours; est en raison dépression moyenne du liquide dans des tubes cylindriques inverse de leurs diamètres. devient négative; L'angle
du tube conduit est égale

l'élévation

se change

formé par l'intersection
varie avec les intensités L'intensité de l'attraction de la moitié ce théorème à l'intensité du cosinus

des surfaces
de leurs forces

du liquide, intérieur
attractives. du tube sur lui-même, L'analyse

et

de l'attraction du liquide

sur le liquide multipliée in-

par le carré fèrieure mité forment

de l'angle qui touche du tube, surface

que fait, la surface angle

avec la partie liquide

des parois de la sphère

du tube, d'activité

un plan sensible

à l'extrèque

différent

de celui

avec ces parois

les côtés de celle

immédiatement

en contact

LIVRE

IV.

CHAPITRE

XVIII.

373

avec elles. Cet angle est donc nul, si l'intensité de la force attractive du tube est égale à celle du liquide, et alors, dans un tube cylindrique très étroit, ta surface du liquide est à très peu près celle d'une demi-sphère; l'angle devient droit et ta surface liquide devient plane, n'est que la moitié de la seconde; enfin, si la première des intensités cet angle est égal a deux droits,' el la surface liquide est celle d'une convexe, si la force attractive du tube est insensible par demi-sphère rapport à celle du liquide. La mesure de cet angle du rapport de ces forces, pourvu que la première seconde. Dans le cas où la force attractive du tube sur donnera donc celle pas la ne surpasse

celle du liquide sur lui-même, aux parois du tube, et forme un tube inlérieur, liquide, dont la surface devient

le liquide surpasse une lame très mince du liquide adhère qui seul élève alors le concave el celle d'une et des builes, dans

demi-sphèré. un tube de verre.

par conséquent Ce cas est celui de l'eau, des alcools

Vers l'extrémité d'activité sensible,

de sa partie supérieure sans cesse à mesure que le liquide approche de même, el diminuant celle extrémité, l'angle que nous venons de considérer reçoit de grandes variations. Ainsi, en enfonçant de plus en plus un tube capillaire de verre dans l'alcool, reste toujours devenir l'élévation la même, du liquide intérieur au-dessus du niveau :1 l'extrémité du jusqu'à ce qu'il parvienne de plonger le tube, on voit la surface de en moins concave, et finir par être plane, du tube arrive à la surface de niveau du

des parois l'atlraction

du tube et dans

l'étendue

de sa sphère n'étant plus la

tube. Alors, en conlinuant l'alcool lorsque de moins

l'extrémité

supérieure semblable

liquide. Un phénomène l'alcool

a lieu quand

on verse

successivement

de

ouvert par ses deux extrécapillaire, mités et maintenu dans une situation verticale. Le liquide descend à inférieure du tube; la surface supérieure de la colonne est l'cxtrémité dans un tube de verre, toujours concave et celle d'une concave, la surface inférieure est demi-sphère; mais elle le devient de moins en moins, à mesure

pareillement

374

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

qu'en versant de l'alcool la longueur de la colonne augmente, et lorsque cette longueur égale la hauteur duc à la capillarité, c'est-à-dire la hauteur à laquelle le liquide s'élèverait au-dessus du niveau dans le tube, s'il plongeait par son extrémité inférieure dans un vase indéfini plein de ce liquide, la surface inférieure de la colonne devient plane. En continuant de verser de l'alcool, celle surface devient de plus en plus de l'air à la hase du tube ou toute autre cause convexe, si l'adhérence empêche cette base d'être mouillée est devenue celle d'une demi-sphère est double de la hauteur par le liquide. Quand cette surface convexe, la longueur de la colonnc En effet, la succion que due à la capillarité.

et la pression que produit produit la concavité de sa surface supérieure la convexité de sa surface inférieure concourent à soutenir cette coces deux forces sont égales, par ce qui précède, et la première suffit pour maintenir te liquide, à la hauteur duc à la capillarité. Si l'on lonne: continue la goutte liquide, s'allonge et crève dans les points de sa surface où le rayon de courbure augmente par cet alLa goutte se répand alors sur la base inférieure du tube, longement. où elle forme une nouvelle goutte, qui devient de plus en plus convexe, dont le rayon est le rayon jusqu'à ce qu'elle forme une demi-sphère extérieur du tube. Alors, si la colonne, qui, au moment on la première est goutte s'est répandue sur la hase du tube, a diminué de longueur, en équilibre, sa longueur est la somme des élévations du liquide qui auraient lieu dans deux tubes de verre plongés dans ce liquide, et dont les rayons intérieures seraient, l'un, celui du premier tube, et le rayon extérieur du même tube. Tous ces résultats de la théorie ont été confirmés par l'expérience. Considérons maintenant un vase indéfini, rempli d'un nombre quelles uns au-dessus des conque de fluides placés horizontalement Si l'on plonge verticalement l'extrémité inférieure d'un tube prismatique droit, l'excès du poids des fluides contenus dans le tube sur le poids des fluides qu'il eût renfermés sans l'action capillaire est le même que le poids du fluide qui s'élèverait lequel plonge l'extrémité inférieure au-dessus du niveau, si le fluide dans du tube existait seul. En effet, l'acautres. l'autre de verser de l'alcool,

LIVRE IV.

— CHAPITRE

XVIII.

375

tion du prisme et de ce fluide sur le même fluide renfermé dans le la même que dans ce dernier cas. Les autres tube est évidemment fluides contenus dans le prisme étant élevés sensiblement au-dessus du prisme sur chacun d'eux ne peut ni les élever ni les abaisser. de ces fluides Quant à l'action réciproque évidemment s'ils formaient les uns sur les autres, elle se détruirait de sa base inférieure, ensemble une masse solide, ce que l'on peut supposer sans troubler l'action

l'équilibre. Il suit de là que, si l'on plonge par son extrémité inférieure un tube dans un fluide, et qu'ensuite on verse dans ce tube un prismatique autre fluide qui reste au-dessus du premier, le poids des deux fluides le tube sera le même que celui du fluide qu'il renferLa surface du fluide supérieur sera celle qu'il prenmait auparavant. inférieure dans ce drait dans le tube plongeant par son extrémité contenus dans Au point de contact des deux fluides, ils auront une surface et que l'on commune différente de celle qu'ils auraient séparément peut déterminer par l'Analyse. Si l'on humecte d'eau, d'alcool ou de fluide. d'un le verre l'intérieur qui mouille exactement et que l'on plonge dans tube capillaire cylindrique de cette substance, de ce tube, on voit une partie du le mercure l'extrémité inférieure tout autre liquide parois du tube, se réunir en colonne Il résulte de l'Analyse appliquée à cet objet que la surface commune du mercure et du liquide est celle d'une au mercure, en sorte qu'alors l'angle demi-sphère convexe relativement liquide, qui humectait au-dessus du mercure, les que forme sa surface avec les parois du tube est nul. ne renfermer que deux fluides, conceUn vase indéfini étantsupposé cesons que l'on y plonge entièrement un prisme droit vertical, de manière par sa partie supérieure, et dans l'autre par sa partie élevé dans prisme par l'action cainférieure; le poids du fluide inférieur pillaire au-dessus de son niveau dans le vase sera égal au poids d 'un pareil qu'il soit dans l'un volume du fluide supérieur, plus au poids du fluide inférieur qui s'élèverait dans le prisme au-dessus du niveau, s'il n'y avait que ce fluide dans le vase,
moins au poids du fluide supérieur qui s'élèverait dans le même prisme au-

37C
dessus dans ce du niveau fluide

EXPOSITION
si, par son ce fluide extrémité

DU SYSTÊME
existant inférieure. seul dans

DU MONDE.
le vase, le prisme trempait

Pour inférieur

le démontrer, sur la partie existait

on observera du seul fluide dans

que inférieur le vers vase

l'action qu'il

du prisme contient est

et du fluide est la même dans ces et il

que si ce fluide deux est lent niveau rieure prisme cas, évident au sollicité que poids

ce fluide de la dans qui

donc,

verticalement les forces qui de

le haut

même manière,

le sollicitent ce fluide

le dernier

cas équivaau-dessus du supédu

du

volume

s'élèverait dans te bas,

pareillement, du prisme

le fluide est sollicité comme fluide,

supérieur verlicalement il serait le prisme

contenu vers

la partie par l'action

et de ce fluide, que et dans ce

sollicité y

vers le haul, par du dans intérieurs propre poids,

si, le vase

ne renfermant inférieure fluide dessus est haut forces venons avoir

trempait actions

son extrémité prisme le prisme et du au-

ce cas,

la réunion qui des

des

équivaut du niveau.

au poids Enfin

de ce fluide la colonne

s'élèverait fluides son

au prisme et vers toutes que le ces nous

sollicitée par la

verticalement pression doivent des se

vers le has par fluides faire extérieurs. on

En réunissant a le théorème principes quelconque les tubes que la chaleur la

qui

équilibre, par

d'énoncer. lieu, lorsque et

On déterminera te vase est la dépression par rempli des

les mêmes nombre dans

ce qui doit de fluides. capillaires produit des d'une fluide temdu

d'un

L'élévation varie dans fluides. parfaite avec le

fluides

la température, diamètre des tubes aux on

les changements et principalement qui, tels que général tube

dans l'alcool,

densité

Relativement liquidité, exactement en raison intérieur

fluides

jouissent d'un à diverses

a ce théorème les parois d'un

L'élévation est,

qui mouille pératures, diamètre

capillaire

directe

de la densité

du fluide

et en raison

inverse

du tube. la théorie on peut précédente foriner de une à la dépression Table tubes, des du mercure dans

En appliquant les baromètres, aux

dépressions et par

corresponrendre à la

dantes

drivers entre

diamètres

leurs

ce moyen à l'Astronomie,

comparables Physique

eux ces instruments,

si précieux

et à la Géodésie.

LIVRE

IV.

— CHAPITRE

XVIII.

377

L'un des plus grands avantagesdes théoriesmathématiques, le et à des pluspropreà établir leur certitude,consiste lierensemble phénomènesqui semblentdisparates,en déterminanteurs rapportsmul mais tuels, non par des considérations vagueset conjecturales, par de calculs.Ainsila loi de la pesanteuruniverselle rattachele rigoureux fluxet le refluxdelamerauxloisdumouvement elliptique desplanètes. C'estencoreainsi que la théorieprécédentefait dépendrel'adhésion des disquesà la surfacedesliquides,ainsique l'attraction la répulet siondes petitscorpsqui nagent sur celle surface,de l'ascension des mêmes liquidesdanslestubescapillaires. Si l'on appliqueà la surfaced'un liquideun disquesuspenduan fléaud'une balancetrès exacte,de maniire qu'il soit enlevé verticalement au moyende très petits poids ajoutés successivement avec et lenteurdansle plateaude l'autrefléaude la balance, n voitle disque o s'éleverpeu à peu au-dessus la surfacede niveau,ensoulevantune de colonne liquide. Par des additionsde poidssuccessives, disque de le linitpar se détacherde la colonne retombealorssur la surfacedu qui liquide.Le poidsnécessaire pourcelle séparationpeutse conclurede dela l'élévation liquidedansun tubecapillairecylindrique matière du du disque.Concevons ce disque soit circulaireet d'un granddiaque mètre. La colonnequ'il soulèveprendalors la formed'un solidede s révolutiondont la base inférieures'étend indéfiniment ur la surest facede la mascedu liquide, et dont la base supérieure la surface inférieuredu disque. Lathéoriede l'actioncapillaire donnel'équation d e différentielle e la surfacede la colonne celle surfaceest concave, t c'esten vertude sa concavité la colonnese maintientsuspendue que en équilibre; car si, par un point quelconquede la surfacede la se colonne,on imagineun canalinfiniment troit, d'abordhorixontat, é recourbant nsuiteverticalement lebaset se prolongeant e vers jusqu'audessousde la surfacede niveaudu liquide,il est visible le liquide que contenu dans la brancheverticalede ce canal sera soutenupar la d succion à la concavité e la surfacede la colonne,ainsi que l'eau duc élevéedans un tube capillairede verre se maintienten équilibrepar
OEuvres de L. — VI. 48

378 une cause

EXPOSITION semblable.

DU SYSTÈME

DU MONDE.

On trouve par l'Analyse que le poids de la cole plateau oplonne soulevée, auquel la somme des poids mis dans soutenir doit être égale, est le même que le posé de la balance pour la I° pour hauteur liquide qui aurait poids d'une colonne cylindrique dans un la racine carrée du produit de l'élévation moyenne du liquide le diamètre du tube divise tube cylindrique de la matière du disque par inférieure de ses parois forme par le cosinus de l'angle que la surface de la sphère avec un plan langent de la surface liquide, à l'extrémité angle limite; d'activité sensible du tube, angle que nous nommerons 2° pour base la surface inférieure du disque multipliée par le cosinus de la moitié de l'angle que cette surface forme avec un plan qui de la sphère d'activité l'extrémité touche la surface de la colonne sensible diminue disque. Ce dernier angle, d'abord successive à mesure que, par l'addition du égal à deux droits, des poids, on soulRve

dans un lullc capillaire que le disque, à peu près comme il augmente l'on continue de plonger dans un liquide déjà parvenu à son extrémité Si l'on divise par la surface inférieure du disque le cylindre supérieure. du disque au-dessus dont nous venons de parler, on aura l'élévation fera donc connaître cette élévation observée du niveau du liquide; l'angle formé par les surfaces du disque et du liquide. correspondant cet de se détacher de la colonne, Lorsque le disque est sur le point le liquide mouille le disque, devient égal à l'angle limite. Si angle limite est nul, et la surface de la colonne, au moment de sa sél'angle de poulie, dont la partie la plus étroite paration, est celle d'une gorge M. Gayest aux sept dixièmes environ de la hauteur de la colonne. ta surface d'un grand nombre Lussac a fait sur l'adhésion des disques :1 la théorie très exactes, qui, comparées de liquides des expériences avec elle d'une manière très remarquable, et s'accordant précédente ne laissent aucun doute sur la vérité de cette théorie. déterminer sur un même les rapports liquide. des forces Un formant '1 Ces expériences peuvent servir de diverses substances attractives avec ces substances diamètre

fort larges et d'un même des disques circulaires à la surface d'une masse indélinic de ce et en les appliquant

LIVRE liquide, on trouve,

IV.

— CHAPITRE XVIII.

379

que les intensités respectives de ces à égalité de volume, sont proportionnelles attractions, aux carrés des pour détacher les disques du liquide. Quand ta force poids nécessaires par l'Analyse, attractive même, alors du disque sur lé liquide surpasse celle du liquide sur luicar ne fait connaître que cette dernière force adhère fortement à la surface inférieure du

l'expérience une lame liquide

disque et forme un nouveau disque qui seul élève le liquide. Par cette raison tous les disques de même figure et de même grandeur, formés de diverses substances que l'eau mouille, telles que le verre, le marbre et les métaux, adhèrent dans le cas où t'attraction également du disque de ce liquide. est plus petite, le frottement et sa viscosité apportent de grandes à la surface Mais de ce

difféliquide contre tes disques rences dans les résultats des expériences sur leur adhésion à sa surface c'est ce que M. Gay-Lussac a éprouvé dans celles qu'il a faites sur Le maximum de cette disque de verre au mercure. adhésion à fort peu près proportionnel au est, par ce qui précède, sinus de la moitié de l'angle aigu que forme, avec la surface supérieure des parois d'un tube de verre qui plonge verticalement dans ce l'adhésion d'un liquide, sphère nalière un plan tangent à la surface de ce liquide, à l'extrémité d'activité sensible du tube; or on sait, par l'observation du baromètre, que cet angle peut augmenter descend avec une grande lenteur, de la

jourconsidérablement

le frottement du lorsque le mercure contre les parois du tuhe et sa viscosité empêchant la desmercure cente des parties de ce liquide contigucs à ces parois. Les mêmes causes empêchent la colonne de mercure de se séparer du disque. Cette n'a point lieu directement séparation et du liquide, comme si le mercure entre les deux surfaces formait du disque une masse solide; il fau-

drait alors employer une force incomparablement plus grande que celle qui la produit. Mais, en soulevant le disque, la colonne liquide commence se détacher de ses bords; ensuite elle se rélrécit de plus en plus vers le milieu du disque, jusqu'au frottement du mercure contre la surface cosité doivent donc empêcher moment inférieure où elle le quille. Le du disque et sa viscomme dans la

cet effet et augmenter,

380

EXPOSITION nu SYSTÈMEDU MONDE.

descente du baromètre, l'angle aigu du contactde la surface du disque avec cette du mercure,-et si/par l'extrême lenteur avec laquclle on ajouteles petits poids dans le plateau de la balance, toutes les moléculesde la colonne liquide ont le temps de s'accommoderau nouvelétat d'équilibre qui convient à cet angle, on conçoit que l'on peut considérablement accroitrc le poids nécessaire pour détacher le disque, de la surface du mercure. L'attraction et la répulsion des petits corps qui nagent à la surface des liquides sont encore des phénomènescapillaires que l'on peut soudeux plans parallèles formésde la même mettre à l'Analyse. Imaginons matière et plongeant verticalement par leurs extrémités inférieures dans un liquide indéfini supposons d'abord que ce liquide s'abaisse entre eux il est visible que cet abaissementil l'intérieur des plans sera plus considérable qu'à leur extérieur, et qu'il le sera d'autant plus que ces plans seront plus rapproches. Unvertu de cette différence, les plans seront évidemment presses l'un vers l'autre par le liquide extérieur. Le même effet a lieu, si le liquide s'élève entre les plans. Pour le faire voir, concevons dans le liquide intérieur un canal infiniment étroit et vertical, qui passe par le point le plus bas de sa surface, et supposons que ce canal se recourbe horizontalement, pour aboutir à un point de la surface intérieure de l'un des plans plus élevé que le liquide extérieur. Ce point éprouvera d'abord la pression de l'atmosphère, ensuite cette du liquide contenu dans la branche verticale du canal. Mais ces pressions sont diminuées par l'action du ménisque liquide que retrancherait un plan langent au point le plus bas de la surface du liquide a l'intérieur, et cette action fait équilibre au poidsde la colonne entière du liquide contenu dans la branche verticale du canal en la supposantprolongéejusqu'à la surface de niveau du liquide indéfini le point intérieur du. plan éprouvera donc une pression moindre que celle de l'atmosphère qui presse le point correspondant à l'extérieur; celle différence de pression tend donc encore à rapprocher les deux ptans. L'Analyse conduit à ce théorème Soit que le liquide s'èlèveou s'abaisse entre les plans, la pressionque chaqueplan éprouve

LIVREI

IV.

— CHAPITRE

XVIII.

381

vers l'autre demi-différence l'intérieur comprise que, nir au

est égalc

au poids

d'un

prisme

liquide,

dont

la hauteur

est la à

des élévations

des points

extrêmes

de contact

du liquide du plau

et à l'extérieur entre les les lignes plans

du plan,

et dont

la base

est la partie

lorsque croit moyen

horizontales menèes par ces points. Il en résulte à se réusont très rapprochés, tendance leur du cane intermédiaire, imperceptibles suivant de leur des distance forces mutuelle. dont laction une force Ainsi, n'est qui uni-

en raison d'un qu'à :1 des

inversé liquide

sensible s'étend verselle. Si

des

distances

produisent

distances

sensibles,

la loi de la pesanteur

les deux

plans

sont

de matières d'eux

différentes autant qu'il

et telles s'élève

que

le liquide

s'abaisse de leur l'autre,

à l'extérieur

de l'un

à l'extérieur du liquide avec élevé à

ils sc repousseront aura liquide qui plus une ligne

mntuettement. d'inncxion, Au dedans, dehors, cI l'on

La surface horizontale le liquide vient

intérieur du

et de niveau sera moins que élevé. qui

la surface près sion

extérieur. qu'au

du plan est alors

l'élève grande étant

de voir

la presl'arcill'abaisse

du còté plus

où le liquide au dehors est plus et cette

est moins du plan

lement, qu'à

le liquide

abaissé intérieure de l'autre, Il n'en

son intérieur, donc leur

la pression l'un

grande; tendance

les deux plans a lieu, quel

tendent que soit différence

à s'écarter rapprochement. l'élévalion

est pas de même à l'extérieur L'Analyse de une

lorsqu'il des

y a une plans et

entre

du liquide de l'autre. el qu'en par

de l'un fait voir

son abaissement mencent répulsion croissante sant par

a l'extérieur se repousser, finit qu'on à leur soit qu'ils capillaire,

qu'ils

comcette

continuant dans

les rapprocher, attraction s'élcvant soit que l'un

apparente à mesure

se changer

toujours ou s'abaisles plans sur l'autre

les rapproche, intérieur. s'attirent, l'action ces divers des corps est Dans

le liquide tous

indéfiniment

les cas, n'agissent

se repoussent, que par l'action

cluoielu'ils est résultats à la surface

toujours

égale

à la réaction.

L'expérience Enfin, ment

a confirmé la suspension pesant à l'analyse.

do la théorie. d'un liquides que spécifiquel'on par peut leur

moins

qu'eux

un phénomène que dans

capillaire le cas

soumettre

Il n'a lieu

ou ces corps

382

EXPOSITION DU SYSTÈME1)U MONDE.

action cahillaire écartent le liquide, et alors on conçoitqu'ils doivent, pour être en équilibre, suppléer par leur poids celui du liquide écarté. En général, l'augmentation du poids d'un corps de figure quelconque, duc à l'action capillairc, est égale au poids du volume de liquide qu'il élève au-dessus du niveau par l'action capillaire, et si le licluitleest déprimé au-dessous, l'augmentation de poids se change en diminution, et le poids du corps en équilibre est alors égal au poids d'un volume de liquide, pareil à celui que le corps déplace, soit par J'espace qu'il occupeau-dessousdu niveau, soit par t'espacequ'il laisse vide, en écartant le liquide par l'action capillaire. Ce principe embrassele principe connu d'Hydrostatiquesur la diminution du poids d'un corps plongeant dans un liquide; il sumt d'en supprimerce qui est relatif à l'actioncapillaire qui disparaîttotalement, quand le corps est entièrement plongé dans le liquide au-dessousdu niveau. Pour le démontrer, imaginionsun canal vertical assez large pour embrasser le corps et tout le volumesensible de liquide qu'il soulèveou qu'il laisse vide par faction capillaire; supposonsque ce canal, après avoir pénétré dans le liquide, devienne horizontal, et qu'ensuite il se relève verticalement jusqu'à la surface du liquides,en conservait toujours la même largeur. Il est clair que, dans l'état d'équilibre, les poids contenus dans les deux branches verticales de ce canal doivent être égaux; il faut donc que le corps, par sa légèreté spécifique, compense le poids du liquide élevé par l'action capillaire, ou, si cette action le déprime, il faut que, par sa pesanteur spécifique, il compense le vide que cette action produit. Dans le premier cas, faction capinairc tend à faire plonger le corps dans le liquide; dans le second cas, cette action soulève le corps, qui peut être par là maintenu à la surface du liquide, quoique spécifiquementlllus pesant. C'est ainsi qu'un cylindre d'acier très délié, dont le contact avec l'eau est empêché par unvernis ou par une couched'air quif enveloppe, se soutient à la surface de ce liquide, Si l'on place ainsi horizontalement sur feau deux cylindres égaux et parallèles qui se louchent de manière qu'ils se dépassent mutuellement, on observe clu'à l'instant

LIVRE IV.

CHAPITRE X"1I1.

383

ils glissent l'un contre l'autre, pour se mettre de niveau par leurs extrémités. Le liquide étant plus déprimé aux extrémités qui sont en contact avec les cylindres qu'aux extrémités opposées, les bases de ces dernière extrémités sont plus pressées que les deux autres bases; chaque cylindre tend,' en conséqucnce, à se réunir de 1)lusen plus avec l'autre, et comme les forces accélérillrices portent toujours un système de corps, dérangé de l'étal d'équilibre, au delà de cette situation, les deux cylindres doiventse dépasser alternativement,en faisant des oscillations qui, diminuant sans cesse par les résistances qu'elles éprouvent, finissent par être anéanties; ces cy)indrcs alors, parvenus à l'état de repos, sont de niveau par tours extrémités. Les phénomènesque présente une goutte liquide en mouvementou suspendue n équilibre, soit dnasun tube capillaire conique, soit entre e deux plans très peu inclinés l'un à l'autre et dont l'intersection est horizontale,sont très propres à vérifierla théorie. Une petite colonne d'eau ou d'alcool dans un tube conique de verre, ouvert h ses deux extrémités et maintenu horizontalement, se porte vers le sommet du tube, et l'on voit que cela doit être. En effet, la surface de la colonne liquide est concave ses deux extrémités mais le rayon de cette surfaceest lrlus petit du côté du sommet que du còté de la hase l'action du liquide sur lui-mêmeest donc moindre du còté du sommet, et par conséquent la colonne doit tendre vers ce côté. Si le liquide est du mercure, alors sa surface est convexe, et son rayon est moindreencore versle sommetque vers la hase mais, à raison de sa convexité,l'action du liquide sur lui-mêmeest plus grande vers le sommet, et la colonne doit se porter vers la hase du tube, ce qui est conformeà l'expérience. On peut balancer ces actions du liquide sur lui-même par le propre poids de la colonne, et la tenir suspendue en équilibre en inclinanl l'axe du tube à l'horizon. Un calcul fort simple fait voir que, si la longueur de la colonne est peu considérableet si le tube est fort étroit, le sinus de l'inclinaison de l'axe à l'horizon, dans le cas de l'équilibre, est à fort peu près en raison inverse du carré de la distance du milieu do la colonneau sommet du còne, et qu'il est égal à une fraction dont

384

EXPOSITION nu SYSTÈMEDU MONDE.

le dénominateur est cette distance, et dont le numérateur est la hauteur à laquelle le liquide s'élèverait dans un tube cylindrique dont le diamètre serait celui du cône, aumilieu de la colonne. Des résultats semblables ont licu'pour une goutte liquide placée entre deux plans qui se touchent par leurs bords supposés horizontaux, en formant entre eux un angle égal à l'angle formé par l'axe du cône et ses côtes l'inclinaison :1l'horizon du plan qui divise également l'angle formé par les plans doit être la même que celle de l'axe du cône pour que la goutte reste en équilibre. Les expériences que l'on a faites sur cel objet confirmenttes résultats de la théorie. La figure des liquides compris entre les plans qui font entre eux des angles quelconques, celles des gouttes liquides s'anpuyant sur un plan, l'écoulcmcnl des liquides par dessiphons capillaires et beaucoup d'autres phénomènessemblablesont été soumis, commeles précédents, à l'Analyse. L'accord de ses résultats avec l'expérience prouve d'une manière incontestable l'existence dans tous les corps d'une attraction moléculaire décroissante avec une extrême rapidité, et qui, modifiée dans les liquides par la figure des espaces étroits qui les renferment, produit tous les phénomènesde la capillarité. Ces phénomènes étant ramenés à une théorie mathématique, il était nécessaire, pour la comparer exactement avec la nature, d'avoir sur cet objet une suite d'expériences très précises. Lebesoinde semblables expériences se fail sentir à mesure que la Physique, en se perfectionnant, rentre dans le domaine de l'Analyse. On peut alors, par leur comparaison avec les théories, élever celles-ci au pins haut degré de certitude dont les sciences physiques soient susceptibles. Les expériences que M. Gay-Lussac a bien voulu faire, à ma prière, sur Irs effets de la capillarité, et auxquelles il a su donner toute t'exactitude des observations astronomiques,ont procuré cet avantage à la théorie que nous venons d'exposer. Quand on est parvenu à la véritable cause des phénomènes, il est curieux de porter la vue en arrière et de considérer jusqu'à quel point les hypothèsesimaginées pour les expliquer s'en rapprochent. Newton

LIVRE s'est qui

IV.

CHAPITRE

XVIII.

385 dans dépendent par la

beaucoup terminent

étendu son décroissant

sur Optique avec affinités temps,

les

phénomènes il a très une bien

capillaires vu qu'ils

les

questions de forces el très par n'a reles point de l'ascende du de l'eau tube cette condesà ces

attractives ce qu'i) dit

extrême

rapidité qu'elles

distance, est partie

sur pour

les son

chimiques et a été

produisent en grande géomètre effets principe Il partie « c'est attribue annulaire seulement elle s'oppose puisque deux le capillaires générla celle

marquable travaux donné forces. sion dans des un des

confirme mais ce

chimistes pour depuis dans de est que qui, est verre contigue; l'eau par

modernes; soumettre essayé des à de tubes l'attraction « doit la car au

grand les

de Jurin

méthode a

calcul :1 un étroits. de la

ramener très

liquides tube l'eau du la tube

laquelle partie séqueut cente. férence au diamètre

»,

dit-il, en

s'éloigner force de son

s'abaissant; attraction,

est à cette

par sa

seule cause la

Cette et

proportionnelle d'eau n Mais aux des suspendue on causes résultats anneau de ce ne doit que de de sont

son

effet, toutes

circon-

colonne du des elles tube. effets sont que de le

proportionnelles principe sont de premières, Ainsi, à la en parce celle Théorie analyse de de la surface conclure qu'on toutes figure de équiMais l'asceninla en la proet adde

employer lorsqu'elles causes verre

portionnalilé non mettant l'eau que ne ses de toutes libre, il sion térieur preuve, mène. sur de la les n'a le peut parties. la Terre, les dans pas et de des est quand

premières. adhèrent on :1 son ne doit

même la poids connaitrc cause

seul

l'élévation doit la force qui être de

liquide,

pas

élevé

proportionnel cet anneau cet

diamètre, sommant

qu'en objet de Jurin

Oairaut; substitue forces un expliqué la dépression très infinité qui canal le

a examine l'hypothèse

dans une d'eau par capillaire,

sa

exacte en du tube. de diamètre en donner ce phénojusque l'éloigner que. -l!) 1

tiennent infiniment principal des étroits de qu'il lois fait situées du

une étroit

colonnc passant

suspendue l'axe celui du sans produire verre, tube, il est remarquable sensible devait

phénomène liquides il se contente en

raison

inverse

tubes

d'observer, peuvent du du mais

qu'une La

d'attraction de l'action dans l'axe

supposition de explication de L. — VI.

molécules

l'eau

véritable OEuvres

phénomène;

386 s'il fut parti

EXPOSITION de l'hypothèse eut appliqué du tube

DU SYSTÈME d'une attraction

D.U MONADE. insensible situées dont dans des distances la sphère usage d'acpour

sensibles tivité

et s'il

aux molécules l'analyse

des parties

des forces

il a fait

les molécules de Jurin. manière par peut d'une cette mais dont

de l'axe, encore nous

il aurait à ceux

été conduit, que nous avons

non sculement obtenus par

au résultat la seconde On voit le tube, du liquide suspendu l'attraction l'anneau son on

avons que,

envisage si le liquicle du tube

les phénomènes mouille supérieure à s'élever élevée Jurin ces

capillaires,

méthode que

parfaitement à la surface et le tient balance le prétend, effets,

concevoir quantité

la partie

imperceptible lorsque du tube. avec le poids

le sollicité

en équilibre, de cet anneau même action du tube en

de la colonne pas, qui comme produit

Ce n'est le liquide

contact

puisque réciproque

est horizontale; et du quoique de liquide

ces phénomènes ne s'arrête point

prouvent aux

que l'action surfaces, Mais

le principe savoir, de la

de Jurin, que base ment rapport molécules

inexact, la colonne du tube, prismatique,

l'a conduit liquide conséquence quels que est

a une conséquence proportionnel que l'on doit

vraie, au contour

le poids intérieure

étendre

généraleet le des

a un tube

soient

sa forme

intérieure à l'attraction

de l'attraction liquides

de ses molécules sur elles-mêmes. de la surface des

sur le liquide

La ressemblance capillaires s'occupèrent tèaire, rer par et des

fluides

contenus

dans dont

les espaces

gouttes

liquides du Calcul naturellement étant

avec

les surfaces

les géomètres de lin-

à t'originc porta comme et leur

infinitésimal, plusieurs

sous

les noms

d'élastique,

physiciens

à considéqui, formes eu celte les se rat-

les liquide leur tension par

enveloppes

de semblables aux

surfaces, les aient

élasticité, Segner, n'était l'on

donnaient l'un

liquides qui

indiquées idée, sentit

l'expérience. qu'elle que

des premiers fiction propre qu'autant

bien mais

qu'une

à représenter qu'elle

phénomènes, tachait Il essaya nements, auxquels

ne devait

admettre

à la loi d'une donc il est d'établir facile

attraction cette d'en et qui

insensible dépendance;

a des distances mais, en suivant et l'Analyse

sensibles. ses raisonles résultats ni avec la

reconnaitre ne s'accordent

t'inexactitude, ni avec

il parvint,

LIVREIV. —CHAPITRE XVIII.

387

nature, en sont la preuve. Au reste, on voit, par la note qui termine ses recherches, qu'il n'en a pas été content lui-même.Mais on doit lui rendre cette justice, qu'il était sur la voie qui devaitconduire à la théorie générale des phénomènes capillaires. Lorsque je m'en occupais, Thomas Youngen faisait pareillement le sujet de recherchesfort ingéIl nieuses, insérées dans les Transactionsphilosophiques. y compare, avec Segner, la force capillaire à la tension d'une surface liquide, en ayant égard à sa courbure dans deux directions perpendiculairesentre elles, et de plus il supposeque cette surlace coupe toujours les parois des espaces capillaires sous un angle déterminé pour les mêmes substances, quelle que soit d'ailleurs la surface de ces parois, ce qui n'est exact qu'aux limites de la sphère d'activité sensiblede ces substances, et cesse même de l'être au delà de ces limites, lorsque le liquide est à l'extrémité des parois, commeon l'a vu relativementaux surfaces des tubes et des disques qui le soulèvent. Mais Young n'a pas, ainsi que Segner, tenté de dériver ses hypothèses de l'atlraclion moléculaire, ce qui était indispensable pour les réaliser; elles ne pouvaient l'être que par une démonstration pareille a cetteque j'ai donnéedans ma première méthode, à laquelleles explicationsde Segner et d'Youngse rattachent. commecette de Jurin se rattache à la seconde manièredont j'ai considéré ce genre de phénomènes. Je me suis beaucoup étendu sur les phénomènescapillaires, parce qu'indépendamment de l'intérèt qu'ils cffrent par eux-mêmes, leur théorie répand un grand jour sur les attractions réciproquesdes molécules des corps, dont ils sont de très légères modifications.Le calcul de nous montre, en effet, que l'action capillaire décrive la force attractive, et qu'elle est à celle-ci dans un rapport beaucoupmoindre que celui du rayon de la sphère d'activité sensible de cette force au rayon de courbure de la surface capillaire. Ainsi, en supposant ce denier la force attractivede l'eau sur elle-même surpasrapport égal à 1/10000, sera vingt mille fois l'action capillaire de ce liquide dans un tube de verre, large de 0m,001, action équivalente, suivant l'expérience, à une colonne d'eau de 0m,030;cette force surpassera donc la pression d'une J

388

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.

colonne d'eau de 600m.Une pressionaussi considérablecomprime fortement les couches intérieures de ce liquide, et accroil leur densité celle d'une lame d'eau isoléed'une qui. par celle raison, doit surpasser épaisseur plus petite que la sphère d'activité sensible de ses molécules. Est-il invraisemblablede supposerque ce cas est celui de l'enveloppe aqueuse des vapeurs vésiculaires,qui par là deviennent beaucoup plus légères? L'attraction moléculaireest la cause de l'agrégation des molécules homogèneset de la solidité des corps. Elle est la source des affinités des molécules hétérogènes. Semblable à la pesanteur, elle ne s'arrête poiut à la superficiedes corps, mais elle les pénètre, en agissant au delà du contact à des distances imperceptibles: c'est ce que les phénomènes capillaircs montrent avec évidence. De là dépend l'influence des massesdans les affinitéschimiques, ou cette capacité de saturation, dont Berthollet a si heureusement développé les effets. Ainsi deux acides, en agissant sur.une même hase, se la partagent en raison de leursaffinitésavecelle ce qui n'aurait point lieu, si l'aninité n'agissait qu'au contact; car alors l'acide le plus puissant retiendrait la hase entière. La ligurc des nioléculcs, l'électricité, la chaleur, la lumière et d'autres causes, en se combinant avec cette loi générale, modifientses effets.Des expériencesde M. Gay-Lussac les phénomènescapillaires sur des mélangeas formesde proportionsdiversesd'eau et d'alcool semblent indiquer ces modifications; car ces phénomènesne suivent point exactement les lois qui resultent des attractions respectivesdesdeux fluides mêlés ensemble et des pesanteurs spécifiques. Ici se présente une question intéressante. La loi de l'attraction moléculaire relative aux distances est-elle la même pour tous les corps? Celasemble résulter du phénomènegénéral observe par Richter, et qui consiste en ce que les rapports des bases qui saturent un acide sont les mêmespour tous les acides; dausce cas, la loide la capillarité est aussi la même pour tous les liquides. Les molécules d'un corps solide ont la position dans laquelle leur résistanceà un changement d'état est le plus grande. Chaque molé-

LIVREIV. —CHAPITREXVIII.

389

éule, lorsqu'elle est infiniment peu dérangée de celte position, tend à v revenir en vertu des forcesqui la sollicitent. C'est là ce qui constitue l'élasticité dont on peut supposer tous les corps cloués, lorsqu'on ne changequ'extrêmement peu leur figure. Mais, quand l'état respectif des molécules éprouve un changement considérable, ces molécules retrouvent de nouveauxétats d'équilibre stable, commc il arrive aux métaux écrouis, et gcnéralcnicnt aux corpsqui par leur mollesse sont susceptible de conserver toutes les formes qu'on leur donne en Ics pressant. La dureté des corps et leur viscosité ne me paraissent être que la résistance des molécules à ces changements d'état d'équilibre. La force expansivede la chalcur étant opposée à la forceattraclive des molécules, elle diminue de plus en plus Icur viscosité ou leur adhérence muluelle par ses accroissementssuccessifs,et lorsque les molécules d'un corps n'opposent plus clu'unc très légère résistance à leurs déplacements respectifs dans son intérieur et à sa surface, il devient liquide. Maissa viscosité, quoique très affaiblie, subsiste encore jusqu'à ce que, par une augmentation de température, elle deviennenullc ou insensible. Alors, chaque molécule retrouvant dans toutes ses positions les mêmes forces altractives et la même force, répulsivede la chaleur,elle cède à la pression la plus légère, et le liquide jouit d'une fluidité parfaite. On peut conjecturer avec vraisemblance que cela a lieu pour Ics liquides qui, comme l'alcool, ont une température fort supérieure à celle où ils commencent à se congeler. C'est dans ces liquides que les lois desphénomènes capillaires, commecelles de l'équililre et du mouvementdes fluides, s'observent avec exactitude; car les forces dont les phénomènescahillaircs dépendent sont si petites que le plus léger olrstaclc, tel que la viscosité des liquides et leur frottement contre les paroirs les renferment, suffit pour en modifier qui sensiblement les effets.L'influencede la figure des molécules est très remarquable dans les phénomènes de la congélation et de la cristallisation, que l'on rend beaucoup plus promptesen plongeant dans le liquide un monceaude glace ou de cristal formédu même liquide les molécules de ta surface de ce solide se présentant aux molécules

390

EX POSITION

DU

SYSTÈME

DU

MONDE.

liquides qui les touchentdans la situation la plus favorable à Icur union avec elles. On conçoit que l'influence de la figure, quand la distance augmenté, doit décroître bien plus rapidement que l'attraction elle-même. C'est ainsi que, dans les phénomènes célestes qui dépendent de la figure des planètes, tels que le flux et le reflux de la mer et la précession des équinoxes, cette influence dccroit en raison du cube de la distance, tandis que l'attraction ne diminue qu'en raison du carré de la distance. Il parait donc que l'état solide dépend de l'attraction des molécûles, combinée avec leur figure, en sorte qu'un acide, quoique exerçant sur une base une moindre attraction à distance que sur mie autre base, se combine etse cristallise de préférence avec elle si; par la forme de ses molcculcs, son contact avec cette base est plus inlime. L'influence de la figure, scnsihlc encore dans les fluides visqueux, est nulle dans ceux qui jouissent d'une entière fluidité. Hnfintout porte à croire que, dans l'état gazeux, non seulement l'influence de I:i figure des molécules, mais encore celle de leurs forces attractives est insensible par rapport à la force rclulsivc de la chaleur. Ces molécules ne paraissent être alors qu'un obstacle à l'cahansion de cette force car on peut dans un grand nombre de cas, sans changeur la tension d'un ga-r,renfermé dans un espace donné, substituer à plusieurs de ses parties des parties d'un aulre gaz, égales en volume. C'est la raison pour laquelle divers gaz, mis en contact, finissent à la longue par se mcler d'une manière unciforme car ce n'est qu'alors qu'ils sont dans un état stable d'équilibre. Si l'un de ces gaz est de la vapeur, l'équilibre n'est stable que dans le cas où cette vapeur disséminée est en quantité égale ou moindre que celle de la même vapeur qui se répandrait, à la même température, dans un espace vide égal à celui qu'occupe le mélange. Si la vapeur est en plus grande quantité, l'excédent doit, pour la stabilité de l'équilibre, se condenser sous fornie liquide. La considération de la stabilité de l'équilibre d'un système de molécules réagissantes les unes sur les aulres par leurs forces attractive est très utile pour l'explication d'un grand nombre tic phénomènes. De

LIVRE

IV. — CHAPITRE

XVIII.

391

même que, dans un système de corps solides et fluides animés par la pesanteur, la Mécanique nous montre plusicurs états d'équilibre stable, la Chimie nous offre, dans la combinaison des mêmes principes, drivers états permanents. Quelquefois deux premiers principes s'unissent à celles semble, et les molécules formées de leur union s'unissent telle principe des principes constituants troisième est, selon toute cnd'un

la combinaison apparence, d'un acide avec une hase. D'autres fois, les unis ensemble à d'autres comme ils le sont

principes d'une substance, sans être dans la substance même, s'unissent avec eux des combinaisons substance, retirée triples

et forment principes ou quadruples, en sorte que cette

est alors un produit de par l'analyse chimique, cette opération. encore s'unir par Les mêmes molécules peuvent diverses faces, et produire ainsi des cristaux différents par la forme, la pesanteur spécifique et leur action sur la lumière. Enfin la condition d'un équilibre stable me parait être ce qui détermine les rapports fixes suivant lesquels divers principes se combinent dans un grand rapports qui, d'après l'expérience, paraissent être souvent les plus simples cl de nombre à nombre. Tous ces phénomènes de la forme des molécules élémentaires, dépendent des lois de leurs forces attractives, de la force répulsive de l'électriet peut-être d'autres forces encore inconnues. et leur complication oit nous sommes de ces données L'ignorance extrême ne permettent les résultats à l'Analyse pas d'en soumettre Mais on supplée ce grand mathématique. ment des faits bien observés, en s'élevant rapports généreux qui, liant ensemble mènes, sont la base des théories chimiques tionnent les applications aux arts. avantage par le rapprocheà des par leur comparaison un grand nombre de phénodont ils étendent et perfeccité et de la chaleur, nombre de circonstances, la dureté,

En voyant toutes les parties de la matière soumises l'action de forces attractives, dont l'une s'étend indéfiniment dans l'esace, tandis que les autres cessent d'être sensibles aux plus petites distances perceptibles à nos sens, on peut se demander si ces dernières sont pas la première modifiée par la figure elles distances forces ne mutuelles

392

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

des moléculesdes corps. Pour admettre celle hypothèse, il faut supposer les dimensions de ces moléculessi petites, relativement aux intervalles qui les séparent, que leur densitésoit incomparablementplus grande que la moyenne densité de leur ensemble. Unemolécule sphérique, d'un rayon égal à un millionième de mètre, devrait avoir une densité plus desis milliards de fois plus grandeque la densitémoyenne de la Terre, pour exercer à sa surface une attraction égale à la pesanteur terrestre; or les forces attractives des corps surpassent considérablement cette pesanteur, puisqu'elles infléchissentvisihtement la lumière, dont la direction n'est point changée sensiblement par l'attraction de la Terre. La densité des molécules surpasserait donc incomparahlement celles des corps, si leurs affinités n'étaient qu'une modification de la pesanteur universelle. Au reste, rien n'empêche d'adopter cette manière d'envisager tous les corps plusieurs phénomènes, et entre autres la facilité avec laquelle la lumière traverse dans tous les sens les corps diaphanes, lui sont très favorables. Nous avons d'ailleurs, dans l'extrême rareté des queues des comètes, un exemple de la porosité presque infinie des substances frappant vaporisées, et il n'est point absurde de supposerla densité des corps terrestres moyenne entre une densité absolue et celle des vapeurs. Les affinités dépendraient alors de la forme des molécules intégrantes et de leurs positions respectives, et l'on pourrait, par la variété de ces formes, expliquer toutes les variétés des forces attractives, et ramener ainsi une seule loi générale tous les phénomènes de la Physique et de l'Astronomie. Mais l'impossibilité de connaître les ugurcsdes moléculeset leurs distances mutuelles rend ces explications vagues et inutiles à l'avancement des sciences. ,1.

LIVRE V.
PRÉCIS OH L'HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE.

Hulti

pertransibunt,

et augebitur seientia. DACON.

Nous monde, avons leur

venons suivant d'abord

d'exposer l'ordre considéré nous nous

les

principaux

résultats

du

système simple. célestes, qui les

du Nous et pro-

analytique les

le plus direct des

et le plus mouvements réels de ces

apparences aux

comparaison l'our

a conduits

mouvements régulateur

duisent. il fallait avons système entre masses cette ment

élever les avec

au principe

mouvements. et nous les du

connaître

lois du étendue. avons

mouvement

de la matière, ensuite entre

développées solaire, leurs plus

En les appliquant reconnu qu'il une des existe

aux corps eux,

nous petites

et même aux enfin non par de

molécules, au carré

attraction

proportionnelle Redescendant vu naître, entrevus entièrement

et réciproque force tous universelle les mais

distances. nous en avons

ses effets, connus

seuleles as-

phénomènes encore

ou simplement d'autres

tronomes, et que Ce L'ordre servations en déduire galités, l'Analyse s'étant

un grand a vérifiés. que l'esprit que

nombre

nouveaux

l'observation ainsi n'csl pas précèdent anciennes

humain l'on

est parvenu les yeux pour

à ces découvertes. l'ensemble des obet pour iné-

suppose

a sous et que, célestes

et modernes, mouvements

les comparer

les lois des

et les causes que présentent

de leurs

on fait usage

de toutes

les ressources

aujourd'hui

et la Mécanique. perfectionnées époques

Mais ces deux successivement

branches avec influé

de nos connaissances leur état ash'ouoquoique
50 1

l'Astronomie, sur les théories admises,

à

ces diverses miqucs.

a nécessairement hypothèses ont été

Plusieurs
de L. — VI.

généralement

Œuvres

394 directement l'on contre

EXPOSITION contraires pas du aux

DU SYSTÈME loi fondamentales et qui l'ont dans

DU MONDE. de la Mécanique, on parts que a élevé dans les

ne connaissait le vrai sytème des

encore, monde, qui

cette

ignorance, de toutes

perçait

phénomènes, nailrc. Ainsi

difficultés

fait pendant été

longtemps

méconincertaine,

la marche dont

de l'Astronomie enrichie

embarrassée, alliées

et les vérités que le temps,

elle s'est

ont été souvent des sciences

a des erreurs en ont

l'observation allons rester dans

et le progrès

accessoires

séparées. l'Astronomie et s'accroitrc temps nant

Nous

ici donner

un précis

de son histoire dans l'enfance, ensuite enfin, se fixer

on y verra en sortir jusqu'au abandonen Europe,

un grand l'école

nombre

de siècles

d'Alexandrie; par pris

stationnaire leurs travaux;

des Arabes, l'Afrique

se perfectionner on elle avait

et l'Asie

naissance,

et s'élever parvenue. relles haute mais fera

en moins Ce tableau pardonner

de trois des

siècles

à la hauteur de la plus

où elle est maintenant des sciences qui, des des natula plus hommes,

progrès l'esprit partout

sublime

humain emparée

l'Astrologie, de la faiblesse disparaître.

anliquilé, que ces

s'était progrès ont

fait pour

toujours

LIVRE V. — CHAPITRE

1.

395

CHAPITRE PREMIER.
UE L'ASTRONOMIE ANCIENNE JUSQU'A LA FONDATION DE L'ÉCOLE D'ALEXANDRIE.

Le spectacle tout astres. d'en dans On connaitre

du ciel dut

fixer

l'attention de l'air

des

premiers

hommes,

surdes cl et

les climats eut besoin

où la sérénité pour

invitait

à l'observation les saisons lever

l'agriculture

de distinguer pas à s'apercevoir où elles

le retour.

On ne tarda étoiles, elles

que le se plongent

le coucher les rayons objet. lions Mais étoiles qu'à

des principales solaires voit-on ou quand chez

au moment s'en dégagent, tous dans sur

dans à cet

pouvaient ce genre se perd

servir

Aussi remonter quelques

presque temps grossières une

les peuples lesquels le lever

d'observaorigine. des

jusqu'aux remarques point

leur

et sur le coucllcr n'a été

ne formaient l'époque entre où,

science,

et l'Astronomie ayant

commencé el avec les

les observations elles,

antérieures célestes

recueillies été suivis

comparées plus

el les mouvements fait encore,

ayant

de soin

qu'on

ne l'avait Celui

on essaya dans un orbe

(Ic déterminer incliné

lois de ces mouvements. teur, le mouvcment des

du Soleil la cause leurs

à l'équa-

de la Lune, planètes ont reste

de ses phases révolutions, de cette antique est

et des éclipses, la sphéricité Astronomie; pour en de

la connaissance

et de

la Terre et sa mesure mais fixer le peu qui l'époque par nous

pu être

l'objet

de ses monumenls Nous pouvons

insuffisant juger sont plus

et l'élcnclue. les périodes une étaient suite plus

seulement qui d'autant Telle nous

de sa haute parvenues, et ces des

antiquité qui

astronomiques d'observations imparfaites. des arts qui

supposent

longue

que

observations choses

a été seul

la vicissitude

humaines,

que celui

peut

transmettre

à la pos-

39G

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.

trrité d'une manièredurable les événementsdes siècles écoulés, l'imprimcrie, étant d'une invention moderne, le souvenir des premiers inventeurss'est entièrementeffacé. Degrands peuples ont disparu sans laisser sur leur passage des traces de leur existence. La plupart des cités les plus célèbres de l'antiquité ont péri avecleurs annales et avec la langue mêmeue parlaient leurs habitants; à peine reconnait-onla q De place ou fut Babylone. tant de monumentsdes arts et de l'industrie qui décoraient ces cites et qui passaient pour les merveilles du monde, il ne reste plus qu'une tradition confuseet des débris épars dont l'origine est le plus souvent incertaine, mais dont la grandeur atteste la puissance des peuples qui ont élevé ces monuments. Il parait que l'Astronomie pratique des premiers temps se bornait aux observations du lever et du coucher des principales étoiles, de leurs occultations par la Luneet par les planètes, et des éclipses. On suivaitla marche du Soleil au moyen des étoiles qu'effaçaitla lumière des crépuscules, et par les variations des ombres méridiennesdes gnomons on déterminait les mouvements des planètes par les étoiles dont,elles s'approchaient dans leurs cours. Pour reconnaître tous ces astres et leurs mouvements divers, on partagea le ciel en constellations, et cette zonecéleste nommée Zodiaque,dont le Soleil, la Lune et les planètes alors connuesne s'écartaient jamais, fut divisée dans les douzeconstellations suivantes LeUélicr, Taureau, le le la 1esGémeaux, l'Écrcvisso,Lion, Vicrgo; fa Balauce,Scorpion,Sagittaire,Capricorne, le le le le Verseau, lesPoissons. On les nomma signes, parce qu'elles servaient à distinguer les saisons ainsi t'entrée du Soleil dans la constellation du Bélier marquait, au temps d'Hipparque, l'origine du printemps; cet astre parcourait ensuite le Taureau, les Gémeaux, l'Écrevisse, etc. Mais le mouvement rétrograde des équinoxeschangea, quoique avec tcntcur, la correspondance des constellalions avecles saisons, et à l'époque de ce grand astronome elle était déjà fort différentede cette que l'on avait établie à l'origine du zodiaque. Cependant l'Astronomie, en se perfectionnant,

LIVRE

V. — CHAPITRE

1.

397

avant en besoin de signes pour indiquer le mouvement des astres, on continua de désigner, comme Hipparque, l'origine du printemps par les constellations l'entrée du Soleil dans le Béliér. Alors on distingua des signes du zodiaque, qui ne furent plus qu'une chose fictive, propre à indiquer la marche des corps célestes. Maintenant que l'on cherche à tout ramener aux notions et aux expressions les plus simples, on commence à ne ltlus considérer les signes du zodiaque, et l'on marque la position des astres sur l'écliptique par leur distance à l'équinoxe du printemps. Les noms donnés des constellations zodiaque ne Icur ont point été ils ont exprime des rapports qui ont été l'objet de recherches et de systèmes. Quelques-uns de ces relatifs au mouvement du Solcil l'Écresisse, du

au hasard;

d'un grand nombre noms paraissent être par exemple, elle

la rétrogradation de cet astre Capricorne indiquent cl la Balance désigne aux solstices, l'égalité des jours et des nuits à à l'agriculture les autres noms semblent se rapporter l'équinoxe; cl au climat du peuple chez lequel le zodiaque a pris naissance. Le Capricorme ou la conslellation plus élevé de la course position, qui remonte à quinze mille ans, la Balallce était à l'équinoxe du printonps et les constellations du zodiaque avaient des rapports Tous ces frappants avec le cliulal de l'Égypte et avec son agriculture. du zodiaque, au rapports subsisteraient encore si les constellations lieu d'avoir été nommées leur lever avec le Soleil ou au d'après commencement la nuit, du jour, t'eussent si, par exemple, du printemps. du zodiaque, qui ne L'origine que le commencement alors qu'à deux mille cinq cents ans avant notre ère, remontrerait avec le peu que nous sas'accorde beaucoup mieux que la précédente, de l'Astronomie. des sciences et spécialement vons,' de l'antiquité de tous les peuples celui dont les annales nous offrent les plus anciennes observations que l'on puisse employer dans Les premières éclipses dont elles font mention ne peul'Astronomie. Les Chinois sont J élé d'après leur lever à l'entrée de le lever de la Balance à ce moment eut indide la Chèvre, parait mieux placée au point le du Soleil qu'à son point le plus bas. Dans celle

398

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

vaut servir qu'à la chronologie, par la manière vague dont elles sont rapportées; mais ces éclipses prouvent qu'à l'époque de l'empercur Yao, plus de deux mille ans avant notre ère, l'Astronomie était cullivée à la Chine comme base des cérémonies. Le calendrier et l'annonce des éclipses étaient d'importants objets pour lesquels on avait créé un tribunal de Mathématique. On observait des lors les ombres méridiennes du gnomon aux solstices et le passage des astres au méridien; on mesurait le temps par des clepsydres, et l'on déterminait la position de la Lune par rapport aux étoiles dans les éclipses ce qui donnait les positions sidérales du Soleil et des solstices. On avait même construit des instruments propres à mesureurles distances angulaires des astres. Par la réunion de ces moyens, les Chinois avaient reconnu que la durée de l'année solaire surpasse, d'un quart de jour environ, trois cent soixante et cinq jours; ils la faisaient commencer au solstice d'hiver. Leur année civilc était lunaire, et pour la ramènera l'année solaire, ils faisaient usage de la période de dix-neuf années solaires correspondantes a deux cent trente-cinq lunaisons, période exactement la même que, hlus de seize siècles après, Calippe introduisit dans le calendrier des Grecs. Leurs mois étant alternativement de vingt-neuf et de trente jours, leur année lunaire était de trois cent cinquantequalre jour, et par conséquent plus courte de onze jours et un quart que lcur année solaire; mais, dans l'année où la somme ile ces différences aurait excédé une lunaison, ils intercalaient un mois. Ils avaient partagé l'équalcur cn douze signes immobiles et en vingt-huit constellations, dans lesquelles ils déterminaient avec soin la position des solstices. Les Chinois avaient, au lieu du siècle, un cycle de soixante ans, et un cycle de soixante jours au lieu de la semaine mais ce petit cycle de sept jours, en usage dans tout l'Orient, leur était connu depuis les temps les plus reculés. La division de la circonférence fut toujours, en Chine, subordonnée à la longueur de l'année, de manière que le Soleil décrivit evaclement un degré par jour; mais les divisions du degré, du jour, des poids et de toutes les mesures linéaires étaient décimales, et cet exemple, donné depuis quatre millc ans au moins

LIVRE

V. — CHAPITRE

1.

399

par la plus nombreuse nation de la terre, prouve que ces divisions, qui d'ailleurs offrent tant d'avantages, peuvent devenir, par t'usage. extrêmement populaires. Les premières observa ions utilesà l'Astronomiesont de Teheou-Kong t dont la mémoire est encore en vénéràtion à la Chine, commc 'celle de l'un des meilleirrs princes qui l'aient gouvernée. Frère de OuOuang, fondateur de la dynastie des Tchcou,it régit l'empire après sa mort, pondant la minorité de son neveu, depuis l'an 1104 jusqu'à l'an 1098 avant notre ère. Confucius, dans le Chou-King, le livre le plus révéré des Chinois,fait adresser par ce grand prince h son pupille les lrlus sages maximes du gouvernement et de la morale. Tchcou-Kong fit par lui-même et par ses astronomes un grand nombre d'ohservations dont trois nous sont heureusement parvenues, et précieuses par leur haute antiquité. Deux d'entre elles sont des longueurs méridiennes du gnômon, observées avec un grand soin, aux solstices d'hiver et d'été, dans la ville de Loyang; elles donnent pour l'obliquité de l'écliptique, à cette ancienne éhoque, un résultat conforme à la théorie de la pesanteur univcrselle. L'autrc observation est relative à la position du s lstice d'hiver dans le ciel à la même époque. Elle s'accorde pareillement avec la théorie, autant que le comportent les moyens emalors pour déterminer un élémcnt aussi délicat. Cetaccord remarployées quable ne permet pas de douter de l'authenticité de ces observations. L'incendie des livres chinois, ordonné par l'empereur Chi Hoanti, vers l'an 213 avant notre ère, lit disparaitre les vestiges des ancienne méthodes du calcul des cclihses et beaucoup d'observations intéressantes pour en retrouver qui luisscnt être utiles à l'Astronomie, il faut descendre d'environ quatre siècles depuis Tcheou-Kong, et se transporteuren Chaldée. Ptolémée nous en a transmis plusieurs les plus anciennes sont trois éclipses de Lune, observées à Babylone dans les années 719 et 720 avant notre ère, et dont il a fait usage pour déterminer les mouvements de la Lune. Sans doute Hipparque et lui n'en avaient point de plus ancienne qui fussent assez précises pour servir à ces déterminations, dont l'exactitude ost en raison de l'intervalle qui

400 sépare les

EXPOSITION observations de la perte Porphyre

DU SYSTÈME extrêmes. des cité Cette

DU 31ONDE. considération chaldéennes, se doit diminuer si par siècles par une les-

nos regrets l'on en

observations par

qu'Aristolc,

croit

Simpticius, remontaient n'ont

fit communiquer dix-neuf que

l'entremise avant longue quels

de Callisthène, Mais les

et qui

jusqu'à pu découvrir jours

Alexandre. suite la Lune

Chaldécns la période

d'observations fait 223 et 241

de 6585

1/3,pendant 239

révolutions révolutions pour

à l'égard par avoir

du Soleil,

révolutions Ils ajoudu Sojours anciens Sylla, il exde la Son

anomalisliques, taient

rapport

ses nœuds. sidéral de 365 aux plus

1/133de la circonférence cet intervalle, en rapportant mais Chaldéens dont par ce qui celte

le mouvement l'année sidérale

leil dans Ptolémée,

suppose période,

l'attribue

mathématiciens; désigne plique Lune, la les

l'astronome commc ils en

Gcminus, inventeurs

contemporain de celle période,

de et

manière

ont ils

conclu

le mouvement l'anomalie

diurne lunaire. que

et la méthode ne doit

laquelle aucun

caleulaient

témoignage chaldéen, à l'égard riode

laisser

doute, qui

si l'on considère la Lune

le sams position de la péfourlieu avec un c'est

de 223 mois de ses nœuds, Ainsi

lunaires,

ramené

à la même fait partie une devaient

de son périgée les éclipses de Cette prédire

et du Soleil, observées celles dans qui

précédente. un moyen

période avoir

nissaicnt dans

simllle

les périodes

suivantes.

période

et la manière inégalité entre lunaire elles avec

ingénieuse ont exigé

laquelle grand

ils calculaient nombre d'observations astronomique Voilà peuple des été astres. très ce que

la principale comparées

adresse

le monument d'Alexandrie. nomie d'un

le plus curieux que l'on connait regarda des cela

avant avec comme Chaldéens devait point plus l'ordre

la fondation certitude le plus sur le de

de l'école l'Astrodans du

l'antiquité Les opinions comme

inslruit système

la science monde que dant, ont

variées,

être encore

à l'égard éclairés. que

d'objets Cepenles autres de

l'observation quelques par ont

et In théorie uns des pensé de leurs vues que plus les

n'avaient philosophes, saines comètes réglés sur

heureux et sur ainsi

ou guidés l'univers, assujetties

l'immensité les planètes,

étaient, par des lois

que

à des

mouvements

éternelles.

LIVRE
Nous Égyptiens. quatre d'observer; nous. forcés des tiens qu'a fondée. premiers ton patrie, vable fution mouvements eivile douze mentaires M. lante alors, remarque aux velée semblable, térieure blance zodiaque, dans ta Lune du mêmes dans Fourier, des était mois de de allèrent et il On de doit recourir points avons La très peu de

V.

— CHAPITRE I.
certains faces idée observations les astronomes chaldéennes, de leurs sur l'Astronomie vers leur manière jusqu'à aient que soit sentiment l'école prêtres qu'ils avait Eudoxe ils enrichirent leur sur la Soleil. elle à la fin était cinq jours remarque Sirius, ces levers fondé à s'est d'une cette avec constellations observé neuf retours de la la plus retardai sur peu fut la pensée Leur divisée compléque de la mémoire

401
des les

renseignements exacte donne de leurs que des une

direction cardinaux

pyramides de parvenue

avantageuse n'est

mais être

aucune étonné aux égyptiennes

d'Alexandrie soit

été

observations ait les dès

observations n'aient pu faire Avant pas naitre cette

tors

été par

perdue, un pour

les

Égyp-

voulu ta

communiquer, des la la souverains de Thalès, connaissances que l'école saines attribue Vénus

jalousie avaient attirré et les Plaleur redeconstides année en

faveur

époque, de chez

réputation

leurs

philosophes puiser est

Créée. les

Pythagore, dont de qu'elle Pythagore professa

eux

vraisemblable des Maerobe Mercure trois trente cent jours, et idées

quelques-unes l'univers. de de de ou

leur de

expressément autour jours; du

soixante-cinq cl ils Mais, des levers que de de et ère. le où donne leur leurs Si elle jour, 1461 ajoutaient suivant

épagomènes. l'observation

l'ingénieuse de de avaient qui Cette ramenait période

de Irril-

héliaques le retour et ans, fêtes. a été t'originc peut des noms ils

étoiles, année, la période

leur

avait d'un sothique

appris quart

chaque

cette près renou-

saisons l'au comme remonterait que et les où 139

leurs de tout à Égyptiens ils de ont leurs ce Enfin avec qui on

mois notre porte l'époque ont fondé années donne voit, soin la

précédée de supposer aux Ils

période période vraisemdu que de lonan-

croire, l'on

Astronomie. il y avait valeur qui des nous trois

avaient cent

vingt-cinq au Soleil, mois.

une par ce

fort reste

approchée de leurs les

gucur qu'ils

zodiaques, constella51

observaient OEuvres de I.,

position

solstices

dans

—.

402

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

tions zodiacales. Suivant Dion Cassius, la semaine est duc aux Égypliens. Cette période est fondéesur le plus ancicnsystème d'Astronomie, qui plaçait le Soleil, la Lune et les planètcs dans cet ordre de dislancés à la Tore, en commençait par la plus grande Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, la Lune. Les parlies successives de la série des jours divisés chacun en vingt-quatre partiels étaient consacrées dans le même ordre à ces astres. Chaque jour prenait son nom de l'astre correspondant à sa première partie. La semaine se retrouve dans l'Inclc parmi les Drames, et avec nos dénominations, et je me suis assuré que les jours uontmés par eux et par nous de la même manière répondent aux mêmes instants physiques. Cette période, qui était en usage chez les Arabes, les Juifs, les Assyriens et dans tout l'Orient, s'est renouvelée sans interruption et toujours la même, en traversait les siècles et les révolutions des empires. Il est impossible, parmi tant de peuplesdivers, d'en connaitre l'inventeur; nous pouvons seulement affirmer qu'elle est le plus ancien monument des connaissances aslronomiques. L'année civile des Égyptiens étant de 365 jours, il est facile de voir qu'en donnant à chaque année le nom de son premier jour, les noms de ces années seront a perpétuité ceux des jours de la semaine. C'est ainsi qu'ont du se formel ces semaines d'années, dont on voit l'usage chez les Hébreux, mais qui appartiennent évidemment à un peuple dont l'année était solaire et de 365 jours. Les connaissances astronomiques paraissent avoir été la hase de toutes les théogonies dont l'origine s'expiique ainsi de la manière la llus simple. Un Chaldée et dans l'ancienne Egypte, l'Astronomie ne fut cultivée que dans les temple, par des prêtres qui fondèrent sur elle les superstitions dont ils étaient les ministre. L'histoire fahuleuse des héros et des dieux, qu'ils présentaient à la cédule ignorance, n'était qu'une allégorie des phénomènes célestes et des opérations de la nature, allégoric que le pourvoir de l'imitalion, l'un des principaux ressortsdu monde moral, a perpétuée jusqu'à nous dans les institutions religieuses. Profitant, pour consolider leur empire, du désir si naturel de pénétrer dans l'avenir, ils créèrent l'Astrologie. L'homme, porté par

LIVRE

V. — CHAPITRE

1.

403

les illusions des sens a se regarder comme centre de l'univers, se persuada facilement que les astres influcnt sur sa destinée et est possible de la prévoir liar l'ohservation de leurs aspects au moment de sa naissance. Cette erreur, chère à son amour-propre et nécessaire à son inquiète curiosité, est aussi ancienne que l'Astronomie; elle s'est maintenue jusqu'à la fin de l'avanl-dernier siècle, époque à laquelle la connaissance généralement répandue du vrai système du monde l'a détruité sans retour. L'origine de l'Astronomie en Perse et dans l'Inde se perd, comme chez tous les peuples, dans les ténèbres des premiers temps de leur histoire. Les Tablesindiennes supposent une Astronomie assez avancée, mais tout porte à croire qu'elles ne sont pas d'une haute antiquité. Ici je m'éloigne avec peine de l'opinion d'un illustre et malheureux ami, dont la mort, éternel sujet de regrets, est une preuve affreuse de l'inconstance de la faveur populaire. Après avoir honoré sa vie, par des travaux utiles aux sciences et à l'humanité, par ses vertus et par un noble caractère, il périt vietime de la plus sanguinaire tyrannie, opposant le calme et la dignité du juste aux outrages d'un peuple dont il avait été l'idole. Les Tables indiennes ont deux époques prinmcipales, qui remontent l'unc à l'année 3t02 avant notre ère, l'autre à 1491. Ces époques sont liées par les mouvements du Soleil, clela Lune et des planètes, de manière qu'en partant de la position que les Tables indiennes assignent à tous ces astres à la secondeépoque, et remontant a la première au moyen Ues Tables, on troupe la conjonction générale qu'elles supposent à cette époque primitive. Le savant célèbre dont je viens de harler, Bailly, a cltcrclté à étahlir, dans son Traité de l'Astronomie indienne, que celle première époque était fondée sur les observations. Malgré ses preuves, exposées avec la clarté clu'il a su répandre sur les matières les plus ahstraites, je regarde comme très vraisemblable tlu'ellc a été imaginée pour donner dans le zodiaque une commune origine aux mouvements des corps célestes. Nosdernières Tables astronomiques, considérahlement perfectionnées par la comparaison de la théorie avec un grand nombre d'observations très précises, ne per-

404 mettent diennes grandes vérité,

EXPOSITION

DU SYSTÈME

DU MONDE.

la conjonction pas d'admettre elles offrent même, cet égard, que les erreurs éléments leur dont elles

dans les Tables insupposée des différences beaucoup plus sont encore susceptibles. A la des Indiens n'ont pu avoir avant notre ère; il

quelques qu'ils

de l'Astronomie

assignent que longtemps fant, par exemple, remonter jusqu'à six mille ans pour retrouver leur des erreurs de équation du contre du Soleil. Mais. indépendamment leurs déterminations, on doit observer qu'ils n'ont considéré les inédu Soleil et de la Lune que retativement aux éclipses, dans tesannuelle de la Lune s'ajoute du centre quelles l'équàtion l'équation du Soleil, et l'augmente d'une quantité à peu près égale à la différence galités de sa véritable valeur cette des Indiens. les équations du centre de Jupiter les Tables indiennes, decc qu'ils devaient être à leur première époque; l'ensemble de ces Tables, et surtout l'impossibilité de la conjonction ou générale qu'elles supposent prouvent qu'elles ont été construites du moins dans des temps modernes. C'est ce qui résulte encoure des moyens mouvements la Lune par rapport qu'elles assignent à son périgée, :1ses nœuds et au Soleil; et qui, plus rapides que suivant cet astronome; car indiquent qu'elles sont postérieures on sait, par la théorie de la pesanteur universelle, que ces trois mouvenrents s'accélèrent depuis un très grand nombre de siècles. Ainsi ce Ptoléméc, résultat encore de la théorie, :1 éclairer si important pour l'Astronomie lunaire, sert la chronologie. des Cependant l'antique réputation Indiens ne permet pas de douter qu'ils aient dans tous les temps cultivé l'Astronomie. à se livrer Lorsque les Grecs et les Arabes commencèrent en puiser chez eux les premiers éléments. C'est de l'Inde que nous vient l'ingénieuse méthode d'exprimer tous les nombres avec dix caractères, en leur donnant la fois une valeur aux sciences, absolue et une valeur de position, idée une et importante, qui nous que nous en sentons à peine le mérite. et l'extrême facilité qui en résulte pour d'Arithmétique au premier rang ils allèrent rectifiées tels que et de Mars, sont très différents, dans éléments, Plusieurs

la grandeur

si simple parait maintenant Mais cette simplicité même tous les calculs placent notre système

LIVRE des inventions ulilcs, et l'on

V. — CHAPITRE

i.

405

si la difficulté d'y parvenir, appréciera l'on considère ilu'il a échappé au génie d'Archimède et d'Apollonius, deux des plus grands hommes dont l'antiquité s'honore. Les Grecs n'ont commencé à cuttivcr l'Astronomie que longtemps après les Égyptiens et tes Chátdccns, dont ils ont été les disciples. Il est difficile, à travers les fablcs qui remplissent siècles les premiers de leur histoire, de démêler leurs connaissances astronomiques. Leurs nombreuses écoles offrent très peu d'observateurs avant celle d'Ails y traitèrent l'Astronomie comme une science purement el en se livrant à de frivoles conjectures. Il est singulier spéculative, sans rien apqu'à la vue de cette foule de systèmes qui se combattaient lexandrie; la la réflexion très simple, que le seul moyen de connaitre prendre, nature est de l'interroger tant de philoait échappé par l'expérience, sophes, dont plusieurs étaient doués d'un rare génie. Mais on en sera moins élonné, si l'on considère ne que, les premières observations présentant que des faits isolés, sans attrait pour l'imagination impatiente de remonter aux causes, elles ont dù se succéder avec une extrême longue suite de siècles en accumulât entre les phénomènes un assez grand nombre, pour faire découvrir des rapports qui, s'étendant de plus en plus, réunissent à l'intérêt de fcnteur. celui des spéculations tend sans cesse s'élever. la vérité générales auxquelles l'esprit humain Il a fallu qu'une

au milieu des rêves philosophiques des Grecs, on voit Cependant, dans leurs percer sur l'Astronomie des idées saines, qu'ils recueillirent Thalès, né à Milet l'an G io avant voyages et qu'ils perfectionnèrent. en Égyple; revenu dans la Grèce, il fondra notre ère, alla s'instruire l'école Ionienne, de l'écliptique Lune. On dit doute les de la Terre, l'obliquité et il y enseigna la sphéricité et les véritables causes des éclillses du Soleil et de la même

les prédire, en employant sans qu'il parvint méthodes ou les périodes que les prêtres égyptiens lui avaient Anaximandre,

communiquées. Thalès eut pour successeurs Les deux premiers introduisirent

Anaximène et Anaxagore. dans la Grèce l'usage du gliomon et

40G

EXPOSITION DU SYSTÈME DU MONDe.

des cartes géographiques. Anaxagorc fut persécuté par les Athéniens, pour avoir enseigné les vérités de l'école Ionienne. On lui reprocha d'anéantir l'influence des dieux sur ta nature, en essayant d'assujettir ses phénomènes à des lois immuables. Prescrit avcc ses enfants, il ne dut la vie qu'aux soins de Périclès, son diseiple et son ami, qui parvint à faire changer la peine de mort en exil. Ainsi la vérités, pour s'établir sur la Terre, a souvent eu à combattre des erreurs accréditées, qui, plus d'une fois, ont été funestes à ceux qui l'ont fait connaitre. De l'école Ionienne sortit le chef d'une école beaucoup plus célèbre. Pythagorc, né à Samos vcrs l'an 590 avant notre èrc; fut d'abord disciple de Thalès, qui lui conscilla de voyager en Égypte, où il se lit initier aux mystères des prêtres, pour connaitre à fond leur doctrine. ensuite il alla sur les hords du Gange, interroger les Brahmanes. De retour dans sa patrie, le despotisme sous lequel elle gémissait alors le força de s'en exiler, et il se retira en Italie, où il fonda son école. Toutes les vérités astronomiques de l'école Ionienne furent enseignées avec plus de développement dans celle de Pytlragore mais ce qui la distingue principalement est la connaissance des deux mouvements de la Tertre, sur elle-mêmeet autour du Soleil. Pythagore l'enveloppa d'un voile, pour la cacher au vulgaire; mais elle fut exposée dans un grand jour par son disciple Philolaüs. Suivant les Pythagoriciens, les comètes elles-mêmes sont en mouvement, comme les hlanètcs, autour du Solcil ce ne sont point des météorbespassagers formés dans notre atmosphère, mais des ouvrageas éternels de la nature. Ces notions parfaitement justes du Système du Mondeont été saisies et présentées par Sénèque avec l'enthousiasme qu'une grande idée sur l'un des objets les plus vastes des connaissances humaines doit exciter dans l'àme du philosophe « Ne nous étonnonspoint », dit-il, « que l'on ignore encore la loi du mouvement des comètes, dont le spectacle est si rare, et qu'on ne connaisse ni le com-mencement ni la fin de la révolution de ces astres, clui descendent d'une énorme distance. Il n'y a pas quinze cents ans que la Grèce a comlUéles étoiles et leur a donné des noms. Le jour viendra que,

LIVRE

V.

CHAPITRE

I.

407

par une étude suivie de plusieurs siècles, les choses actucllement cachées paraîtront avec évidence, et la postérité s'étonnera que des vérités si claires nous aient échappé. » On pensait encore, dans la même école, que les ltlanètes sont habitées, et que les étoiles sont des soleils disséminés dans l'espace cl les centres d'autant de systèmes plaCes vues philosophiques auraient du, par leur grandeur et mais ayant été par leur justesse, entraineur Ics suffrages de l'antiquité accompagnées d'opinions systématiques, telles que l'harmonie des sphères célestes, et manquant d'ailleurs de preuves, qu'elles ont acquises depuis par leur accord avec les observations, il n'est pas surprenant que leur vérité, conlrairc aux illusions des sens, ait été méconnue. La seule observation que l'histoire de l'Astronomie nous offre chez les Grecs, avant l'école d'Alexandrie, est celle du solstice d'été de l'an 432 avant notre ère, par Mélon et Euctemon. Le premier de ces astronomes se rendait célèbre par le cycle de dix-neuf années, corrcspondantes à deux cent trente-cinq lunaisons, qu'il introduisit dans le calendrier. La méthode la plus simple de mesureur le temps est celle qui n'emploie que les révolutions solaires; mais, dans le premier âge des peuples, les phases de la Lune offraient à leur ignorance une division si naturelle du temps, qu'elle fut généralement admise. Ils régalèrent leurs fêtes et leurs jeux sur le retour de ces phases, et, quand les besoins de l'agriculture les foncèrent de recourir au Soleil pour destingucr les saisons, ils ne renoncèrent point à l'ancien usage de mesureur le temps par les révolutions de la Lune, dont on pouvait ainsi connaître l'àge par les jours du mois. Ils cherchèrent à élahlir, cntrc les révolutions de cet astre et celles du Soleil, un accord fondé sur des périodes qui renfermassent des nombres sentiers de ces révolutions. La plus simple est celle de dix-neuf ans; )Iéton établait done un cycle de dix-neuf années lunaires, dont douze étaient communes ou de douze mois; les sept autres en avaient treize. Ces mois étaient inégaux, et orclonnés de manière que, sur les deux cent trente-cinq mois du cycle, cent dix étaient de vingt-neuf jours et cent vingt-cinq de trente jours. Cet arJ nétaires.

VOS rangement,

EXPOSITION

IIU SYSTÈME

1)U MONDE.

la Grèce assemblée dans les jeux proposé par Méton fut reçu avec un applaudissement el unanimeolympiques, universel, ment adopté. Mais on ne tarda pas qu'à la fin d'une s'apercevoir retardait d'environ un quart de jour période le nouveau calendrier lune. Calippe proposa de quadrupler le cycle de dixla lin neuf ans, et d'en former une période de soixante et seize ans, de laquelle on retrauctterait un jour. Cette période fut nommée Calippique, du nom de son auteur quoique moins ancienne que le saros des Chaldéens, elle lui est inférieure d'Alexandre, Vers le temps comme géographe pour l'exactitude. Pythéas illustra Marseille, sa patrie. On lui doit une observation de sur la nouvelle

et comme astronome.

la longueur méridienne du gnomon, au solstice d'été, dans cette ville c'est la plus ancienne observation de ce genre après cette de TchcouKong. Elle est précieuse en ce qu'elle confirme la diminution successive de l'obliquité de l'écliptique. On doit regretter que les anciens astronomes n'aient pas fait un plus grand usage du gnomon, qui comporte En prenant quelques bien plus d'exactitude que leurs armilles. précautions faciles pour niveler la surface sur laquelle l'ombre se projette. du Soleil et de la Lune pu nous laisser sur les déclinaisons des observations fort utiles. qui seraient maintenant ils auraient

LIVRE V. —CHAPITRe II.

409

CHAPITRE II.
UF L'ASTRONOMIE DEPUIS LA JUSQU tONDATION AUX DE L'ECOLe D'ALEXANDRIE ARABUS.

Jusqu'ici des

l'Astronomie rotatives hesoinsou intervalles

pratique aux

des

divers

peuples des saisons Quelques

n'a

présenlé

que

observations de leurs très

phénomènes frayeurs.

et des éclipses, périodes conjectures fondées sur

objets sur de

de leurs

longs

de temps, mêlées

et d'heureuses à beaucoup

la constitution toute dans avec les leur l'école des

de t'univers, Astronomie d'Alexandrie

d'erreurs, pour

formaient fois faites par forme La posine l'avait fait

théorique. un propres

Nous

voyons combiné des

la première

système mesurer

d'observations anglets, prit et calculées alors une

instruments

méthodes que

trigonométriques. les siècles suivanls

L'Astronomie n'ont fait que d'exactitude du les Soleil

nouvelle, tion encore mieux Enfin nomique

perfectionner. qu'on

des étoiles

fut déterminée des

avec plus mouvements avec donna soin

les inégalités connues; l'école qui

et de la Lune des

furent

on suivit

mouvements au premier phénomènes de

planètes, astrosysmais cette sys-

d'Alexandrie ait embrasse bien

naissance des

système célestes, Pythagore, dans

l'ensemble à celui des

thème, à la vérité, qui, fondé sur

inférieur

de l'école

la comparaison le moyen dont

observations,

offrait,

comparaison tème

même,

de le rectifier ébauche

et de s'élever imparfaite. capitaines en dans partage. Alexandrie, se

au vrai

de la nature, la mort

il est une

Après son

d'Alexandre,

ses principaux Sotcr eut l'Égypte

divisèrent Son amour capitale de son
52

empire,

et Ptoléméc et ses

pour les

sciences

bienfaits nombre

attirèrent de savants

de ses États,

un grand

de la Grèce.

Héritier

OEuvres de I. — VI.

410 tròne

EXPOSITION et de ses goûts, particulière. un son

DU SYSTÈME fils Ptolémée donna et cette avec tant qui travaux, souvent école et

DU MONDE. les y fixa par un vaste une

Philadelphe pour demeure

protection qui par ainsi vraient

Il leur

édifice, formée Ayant ils se li-

renfermait Démétrius

observatoire

fameuse de soins

bibliothèque, et de dépenses.

de Phalère,

les instruments sans qui distraction venait

et les livres à leurs s'entretenir par cette

leur

étaient qu'excitait avec eux.

nécessaires, encore

la présence impro-

du prince primé duisit l'une

Le mouvement hommes qu'elle

aux sciences ou qui des plus

les grands

lui furent mémorables

contemporains de l'histoire furent vers des les l'an

fonl de l'époque de l'esprit premiers 3oo

des Ptolémées

humain. de l'école ère. Leurs obfirent de base

Aristille d'Alexandrie; servations découvrir la théorie Le premier tarque sent point

et Timocharis ils sur fleurirent

observateurs notre du

avant étoiles

la position

principales

zodiaque

à Hipparque que

la précession donna que cette

des équinoxes, de ce phénomène. école nous délicats offre

el servirent

Plolémée

astronome

après

eux est Arisparaisne sont reste dans le les

de Samos. avoir été l'objet

Les éléments

les plus

de l'Astronomie elles qui

de ses recherches nous. Le sent

malheureusement de ses Ouvrages

parvenues

jusqu'à Des grandeurs la manière

nous

est son Traité lequel rapport deux il expose

et des distances ingénieuse Aristarque dont mesura l'exacte

du Soleil ri de la Lune, il essaya l'angle moitié de l'œil de déterminer compris du disque entre

de ces distances. aslrcs au moment instant, ou

il jugea visuel

lunaire

éclairée. au centre

A cet

le rayon

mené

de l'observateur les centres plus que

de la Lune

est perpendiculaire ayant d'un fois donc trentième plus éloigné reculait assignait du trouvé

à la ligne l'angle

qui joint

de la Lune et du Soleil petit que l'anglc droit,

à l'observateur il en conclut la Lune

de cet angle, de nous les bornes alors. Soleil Dans que

le Soleil qui,

est dix-neuf

résultat beaucoup Aristarque

malgré

son inexactitude, qu'on lui

de l'univers ce 'l'raité,

au delà suppose

de celles

les diamètres

apparents

et de la Lune beaucoup nous

égaux trop

entre

eux et à la 1/180 partie mais il corrigera dans

de la circonférence, la suite cette

valeur erreur; car

grande; d'Archi-

tenons

LIVRE V. —CHAPITRE II.

411

mède qu'il faisaitle diamètre du Soleil égal à la -1/720 du zodiaque, partie ce qui tient le milieu entre les limites qu'Archimèdelui-même, peu d'années après, assigna par un procédé très ingénieux à ce diamètre. Celte corrcctionfut inconnue à Pappus,géomètrecélèbre d'Alexandrie qui vécut dans le IVesiècle et qui commenta le traité d'Aristarque. Cela peut faire soupçonner que l'incendie d'une partie considérablede la bibliothèque d'Alexandrie, pendant le siège que César soutint dans cette ville, avait déjà fait disparaître la plupart des écrits d'Aristarque, ainsi qu'un grand nombre d'antres ouvrageségalement précieux. Aristarque fil revivre l'opinioll de l'école Pythagoricienne sur le mouvementde la Terre; maisnous ignoronsjusqu'à quel point il avail avancé par ce moycn l'explication des phénomènes célestes. Nous savons seulement que cc judicieux astronome, considérant que le mouvementde la Terre n'affecte point d'une manière sensible la position apparente des étoiles, les avait éloignéesde nous incomparablement plus que le Solcil il parait être ainsi dans l'antiquité celui qui eut les plus justes notions de la grandeur de l'univers. Elle nous ont été transdans son Traité de l'Arénaire.Ce grand géomètre mises par Archimède, e avait découvertle moyen d'exprimertous les nombres, n les concevant formés de périodes successivcs de myriades de myriades les unilés de la première étaient des unités simples celles de la secondeétaient des myriades de myriades, et ainsi de suitc il désignaitles parties de chaque période par les mêmes caractères que les Grecs employaient dans leur numération jusqu'à cent millions. Pour faire sentir l'avantage de sa méthode, Archimède se proposed'exprimer le nombredes grains de sable que la sphère céleste peut contenir, problème dont il accroilla difficulté, en choisissant l'lyolhèse qui donne à cette sphère la plus grande étendue c'est dans cette vue qu'il expose le sentimenl d'Aristarque. Lamesure de la Terre attribuée à Ératosthène est. la première tenlalive de ce genre que nous offre l'histoire de l'Astronomie. Il est très vraisemblable que longtemps auparavant on avait essayé de mesurer la Terre; maisil ne reste de ces opérationsque quelques évaluationsde

1112

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

la circonférenceterrestre. que l'on a cherché, par des rapprochements plus ingénieux que certains, à ramènera une même valeur à très peu près conformeà celle qui résulte des opérationsmodernes. Ératosthène ayant considéré qu'à Syène, au solstice d'été, le Soleil éclairait un puits dans toute sa profondeur, et comparant cette observationà celle de la hauteur méridienne du Soleil au mêmeolstice à Alexandrie, s trouva l'arc céleste compris entre les zéniths de ces deux villes égal à la cinquantièmepartie de la circonférence,et commeleur distance était estimée d'environ cinq mille stades, il donna deux cent cinquantedeux mille stades à la longueur entière du méridien terrestre. Il est peu probable que, pour une recherche aussi importante, cet astronome se soit contenté de l'observation grossière d'un puits éclairé par le Soleil. Cette considération et le récit de Cléomèdeautorisent à penser qu'il fit usage de l'observation des longueurs méridiennes du gnomon aux solstices à Syèneet à Alexandrie.C'cslla raison pourlaquelle l'arc céleste qu'il détermina entre les zénitlls de ces deux villes s'éloigne peu du résultat des observations modernes. Ératosthène se trompa en et sous le même éridien. Il se trompaencore m plaçant Syène Alexandrie en n'évaluant qu'à cinq mille stades la distance de ces deux villes, si le stade qu'il employacontenait trois cents fois la coudéedu nitomètre d'Éléphantine, commeil y a des raisons de le penser. Alors les deux erreurs d'Ératosthène se seraient à fort peu près compensées, ce qui porterait à croire que cet astronome ne lit que reproduire une mesure de la Terre anciennement exécutée avec soin, et dont l'origine s'était perdue. Ératosthène mesural'obliquité de l'écliptique, et il trouvala distance des tropiqueségale à onzeparties de la circonférencediviséeen quatrevingt-trois parties Hipparque et Ptolémée n'apportèrent aucun changement à cette valeur. Il est remarquable qu'en supposant, avec les aslronomes d'Alexandrie, la latitude de cette ville égale à trente et un degrés sexagésimaux,cette mesure de l'obliquité de l'écliptique place Syène exactementsous le tropique, conformémentà l'opinion de l'antiquité.

LIVRE N'.

CHAPITREII.

413

De tous les astronomes anciens, celui qui, par le grand nombre et par la précision des observations, par les conséquences importantes qu'il sut tirer de leur comparaison entre elles et avec les observations antérieures, et par la méthode qui le guidadans ses recherches, mérita le mieux de l'Astronomie, est Hipparque, de Nicée en Bithynie, qui vécut dans te ne siècle avant notre ère. Plolémée, à qui nous devons principalement la connaissance de ses travaux et qui s'appuie sans cesse sur ses observationset sur ses théories, le qualifie avec juslice « d'astronome d'une grande adresse, d'une sagacité rare, et sincère ami de la vérité ». Peu content de ce qu'on avait fait jusqu'alors, Hipparquevoulut recommenceret n'admettre que des résultats fondes sur une nouvelle discussion des observations ou sur des observations nouvelles plus exactes que celles de ses prédécesseurs. Rien ne l'ait mieux connailrc l'incertitude des observations égyptiennes et chaldéennes sur le Soleil et sur les étoiles que la nécessitéou il sc trouva d'employer celles des premiers astronomes d'Alexandrie pour établir ses théories du Solcil et de la précessiondes équinoxes. Il détermina la durée de l'année tropique, en comparant une de ses observationsdn solstice d'été avec cette d'un pareil solstice qu'Aristarque avait faite dans l'année 281avant notre ère. Cettedurée lui parut un peu moindre j que l'année de 3G5'1/1adoptéeusqu'alors, et il trouva qu'à la lin de lui-même le trois siècles il fallait retrancher un jour. Maisil remarqua peu d'exactitude d'une détermination fondée sur les observationsdes solstices et l'avantagede se servir pour cet objet des observations des équinoxes. Cellesqu'il lit dans un intervalle de trente-trois ans le conduisirent à peu près au même résultat. Hipparquercconnul encore que les deux intervalles d'un équinoxe à l'autre étaient inégaux entre eux et inégalement partagés par les solstices, de manière qu'il s'écoulait quatre-vingt-quatorzejours et demi de l'équinoxe du printemps au solsticed'été, et quatre-vingt-douzejours et demi de ce solstice à l'équinoxe d'automne. Pour expliquer ces différences, Hipparquefil mouvoir le Soleiluniformément dans un orbe circulaire mais, au lien de placer la Terre à

414

EXPOSITIONDU SYSTÈMEDU MONDE.

son centre, il l'cn éloigna de la vingt-quatrième partie du rayon, et il fixa l'apogéeau sixième degrédes Gémeaux.Avecces données, il forma les premières Tables du Soleil mentionnéesdans l'histoire de l'Astronomie. L'équation du centre qu'elles supposent était trop grande; on peut croire avec vraisemblance que la comparaison des éclipses, dans lesquellescelle équation parait augmentée de l'équation annuelle de la Lune, a confirmé Hipparquedans son erreur et peut-être l'a produite; car cette erreur, qui surpassait un sixième de la valeur entière de l'équation, se réduisait au seizième de cette valeur dans le calcul de ces phénomènes. Il se trompait encoreen supposant cireulairel'orbe elliptique du Soleil et en regardant comme uniforme la vitesse réelle de cet astre. Nous sommes assurés aujourd'hui du contraire par tes mesures de son diamètre apparent mais ce genre d'observationsétait impossibleau tempsd'Hipparque, et ses Tables du Soleil, malgré leur imperfection,sont un monument durable de son génie, que Ptolémée respecta au point d'y assujettir ses propres observations. Ce grand astronome considéra ensuite les mouvementsde la Lune. Il détermina, par la comparaisond'éclipses choisies dans les circonslances les plus favorables, les durées de ses révolutions retativement aux étoiles, au Soleil, à ses nœuds et à son apogée. Il trouva qu'un intervalle de 126007 1/21 renfermait 4267 mois entiers, 4573 rctours de la d'anomalie, 4612 révolutions sidérales de la Lune moins 15/120 circonférence. Il trouva, de plus, qu'en 5458 mois la Lune revenait 5923 fois au mêmenœud de son orbite. Ce résultat, fruit d'un travail immensesur un très grand nombred'observations dont il ne nous reste qu'une très petite partie, est peut-être le monument le plus précieux de l'aucienne Astronomie, par son exactitude et parce qu'il représente il cette époque la durée sans cesse variable de ces revolutions. Hipparque détermina encore l'excentricité de l'orbe lunaire et son inelinaison à l'écliptique, et il les trouva les mêmes, à très peu près, que celles qui ont lieu maintenant dans les éclipses, où l'on sail que l'un et l'autre de ces éléments sont diminués par l'évection et par l'inégalité principale du mouvementde la Luneen latitude. La constance de l'in-

LIVRE

CHAPITRE II.

415

clinaisonde l'orbe lunaire au plan de l'écliptique, malgré les variations que ce plan éprouve par rapportaux étoiles et qui, par les observations anciennes, sont sensibles sur son obliquité à l'équateur, est un résullai de la pesanteur universelle, que Ics observationsd'Hipparqueconfirment ('). Enfin il détermina la parallaxe de la Lune, dont il essaya de conclure celle du Soleil, par la largeur du cône d'ombre terrestre au point ou la Lune le traverse dans ses éclipses, ce qui le conduisit a la valeur de cette parallaxe, lrouvéc par Aristarque. Hipparqueit un grand nombre d'observations des planètes mais, f d trop amide la vérité pour formersur leurs mouvements es hypothèses incertaines, il laissa le soin à ses successeurs d'en établir les théories. Une nouvelle étoile qui parut de son temps lui fil entreprendre un catalogue de ces astres, pour mettre la postérité en état de reconnaitre les changements que le spectacle du ciel pourrait éprouver; il sentait d'ailleurs l'importance de ce cataloguepourles observationsde la Lune et des planètes. La méthode dont il se servit est cette qu'Aristille et Timocharis avaient déjà employée. Le fruit de cette longue et péniblc entreprise fut l'importante découverte de la précession des équinoxes. En comparant ses observations à celles de ces astronomes. Hipparquereconnut que les étoiles avaienl changé de position par rapport à l'équateur, et qu'elles avaientconservé la même latitude au-dessus de l'écliptique. Il soupçonnad'abord quecela n'avait lien que pour les étoiles situées dans le zodiaque mais, ayant observé qu'elles conservaient tontes la même position respective, il en conclut que ce d celleconstance findesonEpitomeel'Astronomie à la a coperni(') Kepler remarque Ilconvient dit-il, que suruneconsidération singulière. très n il D, cicnne; iais lafonde « etsatellite Terre, ituneinclinaison dela a constante surl'orbe laLune, s planèleecondaire relative étoiles; aux larialionsuele plan dans el terrestre, quelques q éprouve sa position delaLunel sur l'obliquité c anciennes plusgrandes surles latitudes de silesobservations il les se hypothèse,faudrail, plutôt ue rejeter, révoquer q la l'écliptique refusaientàcette à d el d'harmonie conduit ont endoule..icilesraisons econvenance Kepler un résultat E ainsi c defois cl paségaré? nsolivrant à sonimagination juste mais ombien nel'ont-elles lavérité arunheureux on il l'esprit econjectures,peutrencontrer d hasardmais'imposp l d d e est aumilieueserreurs ont lle, presque sibilitéelareconnaitre, d toujours accompagnée. sa découverte quil'établit â celui solidement l'observation et t d laissooutlemérite e par humaines. lesseules ases esconnaissances b d parlecalcul,

416

EXPOSITION DU SYSTÈMEnu MONDE.

phénomène était général. Pour l'expliquer, il supposa dansla sphère céleste, autour des pôles de l'écliptique, un mouvement direct, d'où résultait un mouvement rétrograde en longitude dans les équinoxes, comparésaux étoiles, mouvement qui lui parut être par siècle de la il lrois cent soixantième partie du zodiaque. Mais présenta sa découverteavecla réserve que devaitlui inspirer le peu d'exactitude des ohservations d'Aristille cl de Timocharis. La Géographieest redevableà Hipparque de la méthode de fixer la position des lieux sur la Terre par leur latitude et par leur longitude, pour laquelle il employa, le premier, les éclipses de Lune. Les nombreux calculs qu'exigèrent toutes ces recherches lui firent inventer, ou du moins perfectionner la Trigonométrie sphérique. Malheureusement les Ouvragesqu'il composasur tous ces sujets ont disparu nous ne connaissonsbien ses travaux quepar l'Almageste Ptolémée, qui nous de a transmisles principaux éléments des théories de ce grand astronome et quelques-unes de ses observations. Leur comparaison avec les observationsmodernes en a fait reconnaîtrel'exactitude, et l'utilité dont elles sont encore l'Astronomie fait regretter les antres, et particulièrementcelles qu'il fit sur les planètes, dont il ne reste que très peu d'observations anciennes. Le seul Ouvrage d'Hipparque qui nous soit parvenu est un Commentairecritique de la sphère d'Eudoxe,déerite dans le poème d'Aratus il est autoieur à la découverte de la précessiondes équinoxes. Les positions des étoiles sur cette sphère sont si fautives, elles donnent pour l'époque de son origine des résultats si différents, que l'on ne peut voir sans étonnement Newtonfonder sur ces positions grossières un systèmede chronologie,qui d'ailleurs s'écarte considérablementdes dates assignéesavec beaucoupde vraisemblance à plusieurs événementsanciens. L'intervalle de près de trois siècles, qui sépare Hipparque de Ptolémée, nous offre Géminus, dont le Traité d'Astronomie est parvenu jusqu'à nous, et quelques observateurs tels qu'Agrippa, Ménélauset Théonde Smyrne. Nous remarquons encore, dans cet intervalle, la réforme du Calendrier romain, pour laquelle Jules César lit venir d'A-

LIVRE N'.

CHAPITREIf,

417

lexandriel'astronome Sosigène. La connaissance précise du flux et du refluxde la mer parait appartenir à cette époque; Possidoniusreconnut les lois de ce phénomène,qui, par ses rapports évidents avecles mouvementsdu Solcilet de la Lune, appartient l'Astronomie, et dont Pline le naturaliste a donnéune deseription remarquablepar son exactitude. Plolémée, né à Ptolémaideen Égypte,fleurit à Alexandrievers l'an 130de notre ère. Hipparqueavaitdonné par ses nombreuxtravaux une face nouvelle à l'Astronomie, mais il avait laissé à ses successeursle soin de rectifier ses théories par de nouvellesobservationset d'établir celles qui manquaient encore. Ptoléméesuivit les vues d'Hipparque et, dans son grand Ouvrage intitulé Almageste, il essaya de donner un systèmecomplet d'Astronomie. Sa découverte la plus importaute est cette de l'éveclion de la Lune. AvantHipparque, on n'avait considéré les mouvementsde cet astre que relativement aux éclipses, dans lesquelles il suffisail d'avoir égard à son équation du centre, surtout en supposant, aveccet astronome, l'équation du centre du Soleil plus grande que ta véritable, ce qui remplaçait en partie l'équation annuelle de la Lune.Il parait qu'Hipparque avait reconnu que cela ne représentait plus le mouvementde la Lune dans ses quadratures, et que les observationsoffraientà cet égard de grandes anomalies. Ptoléméesuivit avec soinces anomalies il en détermina la loi, et il en fixa la valeuravec beaucoup de précision. Pour les représenter, il fit mouvoirla Lune sur un épicycleporté par un excentrique dont le centre tournait autour de la Terre, en sens contraire du mouvementde l'élieyele. Cefut dans l'antiquité une opinion générale, que le mouvementuniforme et circulaire, comme le plus parfait, devait èlrc celui des astres. Cette erreur s'est maintenue jusqu'à Kepler, qu'elle arrêta pendant longtempsdans ses recherches. Plolémée l'adopta et, plaçant la Terre au centre des mouvements célestes, il essaya de représenter leurs inégalités danscette hypothèse. Que l'on imagine en mouvementsur une première circonférence, dont la Terre occupe le centre, celui d'uue seconde circonférencesur laquelle se meut le centre d'une troisièmecirJ ORuvres VI drL.— 53

418

EXPOSITION DU SYSTÈMEDU MONDE.

conférence, et ainsi de suite jusqu'à la dernière que l'astre décrit uniformément. Si Ic rayon d'une de ces circonférencessurpasse la somme des autres rayons, le mouvement apparent de l'astre autour de la Terre sera composé d'un moyen mouvement uniformeet de plusieurs inégalités dépendantes des rapports qu'ont entre eux les rayons des diverses circonférenceset les mouvementsde leurs centres et de l'astre on peut donc, en multipliant et en déterminant convenablement ces quantités, représenter toutes les inégalités de ce mouvementapparent. Telleest la manière la plus générale d'envisager l'hypothèse des épicycles et des excentriques car un excentrique peut être considéré comme un cercle dont le centre se meut autour de la Terre, avec une vitesse plus ou moins grande et qui devient nulle s'il est immohile. Les géomètres, avant Ptolémée, s'étaient occupés des apparences du mouvementdes planètes dans cette hypothèse, el l'on voit dans l'Almageste quele grand géomètre Apollonius avait déjà résolu le problème de leurs stations et de leurs rétrogradations. Ptolémée supposa le Soleil, la Lune et les planètes en mouvement autour de la Terre dans cet ordre de distances la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Chacunedes planètes supérieures au Soleilétait mue sur un épicyclc, dontle centre décrivaitautour de la Terre un excentrique, dans un temps égal à celui de la révolution de la planète. La période du mouvementde l'astre sur l'épicycle était celle d'une révolution solaire, et il se trouvait toujours en opposition au Soleil, lorsqu'il atteignait le point de l'épicycle le plus près de la Terre. Rien ne déterminait dans ce système la grandeur absolue des cercles et des épicycles; Plolémée n'avait besoin que de connaitrc le rapport du rayon de chaque épicycle à cclui du cercle décrit par son centre. Il faisait mouvoirpareillement chaque planète inférieuresur un épicycle, dontte centre décrivait un excentrique autour de la Terre; mais le mouvement de ce point était égal au mouvement solaire, et la planète parcourait son épicycle pendant un temps qui, dans l'Astronomiemoderne, est celuide sa révolution autour du Soleil la planète était toujours en conjonclion avec lui lorsqu'elle parvenait

LIVRE V. —CHAPITREIl.

419

au point te plus basde son épicycle. Rien ne déterminait encoreici la d grandeur absolue, escercles el des épicycles.Lesastronomesantérieurs à Ptolémécétaient partagés sur les rangs de Mercureet de Vénusdans Ic système planétaire. Les plus anciens, dont il-suivit l'opinion, les mettaientau-dessousdu Soleil; lesautres plaçaient cesastres au-dessus; enfin quelques Égyptiens les faisaient mouvoirautour du Soleil. Il est singulier que Ptolémée n'ait pas fait mention de celle hypothèse,qui revenaità égalerles excentriques de ces deux planètes à l'orbe solaire. Si de plus il avait suppose les épicyclesdes planètes supérieures égaux et parallèles à cet orbe, son système se serait réduit à faire mouvoir, commeTychoUrahc, toutes les planètesautour du Soleil, pendant que cet astre circule autour de la Terre, et il ne serait plus resté qu'un pas à faire pour arriver au vrai système du monde. Cette manière de déterminerles arbitraires du système de Ptolémée, en y supposant égaux à l'orbe solaire les cercles et les épicyclesdécrits par un mouvement annuel, rend évidente la correspondance de ce mouvementaveccelui du Soleil.En modifiantainsi ce système,l donne desdistances moyennes i des planètes à cet astre, en parties de sa distance à la Terre car ces distancessont les rapports des rayonsdes excentriques à ceux des épicyclespour les planètes supérieures, et des rayons des épicycles aux rayons des excentriques pour les deux inférieures. Une modification aussi simple et aussi natureHc du système de Ptolémée a échappé à lous les astronomesjusqu'à Copernic aucun d'eux ne parait avoirété assez frappé des rapportesdu mouvement geoccntrique des planètes aveccelui duSoleil, pour en rechercherla cause aucun n'a été curieux de connaître leurs distances respectivesau Solcilet la Terre on s'es! contente de rectifier par de nouvellesobservations les éléments détermines par Ptolémée, sans rien changerases hypothèses. Si l'on peut, au moycn des épicycles, satisfaireaux inégalités du mouvement apparent des astres, il est impossible représenter, en de même temps, les varialions de leurs distauces. Ploléméene pouvait connaitre que très imparfaitement ces variations relativement aux planètes, dont il était impossiblealors demesurerles diamètresapparents.

420 Mais de dans apogée

EXPOSITION les observations ses hypothèses les quadratures les syzygies. en d'un se

DU SYSTÈME

DU MONDE. pour lui montrer l'erreur périgée diamètre que l'art son par les de n'est de

de la Lune suffisaient suivant serait lesquelles double

le diamètre à très chaque faisait peu

de la Lune près de son

dans

D'ailleurs,

inégalité découvrir, d'avoir fait été

nouvelle

d'observer, système progrès plus point

perfectionnant, épieyele; de ainsi,

surchargerait confirmé

nouvel

loin il n'a

ultérieurs

l'Astronomie, seul doit Mais, nous

que se compliquer que ce système un

en plus, celui

et cela

convaincre

de la nature. les mouvements tentative Telle

en le considérant célestes et aussi de les

comme soumettre

moyen au

représenter cette cité première

calcul,

sur

un objet est

vaste de

fait honneur l'esprit humain, eux

à la sagaqu'il les phénoà cet sans a

de son auteur. besoin et pour en évitant

la faihtesse pour

souvent mènes usage, cesse

de s'aider en déterminer de leur

d'hypothèses les lois;

lier

entre

en bornant

les hypothèses et en les rectifiant enfin aux des

attribuer

de la réalité parvient

on observations, par de nouvelles ou du moins on peut les suppléer causes, observes toire ceux que des circonstances nous offre

véritables

et conclure doivent exemple

phénomènes L'hisque erreurs

données plus sous d'un

développer. des avantages et des

de la Philosophie peuvent on s'expose confirma

les hypothèses auxquelles Ptolémée parque. il établit près à celui

procurer

ce point

de vue,

en les réalisant. le mouvement ses observations respective mouvement avait soupçonné. plus des des équinoxes, à celles étoiles, leur découvert par Hip-

En comparant l'immobilité et leur

de ses prédécesseurs, latitude qu'il trouva à très peu

constante

en longitude, Nous

conforme que l'intervalle erreurs de la point ces ce

qu'Ilipparque était ces

savons

aujourd'hui vu

mouvement qui dans sépare leurs

beaucoup

considérable, semble la difficulté à des on est supposer que

ce qui, de

deux

astronomes, Malgré présentait du temps,

grandes

observations. des étoiles exactes

la détermination qui qu'ils n'avaient commis

longitude de mesures

observateurs surpris

aient

erreurs, lémce

surtout cite

quand

on considère résultat.

l'accord

des

observations

que Ptoal-

à l'appui

de son

On lui a reproché

de les avoir

LIVRE V. —CHAPITRE IL

421

térées; mais ce reproche n'est point fondé, Son erreur sur le mouvement annuel des équinoxes me parait venir de sa trop grande confiance dans la durée qu'Ilipparque assigne à l'année tropique. En effet, Ptoléméea déterminé la longitude des étoiles, en les comparant au Soleil par le moyen de la Lune, ou à la Lune elle-même,ce qui revenait à les comparer au Soleil, puisque le mouvementsynodiquede la Lune était bien connu par les éclipses; or Ilipparque ayant supposé l'année trop longue, et par conséquent le mouvement du Soleil par rapport aux eqninoxes plus petit que le véritable, il est clair que cette erreur a diminué les longitudes du Soleildont Ptoléméea fait usage, Le mouvement annuel en longitude qu'il attribuait aux étoiles doit donc être augmenté de l'arc décrit par le Soleil, dans un temps égal à l'erreur à d'Hipparque sur la longueur de l'année, et alors il devaient fort peu près ce qu'il doit être. L'année sidérale étant l'année tropique augmentée du temps nécessaire au Soleil pour décrire un arc égal au mouvementannuel des équinoxes, il est visible que l'année sidérale d'Ilipparque et de Ptolémée doit peu différer de la véritable; en effet, la différencen'est que de celle qui existe cntrc leur année tropique 1/10 et la nôtre. Ces remarques nous conduisent à examiner si, comme on le pense généralement, le Cataloguede Plolémée est celui d'ttipparque réduit à son temps, au moyen d'une précessiond'un degré dans quatre-vingtdix ans. On se fonde sur ce que l'erreur constante des longitudes des étoiles de ce Cataloguedisparait quand on le rapporte au temps d'Hipparque; mais l'explication que nous venons de donner de cette erreur justifie Ptolémécdu reprochede s'être approprie l'Ouvraged'IIipparque, et il parait juste de l'en croire lorsqu'il dit positivementqu'il a observé les étoiles de ce Catalogue, celles même de sixième grandeur. JI remarque, en même temps, qu'il a retrouvé a très peu près les positions des étoiles qu'llipparque avait déterminées par rapport à l'écliptique, et l'on est d'autant plus porté a le penser que Ptolémée tend sans cesse à se rapprocher des résultats de ce grand astronome, qui fut, en effet, bien plus exactobservateur.

422 Ptolémée

EXPOSITION inscrivit dans

DU SYSTEME

DU MONDE.

à Canope, les princiCe système a subsisté paux éléments de son système astronomique. même qu'il est entièrement déaujourd'hui pendant quatorze siècles observatruit, l'Almageste, considère comme le dépôt des anciennes est un des plus précieux il ne renferme qu'un reusement tions, monuments petit de l'antiquité. Malheunombre des observations faites

le temple de Sérapis,

Son auteur n'a rapporté que celles qui lui étaient nécessaires jusqu'alors Les Tables astronomiques une rois formées, pour établir ses théories. avec elles à la postérité les observations et lui avaient employées pour cet objet, et son exemple qu'Hipparque a été suivi par les Arabes et par les Perses. Les grands recueils d'obil a jugé inutile de transmettre pour elles-mêmes et sans rassemblées uniquement à l'Astronomie moderne, aucune application aux théories, appartiennent et sont l'un des moyens les plus propres à la perfectionner. Ptolémée a rendu de grands services à la Géographie en rassemblant servations précises, de longitude et de latitude des lieux connus, de la méthode des projections pour la conet en jetant les fondements Il a fait un Traite d'Optique, dans des cartes géographiques. striction toutes les déterminations des réfractions astronoil expose avec étendue le phénomène il est encore auteur de divers Ouvrages sur la Musique, la miques la Gnomonique et la Mécanique. Tant de travaux sur un si Chronologie, un un esprit vaste et lui assurent grand nombre d'objets supposent lequel dans l'histoire rang distingué fait place à celui de la nature, tisme des sciences. on se vengea son système eut sur son auteur du despoQuand

on accusa Ptolémée avec lequel il avait régné trop longtemps; Mais la made ses prédécesseurs. les découvertes de s'être approprié nière honorahte dont il cite très souvent Hipparque de cette inculpation. le justilie pleinement à réunissant des lettres parmi les Arabes et en Europe, ses hypothèses, de la nouveauté t'autoritc de ce qui est ancien, furent général'atrait et qui se virent lement adoptées par les esprits avides de connaissances théories tout à coup en possession de celles que l'antiquité éleva par de longs travaux. Leur reconnaissance n'avait trop acquises que haut Ptolémée, u l'appui de ses A la renaissance

LIVRE

— CHAPITRE

II.

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qu'ensuite on trop rabaissé. Sa réputation a éprouvé le même sort que celles d'Aristote et de Descartes leurs erreurs n'ont pas été plus tot reconnues, que l'on a passé d'une admiration aveugle à un injustc mépris car dans les sciences mêmes lés révol