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CULTURE GENERALE SCIENCE-PO

naturellement bien sûr et non par le hasard (des circonstances). chacun a besoin de chacun pour accomplir ses désirs naturels : chaque communauté se forme donc parce que chacun a par nature des qualités particulières. Par csqt. I. il nous faut chercher quelle est sa fonction (fonction=nature) . LIVRE I. c'est donc au sens où elle est constituée de parties naturelles. la cité est la totalité dont les autres communautés sont les parties. CHAPITRE 2. ou une fonction propre. Nous avons vu que méthode = génétique : donc. et que c'est pour cela que j'écris sur la Politique. (Rousseau.INTRODUCTION Etat : société organisée. etc. Elle les englobe. je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu'il faut faire. ce dont elle vient. ou je me tairais". 1253a2sq) Texte 2. Premier argument : La cité est naturelle. Rappel : Nous avons vu que chez Aristote. l'esclave : par nature ne peut délibérer mais peut travaller. Si elle est naturelle. POLITIQUE. Ici. la cité. Pourquoi vit-on politiquement? D'où vient la cité? Cf. A) Politiques. je le ferais. Du contrat social. problème de philo politique (texte 1) : il s'agit de réfléchir sur les fondements de la politique. Au sommet. est soit un être dégradé soit un être surhumain" (Aristote. texte n° 2 : "Il est manifeste.LA CITÉ EXISTE PAR NATURE :ARISTOTE. En effet. et que celui qui est hors cité. que la cité fait partie des choses naturelles. la naturalité de la cité chez Aristote. Il y a complémentarité de ces natures dans les associations de la famille et celle du village. est naturel (familles et villages). dotée d'un gouvernement. 2. Si j'étais prince ou législateur. Texte 1. Aristote cherche ici quels sont les fondements de la vie politique. 2 : les causes de la cité. Préambule). Rappel : Mais la cité n'est-elle naturelle qu'en ce sens? Sa différence spécifique par rapport aux autres communautés n'est-elle que d'être extensivement la plus englobante? Pour cela. chaque être a une nature propre. I. vivant selon des lois. ce dont elle est composée. nous avons un autre de genre de communauté. I. à partir de cela. Les Politiques. une certaine nature. et que l'homme est par nature un animal politique. I. Quel est le fondement/la source de l'Etat? "On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la Politique? Je réponds que non.

1. mais communauté est le genre. c'est le bien suprême entre tous que vise celle qui est la plus éminente de toutes et qui contient toutes les autres. i. plus haute au sens de meilleure. c'est chercher à obtenir quelque chose (un "bien") -appliqué à communauté : normal puisque visée commune. toute action vise forcément une fin. et que toute communauté a été constituée en vue d'un certain bien (car c'est en vue de ce qui leur semble un bien que tous les hommes font ce qu'ils font). avant tout. parce qu'elle contient toutes les autres communautés (cf. c'est--à-dire la communauté politique. la cité vise le bien suprême. Ici. c'est donc un "regroupement en vue de tel ou tel type de fin" (c'est compris dans la déf même d'une communauté) (3) communauté extensivement la plus englobante c'est la plus grande des communautés (4) et qualitativement la plus englobante car vise "Bien suprême". Mais pour Ar. elle est finalisée. la justice =les choses en commun supposent d'être régies par la justice? Mais ici il s'agit de la définir par sa fonction ou fin) (2) Toute communauté est faite en vue d'un bien -cf. il est clair que toutes les communautés visent un certain bien et que. est une certaine communauté. 1. Dans suprême. différence spécifique de la cité. Diff spécifique = elle est politique. Or. la cité. Explication : (1) communauté = suppose une fin commune visée par ses membres regroupés. i) "Puisque toute cité. la cité est la communauté suprême. Il peut être apparent ou réel. On peut dire que "bien" est ici synonyme de "fin". nous le voyons. (Eth à Nico. de l'essence. quelque chose d'autre en résulte nécessairement. I. Texte 3. particulier ou général. Synonyme : le "souverain bien". c'est cette fin commune qui fait de cette pluralité des membres une unité (sentiment d'appartenir à un "nous").5). -"bien" : pas le bien au sens moral (exemple : une association de malfaiteurs est constituée en vue d'un certain bien. Faire quelque chose. Donc. l'enrichissement de leurs membres). qui traite de la cause formelle. certaines choses étant posées." Aristote. le bien suprême. de la cité. I. 1) : (1) toute cité est une communauté (2) toute communauté est faite en vue d'un bien. .1 "tout art et toute investigation et pareillement toute action et tout choix tendent vers quelque bien"). il y a une connotation de bien ou de fin au delà de laquelle il n'y en a plus d'autre : c'est donc le bien ou la fin la plus haute possible. Elle vise. cqfd. c'est celle que l'on appelle la cité. (Ethique à Nico. Qu'est ce bien suprême? syllogisme ("raisonnement dans lequel. dit Aristote. du seul fait de ces données" -Premiers analytiques. une espèce.a) Lire texte 3 (Pol I. le droit.principe : "c'est en vue de ce qui leur semble un bien que les hommes font ce qu'ils font ". Chaque communauté supérieure dans la hiérarchie vise un bien également supérieur. Les politiques. de ce qui est préférable. que cette communauté suppose une constitution. I. fait que les autres communautés sont les parties dont est composée la cité) (4) Donc. (Aristote montrera dans le ivre III. communauté politique. et la communauté suprême vise un certain bien (3) Or.

recherche de la fin finale. Elle est en conformité avec la nature de l'homme ou son désir naturel. celui que tous visent naturellement. elle vise le bonheur. dernière. En effet seul de tous les animaux l'homme parle des valeurs de la justice. les fêtes. des gens honnêts et capables d'action". si elle réalise la nature ou fonction de l'homme. quand il naît par exemple. qui consiste à savoir déterminer le juste milieu en toutes circonstances. un adulte. . I. c'est pour Ar d'être un homme. 5 : passage où il explique pourquoi il y a une hiérarchie des biens dans les actions de l'homme. Pourquoi? Parce que le bonheur. c'est l'état de perfection de l'homme. c'est le souverain bien. Il cherche dans cet ouvrage à montrer que cette vie conforme à la raison est une vie de "vertu" : la vie bonne. complète. discute de choses communes à tous (politiques) et nobles (morales). Ar dit qu'un être qui a réalisé sa nature est en "acte". plus fort que les sens précédent : a) elle l'est parce qu'elle vise la fin la plus haute pour l'homme. Ethique à Nicomaque. il faut d'abord chercher quelle est la fonction propre de l'homme. c'est parce que vivre selon des lois. il consistera dans une vie conforme à la raison. qui se suffit à elle-même.90). la nature d'un embryon. car seul il est recherché pour lui-même (imaginez-vous de dire que vous voulez être heureux pour être en bonne santé? Ou en vue de courir? Non: tout ce que vous faites. c'est la vie morale. II. ce n'est ni la reproduction. cf. Ainsi. Ce qui définit un être. On peut donc penser que si cette vie s'obtient dans la cité. ce n'est pas ce qu'il est au départ. sa perfection. c'est une vie "autarcique". C'est la fin qui n'est que fin et qui est suprême. Le bonheur. ils tendent donc naturellement à vivre en cité. Donc : si la cité vise le bien suprême. par sa raison. or. est un être moral. alors. de toutes ces actions. bien = fin. dans laquelle on ne manque de rien. C'est en vue du bonheur que les hommes s'associent en familles. quel est le plus complet? -départ : autant de types de biens que de types d'activités. une vie d'excellence et d'équilibre. 2 (texte 2. Tout ce que veulent et recherchent les hommes n'est recherché qu'en vue du bien souverain. parce qu'il est un être naturellement sociable? C'est bien ce qu'il dit not dans Pol. cette science met son principal soin à faire que les citoyens soient des êtres d'une certaine qualité. c'est que l'homme est naturellement fait pour vivre dans des cités (où il pourra discuter avec d'autres de ces choses en commun. Le bonheur est donc le seul bien suprême. Aristote le fait dans Et I. le repos. Fin ultime de toutes nos actions (bien suprême) : le bonheur : c'est en vue d'être heureux que nous voulons être en bonne santé (et que nous courons pour cela). Explication : nature = fin (p. bref. I. Mais n'est-ce pas aussi surtout parce que l'homme ne serait rien sans la cité? Ie. du bien. la vie en général. si le bonheur est la perfection de l'homme.b) Mais quel peut bien être le contenu de ce bien suprême? Cf. la croissance. mais aussi parce que il a montré que seule une vie morale est assez stable pour pouvoir mériter l'appellation d'heureuse (I. il faut préciser que pour définir ce qu'est le bonheur. le bonheur. la satisfaction du bien suprême de l'homme. et quelle est la fin ultime. 6 et 13: ce qui est propre à l'homme par rapport aux plantes et aux animaux. Ici. Dire que c'est parce qu'elle vise le bien suprême. la cité vise bien le bien suprême de l'homme. 1. comme la nature ne fait rien en vain (principe de finalité). Parmi eux.EN. Trois catégories de fins qui sont hiérarchisées en fonction du ritère selon lequel un moyen est moins élevé que la fin : -activité en vue d'autre chose : moyen : faire un footing pour être en bonne santé (bien relatif) -fin en vue d'autre chose mais aussi en vue d'elle-même : fin-moyen : être en bonne santé (bien relatif) -fin qui n'est que fin : il parle de fins autosuffisantes : qui n'ont pas d'autre fin qu'elles-mêmes. n'est pas une véritable explication. b) Mais on n'a pas encore vraiment vu pourquoi. est en vue du bonheur). Donc. L'embryon n'est pas au départ ce qu'il est puisqu'il n'a pas encore développé ses potentialités. or. Question : parmi les divers biens possibles. 11). alors. EN. Donc : il est un animal politique. c'est prendre l'habitude de bien agir (cf. I. 10 : "la fin de la politique est la fin suprême. la cité est naturelle en un nouveau sens. ni la sensation mais la raison. C'est en elle que l'homme réalise sa fin. Faire ce qui est le mieux pour l'homme en chaque circonstance. et les réaliser). C'est aussi bien sûr la partie la plus excellente de nous-mêmes. Il semble qu'on puisse donner deux raisons à cette thèse : -d'abord. C'est comme de dire qu'il pleut parce qu'il pleut. ie. La cité est donc naturelle puisqu'elle vise le bonheur. Et elle réalise l'homme. Ici : nature = fin de l'homme = être heureux. et qui n'ont pas d'autre fin au-dessus ou en dehors. du mal. deuxième phrase): l'homme est un animal politique (zoon politikon = un vivant des cités). "c'est en pratiquant des actions justes que nous devenons justes" -plus gén : c'est en pratiquant des actions morales que nous demeurons morales). Donc : si le bonheur est la vie parfaite de l'homme. fin qui est voulue pour elle-même. en villages. (A la fois parce que seul l'homme.

les relations de pouvoir qui ont lieu dans la communauté politique sont spécifiquement différentes de celles qui ont lieu dans les autres communautés. L'homme est fait pour vivre en cité. Ce n'est pas par intérêt que les hommes vivent dans des cités. mais que téléologiquement. Aristote s'oppose ici aux cyniques. ce n'est pas un bien économique. il y naturellement relations de commandant à commandé. les hommes ne peuvent parvenir au bonheur. la vie meilleure et la plus haute qui soit. qui revendiquaient un individualisme forcené et un refus de toute exigence sociale (indifférence pour les interdits.L'idée d'un bien commun. tout homme va nécessairement et naturellement tendre vers elle. en effet. La société est économique. Mais. Le but spécifique de la cité. C'est elle qui les rend réelles. Ce qui veut dire encore que si la cité a été décomposée au début en ses éléments constitutifs. est un pouvoir entre gens égaux et libres. L'homme réalise son humanité dans la cité. l'idée qu'on pourrait revendiquer son humanité contre ce qui fait de vous un humain (l'appratenance à cité) est une contradiction dans les termes. Si famille et village sont ant chrono à la cité. celui qui a lieu entre les citoyens (membres de la cité). Les citoyens sont investis du pouvoir politique : en effet. métaphore organiciste : la main sans le corps auquel elle appartient ou une main de pierre. L'idée de droits de l'homme est impensable : On n'est pas un homme indépendamment de la société. sinon. Cf. alors. la somme de ces biens serait le village. Aristote dit que c'est à peine un homme car il se veut en dehors de la cité. c'est le bien de l'Etat qui est plus important et plus parfait que celui de l'individu B. le pouvoir politique. Finalement. la cité est toutefois la cause finale de la famille et du village. Il ne faut pas confondre les deux. on peut dire que chez Aristote. et ib. n'est une main que par homonymie (de nom). c'est la cité qui les précède. si c'est dans le bonheur qu'il se réalise pleinement. Remarque : Ce qui nous montre qu'Aristote distingue déjà société et Etat. ceux qui vivent hors cité entreront forcément en conflit avec elle. comme il n'a pas de place dans la cité. la cité vise-t-elle : -Le bonheur de chacun en particulier? (ou bien particulier) -Le bonheur de tous au sens d'une somme des bonheurs particuliers? (ou somme des biens particuliers) Si on répond chacun = rien ne le distingue de la famille. il vise donc un bien politique. puisqu'ils sont toujours en état de manque. La cité.La cité est donc bien naturelle parce qu'elle est en conformité avec la nature de l'homme. qui n'est possible que dans la totalité à laquelle il appartient. les parties sont antérieures au tout. le mode de rapport avec autrui sera le conflit. on confond société et Etat (pour parler en termes modernes). il ne faut pas croire que ces membres puissent être quoi que ce soit à part de la cité. soit des besoins sociaux. il a besoin des autres. mais pour vivre la vie bonne. La cité est naturelle car c'est en elle que les autres communautés vont pouvoir satisfaire pleinement leurs besoins. mais alors pas non plus bien suprême! Si on répond somme = rien ne la distingue du village. mais un bien politique. Il dit même que c'est un passionné de guerre : en effet. Pouvoir despotique : a lieu entre inégaux Pour lui. elle vise donc un bien ayant à voir soit avec la satisfaction des besoins quotidiens. elle. En effet un organe n'existe que par l'exercie de sa fonction. Ar dit que chrono. désigne l'idée d'un bien commun à tous. et impudeur notamment). L'individu n'est pas humain en dehors de la cité (il n'est qu'une bête ou un dieu) Trois remarques : Il va ici contre les sophistes pour qui la communauté politique n'est qu'une garantie de survie individuelle. ou logiquement. association de familles. car. Les biens particuliers seraient ceux du foyer. à moins qu'il ne soit un dieu. puisque si la fin naturelle de l'homme c'est le bonheur. c'est que pour lui. c'est dans la cité que rien ne nous manque plus. un pis-aller. que nous satisfaisons pleinement nos besoins (les autres com ne se suffisent pas à elles-mêmes). reste à préciser en quoi la cité se distingue de la famille D'abord. . dans toute communauté. Si nous savons maintenant que la différence spécifique de la cité c'est le bien vivre (les autres : le vivre). elle n'a alors pas de bien spécifique. et surtout pas contre elle. son bien spécifique. De même pour la cité et ses éléments : ses éléments n'acquièrent leur nature véritable qu'en elle. En effet. L'Etat est politique. Ce bien s'identifie au bonheur tout simplement parce que tant qu'il sont en famille ou en société.

non l'habitant). deux êtres humains ne se valent pas forcément. qui est l'expression d'un vivre ensemble d'un peuple. L'autre. ie. ce n'est donc pas être habitant d'une ville. étant naturellement aptes à délibérerer et à commander. une intériorité. Qui nous dit que ce qui nous apparaît comme naturel n'est pas au fond qu'une longue habitude. est compatible avec les valeurs que l'homme porte en lui. Cf. ni les enfants. qui unit ceux qui ont entre eux une affinité morale. l'homme libre. mais c'est impossible. L'homme n' rien à voir une conscience. le citoyen. ie. qu'une longue accoutumance (cf. Contrairement à Descartes. Etre citoyen. mais il se définit par par son humanité. d'une nature sensée. c'est le plus sage. Le problème d'Aristote. de justice. Par contre. si l'homme se définit par l'être de sa conscience. légitimer ce qui est? Cf. et de notre complémentarité. Donc (III. De toute façon. . c'est seulement le maître de maison. des dispositions à actualiser). Deux moi se valent alors que chez A. VIII : l'ami c'est un autre moi-même donc nos intérêts se rejoignent et nous cherchons par définition un intérêt commun (cf. Sans doute parce que. n'ayant pas de soucis domestiques. qui elle-même est politique. 11) seuls des égaux pourront prendre des décisions sages et justes concernant ce bien commun. Dans ce cadre. qui vont permettre ce bien vivre ensemble). le plus intelligent (par nature) : ce qui nous assure qu'il est à même de voir où est le bien de tous.Attention : Ar ne fait pas reposer la politique sur des principes abstraits! En effet. et l'homme ne se définit pas autrement que par sa relation aux autres. aux personnes contenues dans un Etat. Ainsi Aristote dit-il que le citpyen a un pouvoir délibératif et judiciaire. L'amitié en effet est une vertu sociale. Problème : l'esclave est-il un homme (mon alter ego)? Non. Critique : Ne peut-on pas répondre que chercher une origine cosmique à l'Etat c'est légaliser le pouvoir de fait. Ce serait l'idéal. Sans doute parce que étant tous de même nature. ni les esclaves. Le problème est celui de nos places respectives dans la vie sociale. étant unis par une véritable fin commune. ni les femmes. celui qui gouverne.. ils sont naturellement aptes à délibérer sur le bien de tous. L'homme est fait pour vivre en cité. Les hommes ont naturellement besoin des autres. Pas de doute sur le fait qu'autrui existe et qu'on communique avec lui -c'est même plus réel que l'individu isolé. c'est un individu qui peut ne pas avoir la même nature et la même fonction que moi. ils sont capables de prendre des décisions en commun. chaque "moi" est un être à part entière : ce que je suis socialement est second par rapport à ce moi essentiel. elle est légitimée par l'existence d'un cosmos. ni les métèques. l'esclavage : Aristote ne se demande pas s'il est acceptable mais s'il est naturel (ne se demande pas si l'inégalité naturelle. Ainsi peut-on le soupçonner de justifier par la nature ce qui est enraciné dans les mœurs. Donc : il va dire que les citoyens doivent être tour à tour commandnats et commandés. Elle nous permet de devenir ce que l'on est naturellement (chacun a une place pré-établie. mais l'intérêt de chacun à travers celui du tout. le fait devenir ce qu'il doit être. ie. EN. Question : Aristote dit-il que tous les citoyens commandent. et par l'amitié. Donc : pas de conflit entre l'individu et l'Etat puisque l'Etat réalise l'individu. si l'homme se définit par son rôle social et comme citoyen (celui qui possède un pouvoir dans la cité. tous en même temps et en permanence? Ce serait attendu puisque c'est un pouvoir entre égaux. "la justice ira croissant avec 'amitié") (Etat : ce sont des relations de droit. ce n'est pas le respect des individus. le bonheur de tous. Ne sont citoyens. texte de Hume)? N'est-ce pas un refus d'interroger les fondements? Peut-on réduire la légitimité de l'Etat à une question de stabilité? Ce serait oublier l'essence même de la politique. Le pouvoir politique détaché du peuple peut-il encore être considéré comme légitime? N'est-ce pas une contradiction dans les termes? Il faut donc revenir au fondement. les natres ne sont pas interchangeables. Dernière question sur ce point : pourquoi est-ce mieux que ce pouvoir s'exerce entre égaux? Parce que le but spécifique du politique c'est l'intérêt commun. autrui ne fait donc pas un problème. et si la nature ne doit pas être corrigée par un idéal). Note : autrui dans la philo classique. (On ne peut traiter également ce qui est inégal) Conclusion : L'existence d'une communauté politique est naturelle.

lorsqu'ils se sont imposé‚ des restrictions au sein desquelles on les voit vivre dans les Républiques. apte à défendre les gens de l'attaque des étrangers. Ed. c'est le souci de pourvoir à leur propre préservation et de vivre plus heureusement par ce moyen: autrement dit. auquel nous devons. c'est de confier tout leur pouvoir et toute leur force a un seul homme. ils puissent se nourrir et vivre satisfaits. Sirey. par la règle de la majorité‚ en une seule volonté‚. tant à l'exécution de leurs conventionsqu'à l'observation des lois de nature. A) Hobbes : le pacte d'association (Léviathan) HOBBES La cause finale. ou une assemblé‚ pour assumer leur personnalité‚ et que chacun s'avoue et se reconnaisse comme l'auteur de tout ce qu'aura fait ou fait faire. Philosophie politique. sous le Dieu immortel. eux qui par nature aiment la liberté‚ et l'empire exercé‚ sur autrui. le dessein. en latin CIVITAS. et de les lier.II. T. que chacun par conséquent soumette sa volonté‚ et son jugement à la volonté‚ et au jugement de cet homme ou de cette assemblée. Hobbe. et ainsi à les protéger de telle sorte que par leur industrie et par les productions de la terre. notre paix et notre protection. La seule façon d'ériger un tel pouvoir commun. Cela va plus loin que le consensus. Cela revient à dire: désigner un homme. unité réalisée par une convention de chacun avec chacun passe de telle sorte que c'est comme si chacun disait à chacun: j'autorise cet homme ou cette assemblée. ou concorde: il s'agit d'une unité réelle de tous en une seule et même personne. quand il n'existe pas de pouvoir visible pour les tenir en respect. quant aux choses qui concernent la paix et la sécurité‚ commune. ou plutôt pour en parler avec plus de révérence. Cela fait. par la crainte des châtiments. que poursuivirent les hommes. et je lui abandonne mon droit de me gouverner moi-même. la conséquence nécessaire des passions naturelles des hommes. de s'arracher à ce misérable état de guerre qui est. je l'ai montre. Propos inverse : on suppose des êtres humains individuels (donc humains sans la cité) vivant séparément.LE CONTRAT SOCIAL : LE FONDEMENT DE L'ETAT CE N'EST PAS LA NATURE MAIS LA VOLONTÉ. 1971. le but. de ce dieu mortel. ta multitude ainsi unie en une seule personne est appelée une REPUBLIQUE. ou à une seule assemblée qui puisse réduire toutes leurs volontés. celui qui a ainsi assumé‚ leur personnalité. a cette condition que tu lui abandonnes ton droit et que tu autorises toutes ses actions de la même manière. Telle est la génération de ce grand LEVIATHAN. Léviathan. et on se demande comment on peut penser l'institution de la société à partir de l'individu . et des torts qu'ils pourraient se faire les uns aux autres.

l'autre peut décider que ce qui est le moyen nécessaire à la poursuite de son élan vital. hypothèse théorique. ne lui ressemble pas. Hobbes parle d'un droit (naturel) illimité : nous avons le droit : -de faire tout ce que nous voulons. C'est son droit. de juger des moyens nécessaires et conformes à la poursuite de cette fin naturelle-nous sommes en ce domaine les seuls juges) -Chacun a également les mêmes forces. Pour connaître la nature véritable de l'homme. Tous veulent les mêmes choses. de ses désirs.différence état et Etat : état= conditions. l'état de nature est l'état dans lequel se trouvent les hommes quand ils ne sont pas encore soumis à l'autorité politique. Or. qui va produire le Léviathan. . b) thèse : état de nature = état de guerre de tous contre tous. droit primordial (loi naturelle ou de raison) de conserver notre vie (de tout faire pour cela. alors. Or. la liberté. circonstances = ainsi. et surtout les choses que veut autrui. c'est qu'elle n'est pas conforme à nature ou état naturel de l'homme). sous un pouvoir commun. le droit naturels. on constate que cette tendance naturelle est limitée. -Etat de liberté et d'égalité des hommes (nul n'a reçu de la nature le droit de commander (contre Aristote!)). 2) Lignes 16 à 27 : Donc. en sécurité? Nous allons nous battre si nos désirs se portent sur les mêmes objets (et même nous entretuer). si tous sont égaux et libres de faire ce qu'ils veulent. et non recherche historique (quel a pu être l'état originel de l'homme?). de satisfaire tous leurs désirs quand ils le veulent et comme ils le veulent. La liberté absolue est la liberté la plus menacée qui soit. il faut en revenir à l'origine. 1) lignes 1 à 9 : par nature l'homme aime faire ce qu'il veut et faire d'autrui ce qu'il veut. l'égalité.10 à 16 : la finalité de l'Etat -l. A n'importe quel moment. 3) Conséquences : lignes 27 à fin : l'Etat est une personne. c'est de me tuer moi. -et surtout. la gloire. et si tous peuvent comme ils le veulent décider des moyens leur permettant de réaliser leurs désirs ou de se maintenir en vie.Structure du texte : 1) état de guerre : il faut s'en arracher 3) Léviathan. quand ils ne vivent pas sous des lois. dieu mortel : paix. Ainsi. S'oppose à état civil.16-27 : pacte réciproque et total. isolés les uns des autres. a) Etat de nature : -Fiction. et les mêmes désirs : Hobbes parle de passions fondamentales qui définissent l'homme : la convoitise. restreinte volontairement dans un Etat (République : res publica). dans un Etat. Démonstration : -Individus solitaires. un automate artificel (cautionné par Dieu). protection 2) le passage de 1) à 3) se fait par un pacte d'association. Pourquoi? C'est que cette tendance naturelle est destructrice et conduit à un conflit de tous contre tous. comment vivre en paix. -Note : origine = nature alors que pour Aristote finalité = nature. sont négatifs : -égalité : égal pouvoir de tuer -la liberté illimitée : est-ce une liberté réelle si je suis susceptible de mourir à chaque instant? Je vis donc dans la crainte perpétuelle de la mort violente. 1) l'état de nature comme état de guerre de tous contre tous. l'Etat est un régulateur. Essayer de le dépouiller du culturel. -de prendre possession de tout ce que nous voulons. Chacun a donc naturellement les mêmes droits (idée d'un droit de nature = fondé dans l'humanité abstraite de l'homme). Mais comment naît-il? Par un pacte passé entre libertés individuelles : -l. . Cette origine servira de norme pour juger de l'état actuel des choses (si notre vie actuelle.

tous ont reçu de la nature ou plus précisément de Dieu la raison qui les fait réfléchir sur les moyens aptes à réaliser leur fin : vivre. . Si nous faisons une promesse : je te promets de ne rien faire qui aille contre la liberté et contre droit. Solution : il faut agir contre le mal.-un droit illimité n'est au bout du compte un droit à rien du tout. ie : nous abandonnons tous nos droits. Il naît autrement que naturellement. parce qu'il porte en lui des tendances destructrices. e) lignes 10 à 16 : la finalité de l'Etat. 2) Comment naît-il et qui l'institue? (Nous remettons cette liberté dans les mains d'un arbitre. -paix civile : sécurité int et ext -confort (se nourrir. à un seul. est-il d'instituer un pouvoir qui nous fasse peur? C'est contenu dans l'idée même de la loi naturelle qui dit "si tu veux la fin. qu'il doit inventer l'Etat. d) Par quel moyen? Par un pouvoir qui me tient en respect. au profit d'un seul -au profit. solution aux maux naturels de l'homme. alors. un tiers = c'est l'Etat. d'ériger un tel pouvoir commun. l'Etat est par définition une entreprise contre nature : c'est un artifice. nous sommes toujours en possession de ce droit de juger de ce qui est bien pour nous maintenir en vie. alors. c'est qu' il faut contraindre les tendances destructrices naturelles à l'homme. pour acquérir d'autres droits. S'il n'y a pas de pouvoir au-dessus de nous qui nous punisse si nous enfreignons les règles que nous nous sommes imposés. ie. . et une liberté limitée mais plus efficace) a) le contrat. c'est parce qu'il n'est pas naturellement sociable. Donc. alors. contre la passion qui a le plus d'influence sur nous (si nous voulons une situation de certitude. qui m'assurera que cette promesse sera toujours tenue? Après tout. un juge. un "animal politique". se conserver et être heureux) = le confort "petit bourgeois" Préserver ma vie et mes biens. puisque tous désirent la même chose. Pour que ça marche. ce qui se fait par une série de pactes passés entre chacun de nous. dit Hobbes. c'est "de confier tout leur pouvoir et toute leur force à un seul homme et à une seule assemblée". de façon totale et réciproque. . En effet. par la crainte du châtiment. mais il doit détenir toute la force et tout le droit qui nous appartenait à tous à l'état de nature. toute notre force. Bref : état de contradiction.Pourquoi le seul moyen d'obtenir la paix et de vivre en sécurité.Non seulement ce pouvoir (commun) doit nous faire peur. ce que chacun découvre par l'exercice de sa raison. Hobbes répond ici à Aristote que ce n'est pas parce que l'homme désire naturellement entrer en société. c) La solution raisonnable : chercher la paix (seconde loi de raison -cf. (pouvoir commun = un même juge pour tous. Ie. Au contraire. nous ne nous sentirons pas obligés de les respecter. il me faut un moyen : la paix). l'état de guerre va continuer. décision libre) Etat. Ils vont donc se dire que comme le droit naturel illimité que nous avons s'autodétruit. (Inventer. fin = donnée par Dieu). il nous faut limiter d'une façon quelconque ce droit. instituer. sans cela. il faut que nous ne soyons plus rien : la seule façon. En effet. et non plus d'incertitude) : la peur de la mort violente. Nous resterons à l'état de nature. un arbitre. je la trouve en me rendant compte que la liberté et le droit illimité engendrent une contradiction fin/moyen (si je veux la fin = préserver ma vie. veux aussi les moyens". qui nous soit extérieur). qu'il est naturellement sociable.

Il est mandataire : il porte nos intérêts. il y a un acteur. Montre comment nous avons acquis une nouvelle organisation. Il y a formation d'une sorte d'organisme (à la fois artificiel et monstrueux). quand nous obéissons à l'Etat. L'Etat détient tout le droit et la force de tous les hommes. et peut légitimement exiger de nous ce qu'il faut faire pour le bien de nos intérêts synthétisés en intérêt général. de ce dieu mortel". Tout ce à quoi il nous force. Le tiers. qui réunit l'arbitre et les contractants en un tout. nous conserver en vie. je le retrouve dans l'Etat. ma liberté est limitée. mais par moi ou par tous. En obéissant à l'Etat. Il est "au-dessus des lois". Souverain = âme Corps = multiplicité des individus C'est l'âme qui unifie le corps (elle est permanente. il représente ce que nous voulons véritablement. En effet. "cela va plus loin que le consensus ou concorde : il s'agit d'une unité réelle de tous en une seule et même personne". je n'ai plus rien. il nous personnifie. qui autorisent. le personnage de la pièce. mais différemment (en mieux. non sujette au changement. mon droit aussi. Il assume donc notre personnalité. métamorphosés en corps de l'Etat. L'Etat n'agit pas à ma place. jouer le rôle de quelqu'un d'autre (cf. est permis. qui se ramène à vivre en commun sous des lois imposées par un tiers. artificiel. masque = l'acteur joue le rôle de quelqu'un d'autre. Ici. L'acteur agit en notre nom et parle en notre nom. nous devons lui obéir : c'est lui qui va décider du droit.. qui n'est pas naturel. car nous avons mis nos forces et nos droits en commun) . Références dans le texte : "confier … qui puisse réduire. b) La métaphore de la représentation/du théâtre. Toujours un rapport de forces (Etat ou juge = droit du plus fort?) -De plus. c'est à respecter nos conventions et la loi de nature/raison. c'est à nous-mêmes que nous obéissons! c) l'Etat comme personne artificielle (ou automate). à la puissance collective. On peut se demander comment les hommes ont bien pu choisir de vivre une telle vie. je ne peux plus faire ce que je veux. Métaphore (organiciste) qui redouble la métaphore du théâtre. puisqu'il n'est pas lié par le contrat. Cela revient à dire : désigner (…) pour assumer leur personnalité. Signification : les individus sont les organes. c'est elle qui fait que le corps est "un" corps malgré les changements qu'il subit. accord non unanime mais suffisant). Multitude (individus de l'état de nature) unis (artificiellement) en un tout (peuple. et que chacun s'avoue comme l'auteur ou de tout ce qu'aura fait ou fait faire. quant aux choses (…) celui qui a ainsi assumé leur personnalité…". Effet de miroir : on a l'impression d'être. ce que dit le souverain. il nous représente. Chacun autorise l'agent de l'Etat à décider et à agir pour lui. grâce à la personne unique du souverain qui juge et décide à notre place mais aussi pour nous et en vertu de notre accord. un nouveau mode de vie. d'un grand automate. Il y a unité parce que d'un côté il y a une multitude. est un acteur unique. et ne va pas contre notre liberté. Le léviathan. des auteurs divers. Les hommes sont. Conclusion : ce pouvoir est légitime. cet Etat semble bien menaçant. ("corps politique" : assuré par l'unité du souverain) Donc : -ce que j'ai perdu. ayant pour âme le souverain.-bref : je m'annule dans l'Etat. il parle et agit en son nom). veille sur eux. Il est tout puissant. "cela fait. Références dans le texte : "qui puisse réduire toutes leurs volontés en une seule volonté". à savoir. du seul fait qu'il est le souverain) Problème : n'est-ce pas un pacte de soumission? -L'Etat repose sur la force et sur la crainte. personnifier = représenter quelqu'un. celui qui est autorisé à. qui contient en lui tous les individus comme autant d'atomes réunis en un tout et gouvernés par une âme (principe directeur et unifiant) souveraine. d'une personne collective.persona. et des auteurs. Parce que nous lui avons délégué notre pouvoir d'agir et de dire. Telle est la génération de ce grand Léviathan. et c'est lui qui va décider des peines à nous infliger si nous ne respectons pas ce droit. Les auteurs = chacun de nous. un monstre. société). C'est un arbitre. Maintenant. les rouages. la multitude unie en une seule personne est appelée République. En effet. Il y a incorporation. c'est un homme géant. Il s'occupe de trancher tous les différends qui mènent à un état d'insécurité. par la règle de la majorité (consensus. par le pacte social. Au bout du compte. un Individu unique et unifié. l'arbitre désigné par chacun de nous =l'acteur. je ne remplace pas un mal par un autre mal. (Position volontariste = est juste. de l'autre.

pas de contraintes. non à l'état de nature.. Ainsi. pas besoin de prévoir par exemple C'est donc aussi un animal tranquille : il vit en solitaire. l'Etat a bien un fondement (une base) légitime. Bref il suit aveglément ses impulsions b) "borné" : suivre son instinct lui suffit. ce serait trop accorder à l'homme que de lui supposer l'exercice de toutes ses facultés avant ou sans la société (note : pour lui. car elle serait inutile). Du contrat social (1762). il va y entrer librement. on ne peut rien y faire. mais la nature du contrat sera différente de celle de Hobbes. donc. L'idéal ne serait-il pas que ceux qui instituent l'Etat soient eux-même détenteurs du pouvoir politique? B) Rousseau. 8) que comme des "animaux stupides et bornés" : a) stupides : pas encore exercice de la raison (Il a bien une raison innée. alors. et qu'il reproche à Hobbes de n'avoir pas résolu.-idée d'un mode d'existence complètement différent (d'organisation) : nouveau mode d'être que celui du vivre en commun : pas naturel du tout. Métamorphose. Conclusion : au bout du compte. plus aucun moyen de contrôle = au bout du compte. à moins que le souverain ne m'y autorise). ce sont l'instinct de conservation et la pitié. Pour lui. rivaux. Etat non légitime. mais elle nous domine (monstre. apte à vivre en société. il est heureux. Paradis terrestre! . etc. mais à l'état déjà civil). mais artificiel. 1) L'état de nature. il n'a pas besoin de plus. la République. Problème : c'est notre création. ou. c'est l'homme tel qu'il pouvait être en sortant des "mains de son auteur". selon R. mais ensuite. tout en partant des mêmes prémisses. elle ne s'exerce pas. ce n'est pas le peuple mais celui par qui le peuple existe : le roi ou l'assemblée Problèmes. Etat qui repose sur exercice raison d'Etat = c'est le souverain qui seul peut décider de ce qui est nécessaire pour le salut du peuple. En effet. dieu mortel).. Ce que veut Hobbes en insistant sur l'unité : si le souverain n'est pas un. etc. dictature. mutation totale. -le je disparaît dans le Je de l'arbitre (je ne peux plus parler. I. Toute la problématique de Rousseau est à lire en fonction du reproche fondamental qu'il fait à Hobbes dans Du Contrat Social. Pour R. Introduction. Borné = suffisant et limité : peu de besoins. Veut donc justifier le pouvoir absolutiste. ici : un peuple. Hobbes prend l'homme. l'amour de soi et l'amour des autres. I. de plus. et la sécurité n'est plus assurée. Etat de nature = multitude d'individus épars. on ne peut supposer ces hommes (cf. pouvoir pris par la force pour briser pouvoir en place. -si la loi est juste parce que le souverain le dit alors pas de droit de rébellion. le peuple se disperse. les seuls sentiments qu'on peut attribuer à ces hommes.. peu de besoins à satisfaire. au bout du compte. ce que veut faire Rousseau. Etat qui régente tous les domaines de la vie. et Etat absolutiste. c'est trouver le fondement légitime d'une autorité politique telle qu'elle rende les individus aussi libres dans l'état social que dans l'état de nature. le pouvoir politique m'échappe. l'homme à l'état de nature. une entité politique gouvernée et unifiée par un puvoir unique qui en fait l'unité. et prêts à se détruire. changement de nature. 4 : c'est une liberté d'esclave que nous propose Hobbes : ne vit-on pas en sécurité aussi dans les cachots? Voyons comment il résoud le problème que Hobbes n'a pas résolu. mais elle n'existe qu'en puissance : tant qu'on n'en a pas besoin. revient à l'état de nature. donc le fondement de l'Etat sera aussi la volonté. CS. Il part des mêmes présupposés que Hobbes -l'homme n'est pas naturellement sociable. ie. C'est le problème que cherche à résoudre Rousseau. (pas de débat public) -liberté = il ne me reste pas grand chose (seulement "dans le silence de la loi") -obéissance = définitive Exercice : demander aux élèves de distinguer totalitarisme.

ils n‘ont plus d’autre moyen. et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et reste aussi libre qu’auparavant. il dépend des autres. mais la force et la liberté de chaque homme étant les premiers instruments de sa conservation. mais seulement unir et diriger celles qui existent. véritable). et malheureux. faux. peut s’énoncer en ces termes " Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé. Ce n'est d'abord pas volontaire. moins libre. qui vont être obligées de s'exercer à cause des circonstances extérieures qui vont les rendre nécessaires. Cette somme de forces ne peut naître que du concours de plusieurs . La socialisation est quelque chose d'ambigü : -sans elle. Alors cet état primitif ne peut plus subsister . innocent. L'histoire naturelle va provoquer le changement des facultés de l'homme. Or. elle le corrompt au lieu de le rendre heureux et libre. des idées morales. dans lequel on obéit à une autorité commune? Pourquoi en est-on sorti? Et quel peut en être le gain? (le 2e état de nature. Comment a-t-on pu passer de cet état naturel d'indépendance à l'état civil. plus soucieux. C'est ici qu'on a l'état de guerre de tous contre tous. Or. des sentiment (aimer les autres = devenir faible). Pas légitime. comment les engagera-til sans se nuire et sans négliger les soins qu’il se doit ? Cette difficulté. en contradiction avec nous-mêmes. D'où : multiplication besoins. pour se conserver. que de former par agrégation une somme de forces qui puisse l’emporter sur la résistance. La société est cause de conflits. il veut lui plaire et dominer les autres. fait qu'ils sont nés au contact des rapprochements nécessités par les changements de la surface de la terre).Rousseau " Je suppose les hommes parvenus à ce point où les obstacles qui nuisent à leur conservation’ dans l’état de nature l’emportent. et le genre humain périrait s’il ne changeait sa manière d’être’. l'homme est un animal : c'est elle qui l'a fait devenir homme -mais. 3) Le contrat social (I. il était heureux. ramenée à mon sujet. Il faut donc se donner les moyens de trouver comment rendre légitime et bénéfique à l'homme une telle organisation sociale. de les mettre en jeu par un seul mobile et de les faire agir de concert’. " . Il ne va plus pouvoir les satisfaire sans l'aide des autres (cf. il est devenu malheureux et méchant. versus moi profond. Bref : nous sommes devenus des êtres doubles. comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces. Il devient aussi plus sournois : il apprend à agir sous les yeux d'autrui. Amenés à se rencontrer de plus en plus souvent : acquièrent la parole. Le faux contrat : on légalise l'état de fait par peur de révolte des faibles (possession = propriété (enclos des champs) = division des tâches = enrichissement = asservissement). ce besoin d'autrui va le rendre plus faible. la mémoire. ie. par leur résistance. b) Le premier contrat : la formation de la société et du droit. sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet état. individuel.2) Le passage à l'état civil. qui est en même temps première société) a) la longue sortie de l'état de nature. Avant. Nous en sommes sortis lentement et au cours d'une longue histoire chaotique. par une longue succession de rencontres et de hasards. C'est alors la domination du paraître sur l'être (moi social. Nous ne nous suffisons plus à nous-mêmes. 6).

donc de telle sorte que chacun soit aussi libre qu'avant? (Rousseau s'interroge ici. chacun étant en quelque point son propre juge prétendrait bientôt l’être en tous. et s’appellent en particulier citoyens comme participants à l’autorité souveraine. une usurpation). l’union est aussi parfaite qu’elle peut l’être et nul associé n’a plus rien à réclamer car s’il restait quelques droits aux particuliers. le pacte social étant violé. devenu état de guerre. Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne. premièrement. il suffit de les savoir distinguer quand ils sont employés dans toute leur précision. et même. A l’instant. la condition est égale pour tous. sans que cela ne se solde par la perte de la liberté personnelle des individus? Comment créér une autorité souveraine qui garantisse la conservation des personnes et des biens sans qu'elle porte atteinte aux libertés. Car. en perdant la liberté conventionnelle pour laquelle il y renonça.Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution. cet acte d’association produit un corps moral et collectif composé d’autant de membres que l’assemblée a de voix. . chacun rentre alors dans ses premiers droits et prenne sa liberté naturelle. partout tacitement admises et reconnues . et plus de force pour conserver ce qu’on a. et comme il n’y a pas un associé sur lequel on n’acquière le même droit qu’on lui cède sur soi. et la condition étant égale pour tous. et sujets comme soumis aux lois de l’Etat. Les clauses de ce contrat sont tellement déterminées par la nature de l’acte que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet . il veut rendre légitime ce qui dans le Discours n'est qu'un faux contrat. Si donc on écarte du pacte social ce qui n’est pas de son essence on trouvera qu’il se réduit aux termes suivants : Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale . Mais ces termes se confondent souvent et se prennent l’un pour l’autre. Il faut donc trouver un état civil tel qu'il puisse rendre la vie de l'homme non seulement aussi bonne qu'elle pouvait l'être. au lieu de la personne particulière de chaque contractant. chacun se donnant tout entier. lequel reçoit de ce même acte son unité." §1 Question : pourquoi ne pas revenir à l'état de nature? Parce que le retour en arrière est impossible ("la nature humaine ne rétrograde pas"). elles sont partout les mêmes. De plus. on gagne l’équivalent de tout ce qu’on perd. Cette personne publique qui se forme ainsi par l’union de toutes les autres prenait autrefois le nom de Cité. non sur la façon dont le droit s'est formé mais sur la façon il aurait dû se former. et prend maintenant celui de République ou de corps politique. Souverain quand il est actif. l’aliénation se faisant sans réserve. Problème : comment sortir de l'état de nature. savoir l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté. nul n’a intérêt de la rendre onéreuse aux autres. sa vie et sa volonté. Ces clauses bien entendues se réduisent toutes à une seule. jusqu’à ce que. lequel est appelé par ses membres Etatquand il est passif. A l’égard des associés ils prennent collectivement le nom de peuple. son moicommun. comme il n’y aurait aucun supérieur commun qui pût prononcer entre eux et le public. Puissance en le comparant à ses semblables. en sorte que. la constitution de l'homme également. La nature a changé. bien qu’elles n’aient peut-être jamais été formellement énoncées. l’état de nature subsisterait Et l’association deviendrait nécessairement tyrannique ou vaine. et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. meilleure qu'elle ne l'était.

souverain) (personne ne garde ses droits naturels). je ne perds rien car : a) tous font la même chose (égalité).aussi fait que je ne contracte en fin de compte qu'avec moimême : ie. je contracte avec moi comme membre du souverain . est esclave de son chef). moi. Je reste libre. n'y a pas Membre de la communauté (=ensemble il d'exception des individus. si bien que personne n'a de droits sur moi et moi-même je n'ai de droits sur personne en particulier. Cf. I. Etat de nature (1) Passage : contrat social : abandon total et réciproque des droits et libertés individuels (l.22-3) Etat civil (2) Lien autorité Etat et liberté individuelle "homme de la nature": indépendant et solitaire Individu "homme de l'homme" : dépendant des autres Homme Ce n'est pas une aliénation mais un échange avantageux (l. on ne se donne à personne. où Rouuseau a critiqué le pacte d'association de Hobbes. et surtout sa liberté naturelle. en se donnant à tous.Difficulté : pourquoi Rousseau dit-il que ce contrat consiste à aliéner tous ses droits. b) de plus. comme homme ou individu. et la liberté naturelle? (cf. Tous et chacun pris à part nous sommes donc grâce au contrat social mutuel.24-33).Contrat social. 4. en disant que le peuple qui abandonne ses droits. à l'abri de toute soumission et de toute dépendance particulière.

Etre libre. personne morale. Nous voyons enfin où est notre bien véritable. ce n'est pas suivre son intérêt particulier car il ne correspond qu'aux préférences immédiates. non une obligation ou un devoir proprement dit) Volonté générale Attribut de la comVolontés particulières Préférences personnelles impulsions. une loi "hétéronome". Loi civile (de raison) Liberté civile et morale -Dépendance de la seule volonté générale Comme citoyen. les lois sont l'expression de cet intérêt. Toujours volonté du peuple assemblé Objet : le bien de tous et l'intérêt commun. Les lois ne sont rien d'autre que ma liberté véritable (qui est rationnelle : "l'impulsion du seul appétit est esclavage"). Loi naturelle . qui ne sont pas toujours notre véritable interêt (cf.I. je ne peux que vouloir comme sujet ce que je veux comme citoyen. fumer). qui vient non de nous mais d'une volonté extérieure. appétits égoïstes par définition (je ne veux que ce qui me plaît à moi comme individu particulier) munauté. et je ne peux donc que vouloir faire ce que les lois ordonnent. 8 : "l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté". est une contrainte. je veux l'intérêt général. donc.Sujet Citoyen A des devoirs a des droits Obéissance fait la loi (passive) (actif) Obéissance libre : je suis libre tout en obéissant à la loi car j'obéis à une décision dont je suis l'auteur (liberté=autonomie =cf.

cf. il ne va vouloir que des lois qui comportent un bien quelconque. etc). II. Mais cela ne veut rien dire d'autre que je cette liberté ne sera limitée par personne. . de mon sexe. puisque être libre. grâce à réflexion. nous allons nous affranchir de toutes ces contingences.Liberté naturelle (=licence) : droit illimité à tout ce qui vous tente et que vous pouvez atteindre ("possession" naturelle). par ses lois. c'est vouloir ce que veut la volonté générale. au moment de se pronconcer. la sympathie.propriété. égalité (Cf I. le reste de la communauté le forcera à y obéir … ce qui revient à le "forcer à être libre" (IV. on serait mû par des intérêts . par le contrat social. et toujours se demander si c'est bénéfique à tous. il y aurait de l'arbitraire dans la loi (on déciderait sur des cas. en faisant abstraction de ma condition sociale. Si un individu s'oppose à la loi. 6 : la loi. Rousseau. de la partie de mes droits et biens qu'il me reversera. la pitié. En effet. si chacun statue sur tous. recul Conséquence : on ne peut s'opposer à la volonté générale sans perdre sa liberté et donc sa qualité d'homme. au peuple souverain qui décidera. sur tous.9) . qui n'est que l'expression de la volonté générale. et dans son origine = généralité du peuple). Elle ne lèse personne car elle ne s'applique à personne en particulier mais à tous. 2)! Donc : pas de droit du citoyen à l'opposition. moi y compris. impersonnelle. borné par les forces de l'individu (qui sont inégales) . Mais cela ne peut être un problème que si les lois sont l'expression de la domination d'une majorité sur une minorité (ce qu'elles ne sont pas censées être selon Rousseau) Je me suis donc donné. ie. Alors que si toute la procédure reste abstraite. Origine : tous. Avantage : nous sommes sûrs que la loi est juste. Ie : ma liberté est limitée par la loi. donc. Elle exclut donc le privilège et implique la stricte égalité devant elle. je suis compris dans ce "tous". universelle (à la fois dans son contenu = objet général. car on ne peut pas s'opposer à ce qu'on veut/à soimême. nous garantit que nous ne dépendront de personne. sans exception : En effet. On doit ignorer. est abstraite. Par exemple : ce n'est pas un individu avec tels intérêts particuliers (le bourgeois) ou telle classe avec tels intérêts (les commerçants) généraux par rapport à l'individu mais particuliers par rapport à tous qui va décider d'une loi portant sur les impôts que doivent payer les commerçants ou les bourgeois ayant tel revenu! Ici. Donc : personne ne va avoir intérêt à imposer aux autres des charges qu'il ne serait pas prêt à supporter pour luimême. si concrètement on ressentira les inconvénients ou avantages de la loi. Elle libère parce qu'étant impersonnelle. sans exception. en s'en exceptant ou s'en s'y mettant au contraire l'unique bénéficiaire. certaines personnes sur certaines personnes seulement. la haine. etc. Contrat social.maîtrise des instincts primitifs.

il amalgame les liens privés des hommes entre eux avec les rapports qu'ils entretiennent avec les choses. mais. Ce ne sont plus des lois mais des décrets. La société dénature donc l'homme en même temps qu'elle l'humanise (donc. comme le nom d'un homme. en étant tenu par les lois. chez Rousseau. b) la relation de maîtrise de 2) n'est pas l'équivalent de la relation politique. Exemples : (1') en vertu de (1) il faut condamner Paul (2') en vertu de (2) telle partie de la population versera telle somme Note 2 : nous sommes garantis aussi de n'avoir que des devoirs qui correspondent à des droits (exemple : l'obligation scolaire correspond au droit de participer à la culture) CONCLUSION : la constitution de l'homme est certes altérée mais également renforcée. Mais il ne les exécute pas. qui est donc au service de nos intérêts et de notre liberté. Le dominium est l'asservissement. la balance ou épée de justice). La puissance n'est pas une propriété. il faut bien que ces lois s'appliquent et s'interprètent. d'un corps humain comme sa chose. d'une date. . éduqués. a) contrairement au pouvoir 1). ne peuvent être reçues comme loi!) ANNEXE : BODIN. d'un lieu. Seul il décide du sort des individus. (p.La loi est de la forme : "tous les x doivent faire y" (on fait abstraction des circonstances particulières. La législation l'emporte sur l'armée. penchants/raison. Ie. Mais surtout. gère les situations concrètes. il exerce le pouvoir comme on use du droit de propriété. Souvent. impulisons physiques/moralité et droit). ça marche parce que les citoyens sont raisonnables. d'animaux stupides et bornés. nous sommes devenus des êtres humains (cf.. car ce serait faire quelque chose de particulier. D'êtres sensibles nous sommes devenus des êtres moraux et raisonnables. Mais là où ces conditions ne sont pas réunies. LES SIX LIVRES DE LA RÉPUBLIQUE (1576). etc) Exemple : (1)"il y aura telle peine pour tel genre de délit" (2)"telle autorité fixera les impôts selon telle règle" Note : Mais dans la vie courante. il n'est donc pas fondé sur la force. c'est la "puissance en propriété" : les relations publiques sont confondues avec les rapports individuels. Celui qui les exécute (pouvoir exécutif).77). un Etat juste? Certes. la politique intérieure sur l'extérieure. Sa première caractéristique est l'épée. On ne doit pas traiter les sujets comme des esclaves ni tenir les hommes pour des choses car les hommes sont à l'image de Dieu et donc libres. romains. Définition Etat : "République est un droit de gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun avec puissance souveraine". le glaive militaire. le brigandage et le coup de force.. Digeste. le prince. 3) La souveraineté : pouvoir légitime. et en petit nombre. Pourquoi descendons-nous parfois dans la rue pour déclarer que les lois sont injustes? (donc. L'Etat remplace le lien civil établi sur la guerre et les conquêtes. l'appropriation par le maître. peut-il y avoir volonté générale? Peut-on être sûr que les lois sont toujours l'expression de la volonté générale? -cf. La souveraineté n'est ni impériale ni seigneuriale. Sa caractéristique première n'est pas militaire mais civile (avant l'épée. Il traite les personnes comme des biens. c'est le gouvernement. fait que pas de démocratie directe possible. Problème : un Etat dans lequel le citoyen ne peut s'opposer aux lois est-il encore un Etat digne de ce nom. 1) L'empire : cf. Qui va le faire? Réponse : le peuple souverain ne fait que faire les lois (pouvoir législatif). La fonction de l'imperator est donc militaire. la seigneurie est acquise par la guerre. 2) La seigneurie : (dominium) forme dominiale du pouvoir. pour mieux l'humaniser).

Il est un lien civil fondé sur la loi. . ni au prince.La puissance est une "fonction publique" : elle n'appartient ni aux seigneurs. Elle EST l'Etat. Le prince n'a pas la propriété du pouvoir parce que le pouvoir est un bien commun et par conséquent n'est pas une propriété privée. ni à l'Etat. Ainsi : .le droit public n'est pas une émanation du droit privé .le rapport politique ne dérive pas d'un rapport de propriété.