Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 S000 S000 S000 S000 S000 S000 S000 S000 S000

S000 S000 S000 S000 S000 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S001 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S002 S003 S003 S003 S003 S003 S003 S003 S003 S003 S003 S003 S003 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte Divin troupeau,qui sur les rives molles Du fleuve Eurote, ou sur le mont natal, Ou sur le bord du chevalin crystal, Assis, tenez vos plus sainctes escolles: Si quelque foys aux saultz de vos carolles M'avez receu par ung astre fatal, Plus dur qu'en fer, qu'en cuyvre ou qu'en metal, Dans vostre temple engravez ces paroles: RONSARD, AFFIN QUE LE SIECLE A VENIR, DE PERE EN FILZ SE PUISSE SOUVENIR, D'UNE BEAUTÉ QUI SAGEMENT AFFOLE, DE LA MAIN DEXTRE APPEND A NOSTRE AUTEL, L'HUMBLE DISCOURS DE SON LIVRE IMMORTEL, SON CUOEUR DE L'AUTRE, AUX PIEDZ DE CESTE IDOLE. Qui voudra voyr comme un Dieu me surmonte, Comme il m'assault, comme il se fait vainqueur, Comme il r'enflamme, & r'englace mon cuoeur, Comme il reçoit un honneur de ma honte, Qui voudra voir une jeunesse prompte A suyvre en vain l'object de son malheur, Me vienne voir: il voirra ma douleur, Et la rigueur de l'Archer qui me donte. Il cognoistra combien la raison peult Contre son arc, quand une foys il veult Que nostre cuoeur son esclave demeure: Et si voirra que je suis trop heureux, D'avoir au flanc l'aiguillon amoureux, Plein du venin dont il fault que je meure. Nature ornant la dame qui devoyt De sa douceur forcer les plus rebelles, Luy fit present des beautez les plus belles, Que des mille ans en espargne elle avoyt. Tout ce qu'Amour avarement couvoyt, De beau, de chaste, & d'honneur soubz ses ailles, Emmiella les graces immortelles De son bel oeil qui les dieux emouvoyt. Du ciel à peine elle estoyt descendue, Quand je la vi, quand mon ame ésperdue En devint folle: & d'un si poignant trait, Le fier destin l'engrava dans mon ame, Que vif ne mort, jamais d'une aultre dame Empraint au cuoeur je n'auray le portraict. Dans le serain de sa jumelle flamme Je vis Amour, qui son arc desbandoit, Et sus mon cuoeur le brandon éspandoit, Qui des plus froids les moëlles enflamme. Puis çà puis là pres les yeulx de ma dame Entre cent fleurs un retz d'or me tendoit, Qui tout crespu blondement descendoit A flotz ondez pour enlasser mon ame. Qu'eussay-je faict? l'Archer estoit si doulx, Si doulx son feu, si doulx l'or de ses noudz, Qu'en leurs filetz encore je m'oublie: Mais cest oubli ne me tourmente point, rime a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E

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Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 S003 S003 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S004 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S005 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S006 S007 S007 S007 S007 S007 S007 S007 S007 S007 S007 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte Tant doulcement le doulx Archer me poingt, Le feu me brusle, & l'or crespe me lie. Je ne suis point, ma guerriere Cassandre, Ne Myrmidon, ne Dolope souldart, Ne cest Archer, dont l'homicide dart Occit ton frere, & mit ta ville en cendre. En ma faveur pour esclave te rendre Un camp armé d'Aulide ne depart, Et tu ne voys au pied de ton rempart Pour t'emmener mille barques descendre. Mais bien je suis ce Chorébe insensé, Qui pour t'amour ay le cuoeur offensé, Non de la main du Gregeois Penelée: Mais de cent traitz qu'un Archerot vainqueur, Par une voye en mes yeulx recelée, Sans y penser me ficha dans le cuoeur. Pareil j'egalle au soleil que j'adore L'autre soleil. Cestuy là de ses yeulx Enlustre, enflamme, enlumine les cieulx, Et cestuy ci toute la terre honore. L'art, la Nature, & les Astres encore, Les Elements, les Graces, & les Dieux Ont prodigué le parfaict de leur mieux, Dans son beau jour qui le nostre decore. Heureux, cent foys heureux, si le destin N'eust emmuré d'un fort diamantin, Si chaste cuoeur dessoubz si belle face: Et plus heureux si je n'eusse arraché Mon cuoeur de moy, pour l'avoyr attaché De cloudz de feu sur le froid de sa glace. Ces liens d'or, ceste bouche vermeille, Pleine de lis, de roses, & d'oeuilletz, Et ces couraulx chastement vermeilletz, Et ceste joue à l'Aurore pareille: Ces mains, ce col, ce front, & ceste oreille. Et de ce sein les boutons verdeletz, Et de ces yeulx les astres jumeletz, Qui font trembler les ames de merveille: Feirent nicher Amour dedans mon sein, Qui gros de germe avoit le ventre plein, D'oeufz non formez & de glaires nouvelles. Et luy couvant ( qui de mon cuoeur jouit Neuf mois entiers ) en un jour m'eclouit Mille amoureaux chargez de traits & d'aisles. Bien qu'à grand tort il te plaist d'allumer Dedans mon cuoeur, siege à ta seigneurie, Non d'une amour, ainçois d'une furie Le feu cruel pour mes os consumer, L'aspre torment ne m'est point si amer, Qu'il ne me plaise, & si n'ay pas envie De me douloir :car je n'ayme ma vie Si non d'autant qu'il te plaist de l'aimer. Mais si les cieulx m'ont fait naistre, Ma dame, Pour estre tien, ne genne plus mon ame, 2 rime E d a B B a a B B a C C d E d E a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c

Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 S007 S007 S007 S007 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S008 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S009 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S010 S011 S011 S011 S011 S011 S011 S011 S011 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Mais pren en gré ma ferme loyaulté. Vault il pas mieulx en tirer du service, Que par l'horreur d'un cruel sacrifice, L'occire aux piedz de ta fiere beauté? Lors que mon oeil pour t'oeillader s'amuse, Le tien habile à ses traits decocher, Estrangement m'empierre en un rocher, Comme au regard d'une horrible Meduse. Moy donc rocher, si dextrement je n'use L'outil des Seurs pour ta gloire esbaucher, Qu'un seul Tuscan est digne de toucher, Non le changé, mais le changeur accuse. Las, qu'ay je dit? Dans un roc emmuré, En te blamant je ne suis asseuré, Tant j'ay grand peur des flammes de ton ire, Et que mon chef par le feu de tes yeux Soit diffamé, comme les monts d'Epire Sont diffamez par les flammes des cieulx. Le plus toffu d'un solitaire boys, Le plus aigu d'une roche sauvage, Le plus desert d'un separé rivage, Et la frayeur des antres les plus coys: Soulagent tant les soupirs de ma voix, Qu'au seul escart de leur secret ombrage, Je sens garir une amoureuse rage, Qui me raffolle au plus verd de mes moys. Là, renversé dessus leur face dure, Hors de mon sein je tire une peinture, De touts mes maulx le seul allegement, Dont les beaultez par Denisot encloses, Me font sentir mille metamorphoses Tout en un coup, d'un regard seulement. Je pais mon cuoeur d'une telle ambrosie, Que je ne suis à bon droit envieux De ceste là qui le pere des dieux Chez l'Ocean friande resasie. Celle qui tient ma liberté saisie, Voire mon cuoeur dans le jour de ses yeux. Nourrist ma faim d'un fruict si precieux, Qu'autre appareil ne paist ma fantaisie. De l'avaller je ne me puis lasser, Tant le plaisir d'un variant penser Mon appetit nuict & jour faict renaistre. Et si le fiel n'amoderoit un peu Le doux du miel duquel je suis repeu, Entre les dieux, dieu je ne voudroys estre. Amour, amour,donne moy paix ou trefve, Ou bien retire, & d'un garrot plus fort Tranche ma vie, & m'avance la mort, Me bienheurant d'une langueur plus bréve. Soit que le jour ou se couche, ou se leve, Je sens tousjours un penser qui me mord, Et contumax au cours de son effort, De pis en pis mes angoisses r'engreve. 3 rime D e e D a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a

Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 S011 S011 S011 S011 S011 S011 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S012 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S013 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S014 S015 S015 S015 S015 S015 S015 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte Que doibs je faire? Amour me faict errer, Si haultement que je n'ose esperer De mon salut que la desesperance. Puis qu'Amour donc ne me veult secourir, Pour me deffendre il me plaist de mourir, Et par la mort trouver ma delivrance. J'espere & crains, je me tais & supplie, Or je suis glace, & ores un feu chault, J'admire tout, & de rien ne me chault, Je me delace, & puis je me relie. Rien ne me plaist si non ce qui m'ennuye, Je suis vaillant, & le cuoeur me default, J'ay l'espoir bas, j'ay le courage hault, Je doubte Amour, & si je le deffie. Plus je me picque, & plus je suis restif, J'ayme estre libre, & veulx estre captif, Cent foys je meur, cent foys je prens naissance. Un Promethée en passions je suis, Et pour aymer perdant toute puissance, Ne pouvant rien je fay ce que je puis. Pour estre en vain tes beaulx soleilz aymant, Non pour ravir leur divine estincelle, Contre le roc de ta rigueur cruelle Amour m'atache à mille cloux d'aymant. En lieu d'un Aigle, un soing horriblement Claquant du bec, & siflant de son aille, Ronge goulu ma poictrine immortelle, Par un desir qui naist journellement. Mais de cent maulx, & de cent que j'endure, Fiché, cloué, dessus ta rigueur dure, Le plus cruel me seroit le plus doulx, Si j'esperoys, apres un long espace, Venir vers moy l'Hercule de ta grace, Pour delacer le moindre de mes nouds. Je vy tes yeulx desoubz telle planette, Qu'autre plaisir ne me peult contenter, Si non le jour, si non la nuict, chanter, Allege moy doulce plaisant' brunette. O liberté combien je te regrette! Combien le jour que je vy t'absenter, Pour me laisser sans espoir tourmenter En ceste genne, où si mal on me traicte! L'an est passé, le vingtuniesme jour Du mois d'Avril, que je vins au sejour De la prison, où les amours me pleurent: Et si ne voy (tant les liens sont fors) Un seul moyen pour me tirer dehors, Si par la mort toutes mes mors ne meurent. Hé qu'à bon droit les Charites d'Homere Un faict soudain comparent au penser, Qui parmy l'air scauroit bien devancer Le Chevalier qui tua la Chimaire. Si tost que luy une nef passagere De mer en mer ne pourroit s'élancer, 4 rime C C d E E d a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B

Le feu. Un cuoeur ja meur dans un sein verdelet. Une main forte à piller les ennuiz. qui flammez & gennez. Je veulx darder par l'univers ma peine. Avecque un chant offensé doulcement Ore d'un ris. Mes piedz en tronc. En dame humaine une beaulté divine: Un oeil puissant de faire jours les nuictz. Avant le temps tes temples fleuriront. pour jamais n'aprocher De sa beaulté si fierement humaine. & le ret à toute heure. Qui tient ma vie en ses doitz enfermée. Je veulx muer mes deux yeulx en fontaine. ma teste en un rocher. Un col de neige.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 S015 S015 S015 S015 S015 S015 S015 S015 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S016 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S017 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S018 S019 S019 S019 S019 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte Ny par les champs ne le sçauroit lasser Du faux & vray la prompte messagere. Plus tost qu'un trait ne volle au descocher: Je veulx de miel mes oreilles boucher Pour n'ouir plus la voix de ma Sereine. & par la mer encore. lié. Mon cuoeur en feu. nouant mon amitié. Qui par le monde evanteront ma pleinte. une gorge de laict. pressant. fait aillé belliqueur. Qui m'ont si fort. Qui de mon nom & de mon mal soit peinte. 5 rime B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A . Un or frisé de meint crespe annelet. L'oeil. or d'un gemissement: De telz sorciers ma raison fut charmée. Hé que ne suis je Ovide bien disant! Oeil tu seroys un bel Astre luisant. Un chaste feu qui les cuoeurs illumine. Le vent Borée ignorant le repos. & la main. Occise aux piedz de ma fiere moitié Font par sa mort ma vie estre meilleure. Je veulx changer mes pensers en oyseaux. s'envolle apres mon cueur. & le crin delié. Avant ton soir se clorra ta journée. Qu'ars. De peu de jours ta fin sera bornée. qui viste & qui dispos. Et r'enlassez mon cuoeur que vous tenez Au labyrint de vostre crespe voye. crin un beau ret de soye. Ardant. Trahis d'espoir tes pensers periront. Qu'une Harpye humainement devore. la serre. par eulx fault que je meure. serré. lassé. Oeil. Un front de rose. Et dans le ciel. Un ris qui l'ame aux astres achemine: Une vertu de telles beaultez digne. Mes doux souspirs en zephyres nouveaux. Comme un Zethés. Conceut le mien. Et veulx encor de ma palle couleur. main & crin. un teint damoiselet. Main un beau lis. bruslé. Et sur les champs. Par un destin dedans mon cuoeur demeure. prins. Dessus le Loyr enfanter une fleur.

A deux beaulx yeulx montrer à nud son cuoeur. Qu'Amour mon cuoeur. Tu bastiras sur l'incertain du sable. (si le blanc ne contraint Sa course vague. Lors qu'en ses yeulx le somme va glissant. Sont de ma mort les plus certains augures. ce marbre qui souspire. En ton desastre ira ma destinée. Pour le parfaict d'une perfection. & elle une fontaine Pour m'y plonger une nuict à sejour: Et vouldroy bien que ceste nuict encore Durast tousjours sans que jamais l'Aurore D'un front nouveau nous r'allumast le jour. Mon Dieu que j'ayme! est il possible au monde De voyr un cuoeur si plein d'affection. une aimantine foy. Qui m'est dans l'ame en playe si profonde? Le cheval noir qui ma Royne conduit Par le sentier où ma Chair la seduit.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303 304 305 306 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320 321 322 323 324 S019 S019 S019 S019 S019 S019 S019 S019 S019 S019 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S020 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S021 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S022 S023 S023 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 texte Sans me fleschir tes escriptz flétriront. Lui qui congnoist ma seulle intention. A tant erré d'une vaine traverse. Mourir d'ennuy. Quand elle va par l'herbe la plus tendre Seule à l'escart mille fleurs ravissant. De tes souspirs tes nepveux se riront. Je vouldroy bien en toreau blandissant Me transformer pour finement la prendre. Ta mort sera pour m'amour terminée. receler sa langueur. Que j'ay grand peur. Ce beau coral. Plus souspirer. Du vueil d'aultruy des loix faire à soy mesme: Un court despit. Je vouldroy bien richement jaunissant En pluye d'or goute à goute descendre Dans le beau sein de ma belle Cassandre. Peindre en ses yeulx mille vaines figures: Vouloir parler & n'oser respirer. moins fleschir la rigueur. Lors que le ciel pour séeller sa parolle D'un dextre ésclair fut presage à mes yeulx. Je vouldroy bien afin d'aiser ma peine Estre un Narcisse. qu'Amour mon ame sonde. Tu seras faict d'un vulgaire la fable. Esperer tout & se desesperer. 6 rime A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B . Et vainement tu peindras dans les cieulx: Ainsi disoit la Nymphe qui m'afolle. Et cest ébénne ornement d'un sourci. Cent et cent foys penser un penser mesme. par mes veines abonde. & ses pas ne refraint Dessoubz le joug) que ma raison ne verse. Aymer trop mieulx son ennemi que soy. S'aviander d'une amertume estresme: Avoyr la face amoureusement blesme. Il trouvera que toute passion Veuve d'espoir. Se desoyfver d'une amere liqueur.

les sceut si bien attaindre. Qu'un autre object ne se presente à moy. où l'or mesme se mire. & ce porphyre. & ces roses aussi. ainsi je meurs en doubte. ce jaspe. Si non le beau de leur beau que j'adore. Pour la damner en prison asservie. Et quant la mort m'aura la vie ostée. Las. Et le plaisir qui ne se peult passer De les songer. De voz doulx feux ma raison fut ravie. Ny aultre idole en mon cuoeur je n'adore. Ces deux yeulx bruns. L'un me r'appelle. Et ces zaphirs. rime B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D 7 . Et ce fin or. Si qu'esblouy de vostre grand' beaulté. mais j'ay peur qu'ilz tiennent de la race De ton ayeul le roy Laomedon. & repenser encore. Ces diaments. Ainsi je vis. Et du grand Tout l'ame en tout vagabonde Animera les abysmes ouverts: Plus tost les cieulx des mers seront couverts. Ont esclavé ma jeune liberté. Qu'autre oeil jamais n'en sera la vainqueur. Encor là bas je veulx aymer l'idée De ces beaulx yeulx que j'ay fichez au cuoeur. Songer. Car cest oeil brun qui vint premier esteindre Le jour des miens. Tes yeulx divins me promettent le don Qui d'un espoir me r'enflamme & r'englace.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 325 326 327 328 329 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340 341 342 343 344 345 346 347 348 349 350 351 352 353 354 355 356 357 358 359 360 361 362 363 364 365 366 367 368 369 370 371 372 373 374 375 376 377 378 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S023 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S024 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S025 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 S026 vers 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 texte Et cest albastre en vouste racourci. Au flamboyer de leur double brandon De peu à peu l'esperance m'embrasse. Opiniastre à garder loyauté Aultres yeulx voyr depuis je n'euz envie. plus tost la terre & l'onde. D'autre esperon mon Tyran ne me poingt. & repenser. deux flambeaulx de ma vie. Tant seulement ta bouche m'espouvante. Ou que j'adore une femme aux yeulx verds. si non De voz beaultez que ma plume colore. Ma main ne sçait cultiver aultre nom. Aultres pensers en moy ne couvent point. Me sont au cuoeur en si profond esmoy. Ja prevoyant par le ris de leur grace Que mon service aura quelque guerdon. Plus tost sans forme ira confus le monde: Que je soys serf d'une maistresse blonde. Et ces oeilletz. Bouche vrayment qui prophéte me chante Tout le rebours de tes yeulx amoureux. D'un seul object heureux & malheureux. ces rubis qu'un zephyre Tient animez d'un souspir adouci. Et mon papier n'est esmaillé. Plus tost le bal de tant d'astres divers Sera lassé. Dessus les miens fouldroyans leur clarté. & l'autre me reboute. penser. penser.

Que. Si le plaisir fonde en moy son sejour. Injuste amour. Plus fort qu'un cep. ou d'un Tigre affamé. cela vient de ta grace. Et voulant dire en vain je suis béant. Ou comme au vent s'esvanouit la nuë. Quand il te plaist par les sens esmouvoyr Nostre raison qui preside au courage? Je ne voy pré. Mais tout soubdain je suis espovanté. Le feu. Mais ce portraict qui nage dans mes yeulx. ny flotz dedans le Loyr. fleur. ny rivage. Dessoubz le Dieu qu'elle fuit pour neant. Ange divin. Et pour le vray je ne pren que le vuide. fuzil de toute rage. antre. ou d'un foudre enflammé. Et de ces flancz qui me font trespasser: rime A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E 8 . qu'Amour dans le cuoeur m'a planté. Las. Si j'ayme mieulx les ombres que le jour. il ne me semble voyr Ceste beauté qui me tient en servage. De quelle porte es tu coullé des cieulx Pour soulager les peines de mon ame? Toy. Et sus le blanc de cent papiers escrire Le nom. Avecque toy je volleroys aux cieulx. Fraude tousjours ma joye entrerompuë. Ainsi picqué de l'Amour qui me touche Si fort au cuoeur. Que vainement je me soye repeu De ce beau sein. peinte en eulx. ore dedans mes yeulx. Songe divin. Qui bégue perd la voix & la parolle. Or dans mes bras. Ores en forme. Le truchement & le herault des Dieux. dont l'appetit me ronge. la nef. roc. quand la nuict comme un fourneau m'enflamme. la voix fraude ma bouche. qui d'un amoureux tour La branche aymée impatient enlasse: Si le souci ne jaunist plus ma face. Si mille oeilletz. & le Tigre s'enfuit. Amour la nuict devant mes yeulx la guide: Mais quand mon bras en songe les poursuit. Car sa grandeur qui l'esprit me martyre Sans la chanter arriere me retire De cent fureurs pantoyment tourmenté. Comme l'esclair qui se finist en rien. si mille liz j'embrasse. Que peult un cuoeur soubmis à ton pouvoyr. Et tu me fuis au meillieu de mon bien. Ayant pitié de mon mal soulcieux. Ou d'une nef. qui mes playes embasme.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 379 380 381 382 383 384 385 386 387 388 389 390 391 392 393 394 395 396 397 398 399 400 401 402 403 404 405 406 407 408 409 410 411 412 413 414 415 416 417 418 419 420 421 422 423 424 425 426 427 428 429 430 431 432 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S027 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S028 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S029 S030 S030 S030 S030 S030 S030 S030 S030 S030 S030 S030 S030 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte Bien mille fois & mille j'ay tenté De fredonner sus les nerfz de ma lyre. Je suis semblable à la prestresse folle. Entortillant mes bras tout alentour. ny boys. Champ. où fuis tu? Atten encor un peu. Tu fais nouër l'idole de ma Dame.

Quand au premier la Dame que j'adore Vint embellir le sejour de noz cieulx. Et de ces yeulx qui me vont devorant Le cuoeur bruslé d'une flamme gentille. L'Aube ses doigtz & ses crins deliez. Et si voy bien. Mars luy donna sa fiere cruaulté. son oracle & ses beaulx vers encore. & vrayment pitoyable. Venus son ris. luy donnant son chant melodieux. & Pallas sa prudence. seuffre au moins que par songe Toute une nuict je les puisse embrasser. D'un abusé je ne seroy la fable. divins postes de Dieu. avous point veu Ceste beaulté qui tant me fait de guerre? Si l'un de vous la contemple çà bas. comme moy. Dictes Courriers (ainsi ne vous enserre Quelque sorcier dans un cerne de feu) Rasant noz champz. Dione sa beaulté. veu l'estat où je suis. Pour m'avertir tu me prediz souvent. Car ton destin. D'un faulx espoir tes oracles me cache. Chaste prophete. Libre par l'air il ne refuira pas. Ceres son abondance. Or. Cleion sa gloyre. Aillez Démons qui tenez de la terre. esclave le fera. Peithon sa voix. Mais parsus tout je me plain d'un penser. Si ma raison alloyt bien ensuyvant L'arrest fatal de ta voix veritable. Qui ses segretz nous apportez grand erre. Or. Or. Ou bien en pierre ell' le transformera D'un seul regard ainsi qu'une Meduse. Que tu dis vray: toutesfoys je ne puis D'autour du col me desnouer l'attache. Thetis donna ses piedz. Que je mourray. de ses raiz luy façonnant les yeulx. Heureusement mon plaisir martirant Au fond d'une eau qui de mes pleurs distille.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 433 434 435 436 437 438 439 440 441 442 443 444 445 446 447 448 449 450 451 452 453 454 455 456 457 458 459 460 461 462 463 464 465 466 467 468 469 470 471 472 473 474 475 476 477 478 479 480 481 482 483 484 485 486 S030 S030 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S031 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S032 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S033 S034 S034 S034 S034 S034 S034 S034 S034 S034 S034 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte Sinon d'effect. qui cele mon trespas. Cassandre. Fable future au peuple survivant. qu'en vain des flancz je vois tirant. Qui trop souvent dans mon cuoeur faict passer 9 rime d E a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C . Las. Amour son arc. Ombre du vray que je suis adorant. Le filz de Rhée appella tous les Dieux. Ou. dictes. Pour faire encor d'elle une aultre Pandore. Et du hault ciel justement le meillieu: Postes divins. je me plain de mille & mille & mille Souspirs. Tant doulcement sa doulce force abuse. Lors Apollin richement la decore. Et qui me force à ne te croyre pas. en te servant: Mais le malheur ne te rend point croyable. Puis je me plain d'un portraict inutile.

Doulx fut le traict. Phebus. Devant son chant marié gentement Avec mes vers animez de son poulce. Et l'eau se plaindre aux souspirs de ma peine. Non la beaulté qu'en l'ame tu sentoys Dans le plus doulx d'une playe esgrissante. 10 rime d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a . Les petitz corps. Soubz soy l'estrangle. & sa voix qui me poulse L'ame du corps. mais en voix qui tousjours de ma dame Par le grand Tout les honneurs sonnera. le soing. Puisse avenir. qu'il contraint un petit Durant le jour son segret appetit. & ces mains ivoyrines Froyssent ma vie. en quoy retournera Ce petit tout? En eau. Là de ton teint se pallissoyent les fleurs. & les pensers ouvers. que ces tresses orines. Pour me tuer me tira doulcement. Et l'eau croissant'du dégout de tes pleurs. Opiniatre au cours de sa rigueur. Mais s'il avient. Et fleurs. Il sort en queste. qu'amour veult que je sente. Et d'un regret qui me pallist si blanc. qu'Amour hors de sa trousse. les fleuréttes du Loyr. De mille dentz toute nuict il me ronge. tu lamentoys. Mais ce cruel qui suçe ma vigueur. Quand je fuz pris au doulx commencement D'une doulceur si doulcettement doulce. qu'une fois je me vange De ce penser qui devore mon cuoeur. L'ennuy. Doulx est son ris. le temps mesme se change. Quand amoureux. Bien est il vray. Pinçant en vain ta lyre blandissante. Parloit tes criz. & sans pitié le mange. culbutans de travers. & flots. en mes oz de moëlle. pour errer lentement. Ainsi que moy. & Lion affamé. Ces doigtz rosins.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 487 488 489 490 491 492 493 494 495 496 497 498 499 500 501 502 503 504 505 506 507 508 509 510 511 512 513 514 515 516 517 518 519 520 521 522 523 524 525 526 527 528 529 530 531 532 533 534 535 536 537 538 539 540 S034 S034 S034 S034 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S035 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S036 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S037 S038 S038 S038 S038 S038 S038 S038 S038 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Le souvenir d'une beaulté cruelle. comme un lion vainqueur. Chocquans le vain de mon amour profonde. Et dans mes flancz ses griffes il n'allonge: Mais quand la nuict tient le jour enfermé. Dedans mon cuoeur l'amoureux univers. En aultre lieu qu'en mon cuoeur ne se range. Que je n'ay plus en mes veines de sang. tu enchantoys. Ont façonné d'une attache féconde. Et qui tousjours. Parmi leur cheute en byaiz vagabonde Hurtez ensemble. air. loing du ciel tu chantoys Pres d'Ilion sus les rives de Xanthe. Pour la douleur. ou flamme? Non. terre. & daignent me douloyr. ont composé le monde. Pres de Vandosme. mal sain. S'entracrochans d'acrochementz divers. Avec le temps. dont elle roulloyt pleine: Pour mesme nom. Aux nerfz de force.

Quand au matin ma Deesse s'abille D'un riche or crespe ombrageant ses talons. Que sans l'ouir vrayment on ne scayt pas. ses gestes. Ny de ses yeulx l'une & l'autre chandelle: Rocz. Ores doubteux. Or l'une vainq. De çà de là se campent en mon cuoeur. Verray-je point avant mourir le temps. Soubz qui ma vie à l'ombrage demeure? Verray-je point qu'en ses bras enlassé. estoyent brouillez les cieulx. De ses couraux en vouste repliez Naist le doulx ris qui mes soulciz efface: Et çà & là par tout où elle passe. Qui or peignant les siens jaunement longz. Et moy mourir doulcement aupres d'elle. Or les ridant en mille crespillons Nageoyt abord dedans une coquille. sans forme. son front. Entre l'espoyr & le froyd de la peur.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 541 542 543 544 545 546 547 548 549 550 551 552 553 554 555 556 557 558 559 560 561 562 563 564 565 566 567 568 569 570 571 572 573 574 575 576 577 578 579 580 581 582 583 584 585 586 587 588 589 590 591 592 593 594 S038 S038 S038 S038 S038 S038 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S039 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S040 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S041 S042 S042 S042 S042 S042 S042 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte Telle doulceur de sa voix coulle à bas. ny la bouche si belle. De trop combatre honnestement lassé. Ainsi mon tout erroit seditieux Dans le giron de ma lourde matiere. Sans l'ouir. N'egallent point le pourpre de sa face: Ny l'or filé ses cheveux ne surpasse. qui ait si follastres cheveux. les oeilletz mesliez. Ore tressez & ore deliez. Pareilz en force & en perseverance. Avec les liz. Heureusement de moy mesme trompeur. ores l'autre est vainqueur. Au cuoeur captif je prometz delivrance. Comme en ses retz Amour nous encordelle. Amour mesme enchanter. ny ses pas. di-je. D'ambre & de musq sa bouche est toute pleine. De femme humaine encore ne sont pas Son ris. Ores l'effroy & ores l'esperance. avec l'onde premiere. 11 rime C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b . ny boys. eaux. qui couvoit la lumiere. Cent fois son oeil. ores plain d'asseurance. Doulcement rire. Avec la terre. Et que les retz de ses beaulx cheveux blondz En cent façons ennonde et entortille: Je l'accompare à l'escumiere fille. Que diray plus? J'ay veu dedans la plaine. Ny l'oeil si beau. Que je tondray la fleur de son printemps. ne celent point en eulx Nymphe. du Chaos otieux Ouvrist le sein. Un pré de fleurs s'esmaille soubz ses piedz. Sans art. & doulcement chanter. Lors que plus fort le ciel vouloyt tançer. qui des Dieux s'est faict maistre. Honnestement entre ses bras je meure? Avant qu'Amour. De Juppiter rasserener la dextre. Ja ja courbé pour sa fouldre eslancer.

Alors qu'Amour le perça de ses yeulx. Montrent leur flamme à ma Caréne lasse? Verray-je point tant de vents s'accorder. où pour astre sa Dame Le conduisoyt du Phare de ses yeulx. O doulx parler. O front. Verray-je plus le doulx jour qui m'apporte Ou trefve ou paix. Et de son branle il fit d'ordre mouvoyr Les pas suyviz du globe de mon ame. & sans figure entiere. mais tendre comme verre. Croysant en vain ses mains devers les Dieux.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 595 596 597 598 599 600 601 602 603 604 605 606 607 608 609 610 611 612 613 614 615 616 617 618 619 620 621 622 623 624 625 626 627 628 629 630 631 632 633 634 635 636 637 638 639 640 641 642 643 644 645 646 647 648 S042 S042 S042 S042 S042 S042 S042 S042 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S043 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S044 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S045 S046 S046 S046 S046 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte Sans art. de flambeau. sans forme. d'Amour le Trophée & la gloire. Et calmement mon navire aborder. Si ton oreille encore se recrée D'ouyr les plaints des amoureuses voix: Oy ton Ronsard. Je seray tien: et plus tost le Chaos Se troublera de sa noyse ancienne. de traitz & de carquoys: Si le doulx feu dont chaste tu ardoys Enflamme encor ta poitrine sacrée. dont l'appast doulcereux Nourrit encor la faim de ma memoire. & le pouvoyr. Pour edenter le souci. Il arondit de mes affections Les petitz corps en leurs perfections. Que par rigueur aultre amour que la tienne. Dame où le ciel logea mon amitié. ou la vie ou la mort. Soubz aultre joug me captive le doz. J'ay veu tomber mon esperance à terre. & sans voyle. Il anima mes pensers de sa flamme. dont les nombreuses loix. Tant que la mort me desnerve & desveine. En fraisle nef. Ont revestu l'enfant de Cytherée D'arc. Pour un flateur qui si laschement erre. Et mes desirs rompre par la moytié. En ma faveur encore par les eaulx. qui me mord Le cuoeur à nud d'une lime si forte? Verray-je plus que ma Naiade sorte Du fond de l'eau pour m'enseigner le port? Nourai-je plus ainsi qu'Ulysse abord Ayant au flanc son linge pour escorte? Verray-je plus que ces astres jumeaulx. qui sanglotte & lamente. Et loing du bord. 12 rime b A C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D A b b A . Et pour quoy tant me brasses tu de guerre. Palle. Non de rocher. Par une ardeur du peuple separée. O riz sucrez. o baisers savoureux. Il me donna la vie. Par ne scay quelle estrange inimitié. agité des flotz de la tourmente. & sans rame. Privant mon cuoeur de ta doulce pitié? Or s'il te plaist fay moy languir en peine. Comme il souloit au havre de sa grace? Divin Bellay.

Or pres d'une onde à l'escart recelée. Et seul. Lors ma raison. Et de misere & de tourment si plein? Quel destin fit. Et dont l'accent dans les ames demeure. D'un trait meurtrier empourpré de son sang: Ainsi j'alloy sans espoyr de dommage. Heureux vous rien. Pour l'assaillir à l'heure à l'heure part. qui luy ouvrent les portes. d'oeillets. Or sur un mont. 13 rime A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A c c D e e D a B . O feuz jemeaulx dont le ciel me fit boyre A si longs traitz le venin amoureux. Le jour qu'un oeil sur l'avril de mon age Tira d'un coup mille traitz dans mon flanc. Pour trop sentir. Sans mes pensers. & seur. loing de chiens & de bruit. & lors ce dieu cruel. quel astre me fit estre. que la nuict du Chaos Presse au giron de sa masse brutalle! Sans sentiment vostre rien est heureux: Que suis je.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 649 650 651 652 653 654 655 656 657 658 659 660 661 662 663 664 665 666 667 668 669 670 671 672 673 674 675 676 677 678 679 680 681 682 683 684 685 686 687 688 689 690 691 692 693 694 695 696 697 698 699 700 701 702 S046 S046 S046 S046 S046 S046 S046 S046 S046 S046 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S047 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S048 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S049 S050 S050 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 texte O cheveulx d'or. or dans une vallée. Des deux coustez de l'orizon alonge: Amour adonc qui sape. Par la traison que me brasse mon cuoeur Comme un Chevreuil. Pour mieulx brouster l'herbette emmielée Hors de son boys avec l'Aube s'en fuit. Libre follastre où son pied le conduit: De retz ne d'arc sa liberté n'a crainte. las! moy chetif amoureux. O diamantz. Armant son camp des ombres et du songe. Et que la nuict un bandeau sommeillard. o coustaulx plantureux De liz. Seulz per à per d'un choc continuel Vont redoublant mille escarmouches fortes: Si bien qu'Amour n'en seroit le vainqueur. reviendra jamais l'heure Qu'entre mes bras je vous puisse r'avoyr? Quel dieu malin. o liz pourprez de roses. Ny voyr flamber au point du jour les roses. Heureux ceulx là dont la terre a les oz. quand le primtemps destruit L'oyseux crystal de la morne gelée. qu'un Sisyphe ou Tantale? Quand le soleil à cher renversé plonge Son char doré dans le sein du viellard. & ronge De ma raison le chancelant rempart. O vermeillons. & d'ivoyre. O chant qui peulx les plus durs esmovoyr. de Porphyre. Et dea beaultez. Ny lis planté sus le bord d'un ruisseau. o perlettes encloses. Sinon alors que sa vie est attainte. que tousjours je me plain De la rigueur d'un trop rigoreux maistre? Quelle des Seurs à l'heure de mon estre Noircit le fil de mon sort inhumain? Et quel Démon d'une senestre main Berça mon corps quand le ciel me fit naistre. mine.

Ains donnez moy. Comme il guarit. Ny dedans l'or les gemmes bien encloses: Ny des zephyrs les gorgettes descloses. rime B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d 14 . Qui vouldra voyr dedans une jeunesse. à l'heure. & toute gentillesse: Qui vouldra voyr les yeulx d'une deesse. languist à chef baissé. Ny sur la mer le ronfler d'un vaisseau. Moy triste et lent: tel amas de douleurs En ma frachise imprima son oeillade. Ny bal de Nymphe au gazouilliz de l'eau. ny ramage d'oyseau. Je me consume au plus verd de mon age. QUE LA DOULEUR TUA DEDANS CE BOYS: POUR AYMER TROP LES BEAULX YEULX DE SA DAME. Mon cuoeur pensif. ne me desdaignez pas. mes yeulx chargez de pleurs. Et ja desja les dontent à leur gré. Et de noz ans la seule nouveauté. Où sans espoyr mes esperances paissent. soubz l'ombre de voz bras. & vous forestz. Puisse avenir qu'un poëte amoureux. comme il donne la mort. Et plus heureux qui meurt pour l'amour d'elle. Ny antre verd de mousse tapissé. Quelque repos de paisible demeure. En mignotoyt un chappeau de couleurs. Toutes vertus. Là je senty dedans mes yeulx voller Un doulx venin. Dedans des Prez je vis une Dryade. De ceste Dame oeillade la beaulté. Avant mes jours me fouldroyant là-bas. La beaulté jointe avec la chasteté. Heureusement cest heur que de la voyr.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 703 704 705 706 707 708 709 710 711 712 713 714 715 716 717 718 719 720 721 722 723 724 725 726 727 728 729 730 731 732 733 734 735 736 737 738 739 740 741 742 743 744 745 746 747 748 749 750 751 752 753 754 755 756 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S050 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S051 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S052 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 S053 vers 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 texte Ny chant de luth. Que le vulgaire appelle ma maistresse. Puis il dira voyant chose si belle: Heureux vrayment. Dans un cypres notte cest epigramme: CY DESSOUBZ GIST UN AMANT VANDOMOYS. Tant de plaisirs ne me donnent qu'un Pré. Eschevelée en simple verdugade. au moys de Juin blessé D'un ray trop chault. Ny de mon cuoeur mille metamorphoses: Ny camp armé de lances herissé. heureux qui peult avoyr. Qui comme fleur s'assisoyt par les fleurs. qui se vint escouler Au fond de l'ame: & depuis cest oultrage. Comme un beau lis. la grave magesté. Quand ces beaulx yeulx jegeront que je meure. Ayant horreur de mon sort malheureux. Je vous supply. Et que la Parque aura porté mes pas A l'aultre flanc de la rive meilleure: Antres & prez. Il apprendra comme Amour rid & mord. Ny les Sylvains qui les Dryades pressent. Des ce jour là ma raison fut malade. L'humble doulceur.

Qui pres & loing me detient en esmoy: Je vous supply. Doncque (mon Tout) si dignement je n'use L'encre & la voix à tes graces vanter. air. Lors que Junon. Rivages tortz. me force de chanter. Et ton bel oeil qui les astres surpasse. que la mort me tient pris. Je cognoy bien que je devroy me taire. Renverse l'eau dont sa mere est nourrie: Ne Juppiter armant sa main marrie En tant d'esclairs ne fait rougir les cieulx. ou l'orgueil de Carie: Ny le Soleil ne rayonne si beau. O lumiere enrichie D'un feu divin qui m'ard si vivement. air. & claire se monstrer. & vous mes tristes vers: Puis qu'au partir. comme je vy ma Dame De cent couleurs son visage acoustrer. Et m'est avis. Non l'ouvrier. Antres moussus à demyfront ouvers. rime a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e D e A b b A A b b A C C d E E d A b b A A b b A c c D e 15 . boutons. Flamber ses yeulx. De quoy je suis (pardon digne de grace) Soubz l'humble voix de ma rime si basse. net. Son bel oeil m'est. A ce bel oeil. L'oeil qui rendroit le plus barbare apris. que l'air est aux oyseaulx. sans voyr un jour la lampe De ses beaulx yeulx. rongé de soing & d'ire. & clayr. Taillis razez. Pur. Ciel. et plages blondoyantes. & herbes rousoyantes. non. Gastine. mais son destin accuse. M'a tellement de ses beaultez espris. & plaines. Qui tout orgueil en humblesse destrampe. Pour me donner & force & mouvement. & forestz verdoyantes. Qu'autre beaulté dessus mon cuoeur ne rampe. Qui l'or filé des Charites efface. fleurs. l'Adieu je n'ay sceu dire. Par la vertu de ne sçay quelle trampe Qui sainctement affine les espritz. Loyr. ventz. & aux poissons les eaux. & vents. & sources ondoyantes. Ou mieux parler: mais l'amoureux ulcere Qui m'ard le cuoeur. Cela vrayment. plains & monts descouvers. N'estes vous pas ma seulle Endelechie? Ciel. montz. Prez. De tes beaultez les honneurs trahissant. Les boys aux cerfz. & vous bocages verds. Tertres fourchuz. par un temps pluvieux. Quand au matin il nous monstre un flambeau. Coustaux vineux. Et ton beau sein chastement rougissant: A front baissé je pleure gemissant.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 757 758 759 760 761 762 763 764 765 766 767 768 769 770 771 772 773 774 775 776 777 778 779 780 781 782 783 784 785 786 787 788 789 790 791 792 793 794 795 796 797 798 799 800 801 802 803 804 805 806 807 808 809 810 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S054 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S055 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S056 S057 S057 S057 S057 S057 S057 S057 S057 S057 S057 S057 S057 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte Tant de couleurs le grand arc ne varie Contre le front du Soleil radieux. Quand j'aperçoy ton beau chef jaunissant. Lors qu'il punist d'un fouldre audacieux Les montz d'Epire. Le premier jour qu'elle ravit mon ame.

Tant je sen moindre & moindre ma vigueur. prez. D'un air pressé le comblement ne naist: Plus tost le ciel. & pour pris ne me voyr. que je sanglote aux cieulx. Alme Soleil. en l'eau. Drogue. Me revoltant je franchi la barriere. Et qui la playe au cuoeur m'as faict avoyr. sus le bord d'un rivage. Que trop avare ardentement je veulx: Là. ou certes s'il n'en est. Je suis semblable au malade qui songe. Pardonne moy. Ja me traisner dans la Barque voysine. que ta beaulté me livre: De tes beaulx yeulx allege mon soucy. pierre. Las. je volle apres l'espoyr. Qui dans son teint. Soit hors du monde. Guary le mal. & galope bien fort: Ainçoys les champs. Antres. roc. rivages. ne romproyent ma langueur.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 811 812 813 814 815 816 817 818 819 820 821 822 823 824 825 826 827 828 829 830 831 832 833 834 835 836 837 838 839 840 841 842 843 844 845 846 847 848 849 850 851 852 853 854 855 856 857 858 859 860 861 862 863 864 S057 S057 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S058 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S059 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S060 S061 S061 S061 S061 S061 S061 S061 S061 S061 S061 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte Tailliz. Pour ne le prendre. toy qui scays des herves le pouvoyr. quand il voyt que je volle derriere. Monte à cheval. Pour voyr ensemble & les champs & le bord. Tant de souspirs. De mon voller renforce le pouvoyr. Et d'un bas vol je m'escarte en arriere. De quel unguent. De toutes partz se comble de mes pleurs. qui bening se dispose A recevoir l'effect de mes douleurs. Qui mieux vollant volle oultre la carriere. or l'autre ses cheveux. ou de quelle liqueur. forestz. où l'amyable effort De ses beaulx yeulx. il n'y ayt quelque vuide. source. D'un foyble vol. dictes le luy pour moy. ny medecine. ordonne que je meure. Si doulcement. Oindroy-je bien la playe de mon cuoeur Qui d'oz en oz incurable chemine? Ny vers charmez. Si l'air est plein en sa courbure humide. Puis. qu'il n'est vie meilleure Que les souspirs d'une si doulce mort. 16 rime e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c . ne se voyt. En terre. Qui reçoyt donq tant de pleurs de mes yeulx. Platon. fleurs. ny just. A costé droit. Reluit à part l'angelique visage. Lors qu'à mon dueil Amour lasche la bride? Il est du vague. ny verdure. or ne me r'affigure L'une ses yeulx. si je ne cuide Que soubz la vouste & grande arche des dieux. ou au centre des lieux. Et de mes vers qu'en mourant je compose. Le quel en vain ses doigtz mocquez allonge. Où ma guerriere avec mon cuoeur demeure. ou de quelle racine. & fontaines. demain avant ton heure. Et par pitié retien encor ici Ce pauvre amant qu'Amour soulle de vivre. Voyant le sien qui volle pour m'avoyr. De quelle plante.

Et loing du peuple à l'escart s'en vola Jusque au giron des plus belles Idées. Non par le goust d'un vin empoisonné. Du tout changé ma Circe enchanteresse Dedens ses fers m'enferre emprisonné. honneur des vers françoys. Et de son teint le cinabre vermeil. 17 rime D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a . Ny par le just d'une herbe pecheresse. Si vive encor Laure par l'Univers Ne fuit volant dessus les Thusques vers. Des l'onde Ibere où nostre jour s'abreuve Jusques au lict de son premier reveil. Que nostre siecle heureusement estime. Qui va mirer le meurtrier de mon ame: Vive par l'air il esclate une flamme. & pren bien garde. je perdz en vain mes pas. Du fin Gregeoys l'espée vangeresse. Son oeil premier m'apprit que c'est d'aymer: Il vint premier ma jeunesse animer A la vertu. de trop mirer ma Dame Tu languiras d'un sentiment egal.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 865 866 867 868 869 870 871 872 873 874 875 876 877 878 879 880 881 882 883 884 885 886 887 888 889 890 891 892 893 894 895 896 897 898 899 900 901 902 903 904 905 906 907 908 909 910 911 912 913 914 915 916 917 918 S061 S061 S061 S061 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S062 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S063 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S064 S065 S065 S065 S065 S065 S065 S065 S065 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Pour tastonner l'idole qui n'est pas: L'un fuit. Qu'en le mirant ainsi que moy ne t'arde. par ses flammes dardées. à preuve Ont façonné les raiz de mon Soleil. Et le Moly par Mercure ordonné. & les Astres. Plus hault encor que Pindare. Que n'ay-je. ou qu'Horace. & la plume & la grace Divine autant que j'ay la volonté. Hault elevé par le vent de ma voix S'en voleroyt sus l'aisle de ma rime. va donq. Pour avoir trop ses beaulx yeulx admiré. N'en qui le Ciel tant de ses graces pleuve. Et toutesfoys. Qui çà ne là son parangon ne treuve. Par mes escritz tu seroys surmonté. je t'admire. envieux. Je parangonne à voz yeulx ce crystal. Ainsi suyvant l'espoyr qui est en fuite. Heureux miroer. Que Du Bellay luy quitteroyt la place. Et qui ne suit. Vieil enchanteur des vieulx rochers de Thrace. D'aller mirer le miroer où se mire Tout l'univers dedans luy remiré. Voz yeulx un feu qui m'est sainct et fatal. Va donq miroer. Par luy mon cuoeur premierement s'aisla. Comme ton nom. tout ainsi que mon mal Vient de trop voyr la beaulté qui m'enflamme: Comme je fay. Les Elementz. Dame. J'appenderoys à ta divinité Un livre enflé de telle gravité. Amour ne voyt un miracle pareil. l'un suit d'une vaine poursuite. En peu de temps du breuvage donné Forcerent bien la force charmeresse.

Toute matiere. Le Myrte Paphien Ne cede point au Laurier Delphien. Rasserénant les flotz de mes douleurs. Et ja Francus à son bord conduisoit L'ombre d'Hector. Seigneurs divins. Lors de mon cuoeur s'exhale une fournaise. & combien Tes flancs jumeaulx follastrement j'honore! Ny ce beau chef. & l'honneur de l'Asie. Et tour à tour en moy naissent touts deux: Car quand mes yeulx de trop pleurer j'appaise. qui n'eut onques ce bien.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 919 920 921 922 923 924 925 926 927 928 929 930 931 932 933 934 935 936 937 938 939 940 941 942 943 944 945 946 947 948 949 950 951 952 953 954 955 956 957 958 959 960 961 962 963 964 965 966 967 968 969 970 971 972 S065 S065 S065 S065 S065 S065 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S066 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S067 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S068 S069 S069 S069 S069 S069 S069 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte Si qu'à la fin le Dulyche troupeau Reprint l'honneur de sa premiere peau. Et si mon oeil n'a puissance de veoir. En eulx je vi. Petit nombril. mon mignon. Les yeulx plus grandz. ny ceste main qui fond Mon cuoeur en source. essence. & origine Doibt son pricipe à ces deux seulement. dans mes vers ja françoys. Ja d'une horreur la Gaule estoit saisie. ny ces yeulx. Nombril de qui l'honneur merite bien. De sa grandeur le sainct prestre m'ordonne: Armes adieu. & qui divinement Ce faix divin ont chargé sus l'eschine. Sans esperer quelque foys de taster Ton paradis. Qu'une grand'ville on luy bastisse encore: Signe divin. Non pas mon oeil. Touts deux en moy vivent esgallement. Et sa prudence auparavant peu caute: Mais pour la mienne en son lieu reloger. ny ce front. Quand de sa main Amour mesme le donne. qui divinement ore Retiens encore l'Androgyne lien. Epoinçonnant ma brave poësie. Tant ma raison s'aveugle dans ma faulte. devisoyt: Sus ma fureur ja sa lance aiguizoit. Ja desja Mars ma trompe avoit choisie. qui tout compose. que mon penser adore. où mon plaisir se niche. Et soubz le fer ja Sene treluisoit. & de pleurs me fait riche. ce sont de la machine Les deux seigneurs que je sen pleinement. Puis tout soubdain recommancent mes pleurs. Quand l'archerot emplumé par le dos D'un trait certain me playant jusqu'à l'os. Combien & toy. Aussi de moy il ne sort rien que d'eulx. L'onde & le feu. rien qu'eulx je n'imagine. Si seulement l'image de la chose Fait à noz yeulx la chose concevoir. Ne me sçauroyent de leur beau contenter. Ne me vaudroyt la bague de Roger. Ny ce doulx ris. Si quelqu'idole au devant ne s'oppose: Que ne m'a faict celuy. affin de mieux pouvoir 18 rime C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E d E a B B a a B . Et.

Eut veu la tienne. ne vit pas Perdant sa flamme. Et le Duc Grec fut mort sans renommée. Cent et cent foys pour la pescher à bas. ma cognoissance. Oultre la Tane on m'entende crier. Sa rondeur fut d'une blancheur naïve. Vint de ses raiz: car pour nous lier mieulx. où ma vie est enclose? Certes le ciel trop ingrat de son bien. iö. & tu es dedans moy. En toy je suis. tant que je vive. Si l'escrivain de la mutine armée. Dont la clarté m'a tellement ravy Qu'en mes discours aultre penser n'arrive. Comme jaloux du tresor de son mieux. En moy tu vis. Mon tout. qui vit en la valée La grand'beaulté dont son cuoeur fut espris.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 973 974 975 976 977 978 979 980 981 982 983 984 985 986 987 988 989 990 991 992 993 994 995 996 997 998 999 1000 1001 1002 1003 1004 1005 1006 1007 1008 1009 1010 1011 1012 1013 1014 1015 1016 1017 1018 1019 1020 1021 1022 1023 1024 1025 1026 S069 S069 S069 S069 S069 S069 S069 S069 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S070 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S071 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S072 S073 S073 S073 S073 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte En leur grandeur la grandeur recevoir Du simulachre. Et ja desja content je la tenoye. Au moys d'Avril. mon heur. & qui seul veit combien De sa beaulté divine estoit l'idée. non. qui n'estime Que le divin des divines vertuz: 19 rime B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A . Les faictz de Mars il n'eut jamais empris. & ta conqueste. qui du bout de son arc A front panché me plongeant soubz le lac. Frauda mes doigtz d'une si doulce proye. non. je devalle le bras. & je vis dedans toy: Ainsi noz toutz ne font qu'un petit monde. une perle je vy. Que de nous deux il ne fit qu'une essence. Ou par le traict qui sort de tes beaulx yeulx. Ny ne fera. qui serf me tiennent pris. Qu'en publiant ma prise. Pour de luy seul seule estre regardée. Et sans honneur Venus s'en fut allée. Qui seul la fit. & m'aveugla les yeulx. quel myrte. ou quel laurier Sera bastant pour enlasser ma teste? L'astre ascendant. De son regard ne maistrisoyt les cieux: Quand je nasquis il coula dans tes yeulx. Pour celebrer des astres devestuz L'heur escoulé dans celle qui me lime. Et ses rayons treluysoyent à l'envy: Son lustre encor ne m'a point assouvy. mon bien. Et pour louer son esprit. il t'eut donné le pris. Silla le Monde. Sans vivre en toy je tomberoy là bas: La Salemandre. Iö. Soubz le cristal d'une argenteuse rive. Mais s'il advient ou par le vueil des Cieulx. Tout recoursé. & le Daulphin son onde. Tant nous unit son feu presagieux. en ce point. soubz qui je pris naissance. Futurs tyrans de mon obeissance. Eut veu tes yeulx. Et si Paris. Sans un archer.

Quand tu languis de me veoir mal traicté: Main. Quel plaisir est ce. & traisner son lien. ainçoys quelle merveille Quand ses cheveux troussez dessus l'oreille D'une Venus imitent la façon? Quand d'un bonet son chef elle adonize. Que ny le temps. 20 rime A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A c c D e e D A b . & le tourment certain. La honte au front. Serre les flotz de ses deux tresses blondes. qui forçant ma doulce liberté Me tranformas en cent metamorphoses: Larme. Et cestuy là qui sa Meline adore En vers dorez le biendisant Ba\yf. Que son bel oeil au fond du cuoeur m'imprime. Je suis tant vostre. Qui çà qui là par le sein vagabondes. Soit que son or se crespe lentement Ou soit qu'il vague en deux glissantes ondes. ny la mort tant soit forte. nagent follastrement: Ou soit qu'un noud diapré tortement De maintz rubiz. une larme. Se feindre un ris. Comme un Soleil. qui portrait dedans les miens reposes. Posseder tout & ne jouir de rien: Estre delivre. Tousjours gravéz en l'ame je ne porte Un oeil. & maintes perles rondes. Et sur le col. & donner tout le sien. vrayment qui mes souspirs arroses. une main. & couharder de crainte. un ris. ton ivoyre & tes roses. De cent travaulx ne recevoir un bien: Avoir tousjours. Estre indigent. ains traitz d'amour pointuz. pour un servil hommage. Et qu'on ne sçait (tant bien elle desguise Son chef doubteux) s'elle est fille ou garçon? Picqué du nom qui me glace en ardeur. le dieu de ma clarté: Ris. en la main le dommage: A ses pensers d'un courage haultain Ourdir sans cesse une nouvelle trame. & vivre par contraincte.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1027 1028 1029 1030 1031 1032 1033 1034 1035 1036 1037 1038 1039 1040 1041 1042 1043 1044 1045 1046 1047 1048 1049 1050 1051 1052 1053 1054 1055 1056 1057 1058 1059 1060 1061 1062 1063 1064 1065 1066 1067 1068 1069 1070 1071 1072 1073 1074 1075 1076 1077 1078 1079 1080 S073 S073 S073 S073 S073 S073 S073 S073 S073 S073 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S074 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S075 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S076 S077 S077 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 texte Et ses regardz. Mais la fureur du Masconnoys Pontus. Il me fauldroyt non l'ardeur de ma rime. Il me fauldroyt ceste chanson divine Qui transforma sus la rive Angevine L'olive palle en un teint plus naïf. Me souvenant de ma doulce Charite. aymer la chose feinte. avoir le cuoeur en pleinte. Ne fera point qu'au centre de mon sein. Vouloir mourir. & tant l'affection M'a peint au vif vostre perfection. Oeil. Estre vaillant. Sont les effetz qui logent dans mon ame L'espoir doubteux. Hayr le vray. Et me fauldroyt un Desautelz encore. Je me contente en mon contentement. qui mon cuoeur captives arresté Par my ton lis.

Tant la beaulté des beaultez luy ennuye: Et ses souspirs parmy l'air se suyvantz. Divine fleur. ne la faucille croche. qui jaunissoit. le meschant. Quand elle veit la Nymphe qu j'adore Tresser son chef. grace. La mousche à miel. Les crespe honneur du sien esblouissoit. que le trait otieux Grava ton nom au roc de ma memoire. Seul. Comme un esprit qui fuit de son tombeau. & merite. Puis il se seiche aux raix de ton flambeau: Et s'emmurant dedans leur forteresse. Si qu'en pleurant sa face elle cacha. Troys jours entiers enfanterent des ventz. Et que l'ardeur qui flamboit en ta gloire Me fit sentir le fouldre de tes yeulx: Mon cuoeur attaint d'un esclair rigoreux Pour eviter le feu de ta victoire. violer. me laisse. s'il te paist de souffrir Qu'en l'immolant de victime il te serve. dont l'or. & ses yeulx une pluye. Apres ton cours je ne haste mes pas Pour te souiller d'une amour deshonneste: Demeure donq: le Locroys m'amonneste Aux bordz Gyrez de ne te forcer pas. Là point ou peu soucieux de ma playe De çà de là par tes flotz il s'esgaye. De ses cheveulx la rousoyante Aurore Eparsement les Indes remplissoyt. Ny les ergotz d'un follastre aignelét. Sa honte en feu. Lors que la peur te faisoit accoller Les piedz vangeurs de sa Grecque Minerve: Moy je ne veulx qu'à ta grandeur offrir Ce chaste cuoeur. palle & froid. Depuis le jour. sans retourner.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1081 1082 1083 1084 1085 1086 1087 1088 1089 1090 1091 1092 1093 1094 1095 1096 1097 1098 1099 1100 1101 1102 1103 1104 1105 1106 1107 1108 1109 1110 1111 1112 1113 1114 1115 1116 1117 1118 1119 1120 1121 1122 1123 1124 1125 1126 1127 1128 1129 1130 1131 1132 1133 1134 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S077 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S078 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S079 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 S080 vers 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 texte Ici je plante une plante d'eslite. sçavoir. Tout ornement de royalle grandeur. où ma vie demeure. Beaulté. honneur. Sont pour racine à ceste Marguerite Qui ciel & terre emparfume d'odeur. Le ciel conduit le meschant au trespas. rime b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D 21 . Voire elle mesme & tout le ciel encore. S'alla cacher dans tes ondes d'ivoire. Accabla là son impudique teste D'un grand rocher au fort de la tempeste. La manne tombe à toute heure à toute heure Dessus ton front sans cesse nouvelét: Jamais de toy la pucelle n'aproche. Neptune oyant ses blasphemes d'abas. Et ja le ciel à longz traitz rougissoyt De meint esmail qui le matin decore. Lors ses cheveux vergongneuse arracha. Il te voulut. Qui l'esmeraude efface de verdeur. Et soubz l'abri de tes flancz amoureux.

Parmy les flotz d'une mer violente. mais en pouldre d'amorce. Comme un mastin. Ja de mon cuoeur je sen moindre la force Se transmuer pour sa mort avancer Devant le feu de mon ardent penser. L'oeil qui tenoit de mes pensers la clef. que ma vie est heureuse De s'escouler doulcement langoureuse. En lieu de m'estre une estoile drillante. le cuoeur me mange & ronge. Plus que venin je fuy la liberté. rime A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E 22 . Je ne veulx point en la playe de tente Qu'Amour me fit. Des le jour mesme Amour m'eust faict mourir. Avant mes jours. Franc de travail une heure je n'ay peu Vivre. Quand je humay le bruvage amoureux. Qu'autre douleur ma peine ne contente. Non en boys verd. si plus ma fiebvre se renforce. Et qu'un Amour sans frere ne croyst point. Je me consume. qu'on m'ouvre la prison. Où je perdi la loy de ma raison. Tant j'ay grand peur de me voyr escarté Du doulx lien qui doulcement offense: Et m'est honneur de me voyr martirer. pour avoir guarison. Je n'ay santé. le remede est si bref A ma douleur qui jamais ne s'alente. & vous en chault bien peu. Contre un orgueil a faict rompre ma néf. Si plus ton arc tire pour me blesser. sont mon cuoeur fut repeu. Suçant tousjours le plus doulx de mon sang. qui jour & nuict me poingt. Sans me tenir si longuement malade. Et le penser qui me presse & represse. Mais si fault il que vostre bonté pense. Que bas ne hault. me mord tousjours au flanc. Si doulcement le souvenir me tente De la mieleuse & fieleuse saison. j'ay grand'peur de laisser Le verd fardeau de cette jeune escorse. Tigre affamé. Pour affranchir autre part mon attente. Et qui jamais en repos ne me laisse. depuis que les yeulx de ma Dame Mielleusement verserent dans mon ame Le doulx venin. Ma chere neige. Un soing meurtrier soit que je veille ou songe. Qu'à si longz traictz me versoit une oeillade: O fortuné! si pour me secourir. Bien fut pour moy le jour malencontreux. jusqu'au sommét du chef. Voyez comment je m'englace & m'enflamme: Comme la cire aux rayons d'une flamme. Amour. des le bout de la plante. Que l'amitié d'amitié se compense. Bien est il vray. & mon cher & doulx feu. Desoubz votre oeil. Et ne veulx point.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1135 1136 1137 1138 1139 1140 1141 1142 1143 1144 1145 1146 1147 1148 1149 1150 1151 1152 1153 1154 1155 1156 1157 1158 1159 1160 1161 1162 1163 1164 1165 1166 1167 1168 1169 1170 1171 1172 1173 1174 1175 1176 1177 1178 1179 1180 1181 1182 1183 1184 1185 1186 1187 1188 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S081 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S082 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S083 S084 S084 S084 S084 S084 S084 S084 S084 S084 S084 S084 S084 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte Le mal est grand.

les pensers sus le front. Teingnit ses mains dans le sang paternel. Et qui les cuoeurs voyles d'une ignorance. Il te laissa. emperle. Malencontreuse & meschante esperance. Dedans son sein les graces immortelles. Amour archer d'une triade ront Cent traitz sur moy. que son chant esmouvoyt. Le seul Avril de son jeune printemps. 23 rime E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C . & de perseverance. Pour enfieller le plus doulx miel des hommes. & si ne leur en chault. Qu'aux plus chetifz ma langueur porte envie. D'Amour ministre. celle pour qui je porte Le cuoeur aux yeulx. c'est qu'Amour & Madame Scavent mon mal. Vaten ailleurs chercher ta demeurance. En tel estat je voy languir ma vie. & si ne me conforte D'un seul espoir. & salle oyseau. Comme un Croyssant par les menuz flambeaulx. Un beau printemps s'esclouit de sa face. Cropir au fond du Pandorin vaisseau. Vaten ailleurs quelqu'autre decevoyr. Depuis le jour. enfrange nostre temps. Quand Juppiter. Et qui les yeulx d'un aveugle sçavoyr. & girlandes pleuvoyt Tout au rond d'elle au meillieu de la place: Si qu'en despit de l'hyver froydureux.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1189 1190 1191 1192 1193 1194 1195 1196 1197 1198 1199 1200 1201 1202 1203 1204 1205 1206 1207 1208 1209 1210 1211 1212 1213 1214 1215 1216 1217 1218 1219 1220 1221 1222 1223 1224 1225 1226 1227 1228 1229 1230 1231 1232 1233 1234 1235 1236 1237 1238 1239 1240 1241 1242 S084 S084 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S085 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S086 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S087 S088 S088 S088 S088 S088 S088 S088 S088 S088 S088 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte Soubz un espoyr quelquefoys de tirer Un seul baiser pour toute recompense. Qui jusqu'au fond l'ame peulx esmouvoyr. Et de ses yeulx plus que les astres beaulx Faire obscurcir la beaulté des plus belles. Bien que six ans soyent ja coulez derriere. Tant le mal croist & le cuoeur me deffault: Mais la douleur qui plus comble mon ame D'un vain espoyr. Je vy ma Nymphe entre cent damoyselles. Endore. Si suis-je heureux d'avoyr veu la lumiere En ces ans tardz pour avoyr veu le trait De son beau front. Le ciel ravy. D'un Soleil part la glace qui me fond. ce lasche criminel. que l'homicide trait Au fond du cuoeur m'engrava le portrait D'une humblefiere. La Gaillardize. & les freres jumeaux. Desrobant l'or de la terre où nous sommes. qui les graces attrait Par une grace aux Graces coustumiere. Je ne veulx plus chez moy te recevoyr. Et m'esbays que ma froydeur n'est morte Au feu d'un oeil. & liz. Roses. Alloyent vollant comme petitz oyseaux Par my le verd des branches plus nouvelles. Harpye. qui d'une flamme accorte Brulle mon cuoeur d'un ulcere profond. Par la vertu de ses yeulx amoureux. & fierehumble guerriere.

Baignent mon sein de deux ruisseaux de pleurs. ore nouant sus elle. D'avoyr osé pour compaignon choysir Un si grand Dieu: ainsi par la campagne. où son poulce moyssonne Touts le tresors que Zephyre produit: Et ceste dance. J'ay pour ma lesse un cordeau de malheur. & le soing. Et ce jardin. toutes choses remire. or le long d'un rivage. Franc de raison. aussi je meur pour elle. 24 rime d E d E A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A . Loing loing devant plus s'enfuit eslancée. Au moys d'Avril souspirant toute nuit: Et ceste pierre. Ore planant. Et qui jappant ne recognoyst personne. & la saison nouvelle. la peine. où quand le chault s'enfuit Seule aparsoy pensive s'arraisonne. Qui d'oultre en oultre entame le Soleil. impatient Roger. Je voys chassant une Fére sauvage. Entre tes bras. De çà de là. & la douleur. Qui touts les ans rafraischit mes douleurs. Ny la vertu. Quand son travail d'un aultre s'acompagne. où la flesche cruelle M'outreperça. La cruaulté. puisque le trait pareil. Au soyr bien tard Alcine vint loger. Tournant sur moy la dent de leur effort. Pipé du fard de magicque cautelle. Et dans le cuoeur sa grace que j'ay peinte. Pour refroydir ta chaleur immortelle. Et cest oyseau.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1243 1244 1245 1246 1247 1248 1249 1250 1251 1252 1253 1254 1255 1256 1257 1258 1259 1260 1261 1262 1263 1264 1265 1266 1267 1268 1269 1270 1271 1272 1273 1274 1275 1276 1277 1278 1279 1280 1281 1282 1283 1284 1285 1286 1287 1288 1289 1290 1291 1292 1293 1294 1295 1296 S088 S088 S088 S088 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S089 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S090 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S091 S092 S092 S092 S092 S092 S092 S092 S092 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Qui n'a sceu voyr la beaulté de la belle. Traisne le faix plus leger & plaisant. Et son oeillade. Opiniatre à ton feu soulager. Ne suis je heureux. que mon mal cotente mon plaisir. Si ce grand Dieu le pere de la lyre. Le boeuf courbé desoubz le joug pesant. Comme mastins affamez de repaistre. A longz morceaux se paissent de leur maistre. Or dans le boys de jeunesse & d'erreur. Ce petit chien. mal apris au sommeil. qui mes plaintes resonne. Qui va bornant aux Indes son reveil. Et sans mercy me traisnent à la mort. J'ay pour mes chiens. Ains qui d'un oeil. esclave de fureur. Mais eulx voyant que plus elle est chassée. Mon cuoeur entame à semblable martire? Dea. Lamente encor. qui foysonne en ses yeulx: Seul je l'ay veue. Et plus grand heur ne m'ont donné les cieulx. pour le bien où j'aspire. qui ma maistresse suit. Toute une nuit tu apris à nager. & la rage. & sa parolle saincte. J'ay pour limier un trop ardent courage. Or sur un mont. Dedans le gué d'une beaulté si belle.

espriz de vos beaulx yeulx. Ny ces oeilletz esgalez unyment Au blanc des liz encharnez dans sa face. Voz doulx esclairs qui rechauffent les dieux. & l'humide saulaye. Vas du Arpin les tresors moyssonnant. Ny ceste bouche où vit fertillement Un mont d'odeurs qui le Liban surpasse. qui fume Béant de soif au creux de son profond. Ny ce bel or qui frisé s'entrelasse En mille noudz mignardez gayement. De toy. Qui fait gemir le plus dur des rochers. Ny le double arc de ce double sourci. il me plaist que j'escrive. Gastine. Vostre oeil me fait un esté dans mon ame. Sur meinte perle entée doublement. 25 rime c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B . Dame. ou bien devers l'Archer. Heureusement empoupant ton navire.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1297 1298 1299 1300 1301 1302 1303 1304 1305 1306 1307 1308 1309 1310 1311 1312 1313 1314 1315 1316 1317 1318 1319 1320 1321 1322 1323 1324 1325 1326 1327 1328 1329 1330 1331 1332 1333 1334 1335 1336 1337 1338 1339 1340 1341 1342 1343 1344 1345 1346 1347 1348 1349 1350 S092 S092 S092 S092 S092 S092 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S093 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S094 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S095 S096 S096 S096 S096 S096 S096 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte En peu de temps. Qui de bien loing le peuple abandonnant. M'arraisonnant seul à l'heure j'essaye De soulager la douleur de ma playe. Qu'Amour encherne au plus vif de mon soing. Et la Neuffaune. tant je suis malheureux. Hault d'une langue eternellement vive. qui tarit jusqu'au fond Les tiedes eaux. Son cher Paschal Tolouse aille sonnant. ta bouche. Le Loyr. Qui de Sabut borne l'extreme coin. qui double se compasse. & m'en sert de tesmoing. Non la chaleur de la terre. Je te hay peuple. ny ses flammes ne font Ce chault brazier qui m'embraize et consume. Bref ny l'esté. Paschal. Ny ce coral. d'aguet se vint cacher) Devant le soir finissent ma journée. Voz chastes feux. Là pas à pas. le gracieux Zephyre. Quand je me perdz entre deux montz bien loing. Pour me tuer. je sanglote une pleinte. Non l'Avantchien. Le long des bordz où ta Garonne arrive. je rememore Ton front. & les rives de Braye. Ny de ce front le beau ciel esclarci. qu'ardent de soif il hume: Non ce flambeau qui tout ce monde allume D'un bluëtter qui lentement se fond. N'ont à la mort ma vie abandonnée: Seulz voz beaulx yeulx (où le certain archer. Te fit surgir dans le port amoureux: Mais quand ma nef de s'aborder est preste Tousjours plus loing quelque horrible tempeste La single en mer. & les graces encore De tes beaux yeulx trop fidelles archers: Puis figurant ta belle idole feinte Dedans quelque eau. Seulz de mon feu eternizent la flamme: Et soit Phebus attelé pour marcher Devers le Cancre.

ne te puisse esmouvoir): Ce pauvre Amant estoit digne d'avoir Une maistresse ou moins belle. A toy chaque an j'ordonne un sacrifice. Et puis ma mort. Dans ses cheveux une beaulté cruëlle. Le pensement. Dy l'un des deux. Eussé-je l'or d'un peuple ambicieux. ou d'Eryce. Fidelle coing. Si ton Durban.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1351 1352 1353 1354 1355 1356 1357 1358 1359 1360 1361 1362 1363 1364 1365 1366 1367 1368 1369 1370 1371 1372 1373 1374 1375 1376 1377 1378 1379 1380 1381 1382 1383 1384 1385 1386 1387 1388 1389 1390 1391 1392 1393 1394 1395 1396 1397 1398 1399 1400 1401 1402 1403 1404 S096 S096 S096 S096 S096 S096 S096 S096 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S097 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S098 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S099 S100 S100 S100 S100 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte Paschal Paschal Garonne resonnant. Lors je pensoy. veu ma peine si forte. les cieux. se pasme. nouveau temple. ou cruelle ou belle) Lia mon cuoeur de ses graces épris. Rien que Paschal ne responde sa rive. Oingt ma douleur d'une esperance vaine. qui me fait devenir Haultain & brave. Amour tousjours pour l'ennouer plus fort. las. 26 rime B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e D e a B B a a B B a C C d E E d A b b A . Di luy. ou dans les plus heureux Vergers de Gnide. l'honneur de nostre temps. N'est point dans Cypre. sans tant me desguiser Le peu d'amour que ton semblant me porte: Je ne scauroy. J'appenderoy mon ame pour offrande. d'une esperance morte Pais tu ma vie affin de l'abuser? L'un de tes yeulx dans les enfers me ruë. Né pour souffrir une peine immortelle. Tu toucherois. en vostre service. & l'autre commence ores Où je me voy plus que devant encores Pris dans leurs retz: & quand parfoys la mort Veult delacer le lien de ma peine. ou plus doulce. L'an mil cinq cent contant quarante & six. que sert de refuser Ce doulx present dont l'espoir me conforte? Si non. Tant lamenter ne tant petrarquiser. plus seur ne plus propice A deceler un tourment amoureux. Paschal (ainsi l'aspre secousse Qui m'a fait cheoir. comme sot mal appris. pourquoy. sans cesse me font estre Ore un Pollux. Elabouré d'une merveille grande: Et là dressant à ma Nymphe un autel. est si doulx que mon ame Desja desja impuissante. Je descouvry le travail langoureux Que j'enduroy. (Ne sçay quel plus. Lit quelque foys ces vers par passetemps. Si tu le veulx. où tremblant et poureux. & ores un Castor. Que les crespons de leur blonde cautelle Deux ou troys jours sans plus me tiendroyent pris: L'an est passé. L'aultre à l'envy tour à tour s'esvertuë De me rejoindre en paradis encor: Ainsi tes yeulx pour causer mon renaistre. Amathonte. Sur les pilliers de son nom immortel. Un coing vrayment. Dame. Yvre du bien qui me doibt avenir.

Or je pardonne à la mer inhumaine. Il peint les champs de dix mille couleurs. Reçoy ma vie. M'a fait sentir ce faux recollement.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1405 1406 1407 1408 1409 1410 1411 1412 1413 1414 1415 1416 1417 1418 1419 1420 1421 1422 1423 1424 1425 1426 1427 1428 1429 1430 1431 1432 1433 1434 1435 1436 1437 1438 1439 1440 1441 1442 1443 1444 1445 1446 1447 1448 1449 1450 1451 1452 1453 1454 1455 1456 1457 1458 S100 S100 S100 S100 S100 S100 S100 S100 S100 S100 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S101 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S102 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S103 S104 S104 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 texte Sans mourir donq. où deux heureux flambeaux. aux ventz. Tu peins mes vers d'un long esmail de fleurs. pourray-je soustenir Le doulx combat. En sa moytié ma moytié je recolle: Amour adonq si follement m'affolle. ore resuscité. Non au butin d'un rivage estranger. que me garde Madame. Et toy mon cuoeur d'un souspir larmoyant. De son bel oeil qui m'alesche en sa nasse. & la guide Parmy l'odeur de tes plus belles fleurs. & quel contentement. Ferme est son cours. Parmy l'odeur de mile & mile roses? O de Nepenthe. Par voeu promis j'appen dessus le bord Aux dieux marins ma despouille mouillée. Puis que par tant & par tant de travaulx. Qui dans mon sang a sa flesche souillée: Ores encré dedans le sein du port. Et que d'un bransle habillement leger. qui ses fleurs renouvelle. ta face est toute belle. Vous flotz cruelz. Quand en songeant ma follastre j'acolle. Qui tousjours dure en son printemps nouvelle. o deesse. que l'escume féconde. Il est tout beau. Changeant ma vie en cent metamorphoses: Combien de fois doulcement irrité. Si de fortune en ce combat je meurs. Qu'un tel abus je ne vouldroy changer. Chambrette heureuse. ferme est ta loyaulté. D'un doulx zephyre il fait onder les plaines. Une main doulce à si doulx port me meine. Loing devant toy fuyra la cruaulté. D'un beau crystal son front est rousoyant. à dieu. & les plus beaulx. Dans les vergers du paradis de Gnide. la traison de mes maulx. Du seul plaisir d'un si doulx souvenir? Helas. Me font escorte apres si longue peine. Ce ne sont qu'haims. Puis qu'un penser si brusquement l'entame. enfanta dessus l'onde. Aux flotz. Non loing de Cypre. ayeux du petit Dieu. Je parangonne à ta jeune beaulté. Venus. Devant luy fuit la saison plus cruelle. Ce moys d'Avril. Les plus ardentz du ciel. Suis-je ore mort. Non au sablon qui jaunoye en Pactole. à dieu naufrage. quel heur. En sa plus gaye & verte nouveaulté. Mon dieu. qu'amorces & qu'appastz. Tu fais sortir de mes yeulx deux fontaines. 27 rime A b b A c c D e D e a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A C C d E E d A b . Adieu tourmente. Laissant mes flancz sus les siens s'allonger. & de lyesse pleine.

Qui tout bon cuoeur de ses vertuz enflamme. Trophée à mon Seigneur. que mort encores j'aye. Que pour souler la faim de son plaisir. Fay. en grave magesté. Se loge Amour dans tes murs pour jamais. où la beaulté s'appuye. Pres de l'honneur. Tetin d'ivoyre où se niche l'honneur. Haulse ton aisle. mais ciel des autres le greigneur. d'oeil d'Argus. le sejour de Madame. qui moyssonne ma vie. Reveremment se sied la chasteté. rime b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d 28 . qui ne peult sejourner. Que deux beaulx yeulx m'encharnent dans le cuoeur. Denisot. Ville de Bloys. la beaulté qui me tuë. qui mes pleurs de tes rayons essuye'. leurs deitez contemple. & d'un voler plus ample. Forçant des ventz l'audace & le pouvoir. Là. Pour qui j'endure un millier de trespaz. où je suis surmonté. L'aigre doulceur de l'amoureuse playe. Est si plaisant que je n'ay point envie De m'eslongner de sa doulce langueur: Ains face Amour. Et pour ma Dame au parfait concevoir. tourner. Sans revoler. tes plumes esmouvoir. Contemple aussi leur grace. Oeil. & son arc desormais Pendent en toy. & retourner. Et son carquoys. Et nuict & jour il fault qu'il vous revoye. Où je suis pris. Sourci. Aux bords congneuz pour y trouver sa proye. Qui dans ton jour ses despouilles étuye: Gorge de marbre. Moissonne apres le teint de mille fleurs. & nud tousjours laver Le sien crespu dans l'argent de ton Loyre. ou soyt qu'elle compasse Au son du Luth le nombre de ses pas. Que tiedement hors de mon chef je ruë: Puis attachant ton esprit & tes yeulx Dans le patron desrobé sur les dieux. Sein dont l'espoyr mes travaulx desennuye: Vous avez tant appasté mon desir. Denisot. & leur sçavoir. Sur les plus beaulx fantastique un exemple. Une mynuit tant de flambeaux n'a pas. Par un oeil brun qui m'oultreperce l'ame: Sus le plus hault de sa divine flamme. Que de beaultez embellissent sa grace. Et les detrampe en l'argent de mes pleurs. comme autel de sa gloire: Puisse il tousjours soubz ses plumes couver Ton chef royal. Mais le tourment.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1459 1460 1461 1462 1463 1464 1465 1466 1467 1468 1469 1470 1471 1472 1473 1474 1475 1476 1477 1478 1479 1480 1481 1482 1483 1484 1485 1486 1487 1488 1489 1490 1491 1492 1493 1494 1495 1496 1497 1498 1499 1500 1501 1502 1503 1504 1505 1506 1507 1508 1509 1510 1511 1512 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S104 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S105 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S106 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 S107 vers 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 texte Soyt qu'elle rie. Col Albastrin emperlé de bonheur. Pein. Ny tant de sable en Euripe ne passe. Front estoylé. Le nid des Roys & de ma voulonté. Comme un oyseau. Jusques au ciel où les dieux ont leur temple.

Et mon ardeur honteusement discrette. Naist un parfum. Et bienheureux le ventre. Qui mon ulcere en santé renouvelle. d'une juste tempeste L'oeil espion de sa parjure teste. Dieux. & seul mon amitié Va detraquant. si là hault s'enthrosne la pitié. Le doulx fier traict. Pour d'un mauvais punir la mauvaistié. Qui d'un bon oeil ma maistresse apperceut: Heureux le bers. Mais plus heureux celuy qui la fera Et femme & mere. Dieux. De ton poil d'or en tresses blondissant. Heureuse fut la mammelle emmannée. en lieu d'une pucelle. ores. Du beau jardin de son printemps riant. ores. Sans l'autre coup d'une flesche nouvelle. qui me tient languissant. Qui touts raviz fait souteler les boys. lors que la nuict segrette. & la main qui la sceut Emmailloter alors qu'elle fut née. D'un mesme coup me garit & me tuë. En ma faveur. Heureux les champs qui eurent cest honneur De la voir naistre. Du premier coup j'eusse esté perissant. Dont le regard toutes les nuictz me suit: Ou luy donnez l'aveugle destinée rime a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e 29 . Et de là sort le charme d'une voix. qui conceut Si grand beaulté de si grandz dons ornée. Ce doulx parler qui les mourantz esveille.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1513 1514 1515 1516 1517 1518 1519 1520 1521 1522 1523 1524 1525 1526 1527 1528 1529 1530 1531 1532 1533 1534 1535 1536 1537 1538 1539 1540 1541 1542 1543 1544 1545 1546 1547 1548 1549 1550 1551 1552 1553 1554 1555 1556 1557 1558 1559 1560 1561 1562 1563 1564 1565 1566 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S108 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S109 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S110 S111 S111 S111 S111 S111 S111 S111 S111 S111 S111 S111 S111 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte Heureuse fut l'estoille fortunée. Heureux le filz dont grosse elle sera. Et par son coup le coup va guarissant. quelle Parque a filé mon destin! Ce ris plus doulx que l'oeuvre d'une abeille. Planer les montz. & montaigner les plaines. Ainsi jadis sur la pouldre Troyenne. Hé. Du souldard Grec la hache pelienne. & de qui le bon heur L'Inde & l'Egypte heureusement excelle. Et ces deux cieulx sur deux astres antez. Accablez. De ma Deesse annoncent la merveille. Guident mes pas où m'attent ma Moytié. De qui le laict premier elle receut. Amour ourdit de son arc la ficelle. Ces doubles liz doublement argentez. qu'on jette Du feu vangeur la meurtriere sagette. Il me tira de ta vive estincelle. Qui seul m'espie. Du Mysien mit la douleur à fin: Ainsi le trait que ton bel oeil me ruë. Ces diamantz à double ranc plantez Dans le coral de sa bouche vermeille. Ce chant qui tient mes soucis enchantez. qui mesme l'orient Embasmeroit de ses doulces aleines.

Lors en sursault. Le fer au poing je brossay dans le boys. Un voyle obscur par l'orizon espars Troubloyt le ciel d'une humeur survenue. où je vy l'angelette. J'iray tousjours & resvant & songeant En la doulce heure. Et ralenta les marteaux des Cyclopes. J'empourpreroy mes plumes dans mon sang 30 rime e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C . qui d'un stable sejour. Qui toute nuict ne m'a faict que ronger L'ame effroyée au travail de ma peine. Et dans ses yeulx mes destins va logeant. ainsi qu'une ondelette Flotte aux zephyrs.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1567 1568 1569 1570 1571 1572 1573 1574 1575 1576 1577 1578 1579 1580 1581 1582 1583 1584 1585 1586 1587 1588 1589 1590 1591 1592 1593 1594 1595 1596 1597 1598 1599 1600 1601 1602 1603 1604 1605 1606 1607 1608 1609 1610 1611 1612 1613 1614 1615 1616 1617 1618 1619 1620 S111 S111 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S112 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S113 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S114 S115 S115 S115 S115 S115 S115 S115 S115 S115 S115 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte Qui aveugla le malheureux Phinée. Et l'air crevé d'une graisle menue Frappoyt à bonds les champz de toutes partz: Desja Vulcan les bras de ses souldardz Hastoy despit à leur forge cognue. Et que ne sont & d'une & d'une aultre aille Mes deux coustez emplumez alentour? Hault par le ciel soubz l'escorte d'Amour Je volleroy comme un Cygne. Mais en courant apres la desrobée. ny de mortelle dame Elle n'avoit ny le front ny les yeulx: Donques. Il me sembloyt que ma doulce inhumaine Crioit. Que je vis lors. Espovanté je cherche une fontaine Pour expier un horrible songer. Voyre un midi. Qui me perçant le cuoeur de mon espée M'a fait tomber dans un torrent de feu. aupres d'elle. Sans annuiter dans les cuoeurs estincelle. où me guidoit la voix. Du larron mesme assallir me suis veu. ce ne fut chose estrange Si je fu pris: c'estoyt vrayment un Ange Qui pour nous prendre estoit vollé des cieulx. De ses deux raiz ayant percé le flanc. Et de Jupin rasserena les yeulx. Des ventz sortiz remprisonna les tropes. Amy sauve moy du danger. au vent alloit nageant? Ce n'estoit point une mortelle femme. Quel or ondé en tresses s'allogeant Frapoit ce jour sa gorge nouvelette. Pour ne veoir rien qu'une eternelle nuict. Auquel par force un larron estranger Par les forestz prisonniere m'emmeine. En aultre part les deux flambeaux de celle Qui m'esclairoyt sont allez faire jour. des raiz de son oeillade Essuya l'air grelleux & pluvieux. Et sus son col. Et Juppiter dans le creux d'une nue Armoyt sa main de l'esclair de ses dardz: Quand ma Nymphette en simple verdugade Cueillant des fleurs. Qui d'esperance & de crainte m'alaitte. mon cuoeur.

31 rime d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A . l'hyver plein de chaleurs. Divers souhaitz desirent à leurs maulx. par les boys vivoyent avecques elles? Que tout par tout dorenavant se mue: Soyt desormais Amour soulé de pleurs. ma Dame veult deffaire. mais une roche dure. baizant. Si tu ne veulx les astres despiter En ton malheur. eschape cest orage: Mollis un peu le roc de ton courage Aux longz souspirs de ma triste langueur: Tousjours le ciel. & loing du mesdisant. Et de retours. la dame aux noyrs chevaulx Qui ça qui là. Soyent du printemps semblables les couleurs. Au choc des ventz l'eau ne soyt plus esmue. Et ceulx aussi qui mon cuoeur aiguillonnent. & que la seule mort Devoyt couper. l'arrest de vos destins Ne m'a fait naistre un de ces Paladins Qui seulz portoyent en crope les pucelles? Et qui tastant. puis que le noud si fort Qui m'estraignoyt. Du cuoeur des rocz le miel degoute & sue. Des chesnes durs puissent naistre les fleurs. Entre mes bras qu'ores ores n'arrive Celle qui tient ma playe en sa verdeur. qui jamais ne sejournent. Quiconque veult la priere eviter Jamais n'acheve une jeunesse entiere. Cieulx. Dieux. Pour ce. Et voyt tousjours de son audace fiere Jusqu'aux enfers l'orgueil precipiter. ne metz point en arriere L'humble souspir de mon humble priere: La priere est fille de Juppiter. De foy la terre en toutz endroitz soyt nue: Tout soyt changé. Car les amours qui ton cuoeur epoinçonnent. qui hault qui bas te tournent. & devisant. Pourquoy d'Amour mesprises tu la loy? Pourquoy fais tu ce qui ne se peult faire? Pourquoy romps tu si faulsement ta foy? Lune à l'oeil brun. Sur le tapis de ceste herbeuse rive? Et que n'est elle une Nymphe native De quelque boys? par l'ombreuse froydeur Nouveau Sylvain j'allenteroys l'ardeur Du feu qui m'ard d'une flamme trop vive Et pourquoy. Et ma pensée en gelante tiedeur. Loing de l'envie. L'esté soyt froid. Tousjours ne doyt ta beaulté despiteuse Contre ma playe endurcir sa rigueur. Traisnent ton char eternel en travaux: A tes desseings les miens ne sont esgaux.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1621 1622 1623 1624 1625 1626 1627 1628 1629 1630 1631 1632 1633 1634 1635 1636 1637 1638 1639 1640 1641 1642 1643 1644 1645 1646 1647 1648 1649 1650 1651 1652 1653 1654 1655 1656 1657 1658 1659 1660 1661 1662 1663 1664 1665 1666 1667 1668 1669 1670 1671 1672 1673 1674 S115 S115 S115 S115 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S116 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S117 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S118 S119 S119 S119 S119 S119 S119 S119 S119 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Pour tesmoigner la peine que j'endure: Et suis certain que ma triste langueur Emouveroyt non seulement son cuoeur De mes souspirs. orgueilleuse. tousjours l'eau n'est venteuse.

Las. L'un de son feu. Et l'un & l'autre à son tour me guerroye. qui me suit & resuit. Ore me gele. Mais deux venins n'etouffent point la vie. l'autre de sa liqueur. Ou le seul feu. L'obscur m'est jour. qui de mes pleurs s'augmente. De soingz mordentz & de souciz divers. de regrez & de pleurs. 32 rime c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b . Tandis que l'un à l'autre se combat. Tant son absence asprement me travaille. Rien ne me plaist. Dedans mes yeulx une fontaine ondoye.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1675 1676 1677 1678 1679 1680 1681 1682 1683 1684 1685 1686 1687 1688 1689 1690 1691 1692 1693 1694 1695 1696 1697 1698 1699 1700 1701 1702 1703 1704 1705 1706 1707 1708 1709 1710 1711 1712 1713 1714 1715 1716 1717 1718 1719 1720 1721 1722 1723 1724 1725 1726 1727 1728 S119 S119 S119 S119 S119 S119 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S120 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S121 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S122 S123 S123 S123 S123 S123 S123 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte Toy mignotant ton dormeur de Latmie. Qui nuict & jour bruit & rebruit ma peine. ou bien la seule glace. Ains des Soucis. J'eusse mis fin à mon angoysse forte. des Ifz. Un Montgibel s'enflamme dans mon cuoeur. Pour voyr le jour. Puis que cet oeil qui fidelement baille Ses loix aux miens. Du sang infait de ces groz lezardz vers Soyt ta poictrine & ta gorge souillée. toute chose me nuit. Ny d'un verd gay sa rive n'est point pleine. Presse mon cuoeur plus fort qu'une tenaille. Ou sus Rhodope ou sus un autre mont. Et par l'un d'eux metz fin à ce debat: J'ay seigneur j'ay. Sans quelque dieu. Et ce penser. sur les miens plus ne luict. j'ay de mourir envie. & des Cypres. Fais Amour fay. Les autres eaux par les prez vont roulant. & ore me fouldroye. Touchans les miens ja distillez les ont En un ruisseau. Tu vouldroys bien qu'une course endormie Emblast le train de ton char qui s'enfuit: Mais moy qu'Amour toute la nuit devore. En beau crystal le blanc des neiges fond Par sa tiedeur lentement vehemente: Ainsi tes yeulx (eclair qui me tourmente) Qui cire & neige à leur regard me font. que me celoyt ta nuit. le jour m'est une nuict. des le soyr je souhaitte l'Aurore. Le lit me semble un dur camp de bataille. qu'un des deux ayt la place. Sans se meurir dans mon ame verdoye. Une diverse amoureuse langueur. Soullé d'ennuiz. Comme le chault ou dedans Erymanthe. Sans que l'un soyt dessut l'autre vainqueur. qui mon oeil va tournant Vers le païs où tu es sejournant. Soyt sans repos ta paupiere eveillée. Ja pres du Loyr entre cent mille fleurs. Mais ceste ci par mon sein va coulant. Tes cheveulx soyent de viperes couvers. Ta levre soyt d'un noyr venin mouillée. Herbes ne fleurs ne sejournent aupres. Dont le bel air sans plus me reconforte.

Ou quand l'Aurore enjonche d'Amaranthe Le jour meslé d'un long fleurage espais. Que laschement vous me trompez. De son beau sang naistre une belle fleur. fault il que le vain de ma face. moins souler je m'en puis. L'humide sein de Junon ensemence: 33 rime b A c c D e D e a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a . ore une peine dure. Pour l'aymer trop egalement j'endure Ore un plaisir. Qui pour ma mort m'accompaigne en toutz lieux? Et quoy. Dont le surnom s'appelle trop aymer. las chetif. Autant de foys me sentiras Alcide. Un vray Narcisse en misere je suis: Hé qu'Amour est une cruelle chose! Je cognoy bien qu'il me fera mourir. Qu'au seul regard d'une vaine peinture.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1729 1730 1731 1732 1733 1734 1735 1736 1737 1738 1739 1740 1741 1742 1743 1744 1745 1746 1747 1748 1749 1750 1751 1752 1753 1754 1755 1756 1757 1758 1759 1760 1761 1762 1763 1764 1765 1766 1767 1768 1769 1770 1771 1772 1773 1774 1775 1776 1777 1778 1779 1780 1781 1782 S123 S123 S123 S123 S123 S123 S123 S123 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S124 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S125 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S126 S127 S127 S127 S127 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte Et d'une oeillade obliquement rouillée Tant que vouldras guigne moy de travers. & ma paix. Que je ne puis ma faim desaffamer. Enamourez d'une figure vaine: O nouveaulté d'une cruelle peine. De ceste doulce & fielleuse pasture. Et que du chault de ses rains allumez. Sans me souler je pren ma nourriture. Et si ne puis ma douleur secourir. qui force ma nature. je me plais. De membre à membre amenuiser me face. D'un si long jeun m'a tant faict epasmer. Hume à longz traitz les feux accoustumez. Car ce bel oeil. Quand il sentit dessus le bord humide. & riagas amer. La peine autant comme fait le plaisir. Qu'autant me plaist le plasir que la peine. Je foudroyray de tes Monstres l'effort: Autant de foys que tu seras leur guide Pour m'assaillir dans le seur de mon fort. O fier destin. Qui d'ordre egal viennent mon cuoeur saisir: Et d'un tel miel mon absynthe est si pleine. Devant mes yeulx je voy tousjours presente. Soyt quand la nuict les feux du ciel augmente. Qui m'est & sucre. Tousjours au ciel je leveray la teste. D'un joyeux dueil sans faim je me repais: Et quelque part où seulet je m'absente. Comme une cire aux raiz de la chaleur? Ainsi pleuroyt l'amoureux Cephiside. Fault il que moy de moymesme envieux. Et d'un escrit qui bruit comme tempeste. Plus je la voy. En ma douleur. mes yeulx. Or que Juppin epoint de sa semence. Pour aymer trop les eaux d'une fontaine. Tant j'ay sa peste en mes veines enclose. ô malice des cieulx. Je brusle apres une image incertaine. Celle qui cause & ma guerre.

or en peine cruelle. & ore que les fleurs.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1783 1784 1785 1786 1787 1788 1789 1790 1791 1792 1793 1794 1795 1796 1797 1798 1799 1800 1801 1802 1803 1804 1805 1806 1807 1808 1809 1810 1811 1812 1813 1814 1815 1816 1817 1818 1819 1820 1821 1822 1823 1824 1825 1826 1827 1828 1829 1830 1831 1832 1833 1834 1835 1836 S127 S127 S127 S127 S127 S127 S127 S127 S127 S127 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S128 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S129 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S130 S131 S131 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 texte Or que la mer. Ardra. Me traisna voyr la Dame à qui je suis. Contre le ciel mon cuoeur estoit rebelle. & pensif. & combien Elle est divine. que forçer je ne puis. qu'Amour m'a decoché. Plus elle court. Puis je disoy. D'un cuoeur muét je conte mes regretz. Qui si long temps m'avoyt ars. o plus qu'heureux liens. 34 rime a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B . Quand le destin. Encordelée es retz Idaliens: Amour reveult pour eschauffer ma glace. Plus je me lasse. Et que l'oyseau parmy les boys ramez Du Thracien les tançons recommence: Or que les prez. noura ma seconde amitié? Quand je senti le plus froid de mon ame Se rembraser d'une nouvelle flamme. ou de pensée. Et quelle aultre moytié. Et ma douleur feroit aller à rive. Soit pres ou loing. Au moins escoute. Si qu'en voyant ses beaultez. dont j'ay vescu depuis. de conduitz en conduitz. que ma sainte Angelette Sus le printemps anime de son chant. Et par les boys je voys celant ma playe. De nerfz en nerfz. Voyci le boys. & qu'aultre main m'enlasse. Un chaud adonq de moëlle en moëlle. & recreu de vigueur. & la chorde desceinte. Faisant un trait des beaulx raiz de ta veue. Ou comme archer qui blesse à l'impourveue: Mais comme amy piteusement touché Du fer cruel. Qu'aultre oeil me brusle. De mille & mille & de mille couleurs. O flamme heureuse. D'un nouveau feu. or que la vehemence Des ventz fait place aux grandz vaisseaux armez. & d'une neuve estrainte. Ains que vestir ceste escorce nouvelle. Or en plaisir. Par le sentier d'audace. Seul. & de rigueur. & lié. qu'elle est vive en mon cuoeur: Un seul moment gariroit ma langueur. aux rochers plus segretz. Peignent le sein de la terre si gaye. il me resouvint bien L'avoir jadis en paradis laissée: Car des le jour que j'en refu blessé. & l'estincele esteinte J'alloy chantant. Apres la mort de ma moytié si saincte. Ayant par mort mon cuoeur desalié De son subject. je n'ay jamais cessé De l'adorer de fait. & plus elle est fuytive. & rallente tes paz: Comme veneur je ne te poursuy pas. Je marche apres d'une jambe tardive. Vint à mon cuoeur. Puissé-je avoir ceste Fére aussi vive Entre mes bras.

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qui me va seduysant. Ayant pour maistre un peu sage penser. Tu pousserois sur ma despouille esteinte. Ou de crystal. Qui des le jour me mena commencer Le chapelet de la danse plus folle. Qui de sa pointe aux aultres non pointue. Lors tu serois dedans mon cuoeur lisant. Amour adonq me mit à son escolle. ou de verre luysant. si tu as quelque envie De soulager les playes de ma vie. Soubz la chanson d'Allegez moy Madame: Le tabourin se nommoit fol plaisir. Las. Hà. De quelle foy mon amour est parfaite. Jusques à l'os le coulde m'offença. l'amoureuse carolle. Non ceste ci. En escrimant un Démon m'eslança Le mousse fil d'une arme rabatue. O fort Thebain. si ta serve vertu rime a B B a a B B a C C d E d E a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E 36 . Que vergongneux je cele dans mon cuoeur. Belacueil. Je voys balant avecque faulx danger. Plus je me force à le vouloir tuer. Comme Thesée. Tousjours des Dieux le fouldre criminel Ne darde en bas sa menace enragée. Quand par pitié la beulté qui me tuë. Tousjours des bois la syme n'est chargée. Quelque souspir de tardive amitié. Dans le verger. di-je lors. Si tu sçavois de quelle affection Je suis captif de ta perfection. Ja tout le bras à seigner commença. Soubz les toysons d'un hyver éternel. un filet conduysant Mes paz doubteux dans les erreurs de Crete: Eussé-je au moins une poictrine faicte. De l'estancher soigneuse s'evertuë. Et luy donner sa premiere vigueur. La fluste erreur. La mort seroit un confort à ma plainte: Et lors peult estre esprise de pitié. mais de ta pitié sonde L'aspre tourment d'une aultre plus profonde. Tousjours les ventz. que ta doulce parolle Vint traistrement ma jeunesse offenser Quand au premier tu l'amenas dancer. Et les cinq pas la perte de mon ame. Plus il renaist pour mieux s'esvertuer De féconder une guerre en moymesme. Depuis cinq ans dedans ce beau verger. Tousjours tousjours ma vie est oultragée. Et de ses doigtz ma playe elle pança. le rebec vain desir. tousjours la mer d'Egée Ne gronde pas d'un orage cruel: Mais de la dent d'un soing continuel.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922 1923 1924 1925 1926 1927 1928 1929 1930 1931 1932 1933 1934 1935 1936 1937 1938 1939 1940 1941 1942 1943 1944 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S135 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S136 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S137 S138 S138 S138 S138 S138 S138 S138 S138 S138 S138 S138 S138 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte Puis que je n'ay pour faire ma retraitte Du Labyrinth.

O sainct brazier. estimé. Or que le vent. qui peux. Raison. Or que le ciel. & Sorgue. qui mutin se promeine. Tu le vois bien. de graille esparse en tous endrois. Ton oeil en soit. penser. Et toy. Et ja le bois de sa victime ameine Pour s'enflammer aux rayons de tes yeulx. & l'hyver froidureux. Ja mon esprit chatouillé de son mieux. Ce fol penser pour s'en voler plus hault. de hazarder ton aisle. Dedans ma chair. qui tousjours dure: Voyez. & luy doys contredire. Et de chaleur au cuoeur de la froidure. Muses. Et que la mer redoublant ses abois. Quand le Thuscan. comme je suis traitté. Oultre le ciel. S'est emplumé d'ailles joinctes de cire. dispost de sault en sault. Qui tout en feu s'assit entre les Dieux. L'eau de mes yeulx ne seroit suffisante. libre. Soubz la clarté d'une estoile si belle.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1945 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 S138 S138 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S139 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S140 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S141 S142 S142 S142 S142 S142 S142 S142 S142 S142 S142 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte Avoit encor ce monstre combatu. Ny suffisants toutz les flotz de la mer. & ne t'en chault. non Parnase. Tout l'imparfait de ceste escorce humaine. ô feu chastement beau. acoustumé De voir la nuict vostre dance sacrée: Je n'ay point beu dedans l'onde d'Ascrée. Luy fait oyseau. Je ne suis point. M'eternisant. Amour me brusle. Ains que te voir en bruslant deplumer: Car pour estaindre une ardeur si cuizante. & nud. Poursuit en vain l'object de son martire. Cesse. Je meurs de froid au plus chault de l'Esté. Apres le bien que haultain je desire. Las. Nét. Je veus brusler pour m'en voler aux cieux. Ce seroit bien de tes faitz le treiziesme. Rompt les rochers. rebelle se promeine. 37 rime E d A b b A A b b A C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c . pour adorer là hault L'aultre beaulté dont la tienne est venue. Amantz. Contre les bordz sa plus grand rage ameine. Fille du pied du cheval emplumé. brusle moy d'un si chaste flambeau Qu'abandonant ma despouille cognue. & sa Florence. comme le filz d'Alcméne. Et si ma lyre. je vole d'un plein sault. Certes le ciel te debvoit à la France. & desplante les bois. ou si ma rime agrée. de mon feu chaleureux Ne gele point l'ardeur. Et que l'horreur des plus frigoreux mois Fait herisser les cheveux de la plaine. or que la terre est pleine De glaz. De tes beaulx raiz chastement allumé Je fu poëte: & si ma voix recrée. Propres à fondre aux raiz du premier chault. Qui gele tout.

Las. & vous divins Espritz. Que sa beaulté n'y soit tousjours emprainte. Ny de ma flamme une ardeur eternelle. Las. O folle emprise. O nuit. Tu vois nostre âge. mais la mienne est tousjours continue. O promptz desirs d'esperance cassez. qui m'englace & m'enflamme. Ny le penser de trop penser en elle. Si quelque amour quelque foys vous a pris. Si suis-je heureux (& cela me rapaize) De plus soufrir que soufrir je ne peulx. ô passion trop forte: O vous Démons. 38 rime D e e D a B B a a B B a C C d E d E a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a . Et quand l'un croyst l'autre ne diminue: L'aspre tourment tousjours ne la tentoyt. Ny les erreurs d'une longue complainte. Qui languissoyent desoubz la morte braize. Entre les draps son venin delaissa. diverse me blessa D'une autre fiebvre en mes veines enclose. Ny les desdaingz d'une Nymphe si belle. O montz. Ne briseront mon cuoeur de diamant. O fiere ardeur. quand la fiebvre effaça Son teint d'oeilletz. ô pensers repensez. Presque en langueur Madame trespassa Au moys de Juin. & ses lévres de rose. Qui par destin. O miele. O chault. le chault jamais ne me deffault. destins & cieulx. Plus le desir me r'allume les feux. chäos.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050 2051 2052 S142 S142 S142 S142 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S143 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S144 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S145 S146 S146 S146 S146 S146 S146 S146 S146 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Et son Laurier engrava dans les cieux: Ore trop tard. ô Manes stygieux. Ny voir escrite en ma face la mort. Car d'autant plus qu'esteindre je me veux. ô paz en vain trassez. Et d'endurer le mal dont je me deulx. dont me rapaist Madame. que ma douleur entame. ô mer. qui n'est pas digne Tant seulement de parler de tes yeulx. ô fiel. O vainement mes jeunes ans passez. Ny le desir qui me lime & me mord. Je me deulx. Ny la fierté de sa doulce rigueur. ô rocz. Voyez pour dieu quelle peine je porte. O traiz fichez dans le but de mon ame. Ny contre amour sa chasteté rebelle. ô froyd. O doulce erreur. non. Dedans le lit où mal sain je repose. Une vapeur avec sa fiebvre esclose. Ny mes souspirs messagers de mon cuoeur. Belle fin fait qui meurt en bien aymant. mais dont je suis bien aise. Ny le plaisir de me fondre en langueur. L'un apres l'autre elle avoyt froyd & chault. helas. force m'est qu'en brullant je me taise. ô jour. O terre. Ny de mes yeulx la fatale liqueur. beaulté plus que divine. De deux jours l'un sa fiebvre s'allentoyt. Le froyd.

qui seduit les Menades. Si donc le bien d'un esperé bon jour. Jamais au cuoeur ne sera que je n'aye. Les mons Troyens ne foulent de gambades. les Amours vont touts seulz: Qui vouldra donc ne languir paresseux. d'amour & d'esperance. Quel paradis m'apporteront les nuictz. Le Corybente a quelquefoys repos. Qu'un seul regard les interestz m'en paye. L'un deshonneur. Soyt que je tombe en l'obly du cercueil. Tousjours au son des cornetz entonnez. L'un en plein jour. de loing j'avisay celle. amoureux ou gendarme. l'autre rompt une porte. Qui jusqu'au ciel fit mon cuoeur eslancer. l'autre dommage apporte. Aillé de foy. L'autre coyment une garde seduict: L'un un butin. En cent nectars peult enyvrer mon ame. Qui regarit & rengregea ma playe. Soyt l'un ou l'autre. Dont la beaulté dedans mon cuoeur se cele. Et de ses yeulx tousjours le cuoeur me point. Ne deçoyt pas leurs espritz estonnez. Et quelque foys leurs cerveaux forcenez Cessent leur rage & ne sont plus malades. Où se perdra le rien de mes ennuiz. L'un rompt un huis. Evanouy dans le sein de Madame? Au cuoeur d'un val. & l'autre gist souvent Devant un huis à la froydeur du vent: L'un boyt meinte eau. Tant ceste là. pour qui cent mortz j'essaye. Tousjours le Dieu des vineuses Thyades N'affolle pas leurs cuoeurs epoinçonnez. l'autre boyt meinte larme. l'autre le gaing poursuit. Et les douleurs m'apparoyssent au front. Dans un destour. Ne sent tousjours le Tan de sa deesse: Mais la fureur de celle qui me joint. L'un aux rivaux. Me saluant d'un petit riz de l'oeil. J'armay mon cuoeur d'asseurance nouvelle. l'autre aux gensdarmes nuit. où deux ombrages sont. Et le Curete aux piedz armez dispos. l'autre combat de nuict. En patience une heure ne me laisse. Tousjours l'erreur.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2053 2054 2055 2056 2057 2058 2059 2060 2061 2062 2063 2064 2065 2066 2067 2068 2069 2070 2071 2072 2073 2074 2075 2076 2077 2078 2079 2080 2081 2082 2083 2084 2085 2086 2087 2088 2089 2090 2091 2092 2093 2094 2095 2096 2097 2098 2099 2100 2101 2102 2103 2104 2105 2106 S146 S146 S146 S146 S146 S146 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S147 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S148 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S149 S150 S150 S150 S150 S150 S150 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte Par ce doulx mal j'adoray la beaulté. Des boys toffuz voyant le lieu profond. Si doulcement satisfait à mon dueil. apres un long sejour. L'un couche à terre. Amour & Mars sont presque d'une sorte. L'un finement trompe une ville forte. Plein de caresse. Par luy me vint ce vertueux penser. Qui me liant d'une humble cruaulté Me desnoua les liens d'ignorance. Le souvenir du favorable acueil. Mars va tout seul. 39 rime C C d E E d a B B a a B B a C C d E d E a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b .

D'avoyr osé publier le secret. Qu'Amour me lasse. Las. desja. Mes ennemis au dedans de mon fort. Me laissant seul. & l'ouyr. Serf volontaire. De qui l'humeur sur la mienne a puissance. Puis qu'aujourdhuy pour me donner confort. Seconde Aglaure. Dans le ruisseau. advienne que l'Envie Rouille ton cuoeur traistrement indiscret. en serpent retournée. Sans voyr en toy ceste Dame. 40 rime b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e D e A b b A A b b A c c D e e D a B B a . Et les tourmentz que ses beaulx yeulx me font. D'un si beau crin le dieu que Déle honore. D'avoyr receu. qui naistra de mes pleurs. qui tout le monde enflamme? Soyent tes buffetz chargez de masse d'or. toy que es de moy la quinte essence. & voy dans ma pensée. Ja soulageant de mes peines le faix. Veufve maison des beaulx yeulx de Madame. Que j'oy tousjours. Ou de tes yeulx serene mes douleurs. Qui bienheuroyt le bonheur de ma vie. mon cuoeur. ne me peult resjouir. Et que sa trace. Quand de leurs feux les astres se couronnent. mais un lien bien fort.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2107 2108 2109 2110 2111 2112 2113 2114 2115 2116 2117 2118 2119 2120 2121 2122 2123 2124 2125 2126 2127 2128 2129 2130 2131 2132 2133 2134 2135 2136 2137 2138 2139 2140 2141 2142 2143 2144 2145 2146 2147 2148 2149 2150 2151 2152 2153 2154 2155 2156 2157 2158 2159 2160 S150 S150 S150 S150 S150 S150 S150 S150 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S151 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S152 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S153 S154 S154 S154 S154 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte Pour luy chanter les maulx que j'ay pour elle. Que ces cheveux qui mes bras environnent. De ses cheveulx ma Maistresse me donne. & mes criz imparfaitz. Et soyent tes flancz empeinturez encor De mainte histoyre en filz d'or enlassée: Cela. Où franchement captif je m'abandonne. Maison. je te pardonne. & que le ciel m'ordonne. Adoulciroyt mon travail soucieux: Mais puis qu'il volte en un rond pluvieux Ses frontz lavez d'une humide journée. Non pas cheveux. Je m'assuroy qu'au changement des cieulx Cest an nouveau romproyt ma destinée. Pour estoufer le plus vif de ma peine. Quand un Centaure envieux sur ma vie L'ayant en crope au galop l'a ravie. En cent façons. desja ma langue Avantpensoyt les motz de sa harangue. en volontaire effort. Son col de laict blondement ne decore. A quelque corps orfelin de son ame. L'honneur du ciel n'est-ce pas ceste flamme Qui donne aux dieux & lumiere & chaleur? Ton ornement n'est ce pas la valeur De son bel oeil. Qui pres & loing me paissent de douleur. Je t'acompare à quelque pré sans fleur. Maugré la nuict ne treluysent si bien. Ou bien les miens alambique en fontaine. Ny les flambeaux du chef Egyptien. Cela me dit qu'au cours de ceste année Je pleuveray ma vie par les yeulx.

Helas. que j'ay laissez derriere. Tu es vrayment & sotte. Beaulté trop belle en ame trop mobile. or le poyl d'un toreau. que le meschant Lycambe. Belle est sa main. & son soleil jumeau. Doulx est son ris. d'en serpent. de cheveulx. qui la Meduse mesme Endurciroyt en quelque roche blesme.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2161 2162 2163 2164 2165 2166 2167 2168 2169 2170 2171 2172 2173 2174 2175 2176 2177 2178 2179 2180 2181 2182 2183 2184 2185 2186 2187 2188 2189 2190 2191 2192 2193 2194 2195 2196 2197 2198 2199 2200 2201 2202 2203 2204 2205 2206 2207 2208 2209 2210 2211 2212 2213 2214 S154 S154 S154 S154 S154 S154 S154 S154 S154 S154 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S155 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S156 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S157 S158 S158 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 texte Fiere à ton col Tisiphone se lie. Mais tout ainsi que le Soleil efface Les moindres feux: ainsi ma foy surpasse Le plus parfaict de toutes ses beaultez. Belle est sa bouche. Et d'un fouet. Rompant la sienne infamement fragile. Ore d'un Cygne. & dans un boys champestre. ou Attique. En nul endroyt. & me l'a fait scavoyr Ton jeune cuoeur. Qui d'un remors. De neige & feu s'embellit son visage. Qui me piquoyt d'une ardeur fanatique. Les montz. Jamais mon cuoeur de son coeur ne racointes. D'assubjettir les cuoeurs à ton pouvoyr. comme a chanté Virgile. Vangeant d'un coup cent mille cruaultez. les fleuves & les lieux. Son chef est d'or. Jouet à vent. Dont Archiloc aiguiza son ïambe: Et mon courroux t'ourdisse le licol Du fil meurtrier. Quand pour garir ma verve poëtique. & d'un trait. En ma faveur ce vers injurieux Suyve l'horreur du despit furieux. 41 rime a B B a C C d E d E a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D A b . son front est un tableau Où je voy peint le gaing de mon dommage. flot prompt à s'esmouvoyr. les boys. La foy n'est seure. Puisse le ciel sur sa langue envoyer Le plus aigu de sa fouldre à troys pointes Pour le payment de son juste loyer. Alors qu'Amour de son trait fantastique Causa le mal qui tant me fait douloyr. qui me fait devant l'age. quelque païs qu'on change. ou Romaine. Sans se lasser punisse ta folie. que jamais on n'estrange Loing de son chef. Bien que les champz. d'un soing. & de peau. Pour se saulver estraignit à son col. & d'un regret. Parmy les fleurs où seur je pensoys estre. Dedans des prez. Amour. Moins que devant m'agitoit le vouloyr. si tu as quelque foys Haussé ton vol soubs le vent de ma voix. Changer de teint. mais vieil pour decevoyr. Là je vivoy pour plus ne me chaloyr Ny de la Muse. Le doulx Tyran me martela de coupz: Et me fit voyr. & mal habile. L'arrest du ciel qui preside sur nous. Laissant Paris j'aborde sus le Loyr. Pour qui Juppin reprendroyt le plumage.

Las. Me laissant plein de vergogne & de peur. Là deux rubiz hault eslevez rougissent. Qui per à per combat avec l'Aurore? Dieu medecin. Bouche sur bouche & le flanc sus le flanc. impatient de haste. je vy. Et son lis palle en oeilletz recolore. Que ses destins seront suyvis des miens. Il faisoyt chault. Deflamme aussi le tison de ma vie: S'il vit. Dont les rayons cest ivoyre finissent De toutes partz unyment arondis: Là tout honneur. En toutz endroitz de neige devalée. & le somme coulant Se distilloyt dans mon ame songearde. Toutes les nuictz. Soubz un hyver doucement adoulci. si en toy vit encore L'antique feu du Thessale arbrisseau. Fut doulcement mon dormir affolant. rime b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E d E 42 . que de liz. Qui presidoyent à mon ardeur premiere. Astre fatal d'où s'ecoule mon mieux: Quelque Demon par le congé des cieulx. à pleines mains descloses. Une distance entre eulx se fait. Tastay-je lors entre deux manimentz? Mon dieu mon dieu. Entre mes bras je rembrasse et retaste Son ondoyant en cent formes trompeur: Mais quand il voyt que content je sommeille. ainsi Qu'entre deux montz une sente esgalée. Quand l'incertain d'une idole gaillarde. De quelz rubiz. que de roses.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2215 2216 2217 2218 2219 2220 2221 2222 2223 2224 2225 2226 2227 2228 2229 2230 2231 2232 2233 2234 2235 2236 2237 2238 2239 2240 2241 2242 2243 2244 2245 2246 2247 2248 2249 2250 2251 2252 2253 2254 2255 2256 2257 2258 2259 2260 2261 2262 2263 2264 2265 2266 2267 2268 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S158 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S159 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S160 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 S161 vers 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 texte Me tiennent loing de ma doulce guerriere. Que de coral. Conduit tousjours d'une aisle coustumiere Sa belle image au sejour de mes yeulx. s'il meurt. Panchant soubz moy son bel ivoyre blanc. lente revient aussi. pren pitié de ce teint damoyseau. Ce me sembloyt. je ne suis riens: Car tant son ame à la mienne est unie. Et toy Barbu. là toute grace abonde: Et la beaulté. et m'esveille. si quelqu'une est au monde. Vole au sejour de ce beau paradis. Comme à son bord la marine salée. & de quelz diamantz! Ces flotz jumeaulx de laict bien espoissi. de quelle doulce aleine. De quelle odeur estoyt sa bouche pleine. Quelle langueur ce beau front deshonore? Quel voile obscur embrunit ce flambeau? Quelle palleur despoupre ce sein beau. Me baisotoyt d'une lévre mignarde. Vont & revont par leur blanche valée. Et mitirant sa langue fretillarde. fidelle gardien Du temple assis au champ Rhaguisien. Mocquant mes braz il s'enfuit. Qui lente va.

Et de plus pres mes angoisses regarde. un changement divers De jour. D'espicz crestez ondoyent les champz verdz. & d'envie A ce Vulcan ingrat. Atteint l'Archer. Coustume inique. dans mon cuoeur se produit Un beau printempz qui me donne asseurance: Mais aussi tost que son rayon s'enfuit. Ainsi quand l'oeil de ma deesse luit. Malencontreuse & miserable loy. ren moy mon cuoeur. A leurs tresors ne sauroient eschanger Le moindre honneur de sa double richesse. Tant à grand tort. Si d'un trespas tu payes ma langueur. Mon lict desert je couve tant de nuictz? Hà. miserablement forte. Que tu retiens dans ton sein arresté: ren moy. Qui de ses yeulx occit meurtrierement Un qui l'avoyt plus chere que sa vie. Au plus profond de ma poytrine morte. & sans pitié. de grace & de valeur. Fait eclipser le Soleil de ma vie. Ni des Indoys la gemmeuse largesse. que je porte & de haine. ren moy ma doulce liberté Qu'à tes beaulx yeux mal caut je mis en garde. Sans me tuer une main je reçoy. d'espicz. Loy sans raison. Ren moy mon cuoeur. Ny toutz les biens d'un rivage estranger. Et de couleurs se peinture la rive. Dedans mon cuoeur. Quand le grand oeil dans les Jumeaux arrive. rime a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E 43 . Le pourpre esclos du sang Adonien. Qui s'opposant aux raiz de ma moytié. ou bien la mort retarde. Ren moy ma vie. Puisse combatre au teint de Marguerite. Qui de beaulté. Si riche gemme en Orient eslite Comme est son lustre affiné de bon heur.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2269 2270 2271 2272 2273 2274 2275 2276 2277 2278 2279 2280 2281 2282 2283 2284 2285 2286 2287 2288 2289 2290 2291 2292 2293 2294 2295 2296 2297 2298 2299 2300 2301 2302 2303 2304 2305 2306 2307 2308 2309 2310 2311 2312 2313 2314 2315 2316 2317 2318 2319 2320 2321 2322 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S162 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S163 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S164 S165 S165 S165 S165 S165 S165 S165 S165 S165 S165 S165 S165 vers 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 texte D'un Ocëan qui nostre jour limite Jusques à l'autre. Par le sentier qui roulle de travers. dira sus toy: De ceste fiere amie Puissent les oz reposer durement. tant tu es contre moy. & de couleurs les prive. Le triste ai ai du Telamonien. & de mauvaise sorte. Un jour plus doulx seréne l'Univers. Qui me devance au cours de ta beaulté. N'emperla point de la Conche l'honneur Où s'apparut Venus encore petite. pillarde. on ne voit point de fleur. Qui me pillant entraine avecque soy Mon cuoeur captif. L'âge à venir maugrayant ta rigueur. Fault il que veuf. seul entre mille ennuiz. que maistresse elle emporte. Par ne scay quelle honneste cruaulté. Mais queand sa fuite olbliquement tardive.

du visage. Quand une nuë à demy le traverse. L'un dans les miens darda tant de liqueur. le somme qui vous mét Doulce en mon lict. & le papier aussi: En cent papiers tesmoingz de mon souci. garçon. Despen du croc ma lyre chanteresse: Je veus charmer. Puis en l'ardent ses plumes il sechoit. Les vers d'Homere entreleuz d'avanture. 44 rime E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E d E A b b A A b b A C C d E E d a B B a a B B a C C . De l'autre un lac sur sa face espanchoit. Et triste apart pleuroit si tristement. Rire & pleurer le soleil du printemps. quel dueil. Que pleurs & feux depuis l'heure je verse. Mon dieu. si je puis. Puis à plein poing enjonche la maison Du beau tapis de leur meslange espaisse. augure. oracle de l'amour. Donne moy l'encre. Ainsi voit on quelquefois en un temps. de grace & de couleur. Et quelz sanglotz. & quelles larmes sainctes. Changeans de front. Tandis Amour qui petit se cachoit Folastrement dans le sein de la belle. ou par sort. A celle fin que la race future Juge du mal que je soufre en aymant.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2323 2324 2325 2326 2327 2328 2329 2330 2331 2332 2333 2334 2335 2336 2337 2338 2339 2340 2341 2342 2343 2344 2345 2346 2347 2348 2349 2350 2351 2352 2353 2354 2355 2356 2357 2358 2359 2360 2361 2362 2363 2364 2365 2366 2367 2368 2369 2370 2371 2372 2373 2374 2375 2376 S165 S165 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S166 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S167 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S168 S169 S169 S169 S169 S169 S169 S169 S169 S169 S169 vers 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 texte De mon printempz il avorte le fruit. Les cieux fermez aux criz de sa douleur. Verifirez dans mes braz quelque jour. Le bel esmail de la verte saison. Et quelz souspirs Madame alloit formant. Soit par destin. alors que le tourment D'un teint de mort ses graces avoit peintes. Vont predisant. Je veux tracer la peine que j'endure: En cent papiers plus durs que diamant. Et à myherbe il tond mon esperance. En ma faveur chantent tous d'un accord La garison du tourment que j'endure. Fauche. Croysant ses mains à l'estomac estraintes Fichoit au ciel son regard lentement. d'une main pilleresse. Ces vieux Barbuz. En l'oeil humide alloit baignant son aisle. qui la chose future. & du port. me promet Que je verray voz fiertez adoucies: Et que vous seule. L'arrest fatal de tant de propheties. Mais elle apart qui son courroux ne cele L'un de ses yeulx arma d'une estincelle. Et l'autre apres tant de flammes au cuoeur. Que les rochers se brisoyent de ses plaintes. Mesmes la nuict. annoncent reconfort Aux passions de ma peine si dure. Des traitz des mains. Dont un bel oeil sorcela ma raison Par la vertu d'une oeillade maistresse. Un sot Vulcan ma Cyprine faschoit. par rencontre. la poison.

M'a par destin ton esclave ordonné. Pleuve le ciel des parfumz & des roses. où la douleur contrainte Formoit l'accent de sa juste complainte. Aille par tout noz plaines remplissant. Où l'Archerot ses flesches esmouloit. De neige tiede estoit sa face pleine. quand sa face il contemple. Feu ses souspirs. Le Loyr soit laict. Ses yeulx m'estoyent un bel astre fatal: Roses & liz. Un bel argent chauldement s'escouloit Dessus sa joue.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2377 2378 2379 2380 2381 2382 2383 2384 2385 2386 2387 2388 2389 2390 2391 2392 2393 2394 2395 2396 2397 2398 2399 2400 2401 2402 2403 2404 2405 2406 2407 2408 2409 2410 2411 2412 2413 2414 2415 2416 2417 2418 2419 2420 2421 2422 2423 2424 2425 2426 2427 2428 2429 2430 S169 S169 S169 S169 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S170 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S171 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S172 S173 S173 S173 S173 S173 S173 S173 S173 vers 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 texte Par sympathie en devindrent malades: Tous renfrognez les astres secouoyent Leurs raiz du chef. en la gorge ivoyrine. ses deux sourciz d'ebéne. telles pitiez nouoyent Dans le cristal de ses moytes oeillades. Que Gastine ait tout le chef jaunissant De maint citron & mainte belle orenge. 45 rime d E E d A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A c c D e e D A b b A A b b A . Que toute odeur de toute terre estrange. Et qui naissant rompis la teste au vice De ton beau nom dedans les astres peint: Quand l'age d'homme aura ton cuoeur atteint. Celuy qui fit le monde façonné Sur le compas de son parfait exemple. qui des le ventre sainct Fus destiné pour le commun service. De touts ses maulx un salaire plus ample Que de la voyr. Comme l'esprit. Naissant au monde. Voyla pour quoy. Comme un Souci aux rayons du soleil. L'amas pleureux d'une obscure bruine Qui de leur jour la lumiere celoit. ne luy est point donné: Ainsi je pers ma peine coustumiere. La mer soit calme. chefdoeuvre nompareil. ses larmes un crystal. au monde a fait renaistre La foy premiere. En le sablon. Au paradis de sa chaste poitrine. & le premier honneur. qui sainctement est né Pour voyr son dieu. qui dans Braye se range. Le feu jumeau de Madame brusloit Par le rayon de sa flamme divine. & l'air plein de bon heur: Voici le jour. D'or ses cheveux. Quand à longz traitz j'oeillade la lumiere De ton bel oeil. D'arenes d'or soit par tout blondissant. son rempart verdissant En un tapis d'esmeraudes se change. quelque part qu'il sejourne. Le monde adonc ployé soubz ta police Le pourra voyr totalement estaint. S'il reste encor quelque trac de malice. Tousjours vers luy maulgré moy je me tourne. que l'enfant de mon maistre. Soyent des grands ventz les aleines encloses. Le couronnant des voustes de son temple. Jeune Herculin.

Puis qu'il te plaist (bien que tard) de vouloyr Changer ton Loyre au sejour de mon Loyr. Fais à mon Loyr ses mines relascher. que d'autant plus j'honore. 46 rime c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d a B B a a B . Epoinconné d'une manie extreme: Là. Voyre y fonder ta demeure choysie. Au sein du beau mon penser s'en vola. A qui Phebus en doubte fit avoyr Peu cautement l'aiguillon du scavoyr. Aultre Jason tu t'en iras conquerre. Dressant en l'air mon vol audacieux Pour voir le Tout. En ma faveur le ciel te guide ici. ainsi qu'un jeune oyseau. Dont ici bas la partie m'enflamme. & les honneurs des Roys. Pour te montrer de plus pres le souci Qui peint au vif de ses couleurs ma face. Et ton gosier horriblement venteux. Et ses vertuz. je cogneu ma maistresse & moy-mesme. Toy de l'hyver le plus fidele archer. Soeur de Paris. Vien Nymphe vien. De leurs souspirs eschauferont ta glace. Laschant un jour le noud de son bandeau. L'irritemer. Là. Tu variras vers moy de fantaisie. Puis aultre Hector tu courras à la guerre. Par le moins beau. mais les champz Navarroys. & qui fais approcher Aux enfers l'une. Je t'en ren grace. & la mer. L'or crespelu. Dont sans proffit ton ame fut saisie. Qui m'ont parfait l'imparfait de mon ame. la fille au roy d'Asie. Tremblent d'effroy quelque part où tu passes. Ainsi ton front ne soit jamais moyteux. S'esparpilloyt sur le sein que j'adore. Là. Le chassenue. Mugle tousjours dans les cavernes basses. Et sage apren les haultz faitz de ton pere.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2431 2432 2433 2434 2435 2436 2437 2438 2439 2440 2441 2442 2443 2444 2445 2446 2447 2448 2449 2450 2451 2452 2453 2454 2455 2456 2457 2458 2459 2460 2461 2462 2463 2464 2465 2466 2467 2468 2469 2470 2471 2472 2473 2474 2475 2476 2477 2478 2479 2480 2481 2482 2483 2484 S173 S173 S173 S173 S173 S173 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S174 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S175 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S176 S177 S177 S177 S177 S177 S177 vers 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 texte En ce pendant crois enfant. du vray beau j'adore le parfait. qu'en vain je r'appelle ore. Que mes douleurs s'augmentent de son beau. & prospere. Ainsi les braz des chesnes les plus vieux. & l'ebranlerocher. horreur de la Scythie. Mon cuoeur. Vola dedans. helas. & les cieux. Ore l'esclair de leur divine flamme. Comme on souloit si plus on ne me blasme D'estre tousjours lentement otieux. Brave Aquilon. les rochers & les boys Qui de pitié s'enflamment soubz ma voix. Ainsi la terre. d'otieux actif je me suis fait. heureux trait de ces yeulx. aux cieux l'autre partie: S'il te souvient de la belle Orithye. Non la toison. m'esleve jusqu'aux cieux. qui mon penser aisla. Tant que Madame à rive soit sortie.

Ny mousse encor ne revestit escorse. Et ce pendant le cuoeur ilz me pillerent. Et de mes pleurs le Loyrs s'est augmenté. Pour le depart d'une beaulté si fiere: Et m'esbaye. desja la ville est prise. Ne s'est pas fait cest esprit ventueux. Veu la douleur qui doulcement me lime. & ma voix. j'appendray le soing. Qui ramassantz ses blondz filetz orins. les souspirs. Cep où l'Amour de ses flesches m'encloue. Gela mes sens. & les ennuiz. J'eusse crié. Que fourchument l'eau du Loyr entrenoue De gazons verdz un temple je te vouë. mutine. mais la peur que j'avoys. Heureuse.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2485 2486 2487 2488 2489 2490 2491 2492 2493 2494 2495 2496 2497 2498 2499 2500 2501 2502 2503 2504 2505 2506 2507 2508 2509 2510 2511 2512 2513 2514 2515 2516 2517 2518 2519 2520 2521 2522 2523 2524 2525 2526 2527 2528 2529 2530 2531 2532 2533 2534 2535 2536 2537 2538 S177 S177 S177 S177 S177 S177 S177 S177 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S178 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S179 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S180 S181 S181 S181 S181 vers 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 texte Qui s'enfueillant dedans un arbrisseau. Si blond. comme est une toyson Qui mon dueil tue. qui Tyr ont esleu pour maison. Le prince Eole en ces moys ne deterre L'esclave orgueil des vents tumultueux. que je n'ay veu muer Mon cuoeur en vent. Ny l'Ocean des flotz tempestueux De sa grand clef les sources ne desserre. si beau. Et qu'une part se vient rendre au vainqueur. & mon plaisir renforce. Pris en leurs retz esclave le lierent. Les faulx plaisirs. Seulz mes souspirs ont ce vent enfanté. Poyl folleton. Ny par les champs le Loyr impetueux De neige cheute à toute bride n'erre. de tant continuer Souspirs & pleurs. & mes yeulx en riviere. Si tendre qu'elle en la prime saison. paz à paz. Et soubz tes piedz j'immoleray cent boeufz. Ne fut onq l'or. De ceulx. à la fin de ma ryme. D'une vapeur enclose soubz la terre. J'eschape franc. se devise. Lors qu'en deux partz. Et qui me suit compaigne. De branche en branche à son plaisir s'essore: Lors que voyci dix beaux doigtz ivoyrins. Là. saincte & alme Liberté. que les toreaux par force. Si hors du cep où je suis arresté. & du ret qui m'ennoue Si quelquefoys je me voy desreté: Au cuoeur d'un pré loing de gents escarté. mes poumons. & l'envie: Là. Le vain espoyr. Pour le bienfaict d'avoyr saulvé ma vie. où nichent mes liesses. Au champ de Mars donnerent à Jason. les mensonges des nuictz. Pour trop aymer. Je congnoy bien qu'encor' je ne suis pas. 47 rime B a C C d E E d A b b A A b b A c c D e e D a B B a a B B a C C d E E d A b b A A b b A C C d E E d a B B a . touts les ans je te pairay mes voeux. Si fine soye en leur main ne fut torse. Puis que pour moy tes compagnons tu laisses Je sen ramper l'esperance en mon cuoeur: Courage Amour.

debouche la barriere. Dans l'immortel du temple de Memoyre. Que maugré moy. rime a B B a C C d E E d A b b A A b b A C C d E E d a B B a a B B a C C d E E d 48 . Un beau sentier pour s'en aller aux cieulx. Vengeoyt l'honneur de ses premiers ayeulx. qui dessus Pinde errez. va. D'un cours certain empoudre la carriere: Va donq bientost. Razant mes paz. C'est que je voy qu'aggreable tu l'as. leurs paz levent si hault Par le sentier qui guide à la Memoyre. Ja se trassant de l'aigu de sa lance. ores plein d'esperance. Lache la bride. Bouguier. Tagaut. Et qui de grace ouvrez. honteusement boiteux. Or plein de doubte. j'oy galloper derriere De quatre ou cinq la suyvante roydeur. Bayf. Je feray place au tourbillon venteux Qui tout le monde emplira de leur gloyre. Muret. & ne pallis de peur: Encependant que le chemin est seur. Maclou. Lors qu'il trenchoyt d'un bras victorieux Au bord du Rhin l'Espaignolle vaillance. l'ardeur qui de chanter m'anime. qui en fait jugement Et qui me donne à toute heure argument De souspirer heureusement pour elle. Je desja preste à devancer l'ardeur Qui m'esperonne en ma cource premiere.Ronsard Les Amours(1552) rimes No Sonnet 2539 2540 2541 2542 2543 2544 2545 2546 2547 2548 2549 2550 2551 2552 2553 2554 2555 2556 2557 2558 2559 2560 2561 2562 2563 2564 2565 2566 2567 2568 2569 2570 2571 2572 2573 2574 2575 2576 S181 S181 S181 S181 S181 S181 S181 S181 S181 S181 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S182 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 S999 vers 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 texte Dame. Je suis vrayment heureux & plusque heureux De vivre aymé & de vivre amoureux De la beaulté d'une Dame si belle: Qui list mes vers. Lors que HENRY loing des bornes de France. Vous saint troupeau. & desserrez Voz doctes eaux à ceulx qui les vont boyre: Si quelque foys vous m'avez abreuvé. J'alloy roullant ces larmes de mes yeulx. Va Livre. Soyt pour jamais ce souspir engravé. Et que je tien de tes pensers la cyme. Et qui me rend en ce labeur moins las.

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