« Crois-tu que tu me sois moins chère parce que tu ne sais pas agir de ton propre chef?

Non, non, tu n’as qu’à t’appuyer sur moi; je te conseillerai; je te dirigerai. Je ne serais pas un homme si cette incapacité féminine ne te rendait pas précisément doublement séduisante à mes yeux… Prends un bon repos et sois tranquille : j’ai de larges ailes pour te protéger… Il y a pour un homme une douceur et une satisfaction indicibles dans la pleine conscience d’avoir pardonné à sa femme… Elle est en quelque sorte devenue à la fois sa femme et son enfant. C’est ce que tu seras pour moi désormais, petit être éperdu et déconcerté. Ne t’inquiète de rien, Nora; parlemoi seulement à cœur ouvert et je serai à la fois ta volonté et ta conscience. » Maison de poupée tel que cité par Simone de Beauvoir dans le Deuxième sexe, tome II, p.203, Éditions Gallimard, 1949.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful