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Vocations

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dossier réalisé par Claude Collignon eT Céline larousse

D OS S I E R
Bernard Hourlier

Messe de Pentecôte à la cathédrale, le 23 mai 2010.

A temps nouveaux, engagements nouveaux
Il n’est plus possible d’établir un organigramme ecclésial parfaitement détaillé des rôles et d’espérer pouvoir remplir les places vides par des “vocations” suffisamment nombreuses. Il nous faut laisser advenir l’Eglise d’aujourd’hui et de demain non pas en fonction de nos plans et de notre imaginaire du passé, mais à partir de ce que Dieu donne effectivement sur tel territoire précis, à telle communauté, à telle personne. (…) Une “culture vocationnelle” commence à se mettre en place quand se forme une attention à l’itinéraire ou au charisme propre, non seulement de chaque chrétien, mais aussi de ceux et de celles rencontrés quotidiennement, qu’ils soient croyants ou non.
Christoph Theobald, Vous avez dit vocation ?, éd. Bayard, pages 141-142.
Reims-Ardennes

Consacrés et laïcs

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D OS S I E R

“ViVre aVeC les gens, C’esT le Plus imPorTanT”
Sœur Brigitte est venue du Burkina Faso avec deux sœurs de sa communauté pour vivre au presbytère de Châtillon-sur-Marne et soutenir la pastorale.
Comment vous êtes-vous retrouvée chez nous ? Depuis quatre ans, trois sœurs de ma congrégation vivent tout près d’ici, à Dormans, dans le diocèse de Châlons. Le père Michel Couvreur, curé à Villers-en-Tardenois, les connaissait. Il a demandé à rencontrer notre supérieure lorsqu’elle est venue à Dormans. Le presbytère de Châtillon étant vacant depuis plusieurs années, il souhaitait le proposer à des sœurs qui soutiendraient la mission de la paroisse. Quand êtes-vous arrivée ? Je suis arrivée la première, le 29 décembre 2009. Pendant huit mois, les sœurs de Sainte-Chrétienne m’ont accueillie chez elles, à Fismes. On ne se connaissait pas et nous avons vécu une belle expérience de fraternité. Pendant cette période, divers engagements m’ont permis de découvrir la vie ici : j’animais la prière hebdomadaire à la maison de retraite de Fismes, portais la communion aux malades. J’ai également suivi la formation de député aux obsèques. Le 21 septembre, sœur Maria et sœur Sylvie m’ont rejointe et nous nous sommes installées au presbytère de Châtillon.

Sœur Brigitte

Connaissiez-vous ces deux sœurs au Burkina ? On se connaissait seulement de vue, car nous n’habitions pas au même endroit. Ici nous apprenons à nous découvrir. Pour faire grandir la communion entre nous, la prière est très importante. Dans la chapelle qui a été aménagée au presbytère, nous nous retrouvons pour l’office trois fois par jour. La messe est célébrée le mardi et le vendredi. Nous avons aussi chaque jour en commun la récitation du chapelet : nous nous mettons sous la protection de Notre-Dame de l’Annonciation, qui est la patronne de notre congrégation. Nous demandons à la Vierge la même disposition
De gauche à droite : Sœur Sylvie, sœur Brigitte et sœur Maria.

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Céline Larousse

en Bref
qu’elle avait lors de la visite de l’ange, c’est-à-dire une disponibilité intérieure.

Secours catholique
La collecte nationale dans les paroisses aura lieu le dimanche 21 novembre. En France, les inégalités ne cessent de se creuser, diminuant les ressources de nombreuses familles. Par votre don, vous entrez encore plus dans la dynamique de la Parole de Dieu : “Ce que vous avez fait aux plus petits…”.

En quoi consiste votre apostolat ? En arrivant ici, j’ai dit au père Couvreur que vivre avec les gens était pour moi beaucoup plus important que l’action. A travers nos différents engagements (catéchèse, obsèques, aumônerie des jeunes, catéchuménat), nous essayons de nous faire proches des gens. J’aime beaucoup rencontrer les familles avant les obsèques. Nous rencontrons aussi les gens dans les villages lors des messes dominicales. Nous sommes toujours bien accueillies, les gens font l’effort de s’intéresser à nous. A Châtillon, nous connaissons beaucoup de monde. Les gens nous saluent dans la rue, certains nous rejoignent lors des offices. C’est encourageant ! Quel regard portez-vous sur l’Eglise chez nous ? La situation est très différente du Burkina : chez nous il y a beaucoup de jeunes à la messe. Ici, les gens sont beaucoup plus âgés. Je rencontre souvent des personnes qui me disent qu’elles ne pratiquent plus, mais restent croyantes. Certaines sont émues quand je leur apporte la communion, elles évoquent avec nostalgie leurs souvenirs de vie chrétienne. Par ailleurs, je trouve qu’il y a beaucoup de solitude. A la maison de retraite, certains résidents n’avaient pas de visite. Mais je ne veux pas être trop négative. Cet été j’ai vu que les gens avaient soif de se retrouver, de passer du temps en famille. Aux enterrements, j’ai vu des familles très soudées. Un autre point positif est la formation des laïcs : aux obsèques, pour le catéchisme, la préparation des sacrements, les équipes sont bien formées. J’admire particulièrement les catéchistes, car les enfants ici sont turbulents ! Vous venez soutenir notre Eglise qui traverse une période difficile… C’est d’abord la France qui s’est montrée généreuse envers nous. Sans vous nous n’aurions pas reçu la lumière de l’Evangile ! Deux missionnaires

Personnes seules
Vous êtes célibataire, divorcé, veuf et vous avez entre 35 et 55 ans ? L’association Notre-Dame de l’écoute vous propose une récollection animée par le père Jacques Marin à l’abbaye d’Andecy, près d’Epernay, du 26 au 28 novembre. Rens. Jean-Luc - tél. 03 26 51 49 67

Les saints et la poésie
Mercredi 17 novembre à 17h, en la bibliothèque diocésaine de la Maison Saint-Sixte, Dominique Hoizey parlera de la place que les saints occupent dans la poésie occidentale, de Prudence à Claudel en passant par Dante, Hugo, Verlaine, Péguy. Entrée libre.

français, le père André Dupont et sœur Claire Griffon, ont fondé en 1948 la congrégation NotreDame de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso. Actuellement, nous sommes deux cent quarante-trois sœurs présentes en Afrique de l’Ouest (Mali, Côte d’Ivoire, Bénin). Avec nos deux communautés en Champagne, nous commençons à être missionnaires en dehors du continent africain. Vous connaissez des difficultés, c’est normal que nous venions vous soutenir. Personnellement, je vois la mission comme un échange de dons : ce n’est pas un pays qui apporte son savoir moral et spirituel à un pays qui serait dépourvu de tout. Chacun a des richesses à partager. Nous vous apportons notre culture, notre façon de vivre l’Evangile, et nous nous enrichissons de votre expérience.
ProPos reCueillis Par Céline larousse
Contact : Sœurs de l’Annonciation - Tél. 03 26 52 69 17
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des laïCs à l’éCole d’un maîTre sPiriTuel
En interviewant des laïcs sur les ondes de RCF, Béatrice Puechberty est témoin qu’une profonde quête spirituelle les anime.
François de Sales, saint Benoît ou saint Ignace de Loyola… et tout naturellement ils rejoignent d’autres chrétiens ayant la même recherche. Ensemble, ils forment une petite fraternité.

Groupes de vie évangélique

Quel est le principe de l’émission “Nos maîtres spirituels” ? Béatrice Puechberty. Avec Vanina Fontaine, Nicole Revaux et Michelle Leclère, je reçois des membres de groupes de vie évangélique : les fraternités franciscaines, les communautés Vie chrétienne, les équipes du Rosaire, la fraternité Nicolas Roland, les frères laïcs lassalliens, l’association Saint-François de Sales, l’oblature bénédictine. Peut-être y en a-t-il d’autres dont j’ignore l’existence et que j’invite à se faire connaître. Qu’est-ce qui est commun à ces divers groupes ? Toutes les personnes qui font partie de ces groupes sont des laïcs, des baptisés, qui vivent comme tout le monde, mariés ou célibataires. Mais ils recherchent un approfondissement de leur vie chrétienne qu’ils trouvent en se mettant dans les pas d’un “maître spirituel” correspondant à leur orientation profonde : certains se découvrent des affinités avec saint François d’Assise, d’autres, avec saint Jean-Baptiste de la Salle ou le bienheureux Nicolas Roland, d’autres saint
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Ces groupes leur permettent-ils de progresser dans la vie spirituelle ? Oui, car ces fraternités apportent en même temps la pédagogie propre à la spiritualité dont elles s’inspirent. D’ailleurs, souvent, les groupes se rassemblent autour d’une communauté religieuse qui leur assure le soutien de la prière et de la réflexion. C’est le cas par exemple de la fraternité franciscaine avec les Sœurs Clarisses ou encore de l’oblature bénédictine qui se réunit au monastère de Saint-Thierry. Je trouve que la spiritualité ignatienne (les jésuites) a une forte influence sur plusieurs de ces groupes de laïcs. C’est très concret, c’est une façon de regarder sa vie dans les petites choses. Pensez-vous que ces groupes correspondent à un phénomène nouveau dans l’Eglise d’aujourd’hui ? Oui, car ces chrétiens veulent vivre une recherche spirituelle à l’intérieur même de leur vie quotidienne, en laïcs tout simplement, pères et mères de famille, personnes engagées dans la vie sociale. C’est vraiment un approfondissement de la vocation de baptisés. Y-a-t-il encore d’autres formes de vie de fraternité dans le diocèse ? Il y a en effet les communautés issues du courant charismatique comme le Chemin Neuf,

RCF

Yves Schemel

Un groupe de laïcs cisterciens se retrouve régulièrement à l’abbaye d’Igny.

Sant’Egidio, l’Emmanuel, la Maison de l’Alliance, Fondacio, Mère de miséricorde. Dans le cadre du quart-monde, il existe la communauté du Sappel. Je sais aussi que certains prêtres du diocèse font partie de groupes de spiritualité, l’un inspiré par le père Charles de Foucauld (Jesus Caritas) et l’autre par le père Antoine Chevrier (le Prado). Et on peut rappeler également qu’il existe des personnes faisant partie d’instituts séculiers dont les

membres sont des laïcs s’engageant à suivre le Seigneur dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance.

Peut-être a-t-on oublié d’autres groupes ? C’est aux groupes existants à se faire connaître ! Mais quelle belle efflorescence de vocations nouvelles dans notre Eglise !
ProPos reCueillis Par Claude Collignon

Trouver sa voCaTion auJourd’hui
Où est-ce que j’en suis avec moi-même, avec les autres, avec Dieu ? Pour en prendre conscience, deux conditions élémentaires : créer un espace de retrait ou de silence et s’asseoir une bonne fois - peut-être est-ce en marchant seul - pour relire son histoire, ce qui s’est passé ces derniers temps, ces dernières années… Devant mon œil intérieur, je passe en revue mes relations, les lieux fréquentés ou habités, mes activités et engagements, les événements importants et que sais-je encore. Rien d’exhaustif ! Mais un simple travail de la mémoire où une chose suggère une autre jusqu’à ce que se forme une “trame” qui dit le point où j’en suis, aujourd’hui, avec mon histoire. Ceux qui ont pris l’habitude de faire ce petit exercice régulièrement disent en tirer grand profit. (…) L’enjeu est de s’étonner, de se laisser surprendre, (…) de repérer concrètement comment Dieu se rend présent à ma vie, ce qu’il a déjà fait en moi et comment il continue son travail discret et si infiniment respectueux.
Père Christoph Theobald, Vous avez dit vocation ?, éd. Bayard, page 152. 15

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Françoise et Christian Dutrop

en quêTe d’uniTé

Engagés dans la communauté du Chemin Neuf depuis près de trente ans, Christian et Françoise Dutrop viennent de s’installer à Reims. Cinq enfants et de nombreux déménagements témoignent d’un parcours bien rempli.
la paroisse de Dourdan : préparation au mariage, catéchèse… “Depuis notre mariage, on cherchait à prier davantage, mais on ne passait pas aux actes, par pudeur. C’est alors qu’un couple d’Américains de la paroisse nous a proposé un week-end pour couples : pour la première fois, on a récité ensemble le Notre Père, cela a changé beaucoup de choses.” L’année suivante, le prêtre qui accompagne Christian leur remet une brochure sur le Chemin Neuf. “Nous avons été attirés par les activités qui s’adressaient aux familles. Nous avons participé à une session “Cana” avec nos enfants, puis suivi une formation spirituelle à Paris. La question de l’unité entre les domaines de ma vie se posait avec davantage d’acuité ; je sentais que je devais redonner à l’Eglise ce qu’elle m’avait donné. Lors d’un temps de prière en couple, nous avons «vu» tous les deux les grilles d’une demeure grandes ouvertes. Le lendemain, au groupe de prière, les responsables annonçaient que le Chemin neuf ouvrait un centre d’accueil à Tigery, près de chez nous, et cherchait des volontaires pour animer le lieu. Trois mois plus tard, on franchissait les grilles que nous avions reçues dans la prière…” Christian poursuit son activité à Paris, et à la naissance de leur cinquième enfant, obtient un congé parental à temps partiel de dix-huit mois. “A la fin du congé, j’ai demandé à continuer à temps partiel, ce que mes employeurs ont refusé. A ce moment-là, les responsables de Tigery m’ont proposé un poste à l’hôtellerie, en binôme avec Françoise qui était maîtresse de maison. Dire que lors de notre mariage, on s’était juré de ne jamais travailler ensemble ! Le Seigneur nous a mis au pied du mur pour vivre cette «cohabitation». Heureusement qu’il était là, heureusement aussi que nous avons su saupoudrer le quotidien d’une bonne dose d’humour !” 1990. Le couple prend une année sabbatique de formation près de Lyon. Christian fait une retraite ignatienne de trente jours, au cours de laquelle il est

ls ont grandi près de Chartres, à une trentaine de kilomètres l’un de l’autre, mais c’est à la paroisse française de Londres qu’ils se sont rencontrés. Christian effectuait un stage dans l’hôtellerie, Françoise terminait un séjour de fille au pair. La foi était déjà très présente dans leur vie : “Depuis mon plus jeune âge, je prenais part avec mes cinq frères aux temps de prière que mes parents proposaient à la maison. J’étais aussi engagée au MRJC et au MEJ*”, se souvient Françoise. Christian, lui, était très proche d’un prêtre de la Mission de France, aumônier de son école d’hôtellerie. Après leur mariage, ils s’installent dans l’Essonne. “A l’époque, j’avais soif de réussir ma vie professionnelle. Quand j’ai vu une annonce pour travailler dans un grand hôtel au Koweït, je n’ai pas hésité. Mais nous sommes rentrés l’année suivante, car il y avait trop de pression au travail. De retour dans l’Essonne, je m’orientai vers la restauration collective. Les week-ends étant libres, il m’était plus facile de trouver une unité entre le travail, la famille et l’Eglise.” Le couple s’engage à
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Céline Larousse

“confirmé dans le fait qu’il devait mettre ses compétences au service de l’Eglise”. Ce sera, pendant neuf ans, la gestion du restaurant touristique de l’abbaye d’Hautecombe, situé au bord du Lac du Bourget en Savoie. 2000, nouveau changement. Monseigneur Aubertin, qui préside aux destinées du diocèse de Chartres, ouvre une seconde maison diocésaine et en confie l’animation à la communauté du Chemin neuf. Retour en Beauce de Christian et Françoise. Monseigneur Aubertin aura raison des résistances de Christian concernant le diaconat : “Je redoutais d’être pris en tension entre la vie communautaire et la vie diocésaine, mais l’évêque m’a dit que je serai un pont entre ces deux réalités.” Puis, en 2007, direction Melun, au sud de Paris, pour assurer l’intendance et la cuisine d’une maison de retraite de sœurs dominicaines, dont une partie des bâtiments est affectée à l’accueil de groupes. Et maintenant, Reims. Christian et Françoise sont venus soutenir la communauté du Chemin Neuf,

désormais bien implantée à la cité des sacres. Monseigneur Jordan a confié à la communauté l’animation de l’aumônerie et du foyer d’étudiants sis dans une aile de la maison Saint-Sixte, ainsi que l’animation de la paroisse Saint-André, en centre-ville. Christian et Françoise vivent dans un appartement indépendant au-dessus du presbytère. Leur quotidien se partage entre la vie de la paroisse et la vie communautaire. “Tous les jours, nous avons un office suivi de la messe à 8h30 avec les paroissiens ; nous retrouvons les membres de la communauté à Saint-Sixte lors du déjeuner et le soir pour un temps d’adoration.” La suite, elle est à construire… toujours avec le souci de l’unité.
Céline larousse
* Mouvement rural de jeunesse chrétienne et Mouvement eucharistique des jeunes

CheMin neuf : le CharisMe de l’uniTé
Née en 1973 à Lyon, la Communauté du Chemin Neuf compte aujourd’hui plus de 1500 membres dans 26 pays. Accueillant tous les états de vie – familles, célibataires consacrés, prêtres – la communauté anime des foyers d’étudiants, des centres de formation, des paroisses, des abbayes… là où l’Eglise nous appelle ! La complémentarité entre nos états de vies, dans le respect de nos vocations spécifiques, nous donne la joie de nous mettre ensemble au service de l’Eglise. Nous avons la passion de l’unité. Unité entre les différentes confessions chrétiennes (c’est la vocation œcuménique de la communauté, dans laquelle sont engagés également des protestants et des orthodoxes), unité entre les races, partage entre les riches et les pauvres… Partout où l’unité est à gagner, ou plus exactement à recevoir du Christ ! Au carrefour du Renouveau Charismatique et de la spiritualité ignatienne, nous mettons l’accent sur la prière et la formation des chrétiens pour les soutenir dans l’Eglise et la société. La plupart des frères et sœurs de la Communauté ont un travail professionnel. D’autres sont à plein temps au service de l’Eglise. La communauté de Reims s’agrandit cette année avec l’arrivée de nouveaux membres : Dominique Ndinga, diacre en vue du sacerdoce (qui continue à mi-temps des études au Centre Sèvres à Paris), Pierre-Marie Masquelier (qui succède à Joe Naïm comme permanent de l’Aumônerie des étudiants), Anne-Claire Truchot, une jeune sœur consacrée étudiante en langues, ainsi que Christian et Françoise Dutrop.
Père Vincent Breynaert, responsable de la communauté de Reims

vincent.breynaert@wanadoo.fr - www.chemin-neuf.org
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Chemin Neuf Reims

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D OS S I E R

la mission à la manière de Jésus
L’Evangile a fait naître dans l’Eglise une nouvelle vocation, celle de “laïques en mission ecclésiale”, plus communément appelées “permanentes”, au nombre de vingt-trois dans notre diocèse. Ainsi Evelyne, au service de la paroisse Saint-Vincent-Saint-Nicaise-Saint-Martin à Reims. Elle témoigne.
Claude Collignon

Evelyne Sillet

UNE MISSION D’ÉQUIPE
Nous recevons des formations qui nous permettent de mieux connaître l’Evangile et de savoir le proposer. C’est au cours d’une formation donnée en 1995 par un prêtre, décédé depuis, que j’ai dit oui à l’appel que l’Eglise m’a adressé. Ce prêtre insistait sur les “petits pas” que nous faisons nous-mêmes sur les chemins de Dieu et que nous aidons les autres à faire. Chaque année, les “permanentes” vivent une retraite de quatre jours à l’ermitage Saint-Walfroy (Ardennes). C’est un temps de réflexion et de prière, “hors du temps” comme je me le dis parfois. Et puis, chaque mois, je rencontre un “accompagnateur spirituel” avec qui je fais le point sur ma vie et mes engagements. Cette mission de “permanente”, je ne la vis pas seule. Avec le curé de la paroisse et avec les membres de l’EAP (Equipe d’animation paroissiale), nous formons comme une équipe. Nous élaborons ensemble nos projets, nous prions ensemble, nous avons appris à échanger. C’est une entente et une confiance qui se répercutent sur la paroisse. Cette mission, je ne pourrais pas l’accomplir sans l’acceptation et le soutien des miens. Mes enfants comprennent vraiment mes engagements. Le décès de mon mari, il y a trois ans, a été et reste pour moi un moment très douloureux, mais il était d’accord avec ce que je faisais et cela continue à m’aider dans ce que je fais. Oui, c’est vrai, notre mission au service de l’Eglise est vraiment un chemin d’approfondissement personnel de l’Evangile. On reçoit cette mission et on essaie de la vivre à la manière de Jésus.
ProPos reCueillis Par Claude Collignon

uand on est “permanente en paroisse”, la première mission, c’est de rencontrer les gens, de les accueillir, et d’accueillir les situations si diverses, parfois bien compliquées, dans lesquelles elles se trouvent. Il peut s’agir de l’accueil des familles pour le baptême des enfants, pour le caté ; en bien d’autres circonstances, la rencontre n’a rien d’administratif. On pourrait même dire que cela ressemble aux rencontres que le Christ avait avec toutes sortes d’hommes et de femmes. C’est comme dans l’Evangile, chaque situation est comme un endroit où l’on peut percevoir la place de Dieu. Mais ça ne se fait pas tout seul ! Il faut, pour voir Dieu à l’œuvre dans la vie des gens, faire une “relecture”, et la faire avec d’autres. On découvre dans cette relecture la richesse de l’Evangile, même chez des gens qui croient être loin de Dieu. Mais accueillir doit aussi permettre de parler de la Bonne Nouvelle ; pas comme un sermon, mais avec ce qui nous fait vivre en tant que chrétienne et “permanente”. Pour cela, la prière personnelle est indispensable, prière de tous les jours.
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VIE EN EGLISE EXPERIENCE

Des assemblées de prière
Le dimanche, une fois par mois, une quarantaine de paroissiens de Rives-de-Vesle se rassemblent dans un village pour partager un temps de prière, dans le recueillement et la convivialité.
ctuellement, sur la paroisse, la messe dominicale est célébrée à Jonchery-surVesle le samedi soir. Avec l’arrivée des beaux jours, trois membres de l’équipe d’animation paroissiale (EAP) ont proposé aux fidèles de se retrouver une fois par mois le dimanche matin pour prier ensemble, à chaque fois dans un village différent. Le projet a été validé par l’EAP et le curé de la paroisse, l’abbé Gilles Guériguen. Dans l’esprit des organisateurs, il était important que les assemblées de prière puissent allier recueillement et convivialité. Pour cela, ils ont élaboré un document d’aide à la préparation des assemblées de prière. Il s’agit d’une trame, l’objectif étant de laisser la liberté aux équipes locales pour l’adapter. Après le temps de l’accueil et le temps de l’écoute de la Parole, vient le temps du témoignage : jeunes confirmés, bénévoles à l’aumônerie des hôpitaux, pastorale des funérailles... Un moment convivial autour d’un verre
Objectif Moyens Résultats

Paroisse Rives de Vesle

A

de l’amitié clôture la rencontre, occasion de prendre des nouvelles de chacun et d’échanger des gestes d’amitié. Un bilan sera fait prochainement avec tous ceux qui se sont impliqués dans ces assemblées. “D’ores et déjà nous voyons combien il est important qu’une communauté puisse se réunir régulièrement en plus des célébrations eucharistiques. C’est l’occasion de valoriser la Parole de Dieu. De même qu’il y a des équipes du Rosaire et des groupes sur la Parole de Dieu, nous devons susciter des assemblées de prière dans les villages.”
Céline larousse

Contacts : Flora Debout, tél. : 03 26 08 52 68. Florence Fleury, tél. : 03 26 48 51 08.

Ouvrir les églises des villages pour prier ensemble Prière “tournante” le 1er dimanche du mois durant le printemps et l’été Guide pour préparer la célébration Invitations par tracts et feuilles paroissiales Prière communautaire intergénérationnelle Participation active des paroissiens du village accueillant
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Corinne Mercier/Ciric

VIE EN EGLISE RENCONTRE AVEC
Rémi et Jessica Mathiot

Vocations : donner le goût de Dieu
Jeunes parents de 26 et 27 ans, tous deux Rethélois, Rémi et Jessica Mathiot sont les nouveaux responsables du “monastère invisible”, branche du service diocésain des vocations. Rencontre dans leur maison de Savigny-sur-Aisne, à côté de Vouziers.
Qu’est-ce que le monastère invisible ? Rémi et Jessica. Dans tous les diocèses de France, il existe un réseau de personnes qui s’engagent à prier chaque jour pour les vocations. L’été dernier, Monseigneur Jordan a nommé le père Mickaël Dupont nouveau responsable du service des vocations ; ce dernier nous a demandé de prendre la responsabilité du monastère invisible, jusqu’alors animé par sœur Danièle Sautray. On connaissait bien le père Mickaël ; c’est lui qui a baptisé nos trois enfants à Rethel. Nommer un couple, c’est un changement… Le père Mickaël souhaitait renforcer l’implication des laïcs en faveur des vocations. Notre nomination est aussi l’occasion de présenter la beauté de toutes les vocations : la vie religieuse, la prêtrise et le mariage.

Vous êtes engagés depuis longtemps dans l’Eglise ? Rémi. Nos parcours sont très différents. Moi, je suis issu d’une famille très pratiquante, on faisait la prière avant chaque repas. A l’adolescence, je n’allais plus trop à la messe, mais je fréquentais des groupes de jeunes. Jessica, elle, a été baptisée enfant, puis n’a eu aucun lien avec l’Eglise ; elle n’est pas allée au catéchisme. Jessica. J’avais des amis qui allaient au catéchisme, par la suite à l’aumônerie, avec lesquels

Céline Larousse

Rémi et Jessica avec Judicaël, Ezéchiel et Sephora (nés en 2004, 2009 et 2010).

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VIE EN EGLISE RENCONTRE AVEC
il m’arrivait de parler de Dieu ; la foi m’intéressait. C’est avec la préparation du baptême de Judicaël, notre aîné, que je me suis vraiment intéressée à Dieu. Très rapidement, on m’a demandé de m’impliquer à l’éveil à la foi (à Rethel puis au Chesne) et tous les deux nous avons animé l’aumônerie des collèges à Rethel de 2007 à 2010. nous sommes installés à Savigny-sur-Aisne ; avec deux enfants en bas âge, nous n’avions pas repris d’engagements en paroisse. L’appel pour le monastère invisible tombait bien, le travail s’effectuant essentiellement à notre domicile, sur ordinateur.

Avez-vous parlé des vocations avec les jeunes de l’aumônerie ? Oui, nous avons organisé plusieurs rencontres sur ce thème grâce aux outils du service diocésain des vocations. Sensibiliser les jeunes aux vocations est important, mais il nous semble plus important encore de donner aux jeunes la joie d’être chrétiens. Pour ce faire, nous avons organisé des rencontres, week-ends, retraites, en essayant le plus possible de trouver des animations qui soient dans la culture des jeunes. On a vu des jeunes se mettre en route avec enthousiasme ; des lycéens sont même revenus vers nous pour aider à l’animation des retraites de profession de foi. Mais nous constatons que les jeunes ont du mal à s’engager dans l’Eglise en dehors de l’aumônerie ; ils ne trouvent pas la même ambiance lors des messes en paroisse le dimanche. Une autre difficulté vient du fait que beaucoup de jeunes quittent la région pour faire leurs études. Comment avez-vous réagi quand Mickaël vous a parlé du monastère invisible ? Comme on ne connaissait pas cet engagement, on a pris un temps de réflexion. Il y a un an, nous

Que faites-vous concrètement ? Tous les deux mois, nous mettons en page et diffusons un dépliant qui présente la spiritualité d’une figure de l’Eglise. Depuis l’an dernier, cet outil est une réalisation interdiocésaine (Langres, Beauvais, Châlons-en-Champagne, Soissons, Reims, Troyes). Actuellement, deux cents personnes de notre diocèse reçoivent le dépliant ; parmi elles, des communautés religieuses et des prêtres bien sûr, mais aussi des couples, des personnes âgées, des personnes seules. Nous avons aussi pour tâche d’animer le site Internet des vocations. Nous envisageons également des rencontres en paroisse pour présenter le monastère invisible. Espérez-vous susciter des vocations chez vos enfants ? Ils sont encore petits… Pour l’instant, nous espérons que les temps de prière en famille leur donneront le goût de Dieu !
ProPoS recueiLLiS Par céLine LarouSSe
Renseignements : Rémi et Jessica Mathiot : r.j.mathiot@hotmail.fr Tél. : 03 24 71 80 78 Site Internet : http://vocations-reims.cef.fr

la ConfianCe CoMMe philosophie de vie
Etre parents à 19 et 20 ans, “ce n’était pas un accident, mais un choix”, racontent Rémi et Jessica. Leur mariage eut lieu l’année suivante. Jessica a choisi de rester à la maison tandis que Rémi travaille comme moniteur-éducateur auprès de personnes handicapées à Belleville-sur-Bar. Cette vie simple, détachée des soucis matériels, leur laisse du temps pour se consacrer à une autre passion commune : l’escrime. Jessica a été confirmée l’an dernier : “Avant cela, on n’a pas hésité à me confier des responsabilités pastorales. J’ai découvert une Eglise qui appelle et fait confiance !”

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