La médina et la ville, pour quel aménagement ?

Mme S. BENABBES
Département d’Architecture, Université Mentouri, Constantine

RESUME:
Malgré l’importance indéniable des médinas, elles n’ont pas pu s’inscrire dans les préoccupations des
planificateurs, et elles ont été souvent écartées des nouvelles orientations, même lorsqu’on a prétendu
vouloir les conserver, elles ont été évitées par les dispositions des plans d’urbanisme.
Or la place de la cité historique dans l’agglomération globale est un élément déterminant et guide pour les
choix d’aménagements futurs.
Dans la pratique, et à différents degrés, on assiste à la translation des activités dynamiques de la médina,
vers la ville nouvelle extra muros. La dichotomie de deux systèmes urbains aux contenus culturels si
contrastés, crée un état de déséquilibre « psycho spatial », amplifié par la crise urbaine. Celui-ci se traduit
par l'intériorisation de la médina transformée en un espace social « Prolétarisé » et un espace urbain
dégradé (D. BENJELLOUN, p.23).
La rivalité entre la ville et la médina n'est pas seulement socio-économique. Elle est également d’ordre
architectural et conceptuel.
Dans ce contexte, comment réfléchir donc à la nouvelle vocation de la médina et comment intégrer sa
polarité dans la ville ?
Son problème prend une forme « bidimensionnelle », il se pose d'abord en terme de survie et de son
développement intérieur, et, en terme d’expansion et du rôle joué par cette dernière dans le reste de
l'agglomération.
La communication que je propose, se veut une lecture synthèse et critique a partir d’une recherche de
longue haleine sur les enjeux, stratégies et doctrine de la réhabilitation des médinas, comme elle
présentera un essai typologique sur les différentes interventions urbaines relatif à ce type de tissu, a
partir d’un bilan des approches faites sur les médinas maghrébines au cours des 30 dernières Années.
Enfin, que faire aujourd’hui et demain de ces tissus urbains, et quelle place leur réserver dans les
politiques urbaines?

MOTS CLEFS :
Médina Maghrébine, politiques urbaines, Typologie des interventions, Stratégies, doctrines.

Benabbès S.

INTRODUCTION
La place de la cité historique dans l’agglomération globale est un élément déterminant et guide pour les
choix d’aménagements futurs.
Les villes modernes du Maghreb évoluent vers un cosmopolitisme formel de couleur technologique et
idéologique d'emprunt, reléguant les activités des médinas à un rôle périphérique et folklorique.
L'urbanisme communautaire s'en trouve ainsi amoindri, appauvri et étonnamment déprécié, au profit d'un
1
urbanisme Officiel » .
Dans ce contexte, comment réfléchir donc à la nouvelle vocation de la médina et comment intégrer sa
polarité dans la ville ?
On assiste assez souvent à une concurrence et dualité entre la centralité de la cité ancienne, qui était
souvent la ville toute entière, puis devient le centre ville, puis voit son rôle s’éclipser ; et le centre ville de
création récente.
En effet, et généralement le centre traditionnel de la ville fait une translation spatiale vers des terrains plus
propices, offrant de meilleures conditions de services et d’échanges, créant le centre nouveau.
Seulement ce nouveau centre de création nouvelle, peut ne pas être concentré au niveau d’un espace
unique, il peut avoir une configuration linéaire et même diluée dans une bonne partie de la ville.
Profitant de cette situation et de ces conditions, il y a eu plusieurs tentatives pour reconquérir la centralité
« perdue » autour du noyau historique, seulement souvent il y a eu négligence du fait que la réalité est
formée désormais de deux pôles distincts qui ont leurs avantages et leurs inconvénients, et qui ont des
rapports d’interdépendance(pour illustrer cela nous n’avons qu’à voir l’échec de l’opération de sauvegarde
de Fès, qui n’ a pas réussie son recentrage pour des difficultés de site )
Une telle reconquête passe par une opération de revalorisation, en vue de renforcer et adapter la
configuration actuelle aux conditions nouvelles en matière d’hygiène et d’accessibilité; tout en veillant à
mettre l’accent sur la récupération du rôle polarisateur prédominant, afin qu’on puisse répondre de
nouveau aux besoins de toute l’agglomération.
Le résultat d’une telle approche, peut mettre le noyau historique objet à deux débats contradictoire :
 Est-ce qu’il réussirait son rôle nouveau de reconquête de place qu’il lui est dû dans toute
l’agglomération ? Ou bien se contenterait-il seulement d’être un pole centralisateur, spécialisé,
parmi dans d’autres de création récente ?
 Si c’est ce nouveau rôle qu’il aura à jouer, comment pouvons-nous veiller à trouver un équilibre et
une cohérence entre lui et le reste des pôles.

I- LA REHABILITATION DES MEDINAS : ENJEUX, STRATEGIES ET DOCTRINE
Les grandes mutations économiques et sociales des dernières décennies ont entraîné une urbanisation
accélérée, un développement démesuré et non maîtrisé des agglomérations et une transformation de
l'image de la ville.
Les médinas n'ont pas échappé à ce phénomène, ils se trouvent ainsi en déclin, comme conséquence de
politiques urbaines globales trop souvent peu cohérentes et inefficaces.
Ainsi, leur problème prend une forme « bidimensionnelle », il se pose d'abord en terme de survie et de
leur développement intérieur, et, en terme d’expansion et le rôle joué par ces derniers dans le reste de
l'agglomération.

1 r
D Bichara KHADER et Prof. Jean-François NIABARDI; Réhabilitation des médinas Maghrébines.
Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U.C.L.- D.V.L.P.) ; Unité
Architecture (U.C.L. - Faculté des Sciences appliquées) ; Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe
Contemporain n° 41-42 ; Pp22-23.

2

qui s’inscrit dans le court terme .L. Jean-François NIABARDI. pour que l’ensemble se déséquilibre et perd de son essence. de l'identité. une structure.) . Une infinité de travaux et réflexions ont eu lieu pour imaginer un devenir à ces espaces sensibles. Donc toute opération de réhabilitation de la médina doit trouver une nouvelle synthèse de cet ordre ternaire pour lui donner sa véritable dimension. 1. En réalité. La direction de Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U.V.F. Actes du Colloque International . un pôle productif et un pôle d'échange. 2. mais il faut tracer clairement la perspective d'une réhabilitation qui passe par une revitalisation des ensembles qui ont survécu à la 3 boulimie de la ville dite « moderne » . les rééquilibrer et leur donner une dynamique nouvelle par rapport aux extensions urbaines plus récentes. 3 Prof.C. aménager. malgré la profondeur historique qu’ils recèlent.Pour quelle démarche en vue de réhabiliter la médina ?2 Les écueils que le débat se devait d'éviter. qui a été interrompue pendant quelques décennies.Mabardi. 3 . Il suffit qu’il y ait perte d’un des pôles.P. de la modernisation..L. et parallèlement. « Les préalables à la réhabilitation des centres historiques dans les pays arabes : une personnalité. ni dans une pétrification d'un tissu de relations sociales et culturelles. lors de l’accession des états à l’indépendance. la population originelle les a déjà abandonnées depuis longtemps. ce type de relation devient problématique. Cette ouverture a poussé Dominique DEREMIENS. remanier une partie du tissu urbain 4 traditionnel ou le faire disparaître » . afin de les désenclaver. les centres historiques ne présentent aux yeux des responsables ou décideurs aucun enjeu. donc ils se retrouvent en quelque sorte dans une position de « disqualification » pour laquelle il faut penser à la retrouver.C. il faut se rappeler que ces espaces fonctionnaient dans une trilogie formée d’un pôle culturel. il y a deux solutions envisageables extrêmes : La conservation pure ou la destruction totale.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. à prôner la nécessité de ramener avant tout l'objet du débat à la considération publique. 173pp. Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 . selon les propos de J. réhabilitation et restructuration « intra-muros ». Unité Architecture (U. Pp13-14. 1986 . Pp15-16. Mohamed NACIRI . 2 Pr. ils n’ont pas su résister à la modernité. c’est de ne pas tomber dans un archivage de la Médina dans la ville. où l’habitant du lieu est le principal acteur. du moins pour leur échéancier. Du côté des concepteurs. mais lesquelles ? Et quel est (sont) le(s) concept(s) les plus appropriés ? « D'abord il s'agit de réhabiliter quoi ? Un tissu urbain physique ? Des fonctions spécifiques ? Une entité culturelle et religieuse ? Un centre de Pouvoir ? Un espace de convivialité ? Ils pensent que ces noyaux historiques ont connu une décadence certaine. 13 et 14 mai 2008 Ce qui nécessite la définition de « tentatives » d’interventions à travers les opérations classiques de rénovation. 4 Idem. 1990. par une réhabilitation qui donne à nouveau une légitimité. p11. car on les trouvait déjà incommode aux conditions de vies nouvelles. et de l’institut culturel Italien à Rabat sur « La réhabilitation des cités anciennes . Réhabilitation des médinas Maghrébines.L. une volonté » . « les enjeux de la légitimité. Après tant de déclin et de décadences. Salé les 6-9 octobre 1988 . Cette « appropriation » vient comme un processus de « re-connaissance » théorique qui dépasse la description et en propose une lecture profonde. . par des interventions.D. les relier. Edition association BOUREGREG.Faculté des Sciences appliquées) . Quant aux pratiques de la société. ont formé variablement pour conserver. Publication réalisée avec l’aide du ministère des affaires étrangères Italien. penser aux actions ouvertes vers l'extérieur des noyaux historiques.Les différents rapports aux centres historiques dans la réhabilitation: Afin d’apprécier les différents rapports qu’ont les différents acteurs à ces centres historiques.

Pour une opération de réhabilitation plus ou moins globale d’un tissu bâti. Avec l’étendue du monde arabe. elle diffère d’un Etat à l’autre. etc. Il convient. comme cela était envisagé et n’a été que partiellement réalisé autour de la mosquée des Umayyades. commerces. qui symbolisaient l’arriération. et souvent non cohérents entre les objectifs affiché et la réalité. l'accès à une véritable citadinité.Les enjeux de l’aménagement des Médinas: Durant les années 50. Leur réutilisation comme terrain de transit par une population rurale déracinée. Seulement. La recherche de ce difficile équilibre. à Sidi Bou Saïd près de Tunis. le phénomène de « centrification » risque d’émerger. cela suppose forcément une intervention sur les éléments de la centralité et l’introduction d’activités nouvelles. Par la restauration et la conservation. dans la manière où elle a été prise. La conséquence de cette réorientation est le désenclavement afin de permettre une meilleure accessibilité. qu’est intervenu un renversement de sensibilité dû pour une part. fontaines. en vue de freiner les processus de dégradation. Il y a également une autre agressivité dissimulée ou prononcée de la part des gestionnaires locaux. mais l’inertie et les dysfonctionnements de ces espaces historiques. et surtout par le laisser aller à défaut de moyens. Donc tel enjeux ont conduit à des choix d’aménagement différents. c’est en particulier le cas des khans au Moyen-Orient dont un certain nombre est reconverti à des usages culturels ou touristiques. d’entreprendre des opérations de reconversion ou de réaffectation des édifices dont l’usage collectif est tombé en abandon. on a considéré les vieilles villes comme partie intégrante du capital national. de quelques édifices ponctuels on frôlait le risque d’avoir une muséification. capables d’entretenir les constructions une fois réhabilitées. suivie d’un rééquilibrage par des classes moyennes où aisées. Benabbès S. relayée sur place par des défenseurs avertis des patrimoines en Péril. tout en vidant des quartiers de leur population. et nécessite plus de moyens. mosquées. 2. Ces trois choix fondamentaux ne sont en fait que les trois volets d’une démarche idéale tendant à la régénération des vieilles villes. ont été surtout perçues comme étant des obstacles à des options de modernisation prônées par les nationalismes triomphants. prenant la relève des secteurs artisanaux en déclin et visant largement une clientèle touristique. d’autre part. comme au centre d’Alep. et que patrimoine historique et culturel est la principale victime. à Damas. Quand il s’agit par contre d’une redéfinition fonctionnelle de la vieille ville. à l’action d’organismes internationaux comme l’UNESCO. dans le passé. de moyens budgétaires tronqués avec la conjoncture économique internationale et les plans d’ajustement structurels qu’on est entrain de payer lourdement et doublement. pour un souci économique et de rentabilité pour le long terme. et intégrer les éléments symboliques de la continuité sous forme d’édifices publics. la question de revalorisation du patrimoine a été reconsidérée. Dans ce cas de figure. et les différentes politiques menées dans chaque pays il y a eu toute une diversité d’approches. conservation de quelques édifices. on est conduit à l’accompagner d’une opération de la dédensification. S’agit-il au fait d’un manque de maturation culturelle. en les utilisant comme un terrain d’apprentissage des valeurs de la ville n’est plus d’actualité. comme. entre ce qu’il faut conserver et ce qu’il est nécessaire de prendre aux technologies 4 . et les débuts des années 60. en particulier pour mettre en valeur certains monuments. Donc à travers les projets d’urbanisme suggérés par les bureaux d’études essentiellement étrangers on ne leur a pas accordé la place méritée. Les centres historiques n'ont plus ce pouvoir intégrateur de quintessence sociale et culturelle qui permettait. en voyant à travers ces espaces des terrains propices pour des gains rapides au nom du tourisme . Par ailleurs. Ce n’est que dans les années 70. de reconstituer un tissu socio-économique vivant et diversifié. à la redéfinition fonctionnelle de la vieille ville. allant de la restauration. au bout d'une ou de deux générations. du genre. hammams. le souci gouvernemental de vouloir valoriser les potentialités touristiques. d’abord par un retard d’investissement et de croissance. par exemple à Baghdad. et ils rejettent de façon sournoise toute opération de réhabilitation qui intègre l’aspect social et qui a une emprise sur la culture citadine. à la réhabilitation plus ou moins globale du tissu.1. à la recherche d’identités culturelles islamiques et pour une autre part. car elle est plus longue.

après lui avoir tourné le dos. ses moyen financiers affaiblis par rapport à la ville neuve. qu’elles sont les conditions nécessaires et préalables qui peuvent leur permettre une survie et dans quel cadre ? 5 Idem.La place des noyaux historiques dans l’aménagement urbain:5 En suivant l’ensemble des attitudes à leur égard. Ce développement a exhorté une saturation sans précédent au niveau des médinas. ou tend à devenir une composante antisociale de l’ensemble urbain. marquée par une désintégration et une marginalisation par rapport au reste de l’agglomération. chapitre III. conduit à une forte différenciation entre les divers États. avec des difficultés d’intégration à la vie urbaine et au reste de la ville. Cette rurbanisation de la cité. 5 . les cités traditionnelles. On assiste de nouveau. par des séparations fortes sous forme d’axes tranchant entre eux et la ville moderne. Villes islamiques. Donc l’expansion démesurée de la ville moderne a retrouvé de nouveau un terrain propice pour sa manifestation dans la cité traditionnelle. 2. On les considérait déjà comme noyaux insalubres. P77. 6 Jaoud MSEFER. incohérentes et inefficaces a accentué leurs déclin. donc son rôle s’amoindri.2. ainsi qu’une prolifération accrue des zones de « sous habitat » ou de lotissements populaires. cités d’hier et d’aujourd’hui conseil international de la langue française . soit par des percées « in-situ »pour relier des parties distinctes de la ville. d’une façon informelle. amène le noyau ancien à se situer à un niveau 6 d’intégration urbain spécifique. la médina a évolué dans un cadre dualiste et devenue ainsi. Donc. Dans l’ensemble de ce contraintes et des pressions qui gravitent autour de ces noyaux historiques. planifiés ou non. C’est ainsi qu’on a conçu le développement futur des cités sans tenir compte de leur existence. par des reconstructions précaires profitant de l’existence des interstices. ou encore. ponctuelles. souvent d’origine rurale. à l’avancée de la ville nouvelle sur le territoire du noyau historique. Elles ont été même « évitées » par les dispositions des plans d’urbanisme. facteur de marginalisation. 13 et 14 mai 2008 contemporaines.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Elle voie ses fonctions économiques atteintes. Un tel comportement à leur égard était matérialisé spatialement. 106p . ne répondant pas aux nouveaux besoins et aspirations de leurs habitants. Elle s’est faite par une mauvaise intégration spatiale. intermédiaire entre le « sous-habitat » et la ville neuve » . et économique. ils étaient abandonnés par leurs propres propriétaires qui trouvaient la réponse à leurs besoins nouveaux se situait dans les biens vacants ou dans la partie moderne de la ville. « Parallèlement à l’affaiblissement de ces structures. sociale. Chapitre III. Quant aux premiers outils d’urbanisme et de planification urbaine. par des opérations de démolition reconstruction pour récupérer certains terrains nécessaires à l’expansion nouvelle. L’urbanisation accélérée et la dislocation de l’ensemble des agglomérations urbaines par des politiques de développement. qui a soutenu assez souvent la désarticulation physique et fonctionnelle qui caractérise les villes. car ne pouvant se faire à l’abri de spéculations foncières certaines. et par des interventions réglementées souvent contestées. on se rend compte qu’à l’indépendance. p77. 1984 . n’étaient pas inscrites dans les préoccupations des planificateurs. la cité traditionnelle regroupe de plus en plus une population aux ressources très limitées.

le plus souvent a produit des représentations idéologiques de la ville ancienne. Un fait commun se dégage à travers les différentes analyses :  Il n’y a pas au fait de diversification d’approches. II. les caractéristiques de cette économie sont analysées souvent comme marginales. qui avait avancé la contre argumentation à cet aspect de « Soukalisation » en évoquant le cas de Sfax qui ne doit rien au tourisme international. y compris chez ceux qui affirment considérer la médina comme un sous ensemble d’un ensemble plus vaste. se présente de façon différente. comme des enclos autonomes.1982. de Tunis. BILAN DES APPROCHES FAITES SUR LES MEDINAS MAGHREBINES AU COURS DES 30 DERNIERES ANNEES7 La diversité d’approches et la multitude d’analyses de cas des médinas du Maghreb. 7 Un bilan critique a été fait par P. peu productives et en crise. où la médina finit par être un enclôt sans rôle précis futur dans l’agglomération. Sa médina a connu certes des mutations spatiales. Benabbès S. mais la raison est entre les mains des acteurs locaux et aux potentialités du marché régional.  Il y a déphasage flagrant entre les analyses urbaines préliminaires et les propositions sous forme de schémas d’aménagement. Elle devient un espace péri- central et on se contente de cette nouvelle place . Hafsia) et nous ont permis de visualiser ce qu’il ne fallait pas faire en termes d’intervention. mais comme le début d’une politique urbaine visant les contradictions qui découlent de l’Etat déséquilibré de l’agglomération algéroise dont participe aussi l’espace historique… ».  Il y a également défaillance des propositions économiques dans les études d’aménagement des médinas.Signoles pour les vingt années 70-80.  « la question de la dualité du fait urbain » à la lumière de concept de ville ancienne.PEGURIER (1982). relèvent de ces phénomènes de « bazardistion » liés au tourisme international. selon que l’on soit de l’intérieur ou de l’extérieur. qu’entre un discours politique qui magnifie la dimension culturelle du patrimoine. et pourquoi pas national.  Les 10 dernières années. sans l’intégrer aux centres villes démultiplies.  Elle tient aussi à ce que certaines des activités les plus visibles.BERRIANE EN 1980 avait déjà dénoncé car il donne lieu à une « soukalisation » excessive des principales artères des médinas. 6 . mais ne produit que des mesures juridiques pénalisantes. et un discours scientifique et professionnel qui. celui de l’agglomération urbaine. que M. on trouvait dans les médinas leur propres logiques.  Les flux migratoires vers les médinas se sont fléchis et inversés par les dégradations importantes des dernières années. JALAL Abdelkafi en 1987 affirmait. et je tenterai de l’achever pour les années 90. Cependant d’autres chercheurs comme GROUDA M. sans avoir la prétention d’être exhaustive.  Comme le pense J. apparemment les plus dynamiques. n’ayant contribué qu’à obscurcir sa compréhension ».  « Les jugements dépréciatifs » aient pratiquement disparu du discours scientifique. qui se pose en termes d’opposition de la forme historique de l’espace aux formes nouvelles du processus d’urbanisation. et économique en déclin).PINI (1982) affirmait que : « la réhabilitation de la casbah ne peut être conçue comme une évasion des problèmes les plus urgents de l’agglomération.  D. un caractère qui n’est pas forcement en adéquation avec ses spécificités.  On revient assez souvent sur la question de centralisé de la médina (géographique. ont vu la concrétisation de certains projets et leur mise en œuvre (cas de Fès.

 Pour le cas de la casbah d’Alger : on s’est rendu compte. à la considérer comme un quartier urbain. qu’il ne suffit pas de faire une bonne étude pour régler les problèmes de la médina. L’expérience d’Alger a montré que l’outil technique mis en place a perdu de son efficacité par le simple jeu des transferts de tutelles. on l’évoque d’ailleurs comme un cas de réussite et « d’auto - prise » en charge. puis de réorganiser le secteur de la production en assurant la reconversion d’une partie de l’artisanat à l’intérieur même de la ville historique. dans le schéma directeur de la structure la bipolarité sélective est affirmée.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. un centre traditionnel (médina) s’opposant à un centre moderne. on a détruit et reconstruit.  B. Le secret réside au fait que l’artisanat est omniprésent dans les foyers quelque soit leurs niveaux de vie. Il s’agira d’organiser d’abord la fonction commerciale de la médina. demeure analogue à celui de Constantine en Algérie. son cadre physique limite inéluctablement sa nouvelle vocation. 13 et 14 mai 2008 Et si sa position stratégique faisait de sa médina un espace économique important du centre ville.LADGIM Soussi (1982. inventif.  Le cas de Monastir (par exemple) Au nom de la rationalité et de l’hygiène. et les conditions de son application. l’artisanat était dynamique. Les médinas tendent à devenir un ensemble d’ilots taudifiés. et les aspirations des membres des ménages. en pleine transformation facilement adaptable aux diverses formes et aux besoins des différents clients. un centre secondaire Fès Jdid. leurs espaces ont connu une ruralisation. mais il existe en outre. d’où la nécessité d’envisager en urgence des opérations appropriées pour leur redonner un fonctionnement harmonieux. capable de concurrencer sérieusement Fès Jdid grâce à la gare routière. Il demeure une source importante d’emplois et de revenus.1984) A montré pour sa part dans le cas de Marrakech. Les propositions de l’atelier Casbah. aux dépôts de commerce et à leur rôle de pôles d’échanges entre la ville et les souks ruraux régionaux. sans qu’une entité cohérente remplace véritablement le système de vie traditionnel : L’agglomération s’est étalée.  Le cas de OUJDA au Maroc. Les approches et le sort réservé aux médinas maghrébines différent d’un terrain à l’autre. mais loin d’être un anachronisme. trait d’union entre les deux précédents et centre commercial de 1er plan (grossistes et détaillants) et des « sous centres » principalement Bab Ftouh. et redevenir l’élément ou l’un des éléments structurant de l’ensemble de cette agglomération. Mais il y a une bonne faille entre les intentions du projet. Donc. et dilution des responsabilités. Aujourd’hui « soukalisée ». on ne saurait jamais prendre assez de précautions dans les approches préliminaires. sans pouvoir capitaliser les différentes études et expériences. ils demeurent des espaces urbains utiles. devant récupérer un rôle essentiel dans l’agglomération capital. l’environnement a été dénaturé. chacun exerçant une attraction différenciée sur les diverses couches sociales. un surpeuplement et une paupérisation. le schéma directeur visait à renforcer le rôle de la médina en tant que centre principal de l’agglomération. qui à tendance à remettre en cause la structure initiale. qu’au-delà des apparences.  Quant au cas de la médina de Fès. notamment au niveau des facteurs socio-économiques. elle pose d’énormes difficultés de circulation et de viabilisation. l’espace domestique a été perturbé : Les problèmes urbains n’ont fait que s’aggraver et sur le plan architectural. par leur différence de revenus et la diversité de leur héritage culturel. 7 . se sont apparues parmi les rares études à ne pas enfermer la Casbah dans une coquille. un choix s’imposait entre le respect de l’ancien et un « faux modernisme ». Par ailleurs.

La triptyque relative au fonction de la médina . car il est question de bien être d’abord de la population qui y vive. Dans les tissus traditionnels. passe nécessairement par une reconnaissance minutieuse et une compréhension profonde de la ville et de son fonctionnement. elles voient leurs espaces mutilés. La question de centralité dans la médina : La centralité urbaine. cette « bazardisation » . Toute intervention future. c’est la « déviation touristique » qui a pris le pas sur nos médinas ainsi. les mécanismes économiques qui transforment l’espace et l’organisation urbaine. notamment sur les plans administratif et socioéconomique. Benabbès S. où ils se demandaient s’il fallait en faire de somptueux. de significations à maintenir. politique et économique . parfois dégradés. la centralité enregistre d’importantes transformations dans sa localisation. La recomposition spatiale qui en résulte modifie non seulement le paysage de la vieille ville et celui des quartiers modernes mais elle restructure aussi la physionomie globale des agglomérations et détermine les axes forts de leur fonctionnement aujourd’hui. 1. caractérisé par la spécialisation dans l’usage de l’espace et des bâtiments et par l’existence de flux de fréquentation ayant chacun leur spécificité temporelle et contribuant à l’animation générale de la ville. La valorisation et la sauvegarde du patrimoine construit devrait passer obligatoirement par une logique d’environnement. 2. mais point forts d’un tourisme de masse avide d’exotisme. et surtout. Par ailleurs.  Où fallait-il rénover quelques îlots prestigieux par une reconversion immobilière et sociale. dont plusieurs recherches et études ont essayé de mettre en évidence. il y a un problème de rôle. Ce gonflement fonctionnel par une tertiarisation excessive consolide le poids de la médina dans le fonctionnement général de la ville. de renforcer le tissu social de celui-ci et de constituer par elles même un facteur d’intégration. Mais depuis trois décennies. de fonctions. Théoriquement la centralité dans la ville arabe s’identifiait généralement grâce à l’existence dans les médinas de trois éléments structurants: le palais ou la citadelle.Que faire aujourd’hui et demain de ces tissus urbains de médinas ? Cette même question a été déjà posée par Jean BISSON et Jean François TROIN8 en 1982. il y a une diversité de formes urbaines et des diverses manières où chacun des pays du Maghreb a suivi pour mettre en valeur son patrimoine ou tenter de réhabiliter quelques médinas « phares ». et le peu de préservation de fragments qui existe de ces différents tissus. l’évolution des rapports sociaux et des besoins. qui est restée la voie privilégiée de l’intervention en médina. est justifiée financée et alimentée par l’emprise touristique. l’augmentation d’activités marchandes et artisanales.religieuse. car au fait il y a d’autres facteurs qui entrent en jeux. on note. Seulement. le rôle des différents opérateurs et systèmes sociaux dont la médina constitue le principal pan. 8 Présent et avenir des médinas (de Marrakech à Alep) Fascicule de Recherches n°10-11 tours 1982 Introduction. la mosquée du vendredi et les souks ou bazars. est le lieu de production de services et de contacts. les vieilles villes connaissent une accélération vertigineuse de leur processus de tertiairisation. quasi inévitable. monuments historiques – au moins partiellement – vide de signification autre qu’esthétique. et une intégration dans les systèmes urbains. devrait s’intégrer profondément dans la vie des médinas en déclenchant des opérations capables à la fois de fournir des emplois. Pour cela. de faire participer ses habitants à sa rénovation. La garantie de réussite d’une telle opération. 8 . En fin. il est utile de comprendre l’organisation morphologique et fonctionnelle de l’espace urbain dans sa globalité : les relations existantes entre les différents fragments qui le composent. avec pour corollaire. au bénéfice de spéculateurs en mal de résidence secondaire ?  Où bien fallait-il tenter un réaménagement d’ensemble modulé et progressif ? Jusqu’aujourd’hui.et les liens organiques qui les unissaient sont remis en cause.

Elles devraient être capable de définir la concertation et de proposer aux différents acteurs économiques une manière productive plutôt que spéculative afin de tirer profit de la croissance urbaine. ou comme tant de villes historiques en Iran. Conclusion  La permanence d’une forte identité culturelle s’exprime dans toutes les villes arabes mais n’est pas sans contradiction. nos modes de vie et nos valeurs socioculturels pour ne pas subir le fantasme des pays développés sur leur manière de voir nos espaces aménagés par eux et pour une durée déterminée qui risquerait de mettre leur devenir en péril. les enjeux de telles opératoires demeurent entre les mains des institutions locales en tant que maître d’ouvrages. les pollutions et la préservation du patrimoine9. ancien centre Timouride. à renforcer ou à créer. on ne dépasse pas le cadre exigu des solutions sectorielles dictées par les conditions d’urgence. comme Herat. et le dynamisme qu’elle entraîne. sans cela. une croissance durable en harmonie avec l’environnement. 9 . et pour qu’elles puissent assigner un nouveau rôle dans la sphère internationale. faute de politiques urbaines appropriées. comme Boukhara. en Afghanistan. on peut discerner cela à travers deux questions. elles aussi. Il y a des mesures à prendre. L’espace urbain est en crise. des mécanismes à contrôler. toute action sérieuse dans des domaines comme l’environnement. Donc. pp171. Car. celle de l’emploi et du logement avec. il serait utile de regarder dans le future au-delà du Maghreb et de la Méditerranée. nos actions futures exigent de nous plus de vigilance et de rigueur dans la manière dont nous aménageons nos espaces. rendent peu crédible les tentatives de planification urbaine. et un outil capable de définir un cadre de référence. et sans vouloir étendre d’avantage ce présent travail qui est déjà très vaste. et imposent le même besoin d’une réflexion scientifique. et plus encore devant la détérioration. pour confronter les expériences et en juger les méthodes. composé d’un ensemble cohérent d’objectifs et non pas de solutions figées et destinées à être dépassées à long terme. pour leur propre développement intégré et durable. Il s’agit d’un héritage urbanistique exceptionnel. selon nos aspirations. à défaut de maîtrise des caractéristiques de l’urbanisation. de méthode et de technique. Le Maghreb et le monde arabe ne montrent-ils pas quotidiennement l’incapacité de leurs systèmes sociaux et politiques à faire prévaloir le principe d’économie sur celui de l’efficacité à court terme ? Alors que la réforme au patrimoine suggère spontanément les idées de ressourcement. ont jusqu’à une certaine similitude les mêmes problèmes. 9 Voir conclusion de l’ouvrage. d’une stratégie . Elle devrait être perçue comme une opportunité pour orienter une partie importante de la croissance future de l’agglomération. en particulier vers des villes qui ont connu la civilisation islamique. mais surtout comme des documente. l’augmentation du secteur d’emploi informel et l’extension considérable des quartiers spontanés.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Néanmoins. 13 et 14 mai 2008 confirmer. des leçons à tirer. Cela nous amène à reconsidérer les outils urbanistiques et les plans d’aménagement. en corollaire. L’effet de séduction que nous devrions faire jouer à nos médinas dans l’économie monde devrait s’inscrire dans une double perspective. Comme il faut même songer à ouvrir le champ d’investigation à certaines villes de l’Asie Centrale Soviétique. L’urgence de ces problèmes relègue au second plan. Sur le plan de la recherche pure.172. les villes du monde arabe de Claude Chaline. d’autres secteurs en souffrent. et des processus à infléchir ou à modifier. mais il dépérit face à la rénovation. L’explosion démographique. pour les percevoir non seulement comme des documents administratifs de gestion urbaine opposable au tiers. d’authenticité ou de préservation.

.L. Benabbès S. parmi dans d’autres de création récente ? Le centre historique pourrait devenir un élément structurant de composition urbaine et de planification. Jean-François NIABARDI. mais il suffit qu’il y ait perte d’un des pôles.Jaoud MSEFER . Sur le plan technique. L’aspect de formation devrait s’intégrer de façon systématique dans les politiques urbaines. Réhabilitation des médinas Maghrébines. Il faut éviter le recours à une réhabilitation négligente. Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U. conseil international de la langue française . Enfin. au sens technique et propre du terme.) .V. Publication réalisée avec l’aide du ministère des affaires étrangères Italien. Jean-François NIABARDI. BIBLIOGRAPHIE 1. et contribuer à la réunification spatiale et fonctionnelle de la ville.Dr Bichara KHADER et Prof. Comme il est nécessaire de se prévenir du mauvais usage de la discipline d’archéologie. 173pp. et de l’institut culturel Italien à Rabat sur « La réhabilitation des cités anciennes .C.Pr.Prof. Salé les 6-9 octobre 1988 . La restauration excessive ou la « sur restauration »est une mauvaise chose aussi. tout en partant d’éléments spécifiques locales et traditionnelles. et s’ouvrir sur le monde contemporain. nous concluons par la reconnaissance du fait suivant : que l’espace médina. en veillant à éviter la mauvaise conservation. 1984 .C. ou une conservation avare. 2.L. 3.P. « Les préalables à la réhabilitation des centres historiques dans les pays arabes : une personnalité. avec la réhabilitation du cadre de vie de certains espaces.D. Pp22-23. « centre ville et noyau historique ».L. Pp13-14. Il faut éviter également la sauvegarde « négative » ou la sauvegarde « muséologique »qui reconvertie des ensembles à des fossiles. afin de permettre à la production architecturale dans les villes arabes de demeurer créative. Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 . spécialisé. Actes du Colloque International . 4. et utiliser des matériaux incompatibles. Dans le cadre d’une véritable politique de réhabilitation comment combiner entre une rénovation des habitations démolies. devrait également être exploitée en vue de régénérer un artisanat semi industriel qui libère la créativité et offre dans le domaine du bâtiment une gamme très diversifiée de produits et de matériaux.L. Mohamed NACIRI . où l’habitant du lieu est le principal acteur. L’intervention sur ce type de sites. pour moduler le reste des interventions et équilibrer le fonctionnement global. Edition association BOUREGREG. une volonté » . tout en préservant les formes traditionnelles porteuses de sens. une structure. Unité Architecture (U. d’un pôle productif et d’un pôle d'échange. Réhabilitation des médinas Maghrébines. cités d’hier et d’aujourd’hui.Faculté des Sciences appliquées) . in : Villes islamiques.C.- 10 . et l’apport des différents éléments de confort nécessaire au temps actuel ? On a bien dit que le noyau historique est objet à deux débats contradictoire : Est-ce qu’il réussirait son rôle nouveau de reconquête de place qu’il lui est due dans toute l’agglomération ? Ou bien se conterait-il seulement d’être un pole centralisateur. fonctionnait dans une trilogie formée d’un pôle culturel. et elle est doublement trompeuse. . il y a toute une série de mesures à intégrer. comme : Les contraintes liées aux conditions et utilisation modernes des édifices anciens. parce qu’elle a une influence insidieuse. La direction de Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U. pp94-96. pour que l’ensemble se déséquilibre et perd de son essence. 1990. objet de notre étude. à travers ses besoins d’exploration peut devenir une manière fatale. car nos sites historiques souffrent également du sous encadrement et de la non qualification de la ressource humaine.

C.Collectif.327 11 . 6. p11. « Les villes du monde arabe ». Royaume Uni. Communication in Symposium sur la conservation et 1a restauration du patrimoine architectural islamique .V. UNESCO et commission Pakistanaise pour l’UNESCO . 1986 .Faculté des Sciences appliquées) .L. Ronald Lewoock. Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 . Pp 124-125.) .Claude Chaline .L. 13 et 14 mai 2008 D. . Pakistan. « L’espace social de la ville arabe » Pp326.P. 5. Unité Architecture (U.(23 p). 6-12 avril 1980 . sous la direction de Dominique Chevallieret. 8. Lahore. Université de Cambridge.Présent et avenir des médinas (de Marrakech à Alep) Faxicule de Recherches n°10-11 tours 1982 7.Pr.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.

Université Mentouri de Constantine RESUME: Bien que la problématique du patrimoine remonte à longtemps dans l'histoire. Ceci est une illustration très révélatrice quant à la situation conflictuelle et paralysante du patrimoine en Algérie. de faire bouger les choses" (LEMILI A. dans la plupart des pays développés. œuvres dispensatrices de savoir et de plaisir. Il a été démontré que la politique de modernité identifiée au progrès et à l’intérêt général ainsi que celle de la valorisation du patrimoine et de la culture ne sont pas fondamentalement différentes par leurs effets économiques. le directeur de la culture. Nous essayerons à travers la présente communication. D… nous dira «qu’en d’autres circonstances. Département d'architecture. la politique culturelle est conçue comme instrument de restructuration urbaine. comme moyen et chance de réussir dans l’intense compétition interurbaine. 2006). elle reste toujours d'actualité. elle doit aussi être stable pour pouvoir prendre le temps d'établir des stratégies d'action et les mettre en œuvre. le musée. Ceci n'a pas été le cas de la ville de Constantine. étant le déplacement des valeurs à propos de la politique du patrimoine. selon leur possibilité. pour polariser les capitaux internationaux dans leurs mobilités et optimiser les fonctions stratégiques de développement des sources de revenus. normalement acteur et partenaire de tout projet concernant sa ville et son histoire. La prise en charge du patrimoine : question de tutelle DR SASSI BOUDEMAGH S. la responsable de la circonscription archéologique. La colonne était effectivement disponible au milieu d’ordures et à proximité d’un égout. c’est dans un aspect culturel que la qualité de vie se retrouve le plus clairement mise en relation avec les objectifs économiques. Au-delà du fait qu’en raison d’impératifs professionnels partagés. nous avons tout de même compris. nous ne sommes jamais parvenus à rencontrer la responsable de la circonscription archéologique. qu’aborder le sujet d’une manière officielle n’était pas aisé en raison d’une «complexité» dans la répartition des attributions entre représentants des pouvoirs publics (le maire lui-même nous a-t-il été conseillé). mais aussi produits culturels mis en conditions en vue de leur consommation. en particuliers des tuteurs de l'action. il avait été à plusieurs reprises rabroué par les responsables» au motif qu’il «ne lui appartenait pas de s’occuper de ce qui le dépassait» et « qu’il fallait laisser cette tache à des gens qualifiés ». Dans les méandres de l’administration locale. et que de nombreux points en aient étés évacués. Le registre dominant dans lequel est traitée cette question du patrimoine aujourd'hui à travers le monde. 12 . revenant en termes d'urgences et de priorités d'action. d'exposer cette problématique de ballotage de tutelle et ses retombées sur le patrimoine et sa prise en charge. Le parcours du combattant effectué par un citoyen pour susciter l’intérêt des parties concernées par le patrimoine est ci-dessous rapporté par une journaliste : "A. L'urgence de l'action appelle l'urgence de l'identification des acteurs. Aujourd’hui. Seuls «Les amis du musée» (une association d’amateurs férus) essayent. sociaux et spatiaux. Dans ce champs la responsabilité doit être claire et sans équivoque. les attributions autour de ce sujet sont entourées d’une forme d’ésotérisme. Les monuments et le patrimoine historique acquièrent un double statut. Mais surtout de l'exclusion du citoyen.

c'est-à-dire une fois les plans établis. Cependant. vu sous l'angle nouveau de ressource générant des revenus. ASSOCIATIFS ET SCIENTIFIQUES QUI DETERMINENT LA DESTINEE DES POLITIQUES NATIONALES DU PATRIMOINE Parmi les organismes ayant la charge de gestion du patrimoine algérien. de conservation. LES POLITIQUES PATRIMONIALES ALGERIENNES La politique patrimoniale en Algérie peut être scindée en quatre étapes :  La période coloniale  La période post indépendance  L’apparition d’un Ministère consacré à la culture  La période actuelle 13 . Sassi Boudemagh S. Ceux-ci ne reçoivent les documents par le biais des services de l'habitat et ne sont consultés qu'en fin de processus. de mise en valeur et de présentation au public du patrimoine culturel historique. cette agence est chargée dans le cadre du plan national de développement culturel.  Le patrimoine. Ceux-ci se sont. d'étude. c'est un établissement à caractère administratif. il a été décidé de confier la gestion et l'exploitation des biens culturels à l'Office National de Gestion et d'Exploitation des biens culturels protégés. lors de l'élaboration des plans d'aménagement et d'équipement du territoire par le biais des PDAU et des POS dont le principal initiateur est le département ministériel chargé de l'urbanisme. alors que les sites et vestiges historiques relèvent du département ministériel chargé de la culture. LES ACTEURS POLITIQUES. doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière.  Prise en charge de la recherche archéologique dans le cadre d'un centre national des recherches archéologiques créé par arrêté. il y a :  Le Ministère de la culture : organisme principal chargé de la préservation des sites et des monuments historiques en Algérie. d'orientation et de coordination pour faire en sorte que ce niveau de décision soit le seul et unique interlocuteur pour toutes les questions ayant trait au patrimoine culturel. Cette situation de mutation a été pour une grande part derrière les situations conflictuelles entres ces différentes parties concernées d'une manière ou d'une autre par le devenir du patrimoine culturel. Le Ministère de la Culture s'est chargé de réorganiser le secteur du patrimoine culturel en opérant à travers les dispositions suivantes :  Redonner aux directions de la culture de wilaya leurs missions de régulation. de l'ensemble des actions d'inventaire. vu hissés au rang d'initiateur et de décideur pour les projets locaux. Actuellement l'action de décentralisation a octroyé aux élus locaux la responsabilité des politiques d'aménagement d'urbanisme sur leur territoire.  Prise en charge de la restauration des biens culturels par un Centre National de Restauration. Créée par le décret N°87-10 du 06 Janvier 1987.  L'agence Nationale d'Archéologie et de protection des sites et monuments historiques et ce depuis le 06 Janvier 1987 jusqu'en Décembre 2005. de contrôle. dans la perspective de l'intégrer aux processus de développement économique. Cette translation d'une politique de protection du patrimoine par l'état vers sa prise en charge par les collectivités locales s'est faite sans transition et surtout sans aucun échafaudage sociétal essentiellement basé sur la mobilisation de la société et des pouvoirs associatifs. Cette agence c'est vue transformée dans sa nature juridique par le décret du 22 Décembre 2005. passant de l'Agence à un établissement public à caractère industriel et commercial doté de la personnalité morale et l'autonomie financière portant la dénomination d'Office National de Gestion et d'Exploitation des Biens culturels Protégés. de surcroit.

l’arsenal juridique et administratif établi par la France dans la totalité des domaines (lois. année de promulgation de la loi n° 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel. l'histoire. aux offices. après 132 années d’occupation.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Pour assurer la protection de ces sites l'Etat peut exercer des procédures de conservation telles que le classement ou l'inscription à l'inventaire supplémentaire. 14 . Cette ordonnance définit les sanctions des différentes formes d’aliénation du patrimoine et établit très succinctement une idée des rapports de propriété privé et publique. Les problèmes induits par une gestion extrêmement centralisée ont fini par pousser les autorités à créer des extensions locales à la direction centrale à travers le territoire national. de l’archéologie et des monuments et sites historiques. arrêtés et circulaires) servira de source d’inspiration aux textes législatifs de l’Algérie indépendante. relève à l'indépendance du ministère de l'éducation nationale.  Note de site archéologiques en 1950 et arrêt du dernier classement en Algérie en 1956. Elle a été la référence en matière de gestion du patrimoine culturel en Algérie jusqu’à 1998. à l'indépendance. Ces organismes toujours sous tutelle de l’administration centrale. Plus que s'en inspirant. historique. décrets. Apparition du Ministère consacré à la culture Dans les années 70. Sa prise en charge s’effectue depuis dans un organisme central de gestion qu’est le Ministère de la culture et de l’information et ce dans un cadre désormais distinct à travers la direction des musées. légendaire et pittoresque. l'Etat algérien reconduit la législation française en matière de protection des monuments et sites historiques. 13 et 14 mai 2008 La période coloniale (1830-1962) A cette époque. une surveillance par les services compétents et des possibilités d'expropriation pour cause d'utilité publique en cas de non préservation par des particuliers. scientifique. Une manière de prendre possession et d'avoir une emprise intellectuelle et culturelle sur le patrimoine algérien L’Ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 Cette ordonnance est relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels. Cette direction qui changera d’appellation et d’organisation plus tard regroupait les trois sous–directions . Parmi les textes relatifs à cette législation ce qui suit:  Le décret du 02 Mai 1930 relatif aux monuments naturels et sites de caractère artistique. se résumant aux parcs.  Le décret du 09 Février 1942 étendant à l'Algérie la loi du 27 Septembre 1941. la culture dans son sens global. le patrimoine culturel est administré par le ministère de l'intérieur a travers la direction des Beaux arts monuments et sites historiques. Des musées. la liste des monuments classés avant 1962 a été reconduite mis à part quelques monuments représentant la gloire du colonisateur. La direction des Beaux arts monuments et sites historiques. et des sites et monuments historiques.  L'arrêté du 26 Avril1949modifié et complété portant création en Algérie de circonscriptions territoriales pour la surveillance des gisements archéologiques et préhistoriques. a vu l’apparition d’un Ministère totalement dédié. dotés de pouvoir autonomes et de prérogatives propres. La période post indépendance À l’indépendance en 1962. Les mesures de protection entrainent des servitudes. Il est prononcé par arrêté ministériel après avis de la commission nationale des monuments et sites. confirmé par l'ordonnance du 13 Septembre 1945 sur les fouilles intéressant la préhistoire. l'art et l'archéologie. modifiés par des décrets du 03 Mars 1938et le 14 Juin 1947 et la loi du 21 Novembre 1954. qui était gérée par le ministère de l'intérieur. aux musées nationaux et autres ateliers d’études. 1/3 des monuments classés datant de l'antiquité et un nombre très réduit de monuments islamiques. de l’archéologie.  Le décret du 14 Septembre 1925 concernant les monuments historiques en Algérie. L'initiative du classement revient tant au propriétaire qu'à l'Etat. soit à une région ou à un aspect défini du patrimoine culturel. concernant les interventions sur les monuments ou dans le site.

répond que les relations sont développées lorsque la préoccupation des valeurs culturelles du patrimoine est menacée. Cependant cette loi n'a vu la publication de ses textes d'application qu'en septembre et octobre 2003. Les différents textes liés à l'urbanisme. incluant les mêmes éléments et en définissant de nouveaux. en effet. Par la dite loi. 15 . L'ordonnance de 1983 Jusqu'à l'année 1983. la politique patrimoniale est de nouveau rappelée en vedette au sein du grand projet urbain(GPU). et innovation majeure. c'est le cheval de bataille pour l'aboutissement du processus de réappropriation de la culture pour l'affirmation de l'identité.une instruction présidentielle vient la même période renforcer ces mesures impulsant une nouvelle conception de l'aménagement urbain remettant aux premiers rangs d'intérêt la revalorisation du patrimoine. Cependant. au foncier et à la gestion du domaine notarial ont. Vers les années 90. surtout l'apparition du statut de super capitale concernant la ville d'Alger induisant de nouveaux enjeux avec des projets de grande envergure. De par son statut de capitale et de surcroit doté d'un organisme d'étude le COMEDOR. cassé un système monopolistique marqué par une absence totale de transparence et permettant dans des cas nombreux la création des rentes. la question du patrimoine culturel se trouve au cœur des questions identitaires. les problèmes liés aux biens habous sont pris en charge par un cadre juridique approprié. biens culturels mobiliers. En 1983. sa transition vers l'économie de marché et ses conséquences sur les politiques urbaines et architecturales. le palais du Bey de Constantine ont fait partie de ce programme ambitieux. engagé par la société et à sa tète les pouvoirs publics. Avec les grand changements politiques. ce qui est très révélateur quant à l'opérationnalisation de cette loi. en l'occurrence. Ce projet a été diligenté par l'Agence nationale d'Archéologie et de Protection des Sites et Monuments Historiques. La prise de conscience sur les enjeux urbanistiques des instruments mettra du temps à s'imposer à des operateurs par le passé non associés à la gestion du développement urbain" C'est justement à ce niveau des choses que se situe la problématique de prise en charge et de gestion du patrimoine. La ville d'Alger polarisait toute la préoccupation autour de son centre traditionnel. etc. Les opérations de réhabilitation et de restauration de quelques Monuments tels que le Bastion 23. de l'Etat centralisateur vers des collectivités locales. rapportant les propos du directeur de l'urbanisme et de l'architecture au sein du Ministère de l'Habitat en l'année 1995. Ces dernières sont sensées être représentatives de populations et non des fragments excentrés de l'Etat. L’élément clé de cette loi reste l’apparition de la notion de « biens culturels » composés de : biens culturels immobiliers. L'intervention doit être inscrite au plan d'urbanisme directeur (PUD) et donner lieu à un schéma d'aménagement d'ensemble précisant les conditions de relogement ainsi que l'usage des secteurs rénovés." le changement d'un système à un autre entraine des pesanteurs d'ordre structurel et/ou psychologiques. la citadelle d'Alger. Biens culturels immatériels. Le changement institutionnel ne signifie pas uniquement un déplacement des prérogatives. Le même responsable interrogé sur l'existence d'une quelconque coopération entre le ministère de l'habitat et le ministère de la culture pour la bonne prise en charge des problème concernant les sites archéologiques lors de l'élaboration des plans d'urbanisme. Qu'est ce que la préoccupation de valeur culturelle? Comment peut-elle être considérée comme menacée? Cette même problématique c'est vue matérialisée dans l'histoire du Master Plan de Constantine La période actuelle La référence juridique actuelle en matière de protection du patrimoine culturel est la Loi n° 98–04 du 20 Safar 1419 correspondant au 15 juin 1998 relative à la protection du patrimoine culturel. par rapport à l’ordonnance 67-281. Cette loi constitue l'acte fondateur de la stratégie patrimoniale visée et planifiée par le Ministère de la culture Algérien. etc. d’une façon précise. les prérogatives ainsi que les responsabilités sont précisées. Sassi Boudemagh S. l'Etat est impliqué financièrement dans les travaux de restauration des maisons dans les tissus urbains. socio-économiques et institutionnels qu'à connu l'Algérie vers la fin des années 90. une ordonnance permet la protection des sites non classés indiquant les possibilités d'intervention sur une agglomération à condition que celle-ci soit inadaptée aux fonctions urbaines. il n'y avait que la casbah d'Alger qui bénéficiait d'un programme de réhabilitation.

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Il y a eu notamment création des "secteurs sauvegardés" en plus de l’inscription sur l’inventaire
supplémentaire et le classement, comme mesure de protection spécifique des biens culturels immobiliers.
Aussi, et d’une façon très brève, la loi a formulé de nouveaux entendements concernant le droit public et
privé, fixé un nouveau cadre aux recherches archéologiques dans des limites plus vaste que celles
définies pour les fouilles dans l’ordonnance 67-281, mis sur pied une procédure de financement des
opérations d’intervention et de mise en valeur des biens culturels, mis– à– jour les sanctions et les peines
pour les infractions. D’une façon globale, la loi 98-04 relative à la protection du patrimoine marque une
étape d’affinement des notions, et d’établissement d’une conception détaillée du fait patrimonial ainsi que
ses corollaires. Ceci reste, cependant, très limité au niveau théorique des choses.

CONFUSION DANS LES RESPONSABILITES, CONFLITS DE PREROGATIVES ET
D'INTERETS, ECHECS DE MONTAGES
Pour les secteurs sauvegardés la loi associe deux administrations celle de la culture et celle de
l'urbanisme. Le ministère de la culture revendique la première responsabilité en matière de prise en
charge du patrimoine architectural, déclarant posséder tout le pouvoir pour la protection et mise en œuvre
de la médina quelque soient les exigences du développement urbain. D'autre part le ministère de l'habitat
et de l'urbanisme se trouve être à la tète de tout processus d'élaboration des plans et instruments de
gestion urbaine et spatiale.
Prenons l'exemple de la ville de Constantine, dont la gestion, à l'instar de toutes les villes algériennes, est
du domaine de la commune sous la tutelle de la wilaya, se faisant dans le cadre des attributions du code
communal et du code de la wilaya dont les prérogatives respectives sont décrétées par la loi N°90-08 du
07 Avril 1990 relative à la commune et la loi N° 90-09 du 04 Avril 1990 relative à la wilaya. Celles ci ont
toutes deux instituées des dispositifs de sauvegarde du patrimoine pour encadrer les opérations de
réhabilitation, restauration et rénovation, en particulier les articles suivants:
93 / pour le code de la commune rendant celle-ci responsable, dans le cadre de la protection du
patrimoine architectural de :
 La préservation et la protection des sites et monuments en raison en raison de leur vocation et
de leur valeur historique ;
 La sauvegarde du caractère esthétique et architectural et l'adoption du type d'habitat homogène
des agglomérations.
83 / pour le code de la wilaya chargeant l'assemblée populaire de la wilaya d'apporter son soutient aux
communes dans la mise en œuvre de leurs programme d'habitat et à ce titre, elle participe à des
opérations de rénovation et de réhabilitation en concertation avec les communes.
Devant le caractère particulier de l'opération de sauvegarde de la médina de Constantine, le plus
communément appelée le Rocher, les services techniques des collectivités locales ont buté contre
la difficulté de prise en charge de ce cas sans risquer de compromettre la gestion des autres quartiers.
A défaut de classement, la vieille ville de Constantine a été érigée par le Ministère de la culture en
secteur sauvegardé, par le décret exécutif N°05-208 du 04 Juin 2005. Fait qui devait lui permettre
d'obtenir l'aide financière et technique ainsi que les moyens nécessaires à sa préservation et
la réhabilitation de son tissu originel. Sur proposition du directeur de l'urbanisme et de la construction,
le wali de Constantine crée sur décision une cellule a caractère pluridisciplinaire chargée de la mise en
œuvre des opérations de sauvegarde et de gestion urbaine de cette vieille ville, et pris la responsabilité de
la présider avec comme relai un secrétariat assuré par la Direction de l'Urbanisme et de la Construction.

16

Sassi Boudemagh S.

La cellule technique de sauvegarde et de réhabilitation de la vieille ville était chargée des missions
suivantes :
 Suivi des études du plan de sauvegarde de la vieille ville;
 Préparation d'un dossier pour le classement du site comme patrimoine national;
 Orientation et assistance des bureaux d'études lors de l'élaboration des différentes études et
interventions ;
 Négociations avec les propriétaires;
 Elaboration des dossiers de réhabilitation des équipements et logements;
 Etablissement des ilots ou des zones à évacuer;
 Elaboration des différents cahiers des charges;
 Suivi des travaux en cours de réalisation.
Un comité composé de 14 services de gestion urbaine, chargé des opérations de sauvegarde, de
réhabilitation et de gestion de la vieille ville de Constantine a été créé dans les mêmes conditions et à
la même date, toujours présidé par le wali. Ce comité avait pour missions: l'approbation du plan d'action
de la cellule, la validation des décisions de la cellule et le suivi des travaux en cours.
Par ailleurs, selon la loi 98-04 du 15 juin 1998 toutes les prérogatives de sauvegarde du secteur
reviennent en premier lieu à la direction de la culture de Constantine, sensée être premier interlocuteur
pour tout acteur dans le processus touchant au patrimoine. La cellule de sauvegarde se trouve être en
porte- à- faux du point législatif et réglementaire, elle n'est nullement étayée par un statut. Ceci d'une part,
d'autre part, la présence du comité chargé des opérations de sauvegarde, de réhabilitation et de gestion
de la vieille ville de Constantine vient, de surcroit, saper la crédibilité et l'autorité donc l'efficience de cette
cellule.
La vieille ville de Constantine a également fait l'objet de l'application du Master plan entre l'année 2003 et
2005. Un dispositif technique opérationnel visant la requalification physique du vieux bâti, et également
un cadre général d'interventions à concrétiser progressivement dans le temps et en fonction de
la situation économique et sociale. L'accord cadre portant "master plan" pour la Medina de Constantine a
été établi entre l'université italienne Roma Tre et le Ministère de l'Habitat et de l'urbanisme, ce dernier
étant premier responsable des politiques urbaines et de leur mise en application. Mais dans ce cas il s'agit
d'un cas relevant du patrimoine et de sa sauvegarde!
Le Master Plan de la vieille ville de Constantine se situe chronologiquement avant la création du secteur
sauvegardé et était sensé préparer à l'élaboration du plan permanent de sauvegarde. Il a par conséquent
occupé la période de transition dans laquelle était prévue la mise en place par la direction de la culture
de la wilaya en concertation avec la commune de Constantine d'un plan d'urgence pour parer au vide
juridique et répondre aux problèmes survenant pendant cette période. Ce plan d'urgence n'a jamais vu
le jour a cause de l'absence de toute entente entre ces différentes institutions, donc de l'impossible
concertation. En 2005, la présentation du Master Plan pour la rénovation de la Medina de Constantine
tombe à pic sur un conflit institutionnel. Nous dirons plutôt un problème de tutelle disputée, entre le
Ministère de la culture revendiquant la responsabilité du secteur sauvegardé et le Ministère de l'habitat
dont le souci était la mise en application du Master Plan en tant que méthode de la politique urbaine dont
lui a la charge. Entre temps les mouvements associatifs ne cessent de lancer des appels de détresse,
tentent par tous les moyens de pénétrer la forteresse ou semble se concocter le devenir de leur Rocher
sans pour autant réussir la moindre action de participation.
Il est utile et instructif d'avoir un aperçu sur l'exemple d'un autre pays tel que la France, où les années
1978-1984 ont constitué une charnière essentielle de l’histoire des politiques du patrimoine. Le lancement
de l’année du patrimoine en 1980 révèle l’intensité de la mobilisation des Français autour d’un concept
dont les frontières se dilatent en l’espace de quelques années. Dans ce pays, la recherche accompagne
à deux niveaux ce moment. D’une part elle contribue à consacrer des champs nouveaux de l’intervention
publique (Daumas .M.1980), d’autre part elle se propose d’interroger le sens social et historique de la
notion.

17

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Cette mobilisation de la communauté scientifique se situe d’emblée dans l’espace de la critique. Derrière
la vogue du mot, historiens, sociologues, ethnologues et philosophes s’attachent à décrire le symptôme.
Pour Alain Bourdin en 1984, le patrimoine est « au carrefour de deux processus essentiels dans toute
société : la production de la sécurité et celle de la valeur8 » (BOURDIN.A. 1984).
Les logiques institutionnelles succèdent ici aux logiques idéologiques et éclairent quelques-unes des
grandes tensions de l’histoire des politiques du patrimoine. Tensions entre l’administration des cultes et
celle des beaux-arts. Elles permettent aussi d’indiquer que ces politiques participent de logiques d’acteurs
et d’échelles qu’il est nécessaire de prendre en compte.
Du rôle des associations et des territoires, les relations entre les uns et les autres sont encore trop
souvent posées sur un mode bipolaire : amateurs contre professionnels, associations contre
administrations. La figure archaïque de l’érudit local a souvent émergé dans l'histoire. Cependant il leur a
été reconnu le rôle central dans la réappropriation du patrimoine en tant que charnière inter
institutionnelle. Les études démontrent la porosité des réseaux et plus encore le lien étroit entre les
milieux de la recherche (en archéologie et en ethnologie notamment mais aussi en histoire de l’art et en
histoire) et les institutions politiques. Dès lors, à partir de l’histoire des politiques du patrimoine se déroule
l’écheveau des enjeux culturels et identitaires propres à une société à une époque donnée.
Le patrimoine architectural est forcement un objet situé au carrefour des politiques publiques de la
culture. Aujourd’hui, c’est dans un aspect culturel que la qualité de vie se retrouve le plus clairement mise
en relation avec les objectifs économiques ; dans la plupart des pays développés, la politique culturelle
est conçue comme instrument de restructuration urbaine, comme moyen et chance de réussir dans
l’intense compétition interurbaine, pour polariser les capitaux internationaux dans leurs mobilité et
optimiser les fonctions stratégiques de développement des sources de revenus. Les monuments et le
patrimoine historique acquièrent un double statut, œuvres dispensatrices de savoir et de plaisir, mais
aussi produits culturels mis en conditions en vue de leur consommation. Il a été démontré que la politique
de modernité identifiée au progrès et à l’intérêt général ainsi que celle de la valorisation du patrimoine et
de la culture ne sont pas fondamentalement différentes par leurs effets économiques, sociaux et spatiaux.
Le renouvellement de l’aménagement du territoire pousse donc à dilater l’espace de compréhension des
politiques du patrimoine. Le patrimoine doit devenir le prétexte par lequel les politiques sectorielles se
recomposent et se lient sur le terrain, et que toutes les parties se fédèrent et se mobilisent autour de
l'action portée sur le patrimoine.

BIBLIOGRAPHIE
1- BOURDIN A., le Patrimoine réinventé, Paris, PUF, 1984, p.18.
2- BOUANANE KENTOUCHE N., Place du Patrimoine dans les politiques Urbaines en Algérie,
mémoire de magister, Université Mentouri de Constantine, 2008.
3- DAUMAS M., l’Archéologie industrielle en France, Paris, Laffont, 1980 ; A. Cadoret (sous la dir. de),
Protection de la nature : histoire et idéologie. De la nature à l’environnement, Paris, l'Harmattan,
1985.
4- LEMILI A., Article paru sur le quotidien LA TRIBUNE, du jeudi 26 Janvier 2006.
5- Revue H.T.M. Habitat, Tradition et Modernité, N°3 ARCCO, Avril, 1995, Alger, pp. 53-60.

18

à fortes charges patrimoniales. Voilà une réalité culturelle qui entame son déclin sous les effets conjugués de la mondialisation et de la globalisation. C’est dans cette optique que l’émergence des « transarchitectes » fait parler d’elle. Au nom de l’identité. le patrimoine bâti et la recomposition des centres anciens : Un dilemme faustien. Favorisée par la mondialisation. ce discours dominant énumère les griefs de la ville européenne : « la ville dense européenne est un archaïsme. Elle ne vit plus que sous perfusion. cataloguée comme l’exclusive dépositaire de la création des édifices. A . Naturellement. même si les sites en question sont très sensibles car. les tendances « futuristes ». la patrimonialisation pratiquée sans discernement est en phase de conduire à une muséification des villes et des quartiers anciens. Université Mentouri-Constantine INTRODUCTION Les historiens. ils montrent dans les temps présents des attitudes pour le moins mitigées. ils sont appelés à réussir : dilemme faustien. ni aux nouveaux modes de vie. Si nous considérons que les architectes sont très impliqués dans ces choix. Car. ni au développement économique. de la diversité culturelle et des enjeux économiques. les préoccupations urbaines (et urbanistiques) constituent des enjeux majeurs appelant à affirmer des options et prendre des décisions en matière de développement urbain. Peu importe les accointances. Cependant. L’architecte. les leçons du passé). force est de reconnaître que la gageure immisce ce corps dans une situation «tragique ». Elle n’est plus adaptée. Ce privilège consacre une nouvelle forme de sacralité en attirant les divers flux. recherche sans cesse l’occasion pour mettre en pratique son imaginaire. les gestionnaires des villes et les élites citadines en particulier ont tendance à tout patrimonialiser. Son organisation spatiale faite d’un bâti serré autour d’un espace public constitué de rues et de places est provinciale. d’une « valeur à priori » employée pour la « reproduction des sociétés » et par conséquent elle s’érige en un « leurre ontologique » [Jeudy. les architectes quand à eux. Faut-il rappeler que l’histoire de l’architecture nous renseigne sur la « faiblesse » idéologique des architectes et des urbanistes ? En effet cette caste.BOUCHAREB Département d’Architecture et d’Urbanisme Laboratoire Ville et Santé. par la mobilité et par le marketing. ni le grand public. ni à une esthétique nerveuse sensible au climat d’une époque marquée par l’électronique. les flux d’information. Cependant. ces concepteurs doivent bien choisir. interdisant par conséquent toute intervention. Catalogué dans le courant néo-moderniste. la « signature » de ces architectes arrive à elle seule à imposer le produit dans le réseau urbain mondial. DE L’ARCHITECTE AUJOURD’HUI… La patrimonialisation constitue un champ de « fixité » et une source handicapante pour l’imaginaire. dont les finances. ces qualificatifs désignent tout ce qui « ancien » sans épargner les architectes qui prônent une connexion avec le passé. la « fièvre de construire » réduit toutes les susceptibilités. le flottement des valeurs. Cette attitude conduit également à des « impostures » artistiques : l’essentiel reste de singulariser le cadre urbain et d’attirer les touristes en quête d’images impressionnantes. bien sur. aujourd’hui. le lieu. l’hypermédiatisation offre à cette élite « professionnelle » des occasions pour composer des discours dithyrambiques en sa faveur et d’autres propos dévalorisant envers tout ce qui est « archaïque » et « folkloriste ». sponsorisées par le courant ultralibéraliste exhibent des performances et des capacités imaginatives qui n’épargnent pas les architectes (surtout les jeunes diplômés). le commanditaire et même les usagers d’un tel édifice peuvent se prévaloir du statut de « mondialisé ». 1995] . Non seulement. les déséquilibres incessants mais fructueux. 1990]. » [Le Dantec J-P. (Constantine. Elle signifie sacralisation d’un ordre passé.

font émerger de grands enjeux et des questionnements légitimes. la question des interventions et des modes opératoires reste souvent sujet à controverse. Par rapport à ces doctrines. DE LA NECESSITE D’INTERVENIR SUR LES CENTRES ANCIENS Le patrimoine bâti s’inscrit dans un contexte physique urbain. les écologistes et les « socialisants » contre le spectre de la ville américaine. transport). Disons en seconde synthèse que le volet « procédural » est prégnant tant les questions juridiques. certaines phobies se développent rapidement et arrivent à favoriser de curieuses alliances entre les gestionnaires des villes. (Somatique ou chronaxique). L’enjeu essentiel pour les grandes villes (particulièrement celles qui reposent sur des fonds patrimoniaux importants) est de s’inscrire dans le réseau mondial (ou régional) et prétendre ainsi à une représentation transnationale. Sur le plan de l’esthétique des paysages urbains. 20 . à la télévision et à la privatisation des tous les services publics compris. à la fragmentation socio-spatiale. Cette caractéristique veut que tout être soit appelé à subir sa « croissance ». les tissus vernaculaires offrent toujours par leur belle « image » chaotique la sublimation. Et pourtant. par une nécessité. le « chaos » devient un « ordre caché ». toujours superposés à des lieux à haute charge patrimoniale et symbolique.  Les mutations en cours ou en gestation concernant particulièrement les missions des professionnels et les investisseurs de la ville . le patrimoine et tout ce qu’il représente comme cristallisation du vernaculaire sont relégués au statut de l’archaïque. Cependant la question des modes d’intervention reste l’apanage de la caste des « professionnels ». il ressort qu’il y a assez de facteurs qui peuvent mettre à mal tout l’héritage patrimonial et surtout affaiblir les motivations et les intérêts pour ce thème. les consensus restent tributaires des volontés et des motivations politiques et sociales. ELEMENTS POUR UNE PROBLEMATIQUE Nous avions énuméré quelques thèmes fondamentaux pour la prise en charge du patrimoine dans le cadre du rapport ville/patrimoine.  La nécessité d’opérer des réajustements urbains pour la survie de la ville. L’anarchie installée progressivement à l’ombre des TIC dénote le recul de modes prônés par la planification. offre une « liberté » pour mettre en pratique les lubies les plus inavouées. il est soumis par conséquent à une immanence. les classements des priorités. sociales et techniques. la patrimonialisation n’est pas américaine. C’est un principe. la ville américaine extensive ne veut pas s’encombrer d’une « charge » qui finira par consacrer un rituel gênant. Ces perspectives interpellent l’avenir du patrimoine et ses corollaires identitaires et mémoriaux En effet. En fait. technologies. Rappelons que la ville américaine offre l’image d’une ville fantôme destinée au tout- automobile. En première synthèse. particulièrement chez les générations avenirs. l’insertion de nouveaux modes économiques (tertiaire en particulier) ne peuvent pas occulter les risques et probabilités des pertes (à jamais) de quelques témoins de la mémoire et des appuis « physiques » de l’identité. Nous le mesurons quotidiennement dans les inclinations des étudiants en formation et même chez les pratiquants. se réajuster ou se recomposer sous la pression des mutations économiques. qu’elle soit temporelle ou corporelle. Et comme les centres-villes (leurs composantes) sont contraints de s’actualiser. Ce champs laisse entrevoir quelques « frictions » entre :  Les objectifs cultivés par les tenants de la patrimonialisation tout azimut . à « terre brûlée »). dont le savoir-faire se mesure souvent à l’efficacité et la pertinence des actions sur les sites. les consensus politiques et sociaux deviennent des requis préalables à toute élaboration de stratégie urbaine ou à des interventions urbanistiques. Pratiquant la « tabula rasa » (nous préférons ce terme par euphémisme. le non-respect de l’échelle. LE CHAOS SUBLIME A ce discours. ces centres. Bouchareb A. Il faut dire que les « transarchitectes » puisent l’essentiel de leur inspiration de ce modèle. La nécessité d’opérer des actions pour l’amélioration des conditions sociales (hygiène. Ainsi.

un héritage que chaque génération avait « participé » à fructifier en déployant son génie et en puisant dans son capital savoir pour qu’il soit réapproprié afin de répondre à ses attentes du moment. La nécessité de renouveler ou de régénérer la ville devient incontournable. un palimpseste qui laisse apparaître en filigrane les substrats de tous les occupants depuis la période préantique. 13 et 14 mai 2008 Cependant. Une vieille-ville qui se dégarnit chaque jour d’avantage. les zones où se regroupent ces commerces sont l’objet d’un extraordinaire regain d’intérêt. l’architecture et l’urbanisme deviennent des actes fondateurs ou refondateurs. la multiplication des commerces. les interventions sur un substrat accumulé. Les multiples « fructifications » n’ont pas entamé sa structure ni son « soma ». ceux écoulant des produits venus de Dubaï. le second. Du coup. diagnostiquées et finement planifiées. de Syrie ou de Taiwan.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.) buttent sur des problèmes techniques (les corps de métiers font défaut) et un Plan Permanent de Sauvegarde fraîchement initié. Ces inscriptions dénotent le génie et le respect des lieux occupés avec subtilité et affectivité. conservé et choyé durant des siècles demeurent des opérations sensibles et par conséquent très risquées. particulièrement. mais juste aux locaux commerciaux. VICISSITUDES DU PATRIMOINE BATI CONSTANTINOIS Il est très facile d’établir un état des lieux du patrimoine bâti constantinois aujourd’hui. lieux privilégiés du commerce informel. après presque 3 décennies). Par ailleurs. sauvegarder et maintenir une mémoire vivante ? Examinons ce que l’histoire urbaine de Constantine nous enseigne. d’autres en cours (Bab El Djabia et la Rue Mellah S.1981] du lieu. Lefebvre 1970]. Quelques mots pour définir ces deux valeurs fondamentales de tout lieu habité . D’autre part. Lebebfre [H. même les chinois s’y mêlent en apportant un zeste d’exotisme. alors que le reste. même s’il conduit à des situations irréversibles. Aujourd’hui. à l’exception des interventions coloniales françaises. qui ont carrément imposé une note dissonante. s’effrite rapidement. désigne les traits physiques pertinents d’un site. En effet. N’oublions pas également que le risque est devenu une valeur de la société post-moderne. Des actions « promises ». même cernées. 21 . il y a un véritable phénomène de gentrification de ce Vieux Rocher. mis à part les ruelles accessibles. ne sont-elles pas les conditions requises pour espérer conserver. employé par H. C’est dire que l’enjeu est très délicat : ces interventions portent sur des témoins et sur un héritage jalousement conservé par des générations et durant des siècles. Cependant cette forme ne touche pas à l’habitat. et les topies de base. Subtilité et affectivité. C’est dans ce sens que nous adoptons volontairement une position considérant la ville comme un produit multiséculaire. certaines sont en voie d’achèvement (Palais du Bey. l’absence d’interventions signifie la muséification d’une relique digne d’une collection « privée ». le premier d’origine romaine. donne l’occasion aux « investisseurs » de procéder à des rénovations localisées. Cet « usage » s’était accompli dans le respect des fondamentaux de l’établissement humain originel (devenu urbain plus tard) : le « genius loci ». recommande que toute implantation humaine « réussie » doit avant tout pactiser avec les « génies » [Shulz Ch-N. C’est cette image qu’offre le vieux Rocher de Constantine.

22 . en commerce de « made in ». libraires. En fait. restaurants « gastronomiques ». la vieille ville entamait sa déchéance.15 Mauvais état 256 16. tend à extraire la dimension « mythique des lieux ». il est partiellement accéléré par ses occupants-mêmes dans le but d’accéder prioritairement au logement social. naguère des cafés fréquentés par une élite « intellectuelle ». la reconversion des locaux. Les surpeuplements devenait alarmant.97 Tableau 1 : Etat des lieux de la VieilleVille de Constantine en 2004. ETAT DU BATI NOMBRE TAUX (%) Bon état 365 23. lieu exclusif symbolisant l’urbanité. Figure 1 : Vue aérienne de la Vieille Ville de Constantine (2003). alors « périphériques ». Il y va sans dire que cette hypercommecialisatison se lit comme une bazardisation qui fait reculer les formes d’urbanité de base que cristallise la Vieille Ville. les informations émanant des sources officielles dénotent le caractère alarmant des conditions d’hygiène et de l’état du bâti : le RGPH de 1998. La démographie et la démission des propriétaires a accéléré le délabrement du bâti. Bouchareb A.44 Etat moyen 812 52. (Source Cellule de Réhabilitation de la médina de Constantine) L’état des lieux de la vieille-ville constantinoise est successif à des vicissitudes souvent malheureuses. Ces populations bénéficiaient de location de pièces dans les habitations. Ce « déménagement » interne a été suivi par un déplacement des populations issues de l’exode rural durant la colonisation et habitants les « bidonvilles » de la périphérie. En fait. ou locaux d’artisanat étroitement liés à la mémoire collective. les propriétaires ne pouvaient plus procédaient aux travaux de confortements ou de rénovation. relève que 20 % des habitations ne répond pas aux normes.44 En ruine 124 7. L’élite citadine locale résidant dans la vieille-ville. Il faut signaler également que cet état des lieux n’est pas le fait exclusif de l’usure dans le temps. Tout a commencé le lendemain de l’indépendance. dut se replier sur les habitations vacantes laissées par les colons et situées dans les pourtours du Centre ou dans des quartiers résidentiels. Toujours dans le volet « état des lieux ».

Ce statut a attisé les convoitises des différents conquérants. s’est perdue dans les prétextes financiers. les occupants réemployaient déjà les matériaux des constructions précédentes. ces universitaires forment les plus importants noyaux du mouvement associatif s’intéressant au patrimoine. le statut juridique des maisons. Examinons quelques indices de cette qualité dans les temps passés. une autre aventure commence. En conclusion. Ainsi. Portant sur la restructuration et la rénovation du Centre-ville. Fraîchement achevé. d’autres habitants démolissaient eux-mêmes leurs maisons dans l’espoir d’être relogés prioritairement. avait donné l’occasion au DPAT et à l’Université ROMA III de procéder à l’étude du Master Plan pour la Vieille ville. peu d’objets ont été mis au jour sur le Rocher. Numido-punique. la proposition de l’URBACO. tant que la question de l’état des lieux. Des alternatives ont été annoncées durant les années 80. l’élaboration d’un POS Vieille-ville n’a connu aucune suite. 13 et 14 mai 2008 Certaines habitations menaçantes ruine. L’intérêt porté à ce patrimoine s’est établi progressivement. une grande quantité de mémoires et thèses ont été élaborée dans ce cadre. Les réflexions opérationnelles concernant la vieille ville ont été entamées en 1984 par l’URBACO. dont l’étude a été confiée au Laboratoire Ville et Santé. Seulement. Sans qualifier cet usage. LES SUBSTRATS URBAINS : MODES D’EMPLOI Un constat préalable : Constantine est depuis 30 siècles en poste de commandement d’une région dont les limites sont toujours fluctuantes. la condition sociale des habitants. Toutes ce « verbiage » a été freiné par l’actualisation du PUD qui privilégia la « préservation des monuments historiques » et du site naturel des Georges du Rhummel. le Ministère de la Culture s’oppose à sa réalisation. Esprit qui fait aujourd’hui défaut. car de la période précédente. de matériaux et de la mémoire constantinoise. la formation de corps de métiers d’artisanat en matière de patrimoine et la mise en place d’un cadre « administratif » clair et organisé ne sont pas tranchés. ils ont insufflé assez d’arguments pour pousser le mouvement associatif à attribuer au patrimoine constantinois plus d’intérêts. Cependant. disons simplement que cette succession a instauré un « esprit » de bâtisseur. ni les autorités. En 2003. Ce qui amena les autorités locales à procéder à des démolitions d’îlots entiers. Ces derniers ne voulaient en aucun moment réveiller l’inextricable question du statut juridique des maisons de la vieille ville.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. ni affronter le mouvement associatif qui s’affirmait de plus en plus sur la scène local. en 1982. La « patrimonialisation » de la vieille ville n’a jamais été ouvertement déclarée. Ain Smara). En 1996. Aujourd’hui rattrapé par le Plan Permanent de Sauvegarde initié en 2007. Ainsi après chaque conquête. la vieille-ville s’effondrait petit à petit sous le regard impuissant des autorités et des associations. En attendant le temps n’arrêtera pas son usure. Un projet. Cependant les ruines délaissées par les relogés sont immédiatement occupés par d’autres prétendants au logement social. Elle a été plutôt favorisée par des conjonctures économiques défavorables et des gestionnaires précautionneux. Le PUD de 1975 désignait la vieille-ville en « zone à rénover ». ce travail est bloqué dans un imbroglio « juridico-administratif ». dont la démolition et reconstruction tout en maintenant les activités. le maître du moment s’attelait à « redessiné » la ville pour pouvoir se la réapproprier. Alors que de l’autre côté. En fait. un partenariat Algéro-Italien. Une proposition d’élever des « tours » sur le site été lancée. Car. Nous entamons donc cette rétrospective par la ville au temps des romains. invoquant le fait que le secteur en question est devenu une « zone sauvegardée ». En effet. financé par la Wilaya dans le Chapitre « Amélioration urbaine » bute également sur l’inexpérience technique et de gestion des projets en milieu patrimonial et sur l’absence d’entreprises qualifiées. ces travaux bien menés ne trouvent pas les échos nécessaires chez les gestionnaires de la ville. 23 . l’université de Constantine vient en pôle position. Sur le plan des études. Et dans cette dégradation disparaît un pan entier de l’histoire. d’ailleurs. entamé en 2005. ont vu leurs occupants bénéficier de logements dans les ZHUN fraîchement aménagées à la périphérie de la ville ou dans les villes satellites (El Khroub. ni le mouvement associatif ne sont en mesure d’assurer la survie du patrimoine local.

des thermes) et des « servitudes » (Citernes. joignant les portes « opposées » ou conduisant vers les zones affectées à des fonctions urbaines majeures et traversant les fori. représente une hypothèse de l’organisation spatiale de la ville que nous avions élaborée dans notre travail de thèse [Bouchareb. Le seul témoin. reste les restes d’un rempart fait de bloc de pierre situé sur la pointe Nord/ouest que les romains avaient prolongé pour étendre l’aire sacrée (à la place de l’actuelle Casbah). elle datait de l’an 533 de l’Hégire (1135/36) selon l’inscription en style coufique figurant sur la cimaise du Mihrab. le même site comprenait les citernes les plus importantes. En synthèse finale. ponts. Les édifices de cultes et de réunions publiques entouraient les fori et l’esplanade. nous nous penchons sur l’organisation spatiale de la ville durant l’époque ottomane. deux forums et une esplanade. en se « surexposant ». regroupant les voies secondaires dont l’importance s’acquiert dans sa relation avec la trame primaire. aqueducs). Cependant le théâtre (probable) et le cirque exigeaient des terrains spécifiques ont été implantés en dehors du Rocher. période plus ou moins fournie en documents. Si l’angle Nord/ouest a été consacré au capitole pour « exagérer » sa monumentalité. La figure 2. La ville était également marquée par des arcs de triomphes et un tetrapyle enjambant les voies principales et un mobilier urbain sous forme de statuaire et de fontaines. Ces dernières alimentaient sans doutes les thermes qui se concentraient dans la partie Est. des aires réservées à des fonctions socio-urbaines importantes (des édifices de « loisirs ». et d’autres rues transversales orientées Sud/Nord et acheminant les flux vers ces mêmes zones à partir des portes d’accès à la ville. En somme la ville possédait une image correspondant aux inclinations urbaines et au raffinement romain. Hammadide et Hafside. L’époque musulmane avait vu se succéder sur le Rocher les dynasties Aghlabide. Ainsi. Le seul vestige significatif. de cultes. fatimide. THEATRE AREA SACRA CITERNES FORUM EDIFICES THERMES PORTES FORUM PONT Figure 2 : Hypothèse de l’organisation spatiale de la ville durant la période romaine L’affectation des édifices semble correspondre à des exigences symboliques et « techniques ». Une seconde trame se « démarque ». fortement modifiée. 2006]. 24 . Prenons comme référence ce tracé et examinons la période suivante. les voies importantes sont de deux ordres : des rues sillonnant la ville d’Ouest en Est. Bouchareb A. reste la mosquée. la ville de Cirta à l’époque romaine se présente comme un cadre urbain structuré par des voies principales et secondaires. Pas de documents pour cette période.

par le rajout de franges (réservées aux commerces) sur les deux rives CASBAH TABIA EL BAB EL DJEDID BAB EL-OUED Souk Ettujjar SOUK ET-TEDJAR BAB DJABIA Djamaa El Kebir EL KANTARA BAB EL DJABIA BAB EL KANTARA QU A R T I E R S D E CON ST A N T I N E (1 8 3 7 ) Source : Laboratoire Ville et Patrimoine d'après carte cadastrale Figure 3 : La ville durant la régence turque. la rue Rouaud. alors que « l’aire sacrée ». adoptent idéalement un raccourci en diagonale. Nous notons que les piédroits de l’Arc de Triomphe de Natalis sont noyés dans les constructions des rives de la rue. autrefois réservée au capitole et aux temples. le forum populaire a été affecté au Souk El Kebir (Souk Ettujjar).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Cette configuration est le cheminement dessiné par les passants qui pour traverser une place. (Figures 4). L’autre forum constituera une place « royale ». affirmée par l’édification du « Palais du Bey » en 1826. (résidence du gouverneur de Constantine durant le règne Hafside puis du bey durant la régence turque). Ainsi. alors que les grands axes s’étaient considérablement rétrécis. et Vieux aujourd’hui Hadj Aissa et Kedid). Ce constat est confirmé par les gravures de Delamarre. Arc de Triomphe TETRAPYLE Figure 4 : Plan dessiné par Delamarre montrant les monuments romains noyés dans le tissu urbain L’arc de Triomphe de Natalis (gravure exécutée par Delamarre). En effet les aménagements apportés ont pris la forme de diverses densifications du tissu urbain. 25 . laisse constater que la trame viaire n’a pas été totalement modifiée. abritera le centre du pouvoir. 13 et 14 mai 2008 La superposition des tracés de la ville romaine telle qu’elle se décline hypothétiquement et la régence Turque. Souk Ettujjar est traversé par une voie en diagonale (qui donnera. exécutées en 1840.

d’alignement et de percements de voies tracées au cordeau et déchirant de part en part le tissu originel. la ville « musulmane » s’était pliée au tracé effectué par les romains. » [Biesse-Eichelbrenner. les opérations urbaines ont consacrées le modèle européen par les travaux de nivellement. des édifices majeurs hérités par les « musulmans » ont été reconvertis pour abriter des activités « publiques ». Ces rues carrossables ne s’appuyaient nullement sur le tracé ancien. « à l’entrée de la rue Impériale. les percements tracés au cordeau aménagés par les colonialistes En conclusion. Figure 5 : La ville aujourd’hui. en bordure de la place Nemours. même si la nécessité avait commandé des aménagements nouveaux. Les vestiges romains ont été également insérés dans les constructions non pas par souci « esthétique » mais pour un accommodement technique. Bouchareb A. ancien Adjoint au Maire. s’était attelée à imposer un nouveau tracé. Au contraire de pans entiers de la ville ont été démolis pour laisser place à un parcellaire destiné à recevoir les immeubles de rapport. Ces travaux ont finit par insérer une frange de tissu européen et disloquer le tissu urbain et son corollaire social. le génie militaire de la colonisation française entama sa mainmise sur la ville par l’implantation de quartiers militaires (dont un à la Casbah). Le même sort a été réservé à l’arc de Triomphe de Natalis lors de l’aménagement de la rue Caraman (aujourd’hui Didouche M). un certain M. Après 1837. en expropriant les propriétés mitoyennes. particulièrement la densification des espaces « libres ». Durant la régence turque. entreprit la construction d’un palais attenant à l’ancien Forum. et une partie de Djamaa El Kebir dont la façade (donnant sur le rue Impériale) a été refaite. Entre 1826 et 1835. Sur une autre échelle. Par la suite. Ahmed. aujourd’hui Souk El Acer) flanqué d’une mosquée (sidi El Kettani) et d’une medersa. n’hésitant pas à fouler des pans entiers du tissu urbain préexistant. Le corps central. a été reconvertie en 1136 en Grande Mosquée (Djamaa El Kebir). qui moyennant quelques réaménagements. La colonisation française. (Figure 6). En effet. C’est le cas de Salah Bey qui entama une opération d’achat de terrain au nord de la ville pour aménager un souk (souk El Djemaa. le dernier bey de Constantine. « dépositaire d’un ordre civilisationnel supérieur ». des hôtels particuliers et des édifices administratifs. Même les monuments antiques ont été effacés : en 1868. indique par la disposition des travées un édifice octostyle dont le pronaos 26 .Cordonnier. quelques beys ont apporté leur touche personnelle à la ville. C’est le cas de la probable basilique romaine attenante au forum. 1948]. faisant élever un grand immeuble dont la construction de la partie arrière entama la démolition du fameux tétrapyle d’Avitianus…Cet immeuble devint l’Hôtel de Paris. basé sur une géométrie rigoureuse. Les européens ont occupé la zone centrale (structurée par les nouveaux percements) en s’interposant entres les populations « musulmane » et israélite de part et d’autre.

faïences. Même les pierres de l’arc de Triomphe appelé Ksar El Ghoula situé à proximité du Pont ont été réutilisées pour l’occasion.1743] En 1830. le visiteur remarquera que les colonnes et les chapiteaux sont des ordres très hétérogènes. La mosquée Souk El Ghezel. C’est la raison pour laquelle. Adoptant les conseils de ses proches. Salah Bey entreprit la réédification du pont d’El Kantara. à un luxe surpassant tout ce qu’on avait vu jusqu’alors à Constantine. La reconversion s’avère comme une méthode de « conservation » de la mémoire des lieux. colonnes. « Les piliers formant les côtés de la principale porte de la ville qui sont d’une belle pierre rougeâtre. En 1792. sont artistement sculptés. 1877]. la décision d’extraire des matériaux du plateau du Mansourah a été prise. on fit du neuf avec du vieux. la Casbah accueillit les casernes alors que sa partie nord a été réservée à l’Hôpital militaire. de la construction de la mosquée et de la medersa. Les pierres arrivant des Baléares causaient beaucoup de retard pour la conduite des travaux. alors que la plupart des thermes ont été reconvertis en Hammam. Les citernes romaines ont été également utilisées jusqu’à la période coloniale. Figure 6 : Djamaa El Kebir (plan de l’état actuel). On voit incrustés dans un mur du voisinage un autel en beau marbre blanc et en saillie un vase bien conservé de ceux qu’on appelait impulum » [Shaw T. nous constatons que la muraille entourant la ville du côté ouest a été reconstruite. et l’on parvint ainsi. sans bourse délier. Shaw. avec beaucoup de profusion unie à quelque peu de confusion. Qu’elle soit « intégrée » ou « hégémonique » elle fait exister le passée dans le futur. » [Féraud Ch. construite en 1730 a été à son tour convertie en cathédrale en 1838. L’architecte Don Bartholoméo s’occupa des travaux d’élévation des parties supérieures sur les piliers et les arches reposant au fond du ravin de l’ancien pont romain. (Figure 7). après son agrandissement et l’adaptation de son intérieur au culte catholique. 13 et 14 mai 2008 était orienté vers l’Est. portes et fenêtres.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. les témoignages des voyageurs et les sources iconographiques apportent beaucoup d’informations. fut extorqué dès lors pour la décoration du palais. Dans ce volet. après les travaux de réaménagement du marché de Souk El Djemaa. Le réemploi des matériaux (ou des éléments architectoniques) a été énormément pratiqué durant la période qui a suivi la romanisation. en réemployant des « vestiges » romains en tant que matériaux. comparable au marbre. le bey se replia sur le fond patrimonial local : « Tout ce que les principales maisons de Constantine possédaient de remarquable en marbres. la construction du Palais du bey buta sur l’indisponibilité des matériaux ramenés d’Italie. A travers les récits de voyage de T. 27 . autrefois basilique romaine donnant sur le forum. Le Palais du bey a été affecté en hôtel du Général du Commandement.

Ainsi. technique en fournissant une matière informée prête à l’usage dans la construction. Enfin de compte. Figure 9 : Chapiteaux corinthiens de Djamaa El Kebir D’autres gravures montrent le réemploi d’objets architectoniques dans la construction. chapiteaux du Palais du Bey Ravoisié) Les colonnes de Djamaa El Kebir sont coiffées de chapiteaux d’ordre Corinthiens. soit en éléments de remplissage ou en éléments décoratifs. Figure 10 : Incrustation d’objets architecturaux dans les constructions (Gravure de Delamarre). Figure 7 : Différentes colonnes et Figure 8 : Le pont d’El Kantara en vers 1846 (Dessin d’A. le réemploi se décline également par sa triple utilité. Bouchareb A. la reconversion de la basilique a été également accompagnée par le réemploi des éléments architectoniques de grandes qualités. esthétique en apportant 28 .

ses valeurs sociales et dicter ses canons de l’esthétique. Mentouri Constantine. Thèse d’Etat. la génération actuelle s’interdit-elle d’y inscrire son temps ? Le centre ancien. Ed. (2006) Cirta ou le substratum urbain de Constantine. Mentouri Constantine. pour être conforme aux normes de l’hygiène. DAU. Patrimoine en folie. Univ. en reconvertissant ses « locaux obsolescents » et en réemployant ses matériaux.BIESSE-EICHELBRENNER M. la ville et l’architecture durant l’antiquité. D’autre part. 2. La révolution urbaine. Paris. sur leur ardeur de bâtisseurs. Voyages de Mons. a été convoitée et occupée par plusieurs conquérants. Visite au palais de Constantine. Medit. Le cas de Constantine. Gallimard.BOUCHAREB A. Th. ni les déchirements sociaux de la ségrégation ethnique. les ambitions d’une génération présente portée sur l’éphémère. la ville est un véritable palimpseste. d’un projet cohérent et d’un imaginaire fructifiant.. Pourquoi ne pas faire en sorte que les villes anciennes « vieillissent bien » ? BIBILOGRAPHIE 1. tout se lit en filigrane. L’histoire urbaine de la ville fournit des indications sur le génie des prédécesseurs. SHAW T. souvent en respectant les traces du précédent. 8. dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant. dont la survie commande des actions urgentes. 3. La Haye.PAGAND B. Cahier n°5. P. Ce rôle l’épargne d’être classé dans les catégories des reliques ou des simples gadgets du passé CONCLUSION Tergiverser. Ces dernières sont homogènes. Jacob. Coll. A Constantine. Nous sommes en train d’assimiler le cas constantinois au cas de Fez ou de Tunis. La conquête et le temps des pionniers. . du moins un brin de « toilette ». pp . Paris. les premières opérations de terrains butent sur l’absence de qualifications professionnelles. 29 . 10. Pour quelles raisons. 7. Poitiers. Il y a là un constat « réaliste » qui suggère d’adopter des visions en rapport avec les temps actuels. Ed. Univ. (1990).(1970).BENIDIR F (1989) . Au final.(1981). 13 et 14 mai 2008 une authentique touche de beauté et aussi symbolique en tant qu’héritage témoin du passé. Métapolis ou l’avenir des villes.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. In Archi-Cree. L’Europe des villes en mal d’images. Shaw M. (Sous la Direction de). sur leur hardiesse et sur leur sensibilité. Une étude en archéologie urbaine.(1743). Il est temps de refaire la ville rien qu’en respectant son tracé. Bruxelles Liège. Ed.La revalorisation d’un tissu ancien. s’attarder ou se mêler dans les imbroglios juridico-administrative et dans la recomposition des réseaux institutionnels ne favorise nullement le patrimoine. 4. Lib Hachette. le clip et les gadgets «jetables » arrivent à noyer les inclinations « intellectuelles » des quelques « îlots » s’attachant encore à l’authentique. conduit à une incapacité pour se résoudre et maintenir le consensus social et culturel. Ed.LE DANTEC J-P (1989). sans discontinuité. Paris. L’impuissance pour « édifier » occasionnée surtout les attitudes procédurales lourdes. Magister.ASCHER F (1995). 9. Etu. C’est la leçon du passé transmise en toute humilité. (1989) La médina de Constantine. 5. La région. (1877). O.Mardaga.FERAUD Ch. n’ayant pas subi les affres des percements et des démolitions. Ed. Neaulme. MSH. Constantine.JEUDY P-H.D. Paris. Juin/Juillet.SCHULZ Ch-N.Ethnologie de France.J.97-101. (1985) Constantine. Genius loci. est appelé à se rajuster et même à introduire cette notion du développement durable. 6.LEFEBVRE H. chacun consentit à établir son ordre spatial.

LES MEDINAS : QUELLE APPROCHE SPECIFIQUE ? Le patrimoine algérien : un patrimoine en péril Travailler sur une médina ou un quartier ancien à l’heure actuelle pourrait passer pour une entreprise stérile au regard de l’importante production scientifique que les villes anciennes du monde arabe ont déjà suscitée. Université Pierre Mendès France RESUME La médina est complexe. Analysable à différents niveaux d’échelles.) . a très souvent retenu l’attention des chercheurs et des hommes politiques. bien au contraire certaines d’entre elles n’ont fait qu’aggraver la situation. elle nous fait traverser des limites interdisciplinaires . n’ont pas permis d’appréhender la réalité des quartiers sous tous leurs aspects. des méthodes et des outils pour approcher ses entités urbaines de valeur patrimoniale. les quartiers anciens retrouvent depuis les années 70 un intérêt auprès des urbanistes et des acteurs politiques mais n’en souffrent pas moins de nombreux dysfonctionnements. A. objet de notre recherche. Relégué au second plan. Elle se heurte à des problèmes de fonds et de forme. impacts et perspectives. se dégradent progressivement sous l’effet de facteurs multiples : paupérisation. d’ailleurs impossible tant les dynamiques de croissance de la ville et ses approches ont radicalement évolué. culturels et politiques de notre histoire et qui constituent une source de référence pour les générations futures. qui sont généralement issus du secteur public. les processus engagés jusque-là.. Le regain d’intérêt pour le quartier ancien ne peut signifier un retour à un modèle urbain passé. ce qui justifie une complexité au niveau des interventions. Ces mêmes opérations timides. qui se sont manifestées n’ont eu aucun résultat positif sur ces tissus. on s’aperçoit toutefois que malgré leur grand nombre et la variété des disciplines. et un complément spécifique des lois et des outils règlementaires pour une meilleure cohérence urbaine et sociale de ces tissus anciens. architecte et urbaniste. Artisan. surpeuplement. de requalification voire de sauvegarde de ces héritages qui portent en eux des valeurs architecturales et urbaines. Doctorant "Urbanisme et architecture" Institut d’Urbanisme de Grenoble. La question du patrimoine en Algérie demeure mal appréhendée. le patrimoine urbain algérien tombe en général dans les oubliettes de la -1 Parmi les travaux on peut citer à titre d’exemple des projets de restructuration. Ces projets sont restés au stade des études (constats. difficiles à cerner et qui seraient à l’origine des expressions spatiales et des mécanismes du caractère et de l’image actuelle des villes traditionnelles algériennes. enquêtes. Cependant. Ses témoignages urbains qui illustrent des événements sociaux. au profit d’une urbanisation moderne. dont l’avenir était condamné à la faillite au vu de leur dégradation et des bouleversements politiques et/ou sociaux. incohérentes et combien isolées. La définition des politiques patrimoniales demeure complexe et difficile et exige une étude plus approfondie voire même une réforme. reste porteur d’enjeux différents et possède quelques vertus (particularités urbaines et architecturales) qu’il est bon de revaloriser et de transmettre. etc. De même pour les acteurs. La politique de sauvegarde en Algérie est presque inexistante . les outils et les instruments d’urbanisme déployés. inadaptées et d’ailleurs anarchiques. la médina d’aujourd’hui dans toutes ses dimensions a rarement fait l’objet d’études spécifiques et reste mal appréhendée dans sa globalité.OUZERDINE Architecte DPLG. etc. Etant donné la spécificité de ces entités urbaines. chacun dans son domaine souhaite et tente d’apporter sa contribution à une action de réhabilitation. En Europe. après avoir été négligés pendant des décennies au profit des villes modernes. plan d’occupation des sols. lorsqu’on se penche d’un peu plus près sur leurs -1 différents travaux . Il s’agit plutôt d’admettre que les méthodes et les politiques entreprises jusque là pour la sauvegarde n’ont pas porté les fruits que l’on attendait et que le quartier traditionnel. Intervenir sur les médinas en Algérie : processus. artiste. La médina algérienne. Leurs interventions restent superficielles. non seulement dans son apparence formelle mais aussi dans son organisation spatiofonctionnelle. Le dysfonctionnement du système spatial urbain actuel et ses pratiques nous semblent renvoyer à des causes multiples.

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

politique publique et se désintègre de l’ensemble de la ville. De plus, le manque de politiques du
patrimoine, n’a pas facilité le processus de sauvegarde de ces tissus urbains. En effet, les démarches
patrimoniales (de sauvegarde, de requalification et de durabilité englobant toute opération ponctuelle
de "restauration, réhabilitation, reconstruction, rénovation", et/ou des opérations à long terme
"concrétisées par des projets de restructuration, d’intégration et de développement"), se heurtent à
d’innombrables difficultés qui ont trait aux outils réglementaires, au financement, ou à l’ampleur des
processus de dégradation. De plus, les programmes d’action et les projets urbains poursuivent des
objectifs divers et d’ailleurs incohérents.
De ce fait, ces territoires symboliques, lieux de centralité urbaine et historique, de mixité, de cohésion
sociale et d’échanges culturels, se retrouvent soumis à des évolutions diverses et menacés de
marginalisation (sociale et/ou économique), voire même de muséification.
La médina : une approche spécifique
La médina est complexe, non seulement dans son apparence formelle mais aussi dans son
organisation spatio-fonctionnelle. Analysable à différents niveaux d’échelles, elle nous fait traverser
des limites interdisciplinaires ; ce qui justifie une complexité au niveau des interventions, des
méthodes et des outils pour approcher ses entités urbaines de valeur patrimoniale.
Le regain d’intérêt pour le quartier ancien ne peut signifier un retour à un modèle urbain passé,
d’ailleurs impossible tant les dynamiques de croissance de la ville et ses approches ont radicalement
évolué. Il s’agit plutôt d’admettre que les méthodes et les politiques entreprises jusque là pour la
sauvegarde n’ont pas porté les fruits que l’on attendait et que le quartier traditionnel, dont l’avenir était
condamné à la faillite au vu de leur dégradation et des bouleversements politiques et/ou sociaux,
reste porteur d’enjeux différents et possède quelques vertus (particularités urbaines et architecturales)
qu’il est bon de revaloriser et de transmettre.

La politique de sauvegarde en Algérie est presque inexistante ; Elle se heurte à des problèmes de
fonds et de forme. De même pour les acteurs, qui sont généralement issus du secteur public. Leurs
interventions restent superficielles, incohérentes et combien isolées. Ces mêmes opérations timides,
inadaptées et d’ailleurs anarchiques, qui se sont manifestées n’ont eu aucun résultat positif sur ces
tissus, bien au contraire certaines d’entre elles n’ont fait qu’aggraver la situation. Etant donné la
spécificité de ces entités urbaines, les processus engagés jusque-là, les outils et les instruments
d’urbanisme déployés, n’ont pas permis d’appréhender la réalité des quartiers sous tous leurs
aspects. La définition des politiques patrimoniales demeure complexe et difficile et exige une étude
plus approfondie voire même une réforme, et un complément spécifique des lois et des outils
règlementaires pour une meilleure cohérence urbaine et sociale de ces tissus anciens.

DIFFICULTES, LIMITES ET HYPOTHESES :
Notre travail s’inscrit dans une démarche de réflexion globale, axée sur un questionnement, certes
récurrent, mais non achevé, sur la politique de sauvegarde, les formes de réponses sociales et les
formes architecturales et urbaines appropriées à des contextes différents et bien définis (contexte
politique, contexte socioculturel, etc.). Nos interrogations gravitent essentiellement autour de la
problématique de l’espace ancien, son évolution et sa durabilité. Le dysfonctionnement du système
spatial urbain actuel et ses pratiques nous semblent renvoyer à des causes multiples, difficiles à
cerner et qui seraient à l’origine des expressions spatiales et des mécanismes du caractère et de
l’image actuelle des villes traditionnelles algériennes.
Dans cet itinéraire complexe, nous émettons une hypothèse principale liée à l’impact de l’application
des normes d’urbanisme en usage actuellement sur les tissus anciens, ainsi que les limites des outils
d’intervention déployés pour leurs sauvegarde.
La mise en épreuve de cette hypothèse sera développée dans la présentation PowerPoint ; nous
limiterons nos observations à quelques situations relevées dans l’étude du cas, celui de la vieille ville
de Annaba.
Quelques éléments semblent se situer au centre de l’hypothèse dégagée, celle des normes et règles
urbaines, les modes de planification et les outils actuels d’intervention se rapportant au patrimoine
culturel urbain et sa sauvegarde (PDAU, POS, etc.). Leurs applications sur les médinas algériennes
entraîneraient la perte de leur système d’organisation et de structuration de l’espace et par voie de
conséquence leur fondement historique. Ces outils et ces lois déployés jusque-là, restent généraux et
inefficaces face à la situation que vivent actuellement ces tissus. Dans beaucoup de cas, ce vide du
filet législatif ne fait qu’aggraver les dysfonctionnements constatés.

31

Ouzerdine A.

Une première lecture des textes législatifs français et algériens fait apparaître des variations de
procédures mais une reconduction des règles générales d’urbanisme et des normes de conception et
de construction [Hafiane, 2001]. Ce qui peut signifier que les dysfonctionnements et les
anachronismes constatés jusqu’à maintenant renvoient à des formes d’élaboration des instruments
d’urbanisme et à des procédures inadéquates. Ce qui peut également impliquer que la question des
normes et des règles est d’essence essentiellement technique ou juridique et s’assimile à des formes
de transfert de technologie et de savoir faire. Les impacts sont multiples et se situent à plusieurs
niveaux ; Ils nécessitent pour leurs évaluations des approches pluridisciplinaires et des études plus
approfondies pour une meilleure compréhension de l’image actuelle des nos tissus singuliers.

OUTILS D’INTERVENTION ET REGLEMENTATIONS :
Progressivement, l’intervention dans les centres historiques algériens devient un thème d’actualité, à
la fois de part ses multiples enjeux et ses intérêts spécifiques de sauvegarde. Une protection
adéquate assure à ce patrimoine le maintien de sa valeur culturelle et de son intégrité sur le plan
fonctionnel et spatial, et pourra être transmis aux générations futures. Cette protection est peut être le
fait d’une grande diversité d’actions, certaines ayant pour rôle spécifique de veiller sur le patrimoine,
d’autre participeront d’une manière indirecte et positive pour influencer ainsi son devenir.
La protection peut-être légale, physique, morale ou sociale. Cette action basée sur une
complémentarité et complicité à la fois des engagements collectifs et individuels, publics et privés, doit
être nécessairement soutenue [Sidi Boumediene, 1991]. Autrement, l’efficacité des mesures de
protection et de contrôle finira par se décliner au profit des nouvelles tendances et de nouveaux
risques qui menacent le patrimoine culturel.
Dans cette perspective, quelques éléments semblent se situer au centre de la problématique de
l’espace ancien et de sa sauvegarde, celles des normes et règles concernant la production
architecturale et urbaine et les méthodes de planification, de sauvegarde et de gestion du patrimoine.
De quels outils disposons-nous pour la sauvegarde de nos tissus anciens ? Sont-ils efficaces ?
Quelles sont leurs limites et difficultés ?
Le cadre juridique et réglementaire constitue le premier support de toute action entreprise sur
l’espace. Cependant, il n’est pas exclu que l’application de ces normes et règles peut lui porter
atteinte dans son fonctionnement et son intégration au sein de la ville.
Dans un contexte aussi complexe que l’Algérie, la question des normes demeure une problématique
évidente, notamment pour les tissus anciens et leur pérennité.
Souvent mal conçu, mal interprété, défaillant, mal appliqué, insuffisant, ce filet législatif se trouve à
l’opposé de la réalité urbaine, et par voie de conséquence à l’opposé de la ville, son présent et son
devenir. L’application de cette règlementation inadéquate serait à l’origine des expressions spatiales
et de la situation alarmante des villes algériennes : mutations socio-économiques, déracinement, …
Depuis son indépendance jusqu'à ce jour, l’Algérie s’est dotée d’une panoplie de lois, de règles,
d’outils et d’instruments de planification et d’aménagement. Cette législation juridique n’est qu’une
reproduction de la législation française avec plus au moins d’adaptation au contexte culturel et
économique du pays. A.Hafiane "dans ses propos", lors de la présentation de sa conférence [Hafiane,
2001], met en évidence le rapport entre les deux législations et souligne leurs points de ressemblance
malgré la différence des contextes dans lesquels elles évoluent. A ce titre, les règles et les outils se
rapportant aux tissus anciens et leur protection, ne font pas l’exception dans ce domaine. En
conséquence, ces derniers restent généraux à caractère descriptif, superficiels voire même
insuffisants face aux particularités des tissus concernés. Sans décrets exécutifs, qui mettent en
application ces lois et les clarifient et des outils bien spécialisés, les médinas risquent de se
dévaloriser pour cause : de mauvaise interprétation, de mauvaise application, …
Un autre problème se pose, celui de l’impact de l’application de normes et règles d’urbanisme en
usage actuellement sur les tissus anciens algériens, souvent au détriment ou à l’opposé de leurs
fondements historiques et de leurs pratiques spatiales ou sociales. En effet, il ne semble pas exister
dans les textes réglementaires de particularités urbaines. Or la plupart des grandes villes algériennes
possèdent des tissus urbains anciens dont la morphologie et la typologie se distinguent nettement du
reste.
Un bref aperçu de ces outils, nous semble nécessaire pour mieux montrer la faiblesse du système
législatif (se rapportant à la sauvegarde du patrimoine) et la difficulté d’approcher plus particulièrement
ces entités urbaines de plus en plus fragiles au fil des jours.

32

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

DISPOSITIF DE PLANIFICATION ET DE PROGRAMMATION :
Outils à vocation générale :
Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme "PDAU" :
Le PDAU est un instrument d’urbanisme, de politique d’aménagement et de développement de
l’espace socio-physique urbain. Ce document est établi dans un cadre intercommunal, à l’échelle de
l’agglomération ou de tout autre ensemble géographique présentant une communauté d’intérêts
économiques et sociaux. Sa fonction est de fixer dans un cadre planifié, les orientations
fondamentales d’aménagement des territoires concernés, et de déterminer les prévisions et les règles
d’urbanisme. Son contenu est représenté par la spatialisation d’un modèle prévisionnel de
développement démo-socio-économique défini pour un horizon donné.
Application en quartiers anciens :
Cet instrument d’urbanisme est le plus souvent muet sur le devenir des tissus existants, et notamment
des quartiers et centres anciens considérés comme quasi immuables. L’attention est focalisée plus
particulièrement sur les nouvelles extensions urbaines. Toute fois, il ne faut pas ignorer que les
mutations actuelles affectent de façon significative, les quartiers anciens existants et par voie de
conséquence les centres anciens. Chose qui les place forcement dans ce processus de
développement urbain, comme étant une partie intégrante dans la ville.
Ce document reste un outil de planification à vocation générale, cependant il pourra contribuer de
façon efficace à redonner à ces centres historiques une place importante au sein de la ville. Une
recherche des équilibres entre ces centres et l’ensemble de la ville s’avère nécessaire pour leur
revitalisation. Comment peut-on les revitaliser à nouveau à l’aide de cet instrument d’urbanisme ?
Pourquoi ce manque d’intérêt lors des planifications urbaines ?
Le plan d’occupation des sols "POS" :
Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme ne comporte que les grandes lignes d’aménagement
et de développement urbain, en raison de son caractère de document à long terme. A partir de cela, le
plan d’occupation des sols intervient pour apporter plus de détails, un maximum de renseignements et
d’indication. Ainsi ce document précis fixe de façon détaillée les droits d’usage des sols et des
constructions , à plus grande échelle, à court ou à moyen terme.
1

Application en quartiers anciens :
On constate souvent que ce dispositif de planification et de programmation se contente de
prescriptions générales. Il fixe des droits quantitatifs à construire et des dispositions techniques sans
prendre en compte la morphologie urbaine existante et les différents enjeux du quartier. Son étude et
ses directives font rarement l’objet d’une réflexion globale ayant pour objectif un projet urbanistique
d’ensemble. De plus il ne s’applique guère au traitement et à la mise en valeur du bâti existant, alors
que les politiques d’aménagement vont majoritairement dans ce sens. Enfin, il est rarement utilisé
comme un outil pour préciser l’évolution de ces tissus urbains, et notamment pour les protéger.
La forme urbaine spécifique, l’échelle différente, les règles d’organisation et de composition
auxquelles ils obéissent, font que l’approche et la gestion des quartiers anciens (notamment les
médinas) se satisfont mal des méthodes de réglementation et d’intervention habituelles. Par ailleurs,
le POS peut-être adapté à l’évolution et au devenir de ces quartiers, dans la mesure où son règlement
permet plus particulièrement de traiter, de façon détaillée et concomitante, les caractéristiques, les
enjeux et les problèmes présents. Cette démarche implique une analyse préalable de tous ces
aspects indissociables et interdépendants pour permettre à la fois une conservation et une évolution
de ces tissus devenus fragiles aux mutations urbaines brusques.
Les outils plus spécifiques aux quartiers anciens : les secteurs sauvegardés.
Les centres et les quartiers anciens présentant un intérêt historique, architectural et urbain, peuvent-
être protégés au-delà de leurs monuments, pour l’ensemble patrimonial qu’ils constituent.
Un secteur sauvegardé est ainsi un ensemble urbain dont la protection et l’évolution sont assurées
dans un périmètre délimité par un arrêté interministériel, pour lequel un document d’urbanisme de

1
– Le POS peut préciser : la vocation des zones urbanisées, les possibilités de construire, les servitudes, les
opérations urbaines, etc.

33

manque de main d’œuvre qualifiée. on recherche une évolution harmonieuse des quartiers anciens. de manière cohérente. détail est élaboré : le plan de sauvegarde.  Questions éthiques : restaurations ravageantes. De même pour les acteurs de sauvegarde. bien au contraire certains d’entre eux n’ont fait qu’aggraver leur situation. qui se sont manifestées n’ont eu aucun résultat positif sur ces tissus. Ils doivent également permettre d’améliorer leur insertion urbaine. manque d’évaluation et de partage du savoir. etc.  Gestion : fragmentation administrative ou disciplinaire du travail. Cette initiative est vouée à l’échec.). réhabilitation de l’ancien bâti. Ces faiblesses peuvent varier de l’absence de législation de protection efficiente à la concurrence entre les disciplines dans le contexte de la division étanche des tâches. peuvent être eux aussi à l’origine de la faiblesse de ce filet de sûreté en conservation.  Interventionnisme : urgence d’intervenir sans connaissances adéquates. Mais la réalité est toute autre. Ceci est lié essentiellement au manque de moyens matériels (financement). etc. dans une démarche qualitative d’urbanisme. il ne faut pas exclure les faiblesses des outils de protection dont on dispose pour contrer les menaces sur le patrimoine et permettre son évolution. enquêtes.  Pratiques de conservation : absence de normes. qui sont généralement issus du secteur public. Ces outils ne font pas l’exception. spécialisé. etc. où tout en préservant architecture et cadre bâti. partant de l’analyse urbaine (analyse structurale) à l’analyse architecturale particulière (analyse typo- morphologique). la loi vise à associer sauvegarde et mise en valeur. ils restent superficiels et quantitatifs. manque de consultation publique. sur les plans financier. et d’ailleurs anarchiques. concurrence disciplinaire. Ouzerdine A. Comment expliquer cette inefficacité ? La politique de sauvegarde des tissus anciens en Algérie est presque inexistante. obligations irréalistes. Ces outils opérationnels créés comme complément au secteur sauvegardé doivent permettre d’initier. Désormais la plupart des médinas algériennes font l’objet d’un secteur sauvegardé. Les enjeux professionnels bien différents et le manque d’intégration des préoccupations patrimoniales dans d’autres actions des autorités publiques. manque d’entretien. Cette situation est perçue à travers :  Politiques : autorités en concurrence. FAIBLESSE DES POLITIQUES DE SAUVEGARDE ET DE CONSERVATION : Les risques et menaces qui pèsent sur le patrimoine émanent principalement de pressions venant de son environnement naturel. technique et social. interventions incohérentes ou contradictoires. besoin de mise à jour continuel. etc.  Classement : exclusif plutôt qu’inclusif. etc. etc. pour mieux projeter des opérations adéquates au maintien de ces tissus et leur évolution.). Ces opérations entreprises pour la sauvegarde des médinas. Quelle est l’utilité de cette procédure ? Par l’intermédiaire de cet instrument. Les outils opérationnels d’intervention : les opérations programmées et plan de sauvegarde. incohérentes et combien isolées. Ces mêmes opérations timides. … La première perspective de sauvegarde basée sur ces outils opérationnels est portée sur la Casbah d’Alger. Malgré ce contexte. propositions d’aménagement. Concrètement aucune prise en charge sur le plan réglementaire n’est engagée dans ce domaine. son entretient et sa réparation. etc. sur un ou plusieurs espaces identifiés ou délimités. bureaucratie inefficace. un ensemble d’actions visant à rétablir leur fonctionnement normal. aux difficultés que posent généralement les opérations de sauvegarde (les normes et les règles urbanistiques. Peu d’entre elles sont spécifiques aux quartiers anciens. sont essentiellement à vocation générale. social ou économique. manque d’application. L’étude du secteur sauvegardé devra s’appuyer sur des analyses très fines à toutes les échelles significatives d’intervention et de gestion . La politique de sauvegarde des vieux quartiers est restée jusqu'à ce jour au stade des études (constats. le laxisme de l’administration. Leurs interventions restent superficielles. en voici quelques exemples : opération de restauration. rejet de l’intervention minimale.  Législation : définitions dépassées. manque de suivi. 34 . ou encore à une attitude corporatiste qui ne donne pas la priorité à la conservation continue de ce passé évolutif. etc. résorption de l’habitat insalubre.

… La protection et la valorisation du patrimoine engagent une variété d’acteurs provenant du secteur public. Cela doit se faire suivant une approche plus globale tournée vers les principes d’un développement durable de la ville. LE DEVENIR DES MEDINAS ALGERIENNES : DISCOURS. On aura ainsi compris le lien fort entre patrimoine et urbanisme [Boumaza et al. ces derniers font souvent l’objet d’une contradiction entre protection et modernisation. du secteur privé. etc. 13 et 14 mai 2008  Institutions : affaiblissement des institutions de conservation.  Question d’ordre professionnel : formation insuffisante ou ponctuelle. il est indispensable (et urgent) d’adopter des méthodes et moyens efficaces pour avancer et évoluer dans un contexte tourné vers la mondialisation et la durabilité. privatisation des connaissances. Ou encore. Ceci peut se traduire par :  Des normes et règles complémentaires applicables au contexte urbain spécifique. La méthode alors consiste à construire des éléments complémentaires afin de faire évoluer les politiques d’approche et d’intervention sur les villes algériennes en général et leurs médina sen particuliers qui se trouvent confrontées à des problèmes de fond et de forme.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. celle de l’existence de mesures incitatives pour encourager et aider les propriétaires. problèmes de relèves professionnelles. ENJEUX ET NECESSITES D’AVANCER Qu’il s’agisse de la sauvegarde et de la revalorisation du patrimoine ou de la définition et de la mise en œuvre de l’urbanisme nécessaire aux situations et aux problématiques urbaines en Algérie. qui demeure l’un des plus grands défis de nos jours. etc. la revitalisation et la réinsertion dans le milieu urbain. Cela peut se traduire par des études plus approfondies à différents niveaux et par des interventions cohérentes et efficaces véhiculées par une nouvelle approche mêlant à la fois héritage et modernisme. Elle impose des démarches réfléchies ayant pour principal objectif de renverser le processus de dégradation avancé au profit de mouvements d’imposition progressive visant la protection. manque de ressources humaines et financières.  Savoir faire et métiers artisanaux : transmission menacée. des fonctions et de l’espace urbain dans sa globalité.  Une prise de conscience et culture de l’action soutenue par la volonté collective d’agir sur des faits réels en affectant des tâches et responsabilités et en organisant la régulation par la négociation. La difficulté réside dans le passage à un urbanisme plus ambitieux et volontaire quant à l’orientation des méthodes. La problématique de l’urbanisme est quant à elle plus complexe voire même contradictoire. Les risques associés à ce réseau devraient faire l’objet d’un suivi continu pour aider à identifier et corriger les faiblesses pour améliorer l’ensemble du système de protection. les discours engagés jusque là contribuent eux même à nourrir cette fausse opposition à la fois par les renvois des problèmes vers des services non qualifiés et par des solutions ponctuelles anarchiques et parfois inadéquates à la réalité du terrain. les statuts. faiblesse des institutions formatrices.  Un débat public transversal et pluridisciplinaire construit autour une analyse fine et critique des problématiques urbaines. 35 . Une harmonisation de ces parties indissociables (patrimoine et urbanisme) doit passer par un accord réfléchi entre les différents enjeux et intérêts qui y sont contenus. des processus. sans oublier la société civile. La question du patrimoine en général et des médinas en particulier apparaît souvent dans les discours consensuels sur l’importance culturelle et identitaire du pays et dans des démarches de sauvegarde paralysées par les tendances dominantes de dégradation et surtout de perte des héritages matériels et immatériels. la concertation et l’arbitrage. Cette réalité contemporaine soulève plusieurs questions majeures comme celles de l’engagement de l’Etat à mener une action exemplaire sur ses propres propriétés. dont le contenu comme la mise en œuvre sont conformes aux coutumes et les pratiques. De plus. de la présence efficace des institutions sur le terrain dans un contexte de diminution des ressources professionnelles qualifiées et du manque d’un dispositif institutionnel et réglementaire se rapportant à la protection du patrimoine. etc. Malheureusement. 2006] traduisant à la fois la culture dominante du cadre local et du contexte. manque de connaissance ou de recherche opérationnelle.

Villes maghrébines en fabrication ». économiques. « Villes réelles. administratives et techniques.OUZERDINE A. ISBN 2-7068-1932-4. Conférence de Malta. pp. (2006).HAFIANE A. (1991)..SIDI BOUMEDIENE R. Maisonneuve & Larose. DEA "villes et sociétés".. villes projetées. 3. (2001). PP351-353. Ouzerdine A..  La question qui se posera alors si ces éléments sont définissables et réalisables dans les conditions qui caractérisent notre pays à savoir politiques. Le cas de l’Algérie ». 4.BOUMAZA N ET AL. « Les influences européennes sur l’urbanisme : les normes et les règles dans le cas des villes algériennes ». 36 . « Patrimoines : vers une problématique de la patrimonialité. (2003). BIBLIOGRPHIE : 1.15-29. « Les politiques d’approche et d’intervention sur les centres historiques algériens ». 2. Edition Publisud..

EPAU. le premier se rapporte à tout ce qui est ancien. tel que qualifié par N. et a amené les populations aussi bien des nations industrielles que les autres. à travers les centres et monuments historiques. seul moyen de transposer sur 2 la longue durée un certain nombre de valeurs » . ce n’est pas irréversible. dans le sens où même si conflit et lutte il y a. Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme. s’il est acquit et présent dans pratiquement . et de les inscrire dans une complémentarité? Cette problématique est présente même dans les pays industrialisés. Ainsi l’antagonisme existant entre patrimoine historique et création architecturale et urbaine. sur le plan sémantique. établissant un rapport positif entre l’existant et le futur » . Le concept de patrimoine. que nous avons repris dans l’intitulé de notre recherche. Si nous considérons que ces deux notions font partie d’un même concept qui est la production de la ville. ceci après une épaisseur du temps et de la durée. alors on pourrait considérer qu’ils s’inscrivent dans une dichotomie puisqu’ils doivent se côtoyer et évoluer dans les mêmes limites. Alger Patrimoine historique et développement urbain. Si le passé en est attesté. De cette opposition ne pourrait-on pas faire émerger une troisième qui s’appuierait sur la notion de «. et le second à la contemporanéité. à la nouveauté. ne pourrait-il pas s’estomper pour laisser place à une réflexion qui permettrait de conjuguer ces deux concepts au même temps. L’accélération de l’histoire durant le dernier siècle. En effet. dans notre sens ne s’intéressant pas uniquement à la nouvelle production architecturale ou urbaine. à se raccrocher nostalgiquement à leurs racines et à leur passé.. leur rapport n’est pas toujours des plus consensuels. nihilistes comme l’Algérie. Architecte. comme l’avait déjà écrit en 1934 Gustavo Giovannoni celle qui milite pour la production du nouveau au détriment de l’ancien et celle qui veut tout préserver. Si toutes deux font parties d‘un même espace qui est la ville. car pour ceux ayant connus des colonisations. C’est ainsi qu’un intérêt est né pour l’histoire et l’archéologie et donc un engouement pour la reconstitution des souvenirs et des images. notre hypothèse. c’est le présent qui n’arrive pas encore à trouver ses repères au travers de ce même passé qu’on veut encore garder en tant que référent. ou à une prise de conscience patrimoniale non encore établie. terme par lequel nous introduisons déjà. « Projet ». Deux conceptions s’affrontent depuis. n’a plus laissé le temps aux sociétés d’intégrer les nouveaux langages modernes et images produits. notamment européens où le patrimoine et l’histoire ont été reconnus en tant que tels. mais aussi à celle prenant en charge les traces du passé. alors que beaucoup voudraient que le développement urbain soit une menace pour le patrimoine et à l’inverse que le patrimoine constitue des obstacles à toute création architecturale et urbaine. Ils n’ont pas le même rapport avec leur histoire et leur patrimoine. Antagonisme entre espaces historiques et développement urbain Cas de Tlemcen KASSAB BABA-AHMED T. ont été pour certains. 1 continuité. Nous avons adopté plutôt le terme « antagonisme ». à l’histoire. et se retrouvent en quelques décalages dus à des conceptions fondamentalement divergentes..Boumaza ou du Sud n’en sont pas encore là. Cette notion selon François Loyer conduit au « maintien volontaire d’un lien passé-présent dans le projet. 3 Les pays périphériques. tandis que les partisans d'une priorité donnée à l'aménagement prétendent également imposer leurs pratiques à la totalité de l'espace. Les adeptes du patrimoine en viennent à revendiquer la conservation de l'ensemble des bases matérielles de la mémoire collective. au delà de l’amnésie forcée et la mise en place de nouvelles valeurs référentielles et culturelles imposées par le pouvoir d’occupation. et ont perpétué ces pratiques au delà de la décolonisation. deux notions récurrentes pour tout architecte et auxquelles il est souvent confronté. Maître de Conférences.

les priorités sont souvent déplacées. De ce fait. Loin de constituer une priorité. Les principaux protagonistes qui étaient anglais. ils deviennent des objets isolés dans la ville. son prolongement patrimonial dans les villes de nos jours. pour certains cas. le patrimoine subit des dégradations volontaires ou involontaires. sont devenus la conscience des peuples. Par ailleurs. Pour exemple ce « reste du monde » n’est pas encore à l’excès de patrimonialisation comme dans les pays européens. que la protection du monument a été instituée en tant que ligne politique depuis le XIXe siècle. leur préservation et conservation nécessitent au-delà de leur classement. celle du passé. Des artefacts sont régulièrement classés permettant leur protection. reconstruire et déconstruire se conjuguent à tous les temps. et affichent actuellement leur richesse architecturale qui les a consacrés –monument historique-. Les sociétés incertaines sont préoccupées par leurs racines et leur histoire (ou plutôt leurs histoires). C’est à cet effet. alors que celui qui transforme ou démolit est considéré comme vandale et iconoclaste. Leur dynamisme étant rompu. les guerres. C’est à cet effet que nous avons essayé de connaître la place réelle qu’a occupé et qu’occupe le monument en Algérie. Kessab Baba Ahmed T tous les pays du Monde. et une « idéologie patrimoniale qui exhibe une mémoire morte. ne participant plus au développement urbain. Isolés et coupés de leur contexte urbain. mais s’inscrit tout à fait dans le rapport passé/présent. Cependant. ont été produits pour des besoins spécifiques à chaque contexte de leur édification. s’inscrit tout à fait dans la politique internationale en matière de préservation des sites et monuments historiques. « Construire. 3 leur avenir douteux les rend misonéistes » . des interventions actives qui les réinscriraient dans le temps présent réinstallant ainsi le rapport passé/présent. Zone à 38 . Les vestiges sur lesquels nous nous sommes attardés ont tous été un héritage mais occupent-ils le statut qui leur est du ? Ces monuments et sites qui font la fierté des villes et qui en ces temps modernes constituent d’une part un atout économique puisque le tourisme culturel est devenu une ressource essentielle pour différents pays. allemands ou italiens. L’Algérie qui a actuellement près de 500 monuments classés. de crainte d’une action de mauvais augure. Si la connaissance et la reconnaissance du patrimoine culturel. Ces artefacts. et d’autre part un référent identitaire. Nécessitant des moyens financiers plus importants que pour les nouvelles constructions. ce rapport ne trouve pas encore. ils deviennent malheureusement vite des « bibelots urbains » et mobiliers touristiques. les images chaotiques et architectures inqualifiables que nous renvoient nos villes ne seraient-elles pas liées à ce manque d’ancrage dans un passé qu’on n’a pas mis ou su mettre à la disposition du présent. C’est dans ce cas de figure que se trouve actuellement l’Algérie qui a connu et connaît encore des problèmes urbains liés à sa croissance démographique et urbaine. De ce fait. et qui ne s’accroche à son patrimoine qu’en tant que souvenir et repère mémoriel. En tant que symbole mnésique. Relégués à leur rôle de mémoire voire d’usage de l’heure. ils ont subi des dégradations. en sont attestées à travers la loi 98/04 relative à la protection du patrimoine culturel. bien entendu. saturée de - 4 cookies. les monuments ne contribuent plus à redonner une vie et un sens aux liens qui doivent unir la vie et la ville contemporaine à son passé. Le monument est devenu un bien collectif qui a émergé avec la conscience de l’histoire mettant en rapport passé et présent. dont on a figé l’image au moment de leur consécration en tant que monuments.pour user d’un jargon informatique » tel que Mourad Yelles décrit l’état du patrimoine. le menaçant par moment de disparition totale. ne continue-t-on pas cependant à percevoir toujours ce patrimoine uniquement comme des objets du passé à stocker ? Une mode à suivre sans en comprendre le sens. La lecture des différents plans d’urbanisme nous instruit sur la place qu’on donne aux sites et monuments historiques. ont pu exporter cette notion à travers le reste du monde. ils se fossilisent et ne s’inscrivent plus que dans la dimension historique. il reste avant tout une aventure européenne. n’ont pas connu le même sort. Cependant. celui qui opère une restauration est désigné de conservateur et d’homme de culture. qui est loin de s’inscrire dans les mêmes logiques européennes et assimile donc ce concept de manière différente. français. puisque s’ils n’ont pas été démolis. D’autres. ont très souvent été modifiés dans leurs formes et dans leurs fonctions. Depuis les transformations des espaces et architecture des monuments sont peu acceptées et les restaurations se font en essayant de garder au maximum l’image originelle de l’objet. et que nous jugeons exceptionnels. Or les monuments qui ont pu traverser les siècles.

Nous avons choisi pour champ d’étude. le monument ou site historique n’a-t-il pas perduré grâce à sa mise en rapport avec des projets nouveaux. Les interventions sur les monuments se faisant très souvent dans l’urgence suite à un état de dégradation poussé. l’ont-ils été pour leur âge. mais plutôt à son caractère spécifique en tant qu’édifice majeur. la" Qisaria ". Ces présences séculaires qui ont été authentifiés en tant que monuments historiques. comment des présences séculaires pourraient-elles se conjuguer au présent ? Ces questionnements nous ont renvoyé vers leur relecture historique où nous avons essayé de retrouver leur rôle social. nous a permis de revisiter l’ancienne capitale à travers ses monuments et d’avoir un nouveau « regard de l’histoire ». la consécration d’objet pas nécessairement historique ou répondant à une valeur esthétique. leur position urbaine et leur forme avant leur consécration en tant que monument historique. soit 8% du parc national. leur spécificité ou autre? Cette problématique secondaire. soit directe telles que des extensions sur l’édifice lui-même ou indirecte comme l’édification de nouveaux monuments. la production monumentale est totalement absente. La protection du patrimoine ne serait-elle pas en rapport direct avec la production du monument ? Le passé ne pouvant revivre qu’à travers le présent. son esthétique. Les monuments tlemcéniens à l’instar des autres monuments algériens connaissent des problèmes dans leur préservation et conservation. de différentes tailles et catégories. les réponses sur terrain ne sont pas toujours les plus adéquates. Ses nombreuses mosquées. « Les chefs-d’œuvre du passé nous montrent que chaque génération eut sa manière de penser. « Le monumental » n’est pas en rapport à la dimension importante de l’édifice. au « tout-patrimonial » à savoir. la ville de Tlemcen qui représente un parc loin d’être négligeable en sites et monuments historiques. son nombre très élevé en sites classés en Algérie. à la totalité des 5 ressources techniques de l’époque qui était sienne » . des " fondouks ". bien qu’elles connaissent une expansion urbaine. 13 et 14 mai 2008 sauvegarder. Combien de villes ont pu enregistrer dans leur nouveau parc ce type de bâtiment ? La reconnaissance de l’épaisseur de l’histoire et l’investigation philologique sont cet à priori nécessaire qui permettrait aux sites et monuments historiques algériens de trouver leur place dans la ville contemporaine ? Afin de ne plus être qu’un décor urbain ou un espace où on y pratiquerait une quelconque fonction. à savoir la consécration du monument historique. haut lieu historique. on n’échappe pas à la problématique des formes de restaurations et de leurs erreurs éventuelles. ou font-ils partie d’un passé révolu à travers lequel on ne s’identifie plus ? Ce site. ses conceptions. emprisonnent ces espaces dans leurs contours. Il s’est agit de s’interroger sur la notion de patrimoine qui est comprise comme « un indicateur privilégié permettant de saisir le rapport que la société entretient 39 . témoignent de la particularité du site. Constituent-ils des éléments de permanences référentiels pour la population tlemcénienne. pour servir de tremplin à son imagination. Si pour l’Algérie on ne s’inscrit pas encore dans cette « surproduction » du monument. leur histoire. Il s’est agit donc de savoir comment leur identification a été opérée tout en se basant sur les nombreux auteurs qui ont essayé d’apporter une clarification de la notion de patrimoine et de l’identification du monument historique. Les questionnements des spécialistes et les débats internationaux ont été très nombreux et ont beaucoup évolué durant le XXe siècle puisqu’ils sont passés des discours relatifs aux formes de reconnaissance du patrimoine. des portes et des remparts. nous a permis d’aller en amont de la préservation et de la conservation et de comprendre les mécanismes de la connaissance et de la reconnaissance du patrimoine de par la société aussi bien civile que publique. faisant appel. Cependant. des hammams. monuments classés. Au delà des édifices religieux. leur esthétique.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. la production monumentale s’inscrirait dans le processus logique du fonctionnement des villes. En Algérie et essentiellement dans les villes moyennes. subsistent également d´autres institutions telles que " médersas" où l´enseignement y était pratiqué. des limites tracées sur plans puis dans le réel.

Nous avons essayé de situer le discours universel d´une part et algérien d´autre part. Nous avons alors énoncé les recommandations nécessaires à leur intégration. et avant que la notion de patrimoine ne soit définie en Europe. ce que nous avons essayé d’expliciter dans notre recherche. le monument ne devrait-il pas constituer cet élément moteur dans la recomposition de la ville ? La production du monument dans la ville n’est-elle pas nécessaire pour toute urbanisation cohérente ? Le regard croisé interdisciplinaire nous a permis de faire une relecture des monuments de Tlemcen par rapport aux nouveaux évènements spécifiques de chacune de ses époques et des mutations subies. a perdu beaucoup de ses repères et de son identité. accentue le fossé entre les espaces historiques et les nouvelles productions. donc inscrit dans une histoire particulière » citation d’Henri Rousso directeur de l’institut d’histoire du temps présent à Paris. La production d’une architecture moderne sans référent local. pétrifiés. ne permet pas forcément une assimilation et application telle qu’envisagée. Ainsi. ou dans des zones plus récentes. Mais aussi dans des temps plus lointains. des pratiques comme celle des habous existaient alors chez nous et n’en avaient pas moins le même rôle. tels que les relevés et les iconographies que textuels comme les récits des voyageurs. que nous avons superposé aux récits historiques. Les dynasties se sont succédées à Tlemcen. l’histoire étant considérée comme méthode scientifique et non comme la nostalgie du passé. Par rapport aux monuments qui sont encore en fonction. C’est ce que nous a permis de constater notre recherche qui à travers l’histoire revisitée de Tlemcen. La société algérienne qui après 132 ans de colonisation œuvrant pour l’acculturation du peuple. l’exportation du concept ainsi que celle de ses méthodes d’applications vers ces derniers pays. lui permet difficilement son insertion dans le monde contemporain et facilite en quelque sorte son déclin. o La seconde hypothèse concernerait donc l’existence de décalages dans la politique patrimoniale des pays du « centre » et des pays « périphériques ». Leur repositionnement à travers une lecture historique et historiographique nous a paru être essentiel et a permis de faire ce lien avec le présent. ne serait-il pas lié à cette vision qu’on voudrait internationale. L’objet de décalage comme nous l’avons déjà cité. au-delà de leur intérêt historique. Par ailleurs la relecture historique nous a permis de revisiter ce patrimoine à travers une vision contemporaine faite sur la base de différents documents aussi bien graphiques. relatif au patrimoine historique. la meilleure. dans les temps présents et dans la ville actuelle. Ces rappels théoriques étaient nécessaires afin de définir les critères qui ont été pris en charge pour la sélection des édifices classés. o Notre hypothèse principale a concerné la contemporanéité du monument. C’est la logique de cette production monumentale qui a constitué notre fil rouge dans la relecture historique. L’image figée de l’artefact dans un temps donné. Voir sa situation sur les plans aussi bien politique. Ces nouvelles lectures. A la recherche de cette dernière. La définition même de ce patrimoine a été étudiée afin de mieux l’inscrire dans le contexte local et actuel. les monuments historiques constituent un des éléments qui permettrait au recouvrement de l’identité nationale relative à la production architecturale et urbaine. qui après leur classement. Nous nous sommes basés aussi bien sur les traces et vestiges encore présents. les différents rapports militaires et autres. a pu confirmer que la cohérence urbaine est en rapport à la production de 40 . les problématiques restent interdépendantes. Le monument vivant n’a-t-il pas perduré grâce à son intégration active dans la ville ? Nombreux sont les monuments. laissant chacune son empreinte en produisant les monuments qui les ont immortalisées. que sur les différents documents graphiques datant des premières années d’occupation française. alors que chaque culture. les monuments mis en oubli peinant pour se raccrocher à la ville contemporaine. nous les avons resitués à travers l’approche monumentale et nous en avons fait une lecture monographique. ne pouvant plus communiquer avec le présent. à savoir l’appréhension des pays périphériques au concept de patrimoine. chaque lieu possède ses propres spécificités. se voient contraints de ne plus changer d’images et se retrouvent en quelque sorte prisonniers de leur passé. La rupture est rapidement perceptible. les légendes. Qu’il s’agisse de nouveaux projets dans des espaces historiques. économique que culturel. rapport qui est lui-même sujet à évolution. Kessab Baba Ahmed T 6 avec le passé. pourront aider dans l’élaboration des plans de sauvegarde.

Ils ont concentré tous les nouveaux monuments au niveau de Tagrart. 13 et 14 mai 2008 monuments et à cet urbanisme de représentation tel que qualifié par Jean Paul Blais 7. précisant le nom du commanditaire ainsi que la date de réalisation de l’édifice est une marque bien destinée à transmettre à la postériorité. la ville est à nouveau sous le joug d’une autre dynastie. Les espaces urbains ont été marqués par un édifice. Le 1 noyau de la grande mosquée a été fondé par cette dynastie et l’inscription sur la corniche en avant du mihrab de la grande mosquée. Alors que la ville d’aujourd’hui. Ces princes. Les Almoravides ont dédoublé la ville par le noyau de Tagrart (illustration 2) en 1069. et objet de consommation pour l’entreprise comme pour l’individu et à cet effet. ce qui n’empêcha pas ces bâtisseurs d’intervenir sur le tissu urbain ou sur les édifices existants. (illustration 3) la grande mosquée contrairement aux thèses des frères Marçais ou de Lucien Golvin ou celle de Bourouiba. occuper la ville près de deux décennies. Ses murailles dont elle tira son nom ont été l’élément de permanence de cette ère mais aussi sa mosquée Djamaa el Atiq implantée sur l’ancien temple romain constituent les premiers monuments de la ville. Les Mérinides ont pu durant le règne Zianide. 3. ont protégé la ville et ont constitué er ses limites jusqu’au XIXe siècle. Mansourah mis à part qu’ils ont édifié lors du siège de Tlemcen. ont préférés construire leur monument dans des lieux spécifiques aussi bien sur le plan topographique que symbolique. et en nous basant sur les travaux d’Eugen Wirth qui s’est intéressé aux villes almohades. La trame urbaine des quartiers nord/est et sud/est remonte à cette époque. 41 . nouveaux gouverneurs de la ville. situés sur un plateau dominant. une citadelle le Méchouar ainsi que de nombreuses résidences palatiales et des medersas. par laquelle nous avons resitué les monuments dans leur contexte géopolitique et économique. Elle a cependant renforcé sa structure urbaine. où ils ont édifié 9 nouvelles mosquées. ont fait de Tlemcen leur capitale. Un siècle plus tard. ce concept philosophique qu’ont développés C. Les Zianides. L’extension urbaine ne s’est limitée qu’au quartier du Matmar (illustration 5) au sud/ouest. Le rythme que créent ces espaces à valeur différente et qui se succèdent dans les temps forts ou faibles augure leur ouverture et imprime un mouvement général dans la ville. les Almohades. ème 1. elle ne trouve plus ses repères. Agadir. En cette période. De ce règne. Ces réactions généreront l’alchimie du lieu grâce aux nouveaux monuments qui prendront position. Différentes dans leur morphologie et leur orientation. Monuments trace essentiellement car ils n’ont été produits que pour être utiles ne prétendant pas au statut d’œuvre originale ou esthétique. n’est plus malheureusement que prétexte. spécifiant ainsi le caractère du lieu en tant que partie composante d’un tout si chère à la phénoménologie. dont la grande Bâb el Quermadine. malgré son dynamisme économique et sa croissance urbaine. Il s’agit du complexe de Sidi Boumediene. avait enregistré déjà une extension à cette époque. de Sidi El Halloui ainsi que de la ville de Mansourah dont ne persistent que les remparts ainsi qu’une partie du minaret de la mosquée. (illustration 1) remonterait au 7 siècle suite à l’islamisation des Berbères par Abou El Mouhadjer. Brève intermède. 4. ce vide sans lequel Tlemcen n’aurait pu s’inscrire dans le mouvement producteur de réactions chimiques. image. Les Zianides ont ainsi doté Tlemcen de l’urbanisme de représentation tel que qualifié par Blais mais aussi l’ont inscrite dans la poétique-rythmique urbaine. Le fameux hammam essebaghine remonte également à cette époque. la valeur de position et mémorielle ont inscrits ces monuments dans l’éternité. (illustration 4) nous avons pu faire ressortir les extensions urbaines de cette période. 5 . Le premier noyau de Tlemcen musulmane. elles correspondent au tissu urbain situé au sud de la ville. qui la dirigeront près d’un siècle durant. la ville n’a pas été dotée de monuments majeurs. la mémoire de l’illustre personnage et de sa dynastie. Selon notre relecture. Les enceintes de cette nouvelle agglomération. De même. 2. Younès et Michel Mangematin.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. néanmoins très riche en production monumentale. aucune construction nouvelle n’a été édifiée. Abritant le mausolée de Sidi Boumediene ou celui de Sidi el Halloui.

(illustration 6) Agadir cet ancien bourg populeux disparaît laissant place aux terres agricoles. comme la medersa Tachfinia a été démolie. on démolissait tout ce qui gênait les plans d’alignement. Les plus beaux artefacts. même si on doit préserver. les modénatures tel qu’il fut le cas pour la Tachfinia. Colonialisme se faisant. Cette période 42 . L’occupation française. La ville se limite au noyau de Tagrart. imposa sa structure urbaine au détriment de l’ancien tissu qui se vit mutiler. en musée. 7. Kessab Baba Ahmed T Illustration 4 : Hypothèses des extensions de la grande mosquée ème 6. Une rétraction de la ville s’est faite. Le 16 siècle. Ces actes de vandalisme ont été perpétrés au moment où pour la première fois on définissait la notion de protection des monuments et qu’on s’attela à classer quelques uns d’entre eux. a été marqué par des guerres et une perte de pouvoir de la ville de Tlemcen qui n’a pu retrouver son aura et son rang durant l’occupation ottomane. à l’instar des autres villes algériennes. la grande mosquée et Djamaa Belahcen ont été transformés.

qui ont permis à l’ancienne capitale de se remettre dans le mouvement urbain. En effet. lieux du savoir bénéficiaient par moment de ces donations. Le nouveau monument y est entièrement absent et les présences séculaires sont reléguées à leur passé ne trouvant plus leur place parmi les nouvelles constructions qui s’entassent. Nous avons ainsi essayé de resituer la production monumentale. Continuité de lotissements et de cités. répondaient chacun en ce qui le concerne. sans pourtant les inscrire dans leur réelle dimension et dans la contemporanéité. sur les tablettes et autres. nombreux étaient les monuments « gewolt » ou intentionnels réalisés par leur opérateur en tant que monument message. la gare ou le collège ont également favorisé le renouveau architectural et urbain de la ville. même si les styles architecturaux étaient européens la trame urbaine en damier et les places orthogonales. séparés par des vides intervallaires ou contigus mais sans lien esthétique» . de la volonté des différents règnes et dynasties de marquer leur trace dans l’histoire avec « le sentiment du beau. Pomaria cette première ville romaine. De même la pratique des habous constituait cet outil permettant leur préservation. interventions qui certes ont permis de retaper les édifices. L’arabisance de Jonnart à travers les édifices comme la medersa. Par cette relecture historique. 43 . 13 et 14 mai 2008 française a certes était décadente sur le plan patrimonial. signalant les commanditaires de l’œuvre démontrent bien la volonté d’inscrire ces édifices dans l’histoire.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 8. Les mosquées et les mausolées en tant qu’édifices de cultes profitaient essentiellement de ces pratiques mais aussi les medersas. a connu un développement péri urbain très important. au même titre que le sentiment religieux » et de ce fait inscrivait ces monuments dans la catégorie des monuments forme qui se sont ainsi imposés par leur histoire et richesse architecturale. Ces derniers répondaient bien évidemment souvent à un besoin utilitaire. tel que le précise l’égyptienne Galila el Kadi. nous avons pu confirmer que les monuments aussi bien classés que non classés. cependant comme nous avons pu le voir les Princes profitaient de leur réalisation pour les inscrire dans l’histoire. De même. dénués de signifiance et étrangers les 8 uns aux autres. Les vestiges n’étant que ces rappels historiques auxquels on voudrait se raccrocher nostalgiquement en quête d’une identité qu’on ne trouve plus. inscrivent également tous ces monuments dans la catégorie des monuments forme. de même évaluer la place et le rôle des monuments tlemcéniens. Même si les biens waqfs constituaient une forme de gestion des biens vivants. Tagrart puis Tlemcen ont tous été le théâtre d’installations de monuments. ce qui répond à une de nos premières questions à savoir que les monuments étaient bien des monuments message. les nouvelles agglomérations ne sont plus qu’une succession d’espaces « d’objets construits. La production de beaux édifices riches en décoration et utilisant les techniques constructives les plus en vogue. aux critères de consécration tel que définis 9 10 par Aloïs Riegl ou Luc Noppen et qu’ils répondent aux différentes valeurs prédéfinies. Les inscriptions sur les corniches. ils ont pu trouver place à travers les anciennes rues de Tlemcen. néanmoins la ville a enregistré un développement urbain ainsi qu’une production monumentale à travers les édifices publics tel qu’église. tribunal et autres. cette pratique sociale avait permis aux monuments de mieux traverser le temps et s’inscrivait pleinement dans les formes de préservation. La période algérienne post indépendance quant à elle. Jusqu’à la veille du règne ottoman. 11 du sublime [qui] était le moteur de cette initiative. qui retracent l’histoire selon les définitions de Régis Debray. Ces différentes formes d’actions attestaient. ème bien que le concept de patrimoine ne date que du 19 siècle. Agadir. Des opérations de restauration ont été menées ces 2 dernières décennies.

Kessab Baba Ahmed T Illustration n° 1 Essai de restitution d’Agadir Illustration n°2 Essai de restitution de Tagrart 44 .

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 13 et 14 mai 2008 Illustration n°3 Extension période almohade Illustration n°5 Tlemcen zianide 45 .

La production de tous ces monuments qu’ils soient intentionnels ou inintentionnels a permis à la ville de Tlemcen de constituer ses propres lieux. ont inscrit la capitale dans un mouvement à travers lequel ancien et nouveau se sont côtoyés et se sont complétés. et qui constitue la période décadente de Tlemcen puisqu’elle s’est vidée de l’intérieur. s’est vu vidé de sa substance jusqu’à sa métamorphose en espaces agricoles. Dédoublé par Tagrart. Ces deux quartiers ne disposaient que de la mosquée. ils sont mêlés au quotidien. celui des Juifs et plus tard celui des Kouloughlis. Et hormis sa mosquée que les Zianides dotèrent d’un minaret. Tous ces édifices. Ceci confirme notre hypothèse par laquelle le monument constitue cet élément moteur dans la recomposition de la ville. elle a généré le développement de quartiers spécifiques. comme la Tachfinia ainsi que toutes les autres attenantes aux mosquées ont fait de Tlemcen la ville du savoir. la nouvelle citadelle le Méchouar. D’abord les édifices cultuels. Ces lieux qui ont pu trouver leur place dans la toile qu’ont tissés les Almoravides et les Almohades et que les Zianides ont ponctué de tous les monuments les inscrivant dans la poétique rythmique. aucun autre nouveau monument n’y a été édifié. ce qui ne fut plus le cas à l’époque ottomane où elles furent abandonnées et ultérieurement. Les périodes peu glorieuses de la ville. les 9 mosquées réalisées durant ce règne ont inscrit la ville dans un renouveau urbain. Aucun nouvel édifice ou monument n’y a été édifié. Néanmoins leur stature et leur état étaient en rapport étroit aux richesses de la ville. Agadir qui fut longtemps un bourg de Tlemcen. La déchéance de la ville à l’époque ottomane a créé une rétraction urbaine opérée sur Agadir et sur El Eubbad Essefli autre bourg au sud de la ville. avait développée plusieurs enceintes de protection la qualifiant par les chroniqueurs de « ville aux 7 murailles ». n’était plus qu’une de ses périphéries. Il s’agit de la période ottomane qui s’est étalée sur 3 siècles. à la vie avec une forte valeur d’évocation et d’émotion. bien qu’elle soit initialement un équipement utilitaire. De même. Monuments inintentionnels ou trace dans la catégorie de Debray. confirment également cette même hypothèse. 46 . Les medersa. Kessab Baba Ahmed T Illustration n°6 Tlemcen ottomane Les ouvrages défensifs assuraient la sécurité de la vie urbaine et de ce fait étaient les plus élaborés et les mieux entretenus. Leur entretien était assuré par les gouverneurs. Ce bourg bien que noyau originel de la ville. De même. c’est dans ce noyau où ont été implantés tous les artefacts. Tlemcen capitale zianide.

qui protégé par le saint des saints et bien que ne disposant pas de fortifications. 13 et 14 mai 2008 inachevée pour El Eubbad Essefli. Cette autre étape historique. actuel Colonel Lotfi sur lequel nous trouvons le collège. n’ont fait que renforcé le statut du monument. les églises. mais toute deux n’abritant pas un saint personnage. l’oratoire plus proche du plus vieux quartier de Tlemcen où résidaient les Hadars. De même. nous l’avons également enregistrée dans Tlemcen coloniale. confirme encore notre hypothèse que le monument doit constituer cet élément moteur dans la recomposition de la ville et que sa production est nécessaire pour toute urbanisation cohérente. a échappé à tout vandalisme (mis à part le tout dernier qui s’est produit durant la décennie noire). de la maison du oukil et du palais. de latrines. Notre autre hypothèse concernait la contemporanéité du monument par laquelle ce dernier a perduré grâce à son intégration active dans la ville. La mutilation et le vandalisme de l’administration française sur certains monuments. L’exemple en est attesté par la grande mosquée où du petit noyau almoravide en tant que salle de prière du gouverneur. Cette régénérescence grâce à la production monumentale. protégé par un saint de haut rang. par crainte pour l’artefact. la poste.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. En tant que lieu saint. les différentes extensions ont permis à l’oratoire d’accéder au rang de mosquée du vendredi puis à son classement en tant que patrimoine national. Nous avons pu voir que la présence de mausolée donnait plus de légitimité à l’oratoire qui se trouve en quelque sorte sous sa protection. la banque. Quant à la place. s’il est clair qu’elle fut mutilée lui faisant perdre son caractère séculaire. La ville de l’époque française. par incompétence ou même par nostalgie. et a pu se maintenir et renaître régulièrement autour du noyau cultuel. seuls édifices majeurs des deux quartiers n’ont pu constituer à eux seuls la trame structurant le tissu qui fragilisé. Restauration ou transformation. ces opérations ont permis à ces monuments de se réinscrire dans la contemporanéité grâce à ces interventions. L’adjonction au mausolée et à la mosquée. Rythme et mouvement totalement absents dans la Tlemcen post coloniale qui connaît un 47 . pour certains édifices. Leur transformation et extension. a permis à 12 Tlemcen de se réinscrire dans le rythme tel que définit par le philosophe Maldiney qui augure l’ouverture d’espaces à valeurs différentes. Si le quartier n’était qu’un espace de transit où l’habitat et vie de quartier n’ont pu s’y établir. que les Français ont percé de fenêtres pour éclairer les collections du musée qu’il a abrité. autre cas de figure. Les édifices cultuels. se succédant dans des temps forts ou faibles imprimant un mouvement général. etc. la mosquée d’el Eubbad essefli. ne lui permet pas son insertion dans le monde contemporain et facilite son déclin. n’a pu se maintenir. encore de pratique en Algérie ont pu se maintenir grâce à leur usage et ceci malgré leur dégradation durant les périodes les moins glorieuses. A l’image de certains bourgs abbatiaux européens où un regroupement de population s’est fait autour d’abbaye sans pour autant pouvoir concurrencer la cité. Djamaa Sidi Belahcen. la préfecture. si elle n’avait pas de son côté été productrice de nouveaux monuments et de nouveaux quartiers. El Eubbad a été un quartier qui attira la population. d’un hammam. d’une médersa. reste cohérente dans son ensemble. Il a ainsi constitué cette rythmique qui a permis à toute cette partie nord de se régénérer et qui bien qu’étant un des plus vieux tissus de la ville. il affichait un bon état à l’arrivée des Français. ont renforcé le quartier dans sa monumentalité et lui ont permis de s’inscrire dans l’éternité. Les monuments historiques. inscriraient cette ère tout à fait dans la période de décadence. Il n’en est pas de même pour le quartier d’El Eubbad. Son image figée dans un temps donné. Les équipements culturels. la mosquée de Sidi Boumediene attirait les pèlerins et une vie économique avait pu s’y développer. participe très souvent à leur déclin. Djamaa el Atiq d’Agadir. L’édification de nouveaux monuments majeurs durant l’ère zianide ou à l’époque française. comme les cinémas et la nouvelle médersa ont trouvé place sur les anciennes voies précoloniales élargies. Les boulevards étaient délimités d’édifices majeurs comme le boulevard national. s’ouvrait sur ces quartiers nord/est. les nouveaux monuments sont les principales notes de ce rythme qui permettent à la ville de s’inscrire dans le mouvement lui procurant ainsi spécificité et durabilité. Le quartier de Sidi el Halloui. politique adoptée dans notre pays. a trouvé sa symbiose avec la nouvelle place rectiligne. elle a pu cependant être réinscrite dans une nouvelle logique et une nouvelle scénographie spécifique aux villes françaises du XIXe siècle où le nouveau lieu mis en place avec son alignement et son kiosque à musique trouve son adéquation avec les nouveaux espaces produits. était situé au nord de Tlemcen. que la pétrification des monuments dans leur image et fonction. bien qu’imposant un nouveau langage architectural et urbanistique. C’est à cet effet.

Les monuments sont d’autre part isolés et relégués dans leur passé. Expression empruntée à Alexandre Melissinos – Architecture contemporaine en espace protégé. MALDINEY.p.K « De la production des monuments.fr/numero/339/Dos/focus. M « Les fantômes de l’identité » éd ANEP 2004 p 46 6. La culture patrimoniale sera ainsi accessible à toutes les catégories sociales tout comme l’a été la musique andalouse ou les tenues vestimentaires traditionnelles qui trouvent leur place de manière naturelle dans la culture tlemcénienne. DUDON. BOUMAZA. essai à partir de la pensée de Maldiney » dans Art et philosophie. NOPPEN. L’Age de l’homme 1974 p 158 14. recherches et créations XXVI p 118 5. Fayard 2003 p.publication en ligne. l’émergence et l’évolution de la notion de patrimoine au cours du siècle en France » éd.urbanisme. 2003 4. A « Le culte moderne du monument » éd Le seuil 1984 Paris 11. 5 2. ville et architecture p 267 10. LOYER. H « Introduction générale des Actes des entretiens du patrimoine . parole.P « Lecture de L'Histoire de l'Europe urbaine » (Club Ville Aménagement) publication en ligne http://www. N « Expérience occidentale et construction maghrébine d’une approche du patrimoine » dans actes du colloque « Regards croisés sur le patrimoine dans le monde à la fin du XX siècle » La Sorbonne. paradigmes et processus de reconnaissance »dans Les espaces de l’identité. de crainte du vandalisme et de la dégradation des espaces historiques. espace » Lausanne. M et YOUNES. Paris 2003 p 101 13. urbain et paysager. J. EL KADI. M « L’avenir du passé » in 303 Arts. Ainsi. L et MORISET L.Le regard de l’histoire. 8. 13 La « conservation en mouvement » (expression empruntée à Alexandre Melissinos) permet ainsi de lever l’antagonisme entre création et protection. MANGEMATIN. éd Presses de l’université Laval Sainte Foy 1997 12. Charte d’Athènes 1931 7. G « La genèse du patrimoine en Egypte » dans Regards croisés sur le patrimoine dans le monde à la fin du XX siècle » La Sorbonne. des réglementations et des juridictions ont été mises en place qui bien que protégeant l’artefact de la détérioration humaine. Jocelyne La Tourneau.html 9. RIEGL. F « Mémoire et projet » Publication en ligne.13. YELLES. 48 . H « Regard. L’historicité des monuments et des espaces urbains de Tlemcen a bien démontré que le dynamisme et l’évolution de ces espaces leur a permis de perdurer. BLAIS. C « Rythme architectural. Laurier Turgeon. F idem 3. et rétablit la césure existant entre le patrimoine et la ville. ROUSSO. BIBLIOGRAPHIE : 1. l’ont en même temps isolé de son contexte grâce auquel il a toujours évolué.annexe 3 dans –Mémoire et projet. LOYER. Kessab Baba Ahmed T développement urbain mais omet de produire des lieux.

lui conférant une importance politique et économique. L’ensemble de Zandieh – Chiraz (Iran) Un secteur historique sauvegardé face aux interventions physiques contemporaines M. bazars. J. L’origine historique. recensement 2006) habitants. En particulier à l’époque où la ville de Chiraz a été choisie comme capitale de l’Iran. . Un regard historique sur le processus de développement urbain de Chiraz démontre que l’influence du pouvoir à certaines époques a joué un rôle essentiel dans l’importance de la ville. En effet. de grandes mosquées.) articulés avec des espaces publics. distingue la morphologie urbaine. la ville était composée de 19 quartiers et de 12 ports intra muros. des centres religieux. La composition urbaine présente une continuité et une harmonie dans sa structure physique. située au Sud de l’Iran. Karimkhan Zand (Roi d’Iran) a choisi la ville de Chiraz comme capitale de l’Iran. un projet de démolition (création d’un voie urbaine dans le centre ville ancienne en années 1940). places. la ville de Chiraz était composée de 11 quartiers et a été limitée et encerclée par un mur et un fossé. La combinaison des espaces vides et des espaces bâtis de façon organique et non géométrique. et d’autre part. HOSSEINPOOR Doctorant en urbanisme – Université Paul Cézanne (France) IAR-CIRTA RESUME Cet article présente d’un part. etc. remonte à une période ancienne de 400 av. Les caractères les plus importants de la ville lors de cette période sont la formation des quartiers d’identité différente.-C. Karimkhan a réduit ces 19 quartiers à 11 quartiers pour la solidarité sociale et de 12 à 6 portes pour la sécurité (Figure 1). A cette époque. et de jardins autour de la ville sont les éléments les plus importants pour le pouvoir dans différentes périodes historiques de vie sociopolitique et économique de la ville de Chiraz. le projet de revitalisation le centre ville ou la conservation intégral du patrimoine bâti (années 1990). éducatifs. avant l’arrivée de Karimkhan au pouvoir. la construction des bâtiments gouvernementaux. INTRODUCTION : La ville de Chiraz est une métropole iranienne de 1 204 882 (cf. CHIRAZ A L’EPOQUE DE ZANDIEH Au XVIIIe siècle. La structure physique urbaine de Chiraz à cette époque est composée d’éléments urbains (Citadelles (Arg). L’ensemble de Zandieh est un bon exemple qui a déjà passé dans son histoire un processus (patrimoine – démolition – création et revitalisation). Globalement. Le milieu physique urbain était composé de tissus compacts et continus.

mais aussi par les espaces vides et les espaces bâtis. Les rues piétonnes du centre ville de Chiraz ne fonctionnent pas comme un espace de commerce. parce qu’au milieu de ce tissu urbain il existe un grand bazar couvert d’un toit à la forme linéaire qui joue le rôle de lieu commercial traditionnel pour la ville et pour le quartiers du centre ville. Ce tissu urbain. comme des espaces publics dynamiques. leur élévation. et de la ville ancienne. Les petites places non géométriques situées sur la longueur de ces voies fonctionnent comme un lieu d’arrêt de celles-ci. L’ensemble de Zandieh La composition des éléments structurants urbains dans la ville ancienne de Chiraz est liée à sa structure principale qui est basé sur la combinaison de centre de commerce (Bazar). tant comme les espaces publics dynamiques. M. continus et vivants. leur style. Ce tissu urbain a des petites rues étroites. de centre religieux (Grande Mosquée) et de centre de pouvoir et gouvernemental (Arg ou citadelle). assez équipés et leurs tracés sont clairs. Ses fonctions sont l’accès au logement enclavé dans le tissu urbain historique et de donner un mouvement au tissu bâti par les rues piétonnes. ouverts. Ce secteur est le cœur historique et héritage de la ville de Chiraz. Ces voies jouent un rôle de réseaux des espaces publics disponibles. La rue piétonne s’inscrit dans la symbolique du « village ». 50 . Ces axes principaux sont assez larges par rapport à d’autres voies piétonnes. du point de vue de la taille. C’est la combinaison variée et complexe des pleins et des vides qui engendre une structure stable de la ville ancienne. Un tissu compact et continu avec le bâti composé de maisons caractérisées par leur âge. Principalement. la rue piétonne est d’abord une fonction de communication sociale et commerciale. On voit une composition urbaine désordonnée et organique. Hosseinpoour L’ensemble de Zandieh Figure 1 : Structure physique urbaine de Chiraz au XVIIIe siècle (à l’époque Zandieh) Structure physique et morphologie du bâtie La structure physique de ce secteur est constituée de rues piétonnes. ne poursuit pas un ordre géométrique. L’axe piétonnier de ce quartier est conçu comme un véritable espace de communication. Les voies principales dans ce tissu ont souvent une clôture sur les places centrales du quartier.

crée un espace urbain homogène et vivant à l’époque. montre l’existence d’un rapport spatial entre des éléments architecturaux et l’espace public. Bazar de Vakil. par exemple la création de nouvelles voiries au sein de tissu ancien sans prise en compte de la structure urbaine ancienne ou de la colonne vertébrale de la ville et des quartiers historiques. La combinaison des éléments structurants : Citadelle (Arg). la place de Machke et le jardin Nazar). etc. CHIRAZ DANS LA MODERNITE A la suite de la révolution de Mashrotiyat en 1906. de l’augmentation du revenu national. 51 . Figure 2 : Les éléments structurants de l’ensemble de Zandieh Un regard sur l’ensemble de Zandieh. Rezakhan a définit un système administratif concentré et a mis ensuite en place des opérations urbanistiques en vue du développement et de modernisation de la vie sociale et urbaine. ce processus se manifeste particulièrement dans le contexte physique de la ville de Chiraz. de l’exportation du pétrole. Projet de modernisation la ville de Chiraz Suite à l’arrivé de Rezakhan au pouvoir (période de Pahlavi 1 – années 1940). A partir de l’année 1941. tribunal (Divankhaneh). apparaissent les opérations massives pour le développement urbain. Caravansérail attaché à Bazar Vakil. Ces opérations ont imposé d’autres limites pour chaque quartier de la ville ancienne qui ne correspondent plus à l’identité et la morphologie de la ville historique. place de Toupkhanh. ont établit une rupture dans la structure de la ville ancienne. prison. le processus initial de modernisation a été commencé en 1920. 13 et 14 mai 2008 L’ensemble de Zandieh comme le cœur historique de secteur à sauvegarder est composé de citadelle (Arg-è-Karimkhani). du développement des moyens de communication extérieure. Comme nous l’avons dit antérieurement. mosquée et Hammam Vakil dans l’espace public (Toupkhaneh. Ces interventions physiques modernes sans considérer l’identité culturelle et l’origine historique du tissu urbain traditionnel. l’influence du modernisme a eu un impact important sur le tissu ancien de la ville. (Figure 2). Jardin de Nazar (Bagh-è-Nazar). Les opérations architecturales et urbanistiques modernes ont réduit progressivement la qualité et l’identité architecturale traditionnelle. Hammam de Vakil. La création des voies automobiles vastes et larges au sein du tissu historique (Figure 3) a détruit des quartiers traditionnels.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Mosquée de Vakil. bazar.

Le développement d’une ville à « forme quadrillée ». la rue Zand avec une largeur de 56 m (Figure 5) et qui était le seul espace public moderne et unique de cette époque a rempli le rôle de « grande place ». une extension lente et progressive a produit de nouveaux secteurs urbains intermédiaires à la périphérie du centre ancien. (Source : Archive. à partir de l’année 1921. M. Source : Nasr. a engendré une distribution optimale des services urbains. Mairie de Chiraz) 52 . Par contre. actif et vivant mais était considérée plutôt comme un lieu de rencontre pour les manifestations et les activités sociales et populaires. 28 Figure 3 : une nouvelle avenue urbaine (avenu Zand) qui a découpé Figure 4 : Structure physique urbaine de Chiraz au le tissu urbain historique en deux XXe siècle (à l’époque de Pahlavi) Même si jusqu’à ce moment. Figure 5 : Citadelle (Arg-è-Karimkhani) enclavé par les voies de circulation automobile. la création de voiries étend la ville hors du centre historique jusqu’en 1936. (Figure 4) avec une forte densité de population. 2004. la « grande place » existante dans ce tissu urbain n’a pas fonctionné en tant qu’espace civil. En effet. c’est à dire comme espace public vivant. Hosseinpoour Dans cette période.

132 CHIRAZ POST. Après des décennies. La création de nouvelles voiries. 2005. Avant cette opération. Ces opérations ont été réalisées dans le secteur historique qui a des valeurs architecturales et urbanistiques et une grande capacité d’accueil touristique. Le remplacement de places publiques par les voies pour l’automobile a réduit la qualité de l’espace public (Place de Toupkhaneh et place de Mashke) et a détruit ses fonctions principales comme un lieu de course de chevaux.MODERNE Les opérations architecturales et urbanistiques modernes ont réduit la qualité et l’identité architecturale traditionnelle. 13 et 14 mai 2008 L’ensemble de Zandieh face à l’innovation moderniste Cette vague d’opération moderne a modifié l’ensemble de Zandieh.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. identitaire espace public vivant et commercial. Bazar Vakil La nouvelle voirie de l’époque Pahlavi – la rue Zand Figure 6 : coupure de la structure physique du tissu ancien par des nouvelles voiries à l’époque de Pahlavi Source : photo d’après Pardaraz. Ces interventions physiques modernes ont provoqué une rupture dans la structure de la ville ancienne. la structure ancienne de la ville était un ensemble intégré et correspondant à la culture et à la vie sociale de l’époque. il est apparu que ce tissu historique avait perdu sa qualité architecturale et urbaine. a supprimé la qualité du tissu ancien (Figure 6). Certains bâtiments liés à l’ensemble de Zandieh ont été détruits et remplacés par des bâtiments modernes installés au carrefour de ces nouvelles avenues urbaines modernes. Cette opération a ouvert progressivement une porte vers des interventions non réfléchies et non adaptées dans le contexte physique de la ville ancienne. La mairie de Chiraz a donc mis en œuvre durant les années 1990 un nouveau projet urbain de revitalisation et de restructuration de l’ensemble de Zandieh tenant en compte de la valeur de l’identité historique de la ville ancienne. œuvre historique la plus importante de la ville de Chiraz. quadrillées. La création de l’avenue urbaine au sein du tissu urbain historique a coupé en deux l’ensemble de Zandieh. Ces opérations ont affaibli la communication existante dans l’espace public urbain dans la ville ancienne. 53 . ainsi que le bazar Vakil . au nom de la modernisation.

après de réalisation des opérations modernes non adaptables à l’origine historique de ce secteur urbain. 1995). La réalisation de ce projet souterrain et l’aménagement de la place publique (Place de Toupkhaneh) a recréé un paysage urbain au cœur historique de la ville de Chiraz. Figure 7 : projet de revitalisation l’ensemble de Zandieh (Source : Agence d’architecture et d’urbanisme Mirmiran) L’ensemble de Zandieh comme une mémoire collective ou comme un patrimoine historique impose une image de continuité historique. 54 . En effet. « la ville elle-même est la mémoire des peuples . 1990]. Ce projet a renforcé la stabilité et la structure urbaine de la ville ancienne. le principe d’une conservation intégrale des édifices du passé » (Choay. on peut dire que la ville est le « locus » de la mémoire collective ». Un principe consistant à rechercher l’efficience maximale pour la communication automobile en réduisant autant que possible de trafic automobile (cf. Hosseinpoour Projet de revitalisation l’ensemble de Zandieh L’agence d’architecture et d’urbanisme Mirmiran a étudié l’ensemble de Zandieh et leur rapport avec le tissu ancien alentour. L’articulation des bâtiments composés d’ensemble de Zandieh dans l’espace public alentour en vue de valoriser ses fonctions pour l’attractivité touristique. est l’axe principal de projet de revitalisation de l’ensemble de Zandieh. Ce projet de restructuration et de requalification de tissu historique et culturel a favorisé une démarche vers la revitalisation du centre-ville . et comme la mémoire est liée à des faits et à des lieux. substitution). une démarche favorisant une politique urbaine attentive aux enjeux de développement urbain durable. M. au moins en théorie. Selon Halbwachs. [Rossi. La grande voie automobile devient un projet de souterrain qui passe exactement à côté de citadelle. Un regard comparatif sur ce secteur historique ancien (Figure 8) et sa transformation (changement) post-moderne jusqu’à nos jours (Figure 9 ) démontre un retour en arrière sans équivalent dans l’histoire. « un retournement qui abolit les évidences de la démolition et qui pose. L’enjeu principal de ce projet urbain (Figure 7) était la revitalisation de l’ensemble de Zandieh en appuyant sur l’articulation intelligente entre le secteur historique sauvegardé et le tissu urbain moderne des années après 1940. L’aménagement de place central à l’époque de Zandieh (Place de Toupkhaneh) est le point essentiel de ce projet urbain pour revitaliser et valoriser l’atmosphère historique de la ville ancienne.

En effet.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Figure 10 : Espace public aménagé en haut de la voie automobile sousterraine pour revitaliser la place ancienne de Toupkhaneh 55 . a été mise en ordre à cette époque afin de protéger la culture locale. 13 et 14 mai 2008 Figure 8 : l’ensemble de Zandieh avant Figure 9 : Revitalisation l’ensemble de d’intervention physique moderne (création de Zandieh (années 1990) après la voie automobile) démolition sous l’effet de modernisme Pour sauvegarder la texture traditionnelle face à ces mutations modernes. l’objectif principal de ce projet a été de conserver le cadre urbain de l’architecture/urbanisme ancienne pour favoriser une évolution harmonieuse au regard des fonctions urbaines contemporaines en relation avec l’ensemble de la ville. L’aménagement de cet espace public urbain s’inscrit dans le respect de l’existant et dans la prise en compte des qualités historiques. morphologiques et architecturales du patrimoine ancien. l’articulation entre la tradition et la modernité (Figure 10).

le patrimoine est un enjeu de société contemporaine. si on les intègre dans un système unitaire qui les englobe à la façon d’un nouvel organisme plus complexe » [Giovannoni. La dévalorisation de ce tissu urbain historique suite à ces interventions physiques a créé une rupture dans sa structure stable. et post-moderne (création – restructuration) dans la structure du tissu ancien de la ville de Chiraz. Hosseinpoour SECTEUR HISTORIQUE SAUVEGARDE ET L’ENJEU DE DEVELOPPEMENT DURABLE La structure urbaine de la ville ancienne est stable et continue à l’échelle humaine. La réalisation d’une avenue automobile (une structure identitaire et universelle à l’époque). la continuité de la structure des noyaux anciens de la ville historique a favorisé une harmonisation permanente pour ce secteur historique sauvegardé. la qualité insuffisante des bâtiments existants et le manque de services urbains ont poussé la plupart des habitants à immigrer vers d’autres tissus urbains plus récents. en tant qu’un mode de l’action accomplie. Selon Françoise Choay : « le patrimoine ne prend sens qu’à être situé et pensé sur l’horizon de la crise de civilisation. en tant que « forme progressive. d’activités et de services publics à l’échelle humaine avec une circulation piétonnier / circulation douce (isolation du tissu ancien du grand trafic urbain) peuvent fournir un modèle qui apporte le bien-être aux habitants et milite en faveur d’une politique de développement urbain durable. La structure de tissu ancien de la ville de Chiraz a été mutilée par des interventions physiques rapides et non adaptées au contexte et l’identité physique urbaine. Cet élément structurant a fonctionné de façon acceptable pendant les décennies précédentes grâce à la combinaison et l’articulation des activités sociales. les anciens et les nouveaux quartiers en gardant à chacun son caractère propre. L’ensemble de Zandieh. 56 . dans les villes historiques. CONCLUSION Aujourd’hui. L’apparition d’un contexte social hétérogène. Par exemple. mixité des fonctions urbaines et l’échelle humaine). 1996] démontre une histoire d’intervention physique moderne (démolition). a fait en sorte que la vie dans ces quartiers soit compliquée. La stabilité de vie dans le quartier ancien est liée à sa structure physique bien adaptée aux besoins sociaux et économiques. Un autre point essentiel dans la revitalisation du centre historique est de mettre en œuvre le processus de gentrification. M. Ces couches ont été remplacées par les couches modestes et des migrants d’exode rural ou des étrangers ayant un pouvoir d’achat minimal. en considérant « qu’il est possible de faire cohabiter harmonieusement. la question de revitalisation et de restructuration du centre ville comme un enjeu majeur a été posé. la structure du bazar de Vakil est coupée en deux par la réalisation d’une avenue urbaine au centre ville. Donc. culturelles. parce que ces maisons anciennes sont considérées comme un héritage familial avec beaucoup de souvenirs du passé. Il y a longtemps que la ville ancienne se vide de couches aisées et prestigieuses qui se sont déplacées au nord de la ville. ou encore de la mutation sociétale que nous vivons depuis environ trois décennies » [Choay. La combinaison d’habitat. 1998]. sociabilité et participation de leurs habitants dans la vie locale. 1996]. 2008] montrent que la ville ancienne est plus stable et plus durable que d’autres tissus urbains contemporains en vue de certains critères importants de développment urbain durable (densité et typo-morphologie de l’habitat. de commerce. comme nous l’avons a dit antérieurement. Ce processus a diminué la qualité du tissu urbain historique. du work in progress » [Queysanne. a divisé l’ensemble de Zandieh en deux parties discontinues. la difficulté d’accès des voitures à l’intérieur du tissu ancien en raison de son caractère physique ayant des rues étroites. nous croyons qu’elle est en train de se retrouver comme une structure stable et solide. Les recherches déjà réalisées [Hosseinpoor. En effet. le commerce et l’habitat. Les quartiers historiques ou les tissus urbains anciens en termes d’accès à l’espace vert public sont les quartiers les plus pauvres (nous parlons toujours de jardin à côté de ville ancienne au lieu d’espace vert public à l’intérieur de tissu historique). La plupart des propriétaires des logements anciens au centre ville n’ont pas envie de mettre en vente leurs logements anciens. La stabilité. Pourtant.

GIOVANNONI G. HOSSEINPOOR.171. CIRTA.. NASR T. Article présenté au colloque Il progetto della sottrazione à l’université della sapienza à Rome tenu les 23 et 24 Juin 1995. 7. « L’architecture de la ville ».. Paris. PARDARAZ. « Dela démolition ». Edition Livre et Communication. communication publiée dans les Actes du premier colloque « Rencontres nationales des enseignants du patrimoine des écoles d’architecture ».. M. (2008). 3. thèse en urbanisme. (1995). 57 . Editions du Seuil. « Projet de revitalisation l’ensemble de Zandieh et le tissu urbain ancien alentour ». « L’urbanisme face aux villes anciennes ». 8.. (2005). publié par Marie de Chiraz. (1990). “Densité et forme urbaine durable. CHOAY F. 6. 9. in - pour une anthropologie de l’espace... CHOAY F. 13 et 14 mai 2008 BIBLIOGRAPHIE 1. P. P. ROSSI A. « Le tissu de la ville ». al. Edition Descartes et Cie. (1998). Paris. approche comparative de l’échelle métropolitaine à l’unité de voisinage”. Tehran. IAR. « Enseignement et patrimoine : un enjeu de société ». (1996).. “Architecture and urbanism of Shiraz – in the Pahlavi period (1922-1978)”. 2006. Traduction par Françoise Brun. 4. 2. Chiraz. (1990). 349 p. (2004). Editions du Seuil. in – Le philosophe chez l’architecte – sous la direction de CHRIS Younès. université Paul Cézanne. (1995).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. MIRMIRAN A. 5. in – pour une anthropologie de l’espace. publié par l’organisme de logement et d’urbanisme de Fars.. 2006. Editions du Seuil. A.. Marseille et Chiraz. Publisher by Rouzneh Kar.19. GUEYSANNE B. « La révision du plan d’urbanisme de Chiraz – deuxième arrondissement (secteur culturel – historique) ». tenu le 2 Juin 1995 au palais de Chaillot.

mais la contrepartie a été difficilement endurée par le cadre bâti. identitaire. à travers la sauvegarde et la réhabilitation des maisons qui constituent en fait leur cellule de base. 1 MARIA GRAVIAC in " Habiter le patrimoine enjeux – approches . INTRODUCTION Le débat tardif sur la préservation des médinas et des ksour en Algérie dénote du déphasage existant les politiques de "développement" et la conservation d’un patrimoine non pas fait de murs. La dynamique qu’a connue la région à partir des années soixante a certes permis l’amélioration des conditions de vie des habitants. car cela serait prétentieux pour une situation extrêmement complexe et aux contours encore mal compris. sa transmission à des générations futures. urbain et enfin patrimonial. Sétif RESUME Les villes traditionnelles en Algérie qu'il soit médina ou ksour ont été conçues pour répondre à un contexte historique. sa pérennisation. université Ferhat Abbas. Nos conclusions notent la remise en cause partielle du modèle traditionnel à travers l’introduction de nouveaux espaces et éléments architecturaux. d'une part. le mode de vie ainsi que les besoins croissants des habitants des centres historiques. Notre étude porte sur la maison traditionnelle au niveau de la vallée du M'Zab. La vallée du M'Zab avec ses ksour et ses palmeraies fut classée comme patrimoine national en 1968 et comme patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1982. On s'intéresse à la configuration spatiale initiale de ces maisons et le mode de vie qui y correspondait. Il suffit de noter l'aspiration des habitants de ces centres à habiter dans les quartiers nouveaux. 11 . économique et culturel spécifique à une époque et une région données. social et religieux en premier lieu. Ce statut n’a pas permis de conserver l’héritage historique. La situation actuelle vécue par la vallée du M’Zab relève du croisement de plusieurs problématiques au niveaux social. Ceci est dû. p. ont pour conséquence la transformation de ce cadre bâti et les maisons traditionnelles en sont la première victime. de maisons ou de palais. L'évolution dans le mode production. ainsi qu'à l'évolution des pratiques des habitants et leurs conséquences sur le cadre bâti et la menace que cela représente sur un patrimoine classé par l'UNESCO. Car le conflit tradition-modernité fut toujours posé et le cadre bâti avant le citoyen fut mis en cœur de cette opposition. social. dépend pour 1 beaucoup de son intégration dans la société actuelle. La promotion et la restauration du patrimoine illustre le degré de évolution d’une société. à l'insatisfaction de leurs besoins en matière d'espace habitable et l'inadéquation des espaces traditionnelles (surfaces et aménagement) avec le mobilier moderne. culturel. D’autre part. mais d’un héritage culturel. architectural. ALI KHODJA Maître-assistant au Département d'architecture. à l'évolution des structures sociales et la recomposition de la famille avec le temps ce qui a entraîné des modifications dans les pratiques sociospatiales dans les maisons traditionnelles. ce qui donne lieu à un nouveau modèle hybride mi- traditionnel et mi-moderne. Notre objectif est d'arriver à cerner la problématique relative à l'adaptation des maisons traditionnelles au mode de vie moderne et essayer d'atteindre une stratégie de sauvegarde des villes anciennes. Notre propos n’est pas de proposer des solutions.vécu". Sauvegarde des tissus anciens à travers la réhabilitation des maisons traditionnelles cas de la vallée du M'Zab M. de portes. La survie du patrimoine. Laboratoire d'architecture méditerranéenne (LAM).

Elle s'étale sur une distance qui varie entre 25 à 30 km d'Est en Ouest et 2 km dans le sens Nord-Sud.A 14 P11 P8 S. Melika (1124) et Beni Isguen (1347). possédait un cimetière et une superficie de terres à cultiver en dehors du Ksar (palmeraie). plusieurs achira se mettaient à édifier un Ksar par la construction d’abord de la mosquée au sommet du mamelon rocheux. il est nécessaire de comprendre la logique qui a conduit à une telle organisation spatiale.A 6 S2 P4 S. Ainsi nous retrouvons dans l'ordre chronologique : El-Atteuf (1012). Ghardaïa (1053). daïra en 1969 et enfin wilaya en 1985. urbaine et domestique).A 12 C S3 P10 P9 C S. C P3 P2 S1 P1 C S. Elle est comprise entre 32° et 33° 20' latitude Nord et 2° 30' longitude Est. il faut citer deux facteurs : 59 . La achira. la vallée du M'Zab avait intégré la république et est devenue commune en 1967. Par conséquent. Avant de connaître les espaces et les éléments qui composent la maison traditionnelle au M'Zab. Chaque achira formait un quartier.A 5 C P6 C GHARDAIA B C C A M'Z P17 P16 P18 MELIKA C S. Ali Khodja PRESENTATION DU CAS D'ETUDE Notre étude porte sur la vallée du M'Zab qui se situe à 600 km au Sud d'Alger.A 7 S. Ce site offrait des qualités défensives idéales du fait de l'existence d'une multitude de vastes collines dans un périmètre restreint. ou ensemble de familles élargies. l'unité et l'égalité sociale s'exprime à travers le mode d'habiter. Au fur et à mesure de la croissance.A 8 S. Sous l’égide de la Halqa. La vallée du M'Zab est restée autonome durant des siècles jusqu'à son annexion par les forces coloniales françaises en 1882. M.A 4 BOUNOURA C P5 C S. On y trouve cinq e ksour (villes fortifiées) dont le premier remonte au XI siècle.A 9 LA VALLEE DU M' ZAB PLAN DE SITUATION Figure 1 : La vallée et les cinq ksour du M'Zab (Source OPVM Ghardaïa) La raison qui a poussé les Ibadites à s'installer dans cette vallée rocailleuse et aride est leur souci de préserver leur doctrine menacée après la chute de Tahert en l'an 909 et d'Isedraten en 1075. le facteur religieux était prépondérant dans la conception des espaces à différentes échelles (territoriale. les maisons concilient les facteurs sociales et techniques. plusieurs quartiers se constituaient de la sorte. LA MAISON TRADITIONNELLE MOZABITE Dans les ksour du M'Zab. La fondation des ksour au M'Zab était l'œuvre d'une communauté religieuse dirigée par des théologiens appelés Azzaba qui étaient organisés en un conseil appelé Halqa. Bounoura (1046). La vallée est entourée de monticules qui constituent les points d'ancrage des ksour. des maisons en forme de cubes venaient s’étager.A 3 C EL ATTEUF S. L'équilibre.A 13 BENI-ISGUENE S. constituait l’unité sociale de base et se trouve à l’origine de toute formation de Ksar. d'une altitude variable entre 300 et 800 mètre. au point culminant.A ED re Prie e P15 d i ssa e A ir i A id S OU b ou rg P12 A L- E ab B S5 S4 P Ma ce h la rc é ée C u qu d os M P19 B ab B a Ab da ll a h P13 B ab A m id o ul P14 S6 P20 P7 S. Autre facteur déterminant dans la fondation des ksour est l'organisation sociale qui avait comme module la fraction ou achira. Pour cela. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962. ajouté à cela le passage d'un oued tout au long de la région.

Cet espace polyvalent et aux limites imprécises est éclairé par une ouverture carrée au plafond. 2. (Figures 2 et 3. etc. espace jour/espace nuit. des toilettes et un coin de cuisson. espace privé/espace intime. sont utilisés pendant les journées d'hiver et les nuits d'été. Ce dernier comporte une ouverture au sol pour éclairer et aérer le rez-de-chaussée. la maison traditionnelle se caractérise par ses espaces réduits en surface. d'enfants et de visiteurs masculins et féminins. le sable argileux. L'aspect le plus visible dans ce schéma organisationnel est la relation entre les usagers masculins et féminins. Au niveau surfacique. la chaux et les éléments du palmier (tronc et branches). d'hommes. les usagers se divisent en groupe de femmes. ces règles entraînent une division ou une territorialisation spatiale dans une famille élargie (le cas de la plupart des familles mozabites dans le passé). 13 et 14 mai 2008 1. Ceci est perceptible surtout dans la relation spatiale entretenue entre le salon masculin (Douira et/ou Laali) et le reste de la maison. On trouve également au rez-de-chaussée un espace écurie. elle est toujours associé à Ouast eddar et s'y ouvre largement. Ce qui assure la liberté de mouvement des hommes et des femmes sans risque d'interférence. en particulier le bois des arbres et des palmiers. 60 . On assiste à un nomadisme intérieur des usagers tout au long de la journée et des saisons selon les conditions climatiques. etc. La projection de cet ordre social sur l'espace domestique donne lieu à des couples antagonistes : espace féminin/ espace masculin. Celle-ci est soumise à code rigoureux relatif aux préceptes islamiques. A l'étage. C'est une pièce omniprésente dans la maison traditionnelle. donnait lieu à une autarcie dans leur utilisation. l'homme y est exclu. elle s'ouvre sur sa face supérieure vers le ciel. Ainsi. un dépôt. Les hommes possèdent leur propre séjour appelé Douira lorsqu'il se trouve au RDC et Laali s'il se trouve à l'Etage. La maison est marquée à sa porte par un espace en forme de chicane appelé Skifa. L'autre espace non moins important est Tisefri ou salon pour femmes. L'élément générateur et ordonnateur des différents espaces est Ouast eddar qui représente le centre du rez-de-chaussée. La maison traditionnelle possède également une terrasse qui est accessible seulement aux femmes et dont les unes donnent vers les autres formant ainsi un réseau de communication parallèle à celui des rues extérieures. sœur. l'intimité et l'ordre spatio-temporel. l'étage et la terrasse. Chaque catégorie implique des permissions et des interdits. on retrouve des espaces différents de ceux du niveau inférieur. on utilisait la pierre. la brique crue. Facteur socioreligieux Les mozabites possèdent une identité dans leur architecture et l'espace domestique se soumet à un ordre socioreligieux qui dicte une conduite à tenir et des pratiques sociospatiales. ce qui permet une exploitation optimale de la surface habitable. tante. celle du M'Zab fait appel aux matériaux locaux. Ces deux espaces sont disposés près de l'entrée ou possèdent une porte à partir de l'extérieur (qui donne sur Douira ou les escaliers qui montent vers Laali). ou y sont accrochés. Il faut noter que trois concepts clés constituent l'outil pour la compréhension de l'organisation spatiale dans la maison mozabite: la centralité. La spécificité de la maison mozabite comme on l'a signalé plus haut réside dans la nette séparation des domaines masculins et féminins. On trouve un portique appelé Ikomar et une partie découverte appelée Tigharghart. C'est l'espace où se déroulent la plupart des activités domestiques féminines. La rareté des matériaux.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. fille. l'homme n'a le droit de voir qu'une femme avec laquelle il peut ne peut avoir un lien de mariage (mahram): mère. Les objets et ustensiles sont déposés dans des niches creusées dans les murs. Les éléments porteurs ne permettaient pas de franchir de grandes 2 portées d'où l'étroitesse dans la surface des pièces et des maisons (100m au plus). La maison mozabite est un volume irrégulier complètement aveugle sur ses faces latérales. Ce qu'il faut noter dans la maison traditionnelle est l'absence de mobilier. Ainsi. Facteur technique Comme toute architecture vernaculaire. Pour des raisons climatiques (climat saharien de la région). parties hachurées). Ce trou est fermé par une grille métallique et couvert pendant les nuits froides et les journées chaudes d'été. Ces deux espaces sont éloignés de Ouast eddar et du reste de la maison.

culturel. la surface de l'étage est de 38 m . la politique d'industrialisation menée par l'Etat algérien au milieu des années soixante. l'essor qu'a connu la région du nord saharien à travers la découverte du pétrole à Hassi Messaoud (280 km au sud-est de la vallée du M'Zab) et Hassi R'mel (40 km au nord). 61 . ainsi que leur migration temporaire vers les villes du Nord. 2 Celle d'en bas. Les hauteurs sous-plafond comme on le constate dans les coupes sont de moins de 2 m. Ainsi. possède une surface qui avoisine 80 m . Le citoyen mozabite se sentait de plus en plus "libéré" des contraintes sociales imposées jusque-là. avaient entraînée un essor économique important dans la région nord-saharienne. Le remplacement. par d'autres étatiques et centralisées n'était pas sans conséquences. Même son annexion à l'autorité française en 1882 n'a pu avoir d'influence sur son organisation sociale interne.  L'individualisme à travers l'apparition de la famille nucléaire à côté de la famille élargie.  Une relative ostentation dans la vie publique. on a assisté à la substitution progressive des institutions étatiques – commune. Les véritables changements ont commencé après l'indépendance de l'Algérie en 1962. Ajouté à cela. Elle jouait aussi le rôle de régulateur social et économique de façon à assurer à la société un équilibre qui se répercutait sur tous les aspects de la vie (social. de ces structures traditionnelles. CAUSES ET SIGNES La société mozabite avait pu conserver son idéal. EVOLUTION SOCIALE. daïra. Bien que les mozabites fréquentaient des étrangers à la vallée par le biais des échanges commerciaux. Au niveau économique. économique et même architectural et urbain). ils avaient pu garder leur autonomie et leur spécificité culturelle et sociale. alors qu'elle était jusque-là réservée aux hommes. M. Ces structures séculaires étaient le garant de la pérennité de la doctrine ibadite qui prescrivait une austérité dans la vie et prohibait tout luxe et signes de richesse. ajouté à cela l'apport et l'influence des autres cultures. wilaya et autres organismes – aux institutions traditionnelles (achira et halqa des azzaba). du fait de son passage sous l'égide de l'Etat d'une façon spontanée. Ali Khodja N Chambre Tisefri WC Chambre Ikomar Toilette Chambre Douira Vide Ikomar sur RDC Entrée Chambre Chambre Chambre Cuisine 0 1 2 Plan de l'Etage Coupe Plan du RDC Maison1 à Ghardaïa Chambre Ecurie Tisefri Chambre Ikomar N WC WC Dépôt Vide sur Cuisine Douira RDC Dépôt Entrée Chambre 0 1 2 Plan du RDC Plan de l'étage Coupe Figure 2 : Maisons du Ksar de Ghardaïa (source OPVM) 2 2 La surface du RDC de la maison en haut (figure 2) est de 35 m . Les signes de l'évolution du mode de vie étaient perçus à travers :  L'émigration de la famille entière. son mode de vie austère et ses pratiques ancestrales durant plus de neuf siècles.

du fait de leur inadéquation aux surfaces existantes. De nouveaux modes de vie avaient envahi la société ce qui avait créé des tensions entre différentes les communautés. Dans la société mozabite. Ce qui en résulte. Ce qui n'était pas sans conséquences sur les plans sociale et urbanistique. les habitants percent la façade par des fenêtres qui donnent sur le salon ou les chambres. On ne peut blâmer les habitants d'avoir introduit ces nouveaux outils domestiques du fait de leur e indispensabilité au XXI siècle. On trouve l'évier. on note le passage d'un mode de vie agraire basé sur l'agriculture et l'élevage à une vie où les ressources financières proviennent essentiellement du commerce. des transformations dans les maisons traditionnelles et l'aspiration des mozabites à habiter les nouveaux quartiers où ils auront moins de contraintes à mener une vie qui répond à leurs besoins les plus élémentaires. 1.Transformations des maisons ksourienne A cause de l'évolution du mode de vie traditionnel vers le moderne. Celui-ci est altéré à travers la multiplication des ouvertures au niveau des façades. l'introduction des matériaux modernes tels que le béton. Tisefri. tables et chaises. l'acier. etc. c'est l'inconfort des habitants (à cause de l'exiguïté des maisons). ainsi que de nouvelles typologies d'habitat (particulier pavillonnaire) avaient créés une rupture avec le mode traditionnel d'habiter. Ce qu'on note aujourd'hui dans les maisons ksourienne est la préservation des espaces structurants de la maison (Ouast eddar. On remarque aussi l'introduction du mobilier moderne et des appareils électroménagers. le lavabo dans la salle de bain. Tigharghart. Le flux de nouvelles populations et la fixation des nomades. Ceci a eu comme effet sur la maison ksourienne : la disparition des espaces réservés aux animaux (écuries). 2.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Ikomar). on relève l'apparition de la salle de bain – bien que réduite dans sa surface – et de la cuisine comme espace défini alors qu'elle se présentait autrefois comme un coin de Ouast eddar. le téléviseur. Ce qui constitue une violation des restrictions imposées à des constructions classées comme patrimoine mondiale et dont le cachet originel devraient être préservés ainsi que le paysage urbain des ksour. ont eu des répercussions sur l'espace domestique des maisons ksourienne et des maisons nouvellement construites. Alors qu'elles ne possédaient dans le passé que de rares fentes nécessaires à l'aération. le climatiseur. il s'ensuit une mutation dans les pratiques sociales et par conséquent un changement dans l'aménagement des espaces domestiques. 13 et 14 mai 2008 Ces deux facteurs avaient eu pour effet la migration d'une main d'œuvre vers la région et un retour des capitaux mozabites. 62 . de l'industrie et des services. le réfrigérateur et la cuisinière dans la cuisine. étaient estimés à 45% de la population locale entre 1960 et 1965 (Benyoucef 1999). ainsi que l'introduction des moyens moderne. Au niveau architectural.Nouveaux besoins et nouveau mode d'habiter La mutation dans le mode de production et le mode de vie. Désormais. etc. Pour le reste. le verre. Les maisons des ksour ont été également transformées au niveau des façades (figure 3 en haut). mais la structure spatiale (surface et aménagement) des maisons ksourienne n'est pas en mesure de supporter une telle évolution dans les pratiques spatiales. Ce qui constitue une menace sur la structure et la configuration spatiale des maisons classées comme patrimoine mondiale. des espaces de stockage des récoltes (dépôt) et leur transformation en chambres ou en cuisine ou autres. Ceux-ci ont eu des effets sur l'aménagement spatial.

on retrouve un tissu urbain avec une occupation moyenne de la parcelle. de leurs besoins et de leur mode d'habiter. 63 . avaient produit des maisons aux formes géométriques régulières. Cette double détermination entraîne une situation paradoxale dont l'expression la plus saisissante est l'architecture domestique dans les ksour. donnent aux habitants une plus grande liberté dans l'expression de leur culture. Les caractéristiques de cet habitat contraste avec ceux des ksour. Ali Khodja Dch WC Toilette Skiffa Chambre Chambre Ouest-eddar Chambre Ikomar Tigharghart Salon Chambre Cuisine Ikomar N 0 1 2 Plan de l'étage Façade Sud-Ouest Plan du RDC N Chambre Cuisine Chambre Chambre Terrasse Chambre Chambre Ikomar Ouest-eddar Tisefri Tigharghart Cave Ikomar Terrasse WC Ecurie Laali Passage Couvert Dch Skifa Plan Sous-Sol 0 1 2 Plan RDC Plan Etage Plan Terrasse Figure 3.Nouveaux quartiers et nouveau mode d'habiter Du fait de la croissance démographique. la vallée avait connu l'apparition d'un nouveau type de quartier (à l'image de Baba Saad et Mermed autour du Ksar de Ghardaïa) à caractère résidentielle et à l'habitat pavillonnaire. où des espaces et des éléments importés coexistent avec un héritage de neuf siècles. (Benyoucef 1999) La régularité du tracé parcellaire et les nouvelles techniques de construction. Maison transformée en haut à Ghardaïa en bas à Beni Isguen source OPVM Dans le plan d'une maison transformée dans le Ksar de Ghardaïa (figure 3 en haut). du retour des mozabites du Nord du pays et de la fixation des nomades autour des ksour. 3. Les maisons dans les nouveaux quartiers représentent un vecteur socioculturel important. la municipalité de Ghardaïa avait distribué des 2 lots de terrains en 1982 avec une surface de 200 m par parcelle. Ce type d'habitat illustre aussi les différentes influences subies par une société au caractère toujours traditionnel. A titre d'exemple. M. L'absence de contraintes et la présence des nouvelles possibilités dans la construction (techniques et matériaux). ce qui a donné une nouvelle typologie au caractère péri-urbaine. le conflit latent qui existe entre une réelle volonté de préserver un patrimoine séculaire de la part de ses habitants et une aspiration légitime à suivre le cours de la vie moderne. Ces nouveaux quartiers se sont implantés sur les poches vides autour des ksour ainsi que sur les terres palmeraies. de leur mode de vie. on note la transformation au RDC du Tisefri en cuisine et d'une chambre en salon. On peut soulever à ce stade.

 Impulser les activités artisanales traditionnelles. à l'image du plan Ravéreau (1962). L'exploitation du sous-sol (réservé aux hommes). la salle de prière. Si la société mozabite a évolué socialement. Le 17 novembre 1992. la multiplication des accès à partir de l'extérieur.  L’application de la réglementation en vigueur en matière de la préservation du patrimoine classé. Mais contrairement aux apparences et au contraste entre l'habitat traditionnel et nouveau.  tous travaux de remblement ou de déblaiement susceptibles d’apporter des modifications morphologiques au site. un arrêté ministériel fut promulgué le 28 juin 1968 ouvrant une instance de classement de la vallée du M'Zab parmi les sites historiques. 13 et 14 mai 2008 Bureau Chambre de Prière Dch Terrasse Buanderie Dch Tamnait Vide sur terrasse Tamnait N Chambre Chambre Salon Chambre Rangement WC WC Hall Placard Hall Placard Terrasse Ouest-eddar Salon Chambre Chambre Tisefri Cuisine Chambre Tamnait Placard Plan Sous-Sol Terrasse Terrasse Vide sur Vide sur RDC Garage Vide sur RDC Terrasse 0 1 2 Cour Plan du RDC Plan de l'Etage Plan de la Terrasse Façade Sud Coupe Figure 4. L'arrêté ministériel du 26 juin 1971 établit la vallée du M'ZAb comme "patrimoine national". y compris les travaux en sous-œuvre.  La recherche et la valorisation du site archéologique. économiquement et culturellement et qu'elle ait subi des influences extérieures.  Jouer un rôle pédagogique d’information et de sensibilisation.  La valorisation du cachet architectural local pour les nouvelles constructions et lors des opérations de construction. la buanderie. L'obstacle résidait à chaque fois dans le décalage entre les données de ces études et la réalité du terrain qui était toujours en avance. Le même décret requis l’avis conforme de l’office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab est requis notamment pour :  tous travaux d’aménagement et d’urbanisme à l’intérieur du périmètre classé de la vallée du M’Zab. un décret exécutif (n° 92-420) ordonne la transformation de l'AERVM en OPVM (office de la protection et de la promotion de la vallée du M'Zab). le bureau. a donné lieu à une distinction spatiale plus élaborée entre les deux catégories d'usagers.  La constitution d’archives concernant le site. Ces plans visaient à conserver le caractère traditionnel du site et les vues sur les ksour.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. de démolition partielle tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des constructions existantes. Ses principales missions étaient :  La préservation du patrimoine de la vallée du M'Zab. une cour autour de la maison. Ces mutations ont touché plus le facteur technique que le facteur socioreligieux dans l'élaboration des espaces domestiques. ETAT DU PATRIMOINE ET CONSTAT DES ORGANISMES INTERNATIONAUX A cause de l'urbanisation effrénée et sa menace sur le cachet architectural local. Maison dans un nouveau quartier d'El Atteuf source bureau d'études ACCA Dans les maisons contemporaines.  Délivrer l’avis conforme pour toute nouvelle construction et opération d’aménagement. on note l'apparition de nouveaux espaces tels que le garage. 64 . Le 27 janvier 1970 fut ouvert l'atelier d'études et de restauration de la vallée du M'Zab (AERVM) sous la direction d'André Ravéreau. etc. ce dernier a renforcé la séparation entre les domaines masculins et féminins.  tous travaux de construction et de démolition quelqu’en soit la nature. plan SPEER (1973) et le PMU (plan de modernisation urbaine) en 1977.  tous travaux de restauration de ravalement de façade. Plusieurs plans ont été établit avant et après la création de l'AERVM pour la protection des sites historique.

d'où le mode " hybride " d'habiter qu'on retrouve dans l’habitat ksourien et dans les nouveaux quartiers à la fois. » 2 ِ Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. En 2005. manières de l’inscrire dans une stratégie de développement durable de la région. M.19 65 . c'est-à-dire. p. CONCLUSION En évoquant le patrimoine architectural et urbain au M’Zab. culturel et naturel du comité du patrimoine mondial les Principales menaces identifiées dans les rapports précédents sont : 1. Toutes ces problématiques méritent attention de la part des organismes étatiques et des chercheurs universitaires. en comparaison avec les Casbah d'Alger. ainsi que la mondialisation qui a tendance à être plus culturel qu’économique. on devrait mettre l’accent sur le facteur social où le citoyen devrait se sentir concerné par la question du patrimoine. outils juridiques et urbanistiques de préservation. risquent de se dégrader avec le temps.UNESCO Trentième session Vilnius.Un développement lié aux changements socio-économiques et à la croissance démographique. qui nonobstant des bonnes volontés. Notre propos n’est pas de muséifier le patrimoine. comme noté dans la convention concernant la 2 protection du patrimoine mondial. comme le défend Digne Bock (2004) « Il (patrimoine) correspond au tissu urbain dans son intégralité. on estime que le patrimoine architectural et urbain au M'Zab est parmi les mieux préservé en Algérie.Une perte du savoir-faire et des matériaux traditionnels pour la réhabilitation de l’architecture vernaculaire. au bâti et non bâti. La question d’habiter le patrimoine est toujours d’actualité où la dialectique de la satisfaction des besoins des occupants et de la conservation du cachet originel demeure difficile à résoudre. Ali Khodja  tous projets d’infrastructure ou programmes d’équipement. Lituanie 8 – 16 juillet 2006. 5. La lenteur de la prise en charge de ce patrimoine (de 1968 jusqu'à nos jours) et en l'absence du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur (PPSMV) – qui est toujours au stade de l'étude – dénotent du statut et de l'état du patrimoine en Algérie et dans la région du M'Zab. 2. Les actions de l’OPVM bien que louables étaient ponctuelles. Le mérite revient à une population locale où malgré les avatars du modernisme demeure attaché à l'héritage ancestral qui fait sa spécificité. 4. 6. La dimension sociale dans la préservation du patrimoine doit être mise en amont à travers la réhabilitation des structures traditionnelles en leur conférant un rôle plus influent. impact visuel de nouvelles constructions sur les collines 3. Or. Comité du patrimoine mondial. entraînant une importante pression urbaine.Une absence d’un cadre juridique de protection et d’un plan de sauvegarde. rendent l’attachement des nouvelles générations au patrimoine presque dérisoire.Des risques d’inondations et de pollution de la nappe phréatique. En contraste avec l’abondance des textes de la bonne volonté des responsables de l’OPVM. L'effet du temps fait son effet sur les ksour du M'Zab. Malgré les mises en garde de l'UNESCO. aux lieux de vie privés et publics qui font le quotidien des populations qui y vivent. un nouveau décret exécutif (n° 05-209) est promulgué pour la création et la délimitation du secteur sauvegardé de la vallée du M’Zab.Une dégradation de l’environnement. etc.Une perte du système traditionnel de gestion et de distribution de l’eau. L'intérêt est donc de le préserver sans modifier les modes de vie traditionnels des populations et sans transformer les villes abritant certaines richesses architecturales en villes-musées. l’évolution de plus en plus accélérée dans les modes de vie et de construction. croissance urbaine incontrôlée dans les palmeraies et le lit de l’oued. Le cas des ksour du M’Zab est révélateur à travers l’évolution dans les techniques de construction et la constance du facteur socioreligieux. on peut le traiter de divers angles : techniques de conservation du cadre bâti ancien. Néanmoins. les rapports de l’UNESCO demeuraient impitoyables. de Constantine ou le ksar de Boussaâda ou autre. Ce patrimoine a été créé pour répondre à un contexte spécifique qui remonte à des siècles. à l’image de la réhabilitation des ouvrages défensives (remparts et tour de guet) de Beni Isguen et la restauration de la place du marché de Ghardaïa.

Comité du patrimoine mondial. 13 et 14 mai 2008 Faire figer le mode de vie des gens au nom de la préservation du patrimoine risque de produire des effets indésirables sur le patrimoine et ses habitants à la fois. 66 .. " L'atelier du désert ". Editions Parenthèses. ISBN 2-86364-120-4. Habiter le désert. Alger. Organisation des nations unies pour l'éducation. et J-M (1986).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. EPAU.) et DIDILLON H. (2005). problématique.. et P. Même si on arrive à réhabiliter nos villes traditionnelles et à les conserver. 6 Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. Editions Pierre Mardaga Bruxelles. (1999) L’approche de l’espace socio-urbain. Thèse de Doctorat d’Etat en urbanisme. les maisons mozabites. La problématique de la satisfaction des besoins des habitants constituerait peut-être le prochain obstacle à franchir. la science et la culture (UNESCO). Editions Presses Universitaires de Rennes. université de Sétif. ISBN 2-87009-086-2. 8. mémoire de magistère en architecture. 2 BENYOUCEF B. trentième session Vilnius. Rennes. tradition et modernité. 3 DONNADIEU (C. 5 " Habiter le patrimoine enjeux-approches-vécu ". 2004.16 juillet 2006. Espace architectural entre mutations et pratiques spatiales cas de la société mozabite. Lituanie. ISBN 2-7535-0001-0. (2003). BIBLIOGRAPHIE 1 ALI KHODJA M. 4 RAVEREAU A.

La période actuelle : une identité au bord des valeurs. voyageur arabe. atteint 644 mètres . fleuve mythique qui enserre le rocher la supportant. Abou Obeid El Bekri. arrive à 534 mètres. qu’aucune forteresse ne saurait lui être comparée ». met en relief sa position inexpugnable en affirmant que Constantine « grande et ancienne ville. dont les artères coïncident sensiblement avec les quatre points cardinaux. Diabi Département d’Architecture et d’Urbanisme. Ce site auquel elle doit son existence et sa renommée a été célèbre grâce à des voyageurs. Université de Constantine Ville millénaire. Implantée sur un rocher escarpé qu’entoure Oued- Rhumel. Nait Amar. Par son pittoresque et par son rôle dans la formation d’une cité et de son identité. Elle domine des plaines étendues et de vastes campagnes ensemencées de blé et d’orges. Constantine ou Cirta rayonne aussi bien sur sa wilaya que sur l’ensemble de l’Est algérien. Constantine. cette ville fantastique qui fut Constantine. F. de respect et presque d’effroi. de temps mémorial. la morphologie du site a prédisposé la cité d’être à la fois une acropole et un carrefour incontournable dans les échanges commerciaux. un passé historique et une identité spécifique. Ce présent travail s’articule autour de trois principaux axes : 1. L’imposante masse de calcaire qui porte la ville présente la forme d’un prisme à base trapézoïdale. L’histoire de la ville de Constantine et de son site 3. par sa situation géographique privilégiée. cité phénomène et extraordinaire gardée par le Rhumel. 1) LES CARACTÉRISTIQUES NATURELLES DU SITE : LE VIEUX ROCHER Le ravin de Constantine est le plus célèbre de toute l’Algérie. vers la terminaison sud à Sidi Rached.a incité certains historiens à manifester leur stupéfaction en proclamant qu’il est difficile d’échapper à un sentiment mêlé d’étonnement. ce nid d’aigle. Géographe arabe. Le point le plus élevé de la surface du rocher. Le rocher de Constantine est formé d’un ensemble calcaire visible sur 300 mètres de hauteur. . Ce site exceptionnel qui fait de cette cité une véritable forteresse et selon El Idrissi. N. lorsque pour la première fois on se trouve en face de cette ville étrange. au Kef Chekara. qui se trouve à la terminaison nord. il assura. à des historiens et autres poètes. le point le plus bas. (est) d’un accès tellement difficile. Les caractéristiques naturelles du site : Le vieux Rocher 2. la protection. l’une des plus fortes places du monde. un site antique.

Sa situation a nécessité la construction de nombreux ponts par les différents occupants de la ville. totalement impraticable.constructeur Frédéric REMES. 7. ce pont. d'accéder aux anciens moulins à blé et l’usine de pâtes alimentaires. en trois courbes. ont eu le même témoin : Constantine. de renaître de ses cendres pour revenir. il se trouve à 175 mètres au dessus du torrent . Sa largeur est de 12 mètres. De véritables œuvres d’art. 68 . Pont El Kantara : Le pont d'El Kantara fut la voie d'accès principale de Constantine. Situé à mi-chemin du pont de Sidi Rached et de celui d'El Kantara cet ouvrage de 125m de long a été construit entre 1917 et 1925.Il était. Pont des Chutes : Construit en 1925 il permettait. est située sur une hauteur moyenne de 640m et au carrefour de deux grands axes :  Axe Est-Ouest au contact Tell-Hautes Plaines . lors de sa construction. elle assure la liaison entre l’ensemble des wilayates de l’Est et. Maintes fois assiégées.  Axe méridien qui. toujours vaillamment défendue. Son aménagement permettait de suivre le fond des gorges du Rhumel sur toute leur longueur. de Skikda à Biskra. et cela en raison de son caractère privilégié : un site défensif et unique qui encouragea les civilisations à s’y installer. et supporte une charge de 17 tonnes. Pont Sidi M’cid : long de 164 mètres. Les différentes civilisations qui se sont succédé. 5. elle devait son salut à sa position sur le rocher et ses gorges exceptionnelles qui constituaient de véritables remparts naturels contre les envahisseurs. et l'ascenseur de la Medersa. large de 5. le chemin des touristes est. 4. par la route nationale n°5 qui la traverse elle les relie à Alger. et domine le Rhumel d'une hauteur de 125 mètres. lui ont changé les caractéristiques architecturales et urbanistiques. au sein des plus belles réalisations touristiques d'Algérie. chef lieu de la wilaya de même nom. Ce sont les différentes successions de civilisations qui.80 mètres. le plus souvent triomphante de ses agresseurs. Carrefour routier. Majestueux et impressionnant il pourrait générer des recettes appréciables. une de 30 mètres et la plus large de 70 mètres franchit le Rhumel à 105 mètres de hauteur. En conclusion. la Cirta des Numides. La passerelle Perrégaux aujourd'hui Mellah Slimane : ou pont de l'ascenseur. les grands événements qui se sont produits à travers tous les siècles. ce sentier est accroché aux parois du ravin.70 mètres. relie le littoral au sud (Sahara). relie le quartier de la gare au centre-ville. ce pont de pierre a été plusieurs fois endommagé par les eaux du Rhumel et du Boumerzoug réunies. restauré deux fois : sous l’occupation ottomane puis française. Pont Sidi Rached : Réalisé en pierres de taille. à l’heure actuelle. le plus haut pont de pierres au monde. Il fut le lieu des principaux assauts de la ville. Construit sous l’occupation romaine. est long de 447 mètres. 3. la capitale. les ponts les plus importants sont : 1. est l'oeuvre de l'ingénieur . Sa position sur les espaces de transition entre le Tell et les Hauts Plateaux et surtout la localisation au centre d’un réseau urbain dominé par les métropoles régionales qui s’affirment et par les autres centres dynamiques de la région renforcent Constantine dans son rôle principal de centre d’animation de l’Est algérien. Ce qui lui a valu différentes appellations dont : « la ville des sept ponts » ou « la ville des ponts suspendus ». Il repose sur 27 arches dont 13 ont une ouverture de 8. Le chemin des touristes : inauguré en 1895. via un escalier. Pont du Diable : Construit par les Ottomans. le site de Constantine à connu différentes occupations. Nait Amar La ville de Constantine. Long de plus de deux kilomètres et demi et large d’un mètre et demi. Conçu par l'ingénieur Ferdinand Arnodin. de plein-pied. 6. Abîmé par l’usure du temps et par le manque d’entretien. passant d'une rive à l'autre. Mais les différents occupants ont bien sûr réalisé des lieux de franchissements des gorges. 2. de tout temps. Ce site pittoresque demande une somme de 6 milliards de dinars pour sa réhabilitation. Sa restauration devrait permettre à ce joyau de la ville de Constantine. il mesure 128 mètres de long. inauguré le 19 avril 1912.

En interrogeant son histoire. Constantine La période historique de Constantine commence à proprement parler avec l’installation sur le littoral oriental algérien des comptoirs phéniciens.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. sous le nom romain de Cirta. les Numides. 69 . que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques. Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs.-C. Numide : Kirtha. (fille de Mutto. depuis le IVe siècle avant J. son 2500e anniversaire ayant été commémoré le 6 juillet 1999. On observe au Sud de Constantine une forte concentration de dolmens (monuments mégalithiques composés d’une ou de plusieurs dalles horizontales reposant sur des blocs verticaux. est l’une des plus vieilles cités du monde. Les gravures et les peintures que l’on trouve à El Haria sont l’œuvre des néolithiques qui ont également marqué leur présence par la construction de grands ensembles dolméniques et des enceintes de pierres dites de Cromlechs (monuments mégalithiques formés d’un cercle de menhirs : monuments mégalithiques constitués d’un seul bloc de pierre vertical). D'abord nommée Sarim Batim par les Carthaginois. on s’aperçut qu’elle était déjà habitée dés l’époque préhistorique et que l’unité qu’elle constitua a des préfigurations dans le passé. numides et maures. L’agriculture fit son apparition à l’époque néolithique. Jusqu’à une époque plus récente. roi de Tyr). à la Grotte des Ours ont permis de découvrir des objets dont certains remontent aux périodes paléolithique et néolithique que seule la main de l’homme était en mesure de façonner : des galets taillés. à Djebel Ouahch. ils apparaissaient aux environs immédiats de Constantine. Constantine ou Cirta dont la date de sa fondation n’a pas été établie avec exactitude à ce jour. formant les parois d’une chambre funéraire). à la Grotte du Mouflon. un millier d’années environ avant l’ère chrétienne.-C. la prospérité de Carthage fondée vers 814-813 avant J. Les fouilles effectuées dans les cavernes situées à Constantine et ses environs immédiats notamment au plateau du Mansourah. Cirta. Mais leur établissement. devait se heurter à l’opposition des éléments autochtones. Des échanges commerciaux s’établissent entre elle et la Numidie qui a pour capitale Cirta. a. au lieu dit la Grotte des Ours. Constantine est déjà connue sous l'antiquité. de la céramique. Cirta est la dénomination romaine du nom punique Kirtha qui signifie ville dans la langue des Carthaginois Au fil des ans.La période Punique. rendait nécessaire son expansion. par la princesse tyrénéenne Didon ou Elissa. les Berbères s’organisèrent en tribus et en confédérations. des meules et des fragments de poterie. Ville de traditions ancestrales. passé qui remonte aussi loin qu’il y a des hommes. 13 et 14 mai 2008 2) L’HISTOIRE DE LA VILLE DE CONSTANTINE ET DE SON SITE .. Qu’on en juge par ce qui suit.

d’une église chrétienne et de deux temples païens. Alexandre. L’autre.-C. En 311 de notre ère. mobiliers. le portique de Gratien.. d’autres bouleversements allaient affecter la Numidie. soit en l’an 313. La vieille archéologie de Constantine atteste cette activité : stèles puniques. les flottements du pouvoir devaient faciliter les révoltes locales et surtout favoriser en 455 l envahissement de la Numidie par les Vandales. Après cette date. Il dressait ses colonnes à plus de 20 mètres du sol.L’occupation romaine : Après la mort de César en l’an 44 avant J. l’on vit se sceller une alliance des deux peuples qui se solda par une reprise et un accroissement de l’activité commerciale. Mais bientôt. le Mausolée de Soumaâ. Dans son ouvrage intitulé “Constantine”. dirigé par Massinissa dont le territoire couvrait la partie orientale ou l’Est algérien et les Massaessyliens à l’Ouest ayant pour guide Syfaxe. Chullu (Collo) et par la suite Cuicul (Djemila). Cirta fut complètement détruite par l’empereur Maxence à la suite de la révolte dès 310 du vicaire d’Afrique. transformé. 70 . elle fit partie du diocèse de Numidie appartenant à la province de l’Afrique nouvelle. gigantesque dôme de 60mètres de diamètre et de 18mètres de hauteur. Le pays était disputé entre la convoitise de deux grands rameaux : les Massyliens à l’Est. ses palais étaient renommés. Nait Amar Cependant. Milev (Mila). Elle comptait 150 000 habitants 1. des conflits militaires s’ensuivirent. Cirta devint une colonie romaine et reçut le nom de Colonia Cirta Julia. il témoigne du savoir faire des artisans qui taillaient et agençaient parfaitement. les temples de Julie et de Saturne et d’autres encore ont aussi totalement disparu. Tout le territoire avoisinant la cité fut confié à l’administration de Cirta qui était également chef lieu des colonies cirtéennes : Cirta (Constantine). Lors de la construction de la Casbah à l’époque ottomane des vestiges témoignent de la présence d’un capitole très luxueux. Peu de choses sont restées des édifices romains à Cirta. p34. D’autres monuments tels que le forum qui se trouvait à la place actuelle du palais du Bey. à l’époque les pierres. seuls deux monuments ont pu résister aux aléas du temps : Le Medracen. De toute la période postérieure à Massinissa. Sous le règne de Massinissa. amphores. L’Aguellid embellit sa capitale de monuments et fit construire un palais où il recevait des étrangers et des musiciens. visible encore dans la plaine d’El Madher (Batna). De toutes les réalisations concrétisées durant son règne. tandis que le Sud de la province était considéré comme territoire militaire ». devant les visées impérialistes de Carthage de vouloir étendre sa domination à l’intérieur des terres. Toutefois. 1 Ayache A : L’histoire ancienne de l’Afrique du Nord. ses entrepôts. ne sont conservés que des monnaies. Rusicade (Skikda). elle fut reconstruite selon le modèle romain par Constantin. La recrudescence des querelles religieuses chrétiennes (le christianisme fit son apparition au IIIe siècle de notre ère). des tessons en poterie et des vases. par Maximilien Hercule en province sous le nom de Numidie cirtéénne ou Numidie civile. Cirta connut une civilisation brillante dont malheureusement les animateurs sont restés anonymes. Mais deux ans plus tard. b. Rachid Bourouiba soutient que « sous Auguste et après que la Maurétanie eût été assignée à Juba II. Cerclé de colonnes et de chapiteaux de style dorique (architecture grecque). la situation à l’intérieur de la Numidie était très confuse. le nouvel empereur de Rome qui lui donna son nom. en 297. dans lequel repose Massinissa est érigé sur une colline à l’Est d’El Khroub. Ses ateliers.

l’eau qui est dans le fond du ravin a l’aspect d’une petite étoile. D’après El-Idrissi. elle rentre dans l’histoire avec les Fatimides. La ville. c. Ce fut Salah Bey qui rendit à Constantine son cachet de capitale et la dota de plusieurs édifices. La ville a pris un autre cachet : le cachet de la ville arabo-musulmane. Sous les Zirides et les Hammadites. qui embrassent la largeur de la vallée. Construites en pierres de grande taille. Vue de cette chambre. C’est donc sous leur domination que plusieurs monuments romains disparurent complètement. dès l’année 455. comme c’est le cas du capitole à l’intérieur duquel fut construite une église. Constantine fut choisie pour être la capitale du Beylik de l'Est. Ce noyau. sont destinées au passage des eaux. les citernes placées. Quant aux autres elles sont 2 adossées contre la montagne » . la hauteur des arches atteignait 20m. homme de confiance de Obeid Allah. en 533 par le général byzantin Bélisaire. des Vandales à Constantine sont des monnaies découvertes en 1949 à Hamma Bouziane. toujours cité par Bourouiba dans son ouvrage sur Constantine. Abou Abdallah. On peut dire que l’importance de Constantine a décliné sous l’occupation des Vandales et des Byzantins qui ont laissé peu de traces de leur passage. lequel soutient un second pont qui en supporte un troisième de trois arches. fondateur de la dynastie fatimide.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. restes d’un aqueduc qui alimentait en eau provenant de l’Oued Bou Merzoug. au nombre de cinq. celles qui sont situées du côté de l’Orient et qui ont deux étages. qui n’est pas le centre de gravité. à Coudiat Aty. 1978 : Constantine. tant le précipice est profond »3. Trois de ces arches. Les Ottomans s’établirent de 1522 à 1837. tandis que leur partie supérieure sert à la communication entre les deux rives. Cette occupation par les Vandales qui préférèrent le littoral à l’intérieur du pays devait durer jusqu’à la reconquête de la cité et de la Numidie. la ville connut un regain d’activités comme l’affirment les écrits d’El-Bekri. qui nous renseigne sur la construction dans la partie inférieure du ravin où coule le Rhumel : « d’un pont de quatre arches. Toutefois. Sur la partie supérieure de ces arcades se trouve une chambre qui est au niveau avec les deux bords du ravin et qui forme le passage par lequel on entre dans la ville. Selon El Idrissi. 71 . celle de l’Est. Il se compose d’arches supérieures. p55. Il faut mentionner : 1. 3 Bourouiba R. Les seuls éléments qui peuvent témoigner du passage. une seconde fois. à l’époque. localité située à 9km de Constantine.Le pont d’Antonin ou pont d’El Kantara dont la partie inférieure demeure encore servait également d’aqueduc. (Le principal événement qui a entraîné l'arabisation de Constantine est lié au destin des Fatimides). géographe arabe du XIIe siècle.Les arcades romaines. fut entourée de remparts et de tours construits avec des matériaux empruntés aux monuments édifiés par les prédécesseurs romains. 13 et 14 mai 2008 Les seuls vestiges visibles à l’heure actuelle représentent une infime partie du patrimoine architectural romain. Le souk était à proximité de la grande mosquée qui constituait avec elle un pôle essentiel à partir duquel s’organise le système urbain et la vie de la 2 Bourouiba R. le souk Le centre est le noyau autour duquel gravite toute la médina. nombreux. Constantine tomba à son tour et devint une merveille de l’empire de Obeid Allah dont la dynastie régna jusqu’à la fin du Xe siècle. donne accès à un pont antique qui servait aussi bien d’aqueduc que de viaduc. 2. sont bien fournis et son commerce est florissant et prospère. p46. idem. Ses bazars. D’après le plan de 1837 nous pouvons relever les principaux éléments de la ville : a) La centralité : la grande mosquée.Constantine arabo-musulmane : La date exacte de la prise de Constantine par les armées arabes est méconnue et on ne sait trop ce que fut ou ce qu’est devenue Constantine durant les premiers mois de la conquête. après avoir été battu. En effet. sous l’occupation byzantine. Pendant la période ottomane le centre de la médina avait une double fonctionnalité : religieuse et commerçante. « ce pont est d’une structure remarquable. sous le règne de Justinien. est représenté par la mosquée. qui commandait les troupes prit Mila en 902 qu’il reconquit. la ville était entourée au XIIe siècle d’une enceinte percée de deux portes dont l’une d’elles. ainsi que nous venons de le dire. sa hauteur au dessus du niveau des eaux est d’environ cent coudées.

sans passer par la zone commerçante. Nait Amar médina. La majorité des ruelles se dérivent en passages inaboutissants appelés : impasses d’où se fait l’accès direct des maisons. b) les voies de circulation : Le système de voies à cette époque était composé de quatre voies principales : 1) La première partait de Bab Djedid et conduit vers la casbah . L’organisation des voies est faite de façon à permettre le déplacement d’une zone résidentielle à une autre. passant par l’espace semi-public : ruelle pour arriver a l’espace privé : impasse. d) Les maisons traditionnelles : 72 . Le seul quartier qui a échappé aux destructions coloniales. c) Les quartiers résidentiels : A Constantine. Le mode de dimensionnement des voies renforce l’identification de l’espace. plus la largeur diminue. le quartier résidentiel reste le premier maillon dans lequel s’inscrivent les quatre unités composant cet espace. plus l’intimité de l’espace augmente et plus l’espace est caractérisé. Il est organisé par corporation. partant de l’espace public : rue. d’autres marchés. Ce phénomène de rassemblement des commerces par corporation est apparu sous le règne du Bey Hossein Azrag Ainou. en passant par Essouika. se subdivisent en une vingtaine de sous quartiers puis en îlots et enfin en groupement sur impasse. le tracé des rues met en évidence une trame viaire établie selon un système graduel. se dédouble en deux tranches qui se rencontrent à Rahbet Essouf pour former ce qu’on appelait souk Etejar. Le quartier central était occupé par les commerçants. Zelaika et Echott. qui partent d’une rue principale vers une autre. le quartier Souika. Les paramètres d’identification des quartiers dépendaient de l’occupation sociale de chacun. Malgré son irrégularité et son dimensionnement. 4) La quatrième rue partait de Bab El Djabia. donc défini. se trouvent au cœur des cités résidentielles. allant vers Bab El Kantara. A partir de ce point de rencontre la rue se poursuit jusqu’à Bab El Kantara . 3) La troisième rue partait de Bab el Oued. 2) La deuxième rue partait d’El Moukef pour rejoindre Souk El Acer en descendant jusqu’à Bab el Kantara . est actuellement dans un état de dégradation très avancé. c’est la seule rue qui va de porte en porte. Ces voies sont liées entre elles par des ruelles rayonnantes plus ou moins régulières. Loin du noyau commercial. A part la troisième rue qui traverse le quartier commercial les autres traversent les quartiers résidentiels. chargés d’alimenter les habitants en produits de première nécessité. Bien que les limites soient mal définies pour la plupart des quartiers. les quartiers résidentiels au nombre de quatre. car en se déplaçant de la rue la plus large. et spatialement par rue commerçante.

Le cadre bâti de la partie nord a pris l’aspect hybride. les bâtis sont géométrisés. Des percements furent effectués. Après l’occupation française. de constructions mixtes dans la partie centrée entre la Casbah et la rue Didouche Mourad et enfin de constructions traditionnelles par la rue Didouche Mourad et la partie inférieure de la rue Ben M’Hidi. En effet. seul endroit ou apparaissent des façades décorées. en aucun cas. Les maisons sont peu ouvertes sur l’extérieur. durant 130 ans les affres d’une occupation qui. les rues sont rectilignes. déstructurée est dans un état de délabrement très avancé. La partie sud du rocher a conservé son cadre bâti et son système viaire hérité de l’époque ottomane. Elle a subi. L’Algérie a subi. Le sens de leur inclinaison est orienté vers l’extérieur et parfois vers l’intérieur. destinées à l’hébergement des colons. la loi du plus fort. initié le 3 octobre 1958 par De Gaulle qui introduisit un autre style architectural incompatible avec nos traditions. Le découpage du rocher est régulier dans sa partie supérieure. composé de constructions typiquement européennes dans la partie nord et nord/ouest. cédant la place à une modernité importée malgré les discours mettant en exergue notre patrimoine et nos valeurs. Même l’architecture et l’urbanisme n’ont pas échappé à ses desseins. eut un impact négatif sur notre environnement et surtout sur notre identité qui fut complètement ignorée. au style architectural importé. qui ont échappé aux modifications coloniales. Ces procédés furent accentués par le plan de Constantine. a entrepris. voire l’abandon total de notre héritage. les terrains récupérés ayant servi d’assiette à la réalisation de constructions. les pièces se regroupent autour d’une cour : west edar. de « désidentification ». amputée d’une grande partie de son corps. Le choix de ce plan élaboré conformément à une vision qui renie les spécificités culturelles de notre pays ou. de nombreuses tentatives de dépersonnalisation. malgré elle et contre elle. caractérisée par un ou deux étages dont la disposition est semblable à celle du rez-de-chaussée. A l’indépendance du pays. 13 et 14 mai 2008 La religion musulmane recommande la préservation de l’intimité familiale. le jugement de valeur ne peut être assumé qu’à partir de l’intérieur. Elles sont couvertes de toitures inclinées en tuile rouge. les pouvoirs publics de l’époque reconduisirent dans la précipitation. aux façades simples de hauteur limitée protège la famille contre les discrétions visuelles et. Cette partie était principalement occupée par les indigènes. 3) LA PÉRIODE ACTUELLE : UNE IDENTITÉ AU BORD DES VALEURS. sans aucune étude et sans prévoir les conséquences désastreuses de leur décision. sans résultat. l’occupant opéra d’importantes mutations dans la conception et la réalisation urbanistiques et architecturales et mit en cause notre paysage urbanistique en procédant à la démolition de pans entiers de notre patrimoine comme c’est le cas de la médina de Constantine qui fut prise en possession par la ville européenne. La maison constantinoise est introvertie. entraîner la rupture avec notre passé et nos traditions. de déculturation et de déstructuration. à travers des moyens et subterfuges divers. 73 . si l’on peut dire. certaines à deux versants et d’autres à un seul. Cette politique eut pour conséquence le désintéressement. le rocher a été divisé en deux parties. le rang de celle-ci dans la société ne se trouve révélé . les règles juridiques édictées par l’ancien occupant et les mêmes orientations urbanistiques et architecturales contenues dans le plan de Constantine. L’une Européenne au dessus de la rue Ben M’hidi et l’autre traditionnelle au sud du Rocher. Les résultats sont visibles aujourd’hui : médina mise en cause. occupées uniquement par les français .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. La maison : Dar.

cité des 800 logements… ». s’appropriant celui-ci selon un modèle conservateur et reproduisant les pratiques spatiales de l’habitat traditionnel.N) et les habitations individuelles représentées par un style des années 50 ont complètement négligé la référence culturelle à laquelle est attaché notre pays. perçue comme un espace difficile à gérer et incompatible avec les exigences de la modernité. le laisser aller et le manque d’intérêt. Toutes les réalisations ont conduit à l’éclatement de la ville et à l’apparition de cités anonymes disséminées ça et là sans aucune cohésion urbanistique ou sociale et sans aucune qualité architecturale. l’exode rural.U. mémoire de tout un peuple. Les logements attribués dans ces grands ensembles conçus. . Et (signe des temps ?) les ensembles d’habitations posés ça et là en toute hâte n’ont même pas eu le temps de se voir attribuer un nom qui les humanise. mais ils préfèrent procéder à la démolition pour leur permettre d’accéder à un logement social dans les nouvelles cités. En effet. Il s’agit en fait d’une production urbanistique pauvre et désolante exprimée par un modèle importé par les concepteurs. la poussée démographique. les habitants. Ce type d’habitat a défiguré l’environnement et provoqué une rupture avec le tissu traditionnel. Cette « désidentification » qui n’a pas eu d’effet sur notre personnalité s’explique par : . selon une enquête menée en 2001 dans les grands ensembles de l’Est algérien par Rouag-Djenidi. Souvent. occupée par une population très dense dont la plupart des individus sont d’origine rurale. si l’attrait pour le logement dans ces types d’habitation a été extrêmement fort et était considéré comme un signe de progrès urbain et social. la médina perd chaque jour qui passe des pans entiers de son corps. N’offrant plus aucune commodité. les espaces spéciaux de l’appartement moderne apparaissent comme inadaptés à nos traditions et coutumes.H. réalisés et achevés parfois dans la précipitation ne sont pas attrayants. une seule démolition provoque l’ébranlement des murs des constructions mitoyennes et entraîne parfois dans son sillage leur écroulement. 2. D’aucuns prétendent que d’âge très affirmé. La prolifération de bidonvilles et des constructions illicites sur des terrains non aetificandi compensant ainsi le déficit accusé par la construction de logements. L’absence de sensibilisation et le manque d’orientation de la société civile. rongeant comme d’immenses verrues le paysage urbain ou le prolongeant en un désolant entassement de cubes. par le laxisme. démunis de ressources. un lieu où se concentrent des difficultés ou des problèmes multiples auxquels doivent faire face l’ensemble des occupants et des services spécialisés. La médina de Constantine. rarement agréables à l’œil. Nait Amar La référence à notre patrimoine aussi riche que varié aurait du nous amener non pas à calquer l’Occident ou autre mais à harmoniser modernité et tradition qui auraient permis d’enrichir notre culture et de sauvegarder notre identité. cumulant les manifestations très avancées de la précarité. ce symbole vivant de la culture arabo- musulmane. Une expertise effectuée en 2003 sur 1549 constructions a donné les résultats suivants : 74 . livré à lui-même sans aucune protection. dans leur majorité. Non seulement les occupants aux moyens dérisoires ne peuvent fournir aucun effort pour préserver ce patrimoine. je cite « les gros ensembles comme les constructions individuelles s’élèvent un peu partout. Par ailleurs. surdensifié. Une gestion technocratique centralisée éloignée des réalités du terrain. Les nouvelles constructions de grands ensembles (Z. aggravant ainsi les fractures sociales. blessée par l’usure des siècles et l’arrogance des hommes. on s’est vite rendu compte qu’il n’offre pas un lieu adapté aux exigences des habitants. n’est plus en mesure d’être sauvegardé. est devenue. En effet. Nous assistons à l’émergence de véritables cités numériques : cité des 628 logements. La description de ces constructions faite par feu Tahar Djaout est très significative. la détérioration du vieux bâti et d’autres phénomènes sont à l’origine d’une crise aigue du logement et à travers elle une crise de la ville et de la société qui eut pour effet : 1.

non pas toute la bâtisse. à la fois à des fins de contrôle de l’espace et aussi d’affirmer leur suprématie et procéder à la séparation des deux communautés qui n’avaient aucun lien entre elles : les autochtones confinés dans ce qui reste de la médina. tous les moyens pour effacer tout ce qui symbolise la culture locale. Les spécificités géographiques certaines de Constantine. CONCLUSION Bien commun. en quelques années seulement. ses accumulations urbanistiques et architecturales sont à la base de la situation complexe dont souffre le patrimoine confronté à la 75 . substituèrent des constructions neuves de type colonial occidental aux petites maisons autochtones et édifièrent à la périphérie de grands quartiers colossaux. d’un côté. espace sensible. le patrimoine représente les valeurs. non contents d’avoir cherché à effacer. certains fort nombreux se contentèrent de prendre en location. ce grand ensemble traditionnel. 13 et 14 mai 2008 NOMBRE DE ETAT DU BATI % CONSTRUCTIONS Bon 356 23 Moyen 812 52.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. modeste mais très important par l’héritage qu’il transmet et par la vie urbaine qu’il perpétue risque de disparaître et priver l’Algérie d’un pan entier de sa culture et de son histoire. durant des siècles.60 En ruine 124 8. a mis sur les décombres de celui qui l’a précédé. firent subir à la médina une importante charge humaine qui finit par aggraver son degré de mutilation et par mettre son existence même en péril. ne reflétait aucune identité et n’avait aucune référence historique et ne reposait sur aucun système culturel. sans résultat. dédaignant la culture et le style architectural qui leur sont étrangers. ils prirent possession de la médina. instrument de références au travers duquel se reconnaît et s’identifie tout un peuple. Très limités dans leurs moyens matériels. Ce jugement de dépréciation du patrimoine fit son chemin même après l’indépendance. de dépersonnaliser les autochtones en les encourageant à se « romaniser » et à se convertir au Christianisme. Cette vision qui a tant décrié ce symbole eut pour effet le départ progressif de beaucoup d’occupants pour prendre possession de logements dits modernes calqués sur le schéma occidental ne répondant point à notre mode de vie. sans parvenir entièrement à leurs fins. Certains courants dévalorisèrent l’ancien qu’ils considéraient comme « vieux ». vétuste et dépassé en s’appuyant sur le fait que la médina cumule les manifestations du sous-développement avec ses problèmes de surpeuplement et d’inconfort. toutes les traces des prédécesseurs mais ont entrepris. dérivé d’une tendance qui ignore l’appartenance à une société ou à un lieu précis. Le modèle mis en application en 1962. Cependant. et céder la place à des ménages issus des bidonvilles ou de la campagne. déployèrent. mais une seule pièce. son propre système de développement totalement différent de celui qui l’a devancé.40 Mauvais 257 16. Ainsi ont agi les Romains qui. Chaque occupant du Rocher de Constantine. les colons de l’autre. véritable muraille naturelle qui servit. En effet. Ce caractère hybride de la cité créé par la colonisation française avait pour objectif de déprécier le modèle traditionnel et de mettre en valeur sa culture qu’elle considérait supérieure et plus riche que celle des colonisés. sans succès.00 TOTAL 1549 100 Si aucune mesure n’est prise pour sa sauvegarde. donnant ainsi à la ville une double identité tout à fait opposée. Les nouveaux arrivants dont le nombre dépasse de beaucoup celui des anciens habitants ayant déménagé. les traditions auxquelles sont attachés les individus. les colons français. les Arabes et les Ottomans s’approprièrent les restes des vestiges légués par les précédentes civilisations et l’adaptèrent progressivement aux spécificités de la cité arabo-musulmane. L’histoire du patrimoine de l’Algérie en général et de Constantine en particulier est faite d’une série de successions et de ruptures correspondant aux diverses civilisations qui se sont succédées. de rempart de la cité. Contrairement aux Romains. percèrent des axes.

Édition Ministère de la culture. p. 6. BENZEGOUTA M.W. Édition A. DHINA A. 254. « Paysage et Patrimoine ». Accueilli favorablement par la société civile il promet des changements concrets en redonnant au patrimoine culturel et naturel local une perception réelle de sa valeur.156.142. « Cités musulmanes d’Orient et d’Occident ». Une des sources de l’identité des peuples. le patrimoine ne concerne pas seulement les vieilles médinas.de Massinissa à Ibn Badis trente siècles d’histoire » Tome 1. « Constantine ». le patrimoine devra faire l’objet d’une attention tout à fait particulière nécessitant la mise en place d’une stratégie efficace pour le préserver. « Cirta. Nait Amar difficulté d’harmoniser modernité et tradition concept généreux mais difficile et contradictoire. 355. en faire une culture. 5. BOUROUIBA R.P. « Constantine.. p. p. (1999). Pour conclure. « La médina de Constantine : de la cité traditionnelle au centre de l’agglomération contemporaine » thèse de Doctorat. MERDACI A et all. Les générations actuelles affichent leur désintéressement du passé ou plus précisément du patrimoine aboutissant ainsi à la rupture avec les racines et les origines. Il a commencé à s’imposer dans les débats et à s’incruster dans les esprits et les pratiques. 2. 4. (1986). Il mérite d’être inclus dans les projets actuels et futurs afin qu’il puisse servir de ciment aux générations qui y trouveront leurs repères et découvriront leur véritable identité. BIBLIOGRAPHIE 1. Cependant. Édition Média plus.188. le développement durable a ouvert la voie à une nouvelle compréhension de la réalité. 76 . Édition Média plus. Université de Poitiers. 3. p. (1996). Édition ENAL. 319. PAGAND B. (1978). (1988). p. COTE M. (2005). citadelles des vestiges ». p.

A. Lassance. objets colorés…etc. la dimension sensorielle des vieilles cités du monde arabo-musulman est presque omniprésente dans les œuvres littéraires et les récits de voyage. Ces derniers nous révèlent d‟autres aspects simultanément connus et nouveaux. Les ambiances environnementales de la médina : Le patrimoine oublié A. DE LA NOTION D’AMBIANCE : Le terme ambiance indique un milieu qui nous entoure. la vue. L‟adoption d‟une approche appropriée est fondamentale pour une telle action. architectural ou urbain soit-il. il est porté une attention sur le comportement des usagers- réceptifs du signal. Ce n‟en est certes pas des tâches des plus aisées mais la volonté et l‟effort sont astreignants. Hall et Reed Hall. le vent et la pluie avec le rafraîchissement qu‟ils occasionnent et les odeurs qu‟ils dégagent ou transportent. ces études ont montré l‟impact du contexte dans la caractérisation d‟une ambiance. Il s‟agit ainsi d‟une situation qui peut réunir un environnement et la (ou les) personne qui s‟y trouve. Algérie INTRODUCTION Rarement manifeste dans les écrits et les travaux d‟architectes. les dimensions sensorielles demeurent pourtant singulières. Dans les vieilles cités. parfums. La notion d‟ambiance est celle qui lui s‟apparente le mieux de par son association à un cadre construit spécifié. le soleil avec sa chaleur et sa lumière. C. D‟autre part.R. ksar et autres. vraisemblablement évidents mais encore très peu parcourus. Département d‟Architecture. 1998 . d‟une part. comme besoins humains fondamentaux susceptibles de devenir des éléments conceptuels [Broadbent. qui y est l‟objet d‟étude. l‟ouie. médina. Elles mettent en exergue ce que l‟expérience ordinaire de tout simplement parcourir une ville peut dévoiler comme point focaux. le goût et le toucher sont en contact perpétuel et variable avec des éléments de l‟environnement physique naturel de ces lieux en l‟occurrence. Même si ces derniers sont parfois immatériels. Enfin. une lumière…). un souci particulier est attribué à l‟espace architectural et qui est essentiellement dû au fait que c‟est l‟espace construit. FARHI LACOMOFA (Laboratoire de Conception et de Modélisation des Formes et des Ambiances Urbaines et Architecturales).. en tant qu‟environnement physique extérieur engendrant des stimuli spécifiques ou bien par le biais de l‟usager. par d‟autres chercheurs auparavant. Egalement. vécue. Ce signal qui n‟a pas de signification en soi sauf s‟il est perceptible. social et aussi climatique. fournissent des éléments de définition encore plus profonds sur cette notion [Amphoux et al. l‟ambiance dans un espace architectural n‟est pas singulière et se réfère à un seul genre de signaux mais elle est plutôt multiple (olfactive. BELAKEHAL. 1986]. Il en est de même avec ceux de l‟environnement physique artificiel tels que les sons. Penser à sauvegarder de tels lieux sans pour autant réfléchir à faire revaloir de tels caractères correspondrait à leurs préserver le corps et en compromettre l‟âme. bruits. une odeur. Les travaux sur les ambiances dans le domaine de la discipline architecturale. 1990]. Ceci caractérise cette notion d‟une complexité incontournable. Cet environnement peut être physique aussi bien que moral [Larousse. Ces stimuli ont été définis. Amphoux. les sens de l‟homme sont les premiers à les reconnaître. Relevant d‟aspects associés au cadre bâti et aux fonctions qu‟il enserre. 2004 . dans la mesure où l‟architecture est non seulement une forme visuelle mais aussi habitée. l‟odorat. individu aux traits propres dépendant aussi de son milieu culturel. Ils insistent. sur les aspects sensoriels naissant d‟un certain stimulus physique considéré comme un signal (un bruit. Le contexte agit en tant qu‟environnement intérieur ayant des propriétés morphologiques et / ou spatiales précises. investie. 1988 . De même. lumineuse. qui nous environne. Université KHIDER Mohamed Biskra. . A. enfin un contexte dans lequel on se localise. 1998 . 1998]. sonore…).

Perception. A ce titre. Activités Figure 1 : Le modèle conceptuel de l‟ambiance : Une interaction complexe d‟influences entre : contexte. est un environnement artificiel (construit) qui répond pleinement aux conditions de l‟environnement naturel (climat. Dans l‟une ou l‟autre discipline. 1997]. aéraulique…)  Usager (perception et comportement) CONTEXTE Climat. de l‟ergonomie de l‟environnement qui s‟intéresse principalement aux caractéristiques humaines physiologiques [Parsons. A. L‟auteur du texte illustre bien le cas de cet usager en face d‟un environnement physique spécifié par un ou plusieurs stimuli. Société USAGER ENVIRON. activités ou usage…)  Environnement physique relatif au stimulus (thermique. société)  Espace architectural (conformation. lumineux. p. où vivent les individus. Ainsi.Belakehal Cette notion apporte certes des éléments nouveaux pour l‟étude des stimuli physiques au sein des espaces construits dont l‟exigence de la plurisensorialité. l‟espace architectural. 2007). par exemple. LES AMBIANCES DANS LES MEDINAS : CE QU’EN DISENT LES TEXTES L‟examen. l‟espace physique construit (environnement architectural ou urbain) est investi de manière très indirecte voire superficielle. des ressources littéraires et historiques nous renseignent pleinement sur les ambiances jadis caractéristiques des espaces urbains des médinas ou autres vieilles cités dans le monde arabo-musulman. Rosenman and Gero [1998. Culture. 2000] et de la psychologie de l‟environnement qui se base sur les aspects psychosociologiques de l‟individu [Fischer. Néanmoins. c‟est la prise en compte de l‟espace architectural comme paramètre influent dans la caractérisation d‟une ambiance qui la distingue des autres approches se penchant sur le même problème. topographie…) et aux exigences de l‟environnement socioculturel. Or. sans qu‟il soit exhaustif.164] affirment que „les individus. Il serait également possible 78 . Elle diffère sur ce point particulier. olfactif. culture. il serait donc possible de définir l‟ambiance comme une interaction complexe d‟influences réciproques entre (Figure 1):  Contexte du lieu où se situe l‟espace architectural (climat. C‟est un environnement parfois localisé mais dont les caractéristiques spatiales ou morphologiques ne sont pas prises en compte et ne constituent pas un objectif en soi pour les études appartenant à ces disciplines. espace architectural. en vue de satisfaire leurs besoins (réels et perçus). sonore. NEMENT Comportement PHYSIQUE Stimulus ESPACE ARCHITECTURAL Conformation. environnement physique et usager (Source : Belakehal. créent des objets qui à leur tour constituent des environnements technico-physiques ou artificiels interagissant avec l‟environnement naturel et l‟environnement socioculturel de manière à ce que chaque environnement influence et est influencé par l‟autre environnement‟.

lumineuse par le jeux de clair-obscur et sonore par le silence occasionné par la faible présence de passants (Source : Anonyme. p. 1893. catégorisées en définissant leurs composantes à savoir le stimulus en question et l‟espace architectural ou urbain en termes de conformation architecturale et d‟activité.32]. 79 . p. également une ambiance sonore „A côté de ces rues tranquilles et silencieuses comme des allées de nécropole. A Alger par exemple (Figure 2).. Les ambiances du vieil Alger s‟entremêlent aussi tel que nous le montrent les récits . dans ces textes. 1893. sont des rues commerçantes plus animées‟ [Baraudon. 1893. s‟ouvrir des ruelles désertes. p. avivés encore par des entourages d‟ombres‟ [Baraudon. sonore et lumineuse : „le quartier est paisible et les pas résonnent silencieux dans le mystère des porches ombreux‟ [Baraudon. devant soi et dans toutes les directions. Ce qui importe le plus c‟est que. 1893. aérées ou puantes‟ [Baraudon. Les textes de voyageurs indiquent que les ambiances sont tantôt distinguées tantôt mêlées les unes aux autres. Dans ce qui suit. Figure 2 : Une vue révélant les ambiances d‟un quartier résidentiel du vieil Alger : visuelle par la clarté du blanc des constructions. effroyable. 1893. Incessant le va-et-vient de tout le peuple . 1893.33]. les ambiances de la médina seront identifiées. les imprécations qui s‟échangent en toutes les langues‟ [Baraudon.31].30] mais aussi lumineuse.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.33]. qui revêt la maison de la base au sommet‟ [Baraudon. 1893.37]. sans date). qui s‟enfoncent avec lenteur à travers ces masses de blancheur étranges. et quand on passe. claires ou obscures. l‟odeur des viandes chaudes se mêle à l‟arôme des fruits mûrs.36]. et semblent conduire vers le pays du mystère et de l‟éternel silence‟ [Baraudon. p. 1893. p. c‟est le blanc. p. visuelle et sonore „on voit tout à coup. aéraulique et olfactive „des faisceaux de ruelles et d‟impasses mêlées en un tricot inextricable. une ambiance visuelle est distinctivement soulignée : „la couleur. p. 13 et 14 mai 2008 que l‟auteur soit tout simplement rapporteur des conduites perceptives et comportementales des gens de son époque. et à travers quelques fragments de textes issus d‟œuvres littéraires et d‟un récit de voyages. la vacarme que font les cris. p.36].des bouquets de fleurs de poivrier dont l‟odeur âcre monte au cerveau comme un parfum capiteux‟ [Baraudon. olfactive et sonore „Des rôtisseries en plein vent occupent les angles. le rapport sensoriel de l‟homme aux stimuli caractérisant son environnement est explicitement repérable. un blanc de chaux éclatant. une autre lumineuse „partout les jeux de lumière les plus inattendus illuminent ce chaos. enfin. et enfin olfactive „…vous vendent (les marchands) ….

35]. crissements de paille. 1985. Au coin des allées. comme si. Elles sont également citées individuellement. p. qui prend naissance à l‟avenue Bab- Djedid. il voyait les couleurs les plus diverses passer en un tourbillon fantastique. des forgerons et des marchands de bois de chauffage. p. 1986.242] ou encore „Pour abrite les passants du soleil et de la pluie. entre ses boutiques minuscules pleines de senteurs délicieuses. Le journaliste et écrivain Amin Maalouf ne manque pas de décrire dans différents de ses ouvrages de pareilles ambiances dont les suivantes ne sont qu‟à titre illustratif : „Avant Fès. l‟œil reste indécis. sa barbe…. du centre d‟un kaléidoscope. p.il en inonde ses vêtements. en présence de cette débauche voluptueuse des teintes vives ou amorties. Cela fait des traînées odorantes par les rues‟ [Baraudon. 1985. On y marche sans bruit dans une ombre douce qui remonte le long des murs et va se perdre en vives et capricieuses déchirures dans les nappes de la lumière que le ciel verse à flots sur le faîte des maisons‟ [Rhoné cité par Depaule. respirant le sofran et le fromage frit. mais lourd de cris et d‟odeurs [Maalouf. p. „J‟étais comme frappé d‟éblouissement. les Alépins devisent devant les nombreuses 80 . le même chroniqueur fait part d‟autant d‟ambiances à Tunis (Figure 3).91].245]. p. fasciné. ainsi que des odeurs portées par le vent léger mais frais‟ [Maalouf. 1893.. le martèlement des coups fait un tintamarre effroyable‟ [Baraudon. Lumières et sons de Damas sont aussi présents dans un écrit de Zakariya Tamer : „Alors qu‟il s‟éloigna rapidement de son quartier aux sombres venelles pour gagner les avenues…. elles peuvent aussi simultanément sonore et lumineuse „Au bout de la rue des Etoffes. ébloui. De la voûte faite de planches gondolées et disjointes.101]. agité de mille frissons. l‟avenue et les ruelles avoisinantes sont entièrement couvertes d‟un plafond de bois qui s‟élève. Les ambiances des vieilles villes sont reprises comme caractéristiques de lieux où se déroulent des scènes relevant de l‟identité même de ces cités. minces et ténues comme un fil d‟argent‟ [Baraudon. 1985. visuelle „Devant cette gamme audacieuse de tous les tons connus.30]. également sonore „Au souk du cuivre. p. je voguais à la dérive. bruyant et tout rempli d‟irradiations multiples. s‟ouvre le souk du même nom. aux carrefours. Figure 3 : Anciennes vues de deux souks de Tunis (Source : Anonyme. 1985. p. 1986.Ses oreilles résonnaient des invites de marchands vantant leurs articles‟ [Cité par Depaule. d‟un souk à l‟autre. „De la fenêtre. à moitié inconscient. silencieuse et si étroite…. longue et silencieuse. p. 1893. jamais observé ce grouillement affairé des ruelles.245-246]. 1893. que de place en place les ors fauves ou les argents clairs piqueraient de reflets éclatants‟ [Baraudon.Belakehal Ceci n‟est pas spécifique à Alger.173]. me parvenaient à nouveau des bruits palabres de vendeuses. d‟une rue à l‟autre.toujours on croit saisir au passage quelque bruit étouffé : rire moqueur…‟ [Rhoné cité par Depaule. ou encore Parfois. Tewfik el Hakim signale cette ambiance thermique régnant au Caire ancien „ Le soleil était déjà haut et la chaleur se faisait de plus en plus forte‟ [Cité par Depaule. descend la rue des parfums. éclairé de mille feux.246]. tombe la lumière en une infinité de petites raies blanches. p.20]. tintements de cuivre. panaché de mille nuances. Les descriptions du Caire attestent l‟existence de telles diverses ambiances : „la ruelle que nous choisissons est déserte. L‟Oriental aime les parfums…..245] . jamais senti sur mon visage ce souffle puissant comme le vent du large. en de hautes coupoles de stuc. entendant comme dans un vacarme lointain les cris des vendeurs qui me sollicitaient‟ [Maalouf. p. 1893. A. cris de bêtes. je n‟avais jamais mis les pieds dans une ville. sans date) Il n‟en est pas autrement dans les cités orientales du monde arabo-musulman. notamment celles qui mènent aux souks des fabricants de nattes.…. p. dans le silence. 1986. se mêler et former un immense voile. et aussi olfactive „De là.

Ces derniers font. 1998]. Ambiance Stimulus Conformation Activité Espace urbain légèrement résidentielle Couleur uniforme éclatante couvert Visuelle Couleur vive.106]. Pour le cas de l‟ambiance visuelle. de gestion et /ou économique. ii) lumineuse.A. Il est à noter que certains lieux de la médina sont caractérisés par leur humidité en raison de la présence de points d‟eaux aux formes diverses (fontaines. Vent Espace urbain et/ou commerciale Résidentielle Thermique Soleil (chaleur et fraîcheur) Espace urbain et/ou commerciale Silence (chuchotement…) Espace urbain Résidentielle Sonore Bruit (cris des vendeurs…) Espace urbain commerciale Parfums (d‟arbres) Espace urbain Résidentielle Olfactive Parfums (épices..K. il a été possible de dégager six catégories d‟ambiances présentes dans la médina: i) visuelle. richement Espace urbain amplement commerciale nuancée…) couvert Lumière naturelle Résidentielle Lumineuse (Alternance du sombre au Espace urbain et/ou clair) commerciale Résidentielle Aéraulique Air. 1983.. cuisson…) Espace urbain commerciale Tableau 1 : Tableau synthétique des ambiances de la Médina en respect des composantes du modèle de l‟ambiance (Source : Belakehal et Farhi. ERA 706. les encens ou les odeurs des épices.A. L‟examen des communications présentées dans les évènements scientifiques anciens ou récents montre que les ambiances ne sont pas citées en tant que telles [Dubai Municipality. état d‟absence dans les divers travaux de recherche d‟académiciens nationaux ou internationaux concernés par des tissus urbains comparables à ceux des médinas algériennes. Celle sonore contraste entre un état de silence presque absolu dans les quartiers résidentiels à celui de vacarme spécifique aux rues commerçantes. et vi) olfactive (Tableau 1). A. salsabils…). des repas divers. LES AMBIANCES DANS LES MEDINAS : UN ESSAI DE SYNTHESE Procédant aux recoupements entre les composantes du modèle de l‟ambiance (Figure 1) révélées par les textes précédemment présentés. Ce dernier peut varier pour le cas d‟une conformation à l‟autre de même qu‟en fonction de l‟activité prégnant dans l‟espace architectural. 1982 . 1986 ..A. [Maalouf. iii) aéraulique. généralement. 81 . Alors que la dernière est fortement associée à celle lumineuse. la dernière est très beaucoup plus influencée par les mouvements d‟air et l‟exposition aux vents frais. 13 et 14 mai 2008 gargotes qui.K.A. LE PATRIMOINE OUBLIE : La lecture des textes réglementaires algériens révèle la non prise en compte des aspects d‟ambiances [JORA n° 40. 2007 . A. proposent des repas à des prix modiques.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Pour le cas de l‟ambiance olfactive. Chacune des ces ambiances est suscitée à la base par un stimulus distinct. 1984]. de viande grillée et d‟épices. p. dans une persistante odeur d‟huile bouillante. v) sonore. L‟accent est mis plutôt sur les formes et parfois sur les activités du patrimoine d‟un point de vue historique. L‟ambiance thermique relève de l‟exposition ou non au soleil et à sa chaleur. le stimulus diffère selon qu‟on soit dans une quartier résidentiel où se propagent les odeurs de jasmin et autres arbres depuis l‟intérieur des maisons ou bien que l‟on traverse une des rues des souks où sont fortement ressenties les odeurs de produits de l‟homme tels que les essences de parfums. iv) thermique. la couleur uniforme et éclatante est le principal stimulus dans les rues résidentielles tandis que celle vive et richement nuancée est celle qui cause le plus d‟attraction dans les espaces urbains destinés aux commerces. 2008) L’AMBIANCE.

Ces projets ont englobé des opérations de conservation d‟anciennes bâtisses de même que l‟introduction de nouvelles constructions. C‟est aussi le cas de l‟ambiance sonore. recréeront l'ombre et le clair-obscur par rapport aux zones ou régnera systématiquement le jour. A Alger. elle sera encore cité de l'ombre: une ombre que non seulement des places encloses dans les quartiers. Sans doute la Médina restera-t-elle. A. ornemanistes brouillent la diffusion académique des genres et imaginent des formes qui du volume au plan et des structures à l'enjolivure organisent une série de rappels se renvoyant les uns aux autres‟ [Berque. fidèle aux motifs esthétiques que commande sa forme de sensibilité. mais le lacis curviligne des voies secondaires. les brises-soleil des façades. ii) restauration du quartier Dirb Qirmiz au Vieux Caire. D‟autre part. Des précautions sont donc à prendre et à associer à tout effort de sauvegarde consacré aux tissus urbains anciens qui demeure un acte de bravoure en soi. les habitants quittant ces lieux il serait des plus difficiles d‟y re-générer les autres. iii) rénovation du quartier de Hafsia à Tunis. sculpteurs. Le bruit intense se substitue au silence des rues résidentielles et défigure ainsi une des plus fortes caractéristiques immatérielles de la médina. et iv) réhabilitation que la ville d‟Assilah. DES AMBIANCES ‘PATRIMONIALES’ RETROUVEES Certains projets de sauvegarde de tissus urbains anciens. A ce sujet. 1989 . mais elle ne s'y bornera nullement. les cours intérieurs. Les exemples des Ksours du Sud de même que les travaux engagés dans la Casbah d‟Alger sont assez révélateurs à ce sujet. visuelle. sonore et olfactive. les pierres dont été revêtues les façades et pavées les rues du Vieux Mostar offrent une ambiance sonore rythmée par le bruit des pas et une autre tactile grâce à la rugosité des surfaces de façade. la partie sauvegardée de la partie basse de la Casbah. les maisons aux couleurs blanches et aux patios fleuris nouvellement construites dans le quartier Hafsia font re-générer ces ambiances..A. Une intervention affectant les activités. et depuis plus de vingt ans. diverses opérations de sauvegarde ont été opérées et où l‟ambiance visuelle est celle qui a eu le plus de succès (Figure 6). Egalement. démontrent la faisabilité d‟une revalorisation et d‟une revivification des ambiances de la médina et particulièrement de ses espaces urbains [Serageldin. par exemple. peintres. En effet. complexes et diverses mutations. Les visions doivent être progressistes même si l‟on est en face des profondes. engagés dans des pays proches de l‟Algérie. dont été réputé les anciens quartiers résidentiels. d'autres aménagements encore. 82 . Jacques Berque a dit „Cité du soleil. Plus important sera pour elle que ses urbanistes. Les activités se trouvant initialement sur les sites ont été revalorisées parfois même développées. A Assilah.Belakehal Ceci n‟est pas sans lien avec les ambiances mais les solutions souvent recommandées se limitent à un seul cas des ambiances. architectes. à la fois. Les enseignements à tirer de ces cas particuliers dépassent bel et bien l‟ambiance visuelle acquise au moyen de la restauration des bâtisses et des espaces extérieurs. En Algérie. comme elles peuvent porter sur les autres ambiances mais non sans altérations.A. p. Ces projets ont été primés dans le cadre du Prix de l‟Aga Khan pour l‟Architecture et sont : i) conservation de la vieille ville de Mostar. et ce en dépit des nouvelles fonctions qui y ont été introduites. informe sur cette sonore silencieuse. le bruit de l‟eau coulant de la fontaine d‟Abd al-Rahman Kathuda à Dirb Qirmiz de mais également les cris des vendeurs à Souk el-Hout au quartier de Hafsia à Tunis ne sont qu‟une modeste illustration d‟une re-création de l‟ambiance sonore „médinale‟ spécifique aux rues commerçantes. Dans les ksour. 1984.224]. l‟ambiance visuelle connut une évolution en rajoutant à la blancheur des façades les couleurs de tableaux à caractère artistique révolutionnaire aux yeux des médinois. l‟ambiance visuelle est seule retrouvée. en l‟occurrence celle visuelle. 1985]. entraîne souvent l‟inadéquation de certaines ambiances pour des lieux particuliers et une incohérence d‟ordre environnemental. Il est souvent le cas de s‟apercevoir que l‟harmonie visuelle jadis caractéristique des quartiers résidentiels est remplacée par une ambiance visuelle différente où les couleurs vives des produits de commerce sont trop dominantes. qu'autorise la technique actuelle.K. A.

13 et 14 mai 2008 Figure 4 : Vues de tissus urbains anciens ayant subi des opérations de sauvegarde : Casbah d‟Alger. en bas à gauche et la Casbah de Ouargla. en haut à gauche. toute action sur ce genre de tissu urbain devra porter l‟attention nécessaire afin qu‟il n‟a y ait pas d‟altérations profondes et significatives sur le caractère ambiant des espaces de ces tissus. sonore. Il s‟est avéré que les ambiances de la médina sont multiples et se manifestent distinctivement ou bien entremêlées selon la conformation et l‟activité. à droite (Source : Belakehal et Farhi. A cet effet. thermique. A cet effet. une réglementation portant sur les conformations. les activités de même que la caractérisation des environnements physiques (lumineux. Divers développements sont nécessaires et doivent être mis sur pied. 2008). Celui-ci émerge du souci de revivifier l‟esprit de cet héritage et non seulement revaloriser ses formes construites. CONCLUSION Cette recherche apporte un nouveau regard sur la question du patrimoine urbain et/ou architectural et sa sauvegarde. Le Ksar de Moghol (Bechar).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 83 . La notion d‟ambiance a été adoptée en vue d‟explorer ce qui fait l‟âme des médinas et des vieilles villes dans le monde arabo-musulman. Les opérations de sauvegarde qui ont remis en exergue certaines des ambiances „médinales‟ ne constituent à présent qu‟un préambule à des actions menées sous l‟angle des ambiances.…) relevant des ambiances médinales est plus qu‟incontournable.

A. Paris. (1984). Depaule J.A. (1998). « Algérie et Tunisie.A. Récits de Voyage et Etudes ». Sanaâ. Cas des milieux Arides à Climat Chaud et Sec ». nd Dubai Municipality (2007). (1986). Cantacuzino. Ed. « L'Islam au Temps du Monde ». Vol. « Environmental ergonomics: a review of principles. Amphoux P. CCI. Lassance G. « Présent et Avenir des Médinas (de Marrakech à Alep) ». N° 42-43. The expanding metropolis.K. Ed. (1988).A. G. (2007). J'ai lu. 84 .K. JORA (Journal Officiel de la république Algérienne) (1998). (1985). Opportunities and Challenges in the 21 Century ». Design Studies.A. et Gero J. Ed. Imprimerie Flon.161-186. Paris. Lattès. « Ambiances Architecturales et ème Urbaines ». C. Librairie Larousse. (1985). C. Rosenman M. C. 31. A.A. Ed. (1893). Ed. S. Paris. « Psychologie de l‟Environnement Social ». et Reed Hall M. Proceedings of Seminar 9 in the series Architectural transformations in the islamic world. “Al-Tajdid wal ta'sil fiimarat Al-mujtamat Al-Islamiya: Dirasa li tajribat Ja'izat Al- Aga Khan Lil'Imara (Innovation and authenticity in the architecture of Muslim societies: a study of the experience of the Aga Khan Award of Architecture)”.S Ed.B. 11 -15/ 11/ 84. April. « Petit Larousse en Couleurs ».A. Proceedings of Seminar 8 in the series Architectural transformations in the Islamic world. Plan Urbanisme.A.K. (Les Cahiers de la Recherche Architecturale) (1998). A. Broadbent G. Ed.. Thèse de Doctorat. In Intercultural Press Inc. “Design in Architecture. I et Vol.J (1984). Baraudon F. A. (1990).R.581-594. (1998). J. Case of Cairo. Maalouf A. « A Travers le Mur ». “Proceedings of the 2 International Conference and Exhibition on st Architectural Conservation. « Léon l‟Africain ». A.A. Serageldin I. Construction. Fischer G-N. Architecture and Human Sciences”.Belakehal BIBLIOGRAPHIE A. Alger. (2000). Tours. pp. Belakehal A. Institut de Géographie. Geneva. « Les Croisades Vues par les Arabes ». Thèse de Doctorat en Architecture. (1986). Yemen.A. « Analyse du Rôle des Références dans la Conception : Eléments pour une Dynamique des Représentations du Projet d‟Ambiance Lumineuse en Architecture ». Paris.K. Applied Ergonomics. Ed. Paris. ERA (1982). Cairo.. Dubai.A. Ed. C. pp. « La Notion d‟Ambiance. (1997).A. janvier. Berque.. Une Mutation de la Pensée Urbaine et de la Pratique Architecturale ». 25-30/05/83. T. (sous la direction de) (1998). Paris. Development and urban metamorphosis.A. Parsons K. Université de Nantes. Yarmouth. Building in the Islamic World Today. « Journal n°40”. methods and models”.K.K. Université de Biskra. Sindbad. 11-13/02/2007. David Fulton Publishers Ltd. 19. « Etude des Aspects Qualitatifs de l‟Eclairage Naturel dans les Espaces Architecturaux. Fascicule de recherche n° 10- 11. (1989). A. Hall E. “Purpose and function in design: from the soci-cultural to the techno-physical”.A. Maalouf A. Architecture in Continuity. Poitiers. N° 2. Larousse (1986). 3 trimestre. “Understanding Cultural Differences”. Architecture. Vol. A. Dunod. II. (1983). Ed.

ce morceau de ville recouvre les caractéristiques d’un patrimoine architectural et urbain particulièrement riche (éléments architecturaux et architectoniques. Un lieu de la mémoire urbaine. et soumis à des fonctions d’accueil et de logement d’une population majoritairement pauvre. se sont soldées par un résultat insatisfaisant sur la pérennité de ce tissu et n’ont fait qu’aggraver la situation. Etant donné la spécificité de cette entité urbaine. En effet. se situent à trois niveaux complémentaires : Comment requalifier et redynamiser cette entité urbaine spécifique (ou singulière) ? Comment promouvoir une forme urbaine et architecturale évolutive tout en étant respectueuse de l’héritage patrimonial ? Comment peut-on introduire une architecture contemporaine qui s’insère dans le tissu traditionnel et qui tient compte à la fois des qualités et des spécificités de la médina. La médina de Annaba : pour quelle nouvelle stratégie d’intervention ? M. son évolution et durabilité. voire "bazardisés". De même pour les acteurs. un art de bâtir Il apparaît nécessaire. urbain). les processus engagés jusque-là n’ont pas permis d’appréhender la réalité du quartier sous tous ses aspects. LA MEDINA DE ANNABA : ENTRE TRADITION ET MODERNITE La médina. exigence sociétale. et d’ailleurs anarchiques. économique. malgré les menaces et les risques de disparition certaine face aux facteurs de destruction qui agissent sur lui aujourd’hui : dysfonctionnement et déséquilibre (spatial. Ces mêmes opérations timides. mais aussi en tant qu’obstacle à la modernisation de la ville. à travers le cas de la médina de Annaba. Ce tissu historique témoigne de notre héritage urbain à travers le temps et se trouve comme les autres cités traditionnelles algériennes dans une situation critique . C. Doctorante "Urbanisme et architecture" Institut d’Urbanisme de Grenoble. Université Pierre Mendès France LA MEDINA DE ANNABA : "ENJEUX ET DIFFICULTES" La médina de Annaba est un espace marqué par l’histoire dans toutes ses dimensions. esthétique…). social. ce tissu ancien est souvent exclus des circuits modernes. les plus efficients et les plus vivaces. des expériences sensibles et des usages et pratiques actuelles? Autant de questions sur lesquelles nous essayerons d’orienter la réflexion en abordant quelques aspects découlant de l’observation du terrain choisi. et de savoir-faire architectural et urbanistique. qui sont généralement issus du secteur public. Et ce. Les opérations de conservation entreprises jusque là restent superficielles. économique. nous tenterons de comprendre les raisons de la situation critique dans laquelle se trouve les médinas algériennes afin de mieux approcher leurs devenirs. et ce. dans l’optique d’une évolution de la ville algérienne de chercher dans ses tissus traditionnels les particularités et les spécificités les plus originales. en dépit des atouts qu’il recèle dans sa forme et ses pratiques. Sitte puise dans l’histoire afin de . La politique de sauvegarde à Annaba est presque inexistante. elle est perçue par les hommes politiques de deux manières : comme lieu de richesse patrimoniale et historique à préserver. incohérentes et combien isolées. tissu diversifié et homogène). Ayant perdu sa vitalité économique. KABOUCHE Architecte HMONP. tout en essayant de les adapter aux besoins nouveaux (confort. Notre travail s’inscrit dans une démarche de réflexion gravitant autour de la problématique de l’espace ancien. Ainsi. Dans sa nouvelle démarche de penser la ville à la recherche d’une solution au chaos qualitatif esthétique des villes contemporaines. Le surpeuplement et la pauvreté des couches sociales qui y résident ont contribué à la dégradation de son cadre bâti et à la dévalorisation de son image sociale. démographique. d’héritage culturel. Les questions qui se posent. La définition des politiques patrimoniales demeure complexe et difficile et exige une étude plus approfondie pour apporter des changements positifs à ce tissu en particulier et à l’ensemble des médinas algériennes en général.

soit soumise à des opérations inadéquates qui ne font que la dévaloriser et accélérer le processus de dégradation. Malgré tous ces changements. De ce fait. Ce tissu présente une organisation spatiale spécifique. Malgré cela.  L’édification de bâtiments publics occupant la plupart du temps des îlots entiers : c’est le cas de l’hôtel de ville. Cette unité urbaine s’étend sur une superficie de 16 hectares. De ce fait. arabo-musulman et colonial. autrefois centre de vie très important. L’appropriation des lieux par l’armée garantit le contrôle de la médina. d’où partent six axes. Sa pente qui diminue progressivement vers l’ouest lui assure une ouverture vers la ville.4 . occupant respectivement les secteurs 1.3. repartis dans deux parties . en bordure de mer à l’Est du pays. et abrite 12405 habitants en 2001. Néanmoins. plus connu sous le nom du golf de Bône. Une restructuration de l’espace. dans l’Ouest du golf Khelij El Morjaine. basé sur un réseau viaire de type organique. la médina continue à assurer son rôle de "centre de vie" jusqu’à ce qu’elle soit dédoublée par une nouvelle ville européenne (nouveau centre urbain). plus connu sous l’appellation commune de "place d'armes". Ouverte sur le littoral méditerranéen sur 80 Km. ne pouvant pas s’inscrire dans les préoccupations des nouveaux planificateurs. la hiérarchisation du système viaire persiste au niveau du tissu urbain. Son accessibilité se fait essentiellement par la partie basse.  L’édification de grands équipements structurants qui ceinturent la ville. certaines opérations urbaines seront effectuées à l’intérieur du périmètre de la ville traditionnelle à la recherche d’une meilleure adaptation aux nouvelles exigences des occupants. la médina s’est imposée à la fois dans l’histoire et dans l’espace. Cette réflexion globale sur la ville donne à la démarche patrimoniale un caractère qui ne se limite pas à la préservation de la forme physique des quartiers anciens et qui travaille sur tous les paramètres (politique. est situé en plein centre ville. qui s’est soldée par la destruction d’une grande partie du bâti. Considérée comme un vieux quartier ne répondant pas aux nouvelles normes urbaines de confort et de salubrité. ceci leur permet de perdurer et d’évoluer dans la structure urbaine où ils se trouvent. elle profite d’une situation géostratégique qui lui offre la possibilité d’ouverture sur l’espace international. La vieille ville est implantée sur un glacis surplombant la mer. et lui confère une position de carrefour dans les échanges internationaux Le quartier de la vieille ville de Annaba. Les axes Est-Ouest/Sud-Nord essentiellement. Haute et basse.  Les percées. La vieille ville de Annaba : Entre modernisation et mutations urbaines forcées Après la prise de la ville par l’occupation française. La partie haute. le tissu a subit un remodelage. elle est soit évitée. dans le but de stopper son extension et de mieux la contrôler. on ne peut nier que certaines interventions se sont intégrées progressivement au visage et au fonctionnement de la ville jusqu’à ce que cette dernière en arrive parfois à former une nouvelle unité urbaine. La médina de Annaba avec ses cohérences et ses particularités. cet espace s’est substitué sur l’ancien lieu de regroupement des autochtones. ce qui lui donne un caractère défensif. Kabouche dévoiler les secrets et les principes de l’harmonie et de la beauté des villes anciennes. bénéficie d’un seul accès.2. Annaba est située à 600 Km de la capitale Alger. scindent ce cadre bâti en quatre zones distinctes. Présentation générale et identification de l’aire d’étude Quatrième ville d’Algérie. Cette destruction s’est produite de façon progressive :  La création ou l’élargissement de la place d’armes : conçue normalement pour permettre le rassemblement de l’armée. La sinuosité et la courbure des parcours hiérarchisés de la médina sont désormais remplacées dans certaines zones par des lignes droites. Dès le départ. matérialisé par un pont métallique Son cadre bâti historique est le résultat de la superposition de deux tissus. Quel est donc l’impact de l’occupation française sur les noyaux historiques algériens et plus particulièrement celui de Annaba ? 86 . le passé est toujours présent pour nourrir les labeurs du futur. économique et sociale) . elle s’étend sur un terrain plat et embrasse à peu prés une surface de 1412 Km2 soit 0.06% de la superficie du territoire national. Ce qui a engendré des transformations au niveau des façades et du système viaire. les alignements et les élargissements des rues : ces interventions s’avèrent les plus destructrices. mais surtout pour procéder à un meilleur contrôle des lieux. se trouve marginalisée et complètement désarticulée de l’ensemble de la ville. M. Cependant.

l’inadaptation aux exigences contemporaines et le vieillissement du cadre bâti rendent le tissu plus délicat et plus fragile. système de production. ces noyaux peuvent se distinguer soit par la morphologie de leur tissu. la ville moderne avec ses nouvelles formes urbaines souvent inspirées d’une civilisation extérieure ne présente aucune attache avec la civilisation arabo-musulmane dans sa cohérence et son unicité. D’autres facteurs sociaux 87 . la structure urbaine de la vieille ville de Annaba n’a pas vu beaucoup de changements au plan spatial (voirie. En effet. système d’échange. le manque d’entretien et l’image affichée de la vieille ville). Ce qui fait sa force et lui permet de s’imposer en tant que tissu historique. L’apport de l’occupation française est particulièrement important sur les tissus historiques algériens notamment celui de Annaba. Actuellement. de contacts. cette dernière fait apparaître un certain nombre d’éléments fonctionnels liés aux nouveaux modes de vie qui s’y développent. d’activités diverses et les nouveaux intérêts culturels. ces entités urbaines sont perçues différemment par les urbanistes et les usagers qui pratiquent l’espace de la médina. Ce dernier nécessite plus que jamais une reconsidération et donc une requalification en se basant sur une bonne articulation entre la conservation de cet héritage et son développement. Cette entité urbaine perd progressivement de son poids dans le système productif et économique global de la ville. Cette confrontation qui tend à freiner les fonctions traditionnelles devenues fragiles au fil du temps. Les manifestations les plus importantes se déroulaient dans son cadre . Ajouter à cela. La vieille ville de Annaba en est un cas pertinent. 13 et 14 mai 2008 L’apport colonial : multipolarité et dualités spécifiques  Un système de noyaux hétérogène : Une des caractéristiques communes plus au moins prononcées des médinas algériennes. Cette composition de noyaux différents mais complémentaires (à certains niveaux) peut faire preuve d’une homogénéité extraordinaire. LES DIFFICULTES A L’HEURE ACTUELLE : La médina : une forme urbaine en déclin. contours de masse. Le manque d’hygiène. Elle est perçue comme :  Une cité dégradée et marginalisée : Dans un contexte urbain complexe. inefficaces et inadéquates dans la plupart des cas. l’ancienne structure urbaine subsiste encore.…) au détriment des activités artisanales et des infrastructures touristiques et culturelles. Ainsi. celle de la mixité et la complémentarité. Son rôle devenu limité apparaît de moins en moins intégré à la vie urbaine. Situation à laquelle il faut ajouter la ré-affectation inadéquate et incompatible avec le tissu des équipements (ateliers de mécanique. Elle témoigne de la situation critique que vit l’ensemble du patrimoine urbain algérien. les pratiques des usagers qui ne font qu’aggraver la situation des centres historiques (menacés de disparition). Par ailleurs. Ainsi ses propres structures fonctionnelles se trouvent affaiblies et ne participent plus réellement à la dynamique urbaine de la ville.  Dualité culturelle : Il est évident que les médinas constituaient la première référence des traditions culturelles et religieuses. Un fait qui ne fait qu’ajouter à leur originalité une particularité spécifique. équipement industriel. mais également un modèle urbain qui a fait ses preuves et un élément d’équilibre nécessaire dans l’évolution de la société. Amalgamés ou séparés. Ce qui fait passer les centres anciens au 2ème plan et les marginalisent d’avantage.…). Cette situation n’est que la conséquence de politiques urbaines globales incohérentes.  Dualité fonctionnelle : La ville ancienne s’appuie sur un ensemble cohérent de fonctions urbaines traditionnelles qui servent de base à la vie économique et sociale du tissu. habitat. Malheureusement. est l’hétérogénéité des deux tissus (traditionnel et colonial). Par rapport à ce creuset de la tradition. elle est devenue polycentrique. avec ses modes de rencontres.…). Les médinas représentent au sein des villes algériennes un patrimoine culturel et une référence identitaire et civilisationnelle. soit par leur composition et leur emplacement. se manifeste essentiellement par des dualités à tous les niveaux (commerces. un dysfonctionnement affecte l’ensemble du tissu. notamment la vieille ville de Annaba. Ces dualités évoquées ont contribués à ré-imager (tant bien que mal) ces mêmes tissus et à leur attribuer de nouvelles fonctions. Le déclin des vieilles villes algériennes est un phénomène généralisé. les activités artisanales et artistiques originales s’y perpétuent.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Malgré toutes les transformations apportées à ce tissu urbain. la médina de Annaba tend à devenir une composante marginale de l’ensemble urbain. Ces mêmes fonctions s’adaptent difficilement aux nouvelles orientations de la société contemporaine. Certains équipements autrefois éléments structurants tels que les hammams et les hôtels ne sont plus fonctionnels (de part leur état vétuste.

Les opérations d’aménagement doivent être envisagées à long et moyen termes. De même. Ceci permettra de recréer une dynamique urbaine intérieure. Quelles sont les causes de cette situation critique ? LA MEDINA DE ANNABA : QUELLE PERSPECTIVE D’AVENIR La médina de Annaba n’est pas un espace ordinaire .  Une cité de passage et de refuge : L’une des caractéristiques du noyau historique de Annaba est la sur-densification des lieux. parfois non contrôlée provoque des dérives immobilières. entre fonctions urbaines concurrentes……). Kabouche viennent s’ajouter . dans les tissus anciens où des opérations importantes et complexes sont envisagées. De plus. Néanmoins. Une forme d’appropriation de l’espace qui n’est pas sans conséquence pour le devenir de ce tissu. L’évolution générale des mentalités. elle lui permet de perdurer.  A long terme : Cette opération se limite à réfléchir sur le rôle de la vieille dans la ville de Annaba.…  A moyen terme : Les opérations à moyen terme permettront au tissu historique d’avoir de nouvelles données qui serviront par la suite à une éventuelle évolution (dans un nouveau contexte urbain).  La continuité des processus de décision et la bonne hiérarchisation des modes d’intervention sur ces quartiers de valeur architecturale et historique. La difficulté réside encore dans l’articulation entre conservation sans muséification et évolution sans oublier l’histoire. Pour ce faire. M. De ce fait. il concentre des enjeux complexes voire contradictoires (entre intérêts publics et privés. entre échelles d’intervention différentes. l’analogie et le contraste sont des aspects importants et primordiaux pour une éventuelle intervention urbaine qui permet au tissu de perdurer et d’évoluer sans perdre ses qualités architecturales et urbaines.  La médina entre destruction socioculturelle et dévitalisation fonctionnelle : La structure sociale qui est à l’origine bien organisée et hiérarchisée. l’effritement des liens familiaux et l’atténuation du respect de certains habitants de la médina qui constitue le cadre privilégié et cohérent. Pour remédier à ces problèmes. envahissent l’espace traditionnel et le transforment selon leurs besoins. des séquences et continuités visuelles. foncières et sociales. il nous semble nécessaire d’insérer la médina dans une approche globale d’aménagement de la ville de Annaba. il est apparu clairement que l’intégration. voire même des risques de dégradation et d’abandon. Cette redéfinition d’un nouveau pôle (une nouvelle centralité) participe au développement de l’ensemble de la ville. par la réorganisation de la circulation. se trouve bouleversée par ces changements sociétaux. Ce nouveau rôle actif (qui doit être une donnée de base pour la sauvegarde) au sein de la structure de la ville peut se faire par l’implantation d’équipements importants dans la continuité de la fonction du centre ville. les politiques d’intervention et de sauvegarde entreprises jusqu’à aujourd’hui n’ont pas permis d’appréhender la réalité du quartier ancien dans sa globalité. La croissance démographique génère et généralise le processus de taudification. caractérisée par :  L’établissement d’un bon diagnostic permettant une identification et une analyse des enjeux. il est nécessaire de rechercher une meilleure cohérence entre les logiques de patrimoine et de marché. et les logiques sociales. à travers l’exemple étudié. Son évolution. Souvent à la recherche d’un loyer modéré ou dans l’espoir d’avoir un logement social. ces couches généralement à faible revenu. d’évoluer et de s’articuler à son environnement urbain.  L’encouragement des dispositifs partenariaux (public et / ou privé). ce qui a accentué la désarticulation et la désintégration. cette minorité tend à quitter ses habitations lors des changements des générations. il y a lieu de s’inscrire dans une démarche de projet. Une situation qui place ce patrimoine dans un niveau d’intégration urbaine intermédiaire en voie de marginalisation. Déroulement de l’action : Pour assurer un développement cohérent et harmonieux.  La spécialisation de la médina (en matière de commerces et services). Toutefois. participent à la dévalorisation du rôle du noyau historique dans la ville. la médina est désormais habitée par des couches défavorisées aux ressources très limitées. Elles se limiteront essentiellement à :  L’injection d’équipement de 1ére nécessité répondant aux normes d’une société contemporaine. il faut signaler la présence de certaines familles bourgeoises encore attachées aux valeurs traditionnelles et patrimoniales. par des points de rappel. sa structure économique a subi des transformations dans ses fonctions originelles. 88 . Cependant.

il faut sélectionner les activités qui seront profitables à l’héritage et qui permettront à la médina de se développer. Ces fonctions qui restent l’apanage de la médina sont secondées par deux autres complémentaires : Culturelle et résidentielle. il faut reléguer dans les quartiers périphériques. Le cadre bâti. Dans notre cas.  La circulation : Un des problèmes majeurs de la médina est celui des communications. A l’intérieur de la médina. telles que : le commerce de gros. Néanmoins.  Les fonctions principales : La force de la médina sera maintenue à travers le renforcement de ses fonctions : commerciale.…). ce qui signifie dévier les véhicules qui ne doivent pas obligatoirement emprunter des voies centrales de la médina. culturelle et cultuelles. cela suppose que soit menée une politique d’intervention qui respecte cet objectif. centre de santé. la trame viaire primitive ne convient pas à une circulation automobile de même que le système des rues coloniales n’est plus apte à recevoir une circulation trop dense. La seconde s’avère importante pour l’attractivité d’une nouvelle population qui participera au développement du secteur et des mentalités. seront créées des zones réservées exclusivement aux piétons en modifiant le 89 . Intervenir sur la médina de Annaba : Les fonctions de la médina : Parmi les fonctions recensées au niveau de la médina. Le trafic intense porte préjudice à la médina et contraste avec le cadre historique. il est bon de maintenir le commerce de luxe spécialisé (alimentation traditionnelle. la réorganisation de la circulation semble être indispensable. à savoir la fonction commerciale et la fonction cultuelle. Les interventions : Si l’on veut maintenir des activités centrales et une population dans la médina. doivent être organisées puis développées. d’où un centre à restructurer sur lui-même. les activités qui ne sont pas nécessaires (ni adéquat d’ailleurs à la fonction du tissu historique). sans grand intérêt architectural. … Mais une telle démarche ne peut se concevoir sans une étude approfondie sur la solidarité des établissements de la médina. Par ailleurs.…). son exagération peut faire tomber le tissu dans la muséification. meubles). commerces banaux. 13 et 14 mai 2008  L’amélioration des conditions de vie des habitants qui y résident. pâtisserie. Pour cela. tailleur. Le réseau des voies est désorganisé . Ces fonctions de base. L’évolution spatiale doit se faire par la réaffectation de nouvelles fonctions aux bâti existants et / ou par l’urbanisation des terrains susceptibles de recevoir le développement futur du centre historique (immeubles vétustes. nous retenons principalement deux. Ainsi.  Limiter le trafic de desserte et l’interdire dans les ruelles impraticables aux voitures.  Les fonctions secondaires : La fonction résidentielle ainsi qu’une nouvelle fonction touristique seront considérées comme secondaires. l’une des carences du centre historique est la contrainte du terrain. ce problème se résout par des mesures de restriction de la circulation :  Contrôler la circulation par des bornes rétractables ou des badges d’accès. confection.  Limiter le trafic de transit. Ainsi. restaurant.…). elle énumère seulement quelques branches d’activités qui rehaussent le prestige de la médina dans l’agglomération et la région. Dans ces conditions. pouvant donner lieu à un secteur de rénovation. café. clés de l’animation de la médina. surfaces non bâties et non affectées. La première est indispensable pour l’animation de la médina après la disparition des usagers.  L’évolution spatiale :Deux aspects susceptibles interviennent dans l’évolution du centre : Le caractère historique limite les diverses opérations et le manque de terrains et les barrières physiques limitent et bloquent l’évolution spatiale. tissus. De tous les services commerciaux recensés. Cette liste n’est pas exhaustive.…) et des services de qualité (hôtel. l’évolution spatiale contrôlée rendra au vieux centre son unité urbanistique en reconstituant le tissu et les alignements des rues qui prolongeront une animation existante. Les éléments de cette politique d’intervention semblent être : L’évolution spatiale . broderie.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. lycée. parfumerie. il doit être contrôlé ou réduit au maximum et les piétons seront favorisés. Ainsi. L’accessibilité . Son maintien suppose la restriction de la population et la considération de ses besoins en équipements (crèche. un artisanat régional (bijouterie.

Ces opérations touchent essentiellement les habitations étant donné que les besoins sont plus urgents dans ce domaine et que son amélioration constitue l’un de mes objectifs prioritaire. C’est pourquoi. profil de rue. Il est. grâce à la dynamique d’une civilisation urbaine très forte. il est important de les 90 . Celle-ci ne doit pas remplir la fonction d’aires de stationnement qui lui portera atteinte.  Le cadre bâti : Une analyse urbaine et architecturale détaillée de chaque îlot. Elles ont malgré tout survécu et elles sont arrivées jusqu’à nous. les médinas algériennes (notamment la médina de Annaba) se sur-densifient et se marginalisent de plus en plus. tourné vers une modernisation. obligatoire de recourir au regroupement de plusieurs logements. Plusieurs actions doivent être adaptées pour réaliser l’objectif retenu :  La première consiste en une réhabilitation des logements. …). Kabouche revêtement de la chaussée et en adoptant un aménagement urbain approprié. la médina a surtout besoin de solutions "d’améliorations progressives" des conditions de vie des habitants.  Interdire le stationnement le long des trottoirs. Dans un contexte contemporain. ambulances et pompiers.  La troisième consiste en une reconstruction des logements et des équipements sur les terrains libres. dans ce cas. l’usage des véhicules automobiles doit être adapté aux exigences du milieu. Devenues très vulnérables pour résister aux poussées du modernisme.  Admettre les véhicules de livraison à des heures réglementées. M. elles ne peuvent que tendre à disparaître pour laisser place aux modèles urbains de type occidental. au détriment des commodités qu’il offre. maison. donc à une restructuration de la maison. Il semble nécessaire d’avoir recours dans ce même périmètre à plusieurs modalités d’intervention. c’est-à-dire une démolition des logements vétustes et leur remplacement par des nouveaux. mais toujours adaptées plus au moins aux données constantes des conditions de la vie urbaine.  Interdire à des catégories de véhicules (poids lourd. Diverses mesures doivent être entreprises pour redonner au centre ville un fonctionnement harmonieux. les villes ont traversé des périodes de fluctuation et de transformation qui ont laissé leurs empreintes parfois brutales.  La reconstruction (des terrains libres). mais. est d’une extrême importance. un grand nombre de logements ne disposent pas de la place nécessaire pour créer l’espace qui y fait défaut (SDB. il faut aménager des parkings à la périphérie et en dehors de la médina.  Les habitations : L’effort consenti dans ce domaine apporterait une meilleure qualité de vie aux habitants de la médina. Ces deux dernières réponses tiendront compte du caractère des formes urbaines. EN GUISE DE CONCLUSION : De tout les temps. Cette opération ne se limite pas uniquement à une mise aux normes d’habitabilité. dans l’immédiat. Elle permet de comprendre les particularités structurelles et de déterminer les règles de la mise en valeur du cadre bâti. L’enquête relève un fort pourcentage de logements de petite taille et inconfortables. Mais les rues piétonnes doivent laisser libre passage aux véhicules de secours. Cette action ne désorganise pas la médina et préserve le parc ancien mais elle doit être accompagnée par d’autres possibilités qui seront envisagées sur les logements les plus vétustes. l’entrée au vieux centre. A cet effet.  La réhabilitation (des maisons et des boutiques). telles que :  La restauration (de quelques maisons et édifices rares). Donc. On peut alors adopter le principe d’une opération complexe qui réunit un éventail des diverses techniques de la sauvegarde. Mais. chambre au norme.  La deuxième consiste en une rénovation.  La rénovation (des maisons dont l’état technique ne nécessite pas une conservation).…). Ces superpositions dans le cadre urbain n’ont relativement pas provoqué de graves conflits tels qu’ils apparaissent aujourd’hui. dans de telles circonstances.

doivent constituer un objectif primordial dans toute politique d’aménagement pour les villes algériennes possédant encore un centre historique significatif. Notre proposition tente. « Villes réelles. BIBLIOGRAPHIE : 1. conserver une certaine cohérence de la médina.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Villes maghrébines en fabrication ». rendre à la cité son rayonnement et sa force attractive au sein de l’ensemble urbain. de la culture et du modèle urbain qu’ils représentent. Projet n° 32-33. Il nous semble possible de conserver l’héritage urbain tout en l’adaptant aux nouvelles exigences d’une société contemporaine. DEA "villes et sociétés". CENTRE D’INFORMATION. 1998. Quartiers anciens : approches nouvelles.. enfin pour leur apport au niveau du patrimoine. ISBN 2-7068-1932-4. le sauvegarder et lui permettre d’évoluer. OUZERDINE A. « Les politiques d’approche et d’intervention sur les centres historiques algériens ». de dégager une nouvelle stratégie d’intervention pour mieux approcher ce tissu urbain. Maisonneuve & Larose. d’une manière souple et évolutive. 91 . DE DOCUMENTATION ET D’EXPOSITION D’URBANISME E D’ARCHITECTURE DE LA VILLE DE PARIS. à travers la médina de Annaba. Cependant. 2. (2003). villes projetées. 3.. (2006). Les aménagements de sauvegarde entrepris jusqu’à ce jour semblent avoir des conséquences fâcheuses sur la pérennité de ces cités traditionnelles . d’autre part pour le creuset de la civilisation urbaine qu’ils constituent. parfois trop mutilants et générateurs de désorganisation et de dysfonctionnement urbain. adapter. les nouveaux besoins urbains et sociaux. modéliser ce système urbain. peut apporter une contribution modeste au travail de réflexion sur la problématique de l’espace ancien. BOUMAZA N et coll. PP301-317. Cette composition évolutive proposée de la forme architecturale et urbaine. 13 et 14 mai 2008 sauvegarder d’une part pour le potentiel urbain que dégagent ces quartiers anciens.

des infrastructures sanitaires et d’autres. espace d’articulation entre la vieille-ville et la ville coloniale du Koudiat .. de qualité des services de l’accueil. tant le concept de patrimoine est large. ZEHIOUA HECHAM Département d’Architecture et d’Urbanisme Faculté des sciences de la terre. la grande poste. le boulevard de l’abîme et le pont sidi rached La Brèche. d’ailleurs sujet à plusieurs investigations universitaires mais de l’aborder sous l’angle d’un patrimoine à valoriser. battue par les vents du nord et en été. contrairement au schéma du projet colonial. Les acteurs et collectivités territoriales doivent jouer un rôle considérable dans la gestion de cet actif immatériel qu’est l’image d’un pays. Si le rocher est renommé par les gorges du rhummel et la vieille ville. [1] Il existe différentes définitions du patrimoine. capitale régionale de l’est algérien possède ses potentiels touristiques. par les montagnes du Chettaba. Réaménagement de la place la Brèche de Constantine: espace de centralité. voire sa réputation en termes de sécurité. espace de suture : un choix entre le passé et le futur B. en raison de sa situation stratégique et historique. attache de la valeur. que par les monts lointains d’El Kantour. Il a à maintes reprises changées de forme. En dépit d’un siècle et demi de structuration et de restructuration.Constantine. Notre intervention n’est pas d’analyser cet espace. de la géographie et de l’aménagement du territoire. là même où l’espace de la Brèche allait se construire. l’hôtel de ville. La valorisation. au-delà de la vallée du Hamma et vers Sétif. Les sites. LA MISE EN TOURISME ET LA VALORISATION Le dictionnaire “Le petit Larousse illustré 2002” définit la valorisation telle “une action de donner une plus grande valeur à quelque chose”. mais profite aux habitants de la zone concernée et aux professionnels du tourisme et aux touristes. nimbées au crépuscule du rayonnement. fut rapidement désertée : formant un cul de sac. en plus d’être un carrefour de circulation et de rencontre est doté d’une vaste esplanade en contrebas du boulevard de l’Abîme. d’où le regard pouvait embrasser une perspective qui n’était limitée vers Philippeville. est le lieu administratif où se lit le prestige régional et départemental de la ville et où se trouvent le palais de justice. Cet espace. le projet de la brèche ne semble pas arrêté et fixé par une image stable. ou mieux “une hausse de la valeur marchande d’un produit ou d’un service par une mesure légale ou une action volontaire” (sens économique). Cependant elle était dans le temps un lieu de convivialité où des familles venaient le soir se détendre en consommant et admirant le panorama offert à leurs yeux.Gadrey : ”Le patrimoine d’une collectivité est un ensemble “d’objets et de produits” auxquels cette collectivité. le siège de la wilaya en vue. Nous retenons ici celle énoncée par J. ne peuvent devenir touristiques que s’ils sont d’abord mis en tourisme et valorisés. depuis le 13 octobre 1837 où les militaires français franchirent les ouvrages de défense de la médina. elle n’appartient à personne en particulier. la banque extérieure. INTRODUCTION La ville de Constantine. les autorités locales se posent comme question : comment lui redonner son prestige d’antan ? Comment faire revenir familles et touristes ? Comment lui rendre sa fréquentation ? La revalorisation de ce secteur par un embellissement et un réaménagement va lui redonner son image de marque et sa notoriété. considéré comme un magnifique balcon ouvert sur le couchant. des squares et à 100 m de part et d’autre. cette partie de l’esplanade. la place de la Brèche est emblématique de part sa richesse historique et sa situation stratégique. le crédit foncier. parce qu’il s’agit de réalités qui . le marché. des cafés au coin de chaque rue. Aujourd’hui délaissée. et de sa considération comme l’espace regroupant toutes les centralités. le théâtre régional. Bien que l’image patrimoniale occupe une place prépondérante dans le tourisme. 1. de couchers de soleil. aujourd’hui. aucune ombre sur la dalle de béton qui recouvrait le marché. centre du centre urbain constantinois. la plus vaste. elle n’était qu’un lieu de passage. 2. Université Mentouri . à partir desquelles se développe la commercialisation d’une destination. la mise en tourisme et la patrimonialisation suscitent des interactions importantes. tant naturels que bâtis. Cependant.

[3] Il existe un autre concept. création d'institutions spécifiques et définition d'outils opérationnels (secteurs sauvegardés. des motivations tacites ou avouées. tant naturels que bâtis. valoriser). attribution de nouvelles valeurs. 3. créant un cadre historique de référence qui a orienté et légitimé par la suite le nouveau processus. 3) la qualification historique du « lieu » et de l’ancrage de cette historicité dans la matérialité du lieu . Le rôle du patrimoine dans la requalification des espaces urbains soulève ainsi les interrogations du « quoi conserver ? » (un morceau dans la ville. locaux et internationaux. Les sites. par exemple une nation". En tant que construit social. par héritage. puis de sa valorisation ou de sa médiation. économiques et sociaux. 2) la qualification morphologique du « tissu » urbain . inventaire. L'approche historique nous semble être une démarche préalable qui doit permettre :  La mise en évidence d'anciennes pratiques de sauvegarde antérieures à la démarche contemporaine de patrimonialisation qui se veut "scientifique" et "rationnelle". Par extension. La mise en tourisme se fait au fur et à mesure et s’accentue par la mise en valeur des produits touristiques. la connaissance des potentiels et des usages du patrimoine à l’égard de la requalification des espaces urbains commande. il semble que ces deux notions sont voisines et peuvent se confondre. au premier stade du développement du tourisme. un ensemble urbain ou la ville entière) et du « comment conserver ? » (Restaurer. l’exploration des approches et les théories qui ont « fait du patrimoine » dans la ville fonde.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. En amont de la caractérisation du patrimoine elle-même. Sur le plan théorique. le terme patrimoine désigne “les biens matériels qu’un individu tient. tantôt de sa contamination patrimoniale. ensuite bien menée par les différents acteurs. des sites et des monuments sont répertoriés par des services pour arriver à leur exploitation à des fins touristiques. Sa genèse de l'antiquité jusqu'à nos jours est aujourd'hui assez bien connue. institutionnalisées ou non qui sous-tendent ce processus. 13 et 14 mai 2008 témoignent de l’identité de cette collectivité en établissant un lien temporel entre le passé de cette collectivité et son présent (témoignage du passé).  la compréhension des tribulations que connaît la notion du patrimoine et les avatars de son application au cours des phases successives de sa constitution en bien commun. la notion du patrimoine est intrinsèquement liée au contexte socio-historique et politique où elle émerge et évolue. aujourd’hui. En général. définition de critères de sélection. Car c'est cet ensemble de pratiques. édictions de normes de sauvegarde. Cette mise en valeur est un long processus et doit être à priori bien comprise. au tout premier plan. qui ont permis d'attribuer un certain nombre de valeurs (esthétiques. classement. Si l’intégration de la conservation et de la valorisation du patrimoine aux principales planifications et interventions d’urbanisme et d’aménagement du territoire fait aujourd’hui consensus. périmètres de sauvegarde). Pourtant elles sont différentes et doivent être considérées séparément. cet héritage peut être commun aux membres d’un groupe social. A chacune de ces phases il faudra s’interroger sur les discours et les enjeux politiques et culturels. la requalification des espaces urbains par le patrimoine procède tantôt de la patrimonialisation de la ville (comme un tout). Cette genèse est précisément à construire dans la majorité des pays du Sud. une réflexion sur les rapports entre la notion « d’espace urbain » et celle de « patrimoine ». elle se déroule selon les étapes suivantes : contemplation. LE PROCESSUS DE PATRIMONIALISATION Le processus de patrimonialisation dans les pays du nord est le fruit du long cheminement parcouru par la notion du patrimoine. sacrés ou/et historiques) à des objets spécifiques. naturels ou culturels. Les 93 . on constate que ces rapports peuvent être le fait de : 1) la relation entre un « monument » et la « ville » qui l’environne . qui est celui de « mise en tourisme » [4].” [2] En général. ne peuvent devenir touristiques que s’ils sont d’abord mis en tourisme et valorisés après. Au premier abord. en dehors de celui de la valorisation. en d’autres mots. appréciation. bâtis ou non bâtis. Il est à souligner que les résultats dépendent beaucoup des points de vue des acteurs et des investisseurs. de ses ascendants et qu’il transmet à ses descendants. le redéploiement des réflexions sur la requalification et la revitalisation des espaces urbains. et/ou entre son présent et ce qu’elle imagine de son avenir (témoignage projeté).

à valoriser et à transmettre aux générations futures. L’espace de la Brèche prend forme dans la « brèche » effectuée par les Français dans les remparts afin de conquérir la médina. A partir de la caserne. permettant l’éclaircissement des décisions prises pour que tel ou tel espace ait cet aspect là. les principes de la caractérisation et les exemples de la valorisation du patrimoine en milieu urbain (monuments ou ensembles). A l’extérieur des remparts. on vise à discuter des modalités. Enfin. ayant ainsi « saisi » la notion de patrimoine. que l’histoire de sa construction est importante à connaître. [5] Cela permettra d’explorer. En effet. l’évolution du rapport entre la notion de « monument » et l’intervention urbanistique (« la ville comme monument »). la définition de son contenu. ensuite. A l’origine Le passage du règne du Bey à celui de la colonisation française a bouleversé les structures ancestrales de la ville. les critères de sélection des objets à sauvegarder et les moyens mis en œuvre. on explorera les approches théoriques et les résultats de « l’historicité » de l’espace urbain ou du cadre bâti. des enjeux et des méthodes de la consécration et de l’utilisation du patrimoine dans le contexte élargi de l’aménagement urbain. selon que l’on aborde le problème par le biais de l’objet patrimonial ou par le biais du rapport de la ville au passé. en avant.1. Réaménager un espace historique revient à le considérer comme un patrimoine indispensable à sauvegarder. un isthme large de 150 mètres et long de 200 mètres. Plan d’ensemble de la médina (1837) 94 . C’est au niveau de cette dernière que sera ouverte une brèche que l’on peut situer au milieu de l’hôtel des postes. on y présentera. B. Puis. est protégée par un mur d’enceinte qui part de Bab El Djabia. la muraille fait une avancée. bute contre un promontoire nommé Coudiat Aty. que ce soit dans l’intervention sur l’objet patrimonial lui-même (« conservation / restauration ») dans l’évaluation et la fabrication patrimoniale dans l’intervention en milieu urbain (« l’utilisation de l’histoire dans l’urbain »). des cas variés de « mises en relation » de la ville et du passé par le biais de constructions patrimoniales et d’opérations de requalification diverses. se poursuit sur quelques mètres avant de se terminer dans l’angle de Bab El Oued. HISTOIRE URBAINE DE LA BRECHE C’est parce que l’endroit forge l’image dans l’esprit des gens. puis après un décrochement vers la gauche. 4. 4. changent au gré des idéologies Au départ de cette connaissance et de la compréhension des motifs de la patrimonialisation de l’espace urbain. Zehioua Hecham différentes acceptions attribuées. Constantine. À cette fin. Cette Brèche par où les troupes sont passées à travers le mur d’enceinte de la médina connut une histoire urbaine. On vise à cerner ce qu’est le « patrimoine urbain » et quels son les buts et les enjeux de sa consécration et de sa conservation. d’abord. de la partie très à pic du Rhummel et monte vers la caserne des janissaires qu’il longe. ville forteresse.

dont l’architecture est européenne. pendant que Giraud et Boulanger. place Nemours et plus tard place de la révolution. Un témoignage d’Alexandre Dumas (père) venu admirer la « ville phénomène » accompagné de son fils et de deux peintres (Giraud et Boulanger) ne pouvait s’en lasser de scruter cette brèche si importante à ses yeux. Placé entre la rupture et la soumission. puis de leur retour progressif à des types plus courants. elle restera dans la mémoire populaire la Brèche.3. gorges et pont d’El Kantara. dans la distance entre des termes qui s’opposent ou dans la réduction progressive de leur écart. 13 et 14 mai 2008 4. D’ailleurs. elle organise toutes les relations avec les autres parties (Coudiat Aty. Pendant la colonisation Photos 1. Jusqu’en 1914. Ce lieu n’aurait pas existé dans sa forme urbaine d’aujourd’hui si l’on avait pris la décision de conserver la ville « arabe ».Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. dont l’architecture est néo-mauresque.2. Belle Vue. Bardo…). la Brèche avait bel aspect. C’est la porte devenue pôle de croissance dans l’urbanisation de Constantine. Les Français ont détruit les remparts pour orienter le tracé de la ville coloniale à partir de ses ponts : Bab El Kantara et Bab El Oued. On expropriait pour construire le marché et les édifices importants. Toutes les rues adjacentes existaient. er La Brèche ou place du 1 novembre et des martyrs. L’histoire urbaine de la Brèche est intimement liée à celle du Rocher d’une part et d’autre part à celle du dérasement du Coudiat Aty. Si nous nous intéressons à cet espace c’est parce qu’il était la seule communication naturelle du Rocher avec ses alentours. lorsque le théâtre fut terminé. C’est ainsi que l’espace de la Brèche devint pôle de croissance pour accueillir les éléments d’une nouvelle centralité. la Brèche a subi plusieurs modifications. moi je courrais. Mais c’est l’espace de la Brèche. et de construire une cité moderne sur le plateau du Mansourah.2. représente l’entrée principale du Rocher. il fut confirmé que le Coudiat Aty accueillerait la ville française [6] . C’est dans ces deux directions qu’ils créèrent les faubourgs. les Européens ont trouvé deux voies pour sortir de la médina : l’isthme qui reliait la ville au Coudiat Aty et le pont d’El Kantara la reliant à El Mansourah. s’élançaient dans les rues de Constantine à la recherche du pittoresque. « Le lendemain. Bab El Oued qui fut opté pour devenir l’articulation non seulement entre la médina et la ville française mais aussi pour porter la nouvelle centralité. Aucun nom ne peut lui convenir parce qu’aucun nom mieux que celui-là n’est évocateur de son passé. à l’exception de 95 . p : 285 [8] En arrière.[7] En 1845. En 1883. Lors du voyage de l’empereur à Constantine. de bon matin. A leur arrivée. sa seule liaison naturelle. Cette tension est l’épaisseur où s’affirme l’espace de la Brèche en tant qu’espace urbain d’une forte centralité dans la ville. Cirta sur un rocher perchée L’histoire urbaine de l’espace de la Brèche est ainsi en grande partie celle d’un essai novateur sur une forme de centre-ville et des types bâtis sous l’occupation française. sur l’ancienne brèche à la recherche de l’histoire ». une photographie montre qu’à cette époque. : vieille ville. entre l’exception et la norme. cet espace était bordé de maisons arabes entre lesquelles s’ouvrait une seule rue : la rue Caraman. ainsi que les grands immeubles qui l’entourent. la place n’occupait qu’un espace restreint. on a beau lui imposer pour parrain Duc De Nemours. « …même si son emploi quotidien allège la tragique affective de cette dénomination ». Elle doit l’essence de son existence à la permanence du fait urbain sur le Rocher. l’espace de la Brèche apparaît comme un lieu privilégié où l’histoire de l’organisation des tissus se fait de manière contradictoire.

Photo 5 : place de la Brèche avec le boulevard de l’abîme 96 . et ce n’est que lorsque le soleil baisse sur l’horizon que la vie reprend dans la ville. la circulation des voitures. dans l’angle du nouveau jardin. mais le mouvement continue encore. accompagnent des dames françaises qui vont chercher leurs provisions au marché de la brèche. La salle Laune fut détruite et remplacée par le nouveau palais de la justice dessiné par les architectes Dumoulin et Lachapelle. au bas du boulevard Joly de Brésillon. étaient inaugurés. le calme se rétablit : c’est l’heure du repas des Arabes. où s’étalent en abondance ce qu’à Paris on aurait appelé des primeurs. c’était l’affluence . Il fut terminé après l’armistice. En 1908. vont se promener ou s’assoient dans le jardin public qui a reçu le nom trop moderne de Square. La place était le rendez-vous quotidien des citadins. L’arrivée du train amène aux deux hôtels de Paris et d’Orient des omnibus chargés de voyageurs et de bagages . on y construisait le local de l’université populaire. les kabyles reviennent des champs et s’asseyent par terre en cercle dans un endroit où ils trouvent de l’ombre pour faire la sieste. De cinq heures à huit heures. ceux qui n’ont rien à faire. Zehioua Hecham l’hôtel des Postes et du palais de justice. En 1903. Les officiers redescendent du Mansourah . Pour régulariser ce désordre. En 1922. fut démolie. Cette surélévation de la chaussée appelée « le fromage » fut appréciée des promeneurs qui pouvaient désormais aller et venir en toute sécurité et jouir du spectacle de la vie constantinoise. l’hôtel de la poste y prit place. la partie du mur d’enceinte qui subsistait depuis 1881 entre le square Valée et la place (emplacement de la poste) et en contrebas de laquelle se tenait le marché arabe. à faire de ce quartier central un lieu agréable et animé que nous dépeint une visiteuse : « … les colons européens s’installent…devant les cafés. un terre plein entouré d’une voie de circulation était aménagé en 1922. des camions apportent des marchandises et des colis aux entrepôts. un jardin fut aménagé autour de la statue d’une nymphe représentant « l’océan ». B. Le kiosque à musique de la place Valée fut transféré en 1915 au square de la république. A ce moment. un monument dédié aux morts de la guerre fut inauguré. le nouvel hôtel des postes et l’immeuble du Crédit Foncier édifiés à l’emplacement du marché à légumes. on venait faire « son tour de brèche ». les ailes ouvertes. les halles. à sa place. Vers 10 heures du matin. En 1914. C’était une haute colonne de marbre surmontée d’un bronze représentant un coq triomphant. la salle Laune. les promeneurs contribuaient déjà en 1880. après avoir mangé un morceau de pain frotté d’oignon. tout mouvement a cessé : Arabes et Européens sont enfermés chez eux. un kiosque à musique était érigé sur la place Valée et en 1906. Enfin. sorte de sac en paille tressée. à une heure. Les cafés. le magasin à orge fut démoli. se faisant servir des verres d’absinthe et des enfants kabyles munis de couffins. La circulation des voitures se faisait en tous sens à travers la place Nemours. »[9] Photo 4 : place Nemours (Brèche) Au début du siècle.

Le téléphone automatique commença à fonctionner en février 1935. devant la banque d’Algérie. En 1933. sont l’avenue des squares et les deux places : la place du premier novembre et la place des martyrs. Vers l’hôtel des postes au contraire. 1932 . Cependant. En 1950. En 1950. L’image de la Brèche s’est incrustée dans le mental des habitants et des visiteurs. l’avenue Pierre Lagre. Cet immeuble abrite également le conservatoire de musique. elle était abritée et le mouvement des piétons entre la rue Caraman et l’avenue Lamoricière était incessant. Toujours en 1933. ex : Lamoricière. les années 50 D’autres travaux ont étés réalisés. elle prit le nom de l’avenue Pierre Lagre pour s’appeler depuis l’indépendance : avenue Mostefa Benboulaid. Quand l’esplanade fut terminée. l’université populaire fut construite derrière l’hôtel des postes. la banque d’Algérie sur le boulevard Joly de Brésillon fut terminée. C’est la terrasse à l’échelle urbaine de la ville. La vaste esplanade est entourée de colonnes supportant des lampadaires. Ensuite. à l’occasion des travaux de la grande esplanade de la Brèche. après plus d’un siècle de transformation. un pont fut construit au dessus de l’esplanade pour franchir la falaise. Photo 6 : place Lamoricière phot 7 : Lamoricière et squares. Le marché est transféré sous l’esplanade. elle connaissait une affluence de promeneurs attirés par la fraîcheur qui y régnait et par les nombreux marchands de glace installés à sa périphérie. 13 et 14 mai 2008 Plan de la Brèche 1900 En 1926. mais les soirs d’été. l’avenue Lamoricière fut élargie de 12 à 18 m et bordée de paulownias. Les travaux d’élargissement du boulevard Joly de Brésillon dans sa partie supérieure furent commencés en 1939. cette partie de l’esplanade. photo 8 : la Brèche. Elle restera fixe jusqu’aux années 70. aucune n’ombre sur la dalle de béton qui recouvrait le marché. en été.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Camille El baz en parle avec nostalgie : 97 . Un escalier montait vers le boulevard Joly de Brésillon. Les Constantinois la délaissèrent et regrettèrent l’ancienne place. L’esplanade était toujours aussi peu appréciée . Ses éléments structurants au niveau global. Devant l’hôtel de ville. l’espace de la Brèche avait pris son aspect que l’on croyait définitif. elle n’était qu’un lieu de passage. prolongée sur 18mètres de largeur. elle occupait tout le jardin situé en face du palais de justice et s’étendait jusqu’à la place Nemours. fut rapidement désertée : formant un cul de sac. battue par les vents du nord . la partie située sur la terre ferme était plantée d’arbres . était ouverte à la circulation dans les deux sens et rejoignait l’éventail des rues au nord de la place. la poste fut agrandie par la construction d’une importante annexe destinée à abriter le central téléphonique. la plus vaste. .

.au dessus du marché s’étendait la Grand-Place. agréable. C'était toujours la même déambulation. le développement de l’automobile. Avec l’avènement du progrès technique. les transports en commun constituent un réseau qui assure à l’espace de la Brèche un pouvoir de centralité locale. se regardaient. tout le monde connaissait tout le monde. L’esplanade envahie par les usagers à la recherche d’une fraicheur et des consommations. et qui peut aussi lui conférer une valeur de repère symbolique pour toute l’agglomération. privilégié de par la convergence des itinéraires empruntés par toutes les catégories d’usagers fut chaotique. cet espace a failli à son rôle. La circulation.. B.[11] 4. Un paséo très méditerranéen. [10] Appuyé par le témoignage de Benjamin Stora : « A l'approche de l'été. elle dira tristement: "ici. pas de tête connue » . était très fréquentée. Par petits groupes. Et quand ma mère. Il a servi au cours des années. d’autant plus fort que les dessertes sont nombreuses et variées. les promeneurs se parlaient. spacieuse et aérée. à un moment. à son destin de place publique. mais dès la tombée du jour. il commençait à faire un peu frais. Tahar Ouettar en témoignait : « Voici la Brèche. la Brèche est restée telle quelle au départ des Français de la ville. surtout pour les provinciaux. se saluaient. Zehioua Hecham …Que donnerai-je pour circuler une fois de plus dans tes rues plus ou moins larges. ira dans la rue. la ville du « savoir ». et très vite les gens sortaient..Dans cette complicité à la fois communautaire et citadine.. une chaleur terrible s'abattait dans la journée. être à la Brèche. De l’indépendance à nos jours Depuis l’indépendance et jusqu’aux années 70. Quelle cohue ! un monde fou qui ne tient pas en place…. Pour les visiteurs. qui n’était autre que cette fameuse brèche historique. ils flânaient du lycée d'Aumale vers la place de la brèche en empruntant la rue Caraman. Pour ne pas être matériellement visibles dans leur ensemble.. à toutes sortes de manifestations populaires.. Je vais prendre une glace…. Du point de vue de l’usager.3. en étant libres de circuler dans tout le territoire algérien débarrassé de tout joug colonial. l’espace de la Brèche est un lieu public par définition.. avec ses parasols aux teintes éclatantes. c’est s’imprégner de l’atmosphère de la ville des « sciences ». Partout des kiosques à glace qui vous font signe… » p : 35 [12] Photo 9 : les souterrains Photo 10 : l’entrée de l’esplanade Photo 11 :la Brèche en hiver 98 . venus goûter au plaisir de la ville.. beaucoup plus tard dans l'exil . par laquelle les troupes françaises te prirent d’assaut et que l’on colmata par la suite pour lui donner le jour. ses bancs multicolores et ses tables aux formes variées. pour gravir une fois de plus tes escaliers abrupts…pour traverser ta place centrale.

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Plan de la brèche (les années 70)

Afin de régler le conflit d’appropriation, deux souterrains ont étés réalisés pour les piétons afin de
séparer les deux flux. Le premier souterrain, en 1977 au niveau de la place des martyrs, a été agrandi,
er
et le second a été ouvert au niveau de la place du 1 novembre en 1984.
Cette réalisation a fait surgir plusieurs bouches afin de permettre l’accès aux différentes voies,
équipements et quartiers.
Cette portion du parc public « square Panis » (côté ouest par rapport à l’avenue centrale) a permis la
construction d’une station pour bus urbain (station Boumezou du centre ville desservant les différentes
banlieues de la ville et actuellement fermée pour cause d’implantation d’hôtels urbains). D’un espace
approprié par un édifice architecturé et ouvert au public (emplacement de l’ancien casino Numez
détruit en 1976), il a été décapité de ses arbres, et son assiette fut aménagée en espace de
regroupement matérialisé par des baraques faisant office de « café maure ».
L’espace de la Brèche, espace public, sollicité comme lieu de visibilité, d’accessibilité et d’imagibilité,
est aussi investi en tant que paysage urbain où l’activité architecturale privilégie l’esthétique visuelle.
Sa compréhension, les perceptions que le citadin ou le visiteur a de la ville s’organisent à partir de sa
propre perception en raison de la disposition centripète des banlieues, faubourgs, quartiers et villes
satellites avoisinantes et de leurs réseaux de circulation.

4.4. La Brèche au futur : projets et changement d’image
Nous interrogeons l’identité d’une ville dans la mesure où elle forge l’image qu’elle renvoie à
l’extérieur. Si l’image d’une ville reflète toujours un peu de son identité, elle ne se confond pas avec
elle. De même, cette identité ne se confond pas avec telle ou telle composante mais se présente bien
comme le produit et la combinaison d’une série d’éléments empruntés à son histoire et à son présent.
Cette théorie est si vraie dans le cas constantinois.
La fête ou manifestation est une des fonctions assurées par toute ville, elle est aussi un instrument qui
donne du sens à un projet urbain. C’est devenu courant que l’organisation d’une fête dans une ville
fait partie de sa personnalité, assumer la continuité et la fréquence de cette fête rentre dans la
composition de son identité. Constantine a depuis plusieurs années assuré deux fêtes principales :
celle de la distillation d’eau de rose et de fleurs d’oranger et du 16 Avril (journée de la science).

99

B. Zehioua Hecham

Photo 12 Commémoration de la journée de la science (16 avril 1994)

La fête printanière de la distillation a toujours été présente à Constantine. Elle glorifie une tradition
séculaire gardée jalousement par la ville. C’est toujours vers le 15 avril de chaque printemps que la
ville s’embaume de ces fleurs. Les allées de la Brèche sont envahies par les distillateurs qui
s’installent avec tous les appareils en place et l’opération se fait devant les yeux des spectateurs.
L’organisation de cette fête culturelle et commerciale est un moyen pour affirmer l’existence de la
Constantine détentrice de traditions, exalter son identité, valoriser son image à l’extérieur et se
distinguer par rapport aux autres villes tout en étant propice aux rassemblements et à l’union. La
Brèche a depuis l’indépendance été le lieu idéal où se déroulent ces manifestations.
Pour la journée de la science, la Brèche, lieu de rassemblement reçoit les festivités relatives à cet
effet et fait bouger l’image monolithique du cheikh Abdelhamid Benbadis.
Voulant à tout prix lui rendre sa notoriété, les autorités locales font subir à l’espace de la Brèche des
transformations. En effet, du côté du square Bennacer, la station finale (terminus) du tramway (sera
ouverte en 2010) va prendre naissance pour articuler tout le circuit des transports. Du côté du square
Panis, deux hôtels 3 étoiles sont en construction. Du côté de l’esplanade, des travaux de réfection et
d’embellissement sont en plein essor.

Plan de la station du tramway Photo 13 : les hôtels en construction et un bout de l’esplanade

100

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Photo 14 : réfection de l’esplanade Photo 15 : esplanade en pleins travaux

Photo 16 : l’esplanade comme toiture du marché Photo 17 : l’image future de l’esplanade.

CONCLUSION
La difficulté du site du Rocher et l’étroitesse de la bande de terre qui le lie à ses environs, du côté
sud, ont fait que les interventions au niveau de l’espace de la Brèche ont évolué par tâtonnement. La
France a travaillé dans l’hésitation. Les assemblages par morceaux partiels étaient modifiés suivant
les nouvelles règles ou contraintes qui surgissaient. Le résultat du montage a donné une dispersion
de figures. Il n’y plus d’ensemble unitaire, matérialisé par un contour définitif et pensé par un schéma
géométrique simple qui en régisse le rapport des éléments constitutifs comme à Alger ou Annaba.
[13]
Tous ces changements sont effectués sur un espace qui a de tout temps était en perpétuelle
restructuration. Cette place, de part son histoire et sa position cumule l’identité de la ville et se définit
comme un patrimoine à revaloriser à tout prix.
Qu’en sera-t-il en réalité une fois la station du tramway terminée et l’esplanade embellie ? Arrivera-t-
on à fixer une fois pour toute l’image de la Brèche ? Où à l’instar de l’être humain, continuera-t-elle à
subir des métamorphoses sans changer son essence ? Tout dépendra des décisions politiques et
des acteurs de la ville.

REFERENCES
[1] Petit Larousse illustré 2002
[2] GADREY J. (2002), « Patrimoine et qualité de vie : éléments pour une approche socio-
économique », Toulouse, ERITH,
[3] NAPOLI J. (2002), « Tourisme et valorisation du patrimoine », tourisme n°11, Patrimoine III,
Toulouse, ERITH, p. 42.
[4] BESSIERE J. (2000), « La construction sociale du patrimoine gastronomique : l’émergence de
Terroirs de valorisation, ERITH, Toulouse, 2OOO
[5] WEBER J., BAILLY D. (1993), « Prévoir c’est gouverner », Natures, Sciences, Sociétés,
[6] MAGHNOUS Z. (2002), «la redéfinition des espace d’articulation dans les villes duales. Le cas de
la Brèche à Constantine », mémoire de Magister. Université Mentouri, Constantine,

101

[12] OUETTAR T. (1985). « Constantine une ville en héritage ». (2006). Constantine.cit « MEGHNOUS Z.Z. (mémoire de Magister) Photos et plans : site www. [9] BIESSE EICHELBRENNER M. à compte d’auteur Paris. Constantine. imprimerie Meyerbeer. 1971. Les témoignages et les romans ». [11] CÔTE M. Média-Plus. Constantine. Alger. EL BAZ (1971). « Constantine : une ville en écritures –dans les récits de voyage. mounir.fr 102 . [13] op. cité antique et nouvelle ville ». traduit de l’arabe par Marcel Bois. Université Mentouri. Sned. « Constantine. [8] BENACHOUR Y. Nice. «Sarah ou mœurs et coutumes juives de Constantine ». (2001). Media-Plus. 1985 [10] C. « Ezzilzel » (le séisme). Zehioua Hecham [7] GUECHI F. (2003). B. (1970).superforum. « Constantine ou le temps des pionniers ».

celle-ci n’est plus comme avant une simple action de classification ou action ponctuelle de sauvegarde. pris dans son sens le plus large c’est-à-dire une richesse matérielle et immatérielle (patrimoine monumental.INTRODUCTION : Le patrimoine. industriel. Ceci nous amène à réfléchir à un débat actuel et d’avenir sur les orientations et les réponses aux questions suivantes :  Quelles sont les richesses que représente le patrimoine ?  Comment intégrer la démarche de valorisation du patrimoine dans un projet de territoire ?  Quels sont les enjeux de valorisation du patrimoine dans optique de développement ? Dans un premier temps. Dans les années 60. sont attendues des retombées économiques et sociales en termes d’emploi. ainsi que les ressources naturelles). Des différentes interventions sur le patrimoine. on constate une prise de conscience par une minorité de la nécessité de protéger le patrimoine en danger. matérialisée par la convention de Grenade. et par les nombreux colloques du conseil de l’Europe. Sa valorisation est un enjeu largement exprimé. d’impôts et de tourisme et autre. notre recherche étudie le concept du patrimoine ainsi que son évolution et ceci à travers la lecture des différents textes et documents internationaux sur le patrimoine et les politiques de sa protection. représente une ressource bien identifiée dans les territoires. c’est-à-dire une approche intégrée aux stratégies de développement. La lecture du concept du patrimoine nous a permis de schématiser quatre décennies. ainsi que la charte de Venise qui définit la philosophie de la restauration. Le patrimoine. matérialisée par la charte Européenne du patrimoine architectural et par la déclaration d’Amsterdam. et là on note principalement le développement de l’argument économique du patrimoine. elle est pensée dans une approche large et décloisonnée. ethnologique et de savoir faire. d’un patrimoine centré sur l’objet à un patrimoine mobilisé autour de projets. durant lesquelles le concept de patrimoine a évolué. Les années 90 sont marquées par l’approche environnementale. Cette nouvelle approche passe principalement par la politique de l’aménagement du territoire dans ses diverses dimensions tant urbaines que rurales. et l’élargissement de la notion du patrimoine vers le patrimoine commun. On note le développement de la conservation intégrée. historique et lié à la mémoire collective. elle est donc source de valeurs artistiques. . ces idées sont portées par les recommandations de l’UNESCO de 1962 et 1968. il s’agit plutôt d’une gestion dynamique et économique globale. scientifique. La deuxième décennie (les années 70) a été marquée par la prise en compte progressive du patrimoine comme fondement de la qualité du cadre de vie. outil de développement territorial Melle Necissa Y. Elle devient ainsi un objectif important de la société contemporaine. globales que locales. La production de telles valeurs implique des mouvements économiques très importants qu’on ne doit pas négliger. L’élargissement du concept de patrimoine à des éléments plus large a des conséquences sur sa gestion. esthétiques ou d’existence. Les années 80. vernaculaire. rural. et représente un véritable potentiel de développement. Doctorante EPAU . car c’est le moyen de satisfaire un certain nombre de besoins d’ordre esthétique. artistique et même de loisirs. On peut dire qu’on est passé d’une pratique de conservation à une logique de gestion.Alger 1 . constituent la synthèse des expériences et l’approfondissement des pratiques liées au patrimoine.

nous avons retenu les projets de pôles d’économie de patrimoine qui sont des projets de territoire utilisant le patrimoine comme levier de développement économique très important. massifs. désert. etc. nous retenons les principales étapes de cette démarche de valorisation:  la première étape est celle de la prise de conscience du caractère patrimonial. steppes. de sa reconnaissance.  Le Sahara (87 % du territoire ensemble totalement aride ou hyper aride.2 millions d’hectares soit un taux de boisement de 11/° qui représente celui de l’Algérie du nord1.58) proche de celle du bassin méditerranéen (0 . notamment le contexte ou l’ensemble dans lesquels elles se trouvent  les étapes suivantes concernent la mise en œuvre de projets de développement liés au patrimoine et leur insertion dans un processus de développement et d’aménagement territorial. il s’agit de l’espace le plus favorisé par le climat.LE PATRIMOINE EN ALGERIE 2-1. zones sauvages. et le taux de déforestation est de 21/° en 42 ans. 2. Etat du patrimoine naturel :  Patrimoine forestier Les forêts : les forêts et maquis couvrent en Algérie 3.) est menacée par certaines pratiques agricoles. la surface détruite est de 103000 hectares (soit 24000 ha/an).Etat du patrimoine en Algérie L’Algérie est l’un des plus grands pays du continent africain avec une superficie de 2381km2. A travers les exemples étudiés. nous étudions les cas étrangers ayant entrepris des démarches de valorisation du patrimoine dans une optique de développement territoriale. ils occupent l’espace compris entre l’atlas tellien et l’atlas saharien. 104 . Etat de la flore : L’Algérie possède 5402 taxons végétaux avec une importance richesse floristique (0 .  Les hauts plateaux (9% du territoire. 2-1-1. cette diversité floristique répartie dans les différents écosystèmes (forêts. Les forêts productives ne couvrent aujourd’hui que 1249 000 hectares. montagnes.  La deuxième étape est celle du diagnostic et de l’évaluation qui conditionne le type d’usage et les potentialités de ce patrimoine Ce diagnostic permet de saisir les relations qui unissent les différentes composantes du patrimoine. les ressources marines et les richesses de ses diverses plans et vallées côtières. Necissa Dans un second temps de notre recherche. Y. 540 espèces fourragères et 646 espèces médicinales qui composent la flore. par la construction d’infrastructures. par l’urbanisation et par la déforestation. mer.62). en 1997.  Terres domaniales 3251791 ha  Terres communales 275000 ha  Terres privées 350000 ha  Terres publiques (EAC-EAI) 100000 ha La destruction progressive des couverts forestiers est liée à des facteurs anthropiques et naturels. A travers le cas français. la surface boisée globale était de 397000 hectares. son territoire se divise en trois ensembles très contrastés :  L’ensemble tellien du nord (4% du territoire. L’inventaire représente l’élément fort de cette étape. entre 1955 et 1997.

Etat du patrimoine culturel : Le patrimoine culturel acquiert une place de plus en plus importante dans toute politique de développement économique. un important programme d’aménagement de bassins de décantation a été lancé en 1987 pour les petites et moyennes localités. elles n’ont pas encore fait l’objet de plans de protection adéquat. sa dégradation est progressive L’assainissement rural : En matière d’assainissement rural. soit l’équivalent de 30 000 ha/an. 47 espèces de mammifères sur 107 inventoriés et protégées et 68 espèces d’oiseaux sur 336 sont protégées. aucune enquête ou analyse n’a eu pour objet de mesurer l’état de conservation du patrimoine archéologique et historique. les opérations de consolidation ou de restauration des monuments historiques qui ont été entreprises l’ont été du fait de l’urgence de la situation ou en tenant compte de la fonction sociale ou de l’aspect prestigieux du monument. de l’enseignement et de la recherche relatifs à la biodiversité. un programme d’élargissement des aires protégées à d’autres zones est en cours. Les facteurs de dégradations de la faune et de la flore se résument comme suit :  L’absence d’une politique cohérente de protection et de suivi  Le développement insuffisant des connaissances. 2-1-2. A ce jour.  Les coupes de bois (les coupes illicites de bois de chauffage. Les atteintes naturelles et anthropiques entraînent la dégradation du patrimoine archéologique et historique. La steppe : Elle s’étend sur 20 millions d’hectares et la surface des parcours est évaluée à 15 millions d’hectares.  Le manque de programme de sensibilisation et de participation à l’intention des différents partenaires des différents secteurs (gestionnaires. les actions forestières devraient être mieux intégrées dans une approche globale et intégrée de lutte contre la désertification avec une participation effective de population. 920 000 ha de couverts forestiers ont été brulés dont 477629ha en dix ans (301 780 ha de forets 91566 ha de maquis et 82 746 ha de broussaille). Les atteintes anthropiques sont de deux ordres : d’une part le développement urbain qui s’effectue au détriment du parc archéologique. éleveurs. cependant ce patrimoine n’a pas fait l’objet d’une attention soutenue. de bois d’œuvre sont en augmentation.)  les insuffisances institutionnelles et les réalisations des grands travaux ne sont pas prises en compte. Les actions entreprises consistent essentiellement en la création d’aires protégées conformément au décret 83-459 portant statut type de parcs nationaux.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. forestiers et aménageurs). social et culturel. pour les zones humides. d’autre part les pillages de pierres de taille. 13 et 14 mai 2008 Etat de la faune : En termes de diversité faunistique. il s’est traduit par la réalisation de 435 bassins concernant 31 wilayas et 404 localités. Les facteurs contribuant à la déforestation sont les suivants :  Les incendies de 1985 à 1994. agriculteurs. Problèmes de gestion et approche de développement : La gestion du patrimoine forestier rencontre des difficultés générées par l’absence d’une actualisation permanente des inventaires et d’un plan d’exploitation rationnelle des forets. 105 .

 La convention relative aux zones humides. Necissa Pour le financement des opérations de restauration. des terres à vocation forestière et autres formations forestières ainsi que la conservation des sols et la lutte contre toute forme d’érosion. à la protection de la nature. Elle a pour objet la protection. 106 . 2-1-3. La protection de la faune et de la flore : La loi n° 83-03 du 5 février 1983 a consacré son titre II à la protection de la faune et de la flore et aux réserves naturelles et parcs nationaux.  La protection du domaine forestier : La protection des forets a fait l’objet de la loi n° 84-12 du 23 juin 1984 portant régime général des forets.Les mesures de protection du patrimoine : 2-2-1. en particulier en Afrique. relatif aux espèces animales non domestiques protégées détermine la lutte des espèces animales non domestiques ainsi protégées. Ce décret a été suivi par d’autres décrets exécutifs n°95-321 et n°95-322 du 18 octobre 1995. l’Algérie doit tenir compte de ses engagements. relativement aux textes suivants:  Le protocole de coopération entre les pays d’Afrique du nord en matière de lutte contre la désertification. des sites et monuments historiques ont toujours représenté un frein pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine jusqu’en 1990. notamment. l’extension. La protection du milieu naturel : Les instruments d’aménagement permettant d’intégrer les exigences de la protection des sites naturels se présentent comme suit : 2-1-2. à laquelle l’Algérie a adhéré par le décret n°82-439 du 11 décembre 1982.Le décret 87-44 du 10 janvier 1987 relatif à la prévention contre les incendies dans le domaine forestier.Le décret n° 87-45 du 10 février 1987 portant organisation et coordination des actions en matière de lutte contre les incendies de forets dans le domaine forestier national. signé au Caire 1977 et officialisé par le décret n° 82-437 du 11-12-1992. à la conservation des sites et monuments. ils fixent les modalités et les conditions de capture de ces espèces animales à des fins de recherches scientifiques. Dans tous les cas. Protection des sites naturels et humains Dans le cadre de la protection des sites naturels et humains. le développement. 2-2. D’autres textes sont venus après pour compléter cette loi. ce sont : . la gestion et l’exploitation des forets. . d’importance internationale.son objectif est d’analyser les incidences de projets ou aménagement public ou privés qui peuvent modifier directement ou indirectement ou porter atteinte à l’agriculture. 2 -1-4. L’étude d’impact : L étude d’impact faisant l’objet du décret 87-91 du 21 avril 1987 . Y. ratifiée par le décret présidentiel n°96-52 du 22 janvier 1996.  La convention des nations unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse. la dégradation du patrimoine archéologique et historique est le résultat de l’intervention de l’état qui n’a pas appliqué avec rigueur les textes et n’a pas engagé des ressources financières nécessaires à la préservation et à la restauration des sites et monuments. cette activité n’a jamais été menée dans le cadre de plan de développement. adoptée à Paris en 1994.  La réglementation de la chasse et l’organisation de réserves de la chasse : Le décret n° 83-509 du 20 août 1983.

des instruments de gestion du littoral sont proposés par la loi. culturel et touristique doivent être considérée comme aire classée et frappée de servitudes. des instruments de gestion du littoral sont proposés par la loi. Pour plus de précision. Protection du littoral : La loi relative à la protection et à la valorisation du littoral [7] a établi des principes fondamentaux pour la protection et la valorisation du littoral. particuliers de protections des sites . les aires protégées comprennent :  Les réserves naturelles intégrales  Les parcs nationaux  Les monuments naturels  Les aires de gestion des habitats ou des espèces  Les paysages terrestres ou marins protégés  Les aires protégées de ressources naturelles gérées Cette loi interdit toute action susceptible de nuire à la biodiversité et plus généralement. de la faune et des écosystèmes ou de façon générale de l’environnement. d’altérer le caractère de l’aire protégée. Parmi ses principes : l’inscription des actions de développement et de protection du littoral dans une dimension nationale de développement du territoire et d’aménagement. dispose que les zones soumises à des régimes. Dans les documents d’aménagement. publicitaires et commerciales ainsi que l’exécution des travaux [5]. tous les sites de la zone du littoral et présentant un caractère écologique. culturel et touristique doivent être considérée comme aire classée et frappée de servitudes. Protection et valorisation des zones de montagne : Un projet de loi relatif à la protection et la valorisation des zones de montagne est en cours d’approbation. tous les sites de la zone du littoral et présentant un caractère écologique. Cette gestion est assurée par le commissariat national du littoral qui parmi ses missions. Pour cela. Le projet de cette loi dans son article 9 stipule que les schémas régionaux d’aménagement du territoire font ressortir toutes les zones de montagnes dans le but d’orienter les actions de développement en fonction des spécificités des zones 2-1-5. notamment la chasse et la pèche. L’objectif de cet instrument est la mise en oeuvre de la politique nationale de la protection et de la 107 . Cette protection s’inscrit dans le cadre de durable et définit des prescriptions d’aménagement du territoire des zones de montagne. ces différentes prescriptions ont pour objectif de prendre en charge la fragilité et le caractère sensible de ces zones ainsi que leurs Potentialités et leurs atouts dans les plans d’aménagement. Dans les documents d’aménagement. paysager. de la flore . les activités agricoles forestières et pastorales. veille à l’établissement d’un inventaire complet de toutes les zones côtières. industrielles minières. 13 et 14 mai 2008 Les réserves naturelles et les parcs nationaux : La loi 03-2003. paysager. L’objectif de cet instrument est la mise en œuvre de la politique nationale de la protection et de la mise en valeur du littoral et de la zone côtière en particuliers. 2-1-4. Parmi ses principes : l’inscription des actions de développement et de protection du littoral dans une dimension nationale de développement du territoire et d’aménagement. La loi recommande aussi la nécessité d’instituer un plan d’aménagement côtier qui comporte toutes les dispositions de protection. Pour cela. sont considérés comme aires protégées [5]. des sols.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.

veille à l’établissement d’un inventaire complet de toutes les zones côtières. 2-2. abris sous-roche. d'une évolution significative et d'un événement historique. 2 Loi 98-04. des sites archéologiques. artistique. et qui par leur unité architecturale et esthétique.  biens culturels mobiliers. 1 Ibid. villages et agglomérations traditionnelles caractérisées par leurs prédominances de zones d’habitat. ksours. y compris les sous-sols y afférents et qui ont une valeur historique. peintures et gravures rupestres. Y. op. archéologique. Il s'agit notamment. militaire. les structures ou les éléments isolés ayant un rapport avec les grands événement de l'histoire 3 nationale . Art 3 3 Loi 98-04. les édifices ou ensembles monumentaux à caractère religieux. Sont concernés. op.  biens culturels immatériels. agricole ou industriel.  Les ensembles urbains ou ruraux : ils concernent les secteurs sauvegardés tels que les casbahs. Les biens culturels immobiliers comprennent :  Les monuments historiques se définissent comme toute création architecturale isolée ou  groupée qui témoigne d'une civilisation donnée. art28. y compris les réserves archéologiques et les parcs 4 culturels . la restauration. Cette gestion est assurée par le commissariat national du littoral qui parmi ses missions.  les sites archéologiques sont définis comme des espaces bâtis ou non bâtis qui n'ont pas de fonction active et qui témoignent des actions de l'homme ou des actions conjuguées de l'homme et de la nature. 4 Loi 98-04.Protection du patrimoine culturel : La loi 98-04 du 15 janvier 1998 relative à la protection du patrimoine culturel a pour objectif de définir le patrimoine culturel de la nation. cimetières. les monuments commémoratifs. scientifique. sa sauvegarde et sa mise en valeur et de fixer les conditions de leur mise en oeuvre Elle définit aussi les différents biens culturels qui sont composés2 de :  biens culturels immobiliers. de sculpture. 108 . art17. Necissa 1 mise en valeur du littoral et de la zone côtière en particuliers . présentent un intérêt historique. les structures de l'époque préhistorique. op. de peinture. cit. de calligraphie arabe. civil. la réhabilitation et la mise en valeur. architectural et artistique ou traditionnel de nature à en justifier la protection. d'art décoratif. grottes. La loi recommande aussi la nécessité d’instituer un plan d’aménagement côtier qui comporte toutes les dispositions de protection. notamment les oeuvres monumentales architecturales.cit. religieuse. médinas. monuments funéraires. ethnologique ou anthropologique. Cit. d’édicter les règles générales de sa protection.

. la 7 restauration. sceaux.les documents d'archives. 7 Loi 98-04. le métal. poteries. . . op cit. . . * assemblages et montages artistiques originaux. les photographies.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. présentant un intérêt historique. la céramique. la réhabilitation et la mise en valeur » .. Les mesures de protection prévues par la loi 98-04 se résument aux actions suivantes : 6 . monnaies. et qui par leur homogénéité et leur unité architecturale. en toutes matières. Cette mesure de protection concerne « les ensembles immobiliers urbains. ksours.le classement : c’est une mesure de protection définitive. de l’ethnographie. Cette procédure de classement prévoie un champ de visibilité fixé au minimum de deux cents mètres. y compris les enregistrements de textes. les enregistrements sonores et les 5 documents lisibles par machine » . productions de l'art statuaire et de la sculpture. armes et restes funéraires. op. objets d'art appliqué dans des matières telles que le verre. terrestres et subaquatiques. faits entièrement à la main sur tout support en toutes matières.les éléments résultant du morcellement des sites historiques..les biens d'intérêt artistiques tels que : * peintures et dessins. . le bois.les objets d'antiquité tels qu'outils. villages et agglomérations traditionnelles caractérisées par leur prédominance de zones d’habitats. * estampes originales. architectural.les objets d'intérêt numismatique (médailles et monnaies) ou philatélique.les manuscrits et incunables.cit.( 200m) . médinas. livres. documents ou publications d'intérêt spécial. des sciences. Cit. Article 50. 6 Loi 98-04.les biens culturels liés à la religion. affiches et photographies en tant que moyen de création originale. . l'histoire de l'évolution sociale. artistique ou traditionnel de nature à en justifier la protection. bijoux.le matériel anthropologique et ethnologique. économique et politique. habits traditionnels. op. qui concerne les immeubles bâtis ou non bâtis situés dans une zone de protection. de l’art ou de la culture et appelant une préservation.inscription sur l’inventaire supplémentaire : elle concerne les biens culturels immobiliers possédant un intérêt du point de vue de l’histoire.la création des « secteurs sauvegardés ».le produit des explorations et des recherches archéologiques. . les cartes et autre matériel cartographique. ou ruraux tels que casbahs. les films cinématographiques. de l’anthropologie. de l’archéologie. Art 10. inscriptions. 13 et 14 mai 2008 La loi 98 a aussi défini les composantes des biens culturels mobiliers « Les biens culturels mobiliers comprennent notamment : . en toutes matières. 5 Loi n° 98-04 . Art 41. 109 . l'histoire des sciences et techniques. . etc.

Y. Necissa

Ces différents secteurs sont dotés d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur tenant
lieu de plan d’occupation des sols.
Le Décret exécutif n° 03-324 du 5 octobre 2003 a établi les modalités d’établissement du plan
permanent de sauvegarde et de mise en valeur des secteurs sauvegardés (PPSMVSS).
Les différents plans de sauvegarde et de mise en valeur doivent être établis en respectant les
dispositions du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme.
Ces plans fixent les règles générales et les servitudes d’utilisation des sols ainsi que les conditions
architecturales selon lesquelles est assurée la conservation des immeubles et du cadre urbain.
Les PPSMVSS édictent les mesures particulières de protection notamment celles relatives aux biens
culturels.
2-3- Le patrimoine dans la politique d’aménagement du territoire
En Algérie, la politique d’aménagement est menée au moyen d’un ensemble de schémas et de plans
d’aménagement situés à différents niveaux d’échelles.
A travers ce tableau, on situe les principaux textes législatifs et les échelles correspondantes :
2-3-1-Le patrimoine dans la loi 87-03
La loi 87 -03 définit l’aménagement du territoire comme cadre de référence pour la conservation, la
préservation et l’utilisation de l’espace et crée la jonction entre les activités des différents secteurs
nationaux.
Cette loi définit les grands axes de développement régional, et sectoriels d’aménagement du territoire
ainsi que les instruments d’aménagement.
Dans la section 1 relative aux axes de développement régional, la loi 87 met en oeuvre des actions de
développement selon les différentes régions par la mise en valeur des ressources locales, la
préservation du patrimoine naturel et historique et la prise en compte des caractéristiques et les
potentialités physiques et économiques des régions.
L’article 24 de la section 2, relative aux axes sectoriels de l’aménagement du territoire stipule que
l’aménagement du territoire prend en compte la protection de l’environnement, la sauvegarde des
sites naturels, la protection et la restauration des sites historiques ainsi que la promotion des sites
touristiques et des loisirs.
La loi 87-03 détermine des instruments d’aménagement du territoire à différents niveaux national et
régional.
Le SNAT «schéma national d’aménagement du territoire» fixe «les grands programmes et actions par
séquence temporelles correspondant aux termes de la planification nationale» 8.
Il doit coordonner les perspectives des divers secteurs et agents économiques, en raison notamment
des arbitrages que nécessitent :

«La hiérarchisation des priorités dans l’allocation des ressources rares et non renouvelables» 9

«La fixation des orientations de développement et d’aménagement au niveau régional 10».
Le SNAT donne les orientations fondamentales pour tous les autres schémas et plans.
Parmi ses préoccupations, la protection écologique nationale, la protection du patrimoine culturel
ainsi que la valorisation et l’exploitation rationnelle des ressources naturelles.
Le deuxième instrument d’aménagement se situe à une échelle régionale, il s’agit des schémas
régionaux qui sont mis en œuvre par le SNAT, ils permettent de développer pour leurs régions
respectives les vocations spatiales principales en fonction des contraintes naturelles ainsi que
l’élaboration d’action de rééquilibrage interrégional.

8
Loi 87-03, relative à l’aménagement du territoire, Art 34.
9
Loi 87-03, op.cit, Art 30.
10
Loi 87-03, op.cit, Art 32.
110

Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Dans sa section 3, la loi prévoie une étude d’impact d’aménagement du territoire qui évalue les
incidences pouvant être engendrées dans l’organisation économique et urbaine ainsi que dans le
mode d’occupation de l’espace concerné.
Ces incidences peuvent porter atteinte à la protection de la nature et à la conservation des sites et
monuments.
Le contenu de cette étude est déterminé par le décret n° 87-91 du 21 avril 1987 qui stipule que l’étude
d’impact englobe et intègre les éléments relatifs à la préservation , à la protection et à la valorisation
des ressources humaines et naturelles.
En résumé, nous pouvons énoncer que la loi 87-03 n’a pas pu constituer un élément de référence aux
actions de développement économiques et social.
Ses instruments n’ont pas connu le début de mise en oeuvre, car malgré leur achèvement, ils n’ont
pas été approuvés.
2-3-2-Loi d’aménagement et de développement durable du territoire 2001-01
La révision de la loi 87 relatif à l’aménagement du territoire a été nécessaire pour rendre ses
prescriptions et ses orientations plus conformes aux nouvelles exigences et c’est ainsi qu’en 2001,
une nouvelle loi d’aménagement et de développement durable a été promulguée en instaurant la
politique nationale d’aménagement et de développement harmonieux de l’ensemble du territoire selon
les spécificités et les atouts de chaque espace régional.
Parmi ses finalités11, la protection et la valorisation des espaces et des espaces écologiquement et
économiquement sensibles ainsi que la protection, la mise en valeur et l’utilisation rationnelle des
ressources patrimoniales, naturelles et culturelles et leur préservation pour les générations futures.
La loi d’aménagement et de développement durable du territoire définit différents instruments
d’aménagement et de développement durable du territoire :
 Le schéma national d’aménagement du territoire.

 Les schémas directeurs d’aménagement.

 Les schémas régionaux d’aménagement du territoire.

 Les plans d’aménagement de wilaya.

 Les schémas directeurs d’aménagement d’aires métropolitaines.
A travers l’article 14, la loi intègre parmi les objectifs du SNAT, la valorisation et l’exploitation
rationnelle des ressources naturelles, la restauration et la valorisation du patrimoine historique et
culturel ainsi que la protection et le développement écologique national.
Le schéma national (SNAT) prend en compte les caractéristiques et les particularités physiques et
économiques des régions sud, prescrit pour les zones de montagnes le développement de
l’agriculture, à la reforestation, à la protection de la diversité biologique, l’amélioration des réseaux de
communication ainsi qu’à la protection, la sauvegarde et la valorisation des biens culturels, historiques
et archéologiques12 .
Les schémas directeurs sont des instruments privilégiés du développement harmonieux du territoire
national et de ses régions, ils sont prévus par l’article 22 de la loi, parmi ces schémas, on note :
 Le schéma directeur de développement agricole : il fixe les orientations permettant le
développement durable de ces espaces en prenant en compte leurs fonctions économiques,
environnementales et sociales, décrit les mesures pour assurer la préservation des
ressources naturelles et de la diversité biologique, et détermine les réseaux écologiques ainsi
que les continuités et les extensions des espaces protégés

11
Loi 2001-01, relative à l’aménagement et le développement durable du territoire, Article 4.
12
Loi 2001-01, op.cit, Article 14.
111

Y. Necissa

 Le schéma directeur d’aménagement touristique : il prescrit les modalités de conservation,
d’extension, de protection et d’utilisation des espaces agricoles, ruraux et pastoraux, il
constitue le cadre privilégie du programme de développement du secteur agricole.

 Le schéma directeur des zones archéologiques et historiques : il définit les modalités de
développement des activités et des infrastructures touristiques compte tenu des spécificités et
13
potentialités des régions ainsi que les besoins économiques et culturels .
Le schéma régional d’aménagement du territoire fixe les orientations fondamentales du
développement durable des régions, il vise la préservation et la valorisation des patrimoines culturels,
historique et archéologique pour la création d’activités touristiques.
Un autre schéma est prévu par cette loi, c’est le schéma directeur d’aménagement de l’aire
métropolitaine qui se fait conformément aux dispositions du schéma national et aux prescriptions du
schéma régional d’aménagement du territoire concerné.
Il établit des orientations générales de protection du patrimoine naturel, culturel, historique et
14
archéologique ainsi que la délimitation des zones agricoles, forestières, pastorales et steppique .
A l’échelle de la wilaya, sont prévus des plans d’aménagement du territoire de la wilaya qui précisent
les aires intercommunales d’aménagement et de développement ainsi que des seuils d’urbanisation
des agglomérations urbaines et rurales.
En résumé, La loi 2001-01 relative à l’aménagement et le développement durable du territoire ne
présente pas de texte d’application qui précisent la relation entre les différents instruments et la
manière d’intégrer le patrimoine dans la politique d’aménagement et de développement.
Les actions de préservation du patrimoine ne sont pas déterminées au niveau du plan
d’aménagement de wilaya.
3- LE PATRIMOINE DANS LES TEXTES D’AMENAGEMENT ET D’URBANISME :
La loi 90-29 relative à l’aménagement et l’urbanisme a pour objet d’édicter les règles générales qui
visent l’organisation de la production du sol urbanisable, la formation et la transformation du bâti dans
le cadre d’une gestion économe des sols, assure l’équilibre entre les différentes fonctions ainsi que la
15
préservation des milieux naturels, des paysages, et du patrimoine culturel et historique .
Cette loi se base sur le respect des principes et objectifs de la politique nationale d’aménagement du
territoire.
16
La loi 90-29 dans son chapitre III, section 1 met en place des instruments d’aménagement et
17
d’urbanisme et des plans d’occupation des sols , ces différents instruments fixent les orientations
fondamentales d’aménagement des territoires intéressées et déterminent les prévisions et les règles
d’urbanisme, ils définissent plus particulièrement les conditions permettant d’une part de rationaliser
l’utilisation de l’espace , de préserver les activités agricoles, de protéger les périmètres sensibles , les
sites, les paysages , d’autre part de prévoir les terrains réservés aux activités économiques et d’intérêt
18
général » .
A travers l’article 12, la loi stipule que le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et le plan
d’occupation des sols peuvent concerner une association de communes présentant une communauté
d’intérêt économique et sociaux, ou pour l’occupation des sols une partie de commune.
Cet article précise aussi que lorsque les territoires de communes relevant de wilayas différentes, les
périmètres d’interventions du plan directeur du plan d’aménagement et d’urbanisme et du plan
d’occupation du sol sont arrêtés conjointement par le ministre chargé de l’urbanisme et le ministre
chargé des collectivités territoriales. Pour les territoires à caractère culturel et naturel, l’article 17 de la

13
Loi 2001-01, op.cit, Article 38.
14
Loi 2001-01. Article 52 de la
15 er
Loi 90-29 du 1 décembre 1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme, Article 1.
16
Loi 90-29, op.cit.
17
Loi 90-29, op.cit, Article 10.
18
Loi 90-29, op.cit, Article 11.
112

Pour le littoral. op. Le patrimoine est peu considéré dans les différentes lois. on peut même dire qu’il n’existe pas de paramètre d’évaluation et de délimitation au niveau des plans d’aménagement. BABEAU (André). 2002. agricole. culturelles dans les différents instruments sectoriels en parallèle avec les données économiques elle permet aussi la jonction entre instrument d’aménagement du territoire et ceux de l’urbanisme). Périgueux. 13 et 14 mai 2008 loi prévoie leur délimitation au niveau du plan d’aménagement sans les intégrer dans une politique d’aménagement global alors qu’ils doivent être considérés comme support d’activités économique très important. financiers et matériels. forestier. AUDRERIE (Dominique) (dir. culturel et historique.) « Tourisme. 2. BIBLIOGRAPHIE 1. nous orientons des projets de valorisation de ce patrimoine. Revue de l’art. la loi stipule que l’extension de l’urbanisation doit préserver et mettre en valeur les sites et paysages caractéristiques du patrimoine national naturel. les terrains à caractère naturel et culturel et pour les terres agricoles. 19 Loi 90-29. Paris.  La nécessité d’établir une démarche globale de gestion du patrimoine qui offre une prise de recul par rapport à la mise en œuvre de mesures ponctuelles. Dans les terrains agricoles. « La notion de patrimoine ». Actes du colloque organisé en octobre 2002 à Périgueux. leurs délimitations et leur classement sont prévus conformément aux dispositions législatives qui leur sont 19 applicables . se distinguent par la grande diversité des programmes sectoriels et l’importance des effets de mobilisation des moyens. A travers l’article 45. En résumé. AUDRERIE (Dominique) « La notion et la protection du patrimoine ». 1988. BABELON (Jean-Pierre) et CHASTEL (André). PUF. On remarque aussi l’absence d’une politique d’aménagement du territoire car les différentes prescriptions ne peuvent être établies qu’à l’échelle de la wilaya (PAW) ou l’aire métropolitaine alors qu’elles n’ont pas actuellement une valeur réglementaire. Il est donc nécessaire de considérer la réflexion sur le devenir du patrimoine comme étape incontournable dans l’élaboration des projets d’aménagement et de développement. La politique nationale du patrimoine culturel doit introduire la notion de la conservation intégrée afin que la gestion du patrimoine architectural. cette approche s’appuie sur la protection du patrimoine naturel et culturel dans une optique de développement. Même les différentes mesures d’interventions prévues par la loi . 113 . maritime. 1997.cit. et industriel soit introduite dés les premières phases du processus de décision en matière d’aménagement du territoire importante dans les stratégies de développement et d’aménagement des wilaya. culture. la loi 90-29 dans son chapitre IV.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. les droits à construire sont limités et doivent figurer dans les plans d’occupation du sol. ni suivi inter et intra sectoriel. Article 46. (cette démarche intègre les données sur les ressources naturelles. Par une approche tirée des résultats des premières parties. Ces mesures se sont généralement particularisées par leurs irrégularités et l’absence d’évaluation des résultats et des effets des actions réalisées. patrimoine. 3. mais sans aucune coordination réelle ni planification. Le patrimoine aujourd’hui. Paris. Nathan. À cet effet certaines orientations doivent être suivies :  les prescriptions et les directives de protection et de mise en valeur du patrimoine doivent être institués pour gérer le patrimoine et imposés aux documents d’urbanisme et aux décisions d’aménagement c'est-à-dire que les documents d’urbanisme doivent contenir un volet spécial qui précise l’insertion des différents projets dans l’environnement. 4. arrête des dispositions particulières applicables à ces zones. Pilote 24.

tome II. 12. La sauvegarde d’un « patrimoine de l’humanité » : une politique culturelle hors du commun.). 18. Anthropos.Languedoc. CHASTEL (André). du Cercle de la librairie. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. pp. patrimoines en question. NORA (Pierre). Seuil. Science et conscience du patrimoine. dans Patrimoine et société contemporaine. GRANGE (Daniel J. COLARDELLE (Michel) et MONFERRAND (Alain). 20. Fayard-Ed. Le patrimoine : histoire. Paris. Flammarion. Éd. Ministre de la culture et de la francophonie. 1997. 114 . The return of cultural treasures. 16. La Nation. Conseil National du Tourisme. L’allégorie du patrimoine. GREFFE (Xavier). 8. Ministère de la culture et de la francophonie.). A. 1994. La valeur économique du patrimoine. Ed. Necissa 1980. GREENFIELD (Jeanette). CHOAY (Françoise). « Patrimoine et mémoire ». « La notion de patrimoine » in Pierre Nora (dir. Galilée. Octobre 1987. 1997. Paris. EBRARD (Guy). 1999.) et POULOT (Dominique) (dir. du Sorbier : Éd. Une politique pour le patrimoine culturel rural. Des monuments historiques au patrimoine. Éd. 1992. 22. L’esprit des lieux. Mémoire de l’IEP. JEGOUZO (Yves). 1980. Presses Universitaires de Grenoble.). BERCE (Françoise). 24. Paris. Grenoble. 2nd ed. Diff. La Documentation Française. 2003. Le patrimoine et la cité. HERITIER (Annie). Paris. 1995. Paris 1988. BUTTIN (René). BAROU (Jacques). 19.du patrimoine. 11. Paris. Architecture et patrimoine : choix et chroniques du journal « Le Monde » (textes réunis et annotés par Dominique Hervier et Christiane Lorgues-Lapouge. pp.405-450. Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris-La Villette.5-32. CHIVA (Isaac). de l’urbanisme et de l’architecture ». 13. Actes des Entretiens du Patrimoine. « Nouveaux usages de la campagne et patrimoine »Paris : mission du patrimoine ethnologique. Bibliothèque Illustrée des Histoires. la demande et l’offre de monuments. Paris. 17. « La protection du patrimoine culturel à travers les procédures de gestion des sols. Économie touristique et patrimoine culturel. pratiques et perspectives. 2003. 1990. Paris. 14. GREFFE (Xavier). Actes des Colloques de la Direction du Patrimoine.1816. 1997. Paris. 5. 1989. ODDOS (Jean-Paul) (dir. Revue Administrative. 6. 7. L’Harmattan. n°49. histoire. 1996. CHASTEL (André). 1985. 10. Genèse de la notion de patrimoine culturel : 1750. Paris. Cambridge. La politique du patrimoine. Paris. Cambridge university press. 21. Les lieux de mémoire. 2000. du XVIIIe siècle à nos jours.1998. 9. 1994. 1986. Y. Paris. 1997. technique. 15. 1995. NORA (Pierre) (dir. 1997.. GUILLAUME (Marc).). Rapport présenté à M. Colin. Paris. 23. Paris. UNESCO.Jacques Toubon. Anthropos. Grenoble. DESMOULIN (Christine). ou « Les égarements du cœur et de l’esprit ». Regards sur le patrimoine : art. La gestion du patrimoine culturel.

Conventions et législations sur le patrimoine Convention pour la protection du patrimoine mondial. 30. Munich-Paris. Patrimoine et modernité. Paris. Conventions et recommandations de l’UNESCO relatives à la protection du patrimoine culturel. le patrimoine culturel. Strasbourg. Science et conscience du patrimoine. IEP. L’UNESCO et la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel mondial.). Penser le patrimoine : mise en scène et mise en ordre de l’art. Actes des Entretiens du patrimoine. 1986. POULOT (Dominique). Ed. Actes Sud. 115 . 1986. POULOT (Dominique). 1992. 1993. 35. Protection du patrimoine des populations autochtones. K. Hazan. (éd). Paris. RIEGL (Aloïs). RMG. Paris. Actes du deuxième colloque (Avignon. Maison des cultures du monde et Arles. 1991. 1983.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 13 et 14 mai 2008 25. RMG Patrimoine. de l’ICOM. De l’héritage monumental à l’entreprise de patrimoine. Ed. Actes du colloque organisé par la Fondation du Forum d’Assilah et la Maison des cultures du monde. Paris. Paris. de l’UNESCO. Fayard. Le patrimoine culturel immatériel : les enjeux. 36.unesco. Ed. 1984. Paris. 26. La protection du patrimoine culturel : manuel des législations nationales. 33. Seuil. du Conseil de l’Europe. 1987. les pratiques. POSTEL (Thibault). Paris. European University Institute. les problématiques. Recueil de textes fondamentaux du Conseil de l’Europe dans le domaine du patrimoine culturel. Paris. ROULT (Huguette) et HUMBERT (Jean-Marcel) (dir. 31.G. Rencontres internationales pour la protection du patrimoine culturel. 32. RECHT (Roland). les Belles lettres. Cahier n°16. 34. 1998. Les aventures extraordinaires des oeuvres d’art.org/fr/world_fr. Avignon. du 5 au 7 novembre 1986) : Les Risques naturels. 27. Ed. 1974. SCHNAPP (Alain). Mémoire. du 13 au 15 novembre 1985) : La protection contre les déprédations et dégradations du fait de l’homme. Rencontres internationales pour la protection du patrimoine culturel. 2000. 2004. Ed. 1997. Badia Fiesolana.Saur. Son essence et sa genèse. 1998. Université Aix Marseille 3. POWELL (Nicholas). Le culte moderne. Actes du premier colloque (Avignon. 29. 28. A la recherche de la mémoire. Avignon. Paris. 1999. culturel et naturel de l’Organisation des Nations Unies <http://whc. MSH.htm> (1972) BURNHAM (Bonnie). des Nations Unies. New York. L’Harmattan.

Mais quel regard portons-nous actuellement sur notre patrimoine qui a souvent subi autant des assauts des hommes que du temps ? Déjà. Elle se doit de les leur transmettre dans toute la richesse de leur authenticité. culturels et religieux. de la société de services et d’autres évolutions. 1973) est l’outil essentiel de notre travail. de l’habitat. C’est le cas emblématique de la région de Tébessa. de défense. La ville des cent temples ou Hecatompyle est connue par sa richesse en sites historiques. les oeuvres monumentales demeurent le témoignage vivant des traditions séculaires des peuples anciens. en 1832.. MONSOURI3 1 Maitre assistante. patrimoine archéologique. MOTS CLES : ville historique. ce patrimoine a souffert des atteintes du temps et des hommes. le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument. 3Chargé de cours. conservation. Pour ce faire.. Victor Hugo s'insurge à propos de Notre Dame de Paris : « Il est difficile de ne pas s'indigner devant les dégradations. l’observation à elle seule ne suffit pas pour expliquer les phénomènes de dégradations et les tentatives de restauration désastreuses. Université de Biskra RÉSUMÉ Aujourd’hui.. tout en laissant à chaque nation le soin d'en assurer l'application dans le cadre de sa propre culture et de ses traditions (charte Venise. Car un ouvrage ne traverse le temps que si au-delà de sa fonction utile d’habitation.. de l'économie. une tâche dont le succès nécessite la participation de tous les acteurs. . l’observation définie « comme un regard porté sur la situation. A. Hélas. MEDARAG NAROU1. les partisans de l’architecture moderne et les défenseurs des monuments historiques. de culte. marginalisation INTRODUCTION Chargées d'un message spirituel du passé. Les villes algériennes historiques sont exposées à une forte pression liée aux besoins multiples découlant de la mobilité. sauvegarde.. S. FARHI2. Dès lors la conservation et la restauration des monuments sont devenues essentielles et les principes qui doivent les présider sont dégagés en commun et formulés sur un plan international. Les destructions des hommes sont plus violentes et plus complètes que celles des âges ». 1964) APPROCHE METHODOLOGIQUE L’objectif de notre travail est de dévoiler l’état déplorable des vestiges antiques afin de tirer la sonnette d’alarme devant l’urgence de réanimer les prestigieux monuments historiques de la ville de Tébessa. l'humanité se reconnaît solidairement responsable de leur sauvegarde. Université de Tébessa 2 Maître de conférences. stratégie. Cette situation problématique est le résultat d’une mauvaise stratégie de sauvegarde et de mise en valeur. leur dégradation.. une magie faite d’art et de technique a dépassé sa destination initiale. Ces éléments sont autant des facteurs qui font de la sauvegarde du patrimoine historique un défi complexe. les pouvoirs publics. Cependant. » (Raymond. et le pillage des pièces archéologiques. On note essentiellement L’insalubrité des sites historiques. Vis-à-vis des générations futures. notamment la population. C’est pourquoi nous avons fait recours aux entretiens auprès des autorités locales et à la documentation qui nous a été d’une aide précieuse. La situation alarmante du patrimoine archéologique de Tébessa Entre marginalité et sauvegarde H. située à l’Est des hauts plateaux et au Nord est de la zone saharienne. simultanément. les mutilations sans nombre que.

la basilique romaine.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Les plus célèbres sont le temple de Minerve. les byzantins. était une importante ville romaine. 1909 Source : DE VILLE FOSSE. 1952) La muraille dite de l fut construire au 6ème siècle par le général byzantin Solomon pour des nécessités sécuritaires et politiques (photo n°01 et fig. Source : MENIER. Il fut élevé en vertu d'une disposition testamentaire de Cornelius Egrilianus. 1938 Ouest en 1906. 1938 117 . 1912 Ces remparts sont flanqués de quatorze tours carrées et s'ouvrent sur l'extérieur par quatre portes.). le site de Caracalla. (Castel. les romains. Nous y trouvons les escargotières. (DE VILLE FOSSE. qui servait à l'entrée Nord de la ville. Cet édifice. Photo n°02 : l’arc de triomphe coté Sud en 1906 Photo n°03 : la porte de Caracalla coté Source : MENIER. est disposé en carré à la jonction de deux voies (photo n°02 et 03). les arabes et les français. n°01 : une carte militaire de l’enceinte byzantine en 1848. les berbères. la région de Tébessa est riche en vestiges émouvants des civilisations qui se sont succédé dans ces contrées semi-arides. 1912) Photo n° 01 : la muraille byzantine en Fig. les édifices romains et byzantins. les mosquées et les bains turques ainsi que les stations préhistoriques de Hammamet et Bekkaria. les grottes avec gravures rupestres. en passant par les Byzantins et les Vandales.-C. l'antique Théveste. 13 et 14 mai 2008 LA VILLE DE TEBESSA : L’ANCRAGE D’UN PASSE GLORIEUX A cheval sur les hauts plateaux et l'atlas saharien. 1952 Source : Castel. n° 01. Elle recèle d’importants monuments et vestiges romains s’étalant jusqu’à la civilisation musulmane. les tombeaux puniques. à savoir. la muraille byzantine et le théâtre romain. 1912) Tébessa. (Castel. préfet de la 14è légion de Pannonie et originaire de Théveste. L'une de ces quatre portes est un arc de triomphe (porte de Caracalla) datant de 214 après J.

Medarag Narou Le temple dédié à Minerve datant du début du 3ème siècle. Cet édifice basilical. 1932). et datant de la fin du 4ème siècle. 1932 La ville de Tébessa s’est développée initialement à partir de ces établissements romains et byzantins à l’intérieur de l’enceinte byzantine à l’époque musulmane et française. 118 . de gigantesques escaliers. Les murs intérieurs de ce temple sont ornés de belles mosaïques. (1909) Source : TRUILLOT. Nous y trouvons à l'intérieur divers outils préhistoriques (photo n°04). 1909). 1994). économique et urbain. catacombes et jardins (TRUILLOT. Ensuite la ville après l’indépendance et avec l’ampleur des développements démographique. Non loin du marché central de la ville. n°02) (SOLTANI. et en plus il est mutilé par des restaurations inadaptées.). elle s’est étendue à l’extérieur de la muraille (Fig.) (CAGNAT. baptistères. Photo n°05 : la basilique romaine en 1928 Photo n°06 : l’amphithéâtre romain en 1889 Source : CAGNAT. est l'un des plus grands d'Afrique (photo n°05. H. des écuries. sainte Crispine. 1912 L'ensemble basilical situé à l'extérieur des enceintes de la vieille ville au Nord de l'arc de Caracalla. ce patrimoine matériel est victime de dégradation par les assauts du vieillissement et la pollution. est entouré de chapelles. Il contient des allées. consacré à une sainte locale.Nonobstant ses valeurs socio- économique et historique inestimables. des chemins souterrains et beaucoup d'édifices romains. se trouvent les ruines d'un amphithéâtre datant du 4ème siècle (photo n°06. Photo n°04 : Le temple de Minerve en 1909 Source : Castel.

. 119 . Il a subi des transformations lorsqu’il fut intégré à l’enceinte. 1. réalisée par les architectes. Hélas. soit en béton armé. celle de préparation qui concerne la consolidation et l’échafaudage. comme l’arc de JANUS à Rome. Pour les pierres de la toiture qui menace de s’écrouler. (MENIER. Source : SOLTANI. soit en pierre taillée en plusieurs éléments. etc. un des rares exemples d’arcs à quatre faces semblables. a conçu trois variantes de confection des colonnes ou trois prototypes : des colonnes en résine (mortier spécial. 13 et 14 mai 2008 Fig. En plus. Ainsi clos. depuis quelques années. Deux illustrations parfaites de l’arc de triomphe et la muraille byzantine. Il est. C’est un arc de triomphe romain intégré à la citadelle byzantine et sert de porte au coté du nord des remparts. pendent la colonisation française.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. bâti entre 211 et 214 après J. on a opté pour la dernière variante. Les travaux ont commencé le 18 décembre 2002 et devraient être achevés le 12 octobre 2005 (DLEP wilaya de Tébessa). ciment plus sable. L’étude. comme ils avaient fermé l’arcade du fond ne laissant qu’une petite porte pour le passage des habitants. l’arc devenait une porte facile à protéger. cette ville est souffre d’un dépérissement de son patrimoine archéologique. La "bétonisation" de l'arc de Caracalla une restauration infidèle à l’architecture d’origine Classé patrimoine nationale le 19/10/1982. 1938) Conscient de son inestimable valeur et de l’importance de sa revalorisation. et une autre de la restauration proprement dite. Les travaux de restauration concernent la restitution des trois colonnes et des chapiteaux. devant la dégradation accélérée des trois colonnes. fils de Septime Sévère d’origine africaine. le génie militaire dégagea les arcades latérale et celle du nord muré.). car on a trouvé que c’est le seul matériau qui puisse répondre à la stabilité structurelle du monument. C. cette porte de Caracalla est un édifice grandiose. Pour la restitution des parties disparues. une consolidation horizontale avec des tirants (poutres) en acier est nécessaire. ce monument est bien conservé. en honneur à cet empereur Caracalla. Plus tard. Car les byzantins avaient ses arcades latérales avec des pierres placées pêle-mêle sans ciment. semble s’en préoccuper sérieusement d’où une enveloppe financière a été débloquée pour son entretien et sa rénovation en 2001. n°02 : l’évolution de l’urbanisation de la ville de Tébessa depuis 1842. Excepté l’absence de trois colonnes. 1994 LE PATRIMOINE ARCHEOLOGIQUE DEPERIT Aujourd’hui voir Tébessa c’est découvrir l’autre dimension d’une ville qui se débat à l’intérieur d’un environnement hostile où le poids démographique a eu raison sur la ville qui suffoque. Les travaux se feront en deux phases. le ministère de la Culture. Le projet comprend aussi la restauration des autres colonnes existantes avec de la résine et certains matériaux spécifiques à la restauration.

Tout allait bien. chapiteaux. on a utilisé un mélange de matériaux confectionné à cet effet pour faire une pierre artificielle ayant la même couleur que le tuf. et par endroits foncée. corniches corinthiennes. deviennent visibles. Quant à la couleur de la résine utilisée entre les pierres de taille est claire par rapport à celle originale de l’ensemble de l’édifice. On parle de procédés rudimentaires. 2008 120 . H. (Photos n° :07) Photos n°07 : La "bétonisation" de l'arc de Caracalla Source : Auteur. … Aujourd’hui. de matériaux non appropriés. crépissage sur un fond noble. Medarag Narou moulures. pour la protection des ruines et la sauvegarde de l’environnement. pour en faire des colonnes. alerte les autorités par rapport interposé. la silicone (colle spéciale) pour reproduire les mêmes parties. Sachant que la pierre existante étant en tuf. on utilise. selon ses propos. jugeant la chose inesthétique et inappropriée. Au préalable. étrangers à la roche d’origine (mortier à base de ciment blanc teinté). Cette porte est sous échafaudage depuis cinq années et les travaux sont à l’arrêt depuis 2003. jusqu’à ce que les poteaux de fer devant être remplis en béton armé. L’association Minerve. il a fallu procéder au nettoyage de l’édifice et à la réfection des jointures.

n° 03 : Les portes et les tours de la muraille byzantine. La porte de Cirta ou Constantine cette porte. La restauration de la muraille byzantine Jusqu’à la colonisation française et depuis sa construction au VIe siècle. la muraille byzantine. Ces données traduisent une sur densité incroyable au sein de la vieille ville. quatrième porte. de 3. cette fameuse muraille byzantine est actuellement transformée en vespasiennes (photo n° 09) et en dépotoir sauvage. 1994 Constituant actuellement la vieille ville de Tébessa. 13 et 14 mai 2008 2. a été construite par le génie militaire à la fin de 1950 et détruite en 1957 par le colonel Guidon. Le résultat est une pollution atmosphérique suffocante et dépassant les taux acceptables. Solomon à l’Est et « Beb Chela » au Sud.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Presque toute la façade intérieure de la muraille est recouverte d’une couche noire qui est le résultat des dépôts des substances polluantes. comptait trois portes : Caracalla au Nord. n°03) Porte constantine Tours byzantines Porte chela Mur byzantin Porte Solomon Porte Caracalla Fig. 30 habitations par hectare et 90 habitants/ hec sur une superficie de 60Hectare. (Fig. Les détritus sont régulièrement déposés et incinérés contre les remparts byzantins (photo n° 08). Elle est victime des attaques du vieillissement et des pollutions. Les choses deviennent plus graves si on rajoute les flux importants et continus des hommes et des biens à l’intérieur de l’enceinte. 121 . En effet la veille ville a enregistré en 2007.60 m de hauteur. Cette couche inesthétique est source d’érosion et de dégradation accélérée des pierres de l’enceinte.60 m de largeur et de 5. Source : SOLTANI.

Source : Auteur. H. 2008 Dans le cadre du programme de protection et de sauvegarde du patrimoine archéologique de la ville de Tébessa. 1 . Dans le champ de la prévention. trop longtemps synonyme de destruction du monument.Les recherches sur les matériaux et techniques de restauration Nous sommes là au cœur de nos préoccupations. Depuis quelques années. 2008 Source : Auteur. Vu l’état désastreux de la restauration de la porte de Caracalla. La restauration doit toujours être précédée et accompagnée d'une étude archéologique et historique du monument. le respect du flux mécanique et piétonnier. le ministère de la culture a arrêté les travaux. des travaux de reconstruction de la muraille étaient prévus pour mars 2005. des technologies innovantes et fiables sont 122 . Medarag Narou Photo n°08 : Un dépotoir sauvage prés Photo n°09 : La muraille byzantine de la porte de Chela. Et elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fond sur le respect de la substance ancienne et des documents authentiques. les recommandations de la charte de Venise sont claires en matière de conservation et de restauration du patrimoine matériel. Elles mettent l’accent sur le fait que la restauration des monuments historiques constitue une discipline qui fait appel à toutes les sciences et à toutes les techniques qui peuvent contribuer à l'étude et à la sauvegarde du patrimoine monumental. voire franchement inopportunes de la porte de Caracalla. (Photo n° 10) Photo n° 10 : L’arrêt des travaux de restauration sur la porte de Cirta Source : Auteur. Il s’agit de la construction d’un passage de 8 m de largeur contigu à la porte de Cirta. 2008 L’APPROCHE SCIENTIFIQUE DE LA RETAURATION DES MONUMENTS PRESTIGIEUX Nous dénonçons les restaurations hasardeuses. l'UNESCO soutient une approche scientifique et technologique portant sur quatre grands domaines. il s'agit d'évaluer les dommages subis par les monuments. généralement suivie d'une nouvelle re-restauration. afin de prendre en charge le côté pratique de l’accès à la vieille ville de Tébessa. Au niveau de la préservation. transformée en vespasiennes. En effet. Tous les responsables du Patrimoine considèrent ces recherches comme une nécessité afin d’éviter la dérestauration.

verres. Des études approfondies de conservation. Par exemple le nettoyage de la pierre sur les monuments historiques pour lever les effets des pollutions atmosphériques se fait grâce à trois procédés : le gommage par sablage. 123 . Ces actions d’assainissement des monuments permettent de lutter contre leur dégradation par l’action nocive de la pollution. notamment dans le domaine des techniques de conservation et de la planification. Cette « restauration préventive » consiste à des opérations simples que les restaurateurs désignent familièrement sous l'appellation de « bichonnage ». Il est nécessaire de favoriser les liens entre le monde de la restauration et celui de la recherche universitaire pour ne pas commettre l'irréparable. matériaux. de protection et de restauration. tous ces matériaux qui concourent à la force et à la beauté de notre patrimoine doivent faire l'objet périodiquement d'entretien et de restauration. Les méthodes de restauration des monuments ont trop souvent causé plus de dommages que de bénéfices par manque d'options fondées sur les recherches scientifiques. le lessivage par la brumisation qui également dissout le noir de la façade.). et le vandalisme jusqu’aux restaurations entreprises sans respecter les recommandations de Venise et sans l'apport d'experts en la matière ou l'assistance technique d'une instance culturelle internationale comme l'UNESCO C'est à ce titre. le nettoyage par faisceau laser pour enlever la couche noire sans attaquer la matière et enfin. il s'agit avant tout de comprendre les causes des dégâts. Les sources de dégradations vont de l'impact des dégâts insidieux de la pollution. celles-ci doivent être cherchées au-delà des raisons les plus "évidentes. une fois de plus.De la restauration à la conservation préventive Bien entendu. le type de nuisance. 2. la pierre angulaire de toute stratégie de préservation. (DINKEL. Souvent. bétons. aux responsables du patrimoine. 1997) Pierres. La protection des témoignages culturels ne relève pas seulement du souci esthétique et historique. le matériau. puisqu'elle agit en amont du vieillissement de l'œuvre et non pas dans l'immédiat d'éventuelles dégradations. Ces causes ont rarement une origine unique et l'approche interdisciplinaire et internationale s'avère. ainsi qu'un moyen efficace de protéger l'intégrité des biens et de réduire au minimum la nécessité d'intervenir sur des objets individuels. par conséquent. qu’il faut faire appel à plusieurs compétences pas exclusivement nationales. résistance aux conditions météorologiques.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Le maintien du patrimoine sous-tend une importante activité de recherche scientifique qui requiert des savoir-faire extrêmement pointus. analyses climatologiques des espaces intérieurs. Le patrimoine archéologique de la ville de Tébessa est en détresse. Une fois de plus. Des technologies innovantes offrent aujourd'hui. de nouvelles armes de prévention. indispensable. etc. La protection du patrimoine archéologique Algérien répond à une exigence sociétale majeure. Il faut également former des architectes spécialisés en architecture urbaine du patrimoine des monuments historiques. La sauvegarde de cet autre visage de l'environnement n'est pas seulement gage de qualité de vie. métaux. de présentation et de gestion du patrimoine archéologique. Quels que soient l'environnement. Elle est. 13 et 14 mai 2008 développées pour assurer les nombreux aspects de leur protection (structure. l'avantage ultime de cette conservation préventive est d'éviter le recours à des opérations de restauration lourdes. CONCLUSION Au terme de ce travail. l’antique Theveste hiberne sous le poids d’un environnement incompatible quant à la revalorisation de cette culture universelle. Elle participe au dynamisme de la diversité culturelle Algérienne. aux fins de réparer les agressions des derniers travaux de la porte de caracalla.

. 7. Venise. (1997) Encyclopédie du patrimoine: Monuments historiques. Edition Hachette paris.SOLTANI A. « la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites». p 210. Edition Hachette paris.. Timgad. (1832) « Guerre aux démolisseurs ». « Tébessa et ses monuments. « Tébessa. Algérie». 124 . Alger. Edition Encyclop Patrimoine.(1973) « Les méthodes en sociologie». 6-9 p 192. Edition H. « Carthage.. H. Raymond H. « Autour de la basilique de Tébessa ». Edition Braham. Medarag Narou BIBLIOGRAPHIE 1. Tébessa p 264 11. Edition imprimerie officiel. Paris. p.p283 10.176 8. Laurens. Edition PUF.. (1952)... Edition Henri Paulin. in la revue africaine n° 28 p 84 9.19-23 p32. patrimoine bâti et naturel. 3. DINKEL R. (1909). antique Theveste ». réglementation : doctrines techniques pratiques. (1994) « Tébessa». pp.. 1964. MENIER A. p1512. 5.TRUILLOT A. Edition l’Imprimerie officielle. HUGO V.. Tébessa et les villes antiques de l'Afrique du nord ». DE VILLE FOSSE H. CAGNAT R. CASTEL P.. (1952). paris pp. IIe Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques. 4. (1932). restauration. histoire et description d'un territoire algérien ». (1938) « L'arc de triomphe de Caracalla à Tébessa». tome II. Charte Internationale. 163 p 2. pp.. protection. DE ROCH S. (1912) « Tébessa.11-12 p 78 6.

j’ai voulu vous présenter. BOUGUERNE Faculté des sciences de la terre. Université Mentouri. rue MELLAH SLIMANE (ex rue perrégaaux). Constantine. c’est que jadis. Figure1 : le commerce reste très présent dans la souika. INTRODUCTION : Beaucoup ont raconté constantine et beaucoup ont écrit sur son patrimoine bâti ayant marqué plus de 2500 ans de l’histoire de l’humanité. l’artère ou la rue nationale de la vieille ville de constantine « LA SOUIKA » qui reflète d’une part. la chose qui a inspiré cette étude. Figure 2 : A l'exemple de la plus ancienne minoterie de la ville. département de la géographie et de l’aménagement du territoire. Réhabilitation de la vieille ville de Constantine (Souika) W. ce quartier est inaccessible aux voitures et reste un lieu très vivant où l’on trouve de nombreux petits commerces. LE ROCHER) qui se trouve du côté de la rue thiers. comme objet d’étude. LA Souika. La « SOUIKA ». . diminutif de souk (donc petit marché). et remonte jusqu'à l’ancienne bordure dite « le mur » (ex. qui relie le pont EL KANTARA avec le pont SIDI M’SID (côté nord–est de la vieille ville de constantine). commence côté sud-ouest de la vieille ville prés du pont sidi rached. mon père et sa petite famille ont vécus à cet endroit majestueux en gardant toujours des bons souvenirs d’enfance. rené viviani). l’historique et l’attraction des touristes dans la ville et d’autre part. où se trouve l’avenue ZABAANE (ex.

6. 4. car c’est la nouvelle bordure de la Souika après la construction de la nouvelle rue Ben Mhidi (ex.Les quartiers de la vieille ville de Constantine (Souika) : Les quartiers de la vieille ville inférieure de l’ouest vers l’est. On termine avec le quartier CHATT. SAIDA. Rue de l’échelle : se sont des escaliers qui relient les quartiers BAB DJABIA et RAHBAT. ZELAIKA (ex.DJAMEL ont trois sorties : deux donnent sur le centre ville où se trouve le Théâtre de Constantine et la troisième donne sur la rue LARBI BEN MHIDI (ex. 1. Les quartiers côté haut (coté du centre ville de Constantine) 1. 9. SIDI BOUANABA. ZANKET AMAMRA. 3. rue Kharouali (ex. RUE de L’ECHELLE qui relie les deux quartiers (rue des frères Ahssane). SIDI BZAR (rue Ali Khoudja). RAHBAT’DJAMEL (rue des frères Bahama). SABATT BOUCHIBI rentrée du quartier SIDI BZAR. ZANKET TA BALLA (ex rue Corneilles). 4. c’est pour cela que le quartier RABAINE CHERIF est devenu une deuxième artère pour les quartiers du côté de la vieille ville supérieure. 5. 8. 1. DAR DBEGH. KOUCHET ZIET (rue Benzagouta). 7. 126 . BAB-DJABIA et RAHBET. place SIDI ABDELMOUMEN (relie les quartiers). Elle a coupé la vieille ville en deux parties. BEN MENAHEL (impasse MENAHEL).DJAMEL à Souika et aussi la route qui mène au BARDO (en passant sous le pont de SIDI RACHED). rue nationale) dite TARIK DJADIDA. 5. 7. BAB DJEBIA. Les quartiers côté bas (côté RHUMEL). Bouguerne Figure 3 : L’intérieur des maisons de Souika I. rue Bedeau). rue Dybouski) c’est un impasse qui aboutie a la rue Tanneur dite DAR-DBEGH. 2. rue Motylinski de Calasenti). la rue SIDI NEMDIL relie la PLACE BATHA. rue Bakouche (ex. rue nationale). 8. 3. 6. CHATT. 2. ZANKET EL MESKE. W.

6. SOUK EL ASSER. 9. ZANKET MKAIS. 8. 4. AR SIF. 13 et 14 mai 2008 Les quartiers de la vieille ville supérieure 1. Mais. DJEZARINE. Figure 4 : Une photo de cette partie de la Souika prise vers 1958-1960 127 . rien ou presque n’est sorti « esquisses de projets ». II – La vieille ville à la merci du temps : Beaucoup de choses ont été dite sur la vieille ville et des dizaines d’études ont été publiées sur la manière d’entreprendre sa réhabilitation. 9. RAHBET ES –SOUF est un centre de la veille ville supérieure qui relie presque tous les quartiers. 7. 2. 5. CHEVALLIER. 3. SIDI DJELISS.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. LA CASBAH. CHERAA. TABIA. de l’avis de nombreux observateurs avertis et parmi eux des responsables de la direction de la culture. 10. MAKAD EL HOUT.

Bouguerne Figure 5 : Les mêmes lieux en 2003. Une partie des bâtiments a déjà disparu victime. Certains habitants se retrouvent sous des tentes de fortune Pendant que les quartiers entiers de Souika s’effondrent. des glissements de terrain. 128 . entre autre. l’on continue sur des modèles qui ne paraissent réalisables que sur le papier. W. bloc de maisons après l’autre et que les ruines s’amoncellent. Figure 6 : la situation actuelle (mars 2005).

129 . Certaines maisons.R. Les ruines laissent quelque fois place soit à des îlots encore conservés soit à des espaces aménagés pour la circonstance en parking. Les bâtisses de la vieille ville présentent dans leur majorité des désordres signifiants de nature à entraîner leur écroulement à court terme. ainsi que les personnes physiques ou morales. Les habitants. Les enfants sont traumatisés par les scènes qu’ils ont vécus : Ils racontent avec colère et avec haine ce qu’ils ont vu. puis Souika. Rabaine Echerif. nous avons établis le rapport suivant : 1. Après inspection des lieux. 6. 5. Les citoyens n’hésitent pas à montrer du doigt certains responsables de comités de quartiers qui font du chantage aux futurs bénéficiaires de logements. sans nous connaître. à la recherche d’objets anciens. 8. le phénomène des dominos joue à plein. Le climat au niveau des vieux quartiers est des plus explosifs. Ce sera donc ce bureau d’étude en étroite relation avec le comité de sauvegarde qui se chargera de formuler des propositions quant aux modalités d’exécution du plan. après avoir traversé. les fenêtres et les meubles datant de plusieurs siècles ont été saccagées. nous ont interpellés afin de nous indiquer le chemin que nous ne leur avons pas demandé au préalable. les ruelles de Souk el asser. Sidi Bouanaba. Devant la situation qui prévaut au niveau de la vieille ville.P. que la rue principale. Il ne reste pratiquement du quartier Souika. piliers et poutres). 2. les portes. pouvant participer à ce plan et un volet technique qui doit choisir par voie de concours un bureau d’étude agréé. Les rampes de balcons et d’escaliers.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 10. 13 et 14 mai 2008 Les tonnes de documents qui s’amoncellent depuis plus de vingt années n’ont pas permis d’avancer d’un pas sur la voie d’une réhabilitation qui continue de se chercher. Un réglementaire impliquant l’A.W. et les directions concernées. puisque dès qu’une maison s’effondre. 7. Nous avons compris que la foule. De l’aveu même des proposés à cette opération (travailleurs et techniciens) « dès le premier coup de pioche l’on s’est trouvé face à des difficultés imprévisibles ». a procédé à la visite des lieux et élaboré un rapport circonstancié à adresser aux autorités et à faire paraître dans la presse nationale. conditionnant les attributions par l’adhésion à certaines organisations. c’est des dizaines d’autres bâtisses appuyées à la première qui sont ébranlées et ne tardent pas à menacer ruine. 3. Des citoyens en possession d’actes de propriété ont été expulsés manu militari. la Medersa. 4. de femmes et d’enfants. Des pillards. le club de réflexion et d’initiative. composée d’hommes.) lancés à hauteur de la Zaouia Tidjania (Souika) sous le contrôle d’une commission technique. qui continuent à jouer inconsciemment sur les ruines. L’on s’est aperçu du même coup que les spécialistes « en agencement de pavés n’existent pas sur la place de constantine ni dans d’autres villes environnantes comme Mila et Skikda ». ont fait leur apparition sur les lieux. Il existe donc bien un plan de sauvegarde de la vieille ville soutenu par un décret présidentiel 03/322 du 15 octobre 2003 qui offre le cadre officiel à ce plan qui compte deux volets. Charaa. Elles ont été rendues inhabitables. Sidi Djeliss. Sous les premiers pavés arrachés est apparu un enchevêtrement de conduite d’eau et d’évacuation des eaux usées très vieilles et pour certaines toujours fonctionnelles. Ici. Des maisons ne présentent aucun risque imminent d’écroulement et qui demandaient à être renforcées ou restaurées ont subi des démolitions localisées des éléments essentiels à leur stabilité (murs porteurs. et leurs maisons saccagées. nous n’avons fait que constater l’état de dégradation très avancée des bâtisses. recueil des témoignages et vérification des documents présentés par les habitants. 9. Il y a bien quelques esquisses de tenter dans une ou deux directions comme c’est le cas actuellement des travaux de Voies et Réseaux Divers (V.D. 11. plus vétustes que celles détruites sont encore habitées. voulait à tout prix nous diriger vers l’endroit ou certaines habitations ont été détruites ces derniers jours. En effet. Le site est devenu très dangereux pour les enfants. Rahbat Essouf.

quant aux 6 maisons incorporées dans le programme d’essai. délégué par l’université italienne Roma III a séjourné. le destin d’une autre partie aussi importante. Le Master plan est censé apporter des solutions pour l’aménagement des espaces. elle sera généralisée après l’approbation du plan permanent de sauvegarde et mise en valeur des secteurs sauvegardés. les études sont en cours. En attendant. Concernant les habitations N12 et N19. un autre échantillon bénéficiera de l’enveloppe financière dégagée par la wilaya. celle des maisons encore solides. Des équipements capables de donner une nouvelle identité et partant une nouvelle vocation a la vieille ville pour lui permettre de recouvrer son cachet touristique et artisanal. qui vient d’être chargé officiellement par le maître de l’ouvrage (la direction de la culture). en l’occurrence celui dénommé Kribéche. est un programme financé par le gouvernement italien et qui se greffe sur le grand projet de sauvegarde et de réhabilitation de Souika. à cet effet à constantine pour recueillir des données complémentaires sur les sites concernés. dégagés suite à la démolition des maisons en ruine. et l’installation de nouveaux équipements. vient de franchir un nouveau pas. W.La restauration de la vielle ville de Constantine (Souika) : A l’évidence. Le choix s’est porté sur la maison N12 pour laquelle il faudra achever les travaux entamés. suite a un récent avis d’appel d’offre. Lors de la réunion du 2 avril 2008. l’on sait que l’université chargée du projet a bénéficié d’une prolongation des délais. toutefois. les collectivités locales ont débloqué 65 millions de dinars au titre de la réhabilitation de la vieille ville de constantine. Ce plan. La partie algérienne semble ignorer les raisons du retard accumulé par l’étude mais. En tout état de cause. Après le constat de la nécessité d’une réhabilitation lourde. Le gouvernement algérien n’avance aucune solution. faut-il rappeler. à travers l’essai tenté sur la maison N 12. chaque jour apporte son lot de menaces pour ses murs et la mémoire qu’ils renferment. Les responsables chargés de la gestion à Constantine sont appelés à faire en sorte que tout les moyens soient employés pour sauver ce qui reste de cette vieille ville et agir dans la voie tracée par les hautes autorités du pays pour changer le visage de la ville du rocher. la deuxième tranche de la rue Abdellah Bey à Zeleika et enfin la troisième tranche de Zeleika à la rue Saïd Benchic 130 . un groupe de spécialistes. L’opération a été scindée en trois tranches : La première tranche a ciblé la partie allant de Bab El Djabia à la rue Abdellah Bey. Les effets du temps sont dévastateurs et la main de l’homme est encore plus perfide. demeure incertain. l’annonce de la sélection d’un bureau d’étude constantinois. le lancement des études est en cours. Cependant. notamment pour la consolidation des bâtisses malgré que Souika soit reconnue patrimoine national. la présentation ensuite d’une ébauche d’aménagement et enfin l’élaboration d’un règlement urbanistique général. il devait se dérouler sur trois phases à commencer par l’établissement d’un état des lieux avec actualisation des plans et des informations. d’élaborer un nouveau plan de sauvegarde de la médina prend la dimension d’un enterrement de première classe pour le fameux « Master Plan » destiné à la réhabilitation de la vieille ville. Bouguerne III. Le Master Plan. si l’opération est couronnée de succès pour cet essai. Entamé en janvier 2003. sur l’habitation N19 de la placette de Bab El Djabia et sur 6 autres maisons dispersées à travers la rue Mellah Slimane.

Alors. les membres de la commission doivent établir un rapport sur la situation de ce vieux quartier et choisir les méthodes propices et appropriées pour le cas de cette dernière. nous appelons tous nos élus ainsi que le gouvernement à travailler dans la concertation et la transparence. 13 et 14 mai 2008 Figure 7 : La photo montre les travaux qui ont commencé le 25 avril 2007 dans le quartier Souika Conclusion : Suite à cette modeste et globale étude sur la Souika. car nul n’a le droit de porter atteinte à un patrimoine historique et encore moins a une mémoire collective. afin de mieux gérer cette cité tant convoitée et apprendre à recréer des liens sociaux basés sur le respect et surtout sur la bonne application des lois de la république. Nous appelons tous les citoyens à se mobiliser pour que Constantine retrouve son histoire. sa science et son savoir.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Il aurait fallu tout faire pour préserver ce site authentique et éviter de nouveaux traumatismes à notre population. Figure 8 : Esquisse pour la restauration de Souika 131 .

Article extrait du journal El Acil du 02 /avril / 2008.Benkertoussa A.Said : la restauration de la vieille ville « comment sauver le patrimoine historique ». Bouguerne Bibliographie : 1. 132 . W. 6. : les massacres de la vieille ville de constantine.Article extrait du journal El Watan du 23/février/2005. 7.Allal D.Benkadri H. : extrait de l’ouvrage « la présentation de la Souika » 2. « 2005 » 3. : la veille ville a la merci du temps « 2007 » 4.

La démarche consiste à identifier les éléments spécifiques de la composition de ces ensembles urbains puis de dresser un bilan sur les formes de dégradations physiques et de dévalorisation fonctionnelle du K’sar. la grande diversité et la qualité de l’aspect architectural local en sont les témoins. Ces dernières expriment à travers une nomenclature différenciée. « Sidi Thameur. Le plan général du K’sar est régulier avec la subdivision de l’aire urbaine en Harates (quartiers) distinctes et compactes desservies par un réseau de voies (Voir figure 1). Par contre. On mettra enfin l’accent sur la patrimonialisation de l’espace d’habitat. CUNEO [4] affirme que « cette organisation est une forme de recomposer le concept de la ville islamique ». C’est vraie que « dès que l’espace n’est plus évocateur de souvenirs et de valeurs partagés qui ont conditionnés l’attachement au lieu. culturel et urbanistique » [1]. C’est donc une œuvre collective guidée par des préoccupations d’intégration à l’environnement socioculturel et économique qui caractérisent la conception globale de l’organisation spatiale du tissu urbain. Il s’agit en fait d’une prolifération d’un modèle standard d’urbanisation inspiré de la ville occidentale qui a altéré l’originalité du paysage urbain et a accéléré par son attraction la dévalorisation et la décadence du patrimoine urbain et architectural authentique (Voir figure 1). CARACTERISTIQUES D'ORGANISATION ET D'AMENAGEMENT DE L'ESPACE Le K’sar de Boussaâda n’est pas l’œuvre d’un spécialiste en urbanisme. il semble que l’émergence de l’habitat traditionnel en béton de terre stabilisé à la paille. le premier noyau « s’est enrichie sur les plans socioéconomique. un notable marabout planta des palmiers et édifia une mosquée dans l’endroit qu’on appelait avant sa venue le K’sar » [2]. De ce qu’on vient de citer. KHALFALLAH Maitre de Conférences. Avant cette date. 1. a donné naissance à un centre urbain connu sous le nom de K’sar qui signifie le fort. Réhabilitation des K’sour en Algérie Cas du Ksar de boussaada B. on présentera les contours d’une stratégie de réhabilitation qui puise sa force et sa légitimité dans nos valeurs socioculturelles tout en se basant sur les opportunités qui incitent les différents acteurs à ne plus marginaliser cette partie de la ville. Il est le produit d’une communauté pour son propre usage. dont les caractéristiques urbanistiques ont comme modèle de référence la ville islamique et les techniques architecturales locales. Au 18eme siècle.fr RESUME Cette recherche étudie à travers le cas du Ksar de Boussaâda. Nous n’avons guère la prétention de régler par le présent travail tous les problèmes urbains posés. Boussaâda connaît une urbanisation accélérée avec un style urbain et architectural en complète contradiction avec la ville traditionnelle posant ainsi de nombreux problèmes. INTRODUCTION La ville de Boussaâda est l’une des prestigieuses villes présahariennes d’Algérie qui recouvre de potentialités patrimoniales d’importance nationale. on peut dire que le K’sar est un espace de vie d’une société adapté harmonieusement à son milieu. On soulignera que ces derniers ont été provoqués par le processus accéléré d’urbanisation de la ville depuis l’engagement du 1er plan directeur d’urbanisme en 1975. Ainsi. Université de M'sila boudjemaadz@yahoo. il en résulte une incompréhension entre les hommes et le lieu » [3]. les différents enjeux de la réhabilitation et de la mise en valeur des tissus urbains traditionnels en Algérie. Son organisation repose sur un secteur central destiné aux activités commerciales en étroit rapport en termes de situation et de formation avec les lieux de culte et en particulier la mosquée. Aujourd’hui. les degrés croissants de privatisation à partir de la voie . 2.

Entre les Harates. 134 .  Il témoigne d’un savoir faire des populations locales en matière d’urbanisme et d’une parfaite organisation sociale de l’espace. les constructions étaient traditionnellement repassées à la chaux au moins une fois chaque année.  Il représente une preuve confirmée d’une adaptation ingénieuse au milieu physique et socioéconomique. PHOTO 1 : Cour intérieure d’une habitation. les surcharges des maisons et la mobilité résidentielle. Dans le passé. Il est clair que ce tissu urbain comme l’ensemble des k’ours des villes algériennes présente les intérêts suivants :  C’est un patrimoine culturel d’une valeur scientifique inestimable  C’est une partie importante du patrimoine urbanistique et architectural algérien. A ce manque d’entretien s’ajoute la mauvaise utilisation des lieux. des salles d’eau ou des cuisines sont improvisées dans des pièces sans évacuation comme l’indique le tableau ci-dessous dressé par le chercheur en 2007. il y a parfois des zones libres appelées Rahbates (placettes).1. tandis que les habitations sont à grande cour intérieure (photo 1). à cause du manque d’équipement. Khalfallah primaire à usage public pour passer aux ruelles se terminant des fois en impasses. DEGRADATION DU K'SAR La dégradation du parc immobilier du K’sar semble être liée à une série de causes dont les plus importantes sont le manque d’entretien et transformations. 3. 3. En effet. Manque d’entretien et transformations La dégradation du tissu urbain des différentes Harates du K’sar de Boussaâda n’est pas liée à la question d’age des constructions mais au manque d’entretien et à leurs transformations. B.

00 Transformation d’une ou plusieurs pièces 16. NECESSITE DE VALORISATION DU PATRIMOINE En dépit du consensus universel sur l’importance du patrimoine. un lieu d’intégration des populations rurales migrantes.33 Division d’une grande chambre en deux 24.2. la ville de Boussaâda possède un patrimoine urbain et architectural très riche. la densité avoisinera les 300 habitants par hectare. Cette patrimonialisation de l’espace vise à préserver l’héritage urbanistique et architectural contre les effets de la modernisation hâtive qui pose de nombreux problèmes. nous nous privions ainsi d’une source inépuisable d’expériences et de connaissances accumulées depuis des millénaires ».Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Nature de la transformation Pourcentage Changement de la façade 19. trouve son explication dans l’importance de la taille moyenne des ménages et dans le nombre élevé de personne par pièce (Voir le tableau 2 ci-dessous dressé par le chercheur en 2007). Taux Taux Nombre de Logements Logements Population d’occupation d’occupation Logements occupés abandonnés des logements des pièces 1796 1323 473 12900 08. qui témoigne d’une surcharge confirmée des maisons. La forte densité de la cité.80 Tableau 2 : Occupation des logements du K’sar. ceci a pour conséquence l’accentuation de l’érosion des constructions. KRIER [5] affirme que « vouloir se libérer de l’héritage historique est une attitude absurde. Si on ne comptabilise pas les maisons en ruine. Surcharge des maisons Le K’sar de Boussaâda avec sa population de 12 900 habitants en 2007 a une forte densité qui dépasse les 200 habitants par hectare.01 03.  L’occupation de l’espace par une population peu solvable. Il s’agit de concilier entre les besoins d’une population en croissance continue et son paysage culturel général. n’est aujourd’hui qu’un lieu de transit vers cette intégration étant donné que ces habitants aspirent à un autre lieu de résidence qui incarne selon eux l’évolution et la modernité. Nous avons pu constater que les travaux de transformation mal adaptés peuvent provoquer des dégâts ou entraîner carrément la ruine des constructions. A l’instar des villes présahariennes en Algérie. 4. Ce dernier s’est dégradé graduellement suite au développement urbain accéléré devant répondre aux exigences nouvelles posant ainsi la problématique particulière de la sauvegarde du patrimoine.3. ce dernier n’a pas fait l’objet d’une prise en charge particulière jusqu'à l’adoption de la convention du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1972.50 Tableau 1 : Transformations des constructions au k’sar Source.66 Extension 28. Depuis cette date. cette notion s’est élargie pour englober toutes les dimensions spatiotemporelles et socioculturelles des agglomérations historiques. Ce tissu urbain qui était avant 1980. 3. Dans ce sens. Il s’agit entre autres:  Des politiques officielles en matière d’urbanisme et d’aménagement qui ont un aspect linéaire incapable de prendre en charge les particularités. On tient à souligner que beaucoup de contraintes entravent cet objectif.  La faiblesse de la société civile et des associations de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine dans la ville.50 Autres 11. 3. 135 .  L’incompatibilité entre les besoins de développement socio-économiques et le besoin de protéger le patrimoine du K‘sar. Mobilité résidentielle La fréquence de changement des occupants des maisons du K’sar est aussi l’une des causes de sa dégradation.

B. ce concept « désigne au sens figuré l’action de faire recouvrir de l’estime ou de la considération. Dans cette optique. cette action qualifie les procédures qui visent la restauration des immeubles s’accompagnant de modernisation » [7]. il est important de se baser sur l’article 19 de la loi d’orientation de la ville [9] pour engager une procédure de réhabilitation du K’sar comme secteur. Par extension. Khalfallah  La marginalisation des fonctions économiques du K’sar et l’inconscience à son égard par le pouvoir local. 5. a ne plus marginaliser ce tissu urbain traditionnel. jusqu'à s’approcher des actuels niveaux d’exigences ». 5. REHABILITATION DU K'SAR.1. La situation du K’sar Le k’sar se situe en plein centre ville de boussaada au croisement des artères commerciales (Fig 02). une fois résolus toutes les anomalies constructives. Les opportunités de la réhabilitation Les opportunités de la réhabilitation du K’sar de Boussaâda représentent les facteurs qui incitent les pouvoirs publics. Cette situation peut présenter des opportunités de rayonnement à l’échelle de la ville toute entière. et menant à bien une modernisation dont le but est de lui faire mieux remplir ses fonctions. Dans la révision du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) de Boussaâda en 2006 [8]. fonctionnelles. Il s’agit : 5. ENJEUX ET OPPORTUNITES La réhabilitation est un concept qui désigne selon la charte de Lisbonne [6] « des travaux dont la finalité est la récupération et la remise en état d’une construction. le K’sar se trouve toujours marginalisé malgré son importance en tant que patrimoine et la dégradation avancée qu’il présente. En se référant au dictionnaire. d’hygiène et de sécurité cumules tout au long des années.1.1. Fig 02: K'sar ou patrimoine urbain et architectural authentique  Source: établit par le chercheur 136 .

In vie des villes. www. historique et culturelle. CUNEO P. LESBET D. p.. 6. Belgique.. « Révision du PDAU ». p. (1994). N°1. La réalisation de l’opération doit se faire en concertation avec tous les acteurs.1. CHOAY F. les responsables de la gestion urbaine et de la culture.. « L’espace de la ville ». la régulation des seuils de densité. La nature juridique du foncier La nature juridique du foncier est moins compliquée par rapport a d’autres situation telle que l’habitat illicite.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 5. PUF Paris. « PUD de la commune de Boussaâda ». les associations. Des questions se posent autour de savoir comment assurer la participation des autres acteurs. 9. et impulsion d’un dynamisme qui se répercute sur l’ensemble de la ville. (1975) . MERLIN P.. 3. p. Dans ce sens il est impérativement demandé de répondre a certains question qui se rapportent à : . Dans ce sens.762.2. Documents écrits.175. « Cultures Oasiennes ». Bibliographie 1. 2. (87 %) des habitations ont un acte de propriété. CASP Rome.com/textelisbonne/urbal. p.40.le montage financier CONCLUSION Le k’sar de Boussaâda témoigne d’un urbanisme et d’une architecture qui ont fait déjà leurs preuves. EL WAKIL. ce qui présente un avantage pour la programmation d’une opération de réhabilitation en concertation avec les propriétaires. 137 . « La casbah d’Alger. (2006). (2005). Publisud. Loi N°06/06 du 20/02/2006 portant loi d’orientation de la ville.52. Dans notre cas et selon notre enquête personnelle.la prise en charge des habitants de chaque secteur lors des travaux . DURHAM Great Britain.La création d’un comité de concertation . Réhabiliter et mettre en valeur ce cadre bâti dégradé consiste à puiser dans nos valeurs socioculturelles et économiques afin de dégager des mécanismes opérationnels pour la pérennité de cette richesse urbaine et culturelle. KRIER R. « Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement ». (1987). et qui sont aujourd’hui patrimoine en proie voué à la disparition car ils sont devenu synonyme de pauvreté pour les populations qui y résident encore. 5. NACIB Y. A priori. (1975). un travail de sensibilisation des acteurs doit se faire pour qu’ils soient mobilises à participer massivement à mettre en marche le projet. URBAS SETI.le phasage du projet . et qui prévoit une mise a niveau pour retrouver son dynamisme en prenant en compte les préoccupations et les aspirations de la population concernée. El Wakil (10) affirme que « si cette identité est appelée a sauver un art identifiable La stratégie consiste en l’élaboration d’un plan qui contient des orientations globales de mise en valeur qui resitue le K’sar dans sa réalité socio-économique. (1986).146. 8. p. « Introduction à l’urbanisme en pays de l’islam ». la sauvegarde de l’environnement. Editions EAM. « The Arab house past and present ».htlm 7. PROJET DE REHABILITATION Concevoir un projet urbain qui vise la réhabilitation du k’sar et revaloriser le patrimoine urbain dégradé constitue l’objectif majeur du présent travail. p. une cité en reste ». on va essayer de s’inscrire dans une optique de développement durable qui envisage l’amélioration du cadre de vie. 10.htm-asso. a savoir les habitants. et les instances financières. Alger. (2005). 6. 4.26. CADAT antenne de M’sila. et à la concrétisation du maintien de cette tradition urbaine et architecturale d’une valeur inestimable..

Biskra. Faculté des sciences et des sciences de l’ingénieur. Université Mohammed Khider. Une analyse serra faite pour expliquer comment les circuits touristiques peuvent être un vecteur de développement durable de la région et un instrument d’aménagement et de sauvegarde du cadre bâti. RESUME La biodiversité joue un rôle prépondérant dans le fonctionnement des réseaux oasiens à écosystèmes fragiles et ceux particulièrement sur le plan environnemental. économique et du cadre bâti. L’objectif de cette contribution est :  La recherche de la mise en place d’une approche de préservation du patrimoine à base d’un aménagement touristique adéquat aux potentialités de la micro région oasienne et particulièrement de ses Ksour et Dachra. de nombreux gouvernements ont décidé de le mettre en tourisme. forestier et saharien. METHODOLOGIE : Après avoir fait une exploration du tourisme saharien ayant pour objectif la mise en place d’un tourisme spécifique à la région. Département d’architecture. Le Cas du Patrimoine Ksourien de La Micro Région des Ziban S. PROBLEMATIQUE : Nous supposons que le redressement et l’aménagement des circuits touristiques dans la région de Ziban qui se fondent principalement sur la répartition des anciens noyaux traditionnels permettent la mise en place de nouvelles stratégies de sauvegarde du patrimoine culturel : architectural tel les Ksour et les Dachra ainsi que le patrimoine oasien : tel le paysage agricole. De ce fait il est nécessaire de mettre en place un tourisme culturel fondé sur des projets épuisant du potentiel du contexte et tenant compte de la contribution des collectivités locales. Malgré son importance les outils d’aménagements et d’interventions urbaines PDAU et Pos sont souvent obsolètes. la région des Ziban afin de dégager tous les supports d’un programme d’action par les circuits touristiques que peuvent fournir les décors paysagés des Ksour de la région. . LALOUANI née BOUZAHER1. D. des mouvements associatifs et des professionnels du tourisme. plusieurs Ksour et Dachra sont en déclin ou en voie de disparition. Pour que ce patrimoine oasien acquit un certain niveau de développement et intègre l’économie nationale du pays. Cependant. socioculturel. Les Circuits Touristiques Comme Instrument D’intégration et de Préservation du Patrimoine Bâti des Tissus Anciens. tel l’écotourisme qui se réalise sous forme de tourisme de circuit et d’intégration des ksour. Le patrimoine culturel et urbain que peut créer la biodiversité est en détresse. ALKAMA 2.  La procuration des moyens de développement durable appropriés aux noyaux traditionnels par la revalorisation du cadre bâti des ksour et des Dachra qui recevront une dynamique basée sur l’activité touristiques. l’organisation mondiale du tourisme propose des programmes d’aménagement touristique dans le cadre du développement durable des écosystèmes oasiens pour la préservation du patrimoine. Et après une définition du contexte d’étude.

C’est ce qui permet l’encouragement du développement durable. 2005). La mise en place d’un programme écotouristique : Les principaux produits commercialisés dans les déserts sont en grande partie basés sur l’observation des paysages et la découverte de sites historiques et culturels. tels que : Les conditions climatiques y sont « rudes » (très chaud et/ou très froid) et la saisonnalité y est forte. Certains contextes géographiques ont été favorables au développement d’un tourisme aux multiples enjeux dans les territoires oasiens. les équilibres naturels et culturels des lieux et des populations où il s’exerce. la société et l’environnement. Deux types de tourisme s’intéressent aux oasis : le tourisme de circuit et le tourisme saharien « Le tourisme de circuit est caractérisé par un bref séjour des touristes dans les oasis qu’ils considèrent comme un décor . aux organismes et aux administrations qui veillent à la préservation des zones naturelles . Les caractéristiques de l’écotourisme L'écotourisme réunit toutes les formes de tourisme axées sur la nature et dans lesquelles la principale motivation du touriste est d'observer et d'apprécier la nature ainsi que les cultures traditionnelles qui règnent dans les zones naturelles. BENYAHIA et Al. de la biodiversité et de la diversité culturelle. Les formes de tourisme qui correspondent bien et s’adaptent aux attentes des populations locales et à la fragilité de ces milieux sont les suivantes : l’écotourisme.Le circuit touristique étant bien organisé. peut favoriser la protection des zones naturelles et culturelles grâces aux programmes de conservation qu’il suscite et qu’il peut financer. « officialisée » lors de la conférence de Rio en 1992.  Il favorise la conservation. dans le domaine du tourisme. 2002) reconnaisse que l’écotourisme englobe les principes du tourisme durable en ce qui concerne les impacts de cette activité sur l’économie.  DÉCLARATION DE QUÉBEC. qui sous certaines conditions.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 UN TOURISME SAHARIEN OU UN TOURISME DANS LE DESERT : La promotion du tourisme comme outil de durabilité : Le tourisme durable est la déclinaison. de préserver et de valoriser. en obtenant leur accord et participation dans la gestion de l'activité. en créant des emplois et des sources de revenus pour les populations locales. de celle de développement durable. le tourisme solidaire et équitable qui sont proches dans leur éthique mais se différencient par leurs offres. aussi pour de petits groupes. Il se doit. Les circuits proposés 139 . 2002 L’écotourisme: L’écotourisme représente une des formes de développement touristique. de respecter. Site Wikipedia   Il est généralement organisé par de petites entreprises locales pour des groupes restreints généralement. socioculturel et économique.  OMT-PNUE. il ne s’agit pas de les découvrir et de comprendre leur fonctionnement . Ils s'appliquent à toute l'industrie touristique. en faisant davantage prendre conscience aux habitants du pays comme aux touristes de la nécessité de préserver le capital naturel et culturel. 2003  Les types de tourisme développés dans les déserts sont en cohérence avec des formes de tourisme qui s’adaptent aux problématiques de ces espaces. Les aspects de durabilité retenus pour le tourisme appartiennent au domaine environnemental. ainsi que la justification de la conservation. Cependant la déclaration de Québec sur l’écotourisme (Canada. ce type de tourisme présent très peu de retombé local. en fournissant des emplois aux populations locales et autochtones. ce qui le rend très spécifique. 6 L’écotourisme est donc une manière de faire du tourisme fondée sur le désir de découvrir la nature. à travers la protection des écosystèmes  L'écotourisme s'accompagne de retombées négatives limitées sur l'environnement naturel et socioculturel. (PNUE/PAM. de respecter les principes du développement durable. 2003. gèrent ou commercialisent des circuits écotouristiques. On trouve aussi des opérateurs étrangers de dimensions variables qui organisent. Les conditions d’accès ne sont pas toujours des plus aisées.  Le partage des bénéfices socio-économiques avec les communautés locales. les touristes ont peu de liens avec le patrimoine socioculturel .  Il favorise la protection des zones naturelles : en procurant des avantages économiques aux communautés d'accueil.

[Aboubacar.5 °C. Direction des forêts. I. les réseaux hydrauliques de la micro région des Ziban. À l’exception des montagnes septentrionales. plus précisément au nord du bas Sahara. elle reste l’un des espaces les plus attrayant et le plus fragiles dans le monde par sa structure paysagère. avec un minimum de 11. Les dépressions caractérisées par la présence de chotts Au sud-est. et Sidi Khaled. 1979. les réseaux routiers. Elle semble un véritable espace tampon entre le Nord et le Sud. Le relief de la micro région des Ziban se divise en quatre grands ensembles.] LA REGION DES ZIBAN QUELS POTENTIALITES TOURISTIQUES ? Définition du contexte d’étude « Biskra la micro région des Ziban »: Situation géographique Située au sud est de l’Algérie. Les grand plateaux se trouvent au sud ouest de la région notamment sur la région de Ouled Djellal . Cette situation lui a value la connotation de « porte du désert » et lui a permis de jouer à travers les différentes époques de son existence un rôle de lieu de rencontre et d’échanges entre le nord et le sud et l’est et l’ouest  Léon l’africain. sec et aride. 2006 (voir carte) Les oueds sont répartis selon leurs sources. La Région est traversée par oued "Jdaïa " qui constitue le collecteur général des eaux d l’atlas saharien. 2006. Oued El Hai et Oued Abdi qui produisent à leur rencontre oued Biskra.  Direction des forêts. On trouve une chaîne montagneuse et les hauts plateaux au nord .1) 140 . sur l’axe El-Loutaya et Doucen. S. Oued El Arab et Oued El Guetan qui se croisent a Zribet el oued pour produire Oued Zriba. Direction du transport. ses vues panoramiques et sa simplicité. 2006 Figure N°1 : carte exprimant la répartition du relief. 1977 La micro région des Ziban semble constituer un véritable espace de transition entre un nord du pays bien équipé et un sud déshérité. Mais. Cette implantation lui a confié un climat rigoureux. la micro région des Ziban reçoit une pluviométrie en moyenne entre 120 et 150 mm/an. plus exactement au pied sud de la chaîne montagneuse de l’atlas saharien qui représente les monts des Aurès ainsi que la limite entre le nord et le sud algérien. dont des hivers froids et secs et des étés chauds et secs CÔTE M. avec l'altitude de djebel Tekriout 1942 m.3 °C. Lalouani associent généralement la découverte de paysages naturels ayant un intérêt culturel à des rencontres avec les populations locales. Les plaines steppiques s’étendent à l’est. 2006 Données climatiques : Par sa situation elle constitue un carrefour important de lien entre les villes du nord particulièrement celles de l’est et celles du sud. la température moyenne annuelle est de 22. (Réaliser à partir Health-Mapper ver 4. Des oueds qui ont pour source le cœur même des Aurès.4 °C en janvier et un maximum de 43.

des romains. Les magnifiques hammams de Biskra font rêver avec leurs vastes salles carrelées et au décor somptueux relié au oasis. Monographie de la Wilaya de Biskra. L’agglomération de Tolga est construite sur les vestiges d’une cité romaine appelée au temps (Tolacca). Le hammam. Ses villages oasis se greffent autour des deux petites capitales appelées : Tolga à l’est et Ouled Djelal à l’ouest. est un bain de chaleur fortement humide. Hammam Ain L’hammia. Ces symboles de l'Afrique du Nord. Actuellement. elle demeure l’une des zones les plus attrayantes grâce aux potentialités qu’elle recèle. Alkama. Ces événements sont largement décrits par el Hadj el Ayiachi dans son livre de l’histoire des Ziban. on trouve des ruines romaines à la commune de Bordj Ben Azouz.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Les touristes étaient attirés par ce climat sec. Le territoire des oasis des Ziban a ainsi connu successivement l’occupation des Carthaginois. ces deux petits centres tirent leurs origines de l’époque romaine comme le précise Ben Khaldoun dans La Mokadima. constituaient des atouts naturels propices à l’attraction touristique. comme. Ils étaient des villages berbères qui entretenaient des relations avec le royaume de Carthage. le Zab chergui s’apparente avec des terres cultivables mais une accumulation du capital durablement liée au commerce transsaharien. Touristiquement. dont la température idéale se situe entre 40° et 50° et dont l'hygrométrie est portée à saturation. [Dj. 2006] Le Zab chergui A l’Est. Ainsi que plusieurs manières de s’adapter et de s’intégrer dans des sites naturels. cité dans un manuscrit de Ben Haba en 1957 à Biskra [Dj. cette fois-ci en lien avec l’est et le Souf. LA REGION DES ZIBAN A DEJA UN PASSE TOURISTIQUE: La lecture cartographique montre que malgré son caractère saharien c’est une micro région verte. F. La civilisation musulmane s’est installée dans la région à l’aube du 7ème siècle par le conquérant Okba Ibn Nâfaa à cette époque les Ziban avaient connu grande prospérité et a vu un développement des secteurs de la phoeniciculure. Ceux-ci correspondent globalement aux terres cultivables palmeraies de deglette nour l’une des meilleures dattes au monde. Alkama. El Ghrous aussi vient de s’accoler à un centre qui existé de puis longtemps sous le nom El Amri. Lichana était aussi un camp militaire romain entouré par une enceinte en pierre. Les réseaux villageois des Ziban sont organisés en deux entités distinctes. Hammam Sidi Elhadj à Loutaya. 2006 Cependant ces caractéristiques climatiques et géographiques ont poussé l’homme des Ziban à produire une variété d’établissements humains. Ses terres gypseuses ont donné naissance à de grandes palmeraies qui s’étalent tout le long du pied des montagnes des Amours à l’ouest de la micro capitale des Ziban « Biskra ». des vandales et des Byzantins. à la différence du sauna. Le commerce a toujours eu une place notable dans les oasis des Ziban. 2006] Le Zab Gharbi ou les oasis du plateau ouest des Ziban A l’Ouest. Monographie de la Wilaya de Biskra. tempérer. du commerce et l’enseignement. moins habitée est traditionnellement articulée autour deux centres notables qui sont Sidi okba à l’Ouest et Khanguet sidi Nadji à l’Est lieu de la confrérie Rahmania connues comme des relais du chemin de pèlerinage. le décrit Ben Khaldoun dans la Mokadima. 2006] 141 . Le mot hammam est d'origine turque. Hammam Salhine a procuré à la région une réputation qui s’est répandue durant la période coloniale même en Europe. et doux de la région ainsi que par la luminosité de son ciel. Hammam Echifa à Echegua. cette aire de peuplement. [Dj. L’ensemble des ces villages oasis sont fondés sur les vestiges de petits établissements humains romains. Naceur. De la fin de l'automne jusqu’au début du printemps s’étendait la période touristique estivale. pour créer enfin une variété des oasis. Alkama. le Zab Gharbi constitue une entité considérablement peuplée. Nous citons à titre d’exemple : la petite bourgade Bouchegroune est fondée sur un site romain qui s’appelait Ghrada. LES ZIBAN : PAYS DES VIELLES OASIS : Les petits établissements humains formaient une partie du Bas Sahara. Parallèlement. Enfin. Zab Chergui et Zab El Gharbi. La région des Ziban est considérée comme une « station hydrominérale et climatique» grâce aux eaux sulfureuses et chaudes de la fontaine de Hammam. Bien entendu. 2006 Pendant le période coloniale les potentialités touristiques de la région des Ziban ont connu un grand épanouissement. les Ziban s’organisent sous la forme de groupements villageois discontinus. 1997 En plus de Hammam Salhine Biskra compte quatre autres stations d’hydrothérapies telles : Hammam ElBaraka à ElHadjeb.

Il s’agit de : El Kantara. Béni Souik. se font face. ouvrant la voie à l’échange. pour la première fois. une immense tâche verte de différents arbres. constituant un passage entre deux montagnes. édité en 1897. A mi-chemin entre la chaîne enneigée des Aurès et les oasis généreuses du royaume des Ziban. culturelle et architecturale. Guedila. tête nue. Ils ne font pas obstacle à l’importance des circuits touristiques que peuvent créer ces palmeraies conjuguaient aux sites de valeurs: Historique. Elle offre la réplique du paysage d’El Kantara mais avec une organisation plus originale et une découverte non attendue. Figure N°2: Carte de situation du réseau des villages oasis des Ziban Source [Dj. au brassage et à la différence. Elle est traversée par l’eau fluide de l’oued El. ils écoutèrent. Felix Hautfort rapporte ceci : «On conte que les conquérants (colonisateurs) s’arrêtèrent aux gorges d’El Kantara et que. Dans se prolongement se dresse M’chounech qui forme une baie naturelle. ALIMENTAIRES DE CHAQUE GROUPEMENT : Chaque groupement humain vie de sa palmeraie principalement en plus d’autres espèces agricoles et forestières. Lalouani Au pied des Aurès vers le sud : Au pied de la montagne du versant sud des Aurès se succède un ensemble d’oasis sans pareil. El Kantara constitue un lien inaliénable et indéfectible entre le Nord et le Sud. Ce lien est perceptible à vue d’œil à travers les gorges ciselées au milieu. les musiques jetaient à la plaine sans échos» [Léon l’africain. (Répartition par commune) 142commune) . naturelle. Ain Zaâtout et M’chounech.Abiod. 2006] PATRIMOINE ET RESSOURCES : NATURELLES. Alkama. l’hymne national. Ces derniers complètent l‘importance du secteur primaire dans le cas de ces oasis. Djamoura. Biskra. Entre deux paysages. il s’agit de Béni Souik. (Répartition par micro région des Ziban. 1977] Pas moins gracieuse ni moins belle qu’El Kantara. Les gorges d’El Kantara sont au milieu de deux climats. (Fig. sur l’ensemble du territoire de la micro région des Ziban. N°2). muets d’admiration devant le panorama du désert. Figure N°3 : graphe exprimant les Figure N°4 : graphe exprimant les pourcentages forestier dans la micro pourcentages de la palmeraie dans la région des Ziban. l’auteur. deux formations géologiques que sont le Tell et le Sud. Dans son ouvrage Au pays des Palmiers. S.

 OMT . Elmanar Source B. Ksar.E. Les oasis exposées englobent chacune un groupement d’habitation doté d’une architecture spécifique à la région. Elmanar Figure N°8 : Le Ksar de Khanguet Sidi Nadji Source : auteur 143 . Patrimoine architectural Ksourien de la micro région des Ziban: Il ne peut pas y avoir une oasis sans une présence de l’homme afin que les services écologiques soient échangés et la structure d’un écosystème soit mise en place.A. Khanguet sidi Nadji : Tissu colonial Tissu traditionnel Ksar Figure N°6: Carte montrant les types de tissus Figure N°7 : différentes vues du ksar et de existants dans le ksar de khanguet sidi Nadji l’oasis qui l’entoure Source B. moins habitée est traditionnellement articulée autour deux centres notables qui sont Khanguet sidi Nadji à l’Est lieu de la confrérie Rahmania et Sidi Okba à l’Ouest.T.A. Dachra ou noyau tradition se sont toujours des leçons du génie humain pour la sauvegarde et la protection de l’environnement naturel.U.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Figure N°5 : carte exprimant la répartition de la palmeraie dans la micro région des Ziban ainsi que les routes qui les traversent. (Répartition par établissement humain) L’aridité des montagnes et la fertilité des oasis s’y côtoient pour offrir et encadrer des écosystèmes oasiens sans pareil. Elles représentent elles même les solutions habiles d’un développement durable.T.U.2006 Le cadre bâti du Zab chergui : Cette aire de peuplement.E.

S. Photo : auteur Figure N°10 : Les sentiers dans la palmeraie de Chetma et les systèmes d’irrigation qui les accompagnent. Source: auteur Figure N°11 : Les rues et les passages couverts qui caractérisent la dachra de Chetma. Lalouani Chetma Figure N°9 : Les premiers noyaux de Chetma Elkoudia et El Vue plane sur Sidi Dachra Source : Google Earth. Photo: auteur 144 . Source: auteur Sidi Okba vers l’est du Zab : Figure N°12 : Le premier noyau inséré dans la palmeraie de Sidi okba Source : Google Earth.

Photo : auteur Figure N°16 : Les rues et les entrées caractéristiques de l’architecture de la Dachra de Tolga Source : auteur 145 .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Figure N°13 : Le premier noyau inséré dans la palmeraie de Sidi Okba Photo: auteur Figure N°14 : Les rues du premier groupement de Sidi Okba Photo: auteur Le cadre bâti du Zab Gharbi ou les oasis du plateau ouest des Ziban : Tolga à l’est Figure N°15 : Le premier noyau de Tolga. la Dachra de Farfar et les rues spécifiques de Tolga Source : Google Earth.

Lalouani Ouled Djellal à l’ouest Figure N°16 : vue aérienne sur le noyau d’Ouled Djellal et sa palmeraie. S. Béni souik et El Kantara Figure N°18 vues sur les écosystèmes oasiens de Guedila et Béni Souik Source : Auteur Figure N°19 vues sur les écosystèmes oasiens d’El Kantara Source : Auteur 146 . Source : Google Earth Figure N°17 : vue aérienne sur le cadre bâti d’Ouled Djellal et sa palmeraie. Source : Google Earth Le cadre bâti situé au pied des Aurès vers le sud : Guedila.

Il offre aussi les différentes séquences paysagères de la région des Ziban. et surtout architecturales et urbaines. Tandis que la partie sud introduit le désert par des séquences paysagères ouvertes sur le ciel et la terre. Les matériaux de constructions et les techniques d’irrigation sont aussi différents. Les autres circuits seront des articulations et les liens. Ils peuvent être sources d’études et d ‘inspiration aux architectes par exemple. Ce document permet une esquisse préliminaire d’un circuit touristique. agricoles. DES CIRCUITS TOURISTIQUES DANS LA MICRO REGION DES ZIBAN : La carte suivante présente la répartition des différentes caractéristiques géographiques de la région des Ziban. superposé aux différentes routes et pistes. Le paysage de type agricole consiste dans les surfaces agricoles de la 147 . il s’agit du paysage type agricole et du paysage de type urbain. Les types des cadres bâtis et les paysages offerts : L’entrée par le nord de la région des Ziban offre un ensemble de gorges et de vues montagneuses. (Réaliser à partir Health-Mapper) A compter la répartition en quatre Zab et l’intégration des routes nationales qui divisent a leur tour la région en quatre autres grands circuits. sont complètement différents les institutions humaines côtoient la palmerais et s’étalent en horizontales. nous pourrons passer a l’analyse et à la recherche d’une manière adéquate pour les préservés et les protégés. Figure N°20 : carte exprimant la répartition des circuits touristiques sur la micro région des Ziban. Après la lecture visuelle des différents Ksour. Dachra et tout autre type de groupement humain. L’architecture de ces groupements humains se caractérise par son étalement en verticale incliné obéissant aux courbes de niveau des montagnes des Aurès. il sera possible de répartir la région en huit zones dont chaque zone aura ses propres caractéristiques géographiques. ils seront le support agricole et paysagé. Ces zones se lieront entre elles et s’inter-sectionnent en des sous zones communes. Les types d’architectures et d’établissements. Il est important de signaler deux autres types de paysage. Les circuits des Zab seront les principaux ils auront une valeur historique comme nous l’avons abordés. ces données géographiques ont enfermé des groupements humains sans pareil. Ainsi que la typologie des architectures et des façades de chaque établissement.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Après avoir exposé tous les potentiels de la micro région des Ziban en matière des écosystèmes et des types de cadres bâtis qu’ils peuvent créer.

La corrélation cadre bâti et paysage : Pour ce faire il est important de définir la notion de paysage. l’installation du concept architectural dar EDHIAF et pour quoi pas des extensions des écoles d’architecture. les chercheurs ont tenté d’éclaircir le rôle que celui-ci joue aujourd’hui dans une société s’intéressant beaucoup aux mécanismes de fonctionnement de cette notion qu’aux raisons qui le conduisent à tenir une place grandissante dans les rapports que nous entretenons avec notre espace. La manière de le mettre en place sera seulement par l’exploitation des ressources paysagères : urbaine. la palmerais et le sable sont le type de séquence ouverte au ciel et sur la terre. Lalouani région. social et économique et leur connaissance approfondie nous offres des outils pour réaliser des projets de paysages sensibles. les ksour et enfin les sites naturels. les vues montagneuses représentent un type de séquence fermée par contre les séquences sahariennes qui donnent sur les dunes. Cette approche mettra en place des moyens de développement durable appropriés aux noyaux traditionnels par la revalorisation du cadre bâti des ksour et des Dachra qui recevront une dynamique basée sur l’activité touristiques scientifiques et intellectuelles. pratiqué par des personnes cherchant un contact proche avec les environnements architecturaux et naturels constituant des écosystèmes sans leurs porters atteints. LE PAYSAGE POUR OUTIL D’AMENAGEMENT DES CIRCUITS ECOTOURISTIQUES POUR UNE REVALORISATION DU CADRE BATI : Le tourisme a proposé des parcours au cœur des sites historiques et anciens pour remonter dans le passé et des itinéraires de découverte du patrimoine architectural et des monuments mis en scène. d’agriculture et insérer ce programme dans le cadre d’échange international entre université. social et culturel. environnemental. sociale et culturelle car elle permet l’instruction de cette population dans le ses protection et préservation du patrimoine architectural. Il comprend les groupements d’habitations. au lieu de subir des aménagements et de découvrir tardivement le résultat d’un processus aléatoire susceptible de générer des images ébauchées et simplistes. à travers des prospectus d’agences de voyage qui éveillent et justifient le désir d’évasion. économiques. Les séquences paysagères : les gorges. politique et sociaux. Il serait donc important de parler de rapport tourisme paysage et cadre bâti. Alors pour quels types de touristes et dans quel cadre il faut les inscrire ? CONCLUSION Le secteur touristique est un des piliers de l'économie nationale. Il serait donc opportun de réfléchir sur les types de touristes consommateurs de ces espaces ainsi que le cadre dans lequel nous devons les inscrire car le tourisme à une autre facette défavorable. soit en termes de devises. L’orientation vers une population estudiantine permet la protection des valeurs. La mission du patrimoine ethnologique a conclu que le paysage est à la fois une construction culturelle et une production sociale. dans ce cas nous parlons de tissu épars et de cadre bâti différent quand au paysage urbain cela implique les novelles extensions des noyaux traditionnels. ou carrément proposent des structures sécurisantes. Dont l’article exprime un potentiel touristique assez considérable et déjà existant. 148 . harmonieux. ou suggèrent différents types de dépaysement. Il est donc essentiel de mètre en place un programme de préservation du patrimoine à base d’un aménagement touristique adéquat aux potentialités de la micro région oasienne et particulièrement de ses Ksour et Dachra. Les définitions du paysage sont extrêmement nombreuses et le débat sur ce terme est loin d’être fini. le paysage sera toutes ses structures paysagères qui accompagnent les circuits touristiques proposés. Les réseaux d’eaux et les lacs saisonniers. accompagnent les routes et les pistes de la micro région des Ziban. S. Donc. Il implique nombreuses branches de l'activité économique et induit par son développement des changements culturels. Donc. la structure de ce paysage naturel peut satisfaire deux types de touristes les allocentriques et les psychocentriques. architecturale et naturelle. L’écotourisme est un segment du tourisme. et affirme que les paysages font partie d’un patrimoine culturel que naturel. poétiques. et qu’au delà de la définition figée de la notion de paysage. L’aménagement des paysages a de multiples impacts: culturel. de valeur ajoutée ou d'emplois. des paysages. Cette dernière ce ferra par la restauration des ksour et des dachra.

13. 2006) Pour Une Nouvelle Approche D’urbanisation Dans Les Zones Arides Cas Du Bas Sahara « Les Ziban. CÔTE M. Ed. du 18 au 22 novembre 1999 6. In Malaga (Espagne). 2006. le 1er novembre 2003. 2006. Site Internet : http://sba.hello.186. 5. Site http://fr. Alkama Djamel.world-tourism.org/sustainable/fr/ecotourisme/doc-omt-pnue. DÉCLARATION DE QUÉBEC. F. Léon l’africain. Nadia BENYAHIA. ouvrage collectif. 1997. 7.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Bibliographie 1.org 149 . 1977. 2006. Développement durable du tourisme dans les déserts – Lignes directrices à l’intention des décideurs. OMT-PNUE. Karim ZEIN. In Contribution spéciale de Sustainable Business Associates (Suisse) à l’atelier « Pollution and Development issues in the Mediterranean Basin « du 28 janvier 2003 dans le cadre de la 2ème Conférence Internationale Swiss Environmental Solutions for Emerging Countries (SESEC II) du 28-29 janvier 2003 à Lausanne. Document conceptuel.htm 16. 2006. Année Internationale de l'Ecotourisme 2002 Site Internet: http://www. Cahier n°: 09. 12. Aboubacar. collection "Ethnologie de la France".wikipedia. In Le tourisme saharien et la problématique de l’environnement In. Monographie de la Wilaya de Biskra. OMT. Elche (Espagne) 153-156. le cas des hautes plaines de l’Est. Mutations rurales en Algérie. 2. I. Biskra. Histoire des villes africaines.2006 ISBN-13 : 978-92-844-1192- 4 15. 1979. pour une approche ethnologique des paysages". Direction des forêts. Alger. 177. 2006. 4.to 14. Naceur. 11. Organisation mondiale du tourisme.. Direction du transport. La cultura del oasis. Madrid. 8. Le vandalisme urbain et la population infantile et juvénile In actent du séminaire national en architecture. Suisse. le Souf et le Oued Righ » thèse de doctorat soutenue à l’université Mohamed Kheider à Biskra. 10. (avril. Alger : OPU. de la Maison des Sciences de l’homme. 2003. SNED. Direction de la Population et de l’Aménagement du Territoire. 3. Déclaration De Malaga Sur La Biodiversité Et Le Développement Durable En Méditerranée. Colloque international oasis et tourisme durable. Avant propos de Claudie Voisenat et Patrice Notteghem: "Paysage pluriel. 9.

Bien que. La surface varie selon les besoins de la famille. allant du rectangle au trapèze et à des formes composées. La dégradation est. 2004]. par sa dégradation et son manque de durabilité. . Cette irrégularité formelle résulte de partages successifs des parcelles et de leurs modes d'occupations. les empêche d'engager une réelle réhabilitation. c’est de la disparition de pans entiers de la mémoire collective locale et nationale. réappropriés ces ksour à l'abandon. patrimoine. ou Ouarglène (berbère). développement durable. unité sociale et économique. aussi. Le départ des autochtones. due à la forte densité du tissu qui oblige les habitants à surélever les maisons et à occuper les cours intérieures. peu à peu. les ksour sont. Les ksour: témoin d'un art urbain saharien. et la maison. depuis longtemps. en ruines. celui qui est le plus enraciné dans l’histoire du Sahara. souvent. Le processus dégradant les ksour est lié à plusieurs facteurs: la fragilité des constructions. avec une géométrie définie par la forme de la parcelle. cas du ksar de Ouargla M. la remontée de la nappe phréatique. et l'arrivée d'autres. INTRODUCTION Les ksour. Ils ont toujours fait partie d'un agro-système intégrant la palmeraie. qui fait que les familles sont propriétaires usufruitières du bâti et non du sol. maille tout le Sahara. en quête de conditions meilleures. jusqu'à récemment. CHAOUCHE BENCHERIF Département d’Architecture et d’Urbanisme Université de Constantine – Algérie Tel mobile : 07 70 41 05 36 E mail : meriama60@yahoo. réserves et animaux. La densité du ksar de Ouargla est passée de 270 en 1977 à 349 hab. Le matériau de terre. La nucléarisation familiale et les questions d'héritage amplifient le mouvement de désertion. Cette confusion juridique. tradition. servant à bâtir ces établissements humains. L'architecture ksourienne est un patrimoine riche dont une partie dépéri et tombe. parfois. Ils ont toujours fait partie d'un agro-système intégrant l'eau et la palmeraie [Bisson. Ouargla présente une propriété. en général. au mode de vie étranger au ksar (ni entretien. des structures fonctionnelles assurant aux habitants une sécurité alimentaire et une cohésion sociale. maille tout le Sahara. domaniale. les terres cultivables et l'eau.palmeraie . ils deviennent de véritables îlots de pauvreté. qui en est la base. La rupture du système ksar . Le statut du foncier est un autre obstacle à la rénovation. Mots clés: Espace oasien. Bien que. Dans le pays de Ouargla. qu’il s’agit. y ont. sont une première série de causes. mais en péril. ni bonne gestion de l'eau). constitue le talon d'Achille de ces groupements et participe. sans doute. jusqu'à récemment. Relevant des territoires militaires. Les ksour. ksar. aient perdu leurs remparts. L'habitat ancien du Bas-Sahara présente des constructions introverties et irrégulières. contribué. les inondations successives. beaucoup. des structures fonctionnelles assurant aux habitants une sécurité alimentaire et une cohésion sociale. ils sont restés. aussi. ils sont restés. par leur implantation sur les anciennes routes des caravanes. Par la dégradation de ce patrimoine dont une partie tombe en ruines et son manque de durabilité. préservation. abrite familles.mode de vie a induit des pratiques qui ont accéléré la dégradation. à la disparition de pans entiers de la mémoire collective locale et nationale. Les populations pauvres ou les dernières vagues de sédentarisation des nomades se sont. aient perdu leurs remparts. fortement. depuis longtemps. par leur implantation sur les anciennes routes des caravanes. /ha en 2000. globalement. Parfois. pour la préservation des ressources hydriques et des sols fertiles. le ksar de Ouargla est.fr Résumé Connu sous le nom de Ouardjelane (ibadite). dressés sur des sols rocheux et terrains élevés pour l'autodéfense. modernité. beaucoup.

morphologique. Chaouche Bencherif I. La mise en rapport de ces tissus anciens avec la nouvelle logique urbaine s'est faite en leur défaveur. densément peuplé. Ainsi la notion de maison-rempart est régie par le principe de compacité urbaine et d'introversion spatiale de l'espace habité.LES NOYAUX TRADITIONNELS: UNE DECADENCE INEVITABLE Les processus régissant l’ensemble sociétal actuel illustrent les aléas d’une longue histoire urbaine jalonnée d’ères de grandeur et de déclin. un échec total. lieu de régénération de la société. ce qui met en évidence un caractère de coexistence entre l'habitat (ksar). Bab Bouchak. Toutefois. comblé après une épidémie de paludisme en 1927. On note. se sont effondrés. ou Ouarglène (berbère). 2004 sont lisibles. Ces ksour. ceint par une muraille et un canal. La lecture de la composition architecturale des différents ksour fait ressortir que les façades. I-1. dont l'objectif est la protection contre les rigueurs du climat et de l’intimité. habités en partie. Les matériaux de construction utilisés sont le toub pour les murs et les troncs de palmiers pour les planchers intermédiaires et terrasses (Fig. aveugles sur l'extérieur marquent un savoir-faire local. M. celui qui est le plus enraciné dans l’histoire du Sahara. les cités du Sud (ksour) s’exceptent en traversant les siècles avec une remarquable pérennité [Cote. conférant à l’ancien tissu. centralité et vitalité urbaine. que le mode organisationnel de ces tissus n'est pas l'expression du seul déterminisme climatique. Bab Ami. Il est parcouru par des rues étroites et sinueuses. Cette dernière est complétée par des remparts qui entourent les ksour. L'ensemble des noyaux traditionnels est situé dans des palmeraies. Il se présente comme une entité circulaire compacte. Les ksour sont. il fut. Bab El Khoukha (Rabaa). chaque ksar se définit par sa composition très complexe avec des rues et des ruelles étroites qui permettent de les ombrager au maximum et d’en faciliter la circulation de d'air.1). au plan socio. la trame et l'espace urbain y Source : Auteur. Si l’œuvre coloniale sur le ksar fut positive au plan spatio-fonctionnel. Bab Azzi et Bab Errabia donnent accès au vieux ksar. aussi. sans doute. 2004]. Bab El Boustène. de discontinuités et de ruptures. presque. Ce mode d'organisation oasien qui s’adapte au contexte et au climat révèle un concept d'intégration du trinôme (ksar. le ksar de Ouargla est. palmeraie. et la palmeraie qui représente l'espace économique. de valeur Figure 1 : Alternance: claire/ obscure architecturale. Durant ces temps agités. la disgrâce du ksar aux sept portes Connu sous le nom de Ouardjelane (ibadite). amorcent une phase de déclin dont le caractère est irréversible."Ouarglène". édifiés autour d'un espace de regroupement et d'échanges sur lequel donne la mosquée. même si les édifices. dans les ruelles La situation des ces noyaux dans les palmeraies forment un écosystème équilibré en conservant le même type de morphologie et obéit à la notion de groupe ou chaque fraction tribale s'organise autour de son ksar. au mode d'exploitation agricole et à la sécurité défensive. pourtant. eau). souvent. Sept portes séculaires: Bab Amor. mais une façon de s'intégrer aux contextes liés à la structure socioéconomique. 151 . Au niveau urbain.

une usure rapide des matériaux et des structures. non drainé et pestilentiel. La rupture du système ksar . les dégâts que peuvent causer les eaux pluviales en averses. au mode de vie étranger au ksar (ni entretien. Le tissu est structuré autour des mosquées. I-2-Le ksar de Ouargla: un ksar vivant et très actif A son origine. tend à produire l'effet inverse. L'habitant du ksar "n'ayant pas de papiers" qui atteste son statut. toute action sur le bâti est jugée illicite. le paludisme infesta e l'oasis jusqu'au milieu du XX siècle.palmeraie . La situation actuelle révèle un ksar en décadence. on le note sur nombre de ksour. Ce fossé. Le boulevard marque les limites du ksar dont les contours sont.3). D'ailleurs. l'adduction en eau potable. 1973]. Azza ainsi que les Beni Sissine 1940 L’analyse des cartes et plans urbains montre la continuité de la trame bâtie vers la trame agraire. Le boulevard qui l’entoure occupe le site des anciens fossés. et l'arrivée d'autres. après les hommes en prennent possession. en quête de conditions meilleures. le ksar est une forteresse. comblés en 1881. des dégâts générés par les adductions en eau potable et par la surcharge des logements disponibles. lieux des rites dominants. fortement. évidemment. Ben Brahim et Beni Ouagguine. 1975]. Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Des voies secondaires (ruelles et impasses) desservent les trois quartiers représentant les trois ethnies. qui entraîne. contribué. ni bonne gestion de l'eau). 152 .mode de vie a induit des pratiques qui ont accéléré la dégradation. et la dynamique économique qui s'y développe. 1996 réponse de l'Etat consiste à reloger la surcharge Figure 3 : Ksar de Ouargla. déclin aggravé par la vétusté de l'habitat. surtout. Cet espace est le foyer des activités économiques. placette à humaine. Pillet 2003 Ouargla fait partie d'un ensemble complexe intégrant les systèmes d’irrigation et la Figure 2 : Vue sur la place du Marché et Lalla palmeraie. ne laissant émerger au-dessus de ses terrasses que les minarets jumeaux des mosquées et les cimes de quelques palmiers jaillissant des cours. L'eau provenant des fuites de réseaux d'eaux usées (s’ils existent) ou de distribution a des effets très néfastes sur les bases des murs. Mais. Comme tous les ksour.2). qu'elle ronge inexorablement. Le départ des autochtones. perçue par les habitants et par les autorités locales comme une panacée pour maintenir le ksar en vie. d'entre elles. Chacun d’eux possède deux portes et une place qui sert de lieu de réunion (djemaa). matérialisé par des bancs maçonnés (doukana). la Source : Auteur. Deux. était le siège de prolifération des anophèles. il était occupé par 8000 habitants. domaine des femmes jusqu'à midi (Dohr). lors d’une touiza [Delheure. celui de Source : D. Il regroupe les trois quartiers de Beni Sissine. par son urbanité (Fig. Au dernier recensement (1998). le sort du ksar semble meilleure que bien d’autres ksour ruraux. car elles attaquent le haut des murs et les terrasses qui ne sont peu protégées. L’ennemi du bâti traditionnel en briques de terre reste l'eau. Le ksar de Ouargla couvre 30 ha intra-muros [Rouvillois-Brigol. y ont. vaguement. donnent sur la place du marché: la mosquée Lalla melkia (malékite) et Lalla Azza (ibadite) (Fig. circulaires. les logements sont occupés par plusieurs l’échelle humaine familles.

Le ksar a changé depuis. comme l'est la Casbah. P W P Bien que la place du marché se situe au centre de P la ville. à la fois. déchéance. abattus. pour agrandir P la place et assurer la liaison directe avec la BAB AHMID Casbah. Eventré par la colonisation et par une percée récente. construite e W au début du XVIl siècle (Fig. les nouveaux quartiers apparaissant comme de grosses banlieues plus ou moins spécialisées. Figure 4 : le ksar de Ouargla : un plan original Beni Ouagguine est le seul à abriter de grands jardins. Alors que Beni Sissine semble le moins bien structuré. celle-ci n’a pas été bâtie autour d'elle. ses rues se couvrent de pièces. au début du XX siècle. car le gros des équipements se W trouve sur son territoire: le Vieux Marché. 2003 Abou Zakariya (1230). Lalla Malkiya (rite malékite) et 0 15 30km Lalla Azza (rite ibadite). les résistances. au point de convergence des rues principales du ksar et de la palmeraie. le sanctuaire culturel et spirituel par excellence. sont remplacés par des constructions qui arrivent au ras du périphérique. le ksar de Ouargla reste vivant et très actif. l'habitat traditionnel représente une proportion de plus en plus marginale dans la ville saharienne où prédominent à la fois. même dans un piteux état dans certains secteurs. W P P au centre de la cité. de défigurer la ville. les places sont rognées. d'autres édifices parasites altèrent sa bordure Sud et le projet d'une percée Est-Ouest finirait. aux limites de saturation (335hab/ha). Il s'ordonne autour de deux grandes rues parallèles. 1995]. peu à peu. sans apporter d'avantages à ses habitants [Pillet. dans la mémoire collective. Les remparts. Lorsque le ksar atteint sa capacité optimale. Il est. ainsi que la mosquée Source : plan établi d’après le PDAU. II. P BAB EL-BOUSTANE notamment. à priori. entouré de maisons qui abritaient BAB BOUSHAK PW les boutiques du Souk. Sa BAB AMAR construction semble postérieure à l'ensemble du P BAB P RABAA réseau urbain. et les jardins intérieurs construits pour gagner le plus d'espace possible. Ainsi le plan du ksar est-il commandé. 4). les deux grandes mosquées. par sa position. Ce tissu. maintien. des quartiers Beni Brahim et Beni P Ouagguine. abandon et destruction (Fig. vers la ville nouvelle et la palmeraie. W De plan carré. Le plan du ksar est original. Les processus de son déclin sont différenciés tant dans leur rythme que dans leur forme signalant. il enregistre l'extension au-delà de la rocade.LES KSOUR: UNE DIMENSION SOCIETALE A VALORISER Globalement. il continue à assurer la fonction de centre urbain. W W W La place du marché correspond. s’est encore densifié. 153 . autant par sa structure sociale traditionnelle que par les étapes de sa croissance. Chaouche Bencherif dont la trame foncière est prolongée par le parcellaire de palmeraie. M. Dans tous les quartiers. la vigueur de certains tissus et la spécificité des réalités locales. Le quartier Beni Brahim est plus étendu P et complexe. Il a été tronqué à l'Ouest par les destructions de 1872. les membres de chaque clan occupent un pâté de maisons desservi par des impasses où des rues le relient aux autres clans. Ouargla n'est pas une cité circulaire W BAB AZZI BAB ELRABIA radioconcentrique.5 et 6). s'il se réalise. ces artères furent e supprimées. Plusieurs clans siègent dans la djemaa dont les membres représentent la djemaa de tribu.

car leur abandon est déjà partiel.Le ksar: patrimoine historique en danger L'état actuel des ksour dans cette région atteste du haut degré de leur dégradation. les empêche d'engager une réelle réhabilitation. extraversion se généralise 154 . /ha de 1977 à 2000 [ONS. due à la forte densité du tissu qui oblige les habitants à surélever les maisons et à occuper les cours intérieures. pensé par nos aïeux pour sédentariser la population. Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 A Ouargla. ou leur ont donné une vocation. souvent. En tout cas. sont une première série de causes. Les anciens noyaux offrent. Parfois. L'habitat longe les rues qui ont succédé aux seguias traditionnelles et se développe en horizontale et en hauteur. Ouargla La dégradation est. partiellement. comme le caractère religieux. aussi. matériau responsable de bien des désagréments pour les populations autochtones. Ouargla présente une propriété. L'abandon est prononcé dans de nombreuses structures (Fig. la remontée de la nappe phréatique à El Oued.Le statut du foncier est un autre obstacle à la rénovation. le fondement conceptuel du ksar comme espace socioculturel. avec la disparition lente mais inévitable de la palmeraie. Relevant des territoires militaires du temps de la colonisation. fait la fierté de certains ksour comme l'artisanat. Le processus dégradant les ksour est lié à plusieurs facteurs: la fragilité des constructions qui requiert un entretien continu. dès que les conditions le permettraient. qui fait que les familles sont propriétaires usufruitières du bâti et non du sol. tendent à disparaître. d'accueillir une population nombreuse (8064 habitants) [ANAT. aux matériaux modernes pour permettre aux ksour de mieux résister à l’usure du temps. La nucléarisation Figure 5 : Dégradation avancée des familiale et les questions d'héritage amplifient le mouvement constructions dans le ksar de de désertion. aujourd'hui. voire la favoriser dans ces Source: auteur 2005 milieux hostiles. ou celles qui ont présidé à leur destinée. La tendance est à la substitution des matériaux traditionnels par de nouveaux. souvent. Les populations pauvres. en périphérie. les habitants qui rénovent. l'image d'un dynamisme débridé. Si certaines abritent quelques habitants. ils deviennent de véritables îlots de Figure 6 : Etat vétuste des ruelles pauvreté. à géographie et climat rudes. Cette confusion juridique. économique et facile à mettre en œuvre. les inondations successives qui ont causé Source : auteur 2004 de gros dégâts. Même les activités qui ont. rebâtissent en style traditionnel et recourt. plus résistants. est Figure 7: Matériaux nouveaux et actuellement bien déprécié. les dernières vagues de sédentarisation des Source : auteur 2005 nomades se sont. Le parpaing. La densité du ksar de Ouargla est passée de 270 à 349 hab. entretenu (les portes ont été reconstruites). globalement. Survivre aux rigueurs du temps signifie une lutte constante pour se préserver des multiples agressions occasionnées par la bêtise humaine. malgré sa dégradation. remplace la brique de terre. II-1. réappropriés ces ksour à l'abandon. cela témoigne plus de leur précarité que de leur volonté de partir pour une maison plus dure. domaniale. 2002]. 7). Le ksar de Ouargla est. mais continue. jadis. 2004].

celle de l’indifférence des autochtones qui. pas à mobiliser la société civile contre l’invasion de la cité antique par le béton et à élaborer un programme de restauration. celles-ci ne sont que la façade qui n’empêche pas de grands bouleversements. principale artère menant au vieux souk au cœur du ksar. la palmeraie est bradée. le ksar ne fait plus partie de la vie sociale de Ouargla et ce. aussi. dans le cadre du programme dit «d’embellissement de l’environnement». donc. Beni Sissine et Beni Brahim. mais celle-ci n’arrive. par où passe une double voie carrossable.. le cachet ksourien s’est dissipé avec le temps. initialement. n’en déplaise aux non séduits par la beauté rudimentaire de ces palais qui ont résisté. à l’occasion d’un mariage qui. Bien que Ouargla soit. odeurs et sons à cette fête. A la place de l’ancien ouvroir des sœurs blanches. toujours. abandonnée par ses habitants au profit du nouveau village. en 1996. à la renonciation des siens. au centre de la dynamique commerciale des habitants. depuis longtemps.. près de Bab Bouchak. son éclat en août et en automne. célèbres vestiges d’une ère faste et prospère des florissants échanges commerciaux avec l’Afrique noire. attentif à ce qu’était cette capitale et ce qu’elle est devenue. que la perversion a fait de l’aspect folklorique une dominante. parfois. les étrangers apprécient mieux les lieux à leur juste valeur. le ksar de Ouargla a profité d’une classification. En vérité. témoignent d’un mode de construire et de vie sociale différents de ceux imposés par l’actuelle aliénation identitaire qui ne dit pas son nom. Désormais. De ce fait. des usagers des deux mosquées de la ville. comme tout ce qui vient du Sud. devant deux occurrences.) et du nord (surpeuplement. couronnant de longs efforts déployés par l’association créée pour sa sauvegarde. le ksar de Ouargla. En revanche. peu à peu. des 400 000 palmiers autour. voire assimilée. garde encore son cachet. le béton colonise les oasis autant pour la remontée des eaux. En somme. école de jeunes filles des métiers de tissage. En effet. comme des touristes à l’étranger. méconnus pour la plupart par la population locale. comme havre de paix et dans le désert. bâti en béton et pollution). ils n’admettent pas cette folklorisation. les ruelles étroites et les maisons à moitié effondrées. Constituant la richesse architecturale de la contrée. bâtiments de 56 logements construits par l’OPGI. Ces rituels reflètent les modes de vie sociale des Ouarglis où la vente se fait à la criée sur la place du marché. En effet. dans le meilleur des cas. Souvent. considèrent leur culture comme un folklore à ignorer. Beni Ouagguine. forcément. Ainsi. Proche de là. c’est celle de la prédominance du ksar comme mode architectural et social. n’est plus qu’un agglomérat ordinaire cumulant. les portes antiques. Aujourd’hui. en même temps que l’abandon progressif de l’agriculture. Le ksar retrouve. car celui-ci demande de gros moyens et une étude rigoureuse. les ksour de Ouargla forment deux catégories: les ksour-forteresses de Ouargla. certains étant plus conservés que d’autres. N’goussa. que ruines exhumées en avril de chaque année où les Ibadites de la région y effectuent leur pèlerinage annuel. ceux qui n’apprécient pas. Cette thèse s’explique par le fait que Sedrata n’est. est livrée à la circulation automobile. resté. quand les fruits. On se retrouve. l’oasis ancestrale créée. dès que l’on quitte les cités populeuses de la ville et les constructions intruses du décor saharien. les handicaps de la ville du Sud (rude climat. Il y a. encouragés par une féroce volonté d’annihiler la notion de ksar. Comptant un grand nombre de ksour. comme site historique national. qui altère le cachet traditionnel. contrairement. aujourd’hui. autorisée aux poids lourds et surplombée par une mini-cité. dans les années 90. le Bas-Sahara maîtrise peu son patrimoine architectural. éloignement. les coutumes règnent et donnent des couleurs. Force est de reconnaître. jadis. la rue de Rivoli. seuls les vieux remparts. M. le béton s’est imposé dans les constructions modernes. Sidi Khouiled et El Bhour qui s’apparentent à ceux du Souf. des siècles durant. portent le même cachet architectural que celui qui caractérisait. En effet. en plus des ksour de Touggourt et Témacine. 155 . patrimoine culturel d’Oued Righ. partout où notre regard observateur se porte. de rites malékite et ibadite et des trois vieux quartiers résidentiels du ksar. toutefois. mais préfèrent ne pas s’immiscer dans le débat. il est une évidence qu’on ne peut nier. elle succombe. arrivent à maturité ou lors de cueillette des primeurs M’naguer et autres variétés de dattes. Chaouche Bencherif Ainsi. ou feignent de découvrir cette richesse du patrimoine culturel national. pourtant. Durant une semaine. Chott et Adjadja et les ksour ouverts de Rouissat. aussi. les poids lourds livrent leurs marchandises quotidiennement sur la place du marché. que les sept portes séculaires restaurées récemment. à ceux du M’Zab (180 km de là). Il est vrai. aussi. le ksar ne renoue avec ses traditions qu’en été. associée. aujourd’hui. Quant à N’goussa. au grand dam des riverains. à la rudesse du climat. reste le seul du trio à lutter contre l’oubli et l’extinction de la culture ksourienne. l’ampleur des dégâts est visible à l’entrée principale du vieux ksar. à la fois. heureusement. les accès de la Casbah. la situation alarmante des ksour s’impose à l’œil et à l’esprit. à ses éternelles rivales de Sedrata l’ibadite et N’goussa la sunnite.

Restaurer le ksar ou réconcilier la ville avec son passé D’après le constat qui confirme l’état de dégradation du ksar. il l’est beaucoup moins en réalité pour le ksourien qui l’habite. qu’il n’est pas aisé d’anéantir ce qui a été conçu pour durer. même si elles ne touchent pas l'intérieur des habitations. Il s’agit d’actions préconisées par l’étude de réhabilitation du ksar [ANAT 2004] qui se résument en : 156 . Pourtant. le traitement des soubassements pour limiter les remontées capillaires. Plusieurs opérations. depuis des siècles. celui-ci se meurt. et ce qui nécessite la réalisation d’un ensemble d’actions complémentaires (Fig. par sa pierre qui. il prouve. la jeunesse montante aspirant à d’autres sources de connaissances. 2004 Figure 10 : Opération de restructuration du ksar de Ouargla II-2. la couleur. même si son aspect général reste globalement attrayant pour le visiteur. les générations passent. ne sont pas dénuées d'intérêt. déjà réalisées. un effort mérite d'être souligné. les proportions. D'autres actions ont été menées. la réfection des façades. Le programme de réhabilitation comprend l'aménagement des placettes. Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Par contre. les retrouvailles du soir avec les anciens se perdent. C’est une structure vétuste. aujourd’hui. les volumes et le respect des alignements et de la densité. social et culturelle. Pour pérenniser le ksar dans sa dimension historique. le renforcement structurel des espaces couverts en voûtains de plâtre et en solives métalliques. Source : Auteur. résiste aux assauts du temps. sous équipée. sa requalification revêt un caractère prioritaire. enfin. Ainsi.9). peu à peu. Ces actions. ont contribué à redonner un certain éclat au ksar (Fig. telle la restauration des équipements de culte: zaouïas et mosquées reconstruites en béton armé. Source: auteur 2005 Figure 8 : Bab Azzi Des habitations ont été réalisées pour restituer le caractère initial de l'espace urbain en jouant sur des paramètres dont l'échelle. mais l'usage des matériaux locaux comme le timchent (matériau de parement et de maçonnerie de remplissage) permet de sauvegarder une image proche du réel et d'initier Source : auteur 2005 des actes qui ont le mérite de contribuer à réduire les Figure 9 : Bab Ahmid réticences à l’égard des matériaux locaux (Fig. mais le ksar reste là. le ksar de Ouargla se restaure (Fig. 11 et 12).10). l'injection de poteaux en béton armé pour renforcer la structure globale et. les habitudes d’antan.8).

Mais celle-ci ne présuppose-t-elle pas que le dialogue et la contestation ne soit pas toujours perçue comme une remise en cause radicale de pouvoirs qui se veulent légitimes. l’utilisation d’un ciment spécial (HTS. où les solutions préconisées passaient par de grandes percées éventrant des quartiers entiers et/ou par le transfert.La mise en place des systèmes des réseaux (AEP. Chaouche Bencherif Source : auteur 2005 source : auteur 2005 Figure 11 : La place des martyrs Figure 12 : Rénovation de la façade urbaine sur le boulevard . entre des schémas d’aménagement préconstruit et une réalité sociale complexe. . Les politiques de sauvegarde actuellement conduites en Algérie sont loin de leurs objectifs. assainissement) adaptés au tissu ksourien et aux problèmes de remontée des eaux en surface et à l’agressivité des sols. du bâti ancien et des usages qui en sont faits. Certes.La réalisation du cadre bâti se fera par des matériaux solides tels que la pierre la chaux et le ciment. .Des actions liées à la réhabilitation des constructions à usage d’habitation en préservant toutes les valeurs architecturales. .Vu la nature agressive des eaux.Les actions doivent être présentées sous forme de fiches techniques selon les échelles d’intervention. Comment favoriser l’action protectrice en l’absence de perspectives politiques favorables à la mise en œuvre de politiques adaptées d’aménagement ? Comment faire du débat théorique et des études un ressort pour l’action ? Il importe de retrouver les logiques d’articulation du moderne et du traditionnel. de le mettre en valeur et de l’intégrer harmonieusement au cadre de vie contemporain. . de la ville moderne et des centres anciens. Le problème est de savoir découvrir et apprécier ce patrimoine afin de le sauvegarder. . voire de dizaines de milliers d’habitants. CRS) est obligatoire en fondation.Des activités liées à la restauration et à la mise en valeur des équipements traditionnels et historiques du ksar. Plus fondamentalement est posée la question des enjeux sociopolitiques du patrimoine et de la sortie des multiples cercles vicieux induits par ces enjeux. Ce travail sera articulé autour de la typologie architecturale de maisons et le répertoire des éléments architectoniques ainsi que les principes d’organisation spatiale des maisons. Généralement. . M. héritage culturel que nous a transmis le passé. culturelles et historiques des maisons. les discours se sont nuancés depuis l’époque.Le découpage du tissu du ksar en secteur d’intervention tenant compte de l’intégration des éléments structurants et de l’état de vétusté du cadre bâti . CONCLUSION Le patrimoine architectural. l’écart est considérable entre les discours et les pratiques. Mais la rénovation brutale n’est pas pour autant toujours abandonnée. de milliers. hors des centres historiques. pas si lointaine. La préservation des noyaux anciens en vue d’une nouvelle recomposition urbaine devrait susciter une mobilisation conjointe de l’Etat et de la société civile. méconnue ou niée. a une grande valeur spirituelle et transcrit de la manière la plus expressive l’histoire de la civilisation humaine. 157 . Le recensement méthodique des formes permet d’effectuer ensuite une analyse systématique avec phases de catégorisation et classification.

le fichier périodique n°119. Paris. (2004): "Mythes et réalités d'un désert convoité: le Sahara". Karthala et IREMAM. les biens immobiliers et mobiliers. mais aussi une ressource sur le plan économique. ROUVILLOIS-BRIGOL M.. qui est fonction de la consistance des biens mobiliers et immobiliers à préserver. Placer la protection et la mise en valeur des noyaux initiaux dans un contexte socio-économique dynamique lui permettant de s’auto entretenir. culturels et naturels. ONS. Annuaire Statistique de la Wilaya de Ouargla. BISSON J. on peut les évaluer en terme de réappropriation d’une identité de plus en plus menacée . p. 350 7. La prise en charge du patrimoine bâti doit s’inscrire dans un cadre organisationnel adéquat à même de répondre aux exigences nationales en la matière . p. p. Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire. Tout engagement politique en faveur des noyaux anciens. ANAT. Autrement dit. le Bas-Sahara algérien. doivent constituer non seulement l’élément équilibrant sur le plan identitaire et culturel. Sétif. (1975) : Le Pays de Ouargla. (1973) : L'habitation à Ouargla. Ouargla. Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 C’est d’une certaine manière la capacité des sociétés autochtones de faire de la question de la requalification des noyaux anciens une ressource dans la recherche d’une alternative libérée des modèles linéaires et protecteurs de domination qui est en question. (2002). variations et organisation d'un espace rural en milieu désertique. (2004) : Etude de réhabilitation du ksar de Ouargla. COTE M. Alger. Alger.. au plan économique. p. Publications de l'Université de Paris-Sorbonne. Ed. (2005) : (s/dir) La ville et le désert. vital à sa promotion et à sa sauvegarde. DELHEURE J. Sahara algérien.. PILLET D. p.389 158 . 78 5. et par rapport à l’attrait touristique qui en naîtra. Mais les avantages qui en découlent sont incommensurablement supérieurs : au plan culturel.. 2. il s’agit en fait de réfléchir à son intégration dans l’économie nationale et notamment dans le secteur touristique et celui de l’habitat. ainsi une restructuration du secteur du patrimoine culturel s’avère nécessaire. Ed. (1995): Repères pour l'histoire de Ouargla 1872-1992. 6. ils se mesurent par rapport au progrès de l’emploi en phase de réalisation et de gestion des interventions programmées. ANEP. 480 3.. Ed. et alléger ainsi les charges de l’Etat pour son entretien . implique l’emploi de ressources considérables. 305 4. L’Harmattan. BIBLIOGRAPHIE 1.

L'aménagement intégré de ces deux entités fera-t-il naître une ville saharienne contemporaine? Le défi est bien là. vastes étendues désertiques. en sachant préserver ses ressources. d’un mode de vie adapté en fait d’une haute complexité. Sa production architecturale et urbaine se démarque par ses lignes préférées à travers la culture. Les territoires sahariens. définit par une urbanisation non maîtrisée doublée d'inadaptation des modèles importés et imposés aux populations avec une nouvelle vision de l’espace urbain. M. SERRADJ Université Constantine. Centre Universitaire Oum El Bouaghi INTRODUCTION Le pays vit des mutations économiques et sociales profondes. Dans ces vastes territoires. par la présence de deux composantes indissociables à savoir : l'espace oasien ancien d'une part. KADRI . d'autres dynamiques. Elle n'est autre qu’une projection de sa pensée et de son savoir faire face aux contraintes climatiques inhérentes au milieu saharien. Ce type de tissu urbain est définit comme un code opératoire très élaboré et d’une très grande diversité de richesse : il s’agit d’une logique fonctionnelle. Ils témoignent de la manière dont l’homme a transformé la nature brute pour la mettre au service de ses intérêts. constructive.. n’en ouvrent pas moins un autre champ d’interrogation plus culturel.. L’agglomération de Ouargla est le chef lieu d’un territoire qui s’étend sur une superficie de 163.foggara et du ksar qui est en disparition alarmante aujourd’hui. les traditions ou les rites. Ouargla se prépare à repenser sa propulsion dans l'avenir où elle est appelée à tenir un autre rythme de développement. elle doit passer à un autre rythme et doit expérimenter une autre dynamique économique basée sur la valorisation de ses propres ressources. est directement concernée par les mutations socio-économiques en cours. elle peut aspirer à un avenir prometteur.263km². dans cette symbiose entre le ksar et la ville qu'il s'agira d'assurer et d'entretenir. socio-économique que celles qu'elle a connu jusque-là. C’est un important centre urbain dans la région Sud du pays qui a connu de profondes mutations et qui abrite une population de plus de 151 985 Habitants. Ouargla allie les éléments d'une ville moderne. sont vus comme les espaces les plus sensibles et fragiles où les contraintes au développement et à l'aménagement sont difficiles et objectives. Elle se doit de profiter de cette ère nouvelle d'ouverture économique et culturelle pour passer le cap de l'assistanat et s'engager dans des initiatives maturées. Ouargla en tant que centre urbain et oasien en plein essor dans la partie orientale du Sahara.. majeure partie du territoire. de nouvelles formes diverses et complexes de réponses au déficit en logement se sont fait jour dans notre pays. Cela est d’autant plus grave lorsqu’il touche un espace aussi fragile que l’espace oasien. car inéluctables : rigueur du climat. identitaire et économique. voire violente dans les espaces dits sensibles ou spécifiques. valoriser son image et patrimoine authentiques et son présent africain. rareté de l'eau. Les tissus anciens : entre marginalité et durabilité Cas du ksar de Ouargla 1 2 S. multiplier et varier ses compétences. elles concernent tout le territoire national et se manifestent de façon plus contrastée. et l'espace urbain récent d'autre part. affirmer sa particularité culturelle. Confronté à une croissance urbaine rapide traduite par des nouvelles formes de production des espaces. En effet. En plaçant l'intérêt de tous au dessus des profits conjoncturels. L'espace oasien est constitué de la palmeraie . Le ksar en tant que symbole et entité physique de l'organisation spatiale et sociale . Face à cela.M. Ces villes ou quartiers récents si elles offrent une réponse conjoncturelle.L. urbaine. Ouargla est condamnée à inventer une formule pour se développer sans pour autant hypothéquer ses ressources. et des quartiers traditionnels en se caractérisant. difficultés de déplacement.

où les tissus anciens sont exposés à une dégradation permanente. Tous ces éléments définissent une situation de dualité spatiale. Le ksar d’Ouargla qui couvre actuellement 30Ha pour une population de 10 000 personnes environs constitue l’un des repères historiques de la ville de Ouargla. Beni Abbés ou Timimoun. « un noyau ancien » comme périphérie. qui apparaissent suivi de transformation dans la forme urbaine : de l’îlot à la rue… agencé au tissu ancien d’où une variété dans les types qui entraîne une discontinuité dans le développement de l’espace urbain et une absence de toute forme d’intégration spatiale ou d’une adaptation locale. artistique et culturelle est incontestée. Le ksar de Ouargla : un cadre de vie social exemplaire et une adaptation parfaite au climat Ouargla est un très beau ksar. 160 . nous révèlent l’exceptionnelle combinaison de facteurs variables défensifs. Malheureusement. Ces entités urbaines d'une grande qualité architecturale et urbanistique. Les ksour. Kadri de la ville saharienne demeure une richesse patrimoniale du Sud algérien. ce patrimoine d’une valeur architecturale et culturelle certaine a été délaissé. ou encore des villes à coupoles du Souf. aujourd'hui. Ce qui en résulte est une image de ville qui se présente comme un ensemble de fragments de tissus urbains… (Dilatement). sans aptitude à la centralité et. OUARGLA. la logique de structuration du territoire qui régissait pendant des décennies ne dispose plus de toutes ses composantes et n’est pas d’usage. les populations locales de ce climat TISSU TRADITIONNEL désertique ont appris à faire face à ces conditions et donc à construire en fonction du climat et non pas à rivaliser d’ardeur avec 0 200m Source: Lawless et Baghli l’environnement. UNE DUALITE ENTRE DEUX ESPACES: LE KSAR ET LA VILLE La façon d’occuper et de consommer l'espace trahit la nature de l'habitat et l'architecture d'une société donnée. La beauté de Ouargla est plus secrète et demande qu’on s’y attarde un peu pour la goûter. Il n’a certes pas l’originalité des villes du M’Zab dont le site étagé fait ressortir la pureté architecturale. des exigences sociales . des villes rouges comme In Salah. d’un côté. L'architecture est le reflet de l'évolution des civilisations et des cultures. axes hiérarchisés…). sur le rivage d'une croissance urbaine galopante. climatiques . de l’autre. ne serait-ce qu’en prolongeant les éléments de structuration déjà existants (parcellaire. le mode d’extension. Aujourd’hui. I. ont traversé des siècles pour échouer. bien que les infrastructures (routes nationales. économiques.M. et dont la valeur historique. des Kasbah marocaines. au lieu de se faire en continuité. Ainsi. voie ferrée) existent. des « zones nouvelles » sans ancrage. Nous sommes non pas face à une anarchie indéchiffrable mais face à un territoire où se juxtaposent sans fusionner les manifestations construites de deux logiques territoriales : une structure ksourienne basée sur l’activité agricole et le négoce et une administration du territoire qui ne s’est pas encore affirmée en tant que structure et où prévaut le secteur tertiaire.1. crée une rupture en installant. I. qui ont dicté l’organisation Figure 01 : Dédoublement du ksar par la ville moderne du tissu. S.

se qui est le cas pour le ksar de Ouargla. Cette implantation se faisait tout en préservant le patrimoine agricole de la palmeraie.après : Le site : Les premières constructions ont été implantées sur un plateau plus au moins élever. ou d’une façon indirecte par une galerie (canal de Sedrata) qui alimente les maisons qui possédaient leurs propres puits. entouré de jardins de palmiers offrait une très bonne assise aux maisons. les habitants de l’ancienne « ville » de Sedrata choisirent un plateau peu élevé par rapport à la cuvette de l’oued Mya.1 Logique d’implantation : une situation au confluent des pistes transsahariennes En général les établissements humains des ksour sahariens se faisait soit par :  La sédentarisation des nomades et fondation de leurs propres villes (ksar). Les hameaux éparpillés qui constituaient les noyaux primitifs du ksar étaient composés de familles élargies différentes les unes par rapport aux autres. les constructions ne formaient qu’un ensemble de hameaux éparpillés sur le plateau. Pour s’installer de nouveau dans la zone. le 13 et 14 mai 2008 I.  L’émigration de la population suite à des troubles entre tribus et groupes ethniques ou religieux. à l’échelle de l’Afrique. Ce site.1. notamment sur les plans ethniques et religieux. car celle-ci n’est qu’à 60cm de la surface du sol.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.  Premier niveau : ksar avec sa structure et ses équipements d’excellence  Deuxième niveau : Quartier . repartis autour d’un site vierge lequel est devenu plus tard un point de rencontre « le vieux marché ») et ou se trouve la tombe de Si-Louargli et l’ancien point d’eau (carte d’évolution des remparts). Pour le tissu du ksar cette logique d’implantation est dictée par des éléments physiques et sociales ci. Les premiers habitants du ksar de Ouargla ont du choisir un plateau peu élevé dans les bas fonds de la vallée de l’oued Mya pour être proche des endroits ou l’eau est facile à extraire de la nappe phréatique en creusant des puits d’une certaine profondeur. fondé après la destruction de Sedrata et la fuite de ses habitants vers le plateau qui supporte le ksar actuel. pour contrecarrer les invasions d’une part. Identifications des composantes du ksar L’organisation sociale de la population du ksar a fortement conditionnée le processus de production de l’espace ksourien.Troisième niveau : Sous quartier (Djemaâ) 161 . Le plateau est traversé par l’une des plus grandes canalisations souterraines distribuant l’eau de la fameuse Ain Sfa de Sedrata. l’eau est distribuée ensuite à l’aide des galeries souterraines vers les différents jardins des palmeraies.1. Au début. A cet effet on dénote trois niveaux de structuration du tissu urbaine : (Fig. et d’autre part pour se protéger de la remontée des eaux de la nappe phréatique. mais surtout sacrée au Sahara. La présence de l’eau : Étant une ressource vitale. Cette eau est utilisée par les habitants du ksar soit d’une façon directe en ramenant des puits.2. Cette ressource rare dans un milieu aride est captée dans la nappe phréatique la plus proche à la surface du sol. Les échanges commerciaux se faisaient au niveau de cette ville qui servait aussi de lieu de repos et de passage des caravanes venant de Ghadames en allant vers Fès (Maroc) et de Tunis en allant vers Gao (Niger).  Le transfert de population d’un ksar vers d’autres sites d’implantation quand les parcelles à construire sont épuisées. un phénomène très connu dans la région. Les bas fonds sont préserves pour les activités agricoles. I. n°02). la présence de l’eau dans le désert est le premier élément à prendre en considération pour toute implantation d’établissement humain. Position privilégiée du ksar : pôle d’échange commercial très ancien : Le ksar constituait le point névralgique où se convergeaient toutes les pistes des caravaniers les plus importantes pour relier plusieurs pôles. à l’abri des zones touchées par la remontée des eaux en surface.

D. FIG N°02:LE KSAR HIERARCHIE DES ELEMENTS MORPHOLOGIQUES DE COMMUNICATION SOCIALE terrasses accessibles. Aujourd’hui. passages couverts des rues étroites pour la création d'ombre afin d’atténuer les Figure 02 : Le ksar. le tissu ksar connaît une dégradation très avancée due au délaissement. La ville de Ouargla a subi une forte urbanisation. Si ce processus de croissance est identifié. multiplication des accolements et mitoyennetés. matériaux BOUHAFC 0 15 30km utilisés. sa main d'œuvre se perdre et ses infrastructures se détériorer malgré les quelques initiatives privées qui continuent à la maintenir en vie en l'absence d'aides publiques et d'encouragements. une première fois par le commerce caravanier et spécialement du troc de l’or et d’esclaves et une deuxième fois par l’essor contemporain du à l’activité pétrolière à partir de 1955. Si l’homogénéité du tissu demeurait. et la cohérence première des entités urbaines avait tendance à se désagréger. entraînée par l'accélération démographique due à l’implantation industrielle et la promotion administrative.A. fondamentalement hostile et contraignant il a pu surgir. reconstruction des habitations sur une même parcelle. la réinterprétation ou la rupture au niveau du tracé et de l’architecture nous permettront de mettre en avant l’impact de cette dynamique urbaine sur les causes de dégradation du ksar et sa marginalisation au sein de la ville à qui il a donné naissance. hiérarchie des éléments effets de chaleur. typologies architecturales privilégiant Source: P. P Centre de formation P BENI OUAGGUIN Ces lieux. formes urbaines. réduction conséquente de l’espace de jardins sont des faits évidents qui n’expliquent pas pourquoi seuls ces procédés ont été utilisés. sont autant d’aspects de son morphologique de communication sociale adaptation aux contraintes climatiques. Mosquée P Marché P Chaque ruelle regroupe plusieurs clans de la P Djemaâ et chaque clan est reparti en groupes de BENI SISSIN famille sur l’ensemble des impasses qui prennent P P issue de ces ruelles pour constituer le dernier maillon de cette structure urbaine à savoir la P maison ksouriènne. la P mosquée.Ouargla : une croissance spatiale démesurée et des mutations urbaines mal assumées Le paysage d’une oasis est un paysage entièrement artificiel. 162 .M. disparition progressive des espaces libres. par contre celle de la ville perdait de son importance. L’oasis de Ouargla a été deux fois favorisé par l’histoire. organisés autour des espaces structurants appelés lieu de Djemaâ. nous n’en connaissons pas exactement les mécanismes. paysage qui fait oublier dans lequel milieu naturel. mais la manière dont se sont formés les tissus que nous rencontrons aujourd’hui : reprise. la zaouïa. accroissement des nombres de la famille et donc des besoins entraînent la restructuration de l’habitat. symbolisent sur la plan P Marché P social la Djemaâ (la fraction). Ce phénomène a eu un impact direct sur la ville qui s'est développée très vite au détriment du ksar. S. I-2. à une densification du tissu sur lui-même avec le cortège d’inconvénients que l’on sait : renchérissement des terrains et spéculation. voit son agriculture se marginaliser.U du groupement d'Ouargla+travail personnel. Kadri On trouve les fractions suivantes: PALMERAIE On trouve les Cette organisation urbaine reflète une organisation 1: TOURES OU PALMERAIE fractions suivantes: THOUREST 2: L'MIZEB PALMERAIE 1: BAB ERBER OU ER-RIAH 2: BAADECH sociale bien hiérarchisée dont les grandes lignes se 3: KHIRBA 3: DAQQUICH 4: TIRIRA OU TIRIYA 4: BAYAD OU DJAMAA OUAGGUIN résument dans la figure suivante . la djamaa. De plus. le ksar a amélioré le confort 3: HOUHAF 8: ADDOUR OU P Lieu de la djemaa 4: AKDI OU SIDI HADDOUR HAFIANE 5: BOUSHAK OU BOUSHAQ OU 9: EL MOHAG Ruelles piétonnes thermique à travers. L’identification de la permanence. le marabout (tombes des Limite des sous On trouve les fractions suivantes: entités Wali). Outre les éléments qui le composent: la maison. Chaque groupe 5: AZZI 5: BABER-R'ELEM 6: DADA MOUCA 7: LALLA TOUBA PALMERAIE ECOLE ethnique occupant un quartier qui est organisé en 8: HAHA 9: BASA OULHA 10: LALA P P PALMERAIE plusieurs fractions qui se composent de sous P MANCOURA 11: BAYIDIR BENI BRAHIM quartiers. 2005 l’introversion de maison pour préserver l'intimité. le souk et surtout les remparts 1: SEBROUCH OU 6: LALLA TISKIFIN 2: AROUSA MESS'AOUDA 7: SI BEL HAMOU P Placette percés de portes. Même la palmeraie qui ne représentait plus un potentiel foncier convoité par l'urbanisation. où tout est création de l’homme. vers lesquels convergent toutes les Mosquée ruelles des sous quartier.

trottoirs et lampadaires. l’agglomération se caractérise par un tissu urbain hétérogène dont une grande partie est occupée par des quartiers vétustes et sous équipés : 163 .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. C’est la transposition d’un nouveau modèle urbain qui vient se greffer à l’enceinte du ksar dont les différences typologiques et morphologiques sont nettes. résulte de la volonté de la politique de l’Algérie indépendante qui tient à affirmer sa souveraineté face aux impérialismes voisins. la découverte du pétrole a accéléré le phénomène de sédentarisation des nomades. Le mirage du pétrole a marqué la ville par les premières mutations en matières de changement du mode de production. au cours de la quelle la ville s’est étendue au sud du ksar sur une superficie de 200ha. L’agglomération de Ouargla a connu une croissance urbaine comprise entre 4.85% et 7.88%. Après 1940 la ville continue à s’étendre autrefois simple marché local. La partie de la ville de Ouargla que l’on doit aux occupants français a été construite à partir de 1927 par le colonel Carbillet. La sédentarisation massive de la population et l’apport d’une population massive provenant des différentes wilayats du pays sont autant de facteurs explicatifs de l’évolution urbaine qu’a connue l’agglomération au lendemain de l’indépendance du pays. l’élargissement du marché de travail et de nouveau rapport ville-compagne et espace- société. Ouargla est devenue un grand centre urbain dont le niveau d’équipement est en déjà d’un chef lieu d’un territoire stratégique. La troisième étape du processus d’urbanisation qu’a connu l’agglomération correspond à la période de l’indépendance au cours de laquelle l’agglomération a connu un développement rapide mais anarchique. A la différence du ksar. Claval. plus qu’au développement et de l’exploitation des hydrocarbures ». La deuxième phase du processus d’évolution de l’agglomération correspond à la période coloniale. non structuré et monotone du point de vue architectural et urbanistique. Durant la période 1956 à 1960. I. Selon le cahier de l’aménagement du territoire. il introduit ainsi un nouveau mode de perception de l’espace qui était inconnu dans la région. période au cours de laquelle elle était le chef lieu de l’ex wilaya de l’oasis qui a bénéficié en 1966 d’un programme spécial dont une grande partie des investissements était destinée à la réalisation de programmes de logements et d’équipements dans l’agglomération de Ouargla. la ville de Ouargla connaît une accélération du phénomène de sédentarisation des populations nomades. Sa prospérité reste plus que jamais liée aux apports monétaires extérieurs et la volonté politique d’un gouvernement soucieux d’établir l’équilibre régional dans tout le pays. phénomène qui a donné naissance aux quatre quartiers dits « nomades » : Béni Thour à l’Est. « La ville est à l’image de ceux qui la gèrent et de ceux qui l’on conçue » P. Ouargla apparaît à l’heur actuelle comme oasis privilégiée des ressources ont été considérablement accrues par un nouveau courant commercial né de la proximité des exploitations pétrolières. elle comporte trois phases successives de 1883 à 1904 pendant cette période les interventions étaient essentiellement concentrées sur le noyau initial . Sa réalisation obéit à des impératifs sécuritaires et abritait à l’époque une population de 1 000 personnes et 600 constructions dont le nombre a évolué progressivement. La composition urbaine : une discontinuité d’entités Ouargla se caractérise par un tissu urbain étalé.2. La conquête française s’est faite par étape successive . Ouargla prend rapidement son nouveau visage de chef lieu de wilaya avec boulevard à double voie. le 13 et 14 mai 2008 I-2-1. Said Otba et Sidi Boughoufala au Sud. Il conçut le projet d’une ville moderne sur l’ordre de ses supérieures à côtés du ksar. Il dessina largement les voies parallèles et perpendiculaires traçant ainsi un réseau en damier qu’il bordait de jardin. Si Ouargla est aujourd’hui capitale incontestée du Sud. Mekhadma à l’Ouest. c’est à la géopolitique qu’elle le doit.2.La croissance urbaine : une poussée rapide et différenciée La première phase de l’évolution du tissu urbain est liée à la création du ksar au Xéme siècle sur une superficie de 30ha. ils présentent un dynamisme étonnant. La présence massive de la végétation achève de donner à Ouargla la physionomie d’une ville du Nord avec une platitude parfaite. L’indice de croissance urbaine le plus élevé a été enregistré entre 1966/1977. malgré l’apparence très désordonnée. « La transformation de Ouargla.

qui connaissent développement anarchique et d’énormes problèmes.Un noyau central ou bien la ville coloniale constitue le centre ville qui abrite des VERS N'GOUSSA OUARGLA. le triangle militaire occupe une TOUGGOURT superficie de 55héctares dans le centre ville et constitue une barrière urbanistique d’intégration et une contrainte physique à l’organisation et au VERS VERS fonctionnement de l’espace central. Ce site d’extension doit recevoir tous les programmes de développement. L’un des problèmes principaux du développement futur sera de retrouver une unité à cette agrégation de tissus. Elles se réalisent également sans souci de cohérence et d'organisation d'ensemble et surtout sans principes d'intégration au noyau urbain existant. forte densité à l'hectar) Quartier coloniale (militaire) Immigrants originaires du Nord Quartier administratif Sidi Boughafala Nomade sédentarisés (faible (récent) zone industrielle une dégradation avancée par manque densité à l'hectare) Nomades sédentarisés (se restructurant) ACTIVITES COMMERCIALES d’entretien. il continu de représenter pour la population un sanctuaire culturel et cultuel par excellence.  Les nouveaux tissus : après l’indépendance. il est à la limite de sa saturation EQUIPEMENTS HABITAT caractérisé par un tissu dense et présente un ksar B Ifris Administratifs (wilaya. Le ksar de Gharbouz Sanitaires Commerciaux Bâtiments militaires Hôtel de tourisme El Gara Zone industrielle Palmeraie Ouargla est le noyau urbain de la ville et l’un de Extension future de la Cimetières Mekhadma zone industrielle Beni Thour Village socialiste QUARTIERS ses principaux repères urbains mais qui connaît Ben Abda Ksar (sédentaires. Sur la trame du centre ville sont venus s’articuler les autres axes et se greffer d’autres quartiers tels que : Mekhadma. ces trois formes urbaines se complètent par l’habitat collectif et les immeubles des équipements urbains d’une forme moderne.LE KSAR DE OUARGLA : ENTRE HARMONIE ET RUPTURE La nouvelle vocation de la ville de Ouargla durant la période coloniale et post coloniale comme un pôle administratif et militaire a eu des conséquences négatives sur la préservation du ksar. Kadri . FIG N°03: TYPOLOGIE DES QUARTIERS ET POLES D'ANIMATION COMMERCIAL Figure 03 : Typologie des quartiers et pôles d’animation commercial Bien que le ksar occupe un espace modeste par rapport à l’agglomération et connaît un état de vétusté préoccupant.. II. GHARDAÏA ROUISSAT . Sokra. Cette situation s’est traduite par le VERS ROUISSAT convergence des rues marchandes marché couvert marché en plein air (quotidien) Flux de fréquentation préférentille départ d’une partie de la population vers d’autres souk du vendredi Boutiques dispersées B marché au bois (disparu) (commerce de quartier) magasin d'état (grande surface) 0 500 1000m quartiers de la ville et que 48% des Source: P. mais cette solution peut être a double tranchant dans le sens ou elle peut renforcer et accentuer la rupture entre le tissu traditionnel et les pôles d’animation de la ville.  Un pôle secondaire. EQUIPEMENTS ET équipements importants répartis le long des HABITAT axes structurants ou sont implantés un habitat à fonction urbaine et de larges avenues plantées VERS d’arbres.M..U service d'Urbanisme. susciter la transformation du tissu urbain.. Il s’agit généralement de lotissements de quelques villas ou petit immeuble de trois niveaux rarement quatre. moyen et long terme.) Scolaires Individuel Collectif (plusieur niveau) état de dégradation incessante. de formuler une structure permettant un développement harmonieux de la ville.Au Nord du centre se localise l’ancienne ville VERS N'GOUSSA (ksar). palais de justice. Rouissat. Il s’étale sur une superficie de 1020 hectares. Said Otba…. S. Le site d’extension future est située à l’Ouest de la ville de Ouargla dans le plateau de Bamendil qui présente la plus grande partie des réseaux foncières prévues pour le développement de la ville à court. pour les différentes échéances de la ville. L’habitat collectif se disperse et ne forme qu’exceptionnellement un quartier. effacer les ruptures entre les quartiers indigènes et européens. Bamendil. 164 . est permettre ainsi la sauvegarde du ksar classé patrimoine national. 1997 constructions ne sont pas habitées actuellement.M.

165 .La réalisation des équipements tels que la Figure 04 : Le ksar de Ouargla 1960 Mahkama et la clinique ophtalmologique. II-1-2. .Causes et effets de dégradation Malgré son classement comme patrimoine national. En outre.Période de l’indépendance : recomposition spatiale ou rupture sociale Durant cette période.La distribution de l’eau potable dans le ksar en 0 50 100 150m 1951 . le ksar de Ouargla continue à être menacé. ce qui a contribué entre autre au changement de la typomorphologie du cadre bâti. délaissé et qui est déjà très affecté par le manque d’entretien.83)  La réalisation d’un programme de logements et d’équipements à la périphérie du ksar au détriment de la palmeraie. Les opérations réalisées sont :  Le réaménagement de la place du marché et ses boutiques. 1983 FIG N°04: LE KSAR DE OUARGLA 1960 . POLICE . le 13 et 14 mai 2008 II-1. ses constructions subissent chaque jour des opérations de démolition et de rénovation. Durant cette même période des opérations planifiées ont été réalisées à l’intérieur du tissu. .L’aménagement de la place du marché avec ses FLATTERS POSTE DE boutiques en 1895 . DISPENSAIRE PLACE . II-2.  La rénovation (avec la destruction de l’église et de l’ouvroir) en réalisant une percée au Nord du tissu (projet CNERU 81. Source: OUARGLA CITE SAHARIENNE Des origines au début du XXe siècle. et le clocher de l’église du ksar (1933) à la place du vieux marché . Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. le ksar de Ouargla a connu une forte densification (en terme de population et d’extensions par fois inadaptées) à l’intérieur de son tissu.  Aux différentes transformations qu’a subies le ksar durant son processus d’évolution.  D’autres opérations ponctuelles de transformation des maisons ont été réalisées de la part des habitants. dénommée actuellement MINARET SUD place des martyres . GARE ROUTIERE . des permis de construire ont été délivrés durant les dernières années pour des particuliers afin de leur permettre d’auto-rénover (après démolition) leurs anciennes maisons.La destruction en 1872 d’une partie du quartier MINARET des Beni Sissin (côté Est). Cette surcharge a énormément contribué à l’accentuation de la dégradation du cadre bâti.Le fossé qui entourait le ksar a été comblé en MAHKHAMA 1881 . Les causes de cet état de dégradation sont principalement dues :  A la surcharge démographique (en termes de densité) du ksar.Mutations et transformations du ksar II-1-1.La construction de l’ouvroir des soeurs blanches (1923). donnant PLACE DU MARCHE SOURCE naissance à la rue Rivoli.Période de la colonisation : une structure urbaine dédoublée L’intervention sur le cadre bâti durant cette période a commencé par des opérations de destruction à l’intérieur du tissu du ksar à savoir : CLOCHET . avec la réalisation d’une NORD percée sous l’ordre du général Lacroix.La destruction totale des remparts en 1958 .

R.  L’étude de rénovation et restructuration du quartier du ksar.M. le dispensaire.  Projet d’aménagement de la zone Souk.R.El .  La création d’un environnement de vie plus favorable en créant des espaces verts et en dégageant des voies plus larges pour relier le ksar avec le reste de la ville.E.E.U (Centre national d’études et de recherches en urbanisme) en Octobre 1981.E. L’étude de rénovation et de restructuration du quartier ksar de Ouargla. Kadri  A la qualité et à l’âge des matériaux utilisés combiné aux contraintes naturelles (vent. La proposition du C. La possibilité de percer la muraille a permis aux maisons situées dans la bande périphérique de s’étendre extra-muros et surtout de disposer d’une porte d’entrée donnant directement à l’extérieur du 166 .D) en Septembre 1976.N. élaborée par le C.N.  A l’introduction des nouveaux matériaux non compatibles (sur le plan physico-chimique) avec les matériaux traditionnellement utilisés. élaborée par le C. gel). compte tenu de la spécificité et de la complexité du cadre bâti du ksar  A l’inadaptation du cadre bâti aux mutations sociales (changement du mode de vie et des pratiques sociales) A ces causes ayant contribué à la dégradation physique du ksar d’autres interventions planifiées (avant le classement du ksar) ont quant à elles contribué à un début de disparition d’un savoir faire urbanistique et architectural. notamment après l’indépendance.P.  Au manque d’entretien régulier des constructions. le siège de l’autorité sont à l’extérieur du ksar. La particularité du milieu physique du site n’a quant à elle pas été du tout abordée comme élément déterminant qui devait fonder les propositions.E.U.N. réalisé par la S.  Aux difficultés d’adaptation des réseaux.  A l’abondant des maisons par certaines populations à la recherche de conditions de vie meilleures. Un aspect très important que nous devons prendre en considération dans toute proposition de réhabilitation. qu’une partie de ce projet a été réalisé au niveau de l’emplacement du vieux marché en détruisant l’église et l’ouvroir des soeurs et pères blancs. Actuellement le ksar est toujours habité (et à forte densité) mais ayant perdu les équipements les plus importants aux yeux de la population : l’école.Hdjar. (La pérennité de l’habitat du ksar s’explique par la pauvreté de la population ou par le manque d’espace pour des constructions nouvelles à l’extérieur). élaborée par l’institut national de la productivité et du développement industriel (I. S. Les tentatives ponctuelles de réhabilitation et de restitution (les portes et quelques maisons) réalisées jusque là sont insuffisantes et risquent Cliché : auteur 2005 de compromettre le projet de réhabilitation du Photo 01 : Bab Azzi ksar en l’absence d’une étude globale de réhabilitation.N.U s’inspire beaucoup plus de l’idée d’affecter au ksar une image de marque au détriment du vécu de son espace socio-urbain avec toutefois la négation de toute l’histoire du ksar et des leçons d’architecture que l’on pouvait tirer de ce dernier.R. pluie.TO (Société d’études techniques d'Ouargla). Les principales études réalisées pour le ksar sont :  L’étude de rénovation urbaine quartier du ksar d'Ouargla. dans la mesure ou les nouvelles implantations font rupture avec le cachet traditionnel de la typologie du cadre bâti.E. On note toutefois. visait l’amélioration des conditions de vie des habitants en procédant par :  La démolition des habitations à l’état de ruine et leur remplacement par des habitations plus spacieuses.

Places. le 13 et 14 mai 2008 ksar. de façon indissociable de celle de la maison ksourienne. Dans ses aspects morphologiques généraux l’habitation a donc subi des transformations radicales. impasses.Requalification des noyaux anciens en vue d’un développement durable La complexité et l’articulation du tissu urbain du ksar. dont l’état de dégradation avancée nécessite des actions de requalification pour qu’il reste un point fort et un repère historique et culturel de la ville. le système ksar-palmeraie ne fonctionne plus de la même manière. entraînée par l'accélération démographique due à l’implantation industrielle et la promotion administrative. Ce phénomène a eu un impact direct sur la ville qui s'est développée très vite au détriment du ksar. L’évolution culturelle en cours. sorties de l’enceinte qui leur imposait des lots étroits se sont étendues sur le sol. l’organisation de l’espace public et des espaces domestiques. hommes/bêtes. l’observation du plan montre par contre. tous ces espaces publics de transition entre la campagne environnante et l’habitation sont absents dans le nouveau schéma. peu de places publiques. un certain nombre de permanences. ainsi les raisons qui ont poussé à la dégénérescence du ksar expliquent celles de la maison qui en faisait partie. De ce fait. Ce système est porteur de signification historique et sociale: des constructions denses. Un type de groupement à fonctionnement annulaire prend ainsi corps et se démarque du type originel par l’instauration de relations nouvelles entre les milieux intérieurs et extérieurs. Ce phénomène s’est accompagné de l’abandon progressif de la partie centrale du groupement et de la sortie à l’extérieur du ksar des équipements collectifs. évoluent très lentement. a été doté d'un système de signes visuels qui ont fondé son identité particulière. Celle-ci apparaissait comme un espace étroitement imbriqué dans la masse des autres habitations. c’est de la mixité urbaine qu’il s’agit. III-1. la production. il faut éviter de recouvrir systématiquement à une architecture planifiée qui se traduit par un style anonyme est standardisé qui évacue la richesse culturelle de la ville. Ouargla offre l’image d’une ville 167 . Le ksar a été abandonné partiellement au profit de nouvelles extensions urbaines. qui. Aujourd'hui. la modification des comportements n’ont pas touché jusqu’à présent aux structures profondes de la personnalité. Les maisons nouvelles. le stockage et la vente. du point de vue morphologique. Les séparations intérieur/extérieur. elles. Cliché : auteur 2005 résidents/invités. III. couple/enfants adolescents Photo 02 : Rénovation d’une partie de la façade pour la fonction sommeil… urbaine donnant sur le boulevard continuent à organiser le plan et ont même trouvé une meilleure expression spatiale (les différences d’accès expriment mieux certaines séparations reconnues dans l’usage). une fois qu’il a été débarrassé de ses scories et mis sous forme d’organigramme. la typologie qui définissent le domaine bâti : autant de caractéristiques qui situent les ksour parmi les noyaux anciens les plus intéressant à préserver. Dans cette perspective.Valoriser l'image du ksar: Quelles priorités pour faire revivre le ksar? La ville de Ouargla a subi une forte urbanisation. rues étroites et tortueuses et spécialisées en fonction des activités artisanales ou commerciales dominantes où cohabitent l'habitat. La disparition du ksar s’accompagne. Le paysage urbain ksourien.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Le ksar d’Ouargla est une source d’inspiration pour cette agglomération urbaine. Le développement de la ville doit s’inscrire dans une démarche architecturale qui tient compte de la spécificité de la zone et de sa richesse culturelle. La muraille prise en sandwich par les constructions disparaît à la vue et perd tout rôle fonctionnel au profit du noyau colonial et la nouvelle ville. rues.

sectorielles et ponctuelles suivant un ordre cohérent de priorité. Kadri éclatée avec un développement en forme d’éventail isolant le ksar enfermé sur le plateau. des fonctions culturelles et religieuses importantes pour l’ensemble de l’agglomération urbaine. l’image même de la ville.  Assainissement : la réfection du réseau ancien et la mise en place d’un autre nouveau .  Restauration : des équipements socio-culturels et religieux . ou la sauvegarde des valeurs architecturales ne saurait être concevable en dehors du contexte humain à long terme. est en train de devenir de plus en plus excentrique. Mais d’autre part. ainsi à travers cette optique d’unité urbaine.  Habitat : amélioration de l’habitat dans le ksar à travers des opérations de rénovation sur les secteurs insalubres de certaines maisons . cela demande une reconnaissance de son potentiel et des ressources disponibles pour créer les conditions favorables au déploiement des activités ou à la création de nouvelles activités pour attirer sur le ksar les intérêts des investisseurs publics et privés afin d’entamer un processus de requalification le plus possible autocentré. Il est évident qu’une sauvegarde passive ou purement « réglementaire » de ce patrimoine est insuffisante et peut être. l’organisation de l’espace public et domestique. exprime le « besoin » d’un « centre » pour ces activités « modernes ». encore que fort dégradés en certaines parties. La requalification du ksar est couronnée dans le discours global du développement de la ville par le maintien et le renforcement de l’intégration du ksar dans le système urbain. le ksar a gardé certaines spécificités qui tiennent à son histoire urbaine. Approche d’intervention :  Dédensification : une opération impérative urgente. au cours du processus d’urbanisation.M. La conception de la requalification dans ce cas repose sur une large et permanente contribution de l’ensemble de la population à tous les niveaux. le souk qui demeure un marché important pour les produits agricoles. Placé dans le contexte global du développement de la ville. Il garde donc un certain rôle « central » pour les secteur « traditionnels » de l’économie et de la société urbaine et surtout représente un ensemble de valeurs culturelles et symboliques partagées par la population de la ville entière. la requalification se traduit principalement par un ensemble d’actions. une sorte de « banalisation » du ksar. le valoriser par des utilisations compatibles et le rendre accessible. dans la palmeraie. du fait même d’une expansion des zones urbanisées lourdement conditionnée par le site. Cela veut dire d’abord « redécouvrir » le patrimoine historique. tout de même. tient essentiellement au déclanchement de ces mécanismes exemplaires et la mise en place des formules simples d’aide financière et technique.  Opter avec la multifonctionnalité et rompre avec l’école du zoning. surdensification). l’objectif à poursuivre est alors plutôt celui d’un « recentrage ». de l’environnement urbain. Le rôle du pouvoir public. les éléments historiques constituant la trame urbaine. il est évident qu’il y’a eu. des activités artisanales spécialisées. Cette urbanisation a touché l'ensemble de la communauté ksourienne entraînant une destruction de son système social et économique dont le fonctionnement était lié étroitement au travail agricole nécessaire à sa survie. du patrimoine monumental et artistique même. Le problème qui est posé aujourd’hui est celui de sa « revalorisation » dans le contexte d’une ville qui est censée se donner de nouvelles fonctions tertiaires (chef lieu de wilaya) et qui.  La réhabilitation architecturale. à travers tous les mécanismes aussi bien spontanés que concertés. Ces interventions s’accompagnent d’une refonctionnalisation des édifices publics ou privés en activité à vocation touristique et communautaire à caractère lucratif. irréalisable dans les conditions actuelles. La dégradation du cadre bâti entraîne en effet une dégradation ultérieure de l’habitat (morcellement. La question qui se pose est donc celle du rôle que cette partie de la ville peut avoir dans cette perspective de modernisation et réorganisation de la ville : il est évident qu’une marginalisation ultérieure entraînerait une dégradation accentuée de son tissu et son espace historique. pour le maintien de l’équilibre du ksar . S. 168 . des économies d’ordre social et institutionnel sont conséquentes. Et ceci dans un cadre bâti où sont préservés. La position du ksar par rapport au reste de la ville. ceci non seulement pour ce qui est des monuments (qui sont à sauvegarder) mais surtout pour ce qui est des « systèmes » et des « réseaux » d’espaces dont le réutilisation peu stimuler des relations nouvelles entre le noyau historique et le reste de la ville. S’il s’agit de préserver les valeurs historiques autant que socio-économiques du ksar.

c'est avant tout sa conservation et sa sauvegarde. En ce sens l'utilisation des matériaux locaux sont. non pas passéiste mais moderniste. climatique. offre un confort thermique meilleur que la construction en béton. environnementale et surtout des potentialités et des contraintes du milieu désertique dont la fragilité est incontestable. une coordination devrait exister entre les opérateurs et les actions des ksouriens. un désir des populations ksouriennes de posséder les éléments de confort. à l’image des vieux centres sahariens. mais au contraire. se diluant dans un ensemble urbain de plus grande échelle. le dilemme. l'intervention durable sur un ksar viserait à prendre en charge son passé et faire appel à l'existant. On tend aujourd'hui à développer dans le secteur de la construction le concept d'écoproduit. c'est aussi le matériau de construction avec lequel on opère. dont la vétusté est apparente et qui. Il ne nous est pas permis de perdre cet héritage ancestral qu'est le ksar. en tant que patrimoine. En particulier. A cet effet. de part leur coût de revient qui est nettement inférieur. le développement est avant tout économique et social. Qu'en est-il de la durabilité des tissus anciens? Alors qu'il s'agit ici d'un ksar. Le ksar et la durabilité. en général. le développement durable concerne son intégration dans la dynamique de la ville et son adaptation au monde d'aujourd'hui tout en conservant ses traditions. tomberait. le ksar est dénaturé. auxquels ils aspirent en ce XXIéme siècle. et à donner un sens nouveau au lieu (requalifier) sans négliger ce qu'il véhicule. ainsi que le savoir faire. Le développement durable est une dynamique d'action et continuellement renouvelée en vue d’un projet de long terme. Cette situation est d’autant plus gênante que le milieu naturel et les contraintes climatiques appellent une structure compacte. mais encore projetée en avant dans le futur. Il est la preuve d'une lutte continue de nos ancêtres contre le désert et ses conditions difficiles. Car au delà des difficultés à maîtriser les aspects techniques. préserver ou développer ne devrait pas se poser. qui doit répondre aux besoins des populations ainsi. Ainsi. en ruine. L’option est dans l'urbanisme participatif et de concertation. Aujourd'hui. si rien ne se fait dans ce sens. il prend en compte l'amélioration des conditions de vie des plus défavorisés. non seulement fonctionnelle. Il ressort qu'à travers une prise de conscience écologique. les citoyens interviennent. et de l'autre côté le souci de la sauvegarde de ce tissu ancien. le manque de moyens. la construction en terre. à la fois comme acteurs et sujets de l'action. Il faut plutôt préserver dans le respect des équilibres écologiques du milieu désertique et envisager le développement sans détruire l'écosystème car l'évolution des modes de vie a atteint un stade tel que le ksar traditionnel devient actuellement inadapté aux nécessités de la vie moderne. Le ksar. 169 . sauvegarde du patrimoine oblige. au risque d'abandon des traditions constructives. largement avantagés. Dans une philosophie du développement durable. La récupération du ksar se fait en introduisant les commodités : alimentation en eau. entraîner une responsabilité partagée avec la collectivité. sans aucun doute. de le moderniser pour la ré-utilisation. Car il est le témoin et l'œuvre d'une civilisation. afin de se confondre et d’approcher l’architecture et de dépasser la construction. dans le meilleur état possible. Pour être durable. Dans le ksar. assainissement. les villes sahariennes. Celui-ci s'identifie à un développement souciant de l'intégration des conditions de vie sociale. il est du devoir de tous de le transmettre aux générations futures. le ksar et la durabilité concernent ses habitants. La durabilité du ksar. de cette manière on le pérennisera davantage. l'intérêt est de plus en plus porté au développement local. Comment concilier d'un côté. électricité et permettant des conditions de vie conformes aux aspirations de la population pour la maintenir sur place ou pour des services de tourisme ou autres. le 13 et 14 mai 2008  La production d’une architecture locale de signification. une opposition apparente entre les formes urbaines traditionnelles et récentes a été relevée. s'agit-il d'action de restauration ou de rénovation. Il ne suffit pas seulement de préserver ses monuments historiques en vue d'en faire un musée pour la joie des touristes. donc.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Aussi. présentent aujourd’hui un caractère non structuré et une organisation inconsistante par manque d’une densification minima. Donc. Organiser la gestion du territoire : Intégration de l'espace ksourien à l'économie III-2- nationale A travers l’analyse des évolutions morphologiques. réinventer le ksar ne peut se faire que dans une réflexion.

pour qu’elles atteignent une structure solide. La ville saharienne durable sera donc une ville compacte dense. la participation des citoyens et la société civile soient effectives et efficaces.  Valoriser l'habitat ksourien en tant que projet urbain  Concilier un désir des ksouriens d’accéder au confort moderne tout en sauvegardant le ksar par le mouvement associatif et la concertation au service de la démocratie locale. Kadri Le ksar et la durabilité c’est aussi les activités existantes. du bâti ancien et des usages qui en sont faits.  Reconquérir les espaces verts en s'appropriant la palmeraie en tant qu'espace de détente. et dans quelle mesure. se recomposer sur elle-même. on s'efforcera d'associer l'espace oasien à tout projet d’une ville saharienne nouvelle. au seul périmètre urbain.  Exploiter les possibilités de densification du tissu existant avant d'opter pour l'extension en comblant les poches vides car la ville n’est pas extensible à l’infini. en fait sa palmeraie.M. Le problème est de savoir découvrir et apprécier ce patrimoine afin de le sauvegarder. il faut adopter une démarche où la concertation. La préservation des noyaux anciens en vue d’une nouvelle recomposition urbaine devrait susciter une mobilisation conjointe de l’Etat et de la société civile.  Afin d'éviter les grandes disparités territoriales. elle doit être capable de recycler ses tissus urbains. au détriment de la palmeraie.  Concilier les deux espaces oasien et urbain en initiant des projets soucieux d'articuler ces deux entités qui aujourd'hui fonctionnent de façon désolidarisée. Le recensement méthodique des 170 .  Généraliser l'emploi des matériaux locaux dans les opérations de préservation du ksar et leur intégration dans les nouveaux projets avec le principe d'amélioration par des matériaux plus performants. au contraire. c’est prendre en charge les autres éléments de son écosystème.  Mettre en place un système d'assainissement pour éviter les puits perdus en contact direct avec la nappe d'eau située à une très faible profondeur. a une grande valeur spirituelle et transcrit de la manière la plus expressive l’histoire de la civilisation humaine. s'avèrent une plaque tournante de cette activité avec les paysages désertiques dans le Sud algérien. qui intègrent les exigences de la vie moderne. Le ksar et la durabilité c'est aussi son histoire avec le tourisme. il faut chercher aussi celles qu’on pourrait introduire dans le ksar compte tenu des ressources disponibles et du développement en cours de la ville. de la ville moderne et des centres anciens. S. mais intégré dans un cadre plus large. CONCLUSION Le patrimoine architectural. luttant contre la poursuite de l'étalement urbain.  L'aménagement de la ville ne doit pas être limité. héritage culturel que nous a transmis le passé. dans ce domaine. en les intégrant harmonieusement au cadre de vie contemporain. Plus fondamentalement est posée la question des enjeux sociopolitiques du patrimoine et de la sortie des multiples cercles vicieux induits par ces enjeux.  Œuvrer à produire des formes d'habitat qui puisent leurs références dans les structures locales. Comment favoriser l’action protectrice en l’absence de perspectives politiques favorables à la mise en œuvre de politiques adaptées d’aménagement ? Comment faire du débat théorique et des études un ressort pour l’action ? Il importe de retrouver les logiques d’articulation du moderne et du traditionnel. Les décisions à prendre dans cette perspective doivent s’inscrire dans les points suivants :  Revitaliser le ksar.  Défendre la mixité fonctionnelle et sociale qui permettra de réduire les besoins de déplacements et de lutter contre la ségrégation sociale. Les ksour. celle qu’on doit aider. celui d'un territoire homogène (solidarité territoriale et intercommunalité). et qui permettent aux individus de s' y identifier. de le mettre en valeur et de l’intégrer harmonieusement au cadre de vie contemporain.

le développement urbain maîtrisé. à inventer des manières de construire. La légitimation de l’existant. Ed. Ann. Mémoire de fin d’étude. 171 . H T M (1994): Revue d’architecture et d’urbanisme. TRADITION ET MODERNITE. doivent constituer non seulement l’élément équilibrant sur le plan identitaire et culturel. (2007): « Les ksour face à la dynamique urbaine : cas du ksar de Ouargla». Université Biskra. culturels et naturels. M. vital à sa promotion et à sa sauvegarde. n°02. requalification. Mémoire de fin d’étude. telles sont les actions à entreprendre pour développer la ville saharienne durablement. KADRI. à créer une architecture moderne dans le sens de leurs traditions (Japon des années 50). La découverte des monuments. (2003). KHELFAOUI. Ed. (1887) : « Le Sahara de Ouargla ». S. systèmes et réseaux d’espaces. 141-158.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. LETHIELLEUX. Thèse de Magistère. HABITAT. mais aussi une ressource sur le plan économique. le développement de l’espace oasien tout en respectant les objectifs de la durabilité. et alléger ainsi les charges de l’Etat pour son entretien. (1989) : « Projet urbain cas d’étude : oasis de Ouargla ». BIBLIOGRAPHIE ALMAND. même si on peut essayer de donner aux citoyens une égalité de chances par des règlements dont les fondements seront à trouver dans les modes de vie. ARCCO. à mettre en œuvre un aménagement du territoire favorisant la croissance d’un réseau de ville moyenne ayant toute la signification et l’intérêt des villes traditionnelles . (1889) : « L’oasis de Ouargla ». (1978) : « Rénovation solaire dans le ksar de Ouargla. Placer la protection et la mise en valeur des noyaux initiaux dans un contexte socio-économique dynamique lui permettant de s’auto entretenir. éviter les faiblesses administratives et le manque de coordination tout en recherchant l'assistance financière et technique. un équilibre sera trouvé entre le renouvellement urbain. mais ils doivent être conscients que les marges de manœuvres et les limites d’intervention de l’urbanisme sont très réduites. Agence nationale d'aménagement du territoire. GEUTHNER. (2003). Il appartient aux pays d’impulser une nouvelle dynamique fondée sur l’histoire et propre à relever le défi du présent. p. redéployer le mouvement associatif pour remédier à l'absence d'une société civile consciente tout en sensibilisant les sahariens au devenir de l'oasis et tout se qu'elle symbolise. à mobiliser l’épargne. Agence nationale d'aménagement du territoire. « recentrage » constituent les méthodes d’approche permettant à la ville un développement maîtrisé et surtout durable Autrement dit. A : « L’oasis et le pays de Ouargla ». Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme. la prise en compte des profils culturels deviennent alors les ressorts pour la mise en place des instruments qui ne sont pas uniquement urbanistiques mais également sociaux et culturels. J. Ed BAUMES LES DAMES. Géo 1900p. BERBAUGGER. les biens immobiliers et mobiliers. V. Paris. Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme. Alger. 2. Ed. le 13 et 14 mai 2008 formes permet d’effectuer par la suite une analyse systématique avec phases de catégorisation et classification. C’est d’une certaine manière la capacité des sociétés autochtones de faire de la question de la requalification des noyaux anciens une ressource dans la recherche d’une alternative libérée des modèles linéaires et protecteurs de domination qui est en question. S’ils parviennent à inciter les groupes sociaux à s’organiser. FONTANA. Phase 1. (1983) : « Ouargla cité saharienne des origines au début du XXé siècle ». à se donner les moyens financiers et techniques d’un urbanisme spécifique restituant à la vie communautaire toute sa vitalité et enfin. Y. ETUDE DE REHABILITATION DU KSAR DE OUARGLA. BAJOLIE. 3. l’acceptation de la ville existante. R. MESMOUS. projet de 80 logements ». l’utilisation des sites et monuments dans des perspectives de restructurations. Adapter la loi actuelle sur l'aménagement et l'urbanisme à la réalité saharienne et ksourienne. ETUDE DE MODERNISATION DE L’AGGLOMERATION DE OUARGLA.

M. ROUVILLOIS-BRIGOL. D. 2éme édition. 172 . D. Kadri PILLET. ANEP. PILLET. (1997) : « Histoire de Ouargla essai de chronologie ». ROUVILLOIS-BRIGOL. ANEP. variation et organisation d’un espace rural en milieu désertique ». Editée par la société historique algérienne N° 316-317. Paris. : « La sédentarisation des nomades autour de Ouargla 1956-1957 ». (2003) : « Une oasis saharienne à travers l’histoire OUARGLA 180 documents d’archives ». Revue AFRICAINE. (1998) : « Repères pour l’histoire de Ouargla 1872-1993 ». Alger. Paris. S. Ed. ANEP. Ed. PILLET. (1975) : « le pays de Ouargla (Sahara algérien).M. J. Alger. M. D et TAWAF. Ed. Alger.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful