Confier la maître d’œuvre du programme INES à Sagem pour en accélérer la réalisation

INES signifie : Identité Nationale Electronique Sécurisée. Le programme INES a pour but de doter les Français d’un nouveau passeport, intégrant une puce radiofréquence, et d’une nouvelle carte d’identité, intégrant une puce à signature électronique. Les deux titres doivent inclure des marques biométriques numérisées dans la puce : photo et empreintes digitales. C’est un programme majeur, le plus important jamais conçu dans l’identification des citoyens en France. C’est un « enfant » de Sarkozy lors de son premier passage à l’Intérieur (2002 à mars 2004), mais qui n’a guère progressé depuis son départ, alors que les attentats de Londres viennent de succéder à ceux de Madrid (11 mars 2004). Depuis le printemps, se déroule sur la place publique un débat stérile sur INES où une certaine France des contestataires habituels dit n’importe quoi et où la CNIL est dans son rôle habituel d’inhibiteur des systèmes d’information cruciaux 1/ pour la lutte contre le terrorisme et contre la criminalité en général (fraude identitaire), 2/ pour réaliser l’administration électronique et les gains de productivité qui en découlent. Dans les faits, les Français sont la Nation la plus familiarisée du monde avec la carte à puce (chacun en détient déjà 3 à 5) et ils ne contestent nullement la traditionnelle prise d’empreintes pour la carte d’identité. Quant à l’administration électronique, la télédéclaration des revenus a connu un succès foudroyant cette année… L’immense majorité des Français demandent et le progrès et la sécurité. L’excellent Rapport d’information du 29 juin 2005 de la Commission « INES » du Sénat, présidée par Jean-René LECERF, est non seulement un document nuancé et très complet, mais un encouragement à agir enfin. Le ministère de l’Intérieur ne possède pas la culture d’ingénierie qui s’est développée dans l’armement et dans le nucléaire français. Il n’a tout simplement pas la capacité propre de mettre au point et de bien gérer un programme de l’ampleur d’INES, aboutissant à la production d’environ 50 millions de cartes d’identité et de séjour et de 20-30 millions de

passeports. A terme, il faudra aussi changer le permis de conduire français, massivement contrefait et servant pourtant de pièce d’identité. En confiant la maîtrise d’œuvre du programme INES à Sagem, le ministre de l’Intérieur gagnerait en accélérant son action et en simplifiant ses relations avec les industriels. Industriellement, les futurs titres seront de véritables « concentrés technologiques ». INES est un défi très complexe que seul un industriel expérimenté saura piloter : - un réseau d’enregistrement numérique commun couvrant tout le territoire français (le nombre de mairies reste à déterminer) - une infrastructure commune de personnalisation des titres - une solution de transfert électronique sécurisé des données - une infrastructure de bases de données à la disposition des polices - des titres modernes rapidement en mains des citoyens :
o un passeport électronique qui sera exigé dans les voyages hors espace Schengen (notamment : menace US de rétablissement de visa) o une carte de signature électronique générant dans les années à venir une multitude d’applications possibles partout où l’identification indubitable de la personne est légitimement requise

La maîtrise d’œuvre du projet ne préjuge pas des partages industriels. Parmi les industriels français, Sagem est l’acteur de loin le plus important dans l’identification des citoyens – ayant surtout travaillé au grand export - , le plus qualifié pour la maîtrise d’œuvre et le seul pour la biométrie. Les systèmes de personnalisation que Thales avait vendus dans les années 1980-90 (dont celui de l’actuelle carte nationale d’identité) sont techniquement obsolètes : les futures machines seront de toute manière importées. En revanche, la France regorge de fournisseurs potentiels pour les consommables dans la technologie à puce (Axalto, Gemplus, Oberthur, ASK, …). Elle compte deux imprimeurs fiduciaires pour le livret passeport (Oberthur et Imprimerie Nationale : sérieusement dépassée).

Plusieurs acteurs pourraient contribuer à la sécurisation des systèmes d’information (SSI). Pour les certificats électroniques – et les clés cryptographiques très sensibles qu’ils renferment – Keynectis est le seul partenaire de confiance qualifié.

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