DIALOGUE D'INTRODUCTION AUX N-UNIVERS

Paul Franceschi
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Paul Franceschi

DIALOGUE D'INTRODUCTION AUX N-UNIVERS

Édition 2.1 CC-by-nc-nd

Cet ouvrage est édité sous licence Creative Commons by-nc-nd (Attribution - non commercial - no derivative works)

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DIALOGUE D'INTRODUCTION AUX N-UNIVERS

Paul Franceschi
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DIALOGUE PREMIER. OÙ PRÉSENTE LES N-UNIVERS

L'ON

PHILEXÈTHE. – Mon cher Amménépide, ainsi que nous en sommes convenus, les conversations que nous allons avoir Éseront l'occasion de te présenter les n-univers. Je m'attacherai, plutôt qu'à en effectuer une présentation très détaillée, à te décrire leurs principes fondamentaux. Ainsi, tu pourras éventuellement les utiliser pour tes propres besoins, et incorporer ainsi les n-univers dans tes propres travaux. AMMÉNÉPIDE. – Ce qui m'intéresse véritablement, c'est de comprendre les principes essentiels, les fondements-mêmes des n-univers. ÉPHILEXÈTHE. – Eh bien, pour commencer, je vais te décrire l'idée générale. Les n-univers sont avant tout des univers simplifiés. Le plus souvent, ils représentent des modèles réduits de notre univers physique. Notre univers physique comprend en effet un très grand nombre de paramètres et de variables. Et il serait extrêmement difficile et compliqué d'en réaliser un modèle précis. En revanche, des univers simplifiés, qui ne comportent que quelques variables, peuvent être aisément modélisés. Ils procurent ainsi un meilleur support au raisonnement. À ce propos, peux-tu me mentionner quelques-unes des constantes de notre univers ? AMMÉNÉPIDE. – Eh bien, certaines constantes sont les constantes fondamentales de notre univers. Par exemple, la vitesse de la lumière dans le vide, notée c, qui est égale à 299 792 458 mètres par seconde ; la constante de Planck, notée

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h, égale à 6,626 068 x 10-34 Joule par seconde ; la charge de l'électron, notée e, égale à 1,602 176 487 x 10-19 Coulomb, etc. ÉPHILEXÈTHE. – Et pour ce qui concerne les variables ? AMMÉNÉPIDE. – Parmi les variables, on peut citer par exemple : la température, la pression, l'altitude, la localisation, la couleur, le temps, mais aussi la présence d'un rayonnement laser, la présence d'atomes de titanium, etc. ÉPHILEXÈTHE. – Lorsqu'on décrit les conditions d'une expérience de pensée, on se place, de manière explicite ou non, dans les conditions qui s'apparentent à celles d'un sous-univers. Lorsqu'on considère par exemple cent boules extraites d'une urne durant cent jours consécutifs, on se place alors dans une restriction de notre univers où la variable temporelle est limitée à une période de cent jours, et où la localisation spatiale est extrêmement réduite et correspond par exemple à un volume d'environ cinq décimètres cubes où se trouvent physiquement les boules. Par contre, le nombre d'atomes de zirconium ou de molybdène éventuellement présents dans l'urne, l'existence hypothétique d'un rayonnement laser, la présence ou l'absence d'une source sonore de dix décibels, etc. peuvent être omis et ignorés. Dans ce contexte, il n'est pas nécessaire de prendre en compte l'existence de telles variables. Dans une telle situation, il suffit de mentionner les variables et les constantes qui sont effectivement utilisées dans l'expérience en question. Car on peut penser en effet que le nombre de variables dans notre univers est si grand qu'il est impossible de les énumérer toutes. Il apparaît en revanche suffisant de décrire le sous-univers considéré, en mentionnant seulement les constantes et les variables qui jouent un rôle effectif dans l'expérience. Et ces constantes et ces variables constituent alors les critères de ce sous-univers. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. En quelque sorte, les n-univers constituent l'expression du rasoir d'Occam, ce principe méthodologique qui conduit à privilégier, parmi plusieurs

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théories alternatives visant à expliquer ou à décrire certains faits, celle qui est la plus simple. ÉPHILEXÈTHE. – Oui, c'est tout à fait cela. Le rasoir d'Occam est aujourd'hui couramment utilisé en science et en philosophie. Le principe correspond à la phrase latine « Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem », qui peut être traduit par : « Il convient de ne pas multiplier les entités au-delà de ce qui est nécessaire ». Ce principe est attribué au logicien anglais du XIVème siècle Guillaume d'Occam. Dans son acception et son usage contemporain, le rasoir d'Occam recommande de préférer les constructions théoriques simples à celles qui sont plus compliquées. Il s'agit ainsi un principe d'économie de moyens et de simplicité. Le rasoir d'Occam met l'accent sur l'élégance et la concision des théories. Occam n'a pas été à proprement parler l'inventeur du rasoir qui porte son nom, mais il en a fait un usage fréquent dans son oeuvre. Car l'origine du rasoir d'Occam peut être associée aussi aux écrits de Saint Thomas d'Aquin (1255-1274), de John Duns Scotus (1265-1308), et même d'Aristote (384-322 avant JésusChrist). AMMÉNÉPIDE. – Ainsi, le rasoir d'Occam est des principes qui sous-tendent les n-univers. ÉPHILEXÈTHE. – Exactement. Il s'agit en quelque sorte d'un principe méthodologique. Les n-univers constituent avant tout un outil de traitement des problèmes philosophiques et l'idée qui les sous-tend est la suivante : simplifions tout d'abord la modélisation du problème correspondant, et commençons

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ensuite à raisonner. Plus le modèle est simple, et plus le raisonnement sera aisé. AMMÉNÉPIDE. – Est-il possible maintenant d'avoir un exemple concret ? ÉPHILEXÈTHE. – Nous verrons, au fur et à mesure que nous avancerons dans nos discussions, plusieurs exemples concrets. À travers ceux-ci, nous aurons véritablement l'occasion de modéliser dans les n-univers des situations concrètes et des expériences de pensée. Mais avant de faire cela, je me dois de t'illustrer à travers quelques exemples la méthodologie qui préside aux n-univers. Ainsi, considérons la proposition selon laquelle « les dinosaures avaient le sang chaud ». Lorsqu'on énonce une telle affirmation, on se place, de manière implicite, dans un sous-univers du notre où les paramètres de temps et de l'espace ont une portée restreinte. En effet, la variable temporelle se limite à l'époque particulière de l'histoire de la Terre qui a connu l'apparition des dinosaures : le Trias et le Crétacé. Et de même, le paramètre spatial se trouve restreint à notre planète : la Terre. Ainsi, lorsqu'on énonce une proposition comme « les dinosaures avaient le sang chaud », on se place implicitement non pas dans notre univers envisagé dans sa totalité, mais seulement dans ce qui constitue véritablement une partie spécifique, une restriction de ce dernier. On peut alors assimiler l'univers de référence dans lequel on se place à un sous-univers du notre. Explicitement ou non, l'énoncé d'une proposition ou d'une loi comporte la mention d'un univers de référence. Mais dans la plupart des cas, les variables et les constantes du sous-univers en question sont distinctes de celles permettant de décrire notre univers envisagé dans sa totalité. Car les conditions sont extrêmement variées au sein de notre univers. Les conditions sont en effet très différentes selon que l'on se place à la 1ère seconde après le big bang, sur Terre à l'époque précambrienne, sur notre planète en l'an 2000, à l'intérieur de l'accélérateur de particules du CERN,

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au coeur de notre Soleil, à proximité d'une naine blanche ou bien à l'intérieur d'un trou noir, etc. AMMÉNÉPIDE. – Les n-univers permettent ainsi de modéliser un sous-univers du notre, ce qui suffit le plus souvent pour analyser des problèmes philosophiques ou des expériences de pensée. Mais ne peut-on modéliser aussi des univers atypiques, dont les propriétés sont différentes du notre ? ÉPHILEXÈTHE. – Oui, effectivement. C'est là une autre particularité des n-univers. On peut effectivement modéliser, comme on l'a vu, des sous-univers qui comportent certaines des propriétés de notre univers usuel. Mais on peut également modéliser des univers dont les propriétés sont tout à fait différentes du notre. Les physiciens étudient ainsi des universjouets, où les constantes sont différentes des constantes fondamentales de notre univers. Ils peuvent étudier par exemple un univers où la charge de l'électron est égale à 1,602 175 297 x 10-19 Coulomb, différant ainsi très légèrement de celle qui régit notre univers. On peut procéder de la même manière avec les n-univers, en envisageant des univers dont les propriétés sont radicalement différentes de celles du notre. Par exemple, dans notre univers, un objet donné ne peut occuper qu'une seule position spatiale. Dans les n-univers, on peut notamment envisager des univers où un même objet peut occuper simultanément plusieurs positions spatiales. Nous aurons l'occasion de voir cela un peu plus tard. Pour l'instant, c'est encore un peu prématuré. Car au préalable, il nous faut étudier davantage la structure de certains n-univers qui présentent des caractéristiques qui sont empruntées à celles du notre.

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DIALOGUE SECOND. OÙ L'ON DÉTERMINE UN N-UNIVERS À L'AIDE DE PLUSIEURS QUESTIONS

PHILEXÈTHE. – Notre objectif, mon cher Amménépide, je te le rappelle, est de modéliser directement des situations Équi correspondent à des expériences de pensée. Mais afin d'y parvenir, il est bon, ce me semble, de mettre en place une petite méthodologie. Celle-ci doit être simple, tu en conviendras, mais elle doit permettre également de modéliser avec précision une situation donnée, dans les n-univers. Une telle méthodologie doit donc répondre à la question : à quel type de n-univers la situation que l'on souhaite modéliser correspondelle ? AMMÉNÉPIDE. – C'est en effet ce que j'attends. L'idéal serait de pouvoir y parvenir en quelques étapes. ÉPHILEXÈTHE. – Ce que je te propose, c'est un processus en cinq étapes. Apportons donc les réponses à cinq questions, et les critères du n-univers correspondant se trouvent déterminés. Commençons donc par la première étape. Celle-ci correspond à la question suivante : Le n-univers possède-t-il un objet unique ou des objets multiples ? Certains n-univers comportent un objet unique, alors que d'autres contiennent de multiples objets. Une telle distinction

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est simple et intuitive. Par exemple, un univers qui ne comprend qu'une seule boule rouge est un n-univers à objet unique. Et un univers qui contient cinq boules vertes est un nunivers à objets multiples. AMMÉNÉPIDE. – Je ne vois pas de difficulté particulière avec cette première étape. Quelles sont donc les questions suivantes ? ÉPHILEXÈTHE. – La seconde étape consiste à déterminer quels sont les critères-variables du n-univers considéré. Par exemple, si les objets peuvent être rouges ou verts, nous nous trouvons en présence d'une variable de couleur, dont les taxons sont le rouge et le vert. Mais un critère-variable peut consister par exemple dans la forme des objets, leur position spatiale ou même leur position temporelle, etc. Cependant, tout autre critère-variable peut en principe être utilisé. Par exemple, la masse des objets, leur densité ou bien leur température, etc. Vois-tu un autre exemple de ce que pourrait être un critèrevariable ? AMMÉNÉPIDE. – Cela pourrait être le degré de conductibilité des objets ou même leur degré de rugosité. ÉPHILEXÈTHE. – C'est cela en effet. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. Maintenant, la seconde question est : Quelles variables le n-univers possède-t-il ? ÉPHILEXÈTHE. – Tout juste. Là aussi, il n'y a pas de difficulté particulière. Mais il faut bien garder à l'esprit qu'il n'est pas nécessaire d'inclure des critères-variables qui ne présentent pas d'utilité dans la situation à modéliser. C'est le rasoir d'Occam qui veut cela ! Ainsi, si tu modélises une situation où tu tires des boules dans une urne, et que tu ne t'intéresses qu'à leur couleur, alors il est inutile d'introduire une variable de température ou de masse pour les boules qui se

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trouvent dans l'urne. Et de même, il est sans intérêt d'introduire une variable de dimension pour ces mêmes boules. Seule leur couleur nous importe alors et par conséquent, nous pouvons nous dispenser de tout autre critère-variable. Il faut bien garder à l'esprit que nous sommes toujours guidés par le rasoir d'Occam. C'est là un principe méthodologique, nous l'avons vu, qui est au coeur des n-univers. Nous nous attachons à modéliser une situation donnée dans le n-univers le plus simple qui correspond à cette situation. Ceci, toujours afin de faciliter le raisonnement. AMMÉNÉPIDE. – Pour les deux premiers critères des nunivers, il n'y a pas de problème. Et je commence à avoir une idée du troisième critère... ÉPHILEXÈTHE. – Eh bien, il correspond, tu t'en doutes, à la question suivante : Quelles constantes le n-univers possède-t-il ? Après avoir déterminé les variables du n-univers en question, nous devons en préciser les constantes. Parmi les constantes, on peut mentionner par exemple : la position temporelle, la position spatiale, la couleur, la forme, etc. Ainsi, si tous les objets sont rouges dans l'univers considéré, on se trouve en présence d'un critère-constante de couleur. Et de même, si les objets d'un univers n'occupent qu'une seule position temporelle, il s'agit alors d'une constante temporelle. Remarquons qu'ici aussi, le rasoir d'Occam s'applique. Ainsi, il est inutile de s'encombrer de constantes qui ne présentent pas d'intérêt pour la description de la structure proprement dite de l'expérience de pensée ou la situation considérée. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. Donc, si la forme des objets, leur couleur ou leur température ne jouent aucun rôle, il n'est pas utile d'introduire le critère-constante correspondant.

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ÉPHILEXÈTHE. – C'est cela même. Nous pouvons en venir maintenant à notre quatrième critère. La question correspondante est un peu différente des autres. Elle a pour but de préciser les relations des objets qui composent un n-univers donné, avec les critères-variables. Cette quatrième question est la suivante : Le ou les objets sont-ils en relation « un-plusieurs » avec un critère-variable ? AMMÉNÉPIDE. – Là, c'est déjà plus sibyllin. ÉPHILEXÈTHE. – Oui, mais tu verras que ce n'est pas très compliqué. À vrai dire, cette distinction ne concerne que les relations d'un ou plusieurs objets d'un n-univers avec tel ou tel critère-variable. Elle ne concerne donc pas les relations des objets avec les critères-constantes de ce même n-univers. AMMÉNÉPIDE. – Certains n-univers ne comportent que des critères-constantes et une telle distinction ne s'applique donc pas à eux. ÉPHILEXÈTHE. – Oui, c'est exact. Voyons maintenant en quoi consiste ce type de critère, lorsqu'il est appliqué à un critère-variable donné. Un ou plusieurs objets d'un n-univers peuvent ainsi se trouver en relation « un-plusieurs » avec un critère-variable donné – par exemple, un critère-variable temporel, spatial ou de couleur. Si un objet est en relation « unplusieurs » avec ce critère-variable, les objets dans ce type de n-univers peuvent exemplifier plusieurs taxons de ce même critère-variable. Prenons l'exemple du critère-variable de temps. Considérons ainsi un n-univers qui possède un critèrevariable temporel. Supposons également que ce n-univers comporte trois taxons de temps, et appelons ces derniers : premier jour, deuxième jour et troisième jour. Si les objets sont en relation « un-plusieurs » avec ce critère-variable de temps, cela signifie qu'un objet donné peut occuper plusieurs positions

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temporelles et exister, par exemple, à la fois les premier, deuxième et troisième jours. En revanche, si ce même objet n'est pas en relation « un-plusieurs » avec le critère-variable de temps, cela veut dire qu'un objet donné ne peut occuper qu'une seule position temporelle, c'est-à-dire qu'il peut exister soit le premier jour, soit le deuxième jour, soit enfin le troisième jour. Dans notre univers usuel, les objets possèdent une propriété de persistance temporelle : ils exemplifient ainsi plusieurs positions temporelles successives. On modélise cela dans un nunivers où les objets sont en relation « un-plusieurs » avec le critère temporel. AMMÉNÉPIDE. – Je comprends. Il ne nous reste plus qu'à voir le cinquième et dernier type de critère des n-univers. ÉPHILEXÈTHE. – Oui. J'en viens maintenant à ce cinquième critère et à la question correspondante. De même que la quatrième, cette dernière question a pour but de déterminer certaines propriétés des objets qui composent le n-univers considéré. Cette cinquième question est la suivante : Les objets multiples sont-ils en relation « un-un » ou « plusieurs-un » avec un critère donné ? AMMÉNÉPIDE. – Je suppose, ainsi que la formulation de cette cinquième question le suggère, que cette question ne se pose pas pour les objets uniques. ÉPHILEXÈTHE. – C'est exact. AMMÉNÉPIDE. – Ce critère ne s'applique ainsi qu'aux nunivers qui comportent des objets multiples. Et par conséquent, un tel type de critère n'est pas pertinent pour les n-univers qui ne comportent qu'un objet unique. ÉPHILEXÈTHE. – C'est cela même. Ainsi, pour les nunivers qui comportent des objets multiples, deux cas peuvent se présenter. Tout d'abord, plusieurs objets peuvent exemplifier un même taxon d'un critère donné. Dans ce cas, les objets sont

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en relation « plusieurs-un » avec ce dernier critère. En revanche, il se peut qu'un seul objet puisse exemplifier un taxon d'un critère donné. Dans ce dernier cas, les objets sont en relation « un-un » avec ce dernier critère. AMMÉNÉPIDE. – Serait-il possible d'avoir un exemple concret ? ÉPHILEXÈTHE. – Oui. Considérons par exemple un nunivers comportant des objets multiples, avec une constante de couleur, une constante temporelle et une variable spatiale. On peut représenter ce nunivers par trois boules, qui possèdent la même couleur : rouge. Dans ce cas, les objets sont en relation « plusieurs-un » avec la constante de couleur, puisque les trois boules peuvent exemplifier un même taxon de couleur, le rouge. AMMÉNÉPIDE. – Et pour la relation « un-un » ? ÉPHILEXÈTHE. – Eh bien, considérons maintenant un nunivers comprenant des objets multiples, une variable de couleur, une constante temporelle et une constante spatiale. Supposons également que ce n-univers comporte trois boules, ainsi que trois taxons de couleur – rouge, vert et bleu – et que l'une des boules soit rouge, l'autre verte et la troisième bleue. Dans cas, il apparaît que les objets sont en relation « un-un » avec les taxons de la variable de couleur, car tous les objets ont une couleur différente. Cela se différencie fondamentalement de l'exemple précédent où plusieurs objets pouvaient avoir une même couleur. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. C'était le cinquième type de critère. Nous sommes maintenant arrivés au bout, n'est-ce pas ? ÉPHILEXÈTHE. – Oui. Maintenant, nous pouvons nous résumer. Finalement, ce que nous venons de dire se résout à un processus en cinq étapes. Ce processus peut être complété à

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l'aide des cinq questions suivantes : Le n-univers possède-t-il un objet unique ou des objets multiples ? Quelles variables le n-univers possède-t-il ? Quelles constantes le n-univers possède-t-il ? Le ou les objets sont-ils en relation « un-plusieurs » avec un critère-variable ? Les objets multiples sont-ils en relation « un-un » « plusieurs-un » avec un critère donné ? ou

En répondant à ces cinq questions, nous sommes en mesure de déterminer le type de n-univers qui correspond à une situation donnée. Voilà. Maintenant que nous avons décrit les différentes étapes de la démarche, je crois que nous pourrons passer aux travaux pratiques. AMMÉNÉPIDE. – Oui. La modélisation de quelques expériences de pensée sera la bienvenue.

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DIALOGUE TROISIÈME. OÙ L'ON ÉTUDIE UNE TAXINOMIE SIMPLIFIÉE DES N-UNIVERS À OBJET UNIQUE

PHILEXÈTHE. – Tu es impatient, je le sais, Amménépide, de passer à la modélisation concrète des expériences de Épensée dans les n-univers. Mais tu devras patienter encore un peu. Il ne te faudra pas attendre très longtemps, mais j'estime nécessaire, à ce stade de nos conversations, de te décrire de manière concrète, quelques-uns des n-univers les plus importants. Je veux dire qu'il convient maintenant de décrire plusieurs d'entre eux, afin d'illustrer nos propos précédents. Je te propose de commencer par les n-univers les plus simples. AMMÉNÉPIDE. – Oui, cela me paraît un bon programme. J'y souscris. ÉPHILEXÈTHE. – Eh bien, les n-univers les plus simples sont ceux qui ne comportent qu'un seul et unique objet. Ces types de n-univers sont assez pauvres et il ne s'y passe pas beaucoup d'événements. Cependant, pour la compréhension des n-univers en général, ils se révèlent fort utiles. Et leur étude, malgré leur simplicité, peut même se révéler riche d'enseignements. AMMÉNÉPIDE. – Voyons donc ces n-univers à objet unique. ÉPHILEXÈTHE. – Commençons par le plus simple d'entre eux. Il comporte un unique objet, que pour

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simplifier, nous assimilerons à une boule. Ce n-univers comporte également une position temporelle unique et une position spatiale unique. De plus, on ne peut y rencontrer qu'un seul taxon de couleur. Ainsi, ce type de n-univers comporte une constante temporelle, une constante spatiale et une constante de couleur. Du fait il ne comporte aucune variable. Par conséquent, l'objet unique ne peut pas être en relation « unplusieurs » avec une quelconque variable. Et d'autre part, compte tenu du fait que ce n-univers ne comporte qu'un objet unique, il est également dépourvu de relations « plusieurs-un », qui ne concernent que les n-univers à objets multiples. Pour résumer, les critères de ce n-univers sont les suivants : une constante temporelle, une constante spatiale et une constante de couleur, sans relations « un-plusieurs » ni « plusieurs-un ». Tu le vois, on peut se représenter ce type de n-univers par une boule unique, qui reste parfaitement immobile dans l'espace et dans le temps, et dont la couleur demeure immuablement rouge. C'est un type de n-univers où il ne se passe rien, où aucun événement ne survient, car la boule ne peut changer ni de couleur, ni de position temporelle, ni de position spatiale. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. Quels sont donc les autres types de n-univers à objet unique ? ÉPHILEXÈTHE. – Je vais également te décrire plusieurs d'entre eux. Commençons donc par la description d'un second type de n-univers à objet unique, qui constitue une variante du précédent. Il s'agit du même n-univers que précédemment, mais à cette différence que la constante de temps est remplacée ici par une variable. Pour simplifier, on considérera que cette variable temporelle comporte deux taxons, que nous dénommerons « premier jour » et « deuxième jour ». AMMÉNÉPIDE. – Cette subdivision de temps n'est-elle pas arbitraire ?

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ÉPHILEXÈTHE. – Oui, tout à fait. On pourrait choisir à la place du jour, de manière équivalente, la minute ou la seconde ou toute autre unité de temps. C'est juste pour fixer les idées. AMMÉNÉPIDE. – De la même manière, la représentation de l'objet unique par une boule, est également arbitraire. ÉPHILEXÈTHE. – Là aussi, tout autre objet conviendrait également. On pourrait choisir, de manière indifférente, un cube, un tétraèdre ou un point. La boule est simplement une représentation commode. Revenons maintenant à notre deuxième type de n-univers à objet unique. Dans celui-ci, la boule unique peut exister aux deux positions temporelles successives, le premier jour et le deuxième jour. Tu le vois, la boule possède maintenant une propriété de persistance temporelle. Ainsi, l'objet unique se trouve ici en relation « unplusieurs » avec le critère-variable de temps. AMMÉNÉPIDE. – D'accord, mais s'aperçoit-on de cette propriété de persistance temporelle, puisque la couleur de la boule reste constante ? ÉPHILEXÈTHE. – Oui, la comparaison avec le premier nunivers à objet unique que nous venons d'étudier est intéressante. Je te l'avais dit, même les n-univers les plus simples peuvent se révéler riches d'enseignements. AMMÉNÉPIDE. – J'imagine maintenant qu'un autre type de n-univers est celui où la boule unique peut changer de couleur. ÉPHILEXÈTHE. – C'est exactement cela. Intéressons-nous maintenant à un autre type de n-univers, qui comporte toujours un objet unique, une position spatiale unique, mais qui possède cette fois une variable temporelle et une variable de couleur. Comme précédemment, la variable temporelle comporte deux taxons : le premier jour et le deuxième jour. Et de même, la variable de couleur comprend deux taxons : rouge et vert. Un tel univers est tout à fait semblable au précédent, à cette différence qu'il comporte désormais une variable de

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couleur en lieu et place de la constante de couleur. Dans un tel n-univers, l'objet unique peut prendre une couleur différente à chaque position temporelle. Pour fixer les idées, nous pouvons considérer ainsi que la boule est rouge le premier jour, puis verte le deuxième jour. La boule possède toujours une propriété de persistance temporelle, puisqu'elle existe les deux jours consécutifs et l'objet unique est ainsi en relation « unplusieurs » avec la variable temporelle. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. Et si l'on ajoute ainsi des variables supplémentaires, on obtient alors des variantes de ces n-univers de base. ÉPHILEXÈTHE. – Oui. il n'y pas de limite à l'utilisation des critères-variables dans les n-univers, et par conséquent, on peut multiplier les combinaisons à l'infini. Pour cette raison, une liste exhaustive ne peut être fournie. Ce qui importe avant tout, c'est de comprendre les principes de base. Une fois cela assimilé, on peut jongler avec les n-univers et créer des mondes à sa guise. AMMÉNÉPIDE. – Je n'en suis pas encore là. ÉPHILEXÈTHE. – Tu y parviendras prochainement, j'en suis sûr.

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DIALOGUE QUATRIÈME. OÙ L'ON ÉTUDIE UNE TAXINOMIE SIMPLIFIÉE DES N-UNIVERS À OBJETS MULTIPLES

PHILEXÈTHE. – Nous avons esquissé une taxinomie simplifiée des n-univers à objet unique. Il nous reste Édésormais à nous intéresser aux n-univers qui comportent des objets multiples. AMMÉNÉPIDE. – C'est la situation la plus courante, n'estce pas ? ÉPHILEXÈTHE. – En effet, la majorité des situations de la vie courante ou les expériences de pensée comportent des objets multiples. Elles peuvent ainsi être modélisées dans des n-univers à objets multiples. Je te propose donc d'étudier quelques-uns de ces derniers. Commençons donc par le type le plus simple. Un tel n-univers comprend des objets multiples, ainsi qu'une constante de temps, d'espace et de couleur. Plusieurs objets de la même couleur y occupent simultanément, à un moment unique donné, une même position spatiale. Remarquons que les objets multiples sont en relation « plusieurs-un » avec la constante de couleur, puisque les trois boules possèdent une même couleur. Et de même, les objets sont en relation « plusieurs-un » avec la constante de temps, car les boules existent à une même position temporelle. Enfin, les objets sont également en relation « plusieurs-un » avec la constante de lieu, puisque les boules

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occupent toutes trois une même position spatiale. Pour résumer, les objets sont en relation « plusieurs-un » avec les constantes de couleur, de temps et de localisation. AMMÉNÉPIDE. – Je vois. Il ne se passe pas grand-chose non plus dans ce type d'univers. C'est assez morne, n'est-cepas ? ÉPHILEXÈTHE. – L'absence de variables interdit en effet qu'il se passe quelque chose dans cet univers, qui demeure désespérément dépourvu d'événements. Mais encore une fois, méfions-nous de cette apparente simplicité. Même des nunivers en apparence très frustes peuvent se révéler porteurs d'enseignements. AMMÉNÉPIDE. – J'imagine maintenant qu'une variante de ce n-univers est un n-univers où l'on remplace la constante de couleur par une variable. ÉPHILEXÈTHE. – C'est cela même. De la sorte, nous obtenons un n-univers comportant des objets multiples, avec une constante de temps et d'espace, ainsi qu'une variable de couleur. Soient donc rouge, vert et bleu, les taxons de couleur. Plusieurs objets de différentes couleurs y occupent simultanément, à un moment unique donné, une même position spatiale. Ici aussi, on constate l'absence d'événements. En effet, l'absence de variable temporelle interdit le changement. Et l'absence de variable spatiale interdit aussi le mouvement. AMMÉNÉPIDE. – Introduisons donc des variables, et cela va s'animer... ÉPHILEXÈTHE. – En effet, il suffit pour cela de remplacer les constantes par des variables. En particulier, si l'on remplace la constante de temps par une variable... AMMÉNÉPIDE. – Dans ce cas, il en résulte un n-univers à objets multiples, qui comporte une constante de localisation, ainsi qu'une variable de couleur et de temps. Dans ce type de n-

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univers à objets multiples, les boules sont susceptibles de changer de couleur au fil du temps. Ainsi, il y a désormais des événements dans ce nouvel n-univers, car la couleur des boules peut être modifiée. ÉPHILEXÈTHE. – Supposons ainsi que la variable temporelle comporte deux taxons : le premier jour et le deuxième jour. Posons également que le premier jour, les boules sont respectivement rouge, verte et bleue, et qu'elles deviennent respectivement bleue, rouge et verte le second jour. Dans ce cas, les trois boules ont changé de couleur. AMMÉNÉPIDE. – Et que se passe-t-il maintenant si nous remplaçons la constante de localisation par une variable ? ÉPHILEXÈTHE. – Là aussi, cela va s'animer encore davantage, car nous allons introduire le mouvement. Commençons par le nunivers à objets multiples, comportant une constante de couleur et de temps, ainsi qu'une variable spatiale. Nous représentons cela par trois boules, occupant chacune une position spatiale distincte, à une position temporelle unique. De plus, les trois boules sont en relation « plusieurs-un » avec la constante de couleur, ainsi qu'avec la constante de temps. En outre, le fait que chaque boule occupe une localisation unique, traduit le fait que les objets sont en relation « un-un » avec le critère de lieu. AMMÉNÉPIDE. – On n'a pas de mal à imaginer non plus le même type de n-univers, mais avec cette fois une variable de couleur à la place de la constante. Le n-univers correspondant comporte alors des objets multiples, une constante de temps, et une variable de lieu et de couleur.

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Dans ce cas, on a trois boules respectivement rouge, verte et bleue, qui occupent chacune une position spatiale donnée, à une position temporelle unique. Chacune des boules occupe ainsi une position spatiale distincte, et les objets sont ainsi en relation « un-un » avec les taxons de localisation. De plus, les trois boules possèdent chacune une couleur différente. Ainsi, les objets sont également en relation « un-un » avec les taxons de couleur. ÉPHILEXÈTHE. – Il suffit, tu le vois, de remplacer les constantes par des variables, pour que cela s'anime considérablement. Ainsi, lorsque nous remplaçons la constante de temps par une variable, nous obtenons des n-univers où le changement devient désormais possible. À ce stade, de nombreuses variations peuvent être imaginées, selon que les objets sont en relation « un-un » ou « plusieurs-un » avec tel ou tel critère-variable. Je ne te mentionnerai donc que l'un de ces nunivers, laissant les autres à la fantaisie de ton imagination. Le nunivers que je vais te décrire maintenant possède toutes les caractéristiques du précédent, à cette différence près que les boules possèdent désormais la faculté de changer de position spatiale. Il s'agit ainsi d'un nunivers où le mouvement a été introduit. Ainsi, au premier jour, l'état de ce n-univers est tout à fait identique au précédent. Mais au second jour, la boule rouge occupe la place de la boule verte, qui elle-même se trouve à la place de la boule bleue, qui à son tour occupe l'emplacement initial de la boule rouge. À ce propos, peux-tu me décrire, Amménépide, les relations « un-un » ou « plusieurs-un » que l'on observe dans ce type de n-univers ? AMMÉNÉPIDE. – Eh bien, dans ce type de n-univers, je supposerai

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qu'il existe deux taxons de temps : le premier et le second jour. À mon sens, les objets multiples sont dans les mêmes relations « un-un » ou « plusieurs-un » que dans le n-univers précédent. Et la seule différence avec ce dernier est que les objets sont maintenant en relation « un-plusieurs » par rapport au critèrevariable de temps, puisque chaque boule peut exister désormais à plusieurs positions temporelle successives. ÉPHILEXÈTHE. – Tout juste. Nous pourrions multiplier les exemples à l'infini. Au fur et à mesure que nous ajoutons des variables, il se produit une explosion combinatoire, qui fait que les types de n-univers envisageables deviennent très nombreux. Et une description plus exhaustive de ces n-univers dépasse désormais la portée de l'objectif que nous nous sommes fixés.

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DIALOGUE CINQUIÈME. OÙ L'ON DÉFINIT LES EXPÉRIENCES DE PENSÉE

PHILEXÈTHE. – Je sais que tu as hâte, Amménépide, de passer aux travaux pratiques et de modéliser véritablement Édes expériences de pensée. Pour cela, je ne voudrais pas abuser de ta patience. Mais avant d'aborder la modélisation proprement dite de situations concrètes, il me paraît nécessaire de consacrer encore quelque temps à la définition-même des expériences de pensée. Qu'est-ce donc pour toi qu'une expérience de pensée, Amménépide ? AMMÉNÉPIDE. – Eh bien, une expérience de pensée consiste dans le fait d'envisager un scénario qui correspond à une situation donnée, et d'en tirer des conclusions. ÉPHILEXÈTHE. – C'est cela-même. À la différence d'une expérience classique, le simple fait d'imaginer le scénario de l'expérience de pensée suffit pour dégager des conclusions significatives. Dans un certain sens, il y a là une remarquable économie de moyens, puisqu'il n'est pas nécessaire de réaliser pratiquement et physiquement l'expérience en question. On imagine l'expérience, et cela suffit. Quel directeur de laboratoire ne rêverait pas de cela ? Les expériences de pensée ont joué et continuent de jouer un rôle important, en science – en particulier en physique – ainsi qu'en philosophie. Bien qu'elles soient parfois sujettes à controverse, elles continuent d'avoir une fonction importante dans ces domaines. À ce sujet, peut-être te rappelle-t-il telle ou telle expérience de pensée célèbre, Amménépide ?

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AMMÉNÉPIDE. – Je me souviens en effet de l'expérience de pensée élaborée par Galilée, alors qu'il étudiait la loi de la chute des corps. À l'époque, la loi admise était celle selon laquelle un objet lourd chute plus vite qu'un objet léger. Il s'ensuivait qu'une boule de plomb d'une masse d'un kilo devait tomber plus vite qu'une boule de cire d'une masse de cinq cent grammes. Galilée élabora une expérience de pensée qui est demeurée célèbre. Il imagina ainsi que l'on laissait tomber de la tour de Pise un système composé d'une boule de plomb et d'une boule de cire, reliées par une cordelette très fine mais très solide. Si la loi s'appliquait, il devait donc s'ensuivre que le système composé était plus lourd. Par conséquent, le système composé de la boule de plomb et de la boule de cire devait tomber plus vite que la boule de plomb isolée. Mais d'un autre côté, si cette même loi s'appliquait, il s'ensuivait que la boule de cire, plus légère et donc plus lente que celle de plomb, devait freiner le système composé des deux boules. Par conséquent, le système composé devait tomber plus lentement que celui composé d'une seule boule de plomb. Ainsi, l'application d'une même loi conduisait à la prédiction contradictoire suivante : le système composé devait tomber à la fois plus vite et plus lentement que la boule de plomb seule. Galilée en conclut que cette contradiction, inhérente à la loi de l'époque, démontrait simplement que celle-ci était fausse. Et la seule alternative qui restait alors, était que les

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corps tombaient à la même vitesse. Il s'ensuivait ainsi que la boule de plomb et la boule de cire devaient tomber à la même vitesse. Et de même, le système composé des deux boules devait également tomber à la même vitesse que chacune des deux boules prise isolément. ÉPHILEXÈTHE. – Ici, Amménépide, l'expérience de pensée est très bien caractérisée. Elle met en scène une situation réelle, où un système composé de deux boules est lancé du haut d'un promontoire, tel que la tour de Pise. Point n'est besoin ici de réaliser pratiquement l'expérience. Le simple fait de l'imaginer suffit. Plus encore : le simple fait d'imaginer cette expérience et les conditions de sa réalisation possède un pouvoir expressif plus grand encore que le fait de réaliser cette expérience en pratique, car il s'agit d'une véritable démonstration. Bien sûr, il est toujours utile en pratique de réaliser aussi une expérience qui confirme la théorie qui résulte d'une l'expérience de pensée.

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Le texte de l’ouvrage est disponible dans son intégralité à l’adresse suivante:
http://paulfranceschi.com/fr/index.php?option=com_content&view=article &id=7&Itemid=10

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POUR ALLER PLUS LOIN AVEC LES N-UNIVERS
▪ « Une solution pour le paradoxe de Goodman ». L'article de l'auteur qui décrit les n-univers pour la première fois et les applique à la résolution du paradoxe de Goodman. Publié en 2001 dans la revue Dialogue, volume 40, pages 99-123. Disponible sur Internet à l'adresse :
http://www.univ-corse.fr/~franceschi/gp.pdf

▪ « Une application des n-univers à l'argument de l'Apocalypse et au paradoxe de Goodman ». La thèse de doctorat de l'auteur. Soutenue à Corté, Université de Corse, en 2002. Contient une description détaillée et une typologie des nunivers, ainsi que leur application à plusieurs paradoxes et expériences de pensée. Disponible sur Internet à l'adresse :
http://www.univ-corse.fr/~franceschi/index-fr.htm

▪ « Situations probabilistes pour n-univers goodmaniens ». Un article de l'auteur qui décrit les relations des n-univers avec les espaces de probabilités des mathématiciens. Publié en 2006 dans la revue Journal of Philosophical Research, volume 31, pages 123-141.

Le site Internet de l'auteur : http://www.univ-corse.fr/~franceschi

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BIBLIOGRAPHIE

Black, Max. (1952) The Identity of Indiscernibles, Mind, volume 61, pages 153-164. Engel, Pascal. (1997) La dispute, une introduction à la philosophie analytique, Paris, Minuit Franceschi, Paul. (2001) Une solution pour le paradoxe de Goodman, Dialogue, volume 40, pages 99-123 Franceschi, Paul. (2002) Une application des n-univers à l'argument de l'Apocalypse et au paradoxe de Goodman. Thèse de doctorat, Corté : Université de Corse. Franceschi, Paul. (2008) Introduction à la philosophie analytique, Paris: InLibroVeritas (2ème édition). Franceschi, Paul. (2006) Situations probabilistes pour n-univers goodmaniens, Journal of Philosophical Research, volume 31, pp. 123-141 Goodman, Nelson. (1946) A Query On Confirmation, Journal of Philosophy, volume 43, pages 383-385, dans Problems and Projects, Indianapolis, Bobbs-Merrill, 1972, pages 363366 Goodman, Nelson. (1984) Fact, Fiction and Forecast (1954), Cambridge, MA: Harvard University Press, traduction Abran M. (1984) Faits, fictions et prédictions, Paris: Editions de Minuit Goodman, Nelson. (1978) Ways of Worldmaking. Indianapolis: Hackett Publishing Company, traduction M-D Popelard (1992), Manières de faire des mondes, Paris, J. Chambon Hacking, Ian. (1993) Le plus pur nominalisme, Combas, L'éclat

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Leslie, John. (1992) Time and the Anthropic Principle, Mind, volume 101, pages 521-540 Leslie, John. (1993) Doom and Probabilities, Mind, volume 102, pages 489-491 Leslie, John. (1996) The End of the World: the science and ethics of human extinction, London, Routledge Leslie, John. (2007) Immortality Defended, London, Blackwell Maffi, Luisa. (2002) Langues menacées, savoirs en péril, Revue internationale des sciences sociales, volume 173, pages 425433 Recanati, François. (2007) Le sens littéral, Paris, L'Éclat Sorensen, Roy A. (1992) Thought experiments, New York, Oxford University Press

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REMERCIEMENTS

Je remercie Claude Panaccio pour des discussions très utiles sur le thème des n-univers, en particulier lors de la présentation de ma thèse de doctorat à l'Université de Corse. Merci également à Laurent Delabre et à Francis Antona pour leurs commentaires.

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AUTRES OUVRAGES DE L'AUTEUR

Introduction à la philosophie analytique (USA) Introduction à la philosophie analytique (France)

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Les enfants d'Eubulide (USA) Les enfants d'Eubulide (France)

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CRÉDITS

Les illustrations en images de synthèse de l'ouvrage ont été réalisées par l'auteur à l'aide du logiciel Blender (http://www.blender.org) et placées sous licence copyleft sur le site Wiki Commons : (http://commons.wikimedia.org).

Les autres illustrations proviennent de Wiki Commons : (http://commons.wikimedia.org)

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TABLE DES MATIÈRES
DIALOGUE PREMIER. OÙ L'ON PRÉSENTE LES NUNIVERS .......................................................................................... 5 DIALOGUE SECOND. OÙ L'ON DÉTERMINE UN NUNIVERS À L'AIDE DE PLUSIEURS QUESTIONS ............... 11 DIALOGUE TROISIÈME. OÙ L'ON ÉTUDIE UNE TAXINOMIE SIMPLIFIÉE DES N-UNIVERS À OBJET UNIQUE .......................................................................................... 19 DIALOGUE QUATRIÈME. OÙ L'ON ÉTUDIE UNE TAXINOMIE SIMPLIFIÉE DES N-UNIVERS À OBJETS MULTIPLES .................................................................................. 23 DIALOGUE CINQUIÈME. OÙ L'ON DÉFINIT LES EXPÉRIENCES DE PENSÉE....................................................... 29 DIALOGUE SIXIÈME. OÙ L'ON FAIT LES PREMIERS PAS AVEC LES N-UNIVERS : L'EXPÉRIENCE LONDRES ET LITTLE PUDDLE.......................................................................... 33 DIALOGUE SEPTIÈME. OÙ L'ON MODÉLISE ENCORE DANS LES N-UNIVERS : L'EXPÉRIENCE DES ÉMERAUDES .......................................................................................................... 39 DIALOGUE HUITIÈME. LES N-UNIVERS EXOTIQUES : LE CAS DU N-UNIVERS UBIQUISTE............................................. 43 DIALOGUE NEUVIÈME. OÙ L'ON CONSIDÈRE UN PEU LE FORMALISME DES N-UNIVERS .............................................. 47

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DIALOGUE DIXIÈME. DES ISOMORPHISMES ENTRE LES N-UNIVERS.................................................................................... 53 DIALOGUE ONZIÈME. LES N-UNIVERS, LE CONTEXTUALISME ET LES INDEXICAUX .......................... 59 DIALOGUE DE CONCLUSION. DE LA NATURE DES NUNIVERS ........................................................................................ 65 POUR ALLER PLUS LOIN AVEC LES N-UNIVERS.............. 71 BIBLIOGRAPHIE ......................................................................... 72 REMERCIEMENTS...................................................................... 74 AUTRES OUVRAGES DE L'AUTEUR ...................................... 75 CRÉDITS ........................................................................................ 76

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