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Les inspecteurs de police ont négligé la reconnaissance des lieux, le prélèvement rapide d’indices, et la sécurisation du périmètre. Moyens de preuve La Centrale de la police (CEN) est avertie par le 144 à 19 h 40 (pièce 1). L’inspecteur Nanchen est prévenu par la Centrale de la police (CEN) à 20 heures (pièce 1). A 20 h 03, l’ambulance quittait Veysonnaz pour Sion, avec Luca à son bord. Trente-sept minutes plus tard, soit à 20 heures 40, l’inspecteur Nanchen arrive avec son collègue de travail, l’inspecteur Maury, à Veysonnaz, au chalet où Luca avait été recueilli (pièce 1). A son arrivée, Marco – le petit frère de Luca, âgé de 4 ans – n’était déjà plus là. Il a été confié à la famille Morgado à 20 h 15 (pièce X 2). Une demi-heure environ après leur arrivée à Veysonnaz, l’Inspecteur Nanchen et son collègue sont déjà de retour en plaine. En effet, Nicola Mongelli reçoit un appel des inspecteurs quelques minutes après avoir payé le plein d’essence à Sion (pièce 3), soit vers 21 h 10-15. Il était en compagnie de Philippe Dron, et s’apprêtait à rouler en direction de Genève où son fils allait être transporté en hélicoptère. Les inspecteurs souhaitaient l’interroger avant qu’il s’en aille. Ils lui demandent de se rendre au poste de police. Messieurs Mongelli et Dron se rendent ainsi au poste de police, où ils restent 30 à 40 minutes, jusque vers 22 heures (pièce 4). Ensuite ils s’en vont, et, selon M. Mongelli, arrivent à Genève à 23h25. A 20 h 55, la Centrale de la police (CEN) avise Monsieur Papilloud, du service d’identification de la police (SIJ) (pièce 1). A 21 heures, les inspecteurs quittent Sion pour Veysonnaz (pièce 1). A 22 h 16 et 22 h 36, l’inspecteur Nanchen rédigeait son rapport (pièce 5). Les photos prises par les inspecteurs de police (pièces 6) montrent qu’aucun périmètre de sécurité n’a été effectué le soir du 7 février. Lors de mon enquête, j’en ai appris davantage sur la façon dont les décisions ont été prises. Dans mon rapport (pièce 7), j’explique : « Selon nos renseignements, l'officier de gendarmerie de service ce soir-là, le lt. Bernard Gillioz, en accord avec le supérieur de service de l'inspecteur Nanchen, soit l'inspecteur chef Jean-Claude Moix, ont proposé, lors d'un contact téléphonique avec Nanchen, d'engager les grands moyens afin de sécuriser le périmètre et de pouvoir effectuer une recherche systématique. Tous deux proposaient l'engagement des pompiers avec projecteurs et génératrice et des gendarmes en suffisance. A cette proposition, l'inspecteur Nanchen, alors même qu'il n'avait pas fait une reconnaissance des lieux et que de plus, il n'avait pas vu le corps de Luca, ni rencontré Marco a répondu : « J'ai la situation en main, pas de problème, c'est le chien ». Les deux responsables lui ont fait confiance et l'ont suivi... malheureusement. » Dans sa décision du 22 mai 2002 de clore l’enquête, le juge Yves Cottagnoud écrivait : « Le lendemain du drame, soit le vendredi 08.02.2002, les inspecteurs sont retournés sur les lieux en compagnie de la SIJ. Plusieurs éléments, qui n’avaient pas été remarqués la veille du fait de l’obscurité, ont pu être révélés à la lumière du jour (montre – gants – diverses taches). La Police a pu constater d’emblée la présence d’un gant dans une zone de neige vierge de toute empreinte à l’exception de celles d’un chien, ce qui pouvait laisser supposer que le gant avait été soit jeté à distance dans cette zone, soit transportée dans cette zone par un chien.» (pièce ?)

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Questions Comment expliquer qu’il se passe une heure entre le moment où la Centrale de secours (144) avertit la police (19 h 40), et le moment où celle-ci arrive sur les lieux (20 h 40), alors que seuls 10-15 kilomètres séparent Sion de Veysonnaz ? Pour information, l’ambulance a mis, au retour, 16 minutes pour relier Veysonnaz à l’hôpital de Sion (départ à 20h03, arrivée à 20h19, selon le rapport de police, pièce 1). A contrario, comment expliquer la rapidité d’exécution des deux inspecteurs du service d’identification judiciaire (SIJ), qui quittent Sion 5 minutes après avoir été prévenus ? Quelle mission précise a été confiée au Service d’identification judiciaire, lorsqu’ils ont été avertis, à 20 h 55 ? A l’arrivée des inspecteurs de police à Veysonnaz, il n’y avait sur place plus que les occupants du chalet dans lequel Luca avait été recueilli. Dans sa décision du 22 mai 2002, le juge Cottagnoud écrit : « Sur place, en compagnie d’un agent de la police municipale de Nendaz, les inspecteurs de la Sûreté ont pu s’entretenir avec Callewaert Jean-Paul, qui les a orientés sur ce qui venait de se passer. Cette personne avait participé aux premiers secours. Les policiers ont également eu un contact avec les occupants du chalet voisin, soit la famille Van Der Hoek Gerben Uiltje. Ils ont appris à cette occasion que le jeune garçon avait déjà été transporté par ambulance à l’hôpital de Sion et que ses parents étaient avec lui. Les inspecteurs se sont alors rendus dans le pré sis en amont des chalets Callewaert et Van Der Hoek afin de visualiser les lieux. » Les occupants de ces chalets ont déclaré lors de leurs auditions qu’ils n’avaient rien vu, rien entendu. Comment dès lors ont-ils pu indiquer aux inspecteurs de police l’endroit où Luca a été découvert par sa mère ? D’autant plus que Tina Mongelli a dû attendre, selon son témoignage, de longues minutes avant qu’on lui ouvre la porte du chalet. Ses occupants n’ont donc pas pu voir d’où elle arrivait ! Les occupants des chalets ont-ils menti ? Les inspecteurs ont-ils visité le bon pré ? Qu’ont-ils réellement relevé sur place, compte tenu de l’obscurité ? S’ils ont correctement effectué leur travail le 7 février au soir, comme il est écrit « un premier état des lieux a été réalisé le 7 février dès 21h30 par la police » (page 1406, Dossier 5) Comment expliquer que le lendemain, ils relèvent « d’emblée » un gant « dans une zone de neige vierge de toute empreinte » ? N’auraient-ils pas dû facilement le trouver la veille, avec une lampe de poche ? Les « états des lieux » sont-ils toujours réalisés en plusieurs temps ? Pourquoi l’inspecteur Nanchen a-t-il pris la décision de ne pas sécuriser le périmètre ? Le juge Cottagnoud n’écrit-il pas lui-même, dans sa décision du 22 mai 2002 (clôture de l’enquête), à propos du 7 février 2002, soir du drame : « Les policiers ont d’emblée constaté que la parcelle était recouverte de neige. Il y avait passablement de traces de pas éparses. Certaines, par leur situation, laissaient entrevoir que cet endroit était un lieu de passage assez utilisé. » ?

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Compte tenu de la rapidité de la « rumeur » dans un village, il est fort probable que des gens soient venus visiter les en fin de soirée, ou très tôt le lendemain matin. Du moins, rien ne les en empêchait. Dans le dossier d’instruction, il est précisé (Page 153, Dossier 1) : « Ce qui est certain, c’est qu’un tiers laisse immanquablement des traces de lui-même sur les lieux de son forfait », puis plus loin (Page 99, Dossier 4) : « La sauvegarde des traces sont les bases ». Compte tenu de ces évidences, quelle explication les inspecteurs ont-ils trouvé pour l’empreinte bien visible à côté de la chemisette de Luca (Dossier 5, Page 1477, Photo 12) ? A-t-elle seulement été analysée ? Comment s’est-il forgé une opinion sur le déroulement du drame sans avoir rencontré les principaux protagonistes, à savoir Luca et Marco Mongelli ? Se pourrait-il, sachant qu’il a été mordu par un chien à son adolescence, que ce vécu ait influencé sa façon de mener cette affaire ? Ce soir-là, les inspecteurs du SIJ se rendent au chalet des Mongelli pour aller chercher Rocky. Ils pénètrent dans une propriété privée dans laquelle se trouve un chien sans doute agité, ce qui est compréhensible au vu des événements qui se sont produits entre 18 h et 21 h 30, l’heure approximative à laquelle ils pénètrent dans le chalet « Ribordy ». Ce soir-là, sur son territoire, Rocky mordra à la main l’inspecteur qui tentera de le prendre. Plus tard dans cette enquête, plusieurs spécialistes canins se détermineront sur le caractère de Rocky et sa « dangerosité ». L’un d’eux écrira qu’en général, un chien équilibré, s’il mord, s’en prend aux extrémités du corps : mains, pieds. Cette façon d’agresser un inspecteur de police ne prouverait-il pas que Rocky était/est un chien équilibré ? « Un examen du chien a été pratiqué » (rem : précisez le lieu et l’heure de cet examen) (page 207, Dossier 1). Sachant que Rocky était présumé coupable de l’agression de Luca, a-t-on procédé à des examens ADN sur les pattes ou dans la gueule du chien ? En page 210 du dossier 1, il est écrit « 538.-25 Empreinte sur papier de la mâchoire », et en page 1492 du dossier 5 : « photos de mâchoire de Rocky » (photo annexée). Cet examen et cette photo permettent-ils aujourd’hui de dire exactement l’écartement en centimètres entre les canines supérieures de Rocky en février 2002 ? Dans son jugement de clôture d’enquête du 22 mai 2002, le juge Cottagnoud écrit : « Les inspecteurs ont également procédé à la collation de tous les indices, pourvu à leur conservation et procédé à leur envoi, le 8.2.2002, à l’Institut universitaire de médecine légale de l’hôpital de Genève en vue d’analyse (dossier p. 207-211) » Cette remarque intervient au point 9, soit chronologiquement, cela s’est passé le 8 février 2002. Où ont été stockés les vêtements de Luca entre le 7 février au soir et le 8 février, date de leur « collation », de leur « conservation » et de leur envoi ? En page 1512 du dossier 5 figure les photos 68 et 69 d’un jean noir. Comment est-ce possible que ce jean figure dans les pièces « à conviction », alors que Tina Mongelli affirmait (Page 1446, dossier 5), « Luca portait un pantalon en velours côtelé » ? Se peut-ils qu’ils aient considéré qu’un vêtement troué était forcément porté le 7 février 2002 ? Tina avait fourni, plus tard, des vêtements de Luca portés avant le 7 février, pour
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prouver qu’ils avaient eux aussi des accrocs. De son aveu, il était impossible que Luca ait des habits « neufs » très longtemps. C’était un enfant turbulent, qui jouait beaucoup avec son chien. Y’a-t-il eu mélange avec ces habits-là, prêtés pour la « bonne cause » ? Finalement, n’a-t-il pas semblé étrange aux enquêteurs, qu’à Veysonnaz, en pleine saison, un enfant soit sauvagement déshabillé par un chien, vêtement après vêtement, sur un passage fréquenté, avec des chalets à proximité, entre 17 et 18 heures, sans que personne ne remarque quoi que ce soit ? Dans un reportage, la TSR avait interrogé le professeur Krompecher, de l’Institut de médecine légale de Lausanne (IUML). Celui-ci disait qu’à son point de vue, il était impossible qu’un chien puisse déshabiller un enfant au sens où on l’entendait habituellement, soit comme un adulte déshabille un enfant. Cela était par contre possible si le déshabillage se faisait par « arrachage ». Si tel est le cas, si Rocky a réellement arraché le vêtement de Luca, comment se fait-il qu’ils comportent si peu d’accrocs ? (voir photos) Et comment a-t-il fait pour ouvrir les « clips » du pantalon de ski ? Et comment expliquer la forme prise par la veste et le pullover bleu après ce déshabillage, avec une manche à l’endroit, à l’intérieur, et le reste à l’envers, comme lors d’un déshabillage « humain » ? Pourquoi aucune reconstitution n’a jamais été organisée, tenant compte du fait que les vêtements, ramassés le soir du drame par les inspecteurs, sont des pièces que l’on sait essentielles ?

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En résumé, l’enquête a été bâclée dès le début. Ce qui limite évidemment les possibilités de donner des éléments permettant d’accréditer la thèse de la présence d’un tiers. Mais n’aurait-on pas dû, dans le doute, essayer de prouver la culpabilité de Rocky ? Les chiens n’ont-ils pas, eux aussi, droit à la présomption d’innocence ?

INVESTIGATIONS.CH Sàrl Fred Reichenbach

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