LE SENAT A GAUCHE

MARIE-NOËLLE LIENEMANN
Une victoire qui en prépare d’autres: Bonne année 2012!
Le Sénat est passé à gauche. Cet événement historique doit peu aux circonstances : il est le fruit d’un travail méthodique et patient, entamé par les socialistes et leurs alliés il y a près de 10 ans. En engrangeant les victoires locales, en préparant les échéances avec sérieux, en s’appuyant sur un PS en ordre de marche, nous avons pu démentir l’adage selon lequel « quand la gauche perd, elle perd tout, quand la droite perd, elle garde le Sénat ». C’est pour moi une joie et une fierté d’avoir contribué à cette victoire Je tiens à remercier les militantes et les militants parisiens sans qui rien n’aurait été possible, mais aussi bien sûr les élu(e)s qui se sont mobilisés sans compter au cours de cette campagne de conviction où aucun soutien ne devait faire défaut. Dès notre installation, je me suis mis à la tâche. Secrétaire du Sénat, membre de la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, j’ai à cœur de porter des propositions pour promouvoir une autre politique face à la logique libérale et financière de Nicolas Sarkozy. A quelques mois de l’élection présidentielle, l’œuvre législative de la gauche sénatoriale est en effet regardée de près : elle doit permettre d’illustrer aujourd’hui ce que nous ferons demain, une fois revenus au pouvoir. Car notre rôle n’est pas seulement de nous opposer à la politique gouvernementale : nous entendons démontrer qu’une alternative crédible est possible dans notre pays. Notre projet de budget de l’Etat comme de la Sécurité Sociale, mais aussi l’adoption de propositions emblématiques comme le droit de vote des étrangers aux élections locales, l’encadrement des loyers témoignent de cette volonté. Une volonté qui s’appuie sur une stratégie claire : celle du rassemblement de toute la gauche. Au Sénat, avec nos collègues communistes, écologistes, radicaux et citoyens, nous travaillons ensemble pour dessiner les contours de la nouvelle France que nous allons construire ensemble, dès mai 2012.

Marie-Noëlle LIENEMANN Sénatrice de Paris Ancienne Ministre
COMPTE-RENDU DE MANDAT

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DES PROPOSITIONS DE LOIS de la nouvelle majorité de gauche
Dans les deux assemblées, les parlementaires peuvent voter des propositions de loi dans le cadre de l’initiative parlementaire, strictement encadrée par la constitution. Ainsi le groupe socialiste, apparentés et groupe EELV, au Sénat, voté plusieurs textes illustrant concrètement le changement apporté par le basculement à gauche de la Haute Assemblée. Néanmoins, ces propositions n’auront force législative que si les députés les votent à leur tour. En effet, dans nos institutions, c’est toujours l’Assemblée nationale qui a le dernier mot. Un texte voté au Palais Bourbon peut aussi être bloqué s’il n’est pas inscrit à l’ordre du jour du Sénat et par ailleurs tout changement constitutionnel n’est possible qu’avec un vote similaire des deux chambres ou d’une majorité qualifiée du congrès (Assemblée et Sénat réunis).

8DE Le droit de Vote des étranCEMgers non européens aux élections locales. BRE

En 2001, l’Assemblée Nationale de gauche avait voté un tel projet de loi, afin de tenir les engagements pris et aligner le droit de tous les étrangers vivant depuis un certain temps dans notre pays sur celui des ressortissants de l’UE. Le Sénat d’alors avait manifesté son hostilité et avait du coup bloqué cette initiative. L’Echec de 2002 avait enterré la possibilité d’y parvenir. Il était donc normal et juste que la gauche majoritaire au palais du Luxembourg reprenne le chemin qui doit permettre d’aller au bout de cette promesse si justifiée. C’est ce qui fut fait le 8 décembre où socialistes verts, communistes et une bonne partie du groupe Radical RDSE ont approuvé le texte présenté par la commission des lois présidé par Jean-Pierre Sueur et rapporté par Esther Benbassa (EELV) Le gouvernement représenté par le Premier ministre François Fillon e,t le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, était bien embarrassé dans son argumentation. Il prétendait faire la preuve qu’une telle mesure menacerait notre République, alors que Nicolas Sarkozy, candidat, avait indiqué publiquement qu’il y était favorable !

Mais la volonté de séduire l’électorat du FN est manifestement la priorité actuelle de l’UMP. Et maintenant ? Tout dépend de l’Assemblée Nationale. D’ici la prochaine présidentielle, elle n’inscrira pas cette proposition à l’ordre du jour. Mais si la gauche gagne les prochaines législatives alors rien ne s’opposera plus à cette nouvelle législation qui permettra aux étrangers qui vivent sur notre territoire de participer plus activement à la vie locale, de se sentir reconnus et respectés par ce droit de vote local. Il nous faudra aussi favoriser la naturalisation de celles et ceux qui souhaitent devenir Français.

3NO VEM La scolarité obligatoire à 3ans. BRE
Un texte porté par Françoise Cartron sénatrice de Gironde visant à instaurer la scolarité obligatoire à 3 ans figurait à l’ordre du jour le 3 novembre parmi les premières propositions de loi examinées par le nouveau Sénat. A l’heure où la politique du gouvernement s’attaque à l’école maternelle à travers les suppressions de postes et l’encouragement parallèle donné aux structures d’accueil privées et payantes, la majorité de gauche réaffirme ainsi son attachement à ce niveau d’enseignement et aux bénéfices qu’il entraine pour les élèves dans la suite de leur parcours scolaire. Le gouvernement a utilisé un artifice de procédure pour empêcher son adoption. Mais l’engagement est pris: en cas de victoire de la gauche, une politique ambitieuse de scolarisation précoce sera mise en œuvre. Elle est indispensable pour lutter contre l’échec scolaire.

4NO VEM BRE

Décentralisation et élaboration des nouvelles intercommunalités

La révision du texte du gouvernement de décembre 2010 est très attendue par l’ensemble des élus locaux. Ils l’ont clairement fait comprendre à l’occasion des élections sénatoriales de cet automne. Pour apporter une réponse rapide à ces attentes et ces inquiétudes le Sénat de gauche a adopté deux propositions de loi majeures pour les collectivités territoriales. Le premier texte présenté pour le groupe socialiste par Jean-Pierre Sueur vise à restaurer le rôle central des élus municipaux dans l’achèvement en cours de la carte de l’intercommunalité, alors que l’essentiel de la décision revenait auparavant au préfet. Cette loi donne également davantage de temps aux élus pour achever dans la concertation les schémas départementaux de coopération intercommunale et prolonge les mandats en cours des délégués des EPCI. C’est un élément clef pour réussir une nouvelle étape de la décentralisation.Lors du Congrès des Maires de France, le Premier ministre avait promis un report. Mais pour l’heure, la voix des élus n’a pas été prise en compte .

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6NO VEM BRE

Abrogation du Conseiller Territorial

Dans le même cadre, un texte de loi rapporté par Gaëtan Gorce organise la suppression de cet élu hybride que serait le conseiller territorial, une institutionnalisation du cumul des mandats, dramatiquement défavorable à la parité dans les assemblées départementales et régionales, et ne permettant aucune économie pour les citoyens. En n’inscrivant pas ce texte à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, la droite souligne une nouvelle fois son mépris à la fois pour les travaux du Parlement et pour les élus locaux concernés.

Ces premiers textes répondent à l’urgence en attendant les Etats Généraux de la démocratie locale organisés par le Sénat, qui serviront de base à la troisième étape de la décentralisation afin de restaurer un pacte de confiance entre l’Etat et les collectivités locales.

L’élection d’une majorité de gauche au Sénat a empêché Nicolas Sarkozy de faire inscrire dans la constitution cette fameuse « Règle d’Or» , absurde et dangereuse. Celle-ci ne règle rien des problèmes d’aujourd’hui et bride toute politique de relance de la croissance dans la durée.

* Remise en cause du fameux paquet

DES CHOIX BUDGETAIRES ALTERNATIFS Les socialistes et la gauche ont revu de fond en comble le budget de l’Etat et celui de la Sécurité Sociale. Ils ont réduit les déficits, en s’attaquant aux niches et injustices fiscales, en orientant les dépenses vers des priorités majeures. Le gouvernement et la majorité présidentielle n’ont rien voulu entendre revenant en seconde lecture aux propositions initiales. Les choix budgétaires disent la différence entre la Gauche et la Droite

TEPA qui coûte encore cette année plus de 9 Milliards d’Euros. Dans ce pa-

quet se trouvent les exonérations de cotisations pour les heures supplémentaires qui vont contre l’emploi et coûtent cher. Mais aussi l’éxonération des droits de sucession pour les familles les plus riches. et le bouclier fiscal. Il faut combattre l’économie de la rente et restaurer plus de justice sociale. * Refus de la ponction de 200 Millions d’Euros sur les collectivités locales qui répondent aux besoins de services de proximité, financent de nombreuses dépenses de solidarité (en hausse avec l’accroissement de la précarité) ou pour l’autonomie des personnes agées et qui soutiennent la croissance par leur politique d’investissement. * Refus de la baisse des emplois publics

en particulier dans l’enseignement.

LOI DE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE Le Sénat a présenté une version alternative à la logique libérale et injuste de la droite en réduisant le déficit de la Sécurité sociale et en refusant de faire payer davantage les usagers. En votant la suppression du dispositif d’exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires, inefficace et néfaste pour l’emploi, la majorité sénatoriale de gauche montre qu’il est possible de récupérer 4,5 milliards d’euros donc 2,9 milliards iraient au budget de la sécurité sociale. A été également supprimé le doublement de la taxe sur les complémentaires santé qui entraine pour les français une hausse correspondante des tarifs des mutuelles. L’amendement présenté par Marie-Noëlle Lienemann demandant que les mutuelles étudiantes soient exonérées totalement de cette taxe a été retenu, car les sénateurs ont considéré que le nombre d’étudiants sans complémentaire santé (19% contre 10% pour l’ensemble des Français) justifiait un effort particulier pour ne pas diminuer l’état sanitaire d’une population frappée par l’augmentation de la précarité. Le projet revenait aussi sur les dernières mesures proposées, emblématiques d’une politique injuste et sans vision d’avenir : moindre revalorisation des prestations familiales, fragilisation accrue de la situation financière des hôpitaux publics, accélération du plan retraite,baisse du niveau de l’indemnisation journalière de l’arrêt maladie.

INTERVENTION DE MARIE-NOELLE LIENEMANN AU NOM DU GROUPE SOCIALISTE SUR LE BUDGET DU LOGEMENT
Nous serions en droit d’attendre que le logement soit une priorité nationale et que le budget consacré à cette question constitue, aujourd’hui, un outil de relance de la croissance et de l’emploi. Hélas, tel n’est pas le cas ! Depuis plusieurs années, les aides publiques directes disparaissent peu à peu du budget du logement, notamment pour ce qui concerne l’aide à la pierre. Urgence sociale, tout d’abord avec les problèmes du mal-logement et de l’insalubrité et parce que la très grande majorité des Français voient désormais leur dépenses de logement exploser, plombant leur pouvoir d’achat ! Les prix de l’immobilier et des loyers subissent une augmentation tout à fait considérable par rapport à l’évolution des revenus de nos concitoyens. Urgence républicaine, ensuite : de fait, comment justifier qu’un pays riche comme le nôtre soit incapable de garantir à sa jeunesse le droit de s’installer décemment, le droit au logement ? Comment justifier que des lois soient votées, proclamant notamment le droit au logement opposable, et que, quelques années plus tard, la situation, loin de s’être améliorée, se soit fortement dégradée ? Urgence républicaine, également, parce que la politique de renouvellement urbain n’a pas suffi à briser les logiques de ghettoïsation et de marginalisation. Les exigences de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, ou loi SRU, ne sont pas respectées ! Urgence écologique, car l’effet de serre est intimement lié au gaspillage énergétique au sein du parc immobilier. Sa rénovation serait une fantastique occasion de créer des emplois, tout en réduisant les charges de nos concitoyens ! Urgence économique, enfin, car le secteur du bâtiment, tant chez les artisans que dans les grandes entreprises, crée des emplois qu’il est impossible de délocaliser et qui sont vecteurs des technologies d’avenir. Le budget du logement devrait être au rendezvous de ces impératifs, mais tel n’est pas le cas. L’augmentation considérable des prix des loyers comme des ventes immobilières est largement liée aux politiques fiscales que vous avez menées pour « doper » le marché du logement, alors même qu’il aurait fallu réguler les prix. Il s’agit non pas d’encadrer toutes les transactions mais de prévenir les dérapages financiers et l’apparition de bulles. Vous refusez toute régulation et encadrement des loyers ! Le dispositif Scellier, après le Robien, après le Borloo, coûte extrêmement cher, hypothèque l’avenir, a contribué à l’endettement du pays et à cette flambée immobilière. Il en est de même pour les déductions d’intérêts d’emprunt– grande proposition du candidat Sarkozy – qui a coûté plus de 3 milliards d’euros à la France ! Alors vous devez assumer votre part de responsabilité dans l’augmentation des prix de l’immobilier et des loyers. Vous avez substitué à cette déduction coûteuse, un nouveau PTZ dit universel bénéficie aux neuvième et dixième déciles de la population soit les plus aisés ! au passage , vous avez ponctionné 1 Milliard d’Euros à la politique du Logement. Vous vantiez la « France des propriétaires », mais les couches populaires accèdent de plus en plus difficilement à la propriété de leur logement. Parmi les ménages qui perçoivent moins de trois SMIC, notre pays compte 100 000 accédants en moins par rapport aux années deux mille. Le plus grave est que vous avez réduit les aides à la pierre de façon massive, alors que nous avions besoin de construire et de rénover des logements sociaux. Il est scandaleux d’affecter la très grande partie des crédits du 1 % logement pour financer l’ANAH et l’ANRU et de programmer son dépérissement. La moitié à peine du programme de l’ANRU est financée. Le Conseil économique, social et environnemental a estimé à l’unanimité qu’il faillait plus d’un milliard d’euros par an pour boucler le programme ANRU 1 et engager le programme ANRU 2.

Suite de l’ intervention MN Lienemann sur le budget du Logement
Il a aussi souhaité que nous dotions cet organisme de ressources propres. C’est la seule façon d’assurer la pérennité de son financement. À propos de la diminution des aides à la pierre, j’entends déjà la réponse fuser : mais qu’a donc fait la gauche en matière de construction de logement social ? Il faut replacer les chiffres dans leur contexte. Entre 2000 et 2002, le prêt locatif social (PLS) venait d’être lancé et ne pouvait pas encore être comptabilisé et nous n’avions pas encore créé la Foncière. Donc comparons ce qui est comparables les PLUS et PLAI et là le bilan n’est pas bon. D’ailleurs, il n’est pas bon sur l’essentiel à savoir l’accroissement net du parc HLM qui était de 32 000 à 34 000 logements par an sous la gauche. Dix ans plus tard, vous avez porté ce chiffre à 40 000 à 50 000 Il y a donc eu moins de dix mille logements de plus par an. Quel progrès ! Franchement, il n’y a pas de quoi pavoiser. Par ailleurs, vous oubliez d’inclure dans vos calculs les 19 000 logements qui servent d’hébergement d’urgence et qui, avant 2004, n’étaient pas comptabilisés comme logements sociaux. Je vous mets donc au défi de prouver que vous avez construit plus de 10 000 logements PLUS-PLAI – ceux dont nos concitoyens ont le plus besoin – depuis 2002. Entre les chiffres annoncés et la réalité sur le terrain, il y a un gouffre ! Pour autant, je le confesse volontiers, quels qu’aient été les gouvernements, la Nation n’a pas suffisamment investi dans le logement, et cela depuis des années. Nous devons répondre à l’urgence sociale et relancer la croissance en investissant massivement dans le logement. Nous aurions aimé que le Gouvernement relève ce défi. Il ne l’a pas fait ; nous voterons contre ce budget !

Questions écrites de Marie-Noëlle LIENEMANN au Gouvernement

• Gestion du domaine foncier de Réseau Ferré de France • Défense de l’indépendance du magazine 60 millions de consommateurs • Difficultés des entreprises du secteur solaire après les baisses de tarifs de rachat • Problèmes d’emplois et sociaux au centre des finances publiques du 13ème arrondissement de Paris, • Sanctions européennes au regard des menaces démocratiques en Hongrie • Mauvaises distribution des colis postaux en fin d’année

MN Lienemann et Bariza Kiari, membres du Bureau du Sénat, ont insisté pour que le 9 décembre devienne la journée nationale de la Laïcité. JP Bel s’associe à l’opération « L’Arbre de la Laïcité» à l’instar de la Ville de Paris et du club Gauche-Avenir

MN Lienemann, membre de la commission de l’économie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, a présenté un rapport sur le nouveau régime des services d’intérêt économique général (SIEG) prévu par la Commission Européenne. La résolution a été votée à l’unanimité le 6 Décembre.

MN Lienemann est cosignataire de la proposition de résolution relative au séjour des étudiants étrangers diplômés, déposée par les socialistes, au Sénat le 14 novembre 2011 (discussion en séance publique le 18 janvier 2012)