QUE

SAIS-JE ?

La formation de la langue française
JACQUES ALLIÈRES
Professeur à l'UnivereitOe Toulouse-Le Minil Deuxième édition mise è Jour

14* mille

TRANSCRIPTION PHONÉTIQUE (Système de l'Association Phonétique Internationale)

a a e e i

ma/ mkle mêle aimé mille

p pou b bout m mou

ce meurt pf meule y mule o molle o mâle u moule t tout d doux n nous

9 mener S ment ê main 5 mon œ A/cung k cou g goût

j miette H muette w mouette

f fou s sou v vous z tout jt gnou/» agneau

f chou S me

Pour l'ancien français

ù esp. i — $ angl. thing o — that ç allem. Lient x — Loch, esp. dejar (Tangl. cheap, esp. lèche, it. cento <*3 — iob, gin, it, genU

l loup rfR roue (r apical comme en italien ou en espagnol ; R dorsal de Paris)

K it. fîglio, esp. Mono 1$ fr. pop. boutiquier, quatre $ — tiers, basque XXipt <j — adieu, — jo y angl. thing

ISBN 2130414788

Dépôt légal — 1" édition : 1982 2* édition mise à jour : 1988, mai © Presses Universitaires de France, 1982 108, bouleyard Saint-Germain, 75006 Paris

AVANT-PROPOS La « philologie » française, telle qu'on l'enseigne dans nos universités, a connu depuis peu une étrange mutation. Naguère, Tannée qui lui était consacrée devait permettre à l'étudiant de licence, généralement formé aux disci­ plines classiques, ou tout au moins latiniste, de se faire une idée relativement précise de la façon dont notre langue s'est peu à peu dégagée d'un latin vulgaire luimême mal connu mais héritier direct du latin classique. Cette matière certes difficile, déroutante pour un « litté­ raire », qui, de surcroît mal enseignée, finissait par devenir la « bête noire » de plus d'un futur professeur, semble aujourd'hui de plus en plus décriée, en attendant de se voir frappée d'interdit Sans doute peut-on discuter la valeur, et même le bien-fondé, des prémisses et des hypothèses sur lesquelles repose cet édifice de la « gram­ maire historique » que nos prédécesseurs ont mis des générations à construire. Il n'en demeure pas moins paradoxal de voir une civilisation de plus en plus pénétrée d'historicité — à commencer par ses courants marxistes— rejeter avec l'histoire de la langue l'étude d'un dévelop­ pement qui intéresse aussi bien le langage comme outil de communication sociale que les structures de la société qui en use, sans parler du simple désir de savoir. On peut comprendre certaines raisons de ce rejet : d'abord, les écoles américaines de linguistique structurale, préoc­ cupées de décrire et d'analyser des idiomes sans tradition écrite comme c'est le cas des parlers indiens, ont inventé des méthodes d'investigation adéquates, dont la diffusion parmi nous a pu induire les jeunes linguistes à penser que
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la fréquente polari­ sation des études de philologie sur la phonétique. au surplus inutile. enfin. prétendre évidemment à Pexhaustivité et chercher à concurrencer de ce fait les importants ouvrages qui. tant en « diachronie » qu'en « synchronie ». achève de les rendre arides et peu convaincantes — ceci pour les raisons que nous aborderons ici en temps utile. exposent en détail la masse des faits en s'efforçant de les classer tous et d'en rendre compte. ensuite. dans la large perspec­ tive qu'il adopte. pour aborder l'étude d'une matière passionnante.la perspective « diachronique » (historique) est fausse et surannée. et les cours d'initiation organisés pour les étudiants non latinistes ne peuvent équivaloir à la formation que dispensaient les lycées et collèges d'avantguerre. Le présent petit livre ne saurait. G. Bourriez et P. sous son aspect strictement articulatoire de surcroît. Moignet ou F. pour ne citer que les principaux. Wagner. bien au contraire. en lui offrant sous une forme très condensée l'essentiel de ce qu'il devrait savoir. on sait de moins en moins le latin. Fouché à ceux de R.-L. partie fondamentale de l'histoire de notre culture. et que la linguistique ne peut-être que « synchronique ». 4 . de La Chaussée. de ceux d'E. de sorte que le point de départ de révolution est aujourd'hui aussi étranger aux apprentis « philologues » que le processus lui-même . Il voudrait. préparer l'étudiant à leur lecture. à un niveau sou­ vent bien élémentaire.

sarde. germanique parlé lors des Grandes Inva­ sions du v e siècle par les populations franques qui. calques divers. délaissèrent elles aussi leur langue maternelle pour le roman primitif qui s'y trouvait alors en usage depuis. L'histoire militaire. notre langue est avant tout Phéritière directe du latin importé en Gaule par les conquérants romains. l'économie. espagnol. portugais. selon des pro­ cessus interférentiels appelés faits de « substrat » dans le cas du gaulois. roumain — et à leurs dialectes. puis méridionale. 5 . la politique ont fait le reste. elle est la sœur de l'occitan et des parlers « francoprovençaux » de la région savoyarde. emprunts lexicaux) propres i leur langue d'origine. Comme telle. rhéto-roman. région dont le « patois » n'a jamais été que la variante populaire du français. Elle doit ses traits différentiels et particuliers essentiellement aux langues avec lesquelles le latin s'est trouvé en contact direct : gaulois dans la bouche des habitants de la Gaule septentrionale. qui l'ont abandonné progressivement au profit du latin. permettant à Paris d'affirmer sa prépondérance sur la France septentrionale. de « superstrat » dans celui du germanique. italien. — Généralités Née dans l'Ile-de-France. Les uns comme les autres ont imprimé à l'idiome qu'ils adoptaient des habi­ tudes linguistiques (« accent ».INTRODUCTION LA PLACE DU FRANÇAIS DANS LES LANGUES ROMANES : SUBSTRATS ET SUPERSTRATS I. tandis qu'un cousinage moins direct la lie aux autres langues romanes — catalan. leur impo­ sant de ce fait sa langue pour des raisons tant de prestige que d'autorité. venues s'installer sur notre territoire.

FACTU « fait ». Nous allons tâcher de caractériser ainsi chaque fraction du domaine roman. b) les occlusives simples et s s'affaiblissent (sonorisations. direito. esp. nuit. rhét. roum. les traits différentiels sont des traits phonétiques. fet. s'amuit à Vest Ex.fait. hecho. feito. cat. . cat. 3. occ. parallèlement. occ. noapte. occ. TRËS « trois » : port. fr. rhét. a) CUPPA « coupe ». coupe bat(t)u vache. tre. dreit. notg) ital. à commencer par les plus vastes. VACCA « vache » : port. fapt (subst. 1. 2. fatg. NOCTE « nuit » : port. proche de la Romania occidentale : Ex. -S latin : conservé à Vouest. roum. derecho. treisl ital. 3.fr. sauf exception en italien. très. copa batut vaca. rhét. a) Occlusives (sourdes) géminées : réduites à Vouest. fait. spirantisations) à Pouest. noche. *BATTOTU/lTU « battu ».). diritto. pour aboutir à une défi­ nition du français. peut-être sous une influence slave) .Les divers parlers romans précités se distinguent les uns des autres par des traits qui assortissent aux divers domaines du langage : évolutions phonétiques diver­ gentes à partir du latin.esp. cat. choix morphosyntaxiques dis­ tincts — le lexique reste à part. se conservent intactes à Test. notte. nuàit. fatto. copa batido vaca. roum. nit. (1) En français et en rhéso-roman. trois. drept. coppa battuto vacca. fr. cop(p)a batiu vac(c)a (1) / it. très. trei. 6 . les consonnes doubles ne notent pas des géminées. dretg. s'assimile ou reste occlusif à Vest : Ex. droit. cupà bàtut vacà. esp. noite. K + consonne : se résout en yod ([j]) à Vouest. se maintiennent à Vest (mais le roumain a simplifié lui aussi les géminées. DlRËCTU « droit ». IL — Romania occidentale et Romania orientale Leur frontière est représentée grosso modo par un faisceau de lignes « isophones » reliant en Italie le port de la Spezia à la ville de Rimini. dret.

AE > [«]. rhét. sapone cantata. fermeture des longues (en outre. OE > [ej) d'où un système commun de base Rornania orientale (moins ritalien) : i système général e o point d'aboutissement de processus variables : u » è x O 1 Ï E Ë A Ô O Û O I I I I I i e e a o o u / e e o u o a 1. sabSo cantada chegar. savun cantada plafar / it. avec une distri­ bution variable des timbres primitifs : \ Latin classique Rornania occidentale (plus ritalien) : ouverture des brèves. Ô > [o] (cf. italien y compris en l'occurrence. PLICÀRE « plier » : pg. en un système de base à quatre degrés (réduit ensuite à trois localement. Roumain : E et I > [e]. mais Û > [u]. occ. STRATA > strada. comme en castillan). sàpun ctntatà (a) pleca. Dialectes d'Italie méridionale : Ë > [e]. cat. b) SAPONE « savon ». sabâ cantada plegar. le système latin à trois degrés d'aperture se mue à Youest. esp. Consécutivement à la disparition des oppositions vocaliques quantitatives au profit d'oppositions quali­ tatives (timbre). 4. 2. tandis que Yest (moins Vitalien) conserve les trois degrés. jabôn cantada llegar. sabon cantada plegar. Sarde : conservation des oppositions de timbre latines avec effacement des oppositions de quantité. piegare\ roum. O et Ô > M 3. 7 . sarde). fr. CANTÀTA « chantée ». Ë et ï > [i] O > M. URTlCA ortica (mais RlPA riva.3. savon chantée pletier ployer.

pié. m . fil. Ë PËDE/FËLE. lima. cred-leg. três-pêra.~ roumain sare. pira-filu. fil. Mo. pè. nuef (neuf). — Gallo-Romania et reste de la Romania occidentale Les Pyrénées séparent la Gallo-Romania de PlbéroRomania — mis à part le catalan. 2° Romania occidentale (plus italien) : ancien . tila-pilu-filu. ou « romanche ». fio. dialectes d'Italie méridionale sale. nueve. flor-dos (fleur-deux). luna: 3° Romania orientale (moins l'italien) : sarde sale. lua. castillan sal. sal. avec une certaine pré­ pondérance de traits gallo-romans —. les Alpes (malgré quelques vallées occitanophones sur le versant oriental) de ritalo-Romania.fiore-gola do}).Illustrations (compte non tenu du détail des évolutions particulières : seule importe la similitude ou la différence de traitement des phonèmes primitifs) : 1° Base latine classique (la distribution géographique des lexèmes impose l'utilisation de plusieurs exemples dans certains cas) : A SALE. tela-pera ([eJ). nuove dwo]). occitan sal. où la répartition est plus délicate. la région « romande ». 0 FLORE/VOCE/ NODU. pèdi.fir. fiere. flordos. est galloromane.nàu. rhéto-roman (engadinois) sel. nom. teile-peire (toile-poire). partagent de nombreux traits avec le gallo-roman.filo. 8 . nuf-dus. vuci-cruci-luna. Û DÛOS/GULA/NÙCE/CRÙCE. nàe-flàre. I FlLU. rata. tela-pera. flor-dos. lune. En Suisse.nouâ-nod. portugais. nuke-luna. ï *PÏRA (cl. flordois ([o]). à l'ouest. E TÉLA/ TRES/CATENA/CREDO. piede (L/eD. pè. nove QpJ). et le rhétique.français sel. glûna (gl = [<<]). italien sale. -UM)/PÏLU/ LÏGO. O LCNA. pè. qui constitue une sorte de « langue-pont » entre les deux. tela-pera. luna.fil. gurâ-lunâ. pè-kadèna. pié. Ô NÔVE/RÔTA. comme du reste les parlers alpins et piémontais dltalie. tailapair.

cast. Diphtongaison conditionnée /// lièit Ilit port. perd OU huit uèit oc cat. it. cat. mar mais port. /rienfe -0/-U OCTO MORU oc-cat. . cast. muro it. supra OCTO.Gallo-roman lune [lyn] luna [Uyno] tu) : port. cast. toto Ô Cf. flyna] En Suisse engad. vuit oH-oc (LFD. cast. duj) mur port. it. cast. 0 : L0NA fy] : fr. lluna \}Kum\ but Vlue] haut f}hmd\ u : tosc. mar OU perd perd oc cat. it. Ibéro-roman Italo-roman luna Çluna) mais piém. ktto fedw> Ë LECTU oïl oc cat. V<(yna] it. otto tfcfo port. Voyelles atonesfinalesautres que -A -E/-I MARE OU mer mare perde ofto PERDIT port. cat. /»mfe cast. occ.

crepcha PULICE puceppuzi — />/«** 3. 10 . 115) Nous ne pouvons ici. énoncer tout le détail des faits. faure DÎCG difdiu/dic FfLIA filleIfilUlfilha ♦CASC0NU chascunlchasconjcascun NAVE neflna/nau (1) Le signe * précède les formes offrant en outre un traitement spécifi­ quement frprov. dans le reste de leur phonétisme.IV. faute de place. carte p./occitan) VENTT vient/vin/ven ♦FOLIA fueillejfoillilfuèlha BOVE buefjboy buo/buout biou FABRU fevrelfavrolfabre. -apte. Oïl/frprov. « occitan PRATU pré/pra — praf TERRA terre/terra =» fé/ra VIA vofe/W « vfa LECTU litfliet « /fefc /fecA •JOVIS DIES PERDITA perte/perda — pénfa ♦MANICA manche/°mangi » manga.pie/pè SOROR suer « suerfsor(re) TÊLA toile « teila/tela NEPÔTE neveu » nevou/nebot ♦SAPËRE savoir «■ saveirfsaber SÊTA *>te » seia/seda PACÂTU /wrfté » paiéfpagat RATTÔNE raison » raison/razon ♦MALE HABITU malade — *malado/malaut(e)./occitan ♦TALIÂRE taillier » millier/talhar TERRAS terres — terres/tèrras ♦SIAT soit « seit/sia ♦REdfPIT reçoit » receitfrecep ♦PETTIA pièce = 9pieci (l)/pèça PEDE pié . mari PANE pain/pan — jMfJIJ COMES cuensfcons » corn* MASCULU maslepmasclo — mascle ♦BOSK bois/bosc « 60JC ALBA aube/alba « o/fta juesdn(di)jos « r<//.>i» ♦KRIPJA crechel0creipi » crepia. Nous nous contenterons de donner donc les trois formes (langue ancienne) précédées de leur étymon : 1. — OH ~ oc ~francoprovençal(cf. On » frprov. -au* SAPIS 5*5 » °sas/saps ♦FOCACEA /ooee = *foiacllfogaça SAPIDU sade « •sado/sabe FRAXINU fraisne « «frainojfraisse 2. Solutions exclusives de chaque aire (oïl/frprov.

HERMAN. c'est sur la phonétique évolutive que les romanistes ont fait porter tous leurs efforts et exercé leur sagacité. deux types de résultats peuvent être espérés. les processus évolutifs qui séparent ces deux états. 11 . l'hiatus est considérable. Comme les sons d'une langue constituent seuls un système bien défini. Entre le latin parlé à la fin de l'Empire (le « latin vulgaire » du v' siècle (1)) et ces textes. H* 1247 de cette collection. A son propos. dont la localisation et la sincérité dialectales restent encore controversées. d'autant que les graphies médiévales les plus anciennes sont d'interprétation difficile et que les documents ne nous sont généralement parvenus que sous forme de copies bien postérieures à leur rédaction. nos premiers documents ne sont pas antérieurs à l'extrême fin du IXe siècle (Séquence de sainte Eulalie) et surtout au xie siècle (Vie de saint Alexis). Les uns concernent la « chronologie relative » dont on peut déterminer certaines données précises dans (1) V. Le latin vulgaire de J. Le linguiste « diachronicien » doit donc recourir à des hypothèses pour décrire. sinon expliquer. composé d'un nombre déterminé d'unités distinctes.PREMIÈRE PARTIE PROTOHISTOIRE DU FRANÇAIS DES ORIGINES AU XIV SIÈCLE La genèse du système : données objectives et hypothèses Mis à part les Serments de Strasbourg de 842.

le romaniste s'étonnera sans doute d'apprendre qu'en japonais si t est devenu //devant /. que devant un a (1). on le sait.la mesure où les processus évolutifs ne peuvent se déclen­ cher. fût-elle articulatoire ou acoustique. ne nous est en la matière que d'un piètre secours puisque nous ne saisissons jamais par lui que des états. des témoignages tirés de documents incontestables. chose. ce qui implique que la monophtongaison de au en o (cf. tout l'arsenal moderne de la phonétique instru­ mentale. comment imaginer que l'état de langue qu'ils nous livrent correspond bien à la réalité contemporaine et non à un état antérieur artificiellement conservé par l'écrit — la graphie du français contemporain. pour être établie de façon indiscutable. que si ceux-ci se trouvent à un certain stade de leur développement — du moins pour une langue et une période données : ainsi.. la vélaire initiale du latin CAUSA n'a pu se palataliser.. le droit d'extrapoler (1) Dans les limites spatiales et temporelles définies comme celles du « proto-français » . se fonder que sur des données objectives. car beaucoup de processus sont indépendants et le chercheur a bientôt recours soit à des arguments extra-phonétiques. soit à des hypothèses de travail appartenant à la « chronologie absolue ». lorsqu'il s'agit d'interactions entre sons en contact ou à distance. qu'elle ne nous donnerait pas pour autant. Or celle-ci ne doit. correspond au phonétisme qu'offrait la langue à l'époque de Philippe le Bel. d'autre part.? Ajoutons que nous savons bien peu de choses sur les changements phonétiques : d'abord. exemple classique. et l'on sait combien ceux-ci sont rares : et. Mais on ne peut aller très loin sur cette voie. l'observation des articulations actuelles nous révélerait-elle un sens de l'évolution. d'abord [ltfoza]) fut postérieure à cette palatalisation. à supposer que l'on puisse prouver l'authenticité de certains. pour aboutir ultérieurement à [/]. souvent hasardeux. l'ita­ lien). devant u il est passé à cri 12 . a priori. ce qui est « normal » à ses yeux (cf. non des pro­ cessus : du reste.

BOUQUIAUX et F. ou encore les nasalisations vocaliques). plus tard la réduction de s devant consonne. ressortit à un autre niveau de réflexion et de recherche (v. THOMAS. il n'est d'ailleurs pas exclu qu'un processus accepté un temps par une partie de la communauté soit finalement rejeté par une autre. le précieux livre de J. interférences) paraissent instantanés. FUF. qui par son prestige impose sa solution à l'ensemble : ceci peut s'observer aussi bien entre couches distinctes d'une même société (aspect sociolinguistique) — ex. M. le sort en français de [e] roman tonique libre — qu'entre fractions voisines d'un même ensemble ethnique (aspect ethno-linguistique) — ex. ouvrage intitulé Initiation à la phonétique. Que dire enfin des traits qui sem­ blent se propager dans l'espace? Peut-on toujours déter­ miner s'il s'agit d'une influence de prestige — cf. car la prodigieuse variété des articulations possibles (1) interdit l'usage trop simpliste d'un « bon sens » destiné à suppléer le témoignage objectif. les phénomènes interfé(1) V. des relations sûres (régularité des correspondances. passer par de longues périodes de polymorphisme (par exemple à l'origine du français la chute des voyelles prétoniques internes. & ce propos des témoignages tels que ceux qu'apporte. C. conformité de fonction grammaticale ou sémantique pour les termes concernés) ont pu être établies entre les formes latines et leurs « héritières » françaises. la comparaison entre les langues romanes et entre les divers stades évolutifs permet aussi d'avancer quelques conjectures prudentes sur la nature des pro­ cessus (description). nous ignorons combien de temps ils ont pu durer. elle. cidessus — ou d'un développement spontané plus tardif? Quoi qu'il en soit. qui. CLOAREC-HEISS. car si certains (mutations. africanistes « de terrain ». par exemple. Ensuite. 13 . d'autres peuvent se prolonger des siècles. le double produit de -ELLUS : -iausj-eaus. L.à des situations anciennes. sinon sur leur cause (explication proprement dite).

14 . la fréquence des attractions paronymiques si spontanées dans les bouches populaires. en nous efforçant de rappeler pour chaque développement le terminus a quo. il n'est pas moins exact que dans les cas. que le scribe n'a eu aucune raison d'homogénéiser en « se relisant ». d'emprunts au latin la langue pouvait aussi varier entre deux pôles — ou « niveaux » —. morphologique. ajoutons. D'autre part. c'est-à-dire l'état latin classique. Mais il ne faut pas se leurrer sur la nature d'une langue comme l'ancien français. tel qu'il est décrit ou enseigné dans nos écoles. si fré­ quents. qu'aucune académie. oscillant constamment entre les « pôles » lat. C'est l'ensemble de ces faits que nous allons aborder en détail dans ce qui suit. que la rigidité du français « post-vaugelassien ». d'une part. De telles fluctuations dans les manuscrits ne sont pas nécessairement dues à l'inter­ vention d'un scribe étranger! Elles peuvent correspondre à des variations spontanées. s'il est vrai que tout locuteur dispose de cette marge de liberté. Le dialectologue sait que le statut normal d'un idiome « naturel » implique la liberté. de l'autre. et l'on comprendra que rien n'est plus étranger à l'ancien français. théorique — mais non attesté — *sieil. l'adaptation complète au phonétisme populaire et la norme latine : d'où les phénomènes courants de polymorphisme pour des termes tels que « siècle ». aucun enseignement régulier et normatif n'uniformisaient.rentiels — substrat et superstrat — et le structuralisme). œuvre d'un scribe unique. SAECULUM et fr. la variété dans les réali­ sations du système. à tous les niveaux — phonétique. syntaxique. les interactions naturelles entre formes diverses d'un para­ digme — verbal par exemple —. même au niveau d'un texte homogène.

IN7ŒGRUM. l'accent to­ nique que connaissait le latin à l'époque protoromane était un accent d'intensité. TËLA. p. dépendait de leur struc­ ture : étaient longues. Nous rappellerons d'autre part que toute la Gallo-Romania. et. chairelchaise remontent à des types *INTËGRUM. chaiere et mod. ÔCULUM.. 15 . a palatalisé — ou antério(1) A partir d'ici. IL — Vocalisme Se reporter pour l'état latin et l'état roman primitif aux schémas de la p. amuis en réalité dès l'époque républicaine. — Structures accentuelles Vraisemblablement mélodique à l'origine. 7. SAGÎTTA). G4PRA. elle. non aux classiques fNTEGRUM. etc. CATHEDRA. à l'époque romane.CHAPITRE PREMIER PHONÉTIQUE ET PHONOLOGIE I. dans les mots de plus de deux syllabes. 2. •CATHEDRA. afr. c'est-à-dire terminée par une consonne (PERDIT. N. DlRËCTUM) — on rappelle à ce propos qu'une occlusive suivie de R ne constitue pas avec lui de « groupe disjoint ». PERDIT. d'une part toute syllabe contenant une voyelle longue ou une diphtongue (CA7ÎNA. ALAUDA).B. d'autre part toute syllabe fermée. Pavant-dernière (pénultième) si elle était longue (COLÔREM. la précédente (anté­ pénultième) si la pénultième était brève (RÀPIDUM. nous négligeons — sauf exception — le -M final des accusatifs singuliers latins. CATHEDRA (1). STELLA). Sa place s'étaitfixéede la façon suivante : H affectait la première syllabe des dissyllabes (LÉGIT. SCRlPSl. d'oc comme d'oïl — donc le français —. fNTEGRUM). la quantité des syllabes. et que la syllabe précédant l'occlusive est ouverte : /V4TREM. v. — La transcription phonétique utilisée dans cet ouvrage est celle de YAssociation Phonétique internationale. l'accentuation de tels mots se « paroxytonisera » comme s'il s'agissait de groupes disjoints : entier.

etc. (3) Une diphtongue est. donc propre­ ment vocalique (FUI > afr. mezzo. PALEA > VpalM > Vpate] > [paj\ « paille ». etc. p. allem. n'affecte que les timbres romans le] et [?]. a atteint précisément là son développement le plus complet (2) : c'est la diphtongaison (3). Enfin. l'évolution des Prété­ rits forts en -Ul (v. now. etc. 16 . Voyelles toniques. it. MAJOR) et M (VOLO. ou d'une arti­ culation palatale. MONTEIL. etc. ci-après p. DEU > dieu). rappelons-le. meio. LAVÀRE). paglia. Après voyelle tonique. cf. Eléments de phonétique et de morphologie latines. it. dite diphtongaison conditionnée. cf. rovim. connu ailleurs. 71. *MORlO > afr. que le français partage avec l'occitan et le catalan. mais non après consonne (MEDIUS est trisyllabique). (4) C'est la variante semi-consonantique (asyllabique) de /. d'un « yod » [/] (4). occ. (2) Le rhéto-roman a lui aussi connu d'abondantes diphtongaisons. pp. Stein.risé — [u] roman (essentiellement 0 latin classique) en [y]. fui. 21. à la suite de la voyelle (en contact ou non). soit le y de « yeux ». fire. — A) Les diphtongaisons : la mise en relief de ces voyelles par l'accent d'intensité roman les a affectées en gallo-roman septentrional d'un processus qui. i (et u) atones en hiatus ou postvocaliques : le latin possédait déjà les deux semi-consonnes [/] (JAM. 80-81) montre que U en hiatus a connu pareille semi-consonantisation. muoio. Haus. palha. les formes romanes laissent supposer qu'en cette position / s'est également semi-consonantisé (MEDIU > Vmedju] > [lmejfu] > [ntfef] > [mi] « mi ». 1. P. la diphtongue AU s'est conservée en gallo-roman (et aujourd'hui encore en occitan) jusqu'à la palatalisation de k et g devant a. en position initiale et intervocalique d/1 est d'ailleurs géminé dans cette dernière position : VmafforJ) (1). le cas de FOCU JOCU LOCU). une « voyelle qui change de timbre en cours d'émission ». muir.paiâ). « préparée » en quelque sorte par la fermeture (1) V. mais dans des conditions partiellement différentes du français (devant l'entrave par exemple). et se trouve déclenchée — d'où son nom — par la présence. cf. angl. mièi. it. / et u en finale ont d'une façon analogue perdu leur caractère syllabique. On en distingue deux variétés essentielles : la première. port. occ. pour se monophtonguer ensuite en [o] : CAUSA > Vt/aûzà] \}tfoz*] (>fo:z) «chose»..). le / de « hier ». Le nom est emprunté a l'alphabet hébraïque. v. Note complémentaire sur e. 1970. E en hiatus a fait de même (AREA > Varja] > Vajr*] > [eR] « aire ». parfois encore d'un élément vélaire (v.

Dans ces deux cas. à la phon. 1974. l'ouverture de la syllabe permet rallongement de la voyelle sous l'accent (2). supra. L'étiquette « spontanée ».. en roumain : ndere « miel ».miélherf (1) On prendra soin de remarquer qu'à la différence de cette seconde catégorie de diphtongaison. entravé ou non. yod demeure et constitue avec la diphtongue une triphtongue. mitg)fctc. cf. nuàit/nuèit. est supprimé. occ. pis » — séparent xassez nettement ces deux timbres des autres.. piept (PECTUS) « poitrine. dont le déclenchement ne se produit qu'en syllabe ouverte (1). mais outre la nécessité d'admettre ensuite dans ce cas une « bascule des diphtongues » (P/e) Vuo) > [Je] [uoD. Par suite. de Je] et fr] en roman — seule diphtongaison en italien : piede cuore. de même HODIE > hui (« aujourd'— ») (uèit avui). F. llit. p. conditionnée ou non. structure syllabique : OSTREA donne huître comme PODIU £wy. que l'italien possède en commun avec lefrançaispour les timbres [e] et [o]t correspond à un processus tout autre : c'est la diphtongaison dite « spontanée ». diphtongaison de e seul. nit. seule diphtongaison. (2) Comme dans les langues germaniques. 17 . des voyelles fermées [e] [o] et de lai d'autre part. — Par yod : LECTU > [Uejto] > VlJejt)Q) (ou selon d'autres Vliejt] d'abord (4)) > [tt(t)\ (monophtongaison) « lit ». et qui en français touche les cinq timbres romans la e e o o) . etc.mod. etc. cat.. etc. contre SORTE sort. 31 et 105. Jntrod. etc.. 6.TERTIU tiers comme MELIUS mieux. sauf dans les monosyllabes où il a laissé des traces : REM > rien. hist. /f. 28-29. -Mfinaldes accusatifs singuliers. cf. amui à l'époque ancienne. et se trouvent bien attestées dialectalement en domaine roman. occ. les diphtongues se monophtonguent (lefr. soulignons que les phénomènes de diphtongaison.de la voyelle en son début. PERDIT perd. des diphtongues 'te uo ne sont nullement des monstres. ce qui a suggéré à certains de voir dans le processus roman un effet du superstrat correspondant.) : Diphtongaison conditionnée. de plus. La doctrine est appelée par le parallélisme einai établi entre les diphtongaisons des voyelles ouvertes [e] [9] d'une part. ignore totalement les diphtongues). de Cane. (4) V. de même MEDIU > mi (mièi. pp. cat. est indépendante de la. est contemporaine de « génération spontanée ». lièit. L'autre variété. pp. NOCTE > f}nojte] > Vnwojt] (ou ffmaffl] d'abord) > [nwujt] > [nujt] > [nyjt] > [ntii(t)] « nuit ». cf. Mais voici des exemples (nous négligeons dans la notation des étymons latins le stade « latin vulgaire » consécutif à l'effacement des oppositions de quantité. même devant l'entrave. dite « conditionnée ». (3) Pour le passage à l/l de C + consonne. [mj0(z)]<<mke\xx»(occ. précédées ou suivies d'éléments vocaliques divers. suivi de sa segmentation et de la différenciation des deux segments vocaliques par fermeture de l'un d'eux (les avis divergent sur la structure accentuelle de ces proto-diphtongues). Néanmoins. en castillan : pierde suerte comme pié et puede. la première citée. de LA CHAUSSÉE. Cas où le yod est absorbé : MELIUS > [{meljos] > [mjetos] > [mjetts] > [mjelts] > [mjeûts] >. tandis que certaines. assez saugrenue. constituent avec eux des triphtongues elles aussi appelées à se réduire. et infra. souvent après d'autres interactions.

qui devient « voyelle diphtongale » :[e] ME > [met] > [mot]. la diphtongaison s'effectue sûrement par fermeture du segment final. cas de FOCU JOCU LOCU. Diphtongaison spontanée. (2) Le caractère ouvert de la syllabe laisse à la voyelle la latitude de se diphtonguer..fulla). FEL) pour rendre compte d'it. (3) D'aucuns posent en effet un *FELE (cl... > [mwa]« moi» (occ. [o] *POTET (cl. v. mais pas nécessairement par fermeture . fiere. cuore. > [ndve] « neveu » (nebot). le moteur. Les types jaloux. > [kre] « craie » (occ. et pour l'occ. Comme l'évolution d'une diphtongue se trouve souvent freinée par une nasale (cf. ce produit semble justifier l'hypothèse d'une diphton­ gaison précoce suivie dans les autres cas d'une monophtongaison (1) De même pour l'a. > [pwar] « poire » (pera). mieue> miue. CRÊTA > [*krette] . c'est-à-dire de feu jeu lieu : on pourrait penser à une diphtongaison spontanée.. et le débat reste ouvert. ♦PIRA (cl. >[flœr] « fleur » (flor). dont on voit mal.. et non des dialectalismes champenois ou occitans comme on le pense généralement. et pour que la première syllabe soit ouverte. Mais la graphie ne fournit pas de preuve décisive.. mieu de même origine... greda). Voyelles « moyennes fermées » [e] et [o] : ici.. COR(E) > [kwor] > [kwer]. car).cat.du segment final : on a pu suggérer (J. p. succédant à maent (Séquence de sainte Eulalie. mais les formes occitanes f(u)àc/fiàclf(u)ècj(i)àclj(u)èc l(u)àcll(u)èc supposent bien une diphtongaison conditionnée. — Voyelles « moyennes ouvertes » [e] et W : [e] PEDE > Ipje] (d'abord Vpie] pour certains) (2) > Ipje] « pied » (occ../eV). Par un élément vélaire : deux cas à distinguer : cas de DEU > dieu : comme l'occitan a lui aussi dieu/diu.. loup-louve seraient des vestiges du traitement francien primitif.. il est vrai. fieley roum.. > [gœl] « gueule » (gola). FOLIUM) > Vfolja] > [fwoKa] > Vfwe**] > . *mieu < MEU postulé par le fém. etc. /ne). > [pe(t)]« peut » (occ.. maint. séguy) un processus de « transition d'aperture » après consonne. et le stade diphtongal n'est attesté que devant nasale : MANET > afr. il ne peut s'agir que d'une diph­ tongaison conditionnée par [S] (1)... NEPOTE > Inahoùd] . pàt). [fœj] « feuille » (fuàlhayfuèlha. M (4) FLORE >[floùr\>fleur] . époux. étendu ensuite à l'initiale absolue (rare). *FOLIA (d.. POTEST) >[pwobet] > [pwot] > [pwet] . 0). car en syllabe fermée la voyelle d'un monosyllabe tonique peut être prononcée plus longue que la voyelle tonique d'un polysyllabe.. De même pour *CORE (COR) « cœur » : it. GULA > Vgoùh] . Voyelle [a] : la diphtongue semble s'être réduite très tôt. amour. PIRUM) > Vpeirà] . pic. (4) La date tardive des premiers témoignages de cette évolution incite certains i l'interpréter comme le résultat d'une poussée dialectale venue de la région picarde. 26). infra). > [kœr] « cœur » (occ. C'est discutable. 18 . pè\ FEL(E) (3) > [fjeî] « fiel » (occ.

le [f] de la diphtongue a généralement été éliminé ensuite (mais cf. devant nasale CANE > chien (v. par laquelle I et U demeurent fermés. et la dilation « positive ». consonantisme) accélère la diphtongaison de [a]. D ) Cas de A U tonique en finale o u en hiatus roman : En hiatus roman (c'est-à-dire après effacement d'une consonne intervocalique). *CORTE(cl. etc. On a coutume de distinguer la dilation « conservatrice ». 19 . mais en raison du traitement devant nasale la diphtongaison nous parait plus vraisemblable. très conservatrice. TOTÏ) > afr. elle touche en français (3) les timbres romans « moyens fermés » [e] et [o]. Un processus analogue semble avoir fermé [e] en [/] dans le type CËRA > cire.. lorsqu'il s'agit de oalatalisations. USTIU est attestée dès le vi* siècle.). B) La dilation : apparentée à la diphtongaison condi­ tionnée (2). exemples de la première :-ISTl (désinence de PTj) > [-&]. tuit « tous » (mais *TOTTU > tôt « tout ») (4). DIURNU > [dsorn] > [sur] « jour » (noté/or en afr. de la seconde : F Ë d > fis. ne permet pas de préciser. *FUSTl (cl. C) Le sort de [o] roman tonique entravé : il se ferme en [u] à une date indéterminée. en catalan dialectal des Baléares —. ou d' « Umlaut ». Phonétiquement ou par ana­ logie. mar).). p. la diphtongue issue de AU primaire. 24). *MARE > Vmaére] > \}meer] > [mer] > [mer] (occ. *TRIPALIÂRE > afr.). (4) Certains rattachent au même phénomène l'évolution de ÔSTIU en huis. « Loi de Bartsch » : une précession palatale (v. p. *TOTTl (cl. où Ëet O se ferment respectivement en [/] et [«]. qui ne s'est pas (1) On ne saurait exclure totalement l'hypothèse d'une palatalisation spontanée [a] > [al > [e] — comme en anglais. que la graphie. et y jouent des rôles complémentaires. moitié* chien. dans les parlers rhétiques ou d'Italie septentrionale. (3) Sous le nom de « métaphonie ». Ex.. 26). essentiel­ lement le -/ final (latin -I) atone. (2) Les deux processus se développent conjointement dans les dialectes italiens. ex. *CAPTlARE> chacier. travailliez BA(L)NEÀRE > baignier. FUISTl) > fus avec le voca­ lisme de mur issu de MORU. mais la var.COHORTEM)>ikort\>[kur(t)] «cour»(noté cort en afr. supposant une action dilatrice du yod . elle caractérise l'histoire phonétique de nombreux autres idiomes européens.antérieure aux premiers textes (1) : PRATU > Vpraédo] > [preefl > U>ré\ « Pté » (oec. MEDIETÀTE > moitié (y. et y est déclenchée par la pré­ paration d'une articulation palatale très fermée. des domaines celtique et germanique en particulier. qui passe à [/e] (comme M). prat).

. plus ou moins marqué selon le timbre de la voyelle et sa place dans le mot. a. est-elle à rapprocher de la solution — dialectale — oie de AUCA — on partirait de PAUCA? 20 . IMPURATÔREM) ne s'effacent qu'à l'époque moderne (pron. à côté de grève et -eve (wallon) comme CLAVE > clef. tandis que les contretoniques (rares : on nomme ainsi une syllabe non initiale précédant la tonique. qui tendaient déjà à s'effacer en latin prélittéraire (audacter pour *audaciter. 2. Enfin. Enfinaleromane* tandis que CLAVU donne chu. Cf. cond. mais sous certaines conditions dans le cas de e. PAUCU paraît avoir suivi une évolution septentrionale : [hti\ > []eû\ > M. le traitement précédent —. le traitement des types *KAWA « oiseau de nuit » > choe. *TRAUCU trou et FAGU fou « hêtre » — cf. se réduit à [u] : * AUCA (de * AVICA) > \}u9] (oet ouet cf. qui se maintient le mieux. LAUDAT > p/u?] « loue ». Viennent ensuite les finales atones. — Elles se trouvent soumises à un affaiblissement général. de o et de a. dont seules ont échappé à l'amuissement celles qui contenaient un ancien A ou dont la voyelle était précédée de certains types de groupes consonantiques. mais séparée d'elle par une intertonique : ex. Voyelles atones. d'où peu [pe] (1). caldus pour calidus. Voici maintenant des illustrations : Pénultièmes atones de proparoxytons : VETULU > [[vetb] > Vveklo] > Vvexb) > [Wejlo] > [v/e/C] (dipht. -ÀBAM (IIMPj de la classe I) > -oe. clé. *GRAVA > groe « gra­ vier ». sestertius pour *semistertiusy etc.) > [yfefla vieil ». B) Hiérarchie et traitement des syllabes atones : les plus fragiles sont les pénultièmes de proparoxytons (CA­ L/DUS) et les prétoniques internes ou intertoniques (COG/TÀRE). A) Timbre : c'est le plus ouvert. poit fréquente en afr. à Paris la « rue aux Oues » travestie en « rue aux Ours »? La forme oie semble provenir des dialectes d'oïl méri­ dionaux. qu'Auguste jugeait pédant. (1) La var.).monophtonguée tout de suite. [âpRœ:R])9 les initiales atones ten­ dent à se maintenir. etc.

ainsi dans INTER > entre. COLAPU (ou *-LÏPU. u : MORU > mur (cas rég. o : CANTO > afr.. mais VENDERE > vendre. malstre (cas suj. MOROS > murs (cas rég. MORUS > afr. sinon. contrai­ rement à la règle populaire : PAGINA > page(ne). BONU > buen. PARABOLÀRE > *para&lare > parler. FASCB>faist faix. qui se labialise ensuite. mais ORNÀMENTU > ornement. MLLUl > lui. *IN SIMUL > ensemble. créant souvent une « entrave romane » qui les empêche. sing. on a cependant TEPIDU > tiède. sept. coucher. FRAXINU > fraisne. FËMINA > Vfemna] > Vfëma] > VfSrm) > J}fam] « femme ». TENERU > tendre (groupes romans). LlBERÂRE > livrer. RÀDlClNA > racine. EPISCOPU > evesque<ve)% etc. de soutien *CASSANU > chasne. *MOVITA > muete. seule voyelle atone finale du français. ANGELU > ange(le).). plur. etc. Le [9].). «/ forme diphtongue avec elle et se maintient : *CANTÀI (cl. etc. PATER > afr. père. du suiv. on voit que dans la plupart des cas le processus est antérieur aux diphtongaisons spontanées. Après voyelle. (mots « semi-savants »). armure. MANDOCÀRE > mangter. etc. bon. cas sujet sing. vingt. •SEVYOR (pour SENIOR) > sire. i : MORl > afr. etc.. FRIGIDU > freit. OCTO > tdt. de x6Xoc<po<. *IMPEJÔRÀRE > empeirier (« empirer »). les autres timbres ne se trouvent continués par un [-a] semblable que si un soutien vocalique s'est trouvé nécessité par l'articulation d'un groupe consonantique précédent (2). CAMERA > chambre. frêne. faible en face de DEBITA > dete. mais INTRO > entre. chêne (infl. plur. mais MAGISTRl > afr. sing. mais TEPIDU > tiède. foibie. (2) Mieux : un tel [-a] « de soutien » est apparu à la suite de groupes nés de la chute d'une voyelle finale . SACRÀMENTU > sairement. froid. avec voy.) « œil ». Finales : A s'affaiblit en M central. Après voyelle. Il n'y a pas de règle vraiment générale (1). 21 .OCULU > [hkb] > Voxb] > [hjto] > [wofl . [u] forme diphtongue avec elle et se maintient : DEU > dieu. etc. COLLOCÀRE > colchier..) > colpt coup.). SEPTB > set. > M (td. -ÀVI) > chantai.). VIRIDE > vert.). Prétoniques internes (intertoniques) : FIRMITÀTE > ferté (« fer­ meté » est refait sur « ferme »). dette. murs (cas suj. les voyelles finales s'effacent : e : CANTÀRE > chanter.). chant. -ger. plur. MlSl > mis. mur (cas suj. meute en face de TENERU > tendre. huit. FLËBILE > feible. QUATTUOR > quatre. conservé par la (1) De nombreux termes ont subi la pression du latin d*ég1ise ou savant et tendu à conserver la pénultième atone pour perdre ensuite la finale. VlGINTl > vint. A R M A T O R A > armeure. de môme TABULA > table. puis serment.

dans le cas de I et 0 . etc.. et s'amuit ensuite : MATORU > mëur. VALËRE > valoir. [0] se ferme en [u] — *VOLËRE > vouloir. mais « re­ viens ! » [Rzyjë]. décelable uniquement» bien entendu. ortie < URTÏCA. *SUBITÀNU > soudain. mûr. (1) La Pléiade admet les deux « à l'imitation du grec » (où il s'agissait de variantes dialectales). p. chanel. 22 . P. DOLORE > douleur. ci-dessus les « voyelles de soutien » : « chambre » se prononce IfâbR].SËCÔRU > [se*yr] (sèur) > [syR] (sûr). mais garde son timbre en syllabe fermée — VESTÏRE > vestir. Initiales : on distinguera ici les timbres : [/] et [u] romans ([i] et [y] gallo-romans) : maintien. —. etc. a souvent entraîné à la fin du xvie siècle le rétablissement parallèle d'un timbre [3] en français (1) : formage (fromage) < FORMATTCU. CAPITALE > chetel. cas où il finit par s'amuir —. CAN(N)ALE > chanal. Cf. soleil < *SOLICULU.graphie traditionnelle. chatel {cheptel est un orthographisme). eu (pron. *LOCORE > lueur. geline. SALOTE > salut.. *HABOTU > eu. chenel. il tend d'autre part à se décolorer en [?] — sans doute après s'être fermé en le] — en hiatus roman. 27. v. Fouché a proposé d'y voir une tendance générale à l'abrègement des longues initiales. [é] et [0] romans : le) s'affaiblit en [?] en syllabe ouverte — VENlRE > [v^niR] « venir » — et en hiatus roman. etc. LlBERÀRE > livrer. mais il tend à se fermer en le] (d'où ensuite [a]. etc. mais CASTÈLLU > chastel. mais le retour à la pro­ nonciation classique du latin. ne subsiste plus aujourd'hui — en fait depuis le xvi* siècle — phonétiquement que comme un « lubrifiant » per­ mettant l'articulation de certains groupes de consonnes. *PLACOTU > plëu.plu. etc. château. M). mais « chambre bleue » [fôbR* ble]. *PULUNU > poulain. [a)j son maintien intact est la règle — MÀTOTlNU > matin. vêtir. et préconise leur emploi concomitant « pour enri­ chir la langue ». C) Le problème de l'abrègement des longues initiales : devant la multiplicité des cas où une voyelle latine clas­ sique I ou C. chasser. le cas du type chouse pour chose. GAL(L)INA > jaline. ex. supra) après palatale (surtout en syllabe ouverte) — CABALLU > cheval. etc. prôné par Erasme. Cf. dans la syllabe initiale d'un mot latin. *CAPTIÂRE > châtier. « tu reviens » [tyRyfë\. chenal. paraissait continuée en roman par le produit d'une brève.

nous énumérerons par (1) L'csp. merveille (MlRABILIA). Evolution ultérieure des diphtongues et tnphton­ gues. Leur lot. nées de la segmentation d'une voyelle unique sous l'accent. d'une triphtongue — contient au départ deux éléments vocaliques distincts qui ne manquent pas de s'influencer ultérieu­ rement. de quelque origine qu'elle soit. — Comme le confirmera l'étude du consonantisme. froment et forment (FROMENTU). suit ultérieurement dans la plupart des cas le même sort que celles-ci. qui aboutit du reste à une monophtongaison générale (ie de « hier » \JSR] n'est pas une diphtongue). Compléments 1. cat. soit par accommo­ dation s'ils sont trop éloignés. mutatis mutandis. Mais avant de tracer des schémas évolutifs concernant ces diverses diphtongues et triphtongues de coalescence. trenchier — (♦TRlNICARE). dont les composantes palatales sont sans doute suffisamment distinctes. En effet.Ainsi s'expliquent entre autres. une diphtongue — et il en est de même. roum. oec. certaines diphtongues et tnphtongues de l'afr. 23 . premie (PRlMARIU). etc. drept ne permettent de confirmer l'hypothèse. droit. outil (*OSITlLE).. dreitldrech. qui vient s'ajouter à celui des diphtongues primaires. voisin (VlClNU). foison (FOSIONE). dret. proviennent de la rencontre de plusieurs éléments vocaliques d'origine diverse : ce sont les diphtongues « secondaires » ou « de coalescence » — les triphtongues l'étant toujours au moins partielle­ ment. (2) Sauf dans le cas de ie(Vië)t [He] ou Vje] [7«D. mais ni Ht. L'histoire des diphtongues et triphtongues françaises se résume dans ce jeu de réactions successives. diritto ou le port. Malgré sa vraisemblance. en posi­ tion tonique ou atone. afr. nourrir (NOTOIRE). trancher — afr. toujours toniques. direito. derecho supposerait aussi un *DIRÊCTU pour DÎRÈCTU . ni les formes syncopées fr. soit par différenciation s'ils sont articulatoirement trop proches l'un de l'autre (2). jostise (JOSITTIA). cette théorie n'a pas entraîné l'adhésion générale (1).

[-#-] > [■#-] : MEDŒTÂTE > afr. RADlARE > afr. VECTORA > voiture. MELIUS > afr. L O C T A R E > afr. [-/] final postvocalique : FUI > afr. [ji] implosif > [(] + nasalisation : PUGNU > poing. cf. couler »). maie. LICËRE > loisir.' VARIU > voir. viennent jouer par rapport à elle le rôle de « voyelles diphtongales » . d'où deux produits : 24 \ . moitié. on le rappelle. sauma « ânesse ». [/] ou M + consonne : SALTÀRE > sauter. meitié. SANCTU > saint. / > [-if-] : M AGIDE > mait. M + e. [-*-] + e. rayer (« rayonner. qui en syllabe fermée s'est ensuite ouvert. AREA > aire. une fois constituées. [ti\ : ï-tfm-] > [-âm-] : SAGMA > somme (« bête de — »). mielz. luisir. Partant — de [e] roman : (*[./e]? > ) [/e]. Schémas évolutifs concernant les diphtongues primaires (sous l'accent). [-#-] > [-/H : *MESSlONE > moisson. R/-1 > [-iife-1 : RATIONS > raison. c'est-à-dire des éléments respectivement palatal et vélaire qui.anticipation les principales origines de [f] et de [fl. aujourd'hui [œ] en syllabe fermée : SÔROR > suer > sœur [sœR] [0] en syllabe ouverte : *PÔTET > puet > peut \pe(t)\ — de [e] roman : pef] > $oi\ (différenciation) > [{oë] > [we] (bas­ cule de l'accent et semi-vocalisation de [o] en hiatus). occ. aujourd'hui [/e] en syllabe fermée : MËL > miel [mjel] \Je] en syllabe ouverte : PËDE > pied [pje] — de [o] roman : (*[{uo)7 > ) [wo] > [we] (différenciation) > [wœ] Qabialisation de [e]) > [œ]. h H > I-/H . LOCËRE > afr. [-#•] > [->! : *FUSI0NE > foison. mieux. raiier. a donné en définitive [e]. faitiz. d'où aujourd'hui PRATU > pré IpRe). apparaissant à la suite d'une voyelle. devant consonne autre qu'une nasale : [a] roman tonique. / > [-JtfH : PLACËRE > plaisir. l-u]finalpostvocalique : DEU > dieu. FACTlCIU > afr. BA(L)NEU > bain. ci-dessous) : meitié > moitié comme mei > moi : V) : lk) + consonne : FACTU > fait. laitier « lutter ». fui. ces diphtongues « secondaires » ou « de coalescence » évoluent comme les diphton­ gues « primaires » (v. mais TALE > tel [tel].

intervocalique. puis [ê] (début xi*). Lorsque la consonne nasale. et le choix François ** Français ? — il y a ici en fait confusion de deux suffixes distincts : lat. etc. (1) Cf. formes dénasalisées telles que femme [font] (FÊMINA) (il) fane [fan] (F EN AT). — 1° Voyelles : dans l'histoire du français» toute voyelle suivie d'une consonne nasale s'est trouvée nasalisée» à une époque qui semble avoir varié selon les timbres (ce sont. dans couette et cotte (CULCrTA) « lit de plumes ». puis [và(t)] —. pour [y]-[<zD (3).). deux ! » usité pour marquer la cadence du pas : remarquer en outre les archaïsmes figés vinaigre [vinegR] et divin Enfant [dlvlnâfs] a côté de vin aigre [vë egR) et divin Auguste [dlvë ogysth D'autre part.le] (simplification : prononciation préférée par la Cour au xvra* siècle) — CRËTA > ereie > croie > craie [kRe]. un [œ] I une [yn] (id. un). selon Fouché. la voyelle est restée nasale. enfin [î] (dé­ but xm*) et [S] (xrv*). est arbitraire : pourquoi Danois. dans la France septentrionale tout au moins. plein [pie] Ipleine [plen]. ensuite [à] (deuxième moitié du xn*) — MONTE > mont —. 2. le phonème [œ] tend aujourd'hui à se confondre. la voyelle s'est dénasalisée vers la fin du xv* siècle. Imparf. si. s'est effacée en tant que telle. entre autres» les assonances qui le révèlent). dans la prononciation l'un *d§) (et non [*£ <frj) du commandement « un. (3) Noter les traces de le) > [à] dans les. implosive ou en finale absolue. (2) Un vestige de l'ancien état de choses se trouverait. -ISK. elle demeurait. bon [bS] / bonne [bon]. Japonais comme dais (jadis Anglais. avec le phonème [e). Chinois comme mois. longtemps flottante. 25 . D'abord est apparu [a] — ANNU > an — (x« s. la répartition lexicale des variantes du même suffixe. qui s'ouvrira ensuite (deuxième moitié du xr*) en [a] — VBNTU > vent. c'est-à-dire [vent]. ONU > [pn] > [œ] (vin. Voyelles et diphtongues devant consonne nasale. -Ê(N)SE et germ. -ËBAM (Ind. aujourd'hui [mwa] (1) — de [o] roman : Voû\ > [[eu\ (différenciation) > feu] (labialisation de e) > [0]. [t] ne s'était pas encore ouvert en [e]). qui s'ouvriront respectivement en [ë] (fin xV) et [œ] (xvr*) (2) — VlNU > [vîn] > [vë] > [vê]. dois). mais Anglais. mais fin [fi] /fine [fin] (lors de la dénasalisation. aujourd'hui M en syllabe fermée : FLORE > flo(u)r >fleur[flœR] [0] en syllabe ouverte : DOOS > do(u)s > deux [de].) >-eie>-oie> -ai(s) M . d'où l'état actuel van [vàl/vanne Ivan]. bouette (terme de pêche) et botte (BUXIOA. [wa] (différenciation d'aperture : solution populaire) : MË > mei > moi. du grec ictSÇiçh le premier de chaque couple représente un archaïsme . les doublets actuels soie et saie « petite brosse en soies de porc à l'usage des orfèvres » (Petit Larousse) .

cf. à (1) De même que [ë] > [fi]. ou si celle-ci n'avait pas entraîné la fermeture de [o] en [«]. alors que sans elle \}et\ se différencie en ['<?/]. c) Cas de [o\ roman : les rares exemples n'ont pas survécu à l'ancien français : BONU > buen à côté de bon (atone). *POTET > pueu — d) Cas de [e] roman : nouvel exemple d'action de la nasale.. 26 .b) Cas de [e] roman : on a [Je] nasalisé. jeu. d'où [we] aujourd'hui : cas de MINUS > meins > moins [mwë(z)]t de FËNU > fein > foin [fwe\. — La distribution actuelle de variantes ouvertes et fermées des timbres vocaliques est liée. cf.2° Diphtongues : la séquence d'une consonne nasale a généralement pour effet de ralentir le processus évolutif d'une diphtongue : a) Cas de [a] roman : c'est seulement devant nasale qu'est attesté le stade diphtongal (maent < MANET. mot). et Molière fait prononcer bian à ses paysans. la nasale fixe le stade [leï]9 d'où [*ëï\ >[ë\> [e]. Cet [*u] se serait ensuite ouvert en [ô\ comme [p\ en [œ\ et [i\ en [e\. 121. Eulalie). SAPONE > savon. etc. *BARONE > baron —. puis par accommodation et nasalisation VâT] > Vët} > [ë\ : MANU > main. 3. Vë] a tendu à s'ouvrir en [ifi] . p. c'est-à-dire [lmâï]. seule. on a [/S] (ce Loi de Bartsch ». nous en avons conservé un vestige dznsfientetfîfit) < *FEMITA. HOMO > huem (Cas Suj. une différenciation a ensuitefixéla diphtongue en aiN (AT = un phonème consonantique ' nasal quelconque). Ouvertures et fermetures à date historique. Sing. molle). on s'est demandé si l'action de la nasale en était responsable. devenu pronom indéfini)» COMES > cuens (CSSg de comte). (3) Les graphies anglo-normandes du type de barun. à la structure syllabique : variante ouverte en syllabe fermée (pelle. avum (« avons »). ex. REM > rien [Rje\. c'est-à-dire L/ê]. et de AVËNA > aveine > avoine [avwan] (2) (la dénasalisation — voir note — entraîne l'évolution régulière [m] > [wàb. ce qui rendrait problématique une diphtongaison (3). puis ['roST] et [mil. 19) : CANE > chien [/Je] Q).c'est-à-diie Vplêt\ > [plë]. p. après palatale. on Ta vu. fermée en syllabe ouverte (dé. cf. La diphtongaison s'est produite régulièrement.) à côté de on (atone. e) Cas de [o] roman : en l'absence de toute diphtongaison—ex. (2) Ce cas est l'un de ceux où Ton enregistre en ancien français le plus abondant polymorphisme des produits phonétiques. sembleraient confirmer cette interprétation. PLËNU > pfe/«. unt (« ont »). une labiale précédente peut néanmoins provoquer la différenciation en \}ÔX\.

Meuse.. toutefois quai. chose.. laie. les consonnes ont connu des modifications extrêmement graves. (1) Phonologiquement. [3] (Maubeuge). gai.).. plus quelques cas d'espèce. et la désinence -ai souvent avec [e] fermé). craie. balai. [o] en syllabe fermée correspondant aux graphies au et ô..... 22).. III.. raie. De même. Dans la Gallo-Romania septentrionale. Signalons ici un seul fait certain.. claie. propre..). mais passager : la fermeture en [u] de [0] issu de [o]. qui renseignent fort mal et ne se perfectionnent quelque peu qu'avec l'emploi moderne des accents. et ne fait l'objet que d'interpréta­ tions personnelles et divergentes (v. on se contente d'expli­ quer les graphies. 27 .). [*/] n'est pas un phonème. la Bibliographie). mais la variante combinotoire de [g] devant [n] (ON) et celle de [n] devant [g] (NG). soit même demeuré bref (roche.. rouche. dais. ou devant z (chose.).) s'est manifestée entre le xm* et le xvi* siècle. de même que [0] devant [2] (yeuse.. soit sous l'effet d'un allongement dû à des causes variées (côte. lait. cette prononciation avec [u] (comte. fait. U) et [w] sont les variantes combinatoires des voyelles PI et (u] en hiatus..quelques exceptions près : [e] en syllabe ouverte lorsque la voyelle est graphiée ai (mai. corps. où les écrivains de la Pléiade en admettent l'usage concomitant pour enrichir la langue « à la mode des Grecs » (v.. p. mais. rose.. gros. faix. — Consonantisme Les phonèmes consonantiques du latin (époque pré­ littéraire correspondant à la graphie) étaient les suivants : Occlusives sourdes Occlusives sonores Nasales Spirantes Latérales et vibrantes Semi-voyelles [p] [b] [m] [f] [t] [k] ( « Q [k*] ( = QU) [d] [g] [g*>] ( » GU) [n] (foDO) [s] [h] [/] [r] Q/] M ) (1).. Mais il est bien malaisé de déterminer les stades successifs qui séparent cet état de l'état latin! En général. c'est-à-dire à partir de l'édition de 1740 du Dictionnaire de VAcadémie ! Le reste demeure largement conjectural. etc.

en dépit des apparences orthographiques. son rétablissement est exceptionnel (enfant. etc. puis sonorisée et relâchée en yod Q/D : FACTU > Vfaxtu) > [fajt] fait (occitan faitlfach.). SAPIDU > sade. conseil. graphiquement différencié). *DlCTU>dit (dit/dich.). lèche). dteho). Ce yod provoque la diphtongaison conditionnée de [e] et [o] romans. — les phénomènes de palatalisation. — le traitement des occlusives et des spirantes intervocaliques. et joindrons quelques considérations complémentaires. cf.. 1. devant consonne.Nous étudierons successivement : — le traitement des consonnes implosives. RUPTA > [*rott9] > rote. OCULU > [hklo] > [hxlo] > [hjlo] > [m<C] (1) V. il forme avec cette der­ nière une triphtongue. trucha). etc. etc. Consonnes implosives. COSOL pour CONSUL. également les consonnes finales. TR0CTA > truite (trueitaltrucha. résolue en une fricative [x] qui par la suite s'est antériorisée (M). (1). cf. LACTE > lait (leit/lach. hecho).-] (SEPTB > Vsette] > set. c'est-à-dire placées en fin de syllabe devant une autre consonne — c'est une position particulièrement fragile : A) Rappelons pour mémoire que dès l'époque latine classique [n] tendait à s'amuir devant [s] et [/] (graphies archaïques ou vulgaires COFECI pour CONFEQ. cf.). 28 . vjef] « viefl ». s'il disparaît en palatalisant la consonne suivante (cas de [/] et [#t]). esp. l'esp. la diphtongue évolue comme telle : s'il demeure présent. graphie aujourd'hui sept par souci étymologique. route. Q Le cas des occlusives vélaires est distinct : on rappelle que dans la Romania occidentale la sourde [k] s'est. cf. etc. s'accommode à l'entourage fermé : VETULU > [*veklo] > [hexb] > [hejb] > [vjet. — le traitement des consonnes finales. B) Les occlusives autres que [k] ( Q et peut-être [g] (G) se sont assimilées à une occlusive suivante.. pour produire des géminées ensuite simplifiées : citons en latin le groupe [-/>. dont l'élément central. ouvert. les groupes d'origine ro­ mane consécutifs à des chutes de voyelles ont évolué de même : COMPUTÀRE > conter (et compter.

Heit/Ùech. etc.> [tp*t] > [w*0 > [œt] > [œf] « œil ». uelh. Cf. ainsi *CAPPELLOS > chapeaux [fa*po]l-piaux l-*pjo] (cf. [bônUe] > [b&te] a bonté ». NIGRU > neir. COLAPU > [koûp] ( > [Icu] « coup »). vtelh. COAGULÂRE > cailler. la nasale s'efface après avoir nasalisé la voyelle précédente : resp. [tfànt] > [fa] « chant ». ♦INTÊGRU (cl. etc. E) Cas des nasales : que le groupe soit latin (CANTU. supra) : SANCTU > \}sanjtd\ (1) En réalité. de [-Mts] : FlUUS > [fi/Cts] > [fis] (assimilation de [<fJ à PD (3).(cf. comme en français). avec apparition d'une « voyelle-pont » [a] entre M et M :-ELLOS > [-'eft] > Weaùs] > [-**os] > l-o(z)]ou[-jo(z)) (dialectal). (gn « ( n]. (2) Noter que la voyelle issue de [al + L implosif est un [o] fermé. p. *FLAGRÀRE (d. REGULA > Vre&] reille (autres produits : reule. OCTO > [hxto] > [hjto] > [wojt] > [wujt] > [ujt] > tyjt) > [ifit] « huit » (occ. enfin. Vtfaùch) ( > [fod] « chaude »). resp. germ. noir. On remarquera révolution de ['«/] + consonne. AQUA > eau/tau). Signalons le traitement. fait aboutir lui aussi ce groupe à une palatale : agnelh* segno. (3) La solutionVfiSs] > [/)e(z)) « Ûeu(x) » est dialectale. ♦FELTIR Vfeùtr*) ( > [fetR] « feutre »).[ti\ > [/). gaul. n. ILLOS > [eus] > [e(z)\ « eux ». rude.. ULTRA > Voùtr*] ( > [utR] « outre »). D) Cas de L : que le groupe soit d'époque latine (ALTER) ou romane (CAUDA). VIGILÂRE > veiller. au contraire de celle qui est issue de la monophtongaison de AU latin : ALTÉRU autre [otR] à côté de AURU > orfort). flairer. et l'italien.est moins clair : les gram­ mairiens latins semblent indiquer que G y note une nasale vélaire. breidl. mais LECTU > [Hexto] >V!ejto]>Weft)>[li(0) « Ht ». FRA-) >flairier. Une latérale palatale se résout de môme : OCULOS > [wots] > Iw&Cs] > [weSs] > [jeûs] (disstmOation M . 27.On remarquera d'autre part la simi­ litude des traitements de [*) et de \o) suivis de [/) implosif : « coup » a le c même vocalisme que « outre ». 1. elle paraît avoir subi le même traitement. ♦BROGILO > brueil. ruile : règle est savant). etc. le traitement du groupe -GN. INTEGRU) > [enUjejr] > entir (refait en -fer). SIGNU > [sep] > [s&\ > [së\ seing (1). etc. qui ignore le passage à yod de k + consonne. .RD > \Je(z)\ « yeux ». la latérale se vélarise et se vocalise en [ti\ (2) : Vautra] ( > [otR] « autre »). uèit/uech). puisque le résultat est une palatalisation de la consonne suivante : AGNELLU > [a*nel) (agnel). Quant à la sonore [g]. [gr] (primaire et secondaire) et [gï\ (secondaire). [tfâmp] > IfSl « champ ». Vsënte] > [sàt] « sente ». dans les groupes [gn] (primaire). CAMPU) ou roman (BONTTÀTE. SËMITA). Un cas spécifique est celui de la nasale palatale apparue dans l'évolution du groupe -NCT.

le plus « palatalisant » est le yod. Aujourd'hui demeurent des doublets et des inconséquences : pâtre/pasteur. les consonnes les plus sensibles sont les vélaires Qk]9 [g]). [it]. ce qui exclut entre autres les bilabiales et les labio-dentales — lorsqu'elles sont suivies d'un élément vocalique palatal.> Vsajito) > [saint] > [sèï(t)\ > [së(t)\ « saint » : [jx] implosif se résout en [ï] + nasale. Schéma des palatalisations françaises : /(«yod») [fl-M/M M Vélaires Dentales-latérales + + + — + — Mais il faut également compter pour les occlusives avec un autre processus étudié plus loin. 2. F) Cas de s : que le groupe soit latin (TESTA. quant à l'aptitude à la palatalisation. [vaz'let] > [va1/*! « valet ». Palatalisations. qui amène du reste les vélaires à s'assimiler à une voyelle vélaire voisine. dans la plupart des cas. LAXICÂRE). [tfah{tel\ > [féto] (avec substitution de finale) « château ». enfin la voyelle [a]. 30 . on Fa vu. — Le gallo-roman septentrional. notamment l'espagnol andalou ou populaire et ses variétés d'Amérique. [/]). la sifflante s'affaiblit en une « aspiration » [h] (l'air est en fait expirél) qui à son tour s'amuit en allongeant. parmi ceux-ci. puis viennent les dentales et les latérales ([/]. leur affaiblisse­ ment en position intervocalique.. la voyelle précédente (et en « vélarisant » [a] en [a]) : [{tehte] > [te:t] « tête ». a poussé au maximum cette tendance des consonnes à rapprocher leur point d'articulation de la région antérieure du palais (« palais dur » ou région proprement « palatale ») — si elles impliquent un contact entre la langue et le palais. CASTELLU. [d].. ensuite les voyelles antérieures [i] et [e]/[e]. le processus parait avoir été plus tardif devant les occlusives sourdes [p] [/] [k] (xra° siècle) que devant les autres consonnes (xiie) (1). OBSTÀRE) ou roman (*VASSULITTU. [ottter] > [oUe\ « ôter ». On constate que. (1) Cette « aspiration » de [s] implosif se retrouve dans de nombreux parlera romans. arrêter/rester. &lasxkare]) > [lasUfjer] > [la*fe] « lâcher » ([a] vélaire).

) : ex. soit [kj] > [Q > [fl > [ts] (assibilation) > [f](xnr*s. mod. b) ap­ puyée suivie de voyelle. mauvais. Ou bien une coupe syllabique apparaît entre les deux phonèmes . MEDIU > bnfej) > nd (cf. avec c de lacer). d) PLATEA > place (après [*-tfjtol? cf. chausser. mais la sourde donne à Pintervocalique deux types de produits distincts : une sifflante sourde (après redoublement?) ou une sifflante sonore avec dégagement de [fl en avant. A) Consonnes suivies de yod. -QUEU) > laz (fr. *CALCEÂRE > charnier. de [tj] : a) 0. de [dj\ : a) DIURNU > jorn. it. ou bien. a) Vélaires [k] et [g] : la sonore. yod passant « en avant » de celle-ci. (1) La voyelle / dans -ic* et -Ise semble être un latinisme. c) 0. -ise (franchise) (1). b) VIRIDIARIU > vergier. d) intervocalique romane. le résultat est semblable à une interversion.e) RADIU > rai. b) Dentales [/] et [d] : traitement semblable pour la sonore (assi­ milation). e) *LACEU (cl. e) EXAGIU > essai. b) LANCEA > lance. cf. jour*. d'articulation douce. même à Pintervocalique (après redoublement?). ainz. lacs. qu'il y ait eu ou non palatalisation provi­ soire de la consonne. piazza) / SATlONE > saison d-fe-D. c) *ANTÏUS (ANTE x PRIUS) > afr. huit). Ex. s'assimile à yod. ce . c) appuyée en finale romane. lit). (ex)aucer. et la consonne est traitée en implosive (c'est le cas des labiales). Ex. -ITIA > -ece (-esse : justesse). — Nous distinguerons dans toute cette section 2 les positions a) initiale. e) PALATIU > palais. MALIFATIU > malvais. toi. e) intervocalique devenue finale romane.Les autres groupes consonne + yod connaissent deux types d'évolution : 1. hausser. 2. PODIU > [pwoj] > [put] > [pyt\ > [pui]puy (cf. JAM >ja). d) CORRIGIA > correie. -CIES) > glace (après [*-kkja]1 cf.rayer. de [g]] : a) 0. anz « mais. ghiaccia). c) 0. éponge. d) *GLACIA (cl. -ger. -ice (justice) / -else. courroie*. b) SPONGIA > esponge. 31 . -oise (-aise : fadaise). c) HORDEU > orge {-e « de soutien»).d) RADIÂRE > raiier. yod se renforce en [rfj]. tandis que la sourde aboutit à une sifflante sourde. [j] comme à l'initiale (cf. bien plutôt ». Ex. b) *ALTIÀRE > (h)alcier. de [A:/] : a) EC]CE HOC > ço.

de même CAVEA > cage (2). b) ni c)) : la solution majoritaire est la palatalisation en [ji] : d) LlNEA > ligne. le groupe [-nd]-] aboutit à la palatale [/i] : VERECUNDIA > vergogne. avec dégagement de [i] en finale romane : e) BA(L)NEU > [baji\ > [bàX[ > V>èî bain. -SIM) > puisse. SALVIA > sauge. prononcés [peRi%jéL [suRsUje). (1) [<0 encore aujourd'hui dialectal et régional . TESTIMONIU > tesmoing (cf. signalons le cas. ANGUSTIA > angoisse. avec évolution de la nasale comme implosive (cf. isolé. moisson.< -ISC-. le cas des labiales) :LlNEU > [U&t|</j*] > llë3)linge. *RABIA (cl. d'où pertuis (mais *PERTUSIÀRE > percier. VINDËMIA > [vendent \ja] > [vàdà$\ vendange. dans périlleux et sourciller. 69. -ser.povacd) et e). nasalise la voyelle précédente) : SËPIA > [xsep\jà\ > \}sep\tf*] > Vsef] seiche. témoigner). implosive. d'où [*pejs-] de la même façon . devenu \J\. -ŒS) > Vrab\ja) > [*rab \d$9\ > [raj] rage. De plus. Pour la vibrante.(/]) de PISCE supposant une interversion [sk-] > [-/es-]. groupes [sk]. dans le cas de [ut]. qui à partir du xvn* siècle tendra à se muer en[/l (1 ) : PALEA > Vpalja] > [</**fe] > [paj\ paille. OSTREA > (h)uistre. [st] et [str)t vibrante [r] : en général. on notera la solution semi-savante CEREU > cirge. *PERTOSIAT > (il) permise. m b) -iss. *POSSIAM (cl. BASIÀRE > bat* sier. PLU-). peish (x. -cer)\ *MESSlONE > meisson. cierge. après [i] la prononciation varie d'un mot à l'autre à la finale : péril se prononce par exemple [pe*Ri(\ mais sourcil [su&si)t alors que Ton retrouve l'ancien (f). d'où *PLOLA > pluie . gasc. e) Labiales : une labiale étant par nature impalatalisable. b) tûc) . RUBEU > rouge. v. VARIU > vair. le yod se consonantise et la labiale. sh . une autre solution consiste dans le cas d (intervocalique) en une consonantisation de yod traité comme à Pinitiale. etc. f) Sifflantes. pala­ talisation en [/C]. OSTIU > huis (4). (4) La réduction apparente de [-*</-] i (-$/-) rappelle les prononciations populaires actuelles de « question » [késjô].c) Dentale nasale [n] et groupe [nd] (pas de cas a). le même problème se pose en morphologie verbale pour le traitement du suffixe « inchoatif » (cl. d) Latérale [i] (et [//D : pas de cas a). témoin. etc. de même FlLIA > fille (l/î7D. SlMIU > singe. (2) Dans «PLOVIA (cl. pour [f] + yod. ♦PISCIONE > poisson (3). [v] s'est amui.ALLIU>a//(tefl). tout se passe comme si la consonne ou le groupe avait opéré avec yod une métathèse ou interversion — il est malaisé de savoir si l'élément consonantique a été provisoirement palatalisé. même à Tintervocalique le groupe reste disjoint. huître. s'assimile (ou. SENIORS > seigneur. (3) Mais les produits czx. de coiffe < COFIA (d'origine germanique).LANEU > Vlanfâ*) > [lâs\ lange (avec [■*] de soutien).peix. la seule prononciation « reçue » est [j] (mais Littré préconisait encore [H*]). Ex. p. « suggestion » \sy(g)$esJ6\. on pourrait imaginer ici un traitement analogue. APIU > ache ( M de soutien). 32 . à côté de AREA > aire.

b) PLANCA > planche (3). en galloroman. e) RËOB > [reî] > [Rwa] roi. d) (après sonorisation en [gd PLICÀRE > [pWgare] > [ple)x]er\plelter. LlNEU > linge). le traitement de la sonore \g] rappelant ainsi son évolution devant [e] [/]. un [y] vite assimilé en entourage vélaire. Ja IdjaJ). saete « flèche ». Exemples : sourde [k]. d) PLACËRE > [plafidzir] > [ptëziR] plaisir. payer (cf. qui à l'intervocalique se sonorise.B) VéUUres (occlusives) suivies de [e]. son traitement est semblable à celui d'un yod : a) OENTB > [dsënt] > [j5] gent (cf. quant à la sonore [g]. ployer. CËRA > [Usir*] > [siR] cire.). luisir (« luire »). CAMPU > [tfamp] > \fà\ champ. leur palatalisation en position initiale ou appuyée a donné. Q VèlcAres (occlusives) suivies de [a]. CAPRA > Vtfjevr»] > IfevR] chèvre. l'aboutissement est une sifflante. en domaine d'oïl. UCËRE > [Wdzir] > [Iwa^ziR] loisir. (4) V. e) CRUCB > [kroïts] > [kRwa] croix (afr. JAM > afr. ALÙÉRES 2 . dégagement de [Q en avant Exemples : a) CENTU > Usent] > [sà(t)] cent (xra# siècle). b) MERCËDE > [mer^tsi] > [meR}si] merci. b) INGENIU > [éWjfe] > 0 j f ] engin (cf. c) PLANGIT > [plajit] > [plaint) > [plë(t)] plaint (cf. 33 J. plaie). c) FALCE > [faùts] > [fo)fawc (subst. des produits « chuin­ tants ». (2) Semblable décalage (chronologiquement inversé) se constate en slave. pour l'histoire des occlusives intervocaliques le développement suivant. etc. -GIL-) > seel « sceau ». Pour la sourde [&]. PACÀRE > [pa)gare] > Unpjer] palier. (1) Noter ici une forte tendance à l'amuissement : •SIGELLU (cl. a) CATTU > [tfat] > l/a] chat. LOCËRE > [lyVdzir] afr. l'extrême nord excepté. avec. crotz). [/]• — Leur palatalisation est ancienne. à l'intervocalique. BUCCA > bouché. TESTIMONIU > témoin). SAGITTA > saleté. leur affaiblis­ sement aboutit à des fricatives précaires qui à leur tour donneront un yod en entourage palatal ou au contact de [a]. (3) La géminée est traitée de même : VACCA > vache. LOCÀRE > [lo^gare] > [Mer] louer (cf. — Plus récente. rue) (4). à la différence de la précédente (2). d) RËGÎNA > Wjin*] > Wtm] (1) > Vreln*] > [rwen] > [Ren] reine.

dans un entourage palatal. AUDlRE > oir (1) Rappelons que parallèlement. que leur affaiblissement. dans la moitié septentrionale de la France. -1TTA> -ete (-ette est une graphie). la présence ancienne de l'occlusive se traduit par le fait que la vibrante issue du groupe est souvent notée -rr. VITELLU > veel. LATRONE > larron. batut. verre. et accentua l'affaiblissement des secondes. une seconde crise évolutive. ainsi. PETRA > pierre. ABBÀTE > obi (abbé graphie). veau (vedèl). letra. 34 . à se résoudre en yod. atteignit son degré extrême (1).)% CAPPA > chape. beurre. voirre. et le timbre des voyelles qui les entouraient. coing (codonh) . ITERÀRE > errer. BOTYRU > burre. les géminées^ se sont simplifiées : suff. MOTÀRE > muer (mudar). groupes [tr] et [dr] : ces occlusives n'ont laissé aucune trace en français actuel. SËTA > seie9 soie (seda). VITRU > veine. dont beaucoup s'amuirent. vraisemblablement une interdentale sonore p]. comme on Ta vu. Après un premier stade où.FATA > fée (fada). CUPPA > coupe. témoin du premier processus d'affaiblissement) : -T. abat. BASSA > basse ([bas]). tandis que les dentales [/] et [d] s'effaçaient complètement. copa. -TR. des fricatives. Exemples (nous donnons entre parenthèses la forme occitane. latins ou romans. les sourdes se sonorisaient et les occlusives sonores s'affai­ blissaient en fricatives — tous les idiomes romans au nord et à l'ouest de la ligne La Spezia-Rimini l'ont connu —. *BATTÛTU > batu (battu id.et qu'un [a] de soutien l'accompagne en finale romane.PATRE > père (Alexis pedre) — noter le M . lorsqu'il s'agissait d'occlusives. trouve encore un écho dans les graphies ar­ chaïques dh (Serments de Strasbourg) ou th (Vie de saint Alexis). — C'est dans les dialectes d'oïl du gallo-roman.3. Cette tendance se combina avec deux facteurs importants : la nature articulatoire des consonnes intéressées. dans les systèmes romans occidentaux. formes occi­ tanes correspondantes : -tta. capa. les labiales [p] et [b] tendaient à être assimilées par un vocalisme vélaire — donc. . propre au roman occidental. -D.)% LITTERA > letre (lettre id. etc.SODÀRE > suer (suzar). A) Occlusives dentales [t] et [d]. tandis que les géminées se simpli­ fiaient. dans le cas des groupes [-*#•-] et l-dr-]. assourdie ([0D en finale romane. bossa (ss note la sourde. COTONEU > cooing. fit des premières. mais leur stade fricatif. Traitement des consonnes intervocaliques.(intense) au lieu de -r. comme en français). labialisé — et les vélaires [k] et [g] à faire de même ou.

dans les Indicatifs Imparfaits en -EBAM (afr. PLACTTU) > plëu9 plu (de « plaire ») (plagut)9 SËCORU > sêur9 sûr (segur) (1). (3) On verra (p. *PLACOTU (cl. buir — cl. deveie < DEBÊBAM) s'explique des facteurs extra-phonétiques. [fo:z] [lkaûzo] [polze] [paûlza] [p^ze] [pelza]. soit [y] ou [/]) s'est effectuée devant [a] avant la palatalisation (occ. NOBES) > nue9 *DËBOTU >dêu9dû (devut [depûl])* TABONE > taon (3). 18. D) Sifflante (ou fricative dentale) sourde [s] : elle se sonorise en [z] : CAUSA > chose (causa) 9 PAUSÀRE > poser (pausar)9 PË(N)SÀRE > peser (penser est un latinisme) (pesar)9 pron. p. ajoutons HOGONE (nom propre germanique) > Huon (occ. CAPUT) > chief9 chef (cap). cavallo)9 DEBËRE > devoir (dever)9 CUBÂRE > couver (coart)9 mais *NtJBA (ci. SAPONE > savon (sabon) — en finale romane *CAPU (cl. B) Occlusives vélaires [k] et [g] : pour [k]9 les six exemples proposés pour illustrer les palatalisations indiquent clairement ce qui s'est passé. it. mais le [v] (primitivement [#?) qui en est issu s'amuit au contact d'une voyelle vélaire — cf. HEDERA > (l)ierre9 DESlDERAT > désire. lezer respectivement). resp. infra le traitement de [-v-]. caval. Hugon)9 *AGUSTU (cl. Q Occlusives labiales [p] et [b] : tandis que [-/>-] se sonorise en [-H (stade de l'occitan). lieu) v. III —. plazer. où celle-ci assimile la fricative vélaire [y] issue de [g] « -C-) : *LOC0RE > lueur (occ. le traitement de -V. -DR. 35 .primitif : MALI1) A propos des produits de FOCU JOCU LOCU (feu.([M>]) SOUS les espèces d'un [fi\ bîîabial fricatif — cf. où il rencontre l'ancien -V.est évidemment plus stable que celui qui est issu de -Ô*. devant [e] et [/] après (occ.RIPA > rive (riba)9 *SAPËRE > savoir (saber)9 COPA > cuve (cuba). — Pour [g\9 de même. 0). [2) En occitan. «joutons trois exemples devant voyelle vélaire. jeu. Exemples : -P.CABALLU > cheval (aocc. [-H poursuit un affaiblissement déjà entamé dès le latin impérial. 77) que l'effacement de -B. -B. E) Fricatives labiales (ou labio-dentales) : la sourde [f] se sonorise. Le surcroît de relâchement propre au gallo-roman septentrional réduira à son tour à [-v-] le [-H issu de [-/>-]* tandis que le [-v-] issu de -B. (-*-J issu de -C. la sonorisation (suivie d'un passage à la fricative.tendra à s'amuir au contact d'une voyelle vélaire.(auzir)9 «PËDUCULU > peoil9 pou (pezolh) . iogar9 pagar9 ptegar respectivement). AU-) > aost9 août (agost)9 LEGOMEN > lëun (légume est savant) (legum9 leum) (2).QUADRÀTU > carré.

sans doute bilabiale (c'était un [w] en latin classique). la scansion (fin d'hexamètre) ÔMNÏBÎJ* PRlNCÊPS chez ENNIUS (cité par CicéRON. lève. PÊRÏÀ QUI NÊSCfr ÀMÀRÊ — mais on notera NESCIT devant voyelle initiale. Traitement des consonnes finales. subit un traitement semblable à celui du [-/H issu de -B. La finale [-/] s'est amuie après voyelle (CANTAT > chanté) (2). poruec. nos plus anciens textes notent bien chantet « CANTAT). senuec supposeraient unefinalerenforcée *-QUE). mais avait été restauré à l'ouest (influences « cultivées »). précédente après chute de la voyellefinale: *IN SIMUL > ensemble. MEUM > mien et *MUM > mon. Orator). et n'a laissé de trace que dans les monosyllabes (REM > rien.). Cf. ILJLAC > là. peur. mais ♦OVTTTA > (l)uette. le latin n'admettait pas toutes les consonnes. etc. la Romania orientale —. neuve — en finale romane NOVU. la sonore -V-. B. mais SCROFA > « truie » > escroef puis écrou. les sonores romanes intervocaliques devenuesfinalesse sont assour(1) Dans Pépigraphie archaïque et les poètes jusqu'à Lucrèce. à Tintervocalique cadhuna dans les Serments de Strasbourg « *CATÛNA. [-*] avait tendu à s'amuir (1) — cf. 36 . PAVÔRE > paor. NOVE > nuef. LEVAT > lleve. Finale absolue : le gallo-roman primitif n'admet enfinaleque des sourdes . (2) Les graffiti pompéiens annoncent cette chute : QUÎSQUÏS ÀMÀ VÀLÏÀ. et semble offrir deux traitements : amuissement dans *EC]GE HOC > ço. Finales romanes. -C ([•&]) est rare. A. etc. Finales latines. mustrethe dans Alexis « *MO(N)STRATA. *SCROFELLAS > escroeles. — En finale. cf. afr. FAC > fai (et DlC > al). écrouelles. mais -f représente sans doute ici une interdentale sourde [6] (UfantaO). NOVA > nueve. — a. mostree « montrée »).: LAVÀRE > laver.FATIU > malvais. chiune « chacune »). afr. En outre. OVU) > uef. bientôt amuie. -L et -R « se combinent » avec la cons. qui « ne fait pas position » en métrique. neuf. *OVU (cl. à la chute des voyelles finales. œuf. — On distin­ guera finales latines et finales romanes (après chute des voyelles finales latines). PATER > père (avec [-a] « 4e soutien »). 4. mauvais. *EC]CE HAC > çà (avuee « avec ». passage à II] diphtongal (devant initiale consonantique ?) dans DOC > Oui. mais se maintient en position appuyée (VENIT > vient) . à la différence de [-m]. et le fait qu'ailleurs le « souvenir » du -T permet seul une scansion correcte ! De fait.

n.). Mais d'autres dates ont été avancées. de même en position appuyée : GRANDE > grant comme CANTU > chant. p. et 117 dans le cas du picard.). VERME > ver(m). particulièrement dans les monosyllabes. De(1) Pour les dentales T D. CERVU > cerf. *CORBU (cl. v. orme. malgré une restauration « lettrée » de -r au siècle suivant. la restauration signalée pour -r a touché en revanche. (depuis. 1. -CE-) > raisin drezë] depuis le xvr* s. qui a laissé des traces — chanter. boueux pour (é)boueur (3).) . mais ULMU > olme. piqueux (vénerie) —. puis [qfj) (2).. 32) : ALLIU > ail ([oC]. 37 . Devant les morphèmesflexionnete-J et -/ (4) : 1. La liquide -/ se maintient — TALE > tel — ainsi que la palatale correspondante (v. ces travaux eux-mêmes pour les justifications. (4) Les transformations subies par les consonnesfinalesdu radical devant -* (déclinaison et conjugaison) et -# (conjugaison) sont souvent assez graves pour défigurer les radicaux en afr. entre autres. -VU) > corp « corbeau ». et les chronologies de Straka et Fouché offrent d'énormes divergences. la majorité des autres consonnes finales. quelque bien fondée que puisse paraître chacune d'elles. Mais si le -s est ainsi demeuré « muet ».. HABËRE > avoir. NOVU > nuef (1).dies . féin. devenues « muettes » à la même époque. (3) La prononciation chanteu(r) a_entratné une confusion du suffixe avec -eu(x) issu de -ÔSU. VIRIDE > vert comme PARTE > part. PACE > \}patdze] > [pafts] paiz « paix » . SALVU > salf. de nombreuses restaurations analogiques ont clarifié les rapports). de La Chaussée. 0. p. Nasales : -m et -« s'effacent après voyelle en nasalisant celle-ci. •euse (-OSA) (pierreux. LARGU > lare comme ARCU > are. une forte tendance à l'effacement. LONGU > lonc comme *BRUNCU > (em)bronc « penché ». -r (apical jusqu'au xvn* s. Aussi tenons-nous à redire ici notre réserve à l'égard de telles constructions. sauf. 34. CALIDU > ehalt comme ALTU > (h)ait. On doit toujours garder en mémoire ces faits de phonétique élémentaire pour pouvoir identifier rapidement les formes médiévales. (2) V. 32.) se maintient graphiquement : MARE > mer. -oir avait également suivi. et l-ji) fait de même avec dégagement de yod : BA(L)NEU > [bap] > IbàJ) > [bë] « bain » (noter CARNE > char(n). ce qui en garantit la cohérence —• v. La sifflante -s tend aussi à s'amuir au xvi* devant initiale consonantique. métier. et la création d'un féminin analogique chanteuse : -euse est devenu ainsi le partenaire de -eur. berger. DORMlRE > dormir. ainsi *CAPU > VtJJevo] > [tfjef] chief. pp. ainsi *RAClMU (cl. puis au xvn* en finale absolue. VlNU > vin dvë] id°). mais a connu au xvi* s. Cf. Le cadre chronologique proposé dans les pages qui suivent est inspiré des travaux de F. aussi les IF en -i(r) dans la chanson populaire « Compère Guflleri » (xvm* s. -euse).

-C. VOCALISME : e/i et o/u en hiatus [ > J M Quantité > timbre Syncope des pénult. atones — préton. 8. I Siècles il* 8 m* 8 I v* § I 1. 11. 7. y21 Dipht. Régulation nasalité bonlbonne26. e préton. 12.J. 4. 38 . en syll. 18. Dipht. o 25. Nasalisations de ac/e17. 2. 6. nasales (romanes) £?«22. dl roman [> ef > e j — — — I H h H—i—\ H + h {bd(n) » bon* A r—4 (1) /e après palatale (« loi de Bartsch »). -4-o 9. spontanée de 'cl - '*[ '«( ■H r h# Hel. 20. f— 19. Affaibl. internes- •IJW L \ L ( < V[>y) AU t> 9] Dipht. des finales atones :'eiou15. 10. di23. o u v e r t e — — — 24. 3. 5. — a16. 13. — '*[ '*[ conditionnée de ' c — 9 H L -4 * WD—l- 14.

39 .i i i i i s s t I I I xvn* xvra* bon.

w.. •ff-*dzf}* tC/JM-*Hr//i- + i J V/0» i • dr +ei# -•bgpz CfÊYfteV.[> k*h 39. 36.. #* germ.J. s H consonne autre que ptk \ 49. H30. ■r8! -h-« H h H h (2) La T* variante initiale ou appuyée. la 2' intervocalique (oufinaleromane (3) ts et ïdz sont deux solutions possibles à Tintervocalique : PLATEA > plao RATIONE > raison. — d{r)~ 42. kjtjljn(d)j -M*J—h 41? -1—•tOWn h- 29. s+ptk i50. Jfc*.. g* 33. * 38. Consonne finale non appuyée | I Qts-^IdzJ* •£-> tsfldz*. l> **-) 37. — 41. k + consonne [>/) 34. 40 . I Siècles H* § § iv # i S vi« § CONSONANTISME 27.germ. kw. Géminées 44.plus tôt) '< tir). 40.) I 48. Intervocaliques : pk (cf. 29)fi\— (jbg d\ un peu . 31. •[introduit]. Assimilation des implosives45. au roman (cf.-C. +a» ! k.I j .32. t (roman) [> /] 46. Palatalisations : gjdj28. le préc. 27. — g 43. w (V) et -6 -•?/*35. / +consonne 47. A germ..• d ( r ) _ | e*(r) — • Y.

.^^ ! 0 ! 1 1 i 1 (4) V représente ici une voyelle quelconque. .t 0 .§ § via* § ix* § x* § xf § xn* 1 1 xm« 1 xiv* 1 § xv* 1 § § xvi* xvn* xvm* -«3/J-I -dJ\~ i t 10)2] | •ïtsj 1 M . p** 1 • \ \ — ^ ^ i +* > 1 a 1 1 1 > 4 0 (hiatus) j >(r/rr) ! simple s ! ■»• i (amorce) mm0 J—L1 1 » •| | ' "1 1 n 1 1 û ^.)» v//0vz. (5) 0 en entourage vélaire. ""T 4 «a .3/J 1 1 1 . . 0 41 . (6) Ultérieurement (2* moitié du v* s. ! .

les dentales se combinent avec -J sous forme de [ts] noté -z : pré (PRATU) prez. Devant -/ : assimilation des labiales et dentales. touaille. ape(a)ut (APPELLET). trop). *hrâta > ree (« rayon de miel »). e se palatalise en [tf] : *sklna > eschine. ex. pié (PBDB) piez.(rang. pour û. sac sas. tandis que la même affriquée sifflante apparaît après le conti­ nuateur de la géminée -NN. pour ô. etc. pour ë. —. coc cas. haïr < *hatjan etc. *hurd> hourd(is). c«e////r IP8 cueu/. th (ou p) rejoint t (tresche. apeler SP. devoir IP. *wlsa > guise . *rlki > riche. future langue d'oïl. sur > sur (adj. ieuz. *hôsa > huese. etc.aboutit soit à r. corp cors. si un nouvel h est introduit — d'où aujourd'hui l'hiatus et l'absence de liaison devant hâte. *haist > hâte. . ainsi chiefchiés. ai> a *slaitan > esclater. diphtongues : au > o *laubja > loge. devoir-doit.vant "S : labiales et vélaires s'effacent. assourdissement des palatales sonores. le roman de Gaule septentrionale. PLACËRE) plaist. le vieux-francique septentrional — ancê­ tre du néerlandais. viaut). ueilieuz(m. bain (cf. feurre. et cf. mais *hring > renc. rang . œilyeux) . [/] et M se vocalisent en [ù] : tel (TALE) teus. pour ù. a emprunté un fort contingent de mots essentiellement à l'idiome germanique des envahisseurs. Phonétique des emprunts germaniques* — A partir des grandes invasions du ve siècle. pour ï. fara > Fère (toponymes). 2. plaît. plaisir (ancien IF. *kruppa > croupe . effroi). tex. *ex-frid-at > esfreie (« effraie ». baigner) bainz. les noms anglais en Fitz-. normalement : pour a. mais *thresk~at > tresche . tandis que k + i. 42 .).et après les palatales [ ji] et [<T] (celui-ci avant sa vocalisation) : an (ANNU) anz. *thwahlja > touaille . d'autre part. On a eu ainsi. mais *hlanka > flanc(he). 5. Le vocalisme de celui-ci comportait à ï ù9 mais seulement ë et ô. *fëhu >fief. cf. voioir vueut (dial. pour l. fiKFlUlDfiktfizil). Quant aux consonnes. ex. brun > brun . cerfcers. veoir (VIDËRE) voit. qui étaient ouverts. (1) Cf. *wala laupan > galoper . mais *thôrp > trop (et troupe) . ex. *bëra > bière (« cer­ cueil »). dois. hr. vocalisation de / et frf]. *fôdr > fuerre.

donne fi* (flanc. -che) et que -A/. gâter. 1949). VADU x *wat > gué. VESPA x *wapsa > guêpe. nous avons vu (pp. en grande partie conjecturales. Mouton 1970. et rares sont ceux qui introduisent dans leur réflexion la dimension temporelle. peut-être influencés par certains faits d'homonymie ou de paronymie avec des vocables germaniques de sens affine : VASTÂRE x *wôst > gaster. pour l'histoire du français.s'assimile à [jt] issu de [kt] : *wahta > gaite. esp. guise. lat. tandis que hl-. etc. *VULPICULU x *wulf (?) ou *hwelp > goupil.: *hrokk > froc. quant à la semi-consonne w-. Mais le structuraliste se veut avant tout synchroniste. angl.ree). réin­ troduite. IV. outre la prothèse vocalique. et deux articles d'André Martinet (1). — Essais d'interprétation structurale En dépit des données de la chronologie relative et des synthèses partielles qui s'esquissent. VIPERA x wïpera (empr. ainsi *wardon > g(u)arder (cf. C'est au niveau de la structure linguistique que l'on peut espérer découvrir des moteurs plus généraux d'évolution. après avoir été réalisé comme kU (Hlodowig> Clovis). et plusieurs termes d'origine latine suivent ce schéma. gagner. 1963» trad. 43 . notamment Romanische Sprachwissenschqft.) > guivre. soit à/r. elle est réalisée [gw]. Ungûistica românka I-II. du fr. guard. l r e éd. (1) Les romanistes doivent aussi d'importants travaux d'inspiration struc­ turaliste à Heinrich LAUSBBRG. *waidanjan > gaaignier.). guette (d'où guetter) . *wêrra > guerre. Nous citerons simplement. développe un [k] épenthétique (esclater) . cf. 13-14) que la « phonétique » diachronique tradition­ nelle n'aboutit qu'à des descriptions. trois contributions d'inégale importance : un petit ouvrage d'André Haudricourt et Alphonse Juilland (Essai pour une histoire structurale du phonétisme français*. le groupe initial si-. non à des explications proprement dites. 1965.

simple. car elle constitue le principal aspect du phénomène ubiquiste et permanent qu'est l'interférence linguistique. ensuite (La palatalisation de /K*/ dans les parlers gallo-romans septentrio­ naux.intervocaliques et la simplification des géminées propre au roman occidental du processus semblable 44 . ensuite (Le traitement des voyelles longues dans les parlers gallo-romans septentrionaux. processus que devait compléter la réduction de kwi kwe kwa à ki ke ka : k'a opposé à ka pouvait désormais parachever son processus de palatalisation. pp. leur semble due à une réaction « lettrée » propre à la Romania occidentale (l'aspect structural apparaît dans la confron­ tation générale de ces processus romans de palatalisation) . ils tirent argument de 1' « asymétrie foncière des organes de la parole » (région vélaire deux fois moins étendue que la région palatale). pp. que comme d'autre part la monophtongaison de [atf] en [?]. par l'utilisation des différences quantita­ tives essentielles en germanique (fait de substrat combiné donc avec le jeu structural) . 108-120). ils voient ainsi (Les corrélations de longueur vocalique dans les parlers gallo-romans septentrionaux.Les premiers essaient d'interpréter à la lumière du structuralisme toute une série de phénomènes fondamentaux dans la constitution du phonétisme gallo-roman. Francke. 89-94) la distinction maintenue entre [kj] et [tj] à l'intervocalique ( > [ts]~ [&&!). pp. postérieure à la palatalisation de ka. combinée avec la « surcharge » d'un vocalisme à quatre degrés d'aperture. puis la diphtongaison des voyelles toniques libres un moyen de parer préventivement au danger d'effacement des oppositions cons. l'opposition de cette dernière avec ko dégageait l'auto­ nomie du phonème /&'/ opposé à /&/. 95-105). article de 1952 repris in Economie des changements phonétiques. peu explicable « phonéti­ quement ». enfin (La palatalisation gallo-romane de /O/ latin. créait une nouvelle « case » k'o. En matière de consonautisme. pour qui la notion de substrat éclairée à la lumière du structuralisme demeure essentielle. 48-57). ils pensent que du fait de la palatalisation de kike en /'/ t'e l'articulation de A» a pu se rapprocher des deux premières « cases » laissées vides dans le système. pp. En matière de vocalisme. 1955. géminée ~ cons. pp. Os établissent un lien causal entre « l'incorporation de [au] au système des voyelles longues » et la diphtongaison de [a] en \aé] — suivies de la monophtongaison précoce de [au] en [o] et de [*aë] en [e] . 43-47) dans rallongement. pour expliquer l'antériorisation de [u] en \y] et la ferme­ ture corrélative de [o] tonique entravé en [u]. tout d'abord (La palatalisation des occlusives latines dans les langues romanes. d'où ke > k'e (phonologiquement k'a) . pp. 257-296) l'affai­ blissement des occlusives et de -J. André Martinet. rapproche (La lénition en celtique et les consonnes du roman occidental.

cf. gtid. chez Martinet. pp.. deed pour néerl.• ----« préstructuraux » •à fonder fhypotT Celtes seraient ainsi responsables de la palatalisation de lu) en [y]. conditionnées par leurfréquencerelativement élevée en celtique commun. « fromage ». dont A. vocalique (hicy dux) et consonantique (iam. Le point de départ serait à chercher dans l'affaiblissement (ou la simplification) des géminées. daad. « sac ». L'extension géographique des idiomes celtiques à l'époque où Rome conquit l'Ouest européen correspond bien à Paire de ce trait linguistique (2). resp. kaf. J 45 . 1975."onder l'hypothèse d'une action de-substrat : ces mêmes " ■-■■--• -. elle est née de l'orthographe latine. d'autres phénomènes propres à l'ibéro-roman. et -£. on écrit en général « phoné­ tiquement ». cet affaiblisse­ ment (-pp. sttepe. Jusqu'à la fin du xn* siècle. glad. zak. *lad. soit par des combinaisons de signes. pleinement vivantes aujourd'hui.> -p-) ne peut se réaliser sans créer de confusion que si parallèlement -p. Rappelons que l'orthographe latine donnait à / (I) et u (V) une double valeur. (2) La coïncidence géographique suffisait pour beaucoup de linguistes % . 217-225). trente comme angl* eheese. entre autres. kaas. Dans son second article (La palatalisation du roman septentrional. 3) Le cas du normanno-pkard trouve aussi une explication. l'auteur propose de voir dans la palatalisation de k + a propre au galloroman septentrional (3) la contagion d'un processus de palatalisation semblable conditionné en anglo-frison par l'antériorisation de a (4) : les Frisons auraient joué en Gaule septentrionale un rôle important avant d'y être supplantés par les Francs. in Evolution des langues et reconstruction. — Aperça de l'histoire de l'orthographe française Comme toutes celles d'Europe occidentale. saek (avec [«]).passe à -6-. slapen.à •/?. FUF. « baratte ».(ou -v-). fris. karn(ton). sek. dont on ne fera pas état ici. développée largement sur leur ancien territoire.. 4} Cf. respect. mais les considérations structurales. tsjef.~ -p. Quant 4 l'antériorisation de a. « fisse ». chwrn pour ri. en sont issues (1)). uolo). sans référence artificielle à la graphie (1) L'hypothèse d'une action du substrat celtique rend également compte. V. « dormir ». died comme angl. « action ». Dans la triade -pp. sUep. frison tstts.~ -6-. les sons nouveaux étant notés soit au moyen des caractères latins affectés d'une valeur nouvelle — en général héritée de leur valeur latine —. chqff.qui a marqué les langues celtiques (mais d'une façon plus durable puisque les « mutations » consonantiques du celtique. signe « vide » puisque muet en latin. « balle (des céréales) ». font précisément difficulté.

. (2) h* distingue alors la valeur vocalique (huile) de la valeur consonantique {uile — « vile ». (4) L'interdentale archaïque est notée. cinc). Quant aux « chuintantes ». [f]. comme ils hésitent à l'intérieur d'un même texte. mais aussi devant a.). dongon . la sonore correspondante [rfj] s'écrit/ (c'est-à-dire aussi /) ou g : iuge. u (ca vaut ça. uiure (2). espede. (i)ng ou même g en finale : se(i)gnor. en particulier comme second élément de diphtongue (fleur. c s'emploie pour noter [ts]/ls] non seulement devant e. / (cent. chantez. (3) La cédille. leur salaire (N. Voyelles nasales : en finale. partant. sont aujourd'hui des latinismes. et compliquer les graphies pour allonger leur texte — et. duner). — Voyelles orales : [y] se note u. vont multiplier les références au latin dont ils sont nourris. Des origines à la fin du XII* siècle. quand on n'écrit pas simplement d : aiudha (Serm. fut introduite en 1531 par Geofroy Tory. morir). 1. alors que le poids de la tradition fige l'orthographe en l'éloignant d'une prononciation qui continue à évoluer. c'est -z qui note ts : prez. u) : fillet plaist. en finale. comme en anglais. : dans ce qui suit. [u] (cort. espethe. 0.latine (1). le célèbre copiste de Chrétien de Troyes. de Str. th ou dh. tandis que [/C] se note il(l). [oû\l[eu\l[œii\l[œ] (flor) . essaim. sur le modèle espagnol. 46 . note tôt [tf] (mais on trouve aussi c). Devant consonne. et varient d'un texte ou d'un copiste à l'autre. Selon les cas (cf. etc. mais on a (h)om à côté de on. Consonnes : en ce qui concerne les ex-palatales devenues sifBantes. c'est -n qui note le plus souvent la nasalité : flun < FLÛME. les « praticiens ». se distingue par sa graphie claire. rappelons qu'en fait / correspond dès les premiers textes à sa vocalisation en [«]. « ville »). clercs jouissant du privilège d'écrire. macue massue) (3) . u peut représenter aussi [w)/lu] et [v] : (h)uit. Ensuite. qui peut du reste représenter [u] (mult. Il et en finale parfois / (œl pour œiï).B. o peut noter [o] (porte). de même. sauter) . Guiot. l/l ou [j] (surtout devant a. (1) Les usages n'ont pas été fixés avant le xvo* siècle. le latin). et faim. co co. la combinaison ch (4) (qui a pu repré­ senter [k] sur le modèle de Christus). vie(i)ng/vieg. o. nous n'indiquerons qu'exceptionnellement les conventions qui pour nous « vont de soi »). la palatale [/1] est généralement représentée par (i)gn au milieu du mot. lert ïambe. et payés pour cela. donion. simple et relativement uniforme. ue repré­ sente [we] ([ue]) I [wœ]flyar])/ [œ] (suer « sœur ») . proece. braz. ain < AMO . [*] final atone s'est noté a (Alexis pedra « père ») à côté de e vite généralisé. /sert pour [/].

Indiquons enfin la très fréquente « ligature » x qui vaut -us (tex. o. pois-* pois/poids. fixera l'essentiel de notre code écrit à un stade correspondant. de même. 2. chevaas) et se retrouve dans nos graphies -aux 'eux -oux. m. ainsi que les digraphes au dans aureille ou taureau. y remplace / à côté de n. seaux -* seaux/sceaux. la référence latine suggère pour sa part escript. lettrés.. mettre (1). grammairiens : citons aussi Geoffroy Tory. (2) Il'faut souligner le rôle essentiel. 7) . belle. comme scavoir (sur SClRE. pour PË(N> SUM). u pour noter la sifflante : commencea.. chevax pour teus. pour s'imposer plus ou moins vite. dedem à dedans. nous l'avons dit.. C'est vers le xvr9 siècle que s'introduiront aussi. conservatrice.. — Si le conservatisme archalsant (beaucoup de ces graphies sont devenues la norme) préfère fait hfet. fes-* faislfaitslfaùc. écrivains. Machecrier. traditio­ naliste. mais si ce dernier trouve un écho chez les éditeurs hollandais. La graphie distingue visuellement des homophones : mes-* meslmaislmets. Sylvius. poinct. (1) Mais elles ont aussi pour fonction de noter le caractère ouvert de la voyelle. etc. doigt.. 47 . poids (sur PONDUS. la graphie ung pour un distingue ce mot de nu. pour lois. faict. luy. Antoine Meigret et Ronsard (2) essaieront de réagir. et généralement en finale (valeur esthétique ?) : foy. receut . obvier. legs (sur LEGÂRE. etc. vray (nous avons gardé l'adverbe y). érudits. Sébillet. décisif. qu'ont joué dans le débat de telles personnalités. nud. certaines ortho­ graphes font référence à des étymologies erronées. l'Académie. Pabri. vu. Du Xm* au XV* siècle. les géminées « latinisent » dans abbé. à la prononciation du temps de Philippe le Bel ! Quelques initiatives ont visé à plus de clarté : l'adjonction de e entre c et a. pour *SAPËR£). le -# de paix six voix {dix par analogie) évoque PAX SEX VOX. Peletier. et surtout l'illustre Robert Estienne. déverbatif de kdssier. adventure avec advenir. joug. normal) . . conter-* conter/compter. vingt. Au xvr* siède. vu (c'est-àdire VII. les signes typographiques secondaires tels que les accents et la cédille. u/v :yver. ai dans aile ou clair (aidé par escUdrier. amy. de LAXARE). pied.

comme le grec —. comme en témoignent par exemple. ou rhéto-romans (sursilvain de Suisse) et. en roumain. des vestiges d'un système analogue survivent dans certains parlers francoprovencaux (Savoie). h côté des langues romanes. et élimina des pans entiers du système de la conjugaison. Flexion nominale et adjectivale. nivelé les (1) Le processus a été général dans toutes les langues indo-européennes. certains pronoms ont un troisième cas. et nTa été qu'accéléré. Généralités 1. dans les formes issues des « imparisyllabiques » de la 3 e déclinaison latine. adjectif. — Des cinq déclinai­ sons à six cas (noms et adjectifs) subsistent en afr. I. n'avait pas été hâtée par la tendance à l'analytisme* (2) De même en ancien occitan . peut-être. Diverses analogies ont.CHAPITRE II MORPHOLOGIE C'est peut-être dans ce domaine que les changements opérés du latin au roman furent le plus radicaux : la substitution de tournures analytiques au jeu « indo­ européen archaïque » des morphèmes intégrés et des désinences. hérité du datif (« cas régime indi­ rect »). bien loin de là. déjà amorcé en latin (1). inversement. le persan. — Nom. d'autre part. réduisit à deux cas au lieu de six la flexion nominale. six types de flexion à deux cas (2) hérités respectivement du nomi­ natif (« cas sujet ») et de l'accusatif (« cas régime »). Parfois interviennent aussi des variations dans l'accentuation ou le nombre de syllabes. où s'opposent toujours singulier et pluriel. 48 . par la confusion phonétique des finales : on s'est même demandé si celle-ci. pronom. le breton ou l'anglais — le domaine balto-slave est plus conservateur.

uomini. Cas Suj. etc.<2#décL.qui se subdivisent nettement selon le genre : masculins d'un côté. baroni.. t f ^ v UBROS>//vre. (h)ues invar.. — L'analogie ayant étendu aux modèles de la 3* et de la 4« déclinaisons latines le NP1 en -I de la 2* (2). Plur.). CORDIS . -OS) > fruit (4* décl. « œuvre.atîne> ♦PATRl (cl.~x M2# d. frutti. Cas Régime Sing. service. cf. besoin » (a. il reste deux types de flexion. profit. aussi OPUS > afr. confondu généralement avec le mas­ culin. etc. occ. trovatori.) PANES UBRl > livre /t>m . dont il partageait l'essentiel de la flexion (1). ops» a. estovoir « falloir » en est sans doute issu : *ESTOPÉRE de EST OPUS). ou parfois avec le féminin dans la mesure où le pluriel en -A de certains termes pouvait suggérer quelque féminin collectif de la 1" déclinaison : ainsi FOUA> feuille ((( les feuilles » . latine > pains I parisyllab.divers types deflexion. les pluriels masculins de l'italien.> « le feuillage »->»« la feuille »). féminins de l'autre — le neutre a disparu. •NES) > pain I (3* décl. on trouve aussi des CSSg analogiques livres et pères. -TRES) > père (3* décl. Cas Régime Plur. A) Substantifs masculins..) ♦FR0CT1 (cl.c L JatM. (2) Cf. hérités du nominatif : padrl. selon que le CSSg est en * ou non (tous les paradigmes seront présentés selon le schéma suivant : Cas Suj. 49 . latine PATRES > pères parisyllab. pouvoir. huebos «/</.. On trouve d'authentiques traces de neutres dans l'adjectif. à côté de livre et père. 1) Parisyllabiques : a) MORUS > murs M0RU > mur PANIS > pains PANE > pain p) LIBER > livre (4) LlBRU > livre PATER > père (4) PATRE > père FR0CTUS > firuiz FR0CTU > fruit MURI > mur . pastori. MOKOS>murs <3> < é > ♦PANÏ (cl..e x . VlVENDA (« les vivres ») > viande. Sing.». (3) Noter le « chiasme » morphologique -* -0 (4) Avec un -e « de soutien » dans tout le paradigme . latine) FR0CTOS >fruiz TEMPORIS. esp.

LATRONE > larron. caçaire caeador. ours.—Notons de plus. en français. 50 . COMPANIO > co(m)pain. -IS > CSSg reis RËGE > CRSg rei LAC LACTIS . COMPANlONB > compagnon (calque du germ. et le doublet réduit *SEIIOR > sire *SEIlORE > sieur (cf.* *LACTIS. « on » indéfini. PUTEU > puiz. etc. formes partiellement lati­ nisantes (histoire de Judas dans l'Evangile 7). *TROPÂTOR > trovere *TROPÀTORE > troveeur. (5) Cf. -IS > CSSg lato LACTE > CRSg Udt PONS PONTIS-> *PONTTS. TRADITOR > traUre. trattor. etc. -reur. peeaire pecador. nez. avec parfois distribution dialectale ultérieure des deux formes : cantaire cantador. -IS > CSSg ponz PONTB > CRSg pont 8) Radicaux à sifflante : le -J de flexion se confondant avec la sifflante radicale. ces termes apparaissent comme invariables : NASU>/iej. v. traître. mots à accent fixe. •eeur (d'où notre chanteur) < CANTÀTÔRE. CATO -ONIS) et germaniques (BARO ace. pécheur. monsieur) (5). PECCÀTOR > pechiere PECCÂTÔRE > pecheeur. (1) Traitement proclitique. guerrier » > ber *BARONE > baron. (7). on (1) HOMINE > home. puits. CANTOR > chantre CANTÔRE > chanteur (6). les noms d'agent PASTOR > pastre PASTORE > pasteur (avec s latinisant). URSU > ors. pp. BARUN). FELLO (d'orig. peseaire peseador. *BARO « homme d'origine libre. PISCÀTOR > peschiere PISCÀTORE > pescheeur. FASSU > pas. emperaire •radar. p) Mots en -OR -ORE : SENIOR > sendra (4) SENlORE > seigneur. ABBAS > abes ABBÀTE > ab(b)é (3). (3) Mot venu de l'araméen par le grec. (7) Ce type a des correspondants réguliers en ancien occitan. 2) Imparisyllabiques : oc) Quelques cas d'espèce : COMES > cuens COMITE > conte. INFA(N)S > en/es INFANTE > enfant (2). pêcheur.* *RËGIS.y) Imparisyllabiques de la 3 # déclinaison à flexion modelée sur les types parisyllabiques : RËX RËOIS . (2) V. IMPERÀTOR > emperere IMPERÂTÔRE > empereeur. etc. chasseur. y) Radicaux à nasale : ici se mêlent les types latins en -O -ONIS (PRAEDO -ONIS. (4) Hapax dans les Serments de Strasbourg. neveu. NEPOS > niés NEPOTE > nevout. CR TRADITORE > afr. ANTECESSOR > ancestre ANTECESSORE > ancesseur. messire. ga-fuaib « qui partage le pain [hlaib] avec »). LATRO > krre. in/ra les comparatifs synthétiques. germ. les participes présents. 74-75. trobaire trobador (« troubadour »). *CAPTlATOR > chaciere *CAPTTATORE > chaceeur. (6) Rare : on emploie très tôt à sa place chanteor. et HOMO > huent.

croix. 2. germ. des thèmes en •A de Ti. port. (1) Analogie de l'accusatif (cf.0 tonique libre s'explique mal ici : dialectalisme ? ocdtanisme? analogie de amoureux? Les dialectes d'oïl connaissent un « normal »ameur « rut ».) se sont joints à ce lot. MATER > mère MATRES > mères / 1 # . 119. *FAOA pour FACIES. dia est issu de *DIA. B) Substantifs féminins. ce qui a du reste pu hâter la dispa­ rition de la flexion nominale : 1.germ. de la 3« décl. fleur FLORES > flors. pi. fleurs FLORE >flor. gars WRAKJÔNE > garçon. (MATRES). occ. FtLÏA> fille FÏUAS > filles latine) ♦GLAOA pour GLACIES. comme le roumain zi « jour ». AMOR) > amo(u)rs AMORE > amo(u)r (3) (toujours fém. veie. ♦RABIA pour RABIES (5* décl. _ (2) Doit-on poser *DIES pour DIES. ou substrat celtique 0e nom. VOX) > voiz. — Une autre analogie (ou fait de substrat) a étepdu dans les paradigmes issus de la l r# déclinaison latine le «* de l'accusatif pluriel au nominatif pluriel» de sorte que les types les plusfréquents(fille < FlLIA) ignorait aux deux nombres l'oppo­ sition Cas S u j e t s Cas Régime. fleurs FLORES > flors. *VOC3S (cl. n. Cf. (4) Certains subst. nous citerons ici la fameuse épitaphe pannonienne HIC QVESCVNT DVAS MATRES DVAS FILIAS ET A^VENAS TRES PARVOLAS « ici reposent deux mères. „ . . via < VIA. *WRAKJO > garz (cf. port. MATRE > mère MATRES > mères & CMm P ans y uaD -> P) Imparisyllabiques de la 3* déclinaison à nominatif sing. esp. CRUX) > croiz. voix.) > fel FELLÔNE >/ébn9 GLUTTO 4. l'homophone au singulier) du nom.-* > gloz OLUTTONE > glouton (terme d'iqjure). FLOS) > flors. plur. *CRUCIS (cl. FTLIAE) > filles (V décl.. p. en -TAS -TÀTTS ont été alignés sur la 1" déclinaison. mais fr. avec allongement (ou fermeture) de la voyelle tonique en hiatus (cf. peut-être en raison de l*homophonie du nominatif sing. . ital. fleurs et de même *AMORIS (cl. esp. tandis que DDES (2) hésitait en roman : si occ. et des noms propres comme HUGO > Hue(s) HOGONE > Huon. voie)? (3) Rappelons que la non-diphtongaison de . avec les accusatifs 51 . OVITAS) (4) > citez CTVTTÀTES > citez dVTTATB > dté dVTTÀTES > citez et de même *VIRTOTIS > vertuz VIRTOTE > vertu. deux filles et trois petites étrangères » avec ses nominatifs en «AS (entre autres vulgarismes). l'élé­ ment -ai (occ. garce). à DBES. en afr. était en -AS) ? En tout état de cause.-eur. -dt) des jours de la semaine—et du fr. ou ♦dVTTATIS (cl. . etc. le fém. <#-.). midi— remonte bien. refait sur Vaccusatif: ♦FLORIS (cl. Parisyllabiques : a) FlLIA > fille *FlUAS (1) (cl.

Eve Evain. plaisant). Q Adjectifs.jovente) à côté de JUVENTAS (poétique pour -TUS).. —. etc.) . la seconde. BELLU BELLA > bel. (FlUAS) . c'est-à-dire à forme unique commune aux deux genres (FORTE FORTE > fort.. supra) : type AMTTA > ante *AMITÀNE > antain « tante » (2).). valet »)• 52 . la fréquence supérieure des adjectifs de la classe I entraîna|très tôt (dès les premiers textes) des réfections de féminins en -e \ forte à côté te fort.est-il le possessif de la 2* pers. *-ÂNE > taiien « grandmère. ou est-il dû à une réduplication hypocoristique et enfantine.. de même NONNA > nonne *NONNÀNE > nonnain. donne les types à féminin en -e (CLARU CLARA > cler. papa. cf. plaisante. le cas de fils. avec palatale Joie Joiien. _ (3) On a également proposé un *PUTTA — ou PuTTA — (?) apparenté à PUTUS (Virgile) « petit garçon » (cf. (2) Le l. d'où une « épicénie secondaire » toujours vivante (TENERU -RA > tendre. cf.. d'où SORORE sero(u)r 0e CSSg a été seul conservé grâce à ses emplois comme apostrophe) (1). -TAS). Prés. Jacques. en -IS -IS (-E) ou -NS -NS (-NT© — cf.J.les types poeste < *POTESTA fa. tonton. en ancienfrançais. clere. Les para­ digmes correspondent à ceux des substantifs : Masculin Classe I Féminin >bt Neutre SBES^M Mu^>£UBELLA " <"l»LLAS>6eto BEIXU>M Classe II SK?>ft 'SSSsîff S535>}>*' ">■««>*• «»TE>/« >fort FORTES>forx g lur. des types épicènes. fort. TEPIDU -DA > tiède. bêle). — Les deux classes latines se retrouvent : la pre­ mière. tata. Mais tandis qu'à la classe I les radicaux terminés par un groupe consonantique avaient suscité un «e de soutien au masculin. grande pour grant (GRANDE). PUTILLU qui expliquerait bsq. les Part. Louis. SORORIS. et des noms de baptême comme Berte Bertain (germ. -tante ».. poverte < *PAUPERTA (id. povre..! Noter en outre la conservation du CSSg (apostrophe). en -US -A (-UM). PLACENTE -TE x -ont de la classe I > plaisant.).tempeste (conservé) < *TEMPESTA (ia. muttt «c garçon. Imparisyllabiques : ce) Le subst. POTIDA (3) > pute *-ÀNB > putain. sœur. P) Les radicaux à nasale en -A -ÂNE sans doute inspirés des masculins germano-romans en -O -ONE (v. Georges. avec palatale ATAVIA > taie. Jules. (1) De tels emplois expliquent également la conservation du CS (avec -J) dans les prénoms masculins : Charles.. etc. de là.2. peut-être sur le modèle de JUVENTA (ap. isolé SOROR > suer. verte pour vert (VTRIDE). PAUPERE -RE > povre.

pour les autres. MEUUS>mielzf mieux PARVUS : MINOR > meindre.. le prédicat adjectival revêt une forme spéciale de Cas Sitfet sans •*. Les degrés de comparaison : déjà analytiques en latin dans certains cas (MAGIS. etc. MINUS > meins. par exemple bel < BBLLUM (v.Le neutre se rapportant comme attribut au singulier à une phrase complète ou à un pronom qui la représente. la syntaxe. et pour les adverbes correspondants. moins NUGALIS : NUGAUOR > nooldre NUGAUORE > nooillor adv. pour lesquels tous les CSSg ne sont du reste pas attestés : : ALTIORE > hcdçor (et hait : haltor) ALTUS BELL(AT)US : *BELLATlORE > bellezour (Eulalic) adv.0) adv.0) BONUS : MEUOR > mieldre MEUÔRE > meillor adv. PEJUS > pis PEJORE (1) Aujourd'hui. p. de formes synthétiques que pour un petit nombre d'adjectifs très fréquents. en afr. gindre (\) JUNIORS >joignor MAGNUS : MAJOR > maire > medor (majeur est un italianisme) (2) MAJORE (fr. avec sa variante geindre (par attraction paronymique). moindre MINORE > menor (mineur est un italianisme) (fr.)» ils ne comportent plus.0) MALUS : PEJOR > pire >peior adv. vestige du neutre latin. le mot signifie « apprenti —_—V mitron *>• (2) Le neutre adverbial est en dernier ressort MAGIS > moisi 53 . est du ressort de la syntaxe. BELLATIUS > bêlais : FORTIORE > forcer FORTIS : GENITIORE > gençor « plus beau » GENTTUS : GRANDIOR > graindre (CSSg) GRANDIS GRANDIORE > graignor JUVENIS : JUNIOR > joindre. l'em­ ploi des adverbes (le) plus. 104). MAXIME IDONEUS. Voici les types de comparatifs synthé­ tiques. (le) moins. NUGALIUS > nooh «de peu d'importance» > (fr.

destinée à renforcer des intensifs vite dévalués (elle a également servi à former le neutre ço. etc. MINIMU > mer/ne.. PROXIMU > proisme. qui a subi une aphérèse. p. A) Démonstratifs. également les adverbes ci. pruisme. en particulier dans l'adv. (4) De même pour la variante metsme de meesme « même ». etc. hérité du datif : le cas régime indirect. 2. ce < ECCE HOC (3)). o tu. (2) Le /• des variantes icist. V. dérivée de ■" ** V. remontent o « oui » (rare. cf. meismement « sur­ tout. PESSIMU > pesme.MULTI SENEX <fr. SORDIDIUS > sordeis « pis » Quelques superlatifs synthétiques (1) ont survécu également : MAXIMU > maisme. modifié à % l'occasion en *HOQUE selon certains. les indéfinis. ça et là. mployé comme renforcement^supplémentaire. 54 . principalement ». mais la variété d'emploi des formes a sou­ vent entraîné leur subdivision en types toniques et types atones. issu des deux derniers avec adjonction de la particule présentative ECCE (2). Les pronoms-adjectifs et l'article. senuec « sans cela » (< SINE HOQ. 0) SORDIDUS (fr. n'est pas issu du E-ini­ tial. Siy. et combiné avec les pronoms ners. iceste.). oui —. icil. mais représente vraisemblablement HIC. Illustrissime. — Le système latin se trouve ici relativement bien conservé : outre de nouveaux vestiges du neutre. oie. 93. 62. — A la triade latine HIC-ISTE-ILLE s'est substitué le couple cist~cil. oc). nous trouverons par­ fois un troisième cas. PLORES) X PLOS > plidsor > plusieur(s) (nouvelle influence de plus) : SE(N)IOR sendra/sire SE(N)lORE seignorjsieur (v.0) : *PLORlORES (cl. minime* extrême. p.) > sordeior « pire. Au même HOC. supra) : SORDIDlORE (pas de C. inférieur » adv. o il — d'où ott. Ajoutons que le CSSgm offre un vocalisme / (4) (1) A ne pas confondre avec les formations savantes (latinismes ou italia­ nismes) des types saintisme (afr. icele. l'occ. poruec « pour cela » ( < PRO HOQ.

) : > cete > celés ♦ECJOLLia > celi Pour l'histoire des emplois. ILLE) BQOLLU >cel ♦EqOLLÔl > celui EQCÏLLOS > ceto. soit par une analogie du . § (1) l a seconde variante s'explique soit comme une forme phonétique accélérée (emplois proclitiques). y.Paradigmes Féminin Singulier Pluriel EQC1STA *EQC1STAS > certes. cens (cex. la syntaxe. 1STI) > ce^ a) Démonstratif proche : CS CR Dir CR Ind Masculin Pluriel Singulier *EQCISH > dst EQClSTl>eûf (cl. 1STE) EQCISTOS > ce* EQCISTU > ces* ♦BQOSTÛl > cestid (cLISTÎ) p) Démonstratif lointain : Masculin Pluriel EQCILU > cil Féminin Singulier Pluriel EQCILLA *EC1CILLAS CS CRDir CRInd Singulier ♦EQCILll > cil (cl. cez (1) J > eesie ♦EQOST^SI (cl.

toujours tonique.-e. un phénomène encore limité. comme les autres langues romanes. IPSE. 56 . mais tandis que le latin employait pour 3 et 6 non réfléchis — ou « anaphoriques » — le démonstratif atténué IS EA ID (cf. masc. \qrà « pays » —> fora « le pays »). sa genèse est assez récente pour qu'il remonte parfois (sarde. ils sont atones. comme la plupart d'entre elles. contrairement aux autres idiomes.> copilul « l'enfant ». supra). CUl. B) Pronoms personnels.) + -I de -UI. le postpose au substantif (copil « enfant » . Varticle défini. en -ui et fém. en -f. mais non lefinnoisni l'estonien. 2. par dilation. Sg. pour créer un déter­ minant ignoré du latin. en revanche. En roman. masc. il apparaît chez Homère. c'est-à-dire -AE (l re décl. (1) L'apparition de l'article est dans les langues i. Hors du do­ maine i. « les enfants » — « je les vois ». ils sont toniques. le basque possède un déterminant postposé analogue . a recouru dans ce cas au démonstratif « lointain » ILLE -A -UD. d'où une double série formelle pour certains d'entre eux. l'ignorent toujours.. si leur phonétisme s'y prête. qu'il a également utilisé. le français. sont le plus assujettis à l'accent : précédant un prédicat verbal. — Ce sont les pronoms personnels qui. 3. 4. toujours atone. par leur nature et leur fonction.-e. bulgare excepté.que seules expliquent. « l'article défini » (1) — d'où les similitudes formelles « le mur » — « je le bâtis ». catalan baléare) à un autre pro­ nom. puisque en Occident celles du groupe slave. des formes de Nom. 6 —. relatif souvent couplé avec les démonstratifs servant d'antécédents (corrélatifs). S. le hongrois a un article. d'où une termi­ naison *-UÏ paroxytonique. et que d'autre part le roumain. « la fleur » — « je la cueille ». précédés d'une préposition. elles s'expliquent par l'ana­ logie du datif de ce même relatif. On distingue six pronoms. sur le modèle de laquelle a dû être créé un féminin en -*JÉI ( > M > -ijeï > -'/). en -* calquées sur le vocalisme de QUI. Sing. corres­ pondant aux six « personnes verbales » — 1. quant aux formes de CR Ind.

« nous » — « moi » -h « toi » excluant « lui ») et « exclusives » (ex. P) Anaphoriques : Singulier Masculin Féminin Neutre tonique atone tonique atone atone CS ♦ÏLU>// ÎLLA>efe(3) CRD (M) ILJLU >lo ÏL)LA> la ILJLU > le >le CRI nLJLOI li ♦ILJLiÉl> > lui li U (1) Les langues indo-européennes — donc le latin et les langues romanes — ignorent à ce niveau la distinction entre personnes « inclusives » (ex.se (pas de CS.« moi » + « lui » excluant « toi »).B. la seconde évolue naturellement en [d$o] qui. 4 (1) nos. 5 (1) vos. 1 (locuteur) tonique CS CR EGO ME mei > moi Singulier atone jo>je me T0 TE Fers.. 2 (allocutaire) tonique atone ^ tu ^^ teî te >toi Pers. N. « nous » . — gié aussi bien que ]o. se « décolore » en [4j*] — cf. proclitique. Je supposent Pamuissement du -G-. d'où Veo] tonique. [eo] > [jo] atone. Pluriel Pers. si la première forme constitue un cas d'espèce. vous (2) S /""C Ns O . 57 . —. et pour cause). IL]LU >lo>[k]fctc. (2) Le -J fermant la syllabe a-t-il empêché o de se diphtonguer dans les emplois toniques? (3) Souvent #/ (analogie de il?) dans U poésie médiévale.I) Pronoms personnels ce) Hérités : Pets. nous (2) VOS Le réfléchi SE donne de même les CRseifsoi.

p. Le traitement est tonique (diphtongaison de Vo])> comme pour //. on a dû avoir ♦ILLÙI et ♦ILLJBI — la forme masculine atone II doit être une réduction de lui. — Le CR Ind.Pluriel Masculin tonique atone tonique ♦ÏLLAS Féminin atone es CRD CRI ÏLU>// ILLOS >els eus (ex) ILJLORU > lor IL]LOS > les >eles ILLAS > eles ♦ILJLORU > lor ÏLJLAS >les Ces formes appellent un commentaire : — Le CS masc. 2) V article défini Etymologie et commentaires identiques à ceux des formes ci-dessus. cf. au singulier. Sing. // est régulier au pluriel ( < ÏLLl. les démonstratifs). mais ne peut. cf. lor remonte évidemment au génitif ILLORU et non au datif. 1. avec dilation conservatrice). Plur. //. remonter directement à ILLE : il faut postuler un *ÏLLl analogique de QUI (cf. — La différence de traitement la < ÏLJLA I les < ÏLJLAS s'ex­ plique mal. 51. — Pour les deux CR Ind. lui et fém. au détriment de ILLÀRUM. — En ce qui concerne le ♦ÏLLAS postulé comme étymon du CS Fém. n. PI. la forme masculine s'est étendue au féminin. également les démonstratifs. masc. les. lui. Singulier CS CR Féminin Masculin ÏLJLA > & ♦ÏLJLI > U ÏL]LU >b>k 1L1LA > la Pluriel Masculin ÏLJLI > tt ILJLOS > les Féminin ♦ÏLJLAS > les ÏLJLAS > les 58 . — Le CR neutre lo> le (« je le sais ») remonte à un *ÏLLU issu de ILLUD. //. qui justifiera également // article.

O Possessifs. 4 (Pas de distinction entre formes toniques et formes atones) Singulier Pluriel CR es Masculin nostre nostre Féminin nostre nostre Masculin nostre nostres. les numéraux et la syntaxe. pp. l'adtjectif atone. 100*101 pour les pronoms) et se combine phonétiquement avec elles. qui déviait asyllabique (cf. aux est un croisement de as et de au. [1\ > [ù] devant initiale consonantique. s'est confondu avec au au xm* s. Possesseur à la pers. (« en son nom et au mien ») . TUUS). car la tournure UBER EJUS a disparu. 1 Singulier Masculin Pluriel Féminin 1 es CR es CR 1 3 mes mon tes ton £ miens mien tuens tuen n Féminin Masculin £ mêle < ma mêle ma £ < mien ml miens mes I 1 Ê mêles mêles toes toes < mes mes tes tes Possesseur à la pers. avec substitution des-kt-. del > (deu) > du (endise) . puis ou (dou est-il analogique?). les formes sont celles du réfléchi (SUUS. noz Féminin nostres9 noz nostres9 noz 59 . don. de façon variable : à de en le al. *au del. — La différence que nous faisons aujourd'hui entre « pronoms » et « adjectifs » est à l'origine une différence d'accentuation : le pronom est tonique. etc. *du elf ou les (m-f) as9 *aux *des es * : formes actuelles . 3. el devenu ol (devant / vélarisé). es est conservé dans « & lettres». Le paradigme est identique au précédent. Types étymologiques : Possesseur à la pers. Endise : les prépositions à. 2 tuen toe ta H tuens tes toe ta Pour la pers. de et en peuvent servir d'appui à l'article. (cf. Les formes intermédiaires ont pu se maintenir dialectalement. «endroit»). cf.Pour l'article « indéfini » un9 une9 v. 0 devant -J final.

La solution semble résider dans une différenciation de timbres vocaliques si la voyelle atone finale est trop proche de la tonique : MËUM > Vmeom]. toutes terminées en nasale. nuli. le pronom pers. — Possesseur à la pers. mi. (MULTUS -U -A). Les formes atones mes. remontent à des types réduits MUS MUM MA MI MOS MAS TUS (pour MEUS MEUM MEA MEI MEOS MEAS. avec substitution de v. dans tuen et toe.). correspondants tuen(s) et suen(s) en tien(s) et sien(s) sur mien(s). malt (moût). d'où Vmefo] « meie». Leur inventaire a notablement changé du latin au français. nului et fém. masc. moite. et TtJUM (['zoom]) vers [hoom]. les démonstratifs et les pronoms personnels. ainsi que le masc. c'est-à-dire « d'eux » (cf. cf. tes. 1* Sont hérités du latin : a. molz. on lui ajoute au pluriel un -J analogique à partir du xrv*. -TRU. — Sous ce terme sont traditionnel­ lement groupés les « pronoms/adjectifs » de valeur et de fonction variées. La forme lor (leur) est évidemment issue du gén.— Possesseur à la pers. 2° que ces mêmes formes ont servi ultérieurement à refaire des féminins : mienne (xra° s. TUUM.).. TÛA > [*toa] sont phonétiquement bien constitués. Si nostre est issu régulièrement de NOSTER. pi. réduite de NOSTROS — et NOSTRAS ! —). 60 . Epitomae. ILLORU. sont basées sur mien et tuen/suen respectivement. on notera : 1° que les formes masculines.à n». 6 : lor. etc.. ou modelée sur NOSTER. par perte de nom­ breux types et création de nouveaux plus nombreux encore. ma.) des masc. D) « Indéfinis ». forme latine archaï­ que. voz viennent de "VOSTER. etc. mes. puis tienne et sienne (xvi* s. (2) Pour les CRInd. qui forment à peine des soussystèmes grammaticaux ou sémantiques. nul. -TRA. d'où [ytwon]. TUUS) attestés chez le grammairien tardif Virgile de Toulouse (1). altrui. Les « quantitatifs » nus. var. tôt. toz. [Uwen] ou [tyeft](« tuen »). mais MËA (RmeaJ) tendra vers [lmea]. SUUM). mon. tote. -TRA (noter noz. nule (N0LLUS -A) (2). 5 : mêmes paradigmes. -TRI. Quant aux formes toniques correspondantes. c'est-à-dire les CSSg (MEUM. On se heurte à une difficulté phonétique pour rendre compte du traitement divergent de la voyelle tonique dans mien et meie. souvent (1) vn* siècle . etc.) après réfection (xn* s. invariable. Sg. vostre.

tug. 0 ) supposent une géminée (expressive)» que Ton retrouve dans l'italien tutto.-adj. n'a acquis sa valeur négative qu'à force d'être couplé avec ne% et ne dégage son autonomie qu'en moyen français. quel (QUALE. y.TOIOÇ. — Le CSP1 masc. avec son ly] (u) et son / diphtongal. tôt. au* « quelques ». supra) a été formé AUCONU > alcuntau-. nèun — parfois negun. etc. et sont alors invariables (mais tôt devant un adjectif s'accorde). deNEOENTjB. 61 . l'allemand mon « on » (subst. TOTU (esp. de même l'adverbe alques.) explique leur appartenance à des paires corrélatives dont le second membre. dont la valeur primitive­ ment démonstrative en latin (T. (2) La particule nets. port. -A. tutta% etc. puis interversion (?) dans le groupe [-///•] récent —ce n'est qu'une hypothèse. dont la forme et la flexion offrent quelques difficultés : —Le maintien de[-/-]intervocalique (tote) et la non-diphtongaison de [o] (lat. occ.renforcés en trestoz. : *TOTTU pour cl. nis. alquant. de même neient « néant ». T6«OÇ. TOÛTO.épicène). nés signifie « même (pas) ». relatif-interrogatif. occitanisme — (NEC ONU) « aucun » et son composé neisun. Sur AUQUANTl (alquant. épicène) (1). QUID). mou. 2° Créations romanes oufrançaises: oc Pronominalisation de substantifs : on (en) est le CSSg atone de home (HOMO) — cf. est également représenté en français : quant (QUANTU). s'explique généralement par la dilation de -f qui ferme [o] en M. (1) Les pron. quant peuvent également assumer des fonctions adverbiales. nesunt nisun « même pas un » (NEC IPSE — ou IPSI (2) — ONU). trestote. d'où [y)f puis par une extension du traitement prévocalique : dans *TOTTl HOMINES. Les termes exprimant 1' « altérité » : le pronom ei « autre chose » semble issu d'un *AUD pour AUUD (cf. nées. p. Composés négatifs : nèuit niul (NEC OLLU) vient doubler m//(NOLLU). qui a longtemps gardé concurremment son sens primitif de « chose ». [-/] en hiatus > [/]. tuit (cf. a. de AUQUANTl. v. latin *TOTTl). tant&ANTU) et te/(TALB. au* « quelque peu » est issu de AUQUID + -J « ad­ verbial ». Personne n'apparaît de même qu'au xiv\ p. altre (autre) vient normalement de ALTER. d. toab -a). y. tant. Mann « homme »).comme le gr. rien (REM). tuit9 tidh.

De la même façon. Aux deux types latins IPSE et IDEM correspond le seul meesme. chaque. l'emploi fréquent dans le langage commercial de la préposition grecque xaxà « selon » a donné naissance aux hybrides *CATONU. Le quantitatif plusieurs. a dérivé de la valeur adversative qu'il a conservée dans certains contextes (on le graphie alors en deux mots) un sens de « pluralité res­ treinte. t. d'où *CISQONU. EGOMET) *IPSIMU. Les formes équivalentes alteltt altretel « tel ». meteis.) et deTANTU? 62 .) pose un problème d'étymologie encore mal résolu : s'agit-il d'un celtisme (*MANTl postulé par le gallois maint. altant et altretant « autant. l'irl. mod. maint (variable ou invariable en afr. x. cat. Son corres­ pondant quanque. après une dissimiiation comme dans QUINQUE > *CINQUE. les démonstratifs. La var. est issu d'un ♦PLORIORES — comparatif redondant. la variation de la voyelle tonique trahit la coexistence primitive de types *mees et *meîs (cf. respectivement issus de ♦METIPSE (ou -IPSUM) et *METIPSl. cf.. et le second n'a perdu sa valeur relative qu'au xvi# s. Distributif : si cescun « chacun » semble continuer QUISQUE ONU (le cl. respectivement formées au moyen de ALIU et ALTERU. mais c'est meesme qui l'a emporté. quiconque et quelconque sont formés par agglutination des syntagmes qui que oncques (« jamais ») et quel que onques. gr. mateix). rare avant le xvi% en est tiré. d'où chëun (occ. sorte de superlatif intensif de IPSE. xàOe « chaque » tiré de xocOévoc « chacun ». d'un germa­ nisme (*manigipo « grande quantité »). puis conjonctive « tandis que »). d'où *PLOSIÔRES. tant ». meisme. occ. meint « grandeur »). quelqu'un xrv* s. medish. d'abord pluiseurs. e. issu de MET (cf. Quelque. le class. cadun) et *CASC0NU. d'abord quant que. du reste. ONUS QUISQUE a un autre sens). meisme est majoritaire en afr. i). c'est-à-dire xaxà Iva).8. qui suggèrent la confrontation de deux objets ou quantités. Ç. La valeur indéfinie de certain « *CERTÀNU) est héritée d'emplois classiques (Cicéron) de CERTUS avec la valeur de QUIDAM. Enfin. PLORES — refait sur PLUS. d'où chascun (l'adj. le même plus est responsable de la forme actuelle. 0. cf. indétermination » vers la fin du xm' siècle. cf. a en revanche gardé sa valeur subordonnante (relative « tout ce que ». d'abord quel que (dér.). ou d'une combinaison latino-romane de MAGNU (curieusement disparu dès l'afr.

et le paradigme prend sa forme actuelle.F.archaïque : CS CRD|atone l tonique CRI Animé M. ON-) (1) U combinaison AMBO *DUI. aussi bien comme interrogatifs (« dont venez-vous? ») que comme relatifs. et quant (QUANTU) (au pluriel principalement. S'ajoutent aux formes susdites les adjectifs quel (QUALE). dix onze < TRES (malgré la syllabe fermée) < QUATTUOR < *ClNQUE (pour cl. six) < NOVE(M) < DECE(M). puis \jej) > [/]) < SEPTE(M) < OCTO ([*'! > Utl cf. -e « ONU. gui/que QUOD/QUID («QUI) que j quoi t 0 La simplification du système par rapport à celui du latin clas­ sique est considérable : la confusion du relatif et de rinterrogatif par perte du nom. avec dissimilation) < SEX Q/cs] > [/y]. D'autre part» l'action analogique des types qui et cui a été déterminante. cinq sis. mais acquiert un CS analogique *DUl. d'où afr. viennent le compléter. sur le système des démonstratifs et du pronom personnel. animé QUIS et l'homophonie des produits de QUOD et QUID s'ajoutent à la réduction des cas. six set. régulier < ♦ÛNDEa(M) (cl. ren­ forcé en lequel h partir du xm* siècle (surtout pronom aujourd'hui).mais cet formes 63 . dont « DE UNDE) et où (UBI). ONA) sefléchit. a) Cardinaux : seul un. — Le système des pronoms relatifs-interrogatifs était le suivant enfir. huit nuef. neuf dis. QUlNQUE. AMBOS DUOS» AMBAS «DUOS (pour DUAS) donne parallèlement andui ansdous ambtsdous . « deux » perd son féminin (DUAE à côté du masc. En outre. « combien de »). sept irf/.E) Relatifs-interrogatifs. dui (1). on l'a vu. DUO). pour la suite : treist trois quatre cinc. Dés le x n \ cui devient homophone de qui par perte de l'élément [y] dhji] > [&/]). qui < QUI que < QUEM cui < \ rL^ citf < 1 ^ Inanimé N.et acquiert même un pluriel au sens de « quelques ». secondairement. F) Numéraux. cond. et dipht.

croisé avec uit) < *OCTAGINTA (d. (5) Notre zéro. zéro » (également continué par chiffre) . Vingt < VlGINTl (dilation). comme aujourd'hui les langues celtiques du rameau brittonique (gallois. TRECENTI. la série suivante est étymologique : tierz (TERTIU). million. et qui paraissent reposer sur un substrat prélatin (3). pour sa formation. seissante. mais par voie semi-savante (pas de / palatal) (5). mais les types vulgaires QUARRANTA. cf. le français a connu entre autres trois-vingts. second a d'abord été seont < SECUNDU. dans toutes ses variétés. qui sous sa forme primitive zefiro représente une adaptation de l'arabe sifr « vide. tandis que milliard. l'utilise exclusivement ? (4) Cf. siste. treize < quatorze < quinze < seze. -e analogique du suivant). quart (QUARTU). à Paris. sednie (1) Noter à propos de ces six dernières formes la sonore x. cinquante < *ClNQUA* GINTA (cl. six-vingts et quinze-vingts (4). septante < SEPTUAGINTA. ainsi que toute la dizaine) qu'il a conservée. prime s'est conservé. prin « frêle. DÛÔTRËDECI(M) QUATTUORDEd(M) QUlNDECI(M) SËDECI(M) (1).) ont laissé place à des formations analytiques. NONANTA attestés dans les inscriptions tardives — à côté de VINTI et TRIENTA — ne nous auto­ risent-ils pas à supposer parallèlement des réductions de -AGINTA à -ANTA partout ailleurs? L'ibéro-roman reste à part. soixante < SEXAGINTA. quarante < QUADRAGINTA. de quatre-vingt-dix. autre italianisme (milione) n'apparaît pas avant 1359. Quant aux types formés par la multiplication de vingt. trente < TRlGINTA (amuissement de /). QUADRINGENTl. à côté de quatre-vingts (et quatre-vingt-dix. cat. mince ». Les trois suivants sont formés par juxtaposition. le fém. inconnu de la numération latine. QU-). prim « mince ». sixte (SEXTU. occ. nonante < NONAGINTA (2).aoze. Ses multiples classiques (DUCENTl. qui s'explique mal en face de la sourde de racine (< RADIClNA) : analogie de DECE dix au stade [**4jeldze)1 (2) La terminaison -ante s'explique mal à partir des formes classiques . (6) PRÎMU > afr. p) Ordinaux : premier < PRlMÀRIU (avec abrègement de l'ini­ tiale) (6). setante. douze < treze. breton). Quant à mil et mille (afr. semi-vulgarisme). quint (QUlNTU). 64 . le second vraisemblablement de MlLIA. (3) La numération vigésimale n'est pas indo-européenne. et tous les Celtes ne la connaissaient pas . seize < ♦DÔDECI(M) p. le nom de 1' « Hôpital des Quinze-Vingts ». est un peu plus tardif (1544). etc. et le dérivé printemps . OCTO-). soixante-dix est à rapprocher. oitante (ou uitante. Cent < CENTUM. formé sur ce dernier par substitution de suffixe. milie). le premier est issu de MILLE. l'aurait-i) emprunté à un idiome « occidental » pré-indo-européen tel que le basque qui. le gaulois. puis fut rela­ tinisé (mais c s'y prononce g. est un emprunt (1515) à I italien zéro.

Pp « Participe passé ». sizain). caresme est issu de *QUARËSIMA (cl. A partir de là. es J. D'autres formations ont rivalisé quelque temps avec les précédentes : -isme à côté de -iesme (cf. QUADRAGËSIMA). F « Futur ». PT « Parfait/Prétérit (de l'Indicatif) ».) de derrain d'abord dererain.) . SIMP « Subjonctif Imparfait ». denier de DENÀRIU. tandis que se créaient un nouveau (1) On a refait un quatrain (xvi* s. IM « Impératif ». (2) Abréviations conventionnelles : IF « Infinitif ». IIMP « Indicatif Imparfait ». et a triomphé en moyen français. Si le médio-passif. dialectale diesme de disme < DECIMU. les parlers d'oïl connaissent à côté de derrain. la fièvre quartaine (QUARTÂNA) (1). -ÂNU) — cf.). IL — Verbe (2) C'est la partie du discours qui a le mieux conservé les structures flexionnelles latines. la douzaine et la quinzaine. aime). la semaine (SEPTIMÀNA). de *DERETRÂRIU. IP « Indicatif Présent ». disme — cf. les personnes-sujets sont numérotées de 1 i 6. id. ancien ordinal lui aussi. et placées en exposant bas : « IP. -ERE/-ÊRE. en revanche les six personnes et ressentie! des cadres temporels et modaux ont été respectés ainsi que la répartition des verbes en trois types de « conjugaison » (IF en -ARE. etc. « Infinitif passé ». la qutntaine médiévale. Ppr « Participe pré­ sent ». cf. vraisemblablement tiré d'une var. disme. le Subjonctif Imparfait. un type derrier. G « Gérondif ». -IRE). c'est-à-dire DE RETRO + le suffixe -ÂNU. PICHON (Essai de grammaire de la langue française) ce terme commode qui désigne la combinaison morphologique d'un temps et d'un mode : « Présent de l'Indicatif ». le sizain. SP « Subjonctif Présent ». anciennement dererier. le Futur Indic. oit-) et la neuvaine avec un sens collectif. le français a dès l'origine substitué aux types latins des formations nouvelles employant un suffixe -iesme. issu de *DERETRÀNU. tdtme (*OCTIMU pour OCTÀVU. ». le suffixe s'est étendu à la série de « deux » à « dix » à partir du xn* siècle. la huitaine (afr. enfin derrenier. cer­ tains IF et Participes. il y a eu dans cette série des croise­ ments avec -ENU. etc.(SEPTIMU). nue/me (*NOVIMU pour NONU. C « Conditionnel » . -ain (ktt. la dîme — (DECIMU). cf. ALUSJtBS 3 . DAMOURBTTE et E. devenu dernier. le cas échéant. suivie des dérivés de dizaines et de cent. certains tiroirs (3) du Perfectum. le préc. la dizaine (et le dizain. en dépit de profonds remaniements. est lui-même dérivé (xm* s. (3) Nous empruntons à J. qui a des correspondants en occitan. le Supin ont disparu.). toujours vivant.

poussée à l'extrême par chute ou décoloration des voyelles en finale atone a sans doute favorisé l'extension ou la créa­ tion d'oppositions fondées sur d'autres bases. dont les langues romanes ont d'ailleurs en partie hérité. Cela dit. DORMIS. aspect. temps. a créé son propre système : les bases communes. ajoutons à cela le besoin de maintenir distincts les verbes en tant que lexèmes. Du reste. contre (1) On peut dire qu'au niveau de la flexion verbale chaque langue i. elle est naturellement affectée d'un accent (v. En tout état de cause. VENDÂS. Chacune de ces formes verbales se compose d'un radical. qui aboutit parfois au renforcement d'oppositions apparemment se­ condaires. ICANTËS). 66 . comme on Ta vu (p. SP à vocalisme e pour une classe de verbes (cl. p. ni) (DOLEÀS. a pour les autres (H. personne). en particulier pour maintenir distincts l'IP et le SP. la conservation d'un riche arsenal de formes synthétiques a fait de la flexion verbale romane le champ clos idéal où s'affrontent les deux forces essen­ tielles d'évolution interne d'un système linguistique : l'analogie qui nivelle et dégage les grands traits communs au détriment des facteurs naturels de différenciation. et d'un ensemble d'éléments mor­ phologiques. 20-21). qui porte soit sur le radical soit sur la partie extra-radicale (morphèmes. n'en constituaient pas un. 15). la plus grave étant sans nul doute l'exis­ tence d'allomorphes distribués lexicalement pour les signifiants de nombreux monèmes grammaticaux : formations très variées de Parfait. DORMIÂS) et c'est le contraire pour l'IP (DOLËS. désinences). et l'on concevra la complexité des facteurs évolutifs qui ont présidé à la naissance de notre conjugaison. signifiants des divers monèmes fonctionnels ou gram­ maticaux (mode. la détérioration que le français a. le système que s'était forgé le latin à partir de bases générales indo-européennes (1) offrait quant à son économie d'im­ portantes failles ou anomalies. foisonnantes comme le montre la comparaison.-e. VENDIS. Sauf cas d'enclise (auxi­ liaires aux emplois les plus fréquents). signi­ fiant du lexème ou sémantème. et le souci de distinction entre éléments du système.Futur et un « Conditionnel » — son imparfait — sur des bases périphrastiques.

)* Ainsi s'était dégagée une répar­ tition des divers lexèmes verbaux en « conjugaisons ». substantivales comme l'Infinitif. Ant. — Opposant à une voix « active » une voix « passive ». page 68 le tableau des formes. mode du comman­ dement. sans compter avec les anomalies ponctuelles (verbes isolés mais très usités. mode « marqué » du souhait. le Supin. se perpétue aujourd'hui grosso modo dans les langues romanes (« classes verbales »). DORMIAM -IËS). de l'irréalité. les Impératifs. il construisait ses paradigmes sur deux thèmes. 1.. répartition purement « préhistorique » du point de vue latin.. remplacées par des formations d'origine analytique (quel­ ques vestiges du PQP dans les textes archaïques). en -bo -bis pour les deux autres (CANTÀBO •BIS. chacun d'eux commun par conséquent à plusieurs « tiroirs » verbaux. Passé au passif) et l'Adjectif verbal. Imparfait et Parfait. celui de F « infectum » et celui du « perfectum ». et qui. et une collection de formes non personnelles. Futur Antérieur.CANTÀS). Il a d'autre part créé un nouveau Futur et un « Conditionnel » — en fait. les Fut. 3 pour les tiroirs personnels. DOLËBO -BIS). de la volonté. de l'Ind. deux variétés de Futur. mode « non marqué» de la réalité. à un Indicatif. le Gérondif. enfin le Supin. Sont en italiques les types disparus. aux morphèmes particuliers. 67 . au Perfectum le Parfait et ses dérivés : Plusque-Parfait. Infinitif et Par­ ticipe Futur ainsi que l'IF Parfait. adjectivales comme les Participes (Présent et Futur à l'actif. Le français a. le Subj. perdu le passif synthétique à la seule exception du Parti­ cipe passé. qui opposaient leurs valeurs temporelles.. à la pers. A î'Infectum appartenaient le Présent et Tlmparfait. aux désinences spécifiques (-R -RIS -TUR -MUR -MINI -NTUR). assez paradoxalement. un passé correspondant — inconnu du latin. doublé d'un Impératif. F à vocalisme a/e pour deux classes (VBNDAM -DES. Le système latin et ses transformations. se juxtaposaient un Subjonctif. V. comme les autres langues romanes. d'autre part.

l -R0) Gérondif CANTANDUM -I . CANTA Impér. Impf. ESSE CANTÀVISSE CANTAT CANTABAT CANTÂBIT -A -UM CANTAVTT CANTÂVERIT PERFECTUM Prés. IF Part.l -RIM) ( = Prêt.0 CANTÂTUM . CANTANS -TIS CANTÀTORUS INFECTUM Prés.) (CANTAVERAT) CANTAVISSET Impf. CANTATUS -A -UM . sauf le part. CANTET CANTÀRET CANTARE CANTÂTO CANTÀTORUM Ind. (P. ( = PQP) CANTÂVERIT Fut. ») (P.ACTIF Subj.0 PASSIF disparu. (« ant. Fut.

flori. p.Si la place de l'accent se conforme généralement aux règles indiquées plus haut. ELIGIT) devenu eslit (« il élit ») s'oppose à COLLIGIT devenu cueilt. ALLOCÂRE a été toujours perçu comme lié à ce dernier. etc. jtorœià.). de même pour les composés de LEGERE par exemple. combinatoires) remonte sans conteste au type -ISC. tandis que COLLOCÀRE s'en est détaché.(3). le catalan et le gascon occidental ont préféré -ESC-. à PIP (je finis. bastiva. nousfinissons). une exception doit être faite pour la plupart des verbes composés dont l'accentuation s'est modelée sur celle des simples. yforeix. en bastin. « il cueille ») (1)* Le suffixe « inchoatif » -iss. FLORË-SCO (cf. jhrissi. cueut (auj. cuelga). bastit. basttiah. également mixte :jbrtrfjhritt en jlorissent. cf. en —J. gascon occidental et catalan offrent des paradigmes mixtes à dominante non indicative — bastir. OBDORMl-SCO (cf.. IP t ÂLLOCAT remodelé en ALLÔCAT (« il alloue »). que nousfinissions). — Le latin connaissait un suffixe de dérivation -SC. —. esp. sa forme (-tefet var. dans le paradigme desquels le suffixe se trouve distribué de façon variable selon les idiomes (2) : En français. et le class.à PIM (finis. parmi les composés de LOCÀRE « plaça* » (LOCUS « lieu »). 84 le « Parfait en -DEDI ». jhrto. que fhreixca.à l'IIMP (je finissais). bastU bastirà. v. jhrnsem./Iortràt queflonsca. florisq\iètl-iguèt. jkm. tandis que le castillan continue intégralement le type latin inchoatif C/forecer. à moins que le sentiment de la composition se soit obnubilé. -cido> etc. H est employé au Ppr-G (finissant. jhrir. alors que l'ibero-roman. . jhrtnt. la coexistence du simple et du dérivé a entraîné dans les langues romanes la fusion des deux en des verbes d'un type nouveau» et parfois la création d'une classe verbale (III b). etc. AMÂRE « aimer ») « tomber amoureux ». (1) Un phénomène semblable a modifié au Prétérit l'accentuation des composés de DO DED1. que basteishl. (2) Ainsi. où ♦EXLÉGIT (cl. finissez) .(type finir-finissant.69 . jhrim. auquel cas le composé garde son accent « normal » : ainsi. cat. opposé à dormir-dormant). etc.permettant la formation de verbes propres à exprimer le début d'un procès : AMÂ-SCO (cf. bostim. au SP (que je finisse. et CÔLLOCAT traité normalement (« il couche ». FLORËRE « être en fleur ») « commencer à fleurir ». (3) Comme en occitan central. alors que le rapport s'inverse en occitan central (languedocien). jhrtrà. DORMlRE « dormir ») « s'en­ dormir ».

téléotoniques sont en italiques) : (1) C'est le cas du catalan (*eix) et do gascon occidental (-€ish). mais répartissant. fr. A) Groupe du Présent 1. -er/-fer). Tiroirs personnels : a) Accentuation : avec les Prétérits dits « forts ». tandis que II b (-ERE. de façon assez lâche. Constitution des paradigmes du XII* siècle. où nous rendrons compte successivement des désinences et des radicaux : a) Groupe du Présent (Présent de Plnfectum latin). comprenant comme tiroirs personnels un Indicatif Présent (IP). un Subjonctif (SP) et l'Impé­ ratif (IM). et comme formes nominales l'Infinitif (IF) et le Gé­ rondif (G). nous traiterons de grands ensembles. et il reste des inconséquences (repartant. les trois tiroirs personnels qu'il comprend sont les seuls à présenter à certaines personnes un accent sur le radical (pers. fr. une forme adjectivale : le Participe Passé Passif (Pp). -oir) et III (-IRE. téléotoniques ou « faibles »). — Pour éviter une trop grande dispersion et faciliter l'intelligence des phénomènes. issu du PQP du Subj.certains continuateurs géographiquement vobins postulent (SP excepté) une interversion M>] > [«A»-] (1). 70 . alternant au Subjonctif. lia (-ERE. c) Le groupe du Prétérit (Perfectum ou « Par­ fait » latin).). La distribution du suffixe parmi les lexèmes a varié au cours de l'histoire de la langue. fr.. 5 y étant accentuées sur la désinence (pers. latin.. comprenant le Prétérit de l'Indicatif (PT). 2. etc. -fr). qui comprend l'Indic. rhizotoniques ou « fortes »). c'est le cas ici des pers. est entièrement rhizotonique — donc sans alternance — à l'Indicatif (les pers. « adjectivales » le Participe Présent (PPr). 4. fr. dont le français et l'occitan majoritaire pourraient fort bien s'accommoder eux aussi (l-isk-) > l-iks') > WJs-] > HH). en -ARE. les vestiges archaïques de Plus-que-Parfait de l'Indicatif et l'Imparfait du Sub­ jonctif français (SIMP). à l'origine « présent d'obligation ». 2. auxquels se joint. -re). Imparfait (IIMP) et s'adjoint le « Conditionnel » (« passé d'obligation »). b) Groupe de l'Imparfait (Passé de Plnfectum latin). 3. 6 aux classes I (Inf. Au groupe du Présent s'adjoint le Futur. 1.

(J) Désinences : en latin riPx en -(1)0 mis à part. FACITTS). rhizotoniques. 6. le produit des types latins est généralement clair : IP 1. 3. Pour les pers. i -O > -0 -AS >-es -AT >-e(t) -ANT > -en/ SP ii-m -(E)0/-0/-(D0 > -0 -ËS/-fc>-* -ET/-IT>-/ -ENTMDUNT > -en* (1) i 1. Mais l'occitan connaît les évolutions -ENT > -en et -UNT > -on coté de -ANT > -on» ce qui militerait en faveur de la première interprétation. 2./ -ENT > -ent(l) n-m -0B)A(M)/-O)A(M) -<E)ÀSMI)ÀS -(E)AT/-(I)AT -Œ)ANT/-0)ANT > -e >-es > -e(t) > -eW r (1) Comme ce cas est le seul où se présente une voyelle finale atone autre que a suivie du groupe «NT. 3. -E(M) > -0 -ES >-s -ET > . 71 .I CANTO -AS -AT CANTÂMUS -ÀTIS CANTANT CANTEM -ES -ET CANTËMUS -ËTIS CANTENT II a DOLEO -ES -ET DOLËMUS -ËTIS DOLENT DOLEAM -EAS -EAT DOLEÂMUS -EÀTIS DOLEANT ni DORMIO -is -rr DORMIMUS -ms DORMIUNT DORMIAM -iAS -IAT DORMIÀMUS -IÀTIS DORMIANT mais Ub VENDO -IS -IT -IMUS -niS -UNT à côté de VENDAM -AS -AT VENDÂMUS -ÀTIS VENDANT L'analogie a vite effacé cette discordance. 2. a de l'autre. auxquels se joignaient au moyen-âge dîmes et faimes (DiCIMUS. I marque le SP aux deux autres. seuls ves­ tiges de l'accentuation primitive de II b : « vous dites » et « vous faites » (DlCITIS. 6. FACIMUS). on ne sait si -e/tf est ici phonétique ou analo* que. et inversement. puisque ce qui marque PIP à la cl. on y note le jeu complémentaire des timbres e/i d'une part.

. le SP de « entrer » sera forcément terminé par -e(INTREM > entre. SUMUS (3). reste obscure. Cf. phénomène qui se généralise au xiv e s.entraî­ nant le maintien à la suite d'un timbre [a] « de soutien ». dont le vocalisme ne peut s'expli­ quer que par l'analogie de ètz < ESTIS « vous êtes » I t 72 .-II-IIIt à l'IIMP. sauf exception (« je cueille ». mais à côté duquel une évo­ lution plus régulière a donné sons. riP-II-III n'a pas suivi. -DA-) > chaiiens. pp. *CADEÀMUS (cl. *SI(Y)ÂMUS (ou anal. 4 : Le français offre — sauf au PT — une désinence -otts généralisée originale. à la finale anormale — cf. cette désinence était précédée de palatale : HA(B)EÀMUS > aiiens. Htst.) (1).ou -vr. le cas en tout point semblable de la désinence -ètz de pers. Pers. parfaitement attesté.) > seiiens. qui propose de voir dans -ons un doublet de •ornes. dans les dialectes du Nord et de l'Ouest). qu'il partage avec certains papiers rhétiques et de Haute-Italie. donc du second — et plus normal — produit de -UMUS dans la forme isolée.. qui se substitue aux trois variantes -ÀMUS -EMUS -IMUS (-IMUS atone s'étant éliminé). puis à la l r * pers. cette double L'extension de -i à l'IP. etc. cf.Mais la présence à la fin du radical verbal de groupes de consonnes tels que par exemple -n/r. 5 généralisée en occitan central. ce type laissa place à l'hybride -ions dans le courant du xve. également BRANCA > braunche en anglo-normand. et au C... 77-78 pour l'IIMP.d'abord au SP-I (début du x n c s. : L'origine de -ons n'est pas du reste élucidée de façon définitive : on a voulu voir un œltisme (cf. l'héritier traditionnel de SUMUS est notre som(m)es. de PIP-I.). au SP (2).. id. Les pers. C'est la seule exception à l'ubiquité de -ons en francien. mais on ne saurait rejeter l'hypothèse « interne ». l'ancienne langue avait à vrai dire conservé des héritiers de -ÀMUS lorsque.). FOMUS > /uns —. et surtout la répartition géographique actuelle de ce type de désinences..). comme TIP de « ouvrir » (OPER(I)0 > uevre. téléotoniques 4 et 5 font difficulté : 1. OPERlS > uevres.. VENIÀMUS > vegnkns. quelque aberrantes lées qu'elles soient. INTRËS > entres. répartition qui n'est pas sans suggérer l'image de quelque substrat celtique (?)) aussi bien qu'un produit phonétique aberrant (diphtongaison Va] > \}ao) au lieu de VaeJ) de -ÀMUS (cf. mais essentielle. Pour le rôle joué par les formes de cet auxiliaire. la désinence équivalente •ont. -omp en breton. cette incohérence morphologique a entraîné Pextension de -e...

IP9 font. 124.) dont le SP protofrançais contient un yod (*POSSIAM. vendais. Ce sont d'abord les alternances liées à la place de l'accent (type Je meurs . mais aux seules pers. IPt faiz. étendue à tous les tiroirs à l'exception du PT (cf. -AS. aidons n'ont pas eu à se modifier) se modelaient sur chantez plus tôt encore (chargez. travaut. aidier-IPt aiue. DORMIAM + SAPIAM). qui complète le schéma : SUMUS > ( 90m(mi€M* d ' 0 0 (ctontiomes Œ) l sons (rare).. HMP de toutes les classes. HABËTIS. L'importance des SP soie et aie de « être » et « avoir » ainsi que de quelques autres semiauxiliaires (« pouvoir ». (3) Conservé seulement par ribéro-roman : esp.. DORMIAM. criet. tandis que les IP t vous chargiez. 4 et 5 (« que nous chantions ». travaiiiier SP. ou d'une façon plus sensible mangier-YP% manjue. Y) Radicaux. -AS. les modifications entraînées par les alternances postradicales : verbe « faire » IP. *VOLEAM. (2) Notons que sa fréquence « faisait le poids » : IP-I. vended.nous devons. crever IP8 crieve. la pers.). « que vous chantiez»). DEBEAM) a en moyen français spécialisé les désinences -(i)iens (d'où -ions). aidez) : ainsi. d'où (chantions (normal) 2. Cette désinence d'Indicatif s'est en outre étendue à l'Impératif : chômez remonte à GANTÂTES analogique. PQP de l'Indicatif. Pers. selon des processus analogiques.. le Futur et p. S : A côté de quelques souvenirs de -ËTIS (cf. vous aidiez (charjons. cantad... le yod voyait se géné­ raliser dans la conjugaison.. etc. SP. « vouloir ». non au classique CANTATE (3). venid à côté de HP caniàis. 4). ils s'iso­ lent ensuite et peuvent s'échanger d'un tiroir à l'autre.). faz.nous mourons. la seule désinence en usage. — Constitués phonétiquement. •(i)iez au subjonctif. je dois . c'est-à-dire -iez après palatale (« loi de Bartsch »). etc. 73 . d'un (1) V.. venis... ainsi que de -ÏTTS dans les parîers de l'Est (1). Enfin. est l'héritière de -ÀHS (2) sous ses deux avatars phonétiques. DOLEAM. « devoir ». auxiliaire et fréquent).filiation se trouve d'ailleurs corroborée par remploi dans les parlera de l'Est d'une désinence -om(m)es. la présence au SP (comme à l'IPj) des classes II a et El (DOLEAM. SP-U-m. -ez dans les autres cas. la fonction de marque de SP qu'il assumait en proto-roman à toutes les personnes des classes Ub et m (cf. Ensuite. après quelques vicissitudes phonétiques et morphologiques.

79 à 85 pour celui du Prétérit (et du SIMP). 2. II a -ERE > -e/r. vien-. en face des radicaux (toniques) d'IP duel-. -oir (et PLACERE > plaisir).> criembre. VENIAM >vie(i)gne (VENIO > vieng). etc. Cela dit.»J. pue. sont faits par adjonction de -s au CRSg : chantanz est chantant ( < CANTANTE) + s. ex. -oir (après palatale -ir : PLACÊRE > plaisir. p. à l'exception de sergent < SERVIENTE.respectivement. CERA > cire). PLICÀRE > pleiier. V. et sa déclinaison est celle d'un parisyllabique. TREMERE x fcr. à une époque qui se situe entre la palatalisation de C + e. VENDERE > vendre. -ANTE de la cl. précédé—d'où le maintien de -e de « soutien » — du consonantisme final du radical : CANTÂRE > chanter. 76 à 78 pour le rad. ployer. 86 à 88 pour celui du Participe Passé. i (plais-ant suppose PLAC-ENTE. SAPIAM > sache. s'est trouvé dans la flexion en concurrence avec celui de PIP. II é-»ERE>-»re. car *PLA74 . « craindre ». I s'est étendu à tous les types de PPr. DORMÏRE> dormir. tous les CSSg de l'afr. VENDENS VENDENTIS. « vaincre ». du Futur et du Conditionnel (« Le morphème en -r. p. et de nombreuses interférences s'en sont suivies. d'où afr. DOLENS DOLENTIS. p) Participe Présent (Ppr) : sa flexion latine (impari­ syllabique de la 3 e déclinaison : CANTANS CANTANTIS. ancien participe lexicalisé. phonétiquement explicable dans la plupart des cas. LEGERE > [Ujejr*] > lire. D'autre part. *TRIPAL1ÀRE > travaillier. cf. «POSSIAM > puisse (*POSSIO > puis). DOLEAM > dueille (et DOLEO > dueil). le type en -IENTE (DORMIENTEM) a été aligné sur le type en -ENTE. lexicalisé. enfes (pa­ roxyton) enfant. III -IRE> -ir. VINCERE > veintre. Tiroirs nominaux et adjectivaux : oc) Infinitif (IF) : produits réguliers I -ARE > -er(après palatale -fer « Loi de Bartsch »).yod roman dont la présence a pu modifier gravement le radi­ cal. sev-. DOLERE > doleir. ce radical du SP. DORMIENS DORMIENIÏS) a été remodelée sans alternance accentuelle : à part INFANS INFANTEM.

. etc. chaque langue ayant forgé le sien à partir de désidératifs (futur sigmatique du grec. tandis que du second la pers. 75 . PACANTE > payant) et les premiers textes (1). devenu adjectif. 1 était identique au SP.de ces dernières formes en est un vestige). DORMIAM). Prés. -BIMUS et CANTAVIT. de pouvoir. par assourdissement de d en finale absolue : CANTANDO > chantant.CANTE aurait donné *playant. -VI­ MUS). puissant. 2-3 finissant par se confondre à la cl. dialectal). I et II a) * et en -AM -ES -ET -EMUS -1T1S -ENT (cl. sachant sur sache. fl vendent. voyelle i de -BIS -BIT. (bien.. cf. 3. sur puisse. et donc vite dévaluées : il n'y a pas de futur indo-européen. en -BO -BIS -BIT -B1MUS -BITIS -BUNT (cl. la valeur d'un sou »). fut participe (« n'avoir pas un sou vaillant ». Aussi le vieux futur classique a-t-il été aisé­ ment battu en brèche par des tournures nouvelles plus (1) Voilà un point de divergence par rapport à l'occitan. qui a conservé les types latins : I contant. en latin) ou de périphrases (le -B. le premier entrait partiellement en homophonie avec le Parfait faible en -VI -VISTl -VIT -VIMUS -VISTIS -VERUNT (CANTABIT. est devenu adjectif. vaillant. dolent (et m dormlnr. de vouloir . La différence entre les deux tiroirs est d'ordre « morphosyntaxique ». des autres les pers. de avoir. de subjonctifs (futurs en -AM -ES. formes archaïques en -S0 du latin). en outre. Un tiroir « recréé » à Vépoque romane. c'est-à-dire « valant un sou. de savoir (savant est adjectif). de subjectivité. a pu se construire sur le radical du SP : nous avons toujours ayant sur aie. II b avec leurs homo­ logues de HP (VENDES -ET # VENDIS -IT). mal-)veillant est un ancien -veuillant formé sur veuille. puisque le Gérondif est invariable» le Ppr en principe variable. On remarquera d'autre part que dans quelques verbes fréquents le Part. y) Gérondif(G) : les lois de la phonétique française l'ont rendu homophone du Ppr. le Futur (F) : Le futur latin offrait des faiblesses : des deux types morphologiques qui se partageaient ses paradigmes. les formations de futur sont presque toujours marquées d'affectivité. sur vaille. II Mil). (VENDAM. mais il y a eu des chevauchements.

. quoique toniques. c'est -ons qui a éliminé toute autre désinence. de ôéXo và(< tvot) ypà^o) litt. « je chanterai ») . aux autres classes les timbres E et I auraient dû s'effacer. comme son homologue « passé » notre « conditionnel ». 1) pour que la forme de PIF n'ait pas longtemps encore exercé son influence sur les paradigmes : ainsi mourrai (♦MORlR-^AYO). Le sarde. mais on trouve fréquemment des formes en -eiz. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de (1) Voiù ctnta « je chanterai » (mais on a aussi am sa ctnt « j'ai à chanter ».. I le A prétonique interne qui précédait le R de PIF se trouve normalement continué par e (aujourd'hui graphique). emploie à l'occasion l'auxiliaire « devoir » : pers. partirai (PARTlR-^AYO). l'occitan central cantaretz. l'ouest s'accorde pour postposer à l'Infinitif. (2) Le portugais a gardé la faculté d'intercaler un pronom régime entre ces deux composantes : cantà-la-el « je la chanterai » (cantarel). prévoirai (PRAEVIDËR-*AYO) non. et de même en albanais méridional. de l'auxiliaire sont identiques aux formes pleines (v. de l'Indicatif Présent de « avoir » (2).. Nous avons par exemple pour « chanter » : CANTAR(E) ♦AYO (cl. en bulgare et en serbo-croate. (4) Cf. « je veux (pour) que j'écrive ». c'est ici un fait balkanique : grec moderne Ôà ypàtka « j'écri­ rai ». toni­ ques. le second type roumain). avec une valeur d'obligation (cf. pour 4. 4 demus èssere à côté de amus a èssere « nous serons ». verrai (VIDER♦AYO) sont phonétiques. p. D'autre part. très régulièrement. à l'exception de 4 et 5. atone. -oiz « -ËTIS) dans les dialectes de l'Est (4). les formes réduites. mais cette formation. vocalisations et épenthèses diverses. la chute de la voyelle prétonique met évidemment en contact le consonantisme final du radical et le r. (3) Le A tonique ne s'est pas diphtongue en syllabe fermée. lui. ce qui entraine nombre d'assimilations. c'est -ez < -AlTS en francien. chanterai chanteras chantera (3) chanterons chanterez (J~eiz. 89). si à la cl. est trop récente (v.« vécues » : tandis qu'à l'est (roumain) c'est l'auxiliaire « vouloir » qui est préféré (1). -oiz) chanteront Les formes « réduites ». HABEO) CANTAR(E) ♦AS (— HABES) CANTAROB) ♦AT (— HABEI) CANTARŒ) (HAB)ÉMUS CANTAR(E) (HA^Éns/^-Xus CANTAR(B) ♦AUNT (HABENT) D'où en français. 76 . n. pour 5. Le morphème en -r.

(2) Cf.« devenir. -ofe).. 81) le cas du PT HABUIT > out (2). Cl. 6 est conforme aux prévisions (FABA >/èvé). sont généralement plus proches des types « réguliers ». I : le type oriental en -eve (cf. 3. être ». etc.E B A T I S -EBANT. D'autre part. les parlers de l'Ouest (Normandie. *SIAT pour SU) : comparer en latin CANTÀS et CANTÂT. la Romania semble s'être accordée pour éliminer le -B. pour cette dernière IË plus exactement). 77 .(1). Ces paradigmes ont subi bien des vicissitudes : d'une part. -EBAS -EBAT -EBÂMUS . MOHTOL. (1) Aujourd'hui considéré comme forme d'optatif en -a. B) Vindicatif Imparfait et le « Conditionnel » 1. antérieure à la diphtongaison de A : [-*aba] > [-*a(la] > [-W<i] > [-to]. [-■«*]. ï) ou E (Il-III. quoiquerichesen créations analogiques sans lendemain. Bretagne romane : type -oe) et de l'Est (wallon inclus : type -eve) et le francien n'a guère connu que le second généralisé. DOL-...du second type. VEND-. (3) Cf. 327). précédé d'une voyelle longue  (cl. phénomène que l'on impute généralement h une dissimilation (inverse) dans HABEBAM ( > *HABÊAM). J50RMI-BBAM. wallon mod. Les formes médiévales. c'est-à-dire -efe (auj. Le type occidental en -o(u)e se coqjuguait : -o(u)e -o(u)es -out9 'tiens -iiez -o(u)ent\ mis à part 4 et 5. 4 et 5 paraissent empruntées. HABEAT. : CANTÀBAM -ÀBÀS -ABAT -ÂBAMUS . verbe des plus fréquents. les S? ait et seit («AYYAT p. Elém. les nMP en -*Je.ces faits ponctuels. — A la seule exception du verbe ESSE « être ».A B A T I S -ABANT. et dernarph. il semble que les formes puissent s'expliquer par une semi-vocalisation de lafricativelabiale P issue de -B-. : même phénomène.de la racine i.du latin* p. etc. employée avec une valeur temporelle (v. aussi *KAWA « oiseau de nuit » > choe {chouette — et chevêche t). p.-e. 2. et suivi des désinences -M -S -T. 1. le phonétisme des pers. HABBS et HABËT. toujours anomal» il se formait en latin à Paide du suffixe -BÂ. de phon. le processus rap­ pelle un peu (cf. -ef) offrait le paradigme suivant : -eve -eves -eve •tiens -iiez -event. que le lecteur retrouvera ailleurs. les produits du premier n'ont eu qu'une existence précaire dans. Vindicatif Imparfait. ot\ la chute de -e issu de -A à la pers. *bhew.. 3 est un fait d'abrègement phonétique dû à la consonne -T (3). GRAVA > groe à côté de grève.

2.. Noter simplement l'effacement de 9 atone issu de A à la pers.. 3 — cf. -iions. très tôt apparu (Roland). 6. 4. supra le cas de -o(u)t < -ABAT.a conféré à l'autre. en -Ë-. c'est-à-dire une périphrase à valeur d'obli­ gation.. II (<? et b) des principaux semi-auxiliaires et verbes les plus usités. homologue du Futur dans les phrases « il dit qu'il viendra » -► « il disait qu'il viendrait ». n . « j'eusse chanté » — qui n'est autre qu'un Plus-que-Parfait du Subjonctif. supra. Sa formation consiste à joindre au thème en . < CANTÀRE + HABUI HABUISTI HABUIT. 4. 5. -*ËA -*ËÀS -*ËAT -*EÀMUS d'où -*EÀTIS -*ËANT -eient -eie -eies -eit -tiens -iiez Les produits sont réguliers. lequel fait se diphtonguer A en [Je] (loi de Bartsch). à la pers. (1) A l'Imparfait généralement.r — le même que celui du Futur — les terminaisons d'IIMP citées plus haut : chantereie -ereies •ereit -eriions -eriiez -ereient.. 2. Compte tenu de l'effacement de -B-. et il nous reste ce « Condi­ tionnel Passé 2 e forme ». Sa création est venue à point nommé cla­ rifier une expression de l'éventuel et du potentiel que les divers temps du subjonctif ne rendaient en latin que de façon maladroite — l'ancien français en a longtemps gardé néanmoins des vestiges. un poids qu'augmentait encore l'appartenance à la cl. faibles 4 et 5. où [ej en hiatus se ferme en [/]. le Condi­ tionnel « de concordance ».. 3. mais l'italien (toscan) emploie dans ce cas le Prétérit : canterei -esti -ebbe. Le « Conditionnel ». mais reprend devant ce second [/] une valeur syllabique : [-tyens -tyets] > [-Ojens -i*jets).m : Pélimination du type en -IË.Cl.. — Ce tiroir de création romane est un « Imparfait du Futur » — on dit aussi « Futur du Passé » —. les terminaisons en étaient : 1. Le sarde emploie « devoir » : dia (IIMP) fàkere « je ferais ». plus tard en -ofe. — Le traitement propre aux pers. triomphe en moyen français. mais avec auxiliaire au Passé (1) — cf. Pour la substitution de •(i)ions à -(i)iensf v. ce qui a été dit de la formation du thème du Futur est également valable ici. 78 .

les « néo-faibles ». 1. D'une façon générale. FËCISSEM (FËCERAM). particulièrement à l'époque romane. sur six ont l'accent sur le radical. Pour ce qui est des personnes « fortes ». le grec XéXuxoc. « Parfaits en *1 ». « Parfaits en -Ul ». Le Pp FACTUS -A -UM. dansées (1) La désinence -STÎ de pera. Le Perfectum offre fréquemment en latin (Parfaits « forts ») une base différente : ici FËCl.toujours atone) (1). et nécessairement les formations nouvelles dérivées de ÎIF (FACERE-*AYO. sans doute sous la pression analogique du •* des autres tiroirs verbaux. où trois personnes. les vestiges archaïques du PQP. FACIENDUM. cf.3. « Parfaits en -Si ». née d'un alignement de l'accentuation de cer­ tains PT du type VÀLUl VALUfSTÏ sur FUI. téOvipca. etc. FACERE-*ÊAM). — Les romanistes ont coutume de les subdiviser en trois catégories. FACIAM (SP). de 5) et 5. et construits sur une même base : FACIO. Le Parfait ou Prétérit. Imparfait. 5). (VAL. — On l'appelle aussi « Passé Simple ». dans une perspective « romane ». en Poccurrence plus proche de Plnfectum que du Perfectum. peut-être aussi par un phénomène de mécoupure dans la tournure chantasMu ? devenue chantas-tu ? 79 .C) Vindicatif Parfait (Prétérit) et le Subj. en « Parfaits Forts » (F). dont le roman n'a qu'un vestige. p. l'ayant sur la désinence. le Participe Passé. se trouve très souvent lié davantage à celui-ci. archaïques mais bien représentés en latin (PEPULÏ TETIGl CEQNI. 2 est toujours représentée par -J et non -rt. itéKop^ot. Les tiroirs étudiés jusqu'ici sont issus de Plnfectum latin. a) Accentuation. par dilation conservatrice (v. dites « Fortes » (1. d'où ♦VALOI. 4. comme on le verra plus loin. les trois autres. FACIENS. peuvent se classer. et une catégorie nouvelle. FAtERE. d'importance il est vrai (DEDl).6). 19) le I de la pénultième tonique et ce timbre s'étend aux personnes 4 (accent analog. etc. aux personnes « faibles ». — Ses formations.). dites « Faibles » (2. encore que la première paraisse englober la seconde. P) Parfaits « Forts ». -I de -fSTl maintient fermé. On doit adjoindre à ces deux catégories celle des « Parfaits à redoublement ». largement indépendantes des Infectums correspondants. et « Parfaits Faibles » (f) où jamais le radical ne se trouve accentué.

peut-être sur le modèle de FUI (?) l'accent se déplace.trois types. tandis que le VËNI classique explique vin* venis peut-être moins bien qu'un *VËNUl — cf. — devenu identique au premier par dissimilation. et le Parfait en -Ul devient (ou se double d') un Parfait en -I. Deux exemples (évolution phonétique normale. qui devient uniformément tonique sous les espèces d'un [û] (cf. 1 exerce une dilation (positive ou conservatrice selon le cas) sur elle et la ferme (ou la maintient fermée) en [/] et [u] (d'où [yj) respectivement. analogie). par exemple voit suppose * VOLl à côté de VOLUl. partout atone en hiatus. le radical y devient tonique : *DËBUERUNT (plutôt Vdebwerunt]). en particulier lorsque le radical se termine par / ou r. DEBÛERUNT. celle-ci paraît avoir été assimilée par [w] : dut (1) deûs < Vdiwwi dew*wisti) < DËBUl DËBUISTl.etc. du radical sur le [n]. ce [w] connaîtra selon l'entourage phonique des fortunes variées : 1° lorsque le radical verbal commence par un V-. Parfaits en -1 et en -Si VËNI VËNISTI VËNIT ♦VËNÏMUS VËNISTIS VËNERUNT > vin > venis > vint >venimes > venistes > vindrent *PRËSI (cl. 1) : VALUl VALUISTl (sans dissimilation de V î) > valut valus. . « fortes ». -I de la pers. la pers. de même VOLUl VOLUISTl > volui volus Oe type actuel) à côté de voit volts (et voh volsis. 2° lorsque le radical verbal se termine par une occlusive. et le PT vinc venguist de l'a. occ. infra). prisèrent. celui-ci peut le dissimiler. *CURUl (cl. CUCURRl) *CURUISTI > corui corus. PREHENSI) > pris *PRËSISTl > presis *PRËSIT > preist. venu < *VENÔTU. sous forme de voyelle diphtongale. 3 et 6. si la voyelle du radical est un [e] ou un [o] romans (lat. I/Ë et U/O). de DËBËRE « devoir » — dans la mesure où 4 s'aligne sur 5. le M. « fortes ». v. pristrent Parfaits en -1/7 : le u vient apporter une complexité supplémen­ taire : comme il n'est accentué qu'à la pers. prist *PRËSÏMUS > presimes *PRËSÏSTIS > presistes * *PRËSERUNT > presdrent. (1) Noter le maintien de / final après voyelle. acquérant une valeur semi-consonantique [w). DËBUIT. 80 . cf. phi ploûs/pieùs < Vplawwi piaw*wisti) < PLACUl PLACUISTl. 3° dans quelques cas enfin. aux pers. PARUl PARUISTl > parut parus. modelé sur DËBUl. soisoùs/seûs < VsawwisawWsti] < SAPUl SAPUISTl. 6—ex. DEU > dieu. cl. ce vocalisme nouveau peut s'étendre aux autres pers.

(3). 4 et 5 : -us -urnes -ustes. ♦CADUl (class. fermeture en [u] par dilation. d'où M. in/ra. CRËVl > crui.. mais l'analogie généralise W. coneûs. PLACUl > phi. beûs inspirent eus (à côté de 01&). « faibles » — «j'eus » (ancien/'*/) comme « tu eus » (2). etc. mais infl. BIBl) > M . R/ew] > \}]iw\ > [% *STETUl (cl. *VOUT > voit. «je pus » (anc. TACUl > toi. car sans doute devant voyelle [-0] > [-(f]. vocalisme qui s'étend aux pers. accompagnée ailleurs d'une réfection des pers. Vàw] > [lo(S)]t HABUl > */. etc. la loi de Bartsch) JACUl > Jui. timbre roman [o\. d'où un *TÈN(U)I qui seul explique le paradigme régulier tin unis tint*. (2) Noter le maintien graphique de e. CRËDIDÎ) > crui. 2° celui de la voyelle radicale. enfaitfesis (cf. P) en position atone : [*]/[*] en hiatus se décolore en [*] noté e. v. dont le timbre subit diverses influences : a) en position tonique (pers. Parfaits en -1 et en -Si : les faits de dilation. cf. *CRËDUÎ (cl. STETl) > esttd (1). classique. PNOM?] > [ta] > PJ>] (mais après labiale [hw] par absorption. LËGl) > H *BIBUl (cl. enfin par l'influence décisive exercée par le type vi veis ÇVÎDl VlDISTl). timbre roman [e]. mais POTUl > /*>/ — cas particuliers *PLOVTT(cl. par celui des groupes consonne + s dans les Parfaits en -Si. et d'éventuelles dissimulations. vin venis vint. MOVI > nad. domineront l'évolution du vocalisme. puis M) NOCUl > /w/. naturellement. *CONOVI (cl..> cremui cremus. mesisl). on distinguera : 1* le sort du f de -(U)ÎSTÏ. SAPUI > soi. après palatale (action fermante : on rejoint le cas de M. « Fortes » sur les anciennes pers.. 6). *VOLl (cl. PLUTI) > pfcf/pto/. (1) TÊNUÎ. (cf. 3)*et -rent (pers. (3) Bon nombre de Parfaits primitivement en •UI sont allés avant les premiers textes rejoindre le type en -/ -ii(t) (-DEDÏ •DEDIT). de mis < MÎSl). 1 étendu à 3 et 6) : timbre roman [a].TREMUl x CR. *LËGUl (cl. l'amuissement ultérieur de [9) en hiatus entraînera dans la majorité des cas une uniformi­ sation du radical — « tu bus » comme « je»bus » —. DËBUt > oui. tu peOs). peâf (poOs). *fiz.). d'où M. qui reste fermé par dilation mais se labialise au cbntact de M . OOGN-) > conui. FËCERUNT > fisdrent) fistrent. tandis que la] ( + M ) etfc>]/Mdonnent [o] (théoriquement > M). CECIDl) > chui. EST OPUS) > estot/estut. *VOLISTl > votts. fermeture en [/] par dilation et labialisation par [w]. 81 . je poi) comme « tu pus » (anc. tandis que le consonantisme sera marqué par le traitement de la consonne finale du radical devant -t (pers. parait avoir subi l'influence de VÊN(U)Î. une uniformisation générale des radicaux. timbre roman [0]. FËCISTl > feisis. VOLUl) > [v(w)of\ (voil). ainsi créât. qui entraînera en moyen fr. Quant au vocalisme. vout. timbre roman [e]. *ESTOPUïT(cf. d'où [y]. FËCl et ♦VOLl posent des problèmes spécifiques dus à la palatalisation. Types en -I: FËCl > fis (tbéor.

finaleconsonantique : en -XI ( = [-*rf]. PREHENDI) PRËSÎSTl > prispresis. le paradigme ne comporte plus d'alternance. [k] > [/D OÔXl COXÏSTl CÔXÊRUNT > cuis *coisis (non attesté) ctdstrent/cuisdrent. timbre M (de AU latin) CLAUSI CLAUSÏSTl CLAUSËRUNT > clos closis. *FRÂNXl (ci. VËNl *TËNl > vin tin. ATTÏGl) ATTANXÎSTl ATTÂNXËRUNT > atains atainsis atainstrent. lorsque veis dv9lisj) > vis (cf. VÎDERUNT > virent. auparavant l'alternance vi veis avait inspiré la réfection defisfesis eafisfeis (cf. FRÉGI) FRANXÎSTI FRÀNXËRUNT > frains frainsis frainstrent. timbre le] *PRËSl (d. ultérieurement. et sur son modèle viennent s'unifier d'autres types : vi = vin tin-> vis =* vins tins. VtDIT > vit. QUAESIVI) QUAESÏSTl > quies guesis. RlSl RlSÎSTl > ris risis (*resis non attesté). seules jouent les modifications du vocalisme et.* VOLERUNT > voldrent. timbre lu) -CLOSl -CLOSÏSTl > -clus -clusis.(Ml-S-I) et les radicaux à finale consonantique (SCRlPS-I). TÏNXl -XÏSTl TlNXERUNT > teins teinsis teinstrent. dÏNXÏ CÏNXÏSTl CÏNXËRUNT > ceins ceinsis ceinstrentf EXTÏNXl -TÏNXÏSTl -TÏNXERUNT > esteins esteinsis esteinstrent. 6 sont simultanément refaites sur le modèle vinrentenvin-rent. en -NXl ( = [-yksi] > l-Jtsi] > 1-Jns] ou [-/*]) *ATTÀNXl (cl. WÎDl > vif VlDISTl > veis (dissimilation /-/ > *-/). tin-rentffi-rent. l'influence analogique de vi veis. mistrentlmisdrent. VËNIT *TENIT > vint tint. SËDl) SËSSlSTl > sis sessis. *SËSSËRUNT > sistrentlsisdrent. *PRËSËRUNT -+pristrentlprisdrentf *S£SSl (d. timbre [e] *QUÂESI (cl. qui à son tour aboutit h fis fis—c'est le paradigme actuel—les pers. dans les premiers. les Parfaits en -Si). dans les seconds importe aussi le sort de la consonne implosive précédant s : finale vocalique : timbre [a] MÂ(N)Sl MA(N)SÉSTl MÀ(N)SËRUNT > mes mesis mestrent/mesdrent (de manoir). -DOXl -DOXlSTl «DÔXËRUNT > -duis -duisis -duistrent. FlNXl FÏNXÏSTl FÏNXERUNT > feins feinsis feinstrentj PÏNXl -XlSTl -XERUNT > peins peinsis peinstrent9 STRlNXl -xfSTl STRÎNXERUNT > estreins estreinsis estreinstrent. timbre [/] Mfcl MlSÏSTl MlSËRUNT > mis mesis (avec dissimilation /-/ > e-/). -STRÔXl -STROXÏSTl •STRÔXËRUNT > -struis -struisis -struistrent. VËNERUNT *TËNERUNT > vindrent tindrent. PLÂNXl PIANXÏSTi PLÂNXËRUNT > plains plainsis plainstrent. ciostrent/closdrent. supra). 82 . VËNISTl *TENISTÏ > d'abord venis tenis. Types en "Si : on distinguera les radicaux à finale vocalique devant -J.

CANTAMUS. chargèrent.. cantb% cast. (7) On devrait avoir *chantas. 1. AUDH pour AMÀVISTl. Pour le vocalisme de dis de(i)sis (puis dets. serait corroborée par la non-diphtongaison de A (chantantes) et le -e final de « soutien » . HOSTIS > oz . etc. Prés. « avoir moi eus ot eûmes eûstes orent% « voir » Us (1) A titre d'exemple. J 83 . canton supposent un *CANTAUT pour CANTAVIT. les notes).VATRlNA > LATRiNA. DISTURBAT. voici quatre paradigmes complets : « devoir » dut W vêts vit veUnes vetstes virent. trais traisis traist traisimes -sistes traistrent. les formes en -AUT des inscriptions pompéiennes. comme les fré­ quents out et ornent (« avoir »). n. Cf. cantà. . cf. « traire » TRAXÎ. chanta .) < DÎXl -XISTI. fist. — Les développements romans ont adjoint aux types latins en -ÂVl et -IVl (-ËVI. On peut poser à la base du français ♦CANTAI CANTÂSTI d'où chantai chantas chanta *CANTÂ(V)MUS (5) CANTÀSTIS DORMH DORMlSTl «DORMÎT dormi dormis dorml(t) (9) *DORMl(V)MUS DORMÉSTIS ♦DORMlRUNT dormîmes (6) dormistes (T) dormirent CANTXT(4) ♦CANTÂRUNT chantâmes (6) chantastes (7) chantèrent (8) d'une façon à peu près régulière (v. La non-diphtongaison de A est normale. cantâ. issu des composés de DO DÀRE DËDl. Cf. DELÈRANT. cf. (encore en gascon dial.. MÎSI. déjà exceptionnel en latin. Y) Parfaits « Faibles ». etc. AUDÎVl. (4) Ce type de contraction est attesté en latin classique. 76. (5) L'hypothèse d'un maintien de v. P O P O G I ) PUNXÏSTl > poins poittsis. destiné à éviter l'homophonie avec l'Ind. l'anc. (9) Le -r de dormit est analogique de Parfaits Forts : vit. (6) Le s de -asmes -ismes.). cf. moderne) et le cat. Ajoutons ♦VÔLSI -SISTl -SERUNT > vols volsis (6 non attesté). deûs idut détones -Ostes durent. p. et nommé pour cela le « type en -DEDI ». chez les poètes : Lucrèce a INRITAT. Mais il y a souvent des variantes.. dissimilation) escristrent. etc. occ. un nouveau type. — Les formes « contractes » étaient déjà fréquentes en latin classique : AMASTt.. Types en -ÂVl et -IVl : les tendances de la phonétique latine (2) et l'analogie ont abouti à éliminer complètement le v dans les paradigmes (3). n'est pas représenté dans les langues romanes). 3. (3) Mais it. . en -PS! SCRÎPSI SCRÎPSÏSTI SCRÎPSËRUNT > escris escres(s)is (av..♦PONXI (cl. à la différence du fr. aussi la géminée de l'Italien cantammo id* dormimmo (P. ^ 2) Amuissement de -v. souci de préserver la clarté de la désinence ? (8) -ierent après palatale (loi de Bartsch) : travaiUierent. FÛSTIS > fus.. ÂRSl -SISTÎ -SERUNT > ors -sis a(r)-strent (1). puisque la syllabe est fermée.entre voyelles de même timbre : SI VIS > SIS. est une pure graphie analogique de -ostes -istes ( < -ASTIS -ISTIS) — plus tard -êtes -Ues — et postérieure à l'amuissement de s devant consonne (xra* s.. le Futur. DELEVERANT. port. Fouché). plus tard -âmes -Unes.. *dormis. cf.

respondié(t)y -tendié(t) (a-t en~t es*) * 2) des Parfaits primitivement en -Ul (cf. la pers. des racines (indo-européennes) *dhetix — « placer » et *deH9 — « donner » ou « envoyer dans une direction » (P. en cast. (2) Qui rend compte en ancien français de certaines formes aberrantes de donner. fondié(t). du latin. OONDO. : 1) des verbes à radical terminé par -nd. 2) ♦PERDËDËRUNT > [per{djerrt] ♦PERDËDI [perW] perdi [perdis] perdis perdie(t) [perWn&s] perdîmes perdîtes perdierent Outre les formes issues de véritables composés de DO (nous les citons à la pers. fr. en même temps que le long maintien du simple (2). qui ne se distingue à vrai dire de celui du Prêt. et de morph. (3) Le Parfait en -DEDI connut en revanche un développement considé­ rable dans les parlers d'oïl du Sud et du Sud-Ouest.). d'où son alignement sur celui-ci dés la fin du XII* siècle dans les parlers centraux (3) : > [perUe!] > Ipertye!] > (dissimulation) ♦PERDËDÎSTl > lper*dist) > (dilation et haplologie) ♦PERDËDIT > [permet] (r appuyé sur d) ♦PERDËDÏMUS > (cf. MONTBIL. 84 . Passé en . 3) perdie(t). une série d'accidents phonétiques permet de rendre* compte du paradigme d'à. etc. le type comprend en a. (4) Rendre provient d'un croisement de REDDERE avecPRE(HE)NDERE. Paris. cf. 286). resplendié(t). Prés... Type en -DEDI : la multiplicité des composés de DO DÂRE DËDl (1) (VENDO. 1970. et en occitan (variétés gasconnes mises à part) est devenu le type unique : pers. d'où par analogie cantèt et dormisquit (le timbre è du Prétérit occitan ne peut être issu que de là). ADDO. de phon. vendie(t). doy% en gascon dart dau. 3 et 6. dans lequel le vocalisme et l'accentuation se sont modelés sur ceux du simple : ainsi PËRDÏDl est refait en *PËRDËDl d'après DËDl.« < -OTU) à radical terminé par une géminée ou un groupe de (1) Fait latin explicable par la neutralisation. PERDO. fendié(t). pendié(t). 5) > ♦PERDÈDÏSTIS > [per*dist*s] (haplologie et cf. correspon­ dants dolnseldoigne . p. Elém. nées de croisements : je doinsldoing et les Subj. fr.. explique le déga­ gement d'un type autonome de « faible » caractéristique de ces composés» mais étendu à de nombreux|autres verbes.: descendié(t). phonétiquement obtenue dans ces composés. dar. de « dormir » qu'aux pers. REDDO. 3 vendit.2. le Part. rendie(t) (4).

repentié(t) (repentit). Vie de saint Léger. on notera surtout le maintien (analogique du SP des classes II et m ) d'une voyelle finale atone [*]. sevié(t) (seû « suivi »). Vie de 85 . Comme le modèle. latin.: on a plus haut (p. I (chantissons. sont nécessairement empruntés à perdis.. Le Subjonctif Imparfait. eusse. donc d'un tiroir appartenant au groupe du Perfectum. il offre généralement avec les personnes faibles (mo­ dèle : pers. eus. 3) quelques verbes à Participe Passé en -ir : eissié(t) (issu). 3. 3. p. et l'emprunt fait vrai­ semblablement au type dormisse (cf. plus haut). on se reportera au développement consacré à ce verbe éminemment anomal (v. 2) du Parfait/Prétérit assez d'affinités formelles pour en avoir à l'occasion emprunté le vocalisme tonique. 89). où la dilation exercée par -I rend compte du caractère fermé de la voyelle (v. fesisse/feïsse (fisse) venisse (et plus tard vinsse). Eu égard à la partie postradicale. parait avoir été fu(i) fus fit(t).. représentant -E-. 79) évoqué le type « Fort » VALUl dont l'accentuation s'est entièrement reportée sur la finale : valut-us -ut •urnes -ustes -urent — c'est ce phénomène récent qui nous le fait nommer ainsi.—Issu du Plus-que-Parfait du Subj. venquié(t) (vencu. Pour valusse. vestié(t) (vestu). & fusse. irasqidé(t) (irascu). tu dbrmis) d'une voyelle pré­ tonique / aux pers. venis (vins). etc. Cela dit. encore en usage au xvi* siècle). 1-2. — On trouve dans les plus anciens textes (Séquence de sainte Eulalie.. -issez. 4-5 de la cl. 2. fe(s)is. dans cette réfection. c'est-à-dire le Parfait de « être ». CANTÀSSEM > chantasse CANTÂSSËMUS -> chantissons CANTÀSSËS > chantasses CANTÀSSËTIS ->chantissez CANTÂSSET > chantast CANTÂSSENT > chantassent et de même DORMlSSEM dormisse. rompié(t) (rompu).consonnes : batié(t) (batu). vesquié(t) (vescu).. Les vestiges archaïques de Vindicatif Plus-queParfait latin. vaincu) . Type « néo-faible » en -a. nascut). Les timbres / et u des types perdisse. plus les isolés benelsqidé(t) et -vertié(t). le radical est celui des personnes « faibles » du Prétérit : le lecteur n'a qu'à s'y reporter. nasqidé(t) (occ. aux pers. etc.

saint Alexis) quelques formes héritées du PQPde l'Ind. latin» c'est-à-dire (pers. 3) AMÀ(VE)RAT — ROGÀ(VE)RAT roveret de rover —, ViDERAT — vire —, PÔTÙÈRAT devenu *PÔTÛËRAT comme au Parfait — pouret —, FÛËRAT —furet —, etc. (1). Elles paraissent y revêtir une valeur proche de celle d'un Parfait (2), et, sans doute mal intégrées dans le système, disparaissent des textes avant les premiers monuments de la littérature épique. Pour leur forme, cf. la pers. 6 du Parfait avec toutes ses vicissitudes selon les types. 4. Le Participe Passé. — Principale forme adjectivale du verbe, il tend à se lexicaliser, comme adjectif ou substantif — donc à se couper de la flexion verbale — autant qu'à s'aligner sur d'autres tiroirs, le Parfait essen­ tiellement. En outre, les échanges sont fréquents entre les divers modèles. D'où une profusion de formes, attes­ tées ou restituées, dont on essaiera de dégager quelques traits essentiels : le latin connaissait deux catégories (cf. le Parfait) : des participes « Forts », où le radical tonique, à finale vocalique ou consonantique, était suffixe en -TU ou -SU, des participes « Faibles » où le radical atone était suivi d'une voyelle longue Â, Ë, I ou D et du suffixe -TU. Nous commençons par les seconds qui s'intègrent mieux dans les paradigmes : a) Types « faibles ». — En -ÀTU (CANTÀTU > chanté, LAXÀTU > laissié), -ËTU (DELËTU : rare en latin, le type a disparu en roman), -ITU (DORMlTU > dormi), •OTU (SOLOTU
(1) Les types DORMl(VÈ)RAT, *PERDÉDÊRAT (cl. -DÏ-), VALÙÈRAT ne sont pas représentés. (2) Peut-être aussi, dans quelques cas, celle d'irréels du passé. Cette seconde valeur est celle de leurs homologues en ancien occitan (« condi­ tionnel H », types contera, dezra), en gascon dialectal moderne (Oavarnie : cantèria, devôria), dans les dialectes du sud de l'Italie (contera, devèra), et en ancien portugais (cantara, devera), où elle côtoie la valeur primitive de POP conservée encore en portugais moderne : ces orientations se retrou­ vent dans l'histoire du PQP castillan cantara, deoiera, etc. Le catalan valen* cien (cantara, deguera) en fait essentiellement un second Subjonctif Imparfait.

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> -solu), SECOTU du déponent SEQUl, d'où seû (occ. segut) antérieur à suivi. Evolution phonétique claire et régulière. b) Types « Forts ». — Le schéma est plus complexe : a) Types en -TU après radical à finale vocalique.-— -ATU : verbes attestés STATU > esté, été; NATU > né; -OTU : OONSOTU > cousu; -OTU : MOTU a disparu; le dernier type en •ITU s'est par contre étendu à l'époque romane, mais ses produits se sont en français substantivés, laissant généralement place à de nouveaux participes analogiques « faibles » en -OTU, partiellement inspirés de Parfaits en -Ul, partiellement liés (?) à des Parfaits en -DEDl (v. les extensions de ce type, p. 84-85) : class. HABITU (HABËRE)-* *HABOTU > eu, BIBITU-* *BIBOTU > beù, bu (♦BIBUÎ pour BIBl, > afir. but beûs...), EXTTU-* *EXOTU > (e)issu, etc., DEBITA > dette, mais *DEBOTU > deû, dû (DËBUI); PERDITA > perte, mais * PERD OTU > perdu (PERDIDl, ♦-DEDl), *FINDITA>/eif/e (cl, FISSU, cf. FKSA > fesse), mais *FINDOTU > fendu (FINDERE, Parf. *FINDEDl p. FIDl), ♦TBNDITA > tente (cl. TENTU ou TËNSU, -SA > toise), mais ♦TENDOTU > tendu, *RENDITA > rente (cl. REDDITA), mais ♦RENDOTU > rendu (REDDERE x PREHEN-, -DEDl), *SOLVTTA > soulte, mais cl. -SOLOTU -solu, *VOLVTTA > voûte, mais d. -VOLOTU > -votu, *FALLTTA > faute, mais *FALLOTU > fallu (1) (d. FALSU >faux); s'y ajoutent *VALOTU > valu (Pzrf. VALUI), ♦VESCOTU > vescu, vécu (cLVICTU) (2), ♦BATTOTU > batu, *lRASCOTU > irascu, *VINCOTU > vencu, vaincu (d. VICTU). P) Type en -TU après radical à finale consonantique. — Les Participes en -CTU et -NCTU (cf. les Parf. en -XI et -NXl) sont bien conservés :FACTU > JW/,PLANCTU >p/W)tf,CONFECTU > confit, BENEDICTU > beneeit, benottl(benêt), C3NCTU > ceint; COCU} > «tf/,UNCTU > oint, -D0CTU (DOXÏ) > -didt. Autres finales consonantiques : OPERTU (d. A-) > ouvert, COOPERTU > couvert, -FERTU > -fert — cf. *MORTU > mort —, SCRlPTU > escrit; d'autres formes ont été concurrencées par des types faibles en -OTU (cf. supra) : RUPTA > route, mais *RUMPOTU > #wigw,TORTU > tort (et ♦TORSU > tors), mais *TORDOTU> tordu, TENTU-*- *TENOTU > tenu (cf. TENUD VENTU-* *VENOTU > venu (cf. ♦VENUl et le préc.).

(1) Le Part, failli est refait sur l'Inf. faillir, lui-même construit sur le radical du SP (analogique)/b///- < *FALUAM (d. FALLAM). (2) S'agit-il bien d'un ♦M)VESCERE, d'où ♦VESCTTU refait en *VESCUTU ? Celui-ci a déterminé sans doute le triomphe du Parf. vesaû sur
Vêsqui, -lé(t).

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Y) Type en -SU. — A part quelques réfections signalées précé­ demment (cas de FISSU, TËNSU, FALSU, TORSU à côté de TORTU), ils sont assezfidèlementcontinués en afr. : après finale vocalique ou consonantique, nous avons CLAUSU > clos, -CLOSU > -c/w, RASU (de RADERE > rere « raser ») > res (cf. « rezde-chaussée »), OCdSU > occis, RlSU > ris « ri », PRE(HEXN)SU x PRE(HEXN)SI > pris (d'où guis (querre) parallèle à QUAESITU, -A > quest, -e), et mis, fém. mise (MISSU > afr. mes « messager » (1), MISSA > messe), cf. le Parf. MlSl > mis, ainsi que SËSSU x *SËSSI ( > sis) > sis, sise; VISU (cf. le subst. VISUS, -OS > vis) a cédé devant *VIDOTU > veû, vu (2); mes < MA(N)SU (cf. occ. mas) a disparu avec manoir/maindre, ars < ARSU avec ardoir/ardre; tors « TORSU) et épars ( < SPARSU) sont restés comme adjectifs, ainsi que -vers ( < VERSU) — cf. con-, di; a-,re* (ces deux derniers substantivés); deux formes semi-savantes : dépens < DISPENSU et répons, -e<RESPONSU,-A. D ) Particularités des verbes anomaux. — Il s'agit de ceux que leur sémantisme a situés quelque peu « en marge » des flexions régulières : les auxiliaires « être » (surtout) et « avoir », avec les semi-auxiliaires « aller » et « faire ». On n'envisagera ici, bien entendu, que les tiroirs o u les formes qui s'écartent franchement des pro­ duits prévisibles. a) « Etre ». — Anomal dans presque tous les idiomes qui pos­ sèdent un verbe autonome et fléchi, ce verbe déjà irrégulier en latin combine en français, dans sa flexion, des éléments appar­ tenant à ESSE et à STARE (3) : IF estre < *ESSERE pour ESSE; le P esté et le Pprés./O estant sont empruntés à STARE, resp. STATU et STANTE/STANDO. IP sut < *SUYYO pour SUM, cf. *AYYO de HABEO, (i)es < ES, est < EST, som(m)es < SUMUS (4), estes < ESTIS, sont < SUNT. Le SP seie seies seit
(1) Le subst. mes, fr. mod. mets « ce que l'on sert à table » est issu du subst. (4« décl.) MISSUS, -Os ; cf. en revanche messe < MISSA, Pp fém. (2) It. veduto, roum. vdzut; le type occ. cat. cast. port, vist(o) semble issu d'un *VÎSTU, peut-être *VlSITUt à relier à l'intensif vTSITAKE, lui-même itératif de VlSÔ, -ERE, VÎSUM (même supin que VIDÊRE). (3) Ces deux verbes ont une existence indépendante, mais des fonctions souvent complémentaires, dans des langues romanes telles que l'italien, et surtout les idiomes de la péninsule ibérique (castillan, portugais» catalan) auxquels se rattachent également certaines variétés de gascon pyrénéen. L'afr. a connu lui aussi un verbe ester « se tenir debout ; s'arrêter ; demeu­ rer » ; cf. l'archaïsme ester en justice, (4) V. les origines probables de la désinence -ons de pers. 4, pp. 72-73. 88

seiiens seiiez seient n'est évidemment pas l'héritier du class. SIM SIS SU..., mais d'un type plus « normal » *SIAM SIAS SIAT SIÀMUS SIÀTIS SIANT analogique des SP en -A- (cl. I-II); PIM en est également issu (ESTO ESTOTB a disparu); IIMP : si ERAM -AS... est continué par l'afr. (i)ere (i)eres...t comme du reste le F ERO ERIS... par (i)er (i)ers (flexions souvent confondues), très vite a été préféré le type estoe/esteve < STABAM (puis esteie... > estais... > étais...), et parallèlement le F serai... < *(ES)SER(B) AYO..., auquel correspond le C serais... (afr. sereie... > serois...) < *(ES)SER(E)ËAM(1)...—PT : l'afr.aconnu deux séries, toutes deux à vocalisme homogène en [£], soit fu(i) fus fu fumes fastes furent et fui fuis fuit fuîmes fuistes fuirent; si la première continue aux pers. 1 et 2 un type FUI *FU(I)STl, avec alignement des autres personnes (lat. FUIT FUIMUS FUISTIS FUERUNT, non représentées en tant que telles) (2), la seconde est entièrement refaite sur le classique FUI FUISTI (avec aligne­ ment), mais s'est tôt effacée au profit de la première (pression des PT en -Ul?); les SIMP fusse et fuisse représentent FUISSEM remodelé sur le PT,. Rappelons pour mémoire le PQP archaïque /«*?/(Eulalie). P) « Avoir ». — Les anomalies se limitent ici pour l'essentiel à l'IP et au SP : la fréquence d'emploi du verbe comme auxiliaire est vraisemblablement la cause des réductions phonétiques qu'A a subies même dans certaines de ses formes toniques : à l'IP, si avons et avez continuent « normalement » HABËMUS HABËTIS, il faut pour rendre compte te ai as a poser des types *AYO AS AT (3) à la place de HABEO HABËS HABET, et pour ont une forme *AUNT sans doute issue de *HABUNT au lieu de HABENT. Quant au SP, il partage avec VIPX la réduction de [-6/-] à [-/-] : *AYAM -AS -AT AYAMUS -AÎTS AYANT > aie aies ait (4) aiiemaiiez aient ;VlM^tvidtttmKntempmnté ses (o à ce SP, dont le radical s'est également étendu au Ppr. ayant. F et C ont en afr. trois types de thème (cf. savoir) : avr- (cf. LlBE(1) L'aphérèse initiale semble due à une extension de la forme prétonique (cf. les démonstratifs et l'aphérèse de EC-). Un second radical estr* (estrai) représente-t-il un autre traitement de *ESSERE (cf. l'IF), une réfection sur l!IF, ou encore le produit d'un croisement avec le type esterai < STAR(E) AYÔ? C'est difficile à déterminer. (2) A la différence — par exemple — des paradigmes occitan (a. occ. */b, gasc. Jto), catalan (Jbu) ou portugais (%fol). (3) La non-diphtongaison de a est-elle due à une extension des formes prétoniques d'auxiliaire ou à l'entrave que constituent -* et -i respective­ ment? Nous penchons pour, cette seconde explication, également valable pour le PT. chanta < CANTÂT et naturellement pour le FM -r<w < *-RÀS •ra < *-RÀT, formé avec « avoir ». (4) Amuissement de e atone final, issu de -A-, entre [-/-] et [-#1, qui prend appui sur L/J. Cf. l'IIMP* et le C,.

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.(cf. Pourquoi ferai df^rafj) au lieu de *fairai. va»). et <irpar suractivation phonétique.. — Plusieurs de ses bases posent des problèmes génétiques. paraît la plus vraisem­ blable (1).: aler% aie. aille ailles aillejaut. — F et C pré­ sentent les seuls vestiges de IRE avec leur base /r-. I problème analogue se pose à propos de la base «i. PIF faire est-il issu de FACERE par les intermédiaires Vfakre] (syncope précoce) ou Vfagere].. peut-être née dans les commandements militaires (AMBULÀTE > *ALÀTE). et dans ce dernier cas s'agit-il d'une sonorisation précoce ou de l'analogie de AGERE? De même pour fais fait faimes faites. en dépit de l'appartenance apparente du verbe (-ARE). qui donnent aux romanistes « traditionnels » l'occasion de s'affronter de temps à autre dans des joutes aussi futiles que désespérées. vau vas va anam anatz van). occ. — Outre les bases « classiques » IRE et VADERE. On a enfin l'archaïque PQP ouret (Eulalie) < *HÀBUERAT pour HABÛERAT (cf. On a déjà signalé à propos de l'IIMP des cl. 90 . Thistoire de l'IIMP en -œ -oes -o(u)t < -ÂBAM. pour VADUNT.. II et m la réduction (par dissimilation) de HABËBAM à *HABËAM. d'où voi. d'origine encore controversée — néanmoins. et alges -es -e. l'hypothèse d'une réduction de AMBUL.. Ainsi. al-. etc. dont la valeur en l'occurrence résultative a pu s'estomper pour désigner le trajet lui-même. cet auxiliaire essentiel ayant ensuite servi de modèle. s'est adjoint un / analogique de ♦AYO/SUYO..oui.(AMBULÀRE). les PT en -Ul.. S) « Faire ». etc. ou de *farai (1) Un joue par (2) De à la cl. vont. l'occ. IIMP et PT appartiennent régulièrement à aler : aleie/aloie. prévisible (cf.par semi-vocalisation de \fi] issu de -B(cf.. le SP offre trois variantes essentielles : voise voises voist. d'où *w. fui. 80). plonge < PLANGAM. Le PT a été traité p. vois ( > vais) suppose qu'à *VAO pour VADO (cf. le cast. voy). alai — on notera la fréquente substitution à ce dernier du PT de « être ». reposant sur un type * ALIAM (2) -AS -AT. suffixe d'un -J d'origine mystérieuse : VADIS VADIT a donné ves vet réguliers (position tonique) ou vas va(t) (traitement atone ou analogique de as a)t et *VAUNT. PIF).RARE > livrer). aillons.. — c'est celui qui a survécu —. Le SIMP dérive régulièrement des PT. rapport à IRE et VADERE le même rôle complémentaire. la flexion de ce verbe en utilise une troisième. p.. De tçûs/êus se déduit naturellement le SIMP oùsse/êusse. dont le g semble emprunté à des SP tels que sorge < SURGAM.. même en occitan. faites sur n P t vois. tandis que les formes nominales sont faites sur a/. 81. IP : l'afr. aur. y) « Aller ». alons alez empruntent à la 3* base (cf.). en occitan.. même distribution à PIM va alez. alant. le SP est plutôt un SP-U : anga -as -a -am -atx -an.

de lieu et relatifs). comme DlCIMUS DlCITIS > dîmes dites). assez « beaucoup. haré.. o tu. (graphie ensuite fasse. que le roman a le plus innové : de tels outils se renouvellent vite. doncl-ques (DUNC.. > Interrogatifs : com(me) (QUOMODO) comment. etc. quand (QUANDO). senuec (SINE HOC) « sans cela ». d'où le SIMP fesisse. particule très générale d'affirmation. L'afr.(d'une réduction *FARAYO.. alquant (ALIQUANTU). Jont < FACUNt (attesté dans des inscriptions tardives) pour FACIUNT (noter la conservation des proparoxytons FAdMUS FACITIS > faimes faites.. Relatifs : dont (DE UNDE). Ja.. P FACTU > fait. onques). oie) ne seul ou en composition (ne. mes.. souvent confondu avec dont (v.. quer. 81). Points assurés : IPi faz < FACIO comme SP face -es -e. etc. plus. ni ». car (QUÂRE). la pronon­ ciation de fais.dans faisons. faisais. 91 ...oje (HOC EGO). les adv. faisant. — Distinguons les formes autonomes.. trop « beaucoup » (germ. par analogie avec les SIMP) < FACIAM -AS -AT. dont « d'où? ». et les formes dérivées d'adjectifs. *tkrop). pour quoi/pourquoi. — Les invariables C'est peut-être en ce domaine. ne. comme le PT fis fesis (v. oïl (HOC ILLE) — comme oie . et le PQP. nets (NEC IPSU) « même pas ». affine au lexique. cf.. nient (NE GENTE). D'affirmation : si. le cast.. poruec (PRO HOC) « pour cela.. OMP faiseie régulier. de temps). > (IBI x HlQ. l'IP. III. un petit. archaïque firet (Eulalie). nenil. où les frontières entre catégories morphologiques sont souvent encore incertaines. et le développement des tournures analytiques a suscité ce besoin. Vit. ne.. etc. ne (NEQ « ni.. pouvant affecter aussi un adjectif : degré absolu po/peu/poi (PAUCU). par (1) Beaucoup n'apparaît pas avant le xrv* siècle. aussi ».. noie. ne. — et de négation : non (NON) et sa forme réduite nen (cf. 1. alques (ALIQUID)... contraires de oïl.)? Action de / s u r a prétonique? Cf.. très » (AD SATIS) (1). un peu. nées. est à cet égard un idiome plein d'effervescence créatrice. UAfai < FAC. Servant à l'articulation du discours : si (SIC). ne. les adv..). mielpaslgote. où (UBI).. farà. a) Adverbes. Adverbes autonomes : « Anaphoriques » ou prooominaux : en ONDE). De degré.. -ques v.. p. totevoie(s) (TOTTA VIA) « néanmoins ». postulée par l'occitan forai. faites. or (v. malt (MULTU).. où.

tôt (*TOTTU). lor(e)s (ELLA HORA). par rapport au présent comme référence générale : Ja (JAM). et aine (ainz x onc). situation supérieure sus (SORSU). De temps : en temps absolu. o#w# (AD NOCTE) à la fois actuel et futur. evteitf (HINC HODIE). *pruef (PROPE). degré relatif plus (PLOS). -amment (ITERANTE).(*ALED TANTU). (de)lez (LATUS). postériorité après (AD PRESSU). oan (HOC ANNO) « cette année ». virer < VlBRÀRE). tous les adverbes cités dans cette série peuvent assumer le rôle de prépositions.DIES). à l'exception de ceux précédés d'un astérisque. postériorité immédiate maintenant a aussitôt » (MANU TENENTE). par rapport à l'année en cours : antan (ANTE ANNU) « l'an dernier ». en vain. *puer (PORRO). passée ou future) : tost^tart (TARDE). viste (cf. ainsi/einsi/issi (? + 5*). mod. pis (PEJUS). bien (BENE). viste « vite » (VlSITU?). très (préf. Joste (JUXTA). éloignement *loing (LONGE) / lonc. entor (IN TORNU). lues ÇLOCO + -s). orendroit. atant (AD TANTU). id. adonques (AD + DUNC). «as»/ (*ALID SlQ et altresi. antériorité ainz (♦ANTIUS). id. par parallélisme hnc (LONGU). toutefois la formule consacrée Ambassadeur près le Saint-Siège : archaïsme? 92 . vis-àvis encontre (IN CONTRA). huer (BONA HORA?) « heureusement. simultanéité entrues (INTER + ?). me//ma/ (MALE). par rapport à une référence tem­ porelle quelconque (présente. près(que) (PRESSU). qui signifiaient aussi « un jour ». mielzlmiex (MELIUS). pour l'antériorité. pour l'actualité. errant. ainçois (id. supra). répétition savent (SU­ BINDE). ore(s) (HA(C) HÔRA). mor (MALA HORA) « à tort. avant (ABANTE). id. par rapport au jour présent : Vautrier « avant-hier ». précocité Ja (JAM).(préfixe per-). -tiers (-TEREA?). proximité *prés (2) (PRESSU). adés (AD DE IPSU). (en)dementres (DUM INTRA). demain (DE MANE) pour le futur. qui ne sont qu'adverbes. pour l'actualité . en m/(MEDIU) / par mi. (2) Cf. tantost (TANTU TOSTU). intériorité (d)enz (1) (INTUS) / dedenz. moins (MINUS).). totalité toz Jorz/-dis. durée longes (LONGA + -s). + IPSE?). durée prolongée ou répétition encore (HINC HÀ(Q HORA/AD HORAM/IN QUA HÔRA?). périphé­ rique environ (cf. devant (DE-). sempre(s) (SEMPER). 1er (HERl). eneslepas (IN IPSO ILLO PASSU). pour l'antériorité. or. onques (UNQUAM pour N-). en temps relatif. les dérivés en -ment d'adjectifs) : si. sempre(s). puis (*POSTIUS). trop (sens. puis de la série précédente. à propos ». pieça (^ pièce a). traversée très (TRANS). TRANS-). malheureusement ». altretant (ALTERU TANTU). tant (TANTU). devant. tost (TOSTU). De manière (cf. actualité brs (1LLÀ HORA). De lieu : par référence à un repère quelconque. altant/au. après. hid (HODDB). (de)sor(e) (1) A Pinstar de avant. Jadis (Ja a dis .

antérieure «fevan/ (DE ABANTE). Seules complications à ce schéma : le cas des adjectifs épicènes de la cl. -ve). les démonstratifs) : proximité immédiate (i)ci (ECCE HIC). où le e féminin s'efface (aisée-* aisément. iqid/enqui (♦EOCU-?). 93 . inférieure Vus (DEORSU). anc. [•/#]). brève. cette dérivation en -ment s'étendait à d'autres types (cumfaitement « comment »?. à!'où faussement. mais brièvement (afr. le cas des adjectifs à finale vocalique. -0 de FALSUS). soit enfin l'accu­ satif neutre de l'adjectif (FACILE de FACILE!). mais sa normalisation en forte a entraîné fortement. souvenir des formules 1 et 3 du latin. sit. «ferrfere (DE RETRO). mais éperdue-* éperdument) . En afr.. sit. FALSË. on notera que le type aisément a entraîné des analogies telles que communément pour communément (commune) . mais gentiment (ancien épicène). inférieure id. s'ajoutent des cas d'espèce. sit. contremont. le pro­ cédé a été formellement renouvelé en roman (1) par une tournure à l'ablatif composée de MENTE (MENS. (de)soz (SUBTUS). -ont continuent à former leurs adverbes en -emment et -animent : prudemment. par référence au locuteur (cf. « esprit ». extérieure (de) fors. contrevai. sit. en -ent. supérieure sur un trajet (fleuve) amont. soit un dérivé en -TER (FORTITER de FORTIS). forment. éloignement /a aLLAQ. brief. hardie-* hardiment). scoute rt/feiw (ALIORSU x ALIORE?). due-* dûment. 2. où la normalisation du féminin par adjonction de -e analogique a entraîné celle de l'adverbe : à un fém. de com fait « fait de quelle façon? »). ici « disposition ») et de l'adjectif concerné au féminin : FALSO. gentil (-//. gentille. dehors (DE FORIS). où l'adjectif est employé adverbialement. une notable exception : les adj. fort corres­ pondait un adv. MENTIS. en général des archaïsmes : bref. sit. moindre proximité pa (ECCE HAQ. -E est ainsi remplacé par FALSÂ MENTE. en laissant un souvenir graphique (crue-* crûment. savamment malgré prudente et savante. postérieure (a)rier(e)(s) (AD RETRO). dont nous avons gardé comment. Adverbes dérivés d'adjectifs : déjà connu en latin» où l'adverbe était soit un ancien instrumenta) (DOCTE de DOCTUS. (de)triés (avatar de fre* < TRANS?).(SUPRA/-PER). (1) Sauf en roumain. n. sit. aval. iluec (IN LÔCX». de com(me).

AUT o. qui a donné lieu à des combinaisons innombrables (cf. VERTERE). de (DE). SED s'est effacé devant mais.. vtom. de SIC. issu du préfixe PER. De coordination : sont conservées ET et (-f graphique). malgré la fréquence ancienne de QUOD. tonc LONGU. De subordination : que de QUIA réduit à QUI. qui a perdu sa voyelle finale par suractivation ou analogie avec les couples orjore. sour/soure. donc ». issu de son composé APU(D)HOC (ou *-HOQUE). 1. ni). a modelé sa structure syllabique sur par. o(d)... il a été remplacé totalement à partir du xvi' par avisée. [1) Mais pourquoi -i et non -s? Cf. pour que.P) Prépositions. de Si avec abrègement vocalique. p. CUM.. est l'outil passe-partout.). sans doute ancien ablatif. est l'héritier de PER. les adverbes. quoique. supra). sondern à côté de aber en alle­ mand. 94 . 2. et toujours en usage. et chiés (« chez ») CASA. tandis que ainz (cf. por. les adverbes). est essentiellement une particule de renforcement. disparu en gallo-roman. à (AD). issu de APU(D). c'est-à-dire « avec ». à ne pas confondre avec l'adverbe homonyme de valeur superlative. BONUS > bons. nous n'en aurons qu'une quinzaine à énumérer.) et signifie « du moins ». avec une valeur de relatif de liaison (c'était aussi un interrogatif). y) Conjonctions.. v. et plus étoffé. etc. plus fort que mais — cf. d'abord adverbe. a donné naissance à querjear « car. NEC ne (auj. en (IN) servent d'outils privilégiés. quant (plus tard quand étymologique pour distinguer de quant < QUANTU) est enfin le produit de QUANDO (UBI est restreint à sa valeur locale). de PRO. Mais. parce que. aux valeurs multiples. — Le développement des construc­ tions analytiques en a considérablement enrichi l'inven­ taire. la condition s'exprime par se (si. ou (2). 105) et ayant déjà examiné nombre d'adverbes susceptibles de fonctionner comme prépositions.. sent « sans » SINE auquel s'est adjoint le -s adverbial (1). com(e) est issu de QUÔMODO réduit à *QUOMO. entre INTER. mes. par. laissant de côté les locutions prépositives (v. a pris surtout les valeurs du lat. dont la voyelle s'est ouverte au contact de r. vers (devers) continue VERSUS (cf. de ANTIUS. [2) VEL est devenu adverbe (veh. de MAGIS (v. ou ANTE x PRIUS) devenait un adversatif « de di­ lemme ». QUARE. lorsque. Joste « à côté de » JUXTA.(-MAGNUS).

les transformations sont pro­ gressives. que si d'un cer­ tain point de vue « le français ne vient pas du latin ». jouant concurremment avec le contexte et la situation. permet au même message de trouver son expression dans toute une variété d'énoncés à peu prés équivalents. Guiraud. on peut en supposer deux types : d'une part. la discontinuité fut bien plus radicale. il n'y a pas eu davantage de solution de continuité entre le latin et le français d'une génération à l'autre. sur l'expression purement morphologique des rapports syntaxiques. suivant l'assertion paradoxale et polémique de P. Aussi les tournures syn­ thétiques n'ont-elles cédé que peu à peu devant le développement des tournures analytiques — du reste déjà connues du latin —. parce que bien plus élémentaire. au niveau des formes élaborées et litté­ raires de la langue. Est-il en effet besoin de rappeler cette évidence. d'une mutation qui se serait opérée à cet égard lors du « passage du latin au romain » doit être tempérée par deux remarques : la première est que la plupart des évolutions « romanes » étaient déjà amorcées en latin et se trouvaient en germe dans son système. qu'à celui de l'usage quotidien — malheureusement à peu près hors de portée documentaire. on a souvent remarqué que les langues paraissent soumises à un devenir cyclique. donc dans l'usage parlé? En matière de syntaxe plus encore qu'ailleurs. dans certains cas. parce que essentiellement culturelle. où 95 . parce que la multiplicité des composants morphosyn­ taxiques.CHAPITRE III SYNTAXE L'idée fort répandue d'une révolution. En d'autres termes. la seconde. que la syntaxe populaire sous le Bas-Empire devait être aussi éloignée. Quant aux causes proprement dites de cette transformation. qui connurent un hiatus fatal pendant le haut Moyen Age. tandis que la fixation d'un ordre des mots pertinent ne prenait que progressivement le pas. de celle d'un saint Augustin que l'outillage linguistique d'un gallo-roman des temps mérovin­ giens dut l'être de celui de nos grands écrivains médiévaux.

comme le latin.alternent les phases d'analytisme et de synthétisme (1). « à l'instant ». — a) Défini : de création romane. etc. au singulier comme au pluriel. adjectif (cf. il hérite de ses origines des usages aujourd'hui abandonnés. en castillan la casa de Pedro y la de Pablo% « la maison de Pierre et celle de Paul ». y) Par­ titif : l'emploi de la préposition de combiné avec l'article défini est d'abord lié à l'emploi de celui-ci. acquiert sa valeur actuelle encore plus lentement que l'article défini. de suggère l'acte d'extraire une partie (1) C'est ce qui apparaît à l'évidence dans le domaine indo-européen — celui dont l'histoire est la mieux connue — et que l'on soupçonne en chinois. le traducteur résout ses problèmes « au coup par coup ». En outre. et n'apparaît d'abord que si le substantif qu'il précède désigne un être nettement individualisé. car lorsque les tournures syntaxiques ne sont pas direc­ tement transformables terme à terme d'une langue à l'autre comme c'est le cas en roman. son pluriel uns (unes) a une valeur « duelle » (unes joes « des joues ») ou collective {unes noveles « des nouvelles ») (3). ne peut que hâter son passage à Panalytisme. A) Varticle. par exemple. 96 . de l'autre. en attribuant naturellement un signifiant isolé et inva­ riable à chaque signifié dégagé par l'analyse implicite : le cas des créoles est suffisamment instructif à cet égard. ne s'employant primitivement que lorsque le substantif « ne s'inscrit pas dans un temps ou un espace déterminés » (Ménard). — Le syntagme nominal 1. (3) Le castillan emploie de même unos% unas avec la valeur de « quelques ». L'occitan fait de même. (î) Indéfini : un (une). Les composantes « grammaticales » (modalités. I. pro­ noms personnels). issu du numéral ONUS. gar­ dant parfois la valeur d'un démonstratif.) ou pronom (Vespee Rolant et la Olivier) (2). il ne prend que progressivement dans la langue la place qu'il y occupe aujourd'hui. (2) Cf. les archaïsmes « sur l'heure ». une action de substrat s'exerçant sur un idiome de structure plutôt synthétique.

beber vino. p. (5) Un cas particulier : la tournure çofce suis-je. p) Indéfinis. à laquelle le type c*est moi ne se substitue qu'au xm* siècle. le picard. avec relais de la première au moyen de nouveaux outils formels — le plus ancien fr. une même forme assumant un rôle de pronom ou d'adjectif selon le contexte. quasi inexis­ tante en latin. ALU&RB8 4 . interrogatifs et relatifs (cf. Parmi les Indéfinis* signalons les valeurs de toi. 2) De fait. celle-ci (cette femme-ci) vient » à cil (hom).d'un tout déterminé. a) Démonstratifs : l'histoire de la langue enregistre ici un inté­ ressant exemple de transformation d'une opposition sémantique en opposition grammaticale.. la série cist ceste se spécialisant dans des fonctions adjectives et la série cil celé dans des fonctions pronominales.. Enfin. ». celui-ci fût-il dénombrable — d'où au pluriel « cueillir des poires » — ou non — au sin­ gulier « boire du vin ». peu à peu (2). 97 J. la distribution actuelle et l'emploi des adverbes postposés s'amorcent des le xn* siècle. ceste (feme) vient « celui-ci (cet homme-ci). qui précédant 1) Cf. infra les subordonnées) : dans cette matière quelque peu hétéroclite. celle d'une sorte d'article empha­ tique (4). rancienne distinction sémantique s'est maintenue par le biais des adverbes postposés -ci et 4àf comme le montrent les traductions de nos exemples (3). nous ne signalerons que les faits qui séparent l'usage ancien de l'usage actuel. opposait cist (hom).. ço/ce connaît des emplois toniques aujourd'hui relayés par cecit cela (5) :ço dit Rollanz. celé (feme) vient « celui-là (cet homme-là). 5.. 118 n. le premier emploi. rare en afr. rhabillage « mo­ derne » de a celé fin de* fi) Cf. — La distinction entre formes pronominales et formes adjectivales. On notera de plus que les démonstratifs peuvent prendre une valeur très atténuée. une qu'après le x m e siècle.* ne s'érige en pluriel de l'indéfini un. (3) Un vestige de l'emploi de cil celé comme adjectif se laisse deviner dans la fonnule — surtout juridique — « à seule fin de. l'ab­ sence d'article est primitivement la règle : boire vin / boire de vin comme cueillir poires (1). si l'ensemble concerné est indéterminé. B) Les pronoms-adjectifs. le cast. qu'au­ jourd'hui. est loin d'être aussi nette en afr. celle-là (cette femme-là) vient ». coger peras.

etc. adjectif ou pronom (dans ce cas. de autre. nous en trouvons un souvenir dans les proverbes : qui trop embrasse mal étreint. (2) Ce mot finit même. tournure qui a le sens de « certain. par éliminer ne et exprimer à lui seul la négation : « j'sais pas ». de sens indéterminé. qui. de meisme/mesme. ce relatif que partage avec l'interrogatif homophone un caractère de polyvalence. alguno. l'occitan central sabi pas. avec prédominance écrasante de pas (2). et de tels emplois ont abouti à détacher qui de sa valeur proprement relative pour en faire un équivalent de « si l'on » : nous en avons gardé un exemple dans le proverbe « tout vient à point qui sait attendre ». et de là est issue la tournure de l'afr.. sa valeur étymologique de « chose » — « rien » se dit neient. alcun peut s'employer sans négation ( = « quelqu'un » (1). dont seuls sont restés en usage les deux derniers. dont son CRI cui devient vite homophone (v. on notera d'abord des emplois sans antécédent. et que. le paragraphe suivant) s'est combiné avec la conjonction que en donnant naissance par soudure. pas. tote nuit sont nés toujours (tozjors) et toute/ois (anc.un substantif signifie « tout sorte de ». Enfin. « i voit pas ». l'occ. à l'adverbe onques pour constituer l'adjectif — parent également par le sens — quelconque. signalons tel i a. attention ipluisor... certaine chose ». « le reste de ») et parfois redondants (« moi et mes autres compagnons » « « . l'interrogatif quel (v. dont les valeurs héritées de IPSE et de IDEM latins ne sont pas toujours nettement distinguées comme aujourd'hui par la construction. ntie. de GENUS.. p. ges). fréquemment. Y) Interrogatifs et relatifs ont hérité du latin leur similitude for­ melle. à l'indéfini quelque. celui-ci rare avant le xm* siècle. construisait de même que : que miex est —. que. et disons encore « qui plus est » — l'afr. tandis que alquant « certains » peut être accompagné de l'article.mes compagnons »). v. qui connaît des emplois extensifs (« second ». vers la même époque. par ellipse du relatif (cf. point (en outre giens. cf.. avec ou sans article). garde de ses origines la valeur superlative de « la plupart ». Des formes de base qui. tandis qu'il se soude. deve- (1) Cf. cf. nient —. dans les usages populaires. tandis que la négation ne se renforce volontiers d'un terme exprimant une petite quantité : gote. au xn* siècle. vei pas* 98 . infra). au sens de « se comporter comme quelqu'un de — » (faire que sages) . qui réitérera la combinaison pour former le subordonnant quelque. tandis que du type tôt jor. 63). que équivaut de même.. le cast. cheùnsfchascuns est aussi bien pronom (chasque est tardif). plus loin). quant aux « mots négatifs ». on rappelle que rien(s) conserve en afr. faire que + adj. totes voies). à ce que.

emploie enfin comme relatifs/interrogatifs ont (UNDE) (3) au sens de « où ». comme où offre des valeurs extensives à partir du sens de « à quoi / à qui ». que. de quoi ». port. morpho­ logiquement pertinente aux personnes autres que 4 et S (voir p . tandis que Pinterrogatif peut avoir le sens de « pourquoi. 3) Cf../occ. on(t). Dans certains contextes négatifs.nant pour sa part une « ligature passe-partout » (Moignet) (1). indiquons que c'est au xm' siècle que sont nées les tournures du type de qui/que est-ce qui/que — Pafr. C) Les substituts personnels. 99 . avec le subjonctif) : qui/quoi. connaît curieusement l'ellipse du relatif : #i7 a celui a Paître ne parolt. occitan « l'ème que le/li donèri l'argent ». et dont le premier membre est un interrogatif/indéfini (ils ne se construisent pas nécessairement. etc. cat.. — La distinction. Pafr. « il n'y a personne qui ne parle à son voisin » (2). (qui que + onques s'est soudé en quiconque* cf. plus claires puisque syllabiques. Pour en revenir au relatif « passe-partout » que. cornant que. comme aujourd'hui. 57). on constate que la langue l'a utilisé pour créer des « relatifs composés » à valeur d'indétermi­ nation. quel que. onde. plus haut quelconque) : au titre de Pinterrogatif. a) Le « pronom conjoint » . à l'instar des langues (1) L'emploi d'une telle ligature. 2) Ceci n'est pas sans rappeler la tournure anglaise the mon I see. entre formes toniques et formes atones est liée à leur formation et à leur place relative dans le syntagme. $) Les possessifs. précédées de l'article. les formes atones ma ta sa s'élident devant voyelle (et h « muet ». mais au xm* siècle l'analogie du masculin étendit au féminin l'emploi des formes masculines mon ton son. on sait que le français est la seule langue romane à utiliser obligatoirement. où que. en quoi » — nous employons encore « que ne le disiez-vous? ». dont la valeur est souvent précisée par un anaphorique fléchi ou une « préposition «/adverbe dans la subor­ donnée. — Nous nous contenterons de deux remarques: d'une part. « 6 àvrpoç nov xov fôcoooc xà Xarrà ». les formes toniques correspondant aux possesseurs du singulier peuvent comme celles correspondant aux possesseurs du pluriel servir d'attribut (cist chevax est miens) ou. etc. etc. est fréquent dans le langage populaire (« le type que j'y /— « je lui— ai donné le fric ») et dans d'autres langues : anglais « the thlng thatl spoke front to you ». bien entendu). d'autre part. et son composé dont « d'où. équi­ valent de « où » par exemple. quant que (Iquanque).. d'épHhète plus ou moins emphatique (// miens chevax à côté de mes chevax « mon cheval »). grec mod.

atone.. avec inversion après si (calque de (2) L'anecdote raconte qu'à la question. répondu « je ! ». port. on les trouve : préposés aux verbes impersonnels sans sujet exprimé (se toi plest). cat. indiquons-en ici les conditions d'appari(1) Serm. levant le bras. en levant sol : tonique régulièrement en fin d'énoncé). ou appui du pronom. (4) L'emploi de ces CR toniques en fonction de sujet ne tendrait-il pas à suggérer qu'il s'agit bien d'un héritage direct de l'ablatif absolu (moi* soi < MÉ. 8) EUsion et enclise : si Pélision obéit sensiblement aux mêmes usages qu'en français moderne. présents (pour soi lever. réclame à sa suite une forme tonique. se réduit à sin. canti. ital.. Quant aux CR. déclare. SE ablatifs)? (5) Curieusement. à la pers.. mais ne devient automatique qu'avec le temps. (pour lever soi. les CS jouissent d'une autonomie suffisante pour demeurer détachés même en l'absence de verbe exprimé (2). 3. postposées dans une phrase interrogative (connois le tul — usage abandonné dès le MF) et. Le substitut en question peut du reste être séparé du verbe. jet vei est ainsi superposable à notre Je Pvois . Y) Emploi et place des formes atones : on note quelques différences par rapport à l'usage moderne. et parfois. Encore qu'il s'agisse plutôt de morphologie. esp. si salvarai eo. comme aujourd'hui encore dans la formule juridique (archaïsme) « je soussigné. en dehors des cas « stylistiques » de mise en relief ou d'insistance. de Strasb. un pronom-sujet accolé au verbe (« je chante » ~ occ.. jusqu'au xm* siècle. en soi levant) . dans des énonciatives avec inversion ou ellipse du sujet (veit le Rollanz). sur le mot précédent.. p) Emploi et place des formes toniques : outre cet emploi « conjoint ». P « omission » du pronom restant fréquente au xn e siècle. y eut-il ou non solution de continuité également dans l'usage parlé populaire ? Signalons que l'endise médiévale affecte bien d'autres mots que les pronoms : si ne. Cela n'aurait fait rire personne au xn* siècle. 100 . un délégué aurait. posée dans quelque assemblée internationale.germaniques. olant moi) (4) et parfois aux infinitifs et gérondifs/part. etc. devenu asyllabique. (3) Sans doute en raison de leur place après une préposition qui. aux infinitifs (3) et aux gérondifs/part. est en revanche un phénomène propre à la langue médiévale (5). mais l'usage écrit a renoncé a de telles formes dès le MF . l'endise. gui est à quist (kist). postposés plus spécialement à un verbe comportant ellipse du sujet. « Qui parmi vous parle français couramment ? ». prés. pour les pers. ».. à un participe présent dans des formules équivalent à des « ablatifs absolus » latins (veant. l'amuissement de e atone aboutit aujourd'hui à créer des situations semblables à celles du français archaïque : l'afr. elles sont ainsi préposées à un impératif après une particule comme après une négation (si le foi comme ne le foi).. X. canto. 1 et 2 (poise moi). roum. ctnt)\ cet usage se note dès les origines (1).

le et les y sont soumises plus longtemps jusqu'à la fin de l'air. aussi bien que la Rue Monsieur ^Prince. usitée surtout avec des noms de per­ sonnes. Ufiiz le comte. appar­ tient aujourd'hui au registre populaire (« la femme à Jules ». cette tournure. YHôtel-Dieu. etc.). les deux autres ont laissé des traces : a) CR construit directement : c'est l'héritage du génitif latin. son emploi limité implique parenté ou possession : la mère Dieu. Gnathon ne vit que pour soi). comme dans l'usage populaire d'aujourd'hui (« je lui donne » pour. p) à + CR : li filz au comte. je. exprimant à l'origine la proxi­ mité (AD). 101 . 2.. ele. 59 les réductions de tes > des. (1) Cf.. ne. Indiquons pourfinirque les emplois du réfléchi et du non-réfléchi aux 3* et 6* pers. chacune d'elles dans des contextes spécifiques. qui s'instaure du xv* au xvm« siècle. si. la cort le roi — vestiges actuels : la Fête-Dieu et la (fête) Saint-Sylvestre. p. ques apelt « qu'il les appelle »).. en tes > es. e) Ordre des pronoms dans les combinaisons : on notera deux faits différents de l'usage actuel — qui a commencé à apparaître en MF — et curieusement complémentaires : 1* l'ordre régime directindirect (le lui) est la règle. Roland jol vos plevis. tu. le régime direct peut être omis.. a tes > as. etc. a) Expansions du substantif: trois constructions se présentent en air. qui et que (Alexis net conçûmes. — C'est essentiellement ici que s'est développée la tendance analytique du roman opposé au latin.. mais normale et dépourvue de connotation en afr. « fils à papa ». les compagnons Vempereor. n'obéissent pas à des règles aussi strictes que dans l'usage actuel. mais 2° si les deux sont des 3* ou 6* personnes. Rourg-h-Reine.). qui/que : le se réduit k -lt les h ~s (1) (Alexis si nel poi aviser. se (conjonction). Vaux-le-Vicomte. (2) La combinaison des « adverbes anaphoriques » en et / s'opère toujours en sens inverse (en t) de Tordre actuel (y en). si l'une est devenue à peu près exclusive aujourd'hui. te et se ne la connaissent que jusque vers le milieu du x n \ après ne. et qu'en outre le réfléchi continuera longtemps (XVII* s.tion : me. la Ferté-Milon. prenant appui surtout sur/?.) à occuper des places légitimes aujourd'hui perdues (La Bruyère. « je le lui donne ») (2). si/se. que tum reconfortasses. Les expansions.. le parvis Notre-Dame. en toponymie les types : les Essarts-le-Roi.

Indépen­ damment de ces liaisons « sémantiques ». en particulier avec des pronoms per­ sonnels sujets ou des numéraux.). lui donnant en particulier sa valeur concrète et première. il est néanmoins évident que le chan­ gement général intervenu entre l'époque latine et l'époque romane. tandis qu'à la proposition compa­ rative elliptique introduite par quant (maior quant frater) a succédé une proposition de structure identique (plus granz que ses frère). puisque en français seule la présence de l'article signale le second. normal.Y) de + CR : primitivement partitive (latin classique). tandis que sa postposition dénote souvent une intention du locuteur» qui veut mettre l'accent sur l'adjectif. il en va de même en français : que Ton compare le couple latin urbanus praetor « un préteur spirituel » ~ praetor urbanus « le préteur urbain ». puero utilis-* « utile à Penfant ». dignus laude-+« digne de louange ». b) Expansion de Padjectif : les constructions prépositives essen­ tiellement avec à et de se substituent naturellement aux divers cas (sex pedes longus -> « long de six pieds ».« plein de vin ». L'ordre des mots dans le syntagme nominal* A) Substantif et adjectif : on peut dire qu'en latin la précession de Tépithète est Tordre « trivial ». à la construction avec « ablatif de distance » — maior fratre — correspond l'emploi (limité) de de — plus granz de son frère —. non marqué. et le couple français « un grand homme » ~ « un homme grand ». en relation avec la nature de l'adjectif. Cela dit. à savoir le passage de Tordre complémentcomplète à Tordre complété-complément (cf. quant à celui du comparatif. le syntagme verbal) aurait dû entraîner pour l'adjectif une multipli102 . leur construction reflète assez bien les structures latines : au génitif ou à remploi des prépositions inter et ex correspond pour le complément du superlatif l'emploi de de. plenus vint-*. les degrés de comparaison de l'adjectif ont aussi leurs compléments : si comparatifs et superlatifs ne se distinguent pas toujours clairement. etc. avidus laudum -> « avide de louanges ». 3. ce dernier cas seul conservé aujourd'hui (« plus de cent »). cette construction finit par supplanter les deux autres (premiers exemples dès le latin tardif). à moins que la phrase soit tournée différemment. avec l'adjectif au positif suivi de seur/sur : il est (li) plus seriez de toz / senez seur toz.

qui confirme que le tour est bien un latinisme — latin ecclésiastique — lorsque le complément préposé est Deu.. II. 103 .... tant que la déclinaison se maintient. Rapport du prédicat aux participants A) Le syntagme prédicatif avec copule — le neutre de Vadjectif — Rien à signaler d'important qui sépare le latin de l'afr. Eulalie « // Deo inimi ».. et concordant avec l'usage latin. (cf. cf. p. même lorsqu'il ne s'agit pas (comme en français) d'une « qualification précoce qui classe le substantif (. 48 sqq. en l'absence de toute intention expres­ sive ou stylistique. a redflower. qui prolonge ici le nominatif latin.cation des cas où. le sujet et l'attribut sont au Cas-Sujet (1)... Strasb. il n'en va pas tout à fait de même à l'époque médiévale. B) Substantif expansion de substantif : l'ordre latin (complément-complète) peut se rencontrer dans les textes les plus archaïques lorsque le complément est un cas régime sans préposition : Serm. plus tard Roi. saint. l'archaïsme Dieu merci. angl. où l'antéposition est relativement fréquente. l'emploi des cas ne faisant place que peu à peu à une syntaxe de position où le sujet antéposé au (1) Le « mot mis en apostrophe » — hors syntagme — se met aussi au cas sujet. et l'afr. cas de grant. du français moderne. bon. une rogeflor) ait ici exercé une influence de « superstrat » contraire à la tendance romane. comme afr. si c'est là l'état français moderne. il se trouve postposé alors que le latin l'aurait antéposé : de fait.) dans certaines catégories générales » (Moignet). riche. Morph. haut. Béroul A la roi cort.. bel. nom. alld eine rote Blume « une fleur rouge ». le rei gunfanuner. Il n'est pas exclu que la syntaxe germanique (cf. — Le syntagme verbal 1. Dieu). : « Pro Deo amur ».

prédicat s'oppose aux expansions postposées (v.. p. construction conforme i son origine (HABET). le Cas-Régime trouve là son emploi pri­ mordial (comme aussi dans la construction des éléments mis dans l'énoncé sur le même plan que lui : épithète. largement majori­ taires parmi les féminins : on rencontre par analogie des cas sujets à forme de cas régime. apposition.. puis — pour éviter les ambiguïtés dans le cas d'un prédicat transitif — précédé de la préposition à : la nés. 53). plus loin). *escrtz9 cf.. ce fu escrit de ma main (et non resp. les autres.. dès le XIIe siècle. Nous rappellerons toutefois que c'est dans de tels syntagmes prédicatifs que se rencontre le principal vestige du neutre latin. attribut) : le rapport syntaxique est ainsi parfaitement clair dans les deux syntagmes équivalents // chevaliers voit le vilain et le vilain voit H chevaliers — comme du reste dans voit H chevaliers le vilain. donc au CR. pour les masculins.. — Hérité de l'accusatif. *biax. dites le roi que. B) V « objet second » ou bénéficiaire (prédicat intransitif ou transitif). ( = « aux autres ») (il) fist les testes colper. Mais les seules ressources formelles étaient inopérantes dans le cas des parisyllabiques du type fille. souvent construit directement. (2) Un important détail : la tournure impersonnelle // (y) a est en afr. (1) On trouve ce tonique avec la valeur de « le fait que ». reprise ou non par un pronom comme ce (1) ou il : mult lor est bel (le sujet implicite est la notion précé­ demment exprimée). 104 . et son « sujet réel » des grammaires modernes traité comme un objet. cette fonction s'exprime naturellement par le Cas-Régime. Villeh.. — Correspondant au datif latin. transitive. estoit ( = « appartenait ») le roi de Carthage. C) Vobjet (premier) des prédicats transitifs.. lorsque le sujet consiste en une notion. et l'ordre pertinent vient vite relayer l'oppo­ sition des cas (2).

D) Autres types d'expansion. — Nous distinguerons ici les constructions directes des constructions préposi­ tionnelles, car les premières correspondent à l'expression des rapports syntaxiques par les cas « obliques » de la déclinaison latine» représentés par notre Cas-Régime. On a déjà vu celui-ci continuer le génitif et le datif; Pablatif, déjà identifié dans la tournure voient moi, est vraisemblablement à l'origine (1) de constructions, sou­ vent encore en usage, exprimant en particulier : le temps (celé nuit, set anz toz pleins), le lieu (aler trestot le val, un autre sentier, — cèle part... cf. auj. « nulle part »), la manière (aler le cors « à la course »; grant oirre « en tout hâte »; les gplopiaux « au galop »; les granz tro* tons (2) « à grand trot ») — cf. les expressions constituées d'un subst. et d'un adj. (le chief enclin), apparentées à P « abl. absolu » susdit (le col baissié) (3) —, le prix (vendre six deniers). Quant aux constructions préposU tionnelles, déjà présentes en latin, elles se multiplient et se diversifient en afr., avec une remarquable spontanéité créatrice, dont on ne saurait ici rendre compte (cf. p. 94, les prépositions et les « locutions prépositives », que Pon n'a pu inventorier). v 2. Valeur et emploi des tiroirs verbaux. — L'ex­ pression d'un état ou d'un procès par un noyau prédicatif conjugué à un mode personnel situe cet état ou ce procès dans un cadre aspecto-temporel; en français

(1) Cf. l'origine des adv. en -ment, p. 93. (2) Notons à ce propos l'existence en afr. de dérivés en -on(s), employés généralement au pluriel» avec ou sans préposition» pour décrire une attitude, une allure : a croupetons, a genoiUôns, a chevauchons... (cf. en occ. de genolhons, etc. ; FM à reculons, à tâtons, à califourchon), (3) On en rapprochera des formules plus malaisées à analyser telles mien escient, maugre mien, vostre merci, etc. L'ablatif, rappelons-le, servait à former déjà en latin nombre d'adverbes. Autres vestiges de l'ablatif (sens local), les toponymes en -s tels que Paris ( < PARISIIS « chez les Parisîi »), Angers ( < ANDECÂVTS), Bourges ( < BITURJGIS), Poitiers ( < PICTÀVTS), etc.

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comme dans les autres langues romanes (1), la dimension temporelle prime sur la dimension aspectuelle, d'autant plus que nombreux sont les états ou les procès déjà marqués, du fait du sémantisme propre au lexème verbal, du point de vue aspectuel — « arriver » est ponctuel, « marcher » duratif, « s'engager » in* choatif, etc. — alors que les catégories temporelles cor­ respondent à un cadre morphologique général auquel se conforment nécessairement, à de rares exceptions près (2), tous les lexèmes verbaux. Toutefois, le système des tiroirs du français contient de notables oppositions aspectuelles (3) dont il importe de rendre compte, même si l'aspect inhérent au sens même des verbes vient inter­ férer avec elles. En revanche, participant du système du nom et de l'adjectif, les modes non personnels ne se situent que de façon bien plus floue par rapport à ce cadre aspecto-temporel. A) Temps et aspects ; les tiroirs composés. — L'opposition mor­ phologique essentielle héritée du latin est celle de deux tiroirs du passé, l'Indicatif Imparfait (IIMP) et l'Indicatif Prétérit ou Parfait (PT) : le premier est duratif, le second ponctuel, selon une distinction toujours bien vivante (« il écrivait lorsque j'entrai / — régulièrement à ses parents » ^ « il écrivit ce jour-là une lettre décisive »). L'afir. use des deux tiroirs avec moins derigueur,et emploie souvent le PT pour décrire des états ou des processus durables situés dans le passé (Villeh. «... vint uns chevaliers... quiot non Eustaces... et nefitarmez... Vint un chevalier... qui s'appelait Eustache... et n'était armé... »). Mais les langues romanes se sont également créé des tiroirs composés à partir de tournures latines constituées au moyen d'un participe accompagné d'une forme personnelle de ESSE ou HABËRE : les « passifs » impersonnels ITUM EST, VENTUM EST étaient de vrais Parfaits (« on alla, on vint »). Le Parfait déponent PRO(1) A la différence des langues slaves, du grec moderne, des langues sémitiques, etc. ; l'opposition aspectuelle infectum ~ perfectum avait revêtu aux origines du latin une importance primordiale bien estompée à l'époque classique (v. J. COLLART, Grammaire du latin, « Q.S.J. ? », n* 1234, p. 38 sqq.). (2) Certaines formes verbales sont inusitées, pour des raisons variées et souvent obscures. (3) Relayées éventuellement par des moyens lexicaux : adverbes, péri* phrases verbales, etc. V. ce qui suit.

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FECTUS EST signifiait bien « il partit », et la tournure HABEO LlBRUM COMPARATUM pouvait aisément muer sa valeur ini­ tiale de présent perfectif (« je possède un livre [que j'ai] acheté »), souvent sensible encore en afr., en celle d'un passé accompli (ana­ logue à celle du parfait grec) puisqu'il s'agissait bien du présent d'une action passée; ainsi s'est constitué progressivement le système du français classique, que l'extension du « passé composé » aux situations qui exigeaient le prétérit, aujourd'hui désuet et « litté­ raire », a fait aboutir à l'état moderne (« ce jour-là, il a écrit une lettre décisive »). La création de « temps composés », où l'auxiliaire « être » ou « avoir » (1) pouvait utiliser tout l'éventail de ses tiroirs, donna de la sorte naissance à un second registre de passé à valeur d'accompli, qui doublait le premier, inaccompli mais contenant déjà en outre l'opposition d'un IIMP duratif et d'un PT ponctuel, soit en afr., théoriquement : Inaccompli (Présent) _ , ( duratif Fasse | ponctuel [// escrit] // escrivoit // escrivit Accompli II a escrit (-> passé accompli) il avoit escrit il ot escrit (2)

De fait, l'usage s'écartait largement de la rigueur de tels cadres, en raison du chevauchement partiel des valeurs, du sémantisme des lexèmes verbaux, des interactions entre formes verbales contenues dans un énoncé complexe (v. plus loin) et des besoins métriques ou stylistiques. En dehors des tiroirs du passé à l'Indicatif, des considérations semblables vaudraient, mutatis mutandis, pour les Futurs (il escrira et // aura escrit ) t les « Conditionnels » (il escriroit et // auroit escrit) et pour les tiroirs du Subjonctif (qu'il ait et qu'il ait eu,
(1) La distribution des auxiliaires « être » ou « avoir », bien moins rigou­ reuse en afr. qu'aujourd'hui, parait d'abord liée à la nature resp. intransitive ou transitive du lexème verbal (cf. les exemples latins proposés ci-dessus) : l'intérêt pris par le sujet dans un procès intransitif explique, l'emploi de « être » comme auxiliaire des passifs (« il est emporté par le courant ») et des pronominaux (« il s'est regardé » — on trouve quelques exemples d'auxi­ liaire avoir en afr.) ; on s'expBque moins bien celui de faux. « avoir » pour le verbe « être » lui-même : « il a été » — l'afr. utilise parfois estre% comme Toccitan (es estât h l'italien (è stato) ou l'allemand (er ist gewesen). De même pour bien d'autres intransitifs : // a voyagé, dormi, marché... Une ving­ taine seulement d'intransitifs se conjuguent aujourd'hui avec être : « avoir » est devenu l'auxiliaire par excellence. Pour les hésitations et choix stylistiques (nous avons convenu!sommes convenus de...)f v. les grammaires. (2) La substitution de il a eu k il eut est certainement l'une des sources des tiroirs « surcomposés » : // eut escrit —^ il a eu écrit. Mais on en rencontre dès le xm* siècle, pour exprimer « l'accompli relativement à l'accompli » (Moignet).

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la périphrase latine HABEO CANTÀRE). « il veut pleuvoir ». une valeur très atténuée (1). évidemment héritée du 3 e type latin (3) : se je eusse deniers. Présent avait d'autres emplois modaux plus importants. Infra l'expression de l'éventuel. « il est en train d'écrire ». le futur anglais avec will et les faits balka­ niques cités p. 76). B) Vexpression de Véventuel. rég. le sens cuide changier « peu s'en faut qu'il ne perde le sens »).. finer de. De fait. le contexte aidant à distinguer les valeurs. Imparfait) et si pecunlam habutssem9 tlbl dédissent (Irréel du Passé : Subj. tlbl darem (Irréel du Présent : Subj. faillir » (cf. où il a connu une étrange destinée). etc. / am singing). mais limité à son Imparfait — doublé bientôt. fr. la langue précisa un jour (xm< siècle) se Je eusse eu (1) Ajoutons à ces périphrases aspectuelles une expression courante en afr. b) Ventrée dans Vévénement : prendre at commencler (a). Au passé. valoir la peine de ». esp. conserve l'emploi latin du Subjonctif. l*afr. au sens de « mériter. Je t'en douasse. mais pour nous insolite : fere a.)» leur inventaire est encore plus riche en afr. vololr (cf. tout en déve­ loppant l'emploi du Conditionnel. d) la fin de Vévénement : laissier a. futur anglais avec shall. soûr% alld pflegen zu\ ces périphrases ont souvent en afr.. tr/estar cantando et la «forme progressive » de Pangl. en outre. Citons après Moignet : a) Vtmminence de Vévénement (futur proche ou immédiat) : aux. sur ce problème de l'éventuel. devoir (cf. pour ces derniers. Primitivement.qu'il eùst et qu'il eùst eu) —. Présent). du tiroir composé issu de lui. mod. 108 . « il va écrire ».. cuidier signifie « être sur le point de. en connaît un bon nombre (« il vient d'écrire ». la formule. et l'Imparfait a disparu des langues romanes (sauf en ibéro-roman. et. tlbl dem (Potentiel : Subj. traitant de celles-ci. c) le déroulement de Vévénement dans la durée : aler/estre + gérondif (cf. esp. personnel ou impersonnel. si pecunlam haberem. avec une fréquence progressive. sipecunlam habeam. Plus-que-Parfait) correspond une seule et même formulation. le Plus-que-Parfait —. fréquente dans la littérature épique. rappelons que 1' « événement habituel » s'exprime par soloir (cf. ou « forme en •rais » pour ceux des linguistes et grammairiens qui se refusent à y voir un « mode ». aux trois énoncés « classiques » du latin (2). (3) Le Subj. (2) Nous anticipons un peu ici — le lecteur nous excusera — sur l'étude des subordonnées : nous ne reviendrons pas. — Nous avons indiqué plus haut comment la complexité et l'incommodité des usages latins classiques avaient trouvé un heureux épilogue avec la création romane (rou­ main exclu) du « conditionnel ». Périphrases verbales à valeur aspecto-temporelle : si le fr.v. venir (a) impersonnel.

Dinguirard). sans la « béquille » que aujourd'hui indispensable.deniers. Monsieur. etc. 16 sostendreiet).). Diex vos gart (encore usité à l'époque classique : on écrivait alors gard\ pitié te preigne. bien (1) « Vienne la nuit. soit si j'eusse eu de Pargent. Normal aux sens réfléchi et réciproque (souvent doublé en ce cas du préfixe entre-. regret — orientation vers le passé — : nous avons gardé : « Plût au Ciel que. « Grand bien vous fasse! ». servent à exprimer respectivement le souhait et le regret : souhait — orientation vers l'avenir — si m'ait ( < ADJOTET) Diex. mais l'origine de son emploi n'est pas claire : s'agit-fl d'une valeur modale (Imparfait de l'auxiliaire HABËRE s'opposant comme irréel au Présent — HABEO *AYO du Futur roman —. — A la façon du latin (BAMUS. quoique archaïque. bien veigniez « soyez le bienvenu ». elle offre en afr.. et nous employons toujours des formules telles que : « Le diable t'emporte! »i « Dieu m'en préserve! ». L'emploi du Subj. »). je t'en aurais donné ». Molière dira encore : « La peste m'étouffe (souhait). sonne l'heure » est chez Apollinaire un archaïsme poétique.. on constate en afr. L'usage du Conditionnel est ancien (Eulaiie v. cf. Un parallélisme sifai de Pargent9 je t'en donnerai : si j'avais de Pargent* je t'en donnerais n'explique pas grand'chose. Imparfait. si je le sais ». je t'en eusse donné* substitut aujourd'hui pédant du normal « si j'avais eu de l'argent. et de là vient l'emploi toujours correct. à finale d'Imparfait (J. « Soit » et « Vive la France! » (1). qui à date ancienne (mais pas avant le xn* siècle. Présent et le Subj. à valeur.. à moins de voir dans cet imparfait le résultat d'une sorte d* « harmonisation syntaxique » sur le Condi­ tionnel. « s'entretuer »). cf. C. pour exprimer l'éventuel a été évoqué ci-dessus. une multiplicité de valeurs et d'emplois dans lesquels l'histoire introduira mesure et ordre.. ce tiroir est quasi panroman. il n'en va pas de même de l'emploi de l'Imparfait de l'Indicatif dans la subor­ donnée conditionnelle. dans le Comput de Philippe de Thaon) est propre au gallo-roman septentrional (langue d'oïl). D) La voix pronominale. VIVAT. une très libre concur­ rence de ces divers tours et tiroirs verbaux. Imparf. entre autres. « Ainsi soit-il! ». « je sais qu'il viendra »-»> « je savais qu'il viendrait »? Néanmoins. Je t'en eusse doné. dont la valeur se dégage souvent davantage du contexte que de la forme elle-même. En tout état de cause.. le Subj. — Ignorée du latin. concessive (« même si. ». Q Le subjonctif indépendant. du « Conditionnel Passé 2* forme ». dans une périphrase à valeur future?) ou est-il issu d'une sorte de concor­ dance des temps. etc. 109 .

etc. se distinguant parfois des nonpronominaux avec des nuances diverses (se Jouer de. s'en aller. se cottfuguaient sans pronom avec un sens qui exigerait aujourd'hui la construction pronominale. taire. s'en aller. il connaît une large extension avec une valeur « moyenne » (Moignet). soi douloir. soit avec une expansion précédée de de. soi gésir. etc. déterminé (cf. latin SE HABËRE) et soi estrel — d'autres. en fonction d'objet. qui en latin préféraient du reste. se répondre. se conta. soi deviser. il est introduit plutôt par la préposition à (type Ki me Jurât corne sa per a prendre. se Jouer (de). encore le manger et le boire de La Fontaine. cf. il participe syntaxiquement des deux catégories. etc. même soi avoir « se comporter » (cf.. avec une valeur semblable à celle dy non-pronominal. pouvant se construire soit avec un objet direct.. 110 . inversement. emplois dont quelques-uns seulement ont été retenus et fixés par la langue moderne : si se pâmer. d'autres usages romans : cast. s'enfuir. par exemple). s'apparaître.. fendre « se fendre ». l'italien non dimenticareX) et la tournure spécifique or delldu + IF avec valeur foncièrement exhortative : or du bien faire (4)! (1) Ce réfléchi est. en dépit de la limitation de ses emplois aux verbes de perception. avec la valeur de la « proposition infinitive » française.) de sujet par de comme aujourd'hui (Viïonnie est d'autruigober). les cas analogues sont nombreux. un fréquent équivalent de on dans les langues romanes autres que le français : cast.). escrier. Roi. (4) On peut se demander si la tournure. et l'inventaire était encore plus riche à l'époque médiévale : citons entre autres. tel lever « se lever ». s'adore. it.. une construction participiale : video pueros ludentes plutôt que video pueros ludere « je vois les enfants jouer ». il ne porte pas nécessairement la marque formelle de son caractère actif ou passif : digne de pendre « digne d'être pendu ».appar­ tiennent toujours à l'usage normal. a) L'infinitif : nom verbal (3) et souvent. rappelons-le. soi faire « dire » (cf. se couver. se partir devenu partirX E) Les modes non personnels... (2) Cf.). « je le vois venir » est effectivement héritée de la « proposition infinitive » latine.attesté au sens passif (cf. (3) Comme tel. longtemps usités (2). c'est-à-dire dans l'expression d'un procès intransitif par lequel le sujet se trouve intimement concerne — le caractère assez vague et subjectif d'une telle notion explique la fréquence de tek emplois en afr. on signalera deux autres usages proprement médiévaux : son emploi précédé de ne pour exprimer la défense (ne la baillier tu onques. si conta. etc. d'autres étaient encore usités dans la langue classique (s'aboyer. cf. soi seoir au sens de « être assis » (seoir). ancienne et toujours vivante... soi morir. soi remaindre. soi porpenser « réfléchir ». soi avaler (« descendre »). l'incise « fit-il »). Or se coûte) (1). comme tel. morirse . soi criembre. Auc.

mais dès que la périphrase commence à se cristalliser avec la valeur d'un passé accompli (v. d'un véritable polymorphisme morphosyntaxique où il est vain de vouloir reconnaître et définir des règles strictes. La place relative du prédicat et de son expansion n'importe nullement.). « de mon vivant »).b) Participe Présent-gérondif : leur homonymie (CANTANTE/ CANTANDO > chômant) a entraîné une confusion dans les fonc­ tions respectives des formes étymologiques : « gérondif » lorsqu'il est construit avec estre/aier (lat. qui se rapproche plutôt soit de la structure primitive.. p.lRE CANTANDO -±aler chantant). c) Participe Passé : il ne sera ici question que de son accord avec les participes. soit du terme de l'évolution. cf. III. car on pense la phrase complète avant de l'énoncer : ce qui compte est l'attitude psycho­ logique. il régit aussi des expansions (Lancelos fit rois tenanz terre) — mais on a bien un gérondif variable dans sanz coupe achaisonanz Fu tt quens. sans accord. n'en déplaise à Marot et à l'Académie. avec accord. en mon dormant—cf. dit aussi bien. qui les ont édictées. et pouvant avoir naturellement des expansions (por les membres perdant « au risque de perdre. absolument (oiant nos toz « nous tous écoutant ») — sorte d'ablatif absolu — ou après préposition (en estant... et s'agit-il d'un adjectif verbal s'il n'en a pas? i Armes unt bêles e bons cevals curanz Roi. la matière est mouvante : on est en face. tandis qu'auxiliaire et participe passé se soudent de plus en plus. la relation entre le participe et l'objet s'estompe. avec avoir.. le participe est attribut de l'objet — HABEO LlBRUM COMPARÀTUM-*/*/ un livre acheté (l'ordre des mots importe peu..). contre toute logique — si logique il y avait! Nos règles sont purement artificielles.. En fait. tt valparfimt e les ewes curant.. Présent (à valeur active ou passive) si. de Narb. et le premier tend à devenir invariable. il s'accorde naturellement. (7). avec son sujet. comme c'est si souvent le cas en afr. comme adjectif attribut. — mais cf. comme en latin) —. avec estre. que Mainte perriere i orent amené (ibid. jusque je aie conquise la cité (Aim. L'air. il peut être considéré comme un Part.. les hésitations qui ont abouti aux fameuses règles actuelles s'expliquent fort bien historiquement : à l'origine des tiroirs composés. ».. — L'énoncé complexe Il offrait en latin deux types de structure : ou bien les propositions dépendantes se construisaient directe­ ment à Tinstar d'une expansion nominale soit avec une 111 . Malherbe ni Vaugelas ne sont encore venus. Hait sont tt pui. 107). l'archaïsme « à son corps défendant »). ibid. variable.

la conjonction d'un Impératif à la place d'un subjonctif (ces modes ont des valeurs affines). du reste — à condition que l'on se rappelle : 1 ° que les frontières sont incertaines dès qu'intervient une appréciation tant soit peu subjective . puisque nous venons de passer en revue les divers emplois des tiroirs non personnels. l'essentiel du débat consistera dans l'étude des fonctions et des emplois respectifs de l'Indicatif et du Subjoncti dans les subordonnées conjonctives. + adjectif. dans ce cas. mais la variété des subordonnants jointe au jeu des modes permettait d'exprimer tout un éventail de nuances. à la façon d'un objet direct — sujet à l'accusatif. — L'expression de l'éventuel ayant été analysée. Les modes. 2° que la notion de « rection ». faisait parfois suivre. puis dans les relatives. Nous n'envisagerons dans ce qui suit que cette seconde catégorie. noyau prédicatif à l'infinitif —. est étrangère aufrançaismédiéval. prédicats' reliés à la principale par un subordonnant. 1. Le Subjonctif. ou bien elles constituaient des pré­ dicats verbaux de type normal. ou d'emploi automatique et formellement conditionné. 112 . sujet et noyau pré­ dicatif participial s'accordaient comme dans un groupe subst.. soit avec une valeur « circonstancielle ». l'afr. Ceci suffit à comprendre le jeu des deux modes — dans les subor­ données autres que complétives comme dans celles-ci. Comme lefr. A) Subordonnées conjonctives à valeur « complétive » : « L'Indi­ catif actualise le procès et le situe dans le temps. par une sorte de rupture de construction. l'afr. avec noyau à un mode personnel et participants rattachés à lui comme dans les indépendantes. et avec elle l'emploi du « Conditionnel ».. à la façon des expansions précitées à l'ablatif — dans ce cas.mo­ derne. utilisera donc l'Indicatif après les verbes « d'existence et d'énonciation » — faits objectifs — et préférera le Subjonctif pour les verbes « de volonté et de crainte » (1) — faits liés à un (1) Curieusement. conjonction ou pronom relatif — leur valeur pouvait être soit complétive soit circonstancielle.valeur complétive. montre que le procès est seulement envisagé par l'esprit » (Ménard).

(2) Cf. comme du reste les conjonctives consécutives et les relatives (v. était. encore que. consécutive Tant a saigniit li oeil li sont troblét ou encore le type Ne puet muder ne plort ne ne sospirt. 2. nous signalerons un curieux phéno­ mène : l'ellipse du subordonnant (que). Exemples (Roi. surtout notable dans les premiers monuments (littérature épique). précédé de ne (mellor que Je ne soie. et est encore. . exprimé. infra). avis émis par une personne autre que celle qui parle en son propre nom et dit «je»—et encore!) (2). (4) Ellipse du relatif : (Roi. mais du Subjonctif dans « je ne crois pas qu'A ait raison » . (1) R.mouvement affectif (1) —. interrogation.) Ne vos ait ont quipor altre s'enfidetl (4). en fr. on hésitera entre « crois-tu qu'il a raison ? » et « crois-tu qu'il ait raison ? ». et G. mod. Le Bidois emploient à son propos l*beureuse formule de « mode de l'énergie psychique ». l'emploi — cohérent puisqu'il s'agit d'une qualité niée — du Subjonctif dans les comparatives énonçant une différence — dans lesquelles le verbe. Une telle distinction fondamentale paraît pouvoir rendre compte de la plupart des em­ plois. comme il est prévisible. avec une nuance consécutive). Les temps. à l'Indicatif)* Ç) Relatives : L'emploi du Subjonctif. déclenchant l'emploi du Subjonctif dès que l'opinion exprimée n'est pas suffisamment assurée (négation. qui prolonge les usages latins (avec leurs valeurs) y est normal et fréquent : type (Roi. à condition que l'on en use judicieusement (3).) Ne Vodrat om ne t*en tieignet por fol (au Subjonctif. (3) En ce qui concerne les complétives. une liberté plus grande règne sur les choix : en dépit de la tendance selon laquelle une principale au passé déclenche remploi d'un passé dans la subordonnée. on peut trouver dans celle-ci un présent si le sens évoque un fait permanent ou une projection vers l'avenir.) : complétive Ço sent Rodkmz de son ttpis n*i at plus. d'une ellipse commandée par le mètre ou d'une liberté syntaxique? Cest difficile à dire. FM « meilleur que je ne suis ». »3 . — Les usages diffèrent peu des nôtres. outre ce qui vient d'être dit. s'agit-u d'un vestige de parataxe. l'emploi de l'Indicatif dans « je crois qu'A a raison ». tandis que les verbes « d*opinion » se partagent les deux modes. B) Subordonnées conjonctives autres que complétives : Seul parait notable.

servirent de véhicule à une littérature relativement riche. (2) Conon de Béthunc. en préparation. soit enfin comme des variantes libres. p. Si deux de ces dialectes. Ainsi sont nés les dialectes. notre Dialectes et tangues régionales* coll. car tant que PIle-de-France n'a pas. aussi bien qu'en vertu de la tendance naturelle à la différenciation géo­ graphique si aucune force centralisatrice ne s'y oppose. en domaine d'oïl comme en domaine d'oc et comme partout dans le monde (1). Panglo-normand et le picard. pour des raisons de prestige politique. tandis qu'à la fin du xm* Jean de Meung lui fera écho en expliquant « nés ne sui pas de Paris ». pris des formes divergentes d'une région à une autre. imposé sa suprématie dans les provinces d'oïl. « Que sais-jc? ». la langue n'étant encore ni naturellement sta(1) V. plus ou moins codifié en « scriptas » et koinés régionales. La littérature médiévale reflète du reste large­ ment cette multiplicité de formes dialectales. soit comme des formes introduites dans les copies par des scribes régionaux.DEUXIÈME PARTIE LES DIALECTES D'OÏL Sous le double effet du « substrat » gaulois et du « superstrat » germanique (v. en évoluant vers le type roman. 5). vers 1180. 114 . les écrivains locaux s'expriment dans leur dialecte. les autres se manifestent surtout dans les écrits d'oïl soit comme des reflets de l'origine dialectale de l'auteur (2). s'excuse d'employer dans ses œuvres (françaises) des « mos d'Artois ». le latin implanté en Gaule a.

pp. Du Moyen Age à nos jours. l'Encyclopédie de la Pléiade (Gallimard) : Histoire des littératures. du dialecte de Paris et de PIle-de-France : en 1539. Ils ont toutefois laissé jusqu'ici des traces suffisamment vivantes pour qu'il soit possible de réaliser encore aujourd'hui des atlas linguistiques dans toute la par les atlMiinguifrtk|u«s (NAIF) la Wallon* ! • « • » part Les dialectes de la langue d'oïl (1) V. m : Littératures françaises* connexes et marginales. p. 14) ni artificiellement codifiée. le francien a du reste dominé ceux-ci d'au­ tant plus aisément qu'aucune œuvre littéraire vrai­ ment importante n'est venue les illustrer ni les dé­ fendre (1). François Ier promulguait le fameux Edit de Villers-Cotterêts qui. en excluait aussi de fait tous les autres dialectes et scriptas. imposant l'em­ ploi du français dans les actes officiels afin d'en exclure le latin. 1414-1459 : « Les littératures dialectales du domaine d'oïl ». 115 . déjà sensible au xne siècle.bilisée (v. par Maurice PDLON. les parlers dialectaux d'oïl n'ont cessé de se détériorer sous le poids du prestige grandissant.

séparent le dialecte concerné du francien. permettra au lecteur de saisir ce processus (1). anglonormand. le lecteur se souviendra qu'un dialecte ou un parler se définit par la conjonction d'un certain nombre de traits dont chacun peut être commun à plusieurs dialectes ou parlers : ceci est du ressort de la géographie linguistique. cf. ceux du Centre-Sud : Orléanais. dans cette 2* partie. ceux de l'Est : champenois. de Touraine. 125). intermédiaires entre les domaines d*ofl et francoprovençal. Saintonge et Angoumois. lorrain et bourguignon (2). symé­ triquement au sud-ouest ceux de Poitou. Bien entendu. morphologiques ou syntaxiques qui. nous renon­ çons. Aunis. 116 . 115.B. Paris 1972. p. en diachronie ou en synchronie. (2) Les parlers de Franche-Comté. de Bretagne — « gallo ». wallon. ceux de l'Ouest : parlers de VAnjou. jusque sur le pourtour de Paris. qui forment la transition entre oïl et oc (v. du Maine. V. La carte. ne sont pas pris ici en considération. Pour éviter un encombrement typographique. CHAURAND. nous indiquerons successivement les principaux traits phonéticophonologiques. Ces dialectes se laissent classer pour l'essentiel en quatre familles distinctes : ceux du Nord : picard. Introduction à h dialectologie française. Cl) V. à encadrer de crochets les notations phonétiques. non celtique — et de Basse-Normandie.France d'oïl. N. Dans chacune des esquisses dialectales ci-dessous. J. la carte. p.

Ty. *TRIPALlATU > travilliet. fut. GARD. / germaniques : SKJNA > eskine.-p1/. -ICIU > -ic(h). germ. EÇKXE) ILLU > chel. EqCE HOC > chou. terra. mais CABALLU >kevaj et CAPRA > ki(e)vre.CHAPITRE PREMIER DIALECTES SEPTENTRIONAUX I. CANTlONE > canchon. POPULU > pule\ 6) Main­ tien tardif de -r final roman : VIRTOTE > vertut. STy : CAELU > chiel. CARROCA > carue. 5) Vocalisation ou « fricativisation » (3) de la labiale dans les groupes -#/. etc.-BL. rescapé (p. vaur(r)a. (3) La confusion de u et de v dans l'écriture médiévale rend souvent la décision incertaine. ANGUSTIA > angouche — on a en finale les graphies -ch et -c : BRACHIU > brac(h). TENËR(E) + -at > tenra. suivi de régression. PULVERE > poire. NODU > nut. -JIV-. aussi la ville du Coteau {< CASTELLU) Cambrésis où fut signé en 15S9 entre Français et Anglais le traité qui mit fin aux guerres d'Italie. ♦VENOTU > venus. 7) Réduction précoce de l'affiri(1) La vitalité du dialecte et des échanges interdialectaux s'est encore manifestée au début de ce siècle par l'emprunt du pic. a agi sur la voyelle) : CANTÀRE > conter. S) Maintien de w.germanique : WARDON > warder.—a) Consonantisme : 1) Conservation de CG + A (mais un début de palatalisation. VENERIS DIE > venredi. 2) Produit chuintant et non sifflant de la palatalisation de C*\ Cy. MERCÀTU > markiét. *VOLËR(E) + -at > vorra. CAUSA > cose (2). MERCËDE > merchit. CIVITATE > chité. EXCAPPARE > escaper (1). pour(r)e. WADANJAN > waa(i)gnier9 WERPJAN > werpir. VACCA > vake.: SIMULARE > sankr.: TABULA > toukltavie. -ITIA > -eche. (2) Cf. fut.. -/>r. * ACCAPTÂRE > acater. 4) Absence de consonne épenthétique dans les groupes romans -m1/-. FACIO >fac(h). DIABOLU > diauk. 117 . CAPTIÀRE > cachier. -ABILB > -aukl-avk.> gardin (fr. — Picard (1) a) PHONÉTIQUE. FACIA > fâche. « jardin »)♦ de même pour K + < ? . réchappé) lors de la catastrophe minière de Courrières (Pas-de-Calais) en 1906. WAHTON > waJtier.

ei + s> i : OCCASIONE > okison. 5) Démonstratifs CSSgm EqC(E) ILLI > chil. vent). l'expression « ch'nord » employée par référence aux régions les plus septentrionales de la France et à leurs habitants. 7). CX)NSILIOS > consaus. de ceux-ci sont men ten sert.. les témoignages postérieurs attestent le fait : dans Monsieur de Pourceaugnac. en/ans contemporains de l'afr. les PT4 en -âmes. fr. oi > o. *PISClONE > pischon. a. et les possessifs corresp. EqC(E) ISTÎ > chis(t) (5). -AS (cf. L'article fém. MOLŒRE met dans la bouche de la Picarde Nérine (II. CALCEÀTA > cauchie (afr. 2) Différenciation en au de ou issu de o + / implosif : COLLUS > caus<fc. et en -iemes à l'IIMP et au C (cf. ex. 2) Les CRSg masc. entre autres pieardismes. PLAŒT > plast. également EQCXE) ILLOS > chiax. 4 en •ornes (cf. *AD PRESSU > apries. S) Diphton­ gaison de e roman tonique entravé : BELLU > biel. ♦PETTIA > pice. me te se. iee > ie. conjugaison : 6) Des. ♦SOLICULUS > solax. (4) Cf. le castillan mi ti si. insainswte. l'ouverture de e en e devant / implosif fait évoluer -ILLOS comme -ELLOS : CAPILLOS > caviax (2) comme BELLOS > biax. entains (entends). 5) En position prétonique. enfanz. 7) e prétonique + K. 118 . CAPRA > civre (Jkivre). Juerra ( » « ju­ rera »). jt > i : MELIORE > milleur (cf. et nos vos. cf. 3) Noter les fém. -AS et *VOSTROS. ueu > u. ai> a. GLO­ RIA > gbre. parfois // au CS par anal. LAXÀRE > lassier. moi toi soi. p/ndre (pendre). TESTA > tieste. (2) On rappelle que -x « -us.. supra travilliet).: esprevier. cf. *MANSlONÀTA > maisme. braz. 8) Métathèses dans les groupes -er-/-r*. cous). de pers. 8). est le. (3) Cf. EQCE HOC > chou. ont donné naissance à des cas sans -5 not vo. HISTORIA > estore. chi(e)us. parallèlement. 6) ai. l'occitan mieu tieu sieu. : meûr ( < MATORU) > mur9 meîsme > misme. 7) HABUl SAPUl représentés par oc(h) soc (h).quée -te en -s : bras. b) MORPHOLOGIE : / . tandis que les CR mi ti si remontent non à ME TE SE comme le fr. refaits sur *mieu ( < MEU) non attesté (3). (1) Si la graphie en ne prouverien(cf.). to­ niques mi(e)ue(s) ti(e)ue(s) si(e)ue(s). somes) à l'IP et au F. COLPU > coup (coup). dêmaintlras (démentiras). ieu > iu. tmpudainche. produits pré­ coces de NOSTROS. etc. e en hiatus s'efface plus tôt qu'en fr. 4) Réduction de diphtongues et triphtongues apparemment par recul de l'accent : ie> /. SENIÔRE > signeur. sg. FOCU JOCU LOCU > fu ju liu. cf. supra vaur(r)a et de même CLAVU > chu et non clou. avec le masc. chauciee). 4) EGO tonique > jou. a. (5) Ce démonstratif (che) a fini par servir normalement d'article. p) Vocalisme : 1) Maintien de ë ( < e/e + nasale) qui ne s'ouvre pas en à comme en francien (1). mais à MIHI TIBI SIBI > *MI Ti Si (4). etc. chi(l)s. etc.

font toujours problème. amour < AMÔRE. comme le SP correspondant en -(e)c(h)e s'est étendu à d'autres SP : demeur(e)chef go(e)che « *GAUDlRE). p.. chouette). P) Vocalisme : 1) Absence de diphtongaison conditionnée : PECTUS > pelzf ♦FOLIA > foille. 10) PT9 en -is(s)ent modelé sur -&. d'où les SIMP euisse. poc(h) (< *POSSIO). 2) En revanche. rouvre < RÔBORE.S) Appa­ remment. senc(h) < SENTTO. 2 et 3).) en -ir et •irent. I à radical palatal et in en raison de la réduction phonétique de -ter (IF) et -terent (PT. IL — Wallon (Belgique S) Appartenant à la même famille que le picard. (2) L'évolution francienne 'où > *eù (> *œù) parait tardive. enfin. et loup < IMVXJ Jouve < LUPA. n. -ist (pers. cf. ainsi pasture(a)s rime avec malvais. doi(ve)chet mec(h)e (MITTERE). prenge. HAWA > hawe (fr. les n \ phonétiques fac(h). S) On a paral­ lèlement des SP en -ge sans doute inspirés de sorge (< SURGAM : phonétique? ou faut-il poser des *PERDIAM.). d'où conservation prolongée des types mesis mesisse. par surévolution :TALE > teil9 NOMINÀTU > nomeit9etc. 4. 6) Réduction de ui à u : *DESTROGERE (cl. 7) Réduction de la triphtongue •eau à -e.dans les PT en -Ul : HABUISTl > euis. metera. *PRENDIAM analogiques?) : renge (*RENDERE). V. prél. réduction à u de la diphtongue ou issue de Ô( : SENIÔRE > signour(2). diphtongaison de e et o toniques entravés : VESPERA > viespre.ger­ manique : WARDON > warde(i)rf et de -w.-STRUERE) > destrure. prenc(h).. les affriquées tfdr en fricatives : « chanter » se dit toujours UfàUe] en wallon. but). seuisse. ♦BIBUIT > biut (fr. etc. ttenc(h). presis presisse. perge (PERDERE). 12) Confusion. etc.cf. comme le fait ce dernier.roman. 2) Persistance de s + ptkt et -5/ > -J fréquemment. etc. houe). 9) Absence d'action de -w. AQUA > awe (« eau »). 119 . cf. de toutes origines : germ. KAWA « oiseau de nuit » > chawe (choue. SAPUISTI > seuls. 5) Effa­ cement précoce des finales atones d'anciens proparoxytons et de paroxytons en -A (xni* s. 11) Formes svarabhaktiques aux F : devera. propagée selon certains à partir des régions picardes. ce dialecte partage de nombreux traits avec lui : a) PHONÉTIQUE. jaloux < ZELOSU. époux < SPÔ(N)SU. dont la dési­ nence s'est étendue à d'autres IPi : demanc(h). 4) Palatalisation relativement tardive de u en y : vertut (VIRTOTE) peut rimer avec mut (MULTU).sur -/.. — oc) Consonantisme (1) : 1) Maintien de w. des cl. mais ne simplifiera pas au XIII* siècle.. 18. ainsi que de e issu de Â[. on le rappelle. 8) Evolution spéci(1) Le wallon partage avec le francien la palatalisation de C* G*.

but (cf. et après -**. *POTET > peut). picard a. 2) ILLl et son composé EQCÇB) ILLl donnent comme en ancien occitan des types à palatale Uh. to catch — de cachier < CAPT1ÀRE. — Anglo-normand (2) Devenu après la conquête (1066) l'instrument d'expression d'une société mixte romano-germanique de type original. fr. dans te droit et dans l'édu­ cation jusqu'au xrv\ avec un sensible retour au modèle continental — qui eut ses partisans jusqu'au xvm* siècle. adne (= asne. 6) Conservation pro­ longée des affriquées tf d$ (cf. 9) Insta­ bilité du e. j .se consonantise : TËNUl > ttnve. chacler. dewaster. 120 . 5) Conservation tardive de kw.fique de la diphtongue oi qui. d'où Ij > X)\ S) MEl conservé au CS masc. PTt biut). -M>. 4) IIMP de la Cl. b) MORPHOLOGIE : l) Le datif ILUS > les (cf.. l'anglo-normand n'était plus parlé par la noblesse à la fin du siècle. C'est à l'anglo-normand que l'anglais doit le phonétisme de l'essentiel des emprunts qu'il a faits au gallo-roman. œ à l'instar de we issu de 0[ tonique : MË(N)SE > *mots > mwes > mots écrit meus(cf. notés d (-t) : medler (** meslert mêler) (to meddk). telet set.ne labialise pas / : *STETUIT > (e)stl(e)ut. : fuhty pleght —fir. vertud. oc. 2) Produits chuintants de Cy. a. l'anglais (2). cilh (généralisation des emplois antévocaliques où / en hiatus > / . C*. ♦CERESEA > cherise (cherry). gw : IP6 gwenchent (quash. de z préconsonantique et 9 (-0). 3) Conservation de w : WARDON > warder. fud.prosthétique devant s + cons. il combine ses traits gallo-romans septentrionaux avec des évolutions propres à la langue de substrat. ACCAPTÀRE > akater (market.plest < PLACET. de MERCÀTU markandise. chance. picard a. pi. 4) Notation du stade fricatif de s + cons. après être passée à we comme en fran­ cien évolue en wœ. Dans les PT en -Ul. FACTlONE > fa(i)chon (fashion) . (2) Ayant perdu au début du xm* siècle son contact vivant avec le français continental. a) PHONÉTIQUE (nous citons entre parenthèses les emprunts que l'anglais a faits à l'anglo-normand. T> (cf. I en -(i)eve« -ABA-)(1). m . /) : dér. et dont la forme reflète bien le phonétisme dialectal). (-QU-)poursulwirent. 2) : CËPA > chlve (chlve). cattle). l'occitan. âne). bt(e)ut. judge). : (e)sperance. vide (** vie). mais son usage se perpétua en littérature. (e)stuet. d'où mei et par anal. ewe. — a) Consonantlsme : 1) Non-palatalisation de k + a (cf. 6) Participes passés analogiques (connus aussi du picard) en sttut. fett (1) Aujourd'hui généralisé en •*/. -sser —. ce dialecte a longtemps servi à la rédaction de textes innombrables. to enguire). 7) Id. littéraires ou non. to escape. fran­ cien lor < Ï I J L O R U ) .

preve ( < PROBAT). b) MORPHOLOGIE : 1) La désintégration rapide de la déclinaison. ride). 7) : (ces (= icez). tosty. a. in : soleil rimant avec peil« PILU). puis Ju/i : graphie vewe pour vue (view). tôt.) : heir. 8) y réalisé u — on trouve murs rimant avec flurs —. lui réduit k lu — comme du reste celui à celu.(=foi) (faith). cestu (= ces* tui). fuille (repruce). 2). cf. dounent. 2) lo[ (devant consonne nasale ou non nasale) > u. noté parfois de même : àulur. chaunt. mauveise. seit. cort (furnace). lune (to lunge) . curt. d'où inversement to praise. Uvere (— livre). fere. sur (sure). bowel. pic. pestre. 14. sauront)'. treis. epistele (** epistle. 6) e + nasale garde son timbre fermé (cf. tut. seint. angl. 9) ai> ei/e noté précocement — d'où des graphies ai pour ei étymologique ou et pour e : feim. 4). cf. maner (=• manoir)). (travel. saverunt (=* savront. 11) Résolution des palatales X et ji en //. noté u : àulur. P. a. : ceals (*ECCILLOS) comme beats (BELLOS) (cf. afr. lumere. ef« *OVU). saver. bwer (**1oer). i) (défendre continué par to défend. d*où hésitations : merché.) IJo.forester f — -tier) . penseie. ou se réduisant 121 . chivalerie (chivalry). P) Vocalisme : 1) u prétonique et issu de lo]t même devant nasale. meime (abbey. pic. a. ou réduit à e (cf. plue (= pluie). 9) Apparition de semi-consonnes de transition (« glides ») entre voyelles : espeie. a. a. > u : TOSTU > tust (fr. 12) ue > u/e : buf. pelire pour pelure (pedigree < pied de grue)*. ardaunt. a. pic. Jtdse). 16) iee > ie : maisnie et ieu > iu/u : liu/lu (cf. et Pamuissement précoce de -s expliquent les fréquentes confusions de cas. dolor. shark). P. bûche (** bouche). l note u). afr. 18) Amuissement de e en hiatus : benuré (afr. aussi to demesne. 15)ié>e : apartenent (*= appartiennent). pars. 12) Fermeture de e prétoniqué en / dans un entourage palatal (cf. vowel). merchant (cf. 5) h) devant s + cons. trovaustes. to abstain. achevée dés le xm* siècle. sel (** seel « sceau »). apers (latinisme. feignent avec peinent (cf. overi ( — ouvrit). ou seent ( < *SIANT). d'où angl. lu. to restrain). to vaunt) . mountain. inversement farm. 8) Réduction précoce de -ts à -s (cf. marvel. aungele. 13) eau > au : habne ( = heaume. : EGO > gié (ton. 3) xa] + nasale se vélarise (notation au) : graunt. U) uiréduitku :nut (— nuit). repentaunce (aunt. juwise ( < JUDlCIU. pic. gentil par gentle). errur. cowardie (coward. lu (= lui). benëuré). p. pic. 4) De même devant s + cons. de APERTOS). a. 7) Tendance de e à s'ouvrir en a devant r. Jeo (atones). 17) e + 1 + cons. kouwe (= queue). Juner. : chaustel. travail). éptire). 10) Apparition de voyelles « svarabhaktiques » : o(e)vere (** œuvre). > -eau comme e + / + cpns. esteile. etc. arch. 2) Pron. 10) ei maintenu sans différenciation en oi. coroune. — se confond avec le CRDir. le préc. 14) ueu> u: FOCU >fu (d. vesture. 7) : traviler.

parfois me pour ma (comme le pour la\ mien > men (cf. a. mais souvent avec svarabhakti : quifs)tfe)rentt mifs)t(e)rent pour fr. etc. pic. soit en hiatus fsaturez). 10). -o(u)ent s'étend parfois aux autres classes. a. mirent. requerreintt dintt pont pour dient. poent. soit après semi-voyelle ou voyelle (ferei p. •omfs)l^um(s) à la pers. quirent. a. bf 7-8). SP en -ge. et l'inverse) et l'extension remarquable de la Cl. 7) I/IIMP de la Cl. cf.fereie. 11) Fidélité aux formes phonétiques d'IPc aux PT en -Si. corresp.). jeo). JS). 9) F et C à svarabhakti (cf. 6) IPX en -c fvlenc) ou -*. bt 6)..à // devient homophone du fém. p. 8) Effacement de e atone en contact avec une voyelle.. 10) entraînent les confusions entre classes (on a -er -erent -ee pour •/r ~irent -te. 122 . pic. id. 12) Certaines réductions phonétiques (comme -eir > -er à 1*IF. 4. 4) Démonstratif neutre ceo (cf.(cf. S) Possessifs mifs) tifs) sifs) comme en picard. a. cf. S) Désin. graphiques) aux PT « forts » en -Ul. ÎLLA > parfois oie. -ons et -iens. parfois aussi -ornes et "ternes (pour afr. I en -o(u)e -ofu)es -ofu)u. p. 3 et 6 en -out/-ourent (et autres var. I aux dépens des autres. 10) Pers.

6 oxytones comme 4 et 5 (-art. 6) Ouverture en a de o «f / antécons. aj PHONÉTIQUE. ou issue de ■ >. 2. p) Vocalisme : 1) Surévolution en ei de e issu de >a[ : leveir. 5) PTf Cl. Lorrain et bourguignon (6) et (9). ILLOS > eas/aus . les autres pers. 5. : SOLVERE > AHtrre.). b) MORPHOLOGIE : / . a) PHONÉTIQUE. I en -arent (cf. 2) Nondifférenciation de la dipht. 3) Produits *oiM (non »>l) de h + yod : MODIU > moui. (Centre-Est) champenois (5). — oc) Consonantisme : 1) Maintien de w. noté précisément x ou ix).. [uD. graphie diversement (puis à x. s : dyen (doiien). 5) Passage de js à / .germa­ nique : warandir. ou ([où]. apelelt (PPass). d'où o/ou : seignor. 7J Réduction à / de ei/oi prétoniques surtout dev. 2) IN TLLXJ>on et non ou. -ont. 2) En Lorraine. maintien tardif de -f roman après voyelle. conmssant. 2) Permanence de -/ final roman après voyelle : apeleit. 4) Absence d'épenthèse dans les groupes -JI'#S -/'r-. 4) Pers. 6) Type fisent aux PT en -SI. — a) Consonantisme : 1) Conservation de M» * germ. 6) Vocalisation en u de b + consonne (dlaule). effacement de / et & devant consonne : PALPËBRAS > papieires. de oi à o. d'où au. meut. 3) En Lorraine également. Identité des produits de e et de e suivis de / antéconsonantique. MEUUS > miez. n + r : voira (Ivarra). SP -iént). venra. 3) Vocalisation de b + / : paiseulement (xm -ible-). establit. OCTO > hoit. 5) Tendance à l'amuissement de / antéconsonantique : BLLOS > eas9 especiament. 4) Réduction de iee à te. -iemes. 4) Absence d'anaptyx dans les groupes l. 3) IIMP47C4 -(o)iens.CHAPITRE II AUTRES DIALECTES L — Dialectes orientaux 1. <[ doits < DUOS. p) Vocalisme : I) Surévolution 123 .

SP« entroient. 4) Ouverture de je en jâ (cf. 4) Création (analogie de conoisseT) d'un SP en -oisse : perloisse.. aji > aiji > ëi > ê. moinnes (= meutes). 10) Plus tardivement (xm'-xive s. fermeture en u de o issu 124 . M n n i > mar. 8) Passage à a et o de e suivi de / ou K + cons. 6) En revanche. 9J Vélarisation de a +l implosif ou bl : maul. 14) Passage d c w à .. I : oreve/. des IP et des SP entièrement « faibles » en -o/.). cond. 7) Ouverture de je we en ja wa devant / implosif (vélaire) : miauz < MELIUS. 13) Nasalisation de / précédé de nasale : anemin (= ennemi). -o/i/. 9) De même. 3) IPS en -oiz < -ËTIS et -iz < -ITIS. vigniens (VENIÀMUS). etc. ai) : valeir.. graphie OrUensX). maleide. e et <C. de SP4 en -iens. -eiez/-oiez (cf. devant tfdstsstd et parfois r : vafcfe. devant jt. èV PTf en -arent (cf. mais en Bourgogne diphtongaison.. [/]//. 5) Développement d'un timbre de transition e entre / et r inter­ vocalique. e. I à IF en -fer : appariUivent. 7) IIMP^ ana­ logiques en -eiensl-oiens. (J) Vocalisme : 1) Nondifférenciation et monophtongaison de bf ( < bQ en e (noté ei9 e. 5) Rareté de la dipht. 2) Non-diphtongaison. F5 en -oiz (cf. diphtongaison lorraine de le et b entravés en xje 'w». IL — Dialectes centre-méridionaux : Orléanais (4) a) PHONÉTIQUE. tauble. et fermeture en «. visaige. -efe -ofe. Orléans pour Pane. en -ive à la O. 10) Palatalisation de a noté ait ei% e. IP-n et p.j. -a/ -a&. en Bourgogne. d'où. -/e/i/ à PIIMP et au SP (chantiént). d'où <&f */C > aU eï& > dX oU : traveilf consoil. 16) Fermeture en / de e prétonique suivi de/C/i ou js jz : signour. le F -a/ -ay -a. m iferivet et à la O. 73). — a) Consonantisme : 1) Résolution en / de g issu de K entre AU et -A : PAUCA > poie. 6 téléotoniques en -ÛH/. d'où aji> aiji > elji > en : monteingne. 12) Id. ait (~a< HABET). ou précédé de tf : chivaL b) MORPHOLOGIE : 1) Article h.) ou en -ont (cf. 3) Réduction précoce de ié en é après palatale (ch. aee à fe ue. de e et o. puis réduction du même en ei>oi>o : promût (»promet). diaut < DOLET. 5^ Réduction de te. assibilation de r intervocalique etfinalen z. 2) Désin. 15) Réduction de yi à y. perle (= parle) . puis alK eU > et. tardif. S) Développement d'un i entre a. 2) Monophtongaison précoce de ai en e/e. 2) A époque tardive. différenciation régulière en oi à& ei + nasale après la­ biale : poinne (= peine). 11) Développement de f devant <C. de xo[ suivi de -r : pfoitr. 6) Palatalisation de a en e. 6) Pers. noté af.: IPS entrois. 7) Ouverture en a de b] : SPISSU > espas.*a[ > xe\ > xei. 4) En Lorraine. devant/ et j : saiche. 5) IIMP en -(7 jeve et -e/ve à la O. gn). ont)9 celle-ci étendue aux CL II et m . ameie.).

) de ai en e et de âf. 2) Monophtongaison précoce (xi* s.. 5) Pers.. Bretagne (Gallo). (3) Le processus rapprochefinalementce type dialectal de roccitan. 8) Apparition d'un timbre de transition entre / et r intervocalique et antéconsonantique. 5) Conservation de PIIMP-I en -o(u)e9 etc. 125 .. ces variétés dialectales contiennent nombre de traits où se perçoit la proximité du domaine occitan. (1) Ce qui en revanche est le cas des dialectes de Poitou. Maine. 1.. 4) Pers. occitan). b) MORPHOLOGIE : 1) Emploi de Particle masc. 2) En particulier. 3) Survivance d'un pronom naître el < ILLU. Basse-Normandie (2). p. -am -em -im9 sans -s). h(u). 3) Passage précoce de yï à y/. 4) Réduction rapide des diphtongues issues des voyelles moyennes fermées en position tonique libre : xe[ > «ef > «ef > »e. 6 à dés. (2) La Haute-Normandie appartient en revanche au domaine des dialectes septentrionaux : v. Aunis. deûs). 7) Radicaux palataux (SP) de tenir et venir en teign-ltaign. 6) Ouver­ ture de e en a devant la seule nasale labiale . et de o tonique entravé» devant 5 et s antéconsonantique. — Dialectes occidentaux Sans constituer pour autant des parlers de transition entre oïl et oc (1). type doûs (afr. à ce propos ce qui est dit de Panglo-normand. Saintonge et Anaoumois. 7) Réduction de xyï à xy devant s. 3) HMP de la CL I en -oe -oes -o/. Anjou. 5) Main­ tien de la diphtongue we (pas de monophtongaison en œ). 120 sqq. 2) Dési­ nence de pers. -oent en usage jusqu'au xm9 s. -ioml-ium (cf. etfréquenteréduction de ele < ILLA à ei. 6) Emploi de radicaux à vocalisme arrondi dans les formes faibles des PT en -Ul et des SIMP correspondants. b) MORPHOLOGIE : 1) Détérioration rapide de la déclinaison. négligés pour cette raison dans le présent ouvrage. -iént téléotonique. d'où '/V > j/èr. '*[ > *où > »« (3). devant / . par ëïf en I. * III. 4) Utilisation sporadique de SP en •ge.et veign-/vaign-. occ. 6) IIMP* et SIMPC en -eint> -int -oint. 4 à désinences •oml-um. Ensemble des parlers de l'Ouest (3) et (7) : Touraine. ou e reste inchangé et ou o se ferme en u. 4 en-on (cf. a) PHONÉTIQUE (rien à signaler en matière de consonantisme). — Vocalisme : 1) Absorption précoce du/ de/e par la palatale précé­ dente. disparition du CSSg en -s dans les féminins du typeflor(s)fin(s).de AU.

grange < GRANICA. PAUCA > poie. èri). sonori­ sation de certaines sourdes mtervocaliques avant la chute des pénultièmes atones (cf. occitan). c'est-à-dire à l'exclusion de la Basse-Normandie. perche —. 5) SIMP6 téléotoniques en -ant/-ont. b) MORPHOLOGIE : 1) Réduction de vos enclitique à -us. 6) Dévelop­ pement remarquable des PT en -DEDl (cf. pèrga < PER1TCA — fr.chevauché). 126 .2. 3) IPx en -c et parallèlement SP en -ge. Parlera du Sud-Ouest plus précisément. a) PHONÉTIQUE : 1) Assimilation de -m*n. résolution en i de < antéconsonantique. occitan) : types jade < GABITA.: FËMINÂ > ferme (occ. prés./Gérondifs en -en/ à la Cl. d'où par exemple *si vos > sos. 4) Type ereie erfôns à PIIMP de « être » (cf. 3) Localement. II (cf. ferma). C passage à « de ce même K après /. basoge < BASILICA (cf.en -wi. 4) En Bretagne et dans le Maine. 5) Faiblesse de -f final roman appuyé sur ] et même sur n. cavalga < CABALLICAT —fr. occ. en occitan les types manga. 6) Dans les proparoxytons. manche —. 7) Existence de Part. marga < MANICA — fr. occitan). 2) Résolution en / de g issu de k entre AU et -A : AUCA > oie. 2) Emploi de l'article bu.

Anthologies de textes médiévaux. BARRÉ. Front Latin to Modem French. VIDOS. Dictionnaire de Fancienne langue française et de tous ses dialectes du IX9 au XV siècle. BEHRENS.. MALMBERG. C. G. A. D. Nouveau diction- 127 . I-II. V. I seul paru). I-II. — G.BIBLIOGRAPHIE (Ouvrages en français et dans les langues étrangères les plus courantes) 1. HENRY. von WARTBURG. ZINK. MARCHELLO-NIZIA. P. MBNARD. V. ANDRIEUX et E. Manuel de phonétique générale . 2. DAUZAT. Histoire de l'orthographe française. E. 1-X . Dictionnaire étymologique de la langue française. J. L. M. Phonétique française. J. H. — naire étymologique. K. Vancien français. L. Chrestomathie du Moyen-Ase. Etymologiques : A. I-II. Précis de morphologie historique du français. Textes médiévaux français et romans. PARIS et E. Grammaire de l'ancien français. POTTIBR. P. I-IV. B. A. esp. Le moyen français (« Que sais-je ? »i. — F. Historische Grammatik des Franzâsischen. U. Introduction à la phonétique du français. Introduction à ht morphologie historique de l'ancien français. GuiRAUD. FOUCHÊ. Introduction à l'ancien français (synchronique). — l. Manuel bibliographique de la littérature française du Moyen-Age. SCHWAN et D. E. M. Les plus anciennes chartes en langue française (t. CARTON. ID. La phonétique (« Que sais-je » ?) . OODBFROY. Le origini délie lingue neohtine. le précédent s'en inspire. I-II. DUBOIS. I-H-III. Phonétique. W. Chrestomathle du Moyen-Age. Romanische Philologie. BRUNEAU. ID. Grammaire historique de la langue française. ID. Textes d'étude. Le génie de la langue française. B. Linguistique française : ancien et moyen français. ROHLFS. MEYER-LUBKB. LANGLOIS. parus Qettre O). Franzôsisches etymologlsches Wôrterbuch (FEWJ. BAUMOARTNER. W. Phonétique historique du français. PICOCHE. W.L. Petite histoire de la langue française. E. von WART­ BURG. Eléments de linguistique romane. NYROP. RÉGULA. G. von WARTBURG. Système morphologique de Vancien français. Introduction à la phonétique historique de l'ancien français . Syntaxe (Manuel du français du MoyenAge. et Ph. WAGNER. Grammaire historique de la langue française. de Handboek tôt de romaanse Taalkunde). Romanisches etymologlsches Wôrterbuch (REW). Précis de grammaire historique de la langue française. R. ID.. BLOCH. Histoire de la langue française. STRAKA. Eléments de phonétique. POPE. IV. C. et J. de LA CHAUSSÉE. — B. H. Romanische Sprachwissenschaft. BRUNOT et Ch. BOSSUAT. N. Les domaines de la phonétique. G.BRUNOT. RAYNAUD DE LAGB. Intéresse en fait tout le gallo-roman. F. W. CLBDAT. F. Ajoutons : C. Historische Grammatik des . trad. R. A. m . G. SOBODIJ. O. MoiGNBT. Vancien français (« Que sais-je ? ») . RHEINFELDER. P. Phonétique historique du français. Chrestomathie de la littérature en ancien français. TAGUAVINI. Franzâsischen (I-II). The Romance Languages. Manuel pratique de philologie romane. Manuale di Unguistica romanza (trad. 3 fasc. Lexique de Vancien français. BEC.. I-H-III. MBYER-LUBKB. K.De langue : F. Evolution et structure de la langue française. BBAUUBUX. L. LANDERCY et R. Dictionnaire de Vancien français. WAGNER. — E. BOURCIEZ. I-u. Morphologie historique des verbes français. R. La fragmentation linguistique de la Romania. BRUNEAU. Ch. H.. BOURŒZ. von WARTBURG. Historische franzôsische Grammatik. RENARD. LANLY. Dictionnaire étymologique de Panelen français (DBÀF). G. F. FOUCHÉ. Grammatik des Altfranzôstschen (avec une anthologie de chartes dialectales). I-II.. P. J. ID. Dictionnaires. Morphologie historique du français : le verbe. KUKENHEIM. MITTBRAND. Histoire de la langue française aux XIV et XV siècles. DAUZAT. W. C. w . Linguistique romane. Unguistica romanica. ELCOCK. A. A : Le verbe. I-II. W. GRBIMAS. LAUSBERG.

Dialectes occidentaux. — IV. 8. 96. — m . — H. 43. L'énoncé complexe. — IV. 117. pronom. Romaoia ocddentale et Romania orientale. 123. adjectif.10. 27. Structures accentuelles. 120. Nom. 15 CHAPITRE H. Dialectes orientaux. Picard. Généralités. — III. Essais d'interprétation structurale. 41100 Vendôme Mai 1988 — N° 33 367 . CHAPITRE m . — n i . — II. — m . Aperçu de l'histoire de l'orthographe française. — Morphologie 48 I. 15. 65. — Antres dialectes 123 I. Wallon. 117 95 CHAPITRE II. 15.. ^ . — H. Le syntagme nominal. Anglo-normand. Consonantisme. 48. — II. Le syntagme verbal. Vocalisme. 119. avenue Ronsard. — m . 6. PREMIÈRE PARUE PROTOHISTOIRE DU FRANÇAIS DES ORIGINES AU XII* SIÈCLE CHAPITRE PREMIER — Phonétique et phonologie I. 45. Généralités. — V. 91. Les invariables. f i l . 5. — Syntaxe I. — II.foace du français dans les mânes • subslratà* et sopersttats I. Dialectes centre-méridionaux : Orléanais. BIBLIOGRAPHIE 127 Imprimé en France Imprimerie des Presses Universitaires de France 73.TABLE DES MATIÈRES AVANT-PROPOS INTRODUCTION. 103. Oïl ~ oc ~firancoprovençal. Verbe. DEUXIÈME PARTIE LES DIALECTES D'OlL CHAPITRE PREMIER — Dialectes septentrionaux I.^a. Gallo-Romania et reste de la Romania occidentale. 124. 125. — m . — H.

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