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Procédure civile

Procédure civile

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Cours de procédure civile
M1 droit privé fondamental
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I Les différentes catégories de jugement

Les jugements que peut rendre en matière contentieuse une juridiction sont classés en
plusieurs catégories et la distinction consiste à opposer els jugements définitifs, les jugements
provisoires ou encore les jugements mixtes.

A) Les jugements définitifs

Jugement par lequel le Tribunal va trancher tout ou partie du principal, c'est à dire de

l’objet du litige qui lui est soumis.

B) Les jugements provisoires ou jugements avant dire droit

Un jugement provisoire ou avant dire droit est un jugement qui ne tranche pas le fond du
procès. S’il est qualifié de provisoire, ça veut dire que c’est un jugement qui ordonne une mesure
provisoire et qui n’a pas autorité de la chose jugée à l’égard du même Tribunal lorsqu’il va trancher le

fond du litige.

Jugement avant dire droit : le Tribunal ordonne une mesure d’instruction avant de statuer

sur le fond du litige.

C) Les jugements mixtes

C’est un jugement qui va trancher une partie du litige au fond. Le Tribunal n’aura pas

tranché le reste du litige dont il reste saisit. Ce jugement va, en même temps, ordonner une mesure

d’instruction ou accorder une provision.

Du point de vue des voies de recours ordinaires, la loi fait une différence pour ce qui est
d’exercer un appel immédiat entre ces toi catégories de jugement : article 544 CPC : « les jugements

qui tranchent dans leur dispositif tout ou partie du principal peuvent faire l’objet d’un appel immédiat

et ceux qui tranchent une partie seulement du principal tout en ordonnant une mesure provisoire ou
une mesure d’instruction peuvent faire l’objet d’un appel immédiat concernant ce qu’ils ont tranché
sur le fond du litige ».

Alinéa 2 : « les jugements statuant uniquement sur une exception de procédure ou sur une
fin de non-recevoir ne peuvent pas faire l’objet d’un appel immédiat sauf si ce jugement a pour
conséquence de mettre fin à l’instance ».

Dans tous les autres cas, l’article 544 dit que l’appel est possible mais pas immédiatement.
Il ne pourra être interjeté qu’en même temps que l’appel qui sera interjeté contre un second

jugement qui va trancher le fond du litige.

Civ. 1ère

, 2 mars 2004 : l’appel immédiat était formé car le Tribunal avait statué sur une fin de non-
recevoir mais son jugement n’entrainait pas l’extinction de l’instance : pas possible car ce jugement
ne pouvait faire l’objet que d’un appel différé.

II Les règles du CPC relatives au débat et au rendu du jugement

A) Les débats

Les débats : le Juge qui connait le dossier va poser des questions auxquelles les parties vont
répondre mais le justiciable ne plaide pas comme il le veut son dossier. Le dossier déposé avant

l’audience, un Juge fait une note de synthèse sur le dossier en reproduisant l’importance effective de
chaque élément. Le Juge fait ensuite un rapport à l’audience pour présenter le rapport de synthèse
puis il pose des questions aux parties. C’est interactif.
Articles 433 et suivants CPC : les règles générales : idée que le Juge va diriger les débats.

C’est le Tribunal qui donne la parole ou la retire. En principe, demandeur initial prend la parole en

premier puis le défendeur originaire puis les intervenants. Dans les affaires ou le Ministère Public est

présent, il prend la parole en dernier sauf s’il est demandeur initial.

De même, lorsque les parties sont représentés par un auxiliaire de Justice, le Juge peut
décider d’entendre les observations orales du justiciable. Mais le Juge peut tout de suite lui ôter la
parole.

Ensuite, c’est le Juge qui décide si, conformément au principe, les débats ont lieu en
présence du public. Dans les cas où les débats sont publics, le Juge a la faculté d’ordonner que les
débats se déroulent en Chambre du Conseil lorsqu’il existe des personnes qui viennent perturber les

débats.

Enfin, le Juge a la maitrise des débats : il peut, à tout moment, procéder à la clôture des
débats. Il peut, inversement, inviter les parties à fournir toute explication utile sur des éléments de
fait ou de fond.

Spécificités des procédures orales :

Décret octobre 2010 : en matière de procédure orale, la logique est qu’on saisit le Juge de
ce qu’on lui expose oralement à l’audience. La loi consacre des dispositions permettant au Tribunal
d’organiser les débats (446-1 et suivants). Règles spéciales s’appliquant à ces procédures.

B) Le rendu du jugement

Lorsque les débats sont terminés :

- Le Juge peut rendre son jugement sur barre : c'est à dire tout de
suite. C’est très rare.
- Le Juge peut mettre en délibéré le jugement : il communique une
date à laquelle il rendra le jugement. C’est la solution la plus
fréquente.

S’agissant des modalités des rendus de jugement :

- Il peut être rendu par sa lecture à une audience : le Juge va, à

l’audience, lire sa décision. Il peut aussi, si délibéré, rendre sa

décision à une autre audience.
- Possible également de le rendre par mise à disposition au greffe : le
Juge va donner une date à laquelle les parties ou toute personne
intéressé pourront se rendre au greffe pour prendre connaissance du
jugement.

Le Code prévoit, dans les hypothèses où le Juge aurait une difficulté à rendre le jugement,
une possibilité de rouvrir les débats, c'est à dire soit de rouvrir car le Juge estime qu’il lui manque des
observations, des éclaircissements, des pièces, soit le Juge s’aperçoit qu’il n’a pas versé dans son
dossier les bonnes pièces.

La réouverture des débats s’impose dans le cas où une note en délibéré aurait été
communiquée par une des parties au Tribunal. Ces notes ne sont autorisées que dans deux cas par le
CPC :

- Lorsque le Juge demande, au cours des débats, aux parties de fournir
des informations : le Juge autorise une note en délibéré pour
permettre à la partie qui détient ces pièces de les donner au Tribunal
en les communiquant à l’autre partie. Si cette note en délibéré le
nécessite, le Juge doit rouvrir les débats.
- Lorsque le Ministère Public est partie jointe à l’instance et qu’il prend
la parole en dernier donc personne ne peut lui répondre : le seul
moyen de réponse possible est une note au délibéré. Le Tribunal

peut estimer qu’il est nécessaire de rouvrir le débat.

La présence du Ministère Public dans le procès public s’explique pour deux raisons :
- La loi le prévoit : on parle d’affaires communicables. Le greffe doit
communiquer tout le dossier de la procédure au Ministère Public
(affaires de filiation, procédures collectives).
- Quand il souhaite être présent : il a toujours la possibilité d’être
présent dans la procédure civile. Le Ministère Public demande alors
la communication du dossier et il pourra être partie intervenante
dans le procès.

C) La forme du jugement

Jugement contient des mentions obligatoires et une structure imposée par le CPC. Articles
447 et suivants, 455 et suivants
: mentions obligatoires :

- Doit indiquer le nom des Juges qui ont délibéré
- Date de rendu du jugement
- Identification des parties au jugement et de leurs représentants si
représentation.

Jugement a une structure type :
- 1ère

partie : les motifs où l’on trouve le rappel par le Juge des
prétentions des parties et le rappel des moyens. Devant certaines
juridictions, il est possible pour le Juge de renvoyer aux actes de
procédure écrite des parties. On trouve ensuite l’examen, par le Juge,
des différentes prétentions des parties et donc le raisonnement du

Juge, les qualifications qu’il applique, la règle de droit dont le Juge

fait application.

- 2ème

partie : le dispositif énonce ce que le Juge décide sur chacune
des prétentions qui lui est soumises.

Structure du jugement très importante car l’autorité de la chose jugée ne porte que sur ce

qui est contenu dans le dispositif.
Le jugement doit, en principe, être motivé.

Les mentions obligatoires comme les exigences de forme du jugement sont sanctionnées
par des causes de nullité. Mais l’annulation d’un jugement ne peut être demandée qu’à l’occasion de
l’exercice d’une voie de recours. Le but du législateur est de limiter le plus possible la possibilité de
pouvoir annuler un jugement sur des pures questions de forme. Pour limiter le plus possible, la loi a
recours à plusieurs astuces :

- La loi pose des présomptions qui permettront de considérer que le
jugement est valable en dépit des manquements dans sa forme. En
cas d’absence des noms des Juges, la loi pose une présomption que
les Juges présents sont présumés avoir statué.

- Lorsqu’on veut obtenir l’annulation d’un jugement pour un motif de
pure forme, encore faut-il avoir pris la précaution, lors du rendu du
jugement, de relever immédiatement l’irrégularité de forme qui
existe et qu’on le fasse consigner par le greffe dans un PV. Sinon, on
ne peut pas se prévaloir de la cause de nullité du jugement pour vice
de forme.

III Force exécutoire du jugement

Dire qu’un jugement a force exécutoire veut tout simplement dire qu’il doit être exécuté
par les parties au jugement. Le Code pose des conditions pour qu’un jugement soit exécutoire :
- Le jugement doit être notifié, à l’initiative du greffe ou de l’une des
parties, aux autres parties au jugement
- Ce jugement ne doit pas pouvoir faire l’objet d’une voie de recours
suspensive d’exécution

A) La notification du jugement

Articles 675 à 682 du CPC. C’est un principe mais il existe une exception qui concerne les

décisions exécutoires sur minute (ordonnances sur requête, ordonnance de référé si le Juge le décide
et motive sa décision).

La notification est un terme générique qui recouvre :
- La notification en forme ordinaire : lettre recommandée envoyée par
le greffier. Si pas de réception, il faut passer à la signification.
- La signification du jugement : par un huissier qui devra aller trouver
les parties au jugement pour leur remettre le jugement.

Il arrive que la loi impose une double notification. Pour les jugements rendus devant une

juridiction où la procédure est écrite, la loi prévoit tout d’abord une notification entre auxiliaires de
Justice (entres avocats) puis on notifie le jugement sous la forme d’une signification aux parties. Ce
qui rend exécutoire le jugement est la signification aux parties.

B) Absence de recours suspensif d’exécution

Pendant toute la durée du délai de voie de recours suspensifs d’exécution, ce jugement
pourtant notifié ne peut pas encore être exécuté. Concernant le pourvoi en cassation : pas suspensif
donc exécutoire.

Les recours suspensifs sont :
- L’appel
- L’opposition

Il y a deux types d’exception à cette 2ne condition :
- Il existe des cas dans lesquels la voie de recours qui est ouverte et qui
est normalement suspensive d’exécution ne le sera pas : c’est la loi
qui pose cette exception pour l’ordonnance de référé. Dans tous les

cas, il faut un texte qui le dise.
- En dehors des cas légaux : article 515 CPC : « le Juge peut décider que
son jugement sera, en tout ou partie, exécutoire ». Cette 2ème
exception suppose que le Juge décide cela. Le Juge peut le faire à la

demande d’une des parties ou même d’office.

La loi a tout de même prévu d’exercer un recours pour arrêter l’exécution d’un jugement
lorsque la voie de recours est normalement suspensive de cette exécution mais que, soit la loi, soit le
Juge ont introduit une exception à ce caractère suspensif. Les voies de recours ouvertes en pareil cas
sont :

- Article 524 CPC : en matière d’appel : « en cas d’appel, l’appelant qui

ne veut pas exécuter la décision de première instance peut saisir en

référé le Premier Président de la CA pour lui demander d’arrêter

l’exécution de droit ou provisoire ». Le PPCA peut refuser. Conditions
posées aux pouvoirs du 1er

Président :
Exécution provisoire prononcée par le 1er

Juge : il

faut que l’appelant démontre que la poursuite de
l’exécution du jugement aurait pour lui des

conséquences

manifestement

excessives
(exécution entrainant la ruine pour le débiteur ou

si il y a un risque d’insolvabilité du créancier pour
ce qui est de rendre les sommes qu’il aurait perçu
au titre de l’exécution provisoire = conséquence
manifestement excessive pour l’appelant qui doit
exécuter).
Exécution de droit : on retrouve la même
condition de la conséquence manifestement
excessive pour l’appelant s’il exécute. Cette
condition n’est plus suffisante et il y a une

deuxième condition cumulative : il faut que soit en
plus démontrer soit qu’il y a eu à l’occasion du
rendu du jugement une violation manifeste du
principe du contradictoire (soit Juge a pris une
initiative en s’affranchissant lui-même du
contradictoire, soit le Juge n’a pas fait respecter le
principe de la contradiction) ou il y a eu une
violation manifeste de l’article 12 du CPC (le Juge
doit statuer en droit et peut requalifier les faits, le
actes mais pas de jurisprudence de violation
manifeste mais on peut retenir l’excès de pouvoir).
- Article 521 CPC : en matière d’appel : il traite d’un aménagement de
l’exécution provisoire. En effet, l’appelant qui est sous le coup d’une

exécution provisoire peut demander au 1er

Président de l’autoriser à
consigner entre les mains d’un tiers des sommes ou des valeurs
suffisantes pour permettre l’exécution intégrale du jugement en
principal, en intérêt, en accessoire dans l’hypothèse où la Cour

confirmerait le jugement. Difficulté car il y a des cas où le texte est
exclu : hypothèse où la condamnation de première instance est une
condamnation provisionnelle (ordonnance de référé).

S’agissant de l’exécution provisoire, possibilité prévue à l’article 517 CPC qui est de
conditionner l’exécution provisoire prononcée par le Juge à la fourniture de sûretés ou de garanties

de restitution par le bénéficiaire de la condamnation.

S’agissant de l’appel, article 526 CPC prévoit que lorsque l’appelant n’a pas exécuter

intégralement le jugement de 1er

instance qui est exécutoire de droit ou le jugement de 1ère

instance
rendu exécutoire parce que le Juge l’a prononcé exécutoire, l’intimé peut demander, soit au 1er
Président de la Cour, soit au Conseiller de la mise en état dès qu’il est nommé, de prononcer la
radiation de l’affaire du rôle de la juridiction et l’affaire ne pourra être réinscrite au rôle qu’à la
demande de l’appelant à condition qu’i justifie d’avoir exécuté la décision frappée d’appel. L’article
526
prévoit tout de même 2 limites :

- Quand l’appelant peut démontrer que l’exécution est impossible
pour lui : on vise l’impossibilité technique ou juridique, pas que
l’obligation de payer.
- Si l’exécution aurait des conséquences manifestement excessive : sur
les fondements de l’article 524 CPC.

Lorsqu’une décision est exécutoire et qu’elle fait l’objet d’une voie de recours, si la
juridiction qui connait du recours fait droit à ce recours, la décision disparait rétroactivement et

l’exécution qui a été faite de cette décision est un paiement de l’indu. La décision qui réforme le

jugement qui a été exécuté emporte obligation de restitution pour celui qui a reçu avec les intérêts
de plein droit.

IV L’autorité de la chose jugée

A) Définition de la notion

Règle définie à l’article 480 CPC : « les jugements, dans ce qu’ils décident dans leur
dispositif, ont autorité de la chose jugée ».
Cela veut dire que ce que le Juge a pu juger dans le dispositif de son jugement est réputé,
par une présomption irréfragable, être conforme à la loi. Cette autorité de la chose jugée ne
concerne pas les motifs du moment que l’on ne les retrouve pas dans le dispositif.
L’autorité de la chose jugée peut être provisoire ou définitive. Provisoire tant qu’on est
dans un délai de voie de recours dont on peut frapper le jugement. On parle d’autorité définitive de
la chose jugée lorsque la décision en question ne peut plus faire l’objet de voies de recours ou si le
recours dont a fait l’objet le jugement est rejeté.

Il ne faut pas confondre caractère exécutoire et autorité de la chose jugée.

B) Portée de la notion

Cette portée est limitée car le Code de procédure lui-même admet que ce qui est jugé a
une autorité limitée par rapport aux critères posés par le Code civil qui définit cette autorité de la
chose jugée (article 1351 Code civil).

Portée pas non plus absolue car le CPC prévoit plusieurs hypothèses dans lesquels on va
pouvoir ressaisir le même Juge pour qu’il modifie sa copie sans être irrecevable :
- Articles 461 : possibilité de ressaisir le Juge qui a rendu son jugement
par une requête en interprétation du jugement. Une des parties à ce
jugement, et en dehors de toute voie de recours, va ressaisir le
même Juge par voir de requête pour interpréter, dans un 2nd
jugement, le dispositif du 1er

jugement en dépit de son autorité de la

chose jugée. Procédure qui est contradictoire.
- Article 462 : requêtes en rectification d’erreurs ou d’omissions
matérielles affectant le jugement même s’il a autorité de la chose
jugée. Le Juge va, par un 2nd

jugement, rectifier la pure erreur

matérielle commise dans le dispositif du 1er

jugement ou le pur oubli

matériel commis dans le dispositif du 1er

jugement. Possibilité pour le
Juge de statuer sans que les parties soient présentes à une audience.
- Article 463 : hypothèse où le Juge a statué infra petita ou ultra petita.

On peut procéder par voie de requête tendant à restituer l’objet du

litige sur ce qui était uniquement demandé ou tendant à réparer

l’omission de statuer d’un objet de contestation.

Depuis des arrêts d’Assemblée Plénière de la Cour de cassation, le principe de la chose
jugée est complété par le principe de la concentration des moyens.

La concentration des moyens n’existe pas dans les textes du CPC, mais existe dans l’attendu
de principe de Ass. Plèn. Cass, 7 Juillet 2006 : La portée de l’autorité de la chose jugée n’est en
réalité délimitée que par les mêmes parties, même objet de litige.

Alors que jusqu’à cet arrêt du 7 Juillet 2006, il y avait un critère supplémentaire, celui du
critère de la cause de l’objet du litige (critères du fondement des prétentions discutées dans le cadre
du litige).

Elle explique qu’il incombe aux parties au procès, dès la 1ère

instance, de présenter au

Tribunal l’ensemble des moyens et des fondements juridiques de nature à fonder ses prétentions
parce que s’il ne le fait pas, s’il veut refaire un 2ème

procès au même adversaire, qui a le même objet

mais avec un fondement juridique différent, avec une cause de l’objet du litige différente, il va se
heurter à l’autorité de la chose jugée : Il est irrecevable en son action. Cet arrêt fait disparaitre
l’identité de cause entre les deux objets.
En matière prud’homal, il y a un principe de l’unicité du procès prud’homal : Lorsqu’un
litige né entre le salarié et l’employeur, il faut que le salarié, dans le 1er

procès, présente toutes les

demandes qu’il peut tirer de son contrat de travail contre l’employeur. S’il ne le fait pas, et en
l’absence de faits nouveaux, il ne pourra plus exercer son action. La Cour de cassation a transposé
cela par rapport à l’objet du litige.

La Cour de cassation a réitéré sa solution : Civ.1ère

, 24 Septembre 2009 : Application du

principe de concentration des moyens dans un cas où, au moment du 1er

procès, un fondement

juridique n’existait pas.

Parce qu’un revirement de Cour de cassation a offert un nouveau fondement juridique qui
n’existait pas, celui qui a été débouté décide de faire un 2nd

procès pour demander la restitution d’un

immeuble. Il fait le 2nd

procès se la nouvelle cause. Irrecevable en raison du non-respect du principe

de concentration des moyens.

Il saisit alors la CEDH : La CEDH décide qu’il n’y a pas atteinte au procès équitable dans le
principe de concentration des moyens (CEDH, 26 Mai 2011, LEGRAND c/ France).
Ch. Com, 6 Juillet 2010 : Application du principe.
La Cour réserve l'hypothèse où le fondement juridique nouveau invoqué dans le 2nd procès
procéderait d'un fait nouveau c'est à dire d'un fait postérieur au fait qui existait lorsque le 1er procès
a donné lieu au rendu du jugement devenu définitif.
Là où il devient permis de faire un 2nd procès, c'est lorsque le fait juridique procède d'un
fait nouveau qui n'existait pas lors du 1er procès.

Aujourd’hui, une opposition se dessine entre la Civ. 1ère

et la Civ. 2ème
.

- La Civ. 1ère

semble étendre le principe de concentration des moyens à
la notion de demande, pour elle, encore faut-il présenter toutes les

demandes que l’on peut vouloir soumettre au juge dès le 1er

procès

(décalque du principe prévu en droit du travail).
- A cette position prise de manière timide par la Civ. 1ère

, la Civ. 2ème

apporte un démenti et pour elle, si un 2nd

procès est fait entre les

mêmes parties agissant en même qualité et que l’objet du procès est

distinct de celui du 1er

procès, la partie est forcément recevable (Civ.

2ème

, 10 Novembre 2010)

Chapitre 4
L’étude générale des voies de recours

Section 1 : La notion de voie de recours

I - La présentation des voies de recours

Voie de recours : Technique procédurale utilisée par les parties à un jugement pour obtenir un 2nd

examen du dossier par une autre juridiction soit dans le but d’obtenir l’annulation du jugement soit
dans le but d’obtenir sa réformation ou sa rétractation ou encore sa cassation.
Seul mode ouvert aux parties, en principe, pour éviter qu’un jugement n’acquiert

l’autorité de la chose jugée.

II - La classification des voies de recours

Il existe deux types de voies de recours :

- Voie de recours en réformation : Saine non pas du même juge mais

d’une juridiction du 2nd

degrés. On demande à la Cour de réformer le

jugement en tout ou en partie.
Exemple : Appel.
- Voie de recours en rétractation : Saisine du même juge que celui
ayant rendu la décision pour lui demander, dans le cadre du recours,
de retirer sa décision ou de la modifier.
Exemple : Opposition

Mais cela ne recouvre pas toutes les voies recours.

On procède alors à une autre classification :

- Voie de recours ordinaire : Voie de recours qui est en principe
toujours ouverte aux parties au jugement.
Exemple : Appel, opposition.
- Voie de recours extraordinaire : Voie de recours ouvert que dans les
seuls cas limitativement prévus par la loi.
Exemple : Pourvoi en cassation ; Recours en
révision

Section 2 : Les règles communes aux voies de recours

Art. 528 à 537 du CPC : Question des délais des voies de recours et modalités d’exercice.

I - Les délais des voies de recours : La forclusion

- La voie de recours est toujours enfermée dans un délai.
- Les délais des voies de recours sont des délais de forclusion
- Le point de départ du délai : En principe, notification de la décision

pouvant faire l’objet du recours.

Exception pour le contredit : Le point de départ du délai commence au rendu du jugement.

Régime juridique :

- Lorsqu’aucune modification du jugement n’intervient, au bout d’un

délai de 2 ans, aucune voie de recours ne peut plus être exercée.
- Pour les jugements rendus par défaut ou réputés contradictoire au

seul motif qu’ils peuvent faire l’objet d’un appel, le jugement doit

être signifié dans les 6 mois de son rendu sinon le jugement est non
avenu.

- Celui qui prend l’initiative d’une signification d’un jugement de

manière à purger les délais de voie de recours fait également courir
le délai de recours à son égard.

II - L’exercice de la voie de recours

En principe, les voies de recours ordinaires (appel/opposition) ont un caractère suspensif de
l’exécution du jugement. Mais il existe des exceptions : exécution de droit ou exécution provisoire
prononcée par le 1er

Juge sur le fondement de l’article 515 du CPC.
Les recours extraordinaires ne sont jamais suspensifs d’exécution.

Les délais de voies de recours peuvent être interrompus par divers événements tels que le
décès de celui à qui le jugement est signifié. Article 532 du CPC : Il faut faire signifier le jugement aux
héritiers.

Pour les voies de recours ordinaires, il est possible de demander au Juge qui doit connaitre
du recours d’être relevé de la forclusion lorsque l’on peut démontrer que le non-respect du délai de
voie de recours n’est pas imputable à l’auteur du recours qui n’a pas pu prendre connaissance de la

décision en temps utiles.

L’erreur dans la qualification du jugement n’a pas pour conséquence de modifier la voie de

recours qui doit être exercée. Un Juge de 1ère

instance qualifie son jugement de jugement rendu en 1
ressort à charge d’appel alors que normalement c’est un jugement de dernier ressort. Or, il ne faut
pas faire appel car, objectivement, c’est un jugement rendu en dernier ressort qui ne peut faire
l’objet d’un appel (Article 536 du CPC).
Si erreur opérée par le Juge dans son jugement, lorsque la voie de recours qui a été
exercée est une voie de recours erronée, le jugement d’irrecevabilité prononcée par la juridiction va
rouvrir un nouveau délai de voie de recours à la partie déclarée irrecevable.

Il arrive que ce ne soit pas le Juge qui se soit trompé dans la qualification du jugement mais

celui qui notifie le jugement.

L’article 680 du CPC prévoit que l’acte de notification d’un jugement doit contenir, à peine
de nullité, l’indication de la voie de recours qui doit être exercé et l’indication du délai de voie de

recours.

La Cour de cassation prévoit que l’acte de notification ou de signification est nul, il y a bien
eu un grief car la personne est forclose, l’acte est annulé et il n’y a alors jamais eu de point de départ
du délai et la partie adverse est alors recevable à faire un nouveau recours.

Partie 2 :
Les procédures particulières de chaque type
de juridictions

Tribunal de grande instance

Section 1 : la présentation obligatoire d’un avocat

I - Le principe : article 751 CPC

Article 751 du CPC : « Les parties sont, sauf dispositions légales contraires, tenues de
constituer avocat c'est à dire de se faire représenter par un avocat ».

L’avocat qui va se constituer pour l’une des parties à l’instance doit faire partie du barreau

attaché au Tribunal.

Mandat de représentation.

Il y a également place au mandat d’assistance

- Mandat représentation : Accomplir les actes de procédure au nom et
pour le compte du justiciable pour lequel il s’est constitué
- Mandat d’assistance : Le justiciable demande des conseils, pour les
besoins de la procédure, et présenter la cause au juge lors des
débats.

TGI : Le mandat de représentation est obligatoire. En général, l’avocat sera le représentant et le
conseil de la partie. Mais il est possible de confier le mandat d’assistance à un autre avocat que celui
qui s’est constitué.

Les modalités d’application du principe :
Dans la procédure ordinaire, la règle de la représentation obligatoire va se présenter dès la
délivrance de l’assignation ou dès la requête de représentation conjointe qui introduit l’instance. La
constitution se fait alors dans l’acte introductif d’instance : La non comparution du demandeur est
alors impossible techniquement.

La comparution va consister en la constitution d’un avocat. Le défendeur qui reçoit
l’assignation se voit informer qu’il a l’obligation de constituer lui-même son avocat pour comparaitre
dans un délai de 15 jours à compter de la signification de l’assignation. Quand l’avocat du défendeur
se constitue, il doit en informer l’avocat du demandeur.
Les actes de procédure écrits (conclusions) doivent être établis par l’avocat constitué pour
le compte du justiciable et signé par lui.
Le système au TGI repose essentiellement par les actes accompli par les représentants.

Section 2 : Le Juge de la mise en état

I - Les fonctions du Juge de mise en état

Création spécifique aux procédures écrites et c’est un Juge qui n’est pas forcément désigné
lorsque l’affaire est distribuée entre les Chambres du Tribunal par le Président.
Le Président doit en principe s’entretenir avec les avocats, si le dossier lui parait être en
état de juger tout de suite, il va fixer une audience où l’affaire est prête à plaider. Si ce n’est pas le

cas, le Président peut désigner un Juge de la mise en état (article 162) où le dossier est envoyé pour
être mis en état.

Il peut également, lorsque le dossier lui parait simple, et sans être en état de juger il peut
l’être vite, il peut renvoyer le dossier à une audience ultérieure pour donner un délai aux avocats
pour échanger leurs pièces et conclusions pour que le dossier soit en état d’être jugé. Si elle n’est

toujours pas en état, il va alors désigner le juge de mise en état.

Lorsqu’il est désigné, le juge de mise en état va avoir plusieurs attributions :
- Il a des attributions pour que le dossier soit en état d’être jugé.
- Attribution juridictionnelles : Il va juger un certains nombres de
choses à lui seul.
- Peut jouer un rôle en vue de l’évocation du dossier par le tribunal

Le CPC prévoit que le Juge de la mise en état peut fixer, après en avoir discuté avec
les avocats des parties, un calendrier de procédure c'est à dire un échéancier.
Ces dates sont impératives pour les avocats car le CPC prévoit que le Juge ne peut proroger
les délais fixés dans le calendrier de procédure que dans le cas où il existe une cause grave et dument
justifiée. Il n’est pas tenu de proroger les délais.

Système de l’injonction : Le Juge va donner à un avocat une injonction pour qu’il ait
accompli tel ou tel acte à une date déterminée.

Lorsque l’avocat ne respecte pas le calendrier de procédure ou l’injonction, le Juge de mise en état a
3 possibilités :

- Procéder à la radiation du rôle du dossier : Les diligences vont devoir
être accomplies et une demande de remise au rôle de la juridiction.
- Prononcer la clôture de la mise en état : A la clôture de la mise en
état, toutes communications ultérieures deviennent irrecevables.
Possibilité de clôture partielle pour un avocat seulement.
- Prorogation des délais : Mais suppose une cause grave et dument
justifiée.

II - Les fonctions juridictionnelles du juge de la mise en état

Article 771 CPC :

- Fonction dans le domaine de la preuve : Le Juge de la mise en état est
compétent, dès sa nomination et jusqu’à son dessaisissement, pour
prononcer les mesures d’instructions légalement admissibles, soit
d’office, soit à la demande d’une des parties.
- Pouvoir en matière d’exception de procédure et d’incident mettant
fin à l’instance : Il est exclusivement compétent pour statuer sur les
exceptions de procédure et les incidents mettant fin à l’instance.

Lorsque le Juge statue sur ces questions, il est Juge du fond donc

l’appel immédiat de son ordonnance est ouvert.

- Juge exclusivement compétent pour octroyer au créancier une
provision à valoir sur les condamnations que le tribunal pourra
prononcer quand il rendra son jugement.
- Exclusivement compétent pour ordonner des mesures
conservatoires : Mettre sous séquestres les biens litigieux par
exemple.

- Peut allouer à l’une des parties une provision pour les besoins du
procès.

L’ordonnance du Juge de mise en état peut faire l’objet d’un appel dans les 15 jours.
Lorsqu’il statue provisoirement, l’appel sera différé.

III - Le rôle du Juge de mise en état en vue de l’évocation par le
tribunal du dossier

Le Juge est là pour concilier les parties s’il le peut et si elles le veulent bien. Si en cours
d’instance les avocats se rapprochaient et que leurs mandats en étaient d’accord et qu’une
conciliation est possible, le Juge de mise en état va constater la conciliation et l’homologuer pour lui
donner force exécutoire.

Lorsque le dossier est en état d’être jugé, il va décider de la clôture de cette mise en état et
va renvoyer l’affaire devant le tribunal à l’audience des débats.

Le Juge de la mise en état peut demander aux avocats de déposer avant l’audience des
débats au greffe de la juridiction, le dossier comprenant les actes de procédure et les pièces afin de
lui permettre de faire un rapport sur le dossier (une note de synthèse). Cette note de synthèse va

permettre, lors de l’ouverture des débats à l’audience, au juge rapporteur de présenter le dossier aux

autres magistrats siégeant ou de rappeler aux avocats le contenu des parties.

L’article 786 du CPC prévoit, qu’avec l’accord des parties, si les avocats ne s’y opposent pas,
le Juge de mise en état peut tenir l’audience des débats à Juge unique sachant qu’il va faire un
rapport des débats aux deux autres juges avec lesquels il va délibérer.

Section3 : Les conséquences du caractère écrit de la
procédure

Comme la procédure est écrite et que le Tribunal n’est saisi que par ce qui est contenu dans
les actes de procédure écrit : Devant le TGI, le système en vigueur, en principe, est celui du système
des dernières écritures.

Le Tribunal n’est saisi que des prétentions et des moyens de faits ou de droits contenus
dans les dernières écritures de l’avocat = Conclusion récapitulative.
Les prétentions ou moyens non repris par l’avocat dans les dernières écritures sont
présumées irréfragablement abandonnées. Il est admis que les parties puissent prendre des écritures
non récapitulatives afin de demander le rejet de communications tardives de la partie adverse.

Toutes conclusions communiquées et déposées après l’ordonnance de clôture de la mise en
état sont, en vertu de l’article 783 du CPC, irrecevables. De même pour les pièces. L’ordonnance de
clôture ne peut être révoquée par le Juge que s’il existe une cause grave et dument justifiée.
La possibilité de révoquer l’ordonnance de clôture pour rendre
recevable les communications tardives est faible.

Lorsqu’il révoque, il doit vérifier que les communications qui sont désormais recevables ne

nécessitent pas une réponse de la part de la partie adverse et le dossier sera renvoyée dans le
parcours de la mise en état sinon le juge viole le principe du contradictoire.

- 779 CPC : Il est possible de supprimer l’audience des débats. Si les
questions sont essentiellement juridiques, avec accord des avocats
peut aboutir à la suppression des débats. Cela n’est possible qu’en
procédure écrite. Le MP a la possibilité de s’opposer à la suppression
de l’audience des débats.

- Articles 801 à 805 permettent de porter des atténuations au principe
de collégialité, le Juge de mise en état peut tenir le débat à juge
unique

- Les textes généralisent la possibilité : Il est possible au Président de

proposer, lorsqu’il fixe la date de l’audience des débats, aux avocats
des parties, que l’audience soit tenue à juge unique. Les avocats
peuvent s’y opposer.

Partie 3 :
Procédure particulière à chaque voie de
recours

Chapitre 1 :
Les voies de recours ordinaires

Section 1 : L’appel

I Les conditions particulières à l’exercice de l’appel

A) Conditions de fond

1) Quant au jugement

Principe : l’appel est ouvert en toutes matières, qu’il s’agisse de la matière contentieuse,
mais également gracieuse, contre tous les jugements de 1ère

instance, sauf quand, par une

disposition spéciale, la loi vient exclure l’appel (jugements rendus en 1er

et dernier ressort).
Si l’appel est ouvert contre tout jugement, il peut être soit immédiat, soit différé (c’est le
cas du jugement ordonnant une mesure d’instruction). Si la décision prise par le Tribunal ne met pas

fin à l’instance : pas d’appel immédiat.

2) Quant aux parties

Pour faire appel, il faut avoir été partie au jugement de 1ère

instance :
- Il faut avoir été présent ou représenté dans le jugement de 1ère
instance : des personnes qui sans être partie en 1ère

instance peuvent
être représentées : les héritiers acceptant de la personne décédée
sont réputés avoir été représenté par leur auteur dans le jugement.

La notion de représentation dans un jugement, c’est aussi les
héritiers si le justiciable disparait avant d’avoir eu le temps d’exercer

le recours.
- Cela ne suffit pas, il faut ensuite avoir un intérêt à agir : dès lors
qu’on n’a pas obtenu totale satisfaction dans le jugement, on a
intérêt à agir. L’intérêt est d’obtenir une réformation de la décision.
- Il ne faut pas avoir renoncé à faire appel avant d’exercer le recours :
le CPC consacre deux articles à la question de la renonciation articles
566 et suivants
: la renonciation peut être soit unilatérale, soit

conventionnelle. Elle n’est valable que si elle émane de personnes
capables d’exercice et que si elle est consentie après le rendu du

jugement.

Unilatérale : une personne renonce à faire appel
mais renonciation peut-être caduque si la partie
adverse fait appel : celui qui a renoncé pourra à
son tour faire appel. Cette renonciation
unilatérale peut être expresse mais elle peut

également être tacite : jugement rendu pas
exécutoire ou pas assortie de l’exécution de droit
ou de l’exécution provisoire mais la personne
condamnée exécute le jugement de manière
spontanée. Appel sera donc irrecevable si
exécution spontanée du jugement provisoire.

Les délais d’appel sont variables (1mois, 15 jours, 10 jours).
Plusieurs types d’appel peuvent être formés :

- Appel principal : formé par la personne prenant l’initiative de saisir la
Cour d’appel.
- Appel incident : Celui qui est intimé dans une procédure d’appel peut
avoir intérêt à faire lui aussi appel du jugement car débouté d’une
partie de ses prétentions. Du point de vue des délais, peut être formé
en tout état de cause durant la procédure d’appel : pas de délai de
forclusion.
- Appel provoqué : le jugement de 1ère

instance met en présence plus
de deux parties. Dans cette hypothèse, l’une des parties au jugement
peut décider de faire un appel principal dans le délai de voies de
recours mais cet appel principal, elle peut très bien ne le diriger que
contre l’une des parties au jugement. Les autres personnes sont
laissées en dehors de l’appel et elles peuvent faire un appel provoqué
sans délai de forclusion.

B) Conditions de forme

L’appel, dans la procédure ordinaire, la déclaration d’appel ouvre l’instance. L’acte
introductif est donc la déclaration au greffe. Article 930-1 CPC issu d’un décret du 9 décembre 2009 :
déclaration d’appel doit être, à peine d’irrecevabilité de l’appel relevée d’office par la Cour, doit
prendre la forme d’un fichier électronique par l’intermédiaire d’un réseau sécurisé appelé RPVA. Si
l’acte ne peut être communiqué au greffe par voie électronique le dernier jour du délai, le délai
d’appel est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant et il peut alors être déclaré sous forme
papier. Encore faut-il que l’impossibilité d’utiliser la voie électronique soit due à une cause extérieure
à l’avocat.

C) Les effets de l’appel

Deux effets :

- Effets dévolutif
- Confère à la Cour une faculté d’évocation

1) L’effet dévolutif

La Cour, par l’effet dévolutif, se trouve saisie du litige dont était saisi le premier Juge dans

tous ses éléments de fait, de droit de manière à rejuger en pleine juridiction cette affaire. Prévu à
l’article 561 CPC et a des conséquences :

- Il peut être limité : notamment par l’acte d’appel.
- Il devrait conduire à soumettre à la Cour exactement le même objet

de litige qu’en 1ère

instance : pas tenable, des tiers à la 1ère

instance

peuvent être amenés à intervenir pour la 1ère

fois devant la Cour
d’appel. Ensuite, cela conduirait à ne pas recevoir les prétentions
nouvelles en appel.

a) Limitation par l’acte d’appel

La déclaration d’appel peut contenir une limitation de la portée de l’appel, soit purement et

simplement quant aux chefs du jugement qui sont frappés du recours, soit quant aux parties à ce
jugement. Appel que sur ce qui nous est défavorable. Quant aux personnes parties au
jugement également.

Pas forcément définitif car celui qui est intimé va probablement faire un appel incident. Par
addition de l’appel incident et de l’appel principal, on va reformer la pleine portée de l’effet
dévolutif.

b) Effet dévolutif et principe d’immutabilité

Lorsque l’effet dévolutif s’opère, le principe de l’immutabilité du litige doit normalement
conduire à considérer qu’il ne peut y avoir d’autres prétentions que celles présentées au 1er

Juge.

S’agissant des interventions, il existe deux textes qui démontrent que le CPC n’a pas voulu
éliminer cette possibilité d’intervention pour la première fois devant la Cour :
- article 554 pour interventions volontaire : les personnes qui ont
intérêt peuvent intervenir volontairement devant la Cour d’appel
alors qu’elles n’étaient ni présentes, ni représentées en 1ère

instance.
La Cour de cassation vient introduire une limitation à cette possibilité
dès lors que cette intervention volontaire est effectuée à titre
principal. Il faut que l’intervenant volontaire à titre principal ne
soumette pas à la Cour un litige nouveau. L’objet de la prétention
doit reposer sur les mêmes faits que les prétentions de l’une des
parties contre l’autre et qu’elle doit tendre aux mêmes fins.
- Article 555 pour interventions forcées : ce texte prévoit que les tiers
peuvent être appelés devant la Cour que dans la mesure où il existe
une évolution du litige depuis la 1ère

instance qui commande leur
intervention forcée. Cela veut dire qu’il y a un fait nouveau depuis le
rendu du jugement de 1ère

instance : fait objectivement nouveau ou
fait préexistant mais légitimement inconnu de celui qui est
demandeur à l’intervention forcée.

Article 564 : à peine d’irrecevabilité soulevée d’office par la Cour, les parties ne peuvent
soumettre au Juge d’appel des prétentions nouvelles.
Toutefois, l’article 565 précise que les prétentions ne sont pas nouvelles lorsqu’elles
tendent aux même fins que celles qui ont été soumises au 1er

Juge, et ce même si leur fondement

juridique est différent.

Par ailleurs, le principe de l’interdiction des prétentions nouvelles laisse quand même voir
que l’on peut présenter à la Cour des fondements juridiques nouveaux. De même, le Code dit que
l’on peut présenter des nouvelles pièces devant le Juge d’appel.

Il y a des véritables exceptions à la règle de l’article 564 :
- Toujours possible d’opposer la compensation judiciaire pour la
première fois en appel. Cette demande qui est nouvelle est une
prétention nouvelle.
- De même, sont recevables devant la Cour toutes les prétentions
tendant à faire rejeter les prétentions adverses ou à faire juger de

questions nées de la survenance d’un fait nouveau, et en particulier à
faire juger de questions qui résultent de l’intervention d’un tiers pour

la première fois devant la Cour.
- Articles 566 : il est possible de présenter pour la 1ère

fois devant la
Cour les prétentions qui étaient virtuellement comprises dans les
demandes ou défenses présentées en 1ère

instance, ainsi que celles

qui en sont l’accessoire ou le complément. Demander le paiement
des intérêts pour la première fois en appel par exemple.
- Article 567 : les demandes reconventionnelles sont toujours
recevables en appel.

2) Confère à la Cour une faculté d’évocation

Article 568 CPC : cet effet de l’appel ne peut se placer que dans un cas très précis : celui où
la Cour n’est saisi par l’appelant que d’une partie de l’objet du litige, parce que le reste de l’objet du
litige n’ayant pas été tranché par le Tribunal, ce dernier en reste saisi.

La Cour peut, en vertu de l’article 568, décider d’évoquer, dans son arrêt, le reste de l’objet
du litige. Intérêt est d’accélérer la solution de ce procès. Evite que le TGI rende un second jugement
puis qu’il y ait un second appel sur ce 2nd

jugement. On prive les parties du double degré de

juridiction sur cette question.

C’est une faculté : la Cour peut évoquer mais n’en a pas l’obligation. Elle peut l’invoquer
soit parce qu’une des parties à l’instance d’appel le demande, soit d’office. Dans tous les cas, lorsque
la Cour décide d’évoquer ce qui aurait dû rester devant le Tribunal, elle doit respecter le principe de
la contradiction, elle doit mettre en demeure les parties à l’instance de conclure sur la question des
dommages et intérêts.

II Les règles de procédure devant la Cour

Nous ne traiterons que de la procédure ordinaire avec représentation obligatoire donc.

Articles 899 et suivants CPC.

Article 899 : devant la Cour, la constitution d’un avocat est obligatoire. La déclaration
d’appel doit être constituée par le représentant. Mentions obligatoires de l’article 58.
Lorsque la déclaration d’appel est faite par le représentant, elle est reçue par le greffe par
voie électronique et le greffe va alors informer chacun des intimés de l’existence du recours par
lettre simple afin de leur expliquer qu’ils doivent constituer un avocat. Si la lettre n’atteint pas le
destinataire, le greffe en informe l’appelant et celui-ci devra procéder à la signification de l’acte
d’appel effectuée dans le mois qui suit l’avis du greffe selon lequel la lettre n’a pas été reçue. Délai
sanctionné par la caducité de l’appel.

L’affaire est ensuite distribuée par le Président devant une des formations de la Cour. Choix
est fait entre une fixation du dossier immédiate ou au prix d’un simple renvoi si dossier apparait être
en état pour être jugé (article 905). Sinon, mise en état via nomination d’un conseiller de la mise en
état.

Décret de 2009 : délais brefs et sévèrement sanctionnés. L’appelant a un délai de 3 mois à
compter de la déclaration d’appel pour déposer ses conclusions et déposer ses pièces (article 908
CPC
). Délai assorti de la caducité de l’appel : le jugement de 1ère

instance devient définitif.

Article 909 et 910 disent que l’intimé qui voudrait faire un appel incident a un délai de 2
mois à compter de la notification des conclusions de l’appelant pour conclure et déposer ses pièces.

Sinon, irrecevabilité des conclusions et des pièces. De même pour intervention forcée avec le délai
de 2 mois.

Article 911 : le conseiller de la mise en état peut réduire ces délais si l’affaire parait simple

et peut être jugée rapidement.

Article 911-1 : la caducité de l’appel, l’irrecevabilité des conclusions sont prononcées par

ordonnance du conseiller de la mise en état.

Article 912 prévoit qu’à chaque fois qu’un des délais est expiré, le conseiller de la mise en

état doit réexaminer le dossier dans les 15 jours pour continuer à veiller à la mise en état rapide du
dossier.

Enfin, le conseiller de la mise en état est investi des pouvoirs du Juge de la mise en état
s’agissant des pouvoirs juridictionnels de ce dernier (771 et suivants) : il est seul compétent pour se
prononcer sur les exceptions de procédures, mesures d’instruction, octroi de provisions.

Cette procédure devant la Cour est compliquée par les délais et sanctions. Pour ce qui est

de l’évocation du dossier à l’audience, pas de possibilité de supprimer l’audience des débats.
L’audience de la Cour peut être tenue en formation collégiale ou à Juge rapporteur (conseiller
rapporteur).

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