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65297406 Introduction a La Linguistique Contemporaine Moeschler

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Un modèle est donc un système d’interprétation qui dépend d’une part d’une ontologie
(quelles sont les entités du monde ?) et d’autre part d’une fonction d’interprétation.
Pour définir un modèle, il faut fixer l’ontologie (dire ce qui est), indiquer quelles sont
les expressions basiques du langage (les mots), et enfin indiquer comment les interpréter.
La première étape correspond à la définition de l’ensemble A. Par exemple, A peut com-
prendre trois individus, Cécile, Joanna et Sandrine, ce que nous notons :

Dans un deuxième temps, on définit les mots ou expressions basiques du langage. Les
expressions basiques sont (i) des termes, ou constantes d’individus, (ii) des prédicats à une
place (se combinant avec un terme) et (iii) des prédicats à deux places (se combinant avec
deux termes). Pour désigner les mots du langage, nous utiliserons des lettres (minuscules
pour les termes, majuscules pour les prédicats). Dans notre exemple, les expressions basi-
ques sont les suivantes :

a. Les langues naturelles peuvent être décrites comme des systèmes formels (thèse de
Chomsky).
b. Les langues naturelles peuvent être décrites comme des systèmes formels interprétés (thèse
de Montague).

Un modèle M est une paire ordonnée < A, F >, où A est un ensemble d’individus et F une
fonction qui assigne une valeur sémantique (ou une dénotation) aux expressions du langage.

A = {Cécile, Joanna, Sandrine}

137269YZT_MOESC_Mep.fm Page 110 Lundi, 15. décembre 2008 7:52 07

Sémantique formelle et logique

111

– termes : a, j, s ;
– prédicats à une place : T, S (pour les verbes travailler et sourire) ;
– prédicats à deux places : C, V (pour connaître et voir).

Enfin, on définit la fonction F qui interprète les mots. L’application de F à une expres-
sion donne comme valeur soit un individu, soit un ensemble d’individus, soit un ensemble
de paires ordonnées d’individus, selon que l’expression basique est respectivement un
terme, un prédicat à une place ou un prédicat à deux places. F est donc une fonction de
dénotation, qui fait correspondre à chaque expression basique du langage une ou des entités
du monde. On appelle valeur sémantique la valeur de F appliquée à une expression. Par
exemple, F dans M donne aux mots les valeurs suivantes :

F (a) = Cécile

F (j) = Joanna

F(s) = Sandrine

F (T) = {Joanna, Sandrine }

F (S) = {Cécile, Joanna, Sandrine}

F (C) = {< Cécile, Joanna >, , , }

F (E) = ø

Cette liste signifie que la valeur sémantique du terme a est l’individu Cécile, que la
valeur sémantique du prédicat T est l’ensemble constitué des individus Joanna et Sandrine,
que la valeur sémantique de S est l’ensemble constitué par les individus Cécile, Joanna et
Sandrine, etc. En d’autres termes, dans notre modèle, seules Joanna et Sandrine travaillent,
Cécile, Joanna et Sandrine sourient, Cécile connaît Joanna et Sandrine, Sandrine connaît
Joanna et Joanna connaît Cécile. F indique aussi que personne n’ennuie personne.
Nous allons maintenant montrer ce que signifie cette représentation des valeurs séman-
tiques et comment interpréter les phrases de ce langage.

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