LE TRÉSOR DES TRÉSORS

CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE

NICOLAS GROSPARMY
[attribué par Chevreul à Artéphius]

AVANT-PROPOS
a Salamandre de Lisieux a sans doute représenté un point de départ pour Fulcanelli afin qu’il évoque le sort de trois alchimistes, de trois compagnons alchimistes : « C’étaient Nicolas de Grosparmy, gentilhomme, Nicolas ou Noël Valois, nommé encore Le Vallois, et un prêtre du nom de Pierre Vicot ou Vitecoq. Ce dernier se qualifie lui-même “chapelain et serviteur domestique du sieur de Grosparmy” […] » [Bibliothèque nationale, ms. 14789 (3032) : La clef des Secrets de Philosophie, de Pierre Vicot, prêtre ; XVIIIe siècle]

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Comme nous l’avons écrit dans l’Introïtus, VI, en commentaire, ces oeuvres se trouvent dans deux manuscrits, l’un appartenant à la Bibliothèque royale – ms 1642 du fonds de Saint-Germain – l’autre à celle de l’Arsenal – ms 160. in-4. Ce dernier ms, du XVIe siècle, se fait remarquer par la beauté et par l’élégance de son écriture ; c’est un des plus beaux manuscrits de la bibliothèque de l’Arsenal. On y lit sur le verso de la 1ère feuille, ces lignes tracées par une main étrangère : « Grosparmy était un gentilhomme du pays de Caux en Normandie ; il y avait, dit-on, trouvé la pierre philosophale dans son château, où il y avait une vieille tour qui fut abattue longtemps après sa mort, et dans laquelle le comte de Flers, son héritier, avait, dit-on, trouvé la poudre de projection qu’a faite Grosparmy et son ami Valois. L’abbé Vicot était précepteur des fils de Grosparmy, et il mettait en vers les découvertes alchimiques du seigneur chez qui il demeurait. » Le traité de N. Grosparmy, très intéressant pour l’histoire de l’alchimie, est divisé en deux livres ; le premier est intitulé Abrégé de théorique, le second, le Trésor des trésors. La pensée des trois alchimistes de Flers reste connue par leurs ouvrages. Nicolas Grosparmy composa deux traités : l’Abrégé de Théorique et le Secret des Secrets, traduction assez libre de la Clef d’une plus grande Sagesse, de l’alchimiste arabe Artéfius. C’est ce traité dont parle Chevreul dans sa série d’articles sur Artéphius : en effet, jusqu’en 1850, la Clef de la Sapience était attribuée à Alphonse X le Sage. Chevreul prouve que ce traité est de la main d’Artephius ; seul problème : Artéphius n’a jamais existé… Dans le même manuscrit (n°160), ce traité est suivi des cinq livres de Nicolas Valois, compagnon du seigneur Grosparmy. Après celui-là, vient le livre du prestre Vicot : « Ce livre-cy estoit doré et escrit en parchemin et lettres d’or, et relié aux quatre coins de quatre grands clous d’or ; et en iceluy est déclaré ce que ces meissieurs [Grosparmy, Valois, Vicot] avaient un peu caché, dont ce présent est la copie et l’original. Donc, ceci soit gardé sous le silence, et qu’il ne soit montré à personne s’il n’est parfaict philosophe et homme de bien, en peine d’encourir les tourments et peines éternelles par l’ire de Dieu. »

Le château de Flers (XVIe – XVIIIe siècles) Nous avons évoqué ce trio en abordant le commentaire qu’Eugène Chevreul a donné dans trois articles successifs [Journal des Savants], à la section du Livre secret d’Artéphius et aussi dans le commentaire de l’Introïtus VI, de Philalèthe. Ces trois compagnons nous offrent le témoignage que les alchimistes étaient, au plus haut degré, animés par l’esprit d’association. Comme le dit F. Hoefer [Histoire de la chimie, 3ème époque], ils s’attachaient un certain nombre d’amis, et se réunissaient pour travailler et rédiger en commun leurs ouvrages. Grosparmy, Valois et Vicot offrent un exemple remarquable de compagnonage. On ignore à peu près l’époque où ils vivaient ; peut-être faut-il les placer à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Il paraît que d’anciens historiens de l’alchimie n’évoquent pas ce trio, parmi eux Gmelin, Lenglet-Dufresnoy, P. Borel, Nazari, Bergman. Leurs ouvrages n’ont point été imprimés.

F. Hoefer ajoute, avec toute raison, que ceci rappelle l’histoire du Livre d’or du Juif Abraham, dont parle Nicolas Flamel et qui, en fait, n’a jamais existé comme l’a montré Fulcanelli. enfin le manuscrit n°160 est terminé par un poème alchimique : le Grand Olympe ou Philosophie poétique, attribuée au très renommé Ovide, traduit du latin en langue française. En voici un extrait : « Après vient Saturne le noir – Que Jupiter de son manoir – Issant, déboute l’empire – Auquel la lune aspire – Aussi fait bien dame Vénus, – qui est l’airain, je n’en dis plus ; – Sinon que Mars, montant sur elle, – Sera du fer l’ange mortelle, – Après lequel apparaistra – Le Soleil, quand il renaistra – […] » Il s’agit là de régimes planétaires du 3ème oeuvre qui suivent [Saturne] la dissolution initiale. Voyez notre Olympe Hermétique, la Matière et le traité du Cosmopolite, ou encore les Douze portes de Ripley pour ce sujet. De Grosparmy dit qu’il termina son écrit le 29 de décembre 1449. Pour peu qu’on ait lu et qu’on se rappelle les écrits où le comte Bernard le Trévisan et Denis Zachaire parlent des peines et des déceptions de tout genre qu’ils ont éprouvées longtemps avant d’être parvenus au but de leurs désirs, on verra l’analogie de leurs écrits avec le récit bien plus bref que Grosparmy fait de ses voyages et de ses études alchimiques. « Nicolas de Grosparmy (dit l’auteur des remarques du manuscrit B), a fait la maison des comtes de Flers, en basse Normandie, trés illustre et trés riche, et l’original de tous ses écrits est entre les mains du comte de Flers, lesquels tient si chers et avec raison qu’il se les cache à luy mesme » Voici quelques lignes additionnelles que nous devons à L. Gérardin [Alchimie, Belfond, 1972]. Ce trio d’alchimistes qui travaillait à Flers en Normandie, au début du XVe siècle, illustre cette collaboration pour l’accomplissement du Grand Oeuvre. Il s’agit du seigneur de Grosparmy, de son ami Nicolas Valois et de leur chapelain le prêtre Vicot. A la lecture de leurs oeuvres, il ressort nettement que Nicolas Valois fut l’âme du groupe, le seigneur de Grosparmy jouant les mécènes, se piquant de traiter de science. Vicot l’illuminé, à l’affût de recettes nouvelles, essayait de découvrir celle enfin capable de faire de l’or ! Aucune des oeuvres des adeptes de Flers ne fut imprimée ; cependant il en existe de multiples copies manuscrites généralement très bien exécutées [la critique textuelle indique le Mss. 3019 de la Bib. de l’Arsenal (Paris) comme le meilleur. Les Mss. français 12298-9, B. N. , restent les plus beaux et contiennent de remarquables illustrations sur vélin]. Ces copies, et surtout les plus anciennes, contiennent des notices historiques, témoignage de la curiosité que nos Normands ont provoquée. Leurs oeuvres auraient été composées de 1430 à 1450 alors que toutes les copies que possèdent les bibliothèques sont au plus tôt du XVIIe siècle : le fait paraît surprenant, bien qu’il existe une explication simple que voici. Le prêtre Vicot n’a laissé aucune trace dans les archives des chartriers seigneuriaux. Aurons-nous plus de chance NICOLAS GROSPARMY

avec Nicolas Valois ? Peut-on le rattacher à la maison des Le Valois, seigneurs d’Escoville, localité située à une soixantaine de kilomètres au nord de Flers ? Les Le Valois apparaissent au XVe siècle en la personne de Jean Le Valois. Son fils, Nicolas Le Valois, né en 1494 et marié en 1534, fit construire un fastueux hôtel orné de sculptures symbotiques dans le goût du temps. Aucune filiation, hélas ! ne se retrouve entre ces Le Valois et notre Nicolas séparé par trois générations : coupure impossible à combler par la seule existence de sculptures symboliques sur l’hôtel d’Escoville. […]

Le château de Flers (XVIe – XVIIIe siècles) Quant à Flers et à son château, voilà ce qu’on peut en dire, en liaison avec nos alchimistes. Dans les cinq familles seigneuriales furent des personnages marquant : – Foulques d’Anou qui accompagna Guillaume en 1066 lors de la conquête de l’Angleterre. – Robert II d’Arcourt qui partit pour la croisade contre les Turcs en 1396 et combattit vaillamment en Hongrie. – Nicolas II de Grosparmy célèbre alchimiste compagnon de recherche de Nicolas de Valois et de Nicolas D’Escoville et qui construit, au début du XVIe siècle l’aile orientale du château actuel. – Nicolas de Pellevé qui combattit à Amiens auprès d’Henri IV pour chasser les Espagnols et qui fut récompensé par le titre de comte. Le château a aussi appartenu à la famille Tournebu entre le XIIe siècle et le XVe siècle.

Le château de Flers (XVIe – XVIIIe siècles) CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE

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L’austère aile droite du château, flanquée de ses deux tours, est la partie la plus ancienne encore en place actuellement. Elle a été construite sous l’impulsion de Nicolas II de Grosparmy entre 1527 et 1541. Selon la légende, celui-ci avait acquis une fortune considérable en se livrant à des recherches alchimiques. Son aisance par ailleurs venait de la possession des Forges De Halouse qui faisaient partie de son domaine de cette époque et lui procuraient un confortable revenu. Au milieu du XVIe siècle le titre de baron de Flers revient à la famille de Pellevé dont l’un des descendants Nicolas, fit une brillante alliance avec des grandes familles de Bretagne, les Rohan. Le domaine s’enrichit de la châtellenie de Condé-Sur-Noireau et en 1598, la baronnie de Flers fut érigée en Comté. Dans l’ensemble, ce traité ne présente pas de grandes nouveautés par rapport à tous ceux que nous avons commentés. Il est cependant plus complet que d’autre, ce qui ne veut pas dire qu’il soit plus clair pour autant. De grandes différences sont perceptibles entre le Livre Ier et le Très Grand Secret des Secrets qui semble être une adaptation de la Clef de la Plus grande Sapience, que Chevreul attribue donc à Artéphius. Des 13 chapitres de l’Abrégé de Théorique, se dégagent les 3e, 4e, 7e, 10e et 13e. L’attention est apportée sur les rapports du verre avec l’oeuvre et surtout, au 13e, le verre malléable est évoqué. Le travail sur les pierres précieuses est également évoqué dans l’introduction à l’Abrégé de Théorique et au chapitre 13. Le chapitre 3 de la Pratique montre comment préparer le tartre vitriolé. Quant au Livre II, on l’a dit, il semble écrit d’une autre main et se révèle totalement abscons, au point que de nombreux passages en sont comme incompréhensibles. Voyez Chevreul là-dessus.

originale. Le seigneur de Flers ne se livrait pas seul à la pratique du grand- œuvre ; il avait deux associés : l’un était un autre gentilhomme bien connu dans les annales de la ville de Caen, il se nommait Nicolas Le Valois ; les documents que je vais citer disent de Valois, évidemment dans le but de donner un cachet plus nobiliaire à ce nom déjà fort noble. Le second était un prêtre du nom de Vicot, qui s’intitule le serviteur de ses deux associés. M. Chevreul est possesseur de plusieurs manuscrits dont il a fait l’analyse : l’un est attribué par lui à de Grosparmy, les autres contiennent les élucubrations des deux associés. Il est prouvé par le travail du savant chimiste que ces œuvres ne sont que des traductions plus ou moins libres du Clavis majoris sapientiae. Le manuscrit du seigneur de Flers porte au titre : « Ensuit la copie d’un manuscrit fait par M. de Gros Parmy (sic), seigneur et baron de Flers, et ayant acquis la dite baronnie et fait construire le chasteau du dit lieu. Lequel manuscrit contient théorie et pratique, et en dit autant que tous les autres livres ; néanmoins qu’il soit bien couvert, loutte l’œuvre y est contenue ; estant bien entendu ; ce qui se peut faire par le moien des autres livres cités au présent. Au nom du grand Dieu Trin, un qui a créé toutes choses de rien, qui vit et règne sans commancement et sans fin…… A tous féaus disciples de philosophie naturelle Salut et dilection. »

CHAPITRE IER.
« Sçachant tous que je Nicolas Grosparmy, natif du pays de Normandie, par la volonté de Dieu, allant par le monde de région en région, depuis l’aage de douze ans jusques à l’age de vingt-huict ans : cherchant et désirant sçavoir l’art d’alchymie qui est la plus subtille partie de philosophie naturelle qui traitte et enseigne de la très-parfaite transmutation des métaux et des pierres précieuses ; et comme tout corps malade peut être ramené et réduit en santé. Le dit temps durant, ay enquis comme l’un des métaux se peut transmuer eu l’espèce de l’autre, et en ce faisant, ay soutenu moult de peines et de dépences, injures et reproches ; et en ay abandonné la communication du monde et la plus part de ceux qui se disoient mes meilleurs amis, pour ce qu’ils m’avoient en dédain, moy estant en nécessité, en me voulant détourner de l’inquisition du dit art pour ce qu’il leur sembloit que je m’y occupois, et que je détournoîs de mes autres affaires, et pour a celle chose parvenir, ay quis et esté avec maint compagnon cherchant le dit art comme je faisois, cuidant le trouver par leur moien ; et pour avoir amitié et entrée avec eux, me suis fait leur serviteur, et ay soutenu la plus part de la peine de leurs ouvrages et ay veu et estudié plusieurs livres auxquels la science est contenue en deux manières, l’une fauce, l’autre vraie……. » De Grosparmy dit qu’il termina son écrit le 29 de décembre 1539. L’auteur des Remarques, qui commentent un autre CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE

QUELQUES ALCHIMISTES NORMANDS
par M. Alfred De Caix, Membre de la Société française d’archéologie. e Journal des Savants, dans son numéro de décembre 1867, contient un article du célèbre chimiste, M. Chevreul, sur le traité alchimique d’Artefius, intitulé : Clavis majoris sapientiae. L’ouvrage d’Artefius, alchimiste arabe, que l’on fait vivre au XIIe siècle, a été le point de mire des divers adeptes de la science hermétique, qui l’ont copié et traduit à différentes époques, de sorte que ces traductions ont passé pour des œuvres originales attribuées à leurs auteurs. Le seul point que je veuille mettre en lumière du travail du savant professeur, c’est ce fait intéressant pour la Normandie, et en particulier pour la ville de Flers, qu’une des traductions du Traité est due à un gentilhomme normand, seigneur et baron de Flers au XVIe siècle, Nicolas de Grosparmy, et a passé pour une œuvre

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NICOLAS GROSPARMY

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dans sa partie principale qui fait face à la ville. près la ville de Caen… » « Les quatre terres que M. où il y a au commencement une grande figure ronde enluminée. » Dans un autre passage il ajoute : « Ils étaient trois. pour voir tous les jours nouvelles choses qui lui éblouissaient les yeux. par la construction de l’hôtel situé place St-Pierre. par son contract de mariage. 107). de Valois mourut malheureusement suffoqué d’une huître qu’il avait avalée entière. en premières noces. si clair et si luisant que tout ce qu’on en tire semble vray or… … Comme ces Allemans s’acheminaient à ceste montaigne. Comptant le temps que j’étais en chemin. qui ont possédé l’oeuvre. père du possesseur du manuscrit. Or.. D’après le document qui précède. grand seigneur en Normandie. seigneur d’Écoville. et comment. » Et plus loin : « Nicolas de Valois. a composé cinq livres reliés en un même volume. il les il a basties magnifiquement . . mourut dans la détresse en 1660 (Histoire de Flers. . p.manuscrit attribué à Nicolas Le Valois. de Grosparmy. Nicolas Le Valois. t. 38). il y a une chapelle. par l’abbé De La Rue. nous vismes ce grand Roy assis sur son trône royal. qu’il se les cache à luy mesme. ne devoit remporter de douaire que quinze cents livres . chaque bastiment ne se feroit pas pour cinquante mille escus . M. très illustre et très riche. que faisait feu Nicolas Le Valois. j’avais bien 45 ans quand cela arriva en 1520 (il était donc né en 1475). tellement porté aux particuliers sophistiques. qui accompagnent le manuscrit du sieur Le Valois. « Mais (ajoute-t-il). lequel livre il faisoit en forme de testament à son fils. un de nous. pour en faire un hôtel-de-ville. a basti une maison très-splendide à Caen et a laissé quatre terres nobles à ses successeurs. comme ceux d’Arnaud. » Le comte de Flers dont il est ici question. de La Ferrière. La baronnie de Flers avait été érigée en comté en faveur de Henri de Pellevé. Les grandes ressources dont a disposé le gentilhomme alchimiste pour cette construction importante. ont dû confirmer ses contemporains dans la vertu de sa merveilleuse science occulte et faire courir bien des bruits mystérieux sur cette demeure. ne les voulut quitter (les alchimistes). son chaplain. de Valois. l’associé du seigneur de Flers. dont l’aîné porte le nom de sieur d’Escoville-Valois. où tous les hiéroglyphes de l’œuvre sont représentés. après avoir renoncé à tout commerce avec les alchimistes. par le moien des registres duquel on peut éclore les œufs et fondre l’or. sans doute toujours en possession du précieux manuscrit. était Louis de Pellevé. p. et avec raison. une dame Hennequin. lesquels il tient si chers. bien qu’il ait été accusé à cause de l’œuvre de négliger ses affaires. L’auteur de l’Histoire de Flers nous cite plusieurs incendies qui ont dû occasionner des changements. etc. écrivant sur la science hermétique. Il raconte que. » II a de plus composé un livre très-excellent et très-rare. qui. traittant de la philosophie hermétique. que j’ai laissé par écrit jusqu’à la perfection de l’œuvre. donne les détails suivants sur ce personnage : « M. Tous les auteurs qui ont écrit sur Caen ont célébré cette somptueuse demeure. La portion qui fait retour est évidemment plus moderne. L’associé de Grosparmy. distant de quatre lieues de cette ville. Il paraît incontesté que notre alchimiste fut le constructeur du château de Flers. de Valois avait acquises. dit : « Que Grosparmy fit la maison des comtes de Flers. » L’auteur des Remarques. et que l’original de tous ses écrits est entre les mains du comte de Flers. de la maison d’Escoville. p. après avoir passé par succession à la famille de Touchet. de Grosparmy. » Ce personnage a justement acquis une grande célébrité dans la ville de Caen. de nos jours. l’on commençait ce plaisant et superbe bastiment. avec ses compagnons. Pierre Vitcoq ou Vicot. auquel temps ledit œuvre fut accompli. inéditant et lisant de bons livres. 125). De Bras nous apprend quelques particularités sur sa construction. en Basse-Normandie. la terre de Flers aurait été acquise de Nicolas de Grosparmy . second amy et compagnon de science et de possession de l’élïxir. accuse bien un travail du XVIe siècle. puis sur le rouge. de Raymond Lulle. tout plein de figures hiéroglyphiques. faisant une première projection sur le blanc. en 1733. son amy. de M. si bien gardée contre les indiscrets par ses immenses fossés. lequel est intitulé : Hebdomas hebdomadum cabalistarum magorvm bracmanorum antiquorvmque omnium philosophorum impteriœ continens…… » L’auteur des Remarques ajoute : « M. vers l’an 1537. mais l’auteur des Remarques est ici en contradiction avec M. comme arrière petil-fils de Nicolas de Grosparmy. mais le douaire de la seconde femme a esté de plus de vingt mille livres…. que nous admirons encore. sieur CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE NICOLAS GROSPARMY –4– . Le château. qui ne lui apprit point à faire l’or dont il avait grand besoin. Il avait épousé. a raconté également ses peines et ses déceptions. qui cite à la date de 1404 un Raoul de Grosparmy comme seigneur du lieu (ibid. dans l’une. qui après avoir eu une superbe position. par M. fut acheté par la ville. Nicolas Valois. Là est une montaigne d’or. et deux fourneaux admirables. parlant de celui-ci. qui fait encore l’ornement de la cité . alors que les imaginations étaient encore fort excitées par la quantité de métaux précieux apportés à la suite de la découverte du Nouveau-Monde : « Aucuns Allemans minéranx passèrent par Caen et se transportèrent en un village appelé Tracy. le comte Hector de la Ferrière. qui le tenait du poète latin Moysant de Brieux. et au bout de 20 mois. et. le comte de Flers. cet édifice. le petit chevalier…. ils se recueillirent dans la solitude. il ne fallut plus que 18 mois. encore qu’il eût manqué une fois. devint l’hôtel de la Bourse (Essais sur la ville de Caen. 1. trisaïeul de M.

» (Recherches et antiquités. son collaborateur et son ami. tomba mort subitement d’une apoplexie qui le suffoqua. et qu’il pouvoit estre coullé de son vif-argent. d’une famille qui paraît avoir été différente de celle de Duval de Mondrainville. ). p.d’Escoville. parti de Le Valois et de ……… lui fait pendant . Bordeaux et G. Blason de Nicolas de Valois Sur le territoire de la paroisse Saint-Pierre. et ils durent passer pour bien habiles. comme ayant sans doute contribué à la construction de cet édifice. Nicolas Le Valois. Les armes de Le Valois sont : d’azur à un chevron d’or. Il portait : d’azur à un chevreon d’or. et comme l’on y fouissait à l’endroit de la maison de feu Jean de La Bigne. partie. R. et disoyent que c’estait une vaine de vif-argent. par MM. dont il en fut recueilly presque un pot d’estain. à Lisieux. le fit bastir en l’année ’15û0. il aurait eu. ancien hôtel d’Ecoville. mil cinq cens quarante et un. M. — Études héraldiques sur tes monuments de la ville de Caen. que lui donne de Bras. avait sans doute contribué à l’érection de l’église Saint. représentant le fidèle de l’Apocalypse. son contemporain. fait contraste avec le noir et sévère château de Flers. et un chef d’argent. M. registre 1er. cite le logis de Nicolas Le Valois. inaugurant son hôtel : « Le vendredy. il étudiait en philosophie. 41. Marie Duval. qui porte de gueules au chevron d’argent. d’initier son fils à la science CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE NICOLAS GROSPARMY –5– . accompagné de trois croissants d’argent. et qui en distilloit. Nicolas Le Valois. ainsy qu’il se devoit asseoir à table.Jacques. Fontaines. Voici une clef de voûte de Saint-Jacques. recherche du grand œuvre. monté sur un cheval. Caen) De Bras raconte ainsi la fin tragique du sieur d’Escoville. « à cause (dit-il) de l’image de pierre eu bas-relief qui est au-dessus de la porte. les avait aussi fait sculpter sur une clef de voûte de l’église de St-Jacques de Lisieux. Le Valois avait adressé ses cinq livres à son fils. Sa terre de Ménilguillaume était voisine de la ville. construit dans le style de la Renaissance. le plus opulent de la ville lors. si orné d’emblèmes et de figures allégoriques. en mangeant une huître à l’escalle. qui fit élever ce pompeux édifice. Potier De Courcy cite dans son nobiliaire de Bretagne une famille Le Valois. Un écusson mutilé comme le précédent. près le cours d’Oudon. dans ses Origines de la ville de Caen. qu’on bâtissait vers ce temps-là. près le carrefour St-Pierre. lequel était encore bien jeune . ajoute-t-il. p. qu’on nommait de son temps l’hôtel du Grand-Cheval. » Le sieur d’Escoville. à la mort de son père. jouissaient déjà d’une sécurité que ne connaissaient pas encore les campagnes. sieur d’Escoville. l’écusson de Nicolas Le Valois. ils furent singulièrement favorisés de la fortune. Si nos alchimistes ne trouvèrent que déceptions dans la 1 S’il faut s’en rapporter an passage du manuscrit cité plus haut. Huet. accompagné de 3 croissants de même. et que tous les apotiquaires de plusieurs villes n’en pourroient avoir fourny une si grande quantité qu’on avoit déjà recueilly. 2e. par Charles de Bourgueville. Aucuns autres qui désiroyent l’advancernent de cest édifice faysoient entendre qu’un apotiquaire avoit demeuré auprès. édit. qu’il avait fait bastir l’an précédent. sieur de Lauzerois. en même temps qu’elles voyaient s’ouvrir une ère artistique. Ménilguillaume. pourquoy ledit sieur d’Escoville se voulut désister de faire bastir à l’endroit où coulloit ceste liqueur. et Manneville. ce fut sans doute celui de sa femme. Ces Allemans vouloyent qu’on se désistast de faire les fondements à cest endroit là. posés deux en chef et un à la pointe de l’écu . et un à la pointe de l’écu . aux armes de Le Valois qui. l’on aperçut une bonne quantité de vifargent. 1833. Bulletin monumental. accompagné de trois croissants d’argent. sans en désiner le temps. . et qui fixe la date de la naissance de Valois à 1475. au grand desplaisir des dicts Allemans et de plusieurs marchands qui asseuroient que c’estoit une vaine de vif-argent. pour y asseoir les fondements. et un chef d’argent chargé de trois roses de gueules. on trouve dans la cour de la Bourse. à la salle du pavillon de ce beau et superbe logis. » La décoration du portail a été mutilée à la Révolution. 438. année 1847. Bouet. qui se faisait de son temps. près le carrefour St-Pierre. son serviteur. possédant près de Lisieux la terre de MesnilGuillaume. chargé de trois roses de gueules (D’Hozier. dont les armes se voient encore sur son hôtel. jour et feste des Roys. luy aagé de viron quarante sept ans 1. Cet édifice. qu’il nomme le petit chevalier. sieur du Londel. 66 ans et non 47. Celui-ci lui légua ses livres hermétiques et recommanda au prêtre Vicot. posés deux en chef. Armorial général de la France. seigneur d’Ecoville au XVIe siècle. si fleuri. Les villes.

dit que : « Celui-ci acheva le grand œuvre en la ville de Caen. fidélité et concorde. seigneur des Yveteaux et le dernier du nom qui ait possédé cette terre. L’HÔTEL D’ESCOVILLE L’hôtel d’Escoville est le plus célèbre bâtiment de la Renaissance caennaise avec l’abside de l’église SaintPierre. qui y est plus clairement enseignée que partout ailleurs dans les autres livres. dans son carrosse. et leurs livres. dans sa charmante description du château et des jardins des Yveteaux. d’une même union. C’est pour remplir ces dernières intentions que Vicot adressa son Traité. dont l’étranger avait fait aussi son occupation. l’ayant aperçu. Il avait. chevalier seigneur et patron des Yveteaux (1700). » [On ne voit présentement aucune trace de ces hiéroglyphes dans l’hôtel de la place St-Pierre. lui offrit une place dans son banc. font foy de sa science. Le voyageur le laissa continuer sa route. on lui attribue une haute intelligence. à l’article Valois. néanmoins. par ordre alphabétique. » Personne ne pouvait être plus à même de connaître les particularités historiques sur les associés que ce normand. dont celui-ci profita pendant un an. et c’était là le grand secret de l’œuvre. Choisy. où le seigneur du lien qui y assistait. Il s’exprime ainsi : « Ces asnes de médecins mettent dans leurs restaurans et confections des fragments d’or et de perles. mais jamais ne profitera rien tant qu’elle sera attachée à son corps. dans son château. il est de plus fort à croire qu’il a été un adepte des passionnantes chimères du grand œuvre. des Yveteaux. amitié. entre ce seigneur et sa charmante fille unique. par un personnage resté inconnu. afin de laisser à la postérité lumière entière de cette science. et lui donna l’hospitalité. Né en 1475. un antre gentilhomme dont la demeure était située non loin de Flers. dans l’église des Yveteaux. je cite encore un passage des Remarques qui résume le but désintéressé vers lequel tendaient les trois philosophes : « Ces trois associés. pour leurs successeurs. dont la lecture me parut alors trèsfastidieuse. duquel elle ne pourra jamais être séparée par autre voie que celle de nostre philosophie. Quelques jours de repos le rétablirent . conseiller au Parlement de Paris. qui ne connoîssent point cette science admirable. Carel. le dimanche suivant. où sont reportez (sic) quelques-uns de leurs passages. et ces méchants. messire Jean Vauquelin. m’attachant particulièrement aux recherches historiques sur les Vauquelin. lequel se rendant de Paris à Brest. trouvant un moyen délicat d’acquitter sa dette de reconnaissance. que je les ai empruntés à l’excellent article du savant académicien. Ce manuscrit fut rédigé. où le messager dîna (il n’y avait pas alors de gare de chemin de fer). eu égard aux lieux et aux noms propres qui sont nommés. le conduisit à son château. A certaines expressions grosses de mystères. qui en a tiré des déductions extrêmement intéressantes pour la science. avoir été rendues vives. il se rendit à pied à la messe. en quoy ces pendarts font bien voir qu’ils ont connaissance que dans l’or. vis-à-vis de la grande église de ce nom. science sur laquelle il aurait composé quelques ouvrages. intercalé dans le volume manuscrit attribué à Nicolas de Grosparmy. Le livre de Vicot contient une très-curiense appréciation de l’emploi des métaux en médecine. de manière plus curieuse. il y a une grande vertu. se trouva incommodé à Argentan . composé de trois livres. un vaste et riche laboratoire de chimie. » J’ai été à même d’acquérir la certitude de ces allégations. par le messager de Rennes. dit de Jean Vauquelin : « C’était un homme d’étude. qui devint ainsi possesseur du domaine des Yveteaux. Pour terminer sur ce personnage. firent le sacré magistère. Je dois renouveler en terminant ces détails curieux. qui épousa plus tard M. un gros manuscrit in-folio me fut confié pendant deux ou trois jours seulement . au petit chevalier. dont le souvenir fut conservé dans le volumineux manuscrit. le goût de la construction et du faste. une immense fortune et. Son commanditaire est Nicolas le Valois d’Escoville. avec quelques traits de leur vie. jettent des blasphèmes contre elle…… » Les matières précieuses. il le rend au mesme estât. M. et en grand honneur chez les alchimistes. NICOLAS GROSPARMY tenue à Falaise. ne jugeant pas qu’en tel estât que l’homme prend l’or. M. M. résumant toutes les erreurs qui eurent cours en plein moyen-âge. je ne sais où il a passé.alchimique. suivant les adeptes. connut les œuvres de nos alchimistes et marcha luimême à la recherche de la pierre philosophale. A la mort de l’avant-dernier propriétaire du domaine des Yveteaux. des préoccupations alchimistes. Le choix du site de son hôtel n ’est pas neutre : la place Saint-Pierre est le CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE –6– . Son père était un riche marchand anobli en 1522. Une des façades intérieures est ornée des figures de David et de Judith se faisant pendant] On se rappelle que ce personnage avait fait graver les hiéroglyphes de l’œuvre dans une chapelle de l’une de ses terres. il poussa encore jusqu’à Fromentel. où les hiéroglyphes de la maison qu’il y fit bâtir et que l’on y voit encore en la place St-Pierre. en l’année 1700. lue à la session de 1864 de l’Association normande. se trouvant incapable d’aller plus loin. Il est triste pour l’humanité de voir des hommes instruits et intelligents s’attarder ainsi à la suite de l’alchimiste arabe et s’approprier ses doctrines. devaient. Chevreul cite un écrit de ce personnage. L’étranger paya l’hospitalité qui lui était donnée par de nombreux travaux sur le grand œuvre. pour avoir leurs vertus curatives. relatives à l’influence des astres sur les êtres vivants et sur les matières inertes. par messire Jean Vauquelin. » À un siècle et demi de distance. intitulé : « Recueil par extrait de quelques philosophes adeptes.

ils ont en commun d ’avoir tué des adversaires notoirement plus puissants qu’eux. C’est le cas des deux maisons 52-54 de la rue Saint-Pierre.Pierre. perpendiculaire à l’axe de la rue. comme le palais Médicis. David encore jeune berger en abattant le géant Goliath d’un simple coup de fronde. Michel-Ange en sculpture (le David de Florence en 1504). nous quittons l’univers païen de la Grèce antique pour pénétrer celui de l’Ancien Testament. Le corps de logis qui longe la rue Saint-Pierre (en grande partie reconstruit après 1944) n’est commencé qu’en 1537. couloir) destiné à un bref passage (escalier d’Azay-leRideau ou escalier à vis de l’aile François I er à Blois). Dans la cour.Pierre (détruite fin XVIIIe. il succombe à une crise d’apoplexie lors d’un festin d’huîtres. Au centre de ce corps de logis. et Hector Sohier. ce qui avait valu à cette demeure le nom vulgaire d’hôtel du Grand-Cheval. Avec les deux statues de David et Judith. il est d ’usage de construire sur trois. c’est là que s’élève la maison de ville sise sur le pont Saint. L’hôtel particulier que constitue l’hôtel d’Escoville est d’un type nouveau au XVIe siècle. dont le tympan offrait jadis un bas-relief représentant le Fidèle ou le Véritable de l’Apocalypse. elle est l’incarnation des vertus proposées en exemple au peuple juif qui. à Fontaine. Judith en décapitant Holopherne pendant son sommeil. Boticelli en peinture (Judith) et Le Caravage . Judith et David ont en plus en commun d’avoir décapité leur ennemi avec sa propre épée. sa disposition régulière. Abel. mais conservée en souvenir dans le blason municipal). à cheval. En NICOLAS GROSPARMY CAEN – ancien hôtel de Valois effet. L’hôtel particulier type Escoville ou Mondrainville (détruit en 1944. Le premier. horizontale celle-là. Il s’oppose à l’habitat traditionnel caennais non pas tant dans le choix des matériaux – la pierre de Caen fut largement utilisée dès le XIIe siècle pour l ’habitat civil particulier – que par son élévation et son plan. Par son nom (Judith : Yehoudith. ainsi qu’en témoignent des dates inscrites sur les meneaux des fenêtres. rue Caponière et. dans un cadre souvent restreint et un parcellaire figé. qui va prendre un essor marqué à la Renaissance. le pavillon sud (on y trouve aussi une remarquable sculpture de Judith et Holopherne). La loggia témoigne de l’influence italienne en France. Les travaux commencent en 1533. est décoré de huit grandes colonnes d’ordre composite et d’une porte. comme à Blois (la façade « des loges ») sur le modèle de celle que Bramante réalisa au Vatican pour Jules II.Henry. celle de la galerie extérieure. sans doute par Blaise Leprestre. c’est là qu’ont lieu les fêtes et cérémonies publiques. C’est là que s’élève l’église la plus richement décorée. Il suit en cela la disposition des grands palais urbains florentins du XVe. Les autres bâtiments ont parfois été attribués à Sohier sur la base de similitude de style et d’inspiration (mélange de sujets chrétiens et païens dans la décoration sculptée). un grand pavillon à haute toiture est surmonté de la plus splendide lucarne qu’un artiste ait jamais pu CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE –7– . un des principaux architectes locaux avec son fils. Nicolas le Valois ne jouit pas longtemps de son palais. son plan ordonné autour d ’une cour. En 1535. devant le visiteur. peut vaincre des ennemis redoutables. En 1541. « la juive ») et par son comportement. Ces deux personnages ont largement inspiré peintres et sculpteurs : Donatello dans le bronze. L’hôtel d’Escoville est formé de trois corps de logis. même si Judith est plus une allégorie de la résistance qu’un personnage historique. sa séparation entre espaces publics et privés que par la richesse de sa décoration. le pavillon et l’aile droite sont achevés. Héros bibliques tous les deux. L’habitat y est dense et Nicolas le Valois doit acheter des maisons pour les faire abattre et faire place nette pour son projet novateur.cœur de la ville . s ’il a confiance en Dieu. Elle laisse à l’air libre un espace de communication (escalier. en façade sur la place Saint. emplacement de la Caisse d’Épargne) a dû frapper les contemporains plus encore par sa vaste emprise au sol. se dresse un autre bâtiment composé de trois pavillons d’ordre corinthien et remarquable par l’heureuse et savante disposition des lignes. On attribue au même Blaise Leprestre d’autres constructions : à Caen la maison de la tête de mort. La loggia renvoie à une autre formule. voire quatre niveaux et de préférer les constructions à mur pignon. s’étalant sur une parcelle profonde mais étroite.

tandis que son bras émerge de l’épaisseur de l’entablement. Ajoutons que toutes les parties de l’édifice sont ornées de lucarnes monumentales. le porche riche décoration héraldique qu’on ait jamais inventée : deux écussons tenus. le tout inspiré par des passages du Songe de Poliphile ou symbolisant peut-être les idées des adeptes du « grand œuvre ».CAEN – ancien hôtel de Valois (lucarnes et campaniles) imaginer . de ce qu’on appelait des hiéroglyphes. dont l’apparition à cette place ne manque pas de fournir matière à d’étranges réflexions. M. Puis. dans la partie supérieure des trumeaux. avant qu’on ne sût ce que c’est que des hiéroglyphes. A propos de cet escalier. Deux grandes niches hardiment dessinées abritent deux statues aux formes trop élancées. en réalité. l’autre par des nymphes. un rapprochement qui ne peut que jeter le trouble dans les idées et empêcher de mettre chaque chose en sa place. Avec son diminutif à pans coupés. on admire la plus singulière et la plus NICOLAS GROSPARMY CAEN – ancien hôtel de Valois. de Caen. fut aussi celui de l’hôtel d’Escoville. et rien n’autorise. dans le département de la Manche.) Le corps de logis principal formant le côté droit de la cour se rejoint en retour d’équerre aux deux autres parties. à 10 kil. de têtes de personnages historiques ou légendaires. « C’est aller un peu loin. l’un par des génies. l’architecte de l’abside de SaintPierre. 311. mais on préfère souvent à ce pavillon un ravissant escalier en spirale qui se trouve à l’angle du bâtiment. » (Léon Palustre. que surmonte une sorte de petit temple monoptère. de Beaurepaire est disposé à croire qu’Hector Sohier. sur laquelle il a laissé de volumineux manuscrits. dit avec raison Léon Palustre. de bas-reliefs. peu fait pour cacher une statue de Priape. II. elle achève de mouvementer les lignes d’un édifice regardé à bon droit comme un des chefsd’œuvre de l’architecture française. et de Chanteloup. La réunion des deux étages en un seul l’a fort mutilé. entre Granville et Coutances. on a rappelé Chambord et la fameuse lanterne de Tiraqueau. t. car Nicolas Le Valois s’occupait avec ardeur de la science hermétique.) –8– CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . sont soutenus chacun par un homme qui est censé placé en arrière du mur et dont la tête sort d’un oculus feint de la frise. et d’inscriptions plus ou moins énigmatiques. La Renaissance en France. placé en arrière d’un péristyle couvert et formé par deux loges. mais d’un style excellent : David tenant la tête de Goliath et Judith celle d’Holopherne. La tour à double coupole élevée par l’architecte de Nicolas Le Valois est déjà assez belle par ellemême sans que l’on exagère encore son mérite. (On doit aussi très probablement à Hector Sohier l’abside de Saint-Sauveur de Caen et les curieux châteaux de Lasson. p.

on a prononcé. situés vis-à-vis l’un de l’autre sur la même place. commencés vers 1538 (Et non en 1530. dès lors. Les deux constructions nous offrent d’ailleurs une infinité de détails à peu près identiques . « chœur ». chose plus frappante encore peut-être. lettres qui donnent des détails curieux. Voyons ce que dit Cahaignes. à ce propos. de ne pas remarquer que l’hôtel d’Escoville et l’abside de l’église Saint-Pierre. les personnages à relief saillant qui émergent d’ouvertures simulées. J’en demande pardon à mon savant maître et ami. Puis. en se basant sur un passage peu explicite où Jacques de Cahaignes parle du basrelief de l’Apocalypse (Elogiorum civium cadomensium centuria prima. L’architecte de l’église ressemble à l’architecte de l’hôtel par les procédés techniques et par la manière de comprendre les motifs d’ornementation. qui avaient porté Raymond Bordeaux à faire honneur à Hector Sohier de l’hôtel NICOLAS GROSPARMY cheminée de l’hôtel de Valois avec saint Georges On peut juger à Caen de toutes les phases de cet art (l’architecture). et. des lettres adressées à Huet par le médecin Dubourg et par le P. mais je ne suis pas convaincu . assez timidement. en l’absence de toute indication contraire.d’Escoville. dit l’auteur du Caen illustré. Les travaux de l’abside embrassent un espace de vingt-sept ans. il est vrai.). Ces édifices ont été élevés par nos concitoyens. les travaux de l’hôtel. se retrouvent dans l’une comme dans l’autre . Cette opinion n’a pas pour elle une certitude absolue. que nous autres Français nous appelons » cœur ». mais qui ne nous apprennent rien de l’architecte ou du sculpteur. on me permettra de reproduire ici l’argumentation que j’ai présentée ailleurs. à Blaise Le Prestre et à Abel. sous la direction d’artistes distingués . les disques. on précisait même et on les disait florentins. nous impressionnent dans le même sens. Trébutien cite. de La Ducquerie. et. étaient terminés en 1541. Pourquoi. Comme tant d’autres. « A quel architecte Nicolas Le Valois a-t-il confié la construction de sa splendide demeure ? On a beaucoup discuté sur ce problème et personne n’en a trouvé la solution. mais elle nous paraît présenter les caractères d’une très grande probabilité ». ou. faute d’autant plus regrettable qu’elle pourrait induire le lecteur en erreur. je n’en citerai que quatre. 22). pour mieux dire. Dans cette partie de l’église Saint-Pierre. » Statue de Judith. p. et dans les bas-côtés. consacré à Hector Sohier. dans la cour de l’Hôtel d’Escoville « II est tout d’abord impossible. Longtemps on a répété que l’hôtel d’Escoville avait été élevé par des artistes italiens . constitue également une partie de la décoration des pendentifs de la voûte du rondpoint. fils de ce dernier. cette œuvre de génie est encore anonyme. dans son Éloge 14. pour soumettre au lecteur toutes les pièces du procès. de 1518 à 1545 . n’y verrait-on pas un seul et même personnage ? Ces raisons. les oculus. le nom de Blaise Le Prestre. le mélange des sujets sacrés et mythologiques. comme le ferait supposer une des rares fautes d’impression du Caen illustré. appartiennent sensiblement à la même époque. on –9– CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . que nous avons signalé sur la façade de l’hôtel d’Escoville. aussi bien dans les maisons particulières que dans les monuments religieux.

dû à Blaise Le Prestre . sinon que Jacques de Cahaignes a oublié de nous renseigner sur un point qu’il eût été très désirable de fixer. de 1510 à 1520. on remarque deux colonnes rehaussées d’ornements d’architecture . mort tout jeune avant que l’hôtel d’Escoville ne fût commencé. Ce fut son dernier ouvrage. le portail de NICOLAS GROSPARMY la Calende et le porche de la cour des Libraires. Audessous se profilent. sous la direction d’artistes distingués ». les deux édifices soient du même architecte ». c’est que leur auteur cite « quatre édifices élevés par ses concitoyens. s’il vante l’hôtel de Nicolas Le Valois. se trouvaient deux colonnes disposées non sur un môme plan. leur style est celui qui était alors en vogue en France . que fit élever Nicolas Le Valois. disciples eux-mêmes des maîtres du siècle précédent. « Très probablement. le château de Gaillon. Jacques de Cahaignes s’étend. ne fut commencé qu’en 1538. Le dernier argument invoqué par les partisans de Blaise Le Prestre se trouve donc. » (L. achevé ou décoré la cathédrale de Rouen. appliquée par le médecin historien aux colonnes de l’entrée. » Ch. mais en retraite l’une sur l’autre. puisqu’il s’agit d’une composition encore gothique et qui n’a nul rapport. construites avec une grande perfection par Hector Sohier (« En l’an 1521. De chaque côté de l’entrée de cette belle demeure. p. privé de valeur. quoi qu’on ait essayé de prouver le contraire. Ce sujet est en pied et ressort en haut-relief avec beaucoup d’art. s’il vivait encore à pareille date. et que de ces artistes il n’en nomme que trois.) Sans doute. Palustre. il disparut avant son père. d’ordre dorique. après l’avoir terminé . ce n’est pas Abel Le Prestre. auxquels on a attribué tant de palais et de châteaux. et Blaise Le Prestre. Mais l’ensemble de son œuvre est bien française . de Bourgueville. avec l’ancienne façade de l’hôtel Le Valois ou d’Escoville. architecte à Paris. p. « Ne serait-ce pas tout simplement parce que cet architecte n’avait pas vu le jour à Caen ? Il est bien permis de le croire. Le texte des Éloges n’autorise d’ailleurs aucunement l’attribution dont nous parlons (L. sieur de Bras. Les Recherches et Antiquités de la Ville et Université de Caen. Il avait entre les mains le Songe de Poliphile. Mais qu’en faut-il conclure. dans sa pensée. Je ne dois pas non plus passer sous silence ce morceau d’architecture qui décore la porte d’entrée de ma modeste demeure. Mais. on voit un œuvre artistement travaillé. au-dessus on voit un grand cheval que monte un géant. lui aussi. comme cela se pratique dans l’architecture classique. puisqu’il dotait l’église Saint-Gilles d’un portail grandement admiré par Cahaignes. En Normandie. Cette façade. de Dieppe. D’après Rémy Rosel. les proportions en sont si bien conçues qu’il a été l’objet de l’admiration des gens de l’art. II. II était aussi Français et peut-être Normand celui auquel Nicolas Le Valois confia le soin de tracer le plan de son opulente demeure et de la construire. fils de Blaise. on le sait. de Saint-Jacques de Lisieux. de Caudebec. les œuvres des architectes italiens de son temps. et qui ont bâti. les architectes nommés ne sont qu’au nombre de trois. mais rien ne fait supposer que. près de la lanterne. tandis qu’il est successivement question de quatre chefs-d’œuvre différents. était encore dans la force de l’âge. sur la place SaintPierre. dit Léon Palustre. fut construite aux frais de mon père. il est vrai. Les proportions de toutes les parties de cet édifice sont si heureusement combinées et répondent si bien à la grandeur de l’ensemble que les plus fins connaisseurs ne peuvent se lasser de l’admirer. Il a voulu seulement dire que. Toute la construction n’a rien de gothique et ce n’est pas dans ce sens qu’il faut prendre l’expression : « à la mode française ». au moins par des plans et des dessins. ainsi que nous le voyons dans tous les monuments du moyen âge. les églises de Saint-Étienne d’Elbeuf. d’Argentan. il ne nous indique pas le nom de son constructeur. c’est moins à la composition des matériaux qu’à l’art avec lequel ils sont travaillés qu’elle doit sa supériorité sur tout ce qui existe à Caen en ce genre. bien symétriquement coordonnée. sur l’hôtel Le Valois . A l’entrée de l’église mise sous le vocable de saint Gilles. t. Palustre ajoute en note : « Immédiatement après la phrase relative à l’église Saint-Gilles. mais les dernières œuvres des plus grands artistes sont souvent les meilleures »…. nommé Blaise. n’était certainement pas capable du prodigieux effort nécessité par une aussi complète transformation.voit de superbes voûtes. bien françaises aussi sont les deux CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 10 – . l’abbaye de Vallemont. Ce qu’il faut retenir de ce passage des Éloges des citoyens de la ville de Caen. Les architectes d’au delà des Alpes. par exemple. Mais quel est son nom ? « A coup sûr. avec une saillie d’un pouce. de chaque côté de la porte. La Renaissance en France. de Gisors et de leurs environs. en son vivant le plus notable des habitants de la ville à cause de l’immensité de ses richesses. abrite un singulier simulacre du dieu des jardins. sous la direction d’Abel Le Prestre. 227-228) « L’artiste employé par Nicolas Le Valois connaissait assurément. car il mourut. 137). ce roman philosophique si connu alors par d’innombrables éditions illustrées. fut commencé ce beau et magnifique Rompoinct et les Voûtes de l’église de sainct Pierre de Caen. Nous ne nous en occuperons pas cependant. et il s’en est inspiré dans ses décorations et dans sa construction du petit temple qui. Toutefois si cet artiste oublié n’est pas né sur les bords de l’Orne. les églises et les grands édifices élevés au XVIe siècle sont l’œuvre d’artistes du pays. C’étaient des Normands. Cet édifice. ont bien moins travaillé en France qu’on ne l’a si longtemps prétendu. faut-il pour cela le supposer Italien ? Nous ne le pensons pas. qui. auteurs de trois œuvres qui ne leur sont pas contestées. nombre de petits personnages. ces hommes si habiles qui s’intitulaient modestement « maçons » ou « tailleurs d’images ».

nous saurons en même temps à qui attribuer le second de ces chefs-d’œuvre et d’autres édifices qui font si grand honneur à l’art français de la Renaissance. et bien d’autres particularités prouvent que les deux édifices sont de la même main.grandes figures de David et de Judith. entre l’hôtel Le Valois et le gros pavillon du château de Fontaine-Henry (Canton de Creully. seigneur de Fontaine-Henry. avec leurs formes élancées. « Et le jour où quelque heureux hasard dévoilera l’auteur de l’une des deux constructions. à l’architecte d’incomparable talent que Jean d’Harcourt avait alors à son service. pour élever sa demeure. nous devons faire remarquer les analogies qui existent. personnage avec lequel Nicolas Le Valois se trouvait en rapports quotidiens On peut donc supposer sans témérité que celui-ci s’adressa. pp. « En terminant. l’architecte a notamment placé l’effigie victorieuse de Judith. A l’hôtel Le Valois. 88-90) Hôtel d’Escoville NICOLAS GROSPARMY – 11 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . lieutenant du Roi au bailliage de Caen. On constate aussi une ressemblance frappante entre ces édifices et le « Casino » élevé par les soins d’Étienne Duval et dont nous parlerons bientôt. comme à Fontaine-Henry. bâti à la même date que l’hôtel d’Escoville — il porte la date de 1537 — pour Jean d’Harcourt. dans La Normandie monumentale et pittoresque (Calvados). caractéristiques de notre statuaire du moyen âge et que nos artistes ont longtemps imitées. dans l’ordonnance générale et les détails. » (Émile Travers. d’ailleurs. Le gros pavillon de Fontaine-Henry fut. Calvados). L’ancien hôtel d’Escoville à Caen.

la 3e sur 10 000. icelui S. et que je n’étais pas tendu à faire les nécessaires. fort aurez à faire en brièveté de temps. de concevoir icelle Science. car à celui qui par lui le trouve. et ai vu et étudié plusieurs livres auxquels la science est contenue en deux manières. natif du pays de Normandie. et comme tout corps malade peut être ramené et réduit en santé) ledit temps durant ay enquis comme l’un des métaux se peut transmuer en l’autre. appelé Don de Dieu. Sachent tous que je. Esprit nous inspira en telle manière que nôtre Entendement fut ouvert. ce lui est comme miracle. Car quoiqu’un homme ait bon entendement et naturel. et moi voulant détourner dudit art. me suis fait leur serviteur et ai soutenu la peine de leurs ouvrages. vous qui voulez venir à icelle vérité. pour ce que je m’y occupais. injures et reproches. suivant iceux livres par l’espace de douze ans. et en ce faisant ay soutenu moult de peines. par la volonté divine allant par le Monde de région en région. Et pour ce. se pourraient avant user et leur bien. la figure ôtée du dedans. Esprit. qu’homme se puisse excuser du dessus dit ouvrage. à qui entend comment. ainsi comme j’eusse été si je n’eusse eu aucune occupation : Et icelle chose ai requise et ai été avec maints compagnons cherchant ledit art comme je faisais. et ay abandonné la communication du monde. autant en aurait le mauvais comme le bon. pleins d’iniquité. et qu’ils puissent venir à icelle vérité et confort. maintenant pour ce. et qu’il ait vu tous les Livres appartenant à icelle Science. ou si de jeunesse ni été appelés. Père. Car si un grain de la première composition dudit ouvrage. Et pour ce. etc. prêt à m’en aller en lieu où je n’eusse nulle connaissance. s’il n’est de la secte des Philosophes. lequel il donne à qui il lui plaît. l’autre vraie. comme déjà est dit. ceux qui se par forcent de pratiquer icelle. Fils et S. pour ce que s’il était autrement. croyant le trouver par leur moyen . cherchant et désirant savoir l’art de l’Alchimie (qui est la plus subtile partie de philosophie naturelle. et icelui veux décrire aux Enfants de vérité désirants ensuivre icelle et venir après nous. et pour avoir amitié et entrée avec eux. avant que jamais y puissent parvenir. afin qu’iceux ne soient ainsi mortellement navrés. lequel est ennemi de la pure vérité du très noble et NICOLAS GROSPARMY haut secret susdit. A tous féaux Disciples de Philosophie. Et si n’est pas de si chère matière composée quant à la quantité. pour l’avarice et convoitise et voudraient procurer l’un l’autre. et la plus part de ceux qui se disaient mes meilleurs amis. sans les points ci-dessus nommés. l’une fausse. dépenses. et la 4e sur 100 000. Car. si par aucun Maistre n’estes introduits. Et si n’est pas de pesant labeur. Car ainsi comme tu vois d’un grain de CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 12 – . ou environ. comme j’ai vu mes Compagnons et moi aussi. et fait tous les essais qu’homme humain peut faire. sans être Théoricans. ténébreux et aveuglés. et tantôt selon une autre. Ainsi comme désespéré de la Science et rebuté de ceux en qui j’avais la plus grande fiance. comme dit est . grand secret. Esprit qui donne lumière à qui il lui plaît et nouveau confort. Et aux ignorants et amis des délices mondaines. sans commencement ni sans fin. et ne tenir d’aucun : par quoi conviendrait que justice faillît et que le monde fût détruit. et serait toute autre Science avilie. pour ce qu’ils m’avoient nui étant en nécessité. depuis l’âge de vingtdeux ans jusqu’en l’âge de trente-huit.CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE LE TRÉSOR DES TRÉSORS NICOLAS GROSPARMY LIVRE PREMIER PREMIÈRE PARTIE ABRÉGÉ DE THÉORIQUE A u nom d’icelui Dieu qui vit et règne trois personnes en unité. qui traite et enseigne la très parfaite transmutation des métaux et des pierres précieuses . qui l’entendement y avance. j’étais homme désespéré. la vraie mêlée parmi la fausse . nommé la Pierre des Philosophes. maintenant selon une manière. Nicolas de Grosparmy. Salut. et si ce n’eût été la grâce du S. Car pour un grain de la semence métallique on la peut multiplier jusqu’à nombre infini le monde durant. pour ce que les Philosophes anciens par la volonté de Dieu régnant en leurs cœurs firent Livres obscurcissant icelle. agit sur 100. la 2e agira sur 1 000. ou si par aucuns d’iceux n’est introduit et mené. et m’en suis presque trouvé tout nu et hors de chevance. et trésor enchanté . ne peut icelle Science être découverte. pour ce qu’il me semblait que j’étais ainsi comme insensé devant le monde. ne peut-il venir à la fin d’icelui secret. et en ce n’ay rien trouvé.

Âme et Esprit. si comment sont R. docteur. par ce qu’icelle pratique écrite. car l’âme est celle qui fait le lien du Corps et de l’Esprit. et qu’il y en a plusieurs faux auxquels il y a recette de pratique. Attramens. mais c’est nature. et les distillent.blé en venir mille. etc. c’est à savoir Or et Argent. car solution est corruption et putréfaction de toutes choses. laquelle chose n’eussions pas crû et en faisions doute. la terre et l’eau sulfurée d’iceux imparfaits. car tout se fait par nature. afin qu’ils soient de nature d’Air : et les calcinent afin qu’ils soient de nature de Feu. si plusieurs Livres n’as étudiés . Les autres prennent les quatre Esprits savoir l’Orpiment. le vif argent s’évanouit d’avec le métal. car elle corrige et amende la faute d’icelle pratique . Et quand ils eurent fait cela et moi semblablement. moyennant la Théorique entendue . officiers et autres clercs. le Codicille qui est nommé Vade mecum. ce qui était imparfait s’en alla avec la substance. Et quand iceux virent cela. laquelle pratique est fausse. Et quoique les envieux amis du monde. Et pour ce je te conseille que tu quères Livres approuvés. et font projection sur le ? et rien ne trouvent et sont trompés comme devant. Autres amalgamèrent et mirent icelui vif argent avec les Corps parfaits. et les ont dissout. dont l’art est le ministre . et lavèrent l’un et l’autre longuement ensemble. et toutes manières de borax. Magnésie. – 13 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . et partie de pratique. et bonnement ne les puis savoir. Car à nôtre Pierre philosophale est approprié Corps. tantôt elle est preste et diligente de mener sa nature aux individus de l’espèce présente . au regard des principes naturels. LE SECOND CHAPITRE Des minières auxquelles j’ay ouvré et les effets que j’ai fait. mais ils se trouvent si voleurs qu’ils en perdent la vie. croyant que ce qui était de pur parferait les imparfaits. mais se ruine et évanouissent avec toute leur substance. et que les Philosophes ont menti . Et pour ce te prions être secret et de telles gens comme eux et autres faux traîtres mangeurs de Peuple. amalgamèrent icelui avec cuivre. car ce que l’un te clora. croyant fixer aucune chose d’icelui. pour ce que dès le commencement de leur naissance. mais furent trompés comme devant. l’autre te l’ouvrira. en accomplissant les œuvres de NICOLAS GROSPARMY miséricorde. s’il advient que Dieu te la donne. Calamine. les vrais matériaux convenables à ce. et sublimèrent icelui avec lesdits corps. et que les Philosophes ont vrai dit . tesmoignons que la Science est vraie. Mais les plusieurs qui la croient usurper indûment. l’une fausse et l’autre vraie. et que lesdits imparfaits se parferaient et demeureraient avec les parfaits . mais se départaient en fumée . et sont dits Esprits pour ce qu’ils s’envolent en fumée quand ils sont exposés sur le feu. car si la matière lui est dûment administrée. et qu’il soit de bonnes mœurs. à nous n’en chaut. ils furent tous découragés. Les autres mêlèrent les Corps parfaits avec les imparfaits. fut mêlée par telle mixtion. et serve Dieu. en laquelle est la manière d’œuvrer. Et outre. Autres les mettent en herbes et bêtes. si de nos propres yeux. contient partie de Théorique. elle le fait en un jour aidée de l’Art . afin qu’ils fussent de la nature de la Terre . Aucuns ouvrent de Vitriols. et ne lui faut qu’administrer les matières . et pour ce. sa Mère et ses Saints. car ce qu’elle fait en mille ans seule. Sel armoniac. car art supplée aucunes fois les défauts de nature . et de mille. cinq cens milliers. mais nous qui avons vu de nos yeux et tenu de nos mains les métaux transmués. et crurent fixer aucune chose d’icelui avec le cuivre : et quand ce vint à l’exposer au feu. et ont cru extraire les quatre Éléments d’iceux. ne n’abuser autrui . et quand se vint à l’examen des Cendres. enfants du Diable et à Diables donnés. entends ainsi des métaux . afin qu’ils soient de nature d’Eau : et les subliment. Sels et de toutes manières de drogueries. et tout cela rien ne vous valut. car ce ne sont pas les gens qui font la transmutation. qui reviennent à la nature de la Terre. comme dit est. que tu saches et connaisses avant mettre la main à l’œuvre. Tutie. avant qu’aucune chose veuilles pratiquer. veuillent réprouver et dire le contraire. auxquels est la Science contenue au vrai. Alums. quoiqu’ils te pourront sembler différents. l’une proche et l’autre lointaine au regard du fait. tant qu’ils attendaient aucunement le feu. fors d’aucun Compagnon. en laquelle est la spéculation et la division des autres Livres. quand ils croient entendre au vrai ce qu’ils lisent. que jamais par feu ne pourront se départir. sans demeurer rien des imparfaits avec les parfaits . n’est que le miroir de la vérité de la Maîtrise. La 2e partie est la Pratique. et en tirent les quatre Éléments. et n’en veuille maintenant vivre plus délicieusement. des divers Vaisseaux et Instruments dont j’ai usé. sans le moyen de l’âme. jongleurs. pour ce que l’Esprit ne peut demeurer avec le corps. comme sont Antimoine. nous fixâmes iceux. et demeurait le métal plus impur que devant. et qu’ils viennent à le pratiquer. ils s’en trouvent plus loin que devant. dont le premier est la Théorique. comme sont Légistes. et toutefois est toute vérité à celui qui l’entend. et sont trois Livres. comme ci après sera déclaré. et disent que la Science est fausse. et de ce fîmes projection sur le cuivre fondu. lequel demeura plus ord que devant. Lulle et Arnauld de Villeneuve. tiens la secrète et spécialement des grands Seigneurs et de tous autres gens. Aucuns autres firent plus subtilement et s’avisèrent que le vif argent était germe des métaux. garde-toi. et bien informée par le sage Ouvrier. comme devant. afin que Dieu ne prenne vengeance de toi. ne l’eussions vue. Marcassites. dont les plusieurs s’efforcent de nous dérober nôtre philosophie . Souffre et Vif argent. renieurs de Dieu. par quelque aventure. lequel tu aie éprouvé et trouvé t’être véritable sans aucune fixion.

que le fruit lui apparaîtra devant ses yeux. Car quand il serait joint aux Corps imparfaits. Ici après est et gît l’œuvre des principes de Nature tant extrêmes que moyens. coulant par les mouvements souterrains du vent. il ne peut porter l’essai non plus que l’Image ne peut faire ce que l’homme fait. c’est-à-dire EAU SE(I)CHE .D = CORPS ELEMENTE et MERCURE – E = CALCANT(H)IS ou VITRIOL. comme gens de peu de savoir . Et pour ce le bon Ouvrier. et délaissant le Magistère. en quoi est leur puissance . 2) – Seconde. comme elle est administrée par Nature. Et donnerons au Chapitre subséquent. selon la pureté de la matrice et du lieu. et pour ce que nous prenons les extrêmes de nature par les moyens de la Science et de l’Art. peut par lui. savoir l’Eau vive et les deux Esprits puants. est engendré d’icelles vapeurs le mercure. duquel la vapeur est. qui connaît ce que Nature requiert à la génération du métal. il est comme le Peintre peignant en la matière forme éloignée comme d’homme ou de bête. tous ceux qui œuvrent des matériaux dessus nommés et des autres Esprits naïvement entendus. en retournant au D et à l’H . et est signifié par D. et maintenant ne sera. pour signifier le REBIS – F = VIF-ARGENT. autres principes prochains et convenables à l’Art. avant qu’à bon port pût venir . Car quand aucun donne couleur d’Or ou d’Argent à aucun autre métal. et non point tel que celui qui est trouvé coulant. ils sont tournés en meilleures espèces que devant ils n’étaient par la digestion en leurs minières. en sorte que l’Image soit à semblance d’homme : car la matière se distrait de la forme. il est une substance engendrée en la matière d’icelui Mercure. et sont signifiés par G. et ne prend et reçoit cette matière. l’une vertu séparerait ce qui est en eux de pur. mais si l’Âme était avec le Corps parfait. la nature minérale secourue et gouvernée tellement. Et doivent entendre tous les Investigateurs. 5) – Cinquièmement. il pourrait être toute sa vie à calciner et distiller. noir et rouge et blanc en son occulte et est trouvé en vert lézard congelé. ainsi que na-ture requiert. il soit premièrement converti. [résumons donc : B = QUATRE ELEMENTS – C = EAU PONDEREUSE. et tombe en minières sulfuriennes. chaudes et seiches . et s’il connaît la vraie manière tant en extrêmes qu’en moyens. jusqu’à tant que en sang corompu et venimeux. lesquelles par raréfaction et résolution se condensent en eau. et que l’essai est fait dessus. car F a puissance de CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 14 – . du métal. être le leur Vif argent en l’œuvre de Nature. en sont iceux métaux signifiés par H. et que ce qui était imparfait en l’œuvre de Nature. et que l’ouvrier sache garder la proportion d’iceux. ainsi sont trouvés en matière terrestre en forme de métal. ainsi que métier nous fût. lequel est terre et mère des Métaux . 6) – Sixièmement. pour l’extrémité d’iceux. nature entend à les ranger et à rouer tant que par digestion. est immédiatement engendré le Vif argent. à la forme et espèce NICOLAS GROSPARMY LE QUATRIÈME CHAPITRE De quels principes le Magistère est fait. pour ce qu’iceux ne sont pas trouvés sur terre en leur naturelle action. lequel est la propre et très prochaine matière à la génération de tous les Métaux. comme plus à plein sera déclaré en ce Chapitre succédant. et est signifié par E. d’icelui Argent vif sont les souffres secs. étudiants en cet Art. il leur sembla que c’était chose impossible . sont les quatre Éléments et sont signifiés par B. et selon la dépuration telle. immédiatement engendrés par la condensation d’icelui Vif argent. par l’instinct et vouloir de nature. c’est-à-dire MERCURE PHILOSOPHIQUE ou COMPOST – G = SOUFRES DEPURES – H = ESCARBOUCLE] LE TIERS CHAPITRE Des primordiaux principes en l’Œuvre de Nature avec les extrêmes et leurs moyens 1) – Les primordiaux principes succédant en l’Œuvre de Nature. et est vert. c’est-à-dire sulfate double de FER et de CUIVRE. Et pour ce. et quels ils sont en nombre Les primordiaux Principes en nôtre Magistère sont trois. 4) – Quartement. pour la gravité d’iceux Éléments et est signifiée par C. pure ou impure forme en sortira . soit d’Or ou d’Argent. et est signifié par F. 3) – Tiercement. dissoudre et congeler. Lascuta [anagramme pour sal acut. par la raréfaction et résolution de la vapeur subtile d’icelui Calcantis. probablement le Nitre des Sages]. desquelles la vapeur congèle tout mercure. Car qui ne connaît le moyen que j’ai dit. en laquelle gît et est la vie du métal. mais par ce que ces deux sont très éloignés et lointains. et c’est la forme éloignée au regard de la matière. Vitriol. perdent leur temps et leur peine. celui qui aurait cela aurait double vertu. sont les vapeurs d’iceux Éléments. ou d’autre métal. et l’autre convertirait ce qui aurait été séparé. laquelle est nommée Calcantis. la Nature la sage nous enseigne que nous prenions F. en laquelle terre est l’espèce d’Eau vive et des deux Esprits puants. par la gravité et pesanteur de leurs Éléments. c’est-à-dire sel accué. qui est disposition moyenne de l’extrémité et nature d’iceux . Et tout Alchimiste qui se s’efforce de donner semblance ou couleur à aucun des métaux. et est celui-ci engendré en tout Corps élémenté. lequel est trouvé sous terre. ou comme celui qui pour trait Image semblant à homme.et désespérés de la Science. sera accompli en métal parfait. 7) – Les Septièmes extrêmes sont les Métaux en parfaite clôture en l’Œuvre de Nature dedans les Minières . laquelle est moult pondéreuse. Et quand ils sont hors de leurs Minières.

puisque tout étant dissous. par laquelle corruption les Éléments ont été. et est une vertu. et sont divisés chacun en trois spermes différentiaux. passif et neutre. si comme semences de grains et racines. ignition permanente. Fer. Cuivre. il est une autre vertu. tout ce qui était en puissance en l’œuvre de Nature et de meilleurs moyens pour raison des extrêmes. LE SIXIÈME CHAPITRE De quelle manière est formée notre Pierre Tous Fils de doctrine et d’entendement. Le genre végétal est divisé en trois spermes différentiaux. et qu’il est de nécessité que les Éléments soient purgés. c’est-à-dire C qui peut transformer. forts en médiocrité. NICOLAS GROSPARMY – 15 – .convertir D en E. se sont depuis contagiés et corrompus. qu’il lui faut faire ressembler notre Magistère qui est périt Monde. qui est dit et clamé levain et ferment de notre parfait Élixir. en choses crues. qui est l’un des quatre Éléments et n’est ni mâle ni femelle et ainsi tient l’un et l’autre. par la digestion de la chaleur minérale naturelle . innaturels et contre nature. en l’air pluvieux. C. chacun selon son Esprit . car F est venue de C. D en E. Semblablement. si comme le pain et le vin. Etain. Tuties. végétal. Souffre et Argent vif. B se convertit en E. D. avant qu’on présume de les fixer . en largement parlant . En sorte que le genre minéral est divisé et séparé des deux autres lignages. qui sont d’un lignage . Vitriols. c’est à savoir sperme actif.. ce qui s’obtient à la fin de la période de dissolution. par quoi les hommes de maintenant sont de petite durée par l’impureté d’iceux. Marcassites. et minéral. en forme de Mercure. et comme le démontre la matière de l’Or. Car nous avons vu que de feu d’herbes. et leur menstrual est en l’humeur de la terre. ce qui est logique. et ce qui sera de pur demeurera. [résumons : entre les corps dits élémentés qui représentent les matières apprêtées et l’escarboucle. E. le CIEL formant ici le FEU. Attramens. et chacun desquels se multiplient selon leurs espèces. c’est à savoir sperme masculin et féminin. et sont morts les hommes et bêtes et plusieurs arbres et herbes . puisque F donne B. Mais à la fin du Monde. et encore est séparé des naturels. peuvent voir et connaître par claire expérience. c’est-à-dire en chose double ou REBIS. Comme il ne soit rien sous le globe de la Lune. Et voyons que ce qui naît de la séquelle harmonique de l’homme est rejette par des conduits. De même. laquelle se divise en quatre dont sont compris les trois genres dessus dits. par quoi nous révélions et chargeons à tous ceux qui nos Enfants voudront être. descendus de H en B. viendra. c’està-dire les quatre éléments. le souverain Philosophe. J. N. S. que en leur secret veuillent tenir. Arsenic. et celuy B se convertit en E. et sont infects . est trouvée la première matière de toutes choses. et vrai résistance contre ignition. Ainsi semblablement peut être transmué le genre animal ou végétal en minéral. c’est à savoir. et tous autres moyens qui descendent et naissent d’amont d’autre genre touchant perfection ou imperfection. Antimonium. Et tout ainsi comme depuis que le Monde fut créé de Dieu le Père. c’est-à-dire l’ÂME de la PIERRE. et . quand C est en forme d’au minérale. alors que c’est le premier Mercure. en lieu d’eau vive et d’esprits puants. c’est à savoir végétal et animal. et est de complexion hermaphrodite. désirant accomplissement d’être sous CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE LE CINQUIÈME CHAPITRE De la division des trois Genres Notre Science et Art est comprise de trois genres. nous connaissons que la mercurielle substance se convertit en pur sang par la digestion de la chaleur naturelle. Ici semble se placer une contradiction dans la mesure où le Compost serait censé transformer les corps élémentés en Rebis . Car F a pouvoir de convertir D en H par conservation de leur forme . contenant en soi actif et passif. les matières plus convenables à la forme. et quand nous disons largement. bestial. qui ne soit d’une même matière. et en sperme menstruum. qui est appelée Quintessence. qui peut être trouvée en tout corps élémenté. et que tout se tourne en B. et en féminin si comme Plomb. fondera et tombera sur les damnés. Le genre bestial a sperme masculin et féminin et son menstrual. avons créé moyen lequel fût conservatif d’espèce minérale et transmué en forme et couleur de métal . Et icelle forme est dite forme simple et non accomplie. comme tout ne soit mais qu’une seule Quintessence. desquels quand l’homme les a mangés et bus. peut entendre tout Fils de Doctrine. Et là se fera actuellement. et avons vu et voyons que les Végétaux et Animaux ont pris et prennent chaque jour forme et figure l’un de l’autre. et ce qui sera trouvé de mal et d’impur. nous le disons à la différence de ce qui parfait notre parfait Élixir. car le Vif argent contient en lui son même soufre par lequel lui-même se congèle en Or et en Argent. si comme en fusibilité. Quant à G. Et par cet exemple. qui par le feu du Ciel ardera tout ce qui sera trouvé d’impuretés ès dits Éléments . on voit que l’ordre chronologique n’a pas été suivi au chapitre IV. Le genre minéral est aussi de complexion hermaphrodite. duquel on doit extraire F en notre Magistère. l’AIR et l’EAU – MERCURE – coexistent avec la TERRE et le CIEL – PIERRE. si comme urine et sueurs. que à la dernière dépuration. non terminées solennellement. c’est à savoir actif. les Éléments qui étaient purs au commencement de la création. le travail va consister à obtenir le Compost ou mélange Mercure-Rebis. Magnésie. par génération et corruption. par purgation physique. si comme Or ou Argent . il constitue la teinture de la Pierre] En sorte ce que tout genre peut être mué en autre genre par digestion complète. et divisé savoir en sperme masculin. si comme Alums. demi y est G.

que notre Or et notre Argent sont vifs. et en icelle le teindra : car Or la teint en couleur dorée et Argent en couleur d’Argent. car nous ne parlons sinon aux Philosophes . car ce m’est advenu par cas d’aventure. tant occultement que manifestement. Et pour ce est appelle Don de Dieu. et pour ce en vainquant elle se tue. pénétrant et transformant tout autre métal. tant qu’elle l’ait tout converti. elle est comparée à la Planète de Mercure. Et pour ce ne vous CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 16 – . à laquelle il n’y aurait point d’utilité. tu ne te décourages . qui de tant vile chose. elle est moult légère . Et pour ce dit le Philosophe. mais amendera de vieillir. c’est Trésor incomparable. car par cette revivification sont ressuscites tous métaux imparfaits. je n’eusse point recommencé. et nous les avons faits pour en jeter hors tous ceux qui ne sont de nôtre secte. et est son nourrissement d’être au feu . jamais n’a besoin de recommencer. Et pour ce regardent les Ignorants s’ils pourront bâtir après nous . aussi matière n’est pas sans aucune forme. et mêmement en l’œuvre de la Maîtrise. mais y ont les plusieurs par leur convoitise exposé leurs biens et s’en sont venus à pauvreté. car tu vois que quand un peu de Levain touche à grande quantité de pâte. menez à fin soit bon ou mal. Et si dit Mercure encore plus fort. et disent que nous leur avons donné à entendre l’un pour l’autre. vous qui voulez nous suivre. le Philosophe par qui l’œuvre est régie. ne aviser tant la vît-on devant soi. et de tels à la fin à désespérance. Et notre Pierre a trois Pères. et pour ce dit le Philosophe : Est in Mercurio quidquid quaerunt Sapientes. pour ce que l’Artiste ou l’ouvrier aurait lieu propre. preste entendement à nous indignes d’en faire si noble chose. « Dans le Mercure se trouve tout ce que cherchent les Sages. et après se revivifie en si grande clarté. et pour ce icelle forme simple jamais par elle ne peut venir à degré susdit tant que sa matière pontique et terrestre aie premièrement converti le métal en sa susdite nature terrestre et pontique . qu’avaricieux la possédât. toutefois les fols ne savent entendre autre feu. car cette chose œuvre en Elle diversement. Doncques vous qui cherchez les voies obliques et cherchez cette Science. nature n’aurait aucun mouvement. et le feu commun par qui l’œuvre est exercée. et croient que nous n’ayons fait nos Livres que pour eux. et que par icelle Philosophie en son entendement ne l’ait comprise. ni autre Vif argent. par quoi j’en fus presque hors. Et pour ce. Et pour ce dit le Philosophe. et en eusse été débouté à jamais. au temps que je la trouvai . afin qu’une fois par quelque cas d’aventure ou de fortune. Et ne doute point de recommencer plusieurs fois sur une matière. car jamais ne fut mémoire. que nul ne le croirait s’il ne l’avait vu. dont le nom de Dieu soit béni. déjà pour ce ne sauraient-ils plus du commencement que de la fin. que celui qui une fois parvient à notre Pierre. à savoir l’Or que le Soleil a engendré. Et pour ce que icelle forme simple est [réceptible] de toute sorte de couleurs et de toutes formes. qui est dite feu et vertu minérale. si premièrement n’a passé par l’universelle Philosophie. laquelle se soumet aux complexions des Planètes sous lesquelles elle a son règne. Et jamais ne peut être entendue pour regarder. dont ils demeurent déçus et comme aveuglés d’entendement. et en sorte que le feu appelle commun en langage rustique est nécessaire à l’œuvre. ni pour la voir achever devant leurs yeux . lequel par figure est appelle Lait de Vierge. et que je doucois avoir failli par hâtiveté de trop grande chaleur. par le côté où elle sera touchée. Car si forme lui faillait. que notre Pierre se tue de son propre coup. laquelle est née de feu et de feu se paît. veuillez être de propos rassis et ne mettez pas vôtre entendement sur plusieurs choses . et au regard de la matière. jamais ne peut être vaincue ni digérée en nature minérale . et ne finira-t-il jamais de distiller. et ceux des minières sont morts. telle la recevra. tantôt elle est morte . et la paîtra de Vénus. elle commencera à lever. Et nous leur répondons que c’est feu que le NICOLAS GROSPARMY Soleil a engendré en la matière minérale. comme de trop fort feu ou débrisement de vaisseaux. Et quant au fait de la pratique. et l’appelions fils du Père. que les vulgaires. mais ce que vous commencerez. qui ne vaut pas autant de fientes. prise en l’Art de Physique : pour ce quand l’odeur de cette pierre touche aucun métal. » Et pour ce quand l’on veut qu’elle ait noble forme. c’est terre noire lépreuse. Car ils sont animés d’animation. Mais quand elle a roué le cercle de nature. que qui l’abreuvera de verre. avant qu’autres choses entreprendre. on lui doit ajouter noble forme. car selon la forme qu’on lui administrera. par contraire mouvement et contrariété de matières en infinie qualité. et si n’appétissera déjà le premier Levain ni sa vertu. et est vicaire du Soleil sur terre icelui feu. car tant qu’elle ait corrompu et vaincu la semence métallique. comme matière désire d’avoir forme . tant que tout sera converti en Levain. s’il avait mile hommes à repaître chaque jour et qu’il voulût maintenir ledit labeur. car sous son ombre se cache la quintessence. sinon de la paître de son même lait. le fruit ne lui en faudrait pas . car quand elle perd l’habitation du feu. et en faisant l’œuvre. Et pour ce doit être chèrement nourri. que celui là qui la connaît. Et te soit le Levain exemple. comme dessus est dit . et en sorte qu’iceux fussent présents au commencement. comme de chose négligée et eusse trouvé autre façon d’ouvrer. pour ce que le Soleil l’a engendré. et n’eût été un regret que j’avais. qui sont dits être morts : Et pour ce dit le Philosophe. jamais ne cessera d’avoir action en icelui. nam sub umbra sua latet substantia quinta. ne pour essai qu’homme y pût faire . je vous conseille que la délaissiez .aucune forme. jamais ne mourra : et si se nomme Salamandre. autre Souffre. et qu’il fût expert : et n’est nuls revenus mondains à comparer à icelle.

Lemery – à ne pas confondre avec l’éthiops minéral qui est du sulfure de mercure ou cinabre vulgaire] . afin que ne transgresses les signes qui t’apparaîtront aux digestions de ton ouvrage. il importe de veiller à ne jamais trop pousser le feu. c’est signe de digestion parfaite. et lors commence la matière à devenir citrine. dans quelles se déporte nôtre Pierre. car blancheur n’est que noirceur lavée. et on ne peut faire du rouge blanc. par l’aide d’aucune chose fugitive. et quand la noirceur est venue. doit être extrait du grand désert d’Arabie. quand ils sentent l’âpreté du feu. et leurs Montagnes ne sont que Sol et Lune. Car de ces deux Corps avec leur Souffre et Arsenic appropriés est faite nôtre Pierre. une haute et noble. et jauneur est digestion accomplie. il ne peut bien digérer sa viande. selon nôtre intention. la première est corporelle. et la troisième est spirituelle et corporelle. Sublimation et Congélation sont vivificatives . Car quand l’homme se lève au matin. n’y n’est sur terre Souffre blanc ne rouge. que si son urine est jaune. moyennant cette présente théoriquement entendue. et n’entendez pas que ce soit mort détruisable. nature sépare le subtil de l’épais. et la noirceur passée. L’ESPRIT aide l’ÂME à descendre dans le CORPS. Lors commence à venir la blancheur qui est la deuxième digestion. CORPS et ÂME. et est le Vinaigre des Montagnes. et par continuation elle rougît. sinon celui des deux Corps susdits. Et nôtre Sublimation n’est autre chose que de faire d’une basse chose et vile. Et si ce corps faisant la digestion est malade. laquelle croît sur les Montagnes. de léger peut convertir l’Argent en Or . Et lors sont accomplies les trois digestions . Les uns disent que la Sublimation se fait en feu sec. comme Solution est mortelle.] commence nature à digérer la matière . faute de quoi l’on risquerait de brûler les fleurs. si premièrement n’est blanchi. car on ne peut passer du noir au rouge sans qu’il soit premièrement blanchi . et si veux à icelle entendre légèrement y pourras parvenir. Et en icelle blancheur. pour ce qu’il envenime tout de sa queue. et me crois si tu ne veux être fol. de corruption où il est. la digestion de la première solution est accomplie. Et cette génération par figure est nommée sublimation et Congélation. non pas tel. sinon par corruption de sa substance. certains artistes – dont Artéphius – l’ont nommé LAIT DE VIERGE. c’est à savoir mâle et femelle. car c’est la première erreur de cet Art. et doit être ramené au Royaume d’Ethyopie dont il est naturellement natif [c’est-à-dire à la noirceur : on parle ainsi d’éthiops martial – oxyde noir de fer qu’on appelait jadis poudre noire de M. prends l’herbe claire et honorée. et puis disent que leur matière est bien sublimée. Et ceci est dit par figure de leur sublimation. lesquelles je te ferai connaître en ma Pratique. Enfin. comme déligation des Éléments et putréfaction d’iceux. tout ce qui est de la pure nature se sépare de sa terre fangoneuse. et si elle est blanche c’est faute de digestion et de repos. La Pierre est formée des trois principes ESPRIT. mais en Eau terrienne minérale. tant en la solution qu’en la vivification. dont la première est verte et en icelle verdeur s’échauffe nature. Et icelui Dragon qui est nôtre Pierre. Par ainsi se découvre que qui si sait bien convertir l’Or en Argent médicinal. en germinéité. comme est le commun. et dure jusqu’à la rougeur . Cet esprit. comme les Ignorants croient la Sublimation être faite par véhémence et feu commun d’aucun des quatre matériaux. Et cette ÂME. et par mouvement continué. [Résumé : comme d’habitude. mais est trouvé en terre déserte et dépeuplée. Et en la Pratique ferons dénotation des couleurs et des accidents. lors NICOLAS GROSPARMY LE HUITIÈME CHAPITRE De Sublimation et Congélation Tout ainsi. et d’Orpin . désirant réformation et séparation des plus pures parties germineuses. et depuis que la noirceur y apparaît. Et n’entends point que la solution se fasse Eau de nue. et de Souffre. en laquelle corruption se transmue le métal de ses premières lumières en ténèbres obscures. et au plus bas et profond de la matière se forgent commencemens de grosses parties en simple de pure nature. sous lesquels l’Art est figuré. qu’aucuns Philosophes ont clamée dragon dévorant. et n’entends pas que nôtre sublimé soit monté en haut. ne en métal constitué en diverses pièces . lesquels fuient au sommet du vaisseau. LE SEPTIÈME CHAPITRE De Solution Solution vaut autant à dire. pour ce que plusieurs couleurs y apparaissent. les propos importants sont noyés au sein d’autres qui feraient jeter le traité aux ordures si l’on n’y prenait pas garde. dont ils demeurent – 17 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . ainsi que ce CORPS. mais est corruption aidant à génération : car ladite génération ne se peut faire sans ladite corruption. tant que la matière vient noire comme charbon . forment des sels incombustibles que les Adeptes voilent sous l’épithète de salamandre. il peut connaître à son urine s’il a bien reposé .veuillez hâter par trop grande excitation de feu . car on ne peut faire du meilleur pire. Et en iceux on doit mêler le Mercure. et que c’est le froid qui l’a tenu hébété et forclos de son mouvement. et se divise en trois digestions. c’est à savoir. et de Sel armoniac. Ainsi se définit solution. c’est à savoir de corruption ramener à régénération. en sorte que icelle ne soit pas soudainement venue. Ainsi est-il de la substance mercurieuse de nôtre Pierre. mais aie regard souvent à ta matière. on peut connaître que c’est le feu de nature qui agît. c’est à savoir Vif argent semblablement au genre commun. laquelle ne se peut digérer sans l’aide de la chaleur naturelle extraite d’Argent fin avec le feu de fin Or. Et pour ce dit le Philosophe. la deuxième est spirituelle.

en retournant aux principes de Nature. par la vertu de l’Esprit séminal qui gît au grain . si comme le grain étant sec par lui. et la multiplication du Souffre. qui corrompt les Corps . se convertit nôtre Vif argent en pur Souffre. qui est nommé nôtre Pierre. Et par ce peut-on connaître que les vertus célestes sont aidées par les rustiques. en l’élevant d’avec sa matière corrompue. et en icelle Sublimation. Et en croissant icelui brin de bled par la volonté de Nature. Ainsi est-il de nôtre Pierre comme du grain de bled . Et pour le premier labeur si tu cueilles 100. tant que le premier élevé par sa force et vertu ne cessera jamais qu’il n’ait mangé et rongé le superflu de sa ma-tière jusqu’à tant qu’il vient en âge. cémentations. car nôtre Pierre étant en sa nature seiche. car après ce cohabitement et corruption vient la génération. c’est à savoir en Or et en Argent . car le temps de la génération accompli. jusqu’à tant que le mouvement de la végétabilité apparaisse. en prenant garde comme la dessus dite Nature œuvre. ignore la génération. en manière de lait épaissi en cette corruption. et des diverses couleurs. l’humeur terrestre qui est dit menstruum. Ainsi est-il de nôtre Pierre. jamais Nature ne cessera de forger et marteler. Car nôtre Sublimation n’est autre chose. et s’en vit ledit grain jusqu’à tant que verdure durera en lui . Car iceux Corps sont descendus de la concavité de la pure substance du ? à plein dépuré par l’engin de Nature la sage. que n’est le commun. jusqu’à tant qu’il ait air et manière humide en son dit compost. et par conséquent du quatrième 100 mille. il est métier de séparer et ôter par les degrés de séparation sus et connus. et n’ont point de connaissance de la Vertu céleste qui laboure et fait croître et non pas eux. Et par l’entendement du grain de froment peut-on entendre des Métaux et minéraux. c’est à savoir de sa Terre. et en icelle chaleur. et du passement d’un Élément à l’autre. qu’il n’est qu’une seule Pierre ni qu’une seule Médecine. ainsi est accompli le mouvement de Nature. que ledit grain contient hermaphroditement. qui est pareillement nommé nôtre Pierre. n’y faire aucun profit. elle se doit ou doit être convertie . et manger autre viande jusque en la fin de son âge. et comme elle passe par ses moyens. lequel est mieux aux hommes commun. Les aucuns disent qu’elle se fait en feu humide et sont déçus comme les autres. laquelle nous ne pouvons ensuivre en toutes choses. auxquels nous répondons. lesquels ci-dessus avons déclaré. par quoi n’en pourrait trouver la fin qui toujours voudrait labourer. en sorte – 18 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . tout ce qui naît de la séquelle harmonique des métaux. lesquelles sont séparables du Vif argent. et quand le brin a tant vécu. ne peut fructifier. par calcinations. Et jamais Nature ne cessera d’ouvrer et de faire croître le brin de bled. et désirant naissance et séparation du ventre de sa mère . et en quel lieu elle se trouve. NICOLAS GROSPARMY Et quand il a tout rongé. et chacun des investigateurs et enquéreurs de cette Science doit former son intention sur cette même Carrière. du deuxième tu cueilleras 1000. Et quand le mouvement de sa vie est accompli. jamais ne cesse de pénétrer icelui grain. et tantôt que le temps est accompli. et imprégnations de la Terre. Et par ceci peut-on entendre l’abrègement de nôtre Pierre et la longue durée de nôtre vie. comme le poussin étant en la coque de l’œuf où il est né. Les autres disent qu’elle se fait en feu contre nature. que le cercle de Nature est accompli. Et pour ce tout Souffre vendable est corruptible et étranger à nôtre Vif argent . d’avec l’impur et l’épais. que force est que celui qui ignore la corruption. par le présent cohabitement du mâle et de la femelle. la chose n’est pas étranger en laquelle par nôtre Magistère. en prenant garde de quelle manière elle œuvre . Et pour cette cause nous lui ajoutons matière humide qui la corrompt. car quand elle a rongé tous les côtés elle désire manger la matière des Métaux imparfaits jusqu’en la fin de sa vie. que séparation du subtil et du pur. commence à venir la vie à nôtre cher Enfant. et à plus grand marché.déçus. et puis après en vraie Médecine pour guérir tous les Corps malades. et comme en un moment nôtre Pierre est engendrée en une autre corrompue. c’est à savoir par ses racines. Et sitôt comme la vie est au corps. tant que le grain se corrompe. car par l’aide d’iceux deux Corps. lors commence icelui brin à mourir et sécher . que l’Âme y est posée par la vertu céleste. chaleur est engendrée dans ledit grain. il désire moult être hors. mais en tout ce qui nous est possible nous l’ensuivons. Nature la haute influe Âme végétable . jamais nature ne cesse de végéter et de croître. c’est à savoir depuis la corruption et nativité jusqu’à la fin de sa vie . afin qu’on lui puisse ressembler. duquel et de ses premières formes. LE NEUVIÈME CHAPITRE Quelle est la matière de nôtre Pierre. lequel quand il est en terre jette. est introduit nouveau mouvement . que nous clamons Sublimation. Et te soit le grain de bled exemple. l’humeur et la graisse qui est autour de lui. nature ne cessera jamais d’extraire ce qui a été le premier corrompu. par voie contraire. et de sa teinture qui n’est que d’augmentation de chaleur naturelle Je fais savoir à tous fils de Doctrine et amoureux de vérité. attractions. afin qu’elle ait mouvement de fructifier . pour sa compactibilité. c’est à savoir quand le pignon sort du grain. et à plus forte vertu . et par le mouvement du Ciel et des Planètes. à laquelle nulle chose étrange ne doit être ajoutée . mais il en faut ôter les superfluités terriennes et flegmatiques. par nouvelle corruption et génération. et on aura bon acheminement. mange et tire par sa queue. du troisième 10 mille. Ainsi est-il de nôtre Pierre minérale .

il faut que la naissance soit devant le nourrissement. et de toute autre humidité vaporable. et l’Esprit ne pourra vivifier son Corps et demeurera la matière sans aucun mouvement . avant que la noirceur y apparaisse . Ainsi comme nous avons divisé par la circulation des quatre Éléments dessus dits : et qui bien entendra la conjonction d’iceux et leur mutation. conjonction. jusqu’à tant qu’il passe l’âge d’engendrer. et le nourrissement devant la vertu et la force : et le temps de sa vertu et force devant la fin. et dure jusqu’à la noirceur. et dans les deux dites qualités de froideur et sécheresse. Et pour ce le premier mouvement de Nature. toutefois est NICOLAS GROSPARMY dite icelle matière Élément terrestre. en prenant la moyenne substance qui fait fusion et simple ignition. et est appelle l’Élément du Feu. en passant par la qualité de sécheresse. et en cette noirceur doit être continué par cautelle de Feu bien gouverné. qui est cause de tout autre mouvement. et ne CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 19 – . par l’Air et par la Terre. jamais les contraires Éléments ne concorderaient ensemble. Et pour ce quand le Feu de nature minéral est une fois dedans infixe et mêlé. est l’Eau de léger converti en Air. lequel ne ressemble pas peu à nôtre Magistère. par les moyens l’un de l’autre. il entendra toute nôtre Maîtrise. et n’aura-t-on pas ce qu’on désire. qui ne sont pas que Soufre composé. en corrompant iceux Corps par l’aide de Nature. Et pour ce que la Terre a deux qualités. en laquelle habite la haute Nature mouvable. pour venir à la qualité de froideur. et tant qu’icelui Feu trouvera matière aireuse. qui jamais ne peut de rien servir : mais icelle claire matière peut recevoir la teinture de nôtre Feu. Et si les qualités n’avoient affinité les unes avec les autres. et qu’il soit en âge d’engendrer. jamais ne finira de brûler en multipliant desdites cendres. en recourant à l’exemple du grain de froment. il la convient moult subtilier. car le Feu a deux qualités. qui départ et prête de quoi. pour ce que l’Eau est en une qualité froide et en l’autre qualité moite. et en ce mouvement la matière du composé est nommée et prend le nom de l’Élément de l’Eau. de quoi elle ouvrait en son primordial principe . quand elle veut figurer aucune chose. pour ce que l’Elément de l’Eau domine sur les trois autres Éléments. et la corruption passée vient la génération. et est nommé l’âme des dessus dits quatre Éléments. au surplus. qui veut de la Terre faire Feu. et en sorte que icelui Élément contienne les trois autres confusément. et pour la qualité chaude de l’Air. sans passer par son moyen. et mondification d’iceux. Et pour ce. par l’aide des teintures du Soleil et de la Lune. par contraire mouvement qui veut faire du Feu Terre. pour ce que l’âme s’enfuira. et qu’il change la qualité nommée chaleur. Et pour ce que Nature passe par plusieurs moyens. car ladite matière est réceptible de toutes couleurs. qui est clamé Mort. dit Saturne. nommé Quintessence. moyennant les autres Éléments. Et la Terre demeurant au fond est si comme scorie et terre damnée. avant que son ouvrage soit fini et que la roue soit accomplie. recevant clarté et lumière du feu de nature. Élément terrestre. Semblablement l’Air se peut convertir en Feu. Et pour ce tout fils de Doctrine peut connaître la contrariété d’un Élément à l’autre par le Feu et par l’Eau. et prend le nom de l’Air jusqu’à tant que les dents lui soient faites. Et sachez que Nature ne passe pas d’un extrême à l’autre. la matière tantôt se rougira. Et depuis icelui âge. pour ce que la Terre domine par-dessus les trois autres susdits. et en infigeant teint la matière en la colorant de plusieurs couleurs dont la première est vert tirant en jauneur. Semblablement l’Eau se peut convertir en Air par sa moite qualité . à savoir chaude et seiche. c’est à savoir la convertir en nature d’Eau. dont la première est flegmatique et l’autre oléagineuse. peut-on voir quand Nature a commencé à figurer aucune forme. et dure longuement. en sorte qu’il contienne les trois autres Éléments. Après et en la naissance. Ainsi ouvre Nature en sa circulation sur toutes les choses de ce monde en général. jamais ne peut être éteint qu’il n’aillent ardant la matière en la convertissant en cendres minérales. Semblablement. et pour icelle qualité moite. lesquels furent tout un. Et pour ce. c’est à savoir en pur Soufre. et depuis ce temps-là est dite la matière aireuse. Car il est certain et chose nécessaire que la matière de nôtre Pierre soit séparée des deux humidités. Car si le feu excède. il fait passement de l’un à l’autre et converti en nature de Feu. l’une chaude et l’autre moite . et est appelée la matière. si comme de plante ou de bête. qu’incontinent qu’elle a commencé. nous dirons comment les quatre Éléments symbolisent les uns avec les autres. et ce Soufre n’est qu’Argent vif digéré par la multiplication dessus dites. mais par l’aide de ce qu’elle aura déjà créé. lequel va confusément et résulte sur tous les quatre. il convient le Feu moult condenser et épaissir : car la qualité seiche qui est au Feu et la qualité seiche qui est en la Terre symbolisent par quoi passement peut être fait de l’un à l’autre. ledit Feu de nature commence à vaincre l’humidité menstruale qui l’avait corrompu. c’est à savoir du commencement à la fin. car l’Air a deux qualités. et quand icelle y apparaît. comme l’on peut voir de l’Eau et du Feu. qui est de la nature de la Terre. par raréfaction de sa substance . car en iceux quatre Éléments est le cinquième Élément. Car elle gît en la séparation. c’est à savoir froide et seiche pour la qualité froide qui est en l’Eau et peut se convertir de léger en nature d’Eau. est corruption de la forme présente. nature continuera son mouvement jusqu’à la fin de son compost. il entre et est en son feu.que nous ne puissions ressembler à Nature en prenant icelle matière crue. qui sont contraires et néanmoins se peuvent retourner l’un en l’autre.

si comme entre les végétaux la Vigne. ou autre chose. non point comme celui qu’on vend aux chambres. il créa les Cieux. Et de tant que la matière est plus basse. ni connue . il créa la Quintessence en une masse appelée la masse confuse . En sorte que les Éléments sont parfaits. en laquelle est la manière et la forme d’ouvrer . jusqu’à tant qu’il soit venu en son désir. et quand par trop grand Feu la matière est excitée. il faut qu’il ait premier le fer.croit pas que l’âme. La blancheur passée. et qu’il excède la matière. moins pure. ne soit de Souffre et Vif argent. et entre les verres ou voirres. et par continuation commence à venir la blancheur qui est le commencement de la vie . de la plus pure Notre Seigneur créa les Anges et les Archanges. lequel en sa calcination. et cette chose y va confusément par tous les quatre Éléments. mais icelui de quoi nous avons parlé. lors peut-on bien dire que le degré de solution et corruption est accompli. Pratique ne peut être sue. ainsi est la vertu céleste. desquelles trois parties. et est la matière tirant à blanc azur. Et icelle Quinte Nature est la Vie et le mouvement de toute chose croissante. et situés et assis chacun en son propre lieu. qui au commencement de sa création. car Théorique connue ne se doit point éloigner de Pratique sue. transformant tous autres Corps métalliques. Et pour ce soyez secrets. en manière de terre en blanc colorée. lesquelles Nature avait mises en lui en telle manière qu’il n’apparaît. sinon en forme simple. et se parfont l’un par l’autre par le Quint Instrument qui est le lien d’iceux et qui les met accordance. soit la matière fixe. le Fenouil. car tout Vif argent congelé est dit Souffre. la Mercuriale et la Chélidoine. vient en poudre noire et puis blanche. desquels ont doit faire la fermentation : car iceux deux Corps sont pur digérés et fixes. et de la deuxième moins pure. et fut divisée par les quatre Éléments. comme à nôtre pratique il sera tout à plein déclaré. Hylé. Ainsi fait Nature quand elle vient figurer et former aucun compost. Et entre les bestiaux. de laquelle masse fut faite la merveilleuse NICOLAS GROSPARMY – 20 – . de quoi avons parlé après sa parfaite CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE LE DIXIÈME CHAPITRE Comme en tout lieu on peut trouver nôtre Pierre. elle prend et reçoit cette matière. qui est Esprit quint. et plus humidement. le Basilic et toute autre forme selon sa proportion. si comme cristal. De la deuxième partie de la plus pure des quatre Éléments. il retient tout autre Vif argent. pour ce que elle est en second degré et germaine de ladite Théorique. il prend et usurpe le nom de Souffre. laquelle les Philosophes ont clamée et comparée aux bois et aux forêts. et ladite blancheur en la matière dure longuement. qu’il n’est rien créé en ce Monde. Et pour ce qu’il est figuré de diverses plantes et de divers bestiaux et minéraux. par la volonté de Nature . les Étoiles et les Planètes. en sorte qu’il soit préparé et approprié en forme simple. Et quand par longue et douce continuation. pour ce que c’est le principal Élément et fondement et le plus matériel des autres. qui mentir ne peut. témoin tous les Philosophes naturels. Quand Nature a fixé aucune forme en lui. car l’Or teint en couleur dorée et de grande resplendeur. et mêmement il retient icelui vulgaire. et puis jaune et puis rouge. et l’Argent teint en couleur argentée. et non point en toute sa nature terrestre. et de la quatrième partie plus pure après l’Air fut créée l’Eau. Notre Seigneur créa le Feu . et de la troisième partie plus pure après ledit Feu fut créé l’Air . car en icelle blancheur d’âme est infusée dedans ladite matière. Nous trouvons par nôtre Art et expérience. c’est à savoir Or et Argent. et quand ledit Vif argent est fixe. division par la volonté de Notre Seigneur. Et icelle forme simple se peut trouver en tout corps élémenté. nommées Lion vert. Et tu vois quand l’Orfèvre veut figurer aucune forme si comme d’un clou. et principalement par-dessus les quatre. et peut souffrir tout feu. car ladite Théorique corrige et amende les fautes . la mouche melliflue qui fait la Cire. et plus aux uns qu’aux autres. qui tout fut d’une masse appelée Chaos. Et pour ce veuillez noter icelle quinte nature. on le doit dépouiller de toutes icelles figures. et ne vous veuillez hâter . Lors Nature pense de séparer le subtil de l’épais et l’ord d’avec le net et pur. pour ce que ladite matière est sujet de transmutation et de recevoir ladite âme par sa grande pureté et resplendeur. jusqu’à tant que tout soit séparé et élevé et en ceci est notre Sublimation. en retournant et prenant garde à la création du Monde. en laquelle n’a nul expériment). et de la tierce partie. de tant plus elle est de moindre perfection. qui est appropriée en pur élément. Et entre les minéraux sont le Soleil et la Lune. qui par mouvement continuel résulte de la plus pure part de tout le compost en la sphère du Feu . laquelle par la volonté divine fut divisée en trois parties. Chaos. et te soit le Plomb exemple. mais icelui est de Lui. et demeura à chacun Élément élémenté de la Quintessence dessus dite. et si cette substance est subsistance de Vif argent. Ainsi comme si lente. entre les sels. en sorte que sans la Théorique entendue. commence à venir la jauneur. ladite noirceur est passée. blanche et resplendissante. et en élevant ladite matière hors de dessus ses fèces. mais doucement veuillez nourrir et infliger la vertu à nôtre cher enfant. Et par telle manière est obtenu le Soufre blanc et rouge de la matière des métaux. et après labeur dessus. Mais c’est par diverses digestions. sans rien ouïr. Et de la cinquième partie moins pure de toutes les autres fut créée la Terre. et comme elle est entre les pierres. sans mouvement. ladite matière demeure sans pôle et sans aucun mouvement (alias demeure en poudre. jusqu’à tant qu’il puisse souffrir tout feu. et puis la rougeur qui est la fin de la Digestion et du Magistère . retenant en soi les vertus célestes.

mais entre iceux nous la créons. contre ignition. et pour ce à nôtre Soleil mâle est besoin que nous lui élisions femelle à lui convenable. et si sera la Lune. et Ainsi des autres de l’une en l’autre. en sorte qu’on ne les peut tant corrompre. et par l’aide de cette vile matière est procréée nôtre Pierre. Et lors peuton bien dire que la Lune souffre Eclipse sur toute la terre. et est de saveur salée : et l’amertume de lui vient de la nature des Pierres. car les animaux sont de plus subtile matière que nulle des compositions. qu’elle porte ce Soleil en son même ventre. laquelle ponticité est cause de corrompre . et prochaine en nature plus que n’est la première nouvellement descendue du genre très général. qui transmue nôtre Pierre en un Dragon orgueilleux. ne substance d’autre pierre. Et en ladite œuvre de Nature sont plusieurs moyens. et plus proche en nature que n’était la première femelle simple. et est pris nôtre dit Mercure en la première conjonction. en lieu de femelle. lesquels sont moult adhérents à sa dite substance. qui s’imprégnera du feu de nôtre Soleil mâle. et quand elle l’aura NICOLAS GROSPARMY – 21 – . si comme Vitriol et sel de nature commune . CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE LE ONZIÈME CHAPITRE De la conjonction du Mâle et de la femelle Il est assez élucidé d’où peut procéder notre ? lequel fait la conjonction du mâle et de la femelle. par le chaud du Soleil se termine en forme et espèce de métal . et quand elle est née du ventre de sa mère. laquelle nous extrayons des Pierres et des Herbes en forme d’Eau claire. car nous l’extrayons des principes naturels des choses dessus dites et la faisons naître . est eau minérale. tout homme d’entendement a bien besoin de soi retourner aux principes naturels. laquelle est requise à nôtre Art . sans lequel rien ne se peut faire . ni sel qui se termine en roche . l’on doit avoir patience et le nourrir entre les bras et mamelles de sa mère. tantôt désire d’être à la quatrième composition . et après les ressuscite. En sorte qu’elle n’a pas si grand pouvoir de créer son semblable. auquel est le feu contre Nature. tant qu’elle viendra à l’enfanter. et tous les Corps métalliques. Car les végétaux et minéraux sont plus prochains de la première composition du genre très général.fixation. Et pour ce. qui est moyen et plus prochaine aux minéraux que ne sont lesdits animaux. vivifier et occire. car ledit menstrual en l’œuvre de Nature. non terminée en espèce de métal. ne commencer nôtre Magistère sans icelui menstrual . comme par exemple si la troisième composition va à corruption. comme a le parfait agent . si est en puissance métal . tant qu’elle deviendra noire comme charbon. Et ne crois pas que nôtre Pierre soit comme les autres pierres . Et pour ceci nous appert nôtre Pierre. on la doit nourrir patiemment sans y ajouter chose crue ni cuite. et la quatrième est du genre bestial brute. laquelle humeur est corruptible de tous métaux. que nous avons tant recherché. lequel nous prenons en nôtre Art pour faire nôtre dit menstrual. comme il soit garni de telle clarté et pureté. La troisième composition est du genre végétal. et est humeur terrestre et pontique . que n’est la composition animale . que ne sont les animaux. et faire toutes les opérations qui appartiennent à corruption et génération . parce que nous ne pouvons principier. La deuxième est dite genre minéral. LE DOUZIÈME CHAPITRE Du Menstrual puant auquel est le feu contre Nature Le Menstrual puant. de quelques espèces qu’ils soient. nôtre Soleil mâle a besoin et nécessité de femelle à lui convenable. et pour ce nous la confortons en la chaleur de son mâle qui est de chaude nature. par ce qu’ils sont vaisseaux de nature que ledit genre a élu. qui congèle tout Vif argent. venue des formes des formes. comme il appert par le mouvement qu’ils ont : et pour ce que la composition minérale est plus matérielle et pesante. que si simples gens le voyaient. lequel a puissance par sa contrariété de faire opérations contraires si comme d’échauffer et de refroidir. et par ce est-il dit moyen en l’œuvre de nature et terre des métaux. car il ronge toute sa substance. en sorte qu’il soit en la deuxième composition du genre très général. avec lui sans jamais mourir. Et pour ce est-il appelé dragon dévorant et assassinant son Père et sa Mère. car ils participent ensemble en voisineté pour la première chose quinte. et plus approchante de qualité au Soleil qui est parfait agent. Et saches qu’en l’absence du mâle qui est parfait agent à la femelle. Et pour ce que nous avons parlé des Herbes et des Pierres. par la différence dessus dite. c’est à savoir à la mort. et est eau sulfureuse. elle serait prise pour le mâle. et après la congelons par la vapeur de son même Soufre . c’est à savoir des Métaux et des pierres. tantôt souhaite et désire d’être sous la prochaine composition . laquelle n’est pas si chaude en nature comme est la première. et la ponticité et siccité vient de sa nature terrestre. départir et résolver l’humide du métal en divers membres. ni que ce soit verre. lequel la porte en son même ventre. enfanté. quand il boit toute l’humeur de son père le Soleil et de sa mère la Lune. Et quand aucunes desdites compositions va à corruption. car elle est de plus terrestre matière. desquels il y en a deux plus purs et plus visqueux que les autres. nous disons que Notre Seigneur a mis en icelles maints beaux secrets. sécher et tuer. Et la cinquième composition sont les hommes et les femmes. et pour ce cherche ledit menstrual. ils le tiendraient à miracle. car elle porte en soi icelle sulfurienne nature. car toute leur substance concourt à son nourrissement. imprégnée de chaleur naturelle moyenne de deux extrêmes. et voyons que par le cours de Nature. pour ce prenons-nous la composition végétale.

Et tu vois que quand la nature aqueatramentale touche au Vif argent dépuré. et ne doute pas que nôtre eau soit eau des flegmatiques. et pour ce. et est faite par sécheur et attrempée chaleur . la troisième vertu a nom Vertu rétentive et est faite par froideur et attrempée sécheur . comme est son père et sa mère. et l’autre côté est le Soufre qui est dit nôtre Pierre. la deuxième générative. jusqu’à tant qu’icelle humidité se soit évaporée. Donc les Métaux sont moyens. nous fixons et arrêtons les Oiseaux qui s’envolent. car tout ce qui est dit moyen. Et pour ce nous avons le Soleil et la Lune qui sont corps fixes. et la quatrième multiplicative. plus pures formes ensuivront. Ainsi comme il sera divisé en nôtre pratique. et sont gouverneresses de tout nôtre Magistère. et les Pierres sont en lignage de terre seiche. en sorte que sans icelle nous ne puissions principier ne commencer. Et sachez que nous ouvrons en nôtre Art de plus propres matériaux que ne fait nature : car nous ne prenons mie icelle matière crue dont elle ouvrait en son primordial commencement. La première nommée corruptive NICOLAS GROSPARMY multiplie générative. laquelle ne laisse point séparer une partie de soi d’avec l’autre. la quatrième est appelée Vertu expulsive et est faite par humeur et attrempée froideur. la deuxième est appelée Vertu digestive. et par ce peut-on connaître qui est le mérite entre les Pierres et le Métal . si comme il est démontré en la matière de l’Or. ils se pourraient avant étouffer qu’ils en puissent à chef venir . et puisque nous avons dit les extrémités de nôtre Vif argent. Et en sorte que le père et la mère le voulussent faire par accort. et disons que le CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 22 – . par l’aide des quatre vertus mutatives. La première Vertu est de complexion du feu. lesquels ne sont que feu. nous achevons ce qu’elle a laissé diminué . qui n’ont pas eu le temps de leur accomplissement. si les moyens dessus dits sont purs et nets. que le verre nous soit exemple à nôtre Magistère. nommées les quatre Vertus célestes. et par ce qu’elle a déjà accompli. laquelle se tient mortifiée sans prendre aucune forme métallique. La quatrième de la complexion de l’Eau . par quoi ne peut leur substance être départie. tantôt noircit icelui Vif argent et le corrompt. quand la vertu attramentale lui touche pour l’humidité. et après que l’humidité est évaporée. témoins Galien et Hypocrates qui disent que nôtre eau cholérique n’est mais que feu. pures formes recevront. car l’Art vitraire est subalterne à cet Art. et il est au contraire en la matière du verre. et se mondifier et séparer de la corruption susdite. qui fixent tout ce qui n’est pas fixe. qui sont de nature chaude et moite. car iceux sont prochains et parents aux Métaux . laquelle le Feu du Ciel ne pourrait pas brûler à la journée épouvantable. car selon le mérite de la matière. lesquels ne perdent point leur humidité en leur calcination . et selon ce que iceux moyens ont été mieux dépurés. si comme il est vu en la sublimation du Mercure. si comme il est vu en tous lignages d’attramens et de sels. alors qu’il est corrompu. qui est le souverain moyen purgé de la macule et tache originelle. tantôt par douce chaleur. et est faite par chaleur et attrempée humeur . si comme il est vu en la nature et au lignage des attramens. pour ce que leur enfant est vêtu d’icelui même feu. La troisième de la complexion de la Terre. comme les Pierres n’ont pouvoir de fondre. et les pierres perdent leur humidité. entre lesquels il y a grande différence . ledit Vif argent se sublime comme cristal. parce que leur nature est unie de forte union. lesquels fuient au feu. et végétative multiplie multiplicative. et est la cause pourquoi nous commandons la modération du feu en la sublimation dudit Vif argent. car elle est corruption de nôtre Pierre à qui le sait faire. car le parfait aide à parfaire l’imparfait moyennant notre Maîtrise. mais prenons ce qu’elle a déjà accompli . et les Métaux fondent . par l’aide de ce qu’elle a parfait de léger nous parfaisons : car iceux imparfaits sont cause de leur perfection. si comme tu peux voir en la calcination des métaux. parce qu’elle même est feu .qu’ils ne demeurent sous aucune forme : car jamais la mère pitoyable ne voudrait tuer et occire l’enfant qu’elle a porté. et si la matière est simple. et d’iceux nous distillons Eau. pour ce que leur moite ne fut pas bien mêlé avec le sec terrestre au commencement de leur mixtion. pure forme lui est due. lequel est tôt infect et corrompu. et est eau cholérique. La deuxième de la complexion de l’Air. Et en ces dites Vertus sont encloses quatre autres Vertus. et par icelui portez la Pierre à sa première nature. et aux Métaux d’autre. de laquelle humidité nous n’avons nul besoin . et sont dits moyens en l’œuvre de Nature. et générative multiplie végétative. Et pour ce. dont la première est nommée corromptive. LE TREIZIÈME CHAPITRE Des Extrêmes de nôtre Vif argent Les extrêmes de nôtre Vif argent sont en un premier côté Eau du Lion vert. dont les uns sont de chaude et seiche nature. simple forme lui est due. Et par icelle Eau. ainsi est eau de plus chaude nature que n’est le feu élémentel. Et pour ce extrayez le Vif argent de ses cavernes vitrioliques. qui d’un côté participe aux Pierres. Car cette Eau terrestre est vive. et en la matière du Plomb. comme les Métaux sont en lignage d’Eau humide. Et le moyen d’iceux extrêmes est nôtre Vif argent. la troisième végétative. dit le Philosophe. nous dirons les extrêmes de nôtre Pierre. Car ce que Nature a délaissé imparfait. qui sont dits moyens entre la Pierre et le Métal : et d’autres moyens sont. à cause de sa simplicité . Donc la Magnésie blanche ne redoutera jamais le feu. Et la Vertu céleste qui est en la forme. dont la première est appelée Vertu attractive ou appétitive. entre le Menstrual et nôtre-dit Argent vif. c’est à savoir menstrual ajouté au Corps . veut infiger nouvelle forme.

en donnant toute chaleur de quoi on a besoin. et non avant. en laquelle terre par le chaud du Soleil Nature infige diverses formes tant de bestiaux que de végétaux et minéraux. peu à peu jusqu’à tant qu’il soit endurci. elle prend confort et use d’icelui confortatif. et te disant et faisant savoir. Lesquels deux derniers feux. Et sache que nôtre dite Pierre est de vertu incomparable. et par continuation de moyen en moyen. innaturel. et le Vif argent et le Souffre impurs. Et quand elle est à icelui moyen. lesquels métaux ne sont pas en lignage. et est nature gouvernée et administrée moyennant lui . fors de trois tant seulement . et si fait le Verre malléable. pour évacuer la matière dure et compacte. Et si le Vif argent et le Souffre sont purs et nets. et nôtre Pierre est moyen d’iceux extrêmes. ou quelque autre métal imparfait. qui est la médecine des Corps imparfaits et malades. qui veut avoir la connaissance de la parfaite transmutation des Métaux. Car nous voyons que la nature d’iceux moyens commue le Vif argent. sans passer par son moyen. de cela sera engendré Or. Et n’entendez pas que nous prenons les Métaux en lieu des moyens. lequel quand il a mis son patient au bas par laxatifs. pourvu que le Souffre soit rouge. de cela sera engendré Plomb. et les innaturels sont dits sains et malades. si tu nous as entendu . c’est à savoir le menstrual. et humidifie les artères. et que l’air y domine. Et pour ce nous disons à tous les féaux et amis de Nature. par le moyen de l’innaturel feu . c’est à savoir en santé. il convient faire conjonction de trois feux : c’est à savoir naturel. jusqu’à tant qu’elle vient au moyen degré. et le Vif argent pur. et après sa mortification il est miscible au corps des Métaux. laquelle santé est trouvée aux parfaits Corps. Et premièrement. Et quand la matière est tournée à corruption. par la figure de similitude nous voulons diviser et déclarer comme nôtre Pierre métallique qui se jette hors de ses extrêmes pour venir au dernier extrême. Et si le Soleil y domine et chaleur attrempée. lors il lui faut user de confortatifs et puis de restauratifs.principal extrême est notre dit Vif argent extrait du Menstrual et des dessus dits Métaux. Et qui veut commencer nôtre Pierre. et par ce qu’ils tiennent partie de maladie et partie de santé. elle porterait raisins dès le mois de May. et le lieu est complexionné de chaleur et moiteur attrempée. et cette maladie contient en elle santé confusément. Lors le bon ouvrier doit ressembler au bon médecin. en lui administrant une partie de sa nature. moyennant nôtre Magistère. car elle guérit les Métaux et réconforte Nature en purifiant le sang. les extrêmes sont plus dignes en pouvoir : et desdits moyens en l’œuvre de nature. elle est dite neutre. laquelle CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 23 – . Car de tant comme les moyens sont plus nobles. pur et net. pour recommencer la chose perdue. qui est la conjonction et corruption. innaturel et contre nature. et le contre nature est dit de tout malade. et n’ont de faute que d’un peu d’humidité fixe : car ils ont été nés en leur menstrual mal ordonné . Et en lui administrant le surplus de sa nature. et en l’autre côté est l’Elixir accompli. car elle rectifie les Pierres précieuses. terrestre et boueux. NICOLAS GROSPARMY se convertissent en propre feu naturel. que tout dépuré se peut retourner en la nature de celui à qui il est ajouté . qui est nommée onguent. se jette nôtre Pierre hors de ses extrêmes. et comme le malade nouvel issu de maladie. tant matériellement qu’essentiellement. et en elle prend restauration jusqu’à tant qu’elle est Ainsi comme tenant en elle les deux parties de santé et la tierce partie de maladie. Et pour ce peut-on voir que le Menstrual est cause de la mort du Vif argent . lequel nous l’avons déclaré en ce petit abrégé en bref langage. car au dernier degré de corruption commence à naître nôtre Pierre. car ils portent en eux l’accomplissement et perfection d’iceux. car si le lieu de la génération est sec. Et c’est comme le malade à qui la maladie prend change de guérir. Et si fait moult d’autres merveilles. et contre nature : les naturels sont dits sains. Et pour ce. car d’iceux moyens nous extrayons tout nôtre Art et Elixir parfait. elle vient Ainsi comme saine. qu’ils prennent la vile chose. l’on doit corrompre le feu naturel par le feu contre nature. ou forgeable. comme en la deuxième qui est la fermentation et mutation d’icelle en fine et vraie Médecine. Et sache que nôtre Pierre n’est autre chose que chaleur naturelle infixée dedans son humidité radicale de laquelle peu sont aujourd’hui qui croient que d’icelle chose voulions parler. et ceci s’entend tant en la partie première. Et encore disons que tout croissant et multipliant se doit recevoir au ventre de celui qui le croît et le multiplie : car nous voyons généralement Nature ouvrer en ses lieux secs et terrestres. il est dit neutre . et si un peu d’icelle était mis dedans en greffe d’une Vigne. dirons des Corps imparfaits qu’ils sont des avortons. de cela sera engendré Argent. le feu innaturel par soi et par accident. à qui le bon Médecin fait prendre l’air. pour ce qu’ils n’ont pas eu le temps de leur perfection. Ainsi fait le bon Artiste qui suit Nature. Ainsi comme le malade qui est mis au bas par force de laxatif. et est en son premier extrême. Et pour ce que le genre minéral est tout seul à part lui. nous faisons notre premier Extrême. et le feu contre nature par accident. qui sont extrêmes de nature. c’est à savoir innaturel et contre nature. il faut qu’il connaisse la nature minérale. si comme sain et malade. duquel nous te donnerons la composition en nôtre pratique. et lui fassent embrasser ses parents. c’est à savoir naturel. puis les revivifie en moult grande clarté. elle est dite malade . car passage ne se peut faire d’un extrême à l’autre. Et pour ce quand l’on veut commencer nôtre Magistère. et plus fort restaure Jeunesse . et du Cristal fait Escarboucle . car il tue soi même son Père et sa Mère. lequel tient une partie de maladie et l’autre de santé. et le mortifie et vivifie.

la simple. lequel soit rond. par où il faut que le compost de nôtre Pierre passe. sans y mettre aucune clausure. et d’une. et le pose sur ton fourneau. lesquels l’ont délaissée 1D à nous sous grande couverture. sans toi hâter par fort feu. lequel est composé de trois natures. la première n’est que séparation des Éléments. Et se divise la solution en deux parties. sans en prendre profit. LE TIERS CHAPITRE De faire le Menstrual Tu prendras six onces de Vitriol et trois onces de sel de pierres. par un Corps médicinal universel auquel toutes les particularités de médecine sont ôtées : et est fait par un régime manuellement révélé aux fils des engendrés. si tu nous entends. et te suffise d’en dire plus : car s’il est de la secte des Philosophes. auquel fourneau feu continuel doit être depuis le commencement du Magistère jusqu’à la fin sans défaillir. comme dessus est dit . comme dessus est dit. et par la seconde nous faisons de pluralité unité. Et pour ce est nôtre Maîtrise comprise en deux mouvements principaux. que broieras finement. après boute tout en ton vaisseau. dont la première est chaleur hébétée qui prohibe mouvement à nature entière . Hypocrates. soit réduite en Souffre et en Vif argent. en démontrant tant seulement . que l’humidité déjà terminée. La Congélation est en deux parties divisée : par la première nous séparons et purgeons les Éléments NICOLAS GROSPARMY LE QUATRIÈME CHAPITRE De la mixtion des Matériaux Tu prendras une once d’Argent fin préparé. et la composée. et par icelle nous faisons d’union pluralité. Galien. et par la seconde partie. et de quatre doigts de large. lequel ait bord tout autour de la gueule. dont les accidents et couleurs se démontrent en passant de moyen en moyen. Et présentement nous te dirons comment. nous t’avons déjà dit au traité de Théorique. par réitérations de liquéfactions. qui soient bien purgés. sur lequel étage tu feras le feu. affuble-toi de vêtement de Philosophie sans révélation . l’Or par le Ciment. Et afin que tu sois averti. que le secret ne veuilles révéler . et nuit à la petite flambe. auquel fourneau où le feu soit continué en tel degré qu’il n’excède point le mouvement de la matière.nos devanciers d’honneur et d’avoir ont possédée. comme cause de la perdition du Monde . et vrai disciple de Philosophie. de la largeur d’un pied par-dedans et épois de demi-pied et plus afin qu’il tienne plus longuement sa chaleur. tant et si continuellement qu’il n’apparaisse ne l’un ne l’autre . c’est à savoir d’Argent fin. LE SECOND CHAPITRE De la Préparation Au nom de Notre Seigneur. en comprenant les deux chaleurs. Lequel compost contient en lui nature minérale. et Platon. Et est comprise nôtre Maîtrise sous les deux mouvements dessus dits qui en commun langage sont clamés solution et congélation. moyennant les six latitudes de qualités. la deuxième est chaleur tolérable de vivification. sinon à celui que tu connaîtras être vrai et loyal vers Dieu. si comme Aristote. FIN DE THÉORIE dudit compost. tu prendras de l’innaturel une partie de l’innaturel corps. et pour ce continue ton ouvrage d’une main. Et pour ce. en génération de la forme à venir. Car infrigidations et caléfactions sont la mort de nôtre Pierre. – 24 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . en lui révélant par parabole ce qu’il faut. puis mettras en un vaisseau de verre. que nôtre Magistère n’est que corruption de la forme présente. Car tu vois que grande flamme détruit. et lors ils seront bien préparés. et pour ce te défendons sur peine d’anathématisement et malédiction divine. car il enseigne à transmuer tous les corps des Métaux imparfaits en Or et en Argent. DEUXIÈME PARTIE PRATIQUE A lchimie est une partie de Philosophie naturelle cachée de laquelle est constitué un Art non pareil . pour ce qu’il est à Dieu à donner et non point aux hommes. car les couleurs te montreront et conduiront ton entendement de l’un à l’autre jusqu’à la fin du Magistère. il te pourra bien entendre . et auras un vaisseau propre de la profondeur de demi-pied. et l’Argent par la Cendre . et garde iceux à part. afin qu’il se puisse arrêter sur la gueule du fourneau sur lequel tu veux que l’ouvrage se fasse . c’est à savoir fin Or. et demie partie du corps naturel. en les broyant sur une table de verre épaisse avec une molette de verre. en changeant de qualité selon la multitude des digestions. car par vive voix à nul homme mortel ne doit être révélé. car quiconque révèle le Secret. et que ledit four ait un étage au milieu. car ton ouvrage et le fruit d’icelui serait perdu. lesquels ont plusieurs autres moyens. et mêle les lamines d’Argent avec. lequel ait un couvercle justement fermant par-dessus la gueule dudit vaisseau . et les mettras en petites lamines ténues comme papier. et sept onces de poudre appelée Menstrual préparé en poudre. Ci finit nôtre dit Abrégé de Théorie. et pour néant croirai d’icelui compost faire après chose qui te convienne et pour ce ne t’ennuyé la longue demeure . ne sans délaisser refroidir . la disposée convenablement. quant à son genre. nous assemblons et fixons iceux Éléments. fait comme dessus est dit. il commet crime contre la divinité Majesté et sera damné perpétuellement.

mais soit continué en icelle chaleur. et que le feu de nature est excité par son contraire. et par autres le commencement de Congélation non vulgaire. et doit avoir ledit étage. mais se brûle et retourne en terre. qu’ils se gardent comme ils useront d’Or d’Alchimie . et depuis ledit étage ou astre jusqu’au sommet du four un grand pied . et la nativité d’icelle. pour ce que l’autre ferait résoudre les Esprits du cœur de celui qui en userait et en mourrait. et qu’il se prend à batailler contre l’humeur menstrual qui le tenait hébété. Cuivre. toutefois ils ne sont pas parvenus ès dépurations. sinon quand tu voudras voir ta matière. c’est à savoir d’Or ou d’Argent. ou Etain. car ce n’est seulement que Quintessence et Vie. pour ce qu’ils ne l’ont su dépouiller du feu contre nature. mais philosophale. maintenant nous dirons du rouge. Fer. par lesquels trous les Cendres tomberons au fond du fourneau. ainsi blanchi comme dessus est dit. La Noirceur passée commence la Blancheur à apparaître par-dessus . Tu prendras le compost blanc. tire et suce à lui toute la spiritualité de ladite médecine. toutefois y a-t-il différence de matière : car plusieurs matières sont qui sont nommées par un nom pour la similitude qu’ils ont l’un en l’autre . Car il n’est point de vrai Or que celui que Nature fait. sinon des matériaux et de la projection. et pour ce si tu le veux savoir. et fortifié. qui lui étaient venues à cause du menstrual et de la corruption. et ne croient point qu’il soit d’autre Alchimie naïve. qui le guérit et le boute au profond de son cœur. jusqu’à tant que les Éléments viendront à unité . pour tous les Soufres étrangers qui les a tous consumés. c’est à savoir vertu minérale. car quand ton vaisseau sera assis dedans la gueule du sommet dudit fourneau. soient plusieurs trous ronds comme pour passer le doigt . ainsi ne demeurera que demi-pied de clair sous le cul de ton vaisseau jusqu’à la terre. et n’est pas tel comme l’Or sophiste tout plein d’impuretés. l’Or et l’Argent de tels ouvriers ne soutient point le feu. Et pour le premier étage du bas jusqu’à celui du milieu. c’est à savoir l’âtre percé demi-pied d’épaisseur . selon que le compost est blanc ou rouge . pour ce que au point de la blancheur est infusée l’Âme en son Corps . La matière première blanchie par sa vertu donne force et vertu de blanchir. l’Or naturel est celui de nôtre Maîtrise par examinations en propres Ciments . faisons nous à savoir aux médecins qui usent de médecines condimentales. et par longue continuation de feu. Et quand ils voient leur Or en couleur par application de poudres étrangères. pour ce qu’ils ne lui ont su intégrer le cours de Nature . Et par longue continuation icelle noirceur persévérera. duquel si un poids tombe sur mil de Cuivre. et tellement te faut continuer ladite chaleur. Fils. Et en ce est nôtre Sublimation. laquelle noirceur te démontre que la matière est bien pourrie. et non point au Vif argent vulgairement entendu. soit Plomb. tellement qu’il est dépouillé de sa première forme et figure. et te garde bien d’augmenter ton feu. bien attrempée ladite matière vient à parfaite blancheur. Et pour ce croyez en conscience. et les épandras sur ladite matière rendue blanche. couvriras ton vaisseau et le laisseras en feu continuel. en la fin d’icelui degré qu’elle puisse être. lors allume ton feu de menu charbon en échauffant. Et en cette continuation est accomplie la première partie de solution qui est le coït de nature. sans y mettre aucune clausure. il entrera dedans demi-pied . et si tu n’y faisais administration de Soufre rouge. en séparant toute le flegme et la graisse terrestre. et que le feu fût continué. tourneront en poudres rouges qui sont clamées Élixir. et si tu fais feu de charbon il vaudra mieux que de bois. résiste mieux contre le ciment que ne fait l’Or naturel et l’Argent meilleur que de minière . tout tournerait en poudres blanches. et NICOLAS GROSPARMY – 25 – . pour ce que l’Or sophiste est tout infect et plein de corrosifs. lequel est meilleur pour les Vertus qu’il a acquises en nôtre dite Maîtrise . qui contient le propre nom des matériaux. qui est par aucuns nommée le commencement de la vie de nôtre Pierre. lequel métal transformé. et faut que le feu batte tout autour de ton vaisseau par-dedans ledit fourneau. et il est moult diminué de toutes ses Vertus : et pour ce. en tenant ton vaisseau couvert de son couvercle . sans jamais laisser le feu s’éteindre. jusqu’à tant que tu voies ta matière muer couleur en verdure tirant à jauneur. et lors est la matière au plus loin de son attrempement. et bien épandu par toute la matière. qui seraient Elixir de l’Argent. qui désire naître et soi dépouiller de ses grosses fèces terreuses. et lors Nature désire de séparer le subtil de l’épais. je t’ay fait cette pratique en recette abrégée. laquelle est difficile à savoir sans connaître Théorique. ou d’aucun des autres métaux corrompus. et épandras ton Or en ténues feuilles et menues. que plusieurs naïfs sophistes composent par poudres étrangères.Et que parmi ledit étage et tout autour des côtés dudit fourneau. pour ce que le métal qui se doit transmuer. et demeurent les pures parties avec les impures . si tu étudies les Livres de CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE LE CINQUIÈME CHAPITRE Nous avons ci-dessus parlé de l’œuvre du blanc Élixir. Et pour ce. il les tournera en fin Or ou Argent. Alors Ainsi auras double minière. et mieux de roue. il faut demi-pied de haut . puis jaunes. ou celui de nôtre Maîtrise. que la matière vienne en couleur noire. et pour ce disonsnous à tous qu’ils se gardent d’user d’Or d’Alchimie sans appeler Nature. lequel souffrait léprosité. ils disent qu’il est fort multiplié. et reçoit nouvelle forme . selon que la matière est au blanc ou au rouge . qui est plus subtile que le feu . et en sorte qu’ils aient l’art d’extraire les Mercures. En sorte qu’en ce présent écrit les t’ayons nommés. et quand ils sentent le feu ils se corrompent avec toute leur substance. qui est dite Corruption et par autres Solution.

et puis le laisse refroidir. et être moqué et ne rien trouver. ou si tu veux départir aucun autre métal s’il est mêlé avec Or ou Argent. mais à toi je te dis que tu délaisses toutes sublimations. comme aucuns qui subliment l’Orpin. et que ta médecine n’a pas eu vertu de digérer la nature matérielle du métal imparfait. et par ce. si aucune immondicité y est demeurée. et Codicille. sans faire boursoufler par-dessus et sans fumer. si à ta faute ne tient. si tu ne veux être fol et destitué du vrai chemin. Et pour cela nommons l’Élément du sermon de l’Art. secours-la par nouvelle médecine. et quand elle se montrera non frangible. sinon pour la couvrir et cacher. et tout se convertira en médecine vraie . et les fouleras et pileras avec un pilon tant qu’elles soient serrées et dures comme pierre . subliment. tant qu’elle soit bien recuite et qu’elle rougisse. plus impurs que devant . car si elle se fond toute ensemble sans faire de petites taches claires et sans fumer. tu la mettras en fourneau et feras petit feu. comme il est es autres Livres de cette Science . calcinent. dissolvent et congèlent. le Vif argent et le Sel armoniac. et nous reprennent menteurs . car elle ne peut être trop haut mise : car si elle n’était mise sous la couverture et ombre de Philosophie. car tu le trouveras en poudre. ou qu’elle avait déjà perdu sa force. tant qu’auras la déliée poudre . et lors commenceras à souffler de tes soufflets.Raymond Lulle. et par séparation physicale séparer le pur de l’impur. et si elle fait le contraire. c’est signe de mauvaise fixation et purgation. par les premières projections devant faites. c’est signe qu’elle a encore vertu de convertir autre Vif argent en métal. puis fondent et rien ne trouvent fors les métaux dessus dits. car en iceux est la Science et Art complète. et ils dussent reprouver à leur ignorance . selon ce que la médecine aura été appareillée blanche ou rouge. et la laisseras sécher au Soleil ou à lente chaleur . qui sont et que trouveras es Livres de cet Art . c’est signe de perfection quant au degré de fusion. et pour amender ta faute. et le chauffe si fort qu’il tourne clair sans faire de boursouflure. ou d’os de bêtes broyés et pulvérisés. qui ne soit guères profond. distillent. ainsi est d’une vile chose faire une moult noble. Et en ce pourrais avant user tous les temps de ta vie. regarde si elle bout claire. autrement prendras les cendres communes et les cribleras et tamisera. projection se trouve frangible. ou que tu avais mis trop petit de ta médecine sur ton métal . mais elle ne sera pas de si grande vertu comme était la première. autant en aurait le fol comme le sage. et disent que c’est chose impossible. mais mieux vaut les cendres des os ou des vignes que les autres . et le laisseras recuire jusqu’à tant qu’il soit rougi. si nous a entendu en Théorique. Et pour ce te dis de ne t’ennuyer si tu manque une fois ou plusieurs. Alors augmente bien ton feu. c’est bon signe et démontrent que ce métal est altéré de ferme altération. tu prendras un peu d’icelui. Pratique. et te garde d’y mettre rien pour affiner si ton plomb ne CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE LE SIXIÈME CHAPITRE De la Projection Et quand tu auras accompli tes Médecines blanches ou rouges. puis feras au milieu un creux. Et si elle fait le contraire. Troisièmement. et quand tout sera fondu. en prenant garde à quoi il a tenu . en regardant sur la matière . et jamais ne le sauras si tu n’es vrai Théoriquant et nous crois. Tu prendras une bonne quantité de cendres de vignes. Ainsi que je présuppose que tu sauras le faire. et met dedans du Plomb qui ne contienne point d’Etain. tant qu’il en pourra en ton vaisseau. Secondement. tu projetteras un poids d’icelle poudre et la jetteras sur 100 autres de ?. ne distillations. et le mettras en un creuset. que tu y pusses trouver aucun profit. c’est à savoir Théorique. et quand elles seront bien tamisées tu les arroseras d’eau douce. LE SEPTIÈME CHAPITRE Des Essais de fusion Quand tes Projections seront accomplies. et mettras les cendres dedans. et en sorte que je te l’aie mise au vrai et en bref. c’est signe que sa vertu est finie. lequel t’avons ouvert. toutefois déjà pour ce ne le pourra pratiquer. laquelle n’est pas de haut monter. et quand elle sera bien seiche. Ainsi demeurent moqués et désespérés de la Science. ni ne mirent onc langage par-dessus. pour ce qu’elle a déjà accompli une partie de son effet. qui est nommé Vademecum de mercurio philosophorum . solutions. et ce n’est plus que métal accompli. jusqu’à tant qu’il soit comble. et tout sera converti en métal parfait blanc ou rouge. Et si la matière sur laquelle tu as fait ta NICOLAS GROSPARMY – 26 – . tu prendras une partie d’icelle médecine. car il n’y a point d’utilité mais grande peine et grandes dépenses et dangers pour les fumées et perte de matériaux. tu feras Ainsi. et en feras projection sur 100 autres de Vif argent comme devant. c’est signe que la matière n’est pas bien fixe . négligent et délaissent la Science comme gens désespérés et de peu de savoir. mais entend à celle que je t’ay dite. et tu voudras essayer si ton métal est parfait ou non. tu prendras un poids d’icelles et le jetteras sur cent de Vif argent chauffé en un Creuset. LE HUITIÈME CHAPITRE De l’Examen des Cendres Après ce que tu auras vu que ta matière soustiendra l’examen de fusion et que tu voudras départir d’avec ton métal. tant que les cendres soient aucunement humides. calcinations. et sans nulle adjonction de sublimations. et les dissolvent et mêlent avec les chaux des métaux imparfaits. et les cribleras. ne calcinations rustiques. et non pas par force de feu. si par Théorique premier ne les a entendues : et sache qu’en ce que je t’ay dit dessus est contenu tout quoi que ils dirent jamais. et les mettras en quelque vaisseau de terre qui soit fait en manière d’un creuset ou d’unes écuelle cofine.

si comme l’Eau forte et le Soufre. si ce n’est l’Or. Mais il est autres manières de départir l’Or d’avec l’Argent. et tout pour l’Etain. et qu’il soit clair comme le Soleil . et faits lit sur lit. mais celles de la mer valent mieux. et soufflant doucement tant que tout tourne. lors mets du Plomb derechef dessus un bien peu tant qu’il tourne.tourne clair . et qu’il ne bouille plus. et pardessus lesdites lamines mets un autre lit de tes poudres. Adonc augmente ton feu. ou que ton Or s’étendra. Et pour ce quand tu voudras départir tous métaux d’avec l’Or tu les départiras par le Ciment. et prends l’Argent ou l’Or que tu trouveras sur ta cendre. et aies un grand creuset auquel tu mettras un lit de ces poudres dessus le fond. auquel Dieu en doit tellement user qu’il en rende grâces à Dieu . lors jette de l’eau dessus et laisse refroidir. et mêle avec tes poudres autant de sel commun comme tes poudres ou moins un peu. et si il laisse de se tourner et qu’il noircisse. et disons que c’est le plus noble de tous les autres . et puis jette-le en lingotière chaud auquel il y ait de la graisse ou de la cire épandue. quand il est avec le Plomb mêlé. si ce n’est l’Or. et fut parfait le vingt-neuvième jour de Décembre. pour ce qu’il serait long. et lors le laisse refroidir et romps ton creuset. et mets ton creuset à la fournaise où il y ait feu continuel de flambe. et qu’il suffit de ce que j’ay dit en ce présent abrégé pour la nécessité de l’Artiste. et continue ton dit feu tant que le signe susdit y apparaisse. et les arrose de verjus de pommes. et l’Antimoine . ou es champs . et par dessus mettras un lit de tes lamines ou pièces . et le laisse 24 heures audit feu bien continué. et étoupe fort la gueule dudit creuset avec un couvercle de terre et dudit argile confite avec sel. Et quand ton Plomb courra net sur la Cendre. et le fonds en un creuset de terre et souffle dessus. lequel ay compilé et fait écrire. car autrement tu gâterais ton examen et ne pourrais savoir de certain la quantité de ton Or ou Argent. FIN DU PREMIER TRAITÉ DE NICOLAS GROSPARMY ¯ NICOLAS GROSPARMY – 27 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . et alors le Plomb le boira et noircira par-dessus. l’an mil quatre cens quarante neuf. lors tu verras les Maillets courir par-dessus ta Cendre. et y aurais dommage. et puis aie l’Or que tu voudras cimenter en tenues pièces ou lamines étroites. tant que ton creuset soit plein. Adonc continue ton feu doucement. car il n’est nul métal qu’il ne corrompe. et les mettras en poudre bien déliée. car nul métal n’est qui ne soit combustible. et se fait Ainsi. tant que tu voie qu’il n’apparaisse plus rien par-dessus fors clarté blanche. Tu prendras des coquilles anciennes qui sont trouvées en rivières ou au bords de la mer. desquels ne parlerons point à présent. LE NEUVIÈME CHAPITRE De l’Examen du Ciment Maintenant dirons de l’Examen du Ciment. c’est signe de peu de plomb . comme fer ou acier. Et sache que chacune once de Plomb emporte un gros de Cuivre ou d’autre métal. et qu’il ne soit pas si fort que la matière fonde. tant qu’elles deviendront humides en manière de dure pâte . et puis un lit. boute dedans ce que tu voudras affiner. et tu trouveras ton Or séparé de toute ordure et de tout autre métal .

Et tenait en son concave quelque créature. par lesquelles Théorie et Pratique sont à noter deux points principaux sur lesquels peut l’Artiste errer à tout pas : dont le premier est la vulgaire distinction des naïfs.LE LIVRE SECOND DE NICOLAS GROSPARMY AUTREMENT. ajoutant 1. ainsi qu’il sera plus à plein déclaré ci-après . T. l’une agence et l’autre patiente. 3. soit ajouté T. 1. et le composé du composé. et le gros soit fait du subtil. c’est à savoir icelle Théorie divisée en trois Chapitres différents. parce que tant plus l’Âme est débilitée et plus le Corps a de vigueur. Et si tu ajoutes 2. car nombre n’est qu’assemblement d’une chose à une autre. font le nombre de 100 entier . ainsi. pourvu que les vertus du Corps ne lui nuisent point . NICOLAS GROSPARMY – 28 – . auquel ajoutant 4. dont en apparut en être une autre de froid et siccité. ou sinon icelui être caché et musse suivant raison. sinon que Nature soit pareille que ce qui est dessous. ou bien ajoutant 2. laquelle pratique enseigne calcination des principes matériels. ou si avec 5. très cher frère de cœur et de nom. et 4. et fut faite telle créature. si le double est parti en deux et que 1. Lequel grand Secret et Trésor. Amen. qui sont liées à leurs Corps . et par moi. dont sortit humidité. à 8. La seconde la physique intelligence des Sages. est de deux natures. font le nombre de 10. ami et compagnon fidèle. à 6. à moi révélé par la grâce divine . 5. 2. 2. et icelle Pratique en recevant Lumière . LE TRÈS GRAND SECRET DES SECRETS PRÉFACE CHAPITRE PREMIER Des premiers Principes de Nature la Sage. 3. vit et règne sans fin. 1. aux médecines tant simplement composées. Et faut noter qu’il est une Âme corporelle et une Âme spirituelle. . Ainsi vont les nombres. duquel tiers lien les Anciens ont voulu peu écrire. ICI EST LE GRAND SECRET DES SECRETS DE NICOLAS GROSPARMY L * ouange soit donnée au Tout Puissant Dieu du Ciel et de la Terre. et de ce Monde universel végétable pour notre Magistère Toutes les choses du Monde sont possibles. Note de l’auteur sur son manuscrit : à cette Étoile finit ma première page et commence une seconde. tant théoriquement que pratiquement transmis selon la Science et Pratique à moi données. puis fit cause seconde et agence. en sorte qu’en ton cœur soit icelui étroitement gardé . 3. et de moins en plus. 4. ainsi comme de ci en là. Auquel grand Secret sont deux parties principales. c’est à savoir l’Âme corporelle avec sa corporalité. Et 10. qui est le simple. et au contraire . qui onc ne fut terminé par aucune détermination. Mais toutes choses sont 6. seront 3. je. pour venir aux premières préparations. mais pour être mis es main de tes héritiers mâles. viendra 8 et si tu ajoutes 3. Le premier genre E. 8. à toi veux laisser après mon décès. 1. et 40. et l’Âme spirituelle avec sa spiritualité. à 9. n’étant toutes choses qu’une seule composition. jusqu’en la parfaite conclusion. i. car le chaud pénétra le froid jusqu’au centre. viendra 9. 9. tu mets 2. que parfaitement parfaites en cet Art. Mais au commencement du Monde. 30. le Tout Puissant m’a voulu destiner. C’est à savoir le simple du simple. seront 4. et depuis icelles. 7. qui fut CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE L e très grand et très admirable et merveilleux Secret des Secrets. auquel discours de doctrine tout bon entendement doit mettre peine *. la-quelle est Lumière. qui sont le chaud et le froid : et le simple du simple sont chaud et humidité. le froid par réverbération du chaud s’épaissit soi-même . 2. mais est Puissance . qui se fait différemment par moyens et degrés. sera 5. 6. à l’homme de bonnes mœurs qui est conduit par l’Esprit du Seigneur . Car 1. et à son fils Notre Seigneur qui avec le Père et le Saint Esprit. qui à cause de leur voisinage. 20. 7. Item les différentes matières dont les Anciens ont usé en leur Magistère . ou premier passif. T. 5. sera 7. et froid et siccité. qui est le composé. 1. Dieu dit : Soit telle créature. 6. soit comme ce qui est dessus. et fut faite la première matière. les différentes et lointaines pratiques jusqu’à maintenant . car il pourra regarder les choses les plus occultes. et si le double est doublé sera 4 auquel i. sera 10. divisées en quatre genres.

4. Ainsi comme j’ay dit de l’Âme au Traité que j’en ay fait ci devant à trois investigateurs qui ce nôtre Art recherchent . C. le subtil de la minière . Car le Feu s’est fait Air. duquel par mélange et union égal avec l’Élément de la Terre. et le corps animal le subtil de la Plante. corrompue . Ainsi comme voulant muer une chose de froide et seiche au même degré de frigidité et de siccité. ils n’eussent pas eu telle opinion . les Plantes sont de nature d’Eau en frigidité et humidité . comme disent aucuns. car qui est arrivé ou arrive à congélation a déjà altéré le dit Mercure et Souffre à leur nature. sont engendrés des Éléments en cette manière : c’est à savoir que le mélange et l’union soit également fait des Éléments de Feu avec celui de l’Air. comme dit est. 2. de cet égal mélange et union d’icelui feu avec nature d’humidité est sorti Air : et par mélange et union d’icelui Air avec nature de frigidité est sorti Eau . humidité. et l’Âme est le subtil de l’Esprit . E. Les quatre I.I. froid et humidité sont trois quarts de froid et une de chaud. I. et des végétables les animaux. sachez que par le tempérament du chaud et siccité. en rouge. puis au premier degré de variation vers le chaud. Ainsi comme il appert de ces figures sinueuses. l’Air s’est fait Feu : l’Air est fait Eau et l’Eau Air . et les Animaux de nature d’Air en chaud et humidité. Mais note que le gros et épois est le Corps qu’on touche des mains . dont est sorti le Corps animal : duquel mélange et union s’est fait avec le Feu. une humidité venant de chaud égale et froid. Mais quant aux Éléments ci dits.I. 1. auquel tout homme de bon entendement doit mettre sa pensée. ainsi comme lesdites congélations par – 29 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . troisième et quatrième degré .I. d’où est sorti le corps du Corps spirituel . Car des Éléments sortent les minéraux . les Animaux furent engendrés de la même matière. le Corps de l’esprit du corps égal qui est Sol. I. et le Feu un Air subtil chaud et sec. lequel est Corps minéral. et tout sort l’un de l’autre. I. B. Mais iceux Corps minéraux ou Esprits d’iceux. et le composé de l’Esprit corporel. le chaud et l’humidité vient d’une part du froid et du chaud : au contraire. car qu’ils soient la première matière des corps minéraux avant que d’iceux engendrement se fasse . Ainsi donc au commencement de création. car s’ils eussent regardé à l’intérieur. D. 3. et déjà daignent plus s’allier ensemble . et s’est passé pour la deuxième fois ce mouvement. est sorti le Corps corporel ou Corps du plus subtil : duquel mélange et union s’est fait avec l’Élément de l’Eau. Mais après le composé du simple. lesquels sont approchants en vertu de ces corps célestes. puis mélange et union s’est fait également de l’Air avec le subtil d’icelui Corps spirituel. en rouge.I. se mêlant avec le plus subtil d’icelui. lequel derechef faut muer au même degré de chaud et siccité. au deuxième. duquel les autres métaux ne diffèrent qu’en décoction grande ou petite. puis des Éléments passent en nature commune. est l’Esprit et l’Âme. au troisième et au quatrième comme dit est. car les Esprits d’iceux sont d’une même chose. signifie chaud. froid. Et pour ce qu’une humidité vient d’une partie du chaud et du froid égale . avec le chaud et l’humidité. Éprouve seulement leurs diversités. l’Eau est faite Terre. et sont au premier mobile divisés comme se voit aux nombres 1. ainsi comme les Éléments dont ils consistent. froid et humidité.I. les minéraux les végétables.I. les animaux sont végétables. CHAPITRE DEUXIÈME De la génération des Minéraux Si. Les trois premiers I. puis en là. de la diversité des Corps célestes en ces corps inférieurs. ainsi des autres. Les quatre I. qui est ce que les Anciens cherchaient : du mélange duquel avec égal mélange d’Eau. et la Terre Eau. D. chacune Planète est descendue en Terre pour l’engendrement des Minéraux.I. ce qui était dit Esprit est clamé Corps .I. avec une partie d’humidité égale. vient le composé du composé. ou subtil.I. et le caché en lui.I. Le premier I. le tout ne se faisant que par l’entrée d’une matière en l’autre.I.I. l’Etain de nature NICOLAS GROSPARMY de Jupiter. puis au deuxième puis au dernier . et les Planètes étaient corrompues .I.I. Ainsi l’Esprit est le subtil du Corps. mais iceux le sont seulement considérés superficiellement et non pas à leur profondeur . Ainsi par résolution. la Plante. et pour ce troisième fois retournant. chaud et humidité. E.I. Mais sachez que le minéral est subtil terreux . 4. et les trois autres en noir. Pour mettre donc fin.I. Ainsi est fini le premier Chapitre de Théorie. 2. et des minières les Éléments. Deux en rouge et deux en noir. dont est sorti le corps de l’Âme corporelle. et le corps de l’Esprit corporel. ainsi comme Eau est un Air gros et humide . et ce qui était Âme est clamé Esprit. 3. puis au deuxième. A. C. I.I. prenez donc la racine pour parvenir aux rameaux . ainsi que dit est des Éléments par corruption et résolution . qui n’a que le corps de l’Âme corporelle.I. des végétables sont faites les minières. les Minéraux sont de nature terrestre en frigidité et siccité .I. et par mélange et union d’icelle Eau avec froideur et siccité est sortie Terre. la nature de tous Minéraux est Argent vif et Souffre.I. qui n’est rien qu’une Eau grosse. B. d’où est sorti le corps de l’Âme corporelle.I.moyenne entre le chaud et le froid : et derechef fut le mélange et l’union d’une partie du chaud. en rouge et le dernier en noir. Et par ainsi sont iceux métaux mués et altérés l’un en l’autre. etc. I. froide et seiche . dont sortit le chaud et humidité. Mais dès que le Corps va à corruption. A. Ainsi est le Plomb de nature de Saturne. en noir. la muer au troisième degré d’icelui.

ces deux semblables chaleurs remontent ensemble. jusqu’à ce que son huile soit avec icelle dissoute et mêlée. et puis distillons l’Air citrin en son manifeste. duquel l’engendrement est descendu de Feu et d’Eau . et en ce lieu trouvant chaleur enfermée. est figée et fixée par sa Terre . car elle est teinte avec son feu et entre par son huile. s’il est au deuxième degré. avec lequel mélange se fit avec l’Eau. si au quatrième ou dernier. et encore que le Feu soit moult régnant le Corps . et prochain à l’Eau par son humidité. et onc à rien n’arriverait. il se fait de Soleil. mais le mélange est double. pour cette cause nous convient montrer en l’Animal chaud et humide. plus voisin du Feu par sa chaleur. qui toujours se meut et remue. la frigidité de l’Eau attrempe icelui Feu. Nous sommes assurés de corruption. qui fut convertie en Air chaud et humide. mais les Esprits ne se mêlent point en fusibilité seule.similitude du savon . car encore que Plantes soient descendues d’Eau et de Terre subtile. Or quant au Souffre. le Feu et l’Air sont masculins. et recherche combustion par son Eau. il est moult petit en iceux sinon en puissance. le gros est mêlé avec le subtil d’icelui. . et fut composition de mâle et de femelle. car la propriété pénétrante est chaleur et humidité. sans l’Air. nous allumons plus fort Feu sur icelle. s’il est pris de minière. parce qu’il monte au Végétable. ne croit pourtant ceux desquels sont les Corps minéraux . tant que chaleur proportionnée la couve (laquelle avec un longtemps s’épaissit). moult convient faire accortement pourrir cette graine en terre. et végète la plante croissante . 228 . et faisons premièrement distiller en cucurbite l’Eau de laquelle le manifeste est blancheur. ainsi est mixtion totale. la chaleur de cet Air s’allie à la chaleur de ce Soleil. Or comme dit est. il était premièrement Eau froide et humide. que mêlons ensemble et parce que cette Eau est également composée de quatre natures. mais parce que l’humidité de l’Air contrarie la siccité du Feu. une part convertit 38 . ou si la qualité d’icelui Souffre surpasse. puis revenant icelui Soleil avec ses rayons. et elle soit convertie en icelle huile. et la distyle subtiliant icelle. par similitude du mélange de Mars chaud et sec avec Jupiter froid et humide. mais pour quérir ce NICOLAS GROSPARMY masculin Feu. en celui qui est prochain et voisin. il convertira six fois 228. n’est qu’un quart de chaleur sur trois de frigidité. car qui prendrait et tirerait des Cendres. à cause que les Corps minéraux sont de nature de Terre. aussi nature n’est alliée que par sa nature plus prochaine. ou autres Métaux . l’Eau et la Terre sont féminins. l’humidité de l’Eau a été donc allée à l’humidité de l’Air. comme dit est. mais aussi qui prendrait ces choses et icelles cuirait séparément . ce qui est semence d’icelle. les parties plus subtiles d’icelle sont montées CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE – 30 – . ainsi se fait à l’engendrement des Métaux dans Terre . quand mélange est fait des Corps et des Esprits. nous prenons de l’Animal qui n’est accompli. Mais une part de chaleur convertit la Lune en Sol. d’où est sorti la Terre froide et sèche manifestement. Cherchons donc l’œuf d’iceux. vaporisent icelle. puis après icelle cuisson et congélation à part croirait composer savon de ces choses serait fol. de laquelle Terre est sorti Eau. Et icelui végétable froid et humide. Lune. puis en Feu chaud et sec. Mais j’ay dit qu’union s’est faite d’Eau et de Terre. icelle Eau se fera Corps minéral hors iceux Métaux. puis en prenons parties égales. qui se mêle avec elle proportionnellement. mais ce dont et de quoi est l’Âme de la Plante. et faisant rencontre d’Eau. comme dit a été de la semence végétale . Mais par ce quand l’Animal est accompli. pourtant qui croirait prendre cette Eau et Terre pour faire Plantes serait fort dévoyé d’entendement. Mais qu’icelle racine des Minéraux soit Argent vif et Souffre. nous n’entrons en doute de nôtre opération. Le Feu est masculin à l’Eau. etc. toutefois l’Air ou humidité fait l’entrée ou propriété pénétrante . c’est que tout subtil occupe sept lieux au septuple au regard du lieu occupé du gros. et chaude et humide occultement. la frigidité de l’Eau a été allée à la frigidité de la Terre. ce qui déjà n’advient sans pourrissement. Mais si de hasard elle rencontre partie de Souffre. Mais voyons pourquoi une part d’Elixir chef sur mil . et l’Eau est moyen pour faire concorde entre l’Air et la Terre . Et puis sachant que cette semence est premièrement venue de Terre subtile avec mélange d’Eau . et la Terre fixe l’Eau . dont naît le Sol . avec son humidité tant que le brin sorte . et l’occulte de Feu est rouge . car le Soleil agissant sur ces Corps inférieurs et eschauffant la Terre. et en cuiraient ces choses par certaine décoction ferait du savon . et la froideur de l’Eau à la froideur de la Terre. Mais ce Feu n’est point allé avec l’Eau. mais s’il est pris de végétable une part en convertira 36 et ce au premier degré de subtilité . en frigidité et siccité. mais en haut. cherche en iceux le nourrissement et substance d’icelui œuf. Ne prends donc pas ce dont est la Plante . et par ce que. mais pour ce que génération ne peut être sans conjonction masculine et féminine. et l’Air est masculin à la Terre. c’est à savoir total et particulier : le particulier est quand le Corps est mêlé au Corps . reste toujours partie d’icelle chaleur au ventre d’icelle Terre . jusqu’à l’heure de la conjonction . Nature embrasse Nature. en son occulte vert . d’où est sorti la Pierre puisque d’elle et d’icelle Pierre autre union s’est faite. l’Air de l’Eau par humidité. car l’Eau est amie de la Terre par frigidité. auquel il y a trois parties de chaleur et une seule d’humidité. et l’humidité de l’Air à la chaleur d’icelui : quand donc le Soleil d’Orient monte. tant qu’il soit tout icelui Feu tiré de la Terre qui demeure au fond sans vie aucune : puis après gardons l’Air et le Feu chacun en son vaisseau. et là demeuré le Feu en terre. s’il est au tiers. et le Feu de l’Air par chaleur. et n’a mouvement tendant en bas.

mais d’autant qu’entre icelles la Colère. Ci est la fin du Chapitre des Minéraux. sa couleur. avec les mystères à ce convenables pour les Illuminés L’Animal est de la Plante si Dieu le veut. après qu’il prenne garde quand cette Étoile entrera en la direction de son signe. ou causera même liaison au Corps inférieur. par variation jusqu’à rapprochement graduel d’égalité. auquel ajoute les principales pièces attribuées à la nature de chaque Planète . et ferons passer icelle fumée par le pertuis amont icelle ? ?. et de chaleur et hu-midité sort tempérament. d’où a été l’engendrement de l’œuf d’icelle. Mais si l’Estoile qui domine à la nativité n’est connue. auxquelles inégalités conviennent médecines moult convenables . par lequel nous avons le bénéfice de la vue. il convient aussi dissoudre du Corps dont est faite icelle ? ? avec Eau égale à sa nature par pourrissement. en mangeant à chacune fois à l’heure de la Planète. qui est dans la Plante percée de la sommité jusqu’en bas. si ne savons à qui comparer la chose dont nous cherchons l’Esprit . et après l’enfumerons de parfums pour ce que l’Âme s’allie au Corps avec son dit élèvement. car il n’a besoin de trituration. la force d’icelui serait corrompue et le malade serait délivré. encore que soit l’homme. et l’autre part au cerveau engendre le sen-timent et bonne intelligence. et ne pourra distinguer comme l’homme. prenons un Encensoir de la même manière de la ? ? percée. et chevauche sur une figure convenable à la chose requise. mêmement n’y a pas tant de compactibilité que l’humidité d’icelle tantôt ne se puisse mêler avec l’humidité qu’il fallait pour le dissoudre. lequel il pénètre et s’allie de l’Âme corporelle . faisant icelle fumée descendre le feu en bas. car si c’est bestiole icelui sens est épandu ça et là en toutes les parties de son Corps. mais si le Corps n’est préparé. l’humidité de laquelle il a pris nourrissement a été ôtée et s’est endurci et desséché . tant seulement à la sommité. la Mélancolie froide et seiche de la nature de la Terre. et d’Air en son manifeste. Ainsi comme sachant la nature de la Planète. compose une image de l’Electrum mentionné à la fin praticale de ce Livre. l’effet en sera plus fort et grand . et se tenant sur pied priant le Créateur qu’il accomplisse sa volonté : puis icelle accomplie lui rendre grâces . à ce que la fumée ne sorte par autre côté. et que nature embrasse nature à soi semblable. de la nature du Feu . ainsi comme par similitude une mèche esteinte. qu’on prenne aussi viandes pour NICOLAS GROSPARMY – 31 – . et sa nature de feu contraire à la nature d’égalité de notre Âme causera perturbation en icelle. mais qui pourrait faire descendre cette clarté et lumière contraire à la nature de Satan. Et ceci est la manière de faire descendre icelui Esprit. confortation du Corps.avec les parties de l’Eau. odeur et saveur susdites. et soit élevée sur pieds. afin que l’humidité putrifiante entre ses parties et en tous broiements. sur le Corps préparé. dont nous recherchons l’Esprit. ou non . parce que tout corps a latitude et longitude en forme de ?. Et quand l’Esprit s’allie à la ?. de laquelle on désire faire descendre l’Esprit. jusqu’à ce qu le mélange soit de son Âme corporelle avec son propre Corps. qui sont le sang chaud et humide. auquel elle est potentiellement enclose. et à chacune Planète double fin et disposition propre par après . il le rompt et s’en va en son lieu . tant qu’elle soit séparée du Corps . la figure humaine a moult de puissance sur cette figure. lequel en sa composition égale à quatre humidités. ne se lassant pas d’user de telle viande. Satan qui est composé d’icelui feu en son occulte. en parties égales de froid et humidité. et qu’il n’y ait aucune nuisance. afin que telle qu’est la couleur on prenne vêtement. et qu’elle n’y entre point par Planète contraire. le subtil de l’Eau est séparé du gros de la Terre. Serpent ou Oiseau. ainsi comme un Lion. auquel est chose notable et de grand prix. laquelle est infuse à chacun Corps à raison de similitude et semblance. d’une de ses natures avec l’autre . puis. de la nature de l’Air . comme dit est. mais si celui dont tu recherches la disposition a aussi disposition générale. d’où l’engendrement se fait de l’Animal avec son âme. au nom d’icelle et aussi que ces pierres regardent la ? ? en Orient. est chaude comme Feu. préférons icelle figure à toute autre. et quand il est parvenu au terme de la variation. CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE CHAPITRE TROISIÈME De l’Engendrement de l’Animal. car sa Putréfaction vient au Corps d’icelui. et soient toutes ces choses à l’heure d’icelle Planète. mais cet œuf est différent à celui de la minière. alors fasse une ? du Corps minéral. qui est en icelle autrement . Ainsi donc est établi que icelle substance plantable provenir des parties d’icelle Eau avec les plus subtiles parties d’icelle Terre. a entré en icelle Colère à soi semblable par le moyen de l’Air. tant loin que près : mettons aussi parfums d’icelle nature dans l’Encensoir. puis encore un lit net et pur non couvert. corrompraient la forme d’icelle Plante. et feras telle figure à l’heure que règne icelle Planète. jusqu’à ce qu’il soit appliqué avec son semblable . Ainsi l’Esprit supérieur est allié avec son semblable . le Flegme froid et humide de la nature de l’Eau . qui est de nature d’égalité. qui est l’Âme animale ou spirituelle. La conjonction du Corps avec l’Âme vient de l’égalité de ces quatre humeurs. et l’altération ou maladie de leur inégalité. odeur et saveur : puis faut préparer l’apparent de son Corps avec la couleur. ainsi sur le duvet tant seulement seront épandues d’herbes de la même nature de cette Planète dont recherchons l’Esprit. la colère chaude et seiche. aussi la figure en nature est animée. laquelle est rallumée à la fumée de l’autre. à qui bien la comprendra. et y accoutumant son estomac. et couvre l’intérieur du Corps avec ladite nature de l’odeur et saveur . Mais que ce soit l’homme levé droit sur ses pieds.

comme dit est. où ne t’ennuyé point mais sois patient. Je déclarerai de calcination d’iceux pour en tirer Sel. car si les Sels vulgaires ne sont point de nôtre intention. Mais l’alliage de l’Âme de l’homme se fait en disposant bien la Planète dominante à l’heure de sa naissance. qu’il faut laver comme ci-dessus. et terre luisante . puis en trois. que mettras en un autre vaisseau sur le fourneau. et en ce qui n’est point mélangé par combustion de Feu. mettant au citrin la chose citrine. puis les mets dans un vaisseau ouvert au fourneau de verrier ou de réverbère. et premièrement : Le Sel de Saturne qui est blanc et s’appelle Sel nitre A Le Sel de Mars. faite de deux pans d’Alun et d’une part de Salpêtre . Le second est le Corps spirituel. par nous corrigés. laquelle s’appelle Céruse d’Or. comme dit est . à savoir en ce qui est mué en une nature avec combustion de Feu et d’Éléments. à toi veux donner iceux. ce Sel ne se fonde et que l’humide radical d’icelui ne monte avec le Vinaigre. Ainsi finira la Clef de la plus haute Sapience qui onc fut . à savoir une fois le jour puis en deux jours une fois. que garderez en un vaisseau de verre de pierre au sec . ou ? des Philosophes . Et se divise subtiliation en deux. Mais c’est un grand Secret de savoir que tout gros est fait subtil. lesquels ont pouvoir de fixer les Sels des autres Métaux imparfaits. La Lune en vaisseau ouvert ainsi comme le Soleil.mais l’Âme spirituelle n’est allée à la corporelle. duquel est de son extérieur à son intérieur. car c’est l’entrée de l’opération. car aussitôt il tombera au fond et en chaux blanche. mais Vénus est calcinée en vaisseau ouvert par trente jours naturels. et puis inclinant le Vinaigre. en vaisseau ouvert par trente jours. et du Sel l’huile NICOLAS GROSPARMY – 32 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . et un peu de sel commun de mer. nul empêchement ne lui adviendra. ou dans rosée de May une fois distillée. tant qu’il ait bu et consommé icelle Eau . desquels on peut tirer du Sel et du Sel Mercure. Mais le Corps change la corporalité à la spiritualité. T Et pour ce que commence Pratique. à laquelle tout bon entendement se doit dresser s’il veut découvrir tout le secret de la Maîtrise. par six jours continuels. icelui gardes après ma mort. c’est à dire la Plante de laquelle la subtiliation est des deux ensemblement. ainsi comme avec le bon Lulle. Amen. avec celle dominante quand l’Âme fut mise au Corps. et quand il sera en chaux. Et est l’Âme alliée à son Élément. mais ceux d’iceux Métaux. Il est sept Métaux. Le Saturne en vaisseau clos par trente jours naturels. et iceux par moi faits écrire avec les figures. Lors prends. puis les laisse refroidir et rasseoir. et s’accoutumant à icelle petit à petit. et tout Esprit est fait Âme. ainsi comme ils sont. sinon par matière à icelle semblable. sans lequel en vain tout Inquisiteur y croirait mettre son soin. ainsi comme les autres. tant qu’il ne puisse manger qu’une fois et selon son désir. ou qu’ils soient égaux : mais dès que l’Âme aura délivrance sur icelui Corps. puis le calciner par un jour naturel audit fourneau. comme est dit. et de la spiritualité à l’animale. Ainsi se font toutes Céruses . pour être par toi chèrement gardés. et est icelle Céruse rouge de couleur de sang. Mais tout homme sera dit malade. par huit ou dix jours. de la vérité de ces miens petits Chapitres. et au blanc chose de l’Argent . que toi. mais prenez garde qu’en tirant le vinaigre. avec son poids d’Eau de rosée. il est nécessaire de dire des primordiaux Principes. et en ce est toute la Science contenue. tant bon jugement eût-il : auquel Dieu soit rendu gloire aux siècles des siècles. qui est ce que recherchent les Philosophes. la subtiliation de la minière. et auras liqueur très claire. tout subtil est fait Esprit. et la Chaux. comme devant est dit. puis mettre dessus Eau de rivière ou de fontaine une partie. suivant l’intention du premier Auteur . est dit Sel commun B [correspond au B = quatre Éléments du Ier Livre] PRATIQUE CHAPITRE PREMIER Des Principes praticaux et de leurs Préparations u n’es point ignorant. et ils sont trois qui ont besoin de subtiliation. celui qui nous a donné lumière . Le premier est le Corps corporel. au nom de Dieu. Jupiter en vaisseau clos par trente jours. quand l’Esprit du Corps dominera sur les forces de l’Âme. et le troisième est de l’Animal dont la subtiliation est de son dedans en son dehors . laquelle Céruse est un peu azurée. et acquérir perfection à icelle moyennant le bon plaisir de Dieu . comme Sol et Lune. mais sans pourrissement fruit ne vient : car il faut tout premier pourrir le Corps et puis le distiller. et sera le Sel congelé l’Eau. n’en demeurant au fond du vaisseau que les fèces d’icelui Sel sans humidité et sans Eau. mais élément opéré . mais je dirai le nom d’iceux Sels. en qui j’ay toute confiance mise . claire et citrine. mais n’ayant ni frères ni autres qui mieux valent . il convient bien laver avec Eau de pluie quatre fois distillée. Et le Mercure. lors prennent vêtement et viandes convenables. finement Poster. que nous appelions Vif argent nécessaire pour commencer l’œuvre . Mais icelui convient premier dissoudre en Eau forte. cher Ami. et ainsi réitérer cette ablution ou calcination dix ou douze fois. par trop fort feu. qui sera meilleure en bouillant et cuisant en vaisseau de verre sur cendre chaude par un jour. la Céruse dont tu désires le Sel. mais leur calcination se fait en cette manière. ou tant qu’icelle chaux soit bien nette. que tu mettras en douze fois autant de très fort Vinaigre distillé trois ou quatre fois sur cendres : fais un peu tiédir ensemble icelui Vinaigre et Céruse. Faut passer ton or par l’Antimoine en lamines tenues.

encore que son Sel ait grande vertu et teinture sur le Citrin. puis mets en vaisseau de verre de pierre. avec une part de chaux de Lune. est dit Sel Armoniac E [correspond au E = Rebis du Ier Livre] Le sel de Lune. que par trop fort feu les sels ne fondent : ce fait. en voici la manière. ce qui n’est pas aux plantes. auquel menstrue fais dissoudre une part de Sol fin. et projette icelle sur ? tant seulement lequel elle convertis en ?. comme dit est. Prenez Sel commun ? une part. Ainsi feras de ? avec deux parts de Sel d’Albrot ? et une de Sel nitre ? et une de chaux d’ ?. comme dit est. CHAPITRE DEUXIÈME De la première Médecine simple composée Au nom de Dieu Tout puissant. tu as une médecine de plus grande vertu que là première . Et pour le blanc ? ? ? ? et ?. CHAPITRE TROISIÈME Seconde Médecine plus parfaitement clamée grande Médecine Minérale Au nom de Jésus-Christ. mais cette Médecine convertit seulement ? ?en fine Lune et chef premier sur 20. ainsi jusqu’à l’infini. puis le laisse refroidir sur le fourneau. Après cette dissolution. soit rebue. et n’ont pas aucun particulier car en icelle il n’y a point de diversité. et les Aériens encore plus. et chéra cette dernière sur tous Métaux imparfaits consumant leur impureté. encore que médecine particulière faire. l’autre aux choses végétables. et particulièrement en l’Animal parfait. Sel Armoniac ? une part et chaux d’ ? une part. ne croissent point et ne peuvent engendrer leurs semblables. ce qu’étant parvenu tire par distillation en feu si lent que nature requiert. est dit Sel Gemme F [correspond au F = Mercure philosophique du Ier Livre] Le Sel de Jupiter. car un poids projette sur 100. Alcali ?. et dans une douce chaleur de bain-marie. petit à petit. et faites ainsi comme au premier. Or maintenant si tu veux faire médecine pour transmuer. est dit Sel Albrot. du ? comme s’ensuit . Et si tu désires de nouveau la dissoudre avec nouveau menstrue et la congeler. et ce feu de moyenne chaleur laisse tout fondre sur cendres chaudes par quatre heures. sont les principales qui entrent en cet Art. et lutte bien l’Alambic avec son récipient. faites distiller le Vinaigre. n’ayant point de liqueur fusible ne peut passer ni en ?. chaux de ? une part. qui sont les principaux. alias Alembrot D [correspond au D = corps éélmenté ou Mercure] Le Sel de Mercure. et auras une médecine de couleur d’ambre. Et on peut faire de lui Médecine en cette sorte. Œuvre Végétable. prends deux parties de Sel Albrot ? et un de Sel gemme ?. colorer et teindre l’Argent fin en fin Or. Toute cette dissolution accomplie et aussi icelle congélation. et ainsi soient de nouveau revivifiés et animés. Mais de ces trois peuvent être faites trois Œuvres particulières. est dit Sel de Talc G [correspond au G = Soufres dépurés du Ier Livre] Mais note que jamais transmutation n’est faite sans les Sels d’Or ou d’Argent. et ainsi multipliera et convertira par la même manière comme des-sus est dit de la première opération. mais les médecines des choses parfaites que nature a achevées en la minière. Il faut prendre trois livres de Tartre – 33 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . l’un minéral plus parfait au ? et ? ? qu’aux autres Métaux . Mais les terrestres Minéraux. une part de Sel de Talc ? ? et une part de chaux de Lune ? dissolvant et congelant comme dessus . qui ne projettent que sur quelques métaux . et puis les mets en fort vaisseau de verre bien bouché en pourrissement tant qu’il vienne en une liqueur belle et claire. et conver-tissant très vertueusement leur pure essence de ? en pur ?. Mais pour le blanc. car il convient prendre deux parts de Sel gemme ?. Prends Sel Albrot ? deux parts. NICOLAS GROSPARMY CHAPITRE QUATRIÈME De l’Œuvre Végétable Dieu le Créateur a créé trois Mercures. eau mercuriale. Sel gemme ? une part. lesquels étaient au fond du vaisseau. Prenez deux parts de Sel Albrot et une de Sel. le dissolvant de nouveau avec le Vinaigre qui en fut tiré avec nouvelle chaux. et ces choses parfaites. qui s’engendre au foie. elle projettera sur 1 000 et 10 000. Il y a aussi plusieurs branches et particuliers en l’Œuvre minérale. tant que tout l’humidité mercurielle. lequel se pourra multiplier de dix parties. ni en ?. entrante et transmuant l’Argent fin fondu en fin Or. comme dit est. fondante.Le Sel de Vénus. et gardez bien. l’huile et l’Argent vif des Philosophes sortie des Corps de fin ? et fine ? par l’Art et l’industrie du Magistère de philosophie naturelle. comme dit est. lesquelles ont leur Mercure plus parfait et aqueux . Mais posons le cas que daigniez muer ? en ?. on peut ajouter les Sels des imparfaits Métaux . prend deux parts de Sel Albrot ? ? et une part de sel ? ? et soient bien dissous en fort Vinaigre distillé. mais si tu crois ouvrer au blanc ou au rouge. et l’autre aux Animaux. mais les deux autres sont générales. ainsi comme l’Or et l’Argent. encore que icelui ? soit autant pour le blanc que pour le rouge . Mais ? ? Mars. prends deux parts de Sel gemme ? ? et une de ? ? Sel Albrot. L’œuvre au blanc suit l’œuvre au rouge pour les particuliers . ainsi que la Vigne . fais en même manière. avec une de chaux d’ ? en pareil nombre et poids que la moindre médecine ci devant dite. hors de leur minière. puis lutte bien le vaisseau avec ce couvercle. tingente. que l’on avait ôtée. toute humidité qui est le menstrual. ouvre le vaisseau et avec iceux Sels. et projette sur ? vulgaire. est dit Sel Alcali C [correspond au C = eau pondéreuse ou eau sèche du Ier Livre] Le Sel de Sol. réimbibe les fèces des Sels. prends les Sels qui s’accordent à iceux : ainsi comme pour le Citrin le ? ? ? ? ? ? et ?. mettant un poids sur vingt. incorpore une part de chaux de ? ? fin.

aux lieux où ils traitent d’une grande et parfaite Médecine pour restaurer la chaleur naturelle débilitée. CHAPITRE CINQUIÈME De l’Œuvre Animale Mon cher Amy. Les Anciens ont fort caché le nom de la matière de cet Œuvre. Cela fait. mais celui qui la recherchera avec humilité et crainte elle lui sera révélée par les Sages. il n’est qu’une matière. Ayez un chaudron de cuivre ou airain avec son couvercle juste. mets en poudre et y ajoute autant d’Eau de vie qu’elle passe de quatre doigts. emplis l’autre fosse. et que la matière n’occupe qu’un tiers d’icelui verre . une partie de laquelle après fermentation en transmue 50 de ? ou ? ? en fine Lune . Prends douze onces de l’Or d’icelle car on en peut tirer telle quantité sans à icelle minière faire tort . et qu’il n’y ait aucun air. Fais deux fosses en terre non aqueuse. Faits derechef réverbérer 24 heures. et le mets sept jours au pourrissement afin qu’il se dissolve. et laisse par sept heures ces vaisseaux à l’Air afin que la Terre philosophale demeure entièrement nette d’icelle superfluité. et soit icelui chaudron bien cimenté partout : mais il faut qu’il soit percé par le haut de la couverture. Ou bien. mais encore que la Minérale soit comme la source et l’origine des deux autres. ils ont erré . Animale ou Végétable. afin que les vapeurs puissent monter et descendre à leur aise durant iceux 40 jours de fermentation. et que le vaisseau soit porté en l’air dans icelui chaudron . de crainte qu’il ne soit révélé à quelque homme méchant . laquelle séparerez par le bain . d’un pied de hauteur jusqu’à la grille. elle est pourtant très inférieure à la Végétable et à l’Animale . douleurs et ulcères. car c’est le plus subtil ou Corps spirituel. il n’en pouvait être d’autre. et l’Animal contient l’un et l’autre très parfaitement . et il montera une couleur noirâtre avec l’Eau de vie. chacune de quatre pieds en quarré. où NICOLAS GROSPARMY – 34 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . et à chacune dissolution et congélation augmentera de 10. puis mets sur icelui Tartre quatre doigts de très bonne Eau de Vie : bouche le vaisseau étant demi-plein. et mets sept jours à putréfier . à ce qu’aucune vapeur ne sorte dudit chaudron . et soit. et ainsi de huit en huit jours jusqu’à 40 jours accomplis. et six jours après le premier jour. dans une once et demie d’eau de chicorée ou de plantin distillée en l’administrant au surplus suivant la qualité des personnes et des maladies. quand ton Mercure auras. et quand tu auras trouvé une minière très pure et vierge. et donnant seulement un grain de cette médecine avec deux dragmes de Métridat. large et profonde. mais seulement humide. mais icelui lien d’iceux est la participation de la minière du Minéral . de ces trois Mercures peuvent être trois Œuvres parfaits. à juste raison les Sages ont dit qu’il n’y a qu’une seule Pierre. et les deux autres sont engendrés de la plus pure et parfaite substance d’icelle matière . mets en vaisseau de terre très fort à distiller sur feu doux. à savoir un de chaque côté et l’autre au derrière . Ce qu’étant fait. fais trois trous pour donner air à la Lampe. ni vide. qui est appelée ? des Philosophes. car quand les Philosophes ont dit qu’il n’y a qu’une seule Pierre. qu’empliras de fumier chaud et poseras ton vaisseau justement au mitan. Ainsi. et quand tout sera bien calciné. après avoir incorporé tout ensemble. encore un pied de hauteur sans fenêtre. le laisseras huit jours sans y toucher. puis dessèche ta matière au Soleil jusqu’à blancheur première. Aucuns l’ont cru seulement es choses Métalliques et Minérales. entre icelui chaudron et les parois dudit fourneau. puis plus fort. ce médicament ôte la racine de tous maux. et nage par-dessus une Eau rousse que jetteras. dont une part projette sur 50 de ? bouillant au ? ? qu’il convertit en médecine. autres en choses Végétables . fais autrement : compose un fourneau de terre ou brique. mets-la en un vaisseau bien clos au fumier composé en cette sorte. de la grosseur d’un petit œuf. distille comme devant et tant continue qu’il ne demeure plus d’icelui Tartre au fond du vaisseau. contient les deux autres audessous d’icelle. tu sais que ces trois Œuvres tiennent ensemble l’une l’autre par un merveilleux lien . rond et large d’un pied par-dedans. autres en l’Animal. et qui soit mâle. afin que les vapeurs qui descendront en l’Eau ne sortent par les côtés dudit chaudron . et le mur de quatre pouces d’épaisseur . encore que les modernes opérateurs s’arrêtent plus au Minéral qu’à tout autre. lequel doit entrer dans icelui chaudron. ils ont parlé par similitude . et ainsi comme pour faire Eau forte. puis broyez les fèces et les imbibez avec le poids de cette Eau de vie. car par résolution la plus subtile partie d’icelui Minéral a été faite Corps spirituel avec le mélange d’Eau. qu’il repose en vaisseaux jusqu’à l’épaississement. car le Minéral est premièrement composé des plus grosses et impures matières. Prends donc ce qui n’est accompli de l’Animal. Puis prends toutes les liqueurs ainsi rectifiées et en sépare l’Eau au bain . au-dessous de la grille. soit Minérale. qui seront lesdits huit jours ci devant dits. et sera ta matière pourrie et presque convertie en Eau. qui double au moins et triple pour le plus le Septénaire. chacun selon sa nature . en similitude de la perfection et digestion de la Pierre animale d’avec les autres . ayant chacun par aventure trouvé quelque effet sur telles matières. parce que la matière Animale sur laquelle ils ont presque tous travaillé. puis deux jours après. car ceux qui ont affirmé n’être qu’une seule et unique matière n’ont pas considéré les choses en leur profondeur. et l’ayant couvert de fumier.calciné au four de réverbère jusqu’à blanchissement . afin que le vaisseau de verre qui sera dedans (fait en forme d’Alambic bien lutté). change ton vaisseau de fosse. Mais nous savons qu’après due préparation. et qu’ils ont fait la Pierre et médecine de cette chose. Concluant que puisque selon la commune opinion des Philosophes.

Car tu auras ainsi les quatre Éléments . puis en forte cornue très bien luttée mettras ta matière restée. l’Huile et la Terre seiche et noire. dont les Métaux étaient purgés. Ils faisaient deux fosses en lieu humide et non aqueux. l’eau étant un peu plus que tiède. et qu’elle blanchisse par dehors un morceau de cuivre rougi au feu. Mais encore que l’opération des Éléments soit diverse. puis mettaient le vaisseau. Mais nous réduirons ce temps de trois ans à neuf mois . et dessus jetaient tous les jours Eau bouillante. et laissaient ainsi le tout. bien bouché et l’y laissaient 40 jours. mais avec mêmes matières et opération naturelle. c’est à savoir un peu plus que tiède : et sera l’entrée du fourneau bouchée de briques bien justes. et que toute l’huile étant tirée. et les Animaux avec le suc des Plantes. et colleras à icelle cornue un récipient lutté. puis serre bien et garde à part chacune de ces choses : c’est à dire l’Eau. puis broyé derechef icelui Feu avec ladite Eau. et demeure icelle Terre seiche au fond de l’Alambic. ou tant qu’il soit rouge clair et net. Ainsi est dit de l’Œuvre Animale. sans écriture aucune. faits distiller toute l’eau de ta matière dans un matras qui sera très justement bouché. mets un morceau de fourrure. et pour nettoyer de trois en trois jours la fumée qui s’attachera au cul dudit chaudron. il ne reste plus rien. qu’enseveliras en cendres criblées. tant que sur la fin il soit très fort. mais seulement après la dépuration de son humidité superflue. bien bouché. c’est à dire si mieux tu n’aimes le fumier sans un fourneau si laborieux. ou matras. dont en voici les deux plus parfaites. ou tant que peu à peu la Terre eût rebue son humidité. et scelle bien les jointures . de peur que par entre deux. il faut qu’il teigne en rouge par projection Argent fondu . et la fais en forme de pâte que mettras dans un ? ? lutté. l’eau d’icelui chaudron ne s’exhale. puis en seize jours. et qu’icelle fût noire . puis mets au bain. après lesquels le pourrissement venu. Les Anciens séparaient cette matière sans nulle séparation d’Éléments . puis en chaleur modérée distille de la Terre toute l’Eau qu’elle avait bue. pour fuir la froideur de l’Air. Ainsi soit fermement posé et attaché. le tout au jour que le Soleil entrait au signe d’Arles . et continueras ainsi par sept fois au moins . avec un petit cercle de barres d’Airain. Alors mets au bas d’icelui fourneau une Lampe ardente en forme d’une grosse pomme. ainsi comme avec le Vif argent vulgaire : les Plantes. puis remplissaient icelle fosse et plantaient un pilier dessus icelle fosse pour reconnaître. car nous avons à opérer ainsi qu’eux . si bien qu’il ne respire aucune vapeur . mets sur icelui un chapiteau d’Eau. car sans icelle Nature appelée. et après avoir fait comme dit est. dépuration de la matière. quand plus rien ne distillera . l’Huile contenant l’Air et le Feu qu’il sera besoin de purger en cette manière : commençant par l’Eau. et ainsi continuaient de changer de fumier de huit en huit jours un an. et de la manière dont les Anciens usaient qui n’est pas mise ici pour négliger . ou même chose. et alors icelui garderas un vaisseau clos. par laquelle il faut nettoyer la Terre et le Feu. Mais d’une façon ou d’autre. avec les deux tiers de vide en terre en une fosse de sept pieds avant. car facile est d’ajouter à l’invention des autres . Mais depuis. distille icelle à douce chaleur de bain sept fois au moins. ce qui se fait en cette façon. Mais nous avons à faire séparation des Éléments. dans lequel ils trouvoient une pierre en poudre dont ils conservaient la Jeunesse et la Santé. que rien ne remue en icelui. Mais faut à chaque fois croître icelui Feu d’un degré . ainsi que les autres. tant que blancheur de fine neige y vint. avec l’eau commune . et continueras ce dernier labeur sept ou huit fois. qui puisse brûler 28 ou 30 heures sans s’éteindre avec une simple mèche filée de sept ou huit filets. au four à petit feu une nuit . puis l’augmenteras peu à peu. et icelle mise en un vaisseau rond. car déjà ne changeaient plus de fumier qu’en douze jours. le mettaient un pied avant dans icelui fumier. bien que ce soit avec moindre temps. puis vient après nous travailler . en cette manière. en l’arrosant d’icelle Eau . De la Séparation des Éléments Quand ton vaisseau sera refroidi. tout homme travaillerait en vain. et était l’Œuvre achevé. ils la mettaient en vaisseau de terre rond en semblance et compaction de verre. ou autre chose convenable pour le tenir : et bouche proprement l’ouverture du col. et tenaient cela de tradition de leurs Pères. je ne crois pas que nul au temps de neuf mois sache mettre accourcissement. chacune de trois pieds de large et cinq pieds de profondeur. ils tiraient d’icelle fosse le vaisseau. tout tend à une fin. puis feras petit feu de charbon demie heure. En ce degré. tant que le Soleil eut fait sept fois révolution circulaire par-dessus (c’est à dire sept ans).ayant quatre doigts d’espace au des-sous d’icelui et porté sur linges à plusieurs doubles. et s’il est besoin sera aussi bouché un ou deux des trous dudit fourneau. qu’ils emplissaient l’une après l’autre de fient de cheval. l’huile n’est dépurée avec l’eau bouillante. par où passera le col du vaisseau avec un cercle d’Airain ou autre chose. faudra changer de lampe si pour éviter ladite fumée. afin que l’eau qui est au chaudron demeure en un même degré en chaleur. – 35 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . tant NICOLAS GROSPARMY que rougeur de sang fût en icelle matière. encore que sans miracle divin. et pour voir sa perfection. et n’espère pas mettre en œuvre aucun des Éléments susdits sans un tel signe de perfection. matière était purifiée et sur la Terre nageait le Mercure . au centre d’icelui fumier . puis sur marbre broyé toute la Terre trois heures ou davantage. et quand le Soleil entrait pour la huitième en Ariès. on avisa d’accourcir le temps et de réduire ces sept années à trois. ou tant qu’elle soit très claire et sans terre. Lors laisse refroidir le vaisseau de lui-même.

et quand sera matière claire. puis ajoute une part de Feu. Donc écris-les en ton cœur. à congeler sur cendres chaudes à feu de degré continuel. comme est dit . n’ayant autre occupation qu’en icelui Art. et sortiront les quatre Éléments en Eau très rouge. diligence. et le boucheras et le mettras au fumier susdit par 30 jours . une part d’Eau et deux de Feu. à quoi sert le bon esprit de l’ouvrier . que broieras . et ne soit plein qu’au tiers. que mettras en fort vaisseau de verre. que mettras en vaisseau de terre très fort et bouché pour congeler sur cendres. humilité. comme devant est dit . en lieu libre et non suspect. où seront trois Éléments. duquel rejetteras tout ennemi de Science. ne t’en vas point en icelle Pratique te mettre. et incérer un peu de l’huile que nous appelions Air. si mieux. que broieras ensemble. que nous appelions Huile. la blanche et la rouge. qu’incorporeras sur le marbre. et autant de Feu qu’il y a de Terre et de Lait. FIN DE NICOLAS GROSPARMY qui a établi la Maison des Comtes de Flers en basse Normandie. Opération au Rouge Prends le Feu demeuré au fonds dernier en la distillation des trois espèces. toi prépare ta conscience. ou tant qu’il soit en Eau . puis étant bien broyé. Terre et Air . il ne veut d’icelui fumier tirer pour un peu le vaisseau. 1449 NICOLAS GROSPARMY – 36 – CLAVIS MAJORIS SAPIENTIAE . tu feras distiller sur cendres à bon feu. Mais il ne faudrait pas qu’icelui fient fût mis en fosse. puis distille à petit feu lent l’eau qui sera branche comme lait. car le feu restera au fond sec et noir. Et ci est la Pratique de la Théorie précédente finie. en laquelle congélation et dans l’autre pré-cédente. l’incorporant avec autant d’icelui lait peu à peu. rafraîchissant le fient. vigilance. car si un seul péché demeure en ta maison seulement. Laquelle Théorie est la Clef de la plus grande Science humaine qui jamais fut ni sera. la crainte de Dieu . et le vaisseau bien bouché. puis feras congeler aux cendres à feu de degrés. comme dit est. ainsi comme à l’heure de la mort . et aussi dans un autre le feu qui sera demeuré au fond sec et noir : puis prends une partie de la Terre bien seiche et la broyé sur le marbre. l’une pour l’Elixir rouge . lequel pour être rendu fondant. et que pour venir à même fin il y ait divers chemins en Nature. netteté et assistance d’un fidèle Compagnon auquel rien ne soit caché de tes intentions. paraîtront toutes couleurs. en tant que soit assez pour être fait eau claire. avec une partie de laquelle pourras convertir mil parties d’Argent vif vulgaire ou autre Métal en fin ?. claire et luisante comme Escarboucle. ainsi comme Eau. avec une part de l’Eau distillée par sept fois . Car aussi est lait de Vierge. ce qu’étant fait. sur lesquelles tu peux sans doute ni sans crainte travailler sûrement avec jugement. la patience. au fient de cheval bien chaud 60 jours. mais bien tôt le refermer . mais dans bonnes murailles ou maçon-neries de grandeur d’icelles fosses. que garderas à part en vaisseau clos. changeant de vaisseau. mets la en vaisseau bien bouché de fort lut. comme à la queue de paon. comme dit est. remets-le au fumier susdit 21 jours . soin. ayant le col court de trois doigts. fais ainsi qu’il ensuit. ajoute une autre partie d’Air. Végétables qu’Animales . selon l’Art . Ainsi soit-il. Mets cette huile des trois espèces en deux parts égales. et l’autre. pour voir quand pourriture viendra . et à ce serviront fenêtres vitrées. et le remets par un mois au fumier. le vaisseau se refroidisse. puis distille à petit feu une liqueur blanche. tant qu’icelle congélation soit faite en belle et blanche Pierre appelée Élixir . et puis ne doute point à te mettre au Travail.Opération ou Composition pour le Blanc Prends une part d’Air. et sans garder iceux avertissements ne pourras à icelle parvenir. au moins depuis le commencement jusqu’à la finale Pratique . non pas pour iceux mettre en terre ainsi que le Talent . et les mettras au vaisseau de verre. où regarderas souvent. la noire. faut icelui broyer. ne doute point qu’ici ne soient les plus parfaites. car encore que les autres pratiques soient entre les Hommes tant Minérales. mais pour être grandement multipliée : et si encore ne suffirait à toi iceux garder si n’as dans ton cœur la charité. ou ceux qui te voudraient tromper ou mépriser. et mets tout en vaisseau de verre presque tout plein et bien lutté . te confiant surtout en la miséricorde de Dieu. comme tous vices et excès. auquel temps seront rendus en eau . prends-en deux parts et une part d’huile des trois espèces. et fondra et convertira mil parties de cuivre ou autre métal en fin Argent. par 40 jours. auquel soit honneur et gloire. Prends de la Terre ci devant préparée une part. et se fera Pierre rouge. Mais ayant purgé icelle de telle diabolique peste. Si autrement veux opérer. et renouvelle tous les huit jours le fient. et mettras résoudre au fient. et si ouvert que les deux doigts y puissent entrer. le mettras pour résoudre au fient de cheval un mois.

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