Dans les traités classiques d'économie, la théorie de la valeur a longtemps occupé une large place.

C'était au temps où l'économie se préoccupait de principes philosophiques et même moraux tout autant que de mécanique économique. On l'appelait, à juste titre, «économie politique». Dans cet esprit, on opposait les notions de valeur travail et de valeur prix (d'échange). Selon les écoles de pensée, on favorisait l'une ou l'autre. Ainsi la gauche privilégiait-elle la valeur travail et se différenciait ainsi de la droite. La valeur d'un produit était d'autant plus grande qu'il y entrait beaucoup de sueur ou de matière grise. Avec les transformations technologiques, l'automatisation des processus et la mondialisation, la notion de valeur travail a petit à petit disparu au profit du concept d'échange. L'idée que le travail était essentiel pour créer de la valeur ajoutée et qu'il devait donc être récompensé et rémunéré comme tel a été oubliée par tous, et, paradoxalement, par les hommes de gauche. En même temps que cette évolution se développait dans le mouvement socialiste l'idée que le travail, notamment le travail pénible ou répétitif, était une aliénation de l'homme. Cette analyse s'est étendue à tout le travail, source d'exploitation de l'homme par le système capitaliste et son opérateur favori, l'entreprise. Et il est vrai que le travail était souvent synonyme d'exploitation. La revendication puis l'obtention des congés payés ont été des étapes importantes pour corriger ces excès. Les 40 heures par semaine, les 5 semaines de vacances ont été très justement saluées comme des conquêtes sociales importantes. Aujourd'hui, les 35 heures constituent une prolongation de cette évolution. Plus de temps libre - sous-entendu: libre de travail. Mais, alors même que les 35 heures ne sont pas encore mises en place, déjà des voix réclament la semaine de 4 jours, les 32 heures, voire les 30 heures! Face à ces propositions, défendues hélas par une partie de la gauche, il faut faire entendre une voix dissonante et dire: attention, fausse route! Dans une compétition économique désormais mondiale, la France aura en effet besoin de plus de travail, de plus d'imagination, de plus de compétitivité. C'est, dira-t-on, l'argumentation des patrons et des économistes productivistes. Certes, mais les Français veulent-ils se donner le rôle des nobles, vivant de leurs rentes dans le monde de demain pendant qu'hommes et femmes du tiers-monde travailleront pour eux, chez eux ou ailleurs? La gauche peut comprendre cet argument si elle réalise que la mondialisation est aussi un système de rapport de forces conduisant à une dictature sociétale. Dans une société de loisirs où la disparité des revenus et de l'éducation est aussi importante que chez nous, l'inégalité dans l'utilisation du temps libre est aussi forte que l'inégalité des revenus. Cela commence par les enfants. Lorsqu'on réduit par exemple les jours de classe de 230 à 170 jours, comme on le fait depuis trente ans, on offre aux enfants des familles aisées du temps pour les sports d'hiver, ou des activités culturelles, tandis que les enfants des familles pauvres traînent dans la rue et s'organisent en bandes, seule entité où existe un peu de fraternité, à moins qu'ils ne soient vissés devant la télévision, unique source de rêve, ou devant des jeux vidéo très violents. L'acculturation des enfants les plus démunis par l'accroissement des loisirs, ça existe! Mais, plus que ces arguments, l'essentiel est le sens de la vie. Le travail fait partie intégrante de l'équilibre de la condition humaine car il constitue la contribution de chacun à la vie en société. Le loisir n'existe que par rapport au travail. Aujourd'hui, alors que l'automatisation tend à éliminer les tâches pénibles et répétitives, le moment est venu de réhabiliter le travail. L'exemple à donner aux jeunes est simple: les gens les plus heureux sont ceux qui travaillent beaucoup et s'épanouissent dans leur travail. La gauche ne doit donc pas lutter pour

puisqu'elle a décidé que combattre le chômage .est sa priorité? . C'est cela qu'il faut défendre. un produit est d'autant plus cher qu'il y a plus de travail. de la dangerosité et du stress! L'égalité. la gauche est le parti des travailleurs.l'augmentation des jours de congé. L'uniformisation est une fausse égalité. Et. Pourquoi ne serait-elle pas le parti de la réhabilitation du travail. mais pour l'amélioration des conditions de travail à tous les niveaux.c'est-à-dire l'absence de travail . dans ce cadre. C'est cela qu'il faut défendre dans la future réforme fiscale. qui devra moins pénaliser le travail. à la recherche de plus d'égalité. La gauche. la notion de durée du travail n'a pas de sens si on ne la module pas en fonction de l'intensité. Traditionnellement. La retraite à 60 ans pour tout le monde. Oui. doit s'approprier la notion de diversité. Les 35 heures identiques pour tout le monde. c'est archaïque. c'est la diversité. c'est dépassé. de la pénibilité. y compris dans les instances internationales. Il n'y a rien de commun entre le travail d'un man?uvre et celui d'un médecin. il faut en économie réhabiliter la notion de la valeur travail.