De l’importance d’une base industrielle et technologique de défense performante

La décision prise par l’État, dans les années 50, de donner à la France les moyens d’assurer de façon souveraine sa défense a permis la constitution d’une industrie de défense performante et compétitive, apte à fournir aux armées, la totalité des moyens nécessaires aux missions que leur assigne le Politique. La cohérence des efforts conduits tout au long des décennies 60 à 80, associés à des financements adaptés et réguliers, a abouti à la mise sur pied d’une base industrielle de défense qui n’a que peu d’équivalents dans le monde, et qui est également devenue un véritable atout au service de l’économie française. En effet, alors que l’on assiste à l’affaiblissement industriel progressif de la France, l’industrie de défense demeure aujourd’hui l’un des rares secteurs qui, tout en assurant sa mission première de participation à la souveraineté du pays, assure un volume élevé de production sur le territoire national, y maintient des effectifs non délocalisables à forte valeur ajoutée, et participe au développement des technologies les plus avancées. L’industrie de défense constitue donc l’un des atouts que le gouvernement doit utiliser dans le cadre de sa politique de revitalisation du tissu industriel. Pour ce faire, il doit revenir aux grands principes qui ont permis la constitution de cette industrie : le financement à haut niveau de la R&T, garant du socle de la souveraineté et du maintien de l’avance technologique, le lancement de programmes qui assurent le maintien des emplois en France, la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour soutenir l’exportation, la refonte d’une relation avec l’industrie intégrant les mutations intervenues depuis les années 80, la redéfinition d’une véritable politique industrielle identifiant les principes fondamentaux en matière d’industrie de défense et adaptant les moyens aux objectifs. Dans un contexte économique difficile, l’industrie de défense peut constituer un facteur déterminant ou dirimant que la France doit utiliser pour aller chercher la croissance nécessaire à la pérennité de notre modèle de société.

Christian MONS
Président du CIDEF

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 3

Le CIDEF
Le Conseil des Industries de Défense Françaises
Le Conseil des Industries de Défense Françaises (CIDEF) a été fondé en 1990 par les organisations professionnelles représentatives de différentes composantes des industries d’armement françaises. Il est actuellement composé :
■ ■ ■

du Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN), du Groupement des Industries Françaises de Défense Terrestre (GICAT), du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS) • 17,5 • 35 • 80

Md€ de CA en 2011

% à l’exportation 000 emplois directs et 85 000 indirects atout pour la France et pour une Europe autonome

• Une industrie de taille mondiale • Un

Le CIDEF a pour objet l’expression collective des organisations professionnelles adhérentes dans le domaine de la défense. Il détermine et conduit les actions communes relatives à la représentation ou à la promotion des industries de défense françaises dans leur ensemble.

4 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

Sommaire
Le Mot du Président page 3

Le CIDEF

page 4

Sommaire

page 5

Impact économique et technologique

page 7

Investir en R&T

page 9

Décider des programmes

page 11

Soutenir l’exportation

page 13

Revoir l’organisation de la relation État / Industrie

page 15

Adopter une politique industrielle française

page 17

Définir une politique de coopération

pages 19-20

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 5

EUROCOPTER - EC 725 CARACAL ET TIGRE

PANHARD GENERAL DEFENSE - VBL STX FRANCE
6 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

1

Impact économique et technologique
très importants vers les ETI et PME, et a créé dans de nombreux bassins d’emplois des écosystèmes locaux autour desquels la vie économique s’est structurée. L’effet d’entraînement de ces écosystèmes économiques et industriels est d’autant plus important que, dans de nombreux cas, l’activité industrielle de ces bassins d’emplois est consacrée quasi exclusivement à la Défense, ce qui les expose très fortement à toute variation du budget d’acquisition militaire(1). L’effort public continu en faveur de la Défense a permis de créer une base industrielle compétente et compétitive qui assure à la France son autonomie stratégique et participe directement à la création de richesse sur le territoire national.

L’industrie de défense participe directement à la posture de défense de la France et à sa souveraineté. Elle apporte toute sa crédibilité à l’outil militaire et à la dissuasion, du fait de sa maîtrise des technologies les plus performantes et de la qualité de ses productions. Cette participation à la souveraineté de la France et à sa Défense se double d’une contribution directe au développement économique du pays. Les investissements réalisés dans l’industrie de défense pour la réalisation des équipements ont permis de créer de nombreuses filières technologiques de très haut niveau, qui n’auraient pas vu le jour sous le seul effet du marché. Les technologies développées et maîtrisées se retrouvent très largement dans de nombreuses applications civiles, et bénéficient donc au plus grand nombre : conception assistée par ordinateur, composants, matériaux composites, communication, … Les investissements de défense ont également contribué à la constitution de pôles industriels d’excellence, dont les principaux représentants sont les grands donneurs d’ordre de la profession (Dassault Aviation, DCNS, EADS, MBDA, Nexter, Safran, Thales) autour desquels un très vaste tissu de soustraitants et de fournisseurs s’est constitué. La politique de sous-traitance appliquée par ces industriels génère en effet des flux d’achats

L’Industrie de Défense Française
UnE organISatIon En CaSCaDE :

4 000 EtI/PME systémiers, équipementiers et sous-traitants 165 000 emplois hautement qualifiés, non délocalisables

UnE InDUStrIE CoMPétItIvE Et ExPortatrICE :
■ Solde commercial positif

+ 2,7 Md€ (en 2011)

(1) Bourges, Brest, Cherbourg, Cholet, Fougères, Lorient, Roanne,Vendôme…

(solde commercial France 2011 : - 70,1 Md€)

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 7

SAGEM GROUPE SAFRAN - FÉLIN

ECA - K-STER

THALES - CROTALE

8 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

2

Investir en r&t
En 2012, l’industrie bénéficiera de 600 M€ pour financer la R&T de défense (sur un budget d’études contractualisées de 730 M€, en recul de 60 % par rapport à celui de 1990 – évolution exprimée en euros constants). Cet effondrement fait courir le risque majeur d’un décrochage technologique, qui pourrait conduire à la remise en cause de l’existence de notre industrie. Le recours à la coopération européenne ne permet pas de compenser ce recul, compte tenu notamment de la baisse des budgets de R&T constatée en Europe. Les matériels qui équipent sont le les forces des

L’industrie française de défense occupe des positions de tout premier plan dans le domaine de la Défense grâce à sa maîtrise des technologies qu’un effort continu de R&T depuis plus de 50 ans a permis d’acquérir. Malgré sa compétitivité reconnue, l’industrie de défense n’est pas en mesure d’amortir l’investissement en R&T :
■ du fait des règles qui font de la Défense un marché

atypique. L’État impose les spécifications des programmes, contrôle les prix, fixe les marges et contrôle rigoureusement les ventes aux clients étrangers.

du fait de la durée des programmes : une enquête conduite par la DGA en 2010 a démontré qu’il fallait de quinze à vingt ans entre le démarrage de l’effort R&T et le début du déploiement opérationnel des équipements.

armées

aujourd’hui

résultat

investissements en R&T de la fin des années 1980 et du début des années 1990, époque ou les crédits d’études amont étaient à un niveau de 1,7 milliard d’euros (valeur 2011). Les équipements dont les forces auront besoin en 2020 et au-delà nécessitent des capacités technologiques et industrielles que l’investissement R&T à son niveau actuel ne saurait couvrir. Le CIDEF recommande donc de consacrer

C’est pourquoi la France, comme ses principaux concurrents et partenaires, devrait seule assumer l’investissement R&T dans l’industrie de défense.

évolution des budgets r&t
- 60 % depuis 1990

un budget d’au moins 1 Md€ à la R&T effectuée par l’industrie de défense. Seul le rétablissement de cet effort permettra le renouvellement qualitatif des matériels et la pérennité des industriels, et donc garantira l’autonomie stratégique.

FranCE :

étatS EUroPéEnS :
- 23 % de 2006 à 2010

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 9

NEXTER - CAESAR

DASSAULT AVIATION - NEURON

DCNS - GOWIND EUROCOPTER - NH90 TTH
10 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

3

Décider des programmes
Les calendriers et les cibles des programmes doivent être respectés. L’instabilité trop souvent constatée par le passé est nuisible tant pour les armées qui ne disposent pas des capacités nécessaires en temps voulu, que pour l’industrie dont la base de fournisseurs, majoritairement composée de PME, n’a pour seul moyen d’adaptation que la réduction de ses effectifs. L’Union Européenne n’ayant pas pour mission de lancer des programmes et ne possédant pas les outils nécessaires, la France, seule ou en coopération, doit, malgré le contexte économique contraint, prendre les mesures nécessaires au maintien de son industrie de défense en décidant dès maintenant de nouveaux programmes comblant les lacunes capacitaires des armées. Cette politique doit être conduite en cohérence avec la nécessaire refonte de la relation entre l’État et l’industrie. aux entreprises françaises sont

Les programmes (en coopération ou non) confiés pour l’État la traduction pratique de sa volonté d’autonomie stratégique. Ils sont, pour l’industrie de défense, sa raison d’être. Une industrie qui ne produit pas et qui ne renouvelle pas sa gamme se sclérose. En effet, le lancement de nouveaux programmes donne de la visibilité sur le long terme et permet de mobiliser toutes les ressources d’une société, au premier rang desquelles la ressource humaine qui constitue la première richesse d’une entreprise. Ils justifient également la mise en place de stratégies d’investissements, pour maîtriser les nouvelles technologies et adopter de nouveaux produits. processus de production, qui la qualité des permettront d’améliorer

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 11

DASSAULT AVIATION - RAFALE AVEC MBDA SCALP

THALES - GM 400

CNIM - L-CAT

12 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

4

Soutenir l’exportation
Les clients ont également évolué, et sont de plus en plus exigeants, tant au niveau des produits pour lesquels ils demandent des adaptations spécifiques à leur environnement, que de l’offre commerciale. De plus en plus de pays utilisent en effet les acquisitions de systèmes pour mettre à niveau leurs capacités industrielles nationales. Afin de maintenir la position de la France sur le marché, il faut poursuivre l’adaptation du dispositif étatique de soutien pour l’adapter au nouveau contexte. Si le traitement des très gros contrats est satisfaisant, il manque un dispositif de coordination du soutien au niveau ad hoc pour les affaires petites et moyennes. L’organisation étatique au sein des ambassades doit être renforcée avec des personnels connaissant les spécificités du marché de l’armement, afin d’apporter un réel soutien aux industriels, notamment aux PME. La création d’une cellule apte à assurer la présentation des équipements utilisés en opération comme le font les Britanniques, est nécessaire. Enfin, le processus de réforme du contrôle des exportations doit être poursuivi pour porter le dispositif français au même standard que celui de nos concurrents. L’obtention d’une licence export nécessite par exemple 19 jours en moyenne aux USA (source DoS) contre 45 jours en moyenne en France (source DGA). Ces délais sont très pénalisants pour les PME et les 2 000 à 5 000 contrats d’une valeur inférieure à 50 M€ qui chaque année constituent un socle de 1,5 à 2 Md€ générés pour moitié par le MCO lié aux très grands contrats.

L’exportation de systèmes de défense est un élément d’expression de la politique étrangère de la France, car elle contribue à nouer des partenariats stratégiques avec des pays alliés qui expriment un besoin de protection. L’autorisation d’exporter étant le fait exclusif de l’État, une exportation d’équipement militaire est de facto un geste politique qui traduit l’état des relations entre la France et le pays client. Les équipements de défense ayant une durée de vie de plus de 20 ans, le lien ainsi créé durera sur une longue période. L’exportation est également un élément du modèle économique de l’industrie de défense. Représentant 30 à 40 % du chiffre d’affaires selon les années, elle est l’indispensable complément du budget national, qui est aujourd’hui insuffisant pour soutenir la base industrielle et lui permettre de poursuivre son activité. Ces exportations permettent à l’industrie de générer un solde commercial positif chaque année à un moment ou le déficit global se creuse. Or le paysage a évolué depuis 10 ans. De nouveaux concurrents sont arrivés (Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud, Israël, Turquie) avec des stratégies commerciales très agressives, et se sont positionnés auprès de clients désireux de diversifier leurs approvisionnements. Certains industriels jouent de l’absence de règles effectives concernant l’éthique des affaires et d’un contrôle des exportations d’armement par leurs autorités nationales peu contraignant. Cela introduit des distorsions de concurrence au détriment des sociétés françaises.

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 13

AIRBUS MILITARY - A400M

DCNS - BPC

THALES - DUBM 44

NEXTER - VBCI

14 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

revoir l’organisation de la relation état / Industrie
5
Le mode de relation entre l’État et l’industrie a peu évolué depuis plusieurs décennies. La diminution des capacités budgétaires de l’État, le renchérissement du coût unitaire des programmes qui sont de plus en plus des systèmes de systèmes, leur dimension multinationale qui rend les prises de décision plus compliquées et l’émergence de champions nationaux ou multinationaux nécessitent de repenser le mode relationnel. Cette redéfinition passe par l’élaboration d’une relation entre l’État et les industriels sur un mode partenarial, qui tienne compte des contraintes de chacune des parties et soit compatible avec les impératifs économiques du monde industriel. Ce partenariat doit faire l’objet d’une contractualisation rigoureuse qui fixe les droits et les devoirs de l’État et de l’industriel concerné ; si nécessaire le Code des Marchés Publics doit être adapté. Pour maîtriser la complexité croissante des produits et des systèmes, l’industrie recommande le passage à un mode de travail en plateau réunissant les utilisateurs, les prescripteurs et les concepteurs. Ce mode de travail, habituel dans de nombreux secteurs de l’industrie, favorise le dialogue permettant d’adapter les spécifications aux capacités budgétaires qui peuvent varier fortement entre les phases de préparation et de réalisation d’un programme, ainsi que les échanges sur le retour d’expérience, point fondamental d’amélioration des équipements. L’industrie recommande également la mise en place de programmes à architectures ouvertes, plus adaptées à l’instauration d’une politique d’adaptation incrémentale des équipements, et à l’exploitation des avancées observées dans le civil. Le Maintien en Condition Opérationnelle (MCO) constitue un autre domaine pour lequel la redéfinition de la relation entre l’État et l’industrie est nécessaire. Il doit être perçu comme partie intégrante de la politique d’armement du ministère de la Défense, dans le prolongement du développement et de l’acquisition des équipements. Il doit être appréhendé dans une relation gagnant / gagnant, entre les armées et les industriels. Une politique de MCO adaptée aux enjeux et menée sans à coups permettra aux armées de disposer des équipements à un coût raisonnable, et aux industriels de mettre en place des solutions économiques et industrielles pertinentes. L’industrie considère qu’une politique de MCO repose sur :

bonne

un accord dès le début d’un programme sur les évolutions envisagées et son soutien ; l’utilisation de contrats globaux long terme, avec un engagement de l’industriel cohérent en terme calendaire avec celui de l’État et une analyse du risque exhaustive ; un partage des responsabilités clair, avec une rationalisation des moyens industriels dédiés ; des conditions optimales de retrait des matériels à coordonner avec un calendrier programmatique réaliste.

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 15

DCNS - SNLE LE TERRIBLE

AIRBUS MILITARY - A330 MRTT

SAGEM-GROUPE SAFRAN - PATROLLER

RENAULT TRUCkS DEFENSE - SHERPA FORCES SPÉCIALES

16 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

adopter une politique industrielle française
6
La place que tient la France dans le monde découle des décisions politiques et des investissements voulus par l’État pendant la deuxième moitié du 20e siècle. Dans le domaine de la Défense, la politique menée avec une grande continuité jusqu’aux La redéfinition d’une politique industrielle permettra de redonner toute sa place à l’industrie dans la posture de défense du pays. Elle doit poser les principes fondamentaux auxquels la France ne saurait déroger sans remettre Le contexte a aujourd’hui fortement évolué. Plusieurs pays dits émergents développent une politique volontariste pour se doter d’une BITD compétitive et se positionner sur le marché européen. Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité de 2008 définit plus une politique d’achats qu’une politique industrielle. La France doit donc procéder à une redéfinition partagée par toutes les parties de ses intérêts fondamentaux en matière de défense, et redéfinir une politique industrielle adaptée au contexte économique, institutionnel et stratégique actuel. en cause sa souveraineté, en particulier le financement de la R&T qui constitue le socle de la souveraineté nationale, la capacité à décider seule l’acquisition de systèmes liés à la défense de ses intérêts stratégiques et le contrôle des exportations qui ne peut être délégué. Dans ce contexte, l’industrie doit être associée aux réflexions qui seront conduites dans le cadre de la refonte du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale. années 90 a permis de faire renaître une industrie performante, tant d’un point de vue technologique qu’économique, donnant au pays les moyens de sa politique internationale et de défense de ses intérêts. Cette nouvelle politique industrielle devra définir les secteurs technologiques et militaires stratégiques sur lesquels il faudra focaliser les efforts, d’où découleront les politiques de R&T, d’investissement et de coopération.

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 17

DCNS - FREMM

MBDA - METEOR

THALES - WATCHKEEPER

DASSAULT AVIATION - RAFALE AVEC SAGEM AASM ET MBDA MICA

18 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

Définir une politique de coopération (bi-tri ou multilatérale)
7
La réussite de programmes en coopération bi ou multilatérale passe obligatoirement par l’application de quelques critères : éviter une accumulation de spécifications nationales qui génère des délais et des surcoûts ; exprimer des besoins communs précis et les traduire en spécifications techniques raisonnables et ajustées aux capacités budgétaires ; imposer aux participants qu’ils prévoient de commander un nombre d’exemplaires réaliste et qu’ils s’engagent fermement sur cette quantité, de façon à éviter les réductions de cibles successives qui majorent d’autant le coût unitaire et introduisent des tensions en matière de gestion des programmes ; mettre en place une organisation industrielle simple avec un maître d’ouvrage, un maître d’œuvre et des partenaires compétents ; abandonner le juste retour, car la coopération sur un programme doit fusionner les compétences existantes et exploiter leurs synergies, non les dupliquer. Le partage ou la mutualisation de besoins et de capacités (à l’instar de l’initiative Pooling and Sharing de l’Agence Européenne de Défense) peuvent favoriser le maintien de savoir-faire. Cette des politique technologies nécessite pouvant l’identification donner lieu L’importance de ces critères explique l’intérêt que représentent les coopérations bilatérales, comme l’illustrent le Traité franco-britannique de novembre 2010 qui n’est pas exclusif, et les relances avec l’Allemagne et l’Italie. Le partenariat franco-britannique montre comment deux pays européens aux ambitions similaires, prévoient d’acquérir les capacités opérationnelles nécessaires à un coût limité et de soutenir leurs champions industriels dans le cadre d’une interdépendance acceptée et maîtrisée.

à une interdépendance en Europe et à la définition de règles pour assurer la sécurité d’approvisionnement, et prenant en compte les capacités industrielles et technologiques de ses filières (stratégie d’optimisation).

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 19

L’OTAN

doit

pouvoir pour

être

source française.

L’industrie

européenne

ne

souffre

pas

d’opportunités

l’industrie

d’un manque de compétitivité, ainsi qu’en attestent ses succès à l’exportation face à ses concurrents extracommunautaires. Elle souffre en revanche d’un manque de nouveaux programmes qui permettraient la mise en place de coopérations industrielles, favorables aux partages de compétences. Une approche uniquement réglementaire est insuffisante voire contre-productive sans une ambition politique préalable. L’industrie appelle donc à une

L’industrie appelle de ses vœux l’instauration d’un dialogue avec les services officiels afin d’identifier clairement les enjeux capacitaires et industriels induits par les initiatives de l’OTAN. Il est indispensable que les autorités françaises soutiennent avec la plus grande détermination les offres industrielles et technologiques françaises au sein des programmes lancés dans le cadre de la Smart Defense, à l’instar de ce que font nos alliés, tout en soutenant l’émergence de solutions européennes lorsqu’elles sont possibles. Une implication industrielle française forte aux côtés de ses alliés européens répond par ailleurs au souhait des États-Unis d’une plus grande implication de l’Europe dans l’OTAN.

convergence des besoins capacitaires et des efforts budgétaires des États membres, au lancement de programmes en coopération et à l’application effective du principe de préférence européenne. Toute autre politique laissera la place aux concurrents étrangers qui proposeront leurs produits État par État, ne laissant aux acteurs locaux qu’un rôle de soustraitance à faible contenu technologique.

20 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

PANHARD GENERAL DEFENSE - PVP

DASSAULT AVIATION - RAFALE AVEC MBDA ASMPA

ASTRIUM - HELIOS II

DCNS - PORTE-AVIONS NUCLÉAIRE CHARLES-DE-GAULLE

L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012 ■ 21

22 ■ L’INDUSTRIE DE DÉFENSE FRANÇAISE 2012

groupement des Industries de Construction et activités navales (gICan)
60, rue de Monceau - 75008 Paris Tél. : 01 47 36 80 80 - Fax : 01 40 93 57 72

www.gican.asso.fr

groupement des Industries Françaises de Défense et de Sécurité terrestres (gICat)
3, avenue Hoche - 75008 Paris Tél. : 01 44 14 58 20 - Fax : 01 42 30 80 74

www.gicat.com

groupement des Industries Françaises aéronautiques et Spatiales (gIFaS)
8, rue Galilée - 75116 Paris Tél. : 01 44 43 17 00 - Fax : 01 40 70 91 41

www.gifas.fr

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