MÉDIATHÈQUE de CHÂTEAUNEUF

Journal des lecteurs

Septembre 2012

N° 21

Sommaire
Les heures silencieuses, Gaëlle Josse .......................................................4

Naissance d’un pont, Maylis de Kerangal ................................................5 Une journée avec Monsieur Jules, Diane Broeckhoven ............................6 Un territoire, Angélique Villeneuve ........................................................7 Et puis Paulette, Barbara Constantine.....................................................8 Les Misérables Tome I, Victor Hugo ........................................................9

La liste de mes envies, Grégoire Delacourt ............................................11

Journal d’une apprentie séductrice, Betsy Burke ...................................10

Mauvais signe, Bernard du Boucheron ................................................12

Double identité, Didier van Cauwelaert................................................13 Les « incorruptibles » ..........................................................................14 Les enfants de l'oubli, Raffy Shart...........................................................16 Loin des mosquées, Armel Job................................................................17 Peine maximale, Anne Vantal ................................................................18

La double vie de Vermeer, Luigi Guarneri..............................................19 Le chapeau de Vermeer, Timothy Brook ...............................................19

Édito

Et si vous gagniez au Loto  Et si, dans la liste de vos «  ? envies  », comme le suggère Grégoire Delacourt, figuraient des livres ? Eh bien, puisez dans ceux que nous vous proposons. Il y en a pour tous les goûts, tous les appétits : des gros livres puisque nous vous renvoyons aux classiques avec les Misérables de Victor Hugo, mais aussi des tout petits comme Une journée avec Monsieur Jules qui peuvent aborder de grands sujets. Des romans «  légers  qui vous amuseront » peut-être si vous vous mettez à la « chick lit » ou plus graves car il faut bien regarder le monde en face… Et puis, dans ce numéro, vous verrez également que les enfants de Châteauneuf sont à l’honneur et nous en sommes fiers car ce seront eux, les lecteurs de demain

Marie-Claude

Les heures silencieuses
Gaëlle Josse

Autrement

4

Du 12 novembre au 16 décembre 1667, Magdalena Van Beyeren nous ouvre son journal, racontant sa vie d'épouse d'un administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Elle retourne dans son enfance, rongée par une culpabilité secrète, revit sa fierté d'adolescente que son père initie aux rouages de son métier de commerçant et d'armateur à succès, se surprend à avouer, à son cœur défendant, l'émoi que suscite en elle le jeune maître de musique de sa fille cadette Elisabeth. Le point de départ du livre est un tableau d'Emmanuel de Witte : Intérieur avec femme à l'épinette. Magdalena a choisi de se faire peindre de dos car elle se trouve déjà vieille (à 36 ans !) et peu avenante. Le renoncement se lit dans la courbe de ses épaules, dans la crispation de sa nuque. Comme bien des femmes à cette époque, elle a déjà connu la tristesse de perdre plusieurs de ses enfants. On l'aura compris, il s'égrène ici une série de poèmes en prose d'une tonalité douce-amère formant un petit bijou d'émotion retenue et de grâce. Pétri de compassion, d'empathie et de générosité, voici son crédo : Je ne suis ni plus sage, ni meilleure que beaucoup d'autres, mais avec le temps les peines du monde font leur chemin dans le cœur, et si l'on ne peut rien retirer des misères existantes, du moins efforçons-nous de n'en point ajouter. Premier roman subtil et tendre à mettre dans toutes les mains.
Gaëlle Josse est poète et signe ici son premier roman, déjà plébiscité par la presse et le public. Après des études de droit, de journalisme, de psychologie et quelques années en Nouvelle Calédonie, elle est rédactrice pour un magazine à Paris. Son deuxième roman, Nos vies désaccordées, vient de paraître.

Anne

Naissance d’un pont
Maylis de Kerangal

Stock

« Véritable ouvrage d'art…. littéraire », dit un critique de ce roman dont le rythme frénétique accompagne l'arrivée, dans le sud de la Californie, sur le chantier de la construction d'un pont, de toute une humanité bien trempée, qui en a vu d'autres ! Un pont pour « faire juter la croissance dans un bled étriqué qui serre les fesses », tel est le désir d'un maire surnommé le Boa, ébloui par les grandeurs de Dubaï dont il revient : d'un côté du fleuve, une ville trépidante, de l'autre des masures d'indiens que la misère à fait échouer au bord du fleuve ; derrière une forêt qu'on pourra enfin exploiter.

Parmi les arrivants, Il y a ceux qui ont encore des choses à se prouver, leur destin à accomplir : Diderot le chef de chantier, baroudeur fasciné par les défis technologiques, Sanche le petit portugais que sa grue hisse bien au-dessus de sa taille et de sa condition sociale, Summer la spécialiste du béton qui pense que ses parents auraient préféré un garçon ; il y a aussi la masse des laissés pour compte livrés aux boîtes d'embauche intérimaire, à l'affût de ce qui peut les sortir un moment de la misère.

5

Il faut faire avec ceux de la place : les écolos dont les faibles moyens essaient de retarder le projet ; les exploitants des bacs que le pont va ruiner ; les indiens restés dans la forêt, dont la voix ne peut être entendue que par un ethnologue désespérément soucieux de préserver leur mode de vie.

Tous ces intérêts divergents sont superbement mis en scène par la plume de l'auteur. La phrase se déploie, ample, hachée de termes familiers, parfois même d'onomatopées, imagée, soutenue par un vocabulaire pointilleux, jusqu'à la préciosité parfois. Elle a le pouvoir de nous faire entrer dans le coeur de ces gens enfermés dans cette sorte de huis clos qu'est le chantier, entre désert et forêt. Humain, profondément humain !

Le pont devient métaphore d'une humanité qui cherche ses points d'ancrage et parfois rompt les clivages : ainsi l'amour entre Diderot et Katerine que tout pourtant sépare. Ce roman a reçu le Prix Médicis 2010, décerné au premier tour ! Nicole

Une journée avec monsieur Jules
Diane Broeckhoven

NiL

Comme tous les matins, Alice se lève quand Jules a préparé le petit-déjeuner. Se lover dans la chaleur du lit, écouter les bruits familiers sont un réel plaisir. Ce matin, il a neigé et Alice trouve Jules assis sur le canapé du salon, non à la table du petit déjeuner. Petit à petit, la réalité s’impose à elle, Jules est mort ! Ils en ont beaucoup discuté ensemble, elle aimerait mourir démente, lui préférait qu’  une main géante (te) «  le pousse dans le dos, sans (te) lui laisser la moindre chance de (t) s ’arc-bouter ». Mais pour Alice, «  c’est malpoli de quitter la vie sans crier gare ». Elle aimerait avoir «  le temps de lui dire tout ce qu’elle avait ravalé pendant cinquante ans : qu’elle le détestait et qu’elle l’aimait. »
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«  n’était pas mort aussi longtemps qu’elle n’en parlait à personne. Il était vivant Il aussi longtemps qu’elle le voulait  ».

«  David » se souvint-elle soudain  Oui David, l’enfant autiste de la voisine, qui s’est ! attaché à Jules et à leurs habitudes, une partie d'échecs quotidienne, de 10 heures à 10 heures 30, précisément, pas plus tôt, pas plus tard. Comment faire, que lui dire  ?

D'un sujet grave, Diane Broeckhoven a fait un livre émouvant et délicat, plein de tendresse, un livre sur la complicité de deux êtres tout aussi démunis l'un que l'autre et qui ont choisi de vivre cette dernière journée sous le sceau d'un secret qu'ils vont partager. Juste eux. Personne d'autre. Demain, on verra.

Marie-Anne

Diane BROECKHOVEN, auteure et journaliste flamande, consacre son oeuvre à la Littérature Jeunesse où elle aborde des thèmes durs comme la mort, la maladie mais aussi l'adoption. Parallèlement elle écrit aussi des livres pour adultes. Le plus connu est Une journée avec Monsieur Jules. L’avis de Marie : Un petit livre charmant sur la mort, l’amour, la vie.

Cent pages pour profiter de l’écriture tendre, coquine de cette auteure hollandaise, traduite depuis peu chez nous.

Angélique Villeneuve

Un territoire Phébus

« Le chat est comme elle est, au ras des choses ». «  Elle » n’a pas d’autre nom. Elle est confinée dans son «  territoire », la cuisine et le cagibi où elle dort. Elle est au service de deux adolescents «  Garçon » et «  Fille » le la qui la malmènent ou l’ignorent. Quel lien unit ces trois êtres  Nous le découvrons peu ? à peu au fil des courts chapitres qui nous font remonter lentement le cours envasé de la mémoire de la narratrice. Et nous voilà nous, lecteurs, peu à peu pris au piège de ce quotidien haché , à la fois sordide et grandiose. Car cette femme « au cœur blanc », à la « démarche lourde » nous emmène dans son univers qui tient dans une boîte où se nichent des trésors  boutons, fils à broder, aiguilles, pompons mais qui recèle aussi de : terribles secrets. Angélique Villeneuve, d’une écriture maîtrisée, nous offre un petit livre lumineux sur un thème difficile. Elle nous emmène au ras et au-delà des choses dans une même page. Du grand art  ! Marie-Claude
Angélique Villeneuve est née en 1965 à Paris. Elle a vécu en Suède puis en Inde, et habite aujourd’hui Paris. Grand Paradis (Phébus, 2010), est son troisième roman, après Âge mental (Denoël, 2001) et Ne plus y penser (Panama, 2005).

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Barbara Constantine

Et puis, Paulette… Calmann-Lévy

Vous en avez assez de lire des livres tristes, d’entendre de mauvaises nouvelles à la radio ou à la télévision  Alors précipitez-vous sur ce petit ouvrage «  ? anti-crise  »…

Une histoire toute simple qui se déroule dans la campagne française. Une sorte d’auberge espagnole intergénérationnelle.

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Ferdinand vit tout seul dans sa grande ferme depuis la mort de sa femme, le départ de ses petits-fils dans le village voisin, les relations difficiles avec son propre fils. Marceline habite, accompagnée de Berthe la chienne et Cornélius l’âne, une masure dont le toit prend l’eau. Guy , lui, perd pied après la mort de sa femme tant aimée… Petit à petit, la ferme se remplit de manière improbable et pourtant l’harmonie est là.

Un hymne à la solidarité, à la mise en commun non des solitudes mais des envies de continuer à vivre. Beaucoup d’humour, de tendresse, des sujets graves aussi : le divorce, la mort, la solitude, la vieillesse. Marie-Anne
Barbara Constantine – fille d’Eddie – est scripte (technicienne cinéma) et romancière. Elle vit en région parisienne, mais descend souvent dans le Berry avec son chat pour y cultiver son potager. Et puis, Paulette...est son quatrième roman, après Allumer le chat (Calmann-Lévy, 2007), À Mélie, sans mélo (Calmann-Lévy, 2008) et Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom (Calmann-Lévy, 2010).

es ssiqu s cla o ons n Relis

Les misérables, tome 1
Victor Hugo

Vous cherchez votre « livre de l'été », le pavé facile à lire mais qui saura vous captiver ? Commencez par demander à votre grand mère, si vous en avez une, ou à votre petit fils, si vous en avez un, s'ils connaissent le destin de Jean Valjean, envoyé au bagne pour avoir volé des pommes, sauvé de la chute perpétuelle grâce la bonté de Monseigneur Myriel, évêque de Digne…. Ils vous répondront oui, avec émotion, et vous évoquerez ensemble les destins qui les accompagnent, ces grandes figures de notre mémoire collective à portée universelle, encore aujourd'hui. Destins brisés pour certains mais qu'une grandeur intérieure sauve de la déchéance.

En effet, à notre époque de dénigrement, de désespoir, Victor Hugo nous offre des portraits d'êtres qui refusent magnifiquement de plier, à qui leur conscience, en perpétuelle interrogation, fait choisir le chemin le plus digne. C'est Fantine qui choisit de se séparer de Cosette : même si elle la fait passer par le chemin des immondes Thénardier, elle la sauve, le coup de pouce heureux du destin faisant le reste. C'est Gavroche, l'enfant des rues, qui donne sa vie pour une noble cause. Au-dessus d'eux, survolant ce roman, c'est la figure tutélaire de Jean Valjean, promis par sa condition sociale au bannissement éternel et sauvé par un sursaut de sa conscience. Les deux hommes incarnent la foi de Victor Hugo en la nature humaine, capable de « transfiguration ».

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Roman magnifiquement plein de bons sentiments, expression devenue, hélas, péjorative. Roman dont il ne suffit pas d'évoquer les grands personnage de notre mémoire scolaire : il faut aller les visiter pour, dès les premières pages, s'apercevoir avec étonnement qu'on est emporté par une marée d'émotions, transporté par le lyrisme efficace de Victor Hugo.

On peut même dire à sa grand mère, à son petit fils à … : « Écoute, je vais te lire le portrait de Gavroche, l'histoire des chandeliers, celle de la pièce de Petit Gervais… » Un frisson passera. Je vous le garantis… Nicole

Journal d’une apprentie séductrice
Betsy Burk Red dress ink

Avec « Le journal de Bridget Jones » Helen Fielding en 1996 a initié un nouveau genre de littérature dite «  féminine », véritable fait de société.

S’y sont engouffrées alors de nombreuses auteures principalement américaines qui s’y reconnaissaient : Lauren Weisberger « Le diable s’habille en Prada », Sophie Kinsella « L’accro du shopping », Isabel Wolff, Meg Cabott ... Du côté français, Alix Girod de l’Ain « Sainte Futile ». Dans les années soixante, Nicole de Buron les aurait toutes précédées avec  Les saintes chéries ». « 

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Eh oui « des femmes » pour parler « de femmes ». Le plus souvent, des trentenaires célibataires qui travaillent – souvent dans la mode ou la presse – dans une grande ville, pour lesquelles la bande de copains fait office de famille. Leur confident préféré est souvent gay, car il a l’attention et la sensibilité qui leur correspond. Mais dans le groupe on se dit tout, il y a même les débriefings d’« après boulot ». Pas beaucoup de vie privée dans tout cela – nous sommes à l’heure de Facebook ! –, pas de pudeur entre eux non plus  Elles nous paraissent de prime abord débridées, décomplexées. !

Néanmoins, elles recherchent toutes l’homme qui les fera s’aimer elles-mêmes. Elles rêvent encore du prince charmant à 30 ans et leur mal-être sous-jacent les fait souvent passer à côté du bon choix ou fuir devant la difficulté. Elles se consolent avec les soins de beauté ou une séance de shopping après un bon coup de papote avec la bande. Elles ne se décident pas à devenir adultes  !

C’est léger, souvent écrit d’un ton désinvolte mais surtout très romantique, cela finit toujours bien. Cette littérature reste le témoignage intéressant d’une nouvelle manière de vivre ou de survivre de cette génération. Dans ce livre, l’héroïne Dinah, piquée au vif par une Pénélope vierge effarouchée qui lui fait une réputation de mangeuse d’hommes, se prend au jeu, bien que « à jeun » depuis trois ans  ! On se change les idées, on se détend pour passer un bon moment de lecture plaisir  !

Marie

La liste de mes envies
Grégoire Delacourt

J.C. Lattès

1) En offririez-vous une partie à vos proches ? 2) Feriez-vous le tour du monde ?

Que feriez-vous si vous aviez gagné le Gros Lot à la loterie ? 

Jocelyne, épouse de Jocelyn a gagné, un jour, plus de 18 millions. Sa première idée a été d’établir une liste de ses envies, grandes et petites et puis… de réfléchir sans en dire un mot à quiconque. Propriétaire d’une mercerie à Arras, Jocelyne avait également ouvert un blog 11 dans lequel elle donnait des conseils, des idées de travaux manuels. Ce blog obtint un énorme succès auprès de ses clientes et lectrices, ce qui lui donnait de grandes satisfactions. Elle aimait son mari, elle avait deux amies qui tenaient un salon de coiffure près de son commerce.  y repensant, elle trouvait sa vie agréable, elle était très heureuse. En Lorsque le directeur de la Française des Jeux vint lui remettre le chèque, la psychologue  qu’elle alla consulter ensuite employa des mots étranges : suicides - drames haine - divorces - dépressions - crimes .  « L’argent rend fou » dit-elle.  Que faire ? Jocelyne  décida alors d’attendre avant d’encaisser son chèque.

3) Ou feriez-vous comme Jo, la liste de vos envies ?

Vous saurez la suite de ce roman en le lisant.  est d’une lecture agréable, facile. Il vous Il invite à repenser à votre vie, et peut-être, à faire votre liste de petites et grandes envies au cas où vous gagneriez à la loterie.

Simone

Deuxième livre de Grégoire Delacourt après L’écrivain de la famille qui reçut le Prix Pagnol et le Prix Carrefour du 1er roman. Pour ma part, je préfère ce second roman.

Bernard du Boucheron

Mauvais signe Gallimard

Une femme, deux hommes. Elle, la « Belle à ravir », perverse, manipulatrice, aime tout ce qui lui résiste, méprise ceux qui lui cèdent trop facilement.

Elle est amoureuse de Marian qui se joue d'elle. Il lui demande de la rejoindre en Italie en lui promettant le mariage, mais après 20 heures de train, elle se retrouve seule sur un quai de gare.

Elle retourne dans sa petite chambre modeste d'hôtel où L « Dix-sept » revient chaque soir pour tenter de la séduire. Quelques années plus tard, elle recontacte «  Dix-sept  S'il la veut, il doit relever un défi : ». un périple en mer avec elle-même, Marian (devenu son mari) et un marin expérimenté quelque part au large de l'Ecosse. Le marin est emporté par une déferlante. A qui la faute ? Au mari ou à L (« Dix-sept »).

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Malgré une météo très défavorable, ils finissent par prendre le large. Une tempête « à décorner tous les cocus de la terre  se déchaîne. »

«  bateau abandonné à lui-même s'est couché et les deux hommes sont tombés devant Le moi dans le fond du cockpit, enlacés, ahanant comme des bêtes cherchant à tuer pendant que la mer s'écroulait sur nous  ». C'est une comédie acide qui échappe au marivaudage par le sabbat maritime, du premier tiers du livre. C'est la mer, furieuse, déchaînée, qui est l'âme du roman, exaltée dans ce qu'elle a de féminin. Brigitte
Du même auteur : Court serpent son premier roman qui a obtenu en 2004 le Grand prix de l'Académie française, Coup de fouet, Chien des os, Vue mer, Salaam la France

S'en sortiront-ils et dans quel état ?

Peine maximale
Anne Vantal

Actes Sud Junior

Une cour d'assises.

Kolia, 25 ans comparait pour vol et enlèvement d'enfant. Léna pour complicité d’enlèvement. Le procès dure trois jours.

Trois jours pendant lesquels nous allons nous mettre à la place des différents acteurs  accusés, magistrats, avocats, jurés et victimes. : Trois jours pendant lesquels les jurés devront se forger une intime conviction.

Trois jours pendant lesquels nous allons essayer de comprendre les motivations de chacun.

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Les chapitres sont courts ; le narrateur différent à chaque fois. Le récit est tendu, prenant. Sans effet de style, l’auteur déroule le procès avec précision, n’omettant aucun rouage de la justice française.

D’un côté, nous découvrons la façon dont la justice se doit d’être rendue dans notre pays. De l’autre, nous oscillons entre pitié, colère et indulgence pour les accusés. Quelle peine choisirions-nous à la place des jurés  ? Une plongée saisissante dans le monde judiciaire.

Olivier

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Les votes s’effectuent en situation avec isoloirs, urnes, carte d’électeur, feuille d’émargement et les élèves sont tous très fiers de voter , impressionnés par la solennité de l’isoloir  !

A Châteauneuf l’association des amis de la bibliothèque propose à l’école de participer à ce prix depuis 3 ans. Chaque année les professeur(e)s des écoles répondent plus nombreux et cette année ce sont six classes qui ont voté.

Les 14 et 15 mai 2012, les élèves de l’école primaire de Châteauneuf ont voté pour «  prix des incorruptibles ». Prix de littérature de jeule nesse contemporaine qui concerne les élèves de la maternelle à la seconde, ayant pour but d’encourager à la lecture et à promouvoir les auteurs et illustrateurs jeunesse.

Les  incorruptibles  «  » de Châteauneuf  !

Le 31 mai 2012 à l’occasion d’un goûter offert par l’association des amis de la bibliothèque ,un diplôme  d’incorruptible » leur a été remis. «  C’est avec joie que les enfants ont pris connaissance des résultats nationaux, car les gagnants ont été les mêmes que dans leurs classes à une exception près  la sélection CE2-CM1. : Bravo à tous pour leur implication  !

Les vainqueurs pour Châteauneuf
Surtout, n'ouvre pas la porte Auteur : Claire Clément - Illustrateur : Gwénola Carrère Bayard Jeunesse Aujourd’hui, Anaëlle est malade, sa maman doit donc s’absenter pour aller lui acheter de quoi se soigner. Avant de partir, elle lui rappelle les règles d’usage lorsque l’on est seul à la maison dont, la première de toute, n’ouvrir la porte sous aucun prétexte. Et, pour s’assurer que la fillette a bien compris, elle ne manque pas de lui raconter à nouveau l’histoire du loup et des sept chevreaux. Mais la maman à peine partie, voilà que l’on frappe à la porte… Sélection CP :

Sélection CE Le loup a très faim et cherche quelque chose à se mettre sous la dent ! Tombant dans un piège, il est à la merci du lapin qui profite de son malheur. Fort heureusement, le loup est patient et attend la fin de l’histoire. SOS Ange gardien Véronique Delamarre Bellego Oskar Jeunesse Sélection CM2 (à l’unanimité  !) Kevin vit dans la cité avec sa mère, Sandrine. Celle-ci perd son travail. Devant la précarité de leur situation, le jeune garçon lance un appel à l’aide, SOS ange gardien répond présent ! Il va devoir affronter la vie pour découvrir le paradis !

Faim de loup Auteur : Eric Pintus - Illustrateur : Rémi Saillard Didier Jeunesse

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Les enfants de l’oubli
Raffy Shart

Cherche-midi

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1913, Kévork et Zevart sont deux jeunes arméniens amoureux. Zevart est fougueuse et rêve de Paris, de littérature et de peinture. Kévork est berger et ne veut pas quitter son village et ses terres. Elle va partir vers la France et y découvrir la vie de bohème tant attendue. Pendant ce temps, le nationalisme turc atteint des sommets et l'Empire Ottoman organise la déportation de millions d'Arméniens. Kévork démarre alors un combat pour garder la vie envers et contre tous. Très attachant, très violent aussi, ce livre raconte le génocide arménien dans le contexte historique mondial. On suit Zevart dans sa vie parisienne des « années folles », aussi bien que Kevork dans l’Amérique de la prohibition. Très bien construit, cet ouvrage est impossible à lâcher une fois qu’on en a commencé la lecture  une saga réaliste et passionnée qui ne peut pas laisser le lecteur indiffé: rent. Premier roman du cinéaste Raffy Shart, Les Enfants de l’oubli est une inoubliable fresque historique qui nous fait traverser le siècle. Le destin tragique de ses personnages nous plonge dans les noirceurs de l’histoire contemporaine et nous entraîne au cœur de la tragédie arménienne. Marie-Anne

Loin des mosquées
Armel Job

Robert Laffont

Communautés turques de Belgique et d'Allemagne, mariages arrangés, crimes d'honneur – vous avez l'impression d'avoir déjà fait le tour de la question ? En bien non, pas tout à fait. Avec Armel Job, on est bien loin des mosquées, du cliché et des stéréotypes. À part son talent de ficeler une intrigue sans faille et de créer des personnages complexes et crédibles, cet auteur belge a le don de déjouer les attentes de ses lecteurs et de les mener là où ils ne s'y attendent pas.

Deux hommes et deux femmes nous parlent à tour de rôle : on entre dans la tête de René le croque-mort belge, d'Evren, comptable turc de la deuxième génération et amoureux transi de Derya la belle délurée, cousine du côté père élevée en Allemagne, et de Yasemin, cousine également mais du côté maternel cette fois, petite paysanne faussement candide du fin fond de l'Anatolie. Comment leur histoire va-t-elle se terminer ? Qui va tirer son épingle du jeu ?

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On sait dès la première phrase que l'on n'est pas en territoire familier «  principe, En un corbillard n'a jamais d'accident  Ici, l'humour n'exclut pas la tragédie, l'inattendu et ». le décalé sont au rendez-vous. Car on a beau rejeter la religion et vivre, comme le père kémaliste d'Evren, « loin des mosquées », on reste néanmoins prisonnier des lois de la tribu, du code ancestral sur lequel reposent la dignité des hommes et l'honneur des femmes.

«  Une heure de justice vaut cent ans de prière » selon son proverbe. Quelle justice, et est-ce qu'elle est appliquée ici ?

Si vous voulez connaître la réponse d'Armel Job il faut lire – jusqu'au bout – ce roman singulier.

Anne

Armel Job est né en 1948 à Heyd, en Belgique. Élève, professeur agrégé de philologie classique et puis directeur au séminaire de Bastogne, il quitte son poste en 2010 pour se consacrer à son travail littéraire. Il est l'auteur de nombreux récits et romans, plusieurs fois primés. En dix ans, il a reçu plus de dix prix littéraires, dont le Prix du Jury Giono pour Les fausses innocences et le Prix Simenon 2010 pour Tu ne jugeras point.

Didier Van Cauwelaert

Double identité Albin Michel

Avec ce nouveau roman, Didier Van Cauwelaert nous entraîne dans un univers où le fantastique effleure constamment les personnages. Dès les premières pages, on est séduit par son personnage principal, aux multiples identités, aux multiples vies. «  force de se croire un autre, on finit par le devenir.  À »
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Dès les premiers mots, on est pris par la confession de Martin Harris, personnage trouble et séduisant. Cet ancien tueur à gages nous révèle peu à peu tous les codes d'un monde parallèle. Le fantastique se mêle au suspens. Toutefois, on ne perd jamais de vue le but de son enquête : combattre le monde de l'argent et des multinationales et être digne de l'amour de la seule femme pour laquelle il éprouve de vrais sentiments pour la première fois. On palpite avec ce «  héros », qui nous conduit jusqu'aux confins de l'univers : la corruption aurait elle droit de cité jusque dans les tribus de l'Amazonie ? Un bon moment de détente et d'évasion. Jocelyne

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Le chapeau de Veermer
Timothy Brook

Histoire Payot
Le sous-titre dit tout – le xVIIe siècle à l'aube de la mondialisation. A partir de six tableaux et d'une faïence, le Canadien Timothy Brook, professeur d'histoire à l'Université de British Columbia et à Oxford, nous brosse un portrait fascinant du commerce mondial à l'époque de la dynastie Ming, des trappeurs hurons, de la Compagnie des Indes orientales - et des liens qui les réunissent tous. La culture et l'érudition de l'auteur sont époustouflantes, d'autant plus qu'elles sont toujours au service de l'histoire qu'il raconte, qui va des chapeaux de feutre à la porcelaine, des naufrages à la poésie de John Donne et de Shakespeare - tout est lié. Un régal !

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La double vie de Veermer
Luigi Guarnieri

Actes Sud / Babel
Créer un faux Vermeer si convaincant qu'il finit par vous attirer des ennuis de la part du gouvernement hollandais - qui vous accuse de trahison parce vous avez vendu à l'ennemi allemand (en l'occurrence Goering) un joyau du patrimoine national - cela relève de l'exploit  ! Ce n'est que la dernière péripétie dans la vie palpitante du faussaire génial Han Van Meegeren, racontée de main de maître par l'italien Luigi Guarnieri. Le monde – corrompu – du marché de l'art vous intéresse ? Vermeer vous attire ? Vous n'êtes pas le seul. Même Proust n'aurait pas dénigré la lecture de ce livre aussi haut en couleur que son sujet. Anne

1, rue du Baou Tel. : 04 93 42 41 71 mediatheque@ville-chateauneuf.fr

Médiathèque Municipale de Châteauneuf

Journal des Lecteurs
écrit par et pour les lecteurs Mise en page : L’esp@ce Multimédi@

Rédacteur en Chef : Marie-Claude LAMBERT