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QUESTIONS
QUE L’ON
NOUS POSE
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QUESTIONS
QUE L’ON
NOUS POSE
Cette nouvelle et quatrième édition du « 100 questions »
intervient dans une période charnière pour les
entreprises du médicament.
Elles gèrent, en effet, une reconfguration complète de
leur modèle. De nouvelles règles du jeu apparaissent,
modifant en profondeur leurs relations avec les
patients, les chercheurs, les citoyens, les pouvoirs
publics, les investisseurs et … les concurrents.
Cet opus ne se cantonne pas à la description des
mutations et des évolutions en cours ; il montre
l’industrie du médicament dans son adaptation à la
nouvelle donne. La déclinaison des 100 questions se
conçoit comme une « mise en situation » des forces,
des acteurs et des ressources en présence.
Une lecture dynamique d’une industrie qui est un
atout pour la France.
Christian Lajoux
Président des Entreprises du Médicament
Sommaire
Les Français
et leurs Médicaments
La Recherche
de Médicaments
L’Économie
du Médicament
Les Entreprises
du Médicament
et la Société
Maladies et
Médicaments
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LES FRANçAIS
ET LEuRS MÉDICAMENTS
1 Quelles sont les étapes de la vie d’un médicament ?
2 Les Français ont-ils confance dans leurs médicaments ?
3 Quels sont les médicaments les plus vendus ?
4 Comment la sécurité des médicaments fabriqués est-elle assurée ?
5 Comment la qualité des matières premières des médicaments est-elle contrôlée
et préservée ?
6 Pilules, comprimés, sirops, gélules…Pourquoi trouve-t-on autant de formes
pharmaceutiques différentes ?
7 Pourquoi les notices semblent-elles si compliquées aux patients français ?
8 Pourquoi, en France, les médicaments ne sont-ils pas vendus en grande surface ?
9 Les médicaments d’automédication sont-ils des médicaments comme les autres ?
10 Peut-on acheter ses médicaments sans risque sur Internet ?
11 Les médicaments peuvent-ils circuler librement dans l’Union européenne ?
12 Risque-t-on de faire face à des « pénuries » de médicaments ?
13 Quelles sont les relations des Français avec leurs médicaments ?
14 Comment améliorer l’observance ?
15 Les Français consomment-ils trop de médicaments ?
16 Génériques, biosimilaires : ces copies de médicaments sont-elles fables ?
17 Y a-t-il des médicaments spécifquement conçus pour les enfants ?
18 Médicaments homéopathiques : quelle place ont-ils en France ?
19 Faut-il encore se faire vacciner ?
20 Les antibiotiques, c’est fni ?
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Un médicament est un bien de santé qui sauve des vies, il n’est jamais anodin.
C’est un produit actif, qui agit sur le fonctionnement de l’organisme ; c’est un produit
complexe avec, bien sûr, un bénéfce attendu, mais aussi, souvent, des effets indésirables,
bénins ou plus graves. Les études cliniques permettent de détecter
les effets indésirables les plus fréquents, d’évaluer le rapport bénéfce/risque
et également les critères de surveillance pour certains profls de patients.
Les biomarqueurs compagnons sont de plus en plus utilisés à des fns de sélection
de patients éligibles aux traitements : c’est l’avènement de la médecine personnalisée.
1
Quelles sont les étapes de la vie
d’un médicament ?
Le médicament n’est pas un produit anodin. Il répond à une
défnition précise, obéit à une réglementation très stricte,
et s’inscrit dans un circuit hautement qualifé et surveillé.
Le médicament est l’un des produits de consommation les
plus encadrés, si ce n’est le plus encadré. Depuis sa mise
au point en recherche jusqu’à sa mise sur le marché et à
l’information qui en est donnée, en passant par sa fabrication,
de nombreuses réglementations encadrent toutes les étapes
de sa vie.
En France, l’application de ces réglementations est du ressort
des autorités de santé, l’ANSM (Agence nationale de sécurité
du médicament et des produits de santé). Cependant, le
médicament évolue dans un contexte réglementaire de plus
en plus européen.
le chiffre
10 000
molécules ciblées,
10 candidats médicaments,
1 médicament.
Le cycle du médicament
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Les Français ont-ils confance dans
leurs médicaments ?
(1 et 2) Étude réalisée entre le 20 et le 24 janvier 2012 par Ipsos auprès de son Access Panel on-line (par Internet) en France, Allemagne, Espagne, États-
Unis, Royaume-Uni, Suède auprès d’échantillons de 1000 individus représentatifs de la population nationale. Échantillons construits selon la méthode des
quotas : sexe, âge et région (ainsi que la profession du chef de ménage, la taille du foyer et la catégorie d’agglomération pour la France). Résultats complets
sur : www.leem.org (3) Christian Lajoux. Président du Leem. Conférence de presse. 12 mars 2012.
Les Français ont confance dans leurs médicaments. C’est ce
qui ressort d’un sondage réalisé en janvier 2012
2
. En dépit de
l’affaire Mediator
®
, les entreprises du médicament gardent une
image plutôt positive auprès d’une majorité de Français (60 %).
Elle est meilleure que celle d’autres secteurs (51 % pour
l’agro-alimentaire, 40 % pour la grande distribution, 25 % pour
la banque-assurance), à égalité avec les télécommunications
(61 %), derrière l’automobile (69 %) et le bâtiment (74 %).
le chiffre
84 %
des Français
ont confance dans les
médicaments
1
.
État des lieux :
confance préservée
mais image érodée
La confance des Français dans les médicaments
reste stable et forte à 84 % (+ 2 points par rapport
à 2011), 16 % seulement (-1 point) ne leur faisant
pas confance. L’ordonnance et le remboursement
accroissent significativement cette confiance :
95 % des Français font confance aux médicaments
délivrés sur ordonnance, contre 70 % pour les
médicaments sans ordonnance. On observe la
même tendance si l’on compare la confiance
accordée aux médicaments remboursés (94 %) et
non remboursés (77 %).
Pour 95 % des Français, les entreprises du
médicament jouent un rôle important en matière
de découverte de nouveaux traitements (27 %
estimant ce rôle « plutôt important », 41 % « très
important » et 27 % « primordial »).
Seule une courte majorité (51 %) juge que
les médicaments sont mieux contrôlés qu’il y a
vingt ans ; beaucoup plus (66 %) pensent
néanmoins qu’ils le seront davantage dans
vingt ans. Même scepticisme en matière de risque :
seuls 38 % estiment que les médicaments sont
moins risqués qu’il y a vingt ans (19 % davantage
et 43 % autant) ; mais une plus grande partie
(50 %) pense qu’ils seront moins risqués dans
vingt ans.
Pistes d’avenir :
plus d’informations
et de réponses
Les Français souhaitent davantage d’informations
sur les médicaments qu’ils prennent. Près de 4
Français sur 10 (39 %) déclarent que les médecins
ne donnent pas suffsamment d’informations sur
les médicaments qu’ils prescrivent.
78 % des Français vont collecter des informations
supplémentaires, en priorité (58 %) sur les effets
secondaires. Ils vont généralement rechercher
ces informations sur la notice (59 %), sur Internet
(53 %), et auprès de leur pharmacien (43 %).
Les Français s’inquiètent de l’avenir de la qualité
des soins. 95 % d’entre eux considèrent comme
des menaces « l’augmentation des tarifs des
mutuelles », le « déficit de la Sécurité sociale
(94 %) », le « problème de la dette et du déficit
public » (93 %), « la pénurie de médecins » (92 %),
le « coût des nouveaux traitements » (91 %), la
« contrefaçon de médicaments » (90 %) et le
« déremboursement de certains médicaments »
(88 %).
« Cette étude montre que la société conserve une opinion positive sur nos produits
et sur notre contribution au progrès thérapeutique. En revanche, il persiste
un décalage entre la perception des Français et la réalité de nos entreprises,
qui nous conduit à pousser plus loin nos efforts d’information et de transparence
3
».
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Quels sont les médicaments les plus vendus
1
?
(1 et 2) Fiche extraite du rapport d’expertise de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). « Ventes de médicaments aux offcines et
aux hôpitaux en France ». Chiffres clés 2010. Publié en septembre 2011. Disponible sur le site Internet de l’ANSM (http://ansm.sante.fr). (3) Répertoire des spécialités
ANSM - 13/01/2012. (4) Vfa Research - based pharmaceutical companies - 01/02/2012. (5) Agencia espanola de Medicamentos y productos sanitarios - 02/02/2012.
(6) Farmadati Italia - 06/02/2012. (7) The Electronic Medicineo Compendium (EMC-07/02/2012).
En quantité
Après les antalgiques viennent les médicaments
des voies digestives et du métabolisme (A), qui
regroupent des classes de médicaments largement
utilisés, tels que les médicaments pour les troubles
de l’acidité (A02, qui incluent les anti-ulcéreux),
les médicaments pour les troubles fonctionnels
gastro-intestinaux (A03) et aussi les médicaments
du diabète (A10).
Le marché offcinal et le marché hospitalier demeurent très différenciés. À l’hôpital, les médicaments les plus vendus sont les
anticancéreux (antinéoplasiques), les médicaments contre le VIH et les médicaments contre les maladies rares. 50 médicaments
orphelins sont disponibles en France.
Décomposition par classes des médicaments vendus aux offcines en 2010
En valeur
Les médicaments du système cardiovasculaire,
dont les prix sont généralement supérieurs à la
moyenne, occupent le premier rang devant les
médicaments du système nerveux, qui sont peu
onéreux dans leur ensemble.
À l’opposé, les médicaments antinéoplasiques et
les immunomodulateurs (L) se caractérisent par
une part de marché importante en valeur, mais
très faible en quantité. Il s’agit de médicaments
dont le prix de vente est parfois très élevé.
A Voies digestives et métabolisme
B Sang et organes hématopoïétiques
C Système cardiovasculaire
D Dermatologie
G Système génito-urinaire et hormones sexuelles
H Hormones systémiques
J Anti-infectieux
L Antinéoplasiques et immunomodulateurs
M Muscle et squelette
N Système nerveux
P Antiparasitaires et insecticides
R Système respiratoire
S Organes sensoriels
V Divers
En 2010, 10 496
3
spécialités pharmaceutiques étaient disponibles sur le marché
français contre 10 180 en Allemagne
4
, 10 901 en Espagne
5
, 13 531 en Italie
6

et 4 963 au Royaume-Uni
7
.
0 %
A B C D G H J L M N P R S V
5 %
10 %
15 %
20 %
25 %
30 %
35 %
Valeur
Quantité
En quantité, ce sont les médicaments du système nerveux (N)
qui sont les plus achetés. Leur part de marché s’explique
notamment par le poids très important des antalgiques dans
la consommation pharmaceutique.
En valeur, la répartition du marché est différente parce qu’elle
est pondérée par les prix de vente des médicaments, qui
varient fortement selon les classes.
le chiffre
3
antalgiques arrivent en
tête des médicaments les
plus vendus en France
2
.
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Comment la sécurité des médicaments
fabriqués est-elle assurée ?
(1) Chiffres DAS. Direction des affaires scientifques du Leem. 4 mai 2012. ansm.sante.fr (2) Chiffres ANSM (ex-Afssaps). 2011.
Un médicament est un bien de santé qui sauve des vies
mais il n’est jamais anodin : c’est un produit actif qui agit
sur le fonctionnement de l’organisme. C’est aussi un produit
complexe avec un bénéfce attendu, et souvent des effets
indésirables, bénins ou plus graves.
En France, c’est l’Agence nationale de sécurité du médicament
(ANSM) qui est en charge de l’évaluation et du suivi des effets
indésirables.
le chiffre
36
1
médicaments ou familles
de médicaments font l’objet
d’une surveillance renforcée,
dont 16 sont en cours
de réévaluation
du rapport bénéfce/risque.
État des lieux
On ne peut pas empêcher la survenue d’un
événement i ndési rabl e i mprévu après l a
commercialisation : effets rares observables
uniquement à l’échelle d’un plus grand nombre
de patients ; effets dus à certaines associations
médicamenteuses, à un mésusage.
Les législations, tant européennes que nationales,
ont renforcé la surveillance des médicaments en
autorisant la notifcation des effets indésirables
par les patients directement aux autorités de santé
sans intervention ou validation d’un médecin et
en renforçant les moyens et pouvoirs de l’ANSM.
Certains nouveaux médicaments, utilisant de
nouveaux modes d’action et/ou destinés à prendre
en charge des pathologies pour lesquelles il
n’existait pas de solutions thérapeutiques, font
l’objet d’une surveillance accrue de la part de
l’ANSM et de l’entreprise.
Pistes d’avenir
Depuis le 31 janvier 2011, l’ANSM publie sur son
site Internet une liste de médicaments faisant
l’objet d’une surveillance renforcée dès le début
ou au cours de leur commercialisation, ou d’une
réévaluation du rapport bénéfce/risque.
La présence d’un médicament sur cette liste ne
remet nullement en cause son rapport bénéfce/
risque. Elle est au contraire une garantie pour les
patients.
Elle signife qu’une surveillance particulièrement
proactive de ce médicament est organisée, à travers
notamment des enquêtes de pharmacovigilance ou
le suivi d’un plan de gestion des risques.
Suspensions, retraits d’autorisation de mise sur le marché et arrêts
de commercialisation pour raisons de pharmacovigilance en France :
4 en 2009, 11 en 2010, 7 en 2011
2
.
Les entreprises du médicament participent au renforcement
de la pharmacovigilance et à la mise en place d’une surveillance
renforcée du médicament
Elles souscrivent à l’adoption en décembre
2011 de la directive 2010/84/UE relative au
renforcement de la pharmacovigilance en
Europe.
Elles sont en attente du décret d’application
de la loi 2011-2012 relative au renforcement
de la sécurité sanitaire du médicament et des
produits de santé (dite « Loi médicament »).
Décret qui transpose la directive en ajoutant
dans le code de la santé publique les grands
principes de la pharmacovigilance, les sanctions
qui peuvent être prises en cas de non-respect
des règles de la pharmacovigilance ainsi que
l’obligation pour les professionnels de santé
de déclarer les effets indésirables.
Elles se préoccupent de l’organisation de la
notifcation des effets indésirables directement
par les patients : l’absence de confrmation
obligatoire par un médecin se traduit parfois
par des déclarations incomplètes.
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Comment la qualité des matières premières
des médicaments est-elle contrôlée et préservée ?
La qualité des matières premières est d’une importance
majeure pour garantir la qualité des médicaments, et
l’industrie y porte une attention toute particulière. Elle
développe ses outils de gestion du risque qualité et supporte
les initiatives européennes de contrôle et d’inspection gérées
par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et par la
Direction européenne de la qualité du médicament et des
soins de santé (DEQM).
État des lieux
Les normes de bonnes pratiques de fabrication ne
sont pas harmonisées dans le monde. Or, certains
pays – l’Inde ou la Chine, notamment – sont les
principaux fournisseurs de principes actifs du fait de
la baisse régulière du prix de vente des médicaments
qui pousse les industriels à s’approvisionner hors
d’Europe.
Les matières premières non fabriquées en Europe
doivent répondre aux normes de qualité des pays
dont elles proviennent.
L’importation en Europe de matières premières
provenant de pays tiers impose que la qualité
soit conforme à celle qui est décrite dans la
Pharmacopée européenne ou dans le dossier
d’ autori sati on de mi se sur l e marché du
médicament, d’où la nécessité de mettre en place
des mécanismes de vérification de la qualité
renforcés.
L’encadrement
Des inspections en dehors de France sont régu-
lièrement réalisées par les autorités européennes
et par les autorités locales, mais la mondialisation
conduit à une multiplication des d’acteurs intervenant
dans la fabrication des matières premières, si bien
qu’il est impossible d’inspecter régulièrement toute
la chaîne de fabrication de toutes les matières.
Une directive européenne « anti-falsification »,
publiée le 1
er
juillet 2011, prévoit l’établissement
d’une liste de pays tiers « équivalents », dans
lesquels les standards de bonnes pratiques de
fabrication auront été évalués et jugés équivalents
aux nôtres ; l’approvisionnement en matières
premières dans des pays non listés devra être tout
particulièrement surveillé et contrôlé.
La DEQM est impliquée dans le programme pilote
international d’inspection des substances actives
à usage pharmaceutique depuis sa création
par l’EMA fin 2007. Il a pour but d’optimiser
les ressources d’inspection grâce à l’échange
d’informations et à la réalisation d’inspections
conjointes.
Pour les principes actifs, une obligation d’audit des fournisseurs par les laboratoires
fabricants des médicaments va se généraliser. Cet audit, dont la périodicité
est à défnir, se fera au cas par cas, selon la disponibilité ou la carence éventuelle
de la matière première.
Les entreprises du médicament s’organisent pour déceler
les éventuels défauts
Elles essayent d’anticiper au maximum les
risques potentiels en renforçant les contrôles
in situ en pays tiers (audits) et en sécurisant les
circuits d’approvisionnement et de distribution
pour éviter l’introduction de falsifcations lors
des transferts.
Elles contrôlent de manière approfondie les
matières premières à réception pour déceler
les éventuelles non-conformités avant mise
en fabrication.
Elles envisagent, à chaque fois que c’est
possi bl e, pour l es mati ères premi ères
essentielles, un « multi-sourcing », avec
un site en Europe, pour éviter les ruptures
d’approvisionnement.
le chiffre
80 %
des substances actives
pharmaceutiques utilisées
en Europe sont fabriquées
hors Espace économique
européen.
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Pilules, comprimés, sirops, gélules…
Pourquoi trouve-t-on autant de formes
pharmaceutiques différentes ?
(1) « Le Pharmacien de France », n° 1204. Décembre 2008. (2) Sondage IPSOS pour le Leem. Janvier 2012. Observatoire sociétal Ibid.cité.
Pour devenir médicament, un principe actif doit être présenté
sous une forme stable et être d’une administration aussi aisée
que possible. Grâce à la galénique, ou l’art de préparer un
principe actif pour le rendre administrable par le patient sous
une forme adaptée, l’industrie du médicament propose les
formes les plus faciles à ingérer et à supporter.
État des lieux
Il existe des formes galéniques « classiques »
(comprimés, sachets, ovules) et des formes
originales capables de modifer la diffusion de la
substance active dans l’organisme (exemple des
comprimés gastrorésistants ou des comprimés
orodispersibles) ; ou d’acheminer avec précision
une substance active auprès de son site d’action
(exemple des liposomes, vecteurs qui amènent le
médicament à l’intérieur de la cellule).
C’est la forme galénique qui déterminera le profl
ADME (absorption, distribution, métabolisme,
élimination) d’un médicament.
Les noms des formes pharmaceutiques ont été
harmonisés en Europe afn d’éviter les confusions
et éventuellement les erreurs de manipulation.
Pistes d’avenir
La formulation galénique constitue une voie de
recherche primordiale pour les industriels tant
par son analyse des compatibilités entre principes
actifs et excipients que par les procédés qu’elle
met en œuvre : pulvérisation, granulation, enrobage,
dessication, lyophilisation, tamisage, compression...
Les approches développées par des équipes
pluridisciplinaires, associant pharmaciens,
ingénieurs, pharmacologues et cinéticiens,
permettent aujourd’hui de relever de nouveaux défs
en utilisant des technologies non conventionnelles
(di spersi on sol i de, nanosuspensi on...) qui
augmentent la solubilité et la biodisponibilité.
Les entreprises du médicament accordent la plus grande attention
à la galénique
Elles aromatisent
1
les médicaments pour
favoriser l’observance en masquant le goût
de certaines bases pharmaceutiques, une
opération qui complexife la formule – stabilité,
méthodes analytiques, compatibilité...
Elles recherchent de nouvelles voies pour aider
les molécules à franchir la barrière hémato-
méningée afin d’atteindre directement les
cellules nerveuses.
Elles s’intéressent aux technologies d’autres
secteurs industriels comme l’agroalimentaire
pour développer, par exemple, des pâtes
à mâcher sans eau contenant de grandes
quantités de principes actifs.
le chiffre
80 %
des médicaments
s’administrent
par voie orale.
Parmi 10 formes galéniques testées
2
, les Français marquent clairement leurs
préférences : arrivent en tête les crèmes et pommades (73 % les trouvent agréables)
et les sirops (72 %), suivis des gélules/comprimés (61 %).
À l’inverse, les sprays (33 %), les gouttes pour les yeux et les oreilles (20 %),
les piqûres (11 %) ou les suppositoires (7 %) sont parmi les moins appréciés.
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Pourquoi les notices semblent-elles
si compliquées aux patients français ?
(1) Chiffre extrait de l’enquête Ipsos réalisée pour le Leem. Janvier 2012. Ibid.cité.
Les médicaments sont des produits « high-tech ». Parce que
leur utilisation est parfois complexe, les industriels fournissent
toutes les informations nécessaires à leur bon usage sur les
notices incluses dans leurs boîtes d’emballage. La notice
est la traduction dans un langage adapté aux patients de
l’ensemble des informations contenues dans le résumé des
caractéristiques du produit (RCP) qui comporte notamment
les renseignements suivants : forme pharmaceutique, effets
indésirables, contre-indications, précautions de conservation...
État des lieux
La notice fait partie du dossier que soumettent
les entreprises pharmaceutiques aux autorités de
santé avant la mise sur le marché d’un médicament.
Comme les autres éléments de ce dossier, elle
est évaluée par les experts de l’Agence nationale
de sécurité du médicament et des produits de
santé (ANSM) et doit résumer le bilan détaillé
des bénéfces et des risques liés à l’utilisation du
médicament.
C’est donc davantage qu’un si mpl e « mode
d’emploi » qui est mis à la disposition du patient.
Pour chaque spécialité pharmaceutique, la notice
contient obligatoirement les rubriques suivantes :
composition, indications thérapeutiques, énumération
des informations nécessaires avant la prise du
médicament, instructions nécessaires au bon usage,
description des effets indésirables, conditions de
conservation.
Pistes d’avenir
Une vraie volonté de clarification réalisée par
étapes successives a permis de faire évoluer
la rédaction et la compréhension des notices :
utilisation de caractères de taille et de police
faciles à lire, rédaction de paragraphes et de
phrases courtes, recours à des interlignes et des
espacements suffsants.
Les industriels se livrent à des tests de lisibilité
auprès de groupes « cibles » de patients pour
s’assurer qu’ils sont capables, d’une part de
trouver l’information (lisibilité), d’autre part de
la comprendre (clarté) et enfin de la mettre en
application (facilité d’utilisation).
Les industriels doivent faire fgurer sur l’emballage
de tous les médicaments le nom et le dosage en
braille et fournir, sur demande, des notices adaptées
aux malvoyants.
Le RCP (résumé des caractéristiques du produit) et les notices sont accessibles
au grand public sur les sites Internet de l’Agence européenne des médicaments
(EMA) et de l’ANSM.
Les entreprises du médicament cherchent à améliorer la lisibilité
des notices pour tous
Elles actualisent leurs notices : la notice est
modifée chaque fois que des connaissances
nouvelles sur le médicament nécessitent
d’informer le patient, et elle doit comporter la
date d’actualisation.
Elles rédigent un document spécifque pour les
professionnels de santé : un résumé de toutes
les données scientifques connues relatives au
médicament est repris dans un document plus
détaillé destiné aux professionnels de santé.
Elles doivent désormais réaliser auprès des
patients des tests de lisibilité pour les nouvelles
autorisations de mise sur le marché (AMM), les
renouvellements d’AMM ou les changements
substantiels de la notice.
le chiffre
59 %
1
des Français recherchent des
informations complémentaires
sur leur traitement
en lisant la notice.
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Pourquoi, en France, les médicaments
ne sont-ils pas vendus en grande surface ?
(1) Chiffres 2011 disponibles sur le site de l’Ordre national des pharmaciens (www.ordre.pharmacien.fr). (2) Communiqué de presse. Ordre national des
pharmaciens. 30 mars 2012. « La collaboration étroite entre les trois syndicats représentatifs de la profession a abouti à un résultat concret ».
En France, pour des raisons de santé publique, la pharmacie
d’offcine détient le monopole de la vente de médicaments.
Il est donc actuellement interdit de vendre des médicaments
en dehors d’une pharmacie. Le pharmacien peut, s’il
le souhaite, mettre à disposition des patients certains
médicaments d’automédication en libre accès.
État des lieux
En France, seul un pharmacien peut être propriétaire
d’une pharmacie. Les pharmaciens d’officine
représentent 75,6 % de l’ensemble des pharmaciens
inscrits à l’Ordre national des pharmaciens.
Le pharmacien d’offcine est le seul professionnel
de santé autorisé à dispenser des médicaments.
Ces médicaments peuvent être de prescription
médicale obligatoire (81,7 % des ventes), de
prescription médicale facultative (11,8 % des
ventes) ou d’automédication (6,5 % des ventes).
On compte 55 059 pharmaciens d’officine en
France (métropole et outre-mer) et une offcine
pour 2 800 habitants, assurant ainsi à tous un
service de proximité.
Pistes d’avenir
L’acte de dispensation du pharmacien d’offcine
consiste en une analyse pharmaceutique de
l’ordonnance médicale, en la préparation d’éven-
tuelles doses à administrer et en la délivrance de
médicaments.
Son rôle va encore être renforcé
2
pour accompagner
notamment deux catégories de patients chroniques
(asthmatiques et patients sous anticoagulants)
et pour aider les personnes âgées à mieux
appréhender les traitements dispensés sous forme
de génériques.
La mission de santé publique du pharmacien
d’offcine est ainsi valorisée, conformément aux
perspectives ouvertes par la loi HPST (Hôpital,
patients, santé, territoires), par une rémunération
spécifque versée par l’Assurance maladie.
Pour la première fois, en 2010, la croissance globale
des effectifs de pharmaciens a marqué un point d’arrêt.
Les entreprises du médicament travaillent en étroite collaboration
avec les pharmaciens d’offcine
Elles s’appuient sur la compétence scientifque
et la disponibilité de ces professionnels
de santé.
Elles sont conscientes du rôle primordial
des pharmaciens d’officine. Au sein de la
chaîne de distribution, ils participent en effet
à la sécurité, à la qualité et à la traçabilité
des médicaments et sont l’un des garants
de la protection contre la contrefaçon.
Elles soutiennent le déploiement du dossier
pharmaceutique (DP) dans la quasi-totalité
des offcines, la mise à disposition de sites
dédiés à la qualité de la dispensation (Eqo,
Meddispar) ou à l’accompagnement du patient
(Cespharm).
le chiffre
On dénombre
22 949
1
offcines en France
(métropole et outre-mer).
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Les médicaments d’automédication
1
sont-ils
des médicaments comme les autres ?
(1) Fiche établie à partir des chiffres publiés par l’Afpa. « pour une automédication responsable », disponibles sur www.afpa.org (2) Source Afpa baromètre
2011. (3) La liste complète des médicaments d’automédication peut être consultée grâce à ce lien : www.afssaps.fr/content/download/38023/499821/
version/2/fle/Med-Acces-Direct_Liste-complete_03012012.xls
Les médicaments d’automédication peuvent être utilisés sans
l’intervention d’un médecin et sont disponibles en pharmacie
sans ordonnance. C’est le pharmacien d’offcine qui s’assure
que le médicament est bien adapté au besoin du patient.
État des lieux
L’automédication permet un accès rapide et facile
aux médicaments pour traiter des pathologies
mi neures, bi en connues de tous, dont l e
soulagement est souhaité sans délai (bouton de
fèvre, maux de tête, toux, brûlures d’estomac, etc.).
Le médi cament d’ automédi cati on a donc
des i ndi cati ons thérapeuti ques faci l ement
reconnaissables par le patient. Il est présenté
dans un petit conditionnement, avec une notice
spéciale délivrant une information facilement
compréhensible. Aux doses thérapeutiques
recommandées, il ne présente pas de danger direct
ou indirect lié à la substance active qu’il contient,
même s’il est utilisé sans surveillance médicale.
Comme tous les médicaments, le médicament a
une autorisation de mise sur le marché (AMM) et
ne peut être acheté qu’en pharmacie.
Pistes d’avenir
Jusqu’à septembre 2008, tous les médicaments, y
compris ceux qui sont non remboursés ou vendus
sans ordonnance, demeuraient installés « derrière
le comptoir », hors de portée des patients.
Depuis cette date, 359
3
spécialités pharmaceutiques,
non remboursables sont disponibles en accès
libre dans des espaces dédiés des offcines. Ces
médicaments, dits de « médication offcinale »,
couvrent de nombreux domaines thérapeutiques.
La liste des médicaments en libre accès est remise
à jour régulièrement.
Les médicaments vendus sans ordonnance
affchent, en 2011, une progression de +1,9 %
des ventes en valeur, représentant un marché
de 2,1 milliards d’euros. Le prix moyen d’un
médicament d’automédication est de 4,36 euros.
Pour ces médicaments, la TVA est de 5,5 % (contre
2,1 % pour les médicaments remboursés).
Le marché de l’automédication en 2010 représente 419 millions d’unités vendues.
Les entreprises du médicament soutiennent l’automédication
Elles estiment qu’elle correspond à une
responsabilisation du patient vis-à-vis
d’affections bénignes et évite ainsi des
consultations médicales.
Elles ont signé avec les offcinaux un accord
de bonnes pratiques commerciales relatif
à la transparence des prix des produits de
médication offcinale non remboursables.
Elles accompagnent les patients dans leur
démarche d’automédication via leur site
Internet. Elles sont d’ailleurs autorisées
à s’adresser directement au consommateur
sur les produits d’automédication.
le chiffre
Le marché de
l’automédication
représente
6,4 %
2
du marché des médicaments.
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Peut-on acheter ses médicaments
sans risque sur Internet ?
(1) « Cracking Counterfeit Europe ». Étude réalisée par Norwood pour le compte de Pfzer Inc ; 14 000 hommes et femmes de 14 pays européens y ont
participé. Cette enquête a été réalisée entre le 27 octobre et le 8 novembre 2009. (2) Offce central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la
santé publique. (3) Bulletin de OMS. Groupe spécial international de lutte anti-contrefaçon de produits médicaux (IMPACT). 2009.
Les produits de santé vendus sur Internet sont de qualité
variable et totalement aléatoire. L’achat de médicaments en
ligne est aujourd’hui une pratique dangereuse qui expose
l’acheteur à de nombreux risques pour sa santé.
Il est donc conseillé de n’acheter ses médicaments que dans
une pharmacie d’offcine.
État des lieux
De nombreux sites Internet proposent l’achat de
médicaments, qu’il est très diffcile de quantifer
en raison de l’hébergement de ces sites en dehors
du territoire national et de livraisons intervenant
directement à domicile par le biais du fret express
ou postal.
La vente sans contrôles ni conseils médicaux ou
pharmaceutiques de médicaments authentiques
présente de réels dangers : risques de contre-
indications, d’interactions médicamenteuses, etc.
Entre 2001 et 2008, environ 40 cas de pharma-
covigilance liés à la prise de médicaments achetés
sur Internet ont été déclarés à l’Agence nationale
de sécurité du médicament et des produits de santé
(ANSM). Sur 38 cas recensés, 11 concernaient
des achats de produits amaigrissants, 3 des
anabolisants stéroïdiens, 8 des produits stimulants
ou défatigants, notamment à base d’hormones.
Pistes d’avenir
En France, les pharmaciens ont le monopole de
la vente de médicaments. En dehors de l’offcine,
toute vente de médicaments est interdite : la vente
de médicaments sur Internet est donc illicite et
passible de sanctions notamment pour exercice
illégal de la profession de pharmacien.
Depuis 2009, les autorités françaises (ANSM,
Oclaesp
2
, douanes, etc.) participent à l’opération
internationale Pangea coordonnée notamment par
Interpol, dont l’objectif est de lutter contre la vente
en ligne illicite de médicaments. En 2011, cette
opération a permis d’identifer 171 sites Internet
illégaux dont 12 localisés en France.
Mais la situation juridique française pourrait
évoluer en raison de la transposition prochaine
de la directive européenne sur les médicaments
falsifés, qui tend à harmoniser en Europe l’offre
légale de médicaments de prescription médicale
facultative (PMF) sur Internet.
Plus de 50 %
3
des médicaments achetés sur Internet sont contrefaits.
Les entreprises du médicament veulent un contrôle strict
de la cyberpharmacie
Elles souhaitent que l’activité de vente de
médicaments soit incluse dans le monopole
pharmaceutique et rattachée à une entité
régulièrement autorisée sous la responsabilité
d’un pharmacien.
Elles estiment nécessaire une clarifcation du
cadre légal de la vente de médicaments pour
être en conformité avec le droit communautaire
et encadrer l’offre de médicaments sur Internet
pour garantir la santé des patients.
Elles sont particulièrement sensibles à la lutte
contre la contrefaçon de médicaments, ainsi
que tous les trafcs de nature à mettre la vie et
la santé des patients en danger. Dans ce sens,
elles ont publié en 2006 un guide recensant
les précautions d’utilisation d’Internet dans le
domaine de la santé.
le chiffre
En Europe,
1 personne sur 5
1
,
soit l’équivalent de 77 millions
d’individus, reconnaît acheter
des médicaments délivrés
uniquement sur ordonnance
en dehors des circuits autorisés.
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Les médicaments peuvent-ils circuler librement
dans l’Union européenne ?
Ayant été autorisés selon des normes techniques et
réglementaires communautaires, les médicaments peuvent
circuler librement dans l’Union européenne (UE). Plus ou
moins strictement encadrés, leurs prix varient d’un pays
à l’autre.
Certains grossistes peuvent tirer proft de ces différences
de prix dans le cadre d’un marché parallèle entre les pays
de l’UE.
État des lieux
Pour accéder au marché européen, tout médicament
doit être titulaire d’une autorisation de mise sur
le marché (AMM), délivrée selon les normes
européennes. Les produits importés en provenance
de pays hors UE doivent obtenir une autorisation
d’importation et une AMM dans l’Union européenne.
Le médicament d’importation parallèle provient
d’un autre État membre où il a reçu une AMM. Il
est importé parallèlement au même médicament
bénéficiant d’une AMM en France. Pour être
commercialisé en France, il lui faut une autorisation
spécifque d’importation parallèle (AIP) délivrée par
l’Agence nationale de sécurité du médicament et
des produits de santé (ANSM, ex-Afssaps).
En France, les produits d’importation parallèle
proviennent essentiellement du Royaume-Uni,
d’Espagne, d’Italie et du Portugal. La France reste
surtout un pays d’exportation parallèle compte tenu
des différences de prix existant.
Encadrement
Le commerce parallèle résulte du principe de
libre circulation des marchandises entre les États
membres de l’UE élargie aux pays de l’Espace
économique européen. Sa légalité a été confrmée
par la Cour de justice de l’Union européenne dès
1976.
Le médicament d’importation parallèle doit répondre
à toutes les exigences du pays d’importation,
notamment les mentions obligatoires : adresse
de l’importateur parallèle, notice et emballage
conformes à la réglementation locale…
L’un des inconvénients de l’importation parallèle
est la fraude. Le fabricant de médicaments ne peut
pas contrôler le parcours de son médicament et le
risque éventuel de contrefaçon.
Le RCP (résumé des caractéristiques du produit), l’étiquetage et la notice
du médicament à AIP (autorisation d’importation parallèle) doivent être identiques
à celles du médicament à AMM, exception faite de mentions nouvelles à faire fgurer
comme le nom du titulaire de l’importation parallèle et du fabricant en charge
du « reconditionnement ».
Les entreprises du médicament se préoccupent de la sécurité
des patients
Elles souhaitent une application stricte des
autorisations d’importation et d’importation
parallèles délivrées par l’ANSM. Si l’AMM
d’un médicament est suspendue en France,
l’autorisation du médicament d’importation
ou d’importation parallèle associée l’est
également.
Elles attirent l’attention sur les risques que fait
courir le reconditionnement des spécialités
d’importation parallèle, reconditionnement
effectué pour des raisons de conformité avec
les éléments de la spécialité autorisée en
France et avec le code de la santé publique.
Elles ne s’opposent pas à la légalité du commerce
parallèle en vertu de la libre circulation des
marchandises, à condition qu’il ne menace pas
la sécurité des patients.
le chiffre
5 ans
C’est la durée
de l’autorisation
d’importation parallèle.
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Risque-t-on de faire face à des « pénuries »
de médicaments ?
La période récente a été marquée par des problèmes
d’approvisionnement de médicaments, qualifiés parfois
– et de manière impropre – de « pénuries ». Attentifs à la
sécurité sanitaire des patients, les industriels portent une
attention toute particulière à cette question et travaillent
avec les pouvoirs publics et les autres professions de santé
afn d’apporter aux malades les médicaments qui leur sont
nécessaires, et assurer la continuité de leurs traitements.
Les ruptures d’approvisionnement peuvent
être liées à des difficultés industrielles, non
prévisibles ; elles surviennent de manière
ponctuelle lors d’une étape du process de
Les entreprises du médicament continueront
de tout mettre en œuvre pour assurer le service
au patient, même lorsque des prix plus élevés sur
les marchés voisins incitent des intermédiaires à
assécher le marché domestique au bénéfce de
ces marchés.
Les entreprises du médicament constatent une
augmentation des ruptures d’approvisionnement
de certains médicaments, y compris des produits
d’urgence, alors qu’ils sont livrés en quantités
supérieures au besoin national.
La gestion de ce problème par les fabricants dans
le cas particulier des antirétroviraux a montré
que les entreprises du médicament peuvent
Si le médicament concerné est indispensable à
la thérapeutique et sans équivalent disponible
sur le marché, les entreprises du médicament
font immédiatement part à l’Agence nationale
de sécurité du médicament et des produits
de santé (ANSM) des diffcultés rencontrées
selon une procédure établie (formulaire
fabrication : constatation d’un défaut de qualité,
rupture d’approvi si onnement en mati ères
premières ou encore défaillance de l’outil de
production.

Certaines ruptures d’approvisionnement sont liées à des diffcultés industrielles,
d’autres résultent de décisions d’arrêt de commercialisation, mais dans la majorité
des cas, elles peuvent être anticipées. Une concertation doit permettre d’évaluer
le besoin de santé publique, les volumes nécessaires, l’ensemble des alternatives
thérapeutiques et les modalités d’approvisionnement et de distribution
de ces médicaments.
mettre en œuvre dans l’urgence des modalités de
distribution adaptées afn qu’un approvisionnement
puisse malgré tout être effectué dans les plus
brefs délais : stocks de dépannage au sein
du laboratoire, circuits courts (Chronopost, livraison
par taxi) et rapides (en vingt-quatre heures) de
distribution, plateformes d’appels d’urgence
(Le Leem a transmis à l’ANSM une liste de numéros
d’appels d’urgence dédiés).
de déclaration, mail dédié) et l’informent
de la date de la rupture d’approvisionnement
et de sa durée probable. Elles étudient
avec elle des solutions alternatives pour
pallier l’absence de mise à disposition
du/des médicament(s) visé(s).
Elles s’inquiètent cependant des reventes
à l ’étranger de médi caments desti nés
aux patients français par des acteurs n’ayant
ni une culture de professionnels de santé,
ni une responsabi l i té pharmaceuti que
dans la chaîne du médicament.
le chiffre
7j/7
24h/24
C’est l’accessibilité des
plateformes d’appels
d’urgence.
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Quelles sont les relations des Français
avec leurs médicaments ?
(1 et 2) Premier observatoire sociétal du médicament. TNS Sofres pour le Leem. Janvier 2011. À partir de l’ensemble des résultats de cette enquête, TNS Sofres
a réalisé une analyse typologique, méthode statistique ayant pour objet de rassembler des individus similaires (dont les opinions, les représentations et les
comportements déclarés sont très proches) dans des groupes distincts les uns des autres. Comme toute typologie, il ne s’agit pas de restituer la constellation
des histoires individuelles qui s’écrivent entre les Français et leurs médicaments mais d’identifer et d’isoler les traits les plus signifcatifs d’une réalité.
(3) Deuxième observatoire sociétal du médicament. IPSOS pour le Leem. Janvier 2012.
Les observants (37 %)
Ils sont bien dans leur peau et peu en contact avec
la maladie. Ils font confance aux médicaments en
général et observent à la lettre leurs traitements.
Ils recherchent très peu d’informations sur leurs
médicaments et font une totale confance à leur
médecin généraliste, qu’ils consultent sans
attendre lorsqu’ils sont malades. Ils se méfent de
l’homéopathie et de la phytothérapie.
Leur profl : plus de 50 ans, plutôt masculins.
Les concernés (25 %)
Malades et/ou en contact avec la maladie chronique
ou lourde d’un de leurs proches, ils perçoivent le
médicament comme un espoir et font confance
au corps médical.
Leur profl : plus de 50 ans, plutôt féminins, revenus
modestes.
Les alternatifs (26 %)
Méfants à l’égard des médicaments classiques,
dont ils lisent la notice avec la plus grande
attention, ils privilégient les traitements alternatifs
(phytothérapie, homéopathie) auxquels ils font
davantage confance.
Leur profil : moins de 50 ans, plutôt féminins,
diplômés de l’enseignement supérieur, catégories
socioprofessionnelles supérieures.
Les improvisateurs (12 %)
Stressés, fatigués, mais bien dans leur peau (!), ils
déclarent consommer peu de médicaments. Quand
ils ont à en prendre, ils admettent ne pas respecter
le traitement prescrit. Ils « improvisent » en fonction
de leur évaluation personnelle de l’évolution de leur
état de santé.
Leur profil : jeunes actifs (moins de 35 ans),
catégories socioprofessionnelles inférieures.
37 %
Les observants
12 %
Les
improvisateurs
25 %
Les concernés
26 %
Les alternatifs
Le médicament au quotidien
3
. Les Français sont très ordonnés en ce qui concerne
leurs médicaments : 75 % déclarent les ranger tous au même endroit chez eux.
Parmi les lieux de rangement, deux se distinguent : la salle de bains pour près
des deux-tiers des Français (65 %) et la cuisine (41 %).
Les Français et les médicaments
2
: les termes de la relation
varient fortement selon le rapport qu’ils entretiennent avec
le concept de « bonne santé ».
Quatre portraits pour quatre relations avec les médicaments.
le chiffre
62 %
des Français suivent
leurs traitements
1
.
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Comment améliorer l’observance ?
(1) Chiffres du Réseau de santé Paris-Nord « Comment favoriser l’observance dans le diabète de type 2 ? », 2006. Disponible sur www.reseau-paris-
nord.com/diabete/diabete.protocole.observance.php (2) IGAS « Encadrement des programmes d’accompagnement des patients associés à un traitement
médicamenteux », août 2007. Disponible sur www.ipcem.org (3) P. M. Llorca, « Les Psychoses », éditions John Libbey Eurotext, 2010. (4) Deuxième
observatoire du médicament. Ibid cité. (Chiffres 2012).
L’observance des traitements médicaux par les patients,
notamment ceux atteints de maladies chroniques, constitue
un problème de santé publique majeur. Les industriels
du médicament s’efforcent d’améliorer sans cesse les modes
de prise en charge des soins. Un déf qu’ils entendent relever
avec d’autres acteurs, et en particulier ceux du numérique, pour
proposer des solutions effcaces, notamment un logiciel destiné
aux diabétiques permettant de transmettre à leur médecin leur
taux de glycémie et d’ajuster ainsi leur dose d’insuline.
État des lieux
L’obser vance est défi ni e par l e degré de
concordance entre le comportement de la personne
malade et les recommandations de son thérapeute.
Les problèmes d’observance s’échelonnent entre la
non-observance totale et la « bonne » observance,
en passant par différents niveaux d’observance
partielle.
L’observance concerne les actes, les traitements
prescrits mais aussi les comportements des
personnes impliquées : posologie non respectée,
arrêt prématuré de médicament, prescription non
renouvelée.
La mauvaise observance concernerait entre
30 et 50 %
2
des patients de manière régulière,
voire 90 % des personnes atteintes d’affections
chroniques à un moment donné de leur maladie.
40 % des dépenses hospitalières en psychiatrie
3

pourraient être imputées aux rechutes par défaut
d’observance.
Pistes d’avenir
Une bonne observance dépend de multiples
facteurs cognitifs, émotionnels, comportementaux,
sociaux et relationnels. Le patient va plus ou moins
bien suivre son traitement, en fonction notamment
des informations qu’il possède sur sa maladie, de
la manière dont il a intégré les prises de traitement
dans sa vie quotidienne et du soutien dont il
bénéfcie.
L’information du patient sur sa maladie est le
premier pas pour mettre en place une bonne
observance. Elle doit se faire en termes simples
et compréhensibles et porter sur la pathologie, sur
les bénéfces attendus, mais aussi les risques et
effets secondaires du traitement.
Elle doit se faire si possible auprès de la famille
et de l’entourage afn de favoriser leur implication.
39 %
4
des Français trouvent que leur médecin ne leur donne pas
suffsamment d’informations sur les médicaments prescrits.
Les entreprises du médicament veulent améliorer l’observance
Elles sont à l’origine des nouveaux médi-
caments et ont la légitimité pour le faire. Leur
connaissance des pathologies et de leurs
symptômes peut contribuer à un meilleur
dépistage et à une prise en charge appropriée.
Elles mettent au point certains dispositifs
particuliers visant à maintenir la fidélité au
traitement, tels que les formulations posologiques
(bouchons-compteurs), les dispositifs de rappel,
ou les piluliers électroniques.
Elles s’associent avec des acteurs du numérique
pour proposer des solutions innovantes.
le chiffre
50 %
des diabétiques
oublient de prendre leur
médicament au moins
une fois par semaine
1
.
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Les Français consomment-ils trop
de médicaments ?
(1) Chiffre extrait du bilan économique du Leem. 2011. Disponible sur www.leem.org (2) 16,8 % des Français ont plus de 65 ans. (3) Health Affairs. 2008.
Cité par Jacques Bonte dans son article « Quelques questions sur la consommation de médicaments en France », 26 mars 2012. Jacques Bonte est
pharmacien et directeur général de Medco France. (4) Chiffres extraits d’un article de la Cnam et par Pr Danchin, chef du service de cardiologie de l’Hôpital
Georges-Pompidou, publié en 2010 dans la revue américaine « Archives of Cardiovascular Disease ».
Les Français consomment mal ou trop de médicaments
dans certains cas, pas assez dans d’autres. Il est diffcile
d’apprécier leur consommation de médicaments de manière
globale, car elle est largement fonction des pathologies.
La France a de meilleurs résultats de santé que d’autres pays,
mais aussi d’importants besoins non ou mal couverts.
Pistes d’avenir
Dans tous les pays développés, la consommation
de médicaments progresse structurellement plus
vite que le PIB (en France, 1,4 pour 1).
Les conditionnements français plus « petits »
augmentent artifciellement les chiffres de consom-
mation évalués en nombre de boîtes.
Les patients atteints de maladies chroniques ne
respectent pas toujours leur traitement ou le suivent
épisodiquement.
Cette mauvaise observance est une des principales
causes de dégradation de la santé des patients
mais aussi des comptes de l’Assurance maladie.
Les entreprises du médicament n’estiment pas qu’il existe
en France une surconsommation globale de médicaments,
mais plutôt des situations de mauvais usage du médicament
Elles constatent le rapprochement progressif
des prescriptions et des niveaux de consom-
mation de médicaments de la France, de
l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et du
Royaume-Uni.
Elles participent à la politique de maîtrise
médicalisée menée en France, ciblant certaines
classes, afn d’en diminuer la consommation.
Elles insistent sur la nécessité de combattre
l e mauvai s usage du médi cament par
l’implication et la responsabilisation des
acteurs de santé ainsi que par la formation et
l’accompagnement du patient.
le chiffre
547
1

C’est la consommation
moyenne annuelle
de médicaments
des Français.
Sur plus de 10 000 patients français hospitalisés pour un infarctus
du myocarde, 1
4
patient sur 2 ne respecte pas sa prescription et multiplie
par 1,5 les risques de faire un nouvel infarctus.
État des lieux
Les Français bénéfcient de l’espérance de vie à 65
ans la plus longue d’Europe et d’un des meilleurs
taux de prise en charge.
Cette médicalisation est corrélée à une forte consom-
mation de médicaments, qui est essentiellement
le fait des personnes âgées
2
et des 8 millions de
malades en affection longue durée (ALD).
Certaines classes de médicaments sont consommées
en plus ou moins grande quantité en France. Un
dialysé français
3
reçoit en moyenne 7,7 médicaments
quand un Allemand reçoit 9,7 médicaments, un
Anglais 8,1, et un Suédois 13,4 !
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Génériques, biosimilaires : ces copies
de médicaments sont-elles fables ?
(1) Rapport d’expertise de l’ANSM. « Des médicaments issus des biotechnologies aux médicaments similaires. État des lieux », juillet 2011.
Les prochaines pertes de brevets de médicaments « chimiques »
et de médicaments biologiques vont accélérer le développement
de leurs génériques et de leurs biosimilaires.
Tout l’enjeu du développement de ces médicaments – et
notamment des biosimilaires, indispensables au traitement
de pathologies graves – réside dans le respect de normes
strictes de qualité et de sécurité.
Les génériques
Un médicament générique est un médicament
identique ou équivalent à un médicament de marque
appelé princeps. La bioéquivalence correspond
au comportement identique dansl’organisme
( absorpti on, di stri buti on, métabol i sme et
élimination) du médicamentgénérique par rapport
au princeps. Il est produit et vendu sous sa
dénomination commune internationale (DCI, nom
chimique de la substance) ou sous un nouveau nom
commercial suivi du suffxe Gé.
Le générique remplit les mêmes critères de qualité,
d’efficacité et de sécurité que le médicament
original ou « princeps ». Le principe actif (PA) du
générique est identique à celui du princeps. Il a la
même activité thérapeutique.
Les biosimilaires
Les biosimilaires sont des copies des bio-
médicaments ayant perdu leur brevet, fabriqués
avec des cellules qui ne sont pas celles du fabricant
du produit princeps : la substance active aura des
similarités avec le produit de référence mais ne
sera pas complètement équivalente.
L’homologation est délivrée sur la base d’une
équivalence de résultats thérapeutiques, fondés
sur des études précliniques et cliniques de phases
I et III.
Un biosimilaire n’est pas substituable au bio-
médicament de référence. Son taux de pénétration
du marché est donc entièrement déterminé par les
prescriptions des médecins et, en particulier, des
médecins hospitaliers.
« Les médicaments génériques ne présentent ni plus ni moins d’effets indésirables
ou de réactions allergiques que les médicaments princeps ». Avis de l’Académie
nationale de pharmacie - 7 mai 2012.
Les entreprises du médicament maintiennent la plus grande vigilance
sur la fabrication et le suivi de ces copies de médicaments
Elles mettent en place un dispositif de
surveillance adapté à chaque médicament
biosimilaire. Ce dispositif doit comporter les
mêmes mesures spécifiques que pour le
médicament biologique de référence, mais
aussi la surveillance du profl immunologique
du produit biosimilaire.
Elles restent vigilantes sur l’utilisation des
biosimilaires : les prescripteurs doivent avoir
une approche du biosimilaire différente de celle
du générique. La substitution est un véritable
acte thérapeutique qui doit être éclairé et
prendre en considération la population cible
et les conséquences éventuelles sur le patient.
Elles souscrivent à l’avis de la Commission
nationale de pharmacovigilance qui a émis un
avis positif à l’égard des génériques, soulignant
uniquement la nécessité d’une vigilance
particulière pour les « médicaments à marge
thérapeutique étroite » dont la substitution par
des génériques paraît plus diffcile.
le chiffre
14
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spécialités pharmaceutiques
sont autorisées en Europe sous
le statut de biosimilaire.
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Y a-t-il des médicaments spécifquement conçus
pour les enfants ?
(1) Chiffres extraits de la réponse à la question écrite au gouvernement de Christian Vanneste publiée au JO le 01/03/2011. Page 2085.
(2) Règlement (CE) n° 1901/2006 du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 relatif aux médicaments à usage pédiatrique, modifant
le règlement (CEE) n° 1768/92, les directives 2001/20/CE et 2001/83/CE ainsi que le règlement (CE) n° 726/2004. (3) Ibid.cité.
Le manque de médicaments spécifquement conçus et mis au
point pour répondre aux besoins thérapeutiques des enfants
est un problème de dimension européenne. Près des trois
quarts des médicaments utilisés en pédiatrie n’ont pas été
évalués chez les enfants.
Afin de stimuler le développement de médicaments
pédiatriques, un règlement européen largement supporté
par la France a été publié il y a cinq ans.
Enjeux
Faute de formes pédiatriques, les médecins
réanimateurs sont obligés de diluer les dosages
prévus pour les adultes et d’adapter les protocoles
d’utilisation des médicaments.
L’un des enjeux principaux de l’application de ce
règlement réside dans le développement d’essais
cliniques pédiatriques fables et éthiques au niveau
européen.
Le consentement des deux parents, requis pour
les expérimentations cliniques, est un facteur
ralentissant la mise en place d’essais cliniques
pédiatriques.
Les entreprises du médicament ont soutenu activement le projet
de règlement et s’attachent à son application concrète
Elles bénéfcient de mesures incitatives pour
développer des médicaments pédiatriques :
extension de deux ans de l’exclusivité
commerciale pour les médicaments orphelins
à destination des enfants (soit douze ans
d’exclusivité au lieu de dix pour les autres
médicaments orphelins).
Elles ont l’obligation de déposer auprès du
Comité pédiatrique européen (PedCo), un PIP
(Plan d’investigation pédiatrique) détaillant le
développement pédiatrique qu’elles proposent
pour leur produit, préalablement au dépôt
de toute nouvelle demande d’autorisation
de mise sur le marché (AMM) destinée
à l’adulte, de toute demande de modifcation
d’AMM ou de toute demande d’autorisation
de mise sur le marché en vue d’un usage
pédiatrique (PUMA) pour les médicaments
déjà autorisés et pour lesquels les droits de
brevet sont échus.
En matière de développement de médicaments
pédiatriques, la France est leader : l’Agence
européenne des médicaments (EMA) a évalué
300 dossiers français, soit près de 2,5 % du
total des demandes déposées par les frmes.
88
3
essais cliniques ont été menés en pédiatrie en 2010,
soit 10 % du nombre global d’essais cliniques autorisés en France.
État des lieux
Les enfants de moins de 16 ans représentent 20 %
de la population de l’Union européenne.
Certaines maladies sont spécifques à l’enfance
ou bien ont des conséquences différentes dans
un organisme en croissance. Des formulations
et des voies d’administration doivent leur être
spécifquement adaptées.
L’Union européenne a adopté, en décembre 2006,
un nouveau règlement
2
destiné à apporter une
réponse majeure aux besoins spécifiques des
enfants malades.
le chiffre
1 334
1

plans de développement
pédiatrique ont été soumis pour
autorisation devant l’Agence
européenne des médicaments
(EMA) en cinq ans.
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Médicaments homéopathiques :
quelle place ont-ils en France ?
(1) Sondage Ipsos. Pour les Laboratoires Boiron. Mars 2012. (2 et 3) ECHAMP the European Coalition for Homeopathic and Anthroposophical Medicinal
Products.Facts and Figures 2011. (4) Sondage Ipsos. Ibid.cité. (5) Sondage Ipsos. Ibid.cité. (6) ECHAMP. Ibid.cité.
Les médicaments homéopathiques bénéfcient en France d’un
statut offciel depuis 1965. Ils sont inscrits aux pharmacopées
françaises et remboursables à hauteur de 30 % par la Sécurité
sociale.
La vente de ces médicaments représentait, en 2010, 3,5 % du
marché global et 2,5 milliards de boîtes – un succès pour cette
médecine utilisée pour les petits maux de la vie quotidienne
ou en prise préventive.
État des lieux
Les médicaments homéopathiques sont préparés à
partir de substances végétales, animales, minérales
ou chimiques, fortement diluées. Ils font partie des
médicaments les plus utilisés en automédication.
De 20 à 25 % des citoyens de l’Union européenne
utilisent des médicaments homéopathiques qui
représentent 1%
2
du chiffre d’affaires de l’industrie
pharmaceutique européenne. En France, le recours
régulier est supérieur chez les femmes (46 %)
3
et
les personnes vivant en province (42 %).
En France, l’exercice de l’homéopathie est réservé
aux professions médicales : on compte environ 5
000 médecins homéopathes et près de 1 800
médecins acupuncteurs.
Pistes d’avenir
La directive 92/73/CEE a admis qu’on ne pouvait
pas imposer aux médicaments homéopathiques
les mêmes exigences qu’aux médicaments
al l opathi ques. El l e a i nsti tué un système
d’enregistrement pour ces médicaments en
dérogation à l’autorisation de mise sur le marché
(AMM), avec, en contrepartie, une double contrainte :
s’abstenir de la revendication d’indications théra-
peutiques,
éviter toute forme pharmaceutique pouvant
comporter un risque pour le patient (c’est-à-dire
voie orale et externe exclusivement et degré de
dilution garantissant l’innocuité).
Si 44 %
4
des Français se considèrent mal ou très
mal informés sur cette médecine, 70 %
5
d’entre
eux estiment que le recours aux médicaments
homéopathiques va se développer dans les
cinq années à venir.
Entre 30 et 50 % des patients atteints de cancer adoptent
l’homéopathie en complément de leur traitement
6
.
Les entreprises du médicament estiment que l’homéopathie a sa place
dans l’arsenal thérapeutique
Elles pensent que l’homéopathie apporte
une réponse thérapeutique à la plupart des
pathologies courantes. Les médicaments
homéopathi ques n’ont aucune toxi ci té
chimique ni contre-indication connue.
Elles constatent que l’homéopathie peut avoir
une action rapide si les médicaments sont pris
dès les premiers symptômes. Le traitement
des affections chroniques ou récidivantes
demande une prise en charge plus longue.
Elles assurent qu’il n’y a pas de contre-indication
à la prise simultanée de médicaments allo-
pathiques et homéopathiques.
le chiffre
56 %
1

des Français utilisent
l’homéopathie pour
se soigner, dont 36 %
régulièrement.
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Faut-il encore se faire vacciner ?
(1) Dossier de presse. Leem, mars 2012. Ateliers vaccins « Pourquoi les rappels sont essentiels ». (2) Rapport de la Direction générale de la santé (DGS).
Publié à l’occasion de la conférence de presse « Mobilisons-nous pour la vaccination ! », 22 avril 2011.
La vaccination structure toute politique de santé publique.
Face au retour des maladies infectieuses et à l’émergence de
nouvelles pathologies, les vaccins apparaissent comme l’un
des axes majeurs de la recherche du progrès thérapeutique.
Scrupuleusement mesurés et évalués, les risques liés à leur
utilisation sont très largement compensés par la protection
qu’ils assurent.
État des lieux
Les vaccins représentent la meilleure façon de
se prémunir contre des maladies potentiellement
dangereuses : poliomyélite, coqueluche, rougeole,
tuberculose, méningites… En simulant l’infection
et en préparant ainsi notre système immunitaire à
se défendre contre ces attaques, le vaccin permet
en effet de nous constituer une « cuirasse » contre
l’agent infectieux envahisseur.
Cependant, la France ne parvient pas à une
couverture vaccinale suffsante de sa population.
Seuls 40 % des enfants de 2 ans
2
sont correctement
vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole
(ROR), alors que l’objectif était une couverture
vaccinale de 95 %, d’où une recrudescence des
cas de rougeole dans l’Hexagone.
Pistes d’avenir
Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la
poliomyélite sont obligatoires. Il est recommandé
de vacciner ses enfants contre la coqueluche, la
rougeole, les oreillons, la rubéole, l’hépatite B,
les infections à Hæmophilus influenzae type b
(Hib), le méningocoque C, les infections invasives
à pneumocoques et, pour les jeunes filles, le
papillomavirus.
L’insuffsance de couverture vaccinale s’accentue
avec l’âge et reste plus marquée pour certains
vaccins (hépatite B, méningocoque C, HPV, ROR).
Aujourd’hui, la vaccination est capable de prévenir
28 maladies infectieuses. Dans les années à venir
seront mis au point des vaccins contre l’herpès
et la dengue.
Rougeole : 9 000 cas en France entre octobre 2010 et mars 2011 contre 40 cas
recensés en 2008. La raison : une vaccination et des rappels de vaccination
moins rigoureusement respectés.
Les entreprises du médicament recommandent d’augmenter
la couverture vaccinale en France
le chiffre
50
1

vaccins ou conjugaisons
de vaccins sont aujourd’hui
à la disposition
des Français.
Elles souhaitent l’application, de la loi de
santé publique de 2004 et l’amélioration de la
couverture vaccinale en France. Seul un fort taux
permet de contrôler les survenues de maladies
ou de les faire disparaître durablement, comme
c’est le cas pour de nombreuses pathologies
en France (poliomyélite, rougeole…).
Elles réaffrment l’utilité de se faire vacciner
contre des maladies infectieuses qui peuvent
entraîner des complications graves voire
mortelles. Or, l’intérêt des vaccins n’est pas
toujours apprécié à sa juste valeur car, dès
lors que la menace immédiate des maladies
disparaît, on a tendance à l’oublier. Toute
désaffection vis-à-vis de la vaccination,
tant que la maladie n’est pas totalement
éradi quée, expose rapi dement à des
conséquences dramatiques comme l’illustre
la recrudescence des cas de rougeole et de
coqueluche en France.
Elles rappellent que l’intérêt de la vaccination
réside aussi dans l’acte de solidarité qu’elle
représente puisqu’en se vaccinant, on protège
aussi les autres.
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Les antibiotiques, c’est fni ?
(1) ECDC/EMEA (2009). « The Bacterial Challenge : Time to React ». Technical report. Stockholm, ECDC. (2) Trémolières, F. (2006). « Requiem pour les
antibiotiques - Faut-il craindre une disparition des antibiotiques ? » Médecine Thérapeutique. (3) www.plan-antibiotiques.sante.gouv.fr (4) Hamad, B. (2010).
«The Antibiotics Market.» Nature Reviews / Drug Discovery. Volume 9, septembre 2010. (5) Organisation mondiale de la santé (OMS). Journée mondiale de
la santé. Communiqué 7 avril 2011.
On a longtemps cru que les antibiotiques, utilisés depuis les
années 1940, nous permettraient de venir à bout de toutes les
maladies infectieuses d’origine bactérienne.
Aujourd’hui, des bactéries autrefois sensibles développent des
résistances à des médicaments auparavant effcaces, et on
pourrait bien, dans les années à venir, se trouver aussi démuni
qu’au début du XX
e
siècle devant les maladies infectieuses.
État des lieux
Les bactéries peuvent être résistantes à certains
antibiotiques de manière innée. À côté de ces
résistances naturelles, des résistances acquises par
modifcations génétiques permettent à certaines
souches bactériennes d’échapper à l’action
d’antibiotique auxquels elles sont habituellement
sensibles.
L’essentiel des 200 antibiotiques utilisés de nos
jours appartient à quelques classes découvertes
dans les années 1940-1960
2
.
L’usage inapproprié des antibiotiques contribue
au développement de la résistance bactérienne,
avec pour conséquence une réduction de l’arsenal
thérapeutique pour certains patients ainsi que la
possibilité, à terme, d’être confronté à des impasses
thérapeutiques.
Pistes d’avenir
La « course à l’armement » est ouverte : il faut
à la fois empêcher les souches résistantes de se
répandre, mais aussi garder une réplique d’avance
sur le monde des bactéries.
Après deux plans nationaux antibiotiques (2001-
2005 et 2007-2010)
3
, le plan stratégique national
2009-2013 de prévention des infections associées
aux soins cible notamment la maîtrise de la diffusion
des bactéries multirésistantes et l’émergence de
phénomènes infectieux à potentiel épidémique.
Les recherches se concentrent sur la compréhension
des mécanismes de résistance : déchiffrage des
relations hôte-bactérie, analyse des perturbations
du cycle cellulaire, de l’acquisition des gènes
de résistance…
Près de 440 000 nouveaux cas de tuberculose multirésistante
sont déclarés chaque année dans le monde, entraînant au moins 150 000 décès
5
.
Les entreprises du médicament font face à l’urgence de la situation
Elles développent
4
de nouveaux antibiotiques :
57 sont en développement clinique, dont 7 en
phase III, 5 en phase d’enregistrement et 152
en préclinique.
Elles multiplient les partenariats avec les
équipes académiques ainsi qu’en témoignent
les dernières rencontres internationales de
recherche sur les maladies infectieuses, en juin
2011, organisées par l’Ariis et l’Aviesan. Ces
collaborations en amont devraient permettre
d’inverstir dans des recherches handicapées
par leur faible retour sur investissement.
Elles se mobilisent au sein de l’Initiative
médicaments innovants (IMI) pour « revitaliser »
la recherche de nouveaux antibiotiques.
Elles mettent l’accent sur la nécessité de
renforcer et d’harmoniser les réglementations
pour limiter l’usage excessif des antibiotiques
chez les humains, mais aussi chez les animaux
d’élevage, cause importante du développement
de la résistance microbienne.
le chiffre
25 000
1

C’est le nombre de
décès par an en Europe
provoqués par infection
à germe multirésistant.
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MALADIES
ET MÉDICAMENTS
21 Comment vont les Français ?
22 Quels seront les besoins de santé des Français ?
23 Quel est l’engagement des industriels du médicament contre le cancer ?
24 Pourquoi ne dispose-t-on pas d’un traitement unique contre tous les cancers ?
25 Comment enrayer le féau des maladies cardiovasculaires ?
26 Comment lutter contre le diabète ?
27 Pourra-t-on vaincre l’obésité par le médicament ?
28 Trouvera-t-on bientôt un traitement contre la maladie d’Alzheimer ?
29 Quels progrès dans le traitement de la maladie de Parkinson ?
30 Quels progrès contre la sclérose en plaques ?
31 Y a-t-il des progrès dans le champ des hépatites ?
32 Les patients atteints de maladies rares sont-ils oubliés ?
33 La recherche de nouvelles thérapies contre le sida est-elle toujours active ?
34 Les maladies infectieuses vont-elles proliférer ?
35 Les maladies de la peau sont-elles bien prises en charge ?
36 Les maladies des os et des articulations (ostéoporose, rhumatismes, arthrose…)
sont-elles bien prises en charge ?
37 Quels traitements contre les maladies de la vision ?
38 La dépression est-elle vraiment bien prise en charge ?
39 Les maladies psychiatriques sont-elles négligées ?
40 Peut-on espérer vaincre le paludisme, la dengue et les maladies tropicales ?
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1 29,6 % les cancers
a. cancer de la trachée,
des bronches et du poumon (5,4 %)
b. cancer colorectal (3,2 %)
c. leucémie (2,4 %)
d. cancer du sein (2,2 %)
e. cancer du pancréas (1,7 %)
cancer de la prostate (1,7 %)
2 27,5 % les maladies cardiovasculaires
3 4,6 % les accidents
4 3,2 % la maladie d’Alzheimer
Comment vont les Français ?
La hiérarchie des principales causes de décès a légèrement
évolué entre 2000 et 2008
La part des décès par cancer est passée de 28 à 30 % entre 2000 et 2008, tandis que celle
des maladies cardiovasculaires a régressé de 30 à 28 %.
Le nombre de décès dus à la maladie d’Alzheimer a enregistré la plus forte progression : + 47 %
entre 2000 et 2008.
Le taux de décès par cancer du pancréas a progressé de 14 %, alors qu’il a diminué de 22 %
pour le cancer de l’estomac et de 17 % pour le cancer de la prostate.
Les taux de décès par cancer chez les femmes françaises ont évolué défavorablement par rapport
à ceux des hommes pour deux localisations : + 42 % pour le cancer du poumon (- 6 % chez les hommes)
et + 11 % pour le cancer du foie (- 6 % chez les hommes).
(1) www.planetoscope.com/demographie (2) DREES. Études et résultats. nº 747. Janvier 2011. « L’état de santé de la population en France ».
(3) Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 7 juin 2011 / nº 22. Données sur la mortalité en France : principales causes de décès en 2008 et évolutions
depuis 2000 - publié par l’InVS. (4) www.planetoscope.com - Ibid.cité.
5 2,2 % le diabète
6 2 % les pneumonies/grippes
7 1,9 % le suicide
8 1,8 % les démences
9 1,7 % les maladies chroniques
des voies respiratoires inférieures
10 1,4 % les maladies chroniques
du foie et aux cirrhoses
11 1,3 % les maladies du rein
12 0,9 % la maladie de Parkinson
« La situation de la population vivant en France reste globalement
favorable. Cependant, des disparités sociales importantes
sont notées pour de nombreux indicateurs de santé et ce, dès le
plus jeune âge. Chez les adultes, les inégalités se maintiennent
au cours de leur vie, témoignant d’un effet de long terme des
conditions de vie associées aux catégories professionnelles sur
la santé. La mortalité prématurée (avant 65 ans) reste élevée en
France. L’obésité, qui continue de progresser chez les adultes,
reste également un problème préoccupant.
2
»
le chiffre
La France
1
est le pays
qui compte le plus
de personnes de
100 ans
et plus.
En France, toutes les quatorzes minutes, 1
4
personne déclare un cancer colorectal.
Les 12 causes de décès en France en 2008
3
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L’impact de la maladie d’Alzheimer reste diffcile à mesurer mais cette affection
devrait occuper une place signifcative dans le fardeau global de la maladie.
Des indicateurs de santé
plus élaborés
Prendre en compte les seules données de mortalité
ne permet pas de décrire le poids d’un certain
nombre de maladies. Des indicateurs de santé ont
été développés afn de mesurer l’effet des maladies
non mortelles sur la santé de la population et de
suivre leur évolution dans le temps.
Les mesures du fardeau global de la maladie
produites par l’OMS ont été utilisées en France
sous la terminologie années de vie ajustées sur
l’incapacité (AVAI), soit le nombre d’années qui
auraient été vécues « en bonne santé » et qui sont
totalement ou partiellement « perdues » du fait de
la survenue de problèmes de santé.
État des lieux et
projections à 2025
2
En 2005, l es cancers représentai ent une
part importante de l’ensemble des AVAI pour
les deux sexes : 23 % chez les hommes et
20 % chez les femmes. En revanche, on peut
observer de fortes différences pour certaines
pathologies selon le sexe. Chez les femmes,
la dépression unipolaire représentait, en 2005,
11 % du total des AVAI, alors que cette pathologie
ne représentait que 4 % chez les hommes.
A contrario, pour les hommes, les infarctus
et crises cardiaques (6,5 %) et les affections
neuropsychiatriques (8 %) avaient un impact plus
important que pour les femmes (respectivement
4 et 2 %). Les projections pour 2025 font peu varier
la part de ces pathologies.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) mesure tous les
ans le FGM ou fardeau global de la maladie dans le monde.
En France, le vieillissement de la population prévu devrait
amener, d’ici à 2025, une baisse des pathologies intervenant
aux âges jeunes comme le VIH/sida, la dépression et les
malformations congénitales. En revanche, le fardeau des
pathologies intervenant aux âges élevés devrait augmenter
et notamment les cancers, les infarctus et les crises cardiaques.
Quels seront les besoins de santé des Français ?
Source : compilation chiffres PhRMA. 2010 /2011 par pathologie.
MALADIE / PATHOLOGIE
Nombre de
médicaments
en développement
Alzheimer et démences 104
Arthrose 19
Cancer du sein 91
Cancer colorectal 82
Cancer du poumon 98
Leucémie 108
La réponse des entreprises du médicament : médicaments
en développement en 2010/2011
(1) Insee - Bilan démographique 2010. (2) Les résultats présentés sont extraits de l’étude du Leem : « La santé en France à l’horizon 2025 : projection
des Années de vie ajustées sur l’incapacité » Annabelle Lapostolle, juin 2009.
MALADIE / PATHOLOGIE
Nombre de
médicaments
en développement
Cancer de la peau 74
Maladies cardiovasculaires 299
Diabète 235
Sida 100
Maladies psychiatriques
(y compris dépression)
313
Maladie de Parkinson 36
le chiffre
1
1
Français sur 6
a plus de 65 ans.
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(1) Tous les chiffres de cette fiche sont extraits du rapport 2011 de l’Institut national du cancer (Inca) : la situation du cancer en France. (2) PhRMA. Rapport 2011.
(3) Plan de la France dans la recherche clinique internationale Enquête Leem 2010. (4) Rapport OST 2001, cité dans la situation du cancer en France.
Rapport Inca 2011, page 277. (5) Rapport du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), 2008.
Elles développent 887 molécules dont 240
contre les tumeurs cancéreuses, 108 contre
les leucémies et 291 contre les lymphomes,
les cancers du sein et du poumon – trois des
cancers les plus fréquents.
Elles bénéfcient de l’impulsion internationale
et nationale donnée par le plan cancer
2009-2013 qui s’est traduite par une forte
augmentation de la production scientifque sur
le cancer : la part des publications mondiales
dans ce domaine a progressé de 70 %
4
entre
2001 et 2009.
Elles cherchent à définir pour un patient
donné l’association de médicaments la plus
pertinente en fonction des caractéristiques
biologiques de sa tumeur et probablement
de son patrimoine génétique.
Les chiffres du cancer en France
En 2011, le nombre de nouveaux cas de cancers
en France est estimé à 365 500. Un chiffre
en augmentation de 0,9 % par rapport à 2010. Le
nombre de nouveaux cas a progressé régulièrement
de 1,2 % chez les hommes et de 1,4 % chez les
femmes en moyenne par an entre 1980 et 2005.
En France, le cancer est la première cause de décès
prématuré avant 65 ans (38 % des décès masculins
et 45 % des décès féminins).
Chez l’homme, le cancer de la prostate reste de loin
le plus fréquent, suivi par les cancers du poumon
et du côlon. Chez la femme, les trois cancers
les plus fréquents sont les cancers du sein, du côlon
et du poumon.
La prise en charge
médicamenteuse du cancer
en France
Ces sept dernières années, un peu plus d’une
trentaine de molécules ont été mises à disposition
des patients. Les thérapies ciblées représentant
un tiers des nouvelles molécules disponibles.
Entre 2005 et 2010, le nombre de malades ayant
bénéficié d’une chimiothérapie a augmenté
de 21 %.
En 2010, 100 000 malades ont bénéfcié de tests
de biologie moléculaire biomarqueurs pour adapter
le traitement aux caractéristiques génétiques
de leur tumeur.
Avec 887
2
molécules en développement, le cancer reste un
axe majeur de recherche et d’innovation des industriels du
médicament. Ce chiffre record – on dénombrait seulement 400
molécules en 2005 – témoigne de la vitalité de la recherche
des industriels contre le cancer. La France est particulièrement
à la pointe en matière de recherche clinique sur le cancer avec
27 % des études réalisées dans l’Hexagone
3
.
Quel est l’engagement des industriels
du médicament contre le cancer ?
le chiffre
52 %
1
C’est la proportion de
cancers que l’on peut
guérir aujourd’hui.
Les entreprises du médicament relèvent le déf du cancer
En 2008, dans le monde, 12
5
millions de nouveaux cas de cancer ont été
diagnostiqués, 7 millions de personnes sont décédées d’un cancer et 25 millions
de personnes vivaient avec cette maladie.
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(1) Situation de la chimiothérapie des cancers en 2010. Rapport de l’Institut national du cancer (Inca). (2) Fabien Calvo. Recherche translationnelle et cancer.
Santé 2025. Fiche n° 67, disponible sur www.sante-2025.org (3) PhRMA. Cancer report. 2011. (4) Situation de la chimiothérapie en France. 2010. Rapport
de l’Inca. (5) Rapport sur le cancer en France. Inca. 2011.
Pistes d’avenir
Les thérapies personnalisées des cancers seront
déduites de la combinaison des caractéristiques
génétiques de la tumeur et des facteurs de
prédisposition du patient.
Des vecteurs nanoparticulaires permettront
d’administrer les médicaments aux patients
à l’endroit visé et au rythme souhaité.
Le développement de l’immunologie favorisera
la mise au point d’approches vaccinales dirigées
contre les tumeurs.
Des biomarqueurs seront de plus en plus utilisés
en cancérologie :
- dans le diagnostic,
- dans le pronostic,
- dans la sensibilité ou la résistance à un élément
thérapeutique,
- dans le suivi et la détection éventuelle des
rechutes.
État des lieux
La révolution technologique en cours met à la
disposition des chercheurs et des cliniciens
de nombreux outils permettant d’améliorer le
diagnostic, le pronostic et le traitement des cancers.
Les outils d’analyse de génomique modifient
la compréhension des cancers.
L’organisation et la professionnalisation des
tumorothèques et des centres de ressources
biologiques offrent des échantillons de qualité
pouvant être utilisés en recherche.
La structuration des centres de biologie moléculaire
et de génétique des cancers en 29 plateformes
hospitalières
2
permet aux patients de bénéfcier
de tests innovants, notamment de marqueurs
prédictifs déterminant l’accès à une thérapie ciblée.
Les cancers se distinguent les uns des autres non seulement
par leur tissu d’origine mais aussi par leurs caractéristiques
génétiques, leur évolution, leur pronostic, leur fréquence
en fonction de l’âge, du sexe… Ils réagissent différemment
aux traitements de sorte que chaque malade est à considérer
comme un cas d’espèce. L’explosion des connaissances
en biologie des cancers permet de plus en plus d’individualiser
les traitements anticancéreux.
Pourquoi ne dispose-t-on pas d’un traitement
unique contre tous les cancers ?
Les entreprises du médicament adaptent leurs traitements
aux nouvelles défnitions du cancer
le chiffre
31
1
nouveaux anticancéreux
ont été mis à disposition
des patients entre
2004 et 2010.
Elles testent actuellement 887
3
nouvelles
molécules ou vaccins contre le cancer (98
contre le cancer du poumon, 91 contre le
cancer du sein, 80 contre le cancer de la
prostate).
Elles développent des molécules ciblées issues
à plus de 50 %
4
des biothérapies (anticorps
monoclonaux notamment) dont l’usage
est lié à un test moléculaire sur la tumeur
du patient.
El l es expl orent de nouvel l es voi es :
couper l’approvisionnement des cellules
cancéreuses en glucose, activer le système
immunitaire pour qu’il détruise les cellules
mal i gnes ( nouveau trai tement contre
le mélanome)…
En 2009, 9 biomarqueurs
5
différents conditionnaient l’emploi de 8 molécules
mises sur le marché dans 7 sous-groupes de maladies cancéreuses.
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(1) Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Prévention des maladies cardiovasculaires : le nouveau programme de prévention de l’Assurance maladie, 2010.
(2) Tous les chiffres qui suivent, sauf le chiffre global du nombre de molécules en développement, sont extraits de la fche d’Alain Castaigne et Alain Tedgui.
« Les maladies cardiovasculaires ». Fiche 23. Santé 2025. Disponible sur www.sante-2025.org (3) PhRMA. Rapport 2011. Heart diseases.
El l es i nnovent : 299
3
mol écul es sont
actuellement développées par les industriels
dont 22 molécules en phase 3. De nouveaux
anti coagul ants devrai ent être mi s sur
le marché permettant de réduire de 34 %
le risque d’accident vasculaire cérébral
à deux ans.
El l es i nscri vent l eurs recherches en
convergence avec d’autres domaines :
biomarqueurs, imagerie, biomatériaux,
immunothérapie, thérapie cellulaire.
Elles participent ainsi à la structuration
d’une véritable filière cardiovasculaire,
associant les sociétés de biotechnologies
et 56 équipes de recherche françaises
travaillant dans ce secteur.
Pistes d’avenir
Les défs majeurs à venir portent sur le dépistage
des personnes à risque, la mise en place
de stratégies de prévention et le développement
de thérapeutiques innovantes destinées à préserver
ou régénérer le capital vasculaire ou cardiaque.
Seul 50 % du risque cardiovasculaire s’explique
par les facteurs classiques : obésité, hypertension,
âge, sédentarité, tabagisme… Un des enjeux de
la recherche sera de développer de nouveaux
biomarqueurs du risque cardiovasculaire.
Les nouvelles techniques d’imagerie seront
essentielles pour visualiser les lésions des parois
artérielles et personnaliser les traitements.
État des lieux
Les mal adi es cardi ovascul ai res dési gnent
l’ensemble des maladies du cœur et des artères.
Elles sont causées, pour une large part, par des
dépôts de cholestérol sur les parois des artères.
Ces dépôts fnissent par gêner, voire empêcher la
circulation du sang qui alimente le cœur, le cerveau
ou les jambes, provoquant angines de poitrine,
infarctus, accidents vasculaires cérébraux (AVC),
artérite, etc.
En France, 120 0002 patients sont soignés chaque
année pour un infarctus du myocarde, 130 000 pour
un AVC et autant pour une insuffsance cardiaque.
Entre 1985 et 1999, le nombre de décès à l’hôpital
par infarctus est passé chez l’homme de 15
à 6 %. Ceux dus à une insuffisance cardiaque
ont diminué de 50 %. Des résultats obtenus grâce,
notamment, à la généralisation de nouvelles
classes de médicaments comme les statines,
les antihypertenseurs, bêtabloquants, ou encore les
inhibiteurs de l’enzyme de conversion.
Avec 147 000 décès par an
1
, les maladies cardiovasculaires
restent l’une des premières causes de mortalité en France,
quasiment à égalité avec les cancers.
En dépit de progrès thérapeutiques réels ces vingt dernières
années, ce féau ne pourra être endigué que par une meilleure
gestion du « patrimoine santé » de chacun, privilégiant
exercice physique régulier, alimentation saine et lutte contre
le tabagisme.
Comment enrayer le féau
des maladies cardiovasculaires ?
le chiffre
400
C’est le nombre de
personnes qui meurent
chaque jour d’une maladie
cardiovasculaire en France.
Les entreprises du médicament participent activement à la recherche
de nouvelles voies de prises en charge des maladies cardiovasculaires
Aujourd’hui, en France, les maladies cardiovasculaires
sont la première cause de décès chez les femmes, devant les cancers.
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(1) Livre blanc rédigé par Serge Halimi, diabétologue au CHU de Grenoble. « Le diabète, épidémie silencieuse du XXI
e
siècle », article publié le 17 mars 2011
dans « 20 minutes ». (2 et 3) Fédération internationale du diabète. 2009. (4) Christian Boitard. Santé 2025. Fiche n° 29 disponible sur www.sante-2025.
org (5) PhRMA. Diabetes report. 2010. (6) Institut de veille sanitaire (INVS), Chiffres repris dans la fche « Diabète de type 2 » sur le site www.inserm.fr
Elles s’appuient sur les dernières avancées
de la biologie : compréhension du terrain
génétique et identification de nombreux
variants de gènes associés aux diabètes
de type I et II, détermination du rôle du tissu
adipeux, définition des circuits neuronaux
contrôlant l’appétit et leurs dérèglements
dans l’obésité et le diabète de type II…
Elles développent aujourd’hui 235
5
médi-
caments dont 144 pour le diabète de type II.
El l es réfl échi ssent à l a mi se au poi nt
de médicaments offrant aux diabétiques la
vie la plus normale possible : médicaments
à prise hebdomadaire comme un analogue
d’une hormone naturelle régulant le sucre
dans le sang… Ces molécules innovantes
et les recherches parallèles sur l’utilisation
des cel l ul es souches comme source
alternative d’insuline ou sur un pancréas
artifciel testé en France en octobre 2011, font
naître l’espoir de lutter effcacement contre
cette épidémie silencieuse du XXI
e
siècle.
État des lieux
Les différentes formes de diabète (diabète de
type I, insulino-dépendant, et diabète de type II,
non i nsul i no-dépendant) touchent envi ron
250

millions
2
de personnes dans le monde et 7,3 %
de la population mondiale de 20 à 70 ans
3
en est
atteinte. Le diabète est responsable de 3,8 millions
de décès par an, soit une ampleur similaire aux
décès causés par le VIH/sida.
60 %
4
des diabétiques souffrent d’hypertension
artérielle. Leur risque cardiaque ou vasculaire
(AVC) est augmenté : il est de 2 à 4,50 % supérieur
à celui d’un sujet non atteint par la maladie.
Par ailleurs, il est fréquent que des amputations
soient réalisées chez les diabétiques.
Pistes d’avenir
Les recherches s’orientent vers le développement
d’approches d’immunothérapie afn de restaurer
la tolérance du système immunitaire vis-à-vis
du pancréas.
La thérapie cellulaire du futur devrait permettre
d’améliorer l’immunotolérance lors des greffes
du pancréas ou des îlots de Langerhans producteurs
d’insuline.
Des solutions de télémédecine vont permettre
d’assurer le télésuivi de la glycémie des patients
via leurs smartphones.
On ne guérit pas encore du diabète et, sans traitement
approprié et permanent, les complications sont graves voire
mortelles. Les médicaments sont donc essentiels dans la prise
en charge de cette pathologie.
La recherche des entreprises du médicament contre le diabète
sous toutes ses formes (I et II) devrait permettre d’anticiper la
« fambée » de l’épidémie à venir.
Les entreprises du médicament poursuivent leurs recherches
Comment lutter contre le diabète ?
le chiffre
3,5 millions
de Français
sont diabétiques
1
.
Entre 500 000 et 800 000 Français vivraient sans savoir qu’ils sont diabétiques
6
.
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(1) « The Lancet ». Étude 2000/2008. Publiée le 2 février 2011. (2) Le Monde. 13 juillet 2010 page 2. (3) Travaux de Karine Clément. Inserm Avenir Hôtel Dieu.
18
e
congrès sur l’obésité. Mai 2011. (4) Travaux de Lamberto Maffei. Institut des neurosciences de Pise. (5) Travaux du Dr Dariush Mozaffarian, professeur
adjoint d’épidémiologie à la faculté de médecine de l’Université de Harvard. New England Journal of Medecine. 20 juin 2011. (6) Étude NutriNet-Santé.
Serge Hercberg. AFP 10 mai 2011. www.etude-nutrinet-sante.fr
2 Français sur 3 (61 %) succombent à la tentation du grignotage (gâteaux,
viennoiseries, boissons sucrées...) en dehors des trois repas principaux,
avec des conséquences défavorables sur l’équilibre alimentaire
6
.
Elles ont développé des médicaments contre
l’obésité dont les effets restent limités :
les effets sur la perte de poids sont de l’ordre
de 5 à 10 % en moyenne.
Elles s’orientent vers le développement de
médicaments découlant des mécanismes de
l’obésité mis en évidence par la recherche
génétique. Il en est ainsi des études qui portent
sur la leptine.
État des lieux
Aux États-Unis et au Canada, près de 1 personne
sur 3 est obèse. Longtemps considérée comme
une maladie des pays riches, l’obésité progresse
dans les pays émergents. En Afrique
2
, le nombre
d’enfants de moins de 5 ans obèses a bondi
de 4 millions en 1990 à 13,5 millions en 2010.
La croissance du nombre d’enfants obèses
en Chine a été de 156 % entre 1996 et 2006.
La surcharge pondérale est associée à des
manifestations diverses. On constate notamment
une augmentation des cas d’arthrose du genou,
mais aussi de l’asthme (chez les jeunes filles), et
bien entendu des infarctus, du diabète de type
II, des cancers (digestifs notamment).
La pri se en charge médi cal e de l ’obési té
reste limitée, surtout dans les formes graves ;
la prévention reste encore peu effcace.
Pistes d’avenir
L’obésité illustre bien la nécessité d’effectuer un
saut conceptuel, stratégique et technologique afn
de passer d’une échelle limitée avec des anomalies
métaboliques isolées, à une approche globale
systémique et intégrative.
L’environnement, notamment, doit être compris
au sens le plus large, c’est-à-dire incluant le mode
de vie, l’histoire, l’alimentation, la fore digestive…
De multiples pistes de recherche explorent
le fonctionnement du tissu adipeux
3
, les liens entre
réduction
4
de l’apport calorique et âge du cerveau,
l’influence des petits changements quotidiens
5

sur la prise de poids…
Pourra-t-on vaincre l’obésité
par le médicament ?
le chiffre
1Français sur 10
est obèse ; 3 Français
sur 10 sont en surpoids.
En raison de ses nombreuses complications induites (di a-
bète, cancers, accidents cardiovasculaires…), l’obésité
est un problème majeur de santé publique. Avec 1,46
milliard d’adultes
1
en surpoids dans le monde aujourd’hui,
le développement de nouveaux traitements est un enjeu
important de la recherche dans ce domaine.
Les entreprises du médicament se heurtent dans leurs recherches
aux causes multifactorielles de l’obésité
Elles doivent faire face à un durcissement
de la position des autorités réglementaires :
la FDA (Agence fédérale américaine des
produits alimentaires et médicamenteux) se
montre actuellement réticente à examiner
certaines familles de thérapies, dont celles
liées à l’obésité. Un paradoxe quand on sait
le volume des crédits de recherche que le
gouvernement consacre à cette maladie
de santé publique qui exige des approches
innovantes.
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(1) Rapport PhRMA. 2010. Maladie d’Alzheimer. (2) www.fondation-alzheimer.org/content/épidémiologie (3) World Alzheimer Report
2009-Alzheimer’s Disease International. www.alz.co.uk/research/worldreport/ (4) Intervention de Philippe Amouyel au colloque Santé 2025.
19 novembre 2010.
État des lieux
Il n’existe actuellement aucun traitement susce-
ptible de guérir cette maladie neurodégénérative
qui affecte la mémoire et le comportement.
On estime aujourd’hui à 860 000
2
le nombre
de patients atteints en France. Il devrait être de
2,1 millions en 2040. Le nombre de malades
d’Alzheimer dans le monde devrait passer de
35,6 millions
3
aujourd’hui à 65,7 millions en 2030.
La lutte contre la maladie d’Alzheimer a été érigée
en grande cause nationale avec le lancement
du plan Alzheimer le 1
er
février 2008, doté de
1,6 million d’euros sur la période 2008-2012 (dont
200 millions d’euros pour la recherche).
Pistes d’avenir
Les industriels cherchent à stopper la dégéné-
rescence neuronale en intervenant sur la formation
des plaques amyloïdes entre les neurones et sur
l’agrégation de protéines Tau anormales à l’intérieur
des neurones (la protéine Tau est un facteur de
dégénérescence des neurones).
Parmi les candidats médicaments en cours de tests :
des inhibiteurs d’enzymes ou de la protéine Tau.
S’y ajoutent des tests d’immunothérapie passive
(anticorps) et active (vaccin) visant à prévenir
l’apparition de dépôts amyloïdes anormaux
ou d’en diminuer la quantité.
Les outils de diagnostics se développent : à l’avenir,
on disposera de marqueurs biologiques toujours
plus performants, qui permettront d’intervenir
aux premiers signes de la maladie.
Tout est mis en œuvre pour trouver des médicaments contre la
maladie d’Alzheimer. Mais, à mesure que la recherche avance,
cette pathologie, résultant d’interactions et de réactions en
cascade, se révèle toujours plus complexe. Une « course
contre la montre » est engagée pour contrer la progression
inexorable de la maladie dans une population vieillissante.
Trouvera-t-on bientôt un traitement
contre la maladie d’Alzheimer ?
le chiffre
104
1
C’est le nombre de
molécules développées
actuellement par
les industriels contre
la maladie d’Alzheimer.
Les entreprises du médicament se mobilisent
Elles intensifent leurs recherches. Toutes les
voies sont explorées, des molécules aux vaccins
en passant par les anticorps.
Elles collaborent très en amont dans un modèle
d’innovation « ouvert » afn de partager les
données tant fondamentales que cliniques
et de mutualiser leurs infrastructures.
Elles s’appuient sur les technologies les plus
récentes comme la neuro-imagerie qui peut
maintenant établir une double cartographie
du cerveau, reliant les anomalies de structure
(dépôts amyl oï des, rétréci ssement de
l’hippocampe) aux anomalies fonctionnelles
(perte de mémoire...).
Dans dix ans, chaque famille française sera touchée par la maladie d’Alzheimer
4
.
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(1) Article de « Libération » daté du 12 avril 2010. Chiffres extraits du Livre blanc sur la maladie de Parkinson publié en avril 2010 à l’occasion de la Journée
mondiale de la maladie de Parkinson. (2 et 3) PhRMA. Rapport 2011.
Les entreprises du médicament cherchent à la fois à traiter la maladie
de Parkinson et à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes
Elles développent actuellement 36 molécules
2

contre la maladie de Parkinson tant pour
la guérir que pour ralentir son évolution.
Elles ont mis au point, à partir de recherches
identifant la dégénérescence des neurones
à dopami ne, pl usi eurs générati ons de
traitements, de la L-DOPA aux inhibiteurs des
monoamines oxydases (IMAO), en passant
par les agonistes dopaminergiques. Ces
traitements, qualifés de « symptomatiques »,
ont pour vocation de renforcer ou de remplacer
la dopamine défciente, de façon à limiter les
symptômes qui sont liés à l’affaiblissement
de la transmission dopaminergique cérébrale.
Elles travaillent actuellement à la mise
au poi nt d’autres trai tements, qui ont
pour vocation de s’opposer au processus
dégénératif lié à la maladie, de façon à
ralentir son l’évolution, voire à la stopper.
Ces traitements sont dits « neuroprotecteurs » :
ils visent à protéger les neurones à dopamine.
État des lieux
Les causes exactes de la dégénérescence des
neurones à dopamine dans la maladie de Parkinson
sont encore inconnues, mais les scientifiques
s’entendent pour dire qu’un ensemble de facteurs
génétiques, environnementaux et du vieillissement
intervient.
Le traitement de la maladie de Parkinson est
principalement médicamenteux.
Actuellement, la maladie de Parkinson ne se guérit
pas. L’objectif des traitements est de contrôler
et de soulager les symptômes de façon à ce que
les patients puissent continuer à avoir une bonne
qualité de vie aussi longtemps que possible.
Pistes d’avenir
D’ici à 2025, on pourra traiter préventivement les
personnes qui présentent un risque de développer
la maladie de Parkinson. Grâce à l’intégration
de données génétiques, épigénétiques et à
l’utilisation de biomarqueurs, les sujets à fort
risque seront identifiés et pourront bénéficier
d’une thérapeutique préventive et personnalisée.
Dans les formes génétiques de la maladie, la
prévention pourra prendre la forme d’une thérapie
génique.
Pour les autres patients qui développeraient
malgré tout la maladie, des interventions à visée
curative seraient réalisées, telles que l’utilisation
de cellules souches programmées pour s’intégrer
dans les réseaux de neurones défectueux.
Quels progrès dans le traitement
de la maladie de Parkinson ?
le chiffre
150 000
1
personnes seraient
touchées par la maladie
de Parkinson en France.
La maladie de Parkinson est une maladie neurologique
progressive dans laquelle on observe une dégénérescence
des cellules nerveuses de certaines régions du cerveau.
Elle fait l’objet de nombreuses recherches menées par les
industriels tant pour tenter de la guérir que pour ralentir son
évolution.
1 million
3
d’Américains souffrent de la maladie de Parkinson.
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(1) Catheirne Lubetzki et Bernard Zalc, « La sclérose en plaques ». Fiche n° 25. Santé 2025. Disponible sur www.sante-2025.org (2) « Nature Review ».
Drug Discovery. The Multiple Sclerosis Market. Volume 9. octobre 2010, page 759. (3) Dr. Olivier Heinzlef neurologue au CHU de Poissy, membre de la Ligue
française contre la sclérose en plaques.
Elles devaient mettre sur le marché fn 2011
et début 2012, sept nouvelles molécules
thérapeutiques
2
efficaces par voie orale :
les résultats d’étude de phase III se sont
en effet révélés positifs.
Elles complètent ainsi l’arsenal thérapeutique
à disposition des patients tant dans le domaine
des immunosuppresseurs que dans le domaine
des anticorps monoclonaux : après l’anticorps
ciblant le franchissement de la barrière
du cerveau par les lymphocytes agressifs, deux
nouveaux anticorps dirigés contre ces mêmes
lymphocytes T sont en phase fnale d’essais.
Elles agissent aussi pour améliorer la prise
en charge des symptômes : afn d’enrayer
certains troubles urinaires, les malades
bénéficient d’un nouveau produit à base
de toxine botulique.
État des lieux
La SEP apparaît en général entre 20 et 40 ans,
et deux à trois fois plus souvent chez les femmes
que chez les hommes.
Elle se caractérise par des lésions infam-matoires
de la substance blanche (myéline) du système
nerveux central (cerveau et moelle épinière),
substance dont le rôle est de protéger les fbres
nerveuses et d’accélérer la transmission des infux
nerveux.
Des i mmunomodul ateurs et des i mmuno-
suppresseurs sont utilisés pour ralentir la
progression de la maladie.
Pistes d’avenir
Les scientifiques recherchent un terrain de
susceptibilité génétique à la maladie, sans que
l’on puisse qualifer aujourd’hui la SEP de maladie
héréditaire.
Ils ont réussi à identifer des mécanismes impliqués
dans la remyélinisation (nouvel enrobage de
myéline autour des fbres du système nerveux),
permettant d’envisager des perspectives de
réparation des lésions causées par la SEP, par
stimulation de la remyélinisation. Les nouvelles
techniques d’imagerie permettront de mieux cerner
les signes cliniques et biologiques de la SEP mais
aussi de mieux suivre les traitements.
le chiffre
80 000
1
personnes touchées
en France, 350 000
en Europe, 2,5 millions
dans le monde.
Quels progrès contre la sclérose en plaques ?
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune,
dans laquelle le système nerveux central du malade
est attaqué par une réaction anormale de son système
immunitaire. Elle apparaît généralement au début de l’âge
adulte et évolue vers une dégradation marquée de la qualité
de vie des patients avec une perte progressive d’autonomie.
De nouvelles avancées thérapeutiques réalisées en 2011
relancent l’espoir de soigner cette mystérieuse maladie.
Les entreprises du médicament ouvrent de réelles perspectives
thérapeutiques
Après les accidents, la sclérose en plaques est la deuxième cause
de handicap de l’adulte jeune en France
3
.
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(1) BEH 19 mai 2009. (2) SOS Hépatites. 11 mai 2011. (3) Ibid cité. (4) Institut Pasteur. Fiche hépatites. Chiffres pays développés. (5) Organisation mondiale de la santé
(OMS). Communiqué du 15 juin 2011. (6) Richard Moreau. « Les maladies du foie ». Fiche n°32. Santé 2025. www.sante-2025.org (7) Équipe Institut Pasteur/ Inserm
845. Marie-Louise Michel.
État des lieux
L’hépatite est une infammation du foie, causée
dans 90 %
4
des cas en France par un virus.
À ce jour, six virus, désignés par les lettres A, B, C,
D, E et G ont été identifés.
Les virus des hépatites B et C, susceptibles
de provoquer des hépatites chroniques, sont
un enjeu de santé publique ; ils sont à l’origine
de pathologies graves : cirrhose et cancer
du foi e. Cont re l e vi rus de l ’ hépat i t e B,
qui provoque l’hépatite la plus virulente en mode
aigu, on dispose d’un vaccin effcace.
Plus de 170
5
millions de personnes sont atteintes
d’hépatite C chronique dans le monde, dont
232 000 environ en France. Une bithérapie antivirale
permet d’éradiquer le virus C dans 50 à 60 %
6
des
cas d’hépatite chronique C.
Pistes d’avenir
Les chercheurs commencent à comprendre
les mécanismes d’entrée du virus C dans
les cellules du foie.
Dans les hépatites chroniques B ou C, on pourra
prédire la nature de la réponse au traitement
anti vi ral . Un premi er test vi ent d’être mi s
au point pour l’hépatite C, qui permet d’identifer
les sujets ne répondant pas au traitement.
Un nouveau vaccin contre l’hépatite B chronique
7

est en phase d’essai clinique tandis qu’un autre
axe de recherche porte sur les mécanismes
d’infammation et de régénération du foie.
Des progrès décisifs ont été réalisés ces dernières années
dans le traitement des hépatites. Ces maladies, qui peuvent
s’installer de façon chronique, provoquent encore la mort de
près de 5 000
2
personnes par an en France (2 600
3
rien que
pour l’hépatite C). Elles ne pourront être contrôlées que par la
mise en place d’une stratégie associant mesures suivies de
dépistage et médicaments.
Y a-t-il des progrès dans le champ des hépatites ?
le chiffre
500 000
1
personnes en France
sont infectées par
l’hépatite B ou C.
Les entreprises du médicament complètent l’arsenal thérapeutique
disponible
Elles ont développé des antiviraux et des
vaccins qui sont déjà effcaces contre certaines
formes d’hépatites.
Elles viennent de mettre au point deux nouvelles
molécules des antiprotéases, agissant sur le
cycle de multiplication du virus de l’hépatite C.
La mise à disposition de ces nouveaux
médicaments devrait pallier les échecs
du traitement standard de l’hépatite C : un
interféron associé à un antiviral.
Elles travaillent à l’introduction d’une trithérapie
anti-hépatite C, associant l’interféron-alpha,
un antiviral et un antiprotéase. Par ailleurs,
d’autres molécules ciblant d’autres protéines
du virus C sont continuellement passées au
crible des essais cliniques afn d’augmenter
l’arsenal thérapeutique contre cette infection.
Dans le monde, près de 350 millions de personnes sont infectées
de façon chronique par l’hépatite B et 170 millions par l’hépatite C.
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(1) Elisabeth Tournier-Lasserve. directeur de l’Institut des maladies rares. Paris. Santé 2025. Fiche n° 41 disponible sur www.sante-2025.org
(2) Orphanet. Liste des médicaments orphelins en Europe. Avec désignation orpheline et autorisation de mise sur le marché européennes. Juillet 2011.
(3) Chrystel Nourrissier. Eurordis. Intervention au colloque Rare en 2011. (4) « Science et santé » n° 2. Le magazine de l’Inserm, page 31. 2011.
Pistes d’avenir
Les maladies rares constituent un véritable
« laboratoire d’innovation » pour des pathologies
beaucoup plus fréquentes, comme le diabète
ou la maladie d’Alzheimer.
Elles sont liées le plus souvent à un seul gène
et sont donc plus simples à étudier que des maladies
plus répandues. Ainsi, l’étude de la progeria,
maladie du vieillissement qui ne touche que
25 personnes en France, a permis de comprendre
l’un des processus du vieillissement.
Les prévisions de développement pour les dix ans
à venir font état de 8 à 12 nouveaux médicaments
orphelins autorisés chaque année en Europe
3
.
Les patients atteints de maladies rares
sont-ils oubliés ?
État des lieux
Une maladie est qualifiée de rare lorsqu’elle
frappe moins de 1 personne sur 2 000
1
. Plus de
6 000 maladies rares ont été répertoriées, 80 %
d’entre elles ayant une origine génétique.
Depuis décembre 1999, les 65
2
médicaments
« orphelins » développés pour le traitement des
maladies rares ont bénéfcié d’une réglementation
européenne incitative, avec une réduction des frais
de mise sur le marché, une exclusivité commerciale
de dix ans et la possibilité d’aides nationales.
La France est leader européen en matière de
recherche sur les maladies rares grâce au premier
plan maladies rares (2005-2008) et à l’implication
des quelques 300 associations de patients actives
en France. Le deuxième plan maladies rares a été
lancé en février 2011.
le chiffre
Les maladies rares
touchent
3 millions
de personnes
en France.
La diffculté de procéder à des essais cliniques sur un nombre
restreint de malades ainsi que le potentiel de développement
commercial limité pour les industriels ne favorise pas un
engagement majeur dans le domaine des maladies rares.
C’est pourtant l’un des champs importants de progrès
thérapeutique dans lequel les entreprises du médicament
s’investissent.
Les entreprises du médicament s’investissent dans ce champ
thérapeutique
Elles considèrent les maladies rares comme
un terreau d’innovation, quasiment une preuve
de concept sur un petit nombre de patients
qu’elles peuvent industrialiser sur des maladies
plus fréquentes.
Elles réalisent des essais cliniques malgré
la complexité de ce champ de recherche :
les industriels ne disposent en effet d’aucun
capital d’expériences sur ces maladies.
Elles développent actuellement plus de 600
4
molécules dans le champ des maladies
rares : cancers rares, maladies neurologiques,
maladie de Gaucher, maladie de Fabry…
20 millions d’Européens sont atteints d’une maladie rare.
32
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) « Le sida, trente ans après : un tournant pour les nations ». Onusida, 2 juin 2011. (2) PhRMA. 2010. Medicines in Development for HIV/AIDS. (3) Protocoles
n° 66, mai 2011, page 22. (4) PhRMA. 2010. Medicines in Development for HIV/AIDS. (5) « Le sida, trente ans après : un tournant pour les nations ». Onusida,
2 juin 2011. (6) « The Lancet », 24 juillet 2008.
État des lieux
Le sida est une pathologie complexe, due à un
virus, le VIH. Après un délai variable, la plupart des
personnes infectées déclarent le sida, maladie qui
est en grande partie la conséquence de l’incapacité
du système immunitaire à lutter contre le virus.
S’ils permettent de contrôler la maladie, les
traitements actuels – les antirétroviraux – n’ont pas
permis de tuer le virus ni de guérir défnitivement le
malade. Ils ont cependant transformé une maladie
mortelle en maladie chronique.
La recherche sur le sida bute jusqu’ici sur deux
éléments essentiels : la possibilité de créer un
vaccin afn de prévenir la maladie et la possibilité
de guérir les patients.
Pistes d’avenir
Après vingt ans d’échecs dans la recherche d’un
vaccin contre le sida, les résultats d’un essai
clinique mené en Thaïlande en 2009, concluant
dans 31 % des cas, ont relancé l’espoir.
Depuis la première guérison connue d’un malade
par greffe de cellules comportant un gène muté –
le CCR5, ayant la propriété de rendre résistant au
sida – la recherche s’oriente vers une approche de
thérapie génique : on prend des cellules chez les
patients, on modife le gène CCR5 de façon à les
rendre résistantes puis on les réimplante.
Un autre axe de la recherche s’intéresse aux
réservoirs (lymphe, moelle osseuse ou tissus) où
le virus se tapit pour attendre son heure avant de
ressortir quand le patient arrête son traitement.
Objectif : mettre au point un traitement visant
à diminuer ces réservoirs pour les rendre
indétectables par le virus, et permettre ainsi à
la défense immunitaire de prendre le relais pour
contrôler l’infection.
le chiffre
7 000
personnes (dont
1 000
1
enfants) sont infectées
chaque jour par le virus du sida
dans le monde.
La recherche de nouvelles thérapies
contre le sida est-elle toujours active ?
Depuis 1981, date de l’émergence du virus, l’industrie
pharmaceutique s’est mobilisée pour développer des
médicaments effcaces contre le sida. 31
2
médicaments sont
sur le marché aujourd’hui, dont 27
3
antirétroviraux, ce qui
a permis de transformer cette maladie en une pathologie
chronique. 100 candidats médicaments sont à l’étude
actuellement.
Les entreprises du médicament continuent leurs recherches
de traitements contre le sida
Elles ont étroitement collaboré pour mettre en
commun leurs découvertes et permettre, après
les résultats décevants de la monothérapie et
de l’AZT, d’associer plusieurs antirétroviraux
en bi puis trithérapies. Les trithérapies se
révèlent de plus extrêmement effcaces dans
la prévention de la transmission du virus.
Elles développent actuellement 100
4
candidats
médicaments dont 33 vaccins, 56 anti-
rétrovi raux, 4 i mmunomodul ateurs et
3 médicaments de thérapie génique.
Elles facilitent l’accès aux médicaments : 6,6

millions
5
de personnes étaient traitées fn 2010
dans les pays à faibles revenus et à revenus
intermédiaires, soit 22 fois plus qu’en 2001.
Les trithérapies aident les malades atteints du virus du sida
à vivre en moyenne treize ans de plus
6
.
33
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(1 et 3) Jean-François Delfraissy. présentation de L’ITMO « Microbiologie et maladies infectieuses ». 2011. (2) PhRMA. Rapport 2010.
Elles développent 395
2
molécules et vaccins
pour lutter contre les maladies infectieuses
dont 88 antibiotiques, 20 antifongiques,
96 antiviraux et 145 vaccins.
Elles initient les coopérations avec les
académiques : en témoignent les dernières
rencontres internationales de recherche (RIR)
organisées sous l’égide de l’Alliance pour la
recherche et l’innovation des industries de
santé (Ariis) où des chercheurs issus des
meilleurs laboratoires français en infectiologie
ont présenté leurs travaux aux directeurs R&D
monde des entreprises du médicament.
Elles sont en état de vigilance : de nou-
vel l es mal adi es i nf ect i euses peuvent
apparaître en tout endroit du monde et à
tout moment, comme le sida et Ébola en
Afrique noire, la grippe aviaire et le Sras en
Chine. Leur investissement dans l’Initiative
médicaments innovants (IMI), au sein de
consortiums européens public-privé en
amont du processus de développement des
médicaments répond à cet objectif.
Environ 17 millions
3
de personnes meurent chaque année d’une maladie infectieuse
essentiellement dans les pays en développement.
État des lieux
Les maladies infectieuses humaines sont le
reflet de la façon de vivre des hommes : notre
alimentation, notre mode de vie hyper-urbanisé et,
plus largement, tout notre environnement, modifent
les virus et bactéries présents dans notre corps.
Les changements cl i mati ques i nfl uencent
l’écosystème et, par conséquent, les maladies
infectieuses. Ainsi, le réchauffement climatique
observé en Europe du Nord a-t-il fait reculer
vers l e nord l a l i mi te de l a présence des
tiques, vecteurs de maladies dont celle de
Lyme. Les tiques sont désormais présentes
dans les forêts suédoises.
La gestion des maladies contagieuses est
i nsuffi sante : l es mal adi es sexuel l ement
transmissibles ou la rougeole sont mal contrôlées
par défaut de vaccination ou d’efficacité des
messages de prévention.
Risques
La mutualisation des germes dans le cadre de la
mondialisation se fait de plus en plus rapidement.
On estime que plus de 500 millions de personnes
prennent l’avion chaque année. Toutes les
conditions sont réunies pour qu’apparaissent de
nouvelles épidémies.
Toute une série de maladies liées à de nouveaux
virus – les virus des fèvres hémorragiques, les virus
respiratoires, les virus transmis par les arthropodes
– sont en augmentation spectaculaire depuis
quelques années et, au moment de leur apparition,
on ne dispose souvent pas des médicaments
permettant de les maîtriser.
Les maladies bactériennes émergent à leur
tour, notamment en raison de la croissance des
infections transmises à l’hôpital et de la montée
des résistances aux antibiotiques.
L’humanité ne peut plus prétendre qu’elle est capable
de maîtriser les maladies infectieuses, en dépit des espoirs
suscités par l’introduction d’une large gamme d’antibiotiques
et de vaccins. En effet, 35 nouvelles maladies infectieuses
ont émergé au cours des vingt-cinq dernières années (sida,
Sras, infections dues au virus Ébola, au virus West Nile…).
Les industriels cherchent à étendre le spectre de leurs axes
de recherche pour relever ce déf majeur du XXI
e
siècle.
34
Les maladies infectieuses vont-elles proliférer ?
le chiffre
Sur
1400
1
agents infectieux connus,
60 % sont d’origine
animale.
Les entreprises du médicament cherchent à étendre le spectre
de leurs axes de recherche
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(1) La situation du cancer en France en 2011. (2) Association Herpès. Chiffres 2009. (3) Association pour la lutte contre le psoriasis.
(4) Fiche n°45. Dermatite atopique. Santé 2025 www.sante-2025.org (5) PhRMA. Rapport 2011. (6 et 7) www.futura-sciences.com Mélanome.
(8) Chiffre publié à l’occasion de la Journée mondiale du psoriasis le 29 octobre 2011.
Elles développent aujourd’hui 277
5
nouvelles
molécules contre les maladies de la peau dont
74 contre les cancers de la peau, 41 contre
le psoriasis, 14 contre l’eczéma et 9 contre
la rosacée.
Elles vont mettre à disposition des patients
un nouveau traitement ciblé contre le mélanome
métastatique chez les sujets porteurs du gène
BRAF : le taux de réponse au traitement a été
neuf fois plus élevé dans le groupe traité
par cette nouvelle thérapie (48,4 %
6
au lieu
de 5,5 %) et, à six mois, 84 % des patients
traités étaient en vie contre 64 %, dans
le groupe soigné par la chimiothérapie
de référence.
Elles constatent aussi une baisse de 74 %
7
du risque d’aggravation de la maladie, défni
comme la survie sans progression de la
maladie.
Pistes d’avenir
Si de nombreuses maladies cutanées sont spécifques,
beaucoup d’autres ne sont que l’expression cutanée
de processus atteignant d’autres organes. La peau,
facile à observer, est alors un modèle unique pour
explorer la pathologie générale : la fbrose cutanée
permet de modéliser les fbroses du poumon, du rein,
du foie.
La France possède deux centres labellisés pour
l’étude des maladies rares de la peau, l’un
à Bordeaux, spécialisé dans les maladies de la
pigmentation ; l’autre à Toulouse, sur l’axe des
maladies héréditaires de l’épiderme. Ces deux
laboratoires fournissent de précieux modèles
d’étude des maladies de peau les plus fréquentes.
Les lignées cellulaires, qui permettent aujourd’hui
les greffes de peau, ne seront pas réservées à des
équipes hautement qualifées. Elles participent à un
traitement courant largement répandu pour traiter
ulcères, esquarres etc.
Les maladies de la peau sont-elles bien prises
en charge ?
Les entreprises du médicament ont fait des maladies de la peau
un de leurs axes de recherche prioritaire
État des lieux
Les maladies de la peau sont rarement défnies
comme graves mais leurs conséquences psy-
chologiques, affectives et esthétiques peuvent
être importantes, d’autant plus qu’elles s’installent
souvent de manière chronique.
L’herpès (HSV2) touche environ 17 %
2
des Français ;
le psoriasis, 5 %
3
de la population ; l’eczéma, 10
%
4
des adultes en France.
Le traitement des maladies de la peau s’est
largement étoffé ces dernières années avec l’arrivée
sur le marché des biothérapies : ainsi, les anti-TNF
et les inhibiteurs d’interleukine permettent de mieux
prendre en charge les psoriasis modérés à sévères
et l’immunothérapie par anticorps monoclonal
se révèle être le premier traitement effcace contre
le mélanome métastatique.
1 Français sur 20 est atteint de psoriasis
8
.
Si la peau est une barrière effcace pour protéger le corps
contre les agressions extérieures, elle n’en est pas moins
extrêmement fragile.
Elle peut développer de nombreuses réactions ou maladies
aussi diverses que l’eczéma, l’urticaire, l’herpès, le vitiligo,
le psoriasis, l’acné, le mélanome… Les industriels ont mis en
place une dynamique de recherche contre ces maladies qui
porte aujourd’hui ses fruits.
le chiffre
On a dénombré
10 000
1
nouveaux cas
de mélanome en France
en 2011.
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(1) Francis Berenbaum. « Maladie des os et des articulations ». Fiche n° 25. Santé 2025. www.sante-2025.org (2 et 3) Ibid cité.
(4) PhRMA. Médicaments en développement contre les maladies ostéo-articulaires. Rapport 2011. (5) Approbation Comité d’experts FDA. 9 mars 2011.
(6) Le lupus, maladie auto-immune peut causer des symptômes aussi différents que des poussées de fèvre inexpliquées, des douleurs et un gonfement
des articulations, des troubles de la vision. (7) Association Lupus France, mars 2011.
Elles développent 198
4
nouvelles molécules ou
vaccins contre les maladies ostéo-articulaires
dont 67 contre la polyarthrite rhumatoïde,
23 contre l’ostéoporose, 19 contre le lupus et
19 contre l’arthrose.
Un nouveau médicament
5
contre le lupus
6
- le
premier depuis cinquante-deux ans - devrait
être mis sur le marché en 2012. Il s’agit d’un
anticorps monoclonal humain qui permet
de réduire le nombre de lymphocytes B
anormaux, élevé chez les patients atteints de
lupus.
De nouvelles biothérapies (anticorps mono-
clonaux) utilisées pour traiter des lymphomes
notamment, se révèlent intéressantes dans la
prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde.
État des lieux
60%
2
des Français de plus de 65 ans sont touchés
par l’arthrose. 40% des femmes de plus de 65 ans
se feront une fracture due à l’ostéoporose. Ces
deux maladies sont dites dégénératives car elles
ont pour origine un défaut de synthèse d’os ou de
cartilage associé au vieillissement.
1 million
3
de personnes en France souffrent
de rhumatismes inflammatoires chroniques,
dont 20 000 sont des enfants.
De nombreux antalgiques et anti-infammatoires
ont été mis sur le marché pour soulager la douleur
et des médicaments issus des biotechnologies,
les anti-TNF, ont révolutionné le traitement
de la polyarthrite rhumatoïde et de la spondylarthrite
ankylosante en limitant la progression de ces
maladies. Plusieurs médicaments effcaces contre
l’ostéoporose ont également été mis à la disposition
des patients.
Pistes d’avenir
Les progrès de la technique et de la biologie vont
améliorer la prise en charge personnalisée des
rhumatismes infammatoires chroniques : ainsi,
dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, l’ordre
d’intention de prescription des biothérapies sera
établi individuellement, à partir des résultats de la
pharmacogénétique et de l’imagerie.
De nouvelles classes thérapeutiques verront
le jour au fur et à mesure de l’approfondissement
des connaissances sur les facteurs génétiques
de prédisposition et de la mise au point de
marqueurs biologiques et d’imagerie.
Une meilleure évaluation de la qualité de la masse
osseuse (et non plus seulement de la quantité)
permettra l’exploration de nouvelles pistes
thérapeutiques pour traiter l’ostéoporose.
Les maladies des os et des articulations
(ostéoporose, rhumatismes, arthrose…)
sont-elles bien prises en charge ?
Les entreprises du médicament sont actives sur de larges pans
de ce vaste domaine
Le lupus touche environ 5 millions de personnes dans le monde
7
.
Les maladies des os et des articulations regroupent
diverses pathologies – arthrose, ostéoporose, rhumatismes
infammatoires chroniques – qui ont comme point commun
d’associer douleurs et handicaps moteurs à tous les âges
de la vie. Certaines de ces maladies sont plus fréquentes
chez les seniors, ce qui, compte tenu du vieillissement de la
population, a poussé les industriels à investir dans ce domaine
de recherche recouvrant près de 100 maladies différentes.
le chiffre
6 millions
1
de personnes en France
souffrent d’arthrose.
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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5 millions de personnes souffrent de dégénérescence maculaire
liée à l’âge (DMLA) en France.
État des lieux
Avec l’âge : l’atteinte et la perte de la vision
augmentent fortement l’impact des maladies
vasculaires et les différents stress lumineux.
En France, la cécité touche 1 personne sur 1 000.
La malvoyance, elle, concerne 400 000
2
personnes
de plus de 75 ans. Chaque année, entre 30 000
et 40 000 personnes supplémentaires souffrent
de malvoyance. On estime le coût de la malvoyance
dans le monde à quelque 3 milliards de dollars
(2,5 milliards d’euros), et à 700 millions de dollars
(580 millions d’euros) pour l’Europe.
De nombreux médicaments à la galénique très
étudiée – collyres, gouttes, gels – permettent
de soigner des maladies aussi diverses que
les glaucomes, les allergies et les infections.
L’arrivée des bêtabloquants (en 1977), puis des
prostaglandines (en 1998), ont révolutionné le
traitement du glaucome, tandis que les anti-VEGF
(en 2006) ont ouvert la voie à la prise en charge
d’une des formes de la DMLA (dégénérescence
maculaire liée à l’âge).
Pistes d’avenir
Les dégénérescences de la rétine représenteront
la majorité des maladies de la vision.
Des techni ques d’i mageri e sophi sti quées
permettront de dépister systématiquement ces
maladies et d’assurer un suivi personnalisé des
patients.
Les thérapies seront ciblées et réalisées à l’aide
de molécules injectables ou absorbables couplées
à des réparations de tissus par des implants,
des thérapies cellulaires ou géniques.
le chiffre
On compte
61 000
1
aveugles et 1,2 million
de malvoyants en France.
Quels traitements contre les maladies
de la vision ?
(1) Chiffres 2009. Enquête HID. Handicap. Incapacités. Dépendance. Insee. (2) Chiffres donnés lors de l’intervention de José-Alain Sahel. Avancées
thérapeutiques. Leem. Février 2011.
De nombreuses maladies peuvent affecter les yeux :
infection, allergie, cataracte, dégénérescence maculaire
liée à l’âge, glaucome, rétinopathie diabétique... Si des
médicaments permettent de maintenir voire d’améliorer la
vision des patients atteints, certaines pathologies restent
sans solution thérapeutique. Ce sont en très grande
majorité des pathologies rétiniennes sur lesquelles se
concentrent les efforts des industriels.
Les entreprises du médicament abordent les pathologies
de la vision « autrement »
El l es concentrent l eurs efforts sur l es
pathologies rétiniennes : ce sont des maladies
chroniques, à évolution lente, qui incitent les
industriels à envisager une approche différente.
Elles réféchissent en termes de chaîne de soins
globale allant de la prévention au traitement
pharmaceutique voire aux implants, en passant
par le diagnostic, le balayage laser, la galénique,
les biomarqueurs de risques, etc.
Elles cherchent à définir, pour un patient
donné, l’association de médicaments la plus
pertinente en fonction de ses caractéristiques
bi ol ogi ques et pr obabl ement de son
patrimoine génétique.
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(1) Dominique Barbier. « La Dépression ». Odile Jacob. 2009. (2) Ibid. cité. (3) Épisode dépressif : phase aiguë de la dépression avec un risque suicidaire.
(4) Dominique Barbier. Ibid. cité. (5) « Psychopathologies et neurosciences », de Salvatore Campanelle. 2008. De Boeck Editeur. (6) Université Cornell et hôpital
Presbyterian de New York. « Le Figaro », 21 octobre 2010. (7) Médecine Science. Michel Hamon. « La sérotonine : un rôle complexe dans la dépression et le remodelage
osseux », Med Sci (Paris) 26 8-9 (2010) 671-672. (8) PhRMA. Rapport 2010. (9) Journées nationales du suicide. Février 2010. Intervention de Roselyne Bachelot.
Elles mettent à la disposition des patients des
antidépresseurs effcaces, dont les inhibiteurs
sélectifs de la recapture de la sérotonine (SSRI)
qui sont les plus utilisés aujourd’hui. Leur
effcacité est encore meilleure s’ils sont associés
à des thérapies cognitivo-comportementales
ou d’inspiration psychanalytique.
Elles cherchent à concevoir de nouveaux
antidépresseurs
7
en associant dans une
même molécule la capacité de bloquer tel ou
tel récepteur de la sérotonine et celle d’inhiber
sa recapture. 71
8
molécules sont en cours de
développement.
Elles s’associent aux protocoles contre les
dépressions graves qui utilisent médicaments
et sismothérapie (électrochocs) – les protocoles
ne sont entrepris que dans des cas précis de
dépressions très anxieuses, avec un risque
suicidaire très important.
Il y a un suicide toutes les cinquante minutes en France, soit 10 000
9
morts par an.
État des lieux
Une vingtaine de molécules permettent actuellement
de prendre en charge la dépression, les dernières
générations d’antidépresseurs présentant nette-
ment moins d’effets secondaires fâcheux.
La dépression peut s’installer sournoisement à la
suite d’un épisode dépressif
3
et devenir chronique :
près de 60 %
4
des patients ayant traversé
un premier épisode risquent d’en vivre un second.
Les personnes qui ont vécu deux épisodes ont
7 chances sur 10 d’en connaître un troisième.
Et cel l es qui en ont connu ri squent dans
90 % des cas d’en traverser un quatrième.
La dépression est la première cause de suicide :
près de 70 %
5
des personnes qui décèdent par
suicide souffraient d’une dépression, le plus
souvent non diagnostiquée ou non traitée.
Pistes d’avenir
La dépression est une maladie complexe qui fait
intervenir de très nombreux facteurs : génétiques,
épigénétiques, hormonaux. Elle se traduit par
des altérations dans plusieurs régions cérébrales
(notamment l’hippocampe).
Les acquisitions récentes dans les domaines
des neurosciences devraient déboucher sur une
sémiologie de plus en plus fne de la dépression,
permettant ainsi de mieux connaître les cibles
neurobiologiques privilégiées d’un traitement
et de concevoir des thérapies adaptées à chaque
cas individuel.
Des chercheurs
6
viennent de montrer que la
thérapie génique, activant la protéine P11, pourrait
être une solution pour les dépressions graves ne
répondant à aucun traitement chimique.
le chiffre
En France,
1 personne sur 7
1
souffre de dépression.
La dépression est-elle vraiment
bien prise en charge ?
La dépression est une affection fréquente : elle toucherait
le tiers
2
de la population française, au moins une fois dans
sa vie. Cette maladie, diffcile à identifer et dont l’intensité
est souvent sous-estimée, représente un défi majeur de
santé publique, que les industriels tentent de relever au fur
et à mesure des avancées enregistrées dans le domaine des
neurosciences.
Les entreprises du médicament cherchent à s’inscrire
dans une approche intégrée de la dépression
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(1) Marion Leboyer. « Les maladies psychiatriques ». Fiche n°37. Santé 2025. Mars 2010. www.sante-2025.org (2) Estimations Irdes pour la fondation
FondaMental, octobre 2007. (3) Marion Leboyer. Andréi Szoke. « La schizophrénie ». Santé 2025. Fiche n° 39, mars 2010. www.sante-2025.org
(4) Marion Leboyer et Chantal Henry. « Les troubles bipolaires ». Santé 2025. Fiche n° 40, mars 2010. www.sante-2025.org (5) Thomas Bourgeron et
Richard Delorme. « L’autisme ». Santé 2025. Fiche n° 38, mars 2010. www.sante-2025.org (6) PhRMA. Rapport 2010. (7) Nature Genetics. Septembre 2011.
(8) Organisation mondiale de la santé (OMS). Investir dans la santé mentale. Rapport 2008.
Elles développent 313
6
médicaments contre
les maladies psychiatriques : dont 54 contre
la schizophrénie, 33 contre les conduites
addictives, 38 contre les troubles anxieux, 33
contre les troubles alimentaires, 71 contre
la dépression et 90 contre les démences.
Elles s’appuient sur le développement de la
génétique pour affner leurs recherches : les
maladies psychiatriques semblent en effet
avoir des causes génétiques communes.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS),
dans une enquête (enquête de 2008) sur la
santé mentale dans le monde, montrait que
deux tiers des personnes qui présentant des
troubles bipolaires souffraient également de
troubles anxieux, et plus d’un tiers présentaient
une addiction. Ce constat vient d’être corroboré
par une étude génétique : 11
7
variations
d’ADN sont communes à la schizophrénie et
aux troubles bipolaires.
État des lieux
La schizophrénie touche environ 1%
3
de la
popul ati on, l es troubl es bi pol ai res 4,4 %
4

et l’autisme 0,5 %
5
.
Des études de vulnérabilité génétique montrent
l’existence de facteurs de vulnérabilité communs
à la schizophrénie, aux troubles bipolaires
et à des pathologies du système nerveux comme
l’autisme. Ces études révèlent aussi l’importance
des interactions entre gènes et environnement, ce
qui accroît encore la complexité de ces pathologies.
La découverte de nouveaux mécanismes est en cours
pour développer de nouveaux médicaments contre
la schizophrénie : nicotiniques, glutamatergiques…
Pistes d’avenir
Les scientifques cherchent à comprendre comment
l’usage de certaines substances (alcool, cocaïne,
nicotine...) modife le fonctionnement du cerveau.
Les avancées des neurosciences ont prouvé que, bien
que chacune des familles de substances addictives
possède ses propres mécanismes d’action, elles
ont toutes en commun une augmentation de la
dopamine libérée dans le système de récompense.
Il existerait des liens entre protéines et système
de récompense : la suractivation de la protéine
CREB semble désactiver partiellement le système
de récompense, alors que la surexpression de la
protéine Delta Fos B modiferait la structure des
neurones.
Les mal adi es psychi at ri ques comme l a dépressi on,
l’autisme infantile, les troubles bipolaires, la schizophrénie,
les addictions ou les troubles obsessionnels compulsifs
sont des pathologies graves (première cause de handicap
dans le monde) et fréquentes. Les industriels explorent de
nombreuses hypothèses pour tenter de réduire le coût de la
santé mentale, estimé en France à 18,8
2
millions d’euros, soit
8,2% de la consommation de soins et de biens médicaux.
Les maladies psychiatriques
sont-elles négligées ?
le chiffre
1 Français sur 5
1
a ou aura une maladie
psychiatrique au cours
de sa vie.
Les entreprises du médicament font des maladies psychiatriques
un des axes importants de leurs recherches
450
8
millions de personnes souffrent de troubles psychiatriques dans le monde.
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Environ 4 personnes sur 10 dans le monde sont désormais
exposées au risque de dengue
10
.
(1 et 2) Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Communiqué 27 octobre 2011.(3) OMPI Communiqué 27 octobre 2011. Ibid cité.
(4) Rapport sur la santé dans le monde 2010. (5) Communiqué Institut Pasteur. 15 septembre 2011. (6) Interview Dr Jean Lang responsable du développement
du vaccin contre la dengue chez Sanof Pasteur. Futura Sciences. 13 septembre 2010. (7) « Nature ». 23 septembre 2011. Professeurs Chun Jong-Sik,
de la Séoul National University, et Kim Dong-Wook, de l’International Vaccine Institute. (8) Consortium créé à l’initiative de l’OMPI, dans lequel il est prévu que les
industriels abandonnent leurs redevances sur leurs licences au proft des pays les plus démunis. (9) Gavi Alliance (anciennement Alliance mondiale pour les vaccins et
l’immunisation) est un partenariat des secteurs public et privé sur les questions d’immunisation. Il a pour but d’accélérer les progrès dans le domaine de la
vaccination. (10) OMS. Aide-mémoire n°117, mars 2009.
Elles développent six médicaments contre
la malaria, huit médicaments contre les
parasites, notamment contre l’onchocercose
et la leishmaniose, et des vaccins contre la
fèvre Ébola, la dengue, la malaria, le choléra,
le chikungunya…
Elles participent à un consortium public-
privé
8
afin d’accélérer la découverte et le
développement de médicaments contre
14 maladies tropicales négligées comme la
lèpre, le ver de Guinée, la maladie du sommeil
ainsi que la tuberculose et le paludisme.
Elles multiplient les collaborations au sein du
pôle de compétitivité Eurobiomed, dont l’une
des missions est de rechercher des solutions
contre les maladies tropicales.
El l es col l aborent avec l es i nsti tuti ons
internationales comme la Fondation Bill
& Melinda Gates et Gavi Alliance
9
afin de
permettre l’accès des populations les plus
démunies aux vaccins.
État des lieux
Les maladies tropicales sont souvent considérées
comme des « oubliées » de la recherche en
traitements médicaux : moins de 1 %
3
des quelque
1 400 médicaments homologués entre 1975 et 1999
étaient destinés à leur traitement.
Malgré les progrès réalisés pour le combattre ces
dernières années, le paludisme fait encore entre 1 et
3 millions de morts chaque année, selon l’Organisation
mondiale de la santé (OMS)
4
– notamment en Afrique
subsaharienne. On estime qu’un enfant en meurt
toutes les trente secondes.
La dengue est désormais endémique dans plus
d’une centaine de pays d’Afrique, des Amériques,
de la Méditerranée orientale, de l’Asie du Sud-Est
et du Pacifque occidental. En plus de l’augmentation
du nombre des cas, des flambées épidémiques
explosives surviennent désormais. C’est ainsi qu’en
2007, le Venezuela a notifié plus de 80 000 cas.
Alors que des maladies comme le paludisme, la dengue, la
maladie du sommeil, la leishmaniose, le choléra ou la lèpre
concernent 1 milliard
2
de personnes, la recherche sur ces
pathologies tropicales semble négligée.
Des initiatives récentes montrent qu’il n’en est rien : plusieurs
vaccins sont en cours de développement contre le paludisme
et la dengue, et les industriels multiplient les coopérations
pour mieux prendre en charge ces maladies.
le chiffre
1 habitant
de la planète sur 6
1

est atteint par une
maladie tropicale.
Peut-on espérer vaincre le paludisme,
la dengue et les maladies tropicales ?
Les entreprises du médicament veulent accélérer la mise au point
de médicaments et de vaccins contre les maladies tropicales
Pistes d’avenir
Un vaccin antipaludéen
5
a donné des résultats
prometteurs chez des enfants au Burki na
Faso. L’extrême difficulté à mettre au point un
vaccin suffisamment efficace s’explique par les
conditions dans lesquelles se propage la maladie :
elle est provoquée par le parasite Plasmodium
falciparum, transmis par la femelle d’un moustique.
Or, ce parasite est beaucoup plus complexe que
des virus comme ceux de la rougeole ou de la
poliomyélite.
Un vaccin contre les quatre sérotypes du virus
de la dengue
6
devrait être disponible en 2015.
Une étude
7
récente a identifé la souche originelle
du chol éra et devrai t permettre de mi eux
comprendre les mécanismes de propagation
de la maladie afn de juguler les épidémies.
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LA RECHERCHE
DE MÉDICAMENTS
41 Les médicaments font-ils reculer les maladies ?
42 Où en est le progrès thérapeutique ?
43 Comment favoriser l’essor de l’innovation ?
44 Pourquoi est-ce si long et diffcile de mettre au point un médicament ?
45 Faut-il obligatoirement tester les candidats médicaments sur l’animal ?
46 Quel est le rôle de la recherche clinique ?
47 Les nouveaux médicaments seront-ils tous issus du vivant ?
48 La recherche translationnelle permet-elle de soigner plus vite les malades ?
49 Génomique, transcriptomique, protéomique, métabolomique…
À quoi servent les « omiques » ?
50 La bio-informatique est-elle nécessaire à la mise au point de nouveaux
médicaments ?
51 Quel est l’apport de la biologie des systèmes ?
52 Quelles perspectives ouvre la biologie synthétique ?
53 Bientôt des anticorps monoclonaux pour toutes les pathologies ?
54 Les cellules souches sont-elles indispensables au progrès thérapeutique ?
55 Les nanotechnologies vont-elles permettre d’améliorer la délivrance
du médicament ?
56 L’immunothérapie est-elle la nouvelle piste pour vaincre le cancer
et les maladies neurodégénératives ?
57 Pourra-t-on un jour remplacer les gènes défectueux ?
58 Les nouveaux médicaments seront-ils tous accompagnés de leur biomarqueur ?
59 Les médicaments peuvent-ils être produits par des OGM ?
60 Les plans de santé publique favorisent-ils la recherche et le progrès thérapeutique ?
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Les médicaments font-ils reculer
les maladies ?
(1 et 7) Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 2011. « L’état de santé de la population en France ». Suivi des
objectifs annexés à la loi de santé publique. Rapport 2011. (2) Rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2006. « L’état de santé dans le monde ».
(3 et 6) In Elias Zerhouni. « Grandes tendances de l’innovation biomédicale au XXI
e
siècle ». Cours au Collège de France du 24 janvier 2011. (4) MicroARN :
ARN simple-brin, longs d’environ 21 à 24 nucléotides, impliqués dans la régulation de l’expression des gènes. (5) Épigénétqiue : domaine qui étudie comment
l’environnement et l’histoire individuelle infuent sur l’expression des gènes.
Ces cinquante dernières années, la recherche pharmaceutique
a produit plus de médicaments et de vaccins que n’en
avaient vu naître les années et siècles précédents. Ils ont
permis de mieux lutter contre le cancer, le sida, l’hépatite
C, la dépression, la tuberculose, le diabète, l’hypertension
artérielle, l’asthme,etc. Cet élan se poursuit avec la mise au
point de médicaments plus ciblés, capables notamment de
s’attaquer à des cancers métastatiques et de contourner les
résistances à certaines thérapies.
le chiffre
+1,9 an pour les hommes
+1,6 an pour les femmes
C’est l’augmentation
de l’espérance de vie
1
en France entre
2000 et 2010.
Les entreprises du médicament multiplient les pistes de recherche
Elles ont pris conscience que pour vaincre
les cancers et toutes les maladies sans
solution thérapeutique, il leur fallait redéfnir
en profondeur leurs stratégies de recherche
et de développement.
Elles sont désormais engagées dans des
modes de recherche sur les facteurs à la base
État des lieux
Globalement, le XX
e
siècle aura été marqué par
de grandes découvertes médicamenteuses
qui ont véritablement révolutionné la prise en
charge des maladies : antibiotiques, sulfamides,
antithrombotiques, chimiothérapies, antiviraux…
Dans le vaste champ des maladies infectieuses
notamment, les découvertes de la pénicilline,
des antituberculeux puis des antiviraux et
des antirétroviraux constituent des avancées
remarquables contre des féaux qui décimaient
les populations au cours des siècles précédents.
En dépit de ces progrès, l’Organisation mondiale de
la santé (OMS) estime qu’environ trois quarts des
30 000 maladies répertoriées de par le monde n’ont
pas de solution thérapeutique
2
.
Pistes d’avenir
L’avenir est aux thérapies ciblées, directement
issues de l’accélération foudroyante des progrès
en biologie dans la deuxième moitié du XX
e

siècle : la
connaissance de l’ADN a en effet fait « comprendre
3
comment est écrit le texte, les découvertes issues
des microARN
4
et de l’épigénétique
5
doivent
maintenant permettre de le lire ».
La recherche entre dans une phase de classification
plus « fine » des maladies : les diabètes dits
de type I et II seront décomposés et reclassifiés
en sous-groupes de maladies, avec, à la clé,
des traitements adaptés à chaque sous-groupe.
On assistera aussi à une explosion des champs de
recherche associés au médicament : biomarqueurs,
imagerie, informatique, nanomatériaux… qui vont
permettre d’offrir des solutions thérapeutiques
de plus en plus performantes.
de maladies complexes comme les cancers ou
la maladie d’Alzheimer, ainsi que sur les outils
capables de moduler les systèmes biologiques.
Elles cherchent ainsi à maîtriser les outils
nécessaires à leur intervention : microARN,
anticorps monoclonaux, peptides, petites
molécules… C’est la prochaine frontière
6
.
L’espérance de vie des Français à 65 ans
7
est la plus élevée d’Europe :
22,8 ans pour les femmes et 18,6 ans pour les hommes.
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Où en est le progrès thérapeutique ?
(1) Vient du nom ancien du Sri-Lanka tel que décrit dans un roman de Horace Walpole.
Source : tableau extrait du dossier « Progrès thérapeutiques 2012 », disponible sur www.leem.org
Le progrès thérapeutique procède par étapes plus ou moins régulières selon les avancées des
découvertes scientifques. Les nouveaux médicaments demeurent le fruit d’un long parcours
d’emprunt à d’autres disciplines (physique, mathématiques, chimie, génétique…), de l’utilisation
des échecs de l’expérimentation et… du hasard, la fameuse « serendipity
1
».
Traitements ciblés contre l’hépatite C et le mélanome métastatique
Vaccin contre 13 types de pneumocoques
Traitements spécifiques contre les maladies rares : déficit facteur XIII, déficit en fibrinogène, maladie de Fabry…
Médicament ciblé contre le lymphome folliculaire (forme de leucémie)
Inhibiteurs de protéines kinases (cancer du rein avancé)
Vaccin anticancéreux (contre le papillomavirus provoquant le cancer du col de l’utérus)
Premier anticorps monoclonal anti angiogénique
(1)
(cancer colorectal)
Anti-aromatases (cancers du sein hormonaux dépendants)
Inhibiteurs de fusion contre le VIH
Premier anticancéreux ciblé contre la leucémie myéloïde chronique
Premier traitement contre une forme de DLMA (dégénérescence maculaire de la rétine)
Premier vaccin conjugué contre 7 types de méningocoque C
Anti-TNF∂. Première biothérapie contre la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Crohn
Premiers médicaments contre la maladie d’Alzheimer
Anti-protéases. Lancement des trithérapies contre le VIH. Nouvelle génération de médicaments contre la schizophrénie
Première monothérapie contre l’épilepsie
Interféron ß contre la sclérose en plaques. Vaccin contre l’hépatite A
Interleukine 2 (cancer)
Inhibiteurs de la pompe à protons (ulcères gastriques)
Statines contre le cholestérol. Mise sur le marché en France de l’Erythropoïétine pour le traiter l’anémie de l’insuffisance rénale
Premiers antirétroviraux contre le VIH
Premier anticorps monoclonal humain (transplantation)
Les triptans contre la migraine
Vaccin contre l’hépatite B
Production des interférons par recombinaison génétique
Premier antiviral contre l’herpès
Premier traitement de l’ulcère gastrique par les antihistaminiques H2
Premier immunosuppresseur (transplantation)
Premier médicament contre la maladie de Parkinson
Bêtabloquants contre l’infarctus du myocarde
Premiers bronchodilatateurs inhalés contre l’asthme. Mise à disposition en France de la pilule contraceptive
Premiers antidépresseurs (Tricycliques et IMAO-inhibiteurs de la mono amine oxydase)
Vaccin antigrippe
Première contraception orale
Découverte des sulfamides hypoglycémiants dans le traitement du diabète
Premier vaccin contre la poliomyélite
Première utilisation d'un antituberculeux par voie orale
Premiers neuroleptiques contre les psychoses, la schizophrénie
Cortisone (première utilisation contre la polyarthrite rhumatoïde)
Premiers antiparkinsoniens. Découverte des tétracyclines (antibiotiques)
Premiers anticoagulants
Première chimiothérapie contre le cancer
Premiers antibiotiques : pénicilline
Premiers antihistaminiques (H1) contre les allergies (urticaire, conjonctivite…)
Premier médicament contre l’infarctus du myocarde
Utilisation de l’insuline dans le traitement du diabète
Premier hypertenseur : réserpine
Sulfamides. Premiers antipaludéens de synthèse
Découverte de l’insuline contre le diabète, BCG, Héparine, Premiers médicaments contre la syphilis,
Barbituriques (anesthésie, premiers médicaments sédatifs), Aspirine. Fabrication des premiers comprimés (synthèse en 1853)
Vaccin contre la rage, Quinine (Contre le paludisme), Morphine, Vaccin contre la variole
En développement : médicaments ciblés et vaccins contre le cancer
ou contre la maladie d’Alzheimer, anticorps monoclonaux contre les maladies
autoimmunes et les maladies infectieuses, traitements contre les maladies rares.
Le siècle
thérapeutique
Le siècle défricheur
Le siècle ciblé
Annexe 3


1928 Fleming.
Naissance du premier antibiotique
1950 Laborit.
Découverte des neuroleptiques
1953 Watson et Crick. Structure de l’ADN
1983 Montagnier. Barré-Sinoussi –
Identification du VIH
1978 Naissance de Louise Brown.
Premier bébé issu d’une fécondation in-vitro
1977 Eradication de la variole
1975 Première méthode de fabrication
des anticorps monoclonaux
1970 Sanger. Premières méthodes
de séquençage de l’ADN
1960 Monod Jacob. Le rôle de l'ARN comme
« messager » intermédiaire entre l'information
génétique contenue dans l'ADN
et les protéines.
1958 Carlsson et Hillarp.
Rôle de neurotransmetteur de la dopamine
1995 Weissenbach. Carte de deuxième
génération du génome humain (Généthon)
2003 La carte du génome humain
est complétée
2007 Yamanaka. Reprogrammation de cellules
adultes en cellules pluripotentes
(2)
induites (iPS)
(1) Bloque l’alimentation des cellules cancéreuses. (2) Une cellule souche pluripotente est capable de se multiplier et de se différencier en des types variés de cellules.
Étapes du progrès thérapeutique
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(1) Étude de l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (Ariis) : « Développement d’un outil de suivi des PPP dans le domaine de la
santé en France ». Résultats de l’étude 2011 réalisée auprès de 27 industriels représentant environ 65 000 emplois sur le territoire français. Disponible sur
www.ariis.org (2 et 3) Chiffres extraits de l’étude Ariis. Ibid. cité.
Comment favoriser l’essor de l’innovation ?
Tous les progrès accomplis révèlent une biologie d’un très
haut degré de complexité que personne n’aurait pu imaginer
il y a encore quelques années. Le modèle d’innovation en
santé a changé et passe par la multiplication de collaborations
performantes et le partage des savoirs.
C’est pourquoi les industriels mettent l’accent sur la mise en
place de partenariats public-privé (PPP), clés de l’innovation
en santé.
le chiffre
En 2010,
258
1

partenariats public-privé
(PPP) ont été noués dans
le domaine de la santé.
Les entreprises du médicament s’inscrivent largement
dans cette logique nouvelle
Elles ont réaffrmé, lors de la tenue du dernier
Conseil stratégique des industries de santé
(CSIS), le 25 janvier 2012, la priorité qu’elles
donnent aux PPP : une mesure du CSIS est
consacrée à l’amplifcation des partenariats
public-privé de recherche.
Elles ont créé l’Alliance pour la recherche
des industries de santé (Ariis) dont la mission
essentielle est de favoriser les passerelles
entre public et privé et, plus globalement,
d’encourager la synergie entre les différentes
flières de santé.
État des lieux
Les PPP permettent de mutualiser des recherches
précompétitives nécessaires à l’élaboration soit
d’un médicament, soit d’un dispositif médical, soit
d’une solution thérapeutique associant médicament
et biomarqueur ou médicament et dispositif…
Les PPP permettent de combiner deux logiques : une
logique d’intérêt général (public) et une logique
de rentabilité (privé) ; ils permettent aussi de
réconcilier deux temporalités, celle du court terme
et de la rentabilité et celle du plus long terme et de
l’intérêt général.
Les PPP peuvent prendre la forme de projets de R&D,
d’accords de licence, de création d’unités mixtes de
recherche ou de projets de plateforme. 98 %
2
des
PPP recensés en 2011 étaient des projets de R&D.
Ils interviennent pour 23 % dans le domaine de
l’oncologie, 16 % dans les études épidémiologiques
et post-AMM, 14 % dans les maladies métaboliques
et cardiovasculaires et 13 % dans l’immunologie,
l’hématologie et la pneumologie.
Pistes d’avenir
Les PPP participeront de plus en plus à l’attractivité
de la France : les structures mises en place,
comme les IHU, les IRT ou les labex (laboratoires
d’excellence) sont des atouts forts et de véritables
signaux pour développer la transdisciplinarité.
Les collaborations public-privé ne peuvent que
se développer. Il faut les favoriser, les cultiver
et les faire grandir.
Plusieurs pistes sont envisageables :
favoriser la transversalité entre tous les secteurs
dans un objectif de santé publique,
effacer les différences culturelles entre recherche
privée et publique et encourager la culture de
l’innovation,
simplifier le paysage de la recherche publique
française afn de faciliter le dialogue public-privé
et la contractualisation des partenariats.
Elles sont fortement engagées : elles organisent
depuis 2009, les rencontres internationales de
recherche (RIR) destinées à réunir des équipes
académiques et des équipes internationales de
recherche.
Elles ont créé des postes ou des équipes dédiés
au suivi des partenariats. De nouveaux métiers
sont nés pour faire vivre ces liens créés entre
le privé et le public.
La mise en place d’un PPP demande en moyenne 8,6
3
mois,
20 % des PPP ont été signés après plus d’un an.
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(1) Chiffre extrait de la partie « Développement d’un médicament » du bilan économique publié en 2012 par le Leem. (2) Voir fche n° 68 dans la partie
« Économie du médicament ». (3) L’expression de criblage ou criblage à haut débit (high-throughput screening, HTS) désigne dans le domaine de la biochimie, de
la génomique et de la protéomique, les techniques visant à étudier et à identifer dans les chimiothèques et ciblothèques, des molécules aux propriétés nouvelles,
biologiquement actives. (4) www.futura-sciences.com
Pourquoi est-ce si long et diffcile
de mettre au point un médicament ?
De l’idée à la cible
À l’origine de tout médicament fgure l’idée d’un
chercheur ou une découverte faite par hasard. Ces
idées viennent de la recherche fondamentale, mais
n’en sont pas toujours issues.
La première phase du développement d’un médicament
consiste en la découverte d’une molécule cible : une
protéine, par exemple, dont les chercheurs supposent
qu’elle est impliquée dans l’apparition d’un cancer. Les
chercheurs espèrent qu’en bloquant ou en stimulant
cette protéine (enzymes, lipides, sucres, kinases,
récepteurs…), ils pourront atténuer la maladie, voire
guérir le patient. L’organisme humain est toutefois
extrêmement complexe, et de nombreuses molécules
différentes participent au déclenchement de la plupart
des maladies.
Le fait de toucher à un « rouage » isolé conduit
rarement à une guérison. Le décryptage du génome
humain a permis d’améliorer considérablement
le développement d’un médicament car les
informations génétiques obtenues fournissent de
nombreuses indications sur les interactions entre
les biomolécules de l’organisme.
Une fois la cible identifée, il s’agit de trouver des
substances qui vont infuer sur son action ou ses
signaux. Les industriels travaillent alors à partir de
gigantesques bibliothèques – les chimiothèques –
qui comportent jusqu’à 2 millions de substances.
L’élaboration d’un nouveau médicament demande en
moyenne un investissement de près de 1 milliard d’euros
2
et
plus de dix ans de travail. Ce développement s’inscrit dans
un processus de sélection très strict, avec des tests effectués
sur 5 000 à 20000 substances différentes, avant qu’une seule
puisse être commercialisée avec succès.
le chiffre
Sur 5 000 à 20 000
1

principes actifs analysés
au départ, seuls
20
font l’objet d’un
développement ultérieur.
De la cible
au développement clinique
Ces substances sont mises individuellement
en présence de la cible par un « screening
3
»
à cadence élevée ou à haut débit (HTS ou High
Throughput Screening) assuré par des robots
qui peuvent réaliser jusqu’à 200 000 tests par
jour. Une modifcation identifable (par exemple,
une coloration du mélange) indique que la
substance s’est effectivement fxée sur la cible.
Les substances qui affichent au minimum
une faible action sont analysées plus en détail,
puis améliorées en plusieurs étapes.
La plupart du temps, en effet, les substances
d’origine ne conviennent pas encore comme
médicament, notamment parce qu’elles sont
trop rapidement dégradées dans l’organisme.
Les mol écul es i denti fi ées sont testées
de différentes manières avant tout essai
sur l’homme. C’est la phase des études
précliniques, qui comporte :
La pharmacologie expérimentale ou phase
d’i denti fi cati on du produi t : des essai s
d’effcacité sont réalisés sur des systèmes
moléculaires inertes, sur des cellules et des
cultures et, enfn, sur l’animal. Le nouveau
produit est identifé.
La toxicologie : ces études évaluent les risques
d’effets secondaires des futurs médicaments.
La pharmacocinétique et le métabolisme
du médicament : ces études portent sur les
propriétés pharmaceutiques de la molécule telles
que l’absorption, le métabolisme, la distribution
ou l’élimination. Mais elles permettent aussi
de prouver les propriétés pharmacologiques.
L’étude préclinique a pour but de dresser une carte d’identité de la molécule
4
.
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) Chiffres du Groupe de réfexion interprofessionnel sur les comités d’éthique (Gircor), disponibles sur www.gircor.net
Faut-il obligatoirement tester
les candidats médicaments sur l’animal ?
Les industriels du médicament s’efforcent de réduire au
minimum les essais sur les animaux. Cependant, en l’état actuel
des connaissances, l’expérimentation animale reste nécessaire.
Des lois strictes encadrent les pratiques expérimentales sur
les animaux.
Évolution du nombre d’animaux vertébrés utilisés en France entre 1984 et 2007 pour toutes les activités de recherche
le chiffre
De 1984 à 1999, le nombre
d’animaux utilisés a diminué
de plus de
50 %
1
Depuis, il est stable.
Les entreprises du médicament respectent les réglementations en vigueur
Elles ont contribué à la mise en place de la règle
dite des « 3R », une règle énoncée dès 1959,
avant tout encadrement légal, pour s’assurer
que la santé et le bien-être des animaux
utilisés en recherche n’étaient pas menacés.
R comme Raffnement : les protocoles doivent
être étudiés afn de minimiser la souffrance
animale avant, pendant et après l’expérience.
R comme Réduction : les expériences doivent
être conçues de façon à utiliser le moins
d’animaux possible. R comme Remplacement :
dans la mesure du possible, on doit éviter
d’avoir recours à l’expérimentation animale.
État des lieux
En l’état actuel des connaissances, l’utilisation
des animaux dans la phase préclinique reste
incontournable. Les effets, le mode d’action
et la toxicité d’un candidat médicament doivent
être évalués sur l’animal afin de les connaître
et de minimiser les risques lors de la première
administration chez l’homme.
Les rongeurs sont les animaux les plus couramment
utilisés par les chercheurs. Le choix du rat ou de la
souris est souvent privilégié, car ce sont les espèces
les mieux défnies sur le plan génétique et pour
lesquelles les données scientifques de référence
sont les plus nombreuses.
Pistes d’avenir
Certaines pathologies humaines sont difficiles
à étudier car elles ne possèdent pas d’équivalent
naturel chez l’animal ; elles peuvent toutefois être
reproduites chez les animaux transgéniques qui
ont reçu des modifications de leur patrimoine
génétique de façon à obtenir des modèles
biologiques pertinents reproduisant une maladie
humaine déterminée.
Des chercheurs ont développé des techniques
de criblage virtuel en travaillant sur des modèles
mathématiques de molécules ou protéines avec
des simulations virtuelles d’effets thérapeutiques
pour des cibles données. Le développement
de ces méthodes devrait permettre de limiter
le recours à l’expérimentation animale.
De telles expérimentations sont pratiquées
dans le cadre strict des textes en vigueur
(loi du 10 juillet 1976 et décret du 19 octobre
1987 relatif aux expériences pratiquées sur
les animaux et ses trois arrêtés interministériels
du 19 avril 1988), tout en recherchant
activement des méthodes alternatives.
Ces textes sont en cours de modification
suite à la révision de la directive européenne
encadrant l’utilisation des animaux à des fns
expérimentales.
1984 2001 2004 2007
Rongeurs 4 532 972 1 924 810 2 035 445 2 016 269
Lapins 103 820 53 545 93 282 96 427
Primates 3 226 3 840 3 789 2 748
Chiens / Chats 15 218 6 899 6 852 5 979
Porcs 1 901 7 808 6 587 8 768
Caprins et ovins 2 765 6 778 5 434 4 732
Bovins 596 2 648 1 296 3 206
Oiseaux 99 617 94 932 106 263 158 362
Amphibiens 34 312 12 218 15 675 9 451
Autres 35 050 96 399 50 397 20 228
TOTAL 4 833 421 2 212 294 2 325 398 2 328 380
Source : ministère de la Recherche.
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Quel est le rôle de la recherche clinique ?
(1 et 2) Enquête Leem 2010. « Place de la France dans la recherche clinique internationale ». Disponible sur www.leem.org
La recherche clinique permet de faire bénéfcier aux malades
des avancées de la recherche fondamentale. Souvent
pratiquée en partenariat avec les hôpitaux, elle contribue
au niveau élevé d’expertise médicale des professionnels
hospitaliers en France. Son maintien et son développement
sont essentiels pour garantir l’accès aux soins de haute
technologie qui accompagneront les médicaments de demain,
et mettre précocement à la disposition des malades des
traitements innovants.
le chiffre
291
1
patients sont inclus
dans les essais cliniques
en France par million
d’habitants.
Les trois phases de la recherche clinique
Objectif Durée Nombre de volontaires Résultat
Phase I Sécurité du médicament
Connaissance de sa
pharmacocinétique (son devenir
dans le corps humain)
De quelques jours à
quelques mois
Petit nombre de
volontaires sains
70 % des médicaments
expérimentés franchissent le cap
des essais de phase I
Phase II Effcacité du produit
Détermination de la posologie
optimale
Quelques mois à 2 ans Petit groupe homogène
de patients atteints de
la maladie (10 à 100
malades)
Un tiers des substances testées
franchissent le cap des essais de
phase I et II
Phase III Etude du rapport bénéfce/
risque du médicament
Une ou plusieurs années Plusieurs centaines à
plusieurs milliers de
malades
70 à 90 % des médicaments
entrant en phase III sont
retenus comme candidats à une
demande d’AMM
Source : Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP)
Au plan international, la France représente 8 %
2
des patients recrutés.
État des lieux
Les expérimentations cliniques des médicaments
se déroulent dans un environnement réglementaire
soucieux de protéger les patients inclus dans les
études.
Les protocoles sont conduits après avis d’un comité
d’éthique, appelé comité de protection des
personnes, et une autorisation de l’Agence nationale
de sécurité du médicament et des produits de santé
(ANSM). Le patient est au cœur de l’essai il participe
à l’évaluation de son traitement et a le droit de
l’interrompre à tout moment.
La recherche clinique apporte des connaissances
indispensables sur les maladies humaines et les
médicaments. Elle constitue un passage obligé pour
évaluer la tolérance, l’effcacité et la sécurité des
traitements. Elle se déroule en trois phases, qui
ne peuvent être entreprises que si les résultats de
l’expérimentation animale ont été jugés prometteurs
et sécurisants.
Pistes d’avenir
La recherche clinique est une étape clé du progrès
médical, car elle permet :
la comparaison entre plusieurs stratégies médicales
afin de recommander des prises en charge
thérapeutiques ou diagnostiques adaptés à chaque
patient ;
l’évaluation de nouvelles thérapies potentiellement
innovantes, cellulaires ou géniques, appliquées
à des pathologies pour lesquelles aucun traitement
n’existe ;
l’identifcation des mécanismes moléculaires ou
cellulaires impliqués dans des maladies humaines
afn de découvrir des cibles plus précises ;
l’observation et l’étude au long cours de groupes
importants de personnes pour mieux comprendre
la part respective des facteurs génétiques ou
épigénétiques dans la survenue d’une maladie.
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Les nouveaux médicaments
seront-ils tous issus du vivant ?
(1 et 5) « Les biomédicaments », de Marina Cavazzana-Calvo et Dominique Debiais. PUF. Collection Que sais-je ? Novembre 2011. (2) Étude biomédicaments.
Leem. 2012. (3) Pharmacogénomique : étude des mécanismes génétiques des variations individuelles de la réponse aux médicaments. Ces connaissances
sont appliquées ou applicables à l’adaptation de certains traitements à chaque patient. (Défnition extraite du rapport d’information du Sénat « Génomique
et informatique : l’impact sur les thérapies et sur l’industrie pharmaceutique » 2000). (4) Teicher B.A. et al, Clinical Cancer Research, october 15, 2011 17 ; 6389.
Les médicaments issus du vivant sont fabriqués à partir de
principes actifs d’extraction humaine, végétale ou virale,
reproduits en grande quantité par cultures en laboratoire.
Ils recréent les effets des molécules constitutives de notre
propre organisme (protéines, enzymes...) et permettent donc
de soigner de façon plus ciblée.
Aujourd’hui, 20 %
2
des médicaments sont issus du vivant
et 80 % de la chimie.
le chiffre
Demain, entre
40 et 50 %
1
des médicaments
proviendront du vivant.
Les entreprises du médicament utilisent la révolution du vivant
pour mettre au point des médicaments de plus en plus personnalisés
Elles savent désormais :
- imaginer et concevoir des outils thérapeutiques
plus ciblés, qui miment le biologique ;
- administrer à l’organisme malade des
anticorps mono ou polyclonaux ou des protéines
complexes complétant ou corrigeant un
système immunitaire défaillant ou trop actif ;
- synthétiser des protéines recombinantes
qui vont suppléer une hormone naturelle
défciente ou absente.
Elles ont mis à la disposition des malades
les interférons, les hormones recombinantes,
État des lieux
Dans une première phase, les biotechnologies
ont permis de réaliser des médicaments que
l’industrie classique ne savait pas fabriquer.
Les médicaments produits par génie génétique
sont le plus souvent des protéines présentes chez
l’homme en bonne santé et défcientes chez les
malades (une hormone comme l’insuline, les
interférons – composants du système immunitaire –
pour lutter contre le cancer notamment).
Dans une deuxième phase, avec le séquençage
du génome humain et la pharmacogénomique
3
, la
manipulation du vivant a facilité la recherche de
médicaments entièrement nouveaux, plus ciblés.
Avec ces traitements, le patient est considéré
comme un individu plutôt que comme un élément
d’une population large. On soigne le malade plutôt
qu’une maladie.
Pistes d’avenir
En cancérologie, les industriels cherchent à
décupler l’effcacité des biomédicaments (anticorps
notamment) en les couplant à des molécules
cytotoxiques qui vont agir localement et tuer les
cellules visées par l’anticorps, beaucoup plus
sûrement que si celui-ci agissait seul, tout en
limitant les effets secondaires de la chimiothérapie,
puisque délivrée au cœur même des cellules
tumorales.
Les avancées technologiques permettent la
conception de nouveaux anticorps monoclonaux,
sous forme de fragments de différentes tailles
couplés ou non avec des toxines, des cytokines,
des radioéléments.
C’est l’un des axes de recherche des industriels
du médicament : aujourd’hui, on dénombre une
vingtaine de produits de ce type en développement
4
.
l es anti corps humani sés, l es vacci ns
thérapeutiques ou préventifs pour soigner
la sclérose en plaques, le cancer du sein,
l’anémie, la maladie de Crohn, la polyarthrite
rhumatoïde, les lymphomes, les leucémies…
Elles se sont adaptées rapidement aux
caractéristiques de la production biologique
très différentes de celles de la production
chimique, car se rapprochant plus d’activités
de R&D.
325 millions
5
de patients dans le monde ont déjà bénéfcié
de ces « nouveaux » médicaments, issus de la biotechnologie.
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La recherche translationnelle
1
permet-elle
de soigner plus vite les malades ?
(1) Fiche réalisée à partir du cours d’Elias Zerhouni au Collège de France. « Les grandes tendances de l’innovation biomédicale au XXI
e

siècle. Chaire
d’innovation technologique. 2011. Schémas inclus. (2) Rapport de l’Institut national du cancer (Inca) 2011. DGOS : Direction générale de l’offre de soins.
(3) Extrait de la leçon 6. Cours Elias Zerhouni. Ibid. cité.
La recherche translationnelle est le chaînon manquant entre
la recherche académique et la recherche clinique. Elle assure
le continuum entre la recherche, et les soins et permet aux
patients de bénéficier plus rapidement des innovations
diagnostiques et thérapeutiques. Elle consiste, soit à
approfondir une découverte en recherche fondamentale pour
développer des applications cliniques, soit à explorer les voies
biologiques associées à partir d’une observation clinique.
le chiffre
66
2
projets de recherche
translationnelle en
cancérologie ont été
fnancés entre 2007 et 2011
par l’Inca et la DGOS.
Les entreprises du médicament reconnaissent l’importance
de la recherche translationnelle
Elle permet de développer des marqueurs
correspondant spécifiquement aux modes
d’action étudiés et d’accéder à du « matériel »
humain dès que possible afin de valider
l’hypothèse de recherche.
El l e faci l i te l a mi se en pl ace d’essai s
exploratoires chez les malades avec des
État des lieux
La recherche se déroule classiquement en quatre
phases allant de la recherche en laboratoire
(phase 1) à la phase de transfert ou « translation-
nelle » (phase 2), puis à la recherche clinique
(phase 3) et, enfn, à la recherche épidémiologique
(phase 4) : une progression dont le cheminement
linéaire doit évoluer.
Pistes d’avenir
La recherche translationnelle et, plus globalement,
la médecine translationnelle doit trouver « un
nouveau fonctionnement
3
, circulaire et non plus
linéaire où chaque entité, laboratoire de recherche,
recherche clinique, recherche épidémiologique et
essais cliniques doit échanger l’une avec l’autre au
lieu de se succéder afn d’éviter les segmentations
et s’enrichir mutuellement ».
protocoles évolutifs de manière à limiter les
échecs de développement.
Elle favorise la formulation des modes de
délivrance de médicaments lors des essais
cliniques notamment pour les maladies
chroniques (diabète, hypertension).
Les industriels du médicament préconisent des formations spécifques
afn d’organiser les passerelles entre savoirs fondamental et clinique.
P1
Recherche
académique
Recherche clinique
sur un petit nombre
de patients
Recherche sur un
segment important
de population
(épidémiologique)
Recherche
Translationelle
Santé
publique
P2 P3 P4
Recherche
académique
Recherche clinique
autour du patient
Recherche
sur un segment
de population
(épidémiologique)
Essais cliniques
médecine
translationnelle
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(1) Fiche réalisée à partir d’un entretien avec Manuel Gea, directeur général de Bio-Modeling Systems. (2) ARNm ou ARN messager est utilisé comme
intermédiaire par les cellules pour la synthèse des protéines. (3) Fiche 58. Santé 2025. « Les "omiques" », par Jacques Haïech. Disponible sur www.
sante-2025.org (4) Van de Vijver et al, « A Gene-Expression Signature as a Predictor of Survival in Breast Cancer ». Division of Diagnostic Oncology,
Netherlands Cancer Institute, Amsterdam, The Netherlands, 2008.
Génomique
1
, transcriptomique, protéomique,
métabolomique… À quoi servent les « omiques » ?
Les « omiques » offrent la possibilité d’aborder de manière
globale un certain nombre de problèmes complexes qu’on
appréhendait de manière fragmentaire : voies métaboliques,
interaction de la cellule avec l’extérieur, mécanismes globaux
de régulation et de contrôle... Elles permettent de mieux
connaître les maladies à composante héréditaire, de procéder
à une nouvelle classifcation des maladies sur leurs causes
et non plus sur leurs symptômes et d’adapter les traitements
au profl génétique.
le chiffre
On estime à environ
30 000
le nombre de gènes
codant une protéine
chez l’homme.
Les entreprises du médicament utilisent les formidables possibilités
offertes par les « omiques »
Elles étudient, grâce à la pharmacogénomique,
les relations entre le matériel génétique d’un
individu et sa réponse à l’exposition à des
médicaments.
Elles sont désormais capables d’identifier
les protéines ou les complexes de protéines
qui sont le plus près de l’effet thérapeutique.
État des lieux
Les plus connues des « omiques » sont :
la génomique, qui étudie le livre des « recettes
de base » écrites dans les gènes et le matériel
génétique contenu dans l’ADN, définissant les
caractéristiques d’un individu ;
la transcriptomique, qui étudie comment les
« recettes de base » sont traduites en un produit
fnal : les protéines via les ARNm
2
;
la protéomique, qui étudie l’ensemble des
protéines produites par l’expression d’un génome ;
la métabolomique, qui étudie les interactions
entre les protéines et l’ensemble des métabolites
(sucres, lipides…) d’une cellule.
Les « omiques » sont des technologies de production
de données qui permettent de caractériser les
« omes », du génome au régulome.
Pistes d’avenir
Les « omiques » permettront le développement
et l’application de nouvelles technologies pour
la prévention de la maladie (biocapteurs, outils
diagnostiques, nouveaux traitements...).
L’enjeu n’est cependant pas de récupérer des
masses de données selon un schéma séquentiel,
mais d’utiliser les « omiques » en fonction des
hypothèses à vérifer.
L’utilisation des « omiques » est ainsi étroitement
l i ée au dével oppement
3
de pl at esf ormes
technologiques assurant la collecte de données
fiables et la validation de nouveaux modèles
biologiques.
Elles jouent sur les puissants outils que sont
notamment les puces à ADN pour devenir
de véritables « profilers » des pathologies.
Ainsi, les portraits moléculaires
4
de patientes
atteintes de cancer du sein ont mis en évidence
70 marqueurs pronostiques (gènes) jugés
plus pertinents que les paramètres clinico-
biologiques existants.
Aucune des technologies « omiques » seule ne peut répondre à une question
biologique. Un faisceau d’études utilisant les approches « omiques »
permet d’avoir un point de vue global intégré.
GÉNOME PROTÉOME MÉTABOLOME INTERACTOME RÉGULOME TRANSCRIPTOME
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(1) OLF 2001. Information disponible sur http://gabywald.over-blog.com/article-2180544.html (2) Agence nationale de la recherche (ANR), Investissements
d’Avenir, 7 février 2012.
La bio-informatique est-elle nécessaire
à la mise au point de nouveaux médicaments ?
La bio-informatique
1
recouvre l’ensemble des utilisations
de l’informatique pour la gestion, l’entreposage, l’analyse,
le traitement, l’organisation, la comparaison et la diffusion
de données relatives à la biologie. Elle permet d’allier
les compétences des chercheurs en biologie, chimie,
physique, mathématiques et informatique pour progresser
dans la connaissance du vivant, savoir clé pour la mise
au point de nouveaux médicaments.
le chiffre
3 grandes
institutions publiques sont
en charge de l’archivage
des données biologiques :
NCBI aux États-Unis,
EBI en Europe,
DDBJ au Japon.
Les entreprises du médicament font face à la « nouvelle frontière
bio-informatique »
Elles doivent gérer un double questionnement :
comment analyser les données complexes
provenant de la totalité du génome et les
interpréter en termes de fonctions biologiques ?
Que doit-on savoir afin de concevoir des
expériences d’une manière rationnelle ?
Elles utilisent la bio-informatique pour re-
construire les tendances qui ont façonné
les génomes d’aujourd’hui grâce à un vaste
échanti l l on de données de séquences
génomiques.
État des lieux
Les techniques bio-informatiques sont essentielles
à la mise en place des méthodes d’analyse du
génome, du transcriptome ou de l’interactome,
ainsi qu’à la gestion et l’exploitation des bases
de données qui en résultent.
Plusieurs champs d’application ou sous-disciplines
de la bio-informatique se sont ainsi constitués :
La bio-informatique des séquences analyse
les données issues de l’information génétique
contenue dans la séquence de l’ADN ou dans celle
des protéines qu’il code.
La bio-informatique structurale traite de la
reconstruction, de la prédiction ou de l’analyse de la
structure 3D ou du repliement des macromolécules
biologiques (protéines, acides nucléiques).
La bio-informatique des réseaux s’intéresse
aux interactions entre gènes, protéines, cellules
et organismes.
Pistes d’avenir
Après le stockage de ce fux ininterrompu d’infor-
mations, le défi est de produire de nouvelles
connaissances sur le fonctionnement des cellules
des organismes vivants :
Quand et dans quelles conditions les gènes vont-ils
enclencher la fabrication de protéines ?
Comment les protéines fabriquées interviennent-
elles dans le fonctionnement de la cellule ?
De nouveaux développements bio-informatiques
permettront d’identifer les gènes impliqués dans
les maladies et de comprendre leurs interactions.
Par exemple, il sera possible d’établir des cartes
d’identité moléculaires à des centaines de maladies
portant sur des milliers de gènes et de protéines.
Elles peuvent alors s’appuyer sur la modélisation
moléculaire et les simulations issues de ces
recoupements pour mieux comprendre la
biochimie cellulaire et mettre au point des
médicaments spécifiques et ciblés. Ces
méthodes ont par exemple permis de détecter
des gènes impliqués dans le cancer, d’identifer
des cibles thérapeutiques ou de diagnostiquer
des cancers.
5
2
projets bio-informatiques sont fnancés par le programme Investissements
d’Avenir : IBC, Reset, Mapping, ABS4NGS et Nilconnect.
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Quel est l’apport de la biologie des systèmes ?
(1) « Finishing the Euchromatic Sequence of the Human Genome », International Human Genome Consortium (2004) Nature 431: 931-945.(2) Défnition extraite
de la fche 61. Santé 2025. « Biologie des systèmes », par François Iris et Manuel Gea. Bio-Modeling Systems. (3) Fiche 61. Santé 2025. Ibid.cité. Disponible sur
www.sante-2025.org (4) « Biologie systémique : des concepts d’hier aux découvertes de demain », par Anne-Ruxandra Caryunis, Elisa Gomez, Nicolas Thierry-Ming,
Laurent trilling et Marc Vidal. « Médecine Sciences ». Juin-juillet 2009. Page 578.
La biologie des systèmes est une démarche nouvelle
qui s’attache par modélisation mathématique à intégrer
différents niveaux d’informations
2
pour comprendre comment
fonctionnent des systèmes biologiques.
En étudiant les relations et les interactions entre les différentes
parties d’un système biologique, les chercheurs tentent
de découvrir le modèle de fonctionnement de la totalité
du système.
le chiffre
1 million
C’est le nombre de
protéines différentes
qui peuvent être produites
dans les cellules humaines
1
.
Les entreprises du médicament s’adaptent au nouveau paradigme
de la biologie des systèmes
Elles perçoivent la biologie des systèmes comme
une approche qui améliorera à l’avenir le
rendement des « découvertes pharmaceutiques »
en considérant le contexte biologique plus tôt
dans le processus.
Elles espèrent mieux comprendre la maladie,
car la biologie des systèmes « regarde »
comment la modifcation de l’environnement
(pollution, mode de vie, alimentation...) infuence
les voies métaboliques. Elles entendent aussi
mieux identifer le mode d’action véritable d’un
État des lieux
L’hypothèse de départ est formulée à partir des
connaissances scientifques disponibles sur un
système à un moment donné. Elles sont intégrées
dans un modèle mathématique préliminaire.
Certains éléments du système seront perturbés.
On compare alors l’état perturbé avec celui d’ un
témoin normal. Les résultats obtenus ne seront
pas tous conformes au modèle mathématique
de départ. D’où une modifcation des hypothèses
initiales.
Les hypothèses de travail modifiées serviront
à concevoir en retour d’autres perturbations
expérimentales du système. Ce raisonnement
sera répété autant que nécessaire jusqu’à ce que
les résultats expérimentaux se superposent
avec le modèle mathématique.
Pistes d’avenir
L’application de la biologie des systèmes par
l’industrie pharmaceutique se caractérise par
l’introduction de modélisations à l’échelle d’un
système et par l’utilisation de bases de données,
avec pour effet d’améliorer l’effcacité et la sécurité
des nouveaux traitements.
La biologie des systèmes
3
n’en est qu’à ses débuts.
Au vu des progrès réalisés ces trente dernières
années, il est probable que la modélisation
de systèmes multicellulaires devienne un jour
une réalité avec, à la clé, des développements
cliniques et thérapeutiques raisonnés, ciblés et
ouverts à un suivi en temps réel et à des coûts
maîtrisés.
En l’état actuel des connaissances, la recherche de
biomarqueurs – groupes de gènes ou de protéines
assez faciles à mesurer et donc susceptibles
d’établir un diagnostic ou un pronostic – est utilisée
pour le traitement des cancers notamment.
médicament par une analyse de tous les niveaux
d’organisation du système, en modifant tous les
paramètres possibles.
Elles passent ainsi de la biologie moléculaire
traditionnelle, de nature réductionniste,
concentrée principalement sur la caractérisation
des composants individuels de la cellule, à une
biologie systémique, de nature «intégrative et
holistique »
4
, qui met l’accent sur le tout plutôt
que sur les parties.
En biologie, un système peut prendre la forme d’un facteur de transcription
régulant sa propre expression, d’un ensemble des cellules d’un organisme ou
d’un ensemble des individus d’une population.
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Quelles perspectives ouvre
la biologie synthétique ?
(1) Fiche réalisée à partir de la fiche 59. « Biologie de synthèse » Santé 2025 rédigée par François Kepes. Disponible sur www.sante-2025.org
(2 et 3) Explications plus détaillées dans « Les mondes nouveaux de la biologie ». François Gros. Éditions Odile Jacob. Janvier 2012.
La biologie de synthèse
1
est une technoscience émergente
et un futur poids lourd économique. Elle se défnit comme
l’ingénierie de composants et systèmes biologiques qui
n’existent pas dans la nature, et la réingénierie d’éléments
biologiques existants. Dans le domaine de la santé, elle
ouvre la voie à des solutions puissantes en chimie fne du
médicament, en capteurs diagnostiques et, à terme, en
procédés thérapeutiques complexes et adaptatifs.
le chiffre
500 millions
de dollars
(411 millions d’euros)
C’est le montant que les Américains
allouent aux projets en biologie
de synthèse – les plus importants
de l’histoire de la biologie.
Les entreprises du médicament ont déjà pris le tournant
de la biologie de synthèse
Elles ont produit le premier médicament issu
de la biologie de synthèse – l’artemisinine,
un antipaludéen – et utilisent un outil de
diagnostic (extraction sur tissus) issu de la
biologie de synthèse, qui permet de suivre
annuellement près de 400 000 patients
atteints de viroses multiples.
Elles se focalisent notamment sur la fabrication
de génomes de virus
3
, ce qui leur permet de
État des lieux
La biologie de synthèse cherche à créer un
organisme vivant qui n’existe pas dans la nature.
Il s’agit notamment de reproduire synthétiquement
par voie chimique des génomes entiers de virus et
de bactéries et d’en créer de nouveaux, porteurs
de changements artifciels c’est-à-dire quasiment
des espèces microbiennes nouvelles
2
.
Son essor s’appuie sur les progrès des techniques
de lecture (séquençage) et d’écriture (synthèse) de
l’ADN. Son développement se construit autour de
l’assemblage de briques élémentaires (bio-brick)
afin de former des composants, eux-mêmes
considérés comme des parties d’un système plus
intégré.
Pistes d’avenir
La biologie de synthèse est un domaine en pleine
émergence. Il n’est plus question de se contenter
d’étudier la nature et le vivant, mais de créer des
organismes avec des fonctions utiles et exploitables.
Le lien entre recherche fondamentale et appliquée
devra être favorisé par une proportion croissante
d’appels à projets impliquant nécessairement
l’industrie, ainsi que par le renforcement de
plateformes comme lieux privilégiés de rencontre
entre industrie et académie.
La confiance citoyenne devra être alimentée
par une innovation manifestement responsable,
une transparence de la recherche fondamentale
et une information de qualité.
mieux apprécier leur pouvoir infectieux et ainsi
de se lancer dans la conception de nouveaux
vaccins.
Elles espèrent à terme pouvoir intervenir au
niveau des capacités biosynthétiques des
cellules pour la production de substances
d’intérêt thérapeutique.
Le potentiel de la biologie de synthèse couvre un vaste champ d’applications
allant de l’agencement d’un réseau complexe de molécules d’ADN
au développement de valves cardiaques artifcielles.
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Bientôt des anticorps monoclonaux
pour toutes les pathologies ?
(1) Ibid.cité. (2) « Les anticorps monoclonaux : une avancée thérapeutique récente et majeure », par Gilles Paintaud, Fabien Lejarre, David Ternant, Philippe Goupille et
Hervé Watier. (3) Anticorps humain à 90 % c’est pourquoi il est mieux toléré par l’organisme humain. Son effcacité est renforcée car sa demi-vie est plus
longue dans l’organisme. (4) Anticorps fabriqués à partir de séquences de souris. (5) La différence entre l’anticorps chimérique et l’anticorps humanisé
se situe au niveau de la proportion conférée aux séquences de souris (ou d’autres espèces). L’anticorps chimérique est humain à 60% Source : www.
masterbiologie.fr/M1_web/index2.php?id=5&p=8 (6) « Anticorps humanisés en thérapeutique », par Dominique Bellet et Virginie Dangles. Med Sciences.
2005-21 : 1054-62. (7) Pour plus de détails, voir « Nouvelles avancées dans l’utilisation des anticorps monoclonaux en thérapeutique », par A.J Scheen. Rev Med
Liège 2009. 64 : 5-6 ; 253-256. (8) Ehrlich p. in Phycical Chem 1904 : 61 : 379-392.
Le succès des anticorps monoclonaux (Ac) est le résultat d’un
long cheminement depuis la découverte historique de leur
technique de fabrication, en 1975. Les Ac ont profondément
bouleversé la thérapeutique dans un grand nombre de
pathologies et les quelque 250
2
anticorps en développement
devraient continuer à apporter des solutions à des besoins
médicaux non couverts.
le chiffre
21
1
C’est le nombre
d’anticorps monoclonaux
à la disposition des
patients aujourd’hui.
Les entreprises du médicament élargissent l’éventail thérapeutique
des anticorps monoclonaux
Elles sont parvenues à développer des Ac
humanisés
3
ou totalement humains plus
actifs et mieux tolérés que les Ac murins
4

ou chimériques
5
souris-homme utilisés
initialement.
Elles améliorent sans cesse la conception
des anti corps humani sés grâce à une
ingénierie
6
toujours plus performante.
État des lieux
Les anticorps sont des protéines sécrétées
par certaines cellules du système immunitaire
qui s’attachent aux substances étrangères
au corps (bactéries, virus), appelées antigènes.
Ils les « marquent » afn qu’elles soient évacuées
ou détruites par d’autres composants du système
immunitaire. Ce dernier se souvient ensuite de ces
antigènes et peut libérer les mêmes anticorps si
l’occasion se représente.
Les anticorps monoclonaux sont des anticorps
artificiellement produits à partir de clones
de cellules contre un antigène spécifque.
Le premier anticorps monoclonal a été commercialisé
en 1986. Mais c’est le début du XXI
e
siècle qui
marque vraiment l’émergence des anticorps
monoclonaux en tant qu’outil thérapeutique ciblé.
Pistes d’avenir
Chaque année ou presque apporte son lot
d’anticorps monoclonaux, étendant ainsi l’éventail
de leurs possibilités de traitement : cancer
du sein, maladie de Crohn, polyarthrite rhumatoïde,
psoriasis, leucémie myéloïde, asthme, DMLA.
Comme le nombre d’antigènes pouvant être
ciblés est potentiellement infni, ces médicaments
devraient devenir incontournables au cours de la
prochaine décennie.
Leur mise sur le marché à plus ou moins brève
échéance résulte cependant de nombreuses
activités qui comportent chacune un aléa qu’il faut
gérer au mieux avec les ressources allouables, les
savoir-faire, la disponibilité des patients prêts à
participer à un essai clinique et l’interprétation des
réglementations, afn de ne pas allonger les délais.
Elles travaillent au développement d’anticorps
« armés
7
», qui consiste à utiliser des Ac comme
des vecteurs permettant une délivrance ciblée
d’autres molécules. Plusieurs approches
sont en cours utilisant des fragments d’Ac
recombinants, ouvrant la voie à des perspectives
thérapeutiques prometteuses.
Les anticorps seront utilisés en thérapeutique comme « des balles magiques ».
C’était la vision du biologiste Paul Ehrlich
8
au début du XX
e
siècle.
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Les cellules souches
1
sont-elles indispensables
au progrès thérapeutique ?
(1) Fiche réalisée à partir des fches 53-54-55 rédigées par Marc Peschanski, directeur de l’Institut I-Stem Santé 2025. Disponibles sur www.sante-2025.org (2) Terme qui
signife littéralement « essais cliniques dans un plat ». Extrait du rapport « Toxicity Testing in the 21
st
Century : a Vision and Strategy » The National Academy of
Sciences. 2007. (3) Publication des travaux de Advanced Cell Technology (ACT) et de la David Geffen Medical School. UCLA. « The Lancet ». 25 janvier 2012.
Ce qui n’était qu’une hypothèse de travail en 2004 s’est
progressivement mué en évidence pour les chercheurs et les
industriels : les cellules souches pluripotentes, embryonnaires
ou induites par reprogrammation génétique (les cellules iPS)
constitueront l’un des outils innovants de l’industrie de la
santé au XXI
e
siècle. Ces cellules ouvrent en effet de vastes
perspectives en termes de compréhension des pathologies,
de toxicologie prédictive et de mise au point de nouveaux
médicaments.
le chiffre
134
banques de cellules
souches sont issues
du sang de cordon dans
le monde.
Les entreprises du médicament ont commencé à anticiper
la révolution à venir
Elles investissent dans la mise en place de
laboratoires dédiés aux cellules souches
humaines, avec un accent particulier sur les
cellules souches pluripotentes, et tissent des
liens étroits avec les instituts académiques
spécialisés dans le domaine.
El l es ont consci ence que l a voi e vers
l’industrie de demain passe par la création
de ressources biologiques et technologiques
(lignées de cellules souches, techniques de
production). Ces domaines feront l’objet d’une
compétition internationale intense au cours des
État des lieux
Dès l’origine, l’émergence des cellules iPS a été
associée à la modélisation des pathologies, à la
toxicologie prédictive et au « drug discovery »
(recherche cognitive moderne).
Les recherches visant à identifer les mécanismes
moléculaires cibles associés aux pathologies
permettent en effet leur identification précise
avec, à la clé, la pertinence des tests cellulaires
sur lesquels sont criblés les composés pharma-
cologiques et protéiques.
Même si de nombreuses avancées technologiques
sont conçues sur les cellules iPS, toutes les voies
de recherche doivent être explorées car elles
sont complémentaires plutôt que concurrentes.
Ainsi, les travaux sur les iPS n’ont pu aboutir que
grâce aux recherches sur les cellules souches
embryonnaires.
Pistes d’avenir
La biologie cellulaire appuyée sur les lignées
de cellules souches humaines va prendre une
grande place dans l’organisation de la R&D des
industries de santé réalisant les « clinical trials
in a dish »
2
.
Les technologies de production des lignées,
d’amplifcation, de stockage et de différenciation
des cellules indifférenciées quitteront le domaine
académique pour prendre l’échelle industrielle.
Si seulement 42 produits sont commercialement
disponibles début 2011, le marché des produits
de biothérapies cellulaires est estimé à 3 milliards
de dollars (2,47 milliards d’euros) en 2015.
quinze années à venir. La mise à disposition de
futurs traitements contre la dégénérescence
maculaire liée à l’âge (DMLA)
3
notamment, en
dépend.
Elles nouent des alliances fortes avec les
leaders industriels de la robotique et de
l’informatique, à même de répondre aux défs
du traitement à grande échelle des produits du
vivant et des données correspondantes, ainsi
qu’à l’automatisation massive des procédés et
à leur miniaturisation.
Il existe 3 sortes de cellules souches : adultes, embryonnaires
ou induites par reprogrammation génétique.
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Les nanotechnologies
1
vont-elles permettre
d’améliorer la délivrance du médicament ?
(1) Fiche réalisée à partir de la leçon inaugurale de Patrick Couvreur au Collège de France. Chaire d’innovation technologique Liliane Bettencourt.
(2) Étude Leem. « Les nanotechnologies appliquées à la médecine », 2009. Disponible sur www.leem.org (3) Article d’Alain Perez, « Les nanomédicaments
s’attaquent au cancer », publié dans « Les Échos » le 12 février 2011. À consulter sur http://spiral.univ-lyon1.fr/fles_m/M5542/Files/367328_277.pdf
L’utilisation de nanotechnologies, capables de transporter les
médicaments dans l’organisme et de les libérer à l’intérieur
de la cellule, augmente l’activité thérapeutique et réduit
la toxicité de nombreux médicaments. Plus spécifiques
que les formulations pharmaceutiques traditionnelles, les
nanomédicaments permettent de concevoir de nouvelles
stratégies contre certaines maladies graves : cancers,
maladies métaboliques ou neurodégénératives…
Les entreprises du médicament innovent grâce aux nanotechnologies
Elles utilisent le potentiel des nanotechnologies
dans la lutte contre les cancers, notamment
avec des particules magnétiques susceptibles
de repérer les cellules cancéreuses ou des
sondes microscopiques pouvant expliquer en
temps réel le métabolisme cellulaire
3
.
Elles peuvent désormais encapsuler plusieurs
molécules pour traiter différents symptômes.
État des lieux
Le monde de l’infiniment petit a révolutionné
la manière d’administrer les médicaments.
Parce qu’elles interviennent à une échelle
nanométrique (1 nm = 10
-9
m), les nanotechnologies
ne consistent pas en la simple miniaturisation
d’objets mais révèlent des propriétés qu’on ne
retrouve qu’à cette échelle de taille.
Les atomes et les molécules sont le lieu d’un design
d’un nouveau genre, utilisant leurs propriétés
électriques et magnétiques différentes à cette
nouvelle échelle.
Ainsi, l’or peut devenir très réactif disposé sous
forme de petites billes nanométriques.
Pistes d’avenir
Il est possible de construire des nanomédicaments
« intelligents » au moyen de biomatériaux utilisés
selon des procédés astucieux.
Les nanovecteurs de molécules actives sont
de nature variée : liposomes, nanocapsules,
etc. Le couplage d’un acide gras, le squalène,
à des petites molécules anticancéreuses aboutit
à des nanomédi caments pl us effi caces, et
devrait permettre de traiter les pathologies
cancéreuses résistantes aux chimiothérapies
classiques.
Il reste cependant d’importants verrous techno-
logiques à franchir : le faible pouvoir d’encapsulation
des systèmes nanoparticulaires, la libération rapide
du médicament encapsulé, la diffculté d’obtenir
des matériaux synthétiques peu toxiques et
biodégradables.
Elles sont sur la voie d’une libération du
médicament autorégulée (en réponse à un
stimulus de l’organisme) ou à distance (ondes
électromagnétiques ou stimulation infrarouge,
par exemple).
En grec, « nano » signife nain.
le chiffre
Actuellement,
36
nanoproduits
2
médicaux
sont autorisés sur le marché
français, dont 21 formulations
de « drug delivery »
et 9 biomatériaux.
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L’immunothérapie
1
est-elle la nouvelle
piste pour vaincre le cancer et les maladies
neurodégénératives ?
(1) Fiche rédigée à partir des données de l’étude « Immunothérapie » du Leem. Publiée en janvier 2012 et disponible sur www.leem.org
L’immunothérapie est un traitement qui consiste à administrer
des substances qui stimulent ou modifent les défenses
immunitaires. Elle aborde avec de nouvelles approches des
maladies fréquentes et répandues : cancer, maladies chroniques
(polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, diabète…) et
permet ainsi de répondre à des besoins de santé publique non
couverts.
le chiffre
1/3
des médicaments
en développement
dans le monde sont
des immunothérapies.
Les entreprises du médicament misent sur l’immunothérapie
Elles s’appuient sur l’excellence française
en immunologie et en vaccinologie pour mettre
au point de nouveaux traitements.
Elles développent différents outils théra-
peutiques : les anticorps ou les fragments
d’anticorps, les produits d’immunothérapie
cellulaire, les vaccins, qu’ils soient théra-
peuti ques ou préventi fs, l es i mmuno-
modulateurs, sans oublier les biomarqueurs,
qui permettent d’évaluer l’impact des
traitements d’immunothérapie.
État des lieux
Le but de l’immunothérapie est de stimuler les
mécanismes immunitaires, c’est-à-dire les réponses
immunes quand celles-ci sont insuffsantes. On
parle alors d’immunostimulation. Dans certains cas,
l’immunothérapie permet de juguler l’immunité.
Quand la réponse immune est excessive ou
indésirable, on parle d’immunosuppression. Il
convient ainsi de distinguer l’immunothérapie
active de l’immunothérapie passive.
Pistes d’avenir
Les immunothérapies auront un impact signifcatif
sur quatre aires majeures : les cancers, les
maladies infectieuses, les maladies auto-immunes
et les transplantations.
Elles cherchent à structurer la filière de
l’immunothérapie en France en s’appuyant
sur les plateformes existantes (clinique de la
Souris, à Strasbourg, plateforme de Nantes,
etc.).
Deux nouvelles approches d’immunothérapie vaccinale chez des patients atteints
de cancers de la prostate ou de mélanomes ont démontré leur effcacité dans
des essais cliniques de phase III.
Anticorps
Interféron
Vaccins
Désensibilisation
Non-spécifiques :
stimuler l’activité d’une 
cible intermédiaire qui 
aura un rôle effecteur 
du système 
immunitaire
Spécifiques :
stimuler l’activité d’un 
ou plusieurs types de 
cellules immunitaires 
en particulier
Passives :
utilisent des réactifs 
immunologiques 
apportés de 
l’extérieur
Actives :
mobilisent ou renforcent 
les ressources du 
système immunitaire
du malade
Impact de l’immunothérapie par aires thérapeuthiques
Transplantation
Respiratoires
Allergies
Maladies auto-immunes
Maladies infectieuses
Oncologie
Autres
SNC
Cardio
1 : impact très faible
2 : impact faible
3 : impact moyen
4 : impact important
Constat 2011 Vision cible à 2025
5 : impact très important
1 2 3 4 5
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Pourra-t-on un jour remplacer les gènes
défectueux ?
La thérapie génique est entrée dans le vocabulaire commun
avant qu’elle n’ait fait la preuve de son effcacité autrement
que dans des cas isolés ou d’une manière transitoire.
La progression des connaissances laisse entrevoir de
nombreuses possibilités thérapeutiques, mais aussi des
risques, car la régulation de l’expression des gènes apparaît
d’une plus grande complexité que ce qu’on avait imaginé.
Les entreprises du médicament croient au potentiel de la thérapie
génique et même de la chirurgie génique
Elles suivent attentivement les recherches
de nouvelles stratégies thérapeutiques : des
essais
2
sont en cours pour « court-circuiter »
les altérations consécutives aux mutations
apparaissant au niveau des ARN-messagers
(codon-stop) ou des pré ARN-messagers
(saut d’exon).
Elles s’intéressent à une autre voie d’avenir
qui consiste à intervenir directement au cœur
État des lieux
La thérapie génique intervient pour corriger
les défauts d’un gène. Elle consiste à injecter
un gène sain dans la cellule pour remplacer le
gène défectueux afn de produire des protéines
thérapeutiques spécifiques pour combattre ou
corriger la maladie.
Un vecteur est nécessaire pour conduire le gène
sain à la cellule visée et atteindre le gène
défectueux. On a presque toujours recours à des
systèmes artifciels capables de franchir la barrrière
membranaire, en transportant avec eux le gène
compensateur du défaut génétique.
Les meilleurs systèmes vecteurs se révèlent être
les virus, qui ont développé au cours de l’évolution
un très grand nombre de stratégies leur permettant
de pénétrer dans la cellule, mais aussi d’intégrer
leur génome.
Pistes d’avenir
Les thérapies géniques réalisées par l’équipe
d’Alain Fischer pour traiter les enfants bulles ont
fait naître de grands espoirs, malheureusement
tempérés par l’apparition d’une forme de lymphome
chez certains enfants traités.
La modifcation des protocoles et des vecteurs
viraux utilisés a toutefois permis de pratiquer
cette thérapie génique avec succès en France et
en Grande-Bretagne.
Récemment, d’autres succès de thérapies géniques
dans le traitement de l’adrénoleucodystrophie
1

et de la thalassémie ont ouvert de nouvelles
perspectives.
de l’ADN, soit une véritable chirurgie du gène.
Elles suivent les travaux sur les méganucléases,
des « ciseaux moléculaires à ADN » qu’on peut
utiliser pour remplacer, supprimer ou modifer
des séquences de façon extrêmement ciblée.
Des essais sont en cours pour traiter de cette
manière, le xeroderma pimentosum (maladie
de peau) et l’anomalie de RAG-1
3
.
Mi-décembre 2011, quasi-guérison par thérapie génique de 4 patients atteints
d’une forme sévère d’hémophilie B. Sur 6 patients, 4 ont vu leur maladie
passer d’un stade sévère à un stade banalisé, ce qui leur permet de mener
une vie presque normale.
le chiffre
35
enfants dans le monde vivent
aujourd’hui grâce à un gène
thérapeutique introduit par un
vecteur viral dans les cellules
souches de la moelle osseuse.
(1 et 2) François Gros. « Les mondes nouveaux de la biologie », éditions Odile Jacob, janvier 2012. Ibid.cité. (3) Maladie qui cause des défciences
immunitaires aiguës.
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Les nouveaux médicaments seront-ils tous
accompagnés de leur biomarqueur
1
?
(1) Fiche réalisée à partir de la fche 60 rédigée par Alain Huriez, directeur général de TcLand Expression. Santé 2025. Disponible sur www.sante-2025.org
(2) Chiffres extraits de l’étude du Leem « Le biomarqueur comme outil de diagnostic compagnon de produits thérapeutiques Impacts sur la R&D et sur les
modèles économiques des industriels de la santé », mars 2012. Disponible sur www.leem.org
Le terme de biomarqueur est d’utilisation relativement
récente, associé de plus en plus étroitement à la notion
de médeci ne personnal i sée. Cet t e émergence est
la conséquence directe des progrès récents de la biologie
moléculaire, des techniques d’analyse et de prélèvement,
des progrès considérables des analyses bio-informatiques et
biostatistiques rendues possibles par des outils de plus en
plus performants. Le biomarqueur va sans nul doute constituer
la base de la médecine personnalisée du XXI
e
siècle, associant
médicament ciblé et son biomarqueur.
Les entreprises du médicament sont très actives dans le champ
des biomarqueurs
Elles intègrent les biomarqueurs dans toutes
les étapes de la chaîne de recherche de
développement et de valeur de l’industrie
pharmaceutique.
Elles investissent le champ des biomarqueurs
en association avec de nombreux acteurs,
chercheurs, investisseurs, compte tenu de
État des lieux
Le biomarqueur est devenu un concept familier,
correspondant à de multiples défnitions, qu’il soit
prédictif ou diagnostique, utilisé en clinique ou en
R&D, qu’il soit un diagnostic associé à une molécule
ou non.
Pour obtenir l’information pertinente, il peut aussi
dépendre de technologies aussi diverses que la
génomique, la transcriptomique, la protéomique,
ou encore l’imagerie.
Ce sont des entreprises de biotechnologie nord-
américaines qui ont les premières développé
et commercialisé des marqueurs sanguins ou
tumoraux tissulaires diagnostiques ou prédictifs
de pathologie ou de réponse au traitement.
Pistes d’avenir
Les biomarqueurs amélioreront la qualité des
solutions thérapeutiques. Ils permettront non
seulement d’offrir des thérapeutiques ciblées et
à la carte aux patients mais seront également
utilisés largement pour le dépistage, la prévention,
et toutes les informations prédictives visant à
toujours mieux soigner les patients.
Les biomarqueurs seront à la portée de tous et
constitueront la base de n’importe quelle offre de
soins.
L’utilisation des biomarqueurs sera généralisée et
encouragée par le corps médical et les systèmes
de santé.
l’importance économique et médicale de cette
technologie.
Elles sont poussées au développement de
biomarqueurs par les autorités réglementaires
et les pouvoirs publics, car ils ont un impact
sur la qualité, l’effcacité et le coût des soins.
Le premier biomarqueur commercialisé est le marqueur de la protéine HER 2,
afn de traiter de façon ciblée les femmes atteintes de cancer
du sein surexprimant cette protéine.
le chiffre
En oncologie, 54
2
biomarqueurs dits
« compagnons » sont
déjà commercialisés
en 2011-2012,
et 97 vont l’être.
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Les médicaments peuvent-ils être produits
par des OGM ?
Les OGM ( organi smes génét i quement modi f i és) ou
organismes transgéniques sont non seulement des modèles
d’étude intéressants, mais également des « producteurs » de
molécules ayant des effets thérapeutiques. C’est le cas des
organismes auxquels a été transféré un gène dans le but
de leur faire produire une protéine d’intérêt thérapeutique.
Les entreprises du médicament utilisent les possibilités
de la transgénèse
Elles utilisent les techniques de la biologie
moléculaire et les capacités de synthèse
protéique des micro-organismes pour la
production de nombreux médicaments.
Elles envisagent d’augmenter la production de
médicaments par des plantes transgéniques,
notamment en vue de minimiser les risques
de transmi ssi on d’agents i nfecti eux à
l’homme. En effet, il n’existe pas de maladies
État des lieux
Depuis une vingtaine d’années, un certain nombre
de protéines thérapeutiques dites « recombinantes »
sont produites par des OGM : insuline, hormones
de croissance, vaccins, facteurs de coagulation,
anticorps monoclonaux.
La transgénèse consiste à transférer dans le
patrimoine génétique d’un organisme un ou plusieurs
gènes d’intérêt apportant une caractéristique
nouvelle à l’organisme receveur.
Avantages : cette méthode permet d’obtenir des
protéines « pures » de structure proche de celle
de la protéine humaine – provoquant donc peu
de réactions d’immunisation – et d’éliminer les
risques de transmission d’agents infectieux liés à
l’extraction de produits d’origine humaine.
Hélas les coûts de production sont encore élevés,
notamment pour obtenir des produits en quantités
suffsantes.
Pistes d’avenir
L’hormone de croissance humaine a été la première
protéine d’intérêt thérapeutique à être produite
par une plante transgénique, le tabac, en 1986.
Depuis, diverses autres protéines, comme
l’interféron alpha, l’érythropoïétine, l’albumine
sérique, les anticorps, les enveloppes protéiques
de virus ou encore les toxines, ont été produites
par le tabac ou d’autres plantes comme la tomate,
la pomme de terre ou le maïs.
À court terme, c’est la production d’anticorps qui
devrait susciter la plus forte demande.
Il paraît théoriquement possible d’administrer une
protéine – un vaccin par exemple – en consommant
des tomates ou des bananes génétiquement
modifées en vue de la production de cette protéine.
transmissibles de la plante à l’homme. Des
travaux de recherche ont, par exemple, porté
sur des plantes susceptibles de produire un
vaccin recombinant contre la grippe.
Elles bioproduisent des médicaments à partir
de bactéries, de levures, de cellules en culture
et d’animaux dont le patrimoine héréditaire
a été modifé en vue de la production de ces
protéines.
Le terme OGM, organisme génétiquement modifé,
s’applique habituellement aux plantes.
le chiffre
1
antithrombine humaine
recombinante obtenue dans
le lait de chèvre transgénique
a été autorisée dans l’Union
européenne en 2006.
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Les plans de santé publique favorisent-ils
la recherche et le progrès thérapeutique ?
1
(1) Le livre des plans de santé publique. Ministère de la Santé. Édition 2010/2011. (2) Rapport INCa. 2011.
Les plans de santé publique et notamment, les plans
nationaux – plan cancer, plan maladies rares, plan Alzheimer –
concentrent, organisent et soutiennent les initiatives de tous
les acteurs concernés par ces pathologies pour accélérer le
diagnostic et la recherche, mais aussi pour accompagner les
malades et leur entourage. Ils participent à la mise en place
de véritables flières.
Les entreprises du médicament soutiennent activement la dynamique
de coopération créée par les plans
Elles sont fortement engagées dans le plan
Alzheimer qui a permis d’enclencher un processus
partenarial de partage des connaissances et des
recherches, seul capable de répondre aux défs
de cette maladie.
El l es sont au cœur d’une contri buti on
extrêmement positive de la France ayant pour
fnalité d’accélérer l’ensemble des processus
de recherche internationaux.
État des lieux
Les plans cancer, maladies rares et Alzheimer
affichent les priorités des pouvoirs publics en
matière de santé. Ils favorisent ainsi l’essor de
la recherche sur ces pathologies et donnent une
visibilité internationale aux équipes, aux hôpitaux
et aux plateformes technologiques engagées dans
la lutte contre ces maladies.
Lors du premier plan cancer (2003-2007), plus de
56 millions d’euros
2
ont été consacrés aux projets
de recherche en cancérologie, aux plateformes
technologiques, aux centres de ressources
biologiques, à la formation et au soutien de jeunes
équipes de recherche. 225 équipes de recherche
ont ainsi reçu un soutien spécifque.
Le second plan cancer (2009-2013), prévoit une
enveloppe de près de 400 millions d’euros pour
l’axe recherche, avec un soutien renforcé et majeur
à la recherche fondamentale et à la recherche
pluridisciplinaire.
Pistes d’avenir
La recherche sur la maladie d’Alzheimer
bénéfcie de 200 millions d’euros sur cinq ans
dans le cadre du plan Alzheimer lancé en 2008.
L’effort concerté a permis de sélectionner des
projets de recherche innovants, d’attirer de jeunes
talents ou des chercheurs confrmés, de fournir
l’équipement nécessaire au suivi des cohortes
de patients, et d’ouvrir de nouvelles perspectives
thérapeutiques.
La maladie d’Alzheimer est devenue une action
pilote pour la programmation conjointe européenne
qui associe 25 pays sous la coordination française.
Le volet recherche du second plan maladies
rares (2010-2014) permettra notamment de
mieux coordonner les efforts de recherche sur les
maladies rares, d’améliorer l’accès des équipes
de recherche à des plateformes technologiques
hautement performantes et de développer
des partenariats public-privé pour accélérer la
recherche thérapeutique.
Elles bénéficient, grâce aux recherches
permises par les plans cancer, d’avancées
comme le séquençage complet du génome
des cinq cancers les plus fréquents qui ouvrent
des perspectives en termes de diagnostic et
de traitement.
Au-delà des plans de santé évoqués, le vieillissement, l’obésité, le diabète,
et les virus émergents sont des priorités auxquelles la recherche biomédicale
devra apporter des réponses en termes de connaissances et de soins innovants.
le chiffre
30
plans de santé publique
sont en cours en 2012.
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L’ÉCONOMIE
Du MÉDICAMENT
61 En quoi consiste la politique de régulation du médicament en France ?
62 Comment le prix du médicament est-il fxé en France ?
63 Pourquoi certains médicaments sont-ils remboursés et d’autres pas ?
64 Le médicament creuse-t-il le défcit de l’Assurance maladie ?
65 Les génériques sont-ils un facteur d’économies pour l’Assurance maladie ?
66 L’industrie du médicament est-elle stratégique pour la France ?
67 Quelle est le rôle de l’industrie pharmaceutique européenne en matière de R&D ?
68 Quel est le coût du développement d’un médicament ?
69 Quels sont les enjeux liés à la propriété intellectuelle ?
70 L’industrie pharmaceutique est-elle encore innovante ?
71 La France reste-t-elle attractive pour les industries de santé ?
72 Les biotechnologies sont-elles la clé du développement économique de l’industrie
du médicament ?
73 Quel est l’avenir de la production industrielle en France ?
74 La France est-elle dans la course de la bioproduction ?
75 Les sites pharmaceutiques français sont-ils voués à être délocalisés ?
76 Où en est l’emploi dans l’industrie du médicament ?
77 Quel est le poids de l’industrie du vaccin ?
78 Comment l’industrie du médicament participe-t-elle à la constitution de flières de santé ?
79 La France reste-t-elle une terre d’investissements pour l’industrie pharmaceutique ?
80 Quel rôle joueront les industries de santé dans le monde en 2025 ?
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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L’ É CONOMI E Du MÉ DI CA ME NT
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Depuis 1994, c’est de manière conventionnelle, au moyen
d’accords-cadres régulièrement renouvelés, qu’est mise en
œuvre la politique de régulation des médicaments, notamment
pour fxer le prix de ceux qui sont remboursables.
Les entreprises du médicament souhaitent que la refonte
du système du médicament ne remette pas en cause cette
approche conventionnelle.
le chiffre
5
accords-cadres
(et 1 avenant) ont été
signés depuis 1994.
Elles considèrent que le processus conventionnel
offre un cadre de dialogue et de négociation
entre industriels et pouvoirs publics. La signature
d’un nouvel accord-cadre, en septembre 2008,
et de son avenant, en 2010, témoigne de la
volonté de maintenir le partenariat État-industrie
et de la lisibilité de l’action publique.
Elles contestent cependant les mesures connexes
au projet de loi sur le médicament, incluses
dans le PLFSS 2012
2
: augmentation de la
pression fscale pour fnancer le développement
professionnel continu des médecins, baisses
Pourquoi une politique
conventionnelle ?
La politique conventionnelle est fondée sur la juste
reconnaissance du progrès thérapeutique par le
prix, en alignant le prix des innovations sur le
niveau européen, sous réserve de maîtriser, par
une prescription rigoureuse, tant l’effet structure
que l’effet quantité.
Cette démarche a permis une diffusion rapide
des innovations thérapeutiques et constitué un
important facteur d’attractivité.
La politique conventionnelle de la décennie 1994-
2004 a fait de la France un acteur incontournable
de la production de médicaments en Europe et un
important créateur d’emplois industriels.
Les évolutions récentes :
Les industriels constatent chaque année une
sévérité accrue de la part de la Haute autorité de
santé (HAS), via sa commission de la transparence
en charge de l’évaluation du progrès thérapeutique.
La politique de maîtrise médicalisée des dépenses
est devenue beaucoup plus prégnante, notamment
avec la mise en place des contrats d’amélioration
des pratiques individuelles (Capi) prévoyant une
rémunération des médecins à la performance et
la prescription des molécules génériquées.
La politique conventionnelle du médicament est
de plus en plus souvent remise en cause par des
accords entre l’Uncam
1
et les professionnels de
santé.
de prix à hauteur de 910 millions d’euros (soit
le double de l’effort demandé chaque année
à l’industrie), déremboursements, etc. Ces
mesures d’économies interviennent alors que
la dépense de médicament est régulée.
Elles travaillent au renouvellement de l’accord-
cadre État-industrie, qui arrive à échéance
fin 2012, pour participer à l’amélioration
du système d’évaluation du médicament et
concilier maîtrise des dépenses de santé et
attractivité de la France dans le secteur des
sciences de la vie et de la santé.
61
En quoi consiste la politique de
régulation du médicament en France ?
(1) Uncam : Union nationale des caisses d’assurance maladie. (2) Projet de loi de fnancement de la Sécurité sociale.
Les entreprises du médicament privilégient le maintien de la politique
conventionnelle
La régulation et l’encadrement réglementaire du médicament semblent avoir atteint
leurs limites : aux contraintes de la régulation s’ajoute le poids des taxes spécifques
au secteur estimées à 4 % du chiffre d’affaires pour 2012.
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MARGE OFFICINALE POUR LA PARTIE DU PFHT
Comprise entre 0 et 22,90 € 26,1 %
Comprise entre 22,90 et 150 € 10 %
Supérieure à 150 € 6 %
Forfait hors taxe par boîte 0,53 €
TVA 2,1 %
MARGE GROSSISTE
Pour les PFHT inférieurs
à 450 €
6,68 % du PFHT
avec un seuil de
0,30 €
Pour les PFHT supérieurs
à 450 €
30,06 €
(somme forfaitaire)
Fixation du prix pour les
médicaments remboursables
en ville
Le prix est négocié entre le CEPS et le laboratoire
pharmaceutique dans un cadre conventionnel.
À défaut d’accord, le CEPS fxe unilatéralement
le prix des médicaments remboursables.
Le prix tient principalement compte :
- de l’ASMR (Amélioration du service médical
rendu)
2
apportée par le médicament,
- des prix des médicaments à même visée
thérapeutique,
- des volumes de ventes prévus ou constatés,
- des conditions prévisibles et réelles d’utilisation.
Le prix et l’inscription sont accordés pour cinq ans
renouvelables.
Les médicaments d’ASMR I, II, III et une partie des
médicaments d’ASMR IV peuvent bénéfcier de la
(1) Chiffre d’affaires France et export. (2) L’ASMR est une notation délivrée par la commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS). Elle
apprécie l’amélioration du service médical rendu par un médicament par comparaison aux autres médicaments déjà commercialisés dans la même classe.
Elle est cotée de 1 à 5, d’amélioration majeure à absence d’amélioration. (3) Dénomination commune internationale.
le chiffre
40 %
1
C’est la part des
médicaments remboursables
dans le chiffre d’affaires de
l’industrie pharmaceutique.
En France, les prix des médicaments remboursables sont
les derniers prix industriels à être administrés. Les prix
fabricant hors taxes (PFHT) des médicaments remboursables
vendus en offcines sont négociés entre chaque laboratoire
pharmaceutique et le Comité économique des produits de
santé (CEPS).
garantie de stabilité de prix européen : le CEPS
garantit que, sur une période de cinq ans, « le
niveau de prix ne sera pas inférieur au prix le plus
bas parmi ceux pratiqués sur les quatre principaux
marchés européens » (Royaume-Uni, Allemagne,
Italie, Espagne).
La procédure de « dépôt de prix » (le laboratoire
fixe le prix de son produit) est accordée aux
médicaments d’ASMR I à III et à une partie
des médicaments d’ASMR IV en contrepartie
d’engagements sur un prix cohérent par rapport
au prix du produit sur plusieurs marchés européens
(Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie), d’un
volume de ventes important et de la réalisation
d’études observationnelles.
À ce PFHT sont ajoutées des marges de distribution
(grossistes et pharmaciens) pour obtenir le PPHT
(prix public hors taxe), auquel on ajoute la TVA pour
obtenir le PPTTC (prix public toutes taxes comprises).
Cas particulier des médicaments génériques
Le PFHT des médicaments génériques est fxé à -60 % du prix du princeps. Le prix
du princeps est ensuite diminué, à la commercialisation du générique, de 20 %.
À l’issue de dix-huit mois d’exploitation, le Comité décide soit la mise sous TFR (tarif
forfaitaire de responsabilité) du groupe générique (princeps + génériques pour une
DCI
3
, un dosage et une forme galénique), soit la baisse du prix du princeps (-12,5 %)
et des génériques (-7 %). Afn d’encourager la substitution, la marge offcinale, pour les
médicaments génériques hors TFR, est calculée sur la base du prix du princeps : en valeur
absolue, le pharmacien gagne la même marge, qu’il vende le princeps ou le générique.
62
Comment le prix du médicament
est-il fxé en France ?
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SMR ET ASMR, DEUX CLASSEMENTS RÉGULIÈREMENT CONTESTÉS
Les industriels du médicament constatent une absence de lisibilité et d’anticipation possible des avis de la commission
de la transparence se traduisant par :
- une diminution très significative des produits acceptés au remboursement avec une foison de SMR insuffisants
- un refus de prise en charge de nouvelles molécules pourtant commercialisées dans la quasi-totalité des pays d’Europe
- une évaluation du niveau d’ASMR également beaucoup plus sévère
(1) Entretien avec Gilles Bouvenot. APM. Lundi 5 décembre 2011. « La Commission de la transparence va préciser par écrit sa doctrine ».
Elles mesurent que la liste des médicaments
remboursables, ainsi que leur taux de
remboursement, sont des données en constante
évolution.
Elles souhaitent cependant une clarifcation
des critères de remboursement et de non
remboursement.
Elles s’élèvent contre des mesures de
déremboursement justifées par des critères
uniquement conjoncturels : le médicament
ne doit pas être la variable d’ajustement du
système de Sécurité sociale.
Le processus de remboursement
Le laboratoire qui souhaite que ses médicaments
soient remboursés remplit un dossier technique qu’il
envoie à la fois à la commission de la transparence
de la HAS et au comité économique des produits
de santé (CEPS). Il s’accompagne d’un dossier
économique justifiant le prix sollicité, destiné au
seul CEPS.
L’avis de la HAS est destiné au ministère de la
Santé qui décide de l’inscription au remboursement
du médicament, le CEPS fxant son prix et l’Union
nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam),
son taux de remboursement.
La commission de la transparence de la HAS donne
un avis sur le service médical rendu (SMR) par le
médicament. Elles prend en compte son effcacité,
ses effets indésirables, sa place dans la stratégie
thérapeutique, la gravité de l’affection à laquelle
il est destiné, le caractère préventif, curatif ou
symptomatique du traitement et son intérêt pour
la santé publique. Le SMR est décliné de majeur à
insuffsant : il ne compare pas le médicament aux
autres produits mais permet de défnir un taux de
remboursement. Les médicaments qui obtiennent
un SMR insuffsant ne peuvent être inscrits sur la
liste des médicaments remboursables.
L’avis de la commission de la transparence évalue
également l’amélioration du service médical rendu
(ASMR) ,qui compare la valeur ajoutée de la nouvelle
molécule aux traitements existants sur une échelle de
I (innovation majeure) à V (absence d’amélioration).
L’ASMR est un élément de négociation du prix.
La commission de la transparence répondra aux critiques d’imprévisibilité formulées
par l’industrie pharmaceutique à l’encontre de ses décisions
1
. Ses arguments
fgureront dans le rapport annuel 2011 de la Haute autorité de santé (HAS).
Le taux de remboursement d’un médicament (ville) varie en
fonction de son service médical rendu (SMR). Il est apprécié
par la commission de transparence de la Haute autorité
de santé (HAS), qui peut préconiser au gouvernement le
déremboursement de certains produits pharmaceutiques
qu’elle juge à « service médical rendu insuffsant ».
le chiffre
4
C’est le nombre de taux
de remboursement pour
les médicaments :
100 %, 65 %, 30 % et 15 %.
63
Pourquoi certains médicaments
sont-ils remboursés et d’autres pas ?
Les entreprises du médicament ont conscience que les priorités
de santé publique évoluent
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Les entreprises du médicament sont engagées auprès des autres
acteurs de santé pour résorber le défcit de l’Assurance maladie.
Elles contribuent, par le rôle majeur et sous-
estimé du médicament à l’hôpital, à diminuer la
durée des séjours et à améliorer la qualité des
soins journaliers : une source d’économies.
Elles souscrivent aux choix politiques et
sociétaux français fondés sur un accès
universel à l’innovation, à des soins de
qualité et à une prise en charge importante
par l’Assurance maladie obligatoire.
Ces choix ont pour conséquence un coût
collectif du médicament légèrement supérieur
en France, en raison d’un effet structure qui
privilégie des produits plus récents et plus
innovants. Ce coût collectif pourrait être
réduit, sans porter préjudice à la santé du
patient, en promouvant l’automédication
ou en révisant le système des ALD, dont le
nombre d’admissions a doublé ces vingt
dernières années.
État des lieux
En 2010, les remboursements de l’Assurance
maladie du régime général se sont élevés
à 126 milliards d’euros.
En 2010, les remboursements de médicaments
(en ville et à l’hôpital) étaient de 22,7 milliards
d’euros. En moyenne, le médicament est remboursé
à 76 %, un chiffre en augmentation, en raison de
l’accroissement du nombre de personnes prises
en charge à 100 %.
Évolution
La part du médicament dans les remboursements
de l’Assurance maladie était de 18 % en 2010,
un chiffre stable depuis 2005.
16 % des assurés du régime général bénéfcient
d’une prise en charge à 100 % au titre d’une
affection de longue durée (ALD).
Ils représentent 60 % des remboursements de
l’Assurance maladie et 90 % de la croissance des
dépenses.
Le défcit de l’Assurance maladie s’est creusé ces dernières
années. Contrairement aux idées reçues, la part du médicament
dans les remboursements de l’Assurance maladie reste stable,
le médicament contribuant activement au respect de l’objectif
national des dépenses d’assurance maladie (Ondam).
le chiffre
18 %
C’est la part du
médicament dans les
remboursements de
l’Assurance maladie
1
.
Compte tenu du vieillissement de la population et de la montée de l’incidence
des cancers et du diabète, le nombre d’Affections longue durée (ALD)
ne devrait pas aller en diminuant.
(1) Cnamts.
64
Le médicament creuse-t-il
le défcit de l’Assurance maladie ?
Hospitalisation
51,3 %
Médicaments
hospitaliers
5,1 %
Médicaments
ambulatoires et
rétrocessions
14,7 %
Honoraires privés
14,7 %
Autres dépenses
1
14,7 %
Structure des
remboursements
de l’Assurance maladie
du régime général
en 2010
Source : CNAMTS
(1) autres dépenses : auxiliaires médicaux analyses,
transport de malades, dispositifs médicaux.
Indemnités
journalières
4,9 %
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(1) Prix d’introduction du générique dans le répertoire des génériques -60 %. Puis, des baisses consécutives réduisent l’écart entre prix princeps et prix des
génériques, ce qui conduit à ce chiffre « moyen ». (2) L’Afssaps devient l’ANSM en 2012. (3) Commission des comptes de la santé. Rapport de septembre
2011. (4) Le marché des génériques. Bilan de l’année 2011. Circulaire de la direction des affaires économiques du Leem. 3 février 2012. (5) Étude Gemme,
de mars 2011 réalisée par Philippe Février, directeur du laboratoire d’économie industrielle du Crest et professeur à l’École Polytechnique. (6) Chiffres Gemme 2011.
Les entreprises du médicament soutiennent la politique
de développement des génériques en France
Elles considèrent que le marché des génériques
constitue un réel gisement d’économies, loin
d’être épuisé. La mise en place des contrats
d’amélioration des pratiques individuelles (Capi)
en 2009 auprès de médecins volontaires, puis
la nouvelle convention médicale ont impliqué, à
travers des incitations fnancières, les médecins
dans la politique générique. Elles soulignent la
complexité des comparaisons internationales
Les pourcentages de comparaison entre la
France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les
pays du nord prennent en compte plusieurs
facteurs :
- En unités : des marchés remboursables très
différents, des politiques publiques et des
systèmes de protection sociale très variés.
- En prix publics : un intéressement coûteux du
pharmacien.
- En prix fabricant : un prix attractif français
pour les grandes DCI (approche interrompue
en 2011-2012).
Elles produisent sur le sol français 55 %
6
des
génériques dispensés en France et 97 % sur
le sol européen, un élément fort d’attractivité
pour la France.
Elles tiennent à inscrire ce soutien dans une
politique globale de promotion de l’innovation :
il faudra toujours une innovation avant de
disposer d’un générique et cette innovation
ne verra le jour que si l’investissement qu’elle
nécessite peut être amorti.
Un outil effcace d’économies
Le répertoire des spécialités génériques, créé
et géré par l’Agence nationale de sécurité du
médicament et des produits de santé (ANSM)
2
,
est constitué de groupes génériques contenant
le médicament princeps et ses génériques. Par
le répertoire, l’État garantit la sécurité de la
substitution entre produits : leur « bioéquivalence ».
Les procédures d’enregistrement et d’admission
au remboursement sont al l égées pour l es
génériques. Le médicament générique bénéfcie
automati quement des mêmes cri tères de
remboursement que la spécialité de référence.
Les pouvoirs publics français ont fait le choix d’une
offre générique large, pérenne et de qualité. Les
prix des médicaments génériques sont directement
corrélés à ceux des princeps. En France, il sont,
depuis début 2012, comparables à ceux pratiqués
en Europe. La substitution générique s’appuie sur
les pharmaciens d’offcines, qui bénéfcient des
mêmes marges en valeur absolue que sur les
princeps, ainsi que de rabais plus importants, ce
qui entraîne un prix public

proportionnellement plus
élevé pour ces molécules. La part des génériques
dans le marché remboursable connaît une très
forte progression depuis 2002, passant de 4,1 %
3
du marché (en valeur) à 13,3 % en 2010 et 14 %
en 2011
4
.
Cet essor a permis de dégager des économies
substantielles pour la Sécurité sociale : 905 millions
d’euros en 2008, 1,2 milliard d’euros en 2009 et
1,8 milliard d’euros
5
en 2010.

Environ 1 boîte de médicaments sur 4 vendues en offcine est un générique.
65
Les génériques sont-ils un facteur d’économies
pour l’Assurance maladie ?
Le médicament générique est une copie très proche d’un
médicament original (princeps) dont le brevet a expiré.
Son prix n’a pas à tenir compte des coûts de recherche
et de développement ni de l’acquittement de redevances
d’exploitation : il est donc moins élevé. Il constitue ainsi une
source d’économies importante pour les systèmes de santé,
adoptée dans de nombreux pays (États-Unis, Allemagne,
Angleterre…) et adaptée à chaque situation nationale.
le chiffre
Prix industriel
du générique en France :
- 50 %
1
du prix du princeps.
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Pourquoi l’industrie du médicament
est-elle stratégique pour la France ?
(1) « Les entreprises du médicament en France. Éléments chiffrés. » Leem, édition 2011. Page 52. (2) Chiffres extraits du rapport du Pipame, juin 2011.
« L’industrie du dispositif médical et du diagnostic ». (3) fche 76. Ibid cité. (4) Repères sur l’emploi des entreprises du médicament. Sources consolidées
au 31/12/2010. Leem. (5) Minef. Note CSIS. 2009. (6) Ibid cité page 5. Chiffres 2008. (7) Centre national de gestion des essais des produits de santé.
L’industrie du médicament et, d’une manière globale, les
industries de santé constituent une flière stratégique pour
la compétitivité de la France et la santé de ses habitants. La
création, en 2004, du Conseil stratégique des industries de
santé (CSIS) – instance de dialogue entre État et industriels
de la santé – a démontré la reconnaissance du potentiel de
recherche, de l’attractivité et de l’indépendance sanitaire de
ce secteur capital de l’économie française.
le chiffre
5
c’est le nombre
de réunions du CSIS
entre 2004 et 2012.
Les entreprises du médicament veulent faire de la France un territoire
attractif de la flière santé
Elles considèrent que seule une vision partagée
promue par le CSIS permettra d’étudier les
améliorations possibles en termes de stabilité
de la régulation, de délais d’accès au marché
et d’accès rapide au patient.
Elles favorisent les nouvelles alliances : elles
ont ainsi créé à partir du noyau des industriels
du Leem recherche, l’Alliance pour la recherche
et l’innovation des industries de santé (Ariis)
en février 2010. Cette instance est chargée de
multiplier les passerelles avec l’Alliance pour
les sciences de la vie et de la santé (Aviesan).
Elles attendent des mesures concrètes de
nature à rétablir la confance des investisseurs
internationaux et nationaux, la lisibilité et la
prévisibilité de la politique industrielle du
médicament en France.
Une flière stratégique
Les industries de santé sont créatrices de valeur,
de croissance et d’emploi. Le chiffre d’affaires de
l’industrie du médicament s’est élevé à 51 millards
d’euros
1
en 2010, dont 47 % à l’exportation. Celui
de l’industrie des dispositifs médicaux et du
diagnostic était de 19 milliards d’euros
2
en 2010.
L’industrie du médicament est le deuxième secteur
exportateur français, le troisième producteur
européen et le quatrième
3
secteur industriel
en termes d’excédent commercial dégagé.
Les entreprises du médicament employaient
103 900
4
personnes en France en 2010.
Les industries de santé sont un secteur intensif en
recherche et développement. Elles y consacrent
entre 15 et 20 %
5
de leur chiffre d’affaires au niveau
mondial. Elles sont un partenaire indispensable en
cas de crises sanitaires.
Le dialogue État-industrie pour
le maintien de la flière en France
En France, les entreprises du médicament
investissent 12,5 %
6
de leur chiffre d’affaires dans
la recherche et le développement, soit 5 milliards
d’euros par an.
Toutes les réunions du CSIS ont eu pour objectif
de promouvoir l’attractivité du territoire et
d’accompagner l’évolution du modèle industriel
de recherche.
À côté de la structuration du secteur par la mise
en œuvre de mécanismes fscaux attractifs (crédit
d’impôt recherche), la création de bioclusters et
de grandes plateformes hospitalo-universitaires
(IHU) fnancés par le grand emprunt, des mesures
plus spécifques, décidées au fur et à mesure des
réunions du CSIS, ont permis d’aider de manière
ciblée les maillons « faibles » de la flière santé.
Citons le Cengeps
7
pour soutenir la recherche
clinique, le fonds InnoBio pour épauler le secteur
des biotechs ou encore le renforcement de la
formation et de la recherche partenariale.
Il existe 7 pôles de compétitivité santé en France.
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Quel est le rôle de l’industrie pharmaceutique
européenne en matière de R&D ?
(1 et 3) Efpia. « The Pharmaceutical Industry in Figures ». 2011. Update. (2) EU Industrial Scoreboard. 2011. (4) Programme-cadre de recherche et de
développement : il s’agit d’un programme de l’Union européenne en matière de recherche. (5) European Federation of Pharmaceutical Industries and
Associations. (6) www.imi.europa.eu
L’industrie pharmaceutique européenne joue un rôle clé dans
la recherche et l’innovation médicales. Face à l’accélération de
la concurrence des États-Unis mais aussi des pays émergents,
elle s’est engagée aux côtés de l’Union européenne dans une
initiative conjointe (IMI) pour innover « autrement » et garder
son leadership en matière de recherche.
le chiffre
27
1
milliards
d’euros
C’est l’investissement
en R&D du secteur
pharmaceutique européen.
Les entreprises du médicament innovent « autrement »
Elles cherchent à augmenter la productivité
des processus de découverte en supprimant
les goulots d’étranglement, accélérant ainsi
la mise au point de médicaments innovants,
sûrs et effcaces. C’est l’objectif de l’Initiative
médicaments innovants (IMI).
Elles se sont ainsi engagées dans cette initiative
technologique conjointe du 7
e
PCRD
4
, dotée
d’un budget de 2 milliards d’euros émanant
pour moitié de la Commission européenne
et pour l’autre (en nature) des compagnies
membres de l’Efpia
5
. Objectif : constituer des
consortiums regroupant industriels et équipes
du monde académique à l’échelon européen.
Elles participent à 23
6
consortiums issus
des trois premiers appels à projets IMI, des
investissements en amont qui devraient aider
à « booster » la découverte de nouvelles
molécules et à se repositionner par rapport
aux États-Unis notamment.
État des lieux
Les sciences de la vie et de la santé ont été
clairement identifées comme un des domaines
clés d’une économie européenne fondée sur
l’innovation.
Le secteur de la pharmacie et des biotechnologies
a augmenté ses investissements en R&D de 6,2 %
2

entre 2010 et 2011, renforçant ainsi sa position de
secteur leader de l’investissement en recherche.
Les industriels européens du médicament
investissent 15,9 %
3
de leur chiffre d’affaires
dans la R&D et emploient 640 286 personnes, dont
115 000 dans la recherche.
Perspectives d’avenir
Les pays européens disposent encore de la masse
critique nécessaire à la recherche, mais ils risquent
d’être rapidement concurrencés s’ils ne mettent
pas en place une vraie politique d’attractivité.
L’écosystème de recherche sera de plus en plus
dépendant de pôles géographiques combinant
universités et réseaux d’entreprises.
La clé de cette nouvelle organisation sera la
capacité de former et de retenir localement un
grand nombre de scientifiques et d’entretenir un
vivier de compétences multidisciplinaires.
INITIATIVE MÉDICAMENTS INNOVANTS (IMI)
IMI est une approche en amont qui vise à déterminer la masse critique nécessaire pour la recherche
et l’innovation en rapprochant la communauté scientifque européenne autour des principaux domaines
stratégiques identifés.
IMI opère ainsi une révolution « culturelle », fruit d’une réfexion associant toutes les parties prenantes au progrès
thérapeutique, pour favoriser une approche plus prédictive et éliminer les goulots d’étranglement freinant le
process de découverte. Elle positionne pour la première fois les industriels de la pharmacie au cœur de la
construction des projets.
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(1) Estimation fournie par le Tufts Center for the Study of Drug Development. Communiqué du 5 janvier 2011. (2) Elias Zerhouni. Leçon inaugurale au Collège
de France. « Les grandes tendances de l’innovation biomédicale au XXI
e
siècle ». 20 janvier 2011. Page 27. (3) PhRMA. Infographics. N°14. www.phrma.org/
research/infographics (4) Elias Zerhouni. Ibid cité. (5) Steven M. Paul, Daniel S. Mytelka, Christopher T. Dunwiddie « How to Improve R&D Productivity :
the Pharmaceutical Industry’s Grand Challenge ». « Nature Reviews. Drug Discovery », n° 9. Mars 2010. p 203-214. (6) Elias Zerhouni. Ibid cité page 28.
(7) Ministère de la Recherche. « Réseau mondiaux d’innovation ouverte, systèmes nationaux et politiques publiques. » Frédérique Sachwald. Décembre 2008.
Quel est le coût du développement
d’un médicament ?
Il est diffcile de connaître de façon précise le coût de développement
d’un médicament : la structure même du processus de recherche,
de développement et de commercialisation d’un médicament,
fait d’investissements, d’échecs et de longues procédures
administratives pour accéder au marché, rend l’exercice quasiment
impossible. Seule règle connue : les médicaments qui arrivent sur le
marché doivent générer des ressources permettant de rémunérer
leur propre coût de développement mais également le coût des
échecs intervenus à chaque phase du processus.
le chiffre
Le coût de développement
moyen d’un produit
est évalué aujourd’hui
à 1
1
milliard
d’euros
Les entreprises du médicament inventent un autre modèle
Elles remettent à plat leur modèle d’innovation
et de développement.
Elles se sont donné comme priorités :
- la mise en commun des ressources : bases
de données, biobanques, tumorothèques,
plateformes techniques ;
- « l’innovation ouverte » en multipliant les
collaborations scientifques et technologiques
avec l’extérieur pour élargir les possibilités
de R&D. Elle ne se substitue pas à l’activité
de R&D interne mais en est largement
complémentaire ;
- la recherche translationnelle afn de fuidifer
le circuit de développement du médicament
et en raccourcir les délais.
L’estimation actuelle
Il n’existe aucune formule de calcul permettant
d’identifer à chaque moment du développement
les ressources directement mobilisées pour cette
phase spécifque.
Le coût se calcule aujourd’hui en se fondant sur
la prise en compte du coût des échecs selon
trois paramètres essentiels :
- le rapport entre le nombre de molécules identifées
dans la phase de découverte et le nombre de
molécules enregistrées sur les principaux marchés,
- les montants investis,
- le temps écoulé entre la prise de brevet pour la
molécule et l’accès aux marchés remboursés.
Le coût de développement d’un médicament
s’est accru ces dernières années passant de
quelques centaines de millions d’euros à plus de
1,5 milliard
2
d’euros pour certains médicaments.
Il aurait augmenté de 60 %
3
entre 2000 et 2005.
Aujourd’hui, seul 1 médicament sur 13
4
sera
couronné de succès, contre 1 sur 8, il y a dix ans.
Les conséquences de
l’augmentation exponentielle
du coût d’un médicament
Entre 1999 et 2009, les dépenses de R&D des
industriels du médicament ont augmenté de 175 %
5
,
tandis que le nombre de molécules approuvées
chaque année a diminué de près de moitié.
Même l’industrie des biotechnologies, jugée plus
créative, ne bénéficie pas, sauf quelques rares
exceptions, de retours sur investissements plus
importants que ceux de la « big pharma ».
Par conséquent, le développement de médicaments
est considéré comme une activité économique à
haut risque, ce qui tend à « éloigner les investisseurs
du capital des compagnies de biotechnologies
émergentes et à réduire la valeur boursière des
grands laboratoires pharmaceutiques »
6
.
L’innovation ouverte
7
permet aux entreprises d’accéder à un éventail de connaissances
et d’idées beaucoup plus large que ce que les capacités internes peuvent gérer.
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Quels sont les enjeux liés
à la propriété intellectuelle ?
(1) « Le Nouvel Économiste ». « La Falaise des brevets ». 8 décembre 2011. (2) Évaluation de l’agence de notation Fitch Ratings. Dépêche AFP du
12 décembre 2011. (3) François Bouvy. directeur market access d’Efpia. Dans « Le Nouvel Économiste ». Blockbusters. 8 décembre 2011.
La propriété intellectuelle est l’un des éléments fondamentaux
du développement de l’innovation. Les entreprises du
médicament, qui investissent dans de longs et coûteux
programmes de recherche, doivent pouvoir compter sur la
protection que leur confèrent les brevets sur leurs découvertes.
le chiffre
50
1
milliards
d’euros
C’est le chiffre d’affaires
des 4 médicaments parmi
les 10 les plus vendus qui
perdent leur brevet en 2012.
Les entreprises du médicament demandent le respect rigoureux
des droits de propriété intellectuelle
Elles défendent l’exclusivité commerciale
temporaire de vingt ans donnée au titulaire
du brevet à compter du jour de dépôt de la
demande. En pratique, elle est plutôt de dix ans
en raison de la durée de la recherche avant la
commercialisation.
Elles cherchent à être présentes là où se
développe la recherche de pointe. Compte
tenu de l’évolution actuelle des sciences du
vivant – où l’on couvre par des brevets les
connaissances scientifques très en amont,
comme celles sur les fonctions des gènes et
des protéines –, le brevet devient un facteur
stratégique d’attractivité.
Elles considèrent que le brevet est un
élément déterminant et décisif de la politique
d’innovation et des investissements en
recherche et dével oppement. Pl us l es
technologies en jeu deviennent complexes,
plus les brevets sont essentiels au processus
d’innovation.
La « falaise des brevets »
Les 15 groupes mondiaux du secteur pharmaceutique
vont continuer à faire face à « des défs importants
en 2012 en affrontant une période sans précédent
d’expiration de brevets. Dans le même temps, le
secteur pharmaceutique est confronté à une politique
de maîtrise des coûts croissante de la part des
gouvernements et une pression sur la demande »
2
.
Peu de médicaments génèrent des gains suffsants
pour couvrir l’ensemble des coûts de recherche
et de développement engagés, d’où l’importance
capitale du respect de la propriété intellectuelle
que confère le brevet.
Les prochains médicaments dont les brevets
vont tomber dans le domaine public sont des
médicaments biotechs, dont les génériques,
appelés biosimilaires, sont beaucoup plus coûteux
à produire : l’impact sur les ventes de princeps sera
donc moins important que celui des génériques.
La « guerre des brevets »
Une forme de guerre des brevets est engagée car
leur possession apparaît comme créatrice de valeur.
Ils ont à la fois une valeur défensive et une valeur
stratégique. Ils dopent la valeur de l’entreprise, qu’elle
soit une petite société de biotechnologie ou une « big
pharma ».
Les brevets sont les seuls actifs valorisables par
les jeunes entreprises technologiques et sont aussi
vitaux à leur pérennité.
Les investisseurs du secteur accélèrent le
déploiement de véritables stratégies en matière de
brevets.
Coût de production d’un biosimilaire : entre 50 et 200
3
millions d’euros.
Coût de production d’un générique : entre 400 000 et 2 millions d’euros.
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L’industrie pharmaceutique est-elle encore
innovante ?
(1) Rapport Goldman Sachs. Dépêche APM 14 décembre 2011. (2 et 3) Chiffres Leem. Étude de la direction scientifque. Octobre 2011. « Bilan des évaluations
de la commission de la transparence ». (4) Progrès thérapeutique. Conférence de presse Leem, février 2012. (5) Bryan Garnier. Santé/Pharmacie. 20 juillet 2011
(6) « Les entreprises du médicament en France ». Éléments chiffrés. Leem 2011.
L’industrie pharmaceutique reste une industrie innovante,
même si ses progrès sont entravés par de nombreux
obstacles (évolution des connaissances scientifques, des
données économiques, des problématiques réglementaires
et sociétales, etc.). Fusions-acquisitions, partenariats public-
privé et alliances devraient l’aider à gérer la complexité
croissante de l’innovation thérapeutique.
le chiffre
10
1
C’est le

nombre de
molécules innovantes
en phase III en 2012.
Les entreprises du médicament s’adaptent à cette nouvelle complexité
Elles se sont restructurées et diversifiées
géographiquement : entre 2009 et 2011,
9
6
grosses opérations de fusion-acquisition ont
été orchestrées. Les rapprochements (alliances
ou rachats) entre sociétés de biotechnologie et
« big pharma » dans le monde ont progressé de
14 % en moyenne par an entre 2005 et 2009,
avec 193 opérations en 2009.
Elles ont intégré, aux côtés des industries du
dispositif médical et du diagnostic, l’Alliance
pour la recherche et l’innovation des industries
de santé (Ariis), noué de multiples partenariats
entre elles via des accords de licence ou des
partenaires extérieurs à tous les niveaux
(recherche, développement, fabrication, etc.).
Elles déplorent, en revanche, que soient
maintenues dans la réforme du médicament,
adoptée en France en décembre 2011, des
dispositions menaçant directement l’industrie
du médicament dans sa capacité à porter
l’innovation jusqu’au patient et à faire vivre sur
le territoire un réseau scientifque et industriel
parmi les plus importants au monde.
Un contexte mouvant
Alors que les textes n’ont pas changé, que le
nombre de patients en demande reste constant
et que la productivité de la recherche a peu varié,
on constate :
Une diminution très significative des produits
acceptés au remboursement avec des SMR (service
médical rendu) insuffsants en augmentation : 39 %
SMR insuffsants en 2011 contre 10,7 % en 2010
2
.
Un refus de prise en charge de nouvelles molécules
pourtant commercialisées dans la quasi-totalité des
pays d’Europe : 31 %
3
des autorisations de mise sur
le marché (AMM) données par l’Agence européenne
des médicaments (EMA) en 2010 ont obtenu un
SMR insuffsant.
Une évaluation de l’Amélioration du service
médical rendu (ASMR) beaucoup plus sévère : la
moyenne d’ASMR IV a doublé sur la période 2008-
2011 par rapport à la période 2001-2007.
Une industrie prête à rebondir
2012 s’annonce comme un « bon cru » en matière
de progrès thérapeutique avec 3
4
molécules
prometteuses contre l’hépatite C et le mélanome
métastatique.
En dépit de la perte de nombreux brevets, les
perspectives de l’industrie pharmaceutique
pourraient changer, dès 2012, grâce à des pipelines
plus innovants dans des domaines aussi divers que
le cancer du poumon non à petites cellules, les
maladies coronaires, la polyarthrite rhumatoïde,
l a mal adi e d’ Al zhei mer, l ’ athéroscl érose,
l’ostéoporose…
La croissance
5
attendue de l’industrie du médicament
devrait être tirée par une meilleure allocation du
capital, une visibilité accrue sur les nouveaux
produits et la fn de la « falaise des brevets ».
Le parcours de l’innovation thérapeutique est un chemin semé d’embûches,
refet de la complexité du vivant. En franchir les étapes exige une interdisciplinarité
constante, bouleversant les processus établis.
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MOTIVATIONS DES DÉCISIONS D’INVESTISSEMENT DES LABORATOIRES INTERNATIONAUX
5
71
La France reste-t-elle attractive
pour les industries de santé ?
(1) La dernière édition de l’enquête Leem / recherche clinique (2010) a porté sur près de 330 études internationales (avec participation française) de phase
2 et 3, incluant 250 000 patients. (2) Aviesan : Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé. Ariis : Alliance pour la recherche et l’innovation
des industries de santé. (3) Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. (4) Centre national de gestion des produits de santé. (5) Étude AEC Partners pour
le Leem. Septembre 2010.
Les entreprises du médicament « imaginent » pour développer
l’attractivité de la France
Elles poursuivent leur implication au sein
du Cengeps
4
. Les promoteurs industriels
s’engagent, eux, à porter au niveau des maisons
mères la reconnaissance internationale des
experts médicaux français, en renforçant la
visibilité/lisibilité des centres d’excellence au
niveau international.
Elles proposent l’organisation en France
d’événements européens et internationaux
sur les questions de santé, facteur important
État des lieux
La France bénéfcie d’une tradition industrielle de
grande qualité et d’atouts importants pour être un
acteur mondial performant en R&D : recherche
reconnue, constitution de pôles d’excellence en
santé, de canceropôles, d’instituts hospitalo-
universitaires…
Elle fgure parmi les grands acteurs de la recherche
clinique mondiale avec 8 %
1
des patients recrutés,
dont plus des trois quarts dans trois champs
thérapeutiques : oncologie, anti-infectieux/vaccins
et cardiovasculaire/métabolisme. L’expertise
française est reconnue dans ces domaines.
Facteurs d’évolution
Depuis trois ans, la France se distingue du reste
de l’Europe par une volonté politique affchée de
considérer les industries de santé comme un
secteur stratégique, avec des initiatives concrètes :
conseil stratégique des industries de santé (CSIS),
rencontres internationales de recherche (RIR), états
généraux de l’industrie, réforme du crédit impôt
recherche en 2008, grand emprunt, mise en place
de l’Aviesan
2
en 2009 et de l’Ariis
2
en 2010…
L’industrie du médicament doit cependant faire face
à d’importants challenges : expiration de brevets,
développement des thérapies ciblées, émergence
des Bric
3
.
de valorisation et de partage des idées et
expertises. L’attractivité de la France se
construit aussi par la capacité des acteurs
nationaux à créer des liens solides avec des
partenaires venus de tous les horizons.
Elles veulent former les chercheurs du public
aux enjeux industriels et ainsi faciliter le
dialogue entre acteurs public et privé pour
favoriser les partenariats.
Malgré son image ternie par la crise du Mediator
®
, la France
reste un territoire attractif pour l’industrie pharmaceutique
mondiale et globalement pour les industries de santé.
La compétition avec les autres pays européens et surtout avec
les pays d’Asie et d’Amérique du Sud est de plus en plus
rude, notamment pour les essais cliniques où la France voit
sa position s’effriter d’année en année.
le chiffre
La France est le
4
e
marché mondial de la
santé après les États-Unis,
le Japon et l’Allemagne.
- Des critères liés à la taille et au potentiel de croissance du marché considéré.
- Des critères « internes » aux entreprises : capillarité des investissements, qualité du management
local et performances historiques des fliales ou des sites.
- Des critères liés à l’environnement du pays pour la R&D, la qualité et l’accessibilité des
compétences pour un fonctionnement en réseau. Pour la recherche clinique, le triangle qualité /
rapidité / coût. Pour les affaires industrielles, la reconversion des sites existants et le positionnement
sur les productions à forte valeur ajoutée. Pour la bioproduction, la proximité des centres de R&D.
Pour les opérations commerciales, la prédictibilité et la reconnaissance de l’innovation.
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Les biotechnologies sont-elles la clé
du développement économique
de l’industrie du médicament ?
(1) Tous les chiffres de cette fche sont extraits de l’étude du comité biotechnologies du Leem : « Observatoire 2011 des biotechnologies santé en France :
état de la flière française et benchmark mondial ». Février 2012. (2) Étude Xerf. Juillet 2010. « Les sociétés de Biotechnologies en France. Perspectives
de fnancement et analyse des forces en présence ». (3) Étude Euler-hermès cité dans « Le Figaro ». Article du 11 janvier 2012. « Les grands laboratoires,
nouveaux banquiers des biotechs ». (4) Étude HBM Partners. Dans Rapport France Biotech 2011.
Les entreprises du médicament font de plus en plus souvent
appel aux biotechnologies pour découvrir, tester et produire
de nouveaux traitements (vaccins, protéines recombinantes,
anticorps monoclonaux…), mais aussi pour identifier et
comprendre les causes des maladies. La présence d’un tissu
de jeunes entreprises innovantes en matière de biotechnologie
est donc source d’innovations majeures, et son renforcement
est un axe stratégique des industriels de la santé.
le chiffre
Il existe
446
1
entreprises de biotechnologies
santé en France, dont
58 laboratoires pharmaceutiques et
388 sociétés de biotechnologies.
Les entreprises du médicament participent à la constitution
d’une véritable « bioéconomie »
Elles ont soutenu la mise en place d’un environ-
nement fscal favorable à la constitution d’une
flière de biotechnologies santé : mise en place
du crédit impôt recherche (CIR), du statut de
la jeune entreprise innovante (JEI).
El l es i ntensi fi ent l eurs démarches de
partenariats : entre 35 à 40 %
2
de leur budget
de R&D sont désormais alloués à des accords
et des projets collaboratifs. Elles ont aussi
procédé, en 2009, à 193
3
opérations de
fusions-acquisitions et 81
4
en 2010.
Elles soutiennent fnancièrement les entreprises
de biotechnologie qui se développent en
France : création du fonds Innobio, doté de
140 milliards d’euros lors de la réunion, en
2009, du conseil stratégique des industries
de santé avec un abondement conjoint du
FSI (fonds stratégique d’investissement)
et des industriels. Elles s’associent même
à des sociétés de capital-risque ou créent
leurs propres fonds pour investir dans les
biotechnologies.
État des lieux
La R&D des entreprises du médicament est de
plus en plus externalisée vers les sociétés de
biotechnologie. Sur les 446 entreprises de ce
secteur présentes en France, 266 développent
exclusivement des produits de santé, tandis que les
180 restantes sont sur le créneau mixte produits-
services ou sur le créneau spécifque des services
(bio-informatique, bio-production…).
La filière française des biotechnologies santé
bénéfcie de l’appui d’un écosystème structuré
(pôles de compétitivité, IHU, SATT, PRES, sociétés
pharmaceutiques et de diagnostic leaders).
Les entreprises françaises de biotechnologies
restent cependant dans la « moyenne » du
benchmark mondial : malgré les progrès enregistrés
ces dernières années, elles gardent un degré de
maturité inférieur à celui de leurs concurrentes
BENCHMARK MONDIAL
Nb
entre-
prises de
biotech
santé
Nb de
salariés
Nb en-
treprises
cotées en
bourse
Nb
produits
en dév
mt

clinique
FRANCE 388 34 24 150
ROYAUME-UNI 819 45 41 220
ALLEMAGNE 457 77 23 150
SUISSE 205 81 10 130
SUÈDE 328 54 22 74
EUROPE
(Suisse incluse)
2 347 59 130 854
ÉTATS-UNIS 1 726 63 315 1 500
européennes et américaines (taille, nombre…), et
restent présentes mais rarement leaders sur des
approches thérapeutiques innovantes.
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Quel est l’avenir de la production
1
industrielle en France ?
Alors que la France est historiquement un acteur industriel
majeur, les mutations que connaît le secteur fragilisent
la production pharmaceutique. La production industrielle
de médicaments est pourtant un maillon essentiel de la
compétitivité française en santé.
le chiffre
45 000
salariés travaillent
dans la production
de médicaments.
Les entreprises du médicament cherchent à maintenir les volumes
de production en France
Elles souhaitent l’attribution de crédit CSIS
3
en
vue de favoriser le maintien et l’essor d’une
production en Europe assurant la sécurité
et la qualité des approvisionnements ou
apportant une forte contribution sociale et
environnementale.
Elles demandent à renforcer la visibilité de la
production européenne par la création d’un
marquage spécifque, élément de traçabilité
des produits.
Elles proposent de mettre en place des mesures
incitatives pour développer la bioproduction
à partir des flières potentielles de R&D en
adéquation avec la demande internationale
(soutien aux PME, clause de « dédit R&D »,
mutualisation des infrastructures…).
État des lieux
La France est historiquement un grand pays de
production pharmaceutique.
Elle occupe la place de troisième producteur
européen avec 210 usines réparties sur l’ensemble
du territoire et produit 6 milliards de boîtes de
médicaments chaque année. Elle est l’un des
principaux exportateurs mondiaux de médicaments
(plus de 24 milliards d’euros d’exportations en
2011, pour une balance commerciale positive de
7,3 milliards d’euros).
Aujourd’hui, la production pharmaceutique est
fragilisée par un ensemble de facteurs qui pèsent sur
le secteur et impactent les volumes de production :
expiration des brevets de produits majeurs, baisse
de productivité de la R&D et concurrence croissante
des pays émergents qui produisent à bas coûts
avec des contraintes industrielles, réglementaires
et sociales moindres.
Pistes d’avenir
Les nouvelles thérapeutiques innovantes issues des
biotechnologies sont destinées à une population
plus restreinte de patients et ne suffisent pas
à compenser les pertes de brevets de produits
majeurs.
D’où la stagnation des volumes de médicaments
vendus (+0,5 % de taux de croissance annuel
moyen de la consommation de médicaments
en France entre 2006 et 2009 contre +4,6 %
en Espagne, +4,5 % en Italie et +4,3 % en
Allemagne
2
), une implantation au plus prés des
marchés de l’outil de production et un passage
de plus en plus important à la sous-traitance
(40 usines de laboratoires pharmaceutiques sont
récemment passées à la sous-traitance).
Le maintien et le développement des volumes de production est essentiel pour
sauvegarder l’emploi industriel, la compétitivité et l’autonomie sanitaire de la France.
(1) Fiche réalisée à partir des chiffres de la direction des affaires industrielles, sociales et de la formation du Leem. (2) Caisse nationale de l’assurance
maladie des travailleurs salariés (Cnamts). (3) Conseil stratégique des industries de santé.
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La France est-elle dans la course
de la bioproduction ?
(1) Étude : Observatoire des biotechnologies. Leem 2012. Comité de biotechnologies. (2, 3 et 4) Étude : Observatoire des biotechnologies. Ibid cité.
Les anticorps monoclonaux ou polyclonaux, les protéines
recombinantes ou encore les vaccins thérapeutiques sont des
outils indispensables au traitement de nombreuses pathologies
(cancers, maladies infectieuses, auto-immunes, etc.).
La bioproduction de lots commerciaux de ces médicaments
issus du génie génétique est un des maillons clés de la chaîne
de fabrication de ces médicaments innovants. Or, en dépit
de quelques initiatives récentes, la France ne parvient pas
à combler son retard en la matière.
le chiffre
18
1

C’est le nombre de sites
de bioproduction
en France.
Les exigences de la bioproduction
Pour mettre un biomédicament à la disposition
de milliers de patients, il faut en fabriquer de
grandes quantités. Cela implique la construction
de gigantesques fermenteurs (réservoirs en acier)
et le strict respect de conditions de production dont
les suivantes :
Plus les fermenteurs sont grands, plus il devient
diffcile d’obtenir les mêmes conditions partout
dans la cuve.
Ces médicaments sont en majorité des protéines
ou des fragments de protéines, donc sensibles
et réagissant très rapidement aux changements
extérieurs de température, de concentration de sel
ou de pH.
Les protéines dont la structure est simple peuvent
être produites dans des bactéries. En revanche,
lorsque les protéines sont plus complexes, il faut
recourir aux cellules de mammifères, plus difficiles
à cultiver.
Les étapes de la bioproduction
La production de biomédicaments passe par
plusieurs étapes délicates :
La culture : les cellules sont d’abord multipliées
dans de petits bioréacteurs (fermenteurs) contenant
une solution nutritive.
La fermentation : les cellules sont ensuite
transvasées plusieurs fois dans des fermenteurs
de plus grande taille.
La purifcation : une fois terminée la phase de
production, il faut séparer la protéine souhaitée du
reste du matériel cellulaire et de la solution nutritive.
Le rendement des médicaments produits par
biotechnologie est généralement faible : dans
des fermenteurs dont le volume peut atteindre
jusqu’à 15 000 litres, on n’obtient que quelques
kilogrammes de principe actif.
Les entreprises du médicament encouragent la bioproduction
Elles soutiennent la constitution d’une chaîne
de la bioproduction en France, de la production
de lots cliniques à la production de lots
commerciaux.
Elles encouragent cette production high-
tech qui fait appel à des technologies et des
compétences que la France maîtrise. C’est
un élément clé du maintien de la production
pharmaceutique en France qu’il convient
de développer en s’orientant, au-delà de la
bioproduction de vaccins (un tiers
2
des sites
de lots commerciaux), vers la bioproduction de
médicaments issus des thérapies cellulaires,
géniques ou de l’immunologie.
Elles ont elles-mêmes créé leurs propres
sites de bioproduction : 7
3
entreprises
pharmaceutiques possèdent un ou plusieurs
sites de bioproduction.
Il existe 36
4
sites de bioproduction en France, 59 au Royaume-Uni, 350 aux États-Unis.
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Les sites pharmaceutiques français
sont-ils voués à être délocalisés ?
(1) Leem d’après les chiffres du Gers. Chiffres 2011. Bilan économique de l’industrie du médicament. (2) Chiffres EFPIA. (3) Chiffres Ariis.
La France est en compétition avec ses concurrents traditionnels :
(Allemagne, Royaume-Uni, Suisse), ainsi qu’avec les pays
émergents. Les quatre Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine)
apparaissent comme les marchés de la prochaine décennie, et
leurs gouvernements tendent à exiger des localisations d’activité
en production et en recherche. Industriels et pouvoirs publics
cherchent à développer de concert l’attractivité à moyen et long
terme, afn de préserver la chaîne de recherche et de production
pharmaceutique sur le territoire français.
le chiffre
257
1

C’est le nombre
d’entreprises du
médicament en France.
R&D : quels risques ?
La recherche de nouvelles molécules nécessite
l e dével oppement de réseaux coopérati fs
associant des disciplines différentes. En matière
de pluridisciplinarité, l’écosystème est nettement
plus favorable dans d’autres pays occidentaux,
et notamment aux États-Unis.
La France dispose de la masse critique nécessaire à
la recherche, mais celle-ci peut rétrécir brutalement
en raison de politiques peu lisibles, imprévisibles
et donc peu attractives.
Les centres intellectuels restent globalement
encore européens ou nord-américains : la Chine
n’a pas encore constitué une masse critique de
connaissances lui permettant le développement
d’une recherche performante. L’Inde, en revanche,
dispose d’un terreau scientifque important et de
ressources fnancières mobilisables.
Production : quels risques ?
Les pays émergents n’ont pas suffisamment
progressé en matière de recherche appliquée et
de process industriels. Ainsi, la production de forme
stérile est plus diffcile à réaliser que la production
de comprimés.
Plus sophistiquée, cette bioproduction implique
une grande confiance dans les équipes locales
et nécessite un développement industriel avancé.
Avantage à la France pour encore quelques
années…
Le développement de médicaments d’origine
biologique devrait donc favoriser les pays ayant
valorisé leurs centres de recherche et leur tissu
de PME de biotechnologie par la proximité d’usines
de bioproduction : États-Unis, pays de l’Europe du
Nord, Royaume-Uni.
Les entreprises du médicament soutiennent l’attractivité de la France
Elles ont conscience qu’elles n’échapperont pas
à ce mouvement général de relocalisation : la
croissance de leur chiffre d’affaires s’effectuera
désormais dans les pays émergents. L’économie
du médicament se déplace inéluctablement : en
2006, les pays développés représentaient 85 %
du marché pharmaceutique mondial. En 2012,
ils n’en représenteront plus que 70 %
2
.
Elles ont installé avec les pouvoirs publics,
depuis 2005, un Conseil stratégique pour les
industries de santé (CSIS) afin de déployer
une vraie politique d’attractivité : soutien à la
recherche clinique (Cengeps), à l’épidémiologie,
aux biotechnologies (fonds Innobio), aux
partenariats public-privé…
Elles multiplient les initiatives et les rencontres
afin d’accroître la visibilité de la recherche
française et européenne :
- lnitiative médicaments innovants (IMI) pour
la création de consortiums de recherche
précompétitive.
- Rencontres internationales de recherche (RIR)
pour réunir académiques français et directeurs
R&D de l’industrie pharmaceutique. Des
partenariats ont été signés pour 282 milliards
d’euros et 20 contrats sont en phase de
négociation avancée
3
.
Depuis 2009, les trois rencontres internationales de recherche (RIR)
ont eu pour thèmes : Alzheimer, métabolisme-nutrition, maladies infectieuses.
Une autre est prévue en 2012 sur le cancer.
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Où en est l’emploi dans l’industrie du médicament ?
(1) Enquête sur l’emploi des entreprises du médicament. Données consolidées au 31/12/2010. Tous les chiffres de cette fche sont extraits de réalisée
par la direction des affaires industrielles, sociales et de la formation du Leem.
Dans un contexte de mutation de son modèle et de crise
économique mondiale, l’industrie du médicament résiste
relativement mieux en termes de volume d’emploi que beaucoup
d’autres secteurs industriels. Les nouvelles solutions de santé
(biomédicaments, biomarqueurs, nanomédicaments…) qu’elle
propose nécessitent cependant une gestion de l’évolution de
l’emploi plus fne et prospective pour répondre aux besoins en
compétences de demain.
le chiffre
L’industrie du
médicament emploie
103900
1
personnes concentrées
à 75 % dans 8 bassins
d’emploi.
Les entreprises du médicament évoluent et accompagnent
les mutations du secteur
Elles veulent faciliter l’intégration des jeunes
dans les industries de santé, notamment par
le développement d’une politique renforcée de
l’alternance et d’un programme d’anticipation
des mutations de l’emploi.
Elles donnent une impulsion au façonnage
générique. Les trois accords conventionnels
passés entre grands laboratoires et façonniers
sont appelés à se multiplier.
État des lieux
La position de l’industrie du médicament en
France est en léger recul en termes d’emploi et
de recrutement par rapport à la période écoulée
(-2,5 %, de ses effectifs en 2010 par rapport
à 2009), alors que les effectifs ont progressé de
2,5 % sur dix ans dans l’ensemble des familles
de métiers.
La diminution de l’emploi concerne en premier
lieu la commercialisation et notamment la
visite médicale, mais également les fonctions
« supports ».
Le secteur du médicament connaîtra près de
13 000 départs à la retraite d’ici 2019 (12,8 % des
effectifs), auxquels s’ajouteront 25 000 départs
(24,7 %) liés au turn-over naturel. C’est une
opportunité à saisir afn de renouveler le niveau de
qualifcation des salariés et d’adapter les profls à
l’évolution des emplois.
Pistes d’avenir
La forte croissance des emplois en France au
cours des dix dernières années ne doit pas
faire illusion : la rationalisation de la production
industrielle, l’évolution de la pharmacopée (essor
des génériques et des médicaments issus des
biotechnologies), ainsi que le fort soutien aux
activités de recherche dans les pays concurrents
fragilisent la situation de l’industrie française du
médicament.
L’emploi se déplace, des gisements sont en train
de se redéfnir en production : spécialités biotech,
sous-traitance (y compris de génériques).
La nature des emplois, la complexité des disciplines
scientifiques et les évolutions technologiques
exigent un niveau élevé de qualification et de
nouvelles compétences. La préparation des métiers
et des talents du futur nécessite de rapprocher
entreprises et universités et d’améliorer la visibilité
sur l’offre de formation.
Elles anticipent l’évolution de la production
pharmaceutique à forte valeur ajoutée de
plus en plus liée à la localisation des sites de
recherche, des plateaux techniques et de la
production de lots cliniques. Elles soutiennent
ainsi l’émergence de quelques plateformes
de recherche et de formation en sciences
de la vie pour offrir les meilleurs cursus et
mutualiser les moyens disponibles.
Elles s’impliquent enfn dans les grands projets
d’investissement d’avenir.
L’ensemble de la chaîne du médicament (industrie des principes actifs,
PME de biotechnologies, grossistes répartiteurs, dépositaires, offcines)
emploie 297 700 personnes.
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Quel est le poids de l’industrie du vaccin ?
(1) EVM. European Vaccine manufacturers. Vaccines’ contribution to Europe future. (2) Market research. Global vaccine market. Août 2011. (3 et 4) EVM. Ibid
cité. (5) Étude du comité de biotechnologies du Leem. 2012. Immunothérapie. www.leem.org (6) PHRma. Medicines in Development. 2011.
L’industrie du vaccin est très typique de la nouvelle
économie de la connaissance, fondée sur la recherche, les
biotechnologies et les plateformes technologiques.
Son importance dans la sécurité sanitaire d’un pays en fait
aussi un enjeu politique, voire stratégique, de première
importance. L’industrie du vaccin est donc un acteur clé de la
compétitivité globale européenne.
le chiffre
5
1
laboratoires
se partagent 80 %
du marché mondial.
Les industriels du vaccin continuent à investir et à nouer des partenariats
L’industrie européenne du vaccin attire la
majeure partie des projets d’investissement de
recherche. 127 vaccins sont en développement,
dont 29 en phase III. Des vaccins contre la
fèvre dengue, le VIH, la malaria, l’herpès, les
hépatites C et E, notamment, sont en phases
d’essais cliniques.
L’industrie du vaccin est au centre de
nombreuses collaborations, notamment avec
des sociétés de biotechnologies, pour la mise
au point de vaccins thérapeutiques.
L’industrie mondiale du vaccin
L’industrie mondiale du vaccin est très concentrée
du fait même de la spécifcité de sa production.
Elle exige des investissements considérables par
rapport à ceux des médicaments classiques : la R&D
représente en effet plus de 20 % du chiffre d’affaires
des laboratoires de vaccins et nécessite des savoir-
faire pointus et des équipements sophistiqués, ainsi
que l’établissement de partenariats.
Le temps de mise sur le marché des vaccins est plus
long que celui des médicaments classiques, compte
tenu de la multiplicité des contrôles d’effcacité et
de sécurité.
L’industrie du vaccin représentait moins de 3 % du
marché mondial du médicament en 2009. Mais,
avec un taux de croissance de plus de 11,5 %
2
par
an, elle apparaît comme un des secteurs les plus
dynamiques de l’économie de la santé. Son chiffre
d’affaires devrait atteindre 52 milliards de dollars
(42,3 milliards d’euros) en 2016 contre 25 milliards
de dollars (20,3 milliards d’euros) attendus en 2012.
La place de l’Europe
et de la France
Les industriels européens produisent 90 %
3
des
vaccins utilisés dans le monde. Ils exportent 84 %
de leur production, soit 3,5 milliards de doses par an.
L’Europe attire 65 % des projets d’investissement
en recherche.
Parmi les 32
4
principaux sites de production
mondiaux, plus de 60 % sont en Europe. Treize
pays européens accueillent ces sites de production
qui emploient plus de 20 000 personnes. Dans le
reste du monde, seuls cinq pays sont dotés de tels
sites, la plupart en Amérique du Nord.
La France, à égalité avec l’Allemagne, abrite trois
centres de R&D et deux centres de production,
ainsi qu’un pôle de compétitivité consacré à
l’infectiologie basé à Lyon.
L’industrie européenne du vaccin montre
cependant quelques signes de déclin au proft
des États-Unis. La France, qui est pourtant
un des leaders européens du vaccin, voit
sa position s’effriter : dans le domaine des
vaccins et de l’immunologie, elle est présente
mais sans leadership sur les trois approches
technologiques
5
à fort potentiel à l’horizon
2025.
Les cancers totalisent environ 60 %
6
des études en cours sur les nouveaux vaccins.
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Comment l’industrie du médicament participe-t-elle
à la constitution de flières de santé ?
Des flières pour favoriser l’ancrage industriel
La France possède des flières précompétitives
dans des technologies innovantes (cellules
souches, nanotechnologies, infectiologie-vaccins,
biomarqueurs), qui permettent l’implication des
acteurs privés.
La constitution de flières recherche-innovation
permet l’ancrage industriel de manière large sans
adopter forcément une approche par domaine ou
par technologie. Dans le cas de l’industrialisation
des cellules souches, par exemple, deux types
Les entreprises du médicament soutiennent la structuration de flières
industrielles
Elles accompagnent la mise en place des
IHU (instituts hospitaliers universitaires),
un des moyens de parvenir rapidement à une
organisation favorisant les nouveaux modèles
de recherche articulant étroitement recherche
fondamentale, expérimentale et clinique.
Elles participent activement aux pôles
territoriaux de rang international articulés
autour de quelques grandes thématiques
(par pathologie et/ou problématiques santé)
et associant pôles de compétitivité, IRT, PRES
et industries via un système de coordination
effi cace. Lyon bi opôl e, premi er centre
européen en vaccin et diagnostic des maladies
infectieuses, pourrait préfgurer cette approche.
Elles poursuivent la mise en place de grands
équipements mutualisés en cohérence avec ces
pôles territorialisés, avec, en priorité, un effort
en matière d’imagerie et de séquençage à très
haut débit.
de marché porteurs sont liés à cette filière :
la médecine ciblée et le développement plus
rapide de médicaments par les industriels, ainsi
que la médecine régénératrice.
Le rôle d’orchestrateur de ces filières pourrait
être confé aux pôles de compétitivité régionaux,
capables de jouer un rôle de levier dans la
constitution de partenariats public-privé ou à des
instituts comme l’Institut de la vision.
Orchestration
de la diffusion
des innovations
Exemples : INCa,
Fondation Alzheimer,
Institut de la vision
Centres
experts
Grands
équipements
partagés
Pouvoirs
publics
Financeurs
IHU
PRES
Recherche
publique
(AVISAN et
ITMO)
Industries
de Santé
Pôles de
compétitivité
Associations
de patients...
Médecine
de
proximité
Bio
banques
Cohortes
Formation
continue
Médecine
de proximité,
médecins
spécialistes
Financeurs
Centres
experts
Le modèle collaboratif
le chiffre
6
C’est le nombre d’IHU
1
issus du programme
Investissements d’Avenir.
En mai 2012, on comptait 23 PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur)
permettant aux grandes écoles, universités et organisme de recherche de mutualiser
leurs activités et leurs moyens.
L’organisation en France d’une économie de la santé forte
et attractive passe par la constitution de pôles et de flières
de recherche-innovation effcaces favorisant la création de
valeur ajoutée industrielle, d’emplois dans le secteur de la
santé, et la diffusion des innovations thérapeutiques auprès
des malades.
(1) Instituts hospitalo-universitaires.
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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La France reste-t-elle une terre d’investissements
1

pour l’industrie pharmaceutique ?
Les entreprises du médicament proposent de créer une fscalité
effciente, qui intègre les enjeux industriels et budgétaires et développe
l’attractivité de la France
Elles soutiennent une taxation simplifée et
plus cohérente qui pourrait être fondée sur
une taxe unique fusionnant certaines d’entre
elles et un taux unique.
Elles sont favorables à une taxation incitative
en faveur de l’innovation, de l’investissement
et des bonnes pratiques commerciales et
environnementales. Les incitations pourraient
prendre la forme d’avantages fscaux (déduction
d’assiette réduction ou crédit d’impôt). Des
pénalités pourraient venir sanctionner les
comportements ne répondant pas aux attentes
des pouvoirs publics.
Elles prônent une taxation lisible et stable, avec
un taux fxé pour trois ans dans le cadre de la loi
de fnancement de la Sécurité sociale (LFSS).
Répartition des investissements
le chiffre
La France est au
3
ème
rang des pays bénéfciaires
des investissements de
l’industrie pharmaceutique
en 2007 - 2012
La France, qui se situait pour la période 2003-2006 au
7
e
rang mondial des pays bénéfciaires des investissements
de l’industrie pharmaceutique avec 14,2 milliards de
dollars (11,5 milliards d’euros) en trois ans, a rétrogradé
au 12
e
rang. Elle est désormais derrière le Brésil et la
Russie, avec 8,5 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros)
d’investissements pour la période 2007-2010. Sa position
s’effrite en nombre de chercheurs par millions d’habitants –
3 496 pour la France, contre 4 269 pour la Grande-Bretagne
et 6 088 pour Singapour.
72 % des investissements réalisés en France entre
2007 et 2010 l’ont été pour des sites de fabrication,
tandis que la R&D émargeait pour 22 % de ces
mêmes investissements.
Une répartition qui place la France devant l’Allemagne
(7 % d’ investissements consacrés à la R&D) et
l’Irlande (10 %) mais derrière la Suède (27 %) et le
Royaume-Uni (54 %).
le chiffre
La France est au
3
e1
rang
européen des pays
bénéfciaires des investissements
de l’industrie pharmaceutique
en 2007-2012
(1) Source FDI Intelligence from « Financial Times ». Jones Lang LaSalle Life Sciences Report 2011. (2 et 3) Jones Lang LaSalle. Ibid cité.
2003-2006-INVESTISSEMENTS DE L’INDUSTRIE
PHARMACEUTIQUE PAR PAYS
2
Top 10 des pays bénéfciaires
Montant de l’investissement
(en milliards de dollars)
ÉTATS-UNIS 38,7
IRLANDE 37,1
SINGAPOUR 27,9
CHINE 19,7
ALLEMAGNE 14,8
ESPAGNE 14,8
FRANCE 14,2
PORTO RICO 14,1
INDE 12,2
SUÈDE 8,6
2007-2010-INVESTISSEMENTS DE L’INDUSTRIE
PHARMACEUTIQUE PAR PAYS
3
Top 10 des pays bénéfciaires
Montant de l’investissement
(en milliards de dollars)
ÉTATS-UNIS 73,3
CHINE 29,8
SINGAPOUR 17,7
INDE 16,8
IRLANDE 16
ITALIE 13,1
ALLEMAGNE 11,9
SUISSE 11,1
CANADA 9,9
BRÉSIL 8,9
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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État des lieux
Les industries de santé constituent l’un des
secteurs économiques les plus contributeurs à la
création de la richesse en France, devant le secteur
du bâtiment (86 milliards d’euros) et le secteur
fnancier (80 milliards d’euros).
En France, 1 personne sur 10 travaille dans le
périmètre direct des sciences du vivant, ce qui
représente 2,4 millions d’emplois équivalent plein
temps, majoritairement dans le secteur privé
(63 %).
Depuis quelques années, les industries de
santé peinent à trouver les relais de croissance
nécessaires à la création de valeur industrielle liée
aux biotechnologies et aux technologies de santé
(télémédecine...). La France voit ses positions
s’effriter :
recul dans le classement des pays découvreurs
de médicaments,
réduction du nombre d’essais cliniques,
valorisation insuffsante,
expatriation des cerveaux.
80
Quel rôle joueront les industries de santé
dans le monde en 2025 ?
(1) Santé 2025. Un monde d’innovations.
Les industries de santé font partie des secteurs stratégiques
pour la France. Les évolutions du modèle d’innovation et les
structurations en cours dans l’industrie pharmaceutique
représentent une opportunité majeure de renforcer le
rayonnement de la recherche et la compétitivité des
entreprises françaises du secteur des sciences du vivant, ainsi
que l’attractivité de la France.
Les entreprises du médicament anticipent les évolutions futures
Elles favorisent l’essor de domaines supports
de création de valeur et de développement
thérapeutique en voie de structuration pour
lesquels la France dispose d’atouts signifcatifs
en matière de recherche, d’expérimentation
et d’équipements (industrie de la cellule,
nanotechnologies appliquées à la médecine
et au médicament, fnancements, immuno-
vaccination…).
Pistes d’avenir
D’ici à 2025, l’innovation dans les sciences du vivant
sera marquée par un dynamisme sans précédent
et des évolutions profondes liés à :
la croissance mondiale de la demande des biens
de santé et des investissements en sciences de
la vie ;
le rôle clé de l’intégration des connaissances et du
partage des données ;
l’émergence de quelques pôles d’excellence
mondiaux en sciences du vivant et médecine par
domaines d’innovations (cellules souches, par
exemple) ou pathologies ;
un déplacement des frontières entre zones de
coopération et de concurrence qui modifie le
partage privé-public (concerne en particulier la
phase préindustrielle et les grands équipements) ;
le développement de partenariats contractuels
avec les parties prenantes pour développer les
innovations.
Elles entendent développer les fonds d’amor-
çage privé-public, y compris dans une dimension
européenne, pour lever les obstacles à la création
d’équipes mixtes de maturation des innovations
scientifques dans les laboratoires de recherche
publique et privée.
Elles veulent instaurer une continuité entre la
recherche, l’innovation, l’industrie et les ap-
plications, notamment sur la chaîne des in-
novations en matière de traitement des cancers.
En 2025, les médicaments imposeront une révolution technique
dans la pratique scientifque en biologie : automatisation,
robotisation, modélisation, donc industrialisation.
le chiffre
Les industriels des sciences
de la vie et de la santé
ont créé
90
1
milliards
d’euros
de valeur ajoutée en 2009.
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LES ENTREpRISES
Du MÉDICAMENT ET LA SOCIÉTÉ
81 Comment les entreprises du médicament dialoguent-elles avec la société ?
82 Quel est l’engagement sociétal de l’industrie du médicament ?
83 Quelle est la portée de la nouvelle loi sur le médicament post-Mediator
®

en matière de sécurité sanitaire ?
84 Comment le médicament est-il surveillé après sa commercialisation ?
85 Comment améliorer la pharmacovigilance ?
86 L’industrie du médicament applique-t-elle le principe de précaution ?
87 Comment s’organise la protection des patients au cours des essais cliniques ?
88 Quelle est l’utilité de la visite médicale ?
89 Le développement de la télémédecine permettra-t-il un meilleur suivi
des traitements ?
90 Les experts chargés d’apprécier l’effcacité des médicaments
sont-ils indépendants ?
91 Comment les industriels du médicament prévoient-ils de régler les questions
éthiques et de déontologie qui leur sont posées ?
92 L’industrie du médicament et le Grenelle de l’environnement. Quelles avancées ?
93 Que faire de ses médicaments non utilisés ?
94 Que faire des déchets d’activités de soins à risques infectieux ?
95 Que font les entreprises du médicament pour évaluer et limiter les résidus des
médicaments dans l’eau ?
96 Les conditionnements ne favorisent-ils pas le gaspillage ?
97 Les entreprises du médicament se mobilisent-elles suffsamment contre
la contrefaçon de médicaments ?
98 Les entreprises du médicament sont-elles concernées par la défense
de la biodiversité ?
99 Quelle est la politique sociale des entreprises du médicament ?
100 Comment concilier progrès thérapeutique, nouvelles avancées de la recherche
et respect des individus ?
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1 et 2) « L’effet bénéfque des nouveaux médicaments sur la longévité et la capacité de travailler ». Frank R. Lichtenberg. Institut économique de Montréal.
Franck Lichtenberg est Courtney C. Brown Professor, Columbia University Graduate School of Business et Research Associate, National Bureau of Economic
Research. (3) Voir l’Observatoire sociétal du médicament. 2011. Disponible sur www.leem.org (4) Fiche 1 Santé 2025. « Croissance de la population
mondiale ». Disponible sur www.sante-2025.org (5) Fiche 2. Santé 2025. Vieillissement de la population mondiale. Disponible sur www.sante-2025.org
(6) Olivier Maurel, consultant-chercheur indépendant, professeur associé à l’IAE Gustave Eiffel - Upec.
Les entreprises du médicament ont initié en 2005 un dialogue
continu avec la société par l’intermédiaire de leurs principales
parties prenantes (associations de patients, de protection de
l’environnement, de lutte contre la corruption...) réunies dans
le Comité de parties prenantes du Leem (Coppem). Elles ont
construit et déployé une démarche collective de responsabilité
sociétale des entreprises (RSE) pour comprendre et prendre
en compte les grandes questions sociétales dans leurs choix
stratégiques, leurs engagements et leurs valeurs.
le chiffre
13
C’est le nombre
d’associations regroupées
dans le Coppem.
Elles ont engagé, depuis 2005, un dialogue
actif avec leurs parties prenantes au sein du
Coppem pour mieux identifier et répondre
aux aspirations, critiques et demandes
émergeantes de la société.
État des lieux
Environ 40 %
1
des deux années ajoutées à la durée
moyenne de la vie entre 1986 et 2000 peuvent
être attribués aux nouveaux médicaments. En
moyenne, l’introduction de nouveaux médicaments
a prolongé la vie des citoyens de 52 pays étudiés
de presque trois semaines chaque année.
Sel on cette même étude
2
, l ’uti l i sati on des
nouveaux produits pharmaceutiques entraîne un
accroissement de la longévité, une réduction des
arrêts de travail et une diminution des dépenses
de soins hospitaliers et de longue durée.
Le médicament est un bien qui contribue à la santé
publique, c’est sa raison d’être ; mais c’est aussi
un bien industriel, qui s’inscrit dans une économie.
Enfn, c’est un bien fnancé par la collectivité, qui
gère son budget et décide de ce qu’elle achète et
à quel prix. Il se positionne au sein d’un triangle
diffcile à équilibrer sans un dialogue régulier et
proactif avec une société partagée entre confance
et réserve
3
.
Pistes d’avenir
L’industrie du médicament, comme ses parties
prenantes, évolue dans un monde en plein
bouleversement démographique, avec une
population qui devrait atteindre les 9
4
milliards
en 2025 et compter environ 1
5
milliard de plus
de 60 ans.
La dynamique sanitaire du futur dépendra aussi
du changement climatique, de la conjonction de
l’explosion urbaine et des échanges internationaux
qui créent des conditions épidémiologiques inédites.
En écho à ces défis, de grands enjeux sont
posés par les parties prenantes de l’industrie du
médicament : délivrer du progrès thérapeutique et
le rendre accessible à tous, inclure la RSE dans la
gouvernance, améliorer l’éthique et la transparence
des décisions, renforcer la sécurité des produits,
limiter les impacts environnementaux.
Elles ont été le premier collectif d’entreprises
en France à avancer en partenariat sur des
thématiques sociétales : transparence, accès
aux soins…
Le Coppem joue un triple rôle : anticipation des risques par son analyse en amont,
aide à la décision par ses contributions aux thèmes qui lui sont soumis et action
conjointe par des positionnements ou des productions concertées avec le Leem
6
.
81
Comment les entreprises du médicament
dialoguent-elles avec la société ?
Les entreprises du médicament sont en dialogue permanent
avec leurs parties prenantes
L E S E NT RE p RI S E S Du MÉ DI CA ME NT E T L A S OCI É T É
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Les industriels du médicament ont développé leur engagement
sociétal autour de plusieurs axes : réponse aux situations
d’urgence, lutte contre les inégalités, insertion des travailleurs
handicapés, accès aux soins des plus démunis. Ils ont instauré,
au-delà de leur rôle traditionel, une démarche globale de prise
en charge des patients.
le chiffre
En 2011, Tulipe est
intervenue dans 27 pays
grâce à l’appui de ses
60 adhérents et
aux relais de 27 ONG.
Tulipe, la réponse des industriels aux situations
d’urgence, met à la disposition d’ONG réf-
érencées des dons de médicaments appropriés
aux besoins immédiats. La spécifcité de Tulipe
tient à sa capacité d’envoyer ses cantines de
médicaments et ses kits d’urgence, dans des
délais très courts : ainsi, Tulipe a-t-elle pu
intervenir à Haïti moins de douze heures après
le tremblement de terre de 2010.
La Fondation des entreprises du médicament
pour l’accès aux soins a démarré ses activités
et lancé son premier appel à projets en 2009. Elle
a pour objectif de soutenir ou de récompenser,
en France, des projets d’associations luttant
notamment pour la réduction des vulnérabilités
et des inégalités sociales de santé, et contre
les maladies rares et chroniques.
Handi-EM offre à tous les travailleurs
handicapés du secteur des solutions de
formations, d’intégration et de maintien
dans l’emploi adaptées à la spécificité
des métiers de l’industrie du médicament.
L’association identife des parcours possibles
d’insertion, adapte des postes de travail,
des compétences et des savoir-faire, et
accompagne la mise en place de solutions
concrètes à la compensation du handicap.
Synergies africaines. L’industrie est partenaire
de cette ONG qui agit dans la prévention contre
le sida et appuie les efforts des autorités de
santé des pays francophones.
Africapharma. L’industrie soutient cette plate-
forme qui :
diffuse des informations utiles pour les
autorités de santé sur l’évolution de leurs
législations pharmaceutiques respectives et
en facilite l’harmonisation ;
échange des informations sur le médicament,
son environnement et le contrôle de sa qualité ;
facilite le travail en réseau des DPM (directeurs
de la pharmacie et du médicament), en particulier
par des échanges sur leurs problèmes de santé
et l’organisation des systèmes de soins.
Associations Montant
ADNA 15 000 €
Alliance Maladies rares 25 000 €
Arcat 10 000 €
Aurore-UNAFAM 68 10 000 €
Le COMEDE 10 000 €
Etincelle 30 000 €
Eurordis 55 000 €
France Parkinson 3 000 €
Ikambéré 10 000 €
IM Chroniques Associés (ICA) 40 000 €
Jeunes Solidarité Cancer 10 000 €
Maladies rares Info Service 10 000 €
La Marmite 10 000 €
McCune-Albright 10 000 €
Orphanet 100 000 €
Les Petits Bonheurs 10 000 €
Primo Levi 10 000 €
Unapecie - ISIS 14 000 €
URACA 15 000 €
Total 397 000 €
82
Quel est l’engagement sociétal de l’industrie
du médicament ?
DONS ET SUBVENTIONS DE LA FONDATION DES ENTREPRISES DU MÉDICAMENT EN 2011
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Quelle est la portée de la nouvelle
loi sur le médicament post-Médiator
®

en matière de sécurité sanitaire ?
(1) Voir fche 84 et 85 sur la pharmacovigilance.
Pilier 1 : la transparence des décisions et la prévention
des confits d’intérêts
Pilier 2 : le renforcement de la sécurité des patients
Pilier 3 : des patients bien informés et des professionnels
de santé bien formés
La demande d’autorisation de mise sur le marché
(AMM) au niveau européen devra être conditionnée
à la présentation de données comparatives avec
les médicaments de référence, lorsqu’ils existent.
En attendant, à l’echelle nationale, application de
règles plus exigeantes pour la prise en charge des
traitements par la collectivité : pour être remboursé,
le médicament devra démontrer qu’il est au moins
aussi bon que les alternatives thérapeutiques
disponibles et remboursables.
Plusieurs biais sont utilisés pour sensibiliser
patients et professionnels :
- Un portail public du médicament regroupe les
informations de l’Agence nationale de sécurité du
médicament et des produits de santé (ANSM), de
la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Assurance
maladie ;
- Des campagnes d’information sur le médicament,
ses caractéristiques et son bon usage sont
organisées ;
La transparence des décisions, avec une ouverture
à la pluridisciplinarité des commissions et à une
transparence des débats et des décisions de
commissions.
La prévention des confits d’intérêts avec :
- Une déclaration publique d’intérêts (DPI)
systématique pour les acteurs du monde de la
santé (experts externes, professionnels de santé,
experts internes, associations de patients...) et
Le rôle du politique s’affrme : création d’un comité stratégique de la politique
des produits de santé et de la sécurité sanitaire, sous la présidence du ministre,
avec la participation de toutes les agences et des directions d’administration.
application, pour les personnels d’administration,
des dispositions du projet de loi relatif à la
déontologie et à la prévention des confits d’intérêts
dans la vie publique.
- La mise en place d’un « Sunshine Act » à la française :
publication, sous la responsabilité de chaque
industriel, de toutes les conventions et rétributions
passées entre les laboratoires, les médecins, les
experts, les sociétés savantes, les associations de
patients et les organes de presse spécialisés.
Les prescriptions hors AMM, bien qu’indispensables
dans certains cas comme ceux des maladies
orphelines, doivent rester des situations exception-
nelles. La prescription hors AMM sera mieux
encadrée par le renforcement des dispositifs
dérogatoires existants : protocole thérapeutique
temporaire (PTT), article 56, autorisation temporaire
d’utilisation.
Le suivi des médicaments
1
« dans la vraie vie » sera
renforcé, tout comme la pharmaco-épidémiologie.
La nouvelle loi sur le médicament a pour objectif d’instaurer
un nouveau système du médicament au service des patients,
fondé sur trois piliers :
1 - la transparence des décisions et la prévention des confits
d’intérêts ;
2 - le renforcement de la sécurité des patients ;
3 - l’information des professionnels de santé et des patients.
le chiffre
48
C’est le nombre
d’articles de la loi
sur le médicament.
- Une concertation sur la refondation de la visite
médicale est lancée ;
- Des formations (initiales out continues) veillent
à renforcer sans cesse la connaissance du
médicament et de la pharmacovigilance. La
formation médicale continue des médecins libéraux
et hospitaliers est fnancée par un prélèvement sur
l’industrie pharmaceutique.
83
L E S E NT RE p RI S E S Du MÉ DI CA ME NT E T L A S OCI É T É
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Les entreprises du médicament participent activement
à la pharmacovigilance
(1) Rapport d’activité 2011 ANSM. (2) Défnition extraite du site de l’ANSM.
Le suivi du médicament dans la « vraie vie » permet une
meilleure connaissance de celui-ci et de son usage.
Il est assuré par un réseau de centres régionaux de
pharmacovigilance (CRPV) et par les entreprises qui
commercialisent les médicaments. La pharmacovigilance
2

se défnit comme la surveillance et la prévention du risque
d’effet indésirable des médicaments lorsqu’ils sont vendus et
consommés largement que ce risque soit potentiel ou avéré.
les chiffres
18 964
1
médicaments ont des effets
indésirables graves et
20 620
déclarés par les entreprises.
Elles sont tenues de se doter d’une structure de
pharmacovigilance et de déclarer aux autorités
compétentes les effets indésirables graves qui
leur sont signalés par des professionnels, des
patients ou dont elles auraient eu connaissance.
Elles doivent fournir des rapports actualisés de
pharmacovigilance et des plans de gestion des
risques (PGR), obligatoires depuis 2005 pour
les nouveaux médicaments.
État des lieux
La pharmacovigilance est née de crises successives
et chacune a permis de faire de grand progrès
dans l’évaluation du rapport bénéfce/risque du
médicament :
Le Roaccutane
®
a été le premier exemple de plan
de gestion des risques avec des actions de suivi et
de communication poussées vers tous les acteurs
(prescripteurs, pharmaciens et patients).
Le Vioxx
®
, avec des essais cliniques de surveillance
post-autorisation de mise su le marché (AMM)
déclenchés voire opposés à la notification
« spontanée » jugée trop lente ou trop parcellaire,
a déclenché la révision de la réglementation
européenne en la matière.
Le Mediator
®
a fait prendre conscience que le sujet
du bénéfce/risque n’est jamais simple et qu’il est
toujours celui d’un cas particulier. Il a démontré
que l’information doit être claire pour ne pas dire
« éclairée » comme un consentement lors d’un
essai clinique.
Organisation
Elle est fondée sur le recueil des notifications
spontanées des effets indésirables par les
professionnels de santé et les industriels avec
l’appui du réseau des 31 centres régionaux
de pharmacovigilance, et aussi sur le suivi
de l’enregistrement et de l’évaluation de ces
informations.
Elle se poursuit par des enquêtes ou des études
pour analyser les risques, la participation à la
mise en place et au suivi des plans de gestion des
risques, ainsi que par l’appréciation du profl de
sécurité d’emploi du médicament en fonction des
données recueillies.
Elle peut déclencher la prise de mesures correctives
(précautions ou restriction d’emploi, contre-indications
voire retrait du produit) et la communication vers
les professionnels de santé et le public de toute
information relative à la sécurité d’emploi du
médicament.
Les médicaments qui font l’objet d’une surveillance renforcée sont inscrits
sur une liste publiée sur le site Internet de l’Agence européenne du médicament
(EMA) et des agences nationales. Ils sont identifés par un symbole sur leur notice.
Elles évaluent ainsi de façon continue, dans les
conditions réelles d’utilisation du médicament,
le rapport bénéfce/risque de ce dernier. Le PGR
détaille également les actions concrètes mises
en œuvre pour minimiser les risques d’un produit
(distribution de carnets de suivi, livrets d’infor-
mation, programme d’accompagnement, etc.),
mais aussi les essais cliniques complémentaires
mis en place.
84
Comment le médicament est-il surveillé après
sa commercialisation ?
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1 & 2) Présentation Muriel Malbezin. Présidente du comité sécurité et bon usage du Leem. Congrès de médecine générale à Nice. Juin 2011. Reprise dans
le slide kit de la direction des affaires scientifques du Leem. Disponible sur www.leem.org. Ibid cité. (3) Dans le cadre du renforcement de la surveillance des
médicaments à usage humain, une nouvelle directive (2010/84/UE) et un nouveau règlement (1235/2010) relatifs à la pharmacovigilance ont été publiés
au Journal offciel de l’Union européenne le 15 décembre 2010. Ils entreront en vigueur en juillet 2012. La directive est en cours de transposition en droit national.
Seuls 5 à 10 %
2
des effets indésirables sont déclarés, ce
qui freine la connaissance réelle des médicaments. Sur
environ 22 000 effets graves déclarés, deux tiers
3
émanent
de spécialistes, 15 % de pharmaciens et moins de 10 % de
généralistes. Plusieurs pistes sont envisagées pour améliorer
la pharmacovigilance en France, en coordination avec les
autorités européennes.
Les entreprises du médicament participent au renforcement
de la pharmacovigilance
Elles doivent communiquer immédiatement
à l’autorité compétente toute information
nouvelle pouvant infuencer l’évaluation des
bénéfces et des risq ues de leurs médicaments
ou entraîner des modifcations de l’autorisation
de mise sur le marché (AMM).
Elles peuvent être tenues de mettre en place
des plans de gestion des risques non seulement
au moment de l’AMM, mais également après
l’autorisation du médicament.
État des lieux
En 2011-2012, la nouvelle législation européenne
4

en matière de pharmacovigilance prévoit :
Une défnition extensive de l’effet indésirable qui
couvre dorénavant les réactions nocives survenues
dans toutes les situations d’utilisation (mésusage,
abus, surdosage, erreurs médicamenteuses).
L’élargissement de la notifcation aux patients :
ces derniers, individuellement ou regroupés en
associations, sont encouragés à signaler les effets
indésirables aux systèmes de pharmacovigilance.
Cette disposition est également prévue à l’échelle
nationale par la loi HPST (Hôpital, patients, santé,
territoires).
La centralisation de tous les effets indésirables
notifés dans une seule base de données européenne,
appelée Eudravigilance.
Pistes d’avenir
Favoriser, simplifer et centraliser la notifcation
des effets indésirables : télédéclaration à partir des
logiciels d’aide à la prescription ou de dispensation,
numéros de téléphone ou fax dédiés, arrivant
directement à l’Agence nationale de sécurité du
médicament et des produits de santé (ANSM, ex-
Afssaps).
Inscrire sur chaque boîte de médicaments le
numéro Vert d’appel et le lien Internet de l’ANSM
pour la déclaration des effets indésirables par les
patients.
Mettre à jour périodiquement la liste des médi-
caments sous surveillance renforcée et instaurer
des échanges privilégiés entre l’ANSM et les
professionnels de santé (médecins et pharmaciens)
dans le cas de signaux mettant en jeu la sécurité
sanitaire.
Une expérience menée par l’Afssaps (actuelle ANSM) en 2007 a abouti
à la notifcation de 20 % d’effets indésirables par les associations de patients.
Elles participent au renforcement de la
communication à destination des professionnels
de santé et du public, grâce à un portail web
européen mis en place par l’Agence européenne
du médicament (EMA) et les États membres.
Y seront publiés les rapports d’évaluation de
l’AMM, les résumés des caractéristiques des
produits (RCP) et les notices des médicaments,
sans oublier une information sur les modalités
de signalement des effets indésirables et la
liste des médicaments sous surveillance
supplémentaire.
le chiffre
Seuls
50 %
1
des cas sont rapportés
lors de syndromes cutanés
graves voire mortels.
85
Comment améliorer la pharmacovigilance ?
L E S E NT RE p RI S E S Du MÉ DI CA ME NT E T L A S OCI É T É
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) Afssaps, Rapport annuel 2009 et Rapport d’activité Pharmacovigilance 2008. (2) L’objectif d’IMI (Initiative médicaments innovants) est d’identifer les goulots
d’étranglement dans les processus de recherche et développement de nouvelles molécules et d’y apporter les solutions technologiques pertinentes. De ce fait, l’effcacité
et la sécurité prédictives sont aujourd’hui deux axes majeurs de recherche d’IMI. (3) Biomarkers and Molecular Tumor Classifcation for Genotoxic Carcinogenesis.
(4) European Medicines Research Training Network. (5) European Modular Education and Training Programme in Safety Sciences for Medicines. (6) European
programme in Pharmacovigilance and Pharmacoepidemiology.
Très réglementée, l’industrie pharmaceutique applique en
permanence le principe de précaution, depuis les premiers
essais sur une molécule jusqu’à la mise sur le marché et
même bien au-delà.
le chiffre
66 %
des notifcations d’effets
graves sont effectuées
par les entreprises
du médicament.
Les entreprises du médicament, en application du principe de précaution,
sont de plus en plus engagées dans la détection en amont des effets
indésirables
Elles contribuent en partie, grâce à leurs réseaux
de visiteurs médicaux qui sont en contact direct
avec les professionnels de santé, au système de
pharmacovigilance en pourvoyant deux tiers
1

des notifcations d’effets graves.
Elles sont membres de sept consortiums IMI
2
,
notamment le consortium Safe-T financé
dans le cadre du premier appel à projets
d’IMI, qui s’applique à développer et qualifer
des biomarqueurs translationnels de lésions
État des lieux
Le Conseil d’État défnit le principe de précaution
comme l’obligation « pesant sur le décideur public
ou privé de s’astreindre à une action ou de s’y
refuser en fonction du risque possible. »
Différent du principe de prévention, qui fait référence
à un risque avéré, le principe de précaution,
s’applique à un risque potentiel, mais incertain.
Intégré dans la charte de l’environnement, reprise
par la Constitution de la République française pour
les questions environnementales, le principe de
précaution a tendance à être étendu à tous les
secteurs, et en particulier à la santé publique.
La recherche conduite par les industries de santé
fait évoluer l’approche actuelle du rapport bénéfce/
risque et du suivi des médicaments. Les industriels
développent aujourd’hui des biomarqueurs de
sécurité capables d’identifer la sous-population
de patients pour laquelle les effets indésirables sont
les moins marqués.
Pistes d’avenir
Ce pri nci pe est i nhérent à l ’ acti vi té des
entreprises du médicament. Le responsable de
pharmacovigilance de chaque entreprise doit
déclarer immédiatement, et au plus tard dans les
quinze jours, les effets indésirables graves. Il doit
aussi envoyer des rapports périodiques actualisés
de pharmacovigilance appelés PSUR (Periodical
Safety Update Report) contenant l’ensemble des
données de pharmacovigilance recueillies sur
le plan national et international par l’entreprise
pendant la période considérée.
Une résolution, votée le 1
er
février 2012, envisage
la mise en place d’une vraie procédure réalisée
par une instance indépendante, le comité de la
prévention et de la précaution.
EMTRAIN
4
, SafeSciMET
5
, Eu2P
6
sont les trois consortiums IMI dédiés
à la formation sur la sécurité des médicaments.
rénales, hépatiques et du système vasculaire.
Elles sont impliquées dans trois autres
consortiums spécialisés dans la sécurité des
médicaments : Macar
3
(détection du potentiel
carcinogène), eTOX (prédiction des profils
toxicologiques de nouveaux composés) et
Protect (renforcement du bénéfce/risque des
médicaments en Europe). Elles participent
aussi à trois projets de formation sur la sécurité
des médicaments.
86
L’industrie du médicament applique-t-elle
le principe de précaution ?
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) Inca. 2010. Bilan plan cancer. (2) Instaurée par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique qui introduit dans le droit français la nouvelle
directive européenne sur les essais cliniques. (3) Le texte français des BPC pour les recherches biomédicales portant sur un médicament à usage humain date
du 24 novembre 2006.
Les entreprises du médicament sont très vigilantes quant à la sécurité
des patients inclus dans des essais cliniques
Elles sont soumises au respect des bonnes
pratiques cliniques (BPC)
3
: toute recherche
biomédicale doit faire l’objet de contrôles de
qualité réalisés en début et en cours d’essai
sous la responsabilité du promoteur de la
recherche.
Elles se préoccupent de la maîtrise du risque
encouru par les patients. Le promoteur doit
informer l’ANSM et le CPP de la survenue de
tout événement indésirable grave et inattendu
État des lieux
Participer à un essai clinique ouvre la possibilité
d’accéder à un produit nouveau prometteur dans
de bonnes conditions de sécurité. Cet avantage
est particulièrement important pour les maladies
graves, pour lesquelles les traitements disponibles
n’ont pas permis d’obtenir l’effet attendu, ont été
mal tolérés ou ne sont pas suffsamment effcaces.
La loi prévoit en France que le promoteur d’une
recherche clinique fournisse gratuitement les
médicaments à l’essai et prenne en charge
fnancièrement les surcoûts liés à cette recherche.
Le patient qui participe à la recherche bénéfcie
ainsi d’examens complémentaires plus réguliers
et parfois plus poussés, susceptibles d’améliorer
la qualité des soins.
Organisation
Depuis la loi Huriet-Sérusclat du 20 décembre
1988, tous les essais cliniques sur le médicament
sont encadrés en France. Ils doivent, pour démarrer,
recevoir un avis favorable d’un comité consultatif de
protection des personnes (CPP) et une autorisation
de l’Agence nationale de sécurité du médicament
et des produits de santé (ANSM)
2
.
Tout patient susceptible de s’engager dans un
protocole d’essai clinique doit signer un document
dit de « consentement éclairé ». Il garantit qu’il
a reçu, de la part du médecin investigateur,
toutes les informations concernant les objectifs,
la méthodologie et la durée de la recherche,
les bénéfices attendus, les contraintes et les
risques prévisibles, la possibilité de retirer son
consentement à tout moment sans préjudice.
Des plans de développement prévoient des études
cliniques à réaliser pour obtenir l’autorisation de
mise sur le marché (AMM) du médicament.
En France, l’ANSM (ex-Afssaps) a mis en place fn mai 2009 un répertoire
des essais cliniques sur les médicaments qu’elle autorise.
Il est à la disposition des patients et des médecins.
pendant l’essai clinique ou de tout fait nouveau
susceptible de porter atteinte à la sécurité des
personnes.
Elles ont mis à la disposition du public, en 2006,
un portail Internet spécialement dédié aux essais
cliniques (www.ifpma.org/clinicaltrials). Elles
ont aussi soutenu la création du site Internet
www.ma-recherche-clinique.fr, qui informe
et mobilise le grand public sur la recherche
clinique et l’expérimentation biomédicale.
87
Comment s’organise la protection des patients
au cours des essais cliniques ?
La mise à disposition de médicaments participe à la qualité
de vie et au bien-être des malades et de leurs proches. Ces
médicaments remplissent ce rôle parce qu’ils ont fait l’objet
d’études attentives, et que leur effcacité et leur tolérance ont
été correctement établies. Cette sécurité des médicaments
n’existe que parce que des patients ont accepté de participer
à des essais cliniques et que leur protection y a été assurée.
le chiffre
34 000
1
patients ont participé,
en 2010, à des essais
cliniques en cancérologie.
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La vi si te médi cal e (VM) consi ste à promouvoi r l es
médicaments par la délivrance d’une information médicale
de qualité et à en assurer le bon usage auprès des acteurs
de santé. Cette information permet au professionnel de
retenir la meilleure stratégie thérapeutique pour le patient en
fonction de sa situation médicale. La VM constitue donc un
lien incontournable entre les professionnels de santé et les
entreprises du médicament dans l’intérêt des patients.
le chiffre
18 300
C’est le nombre
de visiteurs médicaux
en France en 2010.
Les entreprises du médicament veillent à préserver la qualité
et l’éthique de l’information médicale
Elles se sont engagées, dès 2003, à promouvoir
une charte de qualité de la visite médicale dans
le cadre de la politique conventionnelle défnie
avec l’État.
Elles ont donc mis en place un référentiel
des bonnes pratiques de la visite médicale
repris par les pouvoirs publics, qui a donné
lieu à la signature de la charte de qualité de
la visite médicale entre le Leem et le comité
économique des produits de santé (CEPS) en
décembre 2004. La charte décrit le processus
de contrôle de l’information délivrée par les
visiteurs médicaux.
Intérêt de la VM
L’activité de visite médicale permet aux médecins
de bénéfcier d’une information de qualité actualisée
sur les produits qu’ils prescrivent dans un cadre
d’information et d’activité strictement contrôlé.
Le visiteur médical est ainsi un maillon essentiel du
progrès thérapeutique. En effet, il véhicule l’information
sur le médicament et le cadre des recommandations
en vigueur, facilitant par conséquent l’accès à la
connaissance des patho-logies et de leurs traitements.
Le visiteur médical est également un acteur essentiel
de la pharmacovigilance. Il est tenu de relayer toutes
les informations du laboratoire relatives aux effets
indésirables des médicaments prescrits par le
médecin.
Encadrement de la VM
Le visiteur médical participe à l’efficience de
l’assurance maladie. Il est tenu de préciser les
indications remboursables et non remboursables
des spécialités pharmaceutiques qu’il présente.
Il indique également les divers conditionnements
au regard de leur coût pour l’assurance maladie.
Pour les traitements chroniques, par exemple, il
présente les conditionnements les mieux adaptés
au patient qui sont facteurs d’économie.
Une réglementation stricte impose aux entreprises
des règles rigoureuses dans l’activité de promotion
et de bon usage du médicament.
Elles ont été, avec les partenaires sociaux,
à l’initiative de la réglementation de la
profession de visiteur médical (connaissances
requises, formation continue, …). Elles ont pris
une part active dans son application et dans
l’organisation de la formation initiale en créant
une structure dédiée, l’AGVM
1
, et en instaurant
un système de contrôle des connaissances
et des compétences des visiteurs médicaux
par l’attribution de cartes professionnelles
individuelles.
72 % des visiteurs médicaux sont des femmes et la moyenne d’âge
de la profession est de 42,5 ans.
2
88
Quelle est l’utilité de la visite médicale ?
(1 et 2) AGVM : Association pour la gestion de la formation des visiteurs médicaux.
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Le développement de la télémédecine
permettra-t-il un meilleur suivi des traitements ?
(1) Opiiec (Observatoire paritaire des métiers de l’informatique, de l’ingénierie, des études et du conseil), étude sur la « Diffusion des TIC dans les organisations
de santé en France » 2011. (2) « Télémédecine 2020. Faire de la France un leader du secteur en plus forte croissance de la e-santé ». Syntec numérique.
La télémédecine, qui est l’application des technologies de
l’information et de la communication (TIC) à l’exercice de
la médecine, apparait aujourd’hui comme l’un des moyens
de relever les nouveaux défs de notre système de santé.
Elle devrait contribuer à l’amélioration de l’égalité d’accès
équitable aux soins, à leur coordination, à leur qualité en
termes d’expertise, à leur maintien dans leur lieu de vie et
à l’autonomie des patients âgés ou atteints de pathologies
chroniques.
Les entreprises du médicament s’associent au développement
de la télémédecine
Elles s’inspirent des expériences nordiques :
ordonnances informatisées en Suède, dossiers
médicaux électroniques partagés entre
différents établissements, expériences de télé-
expertise ou de téléassistance en Norvège.
Elles participent au financement de projets
comme le télésuivi de patients diabétiques : il
s’agit d’un carnet de surveillance glycémique
actif, accessible au patient via une application
sur son smartphone et un portail web dédié, et
à l’équipe soignante sur un portail web sécurisé.
Le patient saisit lui-même quotidiennement ses
État des lieux
La télémédecine apporte des solutions de qualité
pour assurer une égalité d’accès aux soins de
populations âgées, notamment celles vivant dans
les zones rurales ou isolées.
La télésurveillance des maladies cardiaques est par
exemple une application en plein développement
en France. Elle organise la surveillance clinique
à domicile des patients atteints d’insuffisance
cardiaque.
La transmission d’indicateurs cliniques simples,
tels que le poids, la tension artérielle, l’état
respiratoire ou l’électrocardiogramme, à un
centre de premier recours permettrait de prévoir
la survenue de complications aiguës et de prévenir
les hospitalisations non programmées grâce à une
éducation soutenue du patient sur sa pathologie.
Pistes d’avenir
Dans la plupart des pays industrialisés, les besoins
en télémédecine iront croissant, conséquence de
l’allongement de la durée de la vie, c’est-à-dire de
l’émergence de maladies chroniques et de la perte
progressive d’autonomie.
D’un exercice médical qui se caractérisait, il y a
cinquante ans, dans les pays industrialisés, par
des soins délivrés en majorité pour des affections
aiguës, les médecins sont passés à une pratique
médicale où domine la prise en charge de patients
âgés atteints de maladies chroniques, aux premier
rang desquelles fgurent les cancers et les maladies
vasculaires.
Les professi onnel s de santé, médeci ns et
professionnels paramédicaux, vivent donc une
évolution majeure de la demande de soins et, par
voie de conséquence, une véritable révolution de
leurs pratiques.
La télémédecine
2
peut transformer la relation soignant-soigné. Elle pourrait ainsi
être un levier de changement du système de santé pour accroître son effcience.
données de glycémie dans son dossier, ainsi
que la quantité de sucres ingérée lors du repas
et l’activité physique réalisée. Ces données sont
stockées et analysées de façon personnalisée,
et le système génère des recommandations
permettant au patient d’ajuster sa dose d’insuline.
Elles estiment que la télémédecine devrait
représenter une part croissante du secteur de
la santé, car elle peut apporter un vrai soutien
à la prise en charge des maladies chroniques,
notamment, dont souffre une part croissante de
la population française.
le chiffre
Entre
1000 et 2000
1
emplois par an sont créés
par les applications de la
télémédecine en France.
89
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(1) En 2012, l’Afssaps est devenue l’ANSM. ansm.sante.fr
Tous les moyens permettant de garantir la transparence
des liens d’intérêt et ainsi de mobiliser les experts les plus
compétents doivent être recherchés.
À la suite de la tenue des assises du médicament, en 2011,
les autorités et la communauté scientifique ont procédé
à un renforcement de la transparence des liens d’intérêt,
garantissant ainsi l’indépendance des experts en charge
d’apprécier l’effcacité des médicaments.
le chiffre
2 000
experts réguliers
1
ou
occasionnels participaient
aux travaux de l’Afssaps.
Les entreprises du médicament prônent une transparence renforcée
dans le respect du droit.
El l es sont favorabl es à l a décl arati on
systématique de tout lien avec les professionnels
de santé, l’ensemble du monde associatif ou les
sociétés savantes, ce que prévoit d’ailleurs la
loi sur le médicament et sa déclaration publique
d’intérêts (DPI) systématique pour les acteurs
du monde de la santé.
Elles estiment que l’expertise externe mérite d’être
valorisée et prise en compte dans le déroulement
de carrière des intéressés au sein de leurs
structures de rattachement. Des « parcours de
carrière » des experts (qu’ils soient internes ou
État des lieux
L’industrie pharmaceutique est un secteur hautement
technologique nécessitant l’intervention d’experts.
Tous les stades de l’évaluation des médicaments
sont concernés : essais cliniques, procédure
d’autorisation de mise sur le marché (AMM), suivi
du médicament commercialisé…
Les différents domaines scientifques deviennent
tellement sophistiqués que le nombre d’experts
spécialisés dans chacun d’entre eux tend à se
réduire. La plupart des experts travaillent à la fois
pour la recherche publique et la recherche privée.
Il est absolument nécessaire de garantir la
transparence des liens financiers entre les
entreprises du médicament, les experts et le
monde associatif, car c’est assurer l’impartialité
des décisions publiques dans le secteur de la santé.
Pistes d’avenir
L’expertise française en matière de médicaments
est largement reconnue au plan européen. Toutefois,
ainsi que l’a démontré la crise du Mediator
®
,
le renforcement de la capacité d’expertise du
système français d’évaluation et de surveillance
des médicaments et le renouvellement des viviers
d’experts constituent un enjeu, tant pour la sécurité
des patients que pour l’attractivité du territoire.
Une confrontation de l’expertise interne des agences
et des autorités administratives indépendantes et
de l’expertise externe permettrait de bénéfcier des
avis des spécialistes les plus reconnus.
La transparence des liens est une des voies de la restauration de la confance et les
entreprises du médicament y sont favorables. Elle doit être mise en place dans des
conditions respectueuses des principes fondamentaux du droit et avec des modalités
pratiques prenant en compte les impératifs d’organisation des entreprises.
externes) restent en effet largement à construire,
avec le développement de passerelles permettant
de passer, pour quelques années, du métier de
clinicien à celui d’expert interne, et inversement.
Elles sont favorables à la transparence de leur
liens avec les professionnels de santé, les
associations, ou encore les éditeurs de presse
dans des conditions respectant les principes
fondamentaux de protection des données
personnelles et de la concurrence, et selon des
modalités pratiques réalistes.
90
Les experts chargés d’apprécier l’effcacité
des médicaments sont-ils indépendants ?
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Les entreprises du médicament ont engagé depuis plusieurs
années un travail collectif pour intégrer les enjeux de
responsabilité déontologique et sociétale dans l’ensemble de
leurs pratiques. En 2011, cette démarche a conduit le Leem
à élaborer des dispositions déontologiques professionnelles
(DDP) et à créer une instance d’autorégulation de la profession,
le Comité de déontovigilance des entreprises du médicament
(Codeem).
Les dispositions déontologiques
professionnelles
Elles posent les principes fondamentaux devant
guider chaque adhérent en matière de respect de
l’éthique et de la déontologie dans les activités
opérationnelles : qualité, fiabilité et clarté de
l’information délivrée ; transparence des relations
avec les acteurs de santé ; respect de l’indépendance
des partenaires de santé.
Ces DDP recensent les règles déontologiques
applicables dans de nombreux domaines :
promotion et relations avec les professionnels
de santé, visite médicale, relations avec les
associations de patients, formation médicale
continue, communication sur Internet ou encore
relations avec la presse. Elles intègrent, en les
fusionnant, différents codes, chartes et dispositions
existants nationaux et européens.
En adhérant au Leem, les entreprises du médicament
s’engagent à respecter – et à faire respecter par
toute la profession – l’intégralité des principes des
DDP.
Le Codeem
Initiée en 2010 dans le cadre du plan stratégique
du Leem, la création du Codeem vise à promouvoir
et faire respecter les règles de déontologie et
d’éthique de la profession.
Organe de veille déontologique, le Codeem est
chargé de formuler des recommandations en matière
de pratiques responsables. Il est le gardien des
dispositions déontologiques professionnelles (DDP)
du secteur, qu’il doit faire appliquer et faire évoluer.
Il assure également une fonction de médiation
en cas de litige sur des questions de déontologie.
Il dispose en outre d’un véritable pouvoir de sanction
en cas de non-respect des règles déontologiques.
Cette nouvelle instance est majoritairement
composée de personnalités extérieures à l’industrie
du médicament. Elle est conçue pour fonctionner de
manière indépendante et impartiale. Elle peut être
saisie par les instances du Leem, une entreprise
adhérente ou toute partie prenante institutionnelle,
mais elle peut aussi s’autosaisir.
« Le Codeem doit être le promoteur d’une déontologie forte et de nouvelles pratiques
de la profession. Il doit nous aider à traduire en actes des règles déontologiques
d’une lecture parfois complexe. Initiative pionnière en France, la création
du Codeem est un exemple intéressant d’une autorité indépendante professionnelle
mise en place à la seule initiative des professionnels par leurs pairs. »
Yves Medina. Président du Codeem.
le chiffre
11
C’est le nombre de
membres du Codeem.
91
Comment les industriels du médicament
prévoient-ils de régler les questions éthiques
et de déontologie qui leur sont posées ?
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En 2009, l e Leem a si gné avec l es mi ni stères de
l’Environnement et de la Santé une convention de progrès
dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Cette
convention avait pour objectif de tracer une feuille de route
pour engager tout le secteur dans une démarche proactive
en matière d’environnement. Elle est arrivée à échéance fn
2011. Les entreprises du médicament ont toutefois souhaité
poursuivre et renforcer leurs engagements en signant une
nouvelle convention pour la période 2012-2014.
le chiffre
5
C’est le nombre
de programmes d’actions
sur lesquels s’engagent
les entreprises.
1. Mettre en place une gouvernance de la responsabilité sociale et environnementale (RSE)
au sein des entreprises.
2. Promouvoir la diversité et l’amélioration continue des conditions de travail.
3. Développer des programmes d’actions environnementales tout au long du cycle de vie du
médicament (lutte contre le changement climatique, réduction des déchets, préservation des
ressources naturelles et protection de l’environnement).
4. Promouvoir une démarche éthique et transparente en relation avec les attentes de la société.
5. Promouvoir l’accès du plus grand nombre aux médicaments et agir en acteur d’un développement
local durable.
Résultats des actions de la convention de progrès du secteur
du médicament dans le cadre du Grenelle de l’environnement
pour la période 2009-2011
Les entreprises du médicament s’engagent dans le cadre
de la nouvelle convention autour de cinq programmes d’actions
en cohérence avec l’ISO 26000.
92
L’industrie du médicament et le Grenelle
de l’environnement. Quelles avancées ?


1
2
3
4

5
6
7
5
4 13 21
7 11 8
4
34,74 %
15 28
19,5 %
1404 1471 2800
24 %
370
(2)
365
(3)
491
(4)
9 12
Indicateur Action Déc.08 Déc.09 Déc.10 Évolution
Établissement d’un
bilan d’émission
carbone &GES et
évaluation de
l’ecacité énergétique
Nombre de bilans
carbone réalisés
Ratio du transport
matièreroute/ fer et
maritime
Ratio des véhicules dans
le secteur éligible au
bonus écologique (ottes
d’entreprises)
Nombre de systèmes
d’encouragement au
système de transport
collectif des salariés
mis en place
Modification des
comportements de
transport
Information des
salariés en matière
de développement
durable
Nombre de salariés ayant
suivi des programmes de
formation au
développement durable
Encouragement aux
bonnes pratiques
environnementales
par les entreprises
Nombre de coordina-
teurs environnementaux
mis en place
Nombre d’entreprises
examinant les
recommandations
issues du dialogue
avec leurs parties
prenantes
Participation au
dialogue parties
prenantes
Programme 1 : Réduire de façon volontariste les émissions de GES du secteur
ainsi que la consommation énergétique
Programme 3 : Dialogue avec les parties prenantes
Entreprises possèdant un PDE (1)
Système de co-voiturage
89,36 % 86,41 % 86,30 %
Programme 2 : Association des salariés du secteur au bonnes pratiques
environnementales
Nombre d’entreprises répondantes : 43 (de la PME de 30 salariés à la
multinationale de près de 26 000 salariés), représentant :
• 66 % du CA total du secteur ;
• 63 % de l’effectif total du secteur soit environ 65 000 salariés ;
• 107 sites industriels et 87 sites tertiaires.
18 17 13
75 68 68
4 8 12
5 12 20
6 9 11
Élaboration d’un guide
de comportement
éco-responsable et mise
en œuvre par les
entreprises
Communication grand
public en vue d’inciter
les Français à rapporter
les MNU chez les
pharmaciens
Participation aux
recherches pour une
meilleure connaissance
des impacts des résidus
médicamenteux dans
l’eau
Recherche et évaluation
des progrès
envisageablespour
l’éco-conception des
emballages
Développement de
compétences,
initiativesd’inventaire et
de partagede bonnes
pratiques en matière de
biodiversité
Nombre d’entreprises
utilisant le guide de
bonnes pratiques
éco-responsables dans
le domaine de la
promotion/communic
ation élaboré par le
Leem
Mesure du taux de
notoriété de
l’importance de
rapporter les MNU en
pharmacie auprès de
l’opinion française
Nombre d’entreprises
participant aux
programmes de
recherche sur les
résidus médicamenteux
à usage humain dans
l’eau
Nombre d’entreprises
participant aux
programmes
d’éco-conceptiondes
emballages
Nombre d’entreprises
participant aux travaux
sur la biodiversité
Le sujet de l’éco-responsabilité a été jugé trop
réducteur. Par conséquent, le Leem a travaillé sur
les questions plus larges de transparence et
d’éthique
Taux de notoriété spontanée (6)
8
9
(5)

10
11
12
Indicateur Action Déc.08 Déc.09 Déc.10 Évolution
Taux de notoriété assistée (7)
Programme 4 : Encourager des actions d’éco-responsabilité en matière
de promotion et de communication
Programme 5 : Développer dans le cadre sectoriel des programmes
d’action environnementale public-privé
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) Communiqué et dossier de presse Cyclamed. Avril 2012. (2) Étude Cyclamed. Avril 2012. (3) Chiffres extraits de l’étude Cyclamed. Avril 2012.
(4) Ibid.cité. Pour en savoir plus : www.cyclamed.org
L’ensemble de la profession pharmaceutique (entreprises
du médicament, grossistes, pharmaciens d’offcines) a mis
en place la filière Cyclamed pour récupérer et valoriser
les médicaments non utilisés (MNU). Ce dispositif d’éco-
citoyenneté permet d’agir en faveur de la protection de
l’environnement et la sécurité sanitaire.
Les entreprises du médicament éliminent de façon responsable
et professionnelle les MNU
Elles financent, grâce à leurs cotisations,
l’incinération aux normes environnementales
les plus strictes de tous les MNU, périmés
ou non.
Elles contribuent à récupérer de l’énergie
utilisée pour éclairer et chauffer des logements.
État des lieux
Les MNU sont des produits à base de substances
chimiques actives pouvant être potentiellement
« polluantes » pour l’environnement s’ils sont
jetés dans les toilettes ou dans la nature. Ils sont
susceptibles de rejoindre le milieu aquatique et de
polluer les eaux de surface et souterraines.
Les MNU stockés à la maison présentent des
risques potentiels d’intoxications médicamenteuses
par ingestion accidentelle, surtout pour les enfants
en bas âge ou les seniors.
Ces médicaments sont collectés par les pharmacies
puis regroupés par les grossistes-répartiteurs,
avant d’être éliminés dans 52
2
incinérateurs
sélectionnés pour leur conformité aux normes
environnementales, qui en tirent de l’énergie sous
forme de chaleur et/ou d’électricité.
Les chiffres de la collecte
3
Le Limousin (363 g par habitant), la Picardie
(299 g/hab) et la Champagne-Ardenne (279 g/
hab) arrivent en tête du classement régional
des quantités de MNU rapportées par habitant.
Une enquête sur les comportements du grand public
en matière de tri sélectif des MNU confrme par
ailleurs que les trois quarts des Français déclarent
les rapporter chez le pharmacien (75 % en 2012
contre 72 % en 2011).
66 % d’entre eux le font « toujours » et 18 %
« souvent ». Les populations qui trient le plus
sont les seniors (81 %) les femmes (80 %) et les
provinciaux habitant dans des communes de moins
de 2 000 habitants (81 %). Dans 9 cas sur 10, le
dépôt se fait « à un moment spécifque », et non
en fn de traitement.
La collecte des MNU est en hausse de 9,3 %
4
par rapport à 2010.
Elles font un véritable effort de pédagogie via
des spots publicitaires pour pousser à la collecte
de médicaments dans les pharmacies (c’est
un geste citoyen). L’effcacité de Cyclamed
est prouvée : plus de 1 médicament sur 2
récupérable est traité (c’est mieux que dans
le domaine des piles électriques où le rapport
est de 1 sur 3 ! ).
le chiffre
14 656 tonnes
de médicaments
ont été collectées dans
les pharmacies
françaises en 2011
1
.
93
Que faire de ses médicaments non utilisés ?
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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Les Dasri sont les déchets d’activités de soins à risques
infectieux. Les industries de santé sont concernées par
l’élimination des Dasri Pat – les déchets piquants et
coupants des patients en auto-traitement, comme les
seringues, et autres aiguilles usagées qui ne peuvent ni
être mises dans les poubelles ménagères, ni être placées
dans les cartons Cyclamed. Une éco-flière fnancée par
les industriels est progressivement mise en place pour
collecter et éliminer ces déchets à risques.
le chiffre
1,4 million
de patients en auto-
traitement sont
concernés par
l’élimination des Dasri.
Les entreprises du médicament soutiennent la mise en place d’une
éco-flière d’élimination des Dasri Pat.
Elles financent ce réseau afin que l’éco-
organisme mis en place puisse à la fois
distribuer des collecteurs, récupérer les déchets
et les éliminer.
Elles sont parties prenantes de l’éco-organisme
qui, dans chaque région, distribuera des
collecteurs vides destinés à recueillir les Dasri
État des lieux
Selon une étude de l’Ademe
1
de 2012, les patients
en auto-traitement produiraient 360 tonnes de
déchets chaque année.
Sur le plan réglementaire, deux décrets encadrant
la mise en œuvre d’un dispositif spécifque aux
Dasri (et aux Dasri Pat) sont entrés en vigueur le
1
er
novembre 2011.
Sur le plan opérationnel, plusieurs étapes sont
encore nécessaires pour pouvoir mettre en place
cette flière, qui sera déployée progressivement
dans les régions au cours de l’année 2012.
Phase de transition
L’élimination des Dasri Pat doit être poursuivie
comme elle est organisée aujourd’hui, jusqu’à ce
qu’une information réactualisée soit donnée.
Si votre pharmacie les collecte déjà, vous pouvez
les lui rapporter.
Si votre pharmacie ne les collecte pas, vous pouvez
vous renseigner si un circuit de récupération a été
organisé dans votre commune (bornes sécurisées,
laboratoires d’analyses, déchetteries, etc.).
Si vous l’ignorez, vous pouvez vous renseigner
auprès de votre mairie ou des associations de
patients pour connaître la flière adaptée.
Pour l’instant, s’ils ne le font pas déjà, pharmacies
et laboratoires d’analyses ne sont pas tenus de
collecter les Dasri Pat.
Le gisement relatif aux déchets d’activités de soins à risques infectieux
des établissements de santé s’élève annuellement à environ 155 000
2
tonnes.
produits par les patients en auto-traitement.
Elles informeront les patients, par le biais de
l’éco-organisme, des lieux où rapporter les
collecteurs une fois pleins, et aideront à la mise
en place de l’organisation logistique permettant
leur ramassage.
94
Que faire des déchets d’activités de soins
à risques infectieux ?
(1) Bilan national relatif au traitement des déchets d’activités de soins à risques infectieux en France pour l’année 2012. (2) Ibid.cité.
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) Chiffre extrait du rapport 2011. ANSES - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (2) Symposium international
sur les perturbateurs endocriniens et les résidus de substances pharmaceutiques dans les milieux aquatiques, organisé en février 2010 à Berlin par le Centre
de compétence sur l’eau de la ville. (3) ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (4) ANSM : Agence
nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, ex-Afssaps.
Les entreprises du médicament sont impliquées depuis
longtemps dans la gestion des résidus de médicaments
dans l’eau. Aux côtés des nombreux acteurs concernés, elles
participent au suivi des travaux du nouveau plan national sur
les résidus de médicaments (PNRM).
Les entreprises du médicament agissent en tant qu’acteur responsable
dans tout ce qui relève de leur compétence
Elles sensibilisent les Français pour qu’ils ne
jettent pas à la poubelle leurs médicaments :
elles ont mis en place une flière de collecte
des médicaments périmés ou non utilisés
(Cyclamed) et elles y consacrent chaque année
15 millions d’euros.
Elles n’ont qu’une très faible marge d’action
possible pour ce qui concerne les rejets des
patients, en dehors de l’appel constant au bon
usage du médicament. Concernant les sites de
État des lieux
La présence de résidus de médicaments dans l’eau
est due avant tout aux personnes elles-mêmes : ce
sont les rejets naturels des patients qu’ils soient
traités à domicile ou à l’hôpital. Ils sont aussi, dans
une faible mesure, dus à l’utilisation de produits
vétérinaires, ainsi qu’aux médicaments non utilisés
ou périmés jetés dans les toilettes ou dans l’évier.
Ce phénomène n’est pas nouveau, il existe depuis
des années : depuis que l’homme se soigne !
Les traces de résidus de médicaments dans l’eau
sont infnitésimales. C’est la sophistication des
techniques qui permet désormais de les détecter
à des concentrations très faibles, de l’ordre du
milliardième de gramme par litre.
Pistes d’avenir
À ces niveaux infnitésimaux et en l’état actuel des
connaissances, les scientifques considèrent qu’il
n’y a pas de danger pour la santé : il faudrait boire
1 milliard de litres d’eau du Rhin pour absorber
l’équivalent d’un comprimé d’aspirine
2
.
Cependant, des recherches complémentaires sont
nécessaires pour évaluer l’effet de ces très faibles
quantités à plus long terme.
La France dispose d’une réglementation stricte.
Les médicaments font l’objet d’une évaluation du
risque pour l’environnement dans le cadre de leur
autorisation de mise sur le marché (AMM). Cette
évaluation se fait sur la base de tests réalisés selon
des indications établies par les autorités sanitaires
européennes. Les sites de production, quant à eux,
sont très réglementés et sous la surveillance des
autorités sanitaire.
L’ERA (évaluation du risque environnemental) est un prérequis pour toute nouvelle demande
d’AMM. Les objectifs de l’ERA sont d’évaluer l’impact potentiel de la molécule sur la faune
et la fore, ainsi que son devenir dans l’environnement. Cette évaluation porte dans
un premier temps sur le milieu aquatique, compartiment environnemental le plus exposé.
production des médicaments, elles respectent
la réglementation en vigueur et appliquent des
bonnes pratiques en termes de fabrication
et d’environnement.
Elles participent au comité de pilotage de l’étude
demandée par la Direction générale de la santé
(DGS) à l’Anses
3
et l’ANSM
4
sur la qualité des
eaux de boisson, et au comité de pilotage du
plan national sur les résidus de médicaments.
95
Que font les entreprises du médicament pour
évaluer et limiter les résidus des médicaments
dans l’eau ?
le chiffre
75 %
1
des eaux traitées ne
contiennent aucune
des 45 molécules
de médicaments
recherchées.
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100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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L’adéquation entre la taille du conditionnement, les
indications, la posologie et la durée de traitement de chaque
médicament est nécessaire pour des raisons de protection
de la santé publique, de bon usage du médicament et pour
des questions économiques. Elle constitue à ce titre un
objectif prioritaire des autorités de santé.
le chiffre
13
C’est le nombre de chiffres
dans la codifcation,
miniaturisée Datamatrix
sur les conditionnements
au 31/12/2010.
Les entreprises du médicament tentent de concilier bon usage
du médicament et maîtrise des coûts
Elles ont engagé une série d’adaptations
techniques pour trouver des solutions qui
permettront d’aller vers un conditionnement
plus ciblé, chaque fois que possible.
Elles attirent l’attention des autorités sur le coût
industriel pour les fabricants de médicaments
(nécessité de revoir les chaînes de fabrication).
Cela impacte également l’organisation des
État des lieux
Plusieurs mesures ont été prises par les pouvoirs
publics ces dernières années pour éviter le
gaspillage. Ainsi, la loi n° 2004-810 du 13 août 2004
relative à l’assurance maladie a rendu obligatoire
la présentation sous un conditionnement approprié
des spécialités susceptibles d’être remboursées
par la collectivité.
La loi de fnancement de la Sécurité sociale pour
2008 a prévu que le pharmacien délivre de grands
conditionnements, quand ils existent, pour les
traitements dont la durée prescrite est d’au moins
trois mois.
La France reste sur son choix de conditionnements
très sécurisés avec des emballages élaborés, par
opposition à la délivrance des médicaments en vrac,
ce qui amène à fxer des quantités correspondant à
des durées de traitements types recommandées.
Pistes d’avenir
La vente à l’unité ne garantit pas à elle seule la
réduction du gaspillage de médicaments. D’autres
facteurs peuvent intervenir dans les causes de
gâchis, par exemple, l’inadaptation de la prescription
ou encore la mauvaise observance des patients à
leur traitement.
La vente de médicaments à l’unité aux patients par les
pharmaciens d’offcine, de façon à faire correspondre
exactement les quantités prescrites aux quantités
délivrées, pourrait présenter l’avantage théorique
de réduire le gaspillage en unités de médicaments
non utilisés.
Pour des raisons de santé publique, la vente à l’unité
imposerait cependant de garantir la sécurisation de
l’identifcation de chaque unité et les conditions
de leur conservation au domicile des patients.
Une exigence diffcile à remplir. Par ailleurs, la mise
en œuvre éventuelle de la vente de médicaments
à l’unité représenterait un coût qu’il conviendrait de
défalquer des économies potentiellement réalisées
du fait d’un moindre gaspillage de médicaments.
L’information et l’éducation des patients sont du ressort du pharmacien,
un acteur majeur dans la promotion de l’observance et dans la lutte contre
le gaspillage de médicaments.
pharmacies, qui doivent assurer la vente à
l’unité, et notamment l’organisation matérielle
en termes d’espace et de fux, sans oublier le
système de facturation à l’unité.
Elles veulent s’orienter vers le juste usage du
médicament, car l’information des patients
en vue d’une meilleure observance est une
préoccupation majeure de santé publique.
96
Les conditionnements ne favorisent-ils
pas le gaspillage?
le chiffre
13
C’est le nombre de
codifcation, miniaturisée
Datamatrix sur les
conditionnements
au 31/12/2010.
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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(1) Chiffre se l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). 2011. (2) Chiffres de la Commission européenne. / 22 juillet 2010.
La contrefaçon de médi caments peut entraî ner des
conséquences très graves pour la santé des personnes
trompées. Il est diffcile de se défendre contre cette activité
criminelle organisée utilisant tous les vecteurs possibles,
Internet notamment. L’industrie travaille en France et à
l’étranger avec tous les acteurs (pouvoirs publics, douanes,
police, pharmaciens, ONG, plateformes d’e-commerce…)
pour garantir l’accès des patients à des médicaments de
qualité, renforcer la traçabilité des produits et en sécuriser la
distribution.
Les entreprises du médicament recherchent toutes les solutions
pour enrayer ce féau
Elles ont signé une charte avec des représentants
de plateformes d’e-commerce pour lutter
contre la vente en ligne de ces produits et une
déclaration de principes avec l’administration
des douanes précisant les modalités de
collaboration pour renforcer la lutte contre les
trafcs de médicaments.
Elles cherchent des solutions technologiques
facilitant l’identifcation des contrefaçons et
assurant la traçabilité des produits. Le Leem
État des lieux
Les faux médicaments sont étiquetés fraudu-
leusement de manière délibérée pour en dissimuler
la nature et/ou la source.
La contrefaçon peut concerner aussi bien des
produits de marque que des produits génériques.
Les médicaments contrefaits sont le plus souvent
sans principe actif. Ils peuvent être sous-dosés ou
surdosés et parfois contenir des produits toxiques.
Dans les pays en développement, les médicaments
faisant le plus souvent l’objet de contrefaçons sont
ceux utilisés contre le paludisme, la tuberculose et le
VIH/sida. Dans les pays développés, la contrefaçon
concerne le plus souvent des médicaments coûteux
(hormones, corticoïdes) ou des médicaments dits
« de société », (anorexigènes, traitement de la
dysfonction érectile…).
Pistes d’avenir
La contrefaçon concerne en premier lieu les pays
en développement, mais touche également de plus
en plus les pays développés, notamment par le biais
de la vente sur Internet.
Dans plus de 50 % des cas, les produits proposés
sur Internet par des sites qui dissimulent leurs
adresses sont des contrefaçons. En achetant un
médicament en ligne, le patient s’expose, au mieux,
à l’absence d’efficacité du traitement, au pire,
à son effet toxique.
Les importations parallèles légales de médicaments
au sein de l’Europe et les reconditionnements
effectués dans ce cadre favorisent également la
circulation des faux médicaments.
Plus de 7 millions de produits pharmaceutiques contrefaits : tel est le nombre
record atteint par les saisies des douanes européennes en 2009
2
.
travaille avec les entreprises et la Fédération
européenne des associations et industries
pharmaceutiques (Efpia) pour développer
l’utilisation d’un outil commun de traçabilité
en Europe (Data Matrix 2D). Testé en Suède,
il a démontré son efficacité et sa facilité
d’utilisation.
Elles forment et sensibilisent les pouvoirs publics
et les acteurs impliqués sur le phénomène de la
contrefaçon.
le chiffre
La contrefaçon concerne
aujourd’hui 10 %
1
du marché mondial, soit
45 milliards de
dollars ( 36,6 milliards
d’euros).
97
Les entreprises du médicament
se mobilisent-elles suffsamment contre
la contrefaçon de médicaments ?
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Recherche Développement Production Vente distribution
Près de la moitié des
25 molécules les plus
utilisées sont issues
ou dérivées de
produits naturels ;
(exemple le saule pour
l’aspirine ou l’if pour
le docetaxel).
La diminution de
certaines espèces de
primates pourrait
handicaper la réalisation
de tests précliniques.
La dégradation de
l’écosystème se fera
sentir au niveau des
matière premières
vivantes ou inertes et
de l’utilisation de l’eau.
Les effets de la
déforestation pourraient
se faire sentir au niveau
de la chaîne de packaging
des médicaments.
La dégradation des écosystèmes se traduit particulièrement
par la disparition des espèces. La disparition d’une espèce,
c’est la fin à tout jamais d’un des multiples rameaux de
l’évolution de la vie sur la terre. C’est la disparition d’une
partie spécifque de la mémoire de cette évolution qui était
contenue dans l’ensemble des gènes de cette espèce et qui
pouvait peut-être receler des fonctions utiles à la société et
à la nature. La défense de la biodiversité est clairement l’un
des combats de l’industrie pharmaceutique.
le chiffre
Environ 300
1
espèces
de végétaux supérieurs
et 3 500 espèces
de vertébrés sont menacées,
sans compter les invertébrés
et les microorganismes.
Les entreprises du médicament commencent à envisager les impacts
de l’érosion de la biodiversité
Elles perdent potentiellement chaque année
un ou deux médicaments innovants.
Elles continuent leurs activités de bioprospection
qui devrait croître de 500
1
milliards de dollars
(407 milliards d’euros) d’ici à 2050, mais
elles cherchent des solutions de chimie de
synthèse pour remplacer certaines substances
naturelles.
Les phénomènes qui concourent à la réduction de la biodiversité sont connus dans leur généralité,
peu dans la précision. Aussi est-il difficile d’estimer la perte de diversité biologique générale.
En termes d’espèces, les estimations des pertes se situent entre 27 000 et 100 000 par an. Aujourd’hui,
selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), trois types de milieux sont
particulièrement en danger : la forêt tropicale, les récifs coralliens et les mangroves.
L’importance de la biodiversité dans la chaîne de conception
et de fabrication d’un médicament
La diversité biologique est aussi une source d’inspiration technologique essentielle
et irremplaçable pour les systèmes de production biologiques de l’avenir.
La bio-inspiration, par exemple, consiste à repérer des phénomènes naturels
et à les utiliser ou à les reproduire pour imaginer des processus productifs.
Elles vont appliquer le protocole de Nagoya
qui met en place des mécanismes d’accès
aux ressources génétiques et aux savoirs
traditionnels, ainsi qu’un partage des bénéfces
issus de leur utilisation.
(1) « Biodiversity and Ecosystem Services. Risk and Opportunity Analysis within the Phamaceutical sector ». May 2011. KPMG briefng.
98
Les entreprises du médicament sont-elles
concernées par la défense de la biodiversité ?
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
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La politique sociale du secteur doit permettre d’accompagner
l’évolution de l’industrie du médicament en France. Elle se doit
aussi d’être prospective pour mieux anticiper les mutations
liées aux enjeux scientifques, réglementaires, politiques et
démographiques. En concertation avec les organisations
syndicales de salariés, elle crée les outils nécessaires à la
gestion sociale des femmes et des hommes du secteur et des
compétences dont elle a besoin.
Les entreprises du médicament mènent une politique dynamique
et volontariste
Elles anticipent et analysent des besoins en
emplois, en compétences et en qualifcations
par la réalisation régulière d’études pros-
pectives.
Elles mettent l’accent sur la formation : leurs
investissements représentent en moyenne
4 % de la masse salariale depuis dix ans,
État des lieux
La politique sociale du secteur est volontariste et
a donné lieu à la signature de plus d’une trentaine
d’accords collectifs de travail depuis 2008.
Thèmes des principaux accords : insertion et
maintien dans l’emploi des salariés handicapés et
création d’une mission handicap paritaire, santé au
travail, prévoyance, formation, emploi des jeunes,
évolution des salaires minima, emploi des seniors…
Le secteur du médicament se caractérise par une
mixité relativement équilibrée (57,8 % de femmes)
et un niveau de qualifcation élevé. Il connaît de forts
renouvellements d’effectifs, avec une moyenne
d’environ 9 000 recrutements par an, et attend
près de 14 500 départs à la retraite d’ici à 2012.
Gestion prospective
L’industrie du médicament est l’un des premiers
secteurs professionnels ayant créé un observatoire
des métiers dont l’objectif est d’anticiper et
d’analyser l’évolution des métiers et de l’emploi
et d’adapter l’offre de formation initiale aux besoins
en compétences des entreprises.
Cette gestion prospective vise à professionnaliser
les cursus de formation et à favoriser la mobilité et
le développement professionnel au sein du secteur
et en lien avec d’autres.
Face à la diminution des effectifs de promotion,
l’industrie du médicament a ainsi mis en place
des outils permettant l’optimisation de la mobilité
professionnelle des collaborateurs concernés.
soit de 25 % de plus que ceux des autres
industries.
Elles accordent une place très importante aux
jeunes : les moins de 26 ans représentent près de
23 % des recrutements annuels. Elles accueillent
chaque année plus de 1 200 jeunes en contrat
d’alternance et plus de 8 000 stagiaires.
le chiffre
38 350
1
départs sont prévus dans
l’industrie pharmaceutique
en France d’ici à 2020.
Au sein du comité stratégique des industries de santé (CSIS), les industriels
du médicament, associés à d’autres industriels de santé, ont lancé avec les pouvoirs
publics un contrat d’étude prospective (CEP) dont la fnalité est d’anticiper
les mutations des différents secteurs. Ce CEP prévoit de mettre en œuvre
une expérimentation sur l’anticipation de l’évolution professionnelle
sur deux bassins d’emploi (Centre-Normandie et Rhône-Alpes)
afn de prévenir les mutations industrielles.
(1) Les Chiffres de cette fche sont extraits du bilan économique 2011 du Leem, réalisé par la direction des affaires sociales et industrielles.
99
Quelle est la politique sociale des entreprises
du médicament ?
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Séquençage du génome humain, cellules souches embryonnaires,
clonage thérapeutique, transfert de gènes… Tout va si vite en
biologie que les progrès réalisés cristallisent les espérances et les
craintes d’une société qui se sent parfois dépassée par le rythme
des découvertes et l’usage qui pourrait en être fait. Pourtant, les
percées des sciences du vivant sont porteuses d’espoir, non
seulement par les connaissances qu’elles apportent, mais aussi
par les défs éthiques qu’elles posent à notre conscience et au
fonctionnement de notre système démocratique.
le chiffre
200
C’est le nombre de types
de tissus que peuvent
former les cellules souches
embryonnaires.
Les entreprises du médicament cherchent à avancer sur ces sujets
par des débats citoyens, dans un contrat de progrès construit avec
la société
El l es esti ment qu’ au-del à des seul es
considérations médicales, c’est la société
dans son ensemble qui devra définir le
champ d’appl i cati on de ces nouvel l es
connaissances.
Elles ont toujours procédé en consultant leurs
parties prenantes naturelles (chercheurs,
cl i ni ci ens, uni versi tai res…) l ors d’une
première phase d’étude du domaine en
question : cellules souches, nanotechnologies
appliquées à la médecine, etc. Par la suite,
État des lieux
Les industriels du médicament ont besoin de
ces recherches. Ils savent en effet qu’à terme,
elles seront porteuses de solutions et qu’elles
conditionneront leur capacité à soulager les
patients.
En revanche, elles ignorent par avance quel angle
exact prendront ces solutions et quelle recherche
débouchera sur quelle application. C’est pourquoi
elles suivent différentes pistes en parallèle et
comparent leurs résultats afn d’orienter les futurs
développements.
Dans cette perspective, les recherches sur les
cellules souches, sur les nanotechnologies
appliquées à la médecine ou encore les avancées
des neurosciences sont essentielles à leur
compréhension du vivant et au passage à la
recherche appliquée.
Pistes d’avenir
Il y avait autrefois quelques innovations par siècle,
ce qui laissait le temps de les expliquer, de les
comprendre et de les assimiler, avant de les adopter.
Toutes ces connaissances nouvelles sont à l’origine
de situations sans précédent, qui sont autant de
questions posées quant aux choix à effectuer et
autant de défs lancés à notre conscience éthique
et au fonctionnement de notre démocratie.
C’est donc une médecine de plus en plus scientifque
qui se profile, exigeant en contrepartie de son
développement une ouverture au questionnement
et aux inquiétudes des citoyens et un droit
à l’information et à la transparence.
« Au moment de faire des investissements dans un pays, on choisira tel pays plutôt
que tel autre, en fonction du cadre réglementaire et juridique qui prévaut. La recherche
est aussi une question économique. Les questions de progrès scientifque
et de recherche biomédicale sont aussi des questions d’indépendance stratégique. »
Christian Lajoux. Président du Leem.
elles ont progressivement élargi le cercle
de leurs consultations pour parvenir à une
co-construction des positions scientifques,
technologiques et éthiques.
Elles considèrent, en effet, que les débats
concernant les recherches biomédicales
doivent être conduits le plus largement
possible, car les choix éthiques nécessitent
un cheminement vers la solution retenue en
toute transparence et en toute conscience.
100
Comment concilier progrès thérapeutique, nouvelles
avancées de la recherche et respect des individus ?
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
Sigles et acronymes
A
Ac : anticorps monoclonal
ADME (profl) : absorption, distribution, métabolisme,
élimination
ADN : acide desoxyribonucléique
AFIPA : Association française de l’industrie pharma-
ceutique pour une automédication responsable
AIP : autorisation d’importation parallèle
ALD : affection de longue durée
AMM : autorisation de mise sur le marché
ANR : Agence nationale de la recherche
ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire, de
l’alimentation, de l’environnement et du travail
ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament
et des produits de santé (ex-Afssaps)
ARIIS : Alliance pour la recherche et l’innovation
des industries de santé
ARN : acide ribonucléique
ARNm : ARN messager
ASMR : amélioration du service médical rendu
ATU : autorisation temporaire d’utilisation
AVAI : année de vie ajustée sur l’invalidité
AVC : accident cardiovasculaire
AVIESAN : Alliance nationale pour les sciences de
la vie et la santé
C
CA : chiffre d’affaires
CAPI : contrat d’amélioration des pratiques
individuelles
CEA : Commissariat à l’énergie atomique
CENGEPS : Centre national de gestion des essais
de produits de santé
CEPS : Comité économique des produits de santé
CESPHARM : Comité d’éducation sanitaire et
sociale de la pharmacie française
CMO : Contract Manufacturing Organization
CNAMTS : Caisse nationale d’assurance maladie
des travailleurs salariés
CNRS : Centre national de la recherche scientifque
CODEEM : Comité de déontovigilance des entreprises
du médicament
COPPEM : Comité des parties prenantes des
entreprises du médicament
CPP : Comité de protection des personnes
CRPV : Centre régional de pharmacovigilance
CSIS : Conseil stratégique des industries de santé
D
DASRI : déchet d’activités de soins à risques
infectieux
DASRI PAT : déchet d’activités de soins à risques
infectieux des patients en auto-traitement
DCI : dénomination commune internationale
DDP : dispositions déontologiques professionnelles
DEQM : Direction européenne de la qualité du
médicament
DMP : dossier médical personnalisé
DMLA : dégénérescence maculaire liée à l’âge
DPI : déclaration publique d’intérêts
DREES : Direction de la recherche, de l’évaluation
et des statistiques
E
EFPIA : European Federation of Pharmaceutical
Industries and Associations
EMA : European Medicines Agency (Agence
européenne pour l’évaluation des médicaments)
ERA : évaluation du risque environnemental
F
FDA : Food and Drug Administration
FIIM : Fédération internationale de l’industrie du
médicament
G
GAVI : Global Alliance for Vaccines and Immunization
GLP : Good Laboratory Practise
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
H
HAS : Haute autorité de santé
HPV : Papillomavirus humain
HSE : hygiène et sécurité
HSV : herpès simplex virus
I
ICH : International Conference on Harmonisation
of Technical Requirements for Registration of
Pharmaceuticals for Human Use
IFPMA : International Federation of Pharmaceutical
Manufacturers and Associations
IHU : Institut hospitalo-universitaire
IMC : indice de masse corporelle
IMAO : inhibiteur de monoamine oxydase
IMI : initiative médicaments innovants
INPES : Institut national de prévention et d’éducation
pour la santé
INCa : Institut national du cancer
Inserm : Institut national de la santé et de la
recherche médicale
InVS : Institut national de veille sanitaire
IRM : imagerie par résonance nucléaire
IRT : Institut de recherche technologique
L
LEEM : Les entreprises du médicament
LFSS : loi de fnancement de la sécurité sociale
M
MNU : médicaments non utilisés
O
OCDE : Organisation de coopération et de
développement économique
OGM : organisme génétiquement modifé
OMS : Organisation mondiale de la santé
ONDAM : Objectif national des dépenses d’assurance
maladie
ONG : organisation non gouvernementale
OTC : Over The Counter (devant le comptoir)
P
PA : principe actif
PCRD : programme cadre de recherche et de
développement (de la Commission européenne)
PGR : plan de gestion des risques
PIB : produit intérieur brut
PIP : plan d’investigation pédiatrique
PLFSS : projet de loi de fnancement de la sécurité
sociale
PMDA : Pharmaceuticals and Medical Devices
Agency (Japon)
PME : petites et moyennes entreprises
PNRM : plan national sur les résidus de médicaments
dans l’eau
PPHT : prix public hors taxe
PPP : partenariat public-privé
PPT : protocole thérapeutique temporaire
PPTTC : prix public toutes taxes comprises
PRES : pôle de recherche et d’enseignement supérieur
R
RCP : résumé des caractéristiques du produit
R&D : recherche et développement
ROR : rougeole, oreillons, rubéole
RSE : responsabilité sociétale des entreprises
S
SATT : société d’accélération de transfert
technologique
SEP : sclérose en plaques
SNC : système nerveux central
SRAS : syndrome respiratoire aigu sévère
T
TFR : tarif forfaitaire de responsabilité
V
VIH : virus de l’immunodéfcience humaine
VM : visite médicale
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
A
Accord-cadre 61
AIP (Autorisation d’importation parallèle) 20
ADL 13-64-67
Allergies 56
Alzheimer (maladie d’) 22-28
AMM 8-15-19-20
Animaux 44-45
ANSM (ex-Afssaps) 83-85-87
Antibiotiques 18
Anticorps monoclonaux 30-36-53
Antirétroviraux 33
ASMR 63
Associations de patients 81
Assurance maladie 64-65
Attractivité 71-75
ATU 19-83
Automédication 8
AVC 25
B
Bénéfce/risque 3-12
BMNC (besoins médicaux non couverts) 21-22-41
Biodiversité 98
Bioéconomie 72
Bioéthique 100
Bio-informatique 50
Biologie de synthèse 52
Biologie des systèmes 51
Biomarqueur 24-26-37-41-58-86
Biomédicaments 47
Bioproduction 74
Biosimilaire 14
Biotechnologies 47-68-72-76-85
Bonnes pratiques 4
Bon usage 13
Brevet 69
C
Cancer 21-22-23-24
Cellules souches 29-54-100
Cengeps 71
CEPS 62
Cible 44
Codeem 91
Commission de la transparence 62-63
Compétences 99
Conditionnement 13-96
Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) 66
Consommation 13
Contrefaçon 9-20-97
Coppem 81
Cyclamed 93
D
Dasri 94
Délocalisation 75
Dengue 40
Dépenses 63-64
Dépression 38-39
Déremboursements 63
Développement 68
Diabète 26-27
DMLA 37
Drug-design 44
E
Eau (résidus dans l’) 95
Effets indésirables 3-12-14-85
Emballage 96-98
Effcience 89
Émissions CO2 92
Emploi 76
Enfants (voir médicaments pédiatriques) 15
Environnement 92
Épidémiologie 22
Espérance de vie 21-41
Essais cliniques 15-32-46-87
Éthique 87-91-100
Expérimentation animale 45
Experts 91
Index
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
M
Maladies :
- Alzheimer 28
- cardiovasculaires 25
- de Parkinson 29
- infectieuses 34
- os 36
- peau 35
- psychiatriques 39
- rares 32
- tropicales 40
- vision 37
Matières premières 4
Médicament :
- accès 19
- circulation 20
- conditionnement 13-96
- confance 1
- coût 68
- cycle du 44
- orphelin 32
- pédiatrique 15
- pénuries 10
- princeps 14
- prix 62
- qualité 4
- quantité 2
- recyclage 13
- relations 11
- remboursable 62-63
- retrait 3
- sécurité 3
- substance active 4-44-47
- valeur 2
Mélanome 35
MNU 93
N
Nanomédicaments 55
Nanotechnologies 55
Notice 6-84
F
Façonnier 76
Filière 25-66-78
Fondation 82
Formation 76-99
G
Galénique 5
Génétique 24-26-27-29-36-39-40
Génériques 14-62-64-65
Génomique 47-49
Gestion des risques 3
Grenelle de l’Environnement 92
H
Handi-EM 82
HAS 62-63-83
Hépatite 31
Homéopathie 16
Hypertension 25
I
Iatrogénie 12
Image 1
IMI 67
Immunothérapie 56
Indépendance (voir experts)
Industrie 66-67-70-71-72-77-78-79-80
Information 12-50-88
Innovation 43-70
Innovation ouverte 43
Internet 9
Investissement 71-79
L
Loi sur le médicament 83
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
- collaborative 43
- épidémiologique 48
- translationnelle 48
RCP 6-20-85
R&D 67
Résistance 18
Responsabilité sociétale (RSE) 81
Retrait 3
Ruptures d’approvisionnement 10
S
Santé 20-25-80
Schizophrénie 39
Sclérose en plaques 30
Sida 22-33
Sites industriels 73-75
T
Télémédecine 89
Thérapie ciblée 41
Thérapie cellulaire 54
Thérapie génique 57
Transgénèse 59
Transcriptomique 49
Tulipe 82
V
Vaccin 17-24-28-33-34-40-59
- industrie 77
- recombinant 56
- thérapeutique 56
Vente en grande surface 7
Visite médicale 88
O
Obésité 27
Observance 12
Observatoire des biotechnologies 72
Observatoire des métiers 99
Observatoire sociétal 1
OGM 59
Omiques 49
Ostéoporose 36
P
Paludisme 40
Partenariat 18-34-43-71-72
Parties prenantes 81
Pays en développement 82
Pharmacien d’offcine 7
Pharmacovigilance 84-85
Plan 60
Plan Alzheimer 60
Plan cancer 60
Plan maladies rares 60
Pôles 78
Politique conventionnelle 61
Politique sociale 99
Polyarthrite rhumatoïde 53
Principe de précaution 86
Prix 62
Production industrielle 67-73-75
Propriété intellectuelle 69
Protection des patients 87
Progrès thérapeutique 42-54
Protéomique 49
Puce à ADN 50
Psychotropes 39
R
Recherche
- biomédicale 100
- clinique 46
- coût 68
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
Glossaire
A
ADN : abréviation d’acide desoxyribonucléique.
Longue molécule ressemblant à une chaîne et
portant le code génétique.
ARN : abréviation d’acide ribonucléique. Molécule
très proche chimiquement de l’ADN. Les cellules
vivantes utilisent en particulier l’ARN comme un
support génétique intermédiaire de nos gènes pour
fabriquer les protéines dont elles ont besoin. L’ARN
peut remplir de nombreuses autres fonctions et en
particulier intervenir dans des réactions chimiques
de la cellule.
ARN messager : molécule d’ARN transcrite à partir
d’un gène et qui contient des informations codées
concernant la séquence des acides aminés d’une
protéine. L’information contenue dans l’ARNm peut
coder plus d’une protéine.
B
Biotechnologie : utilisation du génie génétique
et d’autres nouvelles technologies à des fins
commerciales.
D
DCI (dénomination commune internationale) :
il s’agit de la dénomination qui permet d’identifer le
principe actif majeur contenu dans un médicament
à l’aide d’un langage commun au niveau mondial.
L’usage de la DCI facilite la prescription de
médicaments génériques.
E
Enzyme : molécule de protéine catalysant les
réactions biochimiques.
F
Filière : description de trajectoires. Elle peut être
défnie a posteriori ou a priori. Une flière défnie a
posteriori résulte d’une observation des trajectoires
des patients dans le système de soins ; une flière a
priori résulte soit d’une logique de travail en réseau,
soit d’une logique conventionnelle, réglementaire
ou tarifaire. Les éléments de caractérisation d’une
flière sont les « lieux de passage », la quantité
d’aide et de soins apportée à chaque niveau, le
temps de passage à chaque niveau, les coûts
associés.
G
Gène : unité de base de l’hérédité. La plupart des
gènes codent des protéines.
Génome : totalité de l’information génétique d’une
cellule représentée par son ADN.
H
Haut débit : expression qui évoque l’utilisation
de l’informatique et de la bio-informatique pour
accélérer la phase de test des molécules, protéines
ou catalyseurs en vue de processus de production
de matériaux, médicaments, etc. Le criblage à
haut débit s’appuie sur la bio-informatique, la
génomique, la protéomique, la robotique, et parfois
les nanotechnologies.
L
Lymphocyte : cellule présente dans le sang et qui,
en présence d’une substance étrangère (antigène),
se divise et produit des anticorps.
O
Omiques : ils s’intéressent aux interactions
dans et entre des ensembles vivants complexes
(espèces, populations, individus, cellules, protéines,
ARN, ADN) en tenant compte de l’environnement
auquel ces ensembles vivants sont exposés et de
l’écosystème dans lequel ils vivent.
P
Pharmacogénomique : démarche faisant appel
à le génomique pour sélectionner des molécules
données d’une activité pharmacologique qui sont
plus en rapport avec les cibles sociologiques.
Phases de développement d’un médicament :
- Choix des cibles : les cibles sont les récepteurs
ou enzymes sur lesquels se fxent les médicaments
pour modifer les fonctions cellulaires.
- Screening : il s’agit de tests rapides automatisés
qui servent à mesurer l’interaction entre une cible
et des composés chimiques. Ils ont pour but de
rechercher des structures moléculaires ayant le
profl d’activité souhaité (têtes de série).
- Optimisation des têtes de série : chimistes et
biologistes sélectionnent les molécules en fonction
de leur spécifcité et leur affnité avec la cible afn
d’aboutir au candidat-médicament.
100 QUESTIONS QUE L’ON NOUS POSE - JUIN 2012
- Développement préclinique : après avoir mis au
point un procédé de synthèse industrialisable et
une formulation administrable chez l’homme, des
études toxicologiques chez l’animal permettent de
vérifer l’innocuité du candidat-médicament.
- Évaluation clinique : il s’agit, à cette étape, de
vérifer l’innocuité et de mesurer l’effcacité chez
l’homme du futur médicament.
- Industrialisation : synthèse et fabrication de la
forme pharmaceutique.
- Enregistrement : obtention de la part des autorités
sanitaires de l’autorisation de mise sur le marché
(AMM), négociation d’un prix pour les spécialités
remboursées et commercialisation.
Protéine : molécule biologique constituée d’acides
aminés liés entre eux et formant une chaîne. Les
protéines comptent des dizaines et jusqu’à des
milliers d’acides aminés.
T
Thérapie cellulaire : thérapi e vi sant au
remplacement d’un tissu lésé en greffant au
malade des cellules progénitrices dérivées de
cellules souches embryonnaises ou adultes.
Transcriptome : collection des produits de
transcription (ARN messagers) résultant de l’activité
des gènes d’une cellule.
Direction de la communication
88 RuE DE LA FAISANDERIE
75782 pARIS CEDEX 16
T. : 33(0)1 45 03 88 88
www.leem.org
www.facebook.com/lemedicamentetmoi
@LeemFrance

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