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Edition

2007

Titre original : Uhuvvet Risalesi Editions : ENVAR NE§MYAT
Pierloti Cad. Dostlukyurdu Sk. HacibeyApt. No: 10/3 34400 Çemberlita§ ISTANBUL-TURQUIE

www.envarnesriyat.com
Tel: +90 516 20 42 - 518 62 71 Fax: +90 516 20 14

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ISTANBUL-TURQUIE Tel: +90 212 501 47 63

ISBN

975-990-154-4

© Copyright: tous droits réservés.
(“Uhuvvet Risalesi” Fransizca Tercümesi)

Collection Risale-i N ur

TRAITE DE LA FRATERNITE

(Vingt-Deuxième Lettre)

Bediüzzaman

Said Nursî
Ouvrage traduit par le Dr. M. Karadag

VINGT-DEUXIEME LETTRE

[Cette lettre est en deux chapitres. Le prem ier ch ap it­ re in v ite les gens de foi à la fratern ité et à l’amour.]

PREM IER CHAPITRE

La partialité, l'entêtement et la jalousie qui causent l'hypocrisie, la discorde, la haine et l'animosité entre les croyants sont mauvais, re­ jetés, nuisibles et injustes du point de vue de la vérité, de la sagesse, de l'Islam qui représente l'humanité suprême, du point de vue de la vie personnelle, sociale, spirituelle. Ils sont un poison pour la vie sociale. Nous expliquerons «Six Aspects» parmi de très nombreux aspects de cette vérité. PREMIER ASPECT : c'est injuste du point de vue de la vérité. O homme inéquitable qui nourrit la haine et l'hostilité contre le croyant! Supposons que tu sois dans un bateau ou dans une maison, qu'avec toi, il y ait neuf innocents et un crimi­ nel. Tu sais combien est injuste celui qui cherche à faire couler le bateau et à détruire la maison. Et tu crieras de façon que les cieux en­ tendent son injustice. Même avec un innocent et neuf criminels à bord, ce bateau-là ne peut être coulé par aucune loi de justice. De même, bien qu'il n'y ait pas seulement neuf plutôt vingt attributs innocents tels la foi,
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l'Islam, le bon voisinage dans le corps d'un croyant qui est une maison céleste et un bateau divin, à cause d'un attribut criminel qui te déplaît et te paraît nuisible, en nour­ rissant la haine et l'hostilité contre lui, tenter de ta part de faire ou de vouloir couler le bateau spirituel et brûler et détruire la maison céleste, est une injustice aussi impudique et indigne que l'autre cas. DEUXIEME ASPECT : c'est aussi injuste du point de vue de la sagesse. Car il est connu que l'animosité et l'amour sont opposés comme lumière et obscurité. Les deux ne peuvent se combiner dans leur essence respective. Si l'amour se trouve vraiment dans un cœur par la vertu de la prédominance de ses raisons, l'animosité est donc simulée ; elle se transforme en une image de pitié. Oui, le croyant aime et doit aimer son frère. Mais il est peiné par son mal. Il s'efforcera de le corriger avec gentil­ lesse mais non pas avec rudesse. C'est la rai­ son pour laquelle le texte du Hadith dit : «Le croyant ne doit pas se fâcher avec le croyant ni cesser de lui parler plus de trois jours.»
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Si les causes de l'animosité prédominent, si une réelle hostilité prend place dans le cœur, alors l'amour sera simulé, et prendra une forme artificielle et flatteuse. O homme injuste! Regarde maintenant com­ bien sont injustes, haine et animosité envers ton frère croyant. Parce que si tu supposes que des cailloux ordinaires ont plus de valeur que la Ka'ba et sont plus élevés que la montagne d'Uhud, tu déraisonneras d'une manière grossière. De même, bien que beaucoup d'attributs islamiqu­ es comme la foi à valeur de Ka’ ba, l'Islam à va­ leur de Montagne d’Uhud exigent l'amour et l'accord, faire prévaloir contre la foi et l'Islam quelques imperfections qui causent l'animosité contre le croyant et qui ont la valeur des cail­ loux ordinaires deviendra à tel degré de cruau­ té et de déraisonnement et une si grande injus­ tice que si tu es doué d'esprit tu le comprendras. Oui, l'unification de la foi exige sans doute celle des cœurs. Et l'unité de la croyance exige l'unité sociale. Oui, tu ne peux pas nier que si tu te trouvais dans un même régiment avec quelqu'un, tu ressentirais un attachement amical pour cette personne et
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si tu étais sous l'ordre d'un même commande­ ment, tu obtiendrais une relation de camarade­ rie. Et si tu étais avec lui dans le même pays, tu ressentirais un climat fraternel. Alors qu'il y a des rapports d'union et des liens d'accord et les relations fraternelles autant que les Noms Divins que la foi montre et fait savoir et avec la lumière et la conscience qu'elle donne. Par exemple : Votre Créateur est unique, votre Maître est unique, votre Adoré est unique, votre Pour­ voyeur est unique., un, un, de là jusqu'à un mil­ lier d'unités. Votre Prophète est unique, votre Religion est unique, votre Direction (Kibla) est unique., un, un et de là jusqu'à une centaine d'unités. Votre village est unique, votre Etat est unique, votre pays est unique., un, un, de là jus­ qu'à une dizaine. Bien que cette quantité d’uni­ tés exige l’unité, l'unification, l'entente, l'ac­ cord, l'amour et la fraternité et qu'existent les liens spirituels qui attachent l'univers et les planètes, tu comprendras si tu n'as pas un cœur éteint et une intelligence tarie que favoriser comme la toile d’araignée, les choses sans valeur, versatiles qui mènent à la discorde,
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l'hypocrisie, la haine et l'animosité, porter une véritable inimitié et garder la haine contre le croyant, cela devient une impolitesse face à ces liens unificateurs et un mépris à l'égard des causes de l'amour, une injustice et une transgression contre les affinités fraternelles... TROISIEME ASPECT : selon le mystère de:

exprimant la vraie justice, en raison d'un attri­ but criminel, condamner les autres attributs qui se trouvent chez un croyant revient à être hostile et haineux à tel point que cela en de­ vient une infinie injustice et particulièrement en se fâchant d'un mauvais attribut d'un croyant, si on l'étend aux proches de ce croyantlà, bien que la vérité et la

Sharia et la Sagesse Islamique te fassent remarquer en forme d’exagération que tu commets une très grande injustice, comment peux-tu te donner raison en disant : «moi, j ’ai droit»?
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Du point de vue de la vérité, les méchan­ cetés qui sont les causes de l'hostilité et du mal sont, en effet, aussi denses comme le mal et le sol ; elles ne doivent pas infecter, ni se refléter dans les autres. Si d'autres en tirent une leçon et commettent le mal, c'est une autre question. Les causes de l'amour qui sont les bontés sont lumière comme ce der­ nier ; leur particularité est d'être transmise et reflétée. C'est pourquoi la parole : «L'ami de l'ami est un ami» est transmise comme un proverbe. D'où aussi la parole : «pour un œil plusieurs yeux sont aimés» est rapportée par tout le monde. Voilà, ô homme injuste! Si tu es quelqu'un de clairvoyant, tu comprendras combien le fait de nourrir de l'hostilité envers le frère innocent et aimable et les proches de quelqu'un que tu n!aimes pas est contraire à la vérité bien que la Vérité exige qu'on voie ainsi. QUATRIEME ASPECT : c'est aussi injuste du point de vue de la vie personnelle. Ecoute quelques principes qui sont comme la base de ce quatrième aspect.
il

Premier Principe : quand tu sais que ta voie et tes idées sont justes, tu as le droit de dire : «Ma voie est juste ou meilleure». Mais tu n'as pas le droit de dire : «Seule ma voie est juste». Selon le mystère de :

ton opinion injuste et ton esprit limité ne peuvent pas être arbitres. Ils ne peuvent con­ damner comme fausse la voie des autres. Deuxième Principe : c'est ton droit de dire: «Tout ce que tu dis doit être juste. Mais tu n'as pas le droit de dire toute vérité. Tout ce que tu dis doit être vrai, mais toute vérité n'est pas bonne à dire.» Car, quelqu'un qui n'a pas l’intention sincère comme tu l'as, peut être blessé par ton conseil qui provoquera une réac­ tion défavorable. Troisième Principe : si tu veux nourrir l'animosité, insurge-toi contre la haine de ton cœur et débarrasse-t'en. Aussi, sois hos­ tile envers ton ego concupiscent et ses caprices
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qui te causent le plus de peine, et tâche de le corriger. Pour la faveur de ton ego nuisible, n'en veux pas aux croyants. Si tu veux porter hosti­ lité, fais-le contre les incroyants et les héré­ tiques qui sont nombreux. Oui, comme l'attri­ but de l'amour est conforme à celui-ci, de même le défaut de l'animosité est conforme avant tout à celle-ci. Si tu veux vaincre ton adversaire, re­ pousse son mal par le bien. Parce que si tu lui réponds par le mal, le conflit s'aggrave. Il garde rancune de l'intérieur même s’il est apparem­ ment vaincu. Si tu lui réponds par le bien, il regrettera et deviendra ton ami... Selon le juge­ ment de

le caractère du croyant, c'est d'être noble. Il te sera serviable pour ta noblesse. Même s’il est apparemment ignoble, du point de vue de la foi il sera noble. Oui, il arrive très souvent que si tu dis à un homme mauvais «tu es bien, tu es bien», il devient bien, et si tu dis à un homme hon «tu es mauvais, tu es mauvais» il devient
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mauvais. Par conséquent tu tends l'oreille à ces principes coraniques sacrés où tu trouveras bonheur et salut :

Quatrième Principe : les gens rancuniers et hostiles transgressent, ils sont injustes aussi bien envers eux-mêmes qu'envers leurs frères croyants et la clémence Divine. Parcé qu'avec la rancune et l'animosité ils laissent leur ego (nafs) dans un supplice pénible. Ils traitent leur ego injustement en le faisant souffrir atroce­ ment, en raison de la peur et du supplice ve­ nant des bienfaits attribués à son adversaire. Si l'animosité provient de la jalousie, elle est une torture totale parce que la jalousie accable, détruit, consume le jaloux en premier. Son tort pour l'envié est négligeable ou inexistant. La solution de la jalousie : que le jaloux pense à la fin des choses dont il a envie, afin qu'il comprenne que la beauté, la force, le rang et la fortune terrestres que son adversaire pos­
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sède sont éphémères et temporaires. Leurs in­ térêts sont faibles, leurs malheurs énormes. Si ce sont des vertus de l'au-delà, elles ne pourront sûrement pas être l'objet de l'envie. S'il en a en­ vie, il est soit un hypocrite qui veut épuiser les biens de l'au-delà dans ce monde ou bien il croit que l’envié est un hypocrite, il a tort, commet une injustice contre lui. Aussi en se réjouissant des malheurs qui atteignent l'envié et en s’attristant des bienfaits qu'il reçoit il boude les bienfaits que le destin et la miséricorde Divine lui ont accordés. Comme s'il critiquait le destin et protestait contre la mi­ séricorde. Celui qui critique le destin frappe tête contre l'enclume et la casse. Celui qui s'oppose à la miséricorde s'en prive. - C'est étonnant, quelle saine conscience pour­ rait accepter quelque chose qui n'équivaut pas à un jour d'animosité pour une année de haine et d'hostilité? Tandis que tu ne peux pas attri­ buer à ton frère croyant une méchanceté qui te touche et le condamner entièrement. Parce que:
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Primo, il y a une part du destin. En la soust­ rayant tu dois envisager avec contentement cette part du destin et de la destinée. Secundo : en distinguant la part de l'ego et de Satan, ne pas garder l'hostilité envers cet homme-là, comme il a été vaincu par son ego plutôt avoir pitié de lui et attendre son regret. Tertio : Vois en toi-même ton défaut que tu ne vois pas ou que tu ne veux pas voir et donnelui sa part aussi. Ensuite si tu confrontes cette petite part restante avec pardon et indulgence et magnanimité qui vaincront le plus pacifi­ quement et le plus rapidement ton adversaire, tu échapperas à l'injustice et au tort. Sinon, comme un joaillier juif ivre et fou qui achète au prix du diamant des débris de verres et de glaces ; envisager les affaires terrestres éphé­ mères, temporaires, insignifiantes qui ne valent pas quelques pièces de monnaie avec une extrême avidité et une perpétuelle haine, c'est un despotisme ou une ivresse exprimé en forme d'exagération. C'est en quelque sorte une folie... Voilà, l'hostilité et l'idée de vengeance sont tellement nuisibles à la vie personnelle que si
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tu aimes ta personne, ne leur permets pas de entrer dans ton cœur. Si elles y sont entrées, n'écoute pas leurs paroles. Observe et écoute la parole du connaisseur de la vérité, Hafiz Scherazi qui dit :

Puisqu'il est éphémère et passager il est sans valeur. Si le monde est ainsi, tu comprendras combien ses affaires partielles sont insigni­ fiantes. Il dit aussi :

«La paix e t la tra n q u illité dans les deux m ondes s'exprim ent et se gagnent en deux term es : bonne et généreuse en ten te avec ses amis, a ttitu d e conciliante avec ses ennemis.» Si tu dis : «je n'ai pas le choix ; l'animosité est dans ma nature. Ils m'ont mis dans une colère dont je ne peux m'abstenir.» R éponse : si aucune trace de mauvais carac­ tère et de mauvaise habitude ne se manifeste, si tu n'agis pas avec des choses comme la médi­
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sance et de plus s'il comprend son défaut, cela ne causera pas de tort. Puisque tu n'as pas le choix et tu ne peux pas t'en passer si tu re­ connais ton défaut et si tu comprends que tu as tort avec ce travers, ce fait-là est considéré comme un regret spirituel, un repentir discret et une demande de pardon spirituel qui te dé­ livrent du mal de ton adversaire. En fait, nous avons écrit la section de cette lettre afin que se réalise cette rémission morale pour qu'on ne croie pas que le faux est vrai et pour qu'on ne discrédite pas injustement son adversaire juste. Un cas digne de réflexion : j'ai vu dans un temps donné comme résultat de la partialité malveillante qu'un homme religieux savant jeta l'anathème dédaigneusement sur un sa­ vant pieux qui contredisait son opinion poli­ tique et loua respectueusement un hypocrite dont l'opinion était conforme à la sienne. Voilà je fus consterné de ce mauvais résultat de la politique et j'ai dit :

Depuis ce temps-là, je me suis écarté de la poli­ tique.
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CINQUIEME ASPECT : II explique que l'o b stin ation et la p a rtia lité sont extrêm e­ m ent nocifs p o u r la vie sociale. Si l'on d it : il a été cité dans un Hadith : la divergence exige la par­ tialité. Aussi, la maladie de la divergence dé­ livre la masse opprimée du mal de l'élite oppresseur. Parce que s'il arrive que l’élite d'une commune ou d'un village s'accorde, elle écrase la masse opprimée. Si la partialité existe, l'opprimé se réfugie d'un côté pour se sauver. Aussi, la vérité se manifeste dans sa to­ talité par la confrontation des idées et la diver­ gence des intelligences. R éponse : Nous répondons à la première question: quant à la divergence citée dans le Hadith, c'est la divergence positive, à savoir, que chacun agit afin de corriger et diffuser sa voie et n'agit pas pour détruire et anéantir celle d'autrui mais la compléter et la réformer. Quant à la divergence négative, c'est agir pour détruire les uns les autres d'une façon hostile, malveillante ; ceci
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est rejeté par le Hadîth. Parce que les antago­ nistes ne peuvent agir positivement. Nous répondons à la deuxième question : si la Partialité est au nom de la Vérité, elle peut être le refuge des justes. Mais si la partialité est au profit de l'ego de manière malveillante, comme à notre époque, elle sera le refuge des injustes, elle constituera pour eux un point d'appui. Parce que si Satan vient avec mal­ veillance vers un homme partial, si celui-là en l’aidant se montre son partisan, cet homme-là fera éloge à ce satan-là. Si un homme d'une na­ ture angélique va au côté opposé, on lui montre­ ra une injustice au degré d'invoquer - à Dieu ne plaise! - la malédiction sur lui. Nous disons pour la troisième question que : quant à la confrontation des idées au nom de la vérité et de la justice, elle diffère dans les moyens malgré l'accord sur le but et le fondement. En faisant apparaître tous les aspects de la vérité, elle sert celle-ci et la jus­ tice. Mais la confrontation des idées avec malveillance et partialité qui fait appel à la prétention et à la célébrité au compte de l'ego concupiscent devenu pharaonien ne
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reflète pas «les éclats de la vérité», mais fait plutôt jaillir les feux de la dissension. Parce que bien que l'unité soit nécessaire, les idées de telles personnes ne trouvent nulle part sur terre un point de convergence. Comme ce n'est pas au nom de la vérité, elles agissent abusivement sans limite. Elles causent des divergence irrémédiables. L'état du monde en est témoin. Il en résulte que : si les hauts principes comme

ne sont pas de pratique, l'hypocrisie et la divi­ sion prédominent. Oui, si l'on ne tient pas compte de principes appliqués

et' si on ne respecte pas ces principes en essayant d'appliquer la justice, l'injustice en résulte. Un cas digne de réflexion : une fois, l'imam Ali (que Dieu l'agrée) allongea un mécréant à terre. Au moment où en tirant son épée il allait
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le décapiter avec son épée, le mécréant lui cracha, dessus. L'imam l'abandonna sans le tuer. Le mécréant lui dit : - Pourquoi ne m'as-tu pas exécuté? Il répon­ dit : - J'allais te trancher la tête pour Dieu. Mais tu as craché sur moi, je fus pris de colère. Com­ me la ruse de mon ego (nafs) y prit part, ma sin­ cérité fut atteinte. C'est pour cela que je ne t'ai pas tué. Le mécréant lui dit : - Cela a été pour irriter ta colère pour que tu m'abattes sur le champ. Puisque votre religion est pure et sincère à ce point, elle est véridique, dit-il. Aussi, un fait digne d'attention : une fois, quand un juge fut pris de colère au moment où il amputa la main d'un voleur, son supérieur qui l'observa attentivement le destitua de cette fonction. Parce que s'il l'avait coupée au nom de la Sharia, la Loi Divine, son ego (nafs) aurait eu pitié de lui. Il l'aurait coupée sans que son cœur n’ait été pris ni de colère ni de pitié. Donc comme son ego a pris part au jugement, il n'a pas accompli sa tâche avec justice.
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Une regrettable situation sociale, et une ma­ ladie étonnante affectent la vie sociale qui font pleurer le cœur de l’Islam : Bien que même les peuples les plus primitifs apprécient et appliquent cet intérêt de la vie so­ ciale qui est «oublier et abandonner les conflits internes lorsque les ennemis de l'extérieur apparaissent et attaquent». Qu'arrivent-ils à ceux qui prétendent servir la communauté isla­ mique sans oublier leur hostilité insignifiante? Ils préparent le terrain aux innombrables en­ nemis les uns derrière les autres qui sont en po­ sition d'attaque. Cette situation est un déclin, une barbarie. C'est une trahison pour la vie sociale de l'Islam. Un récit digne d'exemple : Il y avait dans la tribu d'Hasenan, une des peuplades de Bé­ douins, deux clans opposés. Bien qu'ils se soient entretués et qu'il y ait eu certainement plus de cinquante morts, lorsqu'une des autres tribus comme Sipkan ou Haydaran les attaquait, les deux clans hostiles oubliaient leur vieille ani­ mosité et se soutenaient mutuellement, en oub­ liant leur dissension interne jusqu'à ce qu'ils repoussent la tribu étrangère.
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Voilà, o croyants! Savez-vous combien il y a de tribus ennemies disposées à attaquer celle des gens de foi? Il y a plus de cent cercles comme des boîtes qui s'entremêlent. Alors que les gens de foi sont dans l'obligation de s'unir, de se donner la main en se défendant contre chacun de ces cercles, est-il concevable de la part des gens de foi de faciliter leur attaque en ayant un entêtement hostile et une partialité malveillante qui ont l'équivalent de l'ouverture des portes du sacro-saint de l'Islam pour qu'ils l'envahissent? Ces cercles hostiles, sont issus des gens égarés, des renégats jusqu'au monde des impies, aux terreurs du monde et à ses ca­ tastrophes; il y a sûrement plus de soixante-dix espèces d'ennemis qui vous convoitent avec avi­ dité et colère et qui prennent position pour vous nuire. Contre tout cela, ton arme puissante, ton abri et ta forteresse : c'est la Fraternité Isla­ mique. Sache et prends conscience qu'ébranler cette forteresse Islamique avec de petites querelles et des prétextes est ô combien contraire à la conscience et à l’intérêt isla­ mique.
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D'après les Nobles Hadiths rapportés : vers la fin du monde les personnages extraordina­ ires et malsains Soufianed) et Dajjal®, qui prendront le pouvoir à la tête des hypocrites et des hérétiques, en profitant de l'avidité et des divisions de l'Islam et de l'humanité mettront avec peu de force, le genre humain en anarchie et réduiront en esclavage le monde de l'islam. O gens de foi! Si vous ne voulez pas être réduit en esclavage, revenez à votre raison! Et prenez refuge dans la citadelle de la Parole Divine : contre les oppresseurs qui exploitent vos diver­ gences. Sinon vous ne pourrez ni protéger votre vie ni défendre vos droits. On sait que lorsque deux héros s'empoignent, même un enfant peut les vaincre tous deux. Si deux montagnes se trouvent en équilibre sur une balance face à

Athéiste, démagogue, m atérialiste, menteur, dest­ ructeur du monde m usulman (note du traducteur). ■2) Antéchrist: athéiste, démagogue, m atérialiste, menteur, destructeur du monde chrétien (idem).

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face un petit caillou en troublant leur équilibre peut faire basculer de sorte qu’il fait monter l'une et descendre l'autre. Voilà ô gens de foi! A cause de vos passions e t de vos sectarism es hostiles, votre force se ré d u it à rie n ; vous pouvez ê tre écrasés p a r peu de force. Si vous vous intéressez à votre vie sociale, appliquer ce haut principe comme le principe de vie qui est le suivant :

ainsi vous serez délivrés de l'humiliation terrestre et des malheurs de l'au-delà. SIXIEME ASPECT : la vie sp iritu elle et l'ex actitude de l'ad o ratio n s'é b ra n le n t avec anim osité et obstination. Parce que la sin cérité qui est le moyen de délivrance et de sauvegarde se perd. Car une personne obstinée et sectaire désire la supé­ riorité sur son adversaire dans les bonnes œuvres. Elle ne peut réussir à agir avec sincé­ rité pour l'amour de Dieu. Et aussi il préfère son partisan dans ses jugements et actions ; il ne pourra être juste. Ainsi «la sincérité», «la
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justice» qui sont les fondements de bonnes œuvres et actions se perdent avec hostilité et animosité. Ce Sixième Aspect est très long. Nous restons aussi bref que la situation l'est.

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S E C O N D C H A P IT R E

0 gens de foi! Vous avez su précédemment combien est nuisible l'animosité ; de plus sachez que l'avidité est une étonnante maladie aussi nocive que l'animosité pour la vie islami­ que. L'avidité est cause de privation, d'affec­ tion et d'humiliation ; elle amène privation et pauvreté. Oui, l'humiliation et la pauvreté des juifs qui plus que quiconque se précipitent avidement sur ce monde sont une preuve déci­ sive de ce jugement. Oui, l'avidité montre sa mauvaise influence dans le monde des vivants du plus grand cercle à son plus petit membre.
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La recherche de la subsistance en ayant con­ fiance en Dieu au contraire amène la tranquilli­ té et montre sa bonne influence en tout lieu. Alors que les arbres fruitiers et les plantes qui sont en quelque sorte du monde des vivants et ont besoin de subsistance restent à leurs places, confiants, convaincus, sans avidité ; leur nourriture leur vient rapidement. Ils se repro­ duisent beaucoup plus que les animaux. Quant aux animaux, comme ils courent après leur sub­ sistance avec avidité, et c'est pour cela qu'ils atteignent leur nourriture avec beaucoup trop de difficultés et de manque. Aussi, dans l'uni­ vers des animaux, le fait que la subsistance lé­ gitime, parfaite et délicate des petits qui mettent leur confiance en Dieu en proclamant leur état de faiblesse et d'incapacité est donnée par le trésor de la compassion divine et le fait que les animaux féroces qui s'emparent avec avidité de leur subsistance illégitime, la gagnent en déployant d'énormes efforts prouvent que l'avidité est cause de privation et le contentement et la sobriété constituent le moyen de la clémence.
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Aussi, dans le cercle de l'humanité, le fait que le peuple juif qui s'accroche au monde plus que les autres peuples et qui s'y attache avec amour, la fortune usuraire et illicite qu'il gagne avec d'énormes difficultés et qu’elle ne leur rapporte que peu d'utilité pour laquelle il n'est que trésorier, en s'exposant de la part de tous les peuples à l'humiliation, à la misère, au massacre et à la trahison, montre que l'avidité est source d'hum iliation et de perte. Aussi, il y a autant d'événements qui prouvent qu'un homme avide est tout le temps en perte ; D'où la formule qui est devenue un

proverbe aux yeux des gens et est acceptée comme une vérité générale. Puisque c'est ainsi si tu aimes beaucoup la richesse dem ande-la, pas avec avidité, sûrem ent avec co n ten te­ m ent pour qu'elle vienne avec abondance. Les gens sobres et les gens avides sont com­ parables à deux personnes entrant à la cour d'un grand personnage. L'une se dit : «il suffit qu'il m'accepte pour que j'échappe au froid de l'extérieur. Même s’il me donne une chaise du bas, c'est une faveur.»
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La seconde, comme si elle avait un droit et comme si tout le monde lui devait du respect dit avec arrogance : «il doit m'accorder la chaise la plus élevée». Elle entre avec cette avidité et fixe son regard vers des positions supérieures voulant y accéder ; mais le maître de la maison en la repoussant la fit asseoir en bas. Bien qu'elle lui doive le remerciement, elle se fâche de l'intérieur contre lui. Pas seulement elle ne le remercie pas, au contraire elle critique le maître de la maison.. Le maître de la maison la trouve indésirable. Le premier homme entre modestement et veut s'asseoir sur la chaise du plus bas. Sa sob­ riété plaît au maître de la maison. «Veuillez prendre une place supérieure» dit-il. Lui aussi, de plus en plus il le remercie ; son contentement augmente. Voilà, le monde est la cour du Clément. La surface terrestre est un banquet de miséri­ corde. Les échelons de la subsistance et les degrés de bienfaits tiennent lieu de chaises aussi.
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Ainsi, dans les plus petites affaires, cha­ cun ressent la mauvais influence de l'avidité. Par exemple : lorsque deux mendiants de­ mandent quelque chose, chacun ressent en luimême de la gêne de ne pas donner quelque chose au mendiant qui persiste avec avidité ; il ressent de la pitié pour donner quelque chose au mendiant calme. Aussi par exemple : la nuit ton sommeil perdu, tu veux dormir, si tu y es indifférent, ton sommeil peut venir. Si tu veux le sommeil avec avidité en disant : «De grâce! Je veux dormir! De grâce! Je veux dormir!». Tu perdras complètement ton sommeil. Aussi par exemple : tu attends quelqu'un avec avidité pour un résultat important ; en disant «De grâce! Il n'est pas venu! De grâce! Il n'est pas venu!», enfin l'avidité mettant fin à ta patience, tu t'en vas, une minute après cet homme-là vient ; mais le résultat pour lequel tu attendais ne sera pas atteint. Le secret de tous ces événements est le suivant : comme la production d'un pain résul­ te du champ, de l’aire de battage, du moulin et
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du four, de même dans l'ordre des choses, il y a une sage conduite. Celui qui n'agit pas avec douceur à cause de l'avidité, ne res­ pecte pas les échelons spirituels qui sont dans l'ordre des choses ; soit il saute et tombe, soit il manque une marche et ne peut atteindre l'objectif. Voilà, ô frères ébahis par les préoccupa­ tions de la vie et ivres d'avidité d'ici-bas! Bien que l'avidité soit quelque chose de nuisible et d'infortuné à tel point que, au sentier de l'avidité comment commettezvous toute humiliation et acceptez-vous tout bien sans vous demander si cela est licite ou illicite et sacrifiez-vous beaucoup de choses nécessaires à la vie de l'au-delà même aban­ donniez-vous la zakat qui est l'un des piliers importants de l'Islam au sentier de l'avidité? Tandis que la zakat est cause de bénédiction et empêchement des malheurs pour toute personne. Celui qui ne donne pas la zakat perd de toute façon autant de biens que la zakat ; ou il les dépense pour les objets inutiles ou un malheur les emportera en les atteignant.
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On me questionna dans une vision véridique et imaginaire dans la cinquième année de la Première Guerre Mondiale : - Quelle est la raison de cette famine, ces pertes financières et ces difficultés physiques qui ont atteint les musulmans? Je répliquai dans cette vision : - L'Etre Absolu nous demanda un dixième de certains de Ses biens ^ ou un quarantième sur certains au tres qu'il nous a confiés pour nous permettre de bénéficier de la prière des pauvres et prévenir leur jalousie et rancune. Mais à cause de notre avidité en faisant de la cupidité, nous ne l'avons pas donné. L'Etre Absolu a reti­ ré ses zakats accumulées, trente quarantièmes et huit dixièmes.

() 2

(Note 1) C'est-à-dire un dixième des biens fraîche­ ment récoltés qu'il nous donne chaque année comme le blé. (Note 2 ) Dans le passé, des quarante animaux qu'il nous donnait ; chaque année souvent et sans interrup­ tion, par l'aspect du gain commercial et du genre ani­ mal, Il donne de nouveau dix unités.

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De plus, Il nous a demandé une faim qui a soixante dix sagesses, seulement un mois chaque année. Nous avons pris pitié de nous mêmes ; nous n'avons pas supporté une tem­ poraire et bienfaisante faim. Pour nous pu­ nir, l'Etre Absolu nous soumit à un genre de jeûne qui comporte soixante-dix malheurs durant cinq ans. Aussi, Il nous demanda une heure toutes les vingt-quatre heures, une sorte d'entraîne­ ment Divin, bon et sublime, lumineux et bénéfique. Par paresse, nous n'avons pas accompli cette prière et cette invocation. En joignant cette seule heure aux autres, nous l'avons perdue. Pour sa pénitence, l'Etre Ab­ solu nous a soumis à une sorte de prière avec entraînement, instruction et course pendant cinq ans.» avais-je dit. Après je me réveillai, pensif et je compris que dans cette vision imagi­ naire il y a une très importante réalité. Comme il est prouvé et expliqué dans la Vingt-cin­ quième Parole, à propos de l'étude comparée entre la civilisation et le jugement coranique ; toutes les immoralités, toutes les instabilités
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dans la vie sociale de l'homme proviennent de deux paroles : La première : «Peu importe qu'autrui meure de faim, si je suis rassasié.» La seconde : «Toi, tu travailles, moi je mange.» Ce qui perpétue ces deux paroles, c'est la pratique de l'usure et l'abandon de la zakat. Le seul moyen de remédier à ces deux inquiétants fléaux sociaux, c'est la mise en application du principe de la zakat et l'interdiction de l'usure. De plus pas seulement chez les individus et pour les communautés particulières mais aussi un fondement très important pour le bonheur de la vie de l'espèce humaine plutôt un pilier très important pour la continuité de la vie humaine, c'est la zakat. Parce que dans la société il y a deux catégories qui sont l'élite et la masse. C'est la zakat qui garantit la pitié et la charité de l'élite envers la masse, le respect et l'obéissance de la masse pour l'élite. Sinon du haut, la tyrannie et l'oppression tombent sur la masse. Et de celle-ci, contre les riches s'élèvent la haine et la rébellion. Les
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deux classes de l'humanité se trouvent dans une opposition morale et un désaccord confus. Peu à peu elles engendrent une confrontation sous forme du travail et du capital comme ce fut le cas en Russie... 0 gens de noblesse et de bonne conscien­ ce! 0 gens de générosité et de charité! Si les charités ne sont pas au nom de la zakat, il y aura trois inconvénients. Parfois elles diparaissent sans aucune utilité. Parce que tu ne les donnes pas au nom de Dieu, tu lui im­ poses une reconnaissance spirituelle ; tu laisses le pauvre misérable sous le joug de la recon­ naissance. Là tu seras privé de ses prières ac­ ceptées par Dieu. En réalité bien que tu sois un agent distributeur de l'Etre Absolu pour distri­ buer ses biens à ses serviteurs en te croyant lê propriétaire de ces biens, tu commets un acte d'ingratitude. Si tu les donnes au nom de la zakat, comme tu les donnes au nom de l'Etre Ab­ solu, tu montres une reconnaissance de ses bienfaits. Cette personne nécessiteuse aussi, comme elle ne sera pas obligée de t'aduler, sa dignité ne sera pas atteinte et sa prière pour toi sera acceptée.
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Oui, combien est grande la différence entre celui qui donne la zakat ou plus sous forme d'aumône et de charité et celui qui donne sous d'autres formes ne subissant que des inconvénients tels que l'ostentation, la célébrité, l'humiliation et le reproche? Où est l'accomplissement de ces charités au nom de la zakat et des obligations pour bénéficier aussi bien de la récompense, la sincérité que de la prière acceptée?

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CONCLUSION
A PROPOS DE LA MEDISANCE

Dans le Cinquième Point du Premier Rayon de la Première Flamme de la Vingt cinquième Parole, un seul verset parm i d'autres nous fait répugner à la médisance en la critiquant et en la réprim ant à six degrés de façon m ira­ culeuse, comme il montre tout à fait combien la médisance est mauvaise du point de vue du Coran, il n'a pas laissé besoin à aucune autre explication. Oui, il ne peut pas avoir d'autres explications après celle du Coran, car il n'y a aucun besoin.

Ainsi le Coran réprouve le blâmable à six degrés dans le verset :

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il réprime sévèrement la médisance à six ni­ veaux. Quand ce verset-là se dirige vers ceux qui s'engagent dans la médisance, son sens serait de la façon suivante. A savoir : Il est bien connu que la «hamza» au début du verset a un sens interrogatif. Ce sens pénètre facilement dans tous les mots du verset comme l'eau. Dans chaque mot, il y a un jugement inhérent.
Voici le prem ier m ot interroge avec «ham­ za» : oh! Ne possédez-vous pas la raison, lieu de question et de réponse, incapable de com­ prendre la laideur d’une telle chose. Le deuxièm e interroge avec le terme

:

étonnant, est-ce que votre cœur, lieu d'amour et de haine est corrompu au point d'aimer une chose aussi répugnante?
Le troisièm e interroge avec le terme

:

que devient votre sens social et votre responsa­ bilité civique qui proviennent de la collectivité au point d’accepter une action qui empoisonne ainsi votre vie.
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Le quatrième interroge avec la proposition : qu'est-il arrivé à votre humanité au point de déchiqueter dents comme des fauves. Le cinquième interroge avec le terme n'avez-vous aucune compassion humaine, aucun lien de parenté au point de denteler de cette façon, sans pitié, la personne morale d'un opprimé qui est votre frère par beaucoup d'as­ pects? Etes-vous dépourvu de raison pour mordre vos membres comme des fous? Le sixième interroge avec le terme Où est votre conscience? Votre nature est-elle si corrompue au point de faire un acte aussi ré­ pugnant que l'est celui de manger la chair de votre frère qui est digne de grand respect? Donc, dans l'expression de ce verset et les différentes significations des termes, le re­ proche et la médisance sont deux actes blâ­ mables par la raison, le cœur, l'humanité, la conscience, la nature humaine et par la conscience religieuse. Ainsi, vois combien ce verset réprime ce crime à six niveaux d'une
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manière inimitable, par le fait qu'il condense le blâmable à six niveaux. La médisance est une arme abjecte, utilisée le plus par les gens hostiles et jaloux et entêtés. Celui qui se respecte ne s'abaissant pas à cette arme ignoble ne l'utilise pas. Et comme l'a dit un homme célèbre :

Ce qui veut dire : «j'élève mon ego au dessus du fait de châtier mon ennemi par la médisance et je ne m'y abaisse pas. Parce qu'elle est l'arme des faibles, des humiliés, des ignobles.» La médisance est que si la victim e dif­ famée était présente et l'avait entendue, m écontente elle serait fâchée. Si on dit juste, ce serait de toute façon la m édi­ sance. Si on ment ; ce serait aussi bien la m édisance que la calom nie. C'est un péché doublement ignoble.

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La médisance ne peut être permise que dans quelques cas particuliers : Un : on peut saisir une personne officielle sous la forme d'une plainte pour qu'elle l'aide, enlève cette faute du pécheur en le ré-intégrant dans son droit. Un autre : Quelqu'un veut s'associer avec lui. Il te consulte. Toi, par pur intérêt et sans arrière pensée et pour l'exercice du droit de concertation, tu dis : «ne t'associe pas avec lui. Parce que cela te causera un préjudice.» Un autre : son objectif n'est pas l'humiliati­ on ni la divulgation, plutôt pour la description et l'identification, il dit : «ce boiteux errant est allé à tel endroit.» Un autre : si la personne diffamée est un pé­ cheur manifeste. C'est à dire quelqu'un qui est sans vergogne, qui s'enorgueillit d'autant plus des péchés qu'il commet, se délectant de son injustice, et s'y adonnant publiquement sans décence. Voilà la médisance peut être permise dans ces cas particuliers sans arrière pensée et pour la pure justice et pure bienveillance. Sinon
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comme le feu consume, anéantit le bois ; la médisance aussi elle consume, anéantit les bonnes œuvres. Celui qui médit ou écoute volontairement doit dire : après,

lorsqu’il rencontrera la personne diffamée, il devra dire : «pardonne-moi».

Said N ursî

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CE TEXTE EST TRES IMPORTANT
Première subtilité : de sa parfaite générosi­ té et sa miséricorde et sa justice, l'Etre Absolu a inclus une récompense immédiate dans les bonnes actions et Une punition immédiate dans les mauvaises. Il a inclus dans les bonnes actions, les plaisirs spirituels qui rappellent la récompense de l'au-delà, dans les mauvaises qui font sentir le châtiment de l'au-delà. Par exemple : Pour les gens de foi, parmi les croyants, l'amour est une belle récompense. Dans cette récompense-là, ont été inclus une saveur, un plaisir et une béatitude du cœur qui rappelle­ raient la récompense matérielle de l'au-delà. Si chacun s'adresse à son coeur, il sentira ce plaisir. ■ Par exemple, l'animosité et l'hostilité entre les croyants constituent un péché. Cela fait ressentir, dans ce péché-là, aux âmes nobles de conscience, une souffrance qui fera étouffer le
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coeur et lame par les soucis. J'ai eu moi-même l'expérience sûrement une centaine de fois que: au moment de l'animosité contre un de mes frè­ res croyants, je souffrais tellement de cette ani­ mosité que cela ne laissait aucun doute que c'était une punition immédiate contre ma mauvaise action qu'on me faisait subir. P ar exemple : c'est une bonne action, une bonté de respecter les personnes qui sont dignes du respect ; d'avoir de la compassion et de rendre service à ceux qui sont dignes de la compassion et du service. Dans cette bonté il y a un tel plaisir et une telle joie de goûter par avance en sentant la récompense de l'au-delà qui mène plus loin ce respect et cette com­ passion au degré de sacrifier sa vie. Le plaisir et la récompense que la mère gagne par la tendresse qui vient de la miséricorde envers son enfant peuvent aller jusqu'au degré de sacrifier sa vie pour cette miséricorde-là. Pour sauver son poussin, la poule qui attaque le lion est un exemple chez le peuple des animaux de cette vé­ rité. Donc il y a une récompense immédiate dans la miséricorde et le respect. Comme les
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gens bienveillants et magnanimes les ressen­ tent, ils prennent une attitude héroïque. Aussi par exemple : dans l'avidité et le gas­ pillage il y a une telle punition : plaignante et inquiétante, spirituelle et affective qui rend l'homme idiot. Et dans l'envie et la jalousie, il y a une telle punition immédiate que l'envie brûle celui qui la pratique. Aussi il y a une telle récompense dans la confiance en Dieu et dans la sobriété que cette rapide et plaisante récompense-là dissipe le malheur et la douleur liés à la pauvreté et au besoin. Aussi par exemple : dans l'arrogance et l'or­ gueil il y a une telle lourdeur que : l'homme arrogant demande du respect à tout le monde ; et comme il est éconduit en raison de cette de­ mande, il souffre sans cesse. Oui, le respect est donné, il ne doit pas être demandé. Aussi par exemple : dans la modestie et l'abandon d egoïsme il y a une telle récompense Plaisante qu'ils sauvent l'homme d'un poids lourd et d'un accueil froid.
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Aussi par exemple : dans la mauvaise in­ tention et la mauvaise interprétation il y a une punition immédiate dans ce monde. Selon la règle «qui cherche trouve» celui qui a la mauvaise intention est exposé à la mauvaise intention. Les actes de ceux qui interprètent mal les actes de son frère seront interprétés mal dans un futur proche, il en souffrira. Ainsi de suite... Toute conduite bonne ou mauvaise doit être mesurée selon cette règle. J'espère de la miséricorde Divine que les personnes qui auront pris plaisir au caractère miraculeux spirituel du Coran découlant de Risalé-i Nur à notre époque, sentiront ces plaisirs spirituels, si Dieu le permet, elles ne seront pas éprouvées par la conduite immorale. * * * Troisième point : Une intrigue satanique qui corrompt la vie sociale de l'homme est celle-ci : elle couvre d'un voile par une mauvaise action, toutes les bonnes actions du croyant. Les gens injustes
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qui écoutent cette intrigue de Satan couvrent d'hostilité le croyant. Tandis qu'à la Résurrec­ tion, quand l'Etre Absolu pèsera les affaires im­ posées dans la balance, il décidera selon la pré­ dominance de bonnes ou de mauvaises actions. Aussi comme les causes de mauvaises actions sont nombreuses et leur réalisation est facile, parfois une seule bonne en couvre beaucoup de mauvaises. Donc dans ce monde, il faut les traiter du point de vue de la justice divine. Si les bonnes actions d'un homme l'emportent en quantité et en qualité sur ses mauvaises actions, cet homme-là mérite l'amour et le respect. Il faut prendre en considération le pardon de beaucoup de mauvaises actions par l'accomplissement d'une bonne et impor­ tante action. Tandis que l'homme ; avec son esprit sournois, par l'inspiration de Satan, il oublie cent bonnes actions d'une personne à cause d’une seule mauvaise action, il porte l'ini­ mitié contre son frère croyant et commet des péchés. Comme par exemple si.on laisse l'aile d'une mouche sur l'œil, elle couvrira une mon­ tagne, elle ne la montrera pas. De même : l'homme avec le point faible qu'est la rancune, couvre une bonne action aussi grande que la
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montagne, avec une mauvaise action aussi pe­ tite que l'aile d'une mouche, il l'oublie, il porte de l'inimitié contre son frère croyant, il devient un outil de perversion pour la vie sociale. * * * Quatrième mot : Dans toute ma vie, ce que j'ai su, avec certi­ tude, de la vie sociale, humaine et le résultat auquel les recherches m'ont amené est celui-ci : ce qui mérite le plus l'amour c'est l'amour lui-même et l'attribut qui mérite le plus l'hostilité, c'est l'hostilité elle-même. C'est-àdire ce qui assure la vie sociale humaine et mène l'homme au bonheur, c'est l'amour et l'attribut d'aimer qui méritent d'être aimés et méritent le plus l'amour. Et l'hostilité et l'animosité qui mettent la vie sociale humaine sens dessus dessous constituent un attribut laid et nuisible méritant plus que tout, dégoût, hostili­ té et méfiance. Comme cette vérité a été claire­ ment expliquée dans la Vingt-deuxième Lettre, ici nous allons faire brièvement une re­ marque. La voici :
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Le temps de l'hostilité et de l'animosité s'acheva. Les Deux Guerres Mondiales ont mis en évidence combien l'hostilité est mauvaise et destructive, c'est une terrible injustice. Il appa­ rut qu'il n'y a aucune utilité dedans. Dans ce cas-là, les mauvaises actions de nos ennemis, à condition qu'il n'y ait pas d'agression, ne doivent pas nous amener à l'hostilité. L'enfer et le châtiment divin leur suffisent. Parfois l'arrogance de l'homme et son égo­ ïsme mènent inconsciemment et injustement l'homme à l'hostilité contre les gens croyants, il croit avoir raison. Tandis que cette hostilité et cette animosité expriment le mépris des causes solides, réduisent la valeur de la foi, de l'Islam et du genre humain qui occasionnent l'amour envers les gens croyants. C'est une folie telle que préférer les causes insignifiantes de l'hosti­ lité aux causes de l'amour qui sont aussi grandes que la montagne. Puisque l'amour est opposé à l'hostilité : ils ne peuvent être davan­ tage combinés que lumière et obscurité. De ces deux opposés, l'emportera celui dont les causes se trouvent vraiment dans le cœur. Son contraire n'y sera pas vraiment. Par exemple :
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si l'amour s'y trouve vraiment, alors l'hostilité se transforme en tendresse, en pitié. C'est la po­ sition envers les croyants. Ou bien si l’hostilité se trouve vraiment dans le cœur, alors l’amour prendra la forme d’entente, et de ne pas se mê­ ler de quelque chose, de se montrer apparem­ ment ami. Or cela peut être contre les gens éga­ rés non agressifs. Oui, les causes de l'amour sont des liens fort lumineux et des citadelles spirituelles comme la foi, l’Islam, le genre hu­ main, l’humanisme. Les causes de l’hostilité sont un certain nombre de causes particulières contre les croyants comme les cailloux. Celui qui nourrit vraiment de l’hostilité contre un musulman commet une grande faute en pre­ nant la position de mépriser les raisons aussi grandes que la montagne. En somme : l'amour, la fraternité, aimer constituent le caractère et la liaison de l'Islam. Les gens de l'hostilité ressemblent à un enfant de caractère altéré qui veut pleurer, il cherche quelque chose pour pleurer. Quelque chose aussi insignifiant que l'aile de la mouche de­ vient un prétexte pour pleurer. Il ressemble à un homme inconscient, obtus qui ne portera pas

une bonne intention tan t que la mauvaise intention est possible. Avec une mauvaise action, il couvrira dix bonnes actions. Tandis que la conscience et la bonne intention qui sont caractère de l'Islam le refusent. * * *

Mes Chers et Très Fidèles Frères, J'exprime une inquiétude qui me vient soudain à l'esprit. Comme les gens égarés ne peuvent affronter les épées en diamant de Risale-i Nur, en profi­ tant du problème de subsistance et de l'inad­ vertance de la saison de printemps, en trouvant des points faibles dans les tendances et les sen­ timents différents, j'ai senti et compris qu'ils veulent ébranler la solidarité qui existe entre les disciples. Gare! Faites très attention! Qu'une divergence ne s'immisce pas entre vous! L'homme ne peut être sans faute. Mais la porte du repentir est ouverte. Quand l'égo (nafs) et Satan vous conduisent à la protesta­ tion et à la critique juste contre votre frère,
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dites : «Nous pouvons sacrifier pas seulement une chose personnelle, mais nous avons sûre­ ment l'obligation de sacrifier notre vie et notre honneur et notre bonheur terrestre à la solida­ rité qui est le lien le plus fort de Risale-i Nur. Nous avons le devoir de sacrifier tout ce que Risale-i Nur nous a fait gagner toute chose rela­ tive au monde d'ici-bas et à notre personne» en disant faites taire votre ego. S'il y a un sujet qui est cause de contestation, consultez-vous les uns les autres, ne faites pas preuve d'intransi­ geance, tout le monde n'a pas la même sensibi­ lité. Maintenant il faut se regarder les uns et les autres avec tolérance. Nous saluons chacun de tous nos frères. Said Nursi

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[ Pour la fratern ité, je vais vous expliquer une règle que vous devez prendre en considération.]

La vie est le résultat de l'unité et de l'union. Quand l'union harmonieuse s'en va ; la vie spirituelle aussi s'en va. Comme le verset le remarque :

si la solidarité s'altère, la bonne entente de la communauté perd sa saveur. Vous savez que si on écrit séparément trois unités, leur va­ leur est de trois. Si on les écrit par leur nombre de solidarité, comme elles auront la valeur de cent onze, trois ou quatre personnes, serviteurs de cause juste comme vous, s'ils agissent sépa­ rément et sans division du travail, leur force est celle de trois, quatre hommes. S'ils agissent avec une vraie fraternité, fiers d'être solidaires, les uns avec la vertu des autres au point de s'identifier les uns aux autres par le mystère de se fondre les uns dans les autres, ces quatre hommes-là auront la valeur de la force de quat­ re cents hommes. Vous avez les mêmes posi­

tions que les techniciens de l'électricité qui n éc­ lairent pas seulement tout Isparta, mais aussi un grand pays. Les rouages de la machine ont l'obligation de s'entraider. Non seulement ils ne se jalousent pas, au contraire ils sont contents les uns des autres d'avoir plus de force. Si un rouage que nous supposons consciencieux voit un autre plus fort, il sera content. Parce qu'il allège son devoir. Les personnes qui assument la responsabilité d'un très grand trésor de valeur étant au service du Coran et de la foi, du vrai et de la vérité sont fiers, reconnaissants et plein de gratitude si plus de dos forts s'en endossent. Gare à l'ouverture de la porte de la critique les uns contre les autres! En dehors de vos frères il y a des cercles de gens à critiquer. Comme je suis fier de vos mérites, je suis con­ tent que vous les possédiez, tant que j'en serai privé, je les considérerai comme les miens. Vous aussi, vous devez vous regarder avec le regard de votre maître de façon que chacun de vous diffuse les vertus de l'autre. Comme je l'ai trouvé très important, je vais expliquer le sentiment fraternel qu'a manifesté, parmi nos frères, Hafiz Ali Efendi d'Islamkoy à
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l'égard d'un autre frère à nous qui pourrait être son concurrent. Cette personne-là est venue chez moi ; je lui dis que l'écriture de l'autre était mieux que la sienne et qu'il servira beaucoup plus. Je regar­ dai Hafiz Ali et je vis qu'il était fier de la supé­ riorité de l'autre avec parfaite sincérité et cordi­ alité et s'en réjouit. De plus, il fut content d'avoir attiré le regard d'amour de son maître. J'ai fait attention à son cœur, ce n'était pas une apparence, j'ai senti qu'il était cordial. J'ai remercié Dieu Absolu qu'il y eût parmi mes frères, certains qui portent ce sentiment élevé. Si Dieu le veut, ce sentiment rendra beaucoup de services. Louange à Dieu, ce sentiment se propage peu à peu auprès des frères qui sont autour de nous.

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Mes Chers et Très Fidèles Frères, Dans ce monde particulièrement à cette époque surtout chez ceux qui subissent des mal­ heurs et surtout chez les disciples de Risale-i Nur contre les soucis et le désespoir, la solution la plus efficace : se consoler, se réconforter les uns et les autres et développer sa force spiri­ tuelle et comme le fait un frère dévoué et vrai, apporter aux autres un réconfort contre la tristesse, le désagrément et les ennuis et les uns et les autres soulager leur cœur attristé avec toute tendresse. La frater­ nité vraie et de l'au-delà ne supporte pas la dispute et la partialité. Puisqu'en vous faisant confiance avec toute ma force, je me suis attaché à vous et vous savez que j'ai décidé de sacrifier pour vous non seulement ma tranquil­ lité, ma dignité et mon honneur mais aussi avec joie mon âme, ainsi sûrem ent le voyez vous. Même je vous assure sous serment que, au lieu d'être fiers l'un de l'autre et de se soulager l'un l'autre ouvertement depuis h u it jours les deux individus, piliers de Nur, dans l'événement
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sans importance me donnent souffrance au cœur en ce moment Dommage! Dommage! Grâce! Grâce! O Clé­ ment Miséricordieux au secours! Protège-nous! Sauve-nous des démons humains et djinns! Remplis le cœur de mes frères les uns et les autres pleinement de fidélité, d'amour, de fraternité et de tendresse» en disant ceci aussi bien mon âme que mon cœur et ma raison ont pleuré en clamant. O mes frères aussi inébranlables que le fer! Aidez-moi! Notre problème est très sensible. J'avais tellement de confiance en vous que j ’avais laissé tous mes devoirs à votre personne spirituelle. Vous aussi avec toute votre force, il faut que vous courriez à mon secours. Bien que notre incident ait été petit et passager et partiel mais même un cheveu, un atome qui viendrait sur le ressort de notre montre et sur la pupille de notre œil le contusionne. Et sur ce point, il est important de dire que trois explosions maté­ rielles et trois observations spirituelles nous ont tout à fait informés. Said Nursi * *

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Mes chers, Très Fidèles et Sincères Frères, Pour nous, il est devenu obligatoire d'utiliser dans la mesure du possible, de toute notre force, entre nous, les uns envers les autres, les règles de la Sincérité de l'Eclair et le mystère de la vraie sincérité. J'ai appris avec certitude que depuis trois mois trois personnes ont été nommées pour semer la zizanie parmi les purs frères, dresser les uns contre les autres en raison de leurs sensibilité et de leurs idées différentes. Aussi, pour secouer les solides Nurcus en les lassant et illusionner les impatients et les dé­ tourner du service de Nur, sans raison ils pro­ longent notre procès. Gare! Gare!.. La fraterni­ té dévouée et l'amour cordial qui existaient jusqu'à maintenant parmi vous ne doivent pas être secoués. Même s'il y en a un atome, il por­ tera pour nous un grand préjudice. Nous, s'il y a un besoin entre nous, bien que le service du Coran et de la foi nécessite de sacrifier notre âme ; en raison de l'ennui et de la méticulosité
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venant d'autres choses, au lieu que les vrais dé­ voués se fâchent les uns contre les autres, au contraire on doit prendre la faute de l’autre sur soi avec parfait effacement et modestie et renoncement et tenter d'augmenter son amour, sa cordialité. Sinon, un atome devenant une montagne peut causer un préjudice qui ne pourra être réparé. En l'adressant à votre luci­ dité, je coupe court. Said Nursi * * = t = Je prie mes frères : Du souci ou du serrement de l'âme ou de la méticulosité ou du fait de se laisser prendre par les intrigues de l'égo et de Satan ou de l'incon­ scient qu'ils ne se fâchent pas les uns contre les autres à cause des paroles mauvaises et laides de la part des camarades et qu'ils ne se disent pas «on a touché ma dignité». Je prends ces mauvaises paroles pour moi. Il ne faut pas qu'elles vous blessent. Si j'ai mille dignités, je les sacrifierai à l'amour et à la cordialité entre mes frères. Said Nursi

, Si tu veux nourrir l'animosité, insurge-toi contre la haine de ton cœur et débarrasse-t'en. Aussi, sois hostile envers ton ego concupiscent et ses caprices qui te causent le plus de peine, et tâche de le corriger... Oui, comme l'attribut de l'amour est conforme à celui-ci, de même le défaut de l'animosité est conforme av an t to u t à celle-ci. Si tu veux vaincre ton adversaire, repousse son mal par le bien. Parce que si tu lui rép o n d s p a r le m al, le conflit s'aggrave. Il garde ra n cu n e de l 'i n t é r i e u r m ê m e s 'i l e s t ap p arem m en t vaincu. Si tu lui réponds par le bien, il regrettera et deviendra ton ami... *** La vie est le résu ltat de l'unité e t de l'u n io n . Q u an d l'u n io n h a rm o n ie u se s'en va ; la vie spirituelle aussi s'en va. ✓
ISBN 975 -9 90- 15 4- 4

Said N ursî