Faculté des Sciences sociales et politiques/ Solvay Brussels School of Economics and Management Département de Science politique

Country:United States ; Policy issue: relation with China ; Period: 1972

Travail présenté par Fernanda Flacco

Titulaire : Jean-Frédéric Morin Année d’étude : 2009, 2010

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1990 : 16). les documents du département d’État américain. expression majeure de la politique étrangère américaine en Chine. en 1972 Le 21 février 1972 le président américain Nixon arrive à Pékin. 1989: 427) est confirmée dans le message adressé à Nixon par Tchou en-Laï (en janvier 1971) : si les États-Unis ont le désir d’aborder la question et de proposer une solution. à travers l’analyse de trois issues incontournables : la question de Taiwan. Cette décision est considérée comme celle qui rompt avec une tradition d’hostilité commencée au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. nous voulons souligner que la décision de Nixon est le résultat d’un processus graduel de normalisation des relations sino-américaines. une « impasse classique » et une conditio sine qua non pour la normalisation des relations entre les deux acteurs (Kissinger. Nixon. Taiwan se profile comme une question cruciale. Mais. Ce voyage représente donc un événement exceptionnel. un refus qui. ainsi que militaire (Chang H. En mars 1949. à coté de ce fait exceptionnel. Cette hostilité est sanctionnée par le refus de reconnaître la République populaire de Chine. Ross. ainsi que les catalyseurs de notre décision politique. nous croyons nécessaire d’illustrer ce rapprochement par une perspective historique. proclamée en octobre 1949. contredit la tendance de la politique étrangère américaine de légitimer les gouvernements de facto (Giordano. En particulier. 2005 : 9-27).. formalisent le support au Kuomintang de Chang Kaï-Tchek : il s’agit d’un soutien pluridirectionnel qui concerne le champ économique. La valeur de outsending issue (Ambrose. 1999 : 52).Le voyage de Nixon en Chine. Gong Li. en mettant ainsi fin à une longue période de silence diplomatique. Ces dernières seront présentées comme les facteurs permettant de « surveiller» le rapprochement. L’objectif de Washington est d’établir un modus vivendi réglant la question de Taiwan et permettant donc. Dès les premiers contacts sino-américains. Pour cette raison. tout en surveillant les relations avec Taiwan et les réactions des conservateurs américains (Kirby. reposant sur l’équation « désengagement à Taiwan = rapprochement avec la 2 . La valeur de cet historical first nous pousse à considérer le voyage comme la décision politique à analyser dans cette recherche. Washington lance une véritable stratégie Taiwan. qui se déroulent à Varsovie. un des plus combatifs parmi les cold warriors. les Policy Planning Stuff.G. la République populaire de Chine sera prête à recevoir un représentant des États-Unis à Pékin ». est le premier président américain qui s’est rendu sur le sol communiste chinois et a rencontré le leader Mao Tsé-toung. en plus. 1979 : 749). un rapprochement avec la Chine. la détérioration des relations sino-soviétiques et la question vietnamienne. nous observerons la normalisation des relations sino-américaines et la décision qui en découle.

1990 : 159). les deux pays semblent nuancer la rigidité qui caractérisait leurs positions.. 2005 : 9-27) Le deuxième facteur est le facteur soviétique. À ces éléments. Les résultats de cette stratégie sont l’abandon progressif du contrôle du district de Taiwan.. 1984 : 157). la réduction de la présence militaire à Taiwan comme prémisse pour la stabilité et la paix en Asie. un régime « antidote » pour bloquer l’expansion communiste chinoise (Schaller. vers la fin des années soixante. pendant les peace talks de novembre 1968. en mars 1969. et dans le même temps. déclare de ne plus vouloir interférer dans les talks entre les États-Unis et le Vietnam (Kirby. De son coté la Chine. Effectivement. d’autres événements fragilisent les relations sino-soviétiques et poussent la Chine à reformuler son propre schéma « friend-ennemy » : l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie. (Kirby. la nécessité d’une résolution pacifique qui doit être formulée par les parties concernées. 2005 :177). 3 . À travers l’expérience du Vietnam. 1986 : 100). 2005 :178). Nous voulons souligner la nature « émotionnelle » du conflit. P. 1986 : 85). les peace talks ne devront pas éclipser les principes et les buts de la lutte vietnamienne (Kirby.. and Mutual Assistance. la proclamation de la doctrine « Brezhnev » (qui justifie l’intervention militaire de l’URSS dans les autres pays socialistes). le refus de supporter tout attaque directe de Taiwan contre la Chine. L’alliance sino-soviétique est établie par le 30year Treaty of Friendship. la Chine et les États-Unis font preuve d’une très grande flexibilité dans la gestion de leurs relations. par Staline et Mao Tsé-toung (Chang. comme solution à la question « Taiwan ». one Taiwan ». qui aura un impact décisif sur le réalignement de la balance of power (Schurmann. l’aide économique soviétique se montre assez faible et une distance idéologique s’affirme progressivement entre la Chine et son big brother communiste (Chang. le refus d’imposer une « two China » ou « one Chine. Bien que ce traité garantisse le soutien économique et militaire de l’URSS. P. Ross. Gong Li. Ross. Nous aborderons maintenant le troisième facteur représenté par le Vietnam. Cependant. 1972 : 65) pour démontrer l’amélioration des relations sino-américaines. Alliance. le Vietnam du Sud était pour Washington une partie du ring anti-communiste. l’énonciation de la « doctrine Nixon » qui envisage le progressif désengagement américain dans la guerre en Indochine (Chang. 1984 : 158). 1984 : 157). Dans la première moitié des années cinquante. s’ajoutent des événements troublant la stabilité des frontières sinosoviétiques. P. Les hearings de 1966 reconnaissent que toute discussion sur la guerre du Vietnam n’aurait plus pu faire abstraction de la relation avec la Chine (Gregor. signé en février 1950.Chine ». Gong Li. Gong Li. Du coté chinois nous observons la même rigidité : le Vietnam ne doit pas céder aux États-Unis. Une tension croissante entre les deux pays communistes s’affirme pendant la deuxième moitié des années cinquante et débouche sur le conflit du fleuve Ussuri. Nous envisagerons ce dernier comme un first direct test (Thee. Ross.

1978 : 398). dans un article paru aux Foreign Affairs. Cette importance est soulignée lorsque Nixon présente son premier rapport sur la politique extérieure au Congres (Nixon. l’ambassadeur chinois. ainsi que la renonciation des deux parties à établir toute sorte d’hégémonie dans la région asiatique. nous remarquons une accélération dans la normalisation des relations sino-américaines. les conversations de Varsovie deviennent un canal concret pour l’amélioration des relations. À partir de la fin des années soixante. 2000 : 429-448). la possibilité d’un voyage de Nixon en Chine est abordée. Le Communiqué reconnaît la question de Taiwan comme un affaire interne chinoise dans laquelle aucun autre État ne doit interférer (Tyler. d’une rencontre entre personnalités de haut niveau. 1999 : 141). 1978 : 398). la première rencontre officielle sinoaméricaine a lieu à Varsovie. 1979 : 752). C’est toujours Ceausescu qui fait parvenir à Nixon le message de Tchou en-Laï : pour la première fois.Ce bref excursus nous indique que la normalisation des relations sino-américaines n’est pas arrivée ex abrupto. Mais le réseau varsovien n’est pas le seul à catalyser le processus de normalisation. C’est Ceausescu qui transmettra à Pékin la proposition lancée par les Américains. L’événement inaugure la diplomatie du ping-pong et consolide le mécanisme qui permet d’intensifier les relations sino-américaines jusqu’à la visite de Nixon en Chine (Zhaohui. propose de déplacer leurs conversations à Pékin et déclare que le gouvernement chinois est prêt à accueillir une personnalité américaine importante (Kissinger. ont lieu des initiatives plus visibles. le gouvernement de Pékin invite l’équipe américaine qui avait participé au championnat mondial de ping-pong au Japon (Kissinger. De simple exercice diplomatique. La question « Taiwan » est tranchée à travers une formule qui permet aux États-Unis de reconnaître la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal et Taiwan comme une province de cette dernière. La « connexion Yanhya » (du nom du président pakistanais) et la « connexion roumaine » agissent comme des intermédiaires entre les deux pays (Nixon. Lei Yang. 1978 : 398). la réduction des risques de conflits internationaux et militaires. Parallèlement à cette modalité « secrète » et au principe de « procéder avec la plus extrême prudence. En avril 1971. par messages et gestes significatifs » (Kissinger. Nixon insiste sur l’importance du rapprochement entre États-Unis et Chine (Nixon. Déjà en 1967. En janvier 1970. 4 . Précisément en cette occasion. 1979 : 772-782). L’amélioration progressive des relations sinoaméricaines. Il s’agit du premier témoignage tangible du rapprochement entre les deux puissances. Le résultat de cette visite est le « Shanghai Communiqué ». sont les points généraux abordés par ce document (Tyler. Yi. 1999 : 141). 1979 : 749).

decision style) de façon à illustrer la décision politique selon la personnalité de Nixon (Hermann. le Président américain incarne parfaitement une narcissistic personality (Volkan. Itzkowitz. Itzkowitz. Par rapport aux reasons et beliefs nous resterons attachés à la définition générale des deux composantes. pour Nixon. pour la survie de sa propre personnalité. un leader bored by domestic policy issues and excited by foreign policy (Ambrose. Mais l’expérience chinoise n’est pas seulement motivée par la nécessité interne d’acquérir des historical firsts. À partir de cette brève description de la personnalité de Nixon. Comment les exigences endogènes de Nixon (se présenter comme le number one. les historical first. que la grandiose self prime sur la deuxième. représente une historical first émotionnelle : il est le premier président américain à se rendre. De l’autre coté. à savoir le schéma cognitif du leader et les motivations qui poussent les leaders à prendre une décision (Hermann. L’explication de ces deux facteurs apparaîtra à travers une étude psycho-biographique sur Nixon. Dod. 2000 : 93). Pour expliquer cette nature Nixon’s Jackyll-Hyde (Greenstein. 1980 : 8-9). nous chercherons à opérer une sorte de « transfert international » du profil de Nixon. La Chine. Les études d’Hermann fournissent une clé de lecture intéressante et utile pour notre recherche. et exemple de paranoid style in American politics) (Greenstein. sont une conséquence directe de son grandiose self (Volkan. interpersonal style. adonné aux pratiques des punitions corporelles. 1980 : 7-46). sur le « sol communiste » chinois. très rigide. 1997: 90). 1989 : 431). pendant la guerre froide. Dod. Selon les auteurs. Ce profil implique la coexistence des deux composantes différentes : la grandiose self et la hungry self (Volkan.Le voyage comme expression de la personnalité de Nixon Nous expliquerons notre décision politique à travers la variable decision maker’s personality. 2000 : 93). La décision de se rendre en Chine permet aussi de satisfaire une autre exigence endogène de 5 . reasons. Il est nécessaire. Dod. Greenstein trace le profil d’une personnalité politique complexe où se mélangent corrosive cynisme et volonté d’atteindre des constructive achievements (Greenstein. Itzkowitz. Itzkowitz et Dod dessinent un portrait très précis de Nixon. implique la recherche constante d’un état d’équilibre. 1997 : 90). Cela implique une démonstration continue de suprématie : Nixon doit toujours démontrer qu’il est le number one (Volkan. 2000 : 94). Itzkowitz. Volkan. un leitmotiv dans la carrière de Nixon. 1997 : 94). Nous nous servirons des « vecteurs » explicatifs de Hermann (beliefs. Dod. la présence de cette fracture parmi les deux aspects de sa personnalité. l’auteur met en exergue la tension existant entre la figure maternelle (femme dévote et pieuse) et celle paternelle (homme sévère. rechercher un état d’équilibre) se « subliment »-elles dans le domaine des affaires étrangères ? Pour Volkan. 1997 : 90).

Dod.. Nixon exhibited reflections of his hinner attempts to mend his own splits and the splits in his environment (Volkan. Itzkowitz.. mais semble répondre à des exigences internes. Dans le cas de la décision politique en question. Bien évidente en politique interne.la personnalité de Nixon. As we discuss our differences. Nous savons que Nixon. Chez Nixon.» (Greenstein. à savoir celle de jouer le rôle de médiateur (Volkan. 1980 : 26) n’est pas seulement évidente. Dod. « Let us in these next five days start a long march together. 1980 : 27). la professed oriented to change (Hermann. l’intervention au Chili et le voyage en Chine (Moore. Not in lockstep. 2000 : 91) « We have great differences today. Selon notre « théorie de la sublimation ». Nixon se fait le porte-parole d’une politique de détente. la mise en œuvre de la professed oriented to change s’opère à travers l’emploi du goal statement (Hermann. qui présentent le voyage comme l’expression d’une révolution copernicienne. dès son arrivée à la Maison blanche. l’établissement de contacts avec le Vietnam du Nord. il ne manque pas de goal statements. 1986 : 94). Itzkowitz. Itzkowitz. il signe les Accords de Berlin et il se rend dans la partie du monde la plus isolée. But while we cannot close the gulf between us. 2000 : 99). cette tendance se transfère aussi en politique étrangère et se concrétise dans l’image de Nixon’s Peacemaker self (Volkan. 1980 : 10). Cette caractéristique nous montre comment le leader interagit avec les autres décisions politiques (Hermann. 1997: 127). la Doctrine Nixon. à savoir la création d’un pont avec les « ennemis » communistes (Volkan. Analysons maintenant un autre vecteur de Hermann : l’interpersonal style. we can try to bridge it so that we may be able to talk across it » (Volkan. plusieurs décisions politiques sont achevées en passant au-dessus du Conseil de sécurité nationale : la Vietnamisation. Dod. 1997 : 119) . Itzkowitz. Dod. Comme nous suggère Hermann. opère une centralisation du processus décisionnel en matière de politique étrangère (Greenstein. la Chine Comme nous spécifie Schurmann. Pubantz. c’est à dire une reformulation des relations mondiales (Schurmann. la « New Economy Policy ». cette exigence se traduit par la politique du linkage. neither of us will compromise our principles. la Chine fait partie du grand design de Nixon. 1997 : 123-127). Analysons les phrases suivantes extraites des écrits de Kissinger : 6 . 1997 : 119). Itzkowitz. 1999 : 189). Même avant de débuter sa carrière politique. faite de petites étapes. de secrets. but on different roads leading to the same goal: the goal of building a world structure in which all may stand together with equal dignity. Dod. 1997 : 126-127). Ce dernier est le résultat d’une architecture précise. What we bring us together is that we have common interests which transcend those differences. Grâce à cette réforme.

En dernière analyse.. teinté de jalousie lorsque son assistant recevait plus d’attention que lui (Ambrose. Itzkowitz. a agi comme un filtre pour éloigner les ennemis de Nixon ? Les études de Volkan ont mis en évidence que la composante hungry self de Nixon le pousse à apercevoir des ennemis partout (Volkan. est celui qui opère dans l’ombre.. « Seul le Président et moi-même comprenions toute la portée du geste de Tchou en-Laï parce que seuls nous connaissions toutes les communications entre Pékin et Washington. Agnew. 1997 : 124) qui programme ce spectaculaire historical first et le rend public une fois réduites les possibilités d’échec.. » (Kissinger. 1997 : 124). 7 . 1988 : 94). Itzkowitz.« . 1980 :10).. À la lumière de ces considérations.. comme moi. vice-président sous Nixon.) vit dans cette gaffe (à savoir la révélation de Agnew aux journalistes concernant son hostilité à toute politique d’ouverture vers la Chine) une nouvelle preuve que Agnew était totalement incapable de lui succéder et (. nous pouvons ajouter que même avec Kissinger. ou tout simplement ceux qui auraient pu ralentir ou empêcher la décision de Nixon. Les ennemis. le conductor (Volkan.. 1989: 87). le président Nixon propose une rencontre préliminaire secrète entre son assistant pour les questions de sécurité. 1979 : 777). Dod. renforcé par la centralisation des processus décisionnels en politique étrangère. Nixon avait un rapport ambigu. si sélectif et serré.. 1979 : 787). Kissinger. Nixon est le composer (Volkan.. 1979 : 763). Effectivement dans l’aventure chinoise... 1979 : 775).» (Kissinger. car hostile à la politique de normalisation avec la Chine. Cette caractéristique nous permet de parler d’une paranoia interpersonal style (Hermann. libre des droits bureaucratiques habituels comme dans la liturgie traditionnelle. doivent être éloignés. qui se rend en Chine avant Nixon pour préparer le terrain et assurer la bonne réussite du plan. son collaborateur le plus proche. « Nixon. le Dr Kissinger.) pria le Vice-président de s’abstenir de tout commentaire sur la Chine » (Kissinger. Itzkowitz.. « Afin de préparer la visite du président Nixon et d’établir un contact avec les dirigeants de la République populaire de Chine. 1997 : 128). » (Kissinger... et le Premier ministre Tchou enLaï. qui se croyait toujours entouré d’adversaires en puissance (. Est-ce que cet interpersonal style. sera exclu de la préparation du voyage. Dod. nous comprenons la définition de Nixon comme un leader à personnalité à High-dominance (la dominance explique le degré de prépondérance sur les autres acteurs du processus décisionnel) et High introverty (l’extroversion / introversion illustre la façon d’interagir avec les autres acteurs politiques) (Shepard. que la nécessité primordiale était d’établir un moyen de communication confidentiel. Dod.Nixon était convaincu.

De ce dernier. Cette caractéristique décrit l’approche du leader dans la décision politique (Hermann. L’annonce est précédée par une sorte de captatio benevolentiae visant à souligner l’exceptionnalité et l’unicité de la décision politique..1989: 439). Plus précisément. Le voyage comme expression d’un nouveau schéma cognitif Dans cette partie. il ne peut y avoir de paix stable et permanente sans la participation de la République populaire de Chine et de ses 750 millions d’habitants. Des traces de grandiose self sont observables dans le style de Nixon. Il s’agit d’une allocution faite dans les studios télévisés de Burbank. Par contre ils rejettent tout information inconsistent pour préserver leur système de croyance (Smith. » (Kissinger. L’auteur insiste sur la présence des initiatives spectaculaires et son exemple est effectivement le voyage à Pékin. Notre but sera donc de reconstruire le système de croyance concernant la Chine avant le voyage de Nixon. l’auteur trace un climax ascendant décrivant la perception de la Chine dès le 8 . « J’ai demandé ce temps d’antenne.). Washington avait fait preuve d’un rapprochement avec la Chine. à savoir le decision-making style. La décision de se rendre en Chine est l’expression et la confirmation d’une perception (désormais bien implantée) plus positive concernant la Chine.) ? (Ambrose. roumains) à travers la « spectacularisation » des medias (Arond. 1972 : 5). il est nécessaire de démontrer que.Analysons maintenant notre troisième vecteur. Pour valider cette thèse. afin d’annoncer un événement majeur dans nos efforts pour bâtir une paix durable dans le monde. What could be more dramatic or surprising then for the world’s number-one anti-communist for two decades to open to China (. déjà avant février 1972. les individus sont censés se comporter de manière cohérente avec le schéma des beliefs habituel. Ainsi que je l’ai souligné en maintes occasions depuis trois ans. Hadfield.) J’ai pris cette décision parce que j’ai la conviction profonde que toutes les nations gagneront à une diminution des tensions.. (. surprise. Goh montre l’évolution en termes de perception de la Chine. and confounding his ennemis.. (. 1972 : 5). Suivant une approche constructiviste. 2008 : 104-106). Selon cette approche. un leader qui loved drama.. Dunne. pakistanais. Arond considère que le decision style de Nixon représente une nouveauté par rapport aux présidents précédents (Arond. l’auteur en souligne l’annonce et la mise en pratique de manière épique (en contradiction avec la discrétion des réseaux varsoviens. notre décision politique sera analysée à travers l’approche de la cognitive consistency.. 1979 : 820).. L’annonce du voyage à Pékin a été faite pendant que Kissinger était en mission secrète en Chine. de façon à démontrer que ce dernier n’est pas un événement révolutionnaire. 1980 : 9)...

mais victime de son régime communiste : les États-Unis ont la tâche de faire revivre ce pays (c’est la période où les États-Unis envoient des aides humanitaires en Chine. 1972 : 230). flexibility and dispassion on the old China Issue » (Thomson. désarmement. tenu par Hilsman (secrétaire du State’s Bureau For Eastern Politics) il parle de « firmness. la Chine est vue comme une potentielle puissance (Troubled Moderniser). Les études de Thomson soulignent que le « glissement » de perspective en faveur de la Chine commence déjà sous la présidence de Kennedy (Thomson. Suite aux crises économiques et politiques (échecs des réformes agraires et révolution culturelle). En 1966 la China policy débarque au Sénat avec la création de la Fullbright Commission (Thomson. La progressive abolition des restrictions au niveau des passeports. Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. mais surtout avec l’éclatement de la guerre de Corée. concernant plusieurs secteurs (passeports. C’est là que sont nées les premières stratégies alternatives de politique étrangère américaine en Chine. 1972 : 239). Cette image commence à s’affaiblir avec le conflit sino-soviétique. La dernière phase (Resourgent Power) coïncide avec tous les discours encourageant la reconnaissance de la puissance chinoise. de sa valeur historique et de son rôle au niveau international. 1972 : 235). qui remet en question la Dulles China policy (Thomson. 1972 : 222). contrôle des armes). À partir de 1961. propulseur du changement de la China policy. Dans le China speech de décembre 1963.deuxième après-guerre jusqu’en 1968. 1972 : 222). mais elle incarne une menace. concernant les étudiants et journalistes et dans un deuxième temps élargie aux médecins. la Chine n’est pas seulement red. Les clés de lecture aptes à démontrer l’établissement d’un schéma cognitif plus positif seront les dynamiques produites au niveau institutionnel et de l’opinion publique. 1972 : 226). Le State Policy Planning est le noyau majeur. De Red Menace. sera approuvée en 1965 (Thomson. Ses recherches nous aideront à reconstruire le changement de perspective vis-à-vis de la Chine dans les couloirs institutionnels. la Chine devient une rivale (Revolutionary Rival). La pénétration de cette élite dans les appareils bureaucratiques concernera d’abord le State Policy Planning et après le State’s Bureau For Eastern Politics (Thomson. Chaque image représente une étape vers la consolidation des relations sino-américaines. à savoir en 1968). soulignons l’entrée en scène d’une élite bureaucratique « révisionniste ». De menace. En 1962 la mise en place d’un bureau spécifiquement consacré à la République populaire de Chine semble garantir une gestion des relations plus directe et efficace (Thomson. 1972 : 220-226). le Council on Foreign Relations élabore une série d’études sur la Chine. Sous Johnson. ensuite elle incarne l’image d’un pays Troubled Moderniser pour devenir finalement un Resourgent Power (Goh. la Chine est perçue comme une Revolutionary Rival. Les hearings de la Fullbright 9 . 2005 : 82-98). La même année. ce climat de flexibilité montre son caractère concret.

Les sondages de mars 1966 révèlent une opposition mineure à l’entrée de la République populaire de Chine dans les Nations Unies. 1990 : 170). 1984 : 106). Effectivement. par contre. l’observation du comportement de l’opinion publique par rapport à la China policy dénote une évolution intéressante. 1990 : 183). les premières stratégies menées à terme par le State Policy Planning ne contredisent pas les orientations de l’opinion publique : un sondage de février 1961 révèle que la majorité des individus est en faveur de l’amélioration des relations avec la Chine (Kusnitz. Il s’en suit une période où l’opinion publique semble se replier dans un sentiment d’hostilité. La sensibilisation de l’opinion publique s’opère aussi grâce à des politiques people-to-people favorisées par les politiques de libéralisation des passeports : des délégations d’étudiants et de journalistes américains sont invitées en Chine (Schaller. ceux de juin soulignent un fort soutien aux négociations avec la Chine et à 10 . Page. se range en faveur des nationalistes de Chang Kaï-Tchek . 1988 : 236). le secrétaire de presse Moyers. annonce que les Chinois pensent qu’ils seront en guerre avec les États-Unis dans un an (Kusnitz. l’opinion publique semble « accompagner » la politique de rapprochement (Shapiro. 1972 : 239). lorsque une hearing sur le Vietnam. pendant les années cinquante. transmise par la télévision.confirment la volonté de reformuler le schéma cognitif concernant la Chine. Les études de Kusnitz nous fournissent un outil pour démontrer que le soutien de l’opinion publique précède la politique de Nixon (Kusnitz. pendant la guerre civile au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. l’opinion publique perçoit de façon négative la Chine comme étant un ennemi communiste (Hirshberg. Page. 1988 : 237). se livre à une politique de sensibilisation de l’opinion publique à travers des sondages et des enquêtes pools concernant la Chine (Thomson. 1984 : 95-120). les Chinois seraient plus menaçants que les Soviétiques (Kusnitz. pendant la guerre de Corée. 1988 : 237). se montre favorable à soutenir le bombardement de la Chine . Nous avons souligné comment les années de Kennedy ont été marquées par une flexibilité importante des appareils autocratiques vis-à-vis de la Chine. En pleine guerre froide. Le grand virage arrive en 1965. Cette considération fonctionne comme sonnette d’alarme pour la population américaine qui commence à se montrer plus sensible à la question chinoise. Pendant la Nixon’s opening to China. Cette commission rassemble des experts de la politique asiatique dont le but est de démontrer comment Washington a mal interprété la politique étrangère chinoise (Schaller. 1984 : 97). s’oppose à la reconnaissance de la République populaire de Chine par les Nations Unies (Shapiro. il ne faut pas surestimer le rôle du président Nixon dans le changement au sein de l’opinion publique (Shapiro. 1993 : 251). Mais. comme le souligne Shapiro. Page. 1984 : 114). L’opinion publique. Effectivement. Mais cette commission se révèle aussi un instrument très utile pour la « propagation » de la nouvelle China policy : dans son staff. Selon un sondage de 1963-1964.

l’idée d’un rapprochement avec la Chine est déjà instillée. le constat d’une perception plus positive de l’opinion publique fonctionne comme un catalysateur dans la politique de rapprochement avec la Chine : en juillet 1966. Dans le même temps. ils visent plus haut Annonce d’un sommet soviétique en septembre J’avais l’impression que l’analyse faite par Tchou En -Laï était plus subtile. encourage les politiques de normalisation avec la Chine (Kusnitz. les efforts de la bureaucratie révisionniste ne sont pas accompagnés par le soutien public.S. « free flows of ideas and people and goods » (Kusnitz. enraciné dans l’opinion publique. 1984 : 115). « cooperation. comme un voyage a Pékin.S. ainsi que dans l’opinion publique. Au niveau institutionnel. semble préférer Pékin et non Taipei comme membre des Nations Unies (Kusnitz. des sondages montrent une baisse de soutien à Taiwan. Il ne faut que traduire ce climat dans une décision extraordinaire. un climat favorable à toute initiative de normalisation était déjà consolidé. Négociation en vue des Accords SALT.A-U. une perception positive des relations constitue la grille cognitive qui interprète les relations sino-américaines. 780). de 1966 à 1969.l’élimination des restrictions des voyages (Kusnitz. même avant l’arrivée au pouvoir de Nixon en 1969. 1984 : 116). Notre démarche cognitive s’achève avec une sorte d’exercice visant à observer comment les informations capables de miner le schéma cognitif courant sont rejetées. INCONSISTENT INFORMATION normalisation des relations sino-américaines) INTERPRÉTATION DE L’INFORMATION ne miner pas le nouveaux schémas de perception) (tout événement qui peut constituer une menace contre la (comment l’inconsistent information est reformulée pour Campagne au Vietnam du Sud contre Ho Chi (. 1984 : 120).. Selon Kusnitz.en déclenchant une guerre contre nous.. not hostility ». nous essayerons de voir comment certaines informations inconsistent sont englobées et reformulées par le nouveaux système cognitif. mai Je ne le pensais pas (que l’accord SALT 1971 1971 indisposerait les Chinois) ..S . Désormais. Sur la base des écrits de Kissinger (Kissinger. Donc.une collusion U. 1984 : 117-118).R. tandis qu’une partie croissante de la population.. 11 .) nous étions convaincus que la Chine voyait Minh au Laos bien plus grand et ne se plongerait pas délibérément dans son pire cauchemar . Si sous la présidence de Kennedy. Ce schéma cognitif ouvre la voie à la décision de Nixon. sous la présidence de Johnson un changement de perception. Johnson fait un discours publique impliquant un choix sémantique précis : « conciliation ». 1979 : 770..

jusqu’à présent négligée. Essayons maintenant de pénétrer en profondeur les modalités d’interaction des deux variables au sein de notre decision politique. Considérons.. What lefts great leaders above the secondoters is that they are more forceful. En d’autres mots. more resourceful and have a shrewdness of judgment that [. « Great ideas can change history. maintenant. 1997 : 118). À travers l’application de la cognitive consistency nous avons démontré que le terrain était favorable pour la réussite. Nixon laisse émerger sa grandiose self dans le moment où il y a un fit entre la réalité et ses aspirations (Volkan. Non seulement les leaders politiques.L’interaction entre les deux variables. Les prémisses pour accomplir l’historical first sont clairement présentes. la perception positive s’est bien enracinée et manifeste un caractère pluridirectionnel : elle intéresse les hautes sphères du gouvernement ainsi que l’opinion publique. 1982 : 330) « We may safely that (Nixon was) the first and only leader in the history of the United States with the mental capacity to understand the nature of the historical moment he and all the Americans lived through and with the determination to take radical steps for the purpose of placing the USA in a historical position which was in character with the quality of the time » (Marvell. le transfert « international » de sa propre grandiose self (les actions de Peacemaker et d’historical first) prend place au moment où il a le plus de possibilités de réussite. Autre élément crucial : Nixon semble être le seul capable de comprendre la valeur du moment historique. Dod. D’ennemi. Dans cette partie nous essayerons de faire interagir les deux variables. but only if great leadership comes along that can give those ideas force. Itzkowitz. Lorsque Nixon devient président. Comment la personnalité de Nixon a-t-elle interagi avec le changement et le progressif établissement d’une nouvelle perspective par rapport à la Chine? La réponse a cette question. 12 . mais aussi les media et l’opinion publique avaient déjà « métabolisé » le changement de perspective. Le point de départ pour la construction de notre modèle théorique consiste en exactement ces deux phrases : les idées peuvent changer l’histoire mais c’est un changement qui nécessite un leadership fort. une caractéristique de la personnalité de Nixon. la Chine est perçue comme un allié potentiel. 1978 : 21).] enables them to identify the fleeting opportunity » (Nixon. nous aidera. dans la dernière partie. à deduire un modèle théoretique génerale capable d'expliquer l'interaction entre les deux variables..

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2005 : 106-111). est très significatif : « Any American policy toward Asia must urgently to grips with the reality of China (. 1978 : 83-84). l’opinion publique se montre encore plus sensible à la question chinoise : elle devient plus sensible à l’aspect oriental de la Chine (Oksenberg. Nixon attend trois ans avant se rendre en Chine.. Nixon reconnaît le potentiel chinois. La position de Nixon est parfaitement cohérente avec la réalité. 1990 : 183). Nixon devient président en 1969. Sa China policy répond aux impératifs anti-communistes. Nixon a un avantage extraordinaire : il est le premier président américain. Son article paru aux Foreign affaires en 1967. Une politique de normalisation conduite par un ex cold warrior ne peut qu’avoir une résonance extraordinaire. En cette période. elle est tangible dans les couloirs institutionnels et dans l’opinion publique... la prolifération des traitements médicaux importés par la Chine. Les aspirations de Nixon Pacemaker peuvent se trouver en concordance avec la réalité. Nous entrons dans la phase 3. Oxnam. La raison est que le fit entre la réalité et ses motivations ne s’est pas encore installé. et donc une 14 . surtout au sein de l’opinion publique. Mais les conditions pour l’accomplissement de l’historical first sont loin d’être accomplies.Dans la phase 1. après 1949..) we simply cannot efford to leave China forever outside the family of nation. Au début des années septante. celle où Nixon incarne le rôle de peacemaker. 2005 : 102) : il refuse le recours à la guerre. Bien que les prémisses à l’historical first soient déjà présentes. Sous l’administration Kennedy. Nous pouvons citer l’augmentation des restaurants chinois. Sous Kennedy le nouveau schéma cognitif n’intéresse que la bureaucratie.. Nixon s’oppose à l’entrée de la Chine dans les Nations Unies et il soutient tout politique isolationniste contre la Chine (Goh. Pour assurer la réussite parfaite de l’historical first chinoise. » (Goh. Il n’a pas encore le caractère global et pluridirectionnel qu’il acquerra sous la présidence de Johnson. Il se profile la possibilité d’une médiation avec la Chine. où Nixon abandonne la perception de la tough coexistence et opte pour une vision de la Chine comme key player (Goh. Comment cette position se concrétise-t-elle ? En 1953. En plus. Sa position peut être définie comme tough coexistence (Goh. le schéma cognitif courant interprète la Chine comme une Red Menace. la nouvelle perception achève un équilibre optimal. 2005 : 102-105). qui ne risque pas d'etre critiqué par un « Nixon » d’adopter un « anticommunisme soft » (Schaller. Comment la personnalité de Nixon réagit-t-elle ? Nous avons remarqué chez Nixon la volonté de jouer le rôle de médiateur entre les opposés qui créent une tension. Nous postulons que cette caractéristique s’est manifestée lorsque la Chine commença à être perçue comment une rivale et non plus comme une menace. la rigidité de la China policy commence à se nuancer. Il s’agit de la phase 2. C’est la phase où la grandiose self peut être finalement montrée. mais il n’envisage pas encore l’amélioration des relations. 2005 : 108). et pas simplement parce que Nixon n’est pas Président.

1988 : 236). Réfléchissons sur la difficulté de Kennedy d'entamer une politique de normalisation. semble suivre une dynamique similaire. 15 . Faisons maintenant un pas en arrière. Le voyage de Nixon à Moscou. Les aspirations de «Nixon peacemaker» se manifestent seulement après quatre ans de politique de linkage (Kissinger. en 1953. Avant de rendre publique sa mission. en mai 1972.. l'opinion publique americaine se montre de moins en moins hostile envers les pays communistes (Shapiro. 1972 : 222). 1988 : 239). la narcissistic personality de Nixon prévoit près de trois ans de diplomatie secrète. lorsque ils atteignent un état d'équilibre optimal. à savoir lorsque B = A (la personnalité du leader est en concordance avec le système cognitif courant). Nous pouvons également appliquer ce modèle lorsque Nixon. Nous postulons que les deux facteurs interagissent de manière efficiente. s'oppose à l'entrée de la Chine dans les Nations Unies. les conditions pour la réussite sont accomplies. Aussi cette décision exprime le fit entre les aspirations du Warrior preserves the American way of life et la réalité (une arène institutionnelle dominée par des cold warriors et une opinion publique favorable à un éventuel bombardement de la Chine (Shapiro. Dans ce dernier. S. Cette dernière se trouve ostracisée par une opinion publique pas encore prête et par la présence des cold warriors dans le State’s Bureau For Eastern Politics (Thomson. essayons d’élaborer un modèle théorétique générale. Nixon annonce son voyage. à la différence de la China policy de ses prédécesseurs qui semblait se dérouler sans un overerching strategy (Goh. 1989. le leader préfère tâter le terrain. À partir de ce schéma. 1979 : 1258).démonstration claire de la grandiose self. BIBLIOGRAPHIE OUVRAGES AMBROSE. d’enquêtes. Simon and Schuster. À la fin de cette phase préliminaire. dont la réussite reste incertaine. nous avons deux facteurs: A) les beliefs du système cognitif courant (repérables dans l'opinion publique et dans les couloirs institutionnels) . En plus. Son historical first peut être achevé. Cherchons à appliquer notre modèle aux autres décisions politiques. Page.. New York. Il est clair que la manifestation de grandiose self est en concordance avec la réalité. 2005 : 108). Comme le relève Kusnitz. Si A ≠ B →L'interaction entre ces deux variables ne peut que produire une décision inconsistent. orchestrated and even statesmanlike. Si A = B → L'interaction produit une décision consistent qui ne fait que renforcer A. de 1968 à 1972. E. B) la personnalité du leader. Nixon : the triumph of a politician 1962-1972. la China policy de Nixon appeared to be deliberated. Page.

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