LES TRANSPORTEURS DE PRODUITS CHIMIQUES

1) LES PRODUITS TRANSPORTES
Outre le pétrole et ses dérivés, une grande variété de liquides est transporté en vrac par mer. Avec le développement considérable de la chimie, la liste est de plus en plus longue et les produits de plus en plus complexes. Les produits transportés peuvent se classer en 5 grandes catégories - Les produits pétrochimiques, dérivés du pétrole et du gaz naturel (la plus grande production); - les produits dérivés du charbon (les goudrons, éthanol, méthanol...) - les produits dérivés des hydrates de carbone (mélasses de cannes à sucre, de betteraves, alcools obtenus par fermentation) - les huiles et graisses animales et végétales (huile de soja, de coton, d’arachide, tournesol, etc...) - les produits chimiques non organiques (acide sulfurique, nitrique, phosphorique, soude caustique, soufre, etc ...) Ces produits auront évidemment des caractéristiques très différentes en termes de densité, viscosité, point de congélation …

LES PRODUITS MOINS INFLAMMABILITE Les produits blancs du pétrole.

DANGEREUX

PAR

LES PRODUITS NON TOXIQUES ET (relativement) PEU INFLAMMABLES les huiles de pétroles, les huiles végétales, le latex. LES PRODUITS NON TOXIQUES La mélasse, la paraffine.... Ces produits sont pour la plupart transportés en petites quantités, mais en grand nombre, et ce, sur un même navire: il se pose alors des problèmes de compatibilité entre eux. Certains produits, les plus dangereux, sont transportés seul sur un type de navire spécifique. Certains produits, très instables, doivent être stabilisés ou inhibés. Un certificat d’inhibition est fourni au bord. De manière générale, les propriétés des produits seront décrites dans des feuilles spécifiques (Data sheet) fournies obligatoirement par le chargeur. Ces fiches donneront le nom officiel du produit et son numéro UN en référence au code IBC. Elles comprendront obligatoirement -Les premiers gestes de secours en cas de contact avec la peau, les yeux, en cas d’inhalation ou d’ingestion. - La liste des agents extincteurs utilisables en cas d’incendie dans la cargaison.

Les risques principaux
Les risques liés au transport de ces marchandises sont également très variables. On peut les classer ainsi : - Les risques d’incendie: ils peuvent être soit dus à une cause extérieure, ou à un risque d’inflammation spontané au contact avec l’air par exemple. - Les risques d’explosion. - Les risques et dangers pour la santé. - Les risques de la pollution des eaux ou de l’atmosphère. - Les risques de réactivité soit avec l’eau, le gaz inerte, les matériaux employés en construction navale ou avec d’autres produits chargés dans les citernes voisines.

2) LA REGLEMENTATION Le code IBC
Le recueil IBC (Recueil international des règles sur les transporteurs de produits chimiques) (International Bulk Chemicals) a remplacé l’ancien recueil BCH pour tous les navires chimiquiers construits depuis le 1er juillet 86. La flotte des navires chimiquiers étant relativement moderne, les dispositions du recueil IBC s’applique donc à la grande majorité de la flotte. On retrouve dans le code IBC les chapitres 1) 2) 3) 4) 5) 6) 7) 8) 9) 10) 11) 12) 13) 14) 15) 16) 17) 18) General Ship survival capability and location of cargo tanks Ship arrangement Cargo containment Cargo transfer Materials of construction Cargo temperature control Cargo tank venting and gaz freeing arrangement Environmental control Electrical installations Fire protection and fire extinction Mechanical ventilation in the cargo area Instrumentation Personnel protection Special requirements Operational requirement-Additional measures for the protection of the marine environment Summary of minimum requirements Lists of chemicals to which the code does not apply

Exemples de produits
LES PRODUITS TRES DANGEREUX (hautement nocifs) Phénol, Toluène, Benzène, Tallow (huile animale qui réagit avec l’eau de mer)... Ces produits sont générateurs de lésions irréversibles. PRODUITS DANGEREUX HAUTEMENT TOXIQUES Acide nitrique, sulfurique, amoniac, soude, tous générateurs de brûlures. PRODUITS TRES DANGEREUX L’INFLAMMABILITE Acétone, éthanol, méthanol, dérivés plastiques. Ces produits ont des points éclair très bas. PAR

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Catégorie B s’il y a un risque assez grave . Les types de navire Le recueil IBC distingue 3 types (I. EMPLACEMENT ET VOLUME DES CITERNES SELON LA CATEGORIE DU PRODUIT Le chemical tanker safety guide Publié par l’ICS et dont l’usage est recommandé par le code IBC.). V < 1250 m3 B/5 B/5 B/15 3) LES NAVIRES Les navires transportant des produits chimiques en vrac doivent répondre à 3 impératifs: .protéger l’environnement des risques de pollution et d’accident. et à 3000 m3 sur les navires type II. Selon sa catégorie OMI. La MARPOL Annexe II La Marpol Annexe II classe les produits qui peuvent représenter un risque pour l’environnement. On considère les “substances liquide nocives” qui..Catégorie A s’il y a un risque grave .garantir la sécurité des personnes et du navire. présentent un risque pour les ressources marines ou pour la santé de l’homme ou nuisent sérieusement à l’agrément des sites ou autres utilisation légitimes de la mer et justifient en conséquence la mise en oeuvre de mesures rigoureuses contre la pollution”. colonne c) Chaque navire qui est certifié apte à transporter des substances liquides en vrac doit posséder un manuel sur les méthodes et dispositifs de rejets (Procedure and Arrangement manual). chacune d’entre-elles étant reliée à son installation de manutention (traverse. petite avarie de bordé) et du degré de protection qu’il offre contre les fuites de produit. 760 mm V < 3000 m3 760 mm B/15 Produits Cat A pour citerne Type I Produits Cat B pour citerne Type II Autres Produits pour citerne Type III 2 .assurer le transport des produits qui peuvent causer des problèmes complexes du fait de leur nature. II.Catégorie D s’il y a un risque discernable . ces derniers pouvant être les matériaux. échouement. le rejet du produit est soumis à des contraintes et à des limitations différentes.. les isolants.Catégorie III s’il n’y a pas de risque notable Les produits compris dans les catégories A et B sont dits produits bio-accumumables. collecteur et pompe). Description générale Il doit y avoir une ségrégation rigoureuse des citernes vis à vis des aménagements et des locaux de service qui sont donc situés dans un château arrière protégés contre toutes entrées de liquides ou de vapeurs. . Il doit y avoir une ségrégation parfaite entre catégories de produits. Le volume des citernes est limité à 1250 m3 sur les navires type I. . les enduits employés pour la construction des citernes. Les produits sont classés par ordre de danger décroissant en quatre catégories de A à D . Ces navires sont donc équipés d’un grand nombre de cuves (de faible capacité). Selon la catégorie. LES NAVIRES SPECIALISES . On retrouve cette classification pour chaque produit dans le code IBC (Chap17. soufre liquide.Catégorie C s’il y a un risque faible . “si elle sont rejetées à la mer lors des opérations de nettoyage des citernes ou de déballastage. III) de navires selon le degré de protection qu’ils offrent à la suite d’une avarie conventionnelle (abordage. mais aussi le produit de lavage ou le gaz inerte employé. un navire est donc autorisé à transporter certaines catégories de produits dans certaines citernes. Le transport de produits chimiques s’effectue sur deux types de navires: LES NAVIRES CITERNES PARCELLAIRES (Les Parcel tankers) Ces navires peuvent transporter à la fois et indépendamment un nombre élevé de produits (jusqu’à 60 produits différents pour les plus sophistiqués).19) Requirements for the ships engaged in the incineration at sea of liquid chemical waste 20) Transport of liquid chemical wastes (Les Special tankers) Certains produits ayant des critères (température) de transport ou des caractéristiques (densité) bien précis sont transportés sur des navires spécialisés pour un seul produit (Acide phosphorique. Il doit y avoir enfin une ségrégation des produits vis à vis des agents réactifs.

LES MATERIAUX La plupart des produits chimiques ne peuvent être transportés dans des citernes en acier ordinaire non revêtu (corrosion importante).le polyuréthane. évite la contamination des produits par la rouille. les citernes les circuits et les pompes sont isolés thermiquement. Certaines citernes peuvent être entièrement isolées des autres par des cofferdams.Isolement de protection (padding): on complète la citerne et les circuits associés par un gaz. soufre liquide) (1) Ce sont des citernes qui ne font pas partie de la structure de la coque . Pour le transport de produits chauds (souffre: 140°C.en acier doux revêtu d’un enduit spécifique.7 kg/cm2). Selon le produit transporté.Si le navire est conforme à la réglementation IBC. pour la plupart. one pump. .) pour éviter que le produit ne rentre en contact avec de l’eau (si incompatibilité).ventilation de la tranche cargaison (y compris chambre des pompes): 3 . .la résine phénolique (pratiquement polyvalent). La majorité des produits sont transportés dans des citernes 2G. il se voit attribuer un Certificat international d’aptitude au transport de produits chimiques dangereux en vrac (avec en annexe une liste des produits pouvant être transportés).le séchage : on complète la citerne et les circuits associés par un gaz ou de la vapeur débarrassé d’humidité (point de rosée < . pour les produits très corrosifs . antidétonants.gaz inerte (un générateur de GI ou unité de stockage d’azote liquide et de réchauffeurs).40°C. LE CONTROLE DE L’ATMOSPHERE DES CITERNES Le contrôle de l’atmosphère dans les citernes est réalisé par: . un liquide ou de la vapeur compatible avec le produit (tampon d’eau pour le transport de phosphore). . .7 kg/cm2).l’époxy.le caoutchouc synthétique (pour les produits très corrosifs). immergées (100 à 200 m3/heure). 5 3 6 11 8 7 9 4 10 Les installations de manutention Installation de transfert de cargaison: Les installations récentes sont du type “one tank. Pour faciliter le lavage. .les citernes de gravité (G) (pression de vapeur < 0. LE REVETEMENT DES CITERNES Il diminue la corrosion. . La double coque est réservée au ballastage: d’une capacité d’environ 40% du PEL.acier inoxydable (massif ou plaqué). A noter l’apparition de générateur d’azote par perméabilité (1000 m3/h) à partir de l’air ambiant.les citernes sous pression (P) (pression de vapeur > 0. et facilite le lavage. . . on note généralement l’absence de raidisseurs intérieurs: cloison ondulées dans le sens vertical ou horizontal ou raidisseurs extérieurs (barrots de pont extérieurs). Les collecteurs sont sur le pont (entretien) et sont aussi courts que possible (prix élevé) avec un nombre de brides réduit au minimum. one line”.les citernes intégrales (2) qui font partie de la structure de la coque et qui sont donc soumises aux mêmes sollicitations que celle-ci parmi lesquelles on distingue: . . EQUIPEMENT D’UNE CITERNE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Collecteur cargaison vers traverse Dégagement des vapeurs Arrivée Gaz Inerte Pompe Immergée Pompe de secours portable Sonde de température Indicateur de niveau Niveau Haut Appareil de lavage mobile Serpentin de réchauffage Connexion rapide (pression/azote) 1 2 Les citernes Il existe deux types de citernes: les citernes indépendantes (phosphore.).le silicate de zinc. Les pompes sont. Les principaux revêtements sont: . La tranche cargaison est divisée en plusieurs tranches de citernes séparées par des cofferdams. Le GI est incompatible avec certains produits (alcool). le type de citerne exigé est donné par la colonne f du tablleau du chapitre 17 du code IBC. Elles sont donc réalisées en: .

LE CHARGEMENT Inertage de la cuve si nécessaire (et contrôle de l’atmosphère pendant chargement). des vannes cargaison . appareil respiratoire) . INSTALLATION DE RECHAUFFAGE La viscosité élevée de certains produits implique un réchauffage permanent ou ponctuel (pendant les transferts) du produit à l’aide: . Le personnel pont chargé des opérations de manutention doit. à l’eau douce (naturelle ou chimiquement traitée dans un réservoir spécial) ou à la vapeur (steaming). Au fur et à mesure du lavage. .commande des pompes et des vannes à fermeture automatique. on appliquera une ventilation forcée dans toutes les citernes qui viennent d’être lavées. A noter que le type de jaugeage employé est défini par la réglementation (type ouvert. Le bord doit être parfaitement informé des caractéristiques physiques et chimiques des produits à charger. Les dégagements de gaz peuvent être libres (PE > 60°C.remise des échantillons du produit par la terre. . dans lesquels circule de la vapeur ou une huile thermique compatible avec le produit à réchauffer. Ils fonctionnent à une pression d’environ 10 bars. . La cargaison doit être refusée si l’on ne dispose pas de renseignements suffisants. l’agent extincteur doit être compatible avec le produit chargé (ex: mousse résistant aux alcools). . Les gaines de ventilation flexibles sont introduites dans les citernes par les trous de butter et le capot des citernes est ouvert. des soupapes. LE DEGAGEMENT DES CITERNES Les citernes sont équipées (selon le produit) de soupapes de sûreté rejetant à l’atmosphère (hauteur minimale réglementaire) ou de collecteurs gaz pour retour à terre. L’ensemble du navire (machine. . soit directement à la mer (ligne Marpol) soit vers des citernes de décantation (slop tanks). (interdiction d’ouvrir une issue sauf pour l’équipe d’intervention/ les opérations commerciales). 4) L’EXPLOITATION SECURITE DU PERSONNEL Le personnel doit être correctement formé. s’équiper d’une façon plus ou moins complète pour se protéger de tout contact avec le produit. le lavage des cuves doit être très soigné. Pour certains produits. .faire signer les certificats d’acceptation des cuves par l’expert . soupape HV). Le programme de lavage est choisi en fonction de la cargaison précédente et de la cargaison future. des collecteurs.Mise sous pression des moyens d’extinction de lutte contre l’incendie .de la charge maximale par citerne en fonction de la densité du produit .examen des cuves. les citernes présentent encore de l’humidité et des particules de l’ancienne cargaison.) ou contrôlés (soupapes de sécurité. fermé) selon le produit transporté.des volumes nécessaires pour chaque lot. En ce qui concerne la zone cargaison.d’un circuit de recirculation (plus rare) permettant de faire circuler le produit à travers un échangeur situé sur le pont. LE PLAN DE CHARGEMENT L’élaboration du plan de chargement devra tenir compte notamment .diffusion générale de la nature du produit qui va être chargé et des dangers qu’il représente.commande à distance des vannes de cargaison.des revêtements des citernes demandés pour certains produits . CONTROLE ET DETECTION .équipement du personnel (combinaison. Pour chasser ces deux éléments. des risques et des mesures à prendre en cas de problèmes.vérification des connexions et de la bonne disposition des circuits dans la chambre des pompes. Les slop tanks devront être traités comme les citernes de cargaison et l’on devra prendre soin de ne pas mélanger des produits incompatibles.dispositifs de trop plein ou alarme niveau haut. chambre des pompes.indicateur de niveau.de serpentins en acier inoxydable parcourant les fonds et les parties inférieures des cloisons.bon fonctionnement des PV valves. Les navires de type parcel tankers peuvent assurer un réchauffage jusqu’à 80°C dans la quasi-totalité des cuves. . on évacuera l’eau sale à l’aide des pompes de déchargement.des incompatibilités entre produits . .affichage des consignes de sécurité relatives aux produits à embarquer (filtre spécifique pour masques filtrants) . . 4 . AVANT CHARGEMENT . pour certains produits. zone cargaison) est protégé par des installations fixes diverses.essais des alarmes de niveau. .L’INSTALLATION DE LAVAGE LUTTE CONTRE L’INCENDIE Le lavage des citernes peut être effectué à l’eau de mer (froide ou chaude). Les canons de lavage ne sont en général pas à poste fixe. L’INSTALLATION DE VENTILATION Après un lavage. . partiellement fermé.détecteur de gaz.ventilation de la chambre des pompes (x30).des produits qui doivent être réchauffés .fermeture des issues du château et passage sur ventilation en circuit fermé. de pression.

L’assèchement est délicat et nécessite de la gîte et de l’assiette sur le cul: les citernes sont donc asséchées une par une. .accord avec la terre pour les cadences de déchargement (gaz inerte). . Possibilité de stopper le chargement depuis de bord. des sondes.prise d’échantillon par expert et bord. Pendant le chargement. . . Le branchement de l’installation avec la terre se fait.réparations éventuelles des pompes. les opérations suivantes peuvent être effectuées: . Les circuits sont chassés au gaz inerte ou à l’air. . .examen des revêtements des cuves. le chargement commence: prise de ullage tous les 1/4 d’heure et liaisons permanentes avec la terre. ralentissement de la cadence et arrêt avant remplissage à 98% des citernes. 5 . ce qui évite toute perte de produit). L’ASSECHEMENT Plusieurs produits peuvent être débarqués en même temps. LE DECHARGEMENT Le bord prend les mêmes dispositions de sécurité qu’au chargement . on surveillera la cadence de chargement qui influera sur la montée en pression des citernes (limitée soit par les PV valves.épongeage des fonds et des parois.visites des vannes pression/dépression.contrôle du gaz inerte ou du produit tampon. purges ouvertes. LE NETTOYAGE DES CUVES Après lavage et ventilation soignée. soit par flexible branché au manifold du navire et à l’installation de terre et soulagé en son milieu par une grue.contrôle des joints des panneaux.Contrôle et réglage des températures. des collecteurs et des soupapes par expert. LE TRANSPORT . soit par un bras de chargement qui suivra les variations de niveau du navire.mesure des ullages et températures (calcul du poids). .Après toutes ces précautions. .examen de la chambre des pompes.contrôle des circuits de réchauffage. Contrôle des ullages (par expert et le bord) et des températures pour déterminer le poids embarqué. . LA FINITION Surveillance des ullages.l’expert constate que les cuves sont vides ou non. . soit par une ligne de retour gaz à la terre. des niveaux.

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