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Les mots des paysages isérois

Les mots du paysage
Accessibilité : Critère d’appréciation de la qualité paysagère

résultant de la possibilité de dépasser l’approche visuelle lointaine du paysage et de l’approcher pour en faire l’expérience sensible.
Ager : Mot latin de la trilogie agraire désignant les cultures. Agreste : Relatif à l’ager, aux cultures. Cliché souvent accolé à

Amendement Dupont : Nom donné à l’article L 111 1-4 du

code de l’urbanisme, stipulant l’inconstructibilité d’une bande de 100 à 75 m de largeur le long des infrastructures majeures en fonction de leur statut routier.
Ambiance paysagère : voir Caractères. Artialisation : « Processus artistique qui transforme et embellit

un genre de paysage, celui de la belle campagne. Il est alors synonyme de campagnard, de bucolique.
Agriculture : Ensemble des travaux de production végétale et

animale. Part essentielle de la trilogie agraire, c’est elle qui, dans nos paysages, assure la présence de la part la plus importante des continuités ouvertes indispensables à la lisibilité du paysage.
Agriculture périurbaine : Parfois dite agriculture urbaine,

la nature, soit directement (in situ), soit indirectement (in visu), au moyen de modèles» (Roger, 1999 : 45). C’est par artialisation que s’opère la transformation du pays en paysage. Elle se fait principalement au moyen de représentations imagées, c’est l’artialisation «in visu», et de projets concrets de transformation, c’est l’artialisation «in situ». Syn. d’esthétisation.
Biocénose : Totalité des êtres vivants peuplant un écosystème

cette agriculture désigne les différentes formes d’agriculture envisageables autour des agglomérations de la modernité en remplacement de la couronne maraîchère et fruitière qui séparait jadis les villes de la campagne. En font partie les jardins familiaux, les fermes-modèles, les poney clubs, etc…

donné. Pour les plantes on parle d’associations végétales, pour les animaux de zoocénoses, pour les insectes d’entomocénoses (Fischesser 1996 :304).
Biotope : Territoire occupé par une biocénose. Ensemble des

facteurs physiques, chimiques et climatiques, relativement constants, constituant l’environnement de cette biocénose. C’est la composante non vivante d’un écosystème qui renferme des res-

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Les mots des paysages isérois Caractères de dominance : Composantes de l’originalité et

sources suffisantes pour assurer le développement et le maintien de la vie (Fischesser 1996 :305).
Bucolique : Relatif aux pâtres et aux troupeaux. Cliché souvent

accolé à un genre de paysage, celui de la belle campagne. Il est alors synonyme d’agreste.

de l’harmonie d’un paysage telles qu’elles se dégagent des motivations esthétiques d’une culture ; en font partie les composantes visuelles de contrastes, rythmes, lignes de force, points forts, points d’appel et points focaux d’un paysage (Fischesser 1977 : 65-66)
Carrefours : Points stratégiques du schéma paysager patrimo-

Campagne : Vaste étendue de pays plat (Rey 1992 :335). La

campagne cultivée et jardinée des plaines, popularisée par la peinture et la littérature, est devenue au cours des siècles le premier modèle de paysage européen. Souvent qualifiée de bucolique ou d’agreste ou simplement de belle, son succès est demeuré tel qu’elle est parfois synonyme de paysage tout court. (Roger, 1999 :47)
Caractères : Mot consacré pour désigner les qualités ou les

nial reliés entre eux par différents types de continuités.

Charpente naturelle : Ensemble des continuités naturelles d’un

paysage ou d’un ensemble de paysages, par exemple le bassin versant d’une rivière.

Charpente paysagère : Ensemble des motifs dont les enchaîne-

défauts des paysages. Il s’applique aussi bien à leurs traits morphologiques que symboliques, révélant par là notre tendance spontanée à personnifier les paysages : la campagne est belle, riante ou désolée, la rivière est capricieuse, vive ou endormeuse, la montagne altière et traîtresse, etc. Les principales qualités d’un paysage s’apprécient en fonction de cinq critères : l’originalité, la lisibilité, l’accessibilité, l’harmonie et la diversité.
Caractères d’ambiance : Composantes de l’originalité et de

ments font la structure stable d’un paysage. Ils appartiennent d’une part aux motifs de naturalité et d’autre part aux motifs de spatialité naturalisés par l’Histoire et ayant acquis par là un caractère structurel. Tel est le cas des villes et des villages, mais aussi d’autres motifs, par exemple de simples chemins dont certaines séquences, consacrées par l’usage, doivent être considérées comme naturalisées.
Cohérence : Deuxième condition de lisibilité d’un paysage,

l’harmonie d’un paysage autorisant l’émergence des motivations esthétiques de l’expérience paysagère la plus rapprochée.

tenant à la possibilité d’y reconnaître les modèles de paysage anciens et nouveaux consacrés par une culture.
Composantes visuelles : Expressions visuelles des motifs de

paysage : textures, couleurs, relief, et lignes différenciant des

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zones homogènes au sein d’un même paysage (Fischesser 1977 : 65)
Composition paysagère : Art de composer avec les qualités

ralité. Ces enchaînements forment des continuités actuellement ou potentiellement fermées. Aux anciens POS, zones ND.
Continuités ouvertes : Continuités formées par les espaces

et les défauts d’un lieu, d’un site.

Confluences : Points stratégiques du schéma paysager patrimo-

ouverts soit de l’espace public soit de l’agriculture, et autorisant l’expérience paysagère.

nial reliés entre elles par différents types de continuités.

Continuités agricoles ouvertes : Formes que prennent dans

Conservation inventive : « Production du territoire par un

projet de paysage» (Donadieu, 1999 :51). « La conservation d’éléments concrets du paysage pour des raisons historiques, écologiques, économiques, symboliques ou esthétiques, et la création de formes innovantes correspondant à de nouvelles ou à d’anciennes fonctions et usages du territoire ». (Donadieu, 1999 :80)
Contextualisation paysagère : Inscription d’un motif de pay-

l’espace et dans le temps les enchaînements des espaces ouverts des cultures et des pâtures. Aux anciens POS, zones NC.
Contraintes : voir Défauts. Coteau : Relief limitant un plateau et formant souvent le versant

sage, actuel ou en projet, dans la continuité de son contexte tel que défini par la charpente paysagère locale. Syn. : inscription, insertion paysagères
Continuités : Formes que prennent dans l’espace et dans le

d’une vallée. On en réservera volontiers l’usage aux reliefs de l’étage collinéen pour les distinguer des versants montagnards, adrets ou ubacs, des vallées de plus de 900 mètres d’altitude. Motif de paysage à dimension écosymbolique forte, tant pour sa valeur de continuité naturelle que pour sa valeur symbolique.
Couronne maraîchère et fruitière : Cercle traditionnel de

temps les enchaînements de motifs de naturalité et de spatialité. Ces enchaînements forment entre autres les continuités agricoles ouvertes, par rapport auxquelles les motifs de naturalité forment des continuités naturelles fermées, actuellement ou potentiellement.
Continuités naturelles fermées : Formes que prennent dans

transition entre la ville et les continuités agricoles ouvertes de la campagne, aujourd’hui fréquemment négligé ou investi par l’intégration urbaine des campagnes. concourent par leur nombre et leur nature à la motivation paysagère.

Critères d’ambiance : Caractères d’ambiance en tant qu’ils

l’espace et dans le temps les enchaînements de motifs de natu-

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Les mots des paysages isérois Ecologie du paysage : Etude de la régulation et du contrôle

Critères de dominance : Caractères de dominance en tant

qu’ils concourent à caractériser l’harmonie du paysage par leur importance relative (cf Fischesser 1977 : 65-66)
Critères paysagers : Critères d’appréciation de la qualité pay-

des fonctionnements écologiques d’un territoire par les structures du paysage.
Ecosymbolique : Se dit de l’intérêt des motifs de paysage.

sagère. Les principaux sont l’originalité, la lisibilité, l’accessibilité, l’harmonie et la diversité.
Défauts : Les défauts font partie des caractères des paysages

au même titre que leurs qualités, bien qu’ils ne soient pas toujours explicitement mentionnés comme tels. La montagne est dangereuse et meurtrière, la rivière est imprévisible et parfois dévastatrice, certains terrains sont fragiles, etc. On les désigne parfois comme des contraintes.
Diversité : Critère d’appréciation de la qualité paysagère résul-

Cet intérêt est simultanément écologique en tant que les motifs appartiennent à la biosphère (où ils existent physiquement) et symbolique en tant qu’ils appartiennent à la sémiosphère (où ils existent en tant qu’ils veulent dire quelque chose pour l’humanité qui se les représente, à commencer par leur nom) (cf Berque 1999 :68).
Ecosystème : Unité écologique fonctionnelle douée d’une cer-

tant du nombre, des registres et des intérêts des motifs mis en scène.
Domus : Mot latin désignant le bâti. Dynamiques : Jeux des forces écologiques, économiques et

taine stabilité, constituée par un ensemble d’organismes vivants (biocénose) exploitant un milieu naturel déterminé (biotope). Cette notion intègre également les interactions des espèces entre elles et avec leur milieu de vie. » (Fischesser 1996 :307).
Elément de paysage : voir motif. Enchaînements : relations nécessaires et attendues entre les

symboliques qui s’exercent sur un paysage. On distinguera principalement les dynamiques de la végétation, de l’urbanisation, et de l’équipement.
Ecologie : « Etude du monde vivant à ses différents degrés d’or-

motifs structurels d’un paysage : le ruisseau « appelle» la berge, la berge la ripisylve, la ripisylve la prairie, la prairie le coteau boisé, etc… vés ou ouverts formant un paysage.

Entité paysagère : Ensemble de motifs reliés en modèles acheEntrées de ville : Sites anciennement occupés par les jardins

ganisation, de l’individu à la biosphère, en passant par les populations, les peuplements, les biocénoses, les écosystèmes et les ensembles d’écosystèmes que constituent les paysages ». (Fischesser, 1996 :22)

de l’hortus, couronne maraîchère et fruitière assurant l’approvisionnement et la transition paysagère entre la ville et la cam-

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Les mots des paysages isérois

pagne. Leur dimension paysagère, aujourd’hui trop souvent méconnue, fait l’objet d’une réglementation relevant notamment de l’Amendement Dupont.
Equipement : « Installation qui sert à produire, à échanger, à

indispensables à la visibilité, la cohérence et l’harmonie des paysages.
Espace public : Espace « incarné morphologiquement par la

assurer des fonctions de la vie sociale » (Brunet, 1998 :190). On distingue les équipements industriels, collectifs, touristiques, sportifs, culturels, scolaires et universitaires, hospitaliers, commerciaux, etc. Leur développement et leur localisation sont très dépendants du développement des infrastructures de la circulation qu’ils exigent et justifient. C’est ce développement qui est étudié sous le titre « Les dynamiques de l’équipement».
Espace de transition : Espace séparant deux motifs, par exem-

rue ou, plus spécifiquement encore, par la place publique » (Berque, 1995 :135) La notion s’étend aux routes et chemins ; l’espace public est par essence un espace ouvert à tous publics, autorisant leur droit de regard et d’expérience sur leur patrimoine paysager commun.
Esprit du lieu : Expression de l’identité d’un lieu ou d’un site

ple une lisière forestière et le bâti proche, la ville et la campagne environnante, l’autoroute et le parc d’activités voisin, etc…
Espace interdit : Espace interdit de parcours et s’opposant à

telle qu’elle découle de ses qualités et défauts morphologiques et symboliques. Il s’exprime très souvent à travers les images et représentations de l’esthétique figurative.
Esthétique figurative : Expression de la motivation paysagère

l’accessibilité du paysage.

à travers les comparaisons, les métaphores et les personnifications qui expriment le mieux l’attachement qui nous lie à nos paysages.
Esthétisation voir Artialisation Expérience paysagère : Expérience sensible mettant en jeu

Espace fermé : Espace défini par opposition à l’espace ouvert

et rendant aléatoire l’expérience paysagère. A distinguer de l’espace interdit, l’espace fermé pouvant être accessible, comme c’est le cas pour la forêt
Espace naturel : Espace à dominante naturelle (ND des anciens

POS) par opposition aux espaces agricoles (NC des anciens POS) et urbanisés.
Espace ouvert : Espace autorisant l’expérience paysagère. Tel

toute la complexité d’un sujet, et allant de la plus physiologique à la plus intellectuelle des motivations esthétiques qui assurent son insertion dans sa société (Berque, 1999 :30) L’expérience paysagère est une expérience sensible qui, à ce titre, met en jeu les cinq sens, les sens symboliques des paysages, et les sens nouveaux qui peuvent éventuellement leur être donnés.

est l’espace public, telles sont les continuités agricoles ouvertes

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Les mots des paysages isérois Harmonie : Critère d’appréciation de la qualité paysagère

Facteurs de variabilité : Facteurs qui modifient plus ou moins

fortement la perception ordinaire du paysage : les facteurs climatiques tels que la pluie, le vent, la neige, les brouillards et les frimas ; les saisons qui induisent les couleurs de l’automne et les floraisons printanières ; les risques naturels, etc. (CEMAGREF, 1977, 2 : La Forêt : 34)
Fragmentation : Le mal de ce siècle en matière de paysage.

résultant de sa conformité d’un paysage avec les modèles de l’esthétique socio-culturelle.
Hortus : Mot latin de la trilogie agraire désignant les jardins. in visu et in situ : mots latins signifiant ‘dans le regard’ et ‘dans

Elle se traduit à toutes échelles par la dégradation, l’interruption, la segmentation, la fermeture, l’occultation ou la disparition des motifs d’intérêt public des paysages et de leurs enchaînements en continuités tant physiques que visuelles (continuités écologiques, continuités agricoles ouvertes, continuités de l’espace public du réseau viaire, etc.) sous l’effet des dynamiques non maîtrisées de la végétation, de l’urbanisation et de l’équipement.
Génie du lieu : Synonyme d’esprit du lieu Génie écologique : Ensemble des techniques d’ingénierie

la réalité’, rendant compte des deux modalités de la transformation d’un pays en paysage par son artialisation. C’est la traduction du postulat du paysage ainsi formulé par A. Berque : « les sociétés aménagent leur environnement en fonction de l’interprétation qu’elles en font, et réciproquement elles l’interprètent en fonction de l’aménagement qu’elles en font » (1995 :15)
Indices visuels : indices provenant des signaux reçus par le

nerf optique et classés en mémoire ; éléments du paysage modulés par les facteurs de variabilité (Fischesser 1977 : 66)
Insertion paysagère : Voir contextualisation paysagère. Intégration paysagère : Voir contextualisation paysagère. Intégration urbaine des campagnes : voir périurbanisation. Intérêt : émotion suscitée par un ou plusieurs motifs de pay-

ambitionnant de « manipuler les processus biologiques de communautés entières d’êtres vivants et non seulement des espèces isolées ». Il suppose « l’étude de systèmes complexes où les interactions sont innombrables et les événements plus souvent fortuits que programmés ». Il implique « d’engager un nouveau partenariat avec la nature… au service d’une société qui revendique des paysages faisant une part importante au monde naturel » (Fischesser 1996 :281)

sage. De même que les grands projets sont appréciés et autorisés en fonction de leur utilité publique, l’appréciation, la protection et la mise en valeur des paysages se font à partir de la reconnaissance partagée des motifs d’intérêt public qu’ils présentent aux points de vue artistique, historique, scientifique,

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Les mots des paysages isérois Milieu naturel : Expression parfois utilisée pour désigner l’en-

pittoresque et mythique ou légendaire, énumérés par la loi de 1930.
Jardins : Pièces de terrain attenant au bâti et portant en perma-

nence des cultures légumières, fruitières et florales. Dans le paysage urbain, ils désignent, outre les jardins publics la couronne maraîchère et fruitière désormais trop souvent envahie par les nappes de l’urbanisation périurbaine et appelant l’invention de nouvelles formes d’agriculture périurbaine.
Lignes de force : un des critères de dominance qui méritent

semble des éléments de la nature (climat, sol, eaux, pentes, etc.) présents et associés en un lieu et autour de lui (Brunet 1992 :302). Lui préférer écosystème, qui ne devient un milieu que s’il vient à faire partie du champ des relations d’une société à l’espace et à la nature.
Mise en scène : Art de la mise en valeur réciproque des motifs

d’un même modèle.

d’être mis en évidence, notamment lorsqu’ils sont brouillés ou occultés (Fischesser 1977 : 65-66)
Lisibilité : critère d’appréciation de la qualité paysagère résul-

Mise en valeur : Terme fréquemment utilisé pour désigner les

tant de sa visibilité (d’où la nécessité de continuités ouvertes) et de sa cohérence.
Métaphore : Transfert de sens par lequel une réalité est assimi-

actions de mise en scène des motifs d’un paysage. Elles figurent notamment dans les Programmes d’actions des Plans de paysage et incluent les actions réglementaires de protection et de gestion, les actions de médiation et les actions portant soit sur la réhabilitation de l’existant soit sur l’intégration paysagère de nouveaux projets.
Mitage : Dégradation, désintégration des motifs d’un paysage

lée à une autre. Ainsi le vallon est-il un nid, un berceau, un giron, un refuge, une oasis. Voir écosymbolique.

par les effets des dynamiques non maîtrisées, principalement de la végétation, de l’urbanisation ou de l’équipement.
Modèle : Mode de concrétisation du schéma paysager tradi-

Milieu : Se distingue de l’écosystème, qui ne devient un milieu

que s’il fait partie du champ des relations d’une société à l’espace et à la nature. « Il est à la fois naturel et culturel, collectif et individuel, subjectif et objectif, physique et phénoménal, matériel et idéel » (Berque 1986 :166).
Milieu humain : Pléonasme pour milieu.

tionnel par composition de motifs écosymboliquement interdépendants. Le bocage figure parmi les modèles de nos paysages de campagne traditionnels ; les paysages de montagne ou les paysages de marais figurent parmi les modèles de nos paysages à dominante naturelle les plus récents.

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Modèle achevé : Modèle dont la motivation paysagère, forte,

appelle la protection.

autre ambiance, voire d’un autre paysage ; une culture peut laisser la place à une autre culture, etc.
Motifs structurels : Motifs appartenant à la charpente paysa-

Modèle ouvert : Modèle dont la motivation paysagère auto-

rise l’invention et la coexistence d’autres modèles, par transformation et/ou remplacement de motifs conjoncturels.
Motif : Élément de paysage suscitant une émotion par son

intérêt écosymbolique. Le motif de paysage inclut les deux sens de motif d’intérêt et de raison d’agir. Plus spécifique au paysage que les termes élément ou composant de paysage. Voir motivation paysagère.
Motif de naturalité : Motif appartenant au milieu naturel. Il

gère et dont l’effacement peut conduire à la disparition de ce paysage ; tel a fréquemment été le cas du bocage lorsque la disparition des haies, des chemins, parfois des pâtures a conduit à des paysages de grandes cultures quasi interdits de parcours.
Motivation paysagère : Intérêt et émotion suscités par un

paysage, et suscitant en retour des volontés de protection, de réhabilitation et de mise en valeur, par exemple dans les programmes d’actions des Plans de paysage.

fait partie de l’un des trois registres du relief, de l’eau et de la végétation spontanée. Il peut rester intouché ou être transformé par l’intervention humaine et perdre sa nature première pour une nature seconde, comme dans le cas des forêts, du lit mineur d’une rivière endiguée, d’un marais aménagé, etc.
Motif de spatialité : Motif dû à l’invention humaine. Il relève

Motivations esthétiques : Motivations de tout sujet, individuel

d’un des trois registres du bâti, de l’occupation du sol et des réseaux. Ces motifs sont parfois comparés à des greffes plus ou moins réussies sur le milieu naturel, ainsi transformé en une nature seconde, caractéristique de toute culture.
Motifs conjoncturels : Motifs qui peuvent laisser la place à

et/ou collectif, à transformer en plaisir tout besoin et toute fonction ; elle sont à rechercher dans l’épaisseur de toutes les perceptions qui assurent l’insertion du sujet dans sa société : motivations esthétiques physiologiques, fonctionnelles, sociales et figuratives (Leroi-Gourhan, 1979 : 82). Ce sont ces motivations qui entraînent l’artialisation du pays in visu* et in situ*. (Roger, 1997 :8)
Occultation : Empêchement de la perception de tout ou partie

d’un paysage par les écrans végétaux ou bâtis de toute nature, notamment le long de l’espace public.

d’autres motifs pour des raisons écologiques, économiques et symboliques : la ripisylve naturelle d’une rivière peut laisser la place à une autre ripisylve en fonction de la création d’une

Originalité : Premier critère d’appréciation de la qualité paysa-

gère, résultant de l’esprit du lieu. Il s’apprécie principalement à partir de l’unicité, de la rareté et de la typicité du lieu.

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Parc : Modèle de paysage relevant du jardin et particulière-

ment adapté aux paysages urbains et périurbains.

Partenaire, partenariat : Notre tendance à attribuer aux pay-

coexister avec eux à partir d’une reconnaissance partagée des différents acteurs impliqués dans les plans et projets de paysage.
Paysage brouillon : Paysage dont la cohérence est brouillée

sages des qualités et des défauts nous amène fréquemment à les personnifier et à les considérer comme de véritables partenaires. La métaphore est suffisamment forte pour motiver des volontés d’actions politiques et stratégiques d’aménagement dans lesquelles la nature apparaît comme partie prenante d’un partenariat qui n’engagent en fait que les acteurs proprement humains du paysage.
Patrimoine : « Héritage du père » : possession, bien, actif,

par le mitage dû aux dynamiques non maîtrisées de la végétation, de l’urbanisation et de l’équipement.

Périurbanisation : urbanisation, ou intégration urbaine des

campagnes dans un rayon qui peut atteindre les 30 à 40 km autour des anciennes agglomérations urbaines. Voir suburbanisation et rurbanisation.
Personnification : Transfert de sens par lequel une réalité est

bien propre d’une personne ou d’une société « (Brunet, 1998 : 369) Le territoire français est le patrimoine commun de la nation (Code de l’urbanisme, art. L 110). Ce patrimoine comprend les sites, monuments et œuvres d’art tant naturels que construits parmi lesquels les paysages occupent une place de premier choix.
Pays : « Un pays n’est pas d’emblée un paysage, et (…) il y a,

assimilée à une personne. La rivière peut être ensorceleuse, enjôleuse, endormeuse ; le ruisseau, un confident ; la montagne est protectrice, mais peut aussi être meurtrière ; la route épouse les courbes du relief, etc… Voir partenaire.
Pittoresque : Ce qui mérite d’être peint. Terme consacré dési-

de l’un à l’autre, toute l’élaboration de l’art » (Roger 1997 :18). Voir artialisation
Paysage : Le paysage est le « mode sensible de la relation

d’un sujet individuel ou collectif à l’espace et à la nature ; implique particulièrement la vue et les échelles moyennes». (Berque, 1986 : 166) Ce mode sensible de relation, celui de l’expérience paysagère, se distingue des autres, (l’économique, l’administratif, le politique, etc…) mais n’en doit pas moins

gnant un genre de paysage dont le caractère principal est d’être accidenté. Il est parfois confondu avec le paysage de la campagne, dont il est effectivement un des modèles, qui joint à l’art de composer avec la fertilité du sol celui de composer avec les grands motifs du relief, des eaux et de la végétation spontanée. Il a la faveur des guides touristiques et fait partie des critères d’intérêt pouvant justifier d’une protection forte au titre de la loi de 1930. Exemples : les vignobles installés sur des coteaux, les villages perchés sur un éperon, etc.

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accessible, autour duquel s’organise la ville.

Les mots des paysages isérois Protection : Action réglementaire relevant de la loi de 1930 ou

Place : Motif central de l’espace public, par définition ouvert et Plan de paysage : Instrument partenarial de planification pay-

sagère comprenant trois étapes : la reconnaissance partagée du territoire intercommunal, la définition d’un projet d’évolution de ce territoire et le programme d’actions qui en résulte.
Point d’appel : Motif identitaire remarquable attirant l’atten-

de documents d’urbanisme de toute échelle ayant pour but d’assurer la protection des paysages en fonction de leurs différents niveaux d’intérêt.

Public : Bénéficiaire de la protection et de la mise en valeur

tion par ses qualités particulières.

du paysage comme mise en scène du pays à partir de l’espace public. C’est pourquoi la reconnaissance partagée des paysages, première étape du Plan de paysage, porte sur leurs motifs d’intérêt public.
Qualités : Atouts et intérêts, naturels ou acquis, actuels ou

Point focal : Motif principal figurant au centre d’un paysage. Point fort : Motif remarquable par son appartenance à un

potentiels, d’un paysage. Voir caractères.

grand genre, pittoresque, naturel, urbain, etc.

Rareté : Une des marques de l’originalité. Le motif rare n’est

Projet de paysage : « Intention d’aménagement du territoire

prenant en charge le devenir d’un territoire pour le rendre plus habitable» Il s’inscrit dans un processus de conservation inventive» (Donadieu, 1999 :80)
Programme d’actions : Objectif de la troisième étape du Plan

pas unique mais se rencontre peu souvent. On en donnera pour exemples le Vallon du silence et la Grande Chartreuse, les Falaises du Vercors, les Gorges de la Bourne, etc…

Reconnaissance partagée : Objectif de la première étape du

de paysage, résultant des deux premières étapes, la reconnaissance partagée des paysages et le projet d’évolution du territoire.
Projet d’évolution du territoire : Objectif de la deuxième

Plan de paysage. Elle est rendue possible par la subjectivité partagée résultant de la confrontation entre le travail du paysagiste et son appropriation par les acteurs impliqués dans le projet d’évolution et le programme d’actions du Plan.
Ripisylve : formation d’arbres installés le long d’un cours d’eau

étape du Plan de paysage, faisant suite à la reconnaissance partagée des paysages et ouvrant sur le Programme d’actions.

(Fischesser 1996 :313)

Romantique : Genre de paysage dont le vallon représente un

des modèles les plus répandus en Isère, par exemple dans le pays des Vals.

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nent les façades du bâti urbain.

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Rue : Motif essentiel de l’espace public, le long duquel s’ordonRurbanisation : une des modalités de la périurbanisation, par

urbanisation de communes rurales au-delà des limites de la suburbanisation. Elle est le fait de migrants quotidiens qui ont conservé leur emploi en ville.
Saltus : mot latin de la trilogie agraire désignant les pâtures,

et relativement stable (série progressive), soit vers un stade dégradé, appauvri et instable (série régressive) » (Fischesser, 1996 :314) La connaissance des séries évolutives est très utile pour la connaissance et l’orientation des grands motifs d’intérêt de la végétation.
Silva : Mot latin de la trilogie agraire désignant les forêts. Sous-unités de paysage : celles qui « tout en s’apparentant à

distinctes des cultures (ager) et de la forêt (silva). La distinction n’est ni absolue ni permanente, les cultures ayant historiquement été ouverts à la vaine pâture et la forêt à la glandée.
Schéma paysager patrimonial : Schéma sur lequel se com-

l’ambiance générale de l’unité, présentent toutefois des caractéristiques qui les feront plus ou moins réagir à différents types d’impact » (CTEGREF, 1980 :23)
Solidarité paysagère : solidarité qui lie des partenaires voi-

posent les paysages hérités de notre culture. Il s’exprime dans la séquence-type : silva - saltus - ager - hortus - domus - hortus - ager - saltus - silva, dans laquelle le noyau du bâti, domus, est entouré d’un premier cercle de jardins vivriers et de vergers, l’hortus, puis des trois autres de la trilogie agraire celui des cultures, l’ager, des pâtures, le saltus, et de la forêt, silva. Les variations sur ce schéma se font soit par amplification soit par disparition soit par permutation de tel ou tel de ses motifs pour donner différents modèles de paysages.
Sensibilité : Exposition aux changements dus à une ou plu-

sins du fait de leur appartenance à un même paysage. Ces partenaires sont fréquemment des communes dont les limites administratives ne coïncident pas toujours avec les limites des paysages qu’elles partagent, d’où l’intérêt de mettre en œuvre des Plans de paysage communs.
Structures paysagères : voir Motifs structurels Subjectivité individuelle : façons de voir et de sentir propres

sieurs dynamiques naturelles, économiques ou symboliques.

à tout sujet individuel. Cette subjectivité est largement dépendante de la subjectivité collective du milieu auquel il appartient.
Subjectivité partagée : façons de voir et de sentir propres à

Série évolutive : en écologie « séquence qui fait se succéder

différentes biocénoses pour conduire un écosystème soit vers un état d’équilibre dynamique, diversifié, de biomasse élevée

tout sujet collectif, groupe social ou société dans son ensemble. Elle est véhiculée par les comportements et médias caractéristiques de toute culture. C’est elle qui permet aux différents

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acteurs du paysage, au-delà de leur subjectivité individuelle, de se rejoindre dans la reconnaissance partagée des grands motifs d’intérêt public de leurs paysages, et de valider les programmes d’actions élaborés par leurs instances représentatives.
Sublime : ¨ Grand genre de paysage, inventé au siècle dernier

1995 :166). Le cœur en est occupé par le bâti (domus) et les jardins (hortus) pour donner la séquence classique domus hortus - ager - saltus - silva dans laquelle sont représentés les principaux registres de la motivation paysagère.
Typicité : Une des marques de l’originalité. Tel est le cas des

avec la Montagne, et popularisé par la photographie naissante puis par le tourisme, avec l’ouverture des routes et le développement des guides qui en permirent la découverte.
Suburbanisation : une des modalités de la périurbanisation,

motifs particulièrement représentatifs d’un pays, d’une région, d’une localité : le Lac de Paladru, les Gorges du Drac, le château de Vizille, etc… en font partie cune des sept merveilles de l’Isère.

Unicité : Une des marques de l’originalité. Tel est le cas de chaUnités de paysage : « Ce sont là des zones présentant une

par urbanisation dense prolongeant les anciennes banlieues sans solution de continuité.
Symbolique (sens) : Sens figuré des motifs et paysages tel

qu’exprimé par les adjectifs, les comparaisons, les métaphores et les personnifications qui en résument la motivation. Il est la forme la plus achevée de la motivation paysagère. tinguer de l’agriculture.

homogénéité suffisante pour s’apparenter en tout point à une ambiance identique et dont l’ambiance est définie par des critères suffisamment affinés pour lui conférer une certaine spécificité » (CTEGREF, 1980 :23)
Unités fonctionnelles : ce sont « des unités d’espace pour les-

Sylviculture : Art de l’exploitation rationnelle de la forêt, à disTraits : Qualités et défauts d’un motif, d’un modèle. Les traits

quelles s’ajustent de façon homogène les données relatives à : l’écologie, la pédologie, la géomorphologie, l’agriculture et la socio-économie » (CTEGREF, 1980 :27)
Urbanisation : Processus et formes de l’expansion de la popu-

morphologiques renvoient à leur réalité écologique, les traits métaphoriques à leur réalité symbolique. Syn. Caractères.
Trilogie agraire : Organisation archétypique des campagnes

européennes : « l’espace régulièrement cultivé (ager), l’espace des parcours pastoraux (saltus) avec ses landes, ses prairies, ses clairières…, enfin l’espace forestier (silva) » (Berque,

lation urbaine (Brunet, 1998 :498). Ce sont les formes de l’urbanisation dans le paysage qui sont étudiées sous le titre « les dynamiques de l’urbanisation ». long d’une route et non d’une rue.

Urbanisation en doigt de gant : Urbanisation qui s’égrène le

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Les mots des paysages isérois

Urbanisme : « science ou art de la réalisation de villes ou

de quartiers urbains, de l’aménagement des espaces urbains » (Brunet, 1998 :498)
Vallon : Motif majeur de naturalité élevé au rang de paysage

par les Romantiques, principalement Lamartine et Hugo, qui en ont fait un des emblèmes reconnus du paysage français. Le pays des Vals en donne, parmi d’autres, de beaux exemples.
Versant : « L’un des deux flancs d’une vallée, d’un vallon, d’une

colline, d’un interfluve » (Brunet, 1998 :505) On réservera le mot aux vallées montagnardes en le distinguant ainsi des coteaux, plutôt réservés à l’étage collinéen.
Ville à la campagne : Modèle d’urbanisation inspiré de la

garden city anglo-saxonne et caractérisé par l’autonomie de l’habitation au milieu de sa parcelle jardinée.
Visibilité : Première condition de lisibilité d’un paysage, tenant

à la possibilité d’en percevoir physiquement les motifs.

Voie publique : Motif linéaire de l’espace public permettant

l’accessibilité et la parcourabilité des paysages et conduisant, dans les regroupements humains, à la place urbaine et à toutes ses variantes.
Zone de combat : Limite supérieure de la forêt en montagne.

Dans les Alpes du Nord, elle se situe entre 2000 et 2 200 m environ.