44242

E. LAOUST
PROFESSEUR
A TITULAIRE DE

LANGUE BERBÈRE
ET

L'ÉCOLE SUPÉRIEURE

DE

LANGUE ARABE
DE RABAT

DE

DIALECTES

BERBÈRES

MOTS ET CHOSES
BERBÈRES
NOTES DE LINGUISTIQUE ET D'ETHNOGRAPHIE

DIALECTES DU MAROC

-4RVRîâ21i
»,

Ouvrage illustré de
et

112

gravures ou

l\

planches

hors texte

PARIS

Augustin

CHALLAMEL, Éditeur
Rde

Jacob, 17
et coloniale.

Librairie

maritime

1920

Copyright

by

Augustin

CHALLAMEL, Éditeur.

Paris,

1919-

A MONSIEUR LE
COMMISSAIRE

GENERAL LYAUTEY
DE FRANCE

RÉSIDENT-GÉNÉRAL

AU

MAROC

Hommage de

reconnaissance.

E. Laoust.

PRÉFACE

J'ai

groupé

sous

le

titre

de

«

Mots

et

choses et

berbères

»

un

ensemble

de

notes relatives
au

à la lexicographie

à l'ethnographie
recherches
et

berbères

recueillies

cours

d'études. En les

offrant aux

de cinq berbérisants

années
et

de

à

ceux

qui, à

des

titres
pro

divers,
curer

s'intéressent au un

Maroc

berbère,

mon

but

a

été de leur

instrument de
précis

travail
et

ils

puiseront

des

éléments

d'information sûrs, Les dix
chapitres

inédits.
comportent chacun
un
vocabu

de

ce

volume

laire, des
tumes

textes et
et

des études
chleuhs,

sommaires sur

les

mœurs et

les

cou

berabers

le

tout groupé

autour

d'une idée.
de base à le
mon

Le

vocabulaire relevé

dans le dialecte
Etude

type

qui sert

enseignement ment attendu

à l'Ecole Supérieure de Rabat

constitue

complé ».

de

mon

sur

le dialecte berbère des Nlifa,

Mais, il

commun, à quelques variantes près, au vocabulaire des sous-dialectes parlés, dans la région de Demnat, par les Inoultan,
est

les Infedouaq, les Inteketto, les A. A.

Mohammed, les

A. Messad, les

Attab, les A. Bou Oulli, les Ait Bou Gucmmaz, les Imeghran. Les différences qu'il présente avec le vocabulaire des dialectes
apparentés

à la

taselhail

d'une

part et celui

des dialectes du Maroc de l'autre,
ont

Central
vées

groupe

Uimaz'mi

ou taberberit
nombreuses

été
cru

rele

dans

des

annotations

auxquelles

j'ai

bon

d'ajouter, à
divers
purement

titre

de

comparaison,

des données fournies

par

les

travaux

relatifs

à la dialectologie, berbère. Dans
me suis attaché qu'il subit

cette partie

linguistique, je
ses

à à

suivre

le

mot moins

dans
que

les déformations

phonétiques

travers

les

parlers

dans l'évolution de

différentes

acceptions.

En cela,

réside,

je

crois, l'originalité de

mon travail.

La

plupart

des

textes

sont

transcrits

dans les dialectes de la dans le dialecte des

région

de Demnat

et plus

particulièrement

Ntifa. D'autres

m'ont

été

dictés

par

des

chleuhs

du Haut

et

de

F Anti-Atlas

:

Ida Gounidif, Illaln,
on

Amanouz, Ida Oukensous, Ait
sous-dialecte
parlé par

Baàmran,
cipal
seul

etc.

du

moyen

Drâ. Le
avec

les

Berbères de la tribu de Tlit
en compte un nombre

Timgissin
qu'il

comme centre

prin

si

important dialectale

aurait pu

faire à lui
de

l'objet d'une
partie

monographie

séparée.

La

ethnographique ordinairement absente

des
J'en

travaux
ai en

ce genre occupe une place

importante du

volume.

recueilli

les éléments
avec

au cours

de

conservations

familières

tenues

berbère

des paysans, des artisans, des enfants, des femmes, des vieil lards, des soldats, des prisonniers, des chefs et des petites gens et de
pauvres gens originaires

surtout

de

tous

les

points

du Maroc ber

bère. J'avoue
sion
.

avoir abordé cette partie avec une certaine appréhen

Que

pouvait-il rester

à

glaner après

le

passage,

des Doutté
régions

et

des

Westermarck? Mes
rées
par

recherches

dirigées
été

vers

des

inexplo
plus

eux

n'ont

cependant pas

vaines.

Je laisse à de

qualifiés

le

soin et

d'apprécier la
je

valeur

des documents

nouveaux que

j'apporte
comme
ser

ici,

prie mon ami

Henri Basset

qui s'est

déjà de
m

révélé

le futur,

maître

de l'ethnographie domaine.
à
qui

nord-africaine
que

'excu
une

d'avoir de

empiété avec plus précieux

de témérité

de

science

sur

partie

son

Je

remercie

de tout

cœur ceux

je dois d'avoir
capitaine

pu mener ce

travail à

bien: le

général

Henrys
en

et

le

m'appelant auprès
pagne

d'eux

igi/i,

m'ont permis

Le Glav qui, en de suivre, la cam

des Zayan le bien

qui s'est

terminée

comme

l'on

sait par

l'occupation
du
sud,

de
qui
et et

Khenîfra;
a

général

de

Lamothe,
à

commandant
1916

la

région
île

voulu

m'autoriser

visiter en

le

pays

Demnat

des Ntifa

;

le

commandant
ont

Ortheb

qui

facilité
a

mes

de Mas-Latrie ; les capitaines Justinard déplacements daxis ces régions et
mon
séjour en

dont l'obligeant

accueil

rendu

tribu

agréable

et

fructueux;
des
«

le

regretté

colonel

Berriau,

Directeur du Service des

Renseignements,
M. ils

dont l'intervention
»;

a rendu possible

la

publication

et choses

le

général
chefs

Maurial,

son

successeur.

l'aurai
de l'Ecole
mes

garde

d'oublier
de
en

mes

directs: M.

Nehlil, Directeur

supérieure

Rabat,

qui a sollicité et a obtenu pour moi

déplacements

tribu ; M.

Loth, Directeur de FRnseiwicnienl

PREFACE

XI

au

Maroc,
Je

qui m'a

accordé maintes

fois

son appui efficace et

honoré

de

ses précieux
remercie

encouragements.

également

mes

nombreux

informateurs interrogés

en

tribu,

sous

la

tente

sons marocaines et en

dans la tighremt, et même dans les pri particulier dans celle de Rabat. C'est, auprès
ou

de détenus
chleuh ou
mations.

politiques

ou

de

prisonniers

de droit le

commun

d'origine

beraber

que j'ai souvent

trouvé

meilleur

de

mes infor

Jiibnl,

k-

7

avril

1918.

Laoust.

LISTE
SOMMAIRES CETTE DES DE LIEUX

AVEC

INDICATIONS

GEOGRAPHIQUES MENTIONNÉS

NOMS

DANS

ÉTUDE

Abda,

région

au

sud
et

Doukkala

au nord

de Safi, comprise celui des Chiadma,

entre au

le

territoire

des

sud.

«-

Achtouken, Chleuhs du Sous. Addar, petit village de.s Ntifa, près de Tanant. Ait Badmran, Chleuhs du Sous, entre 0. Noun et Tiznit. Ait Bou Guemmaz, Berbères voisins des Ntifa. AU Bou Oulli, tribu de montagnards au pied du Ghat, contrefort
du Haut-Atlas,
sud

de Demnat.

Aït Bou Zemmour, Berabers du Maroc Central. AU Chitaehen, fraction des Inoultan (Demnat). AU Hamid, Chleuhs du Haut-Sous (Aoulouz). AU Iafehnan , puissante confédération de Berabers du Sud.
~

AU

Immour,

Chleuhs du Houz de Marrakech.

Aït Inouï, fraction des Ntifa. AU Isaffen, Chleuhs de FAnti-Atlas. AU Khebbach, Berabers du Sud. Aït Majjen, fraction des Inoultan
Aït

(Demnat)

voisine

de Tanant.

Messad,

Aïth Mjild, entre les A. Ndhir
AU

tribu au N. 0. des Ntifa; poste: Azilal. arabe Béni Mguild ; Berabers du Nord en
et

enclavés

les Izayan.

Mzal, Chleuhs de FAnti-Atlas. Aïth Ndhir, Berabers du Nord; banlieue de Meknès. Aït Ouagrou, Chleuhs de FAnti-Atlas; fraction des A. Isaffen.
Aïth Oubakhti, Berbères du Maroc oriental ; district d'Oujda. Aït Oumribecl, tribu en zone désertique entre le Dj. Bani et le
Moyen Dra.

X1V

LISTE

DES

NOMS

DE

LIEUX

Aïth Sadden, Berbères du Moyen Atlas et les Aït Warain.

enclavés entre

les A. Yousi

Aïth Seghrouchen, Berabers du Moyen-Atlas. dans Aït Toulal, Berbères originaires du Haut-Guir installés
petit village sis

un

dans la

petite

banlieue de Meknès.
occupant

Aïth Warain,
Atlas
entre

puissante

tribu

berbère
et

le N. E. du

Moyen-

le

pays

des Riata

celui

des A. Yousi.

Aïth

Waryaghal, Rifains. Ait Waouzgit, Chleuhs du
Aïth Yousi. Berabers du
Makhzen.

Haut-Atlas.
entre

Moyen-Atlas,

Sefrou

et

Kasbet

el-

Amanouz,
Amzmiz,

Chleuhs de FAnti-Atlas.

petite ville

dans le Houz de Marrakech.
Tanger
et

Andjera, Jbala,

entre

Tetouan.

Bezou, bourg
Abid.

avec mellah

chez

les Ntifa du Nord,

près

de

l'O*

el-

Chaouia, région au sud de Casablanca. Dads, région berbère comprise entre le Haut-Atlas et le Dj. Saghro. Demnat, petite ville berbère au pied du Haut-Atlas, tribu des
Inoultan.

,

Doukkala, région en bordure du littoral entre Safi et Mazagan. Fahs, la grande banlieue de Tanger. Figuig, groupe de ksour à la frontière algéro-marocaine. Glawa, forme arabisée de Igliwa. id. de Tagountaft. Goundafa, Hiaina, tribu arabe près de Fès. Ibouhassoussen, fraction des Izayan (Moulay Ichqern, Berabers du Moyen-Atlas. Gounidif, Chleuhs de FAnti-Atlas.
Ida
■■Ida

^Hawwara, importante tribu du Sous.

Bou Azza).

-Jda

Oukensous,
Ou

id.

Ida
Ida Ida Ida Ida

Qaïs, Chleuhs du Haut-Atlas. Ou Tanan, Chleuhs du Haut-Atlas. Ouzeddoul, Chleuhs de FAnti-Atlas. Ouzal, Chleuhs du Haut-Atlas (versant Sous). Ouzikki, Chleuhs du Haut-Atlas, voisins des I.

Ou Tanan.

Ou.zikri,

Chleuhs de FAnti-Atlas. Chleuhs du Houz de Marrakech.

^__Iguedmioun,

LISTE

DES

NOMS

DE

LIEUX

XV

Igliwa, Berbères du Haut-Atlas (Tizi n-Tlouat). Ihahan, Chleuhs du Haut-Atlas, sud de Tassourt (Mogador). Illaln, Chleuhs de FAnti-Atlas. Imehihen, petit village des Ntifa du Nord. Imeghran, Berbères du Haut-Atlas (versant sud), près Demnat.
,

Imejjad

i"

Chleuhs de l'A. Atlas (sud du Tazerwalt).
Berbères de la
naires région

de Meknès

se prétendant

origi

du Sous. des

Imesfiwan, Berbères du Haut-Atlas (région d'Aghmat). Imettougen, en arabe Mtougga, Chleuhs du Haut-Atlas
Ihahan.

voisins

Imitek,

Chleuhs de FAnti-Atlas. des Ntifa

Indouzal, Chleuhs du Sous. Inpultan, en arabe Noultana
dont dépend Demnat.

;

petite

tribu

berbère

au sud

■»

"

Infedouaq, Berbères de la région de Demnat. id. Intëkelto, id. Intift, en arabe Ntifa, Isemdaln, Chleuhs de l'A. Atlas. Isenhajen, en arabe Senhaja, tribu située au nord de FOuergha. Ithamed, Chleuhs de l'Oued Noun. Izayan, Berabers du Moyen-Atlas enclavés entre les A. Mjild, les
Ichqern, les A. Ishaq
et

les A. Houdi. jetant dans l'Océan.

Masst, Oued Dra, fleuve d'origine saharienne Oued Noun, fleuve du Sud.
Ouled Yahra, tribu
arabe

Chleuhs du Sous (Aghbalou).

se

établie dans le Sous.

Ounzoutl,

Chleuhs du Haut-Atlas.
région comprenant

Ras el-Oued, Sous.

les

populations

chleuhs

du

Haut-

Sraghna, Berbères arabisés voisins des Ntifa. Sous, région comprise entre le Haut-Atlas et FAnti-Atlas. Tadla, région au pied du. Moyen-Atlas. Tajïlalt, région saharienne au Sud du Haut-Atlas traversée dans le
Ziz.
"

Tagountaft,

en arabe

Goundafa ; Berbères du Haut-Atlas.
sur

Tam'ei'roiit', Ksar berbère

le Haut-Drâ.
18

Tanant,

poste

en

tribu

des

Ntifa,

km. de Demnat.

XVI

LISTE

DES

NOMS

DE

LIEUX

Taraudant,

capitale

du Sous.
au sud

Tazerwalt,
Tifnout,

tribu

de Chleuhs

de Tiznit.

région

de la

tribu

des Goundafa.

Timgissin, Ksar de la tribu berbère de Tlit. Tindouft, tribu berbère du Sahara, au sud de FO. Drâ. Tlit, tribu de Chleuhs entre le Dj. Bani.^t le Blad El-Feija (entre
Agadir Tissint
et

Foum Zguid).

Touggana, Chleuhs du Houz de Marrakech. Warzazat, ville et district sur le versant sud du Haut-Atlas,
du Tizi
n-Tlouat. arabisés

voisin

.

Zaers, Berbères
^JZernmour,

de la banlieue de Rabat.
région Monod-Tiflet-Khemis-

Berbères installés dans la

set.'(0-

de Rabat-Salé,

sud

de la forêt de Mâmora).
isolé
au nord

Zerhoun,

petit

massif montagneux

de Meknès

(Volu-

bilis-Moulay-Idris).

OUVRAGES CONSULTÉS
Los informations lexicographique figurant dans les la
plupart aux parlers algériens ou

annotations et se rapportant pour

touaregs

sont empruntées aux auteurs suivants :

u.

Dialectologie berbère.
1908.

Ahaggar

:

De

Aurès

: :

P. G.

Motylinski, Grammaire, dialogues et dictionnaire touaregs, Alger, Huyghe, Dictionnaire français-chaouia. Jourdan, Alger, 1906.
ouvrage composé par ordre

Bougie

Dictionnaire français-berbère,

de M. le Ministre

de la Guerre.

Beni-Salah

:

Paris, Laoust,
et

i84&-

in Étude

sur

le dialecte berbère du Chenoua

comparé avec ceux

des Beni-Menacer

des Beni-Salah,
Etude
sur

Paris, Leroux,

1912.
et

Ben Halim.a

:

R-

Basset,
i8g5.

la Zenatia de VOudrscnis

du Maghreb

central,

Paris, Leroux,
Béni Menacer:

Destaing, Dictionnaire français-berbère, Paris, Leroux, Destaing, Dictionnaire (y. supra). Beni-Snous : Destaing, id.
Beni-Iznacen
:

1 gï

4

-

Béni Bou Zegzou: Destaing, id. Chenoua : Laoust (y. supra).
Demnat:

Boulii-a,
:

Textes berbères de l'Atlas marocain, Paris.

Leroux,

1908.

Djebel Nefousa
#

De Motylinski, Le Djebel Nefousa, transcription, frac/, française
étude
grammaticale.

et noies avec une

G-hat

:

Neiïlil,
:

Etude

sur

le dialecte de Ghat.

Leroux, 1898. Leroux,

1909. 190^.

Ghdamès Haraoua Metmata
Mzab
:

De
R-

: :

Motylinski, Le dialecte berbère de Wedam.es. Leroux, Basset, Et. sur la Zenatia de l'Ouarsenis.
de Ouargla
et

R.

Destaing, Dictionnaire. Basset, Étude sur la Zenatia
:

de l'oued Bir'.

Paris, Leroux,

1892.

Ouarsenis Ouargla
:

R- Basset (v.

supra).

Biarnay, Etude sur le dialecte berbère de Ouargla, Leroux. Rif : Biarnay, Étude sur les dialectes du Bif. Leroux, 1917. Sened : Dr Provotelle, Étude sur ta Tamazir't ou Zenatia de la Qalaât Leroux, igi 1. Syouah : R- Basset, Le dialecte de Syouah. Leroux, ï85o. Taïtoq : Masqueray, Dictionnaire français-touareg (dialecte des Taïtoq). Tazerwalt: H. Stumme, Handbuch des Schilhischen von Tazerwalt. Leipzig, 4" Série. Paris, 1888. Touat: R. Basset, Notes de lexicographie berbère,
(Tunisie),

es-Sened

189g.

XVIII

OUVRAGES

CONSULTES

Zouaoua

:

Boulifa, Méthode de langue kabyle,

cours

de deuxième

année.

Alger,

Jour-

dan,
Zekara
Zenaga

igi3.

:
;

Destaing, Dictionnaire (supra). R. Basset, Étude sur le dialecte Zenaga, Mission
p. Dialectologie
arabe.

au

Sénégal, Leroux,

1909.

Beaussier, Dictionnaire pratique arabe-français. Dozy, Supplément aux dictionnaires arabes. W. Marcais, Quelques observations sur le dict.
Recueil de Mémoires
eL

prat. arabe-français

de Beaussier, in

W.

vivantes.

Marcais, Paris,

de Textes ; XIVe Congrès des Orientalistes, Alger, igo5. Textes arabes de Tanger, Bibliothèque do l'École des Langues orientales
1911.

y.

Ethnographie berbère.
d'études

Archives

beruère^.

Publication du Comité

berbères

de

Rabat.

Editions

E, Leroux, Paris.

Basset, Recherches sur la religion des Berbères (Rev. de Bel, A., Coup d'œil sur l'Islam en Berbérie (Reo. de l'Hist.
R.
Bertholon
igi3. et

l'Hist. des

Religions)
orientale.

1910.

des Religions).

T917.

Chantre,

Recherches

anthropo'txjiques

dans la Berbérie

Lyon,

Boulifa,

Méthode de Langue Kabyle

(IIe

Année): Elude linguistique

et sociologique sur

la Kabylie de Djurdjura.

Alger,

tgi3.

Destaing, Fêtes et coutumes saisonnières chez Dûutté, L'Islam algérien. Alger, igoo. Les Marabouts. Paris, igoo.
Merrakech,
En tribu.
public par

les Beni-Snous (in Reo.

africaine), 1906.

,

le Comité du Maros.

Paris,

1905.

9 1 4Magie et Religion dans l'Afrique du Nonl. Alger, 1909. Hanoteau et Letourneux, La Kabylie et les coutumes kabyles. 3

Paris^

x

v.

Paris,

1893.

Randall-Maciver Revue Revue Van

et

A.

Wilkin,

Libyan

notes.

Londres,

igoi.

Africaine, Alger.
des traditions

populaires, Paris.
algérienne.

Gennep, Études

d'ethnographie

Leroux,
m

191 1.

Wf.stermarck, Midsummercastoms in Morocco.
Cérémonies
and

Folk-Ion?, \VI-iqo5.
Agriculture,
igi4-

Reliefs
and

connected xuiih

certain

Dates of
igi3.

the

Solar Year, The

the wealher

in Morocco.

Helsingfnrs,

Marriage Cérémonies in Morocco.
popular

London,

Ritaal of the Greal Feast in Morocco, in Folk-lore XXII.

The

moorish conception

of Holiness (Baraka).

Ilclsingfors,

1916.

TABLEAU DES SIGNES EMPLOYÉS

Consonnes!
6, 6 français
et aussi

aspirant permutant

m,
n,

m n

français. français 1res
nasalisé.

avec u ou

/.

d, d français.
d,
th
anglais

fi, doux.
p,

(gn)

n palatisé.

presque

le p français.

d, d

emphatique.

d, (dz) affriquée. /. / français.
(h
1res
guttural

q,
r,

le
r

ij arabe.

alvéolaire,

le J

arabe.

comme

dans

«

grand

»

r. r1.

r emphatique. r
r

(n'a jamais la

valeur

de

j
en

comme

des Izayan à tendance des Drawn à tendance

vers

l.

dans
9>

«

juge

m).
se réduit

rn,

vers n. et
non

g

faible,
chez

palatal,

y

et

i

o,

français dans
"

i

Jl

dans

les Berabers.
s,
s
9-

maison

».

0>

r

grasseyé, le
aspiré

emphatique, le
ch

^p

arabe.

arabe.

s,

le

français.

/i.

h

français,

arabe.

t, t,

le

i

français.
sourd

*. le

le ih
i

anglais.

r"

arabe.

t.
r arabe

emphatique comme

dans

a

mouton».

/t, le

(kh).

10,
a,

w

anglais, dans

« winde ».

j j
k

français.
y,
emphatique. «

semi-voyelle,

entre w et a.
« yoke ».

y anglais, dans
semi-voyelle,
?

k dans

képi

i,
n,
~,

entre y et

i.

français.
emphatique.

mouillé.
français,'

r,
non mouillé.

z

/,
/.

1

1

emphatique.

c,

le P arabe,

spirante

laryngale

sonore.

Voï
u,

a pur. entre a et e. a penchant vers o
phaliques).

i, u,

i

pur.

à,

ou u

français.

â,
e,

(voisinage des

etn-

û,

français.

ù,
et aussi

ou penchant vers o,

e muet

français

é fermé.

u,

o

français.

TABLEAU

DES

SIGNES

EMPLOYES

Signes.
a, u,

i,

sans

signe = voyelle

de

valeur

w

entre

deux consonnes indique l'existence
syllabe sans

moyenne.

d'une
nasalisée.

élément

vocalique.

à,

û, ï, ë,

voy. voy. voy. voy. voy.

fortement


Le

signe

X

représente un groupe

de

vo

â, iï, i,
à,
u,

longue.
très

yelles et signe
_

de

consonnes.

brève.

réunissant

plusieurs
un

mots

in de

d, â, i,
â, û, î,

accentuée.

dique

qu'ils

forment

complexe

longue

et accentuée.

vant se prononcer sans arrêt.

ABRÉVIATIONS

A.,

Aïth

ou

Ait.

m.,
m.

masculin

.

B,
ch.,
coll.

Béni.
chapitre.

à

m.

,

mot

à

mot.

.1.,

note.
nom

pi.:,

collectif pluriel.

dim., diph.,
exp.
,

diminutif. diphtongue.
expression
.

d'u,, 0.,
n.
p. ext.,

d'unité.

Oulad.
par ex pluriel

tension.
.

pi,
a,
,

féminin. f.

singulier.

f., h., I-, litt,
f. Dans le

forme factitive.
forme d'habitude

syn.,
V.
,

synonyme.
verbe. suivi

Ida. littéralement.

V?

d'un

nom propre :

villa*

vocabulaire : signe

le le le

(ma)

indique

que

le

nom en rapport

d'annexion

est

de la forme

waX.

nom qui suit parfois mot placé
:

le

nom singulier est un pluriel.

à la

suite

du

verbe

indique

une

forme d'habitude.

Dans les textes Le
du village

nom entre parenthèses où

indique le
a

nom

de la tribu, de la

fraction,

du douar

ou

l'information

été

prise.

Par

Berabers, nous désignons les Berbères du Maroc Central ; par Rifains ceux du Nord; par Chleuhs ceux du Sud et de l'Extrême-Sud Marocain ayant leur habitat
au-dessous

d'une ligne idéale Mogador-Demnat.

En

Fie.

,.

Tighremt du

caïd

Ouohto à T anant.

CHAPITRE

PREMIER

L'HABITATION

tigemmi

maison.

ibergëmmi,
,

grande maison

habitation. flanquée de

juggwa,

id.

famille.

tigremt\
tours ;

foi'teresse.

i

.

Avec le

sens général

de

«

maison

.,

,

le

mot

est

connu

dans les

parlers

du

sud :

Tazerwalt, Sous,
Dans les
« au

parlers
»

A. Baâmran, Ida Oukensous, Tlit, etc ; Tamegrout, Tafilalt, Dads. du centre, sous des formes légèrement modifiées, il se rapporte soil

douar

tijèmml,

Ouirra,

ou

«

au

centre supra:

du douar

sont parqués

les

animaux

tidjëmml,

A. Seghrouchen (voir
petite cour

la tente berbère). Au bestiaux
et
»

Tidikelt,
sens

lagemmi
.<

désigne

«

la

de la
mots

maison réservée aux

d'où le

de

Mzab, Ouargla. A rapprocher: tagemmi, ce palmeraie », Ouargla; tajemmi, ce buisson », Mzab; igem, ce perche », Touareg, d'où agum, Zemmour jum, A. Seghrouchen ; yum, A. Warain; ; tagmut, ce branche », Taroudant; tagèmmut, ce tube en bois, roseau », Ntifa.
» pris par

lieux d'aisances

les

tedjemmi, Ghdames

gamma,

Par ailleurs, bourgeonner

on

trouve

un

veçbe

gem,

ce

grandir

(enfant) Chenoua,
ci

dont la forme factitive

sigem,
»,

Zouaoua ; GM

asigmi.

bébé

», Ouargla; ëgmi, ce être élevé » élever », sigem Izayan, signifie Rif, Ouargla. On peut croire à une

racine primitive au premier

marquant

l'idée de

croissance

de laquelle dérivent

ces

expressions,
sens

abord,

ne présentant entre elles aucun peut avoir

lien étymologique. Le
»

le

plus

-; ancien

de tigemmi

été

celui

de

ce

buisson

;

puis appliqué
ce

à l'abri
»,

entouré

de

buissons, le
du

mot aurait

pris

la

valeur

du terme
il
est

arabe zriba, que

enclos

berbérisé

sous

la forme lazribt. D'un

awtre

coté

,

possible

régions

moiias^ait cherché un refuge

darrs la haute

Berbère, en certaines brousse et les forêts; aujour
des broussailles
II
:
-

le

d'hui

encore on sait que sa

demeure

est presque

partout protégée par

épineuses, flM^lr1$faïis la Johannide de Gorippe,
couvrent

chant

Les

régions voisines se sous

de léùrs*Çrou/pes

nombreuses

r

partout,

sur

les montagnes,
suspendues
encore

la

voûte

des
»

feuillages des hautes

forêts,

se

cachent

leurs
t.

cabanes

aux arbres

Traduction ^j^,
avec et

'iri

Rev. Tunisieijne,

YI.

Signalons

tigemmi en

Zouaoua

le

sens

de

ce

biens »,

richesses'Jortune

constituée en

bétail

et surtout en champs

jardins».
2.

H*. *.»%,»
province

Dans la

de Beirfftajfc le

mot

désigne

une

grande

habitation

carrée i

cou-

"

Laoust.

^•\

2
taddart*

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

>

gourbi.

acasus,

hutte.
nouala. niche.

amazir%

id.

tanuàlt,

agèlluj\ hutte. terrasse,
aux angles garnis

agrur, gîte,

verte en mot

tigremt

est connu avec ce sens chez

de tours, et aux murs percés de meurtrières ». Le les Zemmour et quelques tribus berabers. La
est commune

forme

masculine,
«

igrem,

pi.

igerman

à( Demnat,

au

Dads,
et

au

Drà

pour

désigner
chen,

un

ksar,

un village

fortifié »,

agërem, chez

les Â. Warain

les A. Seghrou

est « une grande maison »

et une « ville » chez
ahez

Mzab

et

à

Figuig;
connu en

igrem

a

le

même sens

les
à la

les Touaregs, au Dj. Nefousa, au Zemmour; sous la forme irmi, le
ville.

terme<est
i.

Zenaza

et se rapporte aussi

Malgré

une ressemblance un

de forme

avec

l'arabe dar, maison, le

mot ne

doit

pas

être
sans

considéré comme

emprunt
«

fait à
».

cette

langue,
le
ceux

du

moins «

dans tous les

cas

;

doute dérivé de dder,
parlers

vivre

Taddart

avec

sens

de

maison » est

localisé des

dans les

du nord,

comme

tigemmi dans
village

du

sud.

On le trouve

avec

acceptions

diverses:
»,

taddart,

>,,

Zouaoua;
même

tiddart, taddart,

« maison
«

B. Iznacen ; taddart,
,,,
«

sens,

Menacer, Rif; Dj. Nefousa, Mzab, Ouargla;
<<

maison», B.

chambre

A.

Mjild,

A.

Warain,
d'une

A.

Seghrouchen;

centre

du douar

»

Zemmour ; taddart,

rez-de-chaussée

maison servant

d'étable

et

rucher installé dans la partie basse de l'habitation », Imerghan; Baâmran; addar, forme masculine rencontrée chez les A. Bou Oulli
« gourbi » comme

de bergerie », A. Isaffen, A.
avec

le

sens

de

à Demnat.

Chez les Kabyles du Djurdjura
ahham
pi.

le

mot s'appliqxie au

village

»,

c'est un

terme

(tente

chez

les

Berabers)

qui

désigne la maison, indépendamment de taz-eqqa,
«

tizguin

désignant
sur :

plus particulièrement une

maison construite

en pierres ».

On

a aucune

donnée

l'étymologie de

ce

dernier

mot

dont l'emploi

parait

localisé dans
tezqa,

l'est de la Berbérie
(f chambre

hazeqqa,

Chenoua;

tazeqqa,
»,

Sened ; dzaqqa,

Matmata;
tiz'cqi,
chez

», Dj.

Nefousa;

tategqa,
termes

« mur

Ghdamès.
à la

Cependant,
»,

on retrouve

dans

les

parlers chleuhs quelques

se rapportant

même racine :

les A.

Isaffen
ler

est « une pièce

du bas

servant

de

magasin a paille

izgi, dans le

même par

se rapporte au et

« rucher

installé

sur

la

terrasse

»

; le

pluriel

izgian,

chez

les A. Bou [ehzin.

Oulli

les

Imerghan,
le

désigne les

« chambres

du

rez-de-chaussée

de la

tigremt

c'est-à-dire, du
■j..

château-magasin ». sort

Le

mot subit

des

précédents et s'applique

à des objets,
chez

en

apparence, les

plus

divers. Chez les A.

Messad,

les A.

Atlab,
chez
centre

comme

les

Ntifa,

il désigne le lieu do

« gourbi », et est synonyme campement » et chez

de taddart;
« au

les A. Ndir, il

se rapporte au «

les A.
de

Ouirra,
crottin

du douar
»,

où sont parqués

c'est-à-dire,

l'endroit

souillé
«

de leurs de

excréments mouton

d'où

son

sens

les animaux, fumier », de

IndouzaI, Tazerwalt;
tamzirt,
que
-chez

»,
«

Ras-cl-Ouod. Une forme féminine

les A. Warain
on

s'applique an
est
u

lieu

d'emplacement d'une tente », tandis

tamazirt,
par

Zouaoua,
;
son

tions », pays, la

extension, tamazirt

le champ de culture établi à proximité des habita désigne dans les parlers chleuhs, le territoire, le
tamurt,
est connu

contrée »

correspondant

des Berabers

occidentaux et

des Ril'ains.

3. Cf.

agellu «

buisson »,

Chenoua;

adjellu,

i^relmata.

L HABITATION

O

afrâg\ haie
épineux.

sèche

de buissons

aherzl%> asqif,

cuisine.

id.
chambre

abri.

tazribt'\
haie.

enclos

formé

d'une.

tamesrW ,

de

réception.

fihinaiQ,
tente

terrasse.

tahiàmt*,

de

nomade.

tisfritl, étage.
lamalàlt,
aokfaf,
chambre sur

agitun, tente

de

marchand.

la terrasse.

idrt*9 claie,
agadir% ahaniû3,

paroi en

branchages.

auvent.

mur.

lmjàribn,
chambre.

escaliers.

ihuna,

taskala*-', échelle.
amajjch\
gouttière.

agiiddemï1,

vestibule.

i.

Cf.

afrùj,

A.

Seghrouchen;
passé en arabe sultan en

afray,

A.

Warain, Zkara,
«

B. Iznacen ; ifvig, A.
toile
qui entoure

Baâmran. Le terme les tentes
2.

dialectal désigne

la

clôture en

particulières

du

déplacement
de

».

Terme très

usité en

toponymie, le
noms

correspondant

français
en

«

La Haye

»

est

éga

lement

employé pour

désigner des

lieu,

cf.

toum

anglais, ville,

qui n'est

pas sans analogie avec

l'allemand

zaun,

haie.

3. La tente des Berabers 4- Cf.
udru,
« palissade

est partout appelée ahham.

Voir infra.

»,
.

Chenoua ; ëdri,

»

fermer », Dj.

Nefousa; idni, Zouaoua,

« couverture

de

chaume »

ville

5. Le mot, d'origine punique, se retrouve dans la forme ancienne du nom de la de Cadix, que les Latins appelaient Gades et les Grecs Gadeîra; le nom punique

était

Gadir;

cf. en

hébreu

gader, avec

mur,
cens

enceinte.

Dans le

Sous,

le terme
»

est

fréquem

ment relevé en

toponymie,

le

de

«

borj,

enceinte, blockhaus

;

sur ce mot

cf. Doutté, En Tribu, p. 5i. Un « mur » se dit encore imissi, Tlit, Imitek; maru, Dj. Nefousa; agrab, Tazerwalt, Tafilalt ; pignon cloison » Indouzal, A. Isaffen; agûrab, Zouaoua, « pan d'une muraille ». Le mot est peut-être dérivé de agrem, maison,
«

ville

»,

voir

supra,

par

la

permutation

du B

et

du M, fréquemment

constatée

dans tous

les

parlers.

6. Ibit,
gorft,

B.

étage et chambre à l'étage » ; cf. Zemmour; Igorft, A. Seghrouchen, chambre au premier étage »; tahamt, Menacer; tagorfets, Zouaoua,

Zouaoua ; islihen, Tlit. 7. Encore appelé agumi,

Tazerwalt;
«

aggumi,

O. Noun,

Tlit,

A.

Baâmran,

A.

Isaffen,

Achtouken, Tamegrout;
8. Dans le
sinier ». 9.

ufddjir,

A. Bou Oulli.

sud : anual ; cf. niuel,

faire la

cuisine

», Zouaoua d'où

amnawel « cui

Le

correspondant

berbère tamënait, dérivé d'un
; taduli,

verbe

voir, nnay,

est

connu

des

A.

Warain,

A.

Ndir,

etc.

10.

Dans le Sous

azur

;

afella

Tafilalt.
se retrouve en

11.

La forme kisëfri,

signifiant «

maison, demeure »,
cf.

Nefousa

ancien

danslaMoudaououanadTbn Ranem ;
12. askufel, pi.

De Motylinski : le nom berbère de Dieu,
«

p. i45.

iskufâl, Tazerwalt, Sous.
; amsili,

i3.

Du

roman scala

A. iVçlir de ali,

monter ».

h
tamazzert,
animas

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

gouttière. patio.

maison.

n-tgëmmî,
cour.

liflut'',

porte.

asàràg', abëddûz^,
taskiut
agënnu
3

fumier.
petite
ouverture
pra-

l'atëbal, le seuil. loqfel5, serrure en
tasàrut6,
anu,
clef en

bois.

\
.

bois.

tiquée

dans

un

mur,

puits.

àrag
amazzàl,
.am'aràd,

)

créneau, meurtrière.

agbalu,

fontaine.

tadulî, couverture, étage.

asagum,

id.

imuzzàl,

poutre.

tanotfi,

citerne. maçon.

id.
solive,
poutre. perche.

abënnay,

tigëjdil, tigëjda,
tahnit, tihaniin,

llùh,
alûd,

planches servant

de

moule

pour

le

pisé.
mortier.

tamalàlt, timuldl,

perche.

boue,
pisé.

tagust, tigusa,

piquet.

tabut,
azru,

isitl, isatliun,
adersis, latte. adlds,

rameau.

pierre.

ahfur, trou.

couverture en

branchages.

Imërkez, dame..
ahebbàt, battoir.
ce ruelle »

imi
i.

n-tgëmmî

,

entrée

de

la
;

En

Touareg,

ce versant

de

montagne »
,douar

à Tamcgrout ; asarag

n-addart,

ce sentier qui ■2.

mène au centre

du

», Zemmour.

amdduz,

Tazerwalt, A. Baâmran.
cf.

3. PI.

tiskaia ;

talkïut, Imeghran ;

asanef, pi.

isunif, A. Bou

Oulli;

aseksel,

A.

Isaffen ; asdtëm, Ras el-Oued ; Tazerwalt ; asekfa, Tafilalt. i). Cf. tajlut. Touareg; taflul, Figuig ; iflu et liflut, Tazerwalt; iflu de
et porte » chez

est ce un
chez

battant

les A. Ndir

et un
ce

ce

madrier

»,

chez

les

Ntifa;

tiflut,

les Izayan de
plan on

A.

Seghrouchen,
ferme
une

désigne

une planche »
un passage

; litt. liflut

est un ce assemblage
grand nombre

ches qui utilise

ouverture,

».

Dans

un

de parlers,

des dérivés d'une

racine

R

pour

désigner la
cf.

porte :

tauurt. Rif ; tawwurt, B. taffurt. Ghdamés ;

Iznacen ; taggurt, A. taurl, Dj. Nefousa et
qui

ar,

Isaffen, A. Baâmran; Ouargla, Touareg,
mot

tabburt,

Zouaoua;
les

qui signifie ce ouvrir ».
ce

Chez les Berbères de devant de

habitent
».

sous

la tente le

désigne le

passage entre

piquets

la tente
ce clef »

tawwurt, A Seghrouchen ; iaggurt, Izayan. La même racine a fourni le mot sous la forme lasarut employée en chelha et en quelques parlers berabers. On

sait que

la forme

sarut,

dérivée de la précédente,

est passée

dans les

parlers citadins

de

Rabat, Tanger, Fez,
5.
afger.
pi. est appelée asaru.

etc.

ifqerawun, Tidikelt
dans les
]o
mot

;

amas,

Ouargla;
lunist,
et
chez

lanast.

Touareg,

la

clef

6. On

signale

parlers occidentaux connu a

Ouargla, Mzab;
crochet.

est

Figuig

Ghdam.es, Dj, ÎVefousa ; tenast. les A. Seghrouchen, tnast, pi.
isgens,
,
..

tinûsa; leurs voisins, les A. Warain

emploient tasarnt et aussi

pi.,

isegnas, litt.

L HABITATION

zdeg,

tzdâg, habiter.
bâtir.
creuser. mélanger.

kru, kërru, louer.
gU,

bnu1, bënnu,
gâz, qàz,

àqloy,

monter.

gguz, toggwez, descendre.

helled, thellâd,
msel, mssel,

àju, tâjû,
anëf, tanef,
ouvrir.

id.

enduire, boucher.

hebbot, thebbâl,
dël, dal,
sqqef,
pente.

damer.

as, tasa, attacher.
couvrir.
char-

ërzem, ërzzem, lâcher. ërgeP, rggel, fermer à
qqen, tqqen, sîkël, sikil,
attacher.
caler.

clef.

tseqqàf, établir la

smatli3, smuttur,

déménager.

hlu, hëllu, démolir.

freg, ferreg,

clôturer.

DESCRIPTION

D'UNE MAISON

La

«

TIGREMT».
t-ibnan

Tigremt
sg-ëlbarud.

n-imazigën

'atan

wida

afella

n-igir,

asku

ksddën
arba*

Trëbbac, l'ulla, tflai, tëdnï,
gis

tmoqqor

; ilin

gis

lëbruj,
iilï

ku iàt tgommirt, ilï
iàn imî da
sers

icin. Ku tigremt itiaskdr-as fihina.
gir

Igudar-ns kullu
gis gir

n-tabut;

gitsën

tiskiua

n-tëdulî

n-ufella

;

iseksamën.
tstî wahdit; iilï
gis gdrën

Tamazirt-ënnag,

ku tigremt

ddau-as iàn
gis

uhfur

dasg

ëgzën

akdl

das-t-bnan,
tahsait
udgar

ar

aras, nag

zzân

kra dinn

n-wâzar

nag

gis gan

g-loqt-ëns. ail

Dàrnag,
ira
n-wazar

ur-ïllî

daga-tffgën

tgëmmi, ku-idn
iddu

iff'og

s-ubëdduz

annag ;

wad

ithasâmën,
g-lama-ns

iffog

s-lusac

s-ddau

nag

azëggur.

Ku

tigemmi

imoqqorn,
Dj. Nefousa

iilï

iàn

ufarnu

mag

snuant

i.
■2.

On trouve Du latin

au

un mot ests, qui est

berbère.

reguta.
ce

3. f. f. de
cjiez

matti,.

changer

,>,

même

sens en

Touareg.

Décamper

» ce

se

dit gadj
»,

les

nomades:

Izayan,

A.

Nclir,

A.

Seghrouchen,

etc., d'où imeggidji,

nomade

Zouaoua ; les Touaregs font usage d'un mot egel, bien connu des Berabers du Sud : Dads, Ait Atta, A. Khebbach, etc., sous la forme gai, igula avec le sens de ce arri-

6

MOTS

ET

CHOSES

BEKBÈRES

Ikrun,

d-wan itërrahan ilï dars iàn

ufarno

iâdnin mag isnua

ssua

i-inëgbiun

ig

dàrs

uskan.

Mkan

tëksemt

sg-imî

n-tgëmmî,

tzuurt

s-aguddèmï.

Agùddemï

igezzif, da
biun

gis sagën

îcafit loqt

n-tgerst,
gis gis

ar gis

ërqân iregzën d-inëgiisan g-tagust; Ijiht

ig

ëllan. Ljiht n-uzelmâd, da

tqqenn

n-ufasï

Ma

gis

Iborj iggahanu,

da

tggan

alim

; han

tainnit-ëns

asg-ëglin

Imjarib

n-uakàl s-tmesnt.

Tzait amënad-ënk, mkanlzrit imï, tëlkemt ammas n-tgëmmï, tgerl gisën ismrëns tit-ënk, taft ihuna duurn-t mkëllî tëduur tgëmmï. Iàn
aherzï maniga

snuant

tirâm,

ga-srusunt

igûdran

n-uaman maga

d-uukû-

tën

kullûtën

masa

skdrënt

tirdm,

mslënt gis

Ahanu iâdnin dad-isaidën da ur-itiazdâgën,
ur-t-iusi

zddënt. azerg ddrsën i'ata walim ig

Iborj

n-ugëddëmï,

awin-t-id

s-uhanu-annag,

gën-t

gis.

Taitsin, da-stant
dëmï.

g-uherzi, irgdzën

g-wammas n-tgëmmï

nag

g-ugëd-

Ammas

n-tgëmmî

iqûba,

ar-tsâqult sgis

igënuan

g-

w amënad-ënk

;

iga-ilâr unzar, da-itàr
skarn

g-wammas

n-tgëmmï;

aman

n-unzar,

dasn-

iàn usdru,
n-ihuna

gbun agadir

manisg tffgën, ism-ëns Imesthem.
nnig-âsën usqif.

F-imî

Taduli

tëtiasai

n-uzëddir, Ma s-lmuldl ; ssif, da
gis

Ma igan

asqif?

gis

tgant takàt

d-uzreg

asku

loqt-

annag ihma ;
takàt

ar

tqimant

g-umalu

d-uzreg

s-uherzî,

ar gis snuant

itaddja takàt atag g-uhanu, ur-iufi

wala

Iqendil.

tgerst, Ma usemmid, Wann dàr llan irukûtën bahra
;
rârënt
ura-

ig

tqerreb

dag asku

manig

ilga,

imsel ahûzam, da-t-imssel

g-ddau

usqif

g-imî n-uhanu-ns.

Taduli

n-ufella.

Tagult f-tainnit
igli

tazelmât

ig

tëksemt

sg-ugëd-

dëmï,
hla

han Imjàrib

n-uakâl

s-tëduli n-ufella.

Ihuna n-ufella, ku iahanu nnig gmas, mkdagan g-uzëddir ad-gan g-ufëlla. Ail tgëmmï da. gann g-ihuna n-ufella, ku d-iàn
gis tga

g-uhanu-ns, da
masa

tissi n-iksudën, ssun tgan

fellas

agertil

d-ucaban

daln d-ibf'an

dag

ddau ihfaun-nsën, tkurn-in

s-isermâd

ng illdmën. Hla

wayàd

n-tmlût,

fammër-t gir s-tiumsin,

iàt

gis

Ijaul, lharmel,
mist

rrasul,

n-izëllain,

Imrî, timë'êt, tagëmmut n-tamilt ; kra kra n-tiummist Ikronfel, ti n-Hzukënni
.

n-t}um-

Wann ilerrahan da-iskar larebirat

ma^a

ima iqa/iden-ns

wann

dàr Ma Imàl

bezzàf,

dat-imdàl ddau

akàl.

Ta.mesrit.

Afëlla

n-iigcddëint ag-tëlla

tmesrit, nnig

tflut

n-imi

L HABITATION

7
wala

n-tgëmmï

ti

n-wammas.

Tamesrit
ilin
gis,
gis

annest n-ugëddëmï g-tagzî n-watai.

g-taflï; azàl,
nsin

ssuan gis

igertàl,
suasn-in

irukiitën
atai

Ig
ig

llan inëgbiun
gis,

qiman

gis,

sun

;

ig ënsan,
tgëmmï,
g-tmesrit

nsën

ig

ur-

dtn-ihenna rbbi.
gis

Kra

g-irgdzën

n-ait

ira

gis

igen,

igen illan

;

ig

ur-irî

t^ns thua.

Asidd iksem

amënad

n-imi

n-tgëmmi

; laskiut-àd

sg-tskiut-annag tmoqqor-, Ma gis Ijhed

n-iàn

igil

g-tagzï wala g-taflï.

Fihina.

Ig

trit atglit s-fihina,

han

taskala

n-uksud

Mkan

Loqt n-ssif, wann uzgàl g-uzëddir, igli s-fihina, igen gis; loqt n-lazàrt, da gis inga fsserënt tazàrt, timzïn ar-d-qârënt ; ar gis bnnun iât t'asust imezzin

tglit,

ar-tzrrat

ddunit,

urtan, tigëmmaû

n-igrem.

n-iksudën

nnig iàn g-lbroj
asuit-annag

asku

loqt

ma

stan

ifullusën. Aha da-sàqloin iàn

urba

fsserën tazart, nag iàt tërbàt, inint-as

ar-asn-t-

:

« qima g-t

g-umâlu, tmâlërt

ifullûsënaur-ag-sën tazàrt

nag timzin. > Aman n-unzar, da-ilârën g-fihina, da-tazzâln ar-d-lëkemën jâr, ar-târën s-brra. Ku rba°, Ma gis iàn umajjar da-igârën
afada

amaj-

aman

aur-suddiimën

ihuna.

Via sqif

n-uzëddir

dàrs

ula

nta

sin

imujjâr nag krâd.

Asidd.
tiskiua
s-izran.

Iksem

sg-wammas n-tgëmmi ar-ihuna

; Ma

wada

iskern

i-ihuna

n-ufella,
aggu

wi

n-uzëddir

uhu

;

ig

liant
ar-t-it-

qqenn-int nneà

Umma

ur-as-skirën

manisg

itffog ;

gir

Ihuna dag ur-izdig iàn, da gis tqqenn igaizën, tïsitân; fellasën tiflut ng drusënt da-inl-seksamën s-uhanu, ig int-taddjan g-wammas n-tgëmmï. Ig'atant ullï, dasënt skârën zzribt
Zribl.

ulli,

,qqenn-d

g-imï

n-tgëmmï

;

ig

Ma

ërrua,

dinnag.ag-ënsant
.

ullï

wala

izgârën

gir

avis

al-s^nsan

g-ugëddëmï

I-ifulliisën, Ma

wada

sën-iskern

agrur

g-iàt

tgommirl

ddau sqif nag

ar-asën-isers

iàt tgorit nnig

Imesthem 'ar-nsati. Tiflut..

afella-ns.

Imï h-tgëjnmï ilin

gis sin sin

iksûdën,

iàn g-uzëddir, iàn

g-ufëlla, ism-ënsen

iâdnin ibeddan seg tainnit-àd, iàn seg lad, ism-ënsen'ânndrën. Imi-iàd, da-t-tqenn s-lflut n-ifraun. Tiflut, llan dàrs si/Tfdeirn, adàr n-uzdir gïcban-as arag g-umnar

l'aiëbat; ilin

8
n-uzdir,
g-umnar seksemën-t

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈBES

gis,

wi n-ufella ula nta
gis

mkannag gûban-as arag
f-idârën-ns.
g-ugadir gis

n-ufella,

seksemën-t

;

tiflut tnned
gezn-as

Loqfel illa-ias iksem

sg-ugënsu

;

igil-ns,

arag

manig

ig

ran

at-ërgeln;

skern-as

tasarut

n-uksud, ilin
walainni

iqûlîben;
s-uarag-

ura-t-tërgaln,

ura-t-tanfën gir s-ugënsu

;

ku

tflut

ëns
an

sg-wammas

manisg ddrs

seksâmën

afus

ig

ran

a-l-ërgeln

nag

a-t

fen.
Tiflut, ig
ur

lëlli

tsarut,

mkan ran

al-qqenn,

auwin-d

iàn

um'arad,

sikeln-t

sers.

fit.

Llan id-bab
fit

n-tgëmmi

da-taguln

sfiht

nnig

n-tflut

afada

aur-in-tut

n-m-'ddën ad-in-inja

rbbi nutni

wala

tarua-nsën wala

Imàl-nsën.

Dàr

Intëkelto,
isnï

wann

tëlla lit n-m^ddën g-ûulli,
n-tgëmmi.

iasï iàn

uzru

igûban,

gis iàn usgun, iagul-t g-lcalëbal sg-ddau

Ullï da-lffgënt
lit.

ar-kssmënt

uzru-iannag

ur-iàd-nnint ad-int-tut

Tanolfi.
g-Bzu,
gir

Tamazirt-ënnag
ljëma% igrem, Ma gis
Imi

n-intifl,

ur

bahra

gis

'atin igbula

gir

Agbalu,
Ku

Tanant. iàn

Timizar

iâdnin,

ar-tagomën

sg-una.

uanu

nag

sin g-berra-ns.

Wada

iterrahan iske.r tanolfi
n-lgerst

gTwammas

n-tgëmmï

nag

g-berra-ns.

Loqt

agusif

amzuaru

ura-itaddja

aman-ns ad-ksemën s-lnotfi ar

asràg

uzlan

wamàn

g-sfàn,

zdigën,
tëtkur

loqt-annag
asaru.

ianf-dsën

asarti

da-iksemën

s-tnotfi

ar-asràg

iqqen

Tikàtin.
uggar.

Ku

tigëmmï

da

gis

tilint

snàt

takàlin

Ig

ur-dârs-ëllin

aitmas

ma

didas

ilzdàgën, ig
:
«

nag kràt nag d-inska kra

n-ubërranî

seg

tmazirt

iâdnin illan s-warrau-ns, idâlb-as iawi-ias-d
ayan
»

Imdàrt:

ifullûsën, tglai,

ëmi-gi,

iini-ias

rig dàrk dàr
!
-t

rbbî

ad-ii-t^kft a-didak

zdgei$ !

iini-ias

nta :

« marhâba sërek

Iddu wannag israhël tarua-ns

seg-tmazirl

da ur-t-i'ajibën, ilkem
rbbac

dàr bàb n-tgëmmî, ikf-as sin ihuna, iàn g-uzeddir, iàn g-ufeïla, ar-as-iakka bab n-tgëmmî urlan-ns ar fellas itga f-zzitun. wala
mëzgur,
wala

tayûga.

izdeg dàrs bla iaqàrid nag sin, ig didas; ig ur t-i'ajib, isufùg-l, israhël-t ;
t-'Cajëb

Iqim

l-icajeb, liât iuddja-d
wala

bcrranî.

ula

nta,

izdeg ig

bàb

n-

tgëmmï

iqim dàrs

asegg'as

nag sin,

ayan

ira.

■ ,-.,.--

■■■■ ,

L HABITATION

Traduction.

La façade.
truisent

Pour des facilités de

défense, les
au

Berbères

cons

généralement

leurs habitations

sommet

d'élévations.

La
en

tighremt

est

un

grand

bâtiment carré,
et

aux

murs aux

épais, bâti
Une
percées

pisé,

couvert

en

terrasse

flanqué de

tours

angles.

seule

porte

en

permet

l'accès;
sont

d'étroites meurtrières,

dans les

murs

de l'étage,

les

seules ouvertures extérieures

de

l'habitation.

Fie

2.

Façade d'une

tigremt

(Tanant).

La tighremt
un

est

toujours

isolée. Un des

village

berbère

en

compte vergers

certain nombre

bâties

sur

crêtes et séparées par

des

ou

des terrains

vagues.

Tigremt (Ait Majjen).

Ce

qui

frappe de

prime sont

abord,

à la

vue

de

ces

constructions qui

<i'allure

défensive,
et
qu'il

ce

les

profondes

excavations

les

entourent

a

fallu

creuser

pour

tirer

du

sol

les

maté-

10
riaux nécessaires

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

à l'édification des

ménagères,
plante un

le fumier des étables
y
cultive

figuier; l'on
de fumier
par

On y jette les ordures des bergeries; parfois on y encore des courges, à la saison.
murs. et

(Des

tas

souvent

très

hauts, lavés

par

les

pluies

d'hiver,

desséchés
sable

la

chaleur

de

toute

maison sont

de l'été, constituent l'ornement indispen berbère). Ils tiennent lieu de latrines dont
les femmes font

les habitations
Un
appelé gens rôtir petit

dépourvues.

cuire
un

four de campagne, Ikrun, est toujours bâti à
possèdent,
en moutons entiers

pain

côté et en un autre

dehors de la

maison.

Les

riches

outre,

four dans lequel ils font
ou

des

à l'occasion des fêtes

lorsque leur

arrivent

des invités.

4

(D
3

4

*
O

ur

1111
8

*

9

7

]

10

L_
!
1

î

O
&

o

O
4-

Fig. 4., entrée.

Plan d'une tigremt (Zellagen).

i,

aguddemi, vestibule.

3, banquette

avec un moulin.

5,

escaliers conduisant

à la tamesril.
— —

6,

ouverture menant

à la

cour

4, borj. intérieure.

7, cour, ammas n-tgemmi. 11 esca 8, chambres, ihuna. 9, agnir. 10, asqif. liers conduisant à la terrasse. 12, ahuzam. L'étage de cette maison n'a que deux chambres : tamesril et agnir. Les murs extérieurs ont environ 7 mètres da hauteur.

Le
on

rez-de-chaussée.

Après

avoir et

franchi le
étroite

seuil

de la porte,
vestibule

pénètre

dans

une

pièce

longue

qui sert

de

;

L HABITATION

I I

en

pagnie

on y allume du feu autour duquel on se chauffe en com des hôtes de passage s'il s'en trouve ; vers la partie gauche de la pièce on attache le cheval à un piquet; à droite, est le borj qui sert

hiver,

de

magasin

pour

la

paille

et cet

escalier

aux marches en

terre

battue
cette

conduit

à la

tamesril.

Par

ouverture,
pièces

on accède

dans le

une petite cour qu'entourent sert

les différentes foyer
a

de l'habitation. L'une
un coin et moulin

été bâti dans

dans

de cuisine, le un autre ; les

femmes y préparent les repas, y rangent leurs ustensiles ainsi que les cruches remplies d'eau; c'est là qu'elles mangent, tandis
que

les hommes
chambres

s'installent

dans le

vestibule

ou

dans la

cour.

Les

sont généralement

toutes

habitées;
la
.

celles,

qui ne

le

sont

pas,

servent pu

de

magasins

l'on

serre

paille qui n'a

trouver
ciel

place

dans le
eaux
un

borj
de

La
qui

cour

est

à

ouvert; les

32

pluie

y tombent sont évacuées par aménagé, à cet effet, dans le mur.

conduit

Au-dessus des
établi
en

portes

du

rez-de-chaussée

est

Vasqif; il

est constitué par une couverture

branchages

que

soutiennent

de

grosses

per

ches plantées en

terre.

Sous

cet

abri,

en

été, les
à leurs
Fjg.5,
la

femmes installent leur
occupations.

cuisine et vaquent

A l'approche de l'hiver la
o

pluie et

i, Tamaldlt,
de

le

vent

les

obligent

à

chercher un

abri

à

l'inté-

Percho q™ ««tient
couverture

rieur

;

elles

rentrent

dans la

maison

où elles

Vasqif.— i.
rce,,dc

tarikt,
s"r

rebâtissent

foyer
•J

et moulin.
posés sous

bois

laquelle

repose une

(Dans des ihuzam
des
portes

Vasqif
ihuzam

ou

près

poutre. zu

3.

amaz-

des

chambres,

l'on
ces

renferme

des

provisions

de

maïs et en

d'orge ;
roseau

sont

de

hautes
prix plus

corbeilles

dépourvues de
tenir

fond,
sur

achetées

à bas

dans les

marchés.

On les fait
on

debout d'un

le

sol par

leur

large

ouverture

et

les

enduit

mortier

fait d'argile,

de bouse de

vache

et

de

paille

hachée.)
dans le s'y
vestibule

L'étage.
gravit
arrive celles

Si l'on

revient

d'entrée,
un

si

l'on
on

l'escalier de terre
aux
chambres

qui

trouve établi dans

coin,

de l'étage, du bas (mêmes murs de séparation

chambres

absolument

pareilles

à

en

pisé et non recouverts

[ 2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

d'un

enduit

de

chaux

;

même

plancher

en

terre

battue,

même

indigence de
chambres
une

mobilier).

Elles

sont

généralement

utilisées

comme

à
et

coucher.

Quelques-unes
sur

renferment un on

lit,

c'est-à-dire

large
sert

basse banquette
couverture et

laquelle

étend

une natte

;

un

haïk
son,
elle

de

des

coussins

bourrés de à la

chiffons

ou

de

d'oreillers. Ce
y
a serré

sac en cuir appartient ses
menus

maîtresse

tous

et

pauvres

objets

de maison, de toilette; des
;
voici

nouets petite perles ment

contiennent

glace,
en

son

du benjoin, du harmel, du peigne et son flacon de koheul des
clous

rasoul

sa

et encore

ici,

des

verroteries,

de

girofle

et

du

thym

soigneuse

liés dans des loques.
ce

Dans

coffret,

le

maître

a

entassé ses
cachette

écus ;

mais

le

riche

sait

leur ménager,
Tamesrit.
confortable
gers.

sous

terre,

une

plus

sûre.

La

tamesrit est une pièce

longue

et

étroite, la
et

plus

de la maison,
au-dessus par

l'on

accueille elle en a

les invités

les étran

Bâtie

du vestibule,
une

les

mêmes

dimensions.
souvent nattes

Le jour
percée

pénètre

unique

fenêtre

très

étroite,

au-dessus

de la
;
voici

porte

d'entrée de l'habitation. Des
les
ustensiles

recouvrent

le

sol

tous

pour

préparer

le

thé

que

l'on

offre

aux

hôtes. Une échelle de bois
à la terrasse d'où la
qui

La terrasse.
vue embrasse

conduit

un

grand

horizon. En été,

ceux

souffrent

de la
Les

chaleur aux pièces

du

rez-de-chaussée viennent

y

passer

la

nuit.

femmes y font
elles

sécher
aussi

le

y étendent

de le moudre; les figues à l'époque de leur maturité. Les
grain qu'elles

lavent

avant

poules parviennent

à

grimper

jusque-là

et pour qu'elles ne petit garçon ou

touchent

ni aux grains ni aux

fruits,
sur

on poste un

une petite

fille

qui

les

en

chasse;

la

plate-forme gardien

édifie
soleil.

alors une

hutte

le

petit

s'abrite

d'une tour d'angle, on des ardeurs du (creusées dans
deux
planches

Les
un

eaux

de

pluie

s'écoulent par ou

des

gouttières

morceau

de bois

simplement constituées par et clouées

grossièrement
sens

équarries

perpendiculairement

dans le
est ainsi

de la longueur). Chacun des
d'un
conduit qui

angles

de l'habitation

pourvu

évacue les

eaux

pluviales,

ce qui préserve

les

chambres

de l'humidité.

L HABITATION

i3

La lumière.

Les

chambres prennent
pourvues

jour

par

la

porte.

Celles
par ou

de l'étage
pénètrent

sont

parfois

d'ouvertures du

très

petites

l'air
et

et

la lumière. Les
par

pièces

rez-de-chaussée n'en pos

sèdent pas

si,

hasard
pierres.

elles

existent,

on a

toujours
on ne

soin

de les

boucher à l'aide de
pas

Quant à la la
porte et

fumée,

lui

ménage

d'issue,

elle s'échappe par

tournoie

dans la

cour.

Les dépendances

.

Les

pièces

non

habitées

servent

d'étables

aux vaches etauxveaux.

Si les brebis
petit

sont on

en

nombre
aussi

les
ces

isole

dans

chambres

ou

bien,
est

on

les

parque

dans la cour.
im
con

Si lé troupeau
portant,
on

lui

struit une zriba

à proxi
maison.

mité

de

la

Seul, le
tre

cheval

du

maî

est attaché

dans le
Fig. 6. 1,
~

vestibule. est

Le

poulailler quelque

Tigremt

avec ses

dépendances (Imi ljemâ). d'écurie.
des

installé

en

entrée.

2,

vestibule servant

3,

cour.

recoin SOUS

de l'habitation,
particu-

d

école.

h\

TCStibule—

-6,

7,

chambre

f°ur; —.6, de réception

chambre

servant

étrangers.

Vasqif en

8,

demeure du

maître,

lier;
un

quelquefois

aussi

simple

bâton, fixé
poules

au-dessus

de l'égout, la

sert

de

perchoir

sur

lequel les

grimpent pour passer

nuit.

La

porte.

Le

cadre et

de la deux
sur

porte est constitué par poutres

deux

montants

verticaux

imnarën à

horizontales l'alebat ; l'une

d'elles,

allong-ée

même

le

sol,

forme le

seuil

l'autre, le linteau, est supérieure de la baie.
La
-ries

encastré,

dans la

maçonnerie

de l'habitation, à la partie
équar-

porte

est un assemblage sur

de

planches

(épaisses
tourne

et

mal

clouées

de

solides

traverses).
creusés

Elle

sur

ses

deux

■pivots

logés dans les

trous

dans les

poutres

horizontales
enfoncées

^de

l'encadrement (ou dans deux dans le

grossières pièces

de bois

perpendiculairement

mur

à l'intérieur de l'habitation).

lli

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

La serrure,
porte,
ne
peut

entièrement

en

bois, fixée
que

sur

la face interne de la
aussi

être

manœuvrée

de

l'intérieur,
par

a-t-on

ménagé une

ouverture
on

laquelle

intro
main

duit la dans la

clef et veut

la

lorsqu'on

entrer

maison.

Toutes les
sont

portes ne

pas

munies

de
les

serrure

;

pour

fermer
on

ces cale
un

dernières,
pieu.

simplement

avec

Contre
œil.

le

mauvais
crainte cer

Dans là

du
Fig.
7.

mauvais

œil,

Porte fermée

vue

de l'intérieur.

tains

propriétaires

clouent un
au-dessus

fer à

cheval

de leur

porte.

Ils

croient

aussi,

par et

ce

geste,

protéger

de toute

mauvaise

influence leur famille

leurs bestiaux.
ont

Chez les Inteketo, l'individu, dont les brebis
par

été
sa

atteintes une

le

mauvais

œil,

suspend par un

fil,

au

linteau de
seul

porte,

petite pierre ronde
et

trouée

en son milieu.

Par le
ne

fait de

passer

de

repasser

sous

cette pierre
œil.

le troupeau

souffrira plus

des

méfaits

du

mauvais

La

citerne.

Le

pays

ntifi

est

pauvre

en

eau;
sont

les

sources

v

rares.

On

n'en

trouve

guère

d'im Ta
Agh-

portantes

qu'à

nant,

Bezou,
Imi

balou,
Partout
gens

ljemâ.

ailleurs

les des

creusent

Fig. 8.

Citerne dans la

plaine

d'Inirfed.

puits

qui

leur

pro

curent mentation.

l'eau

d'ali

D'autres

recueillent

les

eaux

de

pluie

dans des

citernes

L HABITATION

i5

construites premières

soit

à l'intérieur
nettoient

soit

en

dehors des habitations. Les
et

averses

les

conduits est

l'on

ne

dérive l'eau
réservoirs

dans les
sont

citernes que

lorsqu'elle

limpide. Quand les

pleins,

on

bouche les

conduits.

Déménagement.
quefois plus.
propriétaire son et

Une
un

maison

abrite

deux,

trois

feux,

quel
un

Quand de lui

étranger

chargé

de famille

vient

prier

accorder une place présente avec
:

dans la

parlie

inoccupée de
œufs

habitation, il
et
»

se

quelques

petits

cadeaux,

poules

lui dit
maître

Je t'en supplie, laisse-moi demeurer
maison

chez
»

toi

!

Si le

de la
le

lui

répond : qu'il

«

Sois le bienvenu !

il

s'en

retourne

chercher sa
maître

famille
dans la

installe dans la de
ses

nouvelle
et

demeure.
ses

Il

aide

culture

champs

de

vergers,
plus

et cela

dure jusqu'au jour
va ailleurs

l'étranger,
ses

ne

s'accor-

dant

avec

le

maître,

porter

pénates

et

ses

services.

La
Elle
se

serrure.

compose
qui

d'un

long
une

verrou

timètres,

joue dans

entaille et

creusée

de bois igil, de 20 à 3o cen dans une forte pièce

de bois
L'une
percée

formant

crampon

solidementclouée

dans laportc.
0
est

de de

ses

extrémités

3,

k

ou

7

petits
s'en-

trous,
p-ao-ent
o o

rarement

plus,

à demi de

un nombre

cor-

respondant

chevilles mobiles

ikulibèn

longues
et

de

quelques une

0

centimètres

logées dans dans le
propre

cavité pratiquée pon.

cram

Fig.

9.

Serrure ouverte, face

externe.

De

par

leur

poids,
trous

ces chevilles

tombent

dans les

du

verrou

mais,

sont retenues

dans leur logette à

cause

de l'évasement de leur

partie supérieure

formant

tête.
porte est

Lorsque la

fermée, le

verrou

bloqué

par

les

chevilles

iG

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

est engagé

d'environ

jo centimètres

de
en

sa

longueur dans
un

une

gâche,

l'espèce,
mur

trou

pratiqué

dans le

ou

le

cadre

de la

Wf'""%
m
i-

porte.
-i

MMÉR

La clef, également
<
est
une réglette

en

bois,
de

de

près

20 centimètres

;

elle ou

est garnie

de dents
nombre
villes

tuhsin

tigmas

en

égal à

celui

des

che

et

disposées de façon à
être
engagées

Fig.
i
,

io.

Serrure

fermée,

face interne.
pouvoir

où se

igil, 2, trous pratiqués dans le verrou trous logent les chevilles. 3, ikulibën.

dans les la

du

verrou.

Pour
clef parallèlement on

ouvrir,

on

engage

au

bras

et

dans la

rainure ménagée

à

cet

effet;

introduit les dents dans les
en exerçant
on

trous ;
petite

alors

une

R n
~

H

poussée qui
et

soulève

les

"

chevilles

remontent

dans
à tirer

Fig.

n.

Tasarut.

leur

case

par

suite
reste

déblo
sur

quent

le verrou; il

la

clef pour ramener

le

verrou

en arrière et

le dégager de

sa gâche.

31

Fig.

12.

Cadenas du

Sous' avec sa clef.

L HABITATION

I

"J

L'habitation
Les maisons,

chez

les Ait bou Oulli
ont

et

les Imeghran.
au pied et sur

que

les Ait bou Oulli du Ghat,
un

établies

le

versant septentrional aux

comprennent un
une ou

rez-de-chaussée

réservé

bestiaux,
les d'entrée
cour

et

étage dont

plusieurs

familles

se partagent

pièces

nues et obscures.

La

porte

donne
les

dans
rrhaft

un

vestibule occupée

ufddjir

qui

sert

d'écurie. La
qui

intérieure

est

par

les

moutons
char

y

séjournent pendant

mauvais mois

de l'hiver;

une

pente

la

recouvre presque entièrement ne

laissant

au milieu qu'une

petite

ouverture chambres

Les

arag par où s'infiltre un faible jour. de l'étage s'ouvrent sur une petite cour
sont mal

qu'abrite qui

la terrasse ;

elles

éclairées

par

le

peu

de lumière
toiture ;

glisse par un passage sert

arag

n-ufella pratiqué

dans la

l'une

de

cuisine ahanu

n-takât,

une autre
reçoit

de

grenier ahanu

llhezin,
par

une autre
un

de

tamesrit

l'on

étroit

et raide escalier

les invités. On y accède établi dans un angle du vestibule.

Sur la terrasse, est parfois bâtie une petite construction amalàl où, l'été l'on fait sécher les navets, et l'hiver, on abrite les jeunes
agneaux

iberdaz.
meurtrières
un

D'étrokes

laissent passer
permettent

jour

isunif, percées dans les murs extérieurs douteux, et des gouttières appelées limuzzar
eaux

l'évacuation des

de

pluie

de la

terrasse.

Leurs voisins, les

Imeghran,
Elles

demeurent dans des habitations

différemment
elles sont se

comprises.

sont

dépourvues de

cour

intérieure
étages.

;

aussi

plus

hautes

et

comptent

plusieurs cuisine

La

famille
taddart

tient

généralement au

dernier; la
et

appelée

iisfri

n-isemri,-

à

elle

seule,

en occupe un et

tout entier;

le

rez-de-chaussée,
sorte
maïs

sert

de bergerie
entasse

d'étable,

dans

une

de
et

grange

ahellay,

l'on

de

la paille,
terrasse

des

tiges

de

de la

luzerne. Sur
un

des

angles

de la

est

également bâtie
sans

une

petite

.chambre

tamalalt

qui, à

l'origine,
les Ait bou

servait

doute de

tour

de

.

guet.

Les

Imeghran,
à
une

comme

Oulli, donnent
ils

encore

le

nom
pro-

de
',
,.

tigremt

construction

plus vaste où

serrent

leurs
2

La£>VJST.

l8

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

visions et

leurs

récoltes.

Bâti

sur une

élévation, flanqué de
créneaux

tours

percées

de

meurtrières

et garnies quatre

de

tilienzlrin, le bâti
comprenant
s'alignent

ment compte parfois chacun une

trois,
et

et même couloir

cinq étages
tasuql

tamesrit

un

long

les

Chacun y entrepose dont il emporte la clef.
magasins.

ses

grains

dans

un

local

particulier

Les Imeghran
en

en

ont

fait

un

véritable

fort d'arrêt
outre,

que

garde,

temps ordinaire,
et

un portier

chargé,
au

en

d'héberger les
sibas,
et

étrangers

les

voyageurs

;

mais,

moment

des

les

com

battants

s'v

rassemblent,

le

mettent en capable

état de défense

le

trans

forment

en une

forteresse, Nefousa,
escarpées

d'une longue

résistance.

Sous les

noms

divers de tigremt; agadïr,
ces clans

Sous; taqli'al, Aurès ;
dressent leur
ou et

temidal, lourde masse
sur

Djebel

châteaux-magasins

non

seulement

le Moyen
et

le Haut-Atlas

les berges

de l'Oued Drâ
et

de l'Oued Ziz,

mais

encore

dans de

l'

Aurès, le Sud-Tunisien
réserves pratiques

la Libye. lieu à l'accomplis
suivies.

L'emmagasinage des
sement certaines

donne

parfois

scrupuleusement

Chez les
sur

Ida Gounidif,
aires,

en

particulier,

les grains, battus

et

mesurés

les

sont portés

à Vagadir
au
pied

par

des jeunes filles
sont

timasay.

Les

cor

beilles déposées

du bâtiment
corde que

élevées à hauteur des
sur une

divers étages à l'aide d'une
leur
contenu est

l'on tire

poulie,

et

déversé dans de
Lorsque les
coffres

sortes sont

de

grands

coffres

aux

parois

de

terre.

pleins,

dans le but
un

de^

protéger

les

grains

du

mauvais
un

œil,

on plante
en

dans le tas,

bâton
petit

auprès vase

duquel l'on dépose

peigne puiser

fer lasfédut,
provisions

et

le

tagra

dont

on se

sert pour

les

; et,

lorsque

les
ou

travaux
un

sont partout

terminés, la

coutume veut qu'un vendredi se
rende

dimanche,
le
maîtresse

la famille du fellah

dans Vagadir

pour

y

manger sur

coffre

à céréales,
maison

un pain a

spécial appelé
pétri-

que

la

de la

elle-même

tadogsalt, avec la farine
On
grain
agit et

provenant

des

résidus

et

des

balayures de l'aire.
reste

de
que

la sorte,

dit-on,

pour

que

la baraka

dans le

les

réserves ne s'épuisent

jamais.

L HABITATION

".)

La

«

TADDART

».

Tgezzid ; da
tadulï
n-

gis

tilin

sin

ufclla.
s-

Ula

wada

ihuna nag t- ibënnun
zzribt

kràl,
s-

ur

dàrs Ilin
walàd mas

lëbroj
; Ma

ula

izran d-

wada

t-ibënnun
n-

tabut ;

iskr-as

sg-

mnid-as,

isnlaln

imï

ihuna iskr-as trcat manisg tjfgën

ar-kssmën.

„.

La tighremt

est

l'habitation du bâti

riche et

la

taddart

ou

amazir,

celle

du

pauvre.
un

La
en se

taddart est

gourbi

en

pisé ou en pierres

et

couvert

terrasse.
signale

terreux, il à l'attention par le
et qui
s'élève

Bas

tas

de fumier
et

à

ses

côtés

sur

lequel jouent des de loques. Un
couvre sa

enfants couverts olivier
ou un

figuier le

de

son ombrage et

lui donne

seule

parure.
misérable

Cette
compte

construction
pièces où

deux

ou

trois

l'on

accède par une porte
rampant.

■presqu'en

basse, Parfois,
mal-

'plusieurs

familles

s'entassent

dans
.

ces chambres

étroites,
dans
,

Fig.

i3.

Plan d'une taddart
le foyer
et
.

(Tanant").

saines,

obscures,

dépourvues
n

i, osai/
chambres.

avec

le

moulin.

a,

de toute
quelles

ouverture et on

lesse

3, asaraq
_

4,

rucher.

5< hai(5)

ajra(J,

g_

t{r'aL

ne

peut

guère

tenir
mais murs

autrement qu'assis. possède noircis et
comme

La

taddart

n'a

ni

étage

ni

tours

d'angle,
aux.

la

tighremt
sous

l'espèce d'abri

appelé
ont

asqif,

par

la

fumée,

lequel les femmes

installé le

foyer
haie

le

moulin. gourbi s'étend une petite cour en

Devant l.e
sèche

de jujubier disposée
en
constitue

fer à

cheval.

asarag qu'entoure une Un trou pratiqué
l'on ferme la
nuit en

dans la
à

clôture soi

l'entrée

que

.'tirant

un

buisson de jujubier. Un
;

chien

hargneux veille,
un

-attaché

-dans

cet enclos

les

poules

y

nichent

dans

four

aban-

'"■'*

20

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

donné ; les abeilles y font leurs, ruches clans des marmites allongées sur le sol et recouvertes de vieilles nattes ; les quelques têtes de
bétail
nuit qui sont

toute
peine

la fortune du
suffisant

,un

abri

à

;

paysan berbère y trouvent la des débris de toutes sortes, des

tessons

de

poteries,

des
le

ordures
sol

ménagères,

du fumier
abords peu

et

des

excréments

en souillent

et en rendent

les

enga

geants.

Dans la
séminées

région

dans les jardins
les

de Demnat, les taddart et la verdure;
pentes

sont mais

généralement
chez

dis

les Ntifa du
elles

Nord,
de

groupées sur

déclives des collines, du Djurdjura.

forment
songer

petites agglomérations

dont l'aspect
pied

n'est pas sans

faire

aux pauvres villages

kabyles du

crfr^C^',

Fig.
i, entrée,
pour

i4.

Taddart (Zollagon).

8,

de bergerie. 4, asqif. 5, abri les bestiaux. 6, chambres. 7, tazribt n-iulli, enclos pour les brebis. ttr'at.. 9, murs d'e-uceinte en pierres sèches de im,8o de hauteur.
;

2,

aguddemi.

3,

cour servant

La tente berbère.
Les
populations sédentaires

de la

province

de Demnat

ne

font

pas usage ment
se

Par contre, ce mode dans le Haut Atlas, le Sous, les bassins du-Dra
tente.
presque

de la

d'habitation:'

rar.e
et

égale

du Dads,
sud

Irouve être

le

seul

connu

des

Berbère„s-

de ']&. haute
de

vallée

Meknès

de la Moulouya, du Moyen et de la Mamora.

Allas, des

plateaux'„du

L HABITATION

2 I

La de faite

tente marocaine,

a-t-on

celle usitée partout ailleurs

déjà dit, ne diffère pas sensiblement dans l'Afrique du Nord, exception
qui offre

toutefois
son

de la

tente touarègue
et son

dans

sa

disposition
quelques

générale,

orientation

mode

de

groupement

dissemblances
partout sous

curieuses.

La tente du Berbère
quelle que

marocain se présente soit

un

aspect uniforme

la
à

tribu

consi quoi

dérée

:

des différences de

terminologie

sont seules

relever

qu'à cet

égard encore, les différences étant d'ordre
que réelles.

phonétique sont

plus apparentes

dit ahham, Zemmour, Ait Bou Zemmour, Iguerrouan, Imejjad, A. Ndir, A. Mjild, Ichqern, Izayan, A. Yousi, A. Warain, A. Seghrouchen, Boni Iznacen ; tahhamt, A. Ouirra;
Une
tente
se

tahan, dim. Izayan. Le
Ghdamès
et

mot correspond au une

touareg

ehan, d'où aien,

in,

Zenaga. Malgré
ne

ressemblance

frappante
à

avec

l'arabe

hima,

tente, le terme
cette

doit

pas

être

considéré comme un
rapporter

emprunt

fait à

langue. Peut-être faut-il le
mot connu

qim

ou

gim,

rester, s'asseoir,
on
sait

dans la

généralité

des

parlers.

Par

ailleurs et

que

ahham.

employé
est

en

Kabylie, désigne la
usité par

maison

qu'avec

ce

sens,
et

le

mot

encore

les

mon

tagnards

du Chenoua

du Rif.
sur une
charpente

Toute la tente
verticaux,

repose

faite de deux

poteaux

espacés

de deux

mètres au

plus,

supportant une poutre

étendue horizontalement
pi.

et auxquels on donne le nom de tirselt, tirsàl, A. Warain; tarselt, A. Ndir ; tarsel, Zemmour, Ichqern; tirësel, pi. tirësai', A. Seghrouchen; tiir'sal, A. Ouirra. La poutre, cèdre ou d'ârar en bois de pin, de grossièrement équarrie, est
selon
ments

les

régions

;

elle

est

parfois

agrémentée

de

curieux orne

géométriques

incisés ;
d'étoffe
cousus

partout elle

s'appelle

ahammar,

mot

arabe.

Une longue

pièce

rectangulaire,

de

couleur une

noire

ou

brune, formée de flijs
disposée
comme
un

ensemble, constitue

couverture

toit

à deux

pentes qui n'arrivent pas

jusqu'à

aflij, A. Ndir, terre. Le flij appelé afiiddj, pi. ifliddjën, ifélijën et ihalàsën, A. Seg A. Ouirra, Ichqern, Izayan ; afëlij, pi. hrouchen, est une pièce essentielle de la tente. C'est une bande

Zemmour

ou

d'étoffe large de

ora,70
ou

à

i mètre et

de longueur
tente

variable selon

la

fortu'fte du
struire.

nomade

l'importance de la
tissent avec

que

l'on

veut con

Les femmes la

de la laine de

mouton

ou

du

22

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

poil

de

chèvre

mélangé

à de la bourre de

palmier est

ou

à des fibres de
peaux

d'asphodèle. Chez les Touaregs, la tente
cousues, ilemmauen.

recouverte

L'étoffe d'un
côté,

est

tendue

assez

haut

sur

le

sol au moyen

de
et

cordes

fixées

à des

crochets

de bois
les

cousus

dans le

flij

de l'autre, à
un maillet

des

petits piquets

que

l'on

enfonce

dans la

terre avec

azduz.

On donne à

ces piquets

nom's

divers de azerzu,

pi.

izerza,

Zemmour; tafult, pi. lifulin, A. Ndir Ichqern; jij, pi. ijaddjen, A. Seghrouchen, B. Iznacen ; ijdjën, Figuig, Metm'ata ; tjist, pi.
ujaddjen, A. Warain. Ces derniers termes
sont-

à

rapprocher

du

touareg
deux
Les

agegu,

pi.

ïgegan

ou

adjedju,

pi.

idjedjan,

qui

désigne les
à la tente.

arceaux

flexibles
bords
même

qui

servent

de

support

central

plus grands

sont en outre

tendus

à l'aide de tirants, larges On les
attache réserver

bandelettes de
piquets

étoffe,

que

les flijs.

à des
sur

assez
un se

éloignés de la tente de

manière

à

le

devant
tirants
chen

espace

libre

servant pi.

de

courette

et

de

passage.

Ces

nomment

tizemënt,

tizmàn, A. Warain, A. Seghrou
pi.

;

tizzëmen, Zemmour, Izayan,
vide entre

tizzëman.
est

L'espace

la tente

et

le

sol

comblé avec

soit

avec

des
et

broussailles le
étroites
nattes

plus

souvent

épineuses,
vers

soit

de longues

de jonc: limessuil, A.
tente

Warain;

amessu,

A. Ndir.
sert

Le devant de la
passage

tourné

l'intérieur du douar

de

tawwurt, Ait Warain ; tagurt, A. Ndir ; laggurt, pi. Izayan. Le jour, les bords sont relevés à l'aide de liwir'a, perches que l'on enlève la nuit.
appelé

Les
chen,

eaux

de

pluie

s'écoulent par ménagée

une

rigole

taria, A. Warain,
encore
une

tout

autour

larja, Â. Seghrou» de l'habitation '.ç(oeî

protège,

petite

butte

de

terre

agemmnn,

Zemmour,

Izayan.

Une haie

sèche

A.

Seghrouchen,
elle

entoure parfois

de jujubier, afrag, Ichqern, Lifayan ; a parfois la tente du côte extérieur
un petit

douar;

forme

enclos,

as/j'en

ujjflT,

ZemmoJ

l'on enferme,
Un

pour

rage.

passage

les traire, les brebis qui revjj^pncnt d-u, pratiqué dans la haie est bouchée par un,
""%'■

de broussailles:

tr'al. imite
se

L'intérieur de la

nomme
passer

agc/iso',

.

AJfOuir-ra
ansa,

;

o,

A. Ndir

;

mot

dérivé de

c/i,s,

la

nuil/fl om

géru

ment connu

des Berabers

pour

désigner leflîe'u Bt?

campeme

SgswSâw

Fig.

Tente de

réception

du

caïd

Si Salab Aouragh à Imchihen (Alite).

V '.'••.— .VlJ'JjIG.

l5.

l'ne

tente herhi

l'habitation

23

douar

ou

Les flancs

l'emplacement d'une tente; littéralement « le gîte ». ou bas-côtés sont appelés isilàf, A. Warain ; isglaf,
agella,
pi.

A. Ndir; la famille

ou

igëlliun, Zemmour.
par une

L'intérieur

est parfois au

partagé en

deux

compartiments

étoffe tendue

milieu;
nom

se tient généralement

dans la

partie cjui porte

le

de

tissi, c'est-à-dire la ce couche » composée de nattes et de tapis; les femmes vaquent à leurs occupations dans une autre partie appelée
amddis, Zemmour ;
creusent

ajandàr

ûuhham, A. Seghrouchen,

elles

leur foyer ahfur, A. Ndir, Leurs petits ustensiles de cuisine,
chez

Zemmour; tiln-uafa, A.
sont quelquefois plus

Ouirra.
comme sorte

rangés,

les, Zemmour,
établi
groupe
plus

à

côté

d'objets
perches

précieux,

darts

une

de

réseau

entre,

les

centrales

de l'habitation.
tentes
est:

Un

ou

moins

important de
nom

disposées

en

Ichqern, Izayan, A. Seghrouchen; asun', Zemmour, A. Bou Zemmour; sun ihhamën, A. Warain ; tigemmi, A. Ndir, A. Sadden, Imejjad,
cercle constitue un

douar dont le

berbère

asun,

Iguerrouan ; lijëmmï, A. Ouirra. Le pourtour se nomme rif, du latin ripa; on trouve le rif ën-dfir, bord extérieur et le rif ën-zdàl, bord intérieur, A. B. Zemmour. Sous la même appellation, on
entend

encore,

chez

les A. ]Nclir

en

particulier,

un

sous-groupe

ment composé un

de

quelques

familles dont les
deux

chefs

sont unis

par

lien de

consanguinité.

L'intervalle laissé
presque partout

libre

entre

tentes

forme

un

passage

À. Warain, Izayan, Ichqern, A. Ndir ou azëglal, Zemmour. A l'heure du couchant, la vie reprend dans le douar assoupi avec la rentrée des troupeaux et se localise
appelé

azilàl,

,

surtout

à

cet endroit où pour

éviter tout

encombrement

les bergers

prennent

toujours

leur droite.

Le

centre

du douar,

le

mrah

arabe

porte

des

noms

divers

:

tigëmmî, Zemmour, Ichqern; tïdjëmmï, A. Seghrouchen; afrai, "A. Warain; amazh',. A. Ouirra; taddart, Zemmour. Les bestiaux

ifundsën, A. Seghrouchen; iziarr, Zemmour, Izayan, y
la
m
et
nuit.

parquent

'"*•'-..
une

Enfin,
refuge

tente

petite,

à la fois

mosquée, école coranique
est
souvent comme

pour

les

h^tes

et

les passants,
en

bâtie
chez

au

du douar, Ait Seghrouchen.
S-

ou

'complètement
'ï *

dehors,

les

ll\

MOTS

et

choses

berbères

CONSTRUCTION

DE

LA

MAISON1

Wada

itërrahan, ig

ira

aisglî

tigëmmï, da-d-itawï Im'allëmin seg

Tedgul. nag sg-ait Mggun, nag ait Dàds. Ismla-iasën adgar dag ira ibnu tigëmmï d-udgar
gzën akàl. n-udgar

dasg

ran

ad-

Iddu bàb

n-tgëmmï

dag

i'allem

i-wamàn, iawi-tn-id tigëmmï, ihasr-in, inned-âsën iàn

irzem-d

ar-lama

ubâdu,

iaddj-in ar-asràg isua wakdl, gis bëddan wamàn, g ig amda ; irrz aman, ddun s-udgar iâdnin. Iqim udgar-annag ar-issa aman.

Ibënnain

ar-qâzën

Isàs,

mkàn

nn^dn

Isàs n-berra,
t-ufan tfluin

gzën

imiq

n-wakdl ad-izarn

is ifruri nag

sul

izzay ; ig
snât

bdun Ibëni. Aûwin-d lluh n-uksud,

ifruri, igezzifën,

askans

sbeddan-

int, iàt seg tainnil-âd, iàt sg-ljiht-àd, d-snàt imëzzin, qqënn imi-îàd d-wàd, asën-t bahra s-izakârën idk aur-d-drënl.
Llan
sin

sersënl

Im'allëmin,
iâdnin,

ku iàn iasi Imerkez
akàl

g-ufus-ëns ; wayàd

llan diddsën da-itcammar
awin-int ar-kàlën
ar-ittinï :
sg-

ihëdddmën

iàn da-iqâz

s-umadir,

tizgiwa,
s-lluh,

nag sin, da-sattin tizgîwa f-ihfaun-ënsen, kfn-int i-lm'allëmïn, ffîn-int g-wammas n-lluh ;
wayàd

s-lmerkez,
ci

iàn

ar-ittinï:

<

iiallah !

»

iwajëb-t-id

wayàd

iarij-allah !

Mkannag

ad-bënnun ar-d-ikëmmel ar-duurën

lluh, ksën-t
ar-tzaidën

dind,

smattin-t s-tama
ar-tilï

n-wag,

i-tgëmmî,

ddur

iâdnin

tgëmmï ln"as n-lhil

nag uggar,
zunt

nag ddau ; ku iàn

d-mamî igî.

Tigemmi
sg-uzëddir

skern-as

arba"

lëbroj ; Iborj iga
s-tëdulî ;

tasum"at, iga
liskiua
ar-tfssâln

ahanu

ar-afella, bdûn-t

da-skdrën

masga

kdtën
ihuna

Ibarud
Bàb

sg-ugënsu.

Mkàn

tglï

tgëmmï, tkemmël,
sg-wass

n-ugënsu.
n-tgëmmi

nta

ad-in-isuasan

amzuaru
'

ar-amgaru

;

ig

ur-illî

lidam

ur-ra-t-sën

sg-ëljema"

;

ar-ljema

,

ikf-âsën ligersï,
ar-asën-

iqbï

nag kra

n-uhuk

;

ig

ur-in-fajib

tiremt, fq'an fellas
imsâfâd

ithazzar

ar-d-in-d-iràr.

Mkàn kemmëln igudar n-tgëmmî, ifru-asën,

iseg
asin

âqsab Ikeltan nag tisila, ikf-int

i-lm'allëmin,

didàtsën,

irukûlën-ënsen, ddun

iskin-ënsen.

Inker bàb n-tgëmmï,
Toxte

ar-isa

g tihanïin,

ar-inl-isrus s-tamà n-tgëmmï

i.

non

traduit.

L HABITATION

25
wad-

d-imuzâl
djârën
igan

ar-d-âok

isujàd

masa

idal tigremt-ëns. Idâleb imuzàl ingr
uhanu

sin

mas

ifawan.

Da-igar

n-ufella

d-wi Ma
sg-

n-uzeddir, isers fellâsën tihaniin, iàt tama
adlas

n-iàt.

Iawi-d

adlas.

P Tistùin

n-uzëmmûr

nag

ti

n-ulilî

; idl-iss tihaniin

ufëlla,

ar-d-qazën akàl afëlla

ifrurin igan

alûd

s-imiq,

ar-l-satlin g-lizgtwâ

ar-l-lfhZn

n-itdlas,

ar-t-tëdukun aûwin-d akàl

s-idâ rën-nsën

ar-t-ëkkdtën

s-ihebbâtën

ar-asràg igën,

izuan

sikëln-t sers.
.

Umma

iskr-as mkannag zund wi n-uzeddir fihina, Iddu s-wanjâr, iussâ-t, iawi-t-id ar-d-isgel tifluin
ula nta

n-ihuna

wala

ti

n-imî n-tgëmmï

.

Ig

ur-illï unjar mas

ifadaln tifluin, iddu s-Demnat

nag

s-lehmis n-ait

Majjen,
.

isg-in-d

ann^sl

da dàrs illan

ihuna; ku

tiflut s-loqfel-ns tsarut-ëns

Mkàn isujàd tifluin, iddu s-lmcallem, iawi-t-id ad-as-isnï tifluin i-ihuna; isker Imjàrib manisg àqluin s-ihuna n-ufëlla, isker taskala
n-uksud

manisg âqloin s-tmësrit, isker

tayâd

masa

iàqloin

s-fihina.

TAMEGRA N-TGEMMI. Mkàn
tkemmel

tgëmmï, irin

asers-ksemën,
n-ûullï

da-tkurn iàn

ugdur

n-waman,

d-zzit, d-uggurn, d-ihf
sudun-d

; ëlsent tûùtmin kullu
ar-àqran

ma
ar-

dàrsënt
-asràg

i'azzan,

s-tgoratin, tfârn-in-d tolba
gersën

lèkemën imï n-tgëmmï,
j-ossen
stfarn-as

i-ihf

n-ûullï

g-imï,

amzën agdur

imiq

sg-idammën-ns,

issën Fatebat n-ufëlla,
aggurn

seksemën

n-waman

aizuarn,

d-zzit, ksemënt tsednan,
agertil
g-wammas

gèrent

lëbhur,
qiman

k'semën
gis, ënsen

tolba,
ma

ssunt-âsën

n-tgëmmï,

ila iied ar-àqran, ënsent tsednan ar-tirârënt,
wass,
sën rbbi

ar-sgrotënt

ar-d-iff'u

asën : « a-fellaun-t
useggwas

iseksem

inintolba, sun, gern-dsën Ifatha s-lhëna d-sshàt. tëg tambarkit, d-iàn

ihlan !

»

Traduction.
Emménagement de

la

maison.

Lorsque la
remplit une

maison cruche

est

achevée une

et que

l'on désire l'habiter,
et
une

on

d'eau,
en

autre,

d'huile

dernière de
se
revêtent

farine

l'on

choisit

outre

une

brebis. Les femmes

Jf.

26

MOTS

et

choses

berbères

de leurs

plus

beaux habits et,

en

poussant
nouvelle

des

you-you,

s'en vont

(à l'heure du couchant) vers la tolba qui récitent des prières.
On égorge la brebis
au seuil

demeure,

suivies

des

de la

maison

et on asperge

de

son

sang le linteau de la porte ; puis on introduit les cruches en mençant par celle de l'eau, puis celle de la farine et enfin
de l'huile ; les femmes entrent à leur tour et rentes pièces en brûlant des parfums; les derniers
étendues
réciter parcourent

com

celle

les diffé

tolba
que

pénètrent

les
ont

et au

prennent milieu

place

sur

des

nattes

les femmes la
nuit et

de la

cour;
que

là, ils

passent

entière

à

du

Coran,
en

tandis

les femmes de la

chantent

s'amusent. ensuite

Au jour des

naissant,

on sert un repas aux

tolba

qui
a

formulent Que Dieu
nouvelle »

vœux:

faveur des la

gens

maison,

veuille,

disent-ils,
avec

que vous preniez possession et
santé!

de

votre

demeure

la

paix

Qu'elle

soit

bénie

pour vous!

Les divinités lares.
Pour
contre
protéger sa maison contre

le

mauvais œil et peut-être aussi

le feu du ciel, il arrive fréquemment que le propriétaire pose, sur le faite d'un mur, une marmite renversée dont le fond
est

entièrement s'étend

noirci

par

la

suie.

Ce

mode

de

protection,

tou

particulièrement aux champs de pastèques et tefois, de courges. On sait, par ailleurs, que l'usage d'attacher, au tronc des arbres, des tessons de vieilles poteries, est général dans toute
plus

la Berbérie.
D'un
autre

côté,

on

a vu

que

les Ntifa du Nord
une pierre

et

les Inteketo,
au-dessus

dans le leur

même

esprit,

suspendent

trouée
rites

de

porte.

On signale, dans le

Zerhoun, des
le

absolument

pareils.

Clouer
la
à

un

fer à

cheval contre

mur o.u contre

la

porte est une

pratique qui s'étend

à
,

tout

le
«

Moghreb, de
de Fatma
'

même'oelle qui consiste
» sur

en
ou ou

représentation
coté

d'une

main

le

mur,. au-dessus

de la

.

r

porte.

Ces dessins

grossiers,

de

couleur

bleue,

noire ne

ocre,

diffèrent
pas

selon

ressemble

à

celle

les régions; la*-»? de Tanger.

main »

de Marrakech

L HABITATION

L'habitation
veillants
serpent vieille qui

est elle-même

placée sous

la

garde

d'esprits bien

ont asile

familiers,
que

dans l'arbre de la cour, dans le chat ou le dans un pan de mur délabré, ou encore dans la
qu'ont

maison

abandonnée

habitée les

aïeux.

Ce
«

sont

les

dieux lares

les Kabyles du Djurdjura dit
«

appellent

les

i'assdssën
premier serait

buhham
terme

» autrement

les

gardiens

de la

maison ».

Le

de l'expression, intéressant de retrouver
Ces
« gardiens

pluriel son

de a'assas, est équivalent berbère. les lui

arabe

; il

sont

l'objet de la
possède

considération

et

du

respect

de
ne

tous ;

chaque

famille
ni

siens, qui

sont propres.
on

On
ne

tue,

ne
pas

frappe,
l'arbre

ne

maltraite

le

chat

ou

le serpent;
certaines

mutile

vénéré.

Mieux,

à l'occasion de

fêtes,
tiftilin

au
en

Mouloud

tout particulièrement,
appelle ainsi
que

les femmes brûlent des

leur honneur. On

des

mèches

faites de lambeaux
l'on habite
au

d'étoffe imbibés d'huile
ancestrale, au
sur pied

l'on de la

allume

dans l'antique demeure
et
aussi

des

murs

maison que

les branches de l'arbre

marabout.

Chaque matin,

réveil,

les femmes kabyles, surtout les mères et les vieilles, ont l'habitude, en ouvrant la porte de leur demeure, d'invoquer ces vagues divi
nités

en

prononçant

des

paroles

comme

celles-ci :

«

Sbah Ihir !
a-lulia,

a-icassas

lhara !

sbah

Ihir fellaun a-imgarën,

a-ssalhiin,

a-iatsbburt

Iqbla ! harbet

A-i"ssasën,
'inlsu;

fellaneg

!

tilim

d-warrau-iu,

aur-tën-tûut

aur-idsën

iduer umsum, terem-d igrîbën bhïr
a-imgarën

ucla-hir

!
aur-

A-icassasën,
ag-tdjem

a-salhiin, a-lulia,
'

deg lcànaia-nnun,
hedmeg
s-nia

!

Ai-arassas lhara !
«
soit

g-ass mi
gardien

d-erseg da,
saints

ala

d-sfa !

»

Je te
sur

salue,

o

de la

maison!

Que le

salut

du

matin

vous, o

ancêtres

et vous

et protecteurs

et gens.de

la

porte
«

de l'Est !
nos

Secourez-nous ! Protégez

enfants que

contre

le

mauvais œil et nous revien

préservez-les

des

méchants!

Faites

les

absents

nent
«

en

bonne

santé

!
et
protecteurs

O O

gardiens',

saints ne

!

o

grands

ancêtres

!

nous

vous
«

implorons,
gardien

nous

abandonnez

pas

!

de la

maison',

depuis
et sans

mon arrivée en ce

lieu, je

n'ai

cessé

de

vous servir avec une
vraie

f&

arrière-pensée

!

»

C'est là

prière:

20

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Ajoutons

que

le

village

est

lui

aussi

placé sous
refuge

la

protection
un

de

divinités
une

semblables

qui

trouvent

leur
un

dans

rocher ou

pierre

debout,

et

surtout

dans l'on

arbre,

le

plus

souvent un

olivier sauvage millénaire

que

respecte

et vénère.

Ce

sont

les

i'assâsën

n-laddart

«

les

protecteurs

de la

cité ».

Fig.

17.

Moule à

pisé

(Tamazirt. Grande Kabylie).

CHAPITRE II

LE MOBILIER.

LES

USTENSILES

Le foyer.

takàt, le foyer.

infed, briquet. iksildën, bois de irgk, brasier.

chauffai

ini, inain, pierre du foyer. l'afit, le feu.
tasa'àlt1, la flamme.
adugg^ig', étincelle.

Ibugt, Ifgirt,
asafu ,
'

id.
id.
tison.

lirgit

s
,

braise.
charbon

lâqid3,
i.

allumette.

Ifahër,
scala;

de bois.

Berbérisation de l'arabe
province une

le

mot est commun aux

divers

parlers

chleuhs

;

dans la

de

Demnat,

il désigne le feu de joie de l'Achoura. On
ahmaddju,
en

signale chez

les Berabers
ahmajju,

forme

curieuse:

Zemmour, Ichqern, Izayan,
ahadjadju qui

A.

Warain;
et est

A.

Ndir,
mot est en

qui correspond

Zouaoua à
du h

d'après le P. Olivier le terme
ajajih,

ahendjadju selon

Boulifa. Malgré la
n'est pas
arabe.

présence

marquerait que aussi

étranger, le
laquelle le h
a.

Le P. Olivier donne

la forme

dans

finale. dialectes
chleuhs.

Le

mot est particulier aux

Les Berabers

utilisent : afettâuj,

A.

Ouirra ; afetjiùj, A. Ndir ; afètoj, Ichqern, Izayan ; mot qui se retrouve en Kabylie sous la forme îftiuj, à laquelle il n'est pas invraisemblable de rapporter : ittij, soleil,
expression

localisée dans

cette

seule

contrée.

Une

«

étincelle

» est encore

désignée

:

aqëzhin, pi.

iqëziun, A. dernières

Warain,

A.

Seghrouchen;
sans

tsas,

Figuig,
»

B. Snous

tqiqqest,

Metmata ;
AÉL^-De

ces

expressions sont

doute des

onomatopées.
principal combustible

l'arabe

uqed, allumer,
s'est

d'où

ugid, «

bouse de

chameau

desjâlrnades. Le q

maintenu

dans le

mot passé en

berbère

précédé

de l,

résidu

de l'article

arabe. racine

4»Jpérivé d'une
surnom

F étudiée
madhi
»

plus

loin (voir

chapitre

vi) ; c'était,

comme

l'on

sait, le

donné
erg.
«

au

lbn Toumert.

{yÉ^érivé de
en'berDere».
'///t-/'

être brûlé

Delà

même racine «

; cf. R. Basset. « Les noms des métaux et des couleurs dérivent diverses expressions comme: aurag, «jaune » j
»

<« or

», tamurgi
parlers

sauterelle

et

tirgit,
qui

«

braise

».

Ce dernier

mot est commun

/lux

qlivers

(sauf les Touaregs

utilisent

un

dérivé tezuzimt, d'une

autre

3o
tifersit\ bâche.

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

azerg n-ufella,

meule volante.

i^ed1,

cendres. suie.

tamernut,
asukti, alemsir,
tas

axe

du de

moulin.

ifczffmn9,

manivelle.

aferkan, tisonnier.

peau

mouton.

fat,

balai. balai. bois.

Pour la farine
azerg,
moulin.

et

le

pain.

tasëmàmt n-uzreg,

aferdu**,

mortier

en

tagôrit'%
meule

pilon.

aze,<t n-uzdir,

gisante.

tallunt*,
modifications

tamis.

racine) toutefois le g
tarëjjit
et

est soumis

à diverses

;

on note :

tirè/t,

Zemmour;

Iznacen ; tirejt, Figuig; irej, pi. tirjin, Ichqern ; tiryl, A. Ndir ; tirèjin, A. Seghr. En Zouaoua, le pi. tirgin, désigne le « charbon de
tirjit,

Rif; tirjet, Zkara, B.

bois
i.

11

.

De fersi, fendre.

Coll.
signalé,

sing.

;

on ne

lui

connaît et

de

pluriel

dans
qui

aucun

parler; le terme

est partout

sauf

chez

les Touaregs

les Izayan

emploient

respectivement

ized

et

unifest.

3. Coll. pi.,
en

on

trouve

cependant

un

sing.:

a/ fus,

d'autres

régions

des
qui

expressions
est

diverses:
coll. pi.
et

aslu,

Zemmour, Izayan; on relève Ouargla, de sli, griller, d'où
les A.

isëluan, B. Iznacen
l'aspect
que
:

aussi un explique :

; de

même chez

Warain,
timddji,

sous

islain ;

cette

forme

isdain

isgain, des A. Seghr. ,
;

Rif,
en

l'on

peut supposer

dérivée de la
appelée: partie

racine

MLL, être blanc
>>.

par antiphrase

euphé-

mistique, la
présence

suie

étant

«

la blanche
mot

Il

se peut aussi que signalé plus

l'on

se

trouve

de la deuxième

du

ahmaddju

haut.

iqèlian. Sous

et

iqelliun, A. Baâmran;
l\. L'ustensile
est

coll. pi. que

Ton doit

rapporter

à

un rriot guel,
«

Ouargla,

être

bleu foncé d'où

ageggal, adj.
encore

de couleur,
appelé :

bleu-noir;

ungàl

noir »

Dads.
A.

arètfa0,

Iguerrouan ;

amhârdz,

W arain, A. A.

Seghr., Seghr.;
6.
petits «

Zemmour. tindi
«

et akabar.

Touareg.

5. Litt.

bâton

»

;

ailleurs:

tasfardut, A. B.

Oulli;
par

lahhum, A.

Inouï;
et

azduz,

fus,

main »

Figuig;

tauggen. Zemmour.
est constitué une peau
parlers

Cercle de bois dont le fond

tendue,
et

percée

de

trous.
et

Le

mot se cf.

trouve dans

la

généralité

des

désigne à la fois le

Sened,"

tamis

le tambourin;
à

talluml,

Metmalâ, Zouaoua;
a pu

hallumt, B.

Ouargla ; tallumt, Ghdamès, Dj. Nefousa, Menacer; hulumt, Chenoua. Sous cet aspect le mot

être

rapporté

ëllem, filer,
nt et

par

Boulifa,

p.

386. Dans les

parlers

maghribins,

le

Warain, A. Seghr., pi. tilluna, A. Ouirra; tarrunt, Rif; taddjunt, Bettiwa; iallun, Zemmour, Izayan; on trouve la forme masculine: allun (wa) avec le sens de « tambourin » : A. Ndi?, Zemmour, A. Bou Zemmour, Izayan; A. Warain, Sous, Tazerwalt, etc. Los Nt\ïa donnent le npm^Jfj st/ilo « au crible très fin, dont le fond est formé par une étoffe, sorte de voile'-TTc
groupe mt se résoud ;i même n:

tallunt, A.

mousseline

appelée

lauqaj.t

».

Le

busiar
{Un
:

» est aussi en et

cuir,

a

des trous plaj

grands.

Le tamis

en alfa est appelé

Zemmour

B.

Snou's,1.^

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

3l

stâto,

tamis.

asëqquf\ tesson.
anehdam'1^
plat pour

busiar,

id.

l'a

cuisson

tabusiart,\à.

du

pain.

afàrnoz, four.

i.

Cf.

asquf, pi,

isèqfan, Figuig, Zemmour; tasqâft,, Aurès

; de l'arabe sqej
*<

.

On
sur

relève en outre:

tâqjort,

Imeghran;
»

afrur, pi.

ifrurn, A. Seghr.
mot se rapporte
«

grand

tesson

lequel
pour

on

fait

cuire

le

pain

dans Y Aurès le
En Zouaoua:

aux

tessons broyés

faire d'autres
p.

poteries

afrur et afruri a

aussi

ce sens.

Marcais:

Tanger,
frur doit être

222, donne

afrur « poterie rouge »

à Tanger ;

une

forme Le

arabisée

du

mot

existerait chez

certains parlers ruraux

du Nord

marocain.

mol est

berbère ; il

rapporté

non
».

à ferfuri.

1

faïence,

porcelaine

mais

à fruri

émietter,

réduire en 1.

morceaux

Généralement connu des parlers du sud marocain: Sous, Tazerwalt, A. Isaffen, le' vocabulaire des Berabers: tanëhBaâmran, Tlit; et sporadiquement relevé dans A. Seghr., qui lui préfèrent: bugrum. de bu et agrum cr pain : Zemmour, A. ddmt, Ndir, Izayan, A. Warain, A. Seghr. On note ailleurs: asli: A. Bou Oulli, de sli, griller, le plat sert en effet à la préparation des grillades de blé, maïs et orge ; afiz n-ugrum, Figuig, c'est une pierre plate qui fait l'office de plat; afellun, A. Baâmran, c'est un tesson encore appelé azgai uafan ; afan, Zemmour, mot étudié ci-dessous ; umèlil, A. Sadden, si le plat est de grande dimension, cl tumèlilt, s'il est de petite : A. Warain, A. Ouirra, A. Seghr.; litt. le mol veut dire « la blan A. A.
»

Sadden,'

che

»,

couleur qui

s'oppose
est en

à

celle

du dessous de l'ustensile
qu'un

recouvert

d'une

couche ne »,

épaisse doivent

de
pas

suie.

Il

effet

remarquable

certain

nombre

d'objets

être

appelés par

leurs noms,
tolba

particulièrement

le

matin
par

à

cause

du

«

fdl

mauvais augure

», et même en autre temps et sans cherfa,
ou

doute

respect,

en présence

de

certains

personnages :

élèves des écoles des
»

coraniques.

On

se sert

d'antiphrases

euphémistiques

dans le

genre

suivantes:

ssdhel

(facile)
se

pour

lcaser à la

(pénible)

c'est-à-dire «

la

prière

de 3 heures

; tugi,

en

Zouaoua,
»,
par

rapporte «

petite marmite où

l'on fait

cuire

la

viande

le jour de jamais

marché

l'expression

est

de
par

préférence employée
Usent,'

à tasilt, connue,
sel
»

mais

prononcée

les B. Yenni,
se

exemple;

ce

le

qui passe

pour

être l'aliment

préféré

des Djenouns

dit

dans le Sous ; les djenouns sont appelés gaiiiâdèn « les autres gens » chez les Ida Goimidif. Le plat a faire cuire le pain est désigné parfois en Algérie par D'après Wcstermarek, les A. Sadden l'expression bufrâh « celui qui procure la joie
âla
1 celle-ci
1
».

disent: tàhnëftàht

«

la
du

petite ouvreuse

»

au

lieu de tdsârutt,

aiguille

à coudre; bârbdh
apporte

« celui qui procure

profit » pour: eldloh,
warssbah

le goudron;
celui qui

amërboh « celui qui

du

profit »

pour

insi, hérisson ;

«

n'a pas

de

matin

au

lieu de

ikcab,

renard. en grec

3, En latin furnûs,

«poupvoç,

d'où:

afèrran

four à

pain »:
p.

Demnat,
du

Tazerwalt, Zemmour,
fàSfenatiôn berbère
Jlaroc:
«

A.

Seghr.,
de

B.

Iznacen;
de four

cf.

Marcais, Tanger,
dans tous les

4i2. taferrant,

métier

patron

» usité

parlers citadins

afàrno, Ntifa. afanro, par Tanger, Salé^ Rabat, Meknès, Fcs, etc. thèse de r et de n :-,Â-. Baâmran, Ida Ouzal, A. Isaffen, Tlit, Amanouz. Le pain

meta-

que

32
r.

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Pour le
aruku*

,

couscous.

isqusën, 7
tazldft
,

ustensile.

grand

plat

a couscous.

,

irukâtén,
dans
ce

ustensile.

tasgmut,
i/run, Ces le

id.

l'on fait

cuire

four

se nomme: afanro. sur

Ntifa;

tabbut, Ida
sur

Ouzal;

taullit,

Ihahan;
poterie cailloux

tafanrot, forme diminutive de
préalablement

pains

sont cuits

des tessons de
ou sur

chauffés et

étalés

plancher

du four

(Ntifa)

des

plats:

urfan

été

(Ntifa)
».

ou

de arèf, griller, rôtir (Ida Ouzal, Amanouz). On n'utilise ces fours qu'en à l'occasion des fêtes (Sous, Anti-Atlas). 4° tir > r : afur, B. Iznacen,
mot

B. Snous. Chez les premiers, le
à
pain 5° nr

désigne la

« charbonnière

»

et aferran

le

«

four

pour

> n : afân, qui s'applique plus particulièrement au plat dont on se sert la cuisson du pain, A. Sadden, Zemmour; fan, Chenoua, Aurès, B. Snous;
Seghr. ; tafdnt,
processus en
a

tfdnt, A.
selon

pris

chez

les Ntifa le

sens

de

j

galette

cuite

au

four

»

le

même

qui

fait

qu'en

Zouaoua,

comme en

certains parlers arabes s'applique

(celui de Laghouat
au

particulier) le terme Ikusa, d'origine arabe,

à la fois

four
i.

et au pain qu'on
vieux

Sans doute

y fait cuire. mot berbère dont l'aire d'emploi

est

extrêmement
gardé
«

répandue;

se
«

rapporte

à des

objets
».

les

plus on
«

divers,

mais

a

toutefois
pi.

le

sens générique

d'outil,

d'insLrument

Ainsi

trouve: arâku,
marmite »

irukuten,

ustensiles »:

Tazer
«

walt; tarakut, forme mite,
ustensile

diminutive,
A.
eruku,

A.

Mcssat;
avec

aluku, pi.

ilukâtën,

mar

de

cuisine

Ouirra,

le du

r, comme chez

les

Izayan,
«

permute

généralement ensemble et
que

avec

l;
à

Ahaggar

bât fabriqué
outres puits

des bois

recourbés et

liés

servant au

transport des

à la

tente;

aruku,

trousseau

tout

père remet

sa

fille le jour de

ses noces »

Zemmour;
il
est

aruku,

chez

les Ntifa

a cérémonie

du troisième jour du
qui suivent un

mariage ».

Dans les termes
retrouve

t

apparaît en

finale;
plat

à

remarquer que ce

t

se

dans le

pluriel

des

expressions

qui précèdent:

arkut,

Ouargla:

«

grand plat

monté sur pied » azin n-arkut n-imqranën ce
cipaux

jour du

de

couscous offert aux prin

notables,
p.

de la tribu
arckkut,

c'est une
ce

des

cérémonies qui

précèdent
ce

le mariage;

Biarnay,

4io.
ce

Ghdamès
et

ustensiles

de

ménage

»; arkut,

tambourin »,

Rif;

arekkut

tambourin

tamis

»

B.

Iznacen;
pour

areqqul,

même
ce

sens, B. Snous.
ustensiles
>

Parmi les
noter:

nombreuses

expressions

usitées

désigner les

il faut
ces

afesku,

A.

Ndir,

O.

Noun,
et

A.

Baâmran, Tafilalt;
ou

le

pi. est

ifeskan, dar^s
2*

parlers et

ifeska,
des

chez

les Ichqern

les Izayan

ibesfan à Tamegrout.

aqs'us, pi.

iqsûsèn,
pi.

sans

doute do l'arabe

connu

touareg
ment
:e

ilâlen

qess : A. Ouirra, A. Seghr., Imeghran. 3° [ihila. coll. Zemmour, Izayan, Ichqern, le terme n'est pas sans analogie avec le l\° ce imâssën, également un coll. pi. bagages, effets do toutes sortes
».

un sing. n'est nulle part rencontré

;

le

mot signifie ce

instruments

»

et plus

pârroulière-

instruments
«

aratoires

»;

chez

les Berabers il
en

s'applique

à la

« charrue ».
jpst sj^fial

agerruaj

ustensile,

objet

de

ménage

bois

ou

en

terre

»

le

.mot

aux
»

Kabyles du
dans le
que

Djurdjura;

une

formo

visibloment pareille

agerrujv désj£n&.uzi«.
absolument

trésor

même parler

tandis

que chez
»

les Ntifa

un

terme
mot

idarittcjuo
'

9;ftppU*

à

ce

tout
ce

vase au col cassé

mais avec ce sens

le

dott.'ê'lre

rapporté
"..''■

'au

j^o.tiapufcî"'

egruredj,
2.

s'elTnndrer,
gsa°a
»

s'écrouler
«

(mur)

»

cf.

Boulifa.' ou

33^.?

''

*

'"•"'*

La

«

arabe,

grand plat

de bois

de (jarre

^ô»»; route le 6ouscouà*efc

LE

MOBILJEH.

LES

USTENSILES

33
récipient.

larcb'it,

grand plat

à

couscous.

abâd'*, fond de

tâqsril', jarre à huile. likint2,
marmite. couscoussier.

àqfal°,

linge

qui entoure

le

cous-

coussier.

lasëksut3,

ikïnëksu, Imtred, plat
couscous.

id.
avec pied pour

Pour le

manger.

Imîdâ,
id.

table.
pot.

lasëmtut,
tasëmdelt,

couvercle.

tajebbanil,
askas,

âqduh n-uskif bol.
écuelle.

timdelt,
asagul,
anse.

id.

timkill,

id.

pétrit

la

pâte

»

Le

mot est

particulier aux

dialectes du Sud

marocain :

Sous, Tazer

walt, A. Baâmran, Tlit, Tamegrout, Tafilalt, etc. ; on le rencontre chez les Berabers à l'état sporadique : tazldfi, A. Ndir., A. Ouirra, Zemmour. Le vieux mot berbère
est:

lazada,

Zemmour;

tazuda,

pi.

lizudiu, A. Ouirra
« vase

« vase en

bois

pour et

boire

»

laztida, A. Sadden ; azîdiu,

Figuig

en

bois

pour

la traite

»

tazugda

tazuda,

Rif;
Le
B.

lazîwa, A. B.
«

Zemmour;

tzîwa,

A. Seghr. ;
labagit,
:

dziwa, A. Warain, B. Snous;
tabiqit,

tajuait

petite marmite »

A. Isaffen.
appelé:

plat

à

couscous est encore ou

Zouaoua;
recherché

A.

Ndir;

tabqekt,

Iznacen,
nom

labeqsit,
»

Metmata, Zouaoua
»

ce plat est en est

bois
pour

et son nom

dérive de
ces

ibiqes,
i.

du

micocoulier

dont le bois

la fabrication de

plats, cf.

Boulifa,
:

p.

5 12.
«

Une forme âqsri.
berabers

jarre,
A.

cruchon pour

l'huile

ou

le beurre

» est commune

aux

parlers

Zemmour,
particulière

Ndir,

A.

Seghr.,
pour

A. Warain.
marocain.

2.
masc.
I"

Expression

aux

dialectes du Sud

On trouve
ustensile,

parfois

un

ikin. Parmi les

autres termes connus

dénommer
A.

cet

on relève:
20

asil

(wa)

A. Bou

Zemmour;
que

tasilt.

A.

Ndir,

Sadden;
» chez

tisil,

Ait Baâmran, tandis
durl
« marmite »

le

mot

désigne la

<c cruche

les

agdur, Izayan; Ntifa, Tazerwalt; tag-

Zemmour, Izayan;
en

laidurl, A.

Warain, Rif, B.
parlers

Iznacen. Le

mot est et

arabe

;

on

le trouve
comme en

berbère

avec

g

comme

dans les

ruraux et p.

bédouins

non avec
et

q

dans les

parlers citadins.

Cf.

Marcais, Tanger,

423.

Iberma

marmite

métal,

chaudron

A. Seghr.

et alberma,

Zemmour, berbérisation du
fond
percé

mot açabc auquel

l'article
en

est resté agghstiné. au

3. EJtoMet
dérive de
rions

est
«

terre, de forme tronc-conique,
».

sëksu,

.couscous

C'est.par
sisso,

ce-

dernier

mot que et

les Zemmour

de trous; le mot et les ksouest

de.Figuig lé. désignent;

cf.

A. Warain
se

A. Seghr. La forme ikineksu

partiçujyjjhè.

.ajti-.'VTialectes

chleuhs

;

elle

décompose:-

ikin,

«

marmite

„, et seksu.

:'

#

.;

'£,

<*6($,î

A.îrair, A.
:

sSeghr.

;

bûd, A.

Warain; bod,

B.

Iznacen;

syn.

.

allag,

Izayan,

:.icb.qem,

IgizouUVTlil;

(as»(«$A.
(tsenfel,

Isaffen.

.■7/'5-';Syn.

■âztëkJi^aîg)

Imeghran.

...

:%^,

■„:>•
...

3l\
tidëqit1, bol
atebsll, plat,
eu

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

terre.

Imus,

couteau.

assiette.

tàjin,

plat

creux

en

terre.

pQur je ^é.

lamëdlit1,

id.

agënja*, louche.

irukûtënn-wataj,
]e
thé.

ustensiles pour

lagënjaut'",
ttizzàlf\
ajenui
,

cuiller.

couteau.

Imëjrner, fourneau.
rrâbuz'

id.
poterie.

soufflet.

r. 2.

De idëqi, terre à
tamëllit, A. B.

Oulli,

Imeghran.

3. Connu dans tous les &, Le
dis forme A.

parlers sauf

les

touaregs

l'on trouve

une

forme temulat.

mot est signalé sous cet aspect

dans les

parlers apparentés

à la tachelhaii, tan

qu'une

tayënjait paraît

commune

Zemmour,
d'une

Warain,

A.
le

Seghr.,

B.

cuiller est encore appelée anse pour puiser

iasukalt,

aux parlers berabers et zénètes: A. Ndir, Iznacen, Figuig; tagenja-/ 1 et tagenjas t, Rif. La Touareg, diminutif de asukal ce vase en bois muni

employée chez

les B.

lait, le partager ou le verser » ; agurâr, expression rarement Iznacen, Zkara, B. Snous: Destaing, p. 85; tagjolt, tigjolt et

Kabylie, concurremment avec taguiidjait ; tagjolt apparaît dans le seul dia lecte Zouaoua; il a pu être rapporté à tagenja par métathèse de n devenu l et du j. Cf. Marcais, in Observations sur le dict, Beaussier », p. 46i. Quoique cette
tajgolt,
en

hypothèse
mot

soit

vraisemblable,

elle n'exclut

peut-

être

pas

la

suivante:

on

connaît

un

aglal et

taglalt, do
:

Touareg

avec,

le
ce

sens

de

plat

de bois

creux »,

mot que

l'on

peut rapprocher

aglal ou agûlal,

escargot, cauris,

coquillage

que

l'on trouve Rif le
qui

encore sous

les formes: bujeglal,

Aurès, jcglal,
rapport

en arabe

dialectal

et agiirar,

expliquerait agurar

des B. Iznacen. Un les

de

sémantique explique que

nom

du

coquillage

ait

pu

être donné à l'instrument

qui

l'a

remplacé.

On

sait que

les

Doukkala,
genre
en

les

Abda,

Chaouia^

se

servent aujourd'hui encore mot mhara qui corne pas

d'un

coquillage

du

des

patelles pour manger
se rapporte

leurs bouillies. Le
également à la
notre

le désigne (tamhart

Zouaoua, Aurès)

cuiller en

do fabrication locale
sans

ou européenne.

Bien qu'aventureuse,
peut

hypothèse
tagjolt
ou

n'est

fondement, la
»,
aussi

forme jeglal,
que

ce coquillage »

expliquer

tajgolt,
en

cuiller

bien

tagenja, d'autant

plus que cette

forme

est

inconnue

Kabylie. de bois
qui porte

Signalons que,
les
noms

pour remuer

les

suivants:
te

asgar,

A. Mzaï ;
» en

bouillies, on asrui, Tlit,

utilise un morceau

do

rui,

remuer; uffal, Ait à
et

Baâmran,
» et

d'où tujfall
est curieux
une
-

râtelier

à

cuillers

Zouaoua ; le

mot se rapporte

la férule

il

de

constater que chez

les A.

Baâmran,

l'objet

ainsi appelé soit constitué par

tige de

palme.

5. De
i

uzzal,
couteau

fer. Autres
pour

expressions:

tasdrit, A.

Warain,

A. Ndir,. A. Sadden

égorger »; iassalit, pi. tissulay, A. Ouirra; ahedmi, Figuig"; tahdmit, A. Seghr. ; Ihedmi, A. Warain. 6. Cf. Boulifa, p. 38 1, te terme- relatif formé dq Génois, poignard, couteau originaire
grand

do Gènes
7.

». qui ne

Le mot,

paraît pas

être d'origino arabe,

so présente

dans le

vocabulaire

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

35

tabla,
berbère
et

plateau en cuivre.

sinit,

plateau en cuivre.

sous

l'aspect d'un
en

vocable

étranger. On le
et non en

signale

dans les

parlers

arabes

berbères,

Algérie,

au

Maroc

Tunisie. La forme
Kabylie

simple rrâbuz est plus

fréquente

que

la forme berbérisée

turabuzl

signalée en

et sporadiquement

dans

les dialectes du Sud Marocain. D'une
manière

générale

au

Maroc,

le terme

paraît

s'appliquer
»

à

un petit soufflet

quel qu'en soit
soufïlet

le modèle; et, avec ce sens, il s'oppose à Ihir » qui désigne le gros du forgeron. Toutofois, avec des acceptions plus précises il est: le petit

soufflet

à

soupape

cntrc.deux cuisine et

d'importations européenne, planchettes triangulaires, et dont
mejmàr
»

constitué par une poche

de

cuir

disposée

on so sert pour activer

les fourneaux de de fabrication

les
en

pour

la

préparation

du thé ;

le

soufflet

indigène,
dans toute

forme de

petit

sac,

constitué par une

maintiennent rigides

sac,

est

largeur ; deux petites barres, les lèvres de l'ouverture. La tuyère, adaptée à l'autre fond du souvent dissimulée dans le sol et aboutit au foyer creuse dans le plancher. Ce
sa est utilisé par

outre, dont l'un des fonds est fendu munies de lanières servant de poignées,

soufflet

bijoutiers-orfèvres. A.
marché et

les fondeurs de cuivre, les ferblantiors, les rétameurs, et les Demnat, j'ai vu des Juifs, maréchaux-ferrants, installés au d'un
soufflet assez puissant constitué par un

faisant

usage cuivre

double

rrabuz.

Les fondeurs de
mot rrabuz, voir

des Amanouz
p.

(Sous)

en

utiliseraient un

semblable.

Sur le

Marcais. Tanger,
porte

307.
pays

Le

soufflet

du forgeron

en

berbère des
au

noms

les

plus

divers. Notons:
l'autre dérivés

hsudèt, B. Menacer, forme
de
sud,
souffler »

correspondante

touareg

tishad, l'un

et

forme factitive d'origine
Aurès. Le soufflet, dans

nominale : adu ce vent » ces régions consiste et
ce

igûslan,
deux

pi.

de :

agsul,

Zouaoua
fermés

et aux

en

cylindres

de
de

cuir

bouts

par

des disques de bois
tuyau
amène

disposés

parallèlement.

Au

centre

chaque

disque de devant d'une

un

l'air dans le foyer. Les deux disques de

derrière

sont munis

soupape et surmontés

de deux

poignées verticales parallèles.

Marius Vaclion». C'est

un soufflet absolument pareil qu'utilisent

les forgerons de
que

Rabat,
Une de

Meknès, Fès, Marrakech
désignant le
« soufflet
»

et est

qu'ils
un

nomment

kir. Remarquons
signifie ce nombre

le terme kabyle

pluriel; lïtt. il

les
de

grandes outres ».
parlers p. avec

forme dim. tagsult
outre

est

signalée
«

dans

un

grand

le

sens

à battre le beurre

thanut unad,

Metmata
anad,

(Destaing,
»

33o)

expression en
ce

bizarre, mot à mot cf. en Touareg : ined,
niâti

atelier
ce

de l'artisan »;

correspond

à lmcallem

arabe,

orfèvre, charpentier, forgeron
niât est

anod,
%

forgeron
».

»,

béni

(Algérie)
des

et

auinct

(Maroc)
». et

forge », tribus de forgerons

Demnat,
iiëluan,

ambulants, ailu ce
appelé

Ce

soufflet

également formé de deux
matières sèches
signifie

outres

pluriel

de:
est

sac en peau

destiné à

contenir

Le

même

instrument

tahanut,

chez

les A. W7arain. L'expression
Appliquée
au

atelier,

magasin et aussi

ballot du

colporteur ».

soufflet,

elle ne peut se comprendre que si

l'on

se rappelle qu'avant

de

marché en
plus

de devenir sédentaire, le forgeron a d'abord été ambulant allant marchc*cn transportant ses outils dans un ballot tahanut, et parmi eux,
comme

bizarre
c'est un
:

le

plus

indispensable

est

bien le
ce

soufflet
»

ifullan, Ime
doute tout
ce

ghran

;

pi.; le,

rapport avec

l'espagnol fuelle
voir un

soufflet

est sans

-fortuit.

Sur les

soufflets
».

algériens

article

de Van

Genncp

in

Etudes

d'ethnographie

algérienne

36

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Imoqràj, bouilloire.

asëkfel,
augra1,

vase pour

le lait.

Ibërrad, Ikàs, Ikisân,

théière.
verre.

ici.
cruchon. petite marmite.

âqëllus,
tatnëjjit,

lamëdlit n-ssokor,

sucrier.

lakunbrit,
azâllù.2,
'

vase plat.

Pour les liquides.
afilàl, jarre.

,

,.

.

,

vase pour
. .

les

ablutions.

tanàst

'*,
,

récipient

en cuivre.

tasëdelt,
tafëdna,

seau en métal.

agdur,

cruche.

chaudière.

lâqëllall,

id.
gargoulette.

talberràl,
ahëllàb,

talëbelât'', bouteille. id. tasëbril,
aiddid",
outre. outre pour

pot

à

eau.

aboqqàl,

cruchon.

tigiwil",

le beurre.

i.

Le mot, étudié
tagra
»

par

Marcais, Tanger,
parmi » en

245,

se présente avec une aire arabes:

d'emploi
terre
»

particulièrement vaste.

On trouve bois
tagra
et

les dialectes
chez

tagra

ce poêlon en

Tanger;
en

«

jatte

en

Oranie,
retrouve
n'est

les

ruraux et et «

terre

Constantine ;

« pot en cuivre'»

Bougie

bédouins ; dagra ce vase vase en terre » en Tunisie.
castillan. même

Le

mot existait

en andalou

se

en
pas

vieux portugais et en vieux

Toutefois l'origine berbère du terme
empruntée, la forme berbère

douteuse ; forme

comme

on

le voit,

s'est partout conservée revêt parfois une

intacte.
masculine : augra, ce
couscous-

sier
«

En berbère marocain, le mot A. Messat, Zemmour ;
» ».

aûgla,

pi.

aguldtën.

même
ce

sens, A.
peau

Ouirra
pour

;

aokra et

boisseau

grains
ce

Imeghran ; cf. en touareg agera et Le féminin se présente ainsi: tagra
A.

adjera

sac en

dattes

marmite

Id Ou Brahim ; taira
signifie:
».

couscoussier »

\ousi,

A. Warain. Au Tazerwalt tagra
à
gru
ce

«

bassin,
ce

plat,

ou

bol

».

Stummc le

ramène

réunir, glaner,
parlers

amasser

Dans

sens,

le Le

verbe est commun

à la

généralité

des

; cf.

agrao en

Rifain,

« assemblée ».

môme auteur rapporte

à

une même racine

bu-tagra,

nom

de la tortue dans les

parlers

du Sud.
2.

Syn.

aqvo.

A. Bou Oulli.

3. De

anas1, cui\re.

4. taleftât, A.
5. Réservée
au

Inouï;
de

lèbtâ, A. B. Oulli.

transport-dc
ses

l'eau;
a

c'est une peau

de bouc tannée la
suspend

el

goudronnée

à

l'intérieur,
piquets

pourvue

poils

l'extérieur;

on

sous

la tente à trois
sauf

fourchus A.

réunis

en

faisceau. Le

nom est commun

à tous les parlers,

les

touaregs

qui uliliscnKiiiaioiy.

On

note aiddid.

A.

Seghr.,

Warain;
noms

pi.

iisddtdën, A.

6. D'autres

lui

sont appliqués:

Tazerwalt, Sous, Tlit, Tafilalt; aiddid, Ouirra; agddkl. Zemmour, Ichqern. taksult, Tazerwalt; laksul, Izayan, Ichqern,
Aurès;
soufflet

Zemmour;
voir suprai

taisul. A. Sp«lir. ; cf. logeait, Salah ; taqqcssalt, Mctmata. La forme simple agsul désigne le «

taisait, A.
2'J

Warain;

tagessull, B.

du forgeron

»

lajnurl, A.

Seghr.;

kitJènnarL

A.

Ouirra;

tanuarl, Toureg. L'aire

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

87

iniflf\
n 1

entonnoir.

iasëllit,

corbeille. plateau.

tisuggwit*,
rour

les

,

>

céréales

1

et

j

i

la laine.

i

ahuzam,

M

)

corbeille

en

roseau

iskël**,
tazgaut2, tisist, taridlt,
couffin. panier.

)

dépourvue de fond.
pour

talëbirt, corbeille de la laine.

le lavage

id.

asgun*, corde, lien.

d'emploi du

mot est remarquablement

discontinue ;

sans

doute
du

un représentant

du

vieux

berbère ; doit,
par: mb

selon
et

toute vraisemblance, être

rapproché

rifain

tagemburt

ce cruche »

>

nn

n

; la forme

gembura

est

familière
p. 76.

en

arabe

dialectal de Fez
particulier

avec

lo

même

sens qu'en rifain.

Cf. Biarnay. Rif.
beurre de
».

andun,

à

Figuig,

dérive de
1.

ndu,

ce

être

battu,

infif, Zommour

et aslay,

est passé en arabe on relève en
1.

dialectal:

; anfif, A. Seghr., A. Warain, Figuig; le mot Mogador, Marrakech; doit être rapporté \\. ffi ce verser » ;
sti et asgcjji.

touareg: aseggaf
sous

Arabisé

la forme

zgau,

le

mot

figure dans le

vocabulaire

des

parlers arabes

citadins et

bédouins du Maroc

et parfois

d'Algérie (Bcaussier-Dolphin-Marçais). En
» Tazerwalt, Figuig, Rif; iazqaul, Warain, A. Seghr.; taziiaul. A. Ouirra ;

berbère

marocain on note: ce

azgau ce

grand couffin

forme dim.
taziaut, A,

petit

couffin

Figuig,

A.

Seghr;
fb.

tazziut,

Rif;

tazuait,

Zemmour;

tazziau/J, Temsamcn ; iizzuigt,

Aurès. 3. de
«

zwi,

:ugg,ri

ce

vanner en soufflant avec

la bouche

».

Le

mot s'applique au
c'est

van

ou au «j plateau plat et

rond, tressé
est

en

jonc,

alfa ou palmier-nain pi.

le

tbaq
iswi
gul,

arabe.

Son
»

aire

de dispersion
tisiit, A.

très

grande :

isuï,

isuan

ce van

»

A. Ouirra ;
tisag-

ce plateau

A,

Ndir;

Ouirra;

iissiit,

Aurès. Dans le

même sens

de

ce plateau »

on relève : andu,

Touareg; istiggwi, Ichqern; Rif, A. Seghr.
au

;

tan-

dui, A. Bou Zemmour. [\. Et aussi iskni. Ntifa
l'aire à battre d'où
».

ce

grande

corbeille

utilisée

transport

des

gerbes

sur

Avec

ce sens on note :
«

isgeni, Imcttougan, Tafilalt; isyèni, A. Ouirra;
gerbes en se servant

un verbe sgen,

Ntifa,

transporter des

de

cet
ce

instrument

».

La

chute

du k

ou

du g
tressé

amène

les formes

suivantes :

isni,

Zouaoua,
est un

grand panier
couffin »

à

fond large

et plat

en alfa ou en roseau

», le dim. Usait

ce

tisnil,

ce corbeille »

Ouargla;
du jardin

tiznil et
et

tisnit,

ce
«

corbeille »

aux

travaux
au

des fogara

Tazerwalt; tisenil, Touareg; isin, A. Seghr. ce
»

ce panier servant

grande

corbeille

servant,

transport
■•

des

céréales ».

d'où asqen, « corde attacher 5. De qqen Zemmour, Izayan; [asqunt, A. Ouirra; le q provient d'un g primitif qui réapparaît dans: igan, Ouargla; asgun, Izayan, Ichqern, B. Iznacen, Zkara, Rif. Ces expressions désignent la corde tressée
avec

des fibres do
expression

palmier-nain

ou

d'alfa. Une
y.âvva6n;.

corde

en chanvre

est

appelée

Iqînëb,
corde
pal-

Ntifa,

identifiée
se

au grec:

Cf.

Marcais, Tanger,
l_azra, Rif. Une

433. Une

en poil

de

chèvre

dit tasuka, B. Salah

et

tasiîqa, Timgissin. La

cordelette en expression

mifer-nain pour coudre

les

grosses

tresses

s'appelle :

tinelli

38

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

izikër^,

corde,

lien.

tayfe/'sa^couvertureeuropéenne.

tausatt,
abiàc

oreiller. coussin.

Pour le

couchage.

,

tasumta,
tissi*2, lit.
agertil*,
natte. paillasson.

id. id.
claie.

aulkG,

tigelgelt,
ssndùq,

amessuy*,

coffre. coffret.

tazerbit*,
lons

tapis. tapis

tarëbicat, formé de hail

bu-isermâd,
ahendir, aharsis,

cousus. couverture.

Pour l'éclairage.

id.

Iqândil, lampe.

apparaît

au

désignent
i.

uno corde

Mzab, Ouargla, Dj. Nefousa. Sous l'appellation do ajnpkris, les Ntifa faite de feuilles do palmier-nain lices bout à bout.
caractéristique

Quoique
le

des

parlers

du

sud-marocain qui

l'utilisent à la
izakârën les

place

de

asgun,

mot apparaît sporadiquement

dans

quelques

dialectes berabers

et zenètes. cf.
ce

Lizikert,

Zouaoua;

zuker,

dj. Nofou sa ; issert,
qui vont

Mzab;
pour

Le

pi.

cordes »

est employé par rent
•j.

les

Chleuhs,
corde :

tète nue,

désigner les Arabes

qui entou

leur tôto d'une

Ihit.
en

De

ssu,

ce

mot:

tausil

se

étendre », le mot est partout connu; rapporte à « la natto de repos ».

touareg,

un

dérive du

mémo

3. Tous les parlers, hormis les touaregs d'eux

utilisent ce

mot; toutefois la

gutturale est

sotimisc aux modifications conformos aux caractéristiques
.

du

consonanlismo

de

chacun

agertil,

Tazerwalt, Sous, Tafilalt ;
grande natte
en

agertil,
et

Izayan,
en alfa
»

Seghrouchen;
airtil,

ajertil,

laine

Zemmour ; ajertil, A. B. Iznacen, B. Snous;

A. Ouirra ; ajartir, Rif. Les Berabers et en particulier les Izayan et les Ichqern fabriquent des nattes tressées avec de la laino teinte en ronge ; ils leur donnent des
noms

différents
;

selon
ce

les

modèles ot

les ornements,
ce

ainsi:

agertil

bu-iberdan,

e

natte

rayée »

amdelles

natte rouge »

; larâhalt

natte

de

repos »

; iahàlast waruy

ce natto

en alfa ».

l\. Cf.

amessti, ce natte usagée »

A.

Ndir,

Zemmour.

5. Syn.; tahâlast

tapis

»

A.

Warain,
à
ce

A. Seghr. la

ot

natte

B. Iznacen de la

et

B.

Snous.
6. Comme
des grains,
abiàc,

le

mot

s'applique

petite outre

l'on

serre

farine,
tient
.

en général

toutes

matières sèches ».

Remplie do

son ou

de loques,

elle

lieu do drogues

coussin ou

et ses

d'oroillcr. La femmo y enformo dans des noucts ses parfums, ses objets do paruro. Los formes suivantes sont à signaler: awulk, Ntifa,

Tazerwalt; taulikt, pi. tiwtlkin, A. ïsaflr-n ; lo cnrrrspondant beraber ou zonèle est: tailut, A. Warain, A. Soghr. ; fnluii, Zemmour; airu ce mzoued » Rif; cf. ailu, Che noua; tailut, Ouargla, otc. Syn. nljrid, A. Ndir, Izayan, Ichqern, A Mjild, A. Bou Zemmour, A. Ouirra, A. Khcbbach, A. Seghr.
.

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

39
du lavoir.

tiftill,

mèche.

aseggu"erd'',

pierre

asidd1, lumière. aggu}, fumée.

asakum1, battoir.

lagigàst",
nifères.

plante

à

racines

sapo-

Ifnàr,

lanterne.

tasum'at, bougie.

tazgunt, sur la
et

coussinet

que

l'on

met

tète

pour

porter

des

Pour

nettoyer

laver.

objets.

Imegsel,

cuvette.

Pour

coudre.

lasemml3, balai. aras'', balayures.

lasmï9,

petite aiguille

aiguille.

iniskel',
1.
■a.

id,.

isgënï,
ch. vi.

à

chouari.

Mot

étudié,
Id.
semm ce

3. De
et.

balayer

».

De

ars «'balayer ». est

5. Le terme
rameaux

particulier
:

aux

A. Bou Oulli.

Ceux-ci balaient

au

moyen

de

feuillus d'arbustes
:

ifssï, izrl, izdzgl.
rincer »

6. Syn.
7.

aslilï,
<e

de

slil,

Izayan ; Imsàbën, AL. Seghr.

de kam,

battre,
et

piler ».

8. Le Le

mot so rapporte

à

une

saponaire,

probablement

de la
p.

variété

dite

:

sapanaria

vacaria. cf.

Bel

Ricard: Le travail delà laine à
aux

g.

mot

est particulier
»

dialectes du

Tlemcen, Sud, dits de
; il
ne

26.
et

la taselhait,

doit être
touaregs.

rapporté

à

azmi ce coudre

verbe actuellement relevé
effilé

dans les

seuls parlers

Le

mot renferme

l'idée d'objet jonc
».

et

pointu

paraît pas

invraisemblable
verbe ce

d'y
»

,

rapporter :

azemmay

Dans la

généralité

des parlers, le

coudre

dérive d'une
gni,

autre racine: GN, d'où: gnu, Ntifa, Tazerwalt, Sous, Tamegrout, etc. ; Ouargla, Dj. Nefousa; jni, A. Seghr.; de cette racine dérivent des termes se

rapportant
chouari »

à la

couture,

comme

le

ce

fil

» :

asegnu,

Zouaoua;
;
ce

et ce

la

grosse aiguille,

à

isgëni:
ce

Demnat, Zouaoua; isigni, Tcmsaman
petite aiguille »
signaler

isgni, Rif; la forme diminu
piquant

tive

désigne

la

tisegnil, Zouaoua

aiguille,

de

porc-épic »

;

Metmata, dans lesquelles la racine GN apparaît allongée d'un F. Le G s'affaiblissant en I, les grosse aiguille A. Seghr.; isïn, même sens, formes suivantes sont à noter: issîni Ouargla; asinëf, Bcttiwa ce aiguille à matelas »; lissinëfl, B-. Iznacen, Zkara, B. Snous

tisignit, Ouargla. A

d'autres formes tisgneft,

Rif;

tissedjnift,

ce

ce petite aiguille ».

La B.

grosse aiguille

à

chouari en

fer

ou en

bois

est

encore

appelée:

tissubla.

Zkara,

Salah, Aurès;
verbe:

lisubla,

Ouargla;

tesubla, Dj.

Nefousa, Touareg;
pluriel qui

lisubna, Mzab. Le
rapporté

mot est curieux

du fait

qu'il présente

l'aspect d'un féminin

; doit être

à

un

senbel

coudre

chez

les B. Snous

ignore le dérivé tissubla,

pour

désigner l'aiguille. L'expression: lasârult
appartient au vocabulaire

des A.

Sadden,

et

A.

Warain;

on

4o tit', le
tuzlin,
chas

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

d'une

aiguille.

après et

le

tissage

d'un

vêtement

ciseaux.

dont

on se sert pour coudre.

igrisën, fils de laine

qui restent

AZERG*

Dàrnag, dag ur-illï
tzdà gis;

tëlla tgëmmï

g-illa

uzreg ;

lêlla lada

g-ur-illï.

Tigëmmï

uzreg, da-tudu tmlùl dar
ur-t-lufi

waddjar-ns

;

ig

tufa

zerg isola,

ig

isola,

tëddu

s-tgëmmï

iâdnin.

Azerg, Ma g-ddau usqif, lama n-takàl; gezn-as ian uhfur manig itzga, aur-iddu mkàd uala mkàd, mseln-t, nn^dn-as ddur manig
ilâr
uggern.

Azéri;,
Ur kullu

sin atgan:

ar-in-it'adal

iàn n-uzëddir, iàn n-ufëlla; kùnunnin, dnin ; igbu-ln sg-wammas. Im'allëm, ar-in-isflai sg-iàn
ûdëm,'

gin

ian,

Ma uhater,

Ma

umëzzian

; ahater,

atig-ëns

tariâlt,
asin-d

umma amëzzian mnàsa. n-uzëddir

igûba; skern-as tamernut n-ûuzzàl g-wammas ; iâdnin n-ufëlla, sguddemën-t fellas, igûba ula nia sgazreg wammas, tagëbbiul-ag illan g-uzreg n-ufella ar-as-tinin tit n-uzreg,
tmernut.

Azreg

ar-sgis-taùgg°a

Da

taïïwin
tasi

sin

ikuina,

tasi

iàn gisën,
sg-tainnil

tseksem-t

inger tmernut ian
uzru

d-uzreg,

wayàd, lseksem-l
ar-iss-ikàt

iâdnin;
d-zgan
Mkan
tsers-t

latiwi

ism-ëns tamummut,

ikuina

ar-

Azreg

n-ufëlla, Ma dàrs

udgar manigas

itïlï

usuktï.

Ira tmtût atzdà,

da-taùwi timzin ng irdën
taûwi

g-tsuggwit

n-tznirt,
tzzel

g-tama

n-uzerg ;

kra

n-ubiac

mafa-tgawar,
sg-lainnit-àd

idar-ns d-ëddur n-uzreg, iàn sg-tainnit-àd, iàn
asuktî

; tamz

s-uzelmâd, tasi timzin

s-ufasi.

Ig ira tsnegd aggi/rn,
ibrin,
le
ar-tscatù

ar-tgar

timzin gir

imiq
chez

s-imiq ;

ig

ira tbri

taguli ;

mkàn

trouve tsarut,

les A.

Soghr.,
à

litt.

ce

clef

»,

correspondant arabe est

Imèfliih.

berbcrisé

sous

la forme [almèftdht, A, Sadden.
sont
seuls

Les Touaregs
ce

connaître un

terme

:

slanfus,
sked,

à

élymologie-

inconnue. Aurès
:

Enfiler

une

aiguille

so

dit

nu',

Ntifa,

Zouaoua ;

A. Seghr. ;

sidèj.

f.f. de
i. 2.

adèf, entrer.

hanufigl, Chenoua.
Texte
non

traduit.

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

l\ I
asuktï

Igra taguli n-tomzin, tbeddël
ar-iss-tzàd ar-da-isà'uru

afus-ëns

azelmâd, tamz

s-ufusî,

uzres, S-ur sul sis

llint tomzin,

tamz a fus

n-uzreg
ar-ilàr

s-uzelmâil, tasi timzin tsgel

i-uzreg,

ar-itàr aggurn

g-ddur,
izid.

hia f-iddrën
tsus

n-tmgart

; mkannag
ar-tsmunu

atskar

ar-d-ikemmël

Mkàn tkemmël,

idarën-ns,

g-tsurjaggurn, fammer-t

g"it, tsfod tamawin n-uzreg d-cddur s-taddill usertil ibbin né usuari ibbin, tëdl-iss azretr iidàn.

n-izimër,
a

tasi-d

iàn

fada

aur-t-ëllegen

Taûwi-d tallunt, tazësaut, tfp
"au/, tsus

assum

da illan

"-tsusifit

s-lazë-

lisuii!l'°it,

tzzel

idarën-ns,

tsers tisin.r'r'"i/

insràtsën,

tsers
urau

tazësaut
n-uggum
is-iàt

llora nag

n-udar-ns, tsers tallunt ammas n-lsugswit, lasï
sin,

teg-t

g-tallunt

ar-tsifif ibrin d-illdmën da-in-lffî
tazësaut,
naà sin,

tazëisa ut

iâdnin,

tsmun agiiurn, tsus
urau

tffî, gis assurn,

ar-tsaltï ss-tazesaut
<ir-tzugJ'î

das ëllan ibrin

tffi-t s-tsusif"it,

; illdmën

ar-tàrën

g-uakdl, ibrin-an tsfâ sg-illdmën, tffi-tn

g-udgar

iâdnin; mkannag atskar ar-ikemmël azuay n-ibrin. Aggurn, da sgis t'ajan agrum nag sgis tflël seksu ; ibrin,
tffi-in g-tzlàft, tross-in s-uamàn, tsmas-in
g-tsëksut.

da-in-

taûwi,
tgar-in
lasï

s-afus

ar-in-thlâd

Illdmën, da-in-tsmunu
tasï sin

,

mkàn san

imëklï ng

imensï,
thâld-

tazlâft,

ig 'alan.iiddn,
tffi-t
s-imî

uraun

nag krail,
i-iidân
: a

tga-tn g-tzlàft,

tasî-d urau n-uggum,

f-illâmën

tffî imergan g-illdmën,

in,

tsûfëg tazldfl
tasï

n-tgemmî ar-tâqra

aj ! aj !

aj!

»

ar-d-munn,
asn-tâttù

tummaz, ku-d-iàn

tsers-as g-mnid-as g-wakàl,

ar-

;

ku iàn is Ihâqq-ëns.

LE

MOULIN

Au
thique
se

sujet
est

de

son

étymologie.

Le
en

moulin

de l'époque de

néoli

le

seul

qui

soit encore

usage

chez nom

les Touaregs. Il
tahunt
plus
» sur

compose

d'une

pierre

large

et plaie

du

laquelle

on

broie le
azed
«

grain

à l'aide d'une
»,
que

autre

pierre

petite,

« azz-ed », mier

de

moudre

l'on tient à la
simplement

main. pierre
>

Le

pre

de

ces

termes tahunt
».

signifie

«

et par

extension

« meule

Sous des formes à
grand
nombre

peine

modifiées,

il figure

dans le

vocabulaire

d'un

de

parlers,

en particulier

l\1
dans les dans la

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

parlers chleuhs : awwùn région celui

et son

diminutif tawwûnt,
de
«

connu et par

de Demnat
«

avec
»,

le

sens en et

pierre

extension

d'enclume

comme

Touareg.

Le

redou

blement du
walt,

w donnant^, on note : aggun Irahhaln, A. Isaffen, Ida Gounidif.

taggunt,

pierre,

Tazer

Les Berbères
grossier.

marocains

font

usage

d'un

instrument
des deux
sud

moins

Deux noms, d'ailleurs

caractéristiques

grands
connaît

groupements
ee

de le

parlers,
et

servent centre ce

à le désigner: le
tasirt
»

azerg v, On peut

et

nord

le

et ses variantes.

considérer

azerg
en

comme un

le

renforcement

de l'a

g

constitue,

dérivé de azru, ce pierre » ; comme l'on sait, un phé
phonétique

nomène

fréquemment
izergan
ou

constaté

dans la

berbère. Le

pluriel est

izergwan.
:

Sporadiquement, le

mot est employé

par quelques et

Berabers
c<

les Aith Ouirra
».

par exemple ont «

azerg

»

les A. Ndir
«

azriy

La forme diminutive
•■

tazergt

s'applique se au

aussi

à la

meule

du forgeron
métallurgie

Ntifa. Chez les
cuivre,
»

Amanouz,
se

trouve
<c

localisée la
obtenu

du

tazergt

rapporte

lingot

par

la fonte du

minerai

(Tazalakht) ;
seule

le

terme

devient tazelkt, pi. tizerg"in à Izerbi. En plus d'une raison de sémantique à
rapprochement entre que

elle

suffisante,

le

font de

ce

azreg dernier terme

et azru se

justifie

encore par pour

l'emploi

quelques

Berbères

désigner la
les
mon

meule

de leur de Blida

moulin.

Ainsi les Béni Salah établis

clans

tagnes
((

utilisent « azru » et n'a

tazrul ».

D'ailleurs, azerg
est

leurs voisins, les Béni Messâoud pris le sens de moulin que par dit
:

extension

puisqu'il
c meule

couramment

azerg

n-ufella,

qu'il

faut infé

traduire
rieure »

:

supérieure »

;

et

azerg n-uzeddir, désigner la
sous chez

« meule

(Ntifa).
mot
ce

L'emploi du
réservé chez

pierre

»

pour

meule

est

encore

les

montagnards par

du Chenoua
» et

la forme

huqay,

litt.

«

les
qui

pierres

excellence

aussi

les ksouriens de
»

Figuig
«

disent ilsi n-uaddai,
».

ce meule

inférieure
de \'s

;

et

ilsi n-ënnej,

meule

supérieure

Par la

métathèse

et

être

rapproché

de

isli,

mot connu une

de la

plupart

de 17, ilsi doit des parlers maro
une

cains où

il désigne tantôt
senlier

pierre, ;

un

rocher,

berge

escar

pée

ou

un

caillouteux

dans le
avec

vocabulaire sens

la forme iselli, pi. iselliun figure des Berabers : Zemmour, A. Ndir, Izavan, etc..
v

le

de

caillou.

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

43
est

Une
agoref,

autre appellation particulièrement
«

fréquente

la

suivante :

Ida Oukensous ; agrof Ait Baâmran ; agraf, Zemmour ; agerf, A. Seghrouchen ; igref amajjir, a meule supérieure », igref ', « meule inférieure », A.
meule

»,

Sous, Indouzal,

amazdar'

Ouirra ; guref uadda et guref uafella, A. Warain ; garef, Metmata. L'aire d'extension de cette forme dépasse le Maroc. En effet, les Kabyles du Djurdjura les Béni Messâoud
grain

connaissent
par

agarëf,
ce mot

<e

meule

»

; tandis

que

entendent meule ». pi.

ce

le

trou

par

lequel le

tombe
se

sous

la

Si l'on

ajoute

qu'à

Timgissin

(Tlit)

la

meule

dit

:

igerfël,

avec

agerf ou
en

igerf est
présence

igërfliun, mot dont la ressemblance frappante, on peut se demander si l'on ne
plus complète et plus ancienne

se

trouve

d'une forme

que

la

précédente.

Il

n'apparait pas

en

tout

cas que

l'on doive la

rapporter

à
<(

une

racine

arabe.
te moulin

Quant à

lasirt »,

autre appellation réservée au
suivantes

», on

la trouve localisée dans les tribus
peine

sous

des formes à

B.

modifiées: lasirt, A. Seghrouchen, A. Warain, Rif; tassirl, Znacen, Metmata; tissirt, Zemmour, Izayan, A. Ouirra; et en dehors du Maroc: lasirt, Zouaoua, B. Menacer, Chenoua, Aurès ; tasirt, Sened, Ouargla, Mzab; tisirt, Dj. Nefousa. Notons que dans ces trois derniers dialectes, le mot s'applique plus particu

lièrement à
ne permet
supposer

«

la

meule »
son

; et,

comme

actuellement aucune

donnée
de lui Le

d'établir

étymologie, il

paraît vraisemblable sens

à l'origine,

comme pour se

azreg, le
en

de

«

pierre ».

mot,

d'ailleurs fort
alemsir,

ancien,

retrouve

composition

dans l'ex
pour
».

pression

« moulin région se

»,

litt.

«

formée de ilem, peau » et de sir, la peau sur laquelle tombe la farinje

asir,

Dans la

de Demnat
à la

le
»

moulin

est appelé

azreg,

le

mot alemsir

rapporte

« maie

du

moulin

à huile

ainsi qu'à

la

partie

du

moulin

à

eau

s accumule

la

mouture.

Types de
plus

moulins.

A

.l'exception

du

moulin un

touareg

signalé

haut, il

existe
par

dans toute la Berbérie deux
petites
meules

modèle unique
placées

bien
sur

connu

constitué

rondes

l'une

l'autre. L'une
qui sert

d'elles, la

supérieure, a
au

son centre percé et

d'un trou
au
pivot

à la fois de

passage

grain

de logement à

autour

duquel

elle se meut. et

Des

modifications parfois

ingénieuses,
signaler :

intéressant la disposition

la forme de

ce pivot, sont

44
Le
chez modèle

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

le

plus

simple

et aussi

le

plus en

répandu est en usage

les

Zemmour

(fig.

18).

L'axe

bois
et

agum.

cf.

A. Seghrouchen
est une

yum, A.

jum, Warain,
;
ou

fixé dans la
poignée,

meule

inférieure

afus

n-tsirt

fus
mise

n-tsirt, A.
en

Warain, facilite la
de l'appareil.

marche

Dans

la fait

région

r^~)
Fie.
18.

usage

de Demnat, où il est d'un instrument moins
le
pivot,
en

rucli-

mentaire,
:

fer,

est

formé

Meulin à bras type Zemmour.

de deux
s'emboîte

pièces

,.

dont l'une, mobile, dans l'autre comme l'in
ci-contre

dique le
Grâce à Un
autre

croquis est

(fig.

19).

cette

disposition,
chevilles qu'elles
per vo

l'appareil
est

d'un

maniement au

facile.
par

perfectionnement

encore en

apporté

système

l'emploi de deux
côté

taillées

biseau

et placées

de

chaque

de

l'axe

consolident.

Elles

mettent

d'obtenir à
mouture

lonté
ou en

une

plus

moins

fine ; il suffit,
enfoncer

effet,
ou

de les
moins

plus

avec une

petite pierre cet usage et

réservée

à
Fie.
1, moule

appelée taréduire
19.

mummut,
ou
,
.

pour

Moulin

:

type

Demnat.

augmenter

l'écart
les

laisse

libre
meules

entre

deux
pant,

;

en

frap
supé

azerg n-uzeddir, établie dans une petite excavation. 2, meule volante, azerg n-ufella, 3, ddur, rainure dans laquelle s'amasse la moulure. l\, tamernul, pivot en fer. 5, akainu,
— — —

inférieure,

cheville.

la
(m

6,

tU n-uzerg,

ceillard.

7,

asukti,

meule

manivelle.

rieure

s'alourdit »
«

izzay,
la
tbri.

et

la femme
<c

écrase
»,

»

meule

s'allège

ifsas,
à

et

Isnegd; au contraire, en les relevant, la femme « moud grossièrement »

Dans

l'Extrême-Sud,
encore,
amène

Timgissin,
suppression
un

un

perfectionnement
central.

plus

ingénieux de la

la

de l'axe
pivot

Au

milieu

meule gisante est

encastre-

court

llulëb dont l'extré
une pièce

mité se

loge dans

un

trou lalhalemt

percé

dans

de bois

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

4 F»
appli

ou

de fer

appelée

quée askti

contre
permet

tisaft (fig. 20) qui se trouve elle-même la face interne de la meule volante. Une poignée

la

mise ce

en

mouvement

de

l'appareil. Dans

moulin,

comme

d'ail

leurs dans
meules
en

tous

les autres, les faces des
ne
sont sur ni

contact

lisses

ni

polies,
surface

mais

présentent

toute

leur
au

de légères

aspérités obtenues une

marteau.
nure

La farine tombe dans
établie
tout

rai

asttti,

autour

de

la
Fig.
20.

meule

inférieure.
nom grand

Sous le dans Sous:
Ida
un
A."

de tadohant, nombre de

on

utilise

Moulin Timgissin.

:

type

tribus

du lante
au

Face interne de la meule vo montrant la tisaft, percée
milieu

douzal, daln, A. Imoussaoul
moulin

Isaffen, Ida Oukensous, InOuzikri, A. Oumanouz, Isementre

d'un
se

trou

appelé court

talhatemt
pivot

loge le

llâléb.

autres,

un meules

de

plus et

grandes

dimensions dont les
de diamètre.
son

mesurent

jusqu'à 4o L'axe
en

60

centimètres

métal

repose,
petite

par

extrémité

inférieure, dans
une plaque meule
en

une

cavité
au

pratiquée

dans

de fer
;
puis croix

encastrée passe

centre

de la

gisante

dans

un

dispositif
contre

forme

de

(fig. 21)

appliqué

la face interne de la
émerge

meule volante

;

son extrémité supérieure


Fig.
21.

quelques
«

centimètres au-dessus

du

niveau un

de

l'œillard
Tadohant.
sitif

lit

»

et

s'emmanche

par
ce

dispo-_
»,

spécial

dans

une

manivelle

asukti

Face interne de la
meule volante.

longue

et munie

d'une

double.
des

poignée.

Ce

qui

distingue

cet appareil

précédents

c'est que pivot qui

le

mouvement

de

rotation

est

transmis
volante.

directement
L'opérateur

au
n'a

entraîne

avec

lui la de

meule

d'ailleurs
des

nullement

besoin
en

se

déplacer, il
sur

manœuvre un

la

poignée

deux

mains

lui imprimant
chassée

place

simple

mouvement.

circulaire.

La farine,
vers
«

par

la force
tombe »,

centrifuge une

du

centre appelée une

des
«

meules

la la

circonférence,
rivière

dans

rigole

asif uzerg »,

du1 moulin

puis

s'accumule

dans

cruche.

On

sait

que

les Berbères font

usage

de

moulins

à

eau

appelés

liQi
selon

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

les

régions

«

azerg

n-uaman

», Ntifa

ou

.■

lasirt

uaman

i

Rif.
pre-

Les A. Ouirra

qui

connaissent

les deux
,

mots
.

appliquent

le

mier

ce

petit moulin

azreg », au à bras et
lisirt
» au

le

second «

moulin

a eau.

ADemnat, les mou
lins
particulièrement

nombreux

(on

en

compte

une sont

cinquan

taine)
dans
Fig.
agarèf izdar,
meule volante.

établis

les jardins, le

22.

Tadohant.

long
a, agaref ufella,

des

rigoles

qui

meule

gisante.

amènent

l'eau

d'irri-

3,

tamenrul,

pivot.

4,

asukii,

mam-

vellc.

_

5,

asif

azerg. rigole où s'amasse

le

mouture.

S

„atjon

dérivée,
de 1
en

très
oued

6,

cruche.

en

amont,

Mahccr.
quelques-uns

Il
et

existe

à Bezou

sur

les bords de l'oued

elcabid

même

à

Tanant.

Une faible
suffit

chute

d'eau,

qu'il

est

toujours

facile

de

provoquer,
pour ment.

d'ailleurs
en
mouve

les

mettre

La

petite

construction gé

néralement

bâtie d'eau

au-dessus comprend

d'un

cours

deux
la

parties

établies

l'une

au-dessus

partie

de l'autre; dans basse est logé

le

mécanisme;

l'autre,

qui

constitue ment

le

moulin

propre

dit,

est

séparée un

de la
Fig.
23.

précédente

par

plancher

Aferdu

:

roue

à

palcttos.

en

terre

battue

qui

sup
conduit

amajjar, conduit.

2,

izdi,

arbre moteur.

porte

les deux

meules. par un
ec
amajjar »

L'eau

amenée

tombe

d'une hauteur de 4o
cen

qui varie entre un et

deux

mètres sur une roue « a/ërdu »

timètres
chettes

de diamètre, munie d'ailettes « Usât », en l'espèce, des plan établies comme le montre la figure 23 en éventail et à 4-">

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

tr
«

degrés. L'appareil
une son

est mobile sur un arbre moteur vertical

izdî »,

dont l'extrémité inférieure
poutre
autre

tourne

dans
au

une

cavité

ménagée

dans

allongée

horizontalement
traversant

fond de la

construction;

e\trémité

le

plancher s'engage

dans la

meule

supérieure

qu'elle

entraîne au

dans
moyen

son

mouvement
pièce

d'une

de

fer
mas

solidement
sif

fixée dans le

de la

meule

(fig.

24).

Le
une

grain

est

versé

dans
Fig. Meules du
à

trémie

« ariâl »

(fig. 25),
en pal
24.

sorte

d'auge

carrée

moulin

eau.

mier-nain, large par le haut, étroite par le bas et maintenue

au

plafond

par
ce

des

cordes.

Au-

dessous de la
gulaire et

trémie

est

fixé

un conduit en

légèrement incliné, par l'œillard

Iqendil », rectan lequel le grain se déverse dans
bois
«

fit

»

et

descend les

entre

l'intervalle
meules où

qui

sépare

deux

il

est

broyé. Un
lui

petit mé un que

canisme

(fig. 26) de

imprime

mouvement régulier

d'oscillation à

le
ou

meunier règle

manière

ralentir

à

accélérer ce

la descente du
qui

grain.
un

C'est

mécanisme

produit nom

bruit de tic-tac,
ce

d'où

son

de

taqerqâul

» qui est une onomatopée. côtés

Sur
Fig.

un
une

des

de l'appareil
«

est

fixée
25.

perche munie

Iqâima

»

ou
qui

Aritil,

trémie

avec

son

auget.

«

sârï

»,

d'un dispositif fine.
de la

permet

de

modifier

l'écartement des

meules

et

d'obtenir la
»

une

mouture
moulin

plus

ou

moins

On
ou «

arrête

marche

du

à l'aide d'une
vanne.

planchette ce rgad »
manœuvrer

Imsgen

qui

joue le

rôle

de

Il

suffit

de

quelque et

vingt centimètres pour elle

que,

«'interposant entre

l'aferun

dou

le

conduit,

détourne l'eau
ruisseau.

qui

va

se

perdre

dans

canal

d'évacuation
apporte

ou

dans le
grain

Chacun

son

au

moulin,
en

surtout

au

moment

des

fêtes

et

des mariages,

et

le

moud

présence

du

meunier

assis

'S
dont
à
tout

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

le

rôle

consiste

à

surveiller

la

marche

de l'appareil

et

prélever un salaire

équivalant

au

dixième de la

mouture.

<0mm^mmmm^mmmm.

Fig.
1,
moule

26.

Coupe de l'aiiget

près

de la

chute

du

grain

dans l'œillard.

3, ariàl, trémie. 4, Iqcndil, auget. 2, lit, œillard. Une corde izîkèr^Çi s'enroule 5, algamu, arcen bois d'olivier fixé sur la trémie. à la fois sur Yalgamu et une cheville izdi 7 ; une de ses extrémités porte un poids Imizàn 8. Ce dispositif permet de relever ou d'abaisser l'auget. 9, taqerqàut, qui imprime au dispositif précédent un mouvement d'oscillation qui règle la chute du
volante.
— —

grain.

Superstitions le
moulin

relatives vieille

au

moulin. pour

L'usage

est et

de les

recouvrir

d'une

natte

que

les

chiens

chats

ne

(Ntifa) (Tafilalt) ou que les rats, serpents et vers n'y trouvent un abri (Imesfiwan) ou encore qu'une voisine envieuse n y jette du poison
ou que poules ne souillent
ordures

le lèchent

les

le

de leurs

(Mtougga). Cette
amplement,
peut œil.

pratique que aussi

des

raisons

de

propreté expliquent

avoir pour objet

de

protéger

l'instrument

du

mauvais

Ce

sont uniquement

les femmes

qui se

livrent

au

travail

pénible

de moudre, le matin, souvent très tôt, à l'aurore ou au chant du coq, ig igra ufullus (Imesfiwan). La mouture faite à cette heure
matinale

possède,
on

dit-on,

une

baraka

».

En général,
moulin

s'arrange

de

manière

à

ne

pas

emprunter

un

après

V'aser. Chez les Mtougga,
et

on

ne

moud qui

pas

entre

lizuarn
outre

(midi)

lukzin

(trois heures). La femme
bras
s'enfler au point

passerait
pou-

la

coutume

verrait son

de

ne plus

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

49
on prononce :

voir s'en servir pour moudre.

En

se mettant au

travail
ou

la formule
nzwar

connue :

bismillah le

rrahman

urahim,

bien

bismillah

d-rbbi.
ne moud pas mercredi et

Oiï

le lundi

chez

les O. Yahya ;

ou

le

vendredi et

le

mercredi chez patron

les

Mtougga,

ainsi en aurait

décidé
s'obsti

Sidi Bel "Àbbès, le
nerait

de Marrakech. La femme

qui

à

moudre

possédée par
son péché

jours deviendrait folle ; elle serait les djenouns qui fréquentent les abords du moulin;
un ces

de

serait si

grand

qu'aucun

exorcisme ou

sacrifice ne sau

rait

ia délivrer.
cesse

On

de

moudre

quand

rentrent

les troupeaux,
ou

sinon

les
qui

bêtes

périraient

(O. Yahya). Pendant les deux

trois

jours

suivent

la

naissance

moulin,

car

le

«

foie de la jument
paysans

d'un poulain, il importe de ne pas toucher se dessécherait » (O. Yahya),
mtouggis,
sous au

au
ou

bien, disent les
L'usage l'oeil du
est

et son petit succomberaient partout ou un

les

coups

bruit des meules, la jument des djenouns.
quelques
abords

répandu peu

de laisser
aux

grains

dans

moulin

de farine
ce

;

cela

constitue moulin

Vimensi n-uzreg, littéralement le
mange comme

souper

du

moulin ». s'il un

Le

nous,

prétendent moudre.

pas,

il

ne pourrait pas

les O. Yahya; A-t-on jamais vu
la

ne

mangeait

moulin vide?

dit

un

Mtouggi

avec

indignation.
première
provenant chargés

Quand
tout

on utilise un moulin neuf pour puis quelques que

fois,
des

on moud

d'abord du sel,
moisson,

grains

prémices

de la

grains

l'on

sait

être

de baraka. La

coutume est obtenue

d'introduire

une

pincée

de la

première mouture ainsi

dans la bouche de
«

quelques chèvres en ayant soin

de

pro

noncer ces mots :

béni!
sur

»

Ce

qu'il et

reste

at-igg de farine
plancher
et

rbbi

d-ambarki ! Que Dieu fasse
est mélangé

qu'il soit

à de l'eau

et répandu

les

murs

le

les du

sabots

de la jument

de la cuisine; on en jette aussi sous sur la croupe de la vache laitière
première poignée

(Mtougga). Au
sel et

Tafilalt,

à la

de

grains

on

mêle

des feuilles d'une
répandue

plante odorante abords

limijja ;

la

mouture est

simplement

aux

du

moulin.

Des
aussi

superstitions

s'attachent

non

seulement

au

moulin,

mais

aux

différents
tamis.
et

objets
on

qui servent n'emprunte

à la fabrication du pain,
pas

comme
milieu

le

Ainsi,
V'aser

cet ustensile quand
en

entre

le

du jour
Laoust.

(Mtougga);

même

dehors de
4

5o
cette

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

heure,

on

en

emprunte

un,

la

coutume

veut

que

toutes les

femmes
le

s'embrassent sur
un

l'épaule

et celle qui emporte un

l'objet doit
quiconque,
prend que

recouvrir avec

mouchoir ou

foulard.

Enfin,

portant un

tamis

croise un caché

troupeau
sous ses

bien

soin

de le
ait

tenir

à l'époque de la tonte, vêtements jusqu'à ce

le

troupeau

disparu.
sait

Tout le

monde

que

l'on

ne

doit

pas poser un

le

pied

sur

de la

farine
que

ou

du

son.

Ce

serait

commettre

sacrilège.

On

raconte

Si Lohsain
sur un peu

Lachem, fils de Sidi Ahmed Ou Mousa
de
sa
son répandu

marcha un

jour
sait en

à terre

par une

jeune fille
au

qui refu qu'il

de devenir

femme. Sa jambe
suite

enfla

aussitôt

point

fut impotent. C'est à la
ordonna

de de

cette aventure que ne

Sidi Ahmed

Ou Mousa

à

son peuple

jamais

marcher sur

du

son

!

LE FOYER

On le désigne
pas

par un certain nombre un véritable

d'appellations
<

qui ne sont

sans présenter
pi.

intérêt linguistique. On

signale :
»

a) tàkàt,
plupart

tàkàtin, foyer,
foyer

et par extension

famille

dans la

des

sous-dialectes
ec

apparentés

à la tachelhait.

et famille » chez les A. Ouirra, Ichqern, Ndir; ilmessï, Zkara, Figuig. Relevé à Ouargla sous cette dernière forme, le mot s'applique « à la chambre sans porte où l'on suspend l'outre, où l'on prend des douches » (Biar-

(3) Izayan;

alëmssï'

almessî, A.

nay,

p.

34i). Bien
s'éloigne

que

dans

ce

dernier
on

cas,

le terme implique

un

doit cependant, de même foyer, que les précédents, le considérer comme un composé de al ou il, lieu », ce endroit », et messi < feu », dont une forme complète
sens qui

de l'idée de

existe clans

la

généralité

des parlers, hormis

ceux

du

sud-marocain.

timssi, B. Iznacen, Zkara, B. Snous; timsî, Rif; limsi, Ouargla, Sened, Dj. Nefousa.
;

On

note:

limessï, A. Warain, A. Seghrouchen
timsi a
pour en

En

Touareg
est
un

pluriel

limes,

singulier

Zouaoua l'a/il

limes, mot qui, sous la forme et à Bougie. Ces expressions
chleuhs est

inconnues,
pondants

a-t-il

été

dit, des

parlers
qui

y

ont pour

corres qui est

eles

mots

comme :

arabe,
plus

ou

afa,

berbère,

et

dérive d'une

racine

F étudiée

loin (chap.

vi).

LE

MOBILIER.
«

LES

USTENSILES

5l
;
une

Littéralement différente

alemssi signifie
amyan

endroit usitée

du feu
chez

»

traduction

serait:
pi.

nëtmessi,

les Matmata.
très étroite

y) lafkunl,

lifukan.

Mot intéressant dont l'aire
etB.

s'étend aux seuls

B. Snous
ou

Iznacen. On

serait

tenté

de l'iden

tifier
«

au

latin focus
chez

brasier

les

focum; il Ntifa, forme
doit être

aurait pour correspondant

Ifgirt,
foca-

berbérisée de fgira

employée en

arabe

dialectal

et qui

rapportée au relève

latin

populaire

rium, d'où
vocabulaire

en espagnol

hoguera. On

encore celui
»

Ifgerl, dans le
des A. Abdallah
métathèse

des A. Oumribed,
<c

pour

désigner g
et

et lifegerl, dans le feu de joie de l'Achoura

par

des

radicales porte

/-,

le

mot

également
porte,

au

devenu taferagut, chez les Imejjad, se rap feu de joie. Signalons que l'ancien feu du
chleuhs,

solstice

dans les dialectes
suivantes:

des

appellations curieuses

du

genre

des

tabufut, Amanouz

;

lagufut, Amanouz;

tafetajafut, Ihahan; tanëgaffut, Iferd ; tafegaggul, A. Halbakhou ; dadut, Achtouken. Sans doute se trouve-t-on là en présence des

dérivés d'une
viendrait

racine

FG

ou

GF

par

métathèse,
chez

à laquelle il
et

con

de

rattacher

tafkunt

signalé

les B. Snous

les B.
les
une

Iznacen.

S) Ikanun; le
racine

mot

est

actuellement et

le

seul

que

connaissent

Kabyles du Djurdjura, de Bougie
arabe

de l'Aurès. Rapporté à
p.

KN
à

«

cacher;

Boulifa,
de

479

»

il
«

ne

doit

pas

être
qui

confondu se

avec

la forme Iqânun (du
un ensemble

grec :

y.aveov

loi,

règle

»)

rapporte

prescriptions

locales

codifiées

et

constituant,

le droit

coutumier

berbère.

L'expression est particulière aux Rifains (Temsas) tigargart. man, Ibeqqoien), aux B. Menacer et aux Berbères du Chenoua
sous

la forme igargart. Rien

ne permet mot
».

de déterminer

son étymo-

logie ; disons qu'à Ouargla un cédents, désigne une e terrasse
Le foyer
unique : un partout petit en usage
rond

tigargart,

semblable

aux

pré

en

Berbérie

est

bâti

sur

un

modèle

trou

creusé

dans le

plancher

de la

pièce

tenant

lieu de de

cuisine

et, disposées
ustensiles,
mode

en

triangle,

trois

grosses pierres

servant

support

aux

en

constituent contruction

tout

le

système. une

A

cette uniformité

dans le

de

correspond

uniformité

dans la
les

terminologie employée pour
essentielles.

désigner les

pierres

qui

en

sont

pièces

On

note :

A. Ndir, Izayan,

Ichqern, A. Ouirra, A. Seghrouchen, A.

inian, Zemmour, Warain,

52
B. Iznacen, Matmata ;

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Figuig

;

inaien, Chenoua

;

inien, Zouaoua

;

indjan,

inkan, Tazerwalt, Sous, etc. Ce sont là des pluriels de ini, i/iii ou tnëk, que l'on peut rap procher de awwùn, « pierre » (voir infra, le moulin) ou de aun,
ec

monter »

Touareg, Tazerwalt
de
ec et

et

ni,

généralement connu avec
»

le

sens

particulier

monter

à

cheval

dont

une

forme

anëk

sionalée

en

Zenaga

le

nom

verbal

tanaka,

chez

les Ntifa,
ini
et

iusses

tifieraient
variantes

la forme inkan.
signifierait

Cette étymologic
».

admise,
que
:

ec

support

Ajoutons

les Touaregs

appellent

les

trois

pierres

du foyer d'un
même racine

terme

isefrag,

pi.
ec

de

asefreg,

sans
».

doute de la

qui a

fourni afrag,

clô

ture, haie
On
sait

que

chez

certaines

populations,

particulièrement

les

berabers, les
magique

pierres

du foyer
solaire

sont considérées comme un

attribut

de la

chaleur

et,

qu'il ce

dans les
beau
Ce

cérémonies

pratiquées vi).

en vue

titre, elles jouent un rôle de provoquer le retour du
leur foyer ;

temps
sont

(voir

chap.

les femmes

qui

bâtissent

elles-mêmes

par

fois,
la
l'on

elles maçonnent
est

les

pierres avec un mortier

d'argile;
ce

ailleurs,
que en

tendance
appelle » un

de

substituer

aux pierres

un

trépied

de fer

inian uuzzâl, A.

Seghrouchen, litt. les

pierres

fer !

Dans

grand

nombre

de

renouveler

les
:

pierres ou

et

de

rebâtir

tribus, l'usage s'est perpétué de le foyer à l'occasion de cer
nouveau que

taines
alors

fêtes

Ennair

Achoura. Le l'eu
vertus

l'on

rallume

possède,

dit-on, des
où est arrive ses

exceptionnelles.

Quoique l'endroit
aux

établi le loyer

soit généralement réservé

femmes, il

fréquemment, l'hiver
repas.

surtout,
petite

que

la famille

y prenne déposée dans une
quette
en

réunie

Une torche

ou

lampe à huile
étroite ban
contre

niche

tadukk'"ant

(Ntifa)
alors

ou sur une

forme de
proximité

cuvette

lahnast

(Zouaoua),
de
sa

établie

le

mur et scène

à

du

foyer,

éclaire

faible lueur
reporte

une aux

patriarcale

dont le

caractère

demi-barbare

âges lointains des Signalons
gauche

premières
que
ont

civilisations.
et

encore

les Kabyles du Djurdjura, à droite
aménagé

à

du

fourneau,
pi.

dans le

mur

deux

ou

trois trous

appelés

lak'"al,
leur

tikwaiin

(fig.

27),

les femmes

ont

l'habitude
vraisem-

de

ranger

grossière

vaisselle

de terre. Selon toute

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

53
haut
avec

blance tak'"at, doit être
sens

rapproché

de làkdl,

signalé plus

le

de

*

foyer
paraît

», mot,

dont l'aire
cir

d'emploi

actuellement

conscrite aux parlers chleuhs.
nous renseigner

Sans

Ol

sur

son

étym'o-

°o)

o

logie, la forme
prouve,
neté pour

zouaoua

présente elle

cependant un certain

intérêt;
1

le moins, l'ancien
"
-

du

'"

Foyer kabyle.
2,

mot;

elle

permet,

en
i
,

outre, de

conjecturer que «

dans

tkanun,

,,

inien,

pierres.

ce

,

S,

takuat.

dialecte, l'expression
d'origine étrangère,
berbère.

Ikanun

s'est

substituée

au

mot

takàt,

sans

doute,

Chez les
culièrement

mêmes

populations

kabyles

et

plus parti

chez

A. Àt'elli, foyer
et
c

on

les A. Irathen, les B. Yenni, les trouve, fixé à un clou au-dessus du
le
»

contre

mur,

une

sorte

de

râtelier

tuffàlt

les femmes dé
28).

posent ment sèches

les
est

cuillers

(fig-

L'instru
tiges

fabriqué
ce

avec

des

de férule
Au

uffal

»,

d'où il tire
Tamo-

son nom.

village

de Taourirt
a constaté

qrant, M. Van tence Fig.
28.
porte-

Gennep
d'une

l'exis
même

d'un,
mais

objet

destiné

au

usage,

forme différente
d'un
porte-

Tuffalt,

rappelant

assez

celle

cuillers.

pipes

de

café au

; toutefois,
mur

l'instrument,
la

au

lieu

d'être
au

fixé

comme

tuffalt,

s adapte

tiers

supérieur

d'une
juste

planchette,
au-dessus

haute d'environ foyer,
si ce

ora,So et placée

du

^^T^vant
de
support

Reste à

savoir,
que

dit le

savant

ethnographe,

à

un

l'impression

j'ai

ressentie,

à

râtelier

à

cuil

savoir

que

cette

planche a un plus

aspect anthropomorphe

et représente nité

ou

moins

une

statuette

(fig. 29) de divi

lers, d'après Van Ge-rmrp, Etudes
d 'ethnographie
algérienne.^. g3.

lare,
des

ou

tient

lieu d'un

ancien

autel

familial,
serait confirmée

où se par

déposaient des

offrandes, au-dessus

du foyer,

enquêtes plus

étendues.
aucun

»

A

notre

connaissance,

objet

similaire

n'est

signalé,

du

54
moins

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

jusqu'à

présent,

chez

les Berbères

marocains

;

d'un autre

côté,
pas

des

renseignements particuliers pris en

Kabylie

n'apparaissent

de

nature un

à

nous

faire

partager

l'hypothèse de M. Van Gennep.
superflu

Dans
parmi

autre

ordre

les

moyens

d'idées, il semble propres à fournir le feu
européenne

artificiel,

de dire que, l'emploi des
général

allumettes

d'importation

est

aujourd'hui

en

pays

berbère. Les Indigènes
auprès
grande

s'en procurent aisément

dans

tous

les

marchés

des

colporteurs

la les

plus

parcimonie

et

en

juifs ; mais, ils n'en usent qu'avec cas de réelle nécessité; aussi,
préfèrent-elles prélever

femmes,

pour raviver

leur foyer éteint,
voisine,

quelques

tisons

du feu d'une

plutôt que

d'avoir

recours au

feu

artificiel. se servent

Les Chleuhs
ou
sur

également
pierre

du briquet infed faire jaillir
le
et

ou

anfed,

de l'armature d'un fusil à le
petit

pour

une

étincelle

tas

de

son

qui

leur

tient

lieu d'amadou.
silex

A Timgissin (Tlit), les ksouriens
A.-

appellent

timissa

(cf. Ils la

Ndir; imis, Ntifa; tmi'ksa, Aurès) tïmissa, d'acier que tout individu porte dans sa sacoche
battent le briquet
propriété1,

zend, le
avec

morceau
silex.

le

sur

des

graines

de

s'enflammer

d'armoise atu, facilement ou encore de la
poudre

qui possèdent
sur

des
ou

mèches

spécialement

préparées,
par

soit avec

à fusil,

des

cen

dres
asay.

obtenues

la

combustion

d'une

certaine

plante

appelée

Des
ment

procédés mécaniques pour obtenir une

flamme

par

le frotte

de deux

morceaux

de bois de densité différente
enquête,
permis
même en

paraissent

inconnus; du moins,

notre

s'étendant sur un grand nombre

de tribus, ne nous a point d'appareils similaires, lors

de

retrouver

la trace d'emploi

de la

célébration

de

certaines

fêtes,
on

comme celle

de l'Achoura

particulier,
grands

au cours

desquelles
avec un

observe

la

coutume
sacré.

d'allumer de

feux de joie

feu

nouveau

ou

Cependant, des
culte

survivances
vestiges

persistent nombreuses

d'un

ancien

du

feu,

et, des

de

pratiques archaïques pour

l'entre

tien

d'un feu

perpétuel

s"e

révèlent

à l'observateur
connues

averti.

Ainsi,
de

à l'occasion des
mussem

grandes

fêtes

patronales
quelques

sous

le

nom

ou

d'amenttgg'"ar, dans
sont préposées

tribus, des

femmes, à

tour

de rôle,

pondant

toute

la durée des fêtes à la les
visiteurs accourus

conservation

de feux

où viennent s'alimenter

LE

MOBILIER,
clans

LES

USTENSILES

55
rétribué par

par milliers.

Ailleurs,

chaque

cité,

un

individu,

la communauté, surveille jour et nuit un feu, dont le bois est fourni par des corvées quotidiennes auxquelles sont astreints tous les
habitants.
Le
tains

bois, les feuilles de
arbustes

palmier-nain, les tiges

desséchées de

cer est

constituent en effet

le

combustible comme

dont l'usage

le
le

plus généralisé.

C'est
ce

aux

femmes,
»

l'on sait,

qu'incombe
te zdem
»

travail

pénible

de

faire du bois
pour

et,

un

verbe spécial
action.

est

presque

partout

connu

traduire

cette

Ce

travail

appartient si

bien

aux

femmes

qu'à

Timgissin,
ses

par

exemple, toute
trousseau

fiancée
et,

reçoit

de

son

père,

le jour de

noces,

un petit

parmi

les

pauvres objets qui

corde neuve ec porter ses

tasûqa

»

le composent, figure toujours une dont elle se servira désormais pour lier et

paquets

de broussailles.
sont usitées

Diverses
chauffage.

appellations

pour

désigner le bois de

iksudën, Ntifa, Tazerwalt, etc., iksidën, Ichqern, Izayan; issîdën, A. Seghrouchen, A. Warain. C'est là un
connaît
collectif pluriel

On

; le

singulier correspondant aksud ou

aksid,

désigne

la

matière

ou

plus

spécialement
s'applique

un

morceau au

de
ce

bois.
»

Isgdrën,
le
terme

autre

collectif pluriel

également

bois

;

des A. Ndir, Zemmour, A. Yousi, A. Mjilcl, A. Sadden. Le singulier asgar ou isager, Touareg, prend des sens les plus
est connu

divers
ce

selon »,

les parlers; tantôt
ec

c'est

une

ec

charrue

»,

Rif;

une

Ras-el-Oued ; le pilon d'un mortier », Tamegrout; la forme diminutive tasgart est un ce figuier » chez les Zemmour;
branche
chez
ce

les

Ntifa,
de
un

comme

chez

les Rifains, l'expression désigne d'une
»,
plus
».

encore

la

part

viande provenant

Le

mot a pu

être rap

porté

à

verbe ger ec

être

sec

fréquemment

employé sous

la forme
On
sion

qqor.

signale chez pour
ce

les Ait Bou Zemmour désigner le
»
ec

et

les A. Ndir,
»

une expres

asargo

combustible

tandis qu'à
sont

Dads,

asargu est un

feu de joie

;

mais

l'un

et

l'autre

des dérivés

de ërs, ce être brûlé », B. Iznacen; ou ec être chaud », ce se chauf fer », Ntifa, d'où s"rg, Zouaoua, Tazerwalt, etc., « brûler ». Chez les Ait Bou Zemmour s^rg est synonyme.de zdem, c'est-à-dire iqe'sce faire du bois ». Enfin, les B. Iznacen appellent aqesqus, pi.
qûsën, les broussailles
allumer
et

les branches

menues qu'ils utilisent pour

le feu.

56
A Demnat,
masse sombre où

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

les jardins
ravins

et

les bois d'oliviers
encaissés,

couvrent

de leur

les

les

plus

les femmes brûlent les
se procurent aisé

feuilles
ment

tombées et

séchées

ec arasid

»,

qu'elles

et

dont

elles

font des

provisions.

La bouse de vache, tissit,
soleil sert encore

Ntifa; tisisl, Zouaoua, desséchée
;

au

de

combustible

dans les

oasis

du

sud,

les
au

crottes
même

de

chameau

précieusement

recueillies

sont

employées

usage.

Le

charbon

les

parlers marocains est un combustible estimé qu'un
usage

de bois tirgin, Zouaoua ; tirjin, Aurès ; dont il
restreint.

Ifahër, dans
n'est cepen

dant fait
vente

On le fabrique
qui

surtout

pour

la

dans les

villes et pour

les forgerons
est
ce

le brûlent dans leur
on ne
»

foyer. Enfin
que

là,

ce combustible

connu,

l'utilise

guère

dans des

sortes

de

réchauds

Imejmer
sur

que

possèdent

les

familles,
l'arrivée

même

les

plus

pauvres,

et

lesquels,
le
thé.

à l'occasion de

d'invités,

on

fait bouillir l'eau

pour

L'ECLAIRAGE1

Ig drënl
tbrem-l

tillas, tasi Iqandil, tëtkur-l s-zzit, tasi-d iàt tftilt iaridën, f-snàt tikkal ar-tëg zund asgun, tadr-as g-wammas n-zzit

da-illan g-lqandil, tsufg-az-d ihf-ëns sg-ils Iqandil, taûwi-t-id j-dar tàkàl, tasi ian usafu iagën, tsag iss Iqandil, taûwi-t s-uhanu-ns,
tsers-t g-lëdukkwant-ëns.

Ig tra
iss-lëlli,
Liant

tëddu s-kra n-uhanu

iâdnin,

g-ur-illi

wasidd, tasi ian

usafu
ar-

iagën g-ufus-ëns, tëddu, tskr-iss asidd;
ar-das-isker asidd afada

ig-as-ihsi,

ar-iss-tsufu,

tisan manis tëdda.

tida ilhadun

Iqtib

n-igri ;

loqt-ma drënl tillas,
zunt

tëddu tasi-d

ian, tsag-t,
*
.

tskr-iss

asidd asku

iga

tasuma't.

La

petite

trempe, une mèche,

lampe à huile, formée d'un porte les noms divers de:
chez

godet

dans lequel
Tazer

a)
walt,

Iqandil,
Sous,
non

pi.

Iqnadil,
; les

les Chleuhs:
:

Ntifa, Demnat,

etc.

Berabers

A. Ndir, Zemmour, Ichqern. A.

i

.

Texte

traduit.

LE

MOBILIER.

— ■

LES

USTENSILES

57
du Maroc
cependant

Ouirra, A. Warain, A. Seghrouchen; les
L'aire d'emploi de
arabes que au
ce

B.

Iznacen, les B. Snous.
parlers

mot s'étend

à

tous

les

tant

berbères. Emprunté à latin candela,
ce

l'arabe, il doit
flambeau
».

être

rapporté

cierge,

(3) Imesbah,

également d'origine arabe,

est particulier

au

voca

bulaire des B. Menacer, Chenoua, Zouaoua, Aurès. y) Dans la Berbérie orientale on signale : innir, Syoua
Dj.

;

iunir,
que

Nefousa; inir, Ghdamès ; nir, Sened ; enir, d'apparence berbère, l'expression est étrangère
«

Mzab. Bien
et

dérive de nar,

clarté,

feu

»

en

arabe.

Un dernier

mot:

lamba,

emprunté
qui

au

français, désigne la lampe
un

d'importation
apprécié

européenne

fournit

éclairage de luxe très

des Indigènes.

La mèche : taftilt, est un autre mot emprunté à l'arabe ; chez les Touaregs, le terme s'applique à ec toute lumière artificielle dont on s'éclaire la nuit ».
Il
est remarquable

qu'aucun

mot

berbère à
une

ne

soit

relevé

pour

nommer un objet

dont l'usage

remonte

très

haute il

antiquité.

Si l'on
que

s'en

tenait

uniquement aux en

termes signalés,
mode

ressortirait

l'introduction
un

Berbérie, du

serait

fait

relativement récent.

la lampe, Toutefois, les données linguis

d'éclairage

par

tiques
que

ne sont nullement

concluantes aux

et

il

est

difficile d'admettre d'éclairage
actuel. utili

les Berbères doivent
autre

Arabes leur
que

mode

D'un
sées

côté,

on

observera

les formes des lampes des
objets

dans

ce pays

diffèrent de

celles

similaires connus

des
les

peuples

de l'antiquité
puis

classique.

Bien
plus

que pendant

des
il

siècles,

Phéniciens,
et

les

Romains

tard,
une

aient

inondé les
n'appa
visible

comptoirs

les

colonies

de leurs

produits exercé

céramiques,

raît

pas

que

cette

importation
céramique

ait

influence

aujourd'hui nord

sur

l'art

berbère. L'existence dans
potières continuent

tout

le

de l'Afrique d'ateliers où, des
appliquant une

à fabriquer

des

vases en

technique

vieille

de

plusieurs milliers

'( que, d'années, d'objets importés, ne modifie ni une technique locale, ni la forme de ses produits. Ainsi, si les Berbères, particulièrement ceux de
prouve surabondamment

même

l'usage journalier

la banlieue des
si

grandes

cités,

ont pu

utiliser comme

les lampes ils font

romaines

fines
nos

et

si

élégantes, ils l'ont
c'est-à-dire

fait,
les

aujourd'hui

de

lampes,

en

se

procurant sur nos

marchés,

58
mais sans

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

les fabriquer
venant

eux-mêmes.

Et il

arrive

que

la

source

d'importation
sans

à

se

tarir, les
en

objets,

peu

à peu,

disparaissent,
On
pourrait

même

laisser

un

souvenir

clans

le

vocabulaire. un

donc

conjecturer

que, tombé

désuétude à dans
un

moment

donné
de

grand

nombre

tribus, l'usage de la lampe à huile ait pu, par la suite,
se vée
généraliser

avec

l'arri
ont

des

Arabes
clans

qui

apporté

l'éclairage

des
Lampe Tanant).

mosquées

le

soin

et

le

luxe

que nous connaissons. qu'il en

Quoi
modèles

soit,

divers

de lampes

s'observent actuellement en pays
et

berbère. Dans
très
courant

la

région

de Demnat
présente un

de Marrakech,

un

modèle

(fig.

3o)
à

petit ver

réservoir nissé

à fond

plat,
aux

l'intérieur,
de façon à

se

bords

pinces
un

ménager

bec

loge la

mèche

en

fils de
Près de

coton.

Demnat, les

po

Fig. 3i.

Lampe (Demnat).

tiers

de Tighermine façon d'aspect légèrement différent (fig. 3i). Le
est

nent un objet

godet aux
cause

parois

épaisses

rond,

le bec long,
petitesse
sur est

une anse plutôt

inutilisable à

de
fmmtMtmwiif/M

sa

ornementale;

l'objet

est vernissé

les deux faces. d'un
pied

Les lampes
Fig. 32. Réservoir d'une lampe à pied.

munies

présentent

en

général un réservoir
i

d'un

ovale

très allongé aux
>

bords.
revêtu

j

«teneurs

^

.

-

..

très

rapproches

\.

ra (fig.

32).

o

\

A

e

Timgissin,
est entièrement
mais

le

pied s'appelle

adasil

>

et

l'objet
ou

d'un

vernis
car

monochrone,

vert,

jaune

rouge;
certain

le

vert

domine,

ces

lampes,
morceau permet

qui

font l'objet d'un
ex-voto

commerce,

sont souvent

déposées

comme

dans les
par

chapelles
un

des ïgurràmën. Un
est

petit

de

bois,

retenu

fil à l'anse dont l'objet
pied où

muni,
ou

d'ajuster la
plats

mèche et

;

le

présente

en

outre
qui

un

deux

rebords

assez

larges

tombe

l'huile

déborde du

réservoir.

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

5g
de lampes
appelle

Dans la
taillées

même

région

on

s'éclaire

encore

au

moyen

clans une pierre

blanche,
et

peut-être

l'albâtre. On les
re

Iqandil

n-uzru et sont ornées

de dessins l'huile
s'en

présentant

des

soleils

des étoiles. La
si

ma

tière,

très poreuse, absorberait

l'on

ne prenait

la précaution,

avant

de

servir,

de les faire bouillir dans
Concurremment
gile,
et
on emploie

pendant quelques

heures

une marmite où cuit

de la
les

viande. en ar

avec

lampes
en métal :

des lampes (B.

cuivre

fer-blanc. La lampe

en cuivre

Iqandil n-uanas

(Tlit)

; Iqendil ën-ueldun
plus

Snous) revêt aussi
cependant,
en

des formes les
raison

variées;

de difficultés de technique, il est rare qu'elle reproduise exactement le modèle en
terre.

Fig. 33. Lampe à (Timgissin).

pied

A Timgissin, le

réservoir

est

muni

de

quatre
est

becs koz

walsiun manière

;

une chaînette

tisenserl

disposée de

à

permettre

la

suspension

de l'appareil
coutume est

à
Fig. 34. Lampe en fer-blanc (Demnat).

un anneau

tokt

fixé

au plafond.

La

que,

d ans

ces

régions

ahs sahariennes, les lampes
achetées

de

ce

modèle

soient

à l'occasion du
qui
se

moussem

de Sidi Hmed Ou-Yaqoub

tient

à deux journées de

marche

d'Iligh

;

mais

les fabricants
signaler

en seraient

des fondeurs de la
que

tribu

des Amanouz. A
remplacée
par

la

mèche est souvent

l'espèce de
variété

bourre
roseau

qui garnit appelé

le

gros

épi

noir

d'une

de

tabuda.

La lampe éclaire alors, à la

façon d'une

veilleuse.

Les lampes
mellahs

en

fer-blanc
artisans

sont

fabriquées dans les
que
un

par

des

juifs

avec une matière et

leur fournit les bidons à
curieux commerce.

pétrole

dont ils font

A Demnat de

ainsi qu'à
un

Marrakech,
réservoir

Fig. 35.
pe en

ces

objets

sont

constitués angles

par

simple

Lam fer-blanc

carré

et pincé pour ou

aux

manière

à former des
pourvus

montée sur pied

(Demnat).

becs
pied,

les

mèches.

Ils

sont parfois
simple

d'un
soit

d'un dispositif
plafond,
enfin
soit

très

qui

permet,

de les

sus mur.

pendre au

de les

appliquer contre

la

paroi

d'un

On

signale

des formes fantaisistes données

au

réservoir,

60
particulièrement

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

dans les

régions

du Nord

les lampes

prennent
ces

parfois

des formes animales, le
reproduits non

plus souvent celle

de la tortue ;
aussi en

modèles,

seulement

en

argile

mais

ferce

blanc,
Bien

portent chez

les Beni-Snous le
»

nom

de Iqendil ëniifker,
p.
192).

la

lampe de la tortue
que

(cf.

Destaing; Dictionnaire,
et
présentant

très

imparfait

de

nombreux

inconvé

nients, l'emploi de la petite lampe à huile apporta un progrès considérable dans la manière de s'éclairer; en tout cas, elle rem
plaça avantageusement

les

torches et

les flambeaux

que

l'on avait,

jusque-là, l'habitude de brûler. Les Berbères, dont le vocabulaire ne connaît aucun terme pour désigner la lampe, en possèdent par contre plusieurs pour nommer
les
torches.

Est-ce à dire

que

ce

mode et qui

primitif

d'éclairage fut
particulier?

réellement

le

seul

dont ils de les

usèrent

leur fut bien
tribus
n'en

Au dire de
point

quelques
même

individus,
nos
ec

certaines

connaissent nom

d'autre,

jours. Les Ait Messad donnent le
tisons

de

tisufa

n-wasidd,
ec morceau

de la lumière
clarté »

ou

de

aksud

n-tafut, le

de bois de la
d'un

à des bûchettes longues

d'environ

20 centimètres qu'ils allument

à l'heure du souper et fichent
une
place

obliquement nagée.

dans le

coin

mur

leur

est

amé

Les

gens nom

de Timgissin de l'arbuste

nomment ces mêmes qui

bûchettes

tisufa

n-irgel, du

les fournit. Dans les
par

environs moyen

de
et

Bougie,
neuses.

certains

montagnards ne s'éclairent que
1

ce

leurs flambeaux leur

Ijuksert

»

sont

taillés

clans

des

essences

rési

La facilité de
éclairant

combustion

des

tiges

d'asphodèle,
chez

ainsi

que

pouvoir

partout

reconnu,
on

font

que cette plante

fournit

encore

des flambeaux
en

dont

s'éclaire

parfois

les Ntifa.
sèches

Ainsi,
On

automne, les femmes vont ramasser des tiges d'asphodèle dont elles font une ample réserve pour l'année.
peut

dire

que

plus

longtemps
ont
nuit

qu'aucun ce

autre

peuple

médi

terranéen, les Berbères l'origine se perd clans la
relativement plus

conservé

mode

d'éclairage dont
comme
moyen

des

temps.

Dans les tribus du Sous,
a

avancées,

le flambeau

disparu

d'éclairage
tenu
en

pour

les besoins domestiques;
circonstances,
a pris

mais, son emploi, main
caractère
rituel.

certaines

un

C'est

ainsi qu'à

l'occasion des fêtes de
solsticial soit

l'Achoura, la

coutume exige que
:

l'ancien feu
unfasur,

allumé

à l'aide d'une torche
représentant

aksud

spécialement préparée

par un

quelque peu

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

6l
posséder
une

saint

ou

sorcier

d'une

vieille

famille

passant pour

baraka. Ces
raître? procédés archaïques
sont

d'éclairage
en

sont-ils chez

appelés

à dispa
tribus

Déjà, ils
qui

tombés

désuétude
avec

certaines

berabers de

s'éclairent

uniquement

des bougies d'impor
il
;
n'existe guère

tation européenne,
régions

surtout anglaise.

Aujourd'hui,
n'ait pénétré

ce mode

d'éclairage
au moment

on

l'utilise
la

tou

tefois

avec

parcimonie,

des fêtes
n'ont

et pas

des
su

noces.
utiliser cire

Grands apiculteurs, les Berbères

de leurs
comme
pénétra

ruches

dans la fabrication des
connu au

cierges un

dont

l'on sait,
en

des Arabes depuis

temps

l'emploi, immémorial,
et

Europe

vin"

siècle seulement par

l'intermédiaire de

marchands vénitiens.
ce

Ils

exportèrent ce produit un

précieux,

Bougie,
centre

Begaith

»

en

Zouaoua, devint, à
commerce ce

moment

donné,

un

important d'un
Et

alimenté par
nom

les Berbères des Kabylies.
cette ville

fait

curieux,

fut le

berbère de
servant

qui,

en

français, demeura d'éclairage, tandis
mot arabe :

appliqué cjue

à l'objet

à

ce

mode

nouveau

les

Berbères'

le désignèrent à l'aide d'un
Berbérie l'usage
et auxquels on et

tasumm'at, de smac, cire. Ce furent donc les Arabes qui introduisirent
cierges

en

des

que,

çà et

là,

l'on

continue

à fabriquer
ou

donne des
Les

colorations

généralement vertes
représentant

rouges

cjue

l'on

agrémente parfois riches

de dessins
en

des fleurs

ou

des

soleils.

musulmans

brûlent de

gros

dans leurs

salons.

Dans

le peuple, l'habitude s'est perpétuée l'occasion de certaines fêtes, dans les et dans les cimetières.
L'usage de la bougie d'importation
considérablement une

brûler de petits, à sanctuaires des marabouts

d'en

a

fait

naître et se celle

développer

industrie
;

nouvelle:

de la fabrication
qui
s'est

des lanternes du

:

Ifnar, Ntifa
mellahs

lëfran,
villes.

Zemmour ;

surtout

localisée dans les
port
pétrole

des

Des bidons

servant ont

au

trans
une

à l'usage des habitants du à bon
marché.

littoral,
déjà

fourni

matière abondante et s'est ainsi créée au

L'industrie de la ferblanterie
créée en

Maroc,

comme elle s'était analogues.

Algérie
pour

en

faveur de

conditions

Les artisans, juifs

la

i.

Les Touaregs
supra.

appellent

la bougie inir, terme

qui partout ailleurs s'applique

à la

lampe. Voir

62
plupart, ont
cutable
et su

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

donner à leurs fort

modèles un cachet

d'élégance indis
a
ses

parfois

originale.

Chaque

atelier

modèles

spéciaux et

l'on

sait que

Marrakech fournit des
ou

produits

inférieurs

à

ceux

de Rabat. Meknès

Fez.

LE FOUR

Afarnu, Ma
Skerënt-as
.

g-berra

n-tgëmmî

.

Bnunt-t taitsin

s-izran

d-ualùd.
iàn

sin

imaun,
agrum

jàn sg-uzëddir, iàn

sg-ufëlla

;

rrzent

uzjfi, ec1

skerënl ssis c*

lizs"iin. e?

Is
mas

Ira

isker

n-ufarnu,

tëddu s-ddau

zzutin, tsmun-d

a/asid

tsahmau afarnu, tsers-t g-imî n-ufarno,
n-ufella

tsag takàt,
Tasi iàn

tbnu lizgwiin

f-imî

idt

afella

n-iàt ar-d-inl-tqbo

.

uksud

ism-ëns

aferkàn

ar-iss

tsmassa
'

takàt,

ar-tgar

arasid

imiq
I

s-imiq ar-asràg
e

zusif usent ee e

tzswiin, tsehsi takàt, tsder tizg°iïn o o
"

s-uferkdn s-wammas

'

n-ufarno,

ar-int-tèt adal

iàt lama

n-iàt

abùd n-ufamo.

Taûwi-d ian ugenja, tasi
tsers
afella

ar-asràg kullu issënt tëdel tafant, teg-t afella n-tadaut
ar-int-lsras

n-ugenja,
tama
afella

tseksem-t,

n-tzg'"iin-annag,

idt

n-iàt, ar-asràg itkur ufarno, tasi s/nïl tfëlallain, tsers i-àt n-imï n-ufella, tqën iss, tsers jàt f-imî n-uzëddir, thuwod
tmsl-iss imï
ec

alùd,
ttinï :

n-ufëlla

ula

imï n-uzëddir, tëddu, !
»

ladedj-t

ar-

Ijhed

n-ma

g inugg"'à

ayad

teddu sers,

tànëf imï n-uzëddir,
ism-ens Ikrun.
ur-illî.
d-rrëbia1

taogg iss ;

ig-tufa
gir

inua,

ar-l-itëldi

iàt

s-iàt : agrum-dd
uamma

Da-t-skdrënt

loqt n-ssifd-lherif;

tagerst

Traduction.
Le four bâtissent
soin se

trouve

en

dehors de l'habitation. Les femmes le
de-s
pierres

elles-mêmes

avec

et

de

l'argile,

en

ayant

de

ménager elles

du
un

dôme;
certain

deux ouvertures, lune au bas, l'autre au sommet brisent un gros tesson de poterie pour en avoir,
de
plus
petits.

nombre

Lorsque la

ménagère

désire

utiliser

le

four,

elle

\a

sous

les

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

63
à le chauffer;
allume

oliviers elle

ramasser sa

des feuilles
près
petits

sèches

qui

serviront

dépose

provision

de l'ouverture inférieure,
tessons,
sur

le

feu

et arrange en pile

les

l'ouverture

supérieure.

A l'aide d'un bâton
mente en

appelé

aferkan,

elle

remue

le feu

qu'elle

ali

jetant des feuilles

par petites quantités

à la lois. Lorsque
les fait tomber,

les

tessons

sont chauds, après avoir

éteint le

feu,

elle

avec son
où elle

bâton, dans le leur les étale. Puis, sur
d'une
cuiller,
et

le

dos

elle

introduit les dépose
à
côté sur

galettes

les

les tessons l'une
;
enfin

de l'autre de
elle

au

moven

deux

petites

dalles,
avec

bouche

soigneu

sement un

les deux
mortier

ouvertures

Fig. 36.
i.
ouverture

Afarnu (Tanant).

d'argile.
alors un es

Elle

se
et

retire

on introduit le bois les galettes à cuire. 2, ouverture sur laquelle on dépose en pile les tessons de poterie. par

laquelle

et

instant;
time

lorsqu'elle

la

cuisson

suffisante,

elle

revient
se

vers

le four les

qu elle

ouvre

en enlevant

la dalle du
si

bas; 'elle
sont

rend

alors compte enlève

de l'état de l'une
après

la

cuisson

;

les

galettes

cuites,

elle

l'autre.
Le
est pain
cuit

de la

sorte

porte et en

le

nom

de

ce

Ikrun

»

;

l'habitude
et

de

n'en

faire

qu'en

été

automne

et non

en

hiver

au

printemps'

1.

En Tunisrt-,

sous

le

nom

de tabuna,
pain

on utilise une sorte

de

grande marmite sans

fond

qui ressemble au petit

four à
est

des Berbères. Elle

est pourvue

de deux
assez

ouver

tures dont

l'une,

celle

du bas
on

1res

large,

et

l'autre,
un

celle

du

haut,

étroite.

Pour

se servir

de la tabuna,
on

y

allume

d'abord

feu de

bois;

quand elle

est suffi

samment

chauffée,

y dépose les
l'on
>'appclle

galettes sur

des

saillies que

pré-sentent

là,

e]les cuisent après que

a eu soin
ce

de boucher l'orifice
».

supérieur avec

les parois; plat de
un'

terre.

Le

pain ainsi

fait

Ihobz tabuna

64

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Le
Nukni
s-lehmis,
mat ait

potier1.
wann

Tanant d-ait
gis

Mâjjën,

iran irukûtën n-idëqi, iddu
asku

iaf

kullu

ma-t-ihsàn

n-idëqi,

Im'allëmin

n-Tifug-

a-iin-ilcadaln.

Llan

dag

id-bab

n-idëqi

iâclnin g-Bzu,

d-I/ni

Ijënia",
s-tnqàd

d-ait

Tagëlla; winnag
mkàn

ar-fadaln

Imjamër ihlan, izûwoqèn

tumlilin.

Bàb n-idëqi,
asuari,

ira isker
udgar

idëqi,
Ma
gis

ihalles agiul-ns, iger fellas
wakàl n-idëqi.

isug-t,

iddu

s-fàn

Igaz-d sgis,

|j

itkur-d asuari, iaûwi-t-id iàn iks
uzduz

ar-adgar

daga ifadal
g-iga

ar-t-ilkum

ar-asrdg
gir

t-isnegd

idëqi; iffi-t, iasï zund aggurn, isiff-t,
aman,
ar-t-it

sgis

izi-an

ar-d-iqimà

umrugd.

Ismun-t,
s-idarën-ns

iskr-as iàt Imnàl g-wammas, iffi

gis

ajj an

ar-asràg
ibbi
sgis

g-icallek zund

lifizzà; loqt-annag,
uksud

lagausa-iân

ira

isker,

Ijhed n-masg ifadal tidëqit, nag likint, nag
bla irukûtën gir iàn

agdur, icadël-t
usgun

s-ifassën-ns

imëzzin,

d-iàn

asers-itbbï

idëqi

imlan,

d-iàn ilëm ar-sers-isliîluf

tamdwin

alqâr ar-asràg isker ayàn ëmi-gï. Mkàn izra ssûq iqërreb a-ilkem, ishamu afarno, i'ammer-t-in iqqen- fellàtsën ar-d-nun. Mkàn inna Ijhed Srirukûtën-annag isker; n-uruku.

Tan ïadël, isers-t g-lafukl

n-mag

eqdën

aya,

ildi-tn-id,

iràr-in

f-tainnit,

ig-ën wiyàd, ar-asràg i'adël
gis

iqed kullu.

ma

i'adël.
n-ma-iltawï

Mkàn isujàd Ijhed
ii'ukûtën iàn lama

ssûq, fasi-d taratsa,

n-iàn ar-d-ikemmël adur
ar-d-il

i-wan-uzëddir, i'aud

dur iâdnin
s-lehmis.

sg-ufëlla

ammer

taratsa, iasi f-lbàhim-ëns, iawi-tn

Askën-d imsâgën ; ku iàn im'adal didas

f-watig n-tgausa da-ira,
ig
tsâhhâ ar-tstninni,

igëlleb-l,
ihels-as
.

iul

s-afus

;

ig

lerrza, ura-tsawâl;

Irukûtën n-Intift, kullu ur-jellijën; wan iran irukûtën da jën, iddu s-Demnat ; da-in-fadaln lmcallemin n-Tgermin.

ijelle-

Ma-ltinin
ar-d-isattï ar-as-tinin

m"ddën

f-tuuri

n-bdb n-idëql?
ar-isattî

Ur-thlï,

asku

bàb n-idëqï,
akàl,

akàl,

ar-isrus

akàl,

iàn ugrî,

ar-ilkom

rrfddën :

ar-ikàt

babas d-immas ! 'alahaq
s-tgorit,
ur-as-tëlli

babàtneg
g-tgorâd-

d-immat-neg aiga,
ëns ; da-izënza
I.

ar-t-itkom

Ibaraka

sazun

ur-izënzï, kra ur-darsAllï, dima iga.

mezlod '

Tcxto

non

traduit,

LE

MOBILIER.

LES
pays

USTENSILES

65
par

Les
potiers

poteries

en

usage

en

ntifi

sont

fabriquées
On

des

de

profession en nombre relativement restreint.

signale
voi

quelques ateliers
sins

à Imi

Ljemâ, Bzou
et

et chez

les Ait

Taguella,
à leur

des Ait Messad.
gens

Les

de Tanant

les Ait Majjen
que

trouvent
et

marché
potiers

du Khemis des
établis à

poteries

façonnent
bab

vendent

des

Tifourmat, de la
est ainsi :

tribu

des Inoultan.
n-idëqi

Un
9,
se

e p-otier »

appelé:

à

Tanant; l'expression
ce

décompose
qui,

bab,

ce maître

de

», et

idëqi,

terre

à

poterie
en

»,

terme,

par extension

désigne

encore

certains vases

terre;

âqëddar à Bezou ; la forme féminine
s'applique

tâqeddàrl,
»

employée chez

les A. Warain
est
particulier mot est en

à la

«

potière
chleuhs

;

afehhar et abehhar

aux

dialectes
à

;

comme

le à
:

précédent,

le

emprunté

l'arabe ;

il

correspond

abufehar,

connu

Kabylie
msel :
ce

;

amessal,

spécial une

au

dérive de
terie
»

enduire,
mot

pétrir

dialecte de l'Aurès, pâte, façonner une po
généralité

dans

ce

sens, le

appartient

â la

des

parlers

berbères. Les
potiers
utilisent

le

tour qu'ils
qui

appellent : vis

llûlëb
ou

ou

lmcaun,
simple

expressions

d'origine

arabe
s'aide

signifient

tout

ment
qu'à

ce

outil

dont
n'a

on

pour

travailler

(de caun,

aider).

Jus

ce

jour, il
cet

été

relevé aucune n'en

appellation

berbère

s'appli-

quaiit

à

instrument. Il

faut

point conclure que

l'usage du

.tour

soit

d'introduction

relativement

récente et contemporaine

de

l'arrivée

des

conquérants

^

musulmans.

Non

seulement,
potier

^_

l'invention du tour à
remonte

j

\'M

II

///'i////

à

une

très
on

haute
en

antiquité,
core

mais

sait

qu'il

fut introduit
en

en

Algérie,
parties au

comme

d'autres
punique,
avant

de l'Afrique
vu0

moins au

siècle

J.-C. Le tour
examiné

cjue

nous

avons

à Bezou (fig. d'un
axe

37)

se

Fig. 37.

Tour à

potier

(Imi Ljemà).

compose
portant

vertical

deux

tables circulaires;

sur

l'une

d'elles, fixée

à la
5

partie

Laoust.

66
supérieure,

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

le

potier
volant

pose
qu'il

son

base,
pour et ses

sert

de

manœuvre

bloc d'argile ; avec le

l'autre,
pied.

établie à la
est

L'appareil

entièrement

bâti

clans une

fosse

au

bord de laquelle l'artisan
une petite cruche

s'installe

travailler.

A

sa

droite

est

remplie

d'eau

enfouie

dans le sol; à gauche, s'étale une aire produits au fur ei à mesure de leur fabrication.
mauvaise couverture

il dépose

Une

en

branchages
protège

élevée

au-dessus contre

de
les

l'appareil,
Un il
est

constitue

un

abri

qui

le

potier

intempéries.
tour

de forme identique d'en
marquer

existe

dans

tout

le Sud-Marocain ;
avec

superflu

la

ressemblance

l'instrument

similaire

étudié à

Tétouan

par

Joly1

La terre à

poterie

porte

généralement

le

nom

de idëqi, Ntifa,

trouve Tazerwalt; idqi, Zemmour; ilqi, Tlit; itqi, > Aurès, ou tlaht, A. Warain; aussi : talaht ce terre glaise, boue
ceux-ci

A. Ndir. On

la désignent
est

encore

par

l'expression:

sal n-tafëza.

Elle
sur

extraite où elle

du

sol en mottes sèches que

le les

potier

transporte
maillet

l'aire

est

battue

et pulvérisée et
malaxée

avec un

long
pieds

de

bois,
même ou

puis

criblée,

mouillée

avec

sur

l'aire

et

non

dans

une

fosse à la façon des

potiers

Meknès. Cette pâte, très qui utilise un fragment de
ceau

homogène,
roseau au

est

travaillée

par

de Fez, Rabat le tourneur
un mor

tenant

lieu

d'ébauchoir,
et
une

de

cuir

très souple
masse

destiné

lisssage à

ficelle

pour

détacher de la
Les
poteries

d'argile,
le

l'objet façonné.
air

sont

d'abord

séchées

libre,

puis cuites au

four
à

quelques

jours
La

avant

marché en

que

le

potier

à l'habitude de fré
au marché et non

quenter.

coutume

est,

effet,

d'acheter

l'atelier le

tous
ne

les

ustensiles

dont
sur

on peut avoir

besoin. Par
objets assez

ailleurs,
gros

potier

fabrique

que

commandes, les

d'un

volume

comme

les jarres

ou

ceux,

d'un

emploi

rare,

comme

i. •&.

Dans la

Archives marocaines, t. VIII: L'Industrie, à Tétouan. province de Demnat, comme d'ailleurs dans loule la Berbérie
en -quelque sorte

méridio

nale, le travail de la poterie,
aux

industrialisé,

est

uniquement réservé rencontre çà ot

hommes;

tandis

que

d'importants

groupements

de Berbères

dans le nord, do Tunis \\ Tanger, chez lesquels il est resté
Le'-

on

une occupation essen

tiellement IV-minino.,

Des

manufactures

de

poteries ont

t'-

jusqu'ici

relevées

dans les

régions

ou

tribus

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

«7
munie au sommet

Le

lour, dont il

est

fait usage,

est une petite

tour voûtée,

de deux

ouvertures

disposées, l'une à la base, l'autre

Fig. 38.

Four à

poteries,

i, foyer.

2,

chambre

de

cuisson.

(fig.

38);

par

l'une,
et

on

introduit le
et et

combustible
chambre

et

l'autre, les

pro un

duits à

cuire.

Entre le foyer
percé,

la

de

cuisson

s'étale s'élève

plancher
chaleur.

incliné

là de

petits

trous

par

la

Les feuilles de

palmier-nain

et

le fumier sec,

partout

entassé

suivantes:

Khoumirie,
Zemmora Maroc,
et

en

Tunisie;
en

Grande

Mcnacer,
Warain

Msirda

Algérie ;

Kabylie, Aurès, Blida, Miliana, BeniRif, Tsoul. Slès, environs de Taza et Ait
intérêt du fait
que

au

L'étude de la
ont conservé

céramique procédés

berbère

présente un grand

les

potières primitifs

des

de fabrication
pénétrer

et

des

systèmes

de décor

vraiment

et,

par

là,

elle permet

de

les
en

secrets

de fabrication de la différente de

céramique ancienne. celle

La

potière utilise une

technique

tous

points

du

potier

;

clic
pour

ne connaît ni

le tour,

ni

le

four;

ses

produits généralement peints et

fabriqués

les besoins locaux longue distance. Le façonnage
et

ne s'exportent pas

ou.

du moins,

ne

connaissent une exportation

à

se

fait

a

la

main par ajouts revêtu

lisse

au moyen

d'une pierre,

d'une

de lambeaux d'argile ; puis l'objet est poli couche d'argile plus fine qui constitue

l'cngobe

et enfin ornementé.
oasis sahariennes

Dans les
s'exécute

d'après

un autre procédé :

du Tidikelt, le travail de la poterie, également féminin, la potière monte l'objet sur un semblable qui sert
celle en usage chez

de

moule.

Cette technique
berbères

est aussi

les Haousa de la Mgérie sep
ont

tentrionale.

Les
qui,

poteries

et plus particulièrement
ne
sont
ce

les kabyles

fait l'objet do travaux Randall Mac [ver
»

malgré
ec-

leur

importance,
»
ce

pas concluants :

citons: of

et et

Wilkin
surtout

Libyan Notes

; Myres
poteries

Notes

on
»

the

history

the kabyle pottery

Van

Gennep

Les

kabyles

in Etudes d'ethnographie

algérienne.

68
devant les maisons,
ployé.

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

constituent

le

combustible

généralement em

Lorsque le

potier veut utiliser

son

four, il

range

tout

d'abord

dans la
soleil,
cons

chambre

de

puis

allume

cuisson, les poteries préalablement séchées au le feu; une fumée épaisse s'échappe à gros flo
au-dessus et

par

l'orifice

supérieur

duquel l'ouvrier bâtit
reliées

une

petite voûte avec

des

tessons
ensuite

des
les

pierres

par un qu'il

mortier au

d'argile. Il
moyen qu'il

alimente

régulièrement

son

feu

dirige

de

regards percés clans

parois

de la

construction. voûte

Lors

estime

la

cuisson

suffisante,
plus

il démolit la

et retire ses

produits

dont il brise les
ceux

il dépose
réseau

d'entre
sur

eux

défectueux ; puis le jour du marché, qu'il destine à la vente dans un grand
bât'

étendu

le dos d'une bête de
de Demnat.
ou

Caractères des

poteries

Les

poteries

de la

région

de Demnat
parois

sont

brunes

rouges,

en

général
elles

volumineuses, à

minces,
ou ne

aux

anses petites quand

existent,

dépourvues décor.

de bec Elle

Je

goulot.

sont pas

peintes,

mais

non

dépourvues de

tout

Ainsi,

le fond des

marmites ec

tikint

» présente parfois un ornement

fait d'un
ce afdal »

entrelacs

incisé
par

;
un

la

panse en

des

grandes

jarres

appelées

est stylisée

décor

relief

de

peu

d'importance.
réservée
vases

A

signaler

cependant une

ornementation particulière
>

au

plat

à

cuire

le

pain

ce

anehdam en

et

à la

plupart

des

des

tinés

à l'eau. Elle

consiste

lignes des
le

blanches, larges de deux à
plus

quatre

centimètres, tracées autour
matière
souqs

grandes

dimensions à
anegmirs.

l'aide d'une
Dans les

qui

porte

nom

de

taïluft ou

Meknès de

et

de Fez,

on vend

de Marrakech, comme d'ailleurs dans ceux de des cruches et en général toutes sortes
pour
autour

petits

récipients

l'eau,
du

revêtus
sont

d'un

engobe

d'un

blancet

crême

sur

lequel,

col,

tracés

des lignes

des

losanges de
Les

points noirs obtenus

au goudron

et simplement posés

i.

poteries un

berbères façonnées à la

main par

dos

potières sont cuites

à

air

libre

et non

dans

four. A,u

Tidikelt,

d'après

Voinot, los

potières procèdent

à la

cuisson

do leurs
séché au

produits

do la façon

suivante :

ollos remplissent

do braises

chaudes

le

vase

soleil, puis lo passent aux flammes. On nous signale quo los Ait Warain lisent des poteries non cuites et simplement séchée* au soleil. Le fait aurait cependant

ulili-

besoin d'être

u-rilié

sur plae-e.

LE

MOBILIER,

LES

USTENSILES

6q

avec

décor,
deur
duits

l'extrémité du doigt, rarement avec un pinceau (fig. 3g). Ce parfois d'un assez joli effet, est toujours l'œuvre du reven
et non celle

du

potier1

A Tighermine, près de Demnat, les potiers vernissés d'un jaune clair, pareils aux
dans
toutes

obtiennent

des

pro

produits

communé

ment en usage que

les

villes

marocaines.

Sauf la tamëdlit,

toute

fiancée
sa cor

possède

dans

beille, ils
rien

n'offrent

de

particulier.

On
tier

sait que

le

po

partage

avec

le

forgeron le des
Il
gens

mépris peuple.

du

vit pour ainsi

dire
Fig.
so

en

dehors de la
Il
passe

Vases de 39 Marrakeck.

.

ciété.

ponr
condamné
par

un

être

misérable
ne

le destin.
ni même

Son travail lui

saurait

l'enrichir

procurer

une

modeste
et

aisance

;

il

vit

malheureux,
toute
sa vie

retiré se passe
».

méprisé,
et

puisque

à battre

à

piétiner

ce

notre

mère-

et

notre

père,

la

terre

Là,
métier

cependant,

ne

réside point

la

vraie

cause

qui

fait

tenir

le

du

potier en mésestime.
accomplit

II faut

plutôt

la

chercher

dans le

fait

que

celui-ci
chez

une

besogne qui,
est
qu en pavs

chez

les Berbères
aux

comme

tous

les

demi-civilisés,
remarquable, cas,

uniquement réservée

femmes. Il de

est en effet

zénète,

la

potière

profession

n'est,

en aucun

l'objet du

mépris

public.

1.

On

signale

dans la

région

de Dar Bel-Hamri des
grossier

poteries

également tournées
ronds et

et

ornées

d'un décor

remarquablement

composé

de croissants, de

de

larges lignes de

couleur noire.

Par ailleurs, les poteries rifaines, comme celles des Tsoul et des Slès (Berbères arabisés) façonnées à la main par des potières, sont peintes et leur ornementation sur fond blanc, pareille à celle des produits kabyles du Djurdjura et de l'Aurès, consiste
en un

décor

rectilinéaire

et non

curviligne, généralement

bichrome

: noir et rouge.

POTERIES DES NTIFA

\ \

Vig.

u_i.

Afilùl

Fig. l\i. Agdur.

Fig. 43. Talbërràt.

Fig. 44. Aboqqàl.

Fjg.46. Tikint.

Fig. t\j. Tâqesrit.

Fig. 48. Tâjln

et

tasemlut.

Fig. 4ç)- Tabla.

Fig 5
.

i

.

.

Tajebbanil.

Fie. 5o. Aqellus.

Fig. 52. Ahallab.

O

Fig. TjH. Talëbirl.

Vu.. bt\.

.[j'rrdu,

lagoril.

Fig. 55. Aldizam.

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

71

Amulettes
Tikinl daga-tga

pour

les

vases

contenant

le lait.
tsga

lhalib,

ism-ëns

asëkfel.

Tamlùt, ig

ia-ljdid,
arakâl-

da-tudu
as-linin

s-igurrâmën n-tmazirt

Ihànna

n-

igurrâmën,

; ku Iqobt tasi sgis imiq n-uakàl, ar-d-abk fellâsën tek, tauwi-d

annag, tsmun-t
tnri^l

g-'iàn

usermit, tas-t, tëg-t

tiummist,
mi

Iskr-as

ifilu,

i-umgerd

n-usekfel. sin

Tizar kra

n-tàlëb

ihla ufus-ëns, tara

dârs Iherz nag

i-lahâlib,

tagul-t

n-igurrâmën; tskar
tsëndau aho, tara

dag

iàt tiummist

i-usëkfel, nta wala Ihànna iâdnin, tagul-t g-tgiwit dagai-tfunàst
g-umgerd-ëns.

Iherz

iâdnin,

tagul-t

Traduction. Le vase,

la femme
neuf,
un

met se

le lait,

s'appelle ce asekfel».

Lorsqu'elle
saints

en achète un pays cette

elle
peu

rend au sanctuaire

de

tous

les

du

et prélève

de terre

sur

la

tombe

de

chacun

d'eux;

terre

porte

le

nom

de

ce

henné des

marabouts »

;

elle

la dépose

dans

un morceau

d'étoffe,
ses

en

fait
Elle

un nouet qu'elle attache avec un

fil

autour

du

col

du

récipient.

visite aussi quelque

taleb connu
ou

pour

l'elficacité de
pour

talismans

et se

fait

remettre
,son

une

deux
du

amulettes

nouet nouet

le lait; elle en suspend une à contenant de la terre des marabouts; elle
qu'elle attache

pot

à

côté

prépare un autre
puis passe une

à l'outre à battre le beurre,

dernière

amulette autour

du

cou

de la

vache

laitière.

LES

OCCUPATIONS

DE

LA

FEMME

BERBERE1

Tauri
nsënl

n-tsëdnàn

n-Intift

tsqâ,

tûgër ti n-iregzën.
asnuî

Ma igan

lauri-

P

ugum

n-waman, izid n-imëndï,
n-tgemmï,

n-tiram,

uzùg

n-ullï

tsitân,

asmam

azdam n-iksûdën asirëd n-ladûd.

Umma

tarda n-tmëlsa,

lisëdnan

n-wida

iterrahan

ur-d-nutentï afella n-iàn

a-isirîdén, iregzën ad-asënt isirîdën uzru ism-ëns aseggwerd.

dinneg

llan waman,

Damas i'aib i-tsëdnàn
Texte
non

ad-ëksant ullï

nag ar-theddâmënl d-irgâzën

i.

traduit.

ni

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

g-tmëgra

wala

g-liwûga.

Kullu

taurï

n-tgemmï

tinnsënt atga, ti

Ihela

ti

n-iregzën.

Tamlùt da-tgan ar-ammas n-tiëd tnëker, tsag Iqendil, thazzem. Ig dàrs tlla tëdrânt, da-lnëker bstawïl afada didas iak"ï; tasi timzin da-tslï dàr imensî n-idëllï ar-inl-lzâd. Mkan d-uikï ius ar-ialla, tnëker f-uzreg, tëdâu, tasi-t-id, tagul-d s-dâr uzreg, tqima, tsers-l f-ifaddën-ns, tzz^f-as iàn iff t^kf-as ar-isumum ar-asràg iddjiun, tssu-as kra n-iktël nag asdad lizar-ns, tsgen-t

Au

réveil.

aur-

g-tama

n-uafud ar-tzâd.

n-tadaul-ëns

ig

dàrs

tlla luurî ;

Iga isguyu tërbu-t, ma ila wass, Ma afella ig ur dars lllî da-lqima s-uakàl ar
ar-lsifif.

didas

llcab. tkemmël sg-izid, tsmun aggurën tsird-in.

Mkàn

Mkan tsiff,

tsmun
tah-

irukûtën,
Iferhan

Sig

isbah

lhal, tsag takàt,

tsmer

tikint,

tsnu

rirt, tsnëker arrau-ns, ku iàn ifder
sufûgën

s-lhàq-ns.

Ibàhim-ënsen
tasï tasemmt

ad-int-ëksen.

Tsmum

irukûtën,
Tqim

tsird-in seg-tahrirt,
aras-ëns g-idn

àr-tsmam kullu tigëmmï, tsmun
gis.

umessid, tsufeg-t s-abëddûz, tger-t-in

imiq

atsunfu.

Le déjeuner.

Tsag

takàt,

ts^mr

i-imëklî,

lasï

Ihodert-àn dârsn

illan, tigëllàlin, nag tahsail, ibaun, tinifin,
iksûdën
g-lcafit alag.

tger

Ihodert s-tkint, tëg

Tasï agdur-ëns, tsers arba g-lissi, lfel-l, tffog s-ugbalu allagum aman. Mkàn lëlkem agbalu, fammer agdur-ëns, tsîrëd âqemmu-ns

d-idarën-ns,
f-ugadir

tasï

agdur

f-tadaut-ëns,
mkan

tagul s-tgemmï,

tsrest,

ls^nnel-l

g-udgar-ëns.

Thaid,
lazëlàft tasëksïit

tgdbël

tikint,

tsis

ar-tsëksau,

ar-ttinï :

tkint, ig Ijëhd-ayàd

Ira Isker sëksu,

dartsattî
;
tg-en

ma-tn-itqàddàn

afella n-tkinl.

Tsers imëklï i-ait tgëmmï, ssën, tsîrëd
g-udgar-nsën.

irukûtën, tsmun-in,

tsersin

Au bois.

Ig

dàrs llan
?

Ilin,
iran

lasï

asgun

tger

iksûdën, hat ur-tëddi s-manï ; ig ur-dârs i-laddjarin-ns, limëddukàl-ns, tini-i'asënt : ce ma
» ula niai /

aiddu

adnzdem

Tan

ur-dàr-llin

iksûdën,

da-lsatti

asgun-ëns.

tlla tagdnt

ddunl iss

ard-zddemënt ar-d-smunnl

Ig dàrsën iksûdën da mi g'nt

LE

MOBILIER.

LES

USTENSILES

n^

add-asint.

Ku d-iàt

tas

lazdëmt-ëns,
g-iàt

thammel-l

f-tadauï-ëns,

tzri

s-tgëmmi-ns.

Ig
ssunt

isul
gis

wass

da-lmununt
qimant

tgëmmï g-udgar
awint

dag

tlla

lafukt,

agertil,

afella-ns,

timest,

kra

da-isruf

i-kra.

La

traite

du

troupeau.

^'Ikàn

tqerreb

lafukt atëder,

ku d-iàt

tëddu s-tgemmi-ns, tsemm

tigëmmï,

ts^mr i-imensï.

Mkan d-uskant

ullï

sg-ëlhela,

sëksemn-int

s-ëzzribt,

qqenn

izgdrën
tlla. Iqim

g-wammas n-lgemmï

; tasi

ahellab-ëns ar-as-itamz

ar-lzzeg
umëksa

tafunàst

ig

dàrs
ntàl

Tffog
g-jàn

s-dcir udgar

ullï

tigàtln,

iàt s-iàt,

ar-lzzeg

ar-d-int-tkemmël

lërzem i-warrau-nsënl

dàr

immâtsën, qimën d-immdtsën ar-asràg ran adgën ait tgemmî, nkrën amzën igëjdën, amzën ikruan, awin-in s-iàn uhanu, tërgel fellâsën
tiflut.

Tsmun lahalib
s-iàn
utellis.

g-iàt

tkint,

tëdel-t

s-iàn

iktel,

tas-as

imi-ns,

lëdel

Le
ssën.

s.ouper.

Ilkem Toqt n-imensï, drënt tillas,
tasi anehdam, tèg-t timzin
afella

tsag Iqendil,
ar-int-tslai

Tasi-d

dag

timzin,

n-takàt, tsag-as

l'afil ar-d-ihmu,
afada

ar-tsattî

ar-int-ëlffi g-unehdam

ad-ëqârënl,

ar-d-int-lsli

kullu

tasi-d aferdu,

ar-t-tsatti

imiq

s-imiq

ar-int-tsfardau

s-tsugg°it, tugs-int

ar-asi-àg int-tkemmel sg-izran d-ik'sûdën.
tsmun-int

s-usfardu,

tzià-int

Mkan int-tkemmël sg-iùgis,
annag, tëddu

Loqlg-tazgaut, tëdel-lnt.

manig

tgan.
i

Fabrication du beurre.

ligîwit,

lawi-d tikint

dag

Ula

Ar-isbah, mkan tzdâ tiram-ëns, lawi-d lahalib, taugg gis isikkil. Iglufa ikkil,
tqima ar-ts^ndao ar-d-ino

tffi-t-in g-tgîwit, tas-as

wit,

taugg
tëg-l

gis

imï-ns, ar-t-in-taf inda,

tânëf ligî
tasën-

tsmun

tigîwit-ëns,

tëldi-d sgis

dut,

g-ugdur

daga-ltsmunu.

Dans les

champs.

Loqt n-luga,

mkàn zrin

imëkliun, ku

sncit

tmgarin, nag krâl, asint tariàlin-nsënl, asint lalgadûmin-nsënl, ffgënt, ddunt s-dcir igran n-lomzin ar-tksënt lagëddiut, d-uaddad,
d-ëlbesbas ;
s-tgemmî,

ig

ufant

tifaf, talma,

ar-t-stant g-ëlhela smununt

ura-tid-ëtawint

ar-lhsasent

i-lbàhim,

ar-

kra n-iksûdën ig-in-ufant.

74

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Mkannag
gënt

'animèrent liriila,

stinl

tuga,

gënt-l

sg-izdar

n-lariàlt,

fellas

Ihoderl,

gënl sg-ufella

iksûdën.
fammir

Tan

ur-ta

ikëmmiln s-lhasis,

ur-la

tariàlt-ëns, 'aunt-as
thammël tariàlt-ëns

tillï 'ammern-in.

Mkan

aôk

ujddënt,

ku d-iàt

f-tadaut-ëns,

munn

d-ugaras

ar-d-lëkement

igrem, ku

d-iàt

tëddu

Le travail de la laine.
tadûd-ënsent ;

Ayur

n-ibrir

aga

tllâsën

ullï,

smunn

ku iass

ar-ttawî

tmtût tadîtd

s-wasif nag s-iigbalu,
g-wamàn kermë-

da

tshâmu aman,

ar-t-tkàt s-lgorit

ar-lsfu, tslil-t

nin, tfsser-t

g-lafukt afella n-ugertil ar-lzûu n-tiram

tsmun-t.

Mkàn

tkemmël tuuri

tqersen-t,

tasï

tizdit ar-tëllem

id;

mkàn tkemmël

id,

tasï izdï ar-tëllem tilmî.
asëlham

Ig
tffog

tra^lsker
s-imï

"aban nâg

i-urgàz-ëns,

lasï

takurt n-id,

n-tgemmï, tger-d i-tmëddakull-ëns

mas-itcawan g-uzizil

n-uslâ.

Mkan tkemmël azizil,
ar-d-ikemmël, tbbi-t.

tger

àslà, ku iass

ar

gis

tztà ayan mi-tgi

Dans les jardins.

Loqt

lëhrif

da

tnker zik, tëddu

s-urlan-nsen,

teglï s-wazar ar-tk^s tazàrt
mkan

da inwan. Tëindtk^s
tegli s-wayàd,

tërzem-as s-wakàl,

tsara

kullu azàr, luggwez,
azdrën ar-llâqâd

mkannag
tfsser-t

tsker

ar-

d-aôk tkemmël
g-udgar
ar-tqàr

tazàrt, g-tazëgaut, tawi-t

s-tgemmï

dag

tlla

lafukt,

Issu-as

lhasis nag agertil,

afëlla-ns

tsmun-t,

l'ammer-t g-tsirit n-tznirt

Ig
zzutin

inua zzutin,

ig

ur-la

da-t-susun,
quaus.

nag ku-sbah da-ludu da-tlàqàd Mkan inua
tmtût
zzutin g-ismun
ar-tlo-

tasëllit n-uganim.

da-isdr usemmid, ism-ëns
^rzemën

Igelt-ëns,
qâdën.

imzurfa

i-usus, da-tudu

d-iferhan

A l'approche de l'hiver.
ar-lsmunu ur

Mkàn
jàk

iltsûdën

g-uhanu

igi iàn ai/Jëg s-tagànt,

laf

kul-ass ar-tzddem, daga-tlàr tlist, nag isqà unzar, iksûdën ujddën, ur-lri manï ur-sul ig
tqerreb tgerst
ass

lauri-ns gir tirûm ng-izid.

CHAPITRE

III

LA NOURRITURE

tamessut
ments.

,

nourriture,

ali-

tiremt1, tirant, repas. lëfdùr, le déjeuner.

l'aull, provisions ici. l'aùwin,
i.

de de

ménage. route.

imëklï3, le

,diner.

asnîger'", le

goûter.

de es,

manger où

»;

corrcsp.

à timrlsa,
sens

Tafilalt;

tmatsa, A.
; ulsl, A.

Warain;

ulsa,

Figuig

ot

A. Seghr.
.

lo

mot a aussi

le

de

ce

couscous »

Ouirra,

A.

Ndir, A.

Sadden
j..

généralement connu dans les parlers du groupe taselhait: Demnat, Igliwa, Imesfiwan, Imcttougan, Ihahan, Achtouken, Illaln, A. Ba°amran, O. Nun, Dra, Tlit, Tafilalt; désigne encore ce une part d'eau d'irrigation » tiremt n-waman: Ntifa. Le mot
a aussi en

Termo

Zouaoua le
repas;
tour
sens
»

sens

de
p.

ce

repas,
».

on prend un
et signifie ce

Boulifa,
;
son ce repas

534

temps, partie de la journée pendant laquelle Les A. Warain emploient: nnubt. qui est arabe berbère
:

correspondant ».

lawala

est connu

des Ichqern égale
sens

ment avec

le

de

Ces deux

cas sembleraient et par

déterminer le

étymo
».

logique de tiremt
sait que

qui serait

ce

temps, époque
à tour de
généralité
eles »

extension,

tour,

puis repas

On

les

repas sont préparés commun
ce

rôle par

les femmes d'une dérive d'un

même

famille.
ce

3. Le
journée
»

mot

à la

parlers

verbe

kel
ou

passer

la
.

Ntifa ;

passer

la

méridienne

Touareg. On trouve imèkli

imkèli,

pi.

Igliwa, Ihahan, Tazerwalt, A. Bacamran, Dra, Tafilalt; im/Ji, Ichqern, A. Ndir; amesti, pi. imesluin, A. Warain, A. Seghr., B. Iznacen ; ameklu, Touareg. On signale un verbe muslu ce déjeuner » B. Iznacen, et èyel, a. iw/la, Matmata. 4. Expression particulière aux parlers de Demnat; peut-être rapportée à un verbe manger d'un reste, recommencer à manger » sïger ■ ajouter » Ntifa, et snîger Zouaoua. Syn. aggiiz. Ida Oukensous, Izenaguen; asual, Imettougan ; allas Imesfi A. Seghr., A. Warain, wan, mais le mot est surtout connu des Ichqern, A. Ouirra, A. Sadden, A. Ndir, Zemmour; on dort le ramener à un verbe ailes ce recommencer »
imèkliun:
.

\

cf. ules,

Touareg ce
Le
ce

continuer,
goûter »

et recommencer ». est encore
ce

Cette étymologic justifie
par

colle

donnée

pour asniger. est pris:

désigné
»

le

nom

de l'heure du jour A.

il

tamedd.il,

Figuig, litt.

après-midi

; de même:

wazduit.

Ba'amran,

O.

Dra ;

auzzivit,

Amanouz.

n6

mots

et

choses

berbères

imënsï1, le

souper.

tamënât\
ger où
riture.

trou

fait dans le

man-

lâz, fad9

la faim. la
soif.

chacun puise sa

nour-

takëtmit-, tiketmay, bouchée. idtummit,
Drcrée.

ligimiV,
agrum6,
aggurn'*

groupe.
pain.
»
-

farine fine.

x.

Commun

aux

parlers

chleuhs;

parfois rencontré avec un

a préfixé:
« passer

amensl,

A.
;

Warain, Aurès, Ouargla ;
il
existe un verbe :

amensu,

munsu «

Touareg ; le mot dérive de èns souper » Figuig ; mensu, Ghdamès.

la

nuit »

A.

Particulier aux dialectes chleuhs; on note ailleurs: aleqqim, Ichqern; taleqimt, Warain; taluqimt, A. Ndir; taleqqimt, B. Snous et Aurès; taleqqint, A. Seghr; tailumt, Figuig; tageldimt, Mzab; tadjellimt, Ghdamès. Syn. : aslum, A. Bacamran, de slem « avaler » ; tufezt, Zouaoua de ffez « mâcher ; tasiktt, Touareg, de ek « passer
a.
»

».

3. Dérive de

gemm

boire

par

petites

gorgées

»

Ouargla. Syn..

i.

tajogmimt,

Marcais, Tanger, 25o; correspondant à tajgimt, Aurès; tijugimt, Zouaoua; thubit, A. Seghr.; tahubbit, A. Ndir; cf. jugmet, B. Snous; tàjeqqimi, Matmata. a. Ntifa,
cf.

tahubit,

Ghat,
:
.

d'un

verbe :
«

hubet

«

boire

par gorgées ».

3. tagottit, Ichqern. devant
verse

4. De
soi ».

amënad

devant
«

lui-même dérivé de
au
milieu

mnid ou mnad « regarder garni
»

Syn.

tawurda
ou

trou fait

du

plat

de

nourriture où

Ton

l'huile,
5. de

le lait

le beurre

servant

d'assaisonnement

Tlit;

tanut, Ida

Oukcnsus;
Gounidif,

tahjiunt, A. Seghr.
qim ce s'asseoir
»

;

syn.

.

tasqimut, À.

Warain,

A. Seghr.

:

asnrs,

Ida

Ida Oukensous ; ljëmacat, Ichqern. 6. Coll. sing. ; commun à tous les le
pi.

parlers sauf

les touaregs
miettes

qui ne connaissent que

igerumen, inusité

ailleurs,

et

s'appliquant par

aux «

de

pain

>)

;

une

forme

bizarre igeremgeram paraissant formée Les Touaregs
appellent

la

réduplication
«

de

agrum signifie « croûte ».
»

le
le

pain

tagella, dérivé de ëgil
chauffé
»

farine

; tadjella désigne à
se rapporte

Ghat

i

un

pain cuit

dans du

sable

; tagula

ou

tagulla

à

«

la

bouillie

» et avec ce sens

mot est connu

dans tout le domaine de la taselhait. L'ex
;
on relève

pression apparaît sporadiquement

dans

quelques autres parlers

tagulla,

en

Zouaoua

«

aliments,

phrases comme g-uhham-ënnun «

5 17 »; cependant le mot ne s'emploie que dans des les suivantes, preuve évidente de son ancienneté, tsig tagulla d-elmch j'ai mangé la tagulla et le sel dans votre maison » ou encore: ahâq

Boulifa,

tagulla d-ëlmeh ayag

iserken !
à la

«

Par la tagulla
peut «

et

le

sel qui

nous

unissent! »

formule

de

serment.

Le

sens

de tagulla

être

celui

de

« pain ou

sions sont analoguos

nôtre :

offrir ou partager

de bouillie », le pain et le sel ».

ces expres

Le
7.

« pain » est encore appelé :

Cf.

aggurn,

Tazerwalt,
le
mot avec u:

tcka'ia, Kel Oui ; takaia, Ghat; tawaddji, Ghdamès. A. Bacamram, Ichqorn ; aggurem, Tamogrout; le g
:

s'affaiblissant en
.

w,

des ion l.

awwurn,

/\t

semi-voy.

permuto

aurën,

W^Y éléments: arcn,, Zemmour, B. Inconnu des parlers touaregs

Zouaoua; la l/nacm, B. Snous;

Todghout ; awer, Â. Ouirra: rn^> r; la dipht. au se réduit à l'un de ses
arn

\.

Seghr., A.

Warain,'

Figuig.

le

mot a

pour correspondant

ëgil. Ahaggar ; idjil,

LA

NOURRITURE

77
pain avec.levain.

ibrin', farine illdmën', son
arëktî3,
pâle.

grossière.

Imellôd",
Ikrun,
ufclir",
arehsis1,

id. id.

cuit au

four.
levain.
avec

cuildansla cendre.

lahmirt'', levain. tafeint', galette.

galette sans
petit pain

labeddul,

fait

le

Ghat;
porter
v.

d'où tagellu
à

ce painV>

et

tagulla

ce

bouillie
ce

signalés

plus

haut;
qu'il

un -verbo gel,

Ntifa;

sgel.

Ichqern
farine

jeter du

grain au moulin » et

il faut le rap iaguli, «,
rapporter
géné

C'est

vraisemblablement a egil ce

des

parlers

touaregs

faut

angul ce galette
ralité
i.

de

pain » et ses variantes

étudiées

ci-dessous

et connues

dans la

des

parlers qui utilisent aggurn ou ses ce moudre

dérivés. Le
»

mot est

donc très

ancien.

Coll. pi.; de bri
et

grossièrement

sert a

la

préparation

d'un

couscous

grossier qui porte aussi ce nom.

Cf. ibrain, A.
pi.

Seghr.,

A. Warain. Les
.racine

parlers

bera

bers

Zcnètes

emploient aussi un coll.

tiré d'une

aulre

:

iuzan, Zemmour,

Ichqern, Zkara, Malmata, Aurès; iugzan, Rif; iuzen, Mzab ;-uzan, ce bouillie faite des grains grillés » Chenoua. On signale un sing. iuzi ce grumeau » Aurès; tiuzit, Zouaoua;
le
terme
i.

dérive

sans

doute de
ce

zzi

ce moudre »

A. Seghr.

Coll. pi., litt.
ajersal ce son

los

peaux »
»

Syn.:
B.

de blé

A.

Snous;
3. Cf.

aiersal,

B. Menacer,

Tazerwalt, Sous, Anti-Atlas, A. Ouirra, Ichqern. Seghr.; agersal. Aurès, Chenoua; agursal, Zouaoua, anehhal ce son d'orge ». A. Seghr. ; anhal, Zemmour,
areyli,

A.

Warain,

Aurès. A. Bou

arëktsl.

Oulli, Ghat;
A.
;
»

B.

Iznacen, Aurès,
areslu,

B. Salah ;

aruyti.

Zouaoua;
gne

aresti,

Ichqern,
levain

Warain, A. Seghr.;
la
rapporter arabe.

A. Ndir. L'oxpression dési

la

ce

pâte sans

on peut

4. Forme berbérisée de
tamëtunt, Ichqern
tamlne[,
et

hmira,
un

Le

mot

à: arey ce pétrir » Zouaoua. berbère est: tamtent, A. Bou

Oulli;

Zouaoua ; tamtumt, B. Snous ; tantunt. A.
existe sing..

A. Isaffen. Il

anltun,

Rif;

ainliiii,
pâte » se

A. Seghr. ; Matmata ; amtun, B.

Warain,

Salah ; amtun, Sencd, Aurès, ce Lever, en parlant de la et B. Snous; selehs, Chenoua; tllchs, A. Seghr.
5. Sur languit, B.
ce petite

dit

emten,

B. Iznacen

ce

mot,

voir chap.

n.

Autres tormes

rencontrés:

i.

languit, Ida

Gounidif;

Snous,

B.

Iznacen;
angul

tungult,
»

galette

pour enfants

Imettougan; tanunt, Aurès; hangult, Chenoua anwur, Izayan; angul, Tazerwalt; aneggul, Rif; cf.
petit pain renflé
ce

Marcais, Tanger,
étranglement

225:

à

ses

deux

extrémités
»

et avec un

Salah; Chenoua; tas'nift, Rif, A. Warain, A. Seghr., B. Snous; taknift, Ouargla; 3. tardant, Figuig; laifnirt, B. Halima; à rapprocher de e/nef ce rôtir » Zouaoua. k- tahàkukt, Ait Bacamran ; tahkukt, Tazerwalt; le masc. ahakuk tareduml, Mzab. ce raquette de cactus » Amanouz; laka'kift. Zouaoua ce petite galette pour les est
au milieu ».
-j.

laknift, Rif

la ftira de Tanger

iaynifl, B.

haynift,

.une

enfants

».

Ihahan.
ce

7.

5. lugrift, Ichqern de gref 8. tabbut, Ida Ouzal.

-

diviser la

pâte

en

pains ».

6. taullit,
9.

ajanro,

lafanrot, Amanouz.

tunnirt,

galetto

dure

»

Ida Oukensous.

6.
7.

ce

galette sans aux

levain

»

Spécial

Berabers:

A Ndir, A. Seghr. Ichqern, A. Ndir.

■y S
reste

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

de

pâte

et

donné

aux

tasa'arit,
arebbaz, seksu*,

vermicelle.

enfants.

ibbi ur-inui,
galelle
partagée en

pâtée.

agzzum,

panade.

deux.

couscous.

lileqqi', imis', bouchée de
mie.

sikuk,
pain.

couscous
couscous

au

lait.
canelle.

ssfa,

à la

idernan, beignets.
trid,
feuilleté.,
crêpe. gâteau

liber kuksin",
grains.

couscous

à

bgrir,

\
au miel.

buttel,

couscousde

maïs.

sbakiia,

tundjifin,
lirufin5,

grillade

d'orge.

busiiar, feuilleté.

id.

de blé.

i.

Cf. talëqâ, A.

Seghr.

âqs'ur

ce

croûte » est

Seghr.; tileqqi. A. Warain. ifruruien ce miettes de Ntifa, A. Seghr. ; tâqsurl, A. Warain, Figuig ;
taferkii,

pain

,.

A.

le

mot est

arabe, le berbère

Touareg
»

s'appliquant

aussi

à

a

l'écorcc d'un

arbre »

Ntifa ; d'où iferki ce 2. Formé de imi 3. Le

chène-liège
ce

bouche
A.

»

et

Zouaoua ; afarsiu ec croûte de pain dur » Rif. du diminutif s; cf. Figuig: imi n-ugrutn.
des
parlers siytu sauf et

mot est commun

à la

plupart

les Touaregs ;
sistu,

on note : sksu,

Tazerwalt, Sous;
seisu,
autres
appellations

seksu,

Isaffen;
ce

se/su.

Rif;

sisu,

B. Halima ;
».

Matmata ; lissut, A. Warain
citons:

couscous servi

avec

de la

viande

Parmi les

nourriture cous
~

A.

2. tacam ce la Figuig, A. Seghr.; ussu, Mzab. rouler le cous par excellence » A. Ndir, Ichqern. 3. afëltdl de ftel gros couscous » A. Ndir; abaltcil. A. Sadden, A. Ndir, Ichqern; iftel i.

utsu,

ce

■— ■

Bacamran ; cette dernière forme cxpliqeic peut-être buttel /j. abelbul ce couscous de maïs » A. Seghr. ; abelbal ce
d'orge» B.
grossier »
ce orge

ec couscous

de

maïs »

Ntifa.

couscous assez

fin de farine

de grosse semoule » B. Snous; abraber couscous Snous; tabelball Rif; aferfur ce couscous de sorgho » Rif; cf. Marcais, Tanger, 235, belbula
mouillée et cuite

écrasée,

à la

vapeur

».

Chez los Ntifa
et

abelbul.

désigne

une

ce grosse

boulette faite bid èlgul
».

avec un mélange

de pain, de beurre
u

de farine d'une de farino de blé
remuer »

plante

appelée

5.

ahdam

iierdèn

couscous rai ce

grossier

A.

Seghr.
ce

6.
»

aruai,

Dj.

Nefousa;
ou

erawa,

Zenaga de
.1»

brouiller,

d'où laruait

bouillie

dans les

parlers chleuhs.

4. PI. de taberkuksl
vapeur ».

berkuks berbère

couscous

à

gros grains cuits

à l'eau
à

et non

à la

Le

motëTôriginc

est passé en

arabe;
gros

commun

un grand nombre
»

de

parlers:

berkuks, A. Bauamran

; berbukes

.

«

couscous

de farine d'orge

B.

Snous ; laberkukest, Zouaoua ; bersuis, A. Warain. On peut lo décomposer ainsi: kuks à rapprocher do kosksu « couscous » Alger, andalou, maltais; keskes, Sénégal; cf.

Marcais, Tanger,
grande maison

'335
»

el

du

préfixe

aber

ou
»

ber augmentatif,
trouve

cf..

ibergemmi

aberuay

ce, bouillie

tris

fine

Ntifa.
on
»

ce

pain

5. Comme le précédent, coll. fém. pi. do arèf ce griller » do maïs » Bezou; turifl ce grillade do blé ou de maïs

un sing. :

turifl

Ichqern,

A.

Warain, A.

Seghr.

LA.

NOURRITURE

1\)
viande.
viande rôtie.

lerkoko1, la

rouina

des Arabes.

iifîi'',
ssua,

askif bouillie légère d'ibrin. id. de farine. laharirt,

lasgarl6,

part achat en

de

viande.

laruail', bouillie épaisse d'ibrin. aberuay, bouillie fine de farine
de blé.

luzi'al,
viande

et

partage

de

commun.

ladunl'', bouillie de
grains

graisse.

herrberr,

de

tadu^'art,

tripes. séchée,

blé décortiqués.

talehsa-y bouillie légère de farine de fève.

ïssuin, ikurtsen'j

viande

Igeddid.

saucisses. graisse

taferdeddist,

de conserve.

buffl,
tes

bouillie épaisse de farine.
avec tou-

urldmën, bouillie faite

tutélt, tutlin, brochettes. imei^gan, sauce, bouillon. taglaitsy tiglaj'j tihaddjamin,
œuf. cuits œufs

les

variétés

de

grains.

durs.

i.

^

Pâte

obtenue en mouillant

de la farine faite
généralement

avec

dos

grains

d'orge

grillés et

cuits

à la

vapeur »

On la

préparc

avec

de l'orge

moissonnée avant sa

complète avec

maturité; la farine s'a'ppellc alors aggurn uzëmbo, A. Bacamran ; ou encore d'autres grains aggurn uarrdf. Cette préparation passe pour posséder des pro

priétés

bienfaisantes;

elle

Seghr.
nouz,

2.

tummit, A. lamegunt,

etc.

porte des noms divers: i. arkoko, Igliwa; tersusa, À. Bacamran; Tazerwalt, Ida Oukcnsous, Achtouken, Ama 4. tazummit, Rif. Ichqern; tamgun, Zemmour, Izayan.

5.
2.

arkul,

Zouaoua.
■■

Do

rui

brouiller

»

taruaii,

Figuig;

iaruasl,

Tamegrout;
de
viande
ce

en chelha:

tagulla;

voir supra.

3. tqëliia
miel » yobber

ce

tajin de tripes
tajin de

»

hnoroziia

ragoût
»

se

mangeant avec

du

nnhorfez ec

navets cuits

dans l'huile
à l'eau
on

bestila

poule cuite au safran »

dàhro

ce

ragoût

de

carottes cuites

et préparées avec

de la farine
ou

».

4. Expression
Dans los

particulière

à la laselhail ;

trouve

aussi

tifia

tifiu, Tazerwalt,

autres parlers, y compris les Touaregs, on signale : aksum, Rif, Zouaoua, Scncd, Ghdamès, Ghat, Aoudjila, Syoua; a/sum, Ichqern; agsum, Aurès; aisum, A. Warain, A. Seghr., Temsaman, B. Iznacen, B. Snous, Djcrba, Ouargla, Mzab; astum, Temviande crue » Dj. Nefousa; isan ce viande cuite » Dj. saman, aisum, Figuig; usem Nefousa, Ghdamès, Ghat, Touareg.
«

5. Sur

ce mot cf. notre ce
»

étude

sur

le

nom

de la

charrue et

de

ses accessoires chez

lés Berbères 6.
cf.

in Archives

iadunt,

Berbères, igi8. A. Warain, A. Seghr., B. Iznacen, Ichqern, Zkara;

taduwwenl,

Tamegrout;

tadent;

Touareg

il

existe un verbe

iden

«

être

graisseux ».

7. tikurdellasin, Infedouacr; ikurdellasen, A. Bacamran; tikurdasln, Ichqern; takundërist, Ida Ou Kaïs; takurdast, Dads; tsurdest, Mzab; tisurdas, A. Seghr.; cf. Beaus

sier, 435

«

saucisse,

merkaz ».

8. Terme

particulier au groupe

chelha;

se

trouve à l'état

spoVadique chez

les

Bcra-

80
azâlim,
oignon.

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

aman

tiskert,

ail.

atay

(wa), eau. (wa), thé.
sucre.

libzar, poivre. felfel, piment. Usent, sel. Ihodert, légumes.
tigellàtin', navets de conserves. afras, feuilles de navel.

ssokwor,

liqâmt2, menthe. lahalib, lait.
a-ho'*,
petit-lait. caillé.

ikkil, lait

adgesy lait de la
turition.

première

par-

iqorran, figues.
tîmessuit, boisson.

talhasut'', fromage.

bcrs: taglail,
ce

Ichqern, A. Mjild ; tiglit, A. Sadden, Un plur. masc. iglain désigne » Nifa, Sous. Dans les parlers zénètes on note: (amëllalt. A. Warain, A. Seghr,, B. Iznacen, Matmata, B. Snous, Zouaoua, Aurès; le mot signifie ;; la blanche ». Dans les parlers touaregs onrclè\e: tasedelt, Ahaggar ; tasadelt, Ghdamès; lasadalt, Ghat; tuzdelt, Mzab ; le mot est a rapprocher de sder ce pondre » Ntifa. Tlit,
les testicules Sous.
l.

i

Coll.
Cf.

pi.,

correspond

à tirekmin, A. Bou

Oulli, Igliwa, Tazerwalt,
le thé
».

etc.

2.

Marcais, Tanger,
mot

£58

:

laqqom

ce préparer

3. Le
fait lait

désigne

ce

le lait d'une

manière générale ».

On

ne

boit

pas

izebber, il donne. dos
»

coliques, disent les

Ntifa;

on préfère

le

pelil-lait,

de lait frais, le leben. Ce
le
ce
petit-

explique ixmrquoi

ahu et ses variantes
note:

désigno

plus particulièrement

;

avec

ce sons

on

uho,

A. B.

Tazerwalt, A. Bacamran ; Nefousa, Touat, Gourara;
Le
ce

aggu,

A.

Oulli; ahu, A. Sadden; agu, A. IsaJïcn, Ndir; agi, Tcmsaman, B. Iznacen, Aurès, Dj.
kefain, Ahaggar ;
ah

igî. Zouaoua.
wa

lait frais

est appelé : ah

kafaia, Ghat ;
aginsfin,
verb. ou
»

agi as'fai,

Rif;
d'un

agi

ias'fay, B.
Zemmour:

Snous;

agi as'fa,

A.

Warain; Aurès,
«

A.

Seghr.;
adj.

Ichqern;
participe

agi nsfi,

expressions

formées de

lait

» et

d'un
ce

du

verbe

d'état. Parfois l'adj.

est seul exprimé:

taùkjït

lait frais

A. Bou Oulli

;

Inleketto; takj'oit, Tazerwalt; a/ fui, A. Isaffen; ikjî, Tlit; as'fai, Figuig, Chenoua, et par métathèse aifki, Zouaoua ot enfin inf, Ghdamès. Il existe en Touareg un vrbe kafai ce être blanc comme le lait » et un subst. takufi
takfit,
«

mousse

du. lait

qu'on

vient

de traire
ce

lorme

qui

correspond

à tiknfa, Aurès
terminal

et

[nkiifta,
matif

Zouaoua,
marque

dérivé do kùfr[

produire

de la

mousso ».

Le/

est fnr-

et

l'idée de devenir (cf.
Liait

IlanoU-au,

Grammaire touarègue). Ceci lixo
lait
mousseux
».

l'étymologic des Par
suivi

expressions précédentes qui signifient ce

analogie

le

prti

»

est

désigné à l'aide d'expressions

composées aigre

de
ce

agi,

d'un
» :
ah

adj.

verb.

ou

du

part,

d'un

v.

d'état

signifiant

ce

être

» ou

èlre

battu A.

wa

i::cn,

Ahaggar; 4af

semmumen,

Ghdamès;

agi asemmam,

À. Y\ arnin,

Seghr., Aurès;
ce

agi
».

iusemmam, B. Snous
clo chèvro

agi ndun,

Zemmour, V. Ndir, Ichqern,
au pâturage avec est spécial

de ëndu

être battu

t\.

«

petit

fromage
en

ou

do brebis leur

que

les bergers font
».

le lait irait,

cuelietle, dos brebis

qui

sont confiées

Le ternie

à la

LA

NOURRITURE

01

udi1, beurre fondu.

zzitun,

olive.
olive

tamudit, beurre frais.
tasendut,
motte

tamlemert,
serve.

noire

de

con-

de beurre.

lidam,
la
zzit,

tout

condiment gras pour

Ihoder,
tamenl,

olive
miel.

verte.

cuisine.

huile.
Verbes

es- s

ta,
se

manger.

zdem,

ramasser

du bois.

s usa,

boire.
mettre

sfersi, fendre du bois.

drû,
sdrû,

à

table.

sag, sud,

allumer.

servir.

souffler

le feu.

inga-i inga-i

làz1, j'ai faim. fad, j'ai soif.
se rassasier.

shsi, éteindre. shâmu,
chauffer.

djiun,
snwu,

sis3, bouillir.
zad,
moudre.

nwu-nugg°à,,
cuire.

être

cuit.

snegd, écraser.
apprêter.

smer-sujad-hiia,

gel, jeter

du

grain

au

moulin.

région;
pond

une expression plus commune est:

à lakelilts,

Touat, Gourara

;

taklilt,

tiklilt. Sous, Tlit, Tamegrout, ejui corres Ouargla; tiklil, Zemmour; tislilt, A. Wa
ce

rain; tislelt. Figuig.. En Zouaoua tiklilt i un fromage dur et dérivent d'un
ee

est

la

crème

du lait

».

Ces

mots

désignent d'où ikkil

verbe

yjl

être

caillé »

Zouaoua,
et

lait

caillé »

Ntifa, Tlit, Zemmour;
takemmarit,

attsil,

Autres

expressions : agugli

et aguglu,

Warain; asir, Rif. Zouaoua; qisi, Dj. Nefousa
A. de
akemmar ce

agisi,

Aurès;

takemmart,
i.

Touareg;
dehen

Mzab,

présure »

Touareg.

Le

ee

» arabe.

Avec

ce sens on relève:

ûdi

ee

beurre

et graisse »

Tazerwalt,

A.

Isaffen; udi, A. Bacamran, Touareg; udi. A. Warain, A. Seghr., A. Ndir, se dit: ludit, A. Bacamran ; Zemmour, A. Sadden, Rif. Le ce beurre frais; zebda lamûdil, Demnat; tamûdit, Tazerwalt; tamendut, Ghat; ces expressions dérivent d'une
»

racine

D désignant

ee un corps

gras »

;

c'est ainsi que

udi se

rapporte

à

ee

la

graisse »

Mzab ; à ee l'huile » Sened ; cf. di, Dj. Nefousa ce huile » ; précédée de Vn du passif, la racine donne: ènd ce être battu, beurre » A. Seghr. et ndu, Ntifa.

Le B.
des

ce

beurre frais tlussi,

»

est encore appelé

Iclussi,

Figuig,

forme

cpii correspond est
ce

à llussi,

Snous;
parlers

Aurès;
on

telasi, Dj.

Nefousa;

tulissi, Ghdamès. Le terme
avec

inconnu

chleuhs;
sur

trouve

cependant

ilus, dans le Drâ

le

sens

de

crème ».

Ntifa, § 224. 3. uos ec bouillir » Ghat et f.f. sues sus, Touareg; Syn aber, Mzab, Dj. Nefousa; terler ot lehleh, B. Snous; terter, f.h. tertur, A. Seghr.; behbeh, Tlit; aizag, Zouaoua;
2.

Cf. étude

le dial. berb. des

esfi,

B. Iznacen.

Laoust.

6

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

siff-sifif

cribler.

semm,

balayer. battre.

gwes-oqàs, trier.
zui-zugg°i,
vanner.

sus,

secouer,

fser,

étendre.
traire.

kum-tkum,
sfurdu

piler.

zeg-tzeg,

id.
pétrir.

ndu, être battu (lait).

cajenl-tcajan,

s^ndu, battre le beurre.

dlek-lëdellak,
gref-àqrof,
pains.

id.
pâte
en

diviser la le

gres-àqros, égorger. azu-lazu, dépecer.
sfi,
vider un
animal.

seksu,

rouler

couscous.

bbi-tbbi,
qersen;

couper.
carder

préparer
,serkuk,

la

rouina.

la laine.

sW1,

griller

des

grains.

llem, filer,
zel, tisser.

tresser.

agum-tagum,

puiser

de l'eau.

fp-tffi,
tkur,

verser.

gnu,

coudre.

remplir.

rmi, être fatigué.
sunfu,
se
reposer.

sired-sirid, laver.
slil,
rincer.

qim,

s'asseoir.

La façon de

prendre

les

repas.

mkan

Mkan inua imëklï nag imënsï, tamgart dag tëlla tuala n-tiremt, Ira tsu tsqsa ma 'Mon g-lgëmmi d-ma ur-illin, fak wan
ad-as-tsti sën

ur-

illin

imoqqorn

imëkli-ns, d-iregzén,

tsu

i-iregzën wahdau-nsën,
ula nutënti sent

timgàt

ig d-immâtsënt,

ëllan iferhan
wida

imezzin dasn-tsua imëkli-nsën
qiman

wahdau-nsën

; gern-asën

ar-d-munn
git-

g-ugëddemî,

aûwin-asën

iàn

uruku

n-waman, iasi-t iàn
aman

sën, ku-jàn ishâdder urau-ns,
wann

ar-asn-in-itffi
»

f-ifassën-nsën ;
sg-ëlm-

ëmi tn-iffi, ini-ias

:

ec

"asak !

ar-d-sirdn

ifassën-nsën

fàsel s-afélla, dag iàn sg-wida isiridén aruku-âd ar-itffi ulà nta f-uada felldsën iffin ar-d-isird ula nta, asint lazlàft, sersenl-asën
g-wammas-ënsen, nn^dn-as, clrûn, inin
i.

: ee

bismillah !

» ar-sktëmain

eggu. Mzab; eggu, B. Snous, Ndir, A. Soghr. Ichqern; edjdj. Ghat. griller 2. Syn.; lircf. B. Iznacen, A. Seghr., A. Ndir, Zemmour, Aurès; czzi légèrement de l'urgc avant do la moudre » lî. Iznacen; izzi, Chenoua, A. Seghr. rntir de la viande » se dit: sekurf. Zouaoua; esnef, B. Snous; essiia, Ntifa.
mot est eggu,
*.

Le

berbère

iggua, f.h. tggu, Zouaoua;
,

B,

Iznacen;

ngg".

Zkara

;ugg,

V.

ce

LA s-ifassën-nsën

NOURRITURE

83
ar-stan

ifasin, ku
: ee susk-id

iàn s-tmnàtl-ëns,

;
»

wan mi tëtemra

tkëtmit ini-ias
sgitsën

aman-annag

n-tama-nk

!

i'susk-as-in,

isu

iàt tgumimt, izri iss takëtmit das-ibeddan
wann

g-idmarën.

Ar-d-sën,
g-uzelmâd,
nnan

iddjiunn, ar-ilelleg
;
mkan
igërra'

afus-ëns

àdâd s-àdâd, isfotl

ar-itgërra°

Uni:

ce

slrofig llah !
ce
'

asku

imzûura adis, ig t-inga ad-ëddjauneg ! » mkan issa

lâz,

da-itgalla

ar-ittini:

iddjiun,
.

ar-itgerra'

,

ur-sar-nnig labedd ad-as-ini

strofig llah, ad-as-izri tagallit-ëns Asin tazlàft s-ingràtsën, ku iàn inker, iddu

s-dinn

ira.

Traduction.

Lorsque le faire la
ceu\

repas est

prêt,

la
au

femme,
moment afin

à

qui

est

arrivé

le tour de
nombre

cuisine, s'enquiert,
sont

de

servir, du

de
des

qui

dans la
sert

maison

de

mettre

de

côté

la

part

absents. avec

Elle

leur

père

et

les jeunes filles

les hommes à part; les grands garçons mangent avec leur mère; quant aux tout
autour

petits, ils

mangent séparément

du

plat qui

leur

est

spé

cialement réservé.

On

appelle apporte

les hommes
tout

qui un

s'installent clans rempli

le
;

vestibule.

On
s'en
»

leur

d'abord

vase

d'eau
lui

l'un d'eux
«

empare et verse

de l'eau
en

sur

les

mains qu'on

tend.

Pardon !
est

disent les
se

convives mains

guise

de

remerciement.

L'habitude

de
le

laveries
verse

jusqu'aux
sur

poignets.

Puis, l'un d'eux,
individu

prenant

vase,

de l'eau
aux

les

mains

du

premier

qui

procède,

à

son

tour,

mêmes

ablutions.

On

apporte

le

plat garni

de

nourriture que
s'asseyent

l'on dépose
autour

au milieu
avoir

du

groupe

des hommes. Ceux-ci
consacrée : clans
ec

et
»

après

prononcé
roulant

la formule

Au

nom

de Dieu !

mangent en

des boulettes
qu'il

la

main

droite. Chacun

pioche

dans le

petit

frou

creuse
ce

devant lui. Si l'un d'eux
Fais-moi
et

avale est

de travers,
côtés! »

il dit à Il
en

son

voisin :

passer

l'eau

qui

à tes

boit

une

gorgée

fait

ainsi

descendre la boulette
doigts l'un

arrêtée

en chemin.

Le

repas

achevé,

chacun

lèche

ses

après

l'autre (en
en

faisant frottant
renvois

claquer

la
la

langue)
eauche.
o

puis essuyé

la

main

droite léchée
civilité

la

contre
et

Il

est alors

de bonne

de faire des
est

après chaque renvoi

(poussé ostensiblement) l'usage

8/|
de dire
tenaillé
plus
:
a

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Que Dieu

me

pardonne!

»

Les

anciens

racontent

que,

par

la

faim,

l'estomac jure

et s'écrie chaque

fois:

ec

jamais

je

ne serai rassasié

!

»

Mais

après avoir mangé

tout, son saoul,
auprès

il fait des renvois; il

importe,

en

effet,

qu'il

s'excuse

de

Dieu

afin

de faire

pardonner son serment.

Une

réception.

Ass-g
ec

ira d-iask Iqâid

s-dàr

kra n-imgarn, iazen iss iâk
n-tgëmau

aihatal

ur-la-d-iuski.

Iger

umgar

i-id-bab

moqqorn, iini-iasën
gitun

:

ha Iqâid ira

dareg

d-iask loqt Iflani; ku-fan
»

isker iàn

uruku

n-lmessut

isfàdën lcar !

Ku fàn iddu s-tgëmmi-ns,
ur

wann

dàr

ulli

igres

i-ihf n-ulli ;

wann

dàr

llint,
ula

igres i-ifullûsën ; ku iàn
uggar-nsën.

ar-iskar uggar

n-ljhed-ëns

;

amgar

nia

Mkan
sërek,

zran

uala

ma

Iqâid l'uska-d, nmalan-t-in, ar-as-tinin : didak d-imun ! » Sudun-d mnidàtsën,
ar-in-satdmën sg-ugaras ar-d-lëkëmën

<

marhâba

thâddern-as

iferhan tferhin,
azzeln ait

imi n-tgëmmi,

tmazirt, ku iàn
ar-d-glin

itlâf fàn

umënay

g-larëkâbl

ttàfën

g-ilguma

yi-iîsan, izuar-asën

umgar,

ar-d-iggwez, itfâr-t Iqâid sg-ënnif
zund

d-imëddukal-ns
n-mars,
qiman.
umgar asku

s-tmesrit,

afën-t-id

zzenikt

loqt

Iffog-d
t-ëtqqenn
asën

loqt-annag,

ku

iayis,

ismla-iàsën
anr

lagust

manig
sersn-

ur-gin ad-in-snmalan

ingràtsën

tnnàgën,

alim,

addjn-in ar-d-zun

sg-tidi, ksn-asën

tirîka.
ar-din-

Mkan
Ismun

krâl;

tiremt, ku fàn iaûwi-t-id s-tgëmmi n-umgar, wida d-imunn d-lqàid, skern sndt tgmatin kullu, nag iili jân urgâz sg-ail dars umgar, ifulles, isers aruku da-iufën
tujàd

igcatan

wayâd,
g-lgimit

isti-tn

dag

Ma

f-tainnil, iasi Iqâid, isers f-tainnit,

wada

gitsën

kullu igan

ihf

isers-t
ula
sg-

irukûtën iâdnin i-wiyâd,
aruku-an

qimen asin

ait-lmazirt g-iàt

tgommert iâdnin

sg ë'shan

imiq,

mniddtsën,
sgis ssen

sersn-in

sersën-asën

dag tamessut
tmazirt

iâdnin

ar-d-

ayan

ran,

sersën-asën

dag
ula

f-ërrâhd iâdnin ar-asràg
nutni.

ur sul

gin

ad-gem

i-uggern, loqt-annag
sën

skern ail

tigimatin,

kfn-

tisën

irukûlën-àd sg ëssa/i,

Aûwin-asën-d

aman n-ssâbun

dfdn

ssdel

n-uanas,

sersën-t mnid

I
LA NOURRITURE

85

Iqâid aizuarn,
ismatti-t
nsën

ar

fellas ilffî

aman ar-d-isird

ifassën-ns,

islil

imi-ns,

s-dàr wayà

; kfën-asën iàn iflil igosën
labla-ns mnid-as,

mas sfâdën ifassën-

; ku-tigimit

ssun-as

ar-skarën alay.

Traduction. Lorsque le
quelque
recevoir. et

caïd

désire
qui

rendre visite
avertit

à

un

amghar,
se

il lui dépêche
prêt

serviteur

l'en

afin

qu'il

tienne

à le
aisée que

L'amghar
ce

aussitôt convoque viendra nous

les
voir

gens

de

condition

leur dit:

Le

caïd

tel
»

jour, il importe
(que de
chacun

nous

lui fassions

une réception

digne de lui
toute

d'entre
égorge
poules.

vous prépare un plat qui

efface

honte).
moutons

Chacun
une

s'en retourne chez

lui. Le
n'en

propriétaire

de

ses

brebis. Celui
plus

qui

a

point, tue

quelques

Chacun fait

que ses moyens ne que

lui permettent;

l'amghar, lui,
de lui
On

doit faire
dire:

plus

et mieux

les

autres.

Quand le
ee

caïd est en

vue,

on

va et

à

sa

rencontre

et chacun

Sois le
cortège,

bienvenu,
les

toi

ceux qui se

t'accompagnent!

lui fait
et

enfants

suivent en

tenant

hors du
gens

sentier village

lorsqu'on

est arrivé

à la demeure de
cavaliers

l'amghar, les
en

du

accourent pour aider

les

à descendre
ses ce

leur

tenant

l'étrier.

Précédant le

caïd

que

suivent

gens,

l'amghar
qu'une

conduit ses

hôtes dans la tamesrit
printemps

aussi

jolie,

jour-là,
et s'en

prairie

au

;

là,

ils

s'installent.
seuls un

L'amghar les laisse
ordres

instant

revient

donner

ses

; il indique les piquets empêcher que les bêtes ne se

où seront attachés mêlent et ne quand se

les

chevaux pour ruades

lancent des

;

il leur fait donner de la
et

paille, puis,
selles.

les

animaux sont reposés

séchés,

on

leur ôte les
prêt;

Le

repas

est

chaque

famille
est

envoie

chez

l'amghar le
suite

plat

qu'elle

a

préparé.

Si le

caïd

accompagné

d'une

nom

breuse, l'usage
meilleurs

est

de faire deux
choix
parmi

ou

trois

services.

Un des

parents

de l'amghar fait
bons

un

les

mets

apportés; il

dépose les
les
moins assis

devant le
autres.

groupe que préside gens

le

caïd et réserve

aux

Les

du

village

sont

tous présents,

à

l'écart, dans un On sert, on
on

coin.
enlève

le

plat

auquel

les

convives

ont

leur

en présente un

autre,

puis encore un autre et ainsi

touché, de suite

86
jusqu'à
village

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

ce
se

qu'ils

n'en

veuillent plus.

A

ce

moment,

les

gens

du

partagent en

petits

groupes

et mangent

les

restes.

On

apporte

de

l'eau, du
au

savon

et une cuvette en cuivre que
celui-ci

l'on
se

présente
rince

tout

d'abord

caïd;

se

lave
on

les

mains

et

la bouche; les
apporte

autres pour

font de

même;

leur

remet

ensuite

une serviette propre

s'essuyer.

On

alors

devant le
thé.

chaque

groupe

le

plateau

garni

de

verres pour prendre

La

préparation

du

thé'

Da-ssan atay gir giid, mkan san inëgbiun da-t-ssan nnit nnif imëkliun
.

imënsi, nag ig dàrsën
n-lakàl,

ëllan

Mkan

ssan

m^ddën, ksënl tikint

sg-ufella

ig

ur-darsn-illi ualainni

gir

Imejmer, tëkurënt Imoqraj s-uaman, f-irgis, tasi tabla, tasi igîdi d-imiq
tasi

sersent afella

n-takàt,

n-iged, tsikfs-t g-uabud-ëns,

iàn

ikiel
tasi

ihârsën

ar-iss-lëtams ar-in-lsirid sers

ar-asrag
icin
s-iàn

ga-tsufu

tsdtem-t

f-lainnil,
tsuàd

dag

Ikîsan

ar-d-sfùn, tasi iàn
tsfod

iflil igûsën

ar-in-tzuzûwau

iàn

s-iàn

ar-d-int

kullu,

ar-

f-uaman ar-asràg kan iraggun-ënsen. ënnan, tasi Ikisan, tsers-in g-tablq d-lberràd, d-zzënbil dag Ma, Ig ingrwalay, ttmedlit n-ssokwor, d-iàt tgenjat imezzin n-uzzdl, tasi-t
s-rrabuz

ifassën-ns, taûwi-t ar-imi Imjàrib n-tmesrit, tger i-iân g-ait tgemmi, i'ajju-d, imnaggar-t-id, illàf-l sg-dars, isgli-t ar mnid uida iran
aisu

atay isers-l mnid uhater gitsën. Loqt-annag smunnt tmgarin irgis da illan g-takàt, gent g-iàn uruku, sglinl-l-id s-tmesrit, ser

sent g-tgommirl

dag ur-tëlli tgertilt,

sersën

fellas

Imoqraj fàk

ad-in-

inmalaasku

ig

t-in-uddjan

g-uzëddir

ig

ran ad'ammern uaman.

Iberràd

ur-

nnin al-selkemen

s-tmesrit ar-d-semmîdën

ad-asn-iqim

Aûwin-d liqâml sliln-t sg-uakàl, sakïiniirn tabla s-mnid wada iran Mi iàn g-iferhan madasn ilzell aman; mkan ira a/aj
,

isker atay iini-ias iddu
ar mnid

:

ce

aûwi-d

Imoqraj !
Iberràd,

iasi-t-id

sg-ufella

n-takàt,

tabla ,

fanëf

imï

iffi-ias

gis

imiq, islil-l, iasi
islil-t

zzenbil, iffi

sgis

Ijhed

n-iân

Ikàs n-ualay, iffi-l

g-lberràd,

dag

s-imiq n-uaman, iffiln g-fallkas, j.asi ssokor, ig-l g-lberràd. iffi fellas
i.

Texte

non

traduit.

LA

NOURRITURE

87
an-itbbi

aman

ar-d-idkur, irar
ar-l-ilgga gis

Imoqrcij

s-ufella

n-takàt,

i/rfaun lliiasi-

qàml,

g-lberràd, iadëdj-t

imiq,

idkur

sgis sin

Ikisan,

tën, iràr-in
itks
akeskus

iâk

aifsi

ssokor, iasi

dag

tagenjaut

imezzin

ar-iss-

dami izda

ua/ay.

Mkan izra izda iffi iàn izirr

g-iàn

Ikâs,

iasi-t isûcl

gis

imiq, imdi-l ;

ig

d-uiska
wida

ntan

ayannag

aj--l-itffî

g-lkisan, ar-d-in-idkur,
s-ufus-ëns, 1
'

ig

t-nma-

lan

iran

aisu

ar-asn-iakka

ss-ufasi
e?

ass-ibdu
e?

; /■ e?
~

*atan m^ddën,

Ikisan drûsèn i'àqel

mani

tëlkem

luala, iàk

mkan

idkur wayàd, ifk-t i-wida

ur-ta-iumîzën

; isudu

mkàd ar-d-sun

krâcl

Ikisa/i i-ian,

nulni ad-flan

imzûura.

Ig
suit

sg-tmesur-as-ikfi iàt, ur-as-icâqil, mkan kemmeln lutiqln-uatay, iserd-as dar-iàn sg-wida iqiman, ku iàn isers

imdû

iàn,

ëns

mnid wada

amzn-as nta

luliqt-ëns

dar msarâdën, ku ian isaul awal-ns, ig dars inagan, ar-d-ifru Iqâlëb n-ssok'"ar ; ig fellas ishudâd, ifk

Iqâlëb

n-ssokl"ar.

Les bouillies.
Askif.

Sbâh zik,

tsmer

i-tkint, teg

gis

Ijhed

n-waman

ttisent,
a'r-l-

ar-d-sîsën ar-gisën imiq s-imiq iâk aur gën iqqûllan, tsmunu s-ugenja ar-d-isis, tëldi-d sgis iàn ugenja, tffi-t g-tama tmdi- 1 is-inua n-lslâfl, tsmmill, nag isul; ig inua, tffi-t g-tzlàft

tffî ibrin

ar-

t-tsemmidi

s-ugenja

ar-d-isemmid, tbdû-iasën, ku-iàn

tefk-as Ihâqq-

ëns g-uruku-ns,
Taharirt.
mâzt-ëns

ar-issa.

Mkan tsis tkinl,
azelmâd,

tasi-d

aggurn,

ar-t-tsatli

s-lum-

n-ufus

tètlàf

agenja

sg-ihf

s-ufus afasi ar-tzddu

i-uggum
tra

imiq

s-imiq

ar-tsmussu s-udàr n-ugenja ar-tsker

Ijhedd-an

;

ar-as-togg"'i

iksûdën i-takàt

ar-tsis

lfp-l-id g-tzlàft,

tsemmitl,

tbdû-t

ula niât

g-irukûtën,

ku iàn issu Ihâqq-ëns.

Taruait.
gis

Mkan ira

tsker

taruait,
n-uaman

tsag takàt,
ttisent,

tsird

tikint, tëg
ar-sîsèn,
ats-

Ijhedd

n-ma

tn-itqâddan

laddj-in

laûwi-d

ibrin.
g-tsën

iff-tn-in g-tkint,

ar-l-tmussu s-ugenja

ar-asràg

brultuy

is tnua,

tsgnugi tikint sg-ufella n-takàt, tadëdj-t

ar-

t-lagul sg-usbruttuy,

tasi

tazlàfl, Isirtt,

tzui-t-id

gis

tsmmill,

ku-

88 tigimit,
tëfk-as

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Ihàqq-ëns,

tëfk-dsën

dag

ahu

masa

tzrain, ku iàn

isker tamënàt mnid-as,
nutni ar-tnharën

ar-asën-itfp,

iàn

gilsën ahu

g-lmnâdin-ënsen,

s-ifassën-nsën, a'r-d-ëddjaun, ku jân inker iskin-ns. uhu,
skern g-uabûd n-tzlàft

Ig
zzil

ur-darsën-illi

iàt tanut, ffin

gis

ng-udi;

wann

iusin iàt tummil, isui-t gis, ingdën ;
t-in-lffi
mkan

ar-suyun ar-t-ëtsën.

Buffî.

Da-lsalti

aggurn

tsis

tkinl,

ar-t-in-tffl
ais-

s-lsuggwit

imiq

s-imiq ar-asràg

kullu,

tadëdj-t

ar-asrag

bruttuy
zund aruku

taharirt.

aur-as-isleg Mkan inua, tsers-t-id g-tzlàft, tbdû t tsker gis iàt tanut, iffi gitsënl zzil neg udi, ku

ar-lsmussu

g-uabùd n-tkint asku

iqqor,

ur-imli

f-irukûtën, ku
tigimit tsers-as

aruku, ar-sattin, ar-suyun, àr-stan.

Talehsa.
tzui-ln

Da-tsatli

ibaun,
gis

tbri-tn g-uzerg, tsmun-in g-lsuggwil, tsmer

ar-asràg in-lgus sg-iqusran-nsën,
ar-tsis

it-lkint,

ar-as-togg°i

iksûdën

tffi-ln-in

ar-asràg in tk'éem tinui, tasi agenja,

tsksem-t g-tkint,

ar-in-tams s-tadaut-ëns

d-wammas

n-tkint

ar-asrag
g-takàt,

in-tmzi

ëg

ganzunt

taharirt,

tffi-ln-in g-tzlàft, tëfk-as

tëg

anehdam

tgref
ar gis

agrum

ar-d-ino,

ku-tigimit,

Ihâqq-ëns
âdu

sg-ibaun-âd

d-lhâqq-ëns n-ugrum,
tgga

ar-iss-zrain

agrum, ism-ëns

talehsa; walainni,
n-uzuffer.

iàn izirr n-zzit, iâk

a-sgis-lkks

Her/berr.
àr-tsatti

Da-tsatti

irdën,

tsumg-in ar-d-bezgën, tasi-d aferdu,
aferdu

urau

n-irdën, tffi-tn-in g-uferdu, tsbedda

ingr

ifad-

dën-ns,
tkks

tasi afus n-uferdu s-sin

ifassën ar-in-tsfurdau,

ar-d-asën-

ilëm,

tffi-tn

g-tsuggu'il\

Ar-tskar mkannag

ar-d-in-tkemmel

sg-

usfurdu, tsufg-in s-lafukt, tfsr-in ar-d-zuun, tsmun-ln
g-tsugg'il

ar-in-tzugg"'i

imiq d-imiq
ftgimàlin,

ar-asrag zeddîgën, tsag takàt,
udi

tsmer tikint
tsemmid-

ar-tsis, tffi-tn-in

gis ar-siasën

ar-d-nun, tffi-tn-in g-tzlàft,

in,

tbdù-t

ffin fellas

nag zzit,

ar-tnharën

s-ifassën-

nsën,

wad a-mi-tinin

herrberr.

Traduction. Askif.

Verser,

peu

à peu, de l'ibrin dans de l'eau bouillante.
grumeaux.

Remuer dans

et

éviter la formation de

Faire bouillir,

verser

une

tazlafl, laisser

refroidir et

dispenser.

LA

NOURRITURE

89
de la farine
et non

Taharirt. de V ibrin.
Taruait: Servir

Se

prépare

comme

Vaskif avec

Jeter de l'ibrin dans de l'eau bouillante
et
retirer.

et remuer. répartir.

Laisser bouillir
avec

Verser dans
ou

une

lazlaft

et

du lait, de l'huile

du beurre.
et

Bufjfi.

Verser de la fleur de farine dans de l'eau bouillante

remuer pour que plus

la
la

masse n'adhère pas au

épaisse

que

taharirt.

Servir

avec

fond ; cette bouillie est de l'huile ou du beurre.
la

Talehsa.

Moudre
peaux.

des, fèves,
laisser
cuire.

recueillir

mouture

et

la

débarrasser des
écraser les
avec

Jeter la farine dans de l'eau

bouillante,
Servir

grumeaux et

Préparer des
pour

galettes.

du

pain.

Verser

un

filet d'huile

ôter l'arrière-goùt désa

gréable

de la fève.
Mouiller des
sécher avec

Herrberr.
pilon.

grains

de blé
et

et

les décortiquer Faire

au

Les Taire

au

soleil,
ou

vanner

nettoyer.

cuire
qui

à l'eau. Servir
se mange

du beurre

de d'huile. Bouillie épaisse

avec

les doigts.

Le
1.
Lmllôâ"

pain'.

.

Da-tsattï

aggurn

imëlluln n-irdën, fajen-t

tg-as

tahmirl, Igref lalmëlloâH,
afëlla-ns,

tsu-as

iàniftil g-wabùd n-lsugg'"it, Isers-t

Igref tayâd,

tsikk

iftil ingras layâd ar-asràg

Igref krât
aneh-

thmirt, t.g nag dam g-takàt, tsnu-iinl iâls-iàt; wad a-mi tinin Imëtlôâ ; ar-t-stan g-Vaid nag iân wass n-tfiï, nag ig-d-uskan inegbiun.
talmëlloâcin
2.

uggwar; laddj-int ar-d gisent tglî

Wann iumzen agaras da didas itaûwï aggurn; ig Ufdir. dàrs iilï kra n-uruku, mkàn ilkem tama n-kra n-uaman, ig lëlla ur kra n-tflallait igûsen, isikk fellas aman, iffi gis aggurn, icajen-l. Ig
ur-tëllï

tflallail

maf t-ifajjan,

issu

asdâd

n-uheddun-ns,

iffi

gis

1.

Texte

non

traduit.

gO

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

aggurn-àd,

ar-isattï

aman

s-ufus-ëns ar-l-ihelled
ar

imiq s-imiq ar-as-in-itgga ar-t-ihellàd kullu icajen-t afella n-uheddun-ns, iasi-t, iddu isag
takàt, igru lazràtin, ig-in

kra

n-udgar

dag

llan iksûdën,

g-wammas n-takàt ar-itgga

lëm

irgis

f-tainnit,

iksûdën ar-asrag limant tzràtin-âd, isâisûd fellàtsënt asgîsëht-iail igëd, isama-tënt iàt

tama n-iàt ar-d-issënl idël akàl,
anne'st

igref

Ie

aj in-annag

ar-d-iilï g-taflï

n-tzrdlin-annag,

iasi-t,

isers-t

afella

n-lzrâlin,

iasi

imiq
irgis,

n-igëd, isikfs-t fellas
ar-as-isaga

sg-ufëlla

iàk aur-as-ikomd, irâr fellas

l'afit.

Mkàn inna Ijhed n-mag inugg"à aya, iasi iàn uksud, isëksem-t g-wammas n-irgis ar-d-ilkem ufdir ; ig gis iksem, isan is ur-ta-inuï;

ig

as-ïgger

iaf-t-in

iqqor,

iisan is

inua, isâtëm

sg-ufëlla-ns

irgis;

isûd fellas igëd asgis-iail, igelleb-t f-tainnit iâdnin
tin asku sëlgent gis.

ar-as-itks lizrâ-

Illa wayàd,
ig-t
zund

ig

g-wammas

ur-iufi lizrâtin, da-isattï iàn uzru imoqqom s-imiq, lcafit ar-d-izuggwag. iasi lcajin-àd iskënunni-l ar-d-ig
uhbuz

taferdeddisl ; iskr-as iàn

g-wammas, iasi
ar-d-

azru

ihman,

izdu-dsën gis; Udi lcajin-âd sg-maiggàt tainn'it fellas iqqën, isag fellas dag takàt sg-ufëlla azru-annag al-isnu sg-ugensu, l'afil
alsnu

sg-ufëlla.

Superstitions
I
.

relatives au pain.

stan,
'afada

Tartëbit nag Imunl n-lâlëb. Tamgart ig da-làqruf agrum krat tafanin timzura bahra itiagrafën da-int-lakka i-lâlëb
atilï

mad-

Ibaraka

g-urëkti.

Tamgart nag àrgàz, ig-iufa agrum g-ugaras ider gis, tasi ig ur-lri at-liss, tsers-t f-kra n-uzru aiffog agaras aur fellas iakuln mëdden, asku gis ddnub t-tuddja.
2. at-iss

;

ig

3.

Tamgart, ig
tbbi-t

ira atb/lû lafànt n-ugrum
sg-wammas ad-gan

s-ufus-ëns,
agëzzum

;

ig

d-sin
lëkf-as

i-warrau-ns. lûul la.fànl iferhan, ku-iân lëkf-as
rrbâ
.

;

ig

d-arba"

ku-iân

Darnag

ura-ntbbï

agrum

s-lmus,

"alahâq

iharam

Cdm

n-rbbï,

ura-t-stan

mzddën

s-lhadid.

l\.

Ig

a-isla

iàn kra

n-

Iga usa : agrum,

tifti,

sëksu

neg lërkoko,

LA

NOURRITURE

0,1

ig

a-isëlla

i-kra iâdnin iuska-d dàrs
n-wad

adars

n-iksem, isenf-t

fellas,

da-itbehhin ùqëmrnu

f-l-is^nfï.

Traduction.
i.

La.

mouna

du taleb.
au

Toute

femme,
sa

qui

fait du pain,
galettes

a pour qu'elle

habitude d'envoyer
a
pétries afin que

taleb

les

trois

premières pâte.

la baraka

soit

dans

2.
sur

son

Quiconque, femme ou homme, trouve chemin, se baisse, le ramasse et le
sur quelque

un

morceau

de
les

pain

mange

; sinon, il

le

dépose

pierre,

en

dehors du sentier,

pour cjue

pas

sants ne

le

piétinent pas.

On

pécherait en n'agissant pas

de la

sorte.

3. Lorsqu'une
enfants,
elle

mère

de famille
tout

partage
sa

une

galette
puis

entre

ses
en

la frappe
a

d'abord de
chacun

main,

la brise

deux,

s'il

y

deux
y
a

enfants, à
quatre
un

elle

donne

une part
en

appelée
et

agezzum

;

s'il

enfants,

elle

la brise

quatre
pain

à

rrba'

chacun

elle

remet

'. Nous

ne coupons

jamais le

avec

un couteau.

En vérité, la

nourriture

de Dieu

ne se mange pas avec

le

ce

fer

».

à. Un individu
couscous ou son

est en

train

de

manger

du

pain,

de la

viande,

du

quelque grillade

côté,

s'il

dérobe à la

vue

d'orge ; il entend venir quelqu'un de de la personne qui entre la nourriture
cette personne

qu'il

tient

à la main, la figure de
noirs.

se recouvrira

de

petits

boutons

Grillades de
i.

céréales.

Tundjifin. ;

Tasi

timzin

ar-d-bezgënt

Iqim,

tasi

aferdu

idnin, tsumg-int, ladëdj-int g-uaman ingr ifaddën-ns, ar-tsatti urau
tzdu-asënl

sgitsënt,

taddj-int
ar

ar-suddumënt,

g-uferdu,
g-tsegg"it

tasi

afus

n-uferdu,
tsfurdu

int-lsfurdau ar-d-njmënt,
tfsr-int
g-lafukt

tffi.-int

ar-d-int-

kullu,

imiq

ar-d-slohant,

tsmun-int,

tzui-

int ar-asràg

qimant

gir

tacaqqain

bla

illdmën.; tsag takàt,

tsers

fellas

anehdam

nag azugg"i,

ar-as-togg"'i

iksûdën ar-d-ihmu, Isers

Q2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

1 iàt tëdeqit
gis
n-uaman

g-tama-ns,
urau

tzdu gis

jân

uâqâ

n-lisënt, tsfsi-t
ar-inl-

ar-d-malhën,

tasi

sg-tomzin-ad,

Ig-inl.

g-uzegg°i,

tasmàmt, iâk aur-as-komdënt ar-d-slint g-int-tannay tasi iàn sin isutlay, tasi issën azugg"i sg-ufella n-takàt, zv,ggwagënt,
tsmassa s-iàt

tffi-int

g-iàn

uruku,

trâr

azugg"i afella

n-takàt,

tasi tidëqit

dag

llan

nag sin da-tsli. Tsudu didâlsënl mkan ar-iss-trussu n-uaman, tundjifin-ag nag ar-d-inl-tkemmel s-usli, tbdù-iasn-int, ku iàn tëkf-as Ihàqq-ëns
uaman s-ufus azelmàd ar sgis

imelhën

tsatti iàn idikel

ar-int-lgzdzën

.

Da-skarënt
aman

tundjifin g-tgerst,
.

asku

ikrem

Ihal,

ar

fellasënt bahra ;
gir

san

bahra ig-int-ssan Kra

ar-itlini

tëlla
:
ce

gisent sshât

wann

zran myddën

isâhha bahra das-ttinin

'annig

da-tstlat

tund

jifin !

■*

2.

Turifin.

Ula nut^nti,

fira-int-skdrënt

gir

loqt

n-lgerst

dag

ikrem lhal. Da-tsatti
nil

urau n-umezgur

nag sin, ng

irdën, neg

timzin

ur-ifurdin,

tsili-in,

Igâsën aman

g-tëlla

lisent,

ar-int-gzâzën ula

nut^nti.

3.

Terkuku.
anehdam

Da-tsatti

timzin

n-ëlbendeq,

tsag takàt,
ar

tger
ar-d-

fellas

ar-d-ihmu,

ar-tsalti urau

s-urau, ar-int-tslay

zugg°agent

g-int-tsli

kullu,
uzru

tasi-tënt s-azreg, ar-int-tzad

taguli
ula

tamëgarul,
ëns tallunt

tërrz ian

n-tisënt,

tzdu-iasën g-uzerg,

tzdâ-t

ntàt, tsmun, tasi lisugg"it tsers-t-ïn ingr
ar-tsatti urau

idarën-ns,
ar-tsti

tsers

g-uammas-

s-urau, ar-tsifif,

ibrin f-tainnit

ar-

asrag tsfi.f,

tsmun

aggurn

f-tainnit,
ufën

tzui ibrin sg-illâmën, thdû ibrin-

annag
man

g-kra n-tkint

nag

agdur ar ass

g-uz'an,

tfuiir-in,
nttini.

tsu-in

s-ua-

n-lfii, huan

bahra,

kullu

timessa-iâd

Annagul

s-uggern,

mkan

tra-tsker iffi

Idudûn,

iffi aggum-àd g-tzlàft,

terkoko, tshmu aman fellas aman-àd, tasi agenja

ar-d-

ar-

truggfi s-udàr-ëns, ar-lrui, ku tinin tërkoko.

iàn P'kf-as

Ihàqq-ëns,

iës-t ; tàd

mi

IRADUCTION.
i.

Se
et

munir

d

orgp

à

gros
au

grains.

Les faire tremper dans de
verser

l'eau
plate

les décortiquer les
exposer au

pilon.

Les

dans les

une

corbeille
qu'impar-

et

soleil un

instant

et ne

retirer

LA

NOURRITURE

93
ou
un

faitement
de l'eau
remuer

secs.

Les

nettoyer.

Mettre Vanehdam
main un

tesson

sur

le feu. Disposer à la
salée.
un

portée
une

de la

récipient

renfermant plat.

Jeter
petit

poignée pour

de du

grains
qu'ils

dans le

Les

avec

balai

éviter

ne

brûlent. A l'aide le
contenu avec

de deux
dans l'eau
La
un

torchons
plateau
et

retirer

le

plat

feu,

en

verser

le

remettre au sorte

feu. Arroser la

grillade

de

salée.

Continuer de la
sans

jusqu'à épuisement de la des froids
qui

pro

vision.

Servir

autre apprêt.

tundjifin
constitue

se prépare en un aliment

hiver
et

au moment nourrissant

rigoureux.

Elle
dit

sain

oblige

celui qui

en mange

à boire beaucoup. A

une

personne
ne

qui se porte

bien,

on

généralement ce

j'imagine
mange

que

tu

te

nourris que

de

tundjifin

!

»

2.

La

turifin

se

également

en

hiver. C'est

une

grillade que

de

de maïs, de blé ou d'orge non décortiqués au pilon l'on arrose d'eau salée et qu'on mange sans autre apprêt.
grains

3. Se

munir

d'orge
sur

provenant

des

prémices

de la
par

moisson.
et

Poser Vanehdam
en

le feu. Y jeter
grains.

l'orge,
de

poignée

poignée,

faire
ec

griller

les

Lés

moudre

ensuite, et,
sel qui se

à la dernière à la
mou et

jetée
ture.

taguli

»

ajouter un

morceau

mêle

Recueillir la mouture, cribler,

mettre

à

part

Vibrin

la

farine.
Vanner Vibrin
et

le
en

mettre en réserve

dans

une cruche.

Le jour
servir

de

viande

(luzi'at),
viande :

faire

cuire
un

dans le
aliment

couscoussier

et

avec

de la

il

constitue

très

apprécié.

Pour l'eau

préparer

le lerkoko, délayer

simplement

la farine dans de

tiède.

Pour Mâhrara
zrain

manger avec

le

pain.

n-tuhsait

nag

tamërrâqt

n-thsait.

Ig-

ur

dàrsn

mas

agrum,

tasï

iàt thsait ism-ëns tasnfat; tasï iàn
asqùf; asqùf
tsaiel
ar-as-lnqâr

imger,

tbdù-t

f-isAqfan,
nag
mezzinl n-uaman

ar-tasï

tiferkit

n-ufëlla s-imger

s-ujënuï

ar-d-as

kullu,

tbbi-t

g~iât

tzlàft

f-lqordât

ur-

ur-moqqorënt

;

tsmr

i-lkint

afella

n-takàt,

Ig

gis

Ijhed
gis

lisent,

togg"i-ias

iksûdën

ar-d-hmun

uaman

tffi-n

tahsait-àd.

'

■-.-/

■•.

ùl\

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES
ar

Mkàn tzra tëksem linuî, ar-asràg
tra Iga
zund

lasï

agenja

iss tmzzi

g-uabùd n-tkint

taharirt,
lg-asën-l

tsgnugi tikint sg-ufëlla n-takàt, tffi-t-id
ula

g-tzlàft, tbdù-t

f-irukûtën,

tsnu agrum, tbdù-âsën
g-jan

nta, tasï
izirr

aida

atëkf i-iregzën, iàt tsuggfil, tëg gis lafanin aruku-âd dag lëlla tmërrâql, tsers
tasï

ijaèkas, tffî
n-ugrum
ula nta

fellas fàn

n-zzit,
lasï

,da-tra

asn-lëkf,

g-wammas

n-tsuggf'it,
g-wam-

tasï tisugg"'it ingr

ifdssën-ns,
nulnï

laùwi-t

i-iregzën,
ar-t-isuyu

tsers-dsën-t

mas-ënsen, g-ufus-ëns,

bbin

agrum

iasi aig tileqqîwin, ku iàn
s-imis
g-tmërrâql

lilëqqï
ar-ïss-

ar sgis

itbbî imis

izrai.

Traduction.

Si l'on

n'a pas

à

sa

disposition de le pain,

fruits, d'olives, de
une et
sorte

miel

ou

de beurre à de

manger

avec

on prépare

de

coulis
et

courge avec une variété

dite tasm'at, longue
on

à

croûte

épaisse

rugueuse.

A l'aide d'une
chaque

faucille,
en

la découpe

en

grosses

tranches

et

tranche,
cuire

petits

morceaux,

après

en avoir on

ôté la
pour

croûte.

On fait à la

dans de l'eau légèrement la
consistance

salée,

écrase

donner du feu.

préparation sert

de la bouillie,
un mince

puis

l'on

retire

On
en

dans y

une

écuelle

avec

filet d'huile,

et chacun

mange en

trempant

son morceau

de

pain.

Le
i,,

couscous.

Sikuk.

Da-sëksaunt sëksu, fuwùrënt
ur

ar-d-îno

ffint-l g-tzlàft,

ar-asràg tgenar-d-îg amda, niV-'dn-as ar-tnhdrën s-ifdssën-nsën, ne^ ig-llant jawin timezkanin, ar-sersenl-slan ; sëksu-àd ssùwant s-uho nia a-mi
tinin sikuk.

smîd,ënt-l

gis suln

iraggun,

aûwin-d

agit, fjint-t fellas

2.

Tibërkûksin.

lasï

lummâzt n-uggern,

Da-lsatlï aggurn, tëg imiq n-uaman g-tzlàft, tsikefs-t fellas ar-tsëksau s-ifdssën-ns
walainni

ar-

in-lsmhalaf
n-igugaj
lsmas-l

iâk aibrem,

da-t-ëtaddja idni.
tffî-t-in gis,

izur,

ann^st

n-ûullï.

Mkàn

tsis

liant,

tadëdj-t
zzil

ar-d-isis,

s-ugenja.

ar-d-ino, tffi-t-id g-tzlàft,

tfp fellas

neg udî,

LA

NOURRITURE

95

tsëmnull,
rën
ula

tbdù l

f-irukûtën,
;

ku tigimit lëkf-as
wad a-mi

Ihàqq-ëns,

ar-t-tnhd-

nta,

s-ifdssën-nsën

tinin tibërkûksin.

3. Buttel.

Da-tzâd amezgur, tsiff-t,

tasï aggurn-ns

nag

ibrin-

ns, tffi-t g-tzlàft, tffi
ar-tsis

fellas

aman, tsmas-t ar-d-ibzeg,

tsmr i-lkinl

tëtkur-t g-ikinëksu, tsers-t likkelt

f-imî n-tkint,

tqqen

fellas s-uqôfal,

tfuur-t,
tinin

tamzuarut,
ffgën

tsëmmitt

ar sgis

kràl, loqt-annag, tffî g-tzlàft, iraggun, lbdû-l f-irukûtën, tssu-t; wad a-mi
lis snât, lis

buttel.

Traduction.
i. ser

Rouler du
une

couscous
et

et

le faire de

cuire au couscoussier.

Le

ver

dans

tazlaft

laisser

refroidir.

Verser du lait

et

servir.

Se

mange avec

les
ce

mains ou avec est

petites cuillers.
sikuk.

Ainsi

apprêté,

couscous

appelé

2. une

Se

munir

de farine. Mettre

un peu

d'eau dans
plat. aux

tazlaft
avec

et saupoudrer

de farine le fond du
et

Rouler
grains

les

mains entre-croisées

donner

la

grosseur

d'une
non

crotte

de

mouton.

Cuire à

l'eau bouillante (et
masse
et

à la

vapeur).

Remuer la
une

jusqu'à la

cuisson.

Verser dans
ou

tazlaft

servir

froid
à
gros

avec

de l'huile

du beurre.

Ce

couscous

grains s'appelle

tiberkuksin.

3. Moudre
tt
-,-

du
i
.

maïs.
i

En

cribler ou

la

mouture.
d

™IG-

a°et

™ar"

-

Utiliser

a

volonté une

la

tanne

r

1

i>

mlte

son

■/

ibrin

que

1

on

couscoussier.

mouille

dans

tazlaft.
et

Faire
a

cuire

à la

vapeur
.

i, tikmt. 2,

aôq-

fat.

dans le
rentes.

couscoussier

ce,

trois

reprises

diiléet

3,

ikinèhsa.

Verser dans

une

tazlaft, laisser buttel.

refroidir

servir.

Ce

couscous

de

maïs

se

nomme

Les
1
.

pâtes.

bbi

ur-inui.

ar-d-sîsën tffî gîsën

Da-tsmra tikinU tëg gi lahalib, tgref agrum aig tafànin,

ar-tsattï

tafànt

oG
ar-imï

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

n-tkint

ar-ëtsgtûtuy ar-asràg

int-tsgtûtî
tkint

kullu

g-wammas s-udar
sg-

n-tkint,
n-ugënja ufëlla

laddj-int, ar-asràg atsbruttuy sin-waskddën ; neg iàn uksud ïlan
ladëdj-t
ar-theddën

ar-t-lsmussu

ar-d-îno

tsers tikint
:

n-takàt,

s-imiq,

tffi-t

g-

tzlâft

wannag

ami-tinin

bbi

ur-inui.

2.

"sâriia.

Da-fajan

aggurn

n-irdën, tëdellek-t
tëldi tazlaft

bahra,
Ma

tg-as
l'ajin'

tahëmirt,
lama-ns,
s-afus

tadëdj-t ar-d-ihëmer,

tqima

dag

tsers iàn

uruku

iâdnin
tbbi

mnid-as ar-tbbî

imiq l'ajin,

tamëz-t
sin

azëlmâd

ar

sgis

imiq

imëzzin

ar-t-lberrain

inger

idùdaniàk aigezzif s-imiq
n-mnid-as, tsudu
tfsser-t gis

zund

tahult ; tan tberrem tzdu-as
ar-lskar ayan

g-uruku

didas mkannag

Ira tasi-t s-lafukt,

ar-tqar tsmun-t, thdù-t ar llan kra n-inegbiun, tsmer tikint, tëg gis Ijhed as-toggwï iksûdën ar-tsis tasi-d sgis ayan tra,

ass g-ran ad-ssën s'arifa n-uaman

neg
arar-

lisent,
g-tkïnt

tffi-t-in

lnogg°à ar-lsmussu

;

ig

darsn Ula

lahalib,

tffi-t-in

fellas

a-didas-isis

.

Ig
tffî

ur

dàrs illi, tsnu-t mkannag ar-tno tzui-t-id g-tzlàft, tsemmitt, fellas udï, neg zzil, Irui-t ar-tëg kullu iàn, ku fàn lëkf-as Ihâqqar-t-staiï

ëns g-uruku-ns,

s-ifdssën-nsën.

Traduction.
i.

Mettre

un

peu

d'eau

sdans

une en

marmite,
pâtons

faire bouillir
les découper
gros

et

ajouter

du lait. Diviser de la
dans la
une

pâte

et

en

petits morceaux

marmite.

Laisser bouillir à

bouillons

et

remuer

avec

louche
une

ou

un

bâton. Retirer du

feu, laisser
le
nom
».

reposer
de'

et servir

dans

tazlaft.

Cette
ec

préparation porte

bbi

ur-inui,

expression qui signifie

il

est

coupé et non cuit

2.

Pétrir de la farine de
ajouter

froment,

travailler

soigneusement sa

la la

pâte,

du levain
la

et

laisser lever.

Mettre, à
soi
un

portée,

tazlaft

contenant

pâte

et poser

devant le
tenir

autre
main

récipient.

Prélever
avec

un petit morceau

de

pâte,

dans la

gauche,

et

la

droite,

en prendre un

tout petit morceau,
manière

le
le

rouler en

l'allon
et

geant entre

deux doigts de
ver.

à lui donner la longueur

la

forme d'un
obtenu.

Laisser tomber

clans

le
ce

vase

vermicelle ait

ainsi

Continuel-

de la

sorte

jusqu'à

que

l'on

la

quantité

désirée. Etendre les

pâtes au soleil et

les

mettre ensuite en réserve

LA

NOURRITURE

97
une

Pour les préparer, faire bouillir, jeter les du lait
mettre
et

verser

de l'eau dans dans

marmite,

saler

et

vermicelles et remuer.

servir,

ou
ou

bien

verser

un

A la cuisson, ajouter plat, laisser refroidir,
soin.

du beurre

de l'huile

et remuer avec

Les
i. lin

gâteaux.

Idërnan.

Mkàn

tra Isker
asgîsën

idernan,

tasï

irdën, tgos-in,
ar-zeddîgën,

taûwï-

s-ugbalu,

tsird-in

iffeg

umrugd

tfsr-in tasi

g-lafukt

ar-d-qârën,

tsmun-irï,
gisën

tzdâ-jin,

tsiff-in,

tcfal-in,

aggum-ag
g-tama

ia-tq'ad,
tëg

tffi-t g-tzlàft, lasï

dag imiq

n-uaman,

tffî-tn

n-tzlâfl,

iàn

wâqa

s-idûdan ar-d-fsin.

Mkàn

fsin,

trui

Ithenurl, ar-tsmussu aggum-àd d-waman s-iàn ufus
n-lisent ar-lcajan sgis ar-t-tëdellâk
ar-

ar-d-irui,
tzcnad

aman

loqt-annag imiq s-imiq

tg-ën

sîn

ifâssën

ai--tëdellek

bahra da

tsaltî

imiq,

tëldi-t

Ijhed

n-igil ur-inni aibli

;

loqt-ag,

tsmun-t

g-wabùd

n-lzlâfl, tsîkël-t

ar-d-ihemer.

Tsag
tqim

tajkàt, tëgg fellas Imqla n-uzzàl,
asgis-tailàln

tffî

gis

zzil,

ar-as-toggmi

iksûdën ar-asràg

fellas,

tsakumir-d

Imoqqâ, tsu g-imi n-takàt ian umessuy, tazlaft dag Ma tajin s-tama-ns, tsers iàt

tqosrit
mas

iâdnin f-tainnit tazelmât, tsers-t tama-ns fàn Imuhtaf n-uzzàl ttgellab d-mas tkkes sg-lmqla, ar-tbbï imiq lcajin s-ufus-ëns

afasî, tràr-t s-azelmâd,
lënnod imi ad-as-ijgugël

tëttàf gis
sg-inger

ar-iss-tënnod asku

ig

ur

as

sers

s-wakâl asku

imla

s-imiq.

Mkan
tanëf-t tayâd

tgli

imiq, iffog

ikemz

d-imelleg,

tbbi-t s-afus afasî,
Isker

s-arba"

s-idûdan

iitsën,

tsers-

1 g-wammas n-zzit,

dag
tan

ar-tëtkur

Imqla,
gis

tslil

afus-ëns

s-waman, lasï

Imohtaf
f-lama

g-ufus-

ëns,
tzra

tan tzra tnua

sg-udëm

n-uzeddir, tgelleb f-udëm
ladëdj-t

iâdnin,

tnua,

tsëksem

Imohtaf-âd, tkes-t,
g-lqsrit

n -Imqla,

ar-tsuddem

zzit, tsers-t

da

nënna.

2.

sbakiia.

Da-tfajan

aggurn

ihlan

imëïluln,
imlan
tqqen

tg-as

tahemirt,
tffî gis
g-iàn

ar-d-iss-tzrï

thmirt, tsag takàt, tëgg fellas Imoqla n-uzzàl,
ar~tno,
ar-tsattï

zzit,

ladëdj-l

sg-lcajin-àd gis

ar-t-tgga

inifif igûba
ëhs

sg-uzëddir.

Mkan

a

t-ëtgga,

arag

n-uzëddir

s-udâd-ëns, iàk

aur sgis

iffog,

taùwi-t

ar-ënnig

Imoqla,

tkes

adàd-

ar-lënnod ar-tskar

tigarasin

s-lcajin-àd ar-tsker

krât nag
7

arbac

Laoust.

g8

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Lqqen

dag inifif,
asku

tadëdj-l ar-tno,
uruku

tgelleb-t

dag

f-ùudem iâdnin

ar-

tno, tasi-t-id,
lamemt

tsgett g-iân Iga
zund

n-tamemt

ar-d-iss-tëksem

kullu

tagëmmut

n-uganim.

3. Bgrir.
Walainnï

Tasï

aggurn

inegdën

imelluln,

tsag-as

aman

l'ajën-t,
tgli
thëa-gis-

da-t-ëtaddja
tsers

imla,

tg-as tahëmirt,. tëdel-t
ar-d-ihmu.

ar-d gis

mirt,
tff'î

tsag takàt,
isleg,
Isker

fellas anehdam,
s-lmëst
agenja

Mkan

Ira

talbgrirl,

tgger

i-zzit

n-ufâs-ëns, tsikk-t f-unehdam iâk
g-unehdam

aur-as gis

tëtk'ur
a

s-Vajin, tffi-t
g-tga ann^sl

ar-t-ëtanëf
ar-

s-tadaul

ri-ugenj
sg-

s-imiq ar-lflay

n-lbeddul, ladëdj-t
ar-tkemmël n-mdsën

tno, tkes-t,
anehdam

dag

layà,

tsudu

didas mkannag

tkës

ufella

n-takàt, ku-tigimil hat ts^n Ijhed

takka.

Mkàn

ran ad-ëtsën

ffin fellas

udi

ifsin ttament.

L\. Busifar.

■•—

Da-fajan

aggurn

ihlan n-irdën,

tg-as

tahëmirt
tsers

tadëdj-t ar-d-ihmer,
tzlàft

tsag takàt,
g-mnid-as

tsers

fellas

anehdam,

iàt

iâdnin ihuan

d~iàt tmedlit

n-zzit

lama-ns,

ar-ibbi

imiq
làd

ar-l-il-laùwï s-tëdikelt-ëns

sg-lcajin, tsers-t g-uruku-iag iâdnin n-mnid-as, ar-l-in-taûwï, à sg-tainnit-âd d-ula ar-d-igezzif
g-d-iugg"

ar-d-ig

zund

ifiger,

walainnï

n-ufus-ëns

afasî,

ar-as-lddër s-idùdân
ula

iclnï s-imiq, tger i-zzit s-tmest iâk agis tsleg zzil ar-d-as-tëg
tgref-t s-tidikelt-ëns

kullu,
arnv^st

lsnlfes-l sg-tainnit-àd

tâd,

ar-d-ig

n-tafànt,
tsudu

iâdnin,

lasi-l, lger-l g-unehdam ar-tnu tsgriul-t f-ûdëm^ didas mkannag ar-tkemmel s-tinuî. Mkàn tusi iàt, liri f-kràt
lurîqin

atsngara

lbdù-l

isdîdën

zund

(fer n-lizzuil, tsktûti-t
trëbbez-in.

g-tzlàft, ffin fellas

aman

dag nuan ifullûsen,
ihlan ;

5.

Trid.

T'ajen

aggurn n-irdën

mkàn

ihmer,

tirï aigre
.

f,

Isag takàt,
ar-lëlbbï

tsers

fellas anehdam,
lëldi-d

ar-d-ihmu

Iqim

g-imï

n-takàt,

tsers alemsir

f-tainnit-ëns tafasit, lânëf-t,
tsker

tsers tazlaft

f-tama-ns fellas
iàt

Ijhed n-tbeddul,

l'ajin ar-tàqruf ar-tflay,
n-zzil

lama-ns,

imiq n-usâud, tsikfs-t, dag layâ lama-ns, tsers ku-labeddul, Isikk fellas sg-ufëlla imiq
afella

tsers

tmëdlit
tasï

n-zzit,

idt gilsent, Isers-t

n-tayà, tgref-t lagul,
mkàn tzra

tg i-iàl,

tasi

t,

tsers-t

g-unehdam, tsers
nin
ar-tnu

dag
sin

tiyàd;

tnua, tgelleb-t f-ûdëm iâd
tanëf-t

sg-wis

iidëmaun,

tkes-l-id,

tsul thma,

tg

snàt,

ar-l-lsras g-urûku

iâdnin, ar-asràg

tkemmël

sg-usnui.
aman

Ig

ran ad-skem

arcbbaz, tsktûti-t g-tzldft, tffî

fellas

n-lfîï,

LA

NOURRITURE

99
afasî

ig

uza'an

t-iksem

; neg lidam.

udi

tamemt,

trebbez-t

s-ufus-ëns

ar-d-aok

Ig

ur-rin a.d-skern

arëbbaz, ku-tigimil lëkf-as
n-udï

ai-ba"

nag hamsa
sg-trid-

n-tatlridin

d-jâl

tmedlil

nag tamemt, ku iàn

ar-itbbï

àd ar-isuyu, ar-suyun,

ar-stan.

Traduction.
I.
puis

Les beignets.

Se

munir
pour

les étendre

au

soleil

de froment; trier et laver les grains les sécher. Les moudre ensuite et
puis une

tamiser

la

mouture une
une

première,
avec

la farine dans

tazlaft

un peu

d'eau
assez

deuxième fois ; pétrir et du sel, ajouter du
molle
soigneusement

levain

et

faire

une pâte

de

consistance

travaillée, la
Mettre
pâte
cesse

recouvrir et

laisser lever.
et

une poêle sur

le feu

la

remplir

d'huile. Prendre de la
gauche,

avec

la

main

droite, la
ne,
coule

placer

dans la
cause

la

remuer sans

pour

qu'elle

à terre à

de

son

peu et

de

consis

tance.

La

maintenir

entre

les deux

premiers
avec

doigts

détacher le doigts
et

•morceau

de la

masse.

L'ouvrir

enfin

les

autres

le

jeter dans l'huile bouillante. Faire frire des deux côtés,
et retirer avec un

retourner

long

crochet

de fer

et

laisser égoutter. du

2.

Préparer

une
sur

pâte

liquide
une ayant

avec

de la farine blanche

et

levain. Mettre
pâte

le feu

poêle soin

remplie

d'huile. Verser de la
avec

dans

un

entonnoir

d'en boucher l'orifice
et

le
en

doigt. Se

placer

au-dessus

de la

poêle

faire

couler

la

pâte

longs filets. Laisser frire. Retirer
3. Les

et plonger

dans du

miel.

crêpes.

Se font

avec une

farine fine
et

et

blanche. Tra
et

vailler une

pâte molle avec

de l'eau

chaude

du levain

laisser

le feu, en frotter le fond avec la main légèrement huilée et y verser de la pâte avec une louche, laisser cuire. Les crêpes se mangent avec du beurre fondu et du miel.
lever. Mettre Vanehdam
sur

4. Les feuilletés.

Faire

une

pâte

avec

de la belle farine de
sur

froment

et

du levain
un

et

laisser lever. Mettre Vanehdam
pâte

le feu.

Découper
un

morceau

de

et

le

travailler

soigneusement

dans

plat avec

la

paume

de la

main

et

lui donner la forme

allongée

"

*^

'Jk.n

3)Kr-— .UU" ...

100

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

d'un boudin. Tremper la
replier comme

main

dans

l'huile,

en enduire

la

pâte et

l'un
pour

sur

l'autre les deux
une

faire
se

galette.
en

bouts du boudin, puis aplatir Faire cuire sur les deux faces.

Cuite, la
ailes

galette

sépare

trois

feuillets
une

aussi

minces

que

les

d'une

abeille.

La

partager

dans

tazlaft en

tout

petits

morceaux sur

lesquels il

reste

à

verser

du bouillon de

poulet.

5.
et

Trid.

Préparer

une

pâte en

avec

d'excellente farine de blé
de la
Les
grosseur

laisser
et

revenir.

La diviser

pâtons

d'une
sur

tabeddut

en

former de
et

petites

galettes.

enduire

d'huile
par

la face

supérieure

les

appliquer

l'une

contre

l'autre le
trid

les

faces huilées. Faire
chaud pour

cuire

des deux
minces

côtés

et

ouvrir

encore

obtenir

deux

galettes.

Pour

préparer

Varebbaz, découper le

trid

en petits morceaux et

du bouillon, le jour de viande (luzicaC),ou. le tremper dans du beurre ou du miel et pétrir soigneusement avec la main
mouiller avec

pour

bien

eu

imbiber la

pâte.

Le

trid se mange encore comme une galette avec

du beurre

ou

du

miel.

Luzi'at. Mkan
iâsën:
ran ait-igrem

ad-ûuzran, da-zërran
sgan-t

ma.

dàr Ma iàn

uzger

iqwan, nag kra
ce

"kfàt-i

ur-itarun, seg dàr bab-ëns, ma-ii-t-ëdman iqàridn-înu ! » inin-as: ce thiier
n-tfunâst
»
ur

iiniwan

gitnag Izar
ias
:
i

trit

idemn-ak iqâridën-ënk !

nta wada

t-icajëbën igan àrgâz

islan

aida

a-flan
»

a-ii-lëdëment

iqâridën dàr tqbilt

n-uzger

n-m^ddën, iinida-d-ran

ad-ûuzcan! aur-tisant
tz^nzili'

iini-ias:

ce

d^meng-ak-in,
gdàri

aur-tisant

hla iàn gitsën,
: ce mestas-dsën

iqâridën-ënk gir
iini-ias
: ce
s"

!

iini-ias ddâmën
!
»

»

nzig-asën-l s-casrin

azger

azenn iàn gisën s-luala n-izgarn, inin-as: ce aùwi-d llun-ns abrâr ! » Iddu n-flan, ar-i/inàg s-umëksa da-iksan tawâla ar-l-iaf, iini-ias i-bàb n-tuala :e azger n-hàli flan, fiai uzenn-id se/s ; iz^nza-t i-ljmdcât ran at-ûuz'an ! Is~mla-ias-t
.

Ddun nutnï,

umëksa, iini-ias:

ce

hat

g-wammas

!

»

Iddu,

isufeg-t-id

sg-wammas

n-tuala, isûg-l-id d-ugaras

ar-t-id-

LA

NOURRITURE

TOI
:

isëlkem,
«

han

azger

jawi-d iàn usgun, igg-as g-waskâun, iqqën-l, iini-iasën iûwig-t-id ! » inin-as : ec lalha.Ua gis ar-d-nsàla ! »

wan

Mkan salan, zrin imëkliun, ilkem ur-irin hat iqimâ ; inëker iân
ar-d-munn

ddohor,
gîsën

wan

ar-iàqra

iran aizàll, izâll ; i-wida iran iân
s-tsëmmi-ns

ad-

ûuz'an

iàn

s-iàn.

Wan

ur

ihàdirn

azenn

ad-asn-icalëm, ad-asn-iini : ec is tram atûuzca,m nged lalap » Ig ran ad-ûuz'an das-tinin : ee hasbàt-ag ula nuknî g-luzi'at ! » Ig ur-rin
ad-ûuzcan,
mur
ce

inin-as:

ce

lala,

ur-nri

iàt!

»

Ar-ilkka f-tgëmmao da
ar-asënl-ittini :

ihâdirën

id-bàb-ënsent ;

ar-itkka

f-tadgalin,
ur-irin

tan iran aiksem g-luz'fat,
ar-tinïmt: mah

lini-l;

tan

tini-l; aur-tqimamt,
-

ar-d-nùuzca,

Mkan

aok

allig ur-ag-lnnim a-didaun-nuzra ! fellasn ikka ula f-iregzën wala f-tadgalin, iàk ad-isan

mesta n-takâtin

f-ran al-bdùn, ddun,

aûwin-d

azger,
sdem

aûwin-t s-ddau

kra n-wazàr, iàn
aûwin-d aman

da-ifullesën,

iaûwi-d ajnuï,

azger,

igers-as,
n-uclàr

sirdn-as

amsgers
n-

sg-idammën, ibbï tiserkï
zzutin,

amëgaru, iaûwi-d iàn

umeshàd

ig

gis

ifâlliun, iserm-asin,

isëksem-t inger tserki llfii, idfac-t ar-d-ilkem adis-ëns, ijbett-id, isers imi-ns g-udgar dasg iksem umshâd, ar-l-isufuf, ar-ikàl wayàd
s-tgorit

fàk

a-didas

iksem

aok

unfus,

ar-l-itâzo , ar-l-ikemmël

isfi-t,

ibbi-t.

Hâsbën
g^llan

mesta n-takàtin

tmània

d-"asra

n-ënnefus

nag hâsëbën f-ihfâun, asku, tlla tgëmmi tmgart; tlla tgëmmï g Ma gir urgâz
.

ëns

ayannag afa-thasdbën f-ihfâun Ar-l-ilbbî ku-iges d-gmas ar-t-ibbï
;-

kullu, bbin
ar-iàllo

taduart

ula

niai

wahdit

g-^ljihl

iâdnin, fsern
: ce

iàn

ugertil

f-tsgarin,
tqqënl
wada

ar-d-

aok-t-ikemmël, iini-idsën

ha Ihir-àd ikemmëll
gîsën:
ec

skràt

ilan-nnun !

»

Ku-i'àn isker

ili-ns,
nta

inin iâàn

hir-ën s-tîsac,
aok

tiwâl-

lin-ënk !
tifii :
ce

»

ihir,

s-lus"a, iqqen
»

(iwâllin-ns, iini-iasën
ilan
ad-as-d-aûwin

ibeddan

ku iàn i'aqël ilin-ns !

mkàn smunn

g-ufus n-wada
aruku

ibeddan tifii, ku-iân jdzën

s-lgemmi-ns

maga

ilgga tifii; gern-as i-wada{iqenn liwâllin-ns, inin-as: ce ask-ëd! » lask-ëd ar-tn-id-ilkem, wada ibeddan tifii ikf-as ilan; ilan, kra

da igëzîfën nag da igzuln, kra iaûwi- d azru. da imoqqorn nag da imezzin, asku lmacna n-walan, ku iân aiisàn lasgart-ëns ; iâk aur-lzin. Iamz ilan wada iqenn liwallin, ismas-in g-ufus-ëns,
iskër
aksùd

Uni:

ec

ia-mbark ! ia-msraud !

»

iasi amzuaru, Uni :
ar-aok-in-isers ,

ee

lia-iambarkï !

»

izaid, ku
ëns.

ili isers f-tsgart n-tfiï,

ku-iân iasi

lasgart-

102

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Mkannag
s-tgëmmi-ns,

ad-skarn

hla i-lsgarin
"kfën-t

n-lëduarl.

Ku-iân iâzën tifii
ar-iss-itëdellâl,
gis
».

asin

tiserki

i-iân
»

gîsën

da-

iltini:
warial,

ee

ha-tiserki 'ala bàb-allàh !
iini-ias
wayàd :

Amzuaru ikf-âsën
s-arb'a

krad

hat-id felli

n-warial

Udëllal
nutnî,
i

iun/z tiserki, ibedda g-wammas,
ar

id-bàb

luziarat,
kra

^nn^dn-as
ar-ittini :

fellas

tmzaiddën

adëllal,

wan

as-ikfan

^kfan

kdda
ur

wakdda

!

»

Iuza'an

ar-sflidën

:

wan

iàd iri hla iân aizaid,
ce

ar-asn-ittini

i'âjeb "rrha, izaid ar-asràg udëllal : « is-as-lsellem ? »
ce

inin-as:
z^nzig,
mas

nsellem-as

»

ii/U-ias

udëllal:

Igaib,
»

ma

ilu

swar!

haii

haii kfig-as

;

wan

ihsmën,

igemz-iit
ec

ilzayddcn hta iân uqarid, iini-ias:
wada

hàk

a

-flan

Mi ar-asràg ! allait irni-k! »
ur-iâd

lantz

f-logg"'ez

tiserki.

Qiman

ar-d-ikemmel

lâjël

da-skdrën,
iini-ias
: «

inëker

ddâmën,
g-tsgart

ar-itkka

f-tgëmmâo
ihells-as ;
tsbert

; wada

dar iujàd iqàrîdën das-d-t'ttskan

da-iiûwï.
a-felli-

wan ur-dâr-iujàd

iàt,

rig darëk dàr

rbbï

ar-d-ilkem allait

ssûq, aïtwig

kra n-tgausa,
Wan

z^nzeg-t,

aïïwtg-ak

iqàridën-nk,
umgar.

irh"m

waldik! s-iàn.

Ar fellasèn itkka iân

ur-iri

as-ihelles,

iserd-as dàr

Traduction. Lorsque les
gens

désirent faire

une

uza', ils s'enquièrent, tout

d'abord, de l'individu qui leur vendra un taureau ou une vache non pleine et le lui achètent. Le vendeur aussitôt leur déclare: ce Pro
curez-moi un
celui qui

damen\

»

ec

Choisis

parmi

nous,

répondent-ils,

t'offre

le

plus

de

garanties. qui se

S'adressant

alors

à l'individu

recommande
ec

à lui
»

par sa

bonne je

foi,

il dit:
qui

Consentirais-tu à être le
une
ee

damen

des

gens

de

la fraction
me

désirent faire
pour eux

ouzà

»

'!

Volontiers, dit-il,
ce qui

porte

garant
ec

du

paiement

de

t'est

dû !

«

Et il

ajoute :

Combien le leur de

as-lu vendu? »

ec

Vinç-t

réaux

!
le à

D'accord, les
la
recherche

gens se quittent et envoient
et

l'un d'eux
On

chercher

bœuf marqué de blanc

noir qu'ils ont acheté.
: ee

L'émissaire

part

du

pâtre et

l'ayant trouvé, lui dit
tel ; il
au
vient

m'envoie pren

dre le bœuf de l'oncle Le
paire

un

de le
des
clés

vendre autres

à la fraction !

»

le lui

signale une

milieu

bêtes;
le fait

et

notre

individu lui
troupeau
et

passant

corde

autour

cornes,
ee

sortir

du
»

l'emmène

aux gens

de. l'ouzâ

:

Voilà le bœuf! dit-il

LA

NOURRITURE

io3

«

Bon !

répondent-ils

;

garde-le

jusqu'à

ce que nous soyons

libres

de

nos

occupations

!

»

Après le

déjeuner, les
uns

gens

n'ont

rien

à

faire;

à l'heure du

ddohor,
l'un des

les

prient, les

autres restent

allongés,

c'est alors que
s'amènent ec

co-participants
un

s'en va chercher

les

autres qui

lentement
non,

à

un.

On

envoie prévenir

les

retardataires :
»

Oui

ou

leur fait-on

nous parmi vous pas
pour

»

dire, disent-ils,
»

prenez-vous part ou

à l'ouzâ?

ce

Comptezce

bien ils

refusent en

disant:

Non,
les
le

cette

fois !
passe
:
ce

L'émissaire
veuves et

donc

par

toutes

les

maisons;

il

voit encore qu'elle

leur dit
qui

Celle
veut

qui veut participer

à

l'ouzâ,
! Ne

dise ! Celle

ne

le

pas

qu'elle

le dise

aussi

venez pas

ensuite vous plaindre et crier :
nous aurions

Pourquoi !
»

ne pas nous avoir

averties,

fait
s'est

comme

les

autres

Quand
on
amène

on

ainsi renseigné sous

sur

le

nombre et

des participants,
on

le bœuf

quelque

figuier

là,
;

l'égorgé. On le boucher
baguette
entaille,

apporte entaille

de l'eau dont la
peau

on se sert pour

laver la plaie,

puis

d'une des

pattes

de derrière
et

il

racle une par

d'olivier
entre

qu'on

lui fait le

passer

l'introduit,
;

cette

la

peau

et

corps

de la bête

il l'enfonce lèvres
sur

ainsi

jusqu'à la

panse,

puis

la

retire.

Posant

enfin ses

l'animal

en soufflant

de

toutes

ses

forces,
sur

tandis

qu'un

la fente, il gonfle de ses com
afin

pagnons, à l'aide d'un

bâton, frappe

la bête

de faciliter

la dispersion de l'air. L'animal
On
ont

est ensuite

dépecé,

vidé et partagé.

compte par
ou

foyers,

ou mieux par

têtes,
que

car certaines

familles

jusqu'à huit

uniquement

dix personnes, tandis du mari et de la femme.
en

d'autres

se composent

Le boucher découpe le bœuf
chaque os sa garniture

ayant soin

de laisser

autour

de

dans

un autre

de viande; il partage également les tripes, endroit, un peu plus loin. Sur une natte qu'on étend,
établies
puis s'écrie : au sort!
ce »

il étale les

parts soigneusement
vos

Voilà,

c'est

fait! Préparez

bûchettes

pour

le

tirage

L'on invite l'un d'entre
yeux

eux
ce

à

s'écarter un
»

instant

et

à fermer les à l'individu

;

chacun

prépare

sa

marque

aussitôt

remise

qui préside

à la

répartition.

Avez-vous bien
ce

repéré vos marques?

demande
maison

ce

dernier

».

En

moment,

on

envoie sa

chercher

à la
;

le

plat

dans lequel l'individu

chacun qui se

emportera

part

de

viande

puis

l'on fait

venir

tient à

l'écart, les

yeux

fermés,

I0/|
et

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

le

répartiteur

lui

confie

toutes

les

marques

i

ilan

».

Mais

qu'en

tend-on par ce mot?
qui est

Une bûchette lui revient,

ou une

pierre,

petite ou

grosse,
chacun

le la

signe

distinctif de

chaque et

individu.

Ainsi
est

reconnaît

part qui

toute

contestation

évitée.
pour

Donc, l'individu
mélanger

prend

toutes ces marques,
sort vous

les
!

remue
»

les

et

dit: il

c

Que le
sur

soit

propice

il

en
: ce

tire une

au

hasard
»

et

la dépose

la

première sorte

part en ce

disant
que

Voici le

gagnant!

et

procède

de la

jusqu'à

tous

les

mor

ceaux aient

été

répartis partage

; puis,

chacun enlève sa part.

On fait

pareil

lement
Voici

pour

le

des

tripes.
que

Reste la
ec

peau

de l'animal
crie-t-il. est

l'un d'entre
met un pour

eux met aux enchères :
— ■

une »

peaul

Qui
moi

prix? »

ee

Trois
autre

réaux ».

!

dit l'un
déliai
se

Elle
au

à

quatre!

dit il

un

Le
et en

tient

milieu

du

groupe

des hommes
enchère,

qui

l'entourent
ec

surenchérissent.

Et à

chaque nouvelle

s'écrie :
qui

On

donne
une

tant

!

»

Les

gens

écoutent,

silencieux;
et si
»

celui

escompte

bonne

affaire
ee

pousse

timidement;
être
a

personne
ee

ne

dit mot,
>

le déliai dit: il
ajoute: ee

la lui

abandonnez-vous?

Oui! font-ils
c'est vendu!

et

l'absent

ne peut pas que
celui

entendu!

je la de d'une !

lui donne ! Allons ! l'œil ! Tiens !
Et lorsque il
remet

qui ne

honte

me

fasse
plus,

un

signe

personne

surenchérit

même
en

mouzouna,

la

peau au que

dernier
tu
aies

enchérisseur

lui disant:

que

Dieu

veuille

fait

une

bonne

affaire

Lorsque le délai fixé le damen
qui se

pour

le

paiement

des

cotes-parts est

écoulé,

rend paie

auprès

de

ceux qui ont participé

à l'ouzâ.

Celui,
gêné,
te

le

peut,

sur-le-champ ;
encore

celui,

qui est momentanément marché

le y

supplie vendre

de

patienter

jusqu'au
et

prochain,

j'irai

quelque

chose,

dit-il,

t'en rapporterai

l'argent! à
com

Et il
paraître

arrive que celui qui refuse

de

s'acquitter est appelé

devant la justice de l'amghar.

Le

rôtisseur

[khuay.

Da-iluddu s-ssùq dàrsën isag krâl nag <eg

sbah

zik

;

mkan

d-iùwin

nr

ddën ulli,
Igers-

arba"

ayan mi

igi

ufarno al-iasi.

r

,

Tr*\t<- non

traduit,

LA

NOURRITURE

IOJ

asënt,

iagul-int

g-tgejda,

iazù-tënt, jaûwi-d
snât tgejda

azëggur,

isag

takàt

s-ufamo
sgis

ar-as-itëttun

azessur ar-â-ihma g-iasul

izusn'"âs, iares-d

irgis-ag gis
sin

illan s-imi, iasi-d

dars

uaskâdën, iawi-d

Ibàhim-âd,

nag krâl, ku tigej dit ku-i'àt ismhalaf-as ïdàrn imëgn-ufarno,

gura,

isajju

tigejda-iàd s-wammas

ku iàt is"nnet f-iàt

tainnit n-ufarno,

ku-tigejdit iagul
alùd,

illan.

Ihelled

akàl

n-ufarno

sg-ufella,

nag snât ayan dars iasi iàt tfelallait, isers-l f-imi ar-d-ig imsel-t s-ualùd, iâk aur-d-itffog sshâd ; iasi
gis

iàt

ssgit

tafelallait

iâdnin, iqn-iss imi
ar-d-ini

lùd,

iaddj-int

Ijhed

n-ma

n-uzeddir, imsel-t fellas nugg^ânt aya, iddu isers
t'àl

ula niât s-ua

s-iàn

udgar,

ibbi-d isâttiun n-ikid,

ifsr-in,

tallùht

n-uksud

afella-nsën,

d-lmizcn,
afella

l'agul-t

ianëf-as imi n-ufella, ildi-d
n-tallùhl

lama-us, d-ijnuin das-ira aitbbi ssua, iddu s-afamu, sgis iàt, iràr tafelallait mkellig, isers-l
iks-d

da-nënna,
wan

imiq

n-lëdunt

sg-tgczzâl-ns,
ssua

isikk-l

kullu fellas iâk
iquâ ; ii
wann
:
ce

t-izran

ar-tsufu

imi

aiini :

n-urgàz-àd
»

dars iuskan, ini-ias

: ee meslas »

tz^nzat

ssua

?

a-hali flan.
ce

ini-ias
sgis

snât

Ibsàst i-rrd^l !

Ig

ira rrd^l, dinn

s-as-inna :

bbi-

!

»

ibbi-ias sgis, icabr-as rrd~l, iaûwi-d didas agrum,
n-ugrum,

iserssg-

as-t

afella n-tafànt

isikëfs fellas

imiq

n-tisent,

iffeg

ssùq ar-d-n-faggiig s-imiq, iûut agunun, iqim

ar-istta.

Viandes de
i

conserve'

.

Ikurtsen.

Ig darsën
s-ikurëlsën

d-uskan inebgiun,
nas
?

ur-ufin

tifii

ar-asën-

thoddarnt

tiremt

i'ssuin. Ma i<raii i?

ikurëtsën ?
tzlàft

Ass o
d-iàt
ur-

d-ssan

snât

tëdurin nas

krâl,

tasi-tnt

lâll

n-tsëmmi s-iât s-asrem

tjnuit. tëddu s-agbalu,

ar-int-tsirid

asrem

;

aserm-an

tufi

mamëka

tsirid

sg-ugensu,

tserreq-t s-tjnuit,
gîsën

ar-asrag

sgisën

Isufog kullu
tëkum
ubuy

tarfa

d-igugain da
tiskerl

illan,

laûwi-tënl-id ar-tigëmmî,

ifelfel

d-libzar,

d-uzdlim,

tasi

iat tjùnuit,

ar-in-tëtbbi

isdidën. Walainni talkerst da-t-ëtbbi
n-ufus

ladëdj-t g-tagzi ula tafli

ann^st

ar-asrag

tkemmël s-ubuy, tsikfs
.

fellatsënl isufar-àd,
ar-tsatti

tëdl-int,

ladëdj-int

ar-d-sunt aman-nsent

Loqt-annag,

iàt

talkerst, tanëf-l, kur, tsmun-t fellas
i.

ar-sgisën

tsalli,

ar-tsras g-uabùd n-talkerst

ar-tël-

sg-maiggàt

tainnit, tën/y-d-as iàn

userm

sg-

Texte

nqn

traduit,

lOÔ

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

wammas

tsker

ar-tëg ayan tra,
tsmun-int

zunl

tummàzt,
ma

tsker

dag

tayàd,

tsudu

didàtsënt
usgun

ar-

tasi-tënl s-tafukt; tëg-int

afella n-ian

sg-ihf
tksar-d-

n-usqif ar-ihf iâdnin, kelnt

ila

wass

g-lafukt, ar-tadugg°àt,
trâr-int

in-d,

g-iâl

tariàll, ar-sbah,
igerdain.

dag

s-tafukt

qârënt gant zund

tissiin ; thdû-lnl

g-iân ugdur

nag tikint,

tmsel fella-

sënt, iàk

aur-inl-ssën

i.

Issuin.
ass

l'arâbën

ar-asën-tinin

Igëddid. Nûknï da-tn-nskar
sg-tgersi n-lfaska.

ig-nuzac,
Ass
g-iàn

lcaid,

nag seg kra n-ssùq, nag

uruku
gis

brit da

dasn-d-iuskan, tsers-t tahamnid-as, tasi tajënuil, tsusuu-t, ku iges, tbbî sgis illan ar-d-gïsën tf^lgir igsan. Tihabrai-iàd, da-int-lëlbbi
tasi-d
tasgart

làlT n-tgëmmi

f-tagzi,
lënt.

ar-int-tkemmel
gis

tsgn-inl

ula

nul-'

nti g-ifelfel

d-uzdlim, lisent,
thadù-

taddj-inl

imiq, tasi-int,
uskan

tfsr-int

dag g-tafukt,

ar-d-qârënt,

Ass g dàrsën
tasi-d
taddj-in

inëgbiun,

ur-ufin

lifiï mad-asën tggan tffî

f-liremt,
tsnu

sgilsënl l'an mnau

tsers-inl

g-iân uruku

fellatsënl aman,

ar-d-lugg^'àgënt,
tiremt.

tbbi-int-f-ëlqordâd,
tiremt i-inëgbiun ;
lufim

tgr-int g-tkinl,

fellasënt

Ig
Ilin,
3.

nuan,
i

hoddern issën

mkan

asen-sersën,
ur

ini-

iasën:

'adrâtag !

hat ur-dâreg
!

fât hla ifullûsën

dâreg

hta ssûq

ur-ag-d-in mala

Taferdeddist.

— ■

Da-lsmunu
snât

ladunt

n-ûulli,

tasi

talkerst,

lalëdj-t

tflay Ijhed
g-tëduli

n-ian

tardasin,
gis

tg-as
zund

lisent
'

i-lëdunt-àd,
Mkan
tsker

tsmun-t o s-wammas n-lalkersl, las-t ar-tës j ci

takurt, tasul-t unis e? e?
thua.

takàt

neg

n-uhanu, ladëdj-t

ar-asrag

tiremt,
Tad

tkes sgis

iàt tummït, tger-t g-tkinl,

ur-sul-ftatajan

lidam.

a-mi-linin

taferdeddist.

Recette
Ibelbal.
usa far

spéciale au.v

femmes.
asku

Ur-a

sgîsën stan

ircgzën gir timgarin,
gzen-d

Ma gîsën

n-tmgarin, iâk
g-ranl

ad-ëdninl.

Ass

ad-in-skern,
ee

da-tmununt,
»

kra

n-iz

uran

ss-

lagànt, dasën-linin

hid Igul

fsern-in g-tafukt ar-d-qârën,

kûmënt-

LA
I

NOURRITURE

IO7
g-tzlàft

tn g-uferdu

ar-d-negdën grefënt agrum

n-irden, bbin-t

ffint

fellas

aggurn n-bid

Igul, ffint fellas

udï ar-d-ikk

nnig-as,

ar-tsmunu

ar-sgis tskar
nn

dënt-as,

ibelbal, ar-tëgg kullu d-ibelbal, ksement g-iân uhanu, tan iusin jân ubelbul ar-sgis tgûbbï ar-lsla.

Traduction.

Cet
Il
vont soleil

aliment est

spécial

aux

femmes d'une

qui

le

mangent

à la façon

d'une drogue

pour prendre

de l'embonpoint.
plante appelée

se prépare avec

les

racines

bid Igul

qu elles au

ensemble
et

arracher

dans les
pilon

champs.

Elles les

exposent

les écrasent

au

pour

en

obtenir

une

farine

très

grossière.

Elles font

alors cuire

du

pain qu'elles

brisent

en petits morceaux
noient

et qu'elles saupoudrent avec cette avec

farine. Elles

le

mélange

du beurre fondu, puis boulettes appelées ibelbal.

pétrissent cette pâte

dont

elles

font des

L'année de disette.

Ig

ijali usëgg"as,

wîda

ur

dar Mi iàt g-ifdssën-nsen,

mkan

tgli

lafukt s-fàt

liddi, ddunl

Imgarin

d-iferhan,
g-iân

asint

lizgîwa-nsent

tlgel-

zam, ddunt
zund

ar-tinagënt g-ëlhla

manig Ma

uirnï.

Ig

i'ata

g-iàn udgar

lagertïlt, ku
iger-t

iàt, ku

iàn iqim

(lasellja)
as
aguln-d

ar-iqâz, itfar limgit-ëns
g-tazëgaut

dinneg

udgar, iaûwi-ias unmila lëlla, âqqa-iân in fa, iks-

timgit,

ar-asràg d-ëlkurënt tarialin-nsënl,
s-agbalu,

s-tgemmau-nsenl,

asint

ku-iàt
tiferkit

tsers
g-iagul

tazëgaul

g-wammas n-uaman

ar-l-lsirid ar-d-as-tks

imëllul,
tasï tsmer

laùwi-t-id ar-ligëmmï, tfser

iân umessuy

ar-gis-l-tffï

kra s-kra;

iân imger irrezan sg-ihf

ar-t-thrsam ,

ar-d-iktûtï,

tsag takàt,
ar-tsis

tikint, tëg

gis

Ijhed n-waman,

ar-as-tëttun

iksûdën

tasi iki-

nëksu, lëtkur-t s-uirni-iàd, tsers-t f-imî n-tkint, tqqën
ar-d-ifuwur

fellas s-uqfal,
tsu-as tasi-l s-azreg,

bahra,

iàt tasa'at, tks-t-id,

tsufeg-t

s-berra,

lagerlilt,
tzrlâ-t,

tfser-t gis,

tadëdj-t ar-d-iqâr zunt

lisent,

skernl sgis agrum

Llan hta
asku

wîda

nag sëksu. dàr ëllanl tserfin n-imendï
.

ar-l-qàzën

ula

nutnï,

ksûdën

sg-hnahzën

Iû8

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Les

années

de disette, les

pauvres gens se nourrissent

de

racines
et

d'arum

qu'ils

lavent,

pèlent et

découpent

en

petits

morceaux

soumettent,

écrasent

au

dans le couscoussier, à une cuisson prolongée, puis les moulin. La farine ainsi obtenue sert à la préparation d'un
couscous

d'un

pain

ou

peu

nutritif.

CHAPITRE

IV

LE CORPS

HUMAIN

LES

VÊTEMENTS

uhsas'y tête.
Usuel les A.
A. Bou

i.

chez

Messat,

À. Bou

Oulli,

À. Khebbach. Par extension, le
cime » puis celui connue

Gemmaz, Inteketto, Infedouaq, Imeghran, mot a pris le sens de « bout, extré
«

mité, pointe, sommet,

de

chef,

autorité ».

Les A. Attab
«

ont une animal »
sans

forme
et

aohsas,

également

des Â.
«

Atta,
i

qui

l'appliquent à
M,

la

tête

d'un

réservent

ihf

pour
«

désigner la
; il

tète

de l'homme

Le

mot

ne parait pas

analogie
semble
vants:

avec

iges

os » plus
»

contestable

;

boîte osseuse, crâne ». Cette étymologie vraisemblablement, il faut le rapprocher des termes sui
signifierait

âqs'as,
»

i

tête

A.

Mjild, Zemmour; âqsa,
taqàs'us't
i

A. Halouan ; taoqs'as't ûglal

le

vertex

Ida Oukensous ;
que
cf.

cime

d'un

arbre

Zouaoua ;
de

tqiss't
sas qui

«.

crâne

Temsaman,
chevelure »

l'on

peut

décomposer: âq, kuk,
est

préfixe
ce

péjoratif et sas ou
calotte

tête

ou

susa,

en arabe sus ou

dialectal tunisien

cheveux

recouvre

le

vertex

».

Une forme

fréquente

en

berbère;

en composition avec

des

préfixes,

elle

fournit de

nombreuses

expressions se rapportant

à la tête

ou

à l'une de

ses parties:

chevelure, nez,

lèvre;

voir

infra.

C'est,
que

en

effet, à l'aide de

sobriquets et

d'expressions

péjoratives ou
»

le Berbère désigne le
populaire,
plus

plus communément emploient

la

«

tête

métaphoriques, à l'instar des Français qui,
marmite,

dans la langue
melon,
etc.

des termes
expressifs

comme
que

boule,
Citons:

caisson,

concrets

et plus

le

mot classique.

âqelàl,
;

Amanouz, Ida Oukensous, A. Baâmran, A. Ahmet,
âqlil
A.
«

soit, de l'arabe
-

qolla « cruchon »

cruche

»

Tlit;

ou, forme

apocopée

de

aqelqul

crâne

B. Snous
«

âqellis,
le
sens

Warain,
«

diminutif

du,

précédent, ou, dérivé de l'arabe:
signale

gelluza

capuchon » ou

qellus « pot grossier ».

Marcais

à

Tanger,
ou

p.

432,

un verbe qâlles avec

de

dresser
cheval

en

l'air

» par

exemple

la tête

d'un

àqerro, Ichqern, Zemmour;

les oreilles, en parlant d'un âne ou âqurru, B. Snous; àqerrui. Zouaoua;

àqerroi, Ieavan
lers
chleuhs:

tabejna,

Mzab,

au sens

énigmatique

agayu, particulier aux par

azellif, A. Warain, Tazerwalt, Amanouz, etc., cf. aga « seau, bidon » B. Iznacen, B. Snous, et azèddif et azeddjif, Rif; le mot s'applique plus particulière ment à la tète du mouton ou du bœuf » d'où l'expression populaire de bu-zelluf
-

ÎTO

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

âqèmmu'y iqômma,
pour
gées

visage.

l'tdém,

figure, face.
et préparées pour
avec"

désigner
».

«

la tète

et

les

pattes un

de

mouton

flambées

être

man

le sens de « flamber ». Zouaoua, L'n terme plus généralement connu est i'A/ou igf dont l'aire d'extension, au Maroc, apparaît assez discontinue: Rif, A. Warain, Zemmour, A. Ouirra, Touggana, A. Atta, Amanouz, Tlit, A. Ahmet. De ce mot dérivent les prépositions kefet gef « sur » Il
existe par ailleurs
verbe

zlef,

des parlers
Son

zénètes et

berabers. Sa

signification actuelle est « partie supérieure avec

du

corps ».

emploi

existe parfois

concurremment

les

expressions

rapportées

ci-dessus.

On doit le
que

considérer comme un vieux remplacent par
caput a

mot,

qu'un

long usage
C'est

a rendu
par

trop

abstrait,

et

les Berbères

d'autres

plus concrets. place

un processus analo

gue que
«

le latin

disparu
».

pour

faire

à testa, dont le

sens

étymologique

est

fragment de
».

pot cassé se

L'expression
»

décompose

:

âq,

préfixe péjoratif et

imi

«

bouche

»

litt. les

« grosse

bouche

et par extension « visage ».

Le

préfixe varie selon on
note:

les

parlers et

expres

sions avec particules

lesquelles il
qui

entre en

composition;

âq,

ah, ay, ah ou ak, ag, as,

s'emploient avec

les

mots:

bouche,
«

nez,

lèvre, menton, désignant des
expressions

parties

saillantes et

de la

face,

pour

fournir de

nombreuses

péjoratives,
i

des
A.

sobriquets

des injures,

A.

Atta, Ndir;

A.
«

Ouirra;
»

a) Dérivés de bouche » A. Mjild, A.

imi

bouche: âqmu

figure

bec

Izayan, Zemmour

Sadden, Izayan, Ichqern, Zemmour, A. Bou Oulli, A. Attab, âqàmmu « visage
»

Ida Oukensous ; la forme diminutive tagemmui, A. TA arain est une « Un suflixe diminutif m allonge parfois ces expressions: âqemmum,

petite

bouche

».

bouche
gifle
»

B.
A.
que

Snous, B. Iznacen, Temsaman; âqammum :c bec Zouaoua; âqemmim « Mzab; Ahmet; âqamum « bec » B. Salah, Zouaoua; aqmum « bouche
âqemmun
péjoratif
« petite

tandis

chez

les A. Attab
âqemmus'
» «

est ce une

dans

grosse

gueule, bouche

un museau ».

Un

autre suffixe s a un sens aqemmus

Zouaoua,
suivants :

et, diminutif dans

bouche

B. Snous. de
ah

La

préfixation

fournit les
ahmim
«

composés

ahmum

»

lèvre
A.

»

Amanouz, A. Mzal
Ouirra
donne:

lèvre

A.

Ndir, Izavan, Ichqern,
nez

A. Isaffen, Warain, A.
de
as

ahemmim,

Zemmour

ihemmuin

A. Atta. La

préfixation

asmam « moustaches » suppose

Zouaoua

et asm ucan+

Ichqern.
considérer comme

Si l'on dérivés de
grande

la

permutation
«

imi;

âqabub
»

bec

»

de M avec B, on peut Zouaoua; âqabbus « bec

également
«

A. Hamid

g^b

gueule,

Berrian ; agènbub « figure » Temsaman et « bec » Ntifa, A. Isaffen, Â. Mzal; agembub « bec » Chenoua » agembu B. Menacer; ayenba « bec » bec B. Iznacen, A. W araiu, Dads ahenbub « tuyère du soufflet de forge » Ntifa cambié
»
— —

bouche

est connu

à Tanger
;

avec

le

sens

de

«

cais,

p.

391

le

mot
1

d'ailleurs

parait

bec de la théière; d'origine arabe.
enfer
se

orifice

d'un luvau

»

cf.

Mar

b)

Dérivés de

anfur groin

museau,
agenfur,
asenfir «

gueule, A. Attab
»

lèvre, Ntifa,

cf.

moucher

»

Dj. Nefousa:
lèvre

akenfur

Vmanouz

agenfur,

Timlouft, A. Ahmet
Chenoua

ahenfur,

Zemmour

atsvnjir

grosse

lèvre

Zouaoua.

Sentifa;

c) Dérivés de « angur » nez, Touareg: agndjur « nez » ihents'uren morve Chenoua ; cf. insiren

Zouaoua;
morve

ihensurën
»

« morve »

Ghat

tagenvurt

LE

CORPS

HUMAIN

I I 1

azzar

(wa)

chevelure.

inzid', inzâden.
takiùt

cheveu.

azagur,

id.
chevelure.

',

tiukiâd,

tresse

d'en-

asakuki, longue
i «

faut.
jabot de la
de
poule
»

bec

A. Boa Oulli

ahemjur

Xlifa

et peut-être agergur

goitre ».

d) Dérivé?
Amanuz;
visage n «

de

«

tinzar

»

nez,

Xlifa,
;
«

user te se moucher
j.

»:

ahenzur «
ahonzir ce
u

gros nez »

mufle n
nez
»

Imi

n-Tagant

bec

Xtilj, Tindouft
»

muscosité,

humeur du

Zouaoua

agenzur te

bec

A. Ouirra
et
tt

lagènzult
»

pommette

du

A. Attab

agens.i

«

figure

Infetkmaq,
:

menton

Temsaman.
te

e) Dérivés de

« ansus »

lèvre, A. Atta
-

ahensus

tt

museau »

Aurès;
»

gueule,

mufle »
talien-

Ouargla;
sus't,
cen

«

grosse
a

lèvre
»

-Ntifa,

Amanouz
ahensus ee

ahensûs «

lèvre

Zemmour

diminutif
u

lèvre

Ntifa

figure

Zemmour,
Rif

A. Warain. B. Izna
; ahenfuf
chez
ce

;

nez »
tt

Metmata

ahenfus «

bouche,
"

museau »
»

Zouaoua

figure

»

Zkara;
basensas

museau

Aurès

agensis
ce

lèvre
»

et

sobriquet
te

les Ntifa

« museau »

Tlit

âqansus

bec

Aurès

ahenzuz

gros nez »

Amanuz

agenzuz te

bec de lièvre
te ainar »
et

»

A. Attab

agenjuj

ee

erète

de la

poule

A. Isaffen. de la face
»

f)

Dérivés de

barbe

et menton : et

takemmdrt

tt partie supérieure

B. Snous

akdmdr

barbe

bouche

B. Snous. A. Tanger këmmara

te vilaine

figure,
de
tt

gueule »

;

et

est connu vilaine

dans la

plupart
»

de là, coup de gueule, bagou-, insolence dans la répartie. Le mot des régions de l'Algérie avec le sens de ee groin de cochon, et
p.

figure

Marcais,

453

asamar

te

figure»

Zouaoua,

Bougie

iqunnar

nez »

A. Bou Oulli.
te

g] Dérivés de
te petite

udèm

»

figure:

aqadum

visage

Zouaoua,

Bougie

laqadumt

barbe

»

B. Snous.
A.

r.

Cf.

askuk ee chevelure »

A.

Attab, Tlit
le
sommet-

; asakus',

Zemmour.
sur

Warain, A. Sadden: asakuk tt chevelure de femme » Ichqern; asèkkus. A. Ndir; asakka. Tazerwalt.
.,

Ida Oukensous.
sur

tresse

le

vertex

A.

Ahmet;
et

cf. et

snkuk

tt

calotte

de

cheveux
— ■

de la tète
Zouaoua

arabe

dialect. de Tlemcen

tresse

à Laghouat

aibub te chevelure » ar.

asântuf.

Tazernalt

dial. de
■■

Tlemcen;
et

huppe de
cheveu
»

certains

s'nluf ee chevelure en broussaille Beaussier. Dict., p. 34S oiseaux
»

»

akedjfuf

chevelure

Chenoua. La

plupart

de

ces

expressions

sont vrai

semblablement

des composés d'un
présente encore

préfixe as péjoratif et sous

d'une
cf.

racine

KK déjà
p.

signalée;
J'

as,

fém. tas,

se

la forme
sens

was :

Stumme

ai.

5

:

il

a

actuellement, dans les
n-tgèmmi 3.
te

parlers

chleuhs, le

de

malheureux, infortuné

iras

le

plus malheureux

des

gens

de la
anzd.

maison »
pi.

Tlit.

inzid. Tazero-alt
A.

: anzhf.

Ichqern;
tt

inèzdûun. Zemmour, A.
azau,
»

anzad.

Atta, Tlit: imzad, Touareg. Une forme
explique

çla.

Dj. Nefousa
zaf,

àgèzzéu

tresse

de femme

Warain; Ghdamès, Mzab; zau. OuarA. Atta et a:fa, Touat; azzaf,
Atta, IdaOukensus;
de de la tète
pi. »

Ksour: 3. Et
«

B. Snous:
pi.

azbi, Zenaga.

aussi akiûd.

iukiâd. Tfezerwalt, A. Attab, A.
ou

tahokkot

toute tresse
que

d'homme
enfants

de femme

»

Touareg,
sur
».

et

ahokkod ee crête

cheveux non
:

tressés

les

portent

parfois

le

sommet

; dérivés
et

tastoit.
tresse tresse

Zemmour;
d'enfant
r

tajtiut-

A. Warain

tresse

Syn.. tis/L
Igern
en

tasyiwin

petite

A. Ouirra, litt.

te petite corne

» cf.

arabe; tisst.

pi.

lis'iau

ee

T I 2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

azig,

civie

de

a/nul2

cheveux au milieu

(sva),

front.

de la

tète.

nnuaderz, tempes.

taunza, frisettes du

front.

Ummï\

sourcils.

adlàl\ tresse de femme.

til\ alln, tallui,

œil.

sur

le

côté »

A.

Warain;

ihissu
et

«

tresse

»

Zemmour;
Ir.
sur

tasâtât

«

tresse
cf.

de fillette
amzur

»

A.

Attab ; tazlut, A. Waraîn
chevelure pondant
»

tamzurt « petite tresse
pi.

sur

le

côté »
»

longue
corres
tagu-

Zouaoua
«
« :

azàfcz,

izûjïtz,
»

le

côté

Ichqern,

terme

à isûfâz

frisettes temporales
tresse
sur

Tlit

et asâfez «

tempe

A. Ouirra

riîrt,
i
.

Iguerrouan A Ouargla
que

le vertex;

calotte

de

cheveux». en

cercle

de la

grosseur

d'un bracelet

fragments de de la tôle
».
»

corail ou en

perles

les femmes

suspendent

à leur tresse du désigne
un «

sommet

Biarnay,

p.

3i£. Chez les Ait
chez
•a.

Atta,

le

môme mot

long collier
la fleur

La

parure a

disparu

les

Ntifa,

mais son nom est reste appliqué

à la tresse.
ce

On

entend par ce

mot, également à Ouargla

artificielle que

les femmes

portent

dans leurs cheveux, ou encore le point de peinture qu'elles se font sur le front » Biarnay, p. 3^3. Un ornement de ce genre n'existe plus chez les Ntifa, néanmoins, désigner le front
où sans

son nom s'est maintenu pour
part

doute il

se portait.

Dans la

plu

des parlers, c'est d'une racine IR ou NIR que dérivent les termes désignant cette partie du corps: airi et agri, A. Ouirra; inir, A. Ndir; anir, Zouaoua; ainner, A.

Bou

Oulli; tainert, Ichqern; linert, Zemmour; tinierl, B. Iznacen; taniiert, A. Warain; tainart, Bettiwa; taurna, Ibeqq. par métathèse. Chez les Touaregs, une forme
analogue courante

iner
est

sourcil s'applique au Dans les parlers chleuhs, la forme la plus igenzi, Touggana, Amanouz, A. Mzal, Tlit, Ida Oukensus ; ufinzi,
».

Tazerwalt.
3. Les A. Bou Oulli disent: tamàdla
tachent des
expressions

n-ùqëmmu,

d'une

racine

DL à laquelle
madel
«

se rat

désignant diverses

parties

de la face:
joue

cil

Dj.
amadèl
amâdel

Nefousa;
«

amàdel

mâchoire

Touareg;
le
sens

amadl

Amanouz,

joue

»

A.

Ndir;

tamadla

i<

partie supérieure

de la

mâchoire »

Tlit ; A. Ouirra.

est

connu

chez

les Ntifa

avec

de

«

descente,

versant

d'un coteau, flanc d'un

ravin» et chez

imtittûn, A.
au

les Izayan, avec celui de « versant opposé Warain, que l'on peut décomposer imi n-ti(,
uqerrui
«

au soleil ».

Syn.

:

imtittù,

pi.

expression qui correspondrait
porte

Zouaoua labburt
et

tempe «,

mais

litt.

«

la

de la tète

»

tussigt,

Amanouz

tustigt, Ida Ouzzal,sans doute do l'arabe
»

srfeg.

4- PI. tammiu, Tlit; le mot signifie « front chez les Ahaggar timmi. X. Ndir, Izayan, Zemmour, Ichqern, A. Ouirra, B. Iznacen; timmau, A. Warain; hamiu, Chenoua; timiut, Amanouz; tainaat, pi. limua, A. Bou Oulli; formes masculines:
arnrniun,

Zemmour;

imenunan

«

sourcils et

d'homme
tainnit
«

»

Zkara. L'expression
bord

esta rattacher

à la

môme racine qui a extension :

fourni lama
«

côté,

Ntifa.
n-tasmi »

5. Par
aiguille

ti[ n-uzreg
globe

Pœillard du
»; Ut

moulin »
n-ttit:ar «

; lit

le

chas

d'une le
topo-

»;

Ut

n-lafukt «

solairo

ouest

»; lit
a

n-m~tUU>n »

mauvais œil »

Le

mot signifio encore « sonreo »

et,

avec ce

sens, il
«

formé des

nymes qui subsistent môme on pays nom

do langue

arabe :

lit mellil

la

source

blanche »,
inconnu

donné à la

source qui alimonto

la

villo

de Casablanca. Lo

pi.

tittàuin

est

LE

CORPS

HUMAIN

I I

3

irgeP,

argliun,

paupière.

timëllï n-lil,
lamummut*

le blanc de l'oeil.
n-lil, la
pupille.

tahensusl, lèvre. ssirëb*, les moustaches.
amar, lamârt

', barbe

et menton.

linzar3, le

nez.

làqesmarU, bouche.
amargâs*,

menton

imberbe.

imi*, imaun, la

mâchoire.

anfur", i-ën, lèvre.

Ihank10, lâhanuk,

joue.

dos

parlers

littauin.

Rif,
les

du sud, mais, est le seul en usage dans ceux du nord et du centre : B. Iznacon ; hittiuin, A. Ndir ; tillaun, A. Warain, A. Seghrouchen; cette dans le
nom

forme

se retrouva

de la

ville

do

Tétouan,
A

litt.

les

sources ». racine

Les L

Ntifa,
ou

comme

Chleuhs,
celle

utilisent un pluriel
i
te

alla ou

tallin dérivé d'une
cette

LL
uali

différente de
voir
»

qui

fourni le
source »

singulier.

racine,

on

a

rapporté

Zouaoua;
Nedroma
rgel tt

lala
et

Zouaoua;
p.

tara,

Rif;

cf.

R. Basset. Loqman berbère

p.

3o6
..

et

les

Traras,

i3^, note 9.

De

même pi.

sens,

Tlit;

fermer », l'expression désigne à la fois la paupière et les cils ; argèliu, irgel tt cil » Zouaoua. Ailleurs, les cils sont appelés abliun A. W arain,
abel.

d'un terme:

asbab, pi. a-ën,
2.

A.

Cf.

mummu

Syn, Chenoua; abil, Berrian ; aber, Rif; hablia, Chenoua azëbaln n-lil. A, Ahmet. Ouirra, Ichqern, Izayan, Zemmour n-tit, Tlit, A. "Warain, Zemmour, Rif; mumma, Amanouz; tamummu,
— —

Zouaoua;
tidli
a

mumzrt n-tit,

A. Ouirra

tasguni

n-tit

a

le

noir

de l'œil
».

A. Ahmet

le

noir »

Tlit

et ligelzist n-tit te

le

scarabée noir une

de l'oeil
;

3. PI. fém. ; le
k se moucher »

sing.

iinzert

désigne

tt narine »

se rapporte

à

un

verbe user
liinzàr1

cf.

linzar.

Zemmour, Ichqern, Izayan;

linzer, A.

Warain;

et

ùgénzàr1, A. Ouirra ; inzar. forme masc. B. Iznacen. Dans les parlers du sud, la forme la plus courante est inhar, Tazer., I. Oukensous; tinhar, Amanouz, A. Mzal. En
Touareg: 4. Par 5. Il
angur; cf. supra p.
extension:
ec

non.

1.

entrée, ouverture,
te

fente,

orihee, défilé

»

cf. supra p.
:

110 n. 1.

existe

un v.

enfer

se moucher »

Dj

.

Tindouft

et

« nez »

Touareg ;
inser,

anbur et ambur

Nefousa ; à rapprocher tt lèvre » Ouargla, les
en

angur a

lèvre

»

g.

b

et

/permu

tant fréquemment

entre eux. :

Un

pi.

ianfuren désigne Ida Oukensus

Zouaoua
A.

tt

les

grosses

dents

de devant
ahendud,

».

Syn.

Tlit;

anser.
pi.

ansas,

A. B. Oulli

asèlqnm,

isidqdm, A. Attab
:

Warain, A. Atta àdlu. Ghat; adulai. Toua
cas

reg ;

ailles,

Mzab ;

adulis,

Ghdamès
ceux

dans
p.

ces

deux derniers

{'s

est suffixe ;

les

mots sont a rapprocher

de

donnés

112

u.

3.

6. Syn.
Ichqern

:

l'usàfer,
sslagem.
».

Tlit, Zemmour; fazafer, A. Ndir B. Iznacen; cf. Marcais, Tanger,
parlers :

asmam,

p.

34q

Zemmour; asmu'am imesuan, Touareg, Izayan, Ichqern,
tt pomme

de

su «
7.

boire

Commun à la généralité des
tmarl. A.
tt

tamàrl. A.

Ndir;
97,

lammârt,

A.

.Mjild;

Warain,
sur

B.

Iznacen, Rif
mâchoire
»

iuinert, Dj. Nefousa.
» p.

8. Cf. Mon
d'Adam
g. 10.
»

Et.

le dial. berbère deB Ntifa
te

§

1 15

lagesmart

A. Attab A.

agesmar

amârias,

Emprunté à
aggain,

aggui. pi.

Ouirra; airûz, pi. airûzen, l'arabe; les expressions berbères sont A. Ndir, Izayan, lclit|«rn, Zemmour, A.

Zouaoua ; agesmir, B. Iznacen. A. Warain.
cependant
nombreuses:

a)

^V arain,

corresp.
O

à

addjai,

JjAOUST.

I 1

fi
langue.

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

tarumm"ant,

pommette.

tugmest, tugmas, dent.
ugbà, ugban, azerg,
canine. molaire.

'Is, ilsaun, ineg', angan, le

palais.

izergan*,

uhs2, uhsan, dent. tuhst, tuhsin, id.

tifii n-tuhsin,

gencive.

amëzzug',

imëzgan,
taggait

oreille.

Dj

.

Nefousa

tt mâchoire

»

;

agga.

pi.

aggaien,

A

.

Sadden ;
à la
même

Rif
:

et

taqjait, A.

B. Oulli. On doit

considérer comme appartenant
et

famille

Zouaoua;
autre

magg,

Aurès

peut-être

côté,

amaigu, pi.

imuiaçj
de

chez

allemag tt menton imberbe » les A. Isaffen est une te hachette de
ee mâchoire »
b)'
.

amaig pi. imuiag, A. Ahmet. D'un
charpentier au

manche courbe ayant ait eu

la forme d'une
tt

11

se peut

que,

aggai et ses

variantes,

à l'origine le

sens

mâchoire

»

amëgqiz,

Rif, B. Iznacen;

expression

dont l'aire d'emploi reg de la
;

est remarquablement

discontinue : tmaggaz,
adjez.

Ouargla;

agaz,
te

Toua

iguzzan, Tindouft ;
mâchoire »

lemijaz.

Ghdamès;
terme,
à

Ghat. Chez les A. Warain

le haut
précé

est appelé agezzâz,

qui n'est pas sans analogie avec

les

dents, et qu'il
grignoter »

convient

de

rapporter

un v. gezz te ronger

mordre,
»

ronger » chez

Ouargla, Zouaoua;
et

Aurès. Une forme

gezz

existe

les Ntifa

peut-être

explique-t-elle amëggiz et ses variantes.

du

z en

t par

l'intermédiaire d'un

z'

ait

Par ailleurs, il se peut que l'affaiblissement fourni aggai et ses dérivés, c) agulli, pi. igulla,

Tazer. ; tagult, Ida Ouzzal; âqqûl, Ida Oukensus; aqulli, pi. iqùllan, À. Tindouft et peut-être magger pi. imuggâr, A. Warain ; ces expressions fermer
x.

Isaffen;

gullan,

paraissent ren

une

idée de

couleur,

d)

amadl, voir supra p.

112 note

3.
alleg,

aneg,

Temsaman;
A. Attab.

anlug,

A.

Ouirra;

anneg,

Zouaoua; illeg, Ichqern;
sud

B.

Snous;
2.

aleg,

L'expression

est particulière aux parlers

du

;

une te

dent

»

se

dit

aohs,

Tlit;
en

iawohs, A. Ahmet. Sans
dialectes du
général
»

doute,

forme

apocopée
te

des

suivantes crui appartiennent aux

nord et

du

centre :

ligemst, Rif

molaire »

; tigemst

pi.

tigmas

te

dent

A. Warain, A.
parlers

igmes, Zkara. Les
« molaire »

Seghr., Izayan, Ichqern, Zemmour; tugemsl. Ait Atta; sahariens utilisent une forme isin, Ahaggar, Ghat ; asin
convient

Ghdamès,
racine

à laquelle il

de

rattacher

tislit, est,

pi.

tisn'atin

tt

canint

» et

A. Ahmet. Malgré
appartient

sa ressemblance avec

l'arabe

sinn,

le
».

mot

sans

doute,

berbère

à la

qui a

fourni
ailleurs,

asennan tt on

épine

3. De

gubi u

mordre

trouve des
uger
«

dérivés d'une

racine

GL

:

uugel,
»

Zemmour;
Ouirra.
4. Litt.
te

lugell

incisive

A.

Ndir;
pi.

canine »

Rif;

tujelt

te canine

A.

les

meules »

; tisiiert

tisiarr, A.

Warain,

même sens. permute parfois avec

5. Dénomination
amezzug,

commune

à la

plupart

des parlers; le g
même

g

:

Izayan, Ichqern, Amanouz, Tazer., Ihahan.
à
un sing.

A.
Les

Warain,
pluriels

A.

Ouirra, Rif;

forme dans le
imzggân
.

sud:

Tlit,

diffèrent: imzgan,

Tlit;

Tazer.,

corresp.

amzug ; imzza,j. Tindouft; imzag, A. Ahmet; imzzâ- A. Ouirra, avec un g très affaibli ; imjan et im^jjan dans les parlers centraux, Rif, A. Warain, Zemmour etc., forme qui s'explique par l'affaiblissement du g en j et l'assimilation du z au j. Un singulier présentant les mêmes modifications phonétiques est sporadiquement
signalé:

[imejjei, B.

Iznacen;

timejjil

Aurès;

lemeddjit, Dj. Nefousa.

LE
amgerd1

CORPS

HUMAIN

nB

yimgrâd,

cou.

tazlaft n-tadaut,

le bas du dos.

tabelhuâht,

pomme

d'Adam.

imeslan,

les fesses.

tahaddjamty nuque. tadaut2, dos.
izdi n-tadaut, épine dorsale.

idmarèri^y la poitrine. iff9 iffan'*, sein, mamelle.
tibbist, tibissin,
sein,
mamelle.

i.

Une forme

simple agerd est signalée

chez

les À.

Ouirra,

les A. Atta

et au

amgerd, aune aire

d'emploi

plus

étendue:

Tlit, Amanouz,
dans
l'

O.

Noun,
en

A.

Dads; Baâmran,
avec

Sous,
rivés

etc.; tamgert,
«

Ichqern,
défilé

Zemmour. L'expression

est usitée

toponymie

l'acception de

col,

» particulièrement

Anti-Atlas. D'autres termes, dé
in,
Iri

de

racines

différentes,
plutôt

s'appliquent

également

au « cou » :

Rif,

A.

Warain;

ceux ci entendent par ce mot «

la

partie antérieure

du

cou

»

et

tamgert
«

qu'ils utilisent

aussi, se rapporte
connu a
«

à la

et

partie

postérieure, à la
et chez

nuque ».

cou » est encore

Ghat; Ouargla,
autre

dans FAurès

les Ahaggar. En

Zouaoua,
n

il

signifie
p.

épaule, dos, bord,
Une
série

rebord, crête; responsabilité, conscience,

etc.
:

Boulifa,
cou

46o Dj.

d'expressions dérive de la

racine

KRM

tukrimt
gorge

Nefousa;
dos
»

takùrumi,
«

Ghdamès;
»,
mais

tayrumt,
pi.

Metmata;
et ayarmin

tasrunt
«

Temsaman;
du
s,

takrumt, Aurès

cou

le

iikermin désigne

toute

la

partie supérieure

ce qui explique pour

les formes likarmin
«

usuelles,

dans
à
un

q.q.

dialectes
akram,

rifains,
tombé

nommer

le dos
ces

».

Ces

pluriels

correspondent

singulier

en

désuétude dans
«

parlers,

mais

très

courant

dans les dialectes

chleuhs avec

le

sens

de

dos

».

2.

Également

connu

des A.
;

Attab,

A.

Atta,

A.

A.
et

Ouirra, Ichqern. twoyè, Zemmour;
pluriels

Syn.

akrum, voir supra p.

Khebbach, Tamegrout, Tlit; tadaut, n5 n. i tiwâ, A. Warain; tuyâ

tiua, B.

Iznacen, Zkara, B. Snous. Ces
être tait
«

formes

revêtent

l'aspect

de

; la forme

primitive est peut

épaule

»

Zouaoua

ou

tayyut

<c

bosse

»

Ntifa

acarur,

Zouaoua;
sonore
c

acrur,

Rif;

expression guère

berbère dans laquelle l'introduction
à
aruri «

de la laryngale

ne s'explique

;

elle correspond

dos

»

Touareg,
Zouaoua,
où une

Ghat;
te

cette

dernière forme
»

existe

chez

les Zemmour dans l'expression
amerdi,

aruru n-uyâ

le bas du dos
qui «,

imerzi, B. Salah, B. Menacer;

Zenaga

azagur,

terme

chez

les

Ntifa,

le

sens

de

« chevelure ». chez
«

3. Coll. forme
asbu

pi.

;

commun

à tous les

parlers, sauf peut-être
admer

les A.
du

Ouirra,
«

lui

est substituée.
chez

Le

sing.

désigne le

poitrail

cheval »

Ntifa.

l\. Courant
A. Baâmran ;

les

Zemmour, Izayan, Ichqern,
groupe

A. Atta, disjoint

Tlit; iaujf
parfois:
permutation

un sein

ujf,

Amanouz. Le
pi.

géminé

se

ifèf,

pi.

ifëfun

B.

Snous, Touareg;
»:

ifaffen, Ghat;
suivantes

afafen.

Ghdamès. La
plus

de /avec b
«

explique peut-être

les formes

s'appliquant

particulièrement

au sein

de la femme
doute
« sein

tibbit, Touggana ;
allonge ces
»

abbui, pi.

ibbuin, A.
abbis,

diminutif,
do Gllette

dénominations:
tabbust.

Oulli; un suffixe Temsaman; tibbist, Ntifa;
des
suivantes:

Bou

s,

sans

tabusst
elles-

A.

Ouirra;

Tlit;

tabbust, Zouaoua. Ces expressions,

mêmes,

ne sont peut-être que

des formes

apocopées

bubba,

pi.

id-bubba,

Achtouken;
pi.

ibibbi

n-tmettut,

ibubbatèn,

Amanouz;

abebbus,

A. Messad ; tabubbut, pi. tibubbutin, Zemmour; tabubbat, Chenoua; bibbis, Dj. Nefousa; tbubbes't, A. Warain;
mots,

tbebbis, B. Iznacen. Il

est possible que ces

faisant,

à

l'origine, partie

du

vocabu-

I I

6
côte.

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

igezdis,
adis',

timit1, le

nombril.

ventre.

ibinid, tibinil, le
dans le langage
ordinaire pour

nombril.

laire

enfantin,

aient prévalu

désigner le

sein

de la de

mère.

Par ailleurs, des formes analogues, également apparaissent, ça et là, pour nommer tt la verge

spéciales au » :
te

vocabulaire

l'enfant,

Ahmet;
i.

abubba, adis,
avec

Ntifa

et

dim. labubbut

;

habebbust

bubba, Ida Oukensous ; bubbu, A. Chenoua ».

Cf.

A.
un

Ndir,

rencontre

sans

Zemmour ; ladist, A. Warain, A. Ouirra. L'expression se que l'on puisse expliquer sa présence : acâddis, Ichqern,

Zemmour;
une

acddis,

Rif;

a'addis,

B. Iznacen, B. Sribus. Les

parlers chleuhs utilisent

forme ahlig qui est arabe: Tazer., Illaln, Achtouken, Amanouz, Ida Oukensous. Syn.: tacabut. A. Warain; tcfabàt mezzin tt le bas-ventre » A. Bou Oulli; dans les
marocains, l'expression
paraît plutôt s'appliquer au tt nombril
» :

parlers

tafabùt. A.

Ndir, Zemmour; tabutut, Touareg;
sens

labut, A.
abud,

Atta, Amanouz, Achtouken, A. Baâmran, A. Ahmet;
a pris chez
.

Ida Oukensous. Cette dernière forme
renuée

les Ntifa le

de

tt

ventre,

partie

d'une

marmite

»

et par extension
c

te

fond de tout
abud,

récipient ».

On

remarquera

également la

présence

d'un

dans

certains

dérivés de
en

contrairement aux

lois

régulières

de transformations langues dites

phonétiques

établies

berbère ;

la

laryngale,

caractéristique

du

consonantisme

des langues sémitiques,

est primitive

ment

étrangère, comme l'on

sait,

aux

chamitiques auxquelles se

rattache,

lo berbère.
En

Touareg,
ce

le

et ventre » est appelé

tesa

et

tahsa,
»

en

Zenaga;
nom

c'est

là,

partout ail

leurs,

l'habituelle dénomination

réservée au te

foie

; le

d'un

organe a

été

appli

que, dans

foie est,
nion

chez

cas, à la partie du corps qui le contient. Cela s'explique du fait que le les Berbères, le siège des sentiments affectifs. Ceci s'accorde avec l'opi

des

anciens qui plaçaient

le

siège

de l'amour dans le
aimer.

expression

latine

te

eogil amure gecur »

le foie fait

En

foie, d'où est venue cette berbère, une mère appelle

son enfant: a-lasa-nu

dur
ou

! ô mon foie ! ; d'un homme courageux, on dit qu'il a tt le foie iqqor lasa-ns ; d'un poltron, qu'il tt n'a pas de foie » ur-isac-ara tasa, Zouaoua ; que son tt foie tourne en eau » tga tasa-ns aman. D'une façon générale, le mot tra
» t

duit

cœur

en

français. C'est

ce sens

qu'il

faut lui donner dans les beaux, -vers

suivants :

Tasa

n-ian

ig

terreza,

mas ratlham,
awal-ns?

Amr laissa

n-uhabib

neg

Tasa ur-ilin madd ukan sawaln luf-asnil azaaig neg aok emlnulen! Par ailleurs, lo
ou ausa, on

Celui qui a le tt cœur » brisé, qui le guérira, Sinon Je sourire de l'ami ou sa parole? Le tt cœur » qui n'a pas à qui parler, Mieux pour lui l'exil ou même la mortl
Justinard
te

Manuel do berbère
ou

marocain

»,

p.

72.

mot te
se

foie

»

que

traduit tasa

Isa. dans la

plupart

des

dialectes,
avec un

Touareg,

rotrouie,
un

en

Zenaga,
tt

sous sa

forme

primitive
»

tàhsa.

A qui
sans

s'est maintenu

dans dans

dérivé êhs foie
».

aimer,

désirer, vouloir
entre autros
ee

et, étymologiquement

doute

tt porter

son

L'expression,
a

particulière aux

dialectes

zénètes:

Rif,
u

B.

Iznacen, Mzab,
Mzab ; Usai

Dj.
tt

Nofousa,

fourni,
tt

dérivés intéressants:
»

ahsa

volonté »

amour »

Dj. Nefousa ; tagausa
chose » et
tt
tt

bienfait

Zouaoua,

et par

extension ee 2.

désir,

chose

désirée

» puis

objet »

Ntifa.
lo d terminal
serait

Considéré

commo un

dérivé de imi

bouche

»

; dans

ce cas

LE

CORPS

HUMAIN

I I

7

tizï,

poil

du

pubis.

ah"na'",

anus.

abëllui, le abssï2, la

phallus. vulve.

igit'7', igariun,

épaule.
omoplate.

tagërûl6, tigorâd,

iglain3,

testicules.
anus.

ddau lait1, l'aisselle.

lamunnï,

un

suffixe

diminutif;

cf.

timit, B.

Iznacen,
forme

A.

Ouirra;

tjnit, A.
et

Warain;
des

timmit,

Ichqern ; timinit. A. Demnat.

Izayan,
i.

Attab;

qui explique

ibinid

tibinit

parlers

de

avec un

Atta, Dads, A. Ouirra, Ichqern, Tzayan,^A. Ndir, Zemmour, groupe géminé se disjoint: abêlul. A. Warain, forme qui explique abrur, Rif et peut-être ajlàl, B. Snous. Syn. : abessas, Dj. Nefousa, de bess te uriner, en parlant d'un enfant » abjdid. Tazer., Amanouz, de bzed te uri
Et
aussi chez

les A.

b

spirant chez

les Berabers. Lo

ner »

abaqqu, abâssâ,

Tlit

ddjil

et

laddjilt, A. Bou Oulli

asâbba,

Tazer,

et

par

métathèse

Tlit, Touggana
;
elles se

asakrar,

Achtouken
en

imgil. Tlit. Ces la
queue

expres

sions sont métaphoriques

rapportent,

général, à

tt

d'un
à

animal ».

On
du

a vu par ailleurs p. n5 n. corps.

4,

une autre série

d'appellations

relatives

cette partie

2. absis.

De bess
A.

te uriner » cf.

ibssi, Tlit, Touggana; bssi, Amanouz, A. Atta; bsi. Tazer.
A.

;

Ouirra;

abessis,

Ntifa,
en

Attab;

ahbus,

Ouargla. Syn.:

ahatsun,

Zemmour,

A. Warain

; ahstur,

Tlit.
chelha;

3. Expression
tt œuf ».

courante

dérive de la

même

racine

qui

n

donné laglait
aussi

Par le fait d'une de l'homme

association
»

d'idées facile à traduire, le

mot s'applique

aux te parties

cf.

timellalin, A.
citons:

Parmi les

autres

dénominations
sing.

Warain, B. Snous ee œufs et testicules ». iuldan, Ntifa, Tlit, A. Atta; igultan, Dads;
les Touaregs

c'est un coll. pi.
te membre

; le

uled et aalled

est signalé chez

avec

le

sens

de

viril »

iunndrën, A. Warain
dans le désigne

;

hvwunnar. A. Ouirra de
te maie

autem,
tt

terme

généralement connu ailleurs

sens
te

»

ihrâd
tt

Zouaoua, bourse » Ntifa,
de fèves

A.

Attab,

Ntifa ;

un sing.

ahrid

une

sacoche

»,

une

gousse

»

tikrarain,
pi.

» Chenoua enfin dérivés de l'arabe iuqin. iqëluan, Ntifa ; âqlai, pi. iqluin, Zemmour ; iqùllan, A. Warain. II. Partout signalé. Les Ichqern ont aussi ahozzâ ; cf. tézze en Touareg.

Touareg, à rapprocher de asakrar Ichqern, Iguerrouan, cf. uqi tt caillou

gros

membre

Achtouken

auqi,
:

5. Commun à la
rocher,

plupart

des parlers
en

chleuhs

avec, en outre,
n-igir
tt

le

sens

do

tt

épaulement,

à-pic

très

usité

toponymie:

Agadir

petite

localité berbère du

Sous,
ou

sur

le littoral

». agèrûd, pi.

6. Une forme
ligurdi

masc.

igôrâd

existe chez

les A. Atta. Le

pluriel

tigurdin
»

est usuel
tt

dans les dialectes
moi
» cf.

chleuhs pour

traduire la
p. sous
ce

préposition tt

derrière

tigurdi-nu
7.

derrière

Stumme, Tazerwalt,
«

110.

Et ddu tait. Tlit
à

;
ee

ddu tiwa, Amanouz ; litt. l'épaule
relève
».

tait

»

ce mot en

devait

primiti et

vement s'appliquer chez

».

On

retrouve,
chez

dans

sens, tait
et

Zouaoua

tait

les A. Ouirra. On
l'aisselle B.

le

contraire

les Zemmour

les A.

Warain,
apocopéc

lait désigne

Une

expression

synonyme,

dérivée d'une

autre

racine:

laddeht, B.

Iznacen,

Snous,

doit être

considérée

comme une

forme

de

Il8

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

igil1, igallen, bras.
tabu'

afus1,
adâd',

ajijt

n-ufus, le biceps.
coude.

ifassën, main. idudan, doigt.

tigommert,

timest n-ufus, poignet.

ikemz'", le pouce. imelleg5, l'index.

tidegdeq.

Touareg;
aussi «

laderduht,

Metmata;
à
»

tadjegdjigt, B. Salah. D
tt

est

à

remarquer que

taddahl, à l'instar de tait,
I.

se rapporte

l'épaule

» chez

les A. Temsaman.
est
te

Et
»

coudée,

main

tendue

tandis

que

igil

agunâd

la coudée, poing
coude au sommet

fermé

Le terme
agil,

désigne,
chez

chez

los Ntifa, le bras

proprement

dit,

du

de

l'épaule;
» chez

les B.
et

bras
en

les A. Ouirra

à

Iznacen, a une signification analogue; igil est v. l'avantTlit; gil A. Warain et agir, Rif désignent le membre
Un fém.
du
ligilt
est signalé en

entier, de l'épaule à

la

main.

Zouaoua

avec

le
»

sens

de
pi.

tt petite

crête,
avec

et

de

rue principale

village

bâti

au

sommet

d'élévations

Un

igallen,
j..

le

redoublement

de la

consonne

terminale,

est généralement constaté.

u

Commun à tous les parlers, y compris les Touaregs; le terme apparaît a^cc un à l'initiale: ufes, Dj. Nefousa; dans les parlers zénètes, la vovelle initiale du nom
tombe
généralement:

singulier
a pris

fus,

pi.

ifassen, A. Warain, Rif. Par
manivelle » et au

extension afus
k

divers

sens tt

bras,

poignée, manche, anse,

figuré

protection,
clan » et

autorité, pouvoir,
mot correspond
ration en usage supposer que

force

».

Dans le

Sous,

on

lui

connaît encore celui

de

tt

le

à ihs
chez

rif des Berabers. afus désigne le les Berbères Ibadites du Dj. Nefousa
et r numération

nombre
ot

5 dans la

numé

l'ancienne

berbère était à base

quinaire.

do Djerba ; ce qui fait La main par excel
A.

lence étant la
tt

droite,
droite

c'est
» :

à l'aide de dérivés de

afus que

les Berbères désignent le

côté

droit, la

afasi,

Ntifa;
étant

afusi,

Temsaman,
le
tt

aifus,

Rif;
la

aifas,

Ouirra;
par agil

f-ifuis
tt

à droite

A. Bou Oulli. Les Touaregs
en effet

rendent
».

même

idée

bras », le bras

par excellence

droit

3. L'aire d'emploi de
ral, l'emphase
est parfois peu

ce mot s'étend

à la

presque

généralité

des

parlers.

En

géné

s'étend aux

deux lettres
mais

radicales

âdàd.
d:

Tazer., Tlit,
sa sonorité

perceptible,
consonne

la

voyelle

conserve

A. Warain ; elle particulière de eî :
et

âdàd, Ntifa. La
d initial
avec

terminale

permute avec

âdid, A. Warain, A. Ndir
initiale
;
on peut

le

t:

âtâd
L.pi.

chez

les

Zemmour;
est

la

voyelle relevé

tomber:

dâd. B.

Iznacen,

Zkara.

idûclân

fréquemment

constate parfois chez cer

tains Zommoris

une

forme idubdân dans laquelle, lo
utilisent une une

son a s'est
pi.

labialisé
itukod

en un

b

spirant.

Les Berbères du Dj. Nefousa
adahai en

forme tukod TICD K
ou

correspondant son u

à

Zenaga,

ce

cpii

suppose

ratine

DKD. Le

du

pluriel

idudan y
a

est sans

doute

un souvenir

de la

palatale

existant

dans la forme libyenne. Il
apocopées

lieu do

considérer

âdàd

et ses variantes comme

des formes

de

lukod.

I\. Cf.
nouz;

iy me-,

grnej,

Imi n-Tagant; kemez, Touggana; ï/emez, \. Izaffen d'où agmah. Touareg où le h prend

Zemmour;

gmt'Z,

Ama

généralement

la

place

du

Ouirra; imez, A. Warain, B. Iznacen. 5. inrlleg. A. Ouirra; mullrg. A. Ahmel ; mallag Tazcrw. ; par Stummc, Handbuch, p. 207, à m"( montrer, indiquer ».
tt

ismez, A.

mrlhth.

Tlit. Rapporté
sem

Celle étymologie
./

ble

contestable

;

elle n'explique pas on

tout
».

cas

la

présence

du

il

est plus vraisem

blable

d'y

toir un

dérivé do

lleg

et

lécher

LE

CORPS

HUMAIN

I I

Q

agëllid1, le

majeur. petit

lag"ma'.

cuisse.

tililel2, tililâd, le

doigt.

amsât,
afud,

id.
genou.

isker*,

askarën,

ongle.

ifaddën,

Imfasel1',

phalange. paume

lakesrirt,
main.
aganim

rotule.

tidikelth, la

de la
aine.

n-udar, le tibia. n-udar, le
mollet.

auelsis6, ganglion,

labâajijl"

i.

Litt.

»

le

roi

».

Autres

appellations:

dâd

uuammas, mot

à

mot:

te

le doigt du

milieu »

B.

Snous,

correspondant

à: âdàd

anammas,

A.

Ndir;

âtâcl

waremmas,

Zem A.

mour; âdàd n-luzzûmt,

Tlit, Tazer.

ilgi, A. Warain
composée

magurlen,

Tlit

ahuad.

B. Oulli ; mais l'expression est triviale. 2. Forme assez énigmatique paraissant inconnu
et

d'un

préfixe

il

ou

al,

au

sens

de dâd,

mis pour adad te

doigt

» :

tablât

pi.

tald.dd.in. Tlit ; taliddt, A. Ouirra

et par assimilation petit

du d

au

doigt

»

est

encore

désigné

/: tililet A. Ndir ; tiletlet, Metmata ; hilettet, Chenoua. Le par un diminutif de adad : tadâtt, Tazer. ; Ifulât,
dàd lamzzanl, A.
sud.

Â,

Ahmet;
3. Forme

tàtàt tamezgan,
commune aux si:

Zemmour;
pi.

dialectes du
assarr,

tiquo SK devient
m> rr;
ont une
un pi.

isser.

Warain; tadadest, Zouaoua. Berabers, le groupe Zemmour, A. Ndir, Ichqern, Izayan pour
Chez les
consonan-

issarën
pi.

est signalé chez

les Rifains
b

et

les B. Iznacen. Les A. Warain

forme basser

ibussdr

avec un

adventice

inexplicable,

l\. Emprunté à

l'arabe;
pi.

expressions

berbères: tauheml,
taqâsift, Imi

Tlit;

taugeml, A.

A. Ahmet

tagonfift

tigonfaf,

Amanouz;
du
sud.

n-tagant

laduft,

Attab, Ghat,

sans rapport avec

les

précédents. parlers

5. Même forme dans les les Berabers: idï/el,
tamëddjill
corrosp.

À

signaler

une

forme

masculine chez

Zemmour, Izayan; idisel,

A. Warain

et

aussi,

chez ces

derniers:

à timetselt, Aurès.

as n-tgma, A. B. Tlit; iwuls. plur. iursisèn ; iulesses, Chenoua semgur, Ichqern, Zemmour. Amanouz, Achtouken 7. Et aussi, chez les A. B. Oulli, Tlit, O. Noun, etc.; cf. tagma en Touareg Syn. ■ cuisse lamssât, Zemmour, A. Warain, de l'arabe msata tt os coxal, hanche » tazu/l, pi. Ii:u-/a tt cuisse » A, Ndir, Izayan, Zemmour, Ichqern; lizusa,

6. Cf. luelsis.

Oulli

aulaln,

:

fesse A. Ouirra ; A. Mjild ; lazusi, pi. Uzusa Mohammed, Dads, Los Touaregs utilisent une forme
se
ee

tazuit
agczzuk

fesse
11 os

et

hanche

A.
». qui

de la hanche

décompose

agez pour

iges

te

os »

et zuk

tt

fesse
à
un

».

Les A. Warain désignent les
iumes
tt

fesses

»

par un pi.

iiumsan

qui correspond cuisse

sing.

hanche
hanche

»
»

Temsaman
est encore

et agmes tt partie
appelée

inférieure de la

Ibeqq. Rif

La

j

lazqâmul,

Tlit;

a/ermin.

terme déjà vu,

Ichqern, Izayan,
— —

Zemmour.

8. tabujjut

n-udar,

A. B. Oulli

askûtèm,

Tlit

tisuit. Zemmour

lagâlit,

pi.

ilh udar. Zemmour; ileg, pi. tigâlidin, Achtouken, Amanouz, O. Noun, Tindouft ilgan, A. Warain, Ichqern, Izayan ; ileg. en Touareg désigne la « jambe du genou à la cheville » ; même sons chez les À. Ndir. Chez les Ntifa, ileg est une tt branche
maîtresse

d'un

arbre

»; illeg,

pi.

ilgan,

en

Zouaoua,

se rapporte une

à la

tt

tige des

céréa

les

».

Appliqué à la

jambe, ileg

semblerait exprimer
populaire.

idée

analogue

à

celle

de

notre mot tt quille »

dans le langage

120

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

lawolzit1,

cheville.

aurz-, awurz, le

talon.
orteil.

tifdent', tifëdnin,

izi, le fiel, la vésicule biliaire. asrem$, iserman, intestins. inirfed, la rate.
tigzelt, tigzâl, rein, tanbullb, la vessie.
rognon.

i-ën, pied. àqerjùd, gorge.
adar,

turin,
ull,

coll.

pi.,

les

poumons.

le

cœur.

îlëm', la peau. iges, igsan, os.
adif%, la
moelle.

tasa'', le foie.

i.

lauljit, A. Isaffen

taujrarl,

pi.

tiujrar, Amanouz

Uko'it,

pi.

tikoca.

Zem

mour,
a.

ichqern, Izayan; takocit, A. Warain. aurz, Tlit, Tazerw. ; agurz. Zouaoua
arain

inirez.

pi.

inirzaun.

Ichqern, Zemmour;

inirz, A. Y\
ifenza

;

inerz, B. Iznacen.
tafèden,

3. tafdenl.
pi.

Rif;

est courant en chelha

Izayan, Ichqern, Zemmour, par ni > n. Un syn. ifenzi. ; le mot, en Ntifi, désigne plus particulièrement le tt sabot
ces expressions et se servent

des

ovins »

; les Touaregs ignorent
pi.

sous

la forme tinsil,

tinsa.

se

rapporte,

en

chelha,

au

tt

pied

d'un terme tinsi qui, de toute bête de

somme ».

4. Voir supra, p. 5. Un pi. izerman
walt,

116 note i. existe

à Tlit. Autre forme:

addn, collcct. pi.

n

intestins
tt

»

Tazer

Noun; i ventre » Ouargla; adan tt boyaux » Rif; panse des rumi nants, et aussi, les intestins, le cœur, les poumons et le foie » B. Iznacen, B. Snous. Destaing, p. 178. En Touareg, adan est un sing. dérivé de iden « être graisseux » d'où Tlit,
tadunl
te

O.

graisse »

dans la

généralité
pi.

des

parlers.

Dans les dialectes du sud, il

est

fait Iwu

usage ee

d'un terme iliwi,
relâché,

ilawan,
»

rapporté par

Stumme, Handbuch.
A. B. Oulli
— —

p.

189 à
te

être
»

devenir lâche

asraul tt
»

boyau

»

timtëttài

gros
.,

intestin B,
tt

A.

Ahmet;
ee

timtuatanin

ee

tripes

A. Warain
cf. ee

amberra ee gros
»

intestin

Snous;
graisse

ilbuberra

boyaux
»

»

A.

Warain,

iberra

te

crottes

Ichqern

aselso

des intestins

A. W arain

talfast

la

voilette »

A. Ahmet.
tigimit
n-ù'avùd
ee

6.
du

tanëbult A.

ventre »

A.

Warain; tabuwalt, Tlit; tabuall, Ichqern; B. Oulli; aseias. Touareg.
courante en

l'outre

7.

Expression

tachelhail
g:

et en

Touareg. La
; ailim,

voyelle

i

se consonantise par

l'intermédiaire d'un i

et

d'un

ailim.

B. Iznacen

B. Menacer:
A.

agelim,

Izayan,
aduf,

Zemmour,
8. Cf.

d'où

adjlim.

Metmata.
etc. ;

adif.

Ait

Atta, Tazer., Tlit,

ndi/Izayan,

Zemmour,

Warain;

Rif,

B. Snous ; être doux

aduf,
»

Chenoua. Sans doute dérivés de la

même racine qui a

fourni,

adfu tt comme

Izayan,
à la

Zemmour, mais dont le sens, à l'origine, a pu être celui de « cire do la moelle; moelleux d'où tjdfi. A. Ndir; tàtjl, Ntifa. Lo forme adful. V Warain est dériver de la précédente augmentée d'un sullixc / marquant l'idée
..
.

de dovenir. Cetto étymologio
même racine
».

admise, on

peut,

avec assez
tt

de

vraisemblance, rapporter
» c.-à-d.
tt

ladufl

Zemmour,

tadûfl.

Touareg

laine

chose

douce,
traduit
encoro

Par ailleurs, on sait que te doux avec le sens de ee sucré » se dans tous lcs'parlors par un dérivé d'une formo izid. Les A. Warain appellent
moelleuse

LE

CORPS

HUMAIN

121

illehf1, le cerveau. azgur-, izguran, veine, nerf. idammën3, sang; les menstrues,
tidi1",
sueur.
salive.

ilezzdzën, bave. id. ildain",
ahlul,
morve.

ibezdàn1,

urine.

tilufâzh,
la
«

moelle »

d'un terme sussu, dont le

rapport avec

le latin

suceus tt

sève,

suc »

n'est

sans
i.

doute
alehf,
et

que

fortuit.
anellihf,
-

.Tlit;

Tindouft,
tt

que

l'on

peut

décomposer

alel

te

moolle

y>

Dj.

Nefousa
une

ihf

te

tête

litt.

la

moelle

forme

réduite

de la

précédente.

La forme alleg du Zouaoua serait Les termes.: alyuyen tt cervelle » B. Salah; alyuy,
du
crâno ». analogue; al-\-kuk expression au sens
109-111. cervelle
»

B. Messâoud

seraient, sans

doute de formation
signalée p.

peu précis et maintes

fois

La forme la
nation

plus

simple est al te

Dj. Nefousa ;

alil,

des deux

radicales

donne

alli,

A. Warain. Le
A.

mot s'allonge

Ghdamès ; la d'un n inexplicable

gémi-

:

allen,

Aurès;
parlers

allëni,

A.

Ahmet;
anïll,

airnl.

trouve à l'initiale du

mot:

A.

Atta, le r provenant Ouirra; anëlla. Amanouz.
akelkel

de l; parfois, le deux fois la forme

n se

Los
cale

touaregs font

usage

d'un terme

renfermant

radi

l; mais,
Et

rien ne prouve que conviendrait racine

l'on doive le

considérer comme une

primitive

à laquelle il
3.

de

rapporter alel ot ses variantes. arbre
*,.

aussi

d'un

Izayan, Ichqern;
3. Coll.
ou pi.

azor, pi.

izugan, A. Ahmet;
des termes

Le g disparaît dans la plupart des zur, A. Warain.
exprimant

cas :

azur,

comme

la

plupart

des muscosités, des humeurs

des

sécrétions.

4. tidi, Berabers ; eded tt suer » B. Iznacen ; edded, B. Snous. 5. On peut supposer une forme simple dérivée d'une racine RF:
chat

kufu

te cra

liiujfa,

écume
p.

Chenoua; Bcttiwa; B. Snous; liujf"a, B. Iznacen; ifufa tt écume » A. Ndir, cf. lakufi'n mousse, mousser voir supra Zouaoua, de kufel Touareg; likufia tt mousse
ïfiifa
1

salivo

li/uffa, B.

Menacer; iyjifja. Scntifa ;
,1

80

n.

3.

KFS

skufes te cracher »

Dj, Nefousa disparu:
sufas,

et

ikufesan
tt

tt salivo »
»

; iikufas

même est

sens, Ouargla.

FS, la
salive
"

palatale

sufs

cracher

Ntifa,
par

lo

s

initial

factitif;
te

lisufas

B.

Salah;

Ghdamès.

SF

métathèse :

sas/

cracher »
alfàz

Rif; tisusaf
bave
»

tique:

A. B.

A. Warain ; ilefzân, Ida
A.

5° Zouaoua ; susfan. LFZ, le l est énigmaOulli; lïlfàz, salive » A. B. Oulli, A. Atta; tiluffâz, Oukensous, Amanouz ; tifulâz. par métathèse du l et du /,
salive »
.Vurès.

tt

Ouirra,
».

Zemmour. Les Touaregs

ont
»

une

forme sutef

tt

cracher
enfantin

d'où

tisulaf
:

tt salivo

Il

existe un

v.

tfu

« cracher

dans le

vocabulaire

de Tlit. Syn.

imetmt, A.
6. Coll.
k saliver ».

Warain,

A.

Ndir; imetman, Tlit,

Amanouz

imermurën, A. Ahmet

tanhiml, A. Attab
pi.
cf.

ihahin, Tlit. illain, A. Warain; ileddain, A. Ndir; iliddaien,
Un
sing.
abzit

Touareg

de luddei

7.

De bezd

« uriner ».

est signalé chez

les A. Atta. C'est

générale

ment un pi.

que

l'on trouve: ibzdân.

Tazr.,
bess"

A. B.
«

Oulli, Tlit, Amanouz,

etc.; ibe-

zîdën,

Zemmour ; ibessan, A. Ndir de ibessisën, A. Warain. Voir supra p. 117

uriner »

Chenoua ; ibsisen. B. Snous ;

n.

..

122

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

ihan',
ssuha1,

excréments.

ifurîsën,
lirti,
takufil3,

crasse

des

pieds.

arsed, le

pus.

chassie.

sperme.

pet.

irkan,

crasse

du

corps.

alzâ'',

rot.

Verbes.

bedd-tbedda,
gaur-tgawar,

se

tenir

debout.
rester.

azzel-lazzàl, mdù-mllù,

courir.

qim-tqima, s'asseoir,

sauter.

id.

nler-tnlàr, bondir.
ssed-tssed,
glisser.
mettre

sgummer,
skuttem,
nuddem, gen-gan,

s'accroupir.

id.
avoir sommeil.

akul-takul,
swer-swar,

le

pied sur.

dormir.
quelqu'un pour

stef-tslef, battre

des

pieds.

g"'i,

pousser

le

slef-sluf caresser,
sur.

passer

la main

réveiller.

akmï, sak'"î,

se

réveiller.

zzel, allonger, tendre
pied).

(main

ou

réveiller. s'étirer.

mizd-mizid, nker,
se se

gred-tgrad, être étendu à
sgel-s

terre.

lever.
baisser.
remuer.

g al,

mesurer. enjamber.

knu,

surëf-suruf, sïlf-sillif,

smas-smussu,

faire

signe

avec

le

ddu-tudu,
nzeg,
asi

aller.
marcher.

bras,
id.

un vêtement.

sudu-sudau,

sterfes, tâtonner. shunfes, tâter, fouiller.

s-tiwù,

marcher

à cloche-pied

.

s

fuites,
(s),

id.
toucher.

zaid-tzayad, griul-tgriwil,

avancer.

gger

se retourner.

hir-hirri, harru-d,

reculer.

se

hâter.

bbi, pincer. hobbes, égratigner. kumez-kummez, gratter.

i

,

Coll.

pi.

partout signalé
souillure »

autre

terme: ullus,
mus tt

Tazer.,

correspondant sans »

doute

à

ammus tt

saleté,

Zouaoua;

faire

ses

besoins

Tlit.

2.

ahu,

Amanouz,

A. B.

Oulli, Tlit

ihubban, A. Warain

ibulûgën, Zemmour;

ibergoin

et aman uriliz,

A. Ouirra.
akfif,

3. la/Jil,K.

Warain;

Rif;

takussil, Â.

Ahmet;

akozzi,

Tlit;

laqozzit

A.

Ahmet;
4-

tazerrit, A. Warain.

anfagmi.

A. B. Oulli. tafesscrl, Touareg.

LE

CORPS

HUMAIN

:a3

sker

herr,

chatouiller. respirer.

fezz, tfzàz,
sëlqï, slem-slum,

mâcher.

sunfes-sunfus,
qojj-tqojjo,

avaler. avaler quelque chose

étrangler, étouffer.
souffler.

ksil, haleter,
nhej-nhaj, skinfer,

de

sec.

id.

suff-sufuf, gonfler, bouder. mesmes-tmesmàs,

soupirer. se plaindre.

faire

claquer

smummï, gémir, saul-sawal,

la langue.
sella,
entendre. entendre.

parler.

hliti, bergom,
shïrri,

chuchoter.
marmotter.

sfeld-sflid,
shessu,

épier,

écouter.

grommeler.

kdù-kllù,
user,
lul-ii
se

sentir,

flairer.

sguy-sguyu, crier, hurler.

moucher.

sinseg-sinsig,

siffler.

fess-fssa,

se

taire.

tumz-ii

linzi, j'éternue. tiqs, j'ai le hoquet.
regarder.

sufs-sufus,

cracher.

sâqel-sàqul,

skejj-skijji,
shuri,

grincer

des dents.

zer-izar-zerra,
sksiu

voir.

ronfler.

(rare)

id. id. id.
un

f'ug, bailler.
Isa,
rire.

nnay
mnad-tmnad,
embrasser.

sudem-sudum,
smejger,
gestes

aogg-taogg"'a, jeter
sur;
apparaître

grimacer,

imiter les

au

coup d'oeil loin.
de l'œil.

de

quelqu'un.

Sinez-tsmaz, > t? è?

cligner
o

summ-sumum,

sucer.

alla,
ger

pleurer.

lleg-tlleg, lécher.
mdi-mlli,
gubî, gez,
goûter. mordre.

aman,

uriner.

bze/l,
mas-lmassa,

id. faire
ses

besoins.

igzàz,

ronger.

zeggeg,

péter.

LES VETEMENTS

Il

règne

une

grande

confusion

dans la terminologie berbère

relative aux vêtements.
appliquait

A

côté

à des

parties existent

de représentants, que l'ancien berbère du vêtement dont l'usage a disparu de
appellations arabes

puis

longtemps,
même,
se

des

locales, fort
plus

nombreuses,

et

des

expressions

parfois

étrangères, des vêtements d'origine
en

le

souvent,

désignant,
du
en

africaine.

Le

problème

vêtement

complique

conséquence

;

la

linguistique,

tout

12

k
ne peut

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

cas,

fournir

sur

la

question

que
»

des données insuffisantes.
verbe « se vêtir » aux

Le
que

terme

générique

du

« vêtement

dérive du

les Berbères
des
et

traduisent
ou

par

ëls,

particulier

dialectes

chleuhs et

berabers,
du
;

irecl,

spécial au groupe zénète. ceux-ci

dérivent

termes

comme

:

timelsa,

Du premier, Ntifa ; aselsu,
airid,

Touareg, irâd, Ouargla
Les
principales:

second, arùd,

Rif;
plus

arud,

Aurès;
;

Mzab;
les

iruàt,

Dj. Nefousa.
sont

appellations

locales

variées

citons

parmi

les loques, les iketlan, pi. de iktel, Ntifa; litt. chiffons » iberdan, pi. de aberdi, Sous, Tlit, même sens que le précédent. ihaurin, Ntifa, correspondant à ihauliien, B. Izna cen, B. Snous, de l'arabe hauli « s'orte de haïk » ihorlan, pi. de ihorti, A. Bou Oulli i'ban, A. Ndir, pi. iblân, Zemmour
— — — — —

de

a'âban

o

haïk
poil

»

qu'il

faut

rapporter

à l'arabe "abâ
en usage

«

manteau
pays

grossier
Moab'

en

de le

chèvre

ou

de laine

dans le

de

».

Cette forme
avec

explique sans

en

Kabylie,

sens

de

«

doute l'énigmatique talaba, vêtements de laine
De Motylinski
sens

usiU

D'autres termes,
sont plus

se rapportant

à des vêtements de forme spéciale,
signale

curieux

à

relever.

à Ghdamès

2

adafas,
tombé
1

« vêtement ». Le terme,, des parlers, a survécu au Maroc où, sous les formes adfas, Iguerrouan, A. Mjild, A. Sadden et tàtfast, Zemmour, il désigne plus particulièrement une a lon gue blouse ou sorte de chemise qui se porte sur la peau L'ex

pi.

dafasen dans le

de

en

désuétude dans la

plupart

».

pression

dérive

vraisemblablement
»

d

un verbe

dfes

« plier »

Izayan,

d'où

anefedes u pli
permet

Zouaoua

et sennolfes « enrouler »

Ntifa. Cette

étymologie
gine, à
autour

de

supposer que ce vêtement se c'est-à-dire

portait, à l'ori
plié

la façon du

haïk,

simplement enroulé ou

du

corps.
*

De Minutoli

rapporte

un

terme akber,

pi. «

kebrauen,
».

connu mot

dans le dialecte de Syoua
signalé en

avec

le

sens

de

habit

Le

est

d'autres régions, mais son aire d'emploi est singulière ment discontinue : tekebert, Aoudjila ; takbert, Ouargla ; takbirl, A. Bou Zemmour; liybert, Zemmour ; isber, A. Warain, A. Seghrou

i.

P. A.

2.

De

3. R.

Jaussen, Coutumes dos Arabes au pays de Moab. », p. 32, Motylinski, tt Le dialecte berbère de Ghdamès », p. 125. Basset, tt Le dialecte de Syouah », p. q5.
tt

note

3.

LE

CORPS

HUMAIN

120

chen.

Dans les

parlers ».

maghribins, l'expression
n'est pas

désigne
ne

une « sorte

de longue blouse à l'arabe. Ainsi,
mariage,
un «

Il

douteux

qu'elle

soit empruntée son

au pays

de Moab, le fiancé

revêt,
soie

à l'occasion de
»

vêtement

long

et ample en une

du

nom

de:

elki-

ber

'

Le

mot,
a

passé

en

berbère à

époque

probablement

fort

éloignée,

reçu un

traitement
pas son

svntaxique approprié

et,

au

premier

examen, il

ne

trahit

origine

étrangère.
par

Signalons

aussi

le

terme

layëbbùl,

lequel les A.
«

Warain,
»,

A. Seghrouchen
cette

et

Zemmour désignent leur

jellaba de laine
et
munie

blouse

ample,

à

manches comme

courtes

et

larges

d'un du

capuchon,

qui

constitue,

l'on

sait,

le
à

vêtement national

Marocain. A
européen

Tanger2,
Dozv4

këbbol à

s'applique un
«

tout
court

vieux

paletot

et, à Tlemcen ',

pardessus

à

manches et

capuchon ».

y

voit

le

mot espagnol

capote,

qui a passé

dans

le dialecte des Arabes d'Espagne
a

puis

des Magrebins. L'emprunt
à
notre arrivée.
expressions ne

donc été fait à
Il
est

une

époque

antérieure

remarquable

qu'aucune

de
en

ces

signifie

»

tissu
hak%

» comme par exemple
«

haïk,

arabe,

que

l'on

a pu rapporter
que

à

tisser
se

».

On

peut

cependant eux

admettre,

à priori,

les de

Berbères

soient

servis,
pour

aussi,

des dérivés d'un
vêtement.

verbe

signification

analogue

désigner leur
mot

l'extraordinaire fortune du
de la
plupart qu'il

haïk,

qui ne

Par ailleurs, figure dans le vocabulaire
pas par

des dialectes

berbères,

s'expliquerait-elle

le fait
que

s est assez

tôt appliqué au mode

de

vêtement

indigène
berbère
tisser
».

portaient

déjà les Africains à l'arrivée des
ainsi,
on

conquérants musul

mans.

S'il

en est

doit des

relever

dans la

terminologie
zetl «

applicable aux

vêtements,
azellà

expressions
«

dérivées de
»

On

a,

en

effet,

et

lizelli

tissu

B.

Snous ;

tazeltà,
pi.

pi.

lizduin
«

« vêtement non

cousu,

pièce

tissée

Rif;

asëlâ,

islâtën

à tisser, tissu, pièce sur le métier » Ntifa. Ceux-ci appel lent taslàul, de zelt, le pan du haïk dans lequel la mère enveloppe
métier et porte pi. son

enfant.
commun

isdâdën,
P. A.

Selon toute vraisemblance, le terme a'sdâd, k un grand nombre de parlers dans le sens
p.

i.

Jaussen, loc.

cit.,

52.

Marcais, Tanger, p. 4/|U. 3. Ricard et Bel, te Le Travail de la 4. Dozy, tt Dictionnaire détaillé des 5. Dozy, Dict., p. i47.s.

laine à Tlemcen
noms

», p.

34t.
les Arabes »,
p.

de

vêtements chez

38o.

126

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

de

<

pan

ou

aile

du burnous
Une forme
effets,
'•

ou

du haïk

»

doit être

ramené

au

même

radical zetl. signifie «

asellid existe en

Zouaoua ; le

pluriel

islidën
sel
1

linge,
»

vêtements ».

L'étymologie
paraît

proposée : contes

«

bord,

côté

ou sedd

tenir

»

nous

des

plus

tables.

Les Ait Messad
six coudées
et

nomment

isdâdën les deux
que

pièces

d'étoffe

d'environ
sur

de longueur
au moyen
que

leurs femmes

assemblent

les épaules
est non

fixent

d'épingles.
c'est

Il

moins

douteux

à

cette

même

racine

qu'il

convienne

de

rattacher

tazcllat,

azellàt et

amzllàd,

expressions que

les
On

relations

des
par

explorateurs marocains nous ont rendu

familières.

entend

tazëltàt, la

protection

accordée

à

tout

individu
la
rétri

voyageant

en

territoire étranger.
par

Le
en

mot

désigne
sa

encore

bution

perçue

le

protecteur

échange de

protection.

Le

protecteur,
amzlid.

personnage

évidemment

influent,

se nomme azëttàt ou

A l'origine, il devait accompagner son protégé les à la main et le conduire sain et sauf jusqu'aux limites de son
plus

armes

terri

toire ;

tard, un de ses partisans dut le remplacer dans l'ac complissement de cette mission et, afin que l'étranger fut respecté,
porter, bien
en

il devait

évidence,

un objet

connu

de

tous comme

l 'azellàt. Or, cet objet peut avoir été un habit azëtlâ ou tazellàt, de forme ou de couleur spéciale, dont se revêtait l'étranger, à l'instar de ce costume particulier que portaient
appartenant au protecteur

les

pèlerins au

moyen

âge. Quoi

qu'il en

soit,

ces

diverses

expres

sions, étymologiquement, dérivent de « tissu ». On peut admettre que le terme tazëltàt « tissu » à l'origine, ait été appliqué, par extension, à une sorte de vêtement, et que, tombé en désuétude

dans
tirait

ce
sa

sens,

il

se

soit

maintenu

pour

désigner

une coutume

qui

raison

d'être de l'état d'insécurité du
berbère
avec sa signification

pays.

Mais,

éliminée

du

vocabulaire

première, 1

expression

est,

de

nos

de Choa, laine
zetlâl
mier

jours encore, d'un usage courant en Abyssinie. Au pavs selon Marcel Cohen", on tisse des grosses étoffes de

appelées

maq
;
au

et

le

vêtement qu'on en

fait
de

est souvent nommé
l'

ou zutlàt

contraire,

dans le
et

nord

Abyssinie, le

pre

nom

s'applique au

vêtement

le

second

à l'étoffe.

i.

Boulifa,

«

Méth. de langue
ethnographiques

kabyle,
d'

II''

An.
p.

»,

p.

373.
et

2.

Documonts

Abyssinie,

[3g, in Revue d'ethnographie

de

sociologie.

LE

CORPS

HUMAIN

ia^

Vêlements

masculins.

Le

vêtement en

habituel des Ntifa
qui se
porte sur

est

\'acaban,

autrement

dit le

haïk

laine,

la peau,

et rarement par-dessus

la

Isamir, longue d'un lacet.
On

chemise

en coton

se serrant sur

l'épaule

au moyen

entend par

a'-aban,

une

pièce

de

drap

sans

couture, longue

de dix à douze coudées, large de trois à quatre, que l'on enroule autour du corps et qui tient sans le secours d'aucune attache, cein
ture, agrafe ou Avec raison,
précéder
épingle1

on

a

pu

dire

que

le
et

port que

d'un tel
sa

vêtement a


est

l'usage des habits d'une haute

cousus

simplicité même

la

marque
te

antiquité.
»

Se draper du haïk
«

se

donné
est

au
plus

pan

extérieur

de

dit sumger, d'où le nom de tasumgert ce vêtement ». L'opération du reste
avoir ajusté

des

simples.

Après

derrière

soi

et

posé

sur

l'épaule
sous

gauche,

le

pan

interne de la
traîne

pièce

d'étoffe,

on

fait

passer

le bras droit la
en cou

partie qui
vers
en

à

terre et on

la

ramène sur
on suspend

la

poitrine

la

tirant

la

gauche.

A

ce

moment,

autour

du

la

sacoche

cuir aqrâb

Oulli; ladgurt, Imeghran; tahril, A.

59 ou Iqenaut, A. B. Messad) et le long couteau

(fig.

J
Fit;.
D7.

Ajnui
:

et son

fourreau

jua.

Fig. 58. Lkomait (poignard du Sous : komia).

à lame droite fig. 58). Ceci
1.

ajnuï

(fig.

57) (tttzzalt,

A. B. Oulli; deuxième

fait,

on

s'enveloppe une

Ikumit, Sous, fois, on rajuste le
Marrakech,
p. 2l\H et

On lira

sur

le haïk

une remarquable

étude do Doutté in

128

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

haïk derrière le

cou en

lui laissant

assez

de jeu,

on

le

ramène sous sur

le bras droit et, finalement,
l'épaule
gauche.

on rejette

la

tasumgert

wm

iiMiiiiiiiïiriniî.iiMimMiJ
Fig. 5g.

Aqrab

(Rabat, Marrakech).
Fig. 61.

Sa Fig. 60.

coche modèle

du Tafilalt.

Sacoche

rifaine.

Le de la
pas,

vêtement sacoche

est

dépourvu de poches,
est muni

ce

qui

nécessite

le

port

dont

tout

Marocain. Celui
attache ses

qui n'en possède

ce

qui

constitue

l'exception,
même

menues

pièces

de

monnaie

dans

un petit nouet

takumizt

(tayinust, Zemmour;
cou.

aimas,
autre

A.

Warain)
la

fait dans le haïk
à
; il

à hauteur du
au

D'un

côté,

tasumgert se prête
est

merveille

transport

d'objets

assez

volumineux

fréquent de des

rencontrer

le

fellah, de
ou

retour

de

son

jardin,

portant

herbes,
pan ou

grains,

gerbes

fruits,

simple

ment enveloppés

dans le

de

son

haïk ;

ce paquet porte en

berbère

le

de lukrist, ukris Le port de Va'aban ne
nom

isimmî.

nécessite pas

l'usage de la
à

ceinture

(abuks,
En

A. Messad).
cachée sous

Cependant, tous les Ntifa
leurs
vêtements,
posée

en portent une qu'ils

tiennent

même avec

contre

la

peau.

l'espèce,
nain,
un

c'est une simple corde

tressée

des fibres de
sorte,

palmier-

izîkër

quelconque. plus

Us

se ceignent

de la
de

prétendent-

ils,

pour

acquérir

de force dans l'accomplissement de leurs
protéger
certaines maladies.

travaux quotidiens, et aussi, pour se

Sans

doute, il

serait

aventureux

de

voir

dans

cette

ceinture une

LE
survivance

CORPS

HUMAIN

Î2Q
à
celui

d'un

costume

primitif,
xiv"

analogue

dont

parlent

les

navigateurs portugais
ries1

du

siècle qui abordèrent aux

Iles Cana

«

Les

insulaires, disent-ils dans leur

relation,

étaient des

hommes jeunes, sans barbe, d'une belle figure, portant aussi des tabliers faits avec une corde dont ils s'entouraient les reins et de laquelle
pendait un grand nombre

de fils de
»

palmier et

de jonc de

la longueur d'environ deux
h'acaban est, dans la

palmes.

province

de Demnat, le
manque

vêtement

du

commun,
sa

du berger, du
ait recours qui

voyageur.

Il

ne

pas

d'élégance;
nommer,

haute

antiquité n'est pas

douteuse,

quoique,

pour

le

le Berbère
leur

à des

vocables

étrangers.

Cependant, des
d'être
relevées
signale

expressions que

lui

sont

appliquées,

certaines valent

bien

étymologie demeure

mystérieuse.

Destaing
ce

chez

les Béni

Snous des

mots

comme

babus

et

ahelbus,

dernier étant le haïk
et

de laine

grossièrement

filée

que portent et

les femmes

dont l'usage
ahùsî,

va en se perdant.

Les Imeghran

les A. Messad

connaissent sous

terme également connu
ahasi

des Béni Bou Sâid du Nord
haïk fin tissé
au

la forme du

pour

désigner
et

un

Maroc. Dans le Houz de
est

Marrakech
mot

le Sous jusqu'à l'Oued Noun, il
que

fait

usage

afaggu,
ou

afawwu ou

féminin leurs
Le Quoi

le haïk

lafuwwut, les tolba et les

mais par

là,

on

entend

le haïk

notables portent par-dessus

autres vêtements. qu'il

en

soit,

le

port

de V a"aban
de

a

tendance

à disparaître.
ceci

costume

des

citadins

se répand

plus

en

plus

;

tient

à

ce

que

les

cotonnades

d'importation dans
tous

européenne et marchés

les

vêtements con

fectionnés
toute
et peu

sont vendus

les

à des

prix accessibles

à

bourse berbère.
rémunérateur ne

Puis, le
de
plus porte

tissage
en plus

d'un haïk délaissé

est un

travail

long
à

par

les femmes il
»

Lorsque le Ntifi l'ordinaire blouse
jellaba"

pas
met

d'aâban,
une

voici comment
«

se vêt

:

sur ou

le

corps

il

tsamir

chemise

ou

une

ssakit

âqsab

(àqsaft, A.
;

B.

Oulli ;

âqidur, Dads, A.

Messad; àdfas, Iguerrouan
: général.

tajellabit

tiybert, Zemmour) et par-dessus, une (tayebbùt, À. Warain). Le port du burnous est
être d'origine
au africaine. est

Le

vêtementpasse pour

Cependant,
inconnu des

le

mot

burnus,
p.

que

l'on identifie
Mémoire
;
sur

latin
»

burrus6,
et

i.

Sabin

Berthelot,

tt

les Guanches
a5i

2.

Dozy, Dict.
Laoust.

123

Marcais, Tanger,
p.

; Ricard

Bel,

p.

292.

3.

Stumme, Handbuch,

157,

selon

Vollers. 9

I
1

30

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

parlers

maghribins.

Les NtiCa l'appellent

aselham

ou

aheddun,

!

termes, par ailleurs, le nomment encore
désignent
et par

communs aux parlers arabes.
azennar

Les

montagnards

ou

a'serqi

(A. Messad). Les Berabers

ahitus',

un

burnous

en poil

de

chèvre.

Les A. Messad

les Imeghran

portent en outre

en aux

drap

de couleur,

noir
ah"

ou
ni

la larast, autre genre de burnous bleu foncé. Les Imeghran achètent
burnous
court

Ait Ouazegit leur
avec une

f ou

de laine teinte
occupant

en

noir

large

tache orange

de forme

ovale

le bas

du dos. Un
Le
i

vieux

burnous

tout rapiécé est

partout appelé aderbal.

capuchon

garni

de

son pompon

laulâl

(zoqait, A.

B.

Oulli)

se nomme

agelmus,

! musl, le
j

mot

les A. Warain ; sous la forme ligulfigure dans le vocabulaire des Touaregs et se rapporte
ailmus chez
s'enveloppent

au

voile

indigo dont ils

la

tête.

Le
tout
que

pantalon srual n'est guère connu

cavalier

qui

se

respecte en

en

; l'usage veut, toutefois, que Signalons à ce sujet revête un. un, très curieux, à

les A. Bou Oulli blanches
qui

portent aussi

larges leurs

rayures

et noires

;

ils l'appellent

tetban et ce sont

femmes
D'une
ne

le

tissent.

manière

générale,

le Chleuh
les

va

tête

nue.

L'usage du hit

lui

est pas

familier. Par dérision

même, il désigne
»

les Bédouins

d'un terme

izakarën, litt.
de la
tête. turban mais,
rrezl ou

«

cordes

à

cause

du fil

qu'ils

enroulent autour
revêtus

On

rencontre néanmoins

des individus

du

ikerzi'1

(tikerzit, A.
couleur

Bou

Oulli; derret,
originaire

Berabers);
ne-se

cet

ornement, dont la
est

blanche

trahit

jamais,
tête

toujours

enroulé

de

manière

à laisser le
crasseuse

dessus de la

à découvert. La légendaire chéchia,

et

décolorée du Kabyle du
vidus

Djurdjura,
leur
est,

lui

est

inconnue
la

;

quelques

indi

seulement recouvrent

chef

d'une longue
pays,

calotte pointue

qui

dans

ce

coiffure

du

mo-

khazni. En été, le moissonneur, le cavalier ou le voyageur se protègent des ardeurs du
soleil avec
un

chapeau

à larges

bords.

F/g. 62.

Tarazala.

Confectionné-

avec

des

fibres
à la

tressées

de

palmier-nain, il

ressemble

coiffure simi aussi chargé

laire des
..

nomades

du Sud-algérien
3oo.
raison
„.

sans

être, toutefois,
berbère

Ricard

et p.

j..

Dozy,
tt

Bel, 38o,

p.

avec

pensail

que

le

mot esl

et non

arabe; dérive

de kers

attacher,

nouer

LE

CORPS

HUMAIN

i3i

et agrémenté

de

pompons
ou

et

d'ornements de

cuir ou

de laine. On

l'appelle

tarazala

larazal

(fig. Gy.).
Il
n'est cependant

Le Berbère
pas

marche au

le

plus souvent nu-pieds.

insensible
d'un

confort

d'une bonne le
cadeau
offre

chaussure.

On

sait

qu'à

l'occasion

mariage,
que

quasi-obligatoire,
aux parents
un

tout

fiancé

de

sa

future,

consiste en

nombre

véritablement considéra

ble de

savates :

belga. Les Berbères du
ce

Chenoua'

appellent même c'esl-à-tlire
pi.

cadeau

hirkasin, La belga,

les

«

savates ».

blagi (fig.
une

63) (ssbail,
assez

Berabers)
large le
ces, sans
rouge

est

pantoufle

en cuir

souple, à semelles min talon et de couleur jaune
réservé aux

Fig. 03.

étant

femmes
aux

i,

Ibclga;

2,

serbil

et

(modèle de Rabat).

le

noir

Juifs.
néanmoins
une une chaussure course

Elle

constitue

de luxe.

S'il doit faire
revêt pi.

longue

le Chlcuh

de

préférence ses lurziin

(fig.

6/j) (dussu",
simple
se

iduska, A.
tannée
pn-tl au

Warain)
lamsill

formées d'une

melle

appliquée

contre,

la

plante

du
l'iu. 04.
'l'urzi,
sur

moyen

de lanières
se

qui s'enlre-croisent

la

cheville

et

fixent

entre

les

orteils.

Le

fellah, lui,
pellent

attache

ses

iburegsen

que

d'autres ap
; arsassen,

arkasen,

A. Bou

Oulli ;

iherkas', Infedouaq

1.

Laoust, Chenoua,
La
seiut'lli'

p.

i3:».. uùldiin.

2.

est en

alfa,

Lo

mot

correspond

à:

aduku, pi.

idukan,

murant

dans lo Sous.

3. L'/i

e^t adventice,

Une

chaussure analogue

était

on usage chez
qui:

les

montagnards

espagnols;

on

l'a|i|ielait bultin (Vocabulario Espailol
pur

Arabigo)
do

l'autour Pedro do
lcn-

Aleala
gua

traduit

abarca

do

palo.
se

Le

mot

abarcn,

dit Cobarruvias (Tresoro do la
sortes

Castollana, Madrid,
ot parco
autres
sont

il'iii)

rapporte

à deux
tic

chaussures:

les

unes sont

faites do bois

qu'ollos cuir

ont

la forme
non

bateau v plats,
on

on

les

nomme avarcas ;

los

failos do

de bœuf

tanné;
do

los

attache
»

aux pieds avec

des
par

cordes

ot
p.

au-dessous

du cuir, il y

dos

pièces

drap

(Références données

Dozy,

8i)Co
au

sont

idonlilié

mot

là, les arkasen berbères, ot on peut so demander si, le pi. abarcas bateau, ne sorait pas aulro chose que le terme borbère, d'ailleurs
los (iiianches le
connaissaient sous

très iijii-ieii, puisque

la forme

xercos.

1,^2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

A. Warain. Cette bœuf Pour A. B.
place agrus
que

chaussure

se

compose contre

d'un

morceau

de

peau

de
en

l'on

applique

le

pied,

le

poil

tourné

dehors,
pieds et

et que

l'on fixe

au moyen
»

de lanières

lasàml

pi.

tasamin.

attacher ses

iburegsen

le Chleuh
la

s'enveloppe

d'abord les

les

mollets

dans des bandes d'étoffe isermâd

(tsigertalsin,
fortement
en

Oulli)

puis applique

la

semelle

et

maintient

à l'aide de

cordelettes qu'il

passe

dans les lanières

et entre au

croise sur

les jambes. C'est

ainsi que se chaussaient

les bergers

temps

d'Homère.

Vêtements féminins. L'habillement

des

Nlifiennes

ne

diffère

pas

sensiblement
régions.

de

celui qu'on a coutume essentielle est en

de

rencontrer en

d'autres

La

partie
s'il

du
et

costume consiste en un
lîzar'

haïk blanc
s'il

appelé

acaban,

laine

(tamelhaft, Sous),
a

est en

coton.

Disons à leur avantage, qu'elles ne étoffe légère, à la teinte criarde, qui
le
nom

se revêtent pas

de

lient,

cette

valu aux

Berbères du sud, d'épingles
»

de

«

femmes bleues

».

h'adban féminin
et

est maintenu sur

les épaules

au moyen
rzi «

de fibules

appelées

tazerzit,

pi.

tizerzai, de
se

épingler

(ou

tijerjal, A. Bou Oulli; tihellalin, Imeghran; Les riches en ont en argent ; les pauvres
épines
pan
qui

igernasen, A. Warain).
servent

de longues
rôle.

remplissent

plus

économiquement le

même

Un

de

ce vêtement retombe

dans le

dos;

on

l'appelle

tasëlàut ou

nnifas

(imzli,

loppe laine

son enfant

A. Warain ; tibillut, A. Baâmran) ; la mère y enve pour le porter sur le dos. Une large ceinture de
rouge

teinte

en

(tasemert,
peine

A.

Messad)

complète

ce costume

sommaire.

Le haïk descend à

jusqu'aux genoux; largement

entre

bâillé jambes
il

sur et

le côté, il découvre aux moindres mouvements, les les seins. Cet inconvénient, en temps ordinaire, ne

paraît pas est pour

incommoder la Berbère
elle

;

mais en présence

d'étrangers,
les
plis

de bon

goût

d'en maintenir, de

sa

main,

pudiquement

Elle

sort

Termes. Par ailleurs, elle ne se voile pas le visage. assez librement, la face découverte. Tout au plus

i.

Sur

ce

mot,

cf.

Dozy,

p.

24.

LE

CORPS

HUMAIIN

i33

s'arrête-t-elle au passer

bord du

chemin

et se

détourne-t-elle

pour

laisser

l'étranger, ceci, moins par pudeur, que par crainte du mauvais œil. h'izar, costume habituel, non seulement des femmes berbères, mais encore des Bédouines, est de nos jours inconnu
des

dames de Fez
s'en

ou

de
au

Marrakech.
xvi8

Nous

savons

cependant
observateur

qu'elles

revêtaient

et

au

x\ne

siècle.

Un

exact, Diego

de Torres1, dit dans
: «

son ouvrage

du

sujet

des dames habit

de Marrakech

Par-dessus leurs robes,
«

elles

portent un
on

long
(

qu'ils

appellent

licares
soye

»,

et

à Grenade

le

nomme et

almafas

»,

il

est

de

ou

laine
telle

avec

plusieurs

ouvrages,
sur

franges
ils

aux

bords,
la boucle

plizzez

de

sorte que

le iettant

elles

s'attachent sur
ou

poictrine,
avec
une

avec quelques espingle
qui

ioyaux faicts
traverse
:

en ce

façon
ioyau

d'anneau

les

parmy les
metail.
« »

riches
son

est

d'or

ou

d argent,

De

côté

Marmol2

Elles

sont extrêmement
elles se vêtent

dit, en belles, quoiqu'elles
très

parmy les autres de parlant des femmes de Fez :
et
ne
soient

pas

trop
et

chastes,
elles portent

de

riches

élégamment, et quand elles vêtements blancs, faits d'or et de
melhafas ou

sortent, soie,

au-dessus

de

ceux-ci,
aux

des

lizars

en

riche

toile

d'Hol
sont aux

lande,
longs

ornés comme ont

extrémités

de

soie

de
ne

couleur.

Ces habits
si

des

draps-de-lit,
soie

mais

sont ou

pas

larges

;

et

bords ils

des bandes de
lizar. Après
sur

blanche

d'autre

couleur, tissées ceux-ci,
elles

dans le
les
d'or: Le

même

s'être avec

entortillées

dans

attachent

la
le

poitrine

de

gros

anneaux

d'argent
»

ou

en

été

c'est est

costume

ordinaire

des femmes

nobles.

moment

aujourd'hui

venu,
mode.

pour

la femme berbère, de des

se

soumettre aux caprices

de la

Les

riches vêtements

cita

dines
ple

ont exercé parait assez

leur

attrait sur sa coquetterie un

et,

l'antique

et sim
peut

izar

devoir être délaissé dans

temps que

l'on

prédire

proche.

de la
uS,

tafarajit ou

Beaucoup, déjà, du Iqeftân. C'est même

se parent

de la tamensurit, aujourd'hui devenu un

pour

toutes

les fiancés, d'en garnir la corbeille de leur taslit. Mais, ces blouses longues et amples, quelle que soit la richesse de leur tissu, ne soulignent le haïk, la beauté de leurs formes.
et

de leurs broderies
titre que

pas,

au

même

i.

Relation des chérifs,

p.

86. Donné
t. Il,

par

Dozy,

p.

32.

3.

Dcscripcion do

Afi'rica,

I

34
Malgré tout le

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

soin

qu'elle apporte

à

sa

chevelure,

la Ntifiennc

se coiffe sans goût.

En temps

ordinaire, elle enveloppe son chignon

dans

un

foulard blanc

teint au

henné

:

tasatelt

ou

tasedduit (aken-

bus, A. B. l'étoffe,

Oulli;

tahëzuzt, A. Baâmran; tilkt, Imeghran); mais,
renouvelée,
prend

rarement

par

un

usage

prolongé

une

teinte indéfinissable. Les
par-dessus
un autre

jours de

fête,

elle

se

contente

d'ajuster

foulard de

couleur qu'elle

rouge

tasebnit
moyen

(asenbus,
d'un lien

A.

Warain, tizeglemt, Imeghran)
taserbit ou

fixe

au

nommé

leqtib

(talna,

A. Bou Oulli).
ne
va

Comme des
serbil

chaussures,

lorsqu'elle

pas

nu-pieds,

elle

porte

(fig.

63),

sandales

sans

contrefort,

brodées de toutes
non

sortes

de

couleurs, ou

des

rrihit,

pourvues

de

contrefort,

bro des

dées

et

de

couleur rouge.

Sa

voisine

des Ait Messad
relevé et

chausse

ikurbuin

(ifurbin, Iguerrouan)
tout

à talon

à longue languette

recouvrant

le dessus du
un

pied. ne

Suffisant

l'été,

tel costume

la

protège

qu'imparfaitement permet

l'hiver;
plus mode

aussi,

en

possède-t-elle
contre

un autre qui

lui

de lutter
une

efficacement presque

la

rigueur

des

intempéries. C'est

générale
sorte

pour

les

montagnardes

de

couvrir

leurs

épaules d'une

de longue de

mantille, pièce
et

de

drap
ou

rectangu qu'elles

laire à

petites

rayures

couleurs

à franges rouges,

maintiennent sous

le

menton

à l'aide d'une épingle
manteau

d'attaches.

Les Ait Bou Oulli
abizar

nomment ce

ahummas,

les A. Messad

ou

tabizart et

les A. Warain

tamizart.

Sans

doute, faut-il
berbé-

voir, dans ces expressions, des variantes de talizart, forme risée de izar avec agglutination de l'article arabe.

Outre
targiuin
genoux. selon un
un

ce

vêtement,

elles portent

des bas

sans semelles appelés

qui

enveloppent

entièrement
en

leurs jambes jusqu'aux bandes
noires et

Les Ait Bou Oulli les tissent
modèle qui

blanches
en

leur
et

est

bien

particulier

et

les Ait Mjild
vives.

damier de losanges
portent aussi nomment
est

de triangles de

aux-couleurs

Les

hommes
gissin

ces espèces

guêtres ;

les Dràxva de Tim l'habitude de

les

ijugjâd. Cette

partie

du

vêlement, évidemment
se

pratique,

dépourvue d'élégance. Par
les jambes
parait

ailleurs,

protéger ainsi

fort

ancienne.

Les historiens de la
Guanches*
s'habil-

conquête

des Iles Canaries

rapportent que

les

i.

Sabin

Borthelot,

te

Mémoire

sur

los Guanches

».

LE

CORPS

HUMAIN

l35

laieut de la hirmas.
Cet
une

«

tamarck

»

et

de bas

sans

semelle

qu'ils

nommaient

accoutrement

d'hiver

(d°nne

a

la Berbère du Moyen-Atlas
campagne

silhouette
on

étrange,

et, lorsque

dans la

immense

et

vide,

la

rencontre poussant

devant

elle un

bœuf

porteur chargé

de

fagots,

on a réellement

devant les

yeux une vision

d'un

autre

âge.

Les
Le degré de
que par richesse se

bijoux'

marque

davantage

par

les bijoux les
Ils

plutôt riches en

la différence du
sont

costume.

Ceux, dont

se parent

Ntifiennes,
région,
au

dénués de

tout

caractère
et

artistique.
en

sont

argent nnoqort et

d'aspect lourd
pour

massif, comme

toute autre
que

point que

établir l'inventaire des bijoux

toute

fiancée
peser.

trouve

dans

sa

corbeille,
suffit

l'usage

est

tout

simplement

de les

Le

poids

seul

et compte.

Notl'e Berbère
izebgan

garnit ses poignets

de larges bracelets azebg,

pi. ou

(azefk, Ait
lemdeja

Bou

Oulli;
B.

afibeg,

Touareg; izbi, Berabers)
Elle
porte au cou un

de
À.

simples

anneaux

étroits tanbalt.

lourd
de

collier

(tifulut, A.
de
perles

Oulli; tazra, A. Messad;
corail et

taseddit,
aussi

Warain)
ce

orné

izellain, d'ambre, de
en

coquillages agûlal.

Elle

est ou

général

trop
des

pauvre pour se

parer ou

de

collier

fait d'une

plusieurs

rangées

de

pièces

d'or

d'argent;

c'est

là, la
petit

principale parure autour

chikhat et et

des

prosti

tuées qui portent

ainsi

du

cou

la

marque

le

prix

de leur

déshonneur. Un

diadème, lasfifl

A.

Baâmran) s'étale
fait de

sur son

(tamënult, A. Messad ; isnï, d'une tempe à l'autre ; il est tout front,
réaux percés et montés sur un son

simplement

quelques

fil. Les
et

épingles (fig.
ciselée appelé plaque

67),

qui

maintiennent

izar,

sont

à

tète

large

;

une

lourde

chaîne parfois

les

réunit.

Un

pendentif

bizarre

fuit hamsa (fig.
d'argent
garni

de la de

main

66) y est quelquefois fixé. C'est une large de cinq coraux, sans doute, vague imitation protectrice dite de Fatma. Elle ne porte pas d'anneaux
ses

pieds pi.

ihelelhaln ;

boucles d'oreilles duwwah

ou

tiwinas (ttukchar

tem,
gées

ikûtman, A. Bou
pendeloques

Oulli)

sont

longues

et

lourdement
ses

de

tombant

jusqu'aux épaules;

bagues,

enfin,

1.

Sur les bijoux

cf.

Eudel,

tt

Dictionnaire des bijoux de l'Afrique du Nord

».

BIJOUX BERBERES

Fif. 68.

Boucle d'oreilles

tiuwinas.
maux

Pendentif

en

cloisonnés.

Fig. 69.

Porto-amulette (O. Noun).

LE

CORPS

HUMAIN

l3^
chaton,
grossièrement

sont

de
;

simples

anneaux

d'argent,
maris

sans

ciselés

l'usage
et

veut, que

les

les

passent

à l'auriculaire de la
même
main.

main gauche

les femmes à l'annulaire de la les Berbères le

Le bijou

a perdu chez

son caractère primitif

d'ordre

magico-religieux.

Il

a

depuis longtemps

cessé

d'être

un

talisman
particu

destiné à lière
ou

procurer

à

celui qui

porle une

force

magique

à le

protéger contre certaines caractère

influences funestes. de
quelques

Toutefois, le

symbolique

bijoux

ne

s'est

pas entièrement effacé

devant le

caractère unique

de

parure qu'ont

généralement pris certains autres. veut qu'à une

On

connaît cet usage

kabvle

qui

la

naissance

d'un

enfant

mâle, toute

mère

porte

sur

le

front
de
et

gros

tabzimt, lourde plaque ronde d'argent en filigrane ornée cabochons. On sait aussi avec quel orgueil elle s'en pare
front le
signe

étale

sur son

de

son

heureuse

maternité.

La bague,
Elle fait
sa

comme notre alliance, a
nécessairement

également
cadeaux

une valeur symbolique. remis par

partie

des

le fiancé à

taslit.

Et dans les dans les
semblent
rendre

cérémonies préliminaires

du

mariage, particulièrement
rites qui
et

tribus
avoir

de l'Anti-Atlas, ce bijou est soumis à des pour objet de faciliter la future union
c'est une

de la
sté

féconde. Ailleurs,
soumettre

habitude,

pour

les femmes

riles,

de

leur bague de
jamais la
cadeau

taslit

à l'action bienfaisante des

feux de l'Achoura.
Les bijoux
ne sont

propriété

de la femme
celui-ci en
pour

qui

les

porte. son

Achetés
gré

et offerts

en

par

le

mari,
son

dispose à
en

et en

dépouille C'est

parfois

même

épouse

parer une

concubine. sait encore

ainsi que

l'on

peut

juger de l'amour
quantité et

qu'une

femme

inspirer à

son

mari,

à la

au poids

des bijoux

dont

elle

est

couverte.

Les La Ntifienne la
ou
plupart

fards'

néglige moins

les

soins

de

propreté

corporelle

que

de

ses sœurs

berabers

et chleuhs.

Le

matin,

à la fontaine

à la

rigole

où elle

a

l'habitude de
ablutions,

remplir sa sommaires sac

cruche, elle pro

cède

toujours

à

quelques

il

est

vrai.

Elle

tient

soigneusement

cachée

dans

son

abia',

une

savonnette

i.

Doutté,

te

En tribu

».

i38
parfumée

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

tassàbunt
grains ou

achetée

à

quelque

colporteur

en

échange
utilisé

d'oeufs,

de

de laine. Un
qu'elle

grand panier
et
un

iskënï,

au

transport
constitue veille

des
une

céréales,

renverse

recouvre
« petit

de haïks
»

tahammamt,
elle se comme

autrement

dit

bain

où,

la

des

fêtes,

lave toute

entière avec

de l'eau

chaude.

Pour

elle,

pour
se

la

primitive

ou

c'est essentiellement quelque

peindre.

La Berbère

la civilisée, se parer ne dissimule pas par fait de
ses

artifice

l'emploi
et

vraiment

abusif qu'elle

fards fran

de

ses

teintures.
par
«

Elle les

applique

chement

plaques

épaisses. ara,
et

Poser des
prati ses

fards,
quent

c'est

écrire

»

toutes

ce

genre
en

d'écriture. Elle
rouge
avec

colore

pommettes vermillon

de

taker,
;

fard

que

l'on

vend

dans les

marchés

dans de
ses

petits

vases

appelés

aurlar

avive

lèvres

en mâchant

du

tsuik ; allonge ses
noir

sourcils

d'un large la

trait

fait

avec

du

tanast et, avec

même

peinture,
sur

pose

quel-

*

'henné

™^PaPmatn°d'un

q«es

mouches,

çà et

là,

le

nez,

les joues, tazùlt,
en'

jeune homme (Tanant).

le front.
À. Bou

Avec

du

koheul,

appelé

précieusement

conservé

dans

un

tube

roseau
yeux.

tagëmmut

(tikfst,

Oulli),
elle
en

elle rehausse

l'éclat de

ses

Quant

au

henné, Ihenna,
mains

abuse

véritablement;
et

les

jours de
Ses

fêtes, les

(fig. 71), les jambes
de

la figure

en sont

littéralement

couvertes. et misérables objets et

fards, drogues
et son petit

coquetterie sont serrés avec son peigne

dans des loques
de bois

tiummisin
miroir

entassés

pêle-mêle,
un sac

d'un sou, dans

de

cuir qui

lui

sert encore

d'oreiller.

Le

tatouage

'

Il

n'apparaît pas que

la Marocaine,

se

tatoue

moins que ses autres que

sœurs

africaines.

Il

n'est

pas non plus exact

de dire

l'Arabe

se

tatoue
que

davantage

que

la Berbère. Tout
se

au plus
plus

doit-on

remarquer

la femme du

sud

tatoue

avec

de discrétion
-

que

la

1.

Le docteur Herber, de
un ensomble

Cette,

mobilisé

au

Maroc,

réuni sur

le tatouage des
que

Africains

de documents impressionnant tant par le nombre

la

variété.

LE

CORPS

HUMAIN

1

3g

Rifaine
teint
:

et

blanc,

la Beraber.^Ceci tient, sans doute, à la différence de leur rose et frais chez la montagnarde du Moyen-Atlas,
qui en rehausse

la

teinte

bleutée du tatouage,

l'éclat,
sud.

est

à

peine

apparente sur
en

la

peau

bronzée de la femme du

Le tatouage,
passent

effet,

est avant

tout

ornemental quoique certains

dessins

pour posséder

des

vertus

curatives. condamne
ne

L'orthodoxie
misés qu'ils

musulmane

cette pratique.
pas. : «

Si

peu

isla

soient,

les Berbères
sans

l'ignorent

Un Zemmouri Quiconque
est

très tatoué nous

dit,

conviction

d'ailleurs

tatoué

périra

g

ga-itëmlât

».

dans le feu de l'Enfer, wad iusmën ga-itgus s-lcafit Un Ntifi du village d'Addar apporte à cette con
qui vaut

damnation
tatouées

une restriction

d'être

soulignée :
en

et

Les

parties

du

corps

de la femme
pieds
qu'à

seront

brûlées

Enfer à l'exception

des

tatouages

des

sanctifiés

le sang de

l'enfantement;
n-idarën».

adgar nsent

dag Ma lusam n-tmgarin, ikomd g-lihert, gir lusam ur-da-ikomd, asku da fellas larn idamnën n-tarua
d'entendre dire
se par un

Il

est
:

plaisant, par contre,
«

individu des Inteketto d'être bonnes
musul

Chez nous,
;

toutes

les femmes
ne se

tatouent
pas

afin

manes

seuls

les Juifs

tatouent

;

darnag

kullu limgarin,
aur-in-ituasa-

walabedda mën

alëg lusam

afada

tëg

tmunsleml ;

udain

!

»

Les

expressions

relevées

pour

désigner le

tatouage

sont

toutes

lusam, Ntifa; ahddjam, A. Ndir, A. Mjild, Izayan, Ichqern; iserrâd, Zemmour; tisert, A. Warain, A.
empruntées

à l'arabe. Citons:

Seghrouchen.

C'est toujours hommes
sont

une

femme,

une m^allema ou

lausamt

qui

tatoue

les

aussi plus

bien

que

les femmes- Son

art comme sa
ses

technique
avec

des

rudimentaires.

Elle trace d'abord

dessins la

le

chas

d'une

aiguille qu'elle
un peu

trempe

dans

une mixture composée

de

suie

délayée dans
ainsi

d'eau
que

et pique

ensuite,
prenne

avec

pointe,

le

tracé
elle

fait. Et
tout

pour

le

tatouage

la

teinte
adil

bleue,
ûussen,
la
suie

le frotte

simplement

avec

le jus d'une herbe

pilée

dans

un

vase.

Cette façon d'opérer
par

est ou

générale.

Parfois,
dont

on

remplace

de la

poudre

à fusil
variété

du

charbon

de bois finement
on

pulvérisé.

Par ailleurs, la importe peu,

de la

plante

frotte le

tatouage

pourvu

qu'elle

soit verte.

A

vrai

dire, la

tatoueuse

n'est

pas

une

sorcière

;

elle n'est pas

ido
plus qu'une sa
autre

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

l'objet de l'estime
et ses

au

du

mépris

public.
elle

Elle
aussi,

tient
ou

technique

dessins de
voisine.

sa

mère, tatoueuse

d'une

parente ou

d'une

C'est à

parfois une vieille

femme,
ter
cela

une

tafqirt, mine habituellemement
tous
quelques

une veuve ou une orpheline. par une visite autres corps

Son
un

apprentissage se

lieu

saint,

comme

se pratique pour

les

de

métiers.

La

novice apporte

offrandes,
saint

brûle des bougies

et

s'endort auprès

du

tom

beau. Le

lui

apparaît en rêve et

le lendemain,

quand elle sort

du sanctuaire, elle possède tous les secrets de son art. D'une manière générale on ne tatoue pas en été ; on
préférence
en

opère a

de
lieu

au

printemps.

Au

village si

d'Addar, l'opération
et

mars

et,

un

dimanche
mariage

matin chez

possible.

On tatoue les filles

à l'époque de leur

les Inteketto
quand

les

garçons

chez

les Ichqern à l'âge de la

puberté,
mën.

ils deviennent des indiquer
être à l'origine

icarrîque

Ceci

semblerait

le

tatouage

a pu

un

rite

d'initiation.
Les dessins
selon «

varient

non

seulement

les tribus, mais m'allema ». On peut
une

encore selon cependant
que

les les

dire,

dans

certaine

mesure,
région

tatouages tent Fig.
entre

d'une
eux

même
un

présen

air

de famille dans de
de

très

marqué,
72.

au

point

que,

nom cer

Tatouage de femme (Infedouaq).

breux cas, titude,
tatouages.

on

peut,

avec assez

fixer l'origine

d'un individu
paraîtrait

d'après les dessins de
exister un certain entre

ses

Par ailleurs, il

lien d'amitié
et

la tatoueuse
qu'elle
a

les

per

sonnes

tatouées

tëlla

Imhubbit ingràtsent.
sont

Les dessins

des

com

k%
t
Fig.
73.

y

binaisons de droites,

rarement
ou

•'V
Tatouage du
pubis. 1,

de croix, de triangles

de
en

losanges,
core

plus

rarement

Zemmour;

de

:î, Ait Seghrouchen (très

agrandi).

ronds

;

ceci

tient

à

ce que

l'aiguille,

dont

se sert

la tatoueuse

pour

dessiner,

se

prête

mal

au tracé et au

développement des

courbes.

LE

CORPS

HUMAIN

I

/[ 1
le

Les

parties

tatouées

sont

chez

les Ntifa:

l'intersourcilier,
~>JX

menton, les
phalange

poignets

jusqu'aux coudes, la dernière
chevilles

des

doigts, les
de la les
seins.

jusqu'aux mollels,
gorge et

/V£

la face
poitrine

externe entre

cuisse

droite, la

la

C'est dans l'ordre de

cette
/

énumération

qu'opère

la

maâllema.

Un

tatouage
ma-

\

aussi complet ne s'observe que chez riées.

les femmes

L^iUJ
fig
_^i
_

En général, les jeunes filles n'ont que le louage du front et du menton (fig. 72). On ne

ta-

-pa_
nez

signa-

louage du

lerait
(fig.

pas 73).

chez

les Ntifiennes le tatouage du
spécial n'existe pas

pubis

Ce

tatouage
on

seulement presque

chez

les les

prostituées

comme

le

croit

généralement;

toutes
portent.
moins

femmes berabers le
Les hommes
toués
que

sont

ta

les femmes. Si beau Chleuhs
ne

coup
même

de
pas

le

sont

il

est

du tout, par contre, rare de rencontrer un
sans

Béraber
Fjg.
76.

tatouage.

Les

Tatouage dit larramit (Tanant).

Zemmour, les A. Mjild, les A.
Yousi
entre
autres ont un

ta

touage

au

bout du

nez

(fig. 74)

qui

permet

de les distinguer des
qui ne

Ichqern, des A. Seghrouchen,

A.

Iafelman, A. Atta

l'ont

pas.

Fig.

75.

Tatouage de la (Ait Seghrouchen).

main

Fig.

77.

Tatouage de (Glasva).

reconnaissance

Chez les Ntifa, l'usage est de tatouer les hommes sur le gras du bras droit, près de l'épaule. Ce tatouage porte le nom de tarra-

T

ll2
(fig.
76).

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

mit

Il

est

en

effet particulier

aux

rrmà

affiliés

à la Con du Sous.

fédération fondée La baraka,
que

par

Sidi Ali ben
attachée

Naceur,
à
ce

originaire

l'on

prétend

l'arme
qui

quand

le

tireur épaule.

C'est la
un

vertu même

tatouage, se transmet à de ce tatouage
aussi

fait, de
soin autre

tout

affilié

à la secte,
tatouer

tireur émérite ;

le

gaucher

a-t-il

de

se

faire

sur

le bras

gauche.

Un

tatouage, également

spécial aux

de

reconnaissance que

portaient,

hommes, est un tatouage dit-on, les mokhaznis de Moulay
d'un
tatouage

Hassan. Nous donnons ici la
genre,
relevé

reproduction

de

ce

à

Demnat,

sur 77).

la

main gauche

d'un

ameddakul

du

caïd

Si Madani Lglawi (fig.

La Les
enfants

chevelure.

conservent, jusqu'à l'âge de la puberté,

une coiffure protection

dont le
duquel

mode,

dit-on,
les

varie

suivant

V agourram

sous

la

on entend

placer.

La tète du

garçon n'est une crête

jamais

entièrement rasée.
et une

L'habitude
sur

est

de lui laisser

au

milieu

tresse lakiùt

le
a

côté

droit. La
tresses
rangée sur

fillette

deux

semblables et une

de

cheveux

taunza

le

devant.
sur

Ceux-ci

retombent

le

front

qu'ils

recouvrent

entière-

Fig.

78.

Chevelure d'enfant (Tanant).

ment.

Ils

sont ordinaire

ment coupés

à la

te chien »

.

On les tresse

quand

ils deviennent

trop longs
garnis

et on

les

attache ainsi

à

la de

petite

tresse

placée

du

même

côté.

Dans les

tresses

for

mées,

l'usage

est

de

nouer
et

petits

coquillages

de guerches, de perles, de talismans écrits des plus divers.
père qui rase

des fils

C'est,

généralement
en

le

la tète de à à

ses

enfants.

Un

bon père,

effet,

est

astreint,

non seulement encore

nourrir et
soin

à

vêtir

convenablement chevelure.

ses

enfants,

mais

prendre

de leur le

La

coiffure

des

tout

petits

est

uniforme,

quel

que

'soit

sexe,

jusqu'à l'époque de leur dans le
cercle

sevrage.

Les

cheveux

poussent

follement de la

tamdurt qu'un marabout

leur

a

tracé

autour

LE

CORPS

HUMAIN"

l/(3

tète

le

quarantième
on

jour de la

naissance.

A l'âge de deux

ans seu

lement
Dès
raser

les

coiffe

différemment
atteint

suivant

la

manière

indiquée de lui
et

ci-dessus. qu'une

jeune fille dans les

l'âge de la
comprises
poussent

puberté, on
entre en

cesse

la

tète

parties cheveux

les tresses
et

les
soin

frisettes Irontales. Les jusqu'au jour
une

désordre
elle

sans

où,

devenus

suffisamment enroule

longs,

peut

en

faire

ou

deux

tresses

qu'elle

dans des bandelettes d'étoffe
sur

tirgiuin et

laisse

simplement

tomber

les épaules.

^

ers

l'âge de dix ans,

on rase entièrement

la

tète

du

garçon.

LTne

petite cérémonie marque

le jour de

où on

le dépouille de
enfermés

sa chevelure un

d'enfant. Sa tresse
sont suspendus

et ses autres

cheveux,
sa

dans

nouet,

par

les

soins

mère superstitieuse

au

jujubier
est
un

ou au mausolée rite on

de

quelque

marabout. pratiquée

La

coupe

de

cheveux

de purification; de plus,

à l'entrée de
passage.

l'adolescence,

doit ht

considérer comme un rite va

de

Désormais, l'enfant
ne portent pas sur
mode chez qui

la

tète

rasée comme

les hommes. Ceux-ci
tresse qui
est

le

côté

de l'oreille la longue de queue,

de

les Rifains
sur

et

les Berabers. Rares,

sont

également

ceux

laissent

le

vertex cette espèce

appelée

tâqloit par

laquelle, le Jour du Jugement dernier, l'Archange Gabriel saisira ceux des crovants qu'il destine aux joies éternelles. Le port des
nnuader est aussi
peu

fréquent. On

entend

par

là les

touffes

de de

cheveux poussant en entre autres
coiffure qui.

broussailles
race,

au-dessus sont

des

tempes.
avec

Les
ce

Igliwa,

Berbères de débordant
aspect
vue

familiarisés

genre

sous si

le

terbouch ou

physionomie un
guerre
portée

particulier.

le turban, donne à leur Ce serait là une coiffure de
en
se parant

en

d'impressionner l'adversaire
pacifiques comme soldats

d'un

air

belliqueux. Les
sans

de la Garde d'un
attribut

noire

l'ont

conservée,
puisque exploits
ques-uns rasé n'est

doute
est

souvenir

guerrier,
»

pour

eux

désormais

close

l'ère des la barbe
en

suga

et

des

valeureux.

Les Chleuhs
selon

portent

collier; quel

la

taillent

la

mode

des

citadins

élégants.

Un

menton

pas un menton
moustaches

berbère, dit-on. Ils
qu'ils
portent rares.

ont par contre

horreur à
une

des longues
petite

toujours

réduites

brosse

aux

poils

raides

et

Des

yeux noirs

et

des

cheveux

tendant vers

le
si

roux

paraissent

être les

caractéristiques

de la beauté féminine,

l'on

en

juge

par

1^4

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES
et

l'usage immodéré
des

que

les femmes font du koheul. les
cheveux

du henné.

Cependant, la Berbère
que
applications

a naturellement

d'un

noir

d'ébène

brillants blonds
ment ne

et

plus

d'huile, fréquemment répétées, rendent plus foncés encore. Des yeux bleus et des cheveux.
berbères;
aussi

sont pas

la blonde
par

est-elle

souveraine qu'elle est

détestée. Dire d'une femme

kabyle,
les

exemple,

une

lazrarâqt,

c'est-à-dire qu'elle a

yeux

bleus,

c'est profondé est

ment

la

vexer,

c'est se

laisser

sous-entendre

qu'elle

laide.

Peut-

être, la Kabyle
étranger de
ce

rend-elle

inconsciemment

compte

du

caractère
signalée

fameux élément blond dont la

présence,

dans

maintes

régions chez

En général,

berbères, déroute si fortement les savants. nos Ntifa, la femme mariée laisse, sur le devant
cheveux qu'elle

de la tète, l'épaisse touffe de fille et partage le reste de sa
adlal, dont
elle

portait

étant jeune

chevelure

en

deux larges bandeaux
l'oreille
et qu'elle

fait deux

tresses

qu'elle replie sur

attache au sommet est posé

de la tête. Le à laisser

foulard,

dpnt

elle s'enveloppe
chaque

alors,

de

manière

apparents

les bouts de
sens

tresse.
assez

Les Berbères
singulière

eux-mêmes

ignorent le ici de

d'une

cérémonie,

il

est

vrai,

appelée

n-usehsî qui se pratique

à l'occasion

de

tout

mariage et au cours en agitant posée

éteignent,
petite

leurs

cheveux

laquelle, les femmes, à tour de rôle, dénoués, la flamme d'une
cérémonie

lampe
pour

sur
et

la tête du fiancé. Cette

a

les

hommes

témoins

laisse
Les

ceux-ci

juges de la

richesse capillaire et

des femmes de leur dissements
vue

clan.

murmures qu'ils

flatteurs
sont et

leurs

applau

sembleraient

montrer

plus

sensibles

à la

d'une

chevelure abondante qu'à

l'agilité

à l'adresse de leurs

épouses.

On

sait

les

raisons qui
ses

font

que

toute

fiancée laisse,
et

au moment

de

son

mariage,
un

tresses

dénouées
variable

étalées

sur ses

épaules

pendant

nombre

de jours

selon

les

régions.

Chez les
troi
et ce

Ntifa,
sième

au

cours

d'une

cérémonie

appelée

aruku,

qui

a

lieu le

jour du mariage, on procède à la jour-là, pour la première fois, on la coiffe
La
veuve n'est

toilette
comme

de la fiancée

les

autres

femmes.
coiffure.

pas

astreinte

à

un

mode particulier

de

L'usage

cependant veut

que,

pendant

toute

la durée de de

son

deuil,

elle recouvre

complètement sa chevelure
qui

dans

un morceau

d'étoffe

taillé

dans le linceul
certains

a servi

à la toilette
en

mortuaire

son mari. mort

Chez

Berabers,

les Ail Sri

particulier,

à la

du

LE

CORPS

HUMAIN

l/j5

chef

cousine

de famille, l'épouse, la sœur, la du défunt se dépouillent d'une
môme est

nièce partie

et

parfois même

la

de leur

chevelure1

Dans la

région,

si

le défunt

est un

jeune homme a'arrim, la
qu'il portait sur

coutume

de lui

enlever

la longue

tresse tastoit

le

côté

cèdre

droit de la tête, et de la suspendre à l'un des qui marquent les limites de son tombeau.

piquets

de

leur

C'est le vendredi, de préférence, que les Ntifiennes donnent à chevelure des soins que l'hygiène réclame plus encore que la S'il fait

coquetterie. olivier et

beau,

elles

étendent

une

natte sous

quelque

tandis que

les

unes s'épouillent

rzu,

les 'autres
noyer.

se peignent soignent

sref

avec un

large démêloir

timest en

bois de

Elles

alors

les

plaques

teigneuses et

les

calvities

naissantes

et,

dans la

composition

plus

de leurs onguents, rentrent parfois les choses les invraisemblables telle que de la cervelle de cheval.
oasis

Dans les
tamesraft.

du Drâ, il
passeraient

existerait

des

coiffeuses

de

profession

Elles

à domicile Un à

et coifferaient

les fillettes à Ouar
appelée ce

jusqu'au jour de leur
gla.

mariage.

us analogue est signalé une

Là,

en

effet,
soin

la

mère

abandonne

autre

femme
est,

tamekkrat toute

le

de

coiffer son enfant.

La

coiffeuse

de

fait,

désignée

pour

tenir, dans les

cérémonies

du mariage,

un rôle

des

plus

importants.
les

i

.

Dans

cette pratique ont voulu

opérée par

veuves

en vue

de

manifester culte

leur

douleur,
et

certains auteurs

voir une survivance

de l'ancien

des

ancêtres

des

morts,

très

en

faveur
à la

chez

les Arabes de l'époque

préislamique. » et

Cf. M. Morand
les références, in

Les

rites relatifs

chevelure chez

les indigènes de l'Algérie
1910.

Etudes de droit

musulman

algérien,

Alger,

Laoust.

CHAPITRE V

INFIRMITÉS ET MALADIES

ssâht,
âtlân1

santé.

arejdal, boiteux.
maladie.

(wa),

bu-tayyul,
azenzul1,

bossu.

lamàdùnt,
amûdin,
wada

id.

muet.

malade.

atemlam'1, bègue. agëruaz,
aderdur*

t-iag kra, malade. amagus, imugas, blessé.

id.
',
sourd. aveugle.

dderr, douleur.
lenks,
rechute.

adergal'",
aferdi

n-tit,

borgne.

akusam,

infirme.
manchot.

aziwal6,

louche.

agujdâd,

amëjjùcl, teigneux.

i.

De àdën
Les

tt

être

malade

»,

peu usité

dans la
utilisent

province

de
,

Demnat;

fréquent

en

tachelhait.

parlers

berabers

et zénètes
«

l'arabe

hle/

Warain; hres, Rif;
qui

d'où lahlas
l'autre de

maladie

A.

Warain;
de

B. Iznacen ; hles, A. rhras, Rif. Les Touaregs,
tt

ignorent l'une
tt

et

ces

formes,

se servent

eran ou erin

être

malade »

d'où lurna
2.

maladie ».

azenzûn,

A.

Warain;

azenzum.
.,

Tlit;

azizun,

Rif;
.

acanzâ-,

Zemmour;
A.

acenzùl,

A. Ndir

et acenzar,
en

nasillard

cf.
tt

zizun en arabe ».

dialectal
alutau,

maghribin.

3. Cf.

Touareg
atitau,

liedenden
agnau,

bégayer

Syn.

Zemmour,

Warain,

Temsaman;
4amzag d'un

Tlit;
■■

adordor,

Taz. ;

aderdur,

Bett. ; âquqau. Zouaoua. Zemmour, A. Warain, Ichqern, B. Iznacen. En Touareg,

Tems.;
»

ainu,

verbe

mezag

être

sourd

;

cf.

amezzug

tt oreille

»

.

5.

adergal.

Zemmour, A. Ndir,

A.

Warain, Ichqern,

etc.; d'un

verbe

dergel

«

être

aveugle »

B.

Snous,
tt

Zkara. Expression inconnue
aveugle ».

en chelha où elle est remplacée par

abokâd,

de boked

être

6.

azallag,

Tlit;

amzelellay,

A.

Warain;

am'auj iïwalln, Zemmour.

i/i8
marqué qui

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

aharbâs,
ad'amàs,
sieux.

de la

variole.

azëbar,

colique.

a

les

yeux

chas

tuzbirin,

id.
point

inirfed, fou,
idiot.
rate.

de

côté

;

grosse

am'adur1,

anëjdam, lépreux.

busfir, jaunisse.
asemmid, blennorrhagie.

taula, fièvre.
shana,

id.,
chancre,
syphilis.

ikëdï,

ozenne.
rhume.

bibus,

lakuhut'', toux,
adehsdm,

tâqqait,

bouton, furoncle.
abcès. abcès

rhume

de

cerveau.

tahbubt-,
abray,

l'auai'a,
pied.
adénite.

coqueluche.

au

asalli, épilepsie.

luelsis, glande, Ijerh, plaie.
arsed,
pus. verrue. eczéma.

isetsi,

empoisonnement. nausée.
vomissements. convulsions.

timilut,

lafadla,

irarân, bu-tommàz,

tafura,
njdàm,

lèpre.
goitre.
variole. rougeole.

lafukt, insolation. lirrezi, fracture.
anugzem,

agergur,

foulure, luxation.

labauf,

àdëbib,

médecin.

buhamrun, berziun,
ajëdid, la

ahaddjam'', barbier.

id.

buidammën,
asafàr,

id.
remède,

gale.

isufar,

drogue.

tamëjjùt, la

teigne.

tajbirt, de la
cor

appareil

à fractures.

tamàdùnt n-walln, ophtalmie. lirrezï n-tallin, plaie
née. amëdlu

Iherz, Ihuruz,
akerkur, tas

amulette.

de

pierres.

timirit,
n-walln, taie de l'œil.

id.

amaqàd,

i-ën, fer à

cautériser.

Mit,

orgelet.

tiqqàd,
Verbes.

cautérisations.

sahhu, être
Syn.:

en

bonne

santé.

ig-i

kra,

je

suis

malade.

i.

ahaiùd,

Zemmour;

ahiud,

A.

Ndir; haiûd,

A. Warain
anafàl,

uhli,

Tlit

afgul,

A. Warain
tt

harram, A. Warain
»
.

anufl et

Tazer.

beddiu, Dj.

Nefousa ; beddu
2.

être fou

3.

Touareg, de ekkus tt ttizerznil, Rif, B. Iznacen,
tuksi.

être

chaud » cf. gus tt

brûler

»

Berabers.

A. Warain.
» et usu,

4. lésai.

Touareg,

de lusu

tt

tousser

Rif

ot

Berabers.

5. asqoim, Sous.

INFIRMITES

ET

MALADIES

l/tQ
couvrir

inga-i kra,']e

suis malade.

bes'seg,
à la
tumz-ii

se

de

pustules

inga-i
tête.
ngant-i

u/tsas-înu.

j'ai

mal

(corps).
laula, j'ai la fièvre. id.
id.

tallin-inu, j'ai

mal

aux

tusi-ii

taula,

yeux.

lëksem-ii taula.
coliques. portant.

inga-i uzëbbar, j'ai des

tffog-tëdda-tzri
est passée.

taula,

la fièvre

jji, être guéri, jujji, guérir.
'afu-fafu,

être bien

rgig,
urïg,
.

trembler, frissonner.
être pâle;
vomir.

guérir. souffrir

derra-lëderra,
datva-tëdawa1,
nder. se

ibzg-as udis-ëns, il
enflé.

a

le

ventre

soigner.

plaindre,

gémir.

iqqor

udis-ëns.

il
a

est

constipé.

mlilli,

avoir avoir

des étourdissements. le
vertige.

imla udis-ëns, il

de la diarrhée. indigestion à

duoh,
qleb,

duhmu,
la

avoir

une

s'évanouir.

suite

d'une
de

trop

grande

kusem,

être infirme.
sourd.

absorption

nourriture.

derdur, èlre
idrus

susmu.

avoir

une

indigestion à

shiifdel-, boiter.

la la
vue

suite

d'une
de

trop

grande

izri-ns, il

a

basse.

absorption

nourriture.

camu, être

aveugle.

zuiz-zuizzi,

avoir

des frissons.
la
chair

ërrz,

être brisé ; fracturer.
se
se

burs-tburus,
poule.

avoir

de

mmulez,
nugzem.

fouler le luxer le

pied.

pied.

tumz-ii tussent g.

j'ai des fourmis du

merz.

se

blesser à la tète.

dans...
munzer*, saigner
suddem",
nez.

dlek,
iul-ii

masser,

frictionner.

skuhu, tousser.
udehsam.
cerveau.

s'égoutter.

je

suis

enrhumé

ëks idammën. faire
issuda
ufus-ëns

une saignée. sa

du

s-idammën.

i.

En Touareg: Cf.
sriilel.
et

tasafar

te

2.

A. Warain, B.
te

donner des soins, Iznacen, d'où

panser »
aridiil tt

de

asafar tt remède n.
»

boiteux

sbidir tt
t

boiter
»

»

Tlit, Taz.

abidàr

boiteux

rj'rcg litt.

être tors », ufrig

boiteux

B.

Iznacen;
3. Cf.

tt

bancale

»

Tlit.

qunzcr.

A.

Warain; funzer, Chenoua, Zouaoua;
de
nez »

bunzcr. B. Snous; kunzer,

Metmata;
eoutte

aiiwinzer

te saignement

Tlit.
existe chez
«

4. La forme
à

simple

adum

dégoutter

les Izayan
et non
tt

et

udem tt couler

goutte » en

Zouaoua d'où tuddum
à
ce mot qu'il

saigner » rapporter

(main

nez) B. Menacer.
».

C'est

vraisemblablement

faut

idammën

sang

t5o

mots

et

CHOSES

BERBERES

main

saigne.

behher-tbehhar, fumiger.
sbessus,
répandre

maders',

se corrompre.

du lebsis.
épileptique

jebber,

mettre

l'appareil à frac-

caum3-lcaum,
utën-t

se

baigner.
est

tures.

Ijënun, il
fou.
ssohor,

smutleP,

faire

un

pansement;

ou

enrouler.

Ula
varioliser,
vacciner.

gis

il

est sous

l'effet

gzi,

inciser,

d'un

charme.

qqed,

cautériser.

DE QUELQUES

MALADIES

ET DE LEURS REMEDES

La fièvre. Taula.

I.

Wan g-lëlla, da-illudu

s-jàt

tgurraml ism-ëns

lâlla

Udda; igen gis ar-asràg as-tzda, inker (Tanant). 2. Ig tag bnadem, isebbëb-as sg-dàr tâlëb g-lkigd, ig-as
ig-t

Iherz,

ihf-ëns, da
sîdi g-ëlhla

gis

ilgga kra

n-tisent

d-kra lharmel (Tanant).
g-Tkiut;
ur

3. Ula
gir ifri

Bergem nnig urlan ; Ma gis bnadem

n-sii'ed

dars

Iqobël,

itlasuar

d-sndâq

isul

ittasuar,

ifammer

s-lehzin

bëzzaf.
sg-ëlhàdd

Da-iss-ludunt
zuwoqninl

tsednan

d-ëlhâdd;

das-iss-lawint tiglay
ur gisent

s-z'afran, libeddâd
g-ddau

n-ugrum

messûsënt,

lisent,
da-

da-tënt-srâsënt

iàn

uzru.

Tan iran kra

n-tuurï

mas-t-iqdo,

d-wan

g-lëlla,

taula

tëltiia,
wan

iss-itudu, itàf

rrâhl

(Bezou).
sg-izgûran-ns

4. Asëklu n-umùdin, tasâfl, Ma warag taula, ik arag-ënneg, ijjî (Ait Messat).
5.
suh

;

tag

Wanna g-lëlla taula, iasi-d imezran

n-ugiul

d-lharmelt,
nnan

d-lëfaafad

; ih iss ibehhar
gmkân

igen,

idël

s-ahallas

n-ugiul,

imzura

skarn

a-luddu

taula

(Tlit).
ar-itks

6. Ih

ur-iqbdi

jàt s-asafàr-an,

inzddën

n-ddau

tail-ëns
ra-

d-wi n-lalëburt-ëns, ihaltn d-laihsar iqqorn,
tmussun
nf-'ddën

ar-itudu

s-gida

;

ig

tirgin

g-uzug°ï,
smurdes
».

ibehhr-iss,
étrangler..,, B.

iddu

s-tal'aint

i.

Cf.

midrûs

«charogne murdes tt

»

Ntifa;

Snous,

B. Iznacen,

Zouaoua,
i.

f. f. de

être étranglé

Cf.

etlel tt enrouler » utul «

bandage

»,

3. sëf

en

chelha; f. h. Isfa.

infirmités

et

MALADIES

1

51

n-ugerram n-sidi
ram

Mfiand u'aissa, ibehhar-iss,

isf g-lataint

n-uger-

7.

kràd ûussan, ar-as-ludu taula (Tlit). Wanna g-tëlla taula, ar-itudu ingr
g-iân

igarasën,

iasî jât tgust,

iber-t

iasi-d ifilï

ih.f n-ugaras, iasi-d tayâd, iber-t g-ihf n-ugaras iâdnin, n-iid, ar-iss-igërra âslà, ar-d-ikemmel isbessussu gis
ur-lëddi

(A, Hamid).
8.
taula

Ng

as

s-ùslâ-lli nloh

n-ingr

g-bahra gis

lerdez,

fellas

aman

igarasën, nha-ias ar-l-ilûgi krûmnin; iûggel, tëdduageln-as

ias (A. Hamid).
g.

Unna
rriht

tag taula, la-ttawin

abahho,

g-tmgerl, ka-lëkdù
aman

taula
10.

ubahho, ka-tëddu iberdan-ns (Zemmour).

Unna

tag taula, da-itëddu

ger-tmrabët zis

n-isëllï, la-itawï

agis, inï gifs, icaum nnag-as, tëddu

taula

(Zemmour).

1.

Le fiévreux
et ne

se

couche

sous

le jujubier de la

tagourramt

Lalla Oudda
2. sur

se

lève

que

lorsque la fièvre l'a

quitté

(Tanant).

Ou
un

bien, il
à
un

consulte

morceau

de

papier

le taleb; celui-ci écrit quelques signes et en fait une amulette ; le malade la

suspend

fil

attaché autour

de la tête,
sans

après

y

avoir ajouté

du

sel et

du harmel (Tanant).
est
un saint qoubba.

3. Sidi Bergem
située en

On le

visite

dans

sa

grotte, campagne, dans un lieu qui domine les jardins du patron du village de Tikiout. A l'entrée, on y voit, taillés dans le rocher, un homme et un coffre que l'on prétend
pleine rempli

de

richesses

immenses.

Les femmes y vont en pèlerinage tous les lundis ; elles apportent en offrandes des œufs colorés au safran et des petites galettes d'un
pain unes

fade,

pétri

sans

sel,

qu'elles
vœux

déposent le

sous

une

pierre. celles

Les
qui

expriment

alors

des

que

saint

exauce;

souffrent

d'une fièvre
chez

quarte recouvrent
un

la

santé

(Bezou).
connu sous

l\. Il
le
nom

existe

les Ait Messat

chêne

immense

de

: asëklu

n-umùdin,

c'est-à-dire «

l'arbre du

malade »
qui

;

entre

ses grosses

racines est un
sa

trou

par où passe

le

malade

veut se

débarrasser de 5. On
chant

fièvre.

soigne

le

malade que

la fièvre, disent les anciens de Timgissin, en cou l'on recouvre d'un chouari et en lui adminis
position,

trant, dans de
crottin

cette

des fumigations de

harmel, de fasuh

et

d'âne.

l52

mots

et

choses

berbères

6. Si

ce

procédé

ne

réussit et

pas,

essayer

le

suivant:

arracher

du pubis, les mélanger à des excré ments humains secs pris là, où les gens ont l'habitude de se poser, se rendre à la fontaine de l'agourram de Sidi Mhand OucAissa, jeter
quelques
poils

de l'aisselle

poils

et

ordures

sur

des

charbons

ardents,

se

soumettre

à

ces

fumigations,
durée de
7.

se

baigner

enfin

dans la fontaine

et

ce,

pendant une

trois

jours.

Chez les Ait Hamid

(Anti-Atlas), le fiévreux
enfonce un pieu
ces pieux un

se place au car chacun comme

refour

de deux

sentiers et

à l'extrémité de

d'eux. Il
s'il

enroule autour
une

de
sur

long fil
ceci

de

chaîne

montail

pièce

le

métier,

fait, il l'asperge de

lebsis

pour en chasser

les djenouns.
on attend qu'il se produise un gros accès.

8. Si la fièvre persiste, On jette
guérit. 9. alors

de l'eau froide

sur

le^malade qui,
un ver

surpris et

effrayé,

Chez les Zemmour,
odeur qui s'en

on

suspend

au

cou

du

malade

;

la

mauvaise

dégage,

oblige

la fièvre à fuir.

10.

On

pierres » avec

bien, le fiévreux se rend à quelque « marabout de un peu d'eau, monte sur le kerkour et s'y lave.

Contre les Tagbalut da-tudu
n-ifullûsën.

sortilèges.

Tamlùl

neh

d-àrgàz,

ig-illa ssohor,

s-tgbalut

n-ifullûsën

a-gis-lcaum

krâd id-lhadud. Lhàdcl

ur-da-gis-tga lisent, tlëkem tagbalut, lasï terkoko, taketmit tamezgarut att^s, tayàd ar-t^kf i-ifker n-waman das-tffgen seg-tagbalut, faum gis.

amëgaru, tauwî

terkoko,

aman-ns,

thawod issen

Tagbalut-àd,
ilin fellas
aman-ns usin-in

tëlla

wazarn

g-wasif n-Tainnit n-Intëketo, tnëker sg-ifrï, d-iàn ikid; azerg n-waman, Ula mnid-as g-wasif; g-terga da-issen-suan urtan.
n-ifullusën, wan-in-iutën, da
wi
sgitsën

Ikfran

n-waman n-tagbalut

itag kra,

da-ilâdën ; walainni, ikfer iâdnin,

n-waman

iâdnin,

kullu da-tn-kàlën
La

iferhan;
poules.
va

wi

n-ugerram,

ur

gin

(Intêketo).
à
qui

source

des

La femme (ou
pendant

l'homme)

l'on

a

jeté

un sortilège

se

baigner
source

trois

dimanches

consé

cutifs

dans les

eaux

d'une

appelée

tagbalut n-ifullusen.

Le

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

1

53

dernier dimanche, elle apporte du terkoko préparé sans sel et le pétrit avec l'eau de cette source ; elle mange la première boulette
et

jette la Cette

seconde

à l'une des tortues
trouve
chez

qui vivent

là ;

puis,

se

baigne.

source se
en

Tainnit,
Son
où elle

face d'un

petit

les Inteketo, près des bords de la moulin. Elle jaillit d'une grotte à figuiers
et un caroubier.

l'entrée de laquelle
eau
est

croissent quelques

captée
utilisée

s'écoule

dans

une

rigole

jusque dans les jardins

à l'irrigation.
tortues
qui

On
qui

respecte

les

le ferait,

tomberait

malade.

y vivent; on ne les frappe pas, celui Par contre, les enfants peuvent,
qui

sans

danger, faire

souffrir celles

habitent d'autres eaux;

celles

de l'agourram,

non.

Les Sidi Himmi. llan
gis sin

maladies

de l'enfance.
illan
g-wammas n-Tananl

Ism

n-iàn

ukerkur

;

izran,

bnan-in

zund

kra

n-imï n-uhanu

; walainnï,

igzul,

bahra Ijhed n-masg iksem ufruh cl-masg d-iffog. Tan mi-iag kra i-iûwis, lawi-t s-sidi Himmi,

tsikk-l

g-ddau

izran-annag
ns

krat tikkal;

lasi-ias tigersï

ilan

sin

idârn,

tëddu iskin-

;

ar-d-ijjï

iûwis,
usin-l

tasi-d tigersï

das-lusï.

Amzuaru,
zran-t

Sâligan,
likkelt

gen-l

d-useg°ord,

ar

fellas sirîdën,

asku

iflay,

walainni aguln

ràrën-t

mkellig iga
est

ait-lmazirt, fûwin-d azru tamzuarul (Tanant).

iâdnin, bnun-t,

Sidi Himmi
compose

le

nom

d'un

petit sur

kerkour bâti à Tanant. Il
repose une

se

de deux

pierres

debout

lesquelles
étroit

troisième

de

manière

à laisser
passage,
un

un

passage

pareil

à l'entrée d'une

chambre puisse

;

ce

toutefois,
enfant.

est

suffisamment

large

pour qu'on

y

introduire
amène

La

mère

à Sidi Himmi
pierres

son

bébé

malade vœu

et par

trois

fois
une

le

glisse

entre

les
La

en

formulant le

de le

sacrifier

poule s'il

guérit.

guérison

obtenue, elle
par

offre

sacrifice.

Le

vieux

kerkour fut démoli

les Sénégalais lorsqu'ils
ils
se servirent

vinrent

prendre

possession

du

pays

ntifi,

de la dalle du

dessus
autre

pour

pierre,

linge. Mais les gens de Tanant, avec une y laver leur le rebâtirent aussitôt et le refirent pareil à l'ancien.

]

54

MOTS

ET

CHOSES

EERBÈRES

Les

«

kerkur

de Sidi Boulkhef.
ar

Agaras da-ilawin seg Tanant
tëlkemt

Bu Harazen

ihla,

iga ludà

ar-

inger Ait Uirar d-Bu Harazen ; mkan lëlkeml imi n-wâqâ, ilinl tgëmmao sg-lainnit-àd d-ula tàd ; àqàâàd Ma gis umâdl imoqqor, tili gis tagânt n-tiqi, tili gis lauda, ilin gis

imi

n-wâqà

n-Tkiiut

imîra

moqqorn,

tlmarun

mezzin,

ar-asënt-linin

limarïiin

n-sîdï

Bulhlef. Wann felldsën izrin, iasï ian uzru, iger-t afella-ns, ias : i ha iazru-nk! a-sîdï Bulhëlef! ».

iini-

Ig t-iag kra,
La
piste qui

iml-aijjî.

mène

de Tanant

aux

Ait Bou Harazen
resserré
entre

serpente

tout

d'abord dans le fond d'un
coiffées çà et raides

couloir »

des élévations les
pentes

là de

tigremt

crénelées

;

puis,
que

gravit

et rocailleuses

du défilé de Tikiout de du
genévriers aux

recouvre

une

forêt

clairsemée

de

thuyas et

troncs

bizarrement tor
plateau qui

dus. Au

point culminant

col,

sur

toute

l'étendue du

s'offre alors

multitude

à la vue, se dressent dans un désordre chaotique une de kerkours de toutes dimensions: ce sont les limariiin

barre

de Sidi Boulkhef. De là, l'œil embrase un immense horizon que au sud la masse imposante et sévère de Ghat; mais le sanc
tuaire
plus

du

plus vénéré

des
noyé

« agourram

»

n'est point visible

; tout

au

en

devine-t-on,
les
pierres

Ce
ces

sont

malades

dans la brume, le rocher qui l'abrite. qui dans l'espoir d'une guérison ont élevé
si

tas

de

à l'aspect
souffre,

impressionnant ;
rend sur en

aujourd'hui

encore,

tout

individu,

qui

se

ce

lieu,
et

ramasse une

de

ces

innombrables
ment sur un

pierres

éparses

le

sol,

la dépose

tout

simple

tas

déjà fait

en prononçant ces mots :

«Voici

ta pierre,

o sidi

Boulkhef!

La

rase.

Sidi Bu-Beker.
n-

Iûwis

n-sîdi

Driss

g-ddau

Sur-lcaz

ar-tama

Tassant.

Sidi Drissrlbaraka
di'/u
ur-l-ihammil gis

tins atga,

ur-ihammil

ayannag, izerra
:

g-bna-

Ihatcr-ëns. inna-jas i-ùts
kiin !
»

«

ddu

s-udgar

lëflant,

tzdegl

ar-in-tëdawat

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

1

55

Iddu

sidi

Bu-Beker s-udgar-annag das-is^mla babas

izdeg

gis,

aillig

immut, bnun-as Iqobt-ëns g-dinnag. Ula iàn Iqober iâdnin lama-ns, ism-ëns sidi Mdlëk, ur-sineg ma iga is d-iûwis nag gmas. Lbaraka n-sidi Bu-Beker, ifka i-warrau-ns serbil d-lëmri; serbil, wann g-illa isicl, iddu sers, ifk réal, lawi-d serbil-annag,
gis
robo'

iqim

mnid-as ar-fellas-lzuzû wao
ann ngan

sers, ijji

sg-isid.

W

imzgan nag tallin, neg
robo"

wann

ulën

Ijënun, da-iludu
isâqel gis, isikk-t

s-sidi

Bu-Beker, ikf
.

réal,

lawi-ias-d

lëmri,

kullu f-ddnast-ëns Ula
Tan
wada

itqiman

sbac-

Uam, Ma
gir

wada

itqiman

arb'ain

n-ium

s-lbaraka n-rbbï
ur

t-lin sidi

Bu-Beker da-iljjï.

dàr

iqârîdën, ig dars
m^ddën

Igers,
da

tzri-jas gir
gis

f-umgerd-ëns,
ar

ur-tenni

ad-as-t^kf a-gis-isâqel
igi. Ar-.sers-taskan

waha :

itëdâlab
ulli,

d-irmï.
ku iàn

Ar-as-sattin
d-ma
mi

ligersiwin

izgarn,
sg-

ifullusen;

m-'ddën

Marraks hla

sg-Sus.

Sidi Bou Beker
tuaire
se

est

le fils de Sidi

Driss,
en

agourram

dont le

sanc

dresse

près

de la Tassaout, de Dieu le

aval

du

petit

hameau de

Sour-lâz. Sidi Driss
mais avait reçu pouvoir

de

guérir

les malades,
sa

trop
fils-

sensible aux souffrances
en

humaines, il

transmit tel

baraka toi,

à

son

lui disant
!
»

: «

Va-t-en demeurer dans

endroit et

tu

les

guériras

Sidi Bou Beker
qoubba
près mais

se

fixa

au se

lieu dit,
trouve

et

à

sa

mort,

on

lui éleva
certain

une

de laquelle

le

tombeau

d'un

Sidi

'

Malek,
les

j'ignore
d'une

s'il

en est

le fils

ou

le frère.
par

La baraka de Sidi Bou Beker
malades savate et ses

se manifeste miroir

l'usage

que

font la

d'un

tour

à tour

placés sous

garde

de

chacun

de

descendants.
chien remis enragé une se rend au

Tout individu

mordu par un après

sanctuaire

de l'agourram
quart

où,

avoir

obole

de la

valeur

d'un

de réal, on agite la savate devant lui, il s'en Ceux qui souffrent des oreilles ou des yeux, ou
visitent

retourne guéri. sont atteints

de

folie
7-oboc

également le
est sur

puissant

thaumaturge ;

moyennant un miroir

le

malade
ensuite

autorisé

à

se

regarder

dans le de

qu'on

lui

passe

tout

le

corps.

Certains font
selon

au mausolée un séjour

de

sept ou

quarante

jours

les

cas,

ma'is

tous

s'en

retournent guéris.

1

56
Au

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

visiteur miséreux

qui,

pour

toute

obole

ne peut offrir qu'un a

guerch,
ne

on

ne passe
pas

le

miroir que sur

le cou, il

beau

supplier on

le laisse

s'y

mirer.

(en

A Sidi Bu Beker, les malades, selon leurs moyens, font la promesse cas de guérison) de sacrifier des bœufs, des moutons ou des
La
renommée

poules. vient

du

marabout

est

d'ailleurs

très

grande

;

on

le

visiter

de Marrakech

et même

du Sous.

Les lépreux.
Inejdâmën
zdgën
g-bâb

Dukkala

g-berra

n-ssûq ;

lamdint-ënsen

tstî, hla iàn
lëlahaln

gîsën ur-igï a-iksem s-Marraks s-wawal

Imahzen ;

ura-

m^ddën iâdnin, da-tmiakfan gir ingràlsën ; ihlan, ur-gîsënt illi nnejdam. Da-kerzën i-ihfaun-nsën, ar-zenzan, ar-sagën g-tmdint-nsën. Loqt tran-tmgra, wida ur dàr illi iàt, da-ilsa kra n-iketlan ibbin, ig iàt iddu ar-itkka f-iigran zala f-ihf-ëns, ini f-iân wayis idcafën, iffog ar-itëdâlab tadliwin; wann iran as-ikf kra, das-iakka, imatr sg-dar

liant-

dàrsën tferhin

afus-

ëns

aur-ilkem

wins; ig-insa kra

n-udgar

da-insa g-berra, hla iân

ur-iri al-iseksem.

Ig
wann

t-zrant tmgarin

ula

iferhan, da

sgis

reggfeln,

asku

nnan :

iran

aijji

sg-ënnejdam, da-iêta tasa

wida g-ur-illï.

Les lépreux habitent

en

dehors des
un

murs qui

de

Marrakech,
est

près

de

la

porte

Doukkala, dans
Ils
ne

quartier

leur
sans

spécialement

réservé.

peuvent entrer

dans la

ville

l'autorisation du
beauté.

makhzen.

Us

se marient entre eux.

Celles de leurs
être d'une
se

filles, non atteintes
au commerce uni

de la hideuse maladie, Ils
cultivent

passent pour

merveilleuse

leurs

champs

à

part et

livrent

quement qu'entre eux.

A l'époque des du

moissons,

les plus

misérables,
montent

revêtus sur

de haillons
des

et coiffés

grand chapeau

de paille,
campagne

leurs

chevaux maigres et s'en vont moissonneurs. prenant

dans la de

implorer

la

pitié

Ceux-ci,

parfois, leur
cacher

remettent quel

ques

gerbes en

la

précaution

leurs
les

mains afin
villages

d'éviter tout
couchent

contact

avec eux.

Dans les douars

et

ils

à la belle étoile,

car personne ne

consent

à leur donner

l'hospitalité dans

sa propre

demeure.

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

1

57

A leur vue, les femmes
que sain. pour

et

les

enfants s'enfuient
manger

;

l'on dit,

en

effet,

guérir,

le lépreux doit

le foie d'un individu

Le
i. n-Fas

syphilitique.

Wan

g-illa

Ibibus,

ur-igi

asafâr-ns

gir

Mulay-Yaqub,
itudu,

tama

ag-illa;

waha.

kullu

tnua

tfii-ns, da
u-shun

ser.s

mkan

ira

iksem s-tfraut,
ura-ittini

ar-itlini :

barëd

mkàd,

ura-iitigi aiksem

a-Mulay Yaqub ! » asku s-waman-ns asku sis en ; ins gis
aijji

sin wa.dàn

nag

krâd; sg-wass-ag
tàqqain

imi

kullu;

ma-t-id

ikkan

ur-

sar-m^lnt agis-ffgënt

(Tanant).
ar-d-itasi

2.

Wanna

g-illa

Ibabus nag njdam,

aggurn, izdâ-l.

asin ailëdars snin-l

f-lbhimt,

aûwin-l al-lassiah n-ait

Umzri

g-Tis-

sint,

aûwin

tigersi-nsen
asin-n

n-ufullus.

Ih

lëkemën,

aggurn

d-zzil,

sfessusun-t,
n-tgbula

ar-t-itasi

walli

t-isfsusan

ar-t-itlôh

g-isidran-lli

n-tama

llassiah,

ar-d-iks

lëfsis,
ijjen

iasi-d afullus, igers-as
gis

g-iân

uzugL"i, iqler idammën

g-uzûgwi,

ibjirën-ns, ig
d-adan-ns ,

n-ifraun-ns

d-idârën-ns, tisdùwin tasa-ns, d-ûull, d-ukur-ëns, ig-tn g-luzzumt
gis
uhsas

n-ufullus,

n-uzg°i,

ar-ln-isras

g-useddir-lli moqqorn , inna-ias
aun ndâlëb

: «

ha Ihâqq-ënnun
da?'

a-lmluk n-ait
rbbi

Umzri! is

ddarun

a-fellag-fafum afasi

imdïgiun n-rbbi, is nuska rbbi ddarura g-ihsan-ënneh !

«

Ih ëddar isker kullu gmkan, ar-itks iberdan-ns, ar-itsfa gwaman n-tgbula-lli, ar gis itkka krâd ûussan, wis khoz ûussan, isudu-d
s-tgëmmi,
ura-d-ilkem

tigëmmi-ns ar-t-kullu qârent tahbubiin-lli gis

illan,

ar-itjji. gddau

Ait Umzri, llan
mima; llan
ara-lsfen

Tisint dàr

tbufqusin gugaras n-Lmgai

gis

iferhan,

tmaratin

llassiah,

tuna

m^ddën,

ar-asënt-tinin

tigbula n-ait

n-waman ; tuna-jag Umzri (Tlit).

i.

Il n'y a,
environs

pour

le

syphilitique,

d'autre
nom

remède

que

les bains
marabout peut

d'eau des

sulfureuse

de

Moulay Yaqoub,
que soit assuré

d'un

célèbre son

de Fez. Quelle doit
ne

la

gravité

de

état, il
o

s'y rendre, et être dans le bassin, il
Yaqoub !
pérature
»

d'y

recouvrer
«

la

santé.

Avant d'entrer

s'écrier: pourrait

froide

ou

chaude!

Moulay

sinon,

il

s'y jeter à

cause

de la haute tem

de l'eau.

'1

58
Il
passe

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES
guéri.

là deux

ou

trois

nuits,
n'a

puis en

repart

Qui

est

allé
2.

à

Moulay Yaqoub, dit-on,
On installe le
aux malade sur marabouts

jamais

plus

de boutons. le
de
conduit prendre

quelque

monture et on on a soin

à

Tissint,
soi,

des Ait Oumezri ;
et

avec

un peu

de farine

Une fois arrivés,
et on prépare près
un

on pétrit

une tigersi, en l'espèce une poule. la farine en la mêlant à un peu d'huile

du lebsis

aussitôt répandu sur

les buissons
fait
couler

qui croissent

des

sources.

On égorge la

poule,
on

on en

le sang dans

tesson

de

poterie

dans lequel
ailes, tout

jette

encore

les plumes, la tête,

les pattes, le bout des gésier, et l'on dépose le
«

sur

les boyaux, le foie, le cœur et le le buisson le plus épais en disant :
o anges
mal

Nous
que

sommes

venus vous

implorer,
guérissiez
malade

des Ait Oumezri
en nous ses

afin

Dieu

et

vous,

nous

du
se

qui est

!

»

Cette
ments

cérémonie
se
et

et

terminée, le baigne. Il reste là
peine est-il arrivé

dépouille de les

vête

trois
chez

jours; le
lui
que

quatrième

il

s'en son

retourne

à

plaies

dont

corps

était

couvert sont se sur

déjà

sèches.

Les Ait Oumezri
meraie

trouvent

non

de

bufqos,
se

la

route qui conduit

loin de Tissint, dans une à Lmghaimima. A

pal

côté

de les

petits palmiers se sources où connaît

dressentles kerkours des
malades
nom

marabouts et coulent

baignent les
pays sous

;

ce

sont

ces

sources que
».

l'on

dans le

le

de

«

ligbula

des Ait Oumezri

La
i

variole.

.

Tabaut.

Da

ttawin

alili

iqqorn,
afella

sersën-t

jah

ddawas, fellatsën, isëksem
Taberrusl.

ërrezën

ifraun-annag n-ulili

n-tirgiin,

ijah-

ihf-ëns

g-uselliq-ëns afada aisu

aggu-annag
ar-as-thann

(Tanant).
2.

m^ddën,

ar-t-kullu

gis

Wanna g-tëlla, ih iffog; ih bahra

l-iusi
gis gis

s-âdit,

tuggut,

ar-tasin

igidu,

ar-as-tggan

tafi

ar-d-ihmu

igidu,

ar-d

snqldbën;
:

ar-as-tasin-

lazùll,
n-wass,

ar-as-t-ilggan g-walln-ns

krâd laduwar i-wass

zik, tuzzumt

tëdugg"àl; ar-as-akkan la'am s-afus-ënsen, asku aur-ista s-afus-ëns fada aur-iss taber/itst, asku wann islan taberrust,

nr-

istg

udis-ëns.

Wanna iran

as-l-igzi, ar-d-ilasi

g-gr-wafud,

ar-ilasi

Imns

n-waz-

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

1

5t)
ig-

zar,

igzi iss tififa, iasi

arsëd

n-tberrust,

ig-t

g-iftli

izegg'"agën,

t-in g-tgzait.
ass-nna add gis

ig fellas

ladùd

iûgguan, ias-t;
taula
wis

ih ikka hamstasr

jium,
iran

Ira ad-gis-tffog,

ar-t-lloh

krâd ûussan fad
ar

amna

iffog

ar-d-gis-ilëdhar

krâd ûussan,

gis

Cuiadën
tagausa

m^ddën

Ihànna d-lëbhur, d-luwerd, d-lhabâq, lhasil kullu
m^ddën

ijjan

ura-lsqràbën

i-wanna g-tëlla

tberrust;

udi

ur-inuin, asku,

d-iqqain,
mwddën

tfiia

Ibegri d-ibaun,
ar-tslga

n^tni aigan asafar

n-tberrusl,

ih ikôclâ lujjul

tberrust,

ar-itmlàl gayan afa gîsën

fajadën

isafarën jjanin (Tlit).

Le malade, la tête enfoncée dessus d'un tesson de poterie et
i.

sous se

ses

vêtements,

se

place

au-

soumet

à des fumigations de l'éruption
violente applique
midi et

feuilles desséchées de laurier-rose.
2.

Si

«

le

malade

a

respiré

le

mal

»,

on

laisse

suivre normalement

son

cours.

Cependant,
du

si elle est

trop

on

étend

et retourne

le

malade sur

sable chaud.

On lui

aussi

du koheul

aux yeux et
avec

cela, trois
couscous

fois

par

jour,

matin,

soir.

On l'alimente
qu'il ne

du

qu'on sinon ».

lui donne à la

main

;

il importe
aux

se serve qui
«

lui-même,

l'éruption
à

s'étendrait

organes ce

internes

éclateraient

Si à
vidu,

moment,

on

désire inoculer la

variole

quelque

indi

on

lui incise la
un

peau

l'entaille,
avec
qui

fil

rouge

à hauteur du genou, on introduit, dans enduit du pus d'une pustule, puis on bande
après cette

de la laine. Quinzejours
persiste
pendant

opération,

une

fièvre

monte

trois

jours,
Il

et

prend

fin

quand

l'éruption
malade

devient

nettement

apparente.

convient

d'éloigner du

toute chose qui

dégage

une

bonne

odeur comme

le henné, l'encens, dangereuses à
pustules et
non

la

rose ou

le basilic. Les

odeurs

fortes

sont,

en

effet,

respirer;

elles peuvent occasionner

le déchirement des le
malade avec

par suite amener

la

mort.

On

nourrit

du beurre

cuit,

des

dattes, de la

viande

de bœuf

et

des fèves.

La
Buhamrun ; berziun.
ar-as-s^lsan,

rouseole.

Wanna

g-illa

ar-tasin mwddën

lâhar ir.

ar-as-akkan

askif d-ûudi tberkuksin.

l6o

MOTS

ET

CHOSES

BEBBÈRES

On

revêt

le

malade

d'habits de
à

soie et on

l'alimente de

bouillie,

de beurre

et

de

couscous

gros grains.

Les Bu-tummàz.
ar-ikers

convulsions

.

Tadrant g-illa, mkan tzra immas ar-ilkemmas ifassën-ns, tisan is d-bu-tummâz a gis illan; tëlla lada
turu ass n-sb'a
mkan

kullu

ma

iiam da-t-inqà bu-tommâz. is attaru,
a

Asafar-ns

tshassa tmgart s-ihf-ens

mkan

tsfruri

ifullusf,

fallem-as

lasisaut,

tini-ias :

«

ha

tàsisaut-ënk

bu-tommâz ! »

Tg-as iân ifîlu azugg"ag g-udâr-ëns, tadëdj-l ar-asrag a-tsdàr tiglai-ns, ura-int-tsta, ura-int-tz^hza ; ar ass gis Ma uzebbar g Ira

taru,

tamëz

tasisaul-annag, tkëref-l,
sgis

tsers-t

tama-ns,

ar-tzebber ula

tmgart,
ntàt ar

iffog
asrag

iffog

uzebbar, iksem s-tsisaut-annag dag seg tsisaut, iagul s-tmgarl,
/gaz

ar-tzebbar

ar-iskar mkan

nag
gis,

ar

asrag turu,
tsers

fàt tanut g-mnid-as, tgers-as gis, tjjen-t
mkan

tsfi-t,

iserman-ns gis, lëg-l g-tkinl, tsnu-t,
sgis

tnua,
iâd

aùwin-as-t-id, tgûbi

imiq

sg-iàt

tainnit,

tgûbi sg-lainnit-âd

g-tahfurtnin, tgûbi sg-mnid, tgûbi sg-ëllora, ayannag isuln, tsers g-llan iserman d-ijjij, d-idammen, tmdël-t gis ur-sul nnin annag

ad-as-lmmldtën

warrau-ns

s-bu-tummâz.

Lorsqu'une

mère sait

voit
qu'il

son enfant crisper est pris

et

tordre

violemment

les

mains,

elle

des

convulsions.

Il

est

ainsi

des

mères qui perdent
sance.

tous

leurs

enfants

le

septième

jour de leur

nais

Le
une

remède :

dès

qu'elle

se

sent

grosse,

...

la femme
et s'écrie:

marque

poule parmi une
poussin un

couvée

qui vient
»

d'éclore
afin

i voici

ton

ô

bou-tommaz!
rouge

attache

fil
ne

de la reconnaître, lui puis, à la patte, et lorsque cette poule commence à
ou vendre

pondre,

on

doit

manger

ses œufs. elle

Quand
che près

elle entre clans

les douleurs do l'enfantement,

l'atta

le

corps

d'elle ; ses douleurs la quittent bientôt et passent dans de la poule, puis viennent la reprendre pour à nouveau la
retourner
un petit

quitter

et

dans la
trou
que

poule

et

ainsi

jusqu'à la délivrance,

Alors, dans
la
plume,

la

vide

et

devant elle, elle l'égorgé, jetlc les boyaux dans ce trou. On la lui fait
I
on

creuse

INFIRMITÉS
cuire

ET

MALADIES

1

61

ensuite,

elle

en

mord,

çà et

là,

un

petit

morceau en

dans les
avec

différentes
les

parties

et,

finalement,

enterre

ce

qu'il

reste

boyaux, les plumes et le sang. Désormais, mourront plus de « bou-tommaz ».

ses

enfants

ne

La

coqueluche.

L"auaia.
isni-int

Da-ttudu immas
n-ait

Mann-wann g-tëlla s-tgbalut n-sîdi

sûr g-ugaras

Imellah

Mâjjen,

tgru sgis

kra

n-tuglalin

n-ignaun,

g-jàn

ifilu,

tagul-inl

i-wann

g-tëlla

l"auaia

g-umgerd-ëns.

sidi

Nag, das-suan aman sg-uqerjûd n-ulgum, ig ur-ijji dat-ëtawin Driss, ksemën s-lfraul-ëns amzën sgis l'an uslem, seksemn-as
,

imi-ns

g-imï n-tëdrànt

dag

tëlla ijji

s-lbaraka

n-rbbî

d-sidi Driss

(Tanant).
La
sur

mère

du

malade qui

se

rend

à la fontaine de Sidi Mansour des Ait Majjen;
elle

sise

le

chemin

mène au mellah noirs

y

ramasse
suspend

de
au

petits

escargots

dont

elle

fait

un

collier

qu'elle

de, son enfant. Ou bien, on lui ingurgite de l'eau
cou

au

moyen

d'un
on

œsophage

de
au

chameau. sanctuaire

Si le

remède

ne et

produit

aucun met

effet,

l'emmène

de Sidi Driss
l'on

là,

on

lui

dans la

bouche,

la

tête

d'un

poisson que

pêche

dans le bassin de V agourram.

L'ozène. Ikëdi.

Ma igan ikëdï ? Afruh

,

ig

ikôdâ âdù ur-ihlin,

da-t-itag
ar-tsud-

kra sg-wàdù-annag ikûdâ.

Asafar-ëns, da-tsatti iàt
s-iàn

tlezdit n-tâdùd,

tëg gis imiq
dum
tqtr-as
sgis

n-z'afran, tëddu

ulilï,

ar-tbbi

ihfaun-ns,

aman n-ulilï

g-tlezdit-annag ar-asrag temmeg
g-tihzar-ëns.

kullu,

taùwi-t-id

i-tëdrânt

ijjï.

Wamma âdù da-ikûdâ
u-taiummist ma gis

sg-tiummist

da-illan

g-itmgerd n-immas

;

illan? Idammën

n-umegdur.

Ma iggan
attsattï

ameg-

dur ? Wada
>

ngan g-ugaras

iqetlâan, idammen-ns,
itzi.

tmgart

tëg

didasën Usent
urgàz-ëns

d-lharmel, tkums-in,
didas

tagul-in g-umgerd-ëns afada

at-irî

aur

Laoust.

i i

IÔ2

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES
a respiré une

Voici

ce

qu'on

appelle

ikëdi'i Le
malade

petit ce

enfant qui

mauvaise

odeur,
tomber

devient
goutte

de

fait. Sa
ses

mère

le

soigne en

laissant de

à

goutte

dans

narines

du latex de

laurier-rose

qu'elle a recueilli sur

de la

ouate préalablement enduite

%safran .

L'odeur,
porte
au

qui occasionne

le mal,

se

dégage du

nouet que

la

mère

cou.

Ne

renferme-t-il pas

dire d'une
les
en

victime que chemins

du sang d'un amegdur, des brigands ont lâchement assassinée
conserver un

c'est-à-

sur

grands

? Pour
porte

l'amour de du

son

mari et vivre

paix avec

lui,

elle

talisman tout

simplement

fait

avec

ce

sang

qu'elle noue

dans

une

loque

avec

sel et

du harmel.

La Inirfed. iân

grosse

rate.

Mkan Ma g-iân, da-itludu
ar-itqias

s-tazarl ar-d-ilî

n-irumin, ibbi

sgis

igerf, ibbi-t,
ugerram

f-inirfed-ëns
sîdï

ann^sl-ëns, iaûwi-t

s-iàn

das-ttinin

Bu-Cabdelli

g-lulân

;

ar-itqâr
ar

igerf-

annag imiq s-imiq ar-itqâr ula nta inirfed kullu iqqor igerf annag, iqâr inirfed ula nta

g-udis-ëns g-udis-ëns.

asrag

Neg
Le
ner

idda

s-imi

Ijëma"

dàr iàn

urgàz

itiafka-jas

asafar n-inirfed

da-itqqod ;

mkan a-ljjint

tiqqad, ijjï

ula nta.

malade

découpe
et

une raquette

de
sa

cactus rate

de

hianière

à lui don
au

la forme

les dimensions de
se

et va

la

suspendre

mausolée

de Sidi Abdelli. Elle
mesure que

dessèche

peu

à

peu et

la

rate se

dégonfle d'autant à
celle-ci est

la disséccation

se

poursuit, lorsque

complète, l'organe a repris sa Ou bien, le malade se rend à Imi Ljmâ
pour guérir ce genre et

grosseur normale. où

demeure

un

individu

qui passe pointes

de

maladie

;

ce

dernier lui fait des
malade est

de feu

lorsque les

cicatrices

disparaissent, le

complètement, guéri.

La

jaunisse.

Bu-sfir.

Wan

ùqëminu,

wala

g-illa busfir, da-turigent luallin-ns, ifassën, hta mon urigën.
iiksud

iitrig

kullu

Da-lsalti

tmgart l'an

n-tausgrint, tëg-t g-lakàt,

ar-d-gis-

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

xl63

tamz, tasi-t,
seg-taskast
nta

tqd-asi

sg-umgerd

seg

tainnit-âd

d-uala làd,

tqd-as
ula

n-uhsas-ëns

;

mkan a-tjjinl

liqqad-annag,

ijji-ias

busfir.

Les yeux, la
atteint,

face, les

mains, jusqu'aux

urines

de

celui qui en est

se colorent en

jaune.
lausgrint
passé au

Au lui de la

moyen

d'un bâtonnet de
le

feu,

une

femme
sommet cessent

applique

cautère sur chaque côté

de la

nuque et sur

le

tête

Le

malade

est

guéri,

lorsque les

pointes

de feu

d'être

apparentes.

La

rechute.

Tënks.

Taniagkra,
neh-d

mkan

tjji s-imiq, tnëker ar-tffo ar-tk'ssem g
gis

;

ig didas izi kra

tsella i-kra n-wawal ur-ihlin, inna-t

kra,

tgiier g-ull-ns, tagul

tëder, ism-ëns tnks. Da-tsatti iàt_g-istdars imger, tëksem s-kra
n-ihuna, ku-l^atebl tgaz
sgis

n-tgëmmï

iâdnin

g-llan

sbac

imiq

n-uakàl sg-ufella ar-tkémmel

sbac

lcatëbàl, taùwi-t-id, tkum-t ar-d-inegd thuwol, tgum iss âqërnmu d-ifassën-ns d-idàrn-ns, tadëdj-t ar-d-izwo, tsfruri-t, tagul labàs dàrs; neg, ig ur-tskir awal-âd nënna, taûwi-d liskert d-sâbun, d-wàmud n-tgëllâlin d-waifs, tkum-in ar-d-negdën, Ig-âsën imiq
n-waman, lëdhen iss kullu
tjjî

Imfâsel-ns

sg-ugensu

wala sg-ëllora, tagul

(Tanant).
peine entrée en

Si, à
propos
parle

convalescence, elle,
ou

la

malade

entend

quelque

désagréable

pour

bien,

si on

la

contrarie ou si on

lui

durement,
ses

son

cœur se

trouble
tenks.

et elle retombe malade

;

c'est

cette rechute

que

l'on

nomme

Une de

parentes, aussitôt,

pénètre

dans

une maison composée

de

sept

pièces
un

et,

du

seuil

de

chacune

d'elles,

enlève

avec une

faucille
et

peu

la

malaxe

de terre; pour en faire de la

elle

l'emporte, la
dont

pulvérise,

la

mouille,

un mortier

elle enduit est

la

figure, les
que

mains et

les

pieds

malade.

Tout danger
écailles.

écarté dès

la

terre

desséchée
autre

tombe en

petites

Un

remède

consiste
en

dans l'application,
écrasant

sur

les poignets,

d'une

préparation

obtenue

finement de

et en

humectant de thuya.

ensuite un mélange

d'ail, de

savon,

de

graines

navet et

1

64

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

La folie.

Amejnun.
m-'ddën

—-

Tamazirt-ënnag,
fellas âqran,
ar-zàdën aùwin

wanna

gis

igûi

Ijenn,

ar-tawin

tolba,

ar

ar-as-taran

tigïriu

ar-as-iss

tbehharn.

Ig

ur gis

qôdin tolba walu gmkelli

iga

adukan

iga,

izaid g-lhëlaut,
i^sidi

ar-t-tasin ar-t-snain akàl

aitëdars,

aggur-ënsen,
tigersi-nsen

ar-t-ëlawin

bu'aissa,

f-lbàhimt,
irëjlin
ar-itasi

ar-loqt-nna

g-n-qerrebën

n-ssih,

ar-as-korfen

ar-aok-itasi

ifassën, ar-askorfën idârn, ar-isguyu, da-t-gûinin, ar-t-slëkemen s'sih, âr-as-itnàqar
amjnun-lli,
s-as-Fafa

Imoqoddem,
"aissa

ar-t-in-itqqen

g-lbqobt

n-sidi

bu

ar-d-iffu

zzëman

rbbi,

gorsn

i-tgersi-nsen g-ssih,

kën

gis

krâd ûussan,

urrin s-tgëmmi-nsen

(Tlit).

Dans
par

notre

pays, lorsqu'un

individu
tout

est atteint

de folie (est frappé
à la
science

les

djenouns)

nous avons

d'abord

recours

des

tolba

qui

l'exorcisent

en récitant

du Coran
qu'ils

et en

écrivant
ensuite

quelques

versets sur

un morceau et

de

papier

brûlent le

;

la fumée

qui

s'en

dégage

à laquelle

est soumis

malade

possède,

dit-on,
l'ins

des

vertus

curatives.

Si,

malgré

cela, il

ne

recouvre

pas

la raison,

ses parents

tallent sur

quelque

monture et

le

conduisent au marabout

de Sidi

Bouâissa. Ils

dès les

qu'ils

sont

mains et

avec eux de la farine et une tigersi; et, le territoire du saint, ils ligottent fortement les pieds de l'aliéné qu'ils emmènent dans cet état et
emportent sur

remettent,

malgré

ses

cris,

au

moqaddem.

Celui-ci

aussitôt

l'en

ferme dans la qoubba; le lendemain matin, il en sort guéri (Dieu lui a accordé son pardon). On égorge alors la tigersi; on reste là trois jours, puis l'on s'en revient à la maison.

La

gale.

Ar-ntasi lokûbrit
ar-ntkom

ar-t-ntmzi

;

d-lhànna izuarn

ar-as-nttini

ibburcfû,
g-illa

Ihànna ar-d-imzi,

nâder-t

lokûbrit d-lhànna
nlëdhan

n-ibburdà

d-zzil,

nëg-tn

ar-d-ërgen ar-iss-kullu ar-l-kullu

tient

n-wanna

ujeddid

krâd ûussan

it-mtàt

ujëddid.

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

I

65

Ih Ula g-ùulli,

ar-lnl-nlàms s-lqdrân

d-zzil

ula

ilûgman

g-mkan

(Tlit).
Nous
pilons

du

soufre et

du

«

premier

henné

» appelé chez nous
un

ibburdù et,

avec

de

l'huile,
corps ait

nous

faisons du

tout

mélange

que

nous chauffons. sons

Nous

obtenons

ainsi

un onguent

dont

nous endui

entièrement ce que

le

du

malade, et,

cela pendant

trois

jours

jusqu'à
Si la
avec

le

mal

disparu.
ouïes

gale atteint goudron et

les brebis

chameaux,

nous

les frictionnons

du

de l'huile.

La, teigne.

Tamëjjùt.

Wann g-tëlla,

iks

aggw

n-lgejda

n-nnig takàt,
azagur,

ismun-t,

ig-t

g-iàt

tmëdlit,

ig

gis

imiq

n-zzil;

dinneg as-iks
igûm iss

issudu ihf-ëns

s-idammën,

iasi asafar-annag,

ihf-ëns

(Tanant).
Le teigneux
sus

enlève

de la

suie accumulée sur
un

les de

poutres

du des

du foyer la tête

et

la

mêle

dans

bol à il

un peu

d'huile. Lorsqu'on lui
cette pommade

rase sur

et que

le sang

coule,

applique

ses plaques

teigneuses.

La blennorrhagie.
Asemmid.
d-ùqitain
i
.

Wann

g-illa usemmid

n-tanëbull,

iseg

ùqitain n-zzil,
gis
ar-d-

n-zbib

d-iàt

n-tferzist,

iddu s-ïhammam, iqim
gis

icareg,
ibdû

isu zzil, ibdù taferzist, ku mnâsa, isers
g-ifassën-ns,

aurz-ëns,

ibedda,
ma

zbib

ibedda

rba"

n-lasa'at, iss zbib,

iffeg-d

ijji (Intëketo).
2.

Wan g-illa,

da-isag
n^s

n'-'s

ri"l

n-tiskert

lazugguagl,
tnejjit

iqser-t,
ismun

ibbej-l, i'abber
a-gis-thmer

dag

rl"l

n-tamemt,
ar

isg

idt

Ijdid,

liskerl-annag ttameml,
iân
wass
sbah udàd

ihelled
sin

nag

asrag Iga zund l'ajin iadëdj-l ; loqt ma d-inker sg-ils, iëss sgis iân
ar-d-ikemmel
sba"

nag sin, ku

mkannag

iiam, da-tserrah

tanëbull-ëns

(Tanant).

I

66
3. Wann
g-illa

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈBES

usemmid,

ar-tasin adan-ns

aitëdars

tafullust kullu

idlàn,

ar-as-qorsën,

jjenn-t, Idin

g-dar

umgerd-ëns,

ura-l-id-

serrâgën ar-t-tcammdrën s-isafdrën.

Ma iggan isafarn P

ras

d-ssanuj, d-ugdenjal,
gnun

skenjbir,

ar-as-kullu

"ammarën,
ar-t-tkumën

ar-tasin

lhanut, ifili,

iss

amgerd

n-tfullust,
guzzu

ar-tasin udi

âqbur iharran

ar gis snuan

tafullust, tnt-zâdën,
gis

ar-tasin

iqqorn

âqbur,

àr-d-inegd,
liqborin,
ar-

ar-inugg"â

g-ùudi-lli

g-lëlla

tfullust ar-t-tasin lomzin
ur gis qàman

siffen-tnt sin-ladûwàr ar-d

ilâmmën,
(Tlit).
raisins

ar-as

skârën

ta"am,

ar-l-isla

-s-tfullustAli

g-llan

isafarën

ar-issa

gudenjal

g-watay kkoz ûussan nag
malade achète

semmus

ar-itjji

i. et

Le

deux

onces

d'huile, deux de

secs

de taferzist, puis, se rend au bain. Lorsqu'il est en pleine transpiration, il boit cette huile, après quoi, se tenant debout, il dépose une poignée de taferzist sous chaque talon ; il reste dans
une

autre

cette position pendant environ un quart
raisins et

d'heure, il
et une

mange alors

les

sort,

de là,
le

guéri.

2.

Le

malade se procure une

livre de miel
au miel

livre d'ail
un vase

rouge.

Il épluche

l'ail,
pâte

pile

et

l'ajoute

dans

neuf.

Il

obtient une

qu'il

laisse fermenter il
en mange

pendant un ou
valeur

deux jours. deux doigts

Chaque matin,
et

au

réveil,

la

d'un
est

ou

dès le
3. Les

septième parents

jour de

ce régime sa

Vessie

dégagée.

du

malade par

égorgent

une poule non par

noire,

la plument,

en

retirent

les boyaux

le

cou

et

le ventre, la bour

rent

d'une farce
le
cou

composée

de

toutes

sortes

de

condiments et recou
rance
et

sent

avec un

fil. Ils la font des de la

cuire

dans du beurre
conserves orge

jettent, dans la
pilées.

sauce,

carottes

de

soigneusement

Ils écrasent

en outre

vieille une

et par

deux

fois,

en

tamisent

la

mouture afin
un

d'obtenir
Ils

farine d'une
enfin poule

extrême

finesse
Le

dont ils font
malade

couscous.

servent

et couscous. et

doit

en plus prendre

du gudenjal dans du thé

cela,

pen

dant trois

ou

cinq jours.

L'empoisonnement.

Iselsa.
tsberburn

Wanna issan iselsa,
aberbur,
gën-t
niât
tir-Isba'

ar-t-tasin

m^ddën
zik

Igasul

ar-t-

ar-d-isba"

g-itran

ar

sbah, asin

tanikt,

sberberën-l

ula

aberbur,

sruhën

t g-itran.

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

167

Da-d ukwan, inker zik sbah, jasi iàt lëdqit, i'ammert s-waman Igasul-ëlli rohën g-itran, isu-t, g"'in-l sin irejlin, ar-t-s^ndan, d-kullu
smassën

ar-

Ijuf-ëns,

ig-ën adâd-ëns,

ar-ilràra

ar-d-kullu

Huit

s-aman-lli

isua n-gasul, iasi

dag
ddur

tidëqit

n-waman ar

n-tanikt, isu-t

dag

ar-t-s^ndan g-mkelli skern

izuurn,

dag

ilrâra

ar-d-kullu

ilôh

ma-illan

g-udis-ëns,

iasi

dag askif n-tomzin
askif
n-tomzin

ur-ilin

lisent, isu-t,
gn-as gis

iluh diss fada ilma
udi, isu-t fada san,

ad-as-fken

ilan lisent,

an-igiur g-udis-ëns

ar-as-nëltini

; dais-irâra iselsa (Tlit).

g-mkan

ais-nskar semmus

ûus

On fait bouillir de la terre à foulon dans

un

vase

rempli

d'eau,
liquide
aussi

de la
sées

rouille

dans

un autre et on nuit.

laisse les deux
on verse

préparations expo

à l'air toute la
un

Le

lendemain,
une

du

premier

dans tôt,
ce

bol

et on

le fait

avaler au malade que
outre

deux

hommes,

secouent violemment comme se

à battre le beurre. Le l'a lui

malade

fait
on

vomir

en

enfonçant

les doigts dan,s la bouche. En
et, après
vomit
qu'il

moment,
on

lui

présente

bu,

le

secoue

comme

du deuxième liquide, la première fois, puis il
tout

à

nouveau. on

Après

avoir

ainsi

rejeté

le

contenu

de

son

estomac,

donne une bouillie fade
sonnée

qu'il rend et une

de

cinq jours

beurre, qu'il conserve. et ce, dit-on, pour qu'il

autre, d'orge On le soigne de la
rende

salée et assai

sorte pendant

Viselsa.

Vomissements. Iurig.
as

Wanna

gilla

iurig,

ar-d-nlasi

hajuju,

ar-t-ntkum,

nïg-

aman,

ar-l-nlams

s-afus,

nënegl-as ar-ln-issa

aman

zuwarnin, d-wis sin,

d-wis On

krâd,

nsti-tn

s-tsfail,

(Tlit).
en

guérit

celui

qui

vomit

de la bile

lui faisant boire

une

décoction de

grains

de hajuju piles, mouillés,

décantés,

par

trois

fois,

puis

filtrés.

Les
1
.

coliques.

Azëbar.

Wann

g-illa

uzëbar, ur-iri a-sgis-ijji

d-as-d-sagn

fàt

tarrëmant

n-sïdi

Driss,

s-ëlgers

as-a-tnza, aùwin-t-id,

bbin-t,

i68

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

kfn-as âqqain-ns hclùn iqsran-ns,
mant-âd n-sidi
smunn 2.
'

ad-in-iës wan

ura-faln

hla iàn

wàqqà

aider

g-wakâl,

dàr g-illa,
arbac

aûwin-d

imiq

n-ùqsu/j kûmën-t
sg-tarrë-

ar-d-inegd, iger-t g-imi-ns , izri-t s-waman. Wann sgis issan

Driss, ikf

ijuh, ar-asrag tkemmël,
azenn

ayan

gis

iqârîdën g-iqûsran-annag, iasi

iss i-stdi Driss (Tanant).

Azëbbar, ig-iag
ijji; nag
Tuzblrin.
g-iregzën

iân iasi Ibarud, iëg-t g-waman,
lalëddràr ar-t-ithokko

issu-t,

iga-

safar,

g7ifassën-ns, is-t (Ait

Lhasen).
3. i-iàn

Wann

g-illa

imiq

n-uzëbbar

isdidën, das-ittini
lualidin-nem !
«

nag iàt

g-tmgarin : « airahem
rant ad-bbint adis-ino g-ufella

rbbi

ig
»

u.r-i-terzit

luzbirin, hat

!

»

Ini-ias:

bedd!

Ibedda mnid-as, iskr ifassën-ns idùdàn-ns afella n-umgerd-ëns , ik-d iam^-t
s-ifassën-ns sg-ufella

n-igariun-ns ,

isëbbek

nnif-as wada

iran as-int-irrez,

n-tgomrin

n-wada zund

ihuzz-t s-ignuan,
«

Hfl ^-tf! ^tf!

■■

isus-t, stgent tgoràd-ëns ijji, labàs dàrs.
mnid wada

g-llant tuzbirin, lirufin, ini-ias dag:

Ula wayàd, da-itqima
ifassën-ns

iran

as-irrez

tuzbirin,

ihellef
idhi-t
«

s-llora n-ladaut-ëns ,

iamz-in

wada

iran

as-irrez

tuzbirin,

isers-as

ifaddën-ns f-tzdit

n-tadaut-ëns ,

ijbet
zun

ifassën-ns,

s-ifaddën ar

llf! tf!

asrâg stgent tgorâd-ëns nëker, labàs dârëk ! »
souffre

dag

lirufin, ini-ias :

ztf

i.
une

Qui

de

coliques

persistantes

achète,
en

pour un

guerch,
en

grenade

du jardin de Sidi Driss. Il de
n'en

mange

les

grains

prenant

la
;

précaution

laisser

tomber

aucun

à terre. Il de faire

garde

la

peau

quiconque se plaint
et
«

du

ventre eh coupe un petit

morceau,
payer

l'écrase
quatre

l'avale
ijouh
»

avec un peu

d'eau. La
qui

coutume est

à

tous

ceux

mangent

de

cette

peau, puis,

d'envoyer les

menues pièces au

marabout,

lorsqu'il

ne reste rien

du

fruit.
2.

Un

autre remède consiste

à

avaler

de la

poudre

à fusil délayée

dans
creux

un peu

d'eau

ou

de la
de

laleddrar simplement

écrasée dans le

de la

main.

3. Celui
«

qui

souffre
si

«

petites coliques

dit à

un

individu':

Je t'en prie,

tu
»

ne
«

me

brises
»

pas

les

coliques,

elles vont me

crever

le

ventre!

Lève-toi
mains

lui

répond-il.

Le

malade

porte

les

au-dessus

entre-croisés

derrière la

nuque.

Le

«

des épaules, les doigts briseur de coliques » le

sai-

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

169
ses omo

sissant par

les coudes, le fait-il

soulève et

le

secoue

violemment,
que

plates craquent alors comme «

des

grains

de blé
et

l'on fait

griller.

tef ! tef ! tef!

»

en

ce

moment,

les

coliques passent.

Ou bien, le
«

malade

entre-croise

les

mains

derrière le dos
en même

et

le

briseur de

coliques »
genou

les lui les

saisit

fortement dans

temps

qu'il

applique

le

contre

reins;

cette

position,

il

attire
avec
tiru-

brusquement Ie.malade à lui, puis le repousse vigoureusement le genou et lorsqu'à ce jeu, les épaules craquent comme de la

fin,

il

s'écrie:

«

tef! tef! tef! va-t-en, tu

es guéri!

»

L'insolation. Tafukl.

Wann

luut
«

is'-'nn at-iks, ini-ias: d-ider !
-

i-rbbï,
rrezl

tafukt, ineg-t ihf-ëns, da-iltudu dar wadda ^ks-u tafukl, han ihf-înu ira felli
sg-ufella

Iqim mnid-as, iks-as
ar-as-l-ilams

n-ihf-ëns, iamz-as s-uamul-ns,

ihf-ëns,

sg-ënnif

ihf
ar

ar-d-itawi

tafukt

ar-asrag

iarnz

sin

ikemziun-ns,

isers ian

f-nnadr-àd,

isers ian

f-nnadr-àd,
mkannag
s-afus-ëns

ismun-in-d d-nnadr-ëns
ar

inger tamawin-ns, iagul

dag

asrag

izugg"ag
ar-t-itbbï

inger tamawin-ns , iamz-as ihf-ëns
s-ikemz

azelmâd,
ar

d-imelleg
idammën.
s-sin

sg-udgar-annag izugg°agën
iberrem-t f-tainnit
tazël-

asrag

ran a-sgis-d-ffgën

Loqt-annag,
màt

iamz ihf-ëns

ifassën,

ar-d-isteg umgerd-ëns, iberrem-t dag s-tainnit tafasit ar-d-isteg s-ifasumgerd-ëns, iamëz-t, isers ihf-ëns f-wins, ihâser-t-in, iamz
amezzug-ëns,

sën-ns

nag;

loqt-ag,
:
w

ini-jas

ijbet ar-d-isteg, iskr-as i-umzug iâdnin : « Hfl ztf!xtf! » isker sa zun fellas

mkan

isufs,
ur-innï

ini-ias

nëker

! labàs dàrëk !

Ig

ur gis

tëlli

tafukt,

waha

aizagg"*ag uamul-ns, ini-ias:
Celui
tête
va

a ur

das-itams ihf-ëns ar-d-irmî, lafukt a-gik-illan ! »

qui est

frappé d'insolation
un

et qui ressent un violent mal

de
lui

trouver

individu

qui

peut

le lui ôter.

«

Par

Dieu,

dit-il,
par

le coup de soleil, ma, tête va éclater! » Il le fait asseoir devant lui, le débarrasse de son turban, le
enlève-moi

saisit

la

nuque

et,

exerçant avec

les

mains une

forte

pression sur

le

I7O

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

le coup de soleil sur le front. En ce moment, il les pouces, des tempes au milieu du front, en appuyant fortement jusqu'à ce que la peau d'entre les sourcils en devienne
crâne,
ramène

il

promène

rouge,
sortir

il le

pince sang.

alors

fortement la
ensuite

rougeur entre

au

point

d'en faire

Prenant

la

tète

tourne
quer et

brusquement à droite
cou.

et

à gauche, fortement

les deux mains, il la de manière à faire cra
sa

le

Ceci

fait, il

appuie

tète

contre

la

sienne

l'une

après

l'autre lui fait

craquer

les

oreilles

en
«

les

tirant avec
»

les
et

mains.

Puis,
n'a

comme s'il crachait
«

dessus, il fait :
es guéri

tef! tef! tef!

finalement
Mais
s'il

ordonne : pas

lève-toi,

tu

!

»

de coup de soleil, l'opérateur
rougeur n'apparaît

a

beau lui fric

tionner

le

front,

aucune

Maux d'yeux.

Ilil-nag tas'airt;
rroh, ildï
ajnui

wanna mi

Ula g-tit,

ar-itudu

dàr

wanna

ingan

ar-as-isiwid

tit-ëlli g-illa
n-ilil-lli

Ml ;

neh

d-iusi izi, iûgi-t
neh

aur-immët,

ar-t-itâms

g-ufella

ias-illan g-tit, ar-itjji;

d-iusi

sa

izran, isbiln, igg
ar-itjji

tomzin

g-luzzumt-ënsen

fada

wanna

izrin,

ih iut timirit-lli

Ml g-til-lli, Ma

ar-tnqqà walli

ihûlan

timîril

(Tlit).

L'orgelet.
qui,
avec son

On

s'en
«

débarrasse fait
peur »

en

allant

trouver

un ou

assassin

poignard,

à l'œil

malade

bien,

on

frotte

simplement on

l'orgelet
un grain

avec

une

mouche
milieu
un

vivante

.parfois

encore,
que

dépose

d'orge

au

d'un

petit

kerkour

l'on élève,

avec

sept

pierres,

dans le

passage

fréquenté; le
qui s'en

premier passant qui

le démolit

prend

mal

de l'individu

trouve

de la

sorte

délivré.

Ophtalmie.
\

Tamadûnt

n-walln.

1.

Iasi

agûlal ur-ta-immut.

ig

gis

tutja,

ig

gis

lilezdil n-tâdûd;

wann

l-ngant walln,

ar-as-isuddum

timqit-

annag

n-waman g-walln-ns

(Intift).

INFIRMITES
2.

ET

MALADIES

1

71

Wanna
nasi-d

ngant

walln,

ar-d-ntasi

lifîdâs,

ar-tnt-ntkum nâder gis n-wanna

ar-d-

mzinl,

lahalib n-tagàtt, kullu igan tagnaul,
ar-d-ërgent,
nkum-t ula

lifîdâs,
ngant;

nëg-tnt g-uruku
neh nusi

ar-lnt-nlqqen

f-walln

izri,

nta,

nëg-t

ar-d-ireg,

nqqen-l
ula

f-walln
ar-t-

n-wanna

ngant;

neh.

ifraun

n-ifelfel

da-tn-ntkum

n^tni,

kumën nserg-tn,
I.

ar-as-ntqqen

f-walln (Tlit). de

Dans la
cuivre

coquille

d'un

escargot

vivant,

on

met un peu

sul

fate de
ques 2.

et,

avec un morceau ce collyre

gouttes

de

de laine, on laisse dans les yeux malades.
très

tomber

quel

On
ou

applique sur

les

yeux un cataplasme

chaud et

de

chchih

pilé,

de

piment

ou

encore

de

tifidas

écrasé

mélangé

au

lait d'une

chèvre noire.

Mi.
I
ma
asin
.

Iggât
igan

ak-iseksem

kra

adàd g-tit

nag kra n-uksud, ih

gis

iut,

asafar-ns
n-ufella

? Tisent
n-tkint

idderën,
n-lsksut,

ar-t-n-tggan
ar gis

g-lcafi

ar-tahmu,

sëksu

tïggàn

tisent-lli
ar-tasin
ar

hman,

gen-l

g-lberdit,

ar as

iss tqdden lil-lli g-illa
ar-iss-tqddën

ikli;

iksûdën,

lhanna,
sba'an

ar-tn-tggan

g-l'afi

limmi

n-til

dars kullu.

l'afi (Tlit).
g-ait

2.

Tëlla

Màjjen,

iât

tmgart

ism-ëns Fàdma Hammu ; kullu

ma mi

ider kra g-tit-ëns, da dars ittudu iaûwi-ias Igers nag snat tëglay, tëïleg-as til-ëns s-ils-ëns. Ig gis Ula kra, labedda at-ittasi s-ihf
n-ils-ëns

(Intift). le doigt
l'on

I.
ou

Comment

soigner

celui

qui

s'est

enfoncé

clans

l'œil
sur

s'est

heurté à

quelque morceau

de bois? Par l'application,

la douleur, d'un
ou

nouet pris

renfermant

du

sel que

a

fait
en

chauffer

du

couscous

par-dessus

le

couscoussier,

et

posant,

à

même sur le sourcil, des brindilles de henné chaud. S'il vous tombe quelque chose dans l'œil, allez 2.

chez

les Ait

Majjen,

où se
ou

trouve

une certaine

Fatma Hammou qui,
ce qui peut

moyennant en vous

un guerch

deux

œufs, enlève,
sa

«'y trouver,

léchant l'œil

avec

le bout de

langue.

1^2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Tirrezi Wan
ëtawin
g-tcadelnt mengiut

n-tallin.

n-walln

s-Waduz

nnig Tainnit

s-dar

iàn

das stgent; ig ran aijji, da-turgàz ism-ëns sidi Lmadani.*
: <i

Irah-ën,

iger-az-d ar-d-iffog, ini-ias

a-sîdi, rig

ailqqot

tallin

!

»

Izaid ar-d-isufog imdqadën-ëns,
iasi-t' g-ufus-ëns ,

isag

takàt, ig-in
iskr-as

gis

ar-lzegg"agën,
n-ënna-

isers-as

g-ënnader

ar-asrag tsteg

tgûlimt

der ; iasi-d der

dag
iasi
tfsi

iàn

umesmar

iâdnin,

dag mkannag

sg-ënna

iâdnin;
ar

ugerram sidi

Lmadani

imiq

n-tisent, iger-t g-imins,
n-tisent

igez-l,

kullu

g-imi-ns,

isufs-as iask-ëd

s-waman-annag

g-tiqqad-annag, ikf-as

lëftùh-ëns,

iskin-ns, ha jjint-as

tallin

(Tanant).
Le

malade se

rend

à

Wadouz,

petit village

des Ait Majjen

situé

en amont

de la Tainnit; là, habite un dit-on, guérit de cette infirmité. Arrivé chez lui, il dit: « Je voudrais
sur

certain

Sidi Lmadani qui,

que

tu

m'appliques

le

cau

tère

les

yeux ».

L'agourram fait

alors rougir ses manière

fers,
«

et

les lui
»

applique sur

l'une

et

l'autre les

tempe
un

de

à

en

faire

éclater

la

peau.

Ceci la

fait,

il dépose

morceau

de

sel

dans la bouche
malade

et

en recrache

salive sur revient

pointes

de feu. Le

remet son

offrande

et s'en

guéri.

Amedlu
Wanna
ar

n-walln.

mi

ilàr

f-walln,

ar-d-ilasi aman n-tasa n-lcaid ar-as-itjji

moqqorn,

issen itzol

alln-ns

krâd ûussan

(Tlit).

La laie de l'œil.
avec

Se frotter les
que

yeux et

ce,

pendant

trois

jours,

le fiel de l'animal

l'on

a

égorgé à l'Aid

elkebir.

Maux d'oreilles.
[mezgan.

Kra n-tëdrànt,

ig l-ngan imezgan-ns,

taûwi-t immas

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

I

73

s-dar

iat tmgart

g-ait

Màjjen,

ism-ëns
ar

T'azîzit; tsrah-t-in,
tkom g-tnegd,

t

kf-as

lëftûh-ëns,
ntàt

tzaid ar-tkom lisent

asrag

tasi

lisent,

tg-ët g-imi-ns ar-tfsi tamz

amzug

n-urba, tknu gis, tsbuhar amezzug;
as-inna :

tsënnëd

f-sidi

Bu-Beker,

ntan

ha

ma

tskart i-wann

t-ngan

imezgan (Tanant).
chez

Il

existe

les Ait Majjen, d'oreilles. Elle le
puissant

une

femme

nommée

Tàzizit

qui

guérit

les

maux

se recommande

de Sidi Bou Beker.
un

Elle
que

prétend que

thaumaturge

lui dit

jour:

voici

ce

tu

dois faire
mères

pour

soulager ceux qui souffrent

des

oreilles. guérit en

Les

lui

amènent

leurs bébés,
puis

et cette

femme les

leur du

appliquant qu'elle a

le

remède suivant :

elle

fait fondre dans la bouche l'oreille de
remettre

sel

l'enfant, lui
une

recrache

finement écrasé, de sa salive

se penchant vers

salée.

L'usage

est

de lui

obole avant même

qu'elle n'ait commencé

à

opérer.

Maux de dents. Uhsan.

i.

Wann ingan ugban, iasi

mfërik

iîsan (iga tabhust islil imi-ns
s-aman

ann^st n-iân

udâd) igez-t g-imi-ns,

iss-t, isufs-t,
rriq
n-sëbsi

(Intift).
2.

Wanna inga wohs,

aq-as-itïgga

n-tbaga,

ar-t-iûgga

g-wohs

g-tuzzumt;
igûi-l

neg-d

iusi taduwwunt,

ar-t-isràk

d-lqdrân,

ig-t

g-tuzzumt

n-uwâhs, iasi ian umesmar, ig-t-in
urjli

g-l'afi ar-d-ihmu ar

dais

imlil,

iâdni,

ar-as-ittader

g-ufella n-tëduwwunt

n-tuzzumt g-tuzzumt

n-uwâhs, n-uwâhs,

iadr-as

s-amesmar-lli

ihman

ar-t-kullu

tfsi

asku afa

isker

g-mkan

d-ubhui-nna illan

g-luz-

zumt n-wàhs

(Tlit).
souffre

I.

Lorsque l'on

d'une

rage

de

dents,
aussitôt

on et

mâche un ver

de la "grosseur du doigt, on le la bouche avec de l'eau (Ntifa).
2.

recrache

l'on

se

rince

(Tlit) on calme la douleur avec du jus de pipe dans la dent creuse, ou bien, avec de la graisse mêlée à du goudron que l'on fait fondre avec un clou rougi au feu. On
que

A Timgissin
met

l'on

procède cariée.

de la

sorte pour

tuer

le

ce

ver

»

qui se

tient

dans la dent

17^1

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Piqûres de

serpents.

Wann igûbi kra
g-warrau n-sîdi

n-ifiger

nag kra n-igirdem, da-itudu
adgar

s-dàr

iàn

Rahhal,

ar-t-in-ilkem, is"mla-ias
ar-d-sgis asku

da-sg-itiaar-t-

gûbay, isers fellas imi-ns, ar-t-isumum isufus, izri-ias afus-ëns f-ugûbbay, ijji,
tëlla

Udi

ssemm

arrau

n-sîdi

dàrsën Ibaraka ; Ijedd-nsën
s-ifurna

nta asn-l-id

iflan

: ar-stan

Rahhal, ifagriun,
n-rbbi

ar-ksemën n-sîdi

fcafit,

ar-san

aman

isîsën

s-lbaraka

ti

Rahhal (Tanant).

Lorsqu'on
on a suce

a

été

mordu par un serpent ou piqué par un scorpion soins

recours aux

bons
en

d'un des fils de Sidi Rahhal. Celui-ci le
poison
qu'il

la

plaie
sur

pour

retirer

recrache,

puis

passe

la

main

la

piqûre
«

(et

ce geste suffit pour

écarter tout danger).
»

On

sait que

les

enfants

de Sidi Rahhal

détiennent, de leur

leur permet, impunément, de manger des vipères, d'entrer dans des fours brûlants et de boire de l'eau bouillante.
grand

ancêtre,

une

baraka

puissante qui

Luxation
1.

et entorse.

Anugzem. Tublâlt

Wan

ttinin

g-Tanant.

inugzemëri, da-ittudu dàr iàt tmgart dasTasi Ihànna, ikum-t, tjbed-as adàr ar-fagul
ar-as-tëdellak adàr-ns

iges g-udgar-ns, da-tsatti Ihànna g-ufus-ëns,
ar

asrag as-tëdelk, tasi iàt tëflilt, tënn^d-as i-udàr, tasi-d iân ifilu n-ss"ar, ism-ëns azerz, tënn^d-as i-udàr tasi iàn uksitd, tseksem
g-ddau uzerz

ar-l-ëtnn^d ar

asrag isua f-udâr-ëns
aksud

bèzzàf ar
,

asrag

ur-iàd zën

ù'i

ainn^d

uksud,

tadëdj

g-udgar-ëns,

asku ntan

a-him-

tasast

(Tanant).

2.

Afeltàk.

Wanna

iftëken,

ar-itudu ar-t-tasi

dàr

tmgart-nna

itirun
tâder-t
ar-t-

ikniun,
ëlams

iaûwi-ias lisent n-ufus;

Ihànna, tkum-l,
tasi-d

s-arnan, tëg-t ar-d-ihmu, tasi
afeltàk

imiq

n-zzit, tserg-t, tasi lisent,

ar

loqt-nna

g-isba"

immis,

Ihànna-lli ihman,
ar-tn
gis

lëg-t g-ufella
g-ufella

n-tit

n-ufettàk,

tasi-d

ihsan

n-liini

lëgga

n-tit

n-ufettàk

g-ufella

Ihànna-lli,

tast

jât tberdit ius'an, azazû,
ar-as-iss-

as-as

iss

adàr

d-iàn ifili iguzzîfën,

ar-as-netlini

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

175

las adàr,

ar

das iss
g-ufella

tëdus
n-lil

bëzzâf,

tasi

iàn ùqlil 'fammerën

s-aman
asku

ar-t-id-tsras

n-ufettàk

ar-d-aok

iqôleb bàb-ëns,-

ih Ira

ad-as-tas afettàk ar-qàin

krâd irejlin

wanna g-illa. ufettâk

fada

ur-itmussu

ih

ra ad-as-tams afettàk ar-tzgan willi

t-gûinin,

ar-as-

tskar

g-mkan

krâd ûussan.
n-tûgust.

3. Afettàk
n-wazzar, igzi
sergen

Da-tudun

ar

inna

iaslùan,

iasi Imus

afella n-lil n-ufëttàk ar-d-gis-ffogën

idammën dlânin ;
tibei'dil

Ihànna

gën-as

g-ufella

n-tit

n-ufëttàk,

ar-t-tasin

moqqorn,
g-ihf-a

gën gis

iân ifili moqqorn,
sûleln

sutëln-t

i-ufëttâk,
ula

gën

iàt tgust
ar-ikàt

d-iàt g-udm-an,
ar-ikàt
n-walli

ifili i-tgusin-a
s-atëksem

fus-ëns,

iàn tagust-a,

iân gta, kra

tgust

g-uakàl ar-itas
s-lmakan-

f-udàr

ifettëken

ar-d-iziier mlih ar-d-iurri

Imefsel

ns ar-d-iqûleb

bàb-ëns

ar-as-than

imik ën-tasa^at fsin-as adàr, Idin

tigûsin, ijji (Tlit).
i

.

Le blessé

se

rend

à Tanant

chez une rebouteuse

du

nom

de

Toublalt. Celle-ci lui tirç violemment le pied afin de remettre l'os dans sa jointure et masse la partie luxée avec du henné pilé. Elle
enroule une

bande

autour

du

pied

et

l'attache
une

au

moyen

d'un fil

appelé azerz

dans lequel

elle

introduit

cheville

de bois. Elle
s'arrête en place

serre

fortement le bandage
ne

en s'aidant

de

cette cheville et

lorsqu'elle

peut plus

car c'est elle qui 2.

la tourner; elle la laisse maintient le bandage serré.
trouver
une sel

alors

Le blessé
et

va

femme

qui

a

mis

au

monde

des

jumeaux

lui

apporte

du

fin (du
et

sel

de

main).

Celle-ci

aussi

tôt,
elle

pile

du

henné, le
de l'huile

mouille qu'elle

prépare

passe

le fait chauffer; d'un autre côté, également au feu. Elle masse
et ce

longuement la foulure l'ecchymose le henné

avec cette

huile

sel, puis,

applique

sur

chaud qu'elle recouvre

de

noyaux

de

dattes,
long-

finalement,
morceau

elle enveloppe

le

tout

dans

un

bandage fait d'un large
au
moyen

d'étoffe
azuzù.

maintenu

fortement

serré sur

d'un

fil

appelé

cruche remplie

Ceci fait, elle pose d'eau; la douleur fait
aident

le

point

de foulure

une

alors

évanouir le
elle

malade.

Trois hommes
mobilisent

la

rebouteuse pendant

quand

opère

;

ils im
ce

le blessé

surtout

le

massage.

On

répète

traitement pendant trois

jours.
aire

3. On
chymose,

s'installe
en

sur

une petite

;

là, l'opérateur incise l'ec
applique un cataplasme

fait

sortir

le sang

noir et

y

de

I76

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

henné chaud, puis, bande le membre avec un morceau d'étoffe et un long fil dont il fixe les extrémités à deux petits piquets placés, l'un adroite, l'autre à gauche du membre luxé. On enfonce alors
ces piquets

dans le
qui

sol afin remet

d'exercer

sur

la

partie

douloureuse
Le
patient

une

forte

pression
on

l'articulation

en

place.

s'éva puis

nouit;
on

lui laisse

ce

bandage

pendant

quelques

minutes,

le délivre.

Fracture.

Wann

mi

irrzà ufus, da-iluddu
n-ait

s-dâr

iàn

urgâz

g-ait

Màjjen
ti

ben'addi ; ig-as tigelgelt ti n-tganimin n-tzaliin, inn^d-as i-ufus-ëns, ias fellas s-kra n-ifilu n-sscar
ism-ëns Lahusain

n-tigàt-

lën,

Iqim

tgelgelt g-ufus-ëns

; iskr-as iàn ifilu

g-ufus

ar-t-itagul

g-umgerd-ëns afada

iqim

ufus-ëns

itiasay

s-ufella aur-itmussu.

Dinneg
iasi-t

ikka

hams-ifam,

isri tigelgelt, iks-as-t
g-takàt

fàt tstâbt n-ulili izegzaun da-t-itgga
ar-as-t-isrus afella n-udgar

i-ufus-ëns, aûwin ar-asrag hman ifraunns,
ar-das-ikmed, irâr-as

dasg-irrëzâ,

tigelgelt

mkellig

Iga tikkelt lamzuarut.

Mkannag

as-iskar

ar-asrag itiajëbbar

ufus-ëns g-ishassa

s-ufus-

ëns labàs gis, iks-as tigelgelt (Tanant).

L'individu
sain

qui

s'est

cassé

le bras

va

trouver

un

nommé

Lahu

des Ait ben caddi de la fraction des Ait Majjen. Avec des
roseau,

fragments de
applique sur
poil

le lui

rebouteur

fabrique
du
cou

un

appareil

qu'il

le

bras,
; puis,
qui

le

maintient en place

à l'aide d'une
un

corde en

de

chèvre

passe

autour

lien destiné à fait

supporter

le bras

doit

conserver

l'immobilité

complète.
et

Cinq jours
rameau vert

après,

il

retire

le bras de l'appareil
applique

chauffer un
chaudes

de laurier-rose dont il

les feuilles

sur

la

partie

blessée,

puis

il

replace

l'appareil.
soit remis et que

Il le
ne

soigne ainsi

jusqu'à

ce que

le bras

le blessé

ressente aucune

douleur ; il

enlève

alors

le bandage

INFIRMITES

ET

MALADIES

tj^

Verrue.

Tafaldâ.

A-ibbi ihf-ëns, iasi-d

arsed

n-ëljreh

nâàn

iâdnin,

ig-as,
On

ias-t

ar-lmmlàt.

en

coupe autre

le bout
;

et

on

l'enduit
et

avec

le

pus

d'une
».

plaie

de

quelque

individu

on panse

la

verrue «

meurt

Le hoquet oq b
Wanna- g-lëlla liqs, ar-itudu s-imisi, iks-d gis lùtibt ig-t g-imi-ns, is-t ar-as-luurei liqs ; neg iusi iûksfan, ig-ln n-uakâl, i-ull-ns ; neg-d iusi tirufin, igezz-lënt, ar-as-luurei tiqs (Tlit).

Tiqs.

a

Pour
un

s'en

débarrasser,
bien
se

avaler

un

petit grain avec

de

terre
ou

arraché

à

mur,

ou

frotter le

cœur

de la suie,

encore,

mâcher

des

grains grillés

de

lirufin.

Contre le

grincement

de dents.
ar-d-igen ar-d-ntasi

Asmoqjij
igidu,

.

Wanna

ismoqjijën,

ar-as-ntha
ukan

ar-as-t-in ntgga

g-imi, fada ih

ismeqjij uhsan-ns
g-imi

ismeqis-

jij

f-igidu ; nag

tasarut n-ùuzzàl,

ar-as-t-ntgga

fada ih

mussa uhsan-ns

igezz tasarut,

ar-gis-itjji

usmoqjij (Tlit).
qui

On
cette

profite

du

sommeil

de la

personne

à

l'on

veut

faire

perdre
une

habitude,

pour

lui

mettre

dans la bouche du
est prise

sable ou

bien

clef en

fer,

qu'elle

mâche,

lorsqu'elle

de

grincement.

Contre le Ishurin.
ar-ilara

ronflement.

]]'anna ishurin bëzzàf,

ula

nta

ar-itudu

dàr tolbà,

Iherz n-ishurin,

ar-t-itgga g-ufella n-ih-ëns g-tsga aiga

tafasit;

ur-sur a-ïshuri asku gayan

d-umëndl (Tlit).
12

Laoust.

I70

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES
visite
un

Quiconque

a

l'habitude de dite
cesse
«

ronfler

taleb.

Celui-ci lui
sur

remet une amulette

du

ronflement »

qu'il porte

le

côté

droit de la tête ; il

dès lors de

ronfler.

Le

saignement

de

nez.

Aùwinzer.

Wanna bda

iluinzîrën,

ar-itudu

dàr tàlëb,

ar-as-

iskar Iherz n-umëndl,
ar-as-itjji

ar-as-iakka liuriqin s-itbehhar

krâd ûussan

(Tlit).

La

personne

qui

saigne

fréquemment du

nez

se

rend

auprès

d'un

taleb

qui

écrits

sacrés

lui remet, en plus du talisman approprié, quelques qu'elle brûlera dans son vase à fumigations.

L'adénite. Luelsis.
n-ifdssën,

Wanna g-illa,
wi n-lfednin

ar-d-ntasi
zik

lcafi,

ar-as-ntqed

askdrën

ula

taduggwât

sin

ûussan,

ar-as-itjji

(Tlit). L'adénite. des orteils, deux jours. Nous
peu

passons un

tison

sur

les

ongles
et

des doigts
cela

et

un

avant

l'heure du

moghreb,

pendant

Le

torticolis.

Tigersi
mkan

n-tfii.

Wann igenn f-kra

n-uzru

neg Ûtsr-as tguni,
t-ingan

inker sbah, da-d-itafa kra

g-idgârën

dag-tgorâd-ëns, inga-l

ittiri aisegli un

fus,

ur-igi un

fus ad-as-d-iffeg sg-udgar-annag
n-tfii.

inger tgorâd-ëns, das-tinin tigersi

Asafar-ëns, wann tka tftuit, nta t-itamsën ; Ma wayàd da-igùbi s-imi-ns, Ijji; neg wada igan iken ula nta da-t-ilams ; ig ur-t-iums wada iken neg wada tka thuit, ur-lnni aljji.
Si l'on dort
allongé

dans

une

mauvaise

position

ou

étendu

sur

INFIRMITÉS

ET

MALADIES

179

une

pierre,

au

réveil,

on

ressent,

particulièrement

vives,

quand on

les épaules, des douleurs, respire. Ce sont ces douleurs que
entre

l'on
un

appelle
seul

tigersi

n-tfii.

Le

remède

consiste ou
un

à faire frictionner la
porteur

partie sensible par plaie

enfant

jumeau

individu

d'une

gangrenée.

Le
Nnehst.

point

de

côté.

Inag
»

wann g-lëlla s-wanna

ingan rroh, iini-ias

: «

lëlla

gigi nnehst

!

Igerl

fellas
Le
côté.

snât

likkal

nag

f-tadaut, idmarën, krâl, ijji (Tanant).
assassin sur et

izeff-as

ildi-d ajënui, ihudd

malade se rend chez un
»

lui dit:

«

j'ai

un point

de

le dos, lui découvre la poitrine, une fois dans cette position, il se jette sur lui, le poignard à la main et à deux ou trois reprises fait mine de le tuer.

Celui-ci le fait étendre

L'eczémc Tafura.

ëns,

ar-as-l-ilams

Iga asafar-ns, (Tlit).
l'eczéma

sddâ n-ûuhsan zik sbah al-id-iks

s-âdàd-

On

soigne

en

le frottant

chaque

matin

avec

le tartre

des dents

que

l'on

enlève

simplement avec

le doigt.

L'ennuque.
Wanna dàr illan

ismeg igan
ar-d-ittasi

ameshrar

n-tgëmmï,

ar-t-il-itasi

bàb-

ëns, ih ira t-iqqen,
ûussan
ar-iri

azger,

ar-as-iakka

imendi imàl-ass n-uzger,
s-dâr

ainimët

s-irifi,

iasi-d

ismeg, isni-t f-ufella
udis

iasi

idaren-ns,

ikurf-tn-in

g-ddau

n-uzger, iawi

azger

waman ar-issa

uzger, ar-itaffuf udis-ëns,

ar-d-istg

ukrum

n-ismeg,

isfi-ias idarn
aiksem

ar-t-iV-

iàn dâr

tmgarin

allàf ar-d-ijji; ar-as-ittinï ^abdëddar, ur-sul bla isemg-ëlli, asku, nta ur-sul gis tëlli (Tlit).

Ifail;

asku

tëihmut

nnëfts-ëns

Missing

Missing

Missing

Missing

Missing

Missing

Missing

Missing

Missing

Missing

IÇ)0
poussière.

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

amrugd1,

ssum,

siroco.

tamzauit", isergt,

tourbillon.

azgal3,

chaleur mirage.

solaire.

siroco.

aman1",

i.

Cf.
Le

akëdrur,

0.

Noun, Tafilalt;
modifications

ajdrur,

A.

Seghr;

aidrur,

A. Warain.
tamza-fa.it,
pi.

z.

mot subit

des

curieuses:

tamzawakt,

Tafilalt;

timzû/ai, Ichqern ; tamjaokst,
timzittuit, Ida

A.

Seghr.;

tamjawut,

Tlit;

tamziwit, Ras

el-Oued

;
,.

Gounîdif; timjituit, pi. timjatiwin, À. Isaffen j cf. tajawut « ouragan ouragan ajau « souffle Tafilalt; tijijist « tourbillon » O. Zenaga; tijjist Tlit; Touareg; ladjint, Ghat; ajain et Noun; tajeddjait, A. Warain; tùjent « tourbillon
»

ajjaien «

tonnerre

3)

Aurès.
sans

Ces derniers termes sont,
tamza

doute, des dérivés
que

d'une

autre

racine; les
amz «

premiers
»

paraissent renfermer une partie

tamz,

l'on

peut rapporter

à:

saisir

d'où;

En effet, c'est dans ces tourbillons, croit-on, que les djenouns se déplacent. Chez les Ida Gounidif, lorsqu'un tourbillon s'élève dans le champ où tra
ogresse ». vaillent

les moissonneurs, les femmes crient aux enfants: « uiàt caisa tabokât! Frappez Aïcha l'ave n gle ! ce nom, étant celui d'un djenoun femelle. Les enfants lancent

aussitôt

des

mottes

de terre

sur

baraka.

Cette

croyance

aux
»

djenouns

l'esprit malin, venu, dans le champ, explique la forme tabusitânt
se compose

pour en ravir
que

la du

les Kabyles
» précédé

appliquent au

tourbillon
connu.

; l'expression

de

sitân

«

démon

terme

bu, bien

On

ne s'approche pas

d'un tourbillon

qui

tournoie;

on s'abrite

des djenouns

qu'il

entraîne,

en se couchant sur

mule consacrée :

bismillah

rahman urahim

! Au

nom

le sol, ou bien, en de Dieu, clément
qui mouillent

prononçant

la for
!

et miséricordieux

3. Le

mot se prononce azgai chez
te

les A. Seghr.

VI final ; il

existe un

verbe zijel

être

chaud

»

Dj.
*est

Nefousa; izyil, Zouaoua,
inconnue des Ntifa

f. h.
le

zeqqel.

4- Dans
pas,

ce

sens, l'cxp.
courante
eau
»

chez qui

phénomène ne se produit

mais est
«

chez

les

elle signifie

et par association
présente

Sahariens, et en particulier ceux d'idées, elle s'applique au
à tous les le
parlers

de Timgissin.
-

Litt.,
dans
».

mirage » qui
«

les étendues désertiques

l'aspect trompeur de mer, de lac. d'étendue

d'eau

Avec le

sens

de

:

eau »,

aman est commun

touaregs ;

sous

les formes

aemon,

ahemon,

amen,

mot

berbères y figure dans le
; il

compris

les

vocahulaire

des Guanches des Canaries. C'est
à
et une
racine

un coll. pi. mot

dont le
en

sing. s'est perdu

se rattache

M

qui

-1

fourni le

« eau »

arabe, hébreu, syriaque, éthiopien
en

aussi

égyptien

ancien ot copto.
si

En hébreu

comme

employé.
«

Toutefois,
fait à
une

le

mol

berbrre

est un emprunt

fait à

berbère, le pluriel est seul ces langues, l'emprunt
mot

<Hre

époque évidemment fort éloignée.
au

Si Ton
«

s'en rapporte

témoignage

eau

..

serait

lilu XùXu (référence donnée

d'IIésychius, le par Gscll, ce

vieux

ltbvquc

appliqué

à

IIro

ancienne

de l'Afrique du

Nord,
gage

t.

I,

p.

3i3.)

Le

mol est

des indigènes
ils

d'aujourd'hui,
cela

fort curieux, car s'il a disparu, avec ce sens, du lan on le retrouve dans des dérivés intéressants. Selon
gens

M.

Doutté,
et

à l'occasion do l'Aid Kebir los
appellent

de Mazagan

s'aspergent mutuellement

d'eau

helillu. Dans lo langage

enfantin

dos Zemmour l'eau fleuve

est

appelée

duddu. Dans le Dj.

Nefousa,
osl

à Djerba »; il

ot au
en

Djérib, ilel, désigne la
ost un « »

k mer »
a rincer

tandis

que e'Uel, en

Touareg

lo

«

mirago

Zenaga

;

LE

TEMPS,

L ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

1

t) I

LE RETOUR DU PRINTEMPS

LA FIANCÉE DE
Le matin, à

DOUZROU1

l'aurore, les jeunes filles de
des herbes
vers et ramasser

Douzrou vont, dans la
mort. un

forêt,

cueillir

du bois

Leur retour,

l'heure de tizwarn,
restées au

est signalé par

fusil. Aussitôt, les femmes,
rencontre en escortant une

village,

s'avancent

coup de à leur
:

jeune fille
comme sur une

appelée une

la Fiancée du Bien
noce,

taslit
vêtue

Ihir.

Celle-ci, de blanc, est
que

parée

pour

entièrement

montée

ànesse blanche

et

tient

dans

les

mains une poule

blanche.
cortèges se sont

Dès
sent

les deux

joints, les jeunes filles dépo
mettent

leurs brassées d'herbes,
paroles comme
celles-ci :

et,

se

à danser

en

chantant

des

«

Nsngef taslit
Ad
gis

Ihir i-lmezgida
rbbi sslàmt

n-ait

Imudcf !

«
«

iaûwi

d-nnfàt i-imuslëmën !
mosquée

Nous

accompagnerons

la Fiancée du Bien à la les Musulmans, le

du

village

!
»

«

Que Dieu y apporte, De leur côté, les

pour

salut et

l'abondance !

garçons vont

dans les jardins
comme

ramasser

du bois

qu'ils portent

à la

mosquée

à la forêt faire
un

provision qui

leurs sœurs, ils ; puis, d'herbes sèches. Ils ont choisi le Fiancé du Bien
:

se rendent parmi eux

jeune homme

est

asli

Ihir. Revêtu de

du linge

»

se

dit

presque partout slil epii est une

forme

factitive,
laquelle

litt,
on

te

faire

passer

à

l'eau linge

»
»

;

aslili,
alili tt

chez

les Izayan
»

est

a

la

pierre

plate

sur

lave
;

et rince

le

;

laurier-rose

l'arbuste

par excllcnce
pour

des

oueds africains

termes fréquemment

relevés on

toponymie
» pi.

nommer

des

sources et autre

ilel, ilil, tillit, des rivières.
n'est pas

Vraisemblablement
sans rapport
tt

alln te yeux

de tit,
peut

mais

dérivé d'une
l'œil

racine,

avec ces

expressions;

on qui

lui

supposer

un sing.
te

ilel

avec'le sens
k source ».

de

source »

à l'instar de l'arabe rain
petit village

désigne à la fois

» ou

la

i

.

Nom d'un

des Ida Oukensous
principaux

(A.nti- Atlas).

La cérémonie, dont il

s'agit

ici,

constitue un

des épisodes
dans

de la fêto de l'Achoura. Celle-ci trou

vera sa

description

complète

un autre chapitre.

IQ2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

blanc
et

comme

la

Fiancée'

il

est

monté,

tient

dans les

petit ses

cortège

qui

compagnons

coq au dans les champs; mais, à mi-chemin, l'abandonnent et le confient à la garde d'un des
mains un

plumage

lui aussi, sur un âne blanc blanc. Il va en tête du

se

perd

leurs qui, armé d'un les mauvais génies.

fusil,

a

pour

mission

de le

protéger contre

Bientôt, les
prendre

enfants,
place

les bras

chargés

d'herbes,
alors

s'en que serre

reviennent

leur les

autour

du Fiancé. C'est
et,
avec

l'un d'eux

entrave

pattes

de l'âne

le

même

lieu,

le

cou

du

Fiancé,
le Ce

qui s'est penché sur

l'encolure de

sa monture.

Ace moment,

gardien

tire

un

coup de fusil.
au village

signal,

entendu

y provoque, aussitôt,

une vive agi

hommes, en effet, se jettent sur leurs armes, et, se pré cipitant vers la Fiancée, assise sur son âne au milieu du groupe des femmes, l'entraînent, dans une course folle, vers le Fiancé
tation.

Les

entravé. usegg"as

Ils lui

crient: ne

«

sbber

add-ur-lëdert

!

ad-ag-ën

ur-ider nous

! Tiens bon !

tombe

pas

pour
»

que

l'an

nouveau

soit propice

! (ne

nous

tombe

pas un

!)

Le

cortège

s'arrête

auprès

du Fiancé.
avec un

Alors,

sans perdre
qui

instant, la
rbbi

jeune fille tranche,

couteau,

les liens
!

embarrassaient

l'asli,

puis,

s'écrie: avons

n-ëljuac

nbbi coupé

amgerd

ad-iahiu

amgerd

Ihir !

nous

de la Faim; que Dieu ressuscite celui du Bien ! » Accompagnée du jeune homme qui veillait sur l'asli, la Fiancée
cou revient seule au

le

s'en

village, et,

dès

qu'elle

a

repris

sa place

au

milieu veau avec

des

femmes,

son gardien

décharge

son arme.

C'est

un nou

signal, car, aussitôt,

les hommes

et

les

enfants

ramènent,

la

même

précipitation,

le Fiancé délivré.
pas afin que

Tiens bon ! lui

crie-t-on

de

toutes parts, ne tombe

l'an

nouveau nous

soit propice

!

»

Des chants, des

mousquetterie accueillent

danses, des cris, des décharges de le retour heureux du Fiancé.
épisode

Ici,
ne

se

termine
que

le

premier

de la

cérémonie.

Il

n'est pas

douteux

l'asli, débarrassé de ses liens et rentrant triomphant, personnifie le Renouveau, et, la taslit, l'esprit de la végétation.
reprise

Leur union, semble-t-il, doit influencer la
tanière
et

de la

vie

prin-

la

rendre

féconde.

i

.

Les fiancés
:

sont velus

de blanc

pour quo

l'année

soit

blanche,

c'est-à-diro

pros-

pèrt'

asku,

ig

ëlsan midlân,

ar-issën-itëdlu useggwuss.

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

I<p

chent en

En effet, les deux fiancés placés, maintenant, côte à côte, mar tête d'un cortège, où, sans se confondre, s'avancent en chantant, les garçons, derrière l'asli, et les femmes, derrière la
taslit.

Ensuite,
«

viennent ramenons

les femmes le Bien !
»

et

les hommes
cesse

armés
repéter

de leurs la foule

fusils.

Nous

ne

de

heureuse.
C'est dans
cet

appareil,
couple

curieux

et

pittoresque,

qu'est

conduit,

à la mosquée, le

symbolique.

Seuls,
la
se

les fiancés

pénètrent portes main

dans le
se

sanctuaire, ainsi,
sur eux au

le

prescrit

coutume.

Les deux

referment

;

au

seuil

de l'une,
un

tient

la

foule,

tenant silencieuse; chargé,
percer
monte

seuil et

de l'autre,

gardien

sévère,
qui

le fusil

la

garde
qui se

éloigne les indiscrets

voudraient

le
un

mystère

déroule dans le temple, devenu,

pour une

heure,
Ce
se

lieu de

prostitution sacrée.

qui s'y passe est d'ailleurs mal connu. On dit que les fiancés dirigent vers le lieu dit : rrôt n-saidna Jbril, le « Tombeau

de l'Archange Gabriel
qu'il

», et que,
au

là, le Fiancé
des

égorge le coq blanc
cérémonies,

n'a

pas

abandonné

cours

précédentes

puis,

la

poule

blanche de la Fiancée. Après
réclame

avoir

fait
que

cuire et mangé

le foie des deux victimes, il lui conteste pas, car de leur du
clan.

des droits

la Fiancée

ne

union passagère rite

dépend la

prospérité
se sépa

A la

nuit

tombante, le dernier

accompli,

les fiancés

rent pour

suivre,

désormais,
et

une voie
acte

différente.

Voici, le
au cours chacun crie vers se

troisième

duquel la Fiancée dirige
son vers une

va mourir.
porte

de la cérémonie, acte tragique, Les fiancés se séparent et
sanctuaire.
«

du

Tire ! sûfeg !
sèches

»

l'asli à la

gardien.

A

ce

signal, les hommes
au gros

se précipitent qu'ils

sortie

et mettent

le feu

tas

d'herbes

amoncelées, et, lorsque le Fiancé sort, il trouve devant lui de y hautes flammes qu'il franchit d'un seul bond, tandis que la
ont

Fiancée, languissante
que

et

épuisée,
devant
de

se

laisse
'

tomber

dans le

petit

feu

ses sœurs ont allumé

elle

I.

L'on dit

aussi que

les jeunes
même un

gens

Douzrou,
reprise

imitant l'exemple des fiancés du de la
vie printanière.

Bien, faciliteraient,
niraient,
par ce qu'ils appellent :

de la

manière, la

Ils
et

se réu

couples, dans

id

n-sscat

lieu public, et passeraient ensemble, filles tt la nuit du bonheur 1

garçons,

Laous

ig^

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Les
Tagerst.

saisons'.

G-idrdrën-nnag,
tsqâ

ku

'iasegg°as,
g-tger'st,
mad

ar gîsën

tëtâr tilist.
ass

Ar-ifatu unzar,

tmazirt-ënnag
Ur-sul-illi

ikrem ;

g

lëder

tilist,
manis

tëdel

kullu
ulli.

tffgënl

ddunil, l'Hist, tsikël ddunit, dasënt-nakka

"sttant

Ibàhim,

ur-sul-illi

ifraun

n-tasaft

llig

nhdà g-ihuna.

ig

ur-qqorën.

Da-nsaga l'dfit g-iguddemîtën, ar-gîsën-nërqà ; ig d-ikka ras ibzeg kullu s-unzar, ar-fellas izûzwau iharuin-ns
.

kraaga-

Isâffën igarasën Rbiac.

da-nggin,
^llaswâq.

ur-sula-itigay

aud

iàn

a-in-izger

;

ar-lbbin

—■

Mkan iksem rbîâ",

ar-tinin

m-^ddën :

«

lhamdullah !
Tmgi tuga,
ugaras :

tagerst iffog. »

Ar-itrnu

wakàl

ignuan. Isâffën
m^ddën

aguln.

dgiunt
wann

ulli ula

izgarn. Lhamdullah!

iserrah-asën

iran aisuwoq, isuwoq. Ar-itf-nnan lluz ; mgint tomzin, d-^lnt ûltub. Ifelillîsën d-isua ar-d-taskan, shassan s-tirgi is tëksem; ar-

igdâd, ar-isawal wawij ; tqerreb adag-tëlkem loqt n-tgumert. Ifellâhën frhen ; ar-tffgën s-urtan-nsën d-igran, ar-tnqàsën dddu zzutin, ddau wazarn ddîlit. Mkan iqerreb ssif ar-tldsën ulli.
sclârën

Ssif.

G-ëssif,

Ula

uzgal

;

ar-iswàd

isergï,

kermënt tomzin,
ar-

lhal. Ar-mggerën, ar-sruatën, ar-zuzûrën, ar-tsfân, satlin, ar-taûwin imëndî s-lserfin, wann dar kra l'ault ihdù-t. Ar-ssuan tibhîrin, isemdi wàdil, tsemdi tazàrt, ar-t-slan m^ddën.

isqà-iag

Iksem

ddellah,
; ikfa

d-lm^nun
rbbi

tahsail

s-lhmis.
sb'an

Ar-tnqàsën
m-ddën

waman

g-isâffën nsën.

Ihir,

tzhar

ddunit;

wala Imal-

Ar-sufûgënt tizzua,
— ■

ar-tgrâzënt ulli.

Ar-skdrën

limgrîwin.

Lhrif.

seksemën-t s-uhànu

d-iferhan,
Ar-tamzën

tazàrt, ar-l-fsserën ; ar-tqàr, smunn-t, llehzin. Ar-susun zzutin, ar-l-tloqàdënt tmgarin ar-d-kemmeln s-usus, da-t-sattin s-tmhânin, zdân-t.

Ar-tkksën

m^ddën

isrîkën,
mkan

ar-sujddën

iwulla ;

g-igran

ar-tksrddën,

ar-skûmddën afada

Loqt-ag, Ibàhim,
ggdrënt

idr ugusif amzuaru, bdunm^ddën taù-za. Arur-sula-slan gir asagur tznirt ng âzëmay.

tmgarin islâtën.
traduit.

i.

Texte

non

LE

TEMPS,

l'aTMOSPHÈRE,

LE

CIEL

IC)5

La légende des jours
Liali.
— •

d'emprunt1

Gisent

arb'ain n-wass :

'asrin

qbel aiksem

nnair, "asrin

sg

mkan

i-nnair. Liali
itlili

mkan

ksemënt,
isqàn,

ar-liûksâdën rn^ddën sgitsënt

asku ar gîsënt

usemmid

ar gîsënl

lëlâr llist g-idrdrën.
-jasommid

Mkan ffgënl Iwaliun
tagâtt

liali,

ar-tinin

m^ddën : «
mkan

la-bâs ! fia

izril

»

n-imzura

da-tlinin:

iffog
«

wayur

n-ënnair,

izwâu
! ha

ur-as-ijri

umia, das-ttini i-nnair:

bjwa-nëk
: «

a-nnair

kiitffogt
iàn
«

ur-ii-lskirt arnia

!

»

iwajb-as nnair, inna-ias
»

ad-am-rdleg
i-brair :

wass sg-ussàn n-brair
ad-ii-lërdell

ma-këm-tëtuafog !
iân
wass mas

inna-ias

nnair

rig darëk, tëtuafog Irdl-as brair iân wass, jamëz-t nnair tagâtt g-lhla tksa gis, ishker-d fellas iggig d-ubrûrî d-ijawan, ar-îkât tagâtt aillig anlern inzâdën
tagâtt
>

!

sg-ufella n-tadaut-ëns.

Aidag as-inna brair i-nnair :
ass-annag
afa

«

ràr-id ass-înu

dak
ass.

ërdleg

!

»

ur-as-t-irur,

ismilliû brair

maiggât

Mkan

suln

krad

ussan

i-brair aiffog, tëksem liali haian. Ula

ntât

tsqâ, fadda liali
asku

tahatert ;
ur-ihli

da-lëdàlâbën Tëlla

m-ddën aur gis

idr unzar,

anzar-ns,
wid

i-lgelt.

gis

iàt tasâ'at,

tâgër

kullu
mkan asku

ussan-ag ;
tëksem

da

iss-n, ig
irâr
aman

iumz

aman

g-urtan-ns

ar-issua,

tasâcat-ag

s-berra,

ur-sul

inni a-sersën-issu,

Igelt-ënsen ur-thli, ar-asrag Izri, iràr-in-d.

Le
Ennair^

premier

jour de l'an.
sbcf

Id n-ënnair, da-snuan

Ihodràt. Ma iggan

sba'

i

.

Texte

non

traduit.

2.

La

tt nuit

de Janvier

»

id

n-ënnair, porte
ujdid
tt

des l'An
»

noms qui
neuf

diffèrent

selon

les

régions.

Les A. Yousi l'appellent: Ichqern
:

asuggwas
nuit

», et,

les A.

Seghr., Izayan,
croyances popu

id

n-haguza

tt

la

de la Vieille

;

en

effet, d'après les

laires,

un

démon,
:

sons et par

les traits d'une vieille, passe, cette nuit-là, par toutes les mai toutes les tentes. Les A. Warain l'appellent : biannû, terme qui se retrouve
sous

dans l'expression Janvier
alors » par

bennaiu

n-id n-useggwas n-innair tt

bennaiou de la

première nuit

de

laquelle les ksouriens de Timgissin désignent le feu de

l'habitude d'allumer. A

Aoulouz, le feu,

allumé

à la

même

joie, qu'ils ont époque, se nomme :
été
capté par

tabennaiut.

Par ailleurs, l'usage d'élever des bûchers à l'occasion d'Ennaïr

ig6

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Ihodrât P tageddiut, ger/iins, qâb n-igaizèn, adu n-umazir, azzu, tifellisut, tarâst, kullu Utga ùngin g-lhla, snun-t, ssun didas sksu.
l'Achoura, |qui, de
trouve: tabennaiut
naiut,

même

qu'Ennaïr,

marque

le

commencement s'est

d'une

année.

Tou

tefois, la terminologie,

qui

leur était appliquée,

généralement

conservée.

On

Illaln, Ihahan, Woult,

Imcttouggan ; tabëliut,
el

Imesfiwan;

taber-

Igliwa,

Ida

Ouzal;

taberninut. Ras

Oued,

tabenraiut, Ida Ou-Kaïs. Parfois

même, le

été donné à la fête de PAchoura ; celle-ci, en effet, est appelée: bianno, Todghout, ou tafaska n-lalla babiianu, Ouargla. Dans ce dernier cas, l'expres sion paraît s'appliquer à une vague divinité sans légende, Les Ida Ousemlal, qui
nom a nomment

leur feu de joie tamcasurt, disent
! Je te franchis

en

le

franchissant,

comme

le

prescrit

la

coutume : nderg-ak a-Bernaino

O Bernaino !

L'expression
que

les

Chleuhs,
Le
soir

.utiles.

dans des chants, des paroles rituelles, sans les emploient, puissent fournir, à leur sujet, quelques indications de l'Achoura les enfants chez les A. Isaffen, passent de maison en mai
est particulièrement usitée qui

son en chantant :
»

Bennâyo ! Bennâyo !
takedmil-nîyu d-igs-nîyo
ar-isndu g-uhlas
«

«

ian id-ur-ifkin
«

ar-itzzeg taidit,
v,

!

Bennâyo ! Bennâyo !

vc

Bennâyo I Bennâyo ! donnera
et
ma

ce
"

Qui,

ne

me

houlette
son

et mon

os,

Traira la chienne,
«

battra

beurre dans
«

un

bat!

Bennâyo ! Bennâyo I

Ceux de Dadès disent:
t-id
o ur-tfkit,

«

Bayânno kerkâno ! fk-ag-t-id
n-ugiul
g-teryut

a-lalla

!

tsan-ag iûrdan;

myag-

ad-am-ider udàr

!

■>■>

Bayanno,

kerkano ! donne-le

nous

lalla ; les
ta

puces

nous

renverse

marmite

!

»

dévorent ; si tu ne Dans la province de

donnes rien, que le pied de l'ànc Demnat, chez les Infedouaq, en particu
nous

lier, les

enfants

chantent, dans les
«

mêmes circonstances :

tikeddad

ncasor

!
»

igs igs
« morceaux

n-baîno

!

de

viande os

desséchée de

l'Achoura,

os,

de Baino !
pour eux. chez

Mais

là,

comme

ailleurs, baino baino
que

est un el

terme incompréhensible

La
ils

même appellation :

tabennaiut, désigne encore,
enfants
vont

les A.

Isaffen, les
et

baguettes de laurier-rose
se

les

couper

la

veille

de

l'Achoura,
!
va-t-en

dont
ton

débarrassent

ensuite

en

disant:

mun-d

Hbas-nneh

a-bainînu

avec

mal, o mon Baino I » L'oxprcssion est également

connue
nom

des Touaregs. D'après le Lieutenant
une

Jean,

les

Touaregs de l'Air donnent le

de bianu à

fête,

qui

a

lieu le
»

20e

jour de»

Moharrcm,
ques

cl

dure deux

nuits el un

jour. C'est
les

une «

fête d'amour

d'où

sont exclus

les enfants, les
qui

personnes non
celles

mariées et nuit

vieillards.

rappoJlcnl

de la

de l'erreur

Il s'y déroule des dos Zekkara; la

scènes eroti

nuit

de la

LE

TEMPS,
n-id

L

ATMOSPHERE,

LE

CIEL

TQ'y

Mkan

san

imênsî

n-ënnair, tasï iàt tmtût iàt tummït n-sëks/i,
»

ku iàn
tzel-t
wala

ini-ias : « djiuneg! » tgëmmï, tzl-as-t, tini-as: « ha t»st. i-wayâd, ar asrag kullu, tkka f-ait tgëmmï f-ma imoqqorn
g-ait

f-ma imezzin,
ar

taûwi-t

s-imï

lcateba

n-berra,

tsers-t

gis,

tadëdj-t a-gis-tënst
atizar

sbah,

mkan

iffu wass, tëddu sers,

taogg
nag
ira

iss
wi

ma gis

illan is d-inzâdën
n-ifullûsën

n-ugiul ayan gis

nag

wi

n-wazag,

n-ullï, nag ifraun useggwas, igihla

;

tufa ts^n

mamëka

ig

ngiulûen'i'ayàd af-as-tïnïn

talkimt

n-djiunég.

wâdân, ar-stan ku-iân s-ufullus-ëns ttglaj,; tamgart da-tsa sin, iàn-ëns d-iàn n-wada illan g-udis-ëns. Ku-iân da-isatti iqÔsran n-tglay da issa, ikers-in g-sahit-ëns, is^ns-in gis,
sin

Wis

iûsïn

adis

ar

sbah, ku iân igr issën, da ttinin imzuura

;

<

iqûsran-annag

usan

g-sualùàt-ënsen

da-tggan

sbah

iqârîdën.
da-tqellac

Ass n-ënnair, lall

n-tgëmmï ,

inain n-takàt, tzard issën

confusion

»

des Bedadoua ; la

«

nuit

de l'an

» ou

la

« nuit

du bien-être

>•>

des Béni
les A. de
-

Mhassen

(Branès)

ou encore celle
que chez

du

<c

bonheur

» que nous avons signalée chez

Isaffen. Ajoutons

les Touaregs de
nom

l'Aïr,
ot

les

garçons nés pendant

le

mois

Moharrcm,
Par

portent

tous le

de Bianu.
tabennaiut

ailleurs,

Bennâyo, Bianu,
en

leurs

variantes

nombreuses,

sont

fré

quemment relevés

grottes,

qui.

toponymie, et désignent, des villages, des montagnes ou des rappellent, sans doiitc, les lieux où les gens, autrefois, avaient coutume
fêter le Renouveau
en allumant

de

se réunir pour entre

d'immenses feux de
scènes

joie,

et en se rituelle petite

livrant,
ville

oux, dans

une promuiscuité

complète, à des
nom

de débauche

et sacrée.

Citons

entre autres :

Tabennaiut,

d'une

montagne qui

domine la

berbère de

Khenifra,
de
co appellent ;

en pays zaian. ne sont pas
spéciales

Des

expressions

genre

au

Maroc. On

sait que

les Ber

bères de l'Aurès

J>u-ini, leurs fêtes d'Ennaïr. A Tlemcen, on appelait, il y a quelques années encore, du nom de bubennâni ou bumennani, le personnage masqué à l'occasion du nouvel an, les rues de la ville, suivi des élèves des qui parcourait,
écoles
coraniques.
a

Enfin,

une

expression

qui

paraît

se

rapporter

aux précédentes:
qui. prennent

mununo,
place

été relevée, à
roues

Rabat,

dans les

paroles chantées par

les enfants,

dans les

de l'Achoura

(Câstels,

l'Achoura à

Rabat,

in Archives

Berbères,

i9.6).

C'est

au

latin bonus

annus que

Masqueray
Doutté

a
et

identifié le bu-ini des Chaouia de l'Aurès.

Mais,
aux

cette

étymologie,
se

admise par

Westermarck,
I C'est

s'appliquc-t-elle vraiment

différents termes

que nous avons rapportés

possible

;

en

tout cas,

on peut

affirmer qu'ils

présentent,

dans le

vocabulaire

berbère,

avec

la figure d'étrangers.

Ennàycr chez los Beni-Snous » in ;c Revue Africaine, f l'Ennaïr, cf. Destaing, ! ; Doutté, « Marrakech », p. 378-877 ; tt Magie et Religion » 55t(-55o ; Westermarck, te Cérémonies and Beliefs connected with agriculture, certain dates of i Sur
igo5 »
— —

the

solar

year,

and

the weather,

in Morocco

»,

J

I98

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

g-ubedduz,

tini
»

:

«

bedleg-kûn a-inaj-no,
-i

awig-d :
«

wiljdid s-lhenna

d-ërrezeq

!

Ig

ira tbnu inain

iâdnin tini

bismillah !

a.-rbbi

Ibarâka d-lhenna

d-ërrezeq !

Traduction

Au
avec où

souper

de la

première

nuit

de

janvier, les
les
«

Ntifa mangent,
sept
légumes*

le couscous,

une

préparation

appelée

»

rentrent sept variétés

de

plantes vertes

telles

que

l'artichaut,

l'asperge

sauvage,

Après le repas, il
prenne une chacun

le cresson, le chèvre-feuille, le poireau. est d'usage qu'une des femmes de la maison

poignée membres :

de

couscous

et

la

présente

à tour de

rôle

à
>

des

de la famille
«

en

disant

: »

a

Tiens,

mange.

On

doit

répondre

Je

n'ai

plus

faim !

La

même

femme
de
et

dépose

ensuite

la boulette

sur

le

montant supérieur
pointe

de la

porte

l'habitation. Le
tire

lendemain,
d'après la

à la

du jour,
crin,

elle

l'examine

des
ou

présages

nature

du

du
y

poil, du brin de
a

laine

coutume

de la plume, que le caprice du a le nom de talkimt
(reçu

vent

déposés. Cette

n-djiuneg-

1.

Le

rituel

des fêtes

d'Ennaïr,

en pays
ses

chleuh,

apparaît extrêmement réduit.

Il

est possible qu'un certain nombre

de

épisodes

aient

été

captés par

les fêtes

musul

manes,

en

particulier

par

l'Achoura. D'une

manière

générale, la fête
pronostics sur

se résume en

un repas copieux suivi

de

pratiques propres

à fournir des
qui

l'année

nou

velle.

On

mange

de la tagulla, bouillie épaisse
Ida
à

possède, croit-on, des

propriétés

fortifiantes: Ait

Mzal,

Oukensous,

Ait

Isaffen, Tlit, Izenaguen, Idouska, Igliwa,
berkuks, Illaln
les

Ihahan
ec

du

couscous

gros grains appelé :

des

produits végétaux

les

sept

légumes,

sbca

Ihoddari, Tlit;
sortes

sut

Ihodràt, A. Isaffen

de Vurkimèn,

prépa

ration

composée

de toutes

de

grains cuits avec

pieds

do l'animal égorge à
;
chez
».

l'Aid Kebir

des

volailles

;

mais

celte pratique n'est pas

généralisée

les A.

Tamemt,
4.

l'usage

est

de

manger

deux

poulets tt autant qu'on a

d'oreilles
rassasié
».

Litt.

la boulette de je

n'ai plus

faim

»

de djiun

tt

être

On

dit,

en
ar

effet: qui gis

n'est pas rassasié ce ar-icluwwur

itili

ugni

jour-là, ne le sera pas de aseggwas, Tlit; winna ur-isbcan
le
premier

l'année':
giid

xaanna ur-isbcan. ur sar

n-innair,

ir-isbac

ar-d-isûiël uscggwas,

Illaln. jour do l'an
sera
passent pour avoir

Les événements
cussion sur
rer

qui marquent entière.

leur

réper

l'annéo
année

S'il
on

pleut,

l'année
à
tics

d'une

pluvieuse,
se

procède au

bonno ; parfois même, pour s'assu ritos d'aspersion d'eau. Ainsi chez les ils
se

Amanouz,
gnades

les

ge-ns

rendent

bord des

rivières où

livrent

au

jeu des bai

forcées,

comme

il

est

fait,

partout

ailleurs, à l'occasion de
pronostics

l'Achoura.
agricole en cours.

L'usage

est partout répandu

do tirer des

sur

l'annéo

LE

TEMPS,

L ATMOSPHERE,

LE

CIEL

I

QQ

Au

cours

de la deuxième

nuit,

on

mange

des

poules et

des

œufs.

Il faut
part.

que petits et

grands,

chacun ait une volaille entière pour en

sa

La femme
porte en

enceinte son sein.

mange

une

en

plus

pour

l'enfant

qu'elle

Chacun

emporte

les

coquilles pan

des
de

œufs qu'il a mangés et son
vêtement

les

serre

dans
toute

un

nouet

fait dans le

elles

restent

la

qu'agir cours

On les jette le lendemain ; les anciens prétendent de ne point manquer d'argent dans le ainsi,
nuit.
c'est s'assurer

de l'année.
d'usage de
procéder ce

Il

est encore

jour-là

au renouvellement

des

pierres

du foyer. La
sur

maîtresse :

de

maison vous

dit

en

jetant
o

ses vieilles

pierres

le

tas

de fumier
dans la

Je
paix ces

change,

pierres,

et en

apporte
sant

de

nouvelles

et

la

prospérité
«

!

»

En

rebâtis

son

foyer

elle
qu'il

prononce
soit

paroles :

Au

nom

de Dieu !

veuille, ô Dieu !

béni,

heureux

et prospère

!

»

Le dernier

mercredi

du

mois

chez

les Ida Gounidif.
urkîmën.

Lârb'a iûgran
takûzin,
Chez les
ar-sfodën

gwayur

ar-skdrën

m^ddën

Ig
gën

tlëkem

m^ddën

tigumma-nsen

d-lfras-ënsen,
sur

lebhor

Ihahan,

avant

de

se

coucher, les femmes déposent
aux

la terrasse, trois bou
:

lettes de tagoulla
mars,
sur

correspondant

trois

premiers

mois
cl

de l'année dans la

janvier, février,
«

lesquelles

elles

jettent

une pincée

de sel, le

ce,

pensée

d'essayer

»

la

pluie.

L'examen des boulettes leur dos événements
tombé
en

fournit,
en

lendemain, des
la
celui

renseignements sur

la lo

nature

météorologiques qui vont survenir :

boulette,

sur

laquelle

sel est

déliquescence, indique,
encore

effet,

de

ces mois qui sera parti

culièrement pluvieux.

A l'Ennai'r,
aux

on

formule

des

vœux.

Les hommes

et

les femmes

vont

écouter

portes,

et

tirent, bon

ou mauvais

augure, des
se

conversations entendues.

A Tim
soin,

gissin, la jeune
pendant

fille,

qui

désire

se

marier,

livre

au même manège en ayant cuiller qui

tout

le temps

qu'elle

opère,

de lécher la

a

servi

à

remuer

la

bouillie.

Parmi d'autres
de
servir

pratiques non moins

curieuses,

signalons que chez

les A.
un

Mzal,

avant

la

bouillie,
qui

on

coutume

de jeter dans la

marmite

fels,

ou petite

pièce

de monnaie,

un noyau

de datte,

ogortni

n-tiini, et un morceau
sera

d'écorce

d'arganier,
sur

ierg

n-wargan;

trouvera

le fels dans

sa

boulotte

riche;
noyau

celui qui

tombera

l'écorce d'arganier deviendra pauvre; et,
taire de

qui

trouvera le

de datte

sera proprié
qu'il

nombreux

troupeaux.

Cette

cérémonie

fait

songer au

Gâteau des Rois

est,

chez

nous, d'usage de

partager en société

à l'Epiphanie.

200

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

i-lbâhim-nsën d-ihfâun-ënsen d-imâun

n-lgumma
amesn"

kullu,

skern

ber

kuks tadugg^ât, kullu.

d-lqdrân, UrJûmën, ar gis tggan tomzin, d-iîrdën, d-usengârs, tïlëntit'*, d-igurmane n-tikidâ 1, tafenzut d-ibaun, d-hizzu, tinaffin*, gis m^ddën igûrdan, tilkin, Wanna ur-iskim urkîmën, d-ibuhuy, Ig-ën gan m^ddën urkîmën ur-asën-gan Usent, asin gis
gën gis ansâV
n-unkur*

iss i-lbàhim-ënsen

sifedn*

n-waddjar-ns ; addjar-ëns, ig isers waddjar-ëns, iasi tazlâft-ëns, imtrai0 i-iân iffog-d urkîmën, iaûwi-t-id i-tarua-ns, sin gis imikik i-iân ufullus g-ssih lmûdac, isker gis tigënnissà n, igers fad aur

imik gugenja,

gin-t guzur

n-tigëmi

ur-iskir urkîmën

isfed

ainna gis

ig

lmcarufH
en

i-ait

lmûdac,

isers- t-îd g-tmezgit

i-tàlëb d-imhdàrn. (Texte

dialecte des Ida

Gounidif)18

i.

Scille

maritime.

■£.

ornes «

frotter

».

3. Maïs.
4. Lentilles.

5. Navets.
6.
7. agormi « gousse ».

Caroubier.
chasser, renvoyer, expulser », d'où asifëd « expulsion » de toutes les forces le bon développement des individus et des animaux.
;
»

8. Bouc.
9. sîfed «

malfaisantes qui contrarient 10.

mander

Mendier; de ter, « demander » Izayan », A. Ndir; mater « rôder, surveiller
Ichqern.

etter « mendier »

Dads ;

sûter,

«

de

Ntifa;

meter «

mendier »

Zouaoua;

amtru ce mendiant » 11.
12.

Calamité. Repas
offert par

un

individu

ou

une

famille

ou plusieurs

familles

réunies

à

l'occasion d'une naissance, d'une maladie, de la sécheresse pour implorer l'assistance divine. En Zouaoua amcaruf désigne un ce mendiant «, c'est-à-dire un individu qui
court ces repas considérés comme

des

aumônes.
opèrenl

i3.
sont

Les

djenouns,

croit-on

généralement,

la nuit, dans les ténèbres

qui

leur domaine incontesté. Le mercredi, cependant, semble être résené à quelques catégories d'entre eux, vraisemblablement à ceux qui commandent aux vents et se
déplacent dans les tourbillons
agressifs et credi. violents.

Us

se

montrent,

ce

jour-là,

particulièrement

dangereux. On
passo pour

Le sang

les cheveux, ni no pratique do leur donner asile, cl dos résidus humains,
ne coupe

saignée comme

lo les

mer che

veux, snnl, propres à la préparation de charmes pouvant communiquer toutes sortes do maux, en particulier la teigne Le toigneux, qui s'est comporté comme tout le monde pendant les autres jours do la semaine, n'est plus son maître le mercredi. Des

forces

mystérieuses et

irrésistibles lo

poussent

à

chercher querelle aux

autres; il faut

LE

TEMPS,

L ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

201

Jours fastes

et néfastes'.

n-tuuri.

Darnag, llan ussan da imoqqorn, ur-ifulki a-gîsën-nbdu kra Ijema" Ait Sus, da-tlinin i-ussan-àd usfan moqqornin. Ass d-wass lëtnin, nulni a-imoqqorn, ûfen ussan iâdnin.
Ass
Ijema" 117

n-tzàllit

d-igiur ;

tau ri

ljemac

tzar, tsqâ, ura-tffog
agaras.

f-wann

gis

iskern kra

n-tuuri

nag
ass

wan gis

iumzën

Intift,
ar-

lailsin-nsën,
nsenl
wala

da-tziiant,
wi

ar-msdent

n-tarua-nsenl

idlaln-nsent, beddelnt iketlanljemac tadugg^ât. Id ljemac,

tbehhârënt tigemmi

kullu

s-ljawi.

Ass Ass

lëtnin, lârba",

iga jjenah

n-sidna

Jbril,

ihla

i-umuddu, i-tmgra,
ur-ihli ; ar-ttinin da-itmettât s-uzzàl.

i-siba", i-tadût, i-lasuwâq,
ahajjam,

i-uziin.

(Tafilalt.)
asku

ura-itkes

idammën,
;
ass

imzuura:

wan

iksën

idammën,
hla
asku

arb°ain

làrbac,
lârba"
,

Ass-annag nit ura-tksën
d-m"ddën
sba" sba"

zagur

amëijûd ar-itmmaga

lasuwâq,

tabcan-t

Ijenun;

bedda

lârba0,

ar-inker

lasuwâq

g-ugayu-ns

;

ussan

iâdnin,

amejjûd ar-itsâ.

(Tafilalt.)

Ass
gir

lehmis, ar tçdugg™ât ira i/fu zzeman s-ljama? ura-ntgr i-tadût, igiur d-mssu, asku ur-tfulki, ar gis lilinl tida gugnin ddau

akàl.

(Tafilalt.)
i-lfellàht,
ula walainni

Ussan kullu huan

aig

useggwas

ambark

ig

bdan

lairza g-wass

Ihàdd ;
»

tamëgra

mkannag.

Id bab n-igran,
: « a-irhem

igumzën imkîran g-tmëgra,
rbbî

mkan

ilkem

ddôhor, inin-dsën
imzuura
mulay

mulay Idris !
a-ikka

asku,

ar-ttinin

Idris, loqt
ar gis skârën

n-ddâhor

tamazirt-ënnag.
g-wayur

Ass Isebt iûgran
iskîrën.

iga ssûq
ass

n-ssitàn

i-tmgarin,

Ig

iqqâ lamgarl-ëns

nsebl ar-jaru afruh

iga mëjjùd,

ig

turu tafruht Iga lamëjjût.

(Tafilalt.)
journée,
prétendent

qu'il s€t-batte au moins sept

fois dans la

les

gens

du Tafilalt. Chez jetant
une pierre

les Ida
dans

Ou-Zikki,

on

dit ifk
qui

qu'il peut aun

prévenir ces

emportements en

quelque

ravin,

i-taldt,

autrement

dit,
de

en

procédant

à l'expulsion des
et généralisé

mauvaisos

influences

le possèdent, des

par un rite

magie
et

bien de

connu
l'

chez est

les Berbères. Dans de
conjurer et

nombreuses régions

du Sous
du

Anti-Atlas,
des

l'usage de

do

les

méfaits

mauvais

génies

mercredi nom

par

pratiques

purification

d'expulsion du
de

mal

connues et

sous

le

de

asifed.

Ces

pratiques

sont particulièrement

minutieuses

complètes

le dernier

mercredi

du

mois

;

c'est

d'une des
1.

cérémonies

ce genre, qu'il est question

dans le texte.

Texte

non

traduit-

202

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Ig iga

l'aid

ass

n-ssebt, ur-ihli,
udain

asku wi

n-udain,

ar-ttinin : «

ig

d-warrau-ns n-ûureg, aûwin-t alhdun i-ugëllid. Umma udain, ig iqerreb l'aid n-imunslemën, ar-tëdàlâbën rbbï aur-asën-dâask ass n-ssebt, asku ar gis hëllunt
tafullust

d-juska l'aid g-ssëbt,

da-skdrën

takâtin-nsën.

Ig

d-iuska l'aid

n-lfaska ass

Ijama" ,

lhajjaj

ar-tn-itag
ura gîsën

kra, ar-temmëtdtën. Taitsin, ar-ggdrënt âstâ
ztânt.

ass

ën-llâta ;

ass

Ihàdd

d-làrba',
ass

Ig
nag

ira iddu

s-ëssfârl

kra g-iregzën,

ififeg sg-tgëmmï

ën-tlàta,.

lârba", Tisednan, ar-tzornt
ass nnil.

lëtnin

d-ljëma"

wîda

oho, iak athlu ssfàrt-ëns. Ijëma" ïmmûtën lëtnin d-wass
wass

.

Wada
mdëlnt

immûtën g-uod,

ura-l-mtteln ar-d-iffu

;

ig

immut azâl,

ass-annag

Darnagssûq,
ku iàn iddu
Kullu
tigersï

ar-it'ammar

loqt n-ddha,

ar

loqt

n-usntger

ngaran,

s-mani

d-ikka.

L'aid da-iksem Ura-nfawad

itiagrâsën giid, thârëm, da-iàqrosen gir azâl. giid ; nbdu l'ayad tmgriûwin ig drent tillas.
tihadcdin

g-uzàl,

asku

ar-ttinin

imzuura:

«

wan

int-itqîsën azâl, da-lggan tarua-ns imjâd. nag : « ar-itffog iwis iga rejdal, nag iga bokâd, nag gan sin zdinin ». (Tafilalt.)

Taslit, da-l-it-ëtawin
wahha

s-lgëmmï n-urgàz-ëns

tadugg°ât, ur-d-sbah,
tadugg°âl.
adik-

hta isul

wass

ar-iss-tmatâln

g-ugaras ar-tlëkem

Ig

troh

derrun, ig ig tnnil bisméllah,
Ha

tafukt, han Ijenun llan dik ; ig tserst ur-lnnit bisméllah ; ig tsrgit tifaut, han
tsrgit.

liremt-ënk

Ijenun,

llan

dik;

(Tafilalt.)
n-Imazîgën

mamëka gant

l'awaid

f-ussan.

CEREMONIES DE LA TAGHONJA POUR OBTENIR LA PLUIE

Talgonja.

Ig

ur-idir

unzar,

skernt

(ferhin

lelgonja, iàn iflil
imï n-tgëmmi,

ihalerën,
tsufeg-d

snât

at-isattin, tfarënt-tënt tiyâd ;
n-tgëmmï

rahën-d

lall

ahallab

n-nnzar,

tffi-iasënt

f-iftil-annag,
ar-tkkant aok

ar-iss-tsiidrënt,

ar-lailaln

waman

s-ignuan,

ddunt,

f-lmazirt.
Ha
mamëka skdrën

Ail

sitdsën

;

ig

ur-iri aiilï

unzar ar-skdrën ar-l-skdrën

m-'ddën

Im'aruf

g-igurrdmën,

ayan

igan

l'awaid

LE

TEMPS,
nehd

L

ATMOSPHERE,
nehd
rbbî

LE

CIEL

203

g-igurrdmën,

agrum

sëksu,

berkuks
unzar.

ar-stan

irgazën

d-iferhan ttmgarin,
nutënlï

ar-tëdâldbën

ailï

Timgarin deh
ar-smununt

ar-skârënt

telgonja,
isndan

ar-as-skârënt

Im'aruf,

aggurën

d-udï,
asint

wan

ikf-asënt

udi.

Ar-snuant

Im'aruf,

ar-t-stant,

telgonja.

Mamëka,

skdrënt
wan

i-telgonja P

ar-t-ëtggant

g-ihf n-uganim,
g-ugdur,
tasï

ar-as-sëlsant

iketlan

bnadem,

ar-sattint aman

ar-àqlaint s-afeïla n-fihina,

ar-l-ëtffint aman ur-ta-rahën

seg tmajjart,
ar-sattint

ta.yâd

telgonja,
baba

l'arûd

i-waman,
!

akàl

l'awaid xullûtën
aûwi-d anzar

ar-tlininl : « a-tëlgonja
rbbî

g-aneh-d

anzar,

a-telgonja

!

!

aûwi-d anzar atnëker

tuga g-igaln,

ad-ilin

izamdrën !

»

Mkàd

a

igan tlogenja.

Belghonja dans l'oued Noun.

Ig

ur-illi

unzar,

ar-skârën

belgonja ;

tiferhin

d-i'azzin
tifilul

ar-d-ëtasin
n-ëlluban

agonja,

smuteln-as

lahazam

lâharir ,

gin-as

i-umgerd-ëns. Tafruht,
ar-tasi «

ar-tasi agonja-lli mu gan

lahazam

ëtlfûlut,
lagëla

alqag gufus-ëns azelmàd, munn iss i'azrin atërbatin, belgonja wan nomen s-rbbi, walli sgan ad-aneg-d igit
munnin

ar-tinint:
wa

d-izîmër
sgan

tnnabah tg"li
»

d-imula

tnna tra

irngi

zegzauni walli

ad-aneg-d
n-tgëmi

igit !

Lall
tffi-t-in

ar-lugli

igg

uzur,

tasi sdëlt

l'animer

s-waman,
asengar skern

felldsën,
wis

task-d tërzem
ar

i-ssadâqa,

ar-smunun

dig
!
»

tigëmï, kullu smunn
n-lmezgida,

lëkf-asën tomzin
asengar gin

nag

tomzin,

Im'aruf

kuz

wadàn

s-imi

i ad-ag-d-iaûwi rbbi anzar

tërzm-as gis

i-ulqag (Texte

des

Tafruht, Ithamed,

ar-taûwi alqag-zdar

ifassën-nsen, inin : imm"as,
de Fask de l'Oued

village

Noun).

Le Argàz
tlgonja.

mari

de Tagonja

chez

les Infedouaq.
,

n-tlgonja.

Darnag, ig ur-illi unzar
isermîdën,
kullu

tili

lagart, da-nskar
nasi

Da-nsitti

agonja, ns"ls-as timelsa

ihlan ti n-tslit,

dag

iàt

tgor-it n-uferdu, ns^ls-as

ntàl aigan

àrgàz n-tlgonja;
n^kfi-jàt

nsni

jàt tfqirt f-ugiul

imussun,
munnt

n^kf-as

àrgàz n-tlgonja,
n-ait

tmgart

iâdnin tlgonja;

tmgarin

udgar, tfârn tada
qiman g-igrem.

inin

f-ugiul,

aûwin-l s-asif.

Unirna ïregzën,

oho

;

20/i

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

G-ugaras,
ar-kâtënt

mnâsâ

gisent, ar-ltinint:

«

a-llëgonja

maJkmilanP

»

wajbenl-dsënt

liyâd, inint :

« aman n-unzar a-kmîlan

!

»

Ar-tirdrënt,
s-waman

rres,

ar-d-rahënt

assif,

ûutënt

agful

aiksem

ar-d-ilkem ammas
n-urgàz

n-wasif, tafqirt da fellas
tgr-in
g-waman.

inin,

tëks

kullu iketlan
ar-tqqelnl

n-tlgonja,

Umma tisednan

lama

n-wasif
e

s-ugiul ar-d-isker

ibezdân ;

ig

a-isbizid,

ar-as-lininl :

a zaid

aman g-urad a-iaùiul

!

»

Kra g-tikkal,
nutenti
aillili unzar.

ar-gârënt aiallanl

lafqirl-annag g-wasif;
làtsà
annëst

ar-lalla,

ar-tsànl n-tfqirt

; ar-asrag seg Ar-tmmagent s-waman, ar asrag ërmint

n-imellâun

aguln-dl

RITES

DE
de

PLUIE2

I.

Cérémonies

la

cuiller

a

pot :

tlgonja.

Les

cérémonies connues
répandues

sous nord

le de

nom

de

tlgonja sont universel

lement
d'une,
tion.

dans le
est

l'Afrique,
la

de l'Atlantique à la

Cyrénaïque. Leur but
sécheresse

de

provoquer

pluie

lorsque,

par suite

persistante,

les

récoltes sont menacées

de destruc
comme

Le

mot

qui

les désigne

est

berbère

et

se

rapporte,

l'on sait, à la grande cuiller en bois, agenja, dont on se sert pour puiser l'eau. La cérémonie consiste, en effet, à promener, avec plus ou moins de pompe, une cuiller habillée La en fiancée.
procession, à
compagne

laquelle

participent

les femmes

et

les
et

enfants,
se

s'ac

travers

de chants, de prières, d'invocations, les douars, les villages, et autour des
non

déroule à Chemin

.marabouts.

i.

Textes Cf.
sur

traduits.
rites pour obtenir

2.

les

la

pluie

dans le Nord de l'Afrique

:

A. Bel, Quel
et

ques rites pour obtenir

la

pluie en

temps de sécheresse, in-Rccueil

de Mémoires les

de
de

Textes

publiés en

l'honneur du

XIVe congrès

des Oriontalistos

par

professeurs

l'Ecole des Lettres
gion

dans l'Afrique du

en usage au

Doutté, Magic et Reli d'Alger, p. e'ig à g8. Alger, in-8, 1905 En ce qui concerne les rites Nord, p. 584-5g6 Alger, 190g Maroc, cf. Doutté, Marrakech, p. 383 à 3go, ot surtout, Westermarck,

in Cérémonies
and

and

Beliofs

conncctcd with

Agriculture,

certain

dates

of

the

solar

year,

the

weather

établie
pot.

sur

in Marocco. Hclsingfors, Akademiska Bokhandeln. Notre élude, des documents nouveaux, se rapporte uniquement aux rites de la cuiller à
par

Notre conclusion,

ailleurs,

diffère do

celle

des

auteurs nommés ci-dessus.

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

2û5

faisant,
le
servi,
qui

on asperge
sert

produit non

à la

d'eau la poupée, on recueille des aumônes dont préparation d'un banquet rituel. Ce repas est du
culte

dans les

mosquées, temples

orthodoxe, mais,
une

ce

est

significatif,
sanctuaire

dans le lit d'une de
quelque en

rivière,

sur
ou

aire au

à

battre,
sommet

dans le

agourram,

encore

d'une élévation
solstice.

où,

d'autres
termine
nom

temps,
par une

brillent
prière

les
pour

feux du
avoir

La

cérémonie

se

la

pluie; et, fait curieux, le
s'v

du Dieu
à
celui avoir

unique

qu'on

trouve étrangement
sans

associé

de Tlgonja
tenu
sa une

y invoque nom d'une
éminente
et son

divinité

légende,

qui

semble

place

dans l'ancien

panthéon

berbère.
proposons

C'est

physionomie

caractère que nous nous

de déterminer ici.

Divers
serve

types

de

cérémonies.

Une

cérémonie

très

réduite

s'ob

chez

les Oulad Yahya. S'il
vont,

n'a pas encore plu

à l'époque des

liali, des fillettes
remplie
inulana

de

maison en «

maison,

en portant une cuiller
a-murja

d'eau.

Elles

chantent :

a-tagenja,

!

anterja

f-uaman ! O
notre

Taghonja,
pour

ô

mère

d'espérance !
»

nous espérons remet

en

Dieu

Maître l'on

avoir

la Pluie !

On leur

de

menues

aumônes;

verse

dans leur

cuiller

quelques

gouttes

d'huile. Le
rite procède

ici de la

magie sympathique

:

en

effet,

par

sa

forme, la cuiller se prête admirablement à la figuration du geste d'arrosement, geste qui traduit le désir qu'on a de voir tomber la pluie. Le geste inverse, consistant à retourner
et sa
une

destination

cuiller,

doit

provoquer,

pour

ainsi

action

contraire.

Ainsi,
conjurer

opère une

la

femme

dire mécaniquement, une d'un fqih, chez les de
tomber.
ana circonstances
portée

Mtougga,
La logues
est

afin

de

pluie qui menace

cuiller

que

les Igliwa bout d'un

utilisent

dans des
puis

fixée
à la

au

long

roseau,

procession-

nellement

chapelle

d'un

agourram.

Les
! O

enfants

chantent :

«

a-tlgunja,

a-morrja

! a-râbbi,
apporte

auwi-d anzar
pluie

Tlghounja^

ô

mère

d'espérance ! ô Dieu Les Aït Baâmran
quin grossier ment

la

!

»

façonnent,
pour

en

temps

de sécheresse,

un manne

à l'aide d'une
se
servent

cuiller qu'ils attachent en croix remuer

à l'instru
nouent

dont ils

les bouillies. Ils y

206
une

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

large

ceinture rouge et

le

remettent

à

une

fillette
et

qui

le porte,

la

nuit, à travers elle,
vont

le

village.

Les

enfants,

filles

garçons mêlés

derrière
ad-aneh

en répétant:

belgonja!
croyons

nûmën s-rbbi walli sgan

d-igil ! Belghonja! la Pluie !
arrose
»

nous

en

Dieu

qui peut

nous

secourir avec maisons où
qui

Le

cortège

pénètre

dans l'intérieur des
et

l'on

copieusement

le

mannequin

les

enfants

le

suivent.

en

Chez les Aith Bou Zemmour, les femmes parcourent le douar escortant une cuiller fixée en croix à un roseau et parée d'un
Elles disent:
«
a-rbbi

collier.

"attina

ssta

!

arâhemt

mulay Busla!
»

O Dieu donne-nous la Pluie Elles
quêtent

par

la

miséricorde utilisent

de

Moulay Bouchta !
préparation

de la farine
elles

qu'elles

à la

du

mârouf parent ensuite action
«

auquel

convient rrma :

les hommes. Tandis des kerkours
passe

qu'elles

pré

le repas, les à
sur

élèvent
ce

qu'ils
pour

démolissent
exercer
on une

coups

de fusil

jeu

en effet

la

pluie.

ia-rbbi !

usag1

Après le repas, on formule des vœux, anzar ! O Dieu ! donne-nous la Pluie ! dans
ces cérémonies

dit

:

La cuiller,
collier ou

parée

d'un

attribut

féminin

:

ceinture,

se montre avec un rudiment simule une

de forme humaine. du
ou roseau

La

partie

bombée

tête

et

les

extrémités

formant Ja branche horizontale de la des épaules. Une
moins
représentation

croix,

des

bras,

mieux,
néan

aussi

grossière

constitue

l'exception. Dans la
on en

plupart

des

cas

on

habille la

cuiller en
pré

mariée;

fait

une

fiancée,
nom

une

taslit, à

laquelle,
et

comme

cédemment,

on

donne le

de

tlgenja.

Les
Atlas

populations

du Houz de Marrakech
à la

des

tribus

du Haut
âge

apportent un soin particulier

confection

de

cette poupée.

A Marrakech,
mùr,
sont

elle

est

l'œuvre d'un de

groupe

de

femmes, d'un
réputation,

veuves ou

divorcées,

pieuse el vertueuse

qui se

donné

rendez-vous

dans la demeure de la

plus

dévote d'entre

i.

Cf. ëfk, ifka; fh.

.

akka,

donner

Tazerwalt, Sous, Ihahan,

etc., d'une

racine

FK. qui, par métathèse, donne: ëkf, ikfa; fh. akka, Ntifa, Inoultan, Imesfi wan, A, Oumribet et Ahaggar, Ghat, Ghdamès, etc. Par affaiblissement du k en s, on note : ëfs, Iguerrouan, A. Ndhir ; ë/f, A. Yousi ; èsf, À. Ndhir. La chute du k four
nit :
chez

ëf, ifa, f. h.

: akka,
sud :

Ntifa (A.
A.

Inouï,

Imi ljemà. A.

Bzou) ;

et celle

du /: ëk

et

ëy_,

es, A. Mjild. Si l'on suppose k permutant avec u, on trouve: uks, A. Ouriaghen (Rif); Temsaman ; us, Bettiwa, Rif, Izayan, A. Bou Zemmour, Ichqern, f. h. : kka.
les Berabers du

Khebbach,

Atta,

el

uys,

LE

TEMPS,
ou
au

L

ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

207
est
ardem

elles,
ment

en

automne

printemps,

lorsque la
vêtements un

pluie

désirée'

Elles
et

recouvrent pendants

de

neufs

de

mariée,

puis
avec

de

colliers

de

d'oreilles,
traits

mannequin

façonné

deux

grandes
roseau.

louches
de la

attachées en croix et

fixées à l'extrémité les
yeux,

d'un
nez,

long
la

Elles dessinent les
teinture

du

visage :

le la

bouche,
elles

avec

noire qu'elles appliquent sur

partie rouge
soie

bombée de la
;

cuiller.

Elles

maquillent

les joues

avec un

fard

lui

enveloppent

enfin

la tête dans des foulards de
plus

et

la

remettent ainsi parée
se munissent

à la

dévote. Deux

ou

trois

d'entre

elles

de

paniers

destinés à
groupe

recevoir

les

offrandes

et, à la nuit tombante, ce petit la poupée, va pieusement visiter les de la ville. Elles chantent : ;
encadrant

de femmes,
saints

principaux

«

Tagonja hellat

rasha,

!

«

ia-rbbi bel herasha ! Tagonja ia ia-rbbi jib
a um rja ssta

«
«

!

!
tête!

a

Taghonja

découvert
mouille

sa

« « a

O Seigneur!

ses pendants

d'oreilles!

Taghonja,

ô

mère

d'Espérance !
»

O Dieu! donne-nous la Pluie! des

Des femmes
qui
grossit

et

enfants
au

se

joignent bientôt

au

petit groupe poussié maisons

et

parcourt,
et

milieu

reuses

des souq

de la

médina.

des chants, les ruelles On stationne devant les

des

principaux

notables,

on recueille et

damment d'eau la déroule
nuit. ainsi

poupée

des offrandes, on arrose abon les gens de sa suite. La procession se
jusqu'à
une

à

travers

la

ville

heure très

avancée

de la

On la répète, Puis les

s'il

est

nécessaire,
réunissent

pendant

trois nuits

consé ont

cutives.

vieilles se

dans la
produit

maison où

elles

habillé la La

poupée

pour se partager
revêtait

le

de la
un

quête. « caractère

cérémonie

avant

notre

arrivée

plus

solennel.

Elle

se

terminait

à l'ermitage de Sidi Bel

'Abbès,

situé,

comme

quelques

l'on sait, près des rochers du Guéliz distant de la ville de kilomètres. C'était près de sa coupole verte que l'on serlieu
le

I.

La

cérémonie a généralement

entre

10 et

le

i5

du

mois

lunaire,

208
vait

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

le

repas

traditionnel
aussi en

et

qu'on

récitait
que

la fatha

pour avoir

la

pluie.

C'était
prier,

à Sidi Bel 'Abbès

les hommes

autrefois

allaient

temps

de

sécheresse.

dans

une

attitude

de

profonde

Ils s'y rendaient pieds-nus, humilité. Sur le front de leur cor

tège, on remarquait un enfant qui portait une cuiller fixée à l'extrémité d'un roseau et décorée d'un lambeau d'étoffe.
La
cérémonie

de Marrakech

appartient au

type

le

plus

fréquem

ment observé

dans lequel les
en

aspersions même

d'eau jouent
rite

un rôle

impor

tant.

Celles-ci

constituent

le
à

essentiel

puisqu'elles
prennent

simulent

la

pluie

que

l'on

cherche

provoquer.

Elles

parfois une signification plus cherché glissent comme

nette,

plus

en sympathie

avec

le but
ter

chez

les Aït Chitachen
gouttières

(Demnat)
cruches

les femmes

la

poupée

dans les
sur elle

tandis que,

du haut des d'eau.
nombreux

rasses, on

déverse
reçoit

le

contenu

de

Tlgenja

de

ses

fidèles des

hommages
on

mais

éphémères. A l'issue de la cérémonie,
ments et

la dépouille de

ses vête

de

ses

bijoux,

puis on

cas
en

où cas

elle n'est plus une

poupée

la disloque. Il est, néanmoins, des d'occasion hâtivement façonnée

de nécessité, mais une véritable idole qui repose, en temps ordinaire, dans la chapelle de quelque saint. En dehors de ces
cas

exceptionnels,

on

la démonte

tout simplement,

ou

bien,

ce qui

est encore

fréquent, on la détruit. Au Tafilalt (Abouâm), les femmes
devant la la fatha
maison

réunies,

à l'issue de la

proces

sion,

de la
puis

tafqirt qui a confectionné
elles engagent entre mannequin.

la

poupée,

récitent

d'usage,

elles une prétend

lutte
que,
est

qui

se

termine

par

la destruction du
point

On

si elles ne se
certain

battaient

de la sorte, il
cris
qui

ne pleuvrait

jamais. Il
ainsi que

que

le

pugilat et

les

l'accompagnent,
femmes,
qui
sont

les

mouvements
ajoutés action

désordonnés de

toutes

ces

des

rites sur

à la
sur

cérémonie primitive
pluie.

;

ils passent,
poupée

eux gît
un

aussi,

pour avoir sur

la

Quant à la

déchiquetée

le

théâtre

de la

lutte,

l'usage

est

d'en

ramasser

débris
côté

que

l'on

serre, à

cause

de la baraka, dans le
enterre ruelles

coffre

familial à

des

objets

les

plus

précieux.

Ailleurs,
menée

on

la

poupée.

A Timgissin,
enfants se abandonné
«

après

l'avoir

pro
nuit

dans les

de l'ighrem, les
cimetière

rendent, à la

tombante, dans ils procèdent à

quelque
ses

pompeusement

funérailles. Ils disent:

ad-iaûwi rbbi anzar

LE

TEMPS,

L ATMOSPHÈRE.

LE

CIEL

20Q

akem-ishomej ! Que Dieu apporte une pluie qui te fasse pourrir! » Dans les régions situées au sud-ouest de Marrakech, à Amsmiz et à Imi n-Tanout en particulier, les gens ont coutume de noyer
leur
poupée

dans des

une mare ou marabouts

dans

une rivière.

Après l'avoir

pro

menée autour et

locaux,

on

gagne

là, la fillette,

qui

s'écriant:

« ad-iaûwi rbbi anzar

la porte, la lance avec ! Que Dieu apporte la
droit
cas sous

le bord d'un étang, force derrière elle en
pluie!
»

Si

la

poupée plonge

la

tête

l'eau,
est

on

dit

que

l'année

sera

pluvieuse. sécheresse.

On

voit

dans le

contraire

le

signe

d'une de

année

de

En effet, la
pas en vue

cérémonie

pratiquée

à l'époque des
tirer
un

labours,
présages

non sur

de

provoquer

la

pluie,

mais

des
cas

la

campagne agricole qui commence.

C'est là

typique
pour se

d'une

opération magique qui a perdu son caractère primitif en rite

transformer

divinatoire.

Paroles,
de
paroles

chansons.

La

promenade

de la

poupée

s'accompagne

rythmées, de chants et de refrains appropriés au but de la cérémonie qui est d'amener la pluie. De cette pratique, est née
toute
une

littérature dont les
rapportés.

spécimens

en

langue
moins

arabe

ont

été

maintes

fois

Les

chants
par

berbères,
leur
ou

connus,

ne

le

cèdent en

rien

aux

précédents simples

caractère

naïf et

primitif. magiques

Ce

sont parfdis genre

de

incantations
«
yër

des formules
!

dans le
nëm

de

celle-ci :

agenja

atagomël

tug
plie

tmâra làllsous

! Lève-toi Aghenja
ménage

et va puiser!

ta

maîtresse où
on

le faix
pour

du

!

»

(Zemmour). En Kabylie,
pluie se nomment
anazai"

les dit
:

cérémonies
«

l'obtention de la
a-rbbi ssu-its-id

Anzar.

Anzar ! Anzar !
péné

! De l'eau! de l'eau ! O Dieu fais-la
»

trer

jusqu'aux

racines!

ou

bien
pour

:

«

aman,

aman

i-ùqlib-

! Agenja

itsgririh ! De
tomber

l'eau, de l'eau
peu

labourer! Et

qu'Aghenja

la fasse

!

»

La formule
à-dire à la
i.

à

peu

évolue

en prière adressée

à

Tlgonja,

c'est-

cuiller personnifiée et

déifiée. Ainsi
Cf. Ben

chez

les AïtChitachen:
de langue

Pour:

ar azar

te

jusqu'aux
.

racines ».

Sedira, Cours Boulifa,
p.

kabyle,

p. xcvin. 2.
«

,

Pour: âqlib
».

tardif,

semé

tard

(récolte)

192;

par

extension

dernier labour

Laoust.

ilx

210

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

« «
"

a-llgonja

! !

g-aneh-d anzar aûwi-d anzar g-igaln

!

a-llgonja
alnëker ad-ilin

!

tuga

!

«

izamdren !
pour

«

0 Tlghonja ! fais
0 Tlghonja ! Que l'herbe Et
qu'il

nous pluie

la
!

pluie

'

apporte

la

<

pousse

sur

les

collines

!

y

ait

des béliers !

Chez les Aïth Sadden
céder

et

les Aïth
qu'il

Sri,

on prie
«

la divinité d'inter
! iasi
urauz-

auprès

de Dieu

pour

pleuve :

a-lrgenja,

nëm s-ig'ënna

! ger i-rbbi
au
ciel
»

anzar

! a-lrgenja

atëkker

tuga

!0

Tlghenja,

tends
que

les

mains

! Demande à Dieu la

pluie

! 0 Tlghenja !

l'herbe
nom

se

lève !

Le

de Tlghenja
«

apparaît souvent ».

dans les Aux

prières accompagné
ci-

de l'épithèle de dessus
taûwit
ajoutons
anzar

Mère d'Espérance

exemples rapportés

le

suivant:

a

a-tagonja

burja !

ia-

rbbi

ad-ag-

! 0 Taghonja

mère

d'Espérance ! ô Dieu

apporte-nous

la

pluie

!

»

(Tafilalt).
nom

D'autre part, le

l'on trouve fréquemment
poupée,

de Dieu, du Maître : rbbi ou mûla, que associé dans ces formules à celui de la

y fait
relief

néanmoins

figure d'étranger. Parfois
et

même, le

caractère païen mis

de la divinité
l'insistance
: <

de

son

culte

y

est singulièrement

en

par

que

l'on
!

apporte

à faire

profession

de foi islamique. Ainsi
adarna g-d-igit

a-tlgonja

wann nûmën au

s-rbbi aizdar
peut

! O Tlghonja ! Qui
pluie

croit

Dieu
: «

qui

nous
nmun

secourir
s-rbbi-lli

(avec la
isgan

!)

»

(Ihahan)

ou

bien

o-tlgonja croyons

!

aifk

anzar

! O Tlghonja !

nous

en

Dieu

qui peut

donner la
très

pluie »

(Tlit).
que

Une formule
pos

populaire

l'on

répète
«

dans le Sous à
aman,
aman

pro

de lout
rbbi en

charme

de pluie, dans la

est celle-ci :

unzar

!

atënt-ig Que Dieu

tignau g-uasif-ëlli
apporte

jbar ! De

l'eau,

de l'eau de
»

pluie!

rivière

du Tout-Puissant.
:

Dans Id
oii

quelques

tribus

de l'Anti-Atlas

Ithamed de l'Oued
promener

Noun,
des
se

Brahim, Imejjad,
temps que
: «

l'usage

est

de

un agneau en
chantent

même

la cuiller,

on relève ces paroles que
croit

jeunes filles
courir avec

Belghonja ! Qui
par

en

Dieu

qui

peut
»

nous

la

pluie

l'agneau

et

le bélier

réunis!

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,

LE

.CIEL

217

Les

femmes, du
et

l'agneau
On

les

enfants
'

haut des terrasses, jettent de l'eau du cortège, puis elfes font

sur

la

poupée,

ample

distri

bution de

grains

relève

chez

les Berabers du Moyen Atlas
parmi

une

série

de
du le

chants genre.

qui se classent

incontestablement
non plus

les

plus curieux

Il y

est

question,

de

Tlghenja,

mais

d'un

certain sur

'Ali

au

Capuchon,
duquel

'alï

bu-tgelmust,
de
»

personnage

légendaire

compte

nous manquons
«

renseignements.

Les Ichqern l'appellent:

'aliu'ali,
tgelmust.
est

Ali fils d'Ali
:

Aïth Seghrouchen

"addjï^ bu-tgelmust; les ; les Izayan: 'alï bu-tjlëmust ; les Ibouhasousen : 'ail bu-

D'ailleurs,

quelle qu'en soit
représenté par

l'appellation, le
capuchon garçon en

mannequin

invariablement

un

dans lequel

on

bourre les
ou

pans repliés

du burnous. Un les hommes,
comprend :

le

porte sur

l'épaule
à

dans les bras. Ce
cérémonie.
rituel

sont

effet,

qui participent

la
au

Celle-ci
:

comporte elle

un rituel

identique

en

tous

points

de Tlgonja
stations

une

procession

autour

du

douar, des
remises

devant les tentes, des aspersions d'eau, des d'offrandes que l'on emploie à la préparation d'un repas.
caractère chez symbolique

Seul, diffère le
les
chants.

du

mannequin

comme

aussi

Notons

les Ibouhasousen

e «

'aiï, "ail bu-tgelmust ! ënnar'i-t-id

ai-amalas*

!

Ali,

Ali

au

Capuchon ! Touche-le ô Pluie !

i

.

Notons

que

des

cérémonies

de

ce genre ont

tendance à disparaître.

ce qui semblerait attester

leur haute

antiquité c'est qu'on

les

observe surtout

D'autre part, à l'Ennaïr

et

à l'Achoura

qui

marquent, l'un

et

l'autre,

lo

commencement

d'une

année nouvelle.

Mais,

célébrées en ces ciel sur

circonstances,

elles ont uniquement en

vue

d'appeler les béné

dictions du

l'année

nouvelle pour qu'elle soit pluvieuse.

d'hui très réduite,
que

consiste

à

promener un agneau et

à

recueillir

La cérémonie, aujour toutes sortes de grains

les

enfants vont ensuite mettent

disposer dans la

chapelle

d'un
on

agourram.

Puis,

sur

le tas

de grains, ils
que

l'agneau

: si celui-ci vient

à uriner,

dit

que

l'année

sera

bonne,

les

récoltes et

les troupeaux

ne périront pas en ce

faute de
cas,

pluie.

L'opération
2.

magique s'est

transformée,

en rite

divinatoire.

I

permute avec :

3. Pour

dj, Izayan, ou se mouille en i, Ibouhasousen, A. Seghrouchen, ënnal, par l > r, tt loucher, rencontrer, arrêter » ; n. a. : tanalit ; cf. nal,
réaliser ».

Zouaoua, labours,

tt

toucher, tàter,
pluie
.

Première

d'automne dont l'arrivée
averse.

marque

l'ouverture de la

saison

des

et aussi

giboulée, forte

2 I 2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

Les Izayan disent
« «

:

'addjï bu-tgelmust ! izzâ"l-t-id
tsin-t

unzar ar-tigëmmï

!

idân,

i'aud-as-t gizin !
pluie

« «

Ali
Les

au

Capuchon ! la

l'a
le

chassé vers

le douar !
!
»

cîiiens

l'ont dévoré
:

et

roquet

l'a

achevé

Et les Aïth Sghrouchen
k
«
«
'

ali

bu-tgelmust ! izzâ'-t-id
!

unzar!

tssan-ag-d waman

ms'aud sir-id aizzima

ï!

«

tssan-ag
Ali
au

waman

iherddna3!
pluie

(

Capuchon ! la

l'a
!

chassé

!

«
« «

Nous

sommes noyés par apporte

l'eau ! !

Mesâoud,
Et (creuse

la

pioche

une

rigole) l'eau

emporte

notre

mobilier

»

Ali

au

Capuéhon apparaît, d'après

ces

paroles,

comme un

individu

qu'une pluie violente a surpris
capuchon

en pleine

campagne.

Il

a relevé

le

de

son

burnous,
étranger.

et s'est rapproché

du douar la
pluie

les

chiens qui

l'accueillent
inonde les

en

Et il le

erre

sous

battante

tentes et emporte

mobilier.

On reconnaîtra,

sans autrement

insister, le
on

caractère sympathique

de

ces

formules. Prononcées
récoltes en et

au moment où

la

sécheresse met magique

en

péril

les

les

herbages,

devine l'effet

que

les Indigènes

attendent.

Tlgenja
cours
culine

est

la Fiancée
on

d'

Anzar, la Pluie.
comme

Les

cérémonies au effigie
mas

desquelles

promène,

ci-dessus,
chez

une

paraissent,

pour

l'instant, localisées
féminine

les

populations

berabers. C'est

une poupée

représentant une

taslit,

une

i.

ëzzac

te

chasser, expulser,
;
cf.

renvoyer » n.

a.

.

u:uc.

2.

aizziin tt pioche » pi,

agclzirn,
tt

Ntifa.
pour matières sèches:

3. Pour ihrad,
etc. :
el aussi :

de:

ahrid

outre

farine,

céréales, son,

oreiller, coussin

».

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,

LE

CIEL

2 10

fiancée,
toute

que

autre

région.

l'on promène, dans des circonstances identiques, en Toutefois, la charpente de cette poupée que,
avons
vu

jusqu'ici,
pot,
un

nous

confectionnée

au

moyen

d'une

cuiller

à

l'est

parfois

aussi au moyen pelle.

d'autres de

objets ou

tels

qu'un

roseau,

entonnoir,
cuiller

une

Le

nom

gonja

de

tlgonja,

celui

de la

reste néanmoins

appliqué,

clans quelques

cas, àla

poupée ainsi

façonnée. II
comme

arrive pourtant qu'elle reçoive une appel

lation différente
Pluie
».

celle

de

taslit

ûunzar, la

«

Fiancée de la

Les Aith Seghrouchen
ûunzâ

nomment

indifféremment

tlgenja ou tislit
moyen et

la

poupée

que

leurs femmes façonnent
bout d'une
*

au

d'un

entonnoir1

qu'elles
vrent

renversent au

baguette'2

recou

d'un foulard
en
elle

3

et

d'un

collier

Une jeune fille la

porte autdur

du douar

s'arrêtant et sa

devant

l'asperge,
cessent

poupée,

tente, et, tandis qu'on les femmes qui l'accompagnent ne
chaque

de

répéter:

«

Anzar !

adjërujel

ilgan

attsuint

ûullï !

Anzar! Que les

mares se remplissent

! Que les brebis de la

s'abreuvent!

cet

L'entonnoir est, en. pareil cas, un instrument, il agit dans le rite
Les

substitut
en

cuiller

;

comme

tant que

symbole. réservent
»

Rifains

et

autres

Berbères du Nord
«

la

même
pelle

dénomination de
qu'ils recouvrent en

tasril

uunzar

Fiancée de la Pluie
et

à la

de

vêtements

féminins

qu'ils

portent

solen

nellement,

temps

de sécheresse,

autour

de leurs

marabouts

locaux.

Il
sur

s'agit

ici de la

pelle

réservée

à la

manipulation
vannages.

des

céréales
se

les

aires

à battre
par sa

l'époque des

L'instrument

trouve
avec

donc,

destination, être
à laquelle les

merveilleusement en sympathie
moissons

parviennent

la pluie, à
chapelle

grâce

germent,

croissent

et

maturité.

Les Ibeqqoien

de la

d'un

certain

5, dit-on, promènent, autour Mohammed Amoqran, une poupée ainsi
en mariée et parée

façonnée,
i.
■j..

avec une pelle

habillée

de

toutes

sortes

anfif. aissût.

3. lasebnit.
4. taseddit
et azerf. p.

5.

Biarnay, Rif,

1

74

21

4

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

de bijoux. Ils la
«
«

portent

à

une

fontaine

ils l'arrosent

en

disant

:

a-rbbï

!

a-rhâmna

s-uaman

"unzar !
pluie

0 Dieu !

aie pitié

de

nous

! Donne-nous de l'eau de des deux

De

là,

ils la

conduisent

à

chacune

mosquées

du

village

dont ils lui font faire

trois

de

ses

habits

et

de

ses

fois le tour; et après l'avoir dépouillée bijoux, ils la plantent dans un tas de fumier la
pluie

où elle reste
ses

jusqu'à

ce que ses

l'ait

mouillée.

Ainsi,

tant
en

dans
tous

fins

que

dans

moyens,

la

cérémonie

rifaine

est

points

identique
entre

aux précédentes. encore

La Tsoul
est,

pelle

dans la

confection

de la

poupée

que

les

ont coutume
ce

de

promener

lorsqu'ils désirent la à
une

pluie.

Elle

dans
La

cas,

curieusement ajustée

cuiller

à

pot.

Aussi,

leur

poupée

revêt-elle

dcf

ce

fait

une

valeur symbolique plus com

plète. ment

pelle personnifie sans

dit la

terre

qui

les

produit

doute les grains, les récoltes, autre ; la cuiller traduit le désir que l'on a
et

de

voir

tomber

la

pluie qui

féconde

fertilise. Les Tsoul
mata au

appellent

cette

poupée

mania',

sous

la forme

l'expression désigne
cours

dans le Fahs de Tanger
paysans qui

une

cérémonie

de laquelle des
une poupée sans

se

disputent,
de raison,

au

-milieu

des blés
ou

en

herbe,

personnifie

l'esprit du
on

grain

de la

végétation.

Non

apparence

a voulu

identifier le

mot

à mater,

nom

de

la déesse
De
ce

romaine. que une
«

la

poupée
»

est,
on

pour ne

certains,

une

e

Mère

»,

pour

d'autres
quelques

Fiancée
qui ne

saurait

donc

suivre

l'opinion de

auteurs
qu'il

en

font

une

déesse de la Pluie. Nul doute,
en

au

contraire

faille

voir

plutôt,

ces

naïves

images, la
l'eau du
les

personnification

de la Terre
son secours.

condamnée

à la
en

stérilité si
ce
qui

ciel ne
cas

vient

à

Mais,

exacte

concerne

particuliers

rapportés

jecture

s'impose-t-elle

immédiatement ci-dessus, notre con avec la à tous les autres? même force

Autrement dit Tlgonja,
elle

sous

l'aspect d'une fiancée,

symbôlise-t-elle,

aussi,

la Terre

au sort

printemps

époque

Anzar,
rites

avec

ses

ondées,

décide du
nous

des des

récoltes?

L'analyse des

va,

sem-

ble-t-il,
a.

fournir les éléments d'une
ce sont

réponse affirmative.
veuves

En effet,
Cf.

vieilles

ou

des

de

pieuse

répu-

i.

Westermarck,

op.

laud.,

p.

-),i.

LE

TEMPS,

ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

2l5

v

tation, des dévotes, qui prennent l'initiative de ces cérémonies et les dirigent. Ce sont elles qui, en tous lieux, façonnent et habillent la poupée; et cela, non à leur vaut leur grand âge
cières ou
maraboutes

cause

du

caractère

presque ou

sacré

que sor

on

les dit
parce

tafqirt

tagurramt,
dans
un

mais,

que

leur

condition

physio

logique de

ou

leur

situation sociale

les

tient

elles-mêmes menacée.

état

stérilité

pareil

à

celui

dont la terre de la

est

g. D'autre part, la

promenade

poupée a qu'il

toutes

les

allures est

d'un

cortège

nuptial.

Avec la
son

pompe

convient,

Tlgonja

conduite
comme on
y.

chez

Anzar,

époux. Chemin

faisant,
du

on

l'asperge,
masculin.

le ferait d'une
personnifie

véritable

fiancée.
mot

Anzar

la Pluie. Le

est

genre

Dans

certains

parlers,

le

mot

arabe
soit

s'est vague

substitué

à

lui, il

a

néanmoins prévalu pour

désigner

la

divinité
»,
celle

qui préside

à la pluie, soit encore la « Pluie par ou de printemps, celle qui permet les de la
une a
«

excellence

d'automne les
récoltes

semailles on sauve entre

sécheresse.

Il existe,

par

ailleurs,

le
mot

ciel et

la

pluie

telle relation,
se

que par association en
maintes

d'idées,
qui

le

igenna
».

« ciel »

pu

substituer,

régions, à Anzar

pluie

Le Ciel
com

notre

Père

»

selon

une

conception

fut du

patrimoine

dé tous les peuples, est la source des forces de fécondité ; Anzar en est pour les Africains, la plus appréciée.
mun

3.

Ce

qui

lève

enfin

le dernier de Ja

doute,

c'est

qu'Anzar

lui-même

figure
de

parfois

dans le

cortège
.<

poupée sous
»

le

nom

significatif curieux servis

argâz

n-tlgonja,

le

Mari de Tlghonja.
originale

Et, il peut
se

être

de

savoir

de

quelle

image

les Berbères

sont

pour sa

représentation.

Le

«

mari

de

Tlgonja.

».

Au

village

de Tasemsit
met au

chez

les
en

Infedouaq, lorsqu'une
péril,
elle
une

sécheresse une

prolongée

les

récoltes

tafqirt

organise poupées

procession

cours

de laquelle
tradi

promène

deux

représentant,

l'une la Tlgonja
ou

tionnelle, l'autre son « Mari > aigâz n-tlgonja La veille,, elle dépose dans la chapelle d'un
cuillers

himmi

n-llgonja.

marabout
qui

les deux

qui constitueront

la

tlgonja et

le

pilon

représentera

le

«

mari ».

Le

lendemain,

elle

les

retire et

les

ajuste

;

d'abord, les

2l6l

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

deux
parée

cuillers

qu'elle attaehe s_es

en

croix
«

qu'elle

habille
de

en mariée

de

tous

bijoux ; puis, le

Mari

»,

le pilon,
se

qu'elle recouvre
ses

de haillons
les
plus

noirs.

Elle-même,
et

ce

jour-là,
afin,
:
afada

revêt

habits
de
ad-jahk
se

sordides que

les

plus

sales

dit-elle,
tmussu

que

le

ciel

vienne unzar. saisit

noir et

la

pluie

tombe

ddunit

La vieille, de Tlgonja,

qu'entourent

alors
un

les femmes

du village,
se

et

monte

sur

âne. Derrière elle,

tenant

à le

la
le

queue
«

de la bête, vient une Mari ». En cortège, l'on
ont passé

autre va

femme

portant

l'autre

poupée,
et

au marabout où

les

cuillers

pilon

la
<

nuit.

Tout
!

en

marchant,

les

unes

disent:
»

a-Tlgonja

ma-km-îlan?
t<

les femmes chantent, O Tlghonja! Qui t'a
!
c'est elles

épousée ?

les

autres répondent :

aman

n-unzar akm-îlan
»

l'eau de

pluie

(d'Anzar)
fois
gagnent

qui

t'a

épousée !

Pieusement,

tournent trois

autour

appareil,

elles

de la chapelle, puis, dans le même le bord de la rivière. Là, elles poussent

dans l'eau la
elles

tafqirt assise sur son

âne;

et,

installées

sur

la

berge,
s'il

attendent que par

l'âne
et

urine.

Elles

saluent

l'événement,
: zaid aman en

se

produit,
ai-agiul

des

cris

des

propos

grossiers

guyàd

!

crient-elles.

Elles

considèrent

l'événement,
de la
côte

effet,

comme un

signe

certain

de l'arrivée
poupées

prochaine

pluie.
au

Elles bord

aspergent ensuite

les deux

étendues,
elles

à côte,

de l'eau. Elles insultent la
même
«

dans la
que

rivière

pour

la maltraitent, la jettent la faire pleurer ; il faut qu'elle pleure
vieille,
afada ad-allan

afin

les

cieux

pleurent,

igënuanl

Elles

se

livrent lement

encore au en

jeu des baignades forcées
:
«

el

s'aspergent mutuel waman et

disant du

a-rbbi

anzar

!

ar

igga thommarn
avec où

!

»

Puis dans
confusion
sent.,

un calme

qui contraste elles

étrangement

le bruit
se

la

début,

regagnent

le

village

elles

disper dans la

Le

caractère

vraiment original

de la

cérémonie

réside

présence,
rites

de Tlgonja, d'une poupée masculine et non dans les secondaires dont elle se complique. Cette poupée personnifie
à
côté
son nom

Anzar;
avec

et

les

paroles chantées
revêt

parles

femmes l'indiquent
le
noir est

évidence. On la

de loques de
nuages
qui

noires,

parce que

la

couleur

du

ciel chargé que

pluvieux.

permis

de

croire

le
et

pilon

lui

sert

D'autre part, il est d'ossature n'est que de
sa
masculinité. rituellement

l'image d'un

phallus

le

signe est

énergique
et

Toutefois, l'organe

sexuel

représenté

utilisé

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,

LE

CIEL

21"

dans

ce

cas,

non en qualité

d'organe de

reproduction,

mais comme

organe

d'émission de liquide
moins ce
que

symboliquement en

assimilé

à la

pluie. assez

C'est du

l'on

est

droit de

conjecturer avec

de

vraisemblance

de la

scène

de l'âne

urinant par

dans la

rivière.

Par ailleurs, des
graphie
est

renseignements
sembleraient

fournis

des études d'ethno
hypothèse ;
phalliques que

comparée probable

confirmer nombre

notre

il de

même

qu'un

certain

de

rites

l'antiquité
tomber

classique n'aient eu
pluie. suit pas

également

pour

but

de faire

la

Il

ne

s'en

nécessairement

de là

que

les

phallophories pluie.

berbères

n'aient uniquement eu en vue que certain en

d'attirer la
se sont

On

peut

tenir pour
assez

que

les

rites

de

pluie

trouvés associés
et

tôt,

Berbérie, à des
été,
pour

rites

de

génération comme

de fécondité.
tant

Le

phallus

a

les Berbères

pour

d'autres
ni

peuples, le symbole des forces de fécondité sans lesquelles terre ni les femmes ne porteraient de fruits. Même, dans la
monie

la

céré

les

des Infedouaq, il n'existe pas de démarcation nette entre de pluie proprement dits et les rites de génération. On y célèbre l'union de Tlgenja (c'est-à-dire la Terre vierge et inféconde)
rites
et et

d'Anzar,

personnifiant sous

le

signe

de

Priape, le
et

principe mâle

fécondant. L'union
croyance

symbolique en

de la Terre
effet,
source

du

Ciel, d'après
et

une

universelle, est,

d'abondance

de

prospérité.

On

ne

peut

être

que vivement

frappé du

nombre

important de
vrai et

cérémonies

de

ce genre qu'offre

l'étude du folk-lore berbère. A

dire,

on n'en

trouve

plus aujourd'hui que

les éléments disloqués
celle ne

agrégés au rituel en particulier. que

des diverses fêtes
tant

religieuses, curieux,

de l'Achoura,
rapporterons

Parmi

de

cas

nons

la

cérémonie qui se

déroule,

tous

les

ans,

dans le

petit village

de Taliza (Aït

idoles
son
,<

que

Isaffen) à l'occasion de l'Achoura. On y verra deux l'on identifiera sans doute au couple de la Tlgonja et de
»

mari

de la

cérémonie

des Infedouaq.

Les idoles de d'une
vache

Taliza.

La fête

est

inaugurée

par

le

sacrifice

fait à la

porte est

de la

mosquée.

précieusement recueilli

aussitôt

Le sang de la victime répandu en dehors du village

2 1

8
aire1

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

sur une
viande

se

dressera bientôt le
à
raison

grand

bûcher

annuel.

La

en

est partagée et

d'une

part par

foyer. La tête, les
parfois, un

pieds,

la

queue

prix très élevé.

la peau, mis aux Ces parties passent,

enchères,'

atteignent

en

effet,

pour a

être tout impré
sanctifiée

gnées

de la baraka de la
sacrifice
sanglant

victime que appelé

le

sacrifice

"•'.
veille

Ce

tigersi

n-tim'asurt

a

lieu la

de l'Achoura. Dès le
apportent

lendemain,
le bois

les femmes
et

et

les jeunes filles
serviront aux

de la

montagne

les herbes

qui

hommes à édifier le bûcher. Ce

jour-là, également, les
;

garçons

vont ramasser

des

escargots

dont ils font des colliers
rose qu'ils peignent en

ils

cueillent aussi

des baguettes de

laurier-

rouge et en

de leurs baguette
tant

colliers et munis préparée

Puis, à la brune, affublés de leur baino3 c'est là, le nom de la
vert,
— —

de la

sorte

ils

parcourent

le

village en portes

s'arrê-

devant
;

chaque

maison.

Ils frappent

aux

avec
sens

leur

baguette
est,
en

ils

chantent

bruyamment des
:

paroles

dont le

leur

partie,

inconnu

« ( «

Bennâyo ! bennâyo 4

iàn id-ur-ifkin takedmil-nîyu

d-igs-niyo,

ar-itzzeg
a

laidit

ar-isëndu

g-uhlas !

Bennâyo ! bennâyo !

i

.

Cette

aire porte

le

nom

de timesdukan,

expression que

l'on
»,

peut considérer comme
p.

composée

d'une

première partie:

limes,

signifiant et

feu

cf.

5o. Le mot, jus

qu'ici,

paraissait

inconnu des

parlers chleuhs.

Un

récit

de

cette

cérémonie

été fait dans la
tt

«

février igi7, par M. Bel dans son article donné en conférence, â Fez, aux officiers
j,.

Coup

d'œil

Revue des Religions », janvier-. déjà sur l'Islam en Berbérie
»,x

et aux

fonctionnaires français

en 1916. comme aussi

Plus d'un indice
agraire

autorise son

à

croire au caractère sacré

de la

victime

à l'origine

de

sacrifice.

L'achat de la

vache

est effectué avec

le

produit

des

grains

moment

coutume de recueillir sur les aires à battre au que, tous les ans, on des dépiquages. C'est à cette époque qu'il faut, avec toute vraisomblance,
cérémonie primitive. vache

-

reporter'la sacrifice

Chez les Ida
aujourd'hui

Oukensous,

toisins

des,, Ail

Isaffen,

le

d'une

s'observe

encore, dans les champs, à la fin des

moissons.

3. La

même

baguette

se nomme

tabennaiut

au vj

d'Azomz (Tagemmout idoles de

n-Iaqoub).

Les

enfants s'en servent pour

démolir les

petites

pierre qu'ils ont

élevées

autour

du feu do joie.
ce

4- Sur

mot,

voir supra p.

ig5,

u.

2.

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,

LE

CIEL

2

10,

«
«

Bennâyo ! bennâyo !

Qui

ne

me

donnera

ma

boulette
son

et

mon

os,
un

Traira

sa chienne et
«

battra

beurre dans
»

bât !

Bennâyo ! bennâyo !

De leur côté, les hommes
prennent en commun

s'assemblent

dans la

mosquée

ils

le

souper

de l'Achoura. A l'issue du
leurs
cuisses et certain

repas,

ils

recouvrent

de

peaux
vont

de

chèvres

leurs

reins nus.

Ainsi

accoutrés,

ils

à la demeure d'un
plus

Daoud Ou Brahim

les femmes

vêtues

de leurs

Ce Daoud Ou Brahim

est un personnage

beaux atours, les ont devancés. bien étrange. On le pren
culte perdu.

drait

pour quelque grand-prêtre
singulier

d'un

11 jouit du

pri

vilège

d'allumer,
a

chaque

avec un

tison

qu'il

spécialement

année, le bûcher de l'Achoura préparé. A cet effet, quelques

jours
qu'il sec

la cérémonie, il a coupé une longue baguette d'olivier consume par un bout de façon qu'il en reste un tison bien
avant coudée

d'une
aux

de long. Le
alignés
et

soir

de la fête, il l'allume
sa

et

le

pré en

sente

gens

formant la haie devant

porte

s'écriant :

j

ha-iaksud-ënnun

a-ljëma"at

!
gens

«

Voici,

votre

morceau

de bois, ô
des
cris

!

»

Son

apparition

est

accueillie

par

et

des huées. Ses

fonctions

l'obligent,
nu

en

effet,

à

ce qu'il

se

montre, cette nuit-là,

entièrement

jusqu'au-dessus du
prescriptions

nombril.

On dit il lui
est

même

que,

contrairement
s'épiler.

aux

musulmanes,
.sous

interdit de

Néanmoins, impassible
entre

les

se

glisse

la double
cortège

rangée

d'hommes

huées, Daoud ou Brahim et de femmes, et, pre
se rend

nant

la tête du des

carnavalesque, il

sur

la taddart,
il
maintient

centre

premières

cérémonies.

De la

main

gauche,

donc le

relevés

les bords de
sur

sa

blouse, dans la droite, il
souffle par moments

porte

allumé

tison

d'olivier

lequel il

vient

la foule hurlant des
met aussitôt

refrains obscènes et

derrière lui, orduriers. Arrivé sur
;
que

la taddart, il les femmes y
éclairent
«

le feu à

quelques

brassées d'herbes
élèvent

ont amoncelées

; les flammes,

qui s'en

bientôt,
les
mères

et

détaillent fils

sa

nudité.
cité.

Mais

voici

que

s'avancent

premières » ont

femmes de la
répondant

On désigne

par

toutes

les

qui

un

au

nom

du Prophète. A tour de

rôle,

220
elles

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,

LE

CIEL

font

trois

petits

bonds

au-dessus

du brasier

en poussant chaque

fois

un cri

sauvage. partie

La

première vrai

de la

cérémonie semble se
pas

terminer

ici. Son

sens, à
voir

dire,
tenue
vêtir

n'apparaît

avec

netteté.

Peut-être faut-il y
rentre

une

survivance

de

quelques

Saturnales.
grand-prêtre, à présent,
habits.-

Dans
chez ont

une

plus

décente, le
préparatifs. servant

lui

se

de à

ses plus

riches

Pendant

son

absence,
notables où sont

lieu d'importants
village

du

remet

un

la

clef

Un anëflus, un des du petit temple
que

enfermées peuple qu'à
aksud

les

deux

idoles
ces

de bois

l'on

ne

présente

au

l'occasion de

fêtes. L'une d'elles
»

porte

le

nom

de de
a

um'asur

Morceau de bois de l'Achoura

ou

encore

celui

de

tasëma'it

um'asur

le Cierge A l'une de

».

C'est

un

simple "morceau

figuier, de forme

cylindrique,

d'environ

o"',8o

de

long

que

l'on

soigneusement raclé.

ses extrémités est un
«

bâtonnet fixé
stériles

à 45°. Les Chleuhs l'appellent âdàd
viendront une

le doigt

»

;

les femmes
La légende

tout

à l'heure y
au

glisser

leur

anneau.

assigne

origine

sacrée

morceau pas

de bois dans lequel l'idole
pieux pèlerin

a

été

taillée ;

n'aflirme-t-elle

qu'un

le

rapporta

jadis

de la Mecque ?
Le
servant retire

l'idole de

sa niche
'

; il la

frotte

vigoureusement qui pousse en

avec une poignée

d'orge

verte

ou

avec cette
si

herbe

tous temps

dans les

rigoles

d'arrosage,
Il
au culte

la fête tombe à

une

époque
qui

les

récoltes

sont

enlevées.

allume une petite

lampe

fait il
se

partie

du

mobilier réservé

de la A

divinité,
son

après

quoi,

rend

sur

la

taddart où

il
en

est attendu.

arrivée,

un nouveau

cortège
verte

s'organise.

Il

prend

sur

l'épaule, il
vient et

tient à

la

main sa petite

lui-même la tète; il porte l'idole lampe allumée; der

rière armé

lui,
cette

d'un fusil

le grand-prêtre, décemment vêtu de blanc, il est tient le tison allumé dans la main droite envelop
un pan

pée,

fois, dans

de

sa

blouse

qui

le

couvre

entièrement;

puis viennent

les hommes

accompagnant

de leurs

tambourins

les

i. que

Et cela,
cette

dit-on,

dans le but de la
autrefois,

colorer en vert.

pratique

avait,

pour

objet,

soit

de

On peut, néanmoins, supposer redonner de la vigueur à la de

divinité
les

ou môme

lui donnant la
sur

couleur qui est celle

de la ressusciter; soit de mieux de la nature au

marquer son caractère agraire en printemps

;

soit aussi

répandre

récoltes on

herbe, les forces fécondantes
ne paraît pas

tère agraire de la divinité

de la divinité. En tout cas, le devoir être contesté.

carac

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,
qui

LE

CIEL

22 1

chants orduriers au grand

des femmes
qui
se

ferment la

marche.

On

se rend ainsi

bûcher

dresse énorme
s'en approche.

sur

la

dit-on, le
alors par

grand-prêtre

La

Seul, foule, à l'écart, le
timesdukan.
sacré.

regarde mettre

le feu

au

tas

de bois

avec son

tison

Il

prononce

trois

fois

:

Il n'y L'assistant
tas
s'avance

a

de divinité
tour
et

qu'allah

!
au

à

son

dresse, face
ayant

bûcher, dans
sur elle

un

pierre, l'idole de allumée, il se retire.

de

bois;

puis,

déposé

la lampe

Hommes

et

femmes

entourent

la

première

fumée

qui s'en

le bûcher; ils élève, ils disent :
!
tu
vers

saluent

joyeusement

in
«

s-tra

ddunit,
soit

smel sers a-iaggu

Quel

que

le

côté
»

lequel

désires
'

t

'incliner,
On
si

ô

fumée,
On

montre-nous

le !

observe

la direction dans laquelle le l'ouest le

vent

la

chasse.

tire
elle est

des

présages, suivant cette
et

direction. L'année
nord

sera mauvaise

s'incline vers poussée vers

;

bonne,

au

contraire,

si

elle

l'est.
montent maintenant une scène sabbatique
gambadent

De longues flammes
éclairent étrangement
soudainement pris

haut daus la
dont les

nuit

;

elles

acteurs comme

de folie
et

autour

du bûcher. En
tour

effet,

jeunes
en

et

vieux,

hommes

femmes font
:

trois

fois le

des flammes
qui

courant

vers

la droite
dans

ainsi

l'exige

une

vieille

coutume

s'observe en

toutes

régions où s'est perpétué ce

l'usage d'allumer des les disent

feux de joie. Ce
culière,
« «

qui,

cas,
on

donne

au rite une valeur parti

ce sont

les

paroles

dont

l'accompagne

;

gens

:

dtër

u-mâtër

!

ad-ëkullu

isûtël i-ddûnit !

Ater

Oumater1

! Tout

gravite autour

du
le

monde

!

»

i

.

Il

s'agit

bien,

dans

ce

cas, d'un

vieux rite solaire

et

feu,

dont il

est

ici

ques

le feu du solstice, capté par les fêtes de l'Achoura. D'autre part, les Indigènes de Taliza ignorent le sens des premiers mots de la formule qu'ils pronon

tion,

n'est autre que

cent en

tournant

autour

du bûcher. Pour certains, dtër duquel
on ne sait plus rien certains
.

umàtër serait

la dénomination
pas

d'un

marabout

sur

le

compte

Ne faudrait-il
paraissent

lire

: «

terra

mater »

P Nous

avons vu ci-dessus que

auteurs

d'accord

pour

faire

dériver du latin

mater,

les formes

mata ou mantu appliquées

à la

poupée que

les Tsoul

promènent en vue

de faire

pleuvoir.

Noire lecture

ne

ferait

que confirmer

leur hypo

thèse.

222

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

C'est à
maternité

ce moment que s'en viennent

les épouses
glisser

encore-vierges

des joies de

la'

leur bague dans le
de la les

doigt
état de

»

de

l'idole. Elles
détruire lité.
Le brasier à
accomplir : ses par

l'y laissent
là, le

un moment avant

remettre en

espérant,
stéri

prétendu

charme qui

tient

s'éteint peu

à

peu.

Il

ne

reste plus qu'un

dernier

rite

rite

de

mauvaises alors et

d'expulsion du mal, par lequel on se débarrasse influences en les rejetant dans le feu. Chacun

s'avance

lance,
les
«
«

sur

ces escargots que

enfants ont ramassés

les derniers tisons, une poignée de dans la journée; on dit :

munàt

d-ëlbàs-ënnun !
avec votre mal

Partez
termine
sur

!

»

La lampe
uns

cérémonie et

se

sur

ces

mots.

L'assistant

reprend

la

l'idole";
autres

puis,

le

tas

pierres où elle se

dressait, les
enfin

et les

viennent

répandre attitude et

de la de

cendre.

La foule

regagne ment qui

le

village

dans

une

tristesse et

de

recueille

contraste avec
reprennent

la joie

les

chants obscènes

de l'aller.
gens

Les fêtes
en
groupe

le lendemain à l'aurore. Les jeunes
cette

se

rendent

à

heure

matinale

au

bord de

quelque

rivière où

pour satisfaire et aux

baignades
ainsi

aspersions

à la coutume, ils se livrent entre eux aux rituelles. Aux fêtes du feu succèdent
cette

les fêtes de l'eau. En

occasion,

une

femme,
,.

une nommée

Aïcha laser, pénètre, à son tour, dans le petit temple et en retire la seconde idole connue sx>us le nom de taslit, Fiancée ». Quoique
grossière,
elle se présente sous un un aspect anthropo

morphe plus accusé que

la

précédente.

C'est

bâton d'amandier,
par

d'une
qui

coudée

environ, terminé à l'un
est

des bouts
par

deux bâtonnets femme
sont avec

figurent des jambes. Elle
rivière

lavée

cette

de

l'eau de la
puis

dans laquelle les jeunes

gens

se

baignés,
sur réunies.

revêtue

de

riches

étoffes,
soir

elle

est

portée,
qui et

avec

cérémonie,

la

place

publique

au milieu

des femmes
aux

s'y

trouvent
chants.

Là,

elle préside
se

jusqu'au
dans

danses

aux

A cela,

du reste,
vante

borne

aujourd'hui son

elle est remisée

sa niche

rôle, car, à l'issue de la réunion, d'où elle ne sortira que l'année sui

dans les

mêmes circonstances.

Les

cérémonies se

terminent
ajoutons

là.
que

Pour être

complet,

les

enfants

conservent

leurs

LE

TEMPS,

L ATMOSPHERE,,

LE

CIEL

2 23

«

baino

»

jusqu'à la fin du
ils
vont

mois

d'Achoura. Le
au

premier

jour du

mois

suivant,

ensemble

les jeter,
baguette

lever du soleil, dans
vague

la

montagne. chacun

Chemin

faisant, ils
sa

récitent

quelque

prière,

puis

se

débarrasse de
mun

en

disant:
!
»

«
«

d-ëlbas-ënnëk
avec

a-bainînu

Pars

ton mal, ô

mon

Baino !

La description de
par

cette vieille
quelques

fête
rares

religieuse,

à

peine

islamisée
sou

l'introduction de
sans qu'il soit

formules

musulmanes,

ligne,

survivances

besoin d'autre commentaire, l'importance des Son intérêt antiques dans la religion des Berbères.

gravite,
nous

pour

l'instant,

autour

des deux idoles dont la découverte

fut

un si grand sujet

d étonnement.
mâle

La
et,

première est une
a pas

divinité

;

elle préside aux rites supposer

du feu,

il n'y

d'invraisemblance à
pompe,
assister

que

l'on' venait

autrefois,

en si grande

à

sa crémation.

La seconde, la taslit, préside aux rites de l'eau, autre élément de fécondité. Mais, pas plus que Tlgonja à laquelle il convient de

l'assimiler,
la
vierge,

elle

n'apparaît

comme une que

déesse de la

pluie.

Elle

est

son nom

l'indique,

la

pluie

doit féconder. de Tasemsit,
et on

Si l'on

se

reporte

maintenant

à la

cérémonie

identifiera,
son
«

avec que

quelque

apparence

de

raison,

Tlgenja

Anzar,

époux,

l'on
»

promène pour que

Morceau de bois

les

gens

la pluie, à la Taslit et au de Taliza retirent de leur temple
avoir que

à l'occasion de l'Achoura.

forment
mêmes

un couple

uni

que

Mais, tandis l'on invoque,

là, les deux

poupées

en même

chants,

ici,. les deux idoles
les forces
convient

agissent

temps, dans les isolément et reçoivent
c'est un

séparément

les hommages des fidèles. Dans les deux cas,
actives

phallus malgré

qui symbolise son

indécence,
fait

de fécondité. Or, ce signe, parfaitement à Ta représentation
pluie

physique

des forces du
de

soleil ou

de la

dont l'action

combinée

au printemps

renaître

la

végétation.

Les

rites

pluie se

trouvent

donc intimement

associés,

en

Ber

bérie, aux rites phalliques ou de génération. Si, verser de l'eau sur Tlgenja, fait pleuvoir, ''unir rituellement féconde la terre. Et
c'est

dans

cette

croyance

que

réside

l'interprétation de la

céré

de Douzrou, décrite en tête de ce chapitre, au cours de laquelle on célèbre le mariage rituel de deux fiancés, personnifiant
monie

224

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

l'un l'An
tation.

nouveau

ou

la

récolte

future, l'autre l'Esprit de la

végé

Tlgonja
en pays puisse

provoque aussi

les

crues

des

rivières.

Tlghonja
n'a

jouit,
qui que

saharien, d'une
puisque

grande

popularité. est

Le fait
redouter

rien

étonner

la

sécheresse

à

plus

partout ailleurs.

La

vie

rivières,

sur

les

rives

que

n'y est même possible qu'au bord des les crues fertilisent. Aussi, avec quel
montée

enthousiasme

salue-t-on

la

des

eaux se

qui

rapporte

l'abon
recours
régions

dance

et

la

prospérité.

Tarde-t-elle à
:

produire,
passe,

l'on
en

a

aussitôt

à l'intervention de Tlghenja
pour présider

elle

ces

déshéritées,
en

à la distribution des

eaux.

Ainsi

font,
rites,

particulier, tarde

les ksouriens de Tamegrout lorsque la
à
monter.

crue annuelle ses

du Dra

Leur

cérémonie

n'offre,

dans

rien qui ne spéciale.

soit connu

; leur

poupée cependant mérite une mention ce n'est pas

Ils la

nomment ajustée

tngonja;
en
cas une

la

poupée

ordi

naire,

rapidement

de nécessité,

puis et

démolie

à
et

l'issue de la
tête
en

cérémonie.

C'est

idole,
dans

avec une

bras

jambes,

chapelles qui

formé de cuiller, jalonnent le
une veuve

reposant

de

ces

nombreuses

cours

du fleuve. Au jour
vêtements

choisi pour

la

procession,

l'habille de

de

soie et

la porte, à
et

travers

les

ruelles

de la ville,

suivie

de musiciens, de femmes

d'enfants

tngonja, a-murja ! ad-ag-d-igit rbbi s-uaman n-unzar ! Tnghonja, ô Mère d'Espérance ! que Dieu nous secoure avec l'eau de pluie ! » Puis, lorsque le cortège revient
qui s'avancent en chantant :

au marabout
pendant

que

l'on

d'où il était parti, la veuve y dépose la poupée, et apprête de la( bouillie avec la farine recueillie,
baignent dans le fleuve. C'est dans le lit du fleuve

les

enfants

se

d'ailleurs,
chacun grande

qu'on

leur dispense la bouillie
muni,
et

sur

le

petit galet

dont

d'eux

s'est

que

l'on
la

récite,

après

le

repas,

la
sa

fatha d'usage. On laisse l'on
se sépare.

enfin,

poupée

habillée dans la

chapelle et

Bientôt, des
crue

cris

de joie, éclatant de
rapides.

toutes parts, saluent
wasif! »

grande

qui s'avance

à flots

Ingi

dit-on,
a

«

le fleuve de

déborde

», agi,

dans les
crue

parlers marocains signifie «
»

couler, débor

der,

produire une

; ëngi,

chez

les

Touaregs,

le

sens

LE

TEMPS,
»

L

ATMOSPHERE,
en parlant
un

LE

CIEL

220

«

avoir

de l'eau
parlers

courante

d'un

oued; angi,

dans les
ayant pas

mômes

se rapporte i>.

à

«

torrent

ou

à

un

oued sont

de

l'eau

courante

Ces

remarques
pas

linguistiques

ne

sans

valeur.
gui ou

N'établiraient-elles
Tango
qui,
en

l'étymologie de l'énigmatique
sert

Tan-

que

l'on

promène comme

Tunisie, Telghonja,

de dénomination à la
pour avoir

poupée rapport

la

pluie?

Le

l'idée d'abondance d'eau, et langui, nom de ngi, la poupée matérialisant le rite de pluie, n'est peut-être que fortuit; il arrête néanmoins l'attention.
entre

exprimant

La,
ou

k

mère

Tangui
« mère

».

Tlgonja,
•■

poupée

d'enfant.

Umm Tam;i
que

Tango*, la
enfants

Tangui
en

est,

à

Tunis, la

petite poupée
en

les

promènent,

temps

de sécheresse,

l'accompagnant

de leurs

chants :

et «

Ummëk
Talbet

Tango,

ia-nsa

rabbi

'assta !

Ummëk Tango bishaibha
Votre

«

Talbet rabbi, la iahaibha ! mère Tango, û femmes

«

Demande à
Votre
mère

Dieu, la Pluie ! Tango, avec son
qu'il ne

collier,
pas!
»

«

Implore Dieu,

la

repousse

Tangui

el

Tango

seraient

des

noms ou

des

sobriquets

donnés à

des femmes. Incontestablement, le
berbère. On
ne

mot revêt

l'aspect d'une forme
que

le

signale nulle

part

ailleurs

dans

cette partie a

de l'Afrique du Nord d'où l'usage de la langue berbère depuis des
temps

disparu
a pu

fort

anciens.

Il

paraît

inconnu

au

Maroc. Il

y être familier

cependant en effet

à

certains

peuples comme

les Ghomara
selon
répé

du Rif. Il figure

dans

quelque

prière

que

Ha-Mim,
Ceux-ci

El-Bekri,
taient
en

avait

composé

à l'usage de

ses

partisans.
k

se prosternant

la

phrase

suivante :

Je

crois en

Tanguit,

i.

A Gafsa
t

et

dans le

sud-lunisien

la

poupée ou

représente une netenbu ; cf.

et s'appelle

Um Tenbu

et aussi

Ummelc tembu,

Umm

fg ira tt une sainte » Menouillard, Revue
cérémonie

Tunisienne,
que nous

XVII. A

rapportons,

n'a

Sfax, on lui donne le nom de été l'objet, jusqu'ici, à notre

Tatambo. La

de Tunis
relation.

connaissance, d'aucune
i5

Laoust.

32l)

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

tante
sœur

de Ha-Mim ! du
nouveau

»

Celle-ci était devineresse
Il
s'agit

comme

Dadjdjou,
d'une
nom

prophète.

donc là d'un

vocable

ancienneté respectable

à laquelle

on rapporterait volontiers

le

de la

poupée

tunisienne et par

lui,

peut-être,

celui

d'une

ancienne

divinité du
Quoi
Tangui

paganisme

berbère.

qu'il

en

soit,

il

n'est pas

téméraire

d'assimiler la

«

mère

des Tunisiens, à la Tlghenja des Marocains. Dans l'île de Djerba, on donne le nom de Tongo à la petite cuiller que l'on distribue fêtes
Cette
aux

enfants

en

guise

de jouet à l'occasion des
décoration
en

grandes

religieuses et plus particulièrement

à l'approche du Ramadan.
une vraiment

cuiller

a

reçu

des

marchands

curieuse.

La

partie

bombée dfe l'instrument
traits
:

figure,

effet,

la

tête

d'une jeune fille dont les
à la
peinture noire

yeux, nez

et

bouche

ont

été tracés

;

des

cheveux

à la

«

chien

», également peints,

des fiancées. A Tunis, où s'observe une coutume identique, l'ornementation de la cuiller se fait dans chaque famille ; elle n'est plus, comme à Djerba, l'œuvre du reven
ornent
manière

le front à la

deur. Les
toute

enfants

mangent en

se

servant

de

cette

cuiller pendant

la durée du
poupée.

Carême,
le

puis

les

petites

filles

s'en amusent comme

d'une
et

L'usage
on

s'observe

dans les familles d'un
dans les
classes

certain

non,

comme

supposerait,

populaires.

rang Ce

qui est point

tout

le

nom est

à fait curieux, c'est que cette cuiller spéciale ne porte habituel de mgerfa, qui est arabe, mais celui de gonberbère.

faia

qui

donc, dans des régions les plus anciennement islamisées du Moghreb, le nom à peine modifié de la grande divinité africaine Tlghenja, est resté appliqué à son image symbolique : la cuiller
devenue des
petite poupée

Ainsi

d'enfant

poupée,

néanmoins

différente des

autres par son caractère rituel puisqu'on ne s'en amuse qu'à
sion

l'occa

grandes solennités

musulmanes.

,

Que Tlghonja

ait occupé

une,

place

éminente dans le

panthéon

berbère,

c'est ce

qui ressort avec

évidence de l'analvse
popularité

même

des

faits. Et il
de
plus

est permis

de juger de l'immense

de

son culte

parla grande

faveur dont elle jouit encore
d'ailleurs que, de

auprès
ses

des Africains. Rien

naturel,

toutes

vieilles

divinités, le

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

227
de
celle-là,
si

peuple

berbère

ait gardé plus

fidèlement le de
à

souvenir

l'on de le

songe aux conditions

climatériques

ce

pays, à l'irrégularité
chaque aimée

son sort

régime

des

pluies

de

nature

compromettre

des

récoltes.

Par ailleurs,
elle n'est pas

sa physionomie

apparaît

d'une

grande

complexité : provoque et

la déesse de la
grossir

Pluie,
;

mais son elle est

intervention

la

pluie et

fait

les

rivières

la fiancée d'Anzar
et peut-être

la

personnification
ciel1-

de la Terre
qui

; Vierge

et

Mère,
tenir

Dame du

c'est elle

fait
en

surgir

les

moissons

des
pour

profondeurs

de

la

terre.

Quoi

qu'il

soit,

on

peut

certain

que

les

appellations

diverses de Mania
ou

Umm

Tangi, Tango, Tonbu, Tatambo,
Tlganja"'

Taslit uunzar,
1.

Mata,
uunzar

et

ses

variantes

sont

Le
Il de

nom

de la

poupée :

tislil

est oncore celui

de. l'arc-en-ciel ;

cf. p.

18g
a

n.

1.
■z.

est nécessaire que nous nous expliquions sur ce agenja qui
te

mot,

dérivé,
cf.

comme

il,

été

dit,

cuiller

à

pot

».

Son

origine gancha

berbère

n'est guère contestée
p.

que par

Stummc

le

rapporte sens

à l'espagnol
crochet » p.

(Hand,

160;

gandjo,

Marcais,
à

Tanger,
cette parlers
un

dans le

de

tt

4o6 ;

gancio en

italien). On
pas

ne peut s'arrêter
vocabulaire

étymologie. Le

mot est

touaregs;
Fez ;

cf.

supra,

berbère, p. 34 n.
et

quoiqu'il ne

figure

dans le

des

4- Par ailleurs, le mot,
par

passé en

arabe,

a reçu note : etc.

traitement

syntaxique

approprié

la

chute

de la
ele

voyelle

initiale. On

ganja.

gondja,

Tlemcen

les

parlers ruraux

l'Oranic,
ces

de la

Mitidja,

;

gonjuia,

Tunis,
l'on

Djerba. Il importe de
promène en

remarquer que
soit

termes

désignent,

soit

la

poupée que

temps

de sécheresse,
porte,

la

cuiller rituelle

des jours de

fêtes,
de
sous

et non

la

cuiller ordinaire
ganja

qui

partout en pays

mgerfa.

D'autre part,

et ses variantes se présentent
c'est

de langue arabe, le nom dans le vocabulaire arabe
nulle
part précédé

l'aspect d'un
el.

vocable

étranger ;

ainsi

qu'on

ne

le trouve

de l'article
Au Mais

Maroc,

on

trouve

le mot, d'après Biarnay, serait inconnu à Tanger ot chez les Jebala. une forme berbère tagonja usitée à Rabat, Salé, Mcknès, Casablanca,

au Tadla, chez les Chiadma et les Rehmna. La même forme est signalée dans le Tafilalt (Abuàm) et chez les O. Yahya du sud. A Marrakech on note tagonja et tenogja, cotte

dernière forme
En'

s'expliquant par
cas

la

métathèse

du g

et

de Vu.
de langue

dehors

tic ces

bien

localisés,

on

relève,
qui

en pays

berbère,

des for

mes caractérisées par parfois

l'inlerclusion d'un l

aussi,

par

la

chute

de la

voyelle

qui

devient r1, r ou n selon les dialectes, et suit le ( initial. Ainsi : tlgonja, Demnat,
tlogenja. Ihahan; tlgunja, Sadden ; tlgenjau, Ida Ou Zikki ; trgenja,

Ntifa, Infedouaq, Tlit, Imerghan, Imesfiwan, Todghout;
Igliwa ; talgonja, Imi
n-Tanout

; talgunja, A.

A.

Tamegrout, Dra. de l'exlrême-sud, on note une forme masculine précédée de bel: belgonja, A. Baâmran, Imejjad, O. Noun, Id Ou Brahim; belgenjao, Isaggen ; belgenjau, Ida Gounidif, que l'on peut décomposer bu et Igenja ? cf. bugendja, Laghouat.

Ouirra;

tngonja,

Dans

quelques parlers

220

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

autant

d'épithèles

qui

ont

pris,

selon

les

régions que

et

selon

les

cir

constances,
trons

la

valeur

du

nom

divin lui-même importe déesse à
punique,
et
qu'à

nous ne connaî
si

peut-être

jamais.
que

Peu

du
tête
qu ce

reste,

déjà

nous

pouvons conclure gère au
panthéon

Tlgonja,
ou

romain

de cuiller, est étran elle est de conception titre,
elle

berbère,
place

c'est-à-dire

originale,

mérite

une

à

part

dans l'étude des

rites

de

pluie.

IL Il

Rites

du

roseau

et

de

la

bannière.

est

remarquable

que
que

le le

nom rite

de

tlgonja ait été
cuiller s'en

donné à des
trouve
exclu. se

charmes

de

pluie

alors

de la

Les Ida Gounidif

appellent

belgenjau la
mars,

cérémonie

à laquelle ils
pluie.

livrent,
enfants

en automne vont par

ou

en

lorsqu'ils désirent la

Leurs

le

village

quêter

de la farine
rbbi

et

de l'huile ; ils
!

chantent:

aman aman unzar

! atënt-ig
une

tignau

guasif-ëlli jbar

Ils

se

rendent

après

cela

sur

aire

à battre

en

priant une

femme de leur d'eux
La
est,

préparer

de la bouillie. Lorsqu'ils

ont

mangé,

l'un le

s'empare

de

vive

force du foulard de
ou son

cette

femme

et,

présence

de l dans les formes berbères

absence

dans les formes

arabes

le moins, énigmatique. On ne l'article arabe puisque le mot est berbère,
pour cher ailleurs une explication un

saurait

le

considérer

comme un résidu

de

touL

comme

le

rite

lui-même. Il faut
ce

cher

à

cette anomalie.

Nous

verrions

volontiers, dans

mot,

théophore,

c'est-à-dire un mot composé renfermant

le

nom

d'une divinité. Celle-ci Ce
qui a

serait el ou

al, qui

est,

d'ailleurs,
et

le

nom

d'une divinité

sémitique.

été dit
confir

de Tlgenja, de
mer notre

son culte

de

son

immense popularité, le

est

bien de

nature

à

hypothèse.
côté,
certains auteurs prétendent que si mot est
a

D'un
de

autre

serait celui qui attribuerait cette origine pays

à la

coutume.

On

signalé

berbère, bien osé en Orient, au
de
séche

Moab,

une cérémonie au cours

de laquelle
en

on

promène,

en période

resse,

une poupée

faite d'un Hgetl
ou

roseau

habillée

fiancée,

à l'instar de la Tlgenja berbère.

Elle

s'appelle umm

carus

allah.

Une

poupée semblable existe part ailleurs
qu'au

à Tunis

et a

Fez,

mais elle se nomme ganja ou signale

umm

Tangi. Nulle La

Maghreb,
établie

on ne

de

poupée

à tête de

cuiller.

conception en est pas
encore

donc indigène.
pour
que

Enfin,
puisse

la

physionomie

de Tlgenja

n'est

suffisamment

être tenté

utilement un parallèle!

entre

la Ju.no Caelestis de de M. Toutain
cains.
et
:

Garthage,
1917) la

d'autre

part.

la déesse berbère d'une part, et Tanit, Mais on lira avec intérêt, dans le travail
tome
consacre

(Les

cultos païens

dans l'empire romain,
que

Paris, Leroux,

partio

l'auteur

III ; les cultes afri à la déosso carthaginoise

à

son culte.

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

22g

roulant en

boule,

il le lance à
s'arrête

ses camarades qui s'en amusent comme

d'une
ses

pelote.

Le jeu

dès

que

la femme

pleure: provoquer

larmes parait, d'ailleurs,
préparent

être le but
au

recherché.

Les Isaggen font leur belgenjao femmes

moment

des
les

semailles.

Les

de la

tummit

qu'elles

dispensent
elles

entre

les

enfants avec

assemblés

dans la des

mosquée,

après

quoi,

aspergent

de l'eau.
La
tlgonja
gens

du Todghout
apprêtent

est une cérémonie

à

peu près

identique. Les femmes
entre

de la bouillie
non plus

qu'elles répartissent

les

garçons et

les filles

réunis,

à la

mosquée,
oued
et

mais,
cela,

ce qui

est

symbolique,
en vue

dans le lit desséché d'un
provoquer une semblables
crue.

évidemment,
On
signale
o

de

des des

réunions aires

chez

les Illaln

et

les Ait

Mzal,
ment,

mais sur par

à battre

et prenant

fin,

comme précédem

des

aspersions

générales. nom

A Tanant,
à

on

donne le les
«

de
de

tlgonja

à la

pratique qui consiste

promener un grand mouchoir portent par

couleur

blanche

que

deux jeunes

filles

coins.
»

Suivies de
et

passent

devant les

taddart

les

«

leurs compagnes, elles tighremt » où les femmes

déversent dans leur
jeunes filles lancer
qu'on aussitôt

mouchoir agitent

le

contenu

d'une

cruche

d'eau. Les
manière

et

balancent
en

l'étoffe, de

à

cette eau vers

le

ciel

; celle-ci,

retombant,

simule

la

pluie

espère ainsi provoquer.
a pas

Il n'y dans ces
tagàl

d'invraisemblance à
ne soit

croire

que

le

mouchoir utilisé

circonstances
expression
».

doué d'une force magique, d'une, berbère dérivée de ëg et marquant « l'action
sans

de faire
nage en

Cette

force, l'étoffe la détient
ou
moins sacré avec rôle s'expliquerait que nous

doute du
elle

person

à

caractère

plus

lequel

a pu entrer que

contact.

Ainsi

le

important

jouent,

dans les

cérémonies et

allons

femme âgée
et

pieuse,

la

ceinture

rapporter, le foulard de la d'une vierge, le turban des tolba
c'est-

des élèves de l'école coranique, la timelsit des marabouts, à-dire la riche étoffe de soie aux vives couleurs qui voile le tombeau
saints

des

de

ce

pays.

C'est

un

fait
ce

connu genre

que

la sortie,
pour

plus ou

moins

solennelle,

d'un
à la

voile

de la

passe

conjurer

certains

maux et en en revenir

particulier

sécheresse.

Pour

cérémonie

de

Tanant, l'étoffe,

que

les jeunes doute
pas

filles

promènent et que

les femmes arrosent,

n est sans

2

30

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

dépourvue de
prétation',
nombre
si

ce pouvoir magique qui agit sur
elle

la

pluie.

Cette inter

était admise, fournirait l'explication d'un grand
au sens

de

pratiques

resté,

jusqu'ici,

assez obscur.

Une étoffe de

ce genre

fixée à l'extrémité
de

d'un- roseau

forme

une

bannière
avant

qui possède

des

vertus magiques exceptionnelles :

elle est
par ail

tout

l'instrument d'un

charme rite

pluie.

Ce charme,

leurs,

est nettement

pratique

l'un

et

de la cuiller, bien que dans la l'autre s'entremêlent fréquemment. Ainsi ont été
distinct du

signalées ci-dessus

des

cérémonies

au

cours

desquelles la

cuiller
: elle

que

l'on
en

promène se

trouve
ce

agrémentée

d'un lambeau d'étoffe

est,

réalité,

dans

cas, la hampe d'une bannière

magique.

mination pluie

Une cérémonie-type, montrant qu'il s'agit bien là d'une conta de rites, s'observe chez les Ida Ou Zikki. Là, lorsque la
est

désirée,

une

femme

parcourt

le

pays

en

tenant, d'une
pétrie avec un
roseau auquel

main,
peu

une petite cuiller contenant et

du lebsis

farine

d'huile

de

l'autre,
jili

une

bannière faite d'un
enfants

est attaché son
« a-tlgenjau

foulard de

tête.
anzar

Les

la

suivent en chantant:

!

a-rbb'"ia

! O Tlghenjaou ! O

Dieu,

qu'il

y

ait

de l'eau !
se

».

La

procession

terminée, ils

se rangent

autour

d'elle,
arbo

partagent

le lebsis
sur

et

récitent une prière.

Finalement, ils
où elle

rent

la bannière la
pluie et

la terrasse de Vanejîous
mouillée. agissent

flotte jusqu'à

ce

que

l'ait

Cuiller
l'action

bannière
que

magique

l'on

prête

ici isolément ; mais il est évident que à l'une renforce celle de l'autre ;
au nom
maison

l'invocation,
si

néanmoins,
est

est

faite
la

de

tlgenjau.

D'autre
c'est

part,
sans

la bannière

arborée

sur

d'un notable,

doute
Cet

parce que celui-ci est plus près

de la
de

divinité,
roi

que

le

commun.

indice,
le

joint à

d'autres,
du

permettrait

considérer «

Vaneflous
agellid.

»

comme

successeur

grand-prêtre ou

du

agraire,

comme

Par ailleurs, il importe de signaler l'emploi qui est fait du roseau instrument de charmes de pluie emploi aussi généralisé

que celui

de la

cuiller.

Ceci tient,
tout

sans

doute,

à

son mode

de

crois

sance qui s'accommode
on suppose

particulièrement
peut

des lieux humides:
la
pluie.

que,

par

sympathie, il

amener
son

Peut-être

aussi, croit-on,

que

le bruit

particulier

de

feuillage,

sous

l'action

Ï.K

TEMPS,
<c

L

ATMOSPHERE,
pour ainsi

LE

CIEL

23l

de la brise,
apporte

appelle,

siffle »

dire, le

vent

d'ouest

qui

la

pluie.

On

a vu qu'il entre
avec

dans la
cuiller.

confection

de la
La

pou

pée,

seul ou en combinaisoji

la

Revêtir

un

roseau
.<

de

vêtements

Tangui
que

féminins est, en effet, un usage très de Tunis est façonnée avec un roseau
sur une

répandu.

mère
ganja

tout
en

comme

la
c

les femmes de Fez déposant
! jib
sta zàrbâna

terrasse

disant: la

ganja

mennâna

! Ghanja Mennana !
et examinons

apporte vite

pluie en

!

»

Revenons à la bannière
qu'instrument

comment elle

agil,

tant

d'un du

charme village

de

pluie.

A Ras el-Oued,
Ijëma'at

pour une

faire
ban

pleuvoir, le
nière sur sa

chef

anëflus

plante

terrasse, puis il fait le tour des maisons où chacun lui remet du maïs. Sa tournée terminée, il se rend à la mosquée et là, il prépare de lutirufin avec le. grain qu'il a recueilli. Bientôt, le
sanctuaire
avec s'emplit cuiller

des hommes
agenja

et

des

enfants

du

village

venus part

leur

dans laquelle ils
rappelle
«

mangent celui avoir

leur

de

grillade.

Le bruit des

mâchoires

des

chevaux
sur

devant leurs
pluie :

mangeoires » ce

bruit

passe

pour

action

la

il

marque

la détresse des hommes
grains secs.

qui en sont

réduits,

pour

vivre,

à broyer des

Au Tafilalt (Iqsebt n-Moulay Ali cérémonie qui consiste à porter, de
au

Chérif)

on

appelle

agonja un :

la

maison en

maison,

roseau

bout duquel flotte

une

étoffe de

couleur

blanche. On dit

Agonja, tagonjaut,
cuiller, ô
par

aganim

!

ad-ag-igil rbbi s-unzar

s-lmbark,
grande et avec
et

«
«

n-rbbi, tferhin tida granin
petite roseau!

d-imhdarn dark hazzanin ! 0
ô

Dieu,
»

viens et

à

notre

secours

la

«
«

pluie,

la
qui

vertu

de ta baraka !

de

celle

des écoliers

des

écolières

te

sont chers

En effet, les
coraniqnes,

petits

enfants,

de

même que

les élèves des écoles
comme

les

rrma et

les tolba,
sacrés,

sont considérés

des

per

sonnages plus ou moins croit que

plus ou moins

doués de baraka. On lorsqu'elles
piété et

les

cérémonies publiques gagnent en efficacité

sont célébrées par

des

gens qui
en

passent,

à

cause

de leur

de

leur sainteté,

pour

être très

faveur
gens

auprès

de la Divinité.
un

D'autre part, la bannière des
caractère sacré qu'elle qu'on
sur

de

ce pays parait revêtir

détient,
est

sans

doute, de

la

puissance magique

lui

suppose.

L'usage

la terrasse de la

mosquée pour

de la remiser, la cérémonie terminée la ressortir, en cas de nécessité,

dans des

circonstances

identiques.

232

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

L'intervention des élèves des écoles dans l'accomplissement du
rite s'observe encore en particulier.

en

maints

villages

Lorsque la

pluie est

berbères ; ceux des Ilaln, demandée, le taleb écrit sur une
! Après l'avoir fixée à
remet aux

planchette

des

mots comme ceux-ci : aman aman unzar atënt-d-aûwin

lignao
roseau

guasif-lli

jbar ! ia-'alîmo

ula srâri

un

et recouverte

de

son

promènent en

recueillant

turban, il la des aumônes.

élèves

qui

la

Chez les Ida Ou Zikki
que

l'on

garnit

d'un foulard

(Tasdert), la bannière, faite d'un et d'un bouquet de basilic, est
se sont

roseau

portée
assem

autour

du

village par

les femmes. Celles-ci dorfo

d'abord le

blées

au

lieu dit

targa

où elles ont communié avec paroles comme

mârouf.

Elles

chantent

chemin

faisant des
a-rbbi

celles-ci :

« :

Anzar,

anzar,

!

Tuf

tummit

buskri !

«
t

De la pluie, de la pl"uie, ô Dieu ! La bouillie
«st préférable aux meilleures

dattes ! de

La

cérémonie a

lieu

en

mars,

si une sécheresse prolongée est

nature

à

compromettre

les

récoltes.

La

bannière, dont

on

espère

les bienfaisants effets,
grande salle
réservée

est ensuite

déposée à la

mosquée,

dans la

à la

prière. celles

Ces

paroles

rappellent

que chantent

les femmes des Ida
terminés.

Ou-Zeddout lorsque les dépiquages

sont partout

Revêtues
tour
:

de leurs habits de
des
aires

fête,

elles vont

alors

en

groupe,

faire le

à battre

et offrir

de la
!

lirufin aux travailleurs.

Elles disent

f

Anzar,

a-baba,

rbbi

Tuf
<

tummit

bufqos !
notre père

De la pluie, ô Dieu La toummit
clans ce vaut

!
meilleures

«

mieux que

les

dattes ! de faciliter la
pluie

Mais,

cas, leur

intervention

a pour

objet

résurrection

de l'esprit du

grain en sollicitant

lesecouisde la

fécondante

et vivifiante.

D'autre part, il leurs détails les

serait curieux

de

rapprocher

et

d'étudier dans des
pro

cérémonies pratiquées en

de

nombreuses régions
rapprocher

berbères lors de la
cessions autour

maturité

des

grains
qui se

et

de les

Rogations de l'Eglise

catholique

traduisent
sacrées en

par

des

des champs,

oriflammes

tête,

pendant

LE

TEMPS,
sont

L'ATMOSPHÈRE,
entonnées et

LE

CIEL

233

lesquelles des litanies
bénite.

la

terre

aspergée

d'eau de la les

Ces

pratiques

berbères

nous

intéressent

en ce

que

le

rite

bannière y prédomine et que propre à provoquer la pluie,
aspersions

si on
son

le

considère comme un

charme
que

action

tend

au même

but

d'eau bénite dans la

cérémonie ont

chrétienne.

Chez les O.
orges
sont

Yahya, les
des
plus

rogations

lieu

en

mars,

lorsque les
part. maître

en
est

herbe. Les femmes
méritoires une

seules

y

prennent au

La du

cérémonie

;

elle

procure plus

champ le clan

qui

en

fait les frais
en

baraka d'autant

précieuse que marche celle

tout

entier

bénéficie. En tète de la

procession

une négresse arborant une

longue bannière
elle,

que

l'on dit être
groupe

de

Moulay
avec

'

abdelqader

Jilali; derrière

vient

le

des femmes

portant

leurs tambourins ; puis, fermant la marche, une autre négresse de l'huile et de la farine. Le cortège gagne les champs en

chantant et
et

fait

trois

fois le

tour

des

orges sur

lesquelles

on

incline
accom

agite

la bannière. La
de
chants
ont,

procession

terminée, des danses
même
avec

pagnées

lieu dans le champ

et cela pendant

trois

jours. Le dernier
apportées

jour,
Anges

on

pétrit une pâte morceaux

la farine

et
en

l'huile
vue

;

on

en
«

dépose des
»

dans les haies

de

se concilier

les

Imëluk

euphémisme par

lequel
La

on

désigne les

djenoun, incarnations d'esprits
arbore

malfaisants.

négresse, enfin,

la bannière temps, à
est

sur
son

la

qoubba

du
une

chikh

de

l'endroit

et

remet,

en même

moqaddem,

offrande et

de

quelques récolte

réaux.

La baraka

désormais dans les

champs

la

assurée. ,

Les Ida Ou-Qaïs(A.
mais

Hamed) procèdent à une cérémonie analogue,
Tous les
gens

à l'époque des

prémices.

du

village,

y

compris

les hommes, parcourent processionnellement les champs tant une dizaine de longues bannières prises à un certain du
nom

en escor marabout

de Si 'Abderrahman Ou-Mhammed. Le les demandes
quelles
en

côté

intéressant de
ce moment.

la fête

réside en ce que

en mariage se a

font à

Voici, d'ailleurs, dans
premiers

conditions

lieu la
et

remise

des

cadeaux

consistant

beurre, henné
sa porte

vêtements que
et

tout
sont

prétendant est

tenu
un

d'offrir à
que

future. Le beurre
une

le henné

déposés dans
servent

plateau

de

ses

parentes; les

vêtements

à habiller

une

jeune fille
parée

qui répond nécessaire

ment au

nom

de

.Zaïna.

Celle-ci,

comme

la fiancée

avec

ses

234

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

habits
auprès

d'emprunt,
de la future
à

se

joint

au

groupe elle

des femmes
pour

qui se

rend

et une

fois

là,

les ôte

les

remettre

à

leur
nom

véritable

destinataire. Le

plus curieux

est que

l'on donne le

de

agenja

cette coutume.

Ainsi, l'on
vue

voit

réapparaître,

au moment

des Rogations faites
qui est celui

en

de bénir les

récoltes,

le

nom

de agenja,

d'un

rite

de pluie, appliqué, dans ce cas particulier, à une cérémonie pré liminaire du mariage. Nos documents, à vrai dire, ne nous per mettent pas de donner une interprétation satisfaisante de cette
pratique.

On

peut

conjecturer que,
une

jadis, l'usage
qui sa

était d'accom

pagner

dans les Cette
les Aït

champs

fiancée

personnifiait

la déesse

tlgenja.

conjecture

trouverait

justification dans le fait

que,

chez

Ouagrou, la
dans les

coutume s'observe encore

de

conduire

processionnellement

champs, à

pareille

époque,
«

une

jeune

fille appelée,

Champ
baraka

».

la circonstance, Rien d'invraisemblable à ce
pour

tislit
que

iiger

la Fiancée du

pour quelque qu'on

temps

à la

divinité,
Ainsi

ne soit elle-même pénétrée

la jeune fille identifiée, de la
la
pratique

lui

suppose.

s'expliquerait revêtue

des Ida bénis
vertus

Ou-Qaïs. Les vêtements, dont
pour avoir

s'est

la Zaïna,
reconnaît

sont

été

portés par une enfant

à

qui

l'on

des

exceptionnelles qui sont celles

de

tlgonja.

Ajoutons

que

les fêtes
à

du la

mariage
moisson

inaugurées
et que

aux

Rogations,
est

coïncident avec

les fêtes de
maritale

la fiancée

conduite

à la demeure

l'époque des battages.

Planter

une

bannière dans le
à l'opération du le
vent

tas

de

grains

à

vanner

est un

fait

communément observé.
vent nécessaire

Il s'agit,

en

pareil

vannage.

cas, de faire lever le Le vent que l'on désire est
chargé

généralement

d'ouest:

on

le

prétend

de baraka, dès lors,
on

puisque,
gés

l'hiver,
sa

c'est

lui

qui amoncelle

dans le

ciel

les

nuages char

de

pluie.

L'action

magique

de la bannière
prenant
pour

apparaît,
pour

avec

toute

signification, car,
est

l'effet

la cause,

croit que

la brise
qu'une

produite,

ainsi

dire

mécaniquement,
pas par un

par

l'étoffe
des

force

magique

fait

s'agiter.

N'est-ce
— ■

procédé miers

identique,
oasis

en

balançant leur haute
chaque

cime

que

les

pal

font

lever,

jour, la bienfaisante brise du

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,

LE

CIEL

235

soir

? Ainsi
rite

s'explique pluie

le le

rôle

de la bannière détermine le

comme

instrument d'une

d'un
série

de

puisqu'elle

premier est

terme

d'événements
de la

vent

dont le dernier,

la la

chute

des le

précieuses ondées.

La
vent

preuve
que

relation sympathique existant entre est censée observée

pluie et

la bannière

la le le

pratique suivante
au moment

faire lever, est encore fournie par chez les Ida Gounidif (V. Sigher).
le
vent vient

Si,

de

procéder au
en

vannage,
sa

à faire

défaut,

maître

de l'aire de

informe

pourtour

son moulin avec

femme. Celle-ci, aussitôt, balaie l'étoffe de laine réservée à cet usage.

Après l'avoir

plongée

dans

un vase rempli

d'eau,
vient ainsi

elle
sur

l'attache à l'aire

une elle

baguette de
arbore, dans

caroubier;

puis,

elle

s'en

le

tas

de grains, la bannière
qui,

improvisée. Le fait
est continuelle

de

mouiller un chiffon en contact avec

de

par

sa

destination,

ment

sympathie existant

le grain, prouve, sans autre commentaire, la entre la pluie et le vent que, par ce procédé, on
l'instrument d'un
à

prétend

faire lever.
comme
rite propre
provoquer

Considérée
vent,
puis où et

le

tiques

la pluie, la bannière figure, non seulement dans les pra le vent ou la pluie sont impérieusement demandés mais

aussi,

diverses
et

d'une façon énigmatique, dans des cérémonies les plus que la mort et la renaissance du champ, les mariages les circoncisions autrement dit, dans des cérémonies qui ne
telles

paraissent pas

du

tout être

en relation avec

la

pluie.

Les Mtougga (v. de
grains

Buàboud)
et prêt

fichent

une

bannière dans le
aux
silos.

tas

nettoyé

à être

transporté
une manière

C'est,

dit-on,
de
sa

pour

le

maître

du champ, Ce le

d'annoncer la fin là la
vraie raison.

campagne

agricole.

n'est peut-être vent n'est plus

pas

Dans
pas

ce cas

particulier,

d'invraisemblance à
et que sa

croire
sur

que

la fin du rite, il n'y a l'emblème agit en tant que de
grains

symbole effet

présence

le

tas

doit

avoir pour sait

de faciliter la les
aires

résurrection

de l'esprit du

champ.

Or, l'on

à battre sont, à cette époque de l'année, le théâtre que cérémonies ayant en vue d'assurer la perpétuité de la vie du de
sol,
et
que parmi

les

pratiques

le

plus

couramment

observées,

236

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

les

pluie tiennent, sans conteste, le premier rang. S'il en la bannière, instrument d'un charme de pluie, est ainsi, éminemment propre à provoquer la renaissance des forces de la rites

de

est

végétation

que

les

moissonneurs ont

«

tué

» en sciant

les derniers

épis.

Est-ce

aussi en vue

de faciliter la
procèdent

résurrection

de

cet esprit que

les femmes
stances

de Tanant à

encore,

mais

en

des

circon

particulières,

une cérémonie

d'un

symbolisme son

charmant, champ,

dont

voici a

le

résumé?

Lorsque,
l'aide des

pour
gens

moissonner

le les
un

fellah

solliciter

du clan,
on et
voit

à l'heure
venir

moissonneurs

achèvent

leurs travaux, l'épouse

vers

eux

groupe

de femmes

comprenant

les

parentes et

du

maître

du

champ,
un

revêtues

de

leurs habits de
un

fête,
A leur

portant

cha

cune

roseau

au

bout duquel flotte
au

de leurs foulards de
vue,

tête.

Elles
plies

s'arrêtent
sur

bord du
se

champ.

les

travail
chœur :

leurs
«

l'ouvrage
que

redressent et prononcent en et

Il n'y

a

de Dieu

Dieu
alors

Mohammed

est

son

Prophète !
en poussant agitent

Les femmes

s'avancent

vers

les

moissonneurs

des

you-you

et,

devant

chacun
«

d'eux,
de

elles

inclinent
sueur qui

et

leur bannière

afin

disent-elles

sécher

la

baigne leur
accom et un

front
pli,

*

ar-tzuzuwaunt et

i iheddamën. Puis le soir, le travail
regagnent

femmes
refrains

moissonneurs

au

milieu où

de

chansons

de

la demeure du les

maître

du champ

les

attend"

plantureux repas.

On

signale chez

Infedouaq

(v.

Tasemsit)

une cérémonie sem

blable célébrée, également, à l'occasion d'une
même

liûwîzi.

Avec

la

pompe,

on présente aux

mais une poupée qui porte comme

travailleurs, la bannière le
maintes

non plus une nom

bannière,
:

de

l'alam.
est

Cette

poupée

est

d'un
de

modèle

fois décrit ici. Elle
du
cou

habillée
et

comme une colliers

fiancée,
girofle

elle porte au

autour

de

nombreux

longs

parfum

pénétrant.

La femme du des jeunes
plus

maître

filles,
se

du champ autour de laquelle sont parées de tous leurs atours et choisies

groupées

parmi

les

belles,

rendent

mité

dans le champ en escortant la poupée fixée à l'extré d'un roseau. Elles pénètrent en chantant dans la parcelle
les
afin

sont

moissonneurs
«

et

inclinent la
sentir

poupée

devant

chacun

d'eux,

de leur faire

le

parfum

agréable

qui

s'en

exhale »

!

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

23^
de Tasemsit
gracieux

Peut-on dire
revêtaient
mage

que

les

cérémonies

de Tanant
actuel

et

ne

pas, à

l'origine, le
si

caractère

de

hom
est si

rendu

à des hommes dont l'aide,
et

toute

gratuite,

généreusement croire qu'en cet

fraternellement
les femmes
à
sa

consentie
venaient

? N'est-il à la

pas
«

à

appareil,

assister
agitant

mort

du champ
nières

»

et participer

résurrection

en

leurs ban
sait parti

ou en promenant

leur

poupée

rites

que par

l'on

culièrement propres

à

provoquer

la

pluie

et,

elle, la

renais

sance,

les forces

sacrées

du

champ.

D'autre part, la bannière figure dans le la fiancée à la demeure de l'époux
sans

cortège qui accompagne
que

les Chleuhs

puissent

donner, à

cet

usage,
monter

la

moindre

explication. sur une

Les Berbères du
en

Chenoua font
fait d'un
qern
rend

la jeune fille

jument;
étendard

tête

du

cortège s'avance une
roseau et

femme

portant un

petit

bendu

d'une étoffe de
à

couleur

blanche. Chez les Ich
sur une

et

les

Izayan, la fiancée,
mari un roseau

califourchon
main.

jument,

se

chez

son

à la

monies qui

du

mariage préludent par

le

rite

A Timgissin, les céré d'enlèvement asruel

s'accomplit

la

nuit.

La

fiancée,

puis

le fiancé
que

quittent

leur

demeure
donne
en

respective

pour

présider

des fêtes

la

communauté qu'éclaire un
une

leur honneur. Dans le

cercle

des invités

immense feu de palmes, la fiancée dans
sur

on remarque un garçon

qui promène

longue bannière. Muni de
tous

l'emblème,

il

accompagnera

désormais
coutume :

les déplacements

que

lui impose la

l'aire à battre

où se

font les
où ses

taine

tanut n-tslatm

de henné ; à la fon filles d'honneur lui lavent le pied
applications

droit;
maison

à la

tigemmi

n-islan où a

lieu la

consommation
va

du

mariage

;

dans les jardins de l'asli
conjugale,
a pu

que son passage

rendre

féconds;

à la

dernière étape d'une
prévenir

route parsemée

de dangers
protec

que

le fiancé

grâce,

sans

doute,

aux vertus clans

trices

de la bannière. Celle-ci
avec ce
respect

est, enfin,

déposée

la

chambre
un

des époux
tout

mêlé

de

crainte

qu'impose

objet

imprégné d'une force inconnue
présence si

et redoutable.

La

parfaitement

de la bannière dans le cortège, nuptial s'explique on la considère comme l'instrument d'un charme

2

38
pluie.

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

de

En effet,

asperger

les fiancés

avec

de l'eau de

sources

consacrées,
sont

les baigner dans des
s'observent

rivières un

plus

ou moins sacrées

des

usages qui

dans

grand nombre

de
la

points

de la Berbérie. Chez les Ida Oukensous (v.
amenée chez son

Amtedi)
grand

fiancée,
est

époux la

nuit

dans le

plus

mystère,

le lendemain, à l'aurore, dans les jardins au bord du canal. Là, le fiancé plongeant les mains dans l'eau lui lend à boire par trois fois, puis il l'arrose avec cette eau sur la
pompeusement

conduite

poitrine.

La fiancée à

son

tour

agit pareillement appareil

à l'égard de

son

futur,

après

quoi, dans le

même

qu'à

l'aller, le
le

cortège mariage

regagne

le

village.

C'est la

nuit suivante

seulement que

est consommé.

Des
plus

pratiques

de

ce genre

sont ce

si communes

chez

les Berbères,
pour qui en ce

particulièrement ceux

de

pays,

qu'il paraît

superflu,

l'instant, d'insister autrement sur ce point. Par atteste leur haute antiquité, c'est que, là où elles

ailleurs,
sont

tombées

désuétude,
tous
sont

on

les

retrouve

associées

au

rituel

de

certaines

fêtes

religieuses comme

l'Achoura. A Tanant,

on

jette

en cette

occasion,

les
pas

mariés

de l'année dans l'oued Tainnit. En outre, elles ne spéciales aux Berbères. Dans la Grèce antique, la veille
était
marquée un par

du

mariage

la

cérémonie

de la loutrophone.

Le bain
portait

nuptial

était

usage général

qui,

suivant

des

pratiques coulait

différentes. On le
pays.

utilisait

à

cet effet

les pays, com l'eau du
se

fleuve

qui

clans

En

Troade, les fiancées
une sorte

bai

gnaient rituelle :

dans le Scamandre

et prononçaient

de formule

Reçois,

ô

Scamandre,

ma virginité si

!

»

Toutes

ces pratiques

s'expliquent

l'on

considère

l'eau
Il

comme

l'élément de

purification et que

de fécondité
certaines

par excellence.
elles

n'est pas vue que

douteux,
de
soit

néanmoins,

d'entre

n'aient en
afin

célébrer

l'union
et

symbolique

de la fiancée
réelle
voir

et

de l'eau, de
et

féconde

prospère
nous

l'union
voulu

que

l'on fête. C'est donc

avec

raison que

avons

clans

les

rites

tlgenja

le

de la poupée, habillée en fiancée, la Pluie. La procession au cours de laquelle on la
mariage symbolique

d'Anzar,
et est sa

promène

l'asperge,

est,

en

définitive,

son

cortège nuptial. charme

S'il

en a

ainsi,
place

la bannière

— ■

instrument d'un
en

de

pluie

toute marquée,

tant que symbole,

dans le

cortège

qui

mène

la

fiancée

chez

son

époux.

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

23q

La

présence

de la bannière de la

ou

de tout

autre

attribut

similaire

dans les
plus

cérémonies

circoncision

énigmatique. Une

coutume

apparaît, à coup sûr, comme presque générale au Maroc veut que

la

de l'enfant tienne, tant que dure la cérémonie, un roseau à l'extrémité duquel sont suspendus des attributs féminins les
mère

plus

divers: foulard, quenouille, fuseau,
couleur

colliers

de basilic, fils de
etc.

rouge, amulettes, part,
que

coquillages

de perles, bouquet de Guinée,
des
vertus

Il

est

visible,

d'autre

ce roseau

possède

exceptionnelles. chapelle

A l'issue de la cérémonie, d'un agourram, sous la toiture de

on

le dépose dans la
maison ou entre

la

les

de la tente, ou encore dans le coffre de famille, et cela, à cause de la baraka. Ailleurs, on le conserve parce qu'il est le « premier fusil de l'enfant ». On le brûle parfois, et les cendres en
piquets sont

jetées dans le
sur

puits où

s'alimente
si

la famille. Parfois aussi,
sa
mort survient avant

on son

l'arbore
mariage.

la tombe de

l'enfant,
usage

qu'elle

ne

A Tanant, la sache plus à
colère

mère quel

le brise
le

sur

le dos du

barbier,
fils

soit

destiner,
qui a

soit qu'elle veuille son rite

manifester sa

contre

l'individu

torturé

de résistance, en tout cas très naturel chez une mère. Si l'on considère que la circoncision est, en Berbérie,
d'initiation
par

un

rite

lequel l'enfant
entrer

sort

de la

société asexuée qui est celle

des femmes

pour

dans

celle

autrement surpris
manifestes

d'observer,
célébration

au cours

des hommes, on ne sera pas de la cérémonie, des signes
symbolique.

de la de

d'un

mariage

Serait-il
envisagée

téméraire

considérer

la

présence comme

de la bannière
ces signes?

comme charme

de

pluie

l'un de

Chez les Ait
mains

Seghrouchen,
qui

tandis

que

l'enfant
une

est

remis

aux

tient

doit le circoncire, debout dans le cercle des femmes
du
maâllem un

de

ses

parentes se

qui a

chantent

l'ahidous.

Elle

porte

roseau

au

bout duquel

on

attaché,

puis recouvert

d'une étoffe
reporte

et

à la

cérémonie

d'un collier, un entonnoir renversé. Or, si l'on se décrite ci-dessus que les gens de cette tribu d'amener la pluie, à la d'autres
temps
on

pratiquent poupée

en vue

assimilera sans peine

la

de la

circoncision

taslit uunzà,
et

la

«

fiancée de la
but.

pluie »

que

l'on

promène en

dans

tout autre

2L\0

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

II

ne conviendrait pas
argument

toutefois
en

de donner à

ce

document la valeur
nous

d'un

décisif

faveur de la

thèse

qui

fait

consi

dérer la
comme
est

bannière, la poupée ou le roseau garni d'attributs féminins, un charme de pluie; c'est que la bannière, en particulier,

aussi

l'alam,

c'est-à-dire,
mot.

une

marque,

un

signe,
sur

comme

le dit

l'élymologie du
quée

Elle

flotte,

en cette

qualité,

la

petite mos

berbère, les
des
ces cas

qoubbas

la

tombe

guerriers

morts

des marabouts, les tas de au djihad. Mais, de
destiné à à
appeler

pierres ce

sacrés, est,
sur

qu'elle

dans des de

spéciaux,

un emblème au culte
s'en

l'attention

monuments réservés

ou

marquer

le

caractère qu'on pluie.

sacré

certains

autres,

il

ne

suit pas

forcément

doive lui

dénier

toute

puissance

magique

ayant action sur

la

Un dernier
tôt

mot sur

le

roseau que nous avons

trouvé

servant

tan

de hampe à la
tantôt

bannière,
de
poupée

tantôt

de

support

à divers

attributs

féminins,
de la de

aussi

squelette ne

à

une poupée pas

image
modèle

naïve

de

la Divinité. Or

cette

serait-elle s'amuse

un

agrandi

petite poupée

d'enfant dont la
«

la

petite

Berbère,
en

ou plus

exactement celle-ci ne serait-elle pas une réduction ou une

imitation

celle-là?

Sait-on

que

poupée

d'enfant

porte

Berbérie le
celui

nom

de

taslit ou

de la
pluie que

poupée

de tislit, la fiancée », nom qui que l'on promène en vue de faire
n'a rien

est

également

naître
si

le

vent ou

la

? Notre hypothèse
cuiller

de

téméraire

l'on

se

souvient poupée

la

attribut

de Tlgenja
en

,

sert,

elle

aussi,

de

d'enfant, dont

s'amusent,
et

des

circonstances

solennelles, les fil

lettes de Tunis

de Djerba.

AUTRES RITES POUR OBTENIR LA PLUIE

Ig

Ma

jbda,

das-nskar i-unzar jubid lhabël. Ar-skârënt tmgarin,

ar-l-tamzënt s-jât

tsiga, irgazën

s-iàt

tsiga

unzar;

ig

ur-ibbi

usgun, tëdda jbda

atbqa

; ig ibbi usgun iàn wayur nehd

ar-ndm

sin

; giq

ur-nskir gwan ra-ntaûwi lamugait

idlan,
fellas

ukan

ar-t-tab'ant tferhin

s-l'ab,

ar-t-tawinl

s-ugerram

ar

duwarnt krad

laduwar,

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

241

werrin s-l'ab

ar-d-lëkemën

adwar,
.

ddun s-lmezgida, gin, ferreqen,

iaûwibab n-tmûgait, (Ait Immour).

tamûgait-ëns

Ig

idr unzar,

ar-skârën

Im'aruf
mdlën-t

Ig
illan

rant

ad-ili
sba'

unzar.

da-t animèrent

taleflat s-waman,

g-ubedduz,

iùim

jbdënl-t-id,
mkan

allënt-t s-fihina ,

ffîn-d aman-annag
i-iflier

g-taleflal sg-tmazerl aiili unzar
rant aiili

(Ait Inouï).
ss'airt

Mkan

unzar,

jjënl

g,-tafukt,

agulnt

i-ddau taddill-ëns nag tadart-ëns, gèrent g-uaman (Ntifa). Da lasint taglait n-tfrërait d-lmri, gunl-t g-lfraul islqbeln, ili
unzar.

Ma Iga

tfrërait

?

tafullust

da isdern

taglait tamzuarul ;

umma

tafraut,
agenja

lamajjarl

atga

(Imeghran).
ad-aûwin

Adaur da ikàt
a-tagomët,

unzar,

agenja, la-sn'an das tinin
>i

:

«

kr

lug

tmara

lâll-nk !

Neh-d,
i-usun

ad-djm'an

l'ayalin

ad-amzën

tafunâsl
'

lahâbsàn

al-sdorr

adëlerën anzar

ihma

userqi

(Zemmour)

IH.

Rites

divers.

Les

rites

de la

cuiller et

de la bannière de

sont,

sans

conteste,

les

plus originaux et aiment

les

plus curieux

ceux que

les

paysans

berbères
con

à

pratiquer.

Étant les
place

moins connus

nous

leur

avons

sacré, à juste titre, une qui concerne les autres.
i
que
.

à

part.

Nous

serons plus

bref

en ce

La les

.<

tazàllit n-unzar

».

La

remarque a

été faite

maintes

fois

grandes religions ont

dû laisser dans leur liturgie
L'Islam
en particulier salât

une place a ramené
que ».

spéciale

aux vieux

rites

de
à

pluie.

les

cérémonies primitives

une simple prière :
n-unzar

ël-islisqa-

les Berbères

traduisent:

tazàllit
sur

Prière de la Pluie
avertis

Les Aït Mzal la
soins

récitent

la berge d'un fleuve ;

par

les

d'un aberrah, ils s'y rendent dans une attitude de profonde humilité. Un vieillard pénètre dans le lit de l'oued, y mouille ses

habits,

puis

se

place

sur

un

rocher

du haut duquel il dirige la

cérémonie

que

termine

une

fat/ta.

i

.

Texte

non

traduit.

2.

Cf.

Bel,

op.

Iaud.,

p.

67.
16

Laoust.

2/[2

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Chez les Mtougga (V. dixième jour
qui suit

de

Bouâboud)
officielle

la tazàllit

est

récitée

le

la date

d'ouverture des labours si,

faute de pluie, les travaux n'ont pu être mis en train. Les fermiers se donnent rendez-vous à la mosquée où ils se rendent avec leur

famille,

leurs

serviteurs

et

leurs
puis

attelages.

Après la prière, ils
préparent mosquée.

sacrifient

quelques

moutons,

les femmes

le

cous

cous qu'elles servent aux

hommes
quoi,

réunis

dans la

Le fqih

prononce
attelages

une et

fatha,

après

les laboureurs

reprennent

leurs

regagnent

la ferme.
pluie
»

Si

cette

demande de
« grand

n'est

pas

suivie

d'effet, ils
Ils
pieux

ont alors

recours au

sacrifice

tigersi moqqorn.

convoquent

les

tolba et
vont gros

les élèves des écoles

coraniques

et,

en

appareil, ils
têtes

à la Zaou'ïa de Sidi Rahal
bétail. Il
est rare

ils égorgent

quelques

de

qu'ils

ne ramènent point

la

pluie avec eux.

Les Ida Gounidif récitent la tazàllit

uaman en vue

de

conjurer soit

la

sécheresse

soit

une

invasion de
et

sauterelles.

Les

hommes,
un

pré

cédés

du

groupe

des

tolba

des écoliers,

se rendent sur une aire
avec

à

battre
qu'ils

située en

dehors du

village

emmenant,

eux,

bouc

noir

égorgeront à

l'issue de la
sur

cérémonie.

Leurs

ablutions

faites,
un

ils

s'installent nus-pieds

l'aire

chacun,

aussitôt, dresse
ses côtés.

petit

kerkour

avec

les

pierres

qu'il
,

trouve à
et

Un

taleb

dirige la
lui
:
«

prière

; à

la dernière

rka'

il dit

les

gens répètent après

àssàlàt tirsasin libehbuhin ! Priez
»

pour

la

petite

et

la forte

pluie «

?

Cette

première

prière

est

suivie

de la

tazàllit n-ënnbi

la Prière du Prophète ; » après quoi chacun démolit son kerkour; ddua" prononce ensuite la grande d'usage ; on dit; ad-ag-igit s-uaman unzar ! Qu'il nous secoure avec la Pluie ! » On regagne le
l'on
»

village;

on

égorge le bouc

et on apprête

le

mdroufque

l'on

sert

dans la
2.
si

mosquée.

Les jeux de la koura
peut

et

de la

corde.

Le jeu de la koura est,

l'on

dire, le

véritable sport national avec

des Berbères. Il consiste,

comme

une pelote

l'on sait, à chasser, soit de laine, de chiffons,
en

parfois

le pied, soit avec un bâton, de bois que se disputent,
ce

des joueurs divisés
au

deux

camps.

On joue à

jeu

spécialement

printemps;

mais, il

arrive

qu'en

dehors de

cette

saison,
passe

on

organise

des

matchs

à

propos

d'une

sécheresse :

le jeu la

for

mellement,

en

de

nombreuses
si

régions,

pour amener

pluie. gens se

A Ras el-Oued,

la

sécheresse menace

les récoltes, les

LE
l'

TEMPS,

l'aTMOSPHÈRE,

LE

CIEL

2^3

rassemblent sur

Les hommes

se

' asaràg où ils organisent une partie de « koura » groupent d'un côté, les femmes de l'autre et les

deux camps, dressés l'un contre l'autre, se la chassant avec le pied. Le jeu se poursuit diverses dans les
et,
sans

renvoient

la balle

en

avec

ses

alternatives

doute, de

ce que

les hasards de la lutte amènent,

camps opposés,

des

changements

de

fortune, ils

espèrent

provoquer aussi un

changement

de

temps.
uniquement

A Tajgalt (Houz de
entre

Marrakeeh)

les femmes jouent,

elles,

sur

la lande

qui s'étend autour

du

sanctuaire

de

quelque grains sur

marabout,
grillés

puis elles partagent entre

les

enfants présents

des

de

lirufin.

Les

hommes, de leur
se

côté,

se

réunissent

Vasaïs

où ensemble

ils

livrent

au

même

jeu.

Au jeu de la koura
rites

proprement

dit

se

superposent parfois qu'on

des

de

magie qui renforcent

d'autant l'action

lui prête; les

chances

de

réussite ou

s'en

trouvent ainsi accrues.
se réunissent et

Chez les Aïth
un endroit où

Warain2, deux
elles savent elles

trois
pas

femmes
vues

dans

n'être

des hommes
livrent,

là,

entièrement

nues,

jouent à

la

pelote
nues

avec se

des bâtons.
au
même

Chez les

Tsoul, des
lançant

femmes également la balle
C'est
l'orge

jeu,

mais, en

avec une cuiller surtout en au

à

pot.

printemps agulas

que

l'on joue à la koura,
ou
en

quand

est

herbe,
ce

(Ntifa)
un

épis

azëmbo

(Mtougga). de
le

Le jeu

a

partout

conservé

caractère
aux

rituel.

En

beaucoup
tout

régions même

«

jeu

est réservé

tolba et

monde

y

joue, les

tolba

n'y

a pas que

3 » Or il y jouent à part ou d'une façon spéciale dans le Maghreb que les clercs jouent à la balle : clans

beaucoup
même

d'églises autrefois,

les abbés,
pendant

voire

les

chanoines

et

l'évêque jouaient à la balle
s'agit

le
Il

carême.

II

ne

donc

pas

là d'un

simple

sport puisque

le jeu

a

tou

jours
un

un caractère plus

ou moins religieux.

a pu constituer

jadis

élément important d'une
s'être

fête
sont
en

printanière agrégés au

après

fêtes

religieuses.

fragmentés, A Tanant,
se
el

rituel

dont les épisodes, des diverses
est

particulier,

le jeu

pratiqué

à

l'occasion de l'Aid

Kebir.

i.
■j..

takurt,

en

berbère. 55/|.

3.

Westermarck, p. 121. Doutté, Magie et Religion,

p.

2

l\li
Le jeu de la

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

corde pour

appelé

d'un

nom arabe pluie.

jbad

ou

jubid elhabël,

passe, lui aussi,
s'il n'a pas plu mausolée

amener

la

A Imi

n-Zat

(Imesfiwan),
un

au

moment

des

labours, les

gens plus
».

se réunissent au

d'un de leurs Ifellah
e.

marabouts au nom

des

significatifs,

Là, ils égorgent quelques bêtes et préparent le seksou ; et, lorsque les gens ont mangé, on leur apporte une corde de très grande dimension. Les
certain sidi

Monseigneur l'Agriculteur

hommes
puis

se se

groupent
mettent

ils

à tirer

à l'une des extrémités, les femmes à l'autre, avec force jusqu'à ce que la corde se
à la renverse, ils montrent, dans le dé

rompe.

Tombant
qui

alors

sordre

spectacle

leur chute, des parties à l'ordinaire cachées. Le provoque des rires et des plaisanteries grossières ; mais
suit

ils

rattachent aussitôt ce

les deux
par

tronçons

de la

corde et recommen

cent

jeu,

et

cela

trois

fois,

après

quoi

ils la

récitent corde

une

fatha

pour avoir

la

pluie. et

Ils ils

suspendent se séparent

ensuite pour

clans

la

chapelle

de Sidi Ifellah
endroit,
a

se

retrouver

plus cette

tard

au même

lorsque les labours
mousem

seront

terminés.

A

époque,
la
si,
au

en

effet,

lieu le

du

saint.

S'il

a plu

suffisamment,

cérémonie se réduit aux sacrifices suivis

du banquet traditionnel ;
corde et

contraire,

la

pluie

est

demandée, ils détachent la
même procédé

recommencent

le jeu.
ont recours au

Les

Igliwa'

; mais, tandis

que

les

hommes
corde et

et

les femmes tirent, soudainement, un individu coupe la les femmes, non prévenues, tombent et montrent leur
manière

nudité.

La

dont le
organes

rite

est

rapporté semblerait

indiquer
cas, l'élé

que

l'exposition des

génitaux

constitue,

dans

ce

ment essentiel plus aisée

de la cérémonie, à
qu'à

cause

d'une

association

d'idées

à deviner

traduire. rituel,

En
ment

raison

de

son

caractère une

le jeu de la
pratique

corde s'est

égale

transformé

en

sorte

de

religieuse

que

l'on

célèbre

à l'occasion de

solennités musulmanes et non aux

fêtes

ayant

le
et,

caractère

de

simples réjouissances.

Dans la

province

de Demnat

en particulier chez

les Aït

Chitachen,
noire.,

le jeu fait

obligatoirement

partie

de toutes les fêtes
promenade

religieuses. vache

3. La
autour

de la du

Promener

une vache noire

du

village ou

douar, d'une

mosquée ou

d'une

chapelle

i.

Westormarclt,

p.

122.

LE

TEMPS,.

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

2 45

est

une cérémonie

d'un

genre

différent passant,

elle

aussi,

pour

amener

la

pluie.

Elle

s'observe

dans
et

rement chez elle

les tribus
grande

pastorales

le Maroc, et particuliè nomades du Moyen-Atlas où
tout

jouit d'une

faveur.

une

Chez les Aït Immour, des jeunes filles conduisent en chantant vache noire, tamugait idlàn, autour du sanctuaire de quelque
; de

agourram se

là,

elles

reviennent

à la

mosquée

leur
et

cortège

disperse. Le
on

maître

du

troupeau

reprend

sa vache

s'il vient

à pleuvoir, l'oreille le
au

fait le

mârouf.

Chez les Aïth Bou
promène

Zemmour,
trois
qui sert

un

femme âgée tirant l'animal de la
petite et

par

par

fois

autour

tente établie

centre

du douar

à la fois d'école
elle
suivent

de

mosquée.

Les

autres

femmes

groupées

derrière

en

disant

:

«

anzar

ag-tbbig azzar masa, ur-iikkir ! Chez les Zemmour, l'usage est de

renverser

tout

d'abord

cette

tente-mosquée, puis de promener la vache autour du campement ; les femmes demeurées dans les tentes aspergent avec de l'eau la
vache

et

les femmes
ou

qui

la

conduisent. que a

La

vache

le taureau,

les Aïth Ouirra
reçu
un

promènent

en

des

circonstances un panier

identiques,
entre au

déguisement
une

singulier :

pend

les cornes,
moyen

et

large

bande d'étoffe
à
une

maintenue

serrée

d'une

ceinture

appartenant et pieuse et

vierge,

lui fait le

tour

du

ventre,.

Une femme âgée

traîne

l'animal
au

ainsi, affublé autour
chantent :
«

des tentes; femmes
!
asi uraun

enfants mêlés

cortège

a-lrgenja

s-igënna

; ger i-rbbi

anzar,

a-lrgenja

! O Terghenja ! tends les
»

mains au ciel et

demande
à

à Dieu, la pluie, ô Terghenja !

On

n'est pas

autrement surpris mêlé

de

retrouver,

même en cette pour avoir

occasion,

le

nom

de Telghonja

l'invocation faite

la

pluie.

L'interprétation de

ces cérémonies parait

facilitée
un

si

l'on

consi et

dère
que

que

la

vache

fut,

autrefois,

en

Berbérie,
encore,

animal

sacré

son sacrifice s'observe aujourd'hui champs

en maints

endroits,

dans les

aux

moissons

ou

sur

les aires,
noire et

à l'époque des
que ce

dépiquages. On la
est

choisit

généralement

parce

le

noir
une

la

couleur

des

nuages

chargés

de

pluie,

a,

de

chef,
raison

vertu

symbolique pour

les faire

venir1

C'est

pour une

du

i.

Cf.

Doutté,

Magie

et

Religion,

p.

588.

2 46
même

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

ordre

que

la
si

cérémonie

a

souvent

lieu la

nuit

et que

tire

des présages,
après

la bête

vient c'est

à

uriner un

pendant ou que

l'on immédia
pluie

tement

la

procession :

signe,

la

est

prochaine.
l\.

La

magie

des

nœuds

dans les
son

rites

de

pluie.

La

magie

des

nœuds

trouve
pleut

également
pas,

application

dans les
des

rites

de

pluie.

S'il

ne

c'est que

quelques

vagues

puissances

tiennent

les éléments

enchaînés :

dénouer des tresses
pluie.

ou

mains entravées

doit,

par

sympathie,

délivrer la

Chez les Ida Gounidif, si à l'époque des semailles les pluies automnales tardent à venir, les enfants parcourent le village, de
préférence un vendredi

ou

un

dimanche,

afin

d'y

mendier

de la

farine
pagnie

qu'ils

remettent

à

quelque vieille
et

dévote. Celle-ci,

en com

des

autres

femmes

battre
qu'elle

située

en

dehors du

village

des enfants, se rend sur une aire à et du côté du levant. Tandis

et

y apprête de la toummit, les femmes s'y installent en rond, dénouent leurs petites tresses frontales. A ce moment, la vieille
au milieu

conduit

de l'aire

une

fillette

qu'elle

a

choisie

parce

qu'elle
et

est pauvre

et orpheline. mains

Elle lui dénoue
avec un

toutes

les tresses

lui

attache

les

derrière le dos

lambeau d'étoffe.
à
courir
aman

Aussitôt, les
autour unzar!

enfants restés en en
poussant

dehors du
cris et en

cercle se mettent chantant : :
«

d'elle les

des

aman

atn-d-awint

tignau

guasif-ëlli jbar

De

l'eau, de l'eau de
»

pluie

!

cjue

orages en amènent

dans la
ce

rivière

du Tout-Puissant !
; et, la
vue

La

fillette,

qu'impressionne

tout

vacarme,

pleure

de

ses premières scène
alors

larmes

provoque

une

recrudescence est

du bïuit. Cette la dispense
se

prend entre

fin lorsque la
tous

toummit

faite. La
son

vieille

les assistants,

puis

à

signal, l'assemblée
enfin

recueille et prononce

la

ddua'

d'usage. On délivre la
remise

la fillette
l'on

de

ses

liens,
le

on

la

console

par

de

menus

cadeaux et

regagne

village, t

Des Sous

cérémonies analogues s'observent

tout spécialement

dans le

l'Anti-Atlas. Lorsque les tolba, chez les Ait Isaffen, croient nécessaire de réciter la tazàllit unzar, ils emmènent avec eux une
et

fillette jusqu'à leur lieu de prière; là, ils lui entravent les mains el ne let, lui dénouent qu'à la fin de la cérémonie. Chez les Isaggen, les femmes conduisent processionnellement autour de la chapelle d'un
certain

Sidi

lhajj

"azza

une

jeune

orpheline

à

qui

elles ont

LE

TEMPS,

L

ATMOSPHERE,
elles

LE

CIEL

1%']
en chantant :

attaché

les

mains

derrière le dos ;
etc.

s'avancent

aman,

aman

unzar,
ces

Dans tous

cas,

l'enfant

pleure et

il

est visible que
rite

les larmes
passent,

constituent un comme

élément également important du
et

;

elles

les

cris

croyance,

se

trouve

le bruit, pour attirer la pluie. Dans cette le sens de la pratique qui consiste, chez Tes
mosquée

Ilalln, à
à
ne

enfermer en

dans la

tous

les

enfants crié

en

bas-âge

et

les

retirer que

lorsqu'ils

ont

beaucoup

et pleuré.

RITES CONTRE LA PLUIE, LA GRÊLE ET LA FOUDRE

Le

miroir.

G-isuda

unzar

da-tsatti

hmri,

da-tswala àqemmu

h'mri g-ubedduz, lm^dël-l afada aiqdà unzar (Tachgagalt). Ig Ula unzar, ig t'atu tàgut, ukan da-lgant tsednan h'mri
n-lmazerl
unzar

g-imi

f-fihina

ar-isâqul

s-igënna, da-tsqâl

ddunit,

ur-iàd-illi

(Ait Inouï).
tlla tagul

Mkan

bëzzàf,

timgarin

da-sattint
unzar

hmri,

gën-t

g-imi

n-tmazzerl,

sgabëlnt-t pluie.

i-tafukt fada

ur-ili

(Intëkëto).

L'eau de
gunt-st

Sig

i'ata

unzar asint

afada

afasi, da tasinl

tàqjort,

s-takàt

ar-iis

tahma,

aman

n-unzar,

d-lahâlib n-tilï,

smunnt-tn asint

g-lharràst, asint
ar

tâqjorl-llï,
inger

gerën-st s-aman gerënt-st adag-lgit

d-lahâlib-llï,
n-rha

laharràsl, ddunt
: x
ifrrzà

igarasën,
a-rbbi
,

gis, rrzont-st,
s-vi

inin l- as

mut

Igla,

!

»

(Imeghran).

Afada iasi unzar,
Loqt

ig

i'ata nag

ig

rant

ad-skârënl

tamegra,
d-ingër

tisëdnan gënt aman n-unzar g-iân
rant anzar

uruku,

mdëlnt-t g-ubedduz. aman-ns g-wakâl

aiili, sufegënl-lid, ffint

igarasën (Addar).

Le

tison.

Loqt

gur-iri

aiqdà

unzar, da-tsatti asafu, tqed-as

tseksem-t g-waman n-unzar

(Tachgagalt).
n-immas, immël
unzar

Afruh, ig
iga fruh

l-id-ifla

babas
mkan

g-udis

imoqqor,

a-ilàr

babas, ass g ilul bëzzàf, ur-iri aiasi,
s-wammas

das-akkan tmgarin iàn
iqedd-as (Tanant).

usafu

sg-lakàl,

iffog

n-unzar,

L'aiguille.

Da

nsitli

tasmi

da fellas

tga tintût ibezdân-ns

ladergalt, negz-as g-ddâu inï n-takàt, (Imchihen).

'lll8

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Lit tmgart tasibanl,
iir-gis-t-

ar-tlamz

rsq tasmi, Asint krâd imesmdrën, gën-in g-takât, kumn-in g-lakât, jm'ant fellâsen inâin afada ur-uli unzar. (Intëketo).
mul aiqdâ

tasmi, ar-t-tëg g-imejra n-waman, unzar, ura-itili (Ait Immour).

Le tamis
n-tgëmmi

et

les

chats.

Ig

tlla

tmegra, iili
g-unehdam,
l^rbu-l

unzar

da-tsatti lall
g-talebtat,
tamëlût

aman

n-unzar,
tasi

tsli-in

tig-in

tm^dl-in

g-ubedduz,

tallunt,

f-ladâùt-ëns ;
gtakât
sglin-t

isîbën,
La

tamëz
pierre.

imassiun,

a-sersën

tkërez

g-ubedduz

(Tachgagalt).
s-azur

Tazrul

ûwdsif

as-n-ngér

(Amanuz).
La
vierge.

Tamgart da-itaheln da
lëg-tn

tasi izzdis

n-tgersi

l'aid

moqqorn s-afella

d-idammën-ëns,

g-tirgin,

tëfk-tnt

i-l'azril,

tsûgli-tnt
atqent

n-tëduli, Innais

: «

behherg-ak

ai-anzar atasit

bhalëk

gmkàd

qqeneg !

Tsfaw-as

lëmri,
grêle.

tgelleb-t

s-ignuan,

tnnais

:

«

gmka iga

lemri

àd-rig
iân

atîgem a-ignuan

!

»

(Igizuln).
ur-is^hser

Contre la
wàqqâ

Igidr ubruri, fada
aûwin-l

Igelt,

da

saltin

n-ubruri,
ràrn

s-takât,

gezn-as

g-iged,

sersen-t

g-lahfurt-ag,

fellas iged (Tanant).
asint

Iggig,

ider-d ubrare'i, ig-ismussa
asin+as

ian

uarb'a.

n-wâqqai, tg-'tn g-uzreg,

tsmëlallâit g-uzreg,

iasi iggi^,

tkûmmel

(Imeghran). kra
n-lgersi

Ibruri,
ur-iut

iggig,

asin

m^ddën

i-sàlih-nna
nnan : «

illan gdàrsën,

tirb'ain, fad

aur-iut »

iggig Igelt,

ih

iggig Igelt, nëfk-ak
n-sâlih »

tirb'ain-ënk !

Tigersi dais iqors
« akun-inja

ugerram

da igan lus
isuin !

ifk-âsën Ifatha innas :
/"■

rbbi

gma

ur

(Igizuln).

Contre la foudre.
a-rasûl-llah

isawal izrgi&r, da-ntini
tlëlft

: te

llâh

msell'alik

!

a-rbbi

a-fellag

!

»

Da

tsatti

tmgart

imiq

n-ikôfsan ,

tëg-l

i-tëdrânt

g-uinir-ns

aur-l-isiwid

iggigtmc-

Ar-trussu tmtût asqif d-uhanu s-waman n-iggig aur-tëder kràzt n-iggig f-zzû tin (Tanant). Ig indr iggig g-ëlhla da-tffint tsednan aman g-takât aur-ineg

ulli

d-lëbâhim

ar-tlini : «

a-rbbi atberrel

iggig!

n

(Ait Inouï).

Ig
urba,

isawal

iggig,

ar-zâdën

g-uzreg [afada iddu iskin-ns. Ig iksud
s-tadûd

das

t.qqen

immas imezgan-ns

aur-ihowod

ihf-ëns

(Tachgagalt).

Ig Ula iggig,

asint rrihan

lûmmis

Ihànna,

laûwi-t

tfruht

dda

ur

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

2/ig
: «
an-iqdâ

ta

ikin dar

urgaz, tsudu
ur-isehser

ar

uggug, tsers-tn gis, iini-ias
(Imeghran)1

rbbi

iggiQ,

Iqûl i-m^ddën

Rites
Les
ceux charmes

contre

la

pluie.

destinés à

attirer

la

pluie ont

leur

contre-partie
est

dans

destinés à la faire
cjue

cesser ou

à la

prévenir.

Il

à

remarquer

toutefois téresse
qui

en

général

la collectivité, qui participe aux premiers, se désin des autres. Ce sont des femmes, des enfants
et, à

agissent

parfois
i.

des

pratiques

isolément ; de

leurs

rites

de

magie

s'entremêlent

sorcellerie.

menace

Chez les Mtougga, la femme d'un fqih conjure une pluie qui de tomber en retournant une cuiller à pot. Au village
ce même

d'Addar (Ntifa), dans
un cruchon

but,

on enterre pluie

dans
pour

un

tas

de fumier
il

renfermant et

de l'eau de

;

faire
à
un qui

pleuvoir

suffit

de le déterrer
se

d'en déverser le dans

contenu-

carrefour.

Le
un

rite

complique chez

les Imeghran ; la
au

femme,

opère,

met

tesson

de

poterie,

passé

feu,

un vase contenant un

lange d'eau de
croisement

de lait de brebis, puis elle va jeter le tout à un de sentiers en disant : « Qu'ainsi soit anéantie la misère !
pluie et

O Dieu,
bouche
pierre.

viens

à

notre

secours en nous s'il pleut

ramenant

l'aisance !
remplit sa

Chez les Aïth Yousi2,
avec

de l'huile

qu'elle

noces, la fiancée recrache aussitôt clans le

à

ses

trou

d'une

Chez les Ait Waryaghal, la pluie est arrêtée par un homme dont le nom est 'Isa. Il fait bouillir de l'eau de pluie dans le plat
réservé

à la

cuisson

du

pain

et

décharge

un

coup de feu

en

l'air.
les

A Aglou, s'il vient à pleuvoir à la jeunes filles prennent un peu d'eau
elles

célébration
qui

d'un
au

mariage,

a

servi

bain nuptial,

la font bouillir dans

une

marmite,

puis

elles vont

la

répandre

à

quelque carrefour. 2.

Un

procédé

fréquemment la face

employé

consiste

à

exposer vers

le

ciel chargé

de

nuages

réfléchissante

d'un

miroir

considéré,
sur

dans
une

ce

cas,

comme

attribut

magique

du

soleil.

On le dépose

terrasse

(Marrakech)
traduits.
p. i3o.

ou

dans

une

gouttière

(Inteketto Ait

i.

Textes

non

2.

Cf.

Westermarck,

2 50

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

Inouï). L'opération En le
présentant

a

lieu à l'heure de la dit le
parfois :
■■

traite
gmka

(Oulad Yahya).
iga

à la

pluie on qu'est

lemri, ad-rig
l'on
emploie

atigem a-ignuan

! Ainsi

miroir,

je désire
miroir,
pilon

que vous voyez

ô

cieux un

!

(Tlit). Chez les Andjra1, le
but

que

dans
la

identique,
on

est

étendu

sur

le

d'un

mortier.

Dans

même

tribu,

fait de

réapparaître

le

soleil

en priant un

couple

nouvellement marié

relever

leurs

vêtements

jusqu'au-dessus des

épaules.
solaire

Peut-être y a-t-il là une association entre la lumière et la blancheur éclatante de leur corps nu.
avec

3. Des fumigations faites

le

contenu

(isuî)
la

des intestins

du

mouton

égorgé à l'Aïd Kebir
se

arrêtent aussi

pluie

(Mtougga).
animal vierge

Certains

préfèrent

servp du sang desséché du
sont parfois

même

(Imesfiwan). Les
celle-ci,
s'adresse

fumigations
sur
une

faites

par une

;

montée

terrasse,
termes
:

son
«

à la

pluie

en

ces

brûle-parfums à la main, behhag-ak ai-anzarT atasit

anzar,
sois

atqent

fermé,
; le

qqneg ! O Pluie ô ciel, comme je le suis!
gmkàd

que
»

j'encense, éloigne-toi;
contraire est

(Timgissin).

k- Puisque l'eau éteint le
sible

feu,

l'action

donc
on

pos croit

feu

peut arrêter
un

la

pluie.

A Tachgagalt

(Ntifa)

qu'il

suffit

d'éteindre la

tison

avec

de l'eau de
il

pluie pour ramener

le beau
i

temps.

après

mort

A Tanant, le rite de son père

est accompli par un

jeune

garçon

;

s'expose

à la

pluie qu'il

battante,
éteint.

un

tison

à la

main et rentre se

mettre

à l'abri dès

est

Le

résultat est

identique

si,

supprimant

à l'averse le
chez

corps

entièrement nu. en exposant

le tison, on La pluie est
pluie un

expose arrêtée

l'enfant

dit-on,
que

les

Amanouz,
de
une

à la

galet

d'oued

l'on

a eu soin

passer au aiguille

feu.
un clou

5. Planter

ou

dans

son

foyer

est une

autre

pratique couramment observée.

A Ras

el-Oued,

on atténue

les

effets

d'une
cière,

chute

de neige,
une

en

priant une

femme,
trou

qui passe pour sor
son

d'enfoncer
arrêtent

aiguille

dans le
les

de

foyer. Les Aïth

Mjild

la

pluie en enfonçant une

grosse

aiguille, les Oulad
un

Yahya,
cune aveugle

une alêne et une aiguille et pierres sur

Inteketto,

clou sous cha

des

du foyer. A Imchihen
pierre sous

(Ntifa)
vieille

l'aiguille doit être
on

et,

la

laquelle

on

la place,

fait

uriner une

femme. Dans le Tafilalt (Abouâm),
i.

une

plante une

longue

Id.,

p.

I3Q.

LE

TEMPS,

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

25l

aiguille au pied

d'un des
;

murs

d'une

chambre plus :

dans laquelle il

n'est

jamais fait de

prières

en

l'enfonçant
ou

ou moins

fort,

elle ren

force la d'un

pluie :

iggut unzar,
est

l'atténue

idrus

unzar. mais

Chez les Ait
clans

Immour, l'aiguille
vase en

fichée,

non

dans le foyer,
chasser

le fond

bois

rempli

d'eau.
s'imaginent

6. Certains Berabers
ramener
cette

le

mauvais

temps

et

le

soleil

en enterrant

les

pierres

du foyer

considérées,

fois,
vit

comme attributs
chez son

de la lumière
Elle

ou

de la
les

chaleur solaire.

Le
qui

rite «

est accompli

les Aïth Bou Zemmour
mari
».

par une

femme
et,

séparée
verser

de

enterre

trois

pierres

feignant de
et
s'écrie:

des larmes
ala

comme sur une

hi !

douch,mon
chez

fils, la

pluie

Derdus ulidi, l'a tué ! » Une les femmes

tombe, elle sanglote ingi-t unzar ! Oh ! pleure Dercoutume analogue s'observe

les Aïth Ndhir
d'une

procèdent avec pompe aux

funé
vont

railles

pierre appartenant au qui avoisine

foyer de l'une d'elles. Elles
et c'est

dans la lande baba Derdus !

le douar

qu'elles

l'enterrent
:
«

en gémissant et en s'égratignant
mai-t-ingan
«

la figure. Les

unes

disent

Immut
»

? Papa Derdouch inga-t
pour

est mort

! Qui l'a tué ?

les

autres

répondent: a
'

wuni n-hedran
empêcher

! C'est l'eau de la

pente

(que l'on
qui

creusé

la

pluie

d'entrer dans la

tente)
7.

l'a tué
autre

!

»

Une

superstition, également

particulière aux populations autour

berabers,
la
pluie.
attachée

veut que promener une

chienne

du douar

chasse

Les

femmes,
ficelle

chez qui

à

une

les Aïth Ndhir, traînent la bête tenue lui fait le tour du corps, elles disent: lall-nëm ! Viens, viens ô chienne, la ! Chez les Aïth Bou Zemmour, la
tapis
attaché sous ainsi
«

a

asl,

asl

a-tiditt,

tag

tmara

détresse
chienne

accable
est

ta

maîtresse

recouverte

d'un

petit

le

ventre avec

le linge dont
exposée

on

entoure pluie

le

couscoussier;
on

affublée,

elle

est

sous

la

battante ;

lui

crie :

âkëm a-tai't,
ta

atsergl

i-lall-nëm;
chienne,

ingi-t
pluie

unzar

! Va faire du bois
»

pour

maîtresse, ô

la

l'a tuée !
puis

Chez les Aïth
est

Ouirra,
sous

elle est revêtue

d'une étoffe blanche

elle

promenée,

l'averse

autour

du douar devenu
8. En d'autres

soudainement silencieux

à

son passage.

régions, ce sont
sorcières qui

les

chats

compagnons

habituels

des

sorciers et

des

jouent

un rôle

dans

l'accomplisse-

1.

Westermarck,

p.

i3o.

2Ô2

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

ment

de

pratiques

propres une

à

arrêter attelle

la

pluie

ou

à la

prévenir.

A

Tachgagalt
et

(Ntifa)

vieille

deux

chats

noirs

à

un

fuseau
abords

laboure,
sa
chez

avec cet

attelage, le tas

de fumier

qui garnit et

les

de

demeure. L'opération
qui,
elle
porte

est connue

des Sraghna

des

gens

du

Tadla

le

nom nom

de lemsis. Le terme doit être
habituel du
«

rapproché

de

amsis

qui est

le

chat »

dans
des

cer

tains

parlers

berbères,

notamment ceux

des Kabylies

et

Beni-

Menacer.

L'aversion bien
raison pour

connue

du

chat pour
clans

l'eau

explique sans cloute

la

laquelle il figure
d'un chat,
elle

des

pratiques avec

de

cette sorte.

Chez
une

les Aïth Sadden, lorsque la

pluie

tombe

trop d'abondance,
les
:.«

femme

s'empare

et après

lui

avoir attaché

pattes afin

qu'il ne

s'échappe,

le
!

roue

de

coups en

disant

ssâb, ssâb,

'âmmar
usitée

s-sla ma ssabb

Ssabb,

ssabb

(exclamation
tombera

généralement

pour

chasser un

chat) la

pluie ne

jamais1

!

de basse-cour, jiartageant avec le chat cette peur de l'eau, figurent aussi dans les charmes pour chasser la pluie. Chez les Igliwa, s'il vient à pleuvoir au moment d'une noce, on jette une
Certains
oiseaux
poule pour par

la fenêtre de la

maison

et

il

se

trouve

quelque

femme

l'utiliser dans la

préparation

d'un

sortilège.

Chez les

Andjra, les femmes
voisin un suie

ramènent un

le beau

temps

en volant

la nuit, à leur yeux avec de la
même chien

chat et

du

plat employé

coq dont ils barbouillent les à la cuisson du pain. Dans un
noircissent

but, les femmes des Aïth Oubakhti
avec mais

les

yeux

d'un

de l'antimoine
plus

qui

est, dans

ce

cas,

un

substitut

de la
le jeu

suie2,
9.

fin

qu elle.
-les

Chez les Aïth Oubakhti,
passe pour

Aïth Ndhir,
solaire,

et

les

Hiaina,
sans

appelé

ssîg de l'aspect brillant du J'air des
compte,
qu'ils pour

être

un charme

en

raison,

doute,

roseau.

morceaux
qui est

d'un

roseau

Le jeu consiste, en effet, à lancer à que l'on a coupé en quatre. Le

retombent.

les jeter
ce

fait, dépend du côté vers lequel ils sont tournés lors Chez les Hiaina, on va même jusqu'à ramasser, au loin, les bâtonnets de ceux cjue l'on surprend à
désiré3

jouer à

jeu, lorsque le

soleil

n'est pas

1.

Id,

p,

127. p.

2.
.''>.

^ eïslermarck,

Id. p

,29.

LE

TEMPS,
que

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

253

10.

Il

va sans

dire

des

pratiques analogues

dissipent

encore

les brouillards,

atténuent

dre,
en

ou apaisent
un

les dégâts de la grêle, protègent de la fou l'ouragan. Les Aïth Yousi dissipent un brouillard
«

invitant

jeune homme
relevés,

premier

né :

d'une famille

»

à

se

baisser les
ad-'arrag !

vêtements

il doit dire
ou

v-'arra a-lagwutt ngadd

Mets-toi nu, ô brouillard,

bien ie

me mettrai nu! »

Chez les Aïth Warain, c'est une jeune fille qui fait le même geste ; « elle dit aussi en se baissant: l'a-tayiilt, ia-tayùtl, 'arri ngad
"arrig''

!

»

On

arrête

la

grêle

en

enterrant un

grêlon

sous

les

cendres

du

foyer (Ntifa); ou en l'écrasant au moulin (Imeghran), ou en deman dant à une femme, dont « le premier né est un garçon », de briser
un grêlon avec
une

faucille,
d'un

en

disant:

«

nells,,

garsag i-userra,
»

immut!
n.

Moi, j'ai

égorgé la grêle,
sacrifice

elle est morte

(Aith

Yousi)1

La

promesse

faite à

un saint peut

apaiser une

tempête.
en

A Timgissin, lorsqu'un ouragan se déchaîne, on porte, courant, un coq ou un bouc au mausolée du marabout dont on
mais,

implore la protection;
palmiers

le

sacrifice

n'en

est

fait

que

si

les

n'ont pas
pour

eu

à

souffrir

de la

tempête.

A Ras

el-Oued,

le

paysan,
en

conjurer

lui

coupant

les dégâts de la grêle, marque une brebis le bout d'une oreille ; l'animal, appelé de ce fait
tard égorgé au

bumezzug,
on

sera plus

bénéfice de l'agourram dont
idée de la

s'est alors réclamé.

12.

Les Berbères
par

qui n'ont aucune

nature

de la foudre
croient

paraissent,

cela

s'en préserver en

même, la redouter beaucoup; ils recourant à leurs praticjues de magie. A

Tanant,
« qu'ils

les

mères

enduisent

de

suie

le front de leurs
tonnerre
refroidis

enfants afin
».

ne soient pas

effrayés par en

le bruit du
i

Elles jettent de
ciel! »

l'eau
cela,

sur

le feu
vue

disant:

ô

Dieu,

le feu du

et

en

de

protéger

les troupeaux
pluie

surpris par

l'orage. Elles
maison

arrosent avec

de l'eau de la
Il leur

les diverses
;
ainsi

pièces

de la
ne

et,
pas

plus
sur

particulièrement,
oliviers.

cuisine

la foudre
tourner

tombera

les

arrive

encore sourd

de

le

moulin

à

vide

car, dans leur pensée, le bruit du tonnerre, éloigne l'orage.

des meules, imitatif du bruit

i.
....

Id.

p.
p.

i3o.

Id.

i3o.

2

5/|

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

LES

ETOILES

Nnan

:

itran

ann^st

id-a

gan

immûtën, îder itri-ns.

Ig

ira irgem iàn

itran, ad-gën iàn, ini-ias

m^ddën.
:
«

Wan

a-isder rbbi

ilri-nk !

»

Titrit n-sbah, mkan tuli, itaba'-t-id lëfjer. Tagarasi n-walim, nnan. kra n-iîtran ukerënalim, aûwin-in,
sdern-t
,g-ugaras.

Ig iffeg
useggwass,

iàn ilri ilan akiàd, da-tlinin
aiili

: ma

iili ssif

bëzzàf,

ur-ihli

Iju'nag Ma

Ibarud (Tanant).
ulli

Ig iffeg, anain-t m-ddën, da-hlunt Ibàhim iîsan, d-iserdan, d-igûial, oho (Ait Inouï).
Ta'aqqait,
tëkt
agaras

d-izgarn d-ilugman ;

da-ttili g-ignuan, ih

tk kit agaras,

tsmàqeltgis, ih-t-tzrit,
niât ur-ra-thaddar

; ih ur-t-tzrit, tffûgt

agaras

tgent, asku,

i-lmut, laman (Tlit). Llan darnag sb'a n-itran ;

wan

in-is"nn, ig
Ma

isûda g-iid,

ihâdù-in;
agaras

ig dâuska iàn gîsën, iîsan aur-t-ineg (Ait Inouï).
Lmsbuâh, llan
Ma
uidi-ns
ilaba"

is

l'adu mnid-as,

iffeg

krâd itran, Ma iân f-ufus afasi, Ma iàn f-uzlmàd, sg-nnif-as. Nnan : zik, ig àrgàz, ku thleq ddunit
istaba'

inga rroh, iali s-ignuan,

rbbi

aidi-ns, ik ënnif-as (Intëketo).

Lahuriàt, ur-da-in-ithasàb iàn ; asku da-tstahënt, ur-sinn m^ddën
(Intëketo).

wan

tin-ihasdbën,

ur-asënt-igi,

is liant

kral,

wala

is

d-arba"

Tunàt, nnan imzïira ggant l'azriin, ksement s-iân uhanu g-romdàn,
ar-stant,
tagerst

ibeddel-tënt rbbi,

gûlint

s-^ignuan,

ar-lnt-Il'addçib

rbbi;

ar-tudunt

gUed g-usemmicl ; ssif;

ar-tudunt nnan
ula

lhama.

Amanag,

ikka

issënt tigordin,

s-azâl, ar-tnt-ijder imzura iaûwi-asënt
nta,

aman-llih a-stant ntënti

g-ramdûn ;

ibeddel-t

rbbi

imun

dissent;

zuarënt,

ntan

iûgra issënt

(Tlit)1

Les taches de la lune.

G-lizuuri n-ddunil,
«

tëlla iàt tmgart

d-iàn
ula

lâlëb ;
niât :

lâlëb, inna-ias:
« ula

nkin

grig
non

ufeg-kem

!

»

tnna-jas

nkin

grig

i.

Texte

traduit.

LE

TEMPS,
: «

L'ATMOSPHÈRE,

LE

CIEL

255

wan

kiin !

»

inna-ias iàn

sajjù-d ayur neh

l-id-sajjùg !

»

Isajju-t-id

lâlëb,
tamëz

tasi tmgart
sers

usermid

ayur;

tràr-t

s- udgar-

dag llan ikûfsan dasa-lsatti anehdam, Iqim udgar ns g-igënuan.
»

n-usutti-annag das-ëtlusi ibehhin g-wayur (Tanant). Timgarin mjhddënl, tnnais icit : « ad-zugzeg ayur !
«

innais

iàt

:

rig atsbîddeg
nnan aksud

tasûqâ ! tsbitt

»

Talli

nnan

ad-zugzeg ayur, lzugz-l-id ;
ad-as-i/iker,
uksud

lalli

tasûqâ,

tëldi-d

l'afit,

log"'i-t

tasûqâ-llig ; tzugz ayur, iag"'i iss, inker ; guilli g-d-iuska
:

l'afit,

idlàCTWl).

La

main

du

mort.

Innaâak
tzldfin

da-ludunt
t.sist

snât

tmgarin s-tmdint,

awin-d

didàtsënt Iqobor

snât

d-iàt

n-uggem

d~iàn

uganim

;

anëfenl

Idint-t-id, lânëf iàt gitsënt idârn, dag tsers f-ifaddën-ns, tayâd tusi aganim ingr idarn-ns, l'animer iàt tzlàft s-waman, ar-ttazzâl tannag igan aganim ingr idarn-ns,
ar-tâqra

Ma urgàz,

f-wayur

afada

ad-îdër g-tzlàft

n-waman,

isudu-d

wayur

ar-d-isgu'gu'

zund algum

ar-d-îder g-tzlàft.

Tannag

iumzën

wada

immûlën da

tsatti

aggurn

sg-tsist, tëg-t
tiri
:

g-tzlàft, tsers-t

g-mnid

n-wada

immûtn,
: « rrz-as

lamz-as

ifassën-ns,

a-sers-tsëksu,
«

ur-rin aisëksu

ifassën-ns ad-sëksun, Iini-ias !
»

i-tannag

iâqran

fiât

ur-iri

tini-ias

amgerd-ëns,

terrezt-as

ligumrin-ns !

»

Terrez-as amgerd-ëns,
n-wayur,
gir

terrez-as

ligumrin-ns,

ar-tsatti sg-ikskûsën

ar-issën tsëksau s-ifassën n-wada
ar-tâqra

immûtu.

Tannag

iâdnin

attazàl,

i-tannag
s-tainnit

iâqran

:

«

ar-asrag tsqûda afan Ira. Loqt-annag, tini-ias haii suksig ! » Tagul tannag itazzàln, ar-lazzâl
iwdliun
.

iâdnin,

ar-tâqra

iâdnin

s-imiq

ar

asrag iagul s-udgar-ëns Adgar

annaggis

ar-iàqloy wayur imiq ibehhin g-wayur,
n-wada asint

adgar n-ufus

das-as-tger tmgart da-iskûsan
ràrën-t

sëksu s-ifassën
,

immûtën ;

logl-ag

argàz

s-lqober-ns

mdeln-t,

irukûtën-nsënt,
g-tiremt,
nta

agulnt

d-iskin-nsënl.
tamgarl-ëns

Wan isqàn g-irgdzën,

ig

as-tkfa

imiq

iss-t,
igi

iagul

ig

zund

tili, lërnu-t,
'

aian

Ira

sg-sëksu-ag tsker, tsker-t ;

ur sul

ad-as-ini

hta

mia

i

.

Texte

non

traduit.

CHAPITRE

VU

LA CULTURE.

LE LABOURAGE

tairza\ culture, labourage.
tafellah t*7 culture.
d'ani-

maux

attelés

à la

charrue.
pré-

tayâga
paire

tamënzut ,

culture

tayûga"',

attelage

;

i.
«

De kerz

«

labourer

»

par affaiblissement cf.

en

i Je la

palatale
».

k,
ce
?>

et

non

de:

er~

briser

» selon :

Sturame,
de
cf.

Hand.
etns

infra

«

la

charrue
»

berbère
le
sens
v.

Il

existe néanmoins

un

dérivé

arzu,

errez «

brisé,
p.

labouré

avec

de

labours
a pris

prépara
sens

toires
«

Zouaoua,

Boulifa,
:

30,4. Au
tirzi,
arabe

Mzab,
«

erz,

briser

le

de

piocher »
z.

d'où les formes
nom

arzu,

marquant

l'action de

piocher. » par

Berbérisation du
suffixation

d'agent
mode

fellah

paysan,

fermier

la

préfixation

et

la

d'un (. Un

de formation

analogue existe

dans les

parlers arabes

maghrébins et

donne des
au

noms

de métier, d'industrie ;

et aussi

de vices, de défauts.
«

3. Identifié

latin

yugum, voir

infra,

p.

288
»

par extension généralité

culture

et atte
sauf

lage,
les
pose

charrue, champ

labouré,
sens

couple et paire couple ou
»

dans la

des

parlers,
et
:

touaregs.

Dans le

do

le

mot

devient tiugt, Imeghran
même mot

s'op
aiugo

à

:

Iferd
animal

impair lié
au

Ntifa
»

wâz,

Imeghran. Du

dérive

bœuf,
les

joug

Zemmour,
est

parlers

berabers

et

zénètes,

etc., voir infra. L'expression, courante dans inconnue de ceux du sud. Le pluriel est: lugiu, l'ujiuin, A.

Ntifa, Imeghran, Tlit;

tiyâgiwin,

Tazerwalt;
(maïs,

Sadden;

tiijiu, A. Ouirra.

l\. Les Berbères divisent leurs

cultures annuelles en cultures

d'automne (blé, orge,

fè\es)

et

en cultures

de

printemps

sorgho,

lentilles,
Arabes,

pois chiches

abstraction

faite des

cucurbitacécs

dont la culture,

commencée au chez

printemps,
aux

se poursuit

jusqu'à

l'automne). Ces
ou
te précoces

cultures

correspondent,
«

les

cultures

dites bekriia

»

et mazuziia ou saison

tardives
est

».

tamenzut, Ntifa; tamenzuit, A. Bou Oulli; dayàrza damanzuit, A. Waryaghal ; taharratt ùrn'énzu, A. Ndir; tairza ômenzu, A. Warain; amenzu, A. \ousi, A Mjild, Izayan, Zemmour; « blé d'automne » Rif; nous labourons très tôt,]; A. Baâmran; anebdu amenzu, chez les iiherz s-umenzu, Zemmour, désigne la récolte d'orge et de blé qu'ils réalisent avant celle du maïs ;

La

première

des labours

appelée

celle-ci

se

nomme:

anebdu amâzuz.

Le

mot

amenzu,

pi.

imenza, dérive d'un 17

v.

ènz

Laoust.

20O

MOTS

ET

CHOSES

BERBEB.ES

layûga tamâzûzt, Vazib. ferme.

culture tardive.

_

tger ',

igran,

champ de

céréa-

les.

« venir

tôt,

arriver

de bonne

heure,

elre précoce »

famille; lo
des
récoltes
sont

premier né
»

d'un troupeau
; timenza

»

Zouaoua, d'où amenzu « l'aîné d'une Chenoua, « précoce, en parlant des fruits et
n

Ntifa,
;

etc.

« primeurs :

Kabylie. Les
les

cultures
«

dites

amenzu apporte

les

meilleures

un proverbe
».

kabyle dit

amenzu

inzik èl-heir

l'amenzou finit
en

de bonne heure l'abondance
elle est parfois

La

saison commence avec

pluies et

janvier,
elle se

très

courte.

La

seconde

saison va

de janvier à tin
sing.

février,
avec

ou

commencement

de mars;

nomme

tamâzûzt, Ntifa. Un

amâzuz,

le

sens

de

«

tardif

» en parlant

des

récoltes et

des

fruits,
pi.

est signalé chez
en

les

Zemmour,

A.

A. Ouirra. Le

timuzaz, ;

rifain,

veut

dire tardif

Ndhir, Iguerrouan, A. Yousi, (blé) et semé au printemps. Le
maghribin

mot est passé en arabe cf.

mazozi est connu

dans tout l'arabe
et autres

Marcais, Tanger,
en
retard

p.

46a. Les Aït Baâmran

jusqu'à Tunis ; berbères de Textrême-sud
: nkerz

ignorent l'expression à laquelle ils

ont substitué une

forme tâtla

tàtla

te

nous

labourons

»,

Les Kabyles du Djurdjura
suivre

appellent

âqelib

cette

saison

de

labours tardifs
i.

qu'ils

font

d'une troisième
parlers

appelée : arûbaci; cf.

Boulifa,

p.

3o,4.
et

Connu dans la
et plus

plupart

des

du

sud

dans le

sens

de

a

champ labouré

spécialement, champ de céréales ». L'aire d'emploi dumotest par ticulièrement étendue au Maroc. On note aussi : iger, Zouaoua ; igr et iier « terrain ensemencé,
cultivé

rapprocher

Aurès ; ijer A. soit, du latin
t<

Seghrouchen;
ager,
»

idjer
v. ger

soit

d'un

«

champ de céréales donner un fruit »
etc., et, à la

»

Metmata. A
mais

Zouaoua,
«

étymologiquement

jeter

Ntifa, Tazerwalt, Sous,
gar et te

par extension

semer »

Tafilalt,
Les

A.

Baâmran,
les

f. h.

ddjar1, A. Ouirra.
terrains
propres culture » sont

expressions

désignant des

nombreuses;

citons parmi arabe

gion

Aurès ; le mot a le sens de blad en et correspond à tamazirt des parlers [chleuhs et drawa f pays, contrée, ré pi. timizar désigne « un ». Une forme tamazirt, champ situé à proximité de
principales :

tamurt, A.

Warain,

l'habitation

»

Zouaoua
est tt un

voir p.

^,

w.

2

; lamzirt,

pi.

timizar,

chez

les B. Snous (Des
quelque

taing,
temps ;
a pour nuit ».
«

p.

02)

terrain

inculte

les troupeaux

ont parqué pendant

cette surface ainsi

fortement fumée

est ensuite mise en culture ».

L'expression

synonyme, dans le même parler, un terme iamënsiut, dérivé de èns « passer la Son correspondant: tamzirt, pi. timizar, connu des A. WarainL s'applique à
»
v.

remplacement d'une tente
ancien

p.

2,

n.

2.

Cf. tamahart, Ahaggar
pi.

»

place aban

donnée d'un

campement ».

d'allmions
«
«

Zouaoua

(Boulifa,

p.

dépression cultivée; petite terrain plat » A. Ndhir ; lagezzut «
petite

champ, terrain plat formé 527) ramené à: ëgz 1 creuser »; cf.: lagzut vallée; petite plaine » A. Mjild ; tagzut, pi. [igza
taçjzut,
tigza
alluvions recouvertes chaque année par

les eaux
»

»

(Hanoteau,
Le terme
tagda
«

Poésies

kabyles,

p.

57,

n.

2) ;

tagzut

v

Heu

cultivé en

beaux jardins

Tlit.

est employé en toponymie :

tag:ut_,

nom

d'un

poste chez

les Ait Yousi

champ d'une superficie correspondante à B. Snuus ; tigi, pi. ticjiuin « lorrain cultivé, champ
«

une
»

ou

deux journées de labour

»

Dj. Nefousa

ogulli, pi.

ogullen

champ

» et

augclli, ugelii

«

verger »

Zenaga (U.

Basset,

p.

93); étymologic

indé-

LA

CULTURE.

LE

LABOURAGE

25g

akàl1,

(wa) terre,
rapprocher

sol, terrain.

terminée, à
« petit

de

agellu
pi.

«

charrue » v.
pièce

infra,

champ
cf.

amtul,
te

imtûlen,

p. 277, ou du latin: agellus do terre, jardin Ida Gounidif,

Tazerwalt;
déterminée ème

talult

plate-bande»

par et

des

sillons parallèles et

B. Snous ; 'amëluï, A. Baâmran « petite planche distants de quatre à cinq enjambées que l'on
1

d'abord,
sur

qu'on

laboure

ensuite

cf.

tisirit,
par

Ntifa.
crues

amâziz,

pi.

imazîzën

terrain
grande

les bords d'un
»

oued

fertilisé

les

;

dépôt d'alluvions d'une

fertilité
«

Tlit.

demnèi

/|5)
nom
•—

rapporté

champ cultivé devant l'habitation «. Temsaman, Rif (Biarnay, p. à l'arabo littéraire: demna las de fumier; alentours d'une maison
petit couverts

(ordinairement de la

de

fumier)

»; peut-être,

convient-il

d'y

rattacher

Demnat,

petite ville
pi.

berbère de la tribu des Inoultan

située au pied

du Haut-Atlas

ajrad,

iferdan

livrée à la

culture comprise entre

champ labouré » Tazerwalt, cf. iferd « grande plate-bande deux rangées d'oliviers » Ntifa, de : fera « défricher »

Ida Ou Zikki.

afeddan tt

dent,
de de

le

mot est
»

d'origine
afers
<t

céréales
tfres «

champ de grande étendue » B. Snous. Gomme le précé feddan est courant au Maroc pour désigner « un champ coin de terre défriché et livré à la culture y, B. Menacer,
arabe :

maison

Zouaoua émoncler, défricher B. Menacer; à rapprocher soit du g
en

ailas
agulas

partie

cultivée

autour

d'une
»

de

orge coupée

en

herbe

(V.
p.

infra")
cxt.
,

par affaiblissement

i

par

g

et

i,

soit

du

touareg

âbeles

«

lieu cultivé,

lieu

propre

à la

culture et edeles, p.

môme sens que

le précédent;

mot ancien et
»

p'^ii usité »

(P. de

Foucault, Dict.,
ajer'ruid «
espace

53)

— ■

lajerruit

bande de terre
creusée

Zouaoua
«

(Boulifa,

p.

5 19), dim. de
petit
»

trace, ligne fortement
être labouré
p.

marjac

lopin

de terre, très sur leurs pas
deux
rangées

champ,
:

qui peut

sans

faire
«

revenir

les bœufs issu le

dim.

tmarjcal, Rif
»

(Biarnay,
champ
1
»

117)

cf.

tagult

espace cultivé entre

d'oliviers

Ntifa,
ifergan

de
«

ayul « revenir »

syn.

de

rjac

arabe

d'où

est

mot rifain

afarag, pi.

Ahaggar ;
terrain

afaradj,

Taïtoq, Ghat ;

le mot,

spécial aux parlers

touaregs,
p.
«

n'est peut-être pas sans analogie avec: note
»

haie

»

Ntifa A

.

supra

3,
que

; litt.

«

enclos

afrag « clôture, d'une haie » ; quoique les

Touaregs désignent la

haie

à l'aide d'une

expression : afarra,

légèrement différente
composition,

de la
sont
,.

précédente.

Notons

les termes
toponymie.

rapportés

ci-dessus,

seuls ou en

d'un

emploi courant en

Cf. akiil, Illaln, Amanouz, Masst, Id Ou Brahim, A. Baâmran, A. Isaffen, Ras Oued, Ihahan, Tagoûndaft, Imesfiwan, Igliwa, Demnat, Tamegrout, Dra, Tafilalt; pi. ikàlen, et akàlën, Tazerwalt; gr-inkaln « bornes, limites, frontières » litt. « entre pays Tlit; akiil, pi. ikallën pays, territoire, l'équivalent de bled, en arabe, Ahaggar ; Khebakkal, Zouaoua, avec la gémination du k; a/Jil, A. Sri, Ichqern, Izayan, A. bach, A. Seghrouchen; asul, Zemmour, A. Ndir, A. Mjild, A. Sadden; sàl, B. Iznacen, B. Snous, Metmata, B. Menacer, Chenoua; sel Gourara, Touat, Djerîd;
el
»

asdr,

Temsaman ; B.

ser,
ot'

lbeqqioien ;

agedj, agetch,

Zenaga.

Parmi les dérivés le
pied

: »

âkël,
;
yel

Ntifa, Tazerwalt,
«
marcher »
»

âkul,

Zouaoua, Tazer.
ukel,
«
..
,aller

piétiner,
sîkèl

appuyer avec voyager »

Menacer;

»

Syoua ;

et

« marcher au

pas

Ahaggar, d'où

: asîkël

voyage » et « allure parce que

du

pas »

;, amessakal,

pi.

imessukal

« voyageur » et « commerçant »

les étrangers

qui: viennent commercer au

2Ô0

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

agiidâl1,

pré.

tirs-, terre forte.
Zouaoua ; hijli, Che
terme

Hoggar
noua

sont

; tikri,

des voyageurs, des Rif; titsli, Mzab.
utilisent un

caravaniers

; tikli

-

marche »

Les Touaregs
dans les
pente
au parlers

terme amadal
sous

dans le

sens

de

ce

terrain
pi.

»

qui
«

figure

marocains

les formes

suivantes :

amâdèl,

îmûdal

versant,
opposé

d'un coteau, d'un
v,

ravin »

Ntifa, Tlit ;
et arûru

amâdèl,
ce

soleil

Izayan ;

« ravin

umâdel

crête

Ithamed ; amddël Zemmour
»"

ce versant

taniurt, déjà

signalé, signifie,

selon

A.

Seghrouchen; te Menacer, Chenoua
A. AIjild ;

sol, terrain

amerdul te

Rif, A. Bou Zemmour, Metmata; hamurt, B. Citons encore: amerdul « sol, terrain » Zemmour, A. Ndhir, plaine, regg, hamada » Berabers du sud, A. Khebbach, A. Atta,
les régions, «pays, contrée, territoire
»
»

Aurès, A. Warain;

lammurt,

Tlit.
x.

Cf.

agdal ce prairie »

B.

Iznacen, Metmata,
d'une
enceinte

B. Snous ;

agudal ce pré réservé sur

les

rives

d'un

oued et

entouré

en pierres appelée : agudal ce

tadersâ

n-uzru »

Tlit;

agudal,

A.

Ndir;

aïïdal,

Zemmour;

augdal, agdal et

prairie; tout ter
« prairie naturelle

rain réservé pour

qui n'est

Zouaoua (cf. aima, pi. ilmàten y faire du foin jamais labourée » ; aidai, B. Menacer. Il existe un verbe
une prairie
»

gdel ce

faire

paître p.

lo bétail dans
2

B.

Snous;

liagddl,
«

3e

f.,

Ntifa. M. R. Basset Mzab ;
ajelau
ce

(Mzab,
bassin

33) fait dériver de la même racine: pied d'un palmier » Ouargla ; ajdel te
que

ajedlau

réservoir »

au

rigole autour

du

palmier »

Mzab. Il

est visible

le

mot renferme

l'idée de clôture,
gdil,

et par suite celle

de

réserve.

Sous la forme lement dans le
d'un

gdaVoxi

l'expression
»

est usitée en arabe p.

dialectal d'Algérie éga
tandis
qu'au

sens

de

ce prairie

(cf.

Beaussier, Dict.,
du

52g),

Maroc

la forme berbère:
enclos

agdal,

avec

a

préfixé,

se rapporte plus

spécialement au

vaste pré

mur qui se

trouve

contigu aux palais

sultan

dans les

villes

impériales

Fez, Meknès, Rabat et Marrakech. A Rabat, le palais chérifien est construit dans le c< petit agdal » où sont aussi des jar dins, une mosquée et des huttes entourés de haies de cactus qui servent de demeures
de
à des
serviteurs.

On
»

pénètre

dans le La

ce

grand agdal

»,

contigu au précédent par

la

« porte

des écuries

bab

rua.

grande

muraille qui
^

l'entourait

a

été
et

abattue

dans

sa partie sud, il y a jardins à l'usage du

quelques

années.

On y

aménagé

des écuries
:

de

nouveaux

sultan et construit quelques

édifices

caserne

de la Garde noire, berbères ;

École
■j.
.

supérieure et villas.

Le

mot

figure dans le

vocabulaire

des

parlers marocains

tant

arabes que

il désigne des terres très argileuses, d'une couleur noire, tirant parfois sur le bleu, d'une fertilité exceptionnelle et particulièrement propres à la cultures des céréales. On les
a signalées chez

les

Zaers,

les
sur

Chaouïa,

les

Abda,

les Doukkala
plaine

Von Pleïl). Elles des ïguerrouan

existent aussi

le. plateau de Meknès:
vallée

du

(Brivcs, Doutté Sais, plateaux
plaine

et

des A.

Ndhir,
cuvettes

dans la

de l'oued
de

R'dom,

dans la

du

Tigrira dans la
1918).

et

dans

nombre

de

à l'approche du Moyen-Allas (cf.
société

région

de

Meknès,

in Bulletin de 1^

Aubry, L'élevage 5Géographie du Maroc,

Les tirs

se reconnaissent

à l'aspect de la terre,

aux

bourbiers

qu'ils

forment à
plantes
que

la mauvaise
qu

saison comme aux

dimensions
par

et

à la

richesse

comparatives

des

ils

nourrissent.

Ils

diffèrent,

lour

composition et

leur

fertilité, des

terres

LA

CULTURE.

LE

LABOURAGE

26 1

Ibùr,

terrain

inculte.

îssîkP,

jachère.
J.

les Indigènes

appellent :

H-hamri,
été émises

au sol

léger,

de

couleur

rouge,

sablonneux et cail

louteux,

souvent riche en chaux et en acide phosphorique.
ont
sur

Diverses théories

l'origine des tirs. M. Doutté
à
ce

a

donné (Marra Th. Fishcr

kech,
et

p.

161-178)

un résumé

de la

controverse soulevée
propose nous paraît

sujet entre
ce

Brives ; toutefois l'étymologic
ne signifie pas ce

qu'il

discutable, dans
Il

tirs,

(dit-il,
Le

p.

177)

terre
et

noire

»,

l'idée de

noire n'est pas

cette racine. en

mot en

est répandu en

Algérie

désigne les terres la forme Touares

fortes,
en

argileuses, dures
ce

été,

boueuses

hiver. On
toires
qui

emploie aussi souvent
portent

pluriel
»

tudres

»

existe plusieurs

terri

le

nom

de

«

Algérie,
».

notamment
mixte

du

côté est

d'Ammi-

Moussa

;

une

fraction de la tribu des Mràhba (commune
ce
même

de

Braz)

également du
reste sens

désignée
assez

par

nom.

Les

mots
»

tirs
»

taures »,
1

se rapportent

facilement à la
ce

racine arabe mamelon »,

TRS

qui
ce

désigne le dure
» et

bouclier
».

avec

dérivés

colline

»,

te roche

»,

terre

écailleuse
p.

Par ailleurs, Beaussier donne tirs logie berbère
dtirës
te ce »

ce

terrain

boueux
sur

(Dict.,
tirés
te

6/4);

Marcais

songe

à Yandtdou terrar. bas latin terracium (in Observ.
est peut-être plus satisfaisante.

le dict. Beaussier). Une
terre forte
»

étymo-

On

observe
ce

Zemmour ;

bas

champ de grande étendue » B. Snous ; ires d'un terrain, d'une pente, d'une élévation
à
afella ce

terre

glaise »

s'oppose

le haut

»

et

doit être des

rapporté

à

ères ce

(Ahaggar); descendre,
il

Zouaoua ; iris, le dans ce sens, le mot
se poser ».

C'est

en général au ce

bas »,
en

au pied

élévations, dans le
appelées

fond desséché des
est exact que

anciens r'dirs mot n'éveille

que se pas

trouvent,
«

effet, les terres
»

fertiles

tirs ;
et

le

l'idée de
ires
»

noir

mais

celle

de terre boueuse

argileuse comme

l'indique du
dans tous les

reste «

en

Zouaoua.

La

même racine

RS,
de
te

précédée

de Vs factitif fournit le
mettre,
poser »
ce

verbe sers usité

parlers avec qui en

le

sens

descendre,
arusu,
»

;

parmi »

les

expressions nombreuses

dérivent,
tamersal
pi.

on

note:

tarusi, la
;

descente

Zouaoua;

turis,

même
»

sens,

Bougie ;
hiscresl,
mot

placement
ce

timersiul, dépôt ;
se

asersi ce placement

Zouaoua ;
vieux

Useras

descente il

»

Touareg. On

trouve tirs
et

en présence

d'un très

berbère

auquel

convient

de

rapporter

certaines nom

expressions plaine

onomas-

tiques

comme :

Oued Marsa (Petite

Kabylie),

Scrsou,

d'une

à

céréales

des

environs
l

de Tiaret

(Algérie)
assîki,
n'a pas
en

tout

récemment mise en exploitation.

Même forme:
on

Zemmour, Ichqern, Ida Ou Qais
Ida Ou Zikki ; encore mis bas
asuki,
ce

;

issuyi, A. Baârnran ;
laissée
» en

avec un
»

a préfixé,

relève :

terre

jachère
p.

; fém.
assîki,

tasukit,

ce

femelle
terrain

qui

(vache, brebis)
«

Zouaoua,
jachère
chez

398;

Tafilalt
année

ee

laissé
que:

jachère

pendant plusieurs années une

de suite,
en

puis cultivée une

»,
».

tandis

Ibernisl désigne

terre
se

mise

une année sur

deux
une ce

L'expression dérivée de l'arabe Ibernisa blé
une
année

rapporte,
seconde. sont

les

Doukkala,
y
est

à

terre cultivée on

et

en maïs

la

Cet

assolement pour

de

pratique courante

; de

nombreux contrats

de location
est

formés

deux

ans afin

de

respecter précisément

In bernicha. La jachère
et pauvres :

également

connue

des Indigènes Le des

surtout pour

les

sols

légers

ceux qui sont ainsi au repos s'appellent ragda

(terre endormie)

ou mouatala

(jachère de longue

durée)

».

(J.

Goulven,

cercle

2Ô2

MOTS

ET

CHOSES

BERBERES

tazënigt1,
pâture

petit espace entre

laissé

en

ultub%,
aderf,Jr,

motte

de

terre.
sillon.

deux

terrains

iderfan,

labourés.

takrakàrC-,

terre

sèche.

tisiritb, tistriin, bande de terre deux sillons comprise entre

Doukkala.

Larose, Paris,
le

1917)

amsuki ce

terrain
:

en
ce

friche

»

Aurès;
»

msuqqi,

B.

Iznacen,

mot se prononce avec un q.

Syn.

ligrut
ce

mauvaise en

brousse
»

Zemmour

lejjam, B. Iznacen;
»

aljam,

B. Snous

itger

terrain

friche

Ghat

tineri

ce

friche
1.

Zenaga.
A.-

Aznigt,

Baâmran ;

cf.

Marcais, Tanger,
est
ce

p.

323 ;

zneïga a

le

même sens chez

les

de l'Oranie ; zenneg tibrîdâ, Ida Ou Zikki, litt. : «
ruraux

mettre une

bête

en pâture

à la

zneïga »

Syn.

.

petit chemin sont

ché

»,

par

extension, la

ce petite rue où

Qaïs, de suq ce mar établies les boutiques des marchands »
— —

tasuqt, Ida Ou

puis ce

ruelle, rue, lisière
»

entre

deux

champs »

uzom,

Tafilalt ;

cf.

uzun ce

limite,
; le^mot
»,

borne
i.

Ntifa.
: ar-ikerrez gir

On dit

takrakàrt,
ee

et

'il

ne

laboure

que

de la

poussière »

a pour correspondant

tagedrurt

poussière » chez

les A. Baâmran. La

ee sécheresse

état d'une
vées

terre'

non mouillée par

d'un

v

.

ger

être1

sec

»

les pluies, est désignée à l'aide d'expressions déri f. h. qqor, commun à tous les parlers : tagarl, Ida Ou

Zikki ; tagart, Zouaoua ; tagert. Bougie ; agurar, Zouaoua; tgari, Aurès; tgareut, B. Snous; tguri, Metmata. La gémination du g donne qq : aqqari, Ouargla; teqqarit, D.

Nfousa ; tagqur, Sened. 3. Emprunté à l'arabe:
utub ce motte et pisé »

tub

ce

pisé, brique d'argile

séchée au soleil et non cuite » remarque un changement sud : uiib,

Zemmour, Iguerrouan,
en usage

A. Ndhir. On
parlers

de

vocalisation

dans les termes

dans les

du

Ithamed ;

uttib,

Ida Ou

Zikki, A. Baâmran;
abqrttus

uttib,

Imesfiwan. Il
assez

existé aussi un certain nombre

d'ex

pressions

berbères à l'étymologie
uakâl,

obscure :

abcttal,

Izayan ;
akerfal,

abuttuz

uakâl,
ableg,

Achtouken;
pi.

Ida Ou

Zikki, Ida

Ou Qaïs

Aurès

motte de toute substance: ibelgan, Ghat; abelloq n-amaclal, Taïtoq ; abellog, Un terme d'un emploi plus courant est: abersessi, terre, sucre, dattes » Ahaggar. B. Menacer; habersessi, Chenoua, qui devient : bersi, pi. ibersa, Dj. Nfousa; abersi,

Ouargla ; est donné

abertsi

ce

mottes

en

pisé »
»

Berrian ;
cf.

aburs, pi.

ibursan, Betlhva

te

le

pluriel

en sobriquet aux

Arabes

Biarnay,
»

Rif.
pi.

p.

3; buars,
Aurès.

pi.

ibursa, Tem
Les Kabyles

saman te motte et surnom

donné

aux

Arabes

; gurs,
asrus

igursa ; dim. tgurst, Ibcqqain.

Cette dernière
du Djurdjura
«

forme

explique

peut-être ; pi.

nuasal,

emploient akura,

boule
4. Le

en

terre

boule,
par

en pelote

(jeu); pelote, » Boulifa, p. 383.

ikuraièn, dérivé de: KUR, d'où: akur et lakur[ bobine »; skur « rouler, faire des boules; former en
sauf

mot est commun
p.

à tous les dialectes

les touaregs; il

a pu

être

rapporté

375 à l'arabo terf « bord, côté ». Je crois cependant à l'origine berbrre du mot ; la forme arabe correspondante est : elhet parfois usitée (rare) comme chez 1rs B. Snous. 5. Cl. infra ce la charrue p. 298 ». Une autre aussi fréquemment observée, tiriUyl.
lirâtin.

Boulifa,

A.

berbère, Baâmran, Achtouken,

forme,

Tagontaft

permettrait

de

ramener

LA

CULTURE.

LE

LABOURAGE

2

63

espacés

de l\ à 5

mètres qu'on et

divisée

en

4

ou

5

tisirit.
et

ensemence

d'abord

qu'on

imëndl1,
grain.

céréales:

orge

blé;

laboure

ensuite.

înëg,

parcelle

de

terre

à labourer

l'expression à

une racine

R

ee

ouvrir »

d'où
7.

:

asaru,

ce

fossé,
et

rigole »

etc.,

v.

p.

4,

"■

4.

Syn.

:

taferka, Zouaoua
allâsën,

limdirt
planche

timdirin, A. Warain

iikuzan, Tafilalt de
ailes ou aies

allas,

pi.

A. Isaffen

ee

ensemencée

labourée

»

être labouré ; donner un autre coup do charrue h. une terre récemment labourée » Boulifa, p. 386 ; mais étymologiquement « recommencer » Touareg, Ihahan, etc. ;
«

cf. amalas ce pluie

d'hiver
ce

qui passe pour

être très favorable
quand

aux

labours

»

Ibouhasou
:

sen;

allus,

Zouaoua.

En

hiver,

on

donne,

le temps le permet, deux façons
semer. p.

une pour rompre se nomme:
1
.

arzu

le sol, et la seconde i5 jours après, pour d-wallus » Hanoteau et Letourneux, t. I. dans tous les
parlers

Cette double façon

4iG.
voyelle

Coll.

sing. signalé

hormis los touaregs. La

terminale
en contact

est généralement avec n :

très

nasalisée.

Le d des

parlers qui

l'emploient devient d

imèndï, Rif, A. Seghrouchen, A. Ndhir, B. Iznacen, B. Snous, Chenoua, Zouaoua; imèndï est aussi connu: Demnat, Imeghran, Igliwa, Imesfiwan, Ihahan, Tazerwalt, Ras el Oued, A. Atta, Tafilalt, Dra. On le trouve parfois avec un a préfixé : amendi, Ghdamès; ou sans voyelle initiale : mendi, Dj. Nfousa ; ou un d pour d, dans
quelques parlers

de l'Anti-Antlas
en

:

imendi

et aussi

imënzi, A. Isaffen. Chez les Berabers
groupe consonantique nd se réduit

Izayan, Ichqern, Zemmour
toujours à /m,
on

particulier,

où un

trouve imënnï (cf.

Laoust,
:

Et.

sur

le dial. des

Ntifa,
unnir).

p.

6, §

6. Cer

tains Zemmour

appellent

les Ait Ndhir
même mot

Aït Nnir

et un mtiri :

Les Aith Bou

Zemmour

prononcent

le

ibënnï.
peut conjecturer que

Aucun indice
que,

ne permet

de déterminer l'étymologie de imendi. On
au et

s'appliquant par

à, la fois
outre

blé
non

et

à

l'orge, il
variété

ne saurait

désigner

le

te

grain

nourricier

excellence

une

de

plantes plutôt qu'une autre.

Les
; ils
par

Berbères cultivent,
ne connaissent ni

le blé

et

l'orge,

le

maïs et quelques variétés culture a

de

sorghos

le

seigle ni

l'avoine dont la

été

récemment

importée

lesicolons
sigl,

européens.

Chenoua;
; il

Ils ont, néanmoins, un lamensiht, Rif, B. Iznacen;
de la folle
:

mot s'appliquant mais

à

^

l'avoine »;
à

hamen-

il

ne

se rapporte pas

une espèce

cultivée

s'agit peut-être

avoine qui pousse spontanément

dans toutes les

cultures; les Ntifa l'appellent

âzqûn
ont

et

les Chleuhs de Tazerwalt
pour

:

wàzkun. nombreuses
sait

Il-est
variétés

certain que

les Berbères
de
à
se

utilisé,

de

graines provenant
encore

graminées nourrir

leur alimentation, de spontanées ou sauvages. On
sortes

qu'au

jourd'hui

ils

aiment

de toutes

de

plantes

vertes que

les

femmes

et

les

enfants vont cueillir, au

printemps,

dans les

champs et

dans les

cultures

Ils

ne cultivent pour ainsi

dire

pas et

de légumes. le blé
que

Les Touaregs
et

vendent

l'orge

les harratins font

pousser

dans les

oasis

conservent,
est

pour

eux,

le

sorgho

dont ils de

sont

très friands ; le fond de leur
sauvages.

alimen
man

tation
gent

constitué graines

par certaines graines :

graminées

Les Ahaggar

les

turgidunï)

qu'ils

(Arlhraterum pungens) et de Vafezzu (Panicum récoltent, les premières en mai, juin, et les secondes de juillet à fin
tullult

du dr'inn

264

MOTS

ET

CHOSES

BERBÈRES

timzin1,

orge.

agùlâs^,

orge en

herbe; champ
interdît
et

septembre. ne plus
ration

Avant la récolte, ils

ont soin

de

mettre quelques oueds en

de.

y des bouillies (cf.

conduire

leurs

chameaux.

Benhazera,

Ces graines, réduites en farine, servent à la prépa Six mois chez les Touareg Ahaggar). Chez les lfor'as,
constitué par

le fond de la
spontanées

nourriture est
que :
»

également

le lait
tasit

et
w.

la farine de
le

graminées

telles

auzzâq (Pennisetum distichum

?) ;

petite graine analogue
grain
ce

à la

graine
«

du drinn
très

abetr'uj

ce graine rouge

grosse comme

du

maïs »

tamessalt
comme

petite

semblable

à des
rtqernf

pépins
te

de figues

isibën de

très blanche

la

graine (.Vnj'czznti »

très

dure à piler,
; leurs

garnie

piquants »,

Ces
:

cinq dernières
larauait ;
au

plantes poussent et

dans

l'Adr'ar'

graines se mangent en

bouillie

Vauzzarj
Cf.

lait
i
.

caille.

Yageruf seuls, se prennent soit en bouillie, soit piles L1 Cortier, D'une rive à l'autre du Sahara, p. 332.
mot
s'étend

et mélangés

L'aire d'extension du
à
croire sous

de l'Egypte
culture

aux

Canaries
en

:

ce

qui

autori

serait

à

une

haute
on

antiquité rencontre

de la
à la

de l'orge

Berbérie. La forme

plurielle,

laquelle
ce

le

généralement, laisse
plante qui

supposer qu'il s'appliquait

primitivement aux

grains » ot non

les fournit. On

ne

le

rapproche

étranger; les Egyptiens l'appelaient ta, les Romains hordeum d'où On note: timzin, Zemmour, A. Ndhir, A. Mjild, A. You