Édition du lundi 17 septembre 2012 VOLUME LXXXI NO3

ENQUÊTE La Rotonde révèle la normalisation forcée des notes | P. 3 FÉUO Les objectifs des six membres de la fédération | P. 6 QUIDDITCH Photo reportage d’une pratique ensorcelante | P. 10 IMAGINE EDDY Plein feu sur le verdissement de la rue Eddy | P. 11 TIRS DE BARRAGE Les péchés-mignons d’un joueur étoile| P. 15

P. 5
CLAUDE MEUNIER : ADAM ET ÈVE P. 9 ALLAN ROCK EN ENTREVUE P. 4

OPINIONS Teaching assistant ou cheating assistant? | P. 17 PROCRASTINATION Ovila Castonguay découvre le mur végétal | P. 19

Illustration Simon Lalonde Boisvert Photo Ayoub Ben Sessy Photo Léa Papineau Robichaud

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ÉDITORIAL
Vincent Rioux | redaction@larotonde.ca

Édition du lundi 17 septembre 2012 VOLUME LXXXI NO3

La grève et l’université d’Ottawa seraient-elles culturellement inconciliables?
L’Université d’Ottawa (U d’O) se dirige-t-elle vers une grève générale illimitée comme on l’a vu au Québec le printemps dernier? Bien que la mobilisation en soit encore à un stade embryonnaire et que nous soyons bien loin d’une première assemblée générale pour en discuter ou même envisager un premier vote de grève, la question se pose. Ottawa, ville sobre et assez terne, où la fonction publique occupe une place considérable dans la vie quotidienne, pourrait-elle devenir, du jour au lendemain, une ville révoltée comme Montréal il y a à peine quelques mois? Il y a quelques facteurs qui pourraient laisser croire qu’un soulèvement n’est qu’à à un coin de rue. D’abord, depuis 2006, les étudiants ontariens ont subi plusieurs hausses des frais de scolarité, celles-ci faisant de l’Ontario la province où les étudiants paient le plus cher pour avoir accès à une éducation post-secondaire : on y paye en moyenne 6 640 $ par année, contre une moyenne de 2 519 $ au Québec (Statistiques Canada). De plus, la Coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) était en tournée en Ontario un peu plus tôt cet été et son ancien co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, semblait avoir charmé plusieurs de nos leaders étudiants. Enfin, le comité « Étudiant(e)s d’Ottawa en mobilisation » a vu le jour cet été pour sensibiliser la population aux hausses des frais de scolarité et à la transformation des universités en véritables entreprises. Une question de différence culturelle? Bien que plusieurs facteurs invitent à croire qu’un soulèvement se prépare à l’U d’O, on ne peut passer sous silence la différence culturelle existante entre le Québec et le ROC (Rest of Canada). L’année dernière, La Rotonde a publié un article qui exposait très bien le passé plutôt tranquille de l’U d’O. La manifestation du 1er février dernier est un bon exemple de la continuité de cette culture ottavienne, pour ne pas dire canadienne, de l’immobilisme. L’année dernière, la Fédération des étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa, conjointement avec la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ), a organisé une marche « À bas les frais » pour montrer son désaccord avec la hausse des frais de scolarité. Des 40 000 étudiants qui sont enregistrés à l’Université, seulement une poignée, environ 250, ont participé à l’événement. Pourtant, la Fédération étudiante avait dépensé une fortune pour en faire la promotion. Des pancartes, des chandails et même des tuques avaient été achetés par la FÉUO pour la marche. La FCÉÉ avait aussi mis en ligne une vidéo dans laquelle plusieurs leaders du mouvement « À bas les frais » de l’Ontario appelaient les étudiants à manifester contre la hausse. Ceux-ci allaient même jusqu’à qualifier la marche de « révolutionnaire » dans ledit enregistrement. Cette pseudo manifestation a eu l’effet d’un pétard mouillé. Les deux solitudes n’auront ainsi jamais semblé plus distinctes l’une de l’autre qu’au printemps dernier. Pendant que les Ontariens faisaient rouler l’économie en achetant de l’espace publicitaire dans les autobus et tentant de vendre leur campagne « À bas les frais » comme on vend un vulgaire produit, les étudiants québécois secouaient profondément leur peuple et engageaient une véritable discussion populaire sur l’éducation, qui influencera sans doute le direction que prendront les institutions post-secondaires dans les années à venir. Le Québec a une culture et une histoire marquée par de grandes luttes. Les Québécois ont pris d’assaut la rue alors que les frais de scolarité étaient déjà les plus bas en Amérique du Nord. Ce n’est que la suite normale des choses, diront certains. Inversement, l’Ontario, bastion du flegmatique héritage monarchique britannique, est demeuré amorphe devant les hausses des frais de scolarités imposées par le gouvernement ontarien, hausses qui se sont succédées sans interruption depuis 2006. Faut-il vraiment s’attendre au même genre de soulèvement de la part d’un peuple qui a rarement, voire jamais, connu l’oppression et la notion de survivance, contrairement aux Québécois? Voilà des caractéristiques qui sont intrinsèques à l’histoire et à la culture de deux peuples, encore et toujours différents dans leur solitude.

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Directeur général Alexandra Scott-Larouche direction@larotonde.ca Publicité Cathy Le Réseau Sélect cathy.le@tc.tc Prochaine parution Lundi 24 septembre 2012 La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2500 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FEUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

Vincent Rioux, Rédacteur en chef

TABLE DES MATIÈRES AcTu A LIT É s : Notes gonflées ARTs & cuLT u R e : sP O RTs :

P.3 | Palmarès P.3 | Recteur P.4 | Grève P.5 | FÉuO P.6 |

Agression sexuelle P.7 | sénat P.7 | chronique P.8 | Brèves P.8 | Revue de presse P.8 Adam et Ève P.9 | Quidditch P.10 | Gratuiterie P.11 | « Imagine eddy » P.11 | Franco-Ontarien P.12 | chronique P.13 | critiques P.13 | calendrier P.13 Rugby P.14 | Basketball P.14 | Tirs de barrage P.15 | saviez-vous que? P.15 Opinions PP.17-18 | Poème/Ovila castonguay/sudoku P.19
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chronique P.16 | Étoiles de la semaine P.16 | Matchs de la semaine P.16

OPINIONs & PROcRAsTINATION :
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AcTuALITÉs
ENQUÊTE

Émilie Deschamps (interim) | nouvelles@larotonde.ca

17 septembre 2012

ClassEmENTs UNiVERsiTaiREs

La normalisation des notes à l’université d’Ottawa : un secret de polichinelle

L’u d’O s’améliore et grimpe à la 240e place
Katia Gagnon,
Journaliste bénévole 240e : c’est le rang qu’occupe cette année l’Université d’Ottawa (U d’O) au classement de QS World University Rankings, un progrès de 16 positions par rapport à l’an dernier. C’est seulement dans le domaine des sciences naturelles que l’Université gagne du terrain, progressant de 25 positions. Du côté du génie et de la technologie, elle passe de la 294e place à la 349e. le ratio d’étudiants étrangers, le ratio du personnel académique par rapport aux étudiants et le nombre de fois que les publications de l’institution sont citées sur cinq ans. Le palmarès du Times se fonde pour sa part sur les facteurs de « qualité de la recherche, employabilité des sortants, vision internationale et qualité de l’enseignement, mais surtout sur une évaluation globale des pairs (qui compte pour 40 % de la note) », selon un rapport du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, publié en 2007. Des classements pour aider les étudiants à choisir? Éric Dionne, professeur à la faculté d’éducation de l’U d’O, souligne qu’« il y a un fort engouement à comparer le rendement des universités. Par contre, le choix des indicateurs est primordial ainsi que la pondération associée à chacun d’eux. À titre d’exemple, dans certains classements, on accorde une grande importance aux installations sportives. Il ne fait aucun doute que cela améliore la qualité de l’expérience étudiante mais cela fait-il en sorte de former de meilleurs ingénieurs? » Selon un rapport de l’Association européenne des universités, publié en 2011, « la plupart des classements internationaux se concentrent principalement sur des indicateurs liés à la fonction de recherche des universités. Les tentatives de mesure de la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage supposent généralement l’utilisation d’indicateurs indirects, peu en rapport avec le processus d’enseignement et rarement pertinents. »

Illustration Simon Lalonde Boisvert

Ducakis Désinat,

Journaliste bénévole

selon plusieurs assistants d’enseignement, certains des professeurs du campus de l’université intègrent dans leur pratique de correction la normalisation des notes.
Celle-ci consiste à ajuster les résultats d’un groupe afin d’atteindre une moyenne cible. Cette pratique serait très répandue sur le campus. Pourtant, d’après un règlement scolaire adopté par le sénat de l’Université d’Ottawa en avril 2009, cette pratique est interdite Nos sources nous ont révélé que la loi n’a pas pu empêcher la continuité de ce comportement. Selon l’une de nos sources, ancienne assistante d’enseignement, la normalisation des notes est chose courante. Elle croit que les professeurs agissent ainsi afin, d’une part, de s’assurer que, même au sein d’une classe médiocre, la majorité des étudiants n’échoueront pas le cours et, d’autre part, d’éviter un trop grand nombre de confrontations avec des étudiants réclamant de meilleures notes. La pression induite par la direction universitaire sur les enseignants pourrait aussi expliquer la normalisation. Selon l’ancienne assistante interrogée : « Cette pratique pose aussi la question du niveau de savoir que l’on cherche à faire atteindre aux étudiants. Ce niveau doit-il être ajustable, adaptable à chaque classe, ou veut-on évaluer tout le monde sur la même base de connaissances, d’année en année? » Au sujet de la normalisation des notes, on entend le même son de

cloche de la part d’un autre assistant d’enseignement souhaitant garder l’anonymat : « J’ai effectivement subi un cas semblable [où la moyenne était imposée], cependant ce n’est arrivé que pour un de mes quatre contrats jusqu’à présent. Par contre, pour un autre contrat, j’avais remarqué que le professeur changeait ma correction sans m’en parler, probablement aussi pour assurer une courbe en cloche vers la moyenne imposée par l’université d’Ottawa ». Nous avons par ailleurs contacté un assistant d’enseignement en philosophie pour qui la normalisation des notes peut en vérité être considérée comme une bonne pratique. Il considère que la correction, surtout dans son domaine, est subjective; la normalisation permet aux professeurs de répondre aux attentes fixées par l’université. Pour lui, les notes sont le reflet d’une comparaison. En ajoutant, par exemple, 10 % de plus à toute la classe afin d’obtenir une moyenne cible, on augmente la moyenne sans pour autant réduire les écarts entre les étudiants. Si les avis sont partagés sur le sujet, tous s’entendent pour dire que cette pratique est en partie due à une forme de pression pesant sur les professeurs, pression reflétant un problème au niveau du système universitaire. Les enseignants contactés pour connaître leur avis sur le dossier n’ont pas pu nous répondre, évoquant un manque de temps ou l’ignorance complète du dossier. Nous avons contacté M. Allan Rock pour connaître son avis sur le sujet. Au moment de mettre sous presse, nous n’avions eu aucune réponse de sa part. Toutefois, nous vous tiendrons informés dans nos prochaines éditions de tout développement.

Allan Rock réagit à ces résultats en rappelant que l’Université d’Ottawa se classe dans les 200 meilleures universités, plus précisément au 185e rang, du Times Higher Education World University Ranking. Il rappelle également que l’Université d’Ottawa a adopté un plan stratégique d’améliorations à plusieurs niveaux, soit dans « les domaines du bilinguisme, de la francophonie, de la recherche, de l’internationalisation de l’université et, ce qui est le plus important, de la qualité de l’expérience de chaque étudiant. » Les résultats obtenus dans ces quatre domaines seront présentés au Bureau des gouverneurs le 24 septembre prochain. Selon le recteur, on prendra alors bien mieux la mesure des avancées de l’U d’O que dans les classements. « C’est un outil très puissant, ça va avoir l’effet de concentrer nos efforts, et nos revenus également, pour faire améliorer les choses dans ces catégories soit la réputation de l’Université et la qualité de l’enseignement. » Des résultats différents, pour des méthodologies différentes QS World University Rankings prend en compte dans son évaluation la réputation (qui compte pour 50 %),

Illustration Émilie Deschamps

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ACTUALITÉS

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17 septembre 2012
ventionner davantage les universités. « Ma préoccupation en ce qui a trait à la question des droits de scolarité est que nous ayons en place un système juste », affirme M. Rock. « Le gouvernement de l’Ontario a décidé de fournir le cadre financier une année à la fois, c’est pourquoi nous nous sommes retrouvés à la dernière minute devant le Bureau des gouverneurs en avril dernier pour voter cette récente hausse de 5 % », déplore-t-il. Afin de remédier à cette situation, M. Rock admet avoir « demandé au gouvernement d’établir un encadrement des droits de scolarité pour les cinq ans à venir pour que nous puissions avoir des revenus prévisibles. » Les étudiants de l’U d’O doivent-ils s’attendre à une nouvelle hausse de frais de scolarité? « Difficile à dire », répond-il. « Le gouvernement a ajouté 1 600 $ par étudiant de l’Ontario pour les droits de scolarité. Il faut attendre pour savoir si le gouvernement va laisser les frais de scolarité tels quels ou s’ils vont forcer les universités à les augmenter. » M. Rock ajoute qu’il est difficile pour l’U d’O de ne pas augmenter ses frais de scolarité, pour plusieurs raisons. « Naturellement les coûts de l’U d’O augmentent chaque année de 4 % à 5 % en raison des augmentations salariales et des progrès dans le rang (ancienneté des employés). Si on additionne ça à l’inflation de l’économie, ça veut dire que la pauvre université doit payer de 4 % à 5 % de plus chaque année », souligne le recteur. Néanmoins, il se dit inquiet de la situation d’endettement des étudiants. « Nous sommes aussi très sensibles à la situation de certains étudiants dont le niveau d’endettement est irraisonnable. Ils sont forcés de travailler durant l’année scolaire, ce qui produit des effets néfastes pour leurs performances. » Il poursuit en indiquant que, dans le passé, le seul moyen d’accroître les revenus de l’Université était d’accepter plus d’étudiants. L’U d’O a décidé que 40 000 étudiants sur le campus était suffisant et elle a fait le choix de limiter le taux de croissance à 500 étudiants de plus chaque année. « Je pense que la solution pour nous est de réduire nos coûts tout en n’augmentant pas les droits de scolarité », soutient-il. « C’est pourquoi nous sommes en train d’examiner la possibilité de louer nos terrains inutilisés à des entreprises privées. » Enfin, questionné sur son avenir, le recteur de l’U d’O et ancien libéral au niveau fédéral, assure qu’il ne se présentera pas dans la course au leadership du Parti libéral du Canada.

ENTREVUE

Peu de francophones et des frais de scolarité élevés à l’U d’O
Vincent Rioux,
Rédacteur en chef

La Rotonde s’est entretenue avec Allan Rock, le recteur de l’université d’Ottawa, pour aborder des sujets d’actualité sur le campus.
Attelé depuis 2008 à sa tâche de recteur de l’Université d’Ottawa (U d’O), Allan Rock a entre autres abordé l’enjeu de la francophonie sur le campus et de la hausse des droits de scolarité avec l’équipe de La Rotonde. Attirer plus de francophones Pour M. Rock, il n’y a toujours pas assez de francophones sur le campus : ceux-ci demeurent en situation très minoritaire par rapport à la population anglophone. Le recteur croit que l’U d’O doit redoubler d’efforts et au moins atteindre l’objectif fixé dans le plan stratégique de la « Vision 2020 », selon lequel la population étudiante francophone devrait atteindre le tiers de la population étudiante totale de l’Université. « Nous avons presque 32 % d’étudiants francophones sur le campus. Pour les deux ou trois dernières années, ce nombre a été en croissance. Or, c’est de plus en plus difficile pour nous d’accroître la proportion de francophones par rapport aux anglophones, pour plusieurs raisons », admet-il. Le recrutement de francophones hors Québec va bon train, mais il est en revanche de plus en plus difficile d’attirer les Québécois à l’U d’O : « Nous avons un problème de recrutement au Québec. Leurs droits de scolarité sont presque le tiers des nôtres et, même avec les bourses, c’est presque impossible de les convaincre de se joindre à nous. Lorsque j’étais moi-même étudiant ici, à l’U d’O, les francophones représentaient environ 60 % de la population étudiante. La langue quotidienne dans la cafétéria, dans le gymnase et dans la rue, c’était le français », soupire-t-il. Malgré tout, M. Rock considère que le nombre de cours donné p. 4
Photo Ayoub Ben Sessy

« Naturellement les coûts de l’u d’O augmentent chaque année de 4 % à 5 % en raison des augmentations salariales et des progrès dans le rang (ancienneté des employés). si on additionne ça à l’inflation de l’économie, ça veut dire que la pauvre université doit payer de 4 % à 5 % de plus chaque année » – Allan Rock
en français par rapport à ceux donnés en anglais est suffisant. « L’objectif de l’Université est d’avoir 100 % des cours dans les deux langues. En ce moment, 1255 cours sont offerts dans les deux langues », rappelle l’ex-ministre des Finances et de la Santé du gouvernement du Canada. « Nous avons estimé également qu’il y a 308 cours qui sont offerts en anglais et 232 qui sont uniquement offerts en français. Sans compter les cours de langues, l’U d’O offre à peu près 75 % des cours en français et en anglais, ce qui n’est pas si mal! C’est compliqué, c’est dispendieux, c’est difficile, mais c’est une réalisation impressionnante », conclut-il. Frais de scolarité : d’autres hausses à prévoir? Évidemment, le recteur est bien conscient du soulèvement des étudiants québécois après la hausse draconienne des frais de scolarités au Québec. Toutefois, il pense que la situation est différente en Ontario. Selon lui, le gouvernement ontarien devrait sub-

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17 septembre 2012

CONFliT ÉTUDiaNT

La grève générale illimitée à l’Université d’Ottawa, possible ou non?
Julien Paquette, Journaliste bénévole
Ce qu’on appelle communément le « printemps érable » a pris d’assaut le Québec au début de l’année 2012. Les étudiants québécois s’opposaient à la hausse des frais de scolarité depuis février et leur lutte semble toucher à sa fin après l’élection du 4 septembre, favorable au Parti québécois. Ce mouvement d’opposition s’est attiré nombre d’opposants, mais également plusieurs supporteurs. Ces derniers se sont mobilisés un peu partout, et pas seulement au Québec. On a ainsi vu des manifestations en support aux étudiants québécois en France, aux États-Unis et dans plusieurs provinces canadiennes. Il y a lieu de se demander si ce mouvement pourrait créer une vague qui toucherait les différents collèges et universités dans les provinces voisines, notamment l’Ontario. Estce qu’une lutte étudiante est possible en Ontario et plus précisément à l’Université d’Ottawa (U d’O)? Si oui, comment est-ce que ce conflit se dessinerait? Quelles procédures seraient mises en place?

Des signes avant-coureurs
Depuis quelque temps, certains signes laissent présager qu’un mouvement étudiant pourrait voir le jour à l’Université d’Ottawa (U d’O). Depuis quelques années déjà, la Fédération canadienne des étudiants et étudiantes (FCÉÉ) organise des mobilisations en lien avec la campagne « À bas les frais ». Cet été, on a par ailleurs pu voir des représentants de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) faire une tournée des universités ontariennes. Le comité « Étudiant(e)s d’Ottawa en mobilisation » (Ed’OM) a également vu le jour. Tous ces signes laissent croire à la naissance d’un mouvement de contestation à l’U d’O. L’Ed’OM, dans une publication énonçant sa raison d’être, affirmait par exemple, qu’il militait « afin que les […] frais de scolarité [soient] supprimés ». L’Ed’OM est loin d’une grève Pourtant, l’Ed’OM ne prévoit pas d’actions de grande envergure dans les mois à venir selon Anaïs Elboujdaïni, membre du comité : « Il faut que ça vienne des [associations étudiantes], que ça se décide en assemblée générale. Nous on ne veut vraiment pas se mêler de ça, c’est vraiment juste pour promouvoir. En fait, la grève, c’est toujours le dernier recours. » Pour l’instant, le comité se contente d’informer la population étudiante sur sa cause et tente de sensibiliser le plus possible à son combat : « On favorise vraiment que les gens soient informés, on va passer par des pétitions, des discussions formelles et informelles avec les dirigeants, les recteurs, les politiciens », affirme Mme Elboujdaïni.

Les étudiants, prêts pour une grève ou non?
Si certains signes pourraient laisser croire à la naissance d’un mouvement de contestation à l’Université d’Ottawa (U d’O), qu’en est-il de l’opinion réelle de la base étudiante? Est-ce que les étudiants ottaviens sont prêts à imiter leurs collègues de l’autre côté de la rivière? La réponse à cette question est difficile à obtenir. Pour Ethan Plato, président de la Fédération des étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa (FÉUO), on ne peut réellement connaître l’issue qu’aurait un vote de grève à l’U d’O : « Il y a certainement des étudiants qui veulent avoir une grève, mais il y en aussi beaucoup qui n’en veulent pas », affirme-t-il. Une « vague érable »? Est-ce que le conflit étudiant québécois aura un effet de vague sur les universités ontariennes? Si ce n’est pas le cas, il aura au moins permis une remise en question du système universitaire à Ottawa et une réflexion chez plusieurs étudiants ontariens, d’après Anaïs Elboujdaïni, membre du comité « Étudiant(e)s d’Ottawa en mobilisation » (Éd’OM) : « Quand on voit la province voisine, quand on voit même que l’Outaouais québécois qui est généralement un endroit très tranquille […] a eu des soulèvements parmi les plus violents au Québec, […] ça nous force à nous poser des questions, […] est-ce que c’est réellement le type d’universités qu’on veut? » Anne-Marie Roy, vice-présidente aux communications de la FÉUO, croit qu’il y a une possibilité de ce côté : « Je pense qu’il y a beaucoup d’étudiants sur le campus qui sont tannés de voir les frais de scolarité augmenter d’année en année. […] Plusieurs choses peuvent sortir d’une question comme ça. Ça peut être une grève, une autre journée de manifestation, coordonner des actions un peu partout dans la province. » Charles Patterson, membre du conseil d’administration de la FÉUO, ne partage pas l’opinion de Mme Roy : « Pour moi, en dehors des cercles qui sont constamment concernés par la hausse des frais de scolarité en Ontario, on ne voit pas d’engouement public. J’ai l’impression que la campagne “À bas les frais“ c’est devenu plutôt un groupe d’intérêt plutôt qu’un mouvement au sol. » Une différence culturelle La différence entre les étudiants ontariens et québécois est culturelle selon Gabriel Nadeau-Dubois qui, jusqu’au 8 août 2012, occupait le poste de co-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Selon lui, le mouvement étudiant québécois joue un rôle important « dans les grandes avancées sociales » au Québec depuis longtemps : « C’est presque une tradition. C’est sûr que ça désamorce les craintes que pourraient avoir les étudiants et étudiantes face à la grève, considérant que c’est quelque chose qui, somme toute, fait partie de la culture politique québécoise. » M. Plato partage le point de vue de M. Nadeau-Dubois quant à une différence culturelle forte entre les étudiants des deux rives : « Il n’y a vraiment pas de processus explicite dans notre constitution pour prévenir une grève. Il n’y a rien qui dit que, pour avoir une grève, il faut faire ça. C’est pas la même culture qu’au Québec où il y a des années et des années d’activisme étudiant. » M. Plato, comme ses collègues Mme Roy et M. Patterson, admet qu’il serait curieux de voir le résultat d’un vote de grève : « Un défi auquel on fait face tous les jours, c’est de savoir ce que nos membres veulent. Moi, je n’ai aucun problème à faire ce que la majorité veut faire. » p. 5

Illustration Katia Gagnon

La CLASSE, une visite anodine? Est-ce que la visite de la CLASSE à l’U d’O visait à préparer les étudiants ontariens à la grève générale illimitée (GGI)? Pas selon Gabriel Nadeau-Dubois, ex co-porte-parole : « L’objectif de la tournée ce n’était pas de faire en sorte que les étudiants et étudiantes de l’Ontario se mobilisent en solidarité avec notre lutte. Je considérais que c’était notre responsabilité, en tant qu’organisation étudiante, de partager ce qu’on croit être les clés de notre succès », a-t-il dit lors de son passage estival à l’U d’O. M. Nadeau-Dubois, après sa visite, a également dit espérer que « les étudiants ontariens utilisent [leurs conseils] pour leurs propres causes. » Il a toutefois ajouté que, si le mouvement se poursuivait au Québec, l’appui de l’Ontario l’aiderait : « Ça viendrait casser un des arguments premiers des gens qui sont en faveur de la hausse des frais de scolarité au Québec, qui est de dire : les étudiants et étudiantes ailleurs au Canada paient beaucoup plus et ne se mobilisent pas. »

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17 septembre 2012

ÉTUDiaNTs NON-DiPlômÉs

On jase avec la FÉuO
Émilie Deschamps, Journaliste actualité | Photos Ayoub Ben Sessy

Ethan Plato Président Augmenter la participation étudiante : voilà le grand projet d’Ethan Plato, nouveau président de la Fédération des étudiantes et étudiants de l’Université d’Ottawa (FÉUO). Diversifier les activités des étudiants, avoir des heures de bureau flexibles et améliorer les communications sont quelques-uns des moyens qu’il compte employer pour atteindre cet objectif. Une augmentation significative du taux de participation aux prochaines élections de la FÉUO sera ensuite une des manières de mesurer le succès de cette entreprise. « Il y a beaucoup de personnes qui voient l’éducation universitaire comme une transaction, qui se disent : “Je paie pour avoir un bout de papier qui me donnera 20 % de plus en salaire”. Je ne crois pas que les universités doivent être des institutions d’entraînement à l’emploi, l’idée c’est de sortir avec une manière de penser et pas seulement avec une manière de faire les choses. »

liz Kessler V-p aux affaires universitaires La campagne « À bas les frais » est une priorité de Liz Kessler pour sa deuxième année au sein de la FÉUO. À ce sujet, elle rappelle que les frais de scolarité ont augmenté de 71 % depuis 2006. Pour cette étudiante en sciences politiques, « les universités pensent de plus en plus comme une entreprise parce qu’il n’y a pas assez de financement du gouvernement. » Elle souligne d’ailleurs que la proportion du financement des universités provenant du gouvernement a diminué au fil du temps. Elle travaille également, avec le reste de l’exécutif, à une nouvelle campagne pour les droits des étudiants en résidence et à la création d’une charte qui les régiraient. « Durant ma première année sur l’exécutif, j’ai appris beaucoup sur les problèmes des étudiants qui vivent en résidence. Les étudiants qui vivent en appartement ont des droits selon les lois de l’Ontario, mais ceux qui vivent en résidence n’ont pas les mêmes droits. »

anne-marie Roy V-p aux communications Anne-Marie Roy est arrivée à la FÉUO après avoir siégé au Bureau des gouverneurs l’an dernier. Tout comme Ethan Plato, elle souhaite avant tout augmenter la mobilisation étudiante. Toutefois, pour elle, même s’il y a des problèmes économiques, il faut que le gouvernement continue d’investir dans l’éducation puisqu’« on est en train d’endetter une génération qui, lorsqu’elle va graduer, ne pourra pas contribuer à l’économie ». Elle rappelle à ce sujet qu’« actuellement, seulement 54 % du budget opérationnel de l’Université provient des fonds publics, de plus en plus on compte sur les fonds privés, donc les frais de scolarité, pour financer les opérations de l’Université. » Au sujet de la place du français sur le campus, même si elle admet qu’il y a des problèmes, elle désire mettre l’accent sur les efforts des organismes francophones en organisant un gala de la francophonie.

Jozef spiteri V-p aux affaires sociales Jozef Spiteri, qui se présentait en duo avec Ethan Plato, arrive à la FÉUO en voulant donner une nouvelle vie aux affaires sociales. Ce dossier, selon lui, « était un peu tombé en ruines au cours des deux dernières années ». Il a entre autres obtenu une licence TEDxUOttawa. Il y a déjà une dizaine de professeurs qui préparent de courtes présentations d’idées originales (en français ou en anglais, selon leur préférence), qui seront ensuite mises en ligne sur TED.com. Pour lui, la FÉUO soit se concentrer sur trois éléments : la vie sociale, les études et la politique; elle est là pour offrir aux étudiants ce qu’ils ne retrouvent pas dans leur cours. Si cet étudiant en histoire s’est impliqué dans la FÉUO, c’est surtout parce qu’il a été inspiré par des gens qu’il a connus et qui étaient eux aussi impliqués. p. 6

adam Gilani V-p aux finances La grande priorité d’Adam Gilani comme nouvel administrateur des finances est d’assurer une transparence des états financiers de la FÉUO auprès des étudiants. Il veut aussi promouvoir les différents fonds auxquels les membres de la Fédération allouent collectivement 25 000 $ par année. De plus, il espère mettre à la disposition des étudiants le budget ainsi que les rapports financiers allégés sur le site internet de la FÉUO. M. Gilani vante déjà les réalisations des différents commerces gérés par la FÉUO. Il constate, entre autres, la popularité rapide des nouveaux déjeuners à somme modique du bar étudiant 1848. De plus, à partir de cette année, le Café Alt vend son café au Pivik et au 1848. M. Gilani assure que le nouveau café est équitable et est de meilleure qualité que les autres grandes marques. w w w.l aroton d e.ca

Kate Hudson V-p aux affaires étudiantes L’étudiante de psychologie n’a pas de grand projet pour cette année. Elle souhaite surtout « communiquer efficacement avec les membres » et les informer des différents services et clubs. C’est l’importance d’offrir des services aux étudiants qui l’a poussée à travailler pour la FÉUO. Lorsqu’elle était impliquée auprès de l’Association des étudiants en psychologie, elle faisait partie des personnes qui étaient insatisfaites du travail de la FÉUO à l’époque. Elle a alors réalisé que, plutôt que de se plaindre, il fallait s’impliquer.

ACTUALITÉS

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La liberté à l’université : un couteau à double tranchant ? Selon Ashley Scott, intervenante en matière de discrimination et de harcèlement au Bureau de harcèlement sexuel de l’U d’O, le mode de vie universitaire procure une plus grande liberté aux étudiantes et étudiants, car ils ne sont plus, dans la plupart des cas, sous la surveillance de leurs parents. Toujours selon Mme Scott, cette période de changement et d’exploration peut s’avérer néfaste pour les nouveaux venus, car ils doivent s’acclimater à un mode de vie différent et faire face aux tentations de la vie universitaire. Ils deviennent alors « plus vulnérables » aux agressions sexuelles, mentionne-t-elle. Toutefois, des évènements du type de ceux organisés au cours de la semaine 101 ne constituent pas les causes principales de cette hausse. La FÉUO ne prend pas la situation à la légère et « fait son possible pour déconstruire les enjeux systémiques encourageant une culture où la violence sexuelle est acceptée », assure Anne-Marie Roy, vice-présidente aux communications à la FÉUO. « Toutes les personnes responsables d’un groupe d’étudiants au cours de la semaine 101 suivent un atelier du Centre des ressources des femmes en plus de recevoir une formation pour réagir adéquatement en cas d’agression », précise-t-elle. Des ressources pour les victimes Plusieurs services dont le Bureau de harcèlement sexuel ainsi que le Service de counselling et de coaching sont offerts sur le campus pour venir en aide aux victimes. Les intervenantes les accompagnent tout au long du processus en plus de les informer des différents recours juridiques possibles. Le Rape Crisis Centre et la Coalition d’Ottawa contre la violence faites aux femmes représentent aussi des ressources, mais celles-ci sont situées à l’extérieur du campus.

17 septembre 2012
Prévenir plutôt que subir Pour Ashley Scott, la vigilance lors des sorties dans les clubs et les bars demeure l’élément clé pour éviter tout incident : « Ne quittez jamais le bar sans vos amis et, surtout, protégez vos verres », conseille-t-elle. « Trop souvent, les étudiants quittent l’établissement sans savoir où sont leurs amis », déplore l’intervenante.

RENTRÉE sCOlaiRE Recrudescence des plaintes pour agressions sexuelles à l’université d’Ottawa
mylène Charette,
Journaliste actualité

La rentrée scolaire constitue une période propice aux augmentations de plaintes pour agressions sexuelles et l’u d’O n’y fait pas exception.

Même s’ils ne divulguent pas les chiffres exacts concernant les cas signalés, le Bureau de harcèlement sexuel de l’Université d’Ottawa (U d’O) ainsi que la Coalition d’Ottawa contre la violence faite aux femmes ont tous deux observé cette tendance au cours des dernières années.

Photo Ayoub Ben Sessy

RÉUNiON DU sÉNaT Débats sur les objectifs de l’université
Émilie Deschamps,
Journaliste actualité

stir dans les universités où il trouve des innovations ou des idées de valeur » en lien avec les SMA, a affirmé le recteur Allan Rock lors de la réunion du Sénat, le 10 septembre dernier. Cette nouvelle initiative du Ministère de la formation et des collèges et universités de l’Ontario a pour but de maximiser la productivité du système d’éducation post-secondaire et d’augmenter sa contribution à l’intérêt public, toujours selon le recteur. L’amélioration de l’apprentissage et de l’enseignement, les contributions à l’économie régionale et provinciale et, enfin, la francophonie et le bilinguisme sont les trois objectifs choisis par le comité exécutif du Sénat pour être présentés au ministre. Toutefois, le contenu exact de la lettre est encore sujet à discussion entre les doyens et les sénateurs. « Nous voulons démontrer que nous sommes vraiment et sincèrement voués aux objectifs identifiés par le ministère et le gouvernement comme prioritaires pour la province de l’Ontario », a assuré M. Rock. Cours spécialisés en ligne « À travers la province, nous commençons à voir des cours en ligne massifs; des cours de première et de deuxième année surtout; mais je crois que nous devrions offrir des cours par des spécialistes que l’Université est la seule à

avoir à travers la province. Il faut aller vers ce marché avant que d’autres ne le fassent, développer des cours dans des domaines où personne d’autre en Ontario n’a l’expertise. Beaucoup de ces cours seraient en français », d’après Antoni G. Lewkowicz, sénateur et doyen de la faculté des arts. Le doyen est « préoccupé par le fait que les trois éléments que nous mettons de l’avant pour le moment [dans le SMA] ne sont pas révolutionnaires. » Le recteur a toutefois répliqué en proposant aux sénateurs de réfléchir au SMA proposé et a affirmé que « si on pouvait trouver une manière de le rendre plus révolutionnaire, [il] serait ravi. » Il a aussi con-

firmé qu’un groupe d’étude avait été créé sur le sujet de l’enseignement et des nouvelles technologies et que ce genre de proposition serait évalué par le groupe. Le recteur a expliqué que l’idée d’offrir en ligne des cours qui ont déjà un nombre élevé d’inscriptions avait probablement pour but de vider les amphithéâtres bondés. Le SMA proposé par le comité exécutif du Sénat sera présenté aux doyens et les modifications pourront se poursuivre d’ici la fin septembre. C’est le Higher Education Quality Council of Ontario (HEQCO) qui va évaluer les SMA soumis par les institutions.

« Les trois éléments que nous mettons de l’avant pour le moment [dans le sMA] ne sont pas révolutionnaires. » - Antoni G. Lewkowicz, sénateur et doyen de la faculté des arts.
L’Université d’Ottawa, comme les autres institutions d’enseignement post-secondaire de la province, doit déposer un SMA (Strategic Mandate Agreement) sous forme de lettre d’ici le 30 septembre, pour présenter en quoi ses objectifs feront avancer ceux du Ministère de la formation et des collèges et universités. En lien avec les SMA, « le ministre a annoncé qu’il y aura 30 000 000 $ disponibles pour inve-

La Rotonde cherche des journalistes, photographes, dessinateurs qui veulent partager leur talent et publier à titre gracieux leur travail dans les pages du journal. Écrivez-nous à redaction@larotonde.ca

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ACTUALITÉS

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17 septembre 2012

CHRONiQUE La coopération n’est plus une option
Émilie Deschamps,
Journaliste Bienvenue à l’université! Les élèves luttent entre eux pour obtenir des bourses ou des stages, tandis que l’administration cherche à attirer toujours plus d’étudiants et à augmenter son prestige (qui se reflète en partie dans les palmarès universitaires). Hors du milieu universitaire, les choses ne sont pas bien différentes : les artistes ont leurs galas, les sportifs leurs tournois, et même les milieux communautaires décernent maintenant des prix. Il semble que, tout au long de notre vie, nous soyons socialisés pour la compétition et que la coopération ne sera bientôt plus une option. Car la crise environnementale à laquelle nous sommes confrontés, mais aussi les difficultés économiques et politiques, ne peuvent être réglées que collectivement. Dans le cas des bouleversements écologiques, il est notamment impératif de mettre en place des solutions rapides et radicales, à moins d’accepter de conduire l’humanité à sa perte. Un changement culturel majeur, qui permettrait l’avènement d’une société valorisant beaucoup plus la coopération, me semble donc nécessaire. Car, peu importe ce que peut réussir un individu poussé à l’excellence par la compétition, ce sera toujours moins que ce que l’on pourrait atteindre collectivement. Ce changement peut prendre racine dans les milieux universitaires. Comme le rappelle Normand Baillargeon dans son court essai Je ne suis pas une PME, des libres penseurs se sont à plusieurs reprises détachés des institutions dont ils faisaient partie pour fonder des écoles alternatives (voir New School of Social Research). Ces dissidents, élèves et professeurs, ont aidé l’université et, par extension, leur société à évoluer. Moins radicalement, les universités populaires sont de bons moyens de changer la manière de transmettre le savoir et le contexte dans lequel l’échange a lieu. À quand une telle initiative à Ottawa, pour enfin renverser la tendance?

BRÈVEs Bourse de la francophonie
Vân leduc,
Journaliste Bénévole Dans une province où seulement 22 % des étudiants francophones choisissent de poursuivre leurs études en français, le Regroupement des étudiants franco-ontariens (RÉFO) soutient que le déséquilibre dans le niveau de scolarisation des francophones et des anglophones risque d’augmenter avec l’abolition de la bourse pour étudier en français. Au cours d’une rencontre avec les porte-paroles du REFO, la ministre ontarienne des Affaires francophones, Madeleine Meilleur, a confirmé que cette bourse serait abolie. Dans une entrevue avec Radio-Canada, cette dernière a affirmé que, plutôt que de montrer du doigt le gouvernement, il fallait repenser la responsabilité des collèges et des universités dans la promotion des institutions postsecondaires francophones. Cette décision intervient dans un contexte où les droits de scolarité à l’Université d’Ottawa ont augmenté de 4 à 8 % par rapport à 2011-2012.

Nouveau partenariat entre la cité collégiale et l’université d’Ottawa
mylène Charette,
Journaliste En vertu de cette nouvelle entente, l’Université d’Ottawa créditera huit cours universitaires (24 crédits) aux diplômés du programme de Technique des services en loisirs de la Cité collégiale, afin qu’ils obtiennent une mineure en sciences du loisir. Pour l’obtenir, les étudiants devront aussi réussir deux cours de niveau 3000 ou 4000 à l’Université. Il s’agit de la 19e entente d’arrimage conclue entre les deux établissements et d’autres devraient être annoncées prochainement. « Présentement, des discussions portent entre autres sur les domaines de la santé, la sécurité publique et les médias» , révèle Mona Fortier, directrice principale des communications de la Cité collégiale.

Gel de salaire de deux ans pour les professeurs de l’Ontario
Journaliste actualité

Émilie Deschamps,

REVUE DE PREssE
Émilie Deschamps, Journaliste actualité
La tradition des sofas en feu The Aquinian, Université St. Thomas et The Brunswickian, Université du Nouveau-Brunswick La tradition frédérictonnaise de brûler des divans aux environs de la rentrée scolaire inquiète les pompiers locaux. Ces derniers font donc chaque année de la sensibilisation dans les universités quant aux risques et conséquences de déclencher de tels incendies. La plupart des feux sont allumés dans les quartiers habités par des étudiants, en particulier sur l’avenue Graham, connue pour cette tradition. Les origines et les raisons de cette coutume, qui existe depuis maintes années, sont nébuleuses. Certains croient qu’il s’agirait là d’une manière facile de se défaire de vieux meubles, dont on n’a plus l’usage. Pour d’autres, il s’agirait de divertissements liés aux fêtes de début d’année. Chef de département sous enquête The Gateway, Université d’Alberta Le nouveau chef du Département de psychiatrie de l’Université de l’Alberta, le Dr Claudio Soares, est soumis à une enquête de la part du Collège des médecins et des chirurgiens de l’Ontario pour des raisons d’inconduite professionnelle incluant l’abus sexuel d’une patiente. Les allégations n’ont pas été prouvées pour le moment, mais un avis de restriction de pratique a été émis. Celui-ci stipule que le Dr Soares ne peut renconw w w.l aroton d e.ca trer seul une patiente. Le Dr Soares est entré en fonction à l’Université le 1er septembre 2012. L’Université a confirmé être au courant des accusations portées contre son nouvel employé mais a toutefois refusé les demandes d’entrevue de la part de The Gateway. Une œuvre d’art qui dérange The Newspaper, Université de Toronto Laura Hay a vu sa photographie être retirée de l’exposition annuelle des étudiants en arts. La photographie, où l’on peut voir une femme

La Loi donnant la priorité aux élèves a reçu la sanction royale le 11 septembre dernier. Cette loi impose notamment un gel de salaire de deux ans aux enseignants de l’Ontario et leur retire le droit de grève pour cette même période. Des manifestations et une campagne publicitaire ont été organisées par la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario pour s’opposer à la loi. Une pétition mise en ligne afin d’appuyer les professeurs dans leur contestation avait été signée par plus de 1 500 personnes, en date du 15 septembre. Loren Broten, ministre de l’Éducation, a expliqué que « l’économie ontarienne nécessite la certitude que, le 1er septembre, un nombre élevé d’enseignants ne recevront pas automatiquement une hausse de salaire de 5,5 % et qu’ils n’accumuleront pas un supplément de deux millions de jours de congés de maladie qu’ils pourront encaisser à la retraite. »

nue portant une bible en guise de ceinture, a fait l’objet d’une plainte qui a mené à son retrait. L’étudiante décrit son oeuvre comme une critique d’une tradition religieuse qui limite le droit des femmes. Elle s’est dite surprise que son oeuvre ait été jugée choquante, considérant que la ville de « Toronto est vraiment tolérante et progressive ». À la connaissance de Mme Hay, l’Université de Toronto n’a pas de politique concernant la censure des oeuvres d’art. Elle déplore qu’il n’y ait pas eu de discussion avant le retrait de la photographie.

Stage d’aide humanitaire en République Dominicaine
Au cours du printemps et de l’été 2013, 32 jeunes (entre 20 et 35 ans) partiront 4 ou 5 semaines en République Dominicaine pour un projet d’aide humanitaire sous la tutelle de l’organisme « Solidarité Jeunesse ».

Soyez du nombre !
Soirée d’information : le jeudi 20 septembre, 19h, au 101, avenue Parent, à Ottawa (coin Saint-Patrick, derrière la cathédrale). 613-241-7515 cdjeunes@comnet.ca

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ARTs & cuLTuRe
Katherine sullivan | culture@larotonde.ca

17 septembre 2012

TÉlÉsÉRiE

Le rire aux trois âges
Radio canada célèbre la rentrée à la Maison de la culture de Gatineau avec la première de la télésérie Adam et Ève.
léa Papineau Robichaud,
Photographe L’objectif primordial de Claude Meunier avec cette nouvelle série est de divertir les gens. D’ailleurs, lorsqu’on lui demande quel message il voudrait faire passer au public avec sa création, il répond : « Assoyez-vous et riez ! »

Katherine sullivan,
Chef de pupitre L’auteur de la célèbre télésérie La Petite Vie était de passage à Gatineau la semaine dernière dans le cadre de la rentrée Radio-Canada. Claude Meunier, accompagné des comédiens Pierre-François Legendre et Sophie Cadieux, était à la Maison de la culture le 11 septembre dernier afin de présenter devant 500 spectateurs sa nouvelle série Adam et Ève. Un scénario original Cette série, écrite et réalisée par celui qui a interprété le personnage de Ti-Mé (aussi connu sous le nom de Pôpa) dans La Petite Vie, présente un couple à trois âges différents : 25 ans, 45 ans et 80 ans. « Curieusement, les trois âges vivent en même temps, mais c’est comme une projection d’eux autres. », explique M. Meunier. Les couples rendent donc visite à la même psychologue, vont au même dépanneur et à la même épicerie, mais à des périodes différentes de leur vie. « En voyage, j’ai vu un couple qui avait 80 ans environ et les deux avaient chacun une caméra. J’ai pensé qu’eux, à 25 ans, ils devaient avoir une seule caméra, qu’ils devaient être bien différents, plus fusionnels », explique l’auteur de la série. Il a ensuite imaginé leur vie passée afin d’écrire Adam et Ève. Un défi d’acteur Les rôles principaux se sont avérés être un gros défi pour les comédiens. « N’ayant plus 25 ans et n’ayant pas encore 45 et 80, on se retrouvait à essayer de composer des personnages », précise celle qui incarne Ève dans la série, Sophie Cadieux. « Adam et Ève représente aussi le retour de Claude Meunier à Radio-Canada, alors il y a une espèce de pression. Tu sais que tu participes à quelque chose et tu as envie d’y mettre du tien le plus possible », ajoute Pierre-François Legendre. Un grand réalisme Contrairement aux habitudes de Claude Meunier qui est reconnu pour son écriture absurde, Adam et Ève dépeint la vie du couple avec un grand réalisme. Cette caractéristique a marqué la soirée de la première présentation devant public. Des spectateurs quidams ont été invités au visionnement et ont pu passer la soirée en compagnie des vedettes de la télésérie, au milieu des caméras, médias sociaux et entrevues. Le public a ensuite pu poser des questions et faire part de ses impressions. Plusieurs ont d’ailleurs semblé avoir été touchés par le réalisme des personnages et des mises en situation.

Photo Léa Papineau Robichaud

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ARTS & CULTURE

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17 septembre 2012

QUiDDiTCH

La Rotonde a suivi une pratique de quidditch à l’université. Voici le photo-reportage d’Ayoub Ben Sessy.

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ARTS & CULTURE

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17 septembre 2012

la GRaTUiTERiE

Faire rimer « économiser » avec « rentrée »
laura Kassar,
Journaliste bénévole

une solution pour les étudiants qui désirent limiter les dépenses qu’entrainent la rentrée universitaire s’offre désormais sur le campus : la gratuiterie. Nouvellement installée au 647, avenue King edward, elle met à disposition desétudiants toute une panoplie d’objets, sans avoir à débourser un sou!
Photo Ayoub Ben Sessy

Lors du lancement officiel de la gratuiterie, sur le terrain de la maison située au 647, avenue King Edward, se trouvaient quelques tables sur lesquelles s’entassaient des livres, des chandails pliés et des boîtes en carton remplis de films italiens en VHS et de vieilles cassettes. À l’intérieur de l’édifice, on pouvait ensuite découvrir deux étages d’objets de toute sorte : des vêtements classés selon le type et la taille, des articles pour la cuisine, des fournitures scolaires, etc. Absolument tout y est gratuit. Une des responsables du projet, Brigitte Morin, coordonnatrice du recyclage, travaille au sein du Service des immeubles. La mission de l’établissement est de réduire la quantité d’objets en bon état qui sont

jetés, en plus d’inviter les étudiants à faire des économies : « Nous avons récupéré plus de quatre tonnes métriques d’articles lors de la collecte à la fin de l’année scolaire; ces choses auraient été jetées », explique Mme Morin. En donnant une deuxième vie à ces objets, la gratuiterie a un impact positif considérable sur le plan du développement durable dans la communauté, mais son influence s’étend au-delà du simple recyclage d’objets. Les items qui ne trouvent pas de nouveaux propriétaires sont donnés à des organismes locaux, comme « des refuges pour femmes battues, des centres pour personnes sans-abri, des centres de jeunesse »,

énonce Mme Morin. La gratuiterie offre également une possibilité intéressante de bénévolat aux étudiants qui désirent s’engager sur le campus. Kira Lamont, coordonnatrice au Bureau du développement durable, travaille également à la gratuiterie. Elle affirme que « la meilleure partie de la gratuiterie, c’est de voir la face des gens lorsqu’ils entrent et trouvent plein de trucs gratuits. Je ne m’en tanne pas. » Mais la surprise ne s’arrête pas là puisque, parfois : « Nous avons eu des visiteurs qui avaient peur d’être en train de voler des articles, parce qu’ils ne pouvaient pas croire que quelqu’un se débarrasserait de telles choses », s’amuse Mme Lamont.

ViE COmmUNaUTaiRE

Le rendez-vous de la rue eddy
Cyrine Taktak,
Chef web

La rue eddy donne rendez-vous le 22 septembre prochain à tous les habitants de la région de Gatineau. c’est aux abords des rues Wellington et Frontenac que de nombreuses réjouissances seront offertes à la population. Pour l’occasion, la rue eddy sera fermée entre 11 h et 16 h.
Une rue qui fait peau neuve Au commencement, « Imagine Eddy » était un simple projet de verdissement. Initié par le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), il prend naissance dans le constat d’une forte présence d’îlots de chaleur urbains, ce qui désigne une élévation localisée des températures. Les quartiers de la ville de Hull sont d’autre part jugés trop ternes. La rue Eddy a été choisie pour accueillir de nouveaux aménagements favorisant un aspect plus attrayant. L’objectif, tel que le mentionne le site internet du projet, est de « créer un espace convivial et d’améliorer le bien-être des résidents, des commerçants et de la population. » Lorsque des bacs de végétation ont été installés en juillet dernier, une campagne de sensibilisation a également vu le jour. Dotée du slogan « Le verdissement de la rue Eddy devient réalité », l’initiative veut présenter la rue sous un jour nouveau. Cette « véritable initiative citoyenne », selon les mots de la conseillère municipale Denise Laferrière, aura mobilisé à la fois les commerçants et les habitants mais également des organismes communautaires. La force de cet élan réside précisément dans l’investissement identitaire que les participants y ont insufflé. w w w.l aroton d e.ca

Photo Ayoub Ben Sessy

Des activités hautes en couleur C’est donc un rassemblement de 500 personnes qui est attendu le 22 septembre. Yvann Blayo, coordonnateur du CREDDO, espère que la campagne aura servi à réunir davantage de monde et si « entre 1 000 et 2 000 personnes se déplacent pour l’occasion », ce serait un vrai succès. De nouveaux attraits seront dévoilés. Des bacs de végétation décorés d’art urbain feront leur apparition et de nombreuses animations attendent aussi la population. Celles-ci seront regroupées en quatre zones accueillant un centre d’accueil, une exposition de photographies, des dégustations, des spectacles, des défilés ainsi que plusieurs autres activités divertissantes. p. 11

ARTS & CULTURE

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17 septembre 2012

lE sENTimENT FRaNCOONTaRiEN à OTTawa

liVREs sCOlaiREs aBORDaBlEs

Le drapeau comme symbole identitaire des Franco-Ontariens
simon Deneau,
Journaliste bénévole

Objectif épargne
alexandra Ouimet,
Journaliste bénévole S’il y a bien une chose qui accompagne inévitablement la rentrée, ce sont les manuels scolaires. Ceux-ci peuvent faire du retour aux études une épreuve autant du côté des neurones que du portefeuille. La Rotonde a fait un peu de recherche afin de dénicher quelques trucs qui vous permettront de faire des économies. Tout d’abord, clavier et écran peuvent s’avérer utiles car, à ceux qui voudraient économiser du temps et de l’argent, l’internet ouvre grand ses portes. On peut faire un tour du côté des sites de revente comme Kijiji. Quelques clics suffisent pour y trouver un répertoire assez complet de manuels usagés. Facebook offre également des alternatives aux librairies, recelant de groupes visant à partager et à réutiliser des manuels. Des réseaux d’étudiants cherchent à y revendre leurs manuels, et d’autres à se les procurer. Amazon.ca offre également des manuels usagés à prix réduits. On peut économiser 60 $ par ci, 50 $ par là, réduisant ainsi de façon importante les frais associés à la rentrée. Pour les étudiants qui désireraient toutefois se procurer des manuels neufs, une alternative à la librairie de l’Université d’Ottawa serait la librairie Agora, dont le défi est d’offrir « un large éventail de produits et de services au plus bas prix possible », tel qu’a pu le confirmer une employée. Cette librairie indépendante offre la possibilité d’obtenir des livres usagés à prix réduit. Lynne Gagnon, directrice de la librairie Agora, rappelle que celle-ci avait ouvert ses portes en 1999 « parce que la librairie sur le campus vendait ses manuels de 10 à 15 % de plus que le prix de vente au détail suggéré. On a décidé de vendre les livres moins chers et de créer de la compétition ». Enfin, elle conseille aux étudiants de « se procurer des manuels usagés, de les garder en bonne condition et de les revendre. On les achète à 50% du coût original ».

Le 25 septembre, le drapeau franco-ontarien, symbole de résistance à l’assimilation et de grande fierté, sera à l’honneur. Il rappelle les grandes luttes des Franco-Ontariens pour la préservation et l’épanouissement de leur identité comme minorité linguistique.
À Ottawa, le drapeau franco-ontarien revêt une importance particulière en raison des luttes ayant pris place sur le territoire. 2012 est aussi marquée par la célébration d’un événement central de l’histoire des Franco-Ontariens : l’adoption du Règlement 17 en 1912 par le gouvernement du Premier ministre Sir James Whitney. Ce règlement interdisait d’enseigner en français dans les écoles bilingues. Toute la population francophone se rappelle le combat des sœurs Desloges, enseignantes à l’école Guigues, pour empêcher les autorités de venir inspecter leur établissement. Si l’on se promène dans la ville, on peut aussi voir six drapeaux géants de trois par six mètres, qui rappellent l’union des Franco-Ontariens, dont un à l’hôpital Montfort, rappelant le combat mené contre sa fermeture. À l’Université, une grande partie de la population étudiante se sent rattachée à l’identité franco-ontarienne : « Être Franco-Ontarienne est une partie soudée à mon identité et c’est la façon dont je me définis en tant que personne », affirme Marie-Christine Gorbeil, étudiante en lettres françaises et en communication et employée du Carrefour francophone. Quant à elle, Mélanie Parent, Franco-Ontarienne et étudiante de 4e année en sciences biopharmaceutiques de l’Université d’Ottawa, assure que « parler français et anglais est ce qui me définit en tant que Canadienne. Je suis fière de porter le flambeau linguistique de notre pays », poursuite-elle. Le 25 septembre, l’Université organisera plusieurs événements pour souligner la célébration. Ainsi, de 11 h 30 à 13 h 30, sur la Terrasse Morisset, on pourra assister à un mélange de cérémonies à saveur franco-ontarienne : Michel Prévost, archiviste en chef de l’Université, viendra dire un mot sur le Règlement 17; ensuite, il y aura un match d’improvisation organisé par la LIEU et le RÉFO, qui sera animée par le groupe professionnel ; un spectacle aura finalement lieu, suivi d’un barbecue de clôture. Enfin, le 26 septembre au 1848 de 20h à 22h se tiendra un spectacle du groupe Pandaléon, finaliste du Festival de la chanson à Granby.
Photo Ayoub Ben Sessy

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17 septembre 2012

PaUsE KiT-KaTH

CRiTiQUE DE Film

CRiTiQUE DE liVRE CRiTiQUE D’alBUm

Tassez-vous, on danse!
Katherine sullivan,
Chef de pupitre La saison des festivals de musique tire à sa fin et laisse place aux fêtes d’Halloween, à l’Oktoberfest et à la première Nuit Blanche ottavienne. Mais cette profusion festive ne m’empêche pas de me plaindre un peu en vue de l’été prochain. Mesdames et messieurs, les chaises lors de concerts en plein air, c’est poche. Pendant l’après-midi, lorsque les enfants courent un peu partout et qu’il n’y a que quelques spectateurs plus ou moins motivés, les chaises de camping sont acceptées et même conseillées si vous prévoyez y être de nombreuses heures. Mais lorsqu’arrive le groupe tant attendu et que la foule tente de se presser au plus près de la scène, vos chaises, rangez-les. Elles prennent beaucoup de place, les foufounes confortablement assises se plaignent sans cesse de ne pouvoir rien voir, et il est quasi-impossible de danser sans en renverser une. Si vous avez absolument besoin d’une chaise, question d’accessibilité, placezvous plus près de la scène. De un, vous passerez une meilleure soirée et, de deux, nous pourrons danser sans vous écraser les orteils. D’autre part, je me suis récemment faite engueuler par une jeune femme un peu plus courte que moi lors d’un concert en plein air. La raison de sa furie? Je lui cachais la vue. Je comprends sa frustration, car les cent personnes devant moi cachaient également la mienne. Je me contentais donc tout simplement de regarder les écrans géants et d’écouter la musique. Bref, je suis bien désolée d’être plus grande que certaines personnes dans la foule, mais bon, ce serait bien long de placer tous les spectateurs par ordre de taille comme lors des photos de classe au primaire! Enfin, un concert, c’est fait pour s’amuser, danser un peu et se faire des amis d’un soir en chantant ses refrains préférés à tue-tête. Alors, les casseux de party, souriez donc un peu, histoire que l’on puisse s’amuser!

Les Infidèles
Jeanne strasbourg,
Correctrice

L’Inédit de Marie cardinal
isabelle Beauregard,
Journaliste bénévole

Sun par cat Power
Catherine Dib,
Journaliste bénévole Sirène née dans les vagues du grunge du milieu des années 90, Chan Marshall, alias Cat Power, est surtout connue pour sa voix fredonnante et un peu cramée par la longue traversée. Pour son neuvième album, Sun, six ans après The Greatest, l’icône du rock s’est mis au défi de changer de ton pour un ensemble plus lumineux et rythmé (« 3,6,9 », « Cherokee » ou encore « Ruin ») sans chercher à dissimuler ses zones d’ombres (« Always on my own »). Quoique son disque ne prenne pas totalement avantage de sa voix au timbre soul, le tout s’avère plus énergique, ne dédaignant jamais de se tremper dans le trop cosmique, le trop grandiose ou encore le trop humain (notamment dans la chanson « Humans » ou encore « Nothin’ but time » avec la collaboration d’Iggy Pop). Parfois, on tombe sur une simple mélodie de fond agrémentant un morceau pour le rendre nocturne et en faire émaner une certaine solitude (« Manhattan »). Un superbe album, où la chanteuse a chassé ses démons pour dévoiler une nature plus ensoleillée et accessible, idéal pour passer une belle matinée ensoleillée en agréable compagnie.

Présentée sous la forme de sketchs mettant en scène divers personnages, cette comédie française comptant sept réalisateurs met en vedette Jean Dujardin et Gilles Lellouche. Le film explore les aléas de la vie de couple et plus particulièrement la difficulté de résister à la tentation de l’adultère après des années de mariage fidèle.

une écrivaine (ré)incarnée
L’œuvre est un collage-montage constitué suite au travail de recherche entrepris en 2009 sur les carnets intimes de Marie Cardinal par ses filles Alice et Bénédicte Ronfard, et par l’éditeur Annika Parance. Est ainsi dressé, par petites touches, le portrait de cette femme écrivaine, à l’orée de la soixantaine, égérie de la parole féministe des années 70 : « Je me suis mise à écrire de lui, mon corps de femme, comme beaucoup d’autres l’ont fait au même moment [...]. Cette irruption dans la littérature de livres de femme parlant de leur corps a surpris et choqué ». Dans L’Inédit, la multiplicité des « femmes » vécues par Marie Cardinal nous touche. Elle nous parle de sa douleur de déracinée, de son incarnation, et de l’écriture qui reste le seul repère valable parce qu’il touche l’universel.

On aime : Le comique de situations farfelues, pour ne pas dire ridicules, dans lesquelles se retrouvent les personnages. On aime moins : Certains sketchs traînent en longueur, l’humour est parfois vulgaire, souvent macho. Les personnages sont stéréotypés, et les infidèles sont d’ailleurs pratiquement tous des hommes, n’offrant finalement pas une nouvelle perspective sur le sujet.

On aime : Le ton qui, sans nul désir de se faire pardonner, se veut un virage franc et direct du matériel précédent. On aime moins : Certains fans de longue date reprocheront à cette chatte de ruelle de ne pas être restée dans la pénombre à miauler sous la lune. Ne leur déplaise : celle-ci, la tête haute, chantera dorénavant sous le soleil.

C a lE ND RiE R CUlTU RE l
lundi 17 septembre :
Visite guidée : À travers les lignes, aux Archives et collections spéciales de la bibliothèque Morisset - de 9 h à 16 h Fringale : Matinées caféinées au centre universitaire - 9 h - 11 h

Katherine sullivan, Chef de pupitre
Vendredi 21 septembre :
Musique : Mystery Machine and guests, au Zaphod’s - 20 h 30 Cinéma : Projection du film Habemus Papam, à l’auditorium du pavillon Lucien-Brault de l’UQO - 19 h 30

mercredi 19 septembre :
Fringale : Repas végétalien et gratuit avec la République populaire du délice, au centre universitaire - 12 h Cinéma : Soirée cinéma franco, French Kiss, auditorium des anciens - 20 h Campagne : Coalition de l’Investissement Juste, à l’agora du centre universitaire 16h

mardi 18 septembre :
Impro : Ligue d’improvisation de la LOI de Jos au Petit Chicago, à Hull - 20 h Émission : Premier enregistrement de l’émission « Coups Francs », à l’agora du centre universitaire - 19 h

samedi 22 septembre :
Art : Vernissage au bistro du théâtre de la Nouvelle Scène - 19 h Plein air : Nuit blanche, Ottawa - 18 h

Jeudi 20 septembre :
Forum : Forum sur le bilinguisme, salle 302 du pavillon Fauteux - de 14 h 30 à 19 h Danse : Soirée latine au Petit Chicago, à Hull - 20 h

Dimanche 23 septembre :
Danse : soirée années 80 au Barrymore’s

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sPORTs
RUGBy

Léa crousset | sports@larotonde.ca
général, je suis contente de notre travail défensif. » Laval s’est fait insistant lors de cette demie, mais l’U d’O a su bloquer un bon nombre de leurs tentatives. Même si une grande partie du temps de jeu s’est déroulée tout près de la ligne de touche des Gee-Gees, le Rouge et Or a réussi à marquer seulement cinq points en deuxième demie. Un match tout de même satisfaisant Malgré la défaite, la centre Dria Bennett a su tout particulièrement se démarquer par son jeu remarquable. Elle a d’ailleurs obtenu le titre de joueuse du match. L’Université Laval était, avant la partie, invaincue elle aussi. L’entraîneurechef du Gris et Grenat s’est donc dite tout de même satisfaite du match : « Je crois que la chose la plus importante que les filles doivent comprendre c’est qu’elles sont capables de faire compétition aux autres équipes de la ligue », a lancé Mme Chaulk après la partie. « S’il y a une équipe qui peut surprendre cette année, c’est bien nous selon moi », a-t-elle ajouté. Le prochain match des Gee-Gees se tiendra à l’Université Concordia le 21 septembre prochain.

17 septembre 2012

une première défaite pour le Double-G
L’équipe féminine de rugby de l’université d’Ottawa a été défaite pour la première fois en saison, dimanche après-midi contre l’université Laval
léa Papineau Robichaud,
Photographe Ayant remporté leurs deux premiers matchs de la saison, les Gee-Gees espéraient pouvoir continuer sur la même lancée le 16 septembre, alors qu’elles recevaient le Rouge et Or. Malheureusement pour elles, le match s’est soldé par un score de 29 à 14 pour l’équipe adverse. Manque d’opportunité « Je pense qu’il faut apprendre à profiter des opportunités qui surviennent, ce que nous n’avons pas fait aujourd’hui », a expliqué Suzanne Chaulk, l’entraîneure-chef de l’équipe. En effet, le Double-G n’a pas beaucoup profité des chances qui lui ont été offertes en première demie, laissant l’équipe de l’Université Laval prendre les devants 12 à 0 dans le match. Il a fallu plus de dix minutes à la troupe de Suzanne Chaulk pour marquer des points. La première demie s’est conclue par un 24-10 pour le Rouge et Or. Une bonne défensive Les Gee-Gees ont ensuite disputé une deuxième demie plus à l’image des matchs joués précédemment. « Nous avons une très bonne défensive », a affirmé Mme Chaulk. « Il y a encore quelques détails à peaufiner mais, en

Photo Léa Papineau Robichaud

BasKETBall

un nouveau souffle pour le Gris et Grenat
Les Gee-Gees débuteront la saison avec très peu de vétérans
léa Crousset,
Chef de pupitre Depuis plusieurs années, l’équipe de basketball masculine de l’Université d’Ottawa se retrouve dans l’ombre de l’université à l’autre bout du canal, les Ravens de Carleton. Celle-ci a gagné huit des dix derniers championnats et ce, au détriment d’une cinquantaine d’équipes canadiennes. L’année dernière, les Ravens ont gagné en finale des Sports universitaires de l’Ontario (SUO), contre les Rams de l’Université Ryerson. Les Rams avaient éliminé les Gee-Gees des séries par un score très serré. Cependant, cette année, le vent pourrait peut-être tourner. Celui qui a été capitaine du Gris et Grenat pendant deux saisons il y a une dizaine d’années, James Derouin entame sa troisième saison derrière le banc en tant qu’entraîneur chef. Derouin mise beaucoup cette saison sur son Big Three composé de Mike L’Africain, Johny Berhanemeskel et Warren Ward. Il est d’avis que : « Ils sont trois grands joueurs ayant chacun leur spécialité, c’est ce qui rend leur coopération importante. » Ward s’est dit étonné d’être dans le trio clef du coach cette saison : « Je ne savais même pas qu’il y en avait un! Si les gens le disent, on va l’être. J’adore jouer avec Berhanemeskel et L’Africain. » Pour sa part, Berhanemeskel insiste sur le travail fourni par l’équipe dans son ensemble : « On est tous bons cette saison. On a tous le même but et je crois que tout le monde va travailler dans ce sens. » Cependant, le trio devra attendre quelque temps avant d’exploiter son plein potentiel. Ward, qui s’était blessé au genou le 6 janvier dernier, en a encore pour au moins un mois de convalescence. « Ça a été beaucoup de travail de revenir, mais je suis confiant, ça ne me dérange pas et ça ne m’effraie pas. » C’est donc un Ward sûr de lui et de ses capacités qui reviendra sur le terrain au mois d’octobre. L’équipe perdra toutefois cette année son joueur de grande taille. L’année dernière, Shamus Ferguson, du haut de ses 6’10” assurait ce rôle. Derouin ne se montre pas dérouté pour autant : « Ferguson ne jouait que 15-20 minutes par match. On a donc déjà eu à combler ce vide. Jordan Vig revient aussi cette année et il mesure quand même 6’8” » De plus, cette année, l’équipe aura plusieurs nouvelles recrues, constituant ainsi un groupe plutôt jeune. « Les cinq joueurs de départ sont tous des joueurs qui sont revenus. C’est mieux d’être une équipe jeune et d’avoir du talent, qu’être vieux et de ne pas avoir de talent », d’après Derouin. D’ailleurs, à la fin de l’année dernière, certains vétérans avaient vu leurs temps de jeux diminuer, au profit des recrues. De l’avis de l’entraineur, la tension ayant été créée par ces décisions a disparu avec le départ des joueurs s’étant senti agressés à l’époque par ce changement de stratégie. Derouin croit dans la capacité de l’équipe actuelle à créer un véritable esprit de jeu et une certaine complicité : « La majorité d’entre eux est appelée à jouer ensemble pour au moins les deux à trois prochaines années. On ressent déjà la différence avec l’année dernière. » Le prochain match hors concours aura lieu au gymnase Montpetit, le 22 septembre prochain à partir de 18h contre les Lancers du Collège Loyaliste.
Photos Ayoub Ben Sessy

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SPORTS

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La Rotonde : As-tu voté aux dernières élections? Que penses-tu de l’élection mouvementée de Pauline Marois? Simon Le Marquand : Oui, j’ai voté. J’ai été grandement surpris par la victoire de notre première Première ministre. Cependant, j’ai été encore plus surpris par le courage de l’homme qui a tenté d’arrêter le tireur. Je suis content qu’on ait pris le temps de lui rendre hommage, il le méritait. J’ai moi-même écouté une partie des funérailles à la télévision. LR : Pourquoi portes-tu le numéro 2? S. L. : Je voulais porter le numéro 7, j’ai toujours eu ce numéro dans ma vie. C’est le chiffre chanceux de ma mère. Mais quand j’ai commencé à jouer pour les Gee-Gees, le seul numéro à un seul chiffre qui restait était le 2. Et, quand tu y penses, j’ai été deuxième au Canada l’année passée pour le nombre de verges par attrapé par match, il y a quand même un lien. LR : Si tu peux pas pratiquer le football au niveau professionnel, quel métier tu te vois faire? S. L. : Sûrement la GRC. Comme patrouilleur c’est quelque chose qui pourrait vraiment m’intéresser. Sinon, dans la GRC, il y a toute sorte de branches envisageables, je ne crois pas que ce soit le choix qui manque. En fait, au départ, je voulais étudier en techniques policières, mais au CEGEP j’ai changé d’idée. Puis j’ai fini par m’inscrire en criminologie à l’Université. LR : Si tu ne jouais pas au football, quel sport pratiquerais-tu? S. L. : Quand j’étais jeune, je jouais au soccer. Par contre je n’étais pas super bon, donc j’éviterais le soccer autant que possible. J’ai aussi déjà joué à lacrosse. C’est un sport qui déjà vient plus me rejoindre. C’est un sport où il y a plus de contacts. LR : Ton professeur préféré à l’Université? S. L. : Le professeur adjoint au département de criminologie, Richard Dubé. J’aime sa façon d’enseigner : c’est clair et on sait où il va avec sa matière. Quand il explique, il s’assure qu’on comprenne facilement et il ne prend pas plein de détours pour le faire. En plus, je sais à quoi m’attendre aux examens. La preuve, je l’ai eu trois fois et à chaque fois j’ai eu la même note, une très bonne note. LR : Ta série télé favorite? S. L. : J’aime bien les shows réalité. C’est totalement ridicule et ça permet de bien rire. Comme Jersey Shore, ce n’est pas sérieux. Ils se font filmer à sortir dans les bars, à boire et t’as toujours la petite qui est saoule morte. C’est impossible de ne pas rire de ça. Il y a aussi Occupation double. J’aime bien. On doit être 6-7 gars à passer nos dimanches soirs à écouter ça dans mon sous-sol. Ma mère qui est allée en Californie a même retrouvé la maison!

17 septembre 2012

TiRs DE BaRRaGE

un fan de Jersey Shore parmi les Gee-Gees
léa Crousset,
Chef de pupitre

Le receveur étoile simon Le Marquand se livre à La Rotonde

Photo Léa Papineau Robichaud

saViEz-VOUs QUE?

Buts contestés, buts refusés : qui est le vrai champion?
Chef de pupitre

Soccer : De toute son histoire, l’équipe de soccer d’Angleterre n’a gagné qu’une seule coupe du monde, soit celle qui a eu lieu à domicile en 1966. L’Angleterre a affronté l’Allemagne pendant la ronde finale, où la coupe a manqué de peu d’échapper à l’équipe anglaise. Après une égalité en temps réglementaire, le match a continué en prolongations durant lesquelles un joueur de l’Angleterre, Geoffrey Hurst, a tiré le ballon dans la barre transversale des cages de l’équipe adverse. Les arbitres ont toutefois validé le but. Hockey : Le but le plus contesté de l’histoire de la Ligue nationale de hockey est certainement celui d’Alain Côté, en 1986, durant une série éliminatoire contre les Canadiens de Montréal. La série en question était très serrée, chaque club comptabilisant alors deux victoires. Le match était

donc décisif. Le but a été refusé suite au constat d’une obstruction du gardien de but. Certains approuvent cette décision tandis que d’autres considèrent que l’obstruction était légale. Encore aujourd’hui, la question fait débat. • Soccer : Lors de l’Euro 2012, l’Ukraine s’est vu refuser un but qui aurait grandement augmenté ses chances de sortir victorieuse face à l’Angleterre, qui ne menait alors qu’à 1-0. Le gardien anglais a dégagé le ballon suite au tir de Marko Divich, alors que le ballon aurait traversé la ligne de but. Basketball : Chris Paul des Clippers de Los Angeles s’est vu refusé un panier lorsqu’il a fait un dunk avec sa tête. Le joueur s’est frayé un chemin jusqu’au panier, où il a réussi à marquer. Le ballon a rebondi sur sa tête avant d’entrer dans le panier puis d’en ressortir par le haut avant d’y entrer de

nouveau. Même si quelques personnes auraient aimé voir ce panier être compté en double, celuici a tout simplement été annulé. • Football : Calvin Johnson dit Megatron, joueur des Lions de Détroit, s’est vu refuser un toucher lors d’un match en 2010, entraînant la défaite de Détroit. La décision est controversée puisque les officiels sont d’avis que le joueur n’a pas eu le contrôle du ballon avant le toucher. Plusieurs tournent cette décision en dérision, affirmant que, pour avoir la possession du ballon, il aurait fallu que Johnson le conserve jusqu’au lendemain matin au moment de lire son journal matinal.

léa Crousset,

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SPORTS

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17 septembre 2012

CHRONiQUE

* ÉTO ilE s D E l a sEmaiN E *

Être en forme pour soi-même
léa Crousset,
Chef de pupitre La société ne cesse de nous rappeler l’importance de rester actifs physiquement afin de rester en bonne santé. Être mince et musclé est depuis longtemps le canon de la beauté moderne, très fréquemment perçu comme la preuve d’une vie épanouie. En quête de ce corps parfait, certaines personnes dépensent d’importantes sommes d’argent en frais d’inscription, d’adhésion et d’équipement à des activités sportives, malgré leur manque de confiance dans l’adéquation de telle ou telle pratique à leur personnalité. Garder sa forme physique peut donc rapidement devenir un poids à la fois financier et moral. Alors que le sport est, pour certains, une activité contraignante mais nécessaire dans la quête d’un corps parfait, d’autres ne peuvent tout simplement pas se permettre ce type de dépenses. Les individus qui pratiquent un sport dans le but unique d’entretenir leur image ne développent pas, à mon avis, un grand attachement à l’égard de l’activité choisie. Il convient, à mon sens, de maintenir sa santé sans pour autant se rendre malheureux dans le choix d’un sport inadapté. Quant à ceux qui n’ont pas les moyens d’adhérer à un quelconque centre de remise en forme, plusieurs alternatives moins dispendieuses existent. Tout d’abord, on peut rencontrer d’autres adeptes de sport grâce à des sites internet de mise en contact. Les parcs publics sont également des lieux de rencontre pour les marcheurs, les coureurs ou les cyclistes. Il suffit de se présenter et de se joindre aux groupes déjà formés. Certaines petites actions pratiquées au quotidien permettent aussi de se maintenir en forme. Par exemple, après les repas, une courte marche aide toujours à la digestion et permet d’éliminer une partie des toxines. Enfin, certaines villes offrent de nombreuses options pour la mise et remise en forme, à faible coût voire gratuitement. Il suffit de faire quelques recherches. Outre ces petits gestes, je crois que le plus important demeure l’entraînement ou la pratique d’un sport pour son bonheur et son bénéfice personnel. Les résultats seront beaucoup plus satisfaisants si vous y croyez, si le sport vous motive. Après tout, pourquoi sculpter son corps pour une personne autre que soi-même?

Dria Bennet
La centre Dria Bennet de l’équipe de rugby s’est grandement démarquée lors du match dimanche. Même si celle-ci n’a fait aucun touché, elle a su réaliser plusieurs plaquages efficaces. Grâce à sa performance, elle a obtenu le titre de joueuse la plus utile à son équipe. Mais cela n’a pas suffi et les Gee-Gees se sont vus dominés par le Rouge et Or.

aaron Colbon
Au football, le quart-arrière vedette des Gee-Gees, Aaron Colbon, a su redonner espoir aux siens un bref moment, lors du match de samedi. Son équipe perdait 23-0, lorsqu’il a réussi un toucher, permettant au groupe de regagner en confiance. Le Gris et Grenat s’inclina malgré tout devant Mc Master.

Cynthia leblanc
La gardienne de l’équipe de soccer des Gee-Gees a su garder son sang-froid lors des tirs au but lors du match de samedi : le Gris et Grenat affrontait les Ravens de Carleton. La gardienne adverse, ayant reçu le même nombre de lancers que Leblanc, a laissé passer trois tirs, permettant ainsi à la gardienne de deuxième année d’avoir un jeu blanc.

m aTCHs D E l a sE ma iNE
21 septembre :
à l’Université de Montréal. 19h - L’équipe de rugby affrontera les Stingers à l’Université Concordia.

léa Crousset, Chef de pupitre

Heure indéterminée - L’équipe de volleyball participera à un tournoi hors-concours

19h - L’équipe de hockey féminin affrontera à domicile l’Université de Waterloo lors d’un match hors-concours. 19h - L’équipe de hockey masculin disputera un match hors-concours à l’Université Lakehead.

22 septembre :

Heure indéterminée - L’équipe de volleyball participera à un tournoi hors-concours à l’Université de Montréal. 13h – L’équipe de football jouera à domicile contre les Golden Hawks de l’Université Wilfrid Laurier. 18h – L’équipe de basketball disputera un match hors-concours contre les Lancers du Collège Loyaliste.

23 septembre :

Heure indéterminée - L’équipe de volleyball participera à un tournoi hors-concours à l’Université de Montréal. 13h – L’équipe de soccer féminin de l’Université d’Ottawa ira affronter l’Excalibur de l’Université de Trent. 14h – L’équipe de hockey masculin affrontera l’Université Western lors d’un match hors-concours au Complexe sportif.

La Rotonde souhaite remercier les contributeurs de la semaine :
- Laura Kassar - Simon Deneau - Duckakis Désinat - Vân Leduc - Catherine Dib - Julien Paquette - Katia Gagnon - Brandon Clim - Catherine Gauthier - Isabelle Beauregard - Alexandra Ouimet

Merci de la part
de l’équipe de

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OPINIONs
« L’évaluation des étudiants à l’université d’Ottawa est complètement bancale. Il encourage à la surévaluation, à la négociation geignarde, à la course aux résultats et non pas aux connaissances. »
Je ne parle pas en parfaite connaissance de cause. Je ne suis ni professeure, ni directrice d’un quelconque département, encore moins doyenne d’une faculté. Je ne participe pas à l’élaboration des règles d’évaluation des étudiants. Et, en plus, je suis Française de France : qui suis-je pour dire que le système de notation de l’Université d’Ottawa ne vaut rien ? Je suis assistante d’enseignement. Je corrige les copies, je note les étudiants. Et j’ai moi-même été notée dans le cadre de mes cours de maîtrise et de doctorat. Il me semble donc avoir un semblant de légitimité dans ce dossier pour pouvoir m’exprimer. Et étant, je le répète, Française de France, j’ai eu la chance d’être confrontée à deux systèmes : je peux donc les comparer. Je ne vais pas y aller par quatre chemins et sans doute emprunter de gros raccourcis, traçant à grands traits, donc peu nuancés, mon impression : l’évaluation des étudiants à l’Université d’Ottawa est complètement bancale. Il encourage à la surévaluation, à la négociation geignarde, à la course aux résultats et non pas aux connaissances. Dans les niveaux non gradués, l’évaluation tue la réflexion, l’argumentation et encourage le par cœur, l’ânonnement, les réponses automatiques. - Je me souviens d’un cours dans lequel le/la professeur-e faisait les mêmes présentations et soumettait le même examen depuis trois ans. - Je me souviens d’un cours pour lequel j’étais assistante et où le/la professeur-e m’avait très clairement demandé de m’assurer que 60% des étudiants aient une note finale d’au moins B. - Je me souviens d’un cours pour lequel j’étais assistante et où le/la professeur-e m’avait fortement suggéré de monter sans trop discuter la note des étudiants venus exprimer leur insatisfaction (oui, car les étudiants expriment plus souvent leur insatisfaction que leur incompréhension : ils ne cherchent pas à comprendre leur note, mais seulement à l’augmenter). - Je me souviens d’un cours où j’avais refusé de monter la note d’un-e étudiant-e après avoir fait recorriger sa copie par un autre assistant. L’étudiante était directement allé-e voir le/la professeur-e qui, de guerre lasse, lui avait donné des points supplémentaires. - Je me souviens d’un cours où le/la professeur-e avait augmenté toutes les copies d’un examen de deux points, considérant que les notes étaient trop basses, alors que son cours et ses examens étaient les mêmes depuis des années et que les correctrices avaient travaillé dans la même Il m’est arrivé de ne pas oser tenir tête aux étudiants. Ou alors guère longtemps. Je discutais un peu avec eux, tentais de leur expliquer leurs erreurs et de les aider à progresser, mais je sentais que mon blabla ne leur importait que si, à la clé, se trouvait une augmentation de leur note. Et je l’augmentais, en général, parce que je savais que le/la professeur-e ne voulait pas de problèmes et que les étudiants avaient payé une somme folle pour s’offrir ce cours, certains occupant un voire deux emplois en

17 septembre 2012

Notre système de notation est-il à mettre à la poubelle ?
Caroline Ramirez, secrétaire de rédaction. L’auteure occupe un poste d’assistanat à l’U d’O et poursuit un doctorat en géographie.
Car le problème est là, au fond. On le sait déjà, depuis longtemps. Mais on se trouve des excuses, on se voile la face. Les étudiants sont devenus des clients, tout particulièrement en Ontario où les frais de scolarité universitaires sont les plus élevés au Canada. Et il faut satisfaire ces clients, il faut leur donner ce pour quoi ils ont payé. Nos clients ont un droit de regard sur nos services en tant qu’assistants et professeurs, droit qui peut facilement se transformer en ingérence. En France, les professeurs du système universitaire public n’auront aucun scrupule à vous mettre une note entre 0/20 et 9/20 si votre travail est mauvais. Vous payez votre année scolaire 200 euros, la cafétéria offre des repas complets à moins de trois euros, le gouvernement vous verse des APL (Aide Pour le Logement) si vous n’avez pas beaucoup de ressources, et le CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires) vous propose des chambres, certes un peu pourries, mais pour un prix défiant toute concurrence. En France, « être boursier » signifie que ni vous ni vos parents ne gagnez beaucoup d’argent et que l’État vous aide en conséquence. Dans les universités publiques, il existe quelques bourses au mérite, mais elles sont rares et peu élevées. Au Canada, en tout cas à Ottawa d’après ce que j’ai pu constater, les chambres en résidence coûtent relativement cher, « être boursier » signifie que vous avez de bons résultats et quelques bonnes références, quand ces dernières sont nécessaires. Et les bourses amènent les bourses, ce qui est totalement injuste. Vous avez le temps d’étudier parce que vos parents vous aident financièrement et que vous n’avez pas à travailler dans un bar, un restaurant ou un bureau en dehors de vos études, vous avez donc de bons résultats et on vous offre une bourse, alors que vous êtes peut-être l’un des derniers à en avoir besoin. Vous travaillez pour payer vos études, vous avez même pris un deuxième emploi de nuit pour rembourser vos emprunts, vous habitez à Gatineau pour payer un loyer moins élevé, vous parquez votre voiture dans la Côte-de-Sable et faites des allersretours toutes les trois heures pour la déplacer et ne pas avoir à payer un ticket, vous êtes un peu fatigués pendant les cours mais vous vous accrochez, obtenant quelques B+, beaucoup de B, parfois un A-, mais ce n’est pas suffisant pour obtenir une bourse, alors que vous êtes peut-être l’un des premiers à en avoir besoin.

Illustration Simon Lalonde Boisvert

logique que les sessions précédentes. - Je me souviens d’un-e étudiante qui m’avait dit : « Mais pourquoi tu veux faire de la pédagogie ? Les autres assistants veulent juste qu’on les laisse tranquilles, ils n’ont pas le temps. Moi, tant qu’on me donne mes points, je suis content-e ».

parallèle pour payer leurs études. Dans ces conditions, je me sentais plus proche d’une Cheating Assistant que d’une Teaching Assistant. Qui étais-je pour les mettre en échec, pour les obliger à prendre à nouveau ce cours, à souscrire à un nouveau prêt, à louer un appartement un peu moins cher et un peu plus glauque ?

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OPINIONs
Élections québécoises
Brandon Clim,
Étudiant en sciences politiques En tant qu’étudiant en sciences politiques, j’ai suivi les élections québécoises avec beaucoup d’intérêt. Et, en tant que Franco-Ontarien, je me retrouve dans une position assez singulière lorsqu’il est question du débat linguistique francophone-anglophone. Mon père est anglophone et ne parle pas le français, tandis que ma mère est issue d’une famille francophone. Plusieurs de mes amis vivent au Québec et la plupart d’entre eux ont une opinion bien arrêtée concernant un autre débat central : celui entourant les enjeux fédéralistes-souverainistes. Le 4 septembre dernier, la population québécoise a élu un gouvernement minoritaire du Parti québécois (PQ 54, PLQ 50, CAQ 19 et QS 2). Du même coup, et je tiens à le souligner ici, la chef du PQ, Pauline Marois, est devenue la première femme Première ministre de l’histoire du Québec, après plusieurs épisodes de turbulence interne durant les derniers douze mois. Lors du déclenchement des élections, le conflit étudiant, qui durait depuis le mois de février, devait être un des principaux enjeux de la campagne électorale. Voilà ce qu’était, selon Jean Charest, la raison d’être de cette élection : la loi et l’ordre contre la violence, contre l’intimidation et contre « la rue ». La souveraineté s’est également retrouvée au cœur des débats, même si les plus récents sondages semblaient démontrer que seulement 40 % des Québécois appuyaient l’indépendance de la Belle Province. Ayant accordé un faible mandat au PQ, est-ce que la population québécoise a, du même coup, voté pour un troisième référendum sur la souveraineté? Selon moi, la réponse ne pourrait être plus claire : non! Avec un gouvernement minoritaire, le PQ doit avoir l’appui d’au moins un des deux partis de l’opposition, soi le PLQ ou la CAQ, afin de faire adopter un projet de loi à l’Assemblée nationale. Pauline Marois devra mettre de l’eau dans son vin et dans celui de ses 53 autres députés si le PQ a espoir de rester au pouvoir pour un certain temps. Cela veut dire que le fameux « projet de pays » devra être retardé même si les souverainistes « purs et durs » veulent aller de l’avant avec celui-ci aussitôt que possible. Les Québécois et les Québécoises ont envoyé un message clair à leurs élus: ils veulent le changement mais la question de la souveraineté n’est pas une priorité! Ils préfèrent voir une amélioration de la gouvernance, des gestes concrets qui répondent aux problèmes de corruption et de collusion au Québec et une meilleure gestion des fonds publics et de l’appareil étatique. C’est par nécessité que Mme Marois et ses collègues vont devoir tenter de gouverner par consensus. Ce n’est plus le moment de se laisser aller à une rhétorique partisane. D’autre part, la démission de Jean Charest comme chef du PLQ, après sa première défaite électorale en 28 ans, force le parti à lancer une course à la chefferie. Jusqu’au moment où un nouveau chef permanent sera en place, le PLQ ne voudra certainement pas se lancer en campagne électorale. Et jusqu’aux prochaines élections, la souveraineté sera mise de côté.

17 septembre 2012

Pensez librement
Catherine Gauthier,
membre de l’exécutif du club des conservateurs de l’Université d’Ottawa Est-ce que vous avez déjà eu le sentiment que notre campus favorisait seulement les opinions de gauche? Vous semble-t-il également que les professeurs favorisent ces idéaux? Même si le campus est supposé être un espace démocratique permettant la représentation des différents partis politiques, plusieurs faits laissent croire à une prise de position implicite pour certains en particulier. Pour mentionner un parmi de nombreux exemples, la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO), qui est supposée représenter le corps de la population universitaire, a utilisé, à plus d’une occasion, les dons des étudiants pour organiser des événements d’orientation libérales tels que les manifestations du G20 ou en support aux manifestations étudiantes au Québec. On a tous le droit à nos opinions, qu’elles soient libérales ou conservatrices, mais il est évident que les étudiants sur ce campus n’ont pas la chance de voir l’autre côté de la médaille. Tandis que notre association étudiante prouve de jour en jour qu’elle n’est pas tolérante à l’égard des opinions différentes, on peut aussi mentionner qu’il est difficile de trouver un professeur avec des orientations conservatrices. Je parle d’expérience : les professeurs tentent toujours de faire valoir leur propre agenda libéral, et on trouve ceci dans de nombreuses facultés, entre autres dans le département de sciences politiques. Quoiqu’il en soit, il est temps de penser librement! Il existe des clubs favorisant des opinions de gauche, mais notre club de conservateurs fait la promotion des valeurs universelles telles que la liberté, l’État de Droit, la démocratie, ainsi que l’importance d’un rôle limité pour les gouvernements dans la vie des Canadiens. Nous offrons un milieu où le débat est encouragé et où nous pouvons finalement exprimer nos opinions sans avoir à se faire huer. Cette année, il est temps de ne pas se laisser intimider par les associations où interviennent des étudiants qui ne respectent pas l’autre côté des opinions politiques. Il faut agir. Il est temps que les étudiants forment leurs opinions non seulement sur ce que les associations ou les professeurs disent, mais sur les faits. Prenez-la parole: défiez la sagesse conventionnelle de la gauche sur le campus et entendez l’autre côté des grandes questions politiques. Autrement dit, pensez librement.

Les Publications La Rotonde Inc. sont une organisation à but non lucratif gérée par un conseil d’administration (CA) de membres votants. Vous trouverez en ligne les ordres du jour et les procès-verbaux des réunions du CA, des assemblées des membres ainsi que les Statuts et Règlements en vigueur qui régissent l’administration du journal. Pour communiquer avec les membres du conseil exécutif, veuillez vous référer aux adresses ci-dessous. Vacant - Président - president@larotonde.ca Vacant - Trésorier - tresoriere@larotonde.ca Marie-Hélène Haché - Secrétaire - secretaire@larotonde.ca Membres votants : Eric Barette - Catherine Dib - Ducakis Desinat - Anaïs Elboujdaïni - Maxime Goulet-Delorme Marie-Hélène Hâché - Réjean Léger - Anis Maaloul - Julien Paquette - Hamdi Souissi

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L

PROcRAsTINATION
OVila CasTONGUay
Du moins en rêve. Tu n’étais qu’un ange rien d’autre qu’un ange aux joues rouges de jeûne les yeux clos je m’émeus de toi que je vois dans leurs bras à eux.

17 septembre 2012

POÈmE Rouge rêve
Galamment guidé j’abandonne la joute pour céder à la docilité de mon admiration sur le pourtour de tes yeux mille étoiles s’effilochent et ton maquillage qui coule et qui brille et s’endort sur tes joues à côté de moi car depuis plusieurs jours, je couche sur tes lèvres

CaRiCaTURE
Par Katia Gagnon

l’U d’O est-elle dans le top Puzzle Set #C5538 Level: Challenging 10 des universités aux frais de scolarité les plus élevés en Ontario?

PrintFreeSudokuPuzzles.com D’après vous, M. Allan Rock,
D édié à Juliana

sUDOKU

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Je ne sais pas, mais, en tout cas, moi je suis dans le top 10 des Ottaviens les mieux payés.

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