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GRÈCE

Moins d’une heure d’initiation, et nous voilà prêts à nous lancer à la découverte du monde du silence sous l’œil averti de Giorgos.

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Des rêves de grand bleu
Alonissos, en mer Égée, regorge de trésors. Qu’il faut parfois chercher sous l’eau. Initiation à la plongée dans les eaux d’un des plus grands parcs marins d’Europe, où survit le phoque moine.

hauts­fonds vire dans toutes les nuances du turquoise, doivent se tenir à 3 miles de distance au moins.

Tu verras des dauphins
«Le parc est très étendu, le gros problème, c’est de pa­ trouiller.Nous avons deux gardes et deux bateaux mais cela exige beaucoup d’argent.Parfois, faute d’essence, les ba­ teaux doivent rester à quai », précise Grégory. Les rela­ tions avec les pêcheurs, méfiants lors de la création du parc, se sont néanmoins améliorées. «Ils nous avertis­ sent quand ils constatent des comportements illégaux.le problème, ce sont les pêcheurs des autres îles. » Nous ne verrons pas de phoque moine. Par contre, spectacle magique, un groupe de dauphins vient, un moment, chatouiller la proue du Planetis, le très beau voilier ancien qui nous mène sur le pourtour de l’île (45 €/jour par personne, repas compris). Il existe qua­ tre espèces de dauphins en Méditerranée.Celle­ci est, aussi, très menacée. «Il y a moyen de les côtoyer quand on sort en plongée », promet Giorgos, le moniteur qui, avec humour, me surnomme déjà Cousteau.Il me juge assez doué pour m’encourager dans ce sport. «La prochaine fois, je t’emmène au large et, je t’assure, on verra les dauphins. » Mais pour cette première initiation au monde du si­ lence, il faut se la jouer modeste.Une courte séance de familiarisation, à terre, a permis au groupe de se fami­ liariser avec l’utilisation des bouteilles et du matériel de plongée.Et aussi d’assimiler quelques signes qui permettent aux plongeurs de communiquer sous l’eau.Je m’y sens rapidement à l’aise, mais à ce stade il faut se contenter de descendre à six mètres, pas plus, de faire attention aux oursins qui garnissent les ro­ chers et d’admirer quelques bancs de poissons. Pas fa­ rouches, ils déambulent sans frayeur entre algues et rochers. Je me laisse captiver par le spectacle.Et repar­ tirai d’Alonissos avec des rêves de grand bleu plein la tête. Roberto, mes palmes ! ■ >www.alonissos­park.gr >www.ikiondiving.gr

Jean-Christophe HERMINAIRE

C’
DEUZIO - LJ ◆ Samedi 18 août 2012

est l’instant de se jeter à l’eau. Sous l’eau, plus exactement.Première expérience sous­ma­ rine dans la mer Égée, sur l’île d’Alonissos. Giorgos, le responsable du très familial club de plongée Ikion, guide mes premières brasses d’hom­ me­grenouille. L’eau est magnifique, turquoise, trans­ parente.Alonissos fait partie du parc national marin le plus ancien de Grèce. Un des plus grands d’Europe : 22 000 km2 . Créé en 1992, le parc est entièrement fi­

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nancé par un programme de l’Union européenne. Un budget de 3 millions d’euros sur 5 ans.«La crise finan­ cière à laquelle fait face le gouvernement ne compromet donc pas les programmes de préservation des espèces menés ici », m’explique Grégory Karamitros, le coordinateur pour la gestion du parc qui nous accompagne pour cette journée de plongée. La fierté du parc national d’Alonissos, c’est la sauve­ garde du phoque moine, espèce quasi disparue en Mé­ diterranée.Le site en compte une soixantaine d’indivi­ dus et enregistre une dizaine de naissances chaque année.L’animal est farouche, mysté­ rieux. L’observation de la colonie est me­ née en coopération avec les biologistes du MOM. La plupart des îles de l’archipel qui com­ posent le parc marin sont inhabitées et quelques­unes inter­ dites d’approche.Les grottes y sont lé­ gion.C’est là que l’animal se repro­ duit.Les bateaux, nombreux à mouiller dans les cri­ ques où l’eau des

Ici & ailleurs

ÉdA J.-Ch. H.

Carnet de voyage
Y ALLER Deux vols Ryanair, le mardi et le samedi, conduisent à l’aéroport de Volos au départ de Charleroi.Dans le port de Volos, en mer Égée, il faut ensuite prendre un bateau, le Flyingcat, navette­rapide qui vous mène vers les îles habitées des Sporades : Skiathos, Skopelos et, au bout de trois heures, Alonissos. Prix : 25 € l’aller simple en 1er classe, 18 € en seconde. OU LOGER L’île d’Alonissos ne possède que deux hôtels quatre étoiles, dont le Alonnisos Beach, confortable et sympa avec ses bungalows séparés, sa piscine et sa mini­ plage privée. Il y en a peu sur l’île. VISITER À Volos, on est entre mer et montagne.Ça vaut la peine de visiter les vieux villages nichés sur les hauteurs du mont Pélion, la montagne des centaures où l’on skie l’hiver. Très touristique, le village typique de Makrinitsa est garni de boutiques vendant les glyko, bocaux de fruits confits que l’on mange à la cuillère. Un festival de couleurs. Ancienne forteresse protégeant l’île des pirates, la vieille ville d’Alonissos, restaurée après avoir été détruite par un tremblement de terre, mérite également que l’on prenne le temps de s’y balader, entre maisons anciennes et boutiques de souvenirs. MANGER Typique et immanquable : le tsipouro. Le cérémonial veut que chaque commande de cet alcool local de marc de raisin (anisé, mais à ne pas confondre avec l’ouzo) soit servie avec un petit plat typique différent. Soirée mezze où, pour manger, il faut d’abord songer à boire. Les bonnes adresses à Volos (l’Iolcos) ou à Alonissos ont leurs propres spécialités délicieuses.

Les Argonautes à l’entraînement
Dans la mythologie grecque, les Argonautes partirent de Iolchos, l’actuelle Volos, avec Jason à bord du navire Argo pour retrouver la Toison d’or. Dans le port de Volos, on peut voir le navire, recons­ truit en 2007 avec les tech­ niques anciennes, en vue de refaire le périple jusqu’aux côtes de l’Albanie. 600 km, 12 heures de rames par jour. La tradition rapporte que l’équipage était composé de 50 hommes et d’une femme en plus de Jason. C’est tou­ jours le cas. À l’occasion, ils embarquent pour s’entraîner.

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DEUZIO - LJ ◆ Samedi 18 août 2012

Pas toujours facile d’emmener les enfants visiter un musée. Mais parlez­leur de pirates, et là les visages s’animent aussi sûr que le drapeau noir à tête de mort flotte au vent. Kostas Mavrikis était encore gamin quand il a commencé à collecter des objets se rapportant à cette période trouble où les bandits infestaient les eaux environnantes. Quand ils ne pillaient pas, ils débarquaient régulièrement sur l’île d’Alonissos pour échanger avec ses habitants de la nourriture contre toutes sortes d’objets, fruits

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Au musée, les trésors des pirates
de leurs rapines. Beaucoup de familles les ont conservés.Kostas les a rachetés et, aujourd’hui, il est à la tête d’un impressionnant musée privé, tenu avec l’aide de bénévoles hollandais. À l’étage d’une grande bâtisse en pierre qui offre une belle vue sur le port, deux salles abritent un véritable trésor de fusils, de poignards, de boulets de canon mais aussi de cartes marines, vaisselles, bijoux d’époque. Un tas d’objets et d’outils anciens lui ont aussi permis d’aménager, au sous­sol, des vitrines dédiées à la vie rurale de l’île.Et comme Kostas est fan de photo, il expose, outre les œuvres d’artistes locaux, une belle collection d’anciens appareils.Dans ses projets, il voudrait encore ouvrir une section archéologique mais le domaine des fouilles est sensible. Kostas attend depuis 12 ans la permission de l’État.Qui a, pour le moment, d’autres chats à fouetter. J.-C.H. > www.alonissosmuseum.com, entrée 4 €.

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