MÉLODIES ET AIRS D’OPÉRAS

FAURÉ, LULLY, DONIZETTI, PUCCINI, VERDI
Direction musicale et piano : Franck Chastrusse-Colombier Solistes : Violetta Kolomoyets, Jean-Pierre Cadignan

DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2012 - 16H
SALLE MÈRE MARIE PIA - QUINCY-SOUS-SÉNART

Le mot du directeur
Le récital Hors-les-murs de l’Opéra de Massy revient cette saison dans le Val d’Yerres et je suis heureux de le présenter cette fois-ci à Quincy-sousSénart. Par sa situation géographique et son exigence artistique, l’Opéra de Massy, que je dirige depuis bientôt 20 ans, est un lieu où les Essonniens ont accès à une offre exceptionnelle, unique sur leur territoire, en matière de programmation lyrique. Afin d’entretenir l’ouverture des arts vivants à tous les publics, l’Opéra de Massy propose diverses actions de sensibilisation à l’art lyrique et plus généralement au spectacle. Le récital Hors-les-murs participe au maintien de cette ouverture au plus grand nombre. Aussi, nos artistes ont-ils été amenés à se produire auprès de détenus, de personnes hospitalisées ou en situation de handicap, de retraités séjournant en maison spécialisées... Je remercie Monsieur Daniel Besse, maire de Quincy-sous-Sénart, et Monsieur Jacques Lacœuilhe, adjoint au maire en charge des affaires culturelles, de l’information et de la communication, de recevoir ce récital à l’occasion d’un événement culturel européen incontournable : les Journées Européennes du Patrimoine 2012. Je remercie également le Conseil Général de l’Essonne qui soutient toutes nos actions culturelles depuis l’ouverture de l’Opéra de Massy. Permettez-moi ce soir de vous inviter à la rêverie et à découvrir ou redécouvrir quelques grands airs du répertoire lyrique. Jack-Henri Soumère Directeur général de la Société des Théâtres du Val d’Yerres

Le mot du maire
C'est avec grand plaisir que nous ouvrons la saison culturelle quincéenne avec les artistes de l'Opéra de Massy qui nous séduisent déjà depuis deux saisons dans le cadre de la programmation culturelle du Val d'Yerres. Mais c'est la première fois que nous avons le privilège de les recevoir "hors les murs" et nous nous réjouissons d'autant plus de ce partenariat conclu entre notre service culturel et l'Opéra de Massy. Nous souhaitons qu'il perdure dans les années à venir. Bonne écoute à tous. Daniel Besse Maire de Quincy-sous-Sénart

PROGRAMME
PREMIÈRE PARTIE

Gabriel Fauré
" Après un rêve " " Les berceaux " " Au bord de l’eau " " Mai " " Les roses d’Ispahan "
Jean-Baptiste Lully Camus et Hermione - " Belle Hermione " acte IV scène 1 DEUXIÈME PARTIE

Giuseppe Verdi
La Traviata Duo Violetta et Germont " Addio del passato "

Giacomo Puccini
Edgar - " Questo amor " Gianni Schicchi - " Oh mio babbino caro "

Gaetano Donizetti
L’Élixir d’amour " Come paride vezzoso " " Quanto amor " - Duo Adina et Dulcamara

L’ÉQUIPE ARTISTIQUE
FRANCK CHASTRUSSE-COLOMBIER DI R E C T I O N
MUSICALE

Après avoir obtenu son diplôme supérieur de direction d’orchestre à l’Ecole Normale de Musique de Paris, Franck Chastrusse Colombier se perfectionne auprès des Maestri, Gelmetti (à l’accademia Chigiana) et Eschenbach (au Curtis Institute de Philadelphie). Il débute sa carrière en Italie à l’âge de 22 ans, en dirigeant Rigoletto au teatro Mancinelli di Orvieto. Obtenant un vif succès, il est réinvité pour le Bal Masqué, Cosi fan’tutte et le Barbier de Séville (production retransmise par la TV italienne). En France, il est nommé chef assistant à l’Opéra de Massy (2002), puis devient ensuite assistant d’Alain GUINGAL à l’Opéra d’Avignon ainsi qu’avec l’Orchestre National d’Île-de-France. En 2005, il rencontre Georges Prêtre qui l’invite à le suivre lors de ses répétitions avec l’Orchestre National de France au Théâtre des Champs-Élysées, au Teatro la Fenice, et à l’Opéra de Paris pour le concert du nouvel an. En octobre 2006, il obtient le deuxième prix au concours de la Communauté Européenne pour jeunes chefs d’opéra. En 2007, il débute au Théâtre National de Dublin avec les musiciens de l’orchestre National d’Irlande (concert retransmis par la Radio Nationale d’Irlande). La même année, il est nommé directeur musical de l’Association Symphonique de Paris (ce qui fait de lui le plus jeune directeur musical de l’histoire de cette institution fondée en 1923). En 2008, Franck Chastrusse Colombier fait ses débuts avec l’Ensemble Orchestral de Paris. En 2009, il dirige Cendrillon de Massenet à l’Opéra de Massy. En Italie, il poursuit une carrière de chef invité qui l’amène notamment à diriger La Traviata pour l’inauguration du Théâtre Garibaldi à Florence (mise en scène par Rolando Panerai) puis Rigoletto au Théâtre de Grosseto (2011). En octobre 2011, il participe à la première édition du BUS OPÉRA à Massy. Il dirige les solistes de l’Association Symphonique de Paris, Claire Servian, Yelena Kolomoyets, Vincent Morell et les jeunes des Conservatoires de Massy et de Bourg-la-Reine. Au printemps 2012, il participe au projet « CARMEN AU COLLÈGE » avec des élèves du collège Albert Camus de Brunoy (projet initié par la ville) en temps que directeur musical. Il a notamment guidé les jeunes dans leur découverte de la pratique du chant lyrique.

VIOLETTA KOLOMOYETS S O P R A NO
Originaire d’Ukraine, Violetta Kolomoyets obtient son diplôme de Conservatoire de musique P.I. Tchekovskogo en Russie, spécialité chant d’opéra, chez Kim Nina Ivanovn en 2007. Après plusieures expériences musicales telles que celle de chef de chœur dans une église au Kazakhstan et celle de chanteuse pour des événements en Russie, elle intègre, en 2007, l’École Normale de Musique de Paris – Spécialité chant d’Opéra chez Carolina Duma. En 2010, elle obtient son diplôme spécialité chant au Conservatoire municipal de Paris, chez Sonia Nigoghossian. Elle est également finaliste au 24e Concours national de chant lyrique de Bézier. Yelena Kolomoyets effectue deux tournées de spectacles en Italie – Théâtre Mancinelli en 20092010. Ces multiples expériences lui ont permit d’atteindre un certain niveau et en 2010, elle est reçue, mention très bien, à l’Examen de l’Union Professionnel des Maîtres du Chant français. En 2011, elle rejoint le Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris dans la spécialité organologie. La même année, elle est retenue pour le rôle de Rosalinde dans Chauve Souris de Strauss au Théâtre du Châtelet. En octobre 2011, elle interprète Micaela lors de la première édition du BUS OPÉRA à Massy. Au printemps 2012, elle participe au projet « CARMEN AU COLLÈGE » avec des élèves du collège Albert Camus de Brunoy dans le rôle de Micaëla. En août dernier, elle remporte le concours international de chant « Spazio Musica » en Italie.

JEAN-PIERRE CADIGNAN B A R Y TO N
Originaire de la Martinique, Jean-Pierre CADIGNAN y fait ses études générales et musicales. Il étudie le violon et intègre ensuite l’Orchestre Universitaire de Bordeaux, il y restera deux saisons. Tardivement arrivé au chant, il est titulaire du diplôme de chant et d’art lyrique, obtenu dans la classe de Christiane EDA-PIERRE à la Schola Cantorum de Paris en 1998. Puis de masterclasses en académies se perfectionne en mélodies françaises, en se formant auprès de Robert MASSARD et François LEROUX. Il est lauréat de divers concours : Concours International de Marmande, Concours International de Mélodies de Paris (Prix Gabriel Fauré), Concours International des Maîtres du chant français, Prix Edward James Marshall 1998, Concours Internat d’oratorio et mélodies de Clermont-Ferrand. Il a fait ses débuts à la scène avec La Compagnie du tabouret dans L'esprit de la fôret (rôle du vent), il a été Crown (Porgy & Bess de Gershwin) sous la direction d’Alexandre STAJIC - l’interprète du Chevalier de Saint-George avec les Archets de Paris - Ben (Téléphone de Menotti) – Escamillo (Carmen) - Nœ (l’Arche de Nœ de Britten) et a participé à l’ultime création mondiale de Marius Constant (Des Saisons en Enfer), donnée à l’Opéra de Monte-Carlo. Il participe aux productions de l'Opéra de Rouen depuis 1999. En concert, il interprètre les Mélodies de Berlioz et Fauré (salle Gaveau-2006), Les chants du compagnon errant de G.Mahler (à Bernay en 2009), il est sollicité par des orchestres parisiens pour des Cantates de Bach, Messes de Haydn, Mozart, Schubert, Puccini, Les Requiems de Mozart, Gounod, Fauré, Duruflé, et Oratorio (Haendel, Mendelssohn). En mars et avril 2010, il campe le rôle de Luddud dans Treemonisha, un opéra de Scott Joplin, donné au Théâtre du Châtelet. Jean-Pierre CADIGNAN se produit en récital de mélodies françaises et de « negro spirituals », avec Nicolas FEHRENBACH, Jan STUMKE, Maguelone PARIGOT et Efrem GARCIA (pianistes). Il a également créé l'Ensemble Thalie (quatuor à cordes), qui l'accompagne désormais dans deux styles différents : programme sacré, allant du baroque aux spirituals et programme profane allant du classique au XXe siècle.

Gabriel Fauré
GABRIEL FAURÉ (1845-1924) : compositeur et musicien français
En octobre 1854, après avoir obtenu une bourse, Fauré entre à l’École de musique classique et religieuse de Paris. En plus des études générales, il suit les cours d’orgues, d’harmonie, de contrepoint, de fugue, de piano de plain-chant et de composition. Le 25 février 1871, Fauré participe à la création de la Société Nationale de Musique (avec Camille Saint-Saëns, entre autre). Après la Commune de Paris, il tient l’orgue du chœur de l’église SaintSulpice. Saint-Saëns l’introduit dans le salon de Pauline Viardot où il rencontre les fondateurs de la Société Nationale de Musique, George Sand ou Flaubert. Le 22 novembre 1874, il est élu secrétaire de la Société Nationale de Musique. En 1885, l’Institut lui décerne le prix Chartier pour sa musique de chambre. En juin 1893, il est nommé inspecteur des conservatoires nationaux en province. En 1896, il succède à Théodore Dubois au grand orgue de la Madeleine, puis à Massenet à la classe de composition du Conservatoire de Musique. En 1898, il compose une musique de scène pour la version anglaise de Pelléas et Mélisande de Maeterlink. De 1903 à 1921, Fauré est critique au Figaro. En 1905, il succède à Théodore Dubois à la direction du Conservatoire de Musique de Paris. La première de Pénélope à Monte-Carlo en 1913 est un triomphe mais à la veille de la première guerre mondiale, la reprise du spectacle est interrompue. Un hommage national est rendu au compositeur à la Sorbonne en 1922. Atteint d’une pneumonie, Fauré s’éteint à Paris alors qu’il achève son Quatuor à cordes.

" Après un rêve "
TEXTE
DE

ROMAIN BUSSINE (1830-1899)

Dans un sommeil que charmait ton image je rêvais le bonheur, ardent mirage, tes yeux étaient plus doux, ta voix pure et sonore, tu rayonnais comme un ciel éclairé par l'aurore ; Tu m'appelais et je quittais la terre pour m'enfuir avec toi vers la lumière, les cieux pour nous entr'ouvraient leurs nues, Splendeurs inconnues, lueurs divines entrevues. Hélas ! Hélas, triste réveil des songes, Je t'appelle, ô nuit, rends-moi tes mensonges ; Reviens, reviens, radieuse, Reviens, ô nuit mystérieuse !

" Les berceaux "
POÈME
DE

SULLY-PRUDHOMME, 1879
Et que les hommes curieux Tentent les horizons qui leurrent! Et ce jour-là les grands vaisseaux, Fuyant le port qui diminue, Sentent leur masse retenue Par l’âme des lointains berceaux.

Le long du Quai, les grands vaisseaux, Que la houle incline en silence, Ne prennent pas garde aux berceaux, Que la main des femmes balance. Mais viendra le jour des adieux, Car il faut que les femmes pleurent,

" Au bord de l’eau "
POÈME
DE

SULLY-PRUDHOMME, 1875
Mais n'apportant de passion profonde Qu'à s'adorer, Sans nul souci des querelles du monde Les ignorer ; Et seuls tous deux devant tout ce qui lasse Sans se lasser, Sentir l'amour devant tout ce qui passe Ne point passer!

S'asseoir tous deux au bord du flot qui passe, Le voir passer, Tous deux s'il glisse un nuage en l'espace, Le voir glisser, À l'horizon s'il fume un toit de chaume, Le voir fumer, Aux alentours si quelque fleur embaume, S'en embaumer, Entendre au pied du saule où l'eau murmure L'eau murmurer, Ne pas sentir tant que ce rêve dure Le temps durer.

" Mai"
VICTOR HUGO
DANS

LES CHANTS DU CRÉPUSCULE, 1835
Viens ! et que le regard des pudiques étoiles Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles, Que l'arbre pénétré de parfums et de chants, Que le souffle embrasé de midi dans les champs, Et l'ombre et le soleil et l'onde et la verdure, Et le rayonnement de toute la nature Fassent épanouir, comme une double fleur, La beauté sur ton front et l'amour dans ton cœur!

Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame, Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme La campagne, les bois, les ombrages charmants, Les larges clairs de lune au bord des flots dormants, Le sentier qui finit où le chemin commence, Et l'air et le printemps et l'horizon immense, L'horizon que ce monde attache humble et joyeux Comme une lèvre au bas de la robe des cieux !

" Les roses d’Isphahan "
VICTOR HUGO
DANS

LES CHANTS DU CRÉPUSCULE, 1835
O Leïlah ! depuis que de leur vol léger Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce, Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger, Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse. L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse, Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ; L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce, L'aube ne dore plus le ciel pur et léger. Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger, Revienne vers mon cœur d'une aile prompte et douce, Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger, Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse, Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, O blanche Leïlah ! que ton souffle léger. Ta lèvre est de corail, et ton rire léger Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce, Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger, Mieux quel'oiseau qui chante au bord du nid de mousse. Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse, La brise qui se joue autour de l'oranger Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

Cadmus et Hermione Opéra Comique - 2008 Mise en scène par Benjamin Lazar

Jean-Basptiste Lully
JEAN-BAPTISTE LULLY (1632 - 1687) : compositeur et musicien français d’origine italienne
Remarqué vers 1645 par Roger de Lorraine, duc de Guise, il est placé en 1646 comme garçon de chambre chez Mademoiselle de Montpensier (nièce du duc et cousine de Louis XIV), à la cour. Lully entre en 1653 au service de Louis XIV comme violoniste et danseur. L'année suivante, il est nommé compositeur de la musique instrumentale du roi. En 1661, à la mort de Mazarin, il est naturalisé et nommé Surintendant et compositeur de la Chambre du roi. Dès 1664, il débute une série de 13 comédies-ballets avec Molière. Leur collaboration, parfois houleuse sur les questions de la mise en musique de la langue française s'achève en 1671. Vers 1670, il crée les « les Petits Violons » qu'il dirige personnellement. Quand Cambert et Perrin échouent dans le projet de créer un théâtre d'opéra à Paris, Lully reprend en 1672 le privilège (l'Académie royale de musique) du roi qui lui assure le monopole de la création lyrique du royaume. Il crée un nouveau style d'opéra inspiré par les divertissements de cour et le théâtre classique français, qui prend forme au rythme d'une œuvre lyrique par an. Sa première tragédie lyrique Cadmus et Hermione, est créée le 27 avril 1673, sur un livret de Philippe Quinault (1635-1388) qui devient son librettiste fétiche. En 1681, il est secrétaire du roi. Lully meurt dès suites d’une blessure au pied causé par son bâton de direction lors d’une répétition du Te Deum. L’infection s’étant aggravée, Lully meurt de la gangrène à Paris en 1687.

" Belle Hermione "
CADMUS ET HERMIONE - TRAGÉDIE EN MUSIQUE EN CINQ ACTES
Belle Hermione, hélas, puis-je être heureux sans vous ? Que sert dans ce palais l a pompe qu'on prépare ? Tout espoir est perdu pour nous ? Le bonheur d'un Amour si fièdle et si rare, Jusques entre les Dieux a trouvé des jaloux. Belle Hermione, hélas, puis-je être heureux sans vous ? Nous nous étions flattés que notre sort barbare Avoit épuisé son courroux : Quelle rigueur quand on sépare Deux cœurs prêts d'être unis par des Liens si doux? Belle Hermione, hélas, puis-je être heureux sans vous.

Giuseppe Verdi
GIUSEPPE VERDI (1813-1901) : compositeur et musicien italien
Né le 10 octobre 1813 à La Roncole, près de Parme, Giuseppe Fortunino Francesco Verdi est fils de commerçants. Ses talents musicaux se révèlent excellent et, à neuf ans, il est l’organiste du village. Conscient qu’il faut lui donner une formation plus sérieuse, son père confie Verdi à Antonio Barezzi, directeur de l’association philharmonique locale de la ville voisine de Busseto. À l’âge de 18 ans, il part pour Milan pour continuer sa formation. Il doit néanmoins prendre des cours de composition avec Vincenzo Lavigna, le chef d’orchestre de La Scala. En 1836, il obtient un poste de professeur à l’école de musique de la ville qui lui permet d’épouser Margherita, la fille de Barezzi. Il compose une série de marches et d’ouvertures puis un opéra Oberto. C’est un triomphe à Milan. Le directeur de La Scala commande aussitôt d’autres œuvres au jeune compositeur. À cette époque, Verdi connaît aussi le malheur car il perd successivement ses deux jeunes enfants et alors qu’il termine Un giorno di regno, Margherita meurt à son tour en 1840. C’est un échec cuisant. Pourtant, deux ans plus tard, avec la confiance de Bartolomeo Merelli, l’imprésario du Théâtre de Milan, Verdi écrit Nabucco c’est un immense succès. Sa réputation gagne toute l’Italie et il devient une figure de premier plan à Milan. Les dix années suivantes, Verdi s’attèle à une série d’opéras. En 1847, Verdi compose Macbeth, inspirée de Shakespeare. À partir de 1849, il vit, en partie à Paris, avec Giuseppina Strepponi, une ancienne chanteuse lyrique. Intelligente, elle exerce sur lui une bonne influence. Il y donne avec beaucoup de succès Les vêpres siciliennes, œuvre qui lui attire les éloges d’Hector Berlioz pourtant fort avare de compliments. Il compose ensuite sa trilogie populaire : Rigoletto, Il Trovatore et La Traviata. En 1862, il se rend à Saint-Pétersbourg pour y faire jouer La forza del Destino. Puis Verdi consacre jusqu’à 1870 la plus grande partie de son temps à composer pour l’Opéra de Paris. À cette époque deux noms se détachent sur les scènes européennes : Richard Wagner et... Verdi. En 1871, il crée au Caire Aïda pour l’inauguration du canal de Suez. En 1872, à la mort de Manzoni grand écrivain italien, il compose un Requiem à sa mémoire. Exécuté le 22 mai 1874 à Milan, c’est immédiatement un triomphe à travers l’Europe. À plus de soixante-dix ans, il écrit encore deux grands opéras (Otello, 1887, et Falstaff, 1893). Sur la fin de sa vie, il se consacre à diverses œuvres charitables et sa vigueur émerveille l’Italie. En 1901, il meurt à 88 ans et est enterré à Milan.

La Traviata Opéra de Massy du 28 avril au 2 mai 2006 Mise en scène par Nadine Duffaut

" La Traviata "

duo Violetta - Germont
FILS

OPÉRA EN TROIS ACTES D’APRÈS LA DAME AUX CAMÉLIAS DE DUMAS
GERMONT Madamigella Valéry ?... VIOLETTA Son io. D’Alfredo il padre in me vedete. Voi ?... Sì, dell’incauto, che a ruina corre, ammaliato da Voi. Donna Son io, signore, ed in mia casa ; ch’io vi lasci assentite, più, per voi, che per me. Quai modi ! Pure... Tratto in error voi foste. De’ suoi beni egli dono vuol farvi... Non l’osò finora... Rifiuterei... Pur tanto lusso... A tutti è mistero quest’atto... A voi nol sia... Ciel! che discopro! D’ogni vostro avere or volete spogliarvi ? Ah, il passato perchè, perchè v’accusa ! Più non esiste... Or amo Alfredo, e Dio lo cancellò col pentimento mio ! Nobili sensi invero ! Oh come dolce mi suona il vostro accento ! Ed a tai sensi un sacrifizio chieggo. Ah no... tacete... Terribil cosa chiedereste certo... il previdi... v’attesi... era felice troppo... D’Alfredo il padre la sorte, l’avvenir domanda or qui de’suoi due figli !... Di due figli ! Sì. Pura siccome un angelo Iddio mi diè una figlia ; Se Alfredo nega riedere in seno alla famiglia, L’amato e amante giovine, cui sposa andar dovea, Or si ricusa al vincolo che lieti, lieti ne rendeva. Deh, non mutate in triboli Le rose dell’amor, ah non mutate in triboli le rose dell’amor. . . A’ prieghi miei resistere, no, no, non voglia il vostro cor, no, no. Ah ! comprendo... dovrò per alcun tempo da Alfredo allontanarmi... Doloroso fora per me... pur... Non è ciò che chiedo...

- 1853

GERMONT Mademoiselle Valéry ?... VIOLETTA C’est moi. En moi vous voyez le père d’Alfred. Vous ?... Oui, le père de l’imprudent qui court à sa perte, ensorcelé par Vous. Je suis une dame, monsieur, et je suis chez moi ; permettez que jevous laisse, plus pour vous que pour moi. Quelles manières ! Pourtant... On vous a induit en erreur. Il veut vous faire don de ses biens... Jusqu’à présent, il n’a pas osé... Je refuserais... Pourtant, tant de luxe... Personne ne connaît cet acte... Vous seul... Ciel ! que vois-je! Vous voulez vous dépouiller de tous vos biens ? Ah, pourquoi le passé vous accuse-t-il ! Il n’existe plus... À présent j’aime Alfredo, et Dieu l’a effacé avec mon repentir ! Nobles sentiments en vérité! Oh, comme vos paroles me sont douces ! Et à de tels sentiments, je demande un sacrifice. Ah non... taisez-vous... Vous allez certainement demander une chose effrayante... je l’avais prévu... je l’attendais... j’étais trop heureuse... Le père d’Alfredo vous demande le destin et l’avenir de ses deux enfants !... De ses deux enfants ! Oui. Pure ainsi qu’un ange, Une fille me fut donnée par Dieu, Si Alfredo refuse de revenir au sein de sa famille ; Le jeune homme qui l’aime et qu’elle aime, qui devait l’épouser, Renonce à ce lien qui nous rendait, qui nous rendait heureux. De grâce, ne transformez pas en souffrances Les roses de l’amour, ah, ne changez pas en souffrances les roses de l’amour... À mes prières, votre cœur ne voudra résister, non, non. Ah ! je comprends, pour quelque temps, il me faudra m’éloigner d’Alfredo... Ce me sera douloureux... pourtant... Ce n’est pas ce que je demande...

Cielo ! che più cercate ?... offersi assai !... Pur non basta. Volete che per sempre a lui rinunzi? È d’uopo. Ah no ! giammai !... no, mai ! Non sapete quale affetto vivo, immenso... m’arda in petto ? Che nè amici, nè parenti io non conto tra’ viventi ? E che Alfredo m’ha giurato che in lui tutto io troverò ?... Non sapete che colpita d’altro morbo è la mia vita ?... Che già presso il fin ne vedo ?... Ch’io mi separi da Alfredo ! Ah, il supplizio è si spietato, il supplizio è si spietato, Che a morir, a morir preferirò, si morir preferirò Ah morir preferirò, ah! preferirò morir. È grave il sacrifizio ; ma pur, tranquilla uditemi. Bella voi siete e giovine... col tempo... Ah, più non dite... v’intendo... m’è impossibile... lui soloamar vogl’io... Sia pure... ma volubile sovente è l’uom... Gran Dio! Un dì, quando le veneri il tempo avrà fugate, fia presto il tedio a sorgere... Che sarà allor?... Pensate... per voi non avran balsamo i più soavi affetti, Poichè dal ciel non furono tai nodi benedetti. È vero! È vero! Ah dunque Dunque sperdasi tal sogno seduttore... È vero! è ver! Siate di mia famiglia l’angel consolatore... Violetta, deh, pensateci, ne siete in tempo ancor... È Dio che ispira, o giovine, è Dio che ispira, o giovine, È Dio che ispira tai detti a un genitor. Così alla misera, ch’è un dì caduta, Di più risorgere speranza è muta!... Se pur benefico le indulga Iddio, L’uomo implacabil per lei sarà, si per lei sarà... Siate di mia famiglia l’angiol consolator, Ah siate l’angiol consolator... L’uomo implacabile per lei sarà... L’uomo implacabile per lei sarà... Siate, siate l’angiol Consolator... L’uomo implacabil... Siate, siate l’angiol Consolator

Ciel ! que voulez-vous ?... je vous offre beaucoup ! Pas assez pourtant. Vous voulez que je renonce à lui pour toujours ? C’est indispensable. Ah non ! jamais !... non, jamais ! Ne savez-vous pas quel amour vivant, immense... brûle en mon cœur ? Que je n’ai ni amis ni parents parmi les vivants ? Et qu’Alfredo m’a juré que je trouverai tout en lui ?... Ne savez-vous pas que ma vie est frappée d’un mal terrible. Que déjà je vois ma fin approcher ?... Que je me sépare d’Alfredo ! Ah, le supplice est si barbare, le supplice est si barbare, Que j’aimerais mieux mourir, j’aimerais mieux mourir ! ah ! j’aimerais mieux mourir. Le sacrifice est lourd ; pourtant, écoutez-moi calmement.Vous êtes belle et jeune... avec le temps... Ah, n’en dites pas plus... je vous comprends... c’est impossible... je ne veux aimer que lui. Sans doute... mais l’homme est souvent changeant... Grand Dieu ! Un jour, quand le temps aura chassé les amours, l’ennui surgira vite... Qu’arrivera-t-il alors ?... Pensez... les sentiments les plus doux ne vous soigneront pas, Puisque ces liens n’auront pas été bénis par le ciel. C’est vrai ! C’est vrai ! Ah alors Alors que se dissipe ce rêve séducteur... C’est vrai ! c’est vrai ! De ma famille, soyez l’ange consolateur... Violetta, de grâce, pensez-y, il est temps encore... C’est Dieu qui inspire, ô jeune fille, c’est Dieu qui inspire, C’est Dieu qui inspire ces mots à un père. Ainsi, à la misérable qui un jour a chuté ; L’espérance de se relever disparaît !... Si dans Sa grâce Dieu lui pardonne, L’homme pour elle sera impitoyable, oui... Soyez de ma famille l’ange consolateur, Ah, soyez l’ange consolateur... L’homme pour elle sera impitoyable... L’homme pour elle sera impitoyable... Soyez, soyez l’ange Consolateur... L’homme pour elle... Soyez, soyez l’ange Consolateur...

Per lei sarà. Ah! Dite alla giovine sì bella e pura, Ch’avvi una vittima della sventura, Cui resta un unico, un unico raggio di bene... Che a lei il sacrifica e che morrà e morrà e morrà! Piangi, piangi, piangi, o misera, piangi, piangi, piangi, Supremo, il veggo, supremo il veggo è il sagrifizio, È il sagrifizio Ch’ora ti chieggo... sento nell’anima già le tue pene... Coraggio, e il nobil tuo cor vincerà, ed il cor vincerà. Dite alla Giovine sì bella e pura, Ch’avvi una vittima della sventura... Ah supremo, il veggo, si supremo il veggo È il sagrifizio che ora ti chieggo... Cui resta unUnico, unico raggio di bene... Che a lei il sacrifica e che morrà e morrà e morrà. Sento nell’anima già le tue pene... Coraggio, e il nobile cor vincerà ! Piangi, piangi, piangi, o Misera! Coraggio, e il nobile cor vincerà ! A lei il sagrifica e morrà. Piangi, piangi, piangi O misera! Coraggio; et il nobile cor vincerà ! Coraggio, e il nobil cor vincerà, ah sì il nobil cor vincerà. A lei il sagrifica e morrà e che morrà e che morrà E morrà e che morrà, che morrà.

Sera impitoyable. Ah ! Dites à la jeune fille si belle et si pure, Qu’elle a une victime du malheur À qui reste un seul, un seul rayon de bonheur... Qu’elle lui sacrifie et qu’elle mourra et qu’elle mourra ! Pleure, pleure, pleure, ô malheureuse, pleure, pleure, Je le vois, le sacrifice est suprême, le sacrifice est suprême Qu’aujourd’hui j’exige de toi... En mon âme déjà je sens tes souffrances... Courage, et ton noble cœur vaincra, et ton cœur vaincra. Dites à lajeune fille si belle et si pure, Qu’elle a une victime du malheur... Ah, suprême, je le vois, oui, suprême Est le sacrifice que j’exige de toi... À qui reste un seul, un seul rayon de bonheur... Qu’elle lui sacrifie et qu’elle mourra, qu’elle mourra. En mon âme déjà je sens tes souffrances.... Courage, et ton noble cœur vaincra ! Pleure, pleure, pleure, Malheureuse ! Courage, et ton noble cœur vaincra ! Elle le lui sacrifie et elle mourra. Pleure, pleure, pleure Ô malheureuse ! Courage ; et ton noble cœur vaincra! Courage, et ton noble cœur vaincra, oui, ton noble cœur vaincra. Elle le lui sacrifie et elle mourra, et elle mourra Et elle mourra, et elle mourra.

La Traviata Opéra de Massy du 28 avril au 2 mai 2006 Mise en scène par Nadine Duffaut

" Addio del passato "
Addio, del passato bei sogni ridenti, Le rose del volto già son pallenti ; L’amore d’Alfredo perfino mi manca, Conforto, sostegno dell’anima stanca... Conforto, sostegno, ah! della traviata sorridi al desio ; A lei deh perdona, tu accoglila, o Dio! Ah!... tutto, tutto finì, or tutto, tutto finì... Le gioje, i dolori tra poco avran fine: La tomba ai mortali di tutto è confine! Non lagrima o fiore avrà la mia fossa! Non croce col nome che copra quest’ossa!... Non croce... non fior... ah! della traviata sorridi al desio, A lei deh, perdona, tu accoglila, o Dio! Ah tutto tutto finì, or tutto, tutto finì!

air de Violetta

LA TRAVIATA - TROISIÈME ACTE
Adieu, beaux rêves souriants du passé, Les roses de mon visage déjà sont fanées ; L’amour d’Alfredo me manque encore, Réconfort, soutien de l’âme lasse... Réconfort, soutien, ah, souris au désir de la dévoyée ; De grâce, pardonne-lui, accueille-la, ô Dieu ! Ah !... tout, tout est fini, maintenant, tout est fini... Les joies et les douleurs vont prendre fin sous peu : La tombe pour les mortels finit tout ! La mienne ne recueillera ni larmes ni fleurs. Pas de croix, pas de nom pour couvrir cette dépouille! Pas de croix... pas de fleurs... ah, souris au désir de la dévoyée, De grâce, pardonne-lui, accueille-la, ô Dieu ! Ah tout, tout est fini, tout est fini maintenant, tout !

Giacomo Puccini
GIACOMO PUCCINI (1858 - 1924) : compositeur italien Giacomo Puccini, né en 1858 à Lucques, est mort en 1924 à Bruxelles. Issu d’une famille d’organistes (son père était un théoricien et un professeur célèbre) et de musiciens, Puccini fait des études au conservatoire de Milan entre 1880 et 1883, sous la direction, entre autres, du musicien Ponchielli. Il découvre sa vocation de compositeur en assistant à une représentation d’Aïda à Pise en 1876. Le compositeur est l’auteur d’une douzaine d’opéras, dont la plupart sont rapidement devenus des classiques du répertoire lyrique - ainsi La Bohême, Tosca et Turandot sont-ils parmi les œuvres les plus montées. Mais Puccini se révèle aussi être un remarquable auteur de musique religieuse : bien que moins réputées, sa Salve Regina et sa Messa di Gloria sont considérées par les musicologues comme l’exemple de la maîtrise d’un style varié et complet. Si Giacomo Puccini est souvent présenté comme un des principaux représentant du mouvement vériste italien (prolongement du naturalisme de Zola ou de Manzoni en littérature), le raffinement de son écriture musicale et le rejet systématique dans ses compositions de la brutalité qui caractérise souvent le vérisme contribue à rendre l’œuvre lyrique de Puccini inclassable.

" Questo amor "
Questo amor, vergogna mia, Io spezzar, scordar vorrei, Ma d’un’orrida malìa Sono schiavi i sensi miei. Mille volte al ciel giurai Di fuggirla!… E a lei tornai! Ella ride del mio pianto, Del mio sdegno si fa scherno Ed io, vil, col cuore infranto, Ai suoi piedi mi prosterno… E lei sola io sogno, e bramo ! Ah, sventura ! Ah, misfortune! Io l’amo ! Io l’amo !

air de Franck

EDGAR - OPÉRA EN TROIS ACTES - 1889 D’APRÈS LA COUPE ET LES LÈVRES D’ALFRED DE MUSSET
Cet amour, qui est ma honte je le méprise, je voudrais l’oublier; Mais mes sens sont prisonniers d’un horrible sortilège Mille fois j’ai juré au ciel de la fuir!....et je suis revenu à elle Elle rit de mes larmes elle se moque de ma colère, Et moi, lâche, le cœur brisé je me prosterne à ses pieds Et c’est elle seule à qui je pense, que je réclame ! Ah! que! malheur !... je l’aime... je l’aime !

" Oh mio babbino caro "
GIANNI SCHICCHI - OPÉRA EN UN ACTE - 1918 D’APRÈS LA DIVINE COMÉDIE DE DANTE
O mio babbino caro Mi piace, è bello, è bello Vo’ andare in Porta Rossa a comperar l’anello ! Sì, sì, ci voglio andare ! e se l’amassi indarno, andro’ sul Ponte Vecchio, ma per buttarmi in Arno ! Mi struggo e mi tormento ! O Dio, vorrei morir ! Babbo, pietà, pietà ! Babbo, pietà, pietà ! Oh mon papa chéri, Il me plaît, il est beau, mais beau! Je m’en irai à Porta Rossa pour acheter l’anneau. Oui, oui, je veux y aller ! Et si mon amour était vain J’irais sur le Ponte Vecchio pour me jeter dans l’Arno ! Je me consume, je me tourmente ! Mon Dieu ! Je voudrais mourir ! Papa, pitié, pitié ! Papa, pitié, pitié !

Gaetano Donizetti
DONIZETTI (1797 - 1848) : compositeur italien Gaetano Donizetti est né le 29 novembre 1797 à Bergame, dans un milieu très pauvre. En 1806, Donizetti entre à la nouvelle école de musique de Bergame. Il y est admis comme élève de chant et de clavecin. Simone Mayr, alors son professeur de musique, décèle son talent et, en 1814, l’envoie étudier auprès du père Mattei, le maître de Gioacchino Antonio Rossini jusqu’en novembre 1817. Dès cette époque, il compose avec une rapidité étonnante. Dès son retour à Bergame, Donizetti reçoit de nombreuses commandes : Zoraïde di Granata (1822) en est l’exemple et le point de départ. Jusqu’en 1830, il écrit 26 opéras, toujours très rapidement (l’Elixir d’amour lui demandera à peine deux semaines). En 1834, il est nommé professeur de contrepoint au Collège royal de musique de Naples. En septembre 1835, le compositeur connaît son plus grand triomphe avec Lucia di Lammermoor, inspiré d’un roman de Walter Scott. Mais ses parents décèdent, ainsi que sa fille et sa femme en 1836-1837. Il quitte alors Naples pour Paris, mais y gêne certains compositeurs locaux comme Hector Berlioz qui le critique sévèrement. Il décide de partir après le succès mitigé de La fille du régiment. À Vienne, il renoue avec le succès en composant Linda di Chamounix en 1842. Son dernier chef-d’œuvre, Don Pasquale, créé en 1843, est joué au Théâtre des Italiens. Cepndant, sa santé commence à se dégrader. Son neveu le ramène dans sa ville natale, Bergame, où il décède le 8 avril 1848.
GAETANO

L’Elixir d’Amour Opéra de Massy du 9 au 11 novembre 2012 Mise en scène par Arnaud Bernard

" Come paride vezzoso " acte 1 scène 2
L’ÉLIXIR D’AMOUR - OPÉRA EN DEUX ACTES DE GAETANO DONIZETTI- 1832
BELCORE Come Paride vezzoso porse il pomo alla più bella, mia diletta villanella, io ti porgo questi fior. Ma di lui più glorioso, più di lui felice io sono, poiché in premio del mio dono ne riporto il tuo bel cor. ADINA È modesto il signorino! GIANNETTA e CORO Sì davvero NEMORINO Oh! mio dispetto! BELCORE Veggo chiaro in quel visino ch'io fo breccia nel tuo petto. Non è cosa sorprendente; son galante, son sergente; non v'ha bella che resista alla vista d'un cimiero; cede a Marte iddio guerriero, fin la madre dell'amor. BELCORE Comme le beau Pâris remit la pomme à la plus belle, ma charmante fille des champs, moi, je te remets ces fleurs. Mais je suis plus glorieux, plus heureux que lui, puisqu'en retour de ce don, je reçois ton cher cœur. ADINA Il est modeste, le monsieur! GIANNETTA et LE CHŒ UR Oui, en vérité. NEMERINO Oh, malheur! BELCORE Je vois clair sur ce visage que j'ai fait une brèche dans ton cœur. Ce n'est pas surprenant: je suis galant et sergent. Il n'est pas de belle qui résiste à la vue d'un cimier; A Mars, dieu guerrier, cède même la mère de l'Amour.

" Quanto amor " acte 2 scène 5
ADINA Quanto amore ! Ed io, spietata, tormentai sì nobil cor ! DULCAMARA Essa pure è innamorata : ha bisogno del liquor. Dunque... adesso... è Nemorino in amor sì fortunato ! Tutto il sesso femminino è pel giovine impazzato. E qual donna è a lui gradita Qual fra tante è preferita ? Egli è il gallo della Checca tutte segue ; tutte becca. Ed io sola, sconsigliata possedea quel nobil cor ! ... Essa pure è innamorata : ha bisogno del liquor. Bella Adina, qua un momento... più dappresso... su la testa. Tu sei cotta... io l'argomento a quell'aria afflitta e mesta. Se tu vuoi ?... S'io vo' ? Che cosa ? Su la testa, o schizzinosa ! Se tu vuoi, ci ho la ricetta che il tuo mal guarir potrà. Ah ! dottor, sarà perfetta, ma per me virtù non ha. Vuoi vederti mille amanti spasimar, languire al piede ? Non saprei che far di tanti : il mio core un sol ne chiede. Render vuoi gelose, pazze Donne, vedove, ragazze ? Non mi alletta, non mi piace di turbar altrui la pace. Conquistar vorresti un ricco ? Di ricchezze io non mi picco. Un contino ? Un marchesino ? Io non vo' che Nemorino. Prendi, su, la mia ricetta, che l'effetto ti farà. ... Ah ! dottor, sarà perfetta, ma per me virtù non ha. Sconsigliata ! E avresti ardire di negare il suo valore ? ADINA Quel amour! Et je le dédaignais ! J'ai tourmenté un si noble cœur ! DULCAMARA Elle aussi est amoureuse. Elle a besoin de la liqueur. Donc, Nemorino est maintenant Heureux en amour ? Tout le sexe féminin Raffole de ce jeune homme Quelle est celle qui lui plaît ? Laquelle préfère-t-il parmi tant ? Il est comme un coq au poulailler ; il les suit toutes, il les béquète. Et moi seule, écartée... possédais ce noble cœur ! Elle aussi est amoureuse. Elle a besoin de la liqueur Belle Adina! Un moment, approche-toi, lève la tête. Que tu sois éprise, je le vois à cet air triste et affligé. Si tu veux... Si je veux ? Quoi ? Lève la tête, fille difficile ! Si tu veux, j'ai ici la recette qui pourra guérir ton mal. Ah ! Docteur, elle sera parfaite, mais elle est sans vertu pour moi. Veux-tu voir mille amants languir, agonir à tes pieds ? Je ne saurais que faire de tant : mon cœur n'en veut qu'un seul. Veux-tu rendre folles de jalousie jeunes, veuves et fillettes ? Il ne me plait ni me sourit de troubler la paix d'autrui. D'un riche faire la conquête ? Je n'ai cure de richesses. Un comte, un marquis ? Non, je ne veux que Nemorino. Allons, essaye ma recette... car elle te fera de l'effet. Oh, docteur, elle sera parfaite... mais elle est sans vertu pour moi. Infortunée ! Et aurais-tu le cœur de nier sa vertu?

Io rispetto l'elisire, ma per me ve n'ha un maggiore : Nemorin, lasciata ogni altra, tutto mio, sol mio sarà. Ahi ! dottore, è troppo scaltra : più di te costei ne sa. Una tenera occhiatina, un sorriso, una carezza, vincer può chi più si ostina, ammollir chi più ci sprezza. Ne ho veduti tanti e tanti, presi cotti, spasimanti, che nemmanco Nemorino non potrà da me fuggir. La ricetta è il mio visino, in quest'occhi è l'elisir. Sì lo vedo, o bricconcella, ne sai più dell'arte mia : questa bocca così bella è d'amor la spezieria : hai lambicco ed hai fornello caldo più d'un Mongibello per filtrar l'amor che vuoi, per bruciare e incenerir. Ah ! vorrei cambiar coi tuoi i miei vasi d'elisir.

Je respecte l'élixir, mais il en est un meilleur pour moi. Nemorino, quittant toutes les autres tout et seul à moi. Aïe ! docteur, elle est trop futée, elle en sait plus long que toi. Une tendre œillade, un sourire, une caresse, a raison du plus obstiné, adoucit le plus altier. J'en ai vu tant et tant, épris, amoureux, éperdument, que même Nemorino ne pourra me fuir, non. La recette est mon visage dans mes yeux sont l'élixir. Ah ! Je le vois, petite sorcière, tu en sais plus long que moi. cette si belle bouche est je remède de l’amour Oui, tu as l'alambic et tu as le fourneau, plus chaud qu'un volcan... pour filtrer l'amour que tu veux, pour brûler, réduire en cendres . Ah ! Je voudrais échanger contre les tiens mes flacons d'élixir.

L’OPÉRA DE MASSY
LA PETITE HISTOIRE
L’idée d’un opéra germe à la fin des années 1990. La ville de Massy connaît un développement économique et urbanistique remarquable, dans la logique d’expansion de la couronne sud parisienne. De nouveaux logements et des équipements sont pensés dans une ville géographiquement stratégique (TGV, Orly, 13 km de Paris). Dans l’aménagement de ces infrastructures, le projet d’un grand complexe culturel (théâtre, médiathèque, cinéma) se dessine. Le plus audacieux est d’implanter un lieu symbole d’une culture élitiste si près des grands temples parisiens et ce temple de la culture sera un opéra, souhaite le maire en titre Claude Germon. Vous remarquerez que le bâtiment inauguré en 1993 est mis en perspective par sa position stratégique au centre d’une place dégagée. Son architecture avec sa verrière, son entrée à pilastres, sa façade rythmée de piliers et colonnettes et ses grands escaliers d’apparats, évoque discrètement celle d’un opéra classique. La ville est un des grands pôles économiques en Essonne mais elle comprend également des quartiers populaires où sera placé l’Opéra, au croisement des cultures et des cultes. La grande question, en dehors du financement, est de savoir qui va fréquenter l’Opéra de Massy, et quel public souhaite-t-on développer. Avec un tel choix d’emplacement, l’Opéra s’enquiert implicitement de la mission de s’ouvrir à des publics atypiques. La gestion d’un tel Opéra, pour être à la hauteur de la programmation ambitionnée et répondre à sa mission publique de diffusion culturelle, ne peut être remise qu’entre des mains expertes, qui sauront faire du rêve une réalité : honorer un ambitieux cahier des charges. C’est à Jack-Henri Soumère, gestionnaire culturel rigoureux, manager et homme de spectacle que revient le mérite de fonder ce lieu. Cette gestion est réussie depuis bientôt 20 ans.

SERVICE PÉDAGOGIQUE ET CULTUREL
RESPONSABLE MARJORIE PIQUETTE
01 69 53 62 16
marjorie.piquette@opera-massy.com

ASSISTANTE EUGÉNIE BOIVIN
01 69 53 62 26 eugenie.boivin@opera-massy.com
SUR LE WEB : www.opera-massy.com / rubrique action culturelle LE BLOG : education-operamassy.blogspot.com

L’Opéra de Massy reçoit le soutien de
Le service action culturelle de l’Opéra de Massy est membre de RESEO, Réseau Européen pour la Sensibilation de l’Opéra