TRUITES, RIVIERES, PECHEURS, En PICARDIE

Petit mémento à usage des gestionnaires bénévoles de rivières et des pêcheurs qui ne les comprennent pas

Par Alain de La Simone 1

Sommaire

Introduction : une prise de conscience 1) A chaque rivière, son potentiel et sa capacité du moment……...…Page 5 Habitats potentiels, habitats existants Capacité de production. Objectifs de gestion : patrimoniale, patrimoniale différée Quelques chiffres pour mieux comprendre 2) L’eau de ma rivière……..……………………………………………Page 9 Pollutions violentes. Pollutions insidieuses Que faire en cas de pollution ? L’IBGN et qualité biologique du milieu 3) Le milieu physique, les besoins, les manques, les actions.………....Page 12 Les habitats indispensables: « maternités », « crèches », « maisons » Les actions :Largeur et profondeur du lit. Les berges. Les abris de fond. Ripisylve. Décompactage. Rôle des syndicats de rivière hier et aujourd’hui Un programme annuel 4) Définir une politique de la pêche……..…………………...………...Page 20 La Maille. Le nombre de poissons prélevés, Les modes de pêche. Le « No-kill » 5) Que faire en attendant la gestion patrimoniale? …………..………..Page 23 Aides à la nature : Les « bonnes » piscicultures, œufs, boites Vibert, alevinages Des truites portions « à prendre immédiatement » ? 6) Conclusion………………………………………………….…………..Page 28

Avertissement
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Les données techniques avancées dans ce document s’appliquent à des rivières de type « chalk stream », (rivières à lit de craie) que l’on trouve dans la moitié nord de la France. Pour autant, un lecteur avisé pourra y trouver des « idées –force » que l’auteur espère, sinon universelles, du moins utilisables sur d’autres types de cours d’eau.

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s’enroule en tourbillons lents ou furieux. mais des approches. Il appartient à l’homme-pêcheur d’employer son génie et ses forces à rétablir et maintenir ce fragile. Un bien-être. Cette contradiction cruelle entre le respect du milieu naturel. La truite sauvage est un poisson royal. une prise de conscience. Indéfinissable sentiment d’harmonie et de sérénité. des prédateurs jouissant de chacune de nos prises. sa science et ses connaissances pour s’en approprier la part la plus précieuse. qu’il retrouvera sa véritable dimension. Il y a. L’eau qui court peut dévaler la montagne ou serpenter dans la plaine. tâtonnements. finalement. Un monde magique dont il n’existe aucun « sésame » universel. fait que cet amoureux de la rivière va mobiliser son savoir. l’air. Et pas n’importe quel poisson. d’animalcules et d’animaux. L’eau qui court. ce monde si étranger que l’on ne découvre que par expérience. Rapide comme l’éclair. Un lieu qui. le poisson. largement ouverts ou sauvagement resserrés l’eau qui court s’appelle ruisseau. tout à la fois et. un espace de vie intense. nous ne nous contentons pas de rêver. erreurs. aux rochers. c’est surtout un milieu biologique. rivière. chante. quelqu’un qui cherche à percer le mystère de la vie aquatique. poissons. amis pêcheurs. d’une élégance extrême dans ses multiples robes locales. Ainsi. Comme tous vrais passionnés. très fragile. bondit. bref. Rien de raisonné. batraciens pour ne citer que les plus connus. ombrageux. il faut le dire. et nos pulsions prédatrices. indispensable et miraculeux équilibre dont je crois que les non-pêcheurs ne peuvent percevoir réellement ni la beauté ni la nécessité. aux immenses dégâts causés par l’activité humaine à ce milieu que nous aimons tant. Parmi tous les paysages que le monde m’a offert. Cette vie interne de la rivière a fait de moi un pêcheur. la terre. C’est en devenant le gardien et le promoteur de ce milieu. d’abord. il nous faut la résoudre si nous voulons rester honnêtes. écrevisses. aux ponts une vie qu’ils n’ont pas ailleurs. peu de certitudes et. Entre leurs versants. C’est au prix de cet effort quel le pêcheur peut trouver sa place dans l’équilibre de la Nature.En guise d’introduction. qui. 3 . m’enchante. Rien de sentimental. ruisselle sur les radiers ou prend de la profondeur dans de mystérieuses fosses. s’étale. n’est pas seulement un élément du paysage. j’aime par-dessus tout les vallées. L’étrangeté de notre nature humaine. littéralement. combatif et craintif. le bonheur d’être au bord de l’eau courante. des découvertes. Oui. ni l’un des quatre éléments physiques constituant notre cadre de vie. C’est aussi. Cette eau. torrent. notre amour tend à la possession et ces pulsions de conquête vont faire de nous. en l’absence d’agressions. beaucoup de doutes. pêcheurs. anguilles. l’eau le feu. grouille de millions et de milliards d’insectes. il faut ajouter l’impact de nos propres prélèvements. une paix qui vous pénètre et vous grise. des séducteurs appliqués à leurrer et à prendre. Elle donne aux arbres.

bref d’un aréopage de gens eux aussi passionnés mais dont la compétence nous a impressionnés. Forcément incomplet. dégradées par nos activités humaines et sur-exploitées par des pêcheurs peu instruits des conséquences de leurs prélèvements ne vivent plus qu’artificiellement à l’aide de déversements massifs de poissons de pisciculture. Cette réflexion s’est concrétisée dans un document à l’issue de réunions organisées sur mon initiative par les clubs de pêche à la Mouche d’Amiens et de la Bresle avec le concours des responsables du pdpg de la Somme. avec l’équipe de passionnés de l’Amicale des Evoissons de Contre dans la Somme. il nous était nécessaire de nous instruire et de définir un plan d’action à court. il se contente trop souvent de déverser des caricatures de salmonidés de toutes espèces élevées et gavées pour être mangées et. C’est de ces échanges si fructueux entre pêcheurs et spécialistes de la gestion de nos rivières. sans doute peu original pour la plupart des spécialistes. au lieu de corriger les causes des dégradations qu’il inflige au milieu qu’il prétend aimer. de spécialistes de la mission inter-services de l’eau d’Amiens. de techniciens rivière. mais sans doute inefficaces et. nous étions passionnés. Quand la réalité des choses lui imposerait de restaurer ses rivières pour obtenir de vrais poissons. dangereux par ignorance. il nous est apparu qu’il ne suffisait pas d’avoir de la bonne volonté. notre monde de la pêche à la truite se joue souvent une comédie. il faut avouer que nous avons failli. bien entendu perfectible. Certes.A l’heure où j’écris ces lignes.. évidemment pas préparées à une quelconque vie sauvage. une rivière capable d’abriter une population de truites naturelles en quantité suffisante pour que les pêcheurs puissent en prélever sans la mettre en danger * * * Je remercie particulièrement Camille Rivière. A l’évidence. chargée du PDPG SOMME qui a bien voulu répondre à toutes mes questions d’ordre technique avec sa compétence et sa gentillesse habituelles. La plupart de nos rivières. Ainsi. puisse-t-il au moins nous aider tous à conjuguer nos efforts pour relever ce défi : aboutir à cet état de grâce. 4 . sans intervenir ni dans la conception ni dans l’organisation de ce travail dont j’assume seul la responsabilité. que m’est venue l’idée de ce guide pratique. moyen et long terme. Quelle alternative à ces déversements de « fausses » truites ? Cette question m’est venue brutalement quand. parfois même. mais que je n’aurais pas mené à bien sans elle.

fondamentalement. des « crèches ». mais que faire ? Hier. On fera. police de l’eau et j’en passe. On obtiendra un autre indice. son potentiel et sa capacité du moment Imaginons la scène. Qu’un seul de ces ages n’y trouve pas son compte et c’est tout l’équilibre qui sera rompu. Nous l’écoutons : Ce qui détermine. nous préoccuper de lui donner une capacité d’accueil maximum Il faut commencer par faire le recensement des habitats qu’elle pourrait offrir dans des conditions idéales. Qui consulter ? Ils sont nombreux et. A l’inverse. Ainsi. un ruisseau peut constituer une excellente « maternité ». On dira qu’il faut à une population de truites des « maternités ». C’est pourquoi nous. on déversait des truites. Alors. (oiseaux par exemple). demain ? Quelqu’un suggère «Et si nous commencions par demander l’avis des pros ?» Tout le monde approuve. Oui. mais les alevins n’arriveront jamais au stade d’adulte. d’abord. de faire avancer les choses. la capacité d’accueil « actuelle » 5 . mais si les alevins naissants ne trouvent aucun abri adapté à leur âge et s’ils sont immédiatement exposés à des prédateurs internes à la rivière (poissons adultes) ou extérieurs. un nombre excessif de géniteurs pour un trop petit nombre de frayères créera une compétition dans laquelle beaucoup d’œufs et d’alevins seront perdus. Nous voici au pied du mur : C’est à nous maintenant. C’est ce que les spécialistes appèlent sa « capacité maximum potentielle ». qu’ils soient à l’état de larves.A chaque rivière. nous devons. (Chacun sait qu’il ne faut pas le même abri à une truite de 15cms qu’à sa grande sœur de 40). qui voulons redonner à notre rivière son authenticité. ou à des crues violentes. Parmi nous quelqu’un a des ouvertures dans ce milieu. Notre association vient de renouveler son bureau. C’est le nombre et la variété de ces habitats qui déterminera la première limite à sa population de truites. c’est sa capacité à fournir des lieux de reproduction. les œufs vont bien éclore. . « lointains »: Fédération. Ce qui est vrai pour les alevins l’est aussi pour les juvéniles et les poissons adultes qui doivent trouver dans leur milieu de quoi s’abriter sous peine de disparaître. l’importance d’une population de truites dans une rivière. Conseil supérieur de la Pêche. de juvéniles ou d’adultes. Il nous fait rencontrer un spécialiste étonné de voir de simples pêcheurs se tourner vers lui. évidemment. . pour la plupart des pêcheurs. des abris et de bonnes conditions de vie à tous ses individus. des « maisons ». aussitôt après l’inventaire des habitats existants réellement aujourd’hui.

Ce sera notre deuxième limite. l’eau pour la truite) et que l’on trouve des conditions de vie acceptable Pour des truites. on aurait beaucoup de logements vides.Le nombre de maisons qu’on pourrait y construire. là aussi. (A ce stade. A l’échelle de notre rivière on aurait de bons abris sans truites pour les occuper. Comparons notre rivière à un lotissement : Il y a d’un coté: . comme les pollutions. Voici les résultats de l’inventaire fait par les spécialistes : nombre de truites 736 105 1080 162 Capacité d'accueil potentielle Capacité d'accueil aujourd'hui Capacité de production potentielle Capacité de production aujourd'hui On voit bien que.Le nombre d’habitants que la ville pourrait nourrir . idéalement. il faut vous rassurer : nous n’aurons.Le nombre d’habitants qu’elle est capable de nourrir aujourd’hui. mais qu’elle n’est capable 6 . Pour survivre il faut que le milieu soit sain (l’air pour nous. actuellement fortement dégradée. Elles dévaleront. la rivière pourrait contenir 736 abris (maisons) mais qu’il n’en existe que 105. le plus souvent. On imagine bien que si notre ville est très riche elle serait capable de nourrir beaucoup d’habitants. . si nous nous trouvons dans une ville nouvelle où il y aurait beaucoup de maisons et peu de ressources. Il y a. il faut pouvoir y vivre. A l’inverse. Plans Départementaux pour la protection et la gestion des ressources piscicoles. c’est ce que nous pourrons espérer obtenir après les travaux d’aménagements auxquels nous allons devoir nous atteler. ce qu’il pourrait produire dans des conditions idéales et ce qu’il produit réellement aujourd’hui. Traduisons çà sur le cas d’une toute petite rivière de la Somme. Mais si il y a peu de maisons. Celui de la Somme est sur le point d’être achevé en 2006. Qu’elle pourrait « produire » 1080 poissons. Cet examen est fait dans toute la France à l’échelon trans-départemental pour chaque rivière par nos Fédérations dans le cadre des « Pdpg ». l’impact humain. On parlera de « capacité de production « potentielle » et de « capacité de production actuelle ». Il y a des spécialistes pour ça. les prélèvements d’eau etc… Il faut donc analyser ce que le milieu est capable de « produire ».) Pour autant. d’un autre coté : . les nouveaux venus iront vivre ailleurs. ce sera par exemple la nourriture.La différence entre les deux. mais aussi l’absence d’éléments perturbateurs. ni vous ni moi à faire ces savantes études. il ne suffit pas d’avoir un logement. bien trop compliquées pour nous. faute de « ressources » permettant d’y vivre.Le nombre de maisons construites aujourd’hui Et. C’est ce que ferons immédiatement nos truites si elles ne trouvent pas à se loger.

tout en comprenant bien maintenant que ce qui limitera définitivement notre population de truites c’est « le milieu ». On en déduit qu’aujourd’hui on n’y trouvera que 105 truites et qu’après travaux de restauration et lutte contre les pollutions. pas de truites… Quel est donc notre champ d’action. malheureusement des cas de rivières dont le diagnostic sera entièrement négatif : ces rivières ne pourront pas. sans déversements. inlassablement les actions qui seront entreprises. nous le trouverons dans l’aménagement de « notre » territoire. il est largement perturbé. il nous appartiendra de conduire une politique locale de restauration et d’enrichissement du milieu. Notre vrai rôle.. dans un avenir prévisible. Ces apports extérieurs ne se justifient que par l’impossibilité d’interdire la pêche pendant cette période de reconstitution du milieu . le diagnostic lèvera beaucoup d’espoirs. notre propre tronçon de rivière. oui. ou des saumons de fontaine. dans laquelle un prélèvement d’individus par les pêcheurs sera toléré sans mettre en cause le renouvellement des générations. Des réunions entre gestionnaires de « tronçons » de rivière. Notre premier constat sera donc généralement très négatif. Notre rôle sera seulement de signaler les problèmes et de soutenir fermement. de toutes façons. on sera dans une situation que les spécialistes qualifient de gestion « patrimoniale différée ». Oui. En l’attente. Ce soutien est indispensable. à nous. gestionnaires de parcours ? On voit bien que ce n’est pas nous qui pourrons agir directement sur des agressions du milieu telles qu’une pollution produite 15 kms en amont. situation dans laquelle on devra concilier l’objectif de développement d’une population sauvage et celui de prélèvements par des pêcheurs en « aidant la nature » avec des insertions délicates d’œufs ou de truitelles. Encore faudra-t-il concerter les actions à l’échelle de la rivière et même de l’ensemble de son bassin versant. mais il est possible d’améliorer les choses. qu’ils soient privés ou constitués en appma. dans de très nombreux cas. le milieu manque d’abris. C’est le moment de passer à l’action : E n agissant sur tous les points noirs. non seulement la population de truite sera optimisée. Avec l’aide des bénévoles que nous saurons motiver. être restaurées au point de pouvoir soutenir une population autochtone de truites. enfin. là des arc en ciel.aujourd’hui que d’en produire 162. sont indispensables car nos chers poissons se moquent des frontières. C’est bien le nombre d’abri qui limitera la population de truites. Et là. Il existe. dans laquelle. On constatera beaucoup de manques qui interdisent à la population de truites de croître normalement. ou des ombres et que sais-je encore. mais aussi. 7 . sa population ne dépassera jamais 736 poissons.comme le raisonnement scientifique le voudrait parce que les pêcheurs sont aussi les « payeurs » et que ce sont leurs cotisations qui financeront le progrès. Mais. on arrivera à une gestion dite « patrimoniale ». des agences de l’eau etc. Cela restera du ressort des Fédérations. comme celles qui consistent à déverser dans une même rivière ici des farios. Il n’est pas concevable de poursuivre des actions désordonnées.

s’il remet en cause beaucoup de pratiques locales. il est normal que le taux ne soit pas comparable) • 4. de sa conséquence évidente : La seule action réellement positive en matière de peuplement piscicole n’est pas l’introduction de truites mais l’amélioration du milieu. créé ! NB : Ces chiffres concernent les truites de 25cms au moins. La population globale. quelle est la réalité sur le bassin de la Selle (rivière de la Somme qui par ses caractéristiques actuelles et potentielles. Cet axiome.2% = 252 soit une progression encore possible de 360-252= 108 Selle à Conty : 6000x 4% = 240 soit une progression encore possible de 360-240= 120 Ces chiffres donnent 3 indications : (1) ces rivières méritent qu’on s’occupe d’elles car elles sont prometteuses (2) On peut espérer obtenir un gain de 30% en mettant en œuvre une vraie politique d’aménagements. On voit tout de suite que si on met 50 pêcheurs sur ce parcours avec un prélèvement individuel autorisé de 10 truites/an…on leur fera prendre les truites du voisin.2 truites pour 100m2 à Monsures (où la rivière étant moins large. offre en même temps de vraies perspectives aux responsables de la gestion de nos rivières Quelques données mesurées : : Qu’est-ce qu’une « bonne rivière » : Au dire des spécialistes consultés. pour une largeur comprise entre 6 et 10m contiendrait 6 truites de 25cms pour 100m2.En résumé.2 truites pour 100m2 sur les Evoissons à Famechon (affluent principal) • 4 truites pour 100m2 à Conty (après confluence avec les Evoissons) - Ainsi un parcours de 1km pour une rivière de 6m de large soit 6000m2 contiendrait actuellement : - « Bonne rivière » : 6000 x 6% = 360 truites adultes (Chiffre « idéal ») Evoissons : 6000X 4. (3) On ne peut y prélever n’importe quoi. peut servir d’exemple) ? : • 2. Et. (Soit pour une rivière d’une largeur moyenne de 6m une truite de 25cms environ tous les 3 m linéaires) Et. venues sur ce parcours pour peupler le désert qu’ils auront eux-mêmes. il est indispensable de retenir l’axiome suivant : un milieu donné ne peut abriter qu’une quantité donnée de truites. c’est une rivière qui. en tenant compte de tous les ages donne : 8 truites pour 100m2 à Conty et 13 dans les Evoissons 8 .

ni concentrations excessives de produits. A nous pêcheurs et gestionnaires de contester ces mauvaises habitudes. 9 . ne contenant pas ou très peu de « poisons ». n’existe pas.L’eau de ma rivière. certes néfaste. il suffit aux agriculteurs de laisser une bande de 5m pour qu’ils puissent percevoir leurs subventions. C’est aussi . ne font qu’apporter un excès. Au lieu de faire de la prévention et de limiter autoritairement ou non les déplacements quand les conditions de circulation sont dangereuses. Nos truites sont très exigeantes. Un chargement permanent ou accidentel en poisons pouvant aller jusqu’à la destruction de toute vie dans la rivière. le seul remède serait de créer des bandes de 50m de largeur tout au long des rivières. Or. (En 2015. mais la truite voudrait qu’elle soit aussi « propre » que possible. lois nationales et directives européennes sont devenues de plus en plus sévères et contraignantes pour les pollueurs. Cela pourra nous conduire à déterminer une « maille » différente pour les poissons de ces deux types de rivière. Il y a bien sûr les produits violents : soude. qui par nature ne seraient pas ou peu dangereux. On parle beaucoup des nitrates et phosphates. La qualité de l’eau de nos rivières est aussi importante pour nos truites que peut l’être pour nous l’air que nous respirons. Ces pollutions. ne contenant ni produits toxiques. Dans ce dernier cas. Il y a aussi les pollutions insidieuses (métaux lourds. (Et de toutes façons. toutes les rivières devront être aux normes européennes). mais dont l’excès est négatif. instantanément. Elles ont besoin pour vivre et se développer d’une eau pure. Il y a d’abord les pollutions toxiques. ces produits arriveront dans les nappes phréatiques pour des siècles). s’ils ne sont pas complètement éliminés. oxygénée. On notera aussi l’impact très grave (surtout pour les nappes phréatiques) des salages effectués l’hiver. acides qui tueront tout. Elle est chargée en sels minéraux apportés par le sol dont elle a jailli et sur lequel elle s’écoule. mais ces sous-produits de la modernité sont assez bien traités par nos stations d’épuration. quelles sont elles ? (Je serai bref sur ce sujet connu de tous mais qu’il m’était impossible d’éviter). Evidemment. mais non déterminant. plomb ou mercure) qui empoisonnent lentement. C’est ainsi qu’une eau calcaire favorisera beaucoup plus une croissance rapide qu’une eau granitique.et peut-être surtout . les responsables « se couvrent » en déversant des milliers de tonnes de sel qui rejoindront nos réserves d’eau. de matières nourricières. Propre c'est-à-dire. L’eau n’est donc pas pure. Les fécules et autres farines qui asphyxient toute vie par absorption de tout l’oxygène de l’eau. actuellement. au sens physique du terme.le cas des désherbants et autres pesticides que nos stations d’épuration n’arrivent pas à filtrer. qui filtreraient les eaux de ruissellement avant qu’elles ne rejoignent le cours d’eau. Depuis quelques années. et. l’eau pure. C’est important à savoir parce que certains de ces éléments la rendront plus ou moins « nourricière ».

. poissons étrangers à la rivière et qui peuvent en perturber l’équilibre. (En week-end. Pour mettre en cause le pollueur. Il est donc indispensable d’en mesurer la qualité.pour leur manifester notre mécontentement.97. (Il n y a pas de permanence. faciles à identifier. mais aussi comme « climat biologique imposé à tout ce qui vit dans la rivière. Les lettres. C’est lui mandatera un de ses agents pour aller faire le constat sur le terrain. La qualité de l’eau de nos rivières s’est. Conseillers. Il faut savoir enfin que si le coupable est bien identifié la justice sera très sévère. globalement améliorée. à elle seule n’a pas d’impact définitif mais qui. il nous faut savoir ce que notre milieu-rivière offre réellement à tout ce qui y vit.10.08. La difficulté vient du manque de volonté politique de les appliquer et de la nécessité. le garde chef. Elle est alors. ». évidemment . 06. En définitive. d’apporter des preuves.Le problème de la lutte contre les pollutions ne réside donc pas dans l’absence de Lois. Dans la plupart des cas où elle est encore insuffisante elle n’empêche pas la vie et la reproduction de nos truites. Il ne faut donc jamais hésiter à écrire à nos élus. Elles existent. Souvent les pouvoirs publics. sont pris en tenaille entre leur envie de promouvoir une France propre et les menaces de chômage brandies par les pollueurs ou les pressions des lobbysmes agricoles. disions-nous. vous pouvez contacter Picardie Nature. ajouté à d’autres contraintes également pénalisantes pour la truite peut en limiter le développement.22. Maires. A nous de maintenir la pression sur les pollueurs en intervenant à la moindre alerte NB : Que faire en cas de pollution ? -1) Alerter le CSP en appelant le chef de Brigade local. en justice. et 10 . ont beaucoup d’impact. quand même. Croyez-le ils y sont sensibles. s’il est possible de porter plainte pour se constituer ensuite partie civile et obtenir réparation des dommages subis.29. un facteur pénalisant qui. Je connais des Directeurs d’usines mis en garde à vue à la suite de pollutions dont le Juge a reconnu qu’elles n’avaient rien d’aléatoires mais faisaient partie de leur politique de traitements des déchets. Il y a enfin une pollution « biologique » : algues. c’est la gendarmerie qui prend le relais) 2) Si vous voulez déposer plainte.). la nécessité de la preuve rend la démarche en justice très difficile lorsqu’il s’agit d’une pollution accidentelle. ) L’IBGN L’indice biologique global Normalisé ??? L’eau de notre rivière n’est pas seulement un « élément ». s’il faut. sont relativement peu dangereuses pour nos rivières) Si la pollution est périodique. (Pour ce qui est de la Somme. En Picardie.97. Députés ainsi qu’à nos Préfets. (Noter que les pollutions d’hydrocarbures. vous pouvez contacter une association écologiste. il faut en effet l’identifier personnellement et identifier la nature du produit polluant. c’est un milieu. Voici le téléphone : 03. contrairement à ce qu’on pense. réagir à toute pollution en la signalant à notre Fédération. Quoi qu’il en soit. pas seulement en terme de « pureté chimique ».72.87. Il faut donc réveiller cette conscience écologique chez nos responsables en se manifestant. . la répétitivité rendra l’identification plus facile.

Cette note de 7/20 est particulièrement catastrophique pour les pêcheurs à la mouche. il en est un qui intéresse particulièrement les pêcheurs. Il attribue une note de 0 à 20 après étude et mesure du peuplement d’invertébrés aquatiques. c’est le nombre d’espèces d’insectes aquatiques retrouvés dans les « surbers ». Cet indice nous intéresse car il va déterminer la capacité « nourricière » de notre rivière. sur les Evoissons où la qualité « chimique » de l’eau est acceptable. pour faire disparaître les algues. ne règle même pas le problème de la végétation).. Contre et Fleury auront donc tout intérêt à se préoccuper sérieusement du problème en mettant la pression sur les responsables.. 11 . car elle fait apparaître une carence grave en insectes. On le mesure à l’aide d’un appareil spécial un échantillonneur de type Surber. On voit qu’ici la qualité biologique de l’eau est à la moitié de ce qu’elle devrait être. C’est l’indice global biologique normalisé. ce qui est catastrophique pour leur milieu et. mesurer la variété et la densité des organismes vivants qu’elle contient. Un bon indice nous promettra une bonne densité de poissons. Quelle est la réalité ? On constate que là où les indices chimiques annonceraient une eau relativement pure. Il est donc très important pour chaque gestionnaire de bien surveiller cet indice. Les gestionnaires de Frémontiers. (On attribue cette mauvaise note à l’insuffisance de la station d’épuration de Poix mais aussi à l’impact de la mauvaise qualité des étangs dont beaucoup communiquent avec la rivière. Parmi les nombreux paramètres qui concourent à cet indice. l’IGBN nous oblige à constater que le milieu est en réalité très dégradé. Ainsi.pour cela. (Certains de ces étangs auraient même été traités avec des herbicides violents. on constate que la note IBGN qui mesure la sa qualité « biologique » est de 7/20 en aval de Famechon alors quelle est de 12 en amont et qu’elle devrait être de 13/20 pour être vraiment satisfaisante. à terme.

il faut d’abord que les truites y trouvent lieux et conditions de reproduction et. parfois. Le plus classique est la construction d’épis déflecteurs. On placera ensuite chacun des déflecteurs. il faut regarder le lit et penser au courant qu’on veut lui imposer. avant tout.. Il y a plusieurs moyens pour obtenir ce rétrécissement. les actions Nous le savons. Il faut éviter de fermer l’angle des déflecteurs qui doivent dévier le courent. dans ces derniers. (b) les CRECHES(pour alevins et juvéniles) (c) les Maisons (pour les adultes). Nos rivières alternent des passages rapides et lents. sur la largeur du lit. les manques..) Une bonne réalisation consiste à faire « sinuer » le courant en plaçant des déflecteurs qui renvoient l’eau d’une rive sur l’autre. On voit sur le croquis ci-dessus derrière chaque déflecteur la zone qu’il convient de consolider avec des branches et des boutures pour qu’elle s’affermisse. les truites ont besoin d’une eau oxygénée.Le milieu physique : les besoins. vérifier que notre rivière répond à ses critères et nous supposerons pour la suite qu’elle y répond. pour chaque age. Mais. Parfois. le courant devient vraiment trop lent. pas le bloquer. Il faut alors retrouver un courant plus rapide en rétrécissant artificiellement le lit de la rivière. fraîche (maximum 21° et ) courante. (On trouve sur internet en cherchant « épis déflecteurs » de très bonnes indications sur le sujet. avant de rentrer dans le cas par cas. Cela fixera le limon. A l’arrière du déflecteur.) et le limon finit par l’envahir. Pour réussir. 12 . Que faut-il de plus à notre rivière pour qu’une population de truites y prospère ? Nous l’avons dit. Cela est souvent dû à un élargissement progressif du lit (piétinement des vaches par ex. abri et nourriture. il sera bienvenu de déposer des fagots d’osiers ou d’aulnes et du bois mort. Il faut donc. des rameaux reprendront vie et créeront une ripisylve et donc des abris. il faut parler de la nécessité dans nos régions d’intervenir. Il faut donc nécessairement recenser les HABITATS : (a) MATERNITES (frayères).

et s’effectuera parfois sur des kilomètres. Ces déflecteurs. Il conviendrait de les alterner. (Maternités) Pour se reproduire. Ainsi en va-t-il des barrages. Le limon se dépose. ou de les doubler d’un passage adapté autorisant la migration. chutes de plus de 30cms de hauteur non munies de passes à poissons. (Contre) Revenons aux « habitats » : 1) Les Frayères.) Un premier objectif sera donc de supprimer ces obstacles. Elle y sera rejointe par des mâles qui entreront en compétition.Berges dégradées par les troupeaux le lit s’élargit Le courant ralentit. le moment venu. 13 . féconder les œufs qu’elle expulsera dans le courant. ces retenues ralentissent le courant jusqu’à l’arrêter et favorisent ainsi le dépôt de limons qui obstruent les frayères . « la truite Sulpicienne » 1ère observation : Tout ce qui interdit cette migration empêchera donc une reproduction normale. (En outre. source. et qu’elle recouvrira par du gravier. la truite femelle va migrer pour trouver un lieu propice au dépôt et de ses œufs . pour. Frai de truites.Cette migration sera aussi longue que nécessaire. s’ils existent. ne font pas « sinuer » le lit comme indiqué sur le croquis.

La menace de toucher au portefeuille peut être un argument décisif. Rien n’a été fait par manque de volonté politique. le site est tout trouvé. du moins acceptable. sinon constant.C’est un objectif qui se réalisera sur le long terme et qui nécessitera l’appui du CSP et de la mission inter-services de l’eau de la DDA. mais aussi des taxes aux propriétaires. toujours de Droit.6 a classé la truite fario dans les migrateurs. Ces obligations. ne sont plus respectées mais peuvent toujours être exigées. la directive 436. Il faut donc commencer par demander à la police de l’eau de dresser un PV constatant le fait. Il ne sera pas inutile d’évoquer les vieux règlements (Droits de l’eau) qui. irrigué par un courant vif mais sans excès. à fond de graviers d’une taille comprise entre le petit pois et la noix. (police de l’eau). Il faut donc prioritairement rechercher sur le parcours dont on la charge les sites où ces frayères existent ou pourraient être reconstituées. de sorte que les propriétaires d’ouvrage et particulièrement les piscicultures avaient 5 ans pour créer des passes à poisson. Il faudra ensuite faire pression sur l’administration. 2ème observation : Une frayère à truites est généralement un radier. Dans la Somme. lorsque ces barrages ont été construits. Cyr (Les Evoissons) 14 . Si l’on a la chance de recevoir sur le parcours un ruisseau tributaire (affluent) coulant de source propre avec un lit de gravier et un niveau d’eau. imposaient des contraintes de débit et d’ouvertures régulières des vannes. Fond de gravier (ruisseau tributaire de l’Airaine) Fontaine St. . et sur nos élus locaux pour obtenir que ces Pv soient suivis d’effets. peu profond (20-40 cms).

ces frayères pourront être utilisées pour y déposer des œufs (voir plus loin. Noter aussi que la présence d’ombres qui utilisent les mêmes frayères. Cette phase est brève et très importante.. L’opération peut se faire avec un cheval tirant une herse. sous l’effet d’apports extérieurs amenés par la pluie. La reproduction naturelle peut s’observer de décembre à février en Picardie. bien irriguées ou le limon semble ne pas se déposer (en effet si l’opercule de l’œuf se bouche. créant ainsi un remous qui va permettre une oxygénation maximum des oeufs : Coupe verticale 15 . Une surface minimum de 5-6m2 « utiles » est souhaitable. soit dit en passant. la larve d’alevin mourra) afin de les restaurer si nécessaire et les protéger. doivent être fécondés dans les secondes qui suivent et aussitôt enfouis par la femelle. (Mais. On voit bientôt le mâle choisi se poster à coté d’elle. ce qui. une réaction bio-chimique se fait qui agrège les graviers et le fond du lit peut se compacter. Elle a lieu pour des températures d’eau inférieures à 12° (il faut donc mesurer régulièrement la .) Il faut alors impérativement y remédier en « hersant » le lit pour le décompacter. au moins de novembre à mars avec une vitesse de courant de 40-60cms/sec. Alors commence la ponte.Sinon. Des perturbations (par ex. température de l’eau. un creux et un monticule. il faut repérer dans la rivière des « plages » de gravier. (Ce « mal » est facile à détecter. attention à ne pas démolir les berges en y faisant passer des engins) Noter aussi que tant que la reproduction naturelle ne couvre pas les besoins. un tracteur ou… des pioches et de l’huile de bras. boites Vibert). laquelle déclenche immédiatement l’émission de la laitance du mâle. Il faut compter pour séduire les truites que cette nouvelle gravière ait une dizaine de cms d’épaisseur et soit recouverte de 20cms d’eau. Il suffit de marcher quelques mètres dans la rivière. un motoculteur. trop de géniteurs) peuvent faire perdre une grande partie voire la totalité de la ponte. ce qui interdit aux truites de fouailler et creuser le sol pour y déposer leurs œufs. sera également utile aux pêcheurs) C’est un spectacle émouvant de voir les femelles préparer le terrain en creusant le fond de graviers avec leur queue dans de violentes détentes. il faut rechercher dès le printemps des sites propices à une création de frayères qu’on pourra constituer en déposant une couche de gravier. mais plus tard. Dans certaines rivières calcaires. Les œufs. A défaut. peut aussi détruire une partie du frai des truites. A noter le remarquable instinct de la truite qui réalise dans le lit de gravier.

lui facilitera la vie en lui offrant des abris spécifiques que. S’il n’y a pas cette végétation. Pendant cette période. particulièrement celles des frênes qui s’étalent horizontalement. mais toujours dans des lieux où le courant et la profondeur sont faibles. Certains arbustes sont très faciles à planter (aulnes. osiers) En se développant. et à proximité immédiate des lieux d’éclosions . on pourra placer des fagots de bois mort là où d’instinct les alevins seraient allés chercher abri : le long des berges (avec un angle de 20° pour créer un contre-courant ou un remous derrière lui). Le nombre et la qualité de ces abris détermineront la densité de poissons qui se fixeront sur votre parcours. Instinctivement. disposer des petits tas de cailloux de la taille d’un œuf à celui du poing entre lesquels les alevins trouveront un abri à leur mesure. Le gestionnaire avisé. à proximité de la frayère. On peut aussi. (Attention à ce que les crues d’hiver ne les emportent pas). attendre 72 jours (dans une eau à 10° après la pon te pour que les alevins deviennent ) autonomes. constituent d’excellents abris. le piétinement ou les travaux dans la rivière sont désastreux. leurs racines fixeront la berge. apportera ombre et nourriture (insectes terrestres) à vos poissons. jusqu’au 31 mars voire 15 avril environ. 2) Les « Crèches » devront protéger l’alevin des prédateurs intérieurs ou extérieurs. dans le même esprit. Ne pas hésiter à rompre la monotonie du cours en en plantant. c'est-à-dire. D’abord ne pas supprimer l’existant. en couvrant les bordures. les alevins restent ) tributaires de la frayère encore 300 degrés jours (30jours dans une eau à 10° Il faut donc ). Les racines. Créer une ripisylve là où c’est nécessaire. Il peut donc être sage d’immerger ces fagots dès le mois d’octobre-novembre pour qu’une vie aquacole s’y développe avant leur colonisation par des alevins. 3) L’habitat adulte (les « maisons ») La truite adulte se crée un territoire adapté à sa taille où elle pourra chasser et s’abriter. ils se nourriront de la vie animale qui se développera dans le bois mort. pour simplifier. Passé ce délai de 72 jours environ. dans peu de fond.L’incubation dure 420 degrés jours (42 jours dans une eau à 10° mais. il est indispensable de favoriser la fixation des truites par la création de nombreux abris pour adultes: *** ABRIS SOUS BERGE : Cela peut être - Les racines des arbustes et buissons. Ils y seront abrités des prédateurs de tous poils et plumes et. créeront des abris sous l’eau et leur feuillage. Lorsque le lit est par trop rectiligne et/ou uniforme. l’alevin devient autonome et affronte la vie sauvage. j’appellerai « crèches ». 16 . On trouve aussi beaucoup de cornouillers et de sureaux. les alevins vont chercher les endroits où ils trouveront un courant modéré (souvent un contre-courant) et un abri qui les protégera des « gros » et des oiseaux La ripisylve (végétation des berges) est idéale (voir plus loin).

ne sont pas un obstacle à la lumière. Cette diversité des lumières est bénéfique. 17 . qui divisait suffisamment le courant.. ATTENTION à la question de la lumière : Pour se développer la végétation aquacole a besoin de lumière. retenues par des piquets et sous lesquelles les poissons s’abriteront. Mais. - des fascines d’osier fixées le long de la berge à hauteur de la couche supérieure. pour créer un poste d’affût. ne pas toucher aux arbustes qui . et les endroits sombres dans les passages éclairés). surtout. *** ABRIS DANS LE LIT: on peut avantageusement placer de nombreuses grosses pierres trouvées dans des chantiers de démolition ou simplement dans la nature et tout ce qui peut « casser » le courant. Mais tous les arbres sont bons. eux. (on disait d’ailleurs chez les vieux pêcheurs que les truites cherchent les places claires dans les passages sombres. Il est indispensable que le soleil passe et si la berge ensoleillée est plantée d’un rideau de grands arbres. J’ai souvent vu des truites s’abriter derrière un simple pieu placé au milieu du lit. On pourra aussi « donner de la profondeur » aux secteurs qui en manquent en créant de petites chutes. il sera utile de faire des trouées laissant passer le soleil. mais sur une faible hauteur (30 cms). (Source Fédération de pêche de Haute Savoie) - Un tronc ou une grande branche d’arbre abattu par la tempête que l’on fixera en lui donnant un certain angle avec le courant (simplement pour l’empêcher d’être emporté). Il suffira de barrer le lit avec des planches ou des pierres.- Les arbres : On a parlé des frênes pour leur qualité de racines.

J’ai vu en Irlande une petite rivière ainsi barrée tous les 20 mètres sur près de 200 mètres. déflecteurs etc. Création d’abris. vous pouvez demander à ce qu’une partie de ces fonds soit désormais affectée à vos travaux et non au repeuplement. nécessairement. Le nouveau rôle des syndicats d’entretien des rivières Ces syndicats ont été créés quand les propriétaires riverains des rivières dites de 1ère catégorie ont préféré déléguer l’entretien de leur propriété à des entreprises spécialisées. Novembre : préparation des «crèches» pour juvéniles et plantations. la nature et la profondeur du lit. créons des abris et encore des abris. il manque quelque chose à nos habitats. Hersage des fonds colmatés. Nettoyage sans excès des arbres tombés dans la rivière Début Mai : introduction de truitelles de l’année (voir plus loin) si nécessaire en phase de gestion patrimoniale différée. Si un déséquilibre apparaît. des « gros » (40 cms et plus) aussi bien que des truitelles. 18 . Pour ce faire. La baisse des eaux prive en effet les poissons d’un grand nombre des abris qu’ils trouvaient sous les berges creuses. Noter enfin. Décembre : pose des boites Vibert (voir plus loin) si nécessaire Mars : Travaux sur berges (On ne marche dans le lit que très localement et toujours loin des frayères). Il est intéressant (en l’absence de pêches électriques) de le vérifier en demandant aux pêcheurs s’ils prennent des sujets de toutes tailles et. on pourra programmer les actions sur la rivière comme suit : Octobre: préparation des frayères repérées dès le printemps. notamment. (il n’y en aura jamais trop) et varions les habitats en intervenant s’il le faut sur la largeur. Le rôle de ces syndicats était donc jusqu’à présent (2006) limité à l’entretien. qu’en période de sécheresse ces abris doivent être multipliés.. création d’abris dans le lit. nous devrions y trouver des sujets de toutes les tailles. - NB : Si votre association est agréée par la Fédération et que vous touchez une subvention pour le déversement de truites adultes.. essentiellement pour éviter les gros désordres (troncs abattus. c’est que. ce qui lui permettait d’abriter de beaux sujets Contrôles : Si notre rivière offre suffisamment d’abris pour chaque age. entassements de branches ou autres déchets) susceptibles d’aggraver les conséquences d’une crue. En RESUME.

Des pêches électriques sont souhaitables mais très chères dans la Somme.de. 19 . pour le bassin de la Selle : riviere. c’est que le 9ème programme de l’agence de l’eau s’oriente vers la restauration des milieux aquatiques. mais il ne doit pas pour autant. perches et brochets. On connaît aussi la voracité des perches….. Si les dégâts ont déjà commencés appelez directement cette Mission (Dans la Somme. encore moins détruire les « ouvrages » que vous avez construits pour enrichir votre rivière. Il ne manque pas d’étangs dans nos régions pour les y mettre. La « Directive cadre sur l’eau » va conditionner l’octroi de subventions aux syndicats à leur engagement dans la restauration des milieux. D’un point de vue pratique. Ce sujet doit donc être traité en collaboration avec des chasseurs. ni couper les arbustes et autres arbres qui forment des abris caractéristiques et. cela signifie que les propriétaires adhérents vont pouvoir demander à leur syndicat de travailler à améliorer le milieu. afin qu’ils les conduisent au mieux. être « oublié ».selle@wanadoo. Ce peut être par courriel. Ils doivent en effet se soumettre à la Loi sur l’eau et à la Loi sur la Pêche lesquelles leur interdisent de s’attaquer aux sites de reproduction (frayères). Les prédateurs : Sujet délicat. nouvelles pour eux. il faut contacter le Directeur du syndicat de votre rivière (votre Mairie vous dira comment faire). on ne remet jamais à la rivière une perche ou un brochet. leur nombre est régulé par des décisions préfectorales ( !!!). les prédateurs aquatiques.fr ) et si les choses se corsent. service « courrier DDAF » (dans la Somme 1 Bd du Port 80039 Amiens) qui leur adressera une mise en garde. En cas de litige. On pourra aussi faire des journées « spéciales prédateurs » pendant lesquelles les pêcheurs se concentreront sur ces poissons. On distinguera d’abord. le responsable du PGPD à la Fédération de pêche ou encore le Responsable du CSP (Conseil supérieur de la Pêche) Si vous avez eu à souffrir dans le passé de tels agissements et que vous craignez qu’ils se reproduisent. En cas d’accord (probable) il sera utile de demander à la Fédé de nous aider à former le personnel du syndicat à ces tâches. Quant aux prédateurs ailés. Il sera donc bon de se rapprocher d’eux si l’on a besoin de décompacter ou de créer une frayère en y déversant du gravier. au 03 22 97 23 08) Mais. (par ex. essentiellement. Notamment ils doivent respecter les notions de « vieux bords » et « vieux fonds » des lits de rivière. nouvelle mission et source de revenus pour eux. (un de mes amis a pris à l’épuisette en Normandie un brochet de 75cms dont l’estomac contenait une truite de 35). vous devez veiller à contrôler les excès de zèle des grutiers et autres débroussailleurs qui ne doivent jamais détruire le fond des lits par des curages intempestifs. Il est certain que ces poissons sont friands de salmonidés. aux abris et aux lieux de nourrissage du poisson.Leur rôle n’a donc jamais été de transformer la rivière en canal. la bonne nouvelle. Qu’il soit clair dans le règlement de notre société qu’en 1ère catégorie. vous pouvez agir préventivement en adressant un courrier à la Mission Interservice de l’eau. Vous pouvez.

au mieux. évidemment. vous pourrez proposer 2 mailles distinctes. mais aussi un bon avocat.(2 ) Des contraintes humaines Tout gestionnaire de parcours a des contraintes financières.(4) Choix de la maille : Supposons que ce gestionnaire ait le charisme et l’autorité qui lui permette de faire accepter une maille à 30. Acceptera-t-il une maille à 30 ou 35 sans contrepartie? Nous verrons qu’il y a des solutions. La rivière contiendra des sujets de toutes tailles dont un bon nombre de sujets de 40 qui assureront une belle reproduction et. une taille de 32 ou 35cms étant. . qu’une centaine d’œufs.Lui seul peut transmettre à ses adhérents l’enthousiasme qui leur fera accepter une solution. Le « No-kill » Le sujet est. très simple et très compliqué à mettre en œuvre. lesquels ne produiront qu’une truite de 25cms sans compter les prélèvements des pêcheurs. 7 à 8 atteindront à leur tour les 30 cms. que le but à atteindre sera la maille à 32 ou 35. Le nombre de prélèvements. auront eu le temps de produire un seul futur adulte. aussi. A l’évidence. c’est une vraie condition du succès.(3) Une alternative s’impose : Ou bien le gestionnaire responsable se contente « ad aeternam » d’une politique de déversements. mais combien excitante. non seulement un honnête technicien. .Définir une politique de la pêche. Tandis qu’une truite de 30cms à l’ouverture aura produit 700 œufs qui donneront normalement une quinzaine de truites adultes de 25cms dont la moitié. Prendre une truite naturelle de 40 est un vrai bonheur. il a compris qu’on peut espérer beaucoup mieux. soit. ce qui résoudra beaucoup de vos problèmes. - (1) De simples évidences : La truite femelle commence à se reproduire à 2 ans et deviendra une excellente génitrice au fur et à mesure des années qui passent. en fait. quel bonheur. Le pêcheur est donc un « client » qu’il doit séduire sous peine de le perdre. Il sait déjà. il lui faudra être. On voit dans le tableau ci-contre qu’une truite de 25cms à l’ouverture de la pêche n’a pondu. Pourtant. . Ou bien. Dans ce cas. et qui leur proposera des contreparties. . il faut lui proposer du poisson. Or. un vrai plaisir au pêcheur. c’est que pour conserver ce pêcheur. bien préférable. C'est-à-dire qu’une maille de capture à 25 cms en mars éliminerait des quantités de sujets qui. à la fois. même bien faits. 20 . La Maille. Mais alors. le maximum de fécondité « utile » étant sans doute sa 4ème et sa 5ème année. Comme vous le verrez plus loin. certes exigeante. à partir d’œufs ou de petites truitelles. tant que vous serez en gestion patrimoniale « différée » en introduisant dans la rivière des poissons différents et facilement identifiables. il faut attendre pour la prélever qu’elle ait atteint cette taille. La maille à 30 semble donc un minimum raisonnable. ce sont les pêcheurs qui lui apportent ses indispensables ressources. Et la réalité.

Les réponses sont simples et s’imposent d’elles mêmes. obligatoires pour les saumons) que le pêcheur doit attacher à toute truite fario qu’il décide de conserver. 21 . on ne décroche pas plus de poissons pour ça ! c’est simplement une question d’habitude et donc de formation. si l’on s’en tient aux chiffres donnés plus haut. la pêche de loisir ne peut plus être une pêche alimentaire. semblable à celui des bracelets utilisé par les chasseurs depuis des années. n’est donc même pas un choix. tocqueurs et cuillieristes. videra complètement un parcours de 4kms de toutes ses truites de 25cms et plus…. qui. si l’hameçon est profondément engamé. Limiter le nombre de prises par jour et par an. On le sait. (voir le site remarquable de « la truite sulpicienne et béninoise » sur internet. beaucoup de sociétés l’exigent. à la fermeture. polémique qui conduit inévitablement à une guerre entre moucheurs. Remettre à l’eau un poisson mort est évidemment un désastre. C’est pourquoi. Encore faut-il absolument les introduire dans le règlement : - - Il ne faut pas qu’il saigne : une seule solution : Ecraser les ardillons. Certaines sociétés ont mis en place un système très intelligent de bagues (identiques à celles. Selon les sociétés. La « carte de prises » faite de cases journalières que l’on coche dès que l’on a décidé de garder un poisson est très facile à gérer. Les limites journalières et annuelles pourront être fixées avec du bon sens et s’il le faut. absolument. C’est très facile. le choix s’impose de luimême. quel que soit le mode de pêche. l’aide de la Fédé qui peut définir ces « stocks-limites ».- 5) Le nombre de captures : Le sujet devient de plus en plus brûlant. le stock initial ». surprise. La vraie question est comment remettre à l’eau un poisson aussi intact que possible. les pêcheurs se contrôleront entre eux ou se soumettront aux contrôles d’un garde. mais aussi de plus en plus gratifiant. pour reconstituer. C’est un objectif obligatoire vers lequel il faut tendre.(6) Les techniques de pêche : Tout ce qui précède devra conduire les pêcheurs à remettre à l’eau beaucoup de poissons.Et. La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.). l’important n’est pas de polémiquer sur les techniques de pêche. . A l’évidence. . au moins. dans une société de 100 pêcheurs conduira à un prélèvement total de 1000 truites. me semble à la fois très pratique et efficace. La plus belle rivière ne peut tolérer qu’un certain prélèvement que l’on définira comme « la différence entre la population de truites à l’ouverture et celle nécessaire. Entre une truite vivante et un hameçon. Calculons : une limitation à 10 truites par an et par pêcheur. couper le fil et faire son deuil de l’hameçon. Ce système.

II ne faut pas qu’il soit mortellement épuisé : le combat doit être bref. - (7) Qu’en est-il du « no-kill » ? Gracier tous les poissons va leur permettre de grossir s’ils survivent. notamment aux jeunes. à se nourrir et à sortir de leurs caches. car il ne laisse aucune place aux arrivants. le contrôle continuera de s’imposer si on a le moindre doute. éviter de poser le poisson dans l’herbe . Il n’est pas admissible que les efforts consentis soient annihilés par un ou deux individus peu scrupuleux. un surnombre de gros poissons n’est pas favorable au renouvellement des générations (compétitions destructrices sur les frayères).éventuellement en forçant sa ré-oxygénation par des mouvements de va et vient qui vont faire pénétrer l’oxygène de l’eau par ses branchies). Dans les plus petites sociétés où chacun se connaît. il est demandé dans le règlement aux membres du bureau de contrôler les pêcheurs qu’ils rencontrent. les spécialistes s’accordent à dire que la concentration de pêcheurs sur un tel parcours stresse énormément les poissons qui hésitent. Ils ont une carte spéciale sous plastique qu’ils portent en permanence. c'est-à-dire si tous les abris potentiels sont utilisés. ce qui impose de pas pêcher trop fin et si possible d’avoir une épuisette (Evidemment. si la rivière affiche « complet ». En outre. va à la définition d’une maille élevée (35 ou plus) et à une limitation du nombre de prises par pêcheur et par an s’appliquant à l’ensemble du parcours. et le remettre très vite à l’eau – le mieux étant de le décrocher sans les sortir de l’eau . Dans certaines sociétés importantes comptant beaucoup de pêcheurs (La truite de Milly/Thérain). après plusieurs expériences malheureuses. Enfin. 22 . et de loin. Par contre. 8) La Surveillance Elle est essentielle et doit être l’œuvre de tous. Les pêcheurs comprennent que ces contrôles sont effectués dans l’intérêt de tous. Le plaisir de la pêche sur un parcours « no-kill » sera de prendre de gros poissons. C’est pourquoi ma préférence. le no-kill est inutile. ne pas le prendre dans une main sèche.

Les « souches » sont indéterminées. toutes ces « usines à poissons » sont frappées de maladies. Il vous faut. Ceux là ne supportent pas la médiocrité. ce n’est pas évident. Ce n’est certainement pas là qu’il faut chercher œufs ou truitelles. sont incapables de se reproduire sans assistance humaine.. Elles sont plus loin. Vous entreprenez chaque année de beaux travaux d’aménagements qui améliorent votre milieu. plus chères. comment faitesvous pour éviter les problèmes de consanguinité ? En important des mâles d’une autre pisciculture ? de même qualité ? En ne traitant pas ce problème ? Peut-être aurez-vous à choisir 2 piscicultures pour croiser leurs produits si vous faîtes régulièrement appel à eux. temporairement aider la nature. Mais…tout ceci est garant d’un avenir à 2.) ou sont-ils simplement les descendants de géniteurs pris dans la rivière ? (certaines piscicultures de qualité ont si peur des maladies qu’elles ne veulent pas introduire « d’étrangers » même sauvages. Que faire aujourd’hui ? Vos pêcheurs veulent prendre du poisson dès maintenant et vous êtes toujours en « patrimonial différé ». Il existe des piscicultures « Fédérales » ou privées qui signent la charte des producteurs de salmonidés de repeuplement.Que faire en attendant la gestion patrimoniale? Vous avez réussi à réunir autour de vous une équipe motivée et enthousiaste. 2) Choisir la méthode : (1) Les Œufs : Dans la nature la fécondation des œufs est aléatoire.. C’est en agissant sur la demande qu’on convertira les producteurs. se sont mises aux normes européennes qui ne donnent un label qu’aux piscicultures exemptes de maladie pendant 5 ans. Posez-leur des questions : - - D’où viennent vos géniteurs ? Directement de la rivière voisine ? (Insistez pour que cela soit le cas.(à vérifier avant toute « commande ») Celles-ci peuvent vous intéresser. la sélection conduit à faire des truites qui grossissent vite et souvent. d’accord. qui peut-être. En outre. 3. en plus. L’œuf expulsé par la femelle n’a que quelques secondes pour être fécondé. On peut leur rétorquer qu’il leur suffit de les mettre dans un bassin de quarantaine) - Sinon. Comment faire ? Il y a 2 problèmes distincts : (A) les apports destinés à encourager votre population « sauvage ». 5 ou même 10 ans. Il vous faut : 1) Choisir la pisciculture : Les piscicultures autour de vous « fabriquent » des truites pour l’alimentation. Vous avez fait comprendre et accepter une maille à 30 ou 35 et une limitation drastique du nombre de prises. A la date du 1/04/2006. s’ils sont seulement les descendants de truites « sauvages ». On les estime à 5%… 23 . aucune pisciculture de la Somme n’est en mesure de fournir un agrément maladie délivré par les services vétérinaires (DDSV). Il y a peu d’élus.

) Les 1000 œufs se vendaient 10. Vous remplirez un panier en plastique retenant les graviers mais permettant la circulation de l’eau (par exemple du modèle dont se servent les maraîchers).80€ pièce en décembre 2005. au prix de1. Avec des graviers de la grosseur d’une grosse noix. En réalité. la façon de déposer les boites dépend du lieu et de sa propension ou non au dépôt de vase.) et il vaut mieux réduire l’espace-temps entre la mise à l’eau et l’éclosion. destinés à assurer leur fermeture. le risque majeur est le colmatage des œufs dans la rivière par de la vase ou du limon.Vous placerez votre boite Vibert sous la surface de vos graviers en prenant une marge de sécurité pour qu’elle ne soit pas découverte si l’eau venait à baisser légèrement. (En effet. Limez-les avant d’aller à la pisciculture de votre choix. qui vous empêchent de les ré-utiliser. (Attention : elles ont des cliquets. Il vous suffit d’acheter des boites en plastique.En pisciculture. percées de trous à la coopérative DIA (57 rue Letort 75018 Paris. C’est mieux.06€ en décembre 2005 dans une pisciculture fédérale. - - - - Vous placerez votre panier dans un ruisseau tributaire ou dans un lieu bien choisi « sans limon ». Vous irez dans cette pisciculture juste avant la date d’éclosion des œufs.A discuter si vous en achetez beaucoup) Remplissage d’une boite Vibert (Pisciculture Fédérale de Seine Maritime) - Ces boites contiendront 1000 œufs fécondés. s’ils ne sont pas tous du même calibre. L’intérêt d’utiliser un panier est qu’il recréera le fameux remous que les truites réalisent d’instinct . on arrive à obtenir une proportion de 98% d’œufs fécondés ! L’ingénieur Vibert a inventé une méthode pratique et très peu onéreuse pour introduire ces œufs dans votre rivière. 24 .

Il semble donc que l’achat de truitelles doive être réservé aux parcours douteux de ce point de vue ou. (Voir le paragraphe « maternelles»). Seuls resteront les oeufs « blancs » non fécondés ou colmatés. vous n’en souhaitez pas moins introduire du poisson aussi proche que possible de l’état « sauvage ». si vous avez la chance d’avoir des gravières bien préparées et peu de limon. Vous pourrez ainsi faire un 1er comptage. vos œufs seront ramenés à une température voisine de 0° Il est TRES important de les laisser progressive ment revenir à la température de . des nuages de vase s’en échappent. il vaut mieux trouver un autre endroit. ni sur vos alevins ! Comptez 30 à 40 jours dans une eau à 10° avant de relever vos boite s avec la plus grande précaution. je peux vérifier si mon endroit est bien choisi. peut-être. 25 . On peut construire des « boites d’éclosion » (voir le site de la truite Sulpicienne) - - (2) Les truitelles ou les alevins : Pourquoi choisir des truitelles ? En effet. Les alevins les auront quittées mais ne seront pas loin.Cagettes contenant une boite Vibert placées sur une frayère - - ATTENTION : pour le transport.. Bien entendu. proximité immédiate des abris pour les alevins. Cela peut prendre une bonne demi heure. vous prévoyez à. voire fatal. Une bonne méthode est d’attacher une longue ficelle à chaque boite. Contrôle : Ne marchez pas sur vos œufs. pour « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ( !) » Mais. l’eau de votre rivière en aspergeant votre boite d’eau. Il est clair que si en secouant la cagette dans l’eau après quelques jours. les œufs sont une solution beaucoup plus avantageuse : 10€ le mille contre 76€ pour 1000 truitelles de printemps (5-6 cms). mais vous évitera un choc thermique grave.. si vous avez décidé de recourir aux truitelles. NB : il existe des alternatives aux boites Vibert. Vous pourrez ainsi les retirer plus tard sans piétiner les abords CONSEIL : je place mes cagettes dans la rivière un mois avant d’y introduire mes boites Vibert. Ainsi. en complément.

de souche « méditerranéenne ». relativement peu nourries artificiellement.. D’où une comparaison délicate. et temporairement. vous vous efforcerez d’introduire ces truitelles dans votre rivière par petits paquets dans des sites où vous vous serez arrangé pour qu’elles trouvent immédiatement des abris à leur taille et où les prédateurs extérieurs ne viennent pas. trouveront fin avril. les conditions de vie extrêmement rigoureuses dans les torrents alpestres sont difficilement comparables avec celles de nos rivières. 26 . attention. vraiment concluante. mais n’est pas. ces truitelles valent 76€ le 1000 dans une pisciculture fédérale - Contrôles : Il est important de pouvoir contrôler le résultat de vos efforts et.. notamment des crues violentes de fonte des neige que nous ne connaissons pas ici. début mai de quoi se gaver dans la rivière. imposer : - une maille à 25 pour ces aec et une maille à 35 pour les farios. pas trop imprégnées par l’homme. Les spécialistes scientifiques du CSP ou des Fédérations seront indispensables. du fait. En effet. : Vous pourrez. dont un. qui. tant la nourriture y sera abondante. Cette étude soulève une question. (B) Des truites adultes « à prendre immédiatement » : Si vraiment. particulièrement ceux qui veulent « ramener du poisson ». les truitelles contrôlées provenaient de souche de farios « atlantiques » alors que la population autochtone est faite. - Sachez quand même que les statistiques faites en Haute Savoie démontreraient que ces truitelles se font prendre plus vite que celles nées dans la rivière. il faut pouvoir les comparer d’une année sur l’autre en choisissant une méthode. En outre. des AEC présentent de nombreux avantages. Vous pourrez ainsi définir une politique de pêche spécifique qui protégera votre précieux cheptel de « sauvages » tout en donnant satisfaction à vos adhérents. en outre. Des truitelles de 5-6cms marquées (par ablation de l’appendice adipeux). si vous voulez que ces contrôles aient un sens. le plus gros sujet avait atteint 23cms ( !) et la moyenne se situait à 16cms. malgré toutes les bonnes décisions prises. par exemple. - Evidemment. mettez leur des arc en ciel qu’ils prendront rapidement. issues de la pisciculture fédérale Ste Gertrude ont été introduites dans la Bresle début mai 2005. Si vous êtes dans l’obligation d’acheter des truites adultes « à prendre ». majeur : 1) Les arc en ciel sont facilement identifiables par tous vos pêcheurs. ce qui est encourageant. En mai 2006. Non ce n’est ni une plaisanterie. seules des pêches électriques peuvent vous le permettre. ni une provocation. En 5 mois. évidemment. Des reprises de contrôle ont été effectuées en octobre 2005. Mais. vous n’arrivez pas à fournir à vos pêcheurs suffisamment de poissons adultes et que leur pression est irrésistible. à mon avis.- En optant pour des truitelles de 5 mois issues de pisciculture spécialisées qui feront alors 5-6 cms vous aurez des truitelles élevées dans le noir.

Ces poissons sans avenir peuvent être achetés dans la pisciculture du coin. Ceci.. mais vous vous priverez d’une politique de maille différenciée qui réconcilierait tout le monde…. 27 . (Pas de sureffectifs) 4) Une AEC de pisciculture est un meilleur poisson de « sport » qu’une fario de même origine. évidemment. (Mise en place d’un système de bagues ou de cartes de prises comportant des cases à cocher dès la prise). puisqu’elles sont destinées à être prises immédiatement. (Mais évidemment. ( Exiger un certificat des services vétérinaires) Vous utiliserez l’argent économisé à des actions de fond. même éphémère. elle satisfera aussi bien les pêcheurs au ver que les « moucheurs » parce que cette espèce « monte » bien sur les mouches… Sans doute les réticences seront-elles grandes de la part de pêcheurs non avertis ou hostiles par principe à la coexistence. Vous pourrez toujours introduire des farios d’élevage. Il semble prouvé que s’il en reste quelques unes à la fermeture. Repartissez vos déversements par petits paquets étalés dans le temps et dans l’espace pour qu’elles soient prises aussitôt.Une limitation des captures de farios à x par an. elle ne tiendra pas la comparaison avec une fario sauvage) Et. 2) Elles n’interviendront pas dans votre processus de restauration du milieu. - 2) Ces aec sont sensiblement moins chères que des farios. elles ne perturberont pas vos « sauvages » avec lesquelles elles ne se croiseront pas. sous réserve que celle-ci soit exempte de maladies. jusqu’à ce que votre rivière soit capable de produire assez de poissons « naturels » pour satisfaire tout le monde.. dans nos régions. de farios et d’aec.

C’est tout le bien que ce petit document nous souhaite. les techniciens de la Fédé. caches. dans le vrai sens du terme. Surveillons aussi la qualité de notre eau et maintenons la pression pour la préserver En attendant. Lançons l’idée que nous pourrions conjuguer nos efforts. Les pêcheurs compenseront avec de l’arc en ciel. Et préparons-leur de bons abris qui les fixeront et leur permettront de grandir (les « crèches) Menons une politique de pêche tournée vers l’avenir en fixant une maille élevée pour les farios (30-35cms) et. Alors nous pourrons planifier nos actions : Aménageons nos parcours. rivières. introduisons souvent et en petites quantités des truites de 25 « à prendre ». notre rivière sera transformée. Pour faire plaisir à vos pêcheurs. avec comme priorité la reconstitution du milieu. toujours mécontents.Truites. Vous verrez. et une maille « attractive ». restauration des berges. La gestion de rivière n’y échappe pas. Croire qu’on retrouvera plus de pêcheurs de truites en leur proposant des caricatures de poissons sauvages est une erreur. si possible des arc en ciel. (sans exclusive : appma ou associations non affiliées. Et. Non. le but à atteindre. est possible. pas de quota. organisons une ou des réunions avec les spécialistes du pdpg. aidons la nature en lui apportant œufs et/ou truitelles issus de « bonnes » piscicultures. Puis. aménagement ou suppression des retenues) pour créer un milieu capable de « produire » et « d’accueillir » une population beaucoup plus dense de truites « naturelles. c’est l’essentiel (frayères. pour cette espèce. « privés »). tout cela doit commencer par de la pédagogie et encore de la pédagogie. les travaux à entreprendre. le CSP peuvent-ils nous y aider. Sans doute la Fédé. si (et seulement si) nous devons déverser des poissons adultes. pêcheurs en Picardie: conclusions La vie est une succession de compromis entre ce qui est idéal et ce qui. Expliquons patiemment la situation réelle. et les spécialistes. C’est la qualité du parcours qui attirera de nouveaux pêcheurs. la difficulté ne vient pas des pêcheurs de truite. ». 5 et 10 ans Réalisons tout cela dans la concertation avec nos voisins. Commençons par proposer des rencontres. Bon courage ! 28 . râleurs. Invitons nos adhérents à y participer. abris. En 5 ans. l’Autriche. Les messages passeront beaucoup mieux. Pensons à demander dans le règlement d’écraser les ardillons et de sacrifier les hameçons engamés. c’est passionnant. sur le moment. ( grouper nos commandes et/ou nos actions?). Désormais tous efforts humains et financiers porteront sur le peuplement en truites sauvages. c'està-dire notre programme sur 1. Ce qu’il nous faut c’est prendre une décision fondamentale: changer nos priorités. et là. l’Irlande et certaines régions françaises comme l’Aveyron et la Haute Savoie l’ont très bien compris. La Slovénie. sans accident de pollution ou de sécheresse. des prélèvements TRES limités. mais de plus en plus « écologistes ». si le « stock de départ » est insuffisant.