Obama an I : petite éclaircie mais très gros nuages Sarkozy à mi-mandat : avis de tempête(s) France : après les mosquées

, voici la Banque Hallal

RIVA R O L
“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”
N° 2927

HEBDOMADAIRE DE L’OPPOSITION NATIONALE ET EUROPÉENNE

13/11/2009

Pour
une
véritable
amitié
franco‐allemande
S
UCCESSIVEMENT amarré à Tony Blair puis à Barack Obama, deux “copains”, Nicolas Sarkozy ne jure plus que par Angela Merkel, et pour cause : le 27 septembre, la chancelière d’Allemagne a été assez confortablement reconduite dans ses fonctions tandis que le magicien Blair a laissé à son New Labour un héritage si lourd qu’aux prochaines législatives outre-Manche, le parti Tory risque de l’emporter haut la main, et qu’un an après sa triomphale élection à la Maison-Blanche, le mulâtre accumule les échecs et les déconvenues, du New Jersey à Kaboul au point que, comme Jimmy Carter et Bush père avant lui, il pourrait devoir se contenter d’un seul mandat. En avant donc pour Merkel, avec laquelle le président français se proposait de célébrer solennellement le 11Novembre ! L’anniversaire de l’Armistice de 1918 nous obligeant à faire imprimer ce numéro daté de vendredi dès le mardi, de crainte qu’il ne soit pas distribué par La Poste et les NMPP avant une bonne semaine, nous ne pouvons nous en tenir qu’au programme de cette journée historique, symbole selon l’Elysée d’« une nouvelle amitié franco-allemande ». Amitié qu’on bouleversements historiques gros des conflits à venir. « Hitler, né à Versailles », ce titre donné par Léon Degrelle à son livre majeur résume toutes les tragédies du XX e siècle, dont la sanglante parenthèse communiste, qui s’est fermée en 1990, n’est pas la moindre. Et, pendant qu’on y est, pourquoi ne pas renoncer également aux festivités du 8-Mai qui marquent non pas un armistice — comme croyait pouvoir l’affirmer en 2008 Mlle Marie Drucker, cette fine historienne sous la haute autorité de laquelle France 2 doit retransmettre in extenso les émouvantes retrouvailles SarkozyMerkel — mais l’une des capitulations les plus léonines de l’histoire de l’Humanité ? Une capitulation qui consacra aussi, soit dit en passant, la division de l’Europe pendant près d’un demi-siècle. On se souvient que Valéry Giscard d’Estaing avait supprimé en 1975 cette commémoration qui fut rétablie dès 1981 par Mitterrand, redevable (Dessin de CHARD.) de son élection à la Communauté, mais dont le caractère le sac du Palatinat ou l’occupation de férié avait déjà été aboli par la Ruhr avec la latitude donnée aux De Gaulle en 1959. Président autotirailleurs sénégalais de disposer à proclamé de la “rupture” et européiste leur gré des femmes et des jeunes revendiqué, Nicolas Sarkozy ne s’hofilles rhénanes) et de ses propres norerait-il pas de renouer avec la traresponsabilités, telle la folle déclaradition giscardienne et d’instituer un tion de guerre à Berlin le 3 septembre jour des morts de toutes les guerres, 1939 ? justes ou pas, comme c’est le cas au Depuis 1918, ce 11-Novembre aura Royaume-Uni ? été le premier se déroulant en l’abC’est le 3 octobre 2010 que sera sence de tout poilu, la Camarde célébré le vingtième anniversaire de ayant fauché les ultimes vétérans. la réunification des deux Allemagnes. Puisque chacun se félicite que, l’obsA cette occasion, on parlait beaucoup tacle tchèque ayant enfin sauté après en septembre dernier d’un nouveau le verrou irlandais, le traité de Listraité franco-allemand. Ne serait-ce bonne puisse désormais s’appliquer pas l’occasion rêvée d’en finir avec sans entraves à l’Europe unie, ne les autres divisions — idéologiques serait-il pas temps de renoncer à la sinon talmudiques — minant notre célébration de la fin de la Première continent ? Mais ce n’est bien sûr Guerre mondiale, cette boucherie qu’un rêve, dont les divisions blindont notre continent ne s’est pas dées de la Mémoire auraient vite raiencore remis tant le prix en fut son. élevé ? En pertes humaines — et d’abord celle de douze millions de RIVAROL, jeunes hommes — mais aussi en <galic@rivarol.com>.

N° 2927 du 13 NOVEMBRE 2009

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croyait avoir été déjà scellée le 22 septembre 2004 par le pèlerinage à Verdun de François Mitterrand et d’Helmut Kohl, mano en la mano. Mais à quoi avait servi cette image si frappante, que l’Elyséen actuel voudrait éclipser ? Plus les années ont passé, plus les media, les politiques et l’historiographie officielle ont accablé les Allemands du poids d’une responsabilité collective dans les heures les plus sombres de notre histoire, que films, feuilletons et documentaires télévisés ressuscitent à l’envi à l’usage des jeunes générations. Certes, la Germanie officielle n’y voit aucun inconvénient, bien au contraire, elle qui se repaît de repentances. Mais comment une amitié véritable pourrait-elle se fonder sur l’exécration sans cesse alimentée et ressassée des ascendants de ceuxlà mêmes auxquels on feint de tendre la main, tout en s’absolvant allégrement de ses propres fautes (oubliés,

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Les ambitions du Parti de la France
Le Parti de la France (PDF en abrégé, un sigle informatique comme pour le MoDem de Bayrou, l’heure est à la modernité !) fondé le 23 février 2009 à Paris en pleine campagne des européennes tenait son premier congrès national à Villepreux le 8 novembre avec un mot d’ordre : « Pour que la France reste française ». Ce fut l’occasion de procéder au renouvellement des instances dirigeantes. Carl Lang a sans surprise été reconduit à la présidence du mouvement. En revanche, le trentenaire Thomas Joly, conseiller régional de Picardie, remplace au secrétariat général Michel Hubault, empêché, car fonctionnaire européen. On retrouve au bureau politique plusieurs figures historiques du Front national : Fernand Le Rachinel, toujours en procès avec le Front pour les dettes non encore acquittées des législatives de 2007 et qui se présentera aux régionales en Basse-Normandie, Martial Bild, responsable de la communication, Bernard Antony, chargé de la formation et des relations internationales, Martine Lehideux, Pierre Descaves, Jean Verdon qui conduira en mars 2010 une liste dans la région Centre, Christian et Myriam Baeckeroot (trésorière du parti), Patrice de Blignières… Carl Lang devrait conduire une liste aux régionales. Son choix se porterait soit sur le Nord-Pas-de-Calais (où il est conseiller régional sortant et président d’un groupe d’élus), soit sur la Haute-Normandie (où le duel avec l’ex-mégrétiste et néo-mariniste Nicolas Bay serait intéressant à observer), soit sur l’Ile-de-France. Le nouveau secrétaire général Thomas Joly, connu pour ses convictions solidement nationalistes (il a participé à plusieurs congrès du Renouveau français), mènera une liste en Picardie face à celle du frontiste Michel Guiniot. JeanClaude Martinez devrait en principe conduire une liste en Midi-Pyrénées. Toujours en principe, le Parti de la France devrait appuyer en PACA la liste Bompard (qui se présente face à celle de Jean-Marie Le Pen), en Franche-Comté une liste composée de membres du MNR et de la NDP et, en Lorraine, la liste conduite par François Ferrier. Si Lang ne se présente pas dans le Nord, il pourrait y soutenir la liste du CNI François Dubout. Il n’est qu’en RhôneAlpes que le PDF soutiendrait  une liste FN, celle conduite par Bruno Gollnisch. L’objectif du Parti de la France est de constituer aux régionales du printemps prochain un maximum de listes afin d’incarner une solution alternative au sein de la droite nationale car pour Carl Lang il s’agit d’« initier et de porter l’espérance du renouveau national ». Différents orateurs se sont succédé à la tribune le dimanche aprèsmidi. Martial Bild a LE COURROUX DE JUJU défendu avec l’énergie et l’enthousiasme qu’on lui Julien Dray n’a pas apprécié, mais alors pas du tout, les proconnaît une politique pos de Benoît Hamon. Le porte-parole du PS se demandait si ferme et audacieuse en la candidature du député socialiste de l’Essonne matière d’accueil de la vie, aux régionales de 2010 était « une bonne chose pour de la conception à la mort le parti ». « Si les instances du PS me disent de ne pas y naturelle. Critiquant implialler, je le prendrai très mal. Cela voudrait dire que je ne citement Marine Le Pen, la suis plus utile à mon parti et que je deviens un être inutile », “Besancenote” selon Lang, a expliqué le pauvre Dray qui, rappelons-le, est l’ex-directeur de Français visé par une enquête préliminaire sur des mouved’Abord a expliqué qu’il ments de fonds très suspects sur ses comptes. « Si ne suffisait pas de comje ne suis pas utile à mon parti, il faut qu’on me le dise, battre le tourisme sexuel mais qu’on me le dise en face, a poursuivi le vice-président de la dont les enfants sont vicrégion Ile-de-France qui brigue la tête de liste socialiste dans times en Thaïlande, il faut l’Essonne. Ça suffit, cette rumeur permanente qui court me concernant. tout autant défendre leur Maintenant, je ne laisse plus rien passer. » Sauf qu’il s’agit plus d’une droit à la vie dans le ventre rumeur vu les découvertes accablantes de la police. de leur mère. Très en pointe à juste titre dans le combat pour la vie innocente et contre le Pacs, le PDF l’est toutefois moins s’agissant de l’abrogation des lois liberticides PlevenGayssot-Lellouche-Perben, son programme se bornant à évoquer le « rétablissement de la liberté d’expression menacée par la “pensée unique” ». Bernard Antony, qui a de nouveau condamné dans son intervention « les deux totalitarismes sanglants du XXe siècle, le communisme et le nazisme héritiers des Lumières et de la révolution de 1789 » et s’en est pris à « l’expansionnisme islamique », s’est attaché à démontrer comment la droite nationale pouvait concilier tradition et modernité. L’ex-Vert Eric Pinel a fait un discours sur la nécessité d’une écologie nationale, la Provençale Michèle Carayon sur l’identité française face à l’islam, Martine Lehideux sur les raisons de s’engager au PDF. Par ailleurs, des intervenants extérieurs sont venus apporter leur soutien au mouvement : Robert Spieler au nom de la Nouvelle Droite populaire, Annick Martin au nom du MNR, Franck Vanhecke au nom du Vlaams Belang et le député grec Makis Voridis. Ce qui ne veut pas dire que les différents orateurs soient absolument d’accord sur tous les choix électoraux : sur les sites de Terre et Peuple et de Synthèse nationale, Robert Spieler et Pierre Vial ont ainsi critiqué la démarche de ralliement au Système des identitaires et la liste du villiériste Bompard vue comme un sous-marin de l’UMP. En revanche, interrogé sur le “webdomadaire” Le Nouveau NH sur son éventuel soutien à la liste Bompard, Lang répondait : « Nous sommes favorables à toute entreprise de renouveau et de rassemblement des nationaux à condition que celle-ci s’inscrive dans un projet d’alternance aux partis du système. La démarche de Jacques Bompard nous paraît répondre à cet objectif ainsi qu’à une demande régionale forte d’enracinement et de changement. » J. B.

RAMA YADÉ, LA BARZACH DE SARKOZY
Choisie en 2007 par Sarkozy comme symbole de la “diversité”, Rama Yadé ne semble pas un choix plus heureux que celui de Rachida Dati dont le chef de l’Etat s’est débarrassé dès qu’il l’a pu en l’envoyant siéger au Parlement européen. Il se susurre que l’Elyséen pourrait débarquer la secrétaire d’Etat aux Sports (et la remplacer par l’ex-judoka et nouveau député David Douillet) dès le lendemain des régionales tant elle se rend insupportable à ses collègues. Dernier couac en date, son opposition publique aux arbitrages de sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, sur la question du « droit à l’image collective » (DIC) des sportifs. Après François Fillon qui lui a fait grief de « manquer à la solidarité gouvernementale », l’Élysée a tiré à boulets rouges sur l’ingérable Sénégalaise. « M. Sarkozy l’a retirée » du ministère des Affaires étrangères, où elle était secrétaire d’État aux droits de l’homme, « parce qu’elle ne se supportait plus avec Kouchner, le chef de la diplomatie, explique l’Élysée, cité par l’Agence France-Presse. Maintenant, c’est la bagarre avec Roselyne Bachelot ». « Il y a un moment donné où il faut travailler en équipe ou alors, ce n’est pas possible. (…) C’est une affaire sérieuse, le gouvernement de la France, ce n’est pas une affaire de caprice ! (…) C’est Nicolas Sarkozy qui a trouvé et promu Rama Yadé, mais il constate aujourd’hui sa difficulté à s’insérer dans une équipe quelle qu’elle soit ». Depuis qu’elle est au gouvernement, Rama Yadé s’est plusieurs fois démarquée de l’exécutif. On se souvient de sa spectaculaire sortie au moment de la visite officielle de Kadhafi en France, fin 2007 (« Notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits »), de sa visite controversée de septembre 2007 dans un squat d’Aubervilliers où elle était venue défendre des immigrés clandestins ou de son refus de se présenter aux élections européennes de juin. Autant d’actes de rébellion qui l’ont mise en disgrâce. Avant elle, Michèle Barzach avait usé du même registre contestataire, incarnant un positionnement plus à gauche sous le premier gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac puis en participant à l’aventure des rénovateurs avec Noir et Léotard. Elle a depuis totalement disparu du paysage politique, tuée par la Chiraquie. En ira-t-il de même pour Rama Yadé ou sera-t-elle sauvée par sa proximité avec le chanteur yiddish Ben Zimet, dont elle a épousé le fils Joseph ? Fabienne BALLARIN.

Identité nationale : il n’y a pas et il ne peut pas y avoir de débat
Je ne suis pas d’accord sur l’opportunité de participer au faux débat sur l’identité nationale. En effet, nos voix ne seraient vraiment entendues, notées, enregistrées… que par les parquets et associations raciopudibondes délatrices ! Rappelons-nous la tribune libre de Jean Raspail sur ce même sujet, dans Le Figaro du 17 juin 2004 (« Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ? », p. 12) et dont les meilleurs passages furent repris dans RIVAROL le 25 (« Chronique du camp des saints », par Claude Lorne, p. 16) ; rappelons-nous ce qu’il advint à la suite de ces publications en faveur de la loi immémoriale du sang… Le directeur de publication du Figaro, Jean Raspail et notre chère Camille Galic furent traînés devant la XVII e chambre du tribunal correctionnel de Paris, pour « provocation à la haine » communautaire ! Certes et par bonheur, ces trois prévenus furent à bon droit renvoyés des liens de la prévention, selon jugement du 28 octobre 2005. Toutefois, cet excellent résultat ne fut possible que parce que l’avocat de la LICRA, qui avait pris l’initiative des poursuites — bien sûr soutenue par le Procureur de la République —, avait commis une erreur dans la citation à comparaître. Cette erreur, purement formelle, avait permis à l’avocat du quotidien et à moi-même, avocat de RIVAROL, d’obtenir de concert l’annulation de la procédure ainsi compromise de façon rédhibitoire. Mais seules les arcanes de la loi de 1881 sur la presse et une certaine dose de chance ont permis cette victoire qui ne doit pas nous abuser. Pour les fidèles de la loi du sang — car c’est une question de fidélité —, il n’y a pas de participation possible à un pareil débat : la loi et les juges nous l’interdisent. En près de quarante ans, sous l’empire des Droits de l’homme, le droit est devenu une idéologie, aux lieu et place d’une technique de pacification sociale précédemment élevée à la hauteur d’un art depuis les Romains. Pourtant, nombre des nôtres n’en prennent pas conscience et ne voient donc pas que le combat passe d’abord par la lutte contre ce monstre idéologique qu’est l’« État de droit », arcbouté sur l’ordre moral antidiscriminatoire cosmopolite. En attendant, l’argument le plus simple en faveur de l’existence de l’ethnie française réside encore dans la lecture des noms gravés sur nos monuments aux morts de 14-18 ; ils sont franchouillards à plus de 95 % : là, pas de Sarkozy ni de Cohn-Bendit. Ça c’est de la science appliquée… La réflexion de De Gaulle — pour une fois pertinente mais il est vrai mezzo voce – m’agrée : « Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » (dans « C’était de

Gaulle », par Alain Peyrefitte, tome I, 1994, p. 52). Cette France ethnique et millénaire, le système la nie pour pouvoir la détruire en douceur. Aussi, le débat convenu, avec ou sans le FN, conclura qu’elle n’existe pas. Ne courons donc pas aux leurres de l’ennemi. Eric DELCROIX.

Un minaret au-dessus de Marseille
Faut-il s’en étonner ? Marseille possédera bientôt sa grande mosquée, minaret compris. La ville dirigée par Jean-Claude Gaudin, personnalité politique (UMP) de premier plan puisqu’il est aussi le vice-président du Sénat, a approuvé le permis de construire relatif à ce projet. Gaudin, catholique pratiquant, a tenu à remettre officiellement le document au président de l’association « La Mosquée de Marseille » et au président du Conseil français du culte musulman, venu tout exprès. C’est que le projet n’est pas anodin, et ces deux musulmans le savent bien mieux que les collabos courbés qu’ils ont face à eux. La salle de prière de 3 500 m2 pourra accueillir 5 000 fidèles, dont 2 000 femmes — ces dernières à l’écart, sur une mezzanine. L’ensemble comprendra un restaurant, une bibliothèque, un amphithéâtre, une école théologique. Et bien sûr le minaret, de 25 mètres de haut. L’appel à la prière se fera sous forme d’un puissant pinceau de lumière émanant du sommet du minaret. L’appel du muezzin n’est prévu qu’à l’intérieur du bâtiment. Mais on peut penser que, très vite, il se fera entendre aussi à l’extérieur. Bref, tous les éléments sont réunis pour proclamer à la face des derniers Marseillais de souche que leur ville est désormais une terre d’islam. La pose de la première pierre est prévue le 21 avril de l’année qui vient — cette date a-t-elle été choisie pour exorciser les souvenir du « putsch des généraux » d’Alger le 21 avril 1961 et du “choc” Le Pen au premier tour de la présidentielle le 21 avril 2002 ? — et son inauguration en novembre 2011. Reste encore à trouver l’argent : 22 millions d’euros, répartis à parts égales entre la construction de la mosquée elle-même et le reste. Plusieurs pays étrangers ont annoncé leur participation. De toute façon, une fois les travaux démarrés, s’il manque de l’argent, la République se fera un devoir de ponctionner ses contribuables. En ordre dispersé, les diverses familles nationalistes — FN, MNR, Identitaires — ont manifesté ou déposé des recours contre ce projet. _____ Luc DELONCLE.

PS : Dans mon article du 6/11 sur les émeutes ayant suivi à Marseille l’annulation du match OMPSG pour cause de grippe H1N1, j’évoquais la turbulente communauté maghrébine de la ville et ajoutais qu’il était « hors de question d’accuser cette population-là ». Une méchante coquille m’a fait dire “excuser”, c’est-à-dire le contraire. Nos sagaces lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes.

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des réformes ». De plus, invité du « Talk Orange-Le Figaro », Jean-Pierre Raffarin a d’ores et déjà annoncé : « Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui de majorité au Sénat pour voter la réforme de la taxe professionnelle. » Que l’un des principaux dirigeants de l’UMP tienne de tels propos en dit long sur le malaise ambiant. Certes, il y a de la rancœur dans l’attitude de Juppé, de Balladur et de Raffarin. Le premier a toujours entretenu des relations exécrables avec Sarkozy et n’a jamais accepté la façon dont il lui a “volé” l’UMP en profitant de ses ennuis judiciaires alors que le parti fondé par Chirac au lendemain du 21 avril 2002 devait servir au maire de Bordeaux de rampe de lancement vers l’Elysée. De même Balladur est-il amer de n’avoir pas suffisamment été écouté par Sarkozy, alors qu’avant son accession à l’Elysée, il l’a souvent conseillé, l’incitant à ne pas commettre les erreurs que lui-même avait faites, notamment en négligeant de s’assurer le contrôle et le soutien d’un parti. Quant à Raffarin, il en veut à Sarkozy de ne pas l’avoir soutenu pour la présidence du Sénat, le Château ayant fait élire son concurrent Gérard Larcher. Il faut dire que Sarkozy n’avait aucune envie de faire une fleur à son exsupérieur hiérarchique qui l’avait tancé publiquement à plusieurs reprises à cause de ses incartades.

Sarkozy au milieu du gué : Opinion et majorité, ça craque partout

A

LORS que Nicolas Sarkozy se trouve ces jours-ci à mi-mandat, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour lui. D’abord une batterie de sondages montre que son bilan est jugé négativement tandis que son image n’a sans doute jamais été aussi écornée depuis son accession à la magistrature suprême. Il faut dire qu’avec les affaires Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, le chef de l’Etat a fait preuve à tout le moins d’une grande légèreté. Sans oublier la polémique sur les dépenses extravagantes engagées pendant la présidence française de l’Union européenne et singulièrement pour le sommet tenu à Paris de l’Union pour la Méditerranée.

UN PRÉSIDENT AU PLUS BAS DANS LES SONDAGES
Le président qui perd six points de bonnes opinions (39 %) dans le sondage IFOP pour Paris-Match, soit son plus faible résultat depuis 2002, a d’ailleurs reconnu selon l’AFP « avoir commis une erreur » en soutenant si longtemps, contre vents et marées, la candidature de son rejeton à la tête de l’EPAD. En tout cas, 65 % des personnes interrogées estiment que « Nicolas Sarkozy incarne la fonction présidentielle de manière insatisfaisante » selon un sondage de l’institut BVA/Canal+. 87 % des sympathisants de gauche se montrent critiques à l’égard du chef de l’Etat mais, plus inquiétant pour lui, c’est également le cas de 26 % des partisans de la majorité qui ne souffrent plus ce que, pour une fois bien inspiré, le député Vert Yves Cochet a appelé « l’exhibitionnisme paranoïaque » de l’Elyséen. A en croire un sondage LH2/Nouvel Observateur 58 % des Français jugent négatif le bilan de Sarkozy approuvé par seulement 38 %. Le plus frappant, c’est que 15 % des sympathisants UMP et 23 % des personnes ayant voté pour lui au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 jugent également le bilan négatif. Et 19 % de ces mêmes électeurs déclarent qu’ils ne lui redonneront pas leur voix s’il se présente à nouveau en 2012. D’ailleurs un sondage IFOP, encore un, pour Valeurs actuelles, le crédite de 28 % au premier tour de la prochaine présidentielle (contre plus de 31 % en 2007) devant Martine Aubry (20 %), François Bayrou (14 %), Marine Le Pen que manifestement les sondeurs ont déjà choisie comme candidate du Front national (11 %), Olivier Besancenot (9 %), Cécile Duflot (5 %), Marie-George Buffet (3 %), Nathalie Arthaud et Nicolas Dupont-Aignan (1 % chacun). De sorte que le Parti socialiste qui ne croyait plus en ses chances en 2012 (« Sarkozy est là pour dix ans » se désolaient ses responsables) recommence à y croire. Car si Sarkozy reste encore nettement en tête au premier tour, ses réserves sont faibles au second. Et l’on voit mal Bayrou, Villepin et le Front national lui faire la courte échelle au second tour, les uns et les autres, pour des raisons diverses, n’ayant aucun intérêt à une réélection de l’ex-maire de Neuilly. La baisse dans les sondages, pour révélatrice qu’elle soit, n’est cependant pas le plus grave pour le chef de l’Etat. Après tout, lors de leur premier mandat, François Mitterrand et Jacques Chirac ont connu une impopularité beaucoup plus forte encore, ce qui ne les a nullement empêchés d’être réélus. Il existe cependant deux différences. D’abord les deux hommes ont bénéficié à chaque fois d’une cohabitation avec un Premier ministre et un gouvernement d’un camp adverse, de 1986-1988 pour Mitterrand, de 1997 à 2002 pour Chirac, ce qui leur a permis de se refaire une santé à bon compte. Ce n’est plus possible désormais avec le quinquennat. Autre différence non négligeable : les prédécesseurs de Sarkozy intervenaient rarement dans les media, n’étalaient guère leur vie privée et se préservaient donc davantage.

(Dessin de CHARD.)
gouvernement, voire du président. On se souvient que la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public gérant le quartier de La Défense avait été vivement contestée par le président du groupe UMP au Palais du Luxembourg Gérard Longuet, interprète de ses collègues affolés par les risques que ce népotisme faisait courir à la majorité présidentielle tout entière. Mais plus généralement, ce que reprochent au chef de l’Etat nombre de parlementaires et d’élus locaux de l’UMP, c’est son dédain de la province, son hypercentralisme. Jamais peut-être un pouvoir n’a paru si parisien, si méprisant envers les élus de terrain, si condescendant envers tout ce qui lui résiste ou qui ne cède pas totalement à ses caprices et desiderata. C’est à peine si les élus locaux ont été informés du projet pharaonique et très dispendieux du Grand Paris ; quant à la refonte des collectivités locales et à l’adoption d’un nouveau mode de scrutin pour les conseillers territoriaux, l’Elysée met les élus en demeure de voter une réforme décidée là aussi sans concertation, sans un minimum de préparation et de pédagogie, alors même que l’on dépossède les conseils généraux et régionaux de beaucoup de leurs attributions. provocation. (…) C’est toujours pareil avec Sarkozy, on nous dit que c’est une rupture avec tout ce qu’on a fait par le passé. » Fin octobre, Édouard Balladur, pourtant longtemps proche de Sarkozy, critique sa méthode : « Il faut savoir qui doit dépenser quoi avant de savoir comment on le finance. » Enfin et surtout, un troisième ancien Premier ministre de la majorité, Jean-Pierre Raffarin, les a rejoints pour critiquer vertement les modalités de la suppression de la TP. Et le sénateur de la Vienne n’est pas venu seul puisqu’il cosigne avec 23 de ses 151 collègues UMP une tribune dans le Journal du dimanche intitulée carrément : « Pourquoi nous ne voterons pas la réforme ».

LES RÉGIONALES, UNE ÉTAPE TRÈS RISQUÉE
Il est certes douteux que la grogne des élus UMP s’éternise. L’approche des régionales, fixées officiellement aux 14 et 21 mars et qui seront les dernières si le projet créant les conseillers territoriaux est adopté et s’applique dès le printemps 2014, devrait tempérer bien des critiques. Néanmoins, la “gouvernance” de Sarkozy est lourde de conflits. L’importance donnée à ses conseillers crée un brouillage avec l’action du gouvernement au point que François Fillon s’est permis de rappeler à l’ordre publiquement Henri Guaino en faisant valoir devant les députés UMP que « les conseillers du président ne faisaient pas partie du pouvoir exécutif », bref qu’ils n’étaient rien. Le conseiller spécial de Sarkozy — à qui l’on doit ses discours enflammés sur l’amour de la France et la dévotion à sainte Jeanne d’Arc pendant la campagne présidentielle de 2007 — souhaitait en effet la mise en place d’un grand emprunt supérieur à 50 milliards d’euros et il aurait même incité 63 députés de la majorité à signer une tribune en faveur d’un tel grand emprunt alors que le gouvernement prévoit une somme allant de 20 à 40 milliards d’euros maximum, ce qui est déjà bien trop compte tenu de l’endettement du pays. Tant de bisbilles, auxquelles s’ajoutent les caprices répétés de Rama Yadé (voir page 2), sont évidemment du plus mauvais effet et ne rassurent pas sur la cohérence et le sérieux de l’exécutif. De sorte qu’il est bien possible que les régionales du printemps prochain soient une réplique des municipales et cantonales de mars 2008 qui avaient déjà été marquées par un très net recul de la majorité. Sarkozy se voit à l’Elysée jusqu’en 2017 mais il n’est pas encore tout à fait sûr qu’il gagne son pari. Jérôme BOURBON, <jeromebourbon@yahoo.fr>.

LES CRITIQUES D’EX-PREMIERS MINISTRES
Au nom de la « sagesse réformatrice », ces « militants de la République décentralisée » rejettent la proposition du gouvernement, qui n’est à leurs yeux « ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d’élus enracinés ». Principal objet de leur colère : le calendrier qui demande de voter la réforme de la taxe professionnelle et des ressources des collectivités locales avant de voter la réforme de leurs structures et de leurs compétences. Ce second volet, préparé par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, ne sera présenté en première lecture au Sénat qu’en décembre. Et encore ne comprend-il que le volet “institutionnel”, celui des compétences étant renvoyé à la fin de 2010, voire à 2011. À quelques jours de l’examen du projet de loi de finances, « il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences », expliquent ainsi les sénateurs frondeurs qui proposent « un amendement visant à donner le temps nécessaire au bon ordre

BRONCA CONTRE LA SUPPRESSION DE LA TAXE PROFESSIONNELLE
Même chose pour la suppression de la taxe professionnelle que l’exécutif veut absolument faire passer avant les régionales dans le projet de finances 2010. Sarkozy s’est montré martial, disant que de toute façon elle serait votée, que cela plaise ou non. Ce qui est faire peu de cas du Parlement. Alors même que dans la réforme constitutionnelle votée en 2008, l’on prétendait accorder davantage de droits et de considération au Palais-Bourbon, on voit que le mari de Carla Bruni se moque éperdument des députés UMP qu’il traite comme des godillots. Certes, l’exemple vient de loin : depuis la Ve République et le long règne gaullien, les présidents successifs n’ont témoigné que peu de respect au travail parlementaire, mais dans ce domaine Sarkozy fait preuve d’un autisme et d’un autoritarisme inégalés. D’où des craquements de plus en plus prononcés au sein de la majorité. Début octobre, c’est Alain Juppé, généralement modéré dans ses propos, qui s’exclame : « c’est se foutre du monde » que de supprimer la taxe professionnelle (TP) sans prévoir à long terme des compensations pour les collectivités locales, avant d’ajouter : « Le gouvernement cherche la

NICOLAS BATTU PAR DOMINIQUE ?
A en croire un sondage CSA pour La Chaîne Parlementaire, au second tour de la prochaine présidentielle, Sarkozy serait battu par le patron du FMI Dominique StraussKahn qui réunirait 51 % des suffrages contre 49 % au président sortant. DSK serait le seul à l’emporter sur l’Elyséen, Bayrou obtenant 49 %, Aubry et Delanoë 47 %, Royal 45 % et Hollande 43 %. Comme quoi, quand on mène comme Sarkozy une politique marquée à gauche, les électeurs préfèrent toujours l’original à la copie. Mais le plus intéressant dans ce sondage, c’est le pourcentage exceptionnellement élevé d’électeurs refusant de choisir entre les deux finalistes du Système. 41 % des personnes interrogées s’abstiendraient, voteraient blanc ou nul en cas de duel Sarkozy-DSK., 42 % en cas d’affrontement Sarkozy-Bayrou et 39 % dans l’hypothèse où Aubry et Sarkozy seraient au second tour. Des chiffres impressionnants qui prouvent la lassitude, la défiance voire le dégoût d’un nombre grandissant de nos compatriotes envers les hommes et partis de l’établissement.

LA FRONDE PERSISTANTE DES ÉLUS UMP
Ce qui est plus alarmant pour le chef de l’exécutif, c’est la grogne persistante de sa majorité. On ne compte plus les jours où des députés ou sénateurs de l’UMP ou du Nouveau Centre critiquent l’action du

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satellites américains alors que dès 1968/1970, époque de sa construction, elle était connue de tous ? Je me souviens qu’à la même époque, étant alors en Algérie, je connaissais deux physiciens travaillant à l’Institut d’études nucléaires d’Alger (construit par la France sous la direction du professeur BlancLapierre). Ils m’avaient dit que les Algériens installeraient certainement les appareils nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires. Le périmètre entourant les constructions de ce centre était sévèrement interdit d’accès. [Ce qui démontre que la France, plus de trente ans après, aurait quelques raisons de s’en inquiéter. J.-P. A.]

● De Alexandre SIMONNOT : HOMMAGE À JEAN-PIERRE STIRBOIS
N’oublions jamais notre ami et camarade de combat Jean-Pierre Stirbois, disparu le 5 novembre 1988, dans un tragique accident de la route. Des « Jeunes Tixier-Vignancour » à la présidentielle de 1988, en passant par le célèbre « Tonnerre de Dreux », Jean-Pierre aura été un extraordinaire fédérateur, un militant infatigable, un secrétaire général exceptionnel, un travailleur acharné. Son unique combat était de servir Jean-Marie Le Pen et le Front National pour le salut de la France. Suivons sans cesse l’exemple de cet homme unique et exceptionnel à qui nous devons tant.

« relations étroites » avec les Identitaires de Nice. Permettez-moi de mieux vous renseigner : ma sympathie pour le mouvement identitaire ne se circonscrit pas à la promenade des Anglais mais couvre la France entière.

est un moyen encore plus efficace que l’obligation légale !

● De Nicolas B. (Limonest) : SOUTENONS NOS CANDIDATS !
Tous les jours, la solidarité de classe des artistes pervers et des lobbys organisés s’exercent sous nos yeux, mais la solidarité des nationaux, comment s’exerce-t-elle ? Une grande partie d’entre eux s’abstient dans les urnes et plonge les quelques derniers courageux candidats aux élections dans une incertitude, une détresse morale et financière inacceptables. Comment expliquer cela ? Nous avons encore la chance d’avoir des candidats prêts à monter au combat, alors soutenons-les ! C’est bien le minimum.

● Jean-Claude THIALET : PAS FOLLE, LA GUÊPE !
Les chaînes de télévision nous ont montré à l’envi la zélée Roselyne Bachelot présider à une première séance de vaccination mais elle s’est bien gardée de donner l’exemple. Pas folle la guêpe ! Il est vrai que les guêpes c’est fait pour piquer et non pour se faire piquer, surtout quand elles n’en ont plus la taille ! Mais on a pu voir, à travers cette “séance” la veulerie et/ou le manque d’imagination tant des journalistes que des membres du Corps médical : il ne s’en est pas trouvé un seul (une seule !) pour inviter madame LE Ministre à se faire piquer la première. Et lorsqu’on nous tympanise en prétendant que la vaccination n’est pas obligatoire, que dire des pressions de toutes sortes qui sont faites (plus souvent avec le relais des media !) sur le personnel hospitalier pour qu’il se fasse vacciner ? En attendant qu’elles s’étendent à la médecine tout entière, puis à la population que l’on aura, elle aussi, culpabilisée à défaut d’avoir pu la paniquer… La culpabilisation collective

● De Romain L. (courriel) : QUESTIONS DANGEREUSES
Le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel a déclaré dans Le Berry républicain en date du 15 octobre, concernant la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD : « Tous ceux qui interviennent sur cette question, que veulent-ils ? Ils veulent interdire l’élection à un candidat de par son nom (sic !), son faciès (resic !) ? C’est ça la République ? » Avec de telles questions, M. Chatel sous-entend-il que Jean Sarkozy aurait un nom, un faciès, une origine différents des nôtres ? Je n’y comprends plus rien !

● De Liepa G. (Puyoo) : TAXE SUR L’IMBÉCILLITÉ
Ce sont déjà les penseurs chinois qui, bien avant notre ère, avaient constaté que « la mer et la terre ont des limites — l’imbécillité des humains n’en a aucune ». La preuve nous est donnée, une fois de plus, par l’instauration d’une taxe carbone, qui se découvre comme une imbécillité humaine par la question toute simple : est-ce que la taxe carbone transformera le CO2 en oxygène ? Si oui, il faut immédiatement taxer tout être vivant qui aspire l’oxygène pour rejeter le CO2 dans l’atmosphère. Sinon, cette taxe carbone est pure escroquerie et racket, inventée par des imbéciles géniaux ! P.S. : C’est regrettable que Nobel n’a pas prévu un prix de l’imbécillité !

● De André-Yves BECK : PRÉCISIONS
Je découvre dans RIVAROL (n° 2922) une information erronée, habituellement colportée par les benêts qui rédigent le site internet du FN. A savoir que je serais le gendre de Jacques Bompard. Or, il n’en est rien. Marié à deux reprises, je ne l’ai jamais été, ni ne le suis, avec aucune des filles du maire d’Orange. Je vous précise également que je ne suis pas le chef de cabinet de Bompard (lequel n’est pas non plus son gendre), mais son directeur de la communication. Enfin, vous écrivez que j’entretiens des

● De J.-P. P. (Le Falga) : CONTINUEZ !
Voici mon réabonnement avec le même enthousiasme qu’habituellement. Dans le courrier des lecteurs, je remarque des gens contents, d’autres mécontents, souvent pour des raisons futiles et superficielles. Pour ma part, je suis très heureux de vous lire, d’ailleurs en priorité parmi tout ce que je reçois. J’apprécie vos articles de fond, votre ligne générale, etc. Continuez et merci.

TREMBLEZ, PETITS FRÈRES !
L’idée lancée par le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, lors des « rencontres de Beauvau », d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs déjà fichés, ceux-ci ne pouvant se déplacer de nuit qu’accompagné d’un « adulte référent », restera dans les annales comme une réédition de la fameuse promesse sarkozyenne de « nettoyer les racailles au Kärcher ». Comment, en effet, les flics qui peuvent à peine pénétrer dans les “quartiers” y seront-ils accueillis s’ils se mêlent d’y contrôler les “minots”, si utiles dans l’économie parallèle car ils servent de sentinelles des trafics ? Et quelle sera l’utilité de l’adulte référent si celui-ci est un « grand frère », lui-même dealer ? Tous les partis de la droite nationale ont dénoncé cet « écran de fumée », d’un « rare cynisme dans la mesure où Hortefeux est bien incapable de pouvoir la faire appliquer, sa mesure », accuse par exemple Louis Aliot.

● De André P. (Yvelines): LA BOMBE ALGÉRIENNE
Le site nucléaire algérien (RIV. du 16 oct.) n’est pas en plein désert mais à quelque 200 km au sud d’Alger sur les Hautes Plaines, dans le secteur d’Ain Oussera (exPaul Cazelle). Il est parfaitement visible par ceux qui empruntent le grand axe routier Alger-Laghouat, à peu de distance et à l’est de celui ci. Comment se fait-il que cette installation n’ait été repérée que récemment par les

AGENDA
☞ 13 novembre à Cagnes s/Mer ( Université de la Mer, Port du Cros de Cagnes, à 17h). Conférence de José Castano sur la Légion étrangère. Part. 5 €. Rens. 04-93-14-01-86 ou 06-08-67-61-61. ☞ 14 novembre près St-Lô. Table ronde animée par Guy Guerrin : « Porter nos convictions lors d’élections, régionales de mars 2010, voire présidentielles de 2012 ». Suivra un banquet gastronomique. Rens. Ligue nationaliste, 02-31-79-62-04. ☞ 16 novembre à Paris 15e (esplanade de la gare Montparnasse, 20h). Soupe populaire de l’association Solidarité des Français. On peut apporter friandises, produits d’hygiène, écharpes à distribuer aux nationaux SDF. Contact <www.association-sdf.com>. ☞ 17 novembre à Paris 16e (Aéroclub, 6 rue Galilée, 19h45). Grand dîner sur le Centenaire de l’alliance Franco-Russe avec S.E. Alexandre Orlov, le prince Mourousy, A. Chauprade et Christian Brosio. Part. 95 €. Rés. Cercle Renaissance, 01-42-27-48-22. ☞ 17 novembre à Rennes (Tribunal, place du Parlement à 13h30). Procès en Appel sur la Colonisation. Joindre impérativement Claudine Dupont-Tingaud au 02-98-90-64-87. ☞ 18 novembre à Paris 5e (Restaurant « Les Ronchons », 25 quai de la Tournelle, 19h30). Dîner avec Danièle de Beketch à l’occasion de la publication des Mémoires inachevés  de Serge de Beketch. Part. 40 €. Rés. au 01-46-34-50-99 ou <www.lesronchons.com> . 23 novembre, même lieu, même prix. Dîner de Faits & Documents. Invitée d’honneur : Anne Brassié. ☞ 20 novembre à Paris 5e (St-Nicolas du Chardonnet, 19h30). A l’initiative du Cercle Franco-Hispanique, grand-messe de requiem pour le repos de l’âme de Francisco Franco Bahamonde et de José Antonio Primo de Rivera. Ensuite, vin d’honneur. ☞ 20 novembre à Rosny (43/45 Côte des Chênes, à 19h30). Dîner « au fond du jardin » avec Christian Perez, président du Parti Populiste. Part. 27 €. Rés. 01-45-28-40-01. ☞ 21 novembre à Paris 13e (“Le Grenadier”, gare d’Austerlitz, 15h). Réunion amicale du CNC avec Roger Holeindre qui dédicacera ses livres. ☞ 21 novembre à Dijon (hotel Kyriad Gare, 19h30). Conférence du Pr Jean Bouzon sur « Origine du terrorisme islamique ». Part. 6 €. Avec dîner (facultatif) : 21 €. Rés. Cercle Culturel Burgonde, 06-68-87-78-52. ☞ 2☞ 26 novembre à Tours (salle municipale des Halles (n° 120) place Gaston Pailhou à 20h30). Conférence de Grégoire Duhamel sur le thème : « La Crise : ses causes, ses conséquences ; comment protéger son patrimoine ». Part. 3 € pour adherents du « Cercle Touraine » ou 6 € pr non-adhèrents. Rens. au 02-4728-57-31. ☞ 27 novembre à Cossé (salle St-Clément, 20h30). Veillée de l’association Vendée Militaire avec Dominique Lambert. Entrée libre. Verre de l’amitié. ☞ 28 novembre à Carpentras (Restaurant du Marché-Gare, route de Velleron, 12h). Grand déjeuner populaire avec Jean-Marie Le Pen. Part. 10 €. Rés. FN84, 112 rue Moricelli, 84200 Carpentras. Tél. 06-2150-41-60. ☞ 28 novembre à Neuilly-Plaisance (librairie Neuilly-Plaisance, 15 av. Foch, de 15 à 19h). J.-P. Chayriques de Olmetta signe «L’Almanach du Marquis 2009» (260 p., 28 €). ☞ 28 novembre à Paris 6e (4 place St-Germain-desPrés, Salle Lumière, de 14h30 à 18h). Conférence de l’abbé Francesco Ricossa sur « la nouvelle messe et les choix qu’elle impose aux catholiques ». Rens. 0039-0161-939-335 ou <www.sodalitium.eu>.

L’affaire
Gollnisch
est
close,
 l’affaire
Perben
commence
Lorsque, en octobre 2004, Bruno Gollnisch fut mis en examen sur citation directe du parquet pour une prétendue contestation de crimes contre l’humanité, nous avions immédiatement dénoncé ce mauvais coup de Dominique Perben, alors garde des Sceaux. Tout dévoué à la Communauté, Perben briguait surtout à l’époque le fauteuil de maire de Lyon. Pour cela, il lui fallait faire le plein des voix de droite et donc couler Bruno Gollnisch, dont il redoutait la notoriété. Le ministre de la Justice fit donc donner les grandes orgues, soutenu par les associations gauchistes de Lyon-III telle Hippocampe, et le recteur de l’université d’où le vice-président du Front National fut exclu pour cinq ans bien qu’en mars 2006, le doyen des juges d’instruction de Lyon chargé du dossier ait conclu au nonlieu. Néanmoins, le 18 janvier 2007, le tribunal correctionnel de Lyon condamnait le député européen à trois mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Un arrêt littéralement démoli le 23 juin 2009 par la Cour de Cassation, la haute cour estimant que les précédentes juridictions avaient extrait « des bribes de réponses (…) mises bout à bout dans le désordre et présentées inexactement, comme (…) une réponse à une unique question (…), sans chercher à (…) saisir le sens et la portée exacte des propos ». Et la semaine dernière, la Chambre d’instruction de la cour d’Appel de Lyon rejetait les ultimes demandes du MRAP, déclarant éteinte l’action de la justice. L’affaire n’est pourtant pas terminée. Le 4 novembre, « accusant Dominique Perben d’avoir utilisé ses fonctions dans un but personnel et politique pour discréditer un adversaire aux élections municipales de Lyon », Bruno Gollnisch (qui, à notre grande joie, sera parmi nous le 21 novembre), a déposé plainte devant la Cour de Justice de la République pour dénonciation calomnieuse. Espérons que, cette fois, la machine judiciaire se montrera moins partiale. Quant à la justice électorale, elle est déjà passée. Aux municipales de 2008, Perben fut sèchement battu. Florent DUNOIS.

LE PEN CONFOND SUPERMENTEUR
Manque de chance pour Chirac, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « détournements de fonds publics » et « abus de confiance » au moment où paraît le premier tome de ses mémoires Chaque pas doit être un but (NIL). Dans ce livre, Chirac, qui s’en prend durement à VGE et à Balladur, affirme que Le Pen l’aurait piégé en 1987 alors qu’il revenait de la plage. D’où la fameuse photo où l’on voit les deux hommes en bermuda échanger une poignée de mains. De plus, l’ex-président prétend que c’est le chef du Front national qui aurait insisté pour le rencontrer entre les deux tours de la présidentielle de 1988 et qu’il s’y serait résigné sous les pressants conseils de Balladur et de Pasqua. Or, interrogé par LeParisien.fr, Le Pen a démenti formellement cette version des faits : « Il dit que je lui ai forcé la main. C’est faux. (…) La preuve, il avait toujours dit qu’il ne m’avait jamais rencontré (…) Je n’ai jamais demandé à le rencontrer (…), c’est lui qui avait besoin de moi. Je l’ai rencontré au moins quatre fois. Une fois, c’était dans son bureau de Matignon. Il ne s’en souvient même pas. » Mais Chirac, rattrapé par les affaires, a besoin de se grimer en impeccable antifasciste. Quitte à prendre de nouvelles libertés avec la vérité.

LE MONDE ET LES OCCUPATIONS INHUMAINES
Dans Le Monde des 18-19 octobre, Piotr Smolar consacre un long article à l’« Estonie, La guerre des mémoires », dans lequel on peut lire : « …Ou encore cette phrase, factuellement exacte mais insupportable pour un Russe : “Du point de vue du nombre de vies perdues et de l’intensité de l’oppression dont le peuple a souffert, l’occupation allemande n’a pas été aussi dure, en réalité, que l’occupation soviétique qui a précédé et celle qui a suivi” ». En somme, l’occupation allemande n’aurait pas été « particulièrement inhumaine », constatation qui a valu à Jean-Marie Le Pen et à RIVAROL qui avait reproduit son propos le 7 janvier 2005 de très lourdes condamnations (sur lesquelles la Cour de cassation, devant laquelle des pourvois avaient été introduits, devrait statuer sous peu). On se souvient que ce « scandale Le Pen » avait été soulevé par Le Monde le 13 janvier 2005. Or, dans Le Monde 2, supplément hebdomadaire du « quotidien de référence », Jan Krause devait écrire le 7 mai 2005 qu’en France, les années noires s’étaient caractérisées par « la réalité de la collaboration, le caractère très minoritaire de la résistance, une occupation moins brutale qu’ailleurs ». Ce qui n’entraîna aucun procès et pas même la plus insignifiante protestation d’un lecteur.

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actifs détenus par l’émetteur. Ces actifs sont affectés au paiement de la rémunération et au remboursement des sukuks. L’instruction émise par les services de Bercy vise au fond à créer les conditions dans lesquelles ces instruments peuvent être assimilés sur le plan fiscal à des produits de dette ; elle précise leur régime fiscal au regard des différents impôts et notamment du régime des marchands de biens. Cette incroyable transformation de la réglementation va ouvrir les vannes, ni plus ni moins, au développement d’une finance islamisée, compte tenu notamment de l’évolution de la réglementation sur la fiducie. On adapte ici le droit fiscal gaulois aux normes d’Allah… Las ! Le Conseil constitutionnel a infligé le 19 octobre dernier un revers à la majorité UMP et au gouvernement actuel de dégonflés et pédérastes, en annulant une disposition législative qui aurait permis l’émission en France d’obligations islamiques. Le Conseil, qui avait été saisi par le groupe socialiste de l’Assemblée, a rejeté en effet deux articles d’une loi sur les PME, estimant qu’il s’agissait de “cavaliers”, de mesures n’ayant rien à voir avec le texte. Les “Sages” ont estimé dans un communiqué qu’ils « étaient sans lien avec l’objet initial de la proposition de loi qui tendait à favoriser l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises. Il les a donc déclarés contraires à la Constitution ». Pour contourner l’obstacle posé par le Conseil constitutionnel, il faudra par conséquent réintroduire les articles contestés dans un autre projet de loi directement en relation avec le dossier, par exemple celui sur la régulation bancaire. Soyons sans illusions, Acta Est Fabula (« la pièce est jouée ») : ce revers n’est que passager et Bercy continuera à soutenir le projet fou d’un droit bancaire coranisé, tout simplement parce qu’il ambitionne de capter 10 % du marché de la finance islamique d’ici à 2020 dans la perspective de rentrées fiscales, en faisant fi de l’environnement culturel bâti par nos aïeux et que nous voyons, in vivo, s’écrouler peu à peu. Grégoire DUHAMEL.

Banques Hallal : c’est fait !
L
ES adeptes d’Allah avaient déjà dans la plupart des super et hypermarchés de gigantesques rayons hallal. Excellente nouvelle pour ceux d’entre eux qui sont clients du Crédit Agricole (oui, du Crédit Agricole !) : leur banque préférée inaugure, via le « Crédit Agricole Asset Management Group » (CAAM Group) et en avant-première, la CAAM Islamic, sa première SICAV « Charia compatible » « respectueuse des grands principes fondateurs de l’Islam ». Pour ce faire, et selon ses propres dires, le CAAM Group s’est « entouré d’un aréopage d’érudits musulmans, réunis dans un comité de conformité Charia, pour homologuer une forme innovante de financement ». Voilà qui inspire confiance, en effet. Destinée à la fois aux particuliers et aux institutionnels, cette Sicav Mahomet-compatible se conforme aux règles édictées par la Charia, à savoir l’exclusion de tous les secteurs d’activité formellement interdits tels que l’alcool, les jeux, la production porcine et ses dérivés, l’armement, le tabac…, mais également (et de manière plus prosaïque) des sociétés jugées “inacceptables” en raison de leur niveau d’endettement, de créances et de liquidités. En France, trois subdivisions de cette Sicav sont désormais disponibles : — CAAM Islamic BRIC Quant : un fonds de gestion quantitative d’actions émergentes, investi sur le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, avec pour référence l’indice Dow Jones Islamic Market BRIC. — CAAM Islamic Asian Active Equity Ex-Japan : un fonds de gestion fondamentale, investissant dans une sélection de titres compris dans un univers d’indice islamique, avec pour référence le Dow Jones Islamic Market Asia Pacific Index. — CAAM Islamic Multimanagers Global Equities : un fonds d’actions internationales islamiques, avec pour indice le Dow Jones Islamic Market World Index. Imaginons un instant qu’une banque française instaure un produit financier réservé aux seuls Souchiens : le tollé serait instantané chez les arbitres des élégances, de Canal+ au Nouvel Obs’ en passant par la HALDE et le gauchard Figaro. Pourtant, la ségrégation claire et sans appel que des Sicavs islamiques impliquent dans leurs attendus laissent froids les mêmes beaux esprits. Et pour cause : la finance islamique pèse aujourd’hui plus de 800 milliards de dollars dans le monde. En 2020, les analystes en espèrent au moins le double. La France, avec ses six (ou dix ?) millions de musulmans, est à la traîne : le seul fonds de placement islamique, créé il y a un an à La Réunion par une filiale de la Société Générale, a finalement été fermé en raison d’un rendement insuffisant. Heureusement que les dhimmis du Crédit Agricole ont réagi ! Cela dit, avant la fin de l’année, des banques islamiques pourraient être autorisées à ouvrir des guichets en France par la nageuse en eaux troubles Christine Lagarde. sacrifices rituels de l’Aïd El Kébir sont quasiment des fêtes officielles dans de nombreuses mairies ! Revenons à la finance sous régime islamique : dans une instruction publiée le 25 février 2009, l’administration fiscale avait préparé le terrain et précisé le régime fiscal applicable aux deux principaux outils de la finance islamique : le contrat de “murabaha” et les “sukuks”. Il faut préciser que le Coran prohibe en théorie tout paiement d’intérêts, ce qui conduit les concepteurs de produits financiers mahométans à des procédures complexes pour en réalité contourner discrètement le commandement divin. La murabaha est un contrat aux termes duquel un vendeur cède un actif à un financier islamique qui le revend à un investisseur moyennant un prix payable à terme. Les sukuks sont des titres représentent pour leur titulaire un titre de créances ou un titre participatif dont la rémunération et le capital sont indexés sur la performance d’un ou plusieurs

ALLOGÈNE ? ICI TARZAN
Si l’écrivain Edgard Rice Burroughs revenait parmi nous, il peindrait son fils de la Jungle non sous les traits d’un fier blond, mais plus probablement d’un petit noiraud au teint olivâtre. A cela une raison : la simple évocation de racines non mélangées fait se tordre de haine les Trissotins du Politiquement Correct. Du reste, remarquons ceci : alors que les fêtes de Noël ou de Pâques sont désormais tues au nom de la laïcité et ne donnent plus droit à aucun commentaire télé ou radio, sinon commercial, la fin du Ramadan ou les

(Dessin de CHARD.)

Le crime en France : du mécanicisme à l’organicisme
Il est aujourd’hui admis par les penseurs libéraux que le monde est entré, dans sa globalité, dans une ère macrosociologique d’interdépendances en matière d’approvisionnements des produits, d’échanges culturels, de services. Il résulte ainsi du phénomène mondialiste une croissante spécialisation des entreprises et des acteurs sociaux dont les plus puissants — la « super-classe mondiale », voir notre n° du 30/10 — se partagent la planète comme un gâteau. Mais la disparition des frontières ne fait pas seulement le bonheur des entrepreneurs “dynamiques”, des banquiers apatrides ou des voyagistes. Elle constitue également une chance pour les bandits internationaux et multinationaux qui se jettent sur les nouveaux “marchés” qui s’ouvrent à eux. En effet, le phénomène sociologique de développement organiciste de la «  société mondiale  » s’appliquant à toutes les espèces d’individus et à toutes les catégories sociales, la délinquance professionnelle œuvre aussi en s’appuyant sur la spécialisation de ses membres. Ainsi estelle une digne représentante du « village global » et par conséquent de l’antinationalisme. La mise en lumière des nouvelles stratégies criminelles appliquées récemment par ceux que les journaleux appellent sans sourciller « les Roumains » ne viendra pas contredire cette évidence. Ces Roumains itinérants possédant déjà une très longue tradition dans l’arnaque et dans les combines malfaisantes s’en donnent aujourd’hui à cœur joie sur cette nouvelle plateforme lisse de tout garde-fou. Après un an d’enquête (une éternité), la Brigade de Recherches de Lure en Haute-Saône croit avoir démantelé « une équipe de malfaiteurs roumains », confondue dans 74 affaires de cambriolages. Ce qui est totalement faux. Car comment pourrions-nous imaginer qu’un gang possédant des bases à Bucarest, dans la province de Gorj et dans le “9-3” puisse être annihilé en un coup de filet ? Comment croire à une telle mascarade alors que le réseau possède une organisation internationale avec ses cambrioleurs professionnels, ses guetteurs, ses spécialistes en falsification d’identités, ses policiers corrompus, ses tueurs à gages, ses complices recrutés en famille, ses comptables, ses propres routiers traversant allégrement les frontières. Cette multinationale du crime capable d’exécuter 6 ou 7 cambriolages en une seule nuit (et chaque nuit) dans un seul département jouit en effet d’innombrables ressources. Ce ne sont donc pas les cinq arrestations de notre pauvre brigade franc-comtoise qui mettront un terme aux agissements de ces malfrats “organiques”, d’ailleurs immédiatement remplacés par d’autres “Roumains”, peut-être plus audacieux et plus malins. Dans un monde ouvert comme le nôtre, les forces de l’ordre ne sont-elles pas condamnées à subir le supplice de Sisyphe ? François-Xavier ROCHETTE.

“9-3” : LES BLANCS EN VOIE DE DISPARITION
« L’immigration, comment faire face ? », telle était la question posée dans Le Monde du 26 octobre à propos de la situation dans la Seine-Saint-Denis où « l’immigration n’arrête jamais ». De fait, note le quotidien vespéral, « entre 1999 et 2006, malgré les politiques de restriction affichées par l’Etat, le nombre d’étrangers dans le département a encore progressé de 22,4 % alors que, dans le même temps, le nombre de Français augmentait seulement de 3,7 %. Dans certaines villes, la proportion d’étrangers dépasse désormais les 30 %, soit près de six fois la moyenne nationale, comme à Clichy-sousBois (37,2 %) ou Aubervilliers (34,6 %) ». Et cela, ce sont les chiffres officiels car, en réalité, « les autorités estiment qu’il pourrait y avoir entre 100 000 et 300 000 sans-papiers en Seine-Saint-Denis, la plupart non recensés. Soit l’équivalent de villes comme Saint-Denis et Montreuil qui s’ajoutent à la population officielle… Conséquence : à Aulnay-sous-Bois, Villetaneuse, Clichy, La Courneuve, Stains, Montfermeil, Aubervilliers, notamment, certains quartiers se ghettoïsent et ne comptent quasiment plus de “Blancs”. Uniquement des Maghrébins ou des Noirs, parfois des Asiatiques ». Au fait, pouvez-vous nous rappeler le nom du matamore qui, il y a deux ans, nous jurait que, lui élu, le gouvernement inverserait les flux migratoires pour ne plus accepter que l’« immigration choisie » ? Il nous semble que c’était un certain Sarkozy. Le même qui, ministre de l’Intérieur depuis 2002, s’était engagé le 25 octobre 2005, à nous débarrasser des “racailles”, promises au nettoyage « au Kärcher ».

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RIVAROL N° 2927

David
Cameron
:
un
faux
Conservateur pour
diriger
l’Angleterre ?

A

PRÈS treize années aux affaires, le Parti Travailliste de Gordon Brown, traînant derrière lui le boulet des années Blair, est au plus mal. La Grande-Bretagne tangue, submergée par une immigration et un chômage sans précédent. La crise y fait des ravages. Mais le pire est ce que promet le Sommet de Copenhague, auquel les autorités britanniques ont souscrit par anticipation. La réduction massive du CO2 implique la fermeture des centrales thermiques et un recours fort au nucléaire. Le retard prévisible, faute de moyens financiers, pris par les énergies alternatives inquiète. Un récent Rapport du Plan de Transition vers l’Energie sans Carbone prévoit à partir de 2017 un déficit de 7 000 MG/h par an et des rationnements électriques trois jours par semaine. Dans ce contexte, le 9 octobre, le D.R. Congrès tenu à Manchester par le Parti Tory a confirmé David Cameron dans sa candidature au poste de Premier Cameron : « Libéral, modéré, progressiste ». ministre, pour les élections de 2010. Son discours de clôture, lui donnant 14 élections. Il pourrait bien se révéler le perpoints d’avance, tranchait avec les positions sonnage clé d’un futur gouvernement Cametravaillistes. Notamment sur le rejet d’une ron — voir page 7. omniprésente conception étatique resurgie Sur l’Europe, Cameron est opposé au traité avec Brown. Et par sa critique de la vision de Lisbonne et à toute dérive fédérale et ses keynésienne dépassée des responsables amitiés surprennent, sans doute par sa actuels, persuadés qu’ils se tireront de la volonté de se démarquer d’Angela Merkel crise en aggravant la dette publique. et de Nicolas Sarkozy. Président du parti Sur l’énergie, la position de Cameron s’est Tory depuis quatre années, pas une fois il ne considérablement écartée des thèses tradiparticipa aux réunions du Parti Populaire tionnelles des Conservateurs et même de Européen qui réunit les formations eurocelles des Travaillistes depuis Blair et péennes de centre-droit. Alors que, sur le Brown. D’abord il préconise le retour, sous plan intérieur, il n’a cessé d’y resituer les forme de micro-projets, à « des énergies Conservateurs. A l’issue des dernières élecdécentralisées », au plus près des lieux de tions européennes, il s’active en revanche consommation. Ensuite il n’accepte le autour d’une alliance avec le Parti de la Loi nucléaire qu’en « dernier recours », et de la Justice des frères Kaczynski, celui excluant qu’il soit subventionné par le d’extrême droite de la Polonaise Urzsula contribuable et s’alarmant devant l’inconnue Krupa et l’Union Civique Démocratique du angoissante des déchets. Une stratégie qui, Tchèque Mirek Topolanek. La plupart outre une baisse quasi spartiate de la d’entre eux professent des opinions radicales consommation, fait un pari audacieux sur sur l’homosexualité, l’avortement, dénonl’efficacité réelle des énergies alternatives. cent le néo-totalitarisme de l’UE, contestent « Certains lobbyistes verts et les media, s’inla réalité du réchauffement climatique quiète le chef des Tories, font comme si on anthropique et sont hostiles à l’Allemagne pouvait choisir entre croissance économique et à la Russie. et développement durable. La vérité est qu’il Afin de créer son groupe à Strasbourg, nous faut les deux. Nous avons besoin d’une Cameron ne désespère pas de rallier des élus croissance verte. La planète doit venir en belges, bulgares, lettons et lituaniens. Il n‘est premier, la politique ensuite. » Ne se fit-il pas sûr cependant qu’ils partagent sur l’Afpas mitrailler au Spitzberg par des meutes de ghanistan le point de vue des Conservateurs photographes avec une délégation du WWF britanniques tel que l’expose Liam Fox, le et un attelage de chiens huskies ? ministre des Armées dans son shadow government (cabinet fantôme) : « Nous ne APÔTRE COMME SARKOZY pouvons nous permettre de laisser à nouDE LA “DIVERSITÉ” veau un Etat failli devenir une base à partir de laquelle des terroristes internationaux On ressent ici l’influence de Zac Goldplanifient et lancent des attaques contre smith, le neveu d’Edward Goldsmith, fonnous. » dateur de The Ecologist et du parti vert Mais cela n’est que l’écume. Il y a du Saranglais. A 34 ans, il est son conseiller sur kozy dans Cameron, lui aussi virtuose du l’environnement, et candidat aux prochaines

double langage. Ainsi se méfie-t-il de ce qu’il appelle la “Britannité”. Tout en déclarant que le multiculturalisme d’Etat « est une doctrine fausse dont les résultats sont désastreux », il fait dire à Catherine Spelman, son ministre fantôme aux Communautés et au Gouvernement local, ancienne présidente du Parti Conservateur :  « Quinze conseillers musulmans élus, un ministre dans notre cabinet fantôme, et deux Pairs dans la Chambre des Lords (cela) en dit long sur notre volonté d’intégrer des gens de toutes origines et de toutes croyances. » Et d’insister :  « Nous avons besoin de plus de candidats musulmans. »  Elle aurait pu ajouter que la vice-présidence du parti est assurée par une Pakistanaise, Sayeeda Warsi, chargée de la Ville. Anoblie à 34 ans, la baronne Warsi, plus jeune membre de la Chambre des Lords, est conseillère de Cameron et ministre fantôme pour la Cohésion Communautaire et l’Action Sociale. Les conservateurs d’ailleurs ne courent pas après des militants noirs, arabes ou homosexuels, parce qu’ils auraient sur l’Europe, les libertés, l’immigration, la peine de mort ou la politique familiale des opinions conservatrices. Mais parce que, étant noirs, arabes ou homosexuels ils répondent à l’impératif obligé de “diversité”. Laquelle d’ailleurs n’est que de façade. Ceux-là s’habillent, mangent, se divertissent pareillement. Ecoutent les mêmes musiques, boivent les mêmes poisons, sacrifient aux mêmes loisirs, habitent les mêmes lieux. Et partagent une obsession paranoïaque du sexisme, de l’homophobie, du racisme qui justifie plus de limitation des libertés et plus d’Etat policier.

BIENVENUE À TOUJOURS PLUS D’IMMIGRÉS
Sur l’immigration David Cameron est à géométrie variable. En témoigne l’interview qu’il donna le 18 décembre 2005 à l’Observer peu après avoir accédé à la tête du parti Conservateur. Se présentant comme « la voix de l’Angleterre libérale, modérée et progressiste », et répudiant l’image de son parti sur le sujet, il promettait qu’il accueillerait toutes les victimes de persécutions à l’étranger et en finirait avec les restrictions des demandes d’asile. Soulignant enfin les avantages culturels et économiques procurés par l’immigration, il s’en prenait à David Plunkett, ancien ministre de l’Intérieur travailliste, parce « que, nous voyant submergés, il utilisa un langage irresponsable tout en menant une politique chaotique ». Lui veillera à « tenir un discours modéré, raisonnable, sensible… » : « Non seulement nous porterons ces demandeurs d’asile dans notre cœur mais nous les nourrirons, les habillerons et les scolariserons ». D’ailleurs, le parti Conservateur faisait savoir récemment que, s’il revenait au pouvoir, il « lancerait une grande campagne pour inciter un plus grand nombre d’immigrants hautement qualifiés à venir en Grande-Bretagne ». Selon le ministre fantôme de l’Immigration Damian Green, le système d’immigration à points actuellement utilisé par les Travaillistes serait maintenu. Or ce système est dénoncé comme une farce par tous les spécialistes, à commencer par sir Andrew Green de MigrationWatch-UK — rappelons que les Travaillistes viennent d’abaisser de 12 à 6 ans le délai au-delà duquel un clandestin qui n’aurait pas été pris serait régularisé et reconnaissent qu’il existe actuellement 450 000 demandeurs d’asile en attente. Cameron a promis de les accueillir à bras ouverts.

Michael Howard, pourtant juif, dont on rappellera l’éloge pompeux qu’il prononça le 18 janvier 2001 : « Les musulmans britanniques forment une communauté économiquement vibrante, culturellement créative, socialement avisée qui enrichit l’Angleterre moderne. » Où qu’elle soit, la droite est toujours la plus stupide du monde… Mais Cameron est-il de droite ? Jeune, il adhéra à un haineux groupe d’extrême gauche, Unite Against Fascism (UAF), présidé par le maire communiste de Londres Ken Livingstone et ayant pour secrétaires Weymann Bennett, responsable du gauchiste et violent Socialist Workers Party et la Pakistanaise Sabby Dahlu du NAAR (Assemblée Nationale Contre le Racisme). L’UAF a pour but affiché « d’alerter la société britannique contre la menace croissante de l’extrême droite, en particulier l’extrémiste British National Party, en train de s’installer dans ce pays ». Plusieurs anciens ministres comme Peter Hain ou Tony Benn (lui aussi issu de l’Aristocracy), une soixantaine de parlementaires et une dizaine d’élus au Parlement Européen soutiennent officiellement l’UAF. Parmi eux David Hanson, ministre chargé de la Sécurité, du Contre-Terrorisme, du Crime et de la Police, Keith Vaz, un Indien né à Aden, président du Comité Parlementaire sur les Affaires Intérieures, Barbara Follett, Secrétaire d’Etat aux Communautés et Jon Trickett, le secrétaire personnel de Gordon Brown. Ainsi que deux poids lourds conservateurs, anciens collaborateurs de Margaret Thatcher, sir Teddy Taylor et Peter Bottomley, trésorier du groupe Multi-Partis pour un Gouvernement Mondial. Comme on voit, le monde “global” est très petit et mieux vaut ne pas se fier aux étiquettes… Jim REEVES.

Séparée fait face

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UNE ÂME DAMNÉE…
Derrière la dérive “progressiste” de Cameron, on trouve la patte de son directeur de la stratégie générale du parti, Steve Hilton, de son vrai nom Hircksac, fils de réfugiés hongrois arrivés en Angleterre en 1956. Hilton, que le Daily Telegraph a surnommé le « Raspoutine haut comme une pinte », était passé par les écologistes avant d’intégrer les Conservateurs. Cet original, payé 276 000 £ (1 Euro = 0,93 £) par an par le Parti Tory, toujours en jeans, souvent pieds nus, ne se déplaçant qu’à vélo, publicitaire fécond, fut pendant un temps engagé par Lord Maurice Saatchi, de Saatchi & Saatchi, qui a l’exclusivité de la publicité des Conservateurs, et avec lequel les rapports se sont tendus. Son livre de chevet est l’ouvrage de Philip Gould : « La Révolution non finie ou comment les modernisateurs ont sauvé le Parti Travailliste ». Gould, ou plutôt sir Gould of Broockwood, puisqu’il a été anobli, a été le conseiller en communication du Labour lors de toutes les élections depuis 1987. Il préconise une fusion du Labour et du parti Libéral afin de promouvoir « un siècle progressiste ». En somme, une fois encore, assurer par le bipartisme l’accès direct à une domination totale de l’Exécutif.

N septembre 2009, à Bratislava, les députés ont voté une loi faisant du slovaque la langue officielle dans tous les espaces publics, les administrations, sur les édifices mémoriaux, les affichages, et rendant l’usage du magyar passible d’amende. Une nouvelle guerre linguistique s’est donc ouverte, notamment à Kómarno ville slovaque frontalière de la Hongrie située au confluent du Danube et du Váh (plus longue rivière slovaque) et comptant 40 000 habitants. L’université János-Selye fondée en 2004 avait été, du temps de l’empire austro-hongrois, une prestigieuse école de cadres. Aujourd’hui, la plupart des matières y sont dispensées en magyar, les étudiants ne portent plus la cravate bleue ornée des armoiries slovaques de l’école et leurs réunions s’achèvent sur le Szózat, hymne à la « patrie magyare » composé en 1840.

LA GUERRE DES STATUES
La minorité hongroise (10 % de la population nationale) compte 500 000 membres essentiellement concentrés dans le sud de la Slovaquie. A Kómarno, les Hongrois sont majoritaires. Les deux communautés ont toujours vécu en bons termes… à l’exception de quelques rixes lors de rencontres de football ! Aucune chronique n’enregistre non plus d’épuration ethnique entre Slovaques et Hongrois. Il s’agit d’une particularité dans l’histoire de l’Europe. Reste que cinq ans après l’adhésion de la Hongrie et de la Slovaquie à l’Union européenne, les relations entre Bratislava et Budapest sont pol-

…ET DES SOUTIENS INQUIÉTANTS
L’un des soutiens les plus chaleureux de Cameron lui vient du tabloïd de Rupert Murdoch, The Sun. Et cela ne tient pas du hasard. Le chef des Tories a rencontré à plusieurs reprises le magnat mondial des media. Notamment en août 2008, sur son yacht le Rosehearty en compagnie de représentants nauséabonds de la droite affairiste mondialiste : Matthew Freund, gendre de Murdoch et président de Freund Communication, la première agence britannique de relations publiques, actionnaire majoritaire de PRCC, filiale de Publicis, le Commissaire européen au Commerce Lord Mandelson, l’oligarque judéo-russe Oleg Deripaska (cf. RIV. du 18/1/08) et le Pdg de NBC-Universal, Ben Silverman.

UN MILITANT ANTIFASCISTE DE CHOC
On retrouve bien là la ligne défendue par tous les dirigeants Conservateurs sur l’immigration. Depuis Edward Heath, en passant par Margaret Thatcher, John Major ou

13 NOVEMBRE 2009

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UNE GÉNÉALOGIE TRÈS… ORTHODOXE
Epoux de Samantha Sheffield, fille d’un baronnet anglais et de sang royal par adultère, David Cameron est, du côté de sa mère, le petit-fils de sir William Malcolm Mount, également baronnet et officier dans l’armée. Son père, Ian Donald, riche agent de change chez Panmure et Gordon, a selon Wikipedia « une longue histoire dans le monde de la finance ». Son grand-père et son arrière grand-père — qui ne s’appelait pas Cameron ! — déjà travaillaient pour la même société. Son arrièrearrière grand-père paternel, Alexander Geddes, fortune faite dans les grains aux EtatsUnis, revint en Ecosse, dans les années 1880 et s’y fit construire près d’Inverness d’où sont également originaires les Cameron, un manoir victorien, Blairmore House, aujourd’hui racheté par une chaîne hôtelière. Or le chef du parti Conservateur, diplômé d’Eton et d’Oxford, est né avec plus qu’une cuiller en or dans la bouche. Etant en effet un descendant direct, à la sixième génération, d’un oncle de la reine Victoria, qui l’avait précédée sur le trône, le roi William IV. Ce qui le fait 5e cousin de la reine Elizabeth II. La grand-mère maternelle de son père, Stephanie Cooper, en effet, était la fille du chirurgien sir Alfred Cooper, spécialiste des maladies vénériennes de l’aristocratie britannique et dont l’épouse, Lady Agnes Hay, était la petite-fille de William IV. Stephanie épousera Arthur Levita, banquier comme son père. Les frères Cecil — officier dans l’armée britannique, notamment durant la guerre des Boers — et Arthur Levita étaient les fils d’Emile Levita, banquier et agent de change allemand, d’origine juive polonaise, qui s’installa à Manchester dans les années 1850. Celui-ci avait d’ailleurs épousé une héritière britannique née elle-même de parents juifs britannique et danois. La fille d’Arthur et Stephanie, Enid Levita, épousa donc Ewen Donald Cameron, le grand-père de David. On remarquera sans surprise, qu’outre une certaine ressemblance physique, des gestes et des mimiques proches, des connivences idéologiques flagrantes, le futur Premier Ministre de sa Gracieuse Majesté, possède à n’en pas douter un profil généalogique cosmopolite point trop éloigné de celui de notre souverain. Comme si en somme, la grande politique était désormais façonnée par des “profileurs” assermentés. J. R.

Zac Goldsmith, étoile montante ou étoile filante du parti Tory ?

I

L EST un point sur lequel les Conserdésastres générés par l’agriculture producvateurs de David Cameron et ses noutiviste. En politique, il suivit le même parveaux alliés d’Europe orientale auront cours que son père, Jimmy, très à droite et peine à tomber d’accord, c’est sur le clitrès anti-Européen. Bref une vision du mat. La référence du Britannique en futur et un programme actualisé qui peumatière d’écologie est en effet Zac Goldvent convenir à tous ceux qui sont sousmith dont, en 2005, il a fait son conseiller cieux des dérives du monde, quelle que sur la Qualité de la Vie. De grand-mère soit leur position philosophique. Précisons auvergnate, Zac est le fils de feur sir toutefois que s’il semble avoir quelques Jimmy Goldsmith, politicien iconoclaste doutes sur le rôle joué par le CO 2 dans le (financier de Philippe de Villiers lors des Changement Climatique, il n’en a aucun élections européennes de 1994, il était en sur celui-ci. bons termes avec Jean-Marie Le Pen et fut Zac a placé la barre environnementale un temps patron de L’Express, dont il se très haut dans le programme des nouveaux débarrassa car il le trouvait indécrottabletories, réclamant notamment la taxation du ment trop à gauche). Zac est aussi le neveu kérozène et le rejet du nucléaire. Ainsi de Teddy, fondateur du parti Vert anglais, qu’une révision complète du programme dont il aura hérité le bimensuel The Ecolode construction de centrales à charbon gist qui depuis quarante ans fait autorité en propres, de nouvelle génération. Il s’élève matière d’environnement. Zac en fut l’âme en revanche contre l’universelle obsession pendant neuf ans et renonça à son poste de du carbone et de l’effet de serre au détrirédacteur en chef en 2007, restant toutefois ment des véritables dangers qui pèsent sur président et directeur de la publication le monde : « Si vous vous polarisez sur le quand il se porta candidat en 2010 pour le Parti Conservateur. Son passage à la tête de la revue y entraîna d’importantes évolutions, à la fois dans la présentation et dans le fond. Sans rien toucher aux grands thèmes environnementaux qui avaient fait son succès, il la débarrassa du parti pris écologiste social dont elle s’était imprégnée. Fidèle à l’idéologie développée par Teddy Goldsmith — souvent accusé d’accointances avec la Nouvelle Droite et auteur d’un ouvrage de référence, Le Tao de l’Ecologie (Editions du Rocher) —, il poursuivit ses campagnes contre la chimie, l’énergie nucléaire, les biotechnologies — OGM et nanotechnologies —, la surconsommation, la santé bradée — notamment le cancer — la bouffe toxique, la surpopulation cause D.R. principale des catastrophes écologiques contemporaines, le déracineZac : « Un jeune homme qui chamboule ment des sociétés naturelles, les toutes les lignes ».

seul carbone, les résultats peuvent être extrêmement pervers. Je ne veux pas que ce pays commette un suicide économique… Fixer des objectifs (de production de CO2) n’est qu’un non-sens ». Résumant en trois mots son programme — démocratie directe, décentralisation et un agenda vert radical — « Plus encore que la question écologique, avertit-il, le pire drame auquel nous sommes confrontés est que la distance existant entre le pouvoir et les gens est devenue telle que ces derniers n’ont pratiquement aucune influence sur ce qui se passe. Nous avons besoin d’une décentralisation gigantesque ». Jusqu’à l’immigration qu’il inscrit dans le chapitre “Sécurité”, ce qu’on est bien en peine d’imaginer en France. « Dans un monde, écrit-il, sur lequel planent d’imprévisibles menaces, le gouvernement doit donner la priorité à de nouvelles formes de sécurité — qu’il s’agisse de combattre le terrorisme ou de traiter des niveaux sans précédent de migrations internationales. »

UN COUPLE PLACÉ SOUS CONTRÔLE… MATRIMONIAL
Nous voilà à des années lumière de l’imbécillité d’ultra-gauche qui inhibe la pensée politique écologique en France ou en Allemagne, sclérosée dans son carcan marxiste obsolète et qui balbutie toujours les slogans pseudo-révolutionnaires des années 1960. Ecouter parler ce jeune homme donne une idée bien différente de l’écologie enfin rétablie dans son véritable cadre, celui de la conservation. Des paysages. Des animaux. Des hommes, dans leur diversité organique et dans leurs traditions. Est-ce tant David Cameron qui comptera dans cette Angleterre Conservatrice que l’émergence d’une véritable personnalité européenne, génétiquement et culturellement éduquée dans la rébellion par ceux qui l’ont précédée et lui ont donné la chance, grâce à leur fortune, de s’imposer indépendamment des puissances qui contrôlent ce genre d’ascension ? Aussi l’ombre qui plane sur ce tableau prometteur mérite-t-elle attention. Marié pendant dix ans avec un mannequin et journaliste célèbre en même temps que militante environnementaliste coriace, Sharon (Sheherazade) Ventura-Bentley, mère de ses trois enfants, Zac Goldsmith vient de s’en séparer après une liaison de deux ans avec sa belle-sœur Alice Rothschild. Son divorce et sa romance avec une Rothschild pourraient remettre en cause une entrée en politique essentielle dans la stratégie imaginée par Steve Hilton (voir page 6), aspirant vers David Cameron au moins une partie du vote écologiste sans laquelle sa tentative est vouée à l’échec. C’est pourquoi il est décevant qu’il ait rompu avec une épouse qui avait le même profil familial et idéologique que lui pour s’acoquiner avec une héritière du plus pernicieux des empires. Lequel, d’ailleurs, contrôlait déjà Ben Goldsmith, le jeune frère de Zac, également très impliqué dans l’écologie et le parti Conservateur, et marié avec Kate Emma Rothschild, sœur aînée d’Alice, et fille d’Amshel Rothschild et de Anita Guiness, héritière des brasseries. Rassurant ? René BLANC.

de la Tchéquie, la Slovaquie aux revendications magyares
luées par la question de la minorité hongroise. Il y a mille ans, la Slovaquie était désignée par l’expression de « Hongrie supérieure » et son président Ivan Gaa Parovi demeure convaincu que « les Hongrois n’ont pas renoncé à récupérer le sud de la Slovaquie ». Mais pour László Sólyom, son homologue hongrois, la loi slovaque est une « atteinte à l’entente multilatérale, releguant le magyar au rang de jargon de cuisine ». Robert Fico et Gordon Bajnai, les Premiers ministres slovaque et hongrois, se sont rencontrés courant septembre pour tenter de dénouer la situation. Peu avant, le 21 août, dans l’artère principale de la ville, le maire de Kómarno avait fait ériger une statue équestre de saint Etienne, premier roi apostolique de Hongrie de 1000 à 1038 et saint patron de ce pays. L. Sólyom était convié à l’inauguration et non Gaa Parovi. Bratislava, qui considère Etienne Ier comme le conquérant de l’empire morave (étape fondatrice de l’Etat slovaque), prit cette initiative comme une provocation et interdit à Sólyom d’emprunter le pont enjambant le Danube. Le 26 août, à Budapest, l’ambassade slovaque sera attaquée au cocktailmolotov sans faire de victimes. grois, tel le révolutionnaire nationaliste Lajos Kossuth, sont nombreuses. Les démocrates et les européistes forcenés ont donc beau jeu d’attribuer la dégradation des relations aux nationalistes slovaques et aux propos anti-hongrois tenus par Ján Slota. Son parti, le SNS, siège depuis juin 2006 dans une coalition gouvernementale qualifiée de “rouge-brune” et ayant abouti à l’exclusion du parti socialiste de R. Fico du parti socialiste européen. On dit d’ailleurs que la loi aurait servi à satisfaire son électorat. De leur côté, les Hongrois reprochent aux Slovaques de bien soigner leurs symboles. A une centaine de mètres de la statue d’Etienne Ier se trouve celle des moines Cyrille et Méthode portant la croix orthodoxe. Depuis 2003, leur représentation en bronze a été fixée au-dessus de l’entrée de la Matica slovenská, un « Institut Goethe à la slovaque ». Pour les Slovaques, les deux missionnaires slaves de la période médiévale sont des saints nationaux. Josef Ernek, responsable à Kómarno du centre culturel et linguistique, avance que « les politiciens hongrois et slovaques cherchent à jouer la carte nationale, parce qu’ils n’ont aucune réponse à la crise ». Pour le dernier trimestre 2009, le ministère des Finances slovaque a prévu une baisse du produit intérieur brut de 5,7 %. Pál Csáky, chef du parti de la minorité hongroise, a rendu compte au Congrès américain de la “discrimination” frappant ses compatriotes. Viktor Orbán, chef de l’opposition à Budapest, explique que, dans le cas d’une victoire électorale aux élections législatives et à la présidentielle qui se dérouleront en mai et juin 2010, il représentera « les intérêts de tous les Hongrois du bassin des Carpates ». En dehors de la Slovaquie, d’importantes communautés magyares vivent en Roumanie, en Serbie et en Croatie, séparées de la mère-patrie depuis le traité de Trianon. En effet, avant 1920, sur un territoire comptant 282 870 km² pour 18,3 millions d’habitants, seulement 92 963 km² et 7,6 millions de Magyars restèrent attachés à la république hongroise. Bien après la Seconde Guerre mondiale, l’effondrement du bloc de l’Est et le retour de la Hongrie dans l’Europe libérale, beaucoup de Hongrois souffrent encore de ce morcellement. Laurent BLANCY, <Laurent-Blancy@neuf.fr>.

Pot des Amis de RIVAROL
le SAMEDI 21 NOVEMBRE
de 14h30 à 19h30 à l’Espace Dubail
18 passage Dubail 75010 Paris (angle 54 bd de Magenta) Gratuit pour les “Amis”. Entrée 10 e ou 15 e pour deux.
(M° J. Bonsergent ou Gare de lʼEst, bus 30, 31, 39, 54, 56, 65) Parking (payant) passage Dubail. ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE À 16H FORMIDABLE BRADERIE DE LIVRES NEUFS ET ANCIENS

DES DÉRIVATIFS À LA CRISE ?
Pour parer à tout acte de vandalisme, deux policiers sont postés à proximité de la statue du saint hongrois. Cette initiative ne pourra être généralisée : à Kómarno, où le conseil est composé de 23 Hongrois et de 2 Slovaques, les représentations des héros hon-

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N° 2927 — 13 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL

USA : des baffes pour le Messie et vent en poupe pour l’extrême droite
Gouverneur du New Jersey, le milliardaire Jon Corzine, ancien président de Goldman Sachs et proche d’Obama, qui intervint à trois reprises dans sa campagne, a donc été battu dans un bastion Démocrate par le Républicain Chris Christie qu’il avait distancé de 10 points en 2005. En Virginie, Creigh Deeds, depuis douze ans élu à la Chambre puis au Congrès avec de fortes majorités, est balayé, alors que l’ancien gouverneur Démocrate, Kaine, avait été élu en 2005 par 51 % contre 46. Lui aussi a été soutenu sur place par Obama. Son vainqueur Mc Donnell serait ici classé à l’extrêmedroite. Tous les sondages confirment par ailleurs l’effondrement du président fantoche. Au cours du troisième trimestre 2009, montre une étude de Gallup, sa cote quotidienne, qui était de 78 % au lendemain de son élection et de 62 % en avril est tombée à 53. Selon l’institut Rasmussen, si une élection anticipée s’était déroulée ce 3 novembre il aurait été battu. Depuis 50 ans, on n’avait rien vu de pareil un an après une élection présidentielle. Rasmussen confirme les résultats de Gallup : 40 % des sondés contre 30 contestent sa politique. Pour Zogby, qui lui a toujours été favorable, si 42 % des sondés affirment que le pays va dans la bonne direction, 51 % sont d’avis opposé. Mais le plus important est ce qui est survenu le même 3 novembre d’une troisième élection dont on a peu parlé. Elle opposait dans une circonscription de l’Etat de New York détenue sans interruption depuis la Guerre Civile par les Républicains, un Démocrate, Owens, à un Conservateur. Celui-ci, Doug Hoffman, un comptable inconnu, se manifesta à l’annonce de la nomination par les Républicains de Dede Scozzaffava, bien enracinée dans sa région, mais très à gauche, partisane de l’avortement, des privilèges homosexuels et du renforcement des impôts. Hoffman conduisit une campagne de bric et de broc extrêmement efficace et menait de 5 points lorsque Scozzafava, qui traînait 15 points derrière, se retira de la course, quelques heures avant l’élection, invitant ses partisans à voter pour le Démocrate. Joseph Biden, le vice-président, qui s’était installé dans la circonscription, l’avait convaincue de rallier le camp adverse. Hoffman fut notamment soutenu, contre la direction du Parti Républicain, par Sarah Palin, le futur candidat Républicain et gouverneur du Minnesota Tim Pawlenty et Dick Armey, ancien représentant du Texas et chef de la majorité Républicaine à la Chambre. Armey est aujourd’hui une des chevilles ouvrières du puissant mouvement populiste désireux de bouleverser la carte électorale américaine. Leur but, fût-ce au prix de quelques défaites immédiates : réinstaller le parti Républicain sur ses réelles fondations conservatrices et traditionnelles. Owens, pour eux, ne sera pas pire que Scozzafava. Il s’agit donc de casser l’actuelle direction libérale du Parti. Douze circonscriptions, tenues par des élus Républicains libéraux, verront se présenter en 2010 un candidat conservateur n’ayant d’autre souci que de montrer qu’à l’avenir aucun Républicain de gauche n’aura la moindre chance d’accéder au Congrès. Owens le Démocrate a peut-être battu Hoffman le Conservateur, par 48 % contre 46 %, 6 % des voix se perdant sur Scozzafava. Mais dans de telles conditions, la prouesse d’Hoffman est porteuse de grands espoirs pour tous ceux qui, s’étant débarrassés des néo-conservateurs, ne veulent pas de droites molles aspirées par les sirènes de gauche. J. R.

Le crucifix interdit par la Cour européenne !
Le 3 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme (les « droits de l’homme sans Dieu », aurait dit Jean Madiran) a condamné l’Italie pour la présence de crucifix dans les salles de classe, disposition jugée contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de religion sans qu’aucune ne leur soit imposée. Ce que la vision quotidienne des crucifix dans les salles de classe ne permettait pas. La requérante était la Néo-Italienne Soile Fatima Lautsi, Finlandaise convertie résidant à Abano Terme et dont les enfants, Dataico et Samir, fréquentèrent en 2001-2002 l’école publique locale où toutes les salles de classe avaient un crucifix au mur, ce qui traumatisa gravement ces bons petits musulmans. Elle avait d’abord porté plainte devant un tribunal de la péninsule, qui la débouta au motif que cette présence était naturelle, le crucifix n’étant pas seulement un symbole religieux mais aussi, en tant que “drapeau” de la seule Eglise nommée dans la Constitution, un symbole de l’Etat italien. Les juges de la Cour constitutionnelle européenne (dont RIVAROL a souvent souligné la nocivité) ont conclu au contraire, et à l’unanimité, à la violation de l’article 2 du protocole 1 (droit à l’instruction) conjointement avec l’article 9 de la convention (liberté de pensée, de conscience et de religion). Cette condamnation de l’Italie s’accompagne de l’obligation d’allouer 50 000 euros à la requérante pour préjudice moral (1) ! Bref, cela commence par les crucifix dans les salles de classe. Mais à quand la suppression des tableaux religieux et des objets d’art sacré dans les musées, la destruction des lieux de culte visibles dans la rue, celle des calvaires sur nos routes européennes ou des croix dans nos cimetières ? A quand la suppression des cloches dominicales qui agressent les oreilles allogènes ? Par un curieux hasard, l’AFP rapportait le même 3 novembre  qu’en Arabie séoudite, un homme de 22 ans, accusé du rapt et du viol de cinq enfants, dont l’un avait ensuite été abandonné dans le désert où il mourut de soif, venait d’être condamné en appel à la décapitation et à la crucifixion, peine qui garde donc toute sa force symbolique au pays abritant les lieux saints de l’islam. _____ E. DUBOIS.

Bon vent à l’Alliance des mouvements nationaux européens !
Le 24 octobre, cinq partis européens de droite radicale ont créé à Budapest, à l’occasion du 53 e anniversaire du début de l’insurrection hongroise et du 20 e anniversaire de la chute du communisme, une alliance destinée à s’opposer à l’Union européenne à Bruxelles, a annoncé la formation nationaliste hongroise Jobbik à l’origine de cette heureuse initiative avec le Front national que représentait Bruno Gollnisch, vice-président chargé des relations internationales et ex-président du groupe ITS (Identité Tradition et Souveraineté). Baptisé Alliance des mouvements nationaux européens, ce nouveau groupement entend « protéger l’Europe de l’impérialisme religieux (l’islam), politique, économique et financier », selon un texte en neuf points adopté par les cinq formations. « L’Alliance va devenir un parti européen officiel qui sera enregistré en Belgique ou à Strasbourg », a indiqué le député européen Zoltan Balczo, vice-président de Jobbik, ce qui devrait lui donner certains avantages politiques et matériels, dès lors que n’existe toujours pas un groupe des Droites européennes, si toutefois il est accepté. Cependant, il manque encore deux signatures : il faut en effet la réunion d’au moins sept formations politiques différentes issues de sept pays de l’Union européenne pour avoir droit à la subvention bruxelloise. Et ces partis doivent être représentés soit au Parlement national, soit à l’assemblée européenne, soit dans des chambres régionales de leur pays, ce qui n’est pas le cas de tous les signataires. Les cinq mouvements fondateurs sont le Front national français, le Front national belge représenté par son unique député fédéral Patrick Cocriamont, jusque-là fidèle de Daniel Féret, la Fiamma-Tricolore italienne de Luca Romagnoli, les Démocrates nationaux suédois et le Jobbik qui a réalisé 15 % des voix aux européennes et décroché trois sièges au Parlement européen. Ils espèrent être rejoints bientôt par le FPÖ autrichien de Strache (ce dernier hésitant, car il doit faire face à une présidentielle et ne veut donc pas trop se marquer), d’autres mouvements espagnol et portugais (le Parti national rénovateur) et surtout le British national Party qui a obtenu 6 % des voix (et deux sièges) aux européennes et dont les effectifs ont augmenté à la suite de la récente (et excellente) intervention de Nick Griffin à la BBC — obligée par le score du BNP d’inviter son chef lors des émissions politiques, ce qui a d’ailleurs suscité l’indignation générale et même des manifestations hostiles. Griffin a déjà donné son accord de principe pour rejoindre cette Alliance. Le mouvement bulgare Ataka de Volen Siderov semble pour l’heure sur la réserve (comme ce fut naguère le cas de la Grande Roumanie de Vadim Tudor qui, en novembre 2007, fit capoter pour des motifs fallacieux le groupe Identité Tradition Souveraineté) ainsi que le Vlaams Belang. Lequel s’est récemment rapproché du Bloc identitaire. Les cinq formations signataires ont en commun de s’opposer à l’immigration, au mondialisme, au démantèlement de la famille traditionnelle et aux transferts de souveraineté vers un corps supranational tel que l’Union européenne. Les délégués des cinq partis ont d’ailleurs signé un accord précisant leurs objectifs : « remplacer l’Union Européenne par une confédération d’Etats souverains, renforcer le soutien aux familles, régler dans des conditions humaines le problème de l’immigration ». « C’est une étape importante (…) pour la renaissance des nations souveraines », a commenté Marc Abramsson, président des Démocrates nationaux suédois (Nationaldemokraterna) qui a ajouté : « C’est une lutte pour notre propre culture et notre héritage. » Puisse-t-elle être un jour victorieuse ! J. B.

UNE COMMISSION D’USURPATEURS
S’exprimant le 5 novembre à l’issue d’un conseil des ministres franco-polonais, Nicolas Sarkozy se félicitait du renoncement du Conservateur britannique David Cameron (voir en pages centrales) à son projet de référendum sur le traité de Lisbonne après « tant de pertes de temps » et annonçait la mise en place dès ce mois-ci « des femmes et des hommes aux postes qui sont prévus par les institutions ». « Il faut aller très vite », ajoutait le chef de l’Etat qui répondait ainsi, implicitement, à Jean-Marie Le Pen qui, trois jours plus tôt, avait levé un fameux lièvre : « Le mandat de la Commission européenne a expiré le 31 octobre à minuit… Depuis hier 1er novembre, 26 des 27 commissaires européens agissent dans la plus totale illégalité car, en droit, ils ne sont plus commissaires… C’est un nouvel exemple de la façon dont les eurocrates se moquent des règles qu’ils ont eux-mêmes édictées… Depuis hier, toute déclaration d’un prétendu commissaire européen doit être considérée comme nulle et non avenue. Il est du ressort de la Cour européenne de Justice de constater qu’il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul commissaire européen, M. Barroso, et que les 26 autres sont des usurpateurs. »

(1) Dans un communiqué de son secrétaire général, notre ami et abonné Gianni Corregiari, le parti Forza Nuova a averti que «si quelqu’un essaye d’enlever les crucifix des écoles, il se trouvera un mur humain mené par Forza Nuova » pour l’en empêcher et que « ceux qui pensent miner les fondements du peuple italien s’en repentiront amèrement ». Un sentiment de révolte très répandu dans la péninsule.

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Obama an I : la diplomatie américaine en panne
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N CE premier anniversaire de la victoire tant célébrée de Barack Obama, dont le monde attendait merveilles et miracles, où en est la diplomatie états-unienne ? Les difficultés, contretemps et déceptions s’accumulent et la panne est patente, aussi bien sur le plan intérieur avec l’augmentation inexorable du nombre des chômeurs et de celui (concomitant) des sans-abri, que sur le plan extérieur. Le 2 novembre, au Pakistan, deux attentat-suicide commis à Lahore et à Rawalpindi, ville voisine de la capitale pakistanaise, Islamabad, faisaient plus de 50 morts. Ces attentats semblent une riposte à l’annonce du gouvernement promettant une prime pouvant atteindre cinq millions de dollars pour tout renseignement permettant la capture, morts ou vifs, du chef taliban Hakimullah Mehsud et de ses adjoints. Une riposte aussi à la colère américaine exprimée par Hillary Clinton dont l’arrivée avait été saluée le 28 octobre par un attentat à la voiture piégée (une centaine de morts à Peshawar, le plus lourd bilan depuis plus de deux ans et l’attaque qui avait coûté la vie à l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto). La secrétaire d’Etat américaine doit parfois regretter sa promotion à ce poste prestigieux qui lui apparaît de plus en plus comme un cadeau empoisonné, d’Islamabad à Tel Aviv en passant par Kaboul et Bagdad. tinienne Mahmoud Abbas et Netanyahou à New York, mais le 22 octobre, sa secrétaire d’Etat lui a fait savoir que les conditions n’étaient toujours pas réunies. Elles ne le sont pas davantage aujourd’hui. Cette tournée de Mme Clinton est intervenue dans une atmosphère de jet de l’éponge avant la fin du round. Mahmoud Abbas est déstabilisé comme jamais. Il s’est mis à dos un nombre encore plus important de Palestiniens lorsqu’il a suspendu les efforts en vue de poursuivre des responsables israéliens convaincus par le rapport Goldstone de crimes de guerre lors de l’offensive de l’hiver dernier dans la Bande de Gaza. Le tollé a été tel qu’il est vite revenu sur cette décision. Mais cela a renforcé son image de “collabo”. Hillary Clinton s’est ensuite au Maroc — auquel l’influence d’une puissante communuté juive a toujours permis de jouer les modérateurs entre les deux camps — afin d’assister les 2 et 3 novembre à une conférence internationale dont elle entendait profiter pour consulter nombre de ses homologues des pays arabes sur le gel israélo-palestinien. Tentative inutile. Et c’est ce sentiment que, quoi qu’on fasse depuis des décennies, c’est toujours en vain, qui pourrait enterrer et pour longtemps les tentatives non pas même de dialogue mais de simple relance du dialogue. Les impasses s’additionnent dangereusement… Il faut dire qu’avec des alliés comme Abbas, Karzaï et Zardari, Obama et Hillary ont du souci à se faire… Mais, après tout, personne n’a jamais obligé l’Hyperpuissance à s’aventurer sur ces galères. Pierre-Patrice BELESTA.

(Dessin de CHARD.)
problèmes avec votre gouvernement et votre Establishment militaire », a poursuivi Hillary Clinton. Les Indiens ont immédiatement applaudi à tout rompre. L’autre souci d’Hillary c’est bien entendu l’Afghanistan avec un scrutin présidentiel ayant tourné à la farce. Elle avait affirmé que l’appel du Tadjik Abdullah Abdullah, ancien compagnon du commandant Massoud, ex-ministre des Affaires étrangères et candidat au premier tour de la présidentielle, au boycottage du second tour de cette élection n’en affecterait pas la légitimité. Mais elle avait aussi reproché au président sortant Hamid Karzaï d’avoir refusé les conditions posées par Abdullah pour éviter que ne se répètent le 7 novembre les irrégularités massives du 20 août. Finalement, ce second tour impossible (comme nous l’avions indiqué dans notre dernier n°, toute la région de Bamiyan est déjà bloquée par la neige !) et joué d’avance a été annulé et la reconduction automatique d’un Hamid Karzaï affaibli, plus que jamais contesté et dont le régime est tenu pour irrémédiablement corrompu par Washington, est un coup dur pour Barack Obama qui n’en a pas moins adressé ses “félicitations” à l’encombrant vainqueur (par défaut), à l’approche de sa décision sur l’envoi éventuel de renforts en Afghanistan… Où Karzaï s’est empressé de lancer un appel pour la réconciliation nationale à ses « chers frères Taliban », contre lesquels sont engagées les forces de la coalition, y compris le contingent français, dont un soldat a été très grièvement blessé le 1er novembre. Autre coup dur : la remontée de la violence dans l’Irak “libéré” et si heureusement rendu à la “démocratie”. Le nombre d’Irakiens tués et blessés a doublé en octobre par rapport à celui du mois précédent, déjà sanglant avec 410 morts, notamment en raison du double attentat du 25 octobre contre des bâtiments gouvernementaux à Bagdad, pourtant tout proches de la « zone verte » surprotégée. Et beaucoup d’Irakiens de se souvenir avec nostalgie de la sécurité qui régnait sous le “tyran” Saddam Hussein… qu’Israël « souhaite s’engager dans des pourparlers de paix immédiatement sans pré-conditions ». « Malheureusement, ce n’est pas le cas de l’autre partie », a-t-il martelé. Les Palestiniens ont annoncé qu’ils ne reprendraient pas les pourparlers de paix avec l’Etat hébreu si celui-ci n’arrêtait pas toute nouvelle construction dans les colonies. Pendant l’été, le président Barack Obama avait espéré pouvoir relancer les pourparlers entre les deux parties. En septembre, il avait organisé une rencontre à trois avec le président de l’Autorité pales-

LA COLÈRE D’HILLARY
L’ex-First Lady avait dû se couvrir la tête à Lahore au Pakistan, afin de ne pas indisposer ses hôtes, d’où sans doute sa mauvaise humeur, qui lui a fait asséner une vérité peu diplomatique à l’indispensable mais insupportable allié pakistanais qui joue double voire triple jeu. Hillary Clinton avait affirmé cependant au début de sa tournée que les États-Unis se tenaient aux côtés du Pakistan face au défi commun du terrorisme et le président Asif Ali Zardari, avait déclaré que la visite de Mme Clinton en ces temps difficiles constituait une « vraie démonstration de la relation approfondie entre les deux pays ». Mais la rencontre d’Hillary avec des étudiants à Lahore aurait provoqué son changement radical de ton. Dans la veine de ce que pense la majorité des Pakistanais, les étudiants avaient en effet énuméré les griefs de leur pays contre les États-Unis avec une agressivité qui a provoqué cette riposte : « Nous ne savons pas où sont les dirigeants d’Al-Qaïda et je ne dispose pas d’informations laissant penser que les autorités pakistanaises le sauraient. Mais ce gouvernement dispose de nombreuses ramifications. Quelqu’un, quelque part au Pakistan, doit savoir où sont ces gens. »

Victoire à la Pyrrhus pour le Messie
Dans le désastre multiforme qui frappe l’Amérique obamienne, les media du monde ont explosé de joie à l’annonce de la « grande victoire » remportée par le Messie contre les forces obscurantistes : enfin 95 % des Américains vont disposer d’une couverture sociale universelle ! Sauf que « les Américains » continuent à être très majoritairement opposés à cette opération du fait de son coût démesuré qui sera forcément épongé par l’impôt. Ils pourraient dès les élections de novembre 2010 le faire chèrement payer. Si d’ailleurs le vote à la Chambre s’est effectué avec 5 voix d’écart seulement, c’est bien parce que quarante Démocrates — soudain définis comme Conservateurs — ont voté contre, sentant déjà le vent du boulet. Mais ce n’est pas tout, la mouture acceptée après des mois de concessions est très loin de ce qu’Obama avait promis au cours de sa campagne électorale et qui n’avait aucune chance d’être acceptée par le Congrès. On observera que ce vote a été acquis uniquement parce qu’à la dernière minute a été accepté par 240 voix contre 194 — dont 64 Démocrates — un amendement qui change tout. Il a été convenu en effet que des restrictions draconiennes seraient imposées au remboursement de l’avortement. Bart Stupak, Représentant du Michigan qui avait introduit l’amendement, l’a défini laconiquement : « Restons fermes sur le principe : pas de financement public de l’avortement. Pas de financement public pour les polices d’assurances qui remboursent l’avortement ». Une formidable baffe pour Obama et sa camarilla progressiste qui entendaient bien faire passer ce remboursement avec le reste. J. R.

ZARDARI ET KARZAÏ, LES BOULETS DE WASHINGTON
On peut difficilement dire plus clairement : vous ne les attrapez pas car vous ne voulez pas les attraper. Huit ans après les attentats du 11-Septembre, les États-Unis n’ont toujours pas arrêté Oussama ben Laden qui, s’il est encore vivant, résiderait au Pakistan. Washington a depuis 2002 accordé des milliards de dollars d’aides à l’armée et à l’Etat pakistanais dans l’espoir d’une réelle collaboration. Des coups de poing sur la table ont été donnés par l’administration Bush, mais jamais de manière aussi publique. La chef de la diplomatie américaine n’a fait que reprendre ce qui se dit depuis longtemps à Washington : non seulement Zardari ne fait rien contre Al-Qaïda, mais il n’agit pas davantage contre les Taliban afghans censés se cacher dans les Zones tribales et au Baloutchistan, ni contre les groupes djihadistes anti-Indiens basés au Pendjab. Or, tous forment désormais une nébuleuse terroriste qui opère contre les forces de l’OTAN en Afghanistan, tente de déstabiliser l’État pakistanais et ambitionne d’orchestrer de nouveaux attentats en Inde, tels que celui du 26 novembre 2008 à Bombay, qui fit près de 200 morts. « Si nous voulons avoir un vrai partenariat, alors laissez-moi vous dire que les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir des

Prisons : Vive la Belgique, Messieurs !
Le 12 avril 2006, en pleine cohue de la Gare centrale de Bruxelles, Joe Van Holsbeeck, 17 ans, rêvassait, les écouteurs de son MP3 fichés dans les oreilles. C’est précisément cet appareil que guignaient deux Jeunes. Comme le garçon se rebiffa, l’un des agresseurs le larda de sept coups de couteau avant de détaler, laissant un cadavre sur le carreau. Comme les agresseurs, identifiés par des caméras de surveillance, étaient polonais, les noms et dates de naissance d’Adam G., 18 ans, et de Mariusz O., 16 ans, furent divulgués. La Pologne, où ils s’étaient réfugiés, les mit illico en prison. Comme il s’agissait de Slaves, les media s’en donnèrent à cœur joie. Mais, patatras, voilà-t-il pas que ces butors de Polonais, Européens de fraîche date encore mal éduqués à la pensée correcte, protestent qu’Adam et Mariusz ne sont pas des Polonais mais des Roms ! Des Roms riches, qui font des affaires en Belgique. Varsovie ayant accepté de remettre les meurtriers à la justice belge, à condition qu’on les lui rende ensuite pour qu’ils accomplissent leur peine dans leur patrie, le surineur Adam écope de vingt ans de prison. Mais des voix nombreuses s’élèvent avec la sienne pour faire valoir que les Droits de l’Homme doivent primer le droit international et que, moins encore que les prisons belges contre lesquelles la Ligue des droits de l’Homme n’a de cesse de s’élever, les prisons polonaises ne satisfont pas à la dignité humaine d’un condamné. La question est d’une actualité d’autant plus brûlante que les mêmes consciences généreuses s’activent aujourd’hui dans une affaire parallèle. Celle des détenus marocains qui se sont évadés en hélicoptère de la prison de Bruges et qui, réfugiés au Maroc, y ont été arrêtés. Ils supplient paradoxalement qu’on les laisse réintégrer les cellules flamandes qu’ils n’avaient pas assez d’adjectifs pour stigmatiser ! Georges HUPIN.

PROCHE-ORIENT : ENCORE UNE IMPASSE
Et ce n’est pas le conflit israélo-palestinien qui va mettre du baume au cœur de la nouvelle équipe de la Maison-Blanche, même si Hillary Clinton s’est montrée tout miel vis-à-vis des Israéliens. Elle a ainsi cru pouvoir déclarer le 31 octobre que l’Etat hébreu avait fait des concessions « sans précédent », puis a loué le lendemain la “retenue” de Netanyahou en matière de constructions dans les colonies en Cisjordanie, une position qui a laissé abasourdis les Palestiniens. Elle a aussi approuvé une déclaration du Premier ministre israélien disant que les Palestiniens n’avaient jamais demandé un gel de la colonisation dans le passé comme condition pour discuter avec les Israéliens. “Bibi” Netanyahou a soutenu pour sa part

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La vérité sur Guy Môquet
« Enquête sur une mystification officielle. ». Dès le sous-titre, la couleur es ainsi franchement annoncée pour « L’Affaire Guy Môquet » (1) dont les auteurs Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre — deux universitaires — ont déjà montré dans un livre précédent « Liquider les traîtres. La face cachée du PCF (41-43) » (éd. Laffont) qu’ils ne cédaient ni aux légendes pieuses ni aux mensonges de l’histoire. D’autant qu’ils ont largement recours à des archives (nationales et locales) qui leur apportent quantité d’arguments, d’ordinaire négligés ou censurés. En cinq chapitres (c’est un livre court), ils reviennent d’abord sur l’attitude de 1939 à 1941 d’un PCF discrédité par le pacte germano-soviétique puis dissous, pourchassé, mais dont l’appareil aux ordres de Moscou se lance dans le « défaitisme révolutionnaire », notamment au moment de la guerre russo-finlandaise où la France soutenait la Finlande. De nombreux sabotages furent alors commis dans les usines d’armement (blindés et avions notamment) cependant que se dessinait la “pré-collaboration” avec les autorités allemandes — qui échoua de justesse en raison des arrestations opérées par la police de Vichy. C’est au nom de cette politique qu’étaient distribués des tracts défaitistes appelant à la paix et attaquant les pays “impérialistes”, France et Angleterre. Et c’est parce qu’il les diffusait que le jeune Guy Môquet, communiste militant, fut arrêté en octobre 1940. Son père, député stalinien et resté fidèle au Parti, avait été condamné à la prison et envoyé en Algérie — ce qui lui sauva la vie. Arrêté, interrogé, Guy Môquet avoua, sans avoir subi la torture comme on l’entend encore car les premières Brigades Spéciales n’y avaient pas recours. On peut faire confiance là-dessus à M. Berlière qui, dans son livre « Policiers sous l’occupation » (réédité en poche — Collection Tempus-Perrin) n’a pas été tendre pour les BS suivantes. Emprisonné, Môquet fut avec ses camarades jugé à Paris en janvier 1941 et acquitté (les juges ayant estimé qu’il avait « agi sans discernement ») mais pas libéré pour autant car soupçonné d’être toujours en contact avec le PC. C’est à ce titre qu’il fut transféré finalement, avec des centaines de militants communistes, au camp de Choisel proche de Chateaubriant. Un camp où il y avait des droit commun et des politiques mais où les conditions étaient au début très acceptables : les prisonniers avaient droit à des colis, pouvaient recevoir leurs proches et même pour certains sortir du camp, à condition de s’engager à ne pas s’évader. Quelques uns s’étant toutefois « fait la belle », la discipline devint plus stricte et les éléments jugés les plus dangereux furent regroupés à part dans un baraquement, l’îlot 19. premiers morts, les autorités allemandes sur ordre d’Hitler avaient édicté une implacable « loi  des otages », qui fut appliquée à Chateaubriant et à Nantes. Vichy engagea tout de suite des négociations pour atténuer le plus possible le mécanisme infernal… en sélectionnant des otages chez les communistes. Mais Guy Môquet ne figurait pas sur les listes envoyées par Pucheu. Il fut choisi en application d’un paragraphe de la loi allemande qui visait des jeunes communistes emprisonnés s’il était prouvé que d’autres jeunes du Parti avaient participé à des attentats. Ce qui fut le cas à Nantes. Guy Môquet fut donc un sacrifié. Comme tant d’autres plus tard, et pas forcément communistes. MM. Berlière et Liaigre rappellent d’ailleurs que, dans l’état des recherches encore en cours, le chiffre total des fusillés politiques sous l’Occupation n’a pas dépassé les 4 000. Alors que profitant de l’héroïsation officielle du cas Môquet, on a pu réentendre à la télévision des allusions à la légende des 75 000 fusillés du Parti, encore récemment évoquée par le camarade Alain Bocquet, député du Nord, qui vient d’ailleurs de publier ses Mémoires. Le livre, et ce n’est pas le moindre de ses mérites, non seulement ne tombe pas dans la démagogie historique à la mode mais, au-delà du malheureux Guy Môquet, rappelle que ce drame ne peut être séparé de la stratégie jusqu’auboutiste d’un parti communiste qui, de 1940 à 1944, constamment fut aux ordres de l’Internationale marxiste. Quel qu’en fût le prix humain. _____ J.-P. A.

Lus et commentés

Jean-Paul CHAYRIGUES de OLMETTA

ALMANACH 2009 DU MARQUIS
Est-ce la longue fréquentation des champs de courses et le sport équestre, ainsi qu’un goût immodéré pour l’art lyrique qui, d’un solstice l’autre, poussent ce Normand montmartrois hors de ses pénates berrichonnes ou savoyardes ? A peine arrivé dans l’un de ses ports d’attache, le génie du vent l’emporte cette saison au fil du Danube et jusqu’en Australie, sans préjudice de balades impromptues (en vrac) : Poitiers, Malines, Autun, Séville, Toulouse, Nuremberg, Albi, Deauville… — on s’essouffle ! — que le lecteur visite avec un cicérone esthète féru d’architecture médiévale. L’éphéméride effeuille les heurs et malheurs d’un voyageur impénitent… qui exècre les touristes, ces “moutons”. Fine gueule et langue acérée, le chroniqueur mondain, entre les itinérances, nous fait part, avec une subjectivité parfaite, de ses jugements abrupts, enthousiastes ou méprisants, et de considérations peu amènes sur la gent politique, le show-business, les mœurs débraillées de l’aristocratie contemporaine. Le tout émaillé de réminiscences historiques, de recettes de cuisine, de leçons de savoir-vivre, des réactions de ses auditeurs lors des conférences sur la Franc-Maçonnerie (où l’ex-Frère a conservé quelques amis), d’un cours sur l’origine de l’angélique et le mode de reproduction des coquilles saint-jacques… Comme on voit, un joyeux et sympathique patchwork, parfois teinté de nostalgie, qui témoigne de l’éclectisme des goûts et des relations non conformistes de J.-P. de Olmetta — “fasciné” par les prestations de notre directrice sur Radio-Courtoisie ! L’Almanach 2009, finement illustré par Nicolas Charrier, se clôt sur l’évocation d’une face peu connue de Jean Gabin, éleveur et fermier autant que vedette de l’écran, et les hommages émouvants et chaleureux de Patrick Gofman, de Jean-Pierre Rondeau et surtout d’Anne Brassié à Serge de Beketch, fondateur du Libre Journal de la France courtoise où la « chronique du Marquis » avait séduit beaucoup de lecteurs. _____ Marie-Gabrielle DECOSSAS.

UN SACRIFIÉ
En juin 1941 Hitler attaque l’URSS et le PC clandestin reçoit l’ordre de lancer une campagne d’attentats meurtriers contre les troupes d’occupation, officiers en tête. Nos auteurs notent qu’il y avait alors peu de candidats, même au parti, pour commettre ces attentats et que de jeunes fanatiques furent donc envoyés de Paris en province. Ce sont eux qui, le 20 octobre 1941, exécutèrent à Nantes le Feldkommandant Karl Hotz. Dès leurs

(1) 160 pages avec notes et références, 12 €. Collection A Rebours, éditions Larousse.

Cinéma Déraison et sentiments
Cette semaine, deux films pour les cinéphiles et les mélomanes : Les Herbes folles d’Alain Resnais et Le Concert de Radu Mihaileanu. Alain Resnais, 87 ans, doyen des cinéastes français encore en activité (Eric Rohmer, né en 1920, n’a plus rien tourné depuis Les Amours d’Astrée et de Céladon il y a deux ans) nous donne avec Les Herbes folles, récompensé à Cannes d’un assez insultant « prix exceptionnel » créé pour la circonstance, un des films les plus inventifs et foisonnants de sa carrière. Un demi-siècle après le choc d’Hiroshima mon amour, Resnais nous propose ici un récit plein de pirouettes loufoques et de personnages drôlement azimutés. En tête desquels ceux interprétés avec une verve jubilatoire par ses deux comédiens fétiches Sabine Azéma et André Dussolier. Dentiste et aviatrice, Mme Muir, rousse flamboyante, se fait voler son sac à main dans les galeries du Palais Royal. Un quidam nommé Georges Palet, marié, deux enfants, ramasse peu après le portefeuille que le voleur a abandonné en banlieue et qu’il apporte au commissariat. Des prémices de fait divers d’une banalité trompeuse à partir desquelles Resnais brode une tapisserie complexe d’événements imprévisibles et chaotiques provoqués non seulement par un destin facétieux mais aussi par les pulsions incontrôlables des protagonistes principaux  qui vont se conduire comme des adolescents immatures ; Georges se prenant d’une passion morbide pour Mme Muir qui le rejette avant d’être peu à peu attirée par la personnalité trouble de cet inconnu dont certains signes laissent supposer qu’il pourrait être un psychopathe. Adaptée par Laurent Herbiet (auteur d’un intéressant téléfilm sur la crise de Mai-68, Adieu De Gaulle, adieu diffusé en avril dernier sur la chaîne cryptée) d’un roman de Christian Gailly, L’Incident (éditions de Minuit), l’histoire colle comme un gant aux thèmes chers à Resnais : les enchaînements du hasard, les coïncidences, les inconstances et la déraison du désir amoureux, les illusions de la mémoire, les contingences du réel et les refuges dans l’imaginaire. Rien de théorique ni de démonstratif dans cette fantaisie surréaliste où l’absurdité des situations va de pair avec une réalisation stylisée fourmillant de trouvailles visuelles et de gags qu’on dirait parfois sortis de l’univers de non-sens des Monty Python. Si l’humour anglais est votre tasse de thé, Les Herbes folles devraient vous combler. Un bémol toutefois, le commentaire en voix off aussi insupportable qu’envahissant du narrateur, M. Edouard Baer. ● Ancien animateur d’une troupe de théâtre yiddish à Bucarest ayant fui la dictature de Ceaucescu en 1980 pour Israël avant de s’installer définitivement en France, Radu Mihaileanu connaît la musique ! Des fausses notes, au sens propre comme au figuré, il y en a certes pas mal dans Le Concert, son 4 e long métrage, où il nous trimballe dans les méandres rocambolesques d’une tragicomédie franco-russe tenant à la fois de la grosse farce, de la charge anticommuniste, de la satire de la Russie sous Poutine et du mélo sirupeux. Il y est question d’un célèbre chef d’orchestre du temps de l’Union soviétique limogé par un Brejnev d’humeur antisémite en punition de son refus de se séparer de ses musiciens juifs. Trente ans après, Andréi Filipov se trouve toujours au Bolchoï mais comme simple homme de ménage. Un soir, alors qu’il nettoie le bureau directorial, il tombe sur un fax invitant l’orchestre à jouer à Paris. Il le subtilise et imagine une folle supercherie afin de jouer encore une fois devant un public dans une salle prestigieuse — le Châtelet — mais, auparavant, il doit retrouver ses anciens musiciens, les convaincre de rentrer dans la combine et les équiper de pied en cap avec les passeports et visas idoines. Opération menée à grand renfort de quiproquos, d’embrouilles et de scènes burlesques où Mihaileanu y va à fond la caisse dans la caricature et les stéréotypes ethniques sur l’exubérance slave et les atavismes juifs. Lorsque les imposteurs, ivres évidemment, finissent par débarquer à Paris, Le Concert change de tonalité et le registre se fait plus grave avec la présence d’une jeune virtuose française (Mélanie Laurent) choisie par Andréi pour jouer le concerto. Alternant humour cocasse (les apparitions de François Berléand, désopilant directeur du Châtelet), suspense et pathos sentimental, Mihaileanu nous tient en haleine jusqu’à ce que la musique de Tchaïkovski prenne enfin son envol. Cela valait le coup d’attendre ! Patrick LAURENT.

ENTRE NOUS
(Une ligne : maximum 40 signes et espaces.) Demandes d’emploi : 3,05 . A utres rubriques : 3,81 . CARNET (Mariages, naissances, deuils… ) : 5 . Domiciliation sous un numéro : 3,05 . TVA 19,60 % en sus. Les textes rédigés en caractère d’im prim erie très lisibles doivent nous parvenir dix jours avant la parution accompagnés du règlement.

266 pages (sans index, malheureusement), 28 €. Éditions Via Romana, 5 rue du Maréchal Joffre 78000 Versailles.

CLUB DES RONCHONS

ALLEZ–Y SANS NOUS
C est le dixième recueil de ce Club fondé en 1986 par Alain Paucard, « président à vie et peu tenté par l’abdication ». Avec un sommaire très alléchant où tous les sujets actuels sont traités par pas moins de quarante auteurs non conformistes refusant « le grand mensonge de l’avenir radieux » alors que c’est plutôt l’Apocalypse qui nous attend. Mais comme le dit Paucard, « l’Apocalypse, chacun sait cela, est le contraire d’une explosion, c’est une Révélation ». Pour l’instant, on appréciera la cure de bonne humeur qu’offre ce livre roboratif. _____ J.-P. A.

IMMOBILIER
 Rivarolien fonctionnaire ch. appt. à Paris. 25/30 m 2 env. 600 € cc max. Tél. : 06-87-4444-80.

DIVERS
 93. Retraité désire conn. étudiant(e) pour initiation Internet et rech. généalogiques. Tél. 01-48-91-31-54 (18-21h).

RELATION
 Ami RIV. belge rech. correspondants français pour échange d’idées (actualité, littérature, cinéma…). DUBOIS, av. de l’Université, 97. B-1050 Bruxelles.

140 pages, 19 €. Editions L’Age d’Homme, 5 rue Férou, 75006 Paris.

N° 2927 — 13 NOVEMBRE 2009 — RIVAROL
témoignages recueillis auprès des dernières amies du couple. C’est le plus intéressant. Le reste, faits et gestes supposés, anecdotes, dialogues reconstitués, tout ce qui relève de la fiction et donne une cohérence à l’ensemble, est de sa plume et pâtit de la comparaison. Sans la béquille des archives, sans les emprunts aux écrits des autres, que resteraitil d’Anne Wiazemsky romancière ? Pas grand-chose, assurément. L’intérêt disproœuvre —, il est tout de même bon de signaler que cette “révélation” post mortem a semé la zizanie au sein de la descendance du grand homme. Anne Wiazemsky et la veuve de Claude Mauriac ont refusé de collaborer avec Jean-Luc Barré. L’omerta, toujours, dans les siècles des siècles. ● Il faut bien reconnaître que les romans de Mauriac, en dépit de leurs qualités, ont mal vieilli. La peinture acide du microcosme des bourgeois bordelais, les tourments de héros

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Stendhal et de Flaubert. Autant de documents historiques, sociologiques. De témoignages sur des époques révolues. Pourtant, la richesse des caractères, la constante ambiguïté des personnages, la satire d’un milieu, les coups de patte feutrés, l’ardeur de la passion couvant sous les conventions entretenues, la lutte incessante entre l’attrait de la chair et les élans de la spiritualité (« L’érotisme met l’infini dans ce qui avilit et dans ce qui souille »), tout cela, qui tend à l’universel, fait de Mauriac un grand romancier. Et puis il y a le style. Parfois étincelant.

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ARMI les livres les plus commentés de la rentrée, celui d’Anne Wiazemsky. Faut-il présenter celle-ci ? Depuis 1966 et sa rencontre avec Robert Bresson qui la fait jouer dans son film Au hasard Balthazar, elle se partage entre le cinéma et l’écriture. Actrice dans La Chinoise et quelques autres films de Jean-Luc Godard dont elle fut l’épouse, Rendez-vous d’André Téchiné, entre autres. Scénariste et réalisatrice, notamment d’un documentaire sur Danielle Darrieux. Des nouvelles et des romans. L’un de ceux-ci, Canines, lui a valu le Goncourt des lycéens en 1993. Sous l’une et l’autre casquette, Anne Wiazemsky n’a jamais disparu de l’actualité de ces dernières années. Une carte de visite bien remplie, donc, même si la romancière n’a pas atteint les sommets, en dépit de prix flatteurs, ni l’actrice le haut de l’affiche. Mais il est un détail qui change tout : Anne Wiazemsky est la petite-fille de François Mauriac. A lire ses écrits, nul ne saurait en ignorer. Sa famille est au centre de la plupart de ses romans. Hymnes à l’amour explorait déjà, à la suite de la découverte du testament paternel, la vie de ses parents. Une poignée de gens, Grand Prix du roman de l’Académie, sondait le versant russe de sa parentèle. Jeune Fille contait la rencontre ambiguë avec Bresson et ses débuts de comédienne. Bref, la biographie n’est jamais loin. Pas davantage la silhouette majestueuse et tutélaire du grand-père François, sorte de statue du Commandeur, patriarche à la fois vénéré et étouffant. Ainsi en va-t-il de son dernier roman, Mon enfant de Berlin (1). Elle se penche sur la rencontre de ses parents et les débuts de leurs amours dont elle sera le fruit, dans le Berlin de l’immédiat après-guerre. Claire, pas encore la trentaine en 1944, cherche à s’émanciper de l’emprise familiale et des valeurs qu’elle véhicule. Celles dont on peut imaginer la pesanteur à la lecture des romans de son père, Thérèse Desqueyroux, Le Désert de l’amour ou Le Nœud de vipères. Ainsi choisit-elle de s’engager comme ambulancière dans la Croix-Rouge. Avec sa section, elle se retrouve à Béziers, au milieu des blessés et des morts, dans la réalité quotidienne de la guerre. Ce sera ensuite Berlin et la rencontre avec Yvan Wiazemsky. Lequel œuvre, lui aussi, dans l’humanitaire, comme on dit aujourd’hui. Bambocheur invétéré, précédé d’une réputation des plus douteuses, accusé de trafic, il se dit aristocrate russe. Émoi dans la famille. François Mauriac s’alarme de cette liaison inimaginable, suppute déjà les retombées sur sa réputation. Charge Henri Troyat de mener l’enquête. Ouf ! Le séducteur est un vrai prince russe. L’alerte a été chaude, mais l’honneur est sauf. Sinon l’honneur, du moins les apparences. Ce qui compte avant tout à Malagar. Durant ces années, Claire a tenu son journal. Sa romancière de fille l’utilise largement ainsi que la correspondance rescapée. En reproduit des passages, les croise avec les

Le coup du grand-père François
portionné qu’elle suscite, elle le doit au fait d’être « petite-fille de ». Elle aurait mauvaise grâce à s’en plaindre : n’est-ce pas elle qui rappelle à tout propos son illustre ascendance, au point d’en faire le thème essentiel de ses romans ? ● La sortie de ce livre qui, par quelques aspects, relève plus de l’autofiction que du véritable roman, incite à revenir sur le cas de Mauriac (voir photo ci-contre). Une récente biographie, François Mauriac. Biographie intime 1885-1940 (2) de Jean-Luc Barré, dont la suite reste à paraître, a fait l’effet d’une bombe et occupé plus que de raison les media. L’auteur de Génitrix était, bien qu’il s’en soit toujours défendu, homosexuel. C’est ce qui a été surtout retenu de ce livre fort documenté et qui fait désormais référence. Quelle révélation ! Bien plutôt, secret de polichinelle. Outre que le bruit — dont, dans Les Décombres, Rebatet fit une affirmation — courait depuis longtemps, distillé, entre autres, dans le Paris gay 1925, essai de Gilles Barbedette et Michel Carassou aux Presses de la Renaissance (1981, réédité l’an dernier chez Non Lieu), amplifié par ceux qui ne l’aimaient guère (entre autres Roger Peyrefitte menant campagne contre lui dans les années 1960, ou Albert Paraz qui, sous les espèces de Cloriac, « le grand écrivain catholique », le dépeint, peu auparavant, en amateur d’enfants de chœur et de messes noires), la psychologie torturée de ses personnages, leurs conflits intérieurs, reflets de ceux de l’auteur, laissaient assez présager le drame intime que celui-ci transposait et qui nourrissait pour une bonne part son inspiration. Du reste, sa vie elle-même, certaines de ses fréquentations, étaient assez explicites. Au point d’effaroucher l’un de ses biographes précédents, Jean Lacouture, et de l’inciter à maquiller des passages compromettants dans les carnets de jeunesse : ainsi transforme-t-il en prénom féminin celui d’un garçon dont Mauriac était tombé amoureux. On voit par là que la bonne conscience et l’honnêteté supposées souffrent parfois de quelques accommodements… Pas vraiment un “scoop” pour nos lecteurs qui savent à quoi s’en tenir sur le moraliste Lacouture. Sur cette question de l’homosexualité, qui reste somme toute anecdotique — j’ai toujours pensé que les mœurs et la moralité d’un écrivain ou d’un artiste étaient secondaires par rapport à la qualité de son Plus encore que dans les romans, c’est dans la série des Bloc-notes donnés à l’Express, puis, à partir de 1961, au Figaro littéraire, qu’il faut l’apprécier. Dieu sait si les engagements du Prix Nobel de littérature (1962) ne suscitent guère ma sympathie, pour rester dans l’euphémisme. Mais enfin, quel polémiste ! Quel art de tremper sa plume dans le fiel ! Quel art de la formule assassine ! C’est dans ces articles où se révèlent sa malice et sa cruauté que le styliste se manifeste dans tout son éclat. Jacques Laurent, autre plume acerbe, auteur du succulent Mauriac sous De Gaulle (La Table Ronde, 1965), avait choisi un adversaire digne de son talent. Encore serait-il stérile, évidemment, d’opposer le pamphlétaire au romancier. L’un complète l’autre. Même côté matois, même rancœur recuite. Même capacité à analyser l’âme d’autrui, dans la fiction comme dans l’observation de l’actualité. Même besoin de vénérer — Dieu, De Gaulle — et d’exécrer — ses pulsions inavouables, sa caste natale, ses ennemis politiques. En somme, un auteur aussi complexe que ses propres créatures, soucieux de laisser à la postérité l’image respectable dont ses héritiers s’emploient toujours à entretenir le culte. _____
1. Mon enfant de Berlin. Editions Gallimard, 249 pages, 17,50 €. 2. François Mauriac. Biographie intime 1885-1940. Editions Fayard, 626 pages, 28 €.

D.R.

écartelés entre la chair et la foi, l’atmosphère pesante où ils se débattent, tout cela ne parle plus à une jeunesse qui n’a connu que la libération des mœurs et l’athéisme conquérant qui lui sert de corollaire. A supposer que cette jeunesse s’intéresse encore aux méandres de la psychologie, ce qui reste des plus douteux si l’on considère le schématisme débilitant des romans actuels. Tout au plus l’œuvre romanesque de Mauriac offre-t-elle, pour les lecteurs d’aujourd’hui, un intérêt analogue à celui que présente à leurs yeux l’œuvre de Balzac, de

Historien au service de Big Brother
Historien mondialement célèbre, Ian Kershaw est un prétendu spécialiste du nazisme et de la Seconde Guerre Mondiale. Prétendu, en effet, tant le professeur de Sheffield se contente de quelques indices, aussi factuels puissent-ils être, pour prétendre démonter les phantasmes des conspirationnistes. Mais l’individu fait également preuve d’une rare docilité envers l’Idéologiquement Correct, ce qui rend la lecture de ses ouvrages, et en particulier celle de son dernier livre, quasiment insupportable. Dans son gros pavé qui vient d’être publié en langue française, Choix fatidiques, apparaît ainsi d’une manière sous-jacente la véritable fonction de l’auteur : la gravure dans le marbre des thèses officielles de la Seconde Guerre Mondiale. Si Kershaw réhabilite la décision de Hitler d’attaquer une Russie qui semblait en 1941 incapable de résister à un assaut massif de ses troupes (humiliation de l’armée soviétique en Finlande un an auparavant, récente purge dans l’armée où 22 000 officiers furent exécutés…), il soutient également l’idée saugrenue selon laquelle Roosevelt n’aurait pas laissé faire (en fermant les yeux) l’attaque de Pearl Harbor pour exploiter l’occasion d’entrer dans le conflit… Alors que le Congrès comme la Nation était largement isolationniste ! « L’examen des faits, écrit-il, démontre que le jour même de l’attaque japonaise, des émissaires étaient attendus pour trouver une solution diplomatique à l’escalade entamée plusieurs mois auparavant. » Et cette information lui suffit pour entériner la version très scolaire de cet événement ! Plus généralement, le Britannique se comporte en thuriféraire de l’ersatz démocratique constitué par les nations alliées en voulant montrer que ces dernières étaient les plus efficaces (et les plus justes) sur le plan militaire. Le fait serait scientifiquement observable. « Il apparaît finalement, affirme-t-il encore, que les erreurs les plus funestes ont été le fait des régimes autoritaires ou dictatoriaux, où le débat était exclu. » Comme si les États-Unis ou l’Union Soviétique s’amusaient alors à perdre leur temps à débattre… _____ Valentin BARNAY.

Ecrits de Paris
AU SOMMAIRE DE NOVEMBRE 2009
Jérôme BOURBON : Traité de Lisbonne, une ratification à marche forcée — Pierre PERALDI : Pittsburgh, la montagne accouche d’une souris — Laurent BLANCY: Caucase, la Russie sur plusieurs fronts — Marc ROUSSET : L’Europe doit changer sa vision de la Russie — Jean-Louis OMER : En souvenir, le destin tragique d’Anne-Lorraine — Georges DILLINGER : L’anti-art, une des stratégies du nihilisme — Jacques-Marie URVOY : Bloc-notes d’un catholique — JeanLuc LÉOPOLDI : Chronique de la dissolution — Thomas SCHROEDER : “Apocalypse”, questions sans réponse — Jean SILVE de VENTAVON : A l’écoute de Clio — Patrick LAURENT : Horreurs, erreurs et bonheurs. 1 rue dʼHauteville, 75010 Paris. Prix : 6 e (8,30 e fco). Abt un an : 53 e. Chèques à lʼordre dʼEditions des Tuileries Spécimen gratuit sur simple appel au 01-53-34-97-97 ou <contact@rivarol.com>.

Ian Kershaw, Choix fatidiques. Dix décisions qui ont changé le monde (1940-1941), tr. PierreEmmanuel Dauzet, Ed. du Seuil, 816 pages, 28 €.

HISTOIRE DE LA MESSE INTERDITE
par Jean MADIRAN
Dans ce Fascicule 2, Jean Madiran montre comment la messe tridentine, disqualifiée par la majorité des épisopats, n’a cependant cessé d’être célébrée par un nombre croissant de prêtres et de comunautés. 162 pages, 17 e ou 20 e fco de port En vente à nos bureaux : 1 rue d’Hauteville, F-75010 Paris Chèque à Editions des Tuileries.

Chronique de la dislocation nationale
par Claude LORNE
C’EST donc le 2 novembre que le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire a ouvert son « grand débat » destiné à « favoriser la construction d’une vision mieux partagée de ce qu’est aujourd’hui l’identité nationale » (on aurait préféré qu’il parlât d’identité française) mais « aussi à faire émerger, à partir des premières propositions mises en débat (1) et des contributions des participants, des actions permettant de conforter notre identité nationale, et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d’être Français ». Pour ce faire, des réunions sont organisées (pour quel coût ?) « dans chacun des 96 départements et des 342 arrondissements de France métropolitaine, ainsi que dans les départements et territoires d’outremer » et « ouvertes à l’ensemble des forces vives de la Nation ». sans cesse un peu plus du français ordinaire ». Ainsi le sens des mots est-il « si pathétiquement perdu qu’il ne peut plus — jamais ! — être “commun” » et qu’on s’achemine vers une “fracture” d’une « incommensurable gravité ». Lancé par pur électoralisme — « tuer le Front national » en prévision des régionales —, le grand débat bessogneux permettra-il du moins de réduire la « fracture béante » et de freiner la « disparition d’un monde commun » ? Il n’est évidemment pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer, mais poser la question c’est y répondre, compte tenu de la personnalité du ministre et des acolytes dont il s’entoure… Et qui, maintenant que Claude Lévi-Strauss a disparu (le 3 novembre), pourront tout leur saoul détourner le message de l’anthropologue. Lequel, las au soir de sa vie des « tristes tropiques » dont l’étude avait fait sa gloire, exaltait en Couperin, en Boileau et en Diderot (pas l’encyclopédiste, l’auteur du « Neveu de Rameau » !) la quintessence du génie français et professait que le multiculturalisme, c’était bien joli en théorie mais que les civilisations devaient conserver un minimum d’“imperméabilité” sous peine de s’étioler et de périr, et il ajoutait : « Il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française » (2). Bois après la mort du Malien Bouna Traoré et du Tunisien Zied Benna électrocutés dans le transformateur EDF où ils s’étaient introduits (par effraction) pour échapper à la police, alertée par leur comportement — au 9 novembre 2005, veille de la « bavure policière » de La Courneuve, 2 “Souchiens” avaient été tués — MM. Irvoas et Le Chenadec auxquels il faudrait ajouter quatre Roubaisiens ayant péri dans l’incendie, causé par des cocktails Molotov, de leur maison. 10 000 véhicules et 300 bâtiments (postes, écoles, usines, gymnases) étaient partis en fumée pour un préjudice total de 400 millions d’euros. Et 217 policiers avaient été blessés, dont une vingtaine par balles, tel le responsable de la Sécurité publique d’Evreux donné d’abord pour mort. Devant un tel bilan, comment, après des semaines de tension sur le terrain, certains flics, écœurés par la clémence des juges envers leurs agresseurs sortant goguenards et revanchards de leur garde à vue, ne se seraient-ils pas laisé aller à distribuer quelques horions ? En revanche, sur la trentaine de milliers de Jeunes ayant, selon le magistrat Didier Peyrat, participé aux émeutes, 4 700 furent interpellés mais, l’omerta régnant et le port de cagoules rendant les identifications difficiles, moins de 200 furent poursuivis et une cinquantaine effectivement condamnés. Pour la plupart à des peines dérisoires. Quant aux 133 clandestins ayant participé à cette guérilla ethnique, et dont on nous avait promis l’expulsion immédiate, un seul a effectivement quitté la France. Quatre ans ont passé depuis ce dévastateur tsunami de violence et surtout de francophobie, et M. Besson vient nous dire que l’identité nationale est avant tout le « désir de vivre ensemble sur le même territoire ». Qu’il nous pardonne si nous n’avons pas envie de cohabiter avec des gens qui nous haïssent et nous font vivre dans une telle insécurité qu’à Bobigny, où viennent d’être condamnés les policiers rosseurs, les bus municipaux ne roulent plus que sous protection gendarmesque, tant machinistes et passagers trop blancs y sont l’objet d’attaques constantes. _____ <claude.lorne@yahoo.fr>. (Dessins de CHARD.)

UN GONCOURT COULEUR D’ÉPOQUE
Forces de préférence exotiques comme en témoignait le prix Goncourt 2009 attribué le même jour — simple hasard sans doute — au dernier livre de l’écrivaine franco-sénégalaise Marie NDiaye, Trois femmes puissantes (éd. Gallimard). Trois Africaines bien entendu, confrontées à l’immigration et au racisme et qui, par leur attachement à la culture et aux traditions ancestrales, sont un exemple pour toutes leurs sœurs déracinées. Ce Goncourt (2) prélude-t-il pour Mme NDiaye au Nobel de Littérature qui, en 1993, couronna sa congénère américaine Toni Morrison ? Pas une réserve en tout cas dans les commentaires ayant salué l’événement, nos confrères exaltant à l’envi la « beauté solaire » de la lauréate et son style “inimitable”.

LA “RUCHE DES ARTS”, UN DÉSERT
Fâcheux présage ? L’ouverture du grand débat a coïncidé avec le premier anniversaire du “104”, sis rue d’Aubervilliers dans le XIXe arrondissement de Paris, au n° 104 comme son nom l’indique, et qui se voulait en toute modestie une « université de tous les arts » largement ouverte sur les “quartiers”. Las, si « la greffe n’est pas évidente » comme l’a constaté avec regret Le Monde, malgré le recrutement d’une vingtaine de “passeurs”, « figures du monde associatif qui emmènent des riverains pour des visites guidées gratuites », la facture est, elle, à l’évidence très salée. Depuis son inauguration en grande pompe — normal pour un lieu qui fut le siège des Pompes funèbres générales de Paris —, le “104” financé principalement par des fonds publics, à hauteur de 102 millions d’euros pour sa rénovation plus 11 millions de budget de fonctionnement chaque année, a englouti des sommes folles — qui n’ont pas peu fait exploser les taxes locales. Mais il ne compte toujours que 500 abonnés. Et sur les 300 000 visiteurs recensés par la Mairie de Paris (à l’origine de ce projet grandiose), 50 000 seulement ont acheté un billet. Quant à la participation des ados locaux, elle s’est bornée à quelques gesticulations lors de l’enregistrement d’un disque de « Tricky, la star du trip-hop ». Un bilan assez maigre, on en conviendra.

L’HÉRITAGE BRADÉ
Interrogé le lendemain à l’Assemblée sur le grand débat ouvert par Besson, François Fillon se défendait de tout « fantasme passéiste ou racial », et assurait au contraire : « La France n’a jamais été l’expression d’une race » — ce qui est faux : qu’on songe aux timbres postaux du Front populaire, incitant à faire des enfants pour « sauver la race ». Mais foin du Front popu ! Pour le pseudoPremier ministre de droite, notre « Nation citoyenne » est un conglomérat ayant « assimilé depuis des siècles des générations d’étrangers », si bien qu’« il est normal que ceux-là mêmes qui sont venus dans notre pays s’approprient l’héritage du pays des droits de l’Homme ». Mais outre qu’il est abusif d’assimiler aux Italiens, aux Suisses ou Polonais d’antan les Bambaras, Tamouls et autres Bengalis d’aujourd’hui, que devient entre les mains des nouveaux venus l’héritage du pays qui n’est pas seulement celui des droits de l’homme, mais aussi d’une civilisation dont l’éclat a rarement été égalé ?

tandem Chirac-Villepin. Voulant généraliser le curriculum vitae anonyme, l’Elyséen fit voter par l’UMP une loi en ce sens, celle du 2 avril 2006 — dont les décrets d’application n’ont toutefois jamais paru tant la majorité des employeurs étaient hostiles à cette nouvelle contrainte, surtout depuis la montée de l’islam : « Un tiers des sociétés se disent préoccupées par les revendications de leurs salariés à l’égard du port du voile, des jours fériés et de la prière », titrait ainsi Le Figaro du 5 novembre, la gestion de l’Aïd étant par exemple « un véritable casse-tête ». N’importe, tout doit être fait pour généraliser le CV anonyme, moyen infaillible, selon Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des discriminations, de « multiplier par trois les chances d’une personne avec un patronyme africain de voir son CV retenu ». Or en trois ans (quel aveu !), « le nombre de Français d’origine étrangère a quant à lui triplé », et il faut absolument leur faire de la place. Fûtce au détriment des femmes qu’on croyait prioritaires en matière d’emploi et des quinquagénaires dont le même gouvernement Fillon veut absolument reculer l’âge de départ à la retraite et qui risqueront de se retrouver SDF et sans ressources quand leurs indemnités de chômage ne leur seront plus versées. Mais basta avec ces considérations égoïstes, nos nouveaux compatriotes ont des droits sur nous, et d’autant plus que, « dans les quartiers, le taux de chômage s’élève à 40 % », accuse Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, qui incrimine « une discrimination massive en France », phénomène encore accentué par la crise économique — laquelle frappe tout le monde. Mais la discrimination procèdet-elle du racisme viscéral des indigènes ou de la nouvelle langue des banlieues, qui interdit à beaucoup tout dialogue et donc toute socialisation, par le travail en particulier ?

2005 : UN TSUNAMI FRANCOPHOBIQUE
Le même 2 novembre, un autre « signal fort » avait été envoyé aux Jeunes avec la condamnation par le tribunal correctionnel de Bobigny à un an de prison — certes assorti du sursis mais accompagné d’une inscription au casier judiciaire, et de l’interdiction d’exercer leur fonction pendant un an, ce qui brise leur carrière — de trois policiers poursuivis pour des violences commises à La Courneuve (Seine-SaintDenis) lors des « émeutes du ramadan ». Pensez donc, le 10 novembre 2005, un voyou remis en liberté par les juges avait été jeté à terre et frappé à coups de poing et de pied, un film tourné par France 2 faisant foi de cette ignoble agression. Secrétaire général du syndicat général Unité Police, Nicolas Comte a regretté ces condamnations « extrêmement sévères dans le climat et le contexte de l’époque ». Ce contexte, rappelons-le pour ceux qui l’auraient oublié en commençant par Nicolas Sarkozy, le “terrible” ministre de l’Intérieur d’alors. Du 27 octobre — date du début de l’incendie parti de Clichy-sous-

(1) Sauvagement filtrées : sur Internet, 800 propositions avaient été retenues le 5 novembre sur 14 000 reçues. (2) Quant au Prix Médicis 2009, il a été attribué à Dany Laferrière, un Québécois… d’origine haïtienne racontant, quelle originalité ! le « drame de l’exil ». (3) Claude Lévi-Strauss parlait aussi des « grandes races primitives qui formaient l’humanité à ses débuts — blanche, jaune, noire ». Il avait également affirmé (en 1991, dans Le Figaro) que depuis la création du monde, l’humanité avait connu « des centaines de génocides » et réfuté l’unicité de la Shoah.

LE FRANÇAIS EN PERDITION
Or, il n’est pas de grande civilisation sans une grande langue, et la nôtre est agonisante. Un constat dressé le 22 octobre sous le titre catastrophiste « La dislocation du langage » non pas dans RIVAROL mais dans le supplément télévision du Nouvel Observateur dont l’éditorialiste JeanClaude Guillebaud écrivait, assez épouvanté, que « tous ces jeunes [des cités] parlent dorénavant une langue spécifique ». Loin d’être « inventive et colorée » comme nous le répétaient depuis des lustres les optimistes, il s’agit d’« une langue véritable et dure » qui, « de toute évidence, dérive irrémédiablement en s’éloignant

DÉBAT ?
L’idée d’un débat sur l’identité nationale est à peine lancée que les propagandistes du Politiquement correct sont partis. Dimanche dernier, le quotidien La Provence a arbitré un “débat” sur ce thème. D’un côté, il y avait un dénommé Tiberj, « chercheur à Science-po » avec queue de cheval, auteur d’un livre intitulé « La crispation hexagonale : France fermée contre France plurielle ». Lui, on voit à peu près dans quel camp il se situe. De l’autre côté, qui y avait-il ? Pierre Vial ? Jean-Yves Le Gallou ? Non : Pierre Lambicchi, grand maître du Grand Orient de France. Un “débat”, on vous dit.

PLACE NETTE POUR LES NÉO-FRANÇAIS DONT LE NOMBRE A TRIPLÉ !
Les « enfants des cités » seront-ils plus sensibles aux derniers cadeaux qui leur ont été faits ? D’abord, le 2 novembre, la relance par une palanquée d’Excellences — l’inévitable Eric Besson, le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances Yazid Sabeg, le ministre du Travail, Xavier Darcos et le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez — d’un grand dessein du