RENCONTRES DÉPARTEMENTALES

DEPARTEMENT : LOIR ET CHER

SYNTHÈSE DES DÉBATS

Rencontre départementale du 13 septembre 2012, organisée par : Jacqueline GOURAULT et Jeanny LORGEOUX

Département : LOIR ET CHER

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ATELIER 1
« Nouer des relations de confiance entre l’Etat et les collectivités territoriales et clarifier les compétences de chacun» Président : Jeanny LORGEOUX Sénateur-Maire de Romorantin Lanthenay (19 077 h) Rapporteur : Marc FESNEAU Maire de Marchenoir (640 h) Président de la Communauté de Communes Beauce et Forêt Assistés de Gaël GASCHET Le débat a eu lieu selon le plan suivant : 1/les compétences de chaque strate de collectivité -­‐ Donnent-elles satisfaction ? -­‐ Faut-il transférer, modifier ou clarifier des compétences ? 2/ les relations collectivités – Etat -­‐ L’Etat comme accompagnateur des collectivités -­‐ L’Etat comme producteur de normes

1 les compétences des collectivités territoriales
Plusieurs idées fortes sont ressorties des discussions :

§ La non tutelle d’une collectivité sur une autre.
La crainte de passer d’une centralisation étatique à une « centralisation », par exemple de niveau régional. Les politiques contractuelles d’aides aux projets doivent être de véritables contrats partenariaux et non l’imposition des conditions parfois très « administratives » (ou éloignées de la réalité du terrain) de la collectivité qui subventionne. A noter que de nombreux maires de communes rurales soulignent la méconnaissance des actions de la Région qui a, pour eux, une image assez lointaine et « administrative » → principe de libre administration des collectivités locales

§ Les 3 niveaux de collectivités tels qu’ils existent aujourd’hui donnent satisfaction.
Pas de volonté de remise en cause de la Région, Département, des intercommunalités et communes → pas de suppression d’un échelon Les compétences, gérées par chacune d’entre elles semblent bien définies notamment lorsqu’elles en ont la compétence exclusive. Il ne s’agit pas de donner plus de compétence aux collectivités mais de leur permettre de mieux les exercer. La question principale réside dans les compétences exercées par plusieurs niveaux de collectivités :

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Ce sont les compétences menées par plusieurs niveaux de collectivités qui doivent faire l’objet d’améliorations.
aides aux entreprises →trouver le bon échelon pour une meilleure lisibilité et efficacité ; En matière d’urbanisme →plan régional, SCOT, PLU auxquels s’ajoutent les prescriptions de l’Etat ; certains maires ruraux ont le sentiment de ne plus totalement maîtriser l’aménagement de leur commune exemples :

La pertinence des structures intermédiaires (syndicats et pays) est discutée comme pouvant constituer un frein à la fluidité des procédures et l’efficacité de l’action publique. Se pose la question en matière d’éducation d’un regroupement de la gestion des collèges et lycées au sein d’une même collectivité (aujourd’hui Région pour les lycées et Conseil général pour les collèges) Les communes rurales, disposant de peu de moyens humains sont en attente d’une structure de conseil et d’assistance au niveau du département ou de l’intercommunalité.

§

Maintien de la clause générale de compétence

Réaffirmation de la commune comme étant un échelon majeur de la vie locale. Réaffirmation de la nécessité de poursuivre les efforts de mutualisation initiés par l’intercommunalité Renforcement du bloc communal et de l’intercommunalité.

2 Les relations entre les collectivités territoriales et l’Etat
§ Une nécessité d’un maintien des services de l’Etat au plus près des maires.
L’Etat doit accompagner en amont (conseil et ingénierie) et avoir un rôle de facilitateur de l’action des collectivités (tout en étant garant du respect des lois par le contrôle de légalité) La suppression des sous-préfectures a été évoquée et ne paraît pas souhaitable si elle doit aboutir à perdre un interlocuteur de proximité permettant de faire remonter les problèmes. Ceci étant, les éventuelles rationalisations du fonctionnement ont été abordées.

§ §

L’Etat doit avant tout se concentrer sur ses fonctions régaliennes. Un allègement des normes souhaité

Les lois et règlements sont parfois mal adaptés aux réalités du terrain, compliqués dans leur mise en œuvre. Les normes sont souvent vécues comme une contrainte, laissant peu de marges de manœuvres aux collectivités. Les élus locaux ont besoin de lisibilité et de cohérence pour la mise en place de politiques publiques (marchés publics, urbanisme, environnement, habitat…) → éviter les changements de lois trop fréquents et ainsi éviter l’instabilité juridique permanente dans laquelle ils peuvent se trouver.

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ATELIER 2
« Garantir les moyens et l’efficacité de l’action publique locale : les ressources financières et les agents territoriaux»
Président : Yves MENAGER Maire de Châteauvieux (550 h) Président de l’Association des Maires ruraux de Loir-et-Cher Rapporteur : Catherine LOCKHART Maire de Vendôme (18510 h) Assistés de Jérôme BRUNET

Les participants rappellent que la finalité première de l’action publique locale est « d’être au service des citoyens ». Cette action se déploie aujourd’hui dans un contexte de crise économique et de réforme des services de l’Etat. Les participants posent en préambule que toute réforme future des relations entre l’Etat et les collectivités locales devra être durable et pérenne. Ils expriment une exigence de stabilité de ces relations. Pour que la réforme soit pérenne, il convient qu’elle soit élaborée de manière consensuelle.

Remarques touchant à la péréquation verticale
Plusieurs participants souhaitent faire observer qu’ils ressentent une inégalité de traitement entre territoires ruraux et territoires urbains en matière de dotations d’Etat. Les sommes redistribuées ne permettent plus aux communes rurales de faire face à leurs besoins. Il semble que l’Etat n’a pas pris conscience des modifications sociologiques qui sont intervenues dans le monde rural. Les élus ruraux ont le sentiment d’être oubliés. Ces populations ont aujourd’hui des besoins en matière de services publics similaires à celles des citadins. Ainsi, il convient de ne pas avoir une approche strictement quantitative via les chiffres de population, mais aussi de qualifier les besoins des citoyens du monde rural. Les participants reconnaissent que l’intercommunalité peut jouer un rôle en matière de rééquilibrage et de redistribution des ressources sur un territoire donné. Cependant, certains participants regrettent que la Loi ne garantisse pas un minimum de redistribution pour chaque commune : toutes les intercommunalités ne font, en effet, pas le choix de l’instauration d’une dotation de solidarité communautaire.

Remarques touchant à la péréquation horizontale
Les participants sont unanimes lorsqu’ils évoquent leurs difficultés de compréhension du nouveau fonds de péréquation des ressources communales et intercommunales (FPIC). Beaucoup d’interrogations persistent sur les modalités d’appréciation et de mesure de la richesse d’un ensemble intercommunal. Par ailleurs, la mise en œuvre effective du prélèvement en 2013 a laissé très peu de temps pour la compréhension du mécanisme et pour la discussion dans les assemblées délibérantes sur les modalités de répartition du prélèvement et/ou du reversement. D’une manière générale, pour lever les suspicions voire le sentiment d’injustice ressenti par certains territoires, à l’occasion de la mise en œuvre de ces réformes, les participants appellent à plus de communication et de pédagogie de la part des services de l’Etat.

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Remarques touchant à l’autonomie fiscale.
Il est fait observer que la redistribution du panier fiscal entre les différents niveaux de collectivités suite à la réforme de la TP ne correspond pas toujours à la réalité des compétences exercées par ces différents niveaux. Ainsi certaines communautés lèvent désormais l’impôt ménage alors qu’elles exercent peu de compétences de services à la population mais privilégient les actions d’aménagement et de développement du territoire. De nombreux participants appellent de leurs vœux une véritable mise en chantier de la révision des valeurs locatives. L’action sur les taux est parfois de peu d’effet, il devient donc urgent de pouvoir revaloriser les bases fiscales dans certains secteurs pour qu’elles soient plus en adéquation avec la réalité du marché immobilier. La révision et la mise en cohérence des valeurs locatives doit être un préalable à toute velléité d’uniformisation des taux d’imposition à l’échelle du territoire intercommunal.

Remarques touchant aux relations financières entre les différents niveaux de collectivités
Les participants souhaitent une clarification des compétences de chacun. L’enchevêtrement des financements laissent parfois l’impression de supporter des charges qui ne relèvent pas de la compétence de la collectivité (SDIS pour les communes par exemple). A l’inverse, le catalogue très varié des aides du Département brouille l’exercice des responsabilités (exemple d’un Conseil général soutenant un projet d’extension d’écoles).

Remarques touchant aux relations avec les établissements bancaires
Les participants ne déplorent pas particulièrement les conditions d’accès à la liquidité même s’ils constatent la raréfaction des offres. En revanche, ils dénoncent le renchérissement des marges bancaires. Ces nouvelles conditions de financement incitent soit à privilégier l’autofinancement dans le montage des projets, soit à reporter ces projets avec le risque d’amplifier le mouvement conjoncturel défavorable au secteur du BTP.

Remarques touchant au retrait de l’Etat des territoires
Chacun déplore la disparition des services proposés jadis par les administrations d’Etat aux communes rurales, notamment en matière d’ingénierie. Ce retrait contraint à se tourner vers des assistances privées plus onéreuses et renchérit le coût des projets. De même, les Maires déplorent l’absence des agents des services fiscaux dans les commissions communales des impôts directs ainsi que la diminution des effectifs de gendarmerie dans certaines zones rurales. La distribution des passeports en lieu et place des Préfectures est également pointée du doigt. Ce désengagement a souvent dû être compensé par la création d’emplois d’agents territoriaux, en matière de sécurité notamment. Il s’agit donc bien là de constater un transfert de charges rampant. Chacun s’accorde à reconnaître que la mutualisation de services entre les communes et l’intercommunalité peut constituer une réponse efficiente pour faire face à ces nouveaux besoins et en limiter le coût.

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Les Maires redoutent que la réforme des rythmes scolaires se traduise par des coûts supplémentaires à la charge des collectivités locales.

Remarques touchant aux moyens en personnel des collectivités locales
Les participants regrettent le mauvais procès intenté au bloc communal en matière d’effectifs de la fonction publique territoriale. Bien souvent, c’est le désengagement de l’Etat lui-même qui a conduit à la création de services nouveaux (exemple des relais de service public en milieu rural). Les participants partagent le sentiment que le nombre de fonctionnaires est aujourd’hui bien adapté, sans excès ni démesure, aux missions de service public de proximité qui incombent à leurs collectivités. L’augmentation des effectifs dans les intercommunalités a, quant à elle, souvent été le corollaire d’une mise à niveau de services offerts à la population. Les participants expriment le souhait de pouvoir continuer à disposer d’outils souples de motivation des personnels en termes de déroulement de carrière, de rémunération ou de développement de compétences par la formation. La motivation des agents locaux est un facteur déterminant de la qualité et de l’image du service public offert aux populations. Plusieurs participants pointent le risque que constitue un mauvais recrutement pour une commune rurale. Ils souhaiteraient pouvoir être assistés dans leurs procédures de recrutement par des services mutualisés à l’échelle d’une intercommunalité ou d’un centre de gestion. Sur les processus de mutualisation entre les services communaux et intercommunaux, les participants s’accordent sur la nécessité préalable de bien expliquer aux agents le projet du territoire et en quoi une organisation mutualisée fait sens par rapport à ce projet. La mutualisation peut souvent être vécue comme une perspective d’évolution de carrière pour des agents municipaux. Les Maires des communes rurales redisent leur attachement à la fonction de Secrétaire de Mairie et craignent que la mutualisation casse le lien très étroit et privilégié qu’ils entretiennent avec leur collaborateur, tout en reconnaissant que ces mêmes collaborateurs peuvent légitimement aspirer à des développements de carrière au-delà de l’horizon communal. La mutualisation de ces personnels est reconnue comme bénéfique en ce qu’elle rompt leur isolement et facilite les partages d’expériences. En retour, les agents très spécialisés des grandes organisations ont beaucoup à apprendre de ces secrétaires polyvalentes et multicompétentes.

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ATELIER 3
« L’organisation de la démocratie territoriale : circonscriptions électorales, types de scrutins et statut de l’élu » Présidente : Jacqueline GOURAULT, Sénatrice-Maire de la Chaussée Saint-Victor (4312 h) Rapporteur : Philippe SARTORI, Maire de Noyers sur Cher (2839 h) Président de l’Association des Maires de Loir-et-Cher Assistés de Franck BOITEL

1 Mode de scrutin communal et intercommunal
Les élus s'accordent sur la nécessité de se porter candidat pour être élu et d'avoir un projet. Aussi, ils estiment que la parité doit s'appliquer dans toutes les communes et à tout niveau (exécutif). Les élus sont unanimes sur la suppression des seuils fixés pour les élections : il y a une demande d'unifier le mode de scrutin pour les municipales. (C’est donc le scrutin de liste sans panachage qui recueille l’unanimité) Sur la question de réduire le nombre de conseillers municipaux, une réponse plutôt positive est donnée par les élus mais il faut aussi maintenir le nombre d'adjoints et tenir compte de la charge des fonctions des élus notamment, avec l'intercommunalité et dans les "petites" communes dont les services sont moins étoffés que dans les communes urbaines. La règle du « fléchage » des conseillers communautaires qui seront élus désormais au suffrage universel direct lors des municipales, ne pose pas de difficulté, en dehors de l'aspect pratique de sa mise en œuvre (quelle modalité de « fléchage » sur les bulletins de vote ? : mention « délégué communautaire » en haut de liste et respect de parité ). Cela suppose au préalable que le nombre de délégués soit fixé. (juin 2013) Concernant les syndicats mixtes, être élu municipal devrait suffire pour représenter la commune en leur sein.

2 Le Conseiller départemental : quel mode d’élection?
La situation actuelle est rappelée : scrutin uninominal à 2 tours (titulaire et suppléant de sexe opposé), avant de présenter différents modes de scrutin envisagés : - scrutin actuel uninominal à 2 tours (titulaire et suppléant de sexe opposé), - scrutin de liste, départementale ou par circonscription législative - scrutin uninominal dans les zones rurales et proportionnelle dans les villes et zones urbaines, - scrutin mixte (des conseillers élus par des secteurs au scrutin uninominal et des conseillers élus par et pour le département à la proportionnelle), - 2 conseillers (2 titulaires et 2 suppléants) du sexe opposé à élire dans chaque canton et nombre de cantons divisé par 2.

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Les avis sont partagés mais le scrutin mixte recueille le plus d'avis favorables. Là aussi, les élus soulignent la nécessité d'améliorer la parité ( à appliquer aussi à l'échelon départemental et au niveau des exécutifs aussi ). Le mode de scrutin qui reste à définir devra être aisé pour les citoyens et l'unification des modes de scrutin est évoquée pour les diverses élections, tout comme le sujet de la représentation des diverses formations politiques favorisé par la proportionnelle.

3 Statut de l’élu
3.1 Le problème du cumul des mandats : pour ou contre ? combien de mandats ? Le sujet suscite des débats. Les avis sont partagés et il faut aussi envisager aussi le non cumul des mandats et des fonctions ( exemple : président d'exécutif et d'organisme consulaire ). Pour le cumul : Le non cumul strict aboutirait à écarter à terme les élus des terroirs au profit des « apparatchiks » ou des parachutés. De plus, l’écrêtement des indemnités limite les dépenses. Contre le cumul : chaque mandat constitue une charge à part entière et le non cumul permet une diversité des élus. Certains élus, pour se prononcer, estiment qu'il faut considérer la nature du mandat et la taille des collectivités plutôt que de fixer une règle générale. Un avis majoritaire se dégage en faveur du cumul des parlementaires, notamment des sénateurs avec un mandat local puisque le Sénat représente constitutionnellement les collectivités. 3.2 Autres sujets : D'autres sujets sont à traiter pour améliorer le statut des élus : - les indemnités des élus ( il faut ne pas dépendre du vote du conseil municipal pour attribuer les indemnités : attribution d'office notamment dans les petites communes pour compenser la perte de revenus professionnels consécutive à l'exercice du mandat ), - la formation ( si le droit à formation existe déjà, il faut cependant le renforcer dans sa mise en oeuvre et le rendre accessible à tous les élus ), - les autorisations d'absences ( le dispositif actuel est insuffisant pour les élus ayant une activité professionnelle ), - le régime fiscal ( Il est à améliorer pour ne pas désavantager dans certains cas l'exercice de la fonction d'élu).

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