Contrats commerciaux

Intérêt du cours : C'est un cours important pour certains master 2 professionnel (Master 2 juriste d'entreprise ou droit de la distribution). Il peut être utile pour des carrières d'avocat, du juge, de notaire.

Partie 1 : Les règles communes aux différents contr ats commerciaux
Les contrats commerciaux sont par essence soumis aux grandes règles du droit des contrats ainsi qu'aux grands principes : autonomie de la volonté, liberté contractuelle, foirce obligatoire des contrats, principe de bonne foi dans la formation, l'exécution et la rutpure et le principe de l'effet relatif des conventions. Les contrats commerciaux sont aussi des contrats d'affaire, cela va avoir un certain impact sur la strucutre du contrat commercial. En effet, le plus souvent il y a au moins l'une des parties qui est un professionnel et qui sera accompagné par un professionnel du droit. Cela se traduit par des contrats sur mesure c'est à dire des contrats qui comprennent un certain nombre de clauses particulières qui vont s'éloigner de certaines règles des codes (dans la limite des règles d'ordre public). Cela se traduit par quatre aspects étudiés dans cette partie : • La formation du contrat d'affaire sera le plus souvent négociée (phase pré-contracuelle importante) • Il y aura de nombreuses clauses contractuelles qui ne découlent pas nécessairement des prescriptions légales (contrat sur mesure) • Les contrats d'affaires sont le plus souvent des contrats de durée, d'où une organisation structurée de la durée dans le contrat (renégociation, renouvellement du contrat, encadrement de la rupture) • Les contrats étant passés entre professionnels et en présence de professionnels du droit, il y aura une anticipation du traitment des différends (désignation du juge, concilitation, arbitrage...) Bibliographie pour la première partie : • Le clausier, William Dross, chez Litech 2011 1

(par exemple). Dalloz Réference 2010-2011 Techniques contractuelles.e. chez l'Extenso (mensuel) Codes : civil. Les pourparlers sont régis par les articles 1382 s. L'offre et l'acceptation sont les éléments de base pour la formation du contrat. que s'il n'est pas précisé que l'offre est tout à fait ferme il s'agit alors d'une simple proposition non ferme d'engager des négociations (Cass. civ. chez l'Extenso. C. une responsabilité délictuelle peut être mise en jeu. dirigé par Denis Mazeaud (trimestrielle) L'essentiel des contrats. il n'y a pas d'exigence de caractérisation 2 . civ. Jacques Mestre et Jean-Christophe Rhoda.). Il faut nécessairement une faute. c'est que le contrat se forme par la rencontre d'une offre et de l'acceptation soit la rencontre de deux volonté (policitant/offrant et acceptant/bénéficiaire de la l'offre). chez Francis Lefevre 2010 La revue des contrats. Il existe des règles spécifiques lorsque l'offre et l'acceptation se formulent par voie électronique (articles 1369-4 à 1369-6 C. il n'y a que dans l'hypothèse où une faute dans les circonstances de la rupture peut être caractérisée qu'il y aura mise en jeu de la responsabilité délictuelle (article 1382 C. c'est un ensemble de propositions et de contrepropositions qui ne sont pas suffisamment fermes et précises pour que le contrat soit conclu. les pourparlers se situent juste avant cette offre et cette acceptation. Le principe reste la totale liberté de conduite des pourparlers et totale liberté de rupture des pourparlers. civ. com. Exemple : rupture brutale des pourparlers après des négociations qui ont duré très longtemps. Si celle-ci ne porte pas exactement sur le même prix. qui ne figure pas dans la code civil. Dans les rapports entre commercants.). un lien de causalité et un préjudice. « le droit de rompre les pourparlers ne dégénère en abus que si l'auteur de la rupture commet une faute dans l'exercice de ce droit ». Convention de Vienne sur la vente internationale de marchandises du 11 Avril 1980). A : La faute dans les circonstances de la rupture des pourparlers Selon la terminologie de la Cour de cassation. S'il existe une faute délictuelle pendant les pourparlers. il s'agit alors d'une contre-offre. Rappels : L'offre est une proposition qui peut être expresse ou tacite. chose et caractéristiques de la chose. F-X Testu. Jean-Marc Mousron. commerce.• • • • • • Les principales clauses des contrats d'affaire. L'acceptation doit être ferme et précise et elle doit exactement correspondre au contenu de l'offre. la fermeté de l'offre doit être expressément déclarée i. consommation Chapitre 1 : L'importance de la phase pré-contracuelle Section 1 : Les pourparlers Le principe de base. 6 Mars 1990 .) et le policitant sait qu'il sera engagé en cas d'acceptation. Le principe de la liberté de conduire et de rompre les pourparlers trouve sa source dans deux principes généraux : • principe de la liberté individuelle (article 4 DDHC) • principe de la liberté contractuelle avec pour seule limite la faute citée plus haut. etc. elle doit être ferme et précise cela signifie que les éléménts essentiels du futur contrat sont présents dans l'offre (prix. C'est une faute qui peut être intentionnelle ou non. chez l'Extenso 2011 Les contrats d'affaires.

la pure mauvaise foi n'est pas requise. 22 Février 1994). Cependant. etc. 14 Juin 2000 sur l'importance de la durée). beaucoup d'entre eux soient Sui Generis. 8 Novembre 2005. Section 2 : Les accords préparatoires au contrat définitif Dans certaines circonstances leur exécution ressemble à des pourparlers mais en principe on est en matière contractuelle. En outre. la Cour précise qu'il ne peut pas y avoir d'indemnisation de la perte de chance de réaliser les gains escomptés en cas de conclusion du contrat (Cass. com. Parmi ceux qui sont les mieux identifiés on trouve : • Les promesses unilatérales et synallagmatiques de contrat (promesse de vente. De la même manière. s'il y a rupture alors on peut caractériser une faute (Cass. de bail. 3ème civ. En revanche la perte d'une chance des gains escomptés en cas de conclusion du contrat n'est pas causée par la faute dans les circonstances de la rupture. à côté de la durée à proprement parler.). on ne retient que la légèreté blamable de l'auteur de la rupture (arrêt de principe : Cass. 3ème civ. 28 Juin 2006 . 7 Janvier 2009) C : Le lien de causalité En effet. Dans ces cas là. Cette légèreté blamable est plus facilement carctérisé avec des pourparlers qui durent longtemps (Cass. Nombre d'arrêts de la Cour de cassation illustrent le devoir de cohérence qui incombe aux parties en pourparlers. Ces accords préparatoires au contrat d'affaire sont multiples et variés. seul le préjudice causé par la faute dans les circonstances de la rupture doit être indemnisé (frais. de mandat. etc. 3 . Pour éviter le risque de voir sa responsabilité délictuelle engagée. com. etc.) • Les pactes de préférence On trouve d'autres figures moins bien identifiées : les accords temporaires et les accords de principe. B : Le préjudice Il est absoluement nécessaire pour engager la responsabilité de l'auteur de la rupture que celle-ci ait causé un préjudice à l'autre partie. Cass.). 1ère civ. 1er Avril 1999. 26 Novembre 2003 .de l'intention de nuire. la rupture a pu être jugée fautive alors même que la durée n'était pas longue (Cass. 12 Janvier 1999). or ce droit relève de la liberté contractuelle. Dans d'autres cas. etc. déplacements. en cas d'inexécution du contrat préparatoire il y aura une atteinte au principe de la force exécutoire du contrat → engagement de la responsabilité contractuelle et non plus délictuelle. il se peut que des pourparlers ayant duré peu de temps soient très avancés (tous les points du futur contrat ont été négociés). il peut être conseillé de conclure un avant-contrat comme l'accord de principe pour encadrer la négociation en précisant par exemple que certaines conditions doivent absoluement être atteintes pour que le contrat définitif soit conclu. com.) • Il peut y avoir préjudice pour l'atteinte à l'image commerciale de la victime de la rupture (manque de sérieux apparent. comme l'a retenu CA Versailles. Ce préjudice peut être de différente nature : • Il peut y avoir préjudice quand la partie victime avait engagé de nombreux frais pour la négociation (études. com. Cass. énonce que certes le contrat n'était pas encore conclu mais certaines relations commerciales s'étaient instituées entre le sparties de sorte que le fait de rompre les pourparlers traduisiait une mauvaise foi). elle est causée par le droit de rompre les pourparlers.

C : Les contrats de promesse Ces contrats sont la figure la plus classique du contrat préparatoire. rupture). Le contrat d'exclusivité temporaire de négociation : les parties en négociation s'offrent du temps et se garantissent l'une l'autre qu'elles ne vont pas mener d'autre négociation en parallèle. Dans ces deux cas. 10 Janvier 2012 : un accord de principe. qui peut connaître cette information dans l'une et l'autre entreprise. etc. Exemple : raison pour laquelle l'information doit être protégée. en l'espèce donné par une banque sous les réserves d'usage.). de ce fait en cas de faute (mauvaise foi. le caractère stratégique de cette information. voire l'obligation de détruire les informations stratégiques divulguées en cas d'échec de la négociation. que le contrat soit conclu ou non. les parties ne font que préciser le cadre contractuel de la négociation. doivent prévoir les moyens matériels mis en place pour éviter une divulgation trop large des informations. civ. on entrera dans une négociation contractuelle. Au moment de la conclusion de l'accord temporaires. → la promesse synallagmatique de contrat est donc déjà un contrat. et même des projets européens à but d'unification du droit de la vente dans l'UE. c'est pourquoi dans le Code civil il est dit que la « promesse synallagmatique de vente vaut vente » (article 1683 C. Cet accord de principe ne fait n'aître qu'une seule obligation à la charge des parties : négocier de bonne foi pour parvenir à la conclusion du contrat définitif. ne fait naître pour la banque que l'obligation de poursuivre les négociations de bonne foi et que les conditions définitives du contrat de prêt restaient à définir au moment de l'accord de principe. L'accord de principe se trouve principalement dans la conclusion de contrats dits stratégiques. elle est pour l'instant peu règlementée dans le Code civil (hors promesse de vente). pour être utiles. alors c'est la responsabilité contractuelle qui sera engagée. Les projets de réformes envisagent de les encadrer. Ils font l'objet d'un grand contentieux.A : Les accords temporaires Ce sont des contrats préparatoires qui le plus souvent vont permettre une négociation contractuelle et qui les orgnanisent. B : L'accord de principe Il intervient quand les parties en négociations ont quelques points d'accords mais où ces points sont largement insuffisants pour conclure. s'il y a violation des obligations. Ces accords de confidentialité. est précisée la durée de la confidentialité. Cass. 4 . Enfin. aux enjeux financiers importants. il y aura mise en jeu de la responsabilité contractuelle de l'auteur de la violation. Il peut avoir l'avantage de permettre une négociation par phase. L'accord de confidentialité : les parties pourront pour la négociation divulguer des informations stratégiques qui pourraient éventuellement nuire aux parties en négociation si elles venaient à devenir publiques. Sera précisé l'interdiction pour les contractants d'utiliser les informations à d'autres fins que pour les négociations. 1 : La promesse synallagmatique La promesse synallagmatique est une promesse par laquelle chacun des contractants s'engagent. pour la conclusion d'un contrat de prêt. Ici.

la promesse unilatérale est assortie pour l'autre contractant d'une obligation de verser une indemnité d'immobilisation.). si le bénéficiaire de la promesse ne lève pas l'option.Le bénéficiaire de la promesse n'a aucune obligation mais a une faculté de lever l'option. De même. En outre. il doit verser une indemnité d'immobilisation. mais ce ne sont pas des obligations complètement réciproques. la Cour de cassation requalifie en promesse synallagmatique (Cass.Mais parfois il y a des éléments qui empêchent que le contrat définitif soit d'ores et déjà formé. la promesse synallagmatique peut ne pas correspondre au contrat définitif lorsqu'elle prévoit que ce dernier soit conclu selon un formalisme donné. B: Partie 2 : Les contrats commerciaux nommés et réglementés par les codes et lois français Partie 3 : Les contrats commerciaux nommés et élaborés par la pratique professionnelle 5 . il faut absolument qu'il y ait des contenus partiellement divergents entre les promesses (sur l'objet ou la condition/modalité du contrat. Si les deux promesses ont exactement le même contenu. on est entre la promesse unilatérale et la promesse synallagmatique [débat]. c'est à dire qu'il y a deux contrats de promesses qui sont conclus. com. Nombre de promesses unilatérales sont assorties d'une indemnité d'immobilisation i. il y a parfois des promesses unilatérales croisées. cela signifie qu'il peut s'il se souhaite acheter le bien que le promettant lui a proposé. Il y a une obligation de chaque côté. elle ne vaut pas contrat définitif lorsque l'engagement du vendeur et l'engagement de l'acheteur ne sont pas exactement identiques (absence de concordance/correspondance des engagements). Mais encore. 2 : La promesse unilatérale Cette promesse unilatérale est un contrat (et non pas un engagement unilatéral de volonté /!\). 22 Novembre 2005). etc. Parfois. Pour qu'il n'y ait pas de requalification. un seul des contractant a une obligation. et dans la deuxième l'autre contractant s'engage à acheter. Ainsi. Exemple : dans la première promesse l'un des contractants s'engage à vendre. il se peut qu'une condition suspensive ou un terme suspensif ait été intégré dans la promesse (situation classique).e.

1 : Les délégués du personnel (DP) 6 . Ce seuil d’effectif varie en fonction de l’institution en cause.Partie 1 : Les institutions représentatives du personnel Chapitre 1 : La mise en place des institutions représentatives Section 1 : Le champ d’application de la représentation du personnel Pour mettre en place des représentants du personnel il faut un effectif suffisant et un cadre approprié. § 1 : Un effectif suffisant A : Le seuil d’effectif Le personnel de l’entreprise doit être suffisamment important pour justifier la mise en place des institutions représentatives du personnel (IRP). Pourquoi un nombre minimum ? C’est une logique d’économie. on ne peut demander à une TPE de supporter les coûts d’une IRP.