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SOI 2805 – Automne 2008 Analyse complète d’un article quantitatif Section 1 : Pertinence de l’article de recherche retenu en regard

de la situation clinique de départ Caron, J., Mercier, C., Martin, A., et Stip, E. (2005). Le rôle du soutien social, du fardeau familial et de la satisfaction des services dans la détresse psychologique et la qualité de vie des familles de personnes souffrant de schizophrénie. Santé mentale au Québec, 30 (2), 165191. Avec la « désinstitutionnalisation », le rôle des familles dans le soutien à leur proche souffrant de troubles mentaux graves est devenu de Q1 plus en plus grand. Une bonne proportion des personnes avec des troubles mentaux graves vivent avec leur famille ou maintiennent des contacts réguliers avec celle-ci. Les familles sont amenées à investir largement sur les plans affectif, cognitif, social et matériel ce qui peut progressivement se transformer en surcharge. L’état de santé mentale des familles est souvent affecté par cette surcharge. Le but de cette étude était d’explorer les liens pouvant exister entre cinq variables associées à la situation des familles de personnes Q2 souffrant de schizophrénie : 1) le soutien que ces familles reçoivent de leur réseau social personnel, 2) le fardeau associé à leur rôle de parent, 3) leur satisfaction (à l’égard) des services en santé mentale, 4) leur détresse psychologique et 5) leur qualité de vie. La population cible était donc les familles de personnes souffrant de schizophrénie et vivant dans la communauté. La recension des écrits effectuée par les auteurs les a amenés à formuler trois hypothèses : 1) « Le fardeau ressenti par les familles devrait accroître la détresse psychologique et réduire la qualité de vie des familles 2) La satisfaction (à l’égard) des services devrait diminuer la détresse psychologique et augmenter la qualité de vie des familles 3) Le soutien social devrait réduire la détresse psychologique et augmenter la qualité de vie des familles. (p. 170) » Q3

Cet article est donc pertinent car il s’intéresse aux facteurs qui influencent la santé mentale des familles de personnes souffrant de schizophrénie et que dans la situation clinique de départ, l’infirmière se pose justement des questions sur la façon de soutenir la mère de Charles.

L’état de santé mentale des familles est affecté par cette surcharge. Les auteurs ne font pas référence de façon explicite à un cadre de référence théorique. Ils ont plutôt ancré leur étude dans les données Q5 empiriques issues de la recherche sur les familles prenant soin d’une personne atteinte de troubles mentaux graves vivant dans la communauté. La satisfaction à l’égard des services est un facteur qui influence la détresse psychologique et la qualité de vie des familles Le soutien social joue un rôle fondamental pour le maintien de la santé mentale des familles Tous ces thèmes sont directement en lien avec les hypothèses et le but de la recherche. Ce cadre conceptuel pourrait se présenter graphiquement comme suit : Détresse pshycologique ___________ Qualité de vie - + Fardeau ressenti - Satisfaction services Soutien social + . provoquant parfois de la détresse psychologique La qualité de vie. sauf la présentation des différents types de programme s’adressant aux familles pour qui le lien est plus indirect. Ce rôle plus important provoque un sentiment de fardeau chez les familles. surtout chez les mères et les sœurs. Par ailleurs. le counseling familial et les programmes psychoéducatifs. est également réduite La reconnaissance du rôle essentiel des familles et du fardeau ressenti a mené à l’identification de leurs besoins de soutien Trois types de programme ont été développés pour répondre à ces besoins : les groupes d’entraide.2 Section 2 : Éléments de rigueur se retrouvant dans l’article de recherche retenu Rigueur conceptuelle Depuis la désinstitutionnalisation des personnes atteintes de troubles mentaux graves. le rôle des familles auprèes de leur proche est de Q4 plus en plus grand. il serait possible d’assimiler les trois hypothèses proposées par les auteurs à la fin de leur « état des connaissances » à une tentative de formuler un cadre conceptuel sous-jacent à l’étude. ce qui provoque des symptômes physiques et psychologiques.

165) N = 71 personnes ayant reçu le Dx de schizophrénie ou de troubles schizo-affectifs (p. même sujets . À la page 166. et qu’il s’agissait d’une étude corréaltionnelle. Les données ont été recueillis dans le cadre d’une vaste étude visant à développer un partenariat famille/intervenants (p. (Il s’agit Q7 donc d’une analyse secondaire de données recueillies pour une étude de plus grande envergure. mais ce n’est pas écrit clairement. nous permet d’affirmer que le devis était : non expérimental . transversal (vs longitudinal) .. 170-174) permet de voir que l’étude ne comprend pas d’intervention (donc. Critères de sélection des familles : 1) Un membre de leur famille présente des problèmes graves de santé mentale 2) Ce membre est suivi par une équipe de santé mentale 3) Les familles vivent avec le proche ou ont au moins un contact par semaine 4) Les familles ont un minimum de contact avec l’équipe soignante 5) Elles sont volontaires pour participer à la recherche .. les auteurs mentionnent une « étude exploratoire sur un Q6 échantillon de convenance (…) permettant d’apprécier la contribution de ces variables à la santé mentale des familles (…).) Une procédure de recrutement en plusieurs étapes a permis de constituer une échantillon de convenance (p. On peut déduire qu’elles doivent être atteintes de schizophrénie et avoir des contact avec leur famille. description de l’échantillon des personnes atteintes) 2) Les intervenants identifient les personnes souffrant de troubles mentaux graves qui gardent des contacts avec leur famille et leur demandent la permission de transmettre leur nom à l’équipe de recherche 3) L’équipe de recherche recrute les personnes atteintes puis leur demande la permission de contacter leur famille 4) L’équipe de recherche contacte les familles et leur explique le projet + consentement N= 71 familles de personnes souffrant de schizophrénie (résumé. 170) suivi de la description des familles. Les critères de sélection des personnes atteintes ne sont pas énoncés clairement. Cette phrase nous permet de savoir que nous ne sommes pas dans une étude expérimentale (à cause de l’échantillon non aléatoire). en milieu naturel. Le fait qu’il y ait eu une seule collecte de données pour mesurer toutes les variables en une seule fois. puis que les analyses effectuées furent univariées (corrélation de Pearson) et de régression linéaire. On présume qu’il y avait un seul membre de famille pour chaque personne schizophrène. De plus. voir page 171. p. ce n’est pas quasi expérimental). 174) : 1) Deux équipes acceptent de participer à l’étude visant le développement d’un partenarait… (Hôpital Douglas et la Clinique des jeunes adultes de Louis-H-Lafontaine. la lecture de la section « Méthodologie » (pp.3 Rigueur méthodologique Le type de devis n’est pas décrit très clairement dans cet article. mais nous ne savons pas s’il y a d’autres critères. 172).

72 à 0. 4) la détresse psychologique et 5) la qualité de vie des familles Les données ont été recueillies lors d’entrevue d’une durée moyenne de 1h30 à domicile à l’aide des instruments suivants : 1) La vesion canadienne de l’Index de qualité de vie du Wisconsin (CaW-QL1) version famille. La stabilité temporelle est très bonne (r=0. etc. les sous-échelles varient entre 0.7 ans (ÉT = 12.92.15.73 et 0. validation et adaptation au contexte de soins canadien du Wisconsin Quality of Life Index) dont la cohérence (consistance) interne des différentes sous-échelles varient de 0. Consistance interne est à 0.22) et de 20% d’hommes ayant en moyenne 57. Les mères constituent 63% de l’échantillon . 2) le fardeau familial. Près de 59% des répondantes occupent un emploi alors que ce pourcentage n’est que de 50% dans le cas des répondants. Cet instrument mesure le fardeau familial et la satisfaction envers les services 2) Le Social Provisions Scale qui mesure les six dimensions du soutien social. validée au Québec). 45 des frères et 4% des conjoints.4 Étant donné le caractère non expérimental de l’étude. 13% des sœurs. Il a été validé par Boyer pour le Québec.86). un échantillon de convenance est acceptable. (qui est une traduction. Q8 Q9 Q10 . 54 hommes (75%) et 17 femmes (25%) âgée en moyenne de 33.84.4% vivent en appartement.71 et 0. 16% sont des pères.11). 10% dans les ressources d’hébergement.89.73). 7 % dans les foyers de groupes. La moyenne de temps hebdomadaire consacré au travail est de 28. Tous résident dans la communauté : 59. Cet instrument sert à mesure la qualité de vie dans cette étude 4) L’Indide de détresse psychologique (Enquête Santé Québec). Consistance interne = 0.96 et l’alpha des sous-échelles varie entre 0.5 ans (ÉT = 12.4% vivent en chambre. l’Échelle de satisfaction des domaines de vie.81. Un peu plus de 27% des répondants vivent avec la personne présentant des problèmes de santé mentale. Les familles ou les proches sont composées de 80% de femmes âgées en moyenne de 55. Les caractéristiques de l’échantillon : 71 personnes ayant reçu un diagnostic de schizophrénie (80%) ou de trouble scizo-affectif (20%) .34).7 heures (ÉT = 18. Sa consistance interne est de 0. La stabilité temporelle est très bonne (r=0. 3) la satisfaction à l’égard des services.6 ans (ÉT = 8. 6 % dans des appartements supervisés et 1.5) Les variables à l’étude sont 1) le soutien social.88. Le seuil de détresse élevé s’établit à 26. 3) Le Satisfaction with Life Domains Scale (en francais. Cette échelle a été traduite et validée au Québec par une des auteurs de l’étude.

de façon plus ou moins explicite dans la section sur le déroulement de l’étude (p. sont que « trois variables (.7% (diminue la détresse) 2) Degré d’implication dans les activités de la vie quotidienne (fardeau familial) = 6. Pour étudier les relations univariées entre le fardeau familial. 173) concerne : 1) le respect de la vie privée et des renseignements personnels (lors du recrutement.3% (diminue la QdeV) 3) Satisfaction à l’égard des services = 2. le soutien social et la détresse psychologique et la qualité de vie. puis avec la qualité de vie. Pour arriver à ces résultats.. (p. » (p.3 % (augmente la détresse) 3) Satisfaction à l’égard des services = 8.5 Les seules considérations éthiques qui sont abordées. 176)..1 % (augmente la QdeV) 2) Fardeau ressenti lors des AVQ + fardeau associé aux comportements problématiques = 20. la satisfaction des services. les prédicteurs de la détresse psychologique et de la qualité de vie.) afin d’identifier..) permettent de prédire 31% de la variance de la détresse Q13 psychologique (et que) « cinq variables permettent d’expliquer 63% de la qualité de vie..2 % (diminue la détresse).3% de la variance de la détresse psychologique : 1) Conseils et orientation (soutien social) = 16. Ceci afin de chercher les corrélations entre chacune des trois premières variables – et leur sous-échelles – et la détresse psychologique. Trois variables permettent d’expliquer 32.2 % (augmente la QdeV) . au fardeau famillial et aux services. Le tableau 3 présent les résultats de ces analyses. soit : 1) Conseils et orientation (soutien social) + confirmation de sa valeur (soutien social) = 40. le coefficient de corrélation de Pearson a été utilisé. et ce. parmi les variables assoicées au soutien social. 165). Cinq variables expliquent 62. les intervenants demandent la permission aux personnes atteintes de schizophrénie de transmettre leur coordonnées à l’équipe de recherche + l’équipe de recherche demande la permission aux personnes atteintes de communiquer avec leur famille) 2) le respect du consentement libre et éclairé : tant les personnes atteintes que les familles signent un formulaire de consentement après avoir reçu des explications de la part d’un membre de l’équipe de recherche. Uniquement les variables ayant une relation univariée significative avec la DP et la QdeV ont fait l’objet d’analyse. Des régressions linéaires de type hiérarchique ont également été réalisés pour identifier les prédicteurs de la détresse et de la qualité de vie Q11 Q12 Les principaux résultats de cette étude.6% de la variance de la qualité de vie des familles. les chercheurs ont effectué « des analyses de régressions multiples (.

Ils auraient pu (et auraient dû) mentionner plus clairement qu’il s’agissait d’une analyse secondaire de données recueillies dans une étude plus vaste et mettre en lumière les limites de cette façon de faire. Section 3 : Transfert des résultats dans la pratique Transfert des résultats à la situation clinique de départ Dans la situation clinique de départ. » (p. soient : le fardeau ressenti associé aux activités de la vie quotidienne et celui relié aux comportements problématiques. 183) Q14 Q15 . ils font rapidement mention des limites reliées à l’échantillon de convenance (pp. soit les conseils et l’orientation de même que la confirmation de sa valeur. 182-183). L’identification spécifique des dimensions du fardeau et des composantes spécifiques du soutien social associées à la santé mentale des familles devrait permettre de cibler plus spécifiquement les interventions propres à soutenir les familles et les proches dans les programmes qui leur sont destinés et accroître ainsi leur satisfaction des services. Il est donc possible de dire que la participation à un groupe de soutien est une bonne chose pour la mère de Charles. Une collègue lui parle des groupes de soutien organisés par l’association « Revivre ». les auteurs affirment : « Encore une fois. Deux composantes du soutien social sont fortement et positivement associées à la qualité de vie des familles. En particulier. le fait d’obtenir des conseils et orientations de son entourage et de recevoir une confirmation de sa valeur semblent particulièrement reliés à la santé mentale des familles. » Les résultats de l’étude montre que le soutien social est très fortement relié à l’augmentation de la qualité de vie et à la diminution de la détresse psychologique. des prédicteurs spécifiques du fardeau ont pu être identifiés. variable également associée à leur santé mentale et à leur qualité de vie. Transfert par rapport aux éléments de problématique + les éléments de la pratique infirmière de façon Dans la discussion des résultats. L’infirmière se demande si ce serait une bonne idée de faire cette proposition à la mère de Charles. Ces groupes lui permettraient d’échanger avec d’autres parents qui vivent une situation semblable à la sienne.6 Les auteurs ne font aucunement mention de façon explicite des critères de rigueur scientifique. « l’infirmière voudrait bien proposer quelque chose à la mère de Charles pour soulager un peu sa détresse et lui redonner une meilleure qualité de vie. Dans la discussion des résultats.