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Un traité toxique

pour les européens et pour leurs services publics
. Ce Traité de Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, également appelé Pacte budgétaire Merkel/Sarkozy est un héritage de l’ancien gouvernement, décidé le 9 décembre 2011 et adopté le 2 mars 2012 par les Chefs d’Etat et de gouvernement de la zone €uro. Durant la campagne électorale présidentielle, le candidat Hollande s’était engagé à en renégocier les termes. A défaut de renégociation, le Président Hollande s’est satisfait de l’adjonction d’un pacte de croissance qui n’engage en rien et qui maintient une austérité généralisée. Très insuffisant au regard des enjeux sociaux actuels et d’une construction européenne en panne. De ce point de vue, le TSCG accentue un virage pris dès 1992 avec le traité de Maastricht qui limitait les possibilités d’intervention publique.

Le Conseil constitutionnel ayant déclaré que la ratification du Traité de Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) ne nécessitait pas une modification de la Constitution, le gouvernement entend présenter un projet de Loi à l’Assemblée Nationale dès la fin du mois de septembre 2012.
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L’austérité sinon rien !
Dans ses termes actuels, il soumet maintenant celle-ci à l’accord préalable des acteurs financiers. Il s’agit d’un traité « austéritaire », ou d’austérité budgétaire, où toute initiative de progrès se trouve placée dans la main de fer d’autorités supranationales non élues. Il rend impossible les solidarités intergouvernementales en promouvant une mécanique de délation entre les Etats membres.

Il généralise les politiques de remise en cause des acquis sociaux au prétexte d’une compétitivité à reconquérir, par l’abaissement de ce que le MEDEF et d’autres nomment le « coût du travail » (baisses de salaires, remise en cause des systèmes de protection sociale, …). Dès sa publication, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) a condamné ce traité et a publié en réponse sa résolution des 5 et 6 juin 2012, « Un contrat social pour l’Europe » ; pilier politique de notre activité syndicale nationale et européenne pour les prochaines années.

Les orientations portées par ce traité ont amené la CGT à lancer une pétition nationale (http://www.cgt.fr/article39575.html ) demandant le rejet de ce traité. A cet effet, un large débat doit être ouvert qui doit permettre de reconstruire une vision citoyenne et sociale de la construction européenne, avec l’objectif d’en faire un axe revendicatif jusqu’aux prochaines échéances européennes en 2014.

Un traité toxique pour les usagers, les cheminots et le service public ferroviaire
Le TSCG a des conséquences directes sur les chemins de fer, plaçant les dépenses de la SNCF, comme celles des collectivités territoriales, de la sécurité sociale, de l’Etat, sous le contrôle autoritaire de la Commission Européenne au titre du « solde des administrations publiques ». Usant de la règle d’or, il serait donc possible à la technostructure bruxelloise d’imposer des mesures d’austérité, impactant directement le contenu du service public ferroviaire, le système de retraite des cheminots, leurs conditions de travail et la réglementation applicable. Du point de vue revendicatif, la période nous impose de faire le lien entre les enjeux de l’avenir du ferroviaire, autour de la réforme du secteur promise par le gouvernement et cette ratification qui placerait toute initiative nationale sur le sujet sous le regard soupçonneux de la commission. Cette même commission, si opiniâtre à faire respecter le contenu du traité de Lisbonne quand il concerne le droit de la concurrence, se montre par ailleurs retorse à toute initiative sur les Services d’Intérêt Général (SIG) pourtant prévus par le traité de Lisbonne dans son article 14 et son protocole n°26. La Fédération CGT des Cheminots voit dans la démarche revendicative actuelle une occasion de mettre le sujet du service public ferroviaire au centre des débats pour les prochains mois.

Une raison supplémentaire pour les cheminots de s’inscrire dans l’action et de participer massivement à la manifestation

nationale du 30 septembre 2012, à Paris, contre le TSCG
et les mesures d’austérité, pour le développement des services publics et pour un contrat social pour l’Europe.

Montreuil, le 21 septembre 2012