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WHEN ANTHROPOLOGY MEETS CLINICAL RESEARCH THE MEDICALLY NON-RECOMMENDED PREGNANCIES IN THE CAMELIA ANRS 1295-CIPRA

KH001 IN CAMBODIA

Pascale HANCART PETITET
Institut de Recherche pour le Développent (IRD) – UMI 233 & Institut Pasteur du Cambodge

The CAMELIA clinical trial aimed to determine the best timing for ART introduction in naïve severely immuno-compromised HIV-infected adults newly diagnosed for tuberculosis. Inclusion criteria included negative pregnancy test and signature of the consent form confirming commitment to double contraceptive use as patients were given drugs contraindicated in case of pregnancy. Despite various precautions and the requirement stated in the informed consent form, 19 (8%) of the 236 women enrolled in the trial became pregnant during the trial (23 pregnancies). This raised many questions among the CAMELIA coordinating team: Why do these women did not follow the recommendations of the medical team? Under what circumstances and with what explanation the consent form had been signed? Why these women did inform the doctor in charge of their treatment about theirpregnancy? An anthropological research was used to document issues related to these medically non-recommended pregnancies. We interviewed Camelia’s stakeholders, caregivers, counselors and patients. This research brings various relevant insights from various scientific disciplines. Firstly, it provides insights on prevention and management of contraindicated pregnancies in any clinical trial. It raises various and new theoretical insights for the anthropology of human reproduction. It also demonstrates how research on pragmatic issues can give rise to new insights for the social sciences.

QUAND L’ANTHROPOLOGIE RENCONTRE LA RECHERCHE CLINIQUE DES GROSSESSES NON RECOMMANDEES DANS L’ESSAI CLINIQUE ANRS 12095 CIPRA KH001 CAMELIA, CAMBODGE

Pascale Hancart Petitet
Institut de Recherche pour le développent & Institut Pasteur du Cambodge

Cette contribution vise à proposer une lecture anthropologique de la survenue de grossesses non recommandées par le corps biomédical dans l’essai clinique ANRS 12095 CIPRA KH001 CAMELIA mené au Cambodge entre 2006 et 2010. En effet, le formulaire de consentement signé par chaque personne incluse dans l’essai notait que toute femme participant à l’essai devait avoir un test de grossesse avant l’initialisation du traitement antirétroviral. Par ailleurs, les femmes sexuellement actives s’engageaient à utiliser deux méthodes contraceptives efficaces (au moins l’une des méthodes est l’utilisation du préservatif de façon appropriée) pendant au moins six semaines après la fin du traitement par Efavirenz). Ainsi, l’apparition de grossesses chez 23 patientes incluses dans l’essai souleva de nombreuses questions parmi l’équipe de coordination de l’essai: Pourquoi ces femmes n’avaient-elles pas suivies les recommandations de l’équipe médicale ? Dans quelles circonstances et avec quelles explications le formulaire de consentement avait-il été signé? Pourquoi ces femmes n’avaient-elles pas informé le médecin en charge de leur traitement de leur grossesse en cours? L’étude ethnographique lancée autour de cet événement permit de recueillir les discours et les pratiques des acteurs sociaux concernés: les femmes incluses dans l’essai ayant eu ou non des grossesses, certains conjoints ainsi que les coordinateurs de l’essai, les soignants et les conseillers. Cette recherche propose des perspectives théoriques innovantes dans le domaine de l’anthropologie de la reproduction. Elle démontre que mener des recherches sur des questions pragmatiques peut aussi ouvrir de nouveaux champs de recherche pour les sciences sociales.

Pascale Hancart Petitet is a french anthropologist, Research Fellow at IRD (Institut de Recherche pour le Développement). She is the funder of the network HUMAN SCIENCES ENCOUNTERS IN PHNOM PENH. Her doctoral thesis in anthropology, conducted in partnership with the French Institute of Pondicherry, explored the social dimension of birth in South India. Since 2008, her research, conducted in collaboration with the Pasteur Institute of Cambodia, addresses issues related to the social construction and social production of family planning in the context of HIV. This research stands at the intersections of reproduction politics, global flows of medical technologies, and social form and outcomes of inequalities. http://ird.academia.edu/PascaleHancartPetitet/About

Pascale Hancart Petitet est anthropologue à l’UMI 233 de l’Institut de Recherche pour le développement (IRD) et fondatrice du réseau HUMAN SCIENCES ENCOUNTERS IN PHNOM PENH. Ses travaux portent sur les questions relatives au corps, à la maladie et à la médecine en lien avec les dimensions culturelles, sociales et politiques de la reproduction humaine. Les orientations de son travail relèvent à la fois des domaines de 'l'applicable' et de la théorie en anthropologie (systèmes médicaux, genre, technicisation et marchandisation des corps). Depuis 2008, sa recherche, menée en collaboration avec l'Institut Pasteur du Cambodge, traite des questions en lien avec la construction et la production sociale du contrôle des naissances en contexte de vulnérabilité sociale et infectieuse. Sa thèse de doctorat en anthropologie, menée dans le cadre d'un partenariat avec l'Institut Français de Pondichéry, abordait le traitement social de la naissance en Inde du sud. http://pascalehpanthropo.blogspot.fr/