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The new york Times inTernaTional weekly O P I N I O N S & C O M M E N TA I R E S

12 OctObre 2012

éd i to ri a u x d u ti me s

dÉCRYPTAgE/shiVam ViJ

Discuter avec les talibans
L’état-major américain a depuis longtemps conclu à l’impossibilité de mettre fin à la guerre autrement que par un accord avec les talibans, une victoire sur le terrain militaire étant exclue. mais aujourd’hui, généraux et hauts responsables affirment qu’il est même irréaliste d’espérer y parvenir avant 2015 et le retrait des troupes américaines et des forces de l’otan. ils s’efforcent donc de préparer le terrain pour les ultimes négociations entre le gouvernement afghan et les insurgés, après leur départ. L’incapacité de Barack obama à progresser dans la voie des pourparlers constitue un sérieux revers. Bien sûr, convaincre des “militants” de négocier une solution de paix a toujours relevé du défi hors de portée. mais le gouvernement obama a manqué de persévérance dans sa recherche d’un moyen de discuter avec les responsables d’une insurrection violente qui poursuit ses attaques meurtrières contre les forces de la coalition. en 2010, après l’envoi de 33 000 soldats en renfort aux 68 000 déjà sur place –, les autorités américaines étaient trop méfiantes pour s’engager à fond dans cette voie. Les généraux résistaient, au motif que les succès militaires étaient plus importants. même après la décision de poursuivre les négociations, en février 2011, il fallut des mois aux responsables pour convenir d’une approche. Les discussions entre les États-Unis et les talibans entamées début 2012 se sont vite arrêtées après un échange de prisonniers avorté en raison de l’opposition du congrès. Les talibans exigeaient la libération de cinq de leurs chefs détenus à Guantánamo, en échange du seul soldat américain qu’ils retiennent. ce pari à risques était censé mener à des négociations plus importantes. mais il est encore plus difficile maintenant de se sortir de l’ornière. Les talibans ne sont pas disposés à se soumettre aux exigences de Washington, qui leur demande de rompre définitivement avec alQaida, de renoncer à la violence et de respecter les droits de l’homme et du citoyen inscrits dans la constitution afghane. Le Pakistan effectue depuis longtemps un travail de sape, en aidant les groupes talibans et en refusant de soutenir les négociations. même le programme de réinsertion dans la vie civile, effort élémentaire destiné à convaincre les combattants de déposer les armes, n’a persuadé que 5 000 des 20 à 30 000 personnes qui feraient partie des “insurgés”. Pourtant, Washington ne devrait pas renoncer aux pourparlers, ni à une progression vers la réconciliation. Sans attendre 2014 ni plus tard. Bien qu’aucune négociation ne soit officiellement en cours, des contacts existent entre talibans, afghans et d’autres parties. récemment, le Pakistan a incité les insurgés à rejoindre le processus de paix, acceptant d’aider Washington à sélectionner de nouveaux interlocuteurs potentiels. Nous devrions être vite fixés sur le sérieux de l’armée pakistanaise. L’élection présidentielle afghane de 2014 revêt une importance capitale dans l’aboutissement d’un accord. on envisage de parvenir à une entente provisoire aux termes de laquelle l’opposition, les talibans et d’autres pourraient approuver des objectifs a minima, rejetant al-Qaida, mais favorables à un système politique ouvert à tous. Le but serait d’élire un président plus apte à gouverner qu’Hamid Karzaï, considéré comme la marionnette des américains. Étant donné l’histoire du pays, on ne saurait être trop optimiste. mais avec le retrait des troupes américaines, on a tout intérêt à établir un système politique qui pourrait constituer pour les insurgés une alternative au conflit armé.

L’espoir lointain d’une Inde sans castes
New Delhi reshma devi fait le tour des tribunaux de delhi, pour tenter d’obtenir la garde de sa fille de 15 ans, placée dans un foyer pour jeunes. en janvier, au cours d’une descente de police dans un hôtel de Bombay, celle-ci se fait prendre en flagrant délit de prostitution. Lorsqu’une commission pour la protection de l’enfance a décidé de l’envoyer dans un centre à delhi, sa mère a plaidé qu’elle savait que la jeune fille faisait commerce de son corps – et qu’elle n’y voyait pas d’inconvénient. Banale affaire de traite ? Non, simple question de caste. devi plaide qu’elle appartient à celle des Bedia, dont l’activité traditionnelle est la prostitution. La commission rétorque que c’est bien pour cela qu’elle n’a pas la garde de sa fille : il faut l’extraire de ce milieu. devi trouve embarrassant d’expliquer son cas. elle vit dans une société où le terme “prostituée” est infamant, et pourtant cette même société a recours à leurs services. elles le savent depuis toujours ; c’est leur activité, leur identité. L’abolition du féodalisme leur ayant fait perdre les protecteurs de village, les jeunes Bedia pratiquent aujourd’hui la prostitution dans les grandes villes. Le dilemme de cette caste se trouve dans l’affrontement entre tradition et modernité. comment cet État moderne peut-il leur dicter ce qui est bon pour elles ? À la puberté, les filles de la communauté voient parfois leur virginité vendue aux enchères au cours d’une cérémonie qui a lieu à agra, à trois kilomètres du Taj mahal. La région est connue pour ses milliers de Bedia, qui pratiqueraient l’avortement sélectif pour n’avoir que des filles. Le mot “caste” vient de l’espagnol “casta”, qui signifie race. Vu à travers le
Shivam Vij est journaliste à New Delhi et un membre du Pulitzer center on crisis reporting à Washington. Envoyez vos commentaires à: intelligence@nytimes.com.
ruth fremson/the new York times

Vendeur d’encens à Bombay. Beaucoup d’indiens des castes inférieures sont obligés de quitter le métier auquel leur tradition les destinait.

le problème de la fraude dans les revues scientifiques
de nombreux éditeurs de revues et spécialistes de l’éthique s’inquiètent de l’augmentation spectaculaire du nombre d’articles scientifiques qui ont dû être retirés à cause de leur caractère fallacieux, voire frauduleux. Les papiers concernés ne représentent qu’une part minime du flot annuel de publications scientifiques, mais ils offrent un aperçu révélateur des pressions qui incitent de nombreux chercheurs à adopter des conduites répréhensibles. L’année dernière, la célèbre revue scientifique Nature a calculé que les articles retirés après publication - plus de 300 par an - étaient dix fois plus nombreux qu’au début des années 2000, alors que, dans le même temps, le volume global des parutions n’a progressé que de 44 %. La moitié des retraits était attribuée à des erreurs embarrassantes, le reste à des “mauvaises conduites scientifiques” telles que des plagiats, des données inventées ou des images retouchées. Une nouvelle étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, a conclu que ces fautes intentionnelles étaient bien plus répandues qu’on ne l’imaginait. Les auteurs ont analysé plus de 2 000 articles retirés dans le domaine biomédical et les sciences de la vie : les trois quarts des retraits dont ils ont établi la cause étaient dus à des problèmes éthiques. La question touche le monde entier. Bien que la majorité des fraudes concerne des chercheurs américains, allemands, japonais et chinois, les articles incriminés provenaient de plus de cinquante pays différents. Pour les auteurs, ce pourrait bien n’être que la partie visible de l’iceberg, car nombre de revues ne donnent pas d’explications lorsqu’elles retirent une publication. Bien des théories tentent d’expliquer ce phénomène. Les plus optimistes estiment que la disponibilité des papiers en ligne, et donc leur facilité d’accès, permet plus aisément aux experts de repérer les erreurs ou les fraudes. d’autres, plus alarmistes, pensent que la pression qui pèse sur les scientifiques pour être les premiers à faire une découverte et la publier dans une revue prestigieuse les conduit à commettre des erreurs grossières et même à falsifier des données. Les solutions ne coulent pas de source, mais il semble évident que les relecteurs et les éditeurs doivent être plus vigilants.

prisme du racisme, comme c’est le cas trop souvent, le principal problème des castes est, dit-on, son aspect discriminatoire. Pourtant, ce qui les détermine vraiment, c’est la catégorie socioprofessionnelle de laquelle on est issu. on naît Bedia, on ne le devient pas. on peut abandonner l’hindouisme, mais on ne change pas de caste. Selon une étude gouvernementale parue en 2006, les musulmans indiens sont plus pauvres et moins instruits que la moyenne, parce que la plupart appartiennent à la caste des artisans, qui lutte pour s’adapter à la société moderne. Les hautes castes, privilégiées, sont celles des brahmanes, des érudits, des commerçants et des guerriers. Les basses castes sont les paysans et les artisans à qui toute éducation sera refusée. enfin, viennent les parias, “impurs”, “souillés”, destinés à nettoyer les latrines, balayer les rues, ressemeler les chaussures et écorcher les animaux. ce sont les intouchables, qui ont choisi le nom dalit, “les opprimés”. Les Bedia appartiennent à cette dernière catégorie. À l’intérieur de ces trois groupes, on trouve des milliers de castes et de souscastes définies par leur travail. il reste difficile d’en sortir pour accéder à une activité plus respectable. Beaucoup de métiers traditionnels sont menacés par la société moderne. en inde, les touristes se plaignent de ne plus voir de charmeurs de serpent, une pratique désormais interdite par une loi qui condamne la cruauté envers les animaux. certaines castes de tisserands et d’ouvriers du pétrole ont été réduites au chômage par la mécanisation et les importations. Quant à la caste des Nat, acrobates et jongleurs, ils se plaignent de ne plus être considérés comme des artistes mais plutôt comme des mendiants. ceux qui perdent leur activité traditionnelle en trouvent rarement une

autre. ils sont alors réduits à l’état de journaliers nomades, labourant les champs des propriétaires des hautes castes et construisant les immeubles de l’inde “nouvelle”. La pire des inégalités qu’ils subissent est la piètre qualité de l’enseignement public, qui souvent n’est pas dispensé en anglais, la langue des indiens instruits. Leurs enfants n’ont donc pas les mêmes armes que les autres pour trouver un emploi. Une loi sur le droit à l’éducation, récemment promulguée, pourrait lever cette injustice, mais seulement en partie. L’instruction et la discrimination positive sont une chose, mais les communautés des castes ont besoin de l’aide du gouvernement pour parvenir à changer d’activité. Les élites urbaines ignorent délibérément ce phénomène. certains prétendent même ne pas connaître leur caste. Pourtant, ils préfèrent se marier entre personnes de la même société, pour maintenir leur capital social, culturel, politique et économique. Premières à bénéficier de la modernité issue du colonialisme, les hautes castes ne sont pas enfermées dans un emploi particulier. Leurs enfants peuvent choisir de devenir pilote ou artiste peintre, écrivain ou chef d’entreprise. malheureusement, la fille de devi n’a pas eu ce choix. dans ce foyer d’une association bénévole de dehli, elle suit des cours pour s’instruire et apprendre le métier de couturière, afin de pouvoir gagner sa vie autrement. Lorsqu’elle a refusé de la confier à sa mère, la commission a noté que les parents demandaient la garde parce que leur enfant ramenait 30 dollars (23 euros) par jour à la maison. Si l’État peut forcer la fille de devi à devenir couturière, elle mènera une vie meilleure. mais pour son entourage, elle sera toujours une dalit. Le chemin qui mène à une société indienne sans caste sera long et semé d’embûches.

MAuREEN dOwd

Mais pourquoi diable réécrire l’histoire ?
Une femme nommée rice, haut placée dans l’administration, qui ambitionne de devenir ministre des affaires étrangères, écume les plateaux télé en soutenant avec véhémence une initiative au moyenorient, a priori positive pour le président, mais qui ne tient pas debout si on l’examine. Les autorités américaines accusées d’avoir soigneusement sélectionné des renseignements sur les liens avec alQaida au moyen-orient afin de créer une réalité qui leur convient. Un appareil de sécurité instrumentalisé par la machine à fabriquer des images politiques. Ça vous rappelle quelque chose ? La dernière fois, c’était condoleezza rice qui aidait ses supérieurs, obsédés par la guerre, à tisser leur toile trompeuse, alors qu’ils tentaient imprudemment de réorganiser le moyen-orient. cette fois, c’est Susan rice qui sert un récit sans aucune crédibilité alors que l’équipe d’obama tente désespérément de comprendre cette région. L’administration de George W. Bush a attiré l’attention sur al-Qaida, exploitant le 11 Septembre pour envahir l’irak, ce que les néoconservateurs avaient toujours voulu faire. dans le cas de l’attentat en Libye, l’administration obama a évité d’évoquer des liens avec al-Qaida pour perpétuer l’idée que le président a décimé l’organisation quand oussama Ben Laden a été tué, et empêcher les allégations selon lesquelles ils n’étaient pas vigilants à la date anniversaire du 11 Septembre. mieux vaut attribuer la faute à une manifestation s’élevant contre une vidéo anti-islam sur youTube. il est remarquable que le président obama, qui à son arrivée au pouvoir détestait les manipulations et les mensonges de l’ère Bush, soit maintenant en butte à des accusations similaires. Vous savez que vous êtes dans le pétrin quand donald rumsfeld est la voix de la raison. “envoyer un ambassadeur des États-Unis à l’onu vendre, colporter et déformer une histoire qui, en quelques heures, se révèle inexacte, c’est inexcusable, a déclaré mardi sur Fox News l’ancien secrétaire à la défense. c’est inimaginable.” Son imagination lui fait défaut, même si lui, son ami dick cheney et leur protégé George W. Bush ont envoyé à l’onu colin Powell, alors ministre des affaires étrangères, pour vendre une histoire qui s’est révélée inexacte une fois l’invasion réalisée. depuis le début, quelques éléments ne collent pas dans la saga tragique de christopher Stevens. même pour un ambassadeur très apprécié, avec une certaine empathie à la Lawrence d’arabie et l’impression erronée qu’il était invulnérable, christopher Stevens n’était évidemment pas suffisamment protégé dans une région agitée où règnent les menaces et la haine. Le complexe où il vivait manquait de gardes armés et d’équipement d’urgence. même après l’assaut, l’endroit était si facile d’accès qu’un membre du personnel de cNN y a déniché le journal intime de l’ambassadeur, où il exprimait sa peur des attaques incessantes et sa crainte d’être une cible d’al-Qaida. après tout, des sympathisants de l’organisation terroriste se trouvaient parmi les rebelles qui ont renversé le colonel Kadhafi, avec l’aide des américains. Les députés républicains ont demandé à Hillary clinton pourquoi le consulat n’était pas mieux défendu étant donné, comme l’a noté le député darrell issa dans une lettre, la “longue série d’attaques contre des diplomates et des représentants occidentaux en Libye dans les mois qui ont précédé le 11 septembre 2012”. L’échec de Susan rice fait partie d’une tendance inquiétante qui consiste à essayer d’exagérer les succès du président en matière de sécurité nationale, ce qui semble particulièrement stupide parce que totalement inutile. L’an dernier, la maison-Blanche a dû revenir sur les affirmations initiales, très élaborées, de John Brennan, conseiller en sécurité intérieure, selon lequel Ben Laden serait mort après avoir résisté à une fusillade et en “se cachant derrière des femmes qui lui servaient de bouclier”. maintenant que matt Bissonnette, l’un des Navy Seal présents, a écrit un livre, les récits se contredisent, celui de la maison-Blanche où les démocrates meurent d’envie de passer pour des gros durs, et celui d’un témoin oculaire de la scène. matt Bissonette explique que le commando principal a atteint Ben Laden à la tête, alors qu’il était désarmé, quand il a regardé par la porte de sa chambre et qu’il a de nouveau tiré sur son corps en convulsions à l’intérieur même de la pièce. Selon la version de l’administration, le tir dans la cage d’escalier a manqué sa cible. dans un excès de zèle visant à redorer l’image d’un président qui n’en avait pas besoin -quand on considère les gaffes de mitt romney en matière de politique étrangère et l’inexpérience de Paul ryan - ils s’empêtrent dans des versions contradictoires sur Benghazi. Le gouvernement a bénéficié de l’impression qu’il avait affaibli al-Qaida, même si le public sait que ce n’est pas si simple. mais, comme l’a appris mitt romney, qui dans sa hâte de profiter de cette crise s’est trompé dans les faits, laisser la politique dicter ce que vous dites de la sécurité nationale a un coût. L’armée américaine se prépare à riposter à l’attaque libyenne. mais le président se verra-t-il alors attribuer le mérite qui lui revient si ses acolytes donnent l’impression qu’ils sont prêts à réécrire l’histoire à des fins politiques ?

inTernaTional weekly
NaNcy Lee executive editor Tom Brady editor aNiTa PaTiL deputy editor The New york Times international Weekly 620 eighth avenue, New york, Ny 10018 Editorial inquiriEs: nytweekly@nytimes.com salEs and advErtising inquiriEs: nytweeklysales@nytimes.com

sélection et édition : Pierre rousselin, Jean-Paul rustan. traduction : Pascale Tardieu-Baker, Gaël ostyn, martine devillers-argouarc’h, Franck manara, catherine Nallet-Lugaz, Béatrice roudet-marçu

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