Droit Pénal

INTRODUCTION :
Le droit pénal est une discipline intéressante parce que c’est une discipline malade, elle est en mauvaise santé. Elle repose depuis l’ancien code pénal (de 1811, remplacé en 1994) sur des conceptions philosophiques, qui sont aujourd’hui remises en cause : l’homme est un être libre, et ses actes sont le résultat d’un choix, c’est parce qu’il est libre qu’il est responsable de ses choix. Le droit pénal croyait au libre arbitre : chacun d’entre nous peut commettre des fautes pénales qui justifient une sanction (qui n’est pas une sanction banale, mais la sanction pénale). Ces conceptions sont malades parce qu’elles sont remises en cause par certaines sciences : l’idée que l’homme n’est pas un être libre mais qu’il est déterminé par son enfance, par une certaine vision de la médecine : un délinquant est toujours un malade et donc ce sont les médecins qui doivent avoir un rôle déterminant (terme de la dangerosité, une personne présente un danger pour la société, diagnostiqué par un médecin). On en est venu à l’idée qu’il faut juger des fous (idée aberrante il y a 10 ans). Il y a des contradictions dans le droit pénal : doit-on condamner quelqu’un pour ses fautes ou pour la dangerosité pour l’avenir ? Difficile de dire oui au deux. À propos de la criminalité, il va y avoir des disputes assez furieuses, si bien qu’aucune discipline, plus que le droit pénal, ne reflète mieux les idées d’une époque donnée sur une conception sociale. C’est en ouvrant un code pénal que l’on sera quelles sont les valeurs d’un pays, et ce qu’il met en place pour les protéger. Le droit pénal se situe sur un terrain où il va rencontrer d’autres disciplines, qui s’intéressent aussi à la criminalité. La criminalité n’intéresse pas seulement le droit pénal, il y a bien d’autres manière de l’analyser. Le crime est une chose trop grave pour qu’elle soit abandonné au seul droit pénal. S’il faut admettre cette forme de concurrence çà n’est pas une raison pour refuser à voir sa singularité. Le droit pénal a une approche juridique de la criminalité.

CHAPITRE 1 : L’OBJET DU DROIT PÉNAL.
C’est la tentative d’analyser ce qu’est la criminalité, mais sous un angle juridique avec les moyens des juristes. Si bien que le pénaliste s’intéresse moins à la criminalité qu’à l’infraction. Elle est au centre de son système, c’est la traduction juridique de la criminalité. Le droit pénal à un objet non spécifique c’est la criminalité, et un objet spécifique : l’infraction.

SECTION 1 : L’OBJET NON SPÉCIFIQUE : LA CRIMINALITÉ.
L’objet du droit pénal c’est de connaître la criminalité pour mieux la combattre. Si on veut qu’il soit couronné de succès, il faut étudier la criminalité, car c’est à la condition de l’avoir comprise qu’on peut lutter.

§ 1 : L’étude de la criminalité.
Quand on étudie la criminalité, il faut comprendre que c’est un phénomène complexe : c’est d’abord un phénomène social, mais ce phénomène est le fait d’un homme : c’est donc un fait humain. Plus précisément, la criminalité est un fait social dans la mesure où c’est un fait qui trouble l’ordre public. Alors qu’on peut considérer que ce crime c’est un acte qui a été commis par une personne qui pour telle ou telle raison a choisi d’avoir ce comportement. Selon l’approche, on va mettre, tantôt, l’accent sur le crime (phénomène social, caractéristique qu’il trouble l’ordre social), tantôt, on se tourne vers la personne ; les raisons de cette personne (phénomène humain). Comment le droit pénal est-il armé pour lutter contre ces deux aspects ? Le droit pénal n’a pas nécessairement tous les outils. Il n’est pas très bien armé pour connaître le crime, le droit pénal n’aura connaissance que des crimes révélés (les crimes apparents), donc il y a des crimes cachés (tous les crimes qui ont été commis mais dont on n’a pas connaissance : le chiffre noir de la criminalité, d’après les criminologues). Et si on vient à connaître ces crimes, rien ne nous dit qu’il y aura des poursuites. Ex : la prescription de l’action publique, passée une action toute réaction sociale est impossible. La criminalité légale, celle qui étudie le droit pénal, ne correspond pas à la criminalité réelle.

1

Droit Pénal Criminalité : au sens large, c’est l’ensemble des agissements antisociaux tombant sous le coup de la loi pénale dans une aire géographique déterminée. Au sens étroit, c’est l’ensemble des agissements antisociaux dans un secteur déterminé du droit pénal (ou punis de peines criminelles à l’exclusion des peines correctionnelles et de police). Criminalité apparente : celle qui ressort des plaintes, dénonciations et constatations de la police non suivies de condamnation (infraction décelée mais non sanctionnée). Criminalité légale : celle qui ressort de l’ensemble des condamnations prononcées (infractions décelées et sanctionnées). Criminalité réelle : celle qui correspond à l’ensemble des infractions effectivement commises (infractions décelées ou non), la différence avec la criminalité légale ou apparente constitue le chiffre noir. Le droit pénal n’est pas très bien armé pour connaître le criminel. Par définition, il n’a pas les informations pour connaître l’auteur. Pour ceux que l’on connaît, poursuivi, jugé, il est possible que leur personnalité ait été modifié au cours de la procédure : il est possible qu’entre la personne qui a commis le crime et la personne qui apparaît il y ait une différence. Le droit pénal s’appuie sur d’autres disciplines qui permettent de combler ses carences : on parle des sciences criminelles, pour désigner des disciplines qui étudient à leur manière la criminalité et qui peuvent être utile au droit pénal (pour connaître le crime ou le criminel). Ex : les sciences criminalistiques qui permettent d’identifier les criminels (médecine légale, police scientifique). La criminologie (avoir une meilleure connaissance de la criminalité en étudiant les facteurs de la délinquance, la criminologie prétend avoir connaissance de la criminalité réelle). On ne peut pas négliger dans la recherche de la criminalité l’apport des sciences médicales (la biologie, les sciences psychologiques, la sociologie (avec la sociologie criminelle). C’est en s’appuyant sur ces disciplines que le droit pénal peut envisager mieux lutter contre la criminalité.

§ 2 : La lutte contre la criminalité.
La criminalité est un phénomène complexe, il y a plusieurs manières de l’étudier, de l’envisager. Les manières de lutter contre elle sont très variées, donc le droit pénal n’est qu’un procédé parmi d’autres. L’histoire montre que le droit pénal est le résultat d’une longue évolution, qu’il y a donc eu face aux crimes d’autres réactions, et aujourd’hui encore, ce procédé de lutte qu’est le droit pénal n’est pas le seul. L’ensemble de ces procédés est la politique criminelle. Politique criminelle : réponse de l’État à la criminalité. Ensemble des objectifs que l’État poursuit devant le phénomène de la criminalité (prévention, répression), des moyens qu’il met en œuvre à ces fins (peines, mesures de sûreté) et, à la racine, des raisons de mesurer la part de chaque type de réaction sociale (rétribution de la faute, amendement du coupable, protection de la société).

A/L’évolution historique de la lutte contre la criminalité.
C’est la genèse du droit pénal.

1/L’époque des origines.
Çà nous reporte à des époques où les sociétés étaient désorganisées. Les seules structures étaient la famille ou le clan. À cette époque, le crime est considéré comme allant contre la famille ou le clan et non contre la société. Puisqu’il y a un clan agressé, il y a un clan agresseur. La réponse à ce crime va être la vengeance, dit acte de vengeance privée (le clan agressé va riposter sous forme d’un acte privé contre le clan agresseur). Le clan agressé s’estime en droit d’agresser n’importe quel membre clan du crime agresseur : la responsabilité peut-être collective. Cette vengeance privée est porteuse de risques de débordement : il est possible que la riposte soit disproportionné au crime. Un effort va être fourni pour canaliser les effets de cette vengeance privée : on ne remet pas en cause la vengeance privée, mais les excès. Mais à partir du moment où une organisation sociale, même imparfaite, prétend canaliser la vengeance, c’est une idée de justice. La vengeance privée laisse place à la justice privée : la riposte ne doit pas être plus grave que le crime. C’est la célèbre loi du Thallion : pour une dent,

2

Droit Pénal une dent, pour un œil, un œil. C’est un progrès considérable. La composition volontaire, on va vouloir éviter la riposte (parce qu’il y a un risque que çà déborde). C’est l'incitation adressée au clan agressé, pour qu’il accepte du clan agresseur le versement du somme qui est proportionné à la gravité du crime, somme fixée par la coutume, plutôt que de se venger. De la vengeance privée on passe à la justice privée, puis à la composition volontaire (la somme est souvent arbitrer par la victime). Le crime est toujours perçu comme à l’origine d’un trouble purement privé, tel que le récent le clan agressé. Le stade supérieur, c’est quand la société qui se complexifié, que le crime est le facteur d’un trouble public. Il apparaît que quand un crime est commis, c’est une agression générale, qui remet en cause l’intérêt de la totalité des clans (et pas seulement le clan agressé). Le dommage est collectif dans le fond (tous les clans souffrent du crime, c’est une remise en cause de l’ordre social). La sanction pénale va changer de fonction, elle a pour objectif de compenser le dommage subit par tous les clans (et plus seulement le dommage du clan agressé). La criminalité est le problème de tout le monde. On voit apparaître un nouveau type de composition : la composition obligatoire, c'est une composition qui s’impose au clan agresseur, car l’ordre social lui dicte. Le clan agressé ne peut pas refuser cette composition. Il faut répondre au trouble de l’ordre public, satisfaire l’ordre social et d’autre part compenser le dommage subit par la victime. La réparation que l’on octroie à la victime se distingue de la peine, qui répond à un intérêt collectif. On va donc faire aprincipel à des juges pour prononcer la sanction, dans l’intérêt général et plus dans l’ordre d’un clan. L’initiative de la riposte n’appartient plus au clan agressé, elle peut être publique, collective. À partir de cet instant, il y a tous les rudiments du droit pénal.

2/L’époque intermédiaire.
Le droit de l’Ancien Régime est un droit qui a suscité de très vigoureuse critique au XVIIIème siècle notamment par les intellectuels des Lumières. On reproche au droit de l’Ancien Régime, c’est le caractère arbitraire, dont le symbole était les lettres de cachet. Cet arbitraire est dénoncé comme étant incompatible avec les libertés individuelles. Un ouvrage a eu une répercussion dans toute l’Europe, publié en 1764 Traité des délits et des peines, de Cesare Beccaria réquisitoire très méthodique du droit de l’Ancien Régime. En 1791, l’assemblée constituante a adopté deux lois qui ont unifié le droit criminel : qui est la première ébauche d’un code pénal. C’est un droit révolutionnaire qui se veut moins cruel que celui de l’Ancien régime (la peine de mort n’est réservé qu’à des moments exceptionnels, et la peine pénale par excellence est la privation de liberté). C'est un droit assez libéral, mais ce libéralisme a vite fait figure d’être inappropriée. Sous la révolution, la criminalité a fait un bon

3/L’ancien code pénal.
Napoléon est à l’origine du code d’instruction criminelle et du code pénal adoptés en 1810, mis en vigueur le 1er janvier 1811, et sont restés en vigueur jusqu’au 1er mars 1994. L’ancien code pénal réprimait les crimes informatiques et le trafic de stupéfiant. Entre 1810 et 1994, on avait réformé le code pénal, il avait même été profondément modifié, actualisé à notre époque. Cet ancien code pénal est un code à certains égard héritier de la période révolutionnaire (notamment ce code consacre le principe de la légalité des crimes et des délits et plus généralement des peines). C’est un code d’une très grande sévérité, très grande rigueur pour lutter contre les désordres (on rétablit les peines corporelles que les révolutionnaires avaient supprimés, comme la marque ou le craquant). Mais depuis 1810 et jusqu’à 1994, il y a eu de multiples réformes. Or ces réformes sont apparues très contrastées. Il y a eu par l’effet de ces réformes, un relâchement, une humanisation. Les peines corporelles ont été supprimées en 1822. La peine de bagne a été supprimé en 1846. La peine de mort a été supprimé en 1981. Les circonstances atténuantes ont été généralisées (accordé de façon parcimonieuse en 1810, et généralisé après). Par l’effet des réformes, les pouvoirs du juge ont augmenté. On s’aperçoit que le juge doit être l’instrument du droit, il faut lui conférer des pouvoirs et ne pas s’en méfier. Dans le sens de l'affaiblissement, on peut noter qu’un certain nombre d’infractions vont disparaître pour tenir compte de l’évolution des mœurs : l’adultère cesse d’être pénal, on légalise l’avortement. Mais inversement, au XIXème et au XXème siècles, des réformes sont intervenues dans une plus grande rigueur. Le droit pénal s’applique dans des domaines où il ne s’appliquait pas avant. Le droit pénal s’attaque aux activités économiques (droit pénal des sociétés), aux activités sociales (droit pénal du travail), à de nouvelles formes de criminalité (droit pénal plus rigoureux à l’égard des terroristes, des trafiquants de stupéfiant, à l’égard du proxénétisme), des réformes pour lutter contre l’alcool au volant. La politique pénale n’est pas très sereine, à la recherche d’un équilibre (plus strict d’un côté, plus laxiste d’un autre).

3

Droit Pénal

4/Le code pénal de 1992.
Précédé par un long projet de code pénal (en 1978, en 1983, en 1886, en 1889, avec une première version en 1976). On adopte en 1992 un nouveau code pénal qui entre en vigueur le 1er mars 1994. Ce code pénal qui se présente nouveau a apporté peu de modifications. Souvent ce code s’est contenté d’entériner des positions jurisprudentielles qui s’étaient dégagé sous l’empire de l’ancien code pénal, ou des modifications des réformes. La véritable innovation c’est la consécration de la responsabilité pénale des personnes morales. Il est plus répressif que le précédent, notamment s’agissant des peines. Un nouveau code est forcément important. Mais il ne faut pas surestimer l’importance de ce nouveau code pénal dans la lutte contre la criminalité : elle ne passe pas forcément par le droit pénal, et donc par le code pénal.

B/La diversité des formes de luttes contre la criminalité.
Le droit pénal poursuit plusieurs objectifs : sanctionner l’auteur d’une infraction, prévenir la commission d’une infraction (effet dissuasif), favoriser la re-socialisation des anciens délinquants. Ces objectifs peuvent être poursuivis par d’autres moyens que le droit pénal. L’ensemble de ces moyens constitue la politique criminelle (ou politique anti-criminelle). Ces autres moyens sont : - Pour prévenir la commission d'infraction, on peut avoir des substituts pénaux (pour faire reculer la criminalité, on peut assurer un bon éclairage des rues la nuit, ou la lutte contre l’insalubrité du logement, lutte contre le chômage, lutte contre l’analphabétisme). Cette politique anti-criminelle a un champ d’intervention très large. L’idée est qu’il faut lutter contre tous les facteurs d'instabilité sociale, il faut s’attaquer non pas à la criminalité, mais à toutes les formes de déviances, de marginalité. C’est sans doute vrai, mais il y a là une ambition qui est inquiétante et peut-être même dangereuse. Les chantres de la prévention ne se rendent pas compte que pour parvenir à leur fin, ils font planer une menace redoutable sur les libertés individuelles. La politique criminelle ne doit jamais franchir un certain seuil de prévention, sinon elle va aller contre les libertés individuelles. La prévention est oppressive contre tout le monde, alors que la répression est oppressive contre une minorité qui l’a bien mérité.

SECTION 2 : L’OBJET SPÉCIFIQUE : L’INFRACTION.
Infraction : comportement actif ou passif (action ou omission) prohibé par la loi et passible selon la gravité d’une peine principale (soit criminelle, soit correctionnelle, soit de police, éventuellement assortie de peines complémentaires ou accessoires ou de mesures de sûreté). Terme englobant crime, délit et contravention. La criminalité ne fait pas parti du vocabulaire du droit pénal. Le droit pénal parle d’infraction. Il y a une spécificité du droit pénal qu’il n’y a pas dans les autres matières. Le droit pénal s’est forgé son propre objet d’étude. L’infraction est une construction du droit pénal, l’infraction n’est pas une donnée naturelle puisque les valeurs d’une société évolue et donc l’idée que se fait une société des comportements répréhensibles évolue. L’infraction n’est pas naturelle. L’infraction est un acte anti-social. Il va falloir identifier les actes anti-sociaux, il va falloir porter sur ces actes un jugement de valeur, et déterminer parmi les actes anti-sociaux multiples ceux qui justifient la sanction juridique par excellence qu’est la peine. Le droit pénal doit identifier ces comportements et ensuite de déterminer les peines. Le droit pénal a été ainsi amené à élaborer un système (juridique répressif) : le droit criminel constitué de deux branches : le droit pénal (étudie les règles juridiques relatives aux infractions et à leurs sanctions) et la procédure pénale (le procès pénal). Le droit pénal se subdivise : - Le droit pénal spécial (objectif d’étudier les infractions dans ce qui les distinguent les unes des autres). - Le droit pénal général (c’est étudier non pas ce que chaque infraction à de spécifique les unes par rapport aux autres, mais de ce qu’elles ont de communs, il se compose de l’ensemble des règles communes aux infractions).

4

la victime n’apparaît pas dans le procès pénal. un certain choix de la politique. Le procès pénal a lieu devant des juridictions judiciaires (la juridiction suprême est la Cour de cassation. c’est celle de la définition des infractions des unes par rapport aux autres. sans jugement de valeur. il enferme. C’est les deux ! La sécurité est une composante de ma liberté. la victime apparaît (ce qui est une spécificité). on considère qu’il vaut mieux un coupable en liberté plutôt qu’un innocent en prison (même 1000 coupables en prisons). il est interdit de marcher dans les pelouses. l'interdit est l'exception. le droit pénal tire vers le droit privé). il y a deux types de systèmes répressifs : (Jean Larguier) Vous entrez dans un jardin public. Elles sont toutes porteuses d’une éthique (il n’y a pas de procédure pénal. Le droit pénal doit être conçu dans les États de droit (= c’est un État qui pose des règles et qui s’engage à les respecter lui-même. le 2° (tout le reste est permis. à ériger un comportement déterminé (non pas nécessairement en crime) mais en infraction. Dans les autres pays. Le droit pénal est mal à l’aise. Mais on peut aussi approcher l’infraction de l’intérieur en opposant non pas les faits à ceux qui ne le sont pas. dans ce qu’elle a de commun avec toutes les autres. Il y a un lien très étroit entre le droit pénal et la politique. entre un gouvernant et un gouverné. au fond. c’est d’abord la protection de l’arbitraire. vous avez à l’entrée une pancarte : deux systèmes : il est autorisé de marché dans les allées. Incriminer un comportement (en faire une infraction) c’est décrire une infraction de l’extérieur. Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé (conception libérale). L'infraction va décrire des faits qui sont pénalement sanctionnés. politique. Le droit public c’est un droit hiérarchique. C’est un choix politique que de dire que tel comportement sera incriminé et pas un autre : c’est la phase de détermination des infractions. Cette opération est complexe. elle manifeste un choix d’incriminer un comportement (par un acte d’incrimination. d’égal à égal. Le droit privé c’est un droit égalitaire. Ce qui est sous-jacent à ces disciplines. Il n’y a pas une infraction qui soit naturelle. on va être conduit à avoir une conception particulière du droit pénal et de la procédure pénale. Il y a un choix éthique. on peut dire que c’est un droit public puisqu’il organise les rapports dans la société. Lequel préférez vous ? Le 1° (tout le reste est interdit. Les choses étant ainsi fixées. mais c’est aussi une garantie des citoyens contre l’arbitraire. le licite est l’exception). qui pose des règles qui ne le regarde pas). .Incrimination : mesure de politique criminelle consistant. mais à ceux qui le sont. mais il entretient également avec le droit privé des liens particuliers. Ces disciplines. Le droit pénal se ramène à l’infraction. en déterminant les éléments constitutifs de celle-ci et la peine applicable. 5 . par opposition à l’État totalitaire. que l’on fasse le choix le droit à la sécurité et le droit à la liberté. Le droit pénal c’est aussi un rapport entre le voleur et le volé. en France. c’est la question de savoir si un droit pénal doit être libéral ou totalitaire. ou un système dans lequel on dit ce qui est autorisé (tout le reste est interdit). pour l’autorité compétente (en principe le pouvoir législatif). décider qu’un comportement relève du droit pénal). Le droit pénal n’est pas une discipline juridique dans les autres (place particulière au sein de l’ensemble). sans dire qu’une conduite est négative et donc que l’on va interdire). fixent les rapports entre la société et ceux qui la compose. Le droit pénal suppose que l’on prenne parti sur les valeurs qui fondent une société que l’on détermine celle qui nécessite la protection du droit pénal. Un système dans lequel on dit ce qui est interdit (tout le reste est autorisé). Cette opposition est fausse : la sécurité et la liberté tisse une toile commune : quelle est ma liberté si quand je sors de chez moi je ne suis pas en sécurité. le permis est la règle). Dans un système libéral. de droit pénal. plus technique. L’interdit pénal est l’exception et le licite est la règle.Droit Pénal CHAPITRE 2 : L’ORIGINALITÉ DU DROIT PÉNAL. Le droit pénal. c’est une autre étape. Dans une société libérale. On a une image négative du droit pénal : il punie.

Le crime est le critère de détermination du criminel. incriminer un comportement. CHAPITRE 1 : LE CRIME CRITÈRE DE DÉTERMINATION DU CRIMINEL. C’est dans une loi que l’on fixe la matière criminelle. le pouvoir d’incriminer appartient au législateur. c’est faire reculer les libertés individuelles. La notion de criminel n’est que la conséquence de la notion de crime. Il faut déterminer si un comportement est suffisamment grave pour qu’il soit une infraction. TITRE 1 : LA DÉTERMINATION OBJECTIVE. c’est le vol). Il y a au sein d’une société à un moment donné des comportements anormaux. Mais ces infractions procèdes d’un jugement de valeur. c’est attacher à cette observation que le crime est un phénomène social. qui le fait ? Et puis comment les citoyens sont informés après ce choix ? Dans quelle forme la décision d’incriminer se manifeste-t-elle ? Cette forme c’est la loi. parce que qui dit crime dit trouble à l’ordre public. Faire du crime la composante principale du droit pénal. c’est le crime qui compte et pas le criminel. mais ce sont aussi ces personnes qui accomplissent ces actes. La criminalité a deux facettes : la criminalité c’est un certain type d’acte. Le droit pénal au fond. Aujourd'hui. On détermine un acte dans le premier temps (objective). Elle caractérise les systèmes répressifs dans lesquels l’acte compte et non pas la personne. est-ce le droit du criminel ou le droit du crime ? Est-ce que le criminel est celui qui commet un crime (notion fondamentale : crime) ? Est-ce que le crime est l’acte commis par un criminel (notion fondamentale : criminel) ? En prenant une conception ou une autre. dans le second temps. En réalité. la détermination est subjective. Qui va faire ce jugement de valeur ? Qui a la légitimité ? Qui a le pouvoir incriminateur ? C’est une question politique. La criminalité c’est les crimes et les criminels. on choisit une philosophie du droit pénal. mais tous ces comportements ne relèvent pas du droit pénal. Comment déterminent on matériellement une infraction ? Çà peut être identifier un acte méritant d’être incriminé ou identifier une personne comme méritant d’être pénalement punie. la majorité des systèmes répressifs sont des systèmes mixtes (conception objective et subjective). il existe un compromis entre les deux. 6 . On parle de la détermination matérielle des infractions. c’est déterminer les comportements qui vont être la matière du crime. Comment s’effectue ce jugement ? Déterminer les infractions. Quels sont les rapports du crime et de la loi ? LIVRE 1 : LA DÉTERMINATION MATÉRIELLE DES INFRACTIONS : LE CRIME ET LE CRIMINEL. on détermine une personne. Choisir en fonction d’une détermination objective ou subjective c’est choisir en fonction d’une certaine conception de la criminalité et du droit pénal. Il faut donc faire un jugement de valeur. On va donc décrire matériellement l’infraction (on va incriminer la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui.Droit Pénal PARTIE 1 : LA DÉTERMINATION DES INFRACTIONS.

Ex : brûler une forêt parce qu’on y faisait trop de mauvaises rencontres. Il y a donc des imperfections de cette détermination objective CHAPITRE 2 : LE CRIME CRITÈRE INSUFFISANT DE DÉTERMINATION DES CRIMINELS. Rien ne s’oppose à ce qu’on condamne un enfant. S ECTION 2 : L ES L’INFRACTION. escroquerie. c’est parce qu’il est anormal qu’il va être incriminé. les considérations qui sont propres à la personne sont vouées à être indifférente. comportement : vol. filouterie). qu’on déclare pénalement responsable un dément. sans rapport avec la personne. 7 . c’est sa conséquence : est-ce que la conséquence est un trouble à l’ordre public ? Oui. On pourrait dire alors que le crime et un acte présentant une anormalité suffisante pour mériter une sanction pénale. On va incriminer des comportements divers. Pour un vol par exemple. La gravité de la peine sera lié à la gravité de l’infraction. Donc rien ne s’oppose à ce qu’il y ait une responsabilité collective. S’agissant du taux de la peine : désignée de façon abstraite en fonction de la gravité du résultats. On conservera la peine comme ayant une fonction préventive et répressive. C'est dans cet excès d’anormalité qu’il faut incriminer : seuil d’anormalité. Il faudra dissuader les délinquants de passer à l’acte et si cette mesure ne suffit pas. peu importe quel est le coupable”. On ne considérera pas comme relevant du droit pénal le projet criminel (on ne réprouvera pas un simple projet criminel. non alors une autre discipline du droit. parce que le crime n’a pas été commis) § 2 : Les conséquences de la détermination objective à propos de la peine. la méthode à suivre est assez élémentaire. Il s’agit de cerner la matérialité d’une infraction de façon objective. On part d’un trouble à l’ordre public que l’on redoute. En incriminant un comportement. Il faut en conclure que le crime est un acte plus anormal que les autres. Le législateur espère de cette peine un effet préventif (il renoncera de peur de la sanction). On a pour ce type d’analyse assez particulière pour le crime : le crime est un instantané coupé de ses précédents et de ses suites. la peine se verra assigner des fonctions bien précises. Mais la re-socialisation n’est pas possible. çà débouche sur le système des peines fixes. ou on ne réprouvera pas une tentative. Ce système des peines fixes est celui dans tribunaux révolutionnaires. Un acte est anormal en raison de son résultat. Dans cette approche. et que le délinquant passe à l’acte. on trouve les comportements qui peuvent conduire à ce trouble et on les incrimine.Droit Pénal SECTION 1 : EXPOSÉ DE LA DÉTERMINATION OBJECTIVE DE L’INFRACTION. la peine est fixé à un taux et il n’appartient pas au juge de modifier la peine. seulement tout acte socialement anormal n’est pas un crime. § 1 : Les conséquences de la détermination objective à propos de l’incrimination. qui va consister à exposer le délinquant à un mal. mais qui auront tous la même conséquence (ex : le trouble à l’atteinte à la propriété d’autrui. Ce qui devient important dans la décision d’incriminé ou pas. on évite un trouble à l’ordre public en agitant la menace d’une peine. Compenser le trouble : il faut effacer le mal fait à la société. On rejoint une conception assez naturelle. Indépendamment de ce taux. CONSÉQUENCES DE LA DÉTERMINATION OBJECTIVE DE L'infraction a toujours deux composantes : une incrimination et une peine. Un crime est par nature un acte socialement anormal. Quel est ce seuil ? Référence à l’ordre public : l’acte anormal atteint le seuil de l’incrimination lorsque l’acte cause un trouble à l’ordre public. il faudra compenser le trouble. Comme c’est une analyse purement abstraire. Le mal fait au délinquant apaisera le mal fait à la société. à ce qu’on déclare la responsabilité pénale d’un animal ou d’une chose. Cesare Beccaria a dit que “la vraie mesure des crimes est le tort fait à la nation. Cette manière purement objective de déterminer les infractions. dans cette détermination objective. puisque ce qui compte c’est l’acte. de l’homme de la rue. alors droit pénal.

Il faut connaître les antécédents d’une personne. un acte est anormal par ce que qu’il trouble. mais il peut difficilement y parvenir sans prendre en compte la personnalité du délinquant. Dans un système objectif. le résultat est le même. floue (et donc ce n’est pas forcément bien de construire un droit pénal sur un critère flou). de donner au juge la possibilité d’adapter la peine à la personne qu’il juge est nié. Couper le crime de ses antécédents et de ses suites est absurde. Il y a là sans doute beaucoup d’excès. Or dans la vision objective on les nie. avec cette idée que dans la population il y a des hommes criminels. On accorde primauté dans la construction du droit pénal à cette notion de trouble à l’ordre public. qui devient le critère de définition du crime : est un crime l’acte commis par un criminel. C’est la conception antithétique de la détermination objective. TITRE 2 : LA DÉTERMINATION SUBJECTIVE. Est-ce qu’il y a un sens de juger quelqu’un inconscient de ses gestes ? S’agissant des peines.Dans un système objectif. La tentative n’est pas donc pas réprimée par le droit pénal. Cette notion du trouble à l’ordre public est vague. ce serait bien fait si le droit pénal punissait la tentative. on ne peut pas exclure que la peine dépende de la personnalité de la personne qu’on juge. Mais on n’est pas loin. Il faut donc sortir des peines fixes. Cette primauté est critiquable : indifférence affichée à tout ce qui s’attache à la personne. Dans un système purement objectif : le meurtre d’une personne est un meurtre. On est en présence d’un système opposé du précédent. C’est le criminel qui devient la notion cardinale. C’est critiquable ou insatisfaisant. Quand un juge se prononce. c’est la notion de criminel. ce qu’il va juger c’est la personne. 8 . Ce système est tout entier axé sur la personne même et sur sa personnalité. C’est moins considérer que la criminalité est un phénomène social qu’un phénomène humain. le proxénétisme est une infraction. Les raisonnements qui vont être conduit sont différents : . pour trouver des explications. mais objectivement. Ex : l’homicide est une infraction. quelqu’un qui se caractérise par une personnalité particulière que l’on appelle la personnalité criminelle. Mais la prostitution n’est pas une infraction pénale.Droit Pénal Ce qui est essentiel c’est le trouble à l’ordre public dans cette détermination objective. La notion est floue. Ce qui devient prédominant.Dans la vision subjective. Ex : en droit positif français. Mais dans le cas de l’assassinat et d’un meurtre par imprudence est différent subjectivement. mais il n’y a pas de proxénète s’il n’y a pas de prostitution. pourtant le plus important c’est la volonté de tuer ou non. plus que l’acte. Ce juge va prononcer un jugement de valeur. Cette indifférence est cohérente : c’est le crime qui compte. en raison de son résultat. SECTION 1 : L’EXPOSÉ DE LA DÉTERMINATION SUBJECTIVE DE L’INFRACTION. mais le suicide n’est pas punissable pourtant c’est un meurtre de soimême. La criminalité cause un trouble à l’ordre public. Le danger de cette analyse. La peine doit dépendre de la gravité du résultat. Ce qui est important c'est la personne. il peut y avoir des insuffisances. Primauté du trouble est de subordonner l'intervention du droit pénal à l’acte. . d’en conclure que le criminel est une sorte de race à part. S’il s’agit de faire une fonction préventive. CHAPITRE 1 : LE CRIMINEL CRITÈRE DE DÉTERMINATION DU CRIME. mais c’est insuffisant. c’est que le criminel soit occulté par son acte et qu’il passe au second plan pour le pénaliste. SECTION 1 : LA PRIMAUTÉ DU TROUBLE À L’ORDRE PUBLIC. SECTION 2 : L’INDIFFÉRENCE À LA PSYCHOLOGIE DU DÉLINQUANT. un acte est anormal parce qu’il révèle une personnalité criminelle. en donnant au juge un pouvoir d’individualisation de la peine.

va provoquer une considérable extension du champ du droit pénal. L’idée est admise que le droit pénal intervienne de façon anticipée. on va mettre au premier plan de resocialisation d’idéal social. ante delictum. et même pas tenté). qu’il frappe quelqu’un avant qu’il ne passe à l’acte au seul motif qu’il peut le faire. de l’autorité judiciaire ne constitue pas un châtiment. Mesures de sûreté : mesure de précaution destinée à compléter ou suppléer la peine encourue par le délinquant qui.État dangereux : situation faisant craindre qu’une personne commette une infraction avec une probabilité telle qu’elle peut justifier. Les disciplines qui vont jouer un rôle essentiel. on en arrive que le but de la peine doit être de changer cette personnalité. Le problème c’est que la notion de déviant est une notion très vague (pas de définition à peu près rigoureuse). la biologie. il va frapper un individu en raison de sa personnalité criminelle. CONSÉQUENCES DE LA DÉTERMINATION SUBJECTIVE DE § 1 : Les conséquences de la détermination subjective de l’infraction au regard de l’incrimination. ce n’est pas le droit. Ce sont les criminologues qui ont soutenu cette notion de la criminalité. On peut définir ce qu’est une infraction. on le traite. Les criminologues récusent même le terme de peine (il n’y a pas de raison de peine). préventive.Droit Pénal Donc ce qui est important c’est la psychologie de la personne. On voit que le droit pénal va s'emparer d’un comportement d’un mode de vie qui sont en eux-mêmes innocents mais qui sont révélateurs d’une marginalité. relevant en principe comme la peine. c’est la médecine. d’une déviance qui sont potentiellement dangereuses. Cette notion se tourne plus vers l’avenir que vers le passé. comme révélant une personnalité potentiellement criminelle. Le rôle du droit sera secondaire. SECTION 2 : LES L’INFRACTION. L’école italienne de criminologie a préconisé l'intervention du droit pénal à l’encontre de ceux qui ont commis un crime. Puisqu’on parle de personnalité criminelle. Ils préconisent le terme de mesures de sûreté qui se caractérise par leur très grande souplesse. § 2 : Les conséquences de la détermination subjective de l’infraction au regard de la peine. une mesure de sûreté. Le droit pénal classique. par leur caractère éminemment modifiable. . on en arrive à la conception que la criminalité est une maladie et la délinquance aussi. On en arrive à la conclusion que la peine n’a aucune fonction morale. On va vouloir que l’individu devienne un citoyen idéalement adapté. objectif frappe les auteurs d’infraction. Ils ont établi le concept de déviance. et un de ces criminologue à parler d’un microbe social pour la criminalité. Ce qui est au cœur du régime pénal. Cette analyse subjective va avoir des répercutions dont la façon dont on voit les fonctions des peines. Cette manière de déterminer subjectivement la matérialité du crime. il ne faut pas punir le délinquant parce qu’il a commis un crime. Ils ont proposé des indices qui seraient révélateurs de cet état dangereux (avec parfois même des tables de prévision des crimes). de supprimer l’état dangereux qu’incarne cet individu. Celui qui a une personnalité criminelle doit être réprimé quand bien même il n’a pas encore manifesté cette personnalité (dans un crime. mais une mesure de défense sociale imposée à un individu dangereux afin de prévenir les 9 . En application de ces conceptions subjectives. Les déviants relevaient du droit pénal par l’effet de leur déviance ils présentent un état dangereux. Le délinquant est un malade. On réprime l’alcoolisme en tant que tel en constatant que l’alcoolisme favorise les crimes (on réprimera l’alcoolisme). et ne fait qu’une partie de son travail et devrait frapper ceux qui sont porteur d’un danger. la psychiatrie… dont la tache sera de trouver ce qu’est une personnalité criminelle et de trouver ces personnes. mais c’est plus difficile de cerner un état dangereux. et non pas après la manifestation du crime. mais plus largement à l’encontre des déviants.

et les pénalistes accordent au crime une importance qu’il n’a pas puisque l’important c’est la personnalité criminelle. On élabore un traitement pénal du délinquant. Si la personnalité criminelle existe. parfois très contraignante à l'encontre de criminels réputés dangereux en fonction de leur personnalité. puisque si on peut trouver qui sera criminel. or le droit pénal n’en tient pas compte. (Référence à 1984). Cette conception d’une personnalité criminelle a prospéré dans certains pays comme aux USA. Il faut connaître l’histoire de la personne (et donc des personnes avec qui elle a été en rapport). c’est lui qui doit suivre le délinquant dans l’évolution de sa personnalité. dans une conception pénaliste : les violeurs ne sont pas des personnages sympathiques. Mais on a transposé ce système. on voudrait avoir affaire avec quelqu’un qui a fait des crimes et qui s’en abstiendrait. mais à un reconverti. SECTION 1 : LA DISPARITION DU CONCEPT D’INFRACTION.Droit Pénal infractions futures qu’il pourrait commettre et que son état rend probables. Les sanctions sont faites pour réformer la pensée des déviants-délinquants-criminels. et qu’on puisse prononcer des mesures indéterminées destinées à se terminer quand l’état se terminera. du bien fait de la société. modifiable. Il peut en résulter la disparition du concept d’infraction. bien faite. L’objectif de resocialisation. on a parlé de traitement pénitencier avec la privation de liberté. La personne condamnée va avoir une personnalité qui va changer avec le temps (donc les mesures de sûreté vont suivre cette évolution. Le droit pénal quand il parle de re-socialisation. Une personne en fonction de son état dangereux (rétention de sûreté) à la fin de sa peine. Certains tenants récusent la notion de criminalité. le droit pénal n’a plus son mot à dire soucieux qu’il est de protéger les libertés individuelles. pour une durée indéterminée (dangerosité présentée par des expertises médicales). Le droit pénal aurait un tort parce qu’il s’intéresse uniquement au criminel et pas à tous les autres personnes qui l’entourent. bien habillé. mais bon. C’est un critère inquiétant. Ex : le viol. ces conceptions ont droit de cité. c’est sans importance. Mais c’est aller un peu vite. et aussi de la victime. parce qu’ils présentent un danger de récidive. il n’y a pas de 10 . au regard de ce que sont les conséquences quand on met en œuvre une détermination subjective. SECTION 2 : LA NÉGATION DU CONCEPT DE CRIMINALITÉ. l'instrument de cette adaptation est le juge. l’aider ou le soumettre à un traitement. On en fait un instrument majeur du droit pénal. c’est un moment isolé d’une histoire qu’il faut regarder dans l’ensemble. la notion de déviance. C HAPITRE 2 : L E CRIMINEL COMME CRITÈRE INSUFFISANT DE DÉTERMINATION DU CRIME. On a de son comportement un regard global. En raison de ce concept de déviance. qui ont entériné le terme d’état dangereux. si une part de l’humanité composée des criminels est une race à part. ne l’aurait-elle pas cherché ? Peut-être que la victime est au moins aussi coupable que le criminel. Le code pénal et de procédure pénale ont un nombre d’articles qui permettent de prendre en compte la dangerosité d’une personne (risque de récidive). Il faudrait étudier l’audience de cette personne. De dire que ce n’est qu’une composante qui serait dans un ensemble plus large. de la justesse de ses valeurs. À supposer même qu’il ait commis un crime. On finit par oublier le crime. dans certains États. À partir du moment où la personnalité en ce qu’elle est potentiellement criminelle qui compte plus que l’acte. si tout çà est exact. va être retenu au nom du fort risque de récidive qu’elle présente. dont le concept de dangerosité est utilisé par le législateur français. alors il faut sévir sans plus tarder. Ce n’est pas faux. on croit à çà. on s’est longtemps moqué. Dans des pays. peut-être que la victime est belle. vraiment. au non du fait que s’il n’y avait pas de victime il n’y aurait pas de criminel. Ce n’est plus le concept d’infraction seulement qui disparaît. l’acte. En France. On a même crée une matière qui étudie les victimes : la victimologie (mettant la victime et le criminel sur le même plan. On peut prendre toute une série de mesures. On n’est pas très loin du lavage de cerveau. On ne veut pas avoir affaire à un opposant silencieux. Le crime est l’aboutissement d’un processus criminogène. il faut une véritable conversion de la personne.

§ 1 : L’importance du résultat de l'infraction. le principe c’est qu’elle ne l’est pas.. par l’effet de réforme. parce qu’on finalement juge une personne. C’est exactement ce que manifeste le droit pénal français pour les infractions. 11 . En 1811. adoucie par une prise en considération croissante de la personnalité du délinquant. qui serait un concept artificiel. surtout pour les victimes récidivistes. il n’y a pas de différence entre un crime et la violation des règles de politesse. mais parce que le résultat est anormal (analyse objective). Tout çà. Plus le résultat est grave. elle a été variable. CHAPITRE 1 : LE CARACTÈRE MIXTE DU DROIT PÉNAL FRANÇAIS ET INCRIMINATION.Droit Pénal différence entre une déviance ou un handicap psychique. À propos des incriminations. PRÉÉMINENCE DE LA DÉTERMINATION OBJECTIVE DES L’analyse objective considère que ce qui est le plus important c’est le crime. toute l’évolution a renforcé l’influence de la conception subjective. mais depuis lors. Le résultat est le thermomètre. notre système est de façon prééminente objective. Une infraction ou un comportement n’est pas anormal en lui-même. c’est que dans notre système pénal. TITRE 3 : LA DÉTERMINATION MIXTE. Criminologue “célèbre”. qui emprunte à la détermination matérielle objective et subjective. Avec des conceptions parallèles c’est la mort du droit pénal. et la tentative d’une contravention n’est jamais punissable). les infractions du droit français constituent un trouble effectif à l’ordre public. La pondération du système objective et subjective a varié. Ces auteurs récusent le concept de criminalité. et de fait si notre système pénal à toujours été un système mixte. Le caractère mixte du droit pénal français. C’est un jeu de mot sur le mot “cause”. M. plus l’infraction est grave. Parce que s’il n’y avait pas de loi pour interdire le vol. son orientation est principalement objective pour les incriminations. Il faudrait peut-être laissé survivre le droit pénal pour les victimes. il se polarise sur des problèmes qui ne le sont pas. L’approche subjective a un mérite. La tentative n’est pas toujours punissable en droit français (la tentative d’un délit n’est pas systématiquement punissable. C’est la partie prise par le système français. Un autre criminologue a dit que le crime est une tranche de vie. qu’on n’oublie pas la personne. mais son orientation est principalement subjective pour les sanctions.. Il y a autant de système mixte que de combinaison. Il n’y a pas de vraie spécificité de la criminalité. A/La constitution de l’infraction et existence du résultat. mais est aussi indésirable”. La gravité de l’infraction est proportionné à la gravité de l’acte. çà relève du droit des assurances. eux disent que le crime est en fait une “situation problème”. S ECTION 1 : L A INFRACTIONS. notre système était principalement objectif. L’accent va être mis sur l’acte et sur son résultat. Certains ont écrit que le véritable problème n’était pas le criminel mais la victime. l’importance de l’infraction est subordonné au résultat. il n’y aurait pas de voleur. Gugsman “une partie de la criminalité peut être avantageuse au système social . Si un acte peut être incriminé c’est en raison du trouble à l’ordre public qu’il peut engendrer. Dans cette conception. Des criminologues ont enquêté pendant longtemps pour déterminé quelle était la cause véritable du crime : la loi. Ce qui manifeste cette importance. mais cette prééminence s’est assouplie. il est totalement artificiel. Dans le droit pénal français.

C’est incompréhensible du point de vue objectif.Un élément moral (une faute. il ne relève pas du droit pénal. 3 sortes d’infractions : contravention. L’élément moral est toujours présent. il lui arrive de considérer que de ces deux éléments. Il y a un assouplissement. qui ne s’est extériorisée par aucun acte n’est pas punissable (quand bien même cette pensée serait révélatrice d’une pensée criminelle). En droit français. mais s’il a un même comportement une deuxième fois. délit. mais avec l’habitude. qui renvoie à la psychologie du délinquant). ou un crime selon les résultats qu’elles ont provoqués. Le code pénal. Les violences (anciennement coups et blessures) sont une simple contravention. SECTION 2 : L'ASSOUPLISSEMENT INFRACTIONS. Le code pénal fournit un résultat presque mathématique. n’est pas une infraction). Toute infraction se compose d’un élément matériel et d’un élément moral. Il arrive parfois qu’en droit pénal contemporain. Parfois le droit pénal va plus loin. alors qu’il n’est pas encore en application. on voulait dire qu’il y avait crime ou délit mais que la personne n’était pas punissable). il y a donc un élément subjectif. puisqu’il n’a pas troublé l’ordre public. En droit pénal français. Dans un système objectif on accordera de l’importance à l’intention criminelle qu’à condition qu’elle se soit manifestée dans un acte. notre système est mixte.Droit Pénal B/Les solutions du code pénal français. C’est un système purement objectif. on dit qu’il révèle une personnalité criminelle (influence de l’analyse subjectif) § 2 : Le caractère accessoire du résultat de l’infraction. violence entraînant la mort (crime). la pensée coupable. Si l’auteur a un comportement. le droit pénal ne devrait pas intervenir).Un élément matériel (le comportement) . crime. c’est le second le plus important et que le premier n’est que secondaire. 12 . incapacité de plus de 8 jours (délits). parce qu’il émane d’un dément. Le principe en droit français est que l’incrimination a toujours deux composantes : . Élément matériel désigne le comportement du délinquant par le quel il va manifester son comportement criminel. alors qu’il n’a causé aucune conséquence néfaste pour l’ordre social. L’ancien code pénal disait qu’il n’y avait ni crime ni délit quand la personne était en état de démence au moment du fait. § 2 : L’importance de l’élément matériel de l’infraction. Il existe des comportements qui ne sont constitutif d’une infraction que s’ils sont répétés (que si l’auteur a l’habitude). il n’y a pas d’infraction en l’absence d’élément moral. alors il relève du droit pénal. Si violence n'entraînant aucune incapacité de travail pour la victime (contravention). par l’élément moral. Il n’a donc pas troublé l’ordre public (dans une conception objective. Il y a donc une prise en considération de l’état psychique du délinquant. § 1 : L’importance de l’élément moral de l’infraction. si bien que le résultat revêt parfois un caractère accessoire. Le mot important dans l’article est le mot “fait” (“au moment des faits” le comportement envisagé. DE LA DÉTERMINATION OBJECTIVE DES L’analyse objective exerce une très forte influence. Ex : le cas du dément. En droit français. mais depuis 1811 on a introduit des réponses qui s’attachent à l’analyse subjective. Le code pénal réprime parfois le simple projet. Le droit pénal tient compte de la personnalité du délinquant. Quelle que puisse être l’influence de l’analyse objectif. Le principe en droit français est qu’il n’y a pas d'infraction sans élément matériel. Ex : infraction d’habitude. un délit. Donc la personne échappe au droit pénal. dans son article 122-1 a reconduit cette solution (bien qu’elle ait été critiqué. on réprime un comportement. La démence fait disparaître l’infraction. matériel et moral.

C’est ici. 13 . Ex : L’auteur d’une faute intentionnel est plus sévèrement réprimé que l’auteur d’une faute par imprudence (dans le cas de la mort de quelqu’un. L'escroc va tromper sa victime (c’est un délinquant calculateur. dans le second c’est un délit). dans le premier cas c’est un crime. pendant 10 ans l’intéressé ne se verra accordé aucune mesure individuelle que le juge aurait pu lui accordé. § 2 : L'assouplissement de la conception objectif de l’infraction. L’auteur de l’abus de confiance est une personne faible (c’est détourner une chose que l’on a préalablement remise). L'individualisation judiciaire n'est pas toujours vue d’un bon œil. une peine. Il y a un mélange de conception objective et subjective. Une infraction peut être considérée plus grave dans une circonstance (circonstances aggravantes). Ex : habitude délictueuse est parfois une cause d’aggravation (c’est la personnalité de l’auteur que l’on retient).Droit Pénal Ex : on réprime l'association de malfaiteur (personne qui se sont associé en vu de commettre un crime) : c’est punissable. Il arrive parfois que la personnalité du délinquant soit considérée comme une circonstance aggravante. Il y a des instruments qui permettent de neutraliser le pouvoir d’individualisation du juge. les sanctions prévues par le code pénal apparaissent comme une fonction répressive. s’agissant des peines. en principe étroit. A/Ce relâchement du rapport ordinairement prévu. et une fonction préventive (elle opère comme une menace). § 1 : La prédominance de la conception objective de l’infraction. L’escroc est plus sévèrement puni. Il y a un relâchement du rapport. fonction rétribution). entre le résultat de l’infraction et la peine telle qu’elle est prévu par le législateur. Il y a des hypothèses où le résultat de l’infraction et la peine (abstraitement prévue par la loi) est relâchée. comme une libération conditionnelle) => favorable à la conception objective (on ne regardera pas l’amélioration du condamné. Et parfois ce rapport est rompu. Il est relâché parce que dans notre système pénal. Distinctions entre deux types de sanctions : la peine telle qu’elle est prévue par la loi (abstraitement). CHAPITRE 2 : CARACTÈRE MIXTE DU DROIT PÉNAL FRANÇAIS ET SANCTION PÉNALE. Elle se manifeste par le fait que la sévérité de la peine est calquée sur la gravité du résultat. et la peine telle qu’elle sera effectivement subie par le condamné. il humilie la victime). l’influence de la conception objective est grande. il faudra qu’il fasse 10 ans). on tient compte de la personnalité du délinquant. Il faut distinguer ces deux stades. à résultat égal. Distinction importante. SECTION 1 : LE CARACTÈRE MIXTE DU DROIT PÉNAL FRANÇAIS AU STADE DE LA SANCTION ABSTRAITEMENT PRÉVUE PAR LA LOI. Ex : les infractions qui portent atteinte à la propriété d’autrui : l’abus de confiance et l'escroquerie. des sanctions. un mal infligé au condamné (prix à payer pour l’infraction commise. Cette prédominance se manifeste aussi par les fonctions : les législateurs assignent au peines. il peut y avoir un fossé. une punition. Aujourd’hui. De plus en plus. parce qu’on prend en considération leur personnalité (l’analyse n'est plus totalement objective). Au stade la sanction prévue abstraitement par la loi. s’agissant la sanction pénale que se manifeste l’influence grandissante de l’analyse subjective. deux infractions n’exposent pas leurs auteurs à la même peine. parce qu’entre ces deux types de peines. Ex : la période de sûreté (période de sûreté = si 20 ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté de 10 ans.

Mais à part ces exceptions. le juge peut descendre aussi bas qu’il le souhaite. Dans le choix de la peine (prononcée) c’est la personnalité du délinquant qui est décisive. qui n’ont pas une visée punitive et qui tendent plus particulièrement à prévenir la récidive. S’agissant de la peine qui va être prononcée contre le condamné et subie par lui. pour toutes ces raisons. Cette manière de faire est révélatrice d’une analyse subjective. parfois en matière de crime un minimum est fixé. il pourra être condamné. qui tendent à favoriser sa réinsertion (ex : obligation de suivre une formation professionnelle). être révoqué. À côté de la peine.Droit Pénal B/Les ruptures entre le résultat de l’infraction et la peine prévue par le législateur. À cela s’ajoute que le juge a toujours la possibilité d’utiliser des modes d’exécutions des peines qu’il prononce (assortir la peine qu’il prononce d’un sursis. on voit le législateur offrir au juge la possibilité de prononcer la fermeture d’établissement. afin de permettre au juge de descendre aussi bas qu’il le souhaite. Le sursis avec mise à l’épreuve : en contre partie le condamné aura des obligations à respecter qui le mettent à l'épreuve. Ex : à côté de l'emprisonnement et de l’amende. l'interdiction des droits civiques. Ex : une personne qui encourrait 20 d'emprisonnement et 15 millions d’euros d’amende peut parfaitement être condamné à une amende de 1 euro. de porter une arme. si le délinquant rechute pendant ce délai. celles qui paraîtront adaptées à la personnalité du délinquant. de telle sorte que ces mesures ne sont pas fonction de l’infraction mais de la personnalité de l’homme : il y a rupture entre le lien entre le résultat de l'infraction et la peine. l'interdiction de séjour.. mais çà a disparu. .. la réponse privilégiée par le droit pénal français est de nature subjective. SECTION 2 : LE CARACTÈRE MIXTE DU DROIT PÉNAL FRANÇAIS AU STADE DE LA SANCTION TELLE QU’ELLE EST EFFECTIVEMENT SUBIE PAR LE CONDAMNÉ. le Code pénal lorsqu’il prévoit une peine n’en prévoit que le maximum. de même en matière de récidive (on a introduit des “peines planchers”). une très longue liste de sanctions que le législateur propose au juge en se remettant à lui pour choisir celle(s) qui paraîtront adaptées à la personnalité du délinquant. c’est une tendance caractérisée de proposer dans le Code pénal à côté des peines classiques. Parfois. qui vise à infliger une souffrance au délinquant. il est possible qu'une personne qui aurait dû subir une peine de prison et d’amende n’ait à appliquer ni l’une ni l’autre. Le sursis peut. Au nom de cet idéal d’individualisation de la peine. de puiser à l’intérieur des sanctions. néanmoins. on a vu apparaître des mesures de sûreté. La technique du sursis repose sur une condition : le juge prononce une peine contre la personne qu’il juge coupable. mais il suspend la peine. au nom du fait que la peine doit être du sur mesure. L’ancien Code pénal prévoyait un seuil minimum. et notamment le sursis avec mise à l'épreuve). Sauf exception. 14 . Il s’agit de proposer au juge. ce rapport va être purement et simplement rompu. Par conséquent pour parvenir à ce résultat. Pour prévenir la récidive il faut prendre en compte la personnalité du délinquant. l'interdiction de quitter le territoire. Ceci parce que notre arsenal des peines s’est enrichi de sanctions nouvelles. Afin de laisser au juge toute liberté. il n’y a plus mention qu’un quelconque minimum.

Le choix d'incriminer un comportement plutôt qu’un autre. ce qui permet de comprendre qu’il a évolué parce que les conceptions politiques sont évolutives. Le travail de détermination s'accompagne d’une détermination formelle des infractions : il s’agit d’étudier les liens du crime et de la loi. on a observé que le législateur devait effectuer un tri entre les actes qui méritaient l’incrimination et ceux qui peuvent relever d’autres disciplines juridiques. il y a des présupposés qui sont de nature politique. Avec la détermination matérielle. Dans des systèmes libéraux. l’échelle de valeur doit être le choix du plus grand 15 . Ce rôle de la loi s’exprime à travers un système cardinal de notre système répressif : le principe de la légalité criminelle. Ce principe a connu une très notable évolution. Qui a la légitimité pour faire ce choix ? Dans une démocratie. Il faut comprendre que derrière cette règle. elle entend instaurer un certain ordre public avec le risque inévitable qu’elle sacrifie les libertés individuelles. § 1 : La légalité criminelle et la légitimité politique. comment se manifeste-t-il. c’est à partir de la loi qu’on va classifier les crimes. on se défie des jugements d'opportunité. On parle d’un tri entre les actes qui méritent une réponse pénale. on va arriver à la conclusion qu’il faut instaurer un équilibre entre cette lutte contre la criminalité et la sauvegarde des libertés individuelle. TITRE 1 : LE PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. Ce principe n’est pas exclusivement technique. certaines hypothèses évidentes : l’infraction n’est pas une donnée évidente (tout le monde comprend qu’il faut incriminer le meurtre. Quand le législateur effectue ce choix. CHAPITRE 1 : LES PRÉSUPPOSÉS POLITIQUES DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. La question ne peut pas être évitée pour savoir qui a la légitimité pour faire ce tri. comment s’exprime-t-il ? La réponse est essentiellement de nature politique : les réponses peuvent beaucoup varier. JUSTIFICATION POLITIQUE DE CE PRINCIPE DE LÉGALITÉ Lorsqu’une société veut créer un système pénal. En France. c’est par une loi que le législateur va traduire ses décisions et en informer les citoyens.Droit Pénal LIVRE 2 : LA DÉTERMINATION FORMELLE DES INFRACTIONS : LE CRIME ET LA LOI. qui prend la décision d’incriminer un comportement ? C'est le législateur. Il correspond à une certaine conception de ce que doit être le droit pénal dans la société. SECTION 1 : LA CRIMINELLE. La loi exprime les crimes. Ce choix d'incrimination se manifeste par une loi. Il faut que cet équilibre soit juste : à quelle condition cette justesse de l’équilibre va être atteinte ? Il faut que ceux qui fixe cet équilibre soit doté de la légitimité politique pour le faire. Il y a une certaine conception d'organisation de la société en matière pénale. et dans la fixation de cet équilibre. Parce que la loi traduit juridiquement les crimes. Qui procède à ce tri ? Une fois ce tri effectué. ce n’est pas évident). La détermination matérielle des infractions se manifeste à travers une loi dont on peut dire qu’elle est le mode formel de détermination des infractions. Hormis. mais incriminer la distribution de dividende fictif. ou le vol. C’est un principe juridique sur lequel repose tout notre système répressif. il affirme du coup certaines valeurs qu’il considère fondamentales ou justifiant l’intervention de la plus lourde des sanctions : la sanction pénale. est sous-tendu par des enjeux politiques majeurs.

SECTION 2 : L’AFFIRMATION CRIMINELLE. Le juge est lui-même prisonnier de la loi pénale : il en est le serviteur. ne peuvent être punis de peines qui n'étaient pas prononcées par la loi avant qu'ils fussent commis. Contrairement à l’idée que le droit pénal c’est la prison. 111-3. dans un État de droit. 4 disposait “Nulle contravention. derrière ce principe de la légalité criminelle. et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas. POLITIQUE DE CE PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ En France. elle est illégitime). ils ont la légitimité politique pour le faire (ils sont issu des urnes). Cette répartition des compétences a un prolongement en matière pénale (en vertu des articles 34 et 37 de la Constitution). Il se soumet à sa propre légalité. Dans un État de droit. La légalité criminelle c’est le refus de l’opportunité. Qu’est ce que la règle de droit ? C’est fixer la règle du jeu social. l’oublier… Si bien que la législation criminelle. la loi pose à l’avance une règle valable pour tous. Pour l’opportunité. 5 “La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. B/L’État totalitaire. la torture est toujours illégitime. le droit pénal peut être conçu comme la plus protectrice des libertés individuelles. dans un État de droit. Conformément. le juge l’applique). c’est l’expression de la séparation des pouvoirs (le législateur fait la loi. il ne peut pas s’en affranchir. À partir de ce moment-là. Pour la légalité. C’est une appréciation d’opportunité. on va proscrire le recours à la torture (règle posée d’avance. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché. quoi qu’il puisse lui en coûter. 111-4 et 112-1).” Le code pénal actuel reprend ce principe dans différents articles (art 111-2. avant que l’utilité de la torture se présente. C’est une Déclaration qui dans plusieurs de ces articles consacre la légalité criminelle : art. Cet art. Le Droit pénal n’est légitime que s’il a sa source dans une loi. est juste ce qui est légal (fixe d’avance la règle du jeu social). 16 . Une fois que la règle est posée. il l’applique sans pouvoir la transformer. la matière a connu une certaine évolution. c’est que tout ce qui n’est pas interdit ou incriminer par la loi pénale. nul crime. Si bien qu’on ne pose pas de règle à l’avance. est juste ce qui est opportun. si c’est un adversaire qui la fait. c’est l’ancien Code pénal dans son article 4 qui consacre ce principe. dans une solution idéale ce serait au peuple de le faire. Qu’en est-il de la torture dans un État totalitaire ? Çà dépend de savoir si elle est opportune (si c’est le parti qui torture c’est opportun. et c’est parce que c’est d’avance qu’elle interdit tout échappatoire). Ce qui caractérise les États de droit qui introduisent un système de légalité. § 2 : La légalité criminelle et l’opportunité répressive. elle vaut pour tout le monde (quand la règle n'est pas posée. la détermination des crimes et des délits est de la compétence du Parlement (crime et délit relève de la loi). elle est variable au gré des situations et des intéressés). Il faut relever ici qu’avec la Constitution de 1958. voie réglementaire). il y a une certaine conception de la société. mais se soumet.” S’agissant des codes proprement dit. et de ce qu’elle offre. Il faut faire apparaître une distinction entre deux modèles d’État : A/L’État de droit.Droit Pénal nombre. mais la réponse est que le peuple va exprimer son choix à travers des représentants qu’il a élu pour se faire : ce sont les parlementaires qui ont le pouvoir d’incrimination. La conséquence. Au-delà du fait que les élus ont la légitimité. Voilà pourquoi on opte pour le système de la légalité criminelle. est autorisé. au gré du quelle on ne pourra pas tricher. c’est la règle qui va donner d’avance la solution si d’aventure telle difficulté juridique se présente. Voilà ce qui justifie que la loi soit la seule à pouvoir créer le droit pénal (elle émane de ceux qui ont la légitimité politique pour exprimer un choix aussi déterminant que le fonctionnement de la société). plus précisément la Constitution de 1958 fait la part entre deux sphères de compétence : la compétence législative (parlement) et la compétence gouvernementale (le gouvernement. l’État est lui-même prisonnier de cette règle. Il a été véritablement exprimé avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789. Par exemple. Ainsi conçu le principe de la légalité criminelle apparaît comme une garantie d’arbitraire. et du même coup une certaine conception de ce qu’est la légalité. nul délit. impose aux citoyens le respect de la loi.

sa quantité (sa durée ou son taux). Ce pouvoir est enlevé à tout autorité qui n’est pas la sienne. ne serait ce que pour que le citoyen sache où commence l'interdit pénal et où il s’arrête. absolu et général. avec un texte qui devra définir l'infraction en terme clair et précis. § 2 : La légalité criminelle des sanctions pénales. spécialement le juge (il ne peut pas créer une infraction nouvelle). CHAPITRE 2 : LA SIGNIFICATION JURIDIQUE DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. Le Code pénal en creux indique les voies de l’impunité. tout comportement qui n’est pas dans un texte répressif est licite. ceci quel que puisse être l'inconvénient de cette solution. C’est donc au législateur et à lui seul de prévoir ces peines. en sorte que réciproquement. On en conclu alors que le code pénal est la grande charte des malfaiteurs (ils auraient le Code pénal comme livre de chevet. il vaut pour toutes les infractions quelle que soit leur gravité (pour les crimes ou même pour les contraventions). le législateur va être amener à dresser une liste de toutes les incriminations existantes. Le pouvoir d’incrimination est le monopole du législateur (seul à avoir la légitimité pour le faire). le suicide n’est pas en France une infraction pénale. il y a une opposition entre la responsabilité pénale (qui fait figure d’exception au principe de la licité) et la responsabilité civile (l’art 1382 vise tout fait quelconque de l’homme). et ces prévisions s’imposent au juge. Il est également général. ou il ne pourra pas prononcer de peine supérieure à la loi). nulla poena sine lege”. il n’y a pas d'exception et elle vaut pour toutes les sanctions. il ne souffre d’aucune exception. seuls les comportements expressément visés par un texte sont punissables (art 111-3 du Code pénal). et qu’il chercherait les lacunes de ce Code pénal). “Nullum crimen. il faut comprendre la loi et aussi le règlement. il a donc l’obligation de respecter les bornes fixées par le texte (il ne peut donc pas prononcer une peine qui n’est pas prévu. Ce principe apparaît. avec clarté et précision. Ex : Le mensonge en tant que tel n’est pas une infraction pénale puisqu'aucun texte ne le vise. on peut entrevoir la signification juridique. c’est une manière assez concise de résumer le principe à travers une double proposition : pas d’infraction sans loi. Consécutivement. pas de peine sans loi. on ne peut plus prendre le mot “légalité” au sens strict. SECTION 1 : LE CONTENU JURIDIQUE DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. à la fois. SOUS-SECTION 1 : LA RÈGLE “NULLUM CRIMEN” § 1 : La légalité criminelle des incriminations. SOUS-SECTION 2 : LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. De ce principe de la légalité criminelle. Reste alors à déterminer de façon plus précise ce que l’on entend par “loi”. NOTION DE LOI PÉNALE AU REGARD DU PRINCIPE DE LA 17 . La règle est générale et absolue. le juge ne pourra prononcer une peine que si la loi la prévoie.Droit Pénal en revanche. y compris les moins graves. Une fois qu’on connaît les présupposés politiques. çà signifie que pour incriminer un comportement le législateur doit le faire par l’intermédiaire d’une loi. cette liste est exhaustive : tout ce qui n’est pas interdit est permis. elles relèvent du pouvoir réglementaire. pour ce qui est des contraventions. La raison de cette différence est que les enjeux sont différents. Quand on applique ce principe aux incriminations. De la même manière qu’il n’y a d’infraction que si un texte le dit. Ce principe est absolu. En application de ces nouvelles règles constitutionnelles. L’art 111-2 du Code pénal le dit. sinon elle sera censurée. De ce point de vue là. Il appartient donc à la loi de déterminer la nature de la peine ainsi que son quantum.

La Constitution de 1958 reconnaît à l’exécutif un pouvoir créateur en matière de contravention par la voie des règlement (repris aux articles 111-2 et 111-13 Code pénal). La loi est donc la seule source des crimes. À cela s’ajoute. mais il fait réserve par exemple dans la tauromachie dans les régions où il y a une tradition locale ininterrompue. et se peut être un règlement. on pouvait se contenter de faire du droit franco-français en examinant les sources nationales du droit français. Quand on dit qu’il n’y a pas de peines sans loi. puisqu’elle ne subsiste plus qu’en matière des crimes et délits et pour les amnisties (tout amnistie passe par une loi). le droit pénal a vocation à être un droit écrit et il n’y a pas de source non écrite du droit pénal (ce qui n’est pas nécessairement le cas des autres disciplines du droit français). il y a une violation de l’art 34 de la Constitution. l’acte consistant à violer un règlement. . s’agissant des lois nationales. qui peuvent être d’une grande importance : loi du 19 juillet 1881 sur la liberté de la presse (incrimine la diffamation et l’injure). 18 . C’était la source royale du droit pénal. rien ne s’oppose à ce que le Parlement habilite le Gouvernement à intervenir en matière de crimes et délits. Il existe des dispositions de cette nature. B/Le règlement. on utilise ce terme qui n’est pas technique. ) et décret (autonomes ou règlement d'application). Le Président mettant en œuvre l’article 16 de la Constitution pourrait parfaitement créer un crime ou un délit. Cette majesté de la loi en matière pénale est à nuancer aujourd’hui. Le rôle de la coutume ou des usages n’est pourtant pas inexistant. Il y a des actes réglementaires en très grand nombre et très variés : les circulaires (aucun rôle en matière pénale. En tout cas. Il faut de plus en plus tenir compte de sources de droit pénal supranationales. peut être une loi au sens strict. § 1 : Les sources nationales du droit pénal français. Certains ont douté de la parfaite rectitude de la méthode. mais çà n’a pas été l’opinion du Conseil constitutionnel qui considère que cette façon de faire est régulière. le Parlement peut déléguer son pouvoir au Gouvernement. Loi est ici équivalent à texte. Les contraventions sont déterminées par le pouvoir réglementaire. puisque l’atteinte aux libertés individuelles est longtemps parue tolérable si elle est décidée par les représentants du peuple. des délits et éventuellement d’amnistie (même si c’est pour une contravention).Droit Pénal Pendant très longtemps. La Constitution a un article 16.. Le législateur dans une loi peut faire référence à une coutume ou un usage. seconde variété de loi. régionaux. il en fait donc une composante de l’infraction (c’est parce que la loi y renvoie que la coutume intervient dans le droit pénal). ne peuvent pas servir de fondement pour une poursuite. Parfois le droit pénal prend en compte les usages et coutumes.. le Président peut prendre des décisions qui sont dans le domaine de la loi habituellement. Il n’y a pas la totalité du droit pénal dans le Code pénal. Les actes réglementaires se caractérisent par leur très grande variété. Dans d’autres code figure des dispositions pénales qui font figure de loi. Certaines des lois ont été codifiées (le Code pénal est le résultat de la codification de plusieurs lois). Il faut prendre la loi dans son acception constitutionnelle : texte voté par le parlement promulgué par le Président et régulièrement publié au JO. Ex : interdit de faire usage de cruauté aux animaux. Or ce texte. des lois non codifiées. Aucun usage aucune coutume ne pourrait donner naissance à une infraction. Cette répartition des compétences est reproduite par les articles 111-2 et 111-3 du Code pénal. A/La loi au sens strict. qui procède alors par voie d'ordonnance (article 38 de la Constitution). Si c’est au législateur de faire les crimes et les délits. On peut admettre que le législateur érige en crime ou en délit. il ne convient pas de les mettre au service du règlement. par règlement on désigne les arrêtés (préfectoraux. on ne crée pas du droit pénal par une circulaire). De la même manière.

Les décrets autonomes pris en CE confèrent au Gouvernement un pouvoir réglementaire complet (par l’intermédiaire de ces décrets le Gouvernement peut déterminer une contravention.Droit Pénal Les articles qui relèvent de la partie réglementaire (qui commence par la lettre R). se conforme au traité. il incrimine à titre de contravention tel type de comportement. arrêté ministériel. comme la commission européenne ou le parlement européen) dans lequel on distingue le règlement et la directive. une condition de sa régularité est qu’il respecte intégralement la loi (le décret ne peut pas ajouter à la loi). L 661-12 (l’amende ne peut pas dépasser 1500!. A/Les conventions internationales ordinaires. il maîtrise la peine dans des limites qui ont été fixées par le législateur à l’art. par exemple un arrêté municipal). 19 . on vise les règlements de police (sécurité. Deux textes : le traité de Rome et ce qui s’en est suivi et la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il est possible que le législateur fasse référence à un article d’une convention internationale. Normalement une convention est soumise à la condition de réciprocité. les articles R610-1 et suivant correspondent aux règlements autonomes et les articles inférieurs correspondent aux règlements d’applications. mais comment va-telle faire ? Elle va par une loi faire application des obligations qu’elle a souscrite en tant que signataire de ce traité (la source de l'incrimination nouvelle ne sera pas le traité. Quel peutêtre l’effet de ce type de conventions internationales ? Première hypothèse. Cette convention n’a pas d’effet direct. qui astreint les pays à réprimer un certain type comportement. ou la France peut être partie à une convention qui astreint les pays signataires à harmoniser leur droit pénal. mais qui laisse compétences aux instances nationales quant aux moyens pour y parvenir.. Un tribunal ne peut pas appliquer cette convention. .. salubrité. le traité ne peut être tout au plus qu’une source indirecte. Un règlement communautaire est directement applicable dans les États membres (il ne doit pas être relayé pas une loi). Il détermine l’infraction. un règlement va intervenir en application d’une loi (décret d’application) c'est cette loi qui va fixer la sanction (le législateur laisse au pouvoir réglementaire les détails nécessaires à l’incrimination). Il y a pour cette hypothèse deux cas : où bien on est en présence d’un texte. et va déterminer la peine de ce comportement. et pas la peine. Ce droit est le résultat de normes très diverses que l’on présente comme le droit originaire (le traité de Rome et ses réformes) et le droit dérivé (l’ensemble des textes qui ont été adopté par les organes compétents.. R610-5 (érige en contravention de première classe le manquement à un règlement et l’auteur de cette violation est à une amende de 38! maximum. 1/Le traité de Rome et les actes dérivés : le droit communautaire.) ne peuvent déterminer qu’une incrimination contraventionnelle. et donc ce n’est pas un pouvoir complet. Autre hypothèse : art. Traités internationaux et autres conventions internationales.. mais le législateur n’a pas énuméré les appareils et s’en est remis au pouvoir réglementaire pour qu’il établisse la liste). Il y a toute sorte de traités internationaux. Ex : le Code pénal interdit le commerce qui permet d’espionner ses voisins (cette interdiction procède d’une loi. § 2 : Les sources internationales du droit pénal français. Seconde possibilité. la source vraie est la loi appliquée en vertu de la convention). Ce traité ne va avoir aucun effet au niveau de droit pénal. Celle soumise à la condition de réciprocité. Parfois il y a des traités qui poursuivent expressément des finalités répressives (possible que la France soit signataire d’une convention internationale. quel rôle en matière pénale ? On peut faire apparaître deux types de conventions : ordinaires et privilégiées. Le décret étant au service de la loi. elle a manqué à son obligation. Les autres règlements (décret simple. la France remplie ses obligations. . publique. mais la loi. B/Les conventions internationales privilégiées. La directive est une norme qui lie les États s’agissant des résultats à atteindre. la France ne respecte pas ses engagements. seuil qui peut être porté à 3000 en cas de récidive et si la récidive de ce comportement est sanctionné). c’est une incrimination par référence.

mais de la cour de justice européenne. non pas en ce qu’elle créerait du droit pénal. mais en temps qu’elle paralyserait une incrimination française. qui serait poursuivi devant une juridiction française invoquer un texte de nature réglementaire pour empêcher l'application de cette incrimination (c’est l’effet direct négatif du droit communautaire). le droit communautaire peut-il créer du droit pénal. son rôle politique majeur. dont toute une partie qui se réfère à la violation de règlement européen en matière de qualité des produits). Ce monopole du législateur fait que le juge n’a aucun pouvoir créateur. Tout citoyen français. ce qui présuppose que ce texte de loi soit régulier. . il y a une incrimination qui réprime les fraudes (toute une série de comportement constitutif de cette faute. la juridiction nationale doit saisir la cour de justice en interprétation et surseoir à statuer en attendant la réponse. mais aussi des directives européens. Rien n’interdit qu'une loi fasse référence à un règlement et que la violation de ce règlement soit une infraction punie pénalement (c’est la technique de l’intégration par référence). le juge français doit refuser d’appliquer l’incrimination française et faire primer le droit communautaire. il est le serviteur de la loi.La cour de justice a rendu deux décisions : il devait être possible par règlement ou directive d'instaurer un pouvoir d’incrimination réglementaire quand le droit pénal est nécessaire pour atteindre les objectifs communautaires (en politique environnementale). donc le juge judiciaire doit refuser d'appliquer une norme française. Il doit respecter l’étendue des textes répressifs. des directives pourront préciser des incriminations et des peines. on assistera à une communautarisation du droit pénal (la compétence communautaire du droit pénal sera reconnue). La ConvEDH n’est pas du droit communautaire. Le juge peut-il se livrer à ce contrôle de régularité ? 20 . Certains auteurs ont parlé d’un coup d’État (cette décision a été rendu contre l’avis unanime de tous les États de l’union et est contre le traité).Avec le traité de Lisbonne. la conception qu’il reflète entre la société et ceux qui la compose). Ces États qui ont abandonné une bonne part de leur souveraineté ont refusé de faire abandon de leur souveraineté pénale (importance du droit pénal. Cette convention a parfois été invoquée devant des juridictions répressives françaises. C’est son effet neutralisateur qui est en jeu : la réponse a été positive. La réponse est la même pour le droit dérivé. même si elle peut se référer aux textes réglementaires. la réponse était non. en France ? La réponse est oui ! La Cour de cassation en effet a jugé que lorsqu’il y a incompatibilité entre le droit communautaire et une incrimination. Pour deux séries de raisons : . 2/La Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. La question de l’influence du droit communautaire avec notre droit. de la loi pénale.Droit Pénal L’interprétation de ces différents textes relève non pas de la compétence des juridictions nationales. La vraie source de l'incrimination est donc la loi. SECTION 2 : LES CRIMINELLE. Les textes communautaires (règlements ou directives) ne peuvent pas avoir un rôle incriminateur en tant que tel. C’est la primauté du droit communautaire. Ex : dans le code de la consommation. Cette question est-elle toujours de droit positif ? N’y a-t-il pas eu d’abandon de souveraineté des États membres ? La réponse doit être nuancée. CONSÉQUENCES JURIDIQUES DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ Ces conséquences valent pour le juge. un juge français doit refuser de faire application des incriminations qui iraient à l’encontre des règlements européens. Est-ce que le droit international peut être une source ? Jusqu'à très récemment. C’est un texte qui émane du Conseil de l'Europe. Quand un problème d’interprétation se pose. et sa jurisprudence s’impose aux juridictions nationales (à la chambre criminelle de la Cour de cassation). la Cour de cassation a conclu à l’incompatibilité d’une disposition du droit interne avec tel ou tel article de la convention. s’il peut neutraliser une incrimination qui existe dans un État.

en quelque sorte. Tout infraction fait figure d’exception. le législateur peut parfaitement par une nouvelle loi préciser la pensée qui est la sienne. 7 . Mais faire appel aux principes généraux du droit en droit civil. Le législateur adopte une loi qui après quelques temps fait apparaître quelques obscurités (les juges sont hésitants). la défaire ou l’oublier. C’est la position du juge français. il ne dit pas que le juge doit l’interpréter de manière restrictive. le problème de l’application dans le temps de la loi pénale (non-rétroactivité). § 1 : L’interprétation stricte de la loi pénale. Ce qui caractérise ces principes c’est qu’ils sont non écrit. interpréter strictement. Mais. Il faut s’entendre sur la signification de cette règle. Si on va au-delà de ces cas particuliers. çà veut dire qu’on admet que le juge puisse interpréter. un comportement qui n'est incriminé par aucun texte peut être pénalement responsable lorsque cette nature punissable résulte des principes généraux du droit reconnus par les nations civilisées => c’est bafouer de plein fouet le principe de la légalité criminelle). Quand on parle d’une interprétation stricte. La conséquence politique de la légalité criminelle. B/La portée de la règle de l’interprétation stricte. Rien n'interdit au législateur d’interpréter sa propre loi. c’est une loi interprétative. il doit respecter les limites tracées par le législateur à défaut de quoi il empiéterait sur un terrain qui n’est plus le sien. c’est inquiétant en droit pénal. 1/L’interprétation d’un texte clair et précis. C’est la conséquence technique de la légalité criminelle. et ces différents textes apportent la même réponse. Çà a des conséquences sur la manière dont il doit interpréter la loi pénale : il doit l’interpréter strictement. les exceptions s’interprètent de manière restrictive. Le juge ne peut pas créer des infractions nouvelles qui n’aurait de support dans aucun texte. Au fond l’idée est la même. Le juge est là pour appliquer la loi. la règle a un autre versant. Cette loi n’a pas a être stricte comme l’est la décision du juge. Donc le juge applique le texte. pas pour la réécrire. Certains traités internationaux prennent des libertés avec cette règle de l'interprétation stricte ou d’interprétation du juge (ConvEDH art. Elle donne une portée générale à des cas particuliers. Toute disposition pénale devrait être interprétée restrictivement. ils sont. et çà arrive. On ne nie pas son pouvoir d’interprétation. mais on le cantonne. L’interprétation stricte veut dire que le juge ne peut pas faire d’interprétation extensive de la loi pénale. portés à la lumière par la jurisprudence. Le juge doit appliquer la loi telle quelle est. il y a sous ses textes. ce n’est pas la même chose que le faire en droit pénal (parce qu’en droit la source est en droit pénal la loi écrite). un principe général du droit qui consacre cette solution. Tout ce qui n’est pas expressément interdit est licite. La règle ne concerne que le juge. Souvent il y a différents textes portant sur des points particuliers.Droit Pénal SOUS-SECTION 1 : L’ÉTENDUE DE LA LOI PÉNALE. le législateur est souverain. Ce n’est pas le cas de l’article 111-4 du Code Pénal. La loi est le mode exclusif de détermination formelle des infractions. il ne peut pas élargir le seuil de la loi pénale. on ne veut pas que le juge sous couvert de l’interprétation se substitue au législateur. 21 . sous réserve des fois où il prend ses libertés avec les textes et qu’il réduit la portée d’un texte au-delà de ce qu’il signifie. c’est une garantie fondamentale pour les libertés individuelles (mur pour empêcher l’arbitraire du juge). La jurisprudence n’hésite pas à faire appel aux principes généraux du droit. Or dans toute discipline juridique. A/La signification de la règle de l’interprétation stricte. Or il est arrivé en droit pénal que la Cour de cassation fasse appel aux principes généraux du droit. Il ne peut pas réduire une incrimination en deçà de ce que le législateur a souhaité. c’est aussi interdire de restreindre la loi en deçà de ce que le législateur a souhaité. il doit l’interpréter de manière stricte.

Puis on va dans une station essence => filouterie d’essence. L’interprétation par analogie in favorem est possible (mais en défaveur ce n’est pas possible). absurde ont une limite. lorsque le juge le lit. C’est une question qui pose une question de la difficulté de l’application de la loi pénal dans le temps : c’est la non rétroactivité de la loi pénale dans le temps. mais il dit qu’il n’a pas de quoi payer. La Cour de cassation dit qu’il a raison sur le fond. il doit s’efforcer de trouver quelle est la volonté réelle de l'auteur de ce texte (si c’est une loi. on ne peut pas punir une personne au nom d’un texte qui par hypothèse elle ne pouvait pas encore connaître. mais non il ne s’est pas prévalu d’une qualité. Ces pouvoirs d’interprétation du juge en présence de texte imparfait. Il n’y a aucune raison de ne pas faire de raisonnement favorable à la personne poursuivie. Un législateur l’apprend et s’en souci. Ex : l’ancien Code pénal disait qu’il n’y avait ni crime ni délit pour les déments. ce n’est rien. Se passe la même chose dans un hôtel . Il va bien falloir qu’il agisse. on va le rétablir dans son véritable sens. Le juge ne peut pas tirer de l’imprécision du texte le fait de ne pas juger. Ex : un homme met sur des disques des chants de guerre nazi. Il faut l’appliquer tel qu’il se donne. il doit dégager le sens réel de cette loi en regardant les textes préparatoires de la loi. il faut comprendre. § 2 : La non-rétroactivité de la loi pénale. On cite toujours un ancien texte sur le fondement du quel on avait poursuivi un voyageur de la SNCF parce qu’il avait été surpris à descendre d’un train en marche sur le fondement d’un texte qui interdisait “de descendre ailleurs que dans les gares et lorsque le train est complètement arrêté”. La Cour de cassation estime que le juge judiciaire est en droit de refuser d'appliquer un texte lorsqu’il ne peut le compléter ou l’éclaircir qu’en vertu de choix qui serait arbitraire. alors c’est un abus de confiance. le juge doit redonner au texte la volonté originelle du législateur. Mais on ne va pas au-delà de ce texte. Le juge doit lui redonner son vrai sens. il doit choisir la plus favorable à la personne poursuivie. du coup on crée un texte avec infraction de filouterie d’aliment. puisqu’on ne peut pas interpréter par analogie. c’est vrai le texte est absurde. il n’y a pas à l’interpréter. le législateur ne pense pas à évoluer). L’interprétation prend en compte les évolutions technologiques (en 1881. mais on tient compte du progrès technique et on peut interpréter 2/L’interprétation d’un texte obscur et imprécis. Première hypothèse : texte absurde. mais juste de tract et que la loi pénale est d’interprétation stricte .. on réprime la filouterie d’aliment. alors entre les différentes interprétations. Une personne demande un repas. Seconde hypothèse : le texte est obscur. le vol l'escroquerie et l’abus de confiance. D’abord. Ex : on réprime en droit français. cette personne était 22 . ou bien en dépit de ses investigations. il y aura un refus d'application des textes. interprétation par analogie in favorem pour les contraventions. et bien non plus. on parle de la liberté de la presse écrite. Donc dans des formes extrêmes. Le restaurateur va porter plainte pour vol.Droit Pénal Le texte ne recèle aucune ambiguïté. Il n’appartient pas au juge de dire que le texte est clair mais qu’il ne l'applique pas par ce que ce n’est pas ce que le législateur voulait dire.. dans les débats) ou bien il dégage le sens (et donc il applique la loi dans ce sens). parce qu’il faut composer avec l’inspiration libérale de notre système pénal. Il est interdit au juge d’utiliser le raisonnement par analogie. le policier dit que ce n’est pas un vol. même s’il ne reflète pas ce qu’était la volonté réelle du législateur.. Le juge ne peut pas punir un comportement qui n’est pas visé par un texte au seul motif que le comportement ressemble à ce premier comportement. il y a des présupposées politiques (idée que dans un État de droit. obscur.. il hésite entre plusieurs interprétations possibles. . A priori la signification de cette règle tombe immédiatement sous le sens : un texte pénal ne peut pas régir les situations qui sont né avant sa mise en vigueur. Cette interdiction de raisonnement par analogie n’est pas totale. infraction pénale). pour taxi. qu’en matière de légalité criminelle. L’homme dit que la loi de 1881 ne parlait pas des disques. On l’accuse d’apologie de crime de guerre. le restaurateur dit que c’est de l’escroquerie. La première observation à faire c’est que le juge pénal ne peut pas refuser de statuer sous prétexte que le texte est obscur (ce serait un déni de justice. Ici encore. il ne parvient toujours pas à savoir ce que l’auteur du texte à voulu. il faut l’appliquer...

ce revirement ne peut être accepté que s’il est prévisible (que s’il y avait des signaux dans les arrêts précédents).Les articles sont indépendants les uns des autres (on peut prendre les uns et les autres. Chambre criminelle. Çà vaut aussi bien pour une loi nouvelle qui modifierai une incrimination ou une peine. on libère la personne. Ce principe de non rétroactivité de la loi pénal est une conséquence de la légalité criminelle. il ne peut plus rien faire. Parfois. Une loi plus douce apparaît au 1er janvier. Ici encore. elle prévient. Traditionnellement la question de la non-rétroactivité ne peut se poser qu’à propos des lois écrites. Cette possibilité d’une application rétroactive dès l’instant qu’elle est plus douce est subordonnée à une condition qu’elle ne doit pas buter sur l’autorité de la chose jugée. Cour de cassation. art 15 Convention de New-York sur les libertés politiques). Arrêt Pessino. l’inspiration libérale va venir apporter une précision d’importance : cette loi nouvelle au regard de la loi ancienne peut présenter des caractères très différents (il est possible que la loi nouvelle soit plus sévère. dans les pays signataires. elle l’est à condition qu’elle soit moins sévère. si un revirement de jurisprudence joue de façon défavorable aux intérêts de la personne poursuivie. si bien qu’il ne peut pas dire qu’une loi in mitius ne sera pas rétroactive. on ne peut plus exercer les voies de recours. Ex : le procès commence sous l’empire de la loi ancienne. c’est savoir à quel moment une infraction a été juridiquement constitué). C’est une décision qui est juridiquement juste. La jurisprudence n’étant pas une source de droit. 2006. 23 . Elle peut être plus douce en vertu de la peine (on passe de 5 à 3 ans) ou au niveau de l’incrimination (les faits punissables ne le sont plus que si la victime est mineure. il y a des pays de droit écrit. En France. L’essentiel de ce mécanisme repose sur le caractère plus ou moins doux qu’une loi nouvelle revêt. Ce principe est repris dans différents textes internationaux que la France a signé (art 7 de la ConvEDH. pour les articles plus doux il acceptera la rétroactivité in mitius. il se termine le 31 décembre. Que signifie cette non rétroactivité ? A/Le mécanisme de la non-rétroactivité de la loi pénale. La question dans les pays de common law la question d’un revirement de jurisprudence a tout son sens. La CEDH est confronté à des États signataires qui sont de traditions juridiques différentes. Il n’est pas tout a fait exact de dire que la loi pénale n’est pas rétroactive. mais çà c’est compté sans la CEDH. et alors les présupposés font qu’on ne va avoir aucune réticence à l’idée que la loi nouvelle soit rétroactive si elle est favorable à la personne incriminée. il y a des pays où la loi est moins importante. alors quand la loi nouvelle entre en vigueur on libère la personne. il faut veiller qu’un revirement de jurisprudence ne transgresse pas la loi pénale. On va accepter la rétroactivité si la loi est plus douce : c’est la rétroactivité in mitius. Une difficulté va arriver si ce sont des lois nouvelles complexes avec des articles plus sévères et des articles moins sévères. la question de la non rétroactivité des décisions de justice n’avait aucun sens (aucun sens de se demander si un revirement de jurisprudence ne devrait pas être analyser en terme de rétroactivité. le juge fera une application distributive de la loi. mais il faut aussi savoir la date du texte (ce qui compte c’est le jour où elle a été mise en vigueur. que la rétroactivité in mitius a valeur constitutionnelle si bien qu’elle s’impose au législateur. et a été amenée à dire que les revirements de jurisprudence était eux aussi soumis à la règle de non rétroactivité. mais est important et le Code pénal le formule à l’article 112-1 du Code Pénal. mais elle peut aussi être plus douce. la France a été condamné. La réponse de la jurisprudence. il faut supposer que la décision est devenue irrévocable. La non-rétroactivité vaut pour les incriminations et les peines. dépénalisation partielle). il refusera la rétroactivité). si l’infraction est dépénalisée. elle n'est légitime que si avant de punir. cette décision revêt l’autorité de la chose jugée. ce revirement ne peut pas être brutal. C’est encore une légitimité du droit pénal. il possible que le législateur adopte une loi le 29 octobre et prévoit de la mettre en vigueur que le 1er janvier). pour les moins doux. En application de la règle de la non rétroactivité. une personne ne peut pas être poursuivi ou condamner sur le fondement d’une loi qui n’était pas en vigueur au moment où les faits reprochés à la personne ont été commis. on ne change pas la décision). La règle supporte un certain nombre de précisions : il y a une question de date. tout dépend cela manière dont se présente la loi : .Droit Pénal en droit de le faire au moment où elle l’a fait). de deux dates : la date de l'infraction pour savoir si la loi nouvelle est antérieure ou postérieure aux faits (c’est une pur problème de droit pénal ou spécial. Le Conseil constitutionnel considère. Le Code pénal envisage pour ce type de situation un certain nombre de décisions (si quand la loi nouvelle intervient.

§ 1 : Le contrôle de la régularité de la loi au sens strict. S’agissant de la rétroactivité in mitius d’une incrimination. Si le législateur dit qu’il veut qu’une loi plus douce ne soit pas rétroactive. mais le juge est le juge de la conventionnalité des lois (contrôle de conventionnalité). parce qu’il faut prendre en bloc). à question que la loi soit régulière. elle peut s’appliquer à des faits antérieurs à sa mise en vigueur. Les limites découlent du fait qu’on admette la rétroactivité d'une loi plus sévère. le législateur pouvait l’écarter. Cette question a été soulevée devant la Cour de cassation (un pacte consacre la rétroactivité in mitius. Il ne doit pas donc faire de contrôle de constitutionnalité. il doit arriver à la conclusion que la loi est globalement plus sévère ou plus douce. Des dispositions de cette nature seraient inconstitutionnelles. mais le juge judiciaire n’est pas juge constitutionnel. le juge doit s’incliner (et inversement.Droit Pénal . mais ce principe de non rétroactivité peut avoir son fondement dans des traités internationaux. mais c’est peut-être qu’apparent. Les mesures de sûretés plus sévère peuvent être rétroactives.Mais si les articles font masse (on prend la loi en entier ou on la rejette. Le juge pénal est prisonnier de la loi. B/Les limites de la non-rétroactivité de la loi pénale. peuvent être prononcé contre une personne alors qu’elles ont été instaurées par une loi postérieure à l’exécution des faits. Puisque la loi nouvelle est plus douce. À supposer même que le juge ne puisse pas être le juge de constitutionnalité. donc la loi ancienne est plus sévère. Une loi présente des faiblesses. 1/L’application rétroactive d’une loi nouvelle plus sévère. mais il peut refuser d’écarter la rétroactivité in mitius au vu des conventions internationales. mais il fait référence uniquement pour les peines. Çà existe. 2/La survie de la loi ancienne plus sévère. Si une loi n’est pas compatible avec une convention internationale. La jurisprudence considère que certaines sanctions pénales seraient rétroactives. Apprécier la régularité de la loi pénale c’est apprécier sa régularité de la loi au sens strict et la régularité des règlements. mais pas les peines. le juge doit le faire). Il y a une loi interprétative. Est-ce qu’il y a un contrôle de la conformité de la loi par rapport à la constitution et aux conventions internationales ? 24 . En revanche. Çà existe en période républicaine et non républicaine. Si le législateur dit qu’une loi plus douce n’est pas rétroactive. Les mesures de sûretés. il ne revient pas au juge de refuser de faire application des mesures. elle rétro-agira au jour de la loi qu’elle est venue appliquer. SOUS-SECTION 2 : LA RÉGULARITÉ DE LA LOI PÉNALE. mais elle est rétroactive. Il faut supposer qu’une loi nouvelle est plus douce. ce serait une limite également si on faisait survivre la loi ancienne plus sévère. il ne dit rien pour la rétroactivité pour les incriminations. Mais juridiquement. c’est inconstitutionnel. Est-ce que c’est possible ? La Cour de cassation juge que dans une hypothèse de cette nature. cette loi n’est pas nouvelle. puisque la convention ne parlait que des peines). qui ont pour but de prévenir. s’il estime que la loi est globalement plus douce alors elle sera rétroactivité pour les articles plus doux et plus sévères. qu’elle vient éclairer. il arrive que le législateur dans la loi écarte le caractère de la non rétroactivité d’une loi pénale plus sévère. si le législateur dit qu’une loi nouvelle plus sévère soit rétroactive. elle fait corps avec la loi ancienne. il faudra que le juge se livre à une appréciation globale de la loi nouvelle. le juge doit refuser d’appliquer la loi. Il arrive que le législateur dise qu’il écarte la rétroactivité in mitius. Elle n’est pas vraiment une loi nouvelle. elle devrait s'appliquer in mitius sous réserve de l’autorité de la chose jugée. le législateur vient apporter des explications. Il est possible que la loi interprétative soit plus sévère. il n’y a pas vraiment une exception réelle à la règle de la non-rétroactivité.

On invoque le texte après devant le juge. La question s’est posée à la jurisprudence si le juge pouvait d’office procéder à ce contrôle. Si la personne a oublié de le faire en première instance. mais de la conformité du règlement à un texte international. Application de l’art. 111-5 CP) : conditions de ce contrôle. § 2 : La question de la régularité du règlement. La réforme constitutionnelle de juillet 2008 instaure une exception d’inconstitutionnalité. A/Les conditions de ce contrôle. le juge judiciaire devrait fermer les yeux et l’appliquer. on lui répondrait que c’est trop tard. La jurisprudence a considéré que le juge peut examiner d’office la régularité d’un texte réglementaire alors qu’aucune partie ne lui à demander. Pour que le juge se livre à ce contrôle. . judiciaire. mais un nouveau droit des citoyens. Il faut prendre le terme d’illégalité au sens large : c’est le contrôle de la conformité du règlement à la loi (règlement d’application). loi plus douce. Le mécanisme serait : une personne poursuivie invoquerait devant le juge judiciaire que tel texte n’est pas conforme à la constitution. La juridiction envisagée devrait transmettre cette exception à la Cour de cassation. ou ne devrait-il pas surseoir à statuer et envoyer la question au tribunal administratif dont c’est la compétence et attendre la réponse ? Le juge pénal peut à titre exceptionnel régler la question de la régularité d’un règlement (art. Il revient au juge judiciaire d’écarter la loi incompatible avec un traité.ou ce texte serait soumis au Conseil constitutionnel. il faut que la réponse à ce contrôle commande l’issue du procès pénal qu’il est compétent (c’est une limite à son pouvoir).Droit Pénal A/Le contrôle de conformité de la loi par rapport à la Constitution. Çà s’est produit en 1985. dès qu’il commence. et en quoi consiste ce contrôle. C’est la conséquence du principe de la légalité criminelle. Le juge pénal. Un juge pénal peut avoir à faire affaire avec un règlement (ex : contravention). Est-ce que le juge répressif est compétent pour se prononcer sur cette irrégularité. On n’érige donc pas le juge en juge de la constitutionnalité. 1/Un contrôle étendu. la portée de ce contrôle. qui saisirait le Conseil constitutionnel pour qu’il se prononce sur la constitutionnalité du texte (dans un délai de 3 mois). ou à la constitution (règlement autonome). 55 Constit) : en cas de contradiction entre une loi et un traité c’est le traité qui l’emporte. B/La portée de ce contrôle. les juges judiciaire ont dû appliquer la loi alors qu’elle était contraire à un principe constitutionnel. Ou bien une loi contient des dispositions contraires à la Constitution. B/Contrôle de la conformité de la loi avec les conventions internationales. Le régime de cette exception d’illégalité est restrictif. il le censurerait. 111-5 CP. et il écarte la rétroactivité in mitius. qui est l’apanage du Conseil constitutionnel). le juge judiciaire n’aurait pas à appliquer cette mesure. ce n’est pas un nouveau pouvoir du juge. la question de la régularité peut se poser devant le juge pénal. La juridiction sursoie à statuer en attendant la réponse du Conseil constitutionnel. Les traités sont supérieurs à la loi (art.ou bien le texte n’a pas été soumis au contrôle du Conseil constitutionnel. la personne poursuivie peut soulever une exception d’illégalité du règlement (le règlement dont on lui demande de faire application n’a pas été régulièrement adopté). et de la séparation du pouvoir (elle interdit au juge judiciaire de se livrer à un tel contrôle. Le juge est un instrument de ce contrôle. n’a aucune compétence pour contrôler la constitutionnalité de la loi. C’est un contrôle parfois très étendu et parfois très limité selon le point de vue. puisque la personne poursuivie doit soulever cette exception dès le début du procès. une disposition serait inconstitutionnelle : . 25 .

Seul un tribunal administratif peut annuler un acte réglementaire. et les contraventions se cumulent (on peut avoir 1500 amendes de 1500!). c’est une révolution culturelle). plus l’importance du législateur national décroît (les textes internationaux peuvent neutraliser une incrimination de droit interne. On serait passé de la légalité criminelle à la “judicialité” criminelle. pays de common law). et que les crimes et délits sont toujours du fait du législateur. Est-ce que des réalités non pas seulement évoluer ? Oui. Aujourd’hui la majesté de la loi a décliné. On peut ensuite porter un jugement : c’est le signe d’un déclin (déclin de la légalité criminelle). 2/Un contrôle limité. c’est une évolution. mais il n’annule pas. Il y a eu une évolution du principe. en raison des nouvelles règles constitutionnelles. Cette évolution manifeste un déclin de la légalité criminelle. le principe a profondément été modifié. quand la loi était parée de sa majesté. Ce contrôle est suspect parce que les membres du Conseil constitutionnel n’ont pas la même légitimité que les parlementaires. L’évolution se manifeste par les sources du droit pénal. la constitutionnalité des lois est vérifiée par le Conseil constitutionnel (contrôle étroit sur l’activité parlementaire). il était inconcevable qu’on fasse un contrôle sur elle. le droit communautaire pourra créer des incriminations). il soit invoqué pour la poursuite. On n'exclut plus que la lutte contre l’arbitraire peut être gagnée par une norme autre que la loi. l’autre dira que c’est une mutation de la légalité criminelle. Dans un premier mouvement. Il n’a pas la possibilité d’annuler le texte. Mais. il y a eu une évolution. Lorsque le juge pénal conclu que le texte réglementaire est entaché d’illégalité. Le juge judiciaire peut se prononcer sur tous les critères d’illégalité d’un règlement. SECTION 1 : L’ÉVOLUTION POLITIQUE DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. mais avec le traité de Lisbonne. On dit que ce principe est le pilier sur lequel repose notre droit pénal. qui est à la fois politique et juridique. on pourrait dire que ce n’est pas grave. Portalis (discours préliminaire) “en matière pénale. On est passé d’une défiance du juge à une confiance. Les sources internationales participent à ce mouvement. Second signe de ce déclin. On considère que la loi est un moyen de protéger les libertés individuelles contre l’arbitraire. et donc rien n’oppose à ce qu’on repose la question de la régularité du texte. et rien de s’oppose à ce que le juge applique le texte. autorité incompétente…). ils ne sont pas élus. puisqu’on a fait des concessions que pour les contraventions. est de se livrer à un contrôle d’opportunité de l’acte. La seule chose qui lui est refusée. La CEDH a érigé la jurisprudence comme une source concurrente du droit écrit (parce qu’il y a l’UK. époque où on écrivait Loi et non loi. Donc rien n'exclut que dans une autre affaire. mais c’est tout. le juge judiciaire va refuser de faire application de ce texte. Sur un plan quantitatif. les contraventions peuvent aller jusqu'à 1500! et même parfois 3000! (en cas de récidive). On est passé d’une époque où la loi pénale était une fin en soit.Droit Pénal Les vices qui peuvent affecter la régularité sont très nombreux (vice de forme. plus les sources internationales ont un rôle imminent. La CEDH en est venu à juger que le principe de la non-rétroactivité valait également pour les revirements de jurisprudence (çà au regard des présupposé politique de 1789. le considère régulier. le droit pénal à cesser d’être le monopole du législateur (puisqu’il relève de du pouvoir réglementaire aussi depuis 1958). CHAPITRE 3 : LA QUESTION DE L’ÉVOLUTION DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE. même si la France n’a jamais reconnu de rôle créateur du juge. Le texte fait toujours parti de l’arsenal juridique. les condamnations pour contravention sont plus de la moitié des condamnations prononcées en France. Cette solution a été étendue à tous les pays signataires. Il refuse d’appliquer. SECTION 2 : L’ÉVOLUTION JURIDIQUE DU PRINCIPE DE LA LÉGALITÉ CRIMINELLE 26 . Mais aujourd'hui. il faut des lois précises et point de jurisprudence”.

quelconque”…). TITRE 2 : LA CLASSIFICATION DES INFRACTIONS. L’ancien code pénal prévoyait un maximum et un minimum. Or le législateur a pris des libertés avec ces principes. § 1 : L’exposé du critère de distinction. Il dispose “Les infractions pénales sont classées. il faut des textes. Elle apparaît à l’article 111-1 du CP. or la jurisprudence le fait. et la peine réellement subie par le condamné. en crimes. suivant leur gravité. Puisque le législateur est le premier à donner le mauvais exemple. donc ce n’est pas une peine. Le législateur renoncerait à sa mission et laisserait au juge la définition précise.Droit Pénal § 1 : L’évolution quant aux incriminations. La CEDH a dit que les sanctions pécuniaires sont des sanctions (des sanctions qui ressemblent à des sanctions pénales => matière pénale. le non-usage n’est pas visé. 27 . SECTION 1 : LE PRINCIPE DE CETTE DISTINCTION. le législateur a confié des pouvoirs très important pour la détermination de la peine qu’il faudra infliger. ou du juge et du citoyen. C’est un principe qui dans son exposé est relativement simple. Au cours du XXème siècle. clair. ce n’est pas une amende. on a vu le législateur accorder un pouvoir de sanction qui jusqu’alors était le rôle du juge. toute la matière pénale est soumise au principe de la légalité criminelle). Il y a parfois un écart considérable entre la peine prévue par la loi. c’est ici un progrès de la légalité criminelle. et il y en a d’autres.” => crime. § 2 : L’évolution quant aux sanctions. alors que le code pénal nouveau n’indique plus le maximum (le minimum est donc imprécis. or tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. précis et intelligible. On peut voir cette distinction du point de vu du législateur. Si le législateur a le monopole du droit pénal. donc pas besoin de respecter la légalité criminelle). Sur le fait que la peine doit être adopté à la personnalité du criminelle. contravention. ou “le fait. L’évolution va dans le sens d’une imprécision. Il y a plusieurs classifications : la classification légale (celle que le CP met en œuvre). délit. puisque ce principe s’étend à des domaines dans lesquels il était étranger. le comportement interdit est défini comme le fait de faire usage d’un bien de la société (on interdit un acte positif). CHAPITRE 1 : LA CLASSIFICATION LÉGALE DES INFRACTIONS. s’il est le seul à pouvoir déterminer les comportements que l’on incrimine. On ne devrait pas tenir rigueur à un dirigeant de société de ne pas faire usage de quelque chose. Une sanction pécuniaire déterminée par une AAI doit respecter la légalité criminelle. qui est le 1er article du CP (c’est dire l’importance de cet article). En matière d’abus de bien sociaux. délits et contraventions. En matière juridique il faut des lois précises. Or ces AAI se sont vues le droit de déterminer des sanctions pécuniaires (du coup. Pour la légalité criminelle. ne permettant pas au citoyen de savoir ce qu’on lui interdit (“tout acte par lequel”. à des autorités administratives (AAI). La peine abstraitement prévue par la loi devait être la plus précise possible. il ne faut pas s’étonner si le juge parfois ait pu interpréter des dispositions légales de façon extensive (et non pas de manière stricte). ce qui ne va pas dans le sens de la précision des peines).

toutes les peines abstraitement prévu par la loi ne servent pas de thermomètre. il ne choisit pas de déterminer qu’elle va être la gravité de l'infraction. ou par la peine prononcée par le juge ? Ce qui compte c’est la peine abstraitement prévue par la loi (et par son maximum). contravention. il en déduit une peine. Tout va dépendre de la peine (c’est l’instrument de mesure de la gravité). § 2 : La mise en œuvre du critère de distinction. délit. est sanctionné par des peines criminelles). plus cette valeur lésée par l’infraction lui apparaîtra comme essentielle et plus il en tirera la conclusion que l'infraction est grave. il y a beaucoup plus de peines. mais dans certains cas le vol est un crime avec des circonstances aggravantes. Il va falloir qu’il incrimine un comportement. 131-1 suiv. Il va bien au-delà de la peine privative de liberté et de la peine d’amende. va incriminer certains comportements. de 20 ans. le vol aggravé. mais le juge finalement prononce contre l’auteur une peine simplement délictuelle. 28 . Il y a une échelle des peines : la réclusion criminelle à perpétuité. Est-ce qu’on reconnaît l’infraction par rapport à la peine prévue par la loi. mais si le juge veut prononcer une peine de 9 ans. peine délictuelle. 111-2 du CP “La loi détermine les crimes et délits et fixe les peines applicables à leurs auteurs. La réclusion criminelle est une peine criminelle pour les crimes de droit commun. délit. Le juge et le citoyen vont faire le même chemin. Ex : le législateur a prévu une peine criminelle. qui nécessitent une sanction la plus grave. Toutes ces peines existantes ne sont pas utiles pour nous. mais inverse à celui du législateur (le législateur va faire un raisonnement par déduction. A/Les peines de référence pour les crimes. Une fois qu’il a incriminé un comportement. Le CP doit proposer alors une nomenclature des peines. vol = délit. sinon on reconnaîtra au juge un pouvoir de déterminer de la gravité des infractions. La peine prévue par la loi était criminelle. Le législateur pris au sens large. le juge peut prononcer 18 ans. l’infraction est donc un crime. par rapport aux valeurs de la société. S’il prononce une peine inférieure à 10 ans. le juge a la possibilité de s'affranchir de ses dispositions légales (peines prévues par la loi est de 30 ans. c’est au diapason de la peine prévue par la loi qu’on détermine la peine. Pour ce qui est des peines de références (auquel on se réfère pour savoir si on est en présence d’un crime. mais est rendu plus complexe : nomenclature beaucoup plus riche qu’avant. La question se présente différemment.Droit Pénal A/Le point de vu du législateur. C’est la peine d’emprisonnement et la peine d’amende correctionnelle. il le peut. injure en public = contravention). en fonction de la valeur lésée. contravention) => art. (Ex : crime => peine criminelle. délit => peine délictuelle. En vertu de son pouvoir d’individualisation de la peine. contravention => peine contraventionnelle ou peine de police) => art. La réclusion criminelle ayant une durée minimale de 10 ans. B/Les peines de références pour les délits. 12 ans. B/Le point de vue du juge et du citoyen. L'infraction demeure tout de même un crime. Ceci sous réserve de l’appréciation qu’en fera le législateur (ex : le vol est un délit. mais il va devoir déterminer le degré de ce comportement. (Ex : meurtre = crime. c’est que c’est un crime…). il prononcera une peine d’emprisonnement (peine privative de liberté délictuelle). Le règlement détermine les contraventions et fixe. il doit préciser quelles sont les peines criminelles (déduction des crimes). 25 ans => la peine qu’il arbitre. de 15 ans. mais ce n’est pas une peine de réclusion de criminelle. Ce mécanisme n’a pas été remis en cause par le nouveau CP. Il y a des sanctions qui ne permettent pas de savoir si on est en présence d’un crime. le citoyen induit l’infraction. la réclusion de 30 ans. la détention est pour les crimes politiques. dans les limites et selon les distinctions établies par la loi. le juge fait un raisonnement par induction (puisque le texte prévoit une peine criminelle. mais de reconnaître la gravité d’un comportement. Les peines de références sont la réclusion criminelle ou la détention criminelle (art. la sanction pénale. les peines applicables aux contrevenants” . Le juge. CP. quelles sont les peines délictuelles (déduction des délits) … Dans ce travail il faut tenir compte de la peine abstraitement prévue par la loi. quelle que soit la durée de la peine (qui est variable en fonction de la gravité). 131-1 et 131-2 CP). dans certaines hypothèses.

on ne précise pas si c’est la peine prévue pour une personne physique ou morale. de contravention sont punissables (seuls certains cas de complicités sont punissables au niveau de la contravention. et dans ce cas la somme peut être doublée .2ème classe : 250!.5ème classe : 1500!. Ex : pour une peine de réclusion criminelle de 1 jour.4ème classe : 750!. Pour l’amende. 381 CPP. 1/Au niveau de l’élément matériel des infractions. 131-38 CP : la peine de référence pour les personnes morales est l’amende. . Une peine d’emprisonnement de 150 ans est un délit. Là on va tenir compte du taux de l’amende. si c’est inférieur c’est une contravention). La peine prévue par la loi. Si la loi prévoyait une peine d’emprisonnement. La complicité de crime. Les intérêts sont multiples : toutes nos procédures pénales sont bâties sur cette classification. . la récidive est parfois admise. la tentative de contravention n’est pas punissable.Droit Pénal La peine d’emprisonnement a des échelons : 10 ans maximums. Une amende délictuelle a un minimum de 3750! (si le taux est supérieur à 3750 c’est un délit. pas la durée. les choses sont un peu plus compliqué. . Le droit pénal s’applique aussi bien aux personnes morales et aux personnes physiques. C/Les peines de référence pour les contraventions. on est en présence d’un délit. ce qui compte c’est la nature de la peine. Les peines privatives de libertés. mais toujours punissable pour les délits et les crimes. çà serait un crime. SECTION 2 : LES INTÉRÊTS DE CETTE CLASSIFICATION. On ne dit rien contre les personnes morales (art. la tentative de délit ne l’est que quand le texte le précise (principe que la tentative de délit n’est pas punissable). Art. S’agissant de la nature de l’infraction. Est-ce que la tentative est punissable ? Çà dépend de la nature : la tentative de crime est toujours punissable. . Le juge en vertu de son pouvoir d’individualisation n’est pas tenu par ces échelons intermédiaires. C’est l’amende de police. le maximum est prévu : . Ce silence est voulu : les peines que l’on lit dans le CP sont celles prévue contre les personnes physiques. 29 . Le CP a fait disparaître en matière de contravention des peines privatives de liberté (alors que çà existait sous l’ancien CP). 5 échelons (contravention de 1ère classe à la 5ème classe). parce qu’elle est commune aux contraventions et aux délits. Pour reconnaître la gravité d’un comportement. jusqu'à 3000!.3ème classe : 450!. de délit. et le CP s’ouvre sur elle. il faut se déterminer par rapport à la nature de la peine prévue par la loi. Pour chacune des ces classes. les amendes correctionnelles sont toujours supérieures à 3750! (le minimum est de 3750). § 1 : Les intérêts au regard du droit pénal Très nombreux ! A/Les intérêts pour l’incrimination. c’est la même. Pour les contraventions de 5ème classe.1ère classe : 38!. échelon intermédiaire (art 131-4 CP). et l’amende se calcule de la façon suivante : on prend la peine prévue pour les personnes physiques et on la multiplie par 5).

de délit ou de contravention. B/Les intérêts au regard de la peine. l’appel est possible. 2/Incidence sur l’exécution de la peine. 30 . les contraventions.Droit Pénal 2/Au niveau de l’élément moral des infractions. pour une contravention c’est 3 ans. A/Au stade des poursuites. Pour la prescription de l’action publique. 3 ans pour les délits. Pour les crimes. la cour correctionnelle. jugement. B/Au stade de l’instruction. instruction. Les règles de la récidives ne sont pas les mêmes en matières de crime. pour la contravention l’intention est indifférente. L’instruction est obligatoire pour les crimes. mais pas pour les contraventions. et qu'elle réapparaît au grand jour après. on peut directement passer au jugement après les poursuites). on ne pourra pas la punir). Les garanties de procédure pour la personne poursuivie sont renforcée pour les infractions les plus graves. Le sursis est possible pour les peines correctionnelles. facultative pour les délits (quand est délit est commis. c’est faire allusion au délai pendant lequel le ministère public déclencher des poursuites. toute poursuite devient impossible. Au stade des enquêtes de police. 1 an pour les contraventions. La procédure de composition des parties est possible pour les délits. Si ce délai expire. si elle se soustrait à l’exécution de la peine. Tous les crimes sont intentionnels. possible sous certaines conditions pour les contraventions et est impossible pour les crimes. Les textes ne prévoit plus qu’un maximum (il faut offrir au juge la possibilité de descendre aussi bas qu’il le souhaite). mais l’appel se fait devant une cour d’assise autrement composée (c’est un appel circulaire). mais pas pour les crimes. Pour la prescription de la peine (suppose qu’une personne a été jugé et condamné. dans le cas de l’enquête de flagrance (pas d'enquête de flagrance pour les contraventions. elle existe pour les crimes et les délits). des implications importantes. La gravité détermine la juridiction : la cour d’assise. Ce délai varie avec la gravité des infractions : 10 ans pour les crimes. En matière de crime. c’est 5 ans. pas de minimum pour les délits et pour les contraventions). La procédure pénale peut se diviser en plusieurs stades : poursuite. La classification a. 1/Incidences sur le quantum de la peine. ou le tribunal de police. qui sont possible pour les crimes et les délits. § 2 : Les intérêts au regard de la procédure pénale Cette distinction se manifeste également en procédure pénale. Pendant l’instruction on peut mettre une personne en examen : la détention provisoire et contrôle judiciaire. là aussi. elle est aussi facultative pour les contraventions. Pour un crime le délai de prescription est de 20 ans. les délits sont intentionnels (sauf si la loi précise que l’imprudence est punissable). le juge ne peut pas descendre en dessous de 2 ans d’emprisonnement (c’est propre au crime. La distinction légale pour les trois stades se manifeste. C/Au stade du jugement. et c’est la CA qui est compétente. Le principe de l’appel est toujours possible pour les délits. pour un délit. possible sous certains conditions en contravention.

Ex : l'individu a brisé une vitrine pour prendre des armes et s’associer à la manifestation (mobile : participer à la manifestation). B/Les critères de qualification retenus. Dès qu’on dit qu’une infraction est politique. SECTION 1 : CLASSIFICATION QUI REPOSE SUR LA NATURE DE L’INFRACTION. on pourra dire que le meurtre peut être politique si on assassine un Président de la République. Le résultat est objectivement politique. Les infractions électorales seraient politiques. les infractions qui mettent en jeu la sécurité nationale (espionnage.. en matière de crime le jugement se fait devant la cour d’assise. C’est un critère subjectif. militaire. C’est un critère plus large. …) avec un régime juridique propre. On parle d’une infraction complexe (on dit qu’on est en présence d’une infraction complexe). 2/L’approche subjective. il va dépasser les critères objectifs. vont être considéré comme objectivement politique). Il y a des infractions qui sont politiques en fonction de leur résultat. Ces classifications sont très nombreuses. terrorisme). Si une infraction a un résultat politique. Ou bien on définit l’infraction politique ou bien on définit le délinquant politique. il existe des jugements simplifiés. Une infraction sera dit politique en raison de la personnalité de son auteur et de ses mobiles. considéré comme objectivement politique. . donc l’infraction est politique. Ex : des personnes qui pillent des magasins à la suite d’une manifestation qui vire à l’insurrection.). 31 .Droit Pénal En matière de contravention. On retrouve cette grande division dans le cadre de l’infraction politique. § 1 : Les critères de qualification de l’infraction politique Qu'est ce qu’une infraction politique ? A/Les critères de qualifications concevables. Est politique une insurrection contre le régime institutionnel en place. La distinction entre les infractions de droit commun et politique est délicate (il y a des enjeux politiques). fiscale. En matière de délit.. il n’y a rien d’équivalent en matière de crime. De même une infraction connexe peut être politique. on lui donne un régime juridique particulier (ce n’est pas le même que celui de l’infraction politique). On peut avoir une conception objective de la criminalité (axée sur l’acte) ou subjective (axée sur la personne). Cette approche augmente le nombre des infractions que l’on peut considérer comme politique (par exemple. On jugera politique des infractions connexes à des événements politiques (infraction durant une insurrection ou guerre civile. 1/L’approche objective. est politique un changement de constitution de manière illégale. il y a des raisons que le mobile soit politique. est politique un comportement qui vont à l’encontre de libertés politiques (manifester de manière violente. CHAPITRE 2 : LES AUTRES CLASSIFICATIONS DES INFRACTIONS. il va y avoir la procédure de comparution immédiate. qui opposent les infractions de droit commun et les infractions d’une autre nature (politique. On peut utiliser différents critères. il y a des critères de détermination de l’infraction politique. Il existe une manière de classer les infractions.

la question n’est pas tellement de savoir si une infraction est politique mais de savoir si elle mérite d’être politique. La chambre de l’instruction se base surtout sur le mobile. Il y a simplement des dispositions dans le CP dont on peut tirer les critères de l’infraction politique. le CP ratifie les infractions connexes (les infractions connexes à une insurrection mais commis pour y participer. on considère que certaines infractions sont toujours de droit commun (par exemple le terrorisme dans des conventions européennes). mais ce n’est pas toujours le cas). Il n’est pas exact de considérer qu’il y aurait le signe d’un particulier libéralisme. 2/La positon de la jurisprudence. le mouvement insurrectionnel). § 2 : Le régime des infractions politiques Il se manifeste par un particularisme dérogatoire des règles de fond et des règles de procédures. Lorsqu’elle se prononce sur la difficulté. La chambre de l’instruction qui est compétente pour les extraditions et dire si l’infraction est politique ou pas. la Cour de cassation a dit que c’était des crimes de droit commun). Il y a d’autre indication . elle raisonne par rapport au résultat. 1/S’agissant des incriminations. ce n’est pas un crime politique. pour les délits ou la contravention on ne sait pas. la peine prévue est la réclusion criminelle. Mais c’est ici aussi avec des nuances. les délits et les contraventions ne seront pas différent pour les infractions politiques ou de droit commun. Le problème est souvent faussé. à cause de son caractère particulièrement odieux. La France décide de ne pas extrader les prisonniers politiques en général. Mais il lui est arrivé que l’infraction était de droit commun. c’est la détention criminelle. Parfois. S’agissant des infractions complexes (commise avec un mobile politique la jurisprudence a eu tendance à considérer que ce sont des infractions de droit commun. A/Particularisme des règles de fond (droit pénal).Droit Pénal Qu'il s’agisse de la loi ou de la jurisprudence. elles sont favorables à une analyse objective. c’est souvent pour dire que c’est politique. générosité. 1/La position de la loi. Pour les infractions connexes. Quand les assassins d’hommes politiques ont dit qu’ils avaient commis des crimes politiques. on ne sait pas pourquoi c’est politique aux yeux du législateur). (Arrêt la personne poursuivie l’était pour dégradation d’un bien d’autrui “tous à la manif mardi”. parfois. le message étant politique. Il existe pour la matière des crimes une peine spécifiquement politique : la peine de détention criminelle. l’acte était politique). Quand on voit que dans la peine prévue dans la loi est la détention criminelle. on peut y faire rentrer plus 32 . la trahison. Cette indication du législateur ne vaut que pour les crimes. (Parfois le statut d’infraction politique est un statut noble). Quand la jurisprudence s’est prononcée. Le CP actuel ne contient aucune définition générale de l’infraction politique. il est arrivé au contraire de considérer que des infractions contre des biens était politiques parce que le mobile était politique. Pour extrader une détenue : suppose qu’un État étranger demande à la France lui remette un de ses ressortissants. Dans des conventions. on peut en déduire que dans l’esprit du législateur c’est politique (détention criminelle pour l’espionnage. On prendra en considération le résultat et non les mobiles. Pas à l'avantage du délinquant. La jurisprudence détermine le régime politique et en induit la nature de l’infraction. souvent favorables (l’auteur d’une infraction politique serait mieux traité que l'auteur d’une infraction de droit commun. Ces infractions se caractérisent souvent par l’imprécision de la leur définition (contre-pied de la légalité criminelle qui voudrait qu’on soit précis). Le crime contre l’humanité. Mais cette solution a beaucoup de nuance. c’est plutôt le contraire.

qu’il matérialise l’infraction envisagée. les infractions contre la sûreté de l’État (contre les intérêts fondamentaux de la nation) sont des juridictions de droit commun. À ne pas confondre avec les infractions permanentes. Il arrive qu’un même comportement soit plus sévèrement réprimé quand il a une connotation politique. l’extradition est exclue en matière politique (traditionnellement. La cour de justice de la république est compétente pour juger des crimes et délits des ministres commis pendant leur fonction. il y a des juridictions d’exceptions qui sont constituées pour juger que certaines infractions politiques. B/Le particularisme des règles de procédure. Celles de commissions exigent un comportement positif alors que les autres sont un comportement passif. C’est ici qu’il y a une certaine indulgence à l’égard du délinquant politique. Le régime carcéral du délinquant politique est plus souple. Elles sont à l’opposé l’une de l’autre. S’agissant de cet élément matériel. SECTION 2 : LA CLASSIFICATION QUI REPOSE SUR LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION. De même.Droit Pénal de comportement (art 413-4 CP par exemple). Un sursis avec mise à l’épreuve (le délinquant ne fera pas toute sa peine mais devra faire certaine chose) n’est pas possible pour les infractions politiques. on prend ici en compte une donnée temporelle. Il y a un particularisme. il y a plusieurs classifications : infractions de commission et d’omission. qu’avec des magistrats. Mais le fait de ne pas dénoncer du terrorisme est plus sévèrement puni. Pour certains crimes politiques. mais sans jurés. 33 . Par exemple. A/Les classifications fondées sur la durée de l’élément matériel. La procédure du plaider coupable (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) est exclue en matière politique. mais çà ne va pas sans nuance. on consacre la cour d’assises. la France a toujours refusé). 1/Infractions instantanées et continues. On peut opérer d’autres classifications. Il existe infractions instantanées et continues. § 1 : Les classifications fondées sur l’élément matériel de l’infraction. fondées tantôt sur la durée de l’infraction. La procédure de jugement rapide (comme comparution immédiate) est exclue en matière politique. 2/S’agissant de la sanction. Ces infractions politiques se caractérisent aussi par le fait qu’elles sont punissables même si elles n’ont pas atteint leur résultat (“de nature à”). Une condamnation politique ne peut pas révoquer un sursis (si pendant le délai du sursis. plus libéral que celui du délinquant de droit commun. Ex : le fait de ne pas dénoncer un crime est une infraction. fondée sur l’élément dont nous parlons. le délinquant commet une infraction politique. çà ne révoque pas le sursis). Il est classique de distinguer aussi les infractions matérielles et formelles de l’autre. Il faut que la pensée coupable s’exprime par un comportement précis visé par un texte. tantôt sur la complexité de son élément matériel. mais sont spécialisées dans ces infractions.

En réalité la nature s’induit des termes utilisés par le législateur lui-même. notamment pour le délai de prescription. Infraction est instantanée. On prend en considération la durée de l’exécution du comportement. or le point de départ n’est pas le jour de cet acte mais de sa découverte. si on raisonne d’un point de vue logique c’est une infraction continue car elle dure aussi longtemps que dure le mariage. Si on prend le cas d’une infraction continue. plus allusives qu’expressives. C’est abandonné au pouvoir d’appréciation des juges. mais on se trompe car l’article qui incrimine la bigamie vise la personne qui “contracte” un second mariage. 34 . parfois appliquent aux infractions instantanées des règles des infractions continues. s’agissant de l’infraction continue c’est à partir du moment où l’infraction a cessé. 2/Infraction permanente. En sorte que si on prive quelqu’un de sa liberté de déplacement pendant quelques secondes on ne retiendra pas cette qualification. Si infraction instantanée. car “soustraire” s’entend d’une action qui peut être très fugitive. elle ne peut se dérouler que dans le ressort d’une seule juridiction. Le vol est une infraction instantanée parce que la définition du vol est en ce sens. C’est une solution répressive puisqu’elle facilite mise en mouvement de l’action publique pendant tout ce délai. elle suppose que çà se prolonge sur une certaine durée. b/Les intérêts de la distinction Effet sur la localisation de l’infraction considérée dans l’espace ou dans le temps.Droit Pénal a/Définition. L’ABS (abus de bien sociaux). Assez souvent les textes qui évoquent nécessité de cette durée n’exige pas utile de la quantifier. Au regard de la prescription d’action publique et du départ du délai de prescription. on va pouvoir appliquer la loi nouvelle même plus sévère. Parfois la jurisprudence prend des libertés avec ces distinctions et les conséquences qui s’y attachent. consommation instantanée est juridiquement inconcevable. L’infraction de bigamie consiste à être engagée dans les liens de deux mariages. Çà suppose la persistance de l’intention du délinquant de maintenir ce comportement. Le mot contracter est tel qu’on en conclu que c’est une infraction instantanée aussi brève que l’est le oui. il va se prolonger pendant un certain délai qui peut être très long. Il y a donc une contradiction entre image juridique et criminologique. c’est une violence. Si je séquestre une personne je peux tout au long de la séquestration déplacer la victime. Ce sont donc les termes utilisés par le législateur qui dictent la conclusion sur la nature de l’infraction considérée. La durée de l’immobilisation n’est pas suffisante. Il y aura possibilité de plusieurs juridictions soient compétentes et pas une seule. qu’elle dure 1/10 de secondes ou qu’on vide un maison sur plusieurs jours çà reste un vol. La plupart des infractions se caractérisent par le fait qu’elles s’exécutent en un instant. ce serait 3 ans à partir du jour de sa commission. Il faut qu’elle dure pendant un temps minimum. on décide de les appeler instantanées. Ex : séquestration. Les indications que le code pénal donne de la nature d’une infraction sont souvent très discrètes. La durée de la soustraction est juridiquement indifférente. Compte tenu de la brièveté de leur élément matériel. Quand on parle d’infraction permanente on fait allusion à cette hypothèse-là. Elles supposent moins un acte qu’une activité (certaine durée postulée). usage des biens d’une société pas conforme à l’intérêt de celle-ci. Sur la localisation spatiale de l’infraction. À ne pas confondre avec la durée du résultat de l’acte. On retarde le point de départ du jour où l’acte a été exécuté à celui où on en découvre l’existence. par nature elle suppose un comportement qui se prolonge. car commise au jour de l’acte contraire au bien de la société. ce résultat parfois est durable. mais çà ne nous indique toujours pas le minimum de cette durée. Une fois que l’infraction est exécutée (de façon instantanée ou continue) elle produit un résultat. Ceci par opposition à des infractions qui reposent sur un élément matériel qui par nature appelle une certaine durée d’exécution. çà va avoir une conséquence immédiate. Mise en vigueur d’une loi nouvelle : Si on commence séquestration pendant une loi ancienne et après loi nouvelle plus sévère. Il y a en effet des infractions dont l’élément matériel qui suppose que ce comportement dure. Le vol est instantané car pour soustraire pas besoin de beaucoup de temps. Le législateur dit que plus la séquestration dure plus la peine est lourde.

Son résultat se prolonge. B/Les classifications fondées sur la complexité de l’élément matériel. Le point de départ pour l’habitude n’est pas le jour du premier acte mais celui où l’habitude est apparue donc en principe deuxième acte. combien de fois faut il répéter l’acte ? On dit que l’habitude commence dès le deuxième acte. pour cette raison on parle d’infraction simple (ex : le vol). Il ne faut pas confondre cette hypothèse avec celle qui est différente dans laquelle la répétition est une circonstance aggravante. pour infraction complexe c’est le jour où les différentes composantes auront été réunies. en sorte qu’au sein des infractions complexes on introduit infractions complexes proprement dites aux infractions d’habitudes. La conséquence qui en résulte est que tous les tribunaux du ressort dans lequel l’infraction est passé son potentiellement compétent pour en connaître. l’idée est de dire que tant que l’affiche demeure là où elle n’a pas à être on peut poursuivre. On peut faire apparaître que les infractions sont plus ou moins simples. Elle renvoie à une composante psychologique de l’infraction. elle va être là et éventuellement pour très longtemps. Pour la localisation dans l’espace. 1/L’infraction complexe. La question est de savoir quand commence l’habitude. Il n’y a pas d’infraction sans élément matériel. Il y a aussi toujours l’exigence d’un élément moral. Or cette faute. On peut prendre l’exemple de l’escroquerie. le vol par exemple. Sont mis sur le même plan le comportement de l’auteur et de la victime.Droit Pénal Cette notion est avancée par certains auteur pour plaider pour un régime particulier. Suppose accomplissement d’une pluralité d’actes qui concourent à un objectif unique. La spécificité de l'hypothèse étant qu’il n’est punissable que parce qu’il correspond à une habitude en sorte que si l’individu commet cet acte en une seule occurrence il ne relève pas du droit pénal. Lorsque ces différents comportements sont tous identiques c’est une infraction d’habitude. C’est une question de fait qui relève des pouvoirs souverains du juge du fond. La plupart des infractions supposent l’accomplissement d’un fait matériel unique. Point de départ du délai de prescription. C’est sur la base de cette constatation qu’on fait une distinction entre infractions simples et complexes. modèle de l’infraction complexe car quand on en lit la définition. Une infraction postule un certain type de comportement. Mais cette conception n’a pas les faveurs de la jurisprudence qui se garde bien de la consacrer parce qu’elle est consciente que la plus part des infractions sont permanentes (ex : vol). une infraction complexe peut se dérouler dans le ressort territorial de plusieurs juridictions. Ex : exercice illégal de la médecine. § 2 : Les classifications fondées sur l’élément moral de l’infraction. et notamment à la nécessité que le comportement ait été commis avec la faute qu’exige le texte. Certaines ont un comportement matériel unique. Dans l’hypothèse de l’escroquerie. il passe par là comportement qui consiste à poser un diagnostique. 35 . Point de départ au délai de l’action publique devrait être reporté au jour où le résultat disparaît. b/Intérêt. Il arrive que certaines infractions aient un élément matériel complexe car postulent accomplissement de plusieurs actes qui suivant les cas sont différents les uns des autres ou sont identiques. a/Définition. c’est une infraction instantanée. suppose la répétition du même acte. il en est de deux types : intentionnelle et non intentionnelle. on lit qu’elle consiste à tromper sa victime par exemple par des manœuvres frauduleuses et obtenir la remise par la victime de l’objet convoité. il faut que cet acte soit répété. le point de départ n’est pas le jour où l’escroc utilise ces procédés mais le jour où la victime lui remet la chose. Par opposition à des infractions complexes parce que procèdent de l’accomplissement de plusieurs comportements ou bien différents ou tous identiques. Ex : le recel de choses. Si on appose une affiche sur un emplacement interdit. On est loin de la structure simple du vol. La pluralité d’actes tous identiques. Une fois posée. Il faut distinguer la durée de l’acte d’exécution (instantanée/continue) et celle du résultat.

Droit Pénal A/Distinction entre intentionnelles et non intentionnelles. Pour les contraventions. S’agissant des délits le principe est le même mais la loi peut prévoir le contraire. B/Intérêts de la distinction. le tarif est le même. Dans le silence du texte on en déduit que le délit est intentionnel. Ex : contravention au code de la route. un comportement est plus sévèrement réprimé s’il est intentionnel. 36 . Pour ce qui est de la complicité. Par exemple le vol est intentionnel dans la mesure où on le fait pour s’emparer de la propriété. Le droit pénal ne ce soucis pas seulement des infractions intentionnelles. pour l’imprudence on en discute. c'est-à-dire qu’en présence d’une infraction donnée le texte peut prévoir qu’une faute d’imprudence est suffisante (ex de l’homicide par imprudence). il n’y a pas de crimes commis par simple imprudence en droit français. on peut être complice d’une infraction intentionnelle. Pour une infraction d’imprudence çà n’a pas de sens. elles sont dans une position originale car la nature de la faute est indifférente. S’agissant de la tentative. La peine est d’une autre nature si la mort est causée de manière intentionnelle ou par simple imprudence. La contravention est constituée dans les deux cas. À résultat égal. Définition : Intentionnelles exigent l’intention. Seules les infractions intentionnelles soulèvent la question de la tentative. mais aussi les fautes par imprudence (ex : homicide par imprudence). elle n’a de sens qu’en présence d’une infraction intentionnelle. aussi pour le meurtre. La règle est que les crimes sont toujours intentionnels. qu’on brûle le feu jour intentionnellement ou pas. Il arrive exceptionnellement qu’une faute intentionnelle soit requise sur précision du législateur.

T ITRE 1 : L A SOURCE DE L ’ INCRIMINATION . Il n’interdit pas de porter atteinte à la propriété d’autrui. Il doit décrire l’incrimination. C’est la description du comportement interdit. Mais d’un point de vue technique. “recours à une tromperie”. Le texte doit donc préciser l’élément matériel de l’infraction considérée. DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS CARACTÉRISTIQUES Le texte doit définir l’infraction. et qu’elle ait des éléments constitutifs. LIVRE 1 : L’INCRIMINATION. juridique. D’un point de vue technique le texte décrit l’incrimination. Il reste que cette appréciation du législateur est faite de façon très abstraite. C’est ainsi que le législateur procède la plupart du temps. 37 . le vol par exemple où on “soustrait”. On observe que pour qu’une incrimination soit définie. dire en quoi il consiste. Pareil pour l’escroc. ces interrogations renvoient à la légitimité du droit pénal et au principe de la légalité criminelle. Il faut que la définition soit le plus précise possible. Art 111-3 du code pénal “éléments définis”. En présence de ces circonstances il faudra parfois neutraliser le texte. C’est après avoir dit çà qu’il aura défini l’infraction. le législateur pose telle ou telle interdiction sans tenir compte des circonstances particulières qui pourraient faire apparaître le texte inopportun ou inapproprié. Cela va consister pour lui à dire quel est le comportement à interdire. C’est d’abord pour des raisons politiques qu’il faut un texte. Pour y parvenir il va falloir que le texte énumère les éléments caractéristiques. lui donner la précision indispensable. Il faut aborder ces questions sous un angle purement technique. il y a l’exigence de la plus grande précision possible. Définir l’infraction c’est envisager ces deux composantes. le code pénal le dit. Ou encore l’abus de confiance. ce texte envisagé comme indispensable à la définition de l’infraction est l’élément légal de l’infraction. constitutifs dont la réunion serait nécessaire à la constitution de l’infraction. l’auteur de l’abus de confiance “détourne l’objet préalablement remis”. Puis il doit préciser l’élément moral de cette infraction. le texte serait techniquement inapplicable. il faut pour cela qu’il y ait un texte d’incrimination. On s'intéresse à sa source et son contenu. ce texte a une double finalité. Une infraction résulte toujours de l’addition de deux composantes : une incrimination et une peine (sanction). la nécessité d’un texte correspond à l’évidence qu’il faut bien un texte pour définir l’infraction. il dit en quoi elle consiste. Si cette description est trop vague.Droit Pénal PARTIE 2 : LA DÉFINITION DE L’INFRACTION. Il n’y a pas d’incrimination sans texte. SECTION 1 : L’ÉNUMÉRATION DE L’INFRACTION. Sous l’angle politique. SOUS-TITRE 1 : LA NÉCESSITÉ D’UN TEXTE D’INCRIMINATION. Cet élément légal. Il faut un texte car il en contient la définition. LE TEXTE D’INCRIMINATION. Il y a la autant de définitions indispensables. il nous dit quel est le comportement qui produit ce résultat. Ce qui va permettre de la qualifier. CHAPITRE 1 : LA DESCRIPTION DE L’INCRIMINATION.

La plupart du temps. le numéro d’un article. Le principe devrait être l’unicité de qualification. on ne voit jamais allusion faite à la nécessité d’une intention. il nous faudrait faire une analyse plus approfondie. En conséquence de quoi. l’infraction est constituée. on vole. Quand on lit un article qui incrimine un crime. C’est une fois qu’on a tout cela qu’on peut envisager la question de la qualification de l’incrimination. s’il manque une seule des composantes alors elle n’est pas juridiquement constituée. Ces éléments doivent être réunis pour que l’infraction soit constituée. Il faudra établir que le comportement incriminé dès cet instant-là était intentionnel. il peut arriver qu’un seul comportement corresponde à plusieurs qualifications en même temps. l’hypothèse selon laquelle il y aurait plusieurs qualifications pour un même comportement est inconcevable. Cette assignation de chaque infraction à un “domaine propre” va permettre de donner à chaque infraction une étiquette. Suivant l’infraction ce matricule peut être divers : un nom précis. et on frappe le propriétaire qui s’interpose : c’est un vol avec violence (circonstance aggravante). Ex : escroquerie où tous les éléments ne sont pas réunis au même instant. la mise en œuvre de ce principe se réalise sans difficulté. Une fois la bonne qualification trouvée. il en résulte que chaque infraction a un domaine qui lui est propre : domaine du vol. Il y a des infractions où des éléments constitutifs vont se succéder dans le temps parce que le législateur en décide ainsi. Le législateur est un peu fainéant. Si le travail de définition a été bien fait. si le travail de définition a été bien fait. Or. On ne peut pas imaginer qu’elles se construisent comme un mille-feuilles. 38 . Parfois hésitation. Si on hésite ce ne serait pas la faute du législateur mais la nôtre. À partir du moment où un texte définit l’infraction. CHAPITRE 2 : LA QUALIFICATION DE L’INCRIMINATION. S’agissant de la peine on applique celle prévue pour le vol et non pas pour l’escroquerie. qu’il dise si l’infraction est intentionnelle. qu’il exige pour que ce comportement soit punissable. Corrélativement. Il suffit de penser à des qualifications qui diffèrent parce qu’elles n’ont pas le même résultat : protège la propriété d’autrui (vol). Les éléments constitutifs doivent être caractérisés au même instant. un fait donné ne devrait relever que d’une seule qualification. il procède de façon comparable. Ou qu’il dise que la faute qui rend ce comportement punissable peut être une simple faute d’imprudence. À quel moment les composantes doivent-elles être réunies ? Il faut vérifier qu’elles aient toutes existées au même moment. normalement. On a soustrait une chose qui ne nous appartient pas mais parce qu’on est distrait. ou détermine le délai de prescription de l’action publique. cette règle selon laquelle il faut se placer à un instant précis est fondamentale car elle détermine par exemple quelle loi on applique (ancienne ou nouvelle). de l’abus de confiance ou de l’escroquerie. Autrement dit qu’il dise la nature de la faute. SECTION 2 : LA L’INFRACTION. Il pose des règles de portée générale : le crime est intentionnel. § 2 : Mise en œuvre du principe. l’intégrité physique (violence). on en tire toutes les conclusions qui en résultent. Alors même que les définitions sont précises. tout délit est intentionnel s’il n’y a aucune allusion à la nature du délit dans le texte. SECTION 1 : L’UNICITÉ DE QUALIFICATION. De fait sitôt que les éléments existent tous. Pour les délits. RÉUNION DES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS CARACTÉRISTIQUES DE La conséquence est que l’infraction est juridiquement constituée. mais parfois il connaît des exceptions. Çà ne signifie pas que cette règle s’impose sans nuance ou exceptions. § 1 : Exposé du principe. quand il incrimine un crime il ne juge pas utile de dire qu’il est intentionnel. on n’a pas commis de faute intentionnelle donc on n’est pas punissable. il va falloir que le législateur en définisse l’élément moral. Le législateur peut l’écarter.Droit Pénal Pour la même raison. une qualification précise.

Ex. Un automobiliste fait une infraction au code de la route. Ou bien on en retient une seule. si c’est inférieur ou supérieur à 8 jours ce n’est pas le même article. Il ne devrait pas y avoir de territoire commun. Mais cet unique comportement parait correspondre à plusieurs qualifications différentes. car on peut penser que dans un système pénal bien fait elle ne devrait pas se rencontrer. Ex : atteinte à l’intégrité corporelle. un comportement qualifié en tant que tel constitutif d’une infraction se trouve être élément constitutif d’une infraction plus large. SECTION 2 : LE CUMUL DE QUALIFICATION. Ces qualifications ne sont pas en concourt l’une avec l’autre. § 1 : Les hypothèses de concours idéal. Il suppose une situation particulière dite de concours de qualifications. Notamment si l’individu tue sa victime en l’empoisonnant. L'empoisonneur tue sa victime en lui faisant absorber des substances mortelles. et des qualifications absorbantes d’autre parts qui aboutissent au principe d’unicité. Il doit être rejeté. Cette situation est profondément anormale. B/Concours idéal et qualification absorbante. mais la question première est celle-là : est ce qu’à un fait unique je peux apposer plusieurs qualifications ? Peut il y avoir un cumul ? Cette question est très complexe. A/Concours idéal et qualification alternative. La qualification étroite est absorbée par la plus large. Il semble qu’on pourrait lui appliquer plusieurs étiquettes différentes. Dans l'hypothèse du concours d’infraction. le premier février un meurtre. Le comportement d’imprudence consiste 39 . Ou bien on en arrive à la conclusion qu’elles doivent se cumuler. cette personne une fois poursuivie combien de peine va-t-on prononcer contre elle ? Autant de peines de d’infraction ? Vont-elles s’additionner ? Le concours de qualification. il sera très simple de retenir la bonne qualification à l’exclusion des autres. il n’y a plus qu’une seule qualification là encore. Effectivement la situation de concours idéal est très vague. On est en présence de quelqu’un qui a commis un seul comportement. l’autre plus large. Il y a plusieurs qualifications de violence qui correspondent à ce schéma. Cette exclusion du concours idéal tient au fait qu’il y a des qualifications alternatives. car c’est ou l’un ou l’autre mais pas les deux en même temps. Ex : il y a le meurtre et l’empoisonnement. est une toute autre situation. si mutilation c’est un autre article etc. Le concours idéal est a priori anormal. La qualification d'empoisonnement est une qualification spéciale par rapport à celle plus générale de meurtre. En présence d’un unique comportement il y a plusieurs qualifications applicables. situation dans laquelle une personne commet par exemple un premier janvier un vol. incapacité totale de travail. Ce cumul de qualification qui est une des issues possibles à un concours de qualification doit être distingué de celle de concours d’infraction. de sorte que la question du cumul des qualifications ne se pose pas. Par exemple. Le meurtre est une infraction générale donc l’empoisonnement apparaît comme un cas particulier. elle perd toute autonomie juridique. Le concours d’infraction est le concours réel.Droit Pénal Si le résultat est identique. Ce sont des qualifications alternatives. on retient l’empoisonnement car c’est la règle spéciale. Une personne a commis plusieurs infractions. Particulière dans la mesure où on a deux qualifications : une étroite. Le code pénal détermine chacune de ces hypothèse par rapport à la gravité du résultat. pas séparés entre elles par une condamnation définitive. elles sont donc en concours. c’est quelqu’un qui après avoir déjà été condamné commet autre infraction. l’étroite étant absorbée par la plus large. Pour simplifier en partie. Bien sur il y a une question de peine. On a un comportement donné. Un empoisonnement est un meurtre spécial. Une récidive ne commet pas plusieurs infractions. perd le contrôle du véhicule et tue quelqu’un : il y a infraction au code et homicide par imprudence. il faut distinguer la question du concours de qualification de celle du cumul de qualification. Car si c’était le cas ce serait une récidive. puis une escroquerie le premier mars et enchaîne en avril avec autre chose. et on revient au principe d’unicité de qualification. concours idéal. en présence duquel on hésite entre plusieurs qualifications possibles.

Il est possible que le comportement se déroule dans des conditions tellement particulières que finalement il est légitime. En sorte que cet unique comportement correspond à deux qualifications : viol. Quelles peines pourra-t-on lui infliger ? On préconise de prononcer autant de peine qu’il y a d’infraction mais dans la limite du maximum légal le plus élevé. c'est-à-dire en paralyser l’application dans ces circonstances particulières. on condamne au viol la plus grave des deux. Peut on conclure à la possibilité de cumuler ces qualifications en concours ? La solution du problème serait la suivante. Mais le prof pas d’accord. le viol est une infraction contre les mœurs. Attentat. On ne peut pas dire aujourd’hui l’explication qui rend compte de la jurisprudence. On est en mesure de faire application du principe de l’unicité de qualification. C’est le système doctrinal tel que proposé. La jurisprudence a changé en parti d’opinion. et donc on devrait en revenir au système de l’unicité. des consommateurs boivent leur café. Quelles sont ces circonstances ? Comment éviter que le texte s’applique ? Il faut neutraliser le texte. Mais si on dit viol protège liberté sexuelle de la victime. terrasse de café à Alger. Et parce que cette idée qu’il faut admettre le concours est vague et malléable. Sous l’empire de l’ancien code pénal. Si pour le premier il encourt 7 ans et l’autre 5 ans. on ne pourra pas prononcer peine supérieur à 7 ans en tout. La cour de cassation était pour un règne sans partage de l’unicité. elle dit qu’en cas de concours de qualification elle n’en veut qu’une seule.Droit Pénal au même comportement que l’infraction au code de la route. Ca correspond à deux cas : 40 . la tendance de la jurisprudence est d’admettre ces cumuls de façon générale. Il y a autant d’intérêt à la clé qu’on souhaite en reconnaître. Il faut admettre cumul quand les infractions en concours provoquent des résultats et portent atteinte à des valeurs différentes. Si au motif que les résultats ne sont pas de même nature. elle ne tue personne mais elle communique l’incendie au café en partie détruit. et outrage publique aussi. elle admet des entorses. 4 qui interdit que même infraction fasse l’objet de deux poursuites. En posant à titre de principe l’unicité. § 2 : Les hypothèse de cumul des qualifications. car pour lui situation anormale. quand les éléments constitutifs ne sont pas les mêmes par exemples. on ne le fait pas disparaître. L’explication que donne la doctrine est que c’est normal parce que les valeurs protégées ne sont pas les mêmes : personne humaine et propriété. Mais il faudra toujours retenir le cumul alors. Elle admet ce cumul à l’aide de motifs qui laisse sidéré. c’est très rare car alternatives et absorbantes font que le plus souvent on en revient au principe. alors de façon arbitraire on détermine l’intérêt protégé. Donc elles visaient à protéger le même intérêt. que les valeurs sont différentes on admet de cumuler : l’individu sera déclarer coupable des deux infractions. On ne l’abroge pas. Dans la lignée de cette décision. En sorte qu’apparemment cette théorie a encore de beaux jours devant elle. Dans ce travail de définition le législateur obéit à des conceptions abstraites. Dans l’exemple il sera coupable de viol et d’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui. et l’autre l’ordre public. SOUS-TITRE 2 : LA NEUTRALISATION DU TEXTE D’INCRIMINATION. Il faut être en présence d’un vrai concours idéal. L’infraction au code de la route perd alors toute autonomie juridique. La jurisprudence pendant très longtemps a été hostile au cumul de qualification. grenade lancée. dans une autre affaire elle montre une évolution : au moment des événements d'Algérie. alors que dans l’hypothèse du viol sur la plage elle conclu à l’unicité. Le problème est réactualisé à cause de la convention européenne des droits de l’homme et protocole 7 art. La question qui se pose est de savoir si cet unique comportement doit recevoir une qualification ou deux ? Tentative d’assassinat ou destruction des biens d’autrui ? La cour de cassation retient les deux : cet unique comportement est une tentative d’assassinat et destruction du bien d’autrui. et outrage public à la pudeur (aujourd'hui exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui). La CEDH a considéré que la théorie du concours idéal en France n’est pas incompatible avec ce protocole additionnel et son article 4. sur une place. La jurisprudence en comporte : Arrêt se prononce sur un viol commis dans un lieu public. Et parce que plus personne ne comprend rien à cette théorie. De telle sorte que certains se demandent si ce n’est pas la condamnation de la dérive française du cumul de qualification.

Le NCP parait considéré que le commandement puisse en lui-même indépendamment de sa fonction être une cause de justification. cohérence du système juridique : la loi ne peut pas réprimer celui qui exécute ses ordres. De sorte que la société perd tout motif d’en punir l’auteur. Dans un cas comme dans l’autre il y a neutralisation du texte d’incrimination. ou le commandement légitime. Si seul le législateur a le pouvoir d’incriminer. On pourrait penser que l’ordre de la loi est le commandement de l’autorité légitime. L'amnistie intervient après la commission de l’infraction. SOUS-SECTION 1 : LES HYPOTHÈSES DE FAITS JUSTIFICATIFS VÉRITABLES. elle est contemporaine du déroulement des faits. On indique ainsi qu’il y a plusieurs faits justificatifs. Ces faits doivent donc être l’œuvre du législateur. A/Ordre ou autorisation de la loi.Ordre ou autorisation de la loi. décider que des faits délictueux cesse de l'être. est un prolongement de cette loi et n’a donc pas de vertu justificative propre. Pour les faits justificatifs. Le code pénal pose cette règle. Présomption d’innocence. sa résulte de la lecture de l’art. Ils ne peut pas avoir une origine judiciaire. Le code pénal actuel évoque 3 types généraux. SECTION 1 : LES DIFFÉRENTS FAITS JUSTIFICATIFS. Les faits justificatifs doivent être d’origine exclusivement légale. Reste alors à dire quels sont ces faits justificatifs. Remarque en matière de preuve : ils soulèvent tous ce problème commun.État de nécessité.Droit Pénal . CHAPITRE 1 : LES FAITS JUSTIFICATIFS DE L’INFRACTION. par opposition aux spéciaux de nature à justifier une obligation particulière. 122-4 du code pénal. § 1 : L’ordre. On hésite sur leur identification. Mais sur cette liste il y a un débat.Faits justificatifs. Ce sont les trois faits justificatifs généraux. plusieurs types de circonstances exceptionnelles. . ce serait l’application normale de la présomption d’innocence mais pas la solution retenue. Les faits justificatifs procèdent de la loi et d’elle seule. c’est une neutralisation qui se produit après coup. ou neutre. Il faut distinguer ordre de la loi et commandement de l’autorité légitime. C’est cette façon dont l’ancien code pénal avait adopté. Peut-elle subordonner la justification qui s’attache à son ordre à la nécessité que cet ordre a été relayé par un commandement de l’autorité légitime ? Le commandement transmettant un ordre de la loi. au jour même où ils s’accomplissent il ne sont pas délictueux. Si le comportement de l’agent n’est exceptionnellement pas punissable c’est parce qu’il se révèle utile à la société. puisqu’elle est présumée innocente il faut prouver qu’il n’y avait pas légitime défense. vrais et faux. Si une personne prétend avoir agit en état de légitime défense. Car la loi ordonne à tel ou tel un comportement en infraction de la loi. Ils neutralisent le texte. il doit être en mesure de neutraliser l’application de ces textes. de nature à justifier n’importe qu’elle infraction : . en empêchent l’application. il faut prouver la culpabilité de la personne.Loi d’amnistie. en conséquence de quoi tout autre autorité est dépourvue de ce pouvoir. Quand on personne est poursuivie et invoque la légitime défense c’est à elle de prouver que ce qu’elle prétend est vrai. Cause de justification. Le législateur a instauré des cas dans lesquels la légitime défense est présumée. la jurisprudence y voir une règle de portée générale valant pour tous les faits justificatifs. on est arrivé à distinguer 2 types.Légitime défense. et à dire qu’elles en sont les effets. autorisation de la loi. 41 . commandement de l’autorité légitime. . .

Cet ordre de la loi. Le CP évoque un cas où l’ordre de la loi n’a aucune vertu de justification (quand la loi est injuste. il ne peut pas se voir reprocher un vol. L’autorité légitime est une autorité publique. il avait circulé à contre sens. il faut qu’ils aient un comportement proportionnel au but qu’il poursuive. et donc sont constitutifs d’une infraction pénale. au contraire la jurisprudence veut limiter aux seules infractions intentionnelles (comme la légitime défense). 231-4 CP. Il est arrivé à la jurisprudence en l’absence de tout texte pour le dire. étend la même solution à la simple autorisation de la loi : une personne ne peut pas se voir reprocher un comportement autorisé par la loi. on le retrouve parfois dans le cas de la contradiction de deux textes dont l’un fait figure de texte spécial doit apporter à l’autre une dérogation qui fait figure de texte général (art. sinon c’est une infraction. Quand on est en présence d’un ordre ou d’une autorisation de la loi. L’art. Pour que son commandement puisse opérer. il faudra que la dérogation apparaissent proportionné à l’autorisation. Art. C’est donc la contradiction de l’art. Ce fait justificatif eut légitimer n’importe quelle infraction intentionnelle ou non intentionnelle. mais il est arrivé au juge de mettre le joueur que ce type de comportement est usuelle dans les pratiques de son sport). (Obligation de tout citoyen de porter secours. C’est une autorité publique légalement instituée au regard des règles constitutionnellement instituées.Droit Pénal Une personne peut être justifiée si elle accomplit un acte simplement parce que la loi lui ordonne. Il pose deux questions différentes. Ex : un fils n’est pas justifié parce qu’il a obéit à son père. Cette autorisation implicite soulève parfois des difficultés : le texte peut préciser les conditions de l’autorisation ou de l’ordre. une barrière. dans une affaire des policiers s’étaient lancé à la poursuite de délinquants en voiture. Au cours d’une enquête de police particulière (de flargance). qui fait référence à un usage. l’autorisation de la loi va procéder de la consécration d’un usage. contraire à la loi naturelle). 122-4 qui prévoit cette règle. il avait percuté une voiture et tué une voiture et il justifiait leur comportement de l’art. En cas de contradiction entre deux textes. B/Le commandement de l’autorité légitime. d’admettre la vertu justificative d’un usage ou d’une coutume.Il se peut que l’ordre ou l'autorisation s’adresse directement à celui qui doit l’exécuter. et ont multiplié les infractions au code de la route. une infraction ne pourra jamais être justifié par l’ordre d’une autorité privée. mais quand on est dans une situation de dérogation il ne justifie pas toujours les conditions (puisque c’est implicite). 73 du CPP autorise tout citoyen à faire une arrestation de l’auteur d’une infraction flagrante). spécialement dans l’usage des sports (certains sont violents. 1/La notion. cet ordre légal justifie les autres infractions comme casser une vitre. 2/Le rôle de l’autorité légitime 42 . 14 CPP autorise les officiers de police judiciaire à poursuivre les délinquants.Parfois l’ordre de la loi ou son autorisation ne suffise pas. l’autorité légitime doit être celle légalement constituée au regard des textes constitutionnellement établis. pour rattraper les fuyards. qui est contraire à ce qui en règle générale est interdit par la loi pénale : les actes de cruauté contre animaux sont interdit sauf dans les lieux ou il existe une tradition locale ininterrompue de combat entre les animaux => actes normalement illicites mais autorisé par la loi. un officier de police judiciaire reçoit l'ordre de procédé à la saisie des objets qu’il découvre sur les lieux de l’infraction. Celui-là exécute et est justifié par la seule vertu de cet ordre ou de cette justification. …). les policiers ne peuvent pas utiliser cet article pour justifier tous leur comportement. dans ces hypothèses la jurisprudence l’effet de justification pouvait concerner n’importe quel type d’infraction. 14 CPP. donc a contrario. . il faut qu’il soit relayé pour que la justification opère par un commandement de l’autorité légitime. La loi ne peut pas sans contradiction punir celui qui se conforme a ses instructions. les juges doivent tenir compte de cette circonstance (obéissance à la loi) pour déterminer la peine. 73 avec l’interdiction de séquestration qui permet de conclure que c’est une dérogation. sinon on donnera une portée excessive au texte. La Ccass n’a pas accepté ces analyses. En d’autre circonstances. Référence à une autorisation implicite d’un usage ou d’une coutume. cette autorisation de la loi. Ex : art. C’est le cas des crimes contre l’humanité (personne ne peut s’exonérer de crime contre l’humanité s’il se justifie qu’il a obéit à la loi). Pour d’autre fait justification. Cette autorisation de la loi est parfois implicite. mais pas à exclure. cette justification n’interviendra pas forcément : .

rien de plus. L’infraction qui est la réponse à une agression est justificative. il a prévenu un trouble de l’ordre social. Donc l’ordre de la loi s’adresse non pas à son exécutant mais à une autorité supérieure dont l’exécutant relève. § 2 : La légitime défense. elle n’oblige pas de le faire. La justification résulte de l’effet cumulé de la loi et de l’ordre de l’autorité légitime. et le supérieur pour avoir donné l’ordre (complice). c’est une personne qui va commettre un acte constitutif d’une infraction mais en réaction d’une infraction dirigée contre lui. l’exécutant ne pourrait se justifier de cet ordre. çà signifiait que le subordonné était déclaré coupable de l’infraction qu’il avait commise. c’est à l’opposé d’un acte de vengeance (qui est se faire justice à soi-même et non police à soi-même). Il faut revenir au principe de la séparation des pouvoirs et de la légalité criminelle pour arriver à la conclusion que si le législateur est le seul à pouvoir incriminer un comportement. et il comble l’errance de la société. une autorité ne devrait avoir aucun pouvoir.Droit Pénal a/Cas où le commandement est légal. Un subordonné doit accomplir un acte illégal. le commandement illégal pouvait constituer une excuse absolutoire. donc c’est indiscutable). Il y a une situation de légitime défense puis un acte de défense légitime. puisque seul la certitude de l’illégalité doit pousser à ne pas agir. et elle en régit même certains aspect qui relève de la preuve. Alors que le supérieur était déclaré coupable et condamné à une peine. 1/La situation de légitime défense. à ce titre l’autorité légitime doit respecter la loi et elle ne peut pas en affranchir les autres. elle en dit les conditions. manifeste. mais en exécution de l’ordre qu’il reçoit d’un juge. “n’est pas pénalement responsable la personne qui a accompli un acte commandé par l’autorité légitime sauf si cet acte est manifestement illégal”. le principe devient l’exception. art. s’il y a matière à hésiter. C’est la riposte à cette agression. L’auteur d’un comportement de légitime défense se fait police à lui-même. Si on laisse de côté les crimes contre l’humanité. Il faut que cette autorité légitime agisse elle-même pour l’exécution régulière de la loi dans les limites de sa compétence et comme la loi lui dit de faire. c’est moins clair. Si une autorité légitime donne l’ordre de commettre une infraction. est-ce que ce commandement est légal ou illégal. qui doit présenter certains caractères : injuste et actuelle ou du moins imminente. criante. le CP a introduit une nouvelle solution. La société n’a donc aucune raison de le punir. le commandement illégal de l’autorité légitime n’est pas un élément justificatif. mais il n’y avait aucune peine. Elle ne se contente pas de poser cette autorisation. On a affaire à une personne qui est dans des circonstances spécifiques. il va commettre ce qui est d’ordinaire une infraction. 122-4 al. En toute rigueur. il est le seul à pouvoir justifier ces comportements. Avec le CP actuel. C’est une solution dangereuse. L’idée générale qui sous-tend la légitime défense. Le CP prend le contre-pied de l’ancien. A/Les conditions. Elle présuppose qu’il y a eu une agression. b/Cas où le commandement est illégal. En conséquence de quoi. Ancien CP. sauf illégalité évidente. 43 . Par ex : le chef d’un établissement pénitentiaire prive les détenus de libertés (pourrait correspondre à une séquestration arbitraire). Puisqu’il a empêché qu’une infraction ne soit commise. les deux sont coupables : le subordonné pour avoir fait le comportement (auteur de l’infraction). L’exonération est la règle. mais qui va être justifié parce que la loi lui oblige de le faire. il doit le faire. La loi autorise à défendre. C’est un agent d'exécution de la loi. Il arrive que la loi elle-même qui prévoit que dans certains circonstance que l’autorité légitime devra délivrer un commandement (c’est la loi qui le prévoit. En sorte que a légitime défense n’est jamais qu’une hypothèse particulière d’autorisation de la loi. 2. qui créent un péril. a/Injustice de l’agression.

c’est celle quand on est menacé. Nous n’avons pas à nous faire police nous-mêmes. il n’y a pas de légitime défense. L’acte de riposte doit intervenir dans le même temps que l’agression. donc on est en présence de quelqu’un qui s’est précipité (en réponse à une agression qui n’agit que dans son propre esprit). dans ce type de cas là. je sors toujours de chez moi avec une arme. Pour que cet acte de police soit supportable. Pour la légitime défense des biens. elle est injuste. Ce caractère d’injustice ne dépend pas de la gravité de l’atteinte dont l’agression est porteuse. il faut répondre à une infraction ? Si on répond à une agression illicite. Est-ce qu’on peut lui opposer sa faute antérieure pour lui enlever sa légitime défense ? Non. et lui met une paire de gifles. Mais la légitime défense pourra être retenue. on parle d’un crime ou d’un délit (c’est aussi un acte illicite). Mais la justice ne va pas dans ce sens. mais je ne sais pas quand je serais agressé. La personne n’est plus en état de légitime défense si elle réagit après l’agression. mais si le policier procédait à l’arrestation dans des conditions illégales. Cet automobiliste qui en riposte d’être abattu tue son agresseur est-ce qu’il est justifié alors qu’il est à la base. Dans ce type d’hypothèse on devrait admettre que le délinquant réplique. l’intervention du policier étant juste. s’il est en proie à une agression disproportionnée à sa première agression. En soi cette situation est anormale. Est-ce qu’il faut qu’il y ait un seuil minimal de gravité ? La nature du danger que fait planer l’agresseur est indifférente. l’agression du policier n’est pas juste. c’est de la défense et elle se fait justice à elle-même. Si un délinquant frappe le policier qui est venu l’arrêter. Pour acte injuste. Les auteurs considèrent qu’il n’y a plus légitime défense. Ex : une femme est draguée par un homme de manière insistante. 122-5 CP) par la nécessité. le CP envisage (art. il est parfaitement possible qu’il se trompe et qu’il riposte à une agression qui n’est qu’imaginaire. puisque je ne déclencherais l’action qu’au moment de l’agression. la riposte soit justifiée ? C’est le problème de la légitime défense putative. 44 . L'automobiliste qui injurie se trouve dans la position de l’agressé. il faut agir avant que l’infraction ne soit constituée. Je serais toujours dans la légitime défense. On peut préméditer sa riposte. Et peut-on se défendre légitimement trop longtemps avant une infraction. 122-5) la légitime défense d’une personne ou d’un bien. Un automobiliste injurie un autre automobiliste (infraction) et l’automobiliste qui injurie est un agresseur. et il abat l’autre. c’est elle qui crée l’urgence. c’est quand on se place sous la protection de la police. L’auteur d’un acte exécuté en état de légitime défense est un acte de police. erreur qu’une personne raisonnable n’aurait pas commise. Cette nature inhérente à la légitime défense soulève une question : puisque l’auteur de la riposte agit éventuellement juste avant l’agression. Il n’est pas interdit à un propriétaire de placer un piège dans sa maison fréquemment dévalisée. b/Agression actuelle ou imminente. et même s’agissant de la légitime défense des biens. Une présomption de légalité s’attache au comportement des policiers et elle ne cesse que quand l’illégalité est manifeste. Çà pose une difficulté : je me sais menacé. Ou bien il s’est cru à tort agressé. l’auteur répond en sortant une arme. il faut qu’il n’est pas été en situation de demander à la police.Droit Pénal L’acte de défense qui va venir à la suite de l’agression n'est justifié que si l’acte de défense n’est une réponse qu’à un acte injuste. Mais il est délicat de savoir à quel moment le stade de la réponse est dépassé. L’agression contre une personne eut être dirigé contre son intégrité physique ou morale. le législateur demande que l’attaque soit déjà déclenché (il faut répondre pour interrompre l’exécution du crime ou du délit). même si je ne sais pas à quel moment je la déclencherais. je prémédite ma riposte. Elle a répondu par cet acte à une agression qui n’est pas illicite (séduire une personne de manière pesante n’est pas une infraction). Est-ce qu’on peut admettre qu’en dépit du caractère imaginaire. et il devient l’agresseur parce que la riposte à l’injure est disproportionnée. En sorte que la riposte est commandé (art. Il faut qu’il se soit défendu comme l’aurait fait toute personne raisonnable à sa place. Ex : contre un empoisonneur. quelqu’un me l’a dit. et donc si je sais que c’est ma vie qui est en cause. la justice ne retient pas tout à fait ce caractère injuste (elle y attache un caractère de rébellion). alors que la jurisprudence a pu considérer qu’il y avait légitime défense. Est-ce qu’on exige que cette agression est illicite ? Est-ce que pour la légitime défense. La situation normale. On peut légitimement répondre à une agression dirigée contre une personne ou contre un bien. mais on admet qu’une agression puisse être injuste bien qu’elle ne soit pas illicite. Cas particulier : cas de la faute antérieur de l'agressé. donc on peut répondre. est-ce que le stade est dépassé si j’ai déjà absorbé le poison. alors il y a légitime défense. Il faut qu’il soit en situation d'urgence l’ayant contraint de se défendre lui-même. L’agression doit être actuelle ou imminente.

122-5 dit que c’est justifié sauf s’il y a disproportion. qui peuvent être renversé par le ministère public. § 3 : L’état de nécessité. le législateur aurait fait cet alinéa pour certains cas (ex : quelqu’un qui s’apprête à massacrer la Joconde). La légitime défense ne peut justifier qu’une infraction intentionnelle. du moins pour une agression dirigée contre une personne. 2 dit que pour la légitime défense des biens. Il y a une incohérence jurisprudentielle de tout ce qui précède (la justification vaut même pour les infractions intentionnelles pour les autorisations de la loi. Il ne doit pas nécessairement y avoir une stricte équivalence. Le CP admet la légitime défense d’autrui. 122-6 CP : celui qui a accompli un acte pour repousser l’entrée dans un lieu habité par violence. effraction ou ruse de nuit .Droit Pénal 2/L’acte de défense légitime. Mais le législateur a prévu des hypothèses où la légitime défense est présumée. avec toute la difficulté qui s’attachent à l’appréciation de la proportionnalité (la Ccass dit que çà relève du pouvoir de l'appréciation des faut qui relève des juges du fond). Pourquoi est-ce que le législateur a mis çà. Il y a application d’un principe commun à toutes les hypothèses de fait justificatif : c’est à la personne poursuivie de rapporter la preuve du fait justificatif. !/Quant aux personnes. a dit qu’il avait voulu tuer son agresseur et non qu’il l’avait fait par imprudence. On considère que ce sont des présomptions réfragables. C’est une décision fort contestée. S’agissant de l’auteur de la riposte. b/La légitimité de l’acte de défense. L’al. Ex : on avait poursuivi l’auteur d’une riposte. alors que çà découlait du premier aliéna ? Pour certains auteurs. a/Le domaine de l’acte de défense légitime. alors que c’est un cas particulier d’autorisation de la loi). il n’est pas nécessaire de casser le bras de l’agresseur. son identité est indifférente. L’acte de défense doit être proportionné à la gravité de l’agression. Donc c’est à la personne poursuivie de rapporter les faits de la légitime défense. 122-5 dit que la riposte est légitime si elle est nécessaire. d’où une exigence positive. mais pas pour la légitime défense. Il faut que l’acte remplisse des conditions tenant à sa nécessité et à sa proportionnalité. Ex : deux enfants qui se battent dans la rue. Ex : femme violée qui abat son agresseur. 45 . Il y a une différence entre légitime défense des personnes et des biens. Le législateur demande une appréciation plus stricte en matière des biens. celui qui a accompli un acte pour se défendre contre un acte de vol ou de pillage avec violence. l’art. 122-5 CP est assez peu précis). Il faut qu’il y ait une proportionnalité entre la riposte et l’agression. l’homicide n’est pas possible. B/La preuve. Il y a deux cas à l’art. pas une infraction d’imprudence. "/Quant aux infractions. L’art. La solution est moins sûre pour la légitime défense des biens (art. La Ccass a jugé dans un arrêt de 1967 que la légitime défense est inconciliable avec le caractère involontaire d’une infraction. donc la justification disparaît si l’agressé ou le tiers avaient d’autre manière d’y échapper. Cet acte de défense est circonscrit par des conditions qui tiennent à son domaine et qui tiennent à la légitimité. Ce peut être un tiers et non pas l’agressé lui-même. et donc il va y avoir un renversement de la charge de la preuve (ce sera au ministère public de renverser cette présomption).

Il faudra que l’infraction commise apparaisse comme une réponse proportionnée au dommage qu’il s’agissait d’éviter. ce danger est injuste. Cette contrainte enlève toute liberté de choix. Finalement. et on pensait que le NCP l’avait condamné. L’état de nécessité apparaît comme un cas particulier d’autorisation de la loi. Il faut que ce danger soit actuel ou du moins imminent. Cette proportionnalité est une question de fait. 122-7 ne fait aucune allusion à une faute antérieure). Ce danger. une personne est contrainte de commettre une infraction sous la pression d’un événement (elle est soumise à une force irrésistible). Le choix serait. l’infraction est dirigée contre un agresseur qui a provoqué le danger et donc la riposte. puisqu’il existe des situations dans lesquelles une personne peut être tenue par la loi d’être exposée à un danger. C’est parce qu’il n’a pas d’autre option que l’infraction est justifiée.Droit Pénal Le NCP a reconnu de façon expresse et dans un texte général l’existence de ce fait justificatif (art. La jurisprudence montre que les juges sont rigoureux et acceptent rarement l’état de nécessité. Quant à ses caractères. Ce danger peut menacer une personne dans son intégrité physique ou morale ou un bien. mais la jurisprudence ajoute une condition de son cru : pour qu’une personne invoque d’un état de nécessité. il y a une situation d’urgence. mais on va la commettre à l’encontre d’un tiers qui est complètement étranger à l’apparition d’un tiers. SOUS-SECTION 2 : L’HYPOTHÈSE PARTICULIÈRE DU CONSENTEMENT DE LA VICTIME. Pour l’état de nécessité. Mais la jurisprudence a persisté. il faut que le danger ne résulte pas de sa propre faute commise antérieurement (çà a toujours été contesté. Il a le choix entre supporter le péril ou éviter le péril et donc il n’a pas d’autre solution que de commettre une infraction. il y a un danger et on réplique par une infraction. est-ce qu’on peut admettre la justification ? Les auteurs l’admettent. Il doit commettre l’infraction pour éviter le péril. Ce sont les juges qui vont estimer la nécessité. 46 . A/La situation de nécessité. Cette alternative. Ex : le tiers est un automobiliste dont le véhicule est percuté par un autre véhicule qui a mis un coup de volant pour éviter d’écraser un enfant. 122-7). c’est ce qui caractérise la situation de nécessité et ce qui la distingue de contrainte. au point que la légitime défense apparaît comme un cas particulier d’état de nécessité (art. deux personnes. on sent tout de suite qu’il y a une forte parenté avec la légitime défense. Il n’a pas d’autre solution que de commettre une infraction. 1/Le danger. C’est l’art. C’est un tiers qui fait figure d’agressé. La difficulté apparaît lorsque le bien préservé aura une importance équivalente à celui sacrifié. Il y a de nouveau un élément de rapprochement avec la légitime défense. ou bien je le tue. Il est utile en quoi ces deux situations se rapprochent et diffèrent. Ce sont les seules conditions pour l’état de nécessité que pose la loi. B/L’infraction nécessaire. La situation de nécessité offre la possibilité d’un choix. puisque l’art. Pour la légitime défense. dont la nature et la gravité sont indifférent. comme pour la jurisprudence. Elle se caractérise par le fait qu’une personne est confrontée à un danger. Dans l’hypothèse de la contrainte. précisément en raison de cette option. Ex : Sur un radeau. 122-5 parle de nécessité et d’acte nécessaire). 2/La possibilité d’un choix. c’est l’un ou l’autre. qui lui ouvre un choix pour y répondre. Comme en matière de légitime défense. À travers cette première approche. ce qui pose la question de l’état de nécessité putatif (danger inexistant mais qui a existé dans l’esprit de la personne). La situation de nécessité n’existe que si elle ouvre un choix à la personne : ou bien elle supporte le danger ou bien elle commet une infraction. je me laisse mourir. il faut qu’il soit réel et non pas imaginaire. 122-7 fait illusion à ce danger. On va justifier une infraction parce qu’elle constituait le seul moyen d’éviter un péril. Ce danger ouvre la possibilité d’un choix.

même si consentement de la victime. tout au plus. La victime peut avoir une influence sur les poursuites. mais l’infraction est juridiquement constituée). En présence d’une légitime défense putative ou état de nécessité putative. Le consentement de la victime n'est pas un fait justificatif parce qu’il ne peut pas l’être.Droit Pénal Il n’y a plus de viol si la prétendue victime voulait des relations sexuelles. Si bien que l’absence de consentement disparaît. La faute. l’infraction n’existe pas (si la victime consent à la soustraction de sa chose. mais elle n’a pas voulu violer la loi pénale. sur leur mécanisme…). et on va la rattacher à l’élément légal. § 1 : Les différents fondements de la justification pénale. Il y a une incertitude sur le domaine de la justification. les auteurs considèrent que la justification opère puisque la personne s’est trompée. ce n’est plus une infraction. parce que cet acte habituellement 47 . le raisonnement est impossible. Mais ce n’est pas une cause de justification. donc l’infraction disparaît. parce que la victime est consentante. On peut déterminer du consentement de la victime au moment de déterminer la peine. Mais pour les infractions d’imprudence. Il est tentant de dire que le fait de consentir est un fait justificatif. l’élément moral disparaît. Ex : la légitime défense qui amène à tuer son agresseur. SOUS-SECTION 1 : LE DOMAINE. Il faut distinguer le fait justificatif et l’absence de consentement de la victime. Il y a un débat à propos des différentes conceptions des faits justificatifs (sur leur fond. B/Le fondement objectif de la justification. La criminalité peut être aperçue du point de vue objective ou subjective. Quand il y a un fait justificatif la faute pénale disparaît. Il n’y a pas de viol si la “victime” est consentante. On justifie la personne plus que son acte. Quand un comportement est incriminé. Mais dans certains cas. Les faits justificatifs ne permettent pas de justifier les infractions d’imprudence. donc elle n’a pas eu la volonté de violer la loi pénale. On va détaché les faits justificatifs de l’élément moral et de la faute. ce n’est pas du vol. SECTION 2 : LA JUSTIFICATION PÉNALE. donc le consentement de la victime ne peut avoir aucun effet (car elle dispose de son propre intérêt et pas de celui de tous). c’est parce que l’intérêt général est en cause. Si en présence de l’un des faits justificatifs l’infraction pénale constituée est justifiée. elle a voulu tuer son agresseur. C’est une analyse qui fonctionne parfaitement pour les infractions intentionnelles. Le fait justificatif en paralyse l'application de la loi pénale. On parle de justification de l’infraction. Mais la cause de la disparition de l'infraction doit être recherché ailleurs. Ex : un duel reste un meurtre. § 1 : Le consentement de la victime et absence de justification de l’infraction. Le meurtre est une agression intentionnelle. Le consentement de la victime ne peut pas paralyser la loi pénale qui est d’ordre public. Parmi les composantes des infractions. il en est une est l’absence de consentement de la victime. § 2 : Le consentement de la “victime” et absence de la constitution de l’infraction. A/Le fondement subjectif de la justification. mais c’est là une règle de procédure pénale. mais ne veut pas violer la loi pénale. donc elle n’a pas l’intention requise par le législateur pour qu’il y ait meurtre. çà justifie l’acte de l’agressé. Certains auteurs rattachent la justification à l’élément moral de l’infraction. il existe des infractions qui ne peuvent être poursuivie que sur plainte de la victime (çà empêche la poursuite. parce qu’elle sait que la loi pénale l’autorise à se défendre.

Si la justification s’explique par l’absence de faute. Selon le fondement que l’on assigne à la justification. s’il y a fait justificatif il y aura une ordonnance de non lieu. SOUS-SECTION 2 : LES EFFETS DE LA JUSTIFICATION. la justification qui exclu la responsabilité pénale. elle n’a plus aucune justification. Elle touche donc au fond du droit. Par principe. Mais pour la légitime défense putative ou l’état de nécessité putatif. Si fondement objectif. Est-ce que je justifie l’acte ou la personne ? En général. elle est justifiée in rem. Celui qui a agit en légitime défense n’a pas à indemniser son agresseur pour les dommages qu’il lui a causé.Droit Pénal délictueux s’est produit dans des circonstances telles qu’il n’a pas portée atteinte à l’ordre social. au stade du jugement. Est-ce que cette justification profite à l’auteur et au complice ou à un seul ? Est-ce que l’infraction est justifiée. Mais à propos de l’ordre de la loi. mais pas l’auteur ou inversement. ce n’est pas une infraction non pas parce qu’il n’avait pas l’intention. On oublie après-coup. À propos de la légitime défense a dit qu’elle ne pouvait justifier que les infractions intentionnelles. Mais l’amnistie a des limites. L’amnistie vient d’un mot grec qui veut dire se souvenir. Pour l’état de nécessité putative. exclu la responsabilité civile. tout le monde est justifiée. alors elle s'applique in personam. Ex : si un chirurgien blesse son malade. avec le “a” privatif. refus d’admettre l’imprudence. le raisonnement ne joue pas. ou alors elle est justifiée in personam. l’infraction par elle-même est justifiée. mais pour des raisons différentes. Les juges n’admettent pas le fait qu’il n’obtiendra aucun dédommagement pour les dommages. Ce fondement n’apparaît pas clairement en droit positif. il y aura une relaxe pour un délit ou une infraction et un acquittement pour un crime. Les conséquences procédurales sont les mêmes : au stade de l’instruction. L’auteur de l’infraction justifiée n'est pas pénalement responsable parce qu’il n’a pas commis de faute intentionnelle (pas d’élément moral) ou bien il n’est pas responsable parce que l’élément légal est paralysé. il faut punir la personne. Si bien qu’on ne sait pas ce que veut la jurisprudence. puisque son acte n’était pas nécessaire (il va contre l’ordre social). On réécrit l’histoire (l’infraction a bien été commise. On peut justifier toutes les infractions intentionnelles ou non intentionnelles. § 1 : Les effets sur la responsabilité pénale. donc il n’y a aucune raison d’appliquer la loi pénale. alors une seule personne est justifiée. mais on fait comme si çà n’avait jamais été le cas). CHAPITRE 2 : LA NEUTRALISATION DU TEXTE D’INCRIMINATION POSTÉRIEURE À LA COMMISSION DES FAITS : L’AMNISTIE. Les juges accordent réparation à ce tiers et donc condamne l’auteur à des dommages et intérêts. C’est une mesure d’oubli qui ôte à des faits qui sont ordinairement délictueux. après-coup. le législateur fait comme si. on s’accorde à penser que les faits justificatifs s’appliquent in rem. puisqu’elle neutralise les éléments légaux de l’infraction. donc justification in rem. § 2 : Le fondement consacré par le droit positif. elle va exclure la responsabilité pénale. c’est le mécanisme de la fiction juridique. ce qui est favorable au fondement objectif. on peut considérer que l’on peut justifier y compris les infractions d’imprudence : elle dit une chose et son contraire. Mais à propos de l’état de nécessité les solutions jurisprudentielles sont plus fragiles (parce que l’infraction va toucher un tiers qui n’y est pour rien). le complice peut être condamné. § 2 : Les effets sur la responsabilité civile. mais pour la légitime défense putative. mais parce que son activité est nécessaire à l’ordre social. 48 . on admet la justification (fondement subjectif). Les positions de la jurisprudence sont très ambiguës. il n’y a pas justification (fondement objectif).

a pour objectif d’ôter après-coup le caractère délictueux de certains faits (après-coup. Mais au niveau des effets de ces amnisties. Donc elle va diversifier les mécanismes. Mais il existe des amnisties. Même si l’amnistie touche au fond du droit. il y a une certaine homogénéité. Cette loi d’amnistie. Le pouvoir d’incrimination appartient au législateur et à lui seul. On va considérer que des faits qui étaient délictueux ne l’ont jamais été. Le juge et le pouvoir exécutif n’ont aucun pouvoir équivalent. le risque que la la loi opère pour des personnes qui ne le mérite pas. beaucoup sont procédurales. à partir du moment où l’infraction est amnistier.Droit Pénal L’amnistie est une notion complexe. A/Le rôle du juge. qui est la seule source. aux résistants …). tout le monde va en profiter. La source de l’amnistie est la même. On parle de lois d’amnistie. Rien n’interdit d’associer à l’indulgence du législateur d’autres autorités. Par-delà les types. La loi est générale impersonnelle. C’est un mécanisme qui agit sur le fond même du droit. abstraite et opère aveuglement. tous les auteurs seront amnistier. Çà présente une souplesse. et parfois c’est un décret de grâce qui déclenche le mécanisme de l’amnistie. le législateur va vouloir réserver cette faveur pour certaines personnes à l’exclusion des autres (ex : loi d’amnistie aux militaires. puisque c’est le pouvoir exécutif qui détermine le jeu de cette amnistie. mais aussi un danger. 34 de la Constitution) et elles ne sont pas toutes sur le même modèle. elle est du domaine de la loi (art. L’infraction disparaît. c’est la loi. Il arrive que l’amnistie subordonne son bénéfice à des délinquants condamnés à un certain type de peine (ex : peine avec sursis. parce qu’elle se présente sous des jours complexes. mais ce sont les mécanismes de l’amnistie qui sont divers. suivant le moment à laquelle elle intervient au prononcée la sanction pénale. les effets sont constants. L’acte a perdu tout caractère délictuel. 34 de la Constitution dit que seul le législateur peut amnistier. C’est un mécanisme de souplesse. C’est une amnistie réelle. le législateur délègue un grand pouvoir au juge. qui par le fait. seul le législateur peut faire une loi d’amnistie. c’est lui qui va maîtriser en fonction de la peine l’amnistie. peine inférieure à 3 mois…). L’amnistie personnelle. elle opère in rem. Il existe des lois d’amnistie. même pour les contraventions. va opérer in personam. Si l'amnistie est au moment de l’instruction çà donnera un non-lieu. Cette amnistie est soit accordée de façon pure et simple ou bien de façon conditionnelle. § 1 : La source unique de l’amnistie. B/Le rôle du pouvoir exécutif. C’est le juge ou le pouvoir exécutif (on leur confiera un rôle en matière d’amnistie). 49 . si c’est un moment du procès (relax ou acquittement pou crime). L’art. le juge peut fixer la peine en fonction de savoir s’il veut que l’intéressé bénéficie de l’amnistie. Il arrive que le législateur amnistie un certain type d’infraction et il réserve à un décret ceux qui vont en bénéficier. Il y a une sorte de parallélisme des formes (et puisque les faits justificatifs n’ont de source que la loi). Il n’y a pas d’amnistie sans loi. le législateur décide de faire comme si çà n’avait jamais été le cas). Le législateur peut subordonner son exigence à des conditions (ex : conditions que l’amende ait bien été payée). D’une certaine manière. mais çà présente un danger. l'amnistie va faire obstacle aux poursuites ou faire obstacles. § 2 : Les mécanismes multiples de l’amnistie. SECTION 2 : LES EFFETS DE L’AMNISTIE. on parle aussi d’amnistie judiciaire ou de grâce d’amnistie. elle touche au fait. SECTION 1 : LES DIFFÉRENTS TYPES D’AMNISTIES. pour avoir une souplesse.

n’a pas de répercussion sur les mesures de sûretés qui ont été prononcé (l’argument est que l’amnistie si elle fait disparaître l'infraction . Si l'amnistie intervient à la suite d’une condamnation irrévocable. En présence de cette infraction. Parfois. le législateur incrimine une abstention. Mais un jour une personne va provoquer le résultat en s’abstenant. le législateur impose de s’abstenir. 50 . Ce comportement entraîne un certain type de résultat. 133-10 CP : toute amnistie intervenant toujours dans la réserve du droit des tiers. une omission.Droit Pénal Si on est en présence d’une amnistie personnelle. un acte positif. À partir du moment ou un fait a été amnistié il est interdit à toute personne qui a connaissance de l'amnistie par ses fonctions de le rappeler (dans un document ou autre). Dans le premier cas. Il se ramène à un comportement qui est interdit par le texte. on relève l’exigence d’un acte positif et l’existence d’un résultat. On va incriminer une action. donc en réprimant le comportement on veut éviter le résultat. on parle d’infraction de commission. Si l’amnistie est subordonné à ce que la peine n’excède pas un seuil. l’action civile qui leur appartient à l’encontre de l’auteur subsiste intact. le législateur en incriminant une infraction vise à interdire qu’on commette un acte qui causera ce résultat. Ce qui les caractérise. dans l’autre il impose une action car il oblige. SOUS-TITRE 1 : L’ÉLÉMENT MATÉRIEL DE L’INCRIMINATION. On parle d’infraction d’omission. SECTION 1 : LES INFRACTIONS DE COMMISSION. un geste positif. artificielle). Lorsqu’on examine les infractions qui existent. La chambre criminelle que l’effet rétro de l’amnistie. Donc certains des effets qui devraient s’attacher à la rétroactivité ne se produiront pas (ex : si le condamné avait déjà versé l’amende avant l’amnistie. il faudra que les intéressés comparaissent pour savoir si la peine est en deçà ou au-dessus. donc on ne peut plus prendre en compte les faits pour une récidive. c’est qu’elle vise une action. il ne pourra pas être remboursé de son amende). Mais entre ces deux situations (commission et omission). Pour l’hypothèse habituelle. la victime peut toujours demander réparation du dommage causé. Si une personne est poursuivie pour de nombreuses infractions et que l’infraction touche la plus sévère. Lorsqu’un acte est amnistié sous une certaine qualification. On observe que le comportement réprimé peut être de différentes natures. S’agissant des peines. qui ont toutes un élément matériel. elle nécessitera la comparution des intéressés devant le juge pour que ces derniers vérifient que la personne a bien la qualité requise. elle va effacer la condamnation (et l’infraction va disparaître du casier judiciaire). Il décrit la matérialité de l’infraction. Art. qui sont dénommés éléments constitutifs de l’infraction. Donc l’élément matériel se compose d’un comportement. CHAPITRE 1 : LE COMPORTEMENT. un résultat et un lien de causalité. cette amnistie va être valable pour toutes les qualifications de cet acte (c’est la cristallisation de l’infraction). donc la mesure qui lutte contre lui a toujours raison d’exister). le plus souvent. alors toutes les autres. elles vont cesser d’être mise à exécution. donc il arrive que le législateur ait incriminé une infraction de commission. Il faut que le texte d’incrimination précise l’élément matériel et l’élément moral de l’infraction. car il interdit. Mais on peut observe que parfois l’objet du texte est d’interdire de ne pas exécuter un acte qui éviterait le résultat ou qui serait de nature à l’éviter. La condamnation disparaît. S’agissant des victimes. TITRE 2 : LE CONTENU DE L’INCRIMINATION : LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE L’INCRIMINATION. mais il n’y songe pas toujours. Cette personne est-elle punissable ? C’est le cas de la commission par omission. L'amnistie opère de manière rétroactive (mais c’est une fiction. qui engendre un certain résultat. il peut y avoir une hypothèse intermédiaire qui soulève une difficulté : il est parfaitement possible à partir d’un résultat donné et une action qui cause se résultat et une omission qui ne l’empêche pas de se produire.elle ne fait pas disparaître l’état dangereux. alors que le texte de l’incrimination est l’élément constituant de l’infraction. Amnistie ou pas.

si on ne lui porte pas secours. Ce sont des infractions d’abstention par l’exercice d’une action. moral (ex : l’atteinte à la dignité de la victime). Ces infractions entraînent un résultat et sont qualifiées pour cette raison d'infraction matérielle. SECTION 2 : LES INFRACTIONS D’OMISSION. Dans un système d'inspiration libéral. Ne pas dénoncer un crime ou des sévices contre un mineur. On est en présence d’infraction dite formelle. On les appelle abstention pure et simple. l’omission n’étant pas causale. Par exception. quel qu’en ait été les suites. Ces infractions sont les plus habituelles. L’acte incriminé est un acte positif. et comme elles postulent un résultat (mais si l’infraction n’a pas causé de résultat matériel. l'infraction n’est pas consommée juridiquement). Une action modifie toujours le cours des choses. l’imprudence mêle souvent la commission et l’omission (ex : automobiliste condamner pour homicide involontaire. On entend des appels à l’aide d’une personne qui se noie dans un canal. Abstention par la fonction (certaines personnes ont une fonction dont elles retirent le pouvoir d’interdire l’infraction. et elle ne s’en servent pas. les conséquences. il conduit = acte positif. 223-6 CP). SECTION 3 : LES INFRACTIONS DE COMMISSION PAR OMISSION. Il faut que l’abstention soit tellement choquante. On considère qu’il est moins attentatoire pour les libertés individuelles d’interdire que d’obliger. qui consiste à faire ce que la loi interdit (ex : voler. Ne pas empêcher. Ex : omission de porter secours. donc elle n’est pas punissable. Si on multiplie les infractions d’omission. 434-11 CP). il arrive que le comportement positif du délinquant suffise à consommer l’infraction (l’infraction se résume au comportement. ces infractions sont en petit nombre. Les infractions de commission suppose l’existence d’un résultat et au gré des infractions. corporel (ex : blessure). Parce que cette abstention est choquante. le nombre des infractions d’abstention peut être très important. elle va engendrer un désordre de l’opinion.Droit Pénal § 1 : L’exigence d’un acte positif. c’est de la non-assistance à personne en danger. le droit pénal en vienne à s’en prendre pour la morale. Si on enlève le passant curieux. le droit pénal est prudent au moment de la réprime. En sorte que techniquement. Cet acte positif est de nature à entraîner un résultat. donc son abstention n’est pas causale. On réprime quelqu’un pour ne pas avoir agit : pure abstention. sans qu’il n’y ait de menace pour les libertés individuelles. parce que c’est la conséquence habituelle de l'inspiration libérale de notre système. il n’ a pas freiné = abstention => ce n’est pas une abstention pure et simple). § 2 : L’existence d’un résultat. elle se noie de toute façon. on reproche de ne pas avoir empêché le résultat. Elle porte une atteinte plus importante aux libertés individuelles. on s’aperçoit que ce résultat peut être de nature variable (résultat matériel (ex : la destruction d’un objet qui appartient à autrui). car une abstention n’est pas causale (quand on est en présence d’une infraction d’omission. tuer…). 51 . C’est aussi l’abstention de témoigner pour un innocent (art. qui regarde la victime. juridique (ex : la soustraction de la chose d’autrui suppose une atteinte au patrimoine)). et donc il est naturel que les infractions de commission (qui sont une interdiction) soient les plus répandues. Il doit y avoir une initiative physique de son auteur (ex : vol => acte positif de soustraction). La distinction entre la commission et l’omission devient difficile. ou parfois d’infraction obstacle. que le législateur se décide alors à incriminer. sauf si la tentative en est incriminée. L’omission de porter secours. cette absence du résultat est juridiquement indifférente). qui est une variante qui est de ne pas faire obstacle à la commission d’un crime ou d’un délit contre l’intégrité corporelle (art. ce n’est pas causer. à l’honneur (ex : en cas de diffamation). Elles sont vouées à être en petit nombre. Mais ce n’est pas la cause de la noyade (si on supprime la cause les faits disparaît).

elle n’est pas très utile. Lorsqu’il a pris la décision d’incriminer un comportement. Il doit dire quels sont les moyens qu’il incrimine et qui vont porter cette atteinte. § 2 : Le résultat pénal de l’infraction. SECTION 1 : LA NOTION DE RÉSULTAT. Elle est totale quand qu’il y ait commission ou omission la peine prévue est la même. Ex : on va chez un commerçant.Le texte considéré vise s’agissant du comportement qui va être à l’origine du résultat.Droit Pénal Le législateur a déterminé un résultat illicite et il a défini le comportement qui cause de résultat par un acte positif. Parce que cette notion est vague. il l’a rend sur 50. 52 . § 1 : Le résultat sociologique de l’infraction. or toutes les infractions ont donc un résultat matériel (du moins les infractions de commission). la commission et l’omission. et au lieu de rendre la monnaie sur 20. . alors l’assimilation n’est que partielle. il vise donc l’acte positif et l’acte négatif. Le résultat pénal renvoie aux résultats matériels. d’une dégradation de clôture. Tout se passe comme si cette personne avait commis cette infraction. il n’y a aucun acte positif. Il part du résultat qu’il veut éviter. ce terme renvoi à un acte positif ou un acte passif de manière implicite. Ces comportements que l’on va incriminer porter atteinte à la même valeur sociale. mais il n’a rien soustrait. mais est moins sévèrement punie que dans le cas d’une commission. donc celui qui s’abstient est punissable. et légaux. une personne qui a produit ce résultat en s’abstenant. Oui. on soumet au juge. Parfois cette assimilation de l’omission à la commission n’est pas totale. Qu’est-ce que le résultat matériel ? On peut le définir comme la conséquence qui va découler immédiatement de l’exécution achevé du comportement envisagé. ou n’a d’utilité que pour le législateur. Il y a deux possibilités : . et puis remonte dans la chaîne des causes. Le client dit merci et s’en va. Est-ce qu’il est voleur ? Non. C’est une notion imprécise (la dégradation d’une clôture peut s’expliquer par la volonté de protéger la vie privée ou le droit de propriété). Le choix du résultat pénal (donc il y a plusieurs choix). Ex : le vol. Cet élément matériel va dépendre entièrement du résultat pénal que le législateur va choisir. En matière d’évasion. et on doit lui payer le prix. le comportement incriminé est la soustraction. il vise la commission. de l’abus de confiance (détourner un objet que l’on a préalablement remis). Est-ce que la commission par omission est punissable ? Il faut chercher du côté de la légalité criminelle et de l’interprétation stricte de la loi pénale. Parfois ces deux hypothèses son visée de manière implicite (ex : quand un infraction peut être commise par imprudence. il essaie d’identifier tous les comportements qui sont de nature à engendrer ce résultat. Ces différents comportements se rapprochent autour de l’idée commune d’empêcher la production du même résultat. on lui donne un billet de 20!. Il doit déterminer l’élément matériel de l’infraction. juridiques. A/La distinction entre le résultat matériel et juridique. CHAPITRE 2 : LE RÉSULTAT. il a bien porté atteinte à la propriété d'autrui. Parfois cette assimilation de l’action et de l’omission est expresse dans le texte (le législateur le dit de façon claire). Là l’assimilation est totale. Un jour. La notion de résultat est très complexe.Le texte envisagé ne vise s'agissant du comportement qu’un acte positif. Il a instauré une infraction de commission. Donc c’est interdit. le texte le dit. La conséquence immédiate : l’objet soustrait va se déplacer dans l’espace. il n dit rien de l’omission qui se rattacherait au résultat => toute condamnation est exclue (tout ce qui n’est pas interdit est permis). un texte incrimine l’aide d’un gardien apporterait à l’évasion (par un acte positif ou par une abstention). Ces infractions ont donc le même résultat sociologique. Lorsque le législateur veut déterminer les infractions. L’omission est parfois réprimée. Toutes ces infractions ont donc comme commun dénominateur d’engendrer le même résultat sociologique. Ex : l’atteinte au droit de propriété est le résultat sociologique de plusieurs comportement : du vol.

la répression interviendra. on n’épuise pas la question de la nécessité d’un résultat pour l’infraction (ex : tentative).Droit Pénal Le résultat juridique c’est un résultat du comportement plus éloigné que le comportement. Le coup c’est le résultat matériel. car le résultat légal est le simple fait que la victime ait ingéré le poison. l’élément matériel postule à un comportement c’est un acte violent. suppose une atteinte effective à la valeur protégée. donc c’est le résultat matériel. 53 . la question de savoir si la victime meurt ou pas est juridiquement sans importance. qui engendre un coup. Donc le résultat légal est le résultat juridique. C’est celle dont le résultat légal. on protège l’intention révélé en la personne de l’auteur de provoqué une atteinte effective à la valeur protégée. C’est au moment de la mort de la victime que le meurtre se consomme juridiquement. FORMELLES ET OBSTACLES. quand la victime sera morte. Ce qui consomme juridiquement l’infraction c’est l’absorption du poison. On peut décomposer : acte de violence. parce que c’est l’atteinte effective à la valeur protégée. la vie humaine). En présence d’une infraction formelle. et ce coup engendre. Le résultat légal correspond ce qu’on appelle le seuil de l’illicéité tel qu’il a été fixé par le législateur. par exemple une blessure). formelles et obstacles. C’est le résultat pénal qui va déclencher la répression. c’est le résultat juridique. la subrogation de témoin. Infraction centrée sur les moyens du délinquants. En fonction de la politique criminelle qu’il veut mener. on peut introduire une distinction entre différents types d’infraction : entre les infractions matérielles. § 1 : L’infraction matérielle. Le meurtre est le modèle de l’infraction matérielle. on se moque de l’atteinte à la valeur protégée. Elle se caractérise par le fait que son résultat légal est fixé au stade du résultat matériel (du comportement envisagé). À partir de ces distinctions. c’est le résultat juridique (atteinte effective à la valeur protégée. Ex : les violences. Çà peut être au choix du législateur le résultat matériel ou le résultat juridique. B/La distinction entre résultat matériel et juridique et résultat légal. qui engendre une blessure (atteinte effective à l’intégrité du corps humain). Ex : l’empoisonnement. celui qui déclenche la répression. peu importe que la valeur protégée ait été atteinte. Le résultat juridique n’est pas une condition de la répression : peu importe les conséquences qui en résultent. il est juridiquement consommé que la victime soit morte ou pas. Une infraction formelle n’a pas à proprement parler une donnée juridique (ou l’atteinte à la valeur protégée n’a juridiquement aucune importance). Cet acte violent va provoquer (résultat immédiat) un contact avec le corps de la victime (c’est un coup. Ex : La mort par rapport à l’homicide intentionnel et par rapport à l’empoisonnement (résultat légal du meurtre. les blessures. Ex : la corruption de fonctionnaire. À partir de ce moment où ce résultat légal a été produit. résultat plus éloigné engendre une atteinte à l’intégrité corporelle. le législateur peut déplacer le résultat légal (ou bien très tôt. donc c’est le résultat juridique). ou plus tard. SECTION 2 : LA QUESTION DE LA NÉCESSITÉ DU RÉSULTAT À LA CONSOMMATION DE L’INFRACTION. indépendamment du résultat juridique. SOUS-SECTION 1 : INFRACTIONS MATÉRIELLES. § 2 : L’infraction formelle. Ce résultat légal dépend du choix du législateur. qui va déclencher la répression. c’est donc le résultat matériel qui est le résultat légal). Par cette distinction. et le résultat légal dans l’empoisonnement (comme le fait d’intenter à la vie d’autrui par l’administration ou l’usage de substance mortelle (si on administre un poison à une victime.

les valeurs protégées c’est la vie humaine et l’intégrité humaine. sa tentative est punissable. B/L’élément matériel. Mais dans le cas de l’infraction obstacle. La tentative de contravention n’est jamais punissable. En revanche. dans 90 % des cas. même si elle ne compte pas. il peut y avoir tentative. La tentative est une notion complexe. la production du résultat est une éventualité. Mais la différence n’est pas de nature mais de degré. l’infraction n’est pas encore consommée. manifestée par un commencement d'exécution. ce serait là la différence fondamentale entre les infractions obstacles et les infractions formelles. La seule indication est par le mot manifesté. La tentative est la technique juridique qui va permettre de sanctionner un comportement qui n’a pas atteint le résultat juridique. c’est ou le meurtre ou l’empoisonnement). La tentative de crime est toujours punissable. quel est sa raison d'être ? Éviter que quelqu’un en prenant le volant ne tue quelqu’un ou se tue. jusqu’où peut-on faire remonter le stade de la tentative : art. La distinction entre l’infraction formelle et matérielle est d’une importance qui ne doit pas être surestimée. Mais qu’est-ce qu’un commencement d’exécution ? Aucune définition par le législateur. Puisqu’on parle de tentative. elle n'a été suspendue ou n'a manqué son effet qu'en raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur. la nature n’est pas à prendre en compte. donc çà relativise la différence entre infraction matérielle et infraction formelle (le législateur érige en infraction formelle une infraction qui était matérielle). la mort est certaine. Donc le résultat juridique est indifférent. Ex : dans l’empoisonnement. 1/Le comportement du délinquant. Çà sert à quoi ? Çà servirait à en tirer la conséquence suivante : une infraction formelle ne peut pas se cumuler avec une infraction matérielle (ces deux qualifications seraient alternatives. L’élément matériel d’une infraction suppose un résultat. A/L’élément légal. 121-4 CP incrimine de façon générale la tentative. L’auteur d’une tentative vise à la consommation. il faut que celle si ce soit manifestée par un commencement d’exécution. Il existe parfois des infractions obstacles ou formelles dans les contraventions (qui ne suppose pas de résultats juridique). Si le délinquant obtient le résultat de l’infraction la tentative est dépassé.Droit Pénal L’infraction formelle c’est comme si le législateur réprimait une infraction formelle de manière autonome à la répression d’une tentative d’infraction matérielle équivalente (ex : empoisonnement est une tentative de meurtre) § 3 : L’infraction obstacle. la tentative de délit est qu’elle n’est pas punissable sauf si la loi le dit (donc il faut chercher si un texte prévoit la répression de la tentative). § 1 : Les éléments de la tentative. Ex : la conduite en état d’ivresse. L’infraction matérielle suppose une atteinte effective à la valeur protégée.“ Pour que le droit pénal intervienne et réprime au titre de la tentative. Donc la tentative est à un stade inférieur à la consommation. Mais dans l’hypothèse où la victime ne meure pas. Art. L'objectif de cette infraction c’est aussi de protéger la vie humaine. ce comportement incriminé. SOUS-SECTION 2 : INFRACTION CONSOMMÉE ET INFRACTION TENTÉE. il n’y a pas de quasi certitude. Si on est en présence d’un crime formelle. Donc çà ressemble à une infraction formelle. donc on arrive que si cette atteinte n’a pas été produite l’infraction n’est pas produite. la décision que le criminel a pris 54 . La conduite en état d’ivresse est punissable si on ne tue personne ou ne blesse personne. les qualifications entre infraction obstacle et infraction matérielle peuvent se cumuler (ex : incrimination de meurtre et de conduite en état d’ivresse). 121-5 CP (figurait dans les mêmes termes dans l’ancien CP) “La tentative est constituée dès lors que. Si la gravité de l’infraction est à prendre au premier chef.

les actes préparatoires pourraient être un commencement d’exécution. Certains considèrent qu’il y a commencement d’exécution lorsque l’auteur a manifesté sa décision par un comportement constitutif de l’infraction ou à une circonstance aggravante de celle-ci. donc cet acte ne peut pas caractériser de manière objective une tentative. par opposition à un acte équivoque. C’est en çà qu’est caractérisé l’élément matériel de la tentative. l’acte est destiné à provoquer cette exécution). extériorisée.Celui où l’agent a été empêché par une circonstance extérieure (art. il y a derrière la référence aux composantes temporelles (immédiate) et de causalité (qui tend de façon directe). Certains auteur résume un acte univoque. n’est pas parvenu au résultat qu’il souhaitait. c’est un acte préparatoire. Cette conception n’a plus de défenseur. b/Conceptions objectives. mais pour une raison indépendante de sa volonté. poche de l'exécution terminée . 55 . La Ccass a dit que les actes préparatoires ne sont pas un commencement d’exécution. Donc on sera conduit à analyser le commencement et les actes préparatoires. il est très difficile de savoir qui est celle qui a les faveurs de la Ccass. Cette formule reste tout de même assez abstraite. Or cette distinction par nature montre une analyse objective. on ne sait pas à quoi il se destinait (vol. Ex : une bande de malfaiteur qui s’apprête à attaquer une banque et les policiers les arrêtent dans une voiture qui a des armes et qui contient des masques. il n’est pas parvenu au résultat qu’il souhaitait (infraction manquée) . il faut qu’elle se soit manifestée. lorsque le législateur parle de commencement d’exécution il parle d’un acte objectivement déterminé par deux critères (temporel = commencement. savoir si Lacour s’il engage quelqu’un est déjà auteur d’une tentative d’assassinat.L’agent a été jusqu’au bout de son entreprise. parce que si les mots ont un sens. Défendue par des auteurs qui considèrent que l’exécution est commencée dès lors que l’agent a eu un comportement qui manifeste son intention irrévocable de commettre l’infraction.Droit Pénal n’est pas punissable. meurtre. Pendant cette phase des actes préparatoire. Pas satisfaisante. Il y a trois hypothèses de tentatives dans lesquels l’agent n’atteint pas le résultat : . car cette analyse confond le commencement de la consommation. On peut dire que tout ce qui se situe avant le commencement d’exécution n’est pas punissable. Ces conceptions ont une vertu. viol). Ex : on arrête un individu dans une maison qui a fracturé une porte (il y a effraction). À ce stade il n’est pas punissable : les actes préparatoires ne constituent pas un commencement d’exécution. On reconnaît une approche de la difficulté qui est objective. Cette effraction est équivoque. Le tueur prend l’argent et va au commissariat pour dire. c’est qu’elles sont fidèles à lettre de l’art. il se situe à un stade ultérieur. et de causalité = d’exécution. La Ccass dit que c’est une tentative de vol. est-ce que c’est un commencement d’exécution : la Ccass a dit que non. Affaire Lacour. Ex : le commencement d’exécution serait caractérisé lorsque l’individu met la main sur l’objet ou force une porte (circonstance aggravant d’effraction) pour le vol. toute la phase où l’agent prépare l’exécution (phase de préparation de l’exécution selon la lettre ne correspond pas à un acte punissable). jusqu’au terme de ses actes. Il semble que la Ccass soit plutôt favorable à une approche objective : formule pour définir le commencement d’exécution “le commencement d’exécution c’est un acte devant avoir pour conséquence directe et immédiate à la consommation de l’infraction”. Ex : un individu qui contacte un tueur à gage. a/Conception subjective. 2/Une absence de résultat. avec le commencement d’exécution. Le parti pris en droit positif. 121-5 : tentative suspendue) .L’agent est allé jusqu’au bout de son entreprise. Il y aurait alors eu un commencement d’exécution. 121-5. mais parce que c’était impossible de le faire (alors qu’il ne le savait pas) (infraction impossible). le délinquant réunit les moyens dont il pense avoir besoin pour consommé l’infraction. L’analyse montre que le législateur est partisan de la conception objective. Avec une analyse subjective. et il dit qu’il lui donne tant d’argent s’il assassine telle personne.

pour minorer la peine). 121-6 : quelqu’un n’est pas punissable s’il suspend volontairement son action. 2 assimilait l’infraction tentée à l’infraction consommée. Arrêt de 1986. 121-5 promet la liberté à celui qui se désiste volontairement. La Ccass a jugé que l’infraction impossible était une variante de la tentative punissable (à propos d’une célèbre affaire. Par un choix de politique criminelle. Quand est-ce que le désistement est volontaire ou involontaire ? Quand le désistement vient d’événements totalement extérieurs = désistement certainement involontaire. le résultat était impossible). Quand le désistement n’est influencé par aucune circonstance extérieure. lorsque la tentative est incriminée. il ne peut pas prétendre qu’il se ravise. C/L’élément moral. 121-4 CP). Il faut une faute intentionnelle. puisque la victime est morte. donc il lui promet l’impunité s’il se désiste à la dernière seconde. il y a certainement volontaire. Çà ne signifie pas que ce repentir actif ne peut pas produire de conséquences juridiques (il va avoir des conséquences sur la peine. un individu a voulu tuer une personne en ignorant qu’elle était déjà morte. § 2 : La répression de la tentative. elle disparaît en cas de désistement volontaire de l’agent. Cette intention qui caractérise la tentative doit être continue et doit se prolonger jusqu’à la limite de la consommation de l’infraction. l’infraction est consommée au moment où il se ravise. Ce repentir actif peut être une circonstance pour que le juge déclare une dispense de peine (coupable. 121-5 vise le désistement indépendant de la volonté de l’agent. Cette volonté de supprimer les conséquences de son acte. c’est le repentir actif (il se produit après la consommation). le législateur veut encourager jusqu’à l’ultime seconde à se désister. L’auteur d’une tentative à l’intention de parvenir au résultat légal de l’infraction consommée (l’auteur d’une tentative de meurtre à l’intention de tuer). Mais la question pour l’infraction impossible n’a pas de réponse dans le CP. celui qui a soustrait un objet et qui le lendemain se ravise. elle constitue avec la consommation l’une des deux façons de se rendre auteurs de l’infraction (art. “le crime tenté devait être considéré comme le crime même”. La tentative d’une infraction d’imprudence est inconcevable.Jusqu’à quand ce désistement peut-il intervenir ? . mais puisque le meurtrier l’ignorait il y a tentative de meurtre). Mais si les 56 . L’art. mais dans le dernier. l’agent. çà doit être un choix libre de L’art. L’ancien CP dans son art. Par exemple. la Ccass a jugé en 2 temps. Il est évident que ce désistement à un moment où la consommation n’est pas atteinte.Quand peut on dire que ce désistement est volontaire ? 1/Le moment du désistement. mais pas de peine). il ne peut y avoir de meurtre. 121-5 dit que les tentatives suspendues ou manquées sont punissables. La tentative disparaît parce que l’intention n’est pas suffisamment prolongée. L’art. 2/La liberté du désistement. Le CP actuel ne s’exprime pas de cette manière. Art. Donc situation intermédiaire où le désistement de l’agent interviendra à des circonstances personnes et extérieures : c’est le juge qui tranchera et en fonction de la circonstance qu’il jugera en fonction du caractère déterminant. Ce repentir actif dans certains cas peut être une cause d’atténuation de la peine (c’est le cas avec les repentis : diminution de peine ou exemption à celui qui dénonce ses complices). Cette prise en considération du désistement volontaire : .Droit Pénal Ces trois hypothèses ont un dénominateur commun : le résultat n’a pas été atteint (mais dans le cas 1 et 2 le résultat était possible. il lui faut un élément moral. Puisque la tentative est une infraction à part entière.

. mais aussi à supposer que j’ai cette capacité. la question est délicate quand la personne avait bien un discernement. CHAPITRE 1 : L’IMPUTABILITÉ. Différence d’ailleurs de vocabulaire : .Droit Pénal termes diffèrent. mais aussi un élément moral. au fond la conséquence est la même. Quel type de circonstances ? Dans quel cas y a-t-il ce trouble ? Cas de la maladie mentale. il faut distinguer : . c’est la question du libre arbitre.Imputabilité pour une personne physique. Mais il ne faut pas confondre peine encourue et peine prononcée. Cette question dépend alors de la conscience morale de cette personne. Rien ne dit que le tribunal prononcera une peine aussi sévère.La volonté . la peine est la même. SOUS-SECTION 1 : LE DISCERNEMENT. Savoir ou non ce que je fais. . l’imputabilité n’a de signification qu’en ce qu’elle concerne une personne physique. SOUS-TITRE 2 : L’ÉLÉMENT MORAL DE L’INCRIMINATION. Imputare : latin. On envisage donc dans un cas comme dans l’autre d’une 57 . mais on ne peut pas exclure qu’il y ait d’autres causes. élément indispensable. si je suis libre de me comporter comme je le voudrais. on porte au débit de quelqu’un quelque chose. si le discernement n’existait pas. Cette question que l’on a présenté en fonction de la personne morale est une question classique que l’on connaît bien. question alors de la culpabilité. mais quand il n’est pas complet. ce comportement peuton le reprocher d’un point de vue moral ? Cela nécessite évidemment que l’on se tourne vers sa psychologie. . Pour savoir si une infraction est imputable à une personne il faut savoir si elle avait ou non son libre arbitre.Le discernement (aptitude de distinguer le bien du mal). La peine que l’on encoure est identique (l’auteur de la tentative subira peut être la même peine que celui qui a consommé l’infraction => trace subjective. mettre au compte de quelqu’un. être apte à distinguer le bien du mal. Il faudra en outre qu’elle ait commis une faute. on a eu ce comportement en proie à une démence. On ne peut reprocher à quelqu’un d’avoir agit comme il l’a fait. liberté ou non de la volonté. On va donc rattacher le comportement considéré à celui de l’auteur : il s’agit de savoir si on peut lui reprocher ce comportement. et sa situation ne peut être assimilée à toutes les situations. La question se pose différemment pour les personnes morales. Article 122-1 du Code Pénal : article qui dispose que n’est pas pénalement responsable la personne qui au moment des faits était atteinte d’un trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli son discernement. SECTION 1 : L’IMPUTABILITÉ DE LA PERSONNE PHYSIQUE.La situation où le discernement est aboli : pas d’existence. Il n’y a pas de libre arbitre s’il n’y a pas de discernement. C’est donc une question en référence à la personne physique et non morale. Dans quelles conditions l'élément moral de l’infraction va être considéré comme constitué ? Il faut que la personne physique jouisse de ses capacités mentales. Il est nécessaire qu’il y ait un élément matériel. en l’absence de résultat. Tout simplement parce que la personne morale nécessite des analyses particulières. moralement condamnable ? Comportement décrit comme illicite. on réprime l’intention de l’auteur beaucoup plus que l’infraction.La situation où le discernement est obscurci. Cependant. En sorte que deux composantes : . § 1 : Le discernement aboli. ancien code qui disait semblablement qu’une personne était en proie à la démence. Cependant.Imputation de l’infraction pour la personne morale. A/Les maladies mentales qui abolissent le discernement Article 122-1 CP : trouble psychique ou neuro-psychique. Élément alors matériel et légal.

On dit que ce sont des mesures de sûretés. relaxe. cependant il subsiste. Cette imputabilité concerne tous ceux qui sont atteints d’une infection qui abolit leur capacité de distinction entre le bien et le mal. L'intéressé voit son discernement atteint. La réponse du droit pénal est alors que ce discernement obscurci peut être la conséquence d’un trouble psychique ou neuro-psychique. alors on peut considérer que l’article 122-1 n’est pas applicable. la personne ne se rend plus compte de la portée de ses actes. puisque par d’élément moral et donc pas d’infraction. mais aussi la conséquence d’un trouble tout à fait normal. Un enfant de 10 ans. si son état est porteur d’une atteinte grave à l’ordre public. si plus tard au stade du jugement. B/Les différents stades de constatation de cette absence. et la minorité n’est pas une maladie. On va dire dans ces décisions qu’il existe des charges suffisantes contre la personne pour conclure que la personne a commis l’infraction. S’agissant de la responsabilité civile. on prononçait un non lieu. Cette terminologie est cependant dépassée : association de défense des victimes. Puisque les appellations de non lieu. on lui interdit de détenir une arme.Droit Pénal maladie mentale. Si on arrive à conclure qu’à cet instant. Si trouble apparaît après le jugement : alors les peines privatives de libertés. Si le trouble a existé à un autre moment. De telle sorte qu’il faudra se replacer au jour de la commission pour établir les capacités de discernements de l’individu. d’entrer en relation avec la victime. À la minorité. L’agent perçoit donc les actes qu’il a accompli mais de manière imparfaite. au motif qu’une fois atteint un certain seuil. pas d’imputabilité. Ces solutions procèdent de ce constat d’évidence : le droit pénal peut perdre une grande partie de sa signification. parce que l’ivresse est constitutive de l’imputation. le dément devra réparer les conséquences des dommages causés (Article 1414-1 du Code Civil). on peut donc s’interroger pour savoir son discernement. Pendant très longtemps. lorsque l’on constatait au stade de l’instruction une situation de démence. ne seront pas exercées. On leur a donné cette possibilité en transformant les appellations juridiques. Dans la chambre de l’instruction : arrêt (pas d’irresponsabilité pénale) mais arrêt de déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause psychique ou neuro-psychique. pouvant abolir le discernement. elle peut être engagée. cette terminologie n’est même pas fidèle à celle du code pénal. puisque c’était le déclarer non coupable. et si l’intéressé est déjà détenu. n’a par exemple pas le discernement d’un adulte. on peut alors prononcer le contraire. La conclusion est inéluctable. il n’y a pas que les maladies mentales qui peuvent avoir cet effet. Cette hospitalisation s’aménagera dans un établissement de santé. Au stade de l’instruction : ordonnance d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental (différence avec l’ordonnance de non lieu ? Pas réelle. ne sera pas maintenu et sera hospitalisé s’il présente un danger par rapport aux autres. étranger et cela ne permettait pas aux victimes de faire leur deuil. § 2 : Le discernement obscurci. une relaxe ou un acquittement. il y a un trouble de cette nature. 58 . En réalité ce n’est pas ce qui est retenu en droit français : nuances et précisions. les poursuites sont suspendues quitte à ce quelles soit reprises ultérieurement. On la déclare alors irresponsable. À propos des autres causes. acquittement ne leur plaisait pas. et on peut engager des mesures de sûretés. si l’ivresse a eu pour conséquence que l'intéressé a perdu de son discernement. mais atténué. C’est donc une question qui ne se résume pas à celle du trouble mental. juste déformée). alors l’imputabilité n’est pas requise de l’infraction. On considère que même si l’individu est à la limite de l’inconscience. À cela s’ajoute la possibilité d’ordonner l’hospitalisation dans un hôpital psychiatrique. Si le trouble apparaît pendant la procédure. En cour d’assises : arrêt portant déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental et non pas un acquittement. Au tribunal correctionnel : jugement de déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Notamment lorsque l’ivresse est elle-même constitutive d’une infraction (conduite d’un véhicule sous l’empire d’un état alcoolique). l’imputabilité disparaît et l’on ne peut prononcer contre lui aucune peine. on peut envisager le cas de l’ivresse. avec si cela est nécessaire une hospitalisation. le développement insuffisant des capacités intellectuelles et mentales.

Ce mineur a le discernement. on va le déclarer responsable. En revanche. ou encore sanction éducative. Le législateur estime. C’est donc quelqu’un qui a moins de 18 ans. le placer dans une institution spécialisée. et non pas 18 ans. Si un mineur a un discernement. Pour autant on ne peut toujours pas prononcer contre lui ni sanction. Si on ne prononce contre lui ni sanction éducative. Le juge peut prononcer des mesures éducatives. ces mesures qui sont des mesures de protection d’assistance. comme l’interdiction de paraître dans certains lieux… 59 . on va prendre à son égard des mesures de protection d’assistance de surveillance et d’éducation : mesures éducatives. ni peine. que l’on prononce cette peine. Il faut donc envisager le sort du mineur selon qu’il a 13 ou 10 ans. Le mesures éducatives n’en sont pas. chambre criminelle. mais aussi une sanction éducative. on estime souhaitable de prendre des mesures éducatives. que s’il a eu le discernement. de surveillance et d’éducation. il en connaissait parfaitement la portée. Tout simplement. . Si le droit pénal impute un mineur c’est à condition qu’il ait un certain discernement : Art. Ex : Affaire Laboube. un blâme.Droit Pénal Il est brièvement question du sort des mineurs. Ces mesures peuvent être de nature diverses. Les conséquences que l’on va tirer de la situation vont être variables : .Il n’a pas le discernement : des experts concluent ainsi. La jurisprudence a rejeté cette solution : uniquement si l’infraction est imputable. l’acte qu’il a accompli au moment de la commission. S’il a en dessous de 10 ans : pas de peine. mesure éducatives qui ont pour but de protéger on devrait pouvoir les prononcer en toutes circonstances. S’il a atteint l'âge de 10 ans. Les sanctions éducatives sont inscrites dans le casier judiciaire et sont énumérées par l’ordonnance du 2 février 1945. Il faudra ainsi que la juridiction arrive à la conclusion. et à partir de l'âge de 13 ans à une peine (une réforme propose de l’abaisser à 12 ans). parce que la responsabilité civile n’a pas pour objectif de punir. Mais le mineur est un cas à part. que ce type de sanction est inappropriée au cas particulier d’un mineur de 10 ans. c’est un délinquant particulier. A/La responsabilité civile Le mineur est responsable des conséquences dommageables de ses comportements et quel que puisse être son aptitude à comprendre la portée et la signification de ses actes. 122-8 du Code Pénal. il en comprenait la portée. S’il est apte à comprendre la portée de ses gestes il faut qu’il trouve une réponse pénale adaptée à son cas particulier. on déterminera donc au cas par cas si on a l’aptitude de comprendre la distinction du bien ou du mal. À partir de 13 ans. Seules les deux dernières sont de véritables sanctions pénales.L’âge. il faut pour les mineurs que les circonstances de l'infraction et la personnalité du mineur l’exige. il ne s’est pas rendu compte de la portée : alors il échappe à l’emprise du droit pénal. ni peine. discernement ou non. pas même de simple mesures éducatives. la sanction ne lui était ailleurs pas imputable. Ces mesures qui n’ont pas de nature pénale ne peuvent être prononcées que s’il a le discernement. Il faudra donc pour chacune de ces mesures vérifier que l’infraction lui est imputable (qu’il avait un discernement). et si au moment de cet acte.Mesure que l’on va décider à son encontre. L’âge de la majorité pénale est de 18 ans. Cette impossibilité peut avoir deux explications : . question uniquement dans l’article 122-8 qui renvoie à une ordonnance. Si le mineur de 10 ans a commis un acte illicite. Pour un majeur l’imputabilité et nécessaire et suffisante. sanction pénale. on va pouvoir prononcer en plus à son encontre des sanctions éducatives. Autre discipline : droit civil : article 375 du Code Civil mesure proches du Code Pénal. Il n’y a pas un âge pénal de raison. celle du 2 février 1945 qui détaille les éléments applicables aux mineurs. Pour les mineurs c’est nécessaire mais pas suffisant. Si le mineur a le discernement au moment des faits qu’on lui reproche. . on pourra prononcer des peines à l’image de celles que l’on prononce vis-àvis d’un adulte. Notion de l’imputabilité. B/La responsabilité pénale.

et est facultative pour les mineurs âgés de plus de 16 ans. Cependant. Ce qui explique que 50 % de la population carcérale est atteinte de troubles. Quelles sont donc les conditions de l’atténuation ? Crime et délit. parce que pas de moyens financiers. Peu importe que par ailleurs elle ait eu du discernement. Et elle a été poursuivie pour recel de malfaiteur : elle s’en défend en disant. Cette identité de nature ne signifie pas que le taux de la peine sera le même.Droit Pénal Ces sanctions sont en principe les même que celles encourues par un majeur dans la même situation : emprisonnement. en parlant de ces demis fous pour prononcer une peine minorée. des malfaiteurs armés se présentent. Il n’y a aucune réponse dans le code pénal. On a donc envisagé . donc c’est la jurisprudence qui le fait sous la notion de circonstances atténuantes. Il ne suffit pas pour qu’une infraction soit imputable à son auteur que celui-ci ait eu du discernement au moment des faits. L’amende ne peut de toutes les manières excéder 7500 euros. La Cour de cassation a jugé qu’il n’y avait pas contrainte. Il faut en plus une utilisation libre de sa volonté. et la diminution du taux de la peine ne suffisait pas. elle supprime chez l’agent la liberté de vouloir. La situation de plus de la moitié des détenus = situation psychiatrique et non pas carcérale. La question est de savoir par référence à quel modèle idéal le juge se 60 . Puisque contrainte = impossibilité absolue de se conformer à la loi. Jurisprudence apprécie cette irrésistibilité de manière très sévère. Par obligatoire on peut dire que cette atténuation s’impose au juge qui ne peut l’arbitrer. Tout élément qui provoque cette situation mérite d’être considérée comme un élément de contrainte. Lorsque l’on a discuté de la réforme du Code Pénal la question des demis fous est revenue. que l’on ne traite pas. le taux de l’amende est divisée par deux pour les contraventions de 5ème classe. Ex : une personne ouvre la nuit sa porte. ce en quoi il y a eu un rapprochement avec l’état de nécessité. cette solution n’a pas été prise. Le tout dans la limite de la récidive. En matière de contravention. qui tendent à la caricature. Le Code Pénal fait de la minorité une “cause d’atténuation de la peine” là où l’ancien Code Pénal parlait d’une “excuse atténuante”. Elle est obligatoire pour les mineurs de 13 à 16 ans. C/L’altération des facultés intellectuelles et mentales. mais que l’on masque par des produits. § 1 : La contrainte. pas d’atténuations. majeur… l’inverse est faux : l’interdiction de territoire pour un majeur est faux. mais distinction avec l’état de nécessité : choix. 122-2 CP exclut la responsabilité pénale de la personne qui a agit sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister. le juge peut accorder ou refuser cette atténuation. Cette sévérité en principe est naturelle. certes oui j’ai commis cette infraction. C’est un problème de droit pénal qui considère celui des “demi fous”. ou on subit le péril ou on commet l’infraction. événement irrésistible qui a ôté à l’agent toute possibilité de choix. Ex : mesures de sûretés dans un hôpital psychiatrique. Cette atténuation de la peine est tantôt facultative. Elle se reconnaît à ses effets plus qu’à sa nature. La contrainte ressemble plus à la force majeure : élément irrésistible et insurmontable. L’art. On cite ainsi toujours un certain nombre d’exemples. On ne peut pas reprocher à quelqu’un d’avoir commis cette infraction. Ce qui est cependant critiquable est la façon de se conformer à ce principe. Cet élément doit être ainsi irrésistible . avec le nouveau Code Pénal. SOUS-SECTION 2 : LA VOLONTÉ. peu importe que ses gestes aient été imposés par une force ou une contrainte. de prévoir qu’ils reçoivent des soins appropriés à leur état. Il faut donc établir une impossibilité absolue de s’y conformer. Elle abolit la volonté. Tout le monde a critiqué cette solution en trouvant cette situation incomplète. Il est rare de considérer qu’une force ou un élément quelconque ait été irrésistible pour l’agent. on prend celle prévue par la loi et on diminue par deux. même si la division par deux est supérieure. mais je ne pouvais pas faire autrement. Résultat : lorsque la personne est atteinte d’un trouble ayant altéré son jugement = des circonstances dont les juges doivent tenir compte quand ils prononcent la peine (solution considérée doctrinalement comme la pire). parce qu’il a été contraint. En revanche pour que les mineurs âgés de plus de 16 ans jusqu’à 18 ans. parce qu’en ce qui concerne les contraventions des 4 premières classes. tantôt obligatoire. Sous-entendu une difficulté même considérable de se conformer à la loi n’est pas un cas de contrainte. et que l’on laisse ensuite sortir.

La jurisprudence avait considéré que la personne morale était un être fictif. après de long mois passés en mer. La seule condition étant que cette contrainte ait été contemporaine du déroulement des faits. résulte de la faute antérieure (enivrement). le droit est fait pour les hommes ordinaires. Dans le cas de contraintes morales. on l’accorde. Le problème ils rencontrent une patrouille de police. La jurisprudence retient surtout la contrainte physique. La responsabilité pénale d’une personne physique est concevable. Il arrive donc que la jurisprudence retienne ainsi la maladie comme hypothèse de contrainte physique. car il n’y a pas d’élément moral. peut par exemple conduire à la commission d’une infraction. notamment pour la question de la faute antérieure en matière de contrainte. peut-on admettre la responsabilité pénale d’une personne morale ? La réponse à cette question était cependant négative pour l’ancien Code Pénal : . pour la personne morale. La question de la faute antérieure dans un état de nécessité : si l’individu a bien été contraint par une force irrésistible au moment des faits considérés il ne sera pas moins responsable. au motif qu’il s’y est mis pas sa faute antérieure. Dans ce cas. ou bien celui du héros ? Ici plus du héros. une personne est poursuivie pour n’être pas descendue à la bonne station. La jurisprudence n’hésite pas à tenir compte d’un élément antérieur (malgré le principe qui dit le contraire) et condamne l'intéressé le considérant comme responsable. Deux types de contraintes sont ainsi distinguées : . et là satisfont un certain nombre de besoins.Conditions. Militaire et marin. donc jurisprudence excessive. En effet le droit pénal est justement fait pour ceux qui ne savent retenir leurs pulsions. Réponse de la Cour de cassation. même ceux qui y étaient opposés .Morale : plus de liberté de décision. 122-2 du Code Pénal dispose qu’il n’y a pas de responsabilité de l’agent. et condamner une société ce serait porter atteinte au principe de la personnalité des peines : on risquait de devoir l’imposer à tous ceux qui composent cette société. Ils doivent rejoindre leur bateau pour ne pas rater son embarquement. L’utilisation du mot imputabilité pour une personne morale n’est pas toujours injustifié : la contrainte. la jurisprudence montre une certaine liberté prise par les juges . § 2 : Les effets. SECTION 2 : L’IMPUTATION DE L’INFRACTION À UNE PERSONNE MORALE. la jurisprudence se répugne à la considérer comme une réelle contrainte. comportement de l’un des dirigeants ? De l’un des salariés ? 61 . le problème est en amont. plusieurs questions se posent : . Il peut ainsi arriver que l’on considère comme hypothèse de contrainte physique.Physique : liberté de mouvement. c’est donc prendre le risque de condamner des personnes innocentes. la contrainte morale ne peut être qu’externe. et entre autre ils entreprennent de visiter tous les bars. jusqu’au moment où ils sont éméchés.Droit Pénal fonde-t-il ? Quel standard ? Celui du citoyen ordinaire. la jurisprudence conclut à la responsabilité de l’agent. Un homme est attrapé. Si la contrainte physique peut être interne ou externe. .Il n’en disait expressément rien. Cependant. Ex : troupes allemandes arrivent dans un village. qui les emmène au poste pour se dessoûler. celui de savoir si la responsabilité est concevable. peut par exemple s’appliquer à une personne morale. peut-on imputer n’importe quelle infraction ? . En général la question d’imputation se pose en de termes particuliers. ils veulent savoir si dans le village voisin il y a des troupes françaises. ainsi que des otages. .Domaine. Ils arguent alors qu’ils ont été soumis à un élément irrésistible : mis en cellule. et l’homme va donc dans l’autre village : condamné pour intelligence avec troupes d’occupations (ici pas de contrainte). L’art. Encouragement par le législateur au juge de changer leur appréciation du caractère irrésistible. La personne était malade donc elle n’avait pu descendre. Le problème est principalement. Ex : Dans une décision ancienne. Une contrainte. Pour la personne morale. un élément naturel comme la présence de plaques de verglas qui fait déraper un véhicule. Ex : affaire du marin déserteur. Dans le nouveau Code Pénal. touchent au port. Cependant. C’est donc rétrospectivement au moment de l’acte que le juge droit se placer pour apprécier si l’intéressé a été soumis à une force irrésistible.

d’objet privé ou administratif. . il est assortit d’une condition : si l’infraction envisagée a été commise dans l’exercice d’une activité de service public pouvant être conventionnellement déléguée. le texte a été adopté dans des conditions calamiteuses : aucune réflexion doctrinale avant de légiférer sur la responsabilité de la personne morale. Il faut que ce soit une personne qui a la compétence. C’est pour le chef d’entreprise un mode d’exonération. L’Art.Exercer de manière effective les pouvoirs délégués. mais uniquement si la loi le disait. tout infraction imputable à une personne physique est automatiquement imputable à une personne morale. tous les groupements de droit public ou de droit privé. si le principe de leur responsabilité pénale est posé. Le législateur a posé deux conditions. Le Code Pénal disait ainsi pour telles ou telle infraction si elle était imputable ou non à une personne morale. Depuis le 1er janvier 2006. délégation sur chaque chantier des compétences du chef d’entreprise au chef de chantier) c'està-dire que les pouvoirs qui sont les siens. qui ont la personnalité juridique. Attention aux abus de délégation de pouvoir formels.Quelle peine sera encourue ? Peines qui doivent donc être adaptées (dissolution. 121-2 CP dispose que ce sont toutes les personnes morales à l’exception de l’État . § 1 : Le domaine de l’imputation. on se demande si elle s’applique : . La loi ne précise pas qui exactement représente. Il est assez fréquent que celui qui dirige une entreprise procède à une délégation de pouvoir (ex : entreprise de chantier. exclusion des marchés publics…). Art.Une personne morale n’est responsable que des infractions commises par ses organes généraux. Cependant. le principe de la généralité. Si ce n’est pas le cas (dans notre cas. Si ce n’est pas susceptible d’être délégué alors il n’y a pas de responsabilité pénale. mais a pour conséquence que le délégué est un représentant de la personne morale et donc engagement de la personne morale.Représentant de cette personne ? On utilise un liquidateur pour le cas de la personne morale en faillite. § 2 : Les conditions des infractions. La jurisprudence a donc posé des conditions pour cette délégation. mais juste à un salarié) dans ce cas. départements. Pour les collectivités territoriales (communes. Question de la spécialité de la responsabilité pénale de la personne morale : pour qu’une personne morale soit déclarée responsable pénalement. il fallait qu’une disposition expresse de la loi le rende possible. l’argument qui a été avancé : « argument moderne ».Pour toutes les infractions quelles qu’elles soient ? A/Domaine des personnes morales. B/Domaine des infractions.Le compte de la personne morale. la délégation ne vaut rien. Dans cette hypothèse que nous n’étudierons pas Code Pénal a en effet du mettre en place tout un arsenal de peines propres à la personne morale (comme la dissolution…). Le délégué de pouvoir est considéré par la jurisprudence comme étant mystérieux par cet article. On nous dit de plus que l’infraction doit avoir été commise par un organe. Autrement dit toute infraction n’était pas imputable à une personne morale. Puisqu’on a constaté la responsabilité de la personne morale. pas au chef de chantier. 121-2 du CP donne deux conditions d’imputations : . une personne morale ne peut donc pas se voir engagée pour le comportement de l’un des salariés ou par un représentant de cette personne morale. mais les éléments constitutifs comment va-t-on les apprécier ? 62 . La jurisprudence considère qu’elle n’a pas été commise pour le compte quand l’organe ou le représentant ont commis l’infraction pour leur intérêt personnel. caractère lucratif ou non.Droit Pénal . il les délègue à un salarié qu’il désigne.Pour toutes les personnes morales ? . Le domaine d’imputation est aussi large que le domaine d’imputabilité. alors elles sont responsables. . Il a donc laissé beaucoup de suspens. toutes les personnes morales du moment que ce n’est pas l’État. régions). l’autorité et les moyens nécessaires pour : .

Responsabilité pénale d’une personne physique pour la même infraction. On peut poursuivre ainsi pour la même infraction. pose la question que l’on pose au jury : l’accusé est-il coupable d’avoir commis tel fait ? Il l’a fait mais est-il coupable de l’avoir fait ? Oui. Il y a indiscutablement une notion de volonté. et intention et mobile : attention l’intention n’est alors ni l’une ni l’autre. A/L’intention et la volonté L’infraction est composée d’un comportement et d’un résultat. n’est pas celui qui a fait le coup. La notion d’intention est une notion difficile. dans les faits c’est de moins en moins le cas. avoir l’intention (= 63 . Dans la notion d’intention on retrouve cette importance de notion de résultat. Les règles de procédure pénale sont en principe applicables aux personnes morales. il a eu le comportement interdit. Organe pris en la personne physique. Cette conception n’est pas la conception juridique. peut-on pour les mêmes faits poursuivre cet organe personne physique. cependant cela suppose parfois une certaine adaptation aux particularités des personnes morales. en sorte que la responsabilité de la personne morale. la société témoigne en faux : infraction pénale et intentionnelle. SECTION 1 : LES FAUTES EN DROIT PÉNAL. si quand il a agit il s’est rendu coupable de violation de la faute interdite par les textes. ce serait selon la Doxa. La personne morale est représentée pendant la durée de la procédure par son représentant. Cette personne l’a fait en exerçant son libre arbitre (imputabilité) encore faut-il qu’elle soit coupable (élément moral). La responsabilité de la personne morale sorte de paravent ? Cette solution est la même et est ratifiée par le législateur lui-même en matière d’imprudence. on peut poursuivre et l’un et l’autre.Droit Pénal Ex : litige prud’homal. la faute intentionnelle et entre ces deux extrêmes toute une gamme de fautes intermédiaires. La connaissance du caractère faux on l’apprécie où. Personne qui a commis un acte (matériel) interdit pas la loi pénale. CHAPITRE 2 : LA CULPABILITÉ. cependant la notion de faute est une notion complexe. Ce terme de culpabilité est ambiguë spécialement parce qu’il a été utilisé en droit commun : qu’est-ce qu’un coupable. Plusieurs types de fautes. d’un salarié sur un autre salarié. On peut procéder par rapprochement avec des concepts qui en sont voisins. Cette conception renvoie à l’élément matériel. c’est son dirigeant qui par exemple se présentera devant le juge d’instruction. Lorsque l’infraction pour une personne morale. mais à laquelle le législateur a répondu. § 1 : La faute intentionnelle. L’article 121-2 répond qu’en présence de l’infraction donnée. La faute intentionnelle fait partie des fautes mais pas uniquement. Une autre difficulté se pose. Si le législateur dit que c’est possible et que l’on peut. Il y a la faute d’imprudence. puisque l’on poursuit de plus en plus la personne morale et l’on poursuit la personne physique. Le coupable. opère de plus en plus dans les faits comme une cause d’irresponsabilité des dirigeants comme un paravent qui fait échos à ses propres responsabilités personnelles (conforme à un modèle républicain). Faute est différente de l’intention. en caractère de qui ? Intention de la société sont donc définis en quoi ? Silence de la loi. celui qui a fait le coup. Intention et volonté. Notamment lorsque l’on étudiera de la faute d’imprudence. SOUS-SECTION 1 : L’EXISTENCE DE LA FAUTE. Cette désapprobation nécessite l’existence d’une faute pénale qui est le signe de culpabilité (culpa = faute) L’article 349 du CPP. Mais il s’agit ici d’un jugement de valeur : affirmer que quelqu’un est coupable c’est lui donner tort d’avoir agit comme il l’a fait. Reste à donner quelques précisions de nature procédurale.

Le mobile est l’ensemble des raisons qui ont poussé l’agent à commettre l’infraction. ce que l’intention peut avoir de diversité. Ce dol spécial est textuel.Résultat matériel à long terme : mort d’un piéton (non intentionnel = simple imprudence). il n’appartient qu’à la création de la loi. L’ancien Code Pénal considérait cette présomption comme irréfragable. il n’y a pas de manière absolue : .Résultat matériel : 110 au lieu de 50 (intentionnel). à un résultat donné. Pas seulement vouloir un comportement mais aussi le résultat de ce comportement. Autrement dit pour que l’intention soit fautive. Ex : abus de biens sociaux Infraction intentionnelle qui suppose qu’un dirigeant de la société ait fait des biens de la société un usage qui n’est pas conforme aux intérêts de la société. le contenu change. Faute ou pas d’intention ? Çà dépend du résultat sur lequel on peut raisonner. Autrement dit : le vol peut avoir un caractère intentionnel. D’une façon générale. il faut que le résultat recherché soit interdit par la loi pénale. il n’y a pas de définition absolue. 1/L’intention et la volonté du résultat. oui j’ai voulu provoquer ce résultat. mais ici simplement relative. De la même manière qu’un archer tend son arc pour atteindre sa cible. qui interdit à l’agent de faire ce raisonnement. résumé la notion d’intention. le dol général. l’intention est toujours celle de vouloir violer la loi pénale. il faut donc prendre en compte ce lien. mais aussi donner de la tension (ex : tendre un arc). Ex : automobiliste au volant de son véhicule qui roule trop vite. le délinquant tend sa volonté pour atteindre son résultat. La règle en droit pénal est que le mobile est par principe indifférent. B/L’intention et le mobile. mais quoi ? Vouloir le résultat délictueux de son acte. Toute définition est ainsi relative. encore faut-il savoir sur quel résultat on raisonne. beaucoup moins naturelles : dans cas quelqu’un pourrait dire. le Nouveau Code Pénal a introduit une présomption réfragable. Il perd le contrôle de son véhicule et il va écraser un piéton. L’infraction intentionnelle signifie que le dirigeant ne doit pas avoir seulement été imprudent il faut qu’il ait décidé de son acte en étant sur que mobile était illégal. L’intention est la volonté chez l’agent de provoquer un résultat. postule que l’agent sait que la loi interdit de provoquer ce résultat. Qu'est ce qui explique que notre intention est punissable ? Ce qui est fautif c’est de vouloir un résultat délictueux. On a donc coutume d’appeler cette définition. Réponse du Code Pénal : nul n’est censé ignorer la loi. Si 64 . Dans le cas des infractions artificielles. c’est volonté de provoquer le résultat redouté. En sorte que l’on peut décortiquer cette information en deux points. c’est le dol spécial par opposition au dol général. Lorsqu’il est établit qu’un agent avait pour objectif de provoquer le résultat alors on présume qu’il savait que l’on violait la loi pénale. . 2/La volonté de produire un résultat délictueux. L’intention.Droit Pénal vouloir). l’agent peut ainsi renverser la preuve. même en présence d’une infraction artificielle. on peut considérer que l’agent a voulu violer la loi pénale. donc non je n’ai pas voulu violer la loi pénale. d’infraction en infraction. Le dirigeant est punissable s’il a agit dans un but d’intérêt personnel (nécessité d’un mobile particulier qui conditionne le dirigeant). On ramène ainsi à l’unité. vouloir porter atteinte à la propriété d’autrui c’est vouloir aller à l’encontre du droit pénal. . L’intention est fautive quand on tend notre volonté vers un résultat licite. mais non cette intention n’est pas fautive. Quand on relie l’intention à la volonté. Il n’y a aucune faute à vouloir un résultat licite.Résultat juridique : limite de vitesse violée. On pourrait ainsi dire. On a. Seule importe l’intention. . Le mot français vient d’un mot latin intendere qui signifie tendre vers. là. que quelle que soit l’infraction considérée. Il arrive que le mobile soit une composante incluse dans la définition de l’intention : les mobiles viennent enrichir le contenu psychologique. Il faudra donc pas seulement établir qu’il a voulu porter atteinte pour la révision particulière mais un but d’intérêt personnel. ne soit punissable que si cette volonté n’est déterminée pour une raison précise déterminée par la loi.Comportement de celui qui appuie sur la pédale. Cette volonté de violer la loi pénale. Cependant. Mais en définitive.

Causalité directe est une catégorie ouverte. où l’agent a ou n’a pas développé les diligences normales. puisqu’il manque l’infraction spéciale du dol général. § 2 : La faute d’imprudence. Elle s’apprécie donc in abstracto par référence à un standard. Art. si un dommage a été causé. Certain état de vigilance qu’il n’a pas eu. s’agissant des éléments matériels que l’agent ne se sera pas comporté (élément matériel) comme l’homme raisonnable l’aurait fait dans la même circonstance. Parce que sa vigilance n’est pas suffisamment tendue. chef d’entreprise pareil avec un chef d’entreprise et non pas d’un homme lambda pas médecin.Droit Pénal un dirigeant décide une action pour porter atteinte. la causalité est directe. Le mot “imprudence” est ambiguë : certains types d’actes (élément matériel) ou un certain état d’esprit de l’agent (élément moral). un peu comme l’archer tend son arc. 65 . a contrario dans toutes les autres hypothèses. L’infraction obstacle réprime une imprudence non dommageable : notamment le cas de laisser divaguer un animal dangereux. 123-1 CP dispose qu’exposer délibérément autrui à un danger est condamnable même si le danger ne se réalise pas à la condition qu’elle soit causée de manière effective un dommage. Que faut-il pour qu’il y ait faute d’imprudence ? Que se passe-t-il si en raison d’un relâchement de la vigilance. dans le cas de l’imprudence. mais que ce relâchement ne pose aucun dommage à quiconque. il aurait évité que le résultat se produise. Il arrive que le juge tienne compte du mobile qui a poussé l’agent au moment de choisir la sanction : . il en résulte. L’importance de ce lien trouve une nouvelle illustration dans la réforme du loi 10 juillet 2000 (délits d’imprudence) décret 20 sept 2001 (contravention d’imprudence). Cela ne vaut que pour les personnes physiques et non pas les personnes morales.Mobiles viciables augmentent la peine. celles que l’homme avisé aurait eu.Causalité indirecte : article 121-3 décrit deux situations : . L’infraction ne serait donc pas consommée. On peut alors définir l’imprudence par opposition à l’intention. n’est cependant pas en soit délictueuse (si on tend par exemple vers un résultat illicite). dès l'instant où on constate que le dommage et intervenu. que l’on apprécie en fonction de la nature et de la fonction de l'intéressé. L’intention suppose que l’agent tende sa volonté. image donc inversée. la vigilance est insuffisante sauf cas de force majeure : si l’individu suffisamment vigilant. l’agent n’a pas prévu ce résultat. mais pas dans un but personnel alors dol général mais pas spécial. mais n’a pas commis de faute. Importance du lien de causalité. on provoque un résultat illicite ? Caractère délictueux en référence à un résultat ? Ce lien on le retrouve alors avec l’imprudence. Si l’on poursuit pour imprudence un médecin. que l’on apprécie avec ses compétences et les moyens qu’il avait. alors certaine aptitude psychologique de l’agent. article où le législateur définit l’imprudence.Mobiles honorables minorent la peine . A contrario. Par le même mot on renvoie à deux composantes qu’il ne faut pas confondre. l’imprudence n’est pas délictueuse. Le législateur considère qu’en matière d’imprudence. qui est illicite que si elle provoque un résultat illicite. Cette appréciation est expressément évoquée par l’article 121-3. si un individu placé dans certaines circonstances est insuffisamment vigilant. Ces deux textes ont introduit une distinction en matière d’imprudence entre la causalité directe et la causalité indirecte : . On peut dire que pour un état psychologique.La personne auteur de la faute d’imprudence n’a pas pris les précautions qui auraient permis d’éviter le dommage. L’imprudence est fautive dès l’instant où elle cause un résultat dommageable. De la même manière. on le rappelle que le texte dise ce dol. le juge ne peut le déclarer de par l’interprétation. Il faut. Si on fait l’effort de raisonner sur l’imprudence comme rattachée à l'élément moral. Puis vient un lien de causalité entre l’imprudence et le résultat. l’imprudence n’est punissable que si elle est dommageable. l’imprudence est un relâchement de la vigilance. Si la volonté est tendue vers un cas illicite. . L’intention. L’imprudence peut être le relâchement de la vigilance. Il y a un rapport de causalité. la preuve que la vigilance a été suffisante. qui lui aurait eu cette vigilance. l’abstention est une cause indirecte. on raisonnera par rapport au prototype du médecin. ou pas chef d’entreprise.L'auteur de la faute d’imprudence a créé ou a contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage .

Qu’il s’agisse d’une faute d’imprudence simple ou grave elle est parfois l’élément moral : pas de crimes par faute d’imprudence. après la condamnation du maire d’une commune pour faute d’imprudence parce qu'une cage de foot de la commune était tombée sur un enfant. On fait donc apparaître que ce dirigeant personne physique est cause indirecte de la mort. On pourrait ainsi résumer la situation de la manière suivante : présence de l’infraction qui suppose une faute intentionnelle dont les conséquences sont aggravées par une imprudence. Alors que lorsque la causalité directe. l’imprudence consciente d’autre part. => attitudes de psychologie intermédiaire. Ce problème se pose alors dans deux cas qu’il est coutumier d’appeler le dol indéterminé d’une part. le résultat obtenu va ainsi au-delà de ce qui était prévu. L’inverse est vraie. il faudra indiquer l’une ou l’autre faute grave. qui a pour objectif de causer un résultat. mais le résultat n’est pas intentionnel. Sa faute est donc ainsi intentionnelle. Cette construction est il faut le rappeler propre aux personnes physiques. Parce que le dol de violence va par un coup vouloir causer un dommage à cette victime. Alors il va être puni à auteur de ce qu’il a cause. Faute d’imprudence = faute d’imprudence simple on relaxe le dirigeant mais pas la société. Infraction d’imprudence à une personne morale ou a une société. Peut-on alors assimilé l’auteur de ce comportement à une infraction intentionnelle ? Cette question se pose alors différemment. Si on veut engager une responsabilité personnelle. Il faut pour le législateur assimiler ce type de situation à un critère intemporel. Agent commet un acte qu’il sait illicite et où il provoque un dommage plus important que ce qu’il voulait : le comportement est donc volontaire. il ne l’a pas voulu parce que pas prévu. selon que l’on l’envisage avec un juge ou non. illustration claire du dol indéterminé. Faute caractérisée : article 131-3 al. on engagera la responsabilité même si celle de la personne dirigeante n’est pas engagée. imprudence n’est pas importante en matière d’infraction. est tenu pour équivalent au dol général. 4 CP : la violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement (franchir le feu rouge). 66 . L’intention suppose que l’agent a voulu le résultat de son acte : l’agent n’a pas voulu le résultat. Le législateur a mis en place la politique des vases communicants : causalité indirecte est d’intensité causale faible. A/Le dol indéterminé. Dans l’hypothèse où l’agent n’a pas prévu un résultat alors qu’il aurait pu : pas envisagé la prévisibilité. Texte législatif ou réglementaire prescrit un comportement à tenir en matière de prudence ou de sécurité. Pas d’obligation propre d’origine légale ou réglementaire. Faute grave : L’article 121-3 al. et de fait il ne se prive pas de cette possibilité et il lui arrive de l’utiliser. Mais voilà que les conséquences sont beaucoup plus graves que prévues. S’agissant du législateur : difficulté. Lorsque l’on parle de l’imprudence de la loi ou du règlement : influence constante. Mais dans cette situation on va commettre une faute caractérisée et on va avoir un comportement qui expose autrui à un risque particulier que l’on aurait dû connaître. 4 qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité que l’on ne pouvait ignorer. Mais si on veut déclarer la société coupable de l’homicide par imprudence. Faut-il les traiter comme tel ? On le tire vers le haut ou vers le bas. § 3 : Les fautes de nature intermédiaire. À propos de l’infraction dite de violence. Ex : propriétaire d’un terrain qui n’est pas clos dans lequel on creuse un trou : situation dangereuse même. Ces conséquences qui ont dépassé la volonté étaient prévisibles. même la plus légère. Situation qui est selon Conte absurde et juridiquement inexplicable. sa responsabilité pénale peut être engagée par n’importe quel type de faute. Dans l’hypothèse d’imprudences graves qu’il faut assimiler à une intention. Il y a eu une réforme en 2000. Au point que dans cette situation. l’agent aurait pu prévoir la possibilité d’un résultat mais sans le vouloir. Personne ne peut ainsi doser la force au point d’être certain du dommage que l’on va causé. et cela suffit. sa responsabilité pénale ne peut être engagée que si sa faute d’imprudence est une faute d’imprudence grave. Situation où on a une possibilité d’agir. Comportement volontaire.Droit Pénal En ce qui concerne les personnes physiques est cause indirecte. elle ne vaut pas pour les personnes morales. Le même comportement est constitutif d’infraction pour une personne morale mais pas pour une personne privée. pour compenser cette faiblesse il faut donc une faute d’imprudence forte (grave). le dol indéterminé.

En revanche pour le juge.Droit Pénal La solution est même plus sévère. il a voulu la tuer. Le relâchement de la vigilance. l’imprudence. ou à la suite d’une erreur de droit qui peuvent conduire à la disparition de la faute. mais erreur sur par exemple l’identité de la victime. Ex : entreprend de dépasser alors que visibilité insuffisante. . il ne peuvent pas se l’autoriser : principe de la légalité criminelle. Ou autre. Plus précisément. Si dans une situation de causalité directe. assimilation de l’imprudence. l’erreur de fait supprime l’intention si elle empêche l’agent de prévoir la survenance du résultat illicite. même si dommage imprévisible : dol praeter intentionnel.Imprudence du distrait qui par un geste maladroit va causer un dommage (exemple faire tomber un pot de fleur et tuer un passant). Il y a deux types donc d’imprudence consciente : . la faute est intentionnelle. Dans le dol indéterminé. Question de l’assimilation de l’imprudence consciente à l’intention : la réponse du L sera la même que pour le dol indéterminé. la personne n’a pas compris le comportement qu’il aurait 67 . mais ce que je n’ai pas voulu se produit alors que je ne le voulais pas. même s’ils ne s’excluent pas : personne qui vise une victime mais se trompe. ne peut pas a priori avoir cette conséquence pour l’imprudence. parce que objectif premier illégitime. donc ici bien faute intentionnelle. il souhaite qu’il ne se réalisera pas. Ici donc intention licite. Ex : un automobiliste entreprend le dépassement alors qu’un conducteur arrive en face. erreur et résultat illicite ce qui n’est pas le cas dans le cas du meurtre.Comportement dangereux. S'agissant des juges. Le législateur est extrêmement sévère à l’encontre des auteurs des infractions imprudentes conscientes. cette attitude est alors exceptionnelle. Le législateur fait donc preuve de clémence. le L prend en considération la personne physique. puisque condition de la responsabilité pénale. Elle ne fait donc pas disparaître la faute. § 1 : L’erreur de fait. mais qui se justifie par la souveraineté du législateur : solution donc particulièrement sévère. simplement s’il prévoit comme possible ce dommage. Ex : concernant la réforme de la loi du 10 juillet 2000. Donc les juges vont appliquer le principe légal. La création du risque au regard de ce résultat. Notion de conscience d’imprudence.Dol éventuel : quelqu’un qui prend inconsciemment un risque mais qui parie sur sa bonne étoile. cependant parce que l’imprudence est consciente les peines sont alors aggravées. B/L’imprudence consciente. une personne à la fin d’un dîner prend un manteau en pensant que c’est le sien. Au regard du risque créé. est une imprudence simple. . L’erreur de fait fait disparaître ou non l’intention. et s’agissant de la personne physique. A/Les infractions intentionnelles. au regard du dommage créé ma faute ne l’est pas. Le législateur n’assimile pas l’imprudence consciente à la volonté. SOUS-SECTION 2 : L’ABSENCE DE LA FAUTE. La faute peut disparaître à la suite d’une erreur de fait. et se trompe en prend un autre. B/Les infractions d’imprudence. alors infraction reprochée disparaît ? Elle est assez difficile de trouver en même temps l’erreur et l’intention.L’agent va consciemment prendre un risque en pariant sur son adresse pour l’éviter. ma faute est intentionnelle. Deux variétés d’imprudence : . Erreur de fait. il ne lui appartient pas d’assimiler le dol praeter ou le dol intentionnel. Erreur de fait qui peut être une cause de non culpabilité. Causalité indirecte. le dommage était imprévisible (imprudence). contient de ce danger et il sait très bien que ce comportement peut causer un dommage.

La seule présence au sein d’un groupe délinquant ne peut alors suffire à engager ipso facto la responsabilité pénale. qui ont cette caractéristique de pouvoir être commises par plusieurs personnes ensemble. C’est le cas par exemple en ce qui concerne le proxénétisme. pas plus que l’auteur de l’erreur de fait (cas du manteau). § 1 : L’auteur. 68 . SECTION 2 : LES FAUTIFS Le principe fondamental est la responsabilité pénale du fait de l’homme. on ne peut exiger de la personne qu’elle ait fait des efforts positifs pour connaître de la légalité. l’ignore. La jurisprudence des années 60 a marqué un certain assouplissement.Commettre soi-même. . Celui qui se trompe sur la loi pénale. . En réalité totalement différente L'erreur de droit = indifférente. La différence est dans la responsabilité du fait d’autrui/ obligation de réparation. C’est ce que l’on appelle la commission d’infractions en bande organisée. Dans l'hypothèse particulière où il faut distinguer plusieurs catégories de fautifs. en réponse à certaine question qui dit que l’on peut le faire. en sorte que l’erreur de fait est impuissante à faire disparaître la faute d’imprudence. L’erreur que la personne n’était pas en mesure d’éviter. § 2 : L’erreur de droit. Une infraction commise par plusieurs personnes en même temps : rôle de chacun devrait être puni et non pas en fonction des comportements des autres => c’est le principe. Jurisprudence cependant d’une très grande sévérité en ce qui concerne la détermination d’une erreur de droit. alors dans ce cas illsera de toutes les manières coupables. Ex : parents qui sont obligés de réparer les dommages de leur enfant. On ne peut pas exclure cependant qu’il puisse avoir une responsabilité pénale du fait d’autrui même si elle semble improbable. Il faut alors comprendre la portée de bon sens : cela n’exclut pas l’incrimination de l’adhésion personnelle à un groupe de délinquant (ici acte personnel). Le plus souvent la réaction du droit pénal est associée. . Article 414-1 du Code Pénal : il n’y a là aucune atteinte au principe de la responsabilité personnelle : comportement qui nous est propre. Le Code Pénal a introduit une innovation radicale. À cette erreur de fait. on peut opposer l’erreur de droit. L’hypothèse des infractions collectives. C’est donc à elle d’apporter la preuve (pas au Ministère Public). n’a pas la volonté de la violer. il admet désormais qu’une erreur sur le droit. La Cour de cassation en tire la conséquence que les juges du fonds n’ont pas à soulever d’office la question de cette erreur de droit. Il ne s’agit pas d’une erreur de fait. Le cas de l’erreur de droit est comparable de l’erreur de fait. mais en présence de quelqu’un qui s’est trompée sur le droit ellemême : erreur sur le droit.Participer à l’infraction commise par un autre : complice.S'associer au groupe après qu’elle a été commise : receleur. il y a en parallèle des circonstances de fait. C’est l’administration qui. qu’en dépit de ses efforts elle n’est pas pardonnée : elle est donc excusable.Droit Pénal dû avoir. Position nouvelle affirmée par l’article 122-3 du Code Pénal : “n’est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru par une erreur sur le droit qu’elle n'était pas en mesure d’éviter pouvoir légitimement accomplir l’acte”. 3 façons de réaliser personnellement l’infraction. et entraînera circonstances aggravantes de la peine. du fait personnel : article 121-1 du Code Pénal actuel “nul n’est irresponsable de son propre fait”. relaxe d’une personne intentionnel. que l’agent l’interprète mal. puisse de façon exceptionnelle puisse être une cause de non culpabilité à l’image de l’erreur de fait. SOUS-SECTION 1 : LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DU FAIT PERSONNEL.

Il ne faut pas confondre donc le bras et le cerveau de l’infraction. Celui qui est désigné est alors l’auteur juridique. son comportement ne correspond pas aux éléments constitutifs. Notion donc de co-auteur et donc de la co-action. Les juges refusent alors de relaxer tout le monde : parce que pas de causalité explicite. C’est l’auteur juridique . 69 . L’auteur dit que faire commettre ce n’est pas commettre. Donc difficulté considérable à déterminer qui a réellement provoqué le résultat illicite. il se peut même que rien ne se serait produit. mais on ne sait pas qui a porté le coup mortel. Le législateur distingue selon que l’auteur est un auteur direct ou indirect. donc certes il faut les envisager individuellement. Un auteur particulier. Il est arrivé dans certains arrêts de faire le raisonnement suivant : co-action donc coauteurs. Cas donc lorsque ce tiers est inconscient du rôle qu’on lui fait jouer : lorsqu’il est de bonne foi. Possible alors que le sort de chacun des coauteurs soit influencé par la présence des autres. La jurisprudence n’est cependant par réellement en harmonie (pris quelques libertés). Il n’est donc pas celui qui provoque le résultat illicite. A/L’auteur matériel. un auteur juridique. L’auteur matériel est donc celui qui réunit sur sa personne tous les éléments constitutifs des éléments envisagés. rien n’interdit de déroger à cette règle => auteur et non plus un complice. B/L’auteur moral. Responsabilité de média. On sait que dans le groupe tous on porté un coup. c'est-à-dire action ou omission incriminée. Toute la difficulté est alors de savoir comment le droit pénal va traiter ce cas. Il est donc assez simple de trouver qui est l’auteur matériel. Sans son intervention. Mais ces coauteurs se sont aidés mutuellement. par exemple. Ex : agression commise à l'encontre d’une même victime mais par plusieurs personnes en même temps. élément matériel comme l’élément moral . L’auteur juridique est celui qui tient le rôle principal. chacun des co-auteur est unique est doit être examiné séparément par les juges. l’auteur moral par principe n’est pas considéré comme l’auteur juridique de l’infraction et va poser comme règle que l’auteur moral est un complice. C’est le cerveau . L’article 433-1 CP auteur de la corruption est traité de la même manière. et on chacun pris quelque chose. c’est celui qui fait commettre l’infraction. puisque comportement qui correspond aux conditions de consommation de l’infraction. Elles sont plusieurs à avoir eu un comportement qui correspond à la définition du crime. Ex : le législateur punira celui qui fait faire l’acte . sert. du délit ou de la contravention. Les juges ont ainsi considéré comme étant auteur juridique celui qui a fait commettre l’infraction par un tiers ayant agit comme une sorte d’élément passif obéissant entre ses mains. En sorte que ce tiers n’apparaît plus aux yeux des juges comme un être humain : responsabilité de celui qui s’en. La co-action est donc une juxtaposition de plusieurs actions banales. Les juges de leur propre autorité considère comme un auteur juridique non pas celui qui a fait mais celui qui a fait faire. Mais. Cette personne décède. En revanche celui qui a conduit l’auteur sur le lieu de l’infraction. Notre système n’accepte pas par principe de faire de l’auteur moral. que l’on appelle l’auteur matériel (celui qui exécute réellement l’infraction) par opposition à l’auteur moral. La présence de la co-action ne devrait ainsi pas entraîner de situation juridique particulière.Droit Pénal L'auteur juridique de l’infraction = celui qui exécute cette infraction ou qui tente de l’exécuter dans l’infraction punissable. plusieurs personnes vont commettre cette infraction. quitte à ce que le législateur décide de faire de cette co-action une circonstance aggravante. les juges les considèrent quand entraide comme des complices : re-qualification. En conséquence. partant du principe qu’une co-action est d’autant plus dangereuses que plusieurs personnes sont ensembles. Ex : des cambrioleurs ont dévalisé en même temps la maison. Ils qualifient alors une scène de violence : scène unique où tous ceux qui sont présent sont responsables du résultat sans que soit observée au cas particulier le rôle de chacun. puisqu’il suffit de lire la définition de l’infraction et de relier les éléments constitutifs et le comportement opéré. Il est donc celui qui va consommer l'infraction ou tenter de le faire (tentative) c’est donc lui qui atteint le résultat illicite ou tente de le faire. Cette situation est donc celle dans laquelle. celui qui exécute l’infraction ou qui tente de le faire. Cette complicité s’adapte au cas particulier de l’auteur moral. donc. Elle est morte d’un des coups de couteaux. Alors les accusés se renvoient la faute l’un sur l’autre. Situation donc bien différente de l’auteur matériel.

Mode de participation criminelle : le complice ne commet pas lui-même l’infraction.Le complice ne commet pas l’infraction. . il s’associe à la commission par un autre. B/L’incrimination de la complicité Élément légal et élément matériel. l’acte principal punissable. Complice d’une contravention par : . Complicité = incrimination particulière parce que dépendante : on n’est pas complice tout seul. autre qui est alors l’auteur juridique. Dans ces hypothèses. a perdu aujourd’hui beaucoup de son intérêt. Puisque je ne suis pas complice tout seul. il faut ensuite donc s’être associé selon les modes de participation prévues au titre de la complicité. il se greffe sur l’acte que celui appelle l’auteur principal. À ce titre. auteur juridique du faux. puis. du complice et du coauteur. Le législateur et le juge ont fragilisé le principe même de la distinction. je ne suis pas obligé d’être coauteur. et que donc la distinction n’avait pas d’intérêt puisque pas de différenciation. Article du Code Pénal qui pose la règle : article 121-7 du Code Pénal qui dit que la complicité de crime et de délit est toujours punissable et la complicité de contravention. de n’importe quelle classe n’est punissable que dans certains cas de complicité.Provocation . Que l’on appelle alors l’auteur principal. Celui qui est commis par l’auteur juridique de l’infraction. Inversement il est arrivé que la jurisprudence ait considéré que le complice est un coauteur : ceci avec des objectifs purement répressifs. On a donc des raisons à distinguer les deux. 1/Élément légal. Code Pénal : complice assimilé à l’auteur. mais celui qui a dicté = auteur média. le complice va donc être complice d’un meurtre. A/Les peines du complice. § 2 : Le complice. 2/Élément matériel. lui. je suis complice au titre de l’infraction. a/L'acte principal punissable. l’officier = rien. Le complice emprunte la criminalité de l’acte principal. Chaque coauteur est complice des autres. la commet. Le complice accomplit-il un rôle secondaire ? Non. qu’il a pris sous la dictée sans avoir aucun moyen de vérifier. l’acte de complicité lui-même punissable. il faut un acte principal. viol… 70 . notamment lorsqu’elle arrivait à la jurisprudence de définir que le complice n’était pas punissable. Il consigne donc sans rendre compte qu’il enregistre des fausses informations. le coauteur. Le premier étant le support du second.Droit Pénal Ex : infraction qui consiste à commettre un faux en écriture publique et jurisprudence a eu à se prononcer sur le cas où un acte avec des inexactitudes. La Cour de cassation a fragilisé encore : avec la théorie de la peine justifiée qui se manifeste dans l’hypothèse où on constate qu’un juge du fond s’est trompé dans la qualification (complice / coauteur) donc condamnation sur une qualité qui n’était pas la sienne. Élément légal = élément constituant. La jurisprudence a aussi contribué à diminuer cette différence : responsabilité co-respective.Le sort n’est pas identique. pour que la complicité soit punissable. Cette distinction. une personne peut être complice alors même qu’elle en aurait été déterminante. Distinction de la co-action et de la complicité : .Instruction. et élément moral. Deux composantes. Pourvoi donc en cassation = la peine encourue était similaire.

autrement dit on échappe qui l’on est sous l’emprise d’un acte. Sʼagissant du conducteur. En conséquence. Acte objectivement punissable et le complice pourrait être condamné. or. 221-5-1 CP. il est un comparse et non pas un complice et alors nʼest pas punissable. Impunité choquante du complice. on est arrivé à la conclusion que la bonne foi du conducteur aboutissait à sa relaxe (pas dʼintention). conducteur du véhicule de bonne foi et ignorait le contenu. un article qui incrimine le fait de provoquer à la commission un assassinat ou en empoisonnement lorsqu’elle échoue. C'est aussi exclure la sanction du complice dans toutes les hypothèses où cet acte principal n’est pas parvenu au stade où il est punissable. Ex : trafic de stupéfiants dont lʼauteur est intercepté à la frontière. Deux propositions que l’on allons voir : condition nécessaire de la répression de la complicité et suffisante. Voilà pourquoi lʼacte punissable nʼest pas en soit une infraction proprement dite. acte sur lequel son propre comportement doit se greffer : exiger que l’acte principal soit punissable = exigence sous trois aspects. ! Il importe peu que lʼauteur principal ne soit pas condamné parce que sʼagissant de lʼacte principal on observerait quʼil ne constitue pas une infraction. 71 .Droit Pénal Complicité incriminée dans la mesure où l’acte est punissable (condition nécessaire et suffisante). Lʼauteur principal pourrait invoquer non plus une cause dʼimputabilité mais de non imputabilité : auteur principal en proie à un trouble. Il faut donc que l’acte principal soit parvenu au stade de la consommation ou au stade de la tentative : vol consommé ou tenté (tentative de vol est punissable). ! Il faut lorsque lʼon incrimine un comportement. Cette impunité peut conduire à des situations particulières de telles sortes quʼil est possible de réprimer le comparse mais pas au titre de la complicité. lʼacte est punissable. Puisquʼil nʼy a pas dʼintention il nʼy a pas dʼélément moral. et donc pas dʼintention. Acte principal incriminé correspond à lʼauteur principal et que lʼauteur ne soit pas principal de lʼaction correspondante. Lʼauteur principal peut invoquer lʼerreur de fait qui exclurait lʼintention. Le législateur est intervenu mais plus tard pour créer une nouvelle infraction : Art. Ou bien celui qui s’associe à l’auteur principal mais qui y renonce au stade des actes préparatoires. Il est possible que lʼacte du comparse soit érigé en infraction autonome de telle sorte quʼil en sera lʼauteur et non pas le complice. mais il reste un acte objectif punissable et son complice a été condamné. le définir. !/Condition nécessaire. Si une personne participe à des actes punissables. tout ce qui nʼest pas interdit est permis. Mais en revanche une autre personne sʼy était associée dans les conditions caractéristiques de la complicité. Mais le trafic de stupéfiant étant intentionnel. Personne donc auteur spécifique de l’infraction Le complice ne peut pas être condamné si l’acte principal qui a été punissable ne l’est plus et a cessé de l’être. Jurisprudence et ensuite le législateur a essayé de mettre un terme à cette impunité : retenir l’association de malfaiteur (notamment affaire Lacour). et à lʼissue dʼune fouille on sʼaperçoit quʼil y a quelques kilos de drogue. et donc ainsi définir aussi les modes de complicités. Pas de complicité principal si l’acte n’est pas incriminé. car pour rien dans l'échec de l’infraction. emprunt de légalité. b/L’acte de complicité punissable. Acte principal qui aurait fait l’objet d’une amnistie. "/Condition suffisante. Répression de la complicité. Il arrive cependant parfois que le législateur incrimine le fait de s’associer à un acte qui en soit n’est pas punissable (s’associer à un suicide => alors l’auteur du suicide pas incriminé comme complice mais comme auteur juridique du suicide).

lʼentente est antérieure à la commission de lʼinfraction. La complicité sʼentend toujours dʼun acte antérieur dʼun acte principal. La jurisprudence considère que cela est punissable même si certain relâchement. Comportement dʼun individu qui avait les pouvoirs dʼempêcher lʼinfraction mais ne lʼa pas fait. Il nʼest donc pas interdit de démontrer les traits communs qui les rapproche. avant ou après. Complicité de complicité. les dirigeants avaient prélevés les fonds de celle)co et ont été condamné parce que pouvoir de bloquer les fonds et dʼéviter la banqueroute. Cette impunité peut conduire à des impunités choquantes en sorte que le législateur a parfois érigé certains de ces comportements en infraction autonome. si jʼaide un complice. ! Article 121-7 dispose que cʼest lʼacte qui facilité lʼacte principal ou au moins lʼaide. on peut alors être auteur par exemple la corruption. Celui qui intervient est donc un complice. Cela rend donc important le moment de la commission de lʼacte principal ou de lʼacte associé. Chacun de ces modes de complicité a des caractères qui lui sont propres. Donc le coupable sera alors érigé non pas en qualité de complice mais dʼauteur de lʼinfraction. qui consiste pour les dirigeants dʼune entreprise à compromettre la pérennité de celle-ci par un certain nombre de comportement abusifs. qui concluent à lʼappréciation criminelle. et complice. Un simple acte dʼabstention ne peut faire de qui que ce soit un complice. et sʼil répond aux conditions. On peut cependant être auteur dʼune infraction particulière. mais dans des conditions très particulières. 72 . Mais on sera alors auteur de cette infraction spécifique. il sera un receveur (le complice agit avant pendant. elle sera sanctionnée. la provocation. On peut penser quʼune personne aide le complice par exemple. Ex : celui qui vient chercher des ravisseurs après le vol. Selon que lʼon est intervenu pendant. la fourniture dʼinscription et enfin lʼaide et lʼassistance. car corrompre cʼest proposer de commettre une infraction et dans certaines situation. Là encore lʼarticle 121-7 CP intervient. ! Classification entre les incriminations de commission et dʼomission. EX il existe une infraction de banqueroute. dans certains cas. On nʼest donc pas punissable au titre de la complicité. => Tout acte de complicité présuppose un acte positif (on ne peut pas être complice par abstention). suis-je complice du complice  ? C'est un allongement du lien causal. Ne pas faire obstacle à la commission dʼun crime ou dʼun délit contre lʼintégrité corporelle alors quʼon avait les moyens de lʼempêcher. Alors trois modes de participation à lʼacte principal. Il est possible quʼune personne intervienne après la commission de lʼacte principal mais quʼil soit complice si notre action est le résultat dʼune entente antérieure. ou qui est concomitant dʼavec lui.Droit Pénal ! Le fait par exemple de proposer à quelquʼun de commettre une infraction : association à lʼinfraction. cet allongement rend-il le complice du complice punissable. Lien causal obligatoire entre lʼacte du complice et lʼacte principal. On ne peut jamais être complice si on agit après lʼacte principal. Position de principe nuancée par la jurisprudence : la Ccass conclue à la complicité dʼune personne qui sʼest abstenue. !/Les caractères communs. même si pas de complicité. => Le complice doit toujours avoir été causal. pour certaines situations. => cas de complicité ? ! Mode de participation sont prévues par lʼarticle 121-7 du Code Pénal. Dans cette affaire. mais aussi selon que lʼinfraction est instantanée ou continue. le receveur agit après).

ordre . lʼemployeur par un ordre quʼil lui adresse. Si on a fait quʼune tentative de complicité. la nécessité dʼincrimination à titre autonome certaine provocation non suivie dʼeffet. c'est-à-dire exercée vis-àvis dʼun groupe de personne déterminé. . ! Est complice celui qui détermine. sʼil sʼagit de simples renseignements alors on sera un comparse non punissable. La provocation doit être personnelle. ! Sʼagissant de la complicité dʼune contravention. => cette provocation doit avoir été directe ! Rôle causal direct. En sorte quʼune provocation impersonnelle.aide ou une assistance pour favoriser la commission de lʼacte principal (pas pour les contraventions). le salarié est auteur lʼemployeur est complice. Celui qui provoque une infraction par conseil : alors comparse non punissable.abus dʼautorité ou de pouvoir. Cette nécessaire causalité a de plus pour conséquence que la provocation doit être à des conditions suffisamment précise et directe. Dʼoù la nécessité de temps en temps. ou lʼamant dit quʼelle devrait faire des injections : pas assez précis pour être une instruction. le complice a fait naître un projet auquel lʼauteur nʼavait pas songé. ! La provocation doit donc avoir été suivie dʼeffets.menace . ! Lʼénumération des procédés est limitative et le principe de la légalité criminelle oblige. un clé… 73 . celui qui couvre les bruits. pas punissable.Droit Pénal "/Caractères distinctifs. alors que la fourniture du nom et de lʼadresse dʼun médecin qui avorte sera des instruction. que tout autre mode de communication ne fait pas de nous un complice.fourniture dʼinstruction.promesse .la provocation. qui provoque la commission dʼune infraction en promettant à son auteur une récompense (un don). seul celui qui ne sʼassocie pas à la commission principale dʼun acte dʼassistance nʼest pas punissable alors quʼil le serait pour des crimes et des délits. Personne ayant aidé ou assisté lʼauteur principal. le complice a fait mourir les derniers remparts dʼhésitation. ! Provoquer = simplement que le provocateur. ! Différence entre instruction et renseignement : situation dʼun homme vis-à-vis de sa femme. mais ce peut être aussi une autorité de pur fait (leader syndical sur ses « troupes »). Cʼest alors un comparse non punissable sauf si auteur dʼune infraction particulière. ce pouvoir peut être juridique (ex contrat de travail). comme lʼest celle qui est faite par voie de presse. Instruction pour que soit réalisé lʼacte principal. Cette autorité. ou encore. celui qui fournit le plan dʼun système dʼalarme. Les indications données doivent être utilisables. nʼest pas punissable sauf texte particulier et par exemple la loi sur la presse contient une disposition particulière qui permet de réprimer cette provocation particulière. Cʼest donc un cas de complicité très large qui va donc être la bonne à tout faire : celui qui ceinture la victime pendant que les autres le frappe. . Ou encore la situation dans laquelle. Est complice celui qui provoque lʼacte principal par un des moyens de lʼ (sinon comparse) .don . .

! => Le complice a voulu sʼassocier à certain résultat et puis voilà que lʼacte de lʼauteur principal provoque un résultat différent. ! Mais pas nécessairement un accord entre lʼauteur principal et le complice même si la plupart du temps cʼest le cas. si le résultat obtenu est différent de celui initialement prévu et sʼil change la qualification de lʼacte principal. Simple tentative de complicité non punissable ? Peut être que le moyen est inefficace. Complice de cet homicide si jʼai voulu consciemment : association à lʼacte ou au résultat ? Jurisprudence  : uniquement sʼassocier à lʼacte. dispute. En rentrant dans lʼimmeuble rencontre la concierge. une aide morale. ! => lorsque lʼacte principal est un acte dʼimprudence  : peut-on être complice dʼun homicide par imprudence  ? Je ne peux pas être complice si mon intention est de mʼassocier au résultat. il lui prête un fusil pour faire pression. la complicité non intentionnelle nʼest pas punissable. Lʼami est chasseur. Le complice nʼest pas punissable. Cette aide. parce que la qualification change. Un moyen qui se révèle inefficace ne sera pas complice. On est même allé jusquʼà considérer que le fait dʼavoir une certaine attitude peut être considéré comme un encouragement. alors on peut estimer quʼil nʼy a pas de complicité. on lʼa conforté dans son projet => assistance morale. On cite ainsi toujours lʼaffaire Nicolaï dont les faits sont les suivants : cʼest un ami qui raconte à un autre ami quʼil est propriétaire dʼun logement dont le locataire refuse de payer. ! Pour être complice il faut sʼassocier sciemment. pas de complicité dʼune infraction dʼimprudence. mais par le simple moyen dʼinefficacité. introduite par une loi de 2007. Lʼintention dont on parle = intention de sʼassocier à lʼacte ? Ou bien ne faut-il pas exiger davantage et lʼintention sera alors celle de sʼassocier au résultat ? Ce nʼest pas la même chose. Lʼami est-il responsable pour le meurtre avec son arme ? Non. Et cʼest une réponse qui dʼune certaine manière refuse de voir que ce qui fait la 74 . une infraction autonome. sinon. C/Les sanctions de la complicité. Mais on peut sʼassocier intentionnellement à lʼacte qui va provoquer la mort. Cette situation se rapproche dʼune hypothèse de lʼarticle 222-33-3. puisque la qualification voulue (pression) et la qualification obtenue (meurtre) est différente. Mais si on suppose lʼhypothèse dʼun vol dans une maison. Cela revient donc à traiter le complice comme lʼauteur dʼun acte de complice. il abat la concierge. celui qui fournit la matière dʼun article. Le propriétaire est complice même si lʼauteur principal nʼest pas au courant de cette complicité.Droit Pénal ! En matière de presse. condamnation de lʼenregistrement par quelque moyen que ce soit des images de torture de violence ou dʼagression sexuelle. Le complice est-il punissable. 1/Les systèmes concevables. puisque le code pénal nʼapporte aucune précision aussi bien matérielle quʼintellectuelle. En sorte que cela apparaît comme une absurdité. Cette idée que lʼassistance ou lʼaide peut être simplement moral a permis à la jurisprudence dʼêtre audacieuse. ! Il est possible de réprimer la complicité comme dʼune infraction à part entière. ! Le tout est de définir lʼintention requise. simplement parce que je ne peux pas mʼassocier à un résultat que je nʼavais pas prévu. autrement dit. le propriétaire laisse une fenêtre ouverte et pose une échelle devant cette fenêtre. 3/L’élément moral de la complicité. Toute définition de lʼintention est relative. puisque le résultat en définitive obtenu nʼest pas celui qui en définitive était voulu par lui.

Le Code Pénal actuel a repris lʼemprunt de criminalité mais par totalement lʼemprunt de pénalité. mais simplement dans la mesure où il se greffe sur un autre acte qui lui. une circonstance aggravante. Son acte est criminel parce que son acte principal est criminel. mais aussi. le complice sera poursuivit comme auteur de cette infraction. Lorsque lʼon fait dʼune hypothèse de provocation une infraction autonome. et le contraire est vrai). mais atténué. Si le complice emprunte la criminalité de lʼacte principal. Ce système peut donc avoir deux variantes selon quʼil sʼaccompagne ou pas dʼun emprunt de pénalité. ! Le Français ratifie certains des systèmes que lʼon vient de développement. la personne morale complice encoure la même peine ? Non. => Il arrive que la présence de plusieurs participants soit considéré comme une circonstance aggravante. Lʼidée ainsi étant que le rôle du complice est par nature moins décisif que celui de lʼauteur principal. ! Il est possible de faire de la présence dʼun complice. qui suivent différentes possibilités pourrait aggraver la peine prononcée devant le complice. Cʼest ce que lʼon désigne comme la circonstance aggravante. infractions qui ne peuvent être commises que par 75 . => un acte de complicité peut être une infraction autonome. Système qui ont donc pour eux de prendre à ras le corps la dépendance de lʼacte du complice. au fond. une personne morale. la complicité comme circonstance aggravante. Il faut alors que lʼacte du complice nʼest pas délictueux en lui-même. qui va donc alourdir la peine. Mais la continuité dʼun code à lʼautre nʼa pas été complète.Droit Pénal particularité est que lʼacte du complice est un acte dépendant dʼun autre (inhérent à cette situation particulière). 2/Les réponses du droit français. on a la certitude que lʼauteur sera toujours puni même si la provocation sera efficace. mais ce sont là une série de réponse que lʼon apporte de façon exceptionnelle. puisque si emprunt de criminalité => emprunt de pénalité. La réponse au principe de complicité est celui de l'emprunt de la criminalité. il doit emprunter la criminalité de lʼacte principal. le complice emprunte la criminalité de lʼacte principal. ou la complicité dépendante qui emprunte sa criminalité et sa pénalité de lʼacte principal. lʼauteur principal encoure 5 ans dʼemprisonnement. Donc. même si lʼaction nʼa pas engendré le résultat espéré (réponse dʼexception). hypothèse dans lesquelles une bande organisée va aggraver la peine pour toute une série dʼinfraction. Par opposition à lʼemprunt de pénalité relatif selon lequel la peine du complice est celle à laquelle est exposée lʼauteur de lʼacte principal. Le complice empruntant la criminalité de lʼacte principal. Lʼexplication est à rechercher dans la consécration de la responsabilité pénale des personnes morales (si on imagine que lʼauteur principal soit une personne physique. ou encore le viol. lʼacte du complice nʼa pas dʼautonomie et donc il faut traduire cette dépendance. est délictueux. ! La complicité considérée comme une infraction autonome. Le complice doit alors être exposé à la même peine que lʼauteur pénal. on va avoir du mal à emprisonner une personne morale. ! Ou encore. article 121-6 CP : complice est punit comme « auteur » (alors que le complice nʼest pas un auteur !!!!! donc ici faute du législateur  : situation causasse. => Il arrive cependant parfois que le droit français ratifie la notion dʼinfraction collective comme étant des infractions autonomes le simple fait de se mettre à plusieurs pour avoir une activité criminelle (cas de lʼassociation de malfaiteur). mais le complice.

mais voilà que cette sanction va sʼexercer très directement à lʼencontre dʼun tiers qui nʼest pas condamné. Immunité cependant personnelle : son complice.Causes d'atténuations de la peine : ex mineur avec majeur. et qui est compris comme un auteur). Supposons que ce fonctionnaire soit aidé parce que lʼon appelle un complice. . qui nʼest pas fonctionnaire. . Punir quelquʼun dʼune faute qui nʼest pas la sienne = injustice. le complice est punissable. Je vais alors moi76 . il existe des responsabilités du fait dʼautrui mais dans ce cas. cʼest un tiers qui va devoir lʼexécuter. si lʼauteur principal a commis lʼinfraction avec une ou plusieurs circonstances aggravantes réelles. punissable mais pas comme auteur. mais pas vraiment du fait dʼautrui. ! Il faut cependant ici introduire des précisions supplémentaires. ! article 121 CP : pas de responsabilité pénal du fait dʼautrui. je suis pénalement responsable des faits qui sont les miens. cela a la même conséquence. La Ccass viole aujourdʼhui la loi. Par opposition. et dʼoù la qualité de récidiviste. une chose. Il est possible cependant quʼune peine prononcée par des personnes se répercute sur des tiers => donc vraiment indirect. dans la plupart des cas. Cʼest le cas notamment lorsquʼen présence dʼune sanction réelle. et non pas la subir. Le sort de lʼun et de lʼautre ne soit pas totalement identique : . pire. Un mari vole sa femme. alors principe de légalité des délits et des peines est violé puisque sanctionné du fait dʼautrui. donc à des circonstances aggravantes réelles qui sʼattachent à la façon dont lʼinfraction a été commise : elle se communique de lʼun à lʼautre. infraction qui ne peuvent avoir comme auteur quʼun certain type de fonctionnaires. Il peut arriver ainsi quʼil y ait un report de la sanction sur un tiers totalement innocent. cette aggravation va se communiquer au complice. ! Dans lʼhypothèse où une sanction est prononcée à lʼencontre dʼun coupable. § 1 : Les hypothèses de responsabilité pénale du fait d’autrui.Droit Pénal certaines personnes.Immunités sur le sort de lʼauteur et le sort des complices. Ex : à la suite de la commission de certaines infractions il est possible de confisquer un immeuble. responsabilité pénale. immunité familiale. ! Remise en cause de lʼemprunt de pénalité. ne sont pas réellement pénale. ! Il est possible quʼune sanction soit prononcée contre une personne. qui ne profite pas de cette immunité. la plupart du temps passera dans des conséquences imperceptibles. propre à l'auteur ou bien se communique de lʼun à lʼautre. Qui découlent de la personne même considérée. Cet effort dʼanalyse. mais cela ne signifie pas quʼil aura la même peine que lʼauteur principal : juste exposé au même article cʼest le juge qui choisit. Et vice versa. Ex : immunités familiales. SOUS-SECTION 2 : LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DU FAIT D’AUTRUI. même sʼil ne le voulait pas. exposé à la même peine que lʼauteur principal. ! À partir du moment où une personne est affectée par une peine subie par quelquʼun dʼautre. C'est-à-dire qui conserne un bien.Les circonstances aggravantes : acte principal aggravé par un certain nombre de circonstances. On distingue deux types : celles que lʼon dit réelles et celles que lʼon dit personnelles. vs on ne peut pas poursuivre le vol entre époux. dire quʼil sera punit comme auteur ou lʼauteur. pas de poursuite. cette sanction. ! Discerner les différentes hypothèses quʼil faut distinguer. Donc.

La jurisprudence. mais est elle véritablement de nature pénale ? ! Car une responsabilité pénale suppose quʼà un moment ou un autre on ait été déclaré coupable dʼune infraction. un adolescent tue quelquʼun avec lʼarme parce que son père avait oublié de la ranger. le responsable sera le directeur de la publication. on peut appeler cela une responsabilité pénale déclenchée par le fait dʼautrui. Par exemple. lʼauteur de cette infraction = auteur dʼun article diffamatoire.On peut également considérer que la culpabilité du fait dʼautrui peut apparaître comme fonctionnelle : liée à lʼexercice de fonctions. mette de manière fortuite un tiers en situation de commettre une infraction. Au sens où on peut concevoir quʼun acte imprudent. Ce tiers va dʼailleurs commettre cette infraction et va en être déclaré pénalement responsable. pareil pour les amendes. Inculpation du père qui a ainsi permit à lʼaccident de se produire. le code du travail prévoit que lorsquʼune infraction a été commise par un salarié. chef dʼentreprise dont les prévisions du législateur lui-même. On peut rattacher ce type de situation par le fait que la responsabilité pénale. ! Il y a en effet deux grandes situations : . Ces hypothèses correspondent à des mécanismes différents : la culpabilité par le fait dʼautrui. § 2 : Analyse de la responsabilité pénale du fait d’autrui. Le journaliste étant considéré comme complice de la diffamation quand le directeur de la publication est auteur. Cette expression désigne une situation parmi lesquelles on va avoir une personne déclarée responsable dʼun résultat illicite alors que ce nʼest pas ce quelquʼun qui lʼa causé mais une autre personne. ne serait-ce quʼune manière totalement fortuite dans la situation envisagée. au sein dʼune entreprise. Alors la culpabilité apparaît comme déclenché par quelquʼun dʼautre. mais on va étendre cette responsabilité à la personne qui a mise ce tiers en situation dʼimprudence. . ! La fermeture dʼun établissement a son équivalent en droit civil : confiscation dʼun bien. le casier judiciaire du propriétaire de lʼhôtel par exemple reste vierge. constitue pénalement responsable celui qui dirige cette entreprise. lorsquʼune amende a été prononcée contre ce salarié. ! Or dans ces deux cas aucune condamnation nʼa été prononcée envers le tiers. En lʼabsence dʼune disposition de al loi. la responsabilité pénale sera déclenchée par des faits qui sont les siens. Une amende sera valable.Droit Pénal même lʼexécuter. coupable de diffamation.Tout dʼabord le cas des infractions dʼimprudence. le paiement de lʼamende pourra être mise à la charge de lʼemployeur. sans que cela exclue la responsabilité du préposé. qui a été déclenché par le fait de son fils. Donc plusieurs hypothèses. Ex : infraction par voie de presse. Ex : une personne. car il y a bien une responsabilité du fait dʼautrui. on a des amendes civiles. mécanisme de la responsabilité en cascade en application duquel lorsquʼune infraction est commise au sein de la publication. quʼil faut donc essayer dʼexpliquer en tout dʼabord la décrivant. Bref. dont certaines sont plus anecdotiques que dʼautres. A/Sanction du fait d’autrui ! Atteinte à la personnalité des peines. la jurisprudence prend des mesures similaires en ce qui concerne le chef dʼentreprise (=> coupable pour les faits de lʼun de ses salariés). Or cʼest une situation incongrue. La peine qui se reporte sur 77 . Cette situation est tout spécialement celle du chef dʼentreprise. solution dès le XIXème siècle juge que toute violation dʼune prescription légale ou réglementaire commise par un salarié. mais cette conclusion est sans doute excessive. et il est prévu que ce soit lʼamende qui ne soit pas coupable.

! Mais caractère ambivalent de la délégation de pouvoir  . même si elle est conditionnée par le fait dʼun tiers. alors la violation des normes réglementaires à ce sujet nʼentraînera pas sa responsabilité pénale. Ca limite donc le champ potentiel de cette jurisprudence. B/Culpabilité du fait d’autrui. il est bien condamné pénalement. il faut quʼelle soit confiée à un salarié doté de lʼautorité. ! Cette fois-ci. par exemple pour le chef dʼentreprise. ! On comprend mieux alors le caractère souvent dénoncé de la responsabilité quasi automatique du chef dʼentreprise. ! Mais la jurisprudence pose comme condition que cette délégation ne soit pas fautive. or cʼest le rôle du chef dʼentreprise de la faire respecter. Le chef dʼentreprise peut échapper à cette responsabilité en ayant recours à une délégation de pouvoir. il y a au même moment plusieurs chantiers. mais celle du contremaître. de la compétence. le chef dʼentreprise ne peut être présent sur tous les chantiers à la fois. et cette responsabilité ne remontera pas jusquʼau chef dʼentreprise). donc lorsquʼil a commis une infraction celle-ci va engager la responsabilité de la personne morale lorsque lʼinfraction intervient pour son compte. la jurisprudence considérait que certains pouvoirs du chef dʼentreprise ne pouvaient être délégués (ex : entreprise de travaux publics. ! Condamnation est donc bien pénale. et en précise de fondement : une norme réglementaire nʼa pas été respectée au sein de lʼentreprise. cʼest à lui dʼen rapporter la preuve et non pas au ministère public ! À une époque. ! Lorsque la jurisprudence déclare que le chef dʼentreprise est pénalement responsable dʼune infraction commise par un de ses salariés.Droit Pénal autrui nʼest donc pas spécifiquement pénale. Mais cette responsabilité résulte bien dʼune faute qui lui est personnelle. ! De même la jurisprudence a admis une sub-délégation par le délégué. 78 . par exemple en matière dʼhygiène et de sécurité à un contremaître. Donc on ne peut plus sʼen tirer en disant que la responsabilité nʼest pas pénale. Aujourdʼhui elle dit que par principe. elle le fait dans des circonstances bien précises  : violation dʼune disposition réglementaire.Condition de la responsabilité => le délégateur de pouvoir est considéré comme représentant de la personne morale.Mécanisme dʼexonération . il délègue à un contre maître et non pas à un salarié lambda. mais la responsabilité est personnelle. aux mêmes conditions. Cʼest une sorte de responsabilité civile du fait dʼautrui. il peut déléguer tous ses pouvoirs sauf disposition expresse de la loi. et des moyens nécessaires pour faire respecter la réglementation considérée. Donc la délégation exonère le délégateur de sa responsabilité et engage tout de même la responsabilité de la personne morale.

c’est pourquoi il s’efforce de plus en plus de proposer des peines permettant leur individualisation. Justification donc fondamentalement politique. 79 .Il faut également faire état d’une autre classification plus complexe. S OUS .Les peines et les mesures de sûretés. Des lors qu’une personne est exposée à une sanction qui présente le caractère d’une punition. soit en renvoyant à un autre texte. Il est habituel de distinguer . Cependant. . Nécessité technique : gravité de l’infraction correspondante. => celle qui sera subie réellement par le condamné TITRE 1 : LES SANCTIONS PÉNALES ABSTRAITEMENT PRÉVUES PAR LA LOI. c’est la peine par référence. lʼinfraction nʼexiste pas. diversité des sanctions. elle est considérée par la Cour EDH comme une peine soumise à la CEDH. On peut les classifier de plusieurs sortes : classification légale. soit en l’indiquant lui-même. tantôt des peines accessoires. délit. interdiction professionnelle… . la Cour EDH a été amenée à adopter une notion de peine originale : elle instaure un certain nombre de garanties. contraventions). D’une point de vue technique cette détermination abstraite est indispensable pour la qualification. => telle qu’elle apparaît dans le texte => telle qu’elle sera en définitive prononcée par le juge. c'est-à-dire qu’elles ne jouent pas uniquement lorsqu’une personne est menacée d’une peine au sens strict. fermeture d’un établissement… . et d’autres part tantôt des peines complémentaires.Droit Pénal LIVRE 2 : LA SANCTION PÉNALE. conception classique (crime. simplement. ou encore que le législateur propose plusieurs sanctions laissées à l’appréciation du juge.Sanction patrimoniale : amende.Peine privative ou restrictive de liberté : réclusion ou détention criminelle. ou criminelle. En lʼabsence de la sanction. S’agissant de l’application de la CEDH. Il y a donc par exemple les sanctions fiscales.Il faut de plus évoquer la différence entre les peines principales d’une part. des mesures de sûretés : grand arsenal des sanctions. mais aussi les classifier par leur objets : . éviter l’arbitraire du juge. Infraction délictuelle : délit. Parce que cʼest dans la mesure où la sanction est pénale que lʼon sait que lʼon est en présence du droit pénal. Un texte d’incrimination doit permettre d’identifier la peine. Seul le législateur peut prendre cette décision politique. cette abstraction est indispensable pour. et a voulu leur donner un très large domaine d’application. .Peine privative ou restrictive de droits : privation des droits civiques. emprisonnement correctionnel. ! Elle constitue lʼélément fondamental du droit pénal. . des peines. confiscation. même si cette peine n’est pas baptisée sanction pénale dans le droit national. C’est la raison pour laquelle on ne prévoit plus de minimum de peine mais seulement des maximums. obligation d’accomplir un travail d’intérêt général.Réputation du condamné : lorsque le législateur l’a prévu on peut donner publicité à un jugement de condamnation. C’est donc une détermination vouée à être abstraite (le législateur ne peut prévoir les traits de caractère particuliers propre au voleur). La sanction pénale est extraordinairement diversifiée. alors crime. Cependant.TITRE 1 : L A NATURE DE LA SANCTION PÉNALE ABSTRAITEMENT PRÉVUE PAR LA LOI. difficultés d’individualisations de la sanction. qui oppose les peines principales et les peines de remplacement. Parce qu’en proposant un éventail aussi large il espère que le juge trouvera la sanction adaptée à la personnalité du délinquant.

La prévention collective est censée avoir un effet dissuasif sur l’ensemble de la population. Elles ont été identifiées lorsqu’on a perçu que le droit pénal pouvait poursuivre deux objectifs complémentaires : répression et prévention. Les peines ont recours au châtiment comme moyen de politique criminelle.L'autre de droit européen. Mais il y a d’autres procédés qui peuvent prévenir. Donc deux notions de peines : . et dans l’hypothèse où la prévention a échoué. donc c’est stupide de dire qu’il faut privilégier la prévention sur la répression. Elle est par ailleurs conçue comme une nécessité sociale. Elle est inhérente au droit pénal lui-même. est oppressive pour tout le monde. Pendant très longtemps. ce ne sont pas deux notions qui s’opposent. à 80 . La répression est donc une rétribution. La répression est oppressive certes. Le droit pénal est.Droit Pénal Au regard des garanties de la convention. notre droit pénal n’a connu que des peines. La fonction répressive est la plus classique. § 1 : La fonction répressive. c’est infliger un mal au coupable. . ceux qui ont été déclarés coupables. SECTION 1 : LES DIFFÉRENTES FONCTIONS DE LA SANCTION PÉNALE. par ce châtiment on parviendra à cette représentation. elle. § 1 : Le principe de la distinction. Le législateur escompte de cette menace un effet dissuasif général. et c’est mérité. il faut donc infliger au coupable un châtiment. c’est punir. il faut donc infliger au coupable un châtiment. Pour réprimer son comportement et son auteur. à laquelle il faut ajouter la prévention individuelle. y compris les innocents. Réprimer c’est infliger un châtiment. CHAPITRE 1 : LES PEINES ET LES MESURES DE SÛRETÉ. par ce châtiment on parviendra à cette représentation. puis déclin. évitant une rechute. Au nom de l’idée que la sanction la détournera de la récidive. car en cas de condamnation on espère que çà dissuadera le condamné de recommencer. Mais la prévention peut être individuelle aussi. Distinction a été présentée comme révolutionnaire lors de sa naissance. La prévention. Pour réprimer son comportement et son auteur. Elle postule qu’au sein des sanctions pénales il y a deux grandes catégories : les peines et les mesures de sûreté. mais elle vise aussi à la réadaptation du délinquant qui peut prendre ainsi conscience de la gravité de ce qu’il a fait. cette répression n’offre pas beaucoup de choix pour la mise en œuvre. cette répression n’offre pas beaucoup de choix pour la mise en œuvre. préventif. A/Les peines. par essence. parce que c’est la fonction première du droit pénal.L'une de droit interne. mais c’est aussi intimider (fonction préventive). car elle montre les valeurs importantes pour la société. la contrainte judiciaire doit être considérée comme une peine. puis spectaculaire renouveau. La répression est la fonction expressive du droit pénal. C’est pour cela que l’on appelle cela la prévention collective. mais seulement pour une minorité. § 2 : La fonction préventive. Châtier c’est infliger une souffrance. SECTION 2 : DISTINCTION DE LA PEINE ET DE LA MESURE DE SÛRETÉ.

la légalité criminelle notamment. ce qui achève de faire douter de la distinction. il faut lui imposer un mal équivalent. Casse dans un arrêt Labour a dit qu’on ne peut prononcer une mesure de sûreté pour un mineur car pas d’imputabilité.Elle peut être conçue comme un traitement infligé au délinquant pour éviter sa rechute (mesure à caractère personnel). Elle est donc neutre. son image inversé. elle vise moins à répondre à une infraction. Les peines ont donc une fonction très riche en raison de leur but. Pas d’absence de limites temporelles puisque sinon. D’ailleurs c’est une privation de liberté. Mais la peine se rapproche elle aussi petit à petit de la mesure de sûreté : elle est de moins en moins fixe et fixée une fois pour toutes => elle devient de plus en plus révisable. Deux conceptions des mesures de sûretés : . Elle est rétributive. D’un point de vue purement technique. elle n’est pas afflictive. Ex : si à la suite de poursuites. révisable à tout moment pour être calquée sur l’évolution de l’état dangereux. la 81 . On pense aussi que les peines peuvent améliorer les condamnés (correctionnelles) => but de corriger le délinquant. même procédé donc que pour les peines. mais aussi à l’égard d’une personne non coupable. Le juge ne peut donc pas prononcer une mesure de sûreté non prévue par la loi. à un acte. de changer son comportement. ni morale. Elle parait être l’opposé de la peine. puisqu’elle fixe le tarif de la sanction. Une personnalité change. B/La mesure de sûreté. et donc ceux qui défendent la mesure de sûreté souhaitent qu’elle soit variable. elle frappe le condamné. lorsque constatation d’un état dangereux. => Et difficile d’admettre une mesure de sûreté à l’égard de quelqu’un qui n’a pas compris la portée de son acte. Elle devrait donc être définitive. Comme en matière de sûreté. Car si on s’y intéresse concrètement. elle ne s’intéresse qu’à la prévention. dans l’idée où celle-ci n’appartient pas au coupable. donc on devrait en principe mettre des mesures de sûreté de durée indéterminée. Le juge peut ainsi prononcer une fermeture d’établissement. aucune condamnation pour un accident de travail (pas de coupable) il est possible d’imposer à l’entreprise tout de même d’augmenter les mesures de sûretés. Elle s’assigne pour but de faire cesser l’état dangereux. Pas admissible. § 2 : La remise en cause de la distinction. De la même manière : on peut envisager la confiscation d’une chose. => La mesure de sûreté a dû se rapprocher de la peine pour respecter les principes du droit pénal. on nuit aux libertés individuelles. et elle est infamante puisqu’elle le désigne à la réprobation générale. théorique. elle peut donc être infligée à une personne irresponsable. . quand bien même il n’appartient pas au condamné. on ne parlait pas de peines correctionnelles pour les crimes parce que l’on considérait que les crimes ne pouvaient pas être corrigés. => La durée d’un état dangereux est inconnue au départ. ex : un dément (alors qu’il est exclus de le punir). ni infamante. on doit savoir. Pas acceptable de ne pas mettre de limite. => Pareillement. donc est amputée d’une partie des fonctions de la peine : elle n’est tournée que vers l’avenir. mais à la personnalité de l’auteur de l’acte.Droit Pénal compenser le mal infligé à la société (fonction rétributive). contrairement à la peine. mais c’est contraire aux principes du droit pénal.Ou comme un traitement infligé à une chose dangereuse : elle s’attache à une situation (confiscation d’une arme à feu : mesure à caractère réel) ex : obligation faite à une entreprise de respecter les mesures d'hygiène et de sûreté pour éviter un nouvel incident. Pour effacer ce mal. fixe une fois prononcée. le régime juridique mis en place pour les peines et les mesures de sûreté va être relativement semblable. de prendre des mesures contre un individu qui n’a pas encore commis aucun acte. Elle vise l’état dangereux du délinquant. elle évolue. À sa création. Elle est donc de portée plus limitée. Elle réunit ainsi une fonction répressive ou préventive. Parce que d’un point de vue théorique. La peine est afflictive. mais aussi en raison de leur portée : elles s’intéressent au passé mais aussi à l’avenir. Cette présentation apparaît comme extrêmement abstraite. qui peut douter par exemple qu’une interdiction professionnelle (mesure de sûreté) va être ressentie par le condamné comme une peine afflictive et infamante. on ne peut prendre une mesure de sûreté contre quelqu’un encore non condamné.

Droit Pénal peine doit pour s’adapter à l’évolution parallèle du délinquant. Il faut donc savoir opposer une conception plus concrète, prenant en compte ce que le délinquant ressent, et prenant en compte la nécessité de toujours respecter la Légalité criminelle et de protéger les libertés individuelles. C’est pourquoi, le législateur français n’a jamais accepté de ratifier de façon formelle le terme de mesure de sûreté. Il a longtemps soigneusement évité de rentrer dans ces distinctions : il emploie presque toujours le mot de peine. Très peu de textes dans lesquels le mot de mesure de sûreté était utilisé (pendant longtemps uniquement à propos des mineurs délinquants), en dépit de quoi, et malgré position très sage du législateur et connaissant cette dangereuse notion. Mais la jurisprudence n’a pas hésité elle, pour soumettre certaines sanctions pénales à un régime juridique particulier, original, qui n’est pas celui des peines. Donc la chambre criminelle a parlé de mesures de police et de sécurité, de police et sûreté… Et elle en déduisait des conséquences particulières, un régime particulier. La consécration de la mesure de sûreté a permis à la Cour de cassation d’affirmer que les mesures juridiques des mesures de sûretés, n’étaient pas le régime juridique des peines, par exemple l’amnistie ne s’opposait pas aux mesures de sûreté car l’amnistie efface l’infraction et non l’état dangereux. Ou bien le principe de la rétroactivité in mitius ne s’applique pas au mesures de sûreté, si la loi nouvelle est plus sévère, elle s’applique tout de même. Elle a aussi ainsi pu écarter la non rétroactivité de la loi pénale plus sévère.

§ 3 : Le renouveau contemporain de la distinction.
Dans un but de lutte contre la récidive, le législateur s’est, ces dernières années, référé expressément au terme de mesure de sûreté, pour soumettre des peines au régime dérogatoire. En se référant à la notion de mesures de sûreté qu’il faut distinguer des peines, il s’est mis dans l’élaboration d’un régime juridique particulier qui n’est pas celui des peines.

A/Le suivi socio-judiciaire.
1978, le suivi socio-judiciaire, article 131-36-1 du Code Pénal et s. (contre notamment les agressions sexuelles) est un ensemble de mesures d’assistance et de surveillance destinées à prévenir la récidive : - Obligation de rester dans un lieu précis, - Ne pas s’approcher de la victime - Se soumettre à des soins, à des traitements, notamment à un traitement anti-libido (ce que les journalistes appellent la castration chimique). - Placement sous surveillance électronique mobile (PSO mobile). C’est prévu pour viol ou assassinat accompagné d’actes de barbaries ou sur mineurs.

B/Rétention de sûreté, surveillance de sûreté .
Article 706-53-13 et s. du Code de procédure Pénal => trouble de la personnalité qui engendre une probabilité très haute de récidive, Ces mesures commencent après l’achèvement de la peine : assassinat, meurtre, torture, viol, condamnation d’au moins 15 ans de réclusion… Il faut que ce soit envisagé au moment de la condamnation par la Cour d’assises, qu’elle en ait envisagé la possibilité. Approbation par la juridiction spécialisée : la régionale de la rétention de sûreté. Cette juridiction établit que le condamné qui a achevé sa peine, qui a exécuté sa sanction, ne sera pas toujours libéré. Placement dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté, pour une prise en charge médicale, sociale et psychologique. À l’expiration de la rétention de sûreté, il pourra après être placé sous surveillance de sûreté ayant à peu près le même contenu : prolongation. Ex. Déclaration d’irresponsabilité mentale de la personne permet de prononcer des mesures de sûreté contre elle, comme l’interdiction de parler à la victime ou de porter une arme. Ex. Mesure de sûreté contre les personnes fichées dans le fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes : gens condamnés mais aussi gens condamnés non définitivement, et aussi gens avec simple composition pénale. Obligation pour ces personnes de toujours justifier de leur changement d’adresses, pour permettre la traçabilité.

82

Droit Pénal

C/Les régimes juridiques qui dérogent.
Le législateur n’a pas hésité à admettre que certaines de ces mesures juridiques puissent être d’une durée illimitée et donc durer aussi longtemps que durera l’état dangereux. Ex : rétention de sûreté, non seulement s’ajoute à la peine, mais est renouvelable indéfiniment aussi longtemps que les conditions pour la prononcer sont réunies. Ex : Pareil pour suivi socio-judiciaire, avec condamnation par la cour d’assises, mais il faut que la condamnation principale soit à perpétuité. Çà pourrait faire encourir à la France une condamnation par la Cour EDH. Donc le législateur a dit que ces mesures pourraient connaître une fin anticipée sur décision de la juridiction particulière. À la suite de ces innovations, et comme ces mesures peuvent apparaître comme très attentatoires à la liberté, on s’est posé la question de la rétroactivité. Le Conseil Constitutionnel a décidé que la surveillance judiciaire pouvait recevoir application rétroactive, car elle n’est pas une peine, ni même une sanction, selon lui. Par contre il n’est pas d’accord pour la rétention de sûreté.

CHAPITRE 2 : LA DISTINCTION ENTRE LA PEINE PRINCIPALE, LA PEINE COMPLÉMENTAIRE ET LA PEINE ACCESSOIRE.
SECTION 1 : LE PRINCIPE DE LA DISTINCTION. § 1 : La peine principale.
C’est celle qui, parmi les différentes sanctions, est envisagée comme la peine essentielle, elle sert de référence pour qualifier l’infraction. Elle se suffit donc à elle-même => le tribunal peut la prononcer seule. Principale, parce que lorsque le juge a conclu à la culpabilité de la personne, il doit prononcer la peine principale, sinon sa décision est nulle. La seule exception se trouve dans l’hypothèse de la dispense de peine. Cas où la juridiction déclare l’intéressé coupable, et pour autant décide de ne prononcer contre lui aucune peine. Principale, la peine l’est dans la mesure où elle doit figurer expressément dans la décision à peine de nullité. Ces peines sont extrêmement nombreuses, variées, elles existent aussi bien pour les personnes physiques que morales.

A/Les personnes physiques.
En matière criminelle la peine principale est la détention ou la réclusion criminelle, la peine secondaire sera alors une peine d’amende. Avec des seuils de 15, 20, 30 ans. En matière délictuelle, il y a plein de peines principales : emprisonnement, amende, peine de jouramende, stage de citoyenneté, travail d’intérêt général, sanction réparation, ensemble de peines restrictives ou privatives de droits (suspension du permis de conduire, interdiction professionnelle…) En matière de police, ou contraventionnelle la peine principale est l’amende (divisée en plusieurs classes), à laquelle s’ajoutent dans des cas bien particuliers (contravention de 5ème classe) des peines privatives de liberté ou de droits.

B/Les personnes morales.
Pour les personnes morales la peine d’amende est multipliée par 5 par rapport aux personnes physiques, et il y a d’autres peines principales paraissant à l’art 131-39 : dissolution de la personne morale, interdiction professionnelle, exclusion des marchés publics, peines privatives ou restrictives de droits assez diverses.

§ 2 : La peine accessoire.
83

Droit Pénal Elle est accessoire à la peine principale, de sorte qu’elle va en suivre le sort, elle en dépend. On la reconnaît parce que certains textes disent que « telle peine est encourue de plein droit ». Si la peine principale est prononcée, la peine accessoire s’y ajoute de façon automatique, même si le juge ne le mentionne pas dans sa décision. De plein droit : la juridiction n’a pas besoin de préciser que la peine s’ajoute au prononcer de la peine principal. Inversement, si la peine principale à laquelle elle se rattache n’est pas prononcée pour une raison ou pour une autre, alors la peine accessoire ne l’est pas non plus : elle ne peut exister sans la peine principale.

§ 3 : La peine complémentaire.
Complément de la peine principale et se rapproche donc de la peine accessoire => peine qui s’ajoute à la peine principale, l’une parce qu’elle en est l’accessoire, l’autre parce qu’elle la complète. Mais elle s’éloignent d’une de l’autres par certains caractères : => La peine complémentaire ne s’impose au condamné que si le juge l’a expressément formulé dans sa condamnation, autrement dit la seule déclaration de culpabilité ne suffit pas. On discerne deux catégories de peines complémentaires : - La peine complémentaire facultative : le juge est libre de l’ajouter ou non à la peine principale, mais dans ce cas il faut qu’il la prononce expressément. - La peine complémentaire obligatoire : le juge s’il déclare l’accusé coupable est obligé de la prononcer, sinon sa décision est censurable. Elle ressemble ainsi en quelques sortes à la peine accessoire. Quelle est réellement la différence ? Lorsque le juge ne prononce pas la peine accessoire, il ne viole pas la loi puisqu’elle s’applique de plein droit qu’il le dise ou pas. En revanche, la peine complémentaire qui n’est pas prononcée ne sera pas exécutée par le délinquant, mais le silence du juge sur cette peine est une violation de la loi, il aurait du la prononcer. Donc, si le ministère public fait un recours contre cette décision, elle sera admise. Ex. Confiscation des objets nuisibles Il y a énormément de peines complémentaires, elles sont propres aux personnes physiques (considérées comme inutiles par le législateur), de fait. L’art. 131-10 du Code pénal fait une liste de peines complémentaires : - Pour les crimes : - Interdiction des droits civiques et de famille. Avec pour conséquence, notamment le droit de vote et d’éligibilité, ou encore fonction publique… - Interdiction du territoire français (double peine mais faux car ça ne s’applique pas qu’aux étrangers, et il y a plein de « doubles peines » pour d’autres infractions). - Exclusion des marchés publics. - Fermeture d’un établissement. - Publicité de condamnation… - Autres exemples en matière de contravention : - Travail d’intérêt général. - Suppression du permis de conduire…

SECTION 2 : LA REMISE EN CAUSE DE LA DISTINCTION.
Question très technique de savoir ce qu’il reste de la distinction, car ces peines se confondent facilement. Les peines complémentaires et accessoires faisaient l’objet de critiques de par leur caractère automatique : pas compatible avec le caractère individuel de la sanction. Donc nouveau texte qui a tenu compte des critiques (article 132-17): “aucune sanction ne peut être appliquée si le juge ne l’a pas expressément prononcée”. Donc même la peine accessoire doit être expressément prononcé, en sorte que le Code Pénal a fait disparaître la catégorie propre de la peine accessoire. Notion finalement à la fois vraie et fausse. Puisque l’on ne sait pas ce qui est visé exactement par le Code Pénal. Puisque dans ce code, on ne trouve pas de peines accessoires. Donc, le législateur n’a pas prévu de peines accessoires, mais tout le droit pénal n’est pas contenu dans le droit pénal. Donc, on ne sait pas vraiment si les peines accessoires sont visées ou non. L’article 132-17 s’applique-t-il aux peines accessoires extérieures au Code Pénal ? Mais on a instauré une commission que l’on a chargé de regrouper toutes les infractions existantes extérieurement du Code Pénal.

84

Droit Pénal

CHAPITRE 3 : LES PEINES DE RÉFÉRENCE, LES PEINES ALTERNATIVES ET LES PEINES DE REMPLACEMENT.
Avec le NCP, la notion même de peine principale a évolué. A l’origine lorsqu’une personne était condamnée on devait prononcer contre elle la ou les peines principales : çà reste vrai, mais ce n’est plus toujours vérifié. En effet dès l’ancien code pénal, et plus particulièrement depuis 1975, on a introduit le concept de peine de substitution : peine se substituant à la peine principale. Les peines cessaient d’être obligatoirement liées à l’infraction mais sous réserve que l’on ne prononce par une autre peine, peine complémentaire, et ou accessoire. Pas de problème sauf si on décidait de substituer à la peine principale la peine complémentaire ou accessoire, prononcer à titre de peines principales. Le NCP a repris et a complexifié cette conception. Les juges ont si peur de se tromper qu’ils ne tentent pas de l’appliquer, complexité qui frise la pagaille. La notion de peine principale a été enrichie par la notion de peine principale alternative. Il y a donc, les peines principales de référence et les peines principales nouvelles, alternatives : on veut dire qu’une peine principale alternative pourra remplacer une peine de remplacement.

SECTION 1 : LES DE RÉFÉRENCE.

PEINES PRINCIPALES ALTERNATIVES ET LES PEINES PRINCIPALES

Le NCP prévoit en matière de délit et de contravention, un large éventail de peines principales dites alternatives à l’emprisonnement et à l’amende. Il les présente comme étant toutes équivalentes entre elles. C’est une conception seulement théorique, car techniquement l’emprisonnement et l’amende restent la référence. Les peines principales alternatives tentent de remettre en cause la prédominance de l’emprisonnement et de l’amende.

SOUS-SECTION 1 : LES PEINES PRINCIPALES ALTERNATIVES.
À coté des peines de références, le législateur a introduit des listes longues de peines présentées comme principales, mais assez particulières puisque peuvent être prononcées à la place. Elles sont donc une peine alternative. Donc peines principales alternatives en matière délictuelle et en matière contraventionnelle.

§ 1 : Les peines principales alternatives en matière délictuelle.
Jour amende, sanction réparation, travail d’intérêt général, peines restrictives ou privatives de droits telles qu’énumérées à l’art. 131-6 CP. Peines principales, censé être au même niveau que l’emprisonnement et l’amende, mais qui en réalité ont pour fonction de les remplacer selon le choix du juge.

A/Le jour amende.
La personne condamnée doit verser au trésor une somme dont le montant est fixé de la manière suivante : la juge fixe une contribution quotidienne (1000 euros maximum), qu’il multiplie par un nombre de jours (360 jours maximums). S’il ne paie pas, il est incarcéré pour une durée de jours correspondant au nombre de jours impayés. Les juges s’en servent peu.

B/La sanction réparation.
Condamne l’intéressé à payer à la victime les dommages et intérêts qui lui sont dûs.

C/Le stage de citoyenneté.
But est de rappeler au condamné les valeurs républicaines de tolérance et de respect de la dignité humaine.

D/Le rappel à la loi.
85

SECTION 2 : L’OPPOSITION ENTRE LES PEINES PRINCIPALES DE REMPLACEMENT ET LES PEINES PRINCIPALES. se fait avec ces peines de référence : emprisonnement ou amende. ces peines principales sont prononcées à la place de l’emprisonnement. or ce n’est jamais le cas. Le L ne dit pas autre chose lorsqu’il dit qu’une peine principale alternative est prononcée à la place de l’emprisonnement. E/Le travail d’intérêt général. peine d’intérêt général. restrictives de droit. peine de stage de citoyenneté. Peines principales alternatives. Donc toujours prééminence à l’amende et à l’emprisonnement.Droit Pénal Prononcé est réel : faits Il faut un auteur : donc que l’acte soit condamné Mais pas de sanction du juge : rappel à la loi. on part d’une peine d’emprisonnement. F/Les peines privatives ou restrictives de droits Suspension du permis de conduire. délit. car il existerait alors un délit disant qu’il est puni d’une interdiction professionnelle par exemple. qui doit être exécuté sur une période maximale de 12 mois. Ex. on part des peines d’emprisonnement. La prétendue équivalence des peines entre elles n’est pas vérifiée. Par exemple. le législateur en énumère 86 . confiscation de différents objets… § 2 : Les peines principales alternatives en matière contraventionnelle. Le juge peut prononcer la peine principale alternative. les unes alternatives à l’emprisonnement. ces peines sont en réalités nombreuses. cependant les peines alternatives peuvent parfois se cumuler entres elles. La preuve en est que si c’était équivalent. Envisagées que comme des peines de remplacement de l’emprisonnement. Déterminé par le juge de l’application des peines. Les peines alternatives se définissent par rapport à l’emprisonnement ou à l’amende. lorsque la peine principale alternative est une peine privative de droit. Obligation d’accomplir un travail pour la collectivité. Lorsqu’un délit est punit d’une peine d’emprisonnement. Jusqu’ici choses simples. les autres alternatives à la vente. Sanction qui prend fin à l’achèvement du travail. ou les deux. interdictions professionnelles. Justement. Donc ces peines restent les peines de référence. Ce sont ces peines de références qui permettent d’établir la nature de la gravité. C’est une équivalence proclamée et démentie par le législateur lui-même. § 1 : La peine principale de référence remplacée par une peine principale alternative. confiscations… SOUS-SECTION 2 : LES PEINES PRINCIPALES DE RÉFÉRENCE. ou contravention. Et ce parce que la détermination des qualifications de crime. l’emprisonnement ou l’amende pourraient être des peines alternatives. Mais aussi certaines peines alternatives. Peines restrictives ou privatives de droits : suspension du permis de conduire. Ce n’est que pour les contraventions de 5ème classe. Dans quelques années problèmes qui mènent à une poudrière. Mais ça n’existe pas systématiquement le code pénal prévoit un emprisonnement ou une amende. ou lorsqu’un délit est punit d’une peine d’emprisonnement. Problème aujourd’hui : en ce qui concerne l’injustice des rappels à la loi. Les peines principales alternatives sont donc des peines de remplacement aux peines de référence.

peuvent être invoquées à titre principal. mais on peut prononcer l’emprisonnement. en sorte que cette peine complémentaire. § 2 : La peine principale de référence remplacée par la peine de substitution. les peines complémentaires peuvent être prononcées à titre principal.Droit Pénal plusieurs. Peine incompatible avec l’amende : le jour amende par exemple. On peut donc considérer que le juge prononce à la place d’une peine principale prononcer. alors la peine complémentaire. Ex : amende pas avec emprisonnement. dès l’instant qu’elle n’est pas incompatible avec la peine principale de référence. et devient peine principale. et une amende. 87 . De telle sorte que rien n’interdit que lorsque le juge à la place de l’emprisonnement prononce plusieurs peines privatives de droit. à titre de peine principale une peine complémentaire. À partir du moment où elle est prononcée peine principale elle a pour but de suivre le régime de la peine principale : si peine principale avec sursis. change de nature. parce que prononcée en qualité de principale va pouvoir avoir un sursis. La peine principale alternative peut se cumuler avec la peine principale de référence. Ces peines de substitution. En matière délictuelle.

Sign up to vote on this title
UsefulNot useful