Édition du lundi 12 novembre 2012

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VOLUME LXXXI NO9

- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

Dossier spécial | légalisation Du pot: p. 8-9 / créativité: p. 10 / Dopage: p. 14 élections partielles Du bDg p. 3 | école Des arts photographiques p. 12

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ÉDITORIAL
redaction@larotonde.ca
Édition du lundi 12 novembre 2012 VOLUME LXXXI N O9 109, rue Osgoode Ottawa, Ontario K1N 6S1 TÉL. : 613 421 4686

L’étrange cas du cannabis à des fins médicales au Canada
Contrairement aux États américains du Colorado et de Washington, le cannabis n’est pas légal à des fins récréatives au Canada (voir p. 9-10). Toutefois, depuis 2001, le Canada permet la consommation de marijuana à des fins médicales. C’est l’actuel recteur de l’Université d’Ottawa lui-même, Allan Rock, alors qu’il était ministre de la Santé sous le gouvernement Chrétien, qui a pris cette décision. Or, un peu plus d’une décennie plus tard, on voit bien qu’il y a encore beaucoup à faire pour aider les patients qui bénéficieraient des effets de cette plante, surtout depuis l’arrivée des Conservateurs à Ottawa, eux qui ont coupé les fonds de recherche pour la marijuana à des fins médicales en 2006. Pour voir comment s’en sortent les malades, je suis allé à la rencontre d’un détenteur de licence lui autorisant la consommation de la marijuana à des fins médicales. David* est malade depuis longtemps. Depuis presque toujours. Atteint d’une maladie grave qui affaiblit son système immunitaire, David a pris toutes sortes de médicaments dits « conventionnels » avant qu’il puisse, enfin, avoir accès à de la marijuana légalement. Pour ce faire, il a dû prouver à son médecin que les médicaments qu’il lui prescrivait étaient néfastes pour sa santé, santé qu’il a ruinée pendant des années pour finalement avoir accès au cannabis légalement. Après cette longue et difficile aventure avec les médicaments commerciaux, David est reconnu par le gouvernement comme un malade qui peut consommer de la mari légalement. Il fait partie de ces quelque 13 000 patients canadiens qui ont un permis en bonne et due forme. Aujourd’hui, David fait pousser ses plants chez lui. Mais ça n’a pas toujours été facile pour lui d’avoir accès à ce traitement naturel. Pendant dix ans, David prenait tous les jours les amphétamines que son médecin lui prescrivait. Pour lui, ces années ont été passées à acheter tous les médicaments que son médecin lui recommandait et à s’intoxiquer sur ses conseils. À force d’ingurgiter des médicaments chimiques, son estomac en a pris un coup: « Maintenant, je ne peux plus manger de gluten [présent dans le blé et diverses céréales], sinon je deviens malade. » Diarrhée, vomissements, perte d’appétit etc.: la vie de David est un véritable calvaire sans marijuana. « Je ne peux pas fonctionner et avoir une journée normale si je n’ai pas de mari », constate-t-il. Durant son adolescence, David suivait les conseils de ses parents ainsi que de ses professeurs. Il ne consommait ni drogues, ni alcool. « Ma mère me disait que c’était mal de fumer de la marijuana. Je l’ai écouté aveuglément pendant longtemps. » Or, comme beaucoup d’adolescents de 15 ans, David a fini par succomber au désir d’essayer. Depuis, il n’a jamais arrêté. « [Le cannabis] est la meilleure plante sur cette planète. Elle est extrêmement bonne pour la santé. Vous pouvez essayer toutes

RÉDACTION
Rédacteur en chef Vincent Rioux redaction@larotonde.ca Secrétaire de rédaction Caroline Ramirez revision@larotonde.ca Jeanne Strasbourg, Kayla Cloutier correction@larotonde.ca Actualités Émilie Deschamps actualites@larotonde.ca Mylène Charette informations@larotonde.ca
illustration Maxime Charlebois

les plantes biologiques que vous trouverez au magasin, aucune n’arrivera à la cheville du cannabis », assure David qui préfère manger la plante plutôt que la fumer. Les lacunes du système canadien Maintenant que David a une prescription de son médecin, il peut consommer de la marijuana en toute quiétude. Du moins, quand il réussit à mettre la main sur du bon pot. Les plants qu’il fait pousser ne sont pas suffisants pour suffire à sa consommation: « Je ne réussis pas à combler mes besoins. C’est pourquoi je n’ai d’autre choix que de me tourner vers le marché noir pour me procurer ma médication. » Cette situation est dérangeante. D’abord, la marijuana qu’il pourrait acheter du gouvernement est de trop mauvaise qualité, surtout depuis que le gouvernement conservateur de Stephen Harper est au pouvoir. Ensuite, il est forcé de commettre un acte criminel pour se procurer son médicament. Depuis qu’il a 15 ans, il estime avoir dépensé près de 60 000 dollars en cannabis illicite. Outre le fait d’encourager le marché noir et les réseaux criminels, David voit un vrai problème dans le fait de s’approvisionner au noir. « Les dealers veulent juste faire du cash. C’est pourquoi leur mari n’est pas aussi bonne que celle que je fais pousser. La plupart du temps, on ne sait même pas dans quelle condition la plante a poussé. Il arrive souvent que le cultivateur de cannabis décide de couper la plante même si elle aurait encore besoin de quelques semaines enracinée », explique-t-il. Selon David, cela est dû à la manière dont le cannabis est vendu. Puisque le prix de la marijuana est déterminé par son poids, les cultivateurs n’ont qu’à s’assurer que

celle-ci aura le poids voulu une fois qu’elle sera séchée et prête à être consommée. En d’autres termes, ils ne prennent pas le soin de s’assurer que la plante a terminé sa croissance. Bien que la consommation de marijuana à des fins médicales soit légale depuis maintenant plus de dix ans, le cas de David montre que les patients qui ont besoin de cannabis pour des fins médicales éprouvent encore des difficultés à se soigner au Canada. Les explications fournies dans les médias par le gouvernement conservateur sont incohérentes et aberrantes. Stephen Harper, fidèle au discours typique du parti dont il est issu, continue à dire aux Canadiens qu’en tant que père, il ne voudrait pas voir ses enfants consommer de la drogue. Mais, juste en passant, mon Steph: en 2012, au Canada, c’est pas mal plus facile pour un mineur de se procurer de la drogue que de s’acheter une caisse de six bières, pour laquelle le mineur en question devrait avoir de fausses cartes d’identité ou espérer bluffer le caissier par son air assuré. Le dealer, lui, ne se montre pas aussi regardant: tout ce qu’il veut, c’est faire rouler son business. Avec la légalisation du cannabis aux États-Unis qui gagne en popularité et les Libéraux du Canada qui se sont positionnés en faveur de la légalisation, ce n’est plus qu’une question de temps avant que cette plante ne devienne légale. *nom fictif

Camille Lhost nouvelles@larotonde.ca Arts et culture Katherine Sullivan culture@larotonde.ca Sports Léa Papineau-Robichaud sports@larotonde.ca Opinions et procrastination redaction@larotonde.ca Web Cyrine Taktak web@larotonde.ca Directeur de production Simon Lalonde Boisvert production@larotonde.ca Directeur artistique Maxime Charlebois direction.artistique@larotonde.ca Photographe Jérôme Simon photographe@larotonde.ca

ADMNISTRATION ET VENTES
Directrice générale Alexandra Scott-Larouche direction@larotonde.ca Publicité Cathy Le Réseau Sélect cathy.le@tc.tc Prochaine parution Lundi 19 novembre 2012 La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 500 copies dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde est membre de la Presse universitaire canadienne (PUC). La Rotonde n’est pas responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en totalité ou en partie.

Vincent Rioux,

Rédacteur en chef

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Émilie Deschamps | actualites@larotonde.ca
Élections paRtielles Reconnaissance

12 novembre 2012

Des élections dans l’indifférence (presque) générale

Benoît Pelletier devient chevalier

Natalie Rydell (au centre) a été élue avec 294 voix pour représenter les étudiants au Bureau des gouverneurs - photo Jérôme Simon

Le 7 novembre dernier, dans l’édifice de l’ambassade de France au Canada, Benoît Pelletier, professeur de droit à l’Université d’Ottawa, a été fait chevalier de l’Ordre national du mérite de France - photo courtoisie, Gaëlle Essoo, Ambassade de France au Canada

Émilie Deschamps,
Chef de pupitre
Les résultats des élections partielles de la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) ont été annoncés, mercredi 6 novembre, à 22 h 30 au Centre universitaire. Quelques candidats et membres de l’exécutif étaient présents pour entendre les résultats annoncés par Liz Kessler, vice-présidente aux affaires universitaires. Natalie Rydell, qui siège au Conseil d’administration (CA) de la FÉUO, a été élue avec 294 voix pour représenter les étudiants au Bureau des gouverneurs (Bdg). Elle était suivie de près par Joël Kapongo qui a obtenu 281 votes. Au total, 843 étudiants ont voté pour cette position, ce qui représente un taux de participation d’environ 2 %. La priorité de Natalie Rydell est de conscientiser les étudiants aux problèmes de discrimination sur le campus. La nouvelle élue, unilingue anglophone, se dit également impatiente de travailler avec Nicole Desnoyers, qui est aussi représentante des étudiants au Bdg. Du côté du représentant de la Faculté de médecine au sénat, une chaude lutte a opposé Emilie Meyers, qui a obtenu 36 votes, à Ahmed Khadim-Saleh, qui en a eu 34. À l’opposé, Brad Lafortune, étudiant de quatrième année en biologie, a remporté haut la main le poste de représentant de la Faculté des sciences au sénat, avec

109 voix contre 40 pour sa plus proche concurrente. S’assurer « que les fonds de la FÉUO sont distribués de façon responsable et qu’ils sont dépensés à leur plein potentiel » et travailler « de près avec le comité des finances afin d’assurer une transparence, par l’entremise de mises à jour régulières », sont les premiers points de sa plateforme. Liz Kessler explique que, comme à l’ordinaire, courriels et affiches ont été employés pour faire la promotion des élections auprès des étudiants. Elle considère qu’il est « très normal pour les élections partielles d’avoir peu de participation » et que le faible nombre de candidats pour plusieurs des positions pourrait expliquer un taux de participation si bas. Pour la majorité des postes de représentants facultaires au CA de la FÉUO, il n’y avait qu’un seul candidat. Plusieurs candidats n’avaient d’ailleurs pas soumis de plateforme. Dans le cas des représentants des facultés au sénat, lorsqu’il n’y a qu’un seul candidat, il n’y a pas de vote. Le candidat est donc élu par acclamation. Le plus faible taux de participation a été atteint pour le poste de représentant de la Faculté d’éducation au CA de la FÉUO: seuls huit étudiants se sont prononcés sur les 1700 qui en avaient la possibilité. Les étudiants avaient trois jours pour voter à une quinzaine d’endroits différents sur le campus.

Émilie Deschamps,
Chef de pupitre
Cet ordre récompense les individus pour leurs services rendus à la France pendant au moins 10 ans. Il s’agit du second ordre national, après l’Ordre de la Légion d’honneur. Le Grand chancelier de la Légion d’honneur s’est adressé à M. Pelletier en ces termes: « C’est avant tout à un grand ami de la France et de la francophonie à qui je m’adresse ce soir ». C’est ainsi son dévouement constant envers la francophonie et ses efforts pour le rapprochement du Canada et de la France qui ont valu à M. Pelletier de recevoir l’Ordre national du mérite. Pour celui qui vient d’être fait chevalier, faire la promotion du français coule de source: « J’ai le sentiment que, quand on se porte à la défense de sa langue, on se porte à la défense de sa propre identité. Pour moi, c’est tout à fait naturel, et je ne comprends pas ceux qui ne se portent pas à la défense de leur langue. » La liste des implications de Benoit Pelletier pour la francophonie est longue: il a siégé au conseil d’administration de plusieurs organisations francophones au cours des dernières années, son « soutien bénévole au Festival franco-ontarien, de

même que [son] expertise en matière de droit linguistique qui a profité à maints organismes, dont la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada », sont quelques-unes des réalisations soulignées par le Grand chancelier de la Légion d’honneur. Ce dernier a ajouté: « Quand on écoute ce palmarès, on se demande pourquoi la République française a tant attendu pour vous recevoir dans un ordre national. Il était temps que nous vous témoignions notre reconnaissance. » Le travail réalisé en tant que ministre délégué à la Francophonie canadienne a aussi été souligné: « À ce titre, vous avez travaillé avec constance pour établir un dialogue étroit entre le Québec et les autres communautés francophones du Canada […]. Votre implication dans la création du Centre de la francophonie des Amériques méritait, entre autres choses, d’être relevée. Ce centre est le fruit de vos recommandations […] et c’est une institution qui présente un bilan remarquable. » Pour le professeur de droit de l’Université d’Ottawa, cette reconnaissance ne constitue pas une fin, dans les deux sens du terme, puisqu’il conclut : « Les causes que je défends depuis des années, je vais continuer à les défendre. Dans la défense des causes qui me tiennent à cœur, j’ai beaucoup de ténacité et j’ai beaucoup de patience. »

Les Publications La Rotonde Inc. sont une organisation à but non lucratif gérée par un conseil d’administration (CA) de membres votants. Vous trouverez en ligne les ordres du jour et les procès-verbaux des réunions du CA, des assemblées des membres ainsi que les Statuts et Règlements en vigueur qui régissent l’administration du journal. Pour communiquer avec les membres du conseil exécutif, veuillez vous référer aux adresses ci-dessous. Ducakis Désinat - Président - president@larotonde.ca Anis Maaloul - Trésorier - tresoriere@larotonde.ca Marie-Hélène Haché - Secrétaire - secretaire@larotonde.ca Membres votants: Ducakis Desinat - Anis Maaloul - Marie-Hélène Hâché Mathieu Lacombe - Thomas Voglimacci Stephanopoli - Réjean Léger - Julien Paquette - Jérôme Simon Membre non-vontants: Vincent Rioux - Alexandra Scott-Larouche - Anne-Marie Roy

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12 novembre 2012

assemblÉe citoyenne

Faire d’Ottawa une ville pour les vélos
Émilie Deschamps,
Chef de pupitre

Le mardi 6 novembre, cinq panelistes passionnés étaient réunis à l’Université Carleton pour une Assemblée citoyenne sur le cyclisme, organisée par l’Association des étudiants diplômés (GSA) de Carleton.
Après une brève présentation de chacun des panelistes, le public était invité à leur poser des questions; une formule qui a suscité une bonne participation de la cinquantaine de personnes présentes. La sécurité: au cœur de la discussion David Chernushenko, conseiller municipal à la Ville d’Ottawa, a souligné qu’il allait proposer une motion pour réduire la vitesse sur une portion de l’avenue Bronson, où une étudiante de Carleton a été fauchée le mois dernier, alors qu’elle était à vélo. On peut d’ailleurs croiser plusieurs vélos couverts de fleurs à travers la ville qui commémorent les endroits où des cyclistes ont perdu la vie.

Plusieurs intervenants ont soutenu que, pour convaincre les gens de faire du vélo, ceux-ci devaient se sentir en sécurité. Or, pour M. Chernushenko, réduire la vitesse des automobiles à certains endroits est une des manières de rendre les routes plus sécuritaires pour les cyclistes. La motion concernant la réduction de la vitesse sur l’avenue Bronson a toutefois été rejetée par le comité des transports de la Ville, le 7 novembre. Un professeur de la Faculté de génie a pris la parole durant la période de questions pour souligner qu’il était important que les cyclistes soient visibles pour assurer leur sécurité. Il a donc proposé qu’un groupe se réunisse pour poser des bandes réfléchissantes sur tous les vélos sur le campus de Carleton, afin qu’ils soient bien visibles la nuit. L’initiative a suscité des réactions très positives. M. Chernushenko a immédiatement annoncé qu’il allouerait 500 $ de son budget à cette initiative. L’importance de relier les différentes voies cyclables ensemble, afin de créer un véritable réseau, a aussi été soulignée à maintes reprises. Considérer le problème dans son ensemble De son côté, Seamus Wolfe, paneliste et superviseur de la Coop Vélo de l’Université d’Ottawa, a soutenu que le problème était beaucoup plus vaste. Selon lui, l’augmentation constante des frais de scolarité fait en sorte que le vélo devient une

Une cinquantaine de personnes étaient invitées à poser leurs questions aux panélistes - photo Émilie Deschamps

option de plus en plus intéressante pour les étudiants. Du même coup, il souligne le pouvoir limité de ces derniers au niveau municipal: « L’Hôtel de Ville a diminué l’espace démocratique pour les citoyens et pour les étudiants […]. Je pense qu’on a deux luttes: l’une pour élargir l’espace démocratique à l’Hôtel de Ville et l’autre pour créer et imaginer une ville avec du transport en commun et du transport du-

rable comme le vélo. » Concernant les futurs développements de la ville, M. Wolfe affirme: « Je pense qu’il y a des petits projets ici et là dans la ville qui sont bons, mais on n’a pas de vision globale, qui inclurait le transport durable partout. » Parallèlement à l’assemblée citoyenne, la GSA offrait aussi la possibilité de faire ajuster son vélo sur place.

RÉunion Du sÉnat

Objectif: s’ouvrir sur le monde et les langues étrangères
camille lhost
Rock, recteur de l’Université. Toutes les clientèles sont visées et les responsables du projet assurent que les étudiants résidant dans des pays moins développés auront autant accès aux mêmes informations que les personnes vivant en Occident. Les nombreux partenariats signés avec des écoles internationales assurent l’accès aux ressources ottaviennes. Assurer le bilinguisme et les langues vivantes Le rapport annuel de la Commission permanente des affaires francophones et des langues étrangères a été rendu public lors de cette réunion du Sénat. M. Rock a rappelé que « la force de l’U d’O est de laisser aux étudiants le choix d’étudier en français ou en anglais ». Linda Garcia, une professeure de l’U d’O, note aussi que de plus en plus d’étudiants québécois demandent à suivre des programmes d‘immersion en anglais. M. Christian Detellier, vice-recteur aux études, précise que « le rapport se concentre cette année essentiellement sur les services proposés en français, mais que les projets universitaires sont aussi bien proposés en français et en anglais ». En bref L’un des programmes de la Faculté de génie, intitulé « génie logiciel option biomédicale », a été aboli. Le recteur note

Lundi 5 novembre avait lieu la deuxième réunion du Sénat de l’année. Le but était d’établir l’organisation de la vie éducative de l’Université d’Ottawa (U d’O) et de gérer les affaires scolaires. Une vingtaine de membres du Conseil d’administration (CA) était présente pour discuter des projets instaurés cette année.
Permettre l’accès aux étudiants du monde entier Les principaux travaux de cette année universitaire vont être orientés autour de l’accessibilité des cours de l’U d’O aux étudiants vivant dans les pays étrangers. Les technologies de la communication et de l’information permettent aux professeurs de poster leurs cours sur internet et d’aider ainsi les universitaires à suivre les programmes. « Certains cours seront disponibles sous forme de vidéos et les modules à rendre seront réalisés sur le web grâce à un logiciel sécurisé », précise Allan

illustration Maxime Charlebois

qu’aucun étudiant n’a validé ce programme depuis sa mise en place. De plus, le nombre d’inscriptions est quasi-nul chaque année. Le Bureau d’intervention en matière de discrimination et de harcèlement a égale-

ment rendu un rapport. Les membres du CA présents l’ont approuvé en notifiant que les services sont bien offerts à tous les étudiants et que, pour le moment, un service exclusivement réservé aux francophones n’est pas envisagé.

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JouR Du souVeniR

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12 novembre 2012

Émotions et recueillement à l’U d’O
camille lhost

Une centaine de personnes étaient réunies, vendredi 9 novembre, dans la rotonde du pavillon Tabaret afin d’honorer la mémoire des hommes et des femmes qui ont servi et qui continuent de servir le Canada en temps de guerre, de conflit et de paix.
Comme chaque année, l’Université d’Ottawa (U d’O) a organisé une Journée du Souvenir dans ses bâtiments. Une cérémonie juste, sensible et riche d’émotions notamment grâce à la présence de plusieurs musiciens et des membres de la chorale de l’U d’O. Le morceau qui a le plus ému l’assemblée est sans aucun doute l’hymne national, « Ô Canada », présenté en fin de cérémonie. Maintenir la paix « La paix a un prix »: c’est par ces mots que Michaëlle Jean, chancelière de l’U d’O a ouvert la cérémonie commémorative de l’armistice de la Première Guerre mondiale, vendredi dernier.

Par cette cérémonie, Mme Jean note que l’U d’O rend hommage aussi bien aux combattants de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi de la guerre de Corée où de nombreux Canadiens ont été réquisitionnés. Elle précise également que « toutes les questions internationales nous posent de réels défis à relever, et qu’il faut rester vigilants en permanence ». Mme Jean note aussi que l’U d’O offre des programmes de résolutions de conflits, de développement international et de relations internationales, entre autres, et que les futurs professionnels formés dans cette école seront confrontés directement à ces enjeux. Nicolas Fleet, ancien engagé, aujourd’hui étudiant de l’U d’O Invité d’honneur, Nicolas Fleet a été membre de la Marine royale canadienne pendant cinq ans, en tant qu’électronicien naval. Il a choisi de revenir aux études à l’U d’O en sciences économiques avec une mineure en statistiques. Il recevra son diplôme de baccalauréat en juin prochain. M. Fleet, évoquant son expérience, explique que la Marine royale procède à des exercices grandeur nature afin de savoir résoudre un éventuel conflit: « Nous travaillons sans relâche pour vous protéger, protéger la liberté ». Sa foi « envers la fin

Michaëlle Jean (à gauche), chancelière de l’U d’O, pose avec Nicolas Fleet (à droite), ancien membre de la Marine royale canadienne - photo courtoisie, Université d’Ottawa

des ténèbres » l’amène à préciser que les individus sont autant responsables que les États dans les conflits et que « chacun doit savoir comment il peut contribuer au maintien de la paix et comment il peut y prétendre ».

M. Fleet conclut son discours par ces quelques mots: « Nous, les anciens combattants, nous avons fait des concessions au niveau familial et amical, mais il ne faut pas oublier que nous mettons nos vies en jeu pour sauver celles de millions de citoyens ».

JouR Du souVeniR

Le côté blanc des coquelicots: rassemblement parallèle au Jour du Souvenir
Élise Vaillancourt

Dimanche 11 novembre, une quarantaine de personnes se sont rassemblées à Gatineau, au Monument pour la paix, pour le premier rassemblement du mouvement du coquelicot blanc en Outaouais.
L’origine du coquelicot blanc Complément du coquelicot rouge, le coquelicot blanc est un hymne à la paix et se veut une dénonciation de la militarisation des gouvernements. En ce sens, le mouvement du coquelicot blanc est un symbole pour honorer l’ensemble des victimes de guerre, particulièrement les populations civiles, qui sont souvent des femmes et des enfants. Cette initiative a été lancée en 1933 par la coopérative Women’s Guild, en Angleterre. Cette année, la Table ronde des organismes volontaires d’éducation populaire de l’Outaouais (TROVEPO) s’est fait le promoteur de la campagne dans la région de l’Outaouais. « Près de 1000 coquelicots auraient été mis en circulation dans la région », selon Lovanie Côté, stagiaire en charge de l’organisation de

l’événement à la TROVEPO. Cette distribution était « combinée à des ateliers d’animations et de sensibilisation au militarisme canadien ». Lors du rassemblement, quatre panélistes ont présentés leurs différentes expériences en soulignant l’importance de l’événement: deux réfugiés de la guerre civile au Guatemala, un représentant de la communauté de la République Démocratique du Congo, ainsi que l’administratrice camerounaise de l’organisation nongouvernementale Femmes pour l’environnement et le développement (FEPED) au Cameroun. Après leurs interventions, les participants ont pris une minute pour se recueillir en silence. Se souvenir dans un contexte démilitarisé Selon David Clément, président de la TROVEPO: « La région de l’Outaouais, et particulièrement la ville de Gatineau, accueille chaque année des centaines de familles réfugiées. Ces personnes, ayant vécu les horreurs de la guerre dans leurs pays d’origine, doivent pouvoir se souvenir des leurs dans un cadre non-militaire […], pour se rappeler que la guerre touche, oui, les combattants, mais également des familles, femmes et enfants dont bon nombre se sont réfugiés au Canada ». Caroline Mafogang, une panéliste et administratrice de l’ONG FEPED, explique

Lovanie Côté, stagière en charge de l’organisation à la TROVEPO, prend la parole durant le rassemblement - photo Julien Paquette

l’importance de cette journée en tant « que moyen de sensibilisation au commerce des armes en Afrique et [à] l’échec des lois internationales à l’égard de la protection des femmes ». Dénonciation des politiques militaristes fédérales Pour M. Clément, l’événement marque « le début d’un mouvement d’opposition

aux politiques militaristes canadiennes ». Cette militarisation, selon Lovanie Côté, c’est « cette tendance à la valorisation de la force militaire de l’État, [par exemple] la propagande autour de la guerre de 1812 et la militarisation du Bal des neiges. Entre 2006 et 2009, les dépenses militaires ont augmenté de 38 % », spécifie-t-elle. Le président de la TROVEPO promet d’autres actions de dénonciation.

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12 novembre 2012

La consommation d’alcool et de drogues: un piège pour les étudiants?

Rencontre avec un dealer

illustration Maxime Charlebois

Vincent Rioux

Au plus bas de l’organigramme du trafic de stupéfiants, le simple revendeur de drogues existe dans pratiquement tous les quartiers des grandes villes occidentales. Ottawa n’y fait pas exception et La Rotonde a rencontré un dealer de la région.
Mathieu* est un revendeur de drogue typique. Grand consommateur de marijuana, il a commencé à revendre de la drogue alors qu’il était encore sur les bancs de l’école secondaire. Originaire de Toronto, il est maintenant installé à Hull, où il a établi son petit business. Étudiant au Collège Algonquin en plus d’avoir un emploi à temps partiel, la revente de drogues illicites permet à Mathieu de boucler les fins de mois avec un petit extra. « Je vend toutes sortes de drogues mais je vend surtout du pot », admet-il d’emblée. « Je m’approvisionne en pot chez quelqu’un que j’estime être une source sûre et fiable. Cette personne achète directement du cultivateur. [Ce dernier] fait pousser ses plants au Québec dans une maison grâce à un système hydroponique », explique le revendeur. Mathieu constitue la dernière courroie de transmission avant que la drogue ne parvienne au consommateur. « Je ne produis aucune drogue moi-même. J’achète la drogue à mon fournisseur et je la revends sur le marché noir en me gardant une cote. Mon boulot est de trouver les consommateurs et d’assurer le transport de la drogue jusqu’à eux. Il arrive que je transporte plusieurs livres de drogue à la fois. C’est probablement le plus gros risque que je prends », révèle le dealer. Mathieu garde seulement de la marijuana en stock chez lui. Pour toutes les autres drogues, il passe d’abord une commande à son fournisseur. Il a beaucoup de clients, donc il doit toujours s’assurer de garder une bonne quantité de marijuana chez lui. Des clients de tous âges et toutes classes Étant principalement un revendeur de marijuana, Mathieu estime qu’il y a encore beaucoup de préjugés quant aux types de consommateurs de cannabis. Jeunes, vieux, riches ou pauvres, selon le revendeur de Hull, la consommation de marijuana est très répandue à travers les classes et les

âges: « J’ai des clients qui achètent du weed pour leurs grands-parents. Des gens de tous les âges et de toutes les sphères de la société consomment de la marijuana », insiste Mathieu. « Ce n’est pas tout le monde qui la consomme de la même manière. Certains vont tartiner leur toast le matin avec un peu de beure à l’huile de marijuana. D’autres vont se préparer des biscuits pour emporter au bureau et vont les grignoter sur l’heure du lunch pour avoir un aprèsmidi plus détendu », raconte Mathieu. « C’est beaucoup plus discret et c’est bien meilleur pour la santé que d’inhaler de la fumée », poursuit-il. La clientèle de Mathieu varie beaucoup. Il remarque que, en général, les consommateurs de marijuana semblent prioriser l’accessibilité: « Il y a beaucoup de revendeurs, il y en a dans presque chaque quartier de la ville. Les gens ont leur “dealer de quartier” ». Par ailleurs, la clientèle de Mathieu peut fluctuer. Certains achètent plus régulièrement et d’autres reviennent tous les mois. D’autres encore l’appellent une fois par année pour une occasion spéciale. Comme n’importe quel autre commerce, le revendeur remarque des fluctuations dans les ventes en fonction des périodes. Ainsi, il enregistre une hausse significative des ventes lors des congés fériés comme durant les périodes estivales, en décembre ou durant la semaine de relâche au printemps. L’effet de la rareté s’est fait sentir à Ottawa cet été. Mathieu explique que la canicule qui a frappé le Canada l’été dernier a grandement influencé le commerce de la marijuana. Les cultivateurs qui font pousser la plante à l’extérieur ont perdu beaucoup de plants en raison de la longue période de chaleur inhabituelle et du temps sec. Selon lui, cela a contribué à significativement augmenter le prix de la plante. Des contraintes morales? Mathieu vend beaucoup de drogues illicites. La Rotonde lui a demandé si ce sont des contraintes morales qui l’empêchent en revanche de vendre des drogues dures comme l’héroïne, les sels de bain ou du crack. « Je vend de la coke, des pilules, des champignons magiques, du hash et de la mari, bien sûr », indique Mathieu. Toutefois, il affirme: « Je n’irais jamais jusqu’à vendre [un autre type plus dur de drogues illicites]. J’ai déjà vu des gens consommer des sels de bain et j’ai vu les effets dévastateurs que peut amener cette drogue chez celui qui la consomme ».
*nom fictif

photo courtoisie Antoine Ryan

mylène charrette

Rien ne démontre s’il y a ou non recrudescence du nombre de personnes dépendantes à l’alcool ou à la drogue, mais de nouvelles tendances de consommation émergent de plus en plus.
« Maintenant, les jeunes ne veulent plus juste l’alcool, ils visent le black out. On ne voyait pas ça avant », déplore Lois Alexanian, directrice de la Maison Fraternité, un centre de traitement de la toxicomanie. « La consommation de médicaments à prescription est devenue un vrai fléau. C’est terrible! », affirme quant à elle Céline Lauriault, conseillère au Centre Amethyst pour femmes toxicomanes. Mme Alexanian corrobore d’ailleurs ces propos: « La consommation de Ritalin, utilisé comme drogue de performance, a augmenté de 5 à 35 % entre 2008 et 2011. Les gens doivent voir ce qui est en train de se passer dans leur propre organisme, il ne faut pas attendre que quelqu’un d’autre s’en charge ». Les motivations derrière la consommation « C’est une mode de jeunes. Ils prennent ça pour faire partie du groupe. Le problème, c’est qu’on s’y accroche facilement, l’habitude de jeune devient permanente », affirme la conseillère du Centre Amethyst en faisant allusion à la consommation d’alcool et de drogues. Plusieurs consomment ces substances pour com-

bler des besoins en particulier. « Certains jeunes aiment le bien-être que ça leur procure, ils se sentent plus en contrôle, moins gênés et moins inquiets. C’est dans ces circonstances que le danger les guette », explique la directrice de la Maison Fraternité. À titre d’exemple, une personne consommant du cannabis régulièrement dans son adolescence peut perdre jusqu’à huit points de QI selon une étude publiée dans les Actes de l’Académie américaine des sciences. Malgré ce que la croyance populaire laisse croire, personne n’est à l’abri de l’addiction, d’après Céline Lauriault, pour qui « tout le monde est égal » face au risque de développer une dépendance. Rechercher continuellement des occasions de consommer, se créer un schéma spécifique de consommation et perdre le contrôle de celui-ci constituent trois signes indiquant qu’une personne peut être dépendante à une substance quelconque. La banalisation de l’alcool Par ailleurs, Mme Alexanian déplore que l’on banalise l’alcool: « La Santé publique d’Ottawa a sorti un document portant sur la consommation d’alcool et les Canadiens la considèrent comme un moindre mal. Pourtant, il est démontré que la consommation d’alcool abusive provoque plusieurs problèmes de santé ». Toujours selon ce document, la consommation dangereuse a augmenté entre 2001 et 2007, et ce, surtout chez les femmes âgées de 18 à 29 ans. Lorsque questionnée sur la substance (alcool ou drogue) qui est la plus néfaste à long terme, Mme Alexanian affirme philosophiquement que, « ce qui l’est le plus, c’est celle que l’on consomme ».

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ACTUALITÉS
ReVue De pResse

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mylène charrette
web du MSU pour le pavillon nécessitant le plus l’implantation de wi-fi. Le pavillon ayant reçu le plus grand nombre de votes sera doté de cette technologie sans fil. En moins de 24 heures, 600 votes ont été enregistrés. Le pavillon des sciences détient actuellement l’avance suivi de près par le centre des étudiants. L’optimisation des endroits consacrés à l’étude et aux travaux représente l’objectif visé, car un nombre élevé de ces espaces sont délaissés par les étudiants puisque l’internet n’y est pas offert.

12 novembre 2012
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Cas de fraude en lien avec la U-Pass
The Ubyssey, Université de la Colombie-Britannique
Betty Sze Wong, un étudiant de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), a été formellement accusé de fraude par les autorités policières, après que celles-ci aient découvert qu’il effectuait de la revente de U-Pass par l’entremise du site web Craigslist. Aucune photo n’apparaît sur les U-Pass de la UBC, contrairement à celles de l’U d’O, ce qui en facilite la revente. Craigslist et d’autres sites de ce genre sont d’ailleurs dans la mire des policiers depuis un certain temps. Quant au jeune homme âgé de 25 ans, il se présentera en cour le 14 décembre prochain à Vancouver. L’enquête se poursuit toujours et d’autres accusations pourraient s’ajouter à son dossier. Le sergent Schninkel a, par ailleurs, mentionné que d’autres personnes pourraient éventuellement être mises en état d’arrestation dans cette affaire.

Le parcours relationnel chez les jeunes et la toxicomanie

À cinq personnes du record Guinness
The Meliorist, Université de Lethbridge
Les étudiants de l’Université de Lethbridge ont passé bien près de s’inscrire dans le livre des records Guinness. Dans le cadre du premier Oktoberfest organisé sur le campus de l’Université, la Lethbrige Senior Citizens Organization s’était donnée pour défi d’entasser 26 personnes dans une voiture coccinelle. Les participants devaient mesurer au moins cinq pieds et être âgés de 18 ans et plus. Une trentaine de personnes s’étaient portées volontaires pour briser le record, détenu actuellement par l’Université d’Asbury, située dans l’état du Kentucky aux États-Unis. En 2010, les étudiants de cet établissement ont réussi à placer 25 personnes dans la voiture. Les deux tentatives effectuées se sont toutefois avérées vaines pour les représentants de Lethbridge, car ils n’ont réussi qu’à entasser 21 personnes.

Qui a besoin de wi-fi?
The Silhouette, l’Université McMaster
Pour la deuxième année consécutive, le Syndicat des étudiants de McMaster (MSU), en partenariat avec les services informatiques de l’Université, ont mis sur pied un projet pilote de 100 000 $ pour solliciter le point de vue des étudiants au sujet du wi-fi sur le campus. Ceux-ci sont invités à voter sur le site web et/ou la page

Jenepher Lennox Terrion, professeure au département de communication à l’U d’O, a constaté que la communication constitue à la fois un problème et une solution à la toxicomanie - photo courtoisie

mylène charrette

Le rôle de la communication Son hypothèse de départ était que les enfants ne jouissant pas de relations interpersonnelles saines avaient plus de risques d’éprouver des difficultés à communiquer et à établir de bonnes relations une fois plus âgés. Son échantillon était composé de jeunes adultes entre 12 et 20 ans, période propice aux premières expériences. Sa recherche s’est échelonnée sur cinq ans et lui a permis d’écrire plusieurs articles. Le principal constat de sa recherche confirme son hypothèse: la communication constitue à la fois un problème et une solution en ce qui a trait à la toxicomanie. « Une personne qui, dès son enfance, n’a pas eu des relations interpersonnelles de qualité, expérimentera davantage et, par conséquent, risque de développer des dépendances au tabac, à l’alcool ou à la drogue. D’autres facteurs peuvent également entrer en ligne de compte tels que l’environnement de l’enfant et le niveau de pauvreté dans lequel il vit », précise-telle. Comment rectifier le tir? Jenepher Lennox Terrion a relevé quelques pistes pour prévenir la toxicomanie. Tout d’abord, il est possible de cibler les enfants susceptibles de développer une dépendance. « Les relations parent-enfant sont un bon indicateur des comportements que peut avoir l’enfant plus tard. Ainsi, si les parents sont hostiles envers eux, [les enfants] se trouveront dans une relation malsaine », explique la professeure Lennox Terrion. Il est aussi primordial que l’individu modifie ces modes de fonctionnement internes, c’està-dire sa manière de percevoir les relations interpersonnelles et la représentation qu’il se fait de lui-même. La psychothérapie peut remédier au problème mais, selon la professeure, « c’est surtout l’utilisation des différents outils de communication qui peut aider une personne à changer de parcours ».

Chaque mercredi, de 9 h à 10 h, ne manquez pas

l’Antenne d’ivoire,
l’émission de radio de La Rotonde, sur les ondes de CHUO 89,1 FM.

La Rotonde s’est entretenue avec Jenepher Lennox Terrion, professeure au Département de communication à l’Université d’Ottawa. Celle-ci a récemment dévoilé les conclusions de sa recherche portant sur les parcours relationnels menant à la toxicomanie chez les jeunes adultes, mais également sur ceux leur permettant de s’en sortir.
Un sujet d’intérêt Jenepher Lennox Terrion l’avoue d’emblée, elle s’est toujours intéressée aux personnes plus vulnérables. Au fil des années, elle a d’ailleurs participé à plusieurs projets impliquant les gens de la communauté. L’un de ceux-ci consistait à donner six ateliers de communication aux jeunes hommes de la Maison Harvest, centre de réadaptation s’adressant aux hommes âgés de 16 à 30 ans et prônant l’abstinence. Cette expérience lui a donné le goût d’en apprendre davantage sur ces personnes: « J’ai commencé à m’intéresser aux parcours qui avaient suivi leur sortie du centre de réadaptation. Certains de ces hommes, par exemple, avaient effectué un retour aux études afin d’obtenir un diplôme », explique-t-elle. C’est ainsi que lui est venue l’idée de mener une recherche sur les parcours menant à la toxicomanie et ceux permettant de s’en sortir.

La Rotonde cherche des journalistes, photographes, dessinateurs qui veulent partager leur talent et publier à titre gracieux leur travail dans les pages du journal. Écrivez-nous à redaction@larotonde.ca

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ACTUALITÉS
chRonique

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12 novembre 2012

Suis-je Deux États américains légalisent le pot: entourée de Le 6 novembre dernier, alors toxicomanes? que les yeux étaient rivés sur
caroline Ramirez
Je me souviens de la visite d’un professionnel de la santé dans ma classe, alors que j’étais en seconde (l’équivalent du secondaire 4 ou de la dixième année). Il nous avait parlé avec un ton alarmé des dangers de la drogue. J’avoue ne pas avoir retenu grand chose de cette séance, ni d’avoir par la suite éprouvé une méfiance particulière à l’égard des substances illicites. J’avais été bien plus perturbée par la visite, un an plus tard, d’une personne atteinte du cancer de la gorge, qui continuait à fumer par le trou de sa trachéotomie et qui nous parlait d’une voix métallique. Et puis, vers mes 17 ans, je suis tombée sur un reportage, à la télévision, où l’on suivait l’itinéraire quotidien de toxicomanes, à la recherche de drogues dures et d’une seringue propre. Ils étaient terriblement maigres, les yeux creusés et le visage émacié. Leurs regards étaient parmi les plus désespérés au monde. Mon esprit a automatiquement associé cette détresse physique et mentale aux images cauchemardesques des prisonniers d’Auschwitz, auxquelles j’avais été confrontée depuis mes premiers cours d’histoire et ma lecture de Si c’est un homme, de Primo Levi, et de la bande dessinée Maus, d’Art Spiegelman. Parfois, je me demande à partir de quand on devient toxicomane (du grec toxikon – poison – et mania – folie). Je n’ai jamais connu quelqu’un accro aux drogues dures, mais j’en ai connu beaucoup qui l’étaient, plus ou moins, au cannabis. L’agressivité ou l’apathie de quelqu’un qui n’a pas encore fumé son énième spliff de la journée est-elle un problème, une preuve d’addiction? Si oui, alors je suis entourée de toxicomanes. Mais j’ai du mal à voir chez les fumeurs de cannabis des drogués au même titre que les zombies dont je parlais un peu plus haut. Au fond, ils recherchent juste à redevenir, « l’instant d’un spliff, des souverains improductifs », comme le chantait Les Colocs. C’est un moyen comme un autre de chercher une pause sereine dans une société un peu trop rapide. Une amie m’a dit, un jour: « Le joint, c’est une manière très paresseuse de trouver une forme de légèreté quand on n’est pas capable de se satisfaire de l’ivresse de la vie ». Je ne pense pas que cette maxime aura beaucoup plus d’influence sur vous que ma première séance de prévention sur la drogue, mais elle vous invitera peutêtre à ne pas oublier qu’il est possible de diversifier vos moyens d’échapper, pour un instant, à votre quotidien.

la présidentielle, le Washington et le Colorado ont légalisé l’usage récréatif de la marijuana par voie référendaire. L’Oregon, de son côté, a voté contre une motion du même genre. La Rotonde en a profité pour approfondir la question et examiner les pours et les contres de la légalisation au Canada.
Émilie Deschamps,
Chef de pupitre

La légalisation de la marijuana risque d’amener son lot de régulations - illustration Maxime Charlebois

Un vent favorable semble souffler sur la Colombie-Britannique Le groupe SensibleBC milite pour la tenue, en 2014, d’un référendum sur la légalisation de la marijuana en Colombie-Britannique. Le 17 septembre, Elections BC a confirmé que le projet de loi entrait dans la juridiction de la province et qu’il pouvait être soumis à un référendum. La coalition Stop the Violence BC a révélé, le premier novembre dernier, les données d’un sondage Angus Reid sur la légalisation. Selon ce sondage, 75 % des Britanno-Colombiens sont en accord avec le constat que l’arrestation des producteurs et des revendeurs de marijuana est inefficace et qu’il serait préférable d’en taxer la vente et d’en réguler l’usage pour les adultes. Selon Stop the Violence BC, ce sondage montre que les politiciens doivent ajuster leurs positions en fonction de celles du public. Cette coalition réunit des Britanno-Colombiens préoccupés par les liens entre la prohibition et la criminalité dans la province. La Colombie-Britannique est la province où le taux de consommation de drogues illégales, tous types confondus, est le plus élevé. Pendant ce temps, au fédéral Sur la scène fédérale, 77 % des délégués du Parti libéral du Canada (PLC) ont appuyé, en janvier 2012, une mo-

tion en faveur de la légalisation, la réglementation et la taxation de la marijuana. Le PLC justifie sa position par le coût élevé de la prohibition et par son inefficacité. En 2009, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a ainsi saisi 1 845 734 plants de marijuana. Selon le dernier rapport sur la situation des drogues illicites au Canada, publié par la GRC, le cannabis est la substance illicite la plus consommée au Canada. Le taux de consommation de cannabis chez les jeunes de 15 à 24 ans est de 26,3 %. Le rapport souligne d’ailleurs que ces taux « doivent être considérés comme des estimations conservatrices des taux réels ». Pour le PLC, « Stephen Harper continue de mener une guerre contre la drogue vouée à l’échec, car elle ne profite qu’au crime organisé et intensifie l’activité des gangs ». La position du PLC s’appuie aussi sur les conclusions du Comité sénatorial spécial sur les drogues illicites qui, après de larges consultations avec le public et des spécialistes, a recommandé en 2002 la légalisation du cannabis. Selon Annalisa Harris, vice-présidente des Jeunes libéraux de l’Université d’Ottawa (JLUO), « de toutes les résolutions adoptées au congrès de 2012, c’est certainement celle qui a le plus été mise de l’avant » par le parti. Mme Harris souligne que le thème de la dernière campagne de recrutement des Jeunes libéraux sur les campus secondaires était justement la légalisation de la marijuana. Mme Harris explique que ce thème s’est révélé « vraiment populaire » et que les JLUO

ont « recruté beaucoup de nouveaux membres. » Elle explique que la question qui reste à débattre est celle des modalités de la décriminalisation, c’est-à-dire « comment devrait-on produire et vendre la marijuana, est-ce qu’on devrait la vendre dans des sociétés d’État ou des magasins privés, qui devrait en assurer la qualité et la sécurité [et] qui y aurait accès ». Rappelons que c’est aussi le PLC qui avait légalisé la marijuana à des fins médicales en 2001. Allan Rock, le recteur de l’Université d’Ottawa (U d’O), était alors ministre fédéral de la Santé et, aujourd’hui, se dit fier de la décision de son parti. « C’est tout à fait clair qu’en tant que personnes malades, il faut avoir accès aux médicaments qui peuvent nous aider. Pourquoi pas la marijuana si ça peut vous aider? C’est une croyance de certaines personnes que c’est une drogue dangereuse, c’est ridicule. » Interrogé sur la position pro-légalisation du PLC actuel, M. Rock souligne tout d’abord qu’on retrouve des politiques différentes à travers les régions du Canada, concernant la marijuana: « C’est injuste que, dans le même pays, il y ait deux poids, deux mesures », affirme-t-il. Il ajoute finalement: « Il n’y a pas de preuve que la marijuana a des conséquences néfastes sur la société, surtout si on compare avec l’alcool. Si vous visitez la cour criminelle ici, à Ottawa, par exemple, les problèmes

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12 novembre 2012

le canada emboîtera-t-il le pas?

photo courtoisie

causés par l’alcool sont beaucoup plus fréquents et majeurs que ceux causés par la marijuana. » Jusqu’en 2005, plusieurs projets de loi suggérant diverses formes de décriminalisation ont été proposés à la Chambre des communes. Toutefois, ils sont tous morts au feuilleton. Changement de cap depuis 2006 L’arrivée du gouvernement Harper en 2006 a renversé la vapeur avec la politique du tough on crime. Le gouvernement a, entre autres, imposé des peines minimales obligatoires pour les délits liés à la production et à la vente de cannabis et d’autres drogues. Le Parti conservateur du Canada considère principalement que les « trafiquants et [les] producteurs de drogues […] menacent la sécurité de nos collectivités ». Le gouvernement a donc investi 102 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans afin de soutenir les enquêtes et les poursuites sur les crimes liés à la drogue. Ce montant permettra, entre autres, de « renforcer la capacité des forces policières de lutter contre les installations de culture de marijuana ». Maxime Hupé-Labelle, ancien organisateur politique pour la Coalition avenir Québec, a une position bien particulière sur le sujet. Pour cet étudiant en sciences politiques à l’U d’O, les référendums du Washington et du Colorado sont une bonne nouvelle, mais ça ne signifie pas qu’il faudrait faire la même chose au Canada. « Ici, on a encore un système de santé public,

[…] il y a déjà des problèmes de consommation liés au tabac et à l’alcool, je vois mal comment on pourrait légaliser un autre produit néfaste pour la santé et demander à tous les citoyens encore une fois de payer pour la responsabilité des individus consommateurs. » Il conclut: « C’est beaucoup plus sensé d’avoir une légalisation aux États-Unis que ça pourrait l’être dans le contexte canadien actuel. » Le Parti conservateur: de plus en plus isolé à l’extrême? De son côté, le Nouveau Parti démocratique (NPD) adopte une position plus modérée, acceptant une décriminalisation, mais pas la légalisation... pour le moment. Selon Jonathan Allard, vice-président aux communications pour les Jeunes néodémocrates du Québec (JNDQ), l’aile jeunesse de la section Québec du NPD, il a été proposé de « complètement annuler la prohibition sur le cannabis », mais cette idée n’a pas dépassé le stade de proposition. Selon M. Allard, « le NPD ne s’est pas vraiment mis à jour sur la question » mais il souligne que, selon lui, « les valeurs du parti vont clairement dans le sens de la légalisation ». Le même genre de phénomène se retrouve chez les JNDQ où, selon M. Allard, la question a été abordée en coulisse par les membres mais sera discutée « plus officiellement dans un futur rapproché ». Il souligne: « On aurait probablement l’appui pour une légalisation. »

L’illégalité de la marijuana implique que les consommateurs se procurent la drogue sur le marché noir - photo Jérôme Simon

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ARTS ET CULTURE
Katherine Sullivan | culture@larotonde.ca
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12 novembre 2012

Tagger sous l’influence du cannabis
Guillaume branchtein
La Rotonde a rencontré un graffeur montréalais, Simon*, qui crée parfois sous l’influence du cannabis. La Rotonde: Quel effet a la consommation de cannabis sur ta création? Simon: Pendant la création, je peux parfois complètement perdre le contrôle. J’aime laisser aller mon subconscient. Sous l’effet de la drogue, l’accès est plus facile, c’est comme si la porte était toujours ouverte. Je ne prends pas de coke ou d’autres affaires, juste de la marijuana. J’ai l’impression que mon imagination est directement reliée à ma main, à ce moment-là. Tout ce que je vois dans ma tête se fait tout seul, c’est vraiment fou. J’adore ça. LR: Y a-t-il une différence entre la création « classique » et celle sous drogue? S: J’aime créer sous cet effet-là mais c’est deux mondes différents. Quand je crée sans être sous l’effet de la drogue, c’est plus contrôlé tandis que, avec la marijuana, je laisse aller, c’est vraiment mon subconscient qui contrôle. Par exemple, je peux faire un splash de peinture et il va exactement à l’endroit où je veux qu’il aille. Mais j’ai aussi fait des créations très affreuses sous drogue. LR: Qu’est-ce que la drogue apporte à ton processus créatif? S: Ce que j’aime, en fait, c’est que parfois ça prend moins de temps de faire ce que j’ai à faire quand je suis sous l’effet de la drogue: c’est comme une rivière au lieu d’être un ruisseau. Tout sort, aucun blocage. Idéalement, ce qui marche le mieux, c’est que tu commences ton idée, tu la finis à 60 %, puis ton 40 % tu le fais [sous marijuana], comme ça tu le finis rapidement, tu rends ça malade, mais t’as déjà ton idée. Si j’ai fumé la bonne quantité et que je suis dans un bon état de création, la toile que je ferai en ayant fumé sera meilleure, plus spontanée. LR: As-tu peur que ça devienne une addiction et que tu ne puisses plus créer sans consommer? S: Moi, je me suis habitué à créer sans fumer. Quand j’ai découvert la marijuana et que j’ai commencé à en consommer, j’étais aucunement capable de créer. Ça me stressait trop, t’as l’impression que tout le monde te regarde. J’en connais qui fument tout le temps pour créer, sauf qu’eux ils n’ont pas d’emploi. Ils ont tellement besoin de ça qu’ils ne peuvent pas créer en dehors de leur habitude. Ce qui me fait peur là-dedans, c’est que je ne veux pas que ça devienne une routine. Je veux être capable de créer sans ça aussi.
*nom fictif illustration Maxime Charlebois

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Peut-on devenir dépendant à la création?
caroline Ramirez
Camille Claudel, sculpteuse française de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, s’est adonnée à la sculpture jusqu’à la folie et la mort, après avoir connu une histoire d’amour déchirante avec Auguste Rodin, sculpteur tout aussi renommé. La sculpture a ainsi constitué pour elle une échappatoire mortelle car excessive, une addiction malsaine en même temps que magnifique. La création peut-elle alors produire les mêmes effets sur l’être humain qu’une drogue? C’est la question à laquelle tenteront de répondre les conférenciers participant, les 28 et 29 mars 2013, à une rencontre organisée par l’Association méditerranéenne de prévention et de traitement des addictions (AMPTA) et intitulée « Addiction et création ». Durant ces journées de présentations, qui se tiendront à la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille, les intervenants se pencheront ainsi sur les questions suivantes, figurant au programme: « La création peut-elle être addictive? L’acte de créer peut-il devenir “objet de dépendance” et conduire ainsi à une perte de liberté ? Les processus psychiques et sociaux à l’œuvre dans la création artistique peuvent-ils s’apparenter à ceux que l’on retrouve dans les différentes formes d’addictions ? » Sigmund Freud lui-même, dans son ouvrage Malaise dans la civilisation, plaçait sur un pied d’égalité les satisfactions substitutives que nous procure l’art et celles que nous offrent les stupéfiants dans leur capacité à aider l’être humain à supporter une « vie trop lourde, qui inflige trop de peines, de déceptions et de tâches insolubles ». Pour Lukasz Bober, un artiste peintre de 24 ans de la région de la capitale nationale, interrogé par La Rotonde, son besoin de créer ne s’apparente toutefois pas à une addiction néfaste. Au contraire, pour lui, être accro à l’art est un mode de vie assurant son bonheur: « Ce n’est pas juste une addiction à l’art, c’est une addiction à l’amélioration. Plus tu en fais, plus vite tu t’améliores, plus tu en veux. » Ayant conscience du caractère exceptionnel de la fréquence de sa pratique, il reconnaît également que sa passion passe avant beaucoup de choses, même s’il ne s’agit aucunement pour lui d’un sacrifice: « Je me fais souvent dire “Oh, tu devrais faire autre chose dans la vie, tu vas regretter”, mais je m’en fous. Ce que je regretterais, c’est d’avoir suivi leurs conseils au lieu d’avoir fait mes propres choix. » Ces propos rejoignent ceux de Cecil B. DeMille, acteur et réalisateur de renom du début du 20e siècle, qui avait affirmé: « La création est une drogue dont je ne peux pas me passer ».

Lukasz Bober (en haut) et l’une des fresques qu’il a réalisé sur St-Rédempteur (en bas) - photo courtoisie Lukasz Bober / photo Caroline Ramirez

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festiVal

12 novembre 2012

Les musées du XXIe siècle
sara pedroso

27e édition du Festival du film de l’Union européenne

Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), en partenariat avec l’ambassade française, a été l’hôte, samedi 10 novembre, d’une conférence portant sur les grandes mutations et reconversions des institutions culturelles en France. La Rotonde a assisté au débat modéré par Marc Mayer, directeur général du MBAC.
Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz, ainsi que Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo à Paris, ont fait part de leurs visions quant au sens et au rôle décisif des institutions qu’ils dirigent respectivement. Visions pour le XXIe siècle Les conférenciers proposent des considérations innovatrices afin de repenser les musées d’art contemporain au XXIe siècle, notamment en regard de la transformation historique des rapports entre les artistes et leur public, découlant en partie de l’intensification de l’individualisme et du repli sur soi, propres à notre ère. Par le biais de leurs expériences passées et leurs visions du proche futur, M. Le Bon et M. de Loisy décrivent les relations complexes entre l’artiste, le public et l’art contemporain en les inscrivant dans un contexte historique, philosophique et intellectuel. Ils proposent une remise en cause radicale des espaces et des aménagements intérieurs et extérieurs des musées, en cherchant à dépasser leurs organisations traditionnelles, afin de permettre, notamment, une liberté sans précédent à l’artiste et au visiteur du musée. Il s’agit de « déborder la notion même d’exposition et de la réinventer », explique M. Le Bon. L’indépendance dans l’interdépendance Le Centre Pompidou-Metz représente par exemple la première décentralisation culturelle majeure, témoignant ainsi d’un reUniversité d’Ottawa

Le Musée des beaux-arts du Canada - photo Jérôme Simon

nouvellement stratégique axé sur la culture locale et le dynamisme permanent en ce qui concerne les échanges artistiques. Le Centre présente en effet exclusivement des œuvres temporaires en constante rotation. Les espaces vastes et révolutionnaires du Palais de Tokyo à Paris permettent aux artistes d’exposer par le biais de leurs œuvres des façons innovatrices et alternatives d’interroger la réalité et le présent. Pour M. de Loisy, « il faut que le public accepte qu’une part des choses puisse lui échapper, ce qui implique qu’il doive faire confiance à l’artiste ». Dans cette perspective, les conférenciers illustrent l’importance d’une certaine indépendance par rapport aux institutions culturelles françaises plutôt traditionnelles, afin d’assurer le succès de ces expositions tout en entretenant un niveau d’interdépendance avec ces dernières. La crise identitaire du musée Les institutions canadiennes telles l’Art Gallery of Ontario (AGO) à Toronto, ou la Maison Rouge à Winnipeg par exemple, constituent des modèles en termes d’institutions culturelles, en raison de leurs spécificités identitaires: « Le dynamisme de ces centres constitue en partie une raison de leur succès; ils racontent une histoire. », affirme M. Le Bon. Les musées doivent ainsi éviter de devenir de simples copies ou des sortes de franchises d’autres institutions plus reconnues: « Il est fondamental de préserver l’identité propre à chaque musée car c’est ce qui fait la richesse d’un musée particulier; chaque musée a son histoire qui s’inscrit dans sa spécificité » explique M. Le Bon.

Katherine sullivan,
Chef de pupitre

Le lancement de la 27e édition du Festival du film de l’Union européenne (FFUE) a eu lieu à la délégation de l’Union européenne le 6 novembre dernier. La Rotonde y était afin de découvrir la programmation du festival et d’en rencontrer les principaux organisateurs.
Ce festival, une initiative de l’Institut canadien du film (ICF), en collaboration avec l’Union européenne et ses États membres, se déroulera du 15 novembre au 2 décembre au 395, rue Wellington. On y projettera 26 films venant de partout dans l’Union européenne (UE), présentés dans leur langue originale avec sous-titres en anglais. « Le Festival de l’UE est une célébration de l’héritage culturel riche et diversifié, un reflet de forces et de valeurs européennes. Les films européens traitent de drames personnels, de questions sociales et historiques et, sans doute, séduiront le public partout au Canada », a déclaré Matthias Brinkmann, l’ambassadeur de l’Union européenne au Canada.

La programmation du festival est composée d’un grand nombre de films comiques, contrairement aux années passées. « On ne choisit pas les films de façon thématique », explique Tom McSorley, le directeur exécutif de l’ICF, « nous tentons plutôt d’avoir plusieurs styles et de garder un certain équilibre. Ça dépend aussi des pays qui participent. Depuis que l’UE s’est agrandie, nous avons bien plus de pays voulant participer. Nous aimerions idéalement en avoir 100 un jour. C’est toujours un défi de tout mettre dans le calendrier, mais c’est quand même un bon défi. » Le festival de film prend de l’ampleur chaque année, autant du côté de la programmation que de la popularité, comme l’a mentionné Jerrett Zaroski, progammateur de l’ICF: « Le festival devient de plus en plus populaire chaque année et nous avons toujours l’impression que l’horaire du festival n’est jamais prêt assez tôt pour les cinéphiles ». Le réalisateur suédois, Richard Hobert, sera présent le 23 novembre afin de présenter son film A One-Way to Antibes et de répondre aux questions par la suite. Le festival sera présidé par Chypre et l’Irlande, qui inaugureront le festival le jeudi 15 novembre avec les films Small Crime, de Chypre, ainsi que Silence, d’Irlande. Les projections auront lieu à l’Auditorium, au 395, rue Wellington, à Ottawa. Les billets se vendent au prix de 12 $ pour le grand public et 8 $ pour les membres, les aînés et les étudiants.

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ARTS ET CULTURE

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12 novembre 2012

les poRtes GRanDes ouVeRtes De la spao

L’École des arts photographiques invite les curieux dans son espace
myriam bourdeau-potvin
les étudiants doivent d’abord apprendre le développement d’un bout à l’autre, ils ont besoin d’un endroit pour traiter les négatifs. Comme c’est une petite école, l’approche éducative se distingue par son aspect personnalisé: « Les professeurs sont là pour nous guider et nous propulser vers l’artiste que nous voulons être », explique Rachel Gaboury, l’une des quatre finissantes de troisième année. « Ils nous font réfléchir sur notre travail à la place de simplement nous enseigner à créer de belles images. » La troisième année d’étude est facultative au programme de portfolio, le seul cheminement offert à temps plein. « La première année, on nous montre toutes les bases de la photographie. L’approche est beaucoup plus théorique qu’en deuxième année, alors que nos professeurs nous donnent plus de liberté et nous laissent expérimenter des sujets personnels et des méthodes moins traditionnelles. La troisième année est entièrement consacrée à la création d’une exposition solo, présentée en galerie à la fin de l’année scolaire », clarifie Angela Watkin, étudiante de deuxième cycle. En plus de ce programme complet, il est possible de prendre seulement un ou deux cours par session. La matière est adaptée de façon à satisfaire autant les débutants que les plus expérimentés; en gardant de petits groupes, les mentors sont capables de personnaliser chaque intervention. « Les étudiants qui s’inscrivent aux cours sont curieux et ont la soif de savoir. les classes sont très motivantes pour eux, puisque les enseignants ont beaucoup d’expérience dans le domaine », affirme Randy Innes, l’un des trois co-directeurs.

Comme à chaque année, l’École des arts photographiques invite tous les intéressés à se rendre sur place pour visiter l’établissement, rencontrer des élèves et des professeurs ainsi que célébrer la créativité par l’image.
La School of the photographic arts: Ottawa (SPAO), petite école située sur Dalhousie au coin de Bruyère, existe depuis pas plus de huit ans. Malgré sa façade en apparence banale, l’intérieur cache un charme inattendu. Les planchers de ciment couverts de taches de peintures et d’imperfections ajoutent à l’aspect « studio d’artiste newyorkais » de l’endroit. Dans cette pièce, ce sont les étudiants de première année qui exposent. Toutes les classes avaient pour thème « la scène »; les premières années, qui étudiaient les natures mortes, devaient inclure un élément de spectacle à leur photo, ce qui créait une continuité entre les deux murs d’exposition. Deux pièces sont réservées au travail photographique: l’une d’elle compte quelques ordinateurs et deux imprimantes capables de tirer des affiches pour travailler les procédés informatisés. L’autre, beaucoup plus impressionnante, est une salle noire. Puisque tous

Chaleureuse et familière, l’ambiance dégagée par cette école favorise l’échange et semble être un bel endroit de rencontre entre les artistes, les professeurs et les amateurs d’art.

Jenn Schad, étudiante de deuxième année, pose à côté de sa photographie - photo Jérôme Simon

festiVal

Le Festival de films francophones d’Orléans
Katherine sullivan,
Chef de pupitre
La soirée d’ouverture a accueilli 200 francophones et francophiles de la région, venus prendre part aux célébrations et au visionnement du film La Délicatesse. « On continue d’avoir la soirée d’ouverture au MIFO pour accueillir les gens au centre culturel. Il paraît qu’il y a des gens de Gatineau qui traversent la rivière pour venir voir des films ici. Avant, c’était le contraire! La première est toujours ici, [au Centre culturel d’Orléans], mais le festival se déroule au cinéma Empire par la suite. C’est un bon partenaire qui fait venir des films en français. [Au Centre culturel d’Orléans], on présente des films en français pour les francophones et les francophiles deux fois par mois », explique Pierrette Boisvert, membre du comité organisateur d’Objectif Cinéma. Le député d’Ottawa-Orléans, Phil McNeely, a également tenu à féliciter Objectif Cinéma, avant d’annoncer une bonne nouvelle: « Ce soir, je me sens choyé d’annoncer l’aide financière du gouvernement de l’Ontario de 8 000 $ ». Cette subvention fut remise au MIFO via le Conseil des arts de l’Ontario afin d’encourager l’initiative et l’implication francophone dans la région d’Orléans. Par la suite, Improtéine, un groupe d’humoristes de la région, a fait quelques jeux d’improvisation sur le thème de la délicatesse. Ces anciens de la Ligue d’improvisation des étudiants universitaires de l’Université d’Ottawa, ont encouragé la participation de la foule lors d’une histoire à relais, un jeu de marionnettes, ainsi que d’un jeu de comédie musicale. « J’ai toujours fait de l’impro en français. Je ne savais même pas que l’impro en anglais existait », a ajouté Olivier Nadon, membre du groupe. Puis, pendant la dégustation de petits gâteaux et de mousseux, Julie Senécal, directrice du marketing et des communications, a expliqué la raison d’être du MIFO: « L’objectif premier est la promotion du français dans la communauté d’Orléans. On offre des services artistiques et culturels, des films, de l’impro, ainsi qu’une école de musique ». Le festival a offert une sélection de films francophones au cinéma Empire, tels que Le Havre, Les infidèles, Liverpool ou encore La source des femmes.

La sixième édition du Festival de films francophones d’Orléans a eu lieu la semaine dernière, du 7 au 11 novembre, au centre culturel d’Orléans et au nouveau cinéma Empire, situé au 3752 rue Innes. La Rotonde a pris part à la soirée d’ouverture, le 6 novembre dernier, où cinéma, francophonie, comédie et mousseux étaient de mise.
Ce festival est organisé par Objectif Cinéma, issu d’une initiative du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) et mis sur pied par un groupe de bénévoles voulant offrir la projection de films en français à proximité du centre culturel.

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ARTS ET CULTURE
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12 novembre 2012

Ma relation ouverte
Katherine sullivan,
Chef de pupitre
Je suis peut-être vieux jeu ou simplement très têtue mais, la technologie et moi, ça ne fonctionne pas toujours. Parfois, c’est le grand amour, la passion et les nuits blanches. Mais, d’autres jours, ce sont les prises de bec, le blâme et les silences lourds. Et oui, je suis en relation ouverte avec la technologie, plus précisément avec les ordinateurs. Nous sommes ensemble du côté émotif, mais avons la liberté d’aller voir ailleurs pour les plaisirs, disons, plus physiques. Bref, j’utilise bien mon portable pour la rédaction de travaux, un peu de plaisir voyeur sur Facebook et puis, bien sûr, afin de rédiger ces lignes. Sinon, je me donne aux bons vieux papier et crayon. Eh oui, je suis l’une des rares créatures prenant encore ses notes à la main, en lettres attachées, comme je l’ai si bien appris au primaire. Je trouve cette relation bien plus concrète et ai ainsi la certitude de ne pas perdre mes notes d’un seul coup de panne électrique ou d’un mauvais clic. Je préfère entendre le griffonnement de ma plume sur le papier, plutôt que l’assourdissant « clic, clac, clic, clac » d’une cinquantaine de portables qui couvrent la maigre voix du professeur refusant toujours d’utiliser le microphone à sa portée. Je préfère également le manque de distractions mentales lorsque je passe quelques heures avec mon papier et mon crayon. Plutôt que de faire des courses en ligne, d’envoyer des courriels, de mettre à jour mon statut Facebook ou de rédiger un gazouillis, je peux tenter de comprendre la matière enseignée. Voilà pourquoi je ne peux me vouer entièrement, corps et âme, à la technologie, car celle-ci est trop volage, offre trop de tentations lors de mes moments de faiblesse (le cours magistral sans fin) et trop de soucis lors de ses propres moments de faiblesse: une connexion internet instable, le manque de prises électriques ou un disque dur saturé, et c’est la crise!

Mettre les capitales mondiales en musique

Thibault Cauvin, guitariste français, a fait le tour du monde depuis les dix dernières années - photo courtoisie

camille lhost

« New York », « Kyoto », « Moscou » Thibault Cauvin aime dire qu’il est « en tournée mondiale depuis dix ans » et, lorsqu’il est à Paris, il ne souhaite qu’une seule chose: sauter dans un avion. Son cinquième disque, baptisé Cities, rend hommage aux villes qui l’ont accueilli et surtout qui l’ont touché. Les sept morceaux composant le disque portent chacun le nom d’une capitale, et jouent sur des notes de jazz, de flamenco, de rock ou autre, selon la culture du pays. « Grâce à ces nombreux voyages, mon style et mon esprit sont influencés par les couleurs, les cultures des cinq continents. » Cet album de World Music, beaucoup plus personnel, a été co-écrit avec de grands musiciens reconnus dans le monde entier. « Avant, je présentais des œuvres connues que j’arrangeais. Maintenant que les morceaux me correspondent, j’espère que tout le monde se reconnaîtra dedans. » Rencontrer le public L’objectif de ce dernier album est double. Il explique qu’il aime revenir dans les lieux où il a déjà joué et ainsi tisser des liens

Thibault Cauvin, guitariste depuis l’âge de six ans, était de passage pour la première fois à Ottawa, dimanche 11 novembre, au Théâtre de La Nouvelle Scène. L’occasion pour lui de présenter son nouvel album Cities, dévoilé le mois dernier à New York.
Thibault Cauvin, Français d’origine, a rarement donné des concerts dans l’Hexagone. Il avoue avoir délaissé Bordeaux pour se tourner vers les États-Unis et, depuis, n’avoir cesser de voyager. Canada, Afrique, Japon; toutes les semaines, il atterrit sur un nouveau continent: « J’adore cette vie nomade. Mon corps et moi sommes maintenant formatés pour nous coucher tard, nous lever tôt et subir les décalages horaires ».

d’autant plus forts avec son public local, un public d’ailleurs toujours plus nombreux et qui l’accueille à bras ouverts. Cette semaine, il a donné des concerts à Winnipeg où il avait déjà joué deux fois, ainsi qu’à Québec et à Ottawa, qu’il connaissait peu et où il espère être réinvité. Par ailleurs, il veut aussi toucher un autre public, plus jeune, plus moderne. Seulement « guitariste de formation classique », il répond ainsi à la question portant sur son intention de changer un jour d’orientation musicale en travaillant avec un ou une chanteur(se): « Je suis égoïste, j’aime le rapport direct avec le public ». Être son propre chef d’orchestre et gérer le concert par lui-même le laisse libre dans ses choix et lui permet d’avancer et de mûrir son travail. Thibault Cauvin conclut l’entrevue de cette manière: « Le bonheur me guide et partager cette passion aux quatre coins du monde est pour moi un rêve d’enfant qui se réalise chaque jour ».

c a le nD Rie R cu ltu Re l
lundi 12 novembre:
Visite guidée: À travers les lignes, aux Archives et collections spéciales de la bibliothèque Morisset - de 9 h à 16 h Relaxation: Lundis Yoga avec Art of Living à la résidence Stanton - à 18 h Conférence: La face cachée de l’équité et de la diversité, pavillon Simard - à 13 h Musique: Spectacle-bénéfice pour Centraide, au Centre universitaire - à 19 h Théâtre: Invention du chauffage central en Nouvelle-France, au CNA - à 19 h 30 Conférence: La philosophie africaine, au pavillon des arts - à 17 h 30 Musique: Jenn Grant, au CNA - à 19 h 30

Jeudi 15 novembre:

mardi 13 novembre:

Atelier: S’épanouir: Groupe sur les stratégies d’adaptation au 100, rue Marie-Curie - à 10 h

mercredi 14 novembre:

Danse: Soirée latine au Petit Chicago, à Hull - à 20 h Cinéma: Festival du film de l’Union européenne: Silence au 395, rue Wellington - à 21 h Conférence: Comprendre l’art contemporain, au pavillon Desmarais - à 18 h Musique: Folie Gershwin, au CNA - à 20 h

Musique: The Electric Ballroom, au Zaphod’s - après les groupes musicaux Cinéma: Festival du film de l’Union européenne présente Holy Motors au 395, rue Wellington - à 19 h Conférence: Les États généraux de la francophonie d’Ottawa, à la faculté des sciences sociales - toute la journée

samedi 17 novembre:

illustration Simon Lalonde Boisvert

Fringale: Repas végétalien et gratuit avec la République populaire du délice, au Centre universitaire - à 12 h On bouge: Club exercice aventure, salle 203 au Centre universitaire - à 13 h Conférence: De l’écrit à l’écran, au café Artissimo - à 17 h

Cinéma: Festival du film de l’Union européenne présente Winning Streak au 395, rue Wellington - à 19 h

Vendredi 16 novembre:

Danse: Soirée années 80 au Barrymore’s Cinéma: Festival du film de l’Union européenne présente The Foreigner au 395, rue Wellington - à 19 h

Dimanche 18 novembre:

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SPORTS
DossieR spÉcial léa papineau-Robichaud,
Chef de pupitre

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12 novembre 2012

Le dopage dans les sports interuniversitaires

La drogue et le dopage sont des réalités dans le monde du sport. Encore tout récemment, un scandale a éclaté au grand jour: le système de dopage de Lance Armstrong. Ce fléau touche-t-il le Sport interuniversitaire canadien (SIC)? La Rotonde s’est penchée sur la question.
Il y a deux ans, huit joueurs de l’équipe de football de l’Université Waterloo ont été accusés de dopage par le SIC. La police de Kingston avait trouvé des milliers de capsules de stéroïdes anabolisants dans le garde-robe de Nathan Zettler, ancien receveur de Waterloo. Ce dernier, ainsi que son coéquipier Brandon Krukowski, avaient été accusés de trafic de stupéfiants. L’analyse des échantillons d’urine d’un autre joueur des Warriors de Waterloo, Matt Socholotiuk, a révélé la présence de stéroïdes, mais aussi d’hGH, une hormone de croissance qui stimule la production de cellules cartilagineuses et de l’ossature. Ce type de dopage est qualifié par plusieurs spécialistes de sophistiqué, car l’hGH est difficile à déceler lors de tests antidopage, puisque l’être humain produit cette substance naturellement. Le président du Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) a qualifié cet évènement d’« un des plus importants problèmes de dopage de l’histoire du Canada ». Suite à ce scandale, l’Université de Waterloo avait annulé tous les matchs de la saison de football 2010. Des lacunes dans le programme antidopage? Le programme antidopage du SIC a été mis sur pied avec le soutien du CCES et c’est le Programme canadien antidopage (PCA) qui réalise les tests chaque année auprès d’environ un athlète sur 25 parmi toutes les équipes de sport interuniversitaire du pays. Depuis le scandale de Waterloo, le programme a été remis en question et certaines modifications y ont été apportées. « Avant, c’était assez prévisible à quel moment les tests antidopage allaient être faits, mais, maintenant, on fait plus de tests inopinés. On teste les athlètes hors-saison, l’été et durant la saison aussi », explique le gérant des communications et des relations médias du SIC, Michel Bélanger. « Selon moi, le SIC fait son possible pour limiter tout cas de dopage. On a pu voir dans les dernières années que certains athlètes de football ont été pris lors d’un test », affirme le défenseur de l’équipe de hockey masculin de l’U d’O, David Foucher. « Je sais que ça coûte de l’argent, mais je pense

illustration Maxime Charlebois

qu’ils devraient mettre plus d’emphase làdessus pour empêcher le dopage. Oui, ils ont surpris des gars de Waterloo, mais il y en a d’autres ailleurs, c’est sûr », croit le receveur de l’équipe de football des Gee-Gees, Simon Le Marquand. Même son de cloche chez M. Bélanger : « On aimerait faire plus de tests, c’est malheureux à dire, mais on est rendu là: le problème, c’est l’argent. Chaque test coûte en moyenne 800 $. » Certains doutent de l’efficacité des tests pratiqués sur seulement 4 % des athlètes du SIC pour contrer le dopage. D’ailleurs, tous les sportifs interrogés ont avoué n’avoir vu qu’une seule fois des coéquipiers se faire tester, lors de leurs nombreuses années avec le Double-G. « Le CCES est l’organisme tiers indépendant qui coordonne tous les éléments de dépistage des drogues pour le SIC. Ce sont donc eux qui déterminent le nombre de tests qui sera fait, quand, où, etc. », explique le directeur des opérations et du développement du SIC, Tom Huisman. « Sport Canada remet de l’argent au CCES et ce sont eux qui le répartissent dans les différentes organisations de sports au Canada », ajoute M. Bélanger. Malgré tout, l’organisation attrape toujours quelques tricheurs chaque année. Selon un tableau publié en mai dernier par le SIC, 75 athlètes ont testé positif depuis 1990. 73 d’entre eux étaient des hommes et, parmi eux, 64 étaient des joueurs de football. Les substances détectées le plus souvent sont les stéroïdes (31 fois) et la marijuana (15 fois). De plus, depuis le printemps 2011, la Ligue canadienne de football donne un coup de pouce au SIC. Elle teste tous les joueurs qui participent à son camp d’entraînement. « Il y a environ 45 joueurs de la SIC qui y participent, donc ça fait 45 joueurs de plus de testés. Avant, on testait environ une centaine de joueurs de football par année et maintenant il y en a presque 150 qui sont testés », affirme le gérant des communications de la SIC.

La prévention avant tout « Suite aux événements de Waterloo, le SIC et ses membres ont entrepris plusieurs initiatives de sensibilisation et d’éducation pour prévenir les incidents futurs de dopage », explique M. Huisman. « Des mesures plus strictes ou des pénalités plus sévères ne sont pas en mesure d’être incorporées parce que celles-ci sont spécifiquement dictées par le PCA. » Tous les athlètes de l’Université d’Ottawa doivent d’ailleurs faire une formation avant de pouvoir commencer à jouer. Une heure de formation est faite via internet et une autre heure a lieu auprès du Service des sports. Le sujet du dopage et de la drogue est bien sûr abordé dans cette formation.

Trop de pression? Le cheminement que les athlètes prennent pour un jour atteindre le niveau professionnel est parsemé d’embûches (blessures, contre-performances, etc.) Ces situations difficiles peuvent parfois mener à une forte tentation de consommer des produits illégaux. « Une fois, je m’étais blessé au genou au Cégep et je m’en venais ici [avec les Gee-Gees]. Les gens me disaient, en niaisant, de prendre quelque chose, parce que je n’étais plus avec l’équipe du Cégep et que, avec les Gee-Gees, j’étais une recrue et ils ne testent pas les recrues », explique Le Marquand. Le receveur affirme, tout comme Foucher, ne jamais avoir eu envie de prendre des substances illégales pour améliorer ses performances: « Cela

« on aimerait faire plus de tests, c’est malheureux à dire, mais on est rendu là: le problème, c’est l’argent. chaque test coûte en moyenne 800 $. » — michel bélanger, gérant des communications et des relations médias du sic.
« Je pense que c’est une façon de créer des athlètes responsables. Par exemple, moi, je prends des protéines, comme plusieurs, mais il faut savoir si elles sont légales et faire attention », dit l’attaquante de l’équipe de hockey féminin, Dominique Lefebvre. « Je pense qu’on fait un bon travail à l’Université pour encourager les athlètes à être clean. Après, ces athlètes-là vont aller dans le professionnel avec cette culture-là. » Vu le manque d’argent, la prévention reste un des seuls moyens pour tenter de réduire le nombre de cas de dopage dans le sport interuniversitaire. « Il faut mettre dans la tête des étudiants que, oui, les produits dopants améliorent leurs performances, mais que c’est aussi une question de santé », lance M. Bélanger. ne m’est jamais passé par la tête, car on travaille tous très fort pour atteindre les hauts sommets de notre sport et il n’est pas question de ruiner les efforts mis pendant toutes ces années. » La pression à laquelle les athlètes font face joue toutefois un rôle important dans l’utilisation de drogue : « Toute la pression que les athlètes supportent durant leur carrière peut parfois les porter à vouloir plus que ce qu’ils sont capables de faire », croit David Foucher. Même si le SIC, conjointement avec le CCES, met sur pied des mesures pour empêcher le dopage, les athlètes trouveront toujours un moyen de contourner ces mesures pour pallier la pression.

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12 novembre 2012

coupe Du canaDa De quiDDitch

L’Université d’Ottawa deuxième au Canada et en route pour la Coupe du Monde
l’attaque. Il en a été de même pour la batteuse Alex Bassa. Finale: défaits par la fatigue Face à l’Université McGill, l’équipe partait avec un grand désavantage en termes de récupération. Vu le nombre impair des équipes engagées, ils ont eu à jouer un match de plus que leurs adversaires, avec l’enchainement des matchs et pratiquement aucun temps de repos après la demi-finale. La fraîcheur physique a ainsi manqué aux Quibblers ottaviens. Les joueurs de Radojewski et de Rebecca Alley (co-entraîneurs) ont pourtant excellemment démarré la rencontre, menant leur première offensive à bout grâce au gardien Jamie Lafrance. Par contre, au fil du match et des duels, le facteur physique a fini par faire basculer les débats en faveur de McGill dont les joueurs se sont montrés particulièrement efficaces à tous les niveaux du jeu. C’est sur le score de 90 à 10 que l’Université d’Ottawa s’est inclinée. « C’est la seule équipe dont les batteurs ont réussi à déjouer les nôtres, du coup on a eu des soucis en défense, et puis ils ont aussi un très bon attrapeur: Nick McKnight avait réussi à attraper le Vif d’Or dans les quatre matchs précédents, mais cette fois c’est l’attrapeur de McGill qui a triomphé », a expliqué Hutchinson. « McGill a très bien joué, ils méritent de gagner, nous avions bien débuté, nous avions les choses en main, mais nous n’avons pas pu tenir le coup, mais je suis quand même satisfait de notre performance, surtout d’avoir amélioré notre classement et de nous être qualifiés pour la Coupe du Monde », a commenté Radojewski. Coupe du Monde: participation mise en doute par le calendrier Bien qu’officiellement qualifiés grâce à leur place de finaliste, l’équipe ottavienne n’est pas assurée de pouvoir se déplacer en Floride au printemps prochain. La date du 15 avril, désignée pour l’évènement par l’IQA, n’est pas des plus adéquates car coïncidant avec la période d’examens des membres de l’équipe. À ce propos, Radojewski et Hutchinson se sont accordés sur le fait que ne pas participer serait une grande déception. « Nous avons une équipe très compétitive, toujours en progression. Ne pas participer pour de telles raisons, alors que nous avons amplement mérité notre billet, ce serait vraiment dommage. Nous ferons tout pour pouvoir y être », a déclaré Radojewski. Hutchinson a pour sa part essayé d’être optimiste: « Nous essayerons de trouver un moyen pour avoir un horaire d’examens spécifique si c’est possible, et nous jouerons le plus possible afin de nous préparer. »

Ghassen athmni

Le Quidditch poursuit toujours son essor, au point que des évènements de grande envergure sont de plus en plus fréquents, aussi bien sur le plan national qu’international.
L’équipe de l’Université d’Ottawa, positionnée 39t au classement de l’Association internationale de Quidditch (IQA), prenait part ce dimanche à la Coupe du Canada. Ce tournoi s’est déroulé sur le terrain Tindall de l’Université Queen’s à Kingston et était qualificatif pour la Coupe du Monde qui aura lieu au printemps en Floride. Les autres compétiteurs représentaient les universités de Toronto, McMaster, Ryerson, Carleton, Guelph, les collèges Algonquin et Fleming. Phase de groupe totalement maitrisée Le tirage au sort avait placé l’équipe d’Ottawa dans le même groupe que Fleming, Guelph et McMaster. À la suite de trois oppositions, une seule de ces équipes allait se qualifier pour les demi-finales. Cette phase s’est résumée à une série de scores fleuves; 200 à 10 contre McMaster dans un match maitrisé de bout en bout et 150 à 20 contre Fleming dont la puissance physique n’a pas suffi. Quant à Guelph, elle s’est faite laminer 270 à 30. S’appuyant sur une bonne lecture de la stratégie de son adversaire, une excellente défensive, la vitesse et la technique de ses poursuiveurs, l’équipe ottavienne a confirmé son statut d’équipe expérimentée. « La différence de niveau est due au fait que notre équipe est plus vieille, nous avions plus d’expérience que nos adversaires, dont les équipes sont relativement nouvelles », a commenté Clare Hutchinson, co-présidente et batteuse de l’équipe. Dans ces premières rencontres, les poursuiveurs Adam Robillard, Cam Buie et Brian Wong se sont illustrés, se révélant très prolifiques en termes de points. Nick McKnight, l’attrapeur de l’équipe, a de son côté réussi un sans-faute avec un 3 sur 3. Demi-finale: l’essentiel assuré Opposés à l’équipe hôte, les Quibblers d’Ottawa avaient la finale comme objectif en soi, d’une part pour améliorer leur résultat de l’année dernière, lors de la première édition de cette même compétition, d’autre part pour assurer leur qualification à la Coupe du Monde. La rencontre a été très intense et les coéquipiers de Hutchinson ont été héroïques en défense et ont su exploiter les occasions en attaque, pour l’emporter 7010 au grand dam des locaux. Chris Radojewski, qui cumule les fonctions d’entraineur et de joueur (poursuiveur), a été particulièrement en vue lors de cette rencontre, aussi bien à la défense qu’à

« McGill a très bien joué, ils méritent de gagner, nous avions bien débuté, nous avions les choses en main, mais nous n’avons pas pu tenir le coup, mais je suis quand même satisfait de notre performance, surtout d’avoir amélioré notre classement et de nous être qualifiés pour la Coupe du Monde » -chris Radojewski, entraîneur et poursuiveur.

photo Ghassen Athmni

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12 novembre 2012

Volleyball fÉminin

Les Gee-Gees, toujours invaincues
léa papineau-Robichaud,
Chef de pupitre
réussi quelques blocs au filet qui ont donné un bon coup de pouce à l’équipe. Des manches serrées attaques marquantes, neuf manchettes défensives, trois blocs solos et quatre blocs en duo. « Ce que j’ai aimé du match aujourd’hui, c’est que l’équipe, par les regards, le langage corporel et les jeux effectués, est restée pareille du début jusqu’à la fin du match. C’est ce qui a fait que c’était un match très rythmé », a décrit l’entraîneur, Lionel Woods. « On a une belle chimie. On se tient toujours ensemble, que ce soit à l’école ou au volleyball. Je pense que ça paraît sur le terrain », a ajouté la joueuse de milieu Alix Durivage, après le match. L’équipe connaît un début de saison sans faille, n’ayant perdu qu’une seule manche en six matchs. « On a un groupe d’athlètes vraiment très talentueuses », a expliqué Woods. « Pour gagner, il te faut du talent, mais pas seulement cela. Il faut des désirs, un rythme et un esprit d’équipe. C’est ce qu’on appelle de la chimie, mais je pense que c’est plus que de la chimie ce que l’on vit cette année. » Le Gris et Grenat affrontera Western la fin de semaine prochaine au gymnase de Montpetit. « On va continuer à travailler fort. On va étudier les autres équipes que nous allons affronter et on va pratiquer selon les spécialités de ces équipes », conclut Durivage.

Samedi après-midi, les Gee-Gees ont remporté une sixième victoire consécutive contre les Badgers de l’Université Brock par la marque de 3 à 0. L’équipe demeure ainsi invaincue et conserve sa cinquième position au classement du Sport interuniversitaire canadien.
Le Double-G a fait face à une équipe adverse motivée et coordonnée qui avait fait le voyage depuis Saint Catharines. Les Badgers ont rapidement pris les devants dans la première manche. L’équipe locale a tout de même réussi à reprendre le dessus 9-8 en milieu de manche pour finalement l’emporter 25 à 10. Karina Krueger Schwanke a grandement contribué à cette belle remontée, multipliant les attaques marquantes. Alix Durivage a aussi

Le début de la deuxième manche s’est avéré très serré, sans qu’une équipe ne prenne une avance considérable. Les efforts constants des joueuses ottaviennes, notamment de la passeuse de quatrième année Christina Grail et des jumelles English, ont fini par porter fruit et les GeeGees ont remporté la deuxième manche 25 à 14. La recrue Sophie Chenail a eu l’occasion de montrer aux nombreux partisans présents ce dont elle était capable, réussissant un magnifique bloc au filet vers la mi-manche. La troisième manche semblait gagnée d’avance puisque le Gris et Grenat a fait les six premiers points de celle-ci, mais Brock a tout de même tenu tête à l’équipe locale en fin de manche en marquant quelques points d’affilée. Après un temps d’arrêt demandé par les Gee-Gees, ces dernières ont rapidement repris le contrôle de la manche pour finalement la remporter avec un score de 25 à 17. Des joueuses talentueuses Dans ce match, Karina Krueger Schwanke a réussi 15 attaques et six manchettes défensives et Kelsie English a réalisé six

Kelsie English (5) et les Gee-Gees sont toujours invaincues cette saison - photo Jérôme Simon

« Pour gagner, il te faut du talent, mais pas seulement cela. Il faut des désirs, un rythme et un esprit d’équipe. C’est ce qu’on appelle de la chimie, mais je pense que c’est plus que de la chimie ce que l’on vit cette année. » - lionel Woods, entraineur-chef de l’équipe de volleyball féminin des Gee-Gees.
hocKey fÉminin

Les Gee-Gees écrasées par les Martlets
léa papineau-Robichaud,
Chef de pupitre

Dimanche après-midi, le Gris et Grenat a encaissé un sixième revers de suite par la marque de 8-3 contre les Martlets de l’Université McGill.
Plusieurs joueuses clé d’Ottawa n’étaient pas en uniforme pour ce match comme la capitaine Fannie Desforges, la gardienne de but numéro un Cassie Séguin et l’attaquante Elarie Leclair. Le match s’annonçait donc difficile pour l’équipe ottavienne. Les Martlets ont été dominantes Après une minute de silence pour les anciens combattants et une mise au jeu faite par la caporale Julia Turner, la première période a commencé. Aussitôt, les Martlets ont pris le contrôle de la rondelle et l’ont gardée pour une grande partie de

la première période. Elles n’ont d’ailleurs pas perdu de temps pourt marquer le premier but de la rencontre. Les Gee-Gees ont riposté les minutes suivantes, mais le travail des défenseures adverses a empêché l’équipe locale d’égaliser la marque. Lors d’une punition aux Gee-Gees en fin de période, McGill a marqué un autre but pour amener la marque à 2-0. Le Double-G a commencé la deuxième période avec une joueuse en moins. Malgré tout, les défenseures et la gardienne de but Caitlin Fowler ont empêché McGill de marquer. Dominantes, les Martlets ont tout de même touché le fond du filet deux fois, quelques minutes après la punition de Valérie Watson. L’équipe adverse a continué à faire des siennes tout au long de la période, comptabilisant deux autres buts dont un en avantage numérique. Ottawa a finalement réussi à déjouer la gardienne en fin de période grâce à un beau jeu individuel de Cindy Laurin, marquant son premier but en carrière, alors que McGill évoluait avec une joueuse en moins. Une troisième période serrée La troisième période a été un peu plus serrée que les deux autres. Les Gee-Gees se sont fait plus menaçantes en zone ad-

Maude Laramee (8) protège la rondelle contre une joueuse des Martlets - photo Jérôme Simon

verse, multipliant le nombre de tirs au but. Quelques minutes après le septième but de McGill, Dominique Lefebvre a marqué vers la mi-période. Les passes sont allées à Asha Kauffeldt et Alicia Blomberg. Moins de trois minutes après le but d’Ottawa, Mélodie Daoust des Martlets a complété un tour du chapeau. La défenseure Maude Laramée a marqué le troisième but du Gris et Grenat. « On aurait pu mieux jouer. Il nous manquait plusieurs joueuses, mais on s’est battues avec les joueuses qu’on avait et je pense que ça ira mieux le prochain match », a dit Valérie Watson après le match. « On a beaucoup de joueuses blessées, on a donc joué avec notre équipe B.

On a fait notre possible. C’est la première fois qu’on score trois buts contre McGill depuis que je suis là, alors je suis tout de même satisfait », a ajouté l’entraîneur-chef Yanick Evola. McGill est toujours invaincue cette saison, les Gee-Gees avaient donc dû bien se préparer. « On s’est concentrées sur le match qu’on avait joué contre eux la semaine dernière pour essayer de travailler sur ce qu’on avait fait de moins bien », a expliqué celle qui a ouvert la marque contre l’équipe montréalaise, Cindy Laurin. La formation d’Evola jouera à l’Université Carleton le dimanche 18 novembre.

« Il nous manquait plusieurs joueuses, mais on s’est battues avec les joueuses qu’on avait et je pense que ça ira mieux le prochain match. » - Valérie Watson, défenseure.
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12 novembre 2012

DeuX minutes au cachot

La performance à tout prix
léa papineau-Robichaud,
Chef de pupitre

* Éto ile s D e l a semain e *

Connaissez-vous John Kordic? C’est un hockeyeur canadien qui a, entre autres, joué avec les Canadiens de Montréal et les Maple Leafs de Toronto. Ça ne vous dit toujours rien? Vous savez, le défenseur de 27 ans qui est mort d’une surdose de cocaïne dans une chambre d’hôtel à Québec en 1992? Kordic était reconnu pour son usage fréquent de stéroïdes anabolisants. Son décès a été à l’origine d’un grand questionnement: en demandons-nous trop à nos athlètes? La pression qui repose sur les épaules des athlètes n’est plus ce qu’elle était: les entraîneurs impitoyables, les partisans insatiables, le nombre trop grand de matchs à jouer en quelques mois, les distances à parcourir entre chaque match, etc. constituent des conditions extrêmement difficiles et les athlètes se doivent de performer malgré tout. La solution? Prendre des substances qui vont aider à supporter toute cette pression. Ce que j’appelle le cercle vicieux de la performance à tout prix. Oui, à tout prix! En consommant des stéroïdes anabolisants ou des hormones de croissance, les athlètes ruinent leur santé et donc leur vie. Éric Gagné, l’ex-lanceur des Dodgers de Los Angeles, a avoué sentir que son corps était maintenant celui d’un homme de 60 ans, lui qui n’a que 36 ans. Il a vu son nom inscrit dans le rapport Mitchell, le résultat d’une enquête sur les usages de drogues dans les ligues majeures de baseball. Même les athlètes qui ne consomment pas de substances illégales utilisent tout de même des produits de toutes sortes pour améliorer leur performance. La science a fait de tels « progrès » qu’il existe des produits pour aider un athlète à faire face à la pression: des gouttes pour les yeux, des pilules pour s’activer, des boissons pour s’énergiser, etc. C’est incroyable ce que la science peut faire de nos jours! Incroyable oui, mais tous ces produits sontils vraiment nécessaires? Il y a quelques années, ces produits n’existaient pas et les athlètes ne s’en portaient pas plus mal. Plutôt que de jouer les apprentis sorciers, les scientifiques ne devraient-ils pas plutôt consacrer leurs recherches à de vraies maladies?

Karina Krueger schwanke,
volleyball féminin L’attaquante de cinquième année s’est particulièrement démarquée samedi après-midi lors du match contre Brock, réalisant 15 attaques marquantes et six manchettes défensives.

Johnny berhanemeskel,
basketball masculin Le garde des Gee-Gees a joué un très bon match samedi soir contre Windsor. Il a marqué 26 points, dont quatre paniers de trois points. Il a aussi effectué huit interceptions et récupéré sept rebonds au total. De plus, il a obtenu 20 points contre Western vendredi soir.

Julia nikonorova,
cross-country L’athlète de deuxième année était la seule représentante de l’Université d’Ottawa au championnat du Sport interuniversitaire canadien qui se déroulait cette fin de semaine. Elle a terminé 45e sur 123 coureuses avec un temps de 18 : 52.

s tatistique s
Volleyball féminin Équipes MJ Ottawa Ryerson York Queen's Western Toronto Windsor Guelph McMaster Waterloo Brock RMC Lakehead 6 5 5 7 5 5 5 6 6 6 7 5 6 V 6 5 5 5 3 2 2 2 2 2 2 1 0 D 0 0 0 2 2 3 3 4 4 4 5 4 6 PP 18 15 15 17 11 8 9 8 9 9 8 4 5 PC 1 4 1 12 8 11 9 14 13 14 18 13 18 PTS 12 10 10 10 6 4 4 4 4 4 4 2 0

Basketball masculin Équipes MJ Ryerson Queen's Carleton Laurentienne Ottawa Toronto York 2 1 2 2 2 2 2

V 2 1 1 1 1 1 1 V 2 1 1 0 0 0 0

D 0 0 1 1 1 1 1 D 0 1 1 1 2 2 2

PP 160 83 153 153 145 144 128 PP 118 122 108 64 119 112 93

PC 107 80 117 157 133 149 146 PC 103 106 136 68 145 125 122

PTS 4 2 2 2 2 2 2 PTS 4 2 2 0 0 0 0

 

Basketball féminin Équipes MJ Toronto Carleton Laurentienne Queen's Ottawa Ryerson York 2 2 2 1 2 2 2

 

 

m atchs D e l a se ma ine
Vendredi 16 novembre:
Basketball féminin contre McMaster à 18 h Hockey masculin à Carleton à 19 h Basketball masculin contre McMaster à 20 h

samedi 17 novembre:
Natation féminine et masculine au championnat de division Stratten à Ottawa à 16 h 30 Basketball féminin contre Brock à 18 h Basketball masculin contre Brock à 20 h

Dimanche 18 novembre :
Natation féminine et masculine au championnat de division Stratten à Ottawa à 16 h 30 Volleyball féminin contre Western à 14 h Hockey masculin contre Concordia à 14 h Hockey féminin à Carleton à 14 h p. 17

illustration Simon Lalonde Boisvert

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la Rotonde re ch e rche u n e se c ré ta i re d e réd action. les c a n d i d a t u re s d o ive n t ê t re envoyées à d irec t io n@ l a ro to n d e .ca ava n t l e 18 n ovem b re 2012

Citation de la semaine entendue à la radio de Radio-Canada

Premiers matchs a domicile
16 nov c. McMaster
F : 18:00 M: 20:00

« nous allons nous rappeler du 9 novembre comme la journée où le mur de berlin est tombé et où le maire Vaillancourt a démissionné. » - Lydia Aboulian, chef du Mouvement lavallois

vs
17 nov c. Brock
F : 18:00 M: 20:00

Gratuit pour les étudiants de l’uottawa!

L’équipe de La Rotonde invite Mme Aboulian à revoir son sens des proportions.

www.GeeGees.ca

M.A. EN ÉTUDES

La Rotonde souhaite remercier les contributeurs de la semaine :
- Myriam Bourdeau-Potvin - Julien Paquette - Élise Vaillancourt - Guillaume Branchtein - Ghassen Athmni

FrAnÇAises et FrAncophones penseZ cArleton !
Atmosphère collégiale et approche personnalisée possibilités de recherche originales (linguistique et littérature) Programme souple d’un an ou deux, AdApté à vos besoins Un nouveau cadre intellectuel sans même devoir déménager Postulez dès maintenant pour profiter de généreuses conditions de FinAncement (enseignement, assistanat)

Merci de la part
de l’équipe de

Visitez notre page Facebook: Département de français de l’Université Carleton

carleton.ca/french/graduate/

p. 18

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oVila castonGuay

mots cRoisÉs

pour la semaine du 12 au 18 novembre 2012

Poissons 19 fév. - 20 mars Votre duo commence à battre de l’aile? Vous n’arrivez plus à conserver votre tempo? Pourquoi ne pas essayer un trio cette semaine? Vous pourriez intégrer de nouveaux tours à votre routine et même apprendre à jouer un « instrument » différent...

Gémeaux 21 mai - 20 juin Movembre: l’âme soeur n’est plus très loin. Deux moustaches (même en carton) sauront bientôt se rencontrer. Mais il va falloir forcer votre chance et socialisez: il y a plein d’évènements cette semaine sur le campus, alors sortez!

Vierge 23 août - 22 sept. Votre bonté d’âme vous perdra. Attention aux profiteurs qui rôdent autour de vous: sachez distinguer les vrais amis des rapaces! L’honnêteté n’est malheureusement pas donnée à tout le monde...

Sagittaire 23 nov. - 21 déc. Oui, vous avez parfaitement raison de procrastiner un peu. Arrêtez de culpabiliser! Vous savez très bien que vous êtes capable de mettre les bouchées doubles au dernier moment. Vous allez réussir, Saturne en Jupiter est avec vous!

Bélier 21 mars - 20 avril Bad ass (dans tous les sens du terme): enfilez vos souliers de course et allez prendre l’air en faisant un peu de cardio. Vos poumons en seront reconnaissants et votre fessier n’en sera que plus ferme et attrayant. Nul ne saura y résister.

Cancer 21 juin - 22 juillet Cette semaine, vous rêvez de nuits torrides. Sortez le fouet et les menottes, attachez votre partenaire d’un soir ou d’une vie et faites-lui apprendre par cœur la définition du mot « orgasme ». Vous pourrez ainsi recréer les fantasmes qui ne cessent de vous distraire pendant la journée.

Balance 23 sept. - 23 oct. Vous avez perdu votre goût pour la lecture, écœuré que vous êtes par tous les textes imposés par vos professeurs... Trouvez-vous un bon roman et consacrez-y un moment chaque soir, avant de vous coucher, au lieu de chatter sur facebook. Vous en ressortirez peut-être quelques répliques pour draguer votre prochaine conquête!

Capricorne 22 déc. - 20 janv. Essayez de vous coucher un peu plus tôt: les cernes sous vos yeux sont en train de se creuser à vitesse grand V! Une cure de sommeil s’impose. Arrêtez le café le matin et prenez plutôt un peu de vitamine C. Avec l’arrivée de l’hiver, vous allez en avoir besoin.

Taureau 21 avril - 20 mai Shake that thing: assez chialé! Cette semaine, vous serez optimiste. Dansez comme bon vous semble, buvez votre café à votre aise – quatre sucres, dix crèmes – et puis, comble de l’extase, profitez d’un moment solitaire à la maison pour vous y promener à poil.

Lion 23 juillet - 22 août Vous repensez à un vieil amour avec qui vous avez coupé les ponts et vous regrettez votre choix. Ne serait-ce pas le moment de reprendre contact, en douceur? Travaillez votre message d’approche et demandez conseil autour de vous.

Scorpion 24 oct. - 22 nov. C’est votre semaine! Que votre anniversaire soit passé ou à venir, profitez de la vie et fêtez! Vos examens se passeront très bien et vous assurerez comme à votre habitude. Les astres ont parlé en votre faveur!

Verseau 21 janv. - 18 fév. Mais quelle est cette petite larme qui coule sur votre joue? Cette semaine a été éprouvante pour votre cœur et votre tête. Écrivez ce que vous pensez, ça vous soulagera et vous y verrez plus clair. Ensuite, une bonne bière et direction le party!

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Université d’Ottawa

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Faculté des arts

www.esi.uottawa.ca

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