You are on page 1of 5

Faciliter les activités entrepreneuriales et les investissements en Afrique Grâce à la transparence et à la simplification des procédures et à l’amélioration de la gouvernance administrative

Bamako, Mali, 17 – 18 février 2011

Union Économique et Monétaire Ouest Africaine

Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement

Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement

Ministère de l'Industrie, des Investissements et du Commerce du Mali

Agence pour la Promotion des Investissements au Mali

AIDE-MEMOIRE

La complexité des règles et des procédures administratives est un frein majeur au développement du secteur privé et de l'investissement dans les pays de l'UEMOA. Simplifier l'environnement règlementaire, améliorer la gouvernance administrative et développer des incitations au respect du cadre légal permettraient de stimuler l'investissement et la création d'entreprise, de créer de nouveaux emplois, d'augmenter les revenus de la population et, par conséquent, de renforcer la capacité des Etats à investir dans les infrastructures économiques, sociales et administratives nécessaires au développement national. L’objectif principal du forum sera d’examiner les bonnes pratiques et les expériences réussies en matière de modernisation des procédures administratives selon trois axes stratégiques : transparence, simplification, et publicité des règles. La formalisation des microentreprises, enjeu économique majeur pour le continent, constituera un cas d’étude privilégié, placé au cœur des débats et des discussions.

Avec le soutien de la Direction de la Coopération au développement du ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché de Luxembourg et du PNUD Mali

OBJECTIFS DU FORUM
o Examiner l’impact de la réglementation, des procédures et de la gouvernance administrative sur la le développement du secteur privé et l'investissement dans les pays de l'UEMOA. Faire le point sur les meilleures pratiques au niveau régional et international en matière de facilitation des activités entrepreneuriales et de l'investissement. Présenter les évolutions prévues dans les normes de l'OHADA pour favoriser la création d'entreprises et discuter les mesures nationales nécessaires pour maximiser leur bénéfice. Proposer de nouvelles approches, fondées sur des principes d'administration moderne (service centré sur l'usager, contrôle a posteriori, partenariats public-privé, etc.) pour encourager la formalisation des petites entreprises, le respect des obligations fiscales et l'accès à la protection sociale.

o

o

o

PARTICIPANTS
o Le forum réunira des responsables de haut niveau d'institutions publiques et privées impliquées dans le contrôle, l'appui ou la promotion de l'investissement et des activités entrepreneuriales, telles que: Ministères en charge de l'investissement, du commerce, des finances, des PME, de l'artisanat, de l'économie sociale, etc. Entités ou programmes nationaux chargés de la promotion des investissements, de la modernisation de l'administration, de la simplification des procédures et de la gouvernance électronique. Groupements d'entreprises et d'entrepreneurs (chambres de commerce, fédérations patronales, associations de petits entrepreneurs, etc.). Organismes publics et privés prestataires de services d'appui aux entreprises et aux entrepreneurs tels que: sécurité sociale, assurance maladie, caisses de retraite, microcrédit, formation professionnelle, etc.

o

o

o

o

Il sera demandé à chacun des participants de préparer une communication courte (5 à 7 mn) sur un des thèmes abordés au cours du forum, pour présenter la situation de son pays dans le domaine considéré. Les sujets de présentation seront choisis d'un commun accord entre les organisateurs et les participants.

2

THÈMES ABORDÉS Impact de la complexité des règles et des procédures administratives sur le développement du secteur privé et l'investissement, sur le respect de la loi et sur le développement national
Dans les pays de l'UEMOA, la majorité des entreprises opèrent de façon informelle, c'est-à-dire extra-légale. Sur 80 millions d'habitants dans l'ensemble de l'UEMOA, environ 60%, soit près de 50 millions, sont en âge de travailler. On estime que 20% de la population active est salariée, une moitié par le secteur public et l'autre par le secteur privé. Le reste de la population est auto-employée, dans l'agriculture, l'artisanat ou le commerce, de façon informelle. Dans quelle mesure des procédures plus simples et plus incitatives permettraient-elles de stimuler la création d'entreprises et d'emplois par les opérateurs nationaux et étrangers? L'opacité et la complexité de l'environnement règlementaire favorisent la corruption et l'irrespect de la loi. Il est plus risqué de contrevenir aux règles lorsqu’elles sont simples et bien connues de tous. En quoi la transparence et la simplification des procédures pourraient-elles contribuer à un meilleur respect des lois et au renforcement de l'Etat de droit? Le recouvrement fiscal est faible dans les pays de l'UEMOA. Le taux des prélèvements obligatoires est en moyenne de 15%, soit deux fois moins que dans les pays de l'OCDE. La base fiscale est extrêmement étroite, seule une petite partie des entreprises étant enregistrée auprès de l'administration fiscale. Le taux de réalisation, qui mesure le rapport entre le recouvrement réel et les recettes attendus, est aux alentours de 50%. Ces faibles revenus limitent notablement la capacité des Etats à investir dans les infrastructures économiques, administratives et sociales nécessaires au progrès des pays et de leurs habitants. Des procédures plus simples, transparentes et inclusives permettraient-elles d'élargir la base fiscale et d'augmenter le consentement à l'impôt? "Si le secteur informel exerce son activité en dehors des régulations publiques, ce n’est pas en général par volonté délibérée d’y échapper mais du fait de l’inadaptation des procédures en vigueur. D’ailleurs un nombre important d’Unités de Production Informelle (UPI) seraient prêtes à s’enregistrer et même à payer des impôts, pour peu qu’un contrat clair soit passé avec les autorités, dans le cadre d’une administration de proximité afin que les impôts collectés servent effectivement (réhabilitation des infrastructures urbaines, santé, éducation)." perspectives, UEMOA, 2004
2 1

Le secteur

informel dans les principales agglomérations de sept Etats membres de l’UEMOA: performances, insertion,

Meilleures pratiques régionales et mondiales en matière de facilitation des procédures et d'incitation au respect du cadre légal pour les entreprises
Quelles sont les politiques mises en œuvre dans les pays de l'UEMOA pour accroître la transparence, la simplicité et la publicité des procédures administratives pour les entreprises (création d'entreprises, licences d'activités, recrutement du personnel, paiement des impôts et des cotisations sociales)? Avec quels résultats? Quelles sont les meilleures pratiques au niveau mondial dans ces domaines? Une large part sera faite à la présentation d'outils

1 76% des emplois urbains dans les pays de l'UEMOA sont informels, selon des études réalisées entre 2001 et 2003 (Le secteur informel dans les principales agglomérations de sept Etats membres de l’UEMOA: performances, insertion, perspectives, UEMOA, 2004")
2

http://www.uemoa.int/Publication/2004/RapSectInform2.pdf

3

de gouvernance électronique, tel que le système eRegulations, et à la discussion des conditions et modalité de leur implantation. Faire connaître les règles et les simplifier ne suffit pas. Il faut aussi que les entrepreneurs soient convaincus que respecter les règles leur apportera des avantages réels. Comment les Etats peuvent-ils mieux faire connaître et accroître les bénéfices offerts aux entrepreneurs légalement enregistrés et s'acquittant de leurs contributions fiscales et sociales, afin de renforcer l'attractivité du cadre légal et de la formalité? Quelles sont les expériences menées dans ce sens dans les pays de l'UEMOA et quelles sont les meilleures pratiques mondiales?

Evolutions prévues de normes de l'OHADA pour faciliter la création d'entreprise et changements à mettre en place au niveau national
Tous les pays de l'UEMOA sont signataires du traité de l'OHADA et appliquent les mêmes règles de droit commercial, en particulier en ce que concerne la création d'entreprises. Des modifications importantes des actes uniformes sur le droit commercial général et sur les sociétés commerciales ont été proposées, qui pourraient simplifier notablement les formalités de création et les obligations comptables, en particulier pour les petits entrepreneurs. Ces propositions seront présentées et discutées en détail. Les nouvelles dispositions, si elles sont adoptées, nécessiteront l'adaptation des procédures nationales existantes et peut-être la mise en place de nouvelles procédures. Elles pourraient également créer un besoin pour de nouveaux régimes fiscaux et sociaux orientés spécifiquement vers les microentrepreneurs. Les grandes lignes de ce que pourraient être ces procédures et ces régimes seront établies, en se basant sur les meilleures pratiques mondiales.

L'application de principes d'administration moderne pour encourager la formalisation des entreprises et le respect des obligations fiscales et sociales
L'administration moderne est centrée sur l'usager et soucieuse de lui offrir le meilleur service possible. Il en découle plusieurs principes importants, désormais largement appliqués dans un nombre croissant de pays, tels que l'obligation de présenter les procédures de façon intelligible pour les usagers et depuis leur point de vue (transparence), le principe "qui ne dit mot consent" (le silence de l'administration après un certain délai vaut accord), et la présomption de bonne foi de l'usager (les autorisation sont délivrées immédiatement sur la base des déclarations de l'usager et le contrôles sont effectués a posteriori). Des exemples d'application concrète de ces principes dans les pays de l'UEMOA et seront passés en revue. Nouer des alliances avec d'autres départements administratifs ou avec des organisations privées peut aider les administrations à mieux faire connaître les procédures et à en faciliter l'exécution. Par exemple, des informations claires sur les procédures d'enregistrement des microentreprises, d'obtention de licences d'activité et le paiement des impôts pourraient être communiquées aux microentrepreneurs par l'intermédiaires de "médiateurs sociaux" tels que les institutions de micro finance, les ONGs, les instituts de formation, les écoles, les marchés ou les commerces de proximité. Des expériences en cours seront examinées, ainsi que les modalités possibles de ces nouveaux partenariats public-privés pour la facilitation des affaires.

4

MÉTHODOLOGIE
Le forum sera animé par des experts dans le renforcement de l'efficacité administrative pour la facilitation des affaires. Les travaux seront menés en séance plénière. Les personnes ressources introduiront les sujets pendant une vingtaine de minutes. Cette introduction sera suivie de discussion de la part des participants pour des commentaires, des questions ou des exemples concrets. Les représentants de pays engagés dans des processus de modernisation visant à la transparence, la simplification, l'automatisation ou la publicité des formalités administratives seront invités à présenter leur expérience. Le rapport du forum, avec des suggestions de mesures concrètes, sera publié et diffusé pour une utilisation pratique dans les processus de réforme, d’innovation et de modernisation des administrations dans les pays de l'UEMOA. Les bonnes pratiques recensées seront également enregistrées sur la plateforme électronique

http://www.businessfacilitation.org développée par la CNUCED pour promouvoir l'échange d’expériences et d’expertise au niveau international.

5