Gymnase de Morges

Hug Noémie Octobre 2008

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Les planètes en général

Définition
Selon la dernière définition de l'Union astronomique internationale (UAI), « une planète est un corps céleste :
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qui est en orbite autour du Soleil ; qui possède une masse suffisante pour que sa gravité l'emporte sur les forces de cohésion du corps solide et la maintienne en équilibre hydrostatique (sous une forme presque sphérique) ; qui a éliminé tout corps se déplaçant sur une orbite proche ».

Selon cette définition, huit planètes ont été recensées dans le système solaire : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Cette définition fut approuvée le 24 août 2006, en clôture de la 26e Assemblée Générale de l'Union astronomique internationale par un vote à main levée d'environ 400 scientifiques et astronomes après dix jours de discussions. Avant cela, Pluton était considérée comme une planète, et il y avait donc neuf planètes. En complément à cette décision, l'UAI a créé une nouvelle classe d'objets : les planètes naines dont les premiers membres sont Pluton, Cérès et Éris. Par extension, tout astre répondant aux critères d'une planète et gravitant autour d'une autre étoile que le Soleil est qualifié d'exoplanète.

Étymologie
Le mot planète a pour origine le mot latin planeta, lui-même dérivé du mot grec πλανήτης (planêtês) qui dans l'expression πλανήτης αστήρης planêtês astêrês désigne « astres en mouvement » (ou « astre errant »), par opposition aux étoiles qui apparaissent immobiles sur la voûte céleste. Ce mouvement — apparent si l'on suit la planète dans le ciel d'une nuit à l'autre — a été observé très tôt par les hommes de toutes les civilisations, mais sa complexité est longtemps restée un mystère pour les astronomes jusqu'à l'identification de ce mouvement apparent à la résultante des courses elliptiques de la Terre et des autres planètes autour du Soleil. Si les planètes du système solaire sont visibles la nuit dans le ciel, c'est parce qu'elles réfléchissent la lumière du Soleil, contrairement aux étoiles qui brillent de leur propre feu.

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Planètes du système solaire Il existe huit planètes dans le système solaire, dénommées en occident par un nom traditionnel issu de la mythologie romaine, auquel est, bien plus rarement, associé à un symbole astrologique. Dans l'ordre par éloignement croissant avec le Soleil, ce sont :

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.

Mercure (symbole : ☿) Vénus (♀) Terre (⊕/♁) Mars (♂) Jupiter (♃) Saturne (♄) Uranus (♅) Neptune (♆)

Avant l'exclusion de Pluton comme neuvième planète du système solaire, on pouvait se souvenir de l'ordre des planètes grâce aux célèbres phrases mnémoniques suivantes : « Salut ma vieille Terre ! Moi, je suis une nouvelle planète », « Me voici toute mignonne : je suis une nouvelle planète », « Mon vieux théâtre me joue souvent une nouvelle pièce » ou « Mon vieux tu m'as jeté sur une nouvelle planète » , « Monsieur, vous travaillez mal ! Je suis un novice, pardi ! », dont les initiales suivent l'ordre des astres du système solaire (du Soleil à Pluton pour la première, de Mercure à Pluton pour les suivantes).

La planète en elle-même
La définition d'une planète telle que reprise ci-dessus dit en substance qu'un corps doit présenter une masse d'au moins 5 × 1020 kg et un diamètre d'au moins 800 km pour être considéré comme une planète. Pour le dictionnaire, dont les définitions n'ont qu'une valeur académique et non scientifique, une planète est un « objet céleste compact, dépourvu de réactions thermonucléaires (ou anciennement : sans lumière propre), gravitant autour du Soleil ou, par extension, d'une étoile ». En 2003, Sedna avait déjà été décrétée comme étant la dixième planète du système solaire, mais beaucoup d'astronomes étaient réticents pour lui accorder ce statut. En fait, les astronomes n'étaient pas unanimes sur la définition d'une planète et l'UAI a donc tranché la question. Jusqu'en 2006, la National Academy of Sciences américaine définissait une planète comme étant un corps de moins de deux masses joviennes gravitant autour d'une étoile. Mais cette définition ne tenait pas compte des récentes découvertes, dont celles de Éris (en 2005), de Sedna et autres objets de la Ceinture de Kuiper.

Différentes visions des planètes
Tout astronome a besoin de construire une définition scientifique qui peut s'avérer parfois assez éloignée de la définition communément admise. Quatre définitions ont été proposées en 2005 par l'astronome Michael E. Brown qui permettent d'avoir une idée plus claire sur la question :

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1. Point de vue purement historique. Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton sont des planètes et aucune autre de plus. 2. Historique mis à jour. On peut envisager des raisons historiques tenant compte des dernières découvertes. Dans ce cas Mercure jusqu'à Pluton sont des planètes ainsi que tout nouvel objet plus grand que Pluton. 3. La sphère gravitationnelle. Tout objet arrondi en raison de sa force gravitationnelle, qui ne produit pas sa propre lumière et qui gravite directement autour du Soleil, et par extension d'une étoile, est une planète. Cette définition de l'aspect régi par la gravité permet de classer le corps Cérès de la ceinture d'astéroïdes parmi les planètes. 4. Les classes de populations. Cette définition du terme « planète » est la plus complexe mais également la plus satisfaisante d'un point de vue scientifique. Une population est un ensemble d'individus appartenant à la même espèce. Dans notre contexte, il s'agit d'un ensemble d'objets solitaires partageant les mêmes propriétés. Michael Brown et son équipe reconnaissent qu'il n'existe pas de définition scientifique qui épouse à la fois les conditions rencontrées dans le système solaire et notre culture. Comme il l'a écrit « pour une fois j'ai décidé de laisser gagner la culture. Nous, scientifiques, pouvons continuer nos débats, mais j'espère que nous serons globalement ignorés ». Pour lui, la question est donc entendue : en 2005, il existe donc dix planètes dans le système solaire et une kyrielle d'autres populations de petits corps. À l'inverse, beaucoup d'astronomes préfèrent considérer qu'il existe huit planètes (de Mercure à Neptune), et qu'en raison de leurs caractéristiques, Pluton et les autres corps de la ceinture de Kuiper, qu'ils soient petits ou gros, sont des objets d'un autre type (qu'on désigne d'ailleurs sous le terme générique de transneptuniens).
Nom Diamètre équatorial Masse Rayon de l’orbite Période de rotation (années) Mercure Vénus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus Neptune 0.382 0.949 1.00 0.532 11.209 9.449 4.007 3.883 0.06 0.82 1.00 0.11 317.8 95.2 14.6 17.2 0.39 0.72 1.00 1.52 5.20 9.54 19.22 30.06 0.24 0.62 1.00 1.88 11.86 29.46 84.01 164.8 soleil 3.38 3.86 7.25 5.65 6.09 5.51 6.48 6.43 0.206 0.007 0.017 0.093 0.048 0.054 0.047 0.009 58.64 -243.02 1.00 1.03 0.41 0.43 -0.72 0.67
— — 1

Inclinaison sur le plan

Excentricité de l’orbite

Période de rotation (jours)

Satellites

Anneaux

équatorial du

2
49

52 27 13

Non Non Non Non Oui Oui Oui Oui

Dans les années 2000, la découverte de plusieurs objets semblables à Pluton, entre autres Éris, a soulevé la question de la définition du terme « planète ». Certains ne voulaient plus considérer Pluton comme une planète, d'autres voulaient étendre cette qualité aux plus gros objets transneptuniens appartenant à la ceinture d'astéroïdes extérieurs. L'Union astronomique internationale a tranché le 24 août 2006 : suite à l'élaboration d'une nouvelle définition, Pluton est une planète naine et le système solaire ne compte plus que 8 planètes. Le 15 mars 2004, la NASA annonça la découverte de Sedna, qu'elle a appelée « 10e planète », au-delà de l'orbite de Pluton. Après revue de son statut il fut décidé qu'il ne s'agissait pas d'une planète. Le 30 juillet 2005, c'est l'astronome Michael E. Brown et son équipe du Caltech qui annoncèrent par la voie de l'UAI la découverte d'une « 10e planète », mesurant cette fois une fois et demie le diamètre de Pluton : 2003 UB313 qui deviendra Éris. 4