ARISTOPHANE LES NUÉES.

texte grec + traduction

Prologue 1 1 - 24 STREPSIADE. : Iou ! Iou ! O souverain Zeus, quelle chose à n'en pas finir que les nuits ! Le jour ne viendra donc pas ? Et il y a déjà longtemps que j'ai entendu le coq ; et mes esclaves dorment encore. Cela ne serait pas arrivé autrefois. Maudite sois-tu, ô guerre, pour toutes sortes de raisons, mais surtout parce qu'il ne m'est pas permis de châtier mes esclaves ! Et ce bon jeune homme, qui ne se réveille pas de la nuit ! Non, il pète, empaqueté dans ses cinq couvertures. Eh bien, si bon nous semble, ronflons dans notre enveloppe. Mais je ne puis dormir, malheureux, rongé par la dépense, l'écurie et les dettes de ce fils qui est là. Ce bien peigné monte à cheval, conduit un char et ne rêve que chevaux. Et moi, je ne vis pas, quand je vois la lune ramener les vingt jours ; car les échéances approchent. Enfant, allume la lampe, et apporte mon registre, pour que, l'ayant en main, je lise à combien de gens je dois, et que je suppute les intérêts. Voyons, que dois-je ? Douze mines à Pasias. Pourquoi douze mines à Pasias ? Pourquoi ai-je fait cet emprunt ? Parce que j'ai acheté Coppatias. Malheureux que je suis, pourquoi n'ai-je pas eu plutôt l'œil fendu par une pierre ! 25 - 55 PHILIPPIDE, rêvant. Philon, tu triches : fournis ta course toi-même. STREPSIADE. Voilà, voilà le mal qui me tue ; même en dormant, il rêve chevaux. PHILIPPIDE, rêvant. Combien de courses doivent fournir ces chars de guerre ? STREPSIADE. C'est à moi, ton père, que tu en fais fournir de nombreuses courses ! Voyons quelle dette me vient après Pasias. Trois mines à Amynias pour un char et des roues. PHILIPPIDE, rêvant. Emmène le cheval à la maison, après l'avoir roulé. STREPSIADE. Mais, malheureux, tu as déjà fait rouler mes fonds ! Les uns ont des jugements contre moi, et les autres disent qu'ils vont prendre des sûretés pour leurs intérêts. PHILIPPIDE, éveillé. Eh ! mon père, qu'est-ce qui te tourmente et te fait te retourner toute la nuit ? STREPSIADE. Je suis mordu par un dèmarque sous mes couvertures. PHILIPPIDE. Laisse-moi, mon bon père, dormir un peu. STREPSIADE. Dors donc ; mais sache que toutes ces dettes retomberont sur ta tête. Hélas ! Périsse misérablement l'agence matrimoniale qui me fit épouser ta mère ! Moi, je menais aux champs une vie des plus douces, inculte, négligé, et couché au hasard, riche en abeilles, en brebis, en marc d'olives. Alors je me suis marié, moi

paysan, à une personne de la ville, à la nièce de Mégaclès, fils de Mégaclès, femme altière, luxueuse, fastueuse comme Coesyra. Lorsque je l'épousai, je me mis au lit, sentant le vin doux, les figues sèches, la tonte des laines, elle tout parfum, safran, tendres baisers, dépense, gourmandise, Colias, Génétyllis. Je ne dis pas qu'elle fût oisive ; non, elle tissait. Et moi, lui montrant ce vêtement, je prenais occasion de lui dire : "Femme, tu serres trop les fils." 56- 89 UN SERVITEUR. Nous n'avons plus d'huile dans la lampe. STREPSIADE. Malheur ! Pourquoi m'avoir allumé une lampe buveuse ? Viens ici, que je te fasse crier ! LE SERVITEUR. Et pourquoi crierai-je ? STREPSIADE. Parce que tu as mis une trop grosse mèche... Après cela, lorsque nous arriva ce fils qui est là, nous nous disputâmes, moi et mon excellente femme, au sujet du nom qu'il porterait. Elle voulait qu'il y eût du cheval dans son nom : "Xanthippos, Chaerippos, Callippidès". Enfin, au bout de quelque temps, nous fîmes un arrangement, et nous le nommâmes "Philippide. Elle, embrassant son fils, le caressait : "Quand tu seras grand, tu conduiras un char à travers la ville, comme Mégaclès, et vêtu d'une belle robe." Moi, je disais : « Quand donc feras-tu descendre tes chèvres du mont Phelleus, comme ton père, vêtu d'une peau de bique?"» Mais il n'écoutait pas mes discours, et sa passion pour le cheval a coulé mon avoir. Maintenant, durant cette nuit, à force d'y songer, j'ai trouvé un expédient merveilleux qui, si je puis le convaincre, sera pour moi le salut. Mais je veux d'abord l'éveiller. Seulement, comment l'éveiller le plus doucement possible ? Comment ? Philippide, mon petit Philippide ! PHILIPPIDE. Quoi, mon père ? STREPSIADE. Un baiser, et donne-moi la main. PHILIPPIDE. Voici. Qu'y a-t-il ? STREPSIADE. Dis-moi, m'aimes-tu ? PHILIPPIDE. J'en jure par Poseidon, dieu des chevaux ! STREPSIADE. Non, non, pas de ce dieu des chevaux ! C'est lui qui est la cause de mes malheurs. Mais si tu m'aimes réellement et de tout cœur, ô mon enfant, suis mon conseil. PHILIPPIDE. Et en quoi faut-il que je suive ton conseil ? STREPSIADE. Change au plus tôt de conduite, et va prendre des leçons où je t'indiquerai. 90 - 132 PHILIPPIDE. Parle, qu'ordonnes-tu ? STREPSIADE. Et tu obéiras? PHILIPPIDE. J'obéirai, j'en jure par Dionysos. STREPSIADE. Regarde de ce côté. Vois-tu cette petite porte et cette petite maison ? PHILIPPIDE. Je les vois; mais, mon père, qu'est-ce que cela veut dire ? STREPSIADE. C'est le philosophoir des âmes sages. Là sont logés des hommes qui disent et démontrent que le ciel est un étouffoir, dont nous sommes entourés, et nous, des charbons. Ils enseignent, si on leur donne de l'argent, à gagner les causes justes ou injustes. PHILIPPIDE. Qui sont-ils ? STREPSIADE. Je ne sais pas exactement leur nom. Ce sont de profonds penseurs, beaux et bons. PHILIPPIDE. Ah! oui, les misérables, je les connais. Ce sont des charlatans, des hommes pâles, des va-nu-pieds, que tu veux dire, et, parmi eux, ce maudit Socrate et Chéréphon. STREPSIADE. Hé ! hé ! tais-toi! ne dis pas de bêtises. Si tu as souci des orges

et qui fais avorter la conception de ma pensée.. Il a fait fondre de la cire. STREPSIADE. Alors. vieux comme je suis. si tu apprenais une autre invention de Socrate ? STREPSIADE. par Dionysos ! quand tu me donnerais les faisans que nourrit Léogoras.. STREPSIADE. PHILIPPIDE. je ne reste point par terre. Je te chasse de ma maison et je t'envoie aux corbeaux marqué au S. du dème de Sphattos. Elle avait piqué Chéréphon au sourcil. STREPSIADE. il a mesuré l'espace. Ils disent qu'il y a deux raisonnements : le supérieur et l'inférieur. par Déméter. Je n'y saurais consentir : je n'oserais pas regarder les cavaliers avec ma face jaune et maigre. en les déchaussant.paternelles.179 UN DISCIPLE. dis-la-moi ? LE DISCIPLE. à cause de cette étroitesse. La cire refroidie a fait à la puce des souliers persiques . O Zeus souverain. Eh bien. et de là elle était sautée sur la tête de Socrate. Pourquoi hésiter encore et ne pas frapper à la porte ?. STREPSIADE. car je viens comme disciple au philosophoir. puis il a pris la puce. Que serait-ce. ô toi. car j'habite loin dans la campagne . ni ton cheval. l'air est poussé tout de suite avec force vers le derrière . Très adroitement. et je me moque de toi. ensuite. Dis-la-moi donc sans crainte. de toutes les dettes que j'ai contractées pour toi. PHILIPPIDE. STREPSIADE. ni toi. Il a dit que l'intestin du cousin est étroit . Oh ! non. comment apprendrai-je les broutilles de leurs raisonnements raffinés? Il faut y aller. et que. STREPSIADE. Laquelle ? Je t'en prie. et lâche-moi l'équitation. Trois fois heureux l'auteur de cette découverte ! Il doit être facile d'échapper à une poursuite en justice. Seulement. vous ne mangerez plus mon bien. Et qu'est-ce que je t'y apprendrai ? STREPSIADE. Entre à leur école. Vas-y. Le fils de Phidon. pour une chute. Mon oncle Mégaclès ne me laissera pas sans monture. . STREPSIADE Et comment a-t-il mesuré cela? LE DISCIPLE. Et qu'a-t-il dit au sujet du cousin ? LE DISCIPLE. LE DISCIPLE. deviens l'un d'eux. Il n'est permis de la dire qu'aux disciples. Va-t'en aux corbeaux ! Qui frappe à la porte ? STREPSIADE. sans mémoire et l'esprit lent. quand on connaît à fond l'intestin du cousin. petit enfant ! 133 . STREPSIADE. lui demandait s'il pensait que le bourdonnement des cousins vînt de la trompe ou du derrière. le derrière résonne par la force de l'air. Si donc tu m'y apprenais ce raisonnement injuste. De par Zeus ! tu dois être un grossier personnage. ni ton attelage. Pardonne-moi. LE DISCIPLE. Je la dirai. toi qui donnes à la porte un coup de pied si brutal. STREPSIADE. PHILIPPIDE. on gagne les causes injustes. Enfant. LE DISCIPLE. l'ouverture de derrière communiquant avec l’intestin. l'homme le plus cher à mon cœur. Chéréphon. PHILIPPIDE. quelle finesse d'esprit ! LE DISCIPLE. par le moyen de l'un de ces deux raisonnements. c'est-à-dire de l'inférieur. Socrate demandait tout à l'heure à Chéréphon combien de fois une puce saute la longueur de ses pattes. je ne paierais une obole à personne. mais dis-moi la chose avortée. Strepsiade du dême de Cicynna. Ainsi le derrière des cousins est une trompette. moi. et il lui a trempé les pattes dedans. mais songe donc que ce sont des mystères. je t'en supplie. Mais j'invoquerai les dieux et j'irai moi-même au philosophoir. Je vais chez lui. Ils prétendent que.

Voici l'Eubée. qu' a-t-il à regarder le ciel ? LE DISCIPLE. Comme c'est près de nous ! Songez-y bien. afin que je leur communique une petite affaire.. STREPSIADE. qui fait dans la bouche de Socrate ! LE DISCIPLE. C'est pourtant réellement le territoire Attique. L'astronomie. la tête en l'air. pendant la nuit. STREPSIADE. je n'y vois point de juges en séance. LE DISCIPLE. Mais où est Lacédémone ? LE DISCIPLE. LE DISCIPLE. la bouche ouverte . nous n'avions pas à souper pour le soir. la terre entière. courbe une tige de fer. LE DISCIPLE. STREPSIADE. . Non . voici la surface de la terre entière: vois-tu ? Ici. tu vois. STREPSIADE. de peur que le maître ne vous surprenne. moi. Et cela ? LE DISCIPLE.220 STREPSIADE. lui ? LE DISCIPLE. Au nom des dieux. Où elle est ? Ici. nous et Périclès. cette terre qui s'étend en longueur infinie. 180 . Lui. du haut du toit. ouvre vite le philosophoir . lui envoya sa fiente. Qui. aux Laconiens. Il est amusant ce lézard.. Eh bien ! qu'imagina-t-il pour avoir des vivres ? LE DISCIPLE. Ils cherchent donc des oignons. STREPSIADE. C'est charmant ce que tu dis là : voilà une invention populaire et utile ! LE DISCIPLE. LE DISCIPLE. Dernièrement il fut détourné d'une haute pensée par un lézard. Pas encore. où il y en a de gros et de beaux. Mais rentrez. LE DISCIPLE. Il apprend aussi pour son compte à faire de l'astronomie. pas encore : qu'ils restent. Hier. Et leur derrière. Ils cherchent ce qui est sous la terre. STREPSIADE. STREPSIADE. je sais. éloignez-la de nous à la plus grande distance possible. un lézard. STREPSIADE. Ne vous donnez pas maintenant tant de peine . STREPSIADE. O Héraclès ! de quels pays sont ces animaux ? LE DISCIPLE. Mais pour quoi regardent-ils ainsi la terre ? LE DISCIPLE. STREPSIADE. Il étend sur la table une légère couche de cendre. Socrate. Tiens. Il n'y a pas moyen. Et nous admirons le célèbre Thalès ! Ouvre-moi. C'est ici qu'ils habitent. qu'est ceci ? Dis-moi. STREPSIADE. Celle qui se partage au sort ? LE DISCIPLE. STREPSIADE. et fais-moi voir au plus tôt Socrate. Il observait le cours de la lune et ses révolutions. Mais ouvre donc la porte. Par Zeus! vous en gémirez. J'ai hâte d'être son disciple. et de la palestre il enlève un manteau. STREPSIADE.LE DISCIPLE. La géométrie. Mais quel est donc cet homme juché dans un panier ? LE DISCIPLE. Et où sont mes concitoyens de Cicynna ? LE DISCIPLE. Aux prisonniers de Pylos. prend un fil à plomb. STREPSIADE. Que dis-tu? Je ne te crois pas. Mais que font ceux-ci tellement courbés? LE DISCIPLE. Mais ils ne peuvent pas demeurer trop longtemps à l'air et dehors. Je vois : nous l'avons pressurée. Ils sondent les abîmes du Tartare. STREPSIADE. c'est Athènes. De quelle manière ? Dis-moi. A quoi cela sert-il ? LE DISCIPLE. STREPSIADE. A mesurer la terre. STREPSIADE. Qu'est-ce qui t'étonne ? A quoi trouves-tu qu'ils ressemblent ? STREPSIADE.

SOCRATE. LE DISCIPLE. C'est précisément ce qui arrive au cresson. D'être un roué en fait de langage. SOCRATE. je regardais d'en bas les choses d'en haut. Seulement. Je marche dans les airs et je contemple le soleil. Je ne pourrais jamais pénétrer nettement dans les choses d'en haut. STREPSIADE. et si je ne mêlais la subtilité de ma pensée avec l'air similaire. Pourquoi es-tu venu ? STREPSIADE. ne bouge pas. Que dis-tu ? Ta pensée attire l'humidité sur le cresson ? Mais maintenant descends. vénérables déesses. Et converser avec les Nuées. qui enveloppes la terre de toutes parts. afin de m'enseigner les choses pour lesquelles je suis venu. maladie dévorante. si toutefois. STREPSIADE. Assurément. race intraitable. ce qu'elles sont au juste ? STREPSIADE. c'est tout ce que nous faisons aux initiés. si je ne suspendais mon esprit. Je veux apprendre à parler. SOCRATE. celui qui sert à ne pas payer. une fleur de farine. je vais devenir fleur de farine. C'est l'hippomanie qui m'a ruiné. être éphémère ? STREPSIADE. et vous. Et d'abord que fais-tu là ? Je t'en prie. et. Assois-toi donc sur la banquette sainte. Il faut que ce vieillard observe le silence et qu'il écoute la prière : "Souverain maître. STREPSIADE. comme à Byzance ? SOCRATE. Les prêteurs à intérêts. je n'en ai pas le temps. une cliquette. mon petit Socrate. Nuées. STREPSIADE. SOCRATE. Parodos 1 262 . Socrate ! Est-ce que vous allez me sacrifier comme Achamas ? SOCRATE.274 SOCRATE. Socrate ! Voyons. Maintenant prends cette couronne. SOCRATE. je suis assis. je jure par les dieux de te le payer. 221 . Oui. Pourquoi m'appelles-tu. Mais enseignemoi l'un de tes deux raisonnements. . demeurant à terre. appelle-le-moi donc bien fort. Air immense. et non pas de la terre. se nantissent de mon bien. STREPSIADE.STREPSIADE. par Zeus ! si elles sont. Appelle-le toi-même. mères du tonnerre et de la foudre.261 SOCRATE. STREPSIADE. Par Zeus ! tu ne mens pas ! Saupoudré comme je suis. qu'y gagnerai-je ? SOCRATE. A quoi bon une couronne ? Malheur à moi. Si. Veux-tu connaître nettement les choses célestes. Non . Par quels dieux jures-tu ? D'abord les dieux ne sont pas chez nous une monnaie courante. Voilà. dis-le-moi. quel que soit le salaire. Eh bien. me poursuivent. Car la terre attire à elle l'humidité de la pensée.. Ether brillant. me harcellent. STREPSIADE.. toi. Moi. SOCRATE. Alors c'est du haut de ton panier que tu regardes les dieux. nos divinités ? STREPSIADE. Comment t'es-tu donc endetté sans le savoir ? STREPSIADE. je ne découvrirais rien. SOCRATE. SOCRATE. Par quoi jurez-vous donc ? Est-ce par de la monnaie de fer.

soit que dans les jardins de votre père Océan vous formiez un chœur sacré avec les Nymphes. Pas du tout . allons vers la terre féconde de Pallas. riche en grands hommes et mille fois aimé. aux bouches du Nil. Eh bien.290 LE CHOEUR. car l'œil de l'Ether brille sans relâche de rayons éclatants. quelles sont ces femmes qui font entendre un chant si respectable ? Sont-ce quelques héroïnes ? SOCRATE. Pas encore. le cours sonore des fleuves divins. Aussi. De telle sorte que. s'il est possible. Sois silencieux : un nombreux essaim de déesses s'avance en chantant. les temples magnifiques et les statues. 275 . pour riposter à l'autre raisonnement. en sortant de chez moi. permis ou non. Je les vois descendre lentement par là. 291 . en rosée transparente et légère. dis-moi. parole. une casquette de peau de chien. élevons-nous. mon âme se sent des ailes . et embrassons le monde de notre regard illimité. ô Nuées vénérées.355 STREPSIADE. . C'est pour cela qu'en écoutant leur voix. Ne raille pas et ne fais pas comme les poètes que grise la vendange. les processions trois fois saintes des bienheureux. je t'en prie. jusqu'aux sommets des monts couronnés de forêts. à ergoter sur de la fumée. soit que vous occupiez les cimes sacrées de l’Olympe. tout de suite. du sein de notre père Océan aux bruissements profonds. STREPSIADE. les fruits qui ornent la Terre sacrée. et là. SOCRATE. pas avant que je me sois enveloppé de ce manteau. que vous résidiez aux Marais Méotides ou sur le rocher neigeux du Mimas. quelle malchance ! SOCRATE. ô souveraines. et je veux répondre au bruit du tonnerre. elle cherche à épiloguer. le sanctuaire mystique des cérémonies saintes. au renouveau. la fête de Bromios. vous manifester à cet homme. de peur d'être inondé.levez-vous. Nuées éternelles. victimes couronnées immolées aux dieux . je lâche tout. Socrate. regarde du côté de la Parnès. Au nom de Zeus. 314 . les offrandes aux divinités célestes. vous puisiez des eaux dans des cornes d'or. soit que. as-tu entendu leur voix divine avec le mugissement du tonnerre ? STREPSIADE. apparaissez au penseur dans les régions supérieures !" STREPSIADE.298 SOCRATE. tant il m'a causé de tremblement et d'effroi. battues par les neiges. Où donc ? Montre-moi. O Nuées très vénérables. Mais dissipons le voile pluvieux qui cache nos figures immortelles. pas encore . ruse. loquacité.313 LE CHOEUR. intelligence. il est certain que vous avez entendu mon appel. je souhaite vivement de les voir en personne. charlatanisme. voyons le royaume de Cécrops. Nuées respectables. et que nos cérémonies vous fassent plaisir. Moi aussi je vous révère. écoutez-nous. accueillez notre sacrifice. 299 . N'avoir pas pris. STREPSIADE. Vierges dispensatrices des pluies. Et toi. les chants mélodieux des chœurs et la musique des flûtes frémissantes. compréhension. Venez. SOCRATE. Là se trouve le culte des initiations sacrées. mais les Nuées célestes. afin de découvrir les horizons lointains. grandes divinités des hommes oisifs. les festins dans toutes les saisons. qui nous suggèrent pensée. et la Mer aux mugissements sourds. à coudre trait d'esprit à trait d'esprit. se rapprochant de la scène.

en regardant en l'air. torrents de Pluies émanant des Nuées humides". STREPSIADE. SOCRATE. pas le moins du monde. à un léopard. Et celles-ci ont des nez. de la rosée. Non. Alors que sont-elles donc ? STREPSIADE. si ce sont vraiment des Nuées. Grâce à elles toutefois. fainéants. voyant Cléonyme. qu'elles ressemblent à des mortelles ? Elles ne le sont pourtant pas? SOCRATE.391 STREPSIADE. filles de l'air. SOCRATE. prêtre des plus subtiles niaiseries. comment se fait-il. SOCRATE. elles sont devenues cerfs. elles deviennent tout à coup des loups. Qu'est-ce à dire? Si elles voient Simon. à un loup. que font-elles ? SOCRATE. vieillard. des tireurs d'horoscopes. Elles ressemblent à des flocons de laine et non à des femmes. SOCRATE. par Zeus ! Sache que ce sont elles qui nourrissent une foule de sophistes. par Zeus ! O vénérables divinités. Et maintenant. STREPSIADE. C'est donc pour cela certainement que. quand elles ont aperçu Clisthène. STREPSIADE. le voleur des deniers cyniques. STREPSIADE. parce qu'ils les chantent. STREPSIADE. Ah ! oui. SOCRATE. une nuée semblable à un centaure. Pour le représenter au naturel. Là. comme le fils de Xénophante. pour prix de leurs vers. Et. ils engloutissent des tranches salées d'énormes et bons mulets. qui a jeté son bouclier. des devins de Thourion. reines toutes-puissantes. si elles voient un débauché à longue chevelure.SOCRATE. De par Zeus ! j'en ai vu. sur une ligne oblique. Elles s'avancent en grand nombre. Non. Et cependant tu ne savais pas. à moins que tu n'aies une coloquinte de chassie. les tresses du Typhon aux cent têtes. et n'est-ce pas juste ? STREPSIADE. Elles sont tout ce qu'elles veulent. j'en atteste Zeus. à un taureau ? STREPSIADE. tu vois. Réponds maintenant à mes questions. elles remplissent toute la scène. STREPSIADE. à l’entrée. ô souveraines! Aujourd'hui. Et alors. STREPSIADE. des fabricants de chants pour les chœurs cycliques. et toi. non. Dis-moi. à travers les cavités et les bois. à la vue de ce lâche. Voilà pourquoi ils chantent "le rapide essor des Nuées humides qui lancent des éclairs. dont elles nourrissent l'oisiveté. Car nous . c'est pour cela qu'elles sont devenues femmes. faites résonner pour moi votre voix céleste. hier. par là. des oisifs à bagues qui vont au bout des ongles et à longs cheveux. tu ne croyais pas que ce fussent des déesses ? STREPSIADE. les tempêtes furieuses. Salut. SOCRATE. Tu dois maintenant les voir tout à fait. par Zeus ! mais je me figurais que c'était du brouillard. SOCRATE. pourchasseur des études chères aux Muses . Salut. As-tu vu quelquefois. quelqu'un de ces sauvages velus. SOCRATE. de la fumée. si vous l'avez fait pour quelque autre. Je ne sais pas trop. maintenant un peu. Dis-moi vite ce que tu veux. agiles oiseaux qu'un vol oblique fait nager dans les airs. elles se changent en centaures. dis-nous ce que tu désires. des empiriques. Oui. des anciens jours. Eh bien ? SOCRATE. Choeur 1 256 . LE CHOEUR. et la chair délicate des grives. pour se moquer de sa manie. Qu'est-ce donc ? Je ne les vois pas.

à cause de sa sagesse et de son bon sens. Ne m'as-tu pas entendu te dire que les Nuées étaient pleines d'eau et. Autrefois je croyais bonnement que Zeus pissait dans un crible. dis-moi. Que dis-tu ? Et qui est-ce qui pleut ? Dis-moi cela avant tout. tantôt laisse vivants ceux qu'elle a effleurés ? Il est évident que c'est Zeus qui la lance sur les parjures. Je vais te l'enseigner par ton propre exemple. 392 . c'est un vrai tonnerre. Elles tonnent en roulant. et lancées les unes contre les autres. En effet. avec ton petit ventre. les mots "bruit détonant" et "pet résonnant" ont entre eux quelque ressemblance. par Apollon ! je souffre aussitôt. puis alourdies. comme un tonnerre le manger éclate et fait un bruit déplorable. tout le reste n'est que bagatelle.ne prêtons l'oreille à aucun des sophistes égarés dans les nuages. Mais qui est-ce qui tonne ? Dis-le-moi. STREPSIADE. Mais comment. pappax. en raison de la densité. Lorsqu'elles sont pleines d'eau. plus vieux que le pain et la lune. mais tu sembles avoir raison. Cléonyme. Le Tourbillon ? J'ignorais et que Zeus n'existât pas et que le Tourbillon régnât aujourd'hui à sa place. Par Zeus ! la même chose tour à fait m'est arrivée un jour aux Diasies : je faisais cuire pour ma famille un ventre de truie . Voyons. et s'enflamme lui-même par la fougue de son élan. si ce n'est à Prodicos. et contraintes à se mouvoir. et quand je fais mon cas. Voyons. Mais tu ne m'as encore rien appris sur le bruit du tonnerre. Mais. Cela me fait trembler. qui tantôt nous frappe et nous consume. d'où lui vient son étincelle de feu. STREPSIADE. elles absentes. et à toi. le désordre ne le faitil pas résonner tout à coup ? STREPSIADE. Mais la foudre. STREPSIADE. s'il frappait les parjures. je néglige de le fendre . par la Terre ! notre Zeus Olympien n'est-il pas dieu ? SOCRATE. et les grands chênes. avec la pluie qui les gonfle. STREPSIADE. tombant les unes sur les autres. Je ne sais . comment n'aurait-il pas foudroyé Simon. et je t'en donnerai de bonnes preuves. précipitées d'en haut violemment. toi qui sens l'âge de Cronos. Qu'est-ce donc alors que la foudre ? SOCRATE. mais le Tourbillon Ethéréen. le trouble se met en moi . ô toi qui braves tout ? SOCRATE. prodigieuse ! SOCRATE. par une force fatale il les crève. STREPSIADE. tes pieds nus. auguste. Considère donc que. à cause de ta démarche fière dans les rues. comme les Nuées. Pas du tout.436 SOCRATE. Par Apollon ! Ta parole s'applique bien à notre conversation actuelle. pappax. elles se brisent et éclatent avec fracas. Ce sont elles . tu as fait un pet résonnant : n'est-il pas naturel alors que l'air qui est immense produise un bruit détonant ? STREPSIADE. Lorsqu’un vent sec se lève vers les Nuées et s’y enferme. ta patience à supporter nombre de maux. Oui. Quand tu t'es rempli de viande aux Panathènées et que tu as en suite le ventre troublé. Mais il frappe ses propres temples et Sounion. sot que tu es. et l'air de gravité que tu tiens de nous. STREPSIADE. Théoros ? Ce sont pourtant bien des parjures. il . il en gonfle l'intérieur comme une vessie . où as-tu jamais vu pleuvoir sans Nuées ? Si c'était lui. Comment cela. O Terre. SOCRATE. s'échappe au dehors avec violence. SOCRATE. SOCRATE. Quel Zeus ? Trêve de plaisanteries ! II n'y a pas de Zeus. papapappax. ton regard dédaigneux. papapappax. ensuite. puis plus fort. STREPSIADE. d'abord sourdement. quelle voix ! Qu'elle est sainte. Mais qui donc les contraint et les emporte ? N'est-ce pas Zeus ? SOCRATE. le cap de l'Attique. C'est qu'elles seules sont déesses . STREPSIADE. SOCRATE. dis-le-moi. comment peut-on croire cela ? SOCRATE. STREPSIADE. il faudrait qu'il plût par un jour serein. font ce fracas à cause de leur densité ? STREPSIADE.

Tu obtiendras donc ce que tu désires. si tu nous honores. LE CHOEUR. Homme.se gonfle. (A Socrate. si tu nous admires. renard. lécheur d'écuelles. tu seras très heureux parmi les Athéniens et les Hellènes. et. ni de marcher. et si tu veux devenir un habile homme. d'un ventre économe. si tu ne te lasses ni de rester debout. commence à donner au vieillard quelqu'une de tes leçons . vil coquin. ta prudence et par la force polémique de ta langue. rompu aux procès. je ne converserai avec les autres. si tu regardes comme le meilleur de tout. me débonde dans les yeux et me brûle le visage. pour tout cela. pourvu que je ne paie pas mes dettes : je consens à être aux yeux des hommes insolent. 476 . beau diseur. qui as désiré apprendre de nous la grande sagesse. Sache que dès que tu tiendras de moi cette science. STREPSIADE. et fais l'épreuve de son intelligence. Je le ferai en toute confiance . si tu ne désires pas te mettre à table . souple. tu auras pleine satisfaction. LE CHOEUR. cliquette. impudent. le froid. Verrai-je jamais cela ? LE CHOEUR. il a du cœur. Que m'arrivera-t-il ? LE CHOEUR. car tu ne vises pas au grand : livre-toi donc bravement à nos ministres.456 STREPSIADE.509 . STREPSIADE. et qui dîne de sarriette. par Déméter ! qu'ils me servent en andouille aux penseurs. STREPSIADE. hâbleur. qu'ils fassent de moi ce qu'ils voudront. mets en mouvement son esprit. dissimulé. d'un souci qui brave l'insomnie. à lui faire endurer la faim. car la nécessité m'y contraint. Pour ce qui est d'une âme forte. dignes des conseils de ta prudence. la soif. d'être le premier par ta conduite. ainsi qu'il convient à un homme sensé. Jamais. s'ils veulent. tu ne reconnaîtras plus d'autres dieux que ceux que nous reconnaissons nous-mêmes : le Chaos. des gymnases et des autres folies . éclate tout à coup. Tu l'obtiendras de nous : désormais. table de lois. Tout le temps avec moi tu passeras la vie la plus en viable qui soit parmi les hommes. STREPSIADE. ce n'est pas là que je vise.) Mais toi. SOCRATE. ordure. 437 . tu auras parmi les mortels une gloire montant jusqu'aux cieux. Dis-nous maintenant avec confiance ce que nous devons faire pour toi . qui ne s'écoute pas.475 LE CHOEUR. franchement. 457 . sois sans crainte. Dût-on me donner ces noms au passage. même si je les rencontrais : pas de sacrifices. causer avec toi d'affaires et de procès d'un grand nombre de talents. retors. le chaud. LE CHOEUR. si tu as de la mémoire. pas d'encens brûlé. A l'avenir. La foule ne cessera d'assiéger tes portes : on voudra t'aborder. colleur de mensonges. mais à retourner la justice de mon côté et à échapper à mes créanciers. gibier à étrivières. Je ne tiens pas à exposer de grandes idées . STREPSIADE. de la réflexion. tarière. je ne vous demande qu'une toute petite chose : c'est d'être de cent stades le plus fort des Hellènes dans l'art de parler. visqueux. à le tailler en outre. à partir de ce moment. ces trois-là ? STREPSIADE. personne ne fera triompher plus d'idées que toi. je servirais bravement d'enclume. ni d'endurer la rigueur du froid. devant le peuple. étant donnés ces chevaux marqués du Kappa. O Souveraines. fanfaron. Maintenant que ceux-ci fassent de moi ce qu'ils voudront : je leur livre mon corps à frapper. pas de libations. et le mariage qui m'a ruiné. hargneux. Voilà une volonté ! Il n'a pas peur. n'est-ce pas. LE CHOEUR. effronté. les Nuées et la Langue. si tu t'abstiens de vin. et de la patience dans l'âme .

Puissé-je être vainqueur et réputé sage. non . au nom des dieux ! à me battre en brèche ? SOCRATE. 510 . Va gaiement. Ne t'inquiète pas . si l'on te battait ? STREPSIADE. et vous l'avez généreusement nourri et élevé. PARABASE DU CHOEUR. STREPSIADE. Comment pourras-tu donc apprendre ? STREPSIADE. à laquelle il est agréable de s'adresser. que tu n'aies besoin de coups. Elle reconnaîtra. afin que. du . j'exposai mon fruit . sans l'avoir mérité. dont je suis le nourrisson. Mets-moi donc maintenant entre les mains un gâteau miellé : j'ai peur. j'en atteste Dionysos. STREPSIADE. Non . moi aussi. vaincu par des lourdauds. SOCRATE. C'est donc ce que je vous re proche. C'est selon. à vous. je vous dirai librement la vérité. un peu après. pour lesquels je me suis donné tant de mal. SOCRATE. Ote-le : pourquoi ce bavardage ? STREPSIADE. comme si je descendais dans l'antre de Trophonios. Marche . Pas du tout. je vais en justice. cherchant à rencontrer des spectateurs aussi éclairés. vous regardant comme des spectateurs intelligents. Et cependant jamais je ne me sous trairai à des juges intelligents comme vous l'êtes. ôte ton manteau. et ensuite. que ferais-tu. très bien. l'emporta. STREPSIADE. mais je veux t'adresser quelques questions. oui. Oh ! l'homme ignorant. vu qu'elle m'a coûté beaucoup de peine ! Et pourtant je me suis retiré. Dis-moi seulement ceci : si je suis attentif. infortuné. comme une autre Électre. comme un chien ? SOCRATE. par Zeus ! Si l'on me doit. As-tu de la mémoire ? STREPSIADE. Ai-je commis quelque faute ? SOCRATE. mais il est prescrit d'entrer nu. mon vieux. le barbare ! J'ai peur. Tu seras le portrait de Chéréphon. pourquoi lanterner devant la porte ? LE CHOEUR. A parler. Mais je n'entre pas chercher un objet volé ! SOCRATE. en raison de ton ouvrage. STREPSIADE. As-tu de la facilité naturelle à parler ? STREPSIADE. dis-moi ton caractère. une autre jeune femme le recueillit. Voyons maintenant . Quoi donc ? Happerai-je la sagesse. et si j'apprends avec zèle. vierge alors et n'ayant pas encore la permission d'enfanter. Aujourd'hui. j'en ai beaucoup . et qui s'exerce à la sagesse. mais à voler. SOCRATE. hommes habiles. SOCRATE. saisis-la vite. je prends des témoins. mes machines de ton côté. que son âge avancé n'empêche pas de prendre une teinture des nouveautés à la mode. Allons. Depuis lors votre bienveillance pour moi a eu la constance d'un serment. quand je te laisserai quelque sage pensée au sujet des phénomènes célestes. voyons. cette comédie paraît. mais si je dois. STREPSIADE. moi qui. Voyons. sachant qui tu es. SOCRATE. Pas un mot . d'après un plan nouveau. en entrant là dedans. après un moment de répit. mais suis-moi de ce côté : hâtons-nous. Malheur à moi ! J'aurai l'air d'un cadavre. et pensant que cette pièce est la meilleure de mes comédies.SOCRATE. je n'en ai aucune. mon Modeste et mon Débauché ont été écoutés avec un plein succès. ai cru devoir vous la donner à goûter les premiers. STREPSIADE. Car de puis que dans cette réunion. Bonne chance à ce vieillard. auquel des disciples serai-je comparable ? SOCRATE. je dirige. Voyons maintenant .626 Spectateurs. On me bat . SOCRATE. Quoi donc ? Songes-tu.

dont les rayons éblouissants embrassent l'espace terrestre. car tous ceux qui sortent le soir disent : "Enfant. nous allons vous le dire." Elle y ajoute. avec l'addition d'une vieille ivre. mais je n'ai pas eu l'audace de le fouler aux pieds abattu. vous donnez la question ou vous êtes en procès. Elle est la première qui ne vienne pas traînant un morceau de cuir. au lieu de compter exactement les jours. et nous enjoint d'abord de souhaiter toute joie aux Athéniens et à leurs alliés . Hermippas a joué Hyperbolos. par mois vous n'économisez pas moins d'une drachme de lumière . Plus que tous les autres dieux nous avons rendu service à votre ville. elle ne danse pas le cordax . nous jeûnons en signe de deuil pour la mort de Memnon ou de Sarpédon. nous vous adressons nos reproches. Zeus. si Cléon était stratège. dieu de Délos. rouge par le bout. convainquant ce Cléon. Conducteur de coursiers. notre père au grand nom. en débitant les vers. Eupolis le premier traîna sur la scène son Maricas . non pas en paroles. n'achète pas de torches . roi des Orgies. et une baleine l'avalait. Cependant vous l'avez élu. lorsque. refusa de nous luire. et nous sommes les seules divinités à qui vous n'offriez ni sacrifices ni libations. qui ne se ressemblent point entre elles et qui sont toutes ingénieuses. que j'invoque d'abord pour ce Chœur. et vous. Si. C'est le souverain des dieux. je ne porte pas la tête haute. Au moment de toute sa grandeur j'ai frappé Cléon en plein ventre. Aussi. et soudain le Soleil. en vous servant deux ou trois fois le même sujet : je vous apporte des pièces nouvelles de mon invention. on dira dans les âges à venir que vous avez bon goût. Pour moi. mais que toutefois les dieux tournent à bien vos fautes. frappe de son bâton son interlocuteur. vraie mouette de corruption et de vol. protectrice de la ville. Ether vénérable. vous vous livrez aux libations ou au rire. vous renversez tout du haut en bas. la chevelure de son frère. sans avoir eu la fête d'après l'ordre des jours. et les affaires de la ville remontent vers le mieux. Que ceux qui rient avec eux se déplaisent à mes œuvres. ils reviennent chez eux. Mais si vous vous amusez avec moi et avec mes pièces. puis elle dit qu'elle est furieuse parce que vous l'avez indignement traitée après qu'elle vous a été utile à tous. qui entretiens la vie universelle . Souvent. d'autres services . Si l'on décrète quelque expédition insensée. ils ne cessent d'écraser ce malheureux. tandis que. Au moment où nous étions prêtes à partir. nous qui vous protégeons. nous avons froncé les sourcils et manifesté notre colère : "le tonnerre bruit au milieu des éclairs ". Voilà . elle n'a pas de vieillard qui. et je ne cherche pas à vous tromper. lorsque vous l'avez élu stratège. Premièrement. Dionysos. souverain Phoebos. et maintenant tous les autres se ruent sur Hyperbolos et m'empruntent la comparaison des anguilles. Déesse de notre contrée. gros à faire rire les enfants. nous autres dieux. le corroyeur paphlagonien. c'étaient nos Chevaliers mal retournés par une main mauvaise. ici prêtez-nous attention. Comment celle-ci peut facilement être utile. et toi. et toi. mais en réalité. invention surannée de Phrynichos. A son tour.premier coup d'œil. Elle ne se moque pas des chauves . divinité grande parmi les dieux et parmi les mortels. la lueur de Sélènè est brillante. Voyez comme elle est réservée. c'en est fait aussitôt de vos fautes passées. Très sages spectateurs. qui habites la roche du Parnasse. Cet ennemi des dieux. frustrés du festin. qui dansait le cordax. qui suis un poète de ce caractère. Quand il faudrait sacrifier. Malmenés par vous. elle n'entre pas une torche à la main. une fois que Hyperbolos a donné prise sur lui. pour dissimuler ses grossières plaisanteries . Athèna . Viens aussi. qui habites la roche escarpée du Cynthos . Aussi dit-on que la démence s'est répandue sur la ville. nous toussons ou nous pleurons. brillant au milieu des torches agitées par les Bacchantes de Delphoe. et puis le maître magnanime du trident. où les jeunes filles des Lydiens te rendent des honneurs solennels . les dieux l'accablent de fréquentes menaces. Eux. remueur farouche de la Terre et de la plaine salée . ainsi que sa mère. et toi encore. bienheureuse habitante du Temple d'or d'Éphèse. et toi. la Lune dévia de sa route. et toi. ditelle. vous lui serrez le cou dans une travée. en criant : "Iou ! Iou !" mais elle s'avance confiante en elle--même et en ses vers. maîtresse de l'égide. repliant son flambeau sur lui-même. Sélènè nous aborde. plein de grandeur et de toute puissance.

D'abord à être aimable en société. SOCRATE. Pour cette leçon seule. bouc. quels sont vraiment les mâles ? STREPSIADE. SOCRATE. 627 . Pose-le vite. l'autre jour.657 Scène lyrique 1 SOCRATE. Ce n'est pas là ce que je te demande. dis-le-moi ? les mesures. SOCRATE. STREPSIADE. SOCRATE. Du dactyle ? SOCRATE. chien. nous lui avons enlevé sa couronne. STREPSIADE. de toutes les choses que tu ignores. si stupide. Tu es un rustre et un lourdaud. Pour moi. Parie avec moi que le demi-setier est un tétramètre. rien n'est supérieur au demi-setier. les punaises ! SOCRATE. Quoi donc alors ? STREPSIADE. M'y voici. bélier. je ne désire apprendre rien de tout cela. le raisonnement le plus injuste. les rythmes. 658 . au grand jour. STREPSIADE. par Zeus ! STREPSIADE.699 SOCRATE. si gauche. STREPSIADE. A quoi me serviront les rythmes pour la farine d'orge ? SOCRATE. le trimètre ou le tétramètre ? STREPSIADE. brave homme. "Femelle du coq " ! Par l’Air ! voilà qui est bien. taureau. STREPSIADE. misérable. Mais elles ne veulent pas me le laisser apporter. Mais il y a d'abord. STREPSIADE. il les oublie. SOCRATE. STREPSIADE. Mais je connais les mâles. je veux l'appeler ici à la porte. voici . les vers ? STREPSIADE. pour le moment. avant cela. Par Poseidon ! mais de quel nom veux-tu que je l'appelle ? SOCRATE. Dis alors. J'en ai usé. rien. SOCRATE. un marchand de farine d'orge m'a trompé de deux chénices. Cependant. élevé cette année aux fonctions de hiéromnémon. Vois-tu ce qui t'arrive ? Tu donnes le nom de coq aussi bien à la femelle qu'au mâle. STREPSIADE. SOCRATE. avant même de les avoir appris. Où es-tu. Comment ? Un coq et une coq. STREPSIADE. SOCRATE. mais quelle mesure te paraît la plus belle. Par la Respiration ! Par le Chaos ! Par l'Air. Tu dis des sottises. Oui. Comment donc ? Voyons ! SOCRATE. Voici. coq. si j'ai bien ma tête . Il saura mieux désormais que c'est d'après Sélènè qu'il faut régler les jours de la vie. Voyons. puis à comprendre ce que sont dans les rythmes le rythme énoplien et le rythme du dactyle.pourquoi Hyperbolos. "Femelle du coq" et l'autre "coq". et fais attention. je n'ai jamais vu d'homme si grossier. parmi les quadrupèdes. et prends ton grabat. Va-t'en aux corbeaux ! Tu n'es qu'un rustre et un ignorant ! Peut-être pourras-tu mieux apprendre les rythmes. si oublieux ! Les jeux d'esprit les plus simples. Je le connais. dieux. nous. de ce doigt-là. STREPSIADE. Moi ? les mesures : car. beaucoup d'autres choses à apprendre : ainsi. Quel autre cela peut-il être que ce doigt-ci. Mais. Strepsiade ? Sors. . que veux-tu d'abord apprendre. dès mon enfance.

ils me fouillent le derrière. Lysilla. Songe un peu à tes affaires. Clitagora. ici. Malheureux ! Quel supplice les punaises vont m'infliger aujourd'hui ! 700. STREPSIADE. Comment cela ? Dis-le-moi. appellerais-tu Amynias ? STREPSIADE. envolée ma chance. et. SOCRATE. Aie ! aie ! aie ! aie ! SOCRATE. Vois-tu ? Tu appelles Amynias "Amynia". Dès que tu tomberas dans le vide. tourne ton esprit dans tous les sens. comment dire ? SOCRATE. SOCRATE. Cléonymos n'avait pas d'auge à pétrir : il se servait d'un mortier rond. Parce que auge (kardopos) et Cléonymos sont du même genre. malheureux ! ce ne sont pas là des noms d'hommes. SOCRATE. si cela se rencontrait. STREPSIADE. Hé ! l'homme ! Que fais-tu là ? Ne songes-tu pas ? STREPSIADE. C'est bien dit. Mais. comme tu dirais "la Sostrata". une ruse. Dis. puisqu' "elle" ne va pas à l'armée. Ah ! je t'en prie. Dèmètria. envolée ma couleur. ici. Maintenant il faut que tu apprennes à distinguer les noms propres masculins des féminins. par Zeus ! Mais couche-toi là. Cela ne se peut pas autrement. envolée ma chaussure. STREPSIADE. ton auge à pétrir. SOCRATE. STREPSIADE. Mais comment ? Envolé mon argent. mon bon. dirais-je. Moi ? Oui. Pourquoi faire ? SOCRATE. SOCRATE. S'il le faut. C'est fait de moi. Qu'as-tu donc ? que souffres-tu ? STREPSIADE. mon bon. Pas du tout. par Poseidon ! SOCRATE. SOCRATE. Comment ? "Ohé. Et des noms masculins ? STREPSIADE. Mais. C'est cela même : "la auge" (kardopè) comme "la Cléonymè". en la désignant. SOCRATE. A rien. SOCRATE. STREPSIADE. Amynias. Amynia !" SOCRATE. Médite et réfléchis. Aussi ai-je raison. ils me tuent. Oh! le mollasse! enveloppe-toi la tête. ils me déchirent les flancs. pour comble de maux.730 SOCRATE. A savoir si les punaises laisseront quelque bribe de moi. Comment. jus qu'aux bords. ils m'arrachent les testicules. Mais je connais des noms féminins. laisse-moi m'étendre par terre pour rêver à tout cela. SOCRATE. Enfin. Mais. STREPSIADE. ils me boivent l'âme. envolé moi-même. misérable ! Du lit s'échappent des Corinthiens qui me mordent . bondis vers une autre idée: que le sommeil doux à l'âme soit absent de tes yeux! STREPSIADE. Va-t'en à la malheure ! STREPSIADE. Dix mille : Philoxénos. tout en chantant pendant que je monte la garde. Il faut trouver un procédé artificieux. Mélèsias. SOCRATE. STREPSIADE. Comment. la malheure est arrivée. d'un nom de femme ! STREPSIADE. Comment ! Pas des noms d'hommes ? SOCRATE. pas là.je remplirais de farine d'orge. Autre faute ! Tu donnes la qualité de mâle à un être femelle. Mais à quoi sert d'apprendre ce que nous savons tous ? SOCRATE. Comment ? "La auge". SOCRATE. "La auge" au féminin ? SOCRATE. Philinna. concentre-le. . STREPSIADE. STREPSIADE. STREPSIADE. Que ta douleur ne crie pas si fort ! STREPSIADE. fais-je de l'auge un mâle ? SOCRATE. STREPSIADE. Et à quoi songes-tu ? STREPSIADE. Absolument comme quand tu dis "Cléonymos".

Tiens-tu quelque chose ? STREPSIADE. on paie l'argent prêté. fixe ta pensée fugitive . SOCRATE. et place-la dans la balance. Indique-la. Comment ? Comment ? Je ne sais pas. Dis toi-même d'abord ce que tu veux trouver. Pourquoi ? Dis-le-moi. j'en atteste les Charites ! STREPSIADE. SOCRATE. Par Zeus! rien du tout. Au sujet des intérêts j'ai une idée ingénieuse. O mon petit Socrate bien-aimé. Laquelle ? STREPSIADE. Allons ! couvre-toi vite. Parce que. Va donc. Sagement fait. Voyons. J'ai une annulation d'arrêt des plus ingénieuses. Quelle jouissance pour moi d'effacer une condamnation de cinq talents ! SOCRATE. tu vas en convenir avec moi. comment annulerais-tu cet arrêt ? Dis-lemoi. A quoi ? Si désormais la lune ne se levait plus du tout. Très bien. à l'écart. Malheureux que je suis ! SOCRATE. Mais je vais te proposer un autre tour d'adresse. examine la chose par le menu. trouve-moi vite ceci. au moyen de laquelle ils allumaient du feu ? SOCRATE. Allons. vieillard ? STREPSIADE. Voyons maintenant ! Commençons par regarder ce que fait notre homme. Hélas! qui m'enveloppera. et quand le greffier écrirait l'arrêt. puis reviens-y. SOCRATE. STREPSIADE. C'est le cristal que tu veux dire ? STREPSIADE. dis-moi ce que c'est. Tu as entendu dix mille fois ce que je veux au sujet des intérêts. Par Apollon ! non. SOCRATE. le moyen de n'en payer à personne. moi. STREPSIADE. STREPSIADE.775 SOCRATE. Rien qu'un certain objet dans ma main droite. debout. comme procédé artificieux. j'emploierais le soleil à fondre les lettres de ma condamnation. Je prendrais cette pierre. Aussi faut-il chercher.STREPSIADE. Rien absolument ? STREPSIADE. Tu as sans doute déjà vu chez les vendeurs de drogues une pierre belle. mais lâche tes idées dans l'air. distinguant et réfléchissant. Si l'on te condamnait en justice à payer cinq talents. Doucement. SOCRATE. Eh bien. SOCRATE. comme à un hanneton qu'un fil retient par la patte. couvre-toi. SOCRATE. SOCRATE. N'enroule pas toujours ta pensée autour de toi. SOCRATE. STREPSIADE. SOCRATE. passe outre. SOCRATE. A quoi cela te servirait-il ? STREPSIADE. je ne paierais pas d'intérêts. et puis je la garderais. Si j'achetais une femme thessalienne pour faire descendre la Lune pendant la nuit ! Je l’enfermerais ensuite comme un miroir dans un étui rond. Socrate. Quoi ? . STREPSIADE. d'une peau de mouton ? 731 . Hé ! l'homme ! Dors-tu ? STREPSIADE. chaque mois. diaphane. je ne dors pas. Si une pensée t'embarrasse. STREPSIADE. et médite. SOCRATE. Qu'est-ce donc. Oui. STREPSIADE. qu'en ferais-tu ? STREPSIADE. remets en mouvement la même pensée. donne-leur l'essor. Comment cela ? STREPSIADE. SOCRATE. STREPSIADE. laisse-la. SOCRATE.

il descend de Coesyra. Pourquoi. par le Brouillard ! tu ne resteras pas ici davantage.) Toi. j'ai un fils beau et bon. faute de témoins. et absolument enthousiasmé. Qu'y a-t-il alors ? .803 SOCRATE. je vais te dire une chose. Tu déraisonnes. Oui. de par les dieux ! Personne à moi une fois mort n'enverrait d'assignation. au moment même de la subir.776 . il n'y a pas de Zeus. n'en dis rien à personne. STREPSIADE. Va manger. et attends-moi un instant. à ton âge ! PHIDIPPIDE. Non. élevé par toi. "Zeus Olympien" ! Quelle folie! Croire à Zeus. PHIDIPPIDE. pour en savoir davantage. STREPSIADE. je n'ai plus qu'à le chasser de la maison. D'où vient donc que tu ris ainsi ? STREPSIADE.853 STREPSIADE. SOCRATE. Tu as juré par Zeus. Seulement. ô vieillard. Mais si. Parce que. S'il ne restait plus qu'une affaire à juger. Voyez. j'en jure par Zeus Olympien ! STREPSIADE. Tout ce qu'il y a de plus insignifiant. les colonnes de Mégaclès. O Nuées. et. Tu le vois. et très facile. Pour le moment. et vivement. SOCRATE. Mais. Phidippidès. je ne veux plus te donner de leçons. si tu veux. au nom des dieux ? SOCRATE. 814 . si je n'apprends pas à bien retourner ma langue. voyez. Pour nous. Il est plein de vigueur et de santé. je courrais me pendre. Le moyen de retourner une condamnation contre tes adversaires. Cela ne signifie rien. S'il ne veut pas. à Socrate près de sortir. à chaque instant. Eh bien. Voyons. mais il ne veut pas apprendre. Socrate. (A Socrate. 804 . STREPSIADE. tu oublies ce qu'on t'apprend. LE CHOEUR. Ne vois-tu pas tous les biens que tu vas obtenir sur-le-champ de nous seules parmi les divinités? Voilà un homme prêt à faire tout ce que tu lui ordonneras. je le dis. Hélas ! Que vais-je devenir ? Je suis un homme perdu. Vois donc comme il est bon d'apprendre. Dis donc. PHIDIPPIDE. Parce que je songe que tu es assez petit garçon pour avoir en tête ces vieilleries. Voyons un peu ! Qu'est-ce-que c'était d'abord ? Qu'est-ce que c'était d'abord ? Qu'est-ce que c'était que la chose où l'on pétrit la farine d'orge ? Malheur ! Qu'est-ce que c'était ? SOCRATE. Que ferai-je ? LE CHOEUR. il faut le laper autant que possible. D'ordinaire. Aux corbeaux et à la malheure cette vieille ganache oublieuse et stupide ! STREPSIADE. Cependant approche. PHIDIPPIDE. PHIDIPPIDE. STREPSIADE. Oui. qu'as-tu donc ? Tu n'es pas dans ton bon sens. rentre. excellent père. les affaires de ce genre cèdent la place à d'autres. par des femmes de haute volée. Le connaissant émerveillé. qu'est-ce que c'est ? STREPSIADE. de l'envoyer apprendre à ta place. STREPSIADE. nous te conseillons. si tu as un fils. STREPSIADE. donnez-moi quelque bon conseil.813 LE CHOEUR. avant qu'on appelât la mienne. SOCRATE. STREPSIADE. Et tu le souffres ? STREPSIADE. qu'est-ce que je t'ai d'abord enseigné ici ? Parle. Je vais le trouver. Va-t'en . dont la connaissance fera de toi un homme.

PHIDIPPIDE.STREPSIADE. A toi de t'y rompre. à cause du nombre des années. Apprends-lui donc les deux Raisonnements. comme juge au tribunal des hèliastes. Tout va bien. qu'en as-tu fait. sois en faute. peu rompu à nos paniers suspendus en l'air. En es-tu donc à ce point de démence. C'est une nature philosophique. SOCRATE. et la première obole que je touchai. PHIDIPPIDE. Allons donc! est-ce que tu radotes ? STREPSIADE. Socrate de Mêlos. ne se fait jamais raser. Et tes sandales. qui connaît les sauts des puces. . Sache que c'est comme cela. "Femelle du coq" ! Ce sont là les nesses que tu viens d'apprendre chez les Fils de la Terre. Est-ce aussi pour cela que tu as perdu ton manteau ? STREPSIADE. je m'en vais. et les lèvres largement ouvertes ! Comment ce jeune homme saura-t-il jamais se tirer d'un procès. PHIDIPPIDE. je les ai perdues pour le nécessaire. PHIDIPPIDE. Mais attends-moi ici un instant.888 STREPSIADE. mais je l'ai décidé. marche. mais un temps viendra où tu te repentiras de ce que tu fais. comme si j'étais mort. qui triomphe du fort à l'aide de l'injustice: tout au moins enseigne-lui l'injuste par n'importe quel moyen. SOCRATE. ni ne va aux bains pour se laver. Tout petit petit enfant. Aux corbeaux ! Tu insultes ton maître. Moi. STREPSIADE. Et que peut-on apprendre de bon de ces gens-là ? STREPSIADE. STREPSIADE. avoir la faculté persuasive ou dissolvante ? Voilà donc ce que pour un talent enseignait Hyperbolos ! STREPSIADE. PHIDIPPIDE. PHIDIPPIDE. si tu y restais pendu ! STREPSIADE. je t'amène mon fils. et avec des écorces de grenade il faisait des grenouilles : c'était à ravir. Voyons un peu ! Comment appelles-tu cet oiseau ? Dis-le-moi. mais je l'ai emphilosophé. C'est Tourbillon qui règne. SOCRATE. tu gaspilles mon avoir. je l'oubliais tout de suite. Tous les deux de même. et. que tu croies à ces hommes bilieux ? STREPSIADE. Un coq. Souviens-toi maintenant de le mettre en état de réfuter tout ce qui est juste. Parles-en mieux. citer des témoins. si c'est pour obéir à ton père. Tu verras combien toi-même tu es ignorant et épais. Ici. puisque tu obéis. après avoir chassé Zeus. tu me fais rire. tandis que toi. Et cette femelle ? PHIDIPPIDE. pauvre insensé ? STREPSIADE. par économie. 854 . le fort et puis le faible. allons . PHIDIPPIDE. Moi. Quel malheur ! Que faire ? Mon père est fou! Dois-je le faire interdire pour cause de démence. Qu'importe ? Instruis-le. il bâtissait chez nous des maisons. STREPSIADE. STREPSIADE. ni ne se parfume. Comme Périclès. Mais viens. ou prévenir de sa folie les faiseurs de cercueils ? STREPSIADE. Ah ! "Si tu y restais pendu". Mais ce que j'apprenais successivement. PHIDIPPIDE. Socrate ! Sors. il sculptait des vaisseaux. il construisait des chariots cie cuir. Vraiment ? Tout ce qu'il y a de sciences parmi les hommes. je t'en ai acheté un petit chariot aux Diasies. Ne recommence plus dorénavant. quelle mauvaise manière de parler. Un coq. Il va s'instruire en entendant les deux Raisonnements eux-mêmes. Je ne l'ai pas perdu. Oui. Et qui le dit ? STREPSIADE. je t'obéissais. PHIDIPPIDE. Mais va-t'en au plus vite étudier à ma place. C'est encore un enfant. dont pas un. que voici : il ne voulait pas. Et beaucoup d'autres choses. et ne dis pas de mal de ces hommes habiles et pleins de sens. mais appelle celle-ci "femelle du coq" et cet autre "coq". et Chéréphon. PHIDIPPIDE. ici. Bien. quand tu n'avais encore que six ans et que tu bégayais. PHIDIPPIDE.

LE JUSTE. vieux Cronos ? . Zeus n'a-t-il pas péri pour avoir enchaîné son père ? LE JUSTE. Allons où tu voudras. C'est à cause de toi que les jeunes gens ne veulent plus fréquenter les écoles. Dis-moi. LE JUSTE. L'INJUSTE.948 L'INJUSTE. il me sera beaucoup plus facile. Et toi dans une bonne situation . L'INJUSTE. Tu es un infâme et un éhonté ! L'INJUSTE. Oui. en te contredisant. une vraie ganache. Tu me couronnes de lis.. en parlant devant la multitude. L'INJUSTE. le plus faible. M'anéantir. sans t'en apercevoir. Et d'abord je soutiens absolument qu'il n'y a pas de justice. L'INJUSTE. L'INJUSTE. LE JUSTE. L'INJUSTE. des maximes de Pandélétos. Comment donc. auprès des sages. Autrefois ce n'était pas de l'or. Tu es un vieux radoteur. La belle sagesse. L'INJUSTE. Tu disais : "Je suis Téléphos le Mysien. si impudent que tu sois.919 LE JUSTE. où est-elle ? LE JUSTE. LE JUSTE. pour les grignoter. Je te mettrai à male mort. Non pas . LE JUSTE. ce m'est une parure. Par la nouveauté de mes idées.Agon 1 889 . Que la tienne et celle de la ville qui te nourrit. Aujourd'hui. Que tu nous vantes ! LE JUSTE. En effet. Tu es d'une saleté honteuse. mais du plomb. Mais je te vaincrai.. Un impie ! L'INJUSTE. LE JUSTE. Oui. toi qui te vantes d'être le plus fort. On ne tardera pas à connaître chez les Athéniens ce que tu enseignes à des fous. Par quel art ? L'INJUSTE. L'INJUSTE. LE JUSTE. Pas de justice ? L'INJUSTE. LE JUSTE. L'INJUSTE. un mal équilibré ! LE JUSTE. Chez les dieux. Tu m'arroses d'or. Et moi je renverserai tout cela. en quoi faisant ? LE JUSTE. toi ? Qui es-tu donc ? L'INJUSTE. Tu me couvres de roses. si la justice existe. LE JUSTE. En disant ce qui est juste. Le Raisonnement." tirant de ta besace. Ne veux-tu pas instruire ce jeune homme. elles fleurissent parmi les insensés. L'INJUSTE. toi le corrupteur des jeunes gens. LE JUSTE. de t'anéantir. LE JUSTE. L'INJUSTE. mais il n'y a pas longtemps que tu mendiais.. Et toi. LE JUSTE. et montre-toi aux spectateurs. Eh quoi ! Voilà où en est venue la perversité ? Apporte-moi un bassin. Tu n'es pas mal effronté. 920 . LE JUSTE.. L'INJUSTE. Viens ici. Un parricide ! L'INJUSTE. La belle folie.

en quoi elle consistait. Nul d'entre eux. à avoir honte de ce qui est honteux. à prendre feu . des Cigales. ne s'avançait vers un amant. en effet. et. De la sorte. lorsque florissait mon enseignement de la justice et que la prudence était en honneur. nul de s'emparer de l'anèthon réservé aux vieillards ou du persil . romps le silence en faveur de l'éducation que tu aimes. C'est pourtant ce qu'il en est. Allons. qui lui piquent la figure et les deux yeux et le mettent à mal. quand il leur faut danser aux Panathénées. L'INJUSTE. confiants dans leurs procédés oratoires. Viens ici. LE JUSTE. LE CHOEUR. A la fin. s'il se met à grommeler. et fais-nous connaître ton caractère. Aussitôt qu'ils s'étaient remis debout. puis ils s'avançaient en bon ordre dans les rues vers l'école du maître de musique. D'abord il ne fallait pas entendre un enfant souffler mot.LE JUSTE. ce que tu enseignais aux hommes d'autrefois . il était châtié. Vieilleries contemporaines des Diopolia. Là ils apprenaient. dans leurs réflexions sentencieuses. Je lui accorde la parole. Maintenant. de manière à ne faire voir aux voisins rien d'indécent. L'INJUSTE. L'INJUSTE. Dans la palestre. Je te ferai crier. à te lever de ton siège au . toi. des Bouphonies ! 996 . 962 . si quelqu'un te raille. Mais fais voir. nul d'avoir les pieds croisés. s'il faut le sauver et ne pas l'exercer seulement au bavardage. que les rivaux. Aujourd'hui. Moi aussi je le veux. les cuisses écartées. roué de coups. Je veux bien faire ainsi. je fais de mes idées une volée de bourdons. L'INJUSTE. serrés. la neige tombât-elle comme d'un tamis. Aussi je m'indigne. Tu apprendras à détester l'Agora. les enfants s'asseyaient les jambes allongées.999 LE JUSTE. ne se fût permis de prendre une tête de raifort . si tu avances la main vers lui. Nul. dans leurs pensées. Si quelqu'un d'eux faisait quelque bouffonnerie ou donnait à sa voix une inflexion mélodique comme celles que les élèves de Phrynis modulent à l'opposé de la mélodie. Voyons donc qui des deux parlera le premier. donnant à sa voix une mollesse toute féminine. moi. et laisse celui-ci à sa folie ! LE JUSTE. en l'attirant des yeux. de les voir tenir leurs boucliers devant leur corps sans songer à Tritogénie. Ose donc. Je dirai donc l'ancienne éducation. qui couronnas les anciens de si nobles vertus. toi. ils essuyaient la place. 949 . Sans doute. nul de manger du poisson ou des grives. toi. et veillaient à ne laisser aux amants aucune empreinte de leur sexe. tu leur enseignes aujourd'hui à s'empaqueter tout d'abord dans des vêtements. c'est l'épreuve décisive de la philosophie.961 LE CHOEUR. il jugera quelle école il faut fréquenter. Pas un enfant ne se frottait d'huile au-dessous du nombril . de Cécidas. comme insultant aux Muses. à chanter : "Pallas redoutable destructrice des villes" ou : "Cri retentissant au loin". puis. les cheveux longs. nus. le Raisonnement supérieur. au repas. LE CHOEUR. quand il aura parlé. soutenant l'harmonie que leurs pères leur avaient enseignée. et le milieu de leur corps florissait de rosée et de duvet comme les fruits. Trêve à cette lutte et à ces insultes.985 LE JUSTE. c'est par cette éducation que j'ai formé les héros qui combattaient à Marathon. je décocherai sur lui des expressions et des pensées nouvelles. à t'abstenir des bains. montrent lequel des deux paraîtra le plus fort dans l'art de parler. Mais toi. ce qu'est l'éducation nouvelle. après vous avoir entendus tous les deux exposer le pour et le contre. jeune homme. pour laquelle mes amis livrent un grand combat. me choisir.

vois comment je ruine l'éducation dans laquelle il met sa confiance. Si tu fais ce que je te dis. le loisir et la jonchée blanche des peupliers. Eh bien ! Où as-tu jamais vu des bains froids portant le nom de Hèraclès ? Et cependant qui a été plus courageux ? LE JUSTE. qui possèdes les séductions du langage. 1036 . ce me semble.) Quant à toi. Tu as besoin. chaque jour. LE JUSTE. Mais si tu t'attaches à ceux du jour. Si c'était un mal. à ne pas lui donner le nom de Iapétos. Je pense qu'il n'y a pas d'homme supérieur à Hèraclès. pour courir sous les oliviers sacrés. le premier. respirant le smilax. la poitrine resserrée. l'image de l'infamie d'Antimaque. convaincs- . la tête ceinte d'un roseau blanc. il te faut trouver des idées nouvelles. la langue longue. épanoui par la saison printanière. les épaules larges. 1000 . à la bouche pour remplir les bains et vider les palestres ! L'INJUSTE. les épaules petites. Mais n'est-ce pas une valeur de dix mille statères. en outre. moi. ne débitant pas sur l'Agora de mauvaises pointes comme on le fait aujourd'hui. avec un sage compagnon de ton âge. le plus haut placée. Moi. L'INJUSTE. selon toi. Tu blâmes ensuite l'habitude de l'Agora . le teint clair. 1024 . car si tu te mets à cette poursuite. la langue courte. que de prendre en main la cause la plus faible et de la gagner ? Or. à ne pas contredire ton père. je l'approuve. à ne commettre aucun acte indécent. par Dionysos ! tu ressembleras aux fils de Hippocrate. Mais quelle raison as-tu de blâmer les bains chauds ? LE JUSTE. on ne te traînera pas en justice pour une méchante affaire pleine d'objections subtiles et ruineuses.passage des vieillards. à tout ce qu'il te dit. O toi qui habites les tours élevées de la glorieuse sagesse. et on t'appellera le "poupon qui tette". Tu passeras ton temps. Parle. De là je passe à l'usage de la langue : il dit que les jeunes gens ne doivent pas l'exercer. jamais Homère n'aurait fait un harangueur de Nestor et des autres sages. On te rendra prêt à croire que le honteux est honnête et que l'honnête est honteux. à ne rien faire de mal à tes parents.1066 L'INJUSTE. les parties fortes. voilà. Mais tu descendras à l’Académie. de vigoureux arguments pour le surpasser et pour ne pas être un objet de risée. Enfin ! Il Y a longtemps que la bile m'étouffe et que je brûle de renverser tous ces arguments par les miens. et tu seras. luisant et fleurant bon. parce que. Dis-moi quel est des fils de Zeus le héros à l'âme. Il dit d'abord qu'il ne te permettra pas de prendre des bains chauds. moi je prétends le contraire . quand le platane et l'ormeau échangent leurs murmures. et si tu y appliques ton intelligence. tu auras tout de suite le teint pâle. Parce qu'ils sont très mauvais et qu'ils amollissent l'homme. et tu ne peux échapper. à ne pas courir après une danseuse. et qui accomplit le plus de travaux ? LE JUSTE. car ton rival a eu du succès. Où as-tu jamais vu que la modestie fût un bien réel ? Parle.. tu auras toujours la poitrine grasse. le pénis petit. des décrets à n'en plus finir. quel doux parfum de bon sens fleurit dans tes discours! Heureux ceux qui vivaient au temps des hommes de jadis ! (A l'Injuste. les fesses petites. jeune homme. une courtisane te jettera une pomme. voilà bien les raisons que les jeunes gens ont.1035 LE CHOEUR. Arrête ! Je te tiens tout de suite à bras-le-corps.. dans les gymnases. les fesses charnues. car tu dois figurer la statue de la Pudeur . en reprochant son âge à ce vieillard qui t'a nourri.1023 L'INJUSTE. j'ai imaginé de contredire les lois et le droit. je m'entends appeler le Raisonnement inférieur par ces métaphysiciens. et tu seras privé de ta réputation. L'INJUSTE. Si tu crois. il dit qu'il faut user de modestie: voilà deux principes détestables. Oui.

le malheureux! Hyperbolos. qu'une vieille ganache. Cela étant. festins.1112 SOCRATE. pour t'avoir cru. Je regarde. Eh! s'il a le derrière élargi. de par les dieux ! se compose de larges derrières. Je le crois. jouis de la vie. ne rougis de rien. privé de tout cela ? Mais en voilà assez. Et les démagogues ? LE JUSTE. et tu t'es fait prendre. pourra-t-il alléguer comme quoi il n'a pas le derrière élargi ? L'INJUSTE. éclats de rire. au contraire. L'INJUSTE. a épousé Thétis. et cet autre avec ses longs cheveux. Qu'est-ce à dire ? Veux-tu prendre ton fils. mortel. il a une rave enfoncée dans le derrière. En voilà un que je connais . Tu n'es. toi. Au nom des dieux ! recevez mon manteau: je passe de votre côté. Je passe maintenant aux exigences de la nature. C'est ainsi que Pélée reçut une épée. que dis-tu ? LE JUSTE. boissons. Que diras-tu. Et cependant Pélée. De ceux qui ont le derrière élargi. ne reconnais-tu pas que tu ne dis que des sottises ? Et les spectateurs ? Vois de quel côté est la majorité. jeune homme. L'INJUSTE. LE JUSTE. celui-là encore. aimé. dis-moi. (Ils s'en vont. commis un adultère. êtres infâmes. A nombre de gens. le remmener. par Zeus ! avec son épée? 1067 . danse. car il n'était pas un libidineux. garçons. ris. Que vois-tu ? LE JUSTE. Et les auteurs tragiques ? LE JUSTE. LE JUSTE. cottabes. Une épée ? il y fit un joli profit. Tu as fait une faute.1104 LE JUSTE. Voyons. un homme à passer toute une nuit agréable entre deux couvertures: une femme. est-ce pour toi la peine de vivre. car tu ne sais point parler. s'il subit une épilation à la cendre chaude. dis qu'il "céda lui-même à l'amour et aux femmes. quel mal cela lui fera-t-il ? 1086 . au moyen de ses lampes. L'INJUSTE. Je me tairai. L'INJUSTE. Qui ne tarda pas à le quitter et à disparaître . n'a-t-il pas gagné des milliers de talents avec sa méchanceté et non. Comment toi. ou que je l'instruise à parler ? . L'INJUSTE. si j'ai raison contre toi ? LE JUSTE. De ceux qui ont le derrière élargi. En suivant mes leçons. quelle espèce de gens sont les orateurs ? LE JUSTE. Vois donc. De ceux qui ont le derrière élargi. La majorité.) épisode 2 1105 . en raison de sa modestie. Vraiment.1085 LE JUSTE. Bien dit. Nous sommes vaincus. Comment faire autrement ? L'INJUSTE. toutes les privations imposées à la modestie. pourrais-tu faire plus qu'un dieu?" LE JUSTE. Mais que peut-il donc lui arriver de plus fâcheux ? L'INJUSTE. On t'a surpris en adultère : affirme au mari que tu n'es pas coupable . L'INJUSTE.moi. Tu es perdu . Mais si. Eh bien. femmes. L'INJUSTE. aime à être cajolée. tous les plaisirs dont tu dois être privé. rejette la faute sur Zeus .

ils seront rasés. disant que je leur fais du tort et qu'ils vont me citer devant les juges..1169 . du reste. si vous voulez labourer vos champs. et qui déposent leurs assignations au tribunal des Prytanes. et sur les autres ensuite. ne me demande pas cela maintenant. nous pleuvrons toute la nuit. donne-moi du temps pour cette somme. Ce que les juges gagneront. nous offense. Cinq. tant nous les frapperons de frondes. et se dirige vers la porte de Socrate. Scène lyrique 2 1131 . a-t-il appris le fameux Raisonnement. et enfin celui de tous les jours que je redoute le plus. ne recueillant ni vin. S'il se marie. s'ils accordent au Chœur un appui légitime. SOCRATE. de son champ. à la saison. fais-moi quitte de cette autre !" Ils prétendent qu'ainsi ils ne recevront rien . qui me fait frissonner. fussent-ils mille. Quand même il y aurait des témoins que j'ai emprunté ? SOCRATE. lui. Mais d'abord accepte ce sac.STREPSIADE. chargé d'un sac de farine. Enfant ! holà ! Enfant. Sois tranquille . 1154 . qu'il songe quels maux il endurera de nous. Il sort de chez lui. et misérable. ô souveraine Fourberie ! SOCRATE. je m'en soucie peu. Pâle. tu auras chez toi un sophiste habile. (Ils entrent chez Socrate. C'est un serment fait par tous ceux à qui je dois. de me ruiner. mortels. que je déteste. bonjour.) Parabase 3 1113 . Et. A toi aussi bonjour. Et mon fils. nous pleuvrons sur vous d'abord. D'autant mieux. quatre. Il l'a appris. châtie-le. nous déesses. ils m'injurient. et souviens-toi de bien lui affiler la langue. Je vais. de me perdre. Si nous le voyons faire des briques. Je crois que tu t'en repentiras. De sorte que tu vas gagner tous les procès que tu voudras. m'en assurer. je crois. STREPSIADE. aujourd'hui que Phidippide a appris l'art de bien parler. STREPSIADE.1130 LE CHOEUR. Instruis-le. si bien qu'il aimerait mieux se trouver en Egypte que d'avoir jugé injustement. trois. Il est juste de faire un joli cadeau à son maître. Bien.. ni d'une pluie excessive. ou quelqu'un de ses parents ou de ses amis. en frappant à la porte du philosophoir. ni rien. ce garçon que tu as emmené tantôt ? SOCRATE. premièrement. de manière qu'il ait l'une des deux mâchoires pour les petites causes et l'autre mâchoire pour les grandes affaires. STREPSIADE. enfant ! SOCRATE. Puis nous garderons les fruits et les vignes de manière qu'ils ne souffrent ni de la sécheresse. Quand les oliviers et les vignes pousseront. Mais si un de vous. Strepsiade. nous pleuvrons. Entrez maintenant. STREPSIADE. puis deux. et nous briserons sous des tas de grêle les tuiles de son toit. malgré la modération et la justice de mes propositions : "Mon cher. ce maudit jour de la lune vieille et nouvelle. nous voulons le dire.1153 STREPSIADE. Qu'ils me citent donc .

Pour moi s'élève dans cette maison un fils. 1213 . mais le jour de la vieille et nouvelle lune ? PHIDIPPIDE. peseurs d'oboles. à son témoin. STREPSIADE. Faut-il qu'un homme sacrifie jamais quelque chose de son avoir ? Non. que les débiteurs assignés eussent d'abord un jour pour arranger l'affaire de gré à gré . tu es tout de suite un homme prêt à nier. mon soutien. comme moi. Afin. Mais il eût mieux valu tout de suite être sans vergogne plutôt que se faire des affaires. à te voir. puisque c'est toi qui m'as perdu. vous. de sa nature. Le vieux Solon était. Cela ne fait rien à la lune vieille et nouvelle. et va-t'en. Qu'est-ce qui te fait peur ? STREPSIADE. le libérateur des grandes infortunes de son père. afin que les consignations fussent déposées à la nouvelle lune. 1170 . le principal. PHIDIPPIDE. ami. Tu as sur ton visage le regard attique. et les intérêts des intérêts ! Vous ne me nuirez plus désormais. Eh bien. Maintenant vois à me sauver. PHIDIPPIDE. sors de la maison .1212 PHIDIPPIDE. Pourquoi donc a-t-il ajouté la vieille ? PHIDIPPIDE. Non . nombre. Quel en est le sens ? PHIDIPPIDE. dont la langue brille. STREPSIADE. PHIDIPPIDE. STREPSIADE. Prends ton fils. STREPSIADE. le sauveur de la famille. STREPSIADE. pauvre homme. Mon fils. Le voici. qui es toi-même sage. ils avancent la dégustation d'un jour. Il n'y a pas moyen ? PHIDIPPIDE. la lune vieille et la lune nouvelle. Ils me paraissent agir en cela comme les gourmets: afin de profiter le plus tôt possible des sommes déposées. à moins que la même femme ne soit en même temps vieille et jeune. Adieu leurs assignations ! Il n'y a pas moyen qu'un jour soit deux jours. pourquoi restez-vous là stupidement pour notre profit à nous les sages ? Vraies bornes. je vois cela. SOCRATE. sinon. STREPSIADE. Celui-ci fixa deux jours pour la citation. STREPSIADE. Je crois qu'ils n'en comprennent pas bien le sens. à contredire. PHIDIPPIDE. qu'il vienne vers moi. Le jour où ils disent qu'ils déposeront leurs assignations au tribunal des Prytanes. . moutons. Qu'est-ce que la lune vieille et nouvelle ? STREPSIADE. assurément. jaloux de ta parole et de tes victoires dans les procès ! Mais je veux d'abord te faire entrer pour prendre un bon repas. La lune vieille et nouvelle. qui. Je crierai donc à haute voix : "Ohé ! soyez maudits. STREPSIADE. SOCRATE. STREPSIADE. le fléau de mes ennemis.1258 PASIAS. ami du peuple. Pourquoi alors les magistrats ne reçoivent-ils pas les consignations le premier jour du mois.STREPSIADE. Mais la loi le veut. Ami. pour qu'on redoublât les poursuites le matin même de la nouvelle lune. aujourd'hui. à deux tranchants." Cours l'appeler de là dedans. notre bonne chance me fasse entonner un chant d'éloges : "Heureux Strepsiade. cruches amoncelées au hasard! Aussi faut-il qu'en mon honneur et en l'honneur de mon fils. et qui élèves un pareil fils !" Voilà ce que diront mes amis et mes concitoyens. pauvres sots. afin d'avoir mon argent. mon enfant. O mon fils ! Oh ! oh ! Quelle joie je goûte tout d'abord à voir ce teint! Maintenant. d'ailleurs. entends la voix de ton père. C'est franchement chez toi une fleur du terroir que ces mots: « Qu'as-tu à dire? » et cette apparence d'offensé quand on offense et qu'on fait tort aux autres.

AMYNIAS. Qui est-ce ? PASIAS. tant que je vivrai. STREPSIADE. Pour douze mines que tu as reçues. finissons-en.te traîne ici pour témoigner. PASIAS. Sois tranquille à présent . Et tu oserais me la nier par serment devant les dieux ? STREPSIADE. Zeus. STREPSIADE. vous voulez le savoir ? Un homme infortuné. à son témoin. vais devenir l'ennemi d'un citoyen. ai horreur de l'équitation.1302 AMYNIAS. Poséidon. PASIAS. PASIAS. afin d'acheter un cheval pommelé. STREPSIADE. Non pas. Je m'en vais. Je donnerais de bon cœur un triobole pour prêter ce serment. Mais me rendras-tu mes fonds ou non ? Réponds. Un serment par Zeus est ridicule pour des gens instruits. STREPSIADE. Il tiendrait bien six conges. Et j'en atteste Zeus. Zeus. de plus. qui as brisé les roues du char traîné par mes chevaux ! O Pallas. cet homme ! PASIAS. tu juras par tous les dieux que tu me les rendrais. un jour viendra où tu expieras ces impiétés. Un cheval ? L'entendez-vous. Et tu me demandes de l'argent quand tu es ce que tu es ? Non. Il gagnerait à être salé. Cependant. STREPSIADE. je ne ferai rougir de moi ma patrie. Hermès. STREPSIADE. Qu'estce que cela ? PASIAS. de par Zeus ! mon Phidippide n'avait pas encore appris le Raisonnement irrésistible. Que crois-tu qu'il fasse ? Crois-tu qu'il me paie ? STREPSIADE. Et maintenant à cause de cela tu songes à nier ta dette.. que je sache. ravi de ces dieux. PASIAS. Je suis enchanté.) PASIAS. STREPSIADE. moi qui. je regrette de voir dans cette situation un homme qui se trompe sur le genre de "kardopos" et de "kardopè ". je ne donnerais pas une obole à qui que ce soit qui appelle une auge "kardopos" au lieu de "kardope". jamais. Où est l'homme qui me demande de l'argent ? Parle. Je pense que tu te moques du monde. Certes. Mais.. quel autre profit tirerais-je de cette science ? PASIAS. Allons. Holà ! Quel est celui qui gémit de la sorte ! Ne serait-ce point quelqu'un des dieux de Carcinos ? AMYNIAS. vous le savez tous. Cependant. et qui. car je vais bientôt te répondre clairement. PASIAS. Quels dieux ? PASIAS. En quel état je suis. Je vous prends à témoin qu'il a indiqué deux jours. Tu ne me paieras pas ? STREPSIADE. Celui que je t'indiquerai. de par le grand Zeus et par les autres dieux ! tu ne te joueras pas de moi impunément. Puisses-tu périr pour ton impudence ! STREPSIADE. STREPSIADE. (Il entre dans la maison. que je m'en aille. Non. STREPSIADE. STREPSIADE. décampe au plus vite loin de la porte. rentrant. Passe ton chemin. Hélas ! quel malheur est le mien ! STREPSIADE. Et pourquoi ? PASIAS. Quel mal t'a fait Tlèpolème ? . STREPSIADE. PASIAS. O cruel destin ! O fatalité. ou que je meure ! STREPSIADE. J'appellerai donc Strepsiade en justice. Effectivement. mais sache bien que je cours déposer ma consignation. Cela ? Une auge (kardopos). PASIAS. tu m'as perdu ! STREPSIADE. Pour le jour de la vieille et de la nouvelle lune. C'est autant de perdu en sus des douze mines. 1259 .

Ne raille pas. (Il rentre dans la maison. Quel argent ? AMYNIAS. j'en atteste les dieux. de plus en plus l'argent augmente. STREPSIADE.) Choeur 2 1303 . N'est-ce pas là une violence ? STREPSIADE. AMYNIAS. Je ne sais pas laquelle des deux. Par Hermès ! je te fais assigner. Il n'est pas possible que tu sois sain d'esprit.1344 . misérable. STREPSIADE. Je pense qu'il trouvera tout de suite ce qu'il demandait depuis longtemps. veut frustrer l'argent qu'il a emprunté. AMYNIAS. mon ami. Des sornettes ! Parce que je veux ravoir mon dû ? STREPSIADE. Et de fait tu es mal en point. essaies-tu. Dis-moi. toi qui ne sais pas un mot des choses météorologiques ? AMYNIAS. qui en a la passion. Eh bien alors. Je suis tombé en lançant mes chevaux. Et comment est-il juste que tu me demandes de l'argent. comment. Des témoins ! STREPSIADE. à vaincre tous ses adversaires. si tu ne me rends pas l'argent. STREPSIADE. vilaine rosse ? AMYNIAS. aujourd'hui surtout que je suis tombé dans le malheur. L'intérêt ! Qu'est-ce que c'est que cette bête-là ? AMYNIAS. en retour des friponneries qu'il a mises en train. jour par jour. la mer ne grossissant pas des fleuves qui s'y jettent. STREPSIADE. Et puis après ? Crois-tu que la mer soit beaucoup plus grande maintenant qu'autrefois ? AMYNIAS. peut-être. crois-tu que Zeus pleuve toujours et continûment de l'eau nouvelle. voudra-t-il qu'il devienne muet. sinon que mois par mois. STREPSIADE. Pourquoi ces sornettes ? Tu es chu de ton âne ou de ton âme ! AMYNIAS. Tu ne partiras pas ? Je vais t'enfoncer l'aiguillon sous la croupe. Qu'est-ce autre chose. AMYNIAS. à ce qu'il me semble. Non. de par Zeus! elle est la même : car il n'est pas juste qu'elle grandisse. Mais il est impossible qu'il ne soit pris aujourd'hui dans quelque affaire. porteur de longes ! Te sauveras-tu ? C'est moi qui t’'aurais mené bon train avec tes roues et ta paire de chevaux. épisode 3 1321 . Voilà ce que c'est que de se plaire aux bassesses ! Ce vieillard. et je n'en ai cure.AMYNIAS. ne soit frappé d'un malheur imprévu. ou bien le soleil repompe-t-il la même eau de dessus la terre ? AMYNIAS. Si tu es à court. à mesure que le temps s'écoule ? STREPSIADE. Bien dit. de faire grossir ton argent ? Ne vas-tu pas déguerpir loin de la maison ? Qu'on m'apporte un bâton ! AMYNIAS. même en disant ce qu'il y a de plus mauvais. Pourquoi ? STREPSIADE. Décampe ! Qu'attends-tu ? Tu ne cours pas. Tu me fais l'effet d'avoir la cervelle troublée. Celui qu'il m'a emprunté. Mais peut-être. STREPSIADE. et que ce sophiste. toi. STREPSIADE. mais fais-moi rendre par ton fils l'argent qu'il me doit.1320 LE CHOEUR. que son fils soit habile à exprimer des idées contraires à la justice. paie-moi au moins l'intérêt de l'argent.

Alors je l'invitai à prendre une branche de myrte et à nous dire quelque chose d' Eschyle.1352 LE CHOEUR. comment peut-il y avoir une raison de battre son père ? PHIDIPPIDE. Quel a été le point de départ de nos injures. Tout ce qu'il y a de plus facile. je veux bien entendre ce que tu vas dire. 1353 . au secours ! On me bat ! A moi. Vous le voyez. animal. s'il n'était sûr du succès. agon 2 1345 . par Zeus ! je te prouverai que j'ai eu raison de te battre. O derrière à tout le monde ! PHIDIPPIDE. Allons. toi qui m'ordonnais de chanter comme si tu donnais à dîner à des cigales ! STREPSIADE. Ne sais-tu pas que je prends un vif plaisir à entendre ces gros mots ? STREPSIADE. STREPSIADE. Quels deux Raisonnements ? PHIDIPPIDE. STREPSIADE. STREPSIADE. PHIDIPPIDE. comme vous le savez. Tu bats ton père ? PHIDIPPIDE. Il ajoutait que Simonide est un mauvais poète. Couvre-moi de roses. en t'apprenant à contredire la justice. parents. si tu me prouves qu'il est juste et beau que les pères soient battus par leurs fils ! PHIDIPPIDE. Oui. Il me répond tout de suite : "Je crois qu'Eschyle est le premier des poètes. je vais vous le dire. Et je ne devais pas à l'instant même te battre et te piétiner. STREPSIADE. mon père ! STREPSIADE. je l'ai engagé à prendre tout de suite sa lyre et à chanter la chanson de Simonide sur le Bélier et sa Toison. je le fis pourtant d'abord. Mais d'abord dis au Chœur par où a commencé votre querelle : c'est ce que tu dois faire tout de suite." Comment croyez-vous que mon cœur bondit à ces paroles ? Cependant je dis. tu n'auras rien à répondre. emphatique. vaincu par toi ! PHIDIPPIDE. STREPSIADE. Il est clair qu'il a quelque appui. ne serait pas si insolent. Il m'a dit à la" maison ce qu'il redit maintenant. Le fort et le faible. parricide. sortant précipitamment. comme une femme qui moud de l'orge. répète et dis-en plus encore. enfonceur de murailles ! PHIDIPPIDE. de toute votre aide ! Hélas! malheureux que je suis ! Oh ! la tête! Oh ! la mâchoire ! Scélérat. Sans doute. Je le démontrerai et je te vaincrai par mon discours. STREPSIADE. de songer aux moyens de réduire un homme qui. Scélérat. tu bats ton père ! PHIDIPPIDE. en me mordant . Et. Choisis lequel des deux Raisonnements tu veux que j'emploie. incohérent. J'ai de la peine à me contenir. citoyens. PHIDIPPIDE. vieillard. Iou ! iou ! Voisins. STREPSIADE. il avoue qu'il me bat. Il me répond aussitôt que c'est vieux jeu de prendre la lyre et de chanter à table. quand tu m'auras entendu. Infâme gredin. escarpé. A la fin de notre repas.1390 STREPSIADE.STREPSIADE. mais il est plein de fracas. Répète-moi cela. De par Zeus ! je t'ai fait donner une belle éducation. Moi. Mais je compte pourtant te le prouver si bien que. C'est ton affaire.

mais tu me serrais la gorge et je fis tout sous moi. n'est-il pas juste que j'aie pour toi la même bonne intention et que je te frappe. et le mien point ? Cependant je suis libre aussi. la sagesse même ! STREPSIADE. par Zeus! et je serais dans mon droit. comme il arrive. et les pères ne pleureraient pas." j'arrivais et je t'apportais du pain. Je ne puis plus me contenir .l'âme : "Eh bien. Retourne donc à tes chevaux. je te prenais. remueur et lanceur de paroles nouvelles. A partir de ce moment. La sagesse même ! Lui ! Ah ! si je pouvais parler ! Mais je serais encore battu. que ton corps fût à l'abri des coups. PHIDIPPIDE. et de pouvoir mépriser les lois établies ! Et de fait. Je reviens au point où tu m'as interrompu. dont la parole a . et d'abord je te demanderai ceci : quand j'étais petit. devant la porte. se disculpe en parlant. m'étrangle. Dès que tu disais : "Bryn. comme toi et moi. chante-nous quelque chose des jeunes. me battais-tu ? STREPSIADE. N'avais-je pas raison? Ne pas louer Euripide. scélérat. le premier. à moi. comme ils se défendent contre leurs pères. C'est ton affaire. s'il fallait t'en croire ? Diras-tu que la loi exige que ce châtiment soit l'affaire de l'enfance ? Moi je répondrai que les vieillards sont deux fois enfants. je n'estimerais pas la peau des vieux même un pois chiche. Sans doute. 1391 . puisque avoir une bonne intention et frapper c'est la même chose ? Conviendrait-il. en effet." Et lui de réciter aussitôt une tirade d'Euripide. Mais nulle part la loi n'exige qu'un père subisse ce traitement. puis il me pétrit. Je crois que le cœur des jeunes gens palpite du désir d'entendre ce qu'il va dire. Je ne te donnais pas le temps de dire : "Kakkân ". Oui.1451 PHIDIPPIDE. je te transfërais à la porte et je te soutenais moi-même. Cependant en quoi diffèrent-ils de nous. Qu'il est doux de vivre au milieu des nouveautés. à tout ce à quoi tu songeais. je l'accable aussitôt de reproches durs et humiliants. PHIDIPPIDE. Comment. II est donc juste que les vieux pleurent plus que les jeunes. Mais vois les coqs et les autres animaux. tu n'as pas eu le cœur. m'étrille. moi. de par Zeus ! Mieux vaut pour moi nourrir l'attelage d'un quadrige que d'être battu et broyé. établi cette loi. " je comprenais. et je te présentais à boire. qu'un dieu nous soit en aide ! viole sa propre sœur. sinon qu'ils ne rédigent pas de décrets ? . à l'art de la parole et aux méditations. nous nous rejetons paroles sur paroles . 1399 . un joli passage. lorsque tu m'étranglais tout à l'heure. quand tu bégayais encore.1398 LE CHOEUR. où un frère. nous vous en faisons grâce et nous vous accordons d'avoir été impunément battus. quand j'avais l'esprit uniquement occupé d'équitation. Quand tu demandais : "Mammân.convaincu les anciens ? Pourquoi donc me serait-il moins permis. Mais maintenant que cet homme a mis fin à mes goûts. il bondit sur moi. N'était-il donc pas homme. criant et hurlant que j'avais envie d'aller. STREPSIADE. Car si un homme qui a fait de pareilles choses. STREPSIADE. celui qui a. Les enfants pleurent. Et toi. de chercher la persuasion et de paraître t'exprimer selon la justice. STREPSIADE. et que je suis formé aux pensées subtiles. d'établir une loi nouvelle qui permît aux fils de battre leurs pères à leur tour ? Tous les coups que nous avons reçus avant l'établissement de cette loi. PHIDIPPIDE. je n'étais pas capable de dire trois mots sans faire une faute. d'autant plus que leurs fautes sont moins excusables. je crois pouvoir prouver que j'ai le droit de châtier mon père. c'était à bonne intention et pour ton bien. PHIDIPPIDE. moi. dans ton droit ? Impudent ! C'est moi qui t'ai nourri. de me porter dehors. des inventions ingénieuses. attentif. PHIDIPPIDE. Dis-moi. me broie.

tu n'auras plus qu'à te jeter dans le Barathron. il ne l'a pas chassé. Et si je n'en ai pas. cher père . Socrate et le Raisonnement faible. puisque tu imites les coqs en tout. Voilà. Peut-être ne seras-tu pas fâché d'avoir passé par où tu es passé. si tu en as un. Il ne fallait pas frustrer mes créanciers de ce qui leur était dû. mais respecte Zeus Paternel. quelque jour tu t'accuseras toi-même. Puisqu'il est juste que je te châtie.STREPSIADE. Mais non.1510 . PHIDIPPIDE. au lieu d'abuser un homme campagnard et vieux ? LE CHOEUR. STREPSIADE. Rien. ce que j'endure. PHIDIPPIDE. STREPSIADE. il me fait l'effet d'avoir raison : et moi-même je crois devoir leur accorder ce qui est juste. PHIDIPPIDE. après avoir chassé Zeus. (Il s'en va. après avoir fait cela. Ce n'est pas la même chose. STREPSIADE. jusqu'à ce que nous les lancions dans quelque infortune qui leur apprenne à craindre les dieux. et tu me riras au nez en mourant. PHIDIPPIDE. ô Nuées. C'est ce que nous faisons constamment avec les gens que nous savons portés vers les choses mauvaises. Il y en a un. Il est équitable que nous pleurions. Hélas ! C'est dur. pour vous avoir commis toutes mes affaires ! LE CHOEUR.. STREPSIADE. avisons au moyen d'aller mettre à mal ce coquin de Chéréphon ainsi que Socrate. toi et moi. Je suis un homme mort. 1452 . PHIDIPPIDE. PHIDIPPIDE. Je battrai ma mère de la même manière que toi. Eh bien. STREPSIADE. Zeus Paternel ! Que tu es arriéré. Qu'est-ce à dire. oui . à cause du Tourbillon qui est là. PHIDIPPIDE. STREPSIADE. si. Est-ce qu'il y a un Zeus ? STREPSIADE. Nuées. si nous agissons mal. Vraiment. J'ai pris ce vase d'argile pour un dieu. STREPSIADE. Pourquoi donc ne me le disiez-vous pas.. PHIDIPPIDE. c'est en vain que j'aurai pleuré. Sinon. Seulement je le croyais. Eh bien.1475 épisode 3. déraisonne et extravague à ton aise. Mais je ne veux pas maltraiter mes maîtres. Que dis-tu là ? Voilà qui est bien pire encore ! PHIDIPPIDE. STREPSIADE. Examine encore cette autre raison. tu en feras autant à ton fils.) 1476 . Comment cela ? Dis-moi. STREPSIADE. je te prouve que j'ai raison de battre ma mère ? STREPSIADE. puisque c'est le Tourbillon qui règne. C'est bien toi qui t'es attiré cela. qui nous on: trompés. pourquoi ne manges-tu pas du fumier et ne dors-tu pas sur un perchoir ? PHIDIPPIDE. mais juste. mon cher fils. Non. Oui. toi. sinon que. quel avantage en retireras-tu ? PHIDIPPIDE. Alors ne frappe pas. Insensé que j'étais. Maintenant. te tournant vers le mal. Comment cela ? STREPSIADE. STREPSIADE. et Socrate ne l'admettrait pas. il n'yen a pas. hommes de mon âge. à l'aide du Raisonnement faible.

Oui. ici.. LE CHOEUR. ne m'écrase pas. PREMIER DISCIPLE. et qu'auparavant je ne me casse pas le cou. Hé ! hé ! STREPSIADE. prends une échelle. Je marche dans les airs. et surtout celui que tu sais d'avoir manqué aux dieux. Et moi infortuné. tu m'engages avec raison à ne pas faire un procès. je me ferai justice. FIN DES NUÉES . Malheur à moi ! Je vais misérablement étouffer ! CHÉRÉPHON. ô cher Hermès. viens. si tu aimes ton maître. dès ce moment même. Celui à qui vous avez pris son manteau. Pourquoi insultiez-vous les dieux et contempliez-vous le séjour de la Lune ?. Malheureux que je suis. pardonne à un homme égaré par leurs bavardages. Mais.. J'ai. Deviens mon conseiller. et je contemple le soleil. SOCRATE. DEUXIÈME DISCIPLE. j'ai l'infortune d'être rôti ! STREPSIADE. toi qui es sur le toit ? STREPSIADE. et. Poursuis. Puis. Ce que je fais ? Mais rien qu'un dialogue subtil avec les poutres de la maison. en tombant. jusqu'à ce que la maison s'écroule sur eux. et. DEUXIÈME DISCIPLE. pourvu que la hache ne trahisse pas mes espérances. détruis ! Ils ont eu bien des torts. Hé ! l'homme! Que fais-tu ? STREPSIADE. Tu nous tues. le plus tôt possible. sur la foi de Socrate. C'est justement ce que je veux. mais à mettre le feu. soit pour prendre tel parti qu'il te conviendra. abats le toit. monte ensuite sur le philosophoir. frappe. quoique ce soient de fameux hâbleur. ne sois pas irrité contre moi. à cette maison de fous. ô torche ! jette une vive flamme ! PREMIER DISCIPLE. Quel délire ! Que j’étais donc fou de rejeter les dieux. que l'on m'apporte une torche allumée. Fais ton œuvre.Exorde STREPSIADE. Xanthias . apporte une hache. Malheur à moi ! Qui met le feu à notre maison ? STREPSIADE.. soit pour leur intenter un procès. Hé ! J'homme ! Qu'est-ce que tu fais donc réellement. Retirez-vous ! Le Chœur nous paraît avoir assez figuré aujourd'hui. SOCRATE. tu nous tues ! STREPSIADE. au contraire.

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