Cinquième - Gauche

N° 25 - novembre 2012 www.ps-paris5e.org Santé pour tous, intelligence : la Mairie de Paris aux avant-postes pour notre quartier Lundi 19 novembre, Bertrand Delanoë et des membres de son équipe municipale sont venus dialoguer avec les habitants du 5ème arrondissement dans un amphithéâtre de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC – Jussieu). Il s’agit d’un exercice auquel le Maire de Paris se plie tous les ans avec bonheur depuis 2001, mais encore étranger au Maire du 5 ème arrondissement , après tant d’années d’un pouvoir à la légitimité par ailleurs remise en cause par la justice (voir notre article). Le thème central de ce compte-rendu de mandat était : « Recherche et innovation au cœur du développement de Paris », mais quelques autres questions tenant particulièrement au cœur des résidents du quartier ont été également abordées. Nous rendons compte ci-dessous des interventions liminaires de Bertrand Delanoë et de Jean-Louis Missika, puis des principales questions posées à l’équipe, ainsi que des réponses qui leur ont été apportées, avant la conclusion par Anne Hidalgo.

Paris 2001 – 2012 : vitalité retrouvée Bertrand Delanoë rappelle tout d’abord que, Maire de Paris, il n’est pas Ministre et ne peut donc répondre des effets des politiques mises en œuvre au niveau de l’Etat par les gouvernements successifs. Toutefois, sous sa responsabilité, l’équipe de la Mairie de Paris a fait , et continuera de faire le maximum pour Paris, fût-ce en excédant souvent le cadre étroit des responsabilités assignées par l’Etat., comme c’est précisément le cas en matière d’Enseignement Supérieur, de

Recherche et d’innovation, les thèmes centraux de ce compterendu de mandat. Paris ne dépérit plus, Paris ne deviendra pas une ville-musée : alors que dans les 20 ans précédant 2001, Paris avait perdu 300 000 habitants, il en a regagné depuis 110 000. Paris rajeunit, grâce notamment à la montée en puissance de l’accueil de la petite enfance. Le taux de chômage parisien, qui était supérieur à la moyenne nationale, lui est maintenant inférieur. Face à la crise, la municipalité de Paris a fait le double choix des

solidarités l’entrepreneuriat.

et

de

Dans le Quartier Latin en particulier, l’encouragement à l’innovation va de pair avec l ’a p p u i à l ’ E n s e i g n e m e n t Supérieur et à la Recherche. « Recherche et innovation au cœur du développement de Paris » Ainsi que l’a rappelé de son côté le Président de l’UPMC, le Quartier Latin, c ’est Serge Haroche, professeur au Collège de France et chercheur, colauréat 2012 du prix Nobel de physique, c’est aussi la réunion exceptionnelle dans une même

proximité urbaine d’Universités et de Grandes Ecoles (nationales ou municipales) prestigieuses, c ’est enfin tout un réseau d’incubateurs, très soutenus par la Ville de Paris, et qui ont vu passer, depuis 2001, 820 entreprises innovantes, contribuant ainsi à la création de 7300 emplois directs. Paris, c ’est une métropole étudiante d’envergure mondiale, la première d’Europe avec 320 000 étudiants. Paris, ce sont des bourses pour des chercheurs internationaux ; ce sera en 2013 le lancement d’un Institut d’Etudes Avancées. Mais l’équipe municipale, avec Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris chargé de l’innovation, de la Recherche et des Universités, se préoccupe aussi d’encourager des recherches dont l’objet même est d’améliorer la vie des Parisiens : c’est le cas du projet « Paris 2030 », avec son volet « efficacité énergétique », qui mobilise 9 doctorants aujourd’hui, et 13 l’année prochaine. Ainsi, de 2008 à 2014, la Ville de Paris aura dédié un milliard d’Euros à la Recherche, à l’Université et à la création d’entreprises innovantes. Enfin, l’équipe municipale apporte sa contribution aux assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche convoquées par le gouvernement de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, ce qui n’avait pas été possible sous la majorité précédente.

Nous rendons compte maintenant des principales questions posées à Bertrand Delanoë et à son équipe, ainsi que des réponses apportées. Ces questions et interpellations ont touché : • Le Centre de Santé Saint-Victor (auquel « 5ème gauche » a consacré de nombreux articles et les socialistes beaucoup d’énergie !) ; • Le devenir de plusieurs institutions universitaires prestigieuses du Quartier Latin, ainsi que de leurs locaux ; • La vie étudiante ; • La place du Quartier Latin dans le dispositif parisien et régional «Enseignement Supérieur – Recherche – Innovation».

Question : Le centre de Congrès du Palais de la Mutualité fonctionne depuis plusieurs mois, mais pas le Centre de Santé Saint-Victor, logé dans le même ensemble de locaux, et dont la réouverture avait été annoncée avant l’été pour le mois de novembre. Que compte faire la Mairie de Paris ?

Intervention d’Anne Hidalgo : Nous nous sommes battus pour ce Centre, et cette bagarre est en train d’aboutir ; j’ajoute que les soins seront pris en charge au « tarif Sécu », ce qu’on appelle le « Secteur 1 ». Question : Nicolas Sarkozy prévoyait le déménagement de l ’A g r o - P a r i s - T e c h (actuellement rue Claude Bernard), ainsi que de l’Ecole des Mines (Bd Saint-Michel), et la vente de leurs locaux aux plus offrants. Qu’en est-il aujourd’hui ? Réponse de Bertrand Delanoë : Je me suis battu contre la vente de bâtiments universitaires, ceux que vous citez et celui du Bd Raspail notamment ; je continuerai, car l’Université et la Recherche ont besoin à Paris de davantage de locaux, et pas de moins ! Intervention de Jean-Louis Missika (adjoint de Bertrand Delanoë, en charge de l’Innovation, de la Recherche et des Universités) : L’Ecole des

Saint-Victor : Réouverture d'ici le printemps, « sinon, il y aura procès », prévient Delanoë

Réponse de Bertrand Delanoë : Ce Centre de Santé est inclus dans le permis de construire accordé par la Ville à la société gestionnaire du Palais. Selon mes dernières informations, Saint-Victor devrait rouvrir en février 2013. Si l’ouverture n’a pas lieu dans les mois qui viennent , j’intenterai une procédure judiciaire contre les titulaires du permis de construire.

Mines a décidé de rester à Paris, plutôt que de déménager à Saclay. Pour ce qui est de l’Agro, c’est à eux maintenant de décider s’ils restent à Paris, ou s’ils veulent aller à Saclay, sachant d’une part qu’ils pourraient souhaiter regrouper leurs activités, actuellement éclatées sur quatre sites, et d’autre part que la recherche agronomique nécessite de l’espace au sol. Mais en tout état de cause, le PLU (Plan local d’urbanisme) actuel fixe la destination universitaire des locaux de la rue Claude Bernard, et ce plan ne sera pas modifié ; si l’Agro s’en va, les bâtiments seront occupés par d’autres activités d’enseignement et /ou de recherche. Question : Il avait été annoncé que le désamiantage de Censier se traduirait par des déménagements provisoires dans des locaux de l’îlot Poliveau, appartenant au Museum d’Histoire Naturelle, ce qui ferait courir des risques à certaines collections fragiles. Où en est-on ? Réponse de Jean-Louis Missika : Le délai imposé par le désamiantage de Censier est désormais trop court pour recourir aux « déménagements en tiroir » que vous évoquez ; le gouvernement, responsable du désamiantage, explore d’autres possibilités, en liaison avec la Ville de Paris. Le réaménagement de l’îlot Poliveau est donc aujourd’hui déconnecté du désamiantage de Censier, le problème est à réexaminer.

Question : Les étudiants ont beaucoup de mal pour se loger à Paris. En quoi la Ville de Paris peut-elle les aider ? Réponse de Bertrand Delanoë : Mes deux prédécesseurs, au cours de leurs mandats respectifs, avaient fait livrer respectivement 0 et 50 logements étudiants. En 2012, la Mairie de Paris livre 8 résidences, avec 1054 logements. [Une aide au logement étudiant (AILE) s’adresse par ailleurs aux boursiers, pour du logement privé. NDLR ] Intervention de Didier Guillot (adjoint chargé de la vie étudiante) : Au total, sur les deux mandatures de B Delanoë, c’est 7 800 logements qui auront été financés par la Ville de Paris, au bénéfice des étudiants, mais également des jeunes travailleurs ; car c’est la jeunesse dans son ensemble qui est notre priorité, préoccupation qui est aussi celle du Président de la République. Enfin, je vous informe qu’un appel d’offre a été lancé par la Ville, pour un foyer d’hébergement destiné à des étudiants sévèrement handicapés. Question : L’Enseignement Supérieur et la Recherche ontils un avenir dans le Quartier Latin, face au développement d’autres pôles parisiens ou régionaux ? Réponse de Bertrand Delanoë : J’ai toujours été favorable au développement de Saclay ; mais il ne s’agit en aucun cas de déshabiller le Quartier Latin

pour habiller Saclay ou les autres pôles parisiens. Notre pays, notre région, ont besoin de toutes ces capacités ; il faut penser synergies, complémentarités, et non concurrence. Plus généralement, la solidarité P a r i s / R é g i o n I D F, n o u s connaissons : la Ville verse 250 millions d’Euros à la Région en 2012 à ce titre, et elle contribuera pour 300 millions en 2013. Alors, solidarité : oui ; mais certainement pas au prix d’un affaiblissement de Paris !

Université, Recherche, Innovation : le Quartier Latin au coeur de l'essor parisien

Conclusion d’Anne Hidalgo : Il faut bien prendre conscience de la chance que représentent l’Enseignement Supérieur, la Recherche et l’innovation pour Paris, mais aussi Paris pour ces activités. Cette double chance concerne aussi les étudiants : c’est en partie grâce à eux que Paris rajeunit, que Paris ne deviendra pas une ville-musée. Mais en retour, Paris leur offre des possibilités universitaires et culturelles, ainsi qu’un cadre de vie, incomparables avec les campus en marges des villes, que l’on souvent à tort cités en exemple. C’est bien Paris dans son ensemble qui s’affirme comme le campus du XXIème siècle.

Faux électeurs : selon l'avocat général, Jean Tiberi était bien le cerveau de la fraude
Dans l'affaire des faux électeurs du 5ème arrondissement, le ministère public a demandé l'aggravation des peines de première instance. Il a requis 10 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et 4 à 5 ans d'inéligibilité à l'encontre de Jean Tiberi et 9 mois avec sursis, 5 000 euros d'amende et 3 ans de privation des droits de vote contre son épouse. Jean Tiberi, Maire du 5ème arrondissement et ancien Maire de Paris, 77 ans, et son épouse Xavière sont rejugés pour l'inscription frauduleuse sur les listes électorales de proches, sympathisants du RPR et autres personnes qui ne résidaient pas dans le 5ème arrondissement aux élections municipales de 1995 et aux législatives de 1997. En échange, ces électeurs irréguliers avaient bénéficié d'une place en crèche, d'un logement ou d'un emploi à la Mairie de Paris. L'avocat général, Bernard de Gouttes, a décrit dans son réquisitoire Jean Tiberi comme
Nom : Prénom : Adresse :

le concepteur « d'une opération massive d'inscriptions frauduleuses », dont les «maitres d'oeuvre» étaient son épouse et sa première adjointe. Il a estimé que les 6 000 radiations effectuées sur les listes électorales après le déclenchement de l'affaire reflétaient l'ampleur de la fraude. Pour sa défense, Jean Tiberi a cherché à minimiser l'intérêt qu'il aurait eu à frauder, faisant valoir qu'il avait toujours été confortablement réélu. « L'intérêt pour vous était d'être l'un des mieux élus de la place de Paris », a estimé l'avocat général en concluant : « Pour être maire de Paris, il faut avoir cette légitimité électorale ». M. de Gouttes a affirmé que M. Tiberi avait « enfreint délibérément la loi par ambition personnelle » en participant au système des faux électeurs inscrits dans l'arrondissement aux municipales de 1995 et aux législatives de 1997.

« Sûr de votre impunité, vous espériez un délit presque parfait », a-t-il lancé. « Vous êtes l'homme qui conçoit et vous prenez comme maîtres d'oeuvre deux femmes qui exécutent ce que vous souhaitez », a-t-il dit à propos de son épouse Xavière et de sa première adjointe. « Le cerveau, je trouve que ça vous convient très bien. C'est celui qui dirige, qui réfléchit, qui commande », a dit l'avocat général, en référence au terme employé par d'anciens collaborateurs du maire. Ces deux semaines d'audience de la Cour d'Appel de Paris marquent une dernière étape d'une bataille judiciaire, entravée par d'innombrables manœuvres dilatoires, et qui aura duré 15 ans, depuis la plainte déposée en 1997 par Lyne Cohen-Solal à la suite de révélations du Canard Enchaîné. La Cour d'Appel de Paris rendra son arrêt le 12 mars.

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