Lundi 3 décembre 2012 Service de presse Ville de Rennes/Rennes Métropole Tél.

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Un nouvel aménagement lumière pour la Ville de Rennes

Sommaire
> > > > > > > > > Communiqué de presse Une approche fractale La trame noire L’invention d’un paysage nocturne La silhouette nocturne Le patrimoine architectural : des illuminations 2.0 Les centralités de quartiers L’éclairage public Une éco-conception lumière

Interlocuteurs
Frédéric Bourcier, adjoint au Maire de Rennes, délégué à l’urbanisme et à l’aménagement Jean-Luc Daubaire, adjoint au Maire de Rennes, délégué à l’énergie et à l’écologie urbaine Roger Narboni, concepteur lumière

Service de presse Ville de Rennes/Rennes Métropole Tél. 02 23 62 22 34

Lundi 3 décembre 2012

Eclairage

Un nouvel aménagement lumière pour la Ville de Rennes
La Ville de Rennes se dote d’un Schéma directeur d’aménagement lumière (Sdal), de manière à créer une identité nocturne sobre, valorisante et attractive, représentative de la ville actuelle et respectueuse de son passé. Dès 2008, elle a mis en place une stratégie de réduction de la consommation énergétique de l’éclairage public, qui s’est traduite par un gain de 5 % en trois ans. En 2009, la Ville de Rennes s’est engagée, à travers la Convention des Maires, à réduire ses consommations d’énergie et ses émissions de CO2 de 20 %, notamment celles de son éclairage public. D’autre part, elle a la volonté de maîtriser la pollution lumineuse, tout en s’inscrivant dans une stratégie d’éco-conception et de développement durable. Ces objectifs ont été traités en filigrane dans l’élaboration du Sdal. L’agence Concepto, dirigée par Roger Narboni, concepteur lumière de renommée internationale, a accompagné la Ville de Rennes, dans l’élaboration de ce document cadre. Des ateliers de concertation ont été mis en place avec les habitants des douze quartiers de Rennes, sous forme de parcours nocturnes en bus et/ou à pied. A partir du diagnostic, des objectifs et des enjeux de la Ville de Rennes, en matière de sécurité, sociétal, énergétique, écologique et touristique, l’agence Concepto a fait des propositions pour l’élaboration du nouveau Sdal : Des lumières « fractales » qui irriguent les quartiers la nuit et donnent une identité nocturne globale à Rennes. La trame noire : Rennes est caractérisée par une politique de valorisation des espaces à caractère naturel, de loisirs et une volonté de protection des espaces sensibles. Il s’agit de mettre en place un plan de préservation et d’aménagement de l’obscurité afin de préserver la biodiversité. L’invention d’un paysage nocturne en valorisant le rôle des rivières rennaises, en créant des saynètes lumineuses interactives, tout en préservant la biodiversité par des séquences d’obscurité, d’éclairages interactifs, temporaires et continus. La silhouette nocturne : donner une identité et une présence nocturne aux grands édifices rennais. Le patrimoine architectural : des illuminations 2.0 des fragments des monuments du centre historique pour inventer des parcours nocturnes virtuels. Les centralités de quartiers : l’enjeu est d’apporter des identités nocturnes aux polarités de quartiers.

Une approche fractale
Des lumières « fractales » qui irriguent les quartiers la nuit et donnent une identité nocturne globale à Rennes. Rennes est une ville complexe. C’est une ville riche de la mosaïque de ses quartiers et de la diversité des zones de projets en cours d’étude et de travaux. Le Sdal a été élaboré en prenant en compte la forme de la ville et ses usages actuels. Le concepteur lumière a privilégié pour les mises en lumière futures de la ville, des fragments, des portions, des nœuds, des éléments de réseaux et de maillage, des structures, des fonctions qui vont bâtir progressivement une image nocturne novatrice de la ville et un paysage lumineux en filigrane. Ce sont : Des morceaux de rivières Des cheminements piétons Des centralités de quartiers Des équipements de proximité et leurs abords Des fragments de monuments Les futures stations de métro Des places en centre ville La somme des traitements lumineux proposés, dispersés sur tout le territoire de la ville, mais homogènes en terme d’ambiances et d’esthétique, va donner une identité nocturne globale et originale à Rennes, en écho à son histoire et à son évolution urbaine lisibles aujourd’hui dans sa morphologie. Cette lumière fractale est déclinée dans chaque thème nocturne abordé, ainsi par exemple la mise en valeur nocturne des rivières rennaises va s’appuyer sur des petites saynètes lumineuses, créées au fil de l’eau, mais volontairement disposées de manière irrégulière et discontinue à l’échelle des tracés aquatiques.

La trame noire
La nature en ville nocturne L’agglomération rennaise est caractérisée par une politique de valorisation de l'environnement, pour préserver et encourager le développement de la biodiversité ordinaire en ville. Le concepteur lumière propose de mettre en place un plan de préservation et d’aménagement de l’obscurité et donc une trame noire. Elle permettra de délimiter des zones d’obscurité, partielles ou temporaires, ainsi que leurs liens et leurs franchissements. Le Sdal va permettre d'établir des prescriptions techniques pour les éclairages existants et à venir, comme pour ceux à modifier sur les franges et les lisières de cette trame noire. La rocade, un anneau sombre à préserver La rocade constitue une barrière franche entre la ville et la campagne ; cette relation très particulière s'exprime aussi de nuit par une vraie rupture entre éclairage et obscurité : la rocade est maintenue dans l'obscurité, hormis quelques échangeurs. Au-delà de la rocade, les routes départementales en zone rurale ne sont pas éclairées. Une attention particulière sera apportée sur les futurs édifices et équipements en bord de rocade, notamment par rapport à leurs futures images nocturnes. Les corridors obscurs Des corridors nocturnes pourraient être imaginés afin d'initier une appropriation différente de la nuit rennaise par ses habitants. L'objectif est aussi d'assurer une continuité de circulation nocturne des espèces animales vers la ville ou la campagne. Cela suppose d'informer les riverains et les habitants en amont pour qu'ils comprennent la démarche. Les voies qui traversent ou longent ces sites pourraient également être éteintes dans la deuxième partie de la nuit. Les zones de mutualisation de l’obscurité Prendre en compte les activités humaines, les besoins et les usages nocturnes : imaginer des zones de mutualisation de l’obscurité dans les secteurs non résidentiels. Il existe de nombreuses zones éclairées toute la nuit, comme par exemple les quartiers administratifs, les zones industrielles, commerciales, des campus universitaires… Aussi, le Sdal propose-t-il de mettre en place des zones de mutualisation de l'obscurité en tenant compte des activités humaines nocturnes, résidentielles, commerciales ou de loisirs. Elles doivent être pensées et conçues en complémentarité avec les franges pour être acceptées par les riverains. Les éclairages publics et les illuminations dans les polarités de quartiers seront bien sûr maintenus. Un concept innovant La réussite de cette démarche sera liée à la mise en place d’une démarche partenariale prenant en compte les spécificités des usages de chaque secteur (horaires, niveaux lumineux, cheminements et voiries à maintenir éclairées…).

L’invention d’un paysage nocturne
Le rôle des rivières rennaises Garantir la continuité des corridors obscurs. Les paysages nocturnes liés aux rivières sont aujourd’hui des enjeux majeurs de qualification des villes comme de développement d’un tourisme nocturne urbain. Or, le concepteur lumière a noté dans son diagnostic que les rivières de Rennes n’étaient guère perceptibles de jour comme de nuit. La nuit, les rivières rennaises et leurs berges disparaissent ou offrent actuellement des images nocturnes fades et peu attractives, sans rapport avec leur charme diurne et leurs rôles symboliques et historiques. Les rivières et les vallées rennaises doivent aussi jouer progressivement un rôle de corridors obscurs dans la trame noire proposée, car elles sont des lieux privilégiés de développement et de préservation de la biodiversité en ville. Néanmoins, ces corridors obscurs ne seront pas continus dans l’espace, car les rivières sont franchies par un grand nombre de ponts, d’ouvrages d’arts et de passerelles. Ils ne seront pas non plus continus dans le temps, car les berges et les promenades nocturnes qu’ils engendrent sont des espaces de loisirs, de détente et de découverte très appréciés des riverains à la tombée de la nuit. Une découverte nocturne sensible des rivières hors centre ville Créer un paysage nocturne discontinu : imaginer des saynètes lumineuses interactives. Il s’agit d’imaginer, pour ces rivières, un paysage nocturne discontinu dans l’espace et dans le temps, qui permet l’appropriation nocturne par les habitants et les visiteurs, mais aussi la préservation de la biodiversité. Le Sdal a volontairement différencié, dans ses propositions lumière, les tracés des rivières hors centre-ville. Il propose de créer, en divers endroits bien précis, des saynètes lumineuses alimentées par des énergies renouvelables (solaires, éoliennes ou hydrauliques) qui permettront d'apporter un autre regard sur les rivières rennaises. Leur mise en route s'effectuera seulement en cas de présence ou d’action humaine.
Exemple de saynète lumineuse

Passerelle - rue Dupont des Loges

Les cheminements nocturnes le long des berges Prendre en compte la préservation de la biodiversité, en créant des séquences d’obscurité, d’éclairages interactifs, temporaires et continus. Les cheminements piétonniers existants en bord des deux rivières rennaises, qui ont fait l’objet pour certains d’un réaménagement récent, sont en majorité éclairés avec une diversité de tonalités de lumière et de traitements lumineux. Les objectifs sont d’harmoniser les éclairages existants des cheminements le long des berges, d’établir des choix d’obscurité ou d’extinction partiel ou temporaire et, de définir les priorités d’éclairage avec la mise en place d'un pilotage pour assurer les parcours et les déambulations nocturnes actuelles et futures, tout en préservant la biodiversité comme la qualité des corridors obscurs proposés dans la trame noire. Sur l’ensemble des éclairages piétonniers dédié aux cheminements le long des berges, le Sdal propose de définir des secteurs et des séquences. Il préconise, successivement et en fonction de l’éloignement ou de la proximité de la Ville dense et fréquentée, une obscurité permanente, une commande d’allumage partielle ou temporaire, (forcée par les services techniques ou à la demande des passants), des éclairages interactifs en fonction du passage des piétons et, enfin, des éclairages continus et permanents (pendant la première moitié de la nuit).

a la demande

a la demande sur interrupteur

détection de présence

commande forcée a l’armoire

La silhouette nocturne
Donner une identité et une présence nocturne aux grands édifices rennais. La Ville de Rennes est caractérisée par un grand nombre d’immeubles de grande hauteur (édifices les plus visibles), et d'immeubles de quartiers (repères de quartier), significatifs et représentatifs d'une identité de quartier, faisant office de repère visuel le jour et disparaissant la nuit. Le concepteur lumière propose de mettre en scène et de signaler des immeubles la nuit. Il propose de souligner les lignes et parties hautes de ces édifices à partir d’éléments lumineux de gamme blancs. Ces éclairages pourraient être alimentés par des énergies renouvelables (éolienne et/ou photovoltaïque) et ainsi, ils joueraient, la nuit, un rôle de signalisation et d’identification du quartier grâce à la lumière, de manière temporelle. Exemples de mise en scène possible des repères de quartier

Quartier du Blosne 4, place du Banat

Tour Les Horizons

Le patrimoine architectural : des illuminations 2.0
Illuminer des fragments des monuments du centre historique et inventer des parcours nocturnes virtuels.
Apporter un autre regard sur les édifices historiques. Le Sdal propose de mettre en scène uniquement des petites parties des édifices majeurs non encore illuminées (portail, fenêtre, détail architectural…). Parallèlement, il souhaite élaborer avec l’office du tourisme des parcours nocturnes virtuels ; l'objectif est de faire découvrir à partir d'une tablette informatique des infographies nocturnes représentant différentes possibilités d’illumination des monuments. Cette démarche, originale et innovante en France, offrirait l’avantage d’analyses et de lectures multiples du patrimoine rennais illuminé, renouvelables dans le temps, sans investissement important ou lourd en termes de travaux sur les édifices historiques concernés.

Cathédrale Saint-Pierre

Les centralités de quartiers
Un archipel lumineux multipolaire. L'enjeu majeur est d'apporter des identités nocturnes aux polarités de quartiers. Il s'agit d'avoir une approche qualitative, rompre la monotonie, s'appuyer sur les équipements de quartier, apporter des ambiances lumineuses dans les quartiers de manière à améliorer la sécurité, l'accueil et la qualité de vie nocturne tout préservant l’obscurité dans les zones naturelles sensibles et en favorisant la biodiversité aux lisières de ces secteurs. C’est pourquoi, le Sdal propose de mettre en place des îlots de lumière destinés à mettre en valeur les cœurs névralgiques des quartiers, les espaces publics majeurs, les parcours nocturnes piétons réguliers, les équipements de proximité, ainsi que leurs abords et les polarités commerciales. Cette nouvelle démarche multipolaire doit permettre de donner toute leur place aux éclairages piétonniers, comme aux trajets nocturnes journaliers, de promouvoir une lumière blanc chaud de qualité et, d’apporter des touches de lumière colorées sur les équipements de proximité, les polarités commerciales et leurs abords.

La Maison de Suède

La Maison Verte - Villejean

L’éclairage public
La volonté de la Ville de Rennes a été de baisser les niveaux lumineux des éclairages des voies et espaces publics, en conformité avec les normes européennes. Cette stratégie innovante va permettre à l’échelle de l’ensemble de la ville, une réduction conséquente de la consommation énergétique (10 % - 1,18 GWh), qui absorbera les apports lumineux supplémentaires nés des nouvelles orientations du Sdal et, notamment le nécessaire et fondamental rééquilibrage de l’éclairage piétonnier par rapport aux éclairages de voirie dans l’ensemble des quartiers. Les éclairages spécifiques des trottoirs et pistes cyclables latérales Nombre de grandes voies à Rennes sont bordées d’arbres d’alignement de très grande taille, dont les larges frondaisons occultent une partie de l’éclairage sur la chaussée comme sur les trottoirs ou les pistes cyclable latérales, qui ne bénéficient d’aucun éclairage piétonnier dédié. Cette absence d’attention nocturne portée aux piétons est mal perçue par les usagers comme l’ont montré les ateliers de concertation. Le Sdal de Rennes doit permettre d’inverser progressivement ce déséquilibre pour redonner la nuit toute sa place aux piétons. Ce principe d’éclairage piétonnier doit être accompagné chaque fois que possible d’une réduction du niveau d’éclairement sur chaussée (et donc de la puissance de lampe choisie) pour ne pas pénaliser le bilan énergétique globale de l’éclairage public à Rennes.

Situation initiale

Situation préconisée

Un éclairage public en lien avec la vitesse Les nouveaux niveaux lumineux à prendre en compte à Rennes ont été totalement corrélés au plan de circulation et de modération des vitesses à échéance 2020. Ces zones à vitesse réduite (inférieure ou égale à 30 km/h, de rencontre ou piétonne) représenteront, à l’horizon 2020, 75% du réseau viaire rennais. La réduction des éclairements sur voies en zone 30 est un gisement d’économie d’énergie (sur la base de 24 897 points lumineux à fin 2011).

Une éco-conception lumière
Inventer une lumière durable, c’est poser en amont de tout projet d’éclairage un certain nombre de principes fondateurs de cette démarche écologique. Chaque mise en lumière ou illumination proposée dans le Sdal a été imaginée en abordant la question de la nécessaire préservation du ciel nocturne. Les effets d’éclairage en contreplongée ont été volontairement proscrits. Les flux lumineux des appareils d’éclairage seront dirigés et cadrés sur site le plus précisément possible vers la surface à éclairer sans dissipation inutile vers le ciel. Les parties supérieures des édifices et les toitures resteront chaque fois que possible dans l’ombre. Dans les espaces paysagers et naturels, les illuminations et les éclairages paysagers éventuellement autorisés devront obligatoirement fonctionner sur un régime d’éclairage spécifique avec une extinction programmée à 22h par exemple. Un soin particulier sera apporté à la conception des projets techniques (spectre des lampes, maîtrise de l’éblouissement, direction des flux lumineux) pour ne pas perturber les espèces animales ou végétales présentes sur ces sites. L’accessibilité nocturne des sites (personnes à mobilité réduite et personnes déficientes visuelles) et les contraintes qu’elle entraîne seront systématiquement prises en compte pour y apporter les réponses appropriées. Enfin, les économies d’énergie ont été méthodiquement prises en compte dans la conception de toutes les propositions (réduction et ajustement des luminances et des niveaux d’éclairement recherchés, diminution des durées de mise en service, régimes d’éclairage différenciés, utilisation de sources performantes d’excellent rendement énergétique, promotion d’énergies renouvelables). Cette approche économe en énergie devra être automatiquement intégrée, évaluée et valorisée pour chaque projet. Pour favoriser et améliorer la noirceur de la nuit dans ces zones d’obscurité maximale, le Sdal propose de créer en bordure des zones tampons, de mutualisation et de partage de l’espace nocturne, en s’appuyant sur des secteurs non résidentiels. Ces zones de mutualisation de l’obscurité répertoriées sont des quartiers administratifs ou d’activités tertiaires, des zones industrielles, d’artisanat ou commerciales, des campus universitaires, des grands établissements scolaires, les abords des grands équipements sportifs… Dans ces zones, les niveaux lumineux des éclairages publics pourraient être diminués, en fonction des activités et des occupations nocturnes réelles, dès 20 heures ou 22 heures puis éteints durant la plus grande partie de la nuit avec un ré-allumage par exemple vers 5 ou 6 heures du matin. Les illuminations extérieures des édifices, lorsqu’elles existent, seraient pilotées selon les mêmes périodes horaires. Les illuminations projetées pour des édifices futurs seraient proscrites ou très fortement maîtrisées en termes de dissipation lumineuse.